HISTOIRE

QUAND LE CLIMAT FAIT DES HISTOIRES…

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Le livre d’Olivier  Postel Vinay « SAPIENS ET LE CLIMAT » intéressera les  passionnés d’Histoire avec  un grand « H », mais pas que, car il est très accessible. C’est  un ouvrage  qui repose sur une  somme  de  connaissances  incroyable dont l’auteur fait la synthèse, parfois avec beaucoup d’humour, mettant en relation les  aléas climatiques de la Terre avec ceux des  civilisations.  On serait presque   tenté  de conclure qu’à chaque  effondrement, naissance, révolution, le climat s’en est mêlé. Il permet  aussi de s’apercevoir  que la période que nous vivons, que certains font sombrer dans le catastrophisme, n’a rien d’exceptionnelle par rapport au passé, et même, curieusement, au passé récent, ce qu’on oublie de nous rappeler.

Quelques extraits pour éclairer l’ouvrage.

« Je  vais donc me concentrer sur les acquis de la  littérature scientifique… Ils sont issus de toute une série de moyens de mesure et d’évaluation indépendants. Concernant l’Empire romain, les  spécialistes recensent pas moins de onze ensembles d’indices matériels  indépendants les uns des autres, qu’il est donc possible de comparer. Ces indices s’ajoutent aux données  de base que sont les variations de l’activité du Soleil, celles   de l’inclinaison de la Terre par rapport au Soleil et du chemin qu’elle parcourt en tournant autour ainsi que les variations des grands systèmes océano-atmosphériques que sont, entre autres, l’Oscillation de l’Atlantique nord et la Zone intertropicale de convergence qui détermine les  moussons. Les principaux proxies (témoins) sont les carottes glaciaires, l’avance et le recul des glaciers, les  éruptions volcaniques, les spéléothèmes (stalagmites), les  pollens  fossiles, les  sédiments marins  et lacustres, le  niveau des lacs, les crues des rivières, les squelettes et les dents … et les fameux cernes des arbres dont la double croissance annuelle reflète les variations de la chaleur et de  l’humidité…. ».

Comme on le voit les éléments avérés pour mettre en corrélation les évolutions climatiques documentées avec l’Histoire des Hommes depuis son apparition ne manquent pas.  Voilà une approche qui apporte des éclairages parfois surprenant sur des causes d’événements historiques rarement prises en compte. Ainsi notre Histoire contemporaine qu’on aurait tendance à raconter en ne prenant en compte que l’angle des humains, toutes choses étant égales par ailleurs, s’avère  finalement très  partielle. Car il se trouve, qu’en matière de  climat, les « choses ne sont jamais  égales par ailleurs » à deux moments  donnés !

Concernant l’Empire romain, par exemple, l’auteur peut affirmer :

« De -100 à 200, le climat méditerranéen a été d’une exceptionnelle stabilité. Chaud et bien arrosé. La  période 21-50 a représenté les trente années les plus  chaudes de notre  ère jusqu’aux années 2000. Au IIème siècle,  les  glaciers alpins étaient  aussi courts qu’aujourd’hui.  En Angleterre, la remontée de la punaise de l’ortie vers le nord  témoignait de températures de juillet d’au moins 2° supérieures à celle du milieu du XXème siècle. Il pleuvait plus en Egypte que de nos  jours, les crues du Nil étaient abondantes et le blé égyptien permettait aux empereurs de constituer d’énormes réserves.  La température des eaux de la Méditerranée, au large de la Sicile était de 2° supérieure à la température actuelle. »

Le "présentisme".

En conclusion, Olivier Postel Vinay souhaite attirer notre attention sur un trait de  notre époque : ce que l’historien François Hartog appelle  le « présentisme » : « Nous vivons tellement au présent (nourri de prédictions) que la  plupart d’entre nous oblitérons le  passé,  l’ignorons ou le réduisons à quelques  jalons mal informés,  propagés par des clichés. En matière de clichés, l’un des plus irritants est la formule « sans précédent »,  qui accompagne tant « d’informations » diffusées  par les médias. Les journalistes (et  parfois les climatologues qui les instruisent) feraient bien de regarder à deux fois avant de l’asséner. »

Pour clore son  ouvrage, il nous livre  une réflexion que je partage  largement. « Au regard  des crises climatiques auxquelles Sapiens puis l’homme moderne ont été confrontés, nous vivons aujourd’hui un optimum. Je dis cela de façon tout-à-fait objective,  sans recherche de paradoxe. Nous bénéficions d’une époque particulièrement privilégiées au sein même  des millénaires de stabilité  relative qui ont suivi le chaos du dernier âge glaciaire, du temps des grottes ornées. Dans le cadre de cet optimum bien compris, trois éléments sont cependant nouveaux. Le premier est que les pays riches ont aquis les moyens de lisser les microcrises climatiques qui les affectent ; ils ne sont plus sujets aux terribles  souffrances qui pouvaient encore les perturber au milieu du XIXème siècle et qui peuvent encore perturber les pays pauvres. Le second est qu’en raison de la conjonction entre les progrès de l’industrie et la croissance vertigineuse de la population mondiale, la  concentration dans l’atmosphère des gaz à effet de serre que nous injectons a atteint un niveau supérieur à tout ce que Sapiens a pu connaître depuis son arrivée sur Terre. Ce qui conduit au troisième élément nouveau : nous vivons une crise climatique réellement sans précédent, en ce qu’elle se fonde non  pas sur des bouleversements concrets entraînés par un changement climatique catastrophique, mais sur l’inquiétude générée par des scénarios élaborés par des spécialistes sur une crise à venir. Pour la première fois de sa longue carrière, Sapiens vit une crise climatique par anticipation. A tort ou à raison ? … »

Bonne question !

Après la lecture de ce livre,  et en recoupant avec « l’obscurantisme vert » d’Yves Vercautre et « Climat, la part d’incertitude » de Steven E. Koonin (N°1 des ventes aux USA tout en étant méprisé par les grands médias), dont je vous parlerai bientôt, les  prédictions du Giec largement répercutée  par les médias, et interprétées en les dramatisant comme avec l’émission « Ouvrons les yeux » sur BFMTV, devraient être assorties  des  précautions les plus élémentaires et non présentées  comme certaines, car  s’il y a une chose qui est bien certaine c’est que le contexte du futur à l’horizon 2050  ou 2100 n’est pas connu et ne sera pas « toutes choses égales par ailleurs ». Une éruption volcanique majeure qui a une chance sur six d’avoir lieu, le déclenchement d’un petit âge glaciaire lié à l’activité du Soleil, le dérèglement d’El  Niño, etc … peuvent avoir des conséquences majeures et venir démentir les  scénarios catastrophistes qu’on nous martèle à des fins  peut-être plus idéologiques que climatiques.

SAPIENS ET LE CLIMAT, une histoire bien chahutée, d’Olivier POSTEL VINAY – La  Cité.  

 


RETRAITES : ON N’A PAS LE CHOIX !

 

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D’abord  mettre fin à  la dérive dépensière.

Le gouvernement peine toujours à mettre un terme au « quoi qu'il en coûte ». Difficile de sortir de cette accoutumance dans un contexte inflationniste et avec une majorité relative à l'Assemblée. Le projet de loi de finances toujours en débat au Parlement entérine le maintien de dépenses élevées : malgré la hausse des tarifs de 15 %, le bouclier sur l'électricité et le gaz va coûter encore plus cher à l'Etat l'an prochain. Il prévoit aussi des crédits en nette augmentation pour les missions régaliennes, l'éducation ou la santé. En conséquence, la France commence à être dans le viseur des instances internationales : le FMI a lancé  un premier  avertissement en demandant la  fin  du « quoi qu’il en coûte » en 2023, hier la Commission européenne a épinglé les déséquilibres français qui restent préoccupants.

La France se retrouve  prise en étau entre Le FMI qui recommande de resserrer les aides anti-inflation et de freiner la hausse des dépenses, consigne que Paris applique sur la ristourne à la pompe, mais, à l'instar de Berlin, entend rester généreux sur les soutiens au gaz et à l'électricité, que ce soit pour les ménages ou pour les entreprises. Mais d’un autre côté, la concurrence allemande et surtout américaine oblige de fait à maintenir une forme de « quoi qu'il en coûte » énergétique pour l'industrie, faute de réponse européenne efficace sur les prix de marché. En plus, Emmanuel Macron n'entend pas non plus serrer la vis sur les services publics, qu'il a promis de réarmer. Dans ce contexte, la réforme des retraites apparaît,  au même titre que la réforme de l’assurance chômage, comme le moyen de faire des économies  conséquentes tout en  poursuivant l’objectif  d’accroissement du taux d’activité.

La  réforme des retraites, urgente et nécessaire.

Urgente parce qu'il est temps de faire preuve de transparence sur les déficits cachés de notre système de retraite : il s'agit principalement des déficits des régimes de retraite de la fonction publique qui représentent 30 milliards d’euros de déficit annuel, soit près de 10 % des retraites totales. Urgente aussi pour le régime général qui se trouve temporairement à l'équilibre, mais au prix d’une baisse marquée du taux de remplacement pour les futures générations : 52 % en 2020, 43 % en 2040, 36 % en 2060. Cette  baisse relative du niveau de vie des retraités par rapport aux actifs est une réforme silencieuse qui ne dit pas son nom.

Et nécessaire pour améliorer le potentiel économique du pays en augmentant sa population active. La France ne peut se satisfaire d'un taux d'emploi des 60-64 ans de 35 %, en retard de 7 points par rapport à la moyenne européenne. La période est particulièrement propice car les difficultés de recrutement poussent à faire travailler les actifs plus longtemps, et dans la fonction publique, la montée des recrutements de contractuels remet sur la table la question de l’alignement des régimes public-privé.

Le report de l’âge de départ.

À terme, c’est 20 milliards d’euros d’économies pour un report de l'âge légal de 62 à 65 ans en 2031, contre 10 milliards en accélérant l'allongement de la durée de cotisation (43 ans prévus en 2035 au rythme d'un trimestre tous les 3 ans). C’est insuffisant alors que les derniers chiffres du Cor (Conseil d’Orientation des Retraites) prévoient un déficit de 10 milliards en 2027 et qui pourrait atteindre jusqu'à 20 milliards d’euros dans 10 ans. Il faut y ajouter la convergence des régimes public-privé qui permettra de rendre le système plus transparent et plus équitable. Et pour bien faire, la réforme des retraites doit remettre à plat les régimes de la fonction publique : architecture, taux de cotisation et subvention d'équilibre, harmonisation des modes de calcul avec le privé, suppression des catégories actives, alignement des dispositifs de solidarité. Enfin, il serait bienvenu de généraliser la retraite additionnelle obligatoire par capitalisation pour tous.

Les perspectives économiques assombries redonnent tout son sens à une réforme indispensable au redressement de nos comptes publics. La remontée des taux d’intérêts sur une dette de 3 000 milliards d’euros fait déjà sentir ses effets sur le  budget de l’Etat. Attendre ne fera qu’aggraver la situation. Le gouvernement ne pourra pas pour autant continuer de faire l'impasse sur le chantier du meilleur usage de l'argent public, s'il veut sortir du piège du quoi qu'il en coûte. D'autant qu'à compter de 2024, l'évolution des dépenses devrait devenir le critère clé des règles budgétaires européennes.

 


LES FRANÇAIS RECOLTENT CE QU’ILS SEMENT !

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Trop peu de travail.

C’est un constat, globalement, les Français travaillent trop peu. Les chiffres sont accablants : la  France est le pays où l’on travaille le moins. Ceux donnés par  l’OCDE ne sont pas  susceptibles  d’être discutés : le nombre d’heures travaillées était de 41 milliards en 2019, soit 610 heures  par habitant, ce qui  était déjà beaucoup plus faible que chez tous nos voisins (entre 700 et 900 heures). Et depuis   la crise sanitaire, la tendance est chez nous à la baisse alors  que c’est l’inverse autour de  nous.  Les heures travaillées par habitant donnent d’autres  éléments d’analyse : elles ont une répercussion sur le PIB qui est le résultat du nombre d’heurs travaillées et de la  productivité. Comment produire  plus de  richesse quand  les deux déclinent en même temps : moins d’heures elles-mêmes moins productives. La productivité diminue du fait, notamment de la baisse des compétences elle-même résultat de la crise de notre système  éducatif. On oublie tout bêtement que les heures  travaillées, au-delà du PIB, sont surtout à  l’origine des  milles biens et  services que tous  consomment  et  apprécient. Bref,  si nous  continuons  à faire le choix collectif de continuer à moins travailler, il ne faut pas espérer conserver tous les avantages  que l’on retire du travail des autres. Vu sous cet angle, on comprend bien pourquoi ils sont  maintenus grâce à un endettement massif.

Les salaires insuffisants.

Les  salaires sont figés en France depuis  trop longtemps et ont fini  par paraître insuffisants au point d’en être  démotivants.  C’est la résultante de plusieurs causes qui fonctionnent en cercle vicieux :  depuis les 35  heures, le pays s’est mis à moins travailler et donc à créer moins de richesse, la  croissance du PIB sur le temps long  est tombée  à 1% en moyenne par  an, entraînant une baisse  de la richesse par habitant qui classe notre pays dans les derniers de l’Europe ; la  dégradation de notre  système  éducatif malgré les  moyens qui lui sont consacrés a fini par  entraîner une baisse des  compétences et une inadéquation grandissante au marché du travail bousculé par  la digitalisation et la crise sanitaire ; l’Etat a dû compenser par un assistanat toujours plus présent et  pesant  à la fois sur son budget et  sur la compétitivité des entreprises en rognant leurs  marges de  manœuvres… Le  résultat est catastrophique : un Français sur deux n’arrive pas à sortir d’un bas salaire, soit en-dessous de 1 310€  nets  mensuels. Le redémarrage de l’inflation contribue à tendre la situation et  à nuire à l’activité, de quoi rebuter certains à reprendre un emploi.

La flemme plutôt  que l’effort.

Comment demander aux Français d’être optimistes  quand les épreuves pour le pays s’enchaînent. La France est traumatisée par le terrorisme, le choc du covid qui l’a mise à l’arrêt ; elle a été marquée par la révolte des « gilets jaunes », le tout sur fond de dérèglement climatique et d’innovations mondialisées dont elle tire peu de bénéfices ; le pays du « meilleur système  de santé au monde » voit son hôpital s’effondrer, le pays du nucléaire risque les coupures  d’électricité,  le pays de l’éducation gratuite et obligatoire découvre qu’elle ne tient plus sa promesse d’émancipation républicaine  et de transmission du savoir… On peut trouver logique que le  peuple français soit moralement épuisé et fatigué. Les  années covid, dont nous ne sommes pas  complètement sortis, laissent une trace bien plus profonde  qu’on ne  pouvait l’imaginer. Elles ne font qu’accélérer des  mutations à l’œuvre dans la société française. Ainsi 45% des Français disent être touchés par des épisodes  de « flemme » les  dissuadant de sortir de chez eux, et on peut  faire un  parallèle avec une relation plus distendue avec le travail. En 1990, 60% estimaient que  leur travail était « très important » dans leur vie, la  proportion est passée à 24% ! Aucune autre valeur n’a chuté autant.
En même temps, le rôle des  loisirs a  grimpé en flèche. On voit le mal que les RTT et le « ministère du temps libre », relayés aujourd’hui par le « droit  à la paresse » de Sandrine Rousseau, ont fait à la « valeur travail ». Désormais,  le travail doit trouver, pour beaucoup, sa place dans les interstices de la vie personnelle. Plus grave, il ne fait plus consensus : c’est une valeur de droite puisque 4 sympathisants LFI et verts sur 10 se définissent comme  « peu ou pas travailleurs ». On a  envie de crier « Travailleuses, travailleurs, Arlette, reviens ! ».  Le « Droit  au travail » de Fabien Roussel se  heurte  au « droit à la paresse »,  encouragé, il est vrai par des prestation sociales généreuses. Et, ce qui n’a pas arrangé les choses,  l’inactivité  forcée des confinements a donné le goût du canapé à ceux qui ne l’avaient pas découvert.

Le progrès est pourtant là.

Condorcet imaginait le progrès comme une  mécanique où le progrès scientifique entraînait le progrès économique qui entraînait le progrès social puis le progrès moral. Et ça a marché pendant près de deux siècles et demi. Aujourd’hui,  la technologie permet d’imaginer  bien des solutions à nos problèmes  comme un  avion sans carbone ou un  médicament contre le cancer. Mais pour  s’en apercevoir, il faut que nous commencions par défaire le bandeau qui nous rend aveugles : celui de l’égalitarisme qui conduit au nivellement  par le bas. Le bon chemin c’est  celui de la justice. Cela nous évitera de penser de travers en croyant, par exemple, qu’il faut taxer les superprofits au lieu de réfléchir sur la nécessité pour nos entreprises d’entreprendre des investissements coûteux dans le numérique ou sur le moyen de renforcer l’actionnariat salarié pour que les  Français perçoivent davantage de dividendes. Ce qui serait un bon  moyen de répondre à la demande « de sens ou de vision »,  réclamée par toute une classe  d’âge pour s’investir dans  le travail.  Mais la réflexion économique est plus difficile à conduire que la morale égalitariste  à proclamer. Et il faut aussi faire face aux discours dangereux des écologistes politiques : la nature nous  sauverait contre  la technologie. C’est terriblement contre-productif. C’est l’inverse qui est vrai. Ainsi, la solution, ce n’est pas abandonner l’usage de l’avion, c’est décarboner son usage. Ce qui est  déjà en train de se faire !

Nous avons les  moyens de faire face aux défis de notre temps.  Pour  cela il faut renouer avec la foi dans le  progrès, comme nous devons continuer de manifester notre attachement au principe « d’universalité » qui reste indépassable  pour  assurer le  « vivre  ensemble » !

Il est temps de retrouver les bonnes semences !

 


LA DEMOCRATIE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT !

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Dans ce siècle initialement salué comme celui porteur d’une ferveur pour la démocratisation impossible à endiguer, le désenchantement à l’égard de la démocratie et la dévalorisation de la politique semblent prévaloir. Le constat est sans appel, le moins mauvais de tous les systèmes montre des signes de faiblesses puisque seulement la moitié de la population mondiale a vécu en démocratie en 2021. Les coups d’État ou encore les prises de pouvoir anticonstitutionnel se sont accrus significativement tandis que certains bastions de ce modèle, à l’instar des Etats-Unis et de la France, sont devenus des démocraties défaillantes ou affaiblies. Dans le même temps, le modèle illibéral et les régimes autoritaires semblent avoir le vent en poupe. Pourtant, la victoire de Lula au Brésil, les élections de mi-mandat aux États-Unis, l’évolution de la guerre en Ukraine, défavorable pour les Russes, apportent une bouffée d’oxygène aux démocraties, mises à mal par le populisme.

Le populisme battu en brèche.

Au Brésil, la page  est tournée, après quatre années de chaos et de fureur, Jair bolsonaro quittera  la scène dans deux mois avec devant lui un avenir incertain, qui se jouera peut-être dans les tribunaux avec des juges en embuscade. Certain de sa victoire, il  s’est d’abord muré dans le silence, ne voulant ni reconnaître clairement sa défaite, ni désavouer ses partisans, prêts à un  putsch. La  victoire de son adversaire est à vrai dire étriquée avec 50,9%,  mais bien réelle. Lula n’est pas la meilleure référence démocratique, mais de toute évidence la moins  mauvaise face à une extrême-droite conspirationniste et antidémocratique. Le  leader populiste de la droite radicale va  mettre  une semaine pour, du bout des lèvres, reconnaître sa défaite. Le  Brésil sort de l’expérience épuisé, mais il a montré la résilience de  son système démocratique qui sort renforcé  de cette  épreuve électorale.

Biden bel et bien conforté.

Joe Biden n’a pas eu tort de célébrer les avancées de son parti, les démocrates. Lesquels ont sans doute perdu la majorité à la Chambre des représentants mais se sont défendus âprement sur d’autres fronts, de manière à garder la majorité au Sénat. Biden au moins, ne met-il pas en danger la démocratie américaine, même s’il doit composer avec son aile  gauche wokiste et sa composante extrémiste. De leur côté, les Républicains avaient juré de ne pas reconnaître les résultats des élections législatives si elles ne leur apportaient pas la victoire. Ils ont mis une sourdine à leurs proclamations, insistant sur leurs gains mais taisant leurs pertes. Comme Bolsonaro, celui qui était certain de déclencher une vague insurmontable, doit  se rendre à  l’évidence : sa prophétie autoréalisatrice n’a  pas fonctionné. Si les Républicains auront une petite majorité à la Chambre des Représentants,  ce sera sans les poulains de Trump presque tous battus. Tout un électorat modéré, dans lequel  on compte des électrices et électeurs Républicains, a fait le choix de  la démocratie  contre le pouvoir personnel et  les   formes maladives de communication. Les  modérés semblent avoir imposé leur loi.

Deux perdants : Trump et Poutine.

Biden trouvera sans effort une majorité mixte au Congrès pour continuer à apporter à l’Ukraine l’aide militaire et humanitaire sans laquelle elle serait déjà conquise par les Russes. Il y a deux perdants dans cette élection : Donald Trump dont l’espoir d’être réélu pour un second mandat est en cours de disparition et Vladimir Poutine, qui a déjà perdu la bataille de Kherson, et ne sait comment expliquer aux mères russes pourquoi tant de leurs enfants ont été sacrifiés dans un conflit artificiel que le maître du Kremlin a monté de toutes pièces. Même les dictateurs doivent rendre compte au peuple.

On ne peut pas régner par la peur, indéfiniment.

