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"BRAVO, C’EST NOUS QU’ON PAYE !"

 

Tout le monde se tait, mais le fait est avéré et rapporté par le journal « Les Echos » : en 2009 (dernier bilan connu), les intermittents, techniciens et artistes, du spectacle vivant représentent 3 % des allocataires de Pôle emploi, mais 33 % du déficit de l'assurance-chômage. Cent mille personnes couvertes, 1 milliard d'euros de pertes. En clair ils ont reçu 1,3 milliard d’euros pour 223 millions de cotisations versées. un déficit qui est un spectacle (dramatique) à lui seul. Vous comprenez maintenant pourquoi les coulisses sont interdites au public.

Et pourtant, on croyait le problème résolu avec les réformes de leur régime en 2003 puis 2006. On se souvient même du conflit qui avait duré tout l’été  et qui avait pourri les grands festivals. C’est qu’à défaut de bosser, ils ont une grande capacité de nuisance. Toucher à ce régime, c’est s’exposer à de gros ennuis.

On sait que les règles spécifiques d'indemnisation sont plus souples que celles du régime général puisque, pour en bénéficier, il faut avoir travaillé 507 heures en 10  mois ou 10,5 mois, selon la profession. Et ce qui est bizarre c’est qu’alors que la crise a provoqué une explosion du chômage en 2009, avec plus de 400.000 demandeurs d'emploi supplémentaires sur douze mois, le nombre d'allocataires des annexes 8 et 10 (régime des intermittents) n'est passé que de 104.208 à 105.826 entre 2008 et 2009. Cherchez l’erreur ! Depuis la dernière réforme du régime, entrée en vigueur en avril 2007, la situation reste la même, le déficit toujours aussi important. En 2009, les deux déficits ont même presque correspondu, celui de l'Unedic atteignant 1,172 milliard d'euros : de là à affirmer que sans les intermittents et leurs « privilèges » (il faut bien le dire) … Insoutenable ! Aucun autre pays européen ne réserve à ses artistes un traitement spécifique et sur mesure, assorti de cotisations et prestations enviables par le commun des salariés. On voit mal en quoi « l'art » serait un passe-droit dans la galère ordinaire du chômage : il n’est pas outrancier de parler de privilège.

Mais les intermittents sont-ils les seuls responsables ? Le déficit du régime ne renvoie-t-il pas au problème posé par les pratiques de « certaines entreprises » qui usent et abusent du statut de l'intermittence ? Car ce régime constitue de fait un financement de la politique culturelle française, dont peut-être l’Etat se satisfait. Il n’en reste pas moins une absurdité, dont les bénéficiaires des deux côtés ne se plaignent pas. On dit même que des « célébrités » de l’audiovisuel touchent une partie de leur rémunération (confortable) par ce biais en ne travaillant que 3 jours par semaine. Mais chuuutt ! C'est le grand non-dit de la négociation sur l'Unedic qui a démarré entre le patronat et les syndicats la semaine dernière.

Il ne devrait pourtant pas être difficile d’identifier ceux qui abusent du système et d’y mettre un terme, non ?  Au fil des ans, la générosité publique en faveur des artistes, érigée en acquis social par leurs bruyants représentants, a été détournée de son objet. Il devient urgent d'infliger des taux de cotisation pénalisants aux employeurs et aux salariés qui abusent du système, car il est choquant que l’indemnisation soit utilisée comme un mode permanent de rémunération.



LA SEMAINE D’ARCHIBALD

Longue vue 2

 

67 ANS !  L'âge légal de départ en retraite et la durée de cotisation en Espagne vont être repoussés de deux ans, respectivement de 65 à 67 ans et de 35 à 37 années, mais les salariés qui auront cotisé 38 ans et demi pourront partir dès 65 ans avec une retraite pleine. Tel serait l'accord de principe trouvé entre le gouvernement socialiste, le patronat et les deux principaux syndicats, l'UGT et les CCOO. Bien que n'ayant pas d'impact budgétaire avant 2015, cette réforme devrait rassurer les marchés et les investisseurs sur la bonne volonté de l'Espagne de mener à bien ses réformes structurelles. D'après la presse espagnole, l'âge minimal sera lui aussi repoussé de deux ans, de 61 à 63 ans. En échange, les syndicats auraient obtenu un certain nombre de concessions envers les jeunes et les femmes. Un air de déjà vu, non ?

BLEUS EN DISGRACE.  Exit Evra et Ribéry de l’équipe de France de foot. Certes, ce n’est pas à elle de sélectionner les joueurs, mais la Ministre des Sports a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. La fédération peut avoir raison sur le papier, il n’empêche, leur rôle en Afrique du Sud a compromis gravement l’image de notre pays. Il ne manque pas de talents pour les remplacer. Merci Chantal Jouanno de l’avoir dit.

VERTS. Qui représentera les écologistes à l'élection présidentielle ? Le sujet est, en effet, redevenu central. Depuis l'été dernier, Eva Joly paraissait quasiment seule à concourir pour la présidentielle sous les couleurs d'EELV. Son seul adversaire déclaré, Yves Cochet, ne semblait pas peser lourd. Puis, mi-novembre, Nicolas Hulot est sorti du bois  (enfin, pas tout-à-fait), laissant entendre qu'il pourrait aussi être candidat.  Soutenue par une majorité d'écologistes, l'ancienne magistrate a indiqué le week-end dernier qu'elle était déterminée à aller «  jusqu'au bout ». En effet, beaucoup d'écologistes s'inquiètent du positionnement politique de Nicolas Hulot, notamment en raison de sa proximité avec Jean-Louis Borloo, ce qui ne plait pas aux gauchistes qui truffent la nébuleuse verte-rouge. Alors que les primaires se dérouleront début juillet, dans l'hypothèse où Nicolas Hulot ne reculerait pas (ce qu'il a fait en 2007), deux motions pourraient être défendues au congrès de juin : l'une en sa faveur ; l'autre pour Eva Joly. Il reste qu'une troisième voie refait surface chez les écologistes, représentée par Gabriel Cohn-Bendit et Frank Laval, elle milite pour un accord de premier tour avec les socialistes. Comment faire émerger l’écologie politique ? Qu'il s'agisse de Nicolas Hulot ou d'Eva Joly, les sondages, pour l'heure, sont sévères. Dans la dernière enquête de l'Ifop, le meilleur candidat était Nicolas Hulot... avec 6 % des voix au premier tour.  Comme on le voit, chez les verts, c’est toujours … simple !

GLORY. Ainsi s’appelle le satellite que la NASA s’apprête à lancer. Il aura pour mission de nous aider à mieux comprendre le réchauffement climatique. Une vraie bonne idée ! Suggestion : on pourrait peut-être mettre dedans Sarah Palin, elle qui proclame que le réchauffement climatique n’existe pas (sauf si c’est la volonté de dieu) ? Glory in excelsis Deo …

CAFE A TOUTES LES SAUCES. On connaissait le café noir et le café-crème. Depuis quelques temps les variantes se multiplient. Je ne parle pas des capsules vantées par un acteur célèbre. Non, je parle du bistrot avec comptoir : il y a désormais le café-philo où l’on discute métaphysique, le café-biblio où l’on peut choisir un polar tout en sirotant son nectar, le café-géo, le café-Lénine (si, à Chalonnes) et maintenant voici le café-maçon où l’on pourra venir discuter avec les francs-maçons de sujets divers et variés mais en appliquant les règles en vigueur au sein des loges ; un apprentissage quoi.

BIG BROTHER.  Le maire de Deauville a demandé qu’un questionnaire du recensement de la population ne soit pas utilisé dans sa ville. Il s’agit d’un formulaire sur la famille et le logement à remplir que si on est volontaire. Mais Philippe Augier estime qu’il contient des questions « totalement intrusives du point de vue de la vie privée des gens » et qu’il s’adresse à des personnes qui peuvent être en situation de fragilité. Est-on vraiment obligé, par exemple, de dire sur un formulaire combien de fois on découche par semaine en cas de cohabitation séparée ? Il estime aussi que les agents recrutés n’ont pas la formation requise pour procéder à ce genre d'enquête. A juste titre !

COUAC. La majorité socialiste-verts du conseil Régional des Pays de la Loire a passé une « sale nuit », la semaine dernière, pour le vote du budget. Espérant faire passer nuitamment le « dossier transport », sur lequel les verts sont en désaccord avec le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, le président a dû finalement le retirer pour ne pas se retrouver en minorité, l’opposition étant rentrée dans ses foyers en raison de l’heure … trop tardive.  Jacques Auxiette ne décolère pas.  Cela promet pour la suite. Il y a à peine un an qu’ils sont élus !

LE PRIX DE LA BARBARIE  est décerné à l’Iran qui accélère les pendaisons. Après deux condamnés à mort pour avoir participé aux manifestations de l’an dernier, c’est  Sahra Bahrami, une irano-néerlandaise, qui a été exécutée pour trafic de drogue, malgré les demandes réitérées de la Hollande. En fait, ce sont plus de 60 personnes qui ont été pendues depuis le 1er janvier.  Allah est grand !

