HISTOIRE

L’HOMME QUI « PESE SES MOTS » !

Haddock insultes maj

Jean-Luc  Mélenchon l’affirme : « je pèse  toujours mes  mots ! », phrase prononcée devant un journaliste  à qui il caresse la joue d’un geste condescendant et puant le mépris.  On serait curieux de connaître  son unité de mesure, tant il nous a habitués à ses débordements verbaux. Décidément l’affaire  « Quatennens » devient  un révélateur pour le  grand  public  du comportement de ces  donneurs de leçons permanents pris à leur propre  piège. Il  est vrai que cela tombe  à pic pour Sandrine  Rousseau, autre égérie de la Nupes qui n’est pas avare de saillies excessives, elle aussi. Qui se ressemble, s’assemble ! Sous l’effet de la campagne fulgurante qu’elle  mène, la coalition des communistes, des Verts, de LFI et du PS, découvre que l’affaire Quatennens se transforme en abcès. Et par la  même occasion, Jean-Luc Mélenchon administre la preuve qu’il est incapable de gérer les problèmes de machisme dans sa  boutique.

Effet boule de neige.

Les reproches adressés à Adrien Quatennens parce qu’il a giflé son épouse et confisqué son portable ont réveillé les accusations lancées contre Julien Bayou, l’autre chef des écologistes. Sandrine Rousseau se moque complètement des conséquences de cette crise, Quatennens, Bayou, Taha Bouhafs, Éric Coquerel et d’autres sont dans son viseur. Et elle tire à vue, transformant un scandale de mœurs en crise politique. Pour le leader de  LFI, l’incident est très malvenu et mal lui en a pris de chanter d’abord la  gloire  de son  lieutenant en qui il  voit un successeur. Il était visiblement mal à l’aise pour commenter l’affaire, quand il s’est fendu d’un tweet pour… faire son apologie, puis en éditer un second pour condamner la gifle et se souvenir de la victime. Plus drôle, c’est le comportement des plus braillards des dirigeants de LFI qui ont réagi devant les caméras par un mutisme embarrassé, se passant la patate chaude les uns aux autres. Un ensemble bien malvenu aux yeux de la cerbère verte de la moralité : finalement c’est Sandrine Rousseau qui est allé sur la 5 demander la mise en retrait de Julien Bayou, ce qu’il a fait promptement.

Radicalité contre autoritarisme.

Le féminisme français est une forme de radicalité qui se dresse contre celle de l’extrême gauche. Non pas qu’il conteste le contenu des idées du Mélenchonisme, mais il inscrit le respect des femmes en tête des priorités de la gauche. Il oblige LFI à une réflexion profonde sur la manière d’aborder le sujet dans notre pays. Cela passerait par une sorte d’épuration de la Nupes auquel on peut douter que Mélenchon ait envie d’adhérer. Mais quoi qu’il en soit, Sandrine  Rousseau a « atteint » en 24 heures plusieurs objectifs : elle a affaibli Julien Bayou ; elle a ramené l’arrogance constante de LFI à un bredouillage peu glorieux ; elle ne supportera pas la Nupes tant qu’elle ne sera pas nettoyée de ses éléments machistes, travail sanitaire qui prendra du temps mais qui risque de révéler de nouvelles affaires. On peut penser que la campagne féministe qui est ainsi menée est libre de tout calcul politique et que Mme Rousseau n’hésitera pas à sacrifier son propre parti à la cause qui lui est au moins aussi chère, mais il n’est pas interdit de croire qu’elle ne songe qu’à éliminer un rival. Les lieutenants de Mélenchon, qui n’avaient rien à dire en conférence de presse, ont bien essayé de reporter le débat vers la droite dont les membres accusés de sexisme seraient, selon eux, protégés par le pouvoir, alors que la gauche s’entre-déchire. Et de citer le cas de Damien Abad, ce qui est surprenant puisqu’il a disparu des radars à la faveur de la formation du gouvernement d’Élisabeth Borne. Du coup, les plateaux de télévision résonnaient de dizaines de noms jetés en pâture aux téléspectateurs, sans souci de la présomption d’innocence.

L’effet repoussoir.

Ni Mélenchon ni la Nupes  n’obtiennent  la confiance d’une majorité de  Français qui au contraire s’en défient massivement. Bien que ce soit une crise complètement artificielle, déclenchée par une seule femme, le caractère ultra-polémique plonge le « leader maximo » dans l’embarras, d’autant qu’il voulait faire de M. Quatennens son successeur. Le chef des insoumis est à la fois au sommet de sa notoriété et au bord de la chute. Il est soutenu par des communistes qui expriment des idées de droite sur  le travail, par des socialistes très éparpillés et par des Verts très divisés. Il est bien trop tôt pour en conclure que la Nupes va s’effondrer et c’est peut-être le danger immense auquel elle est exposée qui maintient son unité. Mais un mouvement qui risque de disparaître chaque fois que l’un de ses membres tient des propos ravageurs, n’est pas vraiment une arme de combat. C’est pourquoi le président de la République pourra s’appuyer sur les tourments de la gauche pour poursuivre ses projets. Jean-Luc Mélenchon ne sera pas privé de sa vigueur contestataire, mais il a fait mille fois son numéro. Son  parti et lui-même sont désormais des repoussoirs.

Voilà qui laisse le champ étrangement libre  à Marine Le Pen qui, elle, joue la carte de la respectabilité  avec  un certain succès. Entre les  extrêmes, on attend avec impatience le réveil des forces  plus raisonnables et  modérées. Les  Républicains ont une belle carte à jouer !

 


LR, PIVOT INATTENDU DE L’ASSEMBLEE.

Assemblée nationale

 

Après deux mois de débats dans la nouvelle assemblée, les  députés LR ont abordé la fin de  la session parlementaire l’esprit serein. Forts de 59  inscrits et 3 apparentés, le groupe a  montré sa  cohésion et son esprit à la fois constructif et déterminé, sous la houlette de son expérimenté président Olivier Marleix. La place qu’il occupe au sein de  l’hémicycle en fait le passage obligé des textes gouvernementaux pour atteindre  la  majorité nécessaire à  leur adoption. Lui échoit le rôle qu’ambitionnait de jouer  le groupe Horizon.  Mais voilà, les urnes sont passées par là, et le parti d’Edouard Philippe doit se contenter d’une place de supplétif sans vrai possibilité de peser. 

Cette situation inédite qui donne au groupe LR un pouvoir  surdimensionné par rapport  à son poids réel vient du fait qu’il est la  plupart du temps le seul groupe d’appoint possible pour la majorité présidentielle. Le  groupe sortant était deux fois  plus nombreux mais face  à une  majorité  pléthorique il s’était heurté à des députés dominateurs et condescendants qui fermaient la porte  à  tout amendement, fut-il de bon sens. Aussi, dans un palais Bourbon à  la composition grandement renouvelée, ils ont tenu d’abord à réaffirmer leur volonté d’être dans l’opposition, quitte à s’ériger en « seule opposition utile » au gouvernement. Sans  majorité absolue, celui-ci a bien compris la  nécessité d’obtenir les voix des  Républicains. Mais il a  fallu un petit temps d’adaptation  avant  d’entrer dans le mécanisme de concertation, le gouvernement pensant passer en s’en affranchissant. On est passé  à côté de la possibilité d’un contrat de  législature comme  cela se serait fait en Allemagne : on se met autour de la table et on se met d’accord sur un programme, en toute transparence. Manifestement, Macron n’en voulait  pas, et de leur côté, les  LR qui avaient dû vendre chèrement leur peau et échaudés par  l’expérience du précédent mandat, souhaitaient garder leur marge de manœuvre privilégiant le  coup par  coup. 

Cette  première session aura permis  de faire adopter des mesures parfois portées de  longue date par le  parti et qui  ont pu être prises en compte à l’issue d’un gros travail en amont avec la  majorité et  avec le soutien du groupe sénatorial.  Ainsi, grâce à leur action, 230 millions d’euros ont été votés  pour aider les  personnes se  chauffant toujours au fioul, la déconjugalisation de l’allocation adultes handicapés est enfin  réalisée, la  monétisation des RTT est rendue possible… et  bien d’autres. Si les  élus se  réjouissent du nouvel esprit de dialogue qui anime la majorité, la vigilance reste de mise : « sur certains textes, on est capable  de voter, sur d’autres, on est capable de s’opposer ! » précise l’un d’eux. Ils  ne sont pas naïfs non plus : lors de la prochaine session, le chemin pourrait s’avérer plus compliqué  avec  des  chantiers importants et tous les textes ne seront pas travaillés en amont  comme l’a  été celui sur le  pouvoir d’achat et celui sur la loi de finances rectificative. Se mettre d’accord   sur le budget de l’Etat ou sur celui de la Sécurité sociale sera autrement  périlleux. Pourtant, tous sont conscients que le parti ne tirerait aucun avantage d’un blocage législatif. Tout dépendra de l’attitude du gouvernement. Le chahut des dernières semaines dans l’hémicycle venu essentiellement des rangs de la gauche et particulièrement des Insoumis,  incite les députés LR à rester sérieux. Plus que jamais, leur boussole c’est l’intérêt des Français. La ligne de crête entre co-construction et opposition est étroite, mais tenable.

C’est pourquoi le parti travaille, avec Annie Genevard  à réussir la rentrée : préparer la coordination des groupes parlementaires sur les prochains projets de lois qui devrait être actée lors des journées parlementaires de Biarritz  prévues du 14 au 16 septembre, lancer ensuite le renouvellement des adhésions en vue du scrutin à la présidence dont les candidats déclarés auront jusqu’au 3 octobre pour déposer  leurs parrainages auprès de la haute autorité du parti. Sur le front du débat politique, c’est Olivier Marleix qui montera au créneau,  pour assurer l’argumentation sur les textes  prévus et qui ne seront pas  une simple  formalité pour le  parlement   : sécurité, immigration, loi de finances sont présentés comme des rendez-vous cruciaux. La  France  a besoin d’une politique énergique, il faut mettre en œuvre des réformes audacieuses et il faut agir  sans attendre. Un terrain rêvé pour  faire valoir les exigences des Républicains.

La rentrée des Jeunes Républicains à Angers ce week-end, à l’initiative de Guilhem Carayon, Président des Jeunes, et Tristan Ganivet, responsable local, sera  un événement d’autant plus important que la plupart des figures du Parti seront présentes : Olivier Marleix, Bruno Retailleau, Michel Barnier, Eric Ciotti, Aurélien Pradié, François-Xavier Bellamy, Gilles Platrais… avec tables rondes à l’appui. Annie Genevard y fera sonner  le tocsin de la mobilisation dont le point d’orgue sera le grand congrès de décembre, moment décisif s’il  en est !  D’ici là,  un gros  travail devra être  mené  à  bien sur  la ligne du parti afin que  les  aléas inévitables des votes  à l’Assemblée nationale ne viennent pas  brouiller le cap qui doit impérativement être défini sur l’écologie, l’éducation, la  sécurité, l’immigration, les dépenses publiques, l’universalisme républicain, la  vision de l’Europe  et du monde.

 


LA GRANDE DEBACLE… ET APRES ?

Retraites

 

Le travail c’est la santé…

Les  médias en juillet ont fait état de ce mal  qui touche les pays occidentaux et plus particulièrement la France,  en utilisant l’expression « grande démission ».  C’est une épidémie de démissions sur le marché du travail, ou l’aquabonisme et les bras baissés se mélangent avec une sorte de refus du travail. De ce point de vue, notre  pays partait avec une belle avance : inventeur des « 35 heures », nous travaillions déjà 7 milliards d’heures par an de moins que la  moyenne des pays comparables, sans parler des records d’absentéisme. La crise sanitaire avec ses mesures généreuses de soutien a fini de convaincre ceux qui bossaient encore un  peu de lever le pied. L’idée de travailler  moins ou pas du tout, sous couvert de travailler mieux, est devenue la  référence de la recherche du bonheur. Même nos cadres surdiplômés sont touchés par la maladie. Résultat : aujourd’hui, alors que nous avons plus de 3 millions de chômeurs, plus de 360 000 postes étaient à pourvoir dans  l’hôtellerie-restauration cet été.  Mais  ce n’est que la partie émergée de l’iceberg.  Si l’on fait  le tour des métiers, on s’aperçoit que nous manquons de couvreurs, d’aides à domicile, d’aides ménagères, de chaudronniers, de tôliers, de  serruriers, de carrossiers automobiles, de plombiers, de chauffagistes,  d’infirmiers, de pharmaciens, de puéricultrices, de menuisiers, d'enseignants, de chauffeur de cars scolaires … Au total, près de 3 millions de postes à pouvoir, selon Pôle Emploi. Elisabeth Borne n’est pas loin de la  vérité quand elle affirme que le « plein emploi » est à portée de main.

… Rien faire c’est la conserver.

Les Français sont de  plus en plus nombreux à prendre leurs distances par rapport à  leur boulot, estimant souvent ne plus y trouver le sens et l’intérêt qu’ils espéraient. Une recherche qui touche davantage la  « génération Y »,  nés après 1995, qui voudraient y trouver la possibilité d’avoir un impact sur la société. Et il n’est pas rare de voir des individus quitter l’emploi pour lequel ils se sont formés pour se tourner vers un nouveau métier, se  lancer à leur compte ou vivre différemment.  Une sorte de retour du fantasme du Larzac des babas cool. Le  revers du chômage partiel a peut-être été aussi une découverte de la paresse, d’autant plus que notre modèle hyperprotecteur que le  monde nous envie n’incite pas toujours à retrouver un emploi aussi rapidement qu’il le faudrait. On est bien loin du « travailler plus pour gagner plus »  de Sarko. Le sujet proposé à l’épreuve de philosophie du bac n’était-il pas : « Travailler moins,  est-ce vivre mieux ? ». De nombreux groupes occultes se sont emparés du sujet préconisant les uns l’indépendance financière et la retraite précoce, d’autres choisissent une vie minimaliste et sobre, participative et communautaire, beaucoup veulent s’affranchir des contraintes du travail flirtant avec l’idéologie de la décroissance… Et souvent, bien que super diplômés ils constituent un ramassis de paumés  en quête de  sens  et certains revendiquent même un « droit » au temps partiel, profondément convaincus que « les défis sociaux et écologiques nous obligent à changer notre regard sur nos activités et leur impact ».  On nage  en plein obscurantisme idéologique,  ce qui n’a rien à voir avec l’aspiration légitime à un bon équilibre entre travail et temps  libre. On comprend pourquoi le message de Pécresse est passé  à côté !

Power blues.

Cet état d’esprit où se mêle défaitisme et résignation semble toucher jusqu’à nos dirigeants de nos grandes démocratie occidentales. Emmanuel Macron en est un bon exemple. Son « power blues » s’est manifesté à travers son détachement de la campagne présidentielle qu’il a voulu réduire à peau de chagrin et à laquelle il a participé le moins  possible et au dernier moment, refusant tout bilan ; de même il a été quasiment absent de la campagne législative se contentant d’un appel qu’il voulait solennel à la reconduction de sa majorité, d’ailleurs peu entendu comme  en témoigne le résultat. La  plupart des commentateurs ont souligné l’absence de cap : le pouvoir, mais pour quoi faire ?  comme si le Président réélu doutait lui-même, cherchait à donner du sens à son second mandat. Sa  déclaration de rentrée face à ses ministres sur « le grand basculement, la fin de l’abondance  et  de  l’insouciance », tourne le dos à son optimisme viscéral  avec ce discours pessimiste, ce qui devrait annoncer une politique d’austérité. C’est que, secoué par les trois années de crise qu’il vient de traverser, l’équation s’est terriblement complexifiée pour lui avec la menace d’une crise énergétique, l’inflation et la remontée des taux d’intérêt. Une manière aussi de prévenir le bon peuple que l’Etat  nounou ne va plus pouvoir subvenir à tous les  besoins, que la dette va peser sur le pays, et que le changement climatique va nous imposer des sacrifices. On sent la tentation de Venise dans cet amer constat, quand d’autres se réfugieraient dans le Métavers. Or, c’est d’un sursaut dont la France a besoin, d’une galvanisation des énergies et d’un discours tonique sur la valeur travail. Notre vieille démocratie n’a-t-elle plus rien à dire ni proposer ? Pourtant, avec 3 000 milliards d’euros de dettes, il va bien falloir se relever les manches ! 

L’apocalypse c’est aussi le « renouveau » !

Oui mais voilà, l’apocalypse cognitive ajoutée à l’apocalypse scolaire, nous a fabriqués plusieurs générations de « crétins » obscurantistes et ignares, incapables d’esprit critique pour la plupart et prêts à croire tous les gourous et autres charlatans qui hantent les réseaux sociaux et irriguent  notre vie politique et notre société. Malgré tout, l’Occident se doit de proposer des alternatives à la voracité de l’Asie que tel un mauvais sorcier elle a nourrie, à la négation de la liberté de conscience et de la liberté des femmes sous la férule de religions moyenâgeuses, à la folie des théories inventées de toutes pièces aux Etats-Unis et tournant allégrement le dos à la science et à la raison, au déchaînement des nouveaux barbares qui sévissent à l’Est de l’Europe et en Afrique…  Les « Lumières »  ne sont pas éteintes, elles demandent qu’une main s’empare du flambeau pour éclairer à nouveau le Monde. Ce leadership peut revenir à la France si elle le veut : elle en est la source, elle en a la tradition  par son histoire, il ne manque que l’énergie !

 


LES AMERICAINS DESUNIS

Capitole 2

 

Jamais les Etats-Unis n’ont été aussi divisés  et la manifestation la plus criante en est  la récente décision de  la cour  suprême de supprimer la loi sur l’avortement, laissant les Etats choisir leur camp. Ce n’est pas le seul  débat qui agite  la première  puissance  mondiale. On constate de  plus en plus que les  américains ne sont plus d’accord entre eux sur rien tant  les débats philosophiques, éthiques et sociétaux qui agitent la société font état de fractures inconciliables à tel point que certains n’hésitent plus à affirmer que le  pays court  à la guerre civile.

