AH NON, PAS PETAIN ! (Pauvre France)

Archibald en colère

 

Déshérence mémorable

La cote de confiance du chef de l'Etat recule pour le troisième mois consécutif dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et tombe à 27 %. Signe que « l'impopularité devient hostilité », 44 % des Français ne lui font « pas confiance du tout », soit une hausse de 9 points sur un mois, et sept Français sur dix (69 %) ne lui font « pas confiance ». Ce qui montre un durcissement inquiétant pour lui. Lorsqu'ils sont interrogés par les instituts de sondage, les Français ne font même pas référence à la baisse de la taxe d'habitation ni à  celle des cotisations sociales, intervenues en octobre. Ces deux arguments font partie de la rhétorique macronienne mais n’impriment pas.   En ce qui concerne les baisses de cotisations sociales sur les salaires, payées par les salariés, c’est un mauvais argument pour trois raisons.  D’abord, le gain est assez minime, deuxièmement il donne le sentiment que l’Etat fait l’aumône puisque c’est de lui que procède la diminution de cotisations qui participaient au financement de la sécurité sociale, troisièmement en contrepartie, la  CSG a été augmentée de 25% au début de l’année. Les salariés ne sont pas dupes. Ils savent par ailleurs que l’Etat devra trouver l’argent pour financer la Sécu dans leur poche ou par la dette. Enfin le raisonnement du Président fait l’impasse sur l’inflation. Or on ne peut débattre de la question du pouvoir d’achat sans regarder aussi du côté de l’inflation : le pouvoir d’achat désigne non pas ce que l’on gagne – sa « fiche de paie » ou le montant de sa pension retraite – mais ce que l’on peut acheter avec ce que l’on gagne et il dépend donc de manière cruciale de l’évolution des prix. Si on ajoute au cocktail, les taxes multiples qui viennent s’ajouter, on obtient le résultat que l’on sait.  Le ras-le-bol  fiscal ! « L’itinérance mémorielle » devient donc « une déshérence  mémorable ».

Objectifs de croissance bien optimistes.

Avec 0,4 au premier semestre, suivi d’un 0,4 au troisième trimestre, la croissance française n’a pas encore atteint 1%: 0,8 % ! Pourtant les observateurs continuent de tabler  sur 1,6  % pour l’année 2018. Il faudrait un furieux rebond de  0,8 % minimum au quatrième trimestre pour y parvenir. Il y a bien sûr la suppression du 1/3 de la taxe d’habitation pour ceux qui en bénéficient, mais il  n’est pas dit que les Français dépensent ce bonus.  Car  l’horizon s’assombrit et ne va pas vers  une conjoncture aidante. Bruxelles n'est pas très optimiste sur l'état de santé de l'économie européenne. La Commission européenne révise à la baisse ses perspectives de croissance pour l'an prochain à 1,9 % en 2019 contre 2 % annoncé cet été et prévoit un ralentissement à 1,7 % en 2020.  Et l’Allemagne, notre principal  partenaire révise aussi à la baisse ses objectifs.  Le coup de frein de l’environnement économique européen, annoncé par Jean-Marc Daniel, se précise  et pourrait mettre à mal la croissance française. Si on fait 1,3 % ce sera  peut-être le  bout du monde. Et avec une inflation à 2 % … Et avec quel déficit commercial ?

Une victoire en « Trump l’œil » !

Trump a le triomphe tonitruant mais il perd gros  en perdant la majorité à la chambre des représentants. Aussi, il n'a pas attendu. Il tend la main aux démocrates en façade mais c’est pour mieux tenter de les étrangler. Car la main tendue s’accompagne de menaces. Du pur Trump ! S'ils adoptent une « warlike posture », il répliquera. Et violemment. Là, on peut lui faire confiance. De leur côté, les démocrates se préparent déjà à l'attaquer sur les impôts, sur les conflits d'intérêt, sur ses relations avec la Russie pendant la campagne, entre autres. Les  sujets d'affrontements ne manquent pas. Sans perdre de temps, le Président a annoncé qu’il serait candidat à sa succession. On est donc parti pour deux ans de guerre sans merci et deux ans de campagne électorale féroce. Les démocrates réclament déjà des auditions sur le renvoi de Jeff Sessions, l’opposition estime que le limogeage du ministre de la Justice plonge les États-Unis « en pleine crise constitutionnelle ». Rien ne va pouvoir avancer dans les deux ans qui viennent aux États-Unis, entre Trump, une chambre des Représentants démocrate et un Sénat républicain. On appelle ça le « gridlock » ! (l’impasse). Pas de quoi inquiéter les marchés :  c’est le scénario idéal pour les investisseurs. Pour l’instant.

 


TRUMP S’EN SORT, MAIS RIEN N’EST REGLE

Donald Trump

 

Le scénario anticipé s'est produit.

Comme annoncé par  les sondeurs, les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des Représentants. C’est une première depuis 2008. Le Sénat reste républicain. Les démocrates ont gagné quelques sièges de gouverneur mais des états clés comme la Floride sont restés républicains. Pourtant, la chute des indices boursiers, provoquée par la hausse des taux et les tensions commerciales avec la Chine, n'étaient pas une bonne nouvelle pour Donald Trump. Sa popularité est  au plus bas après le meurtre de Khashoggi, les colis piégés adressés à des personnalités démocrates et l’attaque contre une synagogue de Pittsburgh. Il  a contrebalancé par une furia populiste   et une collection de mensonges sans précédents.

Pas de vague anti-Trump.

« Tremendous success tonight. Thank you all. » C'est le tweet de Trump ce matin. Il se félicite de sa « victoire ». « Fabuleux ? » même s'il a perdu la Chambre des Représentants. Certes, il n'y a pas eu de vague bleue, de vague démocrate, et Trump n'a pas été rejeté massivement. Il avait transformé cette élection en referendum en s'investissant massivement, plus qu’aucun autre président pour des élections de mid-terms, et sa campagne a permis de sauver quelques candidats. Mais le pays reste divisé. Les  Etats-Unis sont coupés en deux camps totalement différents, et totalement opposés. À l'image des femmes qui représentent 52% des votants et ont voté massivement pour les démocrates et contre Trump avec un écart de 18 points. D’un côté, Trump a réussi à prendre le contrôle de fait du GOP, le parti républicain, et de l'autre, les démocrates ont réussi à prendre le contrôle de la Chambre des Représentants.

Deux années agitées s’ouvrent.

C'est la campagne présidentielle qui commence. On peut s’attendre à ce que l'affrontement entre les deux camps soit sanglant. Les démocrates vont tout tenter, et ils ont deux ans pour le faire, pour déstabiliser Trump et le fait d'avoir la majorité à la Chambre des Représentants va être une arme redoutable, notamment sur les sujets domestiques et sur les enquêtes en cours. Evidemment, Trump va encore plus tweeter qu'à son habitude, avec une violence qui va être décuplée par son sentiment de victoire. Mais pour les marchés c'est le scénario « idéal » pour les investisseurs. A partir de maintenant Trump est sous contrôle, et les acquis des deux premières années ne seront pas remis en question. Il va falloir à nouveau regarder du côté des nouvelles économiques et se désintéresser un peu pendant quelques mois de la politique. D’autant plus que le ralentissement mondial promet des rebondissements imprévisibles de l’hôte de la Maison blanche.

Le pétrole et les marchés.

Le pétrole s’est effondré. Le  prix du baril a chuté de plus de 20%, pour de multiples raisons mais en particulier du fait des exemptions massives concernant l'achat de pétrole iranien qui va donc continuer à couler sur le marché. La baisse du prix du pétrole, c'est évidemment une bonne nouvelle. Sauf pour le gouvernement français qui fait campagne en ce moment sur le thème : « si les prix du carburant flambent c'est à cause de la flambée du pétrole... ».  Sur les marchés boursiers, le mois d'octobre est derrière nous mais cela ne veut pas dire que les craintes sont dissipées. Elles sont toujours présentes et elles sont même nombreuses. De la panne de la croissance européenne aux taux et à l'inflation en passant par les tensions commerciales, la consolidation était nécessaire. Elle a eu lieu. Mais pour combien de temps ? On se demande même comment les marchés ont fait pour résister pendant de si longs mois. La fin de l'année risque donc d'être encore agitée. Les indices vont maintenant tenter un rebond. Il faudra surveiller trois éléments : d’abord, les taux américains et notamment le niveau des 3,25 % sur le 10 ans ;  ensuite les taux italiens et notamment le « spread » avec les taux allemands ; enfin, la rencontre fin novembre entre Trump et Xi Jinping à Buenos Aires qui devrait marquer un tournant dans les relations commerciales entre les deux pays. En attendant, tous les regards des traders et des investisseurs sont tournés vers un chiffre et un seul : le taux de référence pour les taux d'intérêt aux États-Unis, le taux à 10 ans des emprunts d’État. Il a atteint vendredi dernier les 3,22 %, un niveau proche de son record de hausse depuis 7 ans.

Les  taux américains remontent.

Un peu de technique. On distingue deux catégories de taux d'intérêt.  Les taux d'intérêt à court terme d'abord. Ils sont déterminés par les banques centrales. Et la FED, la Banque centrale américaine, a remonté ses taux d'intérêt 8 fois depuis décembre 2015 et s'apprête à les remonter encore une fois en décembre et plusieurs fois en 2019. Les taux d'intérêt à long terme ensuite. Ils sont déterminés par les marchés, par l'offre et la demande. Et ils progressent car l'économie américaine est en pleine croissance, avec un plein-emploi qui provoque une hausse des salaires et par conséquent une hausse de l'inflation et donc une hausse des taux d'intérêt à long terme, comme le taux à 10 ans des emprunts d'État américain. Il faut suivre ce taux pour une raison simple : la hausse des marchés boursiers depuis 2009 a été, en grande partie, alimentée par la baisse des taux d'intérêt. Quand les taux d'intérêt étaient à zéro, on disait « qu'il n'y avait pas d'alternative aux actions ». Mais avec des taux d'intérêt qui remontent, il y a maintenant une alternative aux actions : si le taux à 10 ans dérape au-dessus des 3,4 % et s'approche des 4%, cela aura un impact négatif sur les indices boursiers. Aux niveaux actuels, les taux américains sont encore sous contrôle. Pour combien de temps ? La surchauffe provoquée par la relance massive de Trump alimente l’inflation. Une crise boursière violente pourrait donc arriver  dans les deux ans… Et quand les taux américains remontent, les nôtres suivent. Pas  bon pour nous, vous savez pourquoi ! Pas bon pour Macron non plus, mais ça on s'en tape.

 

 


GROS PLANS

Longue vue 2

 

Cette semaine, je braque ma lorgnette sur quelques évènements plus ou moins surprenants.

Ben et Nuts.

AGIR, le micro parti politique qui prétend remplacer l’UDF, est né. Il  se  veut « une jeune start-up politique collaborative », prête à sauver l’Europe à elle toute seule. Sur les fonds baptismaux  deux parrains de poids, enfin surtout pour un (pour le poids) : Ben Raffarin et Nuts Juppé, les  messieurs « plus » : « plus européen que LR, plus attaché aux classes moyennes que la majorité, plus démocrate que les extrêmes ». Il n’exclut pas  les partenaires pour y parvenir car il faut des moyens d’agir (ouaf !).  Attention, Riester n’est pas Giscard ! Au fait, les  constructifs ont servi  à quoi depuis dix-huit mois, sinon à affaiblir la droite et le centre ?

Hulotade.

La procédure Hulot fait des émules. C’est Bruno Julliard qui claque  la porte de la mairie de Paris  avec un sévère réquisitoire contre la « hidalga », en désaccord sur la méthode et sur le fond.  Quoi qu’elle en dise, la maire de Paris traverse une sale passe  et sa popularité n’est pas au zénith parmi les habitants de la capitale qui n’en peuvent plus de ses foucades de bobo dictatoriale. A tel  point que le nombre des prétendants à sa succession grossit chaque jour.

Des plans sur la comète.

Qu’est-ce qu’on fait quand on n’a  pas les moyens financiers de réformer ?  Le technocrate répond : « faisons un plan ». Depuis la semaine dernière donc, les plans fleurissent, car il faut bien que Macron ait l’air d’agir : plan contre  la pauvreté, plan vélo, plan santé… viennent s’ajouter à la longue liste des plans décidés depuis quinze mois. D’ailleurs il suffit d’interroger les gens concernés, ils répondent tous : « c’est  bien,  mais  où sont les moyens ? »

Macron défenseur des retraités !

Celle-là,  elle est forte ! « Arrêtez d’emmerder les  retraités » aurait clamé  le  Président à l’adresse de « castagnette »  qui se répandait partout en affirmant qu’il fallait « aborder la réforme des droits de succession sans tabous ! » Jolie coup  monté en fait. Un peu trop téléphoné quand même. L’homme à tout faire de la  macronie a  été envoyé sur le terrain  avec ce  message qui arrive dans la rentrée comme un cheveu sur la soupe, uniquement pour permettre à son boss  d’avoir l’air de s’offusquer, en espérant  reprendre la main avec les retraités qui lui tournent majoritairement le dos.  Il s'est rendu compte que taper sur les retraités n'était pas bon pour sa cote de popularité. Et  pour améliorer la potion, le gouvernement, comme par hasard, va introduire dans son projet de budget 2019 un dispositif pour exonérer 100 000 retraités modestes qui allaient subir la hausse de la CSG de 1,7 point. Encore un revirement complet pour l'ex-président des riches actifs. A moins que d’afficher ainsi sa détestation des seniors ce n'était pas très honnête vis-à-vis de qui vous savez... (Oui, bon, c’est de mauvais goût, mais j’assume).

L’Intérieur n’a pas assez le goût du bouchon.

Collomb va prendre la tangente, lui aussi.  Le N°2 du gouvernement se languit de ses bouchons lyonnais et rêve de reprendre sa mairie.  Il faut dire que son bilan n’est  pas reluisant en matière de sécurité et de délinquance. Et puis, le « vieux » s’est permis de dire  au « jeuneot » qu’il manquait « d’humilité ». Qu’il est désagréâââble ! Narcisse a un sens limité de la critique. De là à ce qu’on ait fait comprendre au découvreur de la macronie qu’il ferait mieux de reprendre le chemin de la capitale des Gaules, il n’y a pas loin. Pourra-t-il tenir jusqu’aux européennes ?

Benalla.

Il a été auditionné par le Sénat. Il s’est aplati comme une limande, après avoir fait  le bravache. Mais on n’est pas plus avancé. Il n’était pas garde du corps du Président, "mais il était proche de lui physiquement" (comprenez ce que vous voulez) ! Il co-or-don-nait à tout va ! Que voulez-vous, cette comédie qui cache certainement quelque chose (de quoi ont-ils peur pour s’acharner à discréditer la commission d’enquête du Sénat ?) me fait vraiment sourire.

Biloute.

On en apprend de belles sur Trump. « C'est peut-être la relation sexuelle la moins impressionnante que j'aie jamais eue » affirme Stormy Daniels, l’actrice porno  avec laquelle il  aurait eu une liaison et qu’il  aurait payée 130 000 $ pour qu’elle se taise. Dans son livre  à paraître  prochainement, « Full  disclosure », elle livre même des détails assez précis sur l’anatomie de l’intéressé. De quoi le surnommer « biloute » ? En fait ça expliquerait son caractère :  grande gueule, mais petite  b…. (rôôô).

 


LE PIEGE DE L’IMMIGRATION

Aquarius

 

Un sommet incomplet pour rien.

Bien que le  mini sommet ait été boudé  par la Pologne, la Tchéquie, la  Slovaquie et la Hongrie, la  crise  déclenchée par  l’Aquarius n’a pas trouvé de remède unanime à Bruxelles. La  diplomatie française, à cette  occasion, n’a pas fait  montre d’une grande efficacité entre faux pas de déclarations inopportunes,  petits  pas de deux avec l’Allemagne et  arrogance. Le résultat était  prévisible : l’Italie, en  première ligne, n’a  pas cédé  un pouce de sa  volonté de  mettre le holà à une situation qui n’a que trop durée pour les Italiens. En  effet l’Italie a accueilli au moins 700 000 migrants en quatre ans. Les européens  ont laissé l’Italie se débrouiller seule jusqu’à  présent. Elle s’est donc donné un gouvernement qui veut un mettre un terme à « l’invasion ». Le refus de Mrs. Conte et Salvini d’accepter « l’Aquarius » était une manière de placer le problème dans les mains de leurs   partenaires.

Un révélateur.

Le refus  d’accueillir le bateau de réfugiés, qui a finalement trouvé refuge en Espagne à Valence, traduit le durcissement général des politiques migratoires européennes. Car l’Italie n’est pas seule. On connait les positions fermes des Hongrois, slovaques, tchèques et polonais. À Berlin, Mme Merkel est confrontée à la « fronde » de son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, chef de la CSU, parti plus à droite que la CDU de la chancelière. Ce dernier a donné deux semaines à Mme Merkel pour changer sa politique migratoire. Or le gouvernement repose sur une coalition fragile et une scission entre CDU et CSU lui serait fatale. Emmanuel Macron a reçu à Paris Giuseppe Conte, président du Conseil italien et a tenté quelque peu d’apaiser les relations franco-italiennes, qui s’étaient tendues après divers incidents, et que l’affaire de « l’Aquarius » a contribué à endommager un peu plus.  On a vu que les  tapes  sur l’épaule et les sourires de façade  ne faisaient pas avancer la solution. Il faut dire que notre pays où les  deux tiers de la  population sont opposés à l’accueil des immigrés, n’a  pas  une grande marge de manœuvre.

Une menace pour toute l’Europe.

L’immigration, clandestine ou non, est en train de déstabiliser les démocraties européennes. Les gouvernements qui souhaitent trouver un compromis entre leur respect des droits de l’homme et le réalisme sont bousculés non seulement par les oppositions de droite mais aussi par celles qui se manifestent jusqu’au sein même des partis qui les composent. Dans ces conditions, la  France n’a rien gagné  à hausser le ton contre l’Italie par la  voix de son  Président, quand elle a refusé l’accès à ses ports de « l’Aquarius », tout en faisant la même chose  ensuite. Il a  bien compris que le succès croissant des mouvements identitaires en Europe accompagnait une évolution des opinions fortement défavorables aux migrants. Et  la tendance à prendre  des mesures nationales, sans concertation avec l’Europe, se développe. L’Espagne de M.  Sanchez, le  socialiste qui a remplacé Mariano Rajoy, a mis un point d’honneur à proposer que « l’Aquarius » soit accueilli chez elle. Mais c’est une posture politicienne : il a  voulu montrer que son pays ripostait à l’intransigeance italienne en ouvrant les bras aux damnés de la Méditerranée. L’histoire nous dira si le peuple espagnol était d’accord.

Et si on arrêtait la politique stupide des quotas ?

Chaque pays européen veut être  maitre de qui  il accueille chez lui,  c’est logique, et refuse  de se voir imposer  par  Bruxelles ou Strasbourg, des  quotas à respecter. Car  les  capacités d’accueil  que chacun est susceptible d’offrir sont variables : elles doivent prendre en compte des  variables  comme  la démographie et la situation financière. On voit bien que rien que sur ces deux critères, il sera difficile de  mettre d’accord  la France  et l’Allemagne.  On devrait  permettre à chaque Etat  de  l’Union de définir le nombre d’immigrants  qu’il  souhaite  recevoir  et lesquels, politique définie par un vote du parlement national. Il faut que l’Europe rassure les pays, comme l’Autriche ou la Hongrie, qui ont érigé des murs ou des barricades à leurs frontières. Mais comme les migrants ne  sont pas dissuadés par les mesures coercitives,  il appartient à L’Union de  mettre en place les dispositifs nécessaires à la régulation  du flux.  Là,  il faut une politique commune. Sur cette base, je gage que tous les  partenaires, y compris les  plus réticents seraient prêts  à  participer. C’est l’Europe  en mutualisant ses  moyens qui pourra arrêter  le  trafic, car il s’agit d’un trafic !  On connaît  le  rôle funeste de la Libye qui ne fait rien pour arrêter les passeurs et transforme les migrants en esclaves avant de les laisser partir quand ils ont enfin les moyens de payer leur voyage. Il ne peut y avoir de résolution de la crise migratoire qui ne soit pas à l’échelle de l’Union européenne. Cependant, les associations et les ONG de tous les pays, qui claironnent leur vocation à tout-va et jouent les boutte-feu, sans se soucier le moins du monde de la colère populaire contre l’immigration, doivent aussi accepter des politiques équilibrées s’efforçant de tarir les flux migratoires tout en traitant les migrants avec humanité.