                                                                    Mille sabords



ET SI DSK N’ETAIT QU’UN MIRAGE ?

  Dominique-strauss-kahn

Une bonne cote ne fait pas l’élu. Beaucoup d’hommes politiques sont payés pour le savoir. Encore plus quand celle –ci trouve son socle dans le camp d’en face. Il arrive alors l’instant de vérité pour s’apercevoir que les bons scores fondent comme neige au soleil dès que les choses se concrétisent. J’ai encore en mémoire la vertigineuse descente aux enfers de Simone Veil quand elle prit la tête d’une liste pour l’élection au Parlement européen. Il était temps que la campagne s’arrête. Elle obtint tout juste le résultat que sa famille politique pouvait espérer, l’UDF de l’époque, en l’occurrence.

Le phénomène DSK y ressemble beaucoup. Alors ira ou ira pas ? La seule chose qu’il pourrait dire aujourd’hui c’est qu’il n’y va pas. Toute autre réponse lui vaudrait de sérieux ennuis avec l’institution qu’il préside. Mais visiblement les petits cailloux blancs qu’il sème par l’intermédiaire de son entourage ne sont plus suffisants. La nature a horreur du vide et la primaire socialiste provoque le trop plein de candidats : dans ce théâtre particulier, les absents ne peuvent pas jouer leur rôle ! Et donc la cote s’effrite. Plus DSK attendra et restera silencieux, plus ceux qui aimeraient voir sa candidature prendre corps vont en douter.

S’il attend le mois de juillet, le paysage risque bien d’avoir sérieusement changé. Déjà, des sondages annoncent que Martine Aubry lui passerait devant dans un 2ème tour de la primaire. Le pilonnage en règle du « méluche » et consorts, les petits traquenards « amicaux » qui lui sont tendus par « Chabrichou » du Poitou, finissent par produire leur effet, en particulier sur l’électorat de gauche. De quoi le faire reculer au moment de franchir le Rubicon. Et « con » il a oublié de l’être. La question que tout le monde se pose tient en effet à sa condition actuelle en regard de celle qu’il pourrait trouver : pourquoi irait-il lâcher un poste où il se « régale » et réussit plutôt bien, assuré pratiquement de son renouvellement, largement plus lucratif que la modeste fonction de Président français, pour une campagne de « merde » où il est assuré finalement de ne pas passer le tour de chauffe ?

S’il garde le silence, c’est probablement pour que Martine Aubry garde les coudées franches et deviennent la candidate incontestée dans son camp. C’est le seul avantage que l’on peut comprendre, parce qu’il joue contre lui. Or La 1ère Secrétaire a encore besoin de temps pour s’imposer. Et surtout elle espère gagner les cantonales ce qui l’auréolerait un peu plus et lui permettrait d’entrer en lice dans de bonnes conditions.

Quant à DSK, comme le calendrier de la primaire est pour lui un vrai traquenard, il pourra toujours arguer de ses hautes responsabilités et de l’importance d’être encore en place pour le G20 qui se tiendra à l’automne en France.

Mon avis : il faudrait vraiment que tout s’écroule à gauche et qu’il soit appelé en « sauveur » pour qu’il se mette dans le bain infernal. Etre « l’Homme providentiel », ça, ça flatte l’égo !

Les choses peuvent encore changer. Le monde étant ce qu’il est et à la vitesse où les chefs d’Etats sont « dégagés »…. On ne peut être sûr de rien !



LA GUEULE DE BOIS DE L’ECONOMIE BRITANNIQUE

 

Surprise totalement inattendue ! Après quatre trimestres consécutifs de hausse de son produit intérieur brut (PIB), le Royaume-Uni a vu son économie reculer de 0,5 % au cours des trois derniers mois de 2010. De quoi faire chuter la livre sterling. Ces chiffres qui ravivent le spectre d'une rechute de l'économie, sont très préoccupants pour le gouvernement de David Cameron. De quoi alimenter aussi les attaques aussi bien du patronat que des acteurs du secteur associatif qui lui reprochent son plan d’austérité.

L’opposition n’est pas en reste : Ed Balls, qui vient juste de prendre le poste de « shadow chancellor » de l'opposition, ne s'est pas privé de diriger le projecteur sur la vulnérabilité, diagnostiquée par des économistes de tout bord, de la stratégie économique du gouvernement. Il a estimé que le gouvernement de coalition « avait hérité d'une économie qui se renforçait » et que ses actions « rendraient en fait plus difficile le retour à l'équilibre des finances publiques ». Ce à quoi George Osborne, le chancelier de l'Echiquier, a répondu que le gouvernement maintiendrait le cap de l'austérité et ne serait pas « dévié par le mauvais temps ».

Gordon Brown est ressorti de l'ombre pour parler du retour des erreurs des années 1930. Pas complètement à tort. La relance de type keynesien peut en effet très bien provoquer du « stop and go ». Surtout avec la cure d’austérité brutale imposée par les conservateurs. Le gouvernement va attendre le 27 avril, date de publication de la croissance économique du premier trimestre 2011, avec la peur au ventre. Un nouveau trimestre de contraction signifierait que le Royaume-Uni est officiellement retombé en récession. Car il faudra compter avec la hausse du chômage et celle de la TVA qui vont peser sur l’économie britannique.

On entre cette année dans le vif du sujet du plan d'austérité, à un moment où la Banque d'Angleterre n'a plus guère de marge de manoeuvre compte tenu du retour de l'inflation. Les économistes craignent le retour de la stagflation. Il vaudrait mieux pour David Cameron, en délicatesse avec sa coalition, que cette première estimation ait présenté une image exagérément noire de la situation.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la croissance en Europe, même si nos liens économiques avec Albion ne sont pas aussi prégnants qu’avec notre voisine d’outre Rhin.



NOUVEAU MONDE, NOUVELLE IDEES, … NOUVEAU PRESIDENT.

  G20-SARKOZY

Quand je dis « nouveau président », c’est pour la commodité du titre. Car le Nicolas Sarkozy de la conférence de presse ressemble étrangement à celui de sa dernière interview télévisée.

Il sait que la crédibilité acquise c’est aussi le chemin pour retrouver la popularité. En route pour la présidentielle de 2012, il sait bien aussi qu'un G20, même réussi, pas plus qu'un remaniement, même efficace, ne suffiront à lui rendre comme par enchantement le capital de popularité perdu à l’automne 2008.

Lors de sa conférence de presse à l'Elysée sur les questions internationales, le chef de l'Etat s'est donc appliqué à se tenir « à distance des polémiques » et à prendre de la hauteur par rapport aux affrontements politiques hexagonaux. Mais l'opération reconquête n'en est pas moins enclenchée, dont la conférence de presse d'hier constituait une étape primordiale et incontestablement réussie. Et chacun y trouvera son compte : l'évolution du style présidentiel, plus apaisé, maîtrisé, grave et le volontarisme qui  reste plus que jamais la griffe du sarkozysme.

Voilà pour la posture. Les gens de mauvaise fois ne verront que cela. Et pourtant, derrière il y a bien une stratégie correspondant à une vision du monde  qu’il faut changer. Dans le volontarisme affiché, l’action remplace l’incantation, exemples à l’appui. Nicolas Sarkozy, on a déjà eu l’occasion de s’en apercevoir lors de la Présidence européenne avec la crise géorgienne, sait être un négociateur têtu et convaincant. Il s’est mis au bon niveau, avec l’humilité suffisante, celle qui ouvre la voie à l'efficacité. « On ne réglera pas tous les problèmes en une présidence », a-t-il admis hier. Il a cependant obtenu un accord qui n'avait rien d'acquis, sur l'ordre du jour du G20 présidé par la France. Au moins, il aura été celui qui a tout tenté pour infléchir le cours des choses.

Et ce qui fait la force de DSK aujourd’hui, de celui qu’il se plait à rappeler : « J'avais proposé sa candidature au nom de la France », c’est sa crédibilité économique. En s'impliquant pour le G20, le chef de l'Etat montre qu'il peut être à son niveau. Et, surtout, si le favori des sondages quittait le FMI pour faire campagne, alors que Sarkozy se bat pour en élargir les pouvoirs, il serait alors tentant de déplorer un abandon de poste. Quoi de mieux que d'opposer un candidat sensible aux sirènes des sondages à un président qui, des retraites à la dépendance, continue les réformes difficiles donc impopulaires.

Durant sa conférence de presse de presque deux heures, Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé sa peine pour donner de lui l'image d'un chef d'Etat « en charge des responsabilités », pleinement conscient des problèmes du monde, très loin du tumulte politique. Souvent grave, toujours maître de ses mots, il entame sa présidence du G20, avec beaucoup « d'ambition ». Le président ne cache pas que les résultats concrets seront difficiles à obtenir et qu'il ne peut, de toute manière, les obtenir seul. Simplement on peut compter sur lui pour se battre pour que les résultats soient les plus importants possible. Il a habilement préparé sa présidence : cette fois, il jouera collectif, il se rendra en Chine fin mars pour le premier séminaire de sa présidence, il a justifié l'attachement des Américains au dollar, il a demandé à l'Allemagne et au Mexique de mener la réflexion sur le système monétaire international.

