HISTOIRE

UNE BELLE CAMPAGNE QUI MERITE RECOMPENSE !

Bellamy Canet

 

Cet homme est vraiment étonnant et dénote par les temps qui courent.  Dans les débats, François-Xavier Bellamy est poli, bien élevé et respecte la parole des autres, il a des convictions, et cerise sur le gâteau, du tempérament. Non seulement il a réussi à accroître sa notoriété, mais il a démontré en plus qu’il avait de l’endurance.  Bref, il a réussi sa campagne électorale.  Reste plus qu’à transformer l’essai dans les urnes dimanche prochain.

Les électrices et électeurs de droite et des Républicains ne sont plus orphelins.  Ils auraient tort de faire la fine bouche. Pour une fois qu’on a un candidat qui a du coffre, qui est honnête et qui a démontré sa fidélité à nos convictions, ce serait dommage de ne pas lui donner la chance d’offrir  à la France une autre perspective que Le Pen ou Zemmour.

Quelques arguments qui plaident pour un vote Bellamy :

Les élections européennes doivent permettre de bâtir un « vrai contre-pouvoir ». Il y a une relève à droite qui a la détermination nécessaire pour redresser le pays. Pour le défendre en Europe, d’abord : dans quelques jours, le parti de la droite européenne (PPE) auquel les LR appartiennent deviendra la première force politique en Europe. Ce sont les élus Républicains qui auront les leviers pour agir, pour que l’Europe retrouve un cap clair. 

L’autre enjeu de cette élection, c’est bien sûr de sortir la France de la crise. L’élection du 9 juin est l’occasion de tourner une page. Avec Bellamy, on peut repartir pour écrire l’avenir d’une droite renouvelée, sérieuse, cohérente. Votre vote peut donner l’élan dont la droite a besoin pour reconstruire.

Le moment est venu pour électeurs de droite de reconstruire leur maison. Ils n’ont aucune raison de taire leurs convictions, de renoncer à défendre leurs idées. C’est le moment de refonder cette famille politique qui peut seule répondre aux aspirations du pays.

Au Parlement européen, le clivage oppose les deux forces politiques majeures que sont les socialistes et la droite, le PPE, auquel LR appartient. Le vrai sujet est de savoir si nous parviendrons à sortir enfin de la majorité de gauche, à laquelle les élus macronistes et les écologistes ont participé pendant cinq ans. La France ne peut pas être condamnée à vivre ce perpétuel deuxième tour de l’élection présidentielle.

Oui, il faut un nouveau départ. Il y a une relève à droite, qui a refusé le cynisme des débauchages et des reniements, qui veut la clarté dont la France a besoin, et qui sait gagner des batailles. Nous ne pouvons plus vivre à l’ombre d’un bilan qui n’est pas le nôtre. 

La mission essentielle de l’Europe, c’est de montrer que la liberté est le seul choix qui soit à la fois fidèle à la dignité humaine et efficace sur le long terme. Nous sommes face à des modèles autoritaires, voire totalitaires, comme la Chine, ou l’islamisme international. Comme dans les années 1930, certains sont tentés de croire que l’efficacité est du côté de la centralisation autoritaire, de la suppression des droits de la personne et de la conscience. Notre défi est de montrer, une nouvelle fois dans notre histoire, que seule la liberté peut faire vivre une société.

Le 9  juin, confiance à la liste de FX Bellamy !

 


BELLAMI, WHAT ELSE ?

Bellamy europe

 

Avec les deux dernières semaines de campagne, dite officielle à partir de lundi, nous entrons dans le vif du sujet. La grande confrontation a eu lieu et le verdict est tombé des « experts » de LCI qui ont commenté le débat : c’est Bellami qui a été le meilleur, avec en outsider le communiste Leon Deffontaines. Que faut-il de plus aux électeurs de la droite ? Ils ont une tête de liste pugnace, qui connait ses dossiers, qui peut se targuer d’une influence hors-norme au sein du groupe européen du PPE, qui ne s’est pas contenté de paroles.  Enfin, un leader de droite qui agit, qui fait ce qu’il a dit et qui présente un vrai programme de droite ancré sur des convictions. Il a à ses côtés une agricultrice du cru et un général talentueux…

Alors quand les sondages disent que rien n’y fait, même creux comme un radis trop arrosé, Bardella garde la préférence des anciens électeurs de Sarkozy et de Fillon, les bras m’en tombent. Pour eux c’est la droite. Ils n’en démordent pas. Pourtant au-delà des apparences du gendre idéal et de la dédiabolisation, Bardella charrie avec lui bien des éléments qui n’ont rien à voir avec la droite modérée et libérale.  Il suffit de gratter un peu pour voir ce que cache le discours rassurant qui voudrait qu’on l’assimile à une sorte de RPR rénové.  C’est une escroquerie intellectuelle. Bardella c’est l’extrême-droite. Le programme du RN, dont la publication a été opportunément reportée à après le 9 juin, est un savant amalgame de discours identitaire et de propositions qui rappellent celles du PC des années 80 : nationaliste d’un côté, socialiste de l’autre.  Cela ne vous rappelle rien, le national-socialisme ? Evidemment les jeunes qui suivent Bardella sur Tik-tok ne peuvent pas savoir, on ne leur a rien appris, mais les anciens, eux n’ont pas d’excuses.  Et je passe sur tous les nazillons qu’il a dans ses bagages, bien planqués et attendant leur heure.

Le RN à plus de 30%, voilà où nous a conduits la stratégie de Macron du « en même temps ». La ficelle a fonctionné jusqu’à maintenant, sauf que cette fois-ci la mise en scène ne fonctionne plus : ni l’entrée en campagne du Président, ni le débat Attal-Bardella, scandaleux dans son principe, n’ont permis à la liste macroniste de gagner des points, elle en aurait même perdu. Un débat Macron-Le Pen ne ferait qu’aggraver les choses. Au moins dans ce théâtre qui paraissait figé, une partie des citoyens semble avoir retrouver un peu de lucidité :  à gauche la liste « Place Publique » de Raphaël Glucksmann est partie pour bousculer un peu le scénario pré-établi. Pourquoi n’en est-il pas de même à droite.  Ses électeurs voudraient-ils illustrer l’adage selon lequel elle serait la plus bête du monde ? Par chance, nous avons Bellamy ! Il est encore possible de garder l’espoir qu’ils se réveillent.

Surtout, ne perdons pas de vue que l’enjeu est européen et pas franco-français. Bellamy, c’est le vote utile par l’influence que nos élus auront au sein du PPE, principal groupe en nombre au Parlement de Strasbourg.  Il importe que la France ait une voix de droite qui porte au sein de l’assemblée de l’Union. Ce ne sera pas le cas de Bardella qui siègera dans un groupuscule minoritaire inaudible, en scission avec l’AFD et qui a peu de chance de rejoindre celui de Méloni très pro-Ukraine et Otan. Eh, oui, voter Bardella c’est apporter un soutien à Poutine. Alors, pour moi, c’est rédhibitoire.

Bellamy,  quoi d’autre ???

 


EUROPEENNES : DENI DE REALITES… ET POURTANT !

Européennes 2024

 

Bardella est-il l’arbre qui cache la forêt ?

Le « monsieur selfie » occupe largement l’espace médiatique en cultivant son face-à-face superficiel avec Macron. Alors, nos compatriotes peu enclins à se documenter perdent de vue l’enjeu fondamental du scrutin du 9 juin prochain. A un mois de l’échéance, le climat est morose et le contexte multiplie les causes qui l’alimentent : le voisinage immédiat de l’Union nous inquiète avec les avancées russes en Ukraine, le Moyen-Orient nous offre le spectacle désolant d’un affrontement sanglant, en Géorgie, pays auquel les 27 ont accordé le statut de candidat à l’adhésion, le pouvoir fait voter une loi incompatible avec les valeurs européennes. L’économie patine et la reprise se fait attendre, creusant l’écart du Pib avec celui des Etats-Unis, tandis que la Chine reprend sa  politique commerciale agressive. Une réaction s’impose pour adapter le fonctionnement du vieux continent aux nouvelles conditions que les pays autoritaires imposent en s‘affranchissant de toutes les règles. Mais cela ne doit pas nous empêcher de voir la réalité : L’Union est tout simplement la meilleure combinaison de liberté politique, de prospérité économique et de cohésion sociale jamais produite par l’humanité. Cette affirmation n’est pas exagérée : même en cherchant bien, vous ne trouverez pas un autre espace dans le monde réunissant ces critères. 

Les classements internationaux attestent les réussites de l’Europe.

On ne le sait pas assez, mais l’Union place dans la plupart des secteurs 5 à 10 pays en tête des classements.  Quelques exemples : 8 dans le top 20 de l’indice de développement humain de l’ONU (niveau de vie, santé, éducation), 10 dans le top 20 de l’indice de bonheur autodéclaré, 8 dans le top 10 de la liberté de la presse, 5 dans le top 10 de la capacité d’innovation … Ces performances des différents pays concernés doivent beaucoup à l’appartenance à l’UE, mais qui en a conscience ? L’Européen moyen de notre époque, rendu myope par son comportement de consommateur final d’un confort dont il n’a plus la moindre idée des conditions qui le produisent, préfère se vautrer dans l’ingratitude, tel le passager du Titanic qui n’avait pas conscience du naufrage tant celui-ci lui paraissait impossible. 

Ne vous laissez pas avoir par les discours simplistes. 

De nombreux électeurs semblent vouloir donner leur voix à des partis politiques eurosceptiques, eurocritiques ou nationalistes. En France, le RN et Reconquête pourraient séduire 38% des électeurs, en Allemagne l’Afd un électeur sur cinq, en Italie La Lega et les Fratelli d’Italia promettent de faire autant … Certes, même les plus sévères contre l’Union ne promettent pas d'en sortir, mais leur programme prévoit de nombreuses dispositions de rapatriements de compétences à l’échelon national : donc un affaiblissement qui ne permettrait pas d’entamer les réformes nécessaires  pour rester dans la course mondiale. Ne leur donnons pas le pouvoir d’obstruction dont ils rêvent. Car, ne nous leurrons pas, seul chacun des pays d’Europe se retrouverait impuissant et perdrait son indépendance au profit de l’ogre chinois ou de « l’ami » américain.  Et les domaines sont nombreux pour lesquels c’est l’Union qui permettra de rivaliser : défense, intelligence artificielle, transition climatique, sans parler de notre protection sociale et de nos libertés.

Nous pouvons éviter le déclin.

C’est en unissant les compétences et les moyens de nos pays que nous parviendrons à enrayer le déclin qui nous menace. Il faut plus d’Europe dans la défense, les telecoms, l’énergie,  la  lutte  contre l'immigration ; il faut améliorer la capacité de décision en sortant de l’unanimité ; il faut de nouveaux partages de souveraineté qui valent mieux que pas de souveraineté du tout ; il faut donner à l’Europe sa force de frappe financière en unissant les marchés de capitaux, complément indispensable de notre Euro … La redéfinition de l’Union ne doit pas être moins ambitieuse que l’élan donné par les pères fondateurs. Ces choix sont à faire maintenant.

Alors pour qui voter ?

37 listes, c’est de la folie. Il y en a pour le moins 30 de trop qui ne sont là que pour attirer quelques milliers de voix qui leur permettent de faire vivre leur micro parti sur le dos des électeurs. N’oubliez pas que lors des précédentes élections de 2019, ce sont les Verts et le RN qui sont arrivés en tête :  qu’ont-ils fait de leur mandat ? Les Verts sont à l’origine de toutes les directives outrancières en matière de transition climatique, dont nos agriculteurs ont fait les frais, et le RN a été absent chaque fois qu’on aurait eu besoin de lui, comme pour renforcer Frontex, par exemple.  Il faut dire que la présence à Strasbourg n’était pas la priorité de Jordan « pas très là ». Parmi les listes qui ont leur place, il n’y en a que deux qui ont une utilité :  les deux qui siègent à Strasbourg dans les deux grandes formations traditionnellement hégémoniques au sein du parlement : le PSD pour les socialistes, le PPE pour la droite modérée, dont les projections annoncent une représentation à peu près stable.  Donc, chez nous, « Place publique » de Glucksmann et LR de Bellamy qui fait  une campagne brillante et démontre la qualité de ses propositions. 

 


UNE FORCE DE FRAPPE EUROPEENNE : LES MARCHES DE CAPITAUX.

Dette  mondiale

 

L’Europe est face à un mur d’investissements.

Les besoins de financements à venir sont énormes pour la transition énergétique, la révolution numérique et l’Intelligence artificielle, le renforcement de l’armement. Si le domaine de la défense appartient aux états, pour les autres, il faudra faire appel à l’argent privé.  Il n’est pas question de créer des impôts européens et ça n’est pas nécessaire. L’épargne financière des Européens représente 32 000 milliards d’euros, dont à peu près 15% sont investis en actions. Sans entrer dans les détails techniques, cela représente un potentiel de 10 000 milliards d’euros disponibles pour investir dans les domaines concernés. A cela, il est possible de dégager 3 000 milliards supplémentaires dégagés du bilan des banques. Une force de frappe mobilisable de 13 000 milliards d'euros ! Les dispositions techniques sont exposées dans le rapport Noyer, (ancien directeur de la Banque de France) présenté à Bercy fin avril.

Une autorité unique de régulation.

Pour mobiliser cette ressource financière il faut créer une autorité unique de régulation au niveau européen, afin d’unifier les réglementations des différents marchés et rendre nos acteurs et nos produits compétitifs à l’échelle européenne. Il faut créer des produits européens qui attirent les investisseurs étrangers et qui pourraient être vendus dans le monde entier. Cela permettra de renforcer l’euro dont la dimension mondiale est un atout dans la compétition internationale.

Un enjeu de souveraineté.

L’enjeu de l’union des marchés de capitaux et de la mobilisation de l’épargne européenne n’est pas seulement un enjeu de financement du « mur d’investissements » à venir, c’est aussi un enjeu de souveraineté. Lorsque les entreprises sont financées par des investisseurs américains, elles ont tendance à regarder vers les Etats-Unis, c’est bien compréhensible.  C’est pourquoi, nos gouvernants voient d’un mauvais œil l’envie de Total de se faire coter à la bourse de New-York pour bénéficier de la profondeur du marché américain qui permettrait une valorisation beaucoup plus importante, mais avec le risque de voir les actionnaires locaux devenir majoritaires et prendre le contrôle de l’entreprise. Si les Européens investissent dans les actions de leurs entreprises, elles resteront en Europe.

Notre avenir passe par l’Europe.

Voilà pourquoi il est important de porter un message positif sur l’Europe et faire comprendre à nos concitoyens la nécessité du projet européen. L’Europe est l’espace le plus démocratique au monde. C’est plus compliqué à gérer, mais en termes de liberté, de sécurité et de solidarité, nous n’avons rien à envier à nos voisins. Personne ne niera que nous avons encore beaucoup de progrès à faire collectivement, et l’union des marchés de capitaux en fait partie.  Quand on se compare aux autres, nous sommes bien plus souvent qu’on ne croit meilleurs qu'eux.  Ceux qui voyagent s’en rendent compte.  Notre avenir passe par l’Europe.

Alors quand la France et l’Allemagne souhaitent relancer les travaux sur l’union des marchés de capitaux, il faut sauter sur l’occasion.  Le rapport Noyer propose des solutions techniques concrètes et réalisables. Le mode de gouvernance proposé sera crucial pour convaincre les plus sceptiques. Certes, cette union des marchés est un projet d’intégration européenne et représente un nouveau transfert de souveraineté, mais comme l’a souligné Mario Draghi, une souveraineté partagée vaut mieux que pas de souveraineté du tout !  L’objectif : une politique unique, mise en œuvre de manière décentralisée dans un réseau intégré, à l’exemple de la politique de la concurrence qui a fait ses preuves. 

Raison de plus pour aller voter  le 9 juin !

 


MAIS Où SONT PASSES LES ELECTEURS DE DROITE ?

Européennes 2024

 

Depuis 2012 et la défaite de Nicolas Sarkozy, les électeurs des Républicains se sont réfugiés dans l’abstention ou éparpillés entre Macron, le RN et le parti de Zemmour, au motif que la droite n’avait pas fait ce qu’elle avait qu’elle ferait. Depuis l’eau a coulé sous les ponts.  Pourtant, le même reproche continue d’être prononcé alors qu’elle n’est plus au pouvoir depuis 12 ans. A la veille du scrutin européen, on peut même affirmer qu’il est largement injustifié.

Un candidat fiable.

Avec François-Xavier Bellamy, nous avons un candidat qui affirme clairement nos convictions et à qui on ne peut pas faire ce reproche. Du plus loin que je puisse remonter, je n'ai pas le souvenir d'autant d'intelligence, de compétence et de clairvoyance concentrées sur une seule personne.  Elu il y a cinq ans, son bilan d’action au Parlement européen parle pour lui : il a rempli tous les engagements qu’il avait pris et porté haut les couleurs de notre parti au sein du PPE.  Quelques exemples des décisions auxquelles il a fortement contribué avec nos élus : pour le pouvoir d'achat, ils ont obtenu que le prix de l'électricité ne soit plus lié à celui du gaz, et notre pays retrouve ainsi l'atout du nucléaire malgré le choix du gouvernement d'augmenter les taxes sur l'électricité ; sur l’immigration et  la protection de nos frontières, ils ont obtenu l’augmentation du budget de Frontex, le financement de murs aux frontières de l’Europe, que la commission européenne renonce à la délocalisation obligatoire des migrants et défendu une solidarité européenne réaliste via un soutien financier ou logistique, et qu'un individu qui fait une demande d'asile, s'il en est débouté, ne pourra demander l'asile dans un autre pays européen ; pour l’agriculture ils ont apporté un soutien sans faille à nos agriculteurs en garantissant les fonds de la politique agricole commune, en empêchant le gel de 10% de la surface agricole, et défendu les éleveurs en votant de nouvelles règles sur les émissions industrielles ;  ils sont aussi à l’origine d’une importante victoire pour l’énergie nucléaire : ce sont eux qui ont  obtenu que la filière nucléaire bénéficie des 210 milliards d'euros du plan de relance européen, et défendu l'idée que l'énergie nucléaire, en tant qu'énergie décarbonée, peut aider à atteindre les objectifs en matière de climat ;  Enfin, ils se sont  opposés à la création de tout nouvel impôt européen et opposé vigoureusement à la promotion du voile islamique. Ils ont participé à la décision de créer une barrière écologique pour taxer les importations des pays les plus pollueurs et en matière de défense à la création du premier fonds européen de défense pour soutenir nos forces armées.

La gauche se reconstruit avec Glucksmann, pourquoi pas la droite ?

À quelques semaines du scrutin, la liste LR est toujours estimée entre 7% et 8% des intentions de votes. Mais se disant pleinement engagé dans la « bataille », nos candidats veulent croire que les choix des électeurs de droite ne sont pas cristallisés et qu'ils finiront par être sensibles aux « principes » défendus par LR. Des signaux positifs remontent du terrain où les militants manifestent un appétit pour les qualités de Bellamy et la densité de son discours. Nos électeurs ont la chance de pouvoir voter pour des candidats qui joindront les actes à la parole et qui en ont fait la preuve. Et le moment est venu de renouer avec les valeurs de la droite républicaine modérée. On ne règlera pas le problème de l’immigration par la xénophobie que propose Reconquête ni par l’affaiblissement de l’Union que propose le RN. 

Ce n’est pas le moment d’affaiblir l’Union européenne.

Le contexte géostratégique nécessite au contraire le renforcement de son action, notamment en matière de défense.  Avec le Général Gomart au sein de la liste, LR propose une ligne d’action compatible avec le respect de notre souveraineté nationale. Le projet européen du RN a gommé ses aspects les plus radicaux, mais continue de remettre en cause des piliers essentiels du fonctionnement de l'Union européenne. Priorité nationale, primauté du droit français, droit de véto : Jordan Bardella, la tête de liste du RN, défend des mesures perçues comme revenant à défaire la construction communautaire de l'intérieur. Sous ses aspects plus policés que par le passé, le programme du RN en vue du scrutin européen continue d'égrener des mesures perçues comme clairement contraires aux règles de fonctionnement actuel de l'Union européenne, et qui auraient pour effet d'amener à son délitement. Sa victoire réjouira surtout M. Poutine. 

Le 9 juin, il faut donc aller voter, c’est très important.

Le 9 mai, c’est la « journée de l’Europe ». A la veille de cette commémoration,  et à un mois du scrutin, je voudrais inviter tous nos électeurs à voter pour François-Xavier Bellamy. Comme le dit Catherine Nay, c’est « de loin, le meilleur candidat ».  Il s’agit d’élire nos députés au Parlement européen et pas d’un referendum contre Macron.

Pour conclure, donnons la parole à la tête de liste LR : « C'est de nous-mêmes que vient notre propre fragilité. L'intensité du contrôle, de la défiance, de la surveillance, de l'asphyxie généralisée de notre société… Nous voulons sortir d'une Europe de la norme et rentrer dans une Europe des stratégies collectives ». Voilà une belle ligne de conduite !

 


EUROPEENNES : LES VOTES DE L’IMPUISSANCE.