 


PETIT ANNIVERSAIRE POUR UN DESASTRE HISTORIQUE.

Révolution russe

 

Le  6 novembre 1917, un coup de force de quelques milliers  de soldats et gardes bolchéviques  dirigés par Lénine et Trotski,  établissait à Saint-Pétersbourg le  premier régime  communiste de l’Histoire. Cet épisode faisait suite à la révolution de février de la  même année, dite « révolution bourgeoise » qui avait mis fin à 300 ans de régime tsariste  de  la dynastie des Romanov. Ainsi naissait  le régime bolchévique qui donna naissance à la  Russie soviétique (URSS). Pourtant le 6 novembre 2017 aurait pu presque passer inaperçu sur la  place  Rouge.

Rétablissons les faits. 

La révolution d’octobre (comme on l’appelle) à cause du décalage du calendrier orthodoxe avec le nôtre, n’est pas  du tout une révolution qui aurait mobilisé les  « masses » comme  ont cherché à nous le faire croire les communistes. Les combats ont fait moins de cinq morts à Pétrograd contre un pouvoir en déliquescence. C’est plutôt une révolte de l’armée alors qu’on est en plein conflit avec l’Allemagne. Le parti bolchévik mené par  Lénine en profite pour s’emparer  des leviers du pouvoir  au détriment des « mencheviks » et des « socialistes-révolutionnaires »  et dissoudre en janvier 1918 l’assemblée constituante élue en novembre, où il est très  minoritaire. Il n’y aura plus d’instance véritablement démocratique pendant 70 ans.

La terreur bolchévique.

Le régime bascule rapidement dans la terreur et instaure un totalitarisme que Lénine a théorisé  et  préparé : une volonté de domination totale qui avec le  monopole du pouvoir politique, s’impose de remodeler toute la société selon  la  doctrine marxiste, jusqu’aux individus  dans les moindres faits  et gestes, via une propagande intensive inconnue jusqu’alors : « Nous allons maintenant procéder à la construction de l’ordre socialiste » a-t-il  annoncé. Il  s’empare de tous les leviers économiques : abolition de la grande propriété foncière, nationalisation des entreprises, répudiation de la dette publique, planche à billets, contrôle ouvrier dans les usines…  Il  phagocyte tous les organes de l’Etat, prend les  banques, les usines et les  terres, installe des  camps de concentration qui préfigurent le goulag… La  Tchéka, police politique, est créée dès décembre 1917, et arrête, torture et  exécute sans aucun contrôle.   

L’archipel du goulag.

Les résultats sont catastrophiques, avec une production industrielle en chute de 80 % et des prix multipliés par 8.000 en quatre ans, Lénine est obligé de desserrer le carcan dès 1921 avec une Nouvelle Politique économique qui redonne un peu d’air aux acteurs privés. Cependant, sous l’effet de la planification, les céréales manquent. A partir de 1928, Staline collectivise l’agriculture, à la fois pour contrôler l’approvisionnement en grains et prélever des excédents pour investir dans l’industrie. Plus de 5 millions d’hommes et de femmes meurent de faim en 1932-1933. Le « Père des peuples » est obligé d’imposer l’ordre qu’on nommera « stalinien », en envoyant des millions de personnes dans les goulags, en donnant le pouvoir économique au parti communiste, en planifiant la production et les prix. La priorité est réservée à l’industrie lourde ! Dès lors, les statistiques officielles font état d’une activité qui s’accélère. La croissance aurait été de 14 % par an de 1928 à 1941, de plus de 10 % dans les années 1950. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine accomplit le premier vol dans l’espace de l’histoire. L’URSS semble avancer à pas de géant non seulement dans la sidérurgie, mais aussi dans la haute technologie. En France, Jean-Paul Sartre et Raymond Aron s’affrontent sur la question de savoir si l’URSS va dominer le monde. Pourtant on est loin de la réalité. Les résultats impressionnants  des programmes entre 1930 et 1960 sur le plan quantitatif s’avèrent complètement bidons quand on découvre à la dislocation de l’URSS qu’ils étaient largement le fruit de manipulations statistiques ou fondés sur des évaluations politiques de la valeur, en l’absence de prix de marché.

La Russie a gaspillé un siècle.

Le niveau de revenu moyen par habitant se situait à la veille de la Première Guerre mondiale entre celui de l’Italie et celui de l’Espagne. Aujourd’hui, il est équivalent, en données brutes, à un tiers du PIB par habitant d’un Espagnol. En 1913, sa production industrielle était équivalente à celle de l’Allemagne, elle n’en dépasse pas le tiers actuellement, malgré les programmes d’industries lourdes lancés par le régime soviétique. A peu près aucun produit industriel russe n’est connu, à part la vodka… et la kalachnikov. La Russie, avec 147 millions d’habitants, semble être un des très rares pays au monde, dont la population a décliné depuis cent ans, sous l’effet d’une faible natalité et de l’alcoolisme. Les bolcheviks ont exterminé nombre de membres des élites scientifiques et artistiques et la contribution de la Russie en la matière, hormis en physique, discipline clé pour l’armement, n’est pas du tout au niveau du potentiel du peuple russe ou de son histoire. Il faudrait rajouter le désastre écologique de la mer d’Aral, Tchernobyl…  Il n’y a quasiment que dans le secteur militaire et des technologies associées (spatial) que la Russie a gagné en puissance depuis la révolution d’Octobre. Sous l’effet de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide, elle dispose du plus grand arsenal nucléaire de la planète à égalité avec celui des Etats-Unis. Et elle figurerait au deuxième rang mondial en nombre de chars, navires et avions.

Poutine, nouveau Tsar ?

75 ans de régime soviétique ont façonné les mentalités : 75 ans de répression qui, entre les exécutions, les déportations et les goulags, a fait de 10 à 20 millions de morts selon les historiens. Les gens sont habitués à obéir, y compris à la violence. Hormis la Corée du Nord, il n’existe plus de régimes totalitaires de même intensité : dans les autres  pays communistes, les gens ont le droit de voyager, une classe moyenne s’est créée,  le parti se contente de garder le contrôle politico-idéologique de la population. A moins que le pouvoir chinois de  Xi ne préfigure un nouveau retour en arrière… ce qui n’est pas exclu. Pour la Russie, après huit ans de parenthèse démocratique chaotique sous Eltsine, Moscou semble revenu à une sorte de tsarisme : une concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, inconnue depuis la mort de Staline en 1953. Le Parlement, les médias, les oligarques, les gouverneurs, les partis politiques, l’armée et le FSB (exKGB) sont aux ordres de Vladimir Poutine, qui s’appuie sur un lien direct avec le peuple russe, illustré par une popularité authentiquement supérieure à 80 %. Un système très instable toutefois, où se posera la question de la succession du maître du Kremlin, un jour.

Totalitarisme pas mort !

Comme l’affirme Stéphane courtois, l’Historien spécialiste du communisme, « on fête  plus la  révolution d’octobre à Paris qu’à Moscou ». En effet, Poutine n’a pas sorti le grand jeu pour le « centenaire », comme s’il voulait faire oublier cette triste époque. Des médias français glorifient toujours Lénine, et la présence de marxistes dans les Universités, refusant de reconnaitre leurs égarements, comme l’avait fait Yves Montand, est avérée. Et quand Macron veut commémorer Mai 68, qui a dévasté l’université française et l’exigence intellectuelle dans les sciences humaines, on croit rêver ! Il y en a toujours  qui préparent le « grand soir », du côté de chez M. Laurent, Mélenchon et Besancenot….

 

 


L’ŒIL D’ARCHIBALD

Longue vue 2

 

De  tout… un peu.

Inclusif !

Une nouvelle  expression de la  lutte pour les  droits des femmes a pris corps sous la forme de  l’écriture dite « inclusive ».  C’est la dernière  trouvaille des  « Trissotins »,  ces « précieuses  ridicules » du 21ème  comme  les nomme Marc Fumaroli, académicien spécialiste du XVIIème siècle et professeur au Collège de France.  Ainsi on devra écrire  « bonjour les ami.e.s » si je m’adresse à des hommes  et  à des femmes.  C’est gravement méconnaître  la grammaire française qui inclut le  « neutre » sous la forme du masculin. Ainsi, dans l’expression les « Droits de  l’Homme », les deux genres sont-ils  considérés dans le mot  « Homme », qui désigne ici les deux genres. L’Académie  française a bien raison de fustiger  cette initiative  qui vise à dénaturer complètement notre langue et à rendre impraticable la lecture  d’un texte  écrit.  Assez de dogmatisme et d’idéologie  sectaire   ! Pour ma part, j’en resterai au « Chère amie, cher ami, » dans l’en-tête de mes lettres  si je m’adresse à des personnes des deux genres. Bien plus élégant, non ?

Rénovation à l’ancienne.

Le nouveau pouvoir nous avait promis de nouvelles  pratiques avec une nouvelle génération et une nouvelle  manière de faire de la politique. C’est probablement au nom de ces nouvelles  façons de procéder que Jupiter a désigné son affidé Christophe Castaner comme candidat unique à la direction du parti La République en Marche. Il  avait déjà agi de la sorte  pour la présidence du groupe parlementaire. La « démocratie réduite aux laquais », comme nouveauté il fallait y penser. Chirac l’avait inventée  avant lui.  Circulez, y  a rien à voir !

Taxe, taxe, taxe….

Non,  ce n’est pas le bruit d’une ancienne machine à écrire.  C’est la mécanique de  Bercy qui fait ce bruit-là.  La France est ce merveilleux pays qui est capable  de  créer une surtaxe qui rembourse la taxe sur la taxe… Comme la taxe  de 3% sur les dividendes a été invalidée et oblige  l’Etat à rembourser 10 milliards indûment perçus aux entreprises, Bercy n’a rien trouvé de mieux que d’imposer aux plus grosses entreprises  françaises une surtaxe sur le chiffre d’affaire qui va rapporter 5 milliards. La nouvelle contribution exceptionnelle a pour spécificité de présenter des taux exorbitants : 15 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros et 30 % pour celles dont le chiffre d’affaires dépasse 3 milliards d’euros en 2017. Cette surtaxe concernera «les 320 plus grandes entreprises françaises». On n’avait pas le droit de vous piquer 10 milliards, on va vous en piquer 5 quand même, non  mais !  Donc une nouvelle loi va être votée en urgence pour prendre aux entreprises de quoi leur reverser une partie de ce que l’Etat leur a ponctionné. Cette nouvelle surtaxe s'ajoutera à une autre contribution déjà existante : la contribution sociale sur l’impôt sur les sociétés au taux de 3,3 %, laquelle porte d’ores et déjà pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 7.630.000 euros le taux nominal d’imposition à 34,43 %. La France appliquera donc en 2017 cinq taux nominaux d’impôt sur les sociétés : 15 %, 33,33 %, 34,43 %, 38 % et 45 %. Si avec çà  on rassure  les investisseurs !

Tiers payant.

Cela n’a pas fait grand bruit.  L’assemblée a voté la fin du tiers payant obligatoire.  Il faut dire que cette décision prise par le précédent gouvernement était impraticable par les praticiens.

Hochet rationné. 

« C’est avec les hochets qu’on gouverne les hommes », avait dit Napoléon en créant la Légion d’Honneur.  Jupiter trouve qu’on en distribue trop. Il veut donc en diminuer   le  nombre et davantage d’exigence sur le « mérite ». Du populaire  à bon compte ! Question : est-ce   que ce sera réservé  à sa garde rapprochée ?

Formation aux langues.

La Corée du Nord enlevait des centaines de ressortissants des  pays voisins, japonais, Coréens du sud, …  afin de former ses espions aux langues et cultures étrangères. Pourquoi se gêner ? Avec  les  dictatures, tout est simple.  Il suffit de décider et de se servir. Le pot-aux-roses a été découvert,  mais ce sont les agissements « d’agents incontrôlés » qui ont été sévèrement punis.  Tout s’explique !

Catalogne, capitale Bruxelles.

Cherchez l’erreur.  Courageux le Catalan, mais pas téméraire.  Le nouveau président de  la soi-disant Catalogne indépendante a préféré se réfugier en Belgique pour éviter les geôles hispaniques. Il faut dire qu’avec son referendum pipé il ne fait pas l’unanimité des Catalans, ni même probablement la majorité. Le pouvoir central n’a fait qu’appliquer la constitution et est dans son rôle en fixant de nouvelles élections avant Noël. Espérons que la raison revienne à Barcelone. Mais Puigdemont devra bien rendre des comptes un jour !

 


LES APPRENTIS SORCIERS CATALANS AU PIED DU MUR

 

 Carles puigdemont

Le président de l’Assemblée catalane, Carles Puigdemont, a proclamé le droit de la Catalogne à l’indépendance et annoncé en même temps qu’il se donnait du temps pour la déclarer. Le principe de réalité s’est imposé à lui et il a bien fallu qu’il fasse un pas en arrière. Voilà ce qui arrive quand on triche avec la vérité.

Une consultation truquée bâtie sur des mensonges.

La campagne pour l’indépendance  s’est déroulée en s’appuyant sur au moins cinq mensonges. On a d’abord voulu nous faire croire que les nationalistes étaient majoritaires dans la province. Premier mensonge. Ils ont une majorité à l’assemblée autonome, mais ils ne sont pas majoritaires en voix par rapport au nombre des inscrits, et ils en sont loin. Ils ont voulu nous faire croire que le peuple catalan est opprimé par l’Espagne, ce qui est une plaisanterie . C’est plutôt le contraire, les nationalistes imposent par exemple la langue catalane à l’école et interdisent l’apprentissage du Castillan. Ils ont expliqué qu’indépendante, la Catalogne serait plus riche. C’est évidemment l’inverse qui se produira : déjà trois grandes banques ont décidé de quitter Barcelone et d’autres grandes entreprises s’apprêtent à suivre. La région représente 20% du PIB espagnol, que vaudra son économie une fois livrée à elle-même, car, autre oubli des nationalistes, elle se retrouverait avec une dette gigantesque. Enfin, ils ont apparemment oublié d’expliquer qu’en sortant du royaume, la Catalogne se retrouverait de fait hors de l’Union européenne et en perdrait tous les avantages.

C’est probablement pour ces raisons que la réaction anti-indépendantiste a été massive. Les multiples avertissements lancés par le monde ont rappelé aux nationalistes les conséquences inévitables du choix politique qu’ils voulaient faire. Carles  Puigdemont accumulant les actes illégaux, la confrontation avec Madrid ouvrait la porte à toutes les violences.  En effet, il a organisé un référendum que non seulement le droit n’autorise pas mais en plus s’est déroulé dans des conditions si chaotiques qu’il en est dépourvu de signification. Comment accorder du crédit à une consultation qui ne comportait même pas de listes électorales. Cela ne l’a pas empêché de voir dans des résultats dignes d’une république bananière le vœu ardent du peuple catalan, malgré la présence en Catalogne d’un fort mouvement hostile à l’indépendance. Et voilà qu’il invoque une illusoire souveraineté pour décider du destin de la région. Il est donc bien inspiré d’en suspendre la déclaration effective. Madrid lui a donné jusqu’à aujourd’hui pour clarifier son intention.

Un très mince espoir.

Ce qu’il voudrait, c’est une sortie en douceur de l’Espagne et donc négocier uniquement les modalités de l’indépendance. Ce que veut Madrid, c’est maintenir la Catalogne dans son statut actuel, qui, certes, peut être modifié, mais ne saurait, aux yeux du gouvernement espagnol évoluer vers la sécession. L’espoir nourri, notamment par les Européens, d’un dialogue construit éventuellement autour d’une médiation, semble très lointain si l’on tient compte des positions adoptées par le roi Felipe VI et par le chef du gouvernement Mariano Rajoy : ils ont remporté un petit succès grâce à une intransigeance inébranlable et ils n’ont certainement pas envie de dialoguer d’égal à égal avec un homme qui se comporte déjà comme s’il avait tous les pouvoir. Carles Puigdemont, n’avait peut-être pas d’autre choix que de tendre la main à Madrid, mais ce pourrait être une ultime manœuvre car il sait pertinemment que le pouvoir central ne souhaite pas la saisir.  C’est pourquoi en réponse, Mariano Rajoy demande au gouvernement catalan de dire si oui ou non, il compte déclarer l’indépendance. Dans ce cas, Madrid ferait jouer le fameux article 155 de la constitution qui permet au pouvoir central de retirer son autonomie à une région. Rien n’est donc réglé d’autant plus que la reculade du président catalan n’efface pas l’indépendantisme catalan qui est vif et capable de produire d’énormes manifestations. Quand les soutiens de l’unité espagnole se réjouissent de la baisse de tension, les Catalans auxquels on a promis monts et merveilles sont frustrés, et certains même accusent Puigdemont de « trahison ». La démagogie agit toujours comme un boomerang  : enflammez les foules, elles finiront par brûler ce qu’elles ont adoré. Certains Catalans sont assez furieux pour demander à Carles Puigdemont de partir…

Le moment décisif approche.

On ne sait si une négociation est possible. La froide colère des autorités centrales ne risque pas de déboucher sur une politique faite d’avancées puis de reculs. Les indépendantistes abordent cette situation alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, c’est-à-dire une fraction, fût-elle nombreuse, du peuple catalan, et qu’ils ont contre eux ceux des leurs qui restent hostiles à l’indépendance, le peuple espagnol, le gouvernement, et les peuples qui, en Europe ou ailleurs, ne croient qu’à une vérité : l’unité de l’Espagne. Toute cette crise repose sur l’émotion populaire, sur la manipulation d’un peuple qui se croit maltraité alors qu’il est le plus prospère d’Espagne, sur une auto-exaltation fort peu rationnelle. Des portes de sorite existent : elles passent par une réforme constitutionnelle qui permettrait d’accorder à la Catalogne d’autres avantages qui renforceraient l’autonomie ou une dissolution du parlement catalan et l’organisation de nouvelles élections.  Encore faut-il éviter d’oublier la charge émotionnelle qui gonfle les poitrines indépendantistes !

 

 


LA CRISE FINANCIERE EST TERMINEE. PAS SI SÛR !

Des-liasses-de-billets

 

Août 2007 : la  faillite de Lehman Brother déclenchait la plus violente crise que la planète financière ait connue, tant  les « subprimes » truffés de créances insolvables avaient inondé le  marché jusque dans les  moindres recoins de nos banques. Dix ans après où en est-on ? On a l’habitude de dire que  l’histoire ne se répète pas. Par  contre, les  mêmes causes entraînent toujours les mêmes effets. Dix  ans après, les  effets de cette violence secousse qui a touché le monde entier en bousculant toutes  les économies, ont en grande partie été digérés. La question qui hante les esprits  reste  pourtant : «  est-ce  qu’une  même crise peut se  reproduire ? »  Tentons d’y répondre sans entrer dans  le détail de ce que les spécialistes et les analystes observent.

Voyons les chiffres.

L’endettement mondial atteint un record de 217 000 milliards  de dollars, contre 142 000 milliards dix ans plus tôt. C’est 327% du PIB mondial ! La dette totale a  augmenté de 2 000 milliards de dollars aux Etats-Unis et dépasse 63 000  milliards à la fin du premier trimestre de cette  année.  Dans ce contexte, on sait que la France n’a pas fait mieux et ce qu’il en est de sa dette qui a continué de gonfler. Les marchés ont beau bien se porter, on ne  peut pas dire  que la  situation se soit totalement assainie.

D’abord  ce qui est rassurant.

Les banques se sont remises du choc de 2007,  sous la pression des autorités. Le risque systémique, grâce à un renforcement draconien des fonds propres, est devenu très faible.  Elles  ont mené de lourdes restructuration, notamment aux Etats-Unis et ont doublé leur capitalisation rapportée à leur risque financier. Les européennes n’ont pas  encore tout-à-fait  tourné la page, et certaines  traînent encore  des créances douteuses qui plombent leur bilan, en particulier en Italie. Mais le mécanisme de supervision unique est en  place et  prêt  à parer à toute éventualité. Les mécanismes de régulation initiés par le Comité de Bâle, ONU de la finance, avec  les  accords  Bâle 1 et Bâle 2, et les milliers de pages de réglementation, rendent presque impossible une faillite générale accompagnée d’un « bank run » (les gens se précipitent pour retirer leurs avoirs).

