LA DICTATURE DU « JE »

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La toute puissance des algorithmes.

Pour ceux qui, comme moi, ont  lu le livre de Gaspard Koenig, « La  fin de l’individu »,  dont je vous ai déjà entretenu, la numérisation accélérée de la société  pendant le Covid n’est pas une surprise. Elle annonce un tremblement de terre qui met en évidence un risque d’obsolescence  rapide de nombreuses tâches pour lesquelles nous estimions que l’homme était indispensable, mais en plus, et c’est le plus grave, le rétrécissement de la pensée subjective humaine individuelle submergée par une rationalité déterminée par des algorithmes supposés nous représenter dans notre globalité.

Encore une fois, ce n’est pas l’Intelligence Artificielle qui est en cause, mais l’usage que nous en faisons et qui façonne une drôle de société. Comme l’Europe a déjà perdu pied dans la compétition qui s’est engagée pour la maîtrise du modèle, il nous reste le choix entre celui qu’impose le régime  chinois, exquise fusion du communisme et des technologies les plus avancées pour enrégimenter l’individu, et celui des Etats-Unis contrôlé entièrement par le géant Google et ses intérêts matériels, dont on vient de voir qu’il pouvait faire le tri dans le contenu des messages qui circulent dans ses réseaux et  fermer un compte purement et simplement.

Deux périls nous menacent : les choix des algorithmes et les choix politiques ou idéologiques de ceux qui contrôlent les serveurs que nous utilisons. Ils connaissent de mieux en mieux nos vies, nos goûts, nos habitudes et ils dominent des pans entiers de l’activité économique du fait de l’accumulation incroyable de données qu’ils sont parvenus à réaliser. Ils se sont aussi attribué un nouveau rôle : être les censeurs de la vie politique et de l’opinion. Et ce n’est peut-être qu’un début. La suspension des comptes de Donald Trump après l’invasion du Capitole le 6 janvier dernier pose la question essentielle pour la liberté d’expression, de la régulation des réseaux sociaux.

Ultra-connectés et bavards.

A cela s’ajoute un troisième péril.  L’avènement du smartphone a fait de la plupart d’entre nous des êtres ultra-connectés, repliées sur leur subjectivité et leurs intérêts tout en intensifiant l’impression de jouir d’une forme d’allégement de l’existence et d’une indépendance sans cesse accrue, constate Eric Sadin (« L’ère de l’individu tyran »). Et nous sommes devenus dépendants de cet « infini » vertigineux. Avec nos téléphones, nos tablettes, nos ordinateurs, un espace d’expression sans limite et à tous moments permet à chacun de s’offrir une multitude de tribunes virtuelles, pour exprimer un avis sur tout –et surtout un avis, aurait dit Coluche-,  dans une débauche de « je » aussi gratifiante qu’addictive. L’inconvénient c’est que ces réseaux sociaux échappent à tout contrôle. Ils constituent un territoire ni structuré ni  hiérarchisé,  chacun étant maître de son « je ».

Avec Twitter on assiste au triomphe de la parole sur l’action, où l’on cherche à s’affirmer non pour défendre un point de vue mais pour imposer une perception des choses. Avec Instagram, l’affichage de soi se transforme en une continuelle monétisation de sa personne, faisant de « l’instagrameur » un homme-sandwich. Les mécanismes pervers mis en œuvre nous font glisser vers une culture de l’humiliation.  Il suffit de lire les commentaires sur Facebook pour s’en convaincre. Enfin, en étant indulgent, parce que l’indigence y règne entre la syntaxe approximative et l’orthographe déficiente qui va généralement avec la superficialité du discours. La  plupart y recherchent des signes pouvant flatter  leur narcissisme ;  asséner sa vérité est devenu un carburant pour l’ego : « je twitte, donc j’existe ! » Cette galaxie inépuisable d’individus produit une profusion de messages qui concurrence les médias traditionnels qualifiés de « top down ».

Un fait, une phrase, une remarque qui tombe  dans ces réseaux va s’envelopper d’une masse de commentaires dont les chaines d’information en continu font leur miel. Ainsi, l’information disparaît au profit de son commentaire. La parole « des gens » remplace l’argumentation de ceux qui militent ou réfléchissent, elle devient vérité et disqualifie le sachant et l’expert, le journaliste, ces passeurs d’une parole vérifiée, d’une opinion étayée ou d’un projet structuré. Tout se vaut, la  parole d’un professeur d’université et celle d’un youtubeur, celle d’un président et celle d’une madame Michu. Il devient quasiment impossible de faire émerger un point de vue  sur ces forums obéissant à la règle de celui qui braille le plus fort. L’information est partout,  mais elle n’est  pas hiérarchisée  et nous nous égarons.

Le triomphe du relativisme.

Les « gens », bien à l’abri de l’anonymat qui permet le lynchage permanent, peuvent s’indigner, se révolter, dénoncer les  incapables, les pratiques insupportables, les complots imaginaires  … Argumenter dans ces conditions, c’est perdre son temps, quant à la raison, « braves gens » … Les contenus qui ont le plus de succès ne sont pas nécessairement les  plus rationnels. C’est lié à la nature même de nos cerveaux qui mémorisent davantage les informations contre-intuitives, qui sélectionnent celles qui confirment nos vues, qui installent des œillères mentales pour nous permettre de camper sur nos positions et que les algorithmes savent renforcer. Car les  plateformes accélèrent la diffusion des fausses nouvelles,  les  post-vérités des complotistes, parce que c’est ainsi qu’elles fonctionnent : proposer à chaque internaute des lectures « proches » de ses recherches précédentes et « fabriquer » des groupes de gens qui pensent pareil, qui se confortent et se justifient. La parade serait l’esprit critique, mais il a disparu avec la culture qui l’accompagnait.

Menace pour la démocratie.

Sauf que tout ce tintamarre, ce  système d’expression est dangereux pour la démocratie.  Il favorise le populisme et le rejet des élites. D’autant plus que toutes les manipulations sont possibles, une minorité de dictateurs de l’indignation polluent les plates-formes, en dénaturent les valeurs de partage.  S’y ajoutent les algorithmes  de certains réseaux qui choisissent et trient vos « followers ».

L’impact de ces nouvelles technologies sur notre psychologie individuelle et collective  est effarant : l’histoire récente des systèmes numériques révèle une ivresse des réseaux qui encourage l’avènement de particularismes autoritaires et l’émergence d’une forme d’ingouvernabilité permanente, autrement dit la montée des comportements d’incivilité qui caractérisent l’effondrement de notre monde commun. Ceux-ci sont aggravés par les technologies de l’embrasement des esprits mises en œuvre sur les réseaux tels que Facebook, Twitter ou Instagram. On s’étonnera alors de la vacuité de ceux qu’on porte au pouvoir, faisant ainsi les choux gras de la technostructure inamovible et de ce fait, toute puissante.

Il faut se doter d’outils pour contrôler les algorithmes eux-mêmes et limiter la puissance des géants du numérique pour rétablir la concurrence. Les Facebook, Twitter, Youtube, Instagram, Snapchat doivent rentrer très rapidement dans le champ de la loi française. Ce sont tous des éditeurs de médias dont les dirigeants pour la France doivent être pénalement responsables de leurs contenus, à l’instar de leurs homologues de la presse audiovisuelle et écrite. Mieux, la  France devrait détenir ses propres plateforme numériques. Il y va de notre survie démocratique, économique et culturelle. Ces  plateformes sont simples, rapides et  peu coûteuses à démarrer et  l’on sait que notre environnement digital est fécond.

L’Europe est le premier continent à s’être engagé dans une réforme globale de son espace numérique par le biais du Règlement sur les services numériques (DSA),  et du Règlement sur les marchés numériques (DMA). Ils sont en discussion actuellement.  Ils permettront de veiller en temps réel à ce que les  plateformes se conforment aux injonctions qui découleraient de ces règlements qui s’appliqueront à tous les Etats membres. Nous devons en effet, fixer les règles du jeu et organiser l’espace informationnel avec des droits, obligations et garanties clairement définis.  C’est une question essentielle pour nos démocraties au XXIème siècle.

 


WOKE, PIRE QUE LES BOLCHOS !

Crétin

Avez-vous entendu parler du mouvement « Woke » ?

Aux Etats-Unis il a envahi toutes les universités. Dans  l’éventail politique, on le place  à « l’ultra-gauche ». Ce sont des extrémistes qui alimentent le « Black lives Matter » et  avec lesquels Joe Biden va devoir composer. De ce point de vue, il  aurait mieux valu que les Démocrates ne gagnent pas les deux sièges qui leur permettent d’avoir les coudées franches au Sénat. Le nouveau président aurait eu ainsi un bon prétexte  pour leur résister.

Un obscurantisme simpliste.

Cette gauche « woke » est adepte de la  politique identitaire et pratique la chasse aux sorcières en faisant taire toute parole dissidente au nom d’un antiracisme devenu une sorte de racisme fou lui-même. Bret Weinsten, professeur de biologie, a dû démissionner de l’université d’Evergreen où il enseignait après s’être  opposé à une journée « anti-blancs » organisée par des étudiants militants  de la cause identitaire. Il ajoutait ainsi son nom à la liste déjà longue des « professeurs annulés » par les « justiciers sociaux ». Ce mouvement vise à abattre le système parce qu’il le considère comme corrompu, et se donne comme objectif de « tout recommencer » à partir d’une page blanche. C’est d’une grande naïveté, mais aucune nuance n’est possible et la contradiction n’est pas permise. Ce que l’on observe ressemble de manière effrayante au bolchévisme où à la période chinoise précédant le Grand Bond en avant.  Des séances d’autocritique sont organisées où les professeurs blancs doivent battre leur coulpe en public en énumérant leurs privilèges.  Des séances grotesques mais  le mouvement manie une telle stigmatisation, notamment sur les réseaux sociaux, avec la complicité de grands  médias, qu’il n’y a guère de possibilité d’y résister. Les  accusés préfèrent se résigner et avouer des choses qui ne sont pas vraies dans l’espoir que les accusateurs passent à autre chose ou ciblent quelqu’un d’autre. Une dictature en cours de formation menace donc les principes fondamentaux de la démocratie et du libéralisme qui font de nous des citoyens et non simplement des porteurs d’identités raciales ou sexuelles. Même si les arguments sont pauvres et la « bêtise » de la vision Woke évidente, le caractère contagieux de la stratégie est spectaculaire. Notre civilisation se trouve confrontée à ces nouvelles formes de racisme, camouflées en lutte contre l’injustice.

Une coalition instable.

Les règles  d’appartenance à la cause sont basées sur ce qu’on appelle l’intersectionnalité (qui vient de faire son entrée à Science Po Paris). Le mouvement appelle à la « cancel culture », ou « culture de l’annulation » qui consiste à appeler explicitement au boycott et à l’effacement de l’espace public de personnes jugées racistes, homophobes ou sexistes. Tout est prétexte pour cette génération qui ne supporte plus d’être offensée et pour laquelle le moindre propos caricatural et le scepticisme sont considérés comme autant de micro-agressions  exigeant la création d’espaces sécurisés où aucune parole blessante ne puisse les atteindre (On est où ?). « Je me sens blessé », tel est l’argument qui autorise désormais toutes les excommunications : avoir conscience que l’on est blessé, c’est être « éveillé », « woke » ! "Eveillé" dans l'obscurité, allez comprendre. Il faut dire, que le « woke » vient de loin, il est né dans les départements d’études critiques énamourés du philosophe Michel Foucault et de la théoricienne du genre, Judith Butler. Le « wokisme » s’est épanoui sous la seconde présidence d’Obama. Et ce n’est donc pas un hasard si le Black Lives Matter, après la mort de George Floyd, a vite abandonné le thème des violences  policières pour appeler à mettre à bas le capitalisme et à démanteler tout l’héritage américain. Mais si ce mouvement prend de l’ampleur et parvient à prendre du pouvoir, il se fragmentera en factions qui ne tarderont pas à se battre les unes contre les autres.  La communauté LGBT se fractionne déjà aujourd’hui entre les homosexuels et les transgenres. Les « tribus » auront tendance à se recomposer selon des lignes identitaires raciales, ce qui est très dangereux. L’antisémitisme est présent dans le mouvement  de manière ouverte et en progression.  De plus, ce  mouvement est en train de créer le démon qu’il prétend combattre, et sortir le nationalisme blanc des marges où il campe actuellement, ces blancs que leur diabolisation exaspère et qui vont grossir les rangs des « suprémacistes ».

Mais une idéologie qui se répand.

La  résistance s’organise. De nombreux intellectuels de la gauche libérale américaine se rebellent contre cet étouffement, plus  de 150 écrivains, artistes et journalistes parmi lesquelles J.K.Rowling, Margaret Atwood.... L’université de Chicago a pris la tête de la fronde, suivie par plus de 50 autres établissements universitaires. Il s’agit de défendre la liberté d’expression et le débat contradictoire. En réalité, ces voix dissidentes restent très isolées.  La  vague « woke » a quitté le champ strictement universitaire pour déborder dans les médias grands publics,  le monde des affaires et les institutions de l’Etat. Certains s’alarment de l’alliance des campus avec l’industrie de la tech, cette oligarchie omniprésente qui prête allégeance au mouvement en forçant  ses employés à organiser des séminaires d’inclusivité et à signer avec les fameux pronoms (him, her,she, he), pratique mise en place pour ne pas risquer de « mégenrer » certaines personnes, et que Kamala Harris emploie elle-même sur son compte twitter. La victoire démocrate sonne  comme une victoire pour eux.  Le Committee on Rules de la Chambre des représentants a dévoilé la feuille de route de la 117ème session du Congrès qui se veut la « plus  inclusive de l’histoire ».  Que l’écriture inclusive soit l’une des premières urgences traitées par les démocrates en dit long sur la puissance de la base progressiste « woke ». Et ce n’est pas un hasard si les Etats-Unis voient  se développer comme un phénomène de  mode le nombre des adolescents transgenres qui touche particulièrement les jeunes filles.

Défendre l'universalisme !

L’absurdité du portrait que fait la gauche « woke » des défauts de l’Occident est en fait une terrible insulte pour les minorités qui veulent simplement une chance de réussir.  D’ailleurs l’élection présidentielle américaine a révélé le  nombre impressionnant d’intellectuels noirs qui ont donné de la voix contre ce mouvement, et le constat doit aussi être fait que  le score de Trump a été largement renforcé par les électorats  de gens de couleur.  On comprend aussi pourquoi Trump qui a dénoncé cette idéologie comme un poison, a fait un score énorme bien qu’il ait été battu. Près de la moitié des américains  sont donc en résistance. Comme le constate Sam Abrams,  professeur de sciences politiques à New York et cible  des wokistes : « ça fait tellement de bien de savoir que chez vous les parents peuvent encore dire à leurs enfants qu’ils sont un petit garçon ou une petite fille.  Chez nous on dirait : comment osez-vous assigner un genre ? ». Nous ne sommes pas pour autant à l’abri. La « cancel culture » s’implante dans nos universités et dans nos grandes écoles. Delphine Ernotte l’impose sur le service public télévisuel sous prétexte de « diversité », elle est suivie par le nouveau directeur de l’Opéra où l’obsession raciale est entrée avec Alexander Neef. A Sciences Po Paris, l’idéologie racialiste,  décolonialiste et indigéniste fait peu à peu son nid : « Comment voulez-vous travailler avec des gens qui vous disent que, parce que vous êtes blanc, vous n’avez pas le droit de participer  à la discussion, que vous ne pouvez pas comprendre ce que vivent les noirs ou les personnes maghrébines ? » s’indigne le président de la section UNEF. J’ai envie de crier « au secours, Félix Eboué, Léopold Senghor, Aimé Césaire, Rachida Dati, … ! ». L’universalisme qui fonde notre culture est pourtant le seul remède  au racisme, car  c’est une expérience unique qui essaie de réduire l’impact de l’identité en favorisant la collaboration au-delà des lignes identitaires, à travers la citoyenneté et le mérite. Un système éminemment supérieur aux autres, et plus juste, mais aussi très fragile dès lors qu’il repose sur la volonté et l’effort individuels. La guerre idéologique ne fait que commencer.

Il n’empêche, je suis un mâle blanc, hétérosexuel, républicain universaliste et démocrate libéral. J’assume l’Histoire de mon pays et son passé colonialiste, je respecte sa culture et ses traditions chrétiennes.  Ceux à qui ça ne plait pas, wokistes ou islamistes radicaux, peuvent aller se faire voir ailleurs. Si vous voulez de l'autocritique, en voilà !

 

 


UN BEAUVAU DE LA PALABRE

Casseurs 2

 

Réorganiser la police ?

Est-ce vraiment le sujet ? Après deux samedis de retour des manifestations de l’ultra-gauche contre  les « violences  policières » et contre la loi de « sécurité  globale », où l’on a vu à nouveau les groupes black blocs renforcés des casseurs professionnels, à l’action avec  leur cortège de violences, c’est de « violences civiles » dont on devrait parler. Quant aux forces de police, on leur a  fait jouer encore une fois le  mauvais rôle : celui de l’impuissance et du bouc émissaire.  Ce qui est en cause, ce  n’est ni le professionnalisme ni le manque de courage,  ni le savoir-faire des agents chargés du maintien de l’ordre, c’est l’absence de volonté politique de leur en donner  les moyens. Nous sommes   en face d’un pouvoir tremblant, qui refuse de prendre le risque d’une réponse  à la hauteur des violences,  alors que la volonté populaire le souhaite massivement. Encore faudrait-il, le cas échéant, que la chaine judiciaire suive, et  là  …

Darmanin désavoué.

Notre ministricule de l’ordre  public a récolté ce qu’il avait semé.  A force de  rouler des mécaniques, de faire des moulinets et de se livrer à des rodomontades, le résultat s’est retourné contre lui.  Il  a suffi d’une vidéo manipulée de  « violences policières »  sur un personnage pourtant déjà connu des services de police, à laquelle s’est ajouté le piège tendu par des « humanitaires bien pensants » de l’évacuation de migrants sur  la place de la République sous des caméras complaisantes,  pour que Mélenchon et  ses sbires reprennent la main. Avec la  loi en discussion au parlement, ils ont trouvé les prétextes tout prêts pour mobiliser leurs troupes. L’autorité de Darmanin, si tant est qu’il en ait jamais eu, a volé en éclat. Et Macron de lui reprendre la main. Dupont-Moretti : 1/ Darmanin : 0. Après un tel désaveu, s’il avait un peu d’honneur, il démissionnerait. Au lieu de cela, il va participer à une nouvelle mascarade : un « Beauvau de la Sécurité », qui souligne en creux son échec.

La procédure de l’inaction.

Quand on n’a pas envie d’agir, on crée une commission. Le procédé est aussi vieux que la démocratie athénienne. En l’occurrence, on va mettre autour de la table  touts ceux qui sont concernés par la sécurité et l’ordre public. Et, tenez-vous bien, Macron a l’intention d’y participer en personne. On peut donc craindre le pire : il n’en sortira que du « en même temps », c’est-à-dire, au mieux tout et son contraire,  au pire, rien ! D'ailleurs le principal syndicat de police a déclaré qu'il n'y participerait pas. Cela  veut dire qu’en attendant, si Mélenchon et ses amis gauchistes le désirent, nous aurons encore des samedis animés, avec  magasins saccagés et cocktails Molotov.  Quelle  joie en cette  période de fêtes pour les Français qui n’en demandent pas tant. Quant aux commerçants, ils pourront toujours se tourner vers l’Etat pour qu’il les indemnise des  stocks pillés et des vitrines éclatées.

Il y a pourtant moyen d’agir.

Les policiers le disent, les  magistrats  le confirment : point n’est besoin de lois spéciales. Il est possible d’empêcher ce gâchis avec  les  lois actuelles. Il suffit de les appliquer. Il est tout-à-fait possible de créer des brigades  spécialisées anti-black blocs, comme le réclame Bruno Retailleau : la surveillance des réseaux sociaux, l’infiltration, les arrestations préventives, la présence de policiers en civil parmi les manifestants, permettraient d’empêcher une grande partie de  la violence. Et puis il faudrait que la police apporte à la violence des manifestants une réponse proportionnée ou égale : ça calmerait ! Il faudrait aussi que les médias qui montrent les images de saccage en floutant les visages des délinquants soient poursuivis pour complicité.

Qu’on y prenne garde.

Mélenchon rêve d’un « grand soir ». Si les forces de police, gagnées par l’écoeurement mettent le genou à terre, Macron pourrait bien lui en offrir l’opportunité  à force de   prendre les Français pour des courges, avec  ses grandes déclamations martiales suivies de reculades minables, dénonçant le séparatisme pour replonger dans le communautarisme dont il n’arrive pas à se défaire, comme en témoignent ses propos sur Brut. On connaissait ceux qui se situaient ni à droite, ni à gauche, mais devant. Aujourd’hui nous avons celui qui se situe « et à droite » « et à gauche », c’est-à-dire nulle-part. Et c’est bien ça le problème ! Il crée un vide  dangereux.

 


LA LEGENDE DU VENDEE GLOBE…

Vendée globe PRB

Notre époque épique.