Ni écoute, ni compromis.

Le  combat entre conservateurs et  progressistes fait rage, mais ce qui est grave c’est qu’ils ne débattent plus. Tout est sujet à affirmation péremptoire et selon que les Etats sont aux  mains des uns ou des autres, les lois ne sont pas les mêmes, à tel point qu’on y déménage pour aller dans celui qui convient, ce qui renforce la polarisation. Sur l’avortement, les armes  à feu, la sexualité, l’immigration, le climat et même le port du masque, tout est sujet à s’opposer. Les Etats du Sud, le Midwest et les Rocheuses,  les campagnes et les petites villes sont tenus par les Républicains ; la côte pacifique, le Nord-Est, les grandes métropoles  sont favorables aux démocrates… La page Trump n’est toujours pas tournée et accentue le glissement « à droite » du parti Républicain dont les groupes radicaux continuent d’entretenir le soupçon de l’élection volée et si les procès qui sont faits à l’ancien président débouchent sur une ou des inculpations, ce pourrait être le déclencheur d’une guerre civile.

Une  démocratie malade.

La  prise d’assaut du Capitole pour tenter d’empêcher la proclamation de  la victoire de Joe Biden, encouragée par Trump, est emblématique du mal qui ronge  les  Etats-Unis. L’obscurantisme religieux des diverses églises évangélistes, le communautarisme, l’offensive woke, la radicalisation des suprémacistes blancs face au Black Lives Matter,  ont provoqué le  déclin des  modérés de chaque camp et entraîné la défiance envers les institutions. Ainsi, à la suite de la  perquisition par le FBI de la villa de Trump, un individu armé n’a pas hésité à attaquer un bureau local de l’agence fédérale. La défaite de Liz Cheney à la primaire républicaine face à la candidate trumpiste en est une autre démonstration. Les inégalités économiques aggravent le clivage et  conduisent à une faible  participation électorale qui atteint  la représentativité du système et réduit à néant la confiance dans les assemblées élues. L’engrenage est en marche : déclin de l’efficacité de l’Etat et des valeurs démocratiques, factions  politiques fondées sur l’identité et la race, gouffre entre urbains et ruraux, médias et réseaux sociaux qui mettent de l’huile sur le feu, toutes les conditions sont réunies pour un embrasement. Avec deux blocs qui s’affrontent au Sénat et à la chambre des Représentants, le  vote des lois est à la merci du moindre récalcitrant.  Le pays est quasi  ingouvernable. Joe Biden peine à faire voter quoi que ce soit. Et pour certains, le 6 janvier 2021 avec  l’attaque du Capitole, n’a marqué que le début du coup d’état. Pour preuve, une alliance d’une dizaine de secrétaires d’Etat s’est formée qui assurent que Trump à gagné. Or leur rôle est de  certifier le résultat des élections dans chaque Etat, et tout se passe comme si ces Républicains préparaient un noyautage plus large en vue de la prochaine présidentielle. En parallèle, les « progressistes » font régner une véritable terreur intellectuelle dans les universités et un certain nombre de médias avec  une  mauvaise foi évidente. Ce qui fait dire à une enseignante : « Dans ce pays, plus personne ne s’écoute, plus personne n’accepte de compromis,  Je ne vois pas comment on va dépasser ça. » Elle s’attend à toujours plus de violence.

Nous ne sommes pas à l’abri.

La France  a été longtemps à l’abri du genre d’affrontements que connaissent les Etats-Unis. L’universalisme républicain nous a longtemps mis à l’abri des guerres communautaires et permis de combattre le racisme.  La donne est en train de changer. La  crise scolaire et le quasi abandon de  la transmission de nos valeurs par  l’école qui traverse une crise générale sans précédent, la  ghettoïsation et ses effets pervers, l’immigration non maîtrisée, mettent à mal le modèle d’intégration et d’assimilation mis en échec par un communautarisme de plus en plus virulent. A  l’obscurantisme religieux sont aussi venus s’ajouter le wokisme et les théories à la mode aux Etats-Unis sur le genre, l’identité et le féminisme. Notre vieux  pays soi-disant plein de bon sens, respectant les femmes, tolérant sur les mœurs,  est en passe d’être submergé par ces thématiques qui piétinent les sciences et l’esprit des  Lumières et prétendent réécrire notre histoire. Il est affligeant de voir un Mélenchon, naguère bouffeur de curés, qui refuse d’entrer dans une église pour des funérailles, se mettre au service de l’Islam et de voir le maire de Grenoble défendre le port par les femmes d’une tenue dont la seule signification est la soumission de la femme à l’homme, ne faisant rien d’autre que préférer une revendication communautaire aux valeurs de la République. Quand en même temps on observe la montée de la violence, l’impuissance de l’Etat et des élus, et qu’on constate la même radicalisation de la société qu’aux Etats-Unis, avec une droite de plus en plus autoritaire et identitaire et une gauche de plus en plus contaminée par le wokisme, on se dit que nous aussi nous courons à l’affrontement.  Gérard Colomb l’avait pressenti, on y est presque. S’il est  encore temps de réagir, il  n’y a qu’un remède : le retour à l’universalisme et en corollaire la laïcité intransigeante, qui s’appuie sur  le rétablissement de  l’école de la République avec  comme  principales missions l’assimilation et  l’ascenseur social  appuyé sur la  connaissance et le savoir. Mais  il ne faudrait pas tarder.

 


PAS DE PANIQUE !

Fin du monde tintin

 

Le portefeuille des ménages reste durement frappé par la hausse massive des prix : les prix ont augmenté de 6,1% sur un an. Et celle-ci n'est pas terminée. L'inflation tricolore reste bien moins élevée que chez nos voisins : en juin, selon Eurostat, celle-ci atteignait ainsi 10,5% sur un an en Belgique, 8,2% en Allemagne, 10% en Espagne et 8,5% en Italie, ou encore 8,7% en Autriche. Le remède ? La  hausse des taux qui débouchera sur un ralentissement de la croissance, voire une récession. Quoi qu’en disent les experts ou qu’annonce le gouvernement. La croissance française continue de faire illusion avec la prolongation du "quoi qu'il en coûte" qui fait que la menace de la dette s'ajoute à celle de l'inflation.

Un ralentissement salutaire.

L'économie mondiale a besoin de passer par la case « récession » pour retrouver son fonctionnement normal. La récession arrive et ce n'est pas une mauvaise nouvelle.

Le FMI a publié ses nouvelles prévisions de croissance, nettement en baisse. Et nous risquons de connaître un ralentissement massif. C’est tout simplement le signe que l'économie retrouve son fonctionnement normal, sans l'intervention des banques centrales (enfin presque) qui en jouant aux apprentis sorciers ont fait sauter la banque. Nous observons une inflation massive, donc une baisse de la consommation des ménages et un ralentissement des investissements des entreprises, donc aussi un ralentissement de la croissance qui annonce une récession : un cycle économique classique !

Dans ce contexte, il est important  que l’Europe reste synchronisée avec les Etats-Unis. Comme l’euro a décroché par rapport au dollar, la Banque centrale européenne a été obligée de réagir en relevant ses taux d'intérêt plus vite que prévu. Elle les a relevés de 0,5% alors qu'elle n'envisageait de les relever que de 0,25% il y a encore quelques mois. C'est un changement après des années de laxisme et de taux d'intérêt négatifs, mais on ne doit pas s'arrêter à ça. La BCE réagit avec du retard, trop de retard. Toutes les autres principales banques centrales ont déjà remonté leurs taux et dans le cas des États-Unis et de la Grande-Bretagne de façon beaucoup plus marquée. La BCE a maintenu des taux d'intérêt négatifs alors que la situation économique de la zone euro ne le justifiait plus. Avec la forte croissance de sortie du Covid et le dérapage de l'inflation qui avait démarré bien avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, plus rien ne justifiait cette aberration. La hausse de la BCE n'est que de 0,5% alors que le taux d'inflation est supérieur à 8 ou 9%. Ce que les analystes de pacotille ont jugé spectaculaire a  engendré, en Europe des taux d’intérêt qui restent à …  0% ce qui, avec l’inflation actuelle reste une aberration. D’ailleurs, les  commentateurs, comme d’habitude  n’ont pas vu le plus important : la BCE s'est dotée des moyens d'intervenir sans limite sur les emprunts d'un pays si la situation le justifie.... En cas de dérapage des taux italiens, par exemple, elle pourra donc acheter, sans limite aucune, la dette italienne pour éviter la « fragmentation de la zone euro ».

Christine Lagarde a donc fait le service minimum. Elle a fait semblant de monter les taux d'un côté pour montrer que la BCE agissait contre l'inflation mais cette hausse de taux est tellement limitée et le niveau des taux reste tellement bas que cette hausse n'en est pas une. Surtout qu'elle s'accompagne d'un programme massif d'injections potentielles de liquidités en cas de danger sur la dette d'un pays. De nouvelles hausses des taux sont inéluctables, même si l’Union européenne, par sa diversité, est infiniment plus compliquée à piloter  que les  Etats-Unis.

Selon le  FMI la croissance mondiale sera de 3,2% en 2022, et de 2,9% en 2023, 0,7% de moins que les prévisions faites il y a trois mois seulement. En même temps, le  même FMI relève ses prévisions d'inflation à 8,3% pour 2022 et à 5,7% en 2023. Toutefois on peut envisager une inflation plus faible que 5,7% en 2023 car elle va ralentir. Elle va ralentir « grâce » au ralentissement de la croissance et à la récession qui va toucher certains pays.

Les Etats-Unis donnent le cap, comme toujours.

Comme il fallait s’y attendre, la Banque centrale américaine a relevé ses taux d'intérêt de 0,75%. C'est la quatrième hausse de taux consécutive. Et la deuxième hausse de taux consécutive de 0,75%.  Et ce n'est pas terminé. 2,25/2,50 %, c'est donc la nouvelle fourchette du taux directeur de la FED. On était à zéro avant la première hausse de taux en mars. Mais pour le patron de la FED, la situation est claire : « L'inflation est beaucoup trop haute, et le marché du travail reste encore trop tendu. » Il y aura d'autres hausses de taux, en fonction de l'évolution de l'inflation et de la croissance. Il ne donne pas d'objectifs chiffrés mais on peut imaginer qu'il ne marquera pas de pause avant que le taux directeur soit à 3,50%. Rappelons que l'inflation, aux Etats-Unis est au-dessus de 9%, son plus haut niveau depuis 40 ans. Car Jay Powell n'a pas peur de la récession, il croit même que les États-Unis parviendront à l'éviter. Mais il a raison de considérer que le vrai problème est l'inflation. D’ailleurs, les indices boursiers ont salué la hausse et les hausses à venir par une progression forte : 2,62% pour le S&P 500, 4,06% pour le Nasdaq, et vous remarquerez que le CAC40 reste  au-dessus des  6 000 pts.

Ce qui est important, ce sont les anticipations des investisseurs sur les taux. Ils anticipent bien une hausse des taux à court terme mais ils commencent déjà à se positionner sur l'étape d'après... et l'étape d'après c'est la baisse de l'inflation du fait du ralentissement de l'économie. Les marchés anticipent donc déjà une baisse des taux dans 12 à 18 mois, et même que la FED baissera ses taux d'intérêt dans 18 mois quand la menace de l'inflation aura disparu. Un scénario très plausible !

Pour  l’immédiat, il nous faut bien retenir que l'inflation et la hausse des taux par les banques centrales vont provoquer un ralentissement salutaire de l'économie des grandes puissances mondiales, que ce ralentissement va terrasser l'inflation et que c’est nécessaire car l’inflation est un danger beaucoup plus grand qu'une récession temporaire. Bien sûr, vous allez avoir droit à la panique sur les anticipations de récession, accompagnée de cris, de prévisions catastrophiques, bref, on va vous annoncer la fin du monde ! Mais rappelez-vous, quand ça arrivera, que ceux qui paniquent sont ceux qui n'ont pas vu l'inflation venir, qui ont affirmé ensuite haut et fort qu'elle était temporaire et qui ont oublié la relation entre inflation et consommation. Les mêmes aujourd'hui pensent aussi que la hausse du gaz sera permanente et non temporaire… On n’est pas obligé de tout croire !


A PROPOS DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Nous n’échappons pas à la mode de l’instantané, de l’émotionnel et  du  péremptoire  au détriment du cercle de la raison nourri des connaissances scientifiques. C’est  pourquoi il est indispensable de lire le dernier ouvrage d’Yves  ROUCAUTE, « L’OBSCURANTISME VERT, La véritable histoire de la condition humaine ». Un livre  que tout responsable politique devrait avoir lu avant de  prendre des décisions définitives qui ne résoudront rien mais vont nous ruiner !

« L’OBSCURANTISME VERT »

Obscurantisme vert

Ce livre rassemble une somme  incroyable de connaissances scientifiques et historiques sur la Terre. L’auteur fait appel à tous les savoirs qui constituent la mémoire des millénaires qui ont fait la Planète et  qui expliquent la  place spécifique de l’Homme, homo sapiens ou homo creator comme il se plait à le nommer. Il y fait deux démonstrations : la présentation que font les écologistes et le GIEC du réchauffement climatique est fausse en cherchant  à culpabiliser l’humanité  d’une part, et l’espèce humaine n’est ni un écosystème ni un  maillon  de  la biosphère. Et  dans le procès qui lui est fait, il appelle à la défense : son histoire, celle de  la Terre, les sciences et l’expérience, et même la  grande spiritualité. Au passage, il démonte les  « prétendues » énergies alternatives qui ne sont alternatives à rien, et sont surtout du vent et des sources de  pollution. Il appelle à la rescousse la croissance et les innovations technologiques avec l’apport incontournable des nanotechnologies.

Il y présente l’écologisme actuel comme un obscurantisme par sa présentation fallacieuse du réchauffement climatique qui fait l’impasse sur  les connaissances scientifiques établies et qui repose  sur  un  postulat faux :  à savoir que ce serait le CO2 d’origine anthropique  la  cause  principale  alors que  le rôle de ce gaz  est  secondaire, et surtout par la  logique de décroissance qui en découle, reprenant l’idéologie anticapitaliste. Le vieux démon rose  ou rouge repeint en vert.

La vérification interviendra rapidement. Elle nous viendra de l’exemple qu’Yves Roucaute donne dans  son  livre : dans les années 2030-2040 devrait  intervenir un nouveau « petit âge glaciaire », de quoi mettre fin à la  furie  actuelle des  glaciologues et autres climatologues qui vont  de plateau en plateau pour nous annoncer l’apocalypse climatique si nous ne réduisons pas drastiquement  nos émissions de gaz à effets de serre rapidement. Ce sont les leurs qu’il faudrait interdire !

Le petit âge glaciaire.

Il est bon de rappeler à nos penseurs verts que nous vivons dans une époque de l’histoire de la Terre appelée « holocène », une période interglaciaire. Depuis 2,8 millions d’années nous sommes dans l’ère des glaciations  et depuis 800 000 ans se succèdent de longues glaciations de plus de 200 000 ans, entrecoupées de courtes périodes plus chaudes, dites « interglaciaires », de moins de quinze mille ans, et de plus en plus courtes. Il se trouve que la dernière période de glaciation dit de « Würm », s’est terminée il y a environ 12 000  ans…  En attendant, selon  les hypothèses de la NASA depuis 2014, et de la Royal Astronomical Society depuis 2017, une nouvelle petite période glaciaire est probable vers 2030-2040,  avec  une baisse d’activité  du Soleil de 60% : Tamise, Seine, Rhin, Hudson seraient alors gelés. On peut facilement imaginer avec les  objectifs de  décroissance et de  désindustrialisation souhaités par les obscurantistes les ravages pour les humains avec famine et autres joyeusetés. Un « écocide » à l’envers, comme notre planète  en a  eu malheureusement l’habitude au cours de sa longue histoire.

Eruption solaire.

Puisqu’il  s’agit du rôle des astres et de la mécanique de l’univers, l'intense activité du Soleil, actuellement dans un cycle de 11 ans, continue. Le 15 juillet dernier, une éruption solaire a été détectée sur notre étoile, puissante et inattendue. Celle-ci est due à une activité solaire instable. Le jour de cette éruption, le Soleil a envoyé des radiations vers la Terre, susceptibles de provoquer des pannes et dysfonctionnements au niveau des radios et des GPS dans plusieurs parties du globe. Selon le site « Space Weather », référence en la matière, « des tempêtes géomagnétiques sont possibles le 20 et 21 juillet ». Ces tempêtes géomagnétiques, également appelées « orages magnétiques », peuvent provoquer des fluctuations de tension, voire même endommager les appareils et le câblage électrique. De telles perturbations peuvent aussi créer des interférences dans le fonctionnement des systèmes de signalisation, comme faire passer des signaux verts à rouges. Curieusement, à ces dates, notre réseau ferroviaire a connu des pannes électriques… Mais il n’y a peut-être pas de lien.

En tout état de  cause, « L’OBSCURANTISME VERT » est à lire absolument, surtout si on a des responsabilités collectives.

« L’OBSCURANTISME VERT, la véritable histoire de la condition humaine », Yves  ROUCAUTE – Editions du CERF.


L’ETE MEURTRIER (2)

Feu de forêts

Entêtement de Macron qui ne change rien ni à sa  méthode, ni à son comportement, chute de  Boris Johnson qui plonge l’Angleterre dans un immobilisme au moins jusqu’en septembre, l’inflation qui s’envole et qui ne fait pas les affaires des ménages français et européens… Je poursuis le catalogue de nos malheurs estivaux : l’euro a continué sa chute pour atteindre la parité avec le dollar au moment où la Croatie reçoit le feu vert pour rejoindre le club, la hausse des taux  d’intérêt renchérit notre dette et va nous obliger enfin à la prudence budgétaire, et pour en ajouter un peu plus, le climat qui s’y met et vient ajouter une addition salée pour les dégâts épouvantables qu’il génère avec la sécheresse, les  orages et les incendies. Décidément, ça va  mal, patron, ça  va mal !