Ensuite, ce qui est inquiétant.

Les « subprimes ». Ils ont été à l’origine de la  crise de 2007 et n’ont pas disparu.  Au moins deux bulles  existent aux Etats-Unis sur les crédits automobiles, et sur les prêts étudiants. Les crédits aux ménages très peu solvables ont aussi explosé et pèsent 33% des crédits titrisés.

La titrisation.  Car autre  mauvaise nouvelle, la titrisation a continué aussi. Cette procédure qui consiste à noyer des actifs peu solvables dans des paquets de titres avait contribué à aggraver la crise des « subprimes » dont ils étaient les vecteurs. Tous les produits toxiques n’ont pas été éradiqués  et on en produit de nouveaux,  malgré 320 milliards de dollars d’amendes. En cause, les nouvelles contraintes en capital et la faiblesse des taux qui ont réduit les marges des banques et ont poussé celles-ci à délester leurs bilans en recourant à la titrisation. La chine suscite aussi des inquiétudes car les banques y recourent à des montages de titrisations complexes pour se débarrasser d’actifs toxiques. Une trentaine d’entre elles totaliserait 2 000 milliards de dollars de ce type de créance.

De nouvelles bulles sur les marchés. Elles gonflent avec le déversement d’une masse considérable de liquidités par la Fed,  la  banque du Japon, puis par la BCE, qui font flamber les prix des actifs.  Les indices boursiers ont bondi (265% pour le S&P).  La  plus grande menace est la sortie de la politique monétaire expansionniste, avec le risque d’un dégonflement brutal de la bulle  obligataire. La Fed a commencé. La BCE devrait y venir en 2018. Il faudrait ajouter au tableau la flambée de la  dette chinoise  consécutive à la forte hausse du prix de l’immobilier. Elle est aujourd’hui sous contrôle du gouvernement chinois, mais pour combien de temps ?

Le comité de Bâle est en panne. C’est le dernier signal négatif. La sortie définitive de la crise financière s’embourbe dans des jeux de défense d’intérêts nationaux et il ne parvient pas à boucler la négociation portant sur les montants des fonds propres que doit détenir une banque pour couvrir les risques (Bâle III).  La méfiance des Etats-Unis et la volonté de Trump de « déréguler » dans son pays ne sont  pas étrangères à cet enlisement,  alors que bien d’autres chantiers seraient à  mener (trucages sur les marchés des changes, non-respect des embargos  …)

Reste que rien n’a été fait pour tenter de réguler la finance de l’ombre. 

Les hedge funds, les  plates-formes de prêt  participatif,  les sociétés de gestion de patrimoine échappent à tout contrôle. Ce système parallèle représente le quart de la finance  mondiale. Un défi immense  pour  l’économie mondiale, car contrairement aux banques,  les prêts octroyés  par ces institutions ne sont pas garantis par le dépôt  des épargnants mais par l’argent que veulent bien leur consentir les investisseurs…  Cela les rend particulièrement vulnérable à la conjoncture.

Pour tout dire, dix ans après,  la finance mondiale vit et  danse de nouveau sur un volcan.  Nous ne sommes donc pas  à l’abri d’un nouvel  incendie, sauf que nos pompiers qui avaient été à l’oeuvre avec succès en 2007, la  Fed et la BCE, aujourd’hui  n’ont  plus d’eau car elles ont pratiquement épuisé leurs réserves !

Le  pire n’est pas toujours certain, heureusement ! Quoique ….

 


TRUMP RABAISSE L’AMERIQUE !

U-s-republican-presidential-candidate-donald-trump-speaks-tDonald Trump

 

Il voulait faire l’Amérique « Grande à nouveau » !  

En ce jour anniversaire du débarquement en Normandie, force est de constater que le passage de Trump sur le continent la semaine passée et sa  déclaration de sortie de  « l’Accord de Paris » sur le climat, ne grandissent pas son pays. Il  a peut-être rendu un fier service à l’Europe, mais certainement pas à l’Amérique. On est  loin de la nation qui sacrifiait  ses soldats sur les plages de Normandie pour défendre la cause de la liberté sur  la  planète.

Télé-réalité populiste pour Président showman.

Donald Trump a donc annoncé que, fidèle à sa promesse de campagne, il sortirait les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Il a fait son pied de nez au monde entier avec une mise en scène digne d’un show de télé-réalité, dans le décor de la roseraie de la Maison Blanche, sous un beau soleil de juin, et après une intervention frisant le ridicule de son vice-président, Mike Pence. Il a fait du Trump ! Jamais il ne s’est si bien retrouvé que dans cette énorme provocation à l’égard de tous les chefs d’État ou de gouvernement, jamais la négation et la contestation ne lui ont paru aussi agréables et peut-être voluptueuses, tant il aime jouer ce genre de rôle, alors même qu'au fond, c’est un acte de barbarie à l’égard du climat qu’il vient de commettre au nom de la première puissance du Monde.

Il  n’est pas quitte pour autant.

Les 194 autres pays qui se sont engagés à signer ces accords ne sont pas prêts à se laisser faire comme ça. La réaction de l'Allemagne, de la France et de l'Italie, a été immédiate : les trois pays ont souligné que le texte de Paris n'était pas renégociable. La condamnation de la décision américaine est mondiale, à l'exception du Royaume-Uni, trop soucieux en plein Brexit d'égratigner sa relation qu'il croit privilégiée avec l'Amérique de Trump, et de la Russie de Poutine - dont un des grands axes diplomatiques parait être d'encourager l'homme de Washington à persévérer dans tous les errements susceptibles d'affaiblir la prééminence américaine et la solidarité du camp occidental. A l'intérieur même des Etats-Unis, la moitié des Etats américains sont engagés dans une politique environnementale exigeante qu’ils ne voudront pas réviser et les premières réactions des hommes politiques et des hommes d’affaires montrent que les investissements dans les énergies propres seront maintenus. Trump vient de creuser un peu plus le fossé entre son administration et l'ensemble des élites américaines. Les quelques grands patrons qui acceptaient encore de siéger dans des instances de conseil au chef de l'Etat, à l'image d'Elon Musk, le PDG de Tesla, ou de Bob Iger, celui de Disney, ont très vite fait part de leur retrait. Des Etats, comme la Californie, ont déjà prévenu qu'ils continueraient de combattre le réchauffement climatique en respectant la feuille de route de Paris.

Avec Trump, l’Amérique sort de l’Histoire !

Dans l'immédiat, le choix de Trump aura peu de conséquences pour la mise en place de l'accord sur le climat, mais il risque fort de l'affaiblir et de l'isoler un peu plus sur le plan international, notamment face au rival chinois, et sur le plan intérieur, au moment où il fait l'objet d'enquêtes embarrassantes des services secrets. L’absence américaine de l’accord international sera encore plus compliquée à gérer que sa présence. C’est qu’il ne peut pas partir en claquant la porte, il est tenu par les termes de l’accord d’appliquer une procédure qui court jusqu’en 2020, date à laquelle il risque de ne pas être réélu. Avec une inconséquence de république bananière, M. Trump ne cherche même pas à calculer les retombées très nuisibles, sur les plans climatique, diplomatique et économique, d’une décision dont il sait peut-être lui-même qu’elle est absurde. Quelle logique pourrait en effet expliquer ce recul historique incroyable, sinon la volonté de réaliser tout ce qu’il a dit et promis pendant sa campagne, de jouir de ces mensonges et ces justifications fallacieuses qui plaisent tant à son électorat.

Le coup du climat, c’est du pur Trump !

 


TRUMPERIE : LE JOUR D’APRES …

Drapeau américain

Vus d’Europe, les Etats-Unis ne sont pas un pays toujours très compréhensible, tant nos cultures sont différentes. Je suis notamment toujours très perplexe devant l’obscurantisme de millions de citoyens qui nient les travaux de la paléontologie et se réfugient dans un créationnisme rétrograde et fondamentaliste, sans parler des multiples sectes qui pratiquent un communautarisme proche de la  ségrégation, qui vouent aux armes un véritable culte, et dont la culture se limite  trop souvent à l’horizon de leur petit état. Mais je reconnais que mon jugement est probablement superficiel. Je suis effrayé à l’idée que ce qui s’y passe pourrait préfigurer notre avenir à plus ou moins long terme.

Arrêtez de prendre le citoyen lambda pour un ignare boiteux !

Depuis hier, dans les journaux  on « décrypte », comme si les  bulletins « Trump » avaient été écrits en hiéroglyphes. Les rois de l’analyse décrypte ce qui, finalement, était évidemment... évident et auraient dû sauter aux yeux : le rejet des élites, la déconnexion de la classe politique et du monde médiatique avec la réalité de l'Amérique, la faillite des sondeurs (récurrente aux US), la révolte des « petits blancs », la précarité galopante…Chacun y va de son argumentaire. Bref, tout était prévisible ! Et, tenez-vous le pour dit, cela vaut pour la France : Juppé devrait baliser et Dupont Aignan se voit déjà en Président !!! Etonnant cette facilité avec laquelle on nous explique maintenant que l'élection de Trump était finalement évidente.  Mieux, on nous explique même que la présidence de Trump est en fait une super nouvelle pour l'économie des États-Unis et l'économie mondiale, et donc pour les marchés. "L'effet récessif des barrières douanières ? - A la trappe !" Mouais, encore faudrait-il accepter de se fier à une bourse sous la morphine de l’argent pléthorique dont le robinet n’est pas encore fermé et qui la maintient en état second !

Trump est un président mal élu.

La participation électorale américaine a été d’environ 55%. C’est le taux le plus bas depuis le duel entre George W. Bush et John Kerry en 2004. Ce record signifie que seulement un quart des Américains (26,4%) inscrits sur les listes électorales a voté pour Donald Trump. Son adversaire a  même fait près de 200 000 voix de plus que lui. Cela ne lui permet pas de contester l’élection,  mais doit être pris en compte quand on sait que celui qui gouvernera bénéficiera des pleins pouvoirs avec les majorités acquises dans les deux chambres et même les nominations  à la cour suprême. Ce type de configuration est extrêmement rare, la constitution américaine étant faite justement  pour la rendre quasi impossible. Donc Trump est mal élu mais dispose d’un large pouvoir. Il n’aura pas d’excuses s’il n’applique pas son programme. C’est une leçon pour tous les abstentionnistes, notamment les jeunes et peut-être beaucoup de noirs déçus d’Obama,  qui sont peut-être parmi les manifestants qui protestent alors qu’ils ont perdu leur droit de contester. L’abstention est toujours une lâcheté qui se paie au prix  fort.

Le programme de Trump.

Parmi les premières décisions que Donald Trump a promis d’adopter dès sa prise de fonctions, figure la suppression « d’Obamacare », la réforme-phare de l’administration Obama. Une priorité à l’ordre du jour confirmée hier par le chef de l’opposition républicaine au Sénat Mitch Mc Connell.

Voici en résumé les grandes lignes du programme. Réalisable, pas réalisable ?

  1. Il est contre le traité Trans-Pacifique et veut modifier le NAFTA avec le Mexique et le Canada.
  2. Il veut rompre l'accord avec l'Iran, se rapprocher de la Russie et remettre en cause le traité de l'OTAN.
  3. Il veut supprimer l'Obamacare (cf. ci-dessus).
  4. Il veut réduire drastiquement les impôts, notamment pour les entreprises (15%).
  5. Il veut une Cour Suprême beaucoup plus conservatrice.
  6. Il veut annuler l'accord sur le climat de la COP 21.
  7. IL veut construire un mur avec le Mexique, bannir l'immigration des Musulmans et expulser les 11 millions d'immigrants sans-papiers.

Dans son discours d’acceptation, il a annoncé qu’il allait doubler la croissance aux Etats-Unis. Comme il vient de gagner, il y aura bien sûr des gens assez naïfs pour le croire. Cela veut dire que le candidat qui a raconté un peu tout et n’importe quoi pendant la campagne continue à mentir et à annoncer des lendemains qui chantent. Il  met en avant comme arguments ses qualités de gestionnaire de l’économie. Le fait qu’il soit milliardaire n’est pourtant pas une garantie suffisante quand on sait qu’il ne connait absolument rien aux rouages de l’Etat américain. La preuve en est que c’est son Vice- Président, Mike Pence, qui va prendre en main la lourde charge des « dépouilles ». Trump est d’autant moins préparé à la tâche qui l’attend qu’il n’avait pas même songé à former son équipe de gouvernement.

Promesses, promesses … et réalité.

C’est un peu un inventaire à la Prévert : en vrac, la baisse des impôts pour les riches et les entreprises, dont on ne sait pas comment elle sera financée, les grands travaux (l’Amérique en a bien besoin tant ses infrastructures ont vieilli) dont on ne sait pas non plus comment ils seront financés, une plus grande liberté laissée aux entreprises, dont on ne sait pas comment elle se traduira en matière d'emplois… Tout ce qu’on ne réalisait pas jusqu'à hier devient possible comme par magie et constitue désormais d'excellentes nouvelles.  Du coup, après sa chute brutale de la nuit électorale, le dollar a retrouvé de belles couleurs avec un euro à 1.0940 $ et il s'est envolé contre le yen à 105.40 yens. L'or a régressé mais reste tout de même très proche des 1300 dollars, preuve que tout le monde ne croit pas au scénario qu'on veut nous vendre. Quant au pétrole, il reste au-dessus des 45 dollars. On peut même se mettre à nouveau à attendre les réunions de la FED, car il n’est  pas certain que les taux remontent à la fin de l’année… Pour l’instant le nouvel élu a d’autres chats à fouetter : il travaille à constituer son cabinet, et ça n’est pas rien. Ah, j’allais oublier : il a eu une conversation de huit minutes avec le Président français ! Enfin, pour terminer sur une note concrète, le Canada contrôle un peu plus ses frontières. En effet, de nombreux Américains affolés par la victoire de Donald Trump cherchent à rejoindre le pays de Justin Trudeau, au point d’avoir fait sauter le site de l’immigration d’Ottawa mercredi matin. La confiance règne !

 

 


DETRUMPEZ-VOUS !

Donald Trump

 

Seul contre tous !

Vous savez  ce qu’a fait Donald ( pas  le copain de Mickey,  l’autre) quand il a vu qu’il gagnait ? Il a ri ! (ouaf , ouaf, !).  Celle-là, depuis le temps qu’elle attendait, il fallait que je la fasse (de rat, dit le Chinois). Bon, reconnaissons que l’hypothèse de Fiorentino du Trump qui ne voulait pas gagner a  fait « splash ! ». On a beau détester le personnage et ses idées nauséabondes, il faut reconnaître le talent de l'artiste  et son énergie à 70 ans (ça, ça peut rassurer Juppé). Le  grand  blond a gagné seul, sans aucun appui, même pas celui de son parti. Le  fait est qu’il  s’est retrouvé seul contre tous : contre les Démocrates, contre les leaders de son parti, contre Obama, contre les élites, contre Wall Street, contre Hollywood, contre la Silicon Valley, contre l'Europe et même contre Jay Z et Beyoncé… C’est tout dire ! Il est tellement seul qu'on se demande même avec qui il va gouverner. Enfin seul n’est peut-être pas le bon mot. La vodka doit probablement couler à flots au Kremlin et wikileaks sabrer le champagne.

Pourquoi Trump ?

Les  docteurs en sciences politiques vont nous expliquer doctement (forcément) qu’il faut y voir là la grande colère des peuples, contre  la  globalisation, la mondialisation, patin-couffin… avec Marine Le Pen en première ligne suivie de la Méluche et pourquoi pas de notre Nicolas. Chacun veut y voir ce  qui l’arrange. C’est un peu faire fi de la réalité. La colère rend aveugle : en voilà un bon exemple.  Oui,  il y a une partie des américains qui est en colère : ce sont les « petits blanc » de la classe  moyenne qui n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de vie d’avant la crise de 2008 et qui en ont payé largement le prix en déclassement social. Ceux-là ont été sensibles au discours populiste du candidat milliardaire, sans se rendre compte qu’ils seront les premiers à payer le prix de ses promesses. Mais, numériquement ils ne sont pas assez nombreux pour avoir fait gagner leur candidat. L’élection de Trump est donc un ultime avatar de 2008 et des subprimes. Est  venue s’y ajouter la déception des deux mandats Obama. Celui-ci n’a  pas  pu aller au bout de ses projets, empêché par un Congrès républicain qui n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues. Les noirs et les latinos se sont probablement davantage abstenus et c’est autant de voix en moins pour Hillary. Enfin, dernière raison, les Démocrates ont présenté en face de Trump, une candidate usée par quarante ans de vie politique.  Et en plus, elle a eu le grand tort d’être une femme. Dans un pays encore très macho, c’était évidemment un handicap.

A quoi faut-il s’attendre ?

D’abord, que Trump sera rattrapé par la réalité. Il a déjà changé de discours. Le roi de la « télé réalité » n’a pas son pareil  pour changer de pied.  Dans son discours de nouveau président, il a changé diamétralement de ton à l’égard de sa concurrente qu’il traînait naguère dans la boue. Comme Reagan dont l’élection avait été l’objet de quolibets sur son incompétence, et qui s'était révélé ensuite un bon président, peut-être y aura-t-il une surprise Trump ? Cependant son programme, s’il est appliqué peut provoquer bien des dégâts. Si on se demande encore s'il y aura un « hard Brexit » ou un « soft Brexit », il ne peut y avoir qu'un « hard Trump ». Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n'a jamais été soft pendant sa campagne et on voit mal comment il pourrait le devenir alors qu'il devient le maître du monde. D’autant plus qu’il a remporté non seulement l’élection présidentielle  mais obtient en sus la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Il pourra gouverner avec les deux chambres et disposera donc de tous les pouvoirs. L'Europe a déjà du mal à se faire  à l'idée de quatre ans de présidence Trump. Sa victoire doit être vue côté européen comme une très grande urgence maintenant pour nous de prendre en main notre propre destin, notre propre défense et donc notre propre politique étrangère. Nous n’avons que trop tardé, il faut rattraper ce retard. Le contraire de ce qui réjouit MLP. Les Mexicains verront peut-être s’ériger le mur de six mètres de haut le long de leur frontière. Quant au Canada, il va devoir réfléchir à la nécessité de construire son mur, lui aussi, tant le flot de « migrants » américains risque de le submerger.

Conclusion (provisoire).

Ce qui s’est passé aux Etats-Unis dans la nuit de mardi à mercredi est sans précédent. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de majorité, il s’agit aussi du basculement d’un peuple de 330 millions d’habitants dans une orientation politique inédite et aventureuse. Les solides institutions américaines sont maintenant au service d’une vision originale, mais qui reste aussi inquiétante aujourd’hui que lorsqu’elle était énoncée pendant la campagne électorale. Donald Trump a prouvé des centaines de fois qu’il était imprévisible et bien que l’exercice du pouvoir soit de nature à le normaliser, on peut craindre qu’il mette en oeuvre les idées, souvent inapplicables, qu’il n’a cessé d’exposer.

Sa victoire est une surprise pour le monde entier. Des politologues très sérieux, d’excellents experts de la politique intérieure américaine, l’ensemble des gouvernements européens, ceux du Proche-Orient et de l’Asie, notamment du Japon, n’ont pas cru qu’elle fût possible. Elle reste aussi une humiliation pour le parti démocrate, pour son électorat, pour la presse et les sondeurs. Tous souhaitaient le succès de Hillary Clinton, peut-être parce qu’elle appartenait au monde connu. Alors, si une erreur d’analyse a été commise, elle est partagée par des centaines de millions de personnes. A un détail près quand même, toute l’Amérique n’est pas derrière le vainqueur, loin s’en faut, malgré sa défaite Hillary Clinton a fait 180 000 voix de plus que lui, ce qui peut générer une hostilité dans la rue,  compte tenu de la violence de la campagne. Il n’empêche, tout le  monde est saisi d’inquiétude, et même d’angoisse, comme en témoigne les titres de la presse en France. Donald Trump a tout à fait le droit de savourer son triomphe, celui-ci n’en est pas moins perçu comme un désastre.