C’est aussi un président en prise avec les problèmes concrets des Français en évoquant les cours des matières  premières, notamment agricoles ou en évoquant l’idée controversée d’une taxe bien nécessaire sur les transactions financières.

Des résultats concrets seront forcément mis à son actif, et notamment quand il apparaîtra que, par exemple, la régulation tempérée qu’il propose, sera à mettre au passif des états qui auront préféré le blocage.

Voilà un pas important de franchi, et si les résultats sont là …

 


CORICO ! MAIS …

 

Les données statistiques de l’Insee pour le dernier recensement nous amènent à nous réjouir en constatant que le taux de fécondité des femmes françaises ne cesse de progresser. Le voilà passé au-dessus de 2. Très bien. La population continue d’augmenter par la croissance naturelle : tant mieux !

Mais, « peut mieux faire » ! D’abord parce qu’avec 2, 01 enfants par femme on est encore loin du taux nécessaire au renouvellement des générations (autour de 2,5). Ensuite parce que la deuxième bonne nouvelle, nous avons encore gagné 4 mois d’espérance de vie, nous indique clairement que la population va continuer de vieillir en âge et en proportion. Car son augmentation globale doit autant, pour faire simple, aux naissances qu’à l’allongement de la vie. Sans parler des phénomènes migratoires évidemment. L’augmentation de la population se fait par les deux bouts comme son vieillissement.

Ainsi donc la France compterait 65 026 885 habitants. Parmi ces habitants, 63 136 180 habitent en France métropolitaine. Au sein de l’Union européenne(UE), la démographie de la France se distingue notamment par l'espérance de vie des femmes (estimée à 84,23 ans en 2008) la plus élevée d'Europe. Quant à l’indice de fécondité de 1,99 en 2009 et de 2,01 en 2010, il est insuffisant à lui seul pour assurer le renouvellement des générations. L'impact de la baisse de fécondité survenue en France dans les années 1970 sur la taille de la population est balancé par un accroissement de l'espérance de vie qui a augmenté de manière significative entre 1960 et 2008, passant durant cette période, de 70,2 ans à 81,5 ans,  ainsi que par une augmentation croissante de l'immigration en provenance notamment de l’Afrique subsaharienne. En taux de natalité, on est à 13,2 pour mille ce qui est un taux honorable mais loin des 18 à 21 pour mille du « baby-boom ». La situation de la France est donc moins catastrophique que celle des autres pays européens dont la population a commencé à diminuer, comme l’Allemagne, alors que la sienne va continuer d’augmenter.

Au 1er janvier 2050, en supposant que les tendances démographiques récentes se maintiennent, la France métropolitaine compterait 70 millions d’habitants, soit 9,3 millions de plus que prévus en 2005. La population augmenterait sur toute la période, mais à un rythme de moins en moins rapide. En 2050, un habitant sur trois serait âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005. La part des jeunes diminuerait, ainsi que celle des personnes d’âge actif. En 2050, 69 habitants seraient âgés de 60 ans ou plus pour 100 habitants de 20 à 59 ans, soit deux fois plus qu’en 2005. Ces résultats sont sensibles aux hypothèses retenues, mais aucun scénario ne remet en cause le vieillissement, qui est inéluctable. (Source Insee)

Autrement dit, quand on construit un logement aujourd’hui, on a pratiquement plus de chance de l’attribuer à un couple sexagénaire qu’à un couple trentenaire avec enfants…

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

Longue vue 2

RIFIFI A VENIR. Voilà un sondage qui met du piment dans la compétition. Dans la primaire PS : DSK serait battu par « l’amère de Lille » au 2ème tour. De quoi mettre des ailes aux ambitions de la 1ère secrétaire et refroidir les ardeurs du Président du FMI. Pendant ce temps-là, après le Tontonthon de Jarnac, nous avons le Ségotour des vœux.

RECORD. 130 000 logements sociaux construits en 2010. Le Secrétaire d’Etat au Logement soulignait avec malice qu’on en n’avait jamais construit autant et bien plus que sous la gauche où l’on ne dépassait guère les 40 à 50 000. C’est la loi de Rénovation urbaine qui a permis ce petit miracle en permettant la synergie de tous les acteurs pour le financement, en commençant par l’Etat. Et le logement apparut, constate le Benoit !

AU TOP. La Chine renoue avec la croissance : 10,3% en 2010 pour atteindre un PIB d’environ 6.000 milliards de dollars. L'économie chinoise a bénéficié à la fois d'une solide dynamique de son commerce extérieur (on s’en passerait bien) et d'une forte demande interne (ça c’est mieux). L'inflation reste forte et devrait entraîner logiquement un nouveau relèvement des taux d'intérêt cette année.

DEPENDANCE. Ne pas confondre avec « handicap ». Il s’agit de se concentrer sur le cas des personnes âgées. Roselyne Bachelot ne veut pas mélanger les deux problèmes dans un « melting pot » qui deviendrait infinançable.

JOUER UTILEMENT. La BCE veut se faire pédagogue en matière d’économie. Elle se fait éditrice de deux jeux pour s’initier à ses ressorts : « Economia » pour piloter une économie en maintenant un taux bas d’inflation, et « Inflation Island » qui présente en jeu des vidéos et des photos montrant comment l'inflation et la déflation ont affecté certains pays à travers les années et le joueur peut tester ses connaissances et déceler les scénarios inflationnistes présentés. A conseiller aux Français, réputés nuls en économie.

Le bonnet d’âne : à Michel Rocard qui préconise de rouvrir le débat sur la durée du travail mais pour passer « en-dessous » des 35 Heures. Il fallait selon lui allonger la durée de vie au travail avec en corollaire baisser le temps hebdomadaire. Ne pourrait-on pas considérer qu’on a fait le travail mais dans l’autre sens ?

Il vaut mieux en rire : « portez la discorde ! » c’est la consigne du Méchanlon donnée à ses troupes pour animer le débat de sa précampagne. Le candidat du Front de Gauche pour tenter de provoquer le « grand soir » dont il rêve ne s’aperçoit même pas que son chaudron est vieux et que ça colle au fond.

 


LA GREVE DE TROP

Grues portuaires

La CGT s’est lancée dans un nouveau bras de fer en relançant la grève des dockers dans les ports pour tenter d’imposer un accord sur la pénibilité qui contourne allégrement la réforme des retraites.

Ce mouvement de grève se révèle très pénalisant au Havre. Après cinq jours de grève la semaine dernière, le travail devait en principe reprendre mardi dans les ports. Mais avant même la fin de ce premier round, la Fédération nationale des ports et docks (FNPD), la CGT des dockers, à l'origine du mouvement, envisageait de revenir à d'autres formes d'action, variables selon les terminaux (pas d'heures supplémentaires, pas de vacations de nuit, arrêts de travail tournants...).

Le mécontentement du syndicat majoritaire trouve son origine dans le refus de l'Elysée et de Matignon d'entériner les négociations sur la pénibilité engagées en 2008 dans le cadre de la mise en place de la réforme portuaire et de l'élaboration d'une nouvelle convention collective. L’accord de branche arrêté entre la FNPD, l'Union des ports français (UPF) et l'Union nationale des industries de la manutention (Unim) en octobre dernier devait rendre possibles les départs en retraite anticipée jusqu'à quatre ans pour 5.000 à 6.000 agents portuaires.

Evidemment, la réforme des retraites, promulguée début novembre dernier, est venue changer le contexte. La fermeté du gouvernement provient du fait qu’il redoute les effets de contagion et entend limiter à deux ans les départs anticipés. On ne comprendrait pas que le premier accord sur la pénibilité après la réforme des retraites aboutisse à faire partir les salariés avant soixante ans alors que l'âge légal va passer à soixante-deux ans !

Les services du  secrétaire d'Etat aux Transports mettent également en avant le coût du projet qui se dessinait entre les partenaires sociaux : 140 millions d'euros, à la charge des sept ports nationaux, une charge financière très élevée pendant plusieurs dizaines d'années. A l'Unim, on accepte mal la position du gouvernement, dont l'attitude est perçue comme une « remise en cause du principe d'autonomie de la négociation collective » et met en danger le projet de convention collective des établissements portuaires, pièce maîtresse de la réforme de 2008.

L'épilogue de la réforme portuaire semble encore loin. Une réunion convoquée au secrétariat d'Etat chargé des Transports, mercredi, à laquelle participaient des représentants du gouvernement, des ports, le patronat des entreprises de manutention et les syndicats de main d'oeuvre portuaire, n'a débouché sur aucun résultat concret et la Fédération nationale des Ports et Docks CGT n’y a pas trouvé de raisons de lever ses appels à la grève pour vendredi, samedi, dimanche et lundi.

En attendant, pris entre deux feux, certains ports voient leur activité lourdement pénalisée par le conflit. Pour celui du Havre, le plus touché, ces cinq jours de grève ont conduit à l'annulation de vingt-six escales de porte-conteneurs, selon sa direction. Une situation qualifiée d’extrêmement préjudiciable à toute la communauté portuaire, y compris aux dockers et aux portiqueurs.

