SANTE : COMMENT MACRON L'ETATISE AVEC SA REFORME

Réforme santé

 

Vers un système  à l’anglaise

Déjà la part du financement de la santé est de moins en moins assurée par les charges sociales, puisque la  part de l’impôts via la CSG grossit petit à petit et finira par remplacer  les cotisations salariales. On s’éloigne du modèle dit « bismarckien », fondé sur l’assurance assise sur le travail, pour se rapprocher du modèle dit « beveridgien » à l’anglaise, de type assistanciel, piloté par l’Etat. On sait déjà à quoi s’attendre : une médecine à deux vitesses, avec des médecins « fonctionnaires » et les anglais qui ont les moyens qui viennent se faire soigner en France. 

Le plan santé 

Les  médecins ont pourtant applaudi quand le Président de  la République a présenté son projet, parce qu’il  vise à sortir du modèle tricolore hospitalo-centré et englobe tous les acteurs, privés et publics, dans une évolution systémique. Des lignes de force qui paraissent logiques, en effet : deux paris,  celui du territoire et celui de la confiance aux acteurs de santé. On tourne le dos à l’ère idéologique Touraine, dont le parti pris était de réserver les missions de service public au seul hôpital public, au mépris des réalités du terrain. Pour autant, si l’approche est claire, paraît cohérente et bien pensée sur le papier, en donnant une vue d’ensemble où chacun trouve sa place,  la ville  comme l’hôpital, avec une gradation des soins, et en partant des territoires, rien n’est réglé. Il faudra réformer les directoires et conseils de surveillance institués par la loi Bachelot,  et renouveler les  directeurs des ARS  tout en divisant les effectifs de leur personnel par deux. Il faudra aussi  supprimer des pans entiers du Code de la santé publique pour laisser une vraie liberté aux hospitaliers. Enfin, il faudra réguler l’offre de soins de la médecine de ville et c’est le plus compliqué à mettre en place, car la  grande difficulté d’aujourd’hui c’est justement pour les établissements hospitaliers  d’avoir en face d’eux, localement, des interlocuteurs libéraux pour assurer la  permanence des soins, les parcours de prise en charge, mettre en place les coopérations.

Déjà ça commence mal

« Le  compte n’y est pas » dans le budget 2019 de la Sécurité sociale constate la fédération hospitalière de France, et  appelle à plus de volontarisme. Pour mettre en place la réforme, il y a une double nécessité : réguler les soins de ville et accompagner financièrement la transition.  Dans le  budget 2019 on ne retrouve ni l’approche des territoires, ni les nouvelles régulations pour la médecine de ville. Le gouvernement continue à surestimer l’activité des hôpitaux et à baisser les tarifs  en sous-estimant la progression de leurs charges, supprimant tout lien entre le coût d’une pathologie et la somme versée  pour la traiter. Et le système shaddock fait le reste : on gèle les crédits des hôpitaux puis on puise dans ces crédits gelés pour financer les dépassements de la médecine de ville, et présenter ainsi une sécurité sociale en équilibre… Avec une équation insoluble pour les hôpitaux à qui on demande 960 millions d’euros d’économie  cette année.  L’investissement hospitalier est tombé à moins de 4 milliards d’euros par an, là où près de 7 seraient nécessaires en rythme de croisière !

La  fin du modèle libéral ?

« En même temps », la réforme enterre le modèle national de médecine libérale. D’abord en battant en brèche son principe fondateur : le  paiement à l’acte, pour le remplacer par le forfait qui s’appliquera « pour commencer » dès 2019 à l’hôpital  pour l’insuffisance rénale et le diabète. Les  médecins de ville suivront. Deuxio, la réforme veut mettre fin à l’exercice « isolé » -aujourd’hui majoritaire- du médecin dans son cabinet, pour le remplacer par les cabinets de groupe qui devraient procurer efficacité et convivialité. Avec le risque, comme  c’est le cas pour les cliniques et les laboratoires absorbés par des grands groupes, que ces cabinets regroupés et maisons de ville de connaître le  même sort, les médecins devenant de simples salariés. Troisio, le plan Macron pose l’obligation de former des « communautés professionnelles territoriales de santé ».Il en existe aujourd’hui 17,  il en voudrait 1000 d’ici à 2022.   Mais ça coince, avec un cahier des charges très rigide, organisé d’en haut et peu de latitude laissée aux acteurs. Quarto, 400  médecins salariés des hôpitaux vont être envoyés dans les déserts médicaux jusqu’à ce que la fin du numerus clausus crée  l’offre de soins suffisante et permette de les remplacer.  En espérant que la  surabondance ne débouche pas sur l’instauration de règles strictes pour réguler les ouvertures de cabinets. Et quand on sait que la cohérence du système  sera alors assurée non plus par les cotisations et les  partenaires sociaux,  mais  par l’impôt et l’Etat … la  boucle est bouclée.

Une médecine administrée

Il y a gros à parier que la  régulation des soins se fera par des incitations et des contraintes calculées à partir d’écarts-types, de moyennes d’actes, avec des remboursements dégradés et potentiellement des déconventionnements pour les établissements ou les professionnels de santé qui s’écarteraient trop des référentiels. .  Quand on voit les résultats que l’Etat obtient avec l’économie française qui crève d’être administrée… on sait à quoi s’attendre pour la  médecine.

 

 


PMA SANS PERE : POUR JEAN LEONETTI, C’EST NON ! IL DIT POURQUOI

Portrait officiel Mr Leonetti2014 (3)

Mardi dernier,  Jean LEONETTI, spécialiste en bioéthique à l’origine des  lois sur la fin de vie, était l’invité  des parlementaires « Les Républicains » de  Maine-et-Loire pour un débat dans le cadre de la  révision prochaine  des  lois  de bioéthique, sur le  thème :  « Début et fin de vie : tout ce qui est  techniquement  possible est-il souhaitable ? »

P1180977 P1180954Devant plus de 250 personnes, Catherine Deroche,  Sénatrice de Maine-et-Loire  a d’abord rappelé que l’année 2018 s’inscrit donc dans le calendrier des lois de 1994, 2004 et 2011, et a vu se tenir les États généraux de la bioéthique pilotés par le CCNE auxquels participent des experts et des citoyens.  Cette révision est donc à l’ordre du jour du Sénat. Elle insiste sur le vaste champ couvert par le domaine de la bioéthique impacté par les progrès scientifiques et techniques,  et que sur de nombreux aspects,  le  débat est  nécessaire en appelant  à ce qu’il soit apaisé et objectif.

Du questionnement démocratique au rôle de la médecine.

Jean Léonetti  a ensuite développé  son propos, partant du questionnement démocratique  propre à P1180968 notre pays, passant en revue tous  les  sujets concernés avec la  précision du cardiologue  toujours en exercice. De la naissance à la mort, il argumente, s’appuyant sur sa  propre expérience, émaillant son propos de nombreuses références à l’histoire de la médecine depuis l’antiquité, rappelant les grands principes qui guident la  science et  particulièrement le rôle  du médecin. Un balancement entre le possible et les  limites imposées par la dignité humaine. Tous les  points sensibles sont évoqués : l’embryon, la PMA, la  GPA, la fin de vie  et les améliorations P1180975qu’il a fallu apporter en 2016 à la loi de 2005. De ce fait il pense que légaliser l’euthanasie n’est pas nécessaire si on applique la  loi en vigueur. Pour les expériences sur l’embryon humain, il rappelle les limites imposées par la loi. Quant à la PMA, il oppose l’éthique de l’autonomie à celle de la vulnérabilité et il se déclare finalement  hostile après  avoir examiné  tous  les  avantages et inconvénients, d’ailleurs relevés dans l’avis du Conseil Consultatif National,  et se réfère au principe de précaution au nom de l’éthique de la dignité. La GPA est évacuée  à cause de  la  marchandisation inévitable du corps humain qu’elle entraîne, une atteinte grave à la dignité humaine. Et il  met en garde : si la PMA est autorisée, au nom du même principe d’égalité, on arrivera à P1180978 légaliser la GPA. Il démonte au passage la rhétorique du « droit à l’enfant ». En conclusion, il souhaite que la médecine de demain soit salvatrice et conquérante,  « Mais rappelons-nous le mythe de Prométhée dont les vautours dévorent le foie pour avoir donné le feu aux hommes. Le châtiment menace le progrès. »  Et il donne  le  dernier mot à Camus : « Un homme, ça s’empêche ! ».

Le débat permet de revenir sur les sujets les  plus importants qui permettent à Jean Léonetti d’apporter des précisions, toujours avec la même  humilité et humanité.


P1180965La  conclusion revient à Stéphane Piednoir,
Sénateur de  Maine-et-Loire et nouveau Président de la fédération « Les Républicains », qui se félicite du succès de la soirée et de la grande qualité du propos de Jean Léonetti et du débat qui a suivi. Il rappelle que l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPCST) du Sénat rendra son rapport le 25 octobre 2018 sur l’évaluation de la loi de bioéthique de 2011.

 

 


QUELQUES QUESTIONS SUR LA PMA

Naissance

 

A en croire les médias et nombre d’intervenants sur les plateaux médiatiques, c’est une affaire entendue et qui ne se discute même plus, sauf à faire de l’homophobie : la PMA sera adoptée. D’ailleurs le Conseil Consultatif National n’a-t-il pas émis un avis favorable. Le lobby LGBT a bien fonctionné. Pas si simple ! 

Une fausse égalité

La revendication de la PMA, notamment par les couples de femmes lesbiennes, est présentée comme une exigence d’égalité avec  les couples hétérosexuels. Donc comme un droit ! Sauf que « la procréation n’est pas un droit, mais  une fonction biologique, et l’exiger pour tous au nom de la  justice sociale, comme le revendique Marlène Schiappa est parfaitement absurde ». Ce n’est pas un « excité » de la Manif pour tous qui le dit, c’est un journaliste de Charlie hebdo. En même temps, Jacques Testard, l’auteur du « bébé-éprouvette », mettait en garde contre l’eugénisme. Il y a donc une gauche qui refuse  le chantage à  l’homophobie, pour réfléchir pleinement à ce qu’implique la Procréation Médicalement Assistée étendue à toutes les femmes. Sans la technique, l’argument de l’égalité ne tient pas si on s’en tient à  la biologie, pas plus pour les couples de femmes que pour les couples d’hommes.

Le rôle de la  médecine

L’évolution de la  médecine et de ses applications techniques a toujours eu pour but le traitement des pathologies et le soulagement des souffrances et bien des chantiers restent en jachère en la  matière malgré les nombreux progrès et réussites. On voudrait aujourd’hui profiter de ces avancées pour faire entrer dans le champ de ces progrès scientifiques des applications non thérapeutiques. S’agissant de la  PMA, la  loi permet actuellement de pallier à l’infertilité d’un couple hétérosexuel vivant et en âge de procréer, avec un cadre légal bien précis.  La  loi doit-elle évoluer pour accorder à une personne ce qu’il lui est impossible d’obtenir par la nature et non en raison d’une infécondité pathologique. C’est entrer dans la logique de « l’homme augmenté artificiellement » au-delà de la nature humaine, et non plus de « l’homme soigné ».  Certains n’hésitent pas à affirmer que financer leur PMA  à des femmes qui sont biologiquement fertiles à cause uniquement de leur sexualité, alors qu’un Français sur trois renonce  à se soigner faute d’argent, c’est détourner de l’argent public à des fins privées. La  médecine deviendrait alors une activité banale qui produit et fournit des services. Doit-elle détourner des moyens pour répondre non plus à un besoin de soins, mais à la commande d’un client ?

Le « droit à l’enfant »

Car ceux qui réclament « la PMA pour toutes » veulent aussi la prise en charge des frais par la solidarité nationale. Or celle-ci n’a pas à fournir des prestations techniques mais à prendre soin des  plus fragiles. Si l’on rembourse les soins aux malades, c’est en vertu du droit à la santé. Les  procréations artificielles de femmes en bonne santé n’entrent pas dans ce champ d’application. Sauf au nom d’un droit : celui d’avoir un enfant. Et voilà comment une personne devient non plus sujet,  mais objet de droit ! De là à ce que l’enfant et sa mère ne deviennent ensuite « l’objet » d’une transaction commerciale, il n’y a qu’un pas. L’extension de la PMA consacre « un droit à l’enfant, potentiellement inconditionnel et illimité ». Or l’impossibilité d’avoir des enfants est une limitation intrinsèque que les homosexuels devraient accepter, sauf à nier ce statut  pour le faire rentrer dans le rang de l’idéal « familiariste » réservé jusque-là aux hétérosexuels. Il ne faut quand même pas confondre  la veuve ou la femme abandonnée qui élève seule sa progéniture avec la féministe qui voit son projet  aboutir, sa victoire ! Il ne s’agit donc pas d’étendre une liberté au nom de l’égalité, mais de considérer qu’avoir un enfant est un droit pour lequel la collectivité doit payer. L’Etat deviendrait dès lors un fournisseur d’enfants pour tous ceux qui, quelle qu’en soit la raison, ne veulent pas en passer par la production naturelle.

Un marché déjà en place

Le business plan est prêt, avec ses éléments de langage, son calendrier et ses  porte-paroles médiatiques et même ses représentants de commerce.  PMA-GPA, même combat. Sinon, Comment expliquer la « une » de Paris-Match »  avec la  « famille de Marc’O », et sa belle histoire à faire pleurer dans les chaumières. Il ne vient à l’esprit de personne qu’on glorifie en  le faisant un hors-la-loi. Avec  la  PMA, on entre, de facto, sur un « marché » et il ne faut pas sous-estimer la perspective d’utiliser des femmes comme moyen technique de « production d’une commande ». Des femmes-outils en quelques sortes. Ce serait la porte ouverte vers la GPA (gestation pour autrui). Et  le Conseil Consultatif nous l’annonce : la conservation des ovocytes, la généralisation des tests génétiques ne posent aucune question d’éthique générale ; ces émanations du corps humains sont devenues des objets techniques. Contrairement à ce qu’on nous raconte, la technique que la GPA  met en œuvre est la même que celle de la PMA. Seule intervient dans le  champ la nécessité de trouver un « ventre » pour porter l’enfant puisque l’homme en est incapable. Le marché existe déjà  et y pourvoira moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Que l’enfant obtenu dans un cas comme dans l’autre puisse se sentir otage d’un « ubris »  (mot à la mode), cela ne fait pas partie de la réflexion.  Il devra faire « avec ».

La quête des enfants sans racine

Personnellement, j’ai encore envie de croire  à  l’importance de « l’inné » dans la vie d’un être humain. Nous venons tous de quelque part. Le savoir, c’est rassurant. Car cet « inné » venu d’on ne sait où  peut se transformer en souffrance à travers une quête de l’hérédité. Il est encore temps de refuser qu’on fabrique des  enfants sur commande. La technique déshumanise.  Va-t-on se contenter de dire à un enfant « ton père c’est la technique et ton parrain c’est l’Etat ? ». Légiférer pour répondre à des préoccupations individuelles, c’est oublier le souci du bien commun.  Les  perspectives à la fois vertigineuses et fantastiques  des avancées technologiques ne nous imposent-elles pas d’agir avec sagesse et précaution. D’autant plus que l’on sait que pour  l’enfant qui va naitre la gestation n’est jamais anodine. La  vie fœtale comprend aussi  le vécu de la mère et il faut tenir compte de l’acquis anténatal qui aura des répercussions sur sa vie affective. Et puis en face du droit à l’enfant, ne doit-on pas mettre comme  obstacle  le fait de lui ôter la moitié de sa généalogie. S’obstiner à ne pas le voir dénote une hypocrisie, car c’est lui dénier ses propres droits. Dans cette affaire la quête génétique des enfants concernés est sous-estimée quand elle n’est pas mise sous le boisseau. Pourtant elle existe.  Ceux-là veulent que soit reconnu le droit à connaître leurs origines et ils sont de plus  en plus nombreux à espérer retrouver leur donneur grâce à  un test ADN… Cette souffrance-là est bien réelle.

Restons fidèles à l’homme soigné.  Car  après la  PMA et la GPA, viendra le  temps de la parthénogénèse le jour où elle sera possible : le temps des  enfants fabriqués sans parents sur catalogue !   Pourquoi la refuserait-on aux couples qui seraient candidats ?  L’homme apprenti sorcier, ça n’est pas une nouveauté.

 


TEL DIEU, ILS VEULENT REFAIRE LE MONDE …

Veganisme

 

Mais ils ne sont pas Dieu ! 