L’argument de la colère n’est guère convaincant, parce que s’il existe un pays plein d’opportunités, où tout le monde peut se faire encore une place au soleil, c’est bien l’Amérique que laisse Obama. Non, ce n’est pas la colère du peuple qui a triomphé de la sagesse conventionnelle. C’est le populisme qui profite de la fragilité des démocraties. C’est la liberté, qui permet à chacun de jeter son bonnet par-dessus les moulins, la liberté d’un Trump qui a pu dire tout et n’importe quoi pour l’emporter, cette liberté des électeurs qui votent non en fonction d’une analyse, mais de leurs émotions. La démocratie de Madame Michu, en quelque sorte, celle du peuple contre les élites, celle qui proclame la supériorité de l’électeur sur l’élu… Le peuple le veut, courbons l’échine ! C’est toujours comme  cela que se terminent les expériences populistes. 

Voilà une leçon que les Français feraient bien de méditer pour 2017 avant de voter Macron ou Le Pen ...

 

 


UNE DICTATURE FASCISTE A LA PORTE DE L’EUROPE !

Erdogan

 

C’est un véritable régime fasciste  qui s’est mis en place en Turquie. 

Plus rien ne retient Erdogan depuis le pitoyable  coup d’état de l’été dernier. Celui-ci sert de prétexte  à  la  plus épouvantable répression qu’un pays puisse connaître.  Les purges sont menées au mépris des règles démocratiques les plus élémentaires et des conventions internationales.  Ce sont 160 médias qui ont été fermés, 35 000 personnes arrêtées,  des milliers de fonctionnaires révoqués, les  journalistes et les universitaires particulièrement ciblés et maintenant les dirigeants du principal  parti d’opposition pro kurdes placés en garde-à-vue. Le tout sur fond de manifestations « spontanées » de  soutien au président, qui promet  le rétablissement de la peine de mort et tient un discours inquiétant quant à l’histoire et aux frontières du pays. Tout cela rappelle aux anciens de sinistres souvenirs  de  « bruits de  bottes » en Europe, qu’il s’agisse  de  l’Espagne, de  l’Italie ou de l’Allemagne.  Vous voyez ce que je veux dire.

L’Europe regarde ailleurs.  

C’est pourtant un pays qui négocie son adhésion pour entrer dans l’Union. Du moins  parait-il  …  Angela Merkel est « alarmée » : on le serait à moins.  L’union européenne se dit « extrêmement inquiète » : avouez qu’il y a de quoi !  Mais que fait-on ? Federica  Mogherini (notre chef de la diplomatie de l’Union pour ceux qui ne le savent pas) n’a  prévu qu’une réunion des  ambassadeurs auprès d’Ankara. Bien faible protestation, Erdogan aurait tort de se gêner.  Même le gendarme américain  « profondément  préoccupé » n’envisage aucune sanction.  Bref, tout le monde fait profil bas. L’esprit de  Munich prévaut face au nouveau grand Mamamouchi qui nous nargue, sachant très bien qu’il a en main bien plus de  possibilités de représailles que les occidentaux n’ont de sanctions. 

Le chantage aux migrants.

C’est que Bruxelles ne tient pas  à ce qu’Ankara dénonce l’accord signé en mars qui permet de juguler l’arrivée des migrants du côté turc. La Turquie tient en main l’un des robinets migratoire et se sert de la crise des réfugiés pour faire du chantage.  L’Union européenne a aussi besoin de la  Turquie pour combattre Daech. Même si celle-ci ne joue pas un jeu très clair et en profite, au passage, pour régler quelques comptes  avec les Kurdes. Elle reste néanmoins une base arrière occidentale, à proximité de la Syrie, en mettant à disposition la base aérienne d’Incirlik.  Qu’on le veuille ou non,  elle reste un partenaire politique et il serait dramatique qu’elle se tourne vers  la Russie. D’où la prudence des Occidentaux.  Mais enfin, la faiblesse n’est jamais une bonne solution.

Une Europe impuissante.

Nous mesurons avec le jeu d’Erdogan toute l’absence d’autorité et de leadership d’une Europe livrée à elle-même et incapable de se projeter. Entre les sanctions russes et l’absence de réaction face aux Turcs, elle montre un vide existentiel.  L’Europe  n’a pas de politique extérieure. Et la France est bizarrement  très silencieuse,  elle si prompte habituellement à défendre les Droits de l’Homme. C’est que Pépère est plus préoccupé par sa candidature et trop occupé à inaugurer les chrysantèmes. Membre de l’Otan, membre du Conseil  de l’Europe, en négociation d’adhésion avec l’Union, la  Turquie est censée respecter les valeurs et les libertés fondamentales, qu’il s’agisse de la liberté  de la presse ou de l’interdiction de la peine de mort. Si Erdogan n’en a cure, alors il faut en tirer  les conclusions et les assumer. Seule l’Autriche est prête à siffler la fin de la partie en suspendant les négociations. Pour l’instant, les autres capitales ferment les yeux. Comme pour « Munich » : la lâcheté ne sera pas sans conséquences et nous aurons de toute façon le déshonneur. Nous n’avons en effet rien de bon à attendre d’un régime islamo-fasciste installé à notre porte.

 


V0US NE LE SAVEZ PEUT-ETRE PAS

Clown

Politique

Paris « Bateau ivre »

La maire bobo n’y va pas par quatre chemins. Après avoir modifié le nombre des élus des arrondissements, elle continue d’utiliser le logement social pour modifier la sociologie de la capitale à son avantage.

Paris, place financière… hum !

C’est le rêve de nos gouvernants : profiter du Brexit pour récupérer les établissements financiers tentés de fuir la capitale britannique, et il y en a. Alors pourquoi Sapin-les-bas-roses a-t-il augmenté la taxe « Tobin » sur les transactions de 0,2% à 0,3% ? Mais pour faire plaisir à sa gauche ! La place de Paris est « groggy » !

La France championne !

Notre pays est le champion incontesté des dépenses sociales avec 31% du PIB. C’est un rapport de l’OCDE qui le constate. Et on ne pourrait pas tailler dedans ? Comment donc font nos partenaires européens ?

Juteuse BPI

La Cour des Comptes pointe la Banque Publique d’Investissement, ce machin inventé par la gauche pour aider les entreprises à investir, et dont la Royal présida un temps aux destinées, me semble-t-il. On y vit très bien. Certains cadres ont vu leur salaire augmenter de 40% entre 2012 et 2015 nous dit l’institution de la rue Cambon. A titre indicatif, le Directeur Général émarge à 450 000€ . Quand même ! De quoi faire baver un patron de PME.

La distribution continue

Notre hypo-président-en campagne ne fait pas que des discours que personne n’écoute. Il continue de faire des chèques en bois que la majorité suivante devra solder. Ainsi il est arrivé à je ne sais quel congrès avec 1 milliard de plus pour l’ANRU (Agence Nationale de Rénovation Urbaine) déjà dotée de 4 milliards. Même pas certain que ça rapporte des voix !

Les dégâts de la fin de règne

Ils commencent à être considérables : la présidence est complètement déconsidérée, le PS ne sait plus où il habite tant chaque jour apporte son lot de chamailleries. Le « Sicilien » qui préside l’Assemblée fait une guerre ouverte au chef de l’Etat depuis qu’il a lu son jugement peu amène sur sa personne. Cambadélis lui-même est « flottant ». La vipère de la rue de Grenelle, qui a découvert qu’elle n’était pas une intellectuelle (nous on le savait), est vexée et a disparu des écrans radars. Et même le Manolito  qui dit publiquement avoir honte du Président, c'est du jamais vu ! Tout cela ne serait pas si grave si parallèlement la France n’était pas tournée en ridicule sur la scène internationale. Le bilan se résume de plus en plus en deux mots : déconsidération et gabegie.

Société

Mais la gauche utilise jusqu’au bout le pouvoir législatif pour faire passer un maximum de ses lubies idéologiques. Ainsi grâce à la dernière loi qui vient d’être votée les « trans » pourront changer de prénom sans changer de sexe et se déclarer homme ou femme sans modifications physiologiques, si bien qu’une femme déclarée « homme » pourra accoucher et donner vie à un enfant qui aura ainsi deux pères !!! Je n’invente rien. On ne marche pas un peu sur la tête ? Le lobby LGBT est satisfait. Des voix en plus ?

Allons voir ailleurs

Vraie baisse du chômage !

On continue à pinailler en France à coup de microscopes pour tenter d'entrevoir un retournement de tendance sur l'emploi. L’Elysée a même demandé une présentation de la courbe qui montre davantage « l’inversion » !!! Hier l'Espagne a annoncé que pour la première fois en 6 ans son taux de chômage était tombé en dessous de 20% et que 480 000 emplois avaient été créés en un an. Des vrais emplois, ni aidés, ni d'avenir. Indiscutable. Taux de croissance : 2,3% … En France, on a 0,2% de croissance au 3ème trimestre… on fera peut-être 1,2% sur l’année (au lieu de 1,5% prévu) avec à la clé un surcroît de déficit (si Sapin le reconnait, il faut qu’il soit vraiment désabusé)… Et pour qui la facture supplémentaire ?

Chinoiserie !

Xi Jinping s'est fait donner les pleins pouvoirs. Ce n'est plus le parti qui dirige. C'est lui et lui seul. Ça s'appelle une dictature. Vous allez me dire, ça ne change pas grand-chose. Quand même ! Mais chut, pas un mot. Ne dites rien car votre boîte pourrait demain être achetée par des Chinois (en ce moment, ils achètent tout) et vous pourriez le regretter.

 


POUR COMPRENDRE UN PEU : CHINE, ARABIE, TRUMP ET… DUFLOT !

Tintin étoile

 

Bulle immobilière en Chine.

Elle  est bel et bien là, nous dit Wang Jianlin, magnat de l’immobilier, et est même selon lui « la  plus grande de l’histoire ». Impossible, en effet, de ne pas s’en rendre compte, l’immobilier chinois a été pris de folie depuis l’automne 2015.On assiste à des progressions stupéfiantes des prix, alimentées  par  la spéculation. La situation est le sujet le plus inquiétant pour les banques chinoises qui redoutent un éclatement de cette bulle. Le gouvernement chinois est sur la corde raide car ses marges de manœuvre sont très étroites, tant l’économie du pays est dépendante de l’immobilier et de la construction qui pèsent près de 15% du PIB. D’ailleurs, si les autorités disent tenir le cap, les résultats sont en grande partie artificiels et fragiles.  L’objectif d’une hausse du PIB de 6,5 à 7% sera peut-être atteint cette année, mais il reste historiquement faible. Ce chiffre ne dit pas grand-chose sur l’état réel de la santé de l’économie chinoise. La deuxième puissance économique mondiale qui cherche toujours à basculer vers un modèle de développement davantage alimenté par  la consommation et les services traverse toujours une période délicate. La dette a dangereusement augmenté avec la relance à tel point que la Banque des Règlements Internationaux (BRI) a alerté le mois dernier d’un risque de crise financière. Même le pays le plus dirigiste du monde n’arrive plus à diriger !  Voilà ce qui arrive quand on flirte avec ce maudit « capitalisme » …

L'Arabie Saoudite est à la manoeuvre.

Si sur le terrain militaire, son action est désastreuse et condamnable, notamment au Yémen, sur le terrain des marchés, elle fait preuve d’un sacré savoir-faire. Hier elle a finalisé son emprunt sur les marchés en levant 17.5 milliards de dollars, tout en réussissant à faire doubler le cours du pétrole en quelques mois. Le succès de cet emprunt est déjà impressionnant puisque c'est la plus grosse levée d'un pays émergent. Il y a en ce moment, de façon générale, une véritable ruée sur les emprunts des pays émergents et les investisseurs se sont rués sur l'emprunt saoudien pour lequel ils auraient voulu prêter 67 milliards de dollars : il n'y en a pas eu pour tout le monde. Ce succès s’explique par la course hystérique au rendement dans des marchés à taux zéro ou négatifs. L'Arabie Saoudite a offert des taux respectivement à 2.60% pour le 10 ans, 3.41% pour les 20 ans et 4.63% pour les 30 ans. Rappelons toutefois que le royaume est très peu endetté et qu'il y a une garantie de fait de cet emprunt par les réserves immenses de pétrole. Pétrole dont le prix a encore progressé hier et ce ne n'est pas une coïncidence. Après avoir provoqué l'écroulement du pétrole jusqu’à 26 dollars, l'Arabie Saoudite joue, directement ou à travers l'OPEP, désormais la hausse du pétrole. Pour elle,  l'objectif était de favoriser, avec un cours plus élevé, le succès de l’emprunt mais surtout faciliter l'introduction en Bourse de l'Aramco, la compagnie pétrolière nationale. Que ce soit sur les cours du pétrole, ou sur les marchés, la jeune génération de dirigeants saoudiens fait un sans-faute. Tout le jeu va consister maintenant à contenir le pétrole dans une fourchette entre 50 et 60 dollars, suffisamment haut pour lever de l'argent, mais pas trop pour ne pas favoriser le retour massif du pétrole de schiste américain. On disait le « nomadisme pastoral » reposant sur la spéculation. Voilà un sacré exemple de reconversion !

Trump n'a jamais eu l'intention d'être président.

Au contraire il cherche à cliver et ne vise que la classe moyenne blanche. Son futur marché. Ceux qui le connaissent affirment que sa stratégie consiste à attirer à lui la classe moyenne blanche avec laquelle il ne peut pas gagner arithmétiquement les élections, mais qui constituera un formidable bassin d'audience et une formidable clientèle pour un média. Le Financial Times vient en effet de révéler que le gendre de Donald Trump négocie depuis plusieurs mois avec des groupes de médias pour la création ou l'acquisition d'une chaîne ou d'un ensemble de chaînes « Trump », soit en streaming avec abonnement sur Internet, soit sur le câble. Le candidat pseudo Républicain serait aussi en discussion, selon le Wall Street Journal, avec Roger Ailes, l'ancien patron de la chaîne Fox News, qui fait campagne pour lui. Pendant toute sa carrière, Trump n'a eu qu'un objectif : valoriser de façon obsessionnelle sa marque. Et avec la campagne présidentielle,  il a pu l'afficher dans tout le pays pour un investissement minime avec un impact maximal. La vérité c’est que son business traditionnel n'était plus porteur depuis longtemps et il veut faire maintenant la culbute dans les médias. Il est  en train de construire un média puissant d’opposition qui prospérera pendant le mandat d'une Hillary Clinton qui démarrera déjà avec un taux-record d'impopularité.Trump est en train de réaliser le plus beau coup de sa vie.On se disait aussi !

Une belle gamelle pour Duflot.

Elle n’a pas sa place ici, car c’est lui faire beaucoup d’honneur. Mais je ne résiste pas au plaisir. La naufrageuse  de notre immobilier a été lamentablement éliminée de la primaire des Écologistes. Elle n'est arrivée que 3ème au 1er tour. Même les écologistes ont été capables de comprendre que si elle appliquait au parti les mêmes méthodes que celles qu’elle a appliquées pour le logement, le parti aurait dû fermer ses portes. Les eurodéputés Yannick Jadot (35,61 % des suffrages) et Michèle Rivasi (30,16 %) sont arrivés en tête du premier tour. L'ancienne ministre, qui n'arrive qu'en troisième position avec 24,41 % des voix, s'est dit « déçue »,  elle qui avait fait des efforts pour poser sa voix et changé de « look » pour un « profil » dit « femme d’Etat. Elle peut aller se rhabiller  et reprendre ses tenues éocolo-bobo. « Nous avons besoin d'une candidature écologiste qui tienne bon dans la tempête de 2017. Chacune et chacun fera son choix entre les deux candidatures arrivées en tête. Pour ma part, je soutiendrai comme je m'y suis engagée celle ou celui qui sera désigné », assure celle qui était donnée favorite, en promettant d'être au « rendez-vous de tous les combats pour l'écologie ». Elle n’a pas encore compris qu’on pouvait se passer d’elle !

 


EST-ON VRAIMENT GOUVERNE ?

Hollande grimace

 

J’avais déjà mon idée sur le sujet mais je n’attendais pas une telle confirmation : celle d’un chef de l’Etat qui s’interroge publiquement s’il doit recevoir un autre chef d’Etat, surtout quand il s’agit de la Russie ! Et surtout quand on affiche un désaccord important avec elle au sujet d’Alep, et après avoir proposé  une motion au Conseil de Sécurité de l’ONU repoussée par le véto russe.  Jamais on n’aura vu couille molle aussi haut placée, proposant son indécision à l’opinion publique comme si elle pouvait le soulager de la trouille qu’il affiche au moment  où il le fait.  Hollande-Poutine me fait penser  irrésistiblement à la séquence du Corniaud (sic)  « De Funès-Duranton dans les douches ». Sauf qu’il  n’y a rien de comique. On n’est pas gouverné !  Se demander s’il  est utile et nécessaire de recevoir Poutine au moment où ses chasseurs bombardiers écrasent les habitants d’Alep sous leurs bombes, parlant même de crime de guerre en sous-entendant qu’il pourrait avoir à en payer la responsabilité devant la Cour pénal internationale est d’une rare inconséquence.  C’est une attitude incroyable.  On attend d’un chef d’Etat qu’il ait des positions fermes et qu’il  négocie avec son interlocuteur. Pas qu’il  pérore publiquement sur sa propre indécision. Les états d’âmes de Hollande sont évidemment dictés par sa posture de candidat qui doit faire le grand écart entre le moralisme que lui impose la gauche et le réalisme pragmatique dont il devrait faire preuve. On imagine le grand éclat de rire du maitre du Kremlin  en apprenant cette gaudriole. D’ailleurs, on vient d’apprendre que le Président russe ne viendra pas à Paris le 19 octobre. Il n’a en effet rien à y faire. Une belle  occasion manquée pour la France de faire entendre sa voix. Elle est ridiculisée un fois de plus. Une preuve de plus que le pingouin n’est pas à sa place ! Et il en redemanderait ?

L'enfer va encore durer six (longs) mois  !

 

 


ALERTE ! LA FINANCE EST DEVENUE FOLLE !

Planche à billets

 

Les taux bas éreintent le modèle  du livret A, refuge privilégié de l’épargne des Français ; les taux négatifs laminent les banques européennes malmenées en bourse et dont certaines ont perdu jusqu’à 25% de leur valeur…

L’arnaque avec un « A ».

Ce que font aujourd'hui les banques centrales et les États dépassent toutes les arnaques financières les plus célèbres et les plus sophistiquées, par leurs montants et par le silence assourdissant des gouvernements qui en profitent. Ce sont des centaines de milliards qui sont en jeu. En Europe, la BCE et les banques centrales ont mis en place un mécanisme d'une subtilité et d'une perversion rarement atteintes.

Accrochez-vous !

Prenons l’exemple de la BCE (Banque centrale européenne) et de la France. La BCE rachète massivement des emprunts d'État. La première conséquence est simple à comprendre : les taux des emprunts d'État baissent, et du coup le service de la dette et son coût pour l’État chutent. Le but était d'aider les États européens pour que les gouvernements utilisent ce bonus pour réformer,  mais on a observé qu’en France c'est l'inverse qui s'est produit : la baisse des taux a été une prime à la paresse et tout le monde parle déjà de relance alors qu'on n'est même pas passé par la case « austérité » comme l'Allemagne. La France aurait dû profiter de cette aubaine pour apurer ses comptes mais elle ne l’a pas fait.

Attention ça se corse !

En fait, aujourd'hui, quand la France emprunte, c'est donc la Banque centrale européenne qui lui prête. C’est ce qui ressort  de ce qu’on vient d’expliquer, c’est simple à comprendre. Mais la BCE n'est pas sortie de nulle part : elle est bien la « banque centrale » des « banques centrales nationales » (dont la Banque de France) qui dépendent totalement elles-mêmes des budgets des États européens. Vous suivez ? Autrement dit et pour faire simple, lorsque le gouvernement français emprunte de l'argent, c'est en quelque sorte le gouvernement français qui lui prête. En fait, c’est un cercle totalement fermé. Vous trouvez ça normal ?

Bon,  prenons un exemple !