Coïncidence ou pied de nez de l’Histoire, au même moment, le régime dictatorial des  mollahs iraniens doit faire face à une révolte violente de sa jeunesse qui ne supporte plus la chape de plomb islamiste  qui lui est imposée. Et les manifestations  perdurent malgré le black-out instauré par l’Etat et une répression féroce et sanguinaire. Deux mois après, son déclenchement, le feu perdure. De la même façon, les  déboires de l’armée russe en Ukraine pourraient bien sonner la dernière heure du régime de Poutine. Les Russes se moquent de lui tant qu’il leur fiche la paix, mais quand il envoie de la chair à canon en Ukraine, sa présence au Kremlin commence à être discutée même si toute contestation est gravement punie. En même temps, l’ours des glaces ne fait plus peur. On croyait que, en cas de conflit, les chars russes débouleraient rapidement dans les plaines d’Europe centrale. Il n’en est rien.  Pas de logistique, pas d’approvisionnement, pas vraiment de stratégie, seulement des stratagèmes et du chantage.

Un autre ordre mondial.

Poutine voulait montrer à la face du monde  que le  modèle  démocratique dont nous nous réclamons était une cause de faiblesse et de déclin, que les temps   nouveaux étaient aux pouvoirs forts, et il travaillait à la constitution d’un nouvel ordre  mondial, avec la Chine  et l’empire ottoman, entre autres, capable  de  s’opposer au monde occidental. La débâcle de son armée, les erreurs stratégiques imputables à lui-même, la  corruption généralisée de son régime de cleptocrates, les  exactions et les  crimes de guerre que l’ONU instruit, ruinent son entreprise. La presque totalité de l’activité russe a été consacrée à une communication mensongère. Mais la vérité finit toujours par montrer le bout de son nez. Alors, le système russe est toujours meilleur que celui des démocraties ?

Décidément, même quand elle est menacée, la démocratie libérale n’est pas si facile à abattre.  A cet égard, l’expérience italienne nous offre un joli sujet d’observation.

 


ALLER AU CIMETIERE…

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C’est la Toussaint.

Les cimetières ont revêtu leur parure de fête, les tombes disparaissent sous les chrysanthèmes aux couleurs flamboyantes d’où émergent des croix aux formes diverses. Cette année encore la  moitié des Français se sont rendus au cimetière pour une visite à leurs proches disparus. Ils en ont profité pour donner un  petit coup de propre aux pierres avant de déposer leur pot de fleur que les enfants arroseront avec  l’arrosoir emprunté sur place. Pour certaines, ce sera l’unique visite, pour d’autres ce sera le début d’un défilé plus ou  moins espacé dans le temps d’enfants, de proches ou d’amis.

Le culte du souvenir.

Comme chaque année, j’ai fait le tour des sépultures familiales, un coup en Bretagne, un coup dans la région parisienne. Autrefois, on vivait près de ses racines et les visites pouvaient se répartir au long de l’année. Aujourd’hui, la vie fait que l’on peut se retrouver loin de ses bases, la Toussaint revêt alors une valeur symbolique, un concentré de souvenirs pour qu’en une fois, nos défunts aient leur dose de signaux : ils ne sont plus là, nous ne sommes pas dupes, mais par cette excursion insigne, ce rituel, nous venons nous montrer à nous-mêmes la place qu’ils occupent encore sur terre dans le coeur des vivants, dans nos cœurs. Le culte du souvenir nous vient du fond des âges. L’homme, depuis des dizaines de milliers d’années, enterre les siens. Par ce deuil perpétué, c’est  la continuité de la vie qui s’affirme. Au cimetière, on n’est pas de nulle part, mais des siens, de ceux qui nous ont aimés, désirés, portés. Là, il y a de la chair, des os sous la terre, qui nous rappellent que le sang des ancêtres coule dans nos veines. Comme le dit Alain Finkielkraut : « je  vis sous  le regard des morts… de certains morts, et j’essaye de m’en montrer digne ! ».   

La mort aseptisée.

Autrefois, tout le monde ou presque se rendait au cimetière au moins une fois par an. Il est encore heureux que le pèlerinage ait encore conduit  un français sur deux cette année. Car, par les temps qui courent, s’y rendre suppose une bonne dose de résistance à l’air du temps. C’est faire un  pas  de côté pour s’écarter des autoroutes matérialistes et s’échapper du grand tourbillon du monde où la  mort n’a pas sa place, alors qu’elle est partout présente. Dans notre monde moderne, on ne vieillit plus, on « lifte », on ne meurt plus, on « part » ou on « s’en va ». La mort s’est aseptisée, exfiltrée vers les hôpitaux et les morgues, ou en virtuel sur les écrans, congédiée de telle façon qu’elle sorte de notre imaginaire, alors qu’elle existe bel et bien. Les tranhumanistes ont encore du chemin à parcourir pour l’éradiquer. La société « fluide » s’emploie à effacer les rites de passage, et il  est devenu rare de voir porter  le deuil, ou à supprimer les lieux de souvenir pour les  rendre impalpables en dispersant les cendres ; en proie au bougisme, ces citoyens du monde seraient des « everywhere » (de partout donc de nulle part), oubliant au passage la part de mystère qui souffle dans nos vies avec laquelle le cimetière nous reconnecte.

Un marqueur de civilisation.

Ils ne connaissent pas cette morsure du temps que la visite au sépulcre met en surplomb et qui élargit la conscience. Une manière de redonner du sens à la vie qui continue. Un moment de grâce, chargé d’âme pour ceux qui croient, et qui est aussi un geste d’amour pour tous. Ce moment, je l’ai particulièrement ressenti quand je me suis rendu en 2017, cent ans après, sur la tombe de mon oncle Gabriel, mort sur le front en 1917,  pour y lire un texte, retrouvé dans les  archives familiales, écrit de sa main en 1914.  Et comme l’écrit si bien Victor Hugo : « Ceux qui pieusement sont morts   pour  la patrie ont droit qu’à leur cercueil, la foule vienne et prie. Entre les  plus beaux noms, leur nom est le plus beau. Toute  gloire près d’eux passe  et tombe éphémère ;  et comme ferait une mère, la  voix d’un peuple entier les berce en leur  tombeau. » N’en déplaise, honorer les morts reste un marqueur  de civilisation, un marqueur de destins qui se perpétuent et participent au tissage de l’humanité. Ce jour-là, j’ai voulu lui dire … : « Mon père m’a parlé de toi, m’a transmis ta mémoire,  je te dois tant ! »

 


DE SAMUEL PATY A MASHA AMINI…

Samuel Paty

 

Faisons en sorte que leur mort n’ait pas été inutile.

C’était le 16 octobre 2020.

Il y a deux ans. Samuel Paty était assassiné par un fanatique islamiste pour avoir enseigné la Laïcité. Ce crime atroce fut un choc pour nous tous. Et il fut aussi un avertissement pour notre République, défiée au cœur de ses valeurs et de son École. C’était le résultat d’un passé fait de trop de complaisance, trop d’accommodements. Samuel Paty en fut la victime. Victime du « pas de vagues »,  mais surtout victime de ceux qui instrumentalisent la foi pour délégitimer nos lois et de ceux qui les tolèrent au nom d’une conception dévoyée de la liberté individuelle.

Aujourd’hui, on aimerait pouvoir dire que Samuel Paty a gagné la bataille des valeurs !

Malheureusement, le terrorisme est loin de s’avouer vaincu et les intégristes continuent leur pression sur l’école  et la société. Après le burkini, voici qu’on constate une augmentation des vêtements islamiques dans nos collèges et lycées. C’est une atteinte à leur neutralité religieuse, et donc une atteinte à la laïcité. Mais surtout, à travers ces  atteintes dont le vêtement devient plus que jamais un champ de bataille identitaire, il faut voir un rejet des mœurs françaises et une prise de  possession territoriale et culturelle, avec  un antisémitisme sous-jacent quand il n’est  pas clairement exprimé.  Ainsi, un enseignant du Lycée Georges Brassens, dans l’Essonne, a été menacé de mort, parce qu’il était juif.

Contre tous ceux-là, la République doit être implacable.

Avec fermeté et fierté, elle doit défendre ses valeurs. Celle de la Liberté de penser, la  vraie, et de s’exprimer. Celle de l’égalité, notamment entre les femmes et les hommes. Celle de la Fraternité, dont la Laïcité est l’un des socles. Notre nation rassemble et respecte chacune et chacun dans ses différences physiques, philosophiques ou religieuses. C’est son projet  et ce projet doit être défendu, sans complexe et sans faiblesse. Il est temps que les fanatiques, les antisémites, sentent  sur eux   la poigne de la République. Exhortons le gouvernement à la plus grande fermeté ! Mais en a-t-il les moyens alors que le Président a nommé un ministre pour le moins discutable à l’Education, tant ses propos et ses convictions sur la laïcité sont ambiguës. Depuis deux ans, peu de choses ont changé. Quant à nos jeunes, ils doivent savoir que la laïcité n’est pas l’adversaire des religions mais une liberté pour tous les citoyens et pour tous les cultes qui respectent la loi. Ils doivent aussi être conscients qu’il existe des prêcheurs de haine qui cherchent à les utiliser pour, un jour, les museler et museler notre société.

Ni muselière, ni obscurantisme. Liberté ! C’était le message de Samuel Paty, et on aimerait que ce soit celui de tous nos enseignants.

La  révolte  des Iraniennes.

Et c’est aussi le cri de toutes ces Iraniennes qui se révoltent pour ne plus être traitées comme des fantômes. Les manifestations qui secouent  l’Iran encore ce week-end ont trouvé leur origine dans la   mort de  Masha Amini, une jeune femme arrêtée  dans la rue  par la  police des mœurs de la République des  Mollahs pour une  mèche de cheveu un  peu trop décollée de  son tchador. Elle avait reçu vingt et un coups sur le crâne. Depuis, le pays tout entier s’est enflammé et  le  régime qui répond  par une répression sanglante, on en est  à  près de 200 morts,  doit faire  face  à une révolte qui se mène avec de nombreux  hommes  à leurs  côtés. Depuis Khomeyni, le port  du voile  est  obligatoire et inscrit dans  la constitution iranienne. Il voulait en faire un étendard de l’islam politique et de la lutte  contre l’influence  occidentale. Chez nous, les islamistes ont su en tirer parti  en profitant de notre éthique de la tolérance  pour en faire une vitrine. Mais l’exemple  de ces  jeunes  femmes à qui il  est égal de se faire arrêter, voire  pire, pourrait bien changer la donne.  Ce n’est pas  contre un objet cultuel qu’elles se battent, c’est  contre  le voile politique, instrument de l’oppression du régime  en place, signifiant, au-delà des interprétations du Coran, le caractère passéiste et profondément rétrograde de ce symbole qui a été plus ou moins figé dans les sociétés musulmanes. Elles se dressent d’abord contre le régime théocratique des mollahs. Elles  prennent acte de leur émancipation au péril de leur vie. Ce sont des jeunes filles anodines, issues de tous les  milieux, qui deviennent modèles pour toutes les autres. 40 ans après, quel terrible échec pour  les Mollahs !

Il y a de  quoi être  en colère contre la gauche en France, qui s’enferme dans le déni  sans se rendre compte qu’elle livre les Français musulmans aux plus radicaux. On aimerait entendre un  peu  plus Clémentine Autain et Sandrine  Rousseau si virulente contre le patriarcat blanc occidental, à propos de la répression sanglante que subissent  les femmes  en Iran. L’islamophobie, même fantasmée, a des  limites, non ?

De Samuel Paty à Masha Amini, ces deux visages nous obligent à ne rien oublier et à ne rien céder.

 


LA GAUCHE ULTRA RATTRAPEE PAR LA PATROUILLE …

Iran voile

Images et sons inattendus dans une manifestation.

Sandrine Rousseau sifflée et huée, Olivier Faure, patron du PS, conspué au moment de leur prise de parole : comme quoi il ne faut pas prendre les enfants du bon  dieu pour des canards sauvages. Leur présence à la manifestation parisienne de soutien aux femmes iraniennes qui se révoltent et font face à la furie de la police islamiste des mollahs n’était pas la bienvenue, eux qui professent en France la tolérance pour le  port du voile. C’est qu’il s’agit bien du même combat. Ainsi, il faudrait faire une distinction entre ces milliers de femmes qui s’insurgent pour réclamer le droit de vivre  sans voile, au point d’être  arrêtées et  battues à  mort s’il est  mal  porté, et les femmes de chez nous issues de l’immigration qui en font un argument de « liberté et de résistance au néocolonialisme » identitaire. Nos néoféministes à la Rousseau peinent à se solidariser et se retrouvent face à leurs contradictions.

La crise iranienne les met dans l’embarras.

Leur malaise est d’abord  électoral, la gauche radicale à laquelle ils ou elles appartiennent mise sur la communauté musulmane ; il est aussi idéologique, le voile étant devenu un étendard de la diversité aux yeux d’une gauche qui a choisi le  multiculturalisme face à l’universalisme et à l’assimilation. Aussi, la violence de la répression en Iran accroît leur malaise. Le  mâle blanc patriarcal, mal absolu (sans jeu de mot), serait concurrencé par un autre  mâle encore plus violent… Sauf qu’il n’est ni blanc ni néocolonial ! Alors  pour  sortir de la contradiction,  la  dialectique de Tartuffe est mise à l’honneur : il serait tout aussi condamnable d’imposer le voile en Iran que de l’interdire  en France, en oubliant le logiciel qui sous-tend son port obligatoire qui est le même dans les deux cas, le totalitarisme d’une religion fondamentaliste et obscurantiste,  complètement opposée à la philosophie des lumières. Sciemment ou inconsciemment, c’est d’ailleurs à une condamnation de la laïcité française qu’ils aboutissent.  

La  poussée communautariste.

Le mal serait anecdotique s’il ne se traduisait pas par une poussée du communautarisme  musulman dont le voile est un marqueur d’appartenance emblématique, auquel s’ajoutent désormais les tenues, habayas, qamis, que l’on voudrait imposer dans les établissements scolaires. Ne comptons pas sur le Ministre Pap NDiaye pour en faire cas, qui préfère relativiser le  phénomène et rester dans le déni alors que parmi   la communauté scolaires nombre de personnes sont scandalisées. La  poussée religieuse est désormais relayée sur les réseaux sociaux par une  mobilisation pour remettre en cause la loi de 2004 sur le  port des signes religieux. Et comme d’habitude, le  Collectif  contre  l’islamophobie en Europe, sis en Belgique (le CCIF a été dissous en France après l’assassinat de  Samuel Paty) crie à la discrimination des  jeunes filles.  Pour les non initiés, précisons que « l’abaya » est une tenue rattachée au wahhabisme et décrite comme une simple tenue « culturelle », alors qu’elle remet gravement en cause  la laïcité. Alors que dire quand un recteur évoque non seulement  « les encouragements à porter des vêtements marquant l’appartenance religieuse, des appels à la prière dans les  établissements » ou pire, « des invitations au chantage à la photo de jeunes femmes  musulmanes dévoilées ». On perçoit alors  tout le mal que peut faire  la « tolérance » de cette ultra gauche, alors que la fermeté reste la seule réponse. A force de lutter contre le racisme en propageant le « racialisme », cette vision raciale des rapports sociaux détruisant le principe d’assimilation, réduit à néant le creuset de la nation et permet le triomphe des communautés, aidé en cela par un véritable système d’intimidation et de coercition médiatique et  politique. Les  outrances de Sandrine Rousseau procèdent de cette démarche.

Sans Lumières, c’est  l’obscurité.

Voilà ce qui arrive quand on abandonne la révolution des Lumières  qui a produit l’humanisme universaliste, fondé sur la connaissance, la science, l’esprit critique  desquels découlent la liberté de pensée et la démocratie. Ce qui est encore un progrès pour l’humanité à travers la déclaration des  Droits de l’Homme, ils  veulent le remplacer par des théories fumeuses, du genre ou de l’intersectionnalité des luttes, qui consistent surtout à détruire la civilisation occidentale parce qu’elle a été à l’origine d’une conception de l’humanité qui rend invisible les races et permis l’abandon de l’esclavage et la décolonisation, alors que ce qu’ils professent conduit directement à la  guerre civile par l’affrontement des catégories qu’ils créent. Heureusement, cette  matrice antiraciste qui glorifiait l’utopie multiculturelle et diabolisait toute velléité de contrôle des flux  migratoires est à bout de souffle à force de  se décomposer dans un wokisme  débilitant.

Il  y aurait beaucoup à dire, et j’y reviendrai, sur le néoféminisme inquisitorial dont Sandrine Rousseau est l’exégète et sur l’écologisme obscurantiste des Verts,  les deux vont ensemble.  La gauche ne peut  pas laisser  le terrain à cette ultra gauche qui dévoie ses idéaux. C’est pourquoi j’en appelle à tous ceux pour qui l’universalisme a encore un sens, à se mobiliser vigoureusement.  La démocratie a besoin d’eux. La  droite libérale aussi  qui s’étiole à force de  porter seule le fardeau.  C’est le  dialogue fécond entre la gauche sociale-démocrate authentique et la droite modérée qui permettra de lutter efficacement contre  les  populismes  des deux bords.

 


RETRAITES : LA REALITE EST TÊTUE

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Les taux d’intérêts de la dette française sont rendus à 2,5% et ce n’est pas probablement pas fini. Cela met le service de la dette à plus de 50 milliards d’euros par  an.  Dans ce contexte auquel il faut ajouter l’inflation, la réforme du régime des retraites  devient inéluctable et même  urgente. Macron se heurte ainsi au mur de la réalité, d’autant plus que la nécessité de la réforme qu’il avait enterrée sous son premier quinquennat et qui lui était apparue nécessaire de remettre à l’ordre du jour dans sa campagne électorale, se heurte à un front syndical sourd à toute possibilité de recul  de l’âge du départ, pourtant seule solution efficace  pour rétablir les comptes.

Entre temps, les pensions ont été revalorisées.

Le groupe Agirc-Arco, qui gère les retraites complémentaires, lesquelles constituent jusqu’aux deux-tiers et plus de la pension totale, annonce une revalorisation de 5 % dès le 1er novembre, alors que la retraite de base, versée par la Sécurité sociale, a été augmentée de 4 % en septembre (jusqu’à un certain plafond). La forte croissance de l’année 2021 a permis aux régimes de retraites de devenir brièvement excédentaires. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Cependant, les fonds d’Agic-Arco sont imposants, de plusieurs dizaines de milliards,  capables de faire face à un déficit de plusieurs années.

Les aléas d’un serpent de mer.

La réforme, au départ, devait être un système à points qui aurait remplacé le précédent, en vertu duquel les actifs paient pour les retraités. Elle a, avec le temps et les aléas de la politique, perdu ses plus grandes ambitions. De toutes façons, personne n’y comprenait plus rien. Un élément cependant n’est pas abandonné, car il est crucial : c’est le paiement des cotisations au delà de quarante annuités. Si le temps des cotisations est prolongé jusqu’à 45 ans par exemple, le résultat est le même que si les Français travaillent quatre ans de plus. C’est du niveau arithmétique le plus simple et ni les syndicats ni les oppositions ne seront dupes. Il s’agit d’ailleurs de leur permettre de sauver la face, pas de renoncer aux recettes d’une vie active plus longue. Il était question de prolonger les carrières au-delà de 62 ans, disposition que les élus de droite approuveraient mais à laquelle la gauche et les syndicats sont totalement hostiles. il y a des mots devenus intolérables, comme « carrière plus longue », « mesure d’âge », « travailler plus pour gagner plus ».

Dramatisation.

Le projet de réforme des retraites a atteint une sorte de pic dramatique quand il fut annoncé, il y a quelques temps, qu’il serait adopté sans débat au moyen de l’article 49/3 de la Constitution, ou par un simple amendement inclus dans la loi de financement de la sécu. La levée de boucliers fut telle, y compris dans la majorité, que l’exécutif semblait avoir changé d’idée. François Bayrou, président du MoDem s’était insurgé contre une telle éventualité. Depuis c’est la confusion. Le  Président qui avait laissé faire dans un premier temps semble vouloir reprendre les choses en main.  Il y voit une source d’excédents susceptibles de ramener les régimes à un surplus qui permettrait au gouvernement d’avoir les coudées franches pour se diriger vers l’équilibre budgétaire, encore que  le projet de  budget 2023 n’en prenne guère le chemin.

Pourtant ça urge !

C’est que le temps presse, contrairement à ce qu’affirment les oppositions. Il parait désormais décidé à boucler la réforme dès l’année prochaine. Le point de vue de François Bayrou s’est largement étendu à Renaissance, nouveau nom du parti d’Emmanuel Macron, et la Première ministre, Élisabeth Borne, avait exprimé ses doutes sur le recours au 49/3. Pourtant, il semble que cette  procédure soit redevenue d’actualité.  De  son côté, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe,  ne s’attarde guère sur la méthode employée. 49/3 ou non, le fondateur d’Horizons souhaite que la réforme soit vite adoptée, comme le voulait initialement le Président. L’option dite « sérieuse » qui est étudiée par Emmanuel Macron et son gouvernement serait de faire adopter la réforme des retraites via un amendement de la loi de financement de la sécurité sociale, quitte à utiliser le 49/3, à moins que les LR s’abstiennent…  

Le pied sur le frein en accélérant …

Finalement, après une réunion avec les principales figures du  groupe  majoritaire et du gouvernement, le chef de l'État a décidé de se donner le temps de la «concertation». La réforme prendra la forme d'un projet de loi présenté «avant la fin de l'hiver», a précisé Élisabeth Borne, écartant notamment l'option d'un amendement au PLFSS. Une manière de temporiser tout en gardant l’objectif d’une application à l’été 2023. L'exécutif a en effet décidé d'ouvrir un nouveau cycle de concertations avec les partenaires sociaux et les forces politiques. Il était grand temps d’arrêter un calendrier pour sceller le sort de cette réforme des retraites qui, on peut en être certain, n’a pas fini de semer la discorde au sein de l’échiquier politique français. Avec en sous-main la  menace d'une dissolution de l'assemblée en cas de motion de censure, le  printemps promet d'être chaud !