Europa

 

La liste RN caracole en tête des sondages avec 30% des intentions de vote. Beaucoup d’électeurs qui se disent de droite vont semble-t-il contribuer à ce succès. Ce constat me navre tellement je suis persuadé qu’ils sont en train de faire une grosse bêtise dont ils constateront trop tard les effets délétères. Au moins les électeurs   de gauche sont-ils moins bêtes en fuyant les outrances de Mélenchon et en reportant leurs voix sur le candidat socialiste Raphaël Glucksmann. A droite, ils n’ont pas l’excuse de l’absence d’alternative, car  ils ont à  leur disposition la liste de  François-Xavier  Bellamy  qui présente toutes les  garanties de sérieux et d’efficacité comme  en témoigne le bilan des actions  menées au cours du mandat sortant et de renouveau avec l’arrivée de Céline Imart et du Général Gomart.

Voter Bardella est une escroquerie.

Bardella, épargné à force de ne rien dire, fait campagne contre Macron : hors sujet. Après le 9 juin, il sera toujours là. Il réclamera la dissolution de l’Assemblée nationale : nouveau hors sujet et aucune chance de l’obtenir, car c’est Macron qui détient la décision. Une campagne sur un double mensonge, donc. Mais surtout, comment ne pas voir ce qui attend la France si le RN devient l’ambassadeur de ses intérêts à Bruxelles. Rappelons qu’il avait déjà gagné il y a cinq ans et qu’a-t-il fait de sa victoire ? :  Rien ! La réponse est simple :  l’Europe n’intéresse pas le RN.  Il brille par son absentéisme au Parlement européen où le parti est faible et isolé. Il n’y dispose d’aucun allié sinon l’Afd néonazie et l’encombrante Ligue italienne, soutien de la Russie. Pointé régulièrement pour son manque de travail, le RN ne dispose d’aucun relais à la Commission européenne et au Conseil. C’est un nain politique qui affaiblira l’influence française. De  plus, l’escroquerie continue avec les votes à Strasbourg, à rebours des principes  qu’il affiche  à Paris :  jamais il  n’a approuvé la moindre mesure de soutien économique ou militaire à l’Ukraine, de peur de  froisser ses « alliés » russes ; partisan d’un contrôle musclé aux frontières, il s’est constamment opposé au renforcement des moyens de Frontex. Plus grave, prônant une Eruope à la carte et  le rétablissement des frontières nationales, il continue de défendre un « Frexit » qui ne dit pas son nom, au mépris de tous les accords et traités signés par notre pays.Ce qu’il préconise n’est soutenu que par Orban (Hongrie) et Frisco (Slovaquie), alliés notoires de  Moscou au sein des 27.  Avec son beau sourire et à coups de selfies, Jordan Bardella conduit la France dans l’impasse. De Moscou à Pekin, on voit bien qui peut s’en réjouir. Les électeurs de droite sensés, ne peuvent être complices d’une telle aventure !

Marine, la ruine !

En proposant de baisser la TVA, de ramener l’âge légal de la retraite à 60 ans et d’exonérer d’impôt sur le revenu les moins de 30ans, Marine Le Pen entend ratisser « large ». Mais avec ces mesures aussi ruineuses qu’injustes, elle fait courir au pays le risque de la faillite.  En réalité, ces promesses ont un coût :  c’est 100 milliards d’euros de déficit chaque année en plus. Ses propositions sont révélatrices de l’absence de programme économique d’un parti qui se présente comme un parti de gouvernement. La seule proposition vaguement chiffrée (16 milliards d’euros) concerne l’immigration comme source de coût pour les finances publiques, calcul largement contestable qui méconnaît la réalité. Cette obsession sur le lien supposé entre immigration et emplois peu qualifiés révèle un biais et un angle mort qui caractérise la vacuité de la réflexion économique du RN qui ne va jamais au fond des choses. D’ailleurs, en conclusion de sa chronique dans les Echos, elle invite elle-même les experts et les économistes « de bonne volonté » à chiffrer et à compléter ses propositions.  Si ça n’est pas une preuve d’indigence en matière de programme, j’en perds mon latin. Marine Le Pen est seule. Sa politique de communication de dédiabolisation pour sortir des vieilles images fachos de son père a fonctionné et permis de séduire les médias. Elle n’a plus besoin de communiquer sur l’immigration, l’actualité s’en charge pour elle. Le RN attrape toutes les colères.  Mais au-delà de la démagogie et de ses beaux discours, on tombe sur une incohérence idéologique totale qui enferme son parti dans une spirale du vide : le programme est pauvre, manque de sérieux.  Collectionner les colères donne du bruit, pas une direction. Le discours de Bardella à Marseille nous donne un bon résumé : trois quarts d’heure de dénonciations de Macron, des disparitions de la France, de libertés confisquées… et aucune réelle proposition.

Ouvrons les yeux.

L’immense majorité des européens pensent que l’Europe est nécessaire. Les populistes donnent de fausses réponses   à de bonnes questions. Cherchons donc ceux qui dans cette campagne tentent de nous donner les bonnes réponses à ces questions simples : face aux empires autoritaires, faut-il renforcer l’Union européenne ? Face à l’agressivité économique de la Chine, faut-il renforcer les réponses de l’Union ? Pour contrer la Russie, L’Union européenne est-elle le bon niveau pour faire face ? …  Les sujets ne manquent pas.  Une dernière chose :  pour avoir de l’influence au Parlement européen, il faut siéger dans l’un des  deux puissants groupes qui le dominent :  le PSD, à gauche et  le  PPE à droite. 

Voter Bardella ou Reconquête, ce sont des voix perdues.

 


FAIRE AVANCER L’EUROPE DANS LE RESPECT DES NATIONS

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D’abord, aller voter.

Une récente enquête IPSOS publiée à mi-mars met les intentions d’aller voter entre 42% et 46%, au-dessous des 50% de participation enregistrés en 2019. L’élection des députés au Parlement européen ne passionne pas les foules et c’est bien dommage. Les Français ne mesurent pas suffisant ce qu’ils doivent à l’Union dans leur vie quotidienne ou alors seulement quand les politiques se défaussent sur Bruxelles ce qui est d’une grande commodité mais rarement à juste titre. Normalement le niveau d’intérêt devrait être plus fort qu’en 2019 parce que l’action de L’Europe a gagné en visibilité au gré des crises et des menaces, comme la pandémie ou la guerre en Ukraine. Mais ce scrutin à la proportionnelle peine à intéresser les Français qui se détournent de plus en plus des urnes. Et pourtant…

Le Parlement européen.

Son rôle est malheureusement trop mal connu. Les groupes qui le composent échappent la plupart du temps à l’idée que l’on se fait de la politique dans l’hexagone. Il a longtemps été dominé par les  deux grandes familles politiques qui traversent les 27 :  les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates (PPE), dans lesquelles se fondent les partis nationaux. Lors des dernières élections, l’équilibre a été bousculé par une poussée des écolos (en France avec EELV) et une première percée populiste. Même si le rôle du Parlement n’est pas extraordinaire, il n’en est pas moins mesurable, comme on l’a vu avec les décisions prises sous l’influence des Verts. Cette fois-ci les projections donnent les populistes encore plus nombreux au point d’atteindre une possible minorité de blocage. Dans le contexte géopolitique actuel, ce serait dramatique. Vous voyez Orban Président de la Commission, moi  pas.  Les démocraties n’ont vraiment pas intérêt à offrir le spectacle de la paralysie face aux empires autoritaires tels que Russie et Chine qui se frotteraient les mains. Il est donc primordial de mobiliser les modérés de droite et de gauche vers les votes utiles à la fois pour l’Europe et pour la France.

Mobiliser les électorats.

Les partis le savent : il s’agit davantage de mobiliser ses propres électeurs que d’aller chercher ceux des autres partis. Les sièges se gagnent avec la participation. Ensuite ne pas se tromper d’élection : plus de la moitié des électeurs disent qu’ils voteront avant tout pour manifester leur soutien ou leur opposition au président ou à son gouvernement. Certains comme le RN ou LFI, faute de vrai programme pour l’Europe, cherchent à surfer sur cette vague. L’essentiel de l’enjeu repose sur le parti présidentiel qui du coup veut surjouer le face-à-face avec la liste Bardella en cherchant à remobiliser son électorat ne serait-ce qu’en dramatisant les complaisances du parti lepéniste avec Poutine, ce qui est réel. Les Républicains et le PS doivent d’abord conserver leur socle électoral.  Il a été rétréci par les précédentes élections mais ce sont des partis qui sont mieux armés que d’autres grâce à un maillage dense d’élus locaux et à des électeurs plus âgés qui votent davantage. François-Xavier Bellamy comme Raphaël Glucksmann, parce que leur formation fait partie des deux grands partis du Parlement européen peuvent faire état d’une action concrète au cours des 5 dernières années et parient sur la force de leur bilan pour convaincre leurs électeurs. Ils peuvent aussi lorgner sur les déçus du macronisme souvent issus de leur électorat. Un bon moyen aussi de dissuader de voter pour les petites listes qui ne sont là que pour recueillir des votes qui financeront leur activité microscopique ou des listes parasites qui n’ont aucune chance d’avoir de l’influence à Strasbourg, comme  « Reconquête » ou  « Debout  la  France » …

Renforcer l’Union face aux défis géopolitiques.

Nous avons plus que jamais besoin d’Europe. La question est de savoir si l’on veut continuer à donner à l’Ukraine les moyens de se défendre contre Vladimir Poutine. Le jour où  Zelinski et Poutine décideront de négocier, ce dernier devra comprendre que derrière l’Ukraine il y a une puissance de défense prête à s’engager pour que sa tentation impérialiste ne s’étende pas à d’autres pays. L’enjeu c’est la façon dont l’Europe sera capable d’être encore plus forte et plus autonome face à cette nouvelle donne géopolitique. En matière de défense en Europe, on sait tout faire, nous avons toutes les compétences technologiques.  L’Europe a fourni plus de 28 milliards d’euros d’aide à l’Ukraine à quoi vont s’ajouter 21 milliards en 2024 :  c’est plus que les Etats-Unis. On dépense en matière de défense au niveau européen 250 milliards d’euros par an, ce sera 140 milliards d’euros de plus avec l’effort qui est engagé. La Russie a dépensé 60 milliards pour sa guerre avec son PIB  qui se situe au niveau de l’Espagne. Alors oui, avec ses 450 millions d’habitants, l’Europe peut peser dans les rapports de force continentaux.

Faire évoluer l’Europe.

C’est vrai que les institutions sont complexes. C’est vrai qu’à 27, les décisions sont longues à prendre. Forcément c’est plus difficile que quand on est tout seul. N’étant ni fédéraliste, ni eurosceptique, je pense qu’on peut faire évoluer les institutions au gré des besoins des nations qui la composent.  Chaque fois qu’unis, nous sommes plus forts. Ne laissons pas le discours de la rupture aux extrêmes.  Utilisons ces élections pour favoriser les changements qui s’imposent.  Non que le Parlement ait une influence considérable, mais c’est le seul moment où l’on peut s’interroger sur le fonctionnement de l’Union. Faisons de la puissance de la démocratie un atout majeur. L’Europe est une machine à fabriquer du consensus et il faut s’en réjouir. Elle s’est un peu enrayée mais elle peut être encore décisive face aux idéologies rigides des pays autoritaires. De quels élus avons-nous besoin ? Il s’agit   d’envoyer à Strasbourg les femmes et les hommes qui sauront créer des consensus et coalitions pour répondre aux enjeux des années à venir. Choisissons des élus moins dans le discours et plus dans l’action, de fins connaisseurs des pays européens comme de nos terroirs, plus stratégiques et compétents scientifiquement, capables de rassembler en traçant une voie claire et expliquer les enjeux et les chemins pour y parvenir. Une liste comme celle des Républicains, quoi !

Pour l’Europe, il est peut-être minuit moins cinq. Regardons les dégâts occasionnés aux Anglais par le Brexit alors qu’on leur avait promis monts et merveilles, que le Royaume-Uni allait redevenir une puissance planétaire. Tout était faux !  Comme dirait l’autre, au fond, l’Union c’est pas si moche.


EUROPEENNES : LA CAMPAGNE DEMARRE VRAIMENT

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Toutes les listes se sont lancées.

En juin, les 27 vont renouveler les 720 députés du parlement européen. En France, pas moins de 22 listes vont se disputer les suffrages de nos concitoyens : 3 listes de gauche radicale, 3 listes écologistes, 2 listes de sociaux-démocrates, 2 listes centristes libérales, 2 listes souverainistes, 3 listes d’extrême-droite et 9 listes diverses (animalistes, pirate, Europe fédérale, alliance rurale…). Il y en a pour tous les goûts, mais toutes ne partent pas avec un potentiel suffisant pour franchir la barre des 5%, seuil minimum pour participer au partage des sièges. Evidemment, la bagarre va se concentrer sur les candidats bénéficiant d’un socle électoral identifié et mesurable : citons LFI avec  Manon Aubry concurrencée par le PCF avec un inconnu, Leon Deffontaines, et l’inévitable Nathalie Arthaud pour Lutte  ouvrière ;  pour les  écologistes c’est EELV avec Marie Toussaint à qui Jean-Marc Governatori pour « Ecologie au centre » espère tailler des  croupières ; pour la gauche modérée  Raphaël Glucksmann espère fédérer les  voies sociales démocrates mais il doit compter avec  un candidat radical de gauche ; au centre-droit on trouve la liste macroniste de Valérie Hayer (Renaissance) et celle emmenée par François-Xavier Bellamy pour Les Républicains ; Les souverainistes devront choisir entre Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et François Asselineau (Union populaire républicaine) ; Enfin à l’extrême-droite Le RN de Jordan Bardella bataillera avec Reconquête de Marion Maréchal et Florian Philippot pour « les  Patriotes ». De quoi faire fuir les électeurs qui voudraient s’intéresser au scrutin : comment organiser des débats avec autant de prétendants ?

Ce que disent les sondages.

En ce début de campagne, les sondages donnent des indications sur l’état de l’opinion publique.  Ils mettent le Rassemblement national largement en tête assez stable à 30% suivi de la liste Renaissance macroniste à 21%. Derrière, la liste « Place publique » du PS complète le podium provisoire avec 11% d’intentions de vote et devance les autres listes de gauche : écolo à 7%, LFI à 6% et PCF à 3%. A droite, la liste conduite par François-Xavier Bellamy recueillerait 7% devant Reconquête à 6%. On n’est qu’au début et certaines positions pourraient évoluer au gré des événements plus ou moins liés d’ailleurs à l’objet du scrutin.

Les lignes commencent à bouger.

Si personne n’est surpris par le mauvais score de la liste LFI parrainée par Mélenchon, dont les Français rejettent massivement les dérapages aussi bien sur la guerre en Ukraine que sur le conflit Israël-Hamas, et le faible intérêt suscité par le PCF, la surprise vient de la petite mais réelle percée de Raphaël Glucksmann dont les prestations passent bien et peuvent plaire à un électorat pro-européen de la gauche des démocrates-sociaux et il n’est pas impossible qu’il continue de progresser en réussissant à mobiliser un électorat qui se sentait abandonné. Les écologistes d’EELV sont en perte de vitesse. Il serait étonnant qu’ils rééditent le coup des élections précédentes.  On leur doit notamment la crise des agriculteurs tant les décisions qu’ils ont fait adopter par l’Union ont généré de mécontentement par leur caractère irréaliste. D’ailleurs ils refluent partout dans les 27. Quant aux autres listes, elles sont assez inaudibles. A droite, le Rassemblement national se taille la part du lion. Il prend des voix un peu partout, fidèle à sa tradition de parti attrape tout. C’est François-Xavier Bellamy pour LR, qui vient d’entrer en campagne qui doit relever le gant. Face à des candidats qui avancent à coups de slogans, qu’il s’agisse de Jordan Bardella ou de Marion Maréchal, il est le seul à pouvoir s’appuyer sur un vrai bilan, à apporter une garantie de sérieux et de positionnement, et à proposer un projet pour l’Europe, crédible et réalisable. Il est à la tête d’une liste en prise directe avec les préoccupations des Français, avec Céline Imart en 2ème position, agricultrice de terrain et le Général François Gomart en 3ème position, militaire de haut vol qui a été notamment à la tête du renseignement. Logiquement, avec un tel potentiel, elle devrait progresser en ralliant les électeurs en attente d’élus qui les défendent par leur travail et leur présence assidue au parlement. Quant aux souverainistes Dupont-Aignan et Asselineau, leur discours anti européen est top extravagant pour être pris au sérieux.

Compte-tenu des enjeux et des événements, le renouvellement du parlement européen mérite qu’on s’y intéresse. L’Europe pourra-t-elle continuer à progresser ou connaîtra-t-elle un coup d’arrêt sous la poussée des droites populistes ? Je ne peux pas imaginer que nous soyons assez stupides pour rendre ce service à Poutine. 

 


POURQUOI SOUTENIR L’UKRAINE EST INDISPENSABLE

Guerre ukraine

Quand j’observe que, selon  un sondage, 57 % des Français n’approuvent pas que Macron hausse le ton face à la Russie, je trouve que c’est inquiétant. Même si on n’aime pas Macron, ce qui est mon cas, il faut reconnaître que son action face à Poutine est justifiée et nécessaire. Et je rejoins l’analyse de notre ancien Ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, connu pour sa modération, quand il déclare : « En Ukraine, nous jouons notre liberté et notre existence ». Et son analyse qu’il développe dans une interview au Figaro, est frappée au coin du bon sens.  J’en reprends quelques arguments.

Poutine a tout faux.

Le bilan à l’heure actuelle, c’est un échec de la Russie. D’abord l’Ukraine a résisté si bien que « l’opération spéciale » a capoté. Rappelons-nous cette colonne de camions de 40 km de long qui transportait personnels et matériel pour se substituer à l’administration ukrainienne alors que les soldats  russes avaient dans leur paquetage leurs uniformes  de parade pour défiler dans la capitale quelques jours plus tard. Les erreurs  d’appréciation du Kremlin se sont accumulées : sous-estimation de la résistance ukrainienne et de la force du sentiment patriotique dans le pays ; sous-estimation de l’unité des européens ; sous-estimation de la posture et du talent  de communication du Président Zélinski. Enfin Poutine a surestimé ses forces. Surtout, il n’a pas  vu que cette invasion allait faire revenir dans le jeu l’OTAN et donc les Etats-Unis. Il a subi des défaites cuisantes et même des humiliations : destruction du Croiseur Moskva, frappes contre le pont de Kerch, reflux de la flotte dans la mer Noire, poussée ukrainienne  à Kerson et à Karkiv… La prise d’Avdiivka destinée à offrir au maitre du Kremlin une victoire avant les élections n’est pas une percée  mais un grignotage au prix de milliers de soldats morts. Par ailleurs, les Russes ont un problème de  mobilisation et des lacunes technologiques en raison des sanctions occidentales.

L’Union  européenne exemplaire.

L’unité de l’Union  européenne n’a jamais été démentie dans les actes. La mobilisation fut immédiate dès le 24 février, et dans la même semaine l’UE a pris à l’unanimité les premières sanctions contre la Russie et décidé d’envoyer des armes à l’Ukraine. Aujourd’hui, tout le monde  a compris que l’Ukraine ne doit et ne peut pas perdre.  L’échec de sa contre-offensive et la possible élection  d’un Trump aussi imprévisible que jamais, oblige les européens à un renforcement de leur soutien. D’abord en passant réellement à une économie adaptée à la situation : il faut produire munitions et artillerie pour répondre à la demande, ce qui implique que  les outils de production militaire  soit en capacité d’y satisfaire. Il ne faut pas  avoir peur de l’effort financier : les  6% du PIB de la Russie  consacré à la guerre représentent en effet  bien peu face aux 2% du PIB de l’Union (27 pays). Il faut soutenir la  proposition de la première ministre estonienne de mobiliser un emprunt de 100 milliards d’euros pour relever le défi. Quand l’Europe veut,  l’Europe peut. Et il faut reconnaître que la  France, devant le défaut provisoire américain, seule puissance « dotée » de l’Union a le devoir de mettre Poutine  au pied du mur car celui-ci ne comprend que le  rapport de force. Elle seule a la capacité de le faire. Voilà pourquoi le Président a pris en main le flambeau. Il est dans  son rôle.  Et ne nous y trompons pas, il a toute l’Europe derrière lui, sauf Orban et Frico, et encore.  

Un enjeu civilisationnel.

Il faut se féliciter que l’Europe soit  sortie de sa naïveté et de sa torpeur géopolitique. Après avoir vécu sur les « dividendes de la paix », il est temps qu’elle se réveille. Je pense comme Jean-Yves Le Drian que l’Ukraine est  désormais la première ligne de défense de l’Europe et que nous jouons là-bas notre liberté et notre existence. Le prix  à payer par  l’Ukraine  est déjà élevé mais il n’est rien par rapport au prix que nous aurions à payer si elle était battue. D’autre part, il est choquant de constater que l’ONU est paralysée par le fait qu’un de ses membres au Conseil de sécurité, parce qu’il est doté de la puissance nucléaire, puisse s’affranchir de toutes les règles de droit international  et  envahir un état souverain en tentant de faire régner la loi du plus fort. Elle se ridiculise par la  modestie de  ses  protestations face aux horreurs perpétrées sur l’Ukraine et sa population par les troupes  russes. La  musique de fond de ce qu’on appelle le « Sud global » est en grande partie alimentée par la Russie, aidée par la Chine à travers des discours qui attaquent l’ordre international. Ces  attaques visent à promouvoir un ordre mondial alternatif où  les dictatures servent de modèle. Il  importe pour nos démocraties dont la  pérennité dans le monde est  menacée de combattre  ces  régimes  autoritaires dont certains veulent en profiter  pour atteindre le statut nucléaire. On voit combien laisser tomber l’Ukraine serait catastrophique pour le monde dit « libre ».