Supposons que  la France emprunte de l'argent à 0.50% par an. La BCE qui a acheté l'emprunt français touche donc 0.50% par an qui reviennent directement à la Banque de France en charge de la dette française. Et évidemment la dite Banque de France reverse ces 0.50% au budget de l'État. C’est ainsi que de 2005 à 2015 la Banque de France a encaissé 50 milliards d'euros qu'elle a reversés au budget de l'État. Et le plus drôle c'est que, soumise à l'impôt sur les sociétés, elle a payé un impôt à l'État français sur l'intérêt payé par l'État français. Kafkaïen ! 

Attendez, ça n’est pas fini !

Comme la BCE a épuisé le marché des emprunts d’Etats, elle rachète aujourd’hui des emprunts de grandes entreprises, pour continuer à déployer son Q.E (Quantitative Easing = planche à billets).  Les intérêts de ces emprunts vont aussi dans les caisses de l'État. Donc, c'est l'État français qui se prête lui-même de l'argent totalement artificiel et qui devient le premier prêteur aux plus grosses entreprises.  C’est la négation totale des lois du marché.  A côté, Madoff était un enfant de chœur.

Résultat des courses.

On ne sait pas combien de temps la plaisanterie va durer ni comment sortir de ce cercle vicieux. D’autant plus que le dispositif du Q.E. n’a toujours pas atteint son objectif principal qui est de relancer  la croissance européenne toujours mollassonne, pas plus qu’aux Etats-Unis où la Fed hésite toujours à remonter ses taux tant les signes de consolidation de l’économie sont peu convaincants. Le Japon connait pire et malgré l’enfoncement dans les taux négatifs, la banque du Japon n’arrive toujours pas à casser la spirale de la déflation. Entre le dollar, l’Euro et le Yen c’est une guerre des monnaies qui ne dit pas son nom. Toutes ces émissions de monnaie, au lieu d’alimenter l’économie réelle, vont grossir les milliards spéculatifs de la planète financière qui tourne de plus en plus follement (je vous expliquerai une autre fois comment), alternant périodes de calme relatif et d’affolement, au gré du prix du pétrole ou de la Chine, jusqu’au moment où le système bancaire exsangue et à bout de souffle s’écroulera, et  là … !

 


LE BREXIT, Y’A PAS DE MAIS QUI TIENNE, MAY… !

Brexit

 

Un gros coup de froid, mais pas de récession. La croissance du PIB britannique devrait atteindre 1,8% au lieu de 2,2% cette année, et 1% au lieu de 2,3% en 2017. L'activité continuera à souffrir en 2018 avec un taux de croissance attendu de 1,8% au lieu de 2,4%. Mais elle ne devrait pas entrer en territoire négatif. Il n'empêche : si ces prévisions s'avèrent exactes, le Royaume-Uni connaîtra l'année prochaine son taux de croissance le plus faible depuis 2009, quand il était frappé de plein fouet par la crise financière de 2008. Et même si le Brexit n'a eu, contrairement aux anticipations de tous, aucun impact important pour l'instant ni sur l'économie ni sur les marchés britanniques, le patron de la Banque centrale anglaise veut continuer à baisser les taux d'intérêt. Il n'est pas rassuré sur l'avenir et pense que le Brexit peut encore avoir des conséquences graves, avec un petit décalage dans le temps.

Perfide Albion.

Et pour cause, la mère Theresa Britannique a beau affirmer que le Brexit aura bien lieu, elle n’est surtout pas pressée de déclencher l’article 50 qui en signifierait concrètement la réalité.  Parce que pour l’instant rien n’a bougé, ou si peu. Pas question d’un second referendum ni de réintégrer l’Europe,  mais elle ne se hâte guère d’en sortir. Cette fermeté affichée cache mal le grand flou dans lequel se trouve le Royaume-Uni deux mois et demi après le vote. Si Theresa May affiche une telle détermination en apparence, c’est parce qu’elle doit encore donner des gages au camp des vainqueurs, dont elle ne fait pas vraiment partie. Mais surtout, Cette position prudente lui permet pour l’instant de ne pas dévoiler son jeu. Elle se garde bien de donner quelles que précisions que ce soit.

Sur le calendrier, d’abord. On sait seulement que la Première ministre a confirmé à plusieurs reprises qu’elle ne déclencherait pas la procédure de sortie de l’Union avant la fin de l’année. On ne sait pas si elle invoquera l’article 50 dès le début de2017, Ou si elle jugera plus prudent de laisser passer les élections françaises de mai, voire les élections allemandes de septembre.  De  quoi exaspérer ses (encore) partenaires européens.

Sur le fond, Theresa May entretient le flou le plus artistique. Depuis juillet, pratiquement aucune indication n’a été donnée sur le type de relation que la Grande-Bretagne souhaite nouer avec l’Union européenne une fois que le Brexit sera effectif. Seules deux grands lignes directrices transparaissent : Il faudra instaurer « un certain contrôle » sur l’immigration en provenance du continent, sans  donner plus de précisions,  et sauvegarder les relations commerciales de la Grande-Bretagne avec le reste de l’Europe, tant pour les biens que pour les services, en particulier les services financiers de la City. On croit rêver !

Brexit sans « brexit » si possible !

Conclusion : on voit bien qu’elle veut gagner du temps pour trouver le moyen de sortir si possible sans rien changer. Et pendant qu’elle fait  lanterner l’Europe, elle négocie des  accords  bilatéraux à  part. Le beurre et l’argent du beurre. La perfide Albion ne joue jamais franc jeu.

Combien de temps peut-elle tenir ? c’est que les pro-Brexit risque tout de même de se réveiller. La Grande-Bretagne doit aussi tenir compte de ses partenaires commerciaux qui commencent à s’impatienter, inquiets de l’impact de cette période d’incertitude sur leur propre économie. Et pas seulement les Européens. En marge du G20 la semaine dernière, le Japon a appelé Londres à clarifier la situation. C’est que les entreprises japonaises – Toyota, Nissan, Nomura… – emploient 140.000 personnes outre-Manche et vendent leur production sur le continent. La sauce douanière à laquelle ils vont être mangés les intéressent au plus haut point. May, mets ce qu’il te plait !  Eh bien non, elle ne pourra pas complètement ignorer ce genre de pression. Ni celle de la  Commission européenne qui est loin d’être dupe du jeu souterrain de la Première britannique.

Il n’y a pas  de « mais » qui tienne !

 


PUISQUE LA FRANCE EST EN GUERRE…

Laicite

 

Le Jihad est une guerre planétaire.

Le terrorisme islamique a choisi l’escalade dans l’horreur. Plus Daesh recule sur le terrain, plus  il s’active pour riposter avec son arme favorite, celle des lâches : l’attentat. Elle ne cessera de s’intensifier et pas seulement en France. Toute l’Europe est visée et les Etats-Unis aussi. Le  monde des « Croisés » en quelque sorte, mais notre pays est une cible prioritaire de ses actions depuis que l’Etat islamique recule au Moyen Orient.  Il s’attaque aussi bien aux musulmans qui ne se reconnaissent pas dans son sunnisme outrancier qu’aux peuples  dits  mécréants.  Si l’Etat islamique recule en Irak et en Syrie, il  progresse en Afrique et en Europe. Contrairement à ce que nous entendons souvent, il ne s'agit pas d'un conflit de civilisations – car il n'y a qu'une civilisation, celle qui va vers toujours plus de liberté, et pas l'inverse. Cette guerre a un objectif clair que nous devons garder à l’esprit : il s’agit de « liquider » -le mot n’est pas  trop fort- la civilisation et la démocratie qui va avec. Il s'agit de l'éternel conflit entre la civilisation et la barbarie. Il ne peut donc pas y avoir de compromis. Il nous appartient collectivement de faire  en sorte que ce ne soit pas nous qui disparaissions. Et il est grand temps de s’y mettre. Ce n’est pas trahir la démocratie que de lui donner les moyens de se défendre contre ceux qui instrumentalisent les Droits de l’Homme pour faire la promotion de l’islamisme. Ainsi, dans notre pays, selon une étude, un tiers des musulmans  accorderait à la « charia » une valeur supérieure aux lois de la République, et elle est appliquée déjà dans quelques villes comme Trappe (Yvelines) ou quartiers, territoires perdus de la République, sans parler des  provocations multiples qui défient quotidiennement les lois communes qui règlent notre mode de vie, comme en témoigne la polémique sur le « burkini ». Autant d’éléments qui créent ce climat de méfiance voire de défiance qui se répand parmi les Français non musulmans, bien que la grande majorité de leurs concitoyens musulmans aspirent à une vie paisible.

La guerre qu’il faut mener comporte deux fronts.

C’est d’abord une guerre matérielle, et la priorité consiste en premier lieu à compliquer la vie de ceux qui prétendent nous soumettre et pour cela de nombreux moyens sont encore à mettre en œuvre. C’est aussi une guerre idéologique qui ne combat pas avec des chars et des gardes nationaux mais avec l’arme de la citoyenneté et de la cohésion populaire autour des valeurs de la République et de la démocratie, et en ne cédant rien sur nos racines judéo-chrétiennes et notre identité spécifique. Cette double guerre, il faut la mener pleinement, d’autant plus que la France est la cible principale en tant que « pays-symbole » de l’universalité des Droits de l’Homme.

D’abord, réprimer et prévenir.

Il y a en effet urgence à entamer et amplifier les actions dans tous les domaines où l’Etat peut agir et faire appliquer la loi et prendre  les mesures préventives en en donnant les moyens aux forces de l’ordre et à la justice. Les terroristes ne sont pas des citoyens-délinquants mais des ennemis à abattre. Ce qui implique d’étendre  la rétention administrative en cas de risque terroriste et de durcir les peines frappant le trafic et la détention d’armes, de détruire les sites internet jihadistes et réprimer sévèrement leur consultation, réviser le droit de l’immigration et de l’asile en cohérence avec nos partenaires européens. Reprenons immédiatement la proposition d’Alain Juppé de créer un « délit de séjour ou de volonté de séjour dans les théâtres extérieurs où opèrent des groupes terroristes », ce qui permettrait d’engager des poursuites contre une bonne partie des « fichés S », et donc de les incarcérer. Ou encore, comme le proposent Nicolas Sarkozy et Les Républicains, « la mise en place d’un service de renseignement dans les prisons », lieux privilégiés de radicalisation. Et qu’on ne vienne pas nous dire que ça n’est pas opportun. Ce volet de la guerre ne peut être mené que par les pouvoirs publics. Puisque le Premier Ministre n’arrête pas de nous dire que nous sommes en guerre, à grand renfort de coups de menton, appliquons le « droit de la guerre » prévu dans la constitution, selon lequel quiconque professe une allégeance à l’Etat islamique est coupable « d’intelligence avec l’ennemi » : le code pénal sanctionne de 30 ans de prison. Il n’est nul besoin de légiférer en la matière. Arrêtons de penser que nous sommes impuissants.

Ensuite, mener la bataille idéologique.

Il y a aussi urgence  à réinvestir le  terrain de l’exigence dans le respect des lois de la République.  Partout et en tout lieu. Nous ne pouvons tolérer cette idéologie religieuse chaque fois qu’elle asservit la liberté au dogme, qu’elle récuse le savoir jusque dans nos établissements scolaires, qu’elle s’oppose  au progrès, qu’elle réduit les opposants au silence, qu’elle asservit les femmes, qu’elle  instrumentalise les enfants…  La France n’est pas une somme ni une multiplication de particularismes : « être Français » tient dans l’acceptation pleine et entière de la souveraineté de la France sur chacun de nous. Ce que les terroristes ciblent en visant notre société, c’est l’humanisme d’adhésion que la France représente et qu’elle porte universellement. Notre idéologie, celle des Droits de l’Homme, qui se veut universelle, doit se défendre contre l’idéologie d’une religion qui prétend à la même universalité.  Pour lutter, nous avons l’arme puissante de la laïcité et de la loi. Il suffit que nous décidions de nous en servir. Pas seulement au niveau institutionnel, où la volonté est  plus que jamais à affirmer. Cela exige notamment que notre administration arrête d’être complice. Ainsi, il s’est trouvé des magistrats pour estimer qu’un garçon qui avait tenté par deux fois de rejoindre Daesh pouvait être lâché dans la nature  avec  un simple bracelet électronique et une simple restriction de ses heures de sortie… Après le meurtre du père Hamel, dorment-ils paisiblement ? J’espère que non.  Quant aux vociférations de Mme Taubira sur le sujet, elle devrait, si elle était lucide, en mesurer l’indécence : elle est coupable d’intelligence avec l’ennemi au moins moralement. Face à une « non-intégration » revendiquée, il nous faut un sursaut dans l’enseignement de nos valeurs.  Et à cet égard, il y a urgence à mettre fin au travail de sape mené par la « Terminator en jupons » (dixit Jean d’Ormesson) de l’Education nationale. Car dans cette guerre, la « transmission » est décisive et elle est en panne, faute de directives claires et de contenus adaptés. L’école et le collège, en premier lieu, doivent redevenir les « bastions de la République », établissements en charge d’éveiller les sensibilités,  d’enseigner les repères, les savoirs  fondamentaux, en commençant par ceux qui fondent nos racines et notre langue. Mais, si la responsabilité de tous les « politiques » est engagée, celle de chaque citoyen qui adhère à la République aussi. On n’est pas islamophobe parce qu’on refuse que le communautarisme tente de s’imposer à l’hôpital ou à la piscine, dans la rue ou au supermarché. Cette guerre commence par la mobilisation de chacun de nous, chaque jour sur le  terrain en nous opposant, en dénonçant, en refusant ce qui ne nous convient pas dans les comportements, dans les  paroles, dans les gestes dont nous sommes les témoins. Nous commencerons à regagner du terrain quand  chaque sortie d’une femme en burka provoquera  un trouble à l’ordre public. Cela veut dire « faire peuple ». Ce volet de la guerre c’est le peuple français collectivement qui doit le mener.

La place de l’Islam dans la République.

Il y a une population française musulmane. Elle doit avoir sa juste place dans notre société, mais elle doit savoir aussi que la  place de l’Islam dans la République française ne peut être régie que par la loi, et notamment celle de 1905 qui codifie clairement ses rapports avec les religions, toutes les religions. Pour que l’Islam ait toute sa place, les musulmans doivent clarifier leur position : de deux choses l’une, ou ils représentent un ensemble de personnes dont chacun agit et ne représente que lui-même et en cela ils se fondent dans l’ensemble des citoyens, ou bien ils constituent un ensemble de personnes animées collectivement par le projet d’étendre le plus possible l’emprise de leur religion, avec sa loi et ses mœurs : dans ce cas, ils deviennent une communauté spécifique que la nation ne peut pas reconnaître et même se doit de combattre. Il faut donc tracer une frontière lisible entre l’affirmation légitime des droits de chaque individu à pratiquer sa religion –ou pas-, et la participation à un « Islam politique » se définissant comme une entreprise collective visant à étendre une emprise religieuse incompatible avec nos lois. Voilà pourquoi la polémique sur le burkini est vaine, car il est bien évident qu'il est une revendication communautariste et religieuse avant d'être une tenue de plage. Tout le débat sur « l’Islam de France »  est une tarte à la crème pour éviter d’affronter cette réalité. Il appartient à l’Etat sur son territoire de dicter ses règles.

Les musulmans n’ont pas  le choix.

Il faut savoir que la population française est en majorité convaincue depuis longtemps, à tort ou à raison, que l’Islam est difficilement compatible avec les valeurs de notre société. Les musulmans doivent comprendre sa méfiance, voire son hostilité, tant qu’ils n’auront pas démontré collectivement, à quelle conception ils adhèrent. Comme l’affirme Youcef Chiheb*, « Si les musulmans de France et d’Europe ne se prennent pas en charge pour éradiquer ce fléau qu’est le Jihad, leur avenir en Europe serait plus que sombre et pourrait les conduire à la persécution, à la déportation voire à l’épuration ethnique comme ce fut le cas en Bosnie. »… Il a bien raison. La seule voie possible est celle d’une diversité culturelle bien comprise, qui s’accommode du refus du communautarisme puisque notre droit ne connait que des individus ne représentant qu’eux-mêmes, et qui prenne en compte pleinement l’égalité républicaine. Il  ne s’agit pas de nier les identités d’origine, ni d’empêcher les cultures propres de s’exprimer, encore faut-il qu’elles intègrent elles-mêmes, pour se fondre dans le creuset national, le fait que la France a un passé, une histoire,  des traditions judéo-chrétiennes et européennes indépassables et irremplaçables. Il leur est demandé d’être Français avant d’être musulman. Car une civilisation se définit tout autant par ses moeurs, son architecture, ses institutions politiques  qui doivent irriguer toute la vie collective. Et c’est possible : j’ai pleins d’amis de culture musulmane qui ont assimilé nos valeurs et qui ont la « double culture ».  Alors, ce sera « l’identité heureuse », comme l’exprime Alain Juppé. Déjà, dans le prolongement des récentes déclarations d’autorités musulmanes, et comme les y invitent Tarek Oubrou ou l’intellectuel Tahar Ben Jelloun, si les Français musulmans refusaient massivement et ostensiblement d’être les supports du prosélytisme islamiste, montraient leur adhésion aux valeurs de la République telle que la liberté de conscience, alors on éviterait que ne se creuse chaque jour un peu plus le fossé  entre les autres Français et leurs concitoyens musulmans. Un chemin ardu sans doute, mais il est praticable si on additionne les bonnes volontés de part et d’autre.  

En attendant, il faut faire la guerre.

Encore faut-il avoir des gouvernants et une classe politique convaincue de sa nécessité. Force est de constater que le pouvoir exécutif  actuel se retranche derrière les paravents trop commodes de l’Etat de Droit, de la République et de la tolérance pour ne pas la faire complètement. Il ne sert à rien d’appeler à « faire bloc », si c’est pour ne rien faire.  Car c’est l’inaction qui crée la défiance et désunit. Le temps presse et nous ne pouvons attendre encore dix mois, avec combien d’attentats et de morts supplémentaires que l’on se contentera de déplorer et de commémorer … en longs discours inutiles.

*Youssef Chiheb, Professeur à l’Université Paris XIII Sorbonne. – « Pourquoi es-tu venu en France, papa ? » ed. alfAbarre


LA POLKA DES TAUX

étau des taux

 

Le monde est fou, fou, fou.

Vous savez combien nous sommes sensibles aux mouvements des taux d’intérêts compte tenu de notre endettement et de nos déficits. Eh bien, je plains nos politiques : bienheureux ceux qui y comprendront quelques chose dans la polka actuelle. Car l’affaire n’est pas liée qu’à la situation économique et financière des Etats. Des éléments liés aux événements politiques viennent interférer et rendre les situations difficilement prévisibles. Les marchés viennent en effet de découvrir qu'il y aura un referendum en Grande-Bretagne le 23 juin et qu'un Brexit est possible. Aussitôt s’est déclenché un sauve-qui-peut sur les indices boursiers et une ruée vers les emprunts d'État même avec des taux négatifs. Rajoutez à cela la FED américaine qui parait totalement perdue depuis les derniers chiffres du chômage américain et qui repousse mois après mois sa hausse des taux...

Pour les uns c’est la chute !

Les taux d'intérêt continuent leur chute en Grande-Bretagne, aux États-Unis mais aussi en Allemagne, sans qu'on sache vraiment où elle s'arrêtera. Pour des raisons diverses, mais cela semble plutôt logique (enfin presque). Ils tombent même en-dessous de zéro. Résultat l'épargne ne rapporte plus rien. Un problème pour les rentes et pour les banques.

Pour les autres, c’est la hausse !

Les taux ne baissent pas partout. En fait, le Brexit inquiète aussi sur l'Europe. Et du coup, on reparle des pays qu'on avait oubliés : le Portugal, l'Espagne et la Grèce encore et toujours. Si la Grande-Bretagne quitte l’Union, les partis anti-européens vont connaître un effet porteur sans précédent dans des pays où la situation politique est instable. Que feront les Espagnols qui retournent aux urnes le 26 juin, 3 jours après l'Angleterre, par exemple ? Les taux remontent donc à toute allure dans tous ces pays dits périphériques, ceux qui nous ont fait peur en 2010 et 2011 et qui ont provoqué la crise de la dette et de l'euro. Les investisseurs s'inquiètent et les taux de la dette remontent. Le raisonnement est simple là encore : on imagine les dégâts que peut provoquer ce mouvement de hausse des taux chez eux. Car les marchés se sont aperçus que les pays faibles de l'Europe sont toujours aussi faibles, toujours aussi endettés et toujours aussi instables politiquement.

