AH NON, PAS PETAIN ! (Pauvre France)

Archibald en colère

 

Déshérence mémorable

La cote de confiance du chef de l'Etat recule pour le troisième mois consécutif dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et tombe à 27 %. Signe que « l'impopularité devient hostilité », 44 % des Français ne lui font « pas confiance du tout », soit une hausse de 9 points sur un mois, et sept Français sur dix (69 %) ne lui font « pas confiance ». Ce qui montre un durcissement inquiétant pour lui. Lorsqu'ils sont interrogés par les instituts de sondage, les Français ne font même pas référence à la baisse de la taxe d'habitation ni à  celle des cotisations sociales, intervenues en octobre. Ces deux arguments font partie de la rhétorique macronienne mais n’impriment pas.   En ce qui concerne les baisses de cotisations sociales sur les salaires, payées par les salariés, c’est un mauvais argument pour trois raisons.  D’abord, le gain est assez minime, deuxièmement il donne le sentiment que l’Etat fait l’aumône puisque c’est de lui que procède la diminution de cotisations qui participaient au financement de la sécurité sociale, troisièmement en contrepartie, la  CSG a été augmentée de 25% au début de l’année. Les salariés ne sont pas dupes. Ils savent par ailleurs que l’Etat devra trouver l’argent pour financer la Sécu dans leur poche ou par la dette. Enfin le raisonnement du Président fait l’impasse sur l’inflation. Or on ne peut débattre de la question du pouvoir d’achat sans regarder aussi du côté de l’inflation : le pouvoir d’achat désigne non pas ce que l’on gagne – sa « fiche de paie » ou le montant de sa pension retraite – mais ce que l’on peut acheter avec ce que l’on gagne et il dépend donc de manière cruciale de l’évolution des prix. Si on ajoute au cocktail, les taxes multiples qui viennent s’ajouter, on obtient le résultat que l’on sait.  Le ras-le-bol  fiscal ! « L’itinérance mémorielle » devient donc « une déshérence  mémorable ».

Objectifs de croissance bien optimistes.

Avec 0,4 au premier semestre, suivi d’un 0,4 au troisième trimestre, la croissance française n’a pas encore atteint 1%: 0,8 % ! Pourtant les observateurs continuent de tabler  sur 1,6  % pour l’année 2018. Il faudrait un furieux rebond de  0,8 % minimum au quatrième trimestre pour y parvenir. Il y a bien sûr la suppression du 1/3 de la taxe d’habitation pour ceux qui en bénéficient, mais il  n’est pas dit que les Français dépensent ce bonus.  Car  l’horizon s’assombrit et ne va pas vers  une conjoncture aidante. Bruxelles n'est pas très optimiste sur l'état de santé de l'économie européenne. La Commission européenne révise à la baisse ses perspectives de croissance pour l'an prochain à 1,9 % en 2019 contre 2 % annoncé cet été et prévoit un ralentissement à 1,7 % en 2020.  Et l’Allemagne, notre principal  partenaire révise aussi à la baisse ses objectifs.  Le coup de frein de l’environnement économique européen, annoncé par Jean-Marc Daniel, se précise  et pourrait mettre à mal la croissance française. Si on fait 1,3 % ce sera  peut-être le  bout du monde. Et avec une inflation à 2 % … Et avec quel déficit commercial ?

Une victoire en « Trump l’œil » !

Trump a le triomphe tonitruant mais il perd gros  en perdant la majorité à la chambre des représentants. Aussi, il n'a pas attendu. Il tend la main aux démocrates en façade mais c’est pour mieux tenter de les étrangler. Car la main tendue s’accompagne de menaces. Du pur Trump ! S'ils adoptent une « warlike posture », il répliquera. Et violemment. Là, on peut lui faire confiance. De leur côté, les démocrates se préparent déjà à l'attaquer sur les impôts, sur les conflits d'intérêt, sur ses relations avec la Russie pendant la campagne, entre autres. Les  sujets d'affrontements ne manquent pas. Sans perdre de temps, le Président a annoncé qu’il serait candidat à sa succession. On est donc parti pour deux ans de guerre sans merci et deux ans de campagne électorale féroce. Les démocrates réclament déjà des auditions sur le renvoi de Jeff Sessions, l’opposition estime que le limogeage du ministre de la Justice plonge les États-Unis « en pleine crise constitutionnelle ». Rien ne va pouvoir avancer dans les deux ans qui viennent aux États-Unis, entre Trump, une chambre des Représentants démocrate et un Sénat républicain. On appelle ça le « gridlock » ! (l’impasse). Pas de quoi inquiéter les marchés :  c’est le scénario idéal pour les investisseurs. Pour l’instant.

 


LES ANCIENS ONT LA VIE DURE

Hollande 14 Royal jt 2 Sarkozy lambersart

 

 

 

Pendant une semaine nous allons être saturés de Macron à toutes les sauces mémorielles ou pas.  Alors échappons-nous un peu !

Le retour des boulets

François Hollande et Ségolène Royal y croient encore. Ils rêvent toujours l’un de retrouver le palais présidentiel, l’autre de le conquérir. François Hollande n’a aucune retenue.  Oublié le bilan calamiteux de son quinquennat, oubliée son incapacité à se représenter, oubliées les cinq années perdues pourtant propices aux réformes qu’un contexte particulièrement favorable avec  « l’alignement des planètes » rendait possibles. Il revient comme si seule comptait la trahison dont il a été victime par celui qui occupe la place aujourd’hui.  Désir de vengeance ? Pas seulement.  Les  commentaires méprisants à l’égard de son successeur, sur ses « enfantillages », « son manque d’expérience », laissent percer une présomption qui n’a jamais quitté le personnage. Et pourtant, le seul souvenir de son passage aux affaires et du bilan qu’il a laissé devraient dissuader les Français, au moins l’électorat du PS, de revoter pour lui. Ils n’ont pas oublié l’humiliation qu’il leur faisait subir chaque fois qu’il se déplaçait à l’étranger ; ils n’ont pas oublié les hausses vertigineuses des impôts ; ils n’ont pas oublié l’incapacité à maîtriser les dépenses publiques… Quant à Ségolène Royal, c’est une autre affaire. Elle n’a pas assez à s’occuper avec ses  hectares de glaces à représenter comme ambassadrice des Pôles.  Elle a caressé l’espoir de reprendre du service après le départ de Hulot mais à l’Elysée  on n’avait pas envie de réchauffer la vipère. Alors elle revient sur le devant de la scène pour régler ses comptes avec un livre  aux nombreux passages qui paraîtront « croustillants » aux amateurs de « politique vue par Gala ». Selon ceux qui ont lu l’ouvrage, tout le monde y passe : Sarkozy, Hulot, Hollande évidemment pour l’avoir trompée avec  une plus jeune qu’elle, Macron, Bayrou … Elle développe la thèse de la femme qui gêne en proie au sexisme de la classe politique. Se poser en victime : son meilleur rôle. En oubliant qu’elle a souvent tendu le bâton pour se faire battre. Mais c’est une manière de solder  le  passé pour prétendre  à de nouveaux horizons.  C’est que la « duchesse du Poitou » se rêve en sauveuse de la gauche en prenant la tête d’une liste aux Européennes. On n’a donc pas fini de la voir pérorer avec sa  condescendance naturelle. Les deux annoncent clairement que l’Elysée reste un objectif. Combien de temps ces deux boulets vont-ils polluer le débat  politique ? La réponse,  c’est la même que celle du fût du canon pour refroidir : un certain temps !

Lui, il n’est pas en manque.  Mais…

Nicolas Sarkozy fait quand même tout pour qu’on ne l’oublie pas. Il  est trop  occupé pour faire de la politique, mais il trouve quand même le temps de délivrer une longue interview au Point. A la différence des deux premiers qui se vautrent dans le terre-à-terre, il fait le choix  de  l’altitude. Une manière aussi de montrer sa connaissance des grands dossiers nationaux et planétaires, façon de prouver qu’il  n’est pas encore « has been ». Il expose dans ces longues pages sa vision des grandes questions diplomatiques de l'heure, tout en lançant des piques de-ci de-là sur la manière de gouverner de l'hôte de l'Elysée,  tout en s’abstenant de critiquer évidemment. Ce passage en revue ne laisse aucune question importante de côté et chacune est traitée avec une rare acuité. Manifestement, l’ancien chef de l’Etat a une vision du monde, démontre qu’il est capable de se projeter, et, en creux, fait ressortir la vacuité de celui qui est aux manettes comme de son prédécesseur. La  France, l’Europe, la démographie, l’islam, le populisme, Trump, les valeurs… Les sujets ne manquent pas sur lesquels son analyse fait mouche. Il n’est  pas dans le combat politique mais quand on lui pose la  question : « Qu’est-ce qu’un leader ? », la réponse qu’il donne lui correspond tout-à-fait : « Pour conduire un pays, il faut quelqu’un qui ait la vision de ce que doit être l’avenir… ».  Il  n’hésite pas  non plus à aller franchement au fait, quitte à  provoquer : « Faire de Viktor Orban un dictateur et un leader de l’extrême-droite ne correspond pas à  la réalité »,  ce qui est vrai mais pas forcément admis  dans nos cercles officiels. Mais il  l’a dit et répété : « Je ne suis plus dans le combat  politique ! ».  Néanmoins, il passe ton temps à recevoir des élus dans ses bureaux de la rue Miromesnil, non loin de l'Elysée. Et s’il donne parfois l'impression de parier sur l'échec  de Laurent Wauquiez, c’est « une fausse impression », s'insurge-t-il. Il n’empêchera pas les lecteurs de son interview de penser qu’il se pose, ce faisant, en recours. Pour le moins. Echaudé  par sa dernière tentative de retour,  vous ne lui ferez plus jamais dire qu’il  y pense. Mais ne pas le dire, n’empêche pas d’y penser. En tout cas c’est la conclusion à laquelle j’arrive.  Une interview à lire absolument,  c’est  un cours de politique de haut niveau.

 


LES INCONGRUITES DE M. MACRON NE SERVENT PAS LA FRANCE

Macron de dos

L’histoire ne se répète jamais, même quand il arrive qu’elle bégaie. 

Le Président par inculture historique ou syndrome de la communication tombe dans un piège ridicule par simplisme. En comparant notre époque à celle des années 30, il cède à de nombreuses facilités  plus caricaturales que réelles. Les « éléments de langage »  aussi bien affûtés soient-ils feront long feu face aux esprits cultivés. Ils  abuseront peut-être les incultes à qui on a infusé depuis de nombreuses années une histoire simplifiée, idéologisée et fragmentaire. Aussi débute-t-il son « itinérance mémorielle » avec le  même boulet, comme  le souligne une professeure d’histoire-géographie, auteur du livre « Génération ‘j’ai le droit’ », dans un tribune,  publiée par Le figaro,  dénonçant l’inconséquence des programmes d’histoire qui amène à traiter la guerre de 14-18 en 3 heures de cours…  quand j’y passais presqu’un trimestre, il y a 20 ans. Mais revenons au discours présidentiel.

Comparaison n’est pas raison.

Dans son approche, Emmanuel Macron commet une première erreur.

Celle d’oublier le contexte,  la toile  de fond qui oblige à resituer tout événement dans son époque avant d’oser un parallèle. Certes, Staline, Hitler et Mussolini ont été des dirigeants néfastes pour leurs peuples et pour la paix du monde.  Ils ont porté des idéologies qui ont fait des ravages en Europe et notre devoir commun est de ne jamais l’oublier. Mais oser les comparer à Orban, Salvini et pourquoi pas Morawiecki en Pologne et Kurz en Autriche, est une absurdité historique. Ce ne sont pas des fascistes. La défiance qui s’est installée au sein des peuples européens vis-à-vis de la construction européenne vient de la manière dont les partisans d’une union plus « intégrée » ont imposé leurs choix en donnant l’impression de ne pas tenir compte des scrutins.  Et le mal n’a fait que s’aggraver depuis 2005 après le « non » à la Constitution. La  montée en tension que l’on connaît aujourd’hui n'est pas imputable au seul Emmanuel Macron, elle est à l'œuvre depuis que l’on a voulu contourner ce refus par les traités qui ont suivi. Rien à voir avec les tensions et les antagonismes nationaux de la fin des années 30. Le  discours du Président français apparaît donc comme une opération politique profondément anti-européenne propre à attiser les colères en insultant les peuples qui ont élu les dirigeants précités. Il contribue ainsi à aggraver les tensions entre partenaires européens. Et le clip, scandaleusement partisan, émis sur les chaines de télé, par le gouvernement, n’arrangera rien. Du jamais vu en la matière sous la Vème : de la propagande officielle payée par le contribuable !

Il fait une deuxième erreur qui frise l’incongruité.

L'Europe de l'entre-deux-guerres n'est évidemment pas comparable en termes politiques à l'Union européenne des 28. Trois facteurs énormes les différencient. En premier lieu,  l’Europe d’alors était composée d'États-nations souverains qui n’appartenaient pas à une entité supranationale comme c'est notre cas. En second lieu, des idéologies concurrentes puissantes imprégnaient les peuples (communisme, fascisme, nazisme) et s’étaient formalisées politiquement dans trois pays, la Russie, l'Italie puis l'Allemagne, alors qu’aujourd’hui, aucun des Etats de l’Union ne remet  en cause l’économie sociale de marché qui y règne en maitre. En troisième lieu, et c’est un moteur fondamental de la guerre, l'URSS et le IIIe Reich avaient des ambitions d'expansion territoriale, sinon d'hégémonie planétaire, et il s'agissait de nations hyper militarisées. On cherche vainement les « légions » d’Orban ou de Salvini et encore plus une intention belliqueuse quelconque.

Il fait une troisième erreur, grave elle aussi. 

Une erreur d’appréciation. Les  « lépreux » qu’il  dénonce avec mépris, souhaitent, peut-être avec  trop d’intransigeance (à voir),  se concentrer sur leurs intérêts nationaux, protéger leurs frontières de flux migratoires incontrôlés que l'Europe de Schengen n’arrive pas à enrayer, refuser la société multiculturelle dont ils observent les échecs en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Belgique. Prendre en compte ce besoin de protection de l’identité, même Hubert Védrine, qui ne passe pas  pour un foudre de guerre nationaliste, y appelle, si on veut consolider l’Union. Ils  agissent au nom d’un choix de souveraineté politique pour laquelle leurs citoyens les ont élus. Des citoyens qui peuvent encore se dédire aux prochaines élections puisque ni Orban, ni Salvini n'ont remplacé la démocratie par l'autocratie, sans compter que le second fait partie d’une coalition et ne gouverne pas seul. Et on  pourrait encore gloser sur leur arrivée au pouvoir qui n’est en rien comparable  avec celles de ceux à qui on veut les comparer, qui n’avait pas grand-chose de « démocratique ».  

Puisqu’on prend l’Histoire à témoin.

On ne peut pas réduire la montée des totalitarismes dans l'entre-deux-guerres à une conséquence de la crise de 1929 comme le laisse croire Monsieur Macron : c'est encore voir l'histoire par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de raccourci ne sert qu’à manipuler l'opinion pour une justifier une politique à venir. Cette manière de faire n’aide pas à comprendre ni le passé, ni le présent. La crise de 1929 a montré pour la première fois à l'échelle mondiale, où pouvaient conduire le capitalisme financier et la spéculation sans limite. Elle se développa dans un contexte protectionniste qui n’existe pas aujourd’hui à la même échelle. Elle déstabilisa les démocraties,  certes,  mais il existait d’autres germes  comme le désir  de revanche de l’Allemagne, humiliée lors des traités qui mirent fin à la  première guerre mondiale, comme les menées bolchéviques sur lesquelles l’URSS naissante s’appuyait pour répandre le communisme en Europe, comme l’affaiblissement de la 3ème République minée par ses rivalités politiciennes…

En tout cas, tout cela ne justifie en rien de tels sermons, une telle arrogance qui ne servent ni la France, ni la cause de l’Europe. Jupiter se voulait le « roi du Monde, de l’Europe, il a bien du mal à être le Président de tous les Français » : une « dégringolade » comme le raille Luc Ferry, en attendant une « sévère déculottée » ?

Un autre chemin existe.

Celui de  la prise en compte des  aspirations des peuples pour faire évoluer l’Europe actuelle  afin qu’elle réponde à leurs vraies préoccupations et aux défis de l’avenir pour lesquels la dimension européenne est utile : protection contre l’invasion immigrationniste,  grands projets communs d’équipements, de recherche, et investissements massifs dans l’intelligence  artificielle, défense commune  ,  etc…  Il y a mieux à faire que d’exacerber des tensions en ignorant leurs causes réelles. Pour ce faire,  « Les Républicains » ont bâti un projet sur sept  piliers fondamentaux.  Les sept piliers de la  raison  ou de la  sagesse : 1. la France a besoin de l’Europe pour répondre aux défis qui sont face à nous. 2. Des frontières sûres : la protection de nos frontières européennes face à l’immigration de masse incontrôlée doit être une priorité absolue. 3. Des frontières stables : aucun nouvel élargissement de l’Union Européenne ou de l’espace Schengen. 4. La préférence européenne et la réciprocité pour nos entreprises, nos emplois et nos agriculteurs avec principe de réciprocité doivent être l’élément fondateur de notre politique commerciale. 5. Refus de la concurrence déloyale : libre entreprise et refus la concurrence déloyale par exemple avec le détournement du travail détaché. 6. Moins de normes. Plus de projets : il faut revoir les compétences de l’Union Européenne : moins de normes, plus de décisions prises au niveau des Etats et de nouvelles coopérations dans les domaines de la Défense, de la recherche médicale, d’Internet, des grandes infrastructures de transport etc.. 7. Une civilisation européenne : ne pas oublier qu’avant d’être une construction institutionnelle, l’Europe est une civilisation commune, dont nous voulons transmettre l’identité, la culture, les racines et les valeurs.

Voilà le projet que « Les Républicains » vont porter et développer jusqu’à l’élection du mois de mai. Sans invectives à l’égard de quiconque. Mais avec  la  sérénité d’offrir une  voie  réaliste à  mi-chemin des progressistes à tout crin et des souverainistes inconséquents.

 


SANTE : COMMENT MACRON L'ETATISE AVEC SA REFORME

Réforme santé

 

Vers un système  à l’anglaise

Déjà la part du financement de la santé est de moins en moins assurée par les charges sociales, puisque la  part de l’impôts via la CSG grossit petit à petit et finira par remplacer  les cotisations salariales. On s’éloigne du modèle dit « bismarckien », fondé sur l’assurance assise sur le travail, pour se rapprocher du modèle dit « beveridgien » à l’anglaise, de type assistanciel, piloté par l’Etat. On sait déjà à quoi s’attendre : une médecine à deux vitesses, avec des médecins « fonctionnaires » et les anglais qui ont les moyens qui viennent se faire soigner en France. 