Tâchons de nous en souvenir au moment de voter pour renouveler le parlement européen.

 


CAPTEUR DE COLERES, MAIS APRES ?

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Le  discours de Marseille.

Le lancement de la campagne du RN  a  eu lieu à Marseille, l’occasion pour Jordan Bardella de faire un discours fleuve de trois quart d’heures.  Au moins, penserait-on, aura-t-il décliné  un projet dense et construit. Nenni : trois quarts d’heure de slogans creux de dénonciation de Macron, de l’Europe, de Bruxelles, mais aucune réelle proposition. Celui qu’on désigne déjà comme la droite  ultrabrite (autrefois on aurait dit « dents blanches ») et roi du selfie remplit parfaitement son rôle de « dédiabolisateur », mais sa réthorique reste creuse.

L’Europe de tous nos maux.

Une vieille rengaine consiste à dénoncer les travers technocratiques d’une institution dont les Français connaissent mal le fonctionnement.  C’est vrai qu’à 27, le fonctionnement est forcément complexe, et que la répartition des pouvoirs entre le  législatif, le Parlement, et les exécutifs qui comprennent le Conseil européen des chefs d’Etats et son bras armé la « commission européenne », ne sont pas complètement aboutis. De  fait, les  projets y avancent lentement, il faut du temps pour parvenir à l’unanimité indispensable à toute décision, mais l’Union a joué un rôle utile pour tous les  pays plus souvent qu’on ne veut bien le reconnaître, pendant la crise du Covid  et face à la guerre en Ukraine, par exemple. Mais le public est tellement peu informé sur ces réalités qu’il n’en perçoit pas souvent l’intérêt.  Il faut dire que nos médias ne font guère d’efforts  pour donner l’importance qu’elle  mérite à la politique de l’Union européenne.  Dans ces conditions, il  est très facile de mettre sur le dos de l’Europe bien des maux qui sont pourtant bien hexagonaux, la France étant la reine de la « surtransposition » des directives. L’Europe bouc-émissaire est un sport facile à pratiquer et le RN y excelle.

Le RN, quelle  Europe ?

Il  y a encore peu, le RN envisageait logiquement de quitter l’Union : le Frexit. Mais vu le désastre que cela a été pour l’Angleterre et cette perspective n’étant absolument pas  populaire, le parti a  modifié son discours. Il prône  une « alliance européenne des nations libres et souveraines » sans qu’on sache le contenu réel de ce concept qui est à l’opposé du principe de l’Union depuis 70 ans, qui repose sur des souverainetés partagées  dont l’euro est le  parfait exemple. L’Europe dont parle le RN est impossible à envisager puisqu’il faudrait l’accord  des partenaires de la France pour défaire les traités en vigueur. Elle se limiterait à des « coopérations » à la carte et renoncerait à ce qui est le cœur de l’Union, à savoir le grand marché et l’absence de frontières intérieures. Quant à imaginer que la victoire de Marine Le Pen suffirait à fléchir  les autres dirigeants, c’est pure fiction. La réalité c’est que la France se retrouverait isolée, condamnée à se plier, comme Méloni, ou à sortir.

L’immigration, cheval de bataille.

Voilà un sujet sur lequel le RN se vante de « victoires idéologiques ». On ne peut pas lui donner tort. La majorité actuelle et  la droite a repris en partie son programme : expulsion des clandestins, mise sous conditions des aides sociales, … Mais on voit bien aussi les limites concrètes de l’application de ces mesures. Nos juridictions de recours, tribunaux et Conseil d’Etat,  participent d’ailleurs à compliquer  la tâches.   Il y a en Europe une aspiration des  peuples  à  un contrôle plus strict des immigrations  et c’est au niveau de l’Union que le principal doit se jouer, sinon, nous nous perdrons dans des  procédures constamment remises en cause ou inapplicables.  Déjà les 27 ont avancé sur le sujet en durcissant les conditions d’entrée dans « Schengen » et en renforçant « Frontex ». Décisions que les élus RN n’ont pas votées. Encore faudrait-il que le vieillissement des populations ne constitue pas  un « appel d’air » pour de la main d’oeuvre immigrée indispensable pour faire tourner nos économies. Là encore, les slogans sont plus faciles que  la mise en place de politiques efficaces. Les électeurs qui croiraient aux mirages du RN seraient condamnés à une déconvenue, comme ceux de Méloni en Italie.

Economie, rien ne va plus.

En ce qui concerne l’économie, le RN reste sur une ligne démagogique  irréaliste : revenir sur la réforme des retraites, baisse de la TVA, hausse des salaires de 10%, tout en appelant (récemment) à des économies. Verbalement ça tient, mais en cohérence, c’est impossible à mettre en œuvre. On ne fait pas d’économies en dépensant plus. Aussi,  les propositions restent-elles  souvent au niveau de l’affichage comme « assurer notre indépendance énergétique », ou « garantir aux agriculteurs des prix respectueux », sans expliquer comment on s’y prendra. Il manque au parti un appareil technique qui lui fait défaut depuis toujours. Marine Le Pen est seule et Jordan Bardella appartient au sérail. Le RN n’a aucun outil  intellectuel qui lui permette d’atteindre la crédibilité. Il se contente de sa politique de communication pour sortir des vieilles lunes fachos du père, ce qui a permis de séduire les médias et une partie des Français, donc de monter dans les sondages et de gagner des élus, sans parvenir à s’implanter complètement. De fait, il attrape toutes les colères,  mais l’assemblage des colères ne donne pas  une direction. On le voit bien avec la guerre en Ukraine. D’avoir parié sur la Russie de Poutine s’avère aujourd’hui être un boulet que Marine Le Pen n’arrive pas à porter. La  position qu’elle a développée dans son discours à l’Assemblée nationale est une pantalonnade.

Il faut  à Bruxelles des élus qui comptent.

Le danger de l’avantage électoral cache un inconvénient  majeur qui risque d’enfoncer la  France dans une crise profonde : c’est l’incohérence idéologique alimentée par un jeu trouble jusqu’aux franges du socialisme avec un programme économique qui est un copié-collé de celui de Mélenchon, et qui enferme le RN dans une spirale du vide. Alors, à quoi bon envoyer des députés RN au Parlement européen où leur présence n’a aucun impact, et d’autant plus que les projections montrent que malgré la poussée des extrêmes-droites, les groupes PPE et Socialistes resteront largement dominants. Tout au plus ils auraient une minorité de  blocage : la belle affaire !  Avec seulement 8 élus, Les Républicains ont compté beaucoup plus grâce à leur influence au sein du groupe PPE.

Est-ce bien le  moment de paralyser l’Europe  dans un monde où les empires voudraient imposer la  loi du plus fort comme droit international.

 


BARDELLA LES APPARENCES …

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Un personnage lisse et bien élevé.

La colère orchestrée par la « coordination rurale » et les erreurs de Macron lui ont ouvert un boulevard. Un dimanche de selfies : en contraste du président de la République, Jordan Bardella réplique aux attaques de Macron à coups de selfies, de sourires et de répliques  polies et dilatoires.  Il a martelé au long de sa visite au Salon de l’agriculture la vision du Rassemblement national au sujet des règles européennes et des accords de libre-échange, qu’il accuse de tuer les agriculteurs. Il est   venu pour les caresser dans le sens du poil, et pas que le bétail ! Le  physique est là, mêlant prestance  et séduction.  Mais, comme à son  habitude, on reste  sur sa faim quant aux propositions. Le patron du RN se contente de surfer sur les questions en répondant par des lieux  communs qui peuvent passer pour du bon sens. Plaire d’abord. Un peu court, jeune homme…

Des propositions simplistes

Dans sa récente lettre ouverte aux agriculteurs de France, Jordan Bardella pousse la logique en demandant une loi « mangeons français ! ». Si le RN séduit cet électorat, c'est avec un discours qui vante les mérites des « circuits courts » et du « localisme ». Le concept se veut habile. Il prétend concilier écologie et préférence nationale et procurer à celle-ci légitimité politique et force morale puisqu'il s'agit de sauver la planète…Le marché mondial est oublié, le RN ne jure plus que par le « local ». Mais le fait est qu'il séduit en dépit de ses faiblesses évidentes. Pourtant, on n'a jamais vu nulle part que favoriser un nombre limité de producteurs nationaux les rendait plus productifs, plus efficaces et moins chers. C'est même tout le contraire et l'histoire de la deuxième moitié du XXe siècle montre que les pays qui se sont essayés à cette forme d'autarcie se sont effondrés économiquement. Bardella, c'est « Martine à la ferme » ! Pour un pays qui compte 145.000 entreprises exportatrices, a vendu plus de 84 milliards d'euros de produits agroalimentaires à l'étranger l'an dernier et affiche dans ce domaine un rare excédent, le localisme est une impasse. De plus, alors que l'inflation alimentaire a atteint 20 % sur les deux dernières années, le RN n'explique pas comment acheter local améliorerait le pouvoir d'achat dont il se veut le défenseur. Voilà un parti qui a plutôt choisi de repousser le moment de tester la validité de ses propositions. Il est plus facile de flatter que de convaincre.

Un projet mortifère pour l’agriculture française.

Jordan Bardella a martelé au long de sa visite au Salon de l’agriculture la vision du Rassemblement national au sujet des règles européennes et des accords de libre-échange, qu’il accuse de tuer les agriculteurs. « Moi je milite pour le patriotisme économique et pour sortir des accords de libre-échange », a déclaré le président du Rassemblement national. Car si en théorie « des accords commerciaux peuvent être bénéfiques à l'agriculture française »« à chaque fois (...) c'est à notre désavantage », a ajouté le député européen. Il a tout faux !

Localisme et protectionnisme sont les  pires remèdes pour notre agriculture. La crise agricole est d'abord le résultat de la fin d'un modèle, celui de l'exploitation familiale de petite taille. Si notre souveraineté alimentaire est en danger, c'est en grande partie parce que le modèle hexagonal de l'exploitation familiale a fait son temps. Un changement de paradigmes s'impose, certes. Pour que nos agriculteurs puissent vivre décemment du travail de la terre, d'abord. Mais aussi, maintenant que le mirage du tout-bio s'est dissipé, pour rendre possible le virage de la transition écologique. Et ce n'est pas la fermeture des frontières dont il rêve qui sera la solution. Elle provoquerait une inflation des prix alimentaires que personne ne souhaite sans apporter de solution  à l’exploitant  dont l’outil trop  petit ne permet pas un revenu suffisant.

Pour impulser un changement salvateur, il va falloir en réalité faire sauter plusieurs verrous. Celui de la surréglementation, que plus personne n'ignore, évidemment. Celui de la répartition de la marge dans la chaîne agroalimentaire, ensuite( pas nouveau). L'inscription de clauses miroirs, imposant une réciprocité des obligations environnementales notamment, dans les accords de libre-échange négociés par l'Europe, enfin (et obtenues par les élus LR). Dommage que sur tous ces sujets, les  élus du  RN aient été  totalement absents au Parlement européen.

Mais il faudra aussi, et peut-être surtout, s'attaquer à la question de la taille moyenne de nos exploitations, devenue insuffisante pour survivre dans un marché agricole largement mondialisé. Et ce n’est pas avec la vision passéiste qu’ils  proposent pour plaire que l’on pourra avancer. Nous devons nous débarrasser des représentations romantiques qui figent le monde paysan dans un passé largement fantasmé. Une nostalgie qui freine la constitution de grandes exploitations. L'Etat a évidemment un rôle clé à jouer dans cette recomposition de la carte agricole. Il dispose déjà des outils pour le faire, à travers notamment les Safer qui maillent le territoire. Ne manque plus qu'une volonté politique pour créer les conditions de l'émergence d'une nouvelle génération d'agriculteurs à la tête d'exploitations à la taille critique, d'autant que la démographie agricole nous y aidera. Dans les dix ans, plus de 40 % des exploitants vont partir à la retraite. Des repreneurs qu'il faudra accompagner pour leur permettre de produire aux meilleurs standards environnementaux, des investissements pour l'avenir et non plus des subventions à fonds perdu dans des entreprises condamnées.

Allié objectif de Poutine.

La  position des élus du RN sur le  soutien à l’Ukraine est inquiétante. La réticence affichée, s’appuyant sur les problèmes de concurrence  agricole, cache en réalité et malgré le discours officiel, un penchant pour le narratif poutinien sur l’évolution du conflit. Il est bien évident que l’Ukraine entrera un jour dans l’Union européenne,  mais cela se fera  une  fois toutes les étapes franchies de  mise à  jour aux normes de l’Union.  Les problèmes actuels  comme sur  les « poulets », sont conjoncturels et circonstanciels.  Il est inutile de s’alarmer à l’avance. D’ici là, tout le monde aura eu le temps de s’adapter, comme  il  en a été  pour l’arrivée de l’Espagne ou de la Grèce… N’oublions pas toutefois le tropisme de Marine  Le Pen  en faveur du maître du Kremlin. D'ailleurs Jordan Bardella n'a pas voter les sanctions contre la Russie  au Parlement européen. Et ce  n’est  pas un hasard si les réseaux d’influence pro-russes s’appuient sur  les partis d’extrême-droite en Europe pour tenter de déstabiliser l’Union.  Leur victoire  à l’élection européenne, serait une victoire pour Poutine.

 


POUR UNE EUROPE « REMPART »

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L’Union Européenne va jouer sa survie à la  prochaine échéance électorale. Il faut s’attendre à une nouvelle poussée populiste qui risque de paralyser l’Union au moment critique où elle doit faire face à  l’offensive économique américaine, à l’agressivité de la Russie, au dumping des produits chinois en mal de reconquête et à la nécessité de resserrer les rangs face à la vague  migratoire.

La  survie passe par une Union plus étroite.

Dès lors que les états européens ne sont plus de taille à répondre isolément aux menaces des empires autoritaires et même aux enjeux globaux du XXIème siècle tels que pandémies, guerre de haute intensité, dérèglement climatique, migrations, le  défi consiste à réinventer l’Union autour de la sécurité et de la souveraineté partagée. La  guerre d’Ukraine constitue un moment de vérité : jusqu’à maintenant L’UE a choisi tant bien que mal la liberté plutôt que  la servitude, en faisant bloc pour aider à repousser l’agresseur russe. Sur le  plan militaire elle aurait tout à perdre en permettant à Putin de l’emporter, et  en même temps elle doit livrer une guerre hybride à Moscou qui tente de déstabiliser nos démocraties. La  conséquence, c’est le  constat que le commerce n’achète pas la paix et que le grand marché doit dès maintenant intégrer l’impératif de sécurité ainsi que les formes d’économie de guerre aux nombreuses implications telles que le contrôle des investissements étrangers ou la prévention des opérations de désinformation.

La concurrence américaine.

La  politique menée par Biden est redoutable d’efficacité avec l’IRA qui permet à son économie une croissance record alors que celle de l’Europe est anémique. L’écart se creuse  inexorablement. Les  vingt-sept ont compris qu’ils avaient du mal à faire face et identifié l’une de leurs faiblesses  pour attirer les investissements du monde entier : la fragmentation de leur marché. L’ancien Premier ministre italien, Enrico Letta, a été chargé d’une mission pour tenter de rendre plus simple  un système qui comprend  vingt-sept dispositifs normatifs nationaux. Mais comment réaliser un aplatissement des frontières au moment où les opinons publiques demandent l’inverse ?  

Le réarmement face à  la Russie.

L’attaque de l’Ukraine par la Russie a mis fin à trente années  de « dividendes de la paix ». Le réveil est plutôt brutal, et la menace du retour de Trump à la Maison blanche n’arrange rien, lui qui menaçait déjà : « Si l’Europe est attaquée, nous ne viendrons pas vous aider et vous soutenir ». L’Union doit d’urgence rattraper trois décennies de sous-investissement dans la défense par un effort commun pour assurer l’interopérabilité des forces armées des vingt-sept.  Déjà elle cofinance les projets  communs portés par les industriels d’au moins quatre pays. Elle a déjà accéléré  pour assurer la production de 1 million de munitions par an, engagement qui sera atteint cette année. Mais ce n’est pas suffisant. Thierry Breton, le  Commissaire européen en charge du développement industriel préconise que tous les états atteignent le seuil de 2% du PIB (exigé par l’OTAN) de leurs enveloppes consacrées à la  défense ce qui  permettrait d’ajouter 143 milliards d’euros aux 200 milliards actuels. Pour accélérer le mouvement, il avance l’idée d’un nouveau fonds de 100 milliards d’euros pour la défense commune. En attendant le sommet des chefs d’Etat a validé début février un plan d’aide à l’Ukraine de 50 milliards d’euros. Dans le même temps, l’Allemagne prévoit le même montant de 100 milliards d’euros pour moderniser sa propre armée. Le problème, c’est que les  poches de l’UE sont vides et  que les états membres sont réticents à trouver de l’argent frais. L’effort de réarmement européen doit être coordonné et la mutualisation des capacités militaires accélérée, y compris avec le Royaume-Uni qui reste un partenaire  majeur pour la sécurité du continent.

Les populistes n’ont pas les solutions.

Le scrutin de juin prochain sera influencé  par la double protestation contre l’absence de régulation de l’immigration et contre l’excès de dirigisme en matière d’écologie. Les  correctifs récents apportés  par la commission sur les deux sujets ne seront pas  suffisants  pour calmer le mécontentement. Pourtant l’expérience Méloni en Italie montre clairement qu’au-delà des discours, les populistes  aux affaires ne sont pas  capables  de faire mieux et de  satisfaire leurs promesses. Sauf surprise, le PPE - parti de centre droit - et les sociaux-démocrates - S&D - resteront les deux premières forces du Parlement européen, perdant quelques sièges. Pourtant, en France, le Rassemblement national fait la course en tête, en Italie Fratelli d’Italia  devance largement le Parti démocrate, en Autriche, le FPO dépasse largement les  autres partis, aux Pays-bas, le PVV de Geert Wilders  devrait faire bien mieux que lors des élections générales de 2023, et en Belgique, le Vlaams belang est donné en tête en Flandre, la région la plus peuplée du pays. Ailleurs, les droites conservatrices et nationalistes arrivent à la deuxième ou à la troisième place. Sur fond d’inquiétudes multiples - immigration en hausse, coût de la vie exorbitant, règles environnementales écrasantes, instabilité géopolitique croissante -, la poussée pourrait être cette fois suffisamment forte pour que l’équilibre des pouvoirs s’en trouve modifié à Strasbourg, où les chrétiens-démocrates du PPE, les sociaux-démocrates et les centristes et libéraux de Renew formaient depuis 2019 une coalition suffisamment solide pour être en mesure de faire passer la quasi-totalité des textes. La donne pourrait donc changer. C’est pourquoi les manœuvres ont déjà commencé à l’extrême-droite et dans les rangs des Conservateurs et réformistes européens, où l’on assume vouloir devenir la troisième force du Parlement de Strasbourg. Ce qui est loin d’être fait compte-tenu du panier de crabes que constituent les multiples groupes répartis à travers les 27. Néanmoins, si on a près de 200 élus à l’extrême droite, on arrivera rapidement à des situations de blocage parce qu’on a toujours des groupes qui votent contre et des voix qui se perdent, jeu dans  lequel ils excellent. Or, l’Union ne peut pas se permettre la paralysie au moment où va  se  jouer la guerre en Ukraine.

En France, les macronistes et la droite en première ligne.

Sauf surprise, le PPE - parti de centre droit - et les sociaux-démocrates - S&D - resteront les deux premières forces du Parlement européen, perdant quelques sièges. La campagne à venir pourrait permettre de contenir la lame de fond. Les macronistes ne croient pas que les partis conservateurs soient en mesure de les submerger. Et François-Xavier Bellamy, à la tête de la liste LR, malgré un travail  exceptionnel  réalisé  pendant son  mandat, peine à se faire entendre bien qu’il  propose un solide programme à la fois responsable et cohérent. Seront-ils capables d’endiguer la convergence des colères ? Loin de refluer, sécurité, immigration, excès de réglementation, écologisme autoritaire, sont devenus des questions non négociables pour les citoyens. On risque d’assister  à une surmobilisation des campagnes. La faiblesse de  la gauche  modérée est un facteur supplémentaire de faiblesse pour le camp des démocrates : le refus de prendre en charge des thématiques dites de droite la conduit systématiquement à la défaite. Or son apport est indispensable au Parlement européen pour maintenir l’équilibre au centre.

Une chose est sûre, les performances économiques du populisme au pouvoir ne sont pas bonnes. Ce n’est pas étonnant, ces partis ne sont pas principalement reconnus pour leurs solutions économiques. Le désir de sanctionner les sortants, les partis traditionnels, les instances nationales et européennes, les élites intellectuelles, peut se satisfaire d’une victoire tout en acceptant de faire le deuil de grands espoirs pour la suite. Néanmoins, il est très risqué de penser que le déclin des populistes pourrait se faire au bénéfice des partis modérés. La dislocation du système partisan, voire de l’organisation politique sur le plan national comme sur le plan européen rend difficile toute reconstruction. Il ne faut pourtant pas désespérer : la coalition des « raisonnables »  comme l’appelle de ses vœux Claude Malhuret, si elle se réalisait  pour les Européennes, ce qui est bien improbable, en réunissant les  modérés du centre gauche de Manuel Valls à la droite républicaine d’Eric Ciotti,  en passant par Renaissance et Horizons, obtiendrait probablement une majorité bienvenue.  Mais je rêve. L’Europe en aurait pourtant bien besoin.