Et ce ne sont  au mieux, que des apprentis-sorciers  sinon de furieux dingues. Ces  théoriciens américains et autraliens, Judith Butler, Donna Araway et Peter Singer, sont à l’origine, sans qu’on s’en rende compte, des réformes  sociétales qui sont mises en œuvre dans de nombreux pays occidentaux. Ainsi le « mariage pour tous »,  « l’écriture inclusive », et bientôt la possibilité de naître en dehors de toute relation humaine, ou de changer de sexe selon son bon  plaisir au cours de sa vie, qu’on  nous présente comme des réformes au nom du progrès ou de l’égalité universelle, ne sont que la traduction de ces théories fumeuses. Elles ne sont pas  l’expression de la conscience politique d’une Najat Vallaud Belkacem ou d’une Marlène Schiappa. Car c’est de révolution anthropologique qu’il convient de parler. Celle-ci plonge ses racines dans les écrits de ces théoriciens que l’universitaire Jean-François Braunstein qualifie de « philosophie folle ».

L’Homme  rabaissé.

Il s’agit en réalité d’imposer une nouvelle idée de l’Homme qui n’aurait aucune différence avec les bêtes. Ils livrent leur  combat sur trois fronts : le genre, qu’il  s’agit de  substituer au sexe, l’animal qu’on entend rendre égal à l’Homme, et la mort qui n’est qu’un événement technique (sous-entendu, dont on peut disposer = euthanasie).  Toutes les frontières sont appelées  à disparaitre, qu’elles soient érigées par la morale ou la connaissance scientifique. Il s’agit purement et simplement d’évacuer de la culture, « l’humanisme » qui suppose une différence ontologique entre les sexes, entre l’Homme et les animaux, entre  la vie et la mort.  Ainsi, au nom de la négation de la différence entreles hommes et les bêtes, Donna Haraway se fait grande prêtresse de la zoophilie. La pédophilie est justifiée au nom du même principe. Encore  plus abject : l’Australien Singer, « philosophe utilitariste »,  affirme que la vie d’un chien en bonne santé vaut mieux que celle d’un enfant handicapé : on voit tout de suite où cela  mène. Et nous avons des intellectuels assez poreux pour relayer ces fadaises.

La folie végane !

Le véganisme est une branche directement dérivée de ces mouvements de pensée. Le Père de « l’antispécisme » étant le même Singer. Etre végan, c’est bannir toute utilisation de produits qui seraient issus de la domination de l’homme sur les animaux. C’est bien plus qu’un style de vie, c’est un engagement en faveur de l’abolition de toute forme d’exploitation des animaux . Là est le principal problème car, d’un choix de vie qui ne devrait ne regarder que les personnes concernées, ces guignols à l’estomac certifié 100 % non carné, ont fait du véganisme un véritable objet de militantisme, entraînant des agissements excessifs et des comportements carrément hystériques. Ainsi, des militants antispécistes ont organisé samedi des happenings « pacifiques » devant des boucheries en France pour dénoncer le « zoocide » que représentent, selon eux, l'élevage, le commerce et la consommation de viande, alors que les dégradations de vitrines de boucheries se sont multipliées ces derniers mois. Depuis le début de l'année, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) a recensé en France douze cas de commerces alimentaires caillassés avec tags de revendications antispécistes et plusieurs dizaines de cas de détériorations, avec du faux sang versé ou la pose d'autocollants revendicatifs. Le  « véganisme » est une une véritable idéologie qui vise à imposer sa loi à tous.  Les  moyens qu’elle utilise en font un mouvement totalitaire.

Des doctrines obscurantistes.

Ces forcenés, qui ont fait des producteurs et des mangeurs de viande des ennemis à éliminer, et qui arborent comme porte-voix le fougueux Aymeric Caron, n’ont de cesse d’occuper l’espace médiatique en mettant en avant des arguments le plus souvent aussi absurdes que fallacieux. Le  langage quotidien lui-même  reprend une partie du vocabulaire venu de ces courants de pensée. Il ne s’agit pas d’empêcher ces gens de prendre leur pied en picorant des graines de lin et de tournesol tout en buvant un verre de lait de soja, mais d’en finir avec leurs démonstrations pseudo-scientifiques complètement grotesques. Je n’entrerai pas ici dans le détail. Il suffit d’affirmer que ces gens font l’impasse sur  l’essentiel  intangible : la chaîne alimentaire qui est à la base du cycle de la vie sur Terre.  N’en déplaise à ces bons apôtres, l’Homme fait partie, au même titre que le loup ou le tigre, de ces consommateurs secondaires, et il est donc parfaitement sain pour lui de chasser, d’élever et de manger des animaux. Et même il a un intérêt à la faire dans la mesure où la vitamine B12 et le fer qui se trouvent principalement dans la viande sont indispensables à son évolution et au fonctionnement de son cerveau. C’est en mangeant de la viande que notre cerveau est devenu plus gros que celui des primates et que nous en sommes arrivés à ce degré d’évolution. Pour un être humain, consommer de la viande est donc parfaitement naturel. La  guerre  contre les essences et les frontières conceptuelles est donc une subversion destinée  à mettre à bas l’humanité de l’Homme. Les réseaux sociaux , quelques universitaires, de nombreux journalistes, plusieurs mouvements « d’illimitation » des droits dont les néoféministes, sont déjà infectés. Il faudrait les poursuivre pour atteinte aux Droits de l'Homme !

Je ne saurai trop conseiller la lecture de l’ouvrage de Jean-François Braunstein : « La philosophie devenue folle ». Il y dévoile la vision du monde qui se cache derrière un lexique d’apparence sympathique. Indispensable !  Ce sont de vrais périls qui menacent l’humanité.

Et en attendant, que les « végans » s’occupent de leur assiette, et qu’ils nous fichent la paix avec leur « fascisme alimentaire » qui n’a absolument aucun sens, et qui ne remplacera jamais le plaisir que l’on peut éprouver à manger un bon bœuf bourguignon ou une belle entrecôte grillée. Sans blague !

 


LA FRANCE EST UNE MACHINE A PAUVRETE

Pauvrete Kakdessin de KAK (L'Opinion)

 

Vouloir réduire la  pauvreté avec un plan qui remodèle les aides pour les rendre plus efficaces, qui met en place une structure de plus  pour s’occuper de l’insertion et qui prévoit de dépenser un  peu plus d’argent qu’on n’a pas (8 milliards d’euros sur quatre ans)  c’est comme mettre un cautère sur une jambe de bois. Tout simplement parce qu’on continue d’alimenter la machine à entretenir la  pauvreté à l’œuvre depuis plus de trente ans dans notre pays et singulièrement aggravée par les politiques de gauche. D’ailleurs le slogan est explicite : « donner  plus à ceux qui ont moins ! ».  En prenant à qui ? En appauvrissant ceux qui ne sont pas encore pauvres, forcément !  

Le  mythe de  la pauvreté 

La France est la championne du monde  des dépenses sociales. C’est le fruit d’une préférence pour l’égalité. Pourtant on nous fait croire que l’injustice et  les inégalités n’y ont jamais été aussi fortes.   Rien n’est plus faux. La France est l’un des pays développés les moins inégaux : elle compte 13,6% de pauvres.  En Europe, seuls les pays nordiques,  les Pays-Bas et la République tchèque en comptent moins. Il est vrai que les inégalités de revenus sont fortes,  mais leur répartition très inégalitaire est compensée par  une redistribution basée sur des cotisations sociales et des impôts massifs. L’inégalité croissante entre les revenus s’explique par la faiblesse du taux d’emploi : les Français ne sont pas assez nombreux à travailler. Seulement 65% des 15-64 ans ont un emploi, 77% en Suède ! Ces politiques «  d’égalisation » par la fiscalité ont des effets pervers. Ainsi, quand la redistribution devient trop forte, elle est un obstacle à la croissance. On le mesure avec le coefficient de « Gini » (rapport de comparaison des revenus bruts avec les revenus nets). On estime à 13 le coefficient au-delà duquel une redistribution commence à avoir des effets négatifs sur la  croissance. La France serait autour de 20.  Une dynamique « perverse » qui explique que plus on relance l’économie pour distribuer et créer de l’emploi,  plus on étouffe les entreprises et moins on résorbe le chômage. Démonstration inutile, c’est ce qu’on vient de vivre début 2018.

La machine à prélever

Inutile, non plus, de revenir sur la hausse de la CSG non compensée pour les retraités et faiblement contrebalancée pour les  actifs par la diminution des charges salariales et la suppression de la taxe d’habitation par tranches. Mais cet exemple est emblématique. L’Etat prélève et redistribue en dépensant plus au passage. Tout  le système d’imposition tend à se concentrer sur les mêmes, les classes dites moyennes, qu’il appauvrit évidemment parce qu’elles doivent payer toujours plus, sans que les plus démunis, chômeurs ou précaires, n’en profitent vraiment,  malgré tous les dégrèvements et avantages « sous conditions de ressources » dont ils bénéficient par ailleurs. Ce système débouche sur une situation explosive à terme : il n’y aura que des très riches et des pauvres. Du pain béni pour le populisme. Il présente un inconvénient majeur : il freine pour ne pas dire obère, la production de richesse, par les charges qu’il impose : 56% du PIB.

Le choix de l’appauvrissement

Le financement des retraites nous donne un autre exemple de la préférence pour la pauvreté : les cotisations de retraite complémentaire prélevées sur le plus grand nombre d'actifs, celles de l'Agirc et de l'Arrco,  vont être relevées, pour harmoniser les normes des deux régimes et pour les renflouer. La hausse des cotisations reste une tentation, même si les syndicats rétifs semblent avoir compris qu'il n'est pas souhaitable de relever indéfiniment les charges sur le travail. Mais c’est ce qui va se passer le 1er  janvier prochain. Ensuite, les retraites vont être moins augmentées que la hausse des prix, qui a fâcheusement accéléré ces derniers mois. La baisse des pensions reste là encore une autre solution de facilité, comme on le voit avec les arbitrages gouvernementaux d’un gouvernement à la recherche de marges de manœuvre inexistantes. Autrement dit, on reste dans l'ancien monde. Face à des problèmes de financement, on relève les cotisations et on laisse s'éroder le pouvoir d'achat des prestations sans toucher au troisième paramètre de l'équilibre du système, l'âge de la retraite. Or il est à la fois possible et souhaitable de relever cet âge. Et  au moins la solution serait durable. Le  manque de lucidité et de courage est évident.

Il existe encore un autre moteur de la pauvreté,  c’est notre modèle de croissance qui privilégie la « consommation ». Or celle-ci est génératrice du lourd déficit de notre balance commerciale. Je le répète, si nous produisons 2 points de croissance en la stimulant, soit 44  milliards d’€ de plus pour le PIB, nous creusons en même temps le déficit du commerce extérieur qui s’est soldé l’an passé par un trou de 65 milliards d’€ (et nous avons déjà 33,5 milliards d’€ de déficit à la fin du premier semestre de cette année). Le calcul est simple : voilà un cycle pervers qui nous appauvrit collectivement.

Le  choix de la dépense publique

Depuis son arrivée au pouvoir, l’exécutif a-t-il cherché à réduire la dépense publique ? Evidemment non, puisque les dépenses de  l’Etat ont encore augmenté. Et au lieu de s’attaquer aux réformes structurelles indispensables, comme  la réduction drastique du nombre des fonctionnaires, il préfère encore, pour le budget 2019  pratiquer la vieille technique du « rabot » qui consiste à plafonner artificiellement les dépenses des ministères, uniquement guidé qu’il est par l’objectif de tenir le déficit en-dessous des 3%. On n’en finirait pas de lister tous les choix  gouvernementaux qui cèdent à  la dépense. Les propositions des experts de CAP 22 qui préconisaient une baisse de 30 milliards d’€ des dépenses publiques d’ici la fin du quinquennat ont été mises à la corbeille. Et on engage de nouvelles dépenses ruineuses comme l’inutile service universel ou  l’extension du champ de l’assurance-chômage. L’euphorie de l’an passé aura été de courte durée.  La dégradation de l’environnement international explique en grande partie le ralentissement : hausse des taux d’intérêt et du prix du pétrole, guerre commerciale, technologique et même monétaire. Mais les erreurs de politique économique de Macron pèsent lourd tout de même. Le  choc fiscal de 4,5 milliards d’€ de prélèvements supplémentaires sur les ménages et l’explosion de la fiscalité sur les carburants et sur l’immobilier ont jeté un coup de froid sur la consommation. Et maintenant, il faut rajouter le choc du prélèvement à la source qui ne manquera pas de se  produire, ne serait-ce que par le vaste transfert des charges de l’Etat sur les entreprises.

Produire de la richesse d’abord

Il faut remplacer le cercle vicieux de la pauvreté par le cercle vertueux de la prospérité. Il faut privilégier les entreprises et en premier lieu l’investissement et l’innovation. Cela suppose une baisse significative de leurs charges qu’on peut obtenir par un transfert de deux ou trois points de TVA, et de leurs contraintes administratives. Le retour de la compétitivité leur permettra de regagner des parts de marché, notamment en Europe  où c’est le plus facile, de générer des emplois et  enfin d’augmenter les salaires. Produire la richesse d’abord avant de la distribuer. Rien n’interdit d’accompagner une telle politique de mesures favorisant l’emploi en diminuant les indemnités du chômage progressivement.

 

 


COULIS D’ETE

 

Self service

 

A LA CAFET’

La cafétéria c’est le bon compromis entre le restaurant traditionnel et le fast-food type Mac Do’. Au restaurant, il faut pouvoir prendre son temps, et le fast-food propose des menus stéréotypés qui vont un temps. A la sortie de l’autoroute, une grande enseigne de supermarché s’est installée et offre les services d’une cafétéria où nous mangeons de temps en temps : c’est bon, c’est économique et c’est suffisamment rapide. Le self est organisé en deux parties : la première propose en plusieurs étals et îlots tout ce qui est froid : salades de fruits, salades en tout genre, assiettes froides avec jambon cru ou saumon, pizzas, fromages, pâtisseries, et les boissons. Ensuite on franchit la barrière des caisses où l’on peut commander éventuellement un des plats chauds proposés, viandes grillées, poissons, plats cuisinés, à aller chercher une fois installé à une table. Les légumes sont accessibles à volonté. Nous voilà donc à faire la queue au self-service de cette grande enseigne. Il faut dire que nous avons choisi la bonne heure : midi et demie, l’heure du coup de feu. C’est l’occasion de vérifier trois travers bien de chez nous dont nos compatriotes ont la spécialité.

La peur de manquer.

Le petit hall des plats froids est assez encombré entre ceux qui cherchent à se servir une entrée ou/et un dessert, du pain, une boisson, et ceux qui font la queue aux deux caisses ouvertes. Il pourrait y en avoir trois, mais deux seulement sont opérationnelles. A cette heure d’affluence, c’est assez incompréhensible, mais c’est toujours comme ça. Le mois d’août sans doute … Nous tentons donc de cheminer, plateaux en mains, dans cet agglomérat compact. Etant donné le monde en quête d’objets de sustentation, les vitrines réfrigérées ont tendance à se dégarnir. C’est là que la « peur de manquer » entre en action. Certains n’hésitent pas à bousculer pour atteindre leur objectif : la dernière assiette au saumon, où sur l’îlot des desserts, la dernière tartelette aux myrtilles. Ces goujats sont sans retenue. Ils vous passent devant sans vergogne sans même un « pardon ». S’il n’y en avait qu’un encore. Nous avons donc droit à une « vestale » plantureuse qui profite d’un espace étroit et éphémère entre la personne qui me précède et moi, pour plonger littéralement sur l’assiette dont j’allais me saisir.  Ce manque de délicatesse est bien inutile parce que dans les minutes qui suivent l’étal est réapprovisionné par un service qui a l’œil. Cela ne nous empêche pas de parvenir à nos fins : j’ai opté pour une assiette de jambon cru, un wrap et un bol de fruits rafraîchis en salade. De quoi faire un repas complet agrémenté d’une carafe de 25 cl de rosé remplie à la tireuse. En raison de la foule, inutile d’envisager un plat chaud, il y a gros à parier qu’une queue monumentale s’étirera devant le grill. Il s’agit de ne pas perdre trop de temps. Personne ne nous attend, mais rien n’y fait : on ne change pas les habitudes acquises avec quarante années de vie professionnelle.

La resquille.

Il faut maintenant faire la queue pour payer. Et évidemment, nous devons composer avec ceux qui sont plus pressés que les autres et qui « grugent ». J’en vois deux qui étaient derrière nous et qui se retrouvent maintenant devant. Ils ont profité des mouvements de ceux qui sont en train de se servir et nécessairement coupent la file pour se faufiler et gagner trois ou quatre places. A quelques mètres de la caisse, il faut néanmoins choisir entre la caisse de gauche et celle de droite. Mauvaise pioche : ils ont opté pour la droite et c’est justement dans cette queue-là que devant eux sévit cet autre archétype social : l’emmerdeur qui n’a rien compris, n’a pas ce qu’il faut, cherche éperdument sa carte de paiement, demande des détails, que sais-je encore ! En l’occurrence c’est une « emmerdeuse » qui a oublié de prendre ses couverts et tente de payer avec des tickets restaurants que l’établissement n’accepte pas, c’est écrit en grosses lettres. Nos resquilleurs patientent derrière, impuissants et visiblement énervés. C’est ainsi que, ayant choisi l’autre alternative, nous nous retrouvons bien avant eux dans la salle pour nous installer à deux pas de l’îlot des légumes d’accompagnement. Il y a une justice quand même !