Comme il y a peu de chances que le gouvernement transige sur les départs anticipés de 4 ans, pierre d’achoppement, voilà un conflit qui va droit dans le mur. Une fois de plus Bernard Thibault qui souhaitait peut-être y trouver une santé, en sera pour ses frais. Le plus grave, c’est le préjudice encouru qui ruine nos ports. Les dockers se mettront alors en grève à cause du chômage qu’ils auront créé.

Pendant que les dockers sont au pied des grues, les clients font le pied de grue pour débarquer...



POURQUOI L’ALLEMAGNE NOUS A DISTANCES

écart franco allemand

Comment « Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne ». C’est à cette question que se propose de répondre le rapport que vient de recevoir le ministre de l'Industrie, Eric Besson. Ses conclusions montre que«s’Il n'y a pas entre la France et l'Allemagne un décrochage permanent et structurel de compétitivité,  il y a en revanche une rupture de tendance d'ampleur sans précédent historique à partir de l'an 2000 »..

Une rupture qui s’explique par de multiples facteurs mais, « pour l'essentiel, par des politiques opposées de gestion du marché du travail et une divergence de grande ampleur des coûts et des marges des entreprises ». Autrement dit, la réduction du temps de travail côté français, comparée, outre-Rhin, à une politique de désinflation compétitive menée à travers une compression des salaires. Le résultat, c’est que « les exportations françaises représentent 40 % des exportations allemandes aujourd'hui, contre 55 % il y a dix ans ». Et « la France a perdu au cours des années récentes le seul avantage comparatif qui était le sien, celui des prix moins élevés ».

La comparaison restreinte à l'Allemagne, plus frappante que sur une moyenne de la zone euro, est délibérée et répond à une demande élyséenne, comme le précisait encore récemment Nicolas Sarkozy : « Autant je peux comprendre les différences de compétitivité entre la Chine, l'Inde et la France, autant je ne peux pas comprendre la différence de compétitivité entre l'Allemagne et la France. C'est trop grave pour nous ».

Le rapport met en évidence l'écart de compétitivité relativement récent qui « n'est pas irrémédiable » mais « les mécanismes à l'oeuvre ne se corrigeront pas spontanément ». S'il salue les pôles de compétitivité, Oséo, le crédit d'impôt recherche ou la réforme de l'université, « leurs effets ne pourront apparaître que dans des délais d'au moins cinq à dix ans ». Il faut donc un « pacte de compétitivité industrielle » entre pouvoirs publics, partenaires sociaux et citoyens, dont l'une des mesures prioritaires serait un « recalage de nos coûts industriels » : « Comme on ne peut pas dévaluer, il faut au moins stopper l'hémorragie liée au coût du travail par une nouvelle baisse des charges, de 10 à 15 milliards d'euros », juge Michel Didier, président de l'institut de conjoncture. A compenser, au choix, par une hausse de la TVA ou une baisse des dépenses publiques. Ou les deux combinées ?

Deuxième impératif : « adapter le compromis social salaire-emploi-durée du travail à la contrainte de compétitivité ». Il faudrait négocier au sein des entreprises de nouveaux accords autour du coût du travail. Des conclusions que ne partagent évidemment pas tous les économistes. Pour certains « les gains de l'Allemagne ne seront pas forcément durables, car ils ont été obtenus par les baisses de salaire. Nous serions plus inquiets s'ils avaient été obtenus par la productivité. » D’autres sont plus pessimistes : « Il n'est pas sûr que la France doive suivre la politique salariale allemande, en raison du poids devenu petit de l'industrie et donc de la faiblesse de l'effet d'amélioration de la compétitivité et des effets sur les inégalités  de revenus ». On peut comprendre que les Français ne l'accepteraient pas.

En l'absence de marges de manoeuvre budgétaires, les pistes de réforme paraissent donc limitées, au moins d'ici à 2012.

 


LE SABOTAGE DU SYSTEME EDUCATIF

 

Les principales fédérations syndicales de l'éducation, la FSU, l'Unsa et le SGEN-CFDT, ont boycotté les voeux du chef de l'Etat « au monde de la connaissance et de la culture ». La raison : «« Les mesures prises sous la responsabilité du chef de l'Etat sont, par leur ampleur et leurs conséquences, d'une telle gravité pour la très grande majorité des citoyens et pour l'avenir de notre pays que la présence de la FSU à ces voeux apparaît impossible » a expliqué la très gauchisante fédération. C’est évidemment anecdotique mais révélateur d’un état d’esprit inacceptable. On a le droit d’exprimer des désaccords avec les institutions dirigeantes, et les enseignants ne s’en privent pas, mais le geste, qui n’est pas le premier, de refuser une invitation du chef de l’Etat, est un forme de contestation de sa désignation démocratique, alors que par nature, il est le « patron » de tous les fonctionnaires. Rien que cela est déjà choquant.

On avait compris que la même posture adoptée par Bernard Thibault relevait plus de l’usage interne que d’une prise de distance avec le gouvernement, la CGT ne pouvant pas se priver de participer au dialogue social.

Le cas des syndicats de l’éducation et particulièrement de certains, c’est qu’ils en viennent à contester le fonctionnement même du système en contestant tout et en allant jusqu’à refuser d’appliquer les directives qui viennent du Ministère. Ce qui revient à contester la légitimité du gouvernement. C’est grave ! Les syndicats enseignants ne sont pas propriétaires du système éducatif et ils n’ont pas à y imposer leur loi. D’autant plus que leurs menées sont essentiellement fondées sur de l’idéologie et en ont donc le caractère à la fois discutable et insupportable. 

C’est ainsi qu’ils sont contre la décision du ministre de l'Education, Luc Chatel, d’étendre à la rentrée 2011 à quelque 200 lycées et collèges ainsi que 1.700 écoles le dispositif Clair, expérimentation engagée en septembre dernier dans 105 établissements difficiles, dans lesquels le proviseur peut recruter ses enseignants sur profil, pour cinq ans. Ce qui relève du bon sens. Les syndicats préfèrent probablement qu’on y recrute de jeunes enseignants non aguerris, contraints d’arriver là parce que tous les autres postes moins exposés sont pris, à cause des vices d’un système « paritaire » où ils ont la haute main sur les affectations.

Ils sont aussi contre les évaluations en français et en mathématiques, des 730 000 élèves de CM2, soutenus (comme il se doit par la FCPE) et appellent à bloquer la transmission des résultats. Ces derniers dénoncent le caractère trop binaire de la notation ainsi que le calendrier, certaines notions n'ayant pu encore être étudiées en janvier. Des prétextes évidemment. Car le fond du problème, c’est qu’ils sont contre des évaluations qui pourraient mesurer quelque part leur incapacité à transmettre correctement les savoirs fondamentaux. L’argumentation avancée d’une utilisation des tests pour un classement des « bons établissements » et des « mauvais » est fausse en même temps que révélatrice. Pire, Le contenu des tests pour les évaluations que les écoliers de CM2 passent cette semaine a été divulgué sur Internet. Un acte jugé « inadmissible » par le ministre de l'Education qui, je l’espère, va porter plainte. Ce qui est bizarre, c’est que ces tests existaient sous Jospin et personne ne trouvait rien à redire…

Après on s’étonnera que notre système éducatif régresse. Comme si le nombre des enseignants était le seul paramètre pour sa réussite. Ceci n’est pas corroboré par les faits, loin de là. Ce qui est sûr, c’est qu’avec leur comportement et leurs certitudes dédaigneuses, le système va droit dans le mur, les petits français avec lui, et eux, ils klaxonnent en plus, quand ce ne sont pas les parents FCPE qui appuient sur l’accélérateur. Par leur comportement, ces syndicats découragent bien des profs dévoués corps et âmes à leurs élèves en leur imposant un magistère intellectuel auquel ils doivent se soumettre sous peine d'austracisme.




LA GAUCHE LA PLUS BETE DU MONDE ?

 

Ce n’est pas moi qui pose la question. En tout cas, je ne me la pose pas parce que pour moi la réponse est évidente. Non, c’est la couverture du « Courrier international ». J’ai pensé que cela méritait le détour, curieux de connaître comment vingt journalistes étrangers décryptaient les raisons de son naufrage annoncé.

« divisée, nombriliste, impuissante, décevante… » un tableau navrant  mais tellement réaliste. On trouve dans l’argumentaire la guéguerre de ces petits partis exclusivement préoccupés de leur survie, le PS qui ne dit ni oui, ni non et est incapable de réagir sur les questions essentielles, l’absence de leader incontesté qui rend la gauche impuissante, stérile et sans imagination, quand ce n’est pas la tentation du « nombrilisme » qui la gagne.