Une baisse imprévue.

Il arrive qu’on se plaigne d’avoir une monnaie forte, mais rien n’est pire qu’une monnaie faible. L’euro est arrivé à la parité avec le dollar. Une première depuis 2002. Une chute très brutale de l'ordre de 13 % sur un an. Rappelons que cette dépréciation est accompagnée d'une forte inflation et d’une croissance qui tourne au ralenti. Ce phénomène violent percute aussi bien les entreprises que les particuliers. Il est la résultante de causes multiples : l'inflation, les craintes de récession, la guerre aux portes de l'Europe. La situation en Ukraine se révèle en effet source d'une série de menaces économiques.

D’autre part, le dollar est stimulé par la politique monétaire de la Fed, qui a remonté ses taux directeurs de trois quarts de points dès la mi-juin, alors que la BCE, qui vient d’entamer le mouvement, est en retard. Ainsi, pour les investisseurs, le dollar se renforce dans son rôle de valeur refuge face à l'euro.

La baisse n’a pas que des inconvénients : l'industrie manufacturière est, en zone euro, la principale gagnante de cet effet car elle exporte davantage. Parmi les plus avantagés, les secteurs du luxe et de l'aéronautique, qui vendent beaucoup en zone dollar. Autre domaine favorisé, en France en particulier, l'agroalimentaire. La parité euro/dollar va bénéficier également au secteur touristique avec une augmentation du pouvoir d'achat des ressortissants américains, qataris et jordaniens, même si ce dernier avantage doit être relativisé.

Mais les grands perdants sont les petites entreprises non exportatrices, et les ménages, qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder. Pour beaucoup d'acteurs économiques français et européens, la dépréciation de l'euro est un facteur aggravant car beaucoup de flux entre l'Europe et l'Asie sont libellés en dollars, de même pour les matières premières et les composants électroniques, ce qui va  peser sur nos importations. Pour les ménages, c’est le pouvoir d’achat qui va en subir les conséquences sans parler du renchérissement des voyages hors zone euro. Les Français ont déjà réduit leurs consommations en loisirs, habillement et produits d'hygiène.

L’étau des taux.

La BCE est face à un défi : elle a lancé un mouvement d'augmentation de ses taux directeurs mais c’est une solution délicate à manier, car si elle agit trop fort sur ce levier, elle risque de pénaliser la croissance, alors que celle-ci est déjà faible et le résultat pourrait être catastrophique pour certains pays, comme  la France, pour qui la dette deviendrait trop lourde à supporter.

La hausse des taux d’intérêt, annoncée et redoutée depuis des années, a fini par brutalement se réaliser. Dans la foulée de la guerre en Ukraine et du rebond de l’inflation, les titres français de dette souveraine à dix ans se sont envolés en quelques mois. Depuis la mi-juin, ils se négocient désormais au-dessus de 2 % sur les marchés financiers. Les hausses se transmettent progressivement à la dette émise ou ré-émise par le pays, à raison d’environ 15 % par an pour la France. Chaque hausse de 1 % des taux entraînera au bout de dix ans une augmentation de la charge d’intérêt de 1 point de PIB par an rappelle le  gouverneur de  la Banque de France, ce qui représente à terme chaque année un coût supplémentaire de près de 40 milliards d’euros, soit peu ou prou le montant actuel… du budget de la Défense. En plus, l’évolution des taux des obligations d’État pose aussi de graves défis à la zone euro, en cas de divergence entre les différents titres nationaux.

C’est pourquoi, la Banque centrale européenne (BCE) a promis de veiller à éviter la «fragmentation» des conditions financières au sein de la zone. Les «spreads» (écart entre les titres) ont en effet augmenté. Ainsi, à la veille des législatives, les investisseurs avaient porté l’écart avec l’Allemagne à 0,63 point, son plus haut niveau depuis le début de la crise du Covid en mars 2020. L’Hexagone empruntait en revanche, à un taux plus favorable de 0,41 point que l’Espagne et de 1,35 point que l’Italie, réputée être le «maillon faible». Les marges sont étroites, et il est à craindre que l’euro poursuive la baisse… sauf récession aux Etats-Unis qui rééquilibrerait la tendance.

La chaleur et son cortège de sinistres.

Comme la guerre en Ukraine ne suffisait pas, il a fallu que les éléments s’y mettent aussi.  A un  printemps sec et plus chaud que la normale succède un été assorti de vagues caniculaires rarement vues. Cela ne va pas sans phénomènes métérologiques violents. Les orages de mai et juin qui ont frappé de  nombreuses régions de notre pays ont généré d'importants sinistres, dont le coût total s'élève déjà à 3,9 milliards d'euros pour les assureurs.  Les fortes températures qui assèchent les sols favorisent les incendies et pas seulement sur le pourtour méditerranéen.

En cette mi-juillet, l'Espagne, la France et le Portugal sont en proie à de violents feux de forêt. Selon le gouvernement espagnol, depuis le mois de janvierplus de 70 300 hectares de forêts sont déjà partis en fumée dans le pays. Après plusieurs feux en Provence et en Languedoc, dans la région de Bordeaux, deux feux ont déjà brûlé près de 3 000 ha de forêt et provoqué l'évacuation préventive de plus de 6 500 personnes, notamment près du site touristique de la Dune du Pilat. Partout, les pompiers peinent à maitriser les feux, malgré  les gros moyens déployés pour y faire face.

Quand  on sait que dans 90% des cas, ils sont d’origine humaine, on comprend les rappels incessants à la vigilance et à  la prudence. Ainsi une campagne « stop  mégots » a été lancée sur les autoroutes de l’arc méditerranéen en particulier, pour sensibiliser au risque les conducteurs et leurs passagers. Mais c’est tout le territoire qui est concerné et de  nombreux maires misent sur la prévention. Il  faut aussi appeler chacun à signaler  tout comportement suspect.  En effet, concernant  l’incendie dans les Pyrénées orientales (1 000 ha détruits), la piste d’un incendiaire est évoquée. Comme pour les attentats, pour faire face à  « l’été de tous les dangers », nous sommes tous concernés !   On comprend que dans ces conditions, de nombreux feux d’artifice aient été annulés.

Pour soulager les équipes sur le terrain, rien de plus simple que de suivre les consignes des sapeurs-pompiers et de respecter les arrêtés départementaux : ne pas allumer de feux à côté de massifs forestiers, veiller à jeter ses mégots  dans des cendriers, surveiller sa consommation d'eau et bien débroussailler ses espaces verts. Quelques comportements civiques qui vont de soi.

Allez, tâchez de passer un  bon été quand même.  On se retrouvera à la rentrée.

 


L’ETE MEURTRIER

Bouchons

Pénurie de moutarde, et ça n’est pas bon signe !

On n’épiloguera pas sur ce phénomène qui n’est finalement qu’anecdotique. Elle intervient pourtant dans un contexte qui va de pair avec les causes de sa disparition des rayons : dérèglement climatique au Canada, guerre en Ukraine… Ce ne sont pas les seuls sujets d’inquiétude d’un été qui s’annonce meurtrier dans bien des domaines : politique en France et au Royaume-Uni, inflation, chute de l’Euro, remontée des taux d’intérêts, sécheresse caniculaire, incendies de forêts, au moment où les Français s’apprêtent à envahir les routes des départs en vacances … On verra à la rentrée, ce sera bien assez tôt pour s’emparer de la triste réalité ou plutôt la subir.

Macron s’entête.

Article 1 : Macron a raison ; article 2 : Macron a toujours raison ; article 3 : même quand il a tort, Macron a toujours raison. En attendant, il n’a pas de majorité à l’Assemblée nationale pour faire approuver ses projets de lois, car personne n’a voulu entrer dans une coalition avec « Ensemble ». De la part de la Nupes et du RN, ça n’est pas une surprise, même si Marine ne ferme aucune porte, sourire de mise et costard cravate pour les mâles de son groupe à l’appui mais n’en entr’ouvre aucune. Les regards se tournent alors vers LR dont on voudrait nous faire croire, Darmanin et quelques fayots à la manœuvre, que ses 65 élus qui seraient d’accord sur presque tout avec la majorité relative du Président se réfugieraient dans une posture d’opposition politicienne. Piètre argumentaire pour cacher que ce qu’on attendait d’eux c’est un ralliement pur et simple, ce qui était impossible au seul regard de la fidélité à leur programme et aux électeurs qui les ont portés au Palais-Bourbon. Il n’y a qu’un programme possible : celui de Macron… qu’on ne connaît guère et tellement susceptible de changements de pieds. Sur bien des sujets, des convergences existent et une coalition de mandature était possible, mais elle passait par une vraie négociation à l’Allemande, autour d’une table, chacun apportant ses exigences et ses points de compromis. L’orgueil du Président et la morgue de ses représentants à l’Assemblée ne l’ont pas permise. La confiance ne pouvait sortir que d’un vrai contrat. On devra donc se contenter d’un coup par coup.  La crise politique dont on pouvait se prémunir pour la législature reste d’actualité.

Le clown est déchu.

Le Royaume-Uni va-t-il vivre un « été du chaos » ? L’accumulation des scandales par Bojo a fini par le conduire à la catastrophe et à la démission. Le fantasque Premier Ministre, roi du mensonge et des reniements ne terminera pas son mandat. Les démissions en cascade de ses ministres, las de ses écarts et de ses foucades ont eu raison de sa volonté de rester contre vents et marées à Downing Street. Il laisse une situation cataclysmique dans tous les domaines : le pays se débat avec une inflation à 9%, des pénuries de toutes sortes issues du Brexit ou liées aux conséquences de la guerre en Ukraine sévissent, l’économie est au plus mal et les hausses d’impôts provoquent le mécontentement, le parti conservateur est très divisé. Il faut trouver pourtant très rapidement un successeur au « clown ». Les compétiteurs ne manquent pas, ils sont déjà plus d’une douzaine à s’être déclarés. En attendant, c’est le sortant qui assure l’interim, ce qui continue à susciter la polémique… En France on ne le pleurera pas.

L’inflation s’installe durablement.

Les prix galopent à près de 10% l’an. En France elle est en apparence moindre, cachée en partie par les « boucliers » mis en place par le gouvernement. Ce phénomène a des causes multiples et n’est pas prêt de s’éteindre, d’abord parce qu’une fois lancé il fait naître des mécanismes qui l’auto- alimente, ensuite parce qu’il est entretenu par des désordres qui s’additionnent. Brièvement, on peut affirmer que l’inflation provient de trois modifications de la donne internationale intervenues presqu’en même temps ce que les économistes n’avaient pas vu venir. La première, c’est la désorganisation mondiale née de l’épidémie de Covid, créant une gigantesque pagaille sur les chaînes d’approvisionnements que la guerre en Ukraine concomitente avec le durcissement des confinements en Chine ont relancé, à l’origine de multiples pénuries. La deuxième c’est le souci des Etats de reprendre la main sur des productions jugées essentielles, dont la liste se révèle plus longue que prévue et se traduit par des coûts de fabrication forcément plus élevés. La troisième, c’est la transition écologique, qui nécessite des investissements et  des approvisionnements problématiques comme on le voit avec les voitures électriques qui ont besoin de batteries et de stations de recharge. A ces tendances profondes s’ajoute la réalité immédiate : prix de l’énergie, récoltes amputées par la sécheresse, spéculations inévitables de profiteurs toujours à l’affût. Chez nous, au-delà des causes structurelles que je viens d’évoquer, l’inflation est aussi la facture du « quoi qu’il en coûte ». Les boucliers tarifaires réduisent  la hausse des prix, mais c’est autant de transféré sur le contribuable, par le biais de la dette publique, et avec l’inflation, la remontée des taux aggravent la facture. Une autre conséquence est celle des revenus et des modalités d’indexation qui découlent de la hausse des prix : on voit déjà l’inversion du rapport de force entre employeurs et salariés et l’agitation qu’elle provoque et qui ne peut que s’amplifier après l’été. Nous n’avons pas fini de vivre les multiples ajustements que l’inflation entraîne et qui nécessiteraient un pouvoir politique stable pour les affronter.

(à suivre : chute de l’euro, taux et canicules …)


UNE EQUATION IMPOSSIBLE

équation

L’équation pour le pouvoir d’achat.

L’Assemblée nationale sera saisie d’un premier texte : celui sur le pouvoir d’achat. Concocté par Bercy, les  mesures de maintien du pouvoir d’achat coûteront une cinquantaine de milliards d’euros et ça tombe bien, les rentrées fiscales qui affluent sont évaluées à la même hauteur, car les hausses des recettes en cotisations sociales, TVA et impôts sur les sociétés se portent bien. Pour l’instant. Il faut, en effet, compter avec le ralentissement de la croissance qui passerait de 4% (prévisions) à 2,5%, alors que le gouvernement comptait dessus pour se refaire la cerise financière. Et il ne faut pas oublier non plus  la  hausse des taux d’intérêts, déjà rendue à 2,4%, et qui nous vaut déjà un renchérissement du service de la dette de 85 milliards d’euros dont Bercy oublie de nous parler. Pour autant, les oppositions Nupes et Rn trouveront ces mesures insuffisantes, et le pouvoir se tourne donc vers le groupe LR pour faire passer son projet. Sauf que ses députés ont leurs idées propres sur la question : diminution de la CSG, mesures sur l'énergie, défiscalisation des heures supplémentaires, emploi des jeunes, ... Avec une ligne rouge à ne pas franchir : celle qui dégraderait les finances publiques. Avec 3 000 milliards de dette on ne peut plus se le permettre. La négociation s’annonce difficile.

Une équation mal posée.

En plus l’équation de Bercy est une fois de plus mal posée en voulant financer avec du déficit le pouvoir d’achat des ménages. On retombe dans le cercle vicieux de la relance  par la consommation, avec le handicap supplémentaire de l’inflation. Elle présente trois inconvénients majeurs : elle  augmente le déficit de l’Etat qu’il finance par de la dette de plus en plus coûteuse, elle creuse notre déficit commercial puisque nous ne produisons plus ce que nous consommons, elle rend inexorable à terme la hausse des taxes et des impôts qui pèseront sur les investissements et l’emploi.  Ce cercle vicieux se solde depuis une dizaine d’années qu’on le reproduit par un appauvrissement du pays mesuré par le recul du revenu par habitant, tout simplement parce que la richesse créée avec l’augmentation du PIB est inférieure aux déficits cumulés des dépenses de l’Etat et du commerce extérieur. En 2021, avec une croissance de 7%, le  gap final s’est élevé à environs 100 milliards d’euros (160 milliards de plus au PIB pour 170 milliards du déficit de l’Etat et 90 milliards de déficit du commerce extérieur). C’est une relance par les investissements des entreprises, associée à une baisse des charges  qui pèsent sur elles, qu’il faudrait mener, pour créer de la richesse supplémentaire générant une augmentation des salaires donc du pouvoir d’achat.  Mais pour réaliser ce type de relance sans augmenter les déficits, il faut en même temps réaliser des économies.  Pour l’instant, celles-ci n’en sont qu’au stade du verbe : Le Maire en parle mais ne met rien en  place pour y parvenir, au contraire, il continue le « quoi qu’il  en coûte » avec 90 milliards d’euros dépensés en trois mois, au premier trimestre de l’année. Il faudra plus que des yeux doux pour séduire les députés LR.

Emmanuel Macron n'est plus à une incohérence près.

C’est évidemment à l’Elysée que se définit la stratégie que la Première Ministre et son gouvernement sont chargés d’appliquer. Dans son scénario pour les cinq ans à venir, le chef de l'État annonce un vaste plan de soutien au pouvoir d'achat qui se chiffre à plusieurs dizaines de milliards d'euros et, en face, trace une ligne rouge : ni hausses d'impôts ni dette publique supplémentaire. Seul un magicien disposant de pouvoirs qu’il  n’a pas pourrait réussir un tel pari. D'un côté la politique du « quoi qu'il en coûte » à gros débit, de l'autre la promesse du sérieux budgétaire. La grande illusion du « en même temps » continue à travers ces injonctions contradictoires. C’est d’autant plus périlleux que le  contexte a changé : la facilité budgétaire de la BCE  s’éteint, la stabilité est remplacée par l’inflation et la hausse des taux, et les besoins  de financements  s’accroissent ne serait-ce qu’avec la guerre  en Ukraine et la transition écologique, sans oublier les menaces qui pèsent sur nos approvisionnements énergétiques et de matières premières. Une situation qui appelle des décisions drastiques et sévères qui nécessiteraient une majorité solide et déterminée pour les mettre en oeuvre, ce qu’il  n’a pas.

On devine la suite.

La dépense va gonfler sans pour autant satisfaire les bénéficiaires ; les déficits, se creuser ; la dette, rapidement dépasser les 3 000 milliards d'euros ; les charges d'intérêt, enfler avec la hausse des taux… Et la bombe de la dette finira par exploser. A moins que l’Europe s’en mêle, c’est le seul frein qui puisse nous sauver de la catastrophe. La saison 2 du quinquennat Macron est bien mal partie  avec en plus pour punition, l’obligation de se soumettre  aux exigences des Républicains honnis  pour faire passer ses textes. Il y a parfois un peu de morale dans le suffrage universel !

Une info pour terminer, qui n’a rien à voir, et que je pique à Marc Fiorentino : « Des loups ont attaqué des brebis aux portes de l'Oise (l'occasion de réécouter "Les Loups" de Serge Reggiani...ok boomer!) »  - Il y en a qui comprendront !

 


EN EST-IL CAPABLE ?

Macron télé

Sortir de l’impasse.