Les yeux plus grands que le ventre.

Ce qui est apprécié dans ce genre de restaurant, c’est la partie « buffet à volonté ». C’est le cas de celui des légumes que chacun peut librement choisir pour accompagner son plat. Les plats sont disposés en cercle sur une plate-forme installée autour d’un pilier : il y a là, côte à côte : les inévitables frites, les pommes sautées, des beignets de fleurs de courgettes, des pâtes, des haricots verts, des mogettes,  des choux fleurs… Alors que nous sommes occupés à déguster notre repas, je ne peux m’empêcher d’observer le va et vient continuel des gens qui viennent se servir. Et je constate alors que pour beaucoup « à volonté » signifie à satiété, voire plus… C’est incroyable ce qu’on peut entasser de frites sur une assiette déjà bien garnie. C’est vrai, elles sont bonnes et toutes fraîches, mais tout de même ! Elles semblent faire l’unanimité. Je remarque aussi que les portions sont proportionnelles au gabarit de celui qui se sert et visiblement personne n’a entamé un régime pour diminuer sa surcharge pondérale. Un peu comme la dette de la France. On y pensera demain. On pourrait y voir aussi comme une volonté de se refaire sur le dos du prestataire, une compensation du prix, pourtant très raisonnable,  qu’il a fallu payer pour le reste. J’en étais là de mes réflexions quand une petite fille plutôt menue est venue s’asseoir à la table voisine avec une énorme assiette de moules…  Nous avions fini notre repas. Je ne saurais jamais si elle l’a terminée !

 


COULIS D’ETE

Blonde sur la plage

 

LA BLONDE SOPHISTIQUEE

La plage est un spectacle.

Pour qui est observateur, elle devient rapidement un observatoire de nos contemporains que le sociologue n’hésiterait pas à classer en catégories, tant les typologies sont variées et révélatrices des tendances comportementales et de l’évolution de nos us et coutumes. Mais il y a des constantes. La « blonde sophistiquée » en fait partie.

Nous sommes installés au pied de la  dune, à l’abri des sautes de vent.  A  droite, la plage s’étale jusqu’à Saint-Vincent sur Jard, à quelques encablures. A gauche elle court sur près de 8 km jusqu’à la  pointe du Grouin du Cou. Un beau cordon littoral continu couronné du vert sombre de la forêt de Longeville. Devant, la  marée à mi-hauteur dégage un large espace de  sable en pente douce, avec un léger ressaut qui marque la limite de  la marée haute. C’est sur cette partie légèrement surélevée qu’elle s’est posée, juste en face de nous.

Sur sa serviette de plage, elle a pris la pose.

La « blonde sophistiquée » ne laisse rien au hasard. Elle est allongée sur le ventre avec une posture précise : elle tient dans sa main, d’un geste étudié, sa jolie tête dont ses cheveux dorés tirés vers le haut et rassemblés par une petite barrette accentuent la  rondeur. Elle porte évidemment une paire de lunettes de soleil d’un jaune réfléchissant très mode et accordé à sa chevelure. Je ne connaitrai donc pas la couleur de ses  yeux. Je les imagine verts, pour le fun…

Le moment d’aller se rafraîchir est venu.

Evidemment, elle se trouve sur mon chemin.  Passant près d’elle, je prolonge mon observation d’un coup d’œil panoramique : son corps  bien proportionné arbore un maillot de bain deux pièces noir, très pudique, agrémenté, on s’en serait douté, d’une petite bande de broderies dorées. Le côté pile, en tout cas est uniformément  bronzé, d’une belle  couleur pain brûlé,  sans le moindre défaut. On sent là aussi le soin et la précision  pour éviter la moindre imperfection. Près d’elle est disposée à portée de main une petite trousse carrée rose, décorées de bandes tressées dorées, qui appartient sans nul  doute à l’univers des  poupées  Barbie.

Un peu plus tard, le corps correctement refroidi, je refais le chemin vers mon parasol  en sens inverse. Cette fois-ci j’ai droit au côté face. Elle est allongée sur le dos. Même constat sur les proportions du corps et le décorum du maillot de bain, haut et bas, même hâle parfait. Visage impassible.

Une rôtissoire programmée.

Et de fait, de ma  place, prolongeant mon observation, je constate que la « crêpe » est retournée tous  les quarts d’heure, montre en main, en un mouvement de métronome lent. Et à chaque fois, elle plonge la main dans sa trousse  pour en saisir un flacon de produit solaire dont elle s’enduit méticuleusement. Pour elle, bronzer sur la  plage est une activité à temps plein. Pas de lecture, pas de jeu, pas de bain. Juste prendre  le soleil et  le faire savoir,  car la place choisie n’est certainement pas  le fait du hasard. Elle est jolie et elle le sait, elle veut que nous aussi on le sache ! Une blonde à la peau brunie comme ça, ce n’est pas courant.

Je n’ai pas voulu prendre de photo, ce n’est pas l’envie qui manquait. Respect de l’image de la personne oblige. Je ne me voyais pas  lui  demander l’autorisation. Aussi l’illustration ci-dessus ne correspond-elle pas…

 

 


COULIS D’ETE

Achille Talon

 

« TU AS RONFLE ! »

Le ton faussement détaché  a quand même gardé son côté comminatoire : « si, si, tu as ronflé ! ».  Une sentence qui vient sortir l’interpelé de sa torpeur, surpris l’œil quelque peu torve assorti du regard du « ravi de la crèche ». Et cela, juste au moment où il goûtait la volupté de fermer les yeux  tout en suivant une conversation dont les éclats de voix lui parvenaient de plus en plus lointains dans une atmosphère progressivement cotonneuse. Que répondre ? Il n’y était plus !

Devant ses dénégations, car on n’aime pas être accusé de ronfler en public, la question le crucifie : « Ah oui ! Qu’est-ce qu’on disait ? ». Le réveillé est acculé, alors qu’il est encore ébloui par la luminosité de la nappe blanche d’une table  en fin de déjeuner. Le soleil est radieux, l’air embaume les roses toutes proches,  l’ombre est délicieuse. Son regard balaie l’assistance des convives qui, mi-goguenards, mi-ironiques, attendent sa réponse. Avec indulgence bien sûr. De quoi replonger.

Les yeux refermés, l’intéressé marmonne une réponse complètement à côté. Dans sa tête a surgi le visage de la tombe inca qui surprend Tintin dans le tunnel du Temple du soleil. La digestion doit s’accompagner d’une petite sieste, c’est bien connu. Et quand on a des invités et un repas un peu trop riche, l’âge aidant, le résultat est garanti. « Tu devrais aller t’allonger » lui suggère alors la même voix sur un ton bien plus doux. Message reçu dans les nimbes alors que déroulant le fil de l’histoire, on ne sait pourquoi, il en était  à la dalle qui bascule dans la grande salle du trône de l’Inca…

Mécaniquement, le somnolent s’exécute, sans chercher à résister. Les rires ponctuent son parcours sans qu’il cherche à savoir si c’est lui qui en est l’objet. Alors défile la liste des résolutions qu’il avait  prises  pour ces vacances et toujours en rade : faire du vélo, ranger le garage, lire le dernier Pennac… Livré à ses réflexions, tout en marchant vers le canapé, ce coup de pompe lui paraît vraiment surprenant. Ce n’était pas la  première fois qu’un petit coup de mou le prenait après le repas,  mais il trouvait l’excuse dans son activité débordante. Mais là ?  Enigme !

« Finalement, c’est crevant les vacances », dit-il en balbutiant au milieu d’un baillement, en forme de conclusion logique.

 


COULIS D’ETE

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ATTAQUE DE CHILIENNE EN RASE-MOTTES.

On ne  peut  pas vraiment dire qu’on ne s’y attend pas. Depuis début août, ça couvait,  comme on dit ! Et puis subitement, le 6 août, l’attaque a eu lieu,  sans  prévenir évidemment.  Une  attaque  surprise dans la touffeur méridienne  au pire moment de  la   journée,  quand on sait  l’adversaire sans défense.

Et l’on se retrouve affalé dans la chilienne qui se demandait bien quand ça allait arriver.  Et  vous voilà alangui,  paralysé, inerte, le dos en arc de cercle, les bras ballants. C’est traître une attaque de Chilienne !  J’aimerais vous y voir !  C’est vrai qu’on ne doit pas avoir l’air très malin,  la tête  à moitié à la renverse et la mâchoire à demi pendante. Mais une fois qu’on est dedans,  essayez donc de trouver la force de vous en sortir quand tout le corps dit non et que votre cerveau est aux abonnés absents.

Alors autant se laisser aller en attendant le moment propice à la contre-attaque. Va pour une petite ronflette.  C’est la faute aussi à ce fichu micro-climat vendéen qui vous fait pousser des chênes-verts  comme sur la côte d’Azur.  Il  ne manque que les cigales.  Cette année la température peut rivaliser, et même le bleu de l’Océan, avec celui de la Méditerranée. Il n’y a que la température de  l’eau, dont je ne dirais mot. En attendant c’est la position « relax », car de toute manière, il  fait trop chaud pour envisager quoi que ce soit.  Même tenir un stylo  pour un sudoku n’est pas soutenable, c’est dire : manque d’énergie, cerveau trop mou.

La  chilienne était en embuscade depuis que je l’avais dépliée en arrivant et installée dans son coin habituel du balcon, à l’ombre. Et elle a attendu patiemment son heure. Joli coup très réussi. Elle savait qu’elle parviendrait à ses fins, un jour en début d’après-midi, comptant sur les effets conjugués du rosé – la cuvée « Marie du Fou » est un vrai piège-, de la digestion et de la température. Elle m’a cueilli au moment où j’allais m’endormir sur le journal.  C’est sympa une chilienne quand elle tombe à pic. Elle sait se rendre irrésistible. Même le café n’y peut rien.

Pourtant, j’aurais dû le savoir : chaque année c’est la même chose. J’essaie de faire passer  les bricoles à remettre d’équerre dans l’appartement  en premier. Il y a un an, j’ai tenu quatre jours avant de  me faire  avoir.  Cette année, la chaleur aidant, je n’ai même pas tenu deux jours !  Des  attaques de chiliennes, j’en ai connu plein : en voyage, sur le balcon de la location, à l’hôtel, au bord  de la  piscine, et même l’hiver à la neige,  il y en a toujours une à vous tendre sa toile –les chiliennes n’ont pas de bras, à la différence de leurs cousines  les chaises longues-. Et chaque fois, on se fait prendre parce qu’elle a un allié avec elle, ce rayon de soleil qui fait qu’on cède à la tentation.

Mais va bien falloir que je bouge. On a beau « tuer le temps », il s’échappe quand même et trop vite. L’heure de la contre-attaque a sonné. Ce soir j’ai un apéro à préparer et il ne faut pas que je m’y mette trop tard. C’est un autre type d’attaques, mais celles-là, c’est moi qui les mène. Bah tiens !

La chilienne admet facilement sa défaite, elle compte prendre sa revanche dès demain…

 


COULIS D’ETE.

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LA PLAGE ET LE SABLE

Une plage sans sable, c’est une plage de galets. Ce n’est pas le pied. Ou plutôt, ça fait mal aux pieds, et pas qu’aux pieds. A moins d’avoir un matelas bien épais, on peut compter ses abattis en se relevant d’une petite sieste. Donc, le mieux, c’est la plage de sable fin. Voire …

Le sable de la plage n’est jamais comme il faut. Quand il est sec, il est brûlant, on y marche malaisément, il s’insinue dans les chaussures où il nous picote. Quand il est mouillé, il colle et on ne peut plus s’en défaire. Enfiler les nu-pieds devient alors une torture. Pourtant, il ne dissuade guère les amateurs de plage qui s’agglutinent sous leur parasol, s’étalent sur leurs nattes, serviettes et autres accessoires. En fait, à la plage, quand il fait beau et chaud, il n’y a que dans l’eau qu’on est bien. A condition que des cailloux ou galets vicieux, charriés au gré du flux et du reflux, ne viennent pas meurtrir vos pieds douillets.

Je soupçonne les vacanciers d’être un brin masochistes.

En temps ordinaire, ils jugeraient cette activité insupportable s’il s’agissait de conditions de travail. Rendez-vous compte : une expédition à la plage nécessite d’emporter et transporter un parasol ou une tente pliable, autant de nattes que de personnes, les serviettes de bain, le ballon, les raquettes type Jokary, les anciens ajouteront un siège pliant et je n’oublie pas les planches de surf des enfants, sans parler des goûters et des rafraîchissements qu’il faut trimbaler dans une glacière. On y va à pied, c’est une galère. On y va en voiture, il faut charger le coffre, trouver une place pas trop loin ce qui s’avère être un pari aventureux, surtout si on en cherche une à l’ombre. Ensuite il faudra de toute façon parcourir un bout de chemin « pedibus cum jambis ».

C’est marée haute.

Les gens sont tassés, faute de place. L’océan impose ses règles : il faut tenir compte des marées. On se dit que tout-à-l’heure, il y aura un peu plus de place quand la mer commencera à redescendre. Donc, on s’adapte. Une fois installés, le parasol planté, ployant sous les coups de vent, chacun commence à s’occuper. Le plus simple c’est de s’allonger sur la serviette et de se laisser aller sous le soleil jusqu’à ce point de somnolence où tout s’estompe dans une atmosphère sirupeuse. Le cri des mouettes se fait lointain et le bruit du ressac tout proche couvre les braillements des bambins. On peut aussi reprendre la lecture du polar entamé la veille. Comment se mettre : à plat-ventre, le dos cambré ne tarde pas à protester ; sur le dos, il faut tenir le livre en l’air, à contre-jour ; allongé sur le côté, appuyé sur un coude, ça n’est pas pratique quand il faut tenir les pages à deux mains à cause du vent ; assis en tailleur alors, mais il faut changer souvent de position. Je ne vous parle pas du sudoku et des mots fléchés qui nécessitent en plus de jongler avec un crayon en main. Autant aller au bain.

Quand on est dedans, elle est bonne !

Encore faut-il entrer un corps surchauffé et gorgé de soleil dans une eau à 18-20°. L’océan est rarement plus chaud. Mieux vaut y pénétrer tout doucement. Sauf qu’une vague traîtresse va régler le problème en vous arrosant copieusement. Au moins c’est fait. Alors, c’est vrai, voilà enfin un peu de vrai plaisir. Subitement on se sent mieux dans un corps rafraîchi à se laisser porter par l’eau. Les enfants ont enfourché leur planche et surfent sur les vagues qui se forment près du rivage. Ils vont s’épuiser en allers-retours joyeux. Au moins ils dormiront bien ce soir. Le temps passe, le soleil décline. Il est temps de sortir de l’eau pour sécher un peu avant de penser à tout plier pour le retour.

Attention de ne pas exposer le corps mouillé au sable sec. Déjà, les pieds sont enveloppés d’une gangue dont il faudra se départir tout-à-l’heure. C’est tout un art que de se sécher avec la serviette, en une sorte de danse du scalp, avant de retrouver une position propice au séchage, au soleil et au vent. Mais déjà, on pense à la suite. Le petit apéro bien frais sera la récompense de tant d’efforts pour « se reposer ».

Je ne voudrais pas être grain de sable, l’été sur la plage.

 


COULIS D’ETE

Mots fléchés sudo

SUDOKU OU MOTS FLECHES ?

 

Sur la plage, la guerre fait rage.

Hormis les ados courbés sur leurs petits écrans, les autres tuent le temps, stylo en main, étalés sur leur serviette de plage, assis en tailleur ou affalés sur un pliant.  Ils se partagent en deux camps : les « sudokistes » et les  « mots-fléchistes ». Quelques « cruciverbistes » font encore  de la  résistance, mais ils sont nettement minoritaires et font clairement partie d’un autre âge, généralement  vénérable.

La source d’approvisionnement.

Comme les cahiers de devoirs de vacances, ils fleurissent à l’étal du marchand de journaux du coin. Une sorte d’armistice a conduit à un partage égal du présentoir : d’un côté les recueils de grilles à neuf chiffres, classées par difficulté de 1 à 10 puis assortis d’épithètes plus ou  moins terrifiants, « expert », « diabolique » et autre ;  de l’autre, en carrés plus imposants, les recueils de grilles à définitions, eux aussi en ordre gradué par difficulté. Le  marché hésite,  bien que le jeu japonais, comme son nom l’indique, semble prendre l’avantage.  Est-ce  la perte du vocabulaire par l’usage abusif des textos qui décourage les quidams en mal  de passe-temps ?