Il est encore possible de vibrer pour de bon devant un exploit.  Le  Vendée  Globe vient de nous en fournir une nouvelle occasion avec le sauvetage de Kevin Escoffier  par ce vieux loup de mer –le mot est un hommage- de Jean Le Cam. Il fallait bien ça pour éclairer d’un trait de lumière éclatant la grisaille actuelle  et une année bien tristounette avec ce virus qui n’en finit pas de nous ennuyer. L’événement est  d’autant plus saisissant que la  course au large ne nous cache plus rien.  Nous avons pu vivre le sauvetage en direct grâce aux « webcams » embarquées. Et clac-clac-clac, le  père Jean est à la  manœuvre et nous nous avons les larmes aux yeux, de soulagement et d’admiration mêlés.  Quelle belle leçon de courage et de fraternité !  Au moins ça nous change des discours froids et étriqués de notre cocasse Castex. Ici, point n’est besoin de mots.  On s’étreint, on se prend dans les  bras, et tout est dit !

Sauvetage en direct.

En direct, nous avons pu suivre l’épisode  de bout en bout, mieux qu’une production hollywoodienne, parce que vraie, à travers les podcasts successifs  du sos de Kevin aux angoisses de Jean  qui a un  premier contact visuel avec le naufragé puis le perd  pour enfin le retrouver grâce à une intuition que seule l’expérience peut fournir.  Quelle joie alors de réussir à repêcher le marin dans son radeau de survie où il est resté une douzaine d’heures. On serait étonné de la sobriété de Jean Le Cam, de son calme, de sa  simplicité, si on ne le connaissait pas. Dans sa bouche, le mot « bonheur » n’est pas exagéré, il a les justes proportions  pour un acte de bravoure qui n’a d’autre nom que le mot « sauvetage » : il vient de sauver une vie humaine ! Nous avons  face à sa webcam avec laquelle il  nous amuse de son ton bourru,  un grand marin que la « bouteille » n’a pas amoindri, sans gros budget  mais qui tient la dragée haute aux autres avec sa « 4L » judicieusement carénée. Un type authentique, animée par la passion d’être sur  l’eau.

Ici, point de gesticulation. 

Les  quarantièmes ne pardonnent pas. Ici, l’aventure c’est d’abord de l’humain, des valeurs qu’on ne fait pas semblant d’exhiber, de l’action précise qui évite  la gesticulation à laquelle on est tant habitué. Ici, point n’est besoin d’écologie  sophistiquée, la nature   vous rappelle  à  l’ordre constamment et ne pardonne pas la moindre erreur ;  ça rend humble. Ici, la solitude  n’est surtout pas confinement, c’est s’abstraire des rumeurs d’un monde où le verbe remplace le geste. Ici,  c’est de dépassement de soi  qu’il s’agit, car le risque est accepté même si la lucidité commande de ne pas oublier qu’il peut mettre la vie en jeu. Le corollaire, c’est  la solidarité.  Tout le sauvetage de Kevin Escoffier est  là !  Ici, il y a un règlement, mais le bureaucrate obèse n’est  pas dans la partie. La mer est d’abord  un espace de liberté où il faut jouer avec les éléments.

Les derniers conquérants.

Hommage soit donc rendu à tous ces conquérants de l’Inutile. Le Vendée  Globe, c’est l’Everest des mers. Quels que soient leur caractère, leurs qualités ou leurs défauts, ils nous font rêver. Ils sont les acteurs modernes d’une geste épique comme il n’en existe plus gère, tant notre époque voit la technique ronger toujours plus la part de l’Homme. Le  marin du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance est seul face à  lui-même, et ce, quel que soit  le bateau. Dans l’enfer des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes  hurlants, on ne fait pas longtemps illusion, on ne peut pas bluffer. Les conditions dans lesquelles Kevin Escoffier a fait naufrage font de lui un miraculé.  Personne n’aurait pu penser qu’une vague puisse  plier un Imoca en deux ! S’il n’avait pas été  un marin aguerri,  il serait parti au fond de l’eau, avec son PRB.  Il n’a eu que quelques minutes  pour mettre sa combinaison, s’emparer de  son canot de survie et déclencher sa balise de détresse.  Et un copain s’est trouvé là  pour lui tendre la main de  la vie.

La course continue. 

Aujourd’hui, nous avons été témoins de  l’émouvante séparation. La frégate Nivôse a récupéré le naufragé et va le transporter jusqu’à La Réunion. Jean continue son chemin, à la poursuite de  la tête de course. La flotte  de la trentaine de concurrents s’étale sur des miles nautiques des Kerguelen  pour les premiers, au sud de l’Atlantique pour les derniers. On pense à Troussel qui a démâté au large du Cap Vert, à Beyou obligé de retourner aux Sables à cause d’un ofni, pour repartir.  Il n’a pas encore rattrapé la queue du peloton.  On pense aussi à Thomson, Simon et Davies, obligés d’abandonner. Les fortunes de mer sont diverses et ne font pas le  tri entre  les meilleurs et les autres. La route est encore longue, et combien de marins, combien de capitaines… vont finalement arriver au port ? L’océan Indien, le Pacifique, le Cap Horn à la sinistre réputation : les épreuves ne vont pas manquer d’autant plus que cette année, les conditions physiques paraissent hors normes.

Allez, le rêve n’est pas terminé.  Nous attendons avec impatience  de pouvoir leur faire  un triomphe  sur  les jetées de la Chaume. Au dernier tout autant qu’au premier comme  le veut la tradition du port vendéen.

 


GISCARD ETAIT UNIQUE !

Avec giscard001

Giscard nous a quittés.

Comme chaque fois qu’un ancien président disparaît, le chœur politique lui tresse des louanges, tous spécimens confondus réunis, les hypocrites au premier rang. Valéry Giscard d’Estaing n’échappe pas à la règle. Donc voilà notre  grand homme paré de toutes les vertus ou presque, et aussi victime d’analyses  souvent fausses car sorties de leur contexte de l’époque. Je ne vous imposerai pas ici la longue liste des réformes qu’il a engagées et qui ont profondément modernisé notre pays. Aucun président élu depuis ne peut s’enorgueillir d’un tel bilan national et international. Vous trouverez aisément  le détail dans les bons journaux. Il semble enfin que justice lui soit enfin rendue.

J’ai eu la chance de vivre son septennat en partie de l’intérieur puisque dès 1976 j’avais intégré le bureau politique national de GSL -Génération Sociale et Libérale-, le mouvement des Jeunes Giscardiens. Je me contenterai ici d’évoquer trois souvenirs et de tenter  de redresser deux idées fausses qu’on essaie de nous faire avaler aujourd’hui, notamment sur les causes de sa défaite de 1981.

Trois souvenirs d'un engagement politique.

Je suis issu d’une famille gaulliste que la guerre d’Algérie a déchirée. Dernier rejeton et donc le plus jeune, très tôt j’ai trouvé refuge dans le vote pour les Républicains Indépendants. Jeune prof de collège, je trouvais les interviewes de Giscard, alors Ministre des Finances, passionnantes et surtout limpides. C’est donc en toute  logique, qu’au retour de mon engagement dans la  coopération comme  enseignant au Maroc, en 1974, j’ai adhéré au Mouvement des Jeunes Giscardiens. Je peux dire que je fus happé par la passion politique.

Le premier souvenir que je voudrais évoquer c’est celui de l’université politique de 1975  à Montpellier. Innovation du mouvement  beaucoup imitée ensuite, il organisait à la fin de l’été un campus  qui durait 5 jours où alternaient ateliers animés par les sommités de la famille politique  et soirées joyeuses.  Je fus littéralement subjugué par la séquence qu’animait Henri Giscard  d’Estaing sur la « société libérale avancée ». Je bus  littéralement ses paroles, tellement je me sentais en pleine concordance  intellectuelle. J’y retrouvais toutes mes attentes et beaucoup de mes réflexions personnelles. Il faut dire que j’étais aguerri par les débats familiaux toujours très vifs et j’avais le sentiment de trouver là une mine d’arguments pour défendre ma différence. Mon adhésion aux thèses du Président fut acquise définitivement et conforta mon engagement actif pendant le septennat et bien au-delà.

Le second souvenir a trait à l’atmosphère politique de l’époque. Etre Giscardien, c’était se battre sur deux fronts. D’un côté la gauche qui, comme à son habitude, se complaisait dans une intolérance sectaire effroyable et une démagogie à toute épreuve,  ce qui valait sur le terrain des affrontements pouvant dégénérer en violence. De  l’autre côté, l’allié UDR devenu RPR, n’acceptait pas de concéder un pouce de terrain et ne rechignait pas à le faire savoir manu militari. Les campagnes électorales, dont une grande partie, à l’époque, était consacrée au collage d’affiches partout où la surface le permettait, pouvaient  tourner rapidement au parcours d’obstacles à côté duquel Koh Lanta est une rigolade. Entre l’arrachage des concurrents et le collage de son camp, les itinéraires conduisaient parfois à des rencontres « problématiques ». C’est ainsi, que lors d’une campagne cantonale, avec une de nos équipes, je collais des affiches pour le candidat UDF que nous soutenions.  Nous avions constaté que l’adversaire du PCF était passé avant nous. Qu’à cela ne tienne, nous avions décidé de le « recouvrir ». Du côté de Trélazé, fief du maire communiste Bertholet, nous étions affairés  à « habiller » un pont,  lorsque nous vîmes surgir de l’autre côté de la rue, quatre ou cinq malabars munis de barres de fer, qui étaient embusqués et qui probablement avaient décidé de mettre fin à notre entreprise « sur leurs terres ». Nous n’eûmes que le temps de nous engouffrer dans nos deux voitures et démarrer en trombe car il n’était pas question de livrer bataille. Nous n’avions pour nous défendre que nos brosses et les troupes présumées cégétistes n’avaient pas la réputation d’être tendres. Lors des législatives de 1978,  alors que j’étais candidat moi-même, je mettais un point d’honneur à accompagner nos militants sur le terrain, comme le faisait d’ailleurs mon concurrent RPR, en l’occurrence député sortant. J’eus l’honneur de rencontrer son gendre devant les panneaux officiels dont il avait recouvert  le  mien de l’affiche de son candidat  et que j’avais entrepris de remettre en état. Il menaçait de me casser la figure  et je pense qu’il aurait tenté de le faire mais j’eus la  présence d’esprit de lui dire : « Vas-y, ne te gêne pas, et en  plus je vais m’ouvrir le crâne en tombant sur le bord du trottoir et tout le monde saura demain à qui je le dois ! Quelle publicité pour ton candidat ! ». Il se ravisa et plia bagage avec son équipe et nous poussâmes un ouf de soulagement. L’accalmie ne dura pas longtemps, car dans un autre secteur, une de nos voitures fut attaquée par des socialistes  qui s’emparèrent du stock d’affiches que mes amis détenaient. Sous la menace de porter plainte et parce que le candidat socialiste était un homme de bon aloi qui désapprouvait  ces méthodes, il eut le courage de me les rapporter chez moi, avec ses excuses. Nous eûmes l’occasion de bavarder un moment et de cet épisode était née entre nous deux une estime réciproque. Et ça tombait bien,   parce que l’un des crédos giscardiens était la  « décrispation ». La vie politique sur le terrain en avait bien besoin !

Encore un dernier souvenir, pour la route. C’était à l’occasion de la venue en France  de la reine Béatrix de Danemark. A l’époque, nous avions fondé, Dominique Ambiel et moi,  le MEL, Mouvement des Enseignants Libéraux, dont j’étais le président national. Evidemment, ouvertement giscardien, nous regroupions essentiellement les enseignants adhérents du Parti Républicain et quelques autres. Sans doute pour récompenser notre action  et nos efforts, notre état-major national fut invité à la  réception officielle donnée en l’honneur de la reine au château de Versailles. Il fallut acheter une robe de soirée à Madame, magnifique, mais qu’elle n’eut jamais l’occasion de remettre, et je louai un superbe smocking pour la circonstance. Sur le carton d’invitation il était écrit : « cravate noire ».  Dont acte.  Nous arrivâmes au château : une foule d’invités se pressait à l’entrée, nous étions loin d’être les seuls, forcément. Le cadre du château illuminé offrait un spectacle déjà extraordinaire. Les nombreux participants étaient répartis dans les différents salons et la galerie des glaces était remplie par une table qui en occupait pratiquement toute la longueur, richement décorée par la vaisselle et les compostions florales.  Bref : c’était grandiose. Ne parlons pas des buffets, la République sait recevoir ! Il était prévu qu’à la  fin du repas, le Président avec son invitée et en cortège avec les sommités présentes, fassent le tour des salons pour saluer les invités. Pour  moi, une occasion de voir l’hôte de l’Elysée. Mais voilà, je n’avais pas  bien interprété le code vestimentaire. Je m’étais vite aperçu que, excepté quelques ploucs comme moi, je faisais partie des rares à porter une cravate au lieu d’un nœud papillon noir. En plus c’était la cravate que je réservais aux enterrements !  Que voulez-vous, quand on n’a pas l’habitude….

La défaite.

Giscard a perdu en 1981. De peu. Si l’on en croit les commentateurs, sa défaite serait due au détachement des Français survenu à la fin de son septennat à cause de son caractère hautain  et à l’isolement dans lequel  il se serait réfugié. C’est faire fi, d’une part de la guerre de tranchée redoutable que lui menait la gauche, surfant sur une montée du chômage provoquée par les deux chocs pétroliers encaissés par l’économie du pays, bien qu’il fût bien indemnisé, d’autre part de la campagne de sape menée par le RPR, Chirac ayant décidé d’être candidat, et qui s’est traduite par exemple par "l’affaire des diamants" montée de toutes pièces et habilement exploitée pendant la campagne en collant des images de diamants sur les yeux de Giscard sur ses affiches 4mx3m, et par l’incitation à voter pour Mitterrand faite en sous-main pour le second tour. Et enfin sa campagne de  1981 fut en partie ratée et ne connut pas le dynamisme de celle de 1974 : un Président accaparé par ses tâches, parti trop tard, et une direction de campagne inadaptée qu’il fallut reprendre en cours de route. Il fit cependant  la course en tête et rencontrait encore une adhésion populaire comme en témoigne le meeting d’Angers dont j’avais eu en charge l’organisation et qui accueillit 10 000 personnes sous un chapiteau place Leclerc. Son bilan économique et social satisferait bien nos dirigeants actuels : malgré les deux chocs pétroliers et la fin des « Trente glorieuses », un déficit budgétaire limité à 0,3 % du PIB à la fin du mandat, un taux d'endettement stabilisé autour de 20 % du PIB (Nous venons de passer de 100 à 120 %), un taux de chômage dans la moyenne de l'Europe alors que nous sommes maintenant au-dessus…

Macron-Giscard : rien à voir !

Enfin je récuse l’idée que Macron serait son lointain successeur.  C’est une arnaque des médias qui essaient de nous le vendre comme un Président de droite. Il est à Giscard ce que le canada dry … A la différence de Giscard, qui était de droite et qui savait rallier à lui le centre-droit, Macron est  fondamentalement social démocrate, c’est-à-dire de gauche.  Giscard était un libéral plutôt  décentralisateur qui s’accommodait de l’Etat jacobin tandis que Macron est avant tout un jacobin qui s’accommode  du libéralisme. Giscard cherchait le consensus et  le débat apaisé en respectant les partis existants, alors que Macron voudrait l’obtenir  avec le « en même temps » mais en faisant table rase des partis et en  pratiquant le « dégagisme ». Cela fait une sacrée différence.  D’ailleurs Giscard a pris grand soin de ne pas modifier les Institutions voulues par le Général De Gaulle qui étaient intactes quand il a quitté le pouvoir. 

Au-delà de sa vision d’une « société libérale avancée », Valéry Giscard d’Estaing restera comme un républicain qui aura assuré la stabilité et la sécurité de la France dans une période internationale périlleuse. Sa défaite en 1981 a marqué pour la France un tournant vers le déclin. Il aura été un  modèle de constance politique par une action fidèle tout au long de sa vie à des grands principes  dont il ne dérogea pas. En 1972, Il s’était décrit comme « libéral, centriste et européen ». Il est resté fidèle à ces trois principes tout au long de sa vie publique. Une vertu à souligner, non ? surtout par les temps qui courent ...

 


AUDIOVISUEL PUBLIC : LA MISE AU PAS EN MARCHE !

Archibald en colère

 

Delphine Ernotte a annoncé la couleur en prenant la tête de France Télévisions : elle consacrera l’essentiel de son temps  à « promouvoir la diversité ». Et effectivement  on commence à voir  le « progressisme » à  l’œuvre : Drucker enfin débarqué, Patrick Sébastien viré, et quelques autres têtes de gondole. Il ne fait pas bon être un mâle blanc par les temps qui courent. Plus insidieusement on commence à voir disparaître des émissions, le Cabaret de Patrick Sébastien, par exemple.… Ce n’est pas  pour des raisons d’audience, elles sont plutôt bonnes.  Elles coûteraient trop chères est-il avancé …  mais personne ne croit vraiment à ce genre d’argument.

Une télé diversitaire.

Delphine Ernotte  prétend donc faire entrer la télévision française publique dans les canons des intellectuels progressistes à la  mode. Une télé qui prend en compte la théorie du genre dont l’auteur a pourtant avoué qu’elle était entièrement inventée, et offre une meilleure représentativité aux « racisés ».  Il s’agit d’effacer la télévision « réactionnaire » « d’hommes blancs  de  plus de 50 ans ». Donc la règle est désormais : on ne finance pas un projet quand la diversité n’est pas représentée. Autrement dit France Télévisions devient l’organe exécutif d’une idéologie, avec nos redevances.  Mais quand on est  persuadé qu’on agit pour répondre aux exigences du sens de l’Histoire, on ne se pose même pas la question.

Ainsi, puisque 25% de la société française serait non blanche (là, les statistiques ethniques sont autorisées), le régime diversitaire doit s’imposer. Il est tellement facile de présenter, comme le faisait Françoise Nyssen, l’ex-falote ministre de la Culture « le pays des lumières, sur le sujet de la diversité, comme hautement réactionnaire ». Donc, la théorie de la représentativité va s’appliquer avec sa sociologie bancale, qui compartimente toujours plus étroitement la société en identités claniques. Il va falloir faire en distinguant  les hommes des femmes et des « non-binaires » qui refusent d’entrer dans une de ces deux catégories. Inutile d’invoquer la biologie, c’est « réac ». Il y aura les bien portants, les handicapés, et en plus il faudra trier tout le monde en groupes raciaux, séparant évidemment les « méchants blancs »  des minorités  opprimées.

Il ne fera pas bon être un mâle blanc, hétérosexuel, de surcroît un peu âgé donc susceptible d’être « colonialiste ». J’exagère à peine. Et encore, il y a tant d’autres catégories. Une production selon Ernotte doit donc refléter fidèlement ce saucissonnage nous présentant un monde sous la forme d’une série d’échantillons représentatifs… en espérant que chaque téléspectateur ou téléspectatrice (téléspecta.teur.trice, en inclusif) se trouvera représenté par un membre du groupe auquel  la bureaucratie médiatique diversitaire l’aura assigné. Et si ça n’est pas le cas, cela sera interprété comme une discrimination ! Notre culture nationale  universaliste, est condamnée à disparaître pour laisser  la place au monde « racisé »  et « multiculturaliste »,  machine à concasser l’idée même de nation.

Lavage de cerveau.

Est-ce  la mission du service public de se faire  propagandiste zélé d’une idéologie,  car  la « promotion de la diversité », vue sous ce prisme catégorisant est tout sauf un progrès. Et il ne s’agit plus d’éducation des consciences mais  de  lavage de cerveau, puisque la diversité des points de vue sur le sujet n’est même pas discutable. L’universalisme dont nous nous réclamons et qui met tous les êtres humains sur un pied d’égalité fait partie des opinions du vieux monde véhiculant des préjugés  à déconstruire pour faire place à la société inclusive. Avec à la clé des comportements comme ceux en action à France Inter qui tient la liste des intellectuels à bannir, comme Zemmour ou Onfray, meilleur moyen de liquider les « réactionnaires ». On comprend bien que les problèmes de santé de Michel Drucker sont tombés au bon moment, on apprend que « Mongeville » ne serait pas continué et que « La maison France 5 » ne sera pas renouvelée à partir de 2021. Le ménage est en cours. Ce sont pourtant des émissions qui ont leur public. Mais voilà : trop blanc, pas assez de couleur, pas  assez « genré »,  trop réactionnaire.

De l’audio-visuel aux universités.

Et le mal ne sévit pas que sur le service public audiovisuel. Il gangrène aussi nos universités et il ne fait pas bon,  par les temps qui courent, dénoncer  les islamo-fascistes, déconstructionnistes et diversitaires. Après le secondaire, où il est solidement installé, l’islamo-gauchisme s’est attaqué à l’enseignement supérieur où des courants très puissants sont à la manœuvre. On y voit la  montée des idéologies hostiles aux valeurs de la République qui menacent explicitement et directement les piliers de notre vie démocratique. Elles se manifestent, sous prétexte d’être les victimes d’une chasse aux sorcières et en hurlant au maccarthysme, par les pressions multiples et variées pour empêcher des conférences ou des interventions  d’avoir lieu, comme celles de Mohamed Sifaoui sur la prévention de la radicalisation ou de Sylviane Agacinski. Alain Finkielkraut y est interdit de séjour, ce qui est un comble pour un académicien. Je me demande ce qu’en pense sa chère collègue Danielle Sallenave. Bernard Rougier  et ses collaborateurs sont l’objet de menaces récurrentes pour avoir commis le livre « Les territoires conquis de l’islamisme ». Il s’agit d’une inversion des rôles incroyable, très pratiquée par le gauchisme. Menaces, actions militantes, pressions,  tout est bon pour transformer  l’enseignement supérieur en chasse gardée  sans que le monde académique ne se mobilise. L’objectivité du savoir est remise en cause  et on ne respecte plus la diversité des opinions.