Les socialistes y sont présentés comme incapables de défendre leurs réformes, agités de divisions qui sont le meilleur moyen de perdre l’élection présidentielle, dirigés par une Première Secrétaire qui voudrait se « Merkeliser » mais qui doit encore tout prouver de son aptitude à gouverner, avec dans les pattes une Ségolène Royal encore et toujours candidate, prête à tous les stratagèmes pour y parvenir. Elle incarne la « gauche à maman », avec comme concurrent son ex-mari, François Hollande, présenté comme le « brillant sans éclat ». Naturellement, le suspense « strauss-kahnien » est décortiqué avec une liste impressionnante de handicaps qu’il devra surmonter s’il se décide, à commencer par « son vrai talent à se disqualifier lui-même ». Quant à la primaire elle est présentée comme une bonne idée devenue une pantalonnade…

Mais il n’y a pas que le PS qui est habillé pour l’hiver. Et justement, il fait froid. Les Verts français ne sont pas les …Grûnen, autrement dit il leur manque encore beaucoup pour peser sur la vie politique, comme en témoigne les sondages accablants d’Eva Joly. On y souligne le talent de Cécile Duflot mais aussi son manque d’expérience, le « bellicisme » de Cohn-Bendit dépeint comme « gauche caviar bio » dans une troupe chaotique.

Le Front de gauche se voit interdit de gouverner pour cause d’incompatibilité congénitale entre un PCF encore trop dogmatique et un Parti de gauche entre les mains entreprenantes du nouveau « missionnaire » Mélanchon, qui ne conçoit pas que l’union ne puisse se faire autrement que sur son nom. Sur la gauche de la gauche, le NPA végète à cause de la masse des trostskistes rigides de Lutte Ouvrière qu’il a attiré dans ses rangs.

L’article qui conclut la série a un titre prémonitoire : « Le jour où le PS implosera ». Je précise que lorsque le journal est sorti, Manuel Valls n’avait pas encore dégoupillé sa grenade sur les 35H ! Et en cerise sur la gâteau, un dessin humoristique qui présente deux affiches : « 2012, la droite et l’extrême droite au second tour, un film catastrophe » et « 2012, la gauche et l’extrême gauche au second tour, un film de science-fiction ». …

Fermez le ban.

Si vous avez du temps, ne vous privez pas. C’est une lecture passionnante.

 



UNE HIRONDELLE AU FN, VRAIMENT ?

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Non, ce n’est pas le printemps. On est bien resté en hiver : les premières déclarations de Marine ne changent guère de celles de Jean-Marie. L'élection de Marine Le Pen, ce week-end, à la tête du Front National, après un suspense « insupportable », n'est pas synonyme de changement profond pour le parti d'extrême droite présidé sans discontinuer depuis sa création, par son père, Jean-Marie, en 1972. La preuve en est que la majorité des cadres élus en même temps sont pro-Gollnisch. Au-delà de la rénovation de l'image personnelle de son chef de file, la structure des soutiens du Front national ne change pas. La crainte de voir le FN changer de visage en changeant de tête est alimentée par la poussée de popularité dont jouit Marine Le Pen qui donne de son parti une image forcément rajeunie et féminisée.

Elle reste pourtant confrontée à une impopularité massive (67 %) sans autre équivalent que celle de Ségolène Royal. Et la cote qu’elle a atteinte récemment (27%) ne prouve pas grand-chose. Son père avait flirté avec les 26% en juin 2006 dans un contexte plus clément que celui d’aujourd’hui sur le plan économique. Et il n'y a aucune raison qu'elle-même échappe à la loi de dissociation des courbes de popularité et d'intentions de vote comme le montre les scores électoraux de son père qui n’ont jamais été corrélés à sa cote de popularité.

Le discours de Marine Le Pen s'élargit à des domaines où l'argumentation est autant économique et sociale qu'idéologique. L'euro n'est plus combattu au seul nom de la souveraineté nationale mais en raison de son effet supposé sur le pouvoir d'achat des Français. Elle étend la thématique frontiste à la lutte contre le libéralisme, laquelle cohabite, avec le rejet de l'étatisme dans une confusion intellectuelle hasardeuse. Et côté «idées sociales » on flirte avec la démagogie nationale-socialiste d’avant guerre.

La progression de l'adhésion aux idées du Front national reste d’ailleurs décevante en regard des efforts déployés pour les rendre plus acceptables à un électorat de droite traditionnelle, même si les références se font plus discrètes sur la nostalgie colonialiste ou l’anti-gaullisme qui alimentaient la rhétorique paternelle. Il se voudrait plus détaché aussi des racines xénophobes et antisémites communes aux extrêmes droites européennes sans rompre avec les fondamentaux du parti (préférence nationale, politique sécuritaire...) -en atteste sa provocante comparaison entre l'Occupation et les occupations de rues par des musulmans en prière -. Une bien difficile équation. Le discours ne s’adoucit qu’en apparence.

Le pouvoir d'attraction exercé par Marine Le Pen sur l'électorat UMP reste limité comme le montre les études d’opinion sérieuses. D'ailleurs, entre deux tiers et trois quarts des Français selon les enquêtes, estiment que le parti de Marine Le Pen ne sera pas différent de celui de son père. Et en banalisant son discours elle est amenée à faire du « Sarko » en plus pâle, c’est-à-dire sans le talent. Toutefois, grâce à un certain savoir-faire, elle pourrait prétendre élargir son aire d'attraction auprès de deux catégories dans lesquelles le parti d'extrême droite connaît un fort déficit : les femmes et les jeunes. Mais le pari ne pourrait être gagné qu’en renonçant à une radicalité qui agit, on le sait, sur ces électeurs comme un repoussoir. Or c'est l'affirmation de cette identité extrémiste qui lui permet aujourd'hui de préserver, par-delà le retrait du chef charismatique, l'unité du Front National jusque dans ses composantes les plus dures.

Quant au programme, n’ayant jamais été en responsabilité de gouverner et n’ayant aucune chance de jamais y parvenir, il peut tout promettre sans jamais dire comment on ferait. On a déjà la même chose à gauche, mais là c’est plus grave parce qu’elle pourrait être amenée à gouverner.

Et si l’engouement pour la Marine n’était tout simplement qu’un « bouillonnement médiatique » de journalistes de gauche qui voudraient bien piéger le Président sortant… ?


LES REFLEXIONS D'ARCHIBALD

MAIS DANS QUEL MONDE VIVONS-NOUS ?

Drôle d’époque, oui vraiment. Il y a des moments où on se demande si un lutin malicieux ne vient pas déranger l’ordre normal des choses, de sorte que nos contemporains ne s’étonnent plus de rien et assistent passifs aux choses les plus ineptes.

Ainsi, à quoi sert un gouvernement belge ? Voilà une question que les Belges ne sont certainement pas les seuls à se poser. Probablement à rien, puisque le pays fonctionne sans depuis près d’un an et ne semble pas s’en porter plus mal. Il a même assuré la Présidence européenne, qui est passée totalement inaperçue. Enfin, on peut se demander si la Belgique existe encore. Vérification avec le dernier film de Dany Boon, au début du mois prochain.

Autre question : à quoi sert le président de l’Europe ? Le fait qu’il soit belge n’a rien à voir avec ce qui précède. Je pose la question parce que tous les six mois, un pays continue d’assurer la présidence du Conseil européen. Alors qui fait quoi ? On ne sait pas vraiment. Moi je pensais qu’Herman Von Rumpuy se substituerait au théâtre des présidences tournantes. Certes, la présidence Tchèque eurosceptique n’a pas eu beaucoup d’éclats et celle de la Hongrie qui démarre risque de ne pas en faire beaucoup plus. Au moment où la gouvernance politique de l’euro avance, il faudrait peut-être simplifier non ?

Et puis il y a le cas de la Côte d’Ivoire. Après avoir longtemps différé l’échéance en dépit des institutions, le président sortant a organisé des élections. Il pensait probablement se succéder à lui-même. Mais voilà, la communauté internationale, témoin de la consultation, a proclamé son adversaire élu. Dans la plus pure tradition guignolesque, le sortant s’est fait proclamer par « son » conseil constitutionnel, et le pays se retrouve avec deux titulaires. Abondance de biens ne nuit pas. On peut en rire si toutefois cela ne tourne pas au tragique. Et on compte déjà trop de morts.

La plaisanterie facile consiste à utiliser le principe des vases communicants. Ici, il y en a deux. Là, il y en a un qui s’est enfui. Cela devrait donc pouvoir s’arranger. Je ne suis pas certain que les Tunisiens rêvent d’un régime du type que Laurent Gbagbo avait institué dans son pays. En attendant, ils sont dans une situation qui peut connaître toutes les dérives imaginables. Il n’y a pas de quoi rire. Ils sont sauvés dès lors que notre Ségolène se met à leur service. Et si elle allait se présenter là-bas ?

Même les américains qui ont envoyé l’Homme marcher sur la Lune sont en passe d’être dirigés par des fondamentalistes arriérés qui contestent la théorie de l’évolution et persécuteront un jour les anthropologues et les scientifiques qui contrediront la Bible.