Cela implique toujours de faire demi-tour. Aujourd’hui le Président de la  République est bien dans une impasse politique : il n’a pas de majorité pour gouverner  et dans cette situation, l’Assemblée nationale  est une  pièce maîtresse. Sa consultation des chefs de partis et son discours laconique pour ne pas dire  lacunaire de mercredi dernier n’ont apporté ou ne laissent entrevoir aucune  solution viable. Il voudrait que la balle soit dans  le  camp de ses  opposants, il ne voit pas qu’elle est toujours  à ses pieds. Car c’est sur lui que tout repose.  Les  institutions de la Vème république le veulent ainsi. Le résultat des élections, présidentielle et législatives, sont d’abord l’échec d’une gouvernance, celle de  la  technocratie, privilégiée par le chef de l’Etat et fondée sur le principe : les technocrates, incarnés par son principal collaborateur Alexis Kohler, savent mieux faire, ont toutes les réponses techniques parce qu’ils sont diplômés et issus des grandes écoles. Sauf qu’il leur en manque une, fondamentale : l’école de la vie. Certes Emmanuel Macron a été réélu, mais à quel prix : abstentions record, et sur 56% de  voix au second tour, plus de moitié ont été obtenues par vote « contraint »  ce qui ne constitue en rien une adhésion à son projet, on ne peut plus flou au demeurant. Les législatives, avec une abstention plus forte, en ont tiré les conséquences puisque la  majorité  présidentielle  n’est que relative : il  manque 41 voix pour obtenir la majorité de 289 voix nécessaire pour faire passer les textes de loi. L’exécutif sans majorité est dans une impasse.

En  est-il capable ?

Emmanuel Macron a  annoncé qu’il allait changer de méthode. Les premières annonces ont plutôt  montré qu’il retombait dans ses travers notamment avec le projet de Conseil national de la Refondation, nouveau machin improbable de mélange des genres, heureusement abandonné. Il  peut  sortir de l’impasse. La première condition est qu’il écoute enfin. Il a l’opportunité, avec l’Assemblée nationale élue, de refonder la vie démocratique en l’appuyant sur la culture du compromis. La deuxième condition, qui en est le corollaire, tient dans l’abandon de l’arrogance dont ses partisans ont fait preuve pendant cinq ans à l’égard des propositions qui ne venaient pas d’eux. La troisième condition, peut-être la plus incertaine, c’est que les partis extrémistes désormais dans le système, avec une représentation plus en accord avec ce  qu’ils pèsent électoralement,  arrêtent de se comporter comme « hors système ».  Ils y ont intérêt puisqu’ils pourront acquérir dans l’exercice la crédibilité gouvernementale qui leur manque aux yeux des Français. Ce n’est pas gagné avec Jean-Luc  Mélenchon, dont la stratégie lamberto-bolivariste vise plus à créer le chaos  qu’à apporter des réponses aux Français. La dernière condition est  que les députés des anciens partis de gouvernement, PS et LR, ne restent pas sur le bord et acceptent de jouer le jeu pour peu que les règles en soient clarifiées. Mais voilà, Macron devra faire  preuve d’humilité et accepter, sinon de  partager le pouvoir, au moins de faire des  concessions. En est-il capable ?

Un nouveau premier ministre, vite !

Cette situation inédite permettrait de redonner du poids et de l'importance au poste de premier ministre, que les modifications apportées aux institutions de la Vème avaient tendance à réduire à celui de simple courroie de  transmission de l’Elysée. Entre un Palais-Bourbon plus représentatif des opinions politiques et appelé à redevenir autre chose qu'une chambre d'enregistrement et un chef de gouvernement au rôle renforcé, il y aurait là une situation propre  à redonner du souffle au fonctionnement de notre démocratie. Encore faut-il que tout le monde, exécutif et parlement, fassent preuve de suffisamment d’esprit de responsabilité afin de s’adapter à nos institutions dont le principal objectif est de garantir la stabilité du pouvoir. Cela implique le remplacement de  la  Première Ministre actuelle dont le curriculum est inadapté à la situation : trop de gauche, trop techno. Alors qui ? Le  Président, qui apparaît fatigué et désabusé, à tout le moins sonné par  le désaveu qu’il vient de subir, n’a guère le choix. La Macronie se révèle pauvre  en personnalités qui offriraient suffisamment d’expérience tout en apportant des garanties de loyauté au chef de l’Etat. Le  gouvernement actuel  a besoin lui aussi d’un bon coup de renforcement. Dans la configuration actuelle, l’exécutif n’est pas assez charpenté pour faire face aux éventuelles frondes  parlementaires que LFI ou même le RN, peuvent mener. Comme on le voit, c’est le Président qui détient les cartes pour débloquer la  situation : ouverture, replâtrage, cap  …  A lui de donner les signaux. Il n’a pas de temps à perdre, la situation urge.

Alerte à la BdF…

C’est que le temps presse pour trouver le compromis.  La dette s’envole.  Fermer le robinet de la dépense devient urgent : 90 milliards d’endettement supplémentaire dans les trois premiers mois de 2022 portent la  dette  à  près de 3 000 milliards et 115% du PIB ! L’économie est aussi fragile que la politique. Des semaines de tergiversations sur les sujets économiques auraient un effet désastreux sur la croissance, l'emploi et le moral des chefs d'entreprise. Les prévisions économiques qu’ont rendues les experts de la Banque de France en début de semaine sont sombres : inflation, hausse des taux viennent compliquer considérablement la donne sur fond de crise énergétique.

Plus que jamais, l’imagination est  au pouvoir, et tout le  monde est concerné, Président, Ministres, parlementaires


FICTION HUMORISTIQUE, MAIS SI REALISTE …

Je ne résiste pas au plaisir de partager cette tribune de Samuel Fitoussi*, publiée dans Le Figaro. Histoire de  se détendre un peu en ces moments  tourmentés, tout en faisant toujours de la politique.

* Étudiant à HEC et diplômé de l’université de Cambridge, Samuel
Fitoussi est également le fondateur du blog satirique «La Gazette de l’étudiant».

  Crétin

TRIBUNE - Le jeune chroniqueur imagine, dans un texte naturellement satirique (mais une partie notable des faits évoqués correspondent bel et bien à des déclarations de cadres EELV et LFI), l’activité parlementaire d’une députée mélenchoniste.

Lundi. Une nouvelle journée commence pour Louise et avec, une grande question: que proposera-t-elle de rendre gratuit aujourd’hui? Représentante de la VRAIE gauche, pire cauchemar des mâles blancs de plus de 50 ans (sauf de Jean-Luc Mélenchon qui possède la grandeur d’âme d’Assa Traoré) et opposante courageuse à l’ultralibéralisme d’Élisabeth Borne, notre jeune députée se rend à l’Assemblée nationale où elle est présidente de la commission pour une approche postcoloniale et désinvisibilisatrice de la lutte contre les stéréotypes.

En chemin, elle reçoit un appel de représentants syndicaux de sa circonscription, circonscription qu’elle a appris à bien connaître via les images satellites Google. On lui rapporte que depuis quelques mois, les points de deals dans les halls d’immeubles se multiplient. La situation est en effet préoccupante: ces lieux sont devenus des espaces extrêmement genrés, la profession de dealer étant exercée à 94 % (en 2022!) par des hommes cisgenres. Louise rassure ses interlocuteurs: des fonds publics seront alloués pour briser ce plafond de verre.

Dans l’hémicycle, Louise prend la parole. Alors que d’ordinaire, elle soutient les restrictions de liberté au nom de l’intérêt général (elle a par exemple milité pour l’interdiction des terrasses chauffées, des vols intérieurs, des couverts en plastique, des voitures, du nucléaire ou du partage inéquitable des tâches ménagères), il existe une restriction que jamais, jamais elle ne tolérera: l’interdiction du burkini.

«La communauté musulmane, victime de la colonisation, observatrice impuissante de ce que subissent ses frères palestiniens, malmenée par les pires réactionnaires - je pense bien sûr à Manuel Valls et Jean-Michel Blanquer - et souffrant du syndrome de Stockholm puisqu’elle continue à vouloir vivre dans un État islamophobe, doit être libérée, tonne la députée. Je propose de renommer la place Charles de Gaulle Étoile place Yasser Arafat Étoile, d’instaurer un semestre où le hidjab sera obligatoire pour toutes et tous et bien sûr, d’autoriser la polygamie et l’excision pour celles et ceux qui y consentent. En parallèle, nous devons interdire aux clochers de sonner, la France est un pays laïque.»

Mardi. Louise est invitée sur France Inter, où on l’interroge sur le projet international de la Nupes. Devant des journalistes admiratifs, elle remet les points sur les i. «Ceux qui disent que nous voulons quitter l’Europe vous mentent. Où irions-nous? Nous prônons une désobéissance courtoise des traités et s’il le faut vraiment, une autarcie inclusive. Quant à l’Otan, nous souhaitons en rester membres mais exigeons que les États-Unis en sortent. L’Ukraine? Nous condamnons l’agression russe mais cesserons d’armer les Ukrainiens car la dérive droitière de ce peuple, qui défend ses frontières et son identité, nous paraît nauséabonde.»

Mercredi. Réunion du bureau politique de la Nupes. À l’ordre du jour: le combat pour l’égalité des genres. Sujet majeur, pense Louise, car qui en France - à part le service public, le gouvernement, les grandes entreprises, le monde du sport, l’industrie musicale, les plateformes numériques, les universités, les influenceurs et tous les gens que je connais - ose se revendiquer féministe? Dans ce silence assourdissant, c’est à la Nupes qu’il incombe de mener le combat. Et tant pis si le patriarcat s’accroche à ses privilèges, par exemple en publiant des satires ridicules. Et puis, se dit Louise, c’est le propre d’un héros que d’être méprisé par ses contemporains. Martin Luther King n’a-t-il pas été assassiné? Galilée n’a-t-il pas fini sa vie en prison? Le nouvel essai de Rokhaya Diallo n’a-t-il pas reçu quelques critiques négatives?

Soudain, Jean-Luc Mélenchon l’arrache à ses rêveries en insultant bruyamment une collaboratrice. À l’issue de la réunion, il est convenu que pour aider les femmes de France, on se concentrera sur trois points: augmentation de l’immigration d’origine africaine pour apporter un contrepoids à la masculinité toxique des mâles blancs occidentaux ; désarmement de la police et remplacement des peines de prison par des formations contre les biais sexistes inconscients dispensées par Caroline De Haas ; subvention des films encourageant les femmes à ne pas s’épiler.

Jeudi. Invitée sur France 5, Louise se lance dans une longue tirade (l’extrait, agrémenté d’une mélodie mélancolique, sera relayé par des milliers d’adolescentes sur TikTok). «Je déplore l’égoïsme de la droite qui se fiche du pays que nous léguerons à nos enfants, et qui peut-être - mais je n’ose pas l’imaginer - ne lit pas les rapports du Giec. À gauche, nous nous soucions des générations futures et c’est pourquoi nous proposons de nous endetter de 300 milliards pour financer la retraite à 60 ans.»

Vendredi. Sur le plateau de CNews, un obscurantiste tente de lier immigration et insécurité, invoquant «le Stade de France». Elle lui cloue le bec, rappelant que la violence représente une forme d’expression culturelle qu’il est bien aisé de condamner du haut de sa vision ethnocentrée. Alors qu’elle quitte les locaux, CNews embraye sur le sujet des gangs de Nigérians sans-papiers qui se battent à coups de barre de fer à Marseille. Louise opère un demi-tour, pousse l’invité suivant de sa chaise et rétablit quelques vérités. «Comme toujours, les fachos passent à côté des vraies questions: ces Nigérians payent-ils la TVA sur les barres de fer? Et s’ils viventdu proxénétisme, ont-ils bien un compte Urssaf ? L’extrême droite agite sans cesse l’épouvantail de l’insécurité pour détourner du sujet majeur: la fraude fiscale. D’ailleurs, pour récupérer les 1000 milliards de milliards d’euros que volent les riches, la Nupes propose de condamner tout fraudeur à la lecture du dernier roman de Aymeric Caron.»

 


LA PUNITION

Assemblée nationale

 

Bon, d’accord, je suis un vieux con. 

Une fois que c’est dit, j’ai le droit de vider mon sac.  Et je suis en colère. D’abord,  contre tous ceux qui ne sont pas allés  voter au premier tour. Et ne me dites pas qu’ils n’avaient pas le choix : au-delà des candidatures infernales « Ensemble, Nupes, RN », il restait de quoi faire. Au-delà du désintérêt facile, entre « tous pourris et ça ne change rien », j’y  vois  la paresse intellectuelle de gens trop gâtés. Et si on commençait par supprimer toutes les prestations diverses et variées  à ceux qui boudent les urnes ?  La  paresse intellectuelle, aussi,  née de la « fabrique du crétin » : les  jeunes s’abstiennent massivement, parait-il, mais ils n’ont plus rien appris depuis au moins 15  ou 20 ans, depuis que le  pédagogisme sévit et que les générations de vieux profs qui s’asseyaient dessus sont  partis en retraite.  Nuls en histoire, nuls en Français, ils n’ont plus aucune conscience civique. J’exagère à peine. Et quand ils vont voter, c’est pour Mélenchon : une preuve de  plus de ce que j’avance.

C’était prévisible.

Je suis en colère, parce que, comme pour la dette, personne n’a voulu écouter Les  Républicains. C’est évident qu’à force de privilégier les extrêmes, avec l’aide des médias, pour mieux se faire réélire, Macron, avec le dépassement des clivages qui n’existe pas  ou que dans la tête des mous du bulbe, est directement responsable de la composition de l’Assemblée  nationale qui vient de sortir des urnes. Il ne dispose que d’une majorité relative.  Renaissance n’a que 162 élus, en dehors du Modem et de Horizons,  alors que Lrem en avait 350…  C’est dire, si après avoir réuni 55% des Français face à Marine Le Pen, dont la  moitié par vote contraint, la  chute est brutale.  Les Français ne voulaient pas de ce face-à-face. Beaucoup se  sont vengés dans les urnes aux législatives en n’allant pas voter pour « Ensemble » alors que leurs voix étaient indispensables pour contrer tantôt l’extrême-droite, tantôt l’extrême gauche, certains que le Président aurait, comme d’habitude, une  majorité absolue. Pire, les électeurs des deux extrêmes, en se coalisant plus ou moins, se sont livrés à un jeu de massacre contre les candidats de la « majorité présidentielle » quand ils étaient opposés soit à un RN soit à un Nupes. Résultat, une Assemblée quasi ingouvernable.  Et  cela au moment où le sujet de la dette va devenir lui aussi explosif  avec  l’inflation et la remontée des taux. Le  service  des  intérêts  atteint déjà 100 milliards par an avec des taux à 2%.  Et ce n’est que le début.

Le résultat de deux « non-campagnes ».

A force de faire le dos rond, de ne pas vouloir aborder les  vrais sujets, d’être ailleurs, de ne pas donner d’orientations claires, un coup pour la retraite  à 65 ans, un coup  pas vraiment, un coup contre les signes religieux, un autre coup pour louer  le féminisme d’une femme voilée … Nous avons été privés de débat pendant la présidentielle, crise oblige, parait-il. Nous n’en avons pas eu  plus pour les législatives avec trois semaines de perdues  pour nommer une Première Ministre terne comme un jour gris, incapable de prendre la tête de la campagne électorale et de lui donner du souffle. Macron a orchestré lui-même sa défaite. Il est un moment où il ne faut pas prendre les Français  pour des demeurés. Le résultat est un champ de ruines : non seulement il encaisse une défaite cinglante, mais il a écoeuré encore un peu plus de nos concitoyens qui ne sont pas allés voter. Le système Macron  a atteint ses limites : la distribution des chèques, l’expansion des prestations avec l’argent facile, les statistiques faussées sur l’emploi, les  discours fluctuants et illisibles comme les consignes de vote concernant la Nupes, les appels mis en scène  pour faire gaullien, … plus rien ne marche, parce que plus rien n’est pris au sérieux. La France est devenue un  pays qui manie les paradoxes dont le plus étonnant est celui d’avoir trois millions de chômeurs et pas assez de travailleurs puisqu’on manque de garçons de  café, de chauffeurs de cars et de camions, d’employés d’aéroports, de cueilleurs de fruits  pour assurer les récoltes, de personnels chez les artisans, de soignants dans nos hôpitaux, de médecins dans nos campagnes …

Mélenchon, Le Pen, deux faces d’une même impuissance.

Je suis en colère contre Jean-Luc Mélenchon  qui  a jeté aux orties depuis une décennie ses principes républicains et universalistes pour conquérir l’électorat communautaire principalement musulman en remplacement  de la classe ouvrière aujourd’hui disparue.  La  France insoumise, c’est la France soumise, comme le dit si bien Alain Finkielkraut. Mais j’en veux encore plus aux communistes, aux verts, à Olivier Faure pour le PS d’avoir fait la même chose  pour au final se retrouver avec la portion congrue en nombre d’élus et solidaires de 650 propositions insoutenables. C’est LFI qui a  tiré son épingle du jeu et profité de la stratégie habile d’un vieux routier de la politique. Il va falloir batailler d’autant plus durement contre  les communautaristes, les wokistes et autres intersectionnistes qui disposent désormais d’un groupe  parlementaire conséquent pour  amplifier leur agitation. Les obscurantismes vert et islamiste ont de beaux jours devant eux ! On peut compter  aussi sur Marine Le Pen pour apporter sa part d’intransigeance, sur l’immigration, mais  on ne s’en plaindra pas, sur l’Europe où le pire est possible à un moment délicat avec la crise de la dette  qui s’annonce, sur les solutions préconisées pour le pouvoir d’achat aussi crédibles que la vente de trompettes  à la  porte d’un cimetière un jour de Toussaint. Très rapidement, nous observerons qu’ils n’ont pas  de vraies solutions à offrir aux Français.