Islamo-gauchisme et idéologie diversitaire, même combat.

Pour éclairer le débat, car c’est le même combat qu’il faut livrer dans l’audio-visuel et l’enseignement supérieur, il est utile de définir ce qu’on entend par islamo-gauchisme. Il se fonde sur trois idées. Il considère d’abord, l’islam comme « la religion des opprimés »,  ce qui permet à ces agitateurs athées d’oublier leur aversion du religieux. Il s’agit de substituer « la révolte islamiste » à celle du prolétariat européen devenu trop réactionnaire (surtout quand il vote RN). Il faut donc, deuxième principe, importer un prolétariat actif et révolutionnaire  en maintenant le plus possible les frontières ouvertes, donc surtout pas de frein à l’immigration. C’est avec ces nouveaux « damnés de la Terre » que les islamo-gauchistes espèrent détruire la  sociale-démocratie libérale et l’affreux système capitaliste. Enfin, troisième principe fondateur, «  l’islamisme » n’est qu’une simple réaction de défense (légitime) contre l’impérialisme néocolonial occidental  qui se servirait de l’idéologie « des droits de l’Homme » dans le  monde entier, à coup de canons !  Vous comprenez  maintenant l’embarras de M. Mélenchon quand il  lui faut dénoncer  le crime contre Samuel Paty. Et d’ailleurs, ce gauchisme sait utiliser toutes sortes de gradations pour imposer progressivement son idéologie, du déni à la « mauvaise conscience » (il ne faut pas stigmatiser, pas d’amalgame), en passant par le « pas-de-vaguisme » et si ce n’est pas suffisant, culpabiliser ou utiliser la peur. La somme de toutes ces petites trahisons conduit directement à une sorte de soumission à ses thèses.

Quel rapport entre l’idéologie diversitaire d’une Delphine Ernotte et l’islamo-gauchisme d’un Jean-Luc Mélenchon : une complémentarité qui conduit à mettre « hors d’état de nuire » notre culture de l’universel, fondée sur les Droits de l’Homme, l’esprit critique et le savoir.  Mais en se servant des thèses obscurantistes, venues des Etats-Unis ou véhiculées par une religion fondamentaliste, ils jouent un jeu dangereux. Ils mettent en danger notre civilisation et notre art de vivre.

 


L’ORACLE A PARLE !

Macron déconfinement 24 nov

Pourquoi se presser les méninges puisque Nicolas Beytout dans l’Opinion, résume mieux que je ne l’aurais fait le "Macron Circus" d’hier soir. Je lui cède donc la place :

« Si l’objectif était de donner un cap, une trajectoire, alors c’est mission accomplie : nous avons vu mardi soir un président de la République transformé en lecteur d’une carte routière, détaillant les temps de parcours, les carrefours, les étapes, les points d’intérêts et jusqu’aux horaires d’ouverture des magasins croisés sur sa route. Quel étrange exercice que celui d’entendre le chef de l'Etat descendre dans un tel niveau de précision, et –c’est un comble— s’en excuser. Il faut dire que la situation créée par le second confinement était devenue tellement incohérente qu’il fallait casser le doute dans l’esprit des Français. Et comme le diable avait pris ses quartiers dans les détails, il fallait bien plonger dans l’infiniment petit.

Nous voilà donc entrés dans un confinement d’un nouveau genre, une forme de saison 4 après celles du printemps, du couvre-feu de l’automne, et du reconfinement de novembre. Un confinement d’où pourront enfin plus ou moins s’échapper tous les commerçants, essentiels ou non, , les services à domicile et les lieux de culte. La pression était devenue trop forte, et le coût économique trop lourd pour continuer à ignorer les protestations de tous ceux qui, comme le dit Emmanuel Macron, « ne veulent pas être aidés, mais veulent travailler ». Quant aux restaurants, aux bars et autres lieux de fête, ils seront plus généreusement indemnisés qu’ils ne l’avaient probablement jamais imaginé. En somme, pour apaiser les tensions et tenir jusqu’au vaccin, c’est la règle du « un râleur, une solution ».

Reste que les aides annoncées tardent à arriver et que  les trésoreries sont à sec, surtout chez les tenanciers de bars et les restaurateurs.  Indemniser  à 20% du CA, c’est  beaucoup pour les caisses de l’Etat, mais une goutte d’eau dans la mer pour des établissements qui auront été  fermés près de six mois sur 12. Combien pourront rouvrir le  20 janvier, l’hécatombe risque d’être au rendez-vous.

Autre défi sur lequel l’exécutif, qui veut tout piloter d’en haut, risque de  buter : la  vaccination.  En dehors du fait qu’on sait qu’elle ne sera pas obligatoire et que les vaccins devraient être au rendez-vous,  c’est sur l’organisation pratique qu’il sera jugé. Si les pilotes sont la Sécu et les  ARS  comme pour le « tester-tracer-isoler », le pire est à craindre. Un pari stupide qu’une volonté affirmée de décentralisation aurait pu éviter. Mais comme on a un « Monsieur Vaccination » national qui a été nommé pour être en charge de l’opération, un énarque sûrement, tout va bien ! N’a-t-on pas comme Premier Ministre l’ex « Monsieur Déconfinement » ( Vous savez, ce monsieur plein de certitudes qui a inventé l’eau chaude et le fil à couper le beurre)…

Je laisse la conclusion à Nicolas Beytout : « Après avoir eu tant de difficultés avec les masques, le gel, les tests, la campagne de vaccination sera le vrai, le dernier révélateur de la capacité du gouvernement à gagner la guerre contre le virus. Et si la carte routière nous amène à destination, c’est de cela qu’on se souviendra. »

Autrement dit, à un an de l’échéance, pour Macron, ce sera une manière de jouer la Présidentielle à la « roulette russe ». Après tout si ça l’amuse !

 


UNE HEURE PAS PLUS ET UN KILOMETRE A VOL D’OISEAU…

Périmètre 1 km001

 

Monsieur Pichot s’apprêtait à sortir. Comme chaque jour depuis le « reconfinement », il était en train de remplir scrupuleusement son formulaire d’autorisation de sortie pour « déplacement bref dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, lié soit à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique collective et de toute proximité avec d’autres  personnes, soit à la promenade avec les seules personnes regroupées dans un même domicile, soit aux besoins des animaux de compagnie ». Le texte était précis et ne prêtait pas à la moindre fantaisie.  Il ne risquait pas de rejoindre un groupe de sport collectif n’étant inscrit à aucun club, ni de sortir un animal de compagnie auquel il avait renoncé depuis longtemps.  Restait la  promenade. D’habitude il se contentait de faire un tour dans son jardin, ce qui lui suffisait amplement pour prendre l’air, surtout à la mauvaise saison, mais avec le confinement, il avait une envie irrépressible de jouir du peu de liberté que l’Etat « providence et protecteur »  lui laissait encore. 

D’ailleurs, malicieusement, après avoir rempli un premier formulaire, il s’attela au remplissage d’un second  sur lequel  il inscrivit un horaire enchaînant avec le premier et cocha avec une satisfaction intérieure qu’il ne se connaissait pas la case « déplacement pour effectuer des achats de première nécessité dans des établissements dont les activités demeurent autorisées… ». Il n’était plus question depuis longtemps d’effectuer des achats de fournitures nécessaires à l’activité professionnelle,  mais il se réservait pour un jour ou l’autre une sortie pour « le retrait de commande ». Décidément, il y avait quelque part un rond-de-cuir assis derrière son bureau parisien dont la tâche était de tout prévoir et de tout codifier pour assurer le confort de ses concitoyens et les empêcher de se contaminer.  Ah, le brave fonctionnaire ! Justement monsieur Pichot venait de lire qu’un décret du jour annonçait l’autorisation d’aller acheter un sapin ! Quel  pays formidable non ? Voilà une occasion de  plus pour sortir. Pour le coup, il serait bien allé le chercher dans les Vosges !

De sorte que son agenda était bien rempli. Car  il avait cru comprendre que la longue  liste des cases  à cocher tenait lieu d’obligation : aussi il s’arrangea pour que chaque jour une tâche correspondant à  une case fût programmée. Il était désespéré par la première : « déplacement pour l’activité  professionnelle ».  Hélas, il était en retraite et il était trop vieux pour passer un concours ou un examen. Pour le reste il mit à l’agenda : une consultation médicale, une visite à  son centre de sécurité sociale ;  il prétexta qu’un ongle de doigt de pied le faisait souffrir pour pendre un rendez-vous chez un pédicure pour la première fois de sa vie ;  il se proposa pour accompagner un ami invalide en « mobilité réduite » chez son kinésithérapeute.  Il n’alla pas jusqu’à commettre un méfait afin de pouvoir cocher la case «  convocation judiciaire »…

Donc, ce jour-là, monsieur Pichot, le visage barré par le masque obligatoire –il n’était pas stupide-, sortit pour faire sa promenade quotidienne. Il devait rester dans son rayon d’un kilomètre. Où ses pas le  mèneraient-ils cette fois-ci ? Il s’était fait trois au quatre parcours, différents, mais les  possibilités étaient malgré tout réduites et même en inversant le sens, c’était vraiment répétitif. Il avait pourtant l’immense parc de Pignerolle à deux pas de chez lui mais seule l’entrée était dans la limite prévue par l’autorité, et comme Monsieur Manindar, le Ministre de la Sécurité, ne plaisantait pas et avait diligenté ses fonctionnaires au contrôle du bon respect des directives, il ne voulait pas prendre le risque de payer 135€ pour un bol d’air. Il ne pensait pas non plus la superficie de sa commune aussi vaste et il fut surpris quand il découvrit sur internet le périmètre auquel il avait droit. Deux kilomètres auraient mieux fait l’affaire, mais allez savoir pourquoi il avait été pensé qu’un seul suffisait à maintenir le citoyen en bonne santé. Le rond-de-cuir en question ne devait pas  aimer la marche à pied.

Au fond, cette procédure agaçait profondément notre personnage. Il trouvait ridicule cette attestation à remplir par soi-même, dont personne ne pouvait prouver la véracité de l’horaire de départ, pour s’autoriser à circuler vu que la  police peut vérifier si vous vous êtes autorisé à le faire car il est interdit de circuler sans s’autoriser : la circulaire le dit bien ! Courteline n’est pas loin. Aussi prenait-il un malin plaisir à « s’autoriser » en toutes circonstances, si bien qu’il aurait  pu passer toute sa journée à l’extérieur, en étant irréprochable, enchaînant les autorisations autorédigées, modifiables à tout instant vu qu’il utilisait un stylo effaceur très pratique. Evidemment, il prenait soin de lui et veillait à ne pas fréquenter les lieux trop populeux. Il faut dire qu’il ne fut jamais contrôlé non plus malgré ses multiples incartades. Et finalement c’est bien ça le plus ridicule !

 


SARKOZY : LA JUSTICE IMPARTIALE ?

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L’affaire du financement libyen de la campagne de 2007.

Nouveau rebondissement : Ziak Takieddine, actuellement réfugié au Liban pour échapper à la justice française, a démenti ses précédentes allégations selon lesquelles il avait remis cinq millions d’euros dans trois valises à Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale de 2007. La somme était censée venir du pouvoir libyen, alors détenu par Mouammar Kadhafi. Rappelons que les juges avaient été jusqu’à mettre l’ancien président sur écoute pendant des mois  en 2012 en espérant récupérer des éléments  à charge  sans pouvoir alimenter le dossier. Le  témoignage de Takieddine, sulfureux intermédiaire entre la Libye et la France, était donc une pièce maîtresse de l’accusation. Du côté de la justice, on rappelle que le dossier, minutieusement monté contre l’ancien président, contient des accusations exprimées par d’autres parties. Mais elles n’ont pas beaucoup de crédibilité puisqu’elles émanent d’anciens affidés du dictateur libyen, lui-même assassiné lors de la révolution qui déchira son pays.

Menteur ?

Aussi se pose-t-on la  question de savoir quand M. Takieddine ment. Quand il accuse Nicolas Sarkozy ou quand il le blanchit ? C’est là que nait le soupçon d’une justice partiale.  Elle  ne veut retenir que la  version qui accuse l’ancien président. Celle qui  accuse un magistrat instructeur selon lequel  il y aurait eu un marchandage obtient en retour : « circulez, il  n’y a rien à voir !». C’est une particularité bien française : un juge ne se trompe jamais et donc ne se dédit jamais, quitte à ce que la procédure aboutisse à une relaxe ou un acquittement à la fin de la procédure, comme dans l’affaire Bettencourt.

Des preuves !

Pour Nicolas Sarkozy, qui clame son innocence et tient, comme tout un chacun, à défendre son honneur,  et dont la carrière politique pourrait ne pas être terminée bien qu’il s’en défende, les propos de Takieddine arrivent comme le printemps après l’hiver. On peut comprendre que tous ses amis qui croient à son innocence exultent, d’autant plus  qu’apparaît  au grand jour le soupçon que les investigations ont été conduites à charge, avec en plus des arrière-pensées politiques. Rappelons le concours empressé de « certains médias » dont on sait le parti pris qu’ils nourrissent toujours contre l’ancien président et qui souhaitent toujours l’abattre. En effet, dans ce dossier très politique, l’hypothèse élaborée relève plus de la  fiction que de la réalité. Car les témoignages fournis par d’anciens dirigeants  libyens pouvaient logiquement être inspirés par une ardente envie de vengeance après l’intervention française qui a empêché Kadhafi de s’emparer de la Cyrénaïque en rebellion. Cette  évidence devrait être  prise en compte par les magistrats instructeurs en lieu et place des scénarios qu’ils proposent en hommes incapables de la moindre impartialité, scénarios qui ne sont soutenus par aucune preuve sinon une déclaration écrite d’un ancien Premier ministre libyen dont la crédibilité est proche de zéro, en admettant même que le document soit réel. Le point essentiel de toute cette affaire, c’est que les juges, tout pétris de soupçons qu’ils soient, ne disposent d’aucune preuve. Car ce n'est pas à Sarkozy de démontrer son innocence  !

Une réforme de la justice.

Comme le dit Robert Badinter : « il faut préférer la relaxe d’un coupable à la condamnation d’un innocent ». Les juges le savent mais, parce que ce dossier implique Nicolas Sarkozy, ils n’ont pas songé un seul instant à faire leur la conviction de l’ancien Garde des sceaux. Le problème, alors, dépasse le cas de M. Sarkozy, en tant que justiciable. Il est celui du fonctionnement de la justice en France. On peut espérer qu’Éric Dupont-Moretti, l’actuel ministre de la Justice, soit conscient, lui, du problème. Il sait à quels murs il s’est heurté quand, en tant qu’avocat, il défendait des malheureux qui, n’ayant pas l’envergure d’un ex-chef d’État, étaient livrés pieds et poings liés à des jurys plus inspirés par leur « intime conviction » que par le savoir des experts. D’ailleurs la magistrature observe son action avec mauvaise humeur. Comme nombre d’institutions nationales, la justice française a besoin d’une réforme. Des préoccupations sanitaires et économiques nous en éloignent. Elle n’en est pas moins indispensable et urgente.

Acharnement.

En tout cas, cet épisode légitime un peu plus le soupçon d’acharnement judiciaire contre l’ancien président. On est tenté de faire le parallèle avec  la célérité avec laquelle fut menée l’affaire Fillon en pleine campagne électorale. Si les juges voulaient délégitimer la  fonction politique, ils ne s’y prendraient pas mieux. Et l’on peut aussi se poser la question du bien fondé de l’existence d’un « parquet financier » disposant de moyens d’investigations qui semblent pour le moins discrétionnaires pour ne pas dire arbitraires. 

 


LE MALAISE

Malaise Castex

 

« Y a comme un défaut », aurait dit Fernand Raynaud. En ce mois de novembre, avec ce nouveau confinement, le  pays ne va pas bien : grogne, violence sourde, morosité, théorie du complot, réseaux sociaux en ébullition, chute vertigineuse de la confiance … Il faut regarder les choses en face et tirer la sonnette d'alarme. Et passer outre aux injonctions des moralisateurs  comme quoi il ne faudrait  pas critiquer l’action des « chefs » sous prétexte d’irresponsabilité ou de politique politicienne. Pour parer à cet écueil, on se contentera des faits.  Indiscutables. Tirons un premier bilan, temporaire. Et il est désastreux pour la France, aux plans sanitaire et économique. Nos partenaires européens n'ont pas confiné aussi durement que nous au printemps et pas plus maintenant. En conséquence, notre économie a souffert et va souffrir plus que celle de nos partenaires. Là où l'Allemagne va perdre un peu moins de 6 points de PIB en 2020, nous allons en perdre plus de 11. C'est presque deux fois plus. Ce nouveau confinement, dont l'impact sur le PIB est estimé à 50 milliards et qui représente 20 milliards de dépenses supplémentaires, nous entraîne vers une dépense publique à 63,4 % du PIB. 

Les  chiffres sont terribles.
La France n'a pas voulu choisir entre l'économie et la vie, elle a même oublié que l'économie c'était aussi la vie. Il faut bien admettre que le « en même temps » cher à notre gouvernement a des effets dévastateurs.

Voyons le plan sanitaire.

Avec 600 morts du Covid par million d'habitants, nous venons de dépasser la Suède, dont le modèle a pourtant été très critiqué, et nous nous rapprochons à toute vitesse de l'Italie (679), des États-Unis (724) et de la Grande-Bretagne (736). L'Allemagne est à 137, tiens donc ! La France est devenue l'épicentre de la pandémie. Si on regarde le nombre de décès du Covid sur les 14 derniers jours pour 100 000 habitants, nous affichons 8,2, l'Italie 6,4, la Grande-Bretagne 6,2, l'Allemagne 1,5 et la Suède 0,9. Les chiffres sont sans appel. Il ,est inutile de rappeler ici que nous avons le système de santé dont le budget rapporté au PIB est largement un des plus élevés au monde. Manifestement l’argent est  mal  dépensé et ne va pas là où il serait le plus efficient.

Du côté de l’économie, ça ne vaut pas mieux.

Là encore les chiffres sont sans appel. Sur 2020 nous afficherons une des plus mauvaises performances économiques mondiales. Avec une baisse du PIB de 12%, nous explosons les compteurs par rapport à toutes les grandes puissances économiques, et de très loin, à part l'Espagne et l'Italie : Chine +1,8%, États-Unis -4,3%,  Suède -4,3%, Japon -5,3%, Allemagne -6%, Grande-Bretagne -9,8%. Nous devions nous rattraper grâce à un plus fort rebond en 2021, de 6% mais il est révisé à la baisse mois après mois, forcément. Et s'il se situe finalement à 4,5/5%, nous serions au même niveau que nos partenaires qui ont beaucoup moins plongé en 2020. Pas brillant, donc.  Et encore, laissons de côté les indicateurs du chômage, de la balance commerciale, du déficit budgétaire et de la dette.  Inutile d’enfoncer le clou. Ils sont calamiteux.

Les incohérences et les volte-face.
La simple observation des faits nous oblige à faire  le constat des errances des décisions qu'on appelle maintenant pudiquement le « stop and go ». La pandémie est passée du « nous sommes en guerre » à « la guerre est finie, c'est la libération, sortez et consommez pour sauver l'économie », puis à « nous allons tous mourir, car vous ne faites pas d'effort » avec les effets dévastateurs qu’on constate. On avait cru comprendre que travailler au maximum malgré le virus devait redevenir la règle commune pour tous les Français, quel que soit le secteur. Sauf, visiblement, pour les commerces considérés comme non essentiels. Agnès Verdier-Molinié commente ironiquement : « Vos chaussettes sont trouées et vous avez besoin d'en acheter une paire rapidement ? Ce n'est pas essentiel. Vous avez envie de fumer ? C'est essentiel. De lire un bon livre ? Pas essentiel. Besoin d'un vêtement d'enfant en deux ans ? Essentiel. En trois ans ? Interdit. Kafka n'y retrouverait pas ses petits. » Malheureusement, le commerce se relèvera difficilement de ce « stop and go ». N'attendons pas quinze jours pour rouvrir les commerces, même s'il doit y avoir des règles sanitaires contraignantes. Une large partie des petits commerces va aller directement en liquidation. Alors que les commerçants demandent une vision et un cap, on leur répond par des aides, de l’assistanat et l’aumône. Mais enfin, les commerçants ne sont pas des mendiants, ce sont des entrepreneurs. Pourquoi leur refuse-t-on le droit  de travailler ? Les arguments avancés sont incohérents.

Il y a des raisons de positiver.