Il n’y a pas que les recueils du  libraire.

Les vacanciers ont à  leur disposition de nombreuses autres sources d’approvisionnement : le journal quotidien, les hebdomadaires, proposent généralement  des grilles.  Et comme tout le  monde doit s’y retrouver, ils offrent la  plupart du temps  le choix, y compris des grilles de mots croisés, signe peut-être  d’un lectorat vieillissant. Je n’ai, en effet, pas encore vu un jeune s’attaquer à un problème  posé par Michel Laclos ou Claude Abitbol…  Certains hebdos proposent des jeux gagnants avec des primes de 50 ou 100 € et même des lots allant jusqu’à 500 € ! Et je remarque que ce sont la plupart du temps les sudokus qui sont ainsi mis en exergue,  preuve tangible d’un engouement. Mais les accros préfèrent les recueils qui permettent d’enchainer les problèmes, les uns après les autres.

Comme la pâte à crêpes.

Adepte de l’activité cérébrale, je préfère alterner les plaisirs.  D’abord un bon bouquin sous le coude pour toile de fond. Dans ma  panoplie de plage, un stylo à encre effaçable accompagne des grilles des deux types. Après la  lecture, la grille de mots fléchés,  au moins de force 3, garde ma prédilection : une bonne grosse et  large grille. Parfois une série de définitions me résiste. C’est qu’il faut l’inspiration. Dans ce cas-là, comme  pour le  sudoku, il faut faire une  pause, passer à une autre activité. Voilà pourquoi il faut avoir sous la main tout le nécessaire. C’est comme  les positions sur le  sable,  au bout d’un moment, il faut en changer pour éviter les courbatures. Eh bien, les grilles c’est comme la pâte à crêpes, il faut laisser reposer.  Après, c’est meilleur : souvent la solution qui ne voulait pas sortir, saute aux yeux subitement, le croisement de deux lignes dégage une case qui permet de placer le chiffre décisif, le mot qui ne prenait pas forme jaillit dans un éclair de lucidité. 

Choix des stratégies.

D’une personne à l’autre, la manière de procéder diffère. Pour  le sudoku, j’ai observé deux types d’approche. Il y a ceux qui procèdent par tâtonnement  une fois épuisées les évidences. Il s’agit d’essais successifs au crayon qui remplissent les cases de petits chiffres pouvant convenir, jusqu’à la solution qui fonctionne, au risque de s’empaler sur une erreur dans la  dernière ligne droite. Cela m’a toujours paru laborieux. La procédure par la logique  pure me convient mieux.  Il faut de la perspicacité, jouer sur les colonnes ou les lignes rendues obligatoires  pour un chiffre, sans connaître son  positionnement exact dans  un casier,  pour l’inscrire par déduction avec certitude dans le casier  où il manque. Parfois, il faut faire la manipulation sur deux « tiroirs » successivement : c’est là qu’il faut rester concentré. Là encore, il faut multiplier les démarches en les associant : par élimination, par cumul, par énumération … Une astuce : je commence toujours une grille par les trois casiers du côté droit. J’ai constaté que c’était un bon moyen de démarrer. C’est peut-être parce que le concepteur l’a terminée par ce côté-là.  Pour les mots fléchés, c’est moins complexe.  En général un premier balayage de la grille permet de trouver une première série de mots correspondants aux définitions. Ensuite, si on hésite, les lettres posées peuvent orienter la recherche. Il faut compter avec l’humour du concepteur qui donne parfois des définitions « tirées par les cheveux », mais ça fait  partie du plaisir. Tiens, par exemple, « pour la coiffure » ou « en hiver », en trois lettres : « gel » évidemment ! Bon, il y a plus subtil,  j’en conviens.

Sur ce, bonne plage !

 


COULIS D'ETE ...

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LA PLAGE AUX « SENIORS-EN-MODE-PAUSE »

Les séniors en mission.

Juillet et août sont les mois bien connus où l’on voit sur les plages nombre de grands parents en mission : ils assurent la garde de leurs petits-enfants pendant que les parents sont encore au travail et en attendant qu’ils prennent la relève. Non pas que les structures d’accueil manquent, il y a souvent des « centres aérés » et autres « camps d’été » à disposition, mais fréquemment les enfants préfèrent aller chez « papy et mamy » où ils savent par avance qu’ils seront choyés. Alors quand en plus, il y a la mer à la clé, la question ne se pose même plus. Et l’on voit donc des têtes chenues s’affairer ballon au pied ou faire trempette entourées de leur descendance… au milieu de la foule des vacanciers qui ont envahi l’espace, armés (au sens maritime) de parasols, planches, nattes, serviettes, pelles et seaux. Nous n’échappons pas à la règle.

Heureusement, il y a aussi des moments de pause au cours de l’été.

C’est alors que nous changeons de stratégie.Tiens, par exemple, aujourd’hui, il fait chaud, très chaud, surtout au-début de l’après-midi. Depuis la fin de la matinée, nous avons vu passer, parfois en bataillons constitués, des cohortes de vacanciers, fuyant leur « habitat de plein air » surchauffé. Elles se dirigent vers la plage. Celle-ci, naguère déserte ressemble maintenant aux Champs-Elysées au moment du retour des champions du Monde ou au hall de la gare de Lyon un soir de grève. Le mètre carré de sable disponible est devenu très cher. Le temps est magnifique, le ciel est bleu immaculé et vers vingt heures la marée sera haute,  inutile de se presser. Nous attendons que la chaleur commence à retomber. Vers dix-sept heures trente, des « écrevisses géantes » commencent à remonter, saturées de rayons solaires. Puis, ce sont les jeunes mamans qui abandonnent le terrain, entourées de leurs bambins dont il faut assurer l’intendance exigeante. Le moment est venu. En chemin nous croisons les mères de famille qui remontent, transat sous le bras, vers les « mobile homes » du camp tout proche : il faut préparer le repas du soir ; elles sont suivies de près par leur mari qui aura en charge le barbecue, corvée ou plaisir, c’est selon. Nous voilà maintenant sur notre coin favori, à l’abri du vent.

La plage a pris un aspect plus fréquentable.

Quelques groupes de minettes, allongées sur leur natte, en cercles façon « concertation grave », nous gratifient de leurs éclats de rire pointus ; elles prolongent leur séjour mais ne tarderont pas à lever le siège pour aller se faire une beauté : ce soir, il y a karaoké sur le port. Le calme s’est fait progressivement. Un père, peut-être divorcé, esseulé, tape dans la baballe avec fiston ; lui ira probablement au restaurant. Le bruit du ressac reprend le dessus. Désormais, le sable nous appartient. Les cris aigus des mouettes ont remplacé les rires des midinettes. Elles passent en rase-motte pour chiper quelque reste de goûter ou de pique-nique abandonné au sable. Le soleil sur le déclin, nous caresse de ses rayons obliques. Le vent est tombé. L’océan a pris sa couleur « Méditerranée » tandis que la plage blondit dans une ambiance dorée. Restent maintenant quelques couples, célibataires ou retraités comme nous, encore là parce qu’ils n’ont rien d’autre à faire. Nous sommes installés confortablement sur notre siège de plage : reprendre l’un, la lecture du bouquin en cours, l’autre s’affairer sur un sudoku. Le moment venu, une petite baignade viendra ponctuer cette séquence de « lâché-prise ». Laisser le temps filer…  Pas de ballon intempestif, plus de rumeur sourde de la foule. Juste la mer, les oiseaux et quelques odeurs marines. Il fait franchement bon. Nous clignons juste un peu des yeux au soleil vespéral. Un vrai plaisir d’été !

Ah ! Déjà 20 heures passées… Il est temps de plier bagages. Vivement demain, même heure, même lieu.

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Internet

OUF, Y A DU RESEAU !

On vient à peine de se lever et déjà les ordis sont allumés. Pour eux, pas de problème, la wi-fi fait le job et la « box » se laisse faire. Les engins sont connectés. Mais depuis que le smartphone a remplacé  le portable, en fait on est « branché » sur le réseau 24h sur 24. C’est quoi  le « réseau » ? On ne sait pas vraiment, alors on dit Internet, ça fait savant pour pas cher. Mais comme beaucoup de gens, on ne sait  pas  vraiment comment ça  marche. Il faut bien en passer par là puisque le « fixe » ne sert plus que lorsqu’on est près de lui. Et encore.

Bon, mais ça, c’est quand tout va  bien et qu’Orange ne nous fait pas de misères. On a connu une époque où c’était la galère, la  « box » décrochait sans arrêt. C’était parait-il parce qu’on était en fin de boucle. Puis un technicien plus malin s’est aperçu que notre prise de raccordement au réseau téléphonique était très érodée en raison de son grand âge. Une fois remplacée par une neuve, nos problèmes avaient disparu. Depuis les décrochages sont devenus rares et nous prenons la précaution de tout débrancher, y compris la prise téléphone, chaque fois que nous nous éloignons pour quelques jours. Chat  échaudé  craint  l’eau froide. Il a  suffi qu’on  oublie une fois  pour qu’on retrouve  la « box » cramée à cause d’un orage.

La  « box »  est devenue le  centre névralgique de la  vie familiale. Enfants et petits-enfants, à peine arrivés, réclament  la clé de connection pour pouvoir profiter du réseau. Je l’ai photographiée dans mon « smart » pour éviter la  gymnastique indispensable pour énumérer la liste longue comme un jour sans pain de chiffres et de lettres. Tous sont munis  de  tablettes, de iphones ou de ipads et autres objets connectés. Dans le  monde connecté, il y a les « avec fil » et les « sans fil ». Ces derniers ont pris le pas sur les premiers. Mais pourquoi donc se connekton ? (pardon,  se connectent-on). De jour comme de nuit, à la maison ou sur la route, en voyage ou au travail (pour ceux qui bossent), en haut débit ou bas débit, nos écrans  servent pour jouer ou pour consulter nos messages, pour suivre la vie de la famille ou des amis sur Viber ou Whatsap, pour travailler aussi…  nous sommes connectés. On va sur la page facebook pour  lire les derniers « post » arrivés sur le  « mur », écrits par des  connaissances le plus souvent, mais aussi des  inconnus, amis de nos amis…

Quel que soit l’endroit où l’on se trouve, l’important, c’est : « y a-t-il du réseau ? »  C’est aussi vital  que le soleil. Ainsi nous avons une résidence secondaire dont nous avons supprimé  la ligne téléphonique fixe. Payer un abonnement pour si peu de consommation,  ça ne valait plus le  coup depuis que nos téléphones mobiles nous permettent de rester joignables ou d’appeler partout. Sauf qu’Internet, c’est  comme « les bras et le chocolat » : plus de ligne, plus de connection. Nous  avons donc opté pour la clé 4G, dénommée option « nomade » dans notre abonnement (sans la caravane ni la guitare). Elle nous permet de connecter l’ordi portable au réseau mobile. Enfin quand il est disponible. C’est qu’à certaines heures, à certaines  époques, au bord de la  mer, nous ne sommes pas tout seuls à vouloir utiliser le dit réseau, et il sature, l’animal.  Il faut se brancher tôt le matin quand les djeunes roupillent, par exemple. Quelle galère pour vaquer à nos occupations « webiennes » quotidiennes !

Bah,  à quelque chose malheur est bon. On a  plus de temps à consacrer à la lecture ou à  la   promenade dans le monde réel, et ça fait  grand bien : sentir le vent,  humer les odeurs iodées de  l’océan, sentir la  caresse des rayons du soleil sur la peau et … rencontrer des vrais gens avec qui « causer ». Car plus nous sommes connectés, en vérité,  plus nous sommes   déconnectés de la  réalité du monde  physique.  L’écran peut nous transporter partout, et  c’est à  peine si on regarde le  temps qu’il fait dehors. Mais l’écran est aussi un as du virtuel qui fait plus vrai que le vrai. La différence entre le vrai et le faux  n’a jamais été aussi difficile à établir et plus nous nous connectons, plus nous mettons d’écrans entre nous et la réalité du monde extérieur, quelle qu’elle soit. Au point que  l’informatique fait écran entre les choses (ou les informations) et  ce  que nous croyons qu’elles sont. Vous suivez encore ?  J’ai envie de dire qu’avec les objets  connectés nous sommes devenus des « sujets » connectés. Esclaves quoi !  Et nous le serons de plus en plus.  Déjà nous sommes, si nous n’y prenons garde, géolocalisables. Demain nous serons peut-être tapissés de puces qui renseigneront notre robot médecin sur notre santé… La chance au grattage garantie !  Et encore, je ne vous ai pas parlé de « réalité virtuelle » un oxymore (si c’est  virtuel, ce n’est  pas réel ?) ni de « réalité augmentée ».

Je crains qu’avec Internet notre bon vieux sens critique s’émousse. Ne pas croire tout ce qu’on nous raconte, cesser de gober sans réflexion les histoires les plus invraisemblables, savoir rester vigilant, autonome, attentif, face aux rumeurs et aux fables que charrient les médias et la « toile ».  Prenons le progrès pour ce qu’il est : en prendre  la  part utile, laisser le reste à ceux qui aiment l’asservissement.

Ouf, y a pas  de réseau !

 

 

 


L’ETE, LE TEMPS DES TONGS.

Chat string des pieds
 

Sous les tropiques, c’est la chaussure des pauvres, parfois taillée dans un vieux pneu. Dans nos contrées, c’est le beau temps qui les fait réapparaître. Je parle des savates qui s’enfilent entre le gros doigt de pied et l’orteil qui le jouxte, le « string du pied », comme dirait le Chat de Geluck. Les tongs vont avec le soleil comme le chandail bûcheron avec le froid. Et plus on descend vers le sud, plus leur période d’utilisation s’allonge. Les tongs sont inséparables du terrain de camping dont elles sont la composante uniforme de la tenue quotidienne, avec le short. Claude Brasseur l’a bien mis en évidence dans le film « Camping » en les enfilant dès la sortie de sa voiture à son arrivée : c’est la première chose qu’il pose par terre avant même les pieds. Les tongs, c’est les vacances ! Elles en font partie au même titre que le pastis vespéral et la serviette de bain.

Il n’y a pas d’âge pour les porter, c’est l’accessoire qui convient à tous : il suffit de regarder les présentoirs des commerçants. Toutes les tailles s’alignent, même pour les tout petits. Mais j’ai remarqué que chez les jeunes, ce sont surtout les filles qui en sont adeptes. Il y en a à tous les prix, mais attention, il y a tongs et tongs. La savate a aussi son aristocratie : les plus renommées, et aussi les plus coûteuses, portent un petit drapeau brésilien sur la lanière, pays où elles sont fabriquées, ce sont les Hawaïnas ! Elles constituent aussi un équipement toutes fonctions chez certains (ou certaines). On les porte alors toute la journée quelle que soit l’activité, aussi bien pour aller faire les courses au supermarché que pour aller à la plage, pour faire le « parcours santé » dans les bois que pour faire un tour à vélo. Avouons que cet usage n’est pas toujours rationnel. J’en ai même rencontré portés par des jeunes sur un chemin de randonnée plutôt escarpé des Cinq Terres en Italie, il faut le faire ! Il n’y a qu’un endroit où elles sont prohibées, au même titre que les talons aiguilles : au volant d’une voiture.

T’as tes tongs, les vacances peuvent commencer.

Moi, je les enfile pour aller à la plage. C’est ce qu’il y a de plus pratique pour arpenter les quelques mètres de sable mou chauffé à blanc par le soleil. Ils suffisent à protéger la plante des pieds de la brûlure désagréable avant d’atteindre le site où l’on plantera le parasol, sans avoir la sensation urticante de grains qui s’insinuent comme avec les espadrilles. Sur le dur, la semelle est plutôt souple et rend le contact avec le sol presque sensuel. Le pied se sent en liberté, au point, parfois de s’en échapper : il faut une certaine habitude pour marcher avec et la nonchalance est recommandée. Essayez de courir avec, et vous verrez !  Les orteils eux, respirent, tout heureux de prendre l’air, chose à laquelle ils ne sont guère habitués, enfermés qu’ils sont, la plupart du temps dans les chaussettes et les chaussures. Au moins, là, ils ne baignent pas dans leur jus comme c’est souvent le cas chez ceux qui portent des tennis ou des baskets à vif. Et je ne parle pas de l’odeur, disait l’autre…

Par contre, les tongs exigent une hygiène vigilante, surtout de la voûte plantaire. Le pied étant sans aucune protection, la négligence se voit tout de suite, surtout si on n’est pas au bord de la mer. En tongs, montre-moi tes pieds, je te dirai qui tu es ! Pour les adeptes du bain, évidemment, la solution est toute trouvée, encore que … On n’imagine pas ce que le sable peut être sale !

Une anecdote pour terminer.