La folie « brexit » des marchés.

L’inquiétude du Brexit s’étend aussi aux pays qui auraient envie de suivre la Grande-Bretagne, comme La Pologne dont le gouvernement actuel est résolument anti-européen. Il y a aussi la Slovaquie et la Hongrie et même dit-on la Hollande.  Ils pourraient se ruer dans la brèche. Une tentation prise au sérieux par l’Allemagne qui a déjà annoncé que les pays qui sortiront en paieront le prix en perdant les avantages du marché européen.  De quoi alimenter le mouvement de bascule des taux !

Pour les Etats-Unis, c’est toujours le « gris ».

La réunion de la FED n'a bien évidemment pas débouché sur une hausse des taux. La banque centrale américaine continue à s'inquiéter de l'emploi et du contexte international. Elle évoque toujours une nouvelle hausse des taux mais la repousse en permanence, signe d’un manque de confiance dans l’avenir. Le dollar chute donc logiquement et lourdement, notamment contre le yen,  et l'euro flirte avec les 1,13 $... Mais cette fois les indices boursiers qui, d'habitude, réagissent bien quand la FED ne monte pas ses taux, chutent. Une preuve de plus du désarroi qui règne. Le Japon flanche et les indices européens devraient baisser dans la foulée. Acculée par la flambée du yen depuis des semaines voire des mois, la Banque du Japon a pourtant choisi de laisser inchangée sa politique monétaire, par crainte là aussi du résultat du référendum sur le Brexit, qui peut, en cas de sortie du Royaume-Uni de l'Union, faire violemment chuter les marchés et faire monter encore plus le yen, valeur refuge. Une situation qui est devenue intenable pour le Japon et ses exportations. Forcément, elle va devoir intervenir, avant ou après le Brexit.

Les résultats du referendum anglais ne devraient être connus qu'au matin du 24 juin mais la nuit du 23 va être longue : la multiplication des sondages à la sortie des urnes, dont une partie a été commandée par les fonds spéculatifs, les « hedge funds », va alimenter toutes les spéculations surtout si le score est serré.

On n’a pas fini de danser la polka !


LES ETATS-UNIS ENTRE GAUCHISME ET POPULISME

Bernie Sanders   Hillary Clinton   Donald Trump

 

L’Amérique change de visage. Déjà, elle avait élu Barak Obama, c’était un signe d’évolution mais ce n’était pas un changement en profondeur tant le président noir avait les codes de la société traditionnelle américaine incarnée pendant des décennies par les WASP (White Anglo-Saxon Protestant). L’évolution démographique – les latinos sont désormais plus nombreux que les blancs- et la crise de 2008 ont modifié à la fois la sociologie électorale et les mentalités.

Des primaires plus démocratiques qu’on ne le pense.

La campagne des primaires est un révélateur de ces transformations. Derrière le « barnum » des « super Tuesdays » et autres « caucus », il y a bien un processus démocratique dans le déroulement de la consultation : innombrables meetings, centaines de débats, multiples rapports, commentaires, sans compter les heures consacrées par les médias aux analystes de tout poil. Mais cette fois, les primaires ont pris une tonalité différente : le fait que Donald Trump  écrase tous ses rivaux du côté Républicain et qu’Hillary Clinton soit bousculée par un Bernie Sanders rendent visibles le désarroi d’une Amérique mutante. Les citoyens ont envie de participer, d’entendre les candidats et aussi de se faire entendre d’eux. On découvre ainsi une défiance à l’égard de « l’establishment » et des candidats qui le représentent beaucoup plus forte que les fois précédentes.

La percée populiste de Trump.

Déjà, on avait vu le Parti Républicain traversé par le courant ultra conservateur du « Tea Party ». Cette fois-ci, ce sont les candidats de l’élite du parti qui ont été éliminés ou mis à l’écart. Ainsi le troisième représentant de la dynastie Bush, Jeb, a dépensé 140 millions de dollars pour rien, il a dû jeter l’éponge, Marco Rubio s’est retiré et si Ted Cruz reste en course, ses chances s’amenuisent au fil des élections. Son profil d’ultra conservateur ne lui permet pas de rassembler. Donald Trump s’est taillé un boulevard malgré le « Tout Sauf Trump » qui continue parmi les cadres du Great Old Party. Il surfe sur l’énorme frustration économique, la misère aussi, et sur une classe moyenne qui tremble devant la menace d’un déclassement social et se sent abandonnée ou oubliée par les élites. A chaque primaire, son avance se confirme, malgré ses outrances et ses erreurs. Il est le symptôme d'un mal américain qu'on ne peut pas ignorer : la peur de perdre son identité. « América first ! »

Le glissement à gauche des « démocrates ».

Côté démocrate, Sanders est le grand gagnant. La nomination comme candidat lui échappera sans doute, mais une étude de Harvard attribue au sénateur du Vermont la « gauchisation » radicale des opinions politiques des jeunes Américains (18-29 ans) : 45% se prononcent pour davantage de dépenses publiques pour réduire la pauvreté, 51% se disent opposés au capitalisme et 33% se déclarent même « socialistes ». Cette évolution est à prendre au sérieux et marque un tournant important de ce que l’on pourrait appeler la « gauche » américaine. En effet, cette génération des « millenials » est en train de remplacer celle des baby-boomers comme fraction numériquement la plus importante de la population des Etats-Unis et leur domination continuera à augmenter jusqu'en 2030 où ils représenteront un adulte sur trois.

La défiance des élites et des institutions.

Une grande partie des Américains a le sentiment que les actions de Washington ne se décident pas en fonction du bien commun, mais dans l’intérêt particulier des plus privilégiés. Ce sentiment explique beaucoup de choses, et notamment les grandes difficultés rencontrées par Hillary Clinton. Il est annonciateur de changements idéologiques dans la société US. Bernie Sander a longtemps été  considéré comme une « curiosité » de la vie politique que l’on expliquait par son origine : élu du Vermont, état classé le plus à gauche des Etats-Unis. Son langage clair et simple, assis sur des propositions précises et concrètes pour résoudre les problèmes économiques et les demandes sociales urgentes, lui assure le soutien massif des jeunes générations. Un discours qui fait écho à l’inégale répartition des richesses, à l’évasion fiscale ressentie comme intolérable et qui propose de s’occuper davantage des équipements collectifs. De quoi compliquer sérieusement l’action d’Hillary Clinton plus en phase avec la stratégie dite du « recentrage » chère à Bill Clinton et qui lui avait valu son succès. Mais l’Amérique n’est plus la même et le contexte idéologique laissé par la crise a profondément changé.

D’un côté la perte d’identité fait le succès de Donald Trump, de l’autre la peur du déclassement social favorise la « renaissance » d’une gauche affirmée.


DES PRIMAIRES QUI « TRUMP » ENORMEMENT !

Donald Trump

 

Le folklore des primaires 2016.

Ceux qui aiment le folklore seront servis : les primaires américaines de 2016 ne ressemblent à aucune des campagnes précédentes. Elles sont dominées par deux troublions venus de nulle part, si l’on veut dire par là qu’ils ne sont pas sortis de « l’establishment » des deux grands partis, Démocrate et Républicain. On ne s’attardera pas sur l’incongruité d’un candidat comme Sanders qui arrive avec des idées socialistes sous le bras et qui rencontre un succès plus qu’honorable. Au pays de l’Oncle Sam c’est quand même surprenant. Mais c’est surtout Trump qui étonne par le succès qu’il rencontre. Un succès incompréhensible pour nous autres Français, tant sa campagne est triviale, violente, basique. Voilà un « superman » providentiel tel que l’Amérique semble en rêver. Il n’a aucune expérience du pouvoir et n’appartient que par hasard à la formation dont il brigue l’investiture et dont il a mis hors circuit l’état-major. Il n’a rien d’un conservateur, ni en matière fiscale ni sur les questions de société et pourtant il rallie un électorat bizarrement composé, mêlant des « petits blancs » qui n’ont jamais accepté Obama, des évangélistes du Sud, des cols-bleus du Nord-Est et du Centre,… Ils ont pour dénominateur commun de faire partie d’un monde de plus en plus marginalisé, d’une main d’œuvre vulnérable, tout un peuple qui voit avec inquiétude son Amérique « éternelle » être en déclin, devenir moins blanche, moins chrétienne, moins traditionnelle.

Donald Trump probable vainqueur chez les Républicains.

Donald Trump est en chemin pour l’investiture républicaine et malgré l’effroi que cela suscite parmi les élites du parti, on ne voit pas comment elle pourrait lui échapper. Il n’a pourtant des rouages de l’état que des notions assez brumeuses et il propose de gouverner la plus grande puissance de la planète comme il gère son « business ». Et quand on sait qu’il a connu quatre faillites retentissantes, ça devrait calmer ! Et bien non. Son projet est simple : il n’en a pas. Il n’a qu’une ambition, celle de remporter les élections à coups de promesses plus intenables les unes que les autres : déporter des millions d’immigrés illégaux, construire un mur le long de la frontière mexicaine, interdire le sol américain aux musulmans, légaliser la torture pour les ennemis de l’Amérique. Son protectionnisme économique rassure et il annonce le rapatriement de millions d’emplois de Chine et du Mexique.  Il a pour lui de ne pas appartenir à la « classe politique » qui ici, comme en Europe, fait l’objet d’un rejet de la part d’un grand nombre de citoyens. Il n’est pas de Washington et il aime le marteler, au pied de son énorme avion à l’enseigne « Trump » avec lequel il sillonne les « States ». Quand on sait que 79% des Américains sont mécontents du Congrès qu’ils jugent « coupé du monde réel », ça éclaire le débat. Alors que le lascar passe son temps à construire des casinos, ou qu’il ait divorcé plusieurs fois, peu importe. Même sa foi balbutiante qui aurait dû être un handicap n’altère pas sa marche triomphale.

La marche d’un communicateur surdoué.

Mais voilà, c’est un communicateur surdoué, charismatique. Il a dicté les thèmes de la campagne et abattu mille tabous. Sa brutalité verbale n’est pas improvisée : elle est conçue avec méthode pour résonner auprès d’un électorat dont on a pu vérifier la réceptivité. Ses attaques virulentes contre le « politiquement correct » participent à son succès. Elles révèlent l’ampleur de l’indignation morale et des frustrations accumulées en silence depuis des années dans un pays où il était de règle de se plier aux injonctions d’un « Parti du Bien » érigé en tribunal de moralité. « Make America Great Again », le slogan repris à Ronald Reagan joue à plein la carte nostalgique en sous-entendant que la grandeur des Etats-unis a été éclipsée et que seul Trump pourra la restaurer. En réalité le Trump que voilà n’a pas de vision du monde. Il construit un discours sur la peur et sur le refus des autres, un grand classique « populiste ». Il a le goût de la farce grotesque et le mépris des femmes.

La ruine et le déclin au bout du chemin.

Comme tous les démagogues, si les Américains sont assez sots pour confier le pouvoir à ce clown sinistre, il ne laissera que des décombres. Il ruinera les Etats-Unis, il multipliera les contresens historiques et fera courir au peuple américain le risque d’un plus grand déclin encore face aux chocs du XXIème siècle.Et ce sera encore au citoyen de payer la facture que laissent les mensonges et l’irresponsabilité. Compte tenu des traditions américaines, il est en effet possible qu’une administration Trump nouvellement installée puisse s’appuyer sur de larges soutiens pour mettre en œuvre une politique multipliant les entraves au commerce international. Le résultat serait un engrenage mortifère aussi nuisible à la croissance que le furent les mesures protectionnistes prises dans les années 1930. Pour l’économie mondiale, comme pour bien des aspects de la démocratie américaine, il y a donc un « danger Donald Trump ». C’est au citoyen américain qu’il revient donc en premier de l’empêcher de nuire en refusant de s’abandonner à sa fatale séduction.

 


ARRETONS D’ETRE NAIFS ET LAXISTES !

Attentats Bruxelles

 

La riposte de Daech à l’arrestation de Salah Abdeslam n’a pas tardé. Des terroristes ont fait exploser deux bombes à l’aéroport et une dans le métro de Bruxelles à une station proche des bâtiments abritant les institutions européennes. Ces attentats ont fait 30 morts et 300 blessés. L’interpellation de Salah Abdeslam, très impliqué dans les terribles événements du 13 novembre à Paris, constitue pour Daech une menace considérable. En effet les djihadistes ne sont pas censés survivre à leurs crimes. S’ils restent vivants, ils risquent de révéler des secrets et l’Etat islamique tient à ce que le silence absolu soit fait sur l’organisation de ses crimes, de sorte que le manque de renseignements rende plus difficiles la prévention ou la riposte en cas de nouvelle agression. Il ne faut donc pas s’étonner que la réaction ait été si rapide car c’est une caractéristique de l’État islamique de chercher à avoir le dernier mot. Cette réaction extrêmement violente montre qu’il a subi un sérieux revers avec l’arrestation d’Abdeslam. Il fallait d’une part assurer la vengeance et d’autre part utiliser les islamistes prêts à se faire sauter pendant qu’ils étaient encore opérationnels. Il savait évidemment que la police belge pourchassait plusieurs suspects, et notamment ceux qui ont hébergé Abdeslam dans une douzaine de caches différentes. Cela, d’autant plus que les médias ont relayé un peu vite une information cruciale qui a pu précipiter le passage à l’action : « Abdeslam a décidé de parler ». Il s’est, en effet, déjà beaucoup exprimé et a même affirmé qu’il envisageait de participer à une nouvelle action terroriste.

Abdeslam est une pièce essentielle du puzzle.

Dans les semaines qui viennent, il sera appelé à expliquer pourquoi il est resté vivant, pourquoi il s’est débarrassé de sa ceinture explosive dans une poubelle, pourquoi il a fait organiser son rapatriement en Belgique, comment, ensuite, il a pu se cacher pendant plusieurs mois. Il a forcément bénéficié de l’aide de nombreux complices qui pourront ainsi être appréhendés eux aussi.  Mais l’important réside dans le fait qu’il ne s’est pas résolu au suicide : vivant, il a une valeur inestimable. Il se trouve que non seulement Abdeslam n’a pas voulu mourir, mais qu’il accepte de raconter sa vie. Il devient une source essentielle pour alimenter enfin le renseignement. D’ailleurs le déploiement exceptionnel de nos forces de sécurité témoigne de ce que la prévention a pris d’importance en raison de la faiblesse du renseignement, jugé notoirement insuffisant en général. Certes, notre terroriste peut tenter de balader les enquêteurs mais ceux-ci ont les moyens de faire le tri. Il n’est pas du tout impossible qu’il fournisse des informations sur les filières qui fournissent Daech en chair humaine, au moins pour les réseaux auxquels il appartenait. L’essentiel est que nous tenions ce monstre, que nous lui fassions avouer ses motivations, dénoncer ses complices, énumérer les moyens qui lui ont été fournis et par qui, et, si possible, loger les autres cellules terroristes qu’il connaitrait. L’essentiel, quoi que tente son avocat, est que tôt ou tard, il sera transféré à Paris. Ainsi, il y aura un procès indispensable pour que les familles des victimes retrouvent un peu de sérénité et fassent complètement leur deuil.

La réplique doit être l’occasion d’un sursaut.

Les terroristes ont plongé Bruxelles dans le chaos. Que ce soit par précipitation ou prévu de plus longue date, c’est le cœur de l’Europe qu’ils ont voulu toucher. Ce n’est pas un hasard. Les dégâts, physiques, psychiques et matériels, causés par les trois attentats sont considérables. Plus que jamais, la coopération entre les services belges et français est indispensable. Les critiques réciproques que les deux pays étaient tentés de s’adresser ne sont plus d’actualité. Les terroristes ignorent les frontières et les gouvernements européens doivent s’organiser en conséquence. Il serait indécent d’opposer à la menace terroriste des européens divisés, plus préoccupés par leurs différends sur les procédures que par leurs ennemis. Molenbeek est un nid de terroristes, protégés par des lois démocratiques mais capables de semer une violence épouvantable. Mais combien de Molenbeek ignorés en France, en Allemagne, partout en Europe ? Seule une réponse européenne au terrorisme sera efficace. La preuve en est que les Britanniques et les Allemands, comme les Français, ont pris des mesures supplémentaires de sécurité. Notre solidarité avec les Belges ne relève pas de la simple compassion pour les victimes, elle est une nécessité vitale. Cela fait des années qu’il est question d’établir un PNR (passenger name record), mais il n’a toujours pas vu le jour, alors que les djihadistes de Daech tuent par dizaines des civils à la bombe et à la kalachnikov. Notre Ministre de l’Intérieur a raison d’exhorter ses amis socialistes du parlement européen à se décider à le voter. Il est grand temps de passer à l’action et de mettre fin à une situation ubuesque qui voit les terroristes circuler librement en Europe quand la police ne peut pas circuler dans certaines banlieues de Bruxelles ou de Paris, des attentats se préparer alors qu'on n'a pas encore enterré les morts de Bruxelles…

Aujourd'hui, nous sommes tous bruxellois comme nous étions tous Parisiens ou Charlie. Hier Bamako et la Côte d’Ivoire étaient frappés. Mais à quoi bon si demain nous devons tous être à nouveau « quelque chose ». Toute la planète est concernée. Le terrorisme est une atteinte à l'humanité toute entière, une négation des droits de l'homme les plus fondamentaux, à commencer par le droit à la vie, à la liberté, à la sûreté. Les attentats de Bruxelles constituent un coup de boutoir contre l'Union européenne parce que Bruxelles est considérée comme la capitale de l'Europe. C’est une occasion à saisir pour resserrer ses rangs, coordonner les politiques et renforcer les coopérations. Ne la ratons pas ! Car, tant que nous combattrons la barbarie par la naïveté et le laxisme, il y aura d'autres attentats meurtriers en France, en Belgique ou ailleurs. Les fanatiques se réjouiraient de voir l'Europe exploser. Ne leur donnons pas cette victoire !

 


SARKOZY VOUS SALUE BIEN !

Sarko poutine

 

 Accompagné notamment de Rachida Dati, députée européenne, de Christian Jacob, et Pierre Lellouche, du groupe « Les Républicains », Nicolas Sarkozy a fait aujourd’hui escale à Moscou où il a rencontré Vladimir Poutine après s’être exprimé devant des étudiants russes. Ce voyage en Russie est diversement commenté, et a suscité autant chez François Fillon qu’Alain Juppé, le besoin de s’exprimer par écrit, l’un dans une tribune, l’autre sur son blog, sur les relations que nous avons, devrions avoir ou aurions dû avoir avec le chef du Kremlin. C’est donc dire que ce déplacement ne manquait pas d’intérêt.

Rappeler les fondamentaux des relations franco-russes.

Ce voyage n’est en rien déplacé. D’abord, l’ancien président est libre d’aller où bon lui semble, et en l’occurrence, son expérience pouvait lui laisser penser que les messages qu’il pouvait faire passer à Wladimir Poutine ne seraient pas  tenus pour insignifiants. On peut même espérer qu’ils participeront à faire avancer vers une solution durable aussi bien sur le dossier ukrainien que sur celui de la Syrie. Car Nicolas, qui a déjà eu affaire au Président russe quand il a fallu éteindre l’incendie en Géorgie, n’est pas celui qui veut renverser la table dans les relations de la France avec la Russie. Tout en dressant de l’action russe au Proche-Orient un bilan plutôt positif, M. Sarkozy a souligné que les bombardements de l’aviation russe ne suffiraient pas pour régler le conflit syrien. Et s‘ils ont pour objet de protéger Bachar moins contre Daech que contre les rebelles syriens, il a rappelé à son interlocuteur  que « quelqu’un qui a sur la conscience la mort de 250 000 compatriotes ne peut pas représenter l’avenir de son pays ». sur le dossier ukrainien, il a eu raison de rappeler que les accords de Minsk doivent être respectés et doivent servir de base à l’apaisement des tensions entre l’Europe et la Russie. Au geste de Poutine qui a fait différer les élections dans la partie sécessionniste de l’Ukraine, doit répondre du côté européen une levée progressive et conditionnelle des sanctions qui font souffrir les économies des deux côtés.

Poutine, passage obligé.