L'économie mondiale  ne va pas si mal. Et même l'économie française. Car nous avons la chance de faire partie de la zone euro, et d'avoir la Banque centrale européenne qui finance largement l'économie.  Cela nous permettra de passer ce cap difficile, même si dans l’absolu, on peut déjà annoncer, sans prendre trop de risque, qu’à la fin de la pandémie, le bilan sera désastreux. Surtout par comparaison avec l’Allemagne, la Suède, et même les États-Unis ou la Grande-Bretagne. D’ailleurs, il a suffi qu’un laboratoire annonce la  mise au point du vaccin salvateur pour que le ciel s’embrase d’un soleil boursier éblouissant. Certes, on a connu des hausses de marché en une journée supérieures à celle de lundi, notamment après la crise de 2008. Le CAC 40 a violemment accéléré pour terminer la séance du jour en hausse de 7,57 % à 5 336 points. Le groupe pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont indiqué que leur vaccin était efficace à plus de 90% contre le Covid. Du coup, les derniers sont devenus les premiers. En effet, les valeurs massacrées du fait du Covid ont connu des progressions de plus de 30 ou 40% et les valeurs dites « Covid », notamment dans le digital, qui avaient connu des progressions fulgurantes, ont chuté lourdement.

Rien de nouveau sous le soleil.  Vivement le  monde d’après quand même ! En espérant que le peuple et ses élus soient un peu plus écoutés. Et n'attendons plus pour faire confiance aux Français en supprimant cette attestation de déplacement, unique en Europe, qu’il est tellement facile de contourner, qui infantilise et maintient un climat de défiance à l'heure où nous devrions être soudés. Il faut faire confiance à nos élus locaux et à notre Parlement pour co-construire le chemin de la sortie de ce confinement avec de la souplesse en fonction des territoires au lieu de camper sur des positions bureaucratiques ineptes, étatiques, dictées avec un autoritarisme entêté.

N'oublions pas qu'il y a, non pas un, mais deux combats à gagner : le sanitaire et l'économique. Sinon, les « survivants » n'auront que la crise économique et le chômage en héritage.

 


CONTRE LA BARBARIE, L’HISTOIRE !

HISTOIRE

 

A hauteur de l’Histoire, les événements que nous vivons, telle la multiplication des « attaques au couteau », correspond à une entreprise de terreur pour sidérer les Français.  Et l’attaque de  Vienne, montre, s’il  en était besoin, qu’il s’agit bien d’un choc de civilisation. La France, comme  l’Autriche, comme tous les pays de l’Union européenne, incarnent un modèle de civilisation qui représente une résistance objective à la conquête islamiste. C’est donc l’Europe qui est attaquée, quel que soit son visage, qu’elle soit catholique, protestante, juive ou athée. Ce choc de civilisation qu’Erdogan cherche à amplifier en le transformant en guerre d’agression, est plus violent sur le territoire de la France par le fait que notre pays y ajoute le principe de laïcité, mortel pour les obscurantistes qui nous combattent. Car la laïcité, c’est l’autre nom de « l’universalisme », ce nom savant pour proclamer l’unité de l’espèce humaine.

Le rôle de la connaissance de l’Histoire.

Le modèle de civilisation dans lequel nous vivons ne va évidemment pas de soi.  Il suffit de regarder le monde autour de nous pour constater qu’il est assez unique sur la Terre.  Même les Etats-Unis d’Amérique présentent des traits d’obscurantisme, ne serait-ce qu’en enseignant à partir des thèses du « créationnisme », et leur société communautarisée montre au moment de l’élection du Président des limites inquiétantes par les violences qu’elle entretient.

Il  est donc essentiel d’enseigner l’Histoire à nos enfants qui arrivent dans un monde plus vieux qu’eux et dont elle seule peut leur donner les clés de compréhension. Il importe de refaire avec eux, quelle que soit leur origine, le chemin qui a mené à la République, à la proclamation des Droits de l’Homme puis au principe de séparation. Comme  l’énonçait Charles Péguy, « laïcité, République et France sont une seule et même chose ».  La laïcité, c’est l’unité dans la séparation, celle de l’église et de l’Etat, entre le religieux et la conscience basée sur la raison. Cette séparation a pour présupposé l’unité de l’Esprit humain, l’idée qu’il y a un Esprit universel à l’image de l’intelligence humaine. Et c’est la grandeur de la République d’avoir proclamé ce principe valable  pour tous les temps, tous les pays,  toutes les civilisations, toutes les religions.  C’est ainsi que notre coin de terre est devenu la patrie de l’Universel. Principe rappelé par des intellectuels de renom dans un manifeste publié dans le Journal du Dimanche le 25 octobre dernier.

C’est le principe de séparation qui permet le libre-arbitre, la liberté de croire ou de ne pas croire, la  liberté d’expression … et qui nous a permis une fois pour toute de sortir des guerres de religion (encore l’Histoire). Et c’est pour le défendre, que des Boualem Sansal, Kamel Daoud, Zhineb El Rhazaoui, Jeannette Bougrab, et tant d’autres pas particulièrement gaulois…  risquent leur vie au nom de la liberté.  En même temps, c’est aussi pour nous qu’ils se battent !

L’Histoire pour combattre les contre-vérités.

A Nice, c’est  la France chrétienne qui était visée. Même si beaucoup parmi nous rejettent désormais cet ancrage, pour les musulmans, elle est une « terre chrétienne ». Et pour ceux qui l’attaquent elle est encore le pays des croisés, des colonisateurs. On retrouve là deux mensonges historiques qui font partie de leur rhétorique. D’abord les arabes avaient totalement oublié les Croisades jusqu’au XIXème siècle. Ensuite, il n’y a pas de continuité historique entre les Croisades et la colonisation : leurs buts étaient totalement différents. Enfin  il n’y avait pas de collusion entre les colonisateurs et les missionnaires, sauf peut-être en Algérie, car la plupart du temps  ces derniers étaient plutôt considérés comme des gêneurs qu’il fallait parfois expulser. L’enseignement de l’Histoire peut rétablir la réalité des faits dans leur chronologie et leurs motivations. Il est utile aussi de faire la part d’ombre et de lumière de ces périodes qui ont permis bien des échanges entre l’Orient et l’Occident. Ce n’est pas  un hasard si nous comptons avec des chiffres arabes. Quant à affirmer que la France est encore aujourd’hui un pays impérialiste, c’est un mirage que des esprits nostalgiques ou malintentionnés essaient d’entretenir.

L’Histoire et la spécificité de l’Islam.

Il est bon de faire découvrir aussi, sous l’angle historique, ce qui fait la nature des trois grandes religions monothéistes. Elles ont la même origine, sont toutes les trois « abrahamiques », sont parties du même concept de Dieu unique qu’on ne nomme pas (Yahvé, Dieu, Allah) et ont d’abord prospéré au Moyen-Orient avec Jérusalem comme point d’ancrage. La religion hébraÏque est la plus ancienne, le christianisme est venu près de 2000  ans plus tard et l’Islam encore plus de six siècles après. L’islam méprise depuis le début le christianisme qu’il accuse d’avoir trahi le message d’Issâ (Jésus) qui aurait trafiqué l’Evangile pour en effacer l’annonce de la venue de Mahomet, et aussi d’être une religion qui associe au Dieu unique deux créatures : Jésus et Marie. De même que pour les chrétiens, le juif a longtemps été « perfide » à cause de Juda,  pour les Musulmans, l’Islam est la seule vraie religion  et il  convient de convaincre tous les autres  croyants de s’y soumettre. L’affrontement d’aujourd’hui perdure depuis les origines  entre deux systèmes de normes, deux lois divines : l’une cherchée  par la raison et la conscience, créées  par Dieu ou de manière plus moderne par la raison, l’autre dictée par Dieu dans un livre, le Coran, et dans la conduite de Mahomet, qui l’a reçu sans rien y ajouter ou en retrancher. Cependant, l’Histoire nous montre qu’à plusieurs époques et en différents lieux, elles ont pu cohabiter pacifiquement.

Le christianisme a dû s’adapter.

Les musulmans peuvent croire que la République les stigmatise et ne s’en prend qu’à eux. Ils comprendraient mieux ce qu’est la séparation de la religion avec l’Etat si l’Histoire leur enseignait qu’avant eux,  les  chrétiens ont du se résigner à la laïcité et ça ne s’est pas fait sans mal. Les  républicains n’ont pas hésité à utiliser des méthodes brutales : en 1880, Jules  Ferry expulse près de 6 000 jésuites des établissements scolaires, en 1904,  sous le  Ministère Combe, 30 000 religieux sont interdits d’enseignement. On nous objecte que l’Islam est un système politico-religieux d’une seule pièce, incompatible avec la seule  pratique d’une foi personnelle. C’est ce qu’on prétendait naguère du catholicisme.  Pourtant, à  l’issue de l’affrontement, la  laïcité a triomphé et avec elle la paix des esprits et des consciences.  Il faut donc créer les conditions pour que l’Islam devienne compatible avec la démocratie, en évitant, si possible, les violences que la République a fait subir au catholicisme.

L’Islamophobie, ce mauvais prétexte.

Bien des musulmans, installés  depuis  longtemps sont sincèrement républicains. Mais pour de multiples raisons, les islamistes ont marqué des points dans la jeunesse. Si bien qu’aujourd’hui, il existe une « zone grise » composée d’une  majorité d’hésitants et de nouveaux venus qui n’approuvent pas le terrorisme mais sont tentés par le « communautarisme ». Il nous revient de faire le nécessaire pour les convaincre d’adhérer aux règles du jeu de notre société. Encore faut-il leur en montrer l’intérêt intellectuel. Après tout, la vérité qui affirme que la Terre est plate arrive à coexister avec la réalité sphérique ! Encore faut-il faire en sorte que notre société leur ouvre les bras : le chemin serait plus facile si le décalage entre l’affirmation d’égalité et la réalité sur le terrain était réduit. C’est pourquoi  les partisans d’une « laïcité ouverte », qui ont abandonné l’universalisme  au profit des communautarismes rivaux, ne sont que les tristes organisateurs des guerres civiles qui ne manqueraient pas de se produire si on les laissait faire. L’islamo-gauchisme d’un certain nombre d’intellectuels, minoritaires mais très puissants dans les médias, a paralysé toute reconquête républicaine en l’assimilant à de l’islamophobie, qui identifie l’islam à une race et toute résistance à l’islamisme, à du racisme. La rhétorique du « pas d’amalgame » d’Edwy Plenel et de Jean-Luc Mélenchon ne convainc plus personne. Seule la vraie laïcité peut instaurer la coexistence organique de toutes les familles de pensée, de toutes les religions, même de celles qui ne croient pas en elle.

Nous sommes dans une lutte pour la liberté de l’esprit, et le rôle de l’éducation est essentiel, avec  au premier rang l’enseignement de l’Histoire et de l’Education civique. Cette lutte ne concerne pas que les Français de confession musulmane. L’Etat doit soutenir inconditionnellement tous ses professeurs.   L’école a besoin, pour briser le huis clos familial, du « colloque singulier de l’enseignant et de l’enseigné », comme l’énonce si bien Jacques Julliard. Ce n’est pas aux parents de dire ce que l’on doit enseigner à leurs enfants. Ecrivant cela, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée  pour Samuel Paty.

 


LA REPUBLIQUE EN RUINE

Marianne pleure

 

On l’invoque à tous propos, mais tous les piliers sur lesquels notre République est fondée sont attaqués ou rongés.

L’école effondrée.

L’ignoble attentat dont a été victime ce professeur de Conflans-Ste-Honorine s’attaque à la République parce qu’il vise l’un de ses prérequis les plus essentiels : la liberté de pensée, fille de l’esprit  critique, qui ne va pas sans la connaissance qui est la source de la raison. C’est  donc l’institution scolaire qui est atteinte en premier. Notre République est fondée sur « Les Lumières » et l’école en est le vecteur principal. Pour les obscurantistes, qui prospèrent sur l’ignorance, le savoir est un adversaire qu’il faut exterminer. La multiplication de ces crimes barbares ne doit pas seulement nous inquiéter. Les condamnations verbales, aussi définitives soient-elles,  ne sont plus suffisantes. C’est  une guerre civile larvée que nous mène le terrorisme islamiste, il nous faut  le combattre vigoureusement par des actes et pas seulement par les mots. Mais l’école elle-même est malade depuis de nombreuses années. L’effondrement du savoir en est le symptôme le plus visible. C’est un lieu commun que d’affirmer que le système éducatif est au bout du rouleau. La France ne cesse de reculer dans les classements internationaux, mais ce n’est que la  partie visible de l’iceberg. Des enseignants parmi les plus mal payés d’Europe, le refus d’apprendre de certains élèves, des programmes édulcorés, l’autorité contestée… et pour finir des diplômes dévalués pour ceux qui en obtiennent un. L’école de la République n’est  plus ce qu’elle était.

La laïcité contestée.

Principe établi de la République française, la laïcité  en est une spécificité. La séparation de l’Etat laïc et de la religion fait  partie de notre identité nationale. Elle est régie par la  loi de 1905 qui relègue la pratique religieuse dans la sphère privée et qui recommande  la discrétion dans l’espace public. C’est en son nom que des millions d’étrangers ont pu être assimilés et acquérir la pleine citoyenneté française. Certains en font une lecture erronée : la « laïcité ouverte » ou élargie qui voudrait laisser s’exprimer les spécificités culturelles. On en voit le résultat : cette conception conduit au multiculturalisme et au communautarisme. C’est ce qui empêche de « faire nation ». En s’attaquant à un enseignant laïc de l’école publique, l’assassin s’attaque donc aussi à ce principe fondamental.

L’Etat régalien impuissant.

Notre République est aussi dotée d’un  Etat aux pouvoirs régaliens, notamment  ceux qui garantissent la liberté et la sécurité des citoyens. Il n’y a pas de liberté sans sécurité.  Or celle-ci est battue en brèche quotidiennement. C’est  même devenu un feuilleton quotidien. Quel sera  l’atteinte du jour aux forces de l’ordre ? Car chaque jour nous apporte une agression ou un refus d’obtempérer aux conséquences dramatiques, son lot « d’incivilités » pour ne pas dire de violences : une fusillade à Marseille, une attaque de commissariat aux mortiers d’artifice par une quarantaine d’individu, une agression au couteau, sont la chronique de la France ordinaire. Et on va occuper les forces de l’ordre  à surveiller les réfractaires au couvre-feu, comme si elles n’avaient rien d’autre à faire. Pour leur remonter le moral, heureusement elles peuvent compter sur  les coups de menton et les tweets de  Darmanimbus.  En attendant elles doivent faire avec le  manque d’effectifs, du matériel à bout de souffle et des locaux souvent pitoyables.

La démocratie en crise.

Le système démocratique instauré par la Vème République est aujourd’hui bien mal en point. La maladie dont il souffre s’appelle « abstention ». A chaque échéance le nombre de citoyens qui participent au scrutin diminue jusqu’à moins d’un électeur sur deux. La légitimité d’un président élu est assurée par le quart du corps électoral, ce qui lui donne une base électorale étroite pour gouverner. Le scrutin qui mobilise le moins c’est celui de l’élection des députés au parlement européen. Les dernières élections municipales ont atteint des records, mais la crise sanitaire ne permet pas d’en tirer un jugement définitif. Les échéances de 2021, départementales et régionales, si elles ne sont pas gênées par la covid, permettront d’y voir plus clair en matière de participation. Il faudrait une réforme des modes de scrutin : comme l’affirme Xavier Bertrand, élu d’une région où la gauche a préféré se retirer du second tour pour empêcher le Front National de gagner, il n’est pas sain que dans un hémicycle il n’y ait que deux courants politiques de représentés. Il n’est pas certain pour autant qu’une meilleure représentation incite davantage de citoyens à aller voter. Le fond du problème tient dans la défiance à l’égard de la politique et du monde politique qui règne en France. Avant toute réforme qui pourrait aggraver le mal en rendant le pays ingouvernable, la question à laquelle il faut répondre est : « Comment rétablir la confiance ? ».

La Nation effacée.

La France n’est pas le pays d’un peuple, d’une race ou d’une ethnie, c’est une Nation. Elle est le creuset dans lequel se sont fondus des peuples venus de partout en Europe depuis la nuit des temps. La République en a reçu l’héritage. Elle l’a élevée, grâce aux « Lumières », jusqu’à l’universel, par le principe de raison. Elle est fondée sur l’idée de patrie et le peuple souverain décide de son destin par l’éducation, le savoir et l’esprit critique qui rendent possible le débat démocratique. C’est comme cela qu’elle a permis à tous ceux qui voulaient s’installer d’où qu’ils viennent, de devenir français, citoyens à part entière, pour peu qu’ils adhèrent  à ces principes. Mais aujourd’hui, parmi ceux qu’elle accueille, il y en a qui refusent de partager l’esprit des lumières, préférant conserver leur culture obscurantiste et leur théocratisme. Ce refus d’assimilation conduit au communautarisme, au refus de « faire nation » ce qui est incompatible avec les valeurs de notre République. Mais la nation est aussi fragilisée par la construction européenne, dont certain ont peur qu’elle dilue notre identité nationale dans un concept plus large de « nation européenne » qui suppose des souverainetés partagées.

La République, dans sa conception jacobine, est un bloc. Or, celui-ci est de plus en plus fissuré : l’égalité par le mérite laisse place à la discrimination positive, la démocratie plie sous les coups des passions irraisonnées, la patrie tend a s’effacer au profit d’une souveraineté partagée dont on discerne mal les contours, la laïcité est sapée par le multiculturalisme et le savoir, la science sont combattus par les obscurantismes de tous poils. C’est un tel contexte qui conduit au drame que nous avons vécu vendredi : un crime odieux qui nous jette à la face ce qu’est l’application d’une autre loi, celle de la « charia », au nom de laquelle il a été commis. Souhaitons que son horreur provoque en réaction le réveil de tous les citoyens de bonne volonté qui croient encore dans la France éternelle, la « seule France » aurait dit le Général De Gaulle.


DANS LES BROUILLARDS DE L’AUTOMNE

Brouillard

 

Absence de visibilité.

Comment ne pas se laisser envahir par l'ambiance actuelle d'incertitude qui ne favorise que la procrastination ou la déprime. Quel que soit le sujet qui vient à l’esprit, c’est la confusion ou l’absence de visibilité. A commencer  par cet épisode pandémique qui nous ligote d’un fil invisible et nous paralyse et  qui n’en finit pas. Il y a de quoi atteindre le  moral. Sans parler  de cette actualité qui se répète et qu’on pourrait intituler : « le coup de couteau du jour » ou quelque chose comme ça. Partout s’insinue le  poison de l’incertitude. Incertitude de l’élection américaine qui flirte avec le vaudeville trumpien, incertitude politique en France  à droite, à la Rem, à gauche, chez les Verts, incertitude  économique avec une reprise insaisissable, aussi bien en Europe que dans le monde…  Et on est désarçonné par la puérilité de certains comportements législatifs telle cette proposition d’amendement pour créer un « gibier électronique » pour remplacer le vrai dans la chasse à courre ! Si c’est pas de la masturbation ça ?

Quand tout cela va-t-il s’arrêter ? 

En fait, c'est la question qu'on entend ou qu'on se pose soi-même sans cesse depuis plusieurs semaines. Pour l’élection américaine, nous serons bientôt fixés : plus que trois semaines à attendre, en espérant que le résultat sera suffisamment net pour éviter la  période de désordre qui s’installerait s’il prêtait à contestation. Qu’on le veuille ou non, le sort du monde en dépend quelque peu (euphémisme). Pour le reste,  la question n’a qu’une importance relative.  Chaque sujet aura nécessairement une réponse. L’incapacité à anticiper nous chagrine, mais c’est parce que nous sommes impatients. Prenons l’épidémie de la Covid 19 (ah oui, on dit « la » maintenant, je ne sais pas pourquoi) qui préside au découragement : personne ne sait quand ça va s'arrêter : va-t-elle encore durer  3 mois, 6 mois, 9 mois ? Peu importe. On a quand même  une certitude : elle va s'arrêter un jour, toute seule, ou grâce à un vaccin ou à un traitement efficace. Or, si on prend un peu de recul, on s'aperçoit qu'on n'est plus à 3 ou 6 mois près ! D’ailleurs, si l’on en croit ce qu’on lit dans la dernière note du FMI ;  « les gouvernements doivent augmenter l’investissement public et les taux d’intérêt bas rendent l’endettement désirable". Vous n’avez pas la berlue : la plus grosse institution économique mondiale, apôtre traditionnel de la rigueur budgétaire et du désendettement à tout prix se range officiellement du côté de la relance keynésienne. Le Covid fait tout voler en éclat et, dans ce cas, c’est tant mieux, parce que selon le FMI, augmenter l’investissement public de 1% du PIB conduit directement à la création de 7M de jobs et plus de 20M indirectement. Evidemment, certains secteurs économiques y laisseront des plumes, mais imaginons plutôt ce qui va se passer quand ça va s’arrêter.

Se projeter dès maintenant.