L’épisode se passe au début des années 60 en Espagne. Nous passions quelques jours dans la famille de ma femme, chez un oncle, dans la région de Taragone. Nous étions partis faire un tour dans la campagne avec sa cousine alors âgée de six-sept ans. Le chemin était pentu et au bout de quelques centaines de mètres, elle s’arrêta et demanda qu’on la porte sur le dos : une de ses tongs était en effet hors d’usage. La languette qui traverse la semelle était sortie de son trou, en raison de l’usure, bien visible. Nous nous relayâmes pour finir le trajet en la portant à califourchon sur un dos ou l’autre. Le retour s’annonçait moins laborieux tout en descente d’un bout à l’autre. Elle retrouva alors sa capacité à marcher : vérification faite, la rusée disposait d’un petit clou qu’elle glissait en travers de la languette ce qui rendait sa savate à nouveau fonctionnelle. La paresseuse avait trouvé un moyen commode de ne pas trop se fatiguer. C’est resté un épisode familial qui lui a été longtemps rappelé ! A l’époque, on n’en portait guère en France, sauf peut-être dans le midi.

 


LES VIEUX, VACHES A LAIT DE MACRON !

Retraites 3

 

Les retraités sont en colère et ils veulent le faire savoir.

Ils expriment un ressentiment justifié. Le  parcours du combattant a commencé pour eux en 1993 : ça n’est donc pas d’aujourd’hui que l’Etat change constamment les règles à leur désavantage. Depuis il y a eu la contribution d’assurance solidarité autonomie (CASA), prélevée au taux de 0,3 % sur différents revenus bruts (retraites, mais aussi pension d’invalidité et allocations de préretraite) instituée en 2004 et le calcul de leur retraite indexé sur les prix et non sur les salaires. Si Nicolas Sarkozy avait tenu sa promesse d’augmenter de 25%  le minimum vieillesse au cours de son quinquennat, rectifiant un peu la tendance, le quinquennat de Hollande aura été désastreux pour eux : la réintégration de la prime de 10% pour avoir élevé trois enfants dans le revenu imposable, le gel  des pensions depuis cinq ans … ont fait régresser graduellement et considérablement leur pouvoir d’achat. Macron est victime de l’exaspération des retraités qui ont trop souvent été mis à contribution ces dernières années. Il y a de quoi comprendre leur ras-le-bol.

La goutte d’eau qui fait déborder le vase.

La hausse de la CSG, non pas de 1,7% (qui est le taux)  comme ils avaient pu le comprendre et  comme  persiste à le faire croire Macron, mais bien de 25%,  sans aucune compensation, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Car la facture est  salée. Le Président dit aux séniors qu’il a rencontrés qu’il veut encourager le travail, qu’il doit d’abord augmenter le pouvoir d’achat des actifs. C’est un discours de technocrate raisonnant sur des chiffres et des statistiques qu’on ne peut pas entendre, tellement il est loin de la réalité humaine de ses interlocuteurs. Si ceux-ci avaient été économistes, ils auraient pu lui répondre qu’ils sont des consommateurs comme les autres. Ils ont simplement constaté qu’ils se serrent de plus en plus la ceinture ! Les retraités souffrent de ne pas être traités équitablement, et en plus, il y a d’autres moyens sûrement plus efficaces pour relancer l’emploi que de prélever 25 milliards d’euros d’impôts  dont une faible partie est restituée aux salariés.

Les retraités ne sont pas  des nantis !

Autre point : cette volonté de présenter les retraités comme des nantis, issus d’une génération dorée : un pur scandale ! Récemment un député LREM a tenu des propos comparables. Le pacte qui les liait à l’État a été trahi par le gouvernement, car le principe de répartition sur lequel est assise leur pension est baffoué. Comme pour d’autres mesures perçues par l’opinion comme autoritaires ou cavalières, la déception des seniors est très grande car  beaucoup ont voté Macron. Le gouvernement se prive ainsi d’une fraction de son électorat et cela durablement car ses explications ne sont guère convaincantes. Ainsi, on entend que les retraités ont eu leur cadeau avec la réforme de la taxe d’habitation. C’est faux ! Cette réforme n’est pas un cadeau pour les retraités, c’est un cadeau pour tout le monde, sous condition d’éligibilité. Sans compter que la suppression potentielle de la taxe d’habitation annoncée par le président de la République entraîne de nombreuses interrogations, d’autant plus qu’elle sera progressive et ne les concernera pas forcément tous.

Un sort injuste.

En attendant, ce sont les retraités qui financent la résorption du déficit des assurances vieillesse complémentaires. Il ne faut pas oublier qu’ils ont cotisé pendant toute leur vie professionnelle,et souvent au prix de sacrifices. Certes, ils ont payé non pas pour leurs propres pensions mais pour celles des retraités qui les ont précédés. Ce n’est vrai toutefois que pour le retraité de base de la Sécurité sociale. Les régimes complémentaires fonctionnent selon un système d’acquisition de points. Or ceux qui veillent au fonctionnement des régimes de retraite n’ont cessé à travers les âges de diminuer le montant prévu de la pension  et d’augmenter les cotisations. Quand on dit qu’il n’y a pas de meilleur système parce qu’il est public et non privé, ceux qui touchent leur pension doivent se demander s’ils n’auraient pas mieux fait de gérer eux-mêmes l’épargne qu’ils ont confiée aux régimes. En réalité, les décisions qu'ils  subissent sont dures et créent une injustice à leur égard, car ils ne devraient pas être la cible des économies souhaitées par le gouvernement. La vraie solution aurait résidé dans la prolongation des carrières, un plus grand nombre d’années de cotisations, une date de départ à la retraite ajournée à 64, 65 ou même 66 ans. C’est l’état de la société qui le veut. Nous vivons plus longtemps et en meilleure forme. Nous pouvons travailler au-delà de 62 ans et il est plus bénéfique de rester actif que de se retirer complètement du monde du travail. Un salarié qui travaille un an de plus permet de faire une double économie : il ne puise pas dans les caisses de retraite et il cotise un an de plus aux régimes.

Mais ça, ce serait vraiment courageux !

 


UN AVION EST TOMBE SUR NANTES ! (Fiction)

Airbus-crash

 

« 4 mars 2020, 16H50 : un avion en phase d’atterrissage à Nantes-Atlantique s’est écrasé sur le quartier pavillonnaire du Bourneau à Rezé, faisant 150 morts parmi les passagers et des dizaines de blessés. Plusieurs maisons ont été ravagées. Les secours n’ont pas fini de dénombrer les victimes parmi les  habitants.… Le bilan s’annonce dramatique. Le  Président de la  République a réuni  immédiatement un conseil de crise.  C’est que l’événement tombe particulièrement mal à un mois du premier tour de scrutin de l’élection présidentielle. En effet, de nombreuses personnalités mettent en cause sa décision de janvier 2018 de renoncer à construire le nouvel aéroport de Notre-Dame des Landes. Une décision aujourd’hui lourde de conséquences qui engage directement sa responsabilité dans la catastrophe qui vient de se produire. Ses chances de réélection sont désormais très compromises quoi qu’il décide.

Si l’aéroport avait été déplacé à Notre-Dame des Landes, on n’en serait pas là. 

Pourtant toutes les conditions étaient réunies qui justifiaient de le décider : quasi-unanimité des élus locaux, 169 décisions de justice favorables, referendum voulu par l’Etat positif avec 55% de oui, … le gouvernement de l’époque avait toutes les cartes en main.  Il avait préféré reculer devant quelques dizaines de zadistes extrémistes, il  avait choisi de céder à des « hors-la-loi » plutôt que de respecter ce que la  démocratie avait décidé et tranché, en appliquant l’ordre républicain. Il avait opté pour la solution du réaménagement de la  plate-forme existante, pourtant enclavée entre l’agglomération nantaise et le Lac de Grandlieu. Depuis la situation était restée figée,  les nombreux recours des riverains de l’aéroport existant ayant bloqué par toutes les arcanes juridiques et recours, tous les projets d’agrandissement, d’ailleurs eux-mêmes très contraints par la localisation. Cela n’avait pas  pour autant empêché le trafic d’augmenter et d’atteindre 7 millions de passagers fin 2019. Nantes-Atlantique était devenu un aéroport sursaturé, fonctionnant à la limite des sécurités réglementaires, avec un trafic insupportable pour près de 80 000 habitants de l’agglomération nantaise.

Déjà à l’époque, on savait que le maintien de l’activité à Bouguenais exigeait la réfection complète de la piste (communiqué de l'aviation civile du 6/11/2013). Dont l’état n’était pas conforme à la réglementation et aux recommandations de l’OACI (Organisation de l'aviation civile internationale). La planéité de la piste n’était pas satisfaisante, son profil en long montrait plusieurs creux et bosses, avec des écarts de près de trois mètres. On avait  passé  sous silence que la direction de la sécurité de l’aviation civile Ouest avait accepté une dérogation provisoire dans l’attente du transfert de l’activité aéronautique vers l’aéroport du grand ouest à Notre-Dame des Landes. On avait pu, de justesse, respecter l’évolution des règlementations de sécurité européennes qui imposaient des espaces de sécurité de 240 mètres en amont et en aval de la piste. Mais l’allongement de la piste, vers le sud, rendu indispensable par la croissance du trafic n’avait pu être réalisé et la structure de l’ensemble des chaussées aéronautiques était restée insuffisante pour assurer un niveau de portance adapté. Seuls les travaux de rénovation de l’ensemble des voies de circulation et des aires de stationnement des avions avaient pu être menés à bien. Mais pour le long terme, dans une perspective de 9 millions de passagers, la situation était bloquée : l’aéroport  devrait, en effet, être capable d’accueillir tous les types d’avions, et pour cela un allongement de la piste à 3 600 mètres était nécessaire…. »

C’est évidemment une fiction. Ce scénario catastrophe, il n’est pas de bon ton de l’évoquer, il est  pourtant dans beaucoup de têtes. Il suffit d’aller sur internet et de regarder un plan de l’agglomération nantaise avec l’aéroport au sud-ouest, pour comprendre que la fiction pourrait devenir réalité. Chacun doit savoir que cela pourrait arriver. Je suis un utilisateur de Nantes-Atlantiques. Plusieurs fois l’approche s’est faite par le nord : l’avion survole le centre-ville de Nantes à à peine 300m d’altitude, on passe à la verticale de la tour Bretagne avec  la sensation de pouvoir presque la toucher, avant de plonger brusquement au-dessus des quartiers de Rezé et Bouguenais pour se poser sur la piste. Et que dire de la pollution aérienne et sonore pour les populations qui sont en-dessous ! L’atterrissage en arrivant par le sud n’est guère mieux : l’avion survole le lac de Grandlieu à quelques dizaines de mètres. Là encore, c’est dangereux, et la pollution de cette réserve naturelle semblent n’émouvoir personne, en dehors des quelques défenseurs de la nature qui se sont époumonés et qu’on a refusé d’entendre. Le transfert à Notre-Dame des Landes ne devrait même pas poser question. On le présente comme un vieux projet, dépassé par notre temps. C’est un grossier  mensonge. J’ai été douze ans Conseiller Régional à l’époque d’Olivier Guichard, de 1986 à 1998. Ce dossier, je le connais bien. La vérité c’est que le Conseil Général de Loire-Atlantique a voulu prendre son temps pour constituer la réserve foncière qui était nécessaire pour un équipement qui s’annonçait un jour indispensable. De fait, il y a eu très peu d’expropriation. La décision de construire l’aéroport a été prise au début des années 2000 par le gouvernement Jospin. Même l’écologiste Dominique Voynet lui trouvait des vertus, à l’époque. Si la réalisation a pris tant de retard, c’est en raison des nombreux recours qui ont été intenté et de l’occupation de  la zone par les « professionnels » de la contestation violente. Enfin, il est temps de prendre en considération les arguments économiques : c’est tout le Grand Ouest qui est concerné par cet  équipement.

Je ne souhaite pas qu’une telle tragédie arrive. Mais de grâce, qu’on arrête de donner la parole à tous ces ouvriers de la 25ème heure qui ne connaissent pas grand-chose du dossier, mais dont le but est de faire croire à l’opinion publique que renoncer, ce serait finalement la bonne solution. Si le transfert ne se fait pas, Jupiter ne sera jamais Napoléon, car avant d’y parvenir, il faut savoir d’abord, être Bonaparte !

 


PLUS JE PEDALE MOINS VITE, MOINS J’AVANCE PLUS VITE ! MAIS JE PAIE…

Limitation de vitesse

 

60 % des Français y sont hostiles !  La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales est accueillie par la grogne générale. Les  autos  sont-elles plus dangereuses ? Non, ce  serait plutôt le contraire. Alors ce sont les routes ? Oui, peut-être : dans certains départements sous la pression des restrictions budgétaires, des choix socialistes et écolos, les routes n’ont pas été entretenues comme il aurait fallu. La  baisse de  la vitesse autorisée est-elle pour autant justifiée ? Un Francilien aura du mal à l’admettre, lui qui patiente dans les bouchons. Le rural qui emprunte sa départementale déserte tout autant. Encore une fois l’ajustement se fait sur le dos de l’automobiliste, comme  si  notre temps de régression du savoir, de l’économie devait s’accompagner inéluctablement d’un retour progressif à la lenteur. Ce sont les écologistes qui se réjouissent, qui voient poindre le temps de la calèche et de la lampe à huile. Trèves de  plaisanterie, le vrai sujet est ailleurs : il réside dans le sort de l’automobiliste.

Le  cynisme de l’Etat.

Depuis toujours, les pouvoirs publics sont confrontés à une contradiction flagrante face à l’industrie automobile : ils l’encouragent, parce que son expansion est signe d’emplois et de prospérité mais ils en font aussi la source première des recettes fiscales, en traitant le conducteur systématiquement comme un criminel potentiel. Un cynisme doublement gagnant ! Ainsi, l’usage de la voiture est ravalé au rang d’un vice comme l’alcoolisme ou le tabagisme. Il est considéré comme une addiction et à ce titre il est nocif du double point de vue de la sécurité et de l’environnement. Le civisme consisterait à adopter les transports en commun, le vélo ou la marche, toutes options qui ne sont pas universelles pour les trajets longs ou pour les personnes âgées et pour lesquelles la puissance publique devrait d’abord se demander si elle fait bien tout ce qu’il faut. La voiture électrique, elle-même est déjà douteuse dès lors qu’elle consomme une électricité qu’il faut bien produire par ailleurs. L’auto est pourtant d’abord un outil de déplacement pour aller au boulot avant d’être considérée comme ce merveilleux instrument de liberté qu’elle a été.

Nouvelle politique et vieilles méthodes.

Le gouvernement actuel n’échappe pas à la règle. Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’inventent pas l’eau chaude. Comme par le passé, ils ont très bien vu qu’ils ne peuvent pas se passer d’une production industrielle aussi importante ni des recettes fiscales qu’elle produit, 65 milliards d’euros par an, ce qui ne les empêchent pas de continuer à faire de l’automobiliste la « vache à lait » de l’État. Ils ne sont pas gênés de recourir aux bonnes vieilles méthodes qui ont déjà rapporté tant d’argent : le tarif du gazole a été augmenté pour rattraper le prix de l’essence (mais on se demande pourquoi la baisse de cette dernière n’a pas été envisagée), pour des raisons officiellement liées à l’environnement, sauf que le prix de l’essence a augmenté lui aussi. Les péages des autoroutes sont également à la hausse. La voiture, plus que jamais, est devenue un luxe alors qu’elle fait partie de la vie quotidienne dans tous les ménages. Cet acharnement à en tirer des taxes a donc créé un déséquilibre de fait, une sorte d’injustice, entre les ruraux qui ne peuvent pas se passer de leur voiture et les urbains qui ont un accès direct aux transports en commun.  Encore que ces derniers sont souvent contraints à utiliser leur voiture personnelle faute d’avoir accès à des conditions de transport supportables. On ne vous demande pas de comprendre, mais de payer !

Le royaume d’Ubu .

Certes, l’abaissement de la vitesse à 80 km/h ne constitue pas une mesure scandaleuse en soit, même si rien n’en prouve l’avantage au niveau de la sécurité et des vies « économisées ». À faible allure, l’auto est toujours plus sûre, sans qu’on en soit vraiment certain, sauf à zéro km/h. En fait, le vrai sujet concerne cette « politique automobile » qui associe l’hypocrisie publique à la sauvagerie fiscale. Nos gouvernements ont compris que, jusqu’à présent, les administrés n’acceptent pas de se priver de leur voiture. À partir de là, tous les prétextes sont bons pour les assommer d’impôts et de contraventions : il ne faut pas polluer, donc payez ; il ne faut pas aller vite, donc payez de nouveau. Un jour arrivera où ces gouvernants auront fini par décourager une bonne partie de la population : ils seront alors désolés des pertes d’emplois dans l’industrie et de la baisse des rentrées fiscales. Le salut résiderait dans un plan qui cesserait de faire du conducteur le bouc émissaire de toutes les frustrations de l’État, dans une fiscalité raisonnable, et surtout dans l’unification des décisions : il est, par exemple, pour le moins  curieux que la mairie de Paris applique une politique qui met la priorité sur la lutte contre la pollution, mais reste totalement indifférente aux conséquences économiques de ses interdits. D’un côté, l’État vous encourage à acheter une voiture, pour les emplois et pour les taxes ; de l’autre, les autorités municipales vous reprochent de l’avoir achetée et de vous en servir.