Le plan santé 

Les  médecins ont pourtant applaudi quand le Président de  la République a présenté son projet, parce qu’il  vise à sortir du modèle tricolore hospitalo-centré et englobe tous les acteurs, privés et publics, dans une évolution systémique. Des lignes de force qui paraissent logiques, en effet : deux paris,  celui du territoire et celui de la confiance aux acteurs de santé. On tourne le dos à l’ère idéologique Touraine, dont le parti pris était de réserver les missions de service public au seul hôpital public, au mépris des réalités du terrain. Pour autant, si l’approche est claire, paraît cohérente et bien pensée sur le papier, en donnant une vue d’ensemble où chacun trouve sa place,  la ville  comme l’hôpital, avec une gradation des soins, et en partant des territoires, rien n’est réglé. Il faudra réformer les directoires et conseils de surveillance institués par la loi Bachelot,  et renouveler les  directeurs des ARS  tout en divisant les effectifs de leur personnel par deux. Il faudra aussi  supprimer des pans entiers du Code de la santé publique pour laisser une vraie liberté aux hospitaliers. Enfin, il faudra réguler l’offre de soins de la médecine de ville et c’est le plus compliqué à mettre en place, car la  grande difficulté d’aujourd’hui c’est justement pour les établissements hospitaliers  d’avoir en face d’eux, localement, des interlocuteurs libéraux pour assurer la  permanence des soins, les parcours de prise en charge, mettre en place les coopérations.

Déjà ça commence mal

« Le  compte n’y est pas » dans le budget 2019 de la Sécurité sociale constate la fédération hospitalière de France, et  appelle à plus de volontarisme. Pour mettre en place la réforme, il y a une double nécessité : réguler les soins de ville et accompagner financièrement la transition.  Dans le  budget 2019 on ne retrouve ni l’approche des territoires, ni les nouvelles régulations pour la médecine de ville. Le gouvernement continue à surestimer l’activité des hôpitaux et à baisser les tarifs  en sous-estimant la progression de leurs charges, supprimant tout lien entre le coût d’une pathologie et la somme versée  pour la traiter. Et le système shaddock fait le reste : on gèle les crédits des hôpitaux puis on puise dans ces crédits gelés pour financer les dépassements de la médecine de ville, et présenter ainsi une sécurité sociale en équilibre… Avec une équation insoluble pour les hôpitaux à qui on demande 960 millions d’euros d’économie  cette année.  L’investissement hospitalier est tombé à moins de 4 milliards d’euros par an, là où près de 7 seraient nécessaires en rythme de croisière !

La  fin du modèle libéral ?

« En même temps », la réforme enterre le modèle national de médecine libérale. D’abord en battant en brèche son principe fondateur : le  paiement à l’acte, pour le remplacer par le forfait qui s’appliquera « pour commencer » dès 2019 à l’hôpital  pour l’insuffisance rénale et le diabète. Les  médecins de ville suivront. Deuxio, la réforme veut mettre fin à l’exercice « isolé » -aujourd’hui majoritaire- du médecin dans son cabinet, pour le remplacer par les cabinets de groupe qui devraient procurer efficacité et convivialité. Avec le risque, comme  c’est le cas pour les cliniques et les laboratoires absorbés par des grands groupes, que ces cabinets regroupés et maisons de ville de connaître le  même sort, les médecins devenant de simples salariés. Troisio, le plan Macron pose l’obligation de former des « communautés professionnelles territoriales de santé ».Il en existe aujourd’hui 17,  il en voudrait 1000 d’ici à 2022.   Mais ça coince, avec un cahier des charges très rigide, organisé d’en haut et peu de latitude laissée aux acteurs. Quarto, 400  médecins salariés des hôpitaux vont être envoyés dans les déserts médicaux jusqu’à ce que la fin du numerus clausus crée  l’offre de soins suffisante et permette de les remplacer.  En espérant que la  surabondance ne débouche pas sur l’instauration de règles strictes pour réguler les ouvertures de cabinets. Et quand on sait que la cohérence du système  sera alors assurée non plus par les cotisations et les  partenaires sociaux,  mais  par l’impôt et l’Etat … la  boucle est bouclée.

Une médecine administrée

Il y a gros à parier que la  régulation des soins se fera par des incitations et des contraintes calculées à partir d’écarts-types, de moyennes d’actes, avec des remboursements dégradés et potentiellement des déconventionnements pour les établissements ou les professionnels de santé qui s’écarteraient trop des référentiels. .  Quand on voit les résultats que l’Etat obtient avec l’économie française qui crève d’être administrée… on sait à quoi s’attendre pour la  médecine.

 

 


« EN MARCHE… VERS L’IMMOBILISME »

Agnès Verdier En marche vers001

 

Dans son livre « En marche vers l'immobilisme »  Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation IFRAP, tire la sonnette d'alarme : le gouvernement ne va ni assez vite, ni assez loin dans sa politique de réforme de la France. Rien ne serait pire que de sombrer dans le piège de l'enlisement. Les quinquennats passent mais les urgences restent les mêmes : réduire les dépenses publiques et les impôts, mais aussi renforcer au plus vite la compétitivité des entreprises.

Et le verdict tombe à la page 235 : « Deux choix s’offrent  maintenant à nous : continuer à vivre dans l’obscurité ou allumer la lumière. » Et elle ajoute : « Les Rentiers de la République,  ceux qui refusent de faire le bilan,  de regarder en face les faits et  les chiffres de l’état de la France écornent chaque jour un peu plus la démocratie. Ils manquent de courage, de panache, mais aussi de clairvoyance.  Pour se  maintenir  ils  laissent les citoyens dans l’illusion du redressement économique. Avec  le risque majeur de dérouler le tapis  rouge aux populistes et autres  bonimenteurs. »… Le  verdict est sans appel.   « Le  gouvernement tombe dans le panneau des fausses réformes et complique un peu plus  chaque jour la vie des  Français.  La réforme de la formation professionnelle qui ne simplifie rien et conserve des structures avec des emplois quasi fictifs,  le  prélèvement à la source, la réforme de  la taxe d’habitation avec  sa cascade d’impôts  en vue… Impuissance à éclairer suffisamment le  projet gouvernemental, à en faire la pédagogie, impuissance à ne pas  se  perdre dans les détails technocratiques, impuissance à vaincre  les résistances provenant tant des corps  intermédiaires que de sa propre administration ! »

Quand les promesses s’évaporent…

La grande réforme fiscale se fait attendre, les économies promises sont restées lettres mortes, l'administration responsable de biens des blocages n'a pas été remise au pas, mais la communication bat son plein. Certes, des réformes ont été lancées. Mais elles se révèlent trop timides et très imparfaites dans leurs mises en œuvre. Bref, Agnès  Verdier-Molinié craint que le mandat d'Emmanuel Macron ne s'enlise dans les mêmes sables mouvants que ceux de ses prédécesseurs. Ce livre est un essai concret et pragmatique,  un petit manuel de la réforme agrémenté de quelques idées simples et efficaces pour libérer les énergies et redonner du pouvoir d'achat aux particuliers ainsi que des marges d'investissements aux entreprises. C'est un livre "libéral", ce qui nous permet de relativiser le "libéralisme" macronien.

Tout ça pour ça !

Dans « En marche vers l'immobilisme », Agnès Verdier-Molinié nous dit en quelque sorte: « Tout ça pour ça ? »

Voici une petite liste de ses constats :

- le prélèvement à la source se révèle être un choc de complexité et se résume à cette alternative extravagante pour le contribuable : dévoiler [ses] revenus ou payer plus cher !

- la non-transparence publique est toujours ce qu'elle était : le public, par exemple, cache des emprunts en milliards d'euros que le citoyen ne saurait voir, qu'il s'agisse de la Ville de Paris ou de la SNCF.

- les prélèvements obligatoires ne baissent pas : un impôt (ou une taxe) qui baisse peut en cacher un ou une autre qui monte comme  par exemple : d'une part baisse des cotisations sociales et d'autre part hausse de la CSG ; et la suppression de la taxe d'habitation sera inévitablement compensée...)

- Pôle Emploi coûte et ne sert à rien.

- le nouvel ennemi de classe est le détenteur d'immobilier : pourtant, quand le bâtiment ne va pas, rien ne va...

- l'insécurité est toujours ce qu'elle était, par enlisement et aveuglement.

 Les grands corps de l’Etat ont leur part de responsabilités :

- le Président en est issu et s'entoure de ses semblables...

- ils sont les grands bénéficiaires du système et de ses prébendes, qu'il s'agisse des administrateurs des finances publiques, des administrateurs des douanes ou des parlementaires.

- ils dissimulent les chiffres de l'exil fiscal qui ne diminue pas par la grâce des impôts confiscatoires et du repoussoir qu'est l'impôt sur la fortune immobilière.

- l'ENA ne sera pas réformée et le recrutement des hauts fonctionnaires non plus.

- le nombre de fonctionnaires ne baisse pas significativement et les dépenses publiques pas du tout.

- les fonctionnaires de l'Assemblée nationale ne sont pas moins bien lotis que les hauts fonctionnaires et tiennent tout autant à leurs prébendes.

Et  puis il faut compter avec les bloqueurs : 

- les syndicats de l'éducation nationale : malheur aux dissidents...

- les agents de la fonction publique : pas touche à leurs avantages et à leur temps de travail...

- les syndicats de la SNCF : pas touche à leurs avantages, à leur régime de retraite, etc. La réforme n’y a surtout pas changé grand-chose.

- les syndicats, plus forts dans le public que dans le privé : les ordonnances se caractérisent par beaucoup de reculades et peu d'avancées... et le Code du Travail ne fait que gonfler. Contrairement à ce que d’aucun a cru.

Ce qu’il faudrait faire…

Elle donne aussi sa feuille de route  qu’elle conseille au gouvernement : «  Le gouvernement et l'administration doivent garder en mémoire les 8 objectifs suivants : fiscalité à 40% du PIB [45% actuellement] ; des dépenses publiques à 50% du PIB [57% actuellement] ; un coût de fonctionnement des administrations à 25% du PIB ; une masse salariale à 11% ; 6% de chômage ; 74% de taux d'emploi ; 10 000 communes et interco ; 115 000 élus max ; la retraite à 67 ans.. ».

 Ce n'est même pas ambitieux. Ces objectifs nous permettraient simplement de revenir au niveau de la moyenne européenne... Et cela ne réduirait évidemment pas la dette publique qui tangente les 100% du PIB...

Le tout démontré, chiffres à l’appui,  exemples  concrets et comparaisons parlantes. Tout ce qu’elle constate est étayé, tout ce qu’elle propose existe ailleurs et donne des résultats. Alors ?

Un livre à lire absolument par ceux qui ne veulent pas  voter idiots !

 


QUELQUES QUESTIONS SUR LA PMA

Naissance

 

A en croire les médias et nombre d’intervenants sur les plateaux médiatiques, c’est une affaire entendue et qui ne se discute même plus, sauf à faire de l’homophobie : la PMA sera adoptée. D’ailleurs le Conseil Consultatif National n’a-t-il pas émis un avis favorable. Le lobby LGBT a bien fonctionné. Pas si simple ! 

Une fausse égalité

La revendication de la PMA, notamment par les couples de femmes lesbiennes, est présentée comme une exigence d’égalité avec  les couples hétérosexuels. Donc comme un droit ! Sauf que « la procréation n’est pas un droit, mais  une fonction biologique, et l’exiger pour tous au nom de la  justice sociale, comme le revendique Marlène Schiappa est parfaitement absurde ». Ce n’est pas un « excité » de la Manif pour tous qui le dit, c’est un journaliste de Charlie hebdo. En même temps, Jacques Testard, l’auteur du « bébé-éprouvette », mettait en garde contre l’eugénisme. Il y a donc une gauche qui refuse  le chantage à  l’homophobie, pour réfléchir pleinement à ce qu’implique la Procréation Médicalement Assistée étendue à toutes les femmes. Sans la technique, l’argument de l’égalité ne tient pas si on s’en tient à  la biologie, pas plus pour les couples de femmes que pour les couples d’hommes.

Le rôle de la  médecine

L’évolution de la  médecine et de ses applications techniques a toujours eu pour but le traitement des pathologies et le soulagement des souffrances et bien des chantiers restent en jachère en la  matière malgré les nombreux progrès et réussites. On voudrait aujourd’hui profiter de ces avancées pour faire entrer dans le champ de ces progrès scientifiques des applications non thérapeutiques. S’agissant de la  PMA, la  loi permet actuellement de pallier à l’infertilité d’un couple hétérosexuel vivant et en âge de procréer, avec un cadre légal bien précis.  La  loi doit-elle évoluer pour accorder à une personne ce qu’il lui est impossible d’obtenir par la nature et non en raison d’une infécondité pathologique. C’est entrer dans la logique de « l’homme augmenté artificiellement » au-delà de la nature humaine, et non plus de « l’homme soigné ».  Certains n’hésitent pas à affirmer que financer leur PMA  à des femmes qui sont biologiquement fertiles à cause uniquement de leur sexualité, alors qu’un Français sur trois renonce  à se soigner faute d’argent, c’est détourner de l’argent public à des fins privées. La  médecine deviendrait alors une activité banale qui produit et fournit des services. Doit-elle détourner des moyens pour répondre non plus à un besoin de soins, mais à la commande d’un client ?

Le « droit à l’enfant »

Car ceux qui réclament « la PMA pour toutes » veulent aussi la prise en charge des frais par la solidarité nationale. Or celle-ci n’a pas à fournir des prestations techniques mais à prendre soin des  plus fragiles. Si l’on rembourse les soins aux malades, c’est en vertu du droit à la santé. Les  procréations artificielles de femmes en bonne santé n’entrent pas dans ce champ d’application. Sauf au nom d’un droit : celui d’avoir un enfant. Et voilà comment une personne devient non plus sujet,  mais objet de droit ! De là à ce que l’enfant et sa mère ne deviennent ensuite « l’objet » d’une transaction commerciale, il n’y a qu’un pas. L’extension de la PMA consacre « un droit à l’enfant, potentiellement inconditionnel et illimité ». Or l’impossibilité d’avoir des enfants est une limitation intrinsèque que les homosexuels devraient accepter, sauf à nier ce statut  pour le faire rentrer dans le rang de l’idéal « familiariste » réservé jusque-là aux hétérosexuels. Il ne faut quand même pas confondre  la veuve ou la femme abandonnée qui élève seule sa progéniture avec la féministe qui voit son projet  aboutir, sa victoire ! Il ne s’agit donc pas d’étendre une liberté au nom de l’égalité, mais de considérer qu’avoir un enfant est un droit pour lequel la collectivité doit payer. L’Etat deviendrait dès lors un fournisseur d’enfants pour tous ceux qui, quelle qu’en soit la raison, ne veulent pas en passer par la production naturelle.

Un marché déjà en place

Le business plan est prêt, avec ses éléments de langage, son calendrier et ses  porte-paroles médiatiques et même ses représentants de commerce.  PMA-GPA, même combat. Sinon, Comment expliquer la « une » de Paris-Match »  avec la  « famille de Marc’O », et sa belle histoire à faire pleurer dans les chaumières. Il ne vient à l’esprit de personne qu’on glorifie en  le faisant un hors-la-loi. Avec  la  PMA, on entre, de facto, sur un « marché » et il ne faut pas sous-estimer la perspective d’utiliser des femmes comme moyen technique de « production d’une commande ». Des femmes-outils en quelques sortes. Ce serait la porte ouverte vers la GPA (gestation pour autrui). Et  le Conseil Consultatif nous l’annonce : la conservation des ovocytes, la généralisation des tests génétiques ne posent aucune question d’éthique générale ; ces émanations du corps humains sont devenues des objets techniques. Contrairement à ce qu’on nous raconte, la technique que la GPA  met en œuvre est la même que celle de la PMA. Seule intervient dans le  champ la nécessité de trouver un « ventre » pour porter l’enfant puisque l’homme en est incapable. Le marché existe déjà  et y pourvoira moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Que l’enfant obtenu dans un cas comme dans l’autre puisse se sentir otage d’un « ubris »  (mot à la mode), cela ne fait pas partie de la réflexion.  Il devra faire « avec ».

La quête des enfants sans racine

Personnellement, j’ai encore envie de croire  à  l’importance de « l’inné » dans la vie d’un être humain. Nous venons tous de quelque part. Le savoir, c’est rassurant. Car cet « inné » venu d’on ne sait où  peut se transformer en souffrance à travers une quête de l’hérédité. Il est encore temps de refuser qu’on fabrique des  enfants sur commande. La technique déshumanise.  Va-t-on se contenter de dire à un enfant « ton père c’est la technique et ton parrain c’est l’Etat ? ». Légiférer pour répondre à des préoccupations individuelles, c’est oublier le souci du bien commun.  Les  perspectives à la fois vertigineuses et fantastiques  des avancées technologiques ne nous imposent-elles pas d’agir avec sagesse et précaution. D’autant plus que l’on sait que pour  l’enfant qui va naitre la gestation n’est jamais anodine. La  vie fœtale comprend aussi  le vécu de la mère et il faut tenir compte de l’acquis anténatal qui aura des répercussions sur sa vie affective. Et puis en face du droit à l’enfant, ne doit-on pas mettre comme  obstacle  le fait de lui ôter la moitié de sa généalogie. S’obstiner à ne pas le voir dénote une hypocrisie, car c’est lui dénier ses propres droits. Dans cette affaire la quête génétique des enfants concernés est sous-estimée quand elle n’est pas mise sous le boisseau. Pourtant elle existe.  Ceux-là veulent que soit reconnu le droit à connaître leurs origines et ils sont de plus  en plus nombreux à espérer retrouver leur donneur grâce à  un test ADN… Cette souffrance-là est bien réelle.

Restons fidèles à l’homme soigné.  Car  après la  PMA et la GPA, viendra le  temps de la parthénogénèse le jour où elle sera possible : le temps des  enfants fabriqués sans parents sur catalogue !   Pourquoi la refuserait-on aux couples qui seraient candidats ?  L’homme apprenti sorcier, ça n’est pas une nouveauté.

 


BLANQUER EST-IL SI BON ?

Blanquer

Le chouchou à droite

Le Ministre de l’Education contribue à faire pencher la balance à droite dans l’esprit de nombreux concitoyens quand il s’agit de qualifier l’action du gouvernement. Et si on conteste en sortant quelques arguments comme ceux touchant aux attaques contre la famille, il est souvent rétorqué : « Oui, mais il y a Blanquer !». J’ai donc voulu en avoir le cœur net. D’autant plus que certains m’avaient dit que si Fillon avait été élu, c’est celui qu’il aurait choisi. Qu’en est-il ?  Justement il nous sort une loi, comme tout Ministre de l’Education qui se respecte. J’ai donc des éléments pour en juger : ce qu’il a fait depuis 18 mois et maintenant un projet de loi.