Et maintenant, LR en sauveur…

Les  médias ne manquent pas de vergogne. Après avoir mésestimé Les  Républicains, parfois jusqu’à oublier leur existence, voilà que sur tous les plateaux, on aurait aimé que le représentant du Parti  de la rue de Vaugirard aille à Canossa et , en se repentant, parcourant à genoux le chemin vers l’entrée  dans la  majorité présidentielle où son renfort permettrait de faire la soudure. Et Jean-François Copée, une voix isolée, de reprendre  son antienne  de futur collabo. Mais non. Diminué, mais pas  coulé, le vieux parti est encore solide sur ses bases. Il sera dans l’opposition. Ce qui ne veut pas dire obtus. Mais je suis en colère contre tous ceux qui l’ont quitté sous des motifs  de circonstances, comme aurait dit le  Général, et qui en allant renforcer un centre qui marchait au courant alternatif, nous ont conduit, eux aussi, là ou l’on en est. A commencer par Edouard Philippe, suivi par quelques proches de Juppé , et puis les Béchu, Estrosi  et  plus récemment, Muselier et enfin Woerth et Abad, pour ne citer que ceux-là, tous en mal de plats de lentilles, de reconnaissance ou d’un peu de lumière. Sans parler de la trahison de Sarkozy, appelons un chat, un chat. Avec un peu de lucidité, moins de malice et une colonne vertébrale un peu vertueuse, il était possible de faire différemment. Le chemin de la fidélité eût été plus âpre, mais à coup sûr, la France ne serait pas dans l’état où nous la trouvons aujourd’hui et dont ils sont collectivement responsables ! LR n’a pas vocation à sauver le macronisme, pour la simple raison que nos convictions ne sont pas compatibles avec le « en même temps », les  changements de pied permanents et les discours qui évoluent en fonction de l’air du temps.

La période  qui s’ouvre  promet d’être chahutée. On peut compter sur  les deux extrêmes pour le côté agitation. Elle peut aussi être passionnante pour peu que nous gardions à l’esprit l’intérêt supérieur du pays. Mais  comme toujours, tout le monde est puni !

 


OBSCURANTISME VERT…

Terre

 

La Terre connait un dérèglement climatique. C’est avéré, nul ne peut le contester. D’ailleurs la vague de chaleur qui est en train d’envahir l’hexagone, dans sa forme caniculaire pourrait en être un bon exemple. Le problème, c’est que ce dérèglement n’est ni le premier ni le dernier de la longue histoire de notre planète. C’est ce que nous rappelle Yves Roucaute, éminent philosophe épistémologue et universitaire, auteur reconnu, qui vient de publier un ouvrage consacré à l’écologie intitulé : « L’obscurantisme vert. La véritable histoire de la condition humaine ». Il y démonte, science à l’appui, toutes les idées fausses de l’écologie punitive et en profite pour remettre l’humain au centre de l’univers. Bien entendu, comme tous les obscurantismes s’accompagnent d’une dictature de la pensée, nos verts vont tout faire pour empêcher que l’ouvrage ait la moindre résonnance, le moindre écho médiatique, jeté aux orties avant même de pouvoir en débattre. Marie-Laetitia Bonavita en fait une excellente synthèse par le biais d’une interview de l’auteur dans Le Figaro du 4 juin. Raison de plus pour le lire.

Première ineptie : sauver la planète.

Depuis la formation de la Terre, il y a 4,5 milliards d’années, la Terre a éliminé 99,99% du vivant et depuis 7 millions d’années, 21 des 22 espèces d’hominidés. Des causes bien connues : réchauffements, glaciations, séismes, volcans, tsunamis, cyclones, inondations, sans oublier d’éventuelles collisions avec des corps célestes. Sauver la planète relève pour le moins d’une idolâtrie qui cache en réalité le désir totalitaire d’organiser nos vies. On a souvent qualifié les écolos intégristes de mimétisme avec le totalitarisme marxiste, tant leurs objectifs sont similaires. Au nom du sauvetage de l’humanité on va jusqu’à nous priver de foie gras et surtout de voitures. 

Autre galéjade : l’humanité est responsable du réchauffement climatique.

Avant l’apparition de l’homme, les températures étaient beaucoup plus élevées que les 15° d’aujourd’hui. Les dinosaures broutaient au Groenland par 29°. Depuis 2,8 millions d’années, les humains ont subi 17 glaciations entrecoupées de périodes plus chaudes qu’aujourd’hui. Le seul réchauffement d’il y a 4 200 ans détruisit nombre de civilisations, celui de 950 a vu les Vikings s’installer au Groenland. Les variations climatiques sont la règle et le rôle des humains est dérisoire. Le véritable enjeu est de s’adapter pour survivre.

Troisième tartufferie : l’effet de serre.

Les écolos pointent un doigt accusateur sur nos activités qui seraient responsables de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, ce qui aggraverait l’effet de serre donc le réchauffement. Un angle d’attaque bien commode surtout quand il s’agit de condamner le « productivisme », enfant terrible du capitalisme (sauf en Chine). La ficelle est grosse, mais Les Thunbergistes tombent dans le panneau. Le taux de CO2 est aujourd’hui 8 à 17 fois inférieur à celui des dernières 545 millions d’années. Et il n’est pas la principale source qui, pour plus de 60% est la vapeur d’eau qui arrête les rayons gamma et X du soleil, à l’origine de la couverture chauffante qui permet la vie. Grâce à la science, ignorantus, ignoranta, ignorant homme, le CO2 est devenu source d’énergie et d’oxygène par les feuilles artificielles, les micro-organismes, les puits bleus…

Alors le GIEC a tout faux !

Depuis 1988, le GIEC s’est mis sur le marché de l’Apocalypse. Son directeur, Hoesung Lee a produit une thèse en économie sur le réchauffement où ses prévisions se sont révélées fausses.  Et puis, il suffit de constater les faits : en 1970 il y avait 3,7 milliards d’habitants, il y en a 7,8 milliards aujourd’hui. 36% de la population mondiale était en insécurité alimentaire, 8% aujourd’hui ! La famine n’est pas venue de l’agriculture intensive… Le GIEC est engagé dans une course aux subventions, mais il oublie de combattre la pollution intellectuelle, qui nous  vaut le programme d’un Aymeric Caron à pleurer de rire s’il n’était pas pris au sérieux par les électeurs qui vont en faire un député. Il ne sera pas le seul fada à l’Assemblée, mais ce n’est pas une excuse.

Dernière plaisanterie : la planification écologique.

Le concept est de Mélenchon, jamais en peine d’invention pour épater la galerie. Ce qui est grave c’est que notre démiurge élyséen l’ait repris à son compte. Planifier le climat, même Staline n’y avait pas pensé. Voilà notre Première Ministre face à un vaste programme qu’il sera bien difficile de borner : il va lui falloir contrôler les causes du réchauffement, s’occuper du soleil, de ses radiations, de ses éruptions nucléaires, de l’angle de l’orbite et de l’axe de la Terre, sans oublier la Lune, les météorites, les forces souterraines qui produisent les séismes, les éruptions volcaniques et les tsunamis. Ajouter à cela, que la planète se refroidirait par l’intérieur… La fée Borne aura besoin de pouvoirs magiques. Plus prosaïquement, il lui faudra revenir aux réalités sur le nucléaire. Un réacteur de 1500 mégawatts produit l’énergie de 10 000 éoliennes et dure 60 ans au bas mot. Dans le même temps 30 000 éoliennes rouillent aux Etats-Unis et que dire de leur pollution : elles durent 20 ans, polluent les sols, tuent les oiseaux.

Un dernier mot avant dimanche prochain :

Mélenchon et les Verts, se sont mis d’accord pour culpabiliser l’occident et rejeter le capitalisme avec le PS qui a passé par-dessus bord Jaurès pour un plat de lentilles. Ils oublient que la croissance permet d’améliorer la vie et d’assurer la puissance du pays. Ne perdons pas de temps à les convaincre de leur erreur. Mais on comprend comment un obscurantisme peut en rejoindre un autre, celui de l’intégrisme religieux musulman, et explique les décisions des maires écolos comme celui de Grenoble. Le meilleur moyen de les empêcher de nuire, c’est de ne pas voter pour eux. Car, il n’y a pas que leur conception de l’écologie qui est en cause, il y aurait beaucoup à dire sur leurs propositions économiques. Un cours n’y suffirait pas.

A l’obscurantisme, il faut opposer une vision spirituelle et comme toujours, celle-ci se voudra universaliste. La vraie écologie communie avec la nature humaine, qui n’est pas un sous-système de la planète, mais une énergie créatrice qui l’humanise. Il faut remettre l’homme au centre de l’univers et favoriser sa domination sur la nature, nous dit Yves Roucaute : « L’humanisme de la philosophie de la créativité que je défends libère la créativité de tous les humains… Pourchasser ce qui nuit à se joie de vivre, à sa liberté, à sa puissance, voilà le chemin de la véritable écologie. Si un peu de science nous éloigne de la spiritualité, beaucoup de science nous y ramène ! »

Yves ROUCAUTE. L’obscurantisme vert. La véritable histoire de la condition humaine. Editions du Cerf.

 


DUR DE BOXER DANS LE VIDE !

Bagarre_village_gaulois

Un exercice démocratique impossible.

Comme beaucoup de candidats LR, Roch Brancour n’a pas pu réussir son pari. Même parti très tôt  en campagne, toucher les électeurs devient un exercice impossible sauf à avoir une aura exceptionnelle. Que de trésors d’énergie  pourtant dépensés en six mois !  Une mobilisation enviable avec plus de 70 personnes sur le terrain. Tractages, boîtages, réseaux sociaux, réunions privées et publiques, tous les ressorts ont été exploités. Manquait une cerise sur  le gâteau, peut-être, la  visite  d’un ténor national emblématique, mais lequel ? … Soyons persuadés que cela n’aurait pas changé grand-chose au résultat quand on scrute les scores des uns et des autres : le candidat RN fait ses 12% bien que totalement absent de la campagne, le candidat de la majorité engrange 35% sans faire grand-chose.  Et un citoyen sur deux a boudé les urnes ! Dans un tel contexte où le désintérêt et le  vote d’évitement s’additionnent, il n’y a guère de place pour le vote de conviction.

Ensemble à la peine.

Mais plus grave, ces élections législatives qui voient la majorité présidentielle  à la peine avec une chance sur deux d’obtenir une majorité absolue au second tour, nous montrent les limites dangereuses de la stratégie macronienne. Car le président réélu n’avait pas compté avec l’habileté tactique d’un Mélenchon, qui, sans augmenter les voix de la gauche par rapport à 2017, a su, avec un rassemblement et une répartition des rôles pour les différentes composantes de la gauche, éviter la dispersion au premier tour et, en présentant une seule candidature  par circonscription contourner le couperet des 12,5% des inscrits. Une stratégie payante  qui le met aux portes du pouvoir et lui permet de conquérir des parts d’influence dans la future assemblée avec, notamment la présidence quasi acquise de la Commission des Finances. D’autant plus que chacune des composantes, qui siègera sous ses  propres couleurs, va y gagner en sièges par rapport à l’assemblée sortante.

Le vote positif impossible.

Le  débat s’est donc réduit à un centre attrape-tout et deux extrêmes qui s’y opposent. Pour les autres candidats, cela revient à boxer dans le vide.  Sauf que cette fois-ci la mécanique s’est  enrayée. C’est un tournant car on voit les limites de cette stratégie, qui ne peut fonctionner que si on est capable d’aspirer les camps intermédiaires. En 2017, l’effondrement du PS avait  permis le jack pot.  Mais la droite a résisté mieux qu’à la présidentielle et crée la difficulté, à savoir que la base centrale est devenue un peu trop faible et se retrouve  en difficulté par rapport aux deux forces radicales situées aux extrêmes. Les électeurs encore  motivés, à peine un sur deux, se répartissent entre les partisans des deux camps extrêmes et ceux qui ne veulent ni de l’une ni de l’autre. Il faut dire  que la danse du ventre de Macron, oscillant entre la séduction des électeurs  de Mélenchon pour faire barrage à Le Pen après avoir fait des mamours pour attirer ceux des Républicains a  de quoi dérouter.

L’abstention en exergue.

Cette  élection souffre d’un autre problème. Car la grande gagnante, c’est l’abstention. Avec 52% on franchit un  nouveau cap pour ce qui  était considéré naguère comme une échéance majeure. On  peut y voir une résultante du « en même temps » macronien qui conduit à mettre tout dans tout et ruine  l’intérêt du débat qui devient inexistant. D’ailleurs tout a été fait pour qu’il le soit. Le tout aggravé par des consignes de vote confuses et mêmes contradictoires avec un ni-ni illisible pour le second tour. L’autre réflexion qu’il faut avoir, c’est le positionnement de cette élection dans la foulée de la présidentielle : il faut croire que les Français ne comprennent plus leurs institutions et qu’on vienne leur demander de revoter un mois et demi après pour avoir une majorité pour gouverner le pays. Enfin, il y a le  mode de scrutin majoritaire à deux tours qui ne semble plus adapté à la situation. Sans tomber dans le piège de la proportionnelle pour laquelle notre  peuple n’est pas fait, l’élaboration d’un mode de scrutin come celui des Régionales, proportionnel avec  prime majoritaire, serait peut-être le bienvenu.

LR vivant pour combien de temps ?

Pour Les Républicains, c’est encore une défaite, même si le  parti sauve quelque 75 circonscriptions où ils pourront encore guerroyer pour le second tour. Le terrain et  l’ancrage territorial  n’est pas la  panacée non plus : quand il  n’y a plus de souffle porteur, on a beau mouiller le maillot, le résultat  est de plus en plus difficile à obtenir. Paradoxe de la situation : le RN et Ensemble convoitent les  voix LR rendues disponibles  pour faire élire leurs candidats, mais  l’inverse  est  vrai aussi pour les sauvés LR du 1er tour. Lot de consolation, si le camp du Président n’est pas majoritaire, les députés LR deviendront les arbitres incontournables des « élégances », ce  qui promet de bons moments. Mais  on n’en est pas encore là. Ils devraient être aussi largement plus nombreux que les élus labellisés « Horizon» le  groupuscule d’Edouard  Philippe concédé au forceps par Macron.

 


PAR MOMENT J’AI L’IMPRESSION D’AVOIR LA BERLUE…

Haddock cons

 

Si j’ai bien compris, on manque de chauffeurs d’autocars, on n’a pas assez de chauffeurs de camions, on n’a plus de garçons de café, on manque de soignants dans les  hôpitaux, on peine  à recruter des enseignants et il y aura des classes sans prof à la rentrée, dans presque tous les métiers les bras ou les cerveaux font défaut et pourtant, les jeunes n’arrivent pas à trouver les emplois qui leur conviennent et la France compte trois millions de chômeurs ! « Y a comme un  défaut ! » aurait s’écrié Fernand Raynaud. Mais rassurez-vous, tout va bien. Pourtant le creux démographique dans les actifs  ne  permet pas d’expliquer à lui tout seul cette situation ubuesque. Au contraire, il  devrait contribuer à rendre le chômage marginal.

Mais voilà, le « quoi qu’il en coûte » est passé par là. Trop d’aides, de prestations en tous genres, à quoi on ajoute des exigences de conditions de travail, le  manque de qualification, des salaires  trop bas constituent un cocktail diabolique qui entretient un cercle vicieux infernal. Trop peu d’heures travaillées, trop peu de richesse produite, trop d’impôts et de charges  conduisent à la paupérisation d’une part toujours plus importante de la population active.

Mélenchon éructe contre la police en des termes abjects, avec une inversion des valeurs comme seul un gauchiste est capable, s’en prenant au « permis de tuer » des policiers mais passant sous silence celui d’un chauffard en fuite qui tue une jeune femme traversant dans un passage protégé.

L’affaire  du stade de France est encore un autre exemple d’inversion des faits pour cacher un déni, celui de  la violence que  le pouvoir n’arrive même  plus à contrôler. Darmanin a mis sur le dos des supporters  anglais les désordres provoqués par  le déferlement de la  racaille, en dépit des images qui étaient pourtant explicites. Une insécurité massive accompagnée des pires exactions et ce sont les  victimes qui sont accusées et les coupables en liberté. Quelle image pour la France  pour la finale d’une coupe d’Europe ! Jusqu’où ira l’abaissement ?  Un mensonge indigne du pouvoir exécutif et qui devrait normalement disqualifier le ministre en place.

Macron n’attend pas le résultat des législatives pour annoncer un machin improbable à produire de la parlotte, un « Conseil national de la Refondation », melting  pot de société civile et d’élus qui délégitime le parlement. A quoi  bon voter ?  Un coup de canif supplémentaire dans le fonctionnement de notre démocratie ! A quoi peut servir d’avoir un débat permanent en parallèle avec  l’Assemblée  nationale qui est  le lieu où il devrait se tenir. Comme le grand débat, il s’agit d’un artefact de communication.

Et à quoi bon élire des  députés, puisque  lorsqu’ils seront élus, tout aura été décidé : chaque jour égrène les décisions du Président et du Premier Ministre concernant le calendrier de la  réforme, les chèques et  leur montant et les destinataires.  Les playmobiles de la majorité présidentielle ne pourront  pas  dédire les annonces et n’auront plus qu’à valider par un vote inconditionnel. Après on dira que ce sont les  extrêmes qui tuent la démocratie.

L’essence la  moins chère a repassé largement la barre des 2€, malgré les 18 centimes pris en charge par l’Etat. Mais tout va bien…

Je me pince, quel cauchemar ! Je vais me réveiller !  Mais  non,  je suis bien éveillé et  je suis bien en France en 2022 !

 


POURQUOI IL FAUT QUE LA DROITE CLASSIQUE SE REVEILLE !

Assemblée nationale

 

Ce que nous dit le gouvernement Borne du nouveau quinquennat.