Ubu  ne nous quitte jamais !

 


LA SURINFORMATION CONDUIT A L’IGNORANCE

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Une farce qui en dit long.

Laurent Gerra déplore l’appauvrissement de notre belle langue et constate que « les gens lisent moins et s'attardent moins sur les choses ». « Il y a une pauvreté du vocabulaire qui est terrible. Dans le TGV, j'entends discuter les gens et je ne comprends plus ce qu'ils disent. Ils parlent à moitié anglais, en raccourci. La langue s'appauvrit alors qu'au contraire, elle doit s'aiguiser. Je constate qu'une forme de poésie dans le langage disparaît »… Plusieurs causes  à ce phénomène, probablement,  mais en premier vient  le smartphone,  ce qui  l’a  conduit un jour à faire une petite farce à tous les passagers d'une rame de TGV : « Un jour, on m'a procuré un brouilleur, et paf ! j'ai fait disjoncter les téléphones portables de toute une rame de TGV ! C'était très agréable ! »… raconte-t-il au Figaro Magazine. Mais il n’y a pas que l’appauvrissement de la langue français. C’est bien pire.

L’ignorance gagne du terrain en France.

Selon l’historien Dimitri Casali, la société bascule dans l'ignorance. Ce n’est pas le progrès scientifique qui ralentirait, au contraire, chaque jour la science nous apporte de nouvelles découvertes. Pourtant, il est facile de constater qu'à mesure que le progrès scientifique s'accumule vers un savoir de plus en plus exact, on peut mesurer à travers le monde une lente montée de l'ignorance. Par exemple, en France, aujourd’hui, nous comptons 6 % d'illettrés, c'est-à-dire environ 3 millions de personnes. Si on additionne les personnes analphabètes qui ont des difficultés à lire et à écrire le français, on arrive à près de 10 % de la population. C’est  un comble  dans un pays où l’instruction est gratuite et, en principe, obligatoire. Et loin de s’enrayer, le phénomène s’aggrave : jamais l'ignorance n'a gagné autant de terrain. Ce constat est à mettre en corrélation avec le piètre classement de notre école, au classement international PISA dans lequel nous sommes désormais au 27ème rang. Il y a vingt ans, notre pays était 10ème : en 17 ans, nous avons perdu 17 places. Si on se réfère aux années 80, nous étions dans les cinq premiers, et nous avions l'un des meilleurs systèmes scolaires au monde. On observe les mêmes constats en chute de compétence ne lecture et dans les disciplines scientifiques. Il faut prendre conscience du phénomène qui devient vraiment effrayant.

Le monde entier est touché.

Dans une étude, une récente projection de l'ONU montre que l'an prochain, le monde arabe comptera 25 % d'analphabètes. Le monde arabe a publié plus de livres entre le 8ème et le 12ème siècle qu'aujourd'hui, alors qu’actuellement, il publie moins de 1 % du marché mondial du livre. Et que penser de ces prédicateurs saoudiens qui apprennent à leurs étudiants que la terre est plate ? Et de cette chercheuse à l'Université de Sfax en Tunisie, l'un des pays arabes les plus avancés, qui voulait dernièrement démontrer aussi que la terre était plate et qu'elle ne tournait pas autour du soleil ! Le même mal touche aussi la grande puissance que sont les USA où 46 % des Américains pensent que la Terre a moins de 10 000 ans. Voilà ce que produisent les « créationnistes » qui commencent à prendre pied en France, en Angleterre, un peu partout en Europe… Il est difficile de ne pas constater que nous sommes en pleine régression intellectuelle dans le monde.

L’ignorance est le terreau de l’obscurantisme.

Le vide spirituel et culturel qui saisit nos sociétés est à mettre en relation avec la progression de l’islamisme, du djihadisme, du complotisme et du fanatisme. On assiste, en effet, parallèlement à cette montée de l'ignorance, à une montée de l'obscurantisme. Et notre époque, du même coup, plonge dans le relativisme culturel. Tout se vaut. On perd de vue la hiérarchie des valeurs qui favorise le communautarisme. Ce phénomène est particulièrement violent en France dont la culture est de longue tradition « universaliste ». Que valent les « droits de l’Homme » entre les mains de gens incultes ?

Un avatar de la révolution numérique.

L’historien voit un lien évident avec la révolution numérique. Cela a démarré dans les années 2000. C’est la surinformation qui a conduit à l'ignorance. Ainsi, les 15-29 ans ne lisent plus de livres, en revanche, ils lisent davantage sur les réseaux sociaux, les blogs... Et d'après une étude de l'Université de Yale, la lecture sur internet n'est pas la même : les informations se superposent les unes aux autres alors que la lecture d'un livre permet de pénétrer les pensées de l'auteur et de structurer les informations. Cela organise le cerveau. D'autres études sont à rapprocher de cette observation : les Français auraient perdu 4 points de QI entre 1989 et 2009, phénomène mesuré aussi en Angleterre ou aux États-Unis. Wikipédia, qui est le plus bel exemple des effets pervers d'internet, a donné la culture aux imbéciles. Si dans le domaine scientifique, les notices sont rédigées par des experts, dans le domaine de la littérature et en histoire, c'est un agrégat d'informations nivelées par le plus grand nombre. Il n'y a plus de hiérarchisation du savoir. Ainsi la page de Kim Kardashian sera bientôt plus longue que celle de Montaigne et le grand poète grec Homère a déjà moins d'articles que Homer Simpson…

La seule réponse : l’école !

Il faut replacer la culture générale et l'histoire au centre de nos préoccupations. Et d'abord à l'école. Or, depuis une trentaine d'années, la culture générale a été abandonnée. Les pédagogistes de la rue de Grenelle portent une lourde responsabilité, eux qui ont remplacé la transmission du savoir et des connaissances par de simples compétences techniques, et encore. L'idée est de fabriquer un homme nouveau, sans racines ni héritages. On se souvient que Mérieu et Bourdieu préconisaient d'apprendre à lire dans les notices d'appareil électroménager, pour éviter que les élèves s’ennuient, et non plus grâce aux textes de Hugo ou de Molière... Au  lieu de corriger  le mal de la surinformation apportée par l’omniprésent smartphone qui véhicule le vrai et le faux, le superfétatoire au détriment du sérieux, on l’a aggravé en supprimant les repères de la vraie culture et de l’esprit critique. Il faut revenir à la culture classique française, car c’est son rejet qui fait du mal aux esprits faibles. Et cesser de croire aux vertus de l’égalitarisme qui conduit à être tous être égaux dans la médiocrité.

 


DEUX DESTINS SI DISTANTS L’UN DE l’AUTRE, ET POURTANT …

Ormesson    Hallyday

 

Deux égarés à leur façon.

J’ai découvert Jean d’Ormesson tardivement, il y a quelques années. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’avais jamais lu aucun de ses romans, même les plus connus. Peut-être parce qu’il n’était pas dans les œuvres susceptibles d’être étudiées au collège … Déformation professionnelle. Et puis, la curiosité m’a poussé à lire « C’est une chose étrange à la fin que le monde ». A cause du titre bizarre, et aussi et surtout, parce qu’à défaut de l’avoir lu, j’avais eu de multiples occasions d’apprécier l’esprit brillant de l’académicien lors de ses passages sur les plateaux télévisés. Et ce fut une révélation. D’ormesson avait l’art de rendre intelligents ceux qui le lisent autant que ceux qui l’écoutent. Du coup, j’ai pratiquement lu tous ses derniers ouvrages jusqu’au fameux « guide des égarés ». Mais voilà, l’écrivain, chroniqueur, journaliste Jean d’Ormesson est mort à 92 ans. Au-delà de l’auteur illustre qu’il était, il exprimait des idées qui méritaient d’être retenues par la classe politique. Ce qui frappait c’est que son engagement à droite ne l’a pas empêché d’être apprécié de tous à force de penser pour tous, y compris des adversaires qu’il séduisait par sa souplesse intellectuelle et sa grande tolérance. Sa grande capacité à pratiquer l’auto-dérision n’est pas pour rien dans la popularité qu’il avait acquise. Il a incarné un bonheur de vivre d’autant plus compréhensible qu’il avait de la chance : entourage bourgeois, existence cossue, carrière éblouissante, toutes choses qu’il devait en partie au fait d’être bien né mais surtout à ses dons éclatants, son talent, sa vivacité d’esprit incomparable, sa culture insondable qu’il ne mettait jamais en avant, son humour ravageur. Un « égaré » dans un pays où le pessimisme est promu en art de vivre, un chanceux conscient qui n’hésite jamais à se demander ce qu’il fait là.

Johnny Hallyday n’est pas entré dans mon répertoire tout de suite. Moi, j’étais plutôt « 3 B » : Bécaud, Brel et Brassens. J’ai pourtant le même âge que lui. Mais le style « yéyé », au début des années 60, je trouvais ça puéril. Et puis les « blousons noirs », c’était pas très bien vu dans mon environnement familial … Il faut dire que je sortais de « l’austère maison d’Instituteurs », autrement dit l’Ecole Normale. J’ai commencé à aimer Johnny Hallyday à partir de la période « Noir c’est noir ». Ensuite, comme tout le monde, j’ai goûté chaque fois un peu plus la voix et le spectacle, sans pour autant avoir jamais eu l’occasion d’assister à un de ses concerts, ce que je regrette aujourd’hui. Donc, Johnny Hallyday est mort dans la nuit de mardi à mercredi d’un cancer des poumons, à l’âge de 74 ans. Il est parti trop tôt, c’est une évidence. Sa disparition est accueillie à juste titre par un chagrin et un deuil national. Car il était, plus qu’un chanteur, plus qu’un rocker, il était un facteur d’unité du pays. Il ne cachait pas que sa préférence allait à la droite. Ce qui n’était pas évident quand on connait son parcours et d’où il vient. Il avait eu d’autant plus ma sympathie qu’il avait soutenu Giscard et je vois encore Jean-Pierre Raffarin imiter le rocker lors de nos « universités d’été » politiques. Il était un ami de Nicolas Sarkozy. Mais cela ne l’empêchait pas de se rendre à la fête de l’Huma. L’homme faisait ses choix, le chanteur s’adressait à tous, ce qui traduit générosité et liberté de sa part. Dans son genre, il pouvait se targuer de réunir autour de son art un immense consensus, tant il était incontestable. Il faisait partie de ces hommes très rares dont l’immense notoriété les rend indiscutables. Ce qu’il disait ou pensait n’enlevait rien à ce qu’il apportait à tous les Français, cette communion de sentiments, d’admiration, de bonheur collectif. Et pourtant, lui aussi est un « égaré » dans la chanson puisque son rêve était d’être comédien ou acteur, bref, de faire du cinéma. Certes, il en a fait, pourtant ce n’est pas ce qu’on retiendra de lui.

Une même communion nationale.

Entre celui dont la dextérité et l’abondance littéraires lui valait des millions de lecteurs, pour qui la curiosité et le partage culturel lissaient les différences, et qui passait parfois pour un amuseur public, et celui pour qui la liberté de vivre comme il l’entendait n’avait pas de prix, et qui de sa voix puissante a eu une carrière exceptionnelle, une existence de triomphes et de gloire, le même droit à la communion nationale s’est imposé. Jean d’Ormesson était dans la vie, c’est-à-dire avec un appétit inextinguible, comme il était dans le combat. Académicien, c’est lui qui a fait entrer dans la vénérable institution la première femme, Marguerite Yourcenar. C’est lui aussi qui a menacé de quitter l’Académie, qu’il aimait par-dessus tout, si Alain Finkielkraut, harcelé par une cabale qui n’honorait guère quelques-uns de ses futurs collègues, n’y était pas admis. Mais il n’est jamais tombé dans l’engagement aveugle. Comment ne pas penser, en même temps, au caractère de lutteur de Johnny Hallyday, prêt à tous les sacrifices pour sa scène et honorer un public. L’un a eu une vie peut-être plus courte, mais si chargée de moments magnifiques qu’elle lui aura probablement semblé plus pleine, et jusqu’au dernier moment, il aura chanté, puisqu’un dernier album était prêt et va sortir. L’autre a patienté longtemps pour aller vérifier ce qu’il y a de l’autre côté, comme il disait, continuant à produire ses écrits jusqu’au bout. Ultimes point communs de deux être exceptionnels à tous égards. Deux modestes aussi.

La postérité dira si Jean d’Ormesson est du niveau des écrivains que l’histoire et l’enseignement retiennent. Elle dira aussi, si Johnny  existera encore dans les bacs des disquaires longtemps après sa disparition physique. A vrai dire, personne n’en sait rien. Ce que l’on peut simplement affirmer, c’est que la France vient de perdre deux monstres sacrés, qui contribuaient chacun à sa manière, à son identité culturelle. Et c’est toujours une perte. Nous sommes envahis par le regret d’avoir perdu deux hommes qui tenaient une si grande place dans la vie de presque tous leurs concitoyens, et donc dans la nôtre..

 

 


ONFRAY-PELTIER, MÊME COMBAT !

Michel Onfray
Michel Onfray

 

Il y a des jours lumineux qui tombent comme ça, inattendus.

"Nos Provinces, une chance pour la France."

C’est d’abord cette très jolie tribune commise par Guillaume Peltier, député Les Républicains de Loir-et-Cher, le 9 novembre dans le Figaro. Il  y démontre avec brio et dans un style enlevé et élégant que la France des provinces devrait  être la première bénéficiaire des politiques publiques. « Paris n’est pas toute la France, et toute la France ne rêve pas comme Bercy ». Il nous livre une analyse frappée au coin du bon sens du comportement de ceux qui nous gouvernent : «  les enfants gâtés de l’ultralibéralisme tentent d’imposer  leur vision du monde : un modèle individualiste, ultraconsumériste, négateur de notre histoire et de notre exception culturelle, vénérant San Francisco mais ne sachant pas situer Châteauroux ou Montauban… ».  Il oppose à ce modèle imposé d’en haut sa conception d’un Etat fort et protecteur et d’une nation unissant ses identités provinciales. Il démontre en quoi la France populaire et rurale  n’est pas ringarde et il plaide pour un rééquilibrage des  politiques publiques en sa faveur,  arguant que la majorité des Français vivent dans une commune de moins de 10 000 habitants. Il dénonce les sommes  astronomiques déversées pour toujours plus de densité urbaine et de « mobilité embouteillée et d’anonymat social ». Face aux idéologues du vivre ensemble, aux illuminés du vivre-plus-vite, il prône le modèle du « vivre-mieux »,  par « l’enracinement, la relocalisation et l’épanouissement de  la France des villages et des visages ». Et pour lui, il ne s’agit pas d’opposer la France des métropoles et celle des  provinces,  mais  il s’agit de rappeler à juste  titre que pour atteindre l’universel, il faut des ailes et … des racines !  C’est aussi une question d’équilibre et de justice. « Le  vivre-mieux de la société française est la condition de son unité et du renforcement de notre adhésion collective  à  la patrie ».  La conclusion, on ne peut qu’y souscrire, s’adressant à tous les Français de gauche, de droite et d’ailleurs de cette France oubliée : « Soyez fiers et conquérants, car vous êtes l’avenir et la chance de la France.  C’est par  le bas que se forge le haut.  Ce sont les provinces de  France qui nous ferons renouer avec le chemin de la grandeur ». C’est ni plus, ni moins, un appel à une révolution girondine. Girondin par tempérament, je ne peux qu’applaudir des deux mains.

"Dégageons les Robespierrots et lançons la révolution girondine !" 