Le bilan, un peu plus d’un an après

Il faut dire qu’il a hérité de ce « grand corps malade » qu’est l’école. Et que le passage de Vallaud Belkacem n’a rien arrangé. Au bout d’un an et demi, le Ministre a fait le tri parmi les projets absurdes de sa « prédécesseure ». A son actif : il a viré le directeur des programmes, Michel Lussault le « pédagogiste enragé » pour le remplacer par le professeur Dehaene, adepte des « neurosciences ». Il a aussi commencé l’action de dédoublement des cours préparatoires pour améliorer l’apprentissage de la lecture là où c’est nécessaire. Un effort qui se poursuit. Le Ministre mène une réflexion intelligente –mais limitée- sur la revalorisation nécessaire de la condition enseignante. Dont acte. Le travail sur la réforme des programmes rétablit un peu de rigueur, et on sait que les débats restent vifs avec les « pédagogistes ». Mais comme souvent depuis le début du siècle, on n’en est pour l’instant à des réformettes.  Car « en même temps » la situation se dégrade rapidement. La laïcité est chaque jour un peu plus contestée : 30 conflits par jour répertoriés, mais combien ne sont pas relevés ? Et les motifs sont de plus en plus inquiétants causés par le communautarisme musulman : on n’en finirait pas de citer les cas d’élèves voulant imposer leur obscurantisme. Le Ministère campe toujours sur une forme de déni en minimisant. Sans parler des enseignants acquis au « multiculturalisme » prôné par le Président lui-même. Il faut aussi compter avec la violence sous toutes ses formes, comme si le recul du savoir s’accompagnait d’un retour à la loi du plus fort : harcèlement, jeux stupides, intrusions… Tout cela rend la vie infernale aux enseignants et beaucoup craquent. L’absentéisme est aussi une maladie du système éducatif, déjà plus de 26 000 heures de cours n’ont pas été assurées depuis la rentrée et les remplacements demeurent un casse-tête. La situation est en effet rendue compliquée par le fait que les enseignants sont beaucoup plus absents que les autres fonctionnaires.

La loi pour « une école de la confiance »

Autant dire qu’il y a du grain à moudre et qu’on est en droit d’attendre beaucoup d’une loi qui se fixe comme objectif de rétablir « la confiance ». On en a bien besoin, depuis qu’on voit la France reculer dans tous les classements internationaux.  Elle va donc être soumise pour avis au Conseil supérieur de l’éducation, ce machin entièrement entre les mains des syndicats. Que contient-elle ? D’abord, elle instaure l’instruction obligatoire dès 3 ans. C’est la première raison d’être de la loi. A la fois un coup d’épée dans l’eau puisque près de 90% des enfants sont déjà scolarisés à cet âge-là et un principe un peu contestable , certains y voient la volonté de retirer les enfants de l’influence des parents le plus tôt possible… La loi va permettre des expérimentations  avec de larges contours pour déroger au code de l’Education : les domaines sont variés, organisation pédagogique, coopération avec des partenaires du système éducatif, annualisation du temps de travail,  tout cela avec beaucoup de précautions. La loi crée un nouveau « conseil d’évaluation de l’école » placé sous l’autorité du Ministre, une bonne idée si cette structure ne tourne pas à un machin technocratique de plus. Pour la formation des enseignants, on met fin aux ESPE, qui ont succédé aux IUFM, mais là encore, on change le sigle, Ecole devient Institut, on change le mode de nomination du directeur, mais on reste dans le cadre universitaire, une erreur qui continue, et la loi ne dit rien sur le recrutement et les contenus. Si c’est pour garder les « mêmes abrutis » (dénomination accordée il y a quelques années par un stagiaire) pour y sévir, on n’aura pas beaucoup avancé. La loi prévoit aussi que les enseignants pourront enseigner, ceci pour pallier au recrutement déficient, des ordonnances pour redécouper les territoires des Rectorats (technocratie quand tu nous tiens) et la possibilité de créer des établissements internationaux financés par des entreprises. Une fois cette liste terminée, on est frappé du caractère assez superficiel. C’est que le Ministre ne peut espérer un vote favorable du Conseil supérieur de l’Education que s’il passe sous les fourches syndicales.

On est loin du compte

Il y aurait pourtant pléthore de réformes essentielles. Une vraie annualisation du temps de travail des enseignants pour adapter leur présence dans les établissements aux exigences de notre époque, accompagnée d’une augmentation de ce temps de travail. Le renforcement des compétences des chefs d’établissements, l’autonomie des établissements, la régionalisation de l’administration et de la gestion des corps enseignants pour déconcentrer le « mammouth »… Le système est devenu ingouvernable. Il faudrait mettre fin au paritarisme qui parasite la gestion des carrières, à travers les barèmes qui permettent les affectations et qui empêchent de mettre en place la reconnaissance du mérite. Mais tout cela doit être soumis à la consultation préalable des comités techniques académiques qui « ont compétence sur les questions relatives à l’organisation et au fonctionnement des établissements et des services » et ensuite soumis à l’avis des « commissions administratives paritaires académiques et départementales » concernées. Autrement dit : mission impossible sans une volonté politique à toute épreuve. Car tous les moyens de blocages seront utilisés. Les syndicats, nous rapporte l’IFRAP, bénéficient pour leur service de 1990 temps pleins de décharges syndicales, soit 1,4 million d’heures par an, pour un coût de 82 millions d’euros de rémunérations versées. Une force de frappe ou de frein redoutable !

Du « cosmétique »

On est donc loin du compte. On comprend que le Ministre se contente de faire du « cosmétique », certes souvent de bon aloi, mais on est loin des réformes en profondeur qu’il faudrait mener pour remettre sur les rails le système éducatif. Car les défis sont nombreux. En attendant, rien ou peu de chose est fait pour accueillir les enfants « hors normes », précoces, autistes, et tous les dys… pour qui venir à l’école reste le plus souvent un parcours du combattant quand ce n’est pas tout simplement impossible. En attendant l’obscurantisme progresse et les enseignants sont souvent très démunis pour y faire face. Par contre le gouvernement a durci la possibilité de créer de nouvelles écoles hors contrat, et freine la croissance  du privé sous contrat vers lequel fuient de nombreuses familles quand elles peuvent y trouver une place.

Blanquer : peut mieux faire !

 


REMANI(MINI)EMENT

Macron pénombre

Teasing !

Il aura fallu quinze jours. Que ne nous a-t-on pas dit sur ce remaniement ! Sur l’ampleur, sur la procédure « professionnelle », sur le second souffle qu’il allait apporter… Pendant ce temps-là M. Philippe « double casquette », au four et au moulin, vagabondait au Havre et jurait qu’il n’y avait pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre lui et le Président alors que tout le pays bruissait d’une tension entre les deux têtes de l’exécutif. Il a fallu qu’un déluge, il faut dire fort désastreux pour les pauvres habitants du Carcassonnais, en rajoute, pour le retarder encore de 24 heures. A croire que Hollande s’en soit mêlé ! Et la montagne accoucha d’une souris, pour reprendre l’expression bien connue.

Calculs politiciens

En fait de remaniement, on reste un peu sur sa faim. Après avoir mis Ferrand au perchoir de l’Assemblée, voilà Castaner à l’Intérieur. La Macronie se recroqueville sur elle-même pour les postes stratégiques. Pour le reste, on offre un poste à un ancien PS, l’Agriculture pour Didier Guillaume, et un autre à un transfuge du centre-droit, la Culture pour Franck Riester qui obtient ainsi son plat de lentilles, prix de sa trahison. Depuis le temps que ce dernier piaffait pour obtenir enfin un maroquin. Tout le monde aura compris : deux nominations très « ancien monde » qui vise à rallier à droite et à gauche en vue des Européennes. Personne n’est dupe. Des débauchages sans conséquence tellement ils étaient prévisibles. Riester c’est le harpon pour pêcher Juppé et Raffarin !

Oraison funèbre

Et pour consacrer ce moment fort de la geste macronienne, le Président nous a joué le soir au 20H « le crépuscule de Jupiter ». Pathétique ! Comme le relève l’excellent Jean Léonetti à juste titre : tout était faux. Le ton sonnait faux, le texte aux expressions « hermétiques » était faux, la modestie était feinte, et la solennité qui se voulait gaullienne était surjouée donc contre-productive. C’était De Gaulle-le-minus. Ajouté à cela un éclairage qui tenait plus de la pénombre et vous avez un cocktail du meilleur ratage d’adresse au peuple. Celui-ci aura été plutôt angoissé par ce spectre ânonnant qui s’était invité au moment du dîner ! Le remaniement avait tourné à la comédie, il se termine dans le tragique !

Je fais probablement partie de ces « ces somnambules du monde qui va » qui ne voient pas ce qui est en train de se passer. Pour qui se prend-il, le faux prophète. J’ai bien retenu une phrase : si ça va trop lentement, c’est la faute à nos institutions. Tiens, tiens, ça ne nous annonce rien de bon pour la réforme de la Constitution à laquelle il ne renoncera pas.

En fait de second souffle, le résultat est plutôt poussif : 2/3 des Français ne sont pas convaincus. Il est vrai que Castaner, le plus communautariste des macronistes, pour lutter contre l’Islam politique, on ne pouvait pas trouver pire.

 

 


LA TENTATION DE SAUVER LE « SOLDAT MACRON »

Macron planté

 

Les  juppéistes en ébullition.

On s’agite beaucoup chez les « juppéistes ». Qu’ils aient franchi le Rubicon  ou qu’ils soient en passe de le faire au nom du rêve européen,  ils perdent leur temps. Ils  ont toujours le  même  leitmotiv :  « Il  faut aider  Macron à réussir sinon on aura les extrêmes !  ».  Or  Macron ne peut pas réussir. C’est un psychopathe narcissique qui se détruit  lui-même et son action manque de clarté, de profondeur et de pédagogie. Le  mot « transformation » utilisé à toutes les occasions n’a pas de sens et  est  là  pour cacher justement l’absence de réformes structurelles. Quinze mois après son élection,  la France va plus  mal : plus  de dette, plus d’impôts,  plus de déficits, plus  de déficit commercial,  plus  de violence et d’insécurité, plus de communautarisme…  Et  le groupe  La REM se caractérise par son arrogance, sa vacuité et son amateurisme.  Il  est  piloté de l’Elysée  à   coups « d’éléments de  langages » : du prêt-à-porter  pour cerveaux lobotomisés.

Le progressisme est une escroquerie.

Le combat que veut mener Macron en Europe au nom du « progressisme », ne correspond  pas  aux valeurs de la droite, et n’est pas en phase avec les réalités de l’Europe actuelle. Le  « progressisme »  appartient au vocabulaire de la gauche radicale  dans le cadre de la  lutte des classes  pour transformer la société. Même dialectique donc ! Le  détournement de ce  mot par Macron couvre sa politique sociétale et voudrait donner un semblant de  concept à ses réformettes. Il veut maintenant l’utiliser  pour caricaturer le débat sur l’Europe. Il n’y a pas en Europe deux camps  comme il voudrait présenter la  situation,  celle-ci est beaucoup plus complexe. Mais surtout, la  thématique du discours de la Sorbonne correspond au rêve d’il y a vingt  ans. Il n’est plus en phase avec ce que vit l’Europe aujourd’hui. Vouloir plus d’intégration, continuer  à  élargir, ne pas prendre en compte  l’exigence  d’identité que même Hubert Védrine pense indispensable,   ce sont les thèmes qui nous ont  fait perdre il y a  cinq ans.  L’Europe devait nous protéger !  On voit  le résultat. Que nos amis aillent avec Macron dans ce combat  perdu d’avance, ils  aideront  les  extrêmes, à  commencer par  l’extrême droite à ramasser  la mise. Comme le souligne Jean Léonetti, le  projet que « Les  Républicains » vont porter est celui du bon sens, car  il n’est ni souverainiste, ni populiste,  et nos amis juppéistes pourraient, en toute bonne foi,  y souscrire, s’ils n’étaient pas aveuglés par leurs relations avec le Premier Ministre et son entourage.

 Un gouvernement faible.

Quand on n’est ni de droite, ni de gauche, on  n’est  nulle   part.  Surtout on est paralysé  par les courants contraires qui parcourent la macronie. De ce fait, le gouvernement accouche de réformettes : celle du code du travail,  celle  sur la sécurité, celle de la SNCF, et même la  loi  Pacte, aucune ne va assez loin. Celle qui s’annonce pour les retraites navigue entre le  déni, -rejet de l’âge de 65 ans- et   l’hypocrisie  avec   les  points et  l’âge pivot qui reviendra  au même, mais sous forme d’usine à gaz. La réforme de  la taxe d’Habitation est une imbécillité notoire que nos trissotins 2.0 essaient de transformer en gain de pouvoir d’achat alors qu’elle n’est même pas financée et creuse un  peu plus la dette. Pour avoir engagé ce fatras de réformettes, le gouvernement est qualifié de « droite ». Rien n’est  plus faux. On n’est pas de droite quand on s’en prend à la famille, quand on fait payer les classes moyennes à répétition,  quand on s’attaque aux retraités.  On n’est pas de droite quand on augmente sans cesse les  impôts et crée de nouvelles  taxes  au lieu de chercher   à diminuer  les dépenses de  l’Etat. Et on n’est  pas libéral quand on mène une politique qui réglemente à tout va, qui  méprise les territoires et contrecarre la décentralisation, qui assomme  les entreprises avec de nouvelles  astreintes  sociales ou environnementales  alors qu’elles  sont déjà les  plus taxées,  et qui atteint plus de 45% du PIB de prélèvements. Vous voulez  un exemple  d’incurie :  la  gestion de «  l’après »  ND des landes  où zadistes et agriculteurs se  font face-à-face et  où  l’Etat spolie en toute conscience les  anciens propriétaires qui voudraient, comme c’est logique, retrouver leurs propriétés. Voilà le produit de la macronie. Une politique condamnée à échouer d’autant plus que les vents contraires de l’environnement international vont abolir le peu de marge de manœuvre si tant est qu’il y en ait une. Une politique insoutenable pour quelqu’un qui a des convictions de droite.

Ils nuisent à la droite et ils ne rendent pas service à la France.

Les élections partielles le montrent : l’alternative, ce sont Les Républicains. C’est cette démarche-là qu’il faut soutenir sinon on favorisera les extrêmes. L’Europe est un bon sujet de rassemblement.  Mais il  est clair que si on veut éviter une mauvaise surprise aux prochaines échéances électorales, ce sont « Les  Républicains » qui offrent la seule alternative crédible en face de l’ectoplasme  macronien.   Il faut unir nos courants et nos sensibilités pour construire et renouveler un projet susceptible de convaincre à nouveau d’abord les électeurs que nous avons perdus et ensuite élargir à tous ceux qui peuvent rejoindre la  droite et le centre. Ce que vit le parti socialiste est une catastrophe. Ne suivons pas le même  chemin. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de Laurent Wauquiez ont tort.  L’allergie n’est pas une raison suffisante en politique. Ceux qui se complaisent dans « la  prise de distance » le font au nom de raisons diverses, la plupart du temps au nom d’intérêts particuliers ou d’ambitions pas vraiment avouées, et ne participent pas d’une mouvance vraiment cohérente. La volonté de ressusciter une sorte  d’UDF avec AGIR est une erreur, et voir Juppé y souscrire fait franchement rire, mais il y a toujours eu cette tentation centriste  d’avoir le cul entre deux chaises. Enfin, une chose est claire : ceux qui accepteraient de se faire débaucher pour entrer dans un gouvernement « Philippe 2 » seront ni plus, ni moins, des « traîtres » qui iront lui donner une caution dite « de droite », et participera à la volonté de Macron de  « dézinguer la droite » ! Ils seront alors dénoncés et combattus comme  il se  doit. Sans concession !

 


LA VALSE FOLLE DE JUPITER (extrait n°2)

Macron la valse folle de Jupiter 2

 Voici un autre passage du livre de Jean-Marc Daniel, celui consacré au chantier de la retraite.

« …Pour résoudre une fois pour toutes ce délicat  problème, Emmanuel Macron a nommé un « Monsieur Retraite » en la personne de Jean-Paul Delevoye, ancien président du Conseil économique, social et  environnemental.  Les  consultations ont recommencé avec le défilé des partenaires sociaux dans les  couloirs des ministères en charge du dossier. Qu’il faille encore débattre paraît d’autant plus surprenant que depuis le livre blanc remis à Michel Rocard, nous n’avons guère  manqué d’analyses et de recommandations ;  que le constat est simple, à savoir que la France qui consacre 14% de son PIB à payer des retraites, est le pays de l’OCDE, après l’Italie, où  le poids est le plus élevé ; et que la solution elle-même est en fait assez simple. …La retraite repose, comme tout système  de transfert, sur une mécanique dans laquelle on prend pour donner. Si le système  accumule les déficits, c’est que l’on donne trop ou que  l’on ne prend pas assez. Et Alfred Sauvy de préciser qu’en reculant l’âge de départ à la retraite, on aurait moins à prendre et à donner. Cette évidence a d’ailleurs été rappelée en avril 1999 dans un des multiples rapports rédigés depuis le livre blanc de 1991, à savoir celui qui fut remis par le groupe présidé par Jean-Michel Charpin, alors commissaire général au Plan. Ce rapport, qui faisait un point à ce jour guère égalé sur la situation des retraites, contenait cette observation : « Le recul progressif de l’âge de la retraite pourrait favoriser le rééquilibrage des régimes par répartition sans peser ni sur les revenus des retraités ni sur ceux des actifs. Il est justifié à la fois par l’allongement de la vie, le recul de l’âge d’entrée dans la vie active, et l’amélioration de l’état de santé des plus de 60 ans. »

A quel problème peut donc se heurter Jean-Paul Delevoye ? Juste à une assertion assez péremptoire :  « Pour la première fois depuis des décennies, les perspectives financières permettent d’envisager l’avenir avec une sérénité raisonnable, selon le Comité de suivi des retraites. L’enjeu aujourd’hui n’est donc pas de repousser l’âge ou d’augmenter la durée de cotisation. »

Et comme cette assertion émane du programme d’Emmanuel Macron, circulons puisqu’il n’y a rien à voir… ou à revoir.

On peut compter néanmoins sur Trissotin 2.0 (les technocrates ndlr) pour nous délivrer un texte incompréhensible, nourri de références au notionnel, au système à points, à la sauvegarde de la répartition qui aura comme résultat de noyer une nouvelle fois le poisson.

Soyons clair : toutes les astuces de langage plus ou moins alambiquées n’empêcheront pas que sortir de cet inconcevable déni sur l’âge de départ à la retraite est inévitable. Cependant, cela ne prendra tout son sens que si l’on agit selon une démarche économique plus large. Il se trouve que certain personnage envisage de supprimer un jour férié pour financer la dépendance des personnes âgées. Celui qui fait cette proposition  est celui qui  proposait  en 2014 d’assouplir les 35 heures, car il constate que la quantité de travail mobilisée en France est insuffisante. Il s’agit bien évidemment d’Emmanuel Macron. Cela signifie qu’il est indispensable de résorber  le chômage structurel dont le niveau élevé tend à devenir une spécificité française parmi les économies développées, mais qu’il faut également allonger la durée du temps de travail de ceux qui en ont un, en différant leur départ en retraite, en leur permettant de travailler autant qu’ils veulent par la suppression des 35 heures, et en revoyant le nombre de jours fériés :  Emmanuel Macron  le sait et l’a dit... »

Vous avez donc bien compris : d’un côté on ne touche pas à l’âge de départ, dixit Murielle Pénicaud, et de l’autre on veut mettre en place un système qui y pousse avec un concept fumeux « d’âge pivot » …  

Il  y a un  principe qui échappe à Jupiter : ce qui se conçoit bien s’énonce clairement !


POUVOIR D’ACHAT : MANDRAKE AUX FINANCES

Mandrake

Mandrake, c’est le magicien qui a enchanté mon enfance grâce à ses  pouvoirs d’hypnotiseur. Il  mettait ses dons au service de la lutte contre le mal. On ne peut pas en dire autant de nos apothicaires de Bercy qui essaient par des tours de passe-passe de nous faire croire qu’ils baissent les  impôts quand ils les augmentent et que le  pouvoir d’achat augmente quand il baisse.  Ce serait  de  la  magie si ça n’était  pas  un habile bonneteau fiscal. Attachez  vos ceintures, il va falloir suivre. Car depuis le début de l’année nous sommes pris dans un tourbillon de mesures qui fait que pour nos revenus, même  un comptable  expérimenté se mélangerait les pédales.