Ce n’est un secret pour personne, le nouveau gouvernement penche cette fois-ci nettement à gauche. Le modem n’a sauvé qu’un ministre, Horizon n’en a obtenu qu’un aussi. Excepté Darmanin, Le Maire et Lecornu, tout le reste des marocains est entre les mains de  ministres de gauche, dont les idées ne sont pas les nôtres. Le dépassement des clivages est un leurre. La première ministre, femme de gauche ne cache pas son tropisme et l’affirme même.  D’ailleurs son cabinet annonce la couleur : Dis-moi qui t’entoure, je te dirai qui tu es, d’où tu viens et où tu veux aller. Le cabinet d’Elisabeth Borne n’échappe pas à cette règle inhérente à la nature humaine et au monde politique. La cheffe du gouvernement, son directeur de cabinet, Aurélien Rousseau, et le directeur de cabinet adjoint, Etienne Champion, ont travaillé pour des ministres socialistes. Elle a composé une équipe qui correspond à son tempérament, à son parcours et à la feuille de route fixée par le Président : planification écologique et lourd agenda social avec la priorité au pouvoir d’achat, aux hôpitaux, au versement des prestations à la source, à la création de France travail –encore  un « machin » technocratique-, aux retraites… Dans Le Point, Elisabeth Borne défend une transition écologique « radicale » mais qui ne doit pas mettre « les plus fragiles en difficulté ». On est loin des attentes de notre électorat. D’ailleurs, selon un sondage, deux tiers des Français ne sont pas convaincus par le nouveau gouvernement et sa priorité affichée à la planification écologique. D’où le climat atone de la campagne électorale. Ce manque de souffle, la droite doit le mettre à profit pour ne pas laisser le terrain aux extrêmes et aux radicaux.

Avoir à l’Assemblée une opposition solide sans être "bornée".

Il est temps que la  partie de notre électorat qui a voté Macron par précaution ou par vote utile  comprenne qu’il ne la défendra pas et ne tiendra plus compte de ses attentes. L’objectif pour les futurs élus Républicains est de ne pas signer un chèque en blanc à Emmanuel Macron,  et  de constituer à l’Assemblée Nationale un groupe LR suffisant, enjeu d'importance pour faire entendre une voix indépendante du pouvoir exécutif, car le scrutin majoritaire apportera très probablement une majorité au président de la République. Mais en mettant durablement à l'écart de la pratique gouvernementale les grands clivages idéologiques, le triomphe silencieux de ce que Macron nomme « l'extrême centre » risque de dévitaliser la démocratie. En effet, avec son élimination du jeu, on redécouvre par contraste qu'une des fonctions du clivage droite-gauche était d'intégrer les radicalités.  Les partis, par une sorte de proportionnelle préélectorale, offraient aux opinions radicales un accès à la décision publique, une occasion de se confronter à l'exercice du pouvoir. Il importe d’autant plus de porter les valeurs qui sont l’essence de notre mouvement politique et laissées en jachère par la Macronie. Parmi tant d’autres, citons : la valeur travail pour encourager ceux qui contribuent à la richesse nationale ; l’autorité de l’Etat pour mettre fin au laisser-aller judiciaire ; la cohésion nationale avec le refus du communautarisme rampant auquel nous assistons. Les élections législatives doivent permettre aux Républicains de retrouver une place dans l’espace politique pour offrir la possibilité d’un vote entre Macron et les extrêmes.  En attendant le 12 juin, il ne faut pas se laisser intimider par les sondages, car la moyenne nationale ne reflète pas les scores en circonscription que les sondeurs sont incapables de mesurer. Le mieux serait que LR conserve sa place  de  premier groupe d’opposition et ne soit pas obligé d’abandonner la présidence de la commission des finances à la Nupes de Mélenchon, ce qui serait la pire des choses. C’est l’intérêt de la France.

Ne pas laisser la primeur  à la Nupes.

Le  scrutin majoritaire ne devrait pas  permettre à Mélenchon d’avoir la majorité à l’Assemblée nationale, d’autant plus que les candidatures « dissidentes » de gauche se sont multipliées. Mais La coalition de la gauche et des écologistes espère tirer profit des querelles de la macronie et de sa campagne sans relief pour créer la surprise les 12 et 19 juin. Les figures de la coalition s’attendaient à plus de répondant de la part de leurs adversaires, empêtrés dans une série de polémiques ces dernières semaines : affaire Abad, Stade de France … Et de fait, les études d’opinion mettent la Nupes et « Ensemble » au coude-à-coude au premier tour.  Le contexte n’est pas fait pour rassurer  avec l’inflation qui menace, le prix de  l’essence qui ruine le pouvoir d’achat, l’insécurité qui prospère  à chaque occasion. Un climat comme l’extrême gauche aime profiter. Je ne reviens  pas sur l’inanité des solutions qu’elle préconise, avec une valse des milliards qui achèverait notre économie. Non, il faut tout faire pour l’empêcher d’arriver au pouvoir. Le  vote Républicain offre une bonne solution.

Envoyer des députés enracinés  et à l’écoute.

Grâce à son implantation dans le pays, LR a été capable de mettre des candidats dans pratiquement toutes les circonscriptions. Crédité  par les officines de 35 à 55 députés, il faut  avoir bon espoir d’en voir beaucoup plus élus, parce que ce sont des personnalités implantées et connues de leurs électeurs, la  plupart du temps appréciées. Soyons certains que l’enracinement va payer. D’autre part, De nombreux candidats sont des jeunes qui affrontent pour la première fois le suffrage national : une belle preuve de vitalité pour le  parti de droite. Au niveau du Maine-et-Loire, les candidats de la droite et du centre que nous soutenons doivent pouvoir compter sur notre mobilisation. N’hésitons pas à participer à leurs réunions et à relayer leurs messages sur les réseaux sociaux et dans notre entourage !

Circo 1 : Roch BRANCOUR (LR) avec Maryline LEZE (DVD)

Circo 2 : Inès HENNO (UDI) avec Maxence FERRO (LR)

Circo 3 : Anne-Laure BLIN(LR) avec Jean-Pierre BEAUDOIN (DVD)

Circo 4 : Régine CATIN (LR) avec Bruno HOUET (DVD)

Circo 5 : Jacquelin LIGOT (DVD) avec Richard CESBRON (DVD)

Circo 6 : Geneviève GAILLARD (LR) avec Pierre PICHERIT (LR)

 


LA VALSE A 300 MILLIARDS PAR AN !

Pluis de billets

Mélenchon, la foire aux idées fausses.

Une démocratie ne peut bien fonctionner que si les citoyens savent raisonner par eux-mêmes et débusquer les fausses bonnes idées. Le programme de Jean-Luc Mélenchon en est truffé. En voici quelques-unes débusquée par l’économiste Philippe Aghion qui ne passe pas pour être de droite :

. Mélenchon propose de supprimer la « flat tax » et d'instaurer un impôt universel sur les entreprises. L’idée est que l'on peut taxer sans limite avec aucune conséquence sur la production et le niveau de richesse de la nation. C’est le contraire qui permet d’augmenter la croissance  et les revenus fiscaux.

. La décroissance serait la solution au défi climatique. Il se trouve que nous avons fait l'expérience de la décroissance : il y a deux ans, pour faire face à la pandémie en l'absence d'un vaccin contre le Covid-19.  Il s'ensuit qu'entre le début mars et la fin mai 2020, le produit intérieur brut (PIB) français baisse de 35 %, tandis que nos émissions de CO2 baissent de 8 %. La seule alternative est celle de l'innovation verte et d'une transition énergétique économiquement viable, or Mélenchon propose de renoncer au nucléaire en fermant les centrales existantes et en abandonnant la construction de nouveaux EPR.

.  On peut revenir à la retraite à 60 ans. Tout le  monde comprend qu’en l'absence d'une augmentation de la durée de cotisation, notre système par répartition n'est pas soutenable à long terme sans porter atteinte au pouvoir d'achat des salariés. La solution proposée d'un retour à la retraite à 60 ans, avec seulement 40 annuités de cotisation, coûterait directement 86 milliards d'euros par an à l'Etat. Insoutenable ! En plus, ce coût, ne prend pas en compte la réduction du taux d'emploi et donc du taux d'activité et l'augmentation des coûts d'emprunt de la France sur les marchés financiers.

.  Le blocage généralisé des prix pour lutter contre l'inflation. A moins de subventionner massivement nos entreprises, ce qui alourdirait considérablement notre dette publique, cela conduit à une augmentation du nombre des faillites, une baisse de la qualité des produits et un rationnement de l'offre, avec en particulier un détournement des produits importés vers des destinations ou les prix ne sont pas bloqués.

Mais ce n’est pas tout. 

Une «soviétisation» de l’économie française à plus de 300 milliards par an.

«Le programme Mélenchon reste une forme de soviétisation du système, une option d’hyper-collectivisation», avertit Olivier Babeau, président de l’institut Sapiens. Dans le détail des mesures défendues, l’élu des Bouches-du-Rhône préconise les nationalisations en masse dans différents secteurs clés tels que l’énergie (Engie, par exemple), les transports, le fret, l’espace, les autoroutes ainsi que La Française des jeux. Et il veut découper les banques. Par ailleurs, il continue de défendre la sortie du nucléaire à horizon 2045, et fait le pari très risqué que le pays pourra subvenir à ses besoins énergétiques via les seules énergies renouvelables. Outre le coût vertigineux pour les caisses de l’État et l’incompatibilité avec les règles de concurrence européenne, ce virage radical pèserait lourdement sur l’attractivité de la France. Des recettes du 19ème siècle dont on sait qu’elle n’ont marché nulle part.  Un programme qui, dans une économie ouverte, mènerait à une fuite des capitaux, suivie d’un fort ralentissement de l’économie, voire d’un effondrement… et obligerait à sortir de l’Union européenne par son incompatibilité.

Plus de beurre que de pain.

Pourquoi lésiner ? Les promesses pleuvent.C’est gratuit puisque c’est l’Etat qui paiera ! Sur le terrain du pouvoir d’achat, la question du retour de l’inflation serait réglée par le blocage des prix des biens de première nécessité. À cela s’ajoutent la revalorisation du smic à 1500 euros - qui pénaliserait pourtant les travailleurs les moins qualifiés – et la création d’une allocation autonomie jeunesse. Sans oublier  la sixième semaine de congés. La justification : « il faut travailler moins pour travailler tous ! », en oubliant que la France est déjà un des pays où, justement, on travaille le moins. Selon l’institut Montaigne, ce délire atteindrait plus de 300 milliards d’euros par an. Celui-ci souligne que le projet de retraite à 60 ans n'est pas seulement ruineux. Il aurait un impact négatif sur l'économie en diminuant la population active et le revenu disponible des ménages, les pensions rapportant moins que des salaires. La générosité initiale déboucherait en fin de compte sur un appauvrissement général.

La Faillite, me voilà !

Face à ces promesses de dépenses, le programme ne prévoit aucune réforme structurelle en vue d’assainir les finances publiques. On sait que Mélenchon n’envisage  pas de rembourser la dette qui engraisse les  banques, sans se soucier des conséquences. De quoi affoler les investisseurs qui perdraient confiance en la France et pratiqueraient certainement des taux rédhibitoires sur les emprunts. Mais fidèle à la ligne de gauche, il entend surtout taxer les «riches», avec en tête de liste le retour de l’ISF et la suppression de la «flat tax» qui ont permis un retour des ménages fortunés. Les entreprises ne seraient pas non plus épargnées par un alourdissement de leur fiscalité.

Certains socialistes ont résisté, refusant catégoriquement de suivre le PS, qui a adhéré à la «Nouvelle union populaire écologique et sociale» menée par La France insoumise en vue des législatives, et qui regroupe déjà les écologistes et les communistes, conscients qu’ils sont des dégâts que pourraient provoquer ces idées.

On retiendra que le programme économique porté par le leader de La France insoumise ferait fuir les capitaux, engendrant un fort ralentissement de l’économie, et potentiellement son effondrement et entraînant une paupérisation généralisée des Français. Il faut  croire que les jeunes qui sont prêts à voter pour lui n’ont pas étudié  correctement l’histoire de notre continent  car ça leur éviterait de croire aux chimères bolcho-collectivistes remises au goût du jour par le tribun néo-communiste bolivarien.

 


POUR TOUS NOS AMIS D'ANGERS DE LA 1ère CIRCONSCRIPTION

 

Campagne Roch Angers

Bonjour à tous,
J'organise une réunion publique autour de ma candidature aux élections législatives.
Pour pouvoir parler avec vous de ma vision, mes engagements et mon programme.
🗓 Mercredi 1er juin
📌Salons Curnonsky, Angers
⏰ 19h30
Venez nombreux pour faire connaissance, échanger et me soutenir.
Je compte sur vous.
Roch Brancour
 

LA FRANCE N’EST PAS FOUTUE, MAIS …

Bout du rouleau
De quel côté qu’on se  tourne, Le regard ne rencontre que des situations dégradées. Les écrits de Christophe Guilluy, socio-géographe,  ou de Jérôme Fourquet nous décrivent un pays fragmenté dans tous les sens. Cause ou conséquence, le mal s’est transmis à toutes les institutions : modèle social, société, monde politique, économie, et les politiques menées non seulement ne cherchent pas à soigner nos maux à la racine, mais souvent par facilité, continuent de les aggraver. Il faudrait remonter au moins trente ans en arrière pour en trouver  les origines, mais les dix dernières années sont emblématiques de ce qu’il ne fallait pas faire. Le quinquennat qui commence n’annonce  pas vraiment de changement par rapport aux deux précédents et donc les maux ne vont faire qu’empirer.

Un modèle social à bout de souffle.

Notre modèle social, né de la dernière guerre, a vu sa philosophie originelle de solidarité être dévoyée en pompe à fric. Les trois piliers sur lesquels il était fondé,  les  services publics, la sécurité sociale et le droit du travail, inspirés des travaux du Conseil National de la Résistance donnaient à la République sociale une base juridique solide. Ils ont  été laminés par la révolution néolibérale des années 80, puis la globalisation et le  marché unique européen qui ont conduit au démantèlement notamment des entreprises de service public. Il se trouve que parmi les pays européens, le  modèle français a été le plus exposé.  Les réformes sociales du dernier quinquennat lui ont porté le coup de grâce avec la surétatisation du social par la transformation des cotisations sociales en impôts et avec la relégation des syndicats dont l’affaiblissement rend les jacqueries quasi inévitables quand ce n’est pas le recours aux juges, comme substituts  d’une démocratie défaillante. En se passant des corps  intermédiaires, le macronisme a dénaturé notre modèle  social au profit d’un système populiste, étatiste et libéral qui arrose tous azimuts, vidant un peu plus les caisses d’un dispositif déséquilibré incapable de les remplir. Les Français approuvent la réindexation des retraites sur l’inflation, le  relèvement de la  pension minimale à 1 100 € et le « dividende salarié » promis par le Président réélu, plébiscitent en même temps la baisse de la TVA sur les biens de première nécessité  défendue par Marine Le Pen, et le  blocage des prix fait recette auprès des trois quarts des sondés… sans se poser la  question de savoir comme ces mesures seront financées. Les « 10 raisons » de choisir le projet d’Emmanuel Macron citées dans son prospectus électoral sont un catalogue de mesures en monnaie sonnante et trébuchante : maintien des boucliers gaz et électricité, prime jusqu’à 6 000 € sans charge ni impôts, suppression de la redevance télé, baisse des impôts de succession… sous-entendant que l’état omnipotent pouvait tout. On s’étonnera ensuite de détenir les records mondiaux de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires. Compte tenu des déficits, on en conclut que le système n’est plus tenable et devrait être réformé en profondeur, mais de cela il n’est nullement question. Au contraire, l’Etat macronien entre  les  mains de Bruno Le  Maire envisage de continuer la politique du carnet de chèques, alors que tous les indicateurs sont au rouge : inflation, dette, taux d’intérêts, gouffre du commerce extérieur, etc…

Une société éparpillée et un monde politique atomisé.

Dans le monde d’avant, la société était structurée en groupes identifiés : ouvriers, cols blancs, artisans et commerçants, agriculteurs, professions libérales, patronat,  eux-mêmes traversés par des courants de pensée en liaison avec leur statut social, catholiques pratiquants et chrétiens sociaux, socialistes et communistes, libéraux, qui constituaient autant d’électorats captifs regroupés autour de convictions politiques. Cet ensemble permettait d’organiser la démocratie représentative par l’intermédiaire de partis politiques organisés et souvent puissants. Les syndicats, eux, assuraient le bon fonctionnement de la démocratie sociale comme outils de dialogue avec le pouvoir élu  et le reste de la  société. Ce monde a quasiment disparu. Ne parlez plus d’avoir des convictions, les gens suivent des modes  et consomment de la démocratie comme on va au supermarché, et quand ils en ont, c’est pour s’enfermer dans la « personnalisation » imposée en douce par les réseaux sociaux. Le  monde actuel navigue entre extrêmes et violences, est disponible pour céder aux charmes des  tribuns ou de la démagogie. Il suffit de distribuer des chèques pour obtenir des voix. Les rouages stabilisateurs  qu’étaient les syndicats et les partis politiques ne sont plus  en capacité de jouer leur rôle. Et pour couronner le tout, des hommes politiques changent de bord en fonction de leurs intérêts personnels, et même si le « débauchage » a toujours existé, dans une  société qui a perdu ses repaires,  ces quelques chiens galeux à l’éthique misérable  jettent l’opprobre sur tout le reste  du personnel. La  démocratie représentative en est gravement menacée.

Un grave problème de désindustrialisation.