Le contrepoint est venu quatre jours après, sous la plume de  Michel Onfray, toujours dans Le Figaro.  Michel Onfray  est de ces philosophes qu’on écoute avec respect quand il parle parce qu’il rend intelligents ceux qui l’écoutent. De gauche, il le revendique et l’assume en intellectuel brillant, cultivé, sincère. Il n’est pas connu  pour manier la langue de bois. C’est en cela que son texte tout aussi lumineux prend intérêt :  il plaide pour une décentralisation assumée et réelle. Même quand on ne partage pas ses conclusions, on admire le brio du raisonnement.  C’est encore le cas quand il réagit  à la tribune de Guillaume Peltier, pourtant situé politiquement aux antipodes du philosophe.  Il n’empêche. Il se dit « ravi ».  Et pour cause, sans le savoir, le député du Loir-et-Cher a repris un thème qui lui est cher et qu’il a développé dans un livre intitulé « décoloniser les  provinces ». Il dénonce les « Robespierrots », pour parler comme  Olympe de Gouges,  elle aussi décapitée, « qui sont chez tous ceux qui estiment que Paris doit faire la loi aux provinces… » et il cosigne volontiers l’idée qu’ « il  est temps, au nom de l’équilibre et de la justice, que la France des provinces bénéficie en priorité des politiques publiques ». Selon lui,  seule une révolution girondine pourrait donner de l’air à la France jacobine qui a échoué, de Marine Le Pen à Philippe Poutou en passant par Macron et Mélenchon, Hamon ou Fillon. Un logiciel qu’il faut jeter à la  poubelle. J’adhère.  Après, est-ce qu’il faut reprendre  les vieilles thèses de Proudhon et son « communalisme libertaire », c’est une autre affaire. L’autogestion a ses  limites et Michel Onfray a le droit de pousser sa logique jusqu’au bout, celle du philosophe. Mais si on reste  plus terre-à-terre, on le rejoint à nouveau pour constater que la régionalisation n’a consisté qu’à transférer des pouvoirs secondaires, de « pitoyables hochets » pendant que les régaliens sont conservés par Paris. C’est vrai, les Régions devraient disposer d’une véritable autonomie dont, dit-il, il faudrait désormais « penser la  nature ». Il est persuadé que ce serait un bon moyen de mobiliser les citoyens lassés par le jeu médiatique et  politique qui a pris le  pas sur la démocratie. Il  rêve déjà d’une révolution avec « ses cahiers de doléances régionaux, ses états généraux des provinces aux fins de création d’une Constituante girondine » ! Il conclut sur la perspective ouverte par l’appel du député du Loir-et-Cher.

Voilà un échange qui, par le truchement du journal, prend une saveur exceptionnelle par le talent mis par les deux protagonistes dans leur démonstration. Et, à la fin de ces deux lectures, il m’est  venu une idée, tout naturellement. Puisqu’il s’est "mis en  mouvement", comme il dit, voilà un bon cheval de bataille pour l’actuel  Maire de Bordeaux, patrie des Girondins. Ah, cher Alain Juppé, toi l’ancien jacobin  devenu emblème des Girondins, que ne prends-tu ce combat à bras-le-corps en répondant à l’appel du sarkozyste Guillaume Peltier ? Voilà un débat à ta mesure qui vaut bien mieux que les piètres intentions que certains te prêtent. Et quel symbole de réconciliation pour notre parti !

 


SUS AUX RETRAITES !

Retraites 2

 

Les retraités étaient dans la rue la  semaine dernière pour protester contre la hausse de la CSG. C’est une catégorie sociale qui subit injustement beaucoup d’agressions, qu’elles soient verbales ou financières.

Des nantis !

Parmi les qualificatifs les plus courants qui leur sont attribués, celui de « nantis » est le plus pervers. Comme souvent, on a vite fait, en France, de désigner des boucs émissaires, et ici, de dresser les jeunes contre les vieux.  Ainsi on n’hésite pas à attribuer artificiellement à cette fraction de la population, dont les membres n’ont que l’âge en commun, des avantages, des égoïsmes, des indifférences qui existent d’autant moins qu’il y a toutes sortes de retraités : des pauvres, des riches, des malades, des bien portants, des généreux, des pingres, des heureux et des malheureux. Faire détester les autres est la solution la plus facile quand on veut faire  passer une mesure inique. Les retraités coûtent cher ? Il suffit de les appauvrir encore. Alors on les  accable de jugements négatifs. Mais la campagne dont ils font l’objet, si elle est indigne, va aussi droit dans le mur, car une société qui se respecte ne jette pas à la vindicte un quart de sa population. Les seniors ne méritent pas cet amas d’injures gratuites déversé sur eux : il suffirait qu’ils fassent la grève du bénévolat pour qu’on se rendent compte de l’ineptie de ce genre de débat.

Une mesure contestable.

Peut-on exprimer l’idée que celui qui a travaillé toute une vie possède, c’est une évidence, plus de biens ou d’argent que celui qui commence sa carrière ? Alors forcément, c’est chez les Français âgés que se concentre le patrimoine national. Mais on oublie au passage que nombre de parents aisés aident en général leurs enfants par tous les moyens dont ils disposent, et la tentation est grande pour le fisc d’intervenir dans la procédure sous le prétexte qu’il faudrait mettre un terme aux privilèges dynastiques !  C’est tellement facile d’imposer de force une solidarité entre génération. Quitte à faire l’impasse  sur  la réalité.  Comme chez les actifs, les inégalités entre retraités sont considérables. La hausse de la CSG affectera moins l’ancien cadre supérieur que l’ancien ouvrier au salaire minimum, même  en appliquant des seuils. Mais ce qui rend la nouvelle ponction de la  CSG insupportable, c’est que les retraités ont déjà beaucoup donné : ils ont cotisé 120 pour que le calcul de leur pension soit établi sur une base 100, et le montant de leur retraite est gelé depuis quatre ans. Et s’ils ont des retraites aujourd’hui, ils ont travaillé pour, et souvent durement, dans un contexte qui a toujours échappé complètement à leur volonté : on est forcé de cotiser en tant qu’actif, et on paie des impôts sur la pension pour laquelle on a cotisé ! Le  gouvernement aurait vraiment  pu trouver autre chose que céder à la  facilité d’une hausse de la CSG ?

L’âge n’est pas une classe sociale.

Le président de la République n’a pas caché qu’il rejoignait le choeur des détracteurs de la vieillesse. Il trouve lui aussi que les vieux, décidément, ont une vie trop tranquille et qu’il est juste qu’eux aussi « participent à l’effort national ». Comme si ça n’était pas déjà le cas ! Il faudra bientôt qu’un retraité demande pardon à la société d’avoir l’âge qu’il a. Déjà, quand il travaillait au-delà de 55 ou de 60 ans, son entreprise le pressait de partir, et sous prétexte qu’il coûtait trop cher, de prendre sa « pré-retraite », antichambre du cimetière des actifs. On a beau jeu aujourd’hui de stigmatiser les retraités alors que beaucoup de gens ne souhaitent pas prendre leur retraite à 62 ans. Le plus absurde, c’est que tous, il n’y a pas si longtemps, syndicats, gouvernements, entreprises, se sont littéralement ligués pour licencier des personnels considérés comme âgés, les jeter au chômage avant la retraite. Et voilà que maintenant on considère les pensionnés comme une charge insupportable pour la société. Mais l’Etat n’est pas à une contradiction près. Les plus pessimistes voient poindre la tentation d’une solution totalitaire du genre : « Ils coûtent trop cher en pensions et en soins, qu’ils crèvent », une idée déjà évoquée par Jacques Attali, qui comme on le sait, vaque dans les allées du pouvoir. Il s’agit évidemment d’un excès de langage, mais il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les jeunes finiront par vieillir, que les vieux ont été jeunes et qu’il est ridicule d’opposer un âge à un autre. L’âge n’est pas une classe sociale ! Quant à la hausse de la CSG ciblée, c’est, par définition, une mesure injuste qui ne trouve sa justification que dans la condamnation du principe de la retraite et même de l’état de personne âgée.

 

 


LOI TRAVAIL, PAS UNE RÉVOLUTION MAIS ON AVANCE…

Code du travail

 

Une réforme  encore incomplète,  mais une réforme !

Et c'est déjà appréciable. Dans les cinq ordonnances modifiant le Code du Travail, une quarantaine de mesures devraient simplifier la vie des entreprises et en particulier celles des TPE et des PME. C'est ça la bonne nouvelle.

Ce qu’il faut retenir.

En deux mots voici les grands axes : fusion des instances représentatives du personnel en un « comité social et économique » pour les entreprises de plus de 50 salariés ; négociation directe dans les entreprises de moins de 50 personnes avec un délégué du personnel, dans les entreprises de moins de 20 personnes, négociation directe avec les salariés avec referendum au deux tiers ; plancher mais surtout plafond des indemnités pour licenciement abusif avec en contrepartie une augmentation de 25% des indemnités légales de licenciement ; pour une entreprise multinationale, la justification d'un licenciement économique se fera sur la base des résultats en France. Ce n’est pas la « révolution copernicienne » promise par Emmanuel Macron, mais c’est une rénovation utile du droit du travail. Jusque-là ultraprotecteur pour le salarié, le marché du travail, en France, ne va donc pas subitement devenir une jungle livrée à la loi du chef d’entreprise… Vouloir plafonner le montant des indemnités prud’homales à des niveaux conformes à la jurisprudence, autoriser les petites entreprises à négocier avec leurs salariés en l’absence de représentant du personnel, permettre des ruptures conventionnelles collectives, voilà qui ne suffit pas à casser le modèle social français,  d’autant qu’il sera toujours possible d’aller devant le juge en cas d’atteinte aux droits fondamentaux. Cette réinitialisation du Code du travail est d’une tout autre ampleur que les petites « mises à jour » qu’avaient été la loi Bertrand de 2008 et la loi El Khomri de 2016, lesquelles, rappelons-le, avaient donné plus de pouvoir à l’entreprise pour renégocier l’organisation du travail.

On est encore loin d’une réforme  libérale.

Mais on commence à décorseter vraiment les entreprises de l’économie administrée. Notre Code anti-travail devient enfin plus neutre. Assouplir la réglementation sociale, rééquilibrer les droits en faveur du chef d’entreprise et alléger le livre rouge à l’obésité légendaire : voilà trois conditions favorables à la création d’emplois qui sont réunies dans cette réforme. En ramenant la négociation des primes collectives au niveau de l’entreprise, en délimitant à l’échelle nationale les difficultés pouvant motiver un licenciement économique dans une multinationale, le gouvernement apporte une flexibilité qui pourrait être payante à moyen terme pour la relocalisation de l’emploi en France. On y trouve aussi des mesures de bon sens comme la fusion des instances représentatives du personnel, ou de simple justice comme ce ticket modérateur que les comités d’entreprise devront maintenant débourser lorsqu’ils engagent des expertises jusqu’à présent payées par l’entreprise. Le balancier revient dans le camp de l’entreprise, timidement, mais sans réduire les droits des salariés. Là est probablement toute l’habileté de cette réforme menée par l’ancienne DRH qu’est Muriel Pénicaud. La principale barrière à l’emploi qu’est le Code du Travail est en train de tomber. Il  en faudra  plus pour qu’elle ait des répercussions sur le chômage. On reste encore largement dans une économie  « administrée » tant que les  niveaux de prélèvements et  les textes plus contraignants que chez nos voisins seront en vigueur, comme  ceux sur la  « pénibilité ». Et il faudra aussi agir sur les autres plaies qui pèsent sur l’emploi : le manque de main d’œuvre qualifiée et le niveau des charges. C’est aussi le carnet de commandes rempli qui fait le résultat.

Des réactions modérées.

La CGT grogne comme d’habitude et va sortir son arme ultime : les cheminots. La CFDT dit qu'elle est un peu déçue : il faut bien se démarquer du politique. Curieusement, FO semble satisfaite, ce qui n'est pas rien ; mais curieusement aussi, au même moment Stéphane Lardy, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle à FO pendant neuf ans, devient directeur adjoint du cabinet de Muriel Pénicaud. Corrélation ? Décrit comme « un réformiste convaincu », membre du Parti socialiste, il sera en charge de la formation professionnelle, grand chantier que souhaite ouvrir Emmanuel Macron, et de la pénibilité.  Quant à elle, la France Insoumise dénonce une agression contre le Code du Travail, et continue à vouloir utiliser  la rue… Ce qui reste du Parti Socialiste veut se battre (no comment). La droite en toute  logique reconnaît que cette réforme est une avancée même si elle émet quelques critiques, ce qui est normal. Au pouvoir, elle aurait certainement fait différemment et serait allée plus loin, notamment sur les fameux « seuils ». Les "constructifs" n'ont rien dit de plus : preuve qu'ils ne servent à rien.

Il faut  maintenant attendre la dernière étape : rendez-vous le 22 septembre.

 

 


SOURIEZ, C'EST ENCORE L'ETE !

Autoroute A87-1

L’AUTOROUTE

Départ pour quelques jours en Vendée. La voiture est chargée comme si on s’échappait pour trois mois. C’est chaque fois la même chose. Pour la énième fois, nous allons emprunter l’A87  jusqu’à La  Roche-sur-Yon. Une heure et quelques miettes d’un parcours qu’on connait par cœur.

Et pourtant,  c’est chaque fois différent. 

Non pas que la route se  déplace ou se modifie. Excepté les inévitables travaux d’entretien, elle est toujours inexorablement la même. Mais prendre l’autoroute pour aller en Vendée, c’est une  ambiance, un état d’esprit,  une allégresse incontrôlable.  Il y a d’abord la promesse de retrouver notre appartement douillet. C’est la surprise que nous offrira la marée selon qu’elle sera haute ou basse. C’est le  plaisir chaque fois renouvelé de contempler de notre balcon le port et ses bateaux alignés. Et si nous partons, c’est qu’il va faire beau, et donc c’est l’assurance de trouver sur place le ciel bleu. C’est aussi le spectacle vivant de l’océan qui  joue sans cesse avec les couleurs : bleu Méditerranée, vert émeraude, gris, ou un mélange savant en strates horizontales de la côte vers le large …

Alors la route à faire s’oublie un peu.

En fait, pas tant que ça. Elle n’offre jamais tout-à-fait le même paysage qui varie en couleurs,  en intensité et en animation selon les saisons et  les dates de départ. Avec le stabilisateur automatique de vitesse, quand la circulation le permet et c’est le cas le plus souvent, la conduite est plus relaxe et on a le temps de regarder la route, ça vaut mieux, et ce qu’il y a autour. Les bas-côtés bien verts que nous avons longés au printemps ont viré au blond avant de devenir franchement roux à la fin de l’été. Tiens ! là, la  chaussée est  toute neuve et nous permet  de glisser presqu’en silence sur quelques kilomètres sans le bruit de roulement, que  le sifflement de l’air, c’est à peine si l’on perçoit  le vrombissement du moteur. Et voici Chemillé : la cheminée de l’usine Isover crache comme d’habitude un panache dru dans l’atmosphère ;  on espère seulement que le contenu n’est pas trop polluant. Plus loin : ah, aujourd’hui les éoliennes ne moulinent guère, signe que le vent a  tombé, tant pis pour l’énergie verte. Une autre fois, par contre, elles tournaient comme des folles. Inconsciemment je note que nous roulons depuis 20 mn : c’est le temps que l’on met depuis Angers pour arriver à leur hauteur. Nous avons maintenant passé Cholet dont on a aperçu d’abord le profil de l’usine Michelin et à l’autre bout quelques gratte-ciel, puis nous dévalons déjà sous le puissant viaduc ferroviaire de la Sèvre Nantaise et ses multiples arches que le tortillard Mortagne-Les Epesses emprunte : nous l’avons aperçu une fois trottinant comme un jouet miniature sur le dessus du pont. Un appel vers la fantaisie ou un retour à l’enfance. Tout comme en saison, nous apercevons de loin le ballon aux rapaces, signe que nous approchons du Puy du Fou, autre lieu de rêve éveillé ! Après la sortie vers Chambretaud dont on aperçoit le clocher, ce sera un autre point de repère : le  moulin du mont des Alouettes qui domine Les Herbiers. Il est un peu caché sur la  gauche, mais il se reconnait à son blanc immaculé. L’autoroute tangente alors la ville avant de filer vers l’échangeur avec l’A 83. Les kilomètres ne pèsent pas. Plus on s’approche vers la côte, plus le ciel semble augmenter en luminosité. C’est surtout quand le temps est moyen qu’on le perçoit : des hauteurs on entrevoit la barre lumineuse au loin sur l’horizon, qui nous vaudra tout-à-l’heure un ciel pur. En attendant on a franchi l’autoroute qui file vers Niort et invariablement, à cet endroit précis, sur quelques dizaines de mètres, mon « gps » m’indique « 90 » au moment où on le croise, alors qu’aucun panneau n’indique une telle contrainte. Une anomalie de géolocalisation. Mais déjà le péage de La Roche-sur-Yon est en vue et l’on passe sans encombre dans le couloir « 30 » télépéage. Nous quittons l’autoroute deux sorties plus loin, au sud de l’agglomération yonnaise. Le sentiment d’être arrivé nous parcourt, pourtant il reste encore à faire un peu de chemin jusqu’à Jard-sur-Mer, mais c’est comme si ça faisait partie du décor. C’est fou ce que l’esprit peur être capricieux et faire preuve d’élasticité. Il reste encore une bonne demi-heure de route,  mais voilà,  c’est décidé, on est arrivé. Aubigny ou Nieul-le-Dolent, c’est la banlieue de Jard !

Nous ne sommes pas un jour de grands départs.