 


LE CANDIDAT DE LA CLARTE ET DU SERIEUX POUR L'EUROPE !

Bellamy europe 2

Je vous propose l'interview de François Xavier BELLAMY . Très intéressante !

Après un mandat studieux et efficace, il vient défendre son bilan et montrer les enjeux du scrutin.

 

Grand entretien dans Le Figaro

Le président des Républicains, Eric Ciotti, vous a désigné comme tête de liste aux européennes. Ce n’est guère une surprise mais quelle est votre première réaction ?

Je mesure l’importance de cette responsabilité. Je suis très reconnaissant à Eric Ciotti de sa confiance, ainsi qu’à tous ceux, si nombreux, qui me témoignent leur soutien. Cette campagne engage beaucoup de l’avenir de notre famille politique, mais aussi de la vie démocratique en France. Nous avons le devoir de réussir, et je donnerai tout pour cela. Je suis le candidat de la clarté et de la constance.

Avec quelle équipe souhaitez-vous partir au combat ? 

Cette question sera discutée dans les semaines qui viennent. Une chose est sûre : je me lancerai dans cette élection avec l’équipe qui sera la plus susceptible de convaincre les Français, et de leur être utile en gagnant les batailles décisives qui nous attendront demain au Parlement européen. Pour cela, nous pouvons compter sur un vivier extraordinaire de talents, d’engagement, d’expérience. C’est un vrai atout, parce qu’on n’improvise pas la réussite d’un mandat. Je construirai cette liste avec Eric Ciotti et la commission d’investiture avec ce seul objectif. Il faudra une part de continuité, mais aussi, bien sûr, de renouvellement. 

Quelle figure féminine est prévue pour la deuxième place sur la liste ?

La liste sera annoncée en son temps. Mais Les Républicains ne sont pas dans une politique de casting superficielle ; c’est aussi ce qui nous distingue d’Emmanuel Macron. La priorité, pour nous, c’est le fond. 

Quelles sont vos principales motivations ?

Je suis engagé sans relâche depuis cinq ans pour faire entendre la voix des Français au Parlement européen, et je vois à quel point notre continent est à la croisée des chemins. Les crises multiples que nous avons traversées ces dernières années ont confirmé les intuitions que nous défendions en 2019 : il faut reconstruire une Europe qui donne à nos démocraties les moyens de maîtriser leur destin. Cela suppose de ne plus passer par des normes asphyxiantes, mais par des stratégies réalistes. Au cours de ce mandat, nous avons rectifié ce qui devait l’être dans l’urgence ; maintenant, il reste à reconstruire en profondeur l’action européenne. Mais cette élection a aussi pour enjeu la reconstruction de notre vie démocratique en France…

Parce que vous la jugez abîmée ? 

Même s’il ne doit pas devenir un référendum national comme Emmanuel Macron et Marine Le Pen en rêvent, ce scrutin fera évoluer le centre de gravité de la vie politique française. Pour tous les électeurs de droite, c’est le moment de se retrouver pour affirmer leurs convictions. Nous traversons une crise très profonde, et la réponse politique n’est pas à la hauteur des enjeux existentiels auxquels nous sommes confrontés ; preuve en est avec ce nouveau gouvernement, dont on voit bien qu’il n’incarne pas la promesse d’un cap enfin clair. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se font la courte échelle, et veulent réduire la vie démocratique à un choix qui n’en est pas un. Je le dis aux électeurs de droite : c’est le moment de prouver qu’il y a encore une place pour les priorités auxquelles vous tenez, pour la clarté des idées et le sérieux dans l’action. Cette élection européenne, c’est notre chance d’échapper au désespoir d’un second tour perpétuel, dont nous savons déjà qu’il n’apporte aucune solution aux grands problèmes du pays.

Quelles différences voyez-vous avec les élections de 2019 qui s’étaient soldées par un score décevant malgré une campagne saluée ?

En 2019, les candidats étaient presque tous nouveaux. La République en Marche n’avait tout simplement pas d’élus au Parlement européen. Quant à moi, c’était ma première candidature. La grande différence, c’est qu’après cinq ans, nous assumons désormais un bilan. Nous allons devoir non seulement dire ce que nous voulons pour l’avenir, mais répondre de ce que nous avons fait. Derrière l’ambiguïté du « en même temps », le macronisme aura été le fidèle supplétif de la gauche dans son projet de décroissance européenne : dirigés par des élus venus des verts ou du parti socialiste, les députés macronistes ont voté contre le nucléaire, soutenu l’inflation normative qui fragilise notre agriculture et notre industrie, poussé pour le renforcement de la pression fiscale. Quant au RN, son bilan est assez simple : il n’a littéralement rien fait. En cinq ans, les élus du RN n’auront pas fait évoluer une seule virgule d’un seul texte européen. C’est une question de travail, de courage et de détermination : avec notre délégation, même moins nombreuse, nous avons mené et gagné de nombreuses batailles. 

Durant cette campagne, vos adversaires pourraient vous attaquer sur le terrain des convictions, notamment conservatrices. Comment comptez-vous déjouer ces pièges tendus ?

Certains ont intérêt à multiplier les caricatures pour éloigner l’attention des vrais sujets. Pendant ce mandat, c’est nous qui, au nom des principes que nous ne devrions jamais abandonner, avons combattu les régressions qui menacent l’Europe. Après une longue bataille, j’ai fait voter un amendement pour interdire à la commission européenne de financer des publicités proclamant que « la liberté est dans le hijab ». Comment les élus de gauche qui ont tout fait pour s’y opposer osent-ils encore faire des procès en féminisme ?

Avec le recul, quelles erreurs ne souhaitez-vous plus commettre ? 

Nous devons repenser la manière dont nous parlons aux Français. Par habitude, nous avons peut-être mené trop souvent campagne en parlant d’abord à nos soutiens, plutôt qu’à tous les Français, et en particulier à tous ceux qui ne se sentent plus concernés par la politique. Beaucoup ont le sentiment d’être orphelins, privés d’une parole qui les représente. C’est à eux que je veux parler dans cette campagne. Pour cela, nous voulons nous déployer partout en renouvelant nos méthodes, pour aller là où la parole publique ne porte plus, retrouver ceux qui ne croient plus en la politique, ou en la droite. Nous avons besoin que les Français se réapproprient cette élection européenne.

Sur quoi ferez-vous campagne ? 

Les défis ne manquent pas. Sur la question migratoire, l’essentiel reste à faire pour permettre aux pays européens de maîtriser leurs frontières. C’est l’un des plus grands défis du siècle pour notre avenir et pour l’équilibre du monde de demain. Avec le sujet de notre sécurité, alors que la guerre est de retour aux portes de l’Europe, il est impératif de reconstruire notre sécurité économique : le continent européen doit retrouver la capacité de produire ce dont il a besoin. Au nom de l’écologie, la gauche et le macronisme n’ont cessé de défendre un projet de décroissance qui nous appauvrit, nous fragilise et nous rend dépendants d’une production importée désastreuse pour l’environnement… C’est la triple peine. Il est temps de libérer ceux qui travaillent de cet amas de contraintes qui décourage toute responsabilité. Les agriculteurs sont en première ligne, ils alertent à juste titre, mais leur détresse nous concerne tous. Derrière ce combat contre ce qui empêche l’Europe de se projeter dans l’avenir, se joue aussi le déni de ses racines et de son identité.

Craignez-vous d’être pris en étau entre Jordan Bardella (RN) et Marion Maréchal (Reconquête!) ?

Non, pour une raison simple : personne d’autre que nous ne mène le travail que nous faisons. Prenez le sujet migratoire : à Paris, c’est le travail déterminé des élus LR qui a permis de faire voter une loi immigration qui renforce nos frontières ; c’est la même chose à Strasbourg. Le RN a voté contre l’augmentation du budget de Frontex par réflexe anti-européen. Les macronistes ont combattu notre proposition de financer les infrastructures physiques, les murs nécessaires dans certaines zones frontalières de l’UE. A chaque fois, nous avons gagné ces batailles. Quant à Marion Maréchal, je ne comprends pas le projet de sa campagne. Reconquête! nous parle de l’union des droites, en ayant simplement créé une division supplémentaire. Dans un moment aussi décisif, se disperser serait irresponsable. Notre devoir est de rassembler les électeurs de droite dans cette élection, pour donner le plus de force possible à leurs idées en Europe.

Dans ses vœux à la presse, Jordan Bardella appelle lui aussi l’ensemble des adhérents et militants des Républicains à rejoindre le RN.

Le RN se projette dans ses rêves de victoire nationale : Jordan Bardella se croit nommé premier ministre... Ce serait déjà bien d’exercer réellement son mandat de député européen. Le RN a gagné l’élection européenne il y a cinq ans ; mais il n’a rien fait de la confiance des Français, rien. Il aura seulement varié du tout au tout sur les sujets européens : il a vanté le Frexit et fait de la sortie de l’euro sa première priorité, avant de changer de discours. Pour ma part, je n’ai jamais varié, ni dans ma parole, ni dans mon action. A tous les Français qui espèrent la reconstruction d’une droite sérieuse, sincère et constante, je veux dire simplement : j’ai besoin de vous !

Le ralliement de Rachida Dati à la macronie ne risque-t-il pas de troubler le message de la droite ? 

C’est le seul but d’Emmanuel Macron : créer de la confusion, au risque de désespérer les électeurs. Nous résisterons à cette entreprise de démolition. Dès que Rachida Dati est entrée au gouvernement, Eric Ciotti a clairement indiqué qu’elle ne faisait plus partie de notre famille politique.

Fin novembre, vous avez rencontré Nicolas Sarkozy avec lequel les relations n’ont pas toujours été simples. Vous a-t-il manifesté une forme de soutien en vue des européennes ? 

Non, et je ne le rencontrais pas pour cela d’ailleurs. Nicolas Sarkozy est bien sûr libre de sa parole. Son choix lui appartient. 

Quel sera le rôle de Laurent Wauquiez dans cette campagne ? 

Laurent Wauquiez est une figure majeure de notre famille politique, et je n’oublie pas que c’est lui qui m’a fait confiance en 2019 pour porter nos couleurs. Je suis heureux de compter sur son appui pour cette nouvelle campagne.

Quelle sera la conséquence sur votre campagne des travaux réguliers que vous menez avec David Lisnard (Nouvelle Énergie) et Hervé Morin (Les Centristes) ? 

Nous avons partagé ensemble un travail de fond important sur les sujets essentiels pour la vie du pays. Désormais, je vais m’engager totalement dans cette nouvelle bataille des européennes ; c’est un autre moment qui s’ouvre pour moi. J’ai beaucoup d’amitié et d’estime pour David et pour Hervé ; avec eux, je veux fonder cette campagne sur l’expérience de ceux qui font que le pays tient debout dans les crise qu’il traverse, les maires et les élus locaux.

On dit que la survie des Républicains repose sur le résultat de ce scrutin. C’est une lourde responsabilité qui repose sur vos épaules… 

J’en mesure l’ampleur : l’enjeu n’est pas la survie d’un parti, mais l’avenir du pays, et de l’Europe. Ma conviction profonde et sincère est que cette élection est d’abord et surtout, pour la droite, le moment de se relever. Si nous partons en campagne avec pour objectif d’éviter la catastrophe, nous ferons une grande erreur : les Français n’ont jamais été aussi nombreux à attendre ce que nous avons à leur proposer. Je suis prêt.


QUAND LE REMEDE EST PIRE QUE LE MAL

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2024 est l’année de l’élection du parlement européen. Il faut s’attendre à une poussée populiste et dans le contexte actuel, notamment avec la guerre en Ukraine, un blocage par les eurosceptiques et anti-européens serait catastrophique. Pourtant, nous avons sous les yeux, l’exemple du Royaume-Uni de  Grande-Bretagne. L’Europe, c’est quand on la quitte qu’on s ‘aperçoit de son utilité.

La faillite du Brexit.

Huit ans après le référendum et trois ans après son entrée en application, le Brexit a plongé le Royaume-Uni dans une crise sans équivalent depuis les années 1970. Au Royaume-Uni, les élections législatives se dérouleront à l’automne  2024, et les Britanniques s’apprêtent à sanctionner les tories moins pour quatorze années de pouvoir erratique qui ont usé cinq premiers ministres que pour le résultat du Brexit.  Huit ans après le référendum et trois ans après son entrée en application, le Brexit se traduit par un naufrage qui ne peut plus être masqué par la  pandémie du Covid ou la guerre d’Ukraine. Les  derniers sondages sont éloquents : 65% des Britanniques se prononcent pour un nouveau référendum, ils ne sont plus que 22 % à soutenir le Brexit alors que 54% jugent comme une mauvaise idée. Aussi, les élections se présentent comme la chronique d’une défaite annoncée pour les conservateurs, devancés de quelque 20 points dans les sondages par les travaillistes. 

Les conséquences du Brexit.

La campagne des élections législatives ne portera pas directement sur le Brexit mais sur ses conséquences : l’annihilation de la croissance ; la déliquescence des services publics ; l’explosion des prix et la paupérisation de la population. Dans les faits, il n’a pas entraîné une reprise mais une perte totale de contrôle de leur destin par les Britanniques.

La croissance : elle est désormais inférieure à celle de la zone euro, alors qu’elle était systématiquement supérieure depuis les années 1990. L’activité ne progressera que de 0,5 % en 2023 et 2024 ; elle a été réduite de 5,5 points et le commerce de 7 points depuis 2016. La stagflation est désormais bien installée. Les ménages sont étranglés par l’inflation qui atteint 7 % contre 2,8 % dans la zone euro, avec une spirale de hausse entre les prix et les salaires. La banque d’Angleterre a augmenté quatorze fois ses taux pour les porter à 5,25 % (contre 4 % dans la zone euro), ce qui a laminé le pouvoir d’achat des consommateurs, provoqué un effondrement du marché immobilier et euthanasié l’investissement.

La finance : elle est désormais un point faible. Les capitaux et les investisseurs fuient. La City perdra à terme 35.000 à 40.000 emplois au profit de l’Union. Simultanément, la pression des marchés ne se relâche pas, depuis le krach provoqué par l’expérience aussi courte que calamiteuse de Liz Truss de planifier une baisse massive et non financée des impôts pour les plus riches. La dette publique a dépassé 100 % du PIB en 2023 et son service a explosé pour atteindre 4,2 % du PIB en raison de son indexation sur les prix à hauteur d’un quart. Cerise sur le gâteau (amer) : Birmingham, deuxième ville du pays, a fait faillite.

L’économie désorganisée : la pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture, de la construction, de la santé, des transports et des services, provoquée par le départ de plus de 1 million de travailleurs européens, va de pair avec la montée du chômage de 3,5 % à 4,2 % de la population active. Le pays compte désormais 14,5 millions de pauvres tandis que le pouvoir d’achat recule fortement. D’où une sévère crise sociale qui entraîne la multiplication des grèves dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des transports routiers et ferroviaires, de la poste ou de la recherche.

L’immigration : avec le Brexit , le pays devait en reprendre le contrôle. L’échec est aussi cinglant. Le départ forcé des Européens a été plus que compensé par l’arrivée d’immigrés non européens. Le solde des entrées et des sorties a battu un record en 2022, avec une hausse de la population immigrée de 606.000 personnes. Il faut y ajouter l’immigration illégale, qui a elle aussi explosé, avec 45 774 traversées de la Manche en 2022. Et le phénomène s’est aggravé en 2023.

Le Royaume-Uni et l’Europe.

La démonstration est faite, il ne peut pas tourner le dos à l’Europe. Sur le plan politique, il reste menacé d’implosion par la revendication d’indépendance de l’Écosse, qui est indissociable de sa volonté de rejoindre rapidement l’Union. En Irlande du Nord, la crise ouverte autour du protocole conclu avec l’Union européenne, a abouti, pour la première fois, à la victoire du Sinn Féin en mai 2022, qui ouvre à terme la voie à une réunification de l’île. Voté au terme d’une campagne dominée par les mensonges, le Brexit a placé le Royaume-Uni dans une complète impasse. Le projet d’une Global Britain coupée du continent européen constitue un contresens économique, géopolitique et historique, au moment où la mondialisation se reconfigure autour de blocs régionaux. Mais s’il revenait, il ne retrouverait pas les privilèges qui lui avaient été consentis, notamment le rabais de moitié de sa contribution au budget. C’est pourquoi aucun dirigeant ne pourra assumer le risque d’un nouveau référendum sur le retour dans l’Union avant vingt ou trente ans.  Pourtant, il a désespérément besoin de l’Union pour retrouver le chemin de la croissance, condition de la stabilisation de la classe moyenne et de la paix civile. De son côté, l’Europe a aussi besoin du Royaume-Uni pour faire face à la montée des tensions géopolitiques. De part et d’autre de la Manche, il est donc temps de renoncer aux mirages de la radicalité pour emprunter la seule voie raisonnable qui s’offre, celle du réalisme et du pragmatisme.

Tout  ça pour ça !  Avant de  voter, les Français devraient y regarder à deux fois avant d’envoyer les nouveaux députés au Parlement de Strasbourg. L’Europe n’est pas  parfaite, loin de là, mais attention aux faux remèdes qui sont pires que le mal ! On aura le temps d’en reparler.

 


FAUT-IL VIRER MARLEIX ?

Marleix 2

 

Les Républicains en ordre dispersé.

La loi immigration devait consacrer le retour de l’unanimité au sein du groupe parlementaire Les  Républicains à l’Assemblée nationale. Il n’en est rien.  Le  même psychodrame que  pour la réforme des retraites recommence. Dix-sept députés viennent d’afficher publiquement leur attitude constructive envers le projet de loi immigration du gouvernement.  Ils ont signé dimanche dernier dans « La Tribune » un texte qui rend hommage au remarquable travail de la majorité sénatoriale et  plaide pour parvenir à un point d’équilibre qui serve l’intérêt des Français … Et ils se déclarent prêts à voter le texte si la version qui sortira de l’Assemblée ne s’éloigne pas trop de celle votée en première lecture au Sénat. Le gouvernement ne risque plus d’encourir une motion de censure que lui promettait le président du groupe LR, car avec le renfort des 17 députés, il y a une possible majorité pour voter  le texte que Darmanin s’évertue à construire. L’exécutif cache son enthousiasme, tant l’équilibre trouvé avec la droite est fragile. Mais les chiffres sont rassurants. Des écologistes et des socialistes voteront pour également. D’autant que le Sénat a adopté un texte qui ne s’écarte pas trop de son contenu initial.

Marleix est désavoué.

Il faut 58 voix pour déposer une motion de censure et LR ne dispose que de 62 suffrages, moins les 17 qui souhaitent voter le texte adopté par le Sénat. C’est un échec pour le chef des députés LR à l’Assemblée, Olivier Marleix, qui s’était engagé à faire en sorte que le projet de loi ne passe pas et qui, d’un seul coup, est privé du moyen d’atteindre son but. Il espérait en faire le fer de lance  contre la politique de Macron, il n’en est rien. Olivier Marleix est convaincu que ses postures véhémentes sont applaudies par l’électorat bien qu’elles soient contredites par le fait que les électeurs de LR sont de plus en plus nombreux à voter pour le Rassemblement national. En tout cas, la stratégie du «  toujours non pour humilier l’exécutif » n’a pas fonctionné. Il n’est pas suivi par les élus LR qui veulent rester dans une mouvance susceptible d’empêcher Marine Le Pen  de faire des scores très élevés aux prochains rendez-vous électoraux. La déchirure au sein de LR s’élargit d’autant plus que le parti va divisé vers les européennes en repoussant sans cesse l’investiture de FX Bellamy, malgré des sondages prometteurs et un travail remarquable  de  l’intéressé au parlement européen, ce qui est incompréhensible pour les  adhérents et sympathisants. Le bilan de LR s’annonce bien triste et présage de résultats plus qu’insuffisants aux européennes et, plus tard, à la présidentielle. Il dépend des Républicains de l’Assemblée  qu’ils s’engagent dans la voie constructive adoptée par les sénateurs. Pourquoi le groupe fait-il  preuve de cohésion au Sénat, alors qu’il  pratique la division à l’Assemblée ?  Voilà un constat qui met en cause directement celui qui le dirige au Palais bourbon.

Une coalition est nécessaire.