Commençons par les hausses.

Au 1er janvier  les taxes sur le tabac et les carburants ont été augmentées, suivies de près fin janvier par la CSG de 1,7 point (25% de hausse en produit). Le renchérissement du pétrole a accentué la hausse du prix de l’essence et du gazole. Du coup, les prix des produits alimentaires ont accéléré. Et  l’inflation est réapparue. Moralité : le pouvoir d’achat a diminué de 0,5% au 1er trimestre. Et le même scénario recommence en 2019. Rebelote pour les  carburants et le tabac à quoi il faudra ajouter les surprises du prélèvement à la  source de l’impôt sur le revenu. Pour les dix millions de Français déjà mensualisés,  le  prélèvement viendra dix jours plus tard et sera, en théorie et à condition que vous n’ayez pas de crédit d’impôts,  un peu inférieur pendant les dix premiers mois de l’année mais il faudra continuer à payer en novembre et en décembre. Ceux qui profitent de niches fiscales recevront un acompte de 30%, et puis non, de 60% (!) du montant des abattements de l’année précédente. L’Etat a retrouvé 5 milliards d’euros pour faire l’avance. En 2019, il faudra compter aussi avec une revalorisation inférieure à la hausse des prix des pensions de retraite : un rabotage déguisé.

Voyons les baisses.

Les cotisations sociales dues  sur les salaires par les employés ont été allégées de 2,2 points et l’impôt sur la fortune dû en juin a fondu des deux tiers. Bon, ce ne sont pas  les mêmes qui sont concernés, mais ça compte quand même. Les  salariés vont connaître une autre baisse de leurs cotisations de 0,95 point fin octobre. A la même date la  taxe d’habitation va diminuer d’un tiers pour quatre foyers sur cinq. Avec un peu de chance vous serez dedans, mais ça n’est pas certain. En 2019, nouvelle baisse de la  taxe d’habitation de 30%  et revalorisation du minimum vieillesse (de combien ?). Cette dernière n’est pas  une baisse mais au moins ça vient compenser un peu les hausses.

Vous avez suivi ?

Selon nos magiciens le sacro-saint  pouvoir d’achat devrait connaître une (forte) hausse de 1,5% au dernier trimestre 2018 ce qui laisse perplexe les statisticiens de l’Insee qui ont du mal à s’y retrouver. Pour eux ce serait plutôt 1 à 1,3%, soit une hausse du même ordre que l’an dernier sur l’ensemble de l’année. La vérité c’est que le gouvernement patauge et  panique à l’approche de la fin de l’année avec la  crainte de ne pas rester dans les clous  des 3% de Bruxelles si la croissance n’est pas au rendez-vous. Il promet des milliards d’euros en mêlant étrangement les  genres dans un jeu de bonneteau effréné, distribuant et reprenant tour à tour. Notons au passage que la hausse de la CSG a été effective dès janvier et que sa compensation pour les salariés a été fractionnée : une partie en début d’année, l’autre ce mois-ci. L’écart de 9 mois dans l’application a généré 4,5 milliards d’euros de trésorerie pour Bercy. Et dans le même temps, les impôts ont augmenté pour les ménages de 4,5 milliards d’euros. Donc une marge de 9 milliards …Voilà un jeu de bonneteau savamment orchestré par une administration fiscale qui sait que les dépenses ne vont pas baisser et qu’il faut prévoir en face de chaque baisse d’impôt une hausse ! Ainsi les  petites taxes créées cette année vont-elles rapporter 7 milliards… Donc, au total, les ménages vont bénéficier de 24 milliards d’euros de baisses d’impôts directs quand le dispositif annoncé sera complètement en place, tout en devant s’acquitter de 29 milliards de prélèvements  supplémentaires … L’Etat crée en moyenne près de 7 taxes nouvelles chaque année, ça n’est donc pas fini. Etonnez-vous alors que la France batte le record de l’OCDE des prélèvements obligatoires : plus de 1 000 milliards.  Jamais on n’a payé autant d’impôts en France. Les entreprises paient plus de 16,1% du PIB, 50 milliards  de plus par rapport à la moyenne européenne, ce qui relativise les baisses programmées pour elles par ce « brave » monsieur Le Maire.

La hausse du pouvoir d’achat.

On comprend que les  Français n’en croient pas un mot. Ce ne sont pas les quelques euros supplémentaires sur la feuille de paie  (30 €) qui vont compenser  la hausse des prix et les  quelques heureux qui vont engranger une taxe d’habitation moindre, il y a de fortes chances  pour qu’ils l’épargnent en prévision du mois de janvier. Le gouvernement lui-même, « Darmamoins » en premier, crée de l’incertitude  par sa  communication brouillonne. Son action est illisible. Et  encore, on n’est pas au bout de nos surprises : un choc pétrolier n’est pas impossible en novembre si Trump applique ses sanctions contre l’Iran qui promet en représailles de bloquer le détroit d’Ormuz. En  plus, il  pourrait bien y avoir, en début d’année prochaine, un effet récessif du prélèvement à la source agrémenté de quelques bugs, ce qui n’est pas exclu. Bonjour les dégâts !

Ce n’est plus Mandrake, c’est Garcimore !

Autrement dit, ce n’est pas la consommation qui est à l’ordre du jour,  mais plutôt l’épargne de  précaution.

 


DEUX COUPS DE GUEULE ET UN CONSEIL

Archibald en colère

 

Macron n’est pas de Gaulle.

Maintenant il va nous jouer la pièce de l’imposture. Il est allé à Colombey les Deux Eglises pour tenter de retrouver un second souffle. Il multiplie les références au gaullisme, la dernière en date étant l'ajout de la Croix de Lorraine dans le logo de l'Elysée. De quel droit ? Assez  d’usurpation !  Il n’a aucune référence qui lui permette d’embobiner ainsi  les Français. On va lui faire payer des droits d’auteur par les urnes ! Heureusement,  il n'a pas pu s'empêcher de sortir une de ses petites phrases habituelles pour expliquer que la France se porterait mieux si on arrêtait de se plaindre. Et  voilà ! Maintenant, c'est de notre faute...

Halte au favoritisme.

Après les avantages accordés à Benalla, la nomination d’un ami écrivain –Philippe Besson- au poste  de Consul à Los Angeles, l’intervention à trois reprises dans la nomination du nouveau procureur de Paris, Macron change les règles pour nommer un « copain » énarque recteur d’académie. Je trouve que ça commence à faire beaucoup et qu’il y a bien de l’indulgence dans la discrétion des médias sur ces sujets. Etre Président ne donne pas tous les droits.  On peut tout craindre de la  réforme de la constitution qu’il nous concocte. 

Le conseil.

Le gouvernement compte sur l’augmentation du pouvoir d’achat pour sauver la croissance de l’année pour  l’instant plantée à 0,4% sur le premier semestre. Or, l’augmentation de la consommation est  un  mauvais  moteur puisqu’il creuse chaque fois un peu  plus notre déficit extérieur, aggravé déjà par la hausse du prix du pétrole. Compte tenu de la  conjoncture internationale et des perspectives qu’elle offre, je conseillerai plutôt aux Français d’épargner. D’ailleurs je ne vois pas comment on pourrait atteindre 1,6 ou 1,7% de croissance d’ici la fin de  l’année. Là encore « Darmamoins-le-petit-racketteur » nous ment !


QUAND MACRON VA AU FOSSE !

Voiture au fossé

L’épisode Collomb et ses incohérences, après les nombreuses embardées qui ont commencé avec l’affaire Benalla, envoie cette fois-ci le Président au fossé. J’en profite pour redire que l’affaire  Macron-Benalla est  bien une affaire d’Etat et non la seule dérive d’un homme.  Pour une raison toute simple : s’il n’y avait pas eu les révélations dans la presse trois  mois après les faits, Benalla n’aurait  jamais été poursuivi ni mis en examen pour les faits qu’il avait commis le 1er  mai. Et  cela n’a été possible que parce qu’il avait été « protégé » au plus haut niveau.  J’en reviens à la démission du Ministre de l’Intérieur. Le lien est évident avec l’affaire Benalla, justement. C’est depuis le mois de juillet que le ressort est cassé entre Gérard Collomb et le Président.

Méli-mélo autour d’une démission.

Encore une fois, la procédure utilisée par l’intéressé n’est pas vraiment conforme aux usages. Gérard Collomb n’a respecté aucune règle. En principe, un ministre n’annonce pas sa démission, il attend que l’Elysée ou Matignon la rende publique. En principe, un ministre, surtout un ministre d’Etat occupant un poste régalien, ne part pas à sa convenance. Curieusement, il a d’abord pensé qu’il pouvait se maintenir place Beauvau pendant quelques mois, puis, devant la multiplication des critiques, toujours plus nombreuses et virulentes de la classe politique, il a exprimé le désir d’en finir très vite. Sûr de lui, comme à son habitude, Emmanuel Macron pensait l’avoir convaincu lundi de rester au gouvernement. Malentendu ou désaccord, le démissionnaire n’avait pas plus tôt terminé sa conversation avec le chef de l’Etat qu’il annonçait au « Figaro » qu’il maintenait sa démission.

Jupiter mis à mal.

Dans cette affaire, on va dire une de plus, les coups de théâtre ont été multiples. Ils donnent de la cohésion gouvernementale et du fonctionnement de l’exécutif l’image d’une vraie foire d’empoigne. Si de bout en bout de cette surprenante histoire, l’ancien ministre de l’Intérieur s’est conduit avec un mépris absolu de la hiérarchie, le Premier Ministre a montré sa  faiblesse au point qu’il a appris pendant les questions de l’Assemblée le départ de son Ministre de l’Intérieur qui a même séché le Conseil des Ministres alors qu’il y était « requis ». Ce faisant, il a agi avec une grande désinvolture et le résultat est que le  couple exécutif, Président et Premier Ministre, a été tourné en ridicule. Il  ne pouvait pas ne pas savoir que ce serait le cas. De la part de celui qui était le chef de la police et de la sécurité nationale, c’est un comble !

Le mépris et l’arrogance.

Pour que Gérard Collomb en soit arrivé là, il y a forcément une explication qui transparaît dans les petites phrases qu’il a lâchées ici et là depuis quelques semaines. Il a probablement cru qu’il pouvait encore dire le fond de sa pensée au chef de l’Etat, lui, le soutien de la première heure. Il n’a pu que constater que ce n’était pas le cas, qu’il était méprisé, en tout cas,  pas entendu. Sa défense devant la commission d’enquête parlementaire a montré son embarras dans une affaire qui a montré qu’il avait plus ou moins été tenu à l’écart. Les petites phrases très maladroites lâchées par Macron au gré de ses déplacements ont fait le reste. Incurable ! Comme les autres, Le Ministre d’Etat s’est heurté à la « verticalité » présidentielle : lui qui a le plus fait pour que le jeune ancien ministre de l’Economie fût élu président de la République, qui a pleuré en public le jour de l’investiture, en a conçu une grande déception personnelle. Car au mépris, a suivi l’arrogance, le Président traitant son départ comme un fait insignifiant. Ajoutons à cela que la situation lyonnaise se  complique terriblement pour les prochaines municipales  au point de contrarier les ambitions et les  projets collombiens. D’où son retour en urgence. Tant pis pour la raison d’Etat.

Divergences entre l’Elysée et Matignon.

Une fois n’est pas coutume. Philippe qui s’était toujours aligné sur les décisions du « château », avec ses modalités invraisemblables, cette démission cache, pour la première fois, une querelle au sein de l’exécutif. Le Premier Ministre qui occupe aujourd’hui les fonctions de Ministre de l’Intérieur par intérim, (on aura eu au passage l’épisode croquignolesque de  la longue attente sur le perron), estimait que les déclarations à « l’Express » de Gérard Collomb devaient se traduire par un départ immédiat. Il a été ridiculisé. En effet, Emmanuel Macron n’a pas voulu que, après Nicolas Hulot et Laura Flessel, un troisième ministre, et non des moindres, claque la porte. Il a cru que son autorité suffirait et il s’est trompé, preuve qu’il ne connaissait pas Gérard Collomb aussi bien qu’il le croyait ou qu’il avait  mal évalué le fossé qui s’était creusé avec son Ministre. Alors, bien sûr, après Benalla, après Hulot, ça fait désordre. En fait, le désordre revient si souvent depuis la rentrée que l’opposition n’a pas besoin d’un porte-voix pour exprimer son indignation. Il est vrai que M. Collomb a agi comme s’il se moquait de son travail, donc de la sécurité des Français. Mais il est vrai aussi que la perte d’autorité au plus haut niveau est patente puisque les  Ministres peuvent partir en mettant devant le fait accompli. L’affaiblissement du pouvoir régalien risque de se payer cher. Surtout après le  discours catastrophiste du Ministre de l’Intérieur en guise de bilan !

Macron peut faire comme si rien ne pouvait l’arrêter. On voit surtout qu’il est de  plus en plus seul. Les Français ne sont pas dupes.

 


LA VALSE FOLLE DE JUPITER (extrait n°1)

Macron la valse folle de Jupiter

Je poursuis aujourd'hui la suite de l'analyse du livre de Jean-Marc DANIEL.

Voici un premier extrait (p. 79,80 et 81) :

 

« C’est à la résolution des problèmes structurels du pays que le président Macron doit se consacrer en priorité. Cette priorité est d’autant plus manifeste que ces problèmes sont assez clairement identifiés.

La première manifestation en est la persistance d’un chômage élevé. Ce chômage est d’autant plus paradoxal que, fin 2016, 27% des entreprises industrielles déclaraient avoir des difficultés à recruter. Cela  signifie en particulier que… l’inadéquation entre les besoins des entreprises et les compétences effectives de la main d’œuvre est plus forte que jamais.

La deuxième est l’absence de maîtrise des finances publiques. Malgré une hausse spectaculaire des prélèvements obligatoires qui sont passés de 41,3% en 2010 à 44,5% en 2016, les budgets publics connaissent un déficit et la Cour des Comptes… avance que la situation exige un effort d’économie « d’ampleur inédite ».

Un appareil  productif à la peine et une dépense publique excessive se conjuguent pour nourrir le troisième problème qu’Emmanuel Macron reçoit en héritage, à savoir un important déficit extérieur. La  balance des paiements courants de la France en 2017 est négative,  s’établissant à 0,8% du PIB…  Et la situation a tendance à s’aggraver, puisque l’OCDE anticipe un déficit de 1,6% du PIB pour 2018.

Porter un jugement sur les débuts d’Emmanuel Macron revient à s’interroger sur l’adéquation de la politique qu’il mène à la situation qu’il a reçue, c’est-à-dire à un héritage où  le  cycle masque les limites du rebonds de l’économie française,  d’une économie en sous-emploi et marquée par un phénomène de déficits jumeaux (déficit extérieur et déficit budgétaire).

Dès lors que la croissance est le cumul de trois composantes, l’analyse de la réponse à apporter à cette interrogation… doit porter sur chacune des trois composantes. Nommé président du Conseil Italien en 2011, Mario Monti a formalisé ce principe en affirmant que toute politique économique efficace devait comporter des réformes tendant à accroître la concurrence de façon à élever le niveau de croissance potentielle,  des réductions de dépenses propres à  équilibrer les finances publiques à long terme… et une politique d’ensemble fondée sur le retour à la dignité nationale pour que les aléas n’altèrent pas trop  la confiance du pays en lui-même.

Emmanuel Macron a-t-il rempli ce contrat ? A ce stade, nous affirmons qu’il y a de sérieuses raisons d’en douter. »

 


LE RIDICULE DANS L’ACTU

Guignol-1

 

Le Maire fait la leçon…

… aux Italiens sur leur budget et leur déficit prévisionnel à 2.4%, en leur expliquant qu'il y a des règles en Europe et que les règles sont faites pour être respectées. Au passage, il a sûrement oublié que la France a, elle, un déficit de 2.8% du PIB. La paille et la poutre !

Ni vu, ni connu, j’t’embrouille.

Theresa May serait prête à faire des concessions sur le sujet de l'Irlande qui est le principal obstacle aux négociations. En théorie, si la Grande-Bretagne sort de l'Union Européenne, l'Irlande du Nord,  partie intégrante du royaume, sortira de fait. Et l'Irlande se retrouvera coupée en deux. Il faudrait donc rétablir une frontière avec le contrôle des biens et des personnes entre les deux Irlande. Ce que ni les Anglais, ni les Européens ne veulent, compte tenu de l'histoire douloureuse de l'Irlande du Nord. Les Anglais souhaitent donc laisser la frontière ouverte, ce qui évidemment ferait de l'Irlande du Nord une zone de libre-échange avec l'Europe et permettrait à la Grande Bretagne de bénéficier des avantages du marché européen sans en avoir les inconvénients. Donc l’Union européenne exige un contrôle, non pas à la frontière entre les deux Irlande, ce qui est compliqué compte-tenu du contexte, mais entre l'Irlande du Nord et l'Angleterre, ce qui est évidemment absurde puisque cela crée une fracture au sein même de la Grande-Bretagne. Mais c'est surtout ridicule parce que les contrôles de biens entre l'Irlande du Nord et l'Angleterre ont peu de chances d'être respectés. C'est pour cela que la Grande-Bretagne est prête à les accepter... Cela fait plaisir aux Européens et cela n'a aucun impact parce que c'est inapplicable... Mais tout le monde aura sauvé la face. On pourra au moins contrôler les personnes, mais ça, c’est que les Anglais veulent depuis le début. Le beurre et l’argent du beurre.

Macron et le peuple.

Le peuple, c’est son problème à défaut d’être la solution. Il fait des efforts pour être moins Jupitérien. C’est pourquoi il disparaît pendant trois heures sans prévenir les services de sécurité, et sans Benalla, pour aller discuter avec le « peuple », comme on l'a vu aux Antilles. Il prend même des photos ridicules qui circulent sur les réseaux sociaux pour immortaliser le moment. Ces photos n’ont pas fini de lui revenir en « boomerang ». Ce type est-il équilibré ?

Le mur du çon pour Mélenchon.

Mélenchon a  le sens de la formule.  Admirateur de tout ce qui est un peu bolcho, il s'est ridiculisé à l'Assemblée en affirmant : « Si vous cherchez un vaccin contre le cancer du poumon, allez à Cuba, il existe». C'était une fake news qu'il a relayée... Certainement, il va bientôt nous parler aussi d'un remède contre la crise économique qui existe au Venezuela ? Sur le sujet il est devenu amnésique.

Psychodrame place Beauvau.

Quelque chose est bel et bien brisé entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb. Le Ministre de l'Intérieur a présenté lundi sa démission à effet immédiat à Emmanuel Macron, mais celui-ci l'a refusée « pour mieux lui renouveler sa confiance » pour les mois à venir. Admirez la formule : on voudrait nous prendre  pour des cruches qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Le  premier flic de France n’a peut-être pas digéré que le  « boss » fausse compagnie aux services de sécurité pour aller embrasser « le peuple ». Une manière de les ridiculiser. Ah, si Benalla avait été là ! En attendant, pas sûr que le soutien présidentiel calme ceux qui réclament sa démission.

La  chasse est ouverte.