Imaginons le boom de consommation et le boom d'investissements avec le retard accumulé par les ménages et les entreprises dans leurs dépenses. Un carburant phénoménal a été accumulé qui inévitablement va alimenter la reprise, avec l'épargne des ménages au plus haut et la trésorerie des entreprises, au plus haut elle aussi, sans parler des plans de relance gouvernementaux et des torrents de liquidités déversés par les banques centrales. Nous allons enfin pouvoir respirer sans masques ! Libérés de tout ce qui nous entrave ! Alors, plutôt que de se laisser envahir par la déprime qui pousse à la procrastination, il vaut  mieux dès maintenant se projeter. C’est le moment de se  poser les bonnes questions : comment allons-nous tirer profit du monde d’après et quelles réponses  allons-nous apporter, quels changements allons nous opérer pour nous y adapter. Voilà un bon sujet de  réflexion. Quelques pistes : la  dette  va-t-elle ruiner les rentiers ? La déflation causée par la déprime économique conjoncturelle et les données démographiques  associées aux évolutions techniques va-t-elle céder la place à une inflation salvatrice avec le rebond ?  La question est de savoir comment l'équilibre s'opérera entre déflation structurelle et inflation conjoncturelle, sujet fondamental  pour tous ceux qui ont des « assurances vie ». 

Même les brouillards les plus épais se dissipent dès que l’atmosphère se réchauffe un peu.

 


SYLVAIN TESSON ET LE SECRET DE L’AIGUILLE D’ETRETAT.

L'aiguille creuse Tesson 1003

 


L'aiguille creuse Tesson 1005 « … Une fois seul, Beautrelet retourna vers le fort. Il l’avait déjà presque dépassé, quand tout à coup il s’abattit à terre et resta blotti contre un pan de mur. Et il songeait en se tordant les mains :

— Suis-je fou ! Et s’ « il » me voit ? Si ses complices me voient ? Depuis une heure, je vais… je viens…

Il ne bougea plus.

Le soleil s’était couché. La nuit peu à peu se mêlait au jour, estompant la silhouette des choses.

Alors, par menus gestes insensibles, à plat ventre, se glissant, rampant, il s’avança sur une des pointes du promontoire, jusqu’au bout extrême de la falaise.

Il y parvint. Du bout de ses mains étendues, il écarta des touffes d’herbe, et sa tête émergea au-dessus de l’abîme.

En face de lui, presque au niveau de la falaise, en pleine mer, se dressait un roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d’aplomb sur sa large base de granit que l’on apercevait au ras de l’eau et s’effilait ensuite jusqu’au sommet, ainsi que la dent gigantesque d’un monstre marin. Blanc comme la falaise, d’un blanc-gris et sale, l’effroyable monolithe était strié de lignes horizontales marquées par du silex, et où l’on voyait le lent travail des siècles accumulant les unes sur les autres les couches calcaires et les couches de galets.

De place en place une fissure, une anfractuosité, et tout de suite, là, un peu de terre, de l’herbe, des feuilles.

Et tout cela puissant, solide, formidable, avec un air de chose indestructible contre quoi l’assaut furieux des vagues et des tempêtes ne pouvait prévaloir. Tout cela, définitif, immanent, grandiose malgré la grandeur du rempart de falaises qui le dominait, immense malgré l’immensité de l’espace où cela s’érigeait.

Les ongles de Beautrelet s’enfonçaient dans le sol comme les griffes d’une bête prête à bondir sur sa proie. Ses yeux pénétraient dans l’écorce rugueuse du roc, dans sa peau, lui semblait-il, dans sa chair. Il le touchait, il le palpait, il en prenait connaissance et possession. Il se l’assimilait…

L’horizon s’empourprait de tous les feux du soleil disparu, et de longs nuages embrasés, immobiles dans le ciel, formaient des paysages magnifiques, des lagunes irréelles, des plaines en flammes, des forêts d’or, des lacs de sang, toute une fantasmagorie ardente et paisible.

L’azur du ciel s’assombrit. Vénus rayonnait d’un éclat merveilleux, puis des étoiles s’allumèrent, timides encore.

Et Beautrelet, soudain, ferma les yeux et serra convulsivement contre son front ses bras repliés. Là-bas, — oh ! il pensa en mourir de joie, tellement l’émotion fut cruelle qui étreignit son cœur, — là-bas presque en haut de l’Aiguille d’Étretat, en dessous de la pointe extrême autour de laquelle voltigeaient des mouettes, un peu de fumée qui suintait d’une crevasse, ainsi que d’une cheminée invisible, un peu de fumée montait en lentes spirales dans l’air calme du crépuscule. »

                                                   Extrait de « L’aiguille  creuse » de Maurice Leblanc.

Dans le roman de Maurice Leblanc, Arsène Lupin tente d’échapper à la police et à Isidore Beautrelet, un lycéen rusé et habile en déductions.  Après une longue enquête et malgré les nombreuses embûches et obstructions menées par le gentleman cambrioleur, le lycéen découvre enfin le repaire de son adversaire. L’extrait ci-dessus nous fait revivre ce moment décisif du roman. Arsène Lupin se cacherait à l’intérieur du célèbre rocher près d’Etretat où se trouverait également le fabuleux trésor des rois de France.

L'aiguille creuse Tesson 1001L’aiguille est-elle vraiment creuse ? Le trésor y est-il  encore ? Voilà une vérification qui aurait intéressé Tintin. Eh bien le  héros d’Hergé est réincarné en la personne de Sylvain Tesson. Il aime relever les défis de la littérature. Après avoir sillonné la Mer Méditerranée dans les pas d’Ulysse, notre Tintin du XXIème siècle, a voulu vérifier le « secret de l’aiguille creuse », en escaladant le célèbre rocher. En redingote et chapeau haut-de-forme, s’il vous  plait ! pour rappeler que c’était le repaire d’Arsène Lupin.  Pour le détail, il en fait le récit dans le Figaro magazine de cette semaine avec  son complice Philibert Humm. Et, pour faire un pied  de nez à « l’esprit de sérieux qui nous gouverne et aux masques qui nous étouffent », depuis son sommet, il nous lance un appel  pour que nous retrouvions ce qui fait l’esprit français : la gaieté, la désinvolture, la joie de vivre, l’esprit d’aventure, l’amitié …

L'aiguille creuse Tesson 1004

L’APPEL DE L’AIGUILLE

POUR LE PRIMESAUT DE FRANCE !

Quelle force s’est acharnée à nous rendre si tristes, nous, Français ?

Le monde a parfois considéré la France comme la patrie de la légèreté universelle.

Un proverbe disait : « Heureux comme Dieu en France. »

Pourquoi sommes-nous devenus si méchants et à ce point moroses ?

Les temps sont durs, nous le savons. Ils l’ont toujours été.

C’est précisément dans la peine que la gaieté est cruciale.

Cet appel n’est pas une lubie d’enfant gâté, mais une supplique.

Résumons le début du siècle XXI.

Chacun, devant l’écran ou derrière son masque (c’est la même chose)

surveille son voisin.

On connaît ses droits, on se pense offensé. On signale, on assigne,

on exige réparation. On  se censure puisqu’on s’épie. Le langage est régenté.

Un bon mot s’appelle une discrimination.

Quelques-uns s’emploient à tout réinventer. La forme des villes, le visage des paysages,

la substance de  la langue, les vieux modes de vie, les livres d’histoire.

Terra Nova et novlangue, disent-ils !  Résultat : un infralangage de manageurs,

un ordre techno-moral et  plus personne pour chanter à table

après les repas  de  famille. Quel chantier, quel pensum !

Chacun se sent malheureux. On pense la France l’antichambre de l’enfer.

On connaît mal le Soudan.

Voilà pour le tableau. Il est moins vivifiant qu’un Monet maritime.

Nous sommes quelques-uns à ne pas aimer ces maussaderies.

Nous leur préférons l’électricité d’Arsène Lupin et l’esprit de l’aiguille creuse.

Le héros de Maurice Leblanc ne voulait pas changer le monde, ni trouver des

coupables. Au sommet de l’aiguille blanche, il se gaussait des idées creuses.

Il moquait les vieilles barbes, échappait à l’enfermement. Il défiait les ordres

Poussiéreux mais n’imposait rien par la  violence, ni par l’esprit de sérieux, poison

suprême. Rebelle et poli. Il chantait le « primesaut », autre nom de la gaieté,

et célébrait les rois qui savaient s’amuser.

Il y avait en lui l’anarchiste et le seigneur féodal.

Par le primesaut il faut entendre la fantaisie du style, l’amour de la liberté, l’absence

du ressentiment, le goût des belles choses. Le contraire du primesaut, c’est la  vie sans

la joie telle que la concocte l’administration psycho-sanitaire « pour votre confort et

votre sécurité ».

Le primesaut est notre trésor perdu : la désinvolture et la longue mémoire.

L’essence de la France se tient peut-être là :

dans la rencontre des gravités publiques et des gaietés privées.

Nous autres, qui aimons les aiguilles, nous ne manifestons pas, nous ne revendiquons

rien. Nous faisons attention à ne pas faire tomber les pierres. Nous vénérons

ce qui est plus ancien que nous, ce qui demeure et ce qui domine. Nous préférons la

liberté à la sûreté, les nostalgies personnelles aux promesses

globales. Nous voudrions aimer, boire et chanter sans que la puissance publique nous

indique comment vivre, sous quel masque nous cacher, de quoi nous repentir et

comment nous exprimer.

Nous aimons les aiguilles parce qu’elles sont des refuges, comme  les Patagonies,

La colonne des stylites, certains jardins, quelques musées et les tablées d’amis.

Les strates des parois d’Etretat trahissent la profondeur des temps :

accumulation de la mémoire. Les silex sont coupants : esprit d’insolence.

Le soleil frappe l’ombre : gaieté de plein vent. La mer les barate, jamais fatiguée :

énergie vagabonde. Elles se tiennent debout, postées devant le  large, le dos tourné :

distance polie. En leur sommet, on y respire bien, on y dit ce que l’on veut, et la  vue

porte loin : liberté vitale. Iode, azur, photon : devise de notre royaume.

Les  aiguilles sont belles car intouchées par l’Administration et  conservées

par le temps. On y est libre de  déclarer son amour à la France, à la gaieté,

aux amis, à l’art, aux bêtes, à l’aventure. Elles s’écroulent un peu,

mais elles tiennent bon contre la gravité !

Il faut connaître ses aiguilles, les rejoindre,

Se tenir debout sur leur fine pointe, quand l’air devient épais.

Que les vieilles aiguilles crèvent les nouvelles baudruches ! 

 

L'aiguille creuse Tesson 1002Et Philibert Humm de conclure : au prétexte qu’il fait l’usage d’un sous-marin, téléphone au monde entier et roule à plus de quatre-vingts kilomètres par heure, il s’en trouve pour prétendre que Lupin n’a jamais existé. Qu’il serait le pur produit d’une imagination fantaisiste, celle de l’écrivain Maurice Leblanc. Croyez-moi ou ne me croyez pas, cela m’est égal. Je puis dire pourtant que je l’ai vu comme je vous vois, gravissant la paroi de l’aiguille creuse, il y a quelques jours de cela. Et en chapeau de cuir bouilli ! Et guêtres, et redingote ! Je puis dire aussi que j’étais son complice…

… Ces monte-en-l’air sans butin, ces conquérants de l’inutile, l’époque nous commandait de les dédaigner. Leur canular ne rapportait rien, sans compter que tous ces efforts étaient «chronophages», comme disent les esthéticiennes de Romorantin. Lupin a peut-être enfin trouvé un ennemi à sa mesure: l’esprit de sérieux. Il paraît que la fantaisie est passée de mode, ainsi que le primesaut, le poireau vinaigrette et les faux cols en Celluloïd. Nous ne marchons pas. Ils grimpent. Et nous montons les aiguilles en épingle.

… Ainsi donc, Lupin existe, c’est un fait indiscutable. Il existe parce qu’il le faut. Parce que je l’ai vu. Parce que sans lui le monde aurait bien mauvaise mine. «Et l’on ose dire que la vie est monotone! s’exclame-t-il à la fin du roman. Mais la vie est une chose adorable, mon petit, seulement, il faut savoir… et moi je sais…»

Et moi j'ajoute : "Ah que tout cela fait du bien !"

 


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6 / DELINQUANCE, CRIMINALITE, INSOUMISSION : LES SIGNES VISIBLES DE NOTRE DECADENCE.

 

Nous vivons une drôle d’époque.

Le laid remplace le beau. Le désordre s’impose face à l’ordre. La facilité supplante la rigueur. L’obscurantisme gagne du terrain sur « les Lumières ». Le matérialisme dézingue la transcendance … Les signes de régression sont multiples et touchent à tous les domaines de notre vie en société. La  coiffure masculine se doit d’être hirsute, le jean se porte en guenille, le mâle se doit d’être mal rasé. « J’ai le droit » se  prononce plu souvent que « je dois ». Le  « genre » remplace le sexe en s’appuyant sur une théorie dont l’auteur canadien a avoué qu’il avait tout  inventé, mais elle fait des ravages sociétaux chez les « progressistes ». Certains veulent défigurer notre langue sous prétexte de dictature masculine par ignorance crasse de sa grammaire. Notre Histoire est soumise à la « question » (torture pour les incultes), et est dénaturée par les  « déconstructeurs ». L’école ne transmet plus qu’un savoir relatif, quand elle en transmet un. On dénonce les « violences policières » et les délinquants deviennent des héros. La fidélité est une valeur à mettre au rencart et respecter une règle est devenu le signe le plus sûr d’une névrose psychorigide. Mais le signe le plus avéré de notre décadence, c’est le glissement de notre société dans la violence gratuite qui explose au moindre prétexte et que certains nomment désormais « ensauvagement ».  

L’inversion des valeurs.

Le fonctionnement de nos médias nous propose trop  souvent  une vision décalée, aseptisée ou orientée de la réalité, cédant le  plus souvent à l’émotion qu’à une observation rationnelle. Les violences urbaines de Dijon, de Nice et d’ailleurs, les meurtres gratuits qui témoignent d’une totale indifférence à la vie des autres ont propulsé la notion d’ensauvagement au premier plan de l’actualité. On vient de comprendre que c’est le citoyen qui doit fermer les yeux et baisser la tête, car à vouloir rappeler la loi, il risque sa vie. C’est la France à l’envers. On touche là à une question plus essentielle que l’écologie ou l’économie, car elle est nationale et dépend uniquement de nous et de notre volonté politique. C’est ainsi que des groupes de pression idéologiques et déstabilisateurs, comme l’étonnante incursion en France, du « racialisme » prétendument antiraciste, ont facilité la scandaleuse exploitation de l’affaire Traoré. Les morts particulièrement cruelles commises par des « sauvages » font monter à la surface une réalité que peut-être on aurait préféré continuer à nous cacher : celle de quartiers et même de villes où la loi qui règne n’est pas celle de l’État mais ici, celle des bandes qui vivent des trafics, ou là celle de communautés qui pratiquent d’autres règles que les nôtres. Mais force est de constater que les gouvernements depuis huit ans l’ont jusqu’à maintenant ignorée. L’inversion des valeurs est victime d’une volonté de déni.

La violence de l’insubordination.

Pourtant, les chiffres sont éloquents : après une année 2018 marquée, au niveau national, par une hausse sensible du nombre de violences sexuelles enregistrées (+19 %), l’année 2019 continue d’afficher une augmentation très nette (+12 %). Les escroqueries sont en forte progression en 2019 (+11 %) de même que le nombre d’homicides (970 victimes). Comme en 2018, les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus enregistrent une forte hausse en 2019 (+8 %). Ces données traduisent le désintérêt d’un gouvernement plus prompt à utiliser les forces de l’ordre pour réprimer les manifestations que pour protéger concrètement les citoyens. Et même dans ce cas, on ne parle jamais d’émeute, mais on vilipende les « violences policières ». Certain(e) vante la pratique de la polygamie et insulte la police en prétendant qu’elle massacre des gens à cause de la couleur de leur peau. D’autres multiplient les refus d’obtempérer, se soustraient aux interpellations de la police avec des conséquences souvent dramatiques que la mauvaise foi et le soutien médiatique imputeront systématiquement aux forces de l’ordre. Les violences, les coups de couteau, les blessures, les handicaps à vie, les morts, pour un mauvais regard, pour une cigarette refusée, pour un rappel à l’ordre, sont monnaie courante mais demeurent dans la zone grise des faits divers où les revendications islamistes sont assimilées au déséquilibre mental et les noms des auteurs oubliés ou maquillés. Et il ne s’agit plus  « d’incivilités » comme l’évoque maladroitement Macron.  Il  s’agit d’une augmentation des délits et des crimes, de la montée de ce que l’on appelle « l’anomie », l’absence de loi et de norme qui est le signe de l’effondrement du corps social. Une sorte d’insubordination généralisée.

Les réponses technocratiques.

La perception de la gravité de ce phénomène se heurte à un obstacle majeur : on est gouverné depuis longtemps par des « techniciens » du pouvoir, plus technocrates que politiciens, pour beaucoup coulés dans le même moule et qui n’envisagent que des solutions techniques. Il ne suffit pas d’augmenter les effectifs de la police, encore faut-il qu’elle ait les moyens d’agir. Un policier, visible ou non, est souvent mis hors d’état d’agir par les risques du métier et leurs suites judiciaires ; menacé lui-même et insulté, sa présence dans certains secteurs est même présentée comme une provocation. Dans ces conditions, la réalité nous montre qu’il  ne sert pas à grand-chose. Un autre obstacle de taille c’est la défaillance de la Justice : non seulement elle manque de moyens, non seulement elle est lente et procédurière, encombrée de sujets de moindre importance que l’ordre public, mais elle applique avec une orientation politique de moins en moins cachée, des lois qui n’ont cessé de mettre des entraves au maintien de l’ordre. La voie du redressement, s’il est encore possible, n’est pas technique mais idéologique.

Un enjeu de civilisation.

Et pour une bonne part, la responsabilité de la situation incombe à l’idéologie « progressiste », c’est-à-dire décadente, qui anime la sphère du pouvoir évidemment incapable d’endiguer la montée des séparatismes puisqu’il refuse de prendre en compte l’identité, nationale ou civilisationnelle, comme des repères indépassables. Le refus d’intégration dans notre société est largement en cause.  On sait qui ensauvage la France. Ne fermons plus les yeux. Ce sont ceux qui dans les cités et les quartiers sensibles, se livrent au trafic de stupéfiants, terrorisent les résidents honnêtes, empêchent les interventions de la police ou n’hésitent pas à exercer des violences de toutes sortes contre elle.  Ce sont ceux qui pour tout et n’importe quoi, s’en prennent aux maires au point que l’un d’eux, frappé, doit se satisfaire d’un rappel à la loi pour son agresseur. Ceux qui s’en prennent à des citoyens rappelant l’obligation du masque dans une laverie ou ailleurs. Ceux qui sèment la panique dans les centres de loisirs, comme à Étampes, récemment. Ces bandes qui se comportent dans l’espace public comme en terrain conquis, sans souci d’autrui mais avec l’arrogante certitude de l’impunité… Les solutions pour combattre cette réalité, imposeront un courage politique de tous les instants, des expulsions et éloignements à un rythme soutenu, une action équitable dans sa rigueur, une police et une gendarmerie accordées avec une Justice sans faiblesse, une exécution des sanctions efficace et réactive et, surtout effectives, avec le retour des peines plancher que les juges se devront d’appliquer. Cependant, la fermeté ne suffira pas. La responsabilité de cet ensauvagement incombe à des fauteurs d’origine étrangère, maghrébine ou africaine, parés nominalement de la nationalité française grâce à un droit du sol qui n’a plus aucun sens puisqu’on l’offre mécaniquement à des générations qui dévoient cet honneur. Il convient donc de remettre en discussion le « droit du sol » : envisager aujourd’hui, dans une France éclatée, son effacement n’est ni inhumain ni contraire à une tradition dont les effets sont devenus dévastateurs. De même, on doit pouvoir prononcer la déchéance de nationalité pour les binationaux. Cette remise en cause doit intervenir en parallèle d’une politique migratoire  intransigeante. Ces exigences vont bien au-delà des gesticulations actuelles faites pour donner le  change.

Enrayer la décadence, c’est possible.  Constantin a bien réussi à sortir l’Empire Romain de son abaissement et lui redonner éclat et grandeur, et la tâche était autrement plus immense. Cela implique de changer non seulement ceux qui sont aux commandes, mais aussi les objectifs qu’ils se fixent. Comme le dit souvent François-Xavier Bellamy, l’enjeu est civilisationnel, et ne concerne pas que nous, mais toute l’Europe.

 


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5 / BIOETHIQUE : LA RAGE TRANGRESSIVE

En fausse urgence et au forceps, la loi de bioéthique a été adoptée en seconde lecture à l'Assemblée nationale le samedi 1er août à 03h45 du matin, par 1/10e de la représentation nationale, sans vote solennel et en l'absence remarquée toute la semaine des principaux ministres concernés. Tout a été fait pour détourner l’attention des Français et faire en sorte qu’elle passe inaperçu. Alors que la crise sanitaire a révélé les faiblesses de notre système de santé et que la priorité devrait être à la relance, l’examen en plein été du projet de loi bioéthique ne peut qu’être un choix idéologique. Pourtant, ce texte mériterait un débat plus approfondi, tant il ouvre des possibilités vertigineuses, préparant l’arrivée de certaines formes d’eugénisme et même de gestation pour autrui. Il va revenir devant le Sénat courant octobre, probablement avant adoption définitive ensuite en 3ème lecture si la commission paritaire ne parvient pas à un accord, ce qui est le plus probable. Pour l’heure, le débat n’est donc pas terminé.