 

 


DE L’ECOLOGIE A L’INQUISITION

Char à voileLe PSG en déplacement

 

Une tempête dans un verre d’eau.

Le déplacement à Nantes du PSG en avion a attiré les foudres  des écolos à l’affût de tout ce qui peut faire  mousser le débat sur la lutte contre  les émissions de CO2. Dans le collimateur de ces  « demi-habiles » sous-informés le trafic aérien est devenu une cible privilégiée. Ainsi en-dessous d’une durée d’une heure et demie de vol, il faudra bientôt préférer le train et ses 6-7 heures minimum de trajet dans le meilleur des cas. Tant pis pour le concept « time is money ». Ces gens-là ont d’autres préoccupations. Alors évidemment, la réplique de M. Galtier avec son « char à voile » a  soulevé une vague de protestations indignées qui est montée jusqu’au premier ministre. Certes elle était un peu légère et malvenue, mais personne n’a voulu voir l’humour qui faisait référence à  ce totem des écolos qu’est le « vent »  comme source inépuisable –mais intermittente- d’énergie. Le reproche fait au PSG est-il vraiment justifié, à savoir faire voyager l’équipe en jet privé. Quand on sait que  l’empreinte écologique générée par le digital et tous ses datas centers est le double de celle de l’aviation civile, vols privés compris, ces cerbères de  la défense de Gaïa feraient mieux de se préoccuper de diminuer le nombre de leurs tweets. Avant de crier « Haro », peut-être vaudrait-il mieux de se documenter et se demander si l’alternative proposée est viable. On se souvient de la tentative de François Hollande, président de la République, de prendre le train plutôt que l’avion : l’initiative tourna court en raison des contraintes inhérentes à sa fonction et de toute façon, l’avion suivait par précaution… Et puis, il faut arrêter de faire croire que les vols  privés sont le fait de gens irresponsables et égoïstes. Ainsi, à La  Roche sur Yon, en Vendée, l’aéroport est un important « hub » de vols privés. Ceux-ci sont utilisés par les nombreux chefs d’entreprises en « co-avionnage » pour leurs voyages d’affaires en Europe, indispensables à l’essor de leurs entreprises et largement rentables  au regard de déplacements qui prendraient un temps fou par les lignes régulières. L’enjeu, ce sont des centaines d’emplois….

Derrière l’indignation, l’obscurantisme économique.

Un été anormalement chaud et sec en France et il n’en fallait pas  plus pour exacerber le débat sur le réchauffement climatique, les polémiques se sont enchaînées alimentées par  une démagogie parlementaire débridée. Pour les écolos-gauchos, quelle meilleure cible que  les plus riches  supposés être responsables  de tous nos maux par leur train de vie,  leurs yachts, leurs jets privés leurs grosses voitures…. Un amalgame grossier qui confond l’ampleur et la nature des activités sans faire le lien avec  les entreprises qu’ils gèrent ou qu’ils possèdent, autrement dit notre production (PIB) et nos emplois. Pour remettre les choses en place, il faut savoir que le trafic mondial de l’aviation privée  pèse 0,04% des émissions de la  planète. Un argument dont nos obsédés des grandes fortunes, tenant d’une utopie égalitariste et prônant la décroissance n’auront que faire et peu importe que ces riches  créent  beaucoup d’activité et d’emploi. Nos champions de l’aéronautique, de la  construction navale ou du luxe qui constituent nos meilleurs atouts industriels n’ont qu’à bien se tenir. Pourtant la France figure déjà parmi les meilleurs en matière d’intensité carbone, y compris en incluant les importations :  en 2018 nous étions à 0,17 kg  de CO2 par dollar de PIB , contre 0,25 pour l’UE, 0,32 pour les Etats-Unis, 0,51 pour la Chine … La focalisation sur les plus riches est un mirage dangereux quand il est question de climat, et il ne faut pas  être grand sorcier pour comprendre les dégâts qu’occasionneraient des interdictions à tout-va et des surtaxations, surtout si elles sont cantonnées à la France,  pays qui étouffe sous les impôts, les réglementations  et déjà l’un des plus redistributifs au monde. Seul un prix universel du CO2 bien calibré pourrait apporter les incitations pertinentes en matière de sobriété et d’efficacité énergétique. Ce n’est pas la préoccupation principale de nos idéologues verts si on écoute la plus obscurantiste de leurs représentants, Sandrine  Rousseau.

Ce qui est atterrant, c’est que nos responsables politiques soient tous  phagocytés par cette idéologie verte et reprennent peu ou  prou le même argumentaire, à commencer  par notre Ministre de la Transition écologique dont beaucoup  d’affirmations péremptoires (dans Le Figaro) mériteraient qu’on en débatte.

 

 


LA GRANDE DEBACLE… ET APRES ?

Retraites

 

Le travail c’est la santé…

Les  médias en juillet ont fait état de ce mal  qui touche les pays occidentaux et plus particulièrement la France,  en utilisant l’expression « grande démission ».  C’est une épidémie de démissions sur le marché du travail, ou l’aquabonisme et les bras baissés se mélangent avec une sorte de refus du travail. De ce point de vue, notre  pays partait avec une belle avance : inventeur des « 35 heures », nous travaillions déjà 7 milliards d’heures par an de moins que la  moyenne des pays comparables, sans parler des records d’absentéisme. La crise sanitaire avec ses mesures généreuses de soutien a fini de convaincre ceux qui bossaient encore un  peu de lever le pied. L’idée de travailler  moins ou pas du tout, sous couvert de travailler mieux, est devenue la  référence de la recherche du bonheur. Même nos cadres surdiplômés sont touchés par la maladie. Résultat : aujourd’hui, alors que nous avons plus de 3 millions de chômeurs, plus de 360 000 postes étaient à pourvoir dans  l’hôtellerie-restauration cet été.  Mais  ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.  Si l’on fait  le tour des métiers, on s’aperçoit que nous manquons de couvreurs, d’aides à domicile, d’aides ménagères, de chaudronniers, de tôliers, de  serruriers, de carrossiers automobiles, de plombiers, de chauffagistes,  d’infirmiers, de pharmaciens, de puéricultrices, de menuisiers, d'enseignants, de chauffeur de cars scolaires … Au total, près de 3 millions de postes à pouvoir, selon Pôle Emploi. Elisabeth Borne n’est pas loin de la  vérité quand elle affirme que le « plein emploi » est à portée de main.

… Rien faire c’est la conserver.

Les Français sont de  plus en plus nombreux à prendre leurs distances par rapport à  leur boulot, estimant souvent ne plus y trouver le sens et l’intérêt qu’ils espéraient. Une recherche qui touche davantage la  « génération Y »,  nés après 1995, qui voudraient y trouver la possibilité d’avoir un impact sur la société. Et il n’est pas rare de voir des individus quitter l’emploi pour lequel ils se sont formés pour se tourner vers un nouveau métier, se  lancer à leur compte ou vivre différemment.  Une sorte de retour du fantasme du Larzac des babas cool. Le  revers du chômage partiel a peut-être été aussi une découverte de la paresse, d’autant plus que notre modèle hyperprotecteur que le  monde nous envie n’incite pas toujours à retrouver un emploi aussi rapidement qu’il le faudrait. On est bien loin du « travailler plus pour gagner plus »  de Sarko. Le sujet proposé à l’épreuve de philosophie du bac n’était-il pas : « Travailler moins,  est-ce vivre mieux ? ». De nombreux groupes occultes se sont emparés du sujet préconisant les uns l’indépendance financière et la retraite précoce, d’autres choisissent une vie minimaliste et sobre, participative et communautaire, beaucoup veulent s’affranchir des contraintes du travail flirtant avec l’idéologie de la décroissance… Et souvent, bien que super diplômés ils constituent un ramassis de paumés  en quête de  sens  et certains revendiquent même un « droit » au temps partiel, profondément convaincus que « les défis sociaux et écologiques nous obligent à changer notre regard sur nos activités et leur impact ».  On nage  en plein obscurantisme idéologique,  ce qui n’a rien à voir avec l’aspiration légitime à un bon équilibre entre travail et temps  libre. On comprend pourquoi le message de Pécresse est passé  à côté !

Power blues.

Cet état d’esprit où se mêle défaitisme et résignation semble toucher jusqu’à nos dirigeants de nos grandes démocratie occidentales. Emmanuel Macron en est un bon exemple. Son « power blues » s’est manifesté à travers son détachement de la campagne présidentielle qu’il a voulu réduire à peau de chagrin et à laquelle il a participé le moins  possible et au dernier moment, refusant tout bilan ; de même il a été quasiment absent de la campagne législative se contentant d’un appel qu’il voulait solennel à la reconduction de sa majorité, d’ailleurs peu entendu comme  en témoigne le résultat. La  plupart des commentateurs ont souligné l’absence de cap : le pouvoir, mais pour quoi faire ?  comme si le Président réélu doutait lui-même, cherchait à donner du sens à son second mandat. Sa  déclaration de rentrée face à ses ministres sur « le grand basculement, la fin de l’abondance  et  de  l’insouciance », tourne le dos à son optimisme viscéral  avec ce discours pessimiste, ce qui devrait annoncer une politique d’austérité. C’est que, secoué par les trois années de crise qu’il vient de traverser, l’équation s’est terriblement complexifiée pour lui avec la menace d’une crise énergétique, l’inflation et la remontée des taux d’intérêt. Une manière aussi de prévenir le bon peuple que l’Etat  nounou ne va plus pouvoir subvenir à tous les  besoins, que la dette va peser sur le pays, et que le changement climatique va nous imposer des sacrifices. On sent la tentation de Venise dans cet amer constat, quand d’autres se réfugieraient dans le Métavers. Or, c’est d’un sursaut dont la France a besoin, d’une galvanisation des énergies et d’un discours tonique sur la valeur travail. Notre vieille démocratie n’a-t-elle plus rien à dire ni proposer ? Pourtant, avec 3 000 milliards d’euros de dettes, il va bien falloir se relever les manches ! 

L’apocalypse c’est aussi le « renouveau » !

Oui mais voilà, l’apocalypse cognitive ajoutée à l’apocalypse scolaire, nous a fabriqués plusieurs générations de « crétins » obscurantistes et ignares, incapables d’esprit critique pour la plupart et prêts à croire tous les gourous et autres charlatans qui hantent les réseaux sociaux et irriguent  notre vie politique et notre société. Malgré tout, l’Occident se doit de proposer des alternatives à la voracité de l’Asie que tel un mauvais sorcier elle a nourrie, à la négation de la liberté de conscience et de la liberté des femmes sous la férule de religions moyenâgeuses, à la folie des théories inventées de toutes pièces aux Etats-Unis et tournant allégrement le dos à la science et à la raison, au déchaînement des nouveaux barbares qui sévissent à l’Est de l’Europe et en Afrique…  Les « Lumières »  ne sont pas éteintes, elles demandent qu’une main s’empare du flambeau pour éclairer à nouveau le Monde. Ce leadership peut revenir à la France si elle le veut : elle en est la source, elle en a la tradition  par son histoire, il ne manque que l’énergie !

 


L’ENFER NUMERIQUE

Lecture de l'été.

Enfer numérique001

 

Dans son livre, « L’Enfer Numérique. Voyage au bout d'un like », le journaliste spécialiste de la géopolitique des matières premières et auteur du très remarqué La Guerre des métaux rares, a enquêté pendant deux ans sur quatre continents pour comprendre les enjeux et les défis qui naissent de nos gestes en apparence anodins, chaque fois qu’on utilise internet. Guillaume Pitron, nous dévoile les conséquences bien réelles pour la planète de cette consommation du virtuel qui repose sur des infrastructures très polluantes bien concrètes.

Vous avez dit « dématérialisation » ?

Le journaliste a suivi, sur quatre continents, la route de nos e-mails, de nos likes et de nos photos de vacances. Son ouvrage nous conduit dans les steppes de la Chine septentrionale à la recherche d’un métal qui fait fonctionner nos smartphones, mais aussi dans les vastes plaines du cercle arctique où refroidissent nos comptes Facebook, et dans l’un des Etats les plus arides des Etats-Unis, pour enquêter sur la consommation d’eau de l’un des plus grands centres de données de la planète, celui de la National Security Agency (NSA). Pour envoyer un simple like, nous déployons ce qui sera bientôt la plus vaste infrastructure jamais édifiée par l’homme, un royaume de béton, de fibre et d’acier, un inframonde constitué de datacenters, de barrages hydroélectriques et de centrales à charbon, tous unis dans une triple quête : celle de puissance, de vitesse et… de froid.

Une pollution colossale.

L’industrie numérique met en avant son tribut positif à la préservation de la planète compte tenu des fabuleux leviers d’optimisation de nos méthodes agricoles, industrielles, « servicielles » qu’elle permet, mais  la réalité est moins enchantée : la pollution numérique est colossale, et c’est même celle qui croît le plus rapidement. Elle est d’abord due aux milliards d’interfaces constituant notre porte d’entrée sur Internet, mais provient également des données que nous produisons à chaque instant. Les chiffres sont édifiants : l’industrie numérique mondiale consomme tant d’eau, de matériaux et d’énergie que son empreinte est le triple de celle d’un pays comme la France ou l’Angleterre. Les technologies numériques mobilisent aujourd’hui 10 % de l’électricité produite dans le monde et rejetteraient près de 4 % des émissions globales de CO2, soit un peu moins du double du secteur civil aérien mondial.

Un cloud d’acier, de béton et de charbon.

Si l’on en croit les prestataires des serveurs, l’univers digital ne serait guère plus concret qu’un « nuage », le fameux cloud dans lequel nous stockons nos documents et photos. Pour un peu, le monde digitalisé serait synonyme de « vide » ou de « néant ». Il nous invite à commercer en ligne, jouer virtuellement et nous étriper sur Twitter sans que cela ne mobilise, à première vue, le moindre gramme de matière, le plus infime électron, la première goutte d’eau. Juste  un clavier et un écran ! Bref, le numérique est le plus souvent réputé ne générer aucun impact matériel. Ainsi, vous pensez que votre mel passe par  les satellites pour aller en une fraction de seconde à votre correspondant à l’autre bout de la planète : erreur, il  file vers l’un des multiples « data centers » qui le renvoie vers sa destination, captant au passage vos données, le tout par des cables enterrés ou sous-marins en fibre de verre. Personne ne sait quelles installations ont été déployées pour relier nos ordinateurs à nos tablettes ou nos smartphones. Pourtant « La pollution digitale met la transition écologique en péril et sera l’un des grands défis des trente prochaines années » constate l’auteur. Les entreprises du numérique déploient leur formidable puissance financière et d’innovation pour optimiser et tenter de « verdir » Internet, mais le déploiement de la 5G se révèle un gouffre énergivore impossible  à combler. C’est pourquoi des réseaux et communautés de défricheurs pensent qu’un autre numérique, plus sobre, responsable et respectueux de l’environnement est possible et commencent à s’organiser.

Une gabegie à tous les niveaux.

Quelques exemples pour comprendre l’importance du problème. Si  1 octet était équivalent à une goutte d’eau, les 5 exaoctets (1 exaoctet = 1 milliard de milliards d’octets) de données produites dans le monde chaque jour sont l’équivalent de plus de 5 fois le lac Léman, et les  47 zettaoctets (1 zettaoctet = mille milliards de milliards d’octets) générés chaque année, c’est  le volume de la Méditarranée et de la mer Noire réunies. Un océan de données. Pour les traiter, il existerait près de 3 millions de datacenters de moins de 500m2, 85 000 de dimension intermédiaire, une dizaine de milliers  de 5000 m2, et près de 500 dits « hyperscale » de la taille de terrains de football (10 000m2). Au nord de Paris, la  communauté d’agglo « Plaine Commune », qui compte déjà 47 datacenters s’apprête à accueillir une usine numérique de 40 000 m2. Un centre de taille moyenne peut consommer pour sa clim jusqu’à 600 000 m3 d’eau par an ;  on sait que 10% de l’électricité d’Amsterdam est captée par les datacenters… Comme  il faut une disponibilité absolue, les hébergeurs dédoublent les datacenters eux-mêmes, la  messagerie Gmail est dupliquée 6 fois tandis que les  vidéos de chats sont stockées dans au moins 7 datacenters à travers le monde. Cela entraîne une fantastique gabegie d’électricité. Et tout est à l’avenant. Il faudrait aborder aussi le  scandale des puces électroniques toujours plus performantes mais à un coup exorbitant pour la planète. La génération « climat », sera l’un des principaux acteurs du doublement annoncé pour 2025 de la consommation d’électricité du secteur numérique, soit 20% de la production mondiale, ainsi que de ses rejets de gaz à effet de serre. Les « influenceuses » et leurs vidéos futiles coûtent très cher à la planète, bien plus que le « boomer » et sa diesel  pourrie qui lui permet d’aller au boulot gagner son salaire de misère.

Le numérique tel qu’il se déploie sous nos yeux ne s’est pas, dans sa très grande majorité, mis au service de la planète et du climat. Aussi évanescent qu’il nous paraisse, sa croissance nous projettera paradoxalement le plus au-devant des limites physiques et biologiques, de notre planète. OK boomer ne vous dit pas merci ! Car l’une des principales pollueuses (entre autres) c’est Greta et ses  followers (16 millions) tous accros de vidéos ! Le livre aborde aussi l’enjeu que constitue la sauvegarde de notre vie privée et de nos démocraties  fragilisées par la collecte des données et la violence des réseaux sociaux. Et  ce n’est pas de la science fiction.

« L’enfer numérique, voyage au bout d’un like ». Guillaume Pitron. Editions « Les Liens qui Libèrent ».


LE METAVERS A L’ENVERS !

Vaillante-academie

 

Ah, le métavers ! 

Voilà un mot tout droit sorti de notre culture greco-romaine  occidentale puisqu’il est  formé du grec « meta » qui veut dire « au-delà » et de « vers » contraction de « univers » : c’est donc un « univers au-delà du réel ». Comment ça marche ? Pour  aller dans un metavers, il vous faut vous fabriquer un « avatar », plus ou moins « customisé », où il  pourra vaquer comme il  lui plait et pratiquer mille activités, grâce à  un casque de « réalité virtuelle » (admirez l’oxymore) qui vous plongera en 3D dans les paysages que vous visiterez et où vous pourrez vivre selon votre propre imaginaire. Le fin du fin sera atteint quand, grâce à des combinaisons « haptiques » (encore du grec : le  sens du toucher), vous pourrez ressentir le contact avec le réel virtualisé. Un moyen de s’inventer une seconde vie hors de la vie réelle. Car dans cet univers virtuel, on pourra presque tout se  permettre : jeux, concerts, musées, activités sportives, achats dans des  magasins … On pourra même faire des rencontres d’autres avatars qui se prolongeraient dans la vie réelle. Une utopie merveilleuse, à condition que nos jeunes ne finissent pas par passer l’essentiel de leur vie hors du réel ! Car, comme tout ce qui est digital, l’addiction n’est jamais loin. Mais est-ce bien utile ? Et  bonjour l’empreinte « carbone » !

Pour les anciens comme  moi, il y a mieux !

Transposer la fiction en réalité vraie ! Si, c’est possible !  Dans mon adolescence, lecteur de l’hebdomadaire Tintin, je suivais chaque semaine avec intérêt les aventures de Michel Vaillant, pilote de formule 1  inventé par Jean Graton. Et miracle, il est possible aujourd’hui, de se mettre dans la peau du héros de BD, de se  glisser dans une « Vaillante » et  de piloter le bolide. Cela se passe  sur le circuit automobile privé de Fontenay-le-Comte. A la « Vaillante Académie », Thierry Place accueille les stagiaires qui veulent vivre l’expérience et on peut  découvrir pour de vrai  les  formules 1 dessinées autrefois par  Jean Graton dans ses albums. Grâce à Jean-Louis Dauger, directeur de la marque et du développement « Michel Vaillant »,  les monoplaces bleues ont été fidèlement reproduites avec un   moteur de 150 chevaux, avec le même « design », exclusivement fabriquées par le constructeur irlandais Crosslé Car Company, une société née en 1957 qui est aussi l’année de naissance de Michel Vaillant dans la BD. Et pour accompagner ce metavers inversé, grâce  à Denis Lapière et Vincent Dutreuil, le héros mythique renaît pour un album  inédit : « Dans l’enfer d’Indianapolis » qui paraîtra à la rentrée. Grâce à la « Vaillante Académie » il est donc possible de passer du virtuel  au réel, de se transformer en coureur automobile et de se glisser au volant d’une Vaillante vintage des années 1960 et de faire vrombir le moteur. L’école de  pilotage est née en juillet 2020, la première session s’est déroulée en mai 2021. Elle est ouverte à tous ceux qui veulent vivre cette expérience incroyable, quel que soit leur  âge. Les  participants sont véritablement projetés dans l’univers de la BD : il  faut, en effet, revêtir les bottines, la combinaison ignifugée aux couleurs de l’écurie Vaillante, ainsi que le casque et les gants.  Après quelques cours de  pilotage, c’est le « top départ » ! Mais pas de chrono.  Il s’agit plus de réaliser un rêve d’enfant  que de se prendre pour Fangio, de se donner du bon temps en s’immergeant tranquillement dans le  monde des courses. Trois moniteurs et deux mécanos participent à l’opération. Le  plus vieux stagiaire avait 82 ans, ce qui n’a rien d’étonnant. Evidemment, Denis Lapière et Vincent Dutreuil n’ont pas résisté a  tenter l’expérience. Amener de la réalité dans la fiction, voilà qui change de la tentation du virtuel. On remerciera Jean-Louis Dauger et Thierry Place de ce formidable travail de concrétisation.  Grâce à eux peut revivre une période inouïe de la Formule  1 : l’époque de Steve Mac  Queen pilotant aux 24 heures du Mans, de Graham Hill remportant les 500 miles d’Indianapolis  après le Grand Prix de Monaco.  Toi aussi t’as connu ?