Nicolas Sarkozy n’est pas le plus « poutinophile ».  François Fillon est plus proche que lui de M. Poutine, qu’il appelle affectueusement « cher Wladimir » et ce dernier apparaît comme le Français le moins scandalisé par le soutien du président russe à Bachar Al-Assad. Il y a d’ailleurs, à droite, d’autres élus qui vont rendre visite au Président syrien. On ne sait pas trop à quoi servent leurs déplacements sinon à indigner tous les naïfs qui ont encore la faiblesse de croire qu’on ne va pas discuter avec un tyran sanguinaire, qui doit sa longévité politique au soutien de la Russie et de l’Iran. De ce fait, le voyage à Moscou n’a rien d’indécent. Je crois même qu’il était important de faire entendre aux dirigeants russes que deux coalitions en présence en Syrie et en Irak rendent la situation dangereusement compliquée, que ce discours, il n’est pas le seul à le tenir, et arrivant d’un congrès où il était aux côtés d’Angela Merkel et d’autres dirigeants de la droite européenne, il avait probablement l’accord de ceux-ci pour appuyer sa démarche. Tant il est vrai que la crise syrienne, l’expansion de Daech, la présence de l’Iran en Irak et en Syrie nécessitent une révision des interventions de la France, des États-Unis, de l’Iran et de la Russie. Cette révision ne peut être que le produit d’une concertation profonde entre pays qui poursuivent des objectifs différents mais ont parfois des ennemis communs.

Diplomatie « parallèle ».

Alors, forcément, ce voyage en Russie lui est reproché par la gauche qui dénonce la pratique d’une « diplomatie parallèle ». Mais pour qu’elle soit parallèle, il faudrait d’abord qu’il y en ait une ! Si « pépère » a une position, on voudrait bien la connaître et la réaction de « Manolito » sur le sujet faisait vraiment « petit bras » à côté du propos de l’ancien chef de l’Etat. On ne fait pas  de politique à l’extérieur de la France ! Dans ces temps difficiles et violents où peu des vieux principes sont respectés, Nicolas Sarkozy aurait pu s’en donner à cœur joie car il n’aurait scandalisé personne s’il avait fait de la politique intérieure à Moscou. Or, il a fait preuve d’une grande retenue.  Il a peut-être tenu à rappeler, à cette occasion, que, en tant qu’ancien président de la République, il connaît beaucoup de chefs d’État et de gouvernement et qu’il peut entretenir avec eux des relations aussi étroites voire plus, que celles de François Hollande. Aussi, quand la gauche rappelle que le pays doit être uni en matière diplomatique, elle perd son temps.  Les Français doivent savoir ce que ferait l’opposition sur ces dossiers importants si elle était aux manettes. Une manière aussi pour le président du parti « Les Républicains » d’affirmer son leadership. Evidemment, ça peut ne pas plaire à tout le monde. Oui, mais c’est lui le Président !

 


LA COMEDIE A ASSEZ DURE !!

  Grexit

 

Le Fonds monétaire international (FMI) a claqué la porte des négociations sur la dette de la Grèce. Les Européens continuent de rechercher un accord avec Athènes qui la contraigne à honorer ses engagements sans pour autant qu’elle quitte la zone euro. Mais le malaise général des places financières devient insupportable. Maintenant, il faut trancher !

Trop c’est trop !

Le FMI a décidé de se retirer de la table des négociations parce que cette histoire n'en finit pas. On avait déjà eu un ultimatum vendredi dernier suivi cette semaine de signaux d'accord imminent, et hier à nouveau la rupture des négociations. Les négociateurs du FMI et de l'Europe sont à bout de nerfs tant Tsipras et ses ministres jouent le blocage pour ne rien céder. Résultat: énième jour J, jeudi prochain avec la réunion des ministres des Finances de la zone et la volonté affichée d’Angela Merkel de parvenir à un accord. Mais un accord serait-il une meilleure nouvelle qu'un défaut de la dette ou un Grexit ? A court terme peut-être. A long terme, certainement non. La réalité c'est que la Grèce est en défaut, c’est-à-dire en faillite ! Elle a une dette colossale qu'elle sera incapable de rembourser. Les mois qui viennent d'être perdus en palabres ont accéléré l'effondrement des dépenses publiques et de la croissance. Si quelques milliards suffisaient encore pour colmater les brèches il y a 6 mois, aujourd'hui c'est 10 ou 20 milliards qui seront nécessaires. Et tout ça pour gagner quelques mois, gagner du temps pour perdre encore de l'argent. C'est ce qu'applaudissent les marchés à chaque rumeur sur un accord. Une folie !

Une situation devenue intenable.

Le Président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde (sans rapport avec Christine Lagarde, directrice du FMI), s’est prononcé pour une sortie de la Grèce de la zone euro. Il estime, à juste titre, que le programme d’Alexis Tsipras est incompatible avec une monnaie forte. L’économie grecque ne peut retrouver un minimum de compétitivité qu’avec une monnaie dévaluée, ce qui implique un retour au Drachme. Si les marchés applaudissent chaque fois qu’un accord se profile, c’est parce qu’ils veulent que les dirigeants de la zone euro maintiennent à n’importe quel prix le principe en vertu duquel l’euro protège toutes les économies situées dans la zone. Mais ce principe, en l’état, est inapplicable, sauf à jeter encore et encore des milliards dans le tonneau des Danaïdes.

Le Grexit devient inévitable.

Un « Grexit » entraînerait évidemment des perturbations, d’ailleurs de nature plus psychologique que financière, car la Grèce ne représente que 5 % du produit intérieur brut de l’Union européenne. Mais, après quelques turbulences, les marchés reviendraient vite à la raison et M. Tsipras pourrait appliquer le programme pour lequel son parti, Syriza, a été porté au pouvoir par les électeurs grecs qui nous décrivent à l’envie leurs souffrances économiques et sociales. Ils ne veulent pas comprendre que les ajustements de leurs salaires et de leurs retraites, l’ascension vertigineuse du chômage, corrigent des avantages factices qui leur ont été accordés grâce au trucage de leurs comptes pour obtenir l’adhésion de leur pays à la zone euro.

La Grèce victime de ses démagogues.

Cinq ans d’austérité, c’est trop long, mais est-ce injuste ? La Grèce à 300 milliards de dettes, soit 177 % de son produit intérieur brut. La générosité des européens a été immense. Cependant, elle a ses limites, car si nous continuions à prêter de l’argent aux Grecs, ils nous entraîneraient dans un désastre continental. À quoi il faut ajouter que M. Tsipras négocie à la Grecque, en présentant des concessions illusoires qui ne risquent pas de duper des négociateurs avertis par les mensonges de naguère. Le gouvernement, qui se classe lui-même à l’extrême gauche, s’est montré à ce jour incapable de procéder aux réformes indispensables telles que la fiscalité de l’Église orthodoxe, la création d’un cadastre pour l’impôt foncier, la répression de la fraude fiscale qui va des plus riches aux propriétaires de café ignorant la TVA. C’était pourtant un rôle que ses convictions lui assignaient.
La Grèce n’a donc pas d’autre choix que de pratiquer la dévaluation compétitive et, pour cela, elle doit retourner au Drachme, ce qui se traduira pas un nouvel appauvrissement de son peuple, mais lui permettra de retrouver des marges de manoeuvre dans la production et l’export.

Dans une Europe interdépendante, la déroute financière est contagieuse. Le sauvetage des Grecs ne saurait se traduire par l’affaiblissement et même la destruction de la zone euro. Nous avons beaucoup donné aux Grecs et nous l’avons fait au nom de la solidarité européenne. Il faut néanmoins avoir les pieds sur terre et, surtout, cesser de tergiverser. Ou bien les Grecs acceptent les conditions de leurs créanciers, qui se sont adoucies au long de la négociation, ou bien, au plus tard la semaine prochaine, nous leur signifions la rupture.

 


LA VICTOIRE DE CAMERON

 

Cameron

L’électeur, ce souverain…

C’est bien la première leçon qu’il faut tirer du scrutin britannique : foin des sondages qui donnaient travaillistes et conservateurs au coude-à-coude. Aucun n’avait prévu la brillante victoire David Cameron, qui plus est avec une telle amplitude : la majorité absolue aux Communes ! L’électorat n’a donc pas cédé à l’intoxication sondagière devenue frénétique dans les derniers jours de la campagne, jusqu’à quatre résultats par jour. Il y a des bookmakers qui ont dû se faire une petite fortune. Ceux qui auront parié sur les « blues ».

Le courage politique paie !

C’est vrai en Grande Bretagne et je me garderai bien d’extrapoler. Le succès de David Cameron témoigne qu’une politique active de réformes peut être comprise par la population même lorsqu’elle implique des mesures douloureuses, dès lors que les résultats sont là. Reprenant un pays sinistré par la crise mondiale mais aussi par les dérives financières des Travaillistes qui avaient conduit le déficit budgétaire à plus de 10 % du PIB, Cameron a mis en oeuvre une série de réformes fondées sur le bon sens économique : baisse de la dépense publique qui est passée de 50 % à 43 % du PIB (57 % en France), fiscalité favorables aux activités et aux intitiatives, flexibilité accrue du marché du travail avec notamment le contrat à zéro heure, contrôle des dépenses de l'assurance chômage et mise en place progressive de contrepartie aux allocations. Mais rien n’aurait été possible si les résultats n’avaient pas été à la hauteur. Et ils l’ont été : baisse du déficit public à 5,4 % du PIB, baisse du chômage à 5,4 % de la population active, croissance de 2,6 % en 2014 (à comparer au 0,4 % français). On a même imaginé outre-manche que les résultats calamiteux de la France socialiste de François Hollande ont largement contribué à décrédibiliser le Labour d'Ed. Milliband.

Le premier Ministre a parfaitement géré son quinquennat.

Il avait une vision claire de son calendrier. Les réformes les plus difficiles ont été engagées dès la première année de son accession au 10 Downing street en 2010. Ensuite, il a attendu qu'apparaissent les premiers résultats, sans s’inquiéter de l’impopularité qu’elles suscitaient. Il y a deux ans, les populistes de l'UKIP étaient à leur sommet et la plupart des commentateurs prévoyaient un triomphe travailliste. Ainsi, le premier ministre a pu créer deux millions d’emplois en Grande-Bretagne depuis 2010, pendant que le chômage ne cessait d’augmenter en France. Outre-Manche, la croissance est la plus forte du continent tandis que le taux de pauvreté a pu être réduit.  La réussite britannique est le fruit d'une volonté politique, elle est le fruit de réformes structurelles. Elle a été rendue possible aussi par la culture anglo-saxonne où la réussite est perçue comme la contrepartie du mérite et du talent et les différences de conditions choquent moins qu’en France où le culte de l'égalité est élevé au rang de religion. Ce qui rend la politique conservatrice difficilement exportable dans notre pays, même si les mentalités commencent à bouger. En se faisant réélire après un train de réformes ambitieux, David Cameron peut poursuivre son chemin, avec les coudées franches, cette fois.

Le populisme n’est pas une fatalité.

L'UKIP, le parti eurosceptique et anti-immigration n'a pas réussi à dépasser les 14 %. Il ne compte qu'un seul député à Westminster. Son leader, Nigel Farage a même été battu dans sa circonscription. Mais pour en venir à bout, David Cameron a été contraint de promettre un référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne et de prendre des positions fermes sur l'immigration, s'engageant notamment à réduire drastiquement les aides aux nouveaux arrivants durant les deux premières années de séjour sur le territoire anglais. Sur l'Europe, le premier ministre a annoncé une renégociation des traités plus exigeants en termes notamment de frontière commune et de libre circulation, mais sans jamais remettre en cause l'adhésion à l'Union Européenne. Il entend soumettre au peuple un projet d'Europe améliorée, en aucun cas soutenir une sortie de l'Europe. Cette position qu’un Sarkozy n’aurait pas désavoué, a permis de faire un barrage efficace à l'extrémisme. Tout cela peut évoluer évidemment. L’hypothèque électorale ne sera définitivement levée que lors du référendum de 2017. Car le scrutin du 7 mai a aussi été marqué  par le raz de marée plébiscitaire du parti national écossais qui emporte 56 des 59 circonscriptions écossaises. Cela témoigne d'un malaise profond du nord de l'Angleterre victime de la désindustrialisation et de la nouvelle économie de services, et il ne faut pas sous-estimer le particularisme écossais, où se mêle le sentiment d'une revanche à prendre sur Londres après le demi échec du referendum, et sa volonté de bénéficier seul des retombées du pétrole de la Mer du Nord. Pour éviter que le l’esprit de sécession politique se transforme en sécessionnisme tout court, la défense des territoires, de la ruralité et des régions de la périphérie est une urgence absolue pour le nouveau gouvernement. Comme quoi on retrouve la même problématique que celle que nous rencontrons dans notre pays avec le vote FN et la France des périphéries.

La déroute des Travaillistes.

Elle constitue un avertissement pour François Hollande qui  devrait méditer sur les résultats des socialistes anglais qui prônaient une politique de relance par la demande. Les commentaires de son entourage, que l’on a pu entendre et qui relèvent de la méthode Coué, comme quoi, les réformes menées par l’actuel gouvernement produiront le même effet en 2017, sont surréalistes. On ne parle vraiment pas de la même chose. En fait de réformes courageuses, on ne trouve que des avortons et des demi-mesures aussitôt édulcorées par une majorité socialiste sourcilleuse. Oui, c’est une belle leçon que notre pingouin voyageur devrait apprendre par cœur pour le faire sortir de l’immobilisme dans lequel il se confine sous prétexte que l’embellie de la conjoncture européenne va entraîner la France dans son sillage. La Commission de Bruxelles constate que la France reste à la traîne dans la reprise européenne, que l’investissement ne redémarre pas et que le nombre des sans-emploi continue de s’accroître de mois en mois.  D’autant que l’embellie économique internationale pourrait connaître une éclipse. Les remous des derniers jours sur les marchés financiers sont un signe avertisseur de sa fragilité, avec la remontée des cours du pétrole, le rebond des taux d’intérêt, le repli du dollar qui entraîne une hausse de l’euro, le ralentissement de la conjoncture américaine et de certains pays du nouveau monde. Autant d’éléments qui réduiraient, s’ils étaient confirmés, le souffle prometteur de la reprise escomptée.

 


BORLOO L’AFRICAIN

Borloo

« C’est nous les Africains qui revenons de loin… ». Ce trait d’humour pour saluer le retour d’un Jean-Louis Borloo plein de vie et d’énergie. Et le revoilà qui surgit dans l’arène à un endroit où on ne l’attendait pas. Retiré de la vie politique depuis près d’un an, il s’est lancé dans un projet de fondation destinée à électrifier l’Afrique. Il a présenté la semaine dernière sa fondation pour l’énergie en Afrique, continent où il se rend régulièrement. Parmi les personnalités présentes pour le soutenir, les présidents des deux assemblées, le patron du Medef, quelques élus et intellectuels comme Eric Orsena. Avec en sus, la visite surprise de l’hôte de l’Elysée venu se montrer sans avoir été invité, mais "l’esprit" du 11 janvier permet tout.

Borloo le « visionnaire ».

Est-ce la maladie qui a donné à cet ancien ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy cette nouvelle vision internationale, qui ne manque pas de lucidité ? On le connaissait surtout pour avoir mis en application ses idées sur le développement urbain et la politique de la ville. On lui doit notamment la loi de rénovation urbaine et l’ANRU qui a permis la réhabilitation de nombreux quartiers. S’il a renoncé à la politique nationale, c’est pour raison de santé. Celle-ci étant revenue, il n’a pas souhaité revenir dans le jeu du marigot des centres, probablement trop compliqué pour cet homme pragmatique avide de concret. Il va donc investir son génie dans son nouveau cheval de bataille : l’électrification de l’Afrique, condition préalable au développement de ce continent et surtout, nécessaire au soutien de la croissance en Europe. Et c’est avec énergie et passion qu’il a présenté son projet. « Le relais de croissance pour l’Europe se trouve en Afrique », s’est-il exclamé, dénonçant la situation « intenable » de l’Afrique en matière d’énergies, convaincu d’avoir trouvé là un axe vital pour notre croissance, pour notre stabilité, et un supplément d’âme pour l’Europe. Et d’énoncer ses arguments : « Notre avenir se joue là-bas, à notre porte. Les Africains sont 1 milliard aujourd’hui, ils seront 2 milliards en 2040 ! Nous devons prendre conscience de ce train démographique infernal. » Pour Jean-Louis Borloo, si on maîtrise cette réalité, on peut en faire une chance à la fois pour l’Afrique et pour l’Europe dont le continent noir sera le principal relais de croissance. Sinon, ce pourrait être le chaos, un cocktail explosif pour le monde entier.

"S’occuper de l’Afrique, c’est s’occuper de nous."

Or, selon lui, l’Europe n’a pas pris la mesure de l’enjeu. Elle n’a pas de stratégie africaine et fait preuve de cécité. Il prend pour exemple la dernière réunion de l’Union africaine à Adis-Abeba, en Ethiopie, où il a été surpris de ne pas croiser un seul représentant de l’UE, alors que pullulaient Chinois et Indiens ! Et pour Jean-Louis Borloo, cet oubli est catastrophique alors que nous avons les moyens d’intervenir. Et surtout par le passé africain des pays européens, nous sommes les mieux placés pour le faire. Le principal problème, à ses yeux, est celui de l’électrification, un domaine où nous excellons. Hors le Maghreb et l’Afrique du Sud, le continent vit dans le noir : « Imaginez qu’il y a 650 millions de portables et que seulement 200 millions d’habitants ont l’électricité. Si on ne facilite pas l’accès de la population  à la lumière, la déstabilisation de l’Afrique est certaine et celle de l’Europe avec ! ». Sans faire de jeu de mot, l’obscurité conduit tout droit à l’obscurantisme. On comprend aisément que l’énergie est un préalable nécessaire à l’essor de l’Afrique.

« Energies pour l’Afrique »

Tout cela, c’est bien gentil, mais ça va coûter et on n’a pas un fifrelin. Jean-Louis Borloo balaie l’argument. C’est là qu’est le génie de notre homme. Comme pour les banlieues, il a imaginé un montage qui rend possible l’opération en « fédérant » les sources de financement. Il tente de lancer une espèce plan Marshall, avec l’impératif pour les africains de se prendre en main. Il se fait fort de décider les 54 chefs d’états de fonder  « l’Agence d’électrification de l’Afrique » et de la rendre opérationnelle d’ici la fin de l’année. Sa mission : faire de l’ingénierie et mettre son savoir-faire au service de tous les pays, sans pour autant assurer une tutelle dirigiste. Il faudra 250 milliards d’euros d’investissements, dont 25% non remboursables. Cet argent peut être levé sur les marchés financiers et les grandes entreprises, dont la plupart sont partantes. La Banque africaine de développement est au coeur du dispositif et ses experts sont déjà sur le pied de guerre. Il ne s’agit pas de faire n’importe quoi : la source énergétique devra être adaptée à chaque terrain, alternant solaire, hydraulique, thermique… Ce programme est prévu pour courir sur une dizaine d'années. 

Un projet déjà bien avancé.

Il faut aller vite et lancer ce programme « avant le 30 juin » prochain. Notre ancien ministre a réussi à convaincre Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne,  de constituer une équipe dédiée à son projet et il espère obtenir un débat au Parlement européen. Il compte sur la France, et la visite du Président français à sa conférence de presse est un bon indicateur (il faut dire que la réussite est de son intérêt évident), et il veut associer toutes les forces vives du pays, partis politiques, partenaires sociaux, intellectuels, entrepreneurs… Jean-Louis voit grand et veut rassembler large. C’est sa part de naïveté et c’est ce qui le rend si sympathique et … convaincant. Ce faisant, il nous montre que la politique lui colle à la peau.

 


A L’ULTRA GAUCHE, LES LENDEMAINS CHANTENT RAREMENT !

 Comédie grecque 

Alexis Tsipras le découvre à ses dépens. Les chiffres sont têtus. On peut changer les mots, pas les réalités. Trois semaines après sa victoire, en effet, il a eu la peau de la « Troïka » (Commission, FMI, BCE), honnie par les Grecs pour avoir imposé un calendrier de réformes sévères. Mais le Turlupin de la zone euro n’en a pas pour autant fini avec ces mêmes instances. Ce n’est pas parce que le mot « troïka »  et l’expression « plan de sauvetage » se sont évaporés, qu’ils n’existent plus. Au dernier sommet de Bruxelles, c’était bien « un contre 27 », explique un participant à la réunion. Bref, la coalition méditerranéenne souhaitée contre l’orthodoxie berlinoise ne s’est pas concrétisée.