La chasse aux « improductifs ». L'OFCE l'a confirmé : les retraités se prennent vraiment une claque avec le gouvernement Macron, 80% vont voir leur pouvoir d'achat baisser du fait des mesures budgétaires. Si, si, le pouvoir d’achat va augmenter ment Darmanin ! Les retraités ne lui disent pas merci !

99% pure dette.

On arrive dans la zone rouge de l’année, celle où les caisses de l’Etat sont vides et où il doit emprunter pour faire  face à ses dépenses : pensions… On frémit  à l’idée qu’un Mélenchon l’enverrait valser, avec la fermeture du financement des marchés qui s’en suivrait. L'INSEE vient d'annoncer le montant de notre dette publique au 30 juin 2018 : elle a presque atteint les 100% du PIB et on est dans le peloton de tête des cancres mondiaux. Avec la Grèce... Pendant ce temps en Allemagne la dette va passer sous la barre des 60% du PIB. Cela n’empêche pas qu’on se permette de donner des leçons de finances aux autres pays. Ben tiens, n’a-t-on pas un banquier comme Président ?

 


LA VALSE FOLLE DE JUPITER

Macron la valse folle de Jupiter

Jean-Marc DANIEL est un économiste libéral reconnu, professeur à ESCP Europe. Son diagnostic sur les 15 premiers mois du septennat est pessimiste. Après avoir cru à la promesse Macron, il explique pourquoi il court à l’échec, sauf si…

La politique qu’il a menée jusqu’à présent ne répond pas aux problèmes de long terme de l’économie française, parce qu’elle est trop superficielle. Le Président nouvellement élu devait impérativement légitimer son pouvoir par l’adhésion de l’opinion et des réformes concrètes et effectives. Or, pour l’instant on n’a ni l’une, ni l’autre. On a découvert un entourage où se côtoient des technocrates imbus de leurs certitudes et des « spadassins » incontrôlables dont l’affaire Benalla est l’exemple emblématique ; la multiplication des décisions et des plans se succèdent sans qu’on puisse en mesurer la cohérence, malgré la « novlangue » de « transformation » qui est censée l’expliquer ; l’action diplomatique menée notamment en Europe n’est pas plus lisible. Les Français ne sont pas impatients des résultats, ils pressentent que la politique menée ne va pas dans la bonne direction et qu’elle court à l’échec.

La promesse sociale-libérale n’est pas tenue.

L’auteur explique longuement le positionnement initial d’Emmanuel Macron à l’intérieur des différentes familles de pensée, notamment à gauche. Il le classait, par ses nombreuses déclarations et interviewes, dans la gauche dite « feuillante » à laquelle appartenaient Delors et Rocard. Mais dans l’action, s’il commence plutôt bien ce qu’il entreprend, il ne va jamais jusqu’au bout. Jean-Marc Daniel multiplie les exemples. « Porter un jugement sur les débuts de Macron revient à s’interroger sur l’adéquation de la politique qu’il mène à la situation qu’il a reçue, c’est-à-dire à un héritage où le cycle masque les limites du rebond de l’économie française, d’une économie en sous-emploi et marquée par un phénomène de déficits jumeaux » (Il existe un lien automatique entre déficit extérieur et déficit budgétaire). Il fallait donc s’attaquer en priorité à la partie structurelle de nos déficits et du chômage de façon à élever la croissance potentielle, en rétablissant la concurrence, en réduisant les dépenses publiques de façon à les équilibrer sur le long terme afin de pouvoir laisser filer le déficit budgétaire dans les périodes défavorables du cycle. Il fallait aussi  une politique d’ensemble fondée sur le retour de la dignité nationale pour que le pays ait confiance en lui-même. Pour l’instant on est loin du compte.

La REM n’est ni de droite, ni de gauche, elle « n’est pas ».

L’impression qui se dégage du groupe parlementaire est qu’il est constitué d’une collection d’hommes et de femmes dont on ne sait pas d’où ils viennent et qui ne savent pas où ils vont. C’est ce qui ressort des réflexions d’un député En Marche, Bruno Bonnell : « Ce qui lie le groupe, c’est Macron. Comme on n’a aucune base idéologique, on n’a pas de repères. » La République en Marche n’est pas un parti mais un club de supporters. La verticalité macronienne supplée au projet et au programme. Le point commun des marcheurs est qu’ils croient en Emmanuel Macron, soit comme leader capable de transformer la société, soit  comme homme politique suffisamment puissant pour leur assurer une place au soleil électoral. Une faiblesse militante qu’on retrouve aussi bien à l’assemblée qu’au gouvernement dont la plupart des ministres sont inconnus du grand public. Le macronisme manque donc de relais politiques auprès de l’opinion et de militants  aguerris prêts à défendre le Président sans barguigner en cas de coup dur. L’affaire Benalla a été un révélateur de cette faiblesse : la tétanie qui a saisi le groupe parlementaire et les aficionados jusqu’au plus haut niveau, jusqu’à Castaner, est très révélatrice. Par son inexistence le parti macroniste n’a pas réussi le pari du « nouveau monde » qui devait dépasser le clivage gauche-droite. Celui-ci est plus que jamais bien réel et reste la référence et le marqueur de toute action politique. Pire, par les courants qui le traversent en raison de l’origine de certains élus, il est la cause d’une certaine paralysie de l’exécutif qui ne peut pousser les réformes jusqu’au fond.  Il n’y a guère que les derniers convertis qui soient plus macroniens que Macron telle Aurore Berger.

Le rêve européen prend l’eau.

Le Président s’est proclamé « européen » et défend une vision de l’Europe ouverte sur le plan commercial, et plus intégrée sur le plan politique. Il l’a mise au centre de son action et a même prononcé quatre discours de fond rappelant références historiques et  principes. Il en ressort une intention certaine plus qu’une politique. Son rêve de leadership s’est heurté aux réalités. L’idée d’un ministre des Finances européen et de l’augmentation des pouvoirs budgétaires de l’Union a fait florès. Pour les autres la réforme doit se limiter  à l’achèvement de l’union bancaire et à la réactivation de la mise en place d’un « fonds monétaire européen ». Et de rappeler que la priorité pour tout membre de l’Union est le respect des règles budgétaires. Macron est recalé parce qu’il n’a pas pris de front la résorption de la dette et des déficits publics suffisamment. Il est prié de balayer devant sa porte. L’Europe et l’euro n’ont pas vocation à redistribuer la prospérité existante au profit des Etats qui accumulent dette et déficits, mais à apporter un surcroît de prospérité qu’une monnaie commune devrait normalement générer si tout le monde s’astreignait aux mêmes efforts. Son repositionnement en vue de la campagne des élections de 2019 pour prendre la tête des « progressistes » contre les « nationalistes » est un épiphénomène pour masquer cet échec et recherche un clivage dangereux parce que ne correspondant pas à la réalité qui est beaucoup plus complexe. Il pourrait conduire l’Europe à la catastrophe. Par ailleurs son rêve de plus d’Europe fédérale n’est pas partagé par le peuple français, qui le rejette un peu plus fortement à chaque élection du parlement européen.

Le retournement de cycle va rendre compliquée la tenue du cap.

L’économie française s’inscrit dans un schéma bien connu des économistes : elle enchaîne des cycles d’une durée de sept à neuf ans, dont les années de ralentissement ou de récession furent 1975, 1983, 1993, 2001 et 2009. Mais, problème lié à des causes spécifiques, simultanément elle a vu son taux de croissance potentielle reculer : il était de 5% dans les années 60, de 4% dans les années 70, de 3% dans les années 80, de 2% dans les années 90,  pour finir à 1 à 1,5% depuis 2000. Ce schéma qui  se traduit par un enchaînement de déstockage et de désinvestissement suivi par une reprise liée au restockage puis au retour de l’investissement reste d’actualité. En claironnant en 2015 « ça va mieux » Hollande n’avait aucune raison de douter que six ans après le trou de 2009, la croissance ne revienne. Simplement le choc fiscal de 2012 l’a retardée en France. Mais quand Macron s’installe, l’économie française est dans sa phase d’expansion du cycle. La conjoncture qu’on a connue en 2017 s’apparente à une « embellie qui nous euphorise ». Embellie qu’il aurait fallu utiliser pour corriger les défauts structurels de la dette, du déficit et de leur corollaire le chômage, au lieu du déni qui  a poussé une fois de plus à augmenter dépenses et déficits, quoi qu’on en dise. Le problème c’est que le retournement du cycle va inévitablement intervenir en 2019-2020, avec son cortège de difficultés, le retour de la hausse du nombre des demandeurs d’emplois et l’absence de marges de manœuvres pour réduire les déficits, donc des hausses d’impôts inévitables … Macron peut crier qu’il va continuer les réformes, encore faut-il en avoir les moyens. Il pourra toujours faire de la com’  

Macron est seul.

Inexpérimenté, il accumule les erreurs d’analyse et les bourdes. Il se présentait comme un social-libéral de gauche et vire de plus en plus à l’opportuniste autoritaire dont les choix pourraient coûter cher.

Je vous distillerai au fur et à mesure des prochaines notes quelques « citations » très éclairantes.

Macron, La valse folle de Jupiter – Editions « l’Archipel ».

 


WAUQUIEZ : 1, PHILIPPE : 0

Laurent Wauquiez Édouard Philippe

Je reviens brièvement sur « l’Emission Politique » d’hier soir pour commenter le face-à-face de Laurent Wauquiez et d’Edouard Philippe. « Y’a pas photo », comme dit l’autre. Il n’a pas été très difficile pour le patron des Républicains de montrer que son interlocuteur avait bien trahi ses idées en franchissant le Rubicon macronien. D’ailleurs la plupart des commentateurs lui ont donné l’avantage. Nous avons eu la confirmation de l’absence de volonté politique de mettre en œuvre les moyens de limiter l’immigration, de même que sur l’Europe, le Premier Ministre, empruntant les pas de son patron, campe sur le projet de rassembler les Français sur un schéma européen dont ils ne veulent plus. Cela dit, Léa Salamé leur a imposé les deux thèmes, ce qui a cantonné une fois de plus Laurent Wauquiez dans un registre qu’il connait certes par cœur, mais on aurait aimé qu’il aborde d’autres sujets, comme celui de l’emploi, priorité n°1 des Français. Cela aurait évité le tweet ridicule de Bussereau qui, manifestement, ne savait pas que le thème était imposé. J’ai bien ri aussi à celui, carrément grotesque d’Alain Juppé se prosternant en flagorneur aux pieds d’Edouard Philippe transformé en sauteur de haies. Il ne manquerait plus que ce soit Gilles Boyer qui le lui ait suggéré ! Alain, tu vieillis, je t’ai connu plus inspiré.

Je suis sur le livre de Jean-Marc Daniel : "Macron, la valse folle de Jupiter". Un peu ardu, car très carré en économie, mais très éclairant sur les réformes de Macron. Je peux vous dire déjà, que j’y ai trouvé la confirmation que la droite et la gauche ne sont pas mortes, et qu’on ne peut pas les réduire. C’est comme l’eau et l’huile, on peut les mettre ensemble dans un flacon et agiter, le mélange ne se fait pas. C’est ce qui arrive à LREM tiraillée entre ses élus issus d’un côté et de l’autre, pas étonnant que la majorité tire à hue et à dia. Conséquence : les réformes ne sont que des demi-réformes. Une limite redoutable pour le « en même temps » ! J’y reviendrai plus longuement quand j’aurais terminé la lecture. J’aurai quelques pépites à vous livrer.

A la suite de l’émission d’hier soir, il y avait un débat auquel participait Gilles Legendre, le nouveau patron des députés LREM. Une illustration parfaite de ce qu’explique Jean-Marc Daniel et du pourquoi de la situation que nous connaissons : dette, déficits qui progressent toujours. Agnès Verdié-Molinier a très bien contredit le député sur le fait que contrairement à ce qu’il affirmait, les réformes structurelles essentielles n’étaient pas entamées. Avec les Macronistes, c’est toujours la même chose, on nous noie sous un déluge d’affirmations bougistes et péremptoires qui nient les réalités. C'est aussi crédible que lorsque Edouard Philippe va à Marseille devant les élus des territoires pour affirmer sans aucune hésitation ni retenue qu’il n’y a aucune recentralisation ni confiscation du pouvoir par la technocratie. Mais comme c’est un énarque qui le dit …

A suivre, donc …

 


CE GROS MENSONGE DES 6 MILLIARDS !

Des-liasses-de-billets

C’est de la com’.

La ficelle est un peu grosse. L'exécutif n'a retenu que les baisses d'impôts pour son calcul, « oubliant » d'inclure des mesures moins avantageuses comme le quasi-gel de certaines prestations sociales (retraites, APL, allocations familiales). Avec un calcul plus complet,  l'OFCE prévoit une hausse du pouvoir d'achat en 2019, mais moindre que celle annoncée par le gouvernement (3,5 milliards). Mais le décompte  est encore partiel : « Le chiffre de 6 milliards est un faux », a dénoncé Eric Woerth, qui parle de 300 millions d’euros en moins pour le pouvoir d'achat l'an prochain. Et  c’est effectivement la réalité de ce qui va se passer si  on prend en considération toutes les augmentations de taxes qui plombent la vie quotidienne des Français. Le président de la commission des Finances de l’Assemblée comptabilise 10,6 milliards de gains pour le  pouvoir d’achat en 2019 ( baisse des cotisations salariales, taxe d’habitation, suppression des charges sociales sur les heures sup, revalorisations diverses…),  mais à quoi il faut retrancher 10,9  milliards de mesures à impact négatif (prélèvement à la source, hausses de la fiscalité énergétique, désindexation des retraites, gel des allocations familiales et des  apl…) soit 300 millions d’euros en moins qui pèseront sur les  ménages.

Le front du déficit.

Le déficit budgétaire devrait rester stable en 2018 à 2,6 % du PIB, avant de passer à 2,8 % du PIB en 2019, sur fond de croissance s'établissant à +1,7 % les deux années.  Ce qui peut paraître optimiste. En fait, la dépense continue d’augmenter et malgré les économies demandées aux ministères, - on notera au passage que l'effort global n'est pas chiffré par le gouvernement -, le déficit de l'Etat atteindra 98,7 milliards d'euros en 2019. Ce montant considérable, que Bercy a tout fait pour ne pas ébruiter jusqu'à la présentation du budget, s'explique par la double année de décaissements de l'Etat au titre du CICE, mais aussi par la perte de 6 milliards d'euros de recettes d'impôt sur le revenu en raison du prélèvement à la source qui va occasionner un décalage d'un mois de trésorerie pour l'Etat.  Cela n’empêche pas la Commission européenne de juger que l'effort de redressement structurel (hors effets de la conjoncture) n'est pas suffisant : il serait de seulement 0,1 % cette année, et 0,3 % l'année prochaine. Nos voisins font beaucoup mieux. Surtout, cela place la France dans une position de faiblesse en cas de retournement de la conjoncture, ce qui est prévisible si une crise alimentée par le  prix du baril de pétrole survient.

Des mesures positives pour les entreprises.

Le gouvernement tient à peu près sa promesse : il va transformer le crédit d’impôt (CICE) en baisse des charges pérennes, c’est une bonne chose même si les entreprises seront d’abord  perdantes. A cela il faut ajouter la baisse du taux d’IS de 33 à 25%  et l’exonération du forfait social pour les  PME de moins de 50 salariés, soit près de 25 milliards qu’elles n’auront pas à payer. Tout cela va dans le bon sens. C’est  toujours ça et l’on comprend que les organisations patronales soient satisfaites. Evidemment, il faut tenir compte de la hausse de la fiscalité énergétique et diverses mesures qui viennent à charge. Globalement le bénéfice serait de 19 milliards quand  même. Dommage qu'on leur colle sur le dos la charge du prélèvement à la source.

Toujours rien sur la dette et le déficit.

Il faudrait faire beaucoup plus pour que  notre économie redevienne vraiment compétitive, mais faute d’avoir pris le problème  par le bon bout, le gouvernement a des marges de manoeuvre réduites par la dette et le déficit. Peut-être récessive à court terme, une réduction drastique du périmètre de l’action de l’Etat, avec un recentrage sur le régalien, permettrait une réelle réduction des prélèvements obligatoires, prémices indispensables au retour à moyen terme de la compétitivité, de la croissance et du plein-emploi. Or le cafouillage fiscal et la fragilité de la baisse du déficit de cette année – bien peu structurel – brouillent le message gouvernemental. Le cadre contraignant de  Bruxelles  est plutôt une bonne chose car il oblige quand même à un minimum de rigueur. Cependant, la France accuse un retard de plus en plus important par rapport à ses voisins européens. Pour donner un ordre d’idée de l’effort à fournir dans les prochaines années, il faudrait une baisse de 1 000 milliards d’euros de la dette française pour que la France rejoigne le niveau d’endettement de l’Allemagne.

Le piège du retournement.

Les planètes favorables sont moins alignées qu'il y a un an (pétrole, guerre commerciale). Le refus assumé d'une plus grande rigueur sur les dépenses publiques peut se comprendre : ce n'est pas le moment d'appuyer sur le frein au moment où l'économie ralentit. Mais la quête éperdue du pouvoir d’achat reste une erreur. C’est un mauvais moteur de la croissance si on prend en compte le déficit commercial qu’elle génère : encore 65 milliards d’euros prévus pour 2019, comme en 2018, à condition que le pétrole ne flambe  pas. Dans le même temps, le  PIB passerait de 2 350 milliards à 2 420 milliards, soit un gain de 70 milliards avec un taux de croissance prévu de 1,7%. On mesure la fragilité du bénéfice pour le pays. L’autre difficulté est que l’exécutif va se heurter à un problème qu’il feint d’ignorer : un compte à rebours redoutable, celui de la dette et du déficit. La première tangente les 100 % du PIB, le second les 100 milliards d'euros. Or, il est désormais acquis que les taux d'intérêt vont remonter. Ce  n’est plus une menace, c'est maintenant une quasi-certitude. Il ne peut donc pas espérer que la croissance,  qui plonge déjà, desserrera l'étau. Emmanuel Macron pourrait bien être le premier président qui tombe dans le piège de la dette. Imaginer récupérer  la  mise en 2020 est plus que jamais un pari hasardeux.

 


GROS PLANS

Longue vue 2

 

Cette semaine, je braque ma lorgnette sur quelques évènements plus ou moins surprenants.

Ben et Nuts.

AGIR, le micro parti politique qui prétend remplacer l’UDF, est né. Il  se  veut « une jeune start-up politique collaborative », prête à sauver l’Europe à elle toute seule. Sur les fonds baptismaux  deux parrains de poids, enfin surtout pour un (pour le poids) : Ben Raffarin et Nuts Juppé, les  messieurs « plus » : « plus européen que LR, plus attaché aux classes moyennes que la majorité, plus démocrate que les extrêmes ». Il n’exclut pas  les partenaires pour y parvenir car il faut des moyens d’agir (ouaf !).  Attention, Riester n’est pas Giscard ! Au fait, les  constructifs ont servi  à quoi depuis dix-huit mois, sinon à affaiblir la droite et le centre ?

Hulotade.