Alors, rendez-vous à la rentrée pour plonger dans « L’enfer d’Indianapolis ! »

Pour en savoir plus : Vaillante-academie.fr 


L’ETE MEURTRIER (2)

Feu de forêts

Entêtement de Macron qui ne change rien ni à sa  méthode, ni à son comportement, chute de  Boris Johnson qui plonge l’Angleterre dans un immobilisme au moins jusqu’en septembre, l’inflation qui s’envole et qui ne fait pas les affaires des ménages français et européens… Je poursuis le catalogue de nos malheurs estivaux : l’euro a continué sa chute pour atteindre la parité avec le dollar au moment où la Croatie reçoit le feu vert pour rejoindre le club, la hausse des taux  d’intérêt renchérit notre dette et va nous obliger enfin à la prudence budgétaire, et pour en ajouter un peu plus, le climat qui s’y met et vient ajouter une addition salée pour les dégâts épouvantables qu’il génère avec la sécheresse, les  orages et les incendies. Décidément, ça va  mal, patron, ça  va mal !

Une baisse imprévue.

Il arrive qu’on se plaigne d’avoir une monnaie forte, mais rien n’est pire qu’une monnaie faible. L’euro est arrivé à la parité avec le dollar. Une première depuis 2002. Une chute très brutale de l'ordre de 13 % sur un an. Rappelons que cette dépréciation est accompagnée d'une forte inflation et d’une croissance qui tourne au ralenti. Ce phénomène violent percute aussi bien les entreprises que les particuliers. Il est la résultante de causes multiples : l'inflation, les craintes de récession, la guerre aux portes de l'Europe. La situation en Ukraine se révèle en effet source d'une série de menaces économiques.

D’autre part, le dollar est stimulé par la politique monétaire de la Fed, qui a remonté ses taux directeurs de trois quarts de points dès la mi-juin, alors que la BCE, qui vient d’entamer le mouvement, est en retard. Ainsi, pour les investisseurs, le dollar se renforce dans son rôle de valeur refuge face à l'euro.

La baisse n’a pas que des inconvénients : l'industrie manufacturière est, en zone euro, la principale gagnante de cet effet car elle exporte davantage. Parmi les plus avantagés, les secteurs du luxe et de l'aéronautique, qui vendent beaucoup en zone dollar. Autre domaine favorisé, en France en particulier, l'agroalimentaire. La parité euro/dollar va bénéficier également au secteur touristique avec une augmentation du pouvoir d'achat des ressortissants américains, qataris et jordaniens, même si ce dernier avantage doit être relativisé.

Mais les grands perdants sont les petites entreprises non exportatrices, et les ménages, qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder. Pour beaucoup d'acteurs économiques français et européens, la dépréciation de l'euro est un facteur aggravant car beaucoup de flux entre l'Europe et l'Asie sont libellés en dollars, de même pour les matières premières et les composants électroniques, ce qui va  peser sur nos importations. Pour les ménages, c’est le pouvoir d’achat qui va en subir les conséquences sans parler du renchérissement des voyages hors zone euro. Les Français ont déjà réduit leurs consommations en loisirs, habillement et produits d'hygiène.

L’étau des taux.

La BCE est face à un défi : elle a lancé un mouvement d'augmentation de ses taux directeurs mais c’est une solution délicate à manier, car si elle agit trop fort sur ce levier, elle risque de pénaliser la croissance, alors que celle-ci est déjà faible et le résultat pourrait être catastrophique pour certains pays, comme  la France, pour qui la dette deviendrait trop lourde à supporter.

La hausse des taux d’intérêt, annoncée et redoutée depuis des années, a fini par brutalement se réaliser. Dans la foulée de la guerre en Ukraine et du rebond de l’inflation, les titres français de dette souveraine à dix ans se sont envolés en quelques mois. Depuis la mi-juin, ils se négocient désormais au-dessus de 2 % sur les marchés financiers. Les hausses se transmettent progressivement à la dette émise ou ré-émise par le pays, à raison d’environ 15 % par an pour la France. Chaque hausse de 1 % des taux entraînera au bout de dix ans une augmentation de la charge d’intérêt de 1 point de PIB par an rappelle le  gouverneur de  la Banque de France, ce qui représente à terme chaque année un coût supplémentaire de près de 40 milliards d’euros, soit peu ou prou le montant actuel… du budget de la Défense. En plus, l’évolution des taux des obligations d’État pose aussi de graves défis à la zone euro, en cas de divergence entre les différents titres nationaux.

C’est pourquoi, la Banque centrale européenne (BCE) a promis de veiller à éviter la «fragmentation» des conditions financières au sein de la zone. Les «spreads» (écart entre les titres) ont en effet augmenté. Ainsi, à la veille des législatives, les investisseurs avaient porté l’écart avec l’Allemagne à 0,63 point, son plus haut niveau depuis le début de la crise du Covid en mars 2020. L’Hexagone empruntait en revanche, à un taux plus favorable de 0,41 point que l’Espagne et de 1,35 point que l’Italie, réputée être le «maillon faible». Les marges sont étroites, et il est à craindre que l’euro poursuive la baisse… sauf récession aux Etats-Unis qui rééquilibrerait la tendance.

La chaleur et son cortège de sinistres.

Comme la guerre en Ukraine ne suffisait pas, il a fallu que les éléments s’y mettent aussi.  A un  printemps sec et plus chaud que la normale succède un été assorti de vagues caniculaires rarement vues. Cela ne va pas sans phénomènes métérologiques violents. Les orages de mai et juin qui ont frappé de  nombreuses régions de notre pays ont généré d'importants sinistres, dont le coût total s'élève déjà à 3,9 milliards d'euros pour les assureurs.  Les fortes températures qui assèchent les sols favorisent les incendies et pas seulement sur le pourtour méditerranéen.

En cette mi-juillet, l'Espagne, la France et le Portugal sont en proie à de violents feux de forêt. Selon le gouvernement espagnol, depuis le mois de janvierplus de 70 300 hectares de forêts sont déjà partis en fumée dans le pays. Après plusieurs feux en Provence et en Languedoc, dans la région de Bordeaux, deux feux ont déjà brûlé près de 3 000 ha de forêt et provoqué l'évacuation préventive de plus de 6 500 personnes, notamment près du site touristique de la Dune du Pilat. Partout, les pompiers peinent à maitriser les feux, malgré  les gros moyens déployés pour y faire face.

Quand  on sait que dans 90% des cas, ils sont d’origine humaine, on comprend les rappels incessants à la vigilance et à  la prudence. Ainsi une campagne « stop  mégots » a été lancée sur les autoroutes de l’arc méditerranéen en particulier, pour sensibiliser au risque les conducteurs et leurs passagers. Mais c’est tout le territoire qui est concerné et de  nombreux maires misent sur la prévention. Il  faut aussi appeler chacun à signaler  tout comportement suspect.  En effet, concernant  l’incendie dans les Pyrénées orientales (1 000 ha détruits), la piste d’un incendiaire est évoquée. Comme pour les attentats, pour faire face à  « l’été de tous les dangers », nous sommes tous concernés !   On comprend que dans ces conditions, de nombreux feux d’artifice aient été annulés.

Pour soulager les équipes sur le terrain, rien de plus simple que de suivre les consignes des sapeurs-pompiers et de respecter les arrêtés départementaux : ne pas allumer de feux à côté de massifs forestiers, veiller à jeter ses mégots  dans des cendriers, surveiller sa consommation d'eau et bien débroussailler ses espaces verts. Quelques comportements civiques qui vont de soi.

Allez, tâchez de passer un  bon été quand même.  On se retrouvera à la rentrée.

 


FICTION HUMORISTIQUE, MAIS SI REALISTE …

Je ne résiste pas au plaisir de partager cette tribune de Samuel Fitoussi*, publiée dans Le Figaro. Histoire de  se détendre un peu en ces moments  tourmentés, tout en faisant toujours de la politique.

* Étudiant à HEC et diplômé de l’université de Cambridge, Samuel
Fitoussi est également le fondateur du blog satirique «La Gazette de l’étudiant».

  Crétin

TRIBUNE - Le jeune chroniqueur imagine, dans un texte naturellement satirique (mais une partie notable des faits évoqués correspondent bel et bien à des déclarations de cadres EELV et LFI), l’activité parlementaire d’une députée mélenchoniste.

Lundi. Une nouvelle journée commence pour Louise et avec, une grande question: que proposera-t-elle de rendre gratuit aujourd’hui? Représentante de la VRAIE gauche, pire cauchemar des mâles blancs de plus de 50 ans (sauf de Jean-Luc Mélenchon qui possède la grandeur d’âme d’Assa Traoré) et opposante courageuse à l’ultralibéralisme d’Élisabeth Borne, notre jeune députée se rend à l’Assemblée nationale où elle est présidente de la commission pour une approche postcoloniale et désinvisibilisatrice de la lutte contre les stéréotypes.

En chemin, elle reçoit un appel de représentants syndicaux de sa circonscription, circonscription qu’elle a appris à bien connaître via les images satellites Google. On lui rapporte que depuis quelques mois, les points de deals dans les halls d’immeubles se multiplient. La situation est en effet préoccupante: ces lieux sont devenus des espaces extrêmement genrés, la profession de dealer étant exercée à 94 % (en 2022!) par des hommes cisgenres. Louise rassure ses interlocuteurs: des fonds publics seront alloués pour briser ce plafond de verre.

Dans l’hémicycle, Louise prend la parole. Alors que d’ordinaire, elle soutient les restrictions de liberté au nom de l’intérêt général (elle a par exemple milité pour l’interdiction des terrasses chauffées, des vols intérieurs, des couverts en plastique, des voitures, du nucléaire ou du partage inéquitable des tâches ménagères), il existe une restriction que jamais, jamais elle ne tolérera: l’interdiction du burkini.

«La communauté musulmane, victime de la colonisation, observatrice impuissante de ce que subissent ses frères palestiniens, malmenée par les pires réactionnaires - je pense bien sûr à Manuel Valls et Jean-Michel Blanquer - et souffrant du syndrome de Stockholm puisqu’elle continue à vouloir vivre dans un État islamophobe, doit être libérée, tonne la députée. Je propose de renommer la place Charles de Gaulle Étoile place Yasser Arafat Étoile, d’instaurer un semestre où le hidjab sera obligatoire pour toutes et tous et bien sûr, d’autoriser la polygamie et l’excision pour celles et ceux qui y consentent. En parallèle, nous devons interdire aux clochers de sonner, la France est un pays laïque.»

Mardi. Louise est invitée sur France Inter, où on l’interroge sur le projet international de la Nupes. Devant des journalistes admiratifs, elle remet les points sur les i. «Ceux qui disent que nous voulons quitter l’Europe vous mentent. Où irions-nous? Nous prônons une désobéissance courtoise des traités et s’il le faut vraiment, une autarcie inclusive. Quant à l’Otan, nous souhaitons en rester membres mais exigeons que les États-Unis en sortent. L’Ukraine? Nous condamnons l’agression russe mais cesserons d’armer les Ukrainiens car la dérive droitière de ce peuple, qui défend ses frontières et son identité, nous paraît nauséabonde.»

Mercredi. Réunion du bureau politique de la Nupes. À l’ordre du jour: le combat pour l’égalité des genres. Sujet majeur, pense Louise, car qui en France - à part le service public, le gouvernement, les grandes entreprises, le monde du sport, l’industrie musicale, les plateformes numériques, les universités, les influenceurs et tous les gens que je connais - ose se revendiquer féministe? Dans ce silence assourdissant, c’est à la Nupes qu’il incombe de mener le combat. Et tant pis si le patriarcat s’accroche à ses privilèges, par exemple en publiant des satires ridicules. Et puis, se dit Louise, c’est le propre d’un héros que d’être méprisé par ses contemporains. Martin Luther King n’a-t-il pas été assassiné? Galilée n’a-t-il pas fini sa vie en prison? Le nouvel essai de Rokhaya Diallo n’a-t-il pas reçu quelques critiques négatives?

Soudain, Jean-Luc Mélenchon l’arrache à ses rêveries en insultant bruyamment une collaboratrice. À l’issue de la réunion, il est convenu que pour aider les femmes de France, on se concentrera sur trois points: augmentation de l’immigration d’origine africaine pour apporter un contrepoids à la masculinité toxique des mâles blancs occidentaux ; désarmement de la police et remplacement des peines de prison par des formations contre les biais sexistes inconscients dispensées par Caroline De Haas ; subvention des films encourageant les femmes à ne pas s’épiler.

Jeudi. Invitée sur France 5, Louise se lance dans une longue tirade (l’extrait, agrémenté d’une mélodie mélancolique, sera relayé par des milliers d’adolescentes sur TikTok). «Je déplore l’égoïsme de la droite qui se fiche du pays que nous léguerons à nos enfants, et qui peut-être - mais je n’ose pas l’imaginer - ne lit pas les rapports du Giec. À gauche, nous nous soucions des générations futures et c’est pourquoi nous proposons de nous endetter de 300 milliards pour financer la retraite à 60 ans.»

Vendredi. Sur le plateau de CNews, un obscurantiste tente de lier immigration et insécurité, invoquant «le Stade de France». Elle lui cloue le bec, rappelant que la violence représente une forme d’expression culturelle qu’il est bien aisé de condamner du haut de sa vision ethnocentrée. Alors qu’elle quitte les locaux, CNews embraye sur le sujet des gangs de Nigérians sans-papiers qui se battent à coups de barre de fer à Marseille. Louise opère un demi-tour, pousse l’invité suivant de sa chaise et rétablit quelques vérités. «Comme toujours, les fachos passent à côté des vraies questions: ces Nigérians payent-ils la TVA sur les barres de fer? Et s’ils viventdu proxénétisme, ont-ils bien un compte Urssaf ? L’extrême droite agite sans cesse l’épouvantail de l’insécurité pour détourner du sujet majeur: la fraude fiscale. D’ailleurs, pour récupérer les 1000 milliards de milliards d’euros que volent les riches, la Nupes propose de condamner tout fraudeur à la lecture du dernier roman de Aymeric Caron.»

 


OBSCURANTISME VERT…

Terre

 

La Terre connait un dérèglement climatique. C’est avéré, nul ne peut le contester. D’ailleurs la vague de chaleur qui est en train d’envahir l’hexagone, dans sa forme caniculaire pourrait en être un bon exemple. Le problème, c’est que ce dérèglement n’est ni le premier ni le dernier de la longue histoire de notre planète. C’est ce que nous rappelle Yves Roucaute, éminent philosophe épistémologue et universitaire, auteur reconnu, qui vient de publier un ouvrage consacré à l’écologie intitulé : « L’obscurantisme vert. La véritable histoire de la condition humaine ». Il y démonte, science à l’appui, toutes les idées fausses de l’écologie punitive et en profite pour remettre l’humain au centre de l’univers. Bien entendu, comme tous les obscurantismes s’accompagnent d’une dictature de la pensée, nos verts vont tout faire pour empêcher que l’ouvrage ait la moindre résonnance, le moindre écho médiatique, jeté aux orties avant même de pouvoir en débattre. Marie-Laetitia Bonavita en fait une excellente synthèse par le biais d’une interview de l’auteur dans Le Figaro du 4 juin. Raison de plus pour le lire.

Première ineptie : sauver la planète.

Depuis la formation de la Terre, il y a 4,5 milliards d’années, la Terre a éliminé 99,99% du vivant et depuis 7 millions d’années, 21 des 22 espèces d’hominidés. Des causes bien connues : réchauffements, glaciations, séismes, volcans, tsunamis, cyclones, inondations, sans oublier d’éventuelles collisions avec des corps célestes. Sauver la planète relève pour le moins d’une idolâtrie qui cache en réalité le désir totalitaire d’organiser nos vies. On a souvent qualifié les écolos intégristes de mimétisme avec le totalitarisme marxiste, tant leurs objectifs sont similaires. Au nom du sauvetage de l’humanité on va jusqu’à nous priver de foie gras et surtout de voitures. 

Autre galéjade : l’humanité est responsable du réchauffement climatique.

Avant l’apparition de l’homme, les températures étaient beaucoup plus élevées que les 15° d’aujourd’hui. Les dinosaures broutaient au Groenland par 29°. Depuis 2,8 millions d’années, les humains ont subi 17 glaciations entrecoupées de périodes plus chaudes qu’aujourd’hui. Le seul réchauffement d’il y a 4 200 ans détruisit nombre de civilisations, celui de 950 a vu les Vikings s’installer au Groenland. Les variations climatiques sont la règle et le rôle des humains est dérisoire. Le véritable enjeu est de s’adapter pour survivre.

Troisième tartufferie : l’effet de serre.

Les écolos pointent un doigt accusateur sur nos activités qui seraient responsables de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, ce qui aggraverait l’effet de serre donc le réchauffement. Un angle d’attaque bien commode surtout quand il s’agit de condamner le « productivisme », enfant terrible du capitalisme (sauf en Chine). La ficelle est grosse, mais Les Thunbergistes tombent dans le panneau. Le taux de CO2 est aujourd’hui 8 à 17 fois inférieur à celui des dernières 545 millions d’années. Et il n’est pas la principale source qui, pour plus de 60% est la vapeur d’eau qui arrête les rayons gamma et X du soleil, à l’origine de la couverture chauffante qui permet la vie. Grâce à la science, ignorantus, ignoranta, ignorant homme, le CO2 est devenu source d’énergie et d’oxygène par les feuilles artificielles, les micro-organismes, les puits bleus…

Alors le GIEC a tout faux !

Depuis 1988, le GIEC s’est mis sur le marché de l’Apocalypse. Son directeur, Hoesung Lee a produit une thèse en économie sur le réchauffement où ses prévisions se sont révélées fausses.  Et puis, il suffit de constater les faits : en 1970 il y avait 3,7 milliards d’habitants, il y en a 7,8 milliards aujourd’hui. 36% de la population mondiale était en insécurité alimentaire, 8% aujourd’hui ! La famine n’est pas venue de l’agriculture intensive… Le GIEC est engagé dans une course aux subventions, mais il oublie de combattre la pollution intellectuelle, qui nous  vaut le programme d’un Aymeric Caron à pleurer de rire s’il n’était pas pris au sérieux par les électeurs qui vont en faire un député. Il ne sera pas le seul fada à l’Assemblée, mais ce n’est pas une excuse.

Dernière plaisanterie : la planification écologique.

Le concept est de Mélenchon, jamais en peine d’invention pour épater la galerie. Ce qui est grave c’est que notre démiurge élyséen l’ait repris à son compte. Planifier le climat, même Staline n’y avait pas pensé. Voilà notre Première Ministre face à un vaste programme qu’il sera bien difficile de borner : il va lui falloir contrôler les causes du réchauffement, s’occuper du soleil, de ses radiations, de ses éruptions nucléaires, de l’angle de l’orbite et de l’axe de la Terre, sans oublier la Lune, les météorites, les forces souterraines qui produisent les séismes, les éruptions volcaniques et les tsunamis. Ajouter à cela, que la planète se refroidirait par l’intérieur… La fée Borne aura besoin de pouvoirs magiques. Plus prosaïquement, il lui faudra revenir aux réalités sur le nucléaire. Un réacteur de 1500 mégawatts produit l’énergie de 10 000 éoliennes et dure 60 ans au bas mot. Dans le même temps 30 000 éoliennes rouillent aux Etats-Unis et que dire de leur pollution : elles durent 20 ans, polluent les sols, tuent les oiseaux.

Un dernier mot avant dimanche prochain :

Mélenchon et les Verts, se sont mis d’accord pour culpabiliser l’occident et rejeter le capitalisme avec le PS qui a passé par-dessus bord Jaurès pour un plat de lentilles. Ils oublient que la croissance permet d’améliorer la vie et d’assurer la puissance du pays. Ne perdons pas de temps à les convaincre de leur erreur. Mais on comprend comment un obscurantisme peut en rejoindre un autre, celui de l’intégrisme religieux musulman, et explique les décisions des maires écolos comme celui de Grenoble. Le meilleur moyen de les empêcher de nuire, c’est de ne pas voter pour eux. Car, il n’y a pas que leur conception de l’écologie qui est en cause, il y aurait beaucoup à dire sur leurs propositions économiques. Un cours n’y suffirait pas.

A l’obscurantisme, il faut opposer une vision spirituelle et comme toujours, celle-ci se voudra universaliste. La vraie écologie communie avec la nature humaine, qui n’est pas un sous-système de la planète, mais une énergie créatrice qui l’humanise. Il faut remettre l’homme au centre de l’univers et favoriser sa domination sur la nature, nous dit Yves Roucaute : « L’humanisme de la philosophie de la créativité que je défends libère la créativité de tous les humains… Pourchasser ce qui nuit à se joie de vivre, à sa liberté, à sa puissance, voilà le chemin de la véritable écologie. Si un peu de science nous éloigne de la spiritualité, beaucoup de science nous y ramène ! »

Yves ROUCAUTE. L’obscurantisme vert. La véritable histoire de la condition humaine. Editions du Cerf.

 


LA FRANCE N’EST PAS FOUTUE, MAIS …

Bout du rouleau
De quel côté qu’on se  tourne, Le regard ne rencontre que des situations dégradées. Les écrits de Christophe Guilluy, socio-géographe,  ou de Jérôme Fourquet nous décrivent un pays fragmenté dans tous les sens. Cause ou conséquence, le mal s’est transmis à toutes les institutions : modèle social, société, monde politique, économie, et les politiques menées non seulement ne cherchent pas à soigner nos maux à la racine, mais souvent par facilité, continuent de les aggraver. Il faudrait remonter au moins trente ans en arrière pour en trouver  les origines, mais les dix dernières années sont emblématiques de ce qu’il ne fallait pas faire. Le quinquennat qui commence n’annonce  pas vraiment de changement par rapport aux deux précédents et donc les maux ne vont faire qu’empirer.

Un modèle social à bout de souffle.