Finalement, il n’y a qu’en France où tout est en place. Le FN vient de remplacer Le Pen par Le Pen. Le fait que la fille soit blonde aux yeux bleus (je crois) c’est normal aussi. Le PS est fidèle à lui-même : il organise des primaires, mais il est interdit aux candidats d’exprimer des idées hors du programme. Le débat va être d’un passionnant (mais on est habitués). Les querelles d'égos sont bien plus drôles. Le Président reste stable dans son impopularité comme si un mauvais génie avait décidé de lui pourrir la vie. Il est vrai que les Français ont la tête dans le sac (de soldes) en ce moment. Il n’y a que la désaffection pour la vaccination qui interpelle. Si dans le pays de Pasteur, on n’y croit plus, c’est que la Terre ne tourne plus rond, ce que personne n’a encore vérifié.

Bon, on se prend un verre de Loch Lomond pour se remonter le moral.

                                                                        Mille Sabords !


UN BOUT DE PRINTEMPS EN HIVER.

  Cac 40 01 10 semaine Le CAC 40

 

L'Europe retrouve la confiance des marchés. L'Etat portugais parvient à séduire les investisseurs,  les banques reprennent des couleurs, le CAC 40, en hausse de 2,15 %, est au plus haut depuis deux mois et l'euro repart en à la hausse à 1,3083 dollar. Avec raison, au bout d'un an de crise, les marchés ont enfin compris et admis que l'Europe avance. La découverte des déficits grecs, avait été suivie d’un temps de réaction trop lent, mais même si le  cheminement est laborieux, des solutions de compromis finissent toujours par s’imposer.

Et la crise la fait avancer plus vite : non seulement le Portugal a trouvé à placer sa dette, mais le taux obtenu montre qu’il séduit les marchés. La Commission propose un nouveau « paquet » de gouvernance de la zone, le Japon, après la Chine, est venu acheter des obligations européennes et, mieux, le fonds de secours doublerait !

Les Européens sont décidés à mettre un terme au plus tôt à la crise de leur dette souveraine. Les prochaines réunions des ministres des Finances et de l'Eurogroupe pourraient accroître considérablement les moyens et la flexibilité du Fonds européen de stabilité financière. Le ministre belge des Finances s'est prononcé hier soir en faveur d'un doublement des capacités d'aide mises à disposition de la zone euro, à 1.500 milliards d'euros. De leur côté, La France et l’Allemagne ont simplement évoqué cette possibilité si elle s'avérait « nécessaire ». L'Europe entend, c’est clair, contre-attaquer sur tous les fronts où elle est menacée.

L’Europe est un Objet Politique Non Identifié. Ce que testaient les marchés dès le début de la crise grecque est la solidarité des Etats membres de cet OPNI entre eux. Eh bien, les décisions ont été prises et avec elles, la preuve a été fournie que l'euro n'est pas seulement une monnaie, l'euro est un objet politique que ses fondateurs défendront. Les marchés semblent donc s'être convaincus que la volonté politique est là. Espérons qu’ils en resteront là et de fait, ils commencent à prendre au sérieux les intentions des Européens. L'euro s'est envolé au-dessus de 1,33 dollar après que Jean-Claude Trichet a fait part de ses craintes relatives à l'évolution de l'inflation dans les mois à venir. Les opérateurs en ont déduit que des hausses des taux allaient intervenir plus tôt que prévu. Le CAC 40 a tutoyé les 4.000 points d'indice.…

Mais attention, l’hiver n’est pas fini. Et il reste tant à faire pour que le marché unique soit relancé, que soit mis fin au dumping fiscal et social, que soit lancé des eurobonds pour financer des dépenses d'accélération de la productivité des Etats membres, à commencer par ceux du Sud… Oui, l’Europe est encore trop souvent un « processus » plus qu’un aboutissement et la « sauver » ne la construit que partiellement.



IL FAUT TRA-VA-ILLER !

Valls

C’est sur le principal échec du quinquennat de Nicolas Sarkozy que va se jouer la prochaine présidentielle : le pouvoir d’achat. La crise en est évidemment la principale cause, mais les Français n’en ont cure ; aussi bien les ouvriers et employés que ceux qui constituent ce qu’on appelle communément « la classe moyenne ».

L’équation est compliquée. Entre ceux qui bénéficient des prestations sociales, ceux qui « touchent » comme on dit, et ceux qui constituent le haut du panier et pour qui le pouvoir d’achat n’est pas un problème, il y a ceux qui gagnent trop pour « toucher » et pas assez pour être à l’aise. Ce sont les éternelles victimes des « effets de seuil ». Ce sont aussi les gros bataillons de la moyenne de la « classe moyenne ». Ce sont ceux-là qui ont le plus cru au slogan « travailler plus pour gagner plus ». Ils sont aujourd’hui les plus déçus.

 Tout le monde l’a bien compris. Qui séduira le mieux ces « classes moyennes », après qui tout le monde court désormais ?

Quelques précisions pour comprendre. En termes de revenus, on range dans cette catégorie les ménages disposant de 1.200 à 3.000 euros de revenus mensuels. Les analyses historiques montrent qu'elles ont explosé au cours des Trente Glorieuses. Mais après une période faste, leurs conditions de vie n’ont cessé de se dégrader entre les augmentations d’impôts et leurs salaires stagnants. Le déclassement qu'elles ressentent nourrit le pessimisme constaté dans les sondages. C'est le fond du problème posé aux politiques, et que la crise aggrave encore. Or plus de la moitié des Français, déclarent y appartenir. S'y retrouvent ainsi les professions intermédiaires, les enseignants, agents de maîtrise et employés, un gros tiers de retraités…

Voilà pourquoi les "Français moyens" détiennent probablement la clé de l’élection. Les socialistes y fondent de grands espoirs avec DSK, espérant y renouveler la performance de Mitterrand (56 %) et oublier la déconvenue de 2007 (37 %). Manuel Valls s'est rendu compte des effets pervers des 35 heures sur notre économie et traduit l'aspiration au travail par une abrogation qui paraît logique de  la loi, espérant s'attirer les bonnes grâces de cette partie de l'électorat. De son côté, Nicolas Sarkozy, solidement campé sur les retraités, ne désespère pas de les convaincre par sa gestion douce de la crise, sa modération fiscale, son discours sécuritaire…

La solution ? Leur redonner du pouvoir d’achat ! Et c’est là que ça coince. Augmenter les salaires en pleine reprise, c’est impensable, en tout cas d’ici 2012, et c’est prendre le risque d’accentuer les délocalisations. Il faut donc maintenir le dispositif actuel des heures supplémentaires défiscalisées qui apportent un supplément de revenu à 5 millions d’entre eux. Le débat sur les 35 heures qui remettrait en cause ce petit plus sera très mal vécu. De même, les augmentations d’impôts ne seront pas les bienvenues. La marge de manoeuvre est donc étroite, car il faut en même temps annihiler les effets dévastateurs du bouclier fiscal devenu, par l’hystérie de la gauche sur le sujet, un symbole d’injustice fiscale. On voit donc quel chemin tortueux est pris pour la reconquête de leurs voix. Car, la suppression de l’ISF pour le remplacer par un impôt sur les revenus du patrimoine pourrait bien être un remède pire que le mal. Les apparences de justice et de rationalité sont souvent trompeuses en matière d’efficacité économique.

La France ne s’en sortira que si elle produit plus de richesses. Travailler plus, si on peut, reste à l’ordre du jour.



TOUT N’EST PAS ROSE, MAIS….

  Euro

Deux ans après la crise de 2008, le monde ne va pas aussi mal qu’on pouvait le penser. L'année 2010 se termine sur une croissance record en Asie et sur une consolidation de la reprise en Amérique et en Europe, ce qui n’était pas évident avant l'été. La nouvelle année s'annonce sous les mêmes auspices avec une croissance partout stabilisée. Le navire de l'économie mondiale reste fragile, sans doute, mais aucun tsunami ne semble plus en mesure de le faire couler.

Le souci de 2011sera plutôt le découplage entre les pays développés et les émergents : « 10 % de croissance en Chine, 10 % de chômage en Occident » comme le résume l’économiste américain Nouriel Roubini, Les uns craignent la déflation tandis que les autres doivent lutter contre l'inflation et ont commencé à mettre le pied sur le frein. Alors que les pays développés sont préoccupés de voir leur croissance handicapée par des problèmes « structurels » qui seront long à se résorber. Cette grande divergence est la source d’instabilités et de menaces. La tentation protectionniste reste devant nous.

Aux Etats-Unis, la situation immobilière n'est pas encore stabilisée et les emplois tardent à revenir. La construction et l'industrie, qui ont fortement abaissé leurs effectifs durant la crise, ne s'estiment pas en mesure de réembaucher. D’ailleurs Goldman Sachs estime que la croissance potentielle américaine est aujourd'hui réduite à 2,25 %, contre 3 % dans les années 1980-2010. La première conséquence est que la moitié des chômeurs le sont pour « une longue durée » (plus de vingt- sept semaines), du jamais-vu chez des gens habitués à retrouver rapidement un emploi. Et pourtant, d'un point de vue conjoncturel, la reprise n'a pas flanché. La croissance de 2,7 % cette année s'est accélérée en fin d'année et elle devrait passer au-dessus de 3 % en 2011, notamment grâce aux baisses d'impôts négociées par Obama avec le Congrès.