Le vote de la loi sur l’immigration pourrait servir de révélateur. Le tableau du rapport de forces entre les partis politiques est présenté comme une fatalité. Ce n’est pas vrai : il est encore possible de renverser la tendance et de créer une coalition de la droite et des centres qui meublera les dernières années du macronisme dont on sait qu’il disparaîtra à la première minute de la fin du quinquennat. Le gouvernement ne peut que se réjouir à l’idée de faire passer sa loi sans avoir recours au 49-3. On n’en est pas encore là. La discussion va occuper tout le mois de décembre  et il faut compter avec l’aile gauche des macronistes, les Houllié et Legendre en tête pour faire capoter l’opération. Ceux-là n’ont toujours rien compris et tiennent à faire voir leur capacité de nuisance par des ukases. Le risque existe que, sous la pression de l’aile gauche de Renaissance, la majorité décide de détricoter les changements apportés par le Sénat afin de revenir au texte tel qu’il a été proposé par le gouvernement. L’intérêt de l’exécutif et celui de l’Élysée ne sont pas identiques. Ce qui fait craindre un retour à la case zéro, avec une nouvelle crise parlementaire et l’indispensable mais honni 49-3. Pour M. Houllié, Les Républicains n’ont pas d’autre ambition que d’imprimer leurs idées dans un texte très important qui constitue la première préoccupation des Français.  Il n’y aura de loi sur l’immigration que si elle correspond à un compromis, qu’on se le dise clairement.

Pourquoi ce qui est possible au Sénat, ne l’est pas à l’Assemblée nationale ?  Mystère ! Une chose est certaine : dans la configuration actuelle du paysage politique, si la droite et le centre vont dispersés aux élections, ils seront balayés. Le temps presse  pour en prendre conscience et  agir en conséquence.

 


POUSSEE DE L’EXTREME-DROITE AUX PAYS-BAS

Geert wilders

 

La poussée d’extrême-droite se confirme dans l’Union européenne, élections après élections. La  Pologne fait exception et l’Espagne a gardé son gouvernement de gauche après un accord très controversé avec les indépendantistes catalans. Aux Pays-Bas, le Parti de la liberté (PVV), formation d’extrême droite, est arrivé en tête aux élections législatives en obtenant 35 sièges sur 150. Pour autant le chef du parti, le célèbre Geert Wilders, n’est pas assuré de devenir Premier ministre.

Une poussée européenne.

La Hollande est un pays éminemment démocratique qui, pendant 13 ans, a été dirigé par un  centriste, Mark Rutte. On assiste à la montée des extrêmes droites en France (au moins dans les sondages), en Italie, en Allemagne, dans un contexte dominé par le problème de l’immigration et l'islamisme politique. Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne pour cette raison et l’Italie a mis l’extrême droite au pouvoir. Mais les pourfendeurs de l’UE n’ont rien changé à la crise migratoire. Il est navrant de constater qu’un quart des Hollandais ait préféré l’aventure proposée par Gert Wilders au sérieux de Rutte. Si celui-ci arrivait à constituer un  gouvernement, ils s’en repentiraient aussi sûrement que les Britanniques.

D’autres coalitions sont possibles.

Le triomphe de Wilders est relatif. Les autres partis, dans cette représentation nationale très morcelée par la proportionnelle, ne sont pas pressés de faire alliance avec lui. Les écologistes obtiennent 25 sièges, le centre droit 24. Comme on le voit, d’autres coalitions sont possibles. La victoire de Wilders, qui s’est agité comme un beau diable pour être enfin reconnu, risque de retomber comme un soufflé. Les grandes démocraties se gouvernent au centre. Mieux : quand l’extrême droite arrive au pouvoir, comme en Italie, elle fait des choix centristes.

De l’eau dans le vin extrémiste.

La réalité, c’est l’invasion lente mais sûre de l’Europe occidentale par les extrêmes qui inquiète  une part croissante des électeurs européens. L’immigration mal contrôlée, exaspère  et fait craindre une perte d’identité. Mais que faire, alors que Georgia Meloni, présidente du conseil des ministres italien démontre tous les jours qu’elle n’est pas plus efficace dans la crise migratoire que ses prédécesseurs.  L’autre réalité, c’est que,  quand ils accèdent au pouvoir, les gouvernements dominés par l’extrême-droite, se plient à la discipline européenne et restent liés à l’OTAN. 

À quoi sert-elle alors ?

C’est vrai pour la France, même si le raisonnement semble traduire l’illusion d’une continuité. Marine Le Pen a déjà renoncé à la récupération des instruments de la souveraineté française. Elle  espère  ainsi augmenter ses chances de conquérir le pouvoir en 2027. Evidemment,  elle nie complètement être rentrée dans le rang. Ce qui ne l’empêchera pas d’appliquer les directives européennes. Dans ce cas, on sera en droit de se demander en quoi elle est différente de la droite classique. On risque d’assister au scénario classique : elle peut conquérir le pouvoir pour, ensuite, trahir son propre discours. Elle ne serait pas la première à annoncer une politique pour en faire une autre, une fois qu’elle aura été élue.

Un signal à prendre en compte.

Le résultat hollandais arrive à quelques mois du renouvellement du parlement européen. Il est grand temps pour les droites modérées de prendre en compte le message envoyé par les électeurs dans les pays de l’Union : elles ont le devoir de s’organiser et de se rassembler  pour  aller à l’élection, d’autant plus que le scrutin est proportionnel, et d’ici là, promouvoir une réponse crédible pour endiguer la crise migratoire.  Ce travail est déjà commencé, mais une réponse commune forte est attendue. Il n’y a plus de temps à perdre !

 


LA POLOGNE MONTRE LA VOIE…

Proportionnelle 3

 

Le  pire n’est jamais inéluctable. 

La  victoire de  la droite libérale  en Pologne face  aux extrémistes du PiS nous montre qu’il est toujours  possible de conjurer le mauvais sort.  A condition de s’organiser convenablement.

La dernière enquête IPSOS nous  apporte  des éléments de réflexion qui devraient inviter  les partis de la droite et du centre à gamberger. Elle nous montre  une évolution du regard des Français  sur les forces politiques. Jusqu’à il y a peu, En dépit de sa progression électorale constante, le Rassemblement national gardait une mauvaise image. Il restait perçu comme un parti inquiétant, distant et peu compétent. Cette nouvelle enquête témoigne d’une évolution nette le concernant, tandis qu’une évolution inverse s’effectue concernant la France Insoumise. Ainsi, pour la première fois, LFI est considérée comme plus «dangereuse pour la démocratie» que le RN (57 % contre 52 % alors qu’il y a trois ans, c’était nettement l’inverse (61 % pour le parti lepéniste, 51 % pour le parti mélenchoniste). De même LFI «attise la violence» pour 60 % des sondés contre «seulement» 52 % pour le RN. Le Rassemblement national est jugé de moins en moins d’extrême-droite (12 points de moins qu’il y a sept ans) ou xénophobe (11 points de moins). En positif il est regardé comme étant plus proche des préoccupations des Français (29 % en 2020, 40 % aujourd’hui), et surtout « capable de gouverner le pays » (25 % en 2017, 34 % en 2021, 44 % en 2023). Ce dernier « item » est capital pour Marine Le Pen. Car si, en dix ans, elle a gagné la bataille de la « dédiabolisation » , elle gardait un très fort déficit de crédibilité. Elle est en train de le combler. Plus encore, de toutes les forces politiques d’opposition représentées à l’Assemblée nationale, le RN est celui dont le « comportement à l’Assemblée nationale » est le plus approuvé : 37 %,  loin devant LR (28 %), les Verts ou le PS (27 %) et le PC et LFI (23 %).

Le RN comme alternative.

Cette enquête a été effectuée avant les événements qui ont embrasé le Proche Orient et l’assassinat de Dominique Bernard à Arras. Inutile de dire que c’est de nature à renforcer encore un  peu  plus l’avenir électoral du RN. Il convient donc de prendre au sérieux la  possibilité de Marine Le Pen de gagner à la Présidentielle. Il s’agit  d’abord de bien comprendre la  stratégie qui l’amène à ce statut de présidentiable qui lui échappait jusqu’alors.

Elle le doit :

. à sont travail propre, sur son discours, son image, ses élus. Dix ans dans de «dédiabolisation» produisent des fruits.

. à la comparaison avec LFI, car, notamment depuis les débuts de cette législature, les mélenchonistes se sont fait remarquer par leurs outrances, leurs dérapages, leurs injures. Le mistigri de la radicalité et d’une forme d’incompatibilité avec les règles de la vie démocratique a changé de camp et le RN en profite.

. enfin à l’usure du macronisme au pouvoir. En 2017, et même encore en 2022, Emmanuel Macron a terrassé Marine Le Pen sur le sérieux et sa capacité présumée à gérer le pays. Les échecs ou les limites du bilan présidentiel rendent moins dirimantes celles du projet lepéniste. La déception suscitée par ceux qui gouvernent offre au RN le bénéfice du doute.

La séquence, dans laquelle nous sommes encore, a achevé de faire tomber les masques mélenchonistes. Même une partie de leurs alliés décrètent l’impossibilité de travailler avec eux. La Nupes est  en train de voler  en éclat. De l’avis quasi unanime Les « Insoumis » sont sortis de ce fameux « champ républicain », expression bien commode qui n’avait jusqu’alors d’autre visée que d’en exclure le Rassemblement national.  Lequel RN s’est montré à l’inverse irréprochable et inattaquable. Ce qui s’est passé cette semaine est comme l’amplification de ce que l’on constate depuis dix-huit mois.

Mais en politique,  rien n’est jamais irréversible.

Et les résultats des élections polonaises nous le montrent. Il convient donc de regarder de près comment les partis modérés  s’y sont pris pour battre l’extrême-droite.

La Coalition civique, dirigée par Donald Tusk, l’ancien président du Conseil européen, a obtenu un score honorable de 31%. Le parti centriste dispose de solides alliés pour former un gouvernement pro-UE dans les prochaines semaines. En effet, avec 14% de soutien, la « Troisième Voie », une alliance entre démocrates chrétiens et agrariens, obtient un score remarquable. Elle a séduit les électeurs modérés, épuisés du duopole entre centristes et nationalistes conservateurs. Enfin, la gauche, a été suivie par 8,6 % des Polonais.  Elle espérait sans doute un meilleur score, mais elle entend porter sa voix progressiste, laïque et sociale dans un pays où le droit des femmes a été mis à mal. Selon les projections, ces trois formations devraient obtenir ensemble 239 députés sur 460 possibles, synonyme de majorité à la Diète. D’après la Constitution, le président de la République, Andrzej Duda, est dans un premier temps chargé de désigner le parti qui va tenter de former un gouvernement. Issu du PiS, le président Duda devrait logiquement assigner son camp à la tâche. Avec 196 députés sur 460  dans la nouvelle Diète, le parti Droit et Justice doit persuader 35 autres parlementaires de collaborer pour former une majorité. Un scénario impensable car aucun parti ne souhaite mener un dialogue avec les nationalistes conservateurs. Certes, on peut estimer que le PiS paie son usure depuis 8 ans qu’il est au pouvoir, ce qui ne serait pas du RN en France. Il est difficile de comparer les contextes des deux pays, évidemment, mais la chose certaine qui ressort, c’est que si un barrage  peut être construit pour empêcher le parti de Marine Le Pen d’arriver au pouvoir, c’est autour de la droite modérée (LR)  et des partis centristes qu’il peut s’organiser. Reste à trouver le Donald Tusk, susceptible de redonner le moral aux Français et de les mobiliser.

A bon entendeur, salut !

 


L’IMPUISSANCE DE L’EXTRÊME DROITE !

Migrants Lampedusa

 

Avec  l’affaire de Lampedusa, l’idée  m’était venue d’écrire un article sur le thème.  Mais je  lis dans le Figaro l’excellent texte de Vincent  Jeanbrun, Maire de l’Hay-les-Roses. Comme je ne ferai pas mieux, je vous  le livre.

 

« Nul besoin d’aller jusqu’en Italie pour constater l’impuissance de l’extrême droite »

« Six mille vies échouées sur le sable d’une petite île au sud de l’Italie. En quelques jours, Lampedusa est (re)devenue le cœur symbolique d’une Europe divisée, cristallisant les tensions mais aussi et surtout les postures, des effets de manches autoritaires aux proclamations des éternels tartufes transis d’humanité, pour peu que la cause soit loin de chez eux. Car, après l'afflux de migrants, s’est bousculé derrière eux le traditionnel cortège de journalistes en quête de l’image choc, de politiques aux formules qui claquent et de leurs traditionnels commentateurs relayant abondamment les informations, vraies ou pas (pour peu qu’elles soient marquantes…) Le tout devant les yeux résignés des 6000 habitants de cette île jadis calme et dont le nom résonne désormais comme le symbole de l’immigration incontrôlée, des vies dévastées et d’une Europe à la dérive, plus divisée que jamais.

Dans mon village familial, perché dans les montagnes du Frioul, les discussions vont bon train. On y craint la « submersion », on y prononce désormais l’expression de « grande sostituzione », directement importée des vocables de l’extrême droite française ; preuve malheureuse que notre influence culturelle n’a pas tout à fait disparu, même en matière de théories déclinistes. Au téléphone, mon cousin me raconte que ce midi, un voisin attablé au café du village s’exclamait : « Si même Meloni n’arrive pas à les repousser, qui va le faire ? » Et, au fond, ils sont nombreux à penser comme lui, en Italie comme en France.

Le  constat de l’impuissance.

Car plus que la compassion, l’inquiétude, la peur de disparaître ou de se compromettre, le sentiment qui domine, c’est l’impuissance. L’impuissance d’une politique : celle De Giorgia Meloni, élue présidente du Conseil italien il y a un an, instantanément devenue l’égérie de l’extrême droite européenne, prônant une fermeté sans faille sur l’immigration et qui apparaît aujourd’hui dépassée, prise au piège de sa propre rhétorique incendiaire. Comme tous les candidats d’extrême droite, elle s’appuyait sur des diagnostics lucides, proposait des solutions simples et désignait un ennemi consensuel : l’Europe. Celle qui déclarait il y a quelques mois encore avec une éclatante confiance « si je gagne, pour l’Europe, la belle vie, c’est terminé » se voit aujourd’hui contrainte d'appeler au secours  l'Union européenne, affirmant être soumise à une pression migratoire « insoutenable », et appelant à « affronter le problème de manière pragmatique ». Pire, la  voilà qui accueille sur place la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, scellant ainsi la « normalisation » de ses relations avec les institutions européennes.

Des solutions qui n’en sont pas.

La promesse, pourtant projet phare de sa campagne, d’instaurer un « blocus maritime » contre les migrants et de « briser le trafic d’êtres humains en Méditerranée » semble bien lointaine. Pas plus que Donald Trump n’aura construit son « mur » à la frontière mexicaine, pas plus que Viktor Orban n’aura fait adopter son « référendum anti-immigration » en Hongrie, les déclarations martiales de la candidate Meloni n’auront pas suffi à protéger les Italiens d’une immigration devenue incontrôlable. Pire, si les Italiens ont appris à ne pas croire aux promesses trop « belles » pour être vraies, l’extrême droite comptait au moins sur l’effet symbolique de l’élection d’une candidate si radicalement hostile aux migrants pour créer un effet dissuasif. Résultat : depuis le 1er janvier 2023, plus de 100.000 migrants ont franchi illégalement les frontières italiennes. C’est deux fois plus que sur la même période en 2022.

Marion l’opportuniste.

En débarquant par le premier avion sur l’île de Lampedusa, Marion Maréchal – qui est à un bateau de migrants ce qu’un papillon de nuit est à une lanterne un soir d’été – avait sans doute à cœur de fanfaronner devant une si belle occasion de démontrer combien l’immigration illégale qu’elle dénonce – à raison – était le péril de notre civilisation. Elle en aurait presque oublié ses propres déclarations, jugeant que « la victoire de Meloni protéger(ait) les Français de l’immigration ». Clairvoyant. Accordons-lui de ne pas avoir été seule au club des admirateurs de Giorgia Meloni. Jordan Bardella, des étoiles dans les yeux, déclarait après son élection : « Les peuples d’Europe relèvent la tête et reprennent leur destin en main. »

Les Dalton de la  droite dure.

Bardella, Zemmour, Le Pen, Maréchal : les « Dalton » de la droite dure voyaient en elle l’espoir de prouver au monde et surtout aux Français qu’au-delà des discours, l’extrême droite était une solution fiable pour les protéger face aux crises migratoires. Pourtant, il n’est point besoin d’aller jusqu’en Italie pour constater quotidiennement l’impuissance de l’extrême droite au pouvoir. Pour ne prendre qu’un exemple, dans la commune du Luc, dans le Var, le maire RN a fait voter une charte par son conseil municipal en octobre 2017 : « Ma commune sans migrant. » À l’élégance s’est ajoutée l’impuissance lorsque, quelques moins plus tard, il accueillit une trentaine de migrants, dans un centre pour réfugiés. Nous sommes donc prévenus. Monsieur Bardella et Madame Maréchal, c’est Madame Meloni en pire. Jordan Bardella, c’est un colosse aux pieds d’argile. Marion Maréchal, c’est un tigre de papier. Ils ont un point commun : la parole sans les actes. Car comme souvent, l’extrême droite se nourrit des problèmes, pourvu qu’elle n’ait pas à les résoudre. »

Vincent Jeanbrun est maire de L’Hay-les-Roses, président du groupe Île-de-France Rassemblée à la région Île-de-France et porte-parole des Républicains.

En dehors du sujet de l’immigration, j’ajouterai que notre extrême-droite n’est pas crédible sur bien d’autres points de son programme, comme la proposition de remettre la retraite  à 60 ans. Alors braves citoyennes et citoyens, avant d’aller voter, comme par  exemple aux européennes, lisez bien ce qui est proposé, car rien ne pourra être tenu. Car bien évidemment , la  crise migratoire  ne  pourra être  contenue que pas  une politique européenne cohérente de l’ensemble des Etats de l’Union, et qui est en train d’être mise en  place.


L’INFO EN BREF

Iran voileIl y a un an !

 

Voici quelques brèves qui auraient pu vous échapper.

BCE.  La  Banque centrale européenne vient de nouveau de relever ses taux directeurs de 0,25% ce qui les  hausse à 4,75%. C’est la  10ème consécutive.  Elle pourrait constituer un frein supplémentaire à la  croissance européenne déjà en berne. Christine perdrait-elle la main ?

OPEP+. Le  cartel  pétrolier maintient la pression sur les cours du pétrole en limitant sa production  pour atteindre les 10$ le baril.  Un serpent qui se  mord la queue puisque le prix va produire une baisse de la consommation et si on y rajoute le ralentissement chinois, le  mauvais calcul  apparaîtra très vite.

UE. Ursula a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les subventions chinoises sur les voitures électriques. Fin de la naïveté. La Chine  accuse l’Europe de  protectionnisme et menace de représailles : gonflée !

CHINE. C’est la 4ème mois consécutif de baisse des exportations. Et  avec le ralentissement de la consommation intérieure, les importations baissent aussi.  Rien ne va pour Xi le bouffi.

PACTE. Peu d’enseignants veulent travailler plus pour gagner plus. No comment !

BHARAT. L’Inde devrait bientôt changer de nom. Le  pays qui vient de dépasser  la Chine  en peuplement  connait aussi une forte croissance économique. Modi veut-il nous signifier qu’il  entend faire son beurre ?

ABSENT. En France, en 2022, 47% des salariés ont été absents au moins une fois au travail.

SENAT. 1800 candidats pour 170 sièges sur 348. Rappelons, seuls les  « grands électeurs votent ». Si je votais, ce serait pour la liste Piednoir… Au Sénat, il faut des élus  qui bossent !

35 Teq/hab. C’est l’empreinte carbone du Katar : 35 T de CO2 par habitant. Plus du double des Etats-Unis. En France on est  à 9 tonnes !

TRANS. Un gynécologue est poursuivi par une femme « trans » parce qu’il a refusé de l’examiner. Bah, évidemment, changer de genre, ça n’est pas changer de sexe.

INOX. Michel Drucker a 81 ans. 

ET DE 11 ! Elon Musk  est père d’un onzième enfant.  Le garçon se prénomme « Techno Méchanicus » (si, si !). Le papa ne dit pas si c’est une indication sur le mode de procréation.

 

 


CE QUE LA MORT DE PRIGOGINE NOUS DIT DE POUTINE

Prigogine

 

Avec la Russie, on ne s’ennuie jamais.

Le chef de la milice russe Wagner, Evguéni Prigojine, est mort dans le crash de son avion privé. Prigojine a fait de son parcours sanglant une saga pleine d’effets extraordinaires et de rebondissements. Ce qu’il reste de sa tentative de putsch, du « pardon » de Poutine, de l’indifférence au danger du maître de Wagner, c’est l’image d’un avion qui a soudainement piqué du nez pour  s’écraser au nord-est  de  Moscou. C’est comme si, au cœur de la mafia russe, se déroulait un scénario implacable. Il aurait pu fuir, s’installer en Afrique, où il avait une armée et de l’or. Il a préféré s’exposer, par gloriole, pour ne pas quitter la scène, si bien qu’il n’a pas échappé à son destin. La Russie est un monde si particulier que non seulement la mort violente de Prigojine était attendue mais qu’en plus il n’existe pas d’autre moyen, pour les dirigeants de ce pays, de survivre après en avoir exécuté tant d’autres.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

Sa mort brutale a des conséquences sur plusieurs continents. Ses mercenaires se sont battus sur le front ukrainien, avaient livré bataille en Syrie et en Libye et font le coup de feu en Afrique sahélienne. Ses fermes à trolls, des désinformateurs sur les réseaux sociaux, inondaient non seulement le continent noir mais aussi l’Europe et les États-Unis de leurs fausses informations. Il n’y a guère de doutes sur le fait que sa mort ait été une exécution froidement décidée, par Vladimir Poutine, évidemment. Prigojine invectivait et insultait publiquement l’état-major russe pour obtenir plus de munitions, avait lancé une compétition entre ses troupes et l’armée régulière. Mais il pensait que la victoire qu’il avait obtenue à Bakhmout, et à quel prix !, sa popularité dans les rangs due à sa gouaille et ses activités en Afrique, le rendaient intouchable. Il signa son arrêt de mort en lançant une colonne de blindés en direction de Moscou pour renverser, disait-il, l’état-major russe. L’humiliation fut mondiale pour Vladimir Poutine. Ses  condoléances hypocrites sonnent faux et ne trompent personne.