Notre modèle social, né de la dernière guerre, a vu sa philosophie originelle de solidarité être dévoyée en pompe à fric. Les trois piliers sur lesquels il était fondé,  les  services publics, la sécurité sociale et le droit du travail, inspirés des travaux du Conseil National de la Résistance donnaient à la République sociale une base juridique solide. Ils ont  été laminés par la révolution néolibérale des années 80, puis la globalisation et le  marché unique européen qui ont conduit au démantèlement notamment des entreprises de service public. Il se trouve que parmi les pays européens, le  modèle français a été le plus exposé.  Les réformes sociales du dernier quinquennat lui ont porté le coup de grâce avec la surétatisation du social par la transformation des cotisations sociales en impôts et avec la relégation des syndicats dont l’affaiblissement rend les jacqueries quasi inévitables quand ce n’est pas le recours aux juges, comme substituts  d’une démocratie défaillante. En se passant des corps  intermédiaires, le macronisme a dénaturé notre modèle  social au profit d’un système populiste, étatiste et libéral qui arrose tous azimuts, vidant un peu plus les caisses d’un dispositif déséquilibré incapable de les remplir. Les Français approuvent la réindexation des retraites sur l’inflation, le  relèvement de la  pension minimale à 1 100 € et le « dividende salarié » promis par le Président réélu, plébiscitent en même temps la baisse de la TVA sur les biens de première nécessité  défendue par Marine Le Pen, et le  blocage des prix fait recette auprès des trois quarts des sondés… sans se poser la  question de savoir comme ces mesures seront financées. Les « 10 raisons » de choisir le projet d’Emmanuel Macron citées dans son prospectus électoral sont un catalogue de mesures en monnaie sonnante et trébuchante : maintien des boucliers gaz et électricité, prime jusqu’à 6 000 € sans charge ni impôts, suppression de la redevance télé, baisse des impôts de succession… sous-entendant que l’état omnipotent pouvait tout. On s’étonnera ensuite de détenir les records mondiaux de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires. Compte tenu des déficits, on en conclut que le système n’est plus tenable et devrait être réformé en profondeur, mais de cela il n’est nullement question. Au contraire, l’Etat macronien entre  les  mains de Bruno Le  Maire envisage de continuer la politique du carnet de chèques, alors que tous les indicateurs sont au rouge : inflation, dette, taux d’intérêts, gouffre du commerce extérieur, etc…

Une société éparpillée et un monde politique atomisé.

Dans le monde d’avant, la société était structurée en groupes identifiés : ouvriers, cols blancs, artisans et commerçants, agriculteurs, professions libérales, patronat,  eux-mêmes traversés par des courants de pensée en liaison avec leur statut social, catholiques pratiquants et chrétiens sociaux, socialistes et communistes, libéraux, qui constituaient autant d’électorats captifs regroupés autour de convictions politiques. Cet ensemble permettait d’organiser la démocratie représentative par l’intermédiaire de partis politiques organisés et souvent puissants. Les syndicats, eux, assuraient le bon fonctionnement de la démocratie sociale comme outils de dialogue avec le pouvoir élu  et le reste de la  société. Ce monde a quasiment disparu. Ne parlez plus d’avoir des convictions, les gens suivent des modes  et consomment de la démocratie comme on va au supermarché, et quand ils en ont, c’est pour s’enfermer dans la « personnalisation » imposée en douce par les réseaux sociaux. Le  monde actuel navigue entre extrêmes et violences, est disponible pour céder aux charmes des  tribuns ou de la démagogie. Il suffit de distribuer des chèques pour obtenir des voix. Les rouages stabilisateurs  qu’étaient les syndicats et les partis politiques ne sont plus  en capacité de jouer leur rôle. Et pour couronner le tout, des hommes politiques changent de bord en fonction de leurs intérêts personnels, et même si le « débauchage » a toujours existé, dans une  société qui a perdu ses repaires,  ces quelques chiens galeux à l’éthique misérable  jettent l’opprobre sur tout le reste  du personnel. La  démocratie représentative en est gravement menacée.

Un grave problème de désindustrialisation.

Déficitaire depuis près de vingt ans, la balance commerciale tricolore fait aujourd’hui de notre pays le plus mauvais élève de l’Europe, loin derrière les Allemands et leur excédent de plus de 170 milliards d’euros l’an dernier. La France est le seul grand pays de la zone euro à avoir un énorme déficit extérieur. L’Italie elle-même est en excédent. Or lorsque l’on a un énorme déficit extérieur, c’est que l’on produit moins que ce que l’on consomme. Nos entreprises, harassées de charges, ne produisent plus ce que les Français veulent consommer. Même en agriculture, nous sommes en difficulté. Nous avons toujours les coûts de production dans l’industrie parmi les plus élevés du monde et peut-être même au sommet mondial, comme la part des dépenses de protection sociale dans le PIB qui est au top mondial. Au cours de ces trente dernières années, nous avons perdu la moitié de nos parts de marché dans le commerce mondial, avec une forte accélération depuis les 35 heures. La France a un énorme problème de production liée à la désindustrialisation massive, de faiblesse des compétences de la population active, d’insuffisance du taux d’emploi qui exige le recul de l’âge de départ à la retraite. Dans une note qu’il vient de publier, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) voit dans la détérioration du déficit commercial et l’accélération de la désindustrialisation depuis trente ans, les conséquences des politiques expansionnistes monétaires. En augmentant les dépenses de l’État et en baissant les prélèvements sur les ménages, les gouvernements successifs ont stimulé la demande interne ce qui a, in fine, participé à la dégradation de la performance à l’exportation.  A titre d’exemple, les écarts de demandes internes expliquent, sur la période 1999-2008, 61 % de la dégradation relative des soldes commerciaux vis-à-vis de l’Allemagne. Et à l’image d’un serpent qui se mord la queue, la dépendance aux importations participe aux déficits commerciaux qui eux-mêmes accentuent la désindustrialisation.

Le problème c’est le gouvernement par la magie et le mensonge.

La magie c’est l’argent qui tombe du ciel et le mensonge c’est que ce soit possible indéfiniment. Deux illusions tragiques gouvernent la France depuis trop longtemps.  La première c’est que la dépense publique souvent mal ciblée, qui plus est à crédit, crée de la richesse, alors que chaque cycle annuel  nous affaiblit de 80 à 100 milliards supplémentaires. La seconde c’est que les entreprises sont prospères alors que leur taux de marge est nettement inférieur en France à ce qu’il est en Europe et dans les pays anglo-saxons. Notre balance commerciale est en réalité le résultat d’orientations et de choix faits depuis des années, au premier rang desquels une économie qui s’est tournée vers les services en même temps qu’elle se désindustrialisait. Un phénomène aggravé par le fait que les entreprises françaises, bien plus que les autres, pour des raisons de compétitivité liées à la fiscalité, ont depuis longtemps adopté une stratégie consistant à s’implanter à l’étranger pour produire et vendre leurs produits plutôt que de les exporter depuis le territoire national. Le résultat c’est que la France est particulièrement dépendante de produits venant de l’étranger, pour répondre à la demande des consommateurs en biens d’équipement de toutes gammes, et à celle des entreprises en matériaux, composants, etc… et  ces dernières sont bien en peine d’assurer la progression du pouvoir d’achat.

Le sacro-saint pouvoir d’achat.

«  n’y a guère qu’en France que l’on prétend créer du pouvoir d’achat à partir du vent ou, ce qui revient au même, avec de la dépense publique à crédit », assure  Christian Saint-Etienne . La France n’a pas un problème de pouvoir d’achat et encore moins de demande, mais un gigantesque problème d’offre. Elle n’a pas non plus un problème de redistribution du pouvoir d’achat puisqu’elle est le pays qui redistribue plus qu’aucun autre pays au monde, et qui plus est, à crédit. Le soutien de la consommation financé par la dette publique explique 61% de la dégradation de la balance de nos échanges. Il a fragilisé notre industrie en l’enfermant dans une spirale cumulative de pertes de parts de marché, de manque de compétitivité, de compétences, d’investissement dans l’innovation. Seuls 36% des biens industriels consommés par les ménages sont encore produits en France. Pour distribuer du pouvoir d’achat, il faudrait produire, investir, innover, réduire les charges sur les heures supplémentaires. Et surtout arrêter de mentir : le soutien de la consommation par l’État à travers les subventions en faveur de l’énergie et de l’alimentation va amplifier les déficits jumeaux, tout en bénéficiant avant tout aux exportations de nos concurrents. La situation est d’autant plus critique que l’inflation rend la remontée des taux d’intérêt inévitable, y compris dans la zone euro où la BCE devrait les relever dès juillet prochain. L’envolée de la dette publique française n’a été rendue possible que par la diminution drastique de son prix. À l’inverse, la hausse d’un point des taux entraîne 40 milliards de charge de la dette supplémentaire sur dix ans. Les finances publiques de la France sont les plus fragiles de la zone euro en raison de l’importance du déficit structurel. Elles vont être prises en tenaille par la remontée des taux au moment même où des investissements massifs seraient requis pour moderniser l’éducation et la santé, soutenir l’innovation ou accélérer la transition écologique. Le surendettement n’est par ailleurs pas le monopole de l’État mais concerne également les entreprises, alors que les marchés dévissent sous la pression de l’inflation.

La France se trouve donc sous la menace d’un violent choc financier si les taux d’intérêt devaient dépasser la croissance nominale. Notre pays ne peut échapper à une révision radicale de sa politique économique.  On n’en prend pas le chemin !


TRISTE BILAN (4) La démocratie en panne

Elysée

 

Notre démocratie ne va pas bien, et le principal symptôme du mal qui la ronge, c’est la progression du taux d’abstention qui ne fait que traduire le désintérêt d’un grand nombre de nos concitoyens pour l’acte essentiel qui la fonde, le vote. Jusque-là, l’élection présidentielle était restée relativement préservée. La désignation du chef de l’Etat permettait de rassembler des suffrages en nombre suffisamment significatif. Mais cette fois-ci, toutes les conditions semblent réunies pour dégoûter ceux de nos concitoyens qui restaient encore attachés à la possibilité d’exprimer leur choix par un bulletin déposé dans une urne.

Jupiter et la verticalité.

Certains attendaient beaucoup du président sortant. Sa jeunesse, sa volonté de renouveler le fonctionnement de notre démocratie par un dépassement des clivages traditionnels avaient suscité de l’engouement dans quelques strates de notre société. Aussi le désenchantement n’a pas tardé à se faire sentir devant la verticalité d’un pouvoir qui s’est voulu d’emblée jupitérien, transformant une majorité élue à l’Assemblée nationale en rassemblement d’ilotes et renforçant les prérogatives d’une caste technocratique qui n’en demandait pas tant. Se sont ajoutées des maladresses liées à l’inexpérience de l’exercice du pouvoir et la méconnaissance des rouages de transmission souvent pris pour du mépris par les collectivités territoriales et les syndicats, des propos peu amènes à l’adresse du peuple qualifié « d’ignorants », de « gaulois réfractaires », de « gens qui ne sont rien »… Le tout accompagné par des affaires le touchant  des ministres et l’une lui-même de près sans qu’il en prenne tout de suite le caractère indécent, avec le cas de M. Benalla : « qu’ils viennent me chercher ! » avait-il proclamé devant ses députés réunis en hâte.

Le « en même temps ».

L’autre ingrédient qui a provoqué trouble et désamour aura été la doctrine dite du « en même temps » qui manifestement a conduit à la paralysie plus qu’elle n’a produit l’élan que le peuple attendait. On s’aperçut rapidement que le clivage droite-gauche n’avait pas disparu  et même qu’il s’exprimait au sein d’un groupe où le malaise s’installa, au point que des députés firent sécession en nombre suffisant pour fonder des groupes distincts, refusant de marcher au pas au sein de Lrem et revendiquant une autonomie de décision. Emmanuel Macron n’a pas compris l’équilibre de nos institutions, n’a pas saisi le rôle complémentaire au pouvoir central que jouent les collectivités,  n’a pas vu que le Sénat pouvait constituer un puissant contre-pouvoir qui l’a obligé à renoncer à la limitation du droit d’amendements. Celui qui voulait faire respirer la vie politique a renoncé à diminuer de 30% le nombre des parlementaires, un vrai faux problème quand on connait le coût basique de nos assemblées (5€ par an par habitant pour le Sénat), et la « participation citoyenne » qu’il voulait favoriser a débouché sur une « commission climat » à la légitimité douteuse dont les conclusions se sont avérées inapplicables pour la plupart. Le grand chantier institutionnel n’a jamais abouti, interrompu par l’affaire Benalla, puis par la crise des « gilets jaunes » et le « grand débat » dont les cahiers de doléances ont d’ailleurs été soigneusement enterrés, et enfin la pandémie du covid. De la même façon, l’instauration de la « proportionnelle » chère à François Bayrou n’a jamais pu voir le jour, et c’est tant mieux, même si une réflexion doit continuer à être menée sur ce sujet. La « société de l’abstention » ne pouvait pas trouver dans cette gouvernance matière à adhésion à la vie démocratique.

Le débauchage.

La volonté d’affaiblir les partis politiques traditionnels pour faire table rase de « l’ancien monde », alors que ceux-ci ont un tissu d’élus à travers tout le territoire propre à irriguer la vie démocratique, s’est traduite par la pratique du débauchage.  Ce pouvoir au visage de Janus, tantôt de droite, tantôt de gauche, dont on cherche vainement la ligne directrice autre que celle de l’opportunisme, s’est appliqué à séduire des personnalités aussi bien chez les gens de gauche que chez ceux de droite. Ainsi on a vu une partie du centre droit se constituer en appoint « constructif » à la majorité, on a vu Edouard Philippe constituer son propre parti en restant dans un soutien à l’Elysée suffisamment ambigu au cas où, on a vu récemment Marisol Touraine et Elisabeth Guigou venir faire allégeance « en même temps » qu’un Eric Woerth qui pourtant n’avait pas eu de mots assez durs pour condamner celui qui avait cramé la caisse ! Quoi de commun entre une ancienne ministre de la santé représentant une gauche sectaire inflexible avec un libéral attaché à l’orthodoxie financière des comptes publics ? La Majorité macroniste devient une « auberge espagnole ».  Par contre, je constate que ces comportements dégoûtent un peu plus les électeurs qui y voient davantage la recherche de la satisfaction d’intérêts personnels que le souci de défendre des convictions et le celui de l’intérêt général. La confusion qui en découle n’est pas bonne pour la démocratie qui a besoin de clarté pour permettre des choix « éclairés » !

L’enjambement de l’élection.

La cerise sur le gâteau est fournie par la présidence française de l’Union européenne et la guerre en Ukraine. Reconnaissons à Emmanuel Macron le talent pour profiter des opportunités. Comme tous les sortants, il n’a pas envie de faire campagne sur son bilan, d’autant plus que celui-ci est mauvais à bien des égards. La situation internationale et les obligations qu’elle lui impose lui évitent donc de s’appesantir dessus. Mais pis, il essaie de se dispenser de faire campagne, limitant au maximum ses interventions, les événements lui offrant une stature qui lui permet de dominer la compétition. La confrontation est donc minimale et cela ne peut que lui profiter, d’autant plus que les bruits de bottes couvrent largement le brouhaha des onze autres candidats devenus complètement inaudibles. L’anxiété qui a gagné les Français font qu’ils ont la tête ailleurs. Emmanuel Macron compte se faire réélire à moindres frais. Mais ensuite ?  Qu&nd les urnes sont boudées, souvent c’est la rue qui parle !

La démocratie, pire régime…

… à l’exclusion de tous les autres ! Si le régime représentatif  semble escamoter le visage social et politique du pays, si nos concitoyens sont désabusés, c’est en partie à cause des pratiques dénoncées ci-dessus. C’est aussi  la fatigue, l’habitude, la croyance en son éternité, la colère aussi, qui nous portent à n’en voir que les limites. Aucun modèle démocratique représentatif n’est parfait. Pourtant si on veut bien y regarder d’un peu plus près, le sentiment de trahison par les élites qui sous couvert de souveraineté du peuple  gouverneraient pour le compte d’une aristocratie qui se « gaverait », est en réalité essentiellement alimenté par ceux qui veulent l’abattre et admirent par ailleurs des régimes autoritaires où les libertés fondamentales sont bafouées. Quoi qu’on en pense, notre démocratie tient bon, et si Macron est parfois ressenti comme un « dictateur », cette outrance tomberait d’elle-même par la seule vertu de nos bulletins de vote qu’il suffit de glisser dans une urne. Quoi qu’on en pense, notre démocratie tient bon. Ne nous comportons pas comme des enfants gâtés aveugles à la chance qui est la nôtre. Au lieu de nous contenter des comportements de consommateurs critiques du résultat d’élections qu’on a boudées, mais toujours prêts à demander un passe-droit ou à profiter d’une prestation, ne serait-il pas plus efficace de nous intéresser aux programmes des candidats, car ils en ont, car ils ont des convictions, car ils ont des projets, car ils réfléchissent et travaillent à trouver des solutions… La démocratie exige un effort de chaque citoyen. La guerre en Ukraine nous permet de voir mieux, si on veut bien, ce qu’apportent de précieuses garanties notre vieille démocratie bien ancrée dans ses fondamentaux : vraie élection, pluralisme effectif, procédures loyales que les citoyens peuvent surveiller. Bien des peuples, même en Europe, voudraient être à notre place !

Ce quinquennat a mis la démocratie un peu plus en panne. Il ne tient qu’à nous qu’elle redémarre ! En votant pour Pécresse, par exemple...

 

 


TRISTE BILAN (1) La sécurité

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L’Ukraine écrase tout, après la pandémie.  Le temps consacré à l’actualité politique la fait passer au second plan et les programmes des candidats sont évoqués au compte-goutte quand ils ne sont pas   sciemment édulcorés ou oubliés. Puisqu’il  n’y a pas moyen d’avoir une confrontation avec le sortant pour parler du bilan de son quinquennat, faisons-le pour lui.

 

La sécurité, pour commencer.

 

Nous vivons dans une société dans laquelle la violence progresse et se diffuse. Et qu’on ne vienne  pas m’accuser de partialité, les constats observés s’appuient sur les chiffres fournis par le service statistique du ministère de l’intérieur pour la France  métropolitaine, tirés d’un rapport publié récemment : « Géographie de la délinquance à l’échelle communale ». Violence et agressions, cambriolages, violences intrafamiliales, … ces statistiques nous livrent un palmarès de la délinquance, ville par ville, pour finalement dessiner un bien triste bilan.

Les  cambriolages touchent tous les types de communes.

Ils constituent la forme de délinquance la plus "équitablement" répartie sur le territoire. Le taux ne varie que du simple au double entre petites et grandes villes. L’on ne sera pas surpris qu’ils soient statistiquement l’une des rares formes d’insécurité qui aura baissé ces dernières années, le confinement étant la principale raison. 

La délinquance.

Pas d’étonnement non plus pour découvrir que la majorité des actes de délinquance commis en France métropolitaine se concentrent dans les grandes villes et les villes touristiques. Les vols sans violence sont 12 fois plus nombreux, proportionnellement, dans les villes de plus de 100.000 habitants que dans celles de moins de 1.000 habitants. Pour les vols violents sans arme, c’est 75 fois plus. Si le nombre d’habitants semble déterminer la répartition géographique de la délinquance, l'étude fait apparaître des variations en fonction du type de délinquance. Le principal constat réside dans l’augmentation des violences contre les personnes.  Elles connaissent une hausse soutenue depuis le début du quinquennat. Avec 306 000 faits enregistrés, les « coups et blessures volontaires » (CBV) sont en progression de 31% depuis 2017. Comme le précise le ministère de l'Intérieur, ce sont les violences intra-familiales (VIF) qui, désormais, sont la composante principale des CBV, avec 157 500 faits (+14% par rapport à l'an dernier) et qui expliquent la majeure partie de la hausse du total des violences.  Là encore, sur ce dernier point, le confinement peut être incriminé.

La violence.

La violence  urbaine met  en lumière le climat d’insécurité dans les grandes villes  et même dans de nombreuses villes moyennes où le taux tourne souvent à plus de 70 agressions pour 1000 habitants. A Marseille, ville « laboratoire » macronienne pour l’insécurité, qui a bénéficié de renforts  très médiatisés, les cambriolages  ont progressé de 13% depuis 2017  et les violences dans l’espace  public ont grimpé de 10%. Certains penseront que c’est décourageant. L’insécurité n’est manifestement pas une simple question de renforts des effectifs de forces de l’ordre.   Autres  chiffres qui interpellent : dans les communes rurales qui accueillent un tiers de la population métropolitaine, les forces de sécurité ont localisé en 2021 près du quart des violences sexuelles,  des  coups  et blessures volontaires intrafamiliaux et des cambriolages enregistrés. La France des campagnes et des bourgs, celle des  zones gendarmerie, connaît bien une délinquance  plus marquée où la drogue n’est pas rare. Ensauvagement, comme le précisent des sociologues.

Les homicides.

Quant au chiffre des homicides, un indicateur très fiable car il repose sur des constatations et non pas sur du déclaratif, on a enregistré 917 homicides en 2017, contre 1.026 l'année dernière. Et dans ce cas précis la hausse est quasiment constante sur l'ensemble du quinquennat, avec une augmentation de près de 12%.

C’est d’une reprise en main globale dont la société a besoin : éducation et impunité zéro nécessitent de mettre le  paquet sur l’intérieur, l’éducation et la justice.  Vaste programme.

Hausse de la délinquance numérique.

Par ailleurs, on constate également un glissement de la délinquance du monde physique vers le numérique avec +30 % pour les escroqueries depuis le début du quinquennat. Dans le détail, on constate que la moitié des victimes d'arnaques sont approchées sur Internet, la crise sanitaire ayant joué un rôle d'accélérateur.

 

C’est donc à une tâche de longue haleine que l’exécutif devra entreprendre avec  un programme global, une main qui ne tremble pas et  une volonté  ferme. Car  en même temps, il faudra  maintenir aussi la  vigilance  et la fermeté face  aux actes terroristes toujours possibles.