Un désastre bioéthique.

Les mesures phares du projet de loi ont été retenues : PMA excluant le père et remboursée par la sécurité sociale, filiation fictive, transgressions transhumanistes, manipulation des embryons, autorisation des embryons chimériques animal-homme. Pire encore des mesures sans rapport mais tout aussi transgressives ont été adoptées, comme l'assouplissement de l'accès à l'interruption médicale de grossesse. Les contributeurs Français sont donc sommés de prendre en charge l’abolition officielle de la paternité comme pilier de la famille et de l’enfance.

Après une bataille homérique d’amendements par une poignée de députés « résistants », tentant de façon presque désespérée de faire passer 2 500 amendements en commission spéciale face à un petit groupe majoritaire, habité d’une rage transgressive, quelques rares limites ont été posées, au moins jusqu'à la prochaine révision, dans 5 ans : interdiction de la ROPA, de la PMA post-mortem, de la commercialisation des gamètes, de la PMA pour les hommes transgenres, du DPI-A ou encore limitation à deux personnes pour accéder à la PMA. Malgré la conviction, le courage et la hauteur de vue des députés opposants, le droit de la filiation est sorti ruiné de ces travaux, le respect de l'embryon, laminé et les repères anthropologiques les plus solides déstructurés, au cours de débats bâclés, difficiles, parfois houleux, où les arguments d'autorité ou affectifs ou encore la victimisation ont été régulièrement utilisés par les promoteurs.

GPA et humanité génétiquement modifiée.

La perspective de légalisation de la gestation pour autrui (GPA) se rapproche. Le nouveau texte prévoit une transcription quasi automatique du statut de l’enfant né de GPA à l’état civil, tandis qu’aujourd’hui, la procédure reste relativement dissuasive. Quant aux chimères et aux embryons transgéniques, le texte de loi autorise désormais leur fabrication et « utilisation ». Ces expérimentations rejetées par le Sénat en première lecture ont été réintroduites dans le texte début juillet. Dans l’article 17, la modification génétique des embryons humains devient possible, ouvrant la voie à d’éventuels essais visant à faire naître des enfants génétiquement modifiés. Il est aussi envisagé d’expérimenter la création d’embryons animaux dans lesquels seraient intégrées des cellules humaines, qu’elles soient embryonnaires ou adultes reprogrammées. Noir sur blanc, la frontière homme-animal est abolie. C’est une rupture anthropologique majeure !

Sylviane Agacinski se révolte : « Je suis très inquiète. Par ce texte, la France assure qu’elle n’est plus hostile à la GPA, qu’elle cautionne et encourage la marchandisation des corps et le système des mères porteuses. » Et la philosophe marquée à gauche rajoute : «  Le lien mère-enfant n’est pas un rapport de propriété. Le lien filial ne peut être vendu. Si la loi m’autorise à louer la vie de quelqu’un et à lui acheter son enfant, alors elle traite les personnes comme des biens, autrement dit des choses ».

Un débat de société.

Le débat de société ?  Quel débat de société ?  L’avez-vous vu passer ?  Pas moi. Un vote lâche, honteux, en catimini.  « Conservateur » l’opposant à cette réforme ?  Non : résistant, résistant à une dérive totalitaire de la même nature que toute forme d’expérimentation touchant à la nature humaine. Deux visions irréconciliables de la personne humaine, de la famille, de la société et de la politique se sont affrontées entre les opposants et les promoteurs, les premiers soutenant des convictions au service de l'intérêt supérieur de l'enfant, les seconds soutenant des intérêts particuliers sur fond de vision libérale libertaire de la famille et de la personne humaine. « Tout le monde a peur de s’opposer », confie le député Patrick Hetzel. Peur d’être traité d’homophobe, peur de passer pour ringard ou antiprogressiste. 

Les mots de traîtres et d’opportunistes ne sont pas excessifs pour qualifier ceux qui ont retourné leur veste pour un maroquin (comme Edouard Philippe) sur ce sujet essentiel. 

La bioéthique ne pourra désormais plus être dénommée que « bioéconomie » ou « biopolitique ».

 


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I  /  LA CRISE DE LA DEMOCRATIE FRANCAISE …

On est en droit de s’étonner que si peu d’intérêt ait été accordé par les médias et les politiques au fait majeur des élections municipales : le record  des abstentions à une consultation qui traditionnellement recueillait l’intérêt de nos concitoyens. 58,4%,  c’est 20 points de plus qu’en 2014 qui était déjà considéré comme un record en abstentions. Mettre  ce résultat sur le dos de la crise sanitaire, même si le phénomène a pu jouer, c’est vouloir se rassurer à bon compte. Il faut surtout y voir une grave dégradation de notre lien civique, malheureusement, que les conditions matérielles du scrutin ne suffisent pas à expliquer. De fait, de nombreux facteurs y concourent. Quatre crises !

Le dépérissement du civisme fiscal.

Aujourd’hui, dans notre pays, 57% des ménages ne paient plus d’impôts sur le revenu ni de taxe d’habitation. La suppression de cette  dernière qui était dédiée  au financement des services publics communaux tels que écoles, équipements sportifs, culture, s’inscrit dans une longue série de décisions antérieures et qui remontent au quinquennat précédent, au nom du sacro-saint principe d’égalité très discutable.  On comprend bien que le lien civique sans la relation fiscale qui incite  le citoyen à s’intéresser à l’usage de l’argent public et à demander des comptes aux élus, n’a plus guère de contenu. Il reste bien la CSG et la TVA que tout le monde paie, mais ce sont des contributions qu’on identifie moins clairement. Plus d’un foyer sur deux n’a pas vraiment d’intérêt à aller voter. Et il est facile de mettre en corrélation le taux d’abstention avec le taux d’exemption fiscale… même si ça n’est pas si simple.

Le dépérissement de la démocratie représentative.

Convenons que le discours dominant porte une critique disproportionnée des procédures électorales.  Or, il n’y a pas de système supérieur à la démocratie représentative au suffrage universel par désignation dans le secret d’un isoloir, qui constitue le seul  moyen d’associer tout le monde à la décision, qu’on soit pour ou contre. Toutes les autres procédures qu’on nous présente comme supérieures : tirage au sort, démocratie participative, délibérative, ric ou rip, ont en commun de pousser dehors le plus grand nombre  en réintroduisant le clivage  entre  les  « entreprenants », experts autoproclamés, qui participeront, et la masse des simples électeurs qui ne se sentiront pas ou peu concernés. L’étude de ces  pratiques  montre que les citoyens se déplacent peu et ceux qui le font correspondent à des profils sociologiques particuliers. Les taux de participation en font foi. D’ailleurs, les  villes qui pratiquent la démocratie participative n’ont pas eu des taux de  participation plus mirifiques que les autres aux municipales. Le sujet c’est bien celui de la représentation :  y a-t-il aux manettes des gens qui nous ressemblent ?  Ce n’est pas un hasard si le taux d’abstention a été  particulièrement élevé chez les ouvriers (70%) et les  employés (65%), aux élections municipales. Et de fait,  la transmission des valeurs démocratiques aux nouvelles générations est menacée.

Le miroir déformé de la représentation médiatique.

C’est probablement l’une des causes majeures du dépérissement du lien civique : la représentation médiatique en parfait décalage avec le réel. Les sujets débattus dans les médias ignorent ou minorent des réalités qui déplaisent ou qui ne sont pas appréciées  à leur juste intérêt.  Par contre le monde médiatique, peut-être  parce qu’il est trop parisien (euphémisme), se montre trop souvent déterminé à  promouvoir des irréalités dans lesquelles il nous demande de nous reconnaître.  Par exemple, à l’occasion des élections municipales,  la « vague verte » était annoncée dès janvier  2020 et  le soir du second  tour, c’est encore la « vague verte » qui fait la une de tous  les médias.  Or, il n’y a pas eu de « vague verte » !  C’est l’abstention historique qui aurait dû faire la une !  Et pourquoi les Français seraient-ils aller voter,  puisque lorsqu’ils ne le font pas, leur absence est à peine remarquée. A cela s’ajoute, un succès éclatant de  l’opposition, droite en tête, en dépit de la participation électorale. Sujet oublié, lui aussi. C’est donc  un supplice pour le public qui n’a plus d’autre solution que de se tourner vers les réseaux sociaux pour chercher une représentation du monde qui ait du sens. Et que penser des polémiques violentes qui ont saturé l’espace public à propos du « racisme français », des « violences policières », du « déboulonnage des statues », instituant la « racialisation » du confit social alors  que notre pays combine une puissante culture républicaine à un Etat providence parmi les plus généreux.  On croit marcher sur la tête. La réalité tangible  dans laquelle chacun  peut se reconnaître est escamotée au profit d’un monde irréel qui n’est pas le nôtre, jusque dans les séries où l'on nous impose des représentations sociales marginales comme étant la règle alors qu'elles sont largement minoritaires. Au point que les Français ne reconnaissent plus leur propre pays dans le miroir médiatique qu’on leur tend !

L’évanescence du monde politique et les ravages du « en même temps ».

Si à ce phénomène médiatique on ajoute le sentiment le plus partagé selon lequel les « politiques sont impuissants » ou sont « tous pourris », on ne s’étonnera pas de l’érosion de la  participation électorale. Les conditions sont réunies pour que cette défiance en la politique s’aggrave toujours davantage. Pendant les trois mois de la crise intense du covid 19, les plus hautes autorités ont martelé, avec des  procédés qui relèvent de la propagande, que le « masque » était strictement inutile. Aujourd’hui, ces mêmes autorités le rendent absolument obligatoire…  Ce  « tête-à-queue » politique, nos responsables ont  préféré le mettre sur le dos  des experts scientifiques. Ils n’ont pas eu le courage d’assumer leurs  responsabilités, voire de s’excuser.  En apparence, la nation semble encaisser passivement, mais les Français n’ont pas été dupes. On retiendra des récents événements et du résultat des municipales que le bon vieux clivage gauche-droite demeure le plus pertinent quand il faut apprécier une politique. Le  « en même temps » et l’exhortation à transformer et à se réinventer n’a  pas résisté à la réalité. Mais ce  qui compte par-dessus tout,  c’est l’authenticité des convictions et pas la couleur de la « carte ». De ce point de vue, la montée des extrêmes s’explique surtout parce que les citoyens désabusés n’ont plus foi  dans ceux dont les « ambitions » sont tentées par la comédie du pouvoir au détriment de leurs convictions qui paraissent alors secondaires. Les retournements de veste, les trahisons (appelons un chat, un chat), ceux qui sèment le trouble dans leur propre camp, paraissent banalisés, compris, acceptés, et même valorisés au plus haut sommet de l’Etat. Renier son camp et son parti politique pour un prestigieux maroquin, quoi de plus normal, de plus ordinaire ? Ainsi, M. Castex peut-il avoir été un loyal collaborateur de Nicolas Sarkozy  et avoir été élu avec l’étiquette « Les Républicains », être nommé  par un Président dont ce n’est un secret pour personne qu’il est de gauche,  pour faire une politique démocrate-socialiste sous le contrôle de son directeur de cabinet Nicolas Revel, proche collaborateur de Macron, et finalement adhérer à LRem,. On comprend alors que c’est surtout un haut fonctionnaire qui poursuit son parcours,  en bon technocrate tout terrain. La  gauche et la droite ce n'est pas pareil  :   pourquoi les Régions gérées par la droite font-elles  des économies et réduisent leur dette et pas les collectivités gérées par la gauche ? A force  de faire croire que c'est la même chose, comment les électeurs peuvent-ils s’y retrouver. L’indifférence, quand ce n’est pas le dépit, d’un peuple blasé par les volte-face, les incohérences, les contradictions, les  fausses représentations, semble dominer, mais on en mesure le prix au moment d’aller  voter. On constate alors ce qu’en pense la nation dans ses profondeurs, que les sondages n’effleurent même pas.

Faut-il, comme interroge Maxime Tandonnet se demander si « l’apathie du pays dans ses profondeurs, est le fruit de l’indifférence, du déclin intellectuel, d’un authentique abrutissement de masse ; ou bien n’est-elle au contraire que le reflet de la surface des choses, entre reportages et commentaires lèche-bottes et sondages truqués, couvrant un mouvement de révolte, un grondement sourd dans les profondeurs de la France qui ne demande qu’à s’exprimer en la première occasion ? »

L’urgence est donc de résoudre cette quadruple crise démocratique. 

Et ce n’est pas en nous vendant un scénario écrit à l’avance d’affrontement Macron/Le Pen que notre démocratie  survivra. Quatre impératifs s’imposent : ranimer le lien civique, restaurer la souveraineté de l’élection, faire en sorte que l’espace  public soit représentatif de nos réalités politiques et sociales, présenter un personnel politique fiable avec de vraies convictions.

 

 


LA FOLLE DANSE DES TECHNOCRATES

Danse des technocrates 2

 

Un Président désarçonné plus préoccupé de courir après sa popularité.

Faut-il qu’il soit perdu à un point qu’on n’imagine même plus : l’agenda d’Emmanuel Macron témoigne par ses consultations tous azimuts  de l’ampleur du désarroi. Voyez l’agenda des derniers jours : Citoyens tirés au sort qui remettent dimanche leurs propositions sur le climat, ministres planchant mardi sur le plan de relance, partenaires sociaux réunis en sommet mercredi sur la gestion de la crise, prédécesseurs consultés sur l’« après », Nicolas Sarkozy mardi, François Hollande vendredi, Valéry Giscard d’Estaing au téléphone… Emmanuel Macron demande à Richard Ferrand comme aux présidents des autres Assemblées, des idées pour la suite du quinquennat. Ce dernier réunit ce mercredi élus, partenaires sociaux, citoyens pour réfléchir à des propositions qui alimenteront son document final. Etonnante plongée dans un abîme sans fond qui dit beaucoup du moment. Le « Nouveau Monde » a furieusement besoin de « l’Ancien ». Au dernier Conseil des Ministres, le Président a engueulé copieusement les ministres au point que certains le disent proche du « burn-out ». Que va-t-il nous sortir le 29  juin ? On peut craindre le  pire. Il  est prêt à tout bousculer  pour se retrouver un chemin de « victoire » en 2022. Même de modifier le calendrier électoral selon son accommodement.  Décidément, cet homme-là a un problème avec la  démocratie et ne comprend rien aux Français.

Pendant ce temps-là, le pays s’enfonce dans une récession sans précédent.

Le dispositif pour faire face à la crise sanitaire a offert aux Français  « les mesures les plus généreuses  d’Europe », au prix d’un endettement inconsidéré, au prix  d’un recul du PIB de 12,5% : le chiffre vient de tomber du FMI. Nos technocrates ont  la main lourde quand il s’agit de dépenser dès lors que le guichet de l’argent facile est  ouvert. Cela n’a pas empêché l’économie française de détruire 500 000 emplois au 1er trimestre et ce n’est qu’un début. Nous avons la récession et les déficits les pires d’Europe. Pour quantifier les choses, le repli du PIB s’élèvera à près de 280 milliards d’euros tandis que le déficit total Etat-Sécu-Collectivités territoriales avoisinera les 250 milliards. La dette publique franchira les 120% du PIB à 2650 milliards…C’est bien connu,   la crise entraîne plus de dépenses publiques et moins de rentrées fiscales.

Mais nos politiques, retranchés derrière leur collège de médecins bureaucrates et les technocrates de Bercy, ont pris des décisions trop  fortes et ont eu la main trop lourde. Comme le  pays a abordé la crise  en situation de fragilité, contrairement aux  dires officiels, car la récession était déjà engagée dès le début de l’année, l’impact du Covid19 a été beaucoup plus lourd qu’ailleurs. L’hexagone fait partie depuis plusieurs années des mauvais élèves de la zone euro. Trois explications plus une : un confinement  plus sévère qu’ailleurs qui a conduit un salarié sur deux du privé au chômage  partiel (22% en Allemagne), absence de directives claires qui ont découragé de nombreux actifs de reprendre leur travail durant le confinement avec une chute d’activité autour de 30%, de nombreux handicaps sur l’offre dans les activités qui impliquent de la promiscuité et des contacts. Enfin, la tendance à l’épargne de  précaution des Français (plus de 100 milliards) face  à l’incertitude économique pénalise une économie traditionnellement tournée vers la consommation. Et cette fois-ci les dépenses  publiques qui enflent démesurément (64% du PIB) plombent les comptes de l’Etat sans redynamiser l’économie. Déficits et récession se donnent la main  pour la descente aux enfers, accompagnée par la danse macabre de notre haute technocratie !

Quelle considération nos partenaires européens plus vertueux  peuvent-ils nous accorder ? Notre manque de retenue est une insulte aux traités que notre pays a signés. Nous nous comportons comme des escrocs vis-à-vis de ceux dont la rigueur financière permet de garantir sa valeur à la monnaie que nous utilisons.

Pendant ce temps-là le pays part  à vau l’eau et n’est pas gouverné.

Il y a un abandon de la sécurité dans notre pays aujourd'hui. Ni le président de la République, ni le Premier ministre n'ont pris ce sujet au sérieux. Quant au ministre de l'Intérieur, il est complètement dépassé par la situation. Nous sommes devant une crise d’autorité de notre État. Une République sans police, sans gendarmerie, sans justice respectées n’est plus un État de droit. Les violences dont nous sommes presque quotidiennement les témoins sont le produit des démissions et des lâchetés  successives. Elles vont avec  les désordres qui agitent les esprits. Si bien que nous sommes dans un  monde qui marche sur la tête où nous voyons l’inversion des valeurs quand les  « antiracistes » racialisent  tout jusqu’aux statues,  où nous voyons l’inversion des responsabilités quand on rend nos forces de sécurité responsables des violences. On a officiellement abandonné le principe d’universalité de nos valeurs ! Avant de repeindre le pays en vert, en rose ou en noir, lavons-le  d’abord de sa crasse bureaucratique. A quoi bon édicter des interdictions si des groupes peuvent impunément les enfreindre. Car si le pays sombre dans la violence et la désespérance, c’est bien parce que la bureaucratie galopante a fait de lui celui qui consacre le plus d’argent  à ses dépenses publiques au prix de salaires bas et d’entreprises à la compétitivité limitée. Un exemple : nous dépensons 4,1% du PIB en dépenses hospitalières (les plus fortes d’Europe) avec les soignants les plus mal payés d’Europe, tout ça parce que nous subissons l’hypertrophie des personnels  administratifs (34% des emplois). On s’étonne après que la méfiance collective suinte partout et alimente un climat social exécrable ! Voilà ce qui arrive quand on abandonne le pouvoir aux technocrates sans âmes : des politiques sans marges de manœuvre, un Etat irresponsable, une opposition systématiquement écartée, des collectivités marginalisées, des citoyens sans repères…

Qu’arrivera-t-il si l’environnement change et les créanciers se réveillent ?

 


VIOLENCES : QUI COMMENCE ?

Casseurs 2

 

Je suis frappé par le fait que ceux qui parlent toujours des violences policières n’abordent jamais le sujet de la violence des  manifestants et particulièrement de certains groupes dont c’est le  « métier ». Les images ne manquent pourtant pas. A  croire que ceux qui ont pour  mission de  maintenir l’ordre et  de faire  respecter la loi républicaine ne sont pas légitimes  quand ils recourent à la violence  pour répondre à une violence qui elle le serait. C’est insupportable. Il n’y a pas de volonté de violence contre les minorités en France. Par contre il y a des  minorités qui ne font rien pour respecter la loi. On l’a vu pendant le confinement.  Et  voilà que des  manifestations massives ont eu lieu dans le  pays malgré les interdictions officielles : le nombre ne les rend pas pour autant légitimes !

Déni de justice ?

On sait ce qui les a déclenchées.  En écho  avec l’affaire de Minnéapolis aux Etats-Unis, la  famille d’Adama Traoré, ce jeune homme mort il  y a quatre ans lors d’une interpellation, s’est activée pour  profiter  de l’émotion en criant au déni de justice et à la volonté d’escamoter les  faits.  L’affaire est en cours et le malheur veut que dans notre pays la justice soit lente, trop lente. Face à des  gens  dont on peut comprendre l’exaspération  mais qui n’acceptent que les décisions qui vont dans leur sens, mener une enquête sereine relève de la tâche impossible. Tous les  partisans d’un racisation du débat,  blancs ou noirs, ont beau jeu de crier à l’impunité. Faudrait-il que la  justice condamne forcément les gendarmes au prétexte que les émeutes  sinon se propageraient. On n’a  guère entendu tous ces braillards prompts à crier au racisme des blancs quand il a s’agi de juger  les assassins d’Issam Halimi. On ne meurt  pas  dans notre pays parce que l’on est différent. Il arrive qu’on meure parce qu’on est un délinquant qui n’a pas de limites. Il est dommage qu’à cette occasion,  le gouvernement, à commencer par le Ministre de l’Intérieur, se soit aplati  puis ridiculisé devant les rodomontades de la famille Traoré.

Racisme  larvé.