Les Grecs ne doivent pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

On sait bien qu’ils ont inventé la comédie et ils sont experts en la matière. C’est ainsi qu’ils ont réussi, avec l’aide de médias bien compatissants à nous faire pleurer sur le triste sort que ces « méchants » imposaient au pauvre peuple qui n’en peut mais. C’est vraiment inverser les rôles. L’Europe a été depuis le début de la crise, d’une grande générosité avec les Grecs. Il ne faudrait quand même pas oublier que ce pays est entré dans la zone euro avec des statistiques truquées (Giscard était contre), qu’il n’a toujours pas mis en place un système correct de collecte des impôts et que ses riches armateurs n’en paient pas, pas plus que la riche église orthodoxe. C’est encore l’Europe qui a accepté un effacement de 107 milliards d’euros de dette il y a à peine trois ans.  Ce pays a vécu au-dessus de ses moyens en s’endettant plus que de raison, et n’accepte pas aujourd’hui d’en payer le prix. Voilà la réalité.

Mais l’Europe et les instances internationales ont une responsabilité dans la réaction des Grecs.

L’élection du candidat de l’ultra gauche s’explique par des erreurs d’appréciation qui ont conduit à une situation intenable. La générosité européenne s’est traduite par une explosion de la dette publique grecque, la rendant insoutenable. Les conditions imposées en échange des prêts ont conduit à une récession profonde qui a plongé les classes moyennes dans la pauvreté. Les réformes structurelles réclamées étaient infaisables.  Malgré tout, hors paiement de la dette, le budget grec est aujourd’hui légèrement excédentaire.  Il existe donc une petite marge de manœuvre à condition que le nouveau chef du gouvernement soit frappé d’amnésie et qu’il oublie ses promesses électorales les plus coûteuses qui empêcheront tout compromis. Le bras de fer qu’il a entamé avec les principaux chefs de gouvernement afin de réaménager ses 320 milliards d’euros d’endettement ne pourra pas se conclure par un abandon pur et simple, comme il l’a proclamé pendant toute sa campagne électorale. En face, l’Europe affiche un langage clair, grâce à Angela Merkel : elle a fermé la porte à toute idée d’annulation partielle de la dette hellène.  Et l’enjeu est de taille. D’autres pays sont à l’affût de la moindre faiblesse. Il en va de l’existence de la monnaie européenne.

Après les moulinets, les postures et les jérémiades, les masques tomberont forcément.

Pour trouver une solution raisonnable pour les deux parties : donner un peu d’oxygène à l’économie grecque en échange de garanties de quelques réformes emblématiques, il faut d’abord en passer par les chiffres. Quel est le déficit réel pour 2014 ? Que peut-on attendre de 2015 ? Quels sont les projets pour 2016 ? A ces questions, Athènes a-t-elle les moyens de répondre ? la Commission, avec  Jean-Claude Junker, la BCE avec Mario Draghi et le FMI avec Christine Lagarde sont toujours en piste pour dresser l’inventaire de ce que le gouvernement grec accepte et refuse dans le programme mis en place,  et trouver les moyens de compenser chaque perte par une recette comparable. Alors, ce ne sera plus le « plan de sauvetage », mais un « nouveau contrat »… Mais la contrainte reste identique, à savoir que le bel Adonis et son « Varoufakir » de financier devront se plier à des conditions acceptables pour les créanciers s’ils veulent obtenir les crédits officiels dont ils ont besoin pour ne pas tomber en faillite dans les trois mois. A eux de préparer leur opinion aux lendemains qui déchantent.

La crise grecque aura de toute façon un effet malsain.

Les opinions publiques sont devenues schizophrènes. La « rigueur budgétaire » est devenue un gros mot, alors qu’elle devrait au contraire être ressentie comme la règle et la nécessité. La baisse des dépenses publiques, que la France ne respecte toujours pas (la part a encore augmenté en 2014 à 57% du PIB), est vécue comme une contrainte insupportable. Le respect des traités européens qui est bien le moins est traité par-dessus la jambe, à commencer par la France qui ne cesse de se faire rappeler à l’ordre. Doit-on en blâmer les instances qui ont la charge de faire respecter ce que nous avons signé ! C’est facile de brandir le réveil des peuples contre la technocratie bruxelloise, mais après, est-ce que les réalités changent ? Que veut dire le fait que 30% des Français sont en faveur d’une annulation complète ou partielle de la dette grecque ? Savent-ils que cela coûterait à chaque foyer fiscal 1166 euros. Merci, je ne suis pas « Syriza », comme peut l’être Mme Le Pen, comme d’autres sont « Charlie ».  Prenons en considération que n’importe quel geste qui sera fait en faveur de la belle Hellène  sera scruté de très près par les pays qui ont connu ou connaissent des épreuves aussi dures et qui ont eu le courage de prendre des mesures drastiques pour rétablir leur situation, comme l’Espagne. Si la Grèce pèse 2% de la zone euro, l’Espagne représente 11% de son PIB. On mesure ce qu’un effet domino pourrait produire. Aux dernières nouvelles, le gouvernement grec lâche petit à petit dans son bras de fer. Ils viennent de concéder la mise en place de réformes immédiates contre l’évasion fiscale et la corruption en échange de la prolongation de six mois de l’aide européenne. Trop flou et insuffisant et pour Berlin c’est « nein ». L’Eurogroupe prévu demain va être musclé !   

En échange des réformes promises, le gouvernement grec obtiendra, n’en doutons pas, des facilités de remboursement, mais il devra s’expliquer devant son peuple, par petites nuances. On n'en a pas fini de voir les "50 nuances de Grec"... Après tout, le mot « démagogie » est aussi un mot « grec ». 

 


PLUS DE BEURRE QUE DE PAIN

 

Tsipras

Ventre affamé n’a pas point d’oreilles. Les Grecs qui ont dû faire face à la pire crise économique de tous les pays européens, n’ont donc entendu aucun des arguments des sortants, qui pourtant ont réussi à faire avancer le pays vers le retour à la croissance tout en le désendettant. Etait-ce suffisant ? Certes non, mais il aurait peut-être mieux valu continuer sur le même chemin plutôt que d’écouter les sirènes tentantes de l’ultra gauche de Syriza. Car, dans un contexte de ce type, il est facile de gagner en promettant « plus de beurre que de pain ». Les Grecs auraient pourtant pu se souvenir de la mésaventure survenue à Papandréou élu sur des promesses intenables et balayé par le vent de déception qu’il souleva. La même mésaventure pourrait bien arriver à Alexis Tsipras, malgré son charisme médiatique.

La victoire d’un marchand d’illusions.

Syriza, le parti de la gauche radicale qu’il dirige a remporté les élections grecques en s’adjugeant 149 sièges (la majorité absolue est de 151), ce qui crée un nouveau rapport entre la Grèce et l’Europe. Celle-ci lui a imposé un programme économique d’austérité en échange de prêts dont le montant s’élève à quelque 300 milliards d’euros. Syriza réclame un effacement d’une partie de la dette. Il entend bien adopter un salaire minimum et une revalorisation des petites retraites et des bas salaires. Sans en avoir les financements. M. Tsipras a remporté une victoire sans bavures qui relègue le Pasok, le parti socialiste, dans le camp des partis ultra-minoritaires. Les Grecs et beaucoup de Français, croient que, grâce à leur vote, ils ont subitement guéri le mal qui les accable. Ils voient en M. Tsipras le foudre de guerre, le révolutionnaire qu’il n’est pas. Celui-ci ne souhaite pas l’abandon de l’euro par la Grèce ; il veut seulement négocier des modalités de remboursement plus confortables, assorties d’un effacement supplémentaire de la dette. Il lui faudra négocier ferme car il n’est pas en position de force. Il a besoin en effet d’argent frais rapidement, sinon, il ne pourra pas payer les fonctionnaires grecs à partir du mois de mars. L’enthousiasme populaire n’y change rien et il ne suffit pas de chanter l’Internationale à Paris avec le Front de Gauche : les Grecs restent dépendants de l’Europe. Ils auraient tort de croire leurs tourments terminés.

Qui se ressemble s’assemble.

L’aversion pour l’euro et l’Europe est devenue telle chez certains que les frontières idéologiques ont disparu : Marine Le Pen s’exclame : « une gifle monstrueuse pour l’Europe », Nicolas Dupont-Aignan applaudit et ils se retrouvent, curieusement, dans le camp de l’extrême gauche, avec tous Les Verts, les communistes, les écologistes, les frondeurs, qui rêvent de constituer une gauche alternative qui supplanterait le parti socialiste et s’emparerait du pouvoir, tandis que Jean-Luc Mélenchon se réjouit de ce que « la toute-puissance arrogante des libéraux » se soit « fracassée en Grèce ». Ils ont le droit de rêver. Car les Grecs ne pourront survivre que si, dans les négociations avec Bruxelles,  Alexis Tsipras fait des concessions. S’il renonce à les faire, la Grèce sortira de la zone euro.Mme Le Pen, qui propose la même démarche pour la France, pourra alors en mesurer les effets dévastateurs sur l’économie grecque. On ne peut pas souhaiter aux Grecs une telle expérience. Elle aurait néanmoins un énorme effet de dissuasion sur le reste de l’Europe et sur la France en particulier. 

Du bon usage de Syriza pour la Grèce.

Le triomphe de Syriza n’inquiète  pas les Européens : la victoire est annoncée depuis longtemps et ils ont eu le temps de s’y préparer. Il sera difficile au nouveau gouvernement grec de renoncer aux acquis obtenus grâce aux réformes : le budget grec serait excédentaire si le poids de la dette n’existait pas. Le pays a redressé son commerce extérieur et le chômage commence à baisser. S’il n’y avait pas d’accord avec Bruxelles, si la Grèce finissait par quitter l’euro donc l’Europe, ce que personne ne souhaite, la dévaluation de la monnaie nationale produirait des effets bien plus graves que ceux des réformes. Par ailleurs, la situation de l’Union européenne n’est plus celle de 2008. Aujourd’hui, grâce aux dispositions prises depuis six ans, les banques privées et publiques sont beaucoup mieux armées contre un défaut grec. La gauche française qui se réjouit tant du succès de Syriza oublie que la France est exposée à la dette grecque à hauteur de 55 milliards d’euros. Une somme que nous risquerions de ne plus jamais revoir si le nouveau gouvernement grec manquait de réalisme. Mais sa marge de manœuvre est mince. Il devra réussir là où les autres avant lui ont échoué  en réalisant enfin les réformes essentielles : celles du cadastre, de l’Église orthodoxe et de la marine marchande. Si ces réformes avaient été mises en oeuvre, il aurait été possible d’alléger le fardeau fiscal qui écrase les classes pauvre et moyenne. Au lieu de chercher à ne pas rembourser, les Grecs seraient plus avisés d’exiger que leurs riches commencent à faire des sacrifices. Après tout, M. Tsipras est bien placé pour le réaliser. Ce n’est pas nous qui nous en plaindront qui devraient payer à leur place en cas de défaut !

 


SHINZO ABE : LES ABENOMICS DANS L’IMPASSE

Abe

 

Vous le savez, je suis depuis le début le déroulement de l’expérience tentée par le 1er Ministre du Japon Shinzo ABE, nommée « Abenomics », pour sortir son pays de la déflation et de l’impasse économique dans laquelle il est plongé depuis plus de 20 ans. Une expérience d’autant plus intéressante qu’à bien des égards, elle ressemble à ce que préconise Marine Le Pen pour redresser la France.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le remède n’a pas fonctionné.

Le PIB nippon a reculé pour le 2ème trimestre consécutif, ce qui en terme vulgaire signifie « entrer en récession ». même les plus pessimistes n’avainet pas prévu une telle chute dramatique : une contraction de l’économie de 1,6% (0,4% par rapport au trimestre précédent). La cause : TVA ! C’était la 3ème flèche des Abénomics. Pour reconstituer les finances publiques mises à mal , notamment par la hausse des dépenses pour relancer la consommation et par la dévaluation de 25% du Yen, Shinzo Abe a augmenté cette taxe de 5 à 8% le 1er avril dernier. Un tour de vis qui, selon les experts locaux, ne devait avoir qu’un impact marginal sur l’activité. Patrick Artus de Natixis, avait, lui, pronostiqué « un bain de sang ».  C’est ce qui s’est passé avec le recul du PIB. Avec un endettement porté à 250%, cela n’a rien de joyeux pour une économie qui reste sous perfusion publique depuis deux décennies.

C’est un colossal désaveu pour le chef du gouvernement nippon.

Ses » Abénomics » reposaient sur une prophétie auto-réalisatrice selon laquelle les Japonais qui devaient croire dans la croissance comme on croit en religion, retrouveraient le chemin de la consommation. La « bulle de confiance » a fini par éclater. Déclencher chez le consommateur des « anticipations d’inflation » pour avancer les achats, puis la production, puis les investissements, relève plus du pari que de la science économique. Le pari est évidemment perdu ! Ce qu’on retient c’est un pays dont l’économie est à l’arrêt, inondé de liquidités et une irresponsabilité budgétaire maintenue jusqu’à l’absurde. L’inflation a bien atteint les étiquettes, car venue de l’extérieur, elle a touché les cours de la bourse, mais, malheureusement pas les salaires. Le pouvoir d’achat a chuté de 8% en deux ans ! Inutile de dire que les réformes structurelles qui auraient dû être menées, sont restées lettres mortes.

Un coup de poker pour garder le pouvoir.

Le gouvernement nippon se voit donc obligé de renoncer à la nouvelle hausse de 2% de la TVA qui était prévue pour 2015 et pour couronner le tout, le 1er Ministre prépare un coup de poker pour se tirer de l’impasse politique où son échec économique le mène, en provoquant des élections anticipées qu’il est à peu près certains de gagner face à une opposition prise de court. C’est pourquoi il a dissous l’assemblée. Il va ainsi s’assurer un peu plus de longévité au pouvoir.  C’est une manœuvre politicienne qui s’appuie sur le renoncement de la hausse de 8% à 10% de la TVA, ce qui ne fera pas les affaires de la Banque du Japon, mais sera suffisant pour lui assurer les faveurs des électeurs. Ce demi-tour fiscal est aussi un renoncement à mettre de l’ordre dans les finances d’un état confronté à une dette de 7 000 milliards d’euros. Une politique qui ne sera pas non plus du goût des investisseurs dans les obligations nipponnes, faisant remonter les taux d’intérêts des bons du trésor du pays que les financiers s’évertuaient à affaiblir. ..

Quelles leçons en tirer ?

D’abord que le projet « Abenomics » ne s’est pas accompagné des efforts indispensables en réformes structurelles et qu’après les effets toujours bénéfiques d’une relance par l’inflation budgétaire, vient toujours le coup de gourdin des réalités. Ensuite, que dans une économie « ouverte », dont les grands groupes industriels produisent souvent à l’extérieur du Japon lui-même, l’argent ne va pas forcément aux investissements mais à la thésaurisation. Or, ce sont les investissements sur place qui font redémarrer l’économie, pas la consommation de produits venus d’ailleurs. Enfin, quand tout augmente sauf les salaires, le résultat est connu d’avance. Dans un tel contexte, l’épargne de précaution d’un pays vieillissant est logique. Au détriment du développement économique.

Avis aux amateurs !

Voilà un scénario qui devrait faire réfléchir les Français qui croient trouver dans les solutions « audacieuses » de Marine Le Pen, l’alpha et l’omega de la politique qui ferait sortir la France du marasme où le pouvoir socialiste l’a plongé. Sortie de l’euro, Hausse massive du SMIC, milliards de Francs avec la planche à billets, retour à la retraite à 60 ans, etc… dans un pays dont l’économie est imbriquée au quotidien dans celle de nos partenaires, c’est courir à la vitesse supersonique à la déroute, une catastrophe certainement bien plus cataclysmique que celle dans laquelle le Japon est plongé.

 


25 ANS DEJA !

Berlin

Que le temps passe vite. Voici 25 ans, le 9 novembre 1989 tombait le mur de Berlin, symbole hautement emblématique de l’enfermement des peuples derrière le rideau de fer communiste. L’Europe coupée en deux par une frontière fortifiée quasiment infranchissable, avec miradors, barbelés électrifiés, « vopos » armés jusqu’aux dents prêts à bondir, sur des centaines de kilomètres entre le monde libre et « l’enfer communiste ». Et à Berlin, un mur pour isoler l’Ouest rattaché à l’occident du reste de la ville, au milieu de la RDA, l’Allemagne communiste.

Voilà qui est difficile à imaginer pour celui qui, né depuis, n’a pas connu. Et pourtant ça a bien existé. Je l’ai vu, lors d’un de mes voyages en Allemagne avec les élèves de mon collège, à Lubeck : une route coupée, le pont sur la rivière disparu, en face les miradors et des ombres à l’intérieur dont on voit bien qu’ils n’ont pas des sucettes dans les mains, et un explicite panneau arborant : « Halt, Minnen ! » … Une question d’un élève : « Mais ils n’ont pas le droit de sortir de leur pays ? »… Atmosphère pesante. Au retour, un étrange silence règne dans le car. On vient de toucher du doigt le bonheur indicible de la « liberté ».

C’est pourquoi, 25 ans après, il est important de commémorer l’événement. Il est nécessaire que ceux qui ont vécu ce moment-là, racontent, témoignent, expliquent. D’autant plus que la réunification de l’Allemagne, personne n'y croyait. Quand le mur s’est ouvert sous les poussées de la foule déterminée des Allemands de l’Est, personne ne s’y attendait. Helmut Kolh venait de dire quelques jours plus tôt, commentant la « pérestroïka » de Gorbatchev, que la réunification n’était pas pour demain ! Mitterrand n’avait rien vu venir, il embrassait encore le kremlin sur la bouche…  Bref, ce fut un miracle !

Un miracle qui changea la donne. L’Allemagne redevenait la première puissance de l’Europe, par sa population, près de 81 millions d’habitants et son poids économique, mais elle dut en payer le prix pendant quinze ans, car elle héritait d’un pays en ruine. La réunification aura coûté deux mille milliards d’euros, et mis en danger l’équilibre de l’Allemagne de l’Ouest. Le choc a été violent : des millions de postes supprimés par le passage à l’économie de marché, 2 millions de départs vers l’Ouest, un budget qui explose avec la généralisation des généreuses aides sociales de la République fédérale. Le déficit public a doublé entre 1990 et 1995, et l’inflation s’est envolée à 5%. Mais sous la conduite de Gerhard Schröder et d’Angela Merkel, qui a vécu sa jeunesse à l’Est, le pays a su faire les bonnes réformes pour s’adapter. On a craint la tentation de l’ost-politique, tournée vers le continent et la Russie, mais il n’en fut rien. Les chanceliers successifs eurent à cœur de continuer la construction européenne et d’ancrer leur pays à l’Ouest.  Mais alors que les Allemands commencent à souffler, ce sont les pays de l’Union qui leur demandent de mettre à nouveau la main au portefeuille. On peut comprendre leurs réticences !

La face du monde en fut changée. La Hongrie s’était déjà libérée. Le « mur de la honte » par terre, c’est déjà l’annonce de l’effondrement de l’empire soviétique et des démocraties populaires de l’Est européen. Et la découverte, sinon la confirmation, de la faillite économique du communisme. C’est ce qui nous vaut, quand nous allons en Slovaquie, de s’entendre dire par ses habitants, que nous habitons en France dans le dernier pays communiste d’Europe ! Et il suffit de voir le monument de Budapest consacré au communisme, pour comprendre que ce ne fut pas un paradis pour les peuples qui ont subi le joug de l’idéologie totalitaire.

Jours d’ivresse, comme seule le recouvrement de la liberté peut en inventer, jours d’euphorie par les retrouvailles de familles trop longtemps séparées, jours historiques par le caractère hautement impactant sur le cours des choses en Europe et dans le Monde. Rostropovitch ne s’y trompa pas qui bondit aussitôt sur les lieux pour aller jouer devant la brèche une … fugue !