Faire mieux avec moins d’argent s’imposera au prochain président (e) et les résultats mitigés au regard des augmentations de dotations ne seront plus de mise. Ainsi, la Justice  dont le budget  a progressé de 22% voit ses indicateurs fondamentaux continuer à se détériorer en dépit de la hausse des moyens (Cour des comptes). Pas mieux pour le ministère de l’Intérieur pour la police nationale dont la masse salariale a progressé de 21% pour un coût qui atteint 10 milliards, sans que  les résultats qu’elle affiche en terme de présence sur le terrain ou d’élucidation des faits de délinquance ne connaissent d’amélioration significative quand ils ne se détériorent pas… Même reproche à l’Education, premier poste de dépenses de l’Etat avec 76 milliards d’euros, en dépit d’une progression de 6% sur le quinquennat, les résultats restent médiocres. Principal carence : la performance des missions qui est absente des débats et des arbitrages et l’empilage des dispositifs jamais remis en cause , même quand ils s’avèrent inefficaces.

Seul un projet qui rétablit le régalien dans sa fonction pleine et entière pourra obtenir des résultats tangibles. Je ne vois guère que celui de Valérie Pécresse qui s’en donne les moyens.

 


MESSAGE DE MALIKA SOREL

Malika sorel les dindons

La guerre écrase tout. La plupart des médias, même lorsqu’ils n’ont strictement rien de nouveau à apporter en termes d’information ou d’analyse, persistent à boucler sur l’Ukraine/Russie. Dans les faits, ils ont droit de vie et de mort sur les idées. Ce qui nous empêche de poser sur la table des sujets qui engagent pourtant la continuité historique de la France. Ces sujets font l’objet de mon nouveau livre Les dindons de la farce (Albin Michel).

Sur Radio Classique, le philosophe Luc Ferry dit de mon livre qu’il “est essentiel, remarquablement bien écrit” et que “c’est le meilleur livre qu’on puisse lire aujourd’hui sur les dangers de l’islamisation de la France et nos lâchetés.”

J’y dis un certain nombre de vérités, y compris sur le clientélisme politique qui a conduit au séparatisme. Là se trouve la raison pour laquelle la limitation drastique des entrées sur le territoire national devient une urgence absolue. J’y pointe également un certain nombre de faiblesses des sociétés occidentales, dont il convient de prendre la pleine mesure. J’y dessine la voie que nous devons collectivement emprunter si nous souhaitons sauver la France.

Seul le bouche à oreille pourra faire que les idées contenues dans mon livre parviennent à l’opinion publique. Aussi, je compte sur vous.

Et comme me répète avec constance un très proche ami Général : “haut les cœurs !”

Avec mon meilleur souvenir,

Malika

Donc, à lire absolument !


RETRAITES : MACRON RELANCE LA REFORME

Retraites

 

Le candidat Macron met à son programme une nouvelle mouture de la réforme des retraites, fondée principalement sur la prolongation progressive des carrières jusqu’à 65 ans. Ce faisant, il n’hésite pas  à marcher sur les plates-bandes de la droite LR, dont la candidate, Valérie Pécresse, a présenté une réforme des retraites très semblable. Ce n’est pas la première fois qu’il vient piocher dans le programme des  Républicains, c’est même devenu une habitude, et d’ailleurs le projet s’adresse essentiellement à l’électorat de droite que Macron va chercher sans vergogne. Cependant, si à bien des égards, ce recul de l’âge de départ s’impose, à la différence de Valérie Pécresse, la  question est : « la fera-t-il vraiment ? ». Reconnaissons  que le moment choisi pour l’annoncer est habilement politicien : Macron profite de l’effet  crise qui joue en sa faveur et qui le place au-dessus de la mêlée, ce qui  limite le risque car cette proposition est tellement explosive qu’elle pourrait réduire son avance sur les autres candidats.

Cela  n’empêche pas de regarder la réalité en face.

Les régimes de retraite perdront 10 milliards par an s’ils ne sont pas révisés.  L’impératif économique n’a donc pas changé et aucun président ne peut l’ignorer. D’ailleurs, cette réforme aurait dû être faite sous le quinquennat qui se termine. On a perdu un temps  précieux avec un projet non abouti en forme d’usine à gaz, auquel personne ne comprenait rien,  qui, au final, a terminé à la poubelle.  Il va donc falloir travailler plus longtemps, avec une trajectoire précise (65 ans d'ici à 2032), à l'instar de ce que prône peu ou prou Valérie Pécresse. « Plagiat », dénonce-t-on chez LR. Il y a une part de vrai, mais en réalité, et au-delà du calcul électoral, la France n'a guère le choix, alors que l'âge légal de départ (62 ans) se situe aujourd'hui bien en deçà de ce qui se pratique dans les autres pays européens. C’est que relever l’âge de départ est la mesure la plus efficace, en dépit des coûts induits, pour équilibrer  les comptes et faire des économies   au moment  où il existe un rare consensus transpartisan pour augmenter très fortement les dépenses : sécurité, éducation, santé, défense, dépendance, etc... le tout dans un contexte économique mondial inquiétant, et avec des finances publiques lestées d'un endettement record.

Sans surprise, les syndicats sont contre.

Evidemment, les syndicats et parmi eux, ceux qui demeurent le plus ouverts à une réforme des retraites comme par exemple la CFDT de Laurent Berger, ont riposté par des déclarations alarmantes susceptibles de jeter dans la rue pas mal de monde. Travailler plus longtemps implique non seulement un sacrifice pour ceux dont le métier n’est pas agréable, et pose la question des plus de cinquante ans dont les entreprises françaises n’ont pas l’air de raffoler. Le risque d’une réforme par l’âge, clament-ils, c’est de mettre au chômage, donc à la charge de la collectivité, des centaines de milliers de salariés. Relever  l’âge de départ  rapporte plus que baisser les pensions ou augmenter les  cotisations (réforme Hollande) dont les marges sont devenues quasi nulles. Bien sûr, le recul du départ peut créer des effets induits avec des « effet d’éviction » vers d’autres prestations sociales : chômage, invalidité, handicap, arrêts  maladie. Avec une facture  qui pourrait être conséquente venant en débit du gain recherché. D’autre part il y a ceux qui prédisent une hausse progressive du chômage, freinant les salaires et la consommation des ménages et par conséquent freinant les recettes. Ce sont ceux qui crient avant d’avoir mal. Or, si  on regarde les effets de la réforme Sarkozy de 2010 qui a reporté l’âge de départ de 60 à 62 ans, on constate qu’elle n’a pas eu d’effet  marqué sur le taux de chômage des  séniors. La même étude du Trésor affirme que prolonger l’emploi des plus âgés ne pénalise pas les jeunes. Et cela d’autant plus que la pyramide des âges de la France connaît actuellement un creux démographique des 20-35 ans assez  prononcé et qui va se prolonger sur plusieurs  années. Le  décalage de l’âge de départ  à la retraite est la seule mesure permettant de créer des emplois, de  la richesse et de  libérer des marges de manœuvre budgétaires à terme.

Ceux qui promettent plus de beurre que de pain.

Car, qui peut croire les promesses d'abaissement de l'âge de la retraite de certains candidats ? Marine Le Pen, en quête de crédibilité pour un débat de second tour, affirme que son projet réaménagé, mais pas très clair, ne coûterait « que » 10 milliards d'euros ? Décidément, le quoi qu'il en coûte a fait perdre tout repère… Quant à Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel, ils veulent le retour de la retraite à 60 ans que les « riches paieront » (as usual), les autres se cantonnant au statu-quo, qui ne fait pas  l’affaire  comme on sait.

La France n’a pas vraiment le choix.

La plupart des autres pays d’Europe ont déjà fait cet effort. Si la France veut rester crédible auprès des investisseurs pour continuer de financer la dette à très bas prix, elle doit envoyer des signaux et ne pas s'en remettre uniquement au parapluie de la BCE. Le relèvement de l'âge légal en fait partie. C'est la garantie d'une volonté de financer notre modèle social en produisant davantage. Il restera à élaborer des règles de départs anticipés plus justes pour ceux qui travaillent dans des conditions pénibles ou qui ont commencé très jeunes – à cet égard, plusieurs dispositifs se sont sédimentés sans logique. Il faudra  aussi garantir des pensions plus élevées, en particulier pour les bas salaires. On n’échappera  pas  non plus à la nécessité de mettre vraiment la pression sur les entreprises concernant le travail des seniors, en favorisant des transitions plus douces vers la retraite. Sur ce sujet, la France est très en retard. Comme on le voit, au-delà du report de l'âge, il y a beaucoup de critères à définir.

Espérons que cette fois le projet sera mis en œuvre si le candidat Macron est élu et qu’il n’aura pas été qu’un leurre électoral. Avec Pécresse, on n’aurait pas cette incertitude.

 


PECRESSE : L’ALTERNANCE SANS L’AVENTURE !

Affiche pécresse

 

Oui, il faut une alternance !

Voilà dix ans que sévit le socialisme technocratique de Hollande et de Macron, qui se traduit par un pouvoir toujours plus centralisé, des impôts et taxes toujours plus nombreux et pesants, des dépenses publiques sans fin et une dette qui s’est alourdie de 1 000 milliards d’euros. A ce tableau calamiteux il faut ajouter l’explosion des violences, la montée des communautarismes, l’impuissance à juguler l’immigration. Et, cerise sur le gâteau, l’exercice macronien d’un pouvoir vertical et solitaire. La France a reculé : économiquement comme en témoigne le déficit de son commerce extérieur qui va s’aggravant et qui a atteint en 2021 un sommet avec 85 milliards de déficit ; intellectuellement comme le montre les classements PISA de notre système éducatif, socialement avec une société de plus en plus éclatée et l’accroissement du nombre des pauvres. 

Un sursaut est nécessaire.  Seule une alternance avec un projet alternatif le permettra. Ce projet, il existe, c’est celui de Valérie Pécresse. Il est complet, construit, cohérent, financé et veut s’attaquer à tous les maux dont souffre la France afin de redonner confiance dans son destin et aux Français, la foi dans l’avenir. Ce projet, la candidate des Républicains l’a exposé à plusieurs reprises et elle en a présenté une synthèse remarquable lors de sa réunion publique du Cannet. A ma grande stupéfaction, j’ai entendu le commentaire de la chroniqueuse de BFMTV, énoncer qu’elle ne voyait pas de différence avec le programme de Macron et affirmer qu’elle n’avait pas parlé du pouvoir d’achat, sujet principal de préoccupation des Français.

Escroquerie intellectuelle ou malhonnêteté, l’un ou l’autre. Il faut avoir le cerveau d’un bigorneau pour énoncer une telle sentence. La chaîne en continu devrait inviter des gens plus armé intellectuellement pour faire les exégèses. Mais ce message est véhiculé par tous les macronistes, et fait partie des éléments de langage élaborés par la cellule communication de l’Elysée, il est abondamment relayé par les partisans de Zemmour, allié objectif en la circonstance. Il importe de dénoncer cet argumentaire spécieux qui est tout simplement scandaleux. A moins qu’il ne s’agisse de répondre à des mots d’ordre visant à influencer les téléspectateurs. D’abord Macron n’a pas de programme à ce que je sache, et son bilan, on le connaît. Alors pour instruire un peu notre chroniqueuse, je lui propose quelques différences parmi beaucoup d’autres : Macron ne propose pas de rétablir une vraie politique familiale, ni de banque de la jeunesse pour rétablir l’égalité des chances, ni de plan orsec pour la justice avec de nouveaux moyens carcéraux, ni de nouvelle politique de la santé avec 4 000 docteurs juniors répartis dans les déserts médicaux, ni de choc sécuritaire pour rétablir l’ordre, ni de juguler l’immigration clandestine et contrôler l’immigration légale avec des quotas, ni de défendre correctement la laïcité en ayant par exemple une position claire sur le port du voile islamique, ni de faire une grande réforme de décentralisation, ni de s’attaquer à la bureaucratie administrante en réduisant le nombre des fonctionnaires  … Quant au pouvoir d’achat, Valérie Pécresse veut traiter le sujet par le bon bout, celui de la feuille de paie et pas celui des chèques en bois qui tombent du ciel. Bref, il y aurait encore tant de sujets à énumérer …. 

Pécresse a un vrai projet d’alternance et une vraie capacité à gouverner, entourée par une équipe de France talentueuse composée de femmes et d’hommes ayant fait leurs preuves et expérimentés dans l’exercice du pouvoir. Elle a la réputation de faire ce qu’elle a annoncé. Personne, même pas Macron, ne peut rivaliser en la matière. Je me  demande si c’est vrai qu’un quart des électeurs de François Fillon s’apprêterait à voter  pour le sortant. Si c’est le cas, ils se fourvoient.

Zemmour-Le Pen, c’est l’aventure.

Puisque il y a une sorte de primaire à droite et à l’extrême-droite pour obtenir la seconde place décisive, je veux donner quelques éléments de réflexion à ceux qui se laisseraient séduire par les deux autres candidatures.

Eric Zemmour,  le chroniqueur est certes un beau parleur et les échos de sa campagne sont largement relayés par les médias. Il a fait le buzz comme on dit. Ses partisans sont d’une rare agressivité sur les réseaux sociaux et tirent sur tout ce qui bouge, et surtout sur Valérie Pécresse. Il a fait référence au RPR pour se positionner, mais c’est plutôt le Front National qu’il a ressuscité, quand on observe tous les ralliements qu’il attire et les relents pétainistes de son fonds de pensée. Et si vous vous accrochez à Guillaume Peltier pour faire croire qu’il recrute aussi chez Les Républicains, sachez qu’en ce qui le concerne, il s’agit plutôt d’un retour aux sources. Côté programme on hésite entre l’amateurisme des propositions et la démagogie la plus basique. On imagine mal comment il pourrait être mis en application et surtout avec qui. Car côté compétences et  expérience du pouvoir, autour de Zemmour, c’est le désert des Tatares. S’il y a encore des fillonnistes qui s’’apprêtent à voter pour lui, ils sont prévenus. Ce sera un vote perdu. L’alternance avec Zemmour, ce serait une aventure dont la France, dans l’état où elle se trouve, n’a pas besoin.

Nous ne serons pas mieux lotis avec Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national a l’expérience de trois campagnes présidentielles. Elle sait donc mieux que quiconque se couler dans les aspirations populaires. Mais peut-on la suivre dans un projet qui évolue au gré du vent. Contre l’euro, mais le vent souffle en sens contraire, donc exit le retour au Franc. Pour le retour à la retraite à 60 ans, mais ça n’est pas tenable, donc maintien du statut-quo qui pourtant n’est plus tenable lui non plus. Pour le reste on est entre programme anti mondialiste à la Mélenchon et anti-européen à la Dupont Aignan. Les extrêmes se touchent. Là encore, on imagine mal comment son projet pourrait être mis en œuvre et là encore, avec qui. Le Rassemblement national qui est un courant de pensée avec un support électoral non négligeable n’a jamais eu la capacité à faire élire ni à rassembler des personnes expérimentées ayant l’expérience du pouvoir à un haut niveau. Gouverner la France ne s’improvise pas ! Elire Marine Le Pen serait aussi une aventure, avec un risque supplémentaire, c’est que les vieux réflexes (ou démons) de la droite nationaliste ne reviennent au galop avec le réflexe autoritaire (dictatorial) qui est dans son ADN.

L’alternance crédible et responsable, sans risque démocratique, c’est Valérie Pécresse, et elle seule, qui peut l’apporter. Vous l’avez compris, le seul vote d’alternance, c’est le bulletin Pécresse, les autres feront réélire Macron.

Article partagé avec "Pécresse 2022 - Mobilisation citoyenne" 

 


POURQUOI JE NE CROIS PAS EN MACRON

Macron planté

 

Il parait que plus de 20% des  électeurs de François Fillon soutiendraient encore  Macron.  C’est pour moi incompréhensible. Si la politique qu’il mène peut parfois  prendre une coloration de droite, celle-ci est diafane et  est largement contrebattue  par les  lois votées  par son  groupe  parlementaire  à l’assemblée nationale et par ses actes concrets. Il est habile dans sa communication  et a  compris que pour être réélu, il lui fallait  conquérir fragment par  fragment une société  éclatée, en arrosant méthodiquement chacun de chèques sans provision.

Double langage permanent.

Chez lui, la duplicité est fréquente : Il a fait un discours ferme  contre le séparatisme aux Mureaux mais il combat mollement le communautarisme en laissant voter, par  exemple,  un amendement permettant aux femmes  musulmanes de pratiquer le sport avec  leur voile ce que les fédérations sportives réprouvent, il demande  de renforcer Schengen pour pouvoir limiter l’immigration,  mais jamais la France n’a accueilli et régularisé  autant d’immigrés  depuis 2017, il dit soutenir  les forces  de l’ordre mais accepte d’enfiler un T-shirt « contre les violences  policières »  …  On retiendra que c’est sous quinquennat que la PMA pour toutes aura été votée, et que  les concessions au wokisme se sont multipliées comme en témoignent la loi qui  facilite le changement de nom patronymique, la circulaire sur  l’accueil des enfants transgenres à l’école,  et le projet porté par les jeunes  LRem de permettre le changement de genre à partir de 15 ans, la légalisation du cannabis et  de l’euthanasie, et  curieusement   des  propositions qui viennent contredire  le Président sur  la  chasse en préconisant la fin de la chasse à  courre et le lâcher de gibiers….

« Après moi le déluge. »

Dans un monde marqué par davantage de  concurrence et de contestation, la recherche de la compétitivité est la condition sine qua non pour ne pas subir la mondialisation mais  en tirer  parti. Dans ce contexte, les réformes structurelles sont les seuls moyens pour tenir son rang dans le concert des nations, comme nous  le montrent tous les pays qui  les ont réalisées en temps et  en heure. Depuis dix ans, notre pays est à la traîne, et le quinquennat qui se termine offre un bien maigre bilan. Les quelques réformes qui ont  été menées ont été le plus souvent mal conçues, mal vendues, mal menées,  inachevées  quand elles n’ont pas été purement et simplement abandonnées. L’immobilisme l’a emporté, et cela tient probablement à la nature ambivalente du macronisme et de son groupe parlementaire.  Que l’on ne vienne pas  me dire que c’est la crise des gilets jaunes qui les a freinées, c’est le pouvoir lui-même qui a allumé la mèche avec sa taxe carbone inconsidérée sur laquelle il a été  obligé de revenir  avec à la clé un chèque de dix milliards. Le  mandat se termine sur un  bilan financier catastrophique.  La  France  reste  le pays champion du monde de la taxe  et de l’impôt ;  les baisses ciblées sur quelques secteurs,  les entreprises et les  ménages à faibles revenus, ont été largement compensées par des taxes et impôts nouveaux, si bien que le niveau de prélèvements obligatoires après avoir légèrement diminué est revenu  à son même niveau. A noter que  la suppression de la taxe d’habitation, présentée comme un gain de pouvoir d’achat aura été la mesure  la plus imbécile qui soit en privant les collectivités d’une de leurs ressources principales,  portant atteinte à leur autonomie de gestion  et  à leurs investissements, mettant un  puissant frein à la construction des logements. Même les  cris de victoire sur la croissance et la compétitivité de l’économie  ne sont pas crédibles.  Le  solde de notre balance commerciale en témoigne avec  un déficit qui s’est  encore creusé en 2021 à 85 milliards  d’euros.  On nous dit que la  France est redevenue attractive,  c’est vrai, mais  ce que les étrangers viennent chercher chez nous avec leurs capitaux ce sont les avantages financiers créés par la flat taxe. Une bien faible part retombe sur le tissu  économique. Et puis, cerise sur le gâteau, c’est le gonflement de la dette à près de 3 000 milliards d’euros. Le « quoi qu’il  en coûte » est devenu « après moi le déluge ! » Nous nous sommes abstenus des efforts d’adaptation et de la discipline des équilibres intérieurs et extérieurs. Et au lieu de commencer à  revenir au bon sens, on essaie  de convaincre nos partenaires rigoristes européens de changer les règles pour que notre impéritie  devienne légitime et puisse continuer.

Une voix s’élève enfin…

Il va falloir  « redresser » le pays. Il faut régler évidemment les problèmes de l’immigration et de la  sécurité. Il est normal qu’à l’occasion de l’échéance présidentielle soient abordés les problèmes de société tels que laïcité, égalité homme-femme, etc…  Mais les grands problèmes économiques vont bouleverser notre pays s’ils ne sont pas traités. Et on ne pourra pas  faire l’impasse  dessus cette fois-ci.  En effet,  les délais de grâce dont la France a bénéficié jusqu’à maintenant basés sur les conditions monétaires permissives mises en place pendant la grande crise financière et prolongées avec la pandémie, vont s’achever  avec la remontée inéluctable  de l’inflation et  donc des taux d’intérêts, même si les banques centrales vont tout faire pour que ceci soit graduel.  Il n’empêche, le retour au principe de réalité va  être violent et tout particulièrement pour les pays qui auront abusé de l’endettement. Et c’est probablement sous pression qu’il faudra, à chaud, traiter les problèmes. Les problèmes économiques et sociaux que notre pays doit résoudre rapidement  s’imposent dans  le débat présidentiel afin qu’ensuite, ils puissent être  mis sur la table. Sans développer, pour ne pas allonger le développement, il s’agit du pouvoir d’achat, des inégalités de revenu et de patrimoine, en n’oubliant pas le rétablissement de l’égalité des chances, de la désindustrialisation qui se poursuit, de la réduction des déficits publics, des compétences qui se sont fortement affaiblies notamment dans les domaines scientifiques, de l’innovation et de la modernisation des entreprises qui évoluent trop  lentement, et enfin de la transition énergétique dont les effets ne doivent surtout pas être sous-estimés.