Et la circulation est très paisible en cette fin de matinée car nous partons rarement de bonne heure. Il nous est pourtant arrivé plusieurs fois de nous faire piéger et d’oublier qu’il y a des dates à éviter, car les autres aussi peuvent avoir envie d’aller vers la côte, ou plus loin même, vers  l’Espagne… Heureusement, nous avons deux parades  pour alléger le supplice du bouchon : le paiement automatique pour la barrière de Beaulieu-sur-Layon, et la sortie par l’A83 et les Essarts pour éviter celle de La Roche-sur-Yon où il arrive que cinq ou six kilomètres de retenue se coagulent. Cela nous vaut un peu de « départementale » mais c’est mieux  que de poireauter une demi-heure voire plus dans la cohue.

C’est quand l’autoroute est fluide qu’on le voit le moins. 

Alors, l’esprit s’évade.  On pense à tant de choses en roulant et en conduisant « machinalement ». J’en ai trouvé des idées « géniales » que je me promettais de noter dans un coin et que j’ai évidemment oubliées ou été incapable de retrouver une fois venu le moment de les transcrire. J’en ai résolu des problèmes, au fil des voyages, touchant au bricolage ou à la vie domestique… Et que de réflexions sur la vie politique qui hanteront ensuite le bloc-notes ! « 107,7 » en sourdine diffuse une musique pas toujours à mon goût et égrène « ses points circulation » qui se résument le plus souvent à une litanie d’accidents sur l’A10.  C’est fou ce que cet axe vers  Bordeaux est accidentogène !  L’essentiel c’est que pour nous : RAS ! A côté de moi, il y en a une qui roupille tranquillement, comme d’habitude. Tout va bien. A l’arrivée, j’aurai, une fois de plus, refait le monde.

« Roule ma poule ! »

 


LA PÊCHE PLATE

Pêche plate
 

Naguère, elle apparaissait après la  mi-août, voire début septembre. Plutôt petite, elle serait passée inaperçue au milieu de ses cousins, nectarines et autres brugnons, imposants par leur taille et leur couleur dorée plus ou moins carminée, mais son parfum incomparable suffisait à la faire remarquer : je veux parler de la  petite « pêche de vigne ». Il faut dire qu’elle n’avait que ça pour elle.  Son aspect verdâtre et rêche à peine rosi n’était pas des plus attirants. Seule sa forme aplatie attirait l’attention. Mais j’aimais sa saveur incomparable à l’égal de son parfum, surtout quand elle était mûre à point. Elle a aujourd’hui disparu, ou alors il  faut bien chercher.

Pourtant un miracle s’est produit : la « pêche plate » est apparue. De la génétique, elle a gardé la forme de la pêche de vigne, mais en plus opulente. Elle s’est même affublée des attributs des stars de la place : couleur et dimension font qu’elle n’a rien à envier à ses concurrents du rayon fruits. Elle a perdu un peu du parfum de sa devancière, et c’est  dommage, mais on ne peut pas tout avoir. Inévitablement, on a voulu y goûter : reconnaissons qu’elle n’a pas non plus tout-à-fait le même effet sur les papilles non plus, mais elle est quand même délicieuse.

Il faut la déguster quand elle atteint sa maturité optimale.  C’est facile à savoir : la peau doit se décoller facilement. Mon moment préféré, c’est au milieu de l’après-midi, au  plus chaud de  la  journée, ou le soir pour la pause après le « prime-time ». Manger une pêche plate doit s’accompagner d’un cérémonial. Il faut se  munir d’un fin couteau de cuisine et d’une feuille de Sopalin,  car la bête est juteuse et j’ai horreur d’avoir les doigts collants, même si ça participe au plaisir. Avec la pointe du couteau commence alors le pelage, en partant du point d’accroche au noyau et en allant vers la périphérie pour tirer de larges bandes de peau. Un travail minutieux qui fait saliver. L’attente, comme toujours démultiplie la tension. Mais le résultat en vaut la peine. La manger avec la peau n’offre pas le même bonheur au palais. Ce serait aussi se précipiter, bâcler le moment. La chair fine apparait enfin dans toute sa nudité humide, en prémices du plaisir qui approche. On peut croquer dedans, mais laissons cette méthode aux goinfres. Pour faire durer le moment, je préfère découper de petits quartiers et les savourer un par un. Ils se détachent bien du noyau. Alors c’est le bonheur de sentir fondre dans la bouche une chair ruisselante de jus sucré, frais  et parfumé. Evidemment, toute cette abondance liquide finit par traverser le papier avec lequel vous la tenez. J’aurai quand même  les doigts collants. La pêche plate est en plus généreuse, car elle a conservé de sa grand’mère le tout petit noyau. Du coup, on a le sentiment d’en avoir davantage à savourer. Le dernier quartier laisse un goût de « revenez-y », car elle enchante jusqu’au bout, la bougresse. Et sucer le noyau ne fait qu’accroître le regret. Il faut être raisonnable.

Reconnaissons que les spécialistes des variétés hybrides, avec leurs technologies modernes de « croisement dirigé », ont réussi là un exploit. Merci Mendel. Toutefois, on aimerait bien, de temps  en temps trouver une « pêche de vigne »,  une vraie. Un peu pour le plaisir de retrouver un bonheur d’antan, comme on peut admirer une belle « DS » quand elle passe sur le boulevard. Ah oui, j’oubliais, les  pêches plates viennent d’Espagne et sont,  parait-il, bourrées de pesticides. Je m’en moque : d’abord je les pèle et c’est la  peau qui contient le plus de ces agents nocifs, ensuite, les pesticides, à  mon âge, je m’en tape un  peu.

Rien ne gâchera  mon  plaisir de croquer une belle « pêche plate » bien mûre !

 


LE MARCHE NOCTURNE

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C’est l’incontournable de l’été : quelque part que vous soyez en villégiature, un « marché nocturne » hebdomadaire vous proposera son alignement d’étals bariolés. Il a bien un concurrent matinal, le marché « gourmand » censé proposer les meilleurs produits locaux, mais il est incontestablement le roi de l’animation estivale commerciale.

A Jard, l’événement a lieu chaque jeudi soir, sur le port, lieu névralgique s’il en est. Vers 18H30, les camionnettes des commerçants commencent à affluer le long des trottoirs et progressivement les stands se mettent en place : des « praticables » pliants et des auvents en toile pour se mettre à l’abri des éventuelles intempéries et de la fraîcheur nocturne. Vers 19H30, tout le monde est en place. Un peu de vent, mais le soleil couchant est de la partie et inonde les lieux d’une lumière dorée. Bientôt il fera sombre et les projecteurs des uns et des autres la remplaceront.

Le marché nocturne c’est un bazar hétéroclite : on y trouve de tout, en matière d’inutile surtout. Les stands se côtoient dans un joyeux désordre et sans aucune logique de proximité. Le marchand de ceintures en cuir, vrai ou faux, jouxte les saucissons d’Auvergne et profite de leurs odeurs puissantes,  celui de lunettes de soleil  voisine avec les roues de nougat tendre, peut-être de Montélimar, alléchantes à en faire baver, l’inévitable producteur de miel et ses multiples variations succède à celui de savons qui dégage une odeur entêtante de fragrances mélangées. Vous êtes en recherche d’un souvenir à rapporter à l’ami qui veille sur votre jardin, vous êtes en quête de la bricole qui marquera votre séjour, les enfants vous réclament le dernier gadget à la mode … au marché nocturne vous trouverez, même le « rien » que vous étiez décidé à vous imposer. Et comme le dit si bien Devos, rien c’est pas grand-chose, deux fois rien c’est déjà quelque chose, alors trois fois rien … Ici c’est une collection de T-shirts à prix … coûtant, là c’est un alignement de montres toutes plus rutilantes les unes que les autres. On vous proposera des petites boites fabrication de l’artiste pour mettre les bricoles qu’on cherche ensuite, les cache-bloc-notes, des jouets en bois aussi désuets qu’indémodables, des foulards … Les étals de bijoux fantaisie se font une concurrence acharnée tant ils sont nombreux, et les vendeurs de coques de portables ne sont pas en reste ? Mais le roi de la fête, c’est le produit de l’été : les « hand-spinner ». Impossible d’y échapper. Ils ont envahi le marché, et du plus basique au plus sophistiqué ce n’est que l’embarras du choix ! J’en ai vu avec la tête de Spiderman, d’autres qui sifflent en tournant, des rutilants en acier et des colorés. Le « hand-spinner » a détrôné le « chouchou » qui faisait fureur naguère. Plus loin, j’ai été étonné par cet artiste qui découpe les vieux disques vinyle 33 tours pour en faire des œuvres d’art : un travail qui doit réclamer dextérité et minutie tant les découpes sont fines. Je suis resté perplexe devant la dernière découverte anti-âge : « les bienfaits de la bave d’escargot » et je m’imaginais avec un certain haut-le-cœur en train de me tartiner le visage du « précieux onguent ».

Une foule de chalands nonchalants vaque le long des allées. Apparemment, peu de gens achètent. Font-ils leurs affaires tous ces camelots vagabonds ? Il faut croire puisqu’ils reviennent chaque semaine. Le marché nocturne agit comme un aimant sur les estivants qui trouvent là un but de promenade, de délassement ou de divertissement pour tuer le temps avant de retourner dans le bungalow, sous la tente ou dans le logement de location. Ils déambulent plus qu’ils n’avancent, souvent avec l’air intéressé d’une vache regardant le train passer. Néanmoins, ils s’agglutinent ici ou là pour répondre à la sollicitation d’un commerçant ou attirés par un étal sans qu’on sache vraiment pourquoi. On ne saura jamais ce qui se passe dans la tête d’un touriste pris dans les lumières d’un marché nocturne !

 


J’AI PRIS L’AVION A NANTES !

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N’en déplaise aux détracteurs de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, mais mon expérience de celui de Château-Bougon confirme ce que les statistiques observent : l’affluence et le trafic en font un aéroport obsolète indigne de notre Région. 

Bien pratique cette nouvelle ligne Nantes-Vienne !  Justement je devais me rendre en Hongrie chez ma fille qui habite à une heure de la capitale autrichienne.  C’est bien plus simple que d’aller à Beauvais prendre le "Paris-Bratislava". Et  les tarifs de Volotea valent bien ceux de Ryanair pour des vols suffisamment confortables quand on doit passer moins de deux heures dans l’appareiL

Ainsi nous voilà au matin du 18 juillet à pied d’œuvre.

Nantes-atlantiqueEvidemment tous les halls sont encombrés de passagers en instance d’enregistrement. Coup de chance, celui qui nous est consacré est encore quasi désert : il est vrai que nous sommes en avance. Je suis adepte des précautions inutiles quand il s’agit des queues au comptoir. La valise enregistrée, nous avons le temps de nous restaurer quelque peu avant de nous soumettre aux formalités d’embarquement. Et nous voilà au début d’un périple dans l’aérogare que nous découvrons pour la première  fois (le périple, pas l’aérogare) : la nouveauté c’est qu’il faut monter au 1er étage  pour passer les portiques de sécurité.  Apparemment tout a été concentré au milieu du bâtiment, en relation sûrement avec le renforcement des contrôles.  Là, il y a un peu d’attente puis commence le scénario convenu : je retire ma ceinture pour la déposer avec ma veste et ma montre dans le bac « as usual », appareil photo, valise cabine, sac à main sur le tapis roulant… et je passe le cadre fatidique sans encombre. Ce n’est pas le cas de Paulette : elle s’est soumise à toutes les exigences et pourtant, comme à chaque fois « elle sonne ».  On la fait  repasser sans ses chaussures : rebelote, donc « fouille au corps ». On ne cherche plus à comprendre. Elle n’a ni prothèse, ni appareil  susceptible de déclencher l’ire du portique. Il faut croire que sa tête ne doit pas plaire à l’engin. Bien, bien.  Il s’agit  maintenant de se rendre à notre salle d’embarquement.  Nous abordons un parcours improbable et tortueux qui débouche sur des escaliers métalliques du type équipement provisoire qui dure longtemps, visiblement rajoutés et bricolés, et peu pratiques avec des bagages, mais heureusement nous ne sommes pas trop chargés. Nous arrivons finalement là où nous embarquons habituellement avec Volotea, c’est-à-dire juste derrière les comptoirs d’enregistrement où tout-à-l’heure nous avons fait consigner notre valise en soute. On se pince : oui, c’est l’aéroport de Nantes qui propose des équipements aussi sommaires. La suite présente peu d’intérêt tellement tout se fait dans l’ordre et l’organisation convenables. L’avion sera  plein comme un œuf. Ce n’est pas Roissy, c’est certain : il faut sortir sur le tarmac et gagner à pied l’avion à quelques dizaines de mètres. Il fait beau, on ne va pas se plaindre.

En attente d’embarquement.

En attendant qu’on nous appelle pour l’embarquement, l’arrivée des  passagers par grappes est un spectacle toujours renouvelé qui permet de « tuer » le  temps sans le voir passer.  C’est un moment que je ne raterais pour rien au monde. Je  me répète peut-être, mais on voit bien comment Binet a trouvé ses « Bidochons » : il suffit de regarder autour de soi. Ils sont légions et tout y est ! Les physiques improbables aux protubérances exubérantes, les accoutrements caricaturaux, les accessoires déroutants, les démarches exotiques… Constat : l'obésité progresse. Aujourd’hui, l’avion s’est démocratisé au point qu’il  n’est plus réservé à la clientèle d’affaire avec des profils bien différents, qui hantait autrefois ces lieux. Maintenant on monte dans l’avion avec le costume de la destination : qui va à la plage est déjà muni des tongs et du bermuda, qui va à la montagne arrive avec son sac à dos auquel un piolet accroché en exergue démontre la réalité du projet. Jeunes et vieux se côtoient et curieusement se ressemblent.  C’est que le retraité est volontiers randonneur et visiblement a dévalisé le rayon idoine de Décathlon : grosses chaussures de marche, chaussettes roulées sur les chevilles, pantalon trois-quarts à poches latérales, blouson adapté. C’est donc tout un monde bigarré qui s’agglutine peu à peu. Ceux qui ne passent pas inaperçus, ce sont les groupes : pépés et mémés s’interpellent, s’enquièrent haut et fort auprès de leurs compagnons des turpitudes qui les assaillent, le volume sonore étant en adéquation avec le durcissement des tympans… Un son nasillard craché par le haut-parleur appelle les passagers du vol 2271 pour Vienne … C’est  le nôtre, la cohue s’oriente vers l’hôtesse qui filtre les cartes d’embarquement.  C’est parti !

Retour le 28 juillet : une autre expérience.

Nantes-atlantique voloteaL’aéroport de Vienne offre des équipements modernes à la hauteur de la réputation d’une capitale européenne. Le seul bémol c’est qu’on décollera avec presqu’une heure de retard qui se réduira à 25 mn à l’atterrissage à Nantes après un vol sans histoire. En dehors des annonces de l’hôtesse de l’aéroport qui de quart d’heure en quart d’heure avait repoussé notre embarquement, aucune explication ne nous sera fournie sur la nature du retard. Encombrement du ciel en cette fin de juillet ou surcharge de rotations pour les vols Volotea ? On ne le saura jamais.  On n’eut droit qu’à des excuses.  Par contre, à Nantes, nous découvrons une autre réalité.  Une fois l’avion posé comme une fleur sur la piste de la capitale ligérienne, nous cheminons donc sur le tarmac  et nous voyons défiler les bâtiments … Enfin l’avion s’immobilise au milieu de nulle part, sur un parking au fin fond  de l’aérodrome ! De longues minutes passent, la  porte reste close. Enfin, l’hôtesse de l’air manœuvre et elle s’ouvre,  mais pas complètement. Il faut refermer. En cause, la passerelle mal positionnée : il faudra s’y reprendre à trois fois avant que nous soyons enfin délivrés. Au pied de l’escalier nous attend un malheureux bus qui devra faire au moins trois voyages pour transporter tous les passagers jusqu’à l’aérogare, car l’appareil était aussi plein qu’à l’aller. Il nous dépose à côté du hall 4 où sous une tente ont été installés des barrières et des couloirs de cheminement vers les guichets où nous devons présenter pièces d’identité ou passeports.  La sécurité, c’est du sérieux ! Enfin, nous nous retrouvons dans la salle de livraison des bagages et là, il faudra encore patienter presque une demi-heure avant de récupérer notre valise. Voilà tous les signes d’une infrastructure aéroportuaire débordée par le trafic ! On n’entend pas les détracteurs de Notre-Dame des  Landes s’inquiéter du survol de Nantes avant l’atterrissage ; j’aurais pu faire coucou à Bruno Retailleau au moment où nous avons survolé de près le bâtiment du Conseil Régional. Pollution, risques pour la population : faudra-t-il une catastrophe pour que ces idéologues de pacotille s’émeuvent et s’ouvrent à la réalité ? Notre capitale régionale mérite mieux que ces équipements dépassés et vieillots.