Wagner décapité.

Dans le crash sont également morts notamment Dmitri ­Outkine, le chef des mercenaires Wagner, ainsi que Valeri ­Chekalov, cerveau des opérations « civiles » du groupe. C'est toute la direction de la multinationale mafieuse qui a été décapitée d'un coup. Voilà  ce  qui justifiait la patience du tsar : il fallait un peu de temps pour monter le traquenard. Mais le délai a surtout permis d'anticiper les conséquences : recycler les mercenaires, rassurer la clientèle africaine, reprendre le contrôle des activités lucratives sous d'autres faux nez… Sauf que la façon dont Wagner et Prigojine se sont jetés sur une partie du continent africain ne peut pas être reproduite. Il faudrait remplacer la présence illégale d’une armée par un protocole d’accord diplomatique. En procédant à l’exécution de Prigojine, Poutine s’est tiré une balle dans le pied.

Le feuilleton russe n’est pas terminé.

La disparition de Prigogine et de ses principaux adjoints invite ceux qui se croient forts dans l'orbite du pouvoir à raser les murs. Mais que dit-elle d'un pays où un chef de milice est plus connu que le premier ministre et d'un régime qui en est réduit à dévorer ses propres membres ? La disparition anormale de ceux de l’élite russe qui  contestent les méthodes du Kremlin font une publicité négative à la Russie. Et c’est  un calvaire qui attend le maître du Kremlin : la réorganisation des Wagner, la guerre déplacée sur le territoire russe qui alarme la population, la chute du rouble, l’affaiblissement de l’économie... Et on peut avoir la certitude qu’il  va continuer de s’enfoncer dans l’erreur stratégique qui fait de la Russie un pays exsangue. Pire, les miliciens de Wagner, équipés militairement, peuvent se révolter et alors il faudra les décimer pour venir à bout du désordre pendant que la Russie continue à perdre son âme dans son atroce mésaventure ukrainienne. On peut même imaginer que si le FSB de Poutine est à l’origine du crash, le GRU dont Prigogine est issu voudra peut-être régler ses comptes. Tout semble sous contrôle, mais ce n’est qu’une apparence, car plus Poutine perd, plus il est menacé, plus il est féroce. De  sorte qu’il est condamné à mort, non par une Cour de justice, mais par son propre caractère. En toute logique, on peut donc prévoir que Poutine, un jour, sera assassiné à son tour.

En attendant, les Ukrainiens, eux, se réjouissent de la disparition d’un de leurs principaux bourreaux russes.


APRES LA GRECE, L’ESPAGNE…

Liberté

 

Dimanche dernier, les Espagnols ont rejeté l’extrême-droite.

Vox est en recul et le Parti Populaire, arrivé en tête, ne parviendra pas à la  majorité absolue avec son apport.  De son côté, le  parti socialiste a  perdu des sièges  mais reste en position pour garder le pouvoir. Est-ce la perspective d’avoir une coalition PP-Vox qui a poussé les  ibères  à limiter la poussée du parti de Feijo ? On peut le penser.  En Grèce, Mitsotakis a gagné son pari en provoquant une nouvelle consultation : la droite est  sortie renforcée avec, cette fois-ci une majorité. Les extrêmes sont renvoyées sur  les  marges.  Et  en France, que peut-on espérer après la tempête ?

En France, la  situation est plus compliquée.

Le paysage qu’elle  offre après la tempête fait l’objet d’une remarquable analyse de Jacques Julliard dans Le Figaro du 10 juillet. Des deux côtés du spectre politique, c’est une course aux extrêmes qu’on observe, la poussée à droite répondant à la violence de l’extrême-gauche.

Selon lui, la gauche est devenue un « parti de déclassés » en abandonnant ce qui faisait son identité : la République et la  classe  ouvrière pour sombrer dans le populisme faisant une place particulière aux catégories sociales, jeunesse, femmes, immigrés… L’axe doctrinal perdu, il n’y a que Mélechon pour sembler préférer les « jeunes » à la « République » en donnant le ton à toute la Nupes, Fabien Roussel réussissant toutefois à sauver l’honneur. Même  face au chaos, la  gauche n’a pas su renouer son lien consubstantiel avec la République. Elle  continue de déserter ses propres électeurs ; ce  qui la condamne au naufrage.

Poursuivant son  tour d’horizon, il observe que le centre est devenu impuissant. Disposant d’une majorité relative, elle a pour chef un homme qui, bien que disposant de larges  pouvoirs, n’est  plus rééligible, un handicap rédhibitoire pour son parti  dans le contexte de la Vème. Pour les  Français, il n’incarne plus un avenir  et  son statut handicape son autorité.  C’est ce qui manque le plus à Emmanuel Macron. Ce qui fait dire  à Jacques Julliard, que, finalement, dans cet épisode  violent qui a permis de mesurer combien la frontière entre la civilisation et la barbarie était fragile, c’est l’absence d’autorité et non les lacunes de la police qui explique l’inexplicable. En conclusion, le centre, même élargi aux Républicains, ne dispose plus d’un leader incontestable, malgré les  Philippe, Le Maire, Wauquiez… .  Une vacance dans le leadership qui le condamne à l’impuissance.

La droite française profite du glissement de terrain. La  droite traditionnelle écartelée entre le centre et l’extrême, restent  les droites  extrêmes que se partagent en parties inégales le  RN et Reconquête ! qui, loin d’avoir nui au premier, lui a permis de se  recentrer  sans rien perdre de son attractivité  sur la partie la plus radicale de l’électorat de droite. Et  grâce au comportement de Mélenchon  qui refusait de condamner les émeutes dirigées contre les  bâtiments et les symboles  de l’ordre républicain, Marine Le  Pen classée comme antirépublicaine sinon fasciste, n’a eu aucun mal à s’en tenir à un discours strictement républicain, respectueux de l’ordre et  des institutions. Une démarche sur  laquelle elle  mise  pour lui ouvrir les portes du pouvoir. Comme dans tous les pays européens, à chaque occasion, il y a désormais, « une course  à la droite ».

On peut, certes, gloser sur les  difficultés des autres partis et trouver toutes sortes de raisons à leur déclin, mais il y a une constante qui ne doit pas  échapper à l’observation : le glissement vers  la droite  dans toute l’Europe, au-delà des circonstances particulières, a un facteur commun qui l’explique : l’immigration et l’immense  difficulté à la contrôler.

Une victoire RN n’est pourtant pas une fatalité.  

C’est ce que les scrutins grecs et  espagnols nous montrent. Même l’exemple de l’Italie peut nous être utile : Georgia Méloni n’a-t-elle pas eu comme première préoccupation de se recentrer pour rassurer  ses  partenaires européens et mener une politique habilement conseillée par Mario Draghi, notamment pour ne pas  perdre l’accès aux fonds européens. Marine Le Pen a eu tout faux sur le Brexit, nous a  annoncé cent fois la fin de l’Euro, tient sur l’Ukraine le même discours que le « narratif » russe (et pour cause) et en dehors du sujet de l’immigration, n’a que de vieilles recettes à proposer aux Français en matière d’économie et d’emplois qui ont toujours produit faillite et impuissance. Alors, puisque Macron ne croit pas aux coalitions, il est grand temps que Les Républicains reprennent toute leur liberté et passent à l’offensive. Puisque l’avenir est à droite, entre les deux  extrêmes droites, plus ou moins pétainistes, et  la droite moderne qu’ils  incarnent, le choix des  Français peut être vite fait. Il suffit qu’ils incarnent à nouveau et pleinement les trois mots qui font  la France et qui sont garants de son unité : la Liberté, l’Egalité et la Fraternité !

 

 


UN AN APRES …

Guerre ukraine

 

Les délires d’une invasion.

Difficile de laisser  passer la date du 24 février sans évoquer le drame effroyable qui accable l’Ukraine depuis l’invasion russe déclenchée il y a un an. Comme beaucoup de nos concitoyens, elle nous a fait prendre conscience des délires et des inversions de valeurs qui ont accaparé le cerveau de Vladimir Poutine et des Russes abreuvés par une intense propagande qui ne laisse aucune place à la controverse. Nous découvrons avec stupéfaction la réécriture et la réinterprétation de l’Histoire instrumentalisée pour la circonstance. Ainsi la Russie serait encerclée par  l’occident maléfique qui rêve de la détruire depuis toujours. Encerclée : un bien grand mot pour un territoire qui s’étend jusqu’aux confins du Pacifique à l’Est. Ainsi elle ferait la guerre à des « nazis » qui auraient pris le pouvoir en Ukraine à la suite d’un coup d’état : les nazis en l’occurrence sont des gens normaux, et le coup d’état, une élection démocratique.  Quand à la nazification, il serait plus juste d’accabler de  cet attribut le régime poutinien. Certes, les Etats baltes, la Pologne et les démocraties d’Europe de l’Est ont voulu appartenir à l’Otan et à l’Union européenne,  mais c’est  pour se protéger et tenter de se mettre à l’abri du parapluie atomique pour dissuader l’ogre russe de venir s’en emparer. Nullement pour l’agresser.  C’est pour la même raison que la Finlande et  la Suède, effrayées par l’agression russe, font la même démarche aujourd’hui, comme l’Ukraine.

Une année de carnage et de destructions.

C’est aussi une année de carnage et de destructions, d’exil pour des millions d’Ukrainiens, de séparation des familles. Pendant ces douze mois, la pensée occidentale a évolué. Tout projet de paix est rangé dans un  tiroir, un consensus s’est créé autour de la nécessité, pour l’Ukraine, de gagner cette guerre infâme. Contre toute attente, Volodomyr Zelensky est très vite apparu comme un président contrôlant ses actes, déterminé, insensible aux sacrifices. Son plus grand succès est la résistance de son armée, pourtant inférieure en nombre et en armes, à celle de la Russie. Vladimir Poutine s’est durci sous l’effet des échecs stratégiques. Or, plus les Russes reculent, plus Poutine se fait menaçant. Mais c’est un bluff qui ne fait plus frémir personne en Europe ou aux États-Unis. Poutine ne peut pas utiliser une quelconque arme nucléaire qui détruirait non seulement des Ukrainiens mais aussi des Russes et surtout conduirait à l’anéantissement presque immédiat de son armée.

Un pays martyrisé qui résiste.

On ne peut que saluer la résistance de l’Ukraine. Voilà un peuple qui, confronté à son destin, a choisi l’honneur et l’a payé, le paie encore, à un prix effroyable. Un peuple uni dans sa détresse, son désarroi, son malheur. Un peuple soudé par son président. Un peuple que le monde admire. Dès lors que les Ukrainiens ont décidé de rester libres, ils se battent dans l’enfer d’une guerre qui n’est soumise à aucune règle. Le responsable de ce massacre, c’est Poutine. C’est lui et lui seul qui a décidé de créer en Europe cet abcès de fixation purulent,  parce qu’il rêve de reconstituer l’empire russe jusque dans ses anciennes marges. Il ne se rend pas  compte que nous avons  changé d’époque. Notre soutien ne doit pas faiblir.

L’Ukraine déterminée.

Nous devons respecter et encourager la détermination ukrainienne. Alors que nous manifestons contre la réforme des retraites, d’autres, pas loin de chez nous, jouent leur vie et leur destin face à une armée composée de sauvages Tchétchènes et d’anciens criminels sortis de prison, utilisant tous les ressorts de la barbarie. Ce qui implique des efforts de notre part. Pour commencer, notre soutien ne doit pas faiblir. L’idée que la guerre est trop longue est fantaisiste. Elle n’est longue que pour l’Ukraine martyre. L’idée qu’il faut ménager Poutine est produite par la pire des analyses. Il est absolument nécessaire d’arrêter Poutine, car sinon, il poursuivra son projet : après l’Ukraine, la Pologne ? Les pays lettons ? la Moldavie … ? Nous ne devons pas avoir de faiblesse parce que c’est le droit international qui garantit les frontières qui est mis à bas par la Russie, et parce qu’aucun état ne peut s’arroger le droit de s’emparer par la force de territoires qui ne lui appartiennent plus, sous couvert de consultations fantaisistes, au prix de déportations, de captations d’enfants et au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Incroyable inversion des rôles et des valeurs.

Libertés, égalité sont les valeurs que Kiev défend contre vents et marées. La défaite de Zelensky serait la nôtre, une bonne raison pour ne pas l’abandonner à son sort. Il y a mille raisons de soutenir l’Ukraine, mais la meilleure, c’est que les démocrates sont décents. Deux camps divisent le monde : d’un côté, les régimes autoritaires qui permettent les actes les plus insensés et de l’autre, les régimes parlementaires qui, inlassablement, recherchent la paix. L’agression de  Poutine aura eu le mérite de nous faire prendre conscience que les Ukrainiens sont des européens qui méritent pleinement leur place parmi nous, de nous ouvrir les yeux sur la réalité du pouvoir « kgbiste » qui règne en Russie, respectable en rien. Il voudrait nous faire croire que c’est lui l’agressé, que c’est  lui qui est porteur du nouvel ordre mondial juste ! Là où nous ne voyons que totalitarisme, corruption et terreur. Pour l’instant, le tsar russe a perdu tous ses paris : il n’a pas pris Kiev, l’Otan est renforcée,  les Etats-Unis sont revenus dans le jeu, l’Union européenne est unie comme jamais.  Il ne manque que la défaite militaire : elle ne saurait tarder. Et il vaudrait mieux que ce soit le plus tôt possible pour la paix du monde.

 


ZELINSKI L’INFLEXIBLE

Zelensky europe

 

L’histrion devenu homme d’Etat.

Les Américains lui avaient proposé de fuir. Il avait répondu : « Ce n’est  pas d’un taxi dont j’ai besoin, mais d’armes ! ». Depuis il a fait la preuve de son courage, bravant la mort, le mot n’est pas  trop fort, et soudant son peuple autour de lui. Et son action a fini par payer. Volodomyr Zelensky est  aujourd’hui l’objet de tous les soins et gestes d’affection de l’Europe. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. Seul, Orban le proto-oligarque hongrois continue de faire  la gueule, coincé entre son soutien à Poutine et les subventions européennes dont son pays a besoin. Après une visite triomphale menée de main de maître à Londres, un dîner à l’Elysée avec Macron et Scholz, il a été reçu à Bruxelles par le Parlement européen qui lui a fait une « standing ovation » après un discours centré sur les valeurs occidentales. Et voila l’Union, au-delà des différences de tempérament et d’objectifs, qui s’empare du sort de l’Ukraine et reconnaît comme valables, et non excessives, ses demandes toujours croissantes en armements. Il n’a pas plus tôt obtenu les chars Léopard, qu’il réclamait des avions que le Premier ministre britannique lui a aussitôt accordés. Et nul doute que d’autres pays suivront.

Zelensky connaît ses dossiers.

Chaque fois que Volodymyr Zelensky s’adresse à un public national, on s’aperçoit qu’il a pioché le dossier : il a un langage adapté pour chaque peuple. Et il sait que si la gravité des faits, c’est-à-dire les difficultés militaires rencontrées par l’Ukraine, ne suffit pas à rallier l’Europe autour des intérêts ukrainiens, l’émotion qu’il sait susciter participe efficacement aux efforts de persuasion. Il sait aussi que, si la résistance et les succès militaires de son pays ont sidéré les Européens éblouis, en même temps qu’ils confondaient les Russes, le danger de mort qu’il affronte toujours et encore a accru la solidarité des 27 et le désir de partager la résistance de l’Ukraine. Le leadership volodomyrien sert maintenant de panache à l’Union et a d’ailleurs fait sauter quelques verrous de frilosité : le chancelier allemand ne compte plus les chars sur ses doigts, l’Europe, dans son ensemble, s’est enfermée dans l’amitié pour Zelensky et l’hostilité à Poutine pendant que, dans un entretien paru dans « le Figaro », le président ukrainien déclarait qu’Emmanuel Macron avait changé.

Une course de vitesse.

Notre président voulait laisser ses chances à la diplomatie mais s’est heurté à la folie meurtrière qui tient lieu de politique à Vladimir Poutine. Il n’a donc pas tardé à rejoindre l’Ukraine corps et âme, car Poutine ne comprend que la force. Et quand le maître du Kremlin redouble de menaces, cela signifie que, de nouveau, il craint de perdre. Nous assistons à une course de vitesse. La Russie nous a promis une offensive fondée sur la masse humaine des conscrits et voués à périr sous les balles ukrainiennes. Des armes nouvelles empêcheront peut-être l’armée ukrainienne de se briser sous le choc. Mais Zelensky ne peut attendre indéfiniment. Face à la  masse des munitions et des hommes que l’Ukraine doit affronter, il lui faut les moyens de faire face et la qualité technologique supérieure du matériel occidental qui lui est livré n’est pas déterminante, les soldats ukrainiens ont besoin aussi d’une quantité suffisante de munitions.

L’Ukraine a bien gagné de faire partie de l’Union.

Si l’on veut que le chemin de croix de l’Ukraine ne soit que temporaire et que, à terme, les Ukrainiens défassent l’armée russe, les Européens ne sont pas pour autant parvenus au terme de leurs sacrifices. Il reste du chemin à parcourir et le plus dur reste à faire. Car il n’y aura pas de paix sans faire triompher le droit : le retour de l’Ukraine dans ses frontières, la condamnation des crimes de guerre et la réparation des dommages commis. Mais, en attendant, il est bon qu’ils fassent preuve d’unité ; de même que le consensus pro-ukrainien est aussi une bonne chose et il vaut mieux recevoir un ami blessé avec tout le protocole dont l’Europe est capable que de réserver notre pompe à un dictateur. Si Poutine veut déconstruire l’Histoire en la réécrivant à sa manière il doit désormais compter avec un Zélensky qui y est entré de  plein pied pour la faire dans le droit fil du passé, sans inverser les rôles, car à l’épreuve des  faits on voit bien où sont aujourd’hui les « nazis » ! L’Ukraine mérite désormais de faire partie de l’Union.

Le monde à l’endroit.

L’exemple de Zelensky et du peuple ukrainien nous oblige, nous occidentaux à sortir de notre confort où trop souvent nous sombrons dans la relativité généralisée nous amenant à croire qu’il n’y a pas de vérité, mais une culture de la post vérité. Les Ukrainiens nous montrent que le bien et le mal ça existe. Il y a la vérité et il y a les mensonges. Et pour cette vérité, le « je suis prêt à donner ma vie », est  un défi lancé à la dictature du relativisme  qui sévit dans certains milieux intellectuels. C’est aussi un non à la  déconstruction.  C’est affirmer qu’au-delà de mon petit « moi » il y a quelque chose de plus grand qui mérite d’être défendu au nom de l'Histoire et des valeurs universelles. Voilà qui permet  à nombre d’entre nous d’ouvrir enfin les  yeux : notre  société mérite-t-elle d’être défendue ? Question qu’on ne se posait même  plus !  

Oui, la démocratie c’est mieux que la dictature, n’est-ce pas Monsieur Mélenchon !

 


BREXIT : LE MAUVAIS CHOIX DU ROYAUME-UNI

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Voilà deux ans que le Royaume-Uni est sorti de l’Union européenne.

La pandémie du Covid et sa gestion erratique par Bojo a brouillé les cartes pendant ces deux années, ne permettant pas de faire la part des choses de l’impact économique dû à l’une ou à l’autre. Aujourd’hui c’est clair : notre voisin d’outre Manche est loin de récolter les bénéfices escomptés de la liberté britannique retrouvée et  les mécomptes s’accumulent. Le  Brexit a un réel impact économique qui vient s’ajouter aux difficultés engendrées par les séquelles de la crise sanitaire ou la guerre en Ukraine. Le rapport récent des chambres de commerce britanniques vient le  confirmer.

Les  inconvénients s’accumulent.

Ainsi, les PME britanniques sont confrontées à des  problèmes structurels et  non plus temporaires, causés par la rupture  avec l’UE. Plus de trois quarts des entreprises commerçant avec le continent (77%) estiment que l’accord actuel ne les aide pas du tout à augmenter leurs ventes ou à développer leurs activités. Au contraire, plus de la moitié d’entre elles peinent à s’y retrouver dans les nouvelles règles. Le marché unique avait bien des avantages aujourd’hui perdus. Aujourd’hui, la frontière est un frein réel aux échanges. Le refus de Bojo d’un accord à la Suisse et son comportement de « flibustier » à l’époque, se paie aujourd’hui. Les chefs d’entreprises aimeraient en effet éliminer les contrôles sur les produits végétaux et animaux. Ils voudraient aussi un nouveau deal à la norvégienne pour réduire les complexités liées à la TVA sur les importations de faible valeur, et une reconnaissance unilatérale des normes européennes en matière de produits industriels et électroniques.

Les  échanges souffrent.