Pour l’instant, il n’y a qu’une candidature qui a décidé  de prendre le taureau par les cornes avec un programme  dense, structuré et financé, et qui se saisit de tous ces dossiers.  C’est  celle de Valérie Pécresse. Elle seule  propose des solutions crédibles, documentées, proportionnées,  étalées sur le quinquennat. On peut toujours en débattre, elles sont là pour ça.

Mais rien ne serait pire  de  croire à l’endettement infini préconisé par Amélie de Montchalin,  et  pratiqué par son maître ; ils sont comme  le  baron de Münchhausen qui s’élevait prétendument dans les airs en se tirant par les cheveux. Ils risquent d’y perdre leur tignasse et plus dure sera la chute !

Macron, non, merci, c’est sans moi !

Valérie Pécresse

 


LA CANDIDATE FACE AUX ABSTENTIONNISTES

Pecresse-lci-mission-convaincre

 

Et d’abord, qui sont-ils ces abstentionnistes ?

Ils présentent des profils variés. Ils ont en commun de ne plus s’intéresser à la vie politique et  la plupart n’hésitent pas à avouer leur ignorance des programmes des candidats. Ils affichent un scepticisme affirmé sur le rôle de la politique  « qui ne change rien pour eux » quel que soit le détenteur du pouvoir. Pourtant, dans bien des domaines de la vie, les citoyens s’activent au sein d’associations et savent se  mobiliser pour des causes. Cette usure du « politique » qui confine parfois au « tous pourris »  se  manifeste  essentiellement par l’abstention électorale et met  en cause le système démocratique. Elle se manifeste aussi par la désaffection pour les partis politiques traditionnels qui sont tous concernés.  Les gens n’ont plus de convictions et ont tendance à suivre des modes, avec la  montée de l’individualisme et le repli sur la sphère privée. Il ne faut pas  ignorer  pour autant la « contre démocratie » qui s’affirme de plus en plus dans la société, cette démocratie  des pouvoirs indirects disséminés dans le corps  social,  une démocratie de la défiance  organisée face  à la démocratie de la légitimité électorale, vulnérable au complotisme, et dont les  « réseaux sociaux » facilitent le déploiement. Elle est prompte à dénoncer avec ses lanceurs d’alerte et ses actions de surveillance, elle est capable d’organiser  des actions jusqu’à la violence pour empêcher ou sanctionner les représentants ou les gouvernants, organisant une souveraineté populaire qui se  manifeste par   le rejet ou le refus et rarement par l’adhésion, d’autant plus qu’elle ne participe aux élections légitimes.  On voit où mène cette « contre-démocratie » : elle  creuse le fossé entre la société civile et les institutions et peut dégénérer en « populisme destructeur ». On l’a  vue en action à Notre-Dame des Landes, bafouant toutes les procédures démocratiques institutionnelles et obtenant satisfaction  par la défaillance du pouvoir exécutif. La campagne électorale témoigne de ces méthodes par bien des aspects.

Une candidate brillante et compétente.

Face à eux, Valérie Pécresse, répondant aux questions des deux journalistes, déploie son  programme et avec talent, argumente chacune de ses propositions. On ne peut faire plus précis et plus concret. Elle n’hésite pas à expliquer ses évolutions sur certains sujets, comme le « mariage pour tous » quitte à ne  pas plaire à son interlocutrice. Elle affiche ses convictions avec franchise, elle sait ce qu’elle veut et où elle veut aller. Peut-on la croire ? Elle a son passé d’élue en charge de la Région Ile-de-France et les ministères qu’elle a occupés pour plaider sa capacité à faire. Elle a la réputation de tenir ses promesses et de « bosser » ses dossiers. Elle démontre qu’elle a la carrure pour occuper le  poste qu’elle convoite.  Que faut-il de plus ? Normalement, même si  on ne la connaissait pas  avant l’émission, il y avait là de quoi convaincre les plus sceptiques. Mais la distance entre la candidate et les électeurs ou électrices présents  est peut-être trop grande : les sujets sont nombreux, les chiffrages forcément  complexes, les problématiques multiples… et s’avèrent difficiles d’accès pour des béotiens.  Alors on lui reconnaîtra de la sincérité  sans pouvoir rétablir une forme de confiance. On perçoit d’ailleurs dans certaines réponses, la présence de cette contre-société quand on conteste par exemple le montant des indemnités des parlementaires. Et probablement le programme de Valérie Pécresse, qui propose de moderniser la France par une avalanche de réformes, a-t-il du mal à être  compris par  un auditoire qui ne connaît vraisemblablement pas la réalité des institutions et de leur empilage.  

Alors, mission impossible ?

L’exercice est d’autant plus compliqué que  c’est une candidate qui se veut « responsable ». D’autres convaincront peut-être avec des arguments démagogiques et populistes, mais finalement irréalisables.  Le  jeu de la séduction est d’autant  plus compliqué quand on est convaincu que la politique,  c’est avant tout l’art du possible.  La démocratie réclame de la part de ceux qui sont appelés à voter, un effort. Elle est une conquête inestimable pour laquelle des femmes et des hommes sont morts. Il n’est pas  anodin de le rappeler. Il est probablement possible d’améliorer les institutions de la Vème république, encore faut-il croire, avant, à la valeur de la démocratie représentative. Toutes les autres formes, comme le tirage au sort, ne sont que des ersatz pour démagogue en mal de pouvoir ou de simulacre pour imposer ses vues. Finalement, ce format d’émission est peut-être plus nuisible qu’utile au rétablissement d’une citoyenneté comprise et assumée.

J'en tire trois conclusions :

L'abstention est fille de la paresse intellectuelle ;

Le dénigrement des  partis politiques constitue un affaiblissement de la démocratie, car sans eux, elle ne peut  pas vivre. On l'a vu avec le mouvement des gilets jaunes;

Vivre la démocratie, c'est d'abord avoir une opinion pour ensuite se forger des convictions. 

 


DEUX PERILS EXISTENTIELS POUR LA FRANCE (suite)

Laicite

 

ISLAM ET LAÏCITE

 

Aborder le sujet de l’islam en France est toujours délicat. C’est prendre le risque d’être taxé de raciste ou d’islamophobe. Aussi pour éviter tout malentendu, ma réflexion s’appuie sur les écrits de Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur, parus dans son livre posthume « Réconcilier la France, une histoire vécue de la nation ». Au moins cela m’évitera tous les a-priori que mon appartenance à la pensée de droite pourrait susciter. Homme de gauche, Jean Daniel y constatait la faillite de notre politique d’intégration, regrettant l’abandon de notre modèle d’assimilation et pointant les problèmes posés par l’islam à la laïcité. C’est bien là le cœur du sujet. C’est le second péril existentiel  pour la France.

Islamisation de la vie quotidienne.

Loin de moi l’idée de stigmatiser les musulmans, mais on est en droit de s’inquiéter des conflits de plus en plus nombreux posés par l’affichage d’une pratique religieuse au regard de l’application des lois ou des règles constitutionnelles  en vigueur. Prenons par exemple  le cas très récent de cette élève avocate qui se présente à l’audience solennelle de la prestation du « petit serment » de l’école du barreau, refusant de retirer son voile, à la demande du président. Or, en salle d’audience dès lors que les membres de la cour d’appel ont ouvert solennellement la séance de prestation de serment, comme lors de toute audience, aucun signe distinctif n’est accepté.  C’est inscrit dans la Constitution et acté par un arrêt du Conseil d’Etat. La jeune fille dit s’être sentie humiliée, mais elle ne pouvait pas ignorer la règle établie qui s’applique à tous les signes religieux. Il ne s’agit  pas d’une stigmatisation islamophobe  mais du respect d’un fondement de notre République, la Laïcité. Ce fait pourrait paraître anodin, mais il est révélateur d’un phénomène bien plus grave, celui d’une islamisation de la vie quotidienne dans certains quartiers, souvent en marge des lois qui prévalent dans notre  pays. Pour faire court, le modèle  communautaire n’est pas compatible avec l’universalisme et la laïcité qui inspirent  toutes nos lois.

Islam et laïcité.

Jean Daniel voit dans la valorisation des différences, très à la mode sous prétexte de visibilité et de représentativité, un abandon. Lui aurait souhaité qu’on mette l’accent, non sur l’apport de l’étranger, mais sur l’identité reçue. Et d’ailleurs, ajoute-t-il, tant que le modèle assimilationniste a été appliqué, il a parfaitement réussi. Et quand il a cessé d’être appliqué, il  n’a pas été  remplacé. Pour lui,  la situation que nous connaissons aujourd’hui est le fruit d’une capitulation : l’abandon d’une politique d’assimilation. La  situation s’est progressivement aggravée par deux effets contraires, tandis que se délitait l’identité française par l’abandon des principes et de la philosophie qui la soutenait, l’identité islamiste se fortifiait, renforcée par une ghettoïsation inavouée. Jean Daniel pose alors franchement la question : « l’Islam pose-t-il un problème à la  laïcité ? » et il conclut : « Lorsque  la réponse n’est pas un réquisitoire, la réponse est oui ! ». En effet, il est difficile de concevoir un islam qui ne soit pas communautaire car la religion, pour les musulmans, c’est d’abord le  groupe, la tribu, l’umma.   C’est pourquoi, le journaliste affirmait : « l’Islam est un défi, une menace  pour la France, parce qu’il est un universalisme ». Le communautarisme qui confine à un séparatisme, que nous observons aujourd’hui, fait courir un  péril mortel à notre République, dès lors que tel Tarik Ramadan, certains revendiquent le droit de changer l’identité française.

Le pari de la liberté.

Alors que faire ? Nous devons réaffirmer la laïcité comme principe intangible.  Parce qu’elle libère l’individu du groupe, « lui permet de faire un pas de côté par rapport à la  religion de sa communauté, de sa  famille. » Et c’est parce que la France s’adresse à l’individu et non au représentant d’une communauté qu’elle peut être regardée comme  une chance pour tous ceux qui veulent la saisir, dont les musulmans. Cette France et son opiniâtre indifférence aux différences, aux communautés quelles qu’elles soient,  cette république des individus fait le pari de la liberté, cantonnant à l’espace privé l’exercice de la religion. Encore faudrait-il qu’elle redevienne un modèle désirable et que l’émancipation ne confine pas au vide identitaire et spirituel. D’où l’injonction de Jean Daniel : « La France doit faire rayonner la patrie littéraire, artistique, intellectuelle, politique qu’elle fut et faire valoir qu’elle est encore un pays qui porte des « lumières ».  Cependant, la responsabilité incombe aussi aux nouveaux venus porteurs d’un islam revendicatif et rebelles  à la fusion, encouragés  par la gauche progressiste des racialistes, des identitaristes.

Une double  tâche.

C’est donc à une double tâche qu’il faut s’atteler. Tout commence dans le système éducatif qui forme, selon les mots de l’auteur, « des êtres nomades, vides et  creux, sans histoire, sans passé sans verbe, sortis du laboratoire pédagogiste et progressiste des années 60-70. »  Il faut rebâtir le système éducatif avec comme axe essentiel de combler ce vide identitaire et spirituel.  Il faut en même temps sanctionner implacablement tout manquement à la laïcité.  Il faut parallèlement recréer les conditions favorables à une intégration en cassant les ghettos des banlieues. Et rétablir l’ascenseur social par l’égalité des chances ! L’autre tâche, c’est la lutte implacable contre le terrorisme islamiste et son expression « civile », l’islam politique. Il  s’agit de faire comprendre à l’immense majorité des  musulmans que l’assimilation n’est pas l’abandon de ses racines ni de son passé, qu’elle est un enrichissement et qu'elle est le bon chemin pour s'approprier le pays dans lequel ils ont choisi de vivre. Comme les progressistes se refusent à faire droit à cette philosophie, cette double tâche ne peut  être menée que par ceux qui croient encore en la France. Elle est devenue urgente.

 

 


UNE SORTE DE CUBA EN EUROPE…

France-faillite

 

Voilà un pays qui croule sous une bureaucratie omnipotente, qui voit ses jeunes prendre le large pour trouver un avenir, incapable de rembourser sa dette, au tissu industriel anémié  et qui a vu ses  exportations agricoles s’effilocher… Vous allez me dire : « Tiens, il  parle de la France ». Eh non, il s’agit de Cuba !  La  différence c’est que l’ile caribéenne a su développer des compétences en médecine, notamment une importante industrie vaccinale qui peut faire pâlir notre institut Pasteur.

Plus sérieusement, même si le trait est un peu gros, l’état de la France a de quoi inquiéter  les Français  et n’est pas celui, à l’eau de rose, décrit par notre cher Président avant le réveillon de la Saint-Sylvestre.  Affirmer que le pays est plus fort en 2021 qu’en 2017 ne tient pas. Le pays était déjà très amoindri à la fin du quinquennat Hollande et celui qui s’achève n’a rien arrangé, notamment à cause des deux crises majeures, l’une nationale, celle des gilets jaunes et l’autre internationale, celle du Covid. Il aurait fallu un miracle pour que  la France en sorte renforcée. 

Le  gouvernement exploite et tente de prolonger une embellie conjoncturelle, pensant en tirer profit  pour la campagne présidentielle, mais ce faisant, il continue d’aggraver les paramètres négatifs qui pèsent sur notre avenir. Certes, il peut s’enorgueillir de quelques réussites dans  les créations d’entreprises et  l’essor de la French tech qui à elle seule a  levé 10 milliards en 2021. Mais la forte reprise de cette année avec 6,7% de taux de croissance,  la  stabilisation du chômage n’est en réalité que l’effet de rattrapage de la récession historique de 8% du PIB en 2020 provoqué par le confinement. De même  que la  diminution du chômage , alors qu’un million d’emplois restent non pourvus,  doit prendre en compte la démographie et un simple coup d’œil sur  la  pyramide des âges  permet de comprendre le phénomène : le creux de natalité entre 1985 et 2010 bat son  plein et les 20-35 ans manquent furieusement à l’appel. Quant à  la progression du pouvoir d’achat de 1,6% par an, elle est en grande partie  le fait de la redistribution par l’Etat qui pour la réaliser a  continué d’écraser d’impôts nos entreprises –quoi qu’il  en dise-  et de ce fait a contribué à gelé les salaires.  Autrement dit, un  pouvoir d’achat saupoudré, factice et financé  par de la dette en plus.  La performance   d’ensemble reste donc médiocre, d’autant plus que l’inflation a fait son retour à près de 3% et elle risque d’être  beaucoup plus durable  que ne le pense notre grand apothicaire. 

Loin de révolutionner le  modèle français de croissance à crédit, le Président l’a, au contraire poussé dans ses extrémités, avec 1 000 milliards de dette supplémentaire. Quand j’entendais Amélie de Montchalin développer son argumentation de fuite en avant face à Eric Ciotti, tenant pour ringard un retour à l’orthodoxie financière,  je me disais que ces gens-là sont irresponsables.  Ils ne voient pas  que notre pays a perdu sa souveraineté  et du même coup la maîtrise de son destin.  Ou alors c’est du cynisme. La  France dépend de la Chine  pour son approvisionnement en biens de consommation, des Etats-Unis pour la technologie et de l’Allemagne pour la  réassurance de sa dette. Sans l’euro, notre déficit public doublé de celui de notre commerce extérieur auraient placé la France au bord du dépôt de bilan. Si le modèle  économique et social fondé sur la  distribution et l’endettement est reconduit,  la chute deviendra irréversible. Nous sortirons du peloton des dix premières puissances  mondiales avant 2030 et sur le plan financier nous n’échapperons pas à une crise majeure quand les taux d’intérêt dépasseront la  croissance nominale, ce qui ne manquera pas d’arriver au cours de la décennie.

La France est le pays le plus égalitaire si l’on en croit les statistiques.  Ce n’est qu’apparence, car  les poches inégalitaires sont  partout. L’effet pervers de la stabilisation des écarts de revenu a été le fort  accroissement des inégalités de statut et de patrimoine. Les paramètres qui permettent de mesurer les performances d’un pays sont tous au rouge et consacrent le décrochage de la France : le déficit extérieur s’est envolé à 86 milliards en 2021 et atteindra 95 milliards en 2022 (3,7% du PIB), résultat d’une chute de 3% à 2,5% des parts de marché mondial ;  le déficit public a explosé portant la dette de 98% à 116% du PIB et la course folle des dépenses publiques se  poursuit ; le déclassement de la production industrielle a été pleinement mis en lumière par  la déroute du secteur de la santé, incapable de mettre au point un vaccin contre le Covid. Même notre agriculture, qui était un fleuron, est à la  peine alors que notre dépendance alimentaire s’est creusée avec  l’importation de plus de 20% de notre consommation. Je ne m’étendrais pas sur l’embolie générale de nos services publics de santé, justice, sécurité, éducation… partout,  trop d’administratifs et pas assez d’agents « en action ». Leur paupérisation doit faire face à une fuite des talents et des compétences alors même que les moyens qui leur sont consacrés ne cessent de croître, mais comme un marteau qui tape à côté du clou.

Cuba a perdu la tutelle de l’URSS  mais continue de souffrir de la mentalité d’assistanat  et reste le « royaume »  de la débrouille. L’économie reste anémiée et les pénuries sont récurrentes… Quant à la bureaucratie, elle est toujours aussi obèse. Une idée de ce qui pourrait nous attendre. Mais cette évolution n’est pas  gravée dans le marbre : le déclin français peut  être enrayé. Le  pays regorge d’atouts qui pourraient lui permettre de redevenir une puissance prospère du 21ème  siècle : entrepreneurs et cerveaux, pôles  d’excellence publics et privés, épargne, énergie nucléaire,  à quoi on peut encore ajouter culture et civilisation. La tâche principale consiste à corriger les dysfonctionnements de l’Etat  obèse et impuissant pour l’adapter aux nouvelles réalités du monde. Il faut en faire un état fort  et agile, il nous faut nous doter d’une industrie et d’une recherche dynamiques, rétablir l’égalité des chances par l’éducation  et axer les efforts sur les technologies de l’information. Il faut un projet de rupture pour recréer les conditions d’une bonne cohésion sociale et d’une confiance des citoyens dans leurs institutions. On y parviendra si on donne la priorité à la production, à l’innovation, à la modernisation de l’Etat et à la défense sans faiblesse des valeurs qui fondent notre République. Il s’agit de rassembler les énergies  et de « faire ».  Ce sont les Français, plus que l’Etat qui sont la solution à la crise de notre modèle économique  et de la nation. C’est le projet de Valérie Pécresse !

 


TRÊVE DES CONFISEURS

Noël approche à grands pas. Le bloc-notes va donc respecter  la tradition : il se met en pause jusqu'au début du mois de janvier. Les fêtes sont une intense période de retrouvailles avec la famille puis les amis.  C'est une période peu propice à l'écriture. Mais promis je reviens vers vous dès le  début de l'année; j'ai plein de sujet que je veux partager avec vous  :  Les deux menaces majeures qui menacent notre civilisation européenne, la France est-elle  sur  le  chemin de  Cuba  ?, cinq années pour pas grand' chose, Les Horizons bouchés  et pour finir les enjeux de la présidentielle qu'il ne faut pas oublier ... De quoi faire !

En attendant je vous souhaite :

un JOYEUX NOËL et de BONNES FÊTES DE FIN D'ANNEE !

 

Noel tintin 2


J'AIME LES HOMMES !

Sophie de Menton

Et ce n'est pas dans l'air du temps ! 

Je ne résiste pas au plaisir de publier sur le bloc-notes ce joli billet de Sophie de Menton, tellement il prend à contre  pied la bien-pensance en vogue, et tellement en accord  avec  l'esprit français que nous aimons.

Un billet de Sophie de Menthon

J’aime les hommes qui me prennent pour une femme et qui se mettent plein de cambouis sur les mains sans mot dire, et sans me connaître, pour remettre ma chaîne de vélo qui a déraillé.
J’aime les hommes qui, protecteurs, m’interpellent en m’appelant « ma p’tite dame ».
Je les aime tels qu’ils sont. J’aime qu’ils regardent un décolleté (que l’intéressée a soigneusement mis en valeur, pour qui ?  seulement pour elle ?  ah bon…).
J’aime les hommes qui prétendent que, femme, j’ai beaucoup plus d’intuition qu’eux. 
J’aime les hommes qui n’envisagent pas de ne pas protéger une femme. Sexe faible après tout !

J’aime les hommes au point de ne pas les virer du comité de direction sous prétexte qu’il manque deux femmes. Au fait, j’aime bien l’idée « d’appartenir » à un homme – avec bien sûr toutes les exceptions imaginables, et surtout quand ça m’arrange…
J’aime bien être de mauvaise foi, et qu’un homme en soupire.
J’adore faire semblant d’avoir peur pour qu’il me rassure.
Je n’en ai rien à faire que la grammaire française ait privilégié le masculin pour en faire un sexe – pardon : un genre – dominant !  Lire Madame Bovary en écriture inclusive serait une décadence intellectuelle et culturelle absolue.
Je n’ai jamais pensé que si le président de la République (à l’origine de la mode) ne disait pas «celleZéceux » à tout bout de phrase, c’est qu’il m’avait oubliée moi et mes congénères.
J’aime aussi les hommes qui aiment les hommes, à condition qu’ils aiment aussi les femmes, et parfois avec plus de sensibilité.

J’aime être élégante, m’habiller pour plaire aux hommes, et pour me plaire à moi aussi. La séduction est un mode de relation exquis. Ne sommes-nous pas le pays de l’amour courtois, du romantisme et de l’élégance ?