Déficitaire depuis près de vingt ans, la balance commerciale tricolore fait aujourd’hui de notre pays le plus mauvais élève de l’Europe, loin derrière les Allemands et leur excédent de plus de 170 milliards d’euros l’an dernier. La France est le seul grand pays de la zone euro à avoir un énorme déficit extérieur. L’Italie elle-même est en excédent. Or lorsque l’on a un énorme déficit extérieur, c’est que l’on produit moins que ce que l’on consomme. Nos entreprises, harassées de charges, ne produisent plus ce que les Français veulent consommer. Même en agriculture, nous sommes en difficulté. Nous avons toujours les coûts de production dans l’industrie parmi les plus élevés du monde et peut-être même au sommet mondial, comme la part des dépenses de protection sociale dans le PIB qui est au top mondial. Au cours de ces trente dernières années, nous avons perdu la moitié de nos parts de marché dans le commerce mondial, avec une forte accélération depuis les 35 heures. La France a un énorme problème de production liée à la désindustrialisation massive, de faiblesse des compétences de la population active, d’insuffisance du taux d’emploi qui exige le recul de l’âge de départ à la retraite. Dans une note qu’il vient de publier, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) voit dans la détérioration du déficit commercial et l’accélération de la désindustrialisation depuis trente ans, les conséquences des politiques expansionnistes monétaires. En augmentant les dépenses de l’État et en baissant les prélèvements sur les ménages, les gouvernements successifs ont stimulé la demande interne ce qui a, in fine, participé à la dégradation de la performance à l’exportation.  A titre d’exemple, les écarts de demandes internes expliquent, sur la période 1999-2008, 61 % de la dégradation relative des soldes commerciaux vis-à-vis de l’Allemagne. Et à l’image d’un serpent qui se mord la queue, la dépendance aux importations participe aux déficits commerciaux qui eux-mêmes accentuent la désindustrialisation.

Le problème c’est le gouvernement par la magie et le mensonge.

La magie c’est l’argent qui tombe du ciel et le mensonge c’est que ce soit possible indéfiniment. Deux illusions tragiques gouvernent la France depuis trop longtemps.  La première c’est que la dépense publique souvent mal ciblée, qui plus est à crédit, crée de la richesse, alors que chaque cycle annuel  nous affaiblit de 80 à 100 milliards supplémentaires. La seconde c’est que les entreprises sont prospères alors que leur taux de marge est nettement inférieur en France à ce qu’il est en Europe et dans les pays anglo-saxons. Notre balance commerciale est en réalité le résultat d’orientations et de choix faits depuis des années, au premier rang desquels une économie qui s’est tournée vers les services en même temps qu’elle se désindustrialisait. Un phénomène aggravé par le fait que les entreprises françaises, bien plus que les autres, pour des raisons de compétitivité liées à la fiscalité, ont depuis longtemps adopté une stratégie consistant à s’implanter à l’étranger pour produire et vendre leurs produits plutôt que de les exporter depuis le territoire national. Le résultat c’est que la France est particulièrement dépendante de produits venant de l’étranger, pour répondre à la demande des consommateurs en biens d’équipement de toutes gammes, et à celle des entreprises en matériaux, composants, etc… et  ces dernières sont bien en peine d’assurer la progression du pouvoir d’achat.

Le sacro-saint pouvoir d’achat.

«  n’y a guère qu’en France que l’on prétend créer du pouvoir d’achat à partir du vent ou, ce qui revient au même, avec de la dépense publique à crédit », assure  Christian Saint-Etienne . La France n’a pas un problème de pouvoir d’achat et encore moins de demande, mais un gigantesque problème d’offre. Elle n’a pas non plus un problème de redistribution du pouvoir d’achat puisqu’elle est le pays qui redistribue plus qu’aucun autre pays au monde, et qui plus est, à crédit. Le soutien de la consommation financé par la dette publique explique 61% de la dégradation de la balance de nos échanges. Il a fragilisé notre industrie en l’enfermant dans une spirale cumulative de pertes de parts de marché, de manque de compétitivité, de compétences, d’investissement dans l’innovation. Seuls 36% des biens industriels consommés par les ménages sont encore produits en France. Pour distribuer du pouvoir d’achat, il faudrait produire, investir, innover, réduire les charges sur les heures supplémentaires. Et surtout arrêter de mentir : le soutien de la consommation par l’État à travers les subventions en faveur de l’énergie et de l’alimentation va amplifier les déficits jumeaux, tout en bénéficiant avant tout aux exportations de nos concurrents. La situation est d’autant plus critique que l’inflation rend la remontée des taux d’intérêt inévitable, y compris dans la zone euro où la BCE devrait les relever dès juillet prochain. L’envolée de la dette publique française n’a été rendue possible que par la diminution drastique de son prix. À l’inverse, la hausse d’un point des taux entraîne 40 milliards de charge de la dette supplémentaire sur dix ans. Les finances publiques de la France sont les plus fragiles de la zone euro en raison de l’importance du déficit structurel. Elles vont être prises en tenaille par la remontée des taux au moment même où des investissements massifs seraient requis pour moderniser l’éducation et la santé, soutenir l’innovation ou accélérer la transition écologique. Le surendettement n’est par ailleurs pas le monopole de l’État mais concerne également les entreprises, alors que les marchés dévissent sous la pression de l’inflation.

La France se trouve donc sous la menace d’un violent choc financier si les taux d’intérêt devaient dépasser la croissance nominale. Notre pays ne peut échapper à une révision radicale de sa politique économique.  On n’en prend pas le chemin !


BORNE REDONNE DU SENS AUX LEGISLATIVES !

Assemblée nationale

Traditionnellement, les  législatives qui suivent la Présidentielle ont servi à donner une large majorité au Président élu, les électorats des candidats battus se mobilisant peu.  Cette fois-ci, le contexte est différent. La nomination de Borne à Matignon devrait donner envie aux électeurs de droite de retrouver leur vrai camp.

Macron abandonne le « en même temps ».

Tout le monde glose sur la nomination d’une « femme » à Matignon. Là n’est pas l’essentiel. Cette nomination  consacre  en fait la nouvelle orientation du quinquennat.  On s’en souvient, Macron, en 2017, avait pris soin de nommer Edouard Philippe  venant de LR comme symbole du dépassement du clivage droite-gauche. Il avait pris grand soin en 2020 de lui donner un successeur du même bord avec Jean Castex. Il fallait envoyer un signal fort en direction de la droite, appelée à se rallier à la présidence. Et le moins  que l’on puisse dire c’est que la stratégie a bien fonctionné, favorisée  il est vrai par le contexte international et la crise du Covid. L’arrivée à Matignon d’une Première Ministre de gauche, issue du PS, rompt  avec l’équilibre institué jusque-là à la tête de l’exécutif. La symbolique du tandem transclivage droite-gauche à la tête de l’Etat est bel et bien abandonnée. Des  ministres étiquetés à droite gardent quelques portefeuilles importants  tels Darmanin ou Le Maire, mais « l’habillage » ne doit pas faire illusion, d’autant plus que l’Education nationale est confiée à un ministre « racialiste » et que la justice reste entre les mains de Dupont-Moretti. Les autres ministères importants, santé, affaires sociales, budget … sont confiés à des ministres issus de la gauche.

Un signal envoyé aux électeurs de droite.

Et le message est clair : « je n’ai plus besoin de vous ». Macron n’est plus rééligible et il n’a plus à  préserver son avenir. L’électorat de la droite modérée qui a voté pour lui en 2022 par réflexe légitimiste dans le contexte tourmenté que l’on sait, pariant sur le maintien voire l’ancrage définitif au centre droit de l’occupant de l’Elysée, devrait logiquement être ébranlé par la composition du gouvernement et les orientations prises au début de ce quinquennat. Un tel revirement n’était pas annoncé et constitue même un pied de nez à Nicolas Sarkozy, en remerciement de ses tentatives de débauchage pour rallier la macronie. On se réjouira a posteriori du peu de succès qu’elles ont rencontré auprès des candidats LR, pas plus de quatre ayant franchi le pas. Après cinq années de « ni de droite, ni de gauche », l’arrivée de Mme Borne à Matignon apporte une clarification : les thèmes mis en avant par le pouvoir ne mettent pas en avant les questions régaliennes de la sécurité ou de l’immigration et des finances publiques, auxquels cet  électorat attache de l’importance. Thèmes d’autant plus importants que la France se dirige sans doute vers une période chahutée de crise financière, économique, sociale et politique que d’aucuns prévoient violente. C’est le « défi climatique » qui profite de la nouvelle orientation, avec laquelle la nouvelle équipe compte plaire aux écologistes. Surtout, la priorité de Macron est de contenir la poussée de Mélenchon en disrupant comme il sait le faire sur ses plates-bandes.

Une aubaine pour la droite.

Du coup, les élections législatives reprennent du sens. Certes, il serait présomptueux d’envisager de conquérir une majorité  parlementaire, mais il n’est pas difficile de comprendre que la présence d’un groupe parlementaire d’opposition de la droite et du centre le plus puissant possible serait de nature à rééquilibrer le jeu : d’abord empêcher Mélenchon ou Le Pen de s’emparer de la présidence de la commission des finances, ensuite peser sur les orientations du gouvernement, avec le Sénat  en appui, pour infléchir les projets chaque fois que ce sera nécessaire. Il est notamment important d’avoir un groupe  parlementaire susceptible de compter dans les débats portant sur les réformes de nos institutions, du mode de scrutin ou du financement des retraites. L’extrême-droite est  en capacité de mobiliser 33% des électeurs et la gauche de Mélenchon moins de 30%, à condition de faire  le plein, ce qui ne s’est jamais réalisé dans le passé. Il revient donc à la droite modérée de se mobiliser si elle veut exister. Elle peut parvenir à convaincre son électorat et le faire revenir vers elle si elle combine esprit d’unité, désintéressement personnel, attachement au bien public et à l’intérêt général avec un discours de vérité  contre la démagogie sous toutes ses formes. Il suffit d’arriver devant les candidats de « Ensemble » dans suffisamment de circonscriptions au 1er tour. La lucidité fera le reste. Beaucoup de candidats LR et leurs alliés centristes ont un ancrage territorial qui leur donne un avantage sur  leurs concurrents et pour une centaine d’entre eux, la « prime au sortant ». La  montée en puissance des partis contestataires conjuguée avec le tropisme de gauche du nouveau gouvernement, leur offre une opportunité d’exister. En conséquence, leur candidature prend du sens. Electeurs de la droite et du centre, mobilisez vous les 12 et 19 juin. Vous avez un candidat dans chaque circonscription. Il suffit de voter pour  lui !

 


MELENCHON N’A AUCUNE CHANCE D’ÊTRE PREMIER MINISTRE !

Mélenchon Bastille 2013

 

 

Depuis qu’il a créé la « Nouvelle union populaire, écologique et sociale » (Nupes), Jean-Luc Mélenchon réaffirme avec une insistance digne de la méthode Coué qu’il sera « élu » Premier ministre, certain que l’union de la gauche ainsi réalisée va remporter les élections législatives et obliger le président de la République de le nommer à Matignon.

Ce que Mélenchon se garde de dire.

Bien qu’il ne se représente pas, le député des Bouches-du-Rhône possède quelques atouts dans ce « troisième tour social » qu’il appelle de ses vœux. Il a tiré du désespoir des Verts et du PS le plus haut profit possible puisqu’ils se sont piteusement ralliés à son panache rouge vif ; il les a affaiblis encore un peu plus, si c’est possible, en soulevant un tollé chez ceux de ces deux partis qui ont des convictions démocratiques. Fort de cette alliance imposée au forceps,  il a lancé, avec la prophétie qu’il voudrait auto-réalisatrice  de son « élection » comme Premier ministre, une opération de communication évidemment trompeuse. Car le  scrutin majoritaire à deux tours lui complique terriblement la tâche, sauf à faire le plein dès le premier, ce qui est bien improbable avec un capital de 22% éparpillé dans les circonscriptions. Certes, il a rassemblé les forces de gauche. Mais dès avant les élections législatives, tout le monde savait que la gauche est minoritaire dans le pays, à 32 % au maximum. Selon les instituts d’opinion, non seulement il sera minoritaire, mais Emmanuel Macron est à peu près assuré de remporter la majorité absolue et ne court guère de risque de cohabitation. Le chef des Insoumis nous raconte des blagues : il ne dit pas pas que le Président n’est absolument pas obligé de le désigner et qu’il lui suffit de choisir un Premier ministre dans la majorité sortie des urnes, il ne dit pas plus ce qu’il ferait du pouvoir s’il l’obtenait, sauf à promettre plus de beurre que de pain avec le smic à 1 500 € non financé, il ne dit pas non plus qu’il sera minoritaire et qu’on perd son temps à parler d’une hypothèse irréalisable. On voit surtout que sa campagne, lancée comme d’habitude pour le bien commun de la gauche, vire au culte de la personnalité… comportement copié  sur les dictateurs sud américains qu’il admire.

Méthode Coué.

Les 22 % ne sont pas la clef du pouvoir, mais cet exploit au premier tour l’a grisé et lui a monté à la tête. On peut comprendre que Jean-Luc Mélenchon cède à l’émotion. Plus il nous parle de sa « Nupes », plus il nous assure qu’il aura une majorité, plus les électeurs de gauche y croient, surtout ceux qui haïssent Macron. Mais c’est bâtir un projet sur un espoir plus que ténu et c’est, en outre, se moquer des institutions.  La méthode Coué ne suffira pas. D’ailleurs en n’étant pas candidat lui-même ne nous indique-t-il pas, en creux, la suite, à savoir : on peut faire simplement un bon score et disparaître de la vie politique. Il  sortirait ainsi de sa carrière sur son exploit. De sorte qu’il nous fait perdre notre temps. Par contre, la  Nupes   pourrait constituer un groupe d’opposition suffisamment étoffé à l’Assemblée nationale pour perturber son bon fonctionnement, surtout s’il obtient la place de 1er groupe d’opposition et décroche la présidence  de la très enviée commission des finances.

Entourloupe.

Le meilleur moyen de combattre cette entourloupe qui en dit long sur le sérieux du personnage, c’est encore de répéter à l’envi la vérité, à savoir que Mélenchon n’a aucune chance et qu’en outre il a mélangé les torchons et les serviettes. Il n’y a aucun rapport avec un PS respectueux des institutions, anti-Poutine, pro-européen, et Mélenchon, pas plus qu’il n’y en a entre le chef de LFI et un homme comme Yannick Jadot. En revanche, on constate qu’un maximum de désarroi conduit aux pires abaissements, que la gauche de gouvernement jetée dans le bas-fossé a vendu son âme à Mélenchon pour ne pas mourir, ajoutant ainsi à l’humiliation de se livrer à l’ennemi, la crise de conscience produite par l’adoption de ses thèses. La Nupes n’est nullement une opération sauvetage de la gauche. Il y a fort à parier qu’après la  défaite aux législatives, elle se déchirera et chacun des quatre partis qui la composent se retrouvera dans une grande solitude. Car le déchirement s’est déjà produit. Daniel Conh-Bendit, José Bové et Jean-Paul Besset, fondateurs d’EELV, ont publié une tribune particulièrement violente contre la Nupes, et Lionel Jospin, qui soutient Lamia El Aaraje dans une circonscription parisienne, s’est retrouvé nez-à-nez avec Danielle Simonnet, députée sortante investie par la Nupes, alors qu’elle avait été élue en 2027 contre Mme El Aaraje. D’où une altercation publique entre l’ancien Premier ministre de la cohabitation et Mme Simonnet. Et c’est sur cette base-là que Mélenchon voudrait prendre la tête du gouvernement ?

 


TOUT VA MAL ! FINALEMENT, TANT MIEUX ! (Peut-être)

Economie  bourse

L'économie ralentit.

L’économie ralentit fortement en Europe. En Chine aussi, avec  le confinement  qui perdure. Mais le coup de frein est aussi significatif aux États-Unis, même si c’est dans une moindre mesure. On a cru qu'on pouvait prolonger les cycles de croissance à l'infini avec des plans financés par de l'argent magique, qu'on pouvait même empêcher la croissance de chuter. On l'a vu avec la crise des subprimes, puis la crise de l'euro, surtout avec la crise du Covid. Avec ce jeu malsain, les banques centrales et les États, avaient fini par oublier le jeu des cycles économiques. Mais voilà, on a atteint les limites du système comme l'a reconnu la semaine dernière la patronne du FMI. La mauvaise nouvelle  c'est que les banques centrales n'ont plus de marge de manoeuvre car elles ont fait exploser l'inflation avec leur torrent d'argent magique. La guerre en Ukraine et ses conséquences a amplifié le phénomène au mauvais moment. Pour un Etat surendetté comme la France, c’est une complication supplémentaire.

La situation actuelle s’explique facilement et était largement prévisible : l'explosion de l'inflation,  couplée aux conséquences du Covid avec ses pénuries et ses ruptures d'approvisionnement, avait  commencé à provoquer partout un ralentissement de la croissance, avec une amplitude variable selon les zones. En conséquence les banques centrales sont obligées de réagir en remontant les  taux d’intérêt. De ce fait, elles vont accentuer la décélération de l'économie, surtout aux États-Unis, en arrêtant de faire tourner la planche à billets. Pour l’instant la  BCE reste prudente mais elles sera obligée d’y venir, à moins de laisser  l’euro continuer de se déprécier  par rapport au dollar.

En fait c’est (peut-être) une bonne nouvelle !

Pour que l’économie retrouve une situation normale, avec des circuits qui soient rétablis et une inflation qui rechute, il faut absolument que l'économie ralentisse. C'est le seul moyen de réduire la pression qui crée des tensions et des fissures partout. Il va falloir réapprendre à laisser les cycles économiques reprendre leur cours normal. La baisse de l'inflation provoquée par la hausse des taux et la baisse du pouvoir d'achat va permettre, à terme, de redonner du pouvoir d'achat aux ménages et de revenir à des niveaux de croissance moins volatils et plus sains. L'économie ne peut pas fonctionner uniquement avec des substances artificielles et hallucinogènes. Il va donc y avoir une période de « transition »,  compliquée tant au plan de l'économie qu'au plan des marchés, mais c'est une étape nécessaire. D’ailleurs le grand nettoyage sur les marchés a largement commencé. La combinaison de l'inflation, de la hausse des taux d'intérêt, de la guerre en Ukraine et du confinement en Chine pèse sur les indices boursiers : les actifs les plus touchés sont ceux dont les valorisations étaient les plus aberrantes, mais l'onde de choc se propage au-delà.