En Europe, la reprise devrait aussi se solidifier : 1,7 % dans l'euroland cette année, 2 % en 2011 : la croissance repart sur des bases « autoporteuses » saines et à mi-2012, le choc de la crise pourrait même être effacé. En Allemagne, l'export n'est plus seul à tirer l'économie : la consommation pourrait croître de 2,1 % après 0,5 % cette année, et l'investissement de 2,7 % après un recul de 0,9 % en 2010. L'Allemagne est en passe de surmonter définitivement la crise des « subprimes ».

Les pays de l'Est (Pologne, République tchèque, Hongrie) et ceux du Nord foncent comme l'Allemagne : la croissance suédoise atteindra 5,4 % en 2010 en rattrapage de 2009, mais aussi 4,1 % en 2011 ! Voilà aussi des modèles qui marchent. En revanche, les pays du Sud et l'Irlande seront pénalisés par leurs dettes. L'Espagne, par exemple, maintenue en récession cette année, plafonnerait tout juste à 1 % en 2011, la moitié du rythme de la zone euro. La périphérie européenne représente « le risque principal », mais la taille de ces pays est trop faible pour remettre en cause la croissance du nord.

La France s'inscrit dans la moyenne de la zone euro. L'essentiel est que la consommation ne devrait pas trop fléchir malgré le moral négatif du pays. La croissance atteindrait 1,8 à 2 %  en 2011, après 1,6 % en 2010. Il faudra un jour expliquer que ce miracle n’est pas dû au hasard, mais tient à la gestion habile de la crise par le gouvernement.

Tout n’est pas rose, mais arrêtons de voir l’avenir en noir !

 


QUELQUES SUJETS … D’ETONNEMENT

 

COUP DE JARNAC. Ils sont venus, ils sont tous là, Y’a même Ségo la toupie maudite, … C’était pour commémorer l’anniversaire de la mort de « Miteux » (aurait dit Le Luron). Et pas tous désintéressés les copains ! Tous les candidats déclarés ou non  à la candidature se pressaient pour figurer sur la photo de famille. Il y en a qui ont du repartir avec un de ces mal de pied ! Comme d’habitude le coup de Jarnac est venu de la Daronne du Poitou avec distribution d’un petit ouvrage signé Ségo et discours vantard de 1ère bourre. Au point que Mazarine a montré sa gêne devant tant d’indécence. Passe d’arme feutrée avec l’amère de Lille, encore plus amère de s’être fait doubler une fois de plus. Décidément on va pas s’ennuyer jusqu’au mois de septembre !

CARTON JAUNE. Décidément, ils sont en forme nos compères Jacob et Copé. L’un veut aborder la modification du statut des fonctionnaires, l’autre relance la discussion sur les 35 heures.  Deux sujets hautement explosifs à deux mois des cantonales. Inconscience ? On voudrait fâcher définitivement les classes moyennes avec la majorité qu’on ne s’y prendrait pas mieux !  Et si on gardait des munitions pour 2012 ? Heureusement, François Fillon a remis les choses à leur place. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation…

BOUDIN. La CGT boude. Elle a décidé de ne pas venir assister à la cérémonie des vœux du chef de l’Etat. Au moins comme ça, on ne pourra pas accuser Thibault d’être le complice de Sarko. Mais si c’est tout ce que la centrale syndicale a trouvé comme mode d’expression après le fiasco de son entêtement sur les retraites, c’est  bien faiblard. Les absents ont toujours tort.

BONNE NOUVELLE : pour finir, un rayon de soleil. D’après une étude qui sera rendue publique lors de Vinexpo à Bordeaux, la France a repris sa 1ère place de production de potion magique, je veux dire de vin, avec 419 millions de caisses en 2010. Cétipabo ça monsieur ? Mais attention, les Français boivent moins…

 


AU CENTRE : COMBIEN DE DIVISIONS ?

 

On va finir par croire que quand on ne sait pas où héberger en politique, on dit qu’on est  « au centre » ! C’est quoi le centre ? On connaissait le centre de Lecanuet, il était démocrate et social. Il se définissait ainsi parce qu’il se trouvait à mi-chemin des sociaux-démocrates de gauche et des socio libéraux de droite… Mais aujourd’hui entre le PS et l’UMP, qui est la fusion, rappelons-le du RPR et de la plus grande partie de l’UDF, l’espace commence à être encombré.

On y trouve le centre « extrême » de Bayrou. Extrême par son intransigeance. On y trouve le « Nouveau centre » d’Hervé Morin qui regroupe des exilés du Modem effarouchés par l’ayatollah et la grande prêtresse qui le gouverne. Il ne faut pas oublier « l’Alliance centriste » du Sénateur Arthuis, sorte de nébuleuse aux frontières mal définies. Et puis voilà maintenant que l’ancien Premier Ministre, Villepin, que l’on croyait gaullo-bonapartiste, se déclare lui aussi au centre. Et maintenant c’est au tour de Borloo, après avoir quitté le gouvernement, qui prétend occuper la place, avec une sensibilité de … centre gauche. Vous voyez bien que lorsque je parle de divisions, ce n’est pas des troupes que je parle !

Si l’électorat centriste existe bel et bien, il est aujourd’hui servi.  Par contre, les prétendants sont à la tête d’armées mexicaines aux effectifs fort maigres. C’est que depuis fort longtemps, le centriste, par définition est un « p’têt que oui, p’têt que non » et il est difficile de le faire militer. L’ambition, plus qu’un projet, n’est-il pas leur moteur commun et des rivalités profondes séparent tous ces « braves gens » qui nous veulent tant de bien.

Toutes les conditions sont réunies, en vérité, pour que la compétition des ambitions annule la perspective d’un rassemblement, lequel, au demeurant ne constituerait pas un électorat suffisant pour dépasser le statut de force d’appoint. Et les dîners en ville, ou en tête-à-tête ne semblent pas changer grand-chose à la donne.

Entre le centre qui se parcellise et la gauche qui tente de masquer ses divisions sans y parvenir, nous n’avons pas fini d’assister aux batailles d’égo. De quoi donner à Nicolas Sarkozy quelques occasions de se délecter, lui qui peut compter sur une UMP sanctuarisée aux troupes aguerries. Au moins personne n’ose lui contester le leadership, sinon en criant sa bonne fois de vouloir bien le servir pour 2012. Tout cela pour dire qu’il tient encore en main, en dépit des sondages, les atouts qui pourront lui permettre de remporter la mise.



LA FLUTE DE « PAN » !

  2007 ans aprs JC

 

Un quart d’heure, montre en main, c’est ce qu’a duré –paraît-il- le discours des voeux du Maire d’Angers. Un mauvais quart d’heure pour les Angevins. Car le coeur du maigre discours de l’édile en fin de parcours aura été de tout faire pour envelopper la potion amère que les contribuables vont bientôt devoir avaler.

Sous les habits de la modernité d’un projet municipal qui n’a pas grand-chose de novateur –bien des collectivités pratiquent les projets pluriannuels- il s’agit de masquer une déroute budgétaire qui oblige à trouver 25 millions par an pour boucler le budget de l’agglo. Les Angevins à l’abri jusqu’à maintenant vont devoir eux aussi payer la douloureuse : 8% de plus sur les impôts locaux et probablement autant l’année suivante…

On retiendra surtout que le Maire qui envisageait il y a encore peu d’inviter le Président de la République à l’inauguration du tramway, a choisi, allez comprendre, de faire une diatribe idéologique contre le gouvernement à coups de mensonges et d’insultes avec une mauvaise foi qui lui est coutumière. Non, M. Antonini, il n’est pas paranoïaque de contraindre les collectivités à la rigueur. Surtout quand elles sont dépensières et capables de dépenser des sommes folles pour « du pain » et « des jeux » ! comment peut-on mettre sur le dos du gouvernement des finances dans le rouge à cause d’investissements pharaoniques comme le tramway ou irresponsables comme la construction de logements qui ne repose pas sur des projections démographiques sérieuses.

Enfin, l’entendre évoquer la transparence, c’est risible : c'est plutôt "quai des brumes", quand on voit avec quel soin il cache les données techniques et financières qui présideront au budget 2011, dont le vote est reporté « courageusement » après les cantonales pour ne pas nuire aux candidats de gauche. Un pur et vrai scandale ! Sa flûte voudrait nous endormir, c’est en réalité un fusil à tirer sur les contribuables, nous ne sommes pas dupes.

Non seulement le Maire a le souffle court, mais j’ai envie de dire qu’il prend vraiment les Angevins pour des cons.  