Je peux pardonner aux hommes qui sont lourdingues et qu’il faut remettre à leur place. Une main baladeuse peut valoir une bonne baffe à son propriétaire, et un drame à haute voix, mais pas le tribunal !  Et d’ailleurs j’aime les autres hommes qui remettent aussitôt les lourdingues à leur place (on en voudrait plus dans le métro…).
J’aime bien les hommes entre eux, même devant un match de foot que je déteste. Pire : j’aime qu’ils m’ouvrent la portière de la voiture et portent ma valise pour monter dans le train…

J’ai adoré traîner au lit avec mon nouveau-né dans les bras pendant que le père partait bosser ! et je ne vois pas pourquoi ce dernier prendrait ma place pour que je retourne – moi – travailler plus tôt. Françoise Giraud disait que « les femmes n’étaient pas des hommes comme les autres ». Je maintiens et je vais plus loin : les hommes ne doivent pas devenir des femmes comme les autres, nuance…

Sans doute que je sais presque tout faire aussi bien qu’un homme, mais j’adore ce qu’il fait mieux que moi et cela ne me pose aucun problème.
Le fameux plafond de verre je le casse quand je veux, j’ai tous les moyens pour ça.

Certes, il y a abus de pouvoir lorsque le DG drague sa secrétaire… mais cela s’appelle comment quand la femme du DG se fait en permanence piquer son mec par les secrétaires ou la dir. com ?  Abus de poste subalterne ?

« J’aime les filles … » chantait Dutronc, je suggère qu’on chante la chanson à l’envers. J’aime les hommes des comédies romantiques, les hommes qui chantent sous la pluie, qui sont maladroits, qui demandent en mariage à genoux, qui ont peur de nous, qui aiment tous nos défauts jusqu’à en faire des qualités… j’aime bien tout ce qui fait ricaner voire hurler les féministes ! Je trouve d’une immense tristesse un monde non binaire et non « genré » (pas encore dans le dico, même le Petit Robert…). 
Tarzan m’a fait rêver et je ne détesterais pas être Jane !  Quant à « Angélique marquise des anges » ou Scarlett O’Hara, ce furent mes héroïnes, je le confesse.  

Rassurez-vous : personne ne me piquera ma place, je suis une cheffe d’entreprise sans complexes et tout me semble possible, sans avoir besoin de discrimination positive, « parce que je le vaux bien ». J’apprends aux filles à ne pas se laisser faire, à oser, à assumer, à ne pas être naïves, à se battre, à ne jamais mettre un voile, à ne pas monter dans la chambre d’hôtel d’un homme même pour un prétexte professionnel, et… à ne pas profiter de la faiblesse masculine ambiante pour sortir en hurlant de l’ascenseur, histoire de jeter des doutes sur le voisin de bureau qu’on ne peut pas blairer. Je veux que les hommes continuent de prendre l’ascenseur seuls avec moi.

Je n’ai définitivement pas envie qu’on se venge de 10 000 ans de « domination masculine » en leur jetant leur galanterie à la figure et en les émasculant. Chacun son combat ! Et ne me dites pas que je cautionne les violeurs, les violents et les imbéciles !

 

« GRANDE SECU » : UNE NOUVELLE ARNAQUE MACRONISTE.

Sécurité sociale

Ballon d’essai ou projet réel ?

C’est la nouvelle lubie qui trotte dans la tête de Monsieur Véran : rassembler les  complémentaires et les mutuelles dans un grand magma avec la CNAM pour faire une grande Sécurité sociale monolithique financée sur le dos de ceux qui paient des impôts. Dans le rapport du Haut Conseil pour l'avenir de l'assurance-maladie (HCAAM), la suppression du double étage de frais de gestion doit se faire par la suppression des assureurs privés et des mutuelles. Ce n’est pas sérieux. À moins de trois semaines du rapport conclusif, le HCAAM ne fournit aucun chiffrage : de combien augmenteraient les prélèvements obligatoires pour financer cette «Grande Sécu» ? Comment évoluerait le reste à charge des Français, aujourd’hui le plus bas d’Europe grâce à l’articulation entre Sécu et complémentaires? Quel serait l’impact sur les salariés des mutuelles? Il n’y a ni transparence, ni concertation. Cette «Grande Sécu» est un écran de fumée pour ne pas parler du vrai sujet : le déficit abyssal de l’Assurance-maladie. Cela fait penser à une proposition ballon-d'essai-qui-ne-dit-pas-son-nom pour la campagne 2022 ou à la grande réforme systémique des retraites qui devait être un « big bang » et qui a fait « pschitt ».

Un prétexte fallacieux.

Les complémentaires santé coûteraient trop cher … en frais de  gestion !  Effectivement, notre système de santé est administrativement parlant le plus coûteux de la zone euro. Si le rapport rentrait dans une véritable comparaison équitable de la performance des coûts de gestion entre caisses primaires d'assurance-maladie (CPAM), mutuelles et assureurs de santé, ce ne serait pas forcément à l'avantage de la CNAM… L'efficacité des complémentaires santé ne doit pas se mesurer par rapport au montant des remboursements effectués, mais bien par rapport au nombre d'actes traités, une information étonnamment peu documentée. Effectivement, le système pourrait coûter entre 4,5 et 7 milliards de moins par an s’il était bien géré comme en Suisse ou aux Pays-Bas. Mais ces systèmes efficients ne sont pas organisés avec une caisse unique et omnipotente. Ce sont des assureurs en concurrence régulée au premier euro. Que l’État commence par baisser les taxes sur les complémentaires : les contrats sont soumis à une fiscalité de 15 % soit 5,7 milliards pour 2020 et 2021 pris sur les cotisations des adhérents.

Une vision technocratique.

Etonnamment, pourquoi aucun des scénarios ciblés n'envisage de supprimer le double compte en déléguant à des assureurs santé la gestion de l'ensemble des dépenses santé, ce qui est pourtant le cas néerlandais ou suisse ? Dans les comparaisons qui sont fréquemment citées ne sont pas pris en compte les coûts de recouvrement pour l'Assurance-maladie (assurés par les Urssaf) ou bien encore les frais financiers liés à l'endettement. C’est vrai, les tarifs des  mutuelles augmentent parce que les dépenses de santé des Français progressent sous le double effet du vieillissement de la population et des progrès techniques. Mais elles sont très attentives à ne répercuter que le juste coût. Si ce n’était pas le cas, leurs clients les quitteraient tant la concurrence est forte. On peut se demander aussi si la « grande Sécu » ne risquerait pas aussi de décourager à la fois prévention, innovation et notre médecine libérale après avoir réussi à si bien démotiver notre système hospitalier grâce à une gestion kafkaïenne et statutaire. On est bien d’accord qu’il faut faire baisser les coûts de gestion dans la santé, faire baisser l'administratif qui étouffe notre système de santé et nos hôpitaux.  Mais y parvenir grâce à un seul assureur qui s'appelle la CNAM, on n'y croit pas un seul instant ! 

Pourquoi changer un système qui fonctionne ?

L’argument du Ministre est plus idéologique  que réaliste : réformer parce que le système  à deux étages serait trop complexe et inéquitable. Ah,  le sacro–saint  principe d’égalité ! C’est oublier un peu vite que ce dispositif présente l’avantage inestimable de faire de la France le pays où les patients sont les mieux remboursés du monde, et où le reste à charge est au final le moins élevé. On voudrait nous condamner aux files d’attente pour se faire soigner comme en Angleterre qu’on ne s’y prendrait pas mieux. A n’en pas  douter, un système  unifié générerait rapidement une médecine à deux vitesses. Et surtout, il n’est pas prouvé que le secteur public ferait mieux que le secteur privé en matière de gestion. Enfin, comme toujours, l’Etat n’a pas l’air de se préoccuper des milliers d’emplois (100 000 environ) qu’une telle réforme menace.

L’illusion d’un système plus économe.

Ce qui se préparerait, c’est une mutation de notre système de soins dont le reste à charge est actuellement l'un des plus faibles des pays de l'OCDE, sur l'autel d'une Caisse nationale de l'assurance-maladie (CNAM) hyperpuissante gardant les données de santé sans les utiliser pour améliorer les traitements, n'accompagnant pas dans le parcours de soins et ne faisant quasiment pas de prévention et d'innovation. Bref, une mauvaise affaire pour les « contribuables-assurés-patients » que nous sommes : il s’agit d’avoir la peau des complémentaires et des mutuelles et tout cela pour nous rembourser vraisemblablement moins bien au final. Sommes-nous prêts à voir augmenter la dépense publique en santé et notre facture de CSG pour être remboursés à un « 100 % » Sécu dont nul ne sait ce qu'il sera vraiment ? Quel serait le réel impact d'une réforme basée sur de prétendues économies de gestion générées grâce à une grosse CNAM,  qui pour l’instant n’a pas vraiment fait ses preuves  en la matière ? Le HCAAM fait l’hypothèse que la surdépense publique atteindrait 22,4 milliards d’euros et qu’elle serait financée par une hausse des prélèvements obligatoires, via les cotisations patronales ou la CSG… A coup sûr, c’est le contribuable qui paiera la  note une fois de plus !

Il y a pourtant d’autres chantiers plus urgents en matière de santé publique, qui ne sont pas difficiles à identifier tant ils sont criants. Vraiment, l’amélioration des mécanismes de remboursement, qu’on peut probablement perfectionner, n’est pas une priorité. 

 


L’AVERTISSEMENT DU HUSSARD

Didier Lemaire

 

Menacé de mort pour avoir dénoncé l’impéritie de l’Etat face à l’extension de l’emprise islamiste, Didier Lemaire, le professeur de philosophie du lycée de Trappes, publie  « Lettre d’un hussard de la République,  avant qu’il ne soit trop tard… ».  Il a dû quitter son lycée où il enseignait depuis vingt ans. Dans son  livre, il  raconte  l’emballement médiatique et politique dont il  a fait  l’objet et raconte son combat. Il est aujourd’hui  en attente d’une nouvelle affectation. L’assassinat  de Samuel Paty a été le déclencheur de son enquête sur l’emprise de l’Islam et la réaction des institutions républicaines face à l’islamisme, telles qu’il les a vécues, de l’intérieur.

Un témoignage  lucide.

Il fallait raconter comment un prof de philo depuis vingt ans dans un même établissement a vu petit à petit sa relation avec ses élèves évoluer  tout comme leur relation à la discipline philisophique. Les résistances idéologiques qui n’existaient pas  sont devenues de plus en plus fortes au fur et à mesure que la « mixité » disparaissait.  Au point de se retrouver dans la situation où son enseignement était devenu très difficile. Sa prise de conscience commence avec les émeutes de 2005 et se poursuit jusqu’aux tueries de 2015. C’est l’observation de ses élèves  et leurs paroles qui lui ont  permis de comprendre qu’il se  passait quelque chose dans leur ville. Trappes est en effet la ville qui a envoyé le plus de volontaires faire le « djihad ».

Une immersion dans l’environnement du lycée.

Sa volonté de comprendre pousse Didier Lemaire à partir à la découverte de la population de la ville de son lycée. Il découvrit peu à peu Trappes et son histoire. Sa participation aux réunions de l’association « Paroles à cœur ouvert » lui permit de  mesurer l’emprise progressive de la religion à travers les interventions du libraire « tabligh » de Trappes dont les interventions prétendument apolitiques et non violentes  préparaient en fait le terrain aux salafistes qui eux-mêmes  le préparaient aux « frères »  et au djihadisme. Le   mouvement fondamentaliste Tabligh nourrit le rêve d’un Islam hégémonique. Il constata que la violence verbale contre la  société française était de nature à pousser ses adeptes à rompre avec les valeurs et les mœurs de la France. Il réalise alors qu’il ne vit plus dans le même monde que ses élèves.

L’assassinat de Samuel Paty.

Il lui a fallu quelques semaines de réflexion après l’assassinat du prof de Conflans avant de se décider à prendre la parole publiquement. Il dénonça dans l’Obs la responsabilité de l’Etat régalien dans la mort de son  collègue.  C’est alors que c’est lui qui est devenu le problème. Il  s’est  retrouvé au cœur d’un emballement médiatique enflammé.  Quand il a commencé à raconter l’emprise qu’il  avait observée et l’engrenage qui conduisait au djihad, les « bons esprits » de notre gauche communautariste ont crié à la mythomanie, à l’islamophobie,  et  le journal Le  Monde n’a pas été en reste.  Le  préfet l’a accusé de saccager le « vivre-ensemble » en défendant l’action du maire Ali Rabeh.  Celui-ci est allé jusqu’à pénétrer dans le lycée pour distribuer des tracts accusant l’enseignant de travestir la réalité. Menacé de mort, il est d’abord mis sous protection  policière, puis contraint d’exercer son droit de retrait. Il est en attente de propositions de reclassement.

La démission de la gauche républicaine.

« La gauche a abandonné les principes républicains », voilà le constat que fait Didier Lemaire et il y voit à travers toutes ses compromissions avec les tenants de l’Islam, au nom d’un clientélisme électoral  mais aussi idéologique, une des causes de l’extension de l’emprise religieuse. Il observe même qu’une partie de la gauche frise avec l’antisémitisme, avec un « antiracisme raciste ».  Elle prône une idéologie des identités. Pour cette gauche, les Français  d’aujourd’hui devraient faire repentance pour les crimes passés.  Une nouvelle version du péché originel !  Alors que ce qui fonde  notre démocratie, c’est que l’Etat ne reconnaît  qu’une seule communauté, la communauté nationale, et il n’y a que des individus égaux dont il garantit les libertés.  Pour lui la gauche sombre dans le totalitarisme au nom  d’une conception tribale de l’homme, dans laquelle les individus s’effacent devant leur  appartenance à une supposée communauté noire, musulmane, homosexuelle, lesbienne, transgenre ou autre … La  peur de la  « stigmatisation », le « pas d’amalgame », encore  en cours malheureusement, ont produit l’effet inverse de celui recherché : elle conforte  ceux qui pensent que la France est « anti-islam ».

Avant qu’il ne soit trop tard…

Il  y a un islam identitaire, victimaire et antifrançais qui gagne du terrain et alimente le djihadisme par une dynamique de conquête qui s’appuie sur les porosités entre islam et islamisme, avec la délinquance et  le séparatisme ethnique et économique. Seul un  plan d’ensemble,  une approche globale, avec une stratégie et des étapes, permettraient d’endiguer le  phénomène.  Cela nécessite de refonder l’école, seule institution capable de contrebalancer l’idéologie d’imprégnation des jeunes de ces banlieues, de faire respecter la police et permettre à la justice d’être correctement rendue. Ce ne sont pas les récentes déclarations du Président de la République et les manifestations de repentance sans nuances auxquelles il participe qui vont permettre de lutter efficacement contre  ce que Didier Lemaire  appelle les « sirènes  perfides » qui sont partout. Mêmes les manifestations organisées en commémoration de  l’assassinat de Samuel Paty, sont encore trop empreintes de précautions  « pour éviter les vagues » qui ne devraient pas  avoir lieu d’être. Ce ne sont pas les  actions disparates menées  par l’actuel Ministre de l’intérieur qui ferme quelques mosquées  et  renvoie quelques imams pour donner le change, ce n’est pas une loi « pour conforter les principes républicains », en partie vidée de son sens par la gauche de la majorité actuelle, ce n’est  pas avec un premier  Ministre davantage  préoccupé du secret de la confession des catholiques que des violences répétées contre la République dans les quartiers… que nous allons relever le défi.  Ali Rabeh, dont l’élection avait été annulée a été réélu. Il n’a pas été poursuivi pour son intrusion dans le lycée, acte pourtant passible du code pénal. Le  prof  de philo, pourtant de  gauche, constate que les soutiens qui lui ont été apportés  sont venus de… la droite, de Valéry Pécresse notamment et Othman Nasrou, adversaire d’Ali Rabeh.

Je crois que tout est dit !

Extraits :

« … devenir un individu libre n’est possible qu’à deux conditions : un Etat de droit qui empêche toute communauté de confisquer à l’individu sa liberté en lui imposant une manière d’être et  de penser, et une Ecole qui prépare chaque homme à devenir citoyen par la transmission d’une culture humaniste, scientifique, artistique et philosophique ».

« D’un point de vue philosophique, la  laïcité est un principe d’émancipation des croyances et de toute autorité entravant leur libre pensée et la libre disposition de leur corps. Adopé par l’Etat, ce principe se traduit en lois et institutions, qui promeuvent et garantissent, la libération de l’individu vis-à-vis de toute communauté –religieuse, familiale, sociale ou clanique- . L’Etat laïque se dresse  contre toute tentative d’emprise sur les consciences et sur les corps par des autorités religieuses. Il garantit l’égalité de traitement de tous, quelles que soient leurs opinions. Neutre ou indifférent du point de vue métaphysique et religieux, il n’adopte ni ne favorise aucun culte. »

Didier Lemaire – LETTRE D’UN HUSSARD DE LA REPUBLIQUE – Robert Laffont.


L’ENGOUEMENT ZEMMOUR

Eric Zemmour

 

Un brillant chroniqueur

Avec la sortie de son nouveau livre, Eric Zemmour fait un tabac. Les médias  se l’arrachent, victimes de "zemmourite" aiguë, même ceux qui ne l’appelaient plus, comme dans le « service public ». Si on ajoute à cela le fait que BFMTV  et LCI aient multiplié les reportages sur lui, ça devrait, comme on dit, mettre la puce à l’oreille. Rien n’est gratuit en ce bas monde. Son irruption doit bien rendre service à quelqu’un. Reconnaissons à l’intéressé son talent. C’est un éditorialiste réputé qui a fait les beaux jours de Cnews, entre autre. Il n’est pas étonnant que son entrée dans l’arène concentre tous les regards. Il voulait être l’événement de la rentrée : il a réussi. Pas  un entretien sans que la question de son éventuelle candidature ne soit posée. Il fait durer le suspense  et pendant ce temps-là, il vend son livre au titre évocateur : « La  France n’a  pas  dit son dernier mot ».  Tout un  programme,  pensent ses fans. Ses thèses  rejoignent souvent celles du RN, et à LR, il séduit une frange conservatrice, et il se vante de voir les candidats à  la  sélection reprendre ses thèses, ce qui est une facilité. Et  comme plus ça mousse, mieux c’est, il multiplie les coups d’éclats : face-à-face avec Mélenchon, débat avec Michel Onfray …  Eric Zemmour a  du fond, profondément maurrassien, il est aussi très cultivé.  Mais s’il dénonce de vrais problèmes, qu’il s’agisse de l’identité, de l’immigration, de l’industrie ou de l’indépendance, s’il  a raison d’évoquer la catastrophe éducative, si la problématique  globale est bien une « guerre de civilisation », sa France sent la naphtaline et son plaidoyer , ne s’appuyant sur aucune expérience concrète et seulement sur l’observation, même juste, sonne creux.  D’autres, à droite, développent  les mêmes thèses, mais sur un socle  plus réaliste.

Zemmour, quelles compétences ?

Il ne suffit pas de parler, de faire de beaux discours, d’étaler  de  belles idées.  Il ne faudrait pas que le succès lui  monte à la tête. Je ne sais pas pourquoi, souvent il m’agace. Je ne suis pas aussi érudit que lui, mais je sais quand même beaucoup de choses en politique (par expérience) et en Histoire (par formation) aussi je n’aime pas sa manière, de temps en temps, d’arranger les choses à sa façon pour qu’elles aillent dans son sens. De plus, sans être « européiste », je suis européen de conviction. Ce qui me différencie nettement  de ses thèses nationalistes étroites. Et c’est une dimension incontournable pour tout quidam qui prétend  à  la magistrature suprême. Qui peut imaginer la France, endettée jusqu’au cou, démunie de toute industrie  hormis  deux ou trois pans de secteurs  tout juste compétitifs et encore,  une France à cours de  ressources énergétiques, s’en sortir seule, face aux Etats continentaux. L’Elysée  exige par ailleurs bien d’autres  compétences, que l’on ne peut acquérir que par le « cursus honorum » républicain : connaissance des rouages de l’Etat, des strates administratives, de la  décentralisation des compétences partagées entre les collectivités territoriales, …  et surtout respect des lois et des droits  français et européen –nous sommes liés par des traités qu’on ne défait pas d’un coup de baguette  magique- qui  obèrent bien des promesses.  Ce manque d’expérience, Macron en a cruellement  manqué.  Va-t-on renouveler la  même  erreur ? C’est qu’il ne suffit pas de « dire » sans s’embarrasser de pudeurs de gazelles, pour  plaire, il faut être capable de faire.  Et comme on le sait, « qui trop embrasse,  mal étreint ! ».

A droite, une immense  attente.

Les sondages ne doivent pas nous leurrer. Tant que le paysage n’est pas définitivement installé, ils « moulinent » dans le vide. Zemmour profite  d’un moment d’apesanteur dans le débat politique. Les  médias n’ont d’yeux (ou d’oreilles) que pour lui et pourtant il se dit des choses plus importantes ailleurs. C’est vrai, l’attente et le doute sont immenses chez les électeurs, surtout à droite. Rien ne serait pire que d’enfermer la démocratie dans des choix préfabriqués. Pour  l’instant, la stratégie  Zemmour profite à Macron qu’il dit combattre, en affaiblissant à la fois Marine Le Pen et Les  candidats LR.  Mais c’est faire l’impasse sur la conscience de leur grande responsabilité qu’ont tous les élus de la droite. Ils avancent avec un programme solide que les Français finiront par découvrir : il s’agit de  gagner sur un cap clair, avec  une famille réconciliée, avec  des valeurs assumées  telles que la  sécurité,  la bonne gestion de l’argent public, la  mise en avant du travail, le refus du communautarisme…  Il y a aussi un doute immense. Nous vivons un effondrement  moral de la politique et les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. Les trahisons de ceux qui passent dans le camp  adverse   sans vergogne,  se vendent pour des places, ou encore changent complètement de logiciel une  fois élus pour  tout repeindre en vert (plus ou moins cramoisi), n’encouragent  pas à aller voter.  Aussi est-il  important d’avoir des candidats qui avancent sans cacher leur drapeau, pouvant arguer de leurs idées et du maintien de  leurs convictions dans la durée. Au final, il n’y aura qu’un candidat de la droite républicaine.  La méthode de sélection demande un peu de patience. Mais l’Elysée ne mérite-t-il pas qu’on prenne le temps !

Alors le soufflé Zemmour retombera, comme en son temps la baudruche Chevènement se dégonfla.