D’autre part, de l’autre côté de la Manche, on constate que la sortie de l’UE a fait grimper le prix des produits importés, a freiné les investissements des entreprises et nui au commerce. Selon le Centre for European Reform, le  Brexit aurait réduit le PIB de la Grande-Bretagne de 5,5%. Les investissements ont baissé de 11% et le commerce des marchandises de 7%. Sur un an, ce seraient 40 milliards de livres de recettes fiscales perdues pour le gouvernement. Evidemment,  ce trou a dû être comblé par une hausse des impôts : un budget de rigueur concocté en urgence par le chancelier de l’Échiquier Jeremy Hunt avec 30 milliards de  livres de baisse de dépenses et 25 milliards de hausses d’impôts. Le Brexit a bien créé un choc économique qui devrait se traduire sur le long terme par une baisse de 4% du PIB.

Une liberté vide.

Des inconvénients qui sont loin d’être compensés par la liberté retrouvée. Pour l’instant c’est l’impact négatif sur les échanges commerciaux du pays qui l’emporte, en les ralentissant bien plus rapidement que dans le reste du monde. Si Rishi Sunak, le Premier Ministre s’entête à répéter que le Brexit «peut apporter et apporte déjà d’importants bénéfices et opportunités pour le pays», ses déclarations cachent mal les fortes déceptions sur le plan international. La réalité c’est que la moisson d’accords de libre-échange que les Britanniques étaient censés faire à travers le monde est pour le moment plutôt maigre. Même le grand accord rêvé avec les États-Unis ne semble pas devoir aboutir dans un avenir proche. Alors, il reste une maigre victoire dont les députés conservateurs font grand cas : l’augmentation des quotas des pêcheurs - 30.000 tonnes - grâce à la souveraineté retrouvée sur les eaux britanniques.

Le doute et le bon sens.

Et logiquement, le doute s’est installé dans l’opinion et ne cesse de grandir. 56% des Britanniques estiment désormais que le Brexit était une erreur, contre 32% seulement pensant que c’était le bon choix. Une évolution qui complique l’action du Premier Ministre, partisan convaincu du divorce,  face aux tentations séparatrices de l’Ecosse et au moment où son gouver­nement travaille « d’arrache-pied » pour trouver une issue aux négociations avec l’UE à propos des dispositions commerciales post-Brexit en Irlande du Nord, évidemment intenables en l’état. Rishi Sunak semble avoir la volonté d’améliorer la relation avec les Européens, en se montrant plus pragmatique. Mais malgré le temps qui a passé, les esprits continuent à vite s’enflammer sur le sujet. Suspecté de vouloir adoucir la rupture avec l’UE, un article du Sunday Times a mis le feu aux poudres, en affirmant que des membres du gouvernement projetaient de « mettre la Grande-Bretagne sur la voie d’une relation similaire à celle de la Suisse avec l’Union européenne ». Les Brexiters durs ont immédiatement crié à la trahison, et le Premier Ministre a dû démentir et répéter sa foi dans le Brexit. Pour simplifier la situation, l’Administration Biden accentue sa pression qu’un accord soit trouvé avec l’UE à propos des dispositions commerciales post-Brexit en Irlande du Nord. A cet effet, un descendant de la dynastie Kennedy a été nommé comme émissaire spécial pour l’Irlande du Nord. Washington aimerait qu’un accord sur le « protocole nord-irlandais » intervienne avant le printemps et le 25e anniversaire de l’accord du Vendredi saint, qui, en 1998, a mis fin à trois décennies de conflit.

Nos voisins grands bretons devront bien s’y résoudre : il faudra bien qu’ils trouvent le moyen de rétablir des relations assouplies avec l’Union. C’est une question de bon sens. On ne tourne pas le dos impunément à un marché de 400 millions de consommateurs situé, qui plus est, à quelques encablures de ses côtes. A  moins qu’ils préfèrent continuer à végéter… Finalement être dans l’Union n’est pas si inconfortable que ça et offre bien des avantages !

 

 


LE POISON DU BREXIT

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Depuis le  Brexit, rien ne va plus pour le Royaume-Uni.

La  Grande Bretagne s’enfonce  dans la récession et la pauvreté à  l’ombre « glorieuse » de son drapeau. Depuis le Brexit, rien ne va  plus. Les rivalités internes des Conservateurs ont d’abord sapé la tâche de Theresa May jusqu’à la faire démissionner pour laisser la place à Boris Johnson afin de négocier fermement avec l’Union européenne le  Brexit. Il ne savait pas qu’il quitterait le  10 Downing Street piteusement, remplacé par une Lizz Truss plus éphémère que jamais  et finalement mettre en place Rishi Sunak pour sauver ce qui pouvait l’être. De quoi donner le tournis. Sans pour autant que le Royaume-Uni soit sorti d’affaire. En cause, la crise sanitaire et la  conjoncture internationale que tous les pays ont dû ou doivent affronter, et en plus le Brexit dont la classe dirigeante au pouvoir ne veut toujours pas admettre les effets venimeux.

Tout ce qu’il ne faut pas faire.

Et, en la matière, nos voisins d’outre Manche sont devenus un laboratoire expérimental de tout ce qu’il ne faut pas faire. Leur principale qualité étant le pragmatisme, ils reculent avec méthode, en se vantant d’avancer. La  recette est  simple :  un discours interne complètement décalé  digne de  la méthode Coué,  affirmant que le Royaume n’aurait plus jamais à accepter une relation avec l’Europe et des paiements inutiles à lui faire au profit des avantages que procurent les accords commerciaux dans le monde entier… Un pays financiarisé dont l’économie a  été dépouillée consciencieusement de son appareil productif sur lequel on applique une politique sociale d’un système très libéral. De quoi provoquer un sourd  mécontentement dont Lizz Truss fera d’ailleurs les frais avec sa provocante baisse des impôts. Bref, tout va aller mieux : il suffit de plaquer sur ce  paysage un discours populiste : « si des pauvres gens atteints de cancers  devaient attendre six mois pour avoir un rendez-vous, c’était à cause de l’Europe qui pompait terriblement la pauvre Albion au point qu’elle  n’avait plus les moyens de se payer des hôpitaux. » 

Une autre histoire que celle des  Brexiters.

Les  milieux d’affaires, eux, sont  plus que dubitatifs, s’appuyant sur la réalité des chiffres qui racontent  une autre histoire. D’abord l’investissement des entreprises qui a incontestablement encaissé le choc de la sortie de l’Union européenne, à 9,2% en dessous de ce qu’il était fin 2019.  Une faiblesse  attribuable au Brexit. A cet égard, la courbe de l’investissement des dix dernières années est éloquente : elle grimpe jusqu’au referendum de juin 2016, stagne sur plusieurs années avant de connaître un trou d’air avant la pandémie, avec un manque à gagner de 58 milliards de livres. L’accord commercial signé fin décembre avec l’UE aurait dû clarifier l’horizon  pour les industriels mais la crise du Covid,  particulièrement mal gérée par Bojo, est venu s’ajouter aux difficultés. Les perturbations logistiques liées à la fois au Brexit et au Covid ont conduit nombre d’entreprises à reporter  leurs investissements, malgré l’amortissement exceptionnel sur deux ans mis en place  par le gouvernement.

Les dégâts du populisme.

Le  décor était planté pour la montée en première ligne d’un populiste. Le  cas  Johnson est exemplaire ! Malgré son bagou et ses coups d’éclat, l’interminable litanie des scandales et des  mensonges qui lui sont propres, la  cause profonde de son échec tient dans le fait qu’il laisse son pays durablement affaibli et divisé. Et s’il a été l’homme du Brexit, il est aussi celui qui n’a jamais cessé de chercher à en occulter les conséquences désastreuses. Avec une gestion à son image : erratique et imprévisible, alternant lourdes erreurs et improvisations brillantes, prisant les coups médiatiques sans souci de cohérence ou de responsabilité. Michel Barnier avait parlé de méthodes de « flibustier ». Le même militant sans complexe pour l’adhésion rapide  de l’Ukraine à l’Union européenne alors qu’il n’a eu de cesse de voir le Royaume-Uni la quitter.  Loin des mirages du projet Global Britain qui devait concurrencer victorieusement l’Union, Johnson laisse en héritage une économie dans la tourmente. Et le comble : la place financière de Paris arrive désormais devant celle de Londres !

Une récession de  deux  ans menace le Royaume-Uni. 

La montée des risques qui pèsent sur les britanniques est indissociable de son incapacité à surmonter  le choc du Brexit. Faute de volonté et de préparation, ils  ne tiennent aucun de leurs engagements vis-à-vis de l’Union, ce qui empoissonne les relations avec son  premier partenaire. Les contentieux se multiplient sans fin, des vaccins au statut douanier de l’Irlande du Nord, les  droits de pêches, les flux de migrants, la régulation financière avec à la clé le risque d’une guerre commerciale destructrice. L’augmentation des prix et la spirale inflationniste des salaires ont débuté avec la chute des importations et la pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture, de la construction, de la santé et des services, résultat du départ de plus d’un million de travailleurs européens. Donc, il ne faut pas  s’étonner  si le  royaume est entré en récession et n’en sortira pas avant la mi-2024, ce qui pourrait amputer le  PIB de près de 3%  selon la Banque d’Angleterre. Avec  un inflation à 10% et un moindre soutien du pouvoir d’achat que ses voisins, le  Royaume-Uni se trouve dans une situation économique difficile, et doit faire face à des taux d’intérêts qui grimpent, augmentant les craintes de récession. D’ailleurs la  Cour des comptes a  estimé que la  dette publique britannique suivait « une trajectoire  insoutenable ». Qu’il s’agisse de la hausse des prix et de la pénurie  de main d’œuvre, nombre d’économistes conviennent désormais que le Brexit est en cause.

Le déni n’arrange rien.

Si Rishi Sunak reste dans le déni en affirmant : « le Brexit peut apporter et apporte déjà d’importants bénéfices et opportunités  pour le pays »,  l’organisme officiel  des prévisions économiques (OBR)  a estimé que « le Brexit  a eu un impact négatif important » sur les échanges commerciaux du pays.  L’OCDE a enfoncé le clou, avançant que l’économie britannique devrait être la moins performante des pays du G20  au cours des deux  prochaines années, estimant que l’ajustement économique en cours (le Brexit) avait aggravé les  problèmes vus ailleurs en Europe., et les  préoccupations de longue date concernant la faible croissance de la productivité du pays. D’ailleurs  dans les sphères politiques et économiques, on ne masque plus le désappointement et l’inquiétude. Selon un sondage Yougov 56% des britanniques estiment maintenant que le Brexit était une erreur contre 32% pensant que c’était le  bon choix. Pas étonnant alors que le ministre des Finances, Jeremy Hunt présente un budget avec un tour de vis de 54 milliards de Livres, dont 24 milliards de hausses d’impôts, un coup de massue justifié par la dégradation des perspectives budgétaires.

La situation n’est donc pas près de s’arranger dans une Grande-Bretagne qui  pourrait devenir petite en perdant à terme l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, sans pouvoir se raccrocher à un  Commonwealth de moins en moins « Common » et de moins en moins « wealth » ! Et on ne nous fera pas croire qu'il est facile de prospérer en tournant le dos à un marché de 400 millions d'individus, qui plus est, situé à sa porte   !

Global but "Small" Britain !

En corollaire, doit-on s’attendre à une vague migratoire d’Anglais encore un  peu fortunés vers les campagnes françaises qui restent toujours deux fois moins chères que la Cornouaille… C’est aussi une sacrée leçon pour nos populistes locaux. Il va falloir qu’ils remisent au placard leurs vieux thèmes antieuropéens. A moins qu’ils ne fassent comme Méloni, qu’ils oublient leur programme une fois élus  …

 


GOOD LUCK ! LIZ TRUSS

Liz truss

 

Demain le Royaume-Uni enterre sa reine.

Depuis dix jours, il vit l’événement avec une grande émotion et nous assistons à un faste que certains jugeraient suranné, mais étonnant de beauté, de précision rituelle et de majesté. Décidément nos voisins rands bretons sont toujours aussi spécifiques.

Pourtant, derrière le  faste, se cache la  réalité d’un pays en crise profonde qui n'a pas eu le temps de se remettre du Brexit avant de subir de plein fouet la guerre en Ukraine. On attendait le chaos après le referendum sur le Brexit, et comme il n'arrivait pas, certains se sont découragés et en ont conclu, un peu hâtivement, qu’il n'aurait pas de conséquences.

En fait, tout va mal.

La Grande-Bretagne cumule les difficultés. La plus spectaculaire est l'inflation qui est au-dessus de 10%, et Goldman Sachs a annoncé qu'elle pourrait dépasser les... 20% l'année prochaine. Si bien que les fonds spéculatifs ont décidé de s'attaquer au marché de la dette britannique en anticipant un dérapage non contrôlé des taux d'intérêt et ceux-ci progressent : 3% sur les taux d'emprunt d'État à 2 ans. C’est un taux élevé puisqu'on n'avait pas atteint un tel niveau depuis 2014 mais qui reste ridiculement bas par rapport à l'explosion de l'inflation déjà à un niveau record depuis 40 ans.

L’inflation et la récession en cocktail de bienvenue.

C’est  en effet le cocktail de bienvenue que  trouve Liz Truss en arrivant au 10 Downing Street. La Banque d'Angleterre a réagi tard face à l'inflation, comme toutes les banques centrales, mais elle s'est enfin décidée à réagir. Ses taux ont été relevés à plusieurs reprises mais ils restent à des niveaux étonnamment bas, 1,75%. Les marchés anticipent des taux à 4,2% à la fin du premier semestre 2023. C’est que la Banque a publié ses prévisions qui sont loin d’être joyeuses : 13% d'inflation à la fin de l'année, et une récession qui durera au moins 15 mois.

Les ménages sont en colère.

Voilà une situation qui crée du mécontentement. Contrairement à la France qui veut, quoi qu'il en coûte, absorber autant que possible le coût de la hausse de l'énergie pour les ménages, le gouvernement britannique a réagi à l'anglaise en laissant les hausses de l'énergie frapper de plein fouet les ménages tout en tentant de limiter la casse pour les ménages les plus défavorisés. En Grande-Bretagne, pas de bouclier magique ! Et donc c’est un cataclysme à court terme pour les Britanniques, avec une hausse de 54% depuis avril des prix de l'énergie et une hausse à venir de 80% en octobre...  C’est une gestion brutale mais plus réaliste que la gestion par le déni. 9 millions de ménages pourraient basculer dans la pauvreté énergétique comme le souligne Le Figaro, il s'agit des ménages qui doivent consacrer plus de 10% de leurs revenus pour se chauffer.

Avec l’inflation, la récession inévitable, l’agitation sociale et les grèves massives, le déficit public, l’endettement et les effets du Brexit qui n'ont toujours pas été absorbés, il faut du courage à la nouvelle Première Ministre. Pour couronner le tout, en une seule semaine, le dollar a progressé de 4,5% contre la livre sterling, du jamais-vu depuis le referendum pour le Brexit.

Pourtant, ça n'est pas tout à fait le désastre annoncé.

La croissance pour 2022 sera d'environ 3,6%  selon The Economist, ce n’est pas tout à fait une récession...A comparer à nos 2,4% attendus en France. L’année 2023 devrait être mauvaise.
Mais là encore, Goldman Sachs attend une croissance nulle mais pas une récession du fait du package d'aide massif aux ménages proposé par le gouvernement de Liz Truss, dès son arrivée. De fait, la crise la plus profonde, qui n'a pas fini de secouer la  Grande Bretagne, ce n'est ni le Covid, ni l'Ukraine, mais le Brexit. Tant que le Royaume-Uni n'aura pas choisi son « business model » post-Brexit, il risque de tanguer fortement. C’est  « Singapore on Thames » ou « en dehors de l'Union Européenne mais tout de même en Europe... », pas les  deux en même temps. Tant que  le cas ne sera pas tranché franchement, les investissements, nationaux et internationaux, continueront à marquer le pas... Donc,  ça va mal, mais l'Angleterre ne sombre pas.

Alors  « good luck », Madame Truss, la tâche va être very, very, very difficile !

 


PAS DE PANIQUE !

Fin du monde tintin

 

Le portefeuille des ménages reste durement frappé par la hausse massive des prix : les prix ont augmenté de 6,1% sur un an. Et celle-ci n'est pas terminée. L'inflation tricolore reste bien moins élevée que chez nos voisins : en juin, selon Eurostat, celle-ci atteignait ainsi 10,5% sur un an en Belgique, 8,2% en Allemagne, 10% en Espagne et 8,5% en Italie, ou encore 8,7% en Autriche. Le remède ? La  hausse des taux qui débouchera sur un ralentissement de la croissance, voire une récession. Quoi qu’en disent les experts ou qu’annonce le gouvernement. La croissance française continue de faire illusion avec la prolongation du "quoi qu'il en coûte" qui fait que la menace de la dette s'ajoute à celle de l'inflation.

Un ralentissement salutaire.

L'économie mondiale a besoin de passer par la case « récession » pour retrouver son fonctionnement normal. La récession arrive et ce n'est pas une mauvaise nouvelle.

Le FMI a publié ses nouvelles prévisions de croissance, nettement en baisse. Et nous risquons de connaître un ralentissement massif. C’est tout simplement le signe que l'économie retrouve son fonctionnement normal, sans l'intervention des banques centrales (enfin presque) qui en jouant aux apprentis sorciers ont fait sauter la banque. Nous observons une inflation massive, donc une baisse de la consommation des ménages et un ralentissement des investissements des entreprises, donc aussi un ralentissement de la croissance qui annonce une récession : un cycle économique classique !

Dans ce contexte, il est important  que l’Europe reste synchronisée avec les Etats-Unis. Comme l’euro a décroché par rapport au dollar, la Banque centrale européenne a été obligée de réagir en relevant ses taux d'intérêt plus vite que prévu. Elle les a relevés de 0,5% alors qu'elle n'envisageait de les relever que de 0,25% il y a encore quelques mois. C'est un changement après des années de laxisme et de taux d'intérêt négatifs, mais on ne doit pas s'arrêter à ça. La BCE réagit avec du retard, trop de retard. Toutes les autres principales banques centrales ont déjà remonté leurs taux et dans le cas des États-Unis et de la Grande-Bretagne de façon beaucoup plus marquée. La BCE a maintenu des taux d'intérêt négatifs alors que la situation économique de la zone euro ne le justifiait plus. Avec la forte croissance de sortie du Covid et le dérapage de l'inflation qui avait démarré bien avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, plus rien ne justifiait cette aberration. La hausse de la BCE n'est que de 0,5% alors que le taux d'inflation est supérieur à 8 ou 9%. Ce que les analystes de pacotille ont jugé spectaculaire a  engendré, en Europe des taux d’intérêt qui restent à …  0% ce qui, avec l’inflation actuelle reste une aberration. D’ailleurs, les  commentateurs, comme d’habitude  n’ont pas vu le plus important : la BCE s'est dotée des moyens d'intervenir sans limite sur les emprunts d'un pays si la situation le justifie.... En cas de dérapage des taux italiens, par exemple, elle pourra donc acheter, sans limite aucune, la dette italienne pour éviter la « fragmentation de la zone euro ».

Christine Lagarde a donc fait le service minimum. Elle a fait semblant de monter les taux d'un côté pour montrer que la BCE agissait contre l'inflation mais cette hausse de taux est tellement limitée et le niveau des taux reste tellement bas que cette hausse n'en est pas une. Surtout qu'elle s'accompagne d'un programme massif d'injections potentielles de liquidités en cas de danger sur la dette d'un pays. De nouvelles hausses des taux sont inéluctables, même si l’Union européenne, par sa diversité, est infiniment plus compliquée à piloter  que les  Etats-Unis.

Selon le  FMI la croissance mondiale sera de 3,2% en 2022, et de 2,9% en 2023, 0,7% de moins que les prévisions faites il y a trois mois seulement. En même temps, le  même FMI relève ses prévisions d'inflation à 8,3% pour 2022 et à 5,7% en 2023. Toutefois on peut envisager une inflation plus faible que 5,7% en 2023 car elle va ralentir. Elle va ralentir « grâce » au ralentissement de la croissance et à la récession qui va toucher certains pays.

Les Etats-Unis donnent le cap, comme toujours.

Comme il fallait s’y attendre, la Banque centrale américaine a relevé ses taux d'intérêt de 0,75%. C'est la quatrième hausse de taux consécutive. Et la deuxième hausse de taux consécutive de 0,75%.  Et ce n'est pas terminé. 2,25/2,50 %, c'est donc la nouvelle fourchette du taux directeur de la FED. On était à zéro avant la première hausse de taux en mars. Mais pour le patron de la FED, la situation est claire : « L'inflation est beaucoup trop haute, et le marché du travail reste encore trop tendu. » Il y aura d'autres hausses de taux, en fonction de l'évolution de l'inflation et de la croissance. Il ne donne pas d'objectifs chiffrés mais on peut imaginer qu'il ne marquera pas de pause avant que le taux directeur soit à 3,50%. Rappelons que l'inflation, aux Etats-Unis est au-dessus de 9%, son plus haut niveau depuis 40 ans. Car Jay Powell n'a pas peur de la récession, il croit même que les États-Unis parviendront à l'éviter. Mais il a raison de considérer que le vrai problème est l'inflation. D’ailleurs, les indices boursiers ont salué la hausse et les hausses à venir par une progression forte : 2,62% pour le S&P 500, 4,06% pour le Nasdaq, et vous remarquerez que le CAC40 reste  au-dessus des  6 000 pts.