La procédure Hulot fait des émules. C’est Bruno Julliard qui claque  la porte de la mairie de Paris  avec un sévère réquisitoire contre la « hidalga », en désaccord sur la méthode et sur le fond.  Quoi qu’elle en dise, la maire de Paris traverse une sale passe  et sa popularité n’est pas au zénith parmi les habitants de la capitale qui n’en peuvent plus de ses foucades de bobo dictatoriale. A tel  point que le nombre des prétendants à sa succession grossit chaque jour.

Des plans sur la comète.

Qu’est-ce qu’on fait quand on n’a  pas les moyens financiers de réformer ?  Le technocrate répond : « faisons un plan ». Depuis la semaine dernière donc, les plans fleurissent, car il faut bien que Macron ait l’air d’agir : plan contre  la pauvreté, plan vélo, plan santé… viennent s’ajouter à la longue liste des plans décidés depuis quinze mois. D’ailleurs il suffit d’interroger les gens concernés, ils répondent tous : « c’est  bien,  mais  où sont les moyens ? »

Macron défenseur des retraités !

Celle-là,  elle est forte ! « Arrêtez d’emmerder les  retraités » aurait clamé  le  Président à l’adresse de « castagnette »  qui se répandait partout en affirmant qu’il fallait « aborder la réforme des droits de succession sans tabous ! » Jolie coup  monté en fait. Un peu trop téléphoné quand même. L’homme à tout faire de la  macronie a  été envoyé sur le terrain  avec ce  message qui arrive dans la rentrée comme un cheveu sur la soupe, uniquement pour permettre à son boss  d’avoir l’air de s’offusquer, en espérant  reprendre la main avec les retraités qui lui tournent majoritairement le dos.  Il s'est rendu compte que taper sur les retraités n'était pas bon pour sa cote de popularité. Et  pour améliorer la potion, le gouvernement, comme par hasard, va introduire dans son projet de budget 2019 un dispositif pour exonérer 100 000 retraités modestes qui allaient subir la hausse de la CSG de 1,7 point. Encore un revirement complet pour l'ex-président des riches actifs. A moins que d’afficher ainsi sa détestation des seniors ce n'était pas très honnête vis-à-vis de qui vous savez... (Oui, bon, c’est de mauvais goût, mais j’assume).

L’Intérieur n’a pas assez le goût du bouchon.

Collomb va prendre la tangente, lui aussi.  Le N°2 du gouvernement se languit de ses bouchons lyonnais et rêve de reprendre sa mairie.  Il faut dire que son bilan n’est  pas reluisant en matière de sécurité et de délinquance. Et puis, le « vieux » s’est permis de dire  au « jeuneot » qu’il manquait « d’humilité ». Qu’il est désagréâââble ! Narcisse a un sens limité de la critique. De là à ce qu’on ait fait comprendre au découvreur de la macronie qu’il ferait mieux de reprendre le chemin de la capitale des Gaules, il n’y a pas loin. Pourra-t-il tenir jusqu’aux européennes ?

Benalla.

Il a été auditionné par le Sénat. Il s’est aplati comme une limande, après avoir fait  le bravache. Mais on n’est pas plus avancé. Il n’était pas garde du corps du Président, "mais il était proche de lui physiquement" (comprenez ce que vous voulez) ! Il co-or-don-nait à tout va ! Que voulez-vous, cette comédie qui cache certainement quelque chose (de quoi ont-ils peur pour s’acharner à discréditer la commission d’enquête du Sénat ?) me fait vraiment sourire.

Biloute.

On en apprend de belles sur Trump. « C'est peut-être la relation sexuelle la moins impressionnante que j'aie jamais eue » affirme Stormy Daniels, l’actrice porno  avec laquelle il  aurait eu une liaison et qu’il  aurait payée 130 000 $ pour qu’elle se taise. Dans son livre  à paraître  prochainement, « Full  disclosure », elle livre même des détails assez précis sur l’anatomie de l’intéressé. De quoi le surnommer « biloute » ? En fait ça expliquerait son caractère :  grande gueule, mais petite  b…. (rôôô).

 


LA FRANCE EST UNE MACHINE A PAUVRETE

Pauvrete Kakdessin de KAK (L'Opinion)

 

Vouloir réduire la  pauvreté avec un plan qui remodèle les aides pour les rendre plus efficaces, qui met en place une structure de plus  pour s’occuper de l’insertion et qui prévoit de dépenser un  peu plus d’argent qu’on n’a pas (8 milliards d’euros sur quatre ans)  c’est comme mettre un cautère sur une jambe de bois. Tout simplement parce qu’on continue d’alimenter la machine à entretenir la  pauvreté à l’œuvre depuis plus de trente ans dans notre pays et singulièrement aggravée par les politiques de gauche. D’ailleurs le slogan est explicite : « donner  plus à ceux qui ont moins ! ».  En prenant à qui ? En appauvrissant ceux qui ne sont pas encore pauvres, forcément !  

Le  mythe de  la pauvreté 

La France est la championne du monde  des dépenses sociales. C’est le fruit d’une préférence pour l’égalité. Pourtant on nous fait croire que l’injustice et  les inégalités n’y ont jamais été aussi fortes.   Rien n’est plus faux. La France est l’un des pays développés les moins inégaux : elle compte 13,6% de pauvres.  En Europe, seuls les pays nordiques,  les Pays-Bas et la République tchèque en comptent moins. Il est vrai que les inégalités de revenus sont fortes,  mais leur répartition très inégalitaire est compensée par  une redistribution basée sur des cotisations sociales et des impôts massifs. L’inégalité croissante entre les revenus s’explique par la faiblesse du taux d’emploi : les Français ne sont pas assez nombreux à travailler. Seulement 65% des 15-64 ans ont un emploi, 77% en Suède ! Ces politiques «  d’égalisation » par la fiscalité ont des effets pervers. Ainsi, quand la redistribution devient trop forte, elle est un obstacle à la croissance. On le mesure avec le coefficient de « Gini » (rapport de comparaison des revenus bruts avec les revenus nets). On estime à 13 le coefficient au-delà duquel une redistribution commence à avoir des effets négatifs sur la  croissance. La France serait autour de 20.  Une dynamique « perverse » qui explique que plus on relance l’économie pour distribuer et créer de l’emploi,  plus on étouffe les entreprises et moins on résorbe le chômage. Démonstration inutile, c’est ce qu’on vient de vivre début 2018.

La machine à prélever

Inutile, non plus, de revenir sur la hausse de la CSG non compensée pour les retraités et faiblement contrebalancée pour les  actifs par la diminution des charges salariales et la suppression de la taxe d’habitation par tranches. Mais cet exemple est emblématique. L’Etat prélève et redistribue en dépensant plus au passage. Tout  le système d’imposition tend à se concentrer sur les mêmes, les classes dites moyennes, qu’il appauvrit évidemment parce qu’elles doivent payer toujours plus, sans que les plus démunis, chômeurs ou précaires, n’en profitent vraiment,  malgré tous les dégrèvements et avantages « sous conditions de ressources » dont ils bénéficient par ailleurs. Ce système débouche sur une situation explosive à terme : il n’y aura que des très riches et des pauvres. Du pain béni pour le populisme. Il présente un inconvénient majeur : il freine pour ne pas dire obère, la production de richesse, par les charges qu’il impose : 56% du PIB.

Le choix de l’appauvrissement

Le financement des retraites nous donne un autre exemple de la préférence pour la pauvreté : les cotisations de retraite complémentaire prélevées sur le plus grand nombre d'actifs, celles de l'Agirc et de l'Arrco,  vont être relevées, pour harmoniser les normes des deux régimes et pour les renflouer. La hausse des cotisations reste une tentation, même si les syndicats rétifs semblent avoir compris qu'il n'est pas souhaitable de relever indéfiniment les charges sur le travail. Mais c’est ce qui va se passer le 1er  janvier prochain. Ensuite, les retraites vont être moins augmentées que la hausse des prix, qui a fâcheusement accéléré ces derniers mois. La baisse des pensions reste là encore une autre solution de facilité, comme on le voit avec les arbitrages gouvernementaux d’un gouvernement à la recherche de marges de manœuvre inexistantes. Autrement dit, on reste dans l'ancien monde. Face à des problèmes de financement, on relève les cotisations et on laisse s'éroder le pouvoir d'achat des prestations sans toucher au troisième paramètre de l'équilibre du système, l'âge de la retraite. Or il est à la fois possible et souhaitable de relever cet âge. Et  au moins la solution serait durable. Le  manque de lucidité et de courage est évident.

Il existe encore un autre moteur de la pauvreté,  c’est notre modèle de croissance qui privilégie la « consommation ». Or celle-ci est génératrice du lourd déficit de notre balance commerciale. Je le répète, si nous produisons 2 points de croissance en la stimulant, soit 44  milliards d’€ de plus pour le PIB, nous creusons en même temps le déficit du commerce extérieur qui s’est soldé l’an passé par un trou de 65 milliards d’€ (et nous avons déjà 33,5 milliards d’€ de déficit à la fin du premier semestre de cette année). Le calcul est simple : voilà un cycle pervers qui nous appauvrit collectivement.

Le  choix de la dépense publique

Depuis son arrivée au pouvoir, l’exécutif a-t-il cherché à réduire la dépense publique ? Evidemment non, puisque les dépenses de  l’Etat ont encore augmenté. Et au lieu de s’attaquer aux réformes structurelles indispensables, comme  la réduction drastique du nombre des fonctionnaires, il préfère encore, pour le budget 2019  pratiquer la vieille technique du « rabot » qui consiste à plafonner artificiellement les dépenses des ministères, uniquement guidé qu’il est par l’objectif de tenir le déficit en-dessous des 3%. On n’en finirait pas de lister tous les choix  gouvernementaux qui cèdent à  la dépense. Les propositions des experts de CAP 22 qui préconisaient une baisse de 30 milliards d’€ des dépenses publiques d’ici la fin du quinquennat ont été mises à la corbeille. Et on engage de nouvelles dépenses ruineuses comme l’inutile service universel ou  l’extension du champ de l’assurance-chômage. L’euphorie de l’an passé aura été de courte durée.  La dégradation de l’environnement international explique en grande partie le ralentissement : hausse des taux d’intérêt et du prix du pétrole, guerre commerciale, technologique et même monétaire. Mais les erreurs de politique économique de Macron pèsent lourd tout de même. Le  choc fiscal de 4,5 milliards d’€ de prélèvements supplémentaires sur les ménages et l’explosion de la fiscalité sur les carburants et sur l’immobilier ont jeté un coup de froid sur la consommation. Et maintenant, il faut rajouter le choc du prélèvement à la source qui ne manquera pas de se  produire, ne serait-ce que par le vaste transfert des charges de l’Etat sur les entreprises.

Produire de la richesse d’abord

Il faut remplacer le cercle vicieux de la pauvreté par le cercle vertueux de la prospérité. Il faut privilégier les entreprises et en premier lieu l’investissement et l’innovation. Cela suppose une baisse significative de leurs charges qu’on peut obtenir par un transfert de deux ou trois points de TVA, et de leurs contraintes administratives. Le retour de la compétitivité leur permettra de regagner des parts de marché, notamment en Europe  où c’est le plus facile, de générer des emplois et  enfin d’augmenter les salaires. Produire la richesse d’abord avant de la distribuer. Rien n’interdit d’accompagner une telle politique de mesures favorisant l’emploi en diminuant les indemnités du chômage progressivement.

 

 


GROS PLANS

Longue vue de pirate

 

J’ai pris ma lorgnette  pour vous sélectionner quelques sujets qui m’ont fait sourire.

La droite et Wauquiez

Selon  certains sondages, Wauquiez ne serait  pas  perçu comme étant vraiment de droite.  Il arrive bien après Sarkozy,  ce qui n’a rien d’étonnant  mais  aussi Juppé, peut-être  en souvenir de 95, et plus troublant Edouard-Philippe-le-traître qui mène pourtant une bonne politique hollandaise. Si Wauquiez n’est pas de droite,  moi je suis évêque. Parfois un peu trop même,  à mon goût. Mais vaut mieux trop que pas assez. Les  Français veulent des nouvelles têtes,  mais quand elles sont là, ils  les snobent. Pas nouveau !

Mélenchon  le fier-à-bras

Serait-il un tigre de papier ?  Il en clame des discours dégoulinant de la démagogie  populiste la  plus  simpliste dans lesquels la politique de Macron est vouée aux Gémonies. D’après lui,  il ne peut pas y avoir pire. Pourtant, le  Maduro français n’en aurait pas pour longtemps à mettre notre pays dans la même  situation que le Vénézuela. Et voilà que fortuitement sur le coup des 0h30,  il croise sur le vieux port son ennemi intime en la personne de Macron, incognito, entouré de 20 journalistes.  Et  lui de s’aplatir devant Jupiter  comme le  plus méprisable des courtisans… Les usages républicains ont parfois le dos large !

Le Bordeaux-Juppé 2018

Ou l’art d’avoir le cul entre deux chaises. Personnellement, de Bordeaux, je préfère les vendanges dans le vignoble à celles du maire, que je trouve manquer singulièrement de corps. Tant que je verrai Gilles Boyer, le triste sire, dans le panel,  je me dirai qu’Alain n’a pas tiré les conclusions de ses  échecs. Quand on voit sa ville, on a  le droit de penser qu’il mérite mieux que ça. Il ne voit pas qu’ « Agir » est un chemin inutile qui affaiblit son camp.  La nostalgie l’aveugle. Et on comprend le chemin qu’il a à  parcourir quand on sait qu’il a eu dans son équipe la macronienne hystérique Aurore Berger. Sa sagesse serait pourtant bien utile aux « Républicains ». Et il devrait rappeler de temps en temps le contenu de son programme, ça éviterait à Philippe de faire  croire aux  gogos qu’il puise dedans.

Ferrand sans coup férir

Avec la majorité  alignée comme jamais, le  sieur Ferrand se retrouve au perchoir. J’allais dire au « parloir ».  Quel  mauvais  esprit ai-je donc ! Il ne manquerait plus qu’il soit mis en examen,  ça au moins ce serait drôle. Ce serait un vrai nouveau monde, parce qu’un président de l’Assemblée nationale convoqué par des juges, c’est encore du jamais vu. Au fond, les oppositions, à commencer par celle  de droite, devraient s’en féliciter : Macron ne pouvait faire pire choix !  

 

 


BRUNO LE MAIRE CROIT AU PERE NOËL

Bruno-le-maire-pl

 

Notre économie va mal.

La croissance de 2,2% de l’année dernière était due à l’embellie de la  conjoncture internationale,  mais était restée inférieure à la moyenne de nos partenaires de  la zone euro. Pour 2018,  avec  les 0,4% du premier semestre,  il sera  miraculeux d’atteindre  le 1,7%  prévu.  Le taux de chômage stagne à 9,2%.  Enfin le poids de nos échanges dans le  commerce  mondial et dans celui de la  zone euro ne cesse de décliner, signe d’un déclassement inquiétant. L’aspect  le plus grave  de cette dérive tient dans nos comptes  extérieurs, lourdement déficitaires : 62,3 milliards d’euros l’an passé et va  continuer à se creuser avec déjà plus de 33,  5 milliards d’euros pour le 1er semestre,  du fait du renchérissement du coût de  l’énergie. Globalement, notre pays consomme plus qu’il ne produit et cette situation correspond à un transfert de croissance vers le reste du monde. Autrement dit, quand nous relançons artificiellement la  consommation à coups de prélèvements d’impôts  et de déficits  publics pour stimuler notre croissance, c’est celle des pays qui alimentent notre marché qui en profite. Et l’horizon continue de s’assombrir avec le doublement du prix du baril de pétrole (80$) générant une inflation de l’ordre de 2%, ce qui fragilise encore un peu plus les marges de nos entreprises et donc leur capacité d’investissement, d’innovation et d’exportation. Enfin, il faut s’attendre, cette fois pour de bon, à une remontée des taux d’intérêt à long terme du fait du découplage entre les US et la zone euro,  ce  qui mettra à mal la solvabilité de notre dette qui vient de franchir les 100% du PIB (grâce à la SNCF). Voilà une équation budgétaire bien compliquée pour le  gouvernement en cette fin d’année.

Trop de temps a  été perdu.

Hollande peut faire le fanfaron,  les  cinq années de son mandat compteront terriblement par leur immobilisme et la  fuite en avant des déficits et de la dette. Depuis son élection, Macron n’a fait guère mieux. Le CICE qui a légèrement amélioré les marges et les réformes successives du marché du travail pour introduire un peu de flexibilité, si elles étaient nécessaires, n’en ont pas moins été très insuffisantes. En tout cas loin de pouvoir attaquer le chômage structurel de notre économie qui pèse 7 à 8% et qui limite la croissance potentielle autour de 1,7%. Le  gouvernement a bien compris qu’il fallait s’attaquer au problème de la formation,  mais les choix qu’il a faits, avec  la  loi qui vient d’être votée pour l’apprentissage et la formation professionnelle, ne sont pas  les  meilleurs. Au  lieu de s’appuyer sur les Régions dont c’est la compétence et qui pouvaient en plus abonder les efforts de l’Etat en faisant levier, celui-ci les a écartées. Et tant qu’on ne se posera pas la question de la pertinence de nos dépenses  publiques (56,4% du PIB) en prenant le chemin des économies, tant que la  France ne choisira pas d’abandonner la modèle social ruineux qui la dévitalise pour le  modèle de compétitivité, elle ne pourra pas régénérer son tissu industriel  qui ne pèse plus que 11% du PIB, un des plus faibles de l’Union européenne, moitié moins que l’Allemagne.

Le mirage de la loi PACTE.

Le Ministre de l’Economie compte beaucoup sur la loi PACTE, dont il a obtenu qu’elle soit discutée en urgence, pour doper nos entreprises et la croissance.  D’abord il ne faudrait pas  en attendre des effets immédiats, car  il faut tenir compte du parcours  législatif et du délai de publication des décrets d’application puis le temps d’appropriation par les chefs d’entreprises. Mais son contenu, comme toutes les lois macroniennes, est ambigu. Certes, le projet contient quelques avancées,  comme le « gel des seuils » : une entreprise devra avoir dépassé les 10, 50 ou 250 salariés pendant cinq ans consécutifs avant de se voir appliquer les taxes et obligations liées à ces passages de seuils. Et le seuil des 20 salariés est supprimé. De quoi faciliter l’embauche dans nombre de TPE et PME.  Bon point aussi pour la simplification des démarches pour créer une entreprise. Mais, « en même temps »,  la loi complexifie le rôle de l’entreprise en lui accolant un objectif social et environnemental, et de nouvelles contraintes sociales pour en rendre la gestion plus « démocratique »… De nouvelles usines à gaz en perspective. Le fait de vouloir une « entreprise inclusive » dont l’intérêt et l’apport positif soit bien compris par nos concitoyens ne remplacera  jamais la première nécessité qui est de reconstituer leurs marges laminées par leur insuffisante compétitivité et surtout par la pression insupportable des charges de la fiscalité qu’elles supportent. Un débat qui renvoie à  la pertinence de nos dépenses publiques. Et comme cela ne suffit pas, le gouvernement leur colle sur le dos,  dès le 1er janvier prochain,  la mission « régalienne » de la collecte de l’impôt sur le revenu avec le « prélèvement à  la source ». Une charge dont elles se passeraient très bien.