Et  maintenant on voudrait nous faire croire que les Français sont racistes. Rien n’est plus faux. Nul ne peut sérieusement affirmer que nous vivons dans un pays raciste. Evidemment, il y a parmi les Français blancs des gens qui le sont. Mais  ils ne sont pas plus nombreux que ceux de couleur qui le sont tout autant parce qu’ils se sentent brimés. Racisme  et antisémitisme prospèrent sur le fumier de la misère culturelle et le terreau de l’obscurantisme. Ils se manifestent par des pulsions personnelles de haine plus que par la forme des institutions qui pourtant ne les facilitent en rien. Quoi qu’on fasse dans l’affaire Traoré, nous allons droit au choc communautaire, tant il est vrai que beaucoup de difficultés proviennent du défaut de volonté de s’intégrer qui ne date pas d’hier : refus d’utiliser l’école républicaine pour s’élever, pratique illégale de la polygamie, recours aux expédients délictuels… Reprendre l’enquête pour donner un gage d’apaisement serait créer un précédent dangereux dans le fonctionnement de notre justice.  Quant à la  police, s’il  est peut-être opportun de mettre à l’écart les brebis galeuses et de les sanctionner, elle constitue un corps républicain à l’image de la société française qu’il convient de soutenir et non de stigmatiser. Car, avec une police contrôlée à l’extrême, les bavures visant des individus d'origine immigrée sont statistiquement très faibles et  les prétendues « victimes innocentes d’une police raciste » sont la plupart du temps des repris de justice, pour ne pas dire des criminels. Drôles de « héros » ! Cette inversion des valeurs en dit long sur la manipulation orchestrée par les organisateurs des rassemblements et certains médias dont France Inter. 

Le rôle de la peur.

S’il est un spectacle dramatique, ce n’est pas celui de la « peur du gendarme », mise en scène et théâtralisée récemment par Camélia Jordana, mais bien au contraire, celui d’une population qui se plaît à humilier la police, qu’elle harcèle en permanence. On l’a vu pendant le confinement : le pouvoir a préféré fermer les yeux sur le non-respect des règles édictées dans beaucoup de banlieues. Rodéos, déprédations et guet-apens sont des « activités » quotidiennes dans les quartiers. Finalement, c'est bien dans le camp des forces de l'ordre que croît la peur. Les forces de sécurité sont par ailleurs « usées » par les longs mois où elles ont dû intervenir. Voilà pourquoi Christophe Castaner « tempère » en autorisant implicitement une manifestation interdite.  Mais il a tort ensuite de prendre à partie sa propre police. Le « premier flic de France » ne se rend pas compte qu'il joue un jeu dangereux,  car plus il donne des gages à ces séditieux potentiels, plus ils s'enhardissent. 

Ras-le-bol de la repentance.

Les intellectuels, très prompts à traduire leur haine du catholicisme mais singulièrement tolérants avec l’Islam, telle Danielle Sallenave,  tous ceux que Jacques Le Goff a définis comme les « islamo-gauchistes » se retrouvent à la manoeuvre pour mettre de l’huile sur le feu à cette occasion  et continuer leur travail de sape pour réécrire l’histoire. Nous en avons assez de ces mises en scène des « indigénistes ». Non, nous n’avons pas à nous excuser de la période coloniale. Non, nous n’avons pas à nous repentir. Ceux qui viennent en France avec ces idées-là dans la tête doivent savoir que nous ne sommes pas prêts à gommer le passé.  Nous l’assumons avec ses parts d’ombre et de lumière et nous ne sommes plus colonialistes pour autant. La police continuera de faire son travail. Il n’y a pas de fracture entre la police et la population lorsque 70 % de la population déclare l’aimer et avoir confiance en elle. Elle est aussi un rempart pour la République.  Il ne faudrait pas l’oublier !

 


REMETTRE L’ETAT A SA PLACE

Des-liasses-de-billets

 

Avec la crise l’Etat s’est arrogé tous les pouvoirs, sur la vie des gens, sur celle des entreprises, sur notre santé … mais  il est absent des quartiers où règne la loi des sauvageons.  Face à la crise sanitaire, l’exécutif s’est voulu réactif pour endiguer la pandémie, avec  beaucoup d’incohérences, et pour soutenir l’économie. Mais dans les deux cas, trop vite et trop fort.

Pouvoir sur les gens.

C’est ainsi que l’Etat a décidé pendant deux mois si on a le droit de sortir, si on a le droit de faire 100 kms, si on a le droit de se promener dans un parc. Il a encore décidé pour nous du droit de voir ses parents ou ses grands-parents, de travailler au bureau ou de rester chez soi. C’est lui qui nous dit si on peut partir en vacances en France ou à l'étranger, aller au restaurant, prendre de la chloroquine avant de l’interdire. Il nous a expliqué que cela ne servait à rien de mettre des masques puis qu’il fallait en mettre. Avec  un inventaire  à  la Prévert quand il a fallu trier les commerces qui pouvaient ouvrir pendant le confinement. Bienvenue dans  le monde de Courteline. Est-ce en infantilisant les Français qu'on les rendra responsables ?

Pouvoir sur l’économie.

Il s’est arrogé un droit de vie ou de mort sur les entreprises privées et donc sur nos emplois. Avec la  pluie d’argent emprunté à la BCE, c'est lui qui paie les salaires, c'est lui qui décide quelle entreprise a le droit de survivre ou doit mourir, à travers le PGE, c'est lui qui décide de prendre le contrôle de tel ou tel secteur, comme avec la main-mise de fait sur Renault. Pour demain, c'est lui qui décide si vous devrez rouler en électrique ou en hybride, et quelle usine doit ouvrir et quelle usine doit fermer. J’exagère à peine. Il a pris complètement le pouvoir économique. Il  en a les moyens puisque la Banque centrale européenne lui a fait un chèque en blanc. Du coup il dépense sans compter et il se rend incontournable.  Voilà donc l’Etat, déjà incapable de gérer le budget de la France, lui qui  n'a jamais réussi à équilibrer les dépenses avec les recettes, aux manettes de l'économie ! Oubliez le capitalisme en France. Nous sommes dans le pire pays pour le dirigisme technocratique. Chaque jour il annonce des « dons » de plusieurs dizaines de milliards d'€, et cela ne coûte rien puisque c'est « l'État qui paie ». L’épargnant remboursera.

On  peut faire autrement.

Prenons l’exemple du secteur automobile : l'automobile française mérite d'être sauvée. La France peut s'enorgueillir d'avoir avec PSA et Renault deux constructeurs de premier plan ainsi qu'une multitude de grands équipementiers tels que Faurecia, Michelin, Valeo… Elle est une grande puissance de l'automobile et si le gouvernement ne vient pas en aide à ce secteur gravement fragilisé par la crise, c'est évidemment toute l'économie française qui en payera durablement le prix. Bien sûr, à l'heure ou des centaines de milliers de véhicules encombrent les parkings des concessions et représentent l'équivalent de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires immobilisé, une prime à la casse qui contribuera en même temps à accélérer la mutation vers un parc automobile plus électrique, peut paraître la bienvenue. Mais l'effet d'aubaine qu'elle suscite fait que les voitures vendues avec des rabais aujourd'hui sont beaucoup de voitures qui ne seront pas vendues demain à leur véritable valeur. Et comme il est impossible de concevoir une prime qui ne soutienne que les véhicules assemblés en France, les primes à l'achat sont aussi des machines à creuser notre déficit commercial et à soutenir les usines mais des autres… C’est  l’inconvénient majeur du dirigisme technocratique.

Une bien meilleure solution aurait été d’aider structurellement nos industries, surtout si on veut « relocaliser ». Plutôt que de demander au contribuable de financer l'achat de voitures en accordant plus de primes, c'est de moins d'impôts que nos constructeurs ont surtout besoin : plus qu'une aide purement conjoncturelle, c'est une baisse immédiate et massive et durable des impôts de production qui s'imposait.  D’autant  plus que les Français ont beaucoup épargné et ont donc la possibilité de reconsommer. Le surplus d'épargne devrait dépasser les 60 milliards d'euros à la fin du mois, et peut-être les 100 milliards d'euros en fin d'année ! Curieusement, personne n'a encore songé à mobiliser cette poche d'argent liquide, qui dort pour l'essentiel sur des livrets A et des comptes courants, pour financer la reprise. On pourrait aussi flécher les bas de laine des Français vers le capital des entreprises qui n'a rien d'une idée nouvelle. Elle n'en reste pas moins d'actualité. Portée par le vieillissement de la population, l'épargne va continuer à croître, et chercher à s'investir, au moins en partie, autrement qu'à taux négatif. Or, la réflexion engagée par quelques parlementaires sur la réorientation de l'épargne vers l'investissement productif a été mise en sommeil avec la crise sanitaire. Mais remettre à plat la structure de l'épargne en France suppose aussi de questionner le fait que la dette publique est principalement achetée par… les épargnants eux-mêmes, via leur assurance-vie. Un système qui pérennise l’Etat dans son rôle de contrôleur de la machine. L'exécutif a fait preuve d'une réactivité remarquable pour soutenir la trésorerie des entreprises, en garantissant leurs financements auprès des banques. Il semble moins inspiré quand il s'agit de trouver des solutions pour renforcer leurs fonds propres.

Il faut décentraliser.

Auréolés par leur rôle dans la crise, les présidents de région n’ont pas hésité à agir hors de leurs domaines de compétences pour venir en aide à leurs administrés. L’occasion d’observer une remise en question profonde du système centralisé et d’envisager une grande vague de décentralisation. Pécresse, Morançais, Morin, Wauquiez, Bertrand : ces présidents de région ont été amenés à remplacer un État qui s’est arrogé tous les pouvoirs pour combler une incompétence manifeste à gérer la crise sanitaire et à gérer notre budget. Pour arrêter ce délire, ce n’est  pas de déconcentration qui consiste à déplacer localement les fonctionnaires incompétents, dont on a besoin, mais d’une décentralisation qui consiste à utiliser les  services des collectivités locales qui ont fait la preuve de leur efficience et efficacité. Mais Jupiter n’en veut pas. La preuve, Xavier Bertrand a été ostracisé lors de sa visite chez Renault. Pourtant les Régions ont fait la preuve de leur capacité non seulement à gérer leur budget en faisant des économies, mais aussi de leur réactivité.

Il est grand temps de remettre l’Etat à sa place. La crise sanitaire aura permis de prendre la mesure de son obésité et des insuffisances sur lesquelles elles débouchent. Plus d’Etat là où il faut et pas d’Etat là où ce n’est pas son rôle. Vaste sujet, mais brûlant, quand on voit les dérives du budget et de la dette. Décentraliser, c’est « détechnocratiser » !

 


SUR LES RESEAUX EN DELIRE …

Internet

 

37ème  jour de confinement.

Les confinés parlent aux confinés :

Plus d’un salarié sur deux est au chômage partiel : plus de 10 millions, indemnisés à 84% du salaire net (concerne 820 000 entreprises, soit 6 sur 10).

17 plans d’actions prioritaires pour le déconfinement : on n’a pas de  pétrole mais au moins on a une usine à gaz ! (On ne sait pas si Strauss Khan a proposé un plan Q) Bref, on n’est pas sorti de l’auberge.

Les Français se lavent moins –et surtout les hommes- 67% seulement des confinés  font une toilette quotidienne complète. Et en plus les hommes changent de sous-vêtements encore moins souvent (déjà qu’il y en a qui gardaient le slip une semaine). Dans les petits appartements, bonjour l’ambiance. Casse-toi, tu pues !

Netflix  fait de  bonnes affaires : avec  le confinement la video en streaming a doublé  son bénéfice net  …

Le concours d’impôts nouveaux est ouvert :  c’est Laurent Berger qui a ouvert le  bal avec une proposition de « taxe sur les entreprises qui ont bénéficié de la crise ». On attend avec intérêt Mélenchon et Martinez … Ah ces gauchos ! Et je ne vous parle pas du « verdissage » !

On va, paraît-il, vers un « embrasement » des  banlieues, à cause des dealers qui ne font  plus  leurs affaires et aussi à cause de la « faim » ! Un lien entre  les deux : cela s’appelle l’économie souterraine. Ne pas prendre à la légère.

Pour ajouter au stress, si besoin : c’est le monde qui serait au bord d’une explosion sociale majeure. Même pas  peur ?

Les bons  plans : la FNAC fait une promo sur cinq téléviseurs. C’est aussi le  moment d’acheter une voiture. Il va falloir faire respecter la « distanciation sociale » (ça y est, je l’ai casé) dans les magasins et les concessions dès le 11 mai.  Les Français auraient déjà accumulé 50 milliards d’euros sur les livrets.

Macron serait devenu le 1er épidémiologiste de France : notre président hypermnésique et insomniaque serait devenu un expert en la matière. Ce qui ne l’empêche pas de douter. De quoi disserter à longueur de temps sur le sujet. Comme dit  Sarkozy, à un moment, il faut décider, et donc prendre  un risque !

Médisite : cinq positions pour brûler le plus de calories au lit… Pour compenser le grignotage et les  petits plats !

Et à part ça ?

Un astéroïde géant va frôler la Terre le 29 avril. Brrr… La NASA surveille de près. On est  rassuré.

On est  mal patron : 70% du muguet nantais ne sera pas cueilli. Le bonheur n’est plus dans le pré.

Kim Jun Un a disparu des écrans radars : énigme. Ce serait à cause d’une opération chirurgicale qui aurait mal tourné. Ce n’est pas le virus, c’est bien connu, il ne passe pas les  frontières fermées.

Elisabeth II a eu 94 ans le 21 avril ! Un anniversaire gâché par Meghan et Harry qui ont annoncé la veille qu’ils ne communiqueraient plus avec les  médias de sa gracieuse majesté. Susceptible  Mémé ! (Précision : Meghan n’est pas la fille de Renaud, comme je l'ai entendu dire)

Bouchons de voitures : ils sont dus à la réouverture des « Drive » de Mac Do ! Qui a dit « rien ne sera plus comme avant dans le monde d’après » ?

20 avril : date d’ouverture de la campagne de déclarations d’impôts (pour ceux qui ont quelque chose à déclarer évidemment).

Le prix du baril de pétrole a chuté en-dessous de 0 $, brièvement, mais du jamais vu. Surproduction, certes, mais aussi jeu des spéculateurs des contrats à terme. Bah, le cours remontera inévitablement et malheureusement. En attendant, les prix à la pompe sont très bas,  mais comme vous ne roulez guère ….

 


NOTRE-DAME UN AN APRES.

Notre Dame de Paris

 

C’était il y a un an, le  15 avril.  A 18h18,  le feu démarrait dans la charpente de Notre-Dame de Paris. Nous dînions chez des amis quand la nouvelle se répandit. La  télé fut allumée et devant nos yeux stupéfaits, nous vîmes le spectacle d’horreur d’un brasier qui avait embrasé toute la toiture. Nous étions entre stupeur et sidération. Les lances des pompiers paraissaient bien dérisoires face à l’ampleur du sinistre. Et, médusés nous vîmes la flèche de Viollet-Le-Duc s’incliner lentement puis s’effondrer et disparaître. Les pompiers firent malgré tout un travail colossal qui permit de sauver le bâtiment, en évitant, au péril de leur vie, aux deux tours de s’effondrer. En même temps, ils avaient permis de sauver les reliques et quelques œuvres inestimables. Au petit matin, les images nous montrèrent l’intérieur de la cathédrale : un spectacle de désolation,  la voute partiellement effondrée, l’amas des poutres calcinées mais au fond, luisant comme intacte la grande croix du chœur semblait nous dire de ne pas désespérer.  Une campagne de dons sans précédent permis de rassembler  près d’un milliard d’euros pour la restauration du monument.

Une course contre la montre.

La  semaine dernière sur la 2 un documentaire nous narrait dans le détail les actions menées pour sauver définitivement l’édifice. Si un an plus tard, la mise en sécurité du site qui est le préalable à la reconstruction, n’est toujours pas achevée, le reportage nous a permis de constater que le devenir  de Notre-Dame est entre de bonnes mains, celles de gens passionnés, de compagnons talentueux, de professionnels de haut niveau. Les travaux de consolidation sont bien avancés, et seraient achevés sans cette maudite crise du coronavirus qui a mis le chantier à l’arrêt.  Les équipes sont motivées pour se remettre au travail le plus tôt possible. Nous savons désormais que Philippe Villeneuve, l’architecte en chef et le Général Georgelin chargé de superviser, mettront tout en œuvre pour que la cathédrale soit définitivement hors de danger avant l’automne. Déjà les trous de la voûte sont bâchés, les vitraux sont déposés et partis à la restauration, les arcs-boutants consolidés par les cintres et l’échafaudage métallique a reçu les renforts nécessaires préalables au démontage   de ses 40 000 tubes fondus ou tordus. Des capteurs permettent de contrôler la stabilité du monument et détecteraient le moindre signe de détresse. Le document diffusé sur France 2 nous a permis de mesurer l’ampleur de la tâche entreprise et de découvrir les techniques utilisées : de quoi être fiers des compétences de nos entreprises et de leurs savoir-faire inégalés. Etonnants ces renforts d’arcs-boutants en bois, réalisés au millimètre près, pesant 8 tonnes, et posés par un grutier, à l’aveugle guidé par talkie, pour finalement s’adapter avec une précision inouïe sur le socle prévu. Impressionnant cet architecte qui connaissait la charpente initiale par cœur et est capable de reconnaître tel morceau calciné au milieu des décombres. Les travaux de sécurisation du site ont déjà coûté 165 millions d’euros. La tâche à accomplir  reste immense : finir de débarrasser les voûtes des nombreux débris qui les encombrent encore, dépose de l’orgue dont les tuyaux doivent être remis à neuf un à un, nettoyage des sols rendu indispensable pour abaisser le taux de plomb présent dans la cathédrale.

Une enquête difficile.

La  piste accidentelle demeure la plus plausible, bien que le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz n’exclut aucune hypothèse, mais aucun élément nouveau, à ce jour, n’est venu accréditer une piste criminelle. C’est une enquête hors-normes. Les débris ont fait l’objet d’un examen minutieux, les investigations menées sur place se poursuivent souvent dans des lieux adaptés.  La police scientifique passe les gravats au peigne fin pour isoler les éventuels indices : cables, fils électriques, mégots, boitiers de dérivation… Plus de cent témoins ont été auditionnés pour comprendre l’enchaînement fatal. Notamment  les enquêteurs ont cherché à comprendre la mauvaise interprétation du signal lors de la première alarme incendie, ce qui a fait perdre beaucoup de temps  à la sécurité. Elle a abouti à une intervention retardée des pompiers qui se sont trouvés à leur arrivée face à des flammes  qui avaient beaucoup progressé. On l’a compris, une longue bataille technique est engagée. Espérons que le mystère de cet embrasement sera un jour élucidé.

La cathédrale nous fascine toujours.

La question de sa renaissance ne se pose même pas. La messe du vendredi saint, célébrée par Monseigneur Aupetit, arrivé dans les lieux couvert d’un casque de chantier, est déjà forte en symbole : avant tout, l’édifice même atteint dans son intégrité, est encore et toujours un lieu de culte. Ce moment symbolique, au coeur du christianisme, au plus fort de la passion du Christ, n’a pas été choisi au hasard. Le prélat  se prosterne devant la couronne d’épines sauvée des flammes. La voix de Judith Chemla dit le poème de Claudel, le violon de Renaud Capuçon souligne l’action de grâce et la voix de Philippe Torreton donne l’ampleur lyrique aux méditations qu’il lit. Ensemble, ils portent le message au-delà des murs  par la magie de la télévision. Ils étaient là pour amplifier à la fois le caractère pathétique et la profondeur de ce message, et faire oublier l’absence du public cantonné derrière des écrans lointains. Notre-Dame est encore vivante, comme le Christ ! Le monde entier a vu Notre-Dame brûler, et le monde entier pouvait voir, déjà, Notre-Dame commencer à revivre, avant de renaître un jour définitivement. Elle était faite pour traverser les siècles et cela continuera, nous en avons maintenant la certitude. Si nous sommes attachés à ce qu’elle représente, c’est parce qu’avec elle nous n’habitons pas seulement le présent, nous participons à l’histoire. Derrière la création architecturale, elle incarne physiquement aussi notre aspiration à la transcendance :  avant d’être une prouesse de l’art gothique elle nous offre un lieu pour prier. Et le fait que tant de badauds aient assisté en état de sidération à ce que d'aucun nommerait un « brasier infernal » prouve assez qu’on ne peut arracher à la cathédrale son noyau spirituel. Et cet effroi ressenti par des gens à la foi incertaine est bien la « marque chrétienne » de la France. Une manière de dire que les pierres de Notre-Dame sont sacrées.  Méditation, prière, musique et poésie : l’espoir est  là.

Un architecte amoureux du monument et une renaissance assurée, c’était le message de Pâques de cette année !

 


L’ODYSSEE DE SYLVAIN TESSON

Odyssée avec Tesson

Ne surtout pas rater.