Ce qui est important, ce sont les anticipations des investisseurs sur les taux. Ils anticipent bien une hausse des taux à court terme mais ils commencent déjà à se positionner sur l'étape d'après... et l'étape d'après c'est la baisse de l'inflation du fait du ralentissement de l'économie. Les marchés anticipent donc déjà une baisse des taux dans 12 à 18 mois, et même que la FED baissera ses taux d'intérêt dans 18 mois quand la menace de l'inflation aura disparu. Un scénario très plausible !

Pour  l’immédiat, il nous faut bien retenir que l'inflation et la hausse des taux par les banques centrales vont provoquer un ralentissement salutaire de l'économie des grandes puissances mondiales, que ce ralentissement va terrasser l'inflation et que c’est nécessaire car l’inflation est un danger beaucoup plus grand qu'une récession temporaire. Bien sûr, vous allez avoir droit à la panique sur les anticipations de récession, accompagnée de cris, de prévisions catastrophiques, bref, on va vous annoncer la fin du monde ! Mais rappelez-vous, quand ça arrivera, que ceux qui paniquent sont ceux qui n'ont pas vu l'inflation venir, qui ont affirmé ensuite haut et fort qu'elle était temporaire et qui ont oublié la relation entre inflation et consommation. Les mêmes aujourd'hui pensent aussi que la hausse du gaz sera permanente et non temporaire… On n’est pas obligé de tout croire !


TOUT VA MAL ! FINALEMENT, TANT MIEUX ! (Peut-être)

Economie  bourse

L'économie ralentit.

L’économie ralentit fortement en Europe. En Chine aussi, avec  le confinement  qui perdure. Mais le coup de frein est aussi significatif aux États-Unis, même si c’est dans une moindre mesure. On a cru qu'on pouvait prolonger les cycles de croissance à l'infini avec des plans financés par de l'argent magique, qu'on pouvait même empêcher la croissance de chuter. On l'a vu avec la crise des subprimes, puis la crise de l'euro, surtout avec la crise du Covid. Avec ce jeu malsain, les banques centrales et les États, avaient fini par oublier le jeu des cycles économiques. Mais voilà, on a atteint les limites du système comme l'a reconnu la semaine dernière la patronne du FMI. La mauvaise nouvelle  c'est que les banques centrales n'ont plus de marge de manoeuvre car elles ont fait exploser l'inflation avec leur torrent d'argent magique. La guerre en Ukraine et ses conséquences a amplifié le phénomène au mauvais moment. Pour un Etat surendetté comme la France, c’est une complication supplémentaire.

La situation actuelle s’explique facilement et était largement prévisible : l'explosion de l'inflation,  couplée aux conséquences du Covid avec ses pénuries et ses ruptures d'approvisionnement, avait  commencé à provoquer partout un ralentissement de la croissance, avec une amplitude variable selon les zones. En conséquence les banques centrales sont obligées de réagir en remontant les  taux d’intérêt. De ce fait, elles vont accentuer la décélération de l'économie, surtout aux États-Unis, en arrêtant de faire tourner la planche à billets. Pour l’instant la  BCE reste prudente mais elles sera obligée d’y venir, à moins de laisser  l’euro continuer de se déprécier  par rapport au dollar.

En fait c’est (peut-être) une bonne nouvelle !

Pour que l’économie retrouve une situation normale, avec des circuits qui soient rétablis et une inflation qui rechute, il faut absolument que l'économie ralentisse. C'est le seul moyen de réduire la pression qui crée des tensions et des fissures partout. Il va falloir réapprendre à laisser les cycles économiques reprendre leur cours normal. La baisse de l'inflation provoquée par la hausse des taux et la baisse du pouvoir d'achat va permettre, à terme, de redonner du pouvoir d'achat aux ménages et de revenir à des niveaux de croissance moins volatils et plus sains. L'économie ne peut pas fonctionner uniquement avec des substances artificielles et hallucinogènes. Il va donc y avoir une période de « transition »,  compliquée tant au plan de l'économie qu'au plan des marchés, mais c'est une étape nécessaire. D’ailleurs le grand nettoyage sur les marchés a largement commencé. La combinaison de l'inflation, de la hausse des taux d'intérêt, de la guerre en Ukraine et du confinement en Chine pèse sur les indices boursiers : les actifs les plus touchés sont ceux dont les valorisations étaient les plus aberrantes, mais l'onde de choc se propage au-delà.

Les taux d’intérêt s’envolent  et atteignent des niveaux qui sont encore loin de la normale, mais qui s'éloignent de l'anormal : finis les taux d'intérêt négatifs, finie la dette française financée à 0%. On assiste à une véritable tension sur les taux d'emprunt des États à 10 ans. Aux États-Unis, on est à 3,15%, et la hausse devrait continuer. Avec le plein-emploi affiché vendredi dernier et des taux d'inflation supérieurs à 8%, des taux autour de 3% restent encore étonnamment faibles. L’Europe aussi connait des tensions. La France emprunte à 1,65%. On était à -0,17% il y a moins de 9 mois. Les « spread », c'est-à-dire la différence de taux d'emprunt, entre l'Allemagne et les autres pays de la zone euro divergent. Alors que l'Allemagne emprunte à 10 ans à 1,15% (-0,52% il y a encore quelques mois), l'Italie emprunte déjà à 3,15%, un « spread » de 2% par rapport à l'Allemagne, l'Espagne à 2,25%. Là encore rien de plus normal, mais on n'était plus habitué à ce que les marchés réagissent normalement. Donc rien d’étonnant aux mouvements actuels sur les marchés. La hausse des indices boursiers a été alimentée par la baisse des taux d'intérêt et les injections (trop) massives de liquidités. La hausse des taux d'intérêt et l'arrêt des injections de liquidités alimentent la baisse des marchés. C'est aussi basique que cela constate Marc Fiorentino.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des rebonds puissants, sur d’éventuelles bonnes nouvelles…

Un retour à la normale qui complique le début du quinquennat.

En attendant, le deuxième mandat d’Emmanuel Macron démarre sous le signe d’un grand affaiblissement. Le déficit commercial de la France s’est creusé à 12,4 milliards d’euros en mars, pour atteindre, sur les douze derniers mois, 100 milliards d’euros, viennent d’annoncer les Douanes. Un double record, sur un mois et sur une année glissante. La moitié de la dégradation récente est due à la  facture énergétique : le prix des biens importés comme le pétrole, le gaz et l’électricité augmente de 19% sur trois mois. Il y a aussi des effets indirects : la France importe des biens qui se fabriquent avec beaucoup d’énergie, dans la chimie, la métallurgie, le bois et le papier… Les prix de ces importations augmentent davantage que celui de nos exportations.

Autre facteur conjoncturel aggravant : la dépréciation de l’euro par rapport au dollar, monnaie dans laquelle se règle le pétrole. Le remède, ce serait la remontée des taux par la BCE, ce qui ne nous arrange pas non plus à cause de la dette. « Si le ralentissement de la croissance et le retour en boomerang de l'inflation dans la zone euro, en raison de la guerre en Ukraine, font redouter une stagnation de la croissance couplée à une forte inflation » constate Christine Lagarde, elle en profite pour rappeler «l'ordre des événements». « Il convient d'abord de mettre fin au programme de rachat de dettes qui devrait intervenir au début du troisième trimestre avant de procéder aux ajustements des taux directeurs quelque temps après et de façon graduelle. » Voilà qui donne un peu de visibilité, mais ne simplifie pas la tâche pour autant. Encore faut-il qu’aucun événement contrariant ne vienne perturber ce schéma.

 


BOJO SUR LA BRECHE

Bojo panade

 

L’avenir glorieux promis aux Britanniques se fait attendre et l’opposition au premier ministre gagne du terrain, y compris dans son propre parti. Le 31 décembre 2020, l’heure était à l’euphorie pour Boris Johnson. Le premier ministre vantait un «moment incroyable pour le pays». Douze mois plus tard, l’anniversaire est tristounet et Bojo est à la ramasse. Le ministre du Brexit, David Frost a démissionné et l’hôte de Downing Street se trouve pris dans des turbulences politiques sans précédent. Le retour de bâton s’est manifesté par une claque  électorale  dans une circonscription pourtant tenue par les Conservateurs depuis deux cents ans. Un an après, les premiers effets du Brexit se  font sentir et la gestion erratique de  la pandémie n’a rien arrangé. Le Royaume-Uni a largué les amarres, mais le navire tangue dangereusement. Les multiples difficultés auxquelles se heurtent les exportateurs britanniques pour vendre leurs produits hors de leurs frontières témoignent que loin de leur redonner leur liberté de manoeuvre, le Brexit leur impose de nouvelles contraintes. Et il en va de même pour l’approvisionnement de l’île.

Brexit is Brexit !

L’union européenne  a aussitôt appliqué le traité, ce qui n’est pas le cas du Royaume-Uni qui tarde à mettre en place ses propres barrières douanières, rien n’ayant été vraiment anticipé ni préparé. La liste des produits qui ne peuvent plus sortir du Royaume-Uni avec les voyageurs en raison des normes sanitaires est longue, et les exceptions sont soigneusement encadrées. Du coup les délais pour les exportations vers l’UE sont  très importants, en raison des nouvelles formalités administratives, ce qui désorganise la production. Et ce qui prenait trois heures prend désormais cinq jours. Les exportations écossaises de fruits de mer sont très pénalisées, ce qui agace d’autant plus qu’ici on était pour le maintien dans l’Union. Les consommateurs, eux constatent la pénurie de légumes et de fruits dans les supermarchés, particulièrement en Irlande du Nord, et les Britanniques enragent de voir l’Irlande s’en sortir mieux qu’eux. Ces problèmes émergent malgré une période de grâce qui s'applique jusqu'en avril, ce qui laisse augurer  un accroissement des difficultés quand le traité s’appliquera pleinement. Les rodomontades sur la pêche pour tenter de masquer ces effets désastreux auprès de l’opinion anglaise, traduisent l’incapacité du gouvernement à reprendre le contrôle, d’autant plus qu’il se heurte  à l’infinie patience des institutions européennes qui ne cèdent rien.

Perte de souveraineté.

«Nous avons notre liberté entre nos mains et il nous revient d’en tirer le meilleur parti», avait lancé alors Boris Johnson dans son message de Nouvel An. Un an après, les Anglais sont nombreux à déplorer la voie qu’a prise le Brexit. Surtout ceux qui se rappellent la campagne du Brexit, qui mettait constamment au pilori les bureaucrates de Bruxelles et les lourdeurs administratives de la Commission européenne. Or, voilà le Royaume-Uni dans l’obligation d’accroître le nombre de fonctionnaires (douaniers, régulateurs) pour faire face à la prolifération des formalités et des contrôles qui régulent désormais les échanges avec l'UE, ce qui oblige à envisager des hausses d’impôts. Mais l'ironie ne s'arrête pas là : le slogan célèbre du Brexit était « take back control », reprendre le contrôle. En d'autres termes, une sortie de l'UE était censée apporter aux Britanniques une plus grande maîtrise de leur destin, une plus grande souveraineté. C’est tout le contraire qui se passe. La véritable souveraineté ne réside pas dans le pouvoir de faire la loi selon une définition juridique, car dans un monde interconnecté, avec des grandes puissances comme les Etats-Unis et la Chine ou l'UE dans certains domaines, la capacité de prendre des décisions de façon indépendante n'assure pas la souveraineté, surtout pour un petit pays. Ainsi, la position géographique du Royaume-Uni est telle que ses relations internationales en termes de commerce de biens et de services seront toujours très étroitement dépendantes des normes et régulations en vigueur dans l'UE, qu’il le veuille ou non. En quittant l’Union, il a  perdu une grande  partie du contrôle des événements qui permet de répondre aux besoins fondamentaux des citoyens.

« Global Britain » ou « Little Britain » ?

Le  Brexit acté, la réalité prend forme lentement. Les ménages britanniques sont désormais inquiets pour leur pouvoir d’achat. Longtemps, la crise sanitaire a brouillé les cartes. Boris Johnson mettait toutes les turbulences sur le dos du Covid et de simples «problèmes d’ajustement» consécutifs à la sortie de l’Union européenne. Les  tensions sur la main d’œuvre et les difficultés commerciales sont désormais clairement identifiées. Pénuries d’essence, problèmes d’approvisionnement dans les supermarchés ou les usines, manque de main-d’œuvre… Les nuages se sont accumulés. Et le tableau de l’économie s’est assombri : croissance en berne, pénurie de biens qui fait souffrir les entreprises. La mise en place des contrôles douaniers sur les importations en provenance de l’UE, pour le moment reportée par Londres, risque d’avoir un impact supplémentaire sur les flux. Du temps de son appartenance à l’Union, l’influence du Royaume-Uni dépassait largement ses frontières physiques, or  il n'a plus voix au chapitre. Après le Brexit, Boris Johnson semblait parier sur une relation privilégiée avec Donald Trump pour affirmer un rôle important du Royaume-Uni dans le monde. Les négociations avec Biden n’avancent pas et on ne voit pas poindre l’aube de la conclusion d’un accord commercial avec les États-Unis. Le traité avec l’Australie apparaît comme une rustine pour tenter de boucher les trous de la stratégie « global Britain » qui se dégonfle comme une baudruche. On ne tourne pas le dos impunément à un  marché de 400 millions de consommateurs à sa porte. Ce qui fait la force de l'UE face à la Chine et aux Etats-Unis, c'est la taille de son marché. C'est en conditionnant l'accès de son marché à certaines normes et valeurs que l'UE peut faire pression sur des pays tiers ou sur des entreprises multinationales. Les Anglais découvrent amèrement que la taille de leur marché limite le pouvoir de négociation de  leur gouvernement.

Jusqu'où ira la perte de souveraineté britannique, d’autant plus que la situation politique actuelle alimente dangereusement les feux de l’indépendantisme écossais ?

 


ECONOMIE : INFLATION, DETTE et Cie

économie plomberie

 

Comment va-t-on pouvoir concilier inflation et dette ? Un sujet qui revient à l’ordre du jour, d’autant plus que l’Allemagne revient dans le jeu avec un nouveau gouvernement et de nouvelles exigences.

Les effets de  la crise.

Vous vous rappelez, avant le Covid, les Etats de l’Union européenne étaient soumis au « pacte de stabilité », c’est-à-dire à la nécessité de respecter des normes budgétaires et à la contrainte de contenir l'endettement public. Il n’était pas simple d’économiser l’argent, surtout dans un pays comme la France, et encore moins simple de réaliser les réformes pour tenter de gagner quelques milliards ici et là. Il a suffi qu'un virus apparaisse en Chine et se propage dans le monde entier pour que tout change, et comme par magie, tout est devenu possible. Il fallait de l’argent : on en a fabriqué beaucoup et de plus en plus. Oubliées les réformes, les économies, les  contraintes. Pas de problème pour les déficits, la dette… On peut comprendre qu'il ait fallu intervenir par une décision politique, « quoi qu’il en coûte »,  qui visait à nous préserver pour tenter de compenser une décroissance subie. Mais pourquoi continuer aujourd'hui ? Pourquoi continuer à distribuer des dizaines de milliards d'euros ? C'est que maintenant qu'on a ouvert la boîte de Pandore, impossible de la refermer !  Surtout en France.

La question du retour à l’orthodoxie budgétaire.

Le  gouvernement français a profité du vide politique en Allemagne pour continuer, sous prétexte de crise sanitaire, même après le rebond de l'économie, à dépenser et dépenser encore. Les quelques mois de battement nécessaires à la formation d'un nouveau gouvernement en Allemagne ont été une aubaine. Avec les sociaux-démocrates, alliés en plus aux écologistes, on avait une chance de faire sauter définitivement les règles de Maastricht, d'oublier les contraintes de limite du déficit à 3% du PIB, et d'enterrer les limites d'endettement. Et la France se frottait déjà les mains. Mais La nouvelle coalition gouvernementale, appelée « feu tricolore », a un troisième allié : les Libéraux, et leur chef de file, Christian Lindner, est un faucon, gardien du temple de la rigueur ! Le problème pour la France c'est qu'il est devenu...ministre des Finances. Il a donné tout de suite le ton en expliquant qu'il fallait revenir en Europe à l'orthodoxie budgétaire et que l'Allemagne ne devait pas continuer à financer les dérives de certains pays de la zone euro... Dans le programme du gouvernement de la nouvelle coalition allemande, l'austérité est à nouveau gravée dans le marbre et le retour à l'équilibre budgétaire obligatoire. Comme les Sociaux-Démocrates et les Verts ont laissé les clés des finances allemandes et européennes à Lindner, il va avoir les mains libres. Comme qui dirait un caillou dans la chaussure du gars Macron.

La parade de la France.

Si vous vous demandiez pourquoi notre Président est allé à Rome et a signé avec Draghi un traité bilatéral de coopération, la réponse  est toute simple : il fallait trouver une parade au père fouettard allemand. La parade, c'est Mario Draghi. Il s’agit d’utiliser le leader italien pour calmer les ardeurs de Lindner, et gagner du temps. Un axe Paris-Rome avec le banquier central qui a sauvé l'euro et qui fait figure de référence en Europe et de sauveur en Italie peut changer la donne. Plutôt que chercher à assainir nos finances, on continue à chercher des prétextes ou des alliés pour dépenser sans compter. Il n'y a qu'en France qu'on pense que « c'est gratuit puisque c'est l’État qui paie. » En ce sens, Macron est un continuateur discipliné et zélé de Hollande. Car nous n’étions pas dans les clous de Maastricht avant la crise sanitaire, et nous le sommes encore moins après.

Sortie de crise et marché des changes.

Une des spécificités de cette crise est que nous l'avons tous subie de façon assez similaire, avec des intensités et un timing différent, mais tous les pays ont été touchés par la crise sanitaire. C'est ce qui a permis aux principales puissances économiques de mener des politiques extrêmement agressives d'injection de liquidités, de baisse des taux et d'aides gouvernementales massives. Pendant cette période de crise où les marchés ont été extrêmement volatils, les cours de change eux ont très peu fluctué. C’est d’ailleurs une première pour une crise économique de cette importance. Aucune zone n'a été particulièrement sanctionnée par rapport à une autre. Par contre, en sortie de crise, nous sommes confrontés à des situations extrêmement différentes. Et nos banques centrales et gouvernements ont adopté des politiques qui sont très sensiblement différentes, ce qui explique la volatilité des dernières semaines sur le marché des changes, dont l'illustration la plus frappante est la chute de l'euro et la hausse du dollar.

Le rôle déterminant de l’inflation.

L’inflation devrait déterminer le comportement des  banques centrales. Car l’inflation a réapparu. La hausse des prix et le dérapage de l'inflation sont dus à des facteurs exceptionnels : la hausse des matières premières et la hausse des prix alimentaires sont liées à des goulets d'étranglement et à un déséquilibre massif de l'offre et de la demande, conséquence de l'effet rattrapage post crise sanitaire. Mais au-delà des hausses, probablement temporaires, des matières premières, il y a des hausses qui ne disparaîtront pas une fois les goulets d'étranglement résorbés. L'élément majeur du passage d'une inflation « temporaire » à une inflation « durable », c'est, entre autre, la hausse des salaires. Face à la hausse des prix des matières premières et des prix alimentaires et face à la pénurie de main d'oeuvre, les salariés réclament et obtiennent de plus en plus des hausses de salaires. Et si la hausse des matières premières peut disparaître, la hausse des salaires, elle, est permanente. Par ailleurs, l'explosion des prix de l'immobilier partout dans le monde avec des taux de progression spectaculaires nous alerte aussi sur l'inflation des actifs.

Divergence entre Etats-Unis et Europe.

Les Etats-Unis sont eux confrontés à une forte inflation. Celle-ci commence à entamer la confiance des ménages et donc la consommation et devient une préoccupation pour la croissance. Du coup, le sujet est devenu politique et Biden doit combattre l'inflation. En conséquence, la Banque centrale américaine a d'ores et déjà annoncé qu'elle réduira drastiquement ses injections de liquidités pour endiguer l'inflation et qu'elle remontera probablement ses taux. D'où la forte hausse du dollar depuis quelques semaines.

A l’inverse, La zone euro, malgré un fort rebond de l'économie, une baisse du chômage, et malgré la hausse des prix, voit la Banque centrale européenne s'accrocher à l'idée que l'inflation est temporaire. Elle affirme par la voix de Christine Lagarde qu'il n'y aura pas de hausse de taux avant longtemps et que la BCE continuera à injecter massivement des liquidités, au grand dam de la Bundesbank qui ne comprend pas pourquoi on continue à distribuer gratuitement de l'argent alors que l'argent coule déjà à flots et provoque des goulets d'étranglement partout. La conséquence de ce laxisme européen se traduit par la chute de l'euro. Il ne faut jamais oublier que nous sommes toujours indexés sur l'économie américaine. La baisse de l'euro, limitée pour l'instant, n'est pas un sujet d'inquiétude tant qu'elle est maîtrisée. Mais si elle s'accélère, elle pourrait devenir un problème. Car le frein à la chute, c’est l’augmentation des taux.

La baisse d'une monnaie provoque aussi une hausse des prix des produits importés et donc alimente l'inflation. Or on sait  que mécaniquement, la remontée des taux augmentera les intérêts de la dette. Un cercle imparable.