Je cherche vainement dans tout cela le chemin salutaire de l’effort et de la vertu, le seul qui pourrait enrayer la glissade de plus en plus accélérée de notre déclin. Les mêmes causes  provoquant les mêmes effets, le rafistolage du budget 2019 à coups de rabots  par-ci, de désindexation des pensions par-là, il serait étonnant que la France se redresse. Entre les beaux discours et la réalité… On peut toujours croire au Père Noël !

 


LA VICTOIRE DES TECHNOCRATES DE BERCY

Bercy_ministere_finances

 

L’école avait ses « pédagogistes », Bercy a ses « inspecteurs des Finances », des technocrates fiscalistes les meilleurs du monde.  On n’en doutera pas  à voir leur capacité d’invention de taxes en tous genres et à constater tout ce qu’on paie. Enfin,  ceux qui paient. En effet,  en ce qui concerne l’impôt sur le revenu, seuls 43%  des  Français  y sont assujettis. Mais leur  capacité essentielle tient probablement dans leur  faculté à obscurcir  le  discernement de nos politiques. Ainsi, les commentateurs avisés  n’hésitent pas à affirmer que la  décision prise  par  le  Président de la  République est d’abord une victoire de Bercy. Il est  pourtant évident que c’est une mauvaise décision et qu’il en paiera à coup sûr le prix, le  moment venu. Pour l’heure, il importait à Macron d’affirmer son autorité ébréchée par un été qui l’a sérieusement mise à mal. Sévèrement ! Il n’y a plus que 23% des Français qui lui soient favorables.

Pour la fiscaliste Virginie Pradel, présidente de l'Institut Vauban, le prélèvement à la source n'est concevable que si le système fiscal est simple - or celui de la France  se caractérise par une extrême complexité. Mais rien ne fait peur  à nos experts de Bercy. Ce sont parait-il des « dentelliers » de  la fiscalité et ils sont capables de s’adapter aux situations les  plus compliquées. Ainsi,  pour un célibataire qui dispose seulement d'un salaire, sans recourir aux niches fiscales, le prélèvement à la source va lui simplifier la vie,  mais pour un couple dont les montants sont très différents, la situation sera beaucoup plus complexe. Si madame perçoit un salaire nettement inférieur à celui de son mari, et qu'elle ne veut pas que son employeur ait connaissance du montant des revenus du foyer fiscal, elle pourra opter pour un taux non individualisé, c'est-à-dire ne prenant en compte que son salaire, à l'exclusion des revenus de son mari. Une telle option l'obligera à verser chaque mois un complément d'impôt sur le site internet de la DGFiP. Et cela tourne au casse-tête, notamment lorsque les modalités de recouvrement de l'impôt sont distinctes, selon le type de revenu : ainsi, l'impôt sur les honoraires ou les revenus locatifs continuera d'être versé directement par le contribuable, selon de nouvelles modalités, et non prélevé. Une usine à gaz !

On oppose aux détracteurs du prélèvement à la source que la quasi-totalité des pays européens ont opté pour ce mode de récupération de  l’impôt. Mais en France, l'impôt est calculé au niveau de la famille, contrairement aux autres pays où l'impôt est individualisé et il existe généralement beaucoup moins de crédits et réductions d'impôt chez nos voisins européens. Avec un impôt aussi complexe que le nôtre, un tel prélèvement relève de la gageure.  Il  ne faudra pas s’étonner s’il y a des dysfonctionnements, malgré les assurances de M. Darmanin. Mais c’est lui qui en paiera la facture et pas les technocrates planqués dans leur bureau. Il ne faudra  pas qu’il vienne se plaindre.

Et,  de plus,  ce  n’est pas  aux entreprises de prélever l'impôt pour l'Etat. Ce n'est pas leur rôle. D'autant qu'elles ont déjà à prélever plusieurs milliards de cotisations sociales et même d'impôts, comme la TVA et la CSG. La réforme risque de changer le climat des  relations patron-salariés. Et  elles n’ont pas besoin de cette surcharge de travail  alors qu’elles luttent  pour préserver un  peu de compétitivité. Les Républicains par la  voix d’Eric Woerth et de Christian Jacob ont proposé  un système de mensualisation modernisé bien plus simple à mettre en œuvre et sans passer par les entreprises. Mais voilà,  c'est « le vieux monde », on ne peut donc pas le prendre  en considération.

D’ailleurs le  gouvernement craint par-dessus tout le double effet psychologique et récessif de  la  mise en place du prélèvement fin janvier. D’autant plus que la  croissance annoncée pour 2019 est plutôt  morose. Aussi multiplie-t-il  dans l’urgence les gestes notamment en faveur des contribuables qui pratiquent la « défiscalisation » pour qu’ils n’aient pas à avancer la totalité de leur dégrèvement d’impôt. C’est là qu’on s’aperçoit qu’avec nos technocrates, ce qui n’était pas  possible hier, le devient aujourd’hui. Mais entre 200 et 300 euros de moins sur la fiche de paie, cela se ressent, et la consommation pourrait en pâtir. La communication de Bercy se veut résolument optimiste,  mais elle fait volontairement l'impasse sur certains aspects négatifs pour le contribuable. L'opinion n’a pas conscience que pour obtenir le remboursement d'un surplus d'impôt prélevé, elle devra attendre plusieurs mois. Qu’il y ait des « bugs »,  c’est inévitable, mais ils ne concerneront plus les avis d'imposition, mais directement les prélèvements sur salaires... Ce qui change tout.

Le  débat sur le  prélèvement à la source ne doit  pas occulter les dernières mauvaises nouvelles en provenance de l’INSEE : Le déficit et la dette publics de la France ont été révisés en raison du reclassement de SNCF Réseau comme administration publique et de la prise en compte du coût de la recapitalisation l’an dernier du groupe nucléaire Orano par l’Etat. Le déficit public à fin 2017 s’inscrit dorénavant à 2,7 % du produit intérieur brut, après 3,5 % fin 2016, soit 0,1 point de plus qu’annoncé précédemment pour ces deux années. La dette publique monte de son côté à 98,5 % du PIB fin 2017 après 98,2 % fin 2016, contre respectivement 96,8 % et 96,6 % auparavant.Ces révisions tombent à un mauvais moment pour le gouvernement, déjà contraint de revoir ses prévisions pour 2018 pour tenir compte du ralentissement de la croissance.

C’est pourquoi aussi Bruno Le Maire pousse les  feux sur la  nouvelle loi « Pacte » dont il  attend qu’elle soutienne la croissance. Nous analyserons son contenu,  mais encore faut-il qu’elle fasse le  parcours  législatif et ensuite que les décrets d’application sortent… Au mieux pour  l’été 2019.   En attendant, la France continuera d’aller dans le mur.

 


APRES L’ETE MEURTRIER, LA RENTREE ASSASSINE !

Macron-ne-convainc-pas
 

 

Pour le  gouvernement, l’équation se complique un peu plus chaque jour.

L’affaire Macron-Benalla n’est pas terminée mais on en parle moins  et ce sont  les  exploits de   Madame Nyssen qui prennent le relais. Et patatras, le  Canard publie une note de Bercy du mois de juillet qui fait état de  bugs à répétition pour le prélèvement à la source. « Les  emmerdes, ça vole en escadrille » disait Chirac. C’est apparemment toujours d’actualité. En effet,  les  mauvaises nouvelles continuent de s’accumuler  en cette rentrée 2018 : démission de Nicolas Hulot, croissance qui a fait du surplace au 2ème trimestre avec 0,2%  ce qui confirme le coup de frein, inflation qui s’invite à 2,3%, et pour ajouter au climat, les traits d’humour malencontreux de Macron sur les  « gaulois réfractaires ».  Et maintenant c’est la Ministre des Sports, Laura Flessel,  en délicatesse avec  le fisc (décidément) qu’il faut remplacer au pied levé… Sans parler de la mauvaise humeur des  retraités  qui vont subir une fois de plus les rigueurs de la prévention philippienne à leur égard : ils vont  encore trinquer, leurs pensions seront désindexées de l’inflation.

Le feuilleton du prélèvement à la source.

Les rebondissements rocambolesques s’achèvent ce 4 septembre. Edouard Philippe est venu en personne à la télé pour confirmer qu'il s'entêtait. Le doute s’était installé après une série d’informations contradictoires  jusque dans la tête du Président. Le prélèvement à la source en France verra le jour en janvier 2019 comme prévu. Pourtant y renoncer aurait permis d’éviter des complications inutiles.  Au-delà des erreurs lors de tests, il faut craindre de multiples effets pervers. Ce n’est pas parce que 60% des Français y sont favorables, ce sont probablement ceux qui ne paient pas l’impôt, que la mesure n’aura pas de répercussions. A commencer, sur la consommation pendant au moins les trois  ou quatre premiers mois de  2019. Qui peut croire que la diminution brutale du salaire, amputé de  l’impôt ne pèsera pas sur la consommation des ménages. D’autant plus que tous ceux qui pratiquent le dégrèvement devront avancer leur crédit d’impôt dont ils  ne bénéficieront qu’à l’automne : une facture  plutôt douloureuse dans ce cas-là. Un choc récessif qui  pourrait être de 0,5% sur la croissance de l’année : on voit la catastrophe si on retranche ce demi-point des 1,5 prévus !   Et qu’en sera-t-il des  capacités d’emprunts  avec une fiche de salaire net diminuée des impôts… Et puis on oublie de dire  l’essentiel : le prélèvement à la source supprime le « consentement à  l’impôt » dont Bercy s’affranchit. Or c’est l’un de fondements du pacte démocratique. L’exécutif vient de prendre un énorme risque. Probablement parce qu’il ne voulait pas  mettre en jeu sa crédibilité sur sa volonté de réformer.

Le pouvoir d’achat escamoté.

La  crainte c’est que le gain de pouvoir d’achat qui concerne les  bénéficiaires de la suppression de 30% de la taxe d’habitation et de la suppression des charges salariales, passe inaperçu avec  le prélèvement à la source. A cela s’ajoutera la hausse des cotisations liées à la fusion de l’AGIRC et de l’ARCCO, caisses de retraites des salariés du privé, qui prendra effet le 1er janvier en même temps qu’un nouveau train de hausses de certaines taxes dont celle sur les carburants. Un effet à redouter d’autant plus que le petit gain de pouvoir d’achat est aussi grignoté par l’inflation.  Dans ce contexte, la solution de la généralisation de la  mensualisation du paiement de  l’impôt sur le revenu apparaissait comme une solution toute simple, déjà pratiquée par la  grande majorité des contribuables, et infiniment plus souple. Bercy a imposé son délire technocratique.

Et le chômage qui fait de la résistance.

Le tohu-bohu autour des ennuis de l’exécutif a fait passer à la trappe les  chiffres publiés dernièrement. Le nombre de demandeurs d’emploi a dramatiquement bondi en juillet : + 19 300 en catégorie A, rayant d’un trait la timide décrue amorcée en début d’année et + 26 000 pour les catégories A, B et C. La France compte désormais 5,645 millions de demandeurs d’emplois dans ces trois principales catégories, un bien triste record. En choisissant de ne plus commenter les statistiques mensuelles de Pôle Emploi, le gouvernement Philippe souhaitait privilégier une communication trimestrielle permettant une meilleure analyse de fond. Sauf que le risque est de sortir complètement le chômage du débat public, ce qui est en train de se concrétiser. Et c’est dramatique parce que les gens perçoivent bien sur le terrain que l’emploi reste le problème numéro un. Dans ces conditions, ne plus en parler c’est donner l’impression d’ignorer leur principale difficulté avec toutes les conséquences populistes que l’on connaît. Et, autre corollaire, cela nuit évidemment  au débat sur la politique économique. Car il n’est pas certain que les choix du gouvernement pour boucler le budget 2019, en décalant par exemple de six mois la baisse des cotisations au niveau du SMIC, facilitent la reprise des  embauches alors que la  croissance stagne et que les  investissements fléchissent. Encore qu’il n’y ait pas beaucoup à attendre,  au-delà des effets d’aubaine, d’une mesure vieille comme « l’ancien monde » qui consiste à aider les chômeurs en réduisant le coût du travail des moins qualifiés pour leur permettre de retrouver un emploi. Le débat sur les choix budgétaires devrait plus porter sur l’alternative entre compétitivité des entreprises et baisse des dépenses publiques. Mais « les entreprises doivent participer à l’effort » affirme Matignon.  Très bien. Mais ça n’est pas comme ça qu’elles deviendront exportatrices !

Macron est au plus bas. On attend la prochaine tuile !

 


RENTREE REUSSIE POUR LES REPUBLICAINS DES PAYS DE LA LOIRE

La Baule  2018 2  La Baule 2018 3  La Baule 2018 5


La Baule 2018 6   La Baule 2018 4 La Baule 2018

  

Le Rendez-vous annuel de la Baule a  été très réussi : plus de 600 personnes ont suivi les tables rondes du matin et de l’après-midi dans une ambiance enthousiaste.

Après les discours de bienvenue de Yves Métaireau, maire de La  Baule, et de Christophe Priou, sénateur, le secrétaire Départemental de Loire-Atlantique a lancé les travaux de la journée, en présence de ses homologues des autres départements et de  Franck Louvrier secrétaire de  la  circonscription, de Christian Jacob, président du groupe Les  Républicains à l’Assemblée nationale, des députés, sénateurs, de la Présidente du Conseil Régional, et de nombreux élus locaux, maires, conseillers départementaux et régionaux. Stéphane Piednoir retenu par une inauguration de foire dans le Maine-et-Loire a rejoint le campus en début  d’après-midi.

La table ronde du matin « Macron un an après » avec Nadine Morano comme « grand témoin », avec  le renfort d’Agnès Le Brun, maire de Morlaix et d’Angélique Delahaye, députée européenne a rencontré un franc succès et suscité de nombreuses questions et interventions de l’auditoire  avec des interventions riches et précises sur la croissance et sur  les territoires. Au bilan, il ressort, preuves à l’appui, que Macron n’est ni de droite, ni libéral et qu’il conduit la France dans le mur.

L’après-midi, les travaux ont repris avec  la table ronde  sur « l’Europe », animée par trois députés au Parlement de Strasbourg : Geoffroy Didier, Alain Cadec et Marc Joulaud. Là encore, un moment passionnant grâce à l’expérience des élus présents et à la connaissance pointue de leurs dossiers, avec des éclairages utiles sur le  fonctionnement du parlement européen. Un échange très fourni avec la salle a montré l’intérêt pour le futur scrutin de 2019.

Il revenait ensuite à Christian Jacob, Brice Hortefeux et  Bruno Retailleau de conclure les travaux : des discours unitaires, dont l’humour n’était pas absent, et des réflexions approfondies pour l’avenir avec les jeunes de plus en plus nombreux à participer à notre reconquête de la place que nous n’aurions jamais dû perdre dans la direction de notre pays. 

Avec le beau temps, de nombreux participants et élus se sont retrouvés pour un « After » organisé par les Jeunes Républicains dans un  bar  de plage,  histoire  de  clore la journée  par une note joyeuse et festive.

Une certitude :  l’avenir appartient aux Républicains !

 


CHOUETTE, HULOT QUITTE LE NAVIRE !

N.HULOT
 

 

Le  navire serait-il en train de sombrer ?

La décision a été annoncée au débotté dans une « matinale » à la radio. Hulot a décidé de quitter  le  gouvernement sans tambours ni trompettes, surtout avec la suprême inélégance de ne prévenir ni le Premier Ministre ni le Président de la République. Du jamais vu. On le savait colérique,  mais quelle marque de mépris ! Quel orgueil ! Avec  cette excuse minable d’avoir eu la crainte d’être « retourné » une fois de plus s’il les en avait informés. Une confidence qui confirme  son caractère immature. Quant au prétexte, il est risible  et d’ailleurs démenti vigoureusement par celui qu’il  incrimine, le conseiller des chasseurs, et dont les arguments  sont  tous vérifiables. Il voulait donc faire  mal. Il aura réussi visiblement même si la  réaction de Macron  s’est voulue mesurée en la jouant « grand prince ». Hulot voulait faire un « coup d’éclat »  médiatique, c’est pourquoi il a attendu que le souffle de l’affaire Benalla retombe. Il fait carton plein : on n’a  parlé que de ça hier et ça va durer quelques jours. Ainsi va le  « nouveau monde » !

On ne lui dira pas  merci.

Les  Français sont parait-il  majoritaires (55%) à  penser que son départ est une mauvaise chose pour la France.  Ils ne sont pas rancuniers. Je n’en suis pas. Je paie chaque fois que  je fais le  plein de mon réservoir d’essence,  « plein  pot »  sa conception de  la transition énergétique. Hulot pratique l’écologie punitive comme naguère sa consoeur Royal. Son plan éolien est une ineptie coûteuse comme le dénonce Jean-Marc Jancovici. Je lui reproche aussi sa participation à l’abandon du projet  d’aéroport de Notre-Dame des Landes,  en dépit de  la  volonté majoritaire exprimée  par  les habitants, ce qui dénote de sa part le souci d’imposer ses idées au mépris  de  la  démocratie : cela s’appelle la tyrannie de l’idéologie. Ce qui me permet de dénoncer au passage une certaine inconséquence, puisque le nombre des vols ne diminuant pas, le trafic se détourne sur Paris où il va ajouter ses nuisances à toutes les pollutions dont souffre la région Ile-de-France. Comme si la centralisation était la meilleure des choses. Et c’est donc au nom de cette tyrannie idéologique qu’il  préfère aujourd’hui démissionner. La  planète s’en remettra.

Le cynisme se paie toujours.

Le  Président de la République ne s’est jamais caché que son ministre « de la Transition écologique » était d’abord une prise de guerre pour étouffer électoralement les écologistes, au même titre que les débauchages pratiqués à droite et à gauche. Il faut croire que le cynisme élyséen était devenu insupportable au point de provoquer ce départ, non pas inattendu car il  couvait depuis quelques  temps, tout au moins inopiné. Le départ fracassant de Nicolas Hulot du gouvernement marque la faillite de cette pratique cynique. Il  faut y voir aussi le manque de marge de manœuvre laissé aux ministres pour mener leur action, Hulot comme les autres, par un  Macron jupitérien de qui tout doit procéder. De quoi décevoir la très haute opinion que Nicolas Hulot a de lui-même,  confortée  par son aura populaire. Il n’a pas supporté l’inconfort des contraintes gouvernementales,  les arbitrages perdus vécus comme des humiliations, et la vision du « en  même temps » peu compatible avec des certitudes considérées comme indiscutables. Les raisons de fond que l’ex-ministre de la Transition écologique a invoquées le démontrent : Emmanuel Macron n’a pas recruté Nicolas Hulot pour servir des convictions écologiques profondes. D’ailleurs, aux dires mêmes de l’ex-ministre, le bilan écologique de  son passage au gouvernement est particulièrement faible. Ce qui est, heureusement, vrai.  En effet, rien ne sert d’être plus écologiste que le  reste de la planète dans notre petit hexagone, sinon à s’auto-flageller. 

Une autre transition écologique est possible.