 


MANUEL ENVOIE « VALLSER » LES 35 H …

Valls

 

« Déverrouiller les 35 heures » : le tabou est brisé. « Valls, il a free, il a tout compris ! ». Il a compris que les Français devaient se retrousser les manches et se remettre au travail. Il a compris que les 35H c’est le symbole d’une France qui pense plus à se reposer avec les RTT qu’à créer des richesses. Il a compris que la montagne idéologique a accouché d’une souris et que la 1ère secrétaire en est encore à croire que son dispositif a créé 400 000 emplois alors qu’il devait en créer 1 million quand l’INSEE arrive péniblement à en décompter … 150 000.  Les 35 H c’est un fiasco qui coûte une fortune. Là encore le candidat à la candidature n’a pas peur d’asséner les vérités : le dispositif coûte une fortune à l’Etat chaque année et pour le contourner on a mis en place une usine à gaz qui consiste à défiscaliser les heures supplémentaires censées les compenser pour permettre à ceux qui le souhaitent ou le peuvent, de travailler plus.

Et le député-maire d’Ivry n’y va pas par quatre chemins : « déverrouiller les 35 heures  pour permettre aux Français de travailler plus et travailler mieux. Il faudrait augmenter de deux ou trois heures la durée légale du travail et les salaires d'autant. Tout cela devrait évidemment se négocier avec les partenaires sociaux. Cela permettrait de se donner une marge de manoeuvre supplémentaire pour sortir du blocage très français sur les salaires et le travail. Ce serait aussi une manière d'alléger le budget de l'Etat» Valls-Copé, même combat ? C’est une affaire de génération.

En effet, quand la direction du PS regrette une « posture », il enfonce le clou. Les 35 H sont ramenées à des postures des années 70,80 ou 90. « Le rôle des responsables politiques c’est de faire preuve d’inventivité et de formuler des nouvelles propositions ». Manuel Valls entend bien profiter des primaires socialistes pour faire entendre sa petite musique. Sauf que les effets en sont dévastateurs dans un parti qu’il faudrait aussi « déverrouiller » et qui n’accepte le débat que sous la forme d’additions, personne ne voulant trancher entre les « réalistes », clan auquel appartient le député d’Ivry, et les « idéologues » retranchés derrière Benoit Hamon.

Cela dit, il rend aussi service à droite où Jean-François Copé aimerait bien remettre le sujet en avant, alors que le Président reste sur la réserve, estimant que le détricotage réalisé est suffisant. Il reste cependant coûteux, plus de 20 milliards par an, et au moment où les économies sont à la mode…

Le débat dépasse le cadre franco-français. Nombre de pays européens plaident pour l’abandon de toute durée légale du travail dans les pays de l’Union. Le dossier doit être plaidé prochainement à Bruxelles. Le fait que l’Allemagne se soit ralliée à l’idée lui donne du poids. Voilà donc qui va alimenter et faire rebondir la querelle. Les socialistes n’ont pas fini de se disputer, car ce débat est tout sauf inutile !

 


DES VŒUX AUX REALITES …

Sarko voeux 2011

Voilà un Président très « présidentiel » qui a visiblement pris le « pli » qu’impose, sous la Vème république, le poids des responsabilités sur les épaules du chef de l’Etat. La « patine » a remplacé le « trop voyant » des débuts, la « patience » s’est substituée à la hâte des premiers temps. Bref, comme beaucoup d’observateurs l’ont signalé, le Président a pris de la hauteur. On sait aussi qu’il apprend vite et qu’il sait tirer les leçons.

Voilà des vœux raisonnablement optimistes pour les Français en 2011. Vœux auxquels les éternels Cassandre opposeront comme d’habitude et sans grand risque d’être détrompés par des médias grand public le plus souvent ignards en économie, leurs sombres prévisions et leurs convictions étayées des mêmes ritournelles.

Pourtant, il y a un an, c’est le même concert de critiques hautaines et méprisantes qui avait accueilli les prévisions économiques, sociales et budgétaires que le président avait égrenées lors de son discours du jour de l’an. La France ne devait en aucune façon atteindre aucun des objectifs qu’il lui assignait. Il est facile de constater qu’à l’arrivée, sur le déficit, la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat, les résultats de 2010 auront été pour certains proches, pour d'autres au-delà des espérances. Qui ment, je vous le demande ?

Alors, en sera-t-il tenu compte cette fois-ci ? On n’aurait tort de tenir pour négligeable les promesses du Président. D’autant plus qu’il réitère trois engagements tirés de l’expérience de l’année écoulée : celui de faciliter la cohésion sociale en choisissant la fraternité républicaine, celui de maintenir le cap d’une rigueur budgétaire salvatrice mais aux efforts mieux répartis, celui d’améliorer l’attractivité fiscale de notre pays, qui sous couvert de convergence franco-allemande, permettra de sortir de cet impôt imbécile de solidarité sur la fortune.

Après avoir été retardé par la crise, l'assainissement de nos comptes publics se poursuivra donc à un rythme qui devrait mettre la France à l'abri de la zone des cyclones financiers. Le soutien à l'innovation et à la création d'emplois viables dans le privé viennent opportunément compléter le tableau pour faire de l’année 2011, l’année « utile » que Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux.

Ne soyons pas béats. Rien n’est joué. Bien des données nous échappent. L’une d’elles se trouve en Allemagne dont le rôle de locomotive de la zone euro dépend pour beaucoup des politiques salariales qui se desserrent mais à un rythme trop lent. Une autre tiendra dans la capacité de l’Euroland à affronter les nouvelles attaques que ne manqueront pas de subir ses membres les plus fragiles comme le Portugal ou l’Espagne. Et puis il faudra compter aussi avec les Etats-Unis, dont la politique d'expansion monétaire est ressentie comme nécessaire pour la croissance mondiale mais est en même temps source d'inquiétude pour notre « Vieux Continent » incapable de la même audace, car elle y est potentiellement exportatrice de chômage.

En présidant le G20, la France ne sera pas à la plus mauvaise place pour agir sur ces inconnues de 2011. Ce n’est pas le moindre de ses atouts, quand on connaît la capacité de notre Président à négocier et convaincre.

 



LA BONNE ANNEE D’ARCHIBALD

  Boule de gui

 

Puisque la tradition veut que nous sacrifiions aux vœux avec le nouvel an, je me suis demandé ce qu’on pouvait bien souhaiter à la France pour 2011. Et n’étant rien d’autre qu’un citoyen lambda, je me suis permis de rêver un peu, en sachant bien que la réalité, de toute façon, saura bien nous rattraper, et plus vite qu’on ne le voudrait.

En temps que « sarkonaute » convaincu –y’en a- j’aimerais bien qu’en 2011, année préélectorale s’il en est, on ait dans notre bon pays une opposition un peu moins bête et méchante. Parce qu’il faut bien le dire, entre Ségodinde mise au pilori de l’agacement par les Français si l’on en croit le sondage d’un nouveau type, et l’amère de Lille version « je souris quand je m’pince » assortie de son factotum d’Hamon qui n’a rien d’un dieu égyptien mais qui est plutôt au commentaire politique ce que le cure-dent est au bec d’un coq, on n’est pas gâté. L’esquisse du nouveau programme socialiste n’est pas faite pour me rassurer au sens où je ne vois pas comment il va permettre d’élever le débat.

J’aimerais aussi une majorité moins désarmante. Non pas qu’elle n’ait pas fait un travail immense en votant les réformes aussi indispensables à la France que la dialyse l’est à l’insuffisant rénal. Simplement on aimerait qu’elle évite ce genre d’amendement à la noix, comme celui sur le patrimoine des députés, qui jette bêtement la suspicion et qui nous empêche de voir clairement le travail accompli. Un président de groupe tout neuf qui se retrouve en short au premier virage, ça fait un peu désordre !

Et puis, là je délire vraiment, je voudrais bien qu’en 2011 nos édiles de tout poil pris d’un accès de lucidité, décident de diminuer les dépenses publiques en taillant dans tout ce qui est superflus et pas franchement indispensable. Qu’on puisse seulement envisager dépenser 400 000 € pour inaugurer un tramway et présenter la délibération nous montre que certains n’ont plus les pieds sur terre. Le problème c’est que le « syndrome du siège » en atteint beaucoup. Et il y a de quoi faire, de l’Etat à la plus petite mairie, en passant par tous les syndicats mixtes et autres structures gonflables pour ne pas dire gonflantes. Tout le monde est concerné. Aux économies, citoyens !  Liberté, égalité, sobriété !

Comment ne pas finir par les Français ?  Que leur souhaiter d’autres qu’une bonne prise de conscience que l’Etat ne peut plus rien pour eux, que les caisses sont vides, et pis, que le pays est en état de surendettement. Eux qui font du chômage –pourquoi pas- leur priorité, avant la sécurité –on peut le comprendre aussi- devraient mettre en exergue et avant tout, l’équilibre des comptes publics et le désendettement de la France sans lesquels nous irons tout droit à la ruine et à l’accentuation du cycle décadent dans lequel nous sommes entrés. Français, ne te demande plus ce que l’Etat peut faire pour toi, mais demande toi plutôt ce que tu peux faire pour lui. Réduire les dépenses et botter le cul à tous ceux qui te propose de les élire en promettant de dépenser plus !

Voilà le programme. Il m’aura fallu à peine trois minutes pour "réaliser" que rien de tout cela n’est ... "réalisable". Quoique…

 

                                                                                    Bonne année !