De la  Turquie à la Sardaigne, l’écrivain voyageur est parti pour Arte dans le sillage d’Ulysse,  le Héros d’Homère. Avec lui, on embarque sur les eaux de la  Méditerranée qui ont vu naître un mythe fondateur de notre civilisation.  « L’Iliade et l’Odyssée », la référence de François-Xavier Bellamy.  Nous en retrouvons la définition sous les lignes de Sylvain Tesson : « Nous levons l’ancre à Marseille. Le calcaire des Calanques a la pureté d’un marbre égéen. Hélios éclaire la Bonne Mère phocéenne révélant le miracle méditerranéen : la triple source gréco-romaine, juive et chrétienne a abouti à un miracle qui s’appelle l’Europe. Braudel l’avait dit il y a trente ans : tout s’organise ici en triade. La vigne, l’olivier et le blé. Le vent, la lumière et le calcaire. Athène, Rome et Jérusalem. Le  Christ, Athéna et César. Ce sont les blasons du Mare Nostrum. » …

Pendant un mois et demi, Christophe Raylat, le réalisateur promène ses caméras  dans tous les lieux où Ulysse a fait étape. Pendant six semaines, avec ses comparses, il  remonte le fil de l’Odyssée dans le désordre, reliant  les sites inventoriés par Bérard. A chaque escale, un invité les rejoint à bord : archéologue, philologue, artiste, savant ou écrivain. Tous brûlent de la même passion : l’Antiquité. Avec  un conseil qui vaut par les temps qui courent : « quand on se confine, prendre soin de s’entourer de compagnons versés dans les humanités ! Le temps passe plus subtilement. »

Ainsi vogue le navire, de jour en jour, d’île en île, jusqu’à la tendre Ithaque où la douceur de l’air confirme qu’Ulysse a bien fait de lutter dix années  pour retrouver sa terre. A chaque rencontre, à chaque coup de vent, l’Odyssée apparaît comme un poème vivant, sous nos yeux déployés.

Pour les Grecs, l’Iliade et l’Odyssée s’inscrivent comme le véhicule du renouveau !  Grâce aux textes,  les Grecs comprennent qui ils sont. Les deux poèmes rassemblent les informations et indiquent comment piloter les bateaux, sacrifier aux dieux, festoyer et combattre, c’est-à-dire comment vivre. Les deux poèmes structurent l’identité… Certains hommes  modernes pensent que le monde est né le jour de leur naissance.   L’idée d’une identité collective insulte leur fierté individuelle. Narcisse n’aime pas Homère. L’une des joies à bord est de s’apercevoir que rien n’a changé depuis deux millénaires et demi sous le soleil. La vie se joue toujours au même tempo… "C’est cela que nous sommes partis chercher en hissant les voiles : ce qui demeure". Sur cette terre, le changement est une imposture, demain une illusion et la « perfectibilité de l’homme » une calembredaine…  L’homme a besoin d’un récit pour savoir qui il est.  Il ne saurait vivre sans mythes. Ne pas s’abreuver à la source des vieux textes est pire qu’une paresse.  C’est un confinement : le confinement de soi-même en soi-même. Cela  donne des hommes à la triste figure, très ignorants, très fiers d’eux-mêmes, enfermés  dans un ennui qui s’appelle le présent.  François-Xavier Bellamy ne dit pas autre chose dans son livre « Demeure » !

Et si les portes de la cité se ferment, on peut lire avec des yeux toujours neufs l’Iliade et l’Odyssée. Le mythe vient à notre secours dans les temps de réclusion ! Quand un cheval de Troie entre dans une ville, porteur d’un virus qui affole les esprits et paralyse les  corps, on a intérêt à emprunter les seules portes encore ouvertes : celles de la poésie ! 

Du lundi 13 avril au vendredi 17 avril, à 17H45, la  chaine ARTE diffusera la série « Dans le  sillage d’Ulysse »,  avec  Sylvain Tesson.  Un documentaire réalisé par Christophe Raylat. 5 épisodes de 26  mn. 

Rien de vous empêche en même temps de relire l’œuvre d’Homère.  Bon confinement !

 


SUR LES RESEAUX DECHAINES…

Internet

 

Quelques nouvelles lues ici ou là …. Bien évidemment, le  virus se taille la  part du lion.

Coronavirus 1 : une enquête a permis d’établir que le pangolin n’y était pour rien (Le  club des Echos). Nous voilà rassurés.

Coronavirus 2 : le Prince  Charles  est contaminé. Quelle époque !  Même les virus ne respectent plus rien !

Coronavirus 3 : Après sa démission du conseil scientifique de Macron, « le Professeur Raoult est-il le De Gaulle du Covid 19 ? » se demande l’Obs. Nouvelle version de « j’ai raison seul contre tous ! ».  Espérons qu’il supporte la comparaison avec le Général.

Conoravirus 4 : le côté obscur de  la force. Alors que les Français applaudissent les soignants tous les soirs à 20H, des « bas de plafond» se permettent d’ostraciser des infirmiers ou des soignants qui habitent leur immeuble en leur demandant avec insistance d’aller vivre ailleurs, pour ne pas être contaminés. Honteux !

Coronavirus 5 : la  crise sanitaire aura des conséquences sur la croissance. Récession : 3 Points de moins de PIB pour Bruno Le Maire, si le confinement dure un mois ;  6 points de  moins pour l’Insee si le confinement dure  deux mois. Cohérent. Qui peut me dire combien de  points en moins si le confinement dure trois  mois… ?

Coronavirus 6 : Un constat impressionnant. Depuis le confinement, l’air est  plus  respirable dans les  grandes villes  et  particulièrement à Paris. CQFD. Pourvu que ça ne donne pas  des idées à Hidalgo. Je parie qu’on ne va pas tarder à nous annoncer aussi un record triomphal de moindre  mortalité sur les routes.

Coronavirus 7 : Je lisais naguère que  nos savants qui explorent la galaxie comprenaient mieux les « trous noirs ». Ils n’ont pas vu que nos maisons de retraite seraient le trou noir de l’épidémie (L’opinion). Trop proches, certainement. 

Coronavirus 8 : Des masques moisis auraient été livrés à des soignants à la Réunion. Très regrettable ! On ne peut pas croire que ce soit la durée du voyage, même par bateau, qui en soit la cause. Or plaisanterie, la question reste posée : « Où sont passés  les masques ? » Nos  policiers ont dû donner les leurs aux hôpitaux, alors qu’ils sont en première ligne pour faire respecter  le  confinement….

Boulet : « On ne va pas  demander aux enseignants qui ne travaillent pas de traverser toute la France pour aller ramasser des fraises ! » Je traduis : «  On en va quand même pas demander aux fainéants de bosser un peu ! ».  Les enseignants qui s’échinent pour trouver des solutions avec internet pour faire cours auront apprécié. De qui est la boulette ? Eh oui, gagné, c’est Sibeth. A croire qu’elle a été élevée au jus d’Hanouna.

Carnet mondain : Meghan et Harry vont parait-il quitter leur manoir de  Vancouver au Canada. Ils hésitent entre la Californie et l’Angleterre pour se poser après le « Megxit » du 31 mars.

Air du temps : « l’Internaute » propose 40 lieux pour se sentir seul au monde ! Le site ne précise pas si c’est loin des virus.

Edition : finalement c’est Stock qui publiera l’autobiographie de Woody Allen.

Pas sortis de l’auberge : on connait le « conseil scientifique » chargé de conseiller Macron. Le président de la République a installé cette semaine un nouveau "comité de chercheurs" pour accompagner le gouvernement dans le choix de sa stratégie de sortie du confinement imposé à la population depuis le 17 mars. Notamment en explorant le potentiel des outils numériques et des données de localisation. Le confinement risque de durer longtemps : le temps qu’ils étudient toutes les hypothèses et testent les solutions !

Aïe : Cyril Hanouna prépare une émission TPMP de 48h en direct de son domicile ! 

 


ENFIN LA GAUCHE UNIVERSALISTE SE REVEILLE !

Gauche contre lumièresGénération offensée

La  gauche la plus bête du monde.

J’avais fini par penser que notre gauche française était devenue la plus bête du monde. Autrefois, c’est ce qu’on disait de la droite. Pour moi, la gauche défendait le progrès, l’universel et la raison, l’héritage des Lumières constituait un corpus idéologique incontournable, surtout pour les tenants de l’émancipation. C’est pourquoi, bien qu’attaché aux valeurs de la droite à travers la conservation et le sentiment religieux, j’ai longtemps campé aux confins de la droite modérée et de la gauche sociale,  dans un centrisme qui me semblait au carrefour de ces idéaux nobles. Mais force est de constater, qu’aujourd’hui, c’est la droite qui défend la laïcité et la liberté de pensée (ou de penser), tandis que ceux qui autrefois pendaient les curés me semblent regarder la religion des nouveaux damnés de la Terre (l’Islam) avec une grande complaisance et se font les pourfendeurs impitoyables de ceux qui ne pensent pas comme eux en interdisant certaines œuvres… Et je dois dire que jusqu’à maintenant, j’avais le sentiment que le communautarisme leur avait fait abandonner définitivement le terrain de la pensée universelle.

La gauche contre les Lumières.

Le reniement vient de philosophes français, adeptes de la pensée critique tel que Deleuze et surtout  Foucault, qui ont scié, j’allais dire « sciemment », la branche des Lumières sur laquelle la gauche était assise, déconstruisant la possibilité de toute norme commune, au point qu’à leurs yeux, il ne parait pas choquant qu’on réduise un discours à l’identité raciale, ou de genre, ou sociale, de celui qui l’énonce. Ce reniement de l’universalisme conduit cette gauche, généralement bobo, « cul-cult » tant elle infeste les mieux de la culture, à s’emparer de la « morale et de l’identité » pour se permettre de censurer à tout va.  Plus d’appropriation culturelle possible, cette gauche dite « intersectionnelle » veut empêcher toute utilisation d’un élément provenant d’une culture minoritaire par un artiste dit « occidental », par définition le  grand méchant, de préférence « blanc » et « hétérosexuel ».  Ainsi on interdit Eschyle à la Sorbonne sous prétexte de « blackface », ainsi le « Hijab Day » à Sciences Po,  autant de cas qui nous montrent qu’au logiciel des lumières on veut substituer celui de l’obscurantisme. Ces gentils « millenials » qui n’ont connu ni l’esclavage, ni la colonisation, ni la déportation, ni les goulags du stalinisme, s’offusquent de l’introduction de  plats asiatiques dans les cantines, ridiculisant la notion d’antiracisme. Ces  procureurs vont jusqu’à compter les Noirs dans la salle de  la cérémonie des Césars pour alimenter leur thèse victimaire.

Une saine révolte.

Cela fait  bien longtemps que les intellectuels de droite  sont l’objet de moqueries quand ce n’est pas de cabales médiatiques quand ils dénoncent les mêmes dérives ou défendent la laïcité (c’est pour cacher un racisme anti musulman).  C’est donc avec un certain soulagement, pour ne pas dire bonheur, qu’on entend des voix s’élever à gauche. Deux coups de gueule salutaires :  celui de Stéphanie Roza, chercheuse au CNRS, avec la publication de « La Gauche contre les Lumières », dans lequel elle  explore avec précision les racines intellectuelles de ce reniement qui s’est épanoui particulièrement au sein des « sciences sociales » ;  celui de Caroline Fourest, « Génération offensée », dans lequel l’auteure bien connue pour sa défense de la laïcité et de l’égalité des femmes, s’en prend avec son style polémique cher à Charlie Hebdo, à cette « gauche moraliste et inquisitrice » dont elle fustige les manifestations grotesques. Deux ouvrages qu’il faudrait assurément lire. Toutes les  deux ont le courage et la lucidité de penser librement. Il est grand temps que des voix se réveillent à gauche pour contrer une radicalisation idéologique qui, de soirée des César en délires universitaires où l’on interdit des conférences, menace la vie de l’intelligence, transformant les lieux de savoir et de tolérance en lieux de terreur. Elles viennent renforcer le combat d’un Jacques Julliard qui se demandait récemment « où était passée la gauche ? ». Ouf,  la vraie gauche, celle issue de la révolution et des Droits de l’Homme et du Citoyen, celle de Mirabeau, celle de Jaurès,  celle de Georges Marchais quand il oubliait Marx pour rendre hommage à Descartes, celle de Michel Rocard…  n’est pas morte ! La gauche relativiste, communautariste et « déconstructiviste » va devoir affronter la guerre alors qu’elle se croyait en terrain conquis. Ce n’est pas la droite qui se plaindra. Pour défendre les Valeurs Universelles sur lesquelles sont fondées celles de la République, on ne sera jamais trop nombreux.

 

« La Gauche contre les Lumières », Stéphanie Roza, Fayard.

« Génération offensée », Caroline Fourest, Grasset.

 


UNE QUESTION QUE JE ME POSE …

Fin du monde tintin

 

Les condamnations embarrassées de la pédophilie.

L’affaire Gabriel Matzneff a au moins le mérite de permettre une condamnation sans équivoque de la pédophilie, aujourd’hui  considérée comme une abjection. Cela n’était malheureusement pas  le cas au sortir de mai 68, ce qui amène Bernard Kouncher à se fendre d’un commentaire pour le moins léger : « la  période était bêtement laxiste… Les idéologies nous submergeaient ! », une défense bien faible en regard de la pétition pédophile qu’il avait signée avec Daniel Cohn Bendit  et bien d’autres, publiée  dans Le  Monde et Libé en 1977. Inutile de dire que ceux qui dénonçaient cette pratique étaient renvoyés au rang de ringards,  comme  le sont aujourd’hui ceux qui alertent sur les dérives progressistes de notre époque. Jamais en reste, le  Canard enchaîné a cru bon de rechercher et d’exhumer ce qu’en disait la psychanalyste François Dolto. Non seulement elle défendait la pédophilie et l’inceste, mais justifiait aussi que le mari puisse battre sa femme. Néanmoins, circulez. N’attendez pas de ces braves gens qu’ils se repentent ou que l’on fasse le procès de cette époque de « libération » des mœurs.

Notre époque n’a rien à envier aux soixante-huitards.

La libération des interdits bourgeois se poursuit aujourd’hui avec un florilège d’inepties : la théorie du genre, dont on sait que le Canadien qui en était l’auteur a tout inventé, le féminisme exacerbé qui défie le bon sens par ses excès, les « avancées génétiques » qui permettront bientôt de fabriquer des bébés à la carte, sans parle des manipulations sur l’embryon  … Dans tous les cas, l’humain n’est plus qu’un objet. Et comme il y a quarante ans, ceux qui se dressent pour s’indigner que l’on puisse provoquer une rupture anthropologique dans la procréation, et d’une manière générale pour dénoncer toutes ces fadaises, sont aussitôt disqualifiés  par la gent bien pensante : tous les  participants aux manifs de protestation ne sont que des ringards réac, et qui plus est, (ringardise suprême) cathos ! Ces protestataires qui défendent le droit de l’enfant à naître d’un père et d’une mère ne sont pas différents de ceux qui s’indignaient de l’utilisation sexuelle des petits par des  adultes. Ils sont la France conservatrice, peut-être, encore que j’aie du mal à y classer José Bové ou Sylviane Agacinsky, mais cette France-là me parait infiniment  plus réfléchie que ces progressistes  pour qui le « progrès » doit tout permettre.

Alors voilà ma question : faudra-t-il attendre quarante ans et qu’une autre génération se frappe le front en disant « mais comment cela a-t-il pu se faire ? » Comment  a-t-on pu promouvoir de telles régressions ?

Il sera alors  grand temps d’évaluer les dégâts causés par l’inconséquence des propagandistes du progressisme. Tout comme nous constatons aujourd’hui où nous a menés leur mépris des conservatismes : déculturation, violence, démission de l’Etat, renoncement de l’Ecole à transmettre, déconstruction de l'Histoire, repentance généralisée, généralisation du laid et de l’éphémère… Je continue de persévérer dans l’idée que le conservatisme qui respecte l’intelligence et la personne fera renaître notre civilisation, en prenant en compte, qui plus est, la conservation de la planète.

 


LA POLITIQUE DU "DEUX POIDS - DEUX MESURES"

Agnès Thill

Le bloc-notes donne la parole à Agnès THILL, députée, qui s’insurge contre le 2 poids – 2 mesures qui se généralise dans notre société. Une analyse que je souhaite partager avec vous. (Texte publié dans Valeurs Actuelles)

Députée excommuniée de la République en Marche pour ses positions contre l’ouverture de la PMA, Agnès Thill dénonce le traitement infligé à l’association Alliance VITA pour ses affiches appelant à respecter la paternité et la maternité, alors que la campagne de promotion de la série « Sex Education » bénéficie elle de la clémence des pouvoirs publics.

Ce 2 poids - 2 mesures est un scandale devenu insupportable dans notre pays.

2 poids - 2 mesures la demande de retrait des affiches d’Alliance Vita par Anne Hidalgo, Maire de Paris, et le silence assourdissant autour des affiches de la série Sex Education de Netflix.

Qui est Anne Hidalgo ? Cette gauche qui censure, qui ne s’offusque pas que la décision de justice de réaffichage ne soit pas appliquée, voire même s’en satisfait ; comment croire une seconde que ces gens-là défendent la démocratie, le débat d’idées et le respect de chacun ?

Quant au parti majoritaire présidentiel : qui ne dit mot consent, lequel d’entre eux s’est offusqué de cette censure ? Lequel d’entre eux s’est offusqué du non-respect de la décision de justice ? Force est de constater que la censure ne va que dans un seul sens.

Un adulte ne doit pas faire ce qu’il veut des enfants, et on doit avoir le droit de le dire en démocratie.

2 poids - 2 mesures les propos d’Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat, ce dimanche 19 janvier 2020 via Twitter. Comment peut-on être ministre et traiter de « réac » publiquement 41 000 manifestants pacifiques et se prétendre pour le rassemblement, la concorde et l’union ? Comment peut-on haïr et humilier à ce point toute une frange de la population et se targuer en même temps, je cite le dit tweet, « d’aimer les familles » ?

2 poids - 2 mesures les familles attaquées : toutes les familles ont droit au respect, y compris les familles hétérosexuelles, qui croient en la fidélité, et aux fruits de leur amour.

N’est-il pas ministre pour tous les français ?

Qui a le monopole de l’amour ? Olivier Dussopt ? Marlène Schiappa ? Anne Hidalgo ? Les censeurs, ces non respectueux des décisions de justice ? Être traitée de « réac » par un ministre est scandaleux. Comme être traité d’homophobe par d’autres.

Un adulte ne doit pas faire ce qu’il veut des enfants, et on doit avoir le droit de le dire en démocratie.

Au nom de tous ceux que j’ai portés ce dimanche en représentant 1/577ème des français, nous aimons toutes les familles, être accusé du contraire par les plus hauts personnages de l’Etat, par ceux qui nous gouvernent, est scandaleux. Quelle confiance apporter à ceux-là !

Grâce au droit de blasphème, on peut insulter, moquer, caricaturer les religions mais pas l’homosexualité… À croire que l’un est plus sacré que l’autre, en pays laïc.

2 poids - 2 mesures le monopole de la souffrance ! La souffrance n’appartiendrait qu’aux homosexuels alors que la loi en leur faveur prétend que l’absence de père laisse indifférent ! Qui est blessé ?

2 poids - 2 mesures les médias : les violences sont surmédiatisées quand un silence complice a couvert la manifestation pacifique « Marchons Enfants » de ce dimanche.

2 poids - 2 mesures les excuses du chansonnier sur France Inter, radio publique payée par nos impôts : grâce au droit de blasphème, on peut insulter, moquer, caricaturer les religions mais pas l’homosexualité, ce qui est normal mais on pourrait penser qu’au nom de l’égalité… À croire que l’un est plus sacré que l’autre, en pays laïc.

2 poids - 2 mesures quand ils s’offusquent de ce qui est interdit par la loi, la pédophilie- criminelle, acceptée sur les plateaux télé il y a vingt ans alors qu’ils laissent sans mot dire les émissions télé et les livres prônant ce qui est interdit par la loi en France, telle la GPA.

2 poids - 2 mesures les maladresses ! Faut-il citer celles de collègues députés, de Benjamin Griveaux lorsqu’il a présenté ses excuses concernant la photo de collabo lors du Vel D’Hiv ? Les maladresses des autres ministres et députés aussitôt oubliées après leurs excuses, quand les miennes paraissent inutiles et qu’à vie on me ressort mes deux maladresses ?

2 poids – 2 mesures pour les lieux de culte : on peut vandaliser les églises mais on ne peut pas toucher aux mosquées et synagogues. Tant mieux. Heureusement. Mais on aimerait la même indignation pour tous.

2 poids – 2 mesures pour les retraites : on cèdera à certains et pas aux autres.

Ce « en même temps », on aime les uns mais pas les autres, n’est plus supportable.

On supporte les règles, fussent-elles sévères, mais on ne supporte ni l’injustice ni l’incohérence.

Nous sommes tous citoyens du même pays. Nous exigeons le même respect pour tous, dû à chacun de nous. Nous refusons d’être continuellement traités, par les gens de gauche, ceux du parti présidentiel, et des ministres eux-mêmes, de « réac », « extrême-droite », « cathos », « homophobes ». Comme si cette violence injuste laissait sans conséquence. L’unité du pays est menacée par ceux-là même qui prétendent la construire.

Ce « 2 poids - 2 mesures » est en train de nous anéantir !

Notre pays se meurt sous ses douleurs, ses cris, ses désespoirs, ses révoltes. Ce « en même temps », on aime les uns mais pas les autres, ce « en même temps » n’est plus supportable.

Notre pays se meurt d’incohérences. On ne peut pas être ministre et mal traiter, mal nommer, mal considérer, un seul de ses concitoyens, et bien sûr, prétendre être là pour tous, au service de tous ?

Quel scandale !