Aussi, nous ne nous reconnaissons pas dans bon nombre des propositions de cette écologie décliniste et  souvent irresponsable au regard des impératifs économiques. Nous sommes, pourtant, convaincus que la priorité écologique ne peut plus être absente d’un projet crédible pour l’avenir de la France. Comme  l’écrit Bernard Accoyer, « Depuis plusieurs décennies, la droite a toujours été au rendez-vous de l’écologie et de la protection de l’environnement. Tous les présidents de la République appartenant à notre famille politique et, récemment encore, … Nicolas Sarkozy, qui a voulu le Grenelle de l’environnement, ont inscrit la dimension écologique au cœur de leur action. Aujourd’hui, alors que notre planète, que notre environnement au quotidien sont confrontés à des mutations, voire à des menaces, considérables, il nous revient de renouveler notre réflexion, de refonder les bases d’une véritable écologie de droite. » A la vision dogmatique et punitive, qui conduirait à la ruine nos agriculteurs, nos industriels et qui interdit les grands projets d’infrastructures, nous préférons une écologie de projets respectueuse du développement économique et social, qui concourt à la préservation de nos paysages et de  nos terroirs. C’est  une écologie qui s’appuie  sur l’innovation technologique,  porteuse d’emplois, qui oblige  aux changements des habitudes et  des modes de vie en faisant confiance au génie humain et à la capacité des sciences à trouver des solutions. Cette écologie positive peut relever tous les défis. Nous pouvons faire de la France un pôle mondial d’influence diplomatique, scientifique et industriel en matière de l’écologie et du développement durable.  C’est le chemin auquel les Républicains réfléchissent et qu’ils proposeront.  

 


LE « POUVOIR D’ACHAT », CURIEUSE OBSESSION

Pouvoir d'achat 3

 

Le sacro-saint « pouvoir d’achat ».

Darmanin prétend baisser les impôts pour donner du « pouvoir d’achat » aux Français, Wauquiez  veut « qu’on rende l’argent aux Français »  avec  le même but. Si on regarde à gauche et du côté  des extrêmes, on trouvera des discours ayant la même préoccupation avec des modalités  différentes…
Bref,  le « pouvoir d’achat » c’est l’alpha et  l’oméga de la politique française. S’il  y a des revendications pour l’augmenter, je n’ai trouvé personne pour expliquer vraiment d’où il vient,  et c’est pourtant essentiel.  Le « pouvoir d’achat » des ménages n’est que la résultante de la richesse produite qui permet aux entreprises et à l’Etat de verser des salaires. Excusez-moi d’enfoncer le clou !

On peut comprendre la nécessité de l’augmenter en période d’inflation pour compenser la hausse des prix ou pour partager de la meilleure façon une prospérité effective. Pourtant la France n’est pas dans une période d’excédent de richesse, ce serait plutôt  l’inverse,  quant à  l’inflation, elle vient tout juste de redémarrer à 2,3% après une longue période de stabilité des prix. Alors cette idée fixe d’augmenter le « pouvoir d’achat »  doit bien avoir une justification. Et cette justification, on la connait, elle est une aberration économique : il faut augmenter le « pouvoir d’achat » pour relancer la croissance par  la consommation.

Le jeu malsain de l’Etat-providence.

Comme les entreprises ne sont pas en situation de pouvoir augmenter les salaires, à quelques exceptions près, c’est la puissance publique par  le  jeu de la fiscalité qui va se charger d’en distribuer.  On va donc ponctionner  les  uns pour redonner aux autres,  avec  une justification imparable –la justice sociale-, de façon à relancer la production par la consommation. Créer une demande pour augmenter l’offre… Au passage, précisons que comme  le niveau de ponction fiscale a atteint un niveau quasi-confiscatoire, nos technocrates augmentent la marge de manœuvre en recourant à l’emprunt,  qui gonfle la dette.  Tout irait pour le mieux si c’était les entreprises hexagonales qui profitaient de la  manne providentielle. Mais nous sommes en économie ouverte  et il y a belle lurette que les chemises, chaussures, articles ménagers et autres smartphones ne sont plus fabriqués chez nous. Ce sont donc les  entreprises chinoises, indiennes ou coréennes qui vont être mises à contribution et donc des produits importés que nos concitoyens vont acheter.  Pour 100€ de « pouvoir d’achat » supplémentaire, 70€ vont aux importations. De ce  fait, notre balance du commerce extérieur est lourdement déficitaire.

Nos politiques marchent sur la tête.

La  quête du « pouvoir d’achat » est profondément démagogique. Le poids des prélèvements obligatoires, des charges et de la fiscalité la plus lourde d’Europe font déjà que notre croissance potentielle endogène est poussive, entre 1% et 2% du PIB. En la stimulant artificiellement, comme nous faisons depuis plus de trente ans (rappelez-vous la « cagnotte » de Jospin, sous Chirac), et en exceptant celle de 2010, vraiment utile, justifiée par la crise de 2008, nous creusons un peu plus à chaque relance, déficits, dette et chômage… Pour une raison toute simple : le petit plus de recettes du PIB produit par 1,5% de croissance, soit environ 35 milliards d’euros, avec son cortège négatif d’augmentations d’impôts et de déficits publics, est largement repris par les 65 milliards de déficit commercial, même si les produits importés génèrent de la TVA. En réalité, à chaque fois,  la France s’appauvrit un peu plus. Et comme notre contexte socio-économique est déprimé, la croissance induite s’essouffle tout de suite si elle n’est pas confortée par l’environnement extérieur. Ce qui vient de se produire : 2,2% en 2017, 1,7% (peut-être) en 2018, 1,5% prévu en 2019.

Il y aurait mieux à faire.

Il faudrait arrêter de prendre  le problème à l’envers et commencer par se  préoccuper de restaurer notre capacité  à créer de  la richesse  en redonnant à toutes nos entreprises, pas seulement les grandes, les marges de manœuvre nécessaires. La tâche est énorme, tant le retard accumulé est important. Il faut que nos entreprises  se  modernisent, rattrapent leur retard en robots  et en informatique, se spécialisent davantage, ce  qui nécessitent des investissements sur plusieurs années.  Il faut susciter les vocations exportatrices : nous n’avons que 124 000 entreprises tournées  vers l’export quand les Allemands en ont 300 000. Il faut permettre aux start-up  de devenir PME,  et aux PME de devenir ETI. Cela suppose des politiques fiscales adaptées avec un allègement drastique des charges, il faut   moderniser les rouages de support à l’action internationale,  comme le fait la Région des Pays de la Loire. Nos gouvernants devront avoir  la  force  d’âme de résister à l’appétit des investisseurs internationaux pour notre dette, ce qui maintient des taux encore très  bas et entretient la facilité de l’emprunt. Il faudrait certainement travailler  plus et revenir enfin sur les 35 heures qui coûtent 20 milliards par an à l’Etat. Et viser le plein emploi qui sera la récompense  des  efforts déployés. Personne ne parle du plein emploi ! Pourtant l’atteindre éviterait  bien des réformes compliquées dès lors que les cotisations seraient au rendez-vous ! Ensuite, le temps viendrait d’augmenter le  « pouvoir d’achat »… comme la résultante logique, une fois notre balance commerciale rétablie. Après, et seulement après !

Quand j’entends que nos technocrates au pouvoir se préoccupent de faire un plan contre la pauvreté, je crains le  pire. Quelle meilleure lutte contre la pauvreté que de procurer des emplois à ceux qui n’en ont pas et de la stabilité à tous les précaires. C’est le meilleur plan qu’on puisse mettre en place.

 


LA FRANCE VA MAL !

Ena

 

C’est la rentrée pour l’exécutif. Pas encore pour les Français dont beaucoup traînent encore leur flemme sur les plages ou ailleurs. Tout le monde nous dit que ça va mal pour Macron et que son équation de rentrée est compliquée. On veut bien le croire : Jupiter en a pris un sérieux coup derrière la crinière avec l’affaire Benalla et son premier recul sur la réforme de la constitution. Mais c’est la France qui va mal. Beaucoup à cause de sa politique, mais pas seulement.

Une équation politique compliquée.

Il paraît qu’il ne faut pas qu’il arrête les réformes. Il a besoin de maintenir son tropisme « libéral » pour continuer de capter un centre-droit qui commence à lui échapper. Mais qu’a-t-il de libéral ? Il faut que l’intelligentsia parisienne, Yves Tréhard y compris, arrête de le présenter comme tel. S’il s’agit des réformes votées depuis un an et demi, il y a de quoi rester sur sa faim en matière de libéralisme. Aucune n’a vraiment transformé en profondeur le secteur qu’elle visait, qu’il s’agisse du droit du travail, de la formation professionnelle, de la sécurité et de l’immigration. La suppression partielle de l’ISF et la « flat tax » de 30% sur les revenus mobiliers ont de quoi faire hurler la gauche et l’ultra gauche, mais c’est un libéralisme de banquier. Les effets alimentent la valse mondiale des milliards  qui tournent au-dessus de nos têtes sans vraiment toucher l’économie réelle. On a surtout vu un renforcement de la fiscalité tous azimuts et de l’emprise technocratique sur l’Etat et les collectivités par le biais de la suppression de la taxe d’habitation et des dotations.  On est loin du rêve libéral qui libérerait nos entreprises. Alors ne nous étonnons pas que les résultats ne soient pas au rendez-vous : croissance molle, chômage persistant, commerce extérieur à la rue, et encore et toujours déficits publics et dette… D’autant plus que l’Allemagne émettant de moins en moins de titres pour cause d’excédents budgétaires, les investisseurs internationaux privilégient la dette française, permettant de maintenir des taux bas. Donc, rien d’étonnant, les fondamentaux de la politique de Macron sont les mêmes que ceux de Hollande.

Le « en même » temps et l’omnipotence de la technocratie.

Le fonctionnement de la démocratie est altéré par l’arrivée du macronisme. Il a tué le débat démocratique en même temps que la technocratie, relayée par les ministres qui en sont issus, a pris le pouvoir s’accommodant fort bien de la disparition provisoire des « clivages ». La France est devenue une « technocrature ». A tel point qu’un tiers des ministres ne sont même pas connus des Français. On peut parler de dictature de la technocratie qui fait imposer sans concertation des décision stupides comme la limitation de vitesse à 80km/h généralisée,  méprise les fonctions décentralisées entre les mains des collectivités territoriales, et impose –le mot n’est pas trop fort- le prélèvement à la source pour parachever son pouvoir. En effet, au premier janvier prochain, la France va entrer dans une ère nouvelle : celle du paiement de l’impôt qui supprime le consentement du contribuable. L’impôt sera prélevé sans qu’il ait son mot à dire. Avec la suppression envisagée de l’argent liquide, c’est un état fiscaliste  Big Brother  auquel rien n’échappera. C’est comme ça que les technocrates de Macron tuent la démocratie. Résultat : les Français à qui on a vendu un renouveau vertueux du personnel politique et la promesse d’une transformation profonde  des pratiques, ne croient plus à rien. En effet, depuis dix-huit mois on n’a fait que tourner en rond.

La droite républicaine dispersée façon puzzle.

Ils en avaient tous après Laurent Wauquiez. Certains étaient attirés par les sirènes d’un pouvoir d’autant plus charmeuses que l'exécutif cherchait à se débarrasser d’une opposition des Républicains comme d’un caillou dans la chaussure. La plupart reviennent sur Terre, désenchantés. Mais leurs critiques acerbes contre l’exécutif et le pouvoir présidentiel ne serviront à rien tant qu’elles seront individuelles, et surtout alimentées par un égo ou des ambitions pour 2022, bien trop précoces. Xavier Bertrand, Dominique Bussereau font des observations justes. Alain Juppé, toujours aussi prudent qu’un sioux sur le sentier de la guerre, campe sur son Aventin avant de se décider à franchir le Rubicon qui lui collerait définitivement une étiquette de traître dans une grande partie de l’électorat de la droite et du centre. Dans le contexte actuel, le maire de Bordeaux peut faire mieux, surtout s’il songe à se représenter en 2020. Valérie Pécresse, un pied dedans, un pied dehors, continue de jouer le petit jeu malsain de sa carte personnelle. Se rend-elle compte à quel point elle sape le parti auquel elle prétend adhérer ?  Rassemblés, Les Républicains seraient la seule force crédible de l’opposition, dispersés, nous sommes inutiles ! J'aimerais être persuadé qu'ils ne sont pas tous, eux aussi, accros au dogme du "pouvoir d'achat" comme la proposition inepte d'augmenter le smic de 20% peut le laisser penser.

Un tableau de bord calamiteux.

Les chiffres du chômage qui stagne et de notre commerce extérieur qui sombre en sont la partie la plus visible. Inutile de s’étendre. Si on en est arrivé là, sans qu’aucune amélioration digne de ce nom ne se dessine, alors qu’au contraire des vents contraires s’annoncent, c’est parce que depuis deux ans, on a tourné en rond. Tant qu’on fera du pouvoir d’achat l’alpha et l’oméga de nos politiques, la France continuera d’être un pays de « shaddoks ». On pompe de l’impôt et on emprunte pour redistribuer aux « pauvres » qui s’empressent de consommer des produits que nous importons… Cela s’appelle une « relance » et cela fait trente ans que ça dure. Et la France continue de se désindustrialiser.

Deux chiffres pour comprendre : notre PIB s’est élevé à 2 300 milliards d’euros en 2017. Avec la relance nous générons 1, 8 à 2% de croissance, soit environ 45 milliards d’euros supplémentaires de PIB. Mais dans le même temps nous avons emprunté 70 à 80 milliards d’euros pour financer l’Etat, les prestations sociales, le remboursement des emprunts arrivés à maturité plus les intérêts, et notre déficit du commerce extérieur  a plongé à 70 milliards d’euros. Conclusion : la France a continué de s’appauvrir !  Notre pays présente donc de plus en plus les stigmates du sous-développement : infrastructures mal entretenues, services de moins en moins bien assurés, dette qui croit… On fait du pouvoir d’achat un objectif alors qu’il ne devrait être que la résultante de la production de richesse constatée.

Un seul chemin permettrait de remonter la pente : créer à nouveau de la richesse. En commençant par le bon bout : c’est le chemin qui conduirait notre économie à regagner des parts de marché, à rendre notre commerce extérieur excédentaire.  Ce serait redonner à nos entreprises les marges de compétitivité dont elles ont besoin et les capacités d’investissements pour accompagner initiatives et créativité. Pour financer la baisse des charges massives qu’il faudrait instaurer, il existe un levier efficace et universel : la TVA dont le taux  pourrait passer à 23 ou 24%. Avec que des avantages.  Il faudrait aussi « décorseter » notre système de production de sa gangue de réglementations technocratiques. Ce chemin c’est celui de la liberté. Alors, on pourrait parler vraiment de politique « libérale ». Il ne sert à rien de courir après le pouvoir d'achat, si c'est pour le financer avec des impôts et de la dette, sans réduire  les dépenses.

« En même temps » expliquer aux Français qui sont nuls en économie, que les pays qui pratiquent le libéralisme  produisent plus de richesses que les autres. Il est  frappant de voir que l'excédent commercial de l'Allemagne est accompagné d'un excédent budgétaire record :  CQFD !

 

 


DE LA CONSTANCE, MAIS PAS DANS LA MAUVAISE DIRECTION !

Bruno-le-maire-pl

 

Allez, une dernière  pour  la  route, avant les vacances politiques.

« Pour réformer la France il faut de la constance ».

Dans une interview au Figaro, Bruno Le Maire notre  grand apothicaire a déclaré que pour réformer  la France, il fallait de la constance dans l’effort.  Si on peut être d’accord avec  la sentence, encore faudrait-il que les  efforts en question aillent dans la bonne direction. Notre pays a besoin de remèdes autrement  plus efficaces que  les évolutions à petites touches qui ont eu lieu depuis un an sur le droit du travail. Les  mesures les  plus significatives ont concerné la financiarisation de l’économie avec l’ISF et la « flat tax ». La formation  professionnelle et l’apprentissage font l’objet de choix catastrophiques dont je serais étonné qu’elles produisent les résultats attendus. Les  décisions fiscales sont incohérentes  et illisibles,  qu’il s’agisse de la taxe d’habitation ou de l’augmentation de la CSG sans contrepartie pour les retraités.  Le  prélèvement  à la source est une décision technocratique qui privera les Français du consentement  à l’impôt et commencera par un choc récessif et qui fera  peser  des charges supplémentaires sur les employeurs… Mais le  plus grave  c’est l’erreur de fond qui sous-tend la  politique économique de la  France. Nos gouvernants continuent de privilégier  le vieux schéma de la croissance  par la  consommation, financée par l’impôt et l’emprunt et se refusent à voir qu’il continue de nous appauvrir, tout simplement  parce  qu’il  produit moins de richesse que ce qu’il  coûte  en dette et en importations.  Les  constats  actuels : fléchissement de la croissance, augmentation de la dette, stagnation du chômage à  un niveau élevé, n’ont donc rien d’étonnant. Ils  étaient prévisibles et je les avais annoncés. C’est une politique qui conduit à l’échec. : La situation économique est décevante et n'est pas à la hauteur des promesses faites par Emmanuel Macron sur l'efficacité de sa politique.  

Et même sur le pouvoir d’achat,  le gouvernement a été mauvais.

La médiocrité de l'évolution de la consommation des ménages est la conséquence directe de celle du pouvoir d'achat. Il ne fait guère de doute que la hausse de la CSG des retraités et celle des taxes sur les carburants ont pesé. Le gouvernement paie cash sa stratégie illisible sur le calendrier de mesures fiscales qui sont contradictoires. L'opération de bascule des cotisations sociales ne concernait pas tout le monde au début de l'année et il faudra attendre le dernier trimestre -avec la taxe d'habitation- pour que les perdants du premier commencent à récupérer leur mise. Et encore un grand nombre de retraités seront perdants y compris sur trois ans !

Le retour à une croissance molle est un avertissement.  

Le chef de l'Etat doit sortir de l'ambiguïté sur les sujets   cruciaux. Le financement de ses mesures fiscales, notamment  la suppression imbécile de la taxe d’habitation, en est un. La façon dont il compte respecter ses engagements de baisse des déficits publics en est un autre, et pour l’instant, rien n’a  vraiment été fait,  puisque les dépenses ont encore augmenté. Sans faire d'économies dans les dépenses, rien ne sera  possible  et ce sera plus douloureux avec des rentrées  moindres. Le budget 2019 devra être celui de la clarification.

Le tableau de bord de la  France est explicite.

La dette continue d’augmenter à 96,8 du PIB,  parce que les dépenses ne sont pas contenues, c’est le  pays le plus taxé d’Europe, et nous sommes 23ème sur 28 pour le taux de chômage. L’impôt devrait être l’exception pour corriger les inégalités, il est aujourd’hui la norme de Bercy pour financer  les dépenses nouvelles. Le retard de compétitivité de nos entreprises s’exprime  clairement : pour 100€ dans la  poche du salarié, l’employeur doit débourser en plus, en taxes et en impôts 131€ en France, 109€ en Allemagne, 77€ en Espagne, 54€ au Royaume-Uni (qui a créé 2,5 millions d’emplois).

Une autre politique est nécessaire.

L’assainissement de nos finances et l’amélioration de  la compétitivité de nos entreprises sont les seuls moyens  de rétablir la situation de notre économie et le retour à la prospérité  pour les Français. Ce n’est pas par la consommation des  ménages qu’il faut commencer,  mais par l’augmentation de nos exportations pour parvenir à un excédent de notre balance commerciale. L’urgence c’est donc un grand plan d’économies pour baisser les charges et les impôts. La résorption du chômage structurel et l’amélioration du pouvoir d’achats suivront logiquement.  Ce n’est pas le gouvernement actuel qui peut porter cette politique.   

Ensuite, il faudra de la constance dans la bonne direction.