Les taux d’intérêt s’envolent  et atteignent des niveaux qui sont encore loin de la normale, mais qui s'éloignent de l'anormal : finis les taux d'intérêt négatifs, finie la dette française financée à 0%. On assiste à une véritable tension sur les taux d'emprunt des États à 10 ans. Aux États-Unis, on est à 3,15%, et la hausse devrait continuer. Avec le plein-emploi affiché vendredi dernier et des taux d'inflation supérieurs à 8%, des taux autour de 3% restent encore étonnamment faibles. L’Europe aussi connait des tensions. La France emprunte à 1,65%. On était à -0,17% il y a moins de 9 mois. Les « spread », c'est-à-dire la différence de taux d'emprunt, entre l'Allemagne et les autres pays de la zone euro divergent. Alors que l'Allemagne emprunte à 10 ans à 1,15% (-0,52% il y a encore quelques mois), l'Italie emprunte déjà à 3,15%, un « spread » de 2% par rapport à l'Allemagne, l'Espagne à 2,25%. Là encore rien de plus normal, mais on n'était plus habitué à ce que les marchés réagissent normalement. Donc rien d’étonnant aux mouvements actuels sur les marchés. La hausse des indices boursiers a été alimentée par la baisse des taux d'intérêt et les injections (trop) massives de liquidités. La hausse des taux d'intérêt et l'arrêt des injections de liquidités alimentent la baisse des marchés. C'est aussi basique que cela constate Marc Fiorentino.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des rebonds puissants, sur d’éventuelles bonnes nouvelles…

Un retour à la normale qui complique le début du quinquennat.

En attendant, le deuxième mandat d’Emmanuel Macron démarre sous le signe d’un grand affaiblissement. Le déficit commercial de la France s’est creusé à 12,4 milliards d’euros en mars, pour atteindre, sur les douze derniers mois, 100 milliards d’euros, viennent d’annoncer les Douanes. Un double record, sur un mois et sur une année glissante. La moitié de la dégradation récente est due à la  facture énergétique : le prix des biens importés comme le pétrole, le gaz et l’électricité augmente de 19% sur trois mois. Il y a aussi des effets indirects : la France importe des biens qui se fabriquent avec beaucoup d’énergie, dans la chimie, la métallurgie, le bois et le papier… Les prix de ces importations augmentent davantage que celui de nos exportations.

Autre facteur conjoncturel aggravant : la dépréciation de l’euro par rapport au dollar, monnaie dans laquelle se règle le pétrole. Le remède, ce serait la remontée des taux par la BCE, ce qui ne nous arrange pas non plus à cause de la dette. « Si le ralentissement de la croissance et le retour en boomerang de l'inflation dans la zone euro, en raison de la guerre en Ukraine, font redouter une stagnation de la croissance couplée à une forte inflation » constate Christine Lagarde, elle en profite pour rappeler «l'ordre des événements». « Il convient d'abord de mettre fin au programme de rachat de dettes qui devrait intervenir au début du troisième trimestre avant de procéder aux ajustements des taux directeurs quelque temps après et de façon graduelle. » Voilà qui donne un peu de visibilité, mais ne simplifie pas la tâche pour autant. Encore faut-il qu’aucun événement contrariant ne vienne perturber ce schéma.

 


IL Y A EXTRÊMES ET EXTRÊMES !

Bagarre_village_gaulois

Un repoussoir bien commode !

Concernant Marine Le Pen, la plupart des médias n’ont aucun doute : elle incarne « l’extrême droite ». Soit. Il  y aurait beaucoup à dire sur la définition et le contenu qu’elle recouvre aujourd’hui, mais si on se réfère à la ventilation habituelle des partis sur l’échiquier politique, force  est de constater que le RN se situe le plus à droite, d’ailleurs c’est la place qui  est attribuée à ses élus à l’Assemblée nationale qui fait référence. Et les mêmes médias n’hésitent pas à crier au scandale dès que la moindre velléité de ce qui pourrait ressembler à une tolérance, un rapprochement ou à un  soutien même quand l’intéressé n’a rien demandé, pourrait se faire jour.

Islamo-gauchisme : non, merci !

En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, vous aurez remarqué que la plupart des mêmes médias  manifestent des pudeurs de gazelle pour le situer dans le paysage politique. Surtout n’allez pas  dire qu’il représente « l’extrême gauche », alors qu’il  suffit de lire son  programme ou d’observer son comportement pour s’en convaincre. Vous ferez partie de ces vilains esprits  qui n’ont rien compris :  l’extrême-gauche est fréquentable, pas l’extrême-droite ! Quand on est admirateur des dictatures totalitaires d’Amérique du Sud dont on s’est fait le modèle de gouvernance, on a une très bonne idée de ce que serait sa VIème République. Plus concrètement, c’est le recours systématique au referendum  qui remplace la démocratie représentative qui en est le signe politique le plus tangible. D’ailleurs c’est un point qui rapproche l’extrême-gauche de l’extrême-droite. Quand le PC et le PS acceptent de se fondre dans une union avec  la France insoumise, ces mêmes  médias ne trouvent rien à reprocher quand ils n’applaudissent pas. Que le PC trouve des points de convergences avec Mélenchon, on n’en sera pas trop étonné, mais que le PS se soumette,  c’est  dramatique. Toute une  partie des valeurs qui ont fait la gauche sociale-démocrate sont jetées aux orties, pour un plat de lentilles, en l’occurrence 70 circonscriptions. C’est le  socle qu’elle a en commun avec  la droite républicaine qui est atteint. Avec  la « Nupes », la laïcité est  en danger et la  burqua de beaux jours devant  elle. En s’alliant avec  Mélenchon, écologistes et socialistes tournent le dos à l’Europe et à l’Ukraine. D’ailleurs la  plupart de ceux qui incarnaient cette gauche l’ont fait savoir et heureusement, de nombreux élus protestent et ne se reconnaissent pas dans cette alliance. Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Jean-Paul Besset signent une tribune véhémente dans le Monde et n’ont pas de mots assez durs, « tête-à-queue tragique », « infamie »,… pour condamner l’accord. Ceux-là honorent la politique, dont la principale  vertu est d’avoir des convictions et d’y rester fidèle.

Macron, patron de l'illusion de l'exrême-centre.

Et puis, il y a aussi l’extrême-centre. Si j’ai bien compris, c’est la conception macronienne de la majorité présidentielle. C’est un melting-pot où se retrouvent toutes sortes de transfuges de gauche et de droite, pour qui  les convictions sont élastiques ou interchangeables, et qui réalise le miracle de faire cohabiter  M. Woerth avec Mme Touraine, dont on sait, par leur passé aux affaires, que tout les oppose.  Cet extrême-centre, piloté de l’Elysée, sans aucune marge de manœuvre, a conduit  pendant les cinq  dernières années, à la paralysie politique sur les grandes réformes, et a été largement à l’origine du mouvement de contestation des « gilets jaunes », d’autant plus que profitant de l’aubaine des contradictions internes des politiques, la technocratie a occupé l’espace laissé vacant pour s’en donner à cœur joie. Heureusement, pour les cinq prochaines années, on a évité le pire : le parti unique. La majorité « Ensemble » c’est donc désormais plusieurs piliers : la République en marche devenue  « Renaissance », le Modem de Bayrou et « Horizons »,  le nouveau-né d’Edouard Philippe, sont les principaux. A voir les têtes d’enterrement sur la photo de la conférence de presse qui a lancé la campagne des législatives, on se dit que ça va être joyeux. Si on se réfère au premier mandat, Macron ne voulait voir « qu’une tête » ; tous ceux qui ont manifesté des désaccords ou exprimé des divergences, ont été impitoyablement virés. C’est pourquoi, les heureux  nouveaux impétrants  de cette improbable coalition des genres se réfugient dans l’exégèse de cette phrase du monarque pour se donner espoir : « Je vais changer de méthode ». A quoi j’ajouterai : « Chassez le naturel, il revient au galop ». Nicolas Sarkozy se targuait d’avoir ouvert en accord  avec le Président un chemin pour d’éventuels  LR qui voudraient rejoindre  la Majorité : son initiative a lamentablement échoué, d’abord parce que bien peu de sortants LR ont répondu, sept dit-on, ensuite parce qu’ils ont été rejetés par celui qui devait les adouber.  Excusez-moi,  mais  le doute est permis.

La liberté n'est pas morte !

Heureusement, il y a encore une possibilité d’échapper à ces extrêmes, quelle qu’en soit la couleur, dont le point commun est la conception d’une démocratie réduite à la volonté du chef, c’est encore de faire vivre la démocratie en dehors du système qu’ils veulent imposer et qui  conduit  aux pires désordres.  C’est de voter aux élections législatives pour Les Républicains, l’union de la droite et du centre. On voudrait  nous faire croire qu’ils sont morts. Il n’en est rien. L’échec à la présidentielle est grave, on ne va pas se le cacher. Mais le parti a d’autres ressources et  notamment son ancrage territorial et les milliers d’élus  à tous les niveaux qui en font la chair. La colonne vertébrale a été touchée, mais la masse musculaire peut compenser la blessure. La nation gagnerait beaucoup à avoir, à nouveau, à l’Assemblée nationale, un groupe de députés fort, capable d’apporter  à la fois son expérience  et sa compétence, son opposition quand cela sera nécessaire, son appui  quand cela ira dans le sens de nos convictions, fidèle  à  son réalisme, « jamais contre par principe, jamais pour par obligation ». Voter pour les candidats de la  majorité présidentielle c’est  prendre le risque d’élire des « moines-soldats » aux  ordres, quel qu’en soit le parti, sinon expliquez-moi pourquoi le Modem n’a pas réussi à faire voter la « proportionnelle » pendant cinq ans alors que c’était son cheval de bataille. Les députés qui seront véritablement libres de leurs choix au sein de l’Assemblée nationale, ce seront bien ceux de la droite républicaine et du centre, libres parce qu’autonomes, libres aussi parce que cela fait partie de leur ADN. Ils apportent une dimension supplémentaire : leur ancrage territorial qui les rend proches de leurs concitoyens et à leur écoute.

Les 12 et 19 juin prochain, il faut voter pour le bon sens, voter  LR, l’union de la droite et du centre. Ce sont ces élus-là qui vous défendrons !

 


VAINES PROMESSES ET CHEQUES EN BOIS !

Récession

Voilà où mène le déni.

La  campagne électorale avait complètement occulté le sujet : retour de l’inflation et croissance menacée. On n’a pratiquement pas parlé du gouffre des dépenses publiques et de la folle dette, alors pensez donc, aborder  l’intendance …  Mais les faits sont têtus. Et les chiffres  sont tombés, et avec eux un coup de froid glacial sur l’optimisme affiché  par nos élites. Les économistes et les commentateurs dans la presse financière sont surpris par le ralentissement économique et par la correction sur les marchés qui est même devenue un krach pour les valeurs techs. Le financement des promesses qui comptait sur la croissance pour remplir les chèques est largement compromis.

Pourtant, la  crise qui nous tombe dessus était prévisible…

Donc, pour le premier trimestre de l'année 2022 on est à croissance 0 % en France et -1,4% aux US. Il n’y a pas besoin d’être spécialiste pour comprendre que les causes de récession s’additionnent. Voici les cinq principales : une guerre en Europe qui a pour conséquence la flambée des prix de l'alimentaire et de l'énergie et le débranchement d'un partenaire commercial majeur pour l'Europe, la Russie ;  l'inflation qui explose partout et donc qui pèse sur la consommation des ménages ;  les importations des pays non producteurs d'énergie qui explosent du fait de la hausse du pétrole et du gaz, sachant que le déficit commercial est un paramètre clé de la mesure de la croissance ; les goulets d'étranglement du rattrapage post-Covid ne sont pas résorbés totalement et en plus la Chine confinée ralentit fortement. Le vieux prof que je suis et qui connaît son histoire ajoute : l’inflation, on sait quand elle commence, on ne sait jamais quand elle finit, parce qu’une fois enclenché, c’est un système qui s’auto-entretient.

… et elle va durer !

Cette crise va durer une bonne partie de l'année 2022, voire au-delà. Pour certains pays, l’entrée en récession va se concrétiser a minima par deux trimestres de suite de « croissance négative ». Au moins, on peut espérer que ce ralentissement économique va permettre un retour à la normale sur les goulets d'étranglement et faire diminuer un peu l'inflation. Mais tant que celle-ci restera élevée, la croissance et les indices boursiers resteront sous pression, tout simplement parce que le carburant de la hausse des marchés a été la baisse spectaculaire des taux d'intérêt et les injections exagérées de liquidités. Si les taux d'intérêt remontent et que l'on injecte moins de liquidités, les marchés n'auront pas le carburant nécessaire pour remonter. Et, en plus, il faut faire avec la guerre : le conflit en Ukraine, qui est devenu une quasi guerre mondiale, pèse sur la croissance et les marchés par l'inflation.  Une résolution du conflit ou même un cessez-le-feu sera salué par les marchés, mais on n’en est pas encore là.

Vaches maigres en début de mandat.

Dans ce contexte, les propositions de Mélenchon, leader de la nouvelle union populaire, qui se voit déjà premier ministre, apparaissent pour le moins farfelues : en plein crise énergétique, il propose la sortie du nucléaire, et en pleine explosion de la dette, la retraite à 60 ans. Il marche sur la tête, mais ce n’est pas nouveau ! Le Président de la République ne fait guère mieux. Les chèques « pouvoir d’achat » promis pour le début de l’été ont du plomb dans l’aile. Cette chute de croissance est « une mauvaise nouvelle », reconnaît un ministre, qui s’inquiète du moral des ménages, alors qu’en parallèle, l’inflation continue de flamber. Après deux ans de quoiqu’il en coûte et un an de rattrapage de la crise, la fête est finie. Entamer un mandat présidentiel dans une économie en ralentissement brutal est périlleux. D’autant plus que les menaces s'accumulent : consommation plombée par l'inflation, risques de grèves, durcissement monétaire. Le retour de la hausse des prix, que la guerre en Ukraine rend à la fois plus forte et plus durable, change la donne, d'abord en ponctionnant massivement les revenus, ensuite en inversant le levier monétaire, ce qui va bloquer le levier budgétaire. C’est là qu’est l’os. En France, les gouvernants éteignent les embrasements sociaux avec de l'argent public. Or celui-ci va se raréfier d'un coup, car la Banque centrale européenne change de cap. Avec une inflation qui s'emballe au-delà de 7 % en zone euro, elle va cesser d’acheter des obligations publiques dès l’été et remonter ensuite ses taux. Inexorable ! Le gouvernement français risque donc de devoir fermer le robinet. Patrick Artus, l'économiste de la banque Natixis, estime même que les hausses d’impôts sont inévitables.

Investissements en berne, consommation comprimée, exportations amputées, dépenses publiques affaiblies : le scénario d'une récession profonde pourrait alors s'amorcer, avec des conséquences politiques et sociales imprévisibles.

 


POUR EN SORTIR, CHANGER LA DONNE !

Bricoleur

 

Nous arrivons au bout d’un système.

La réalité de l’état de la France va forcément éclater au cours des prochains mois : les bombes à retardement occultées pendant la campagne présidentielle (budgétaires, économiques, sociales, identitaires, sécuritaires et civiques) vont exploser. Face à cette réalité les réponses ont toujours été celles d’un État surendetté. Or, la prochaine étape de l’inflation sera la hausse des taux d’intérêt. Et cette menace n’est pas virtuelle. La France est malade de sa bureaucratie et de son centralisme étatique ou jacobin. Il  est urgent d’essayer autre chose.  il faudrait une alternative claire et raisonnable, pour reconstruire une démocratie apaisée et mature. La droite peut porter cette alternative et montrer qu’elle a encore une utilité pour le pays et notre démocratie, et proposer autre chose, qui ne peut pas se cantonner à un choix entre le conformisme social-démocrate plus ou moins habile d’Emmanuel Macron et les offres illibérales  des  extrêmes de droite ou de gauche. 

L’emprise de l’État sur l’économie, la société civile et nos vies mêmes n’a cessé de s’accroître. C’est là une cause majeure du malheur français, et avec Macron II, cela ne va pas s’arranger. Ce ne sont pas des promesses, des chiffres, des listes de nouvelles réglementations, des dépenses non financées  à tour de bras qui peuvent sortir notre pays de l’ornière toujours plus profonde où il s’enfonce. Ce qu’il faudrait lui appliquer, c’est une bonne cure de  libéralisme économique.

Confier à un président et ses ministres la politique de notre pays pour cinq ans est un vrai choix de société. Mais ce choix ne peut  pas se limiter seulement entre cette forme de despotisme qui voudrait que le chef de l’État seul ferait le mieux possible et le populisme qui veut renverser la table, tout changer en ignorant le contexte mondial.  Il manque un choix plus profond, en rupture avec ce que nous propose la classe politique depuis des décennies, droite comprise.

Il faut une rupture avec le tout État.

L’État a tout envahi, et régit - entre autres - notre travail, notre revenu, notre santé, nos retraites, nos écoles, nos logements, nos transports, notre nourriture et jusqu’à notre culture et nos religions. Un Etat ventripotent et par conséquent inefficace dans toutes les prérogatives dont il s’est emparé. Regardez  la  santé  et l’hôpital !  Cet État que l’on nomme  volontiers « providence », au prétexte de justice sociale ne tient plus compte du mérite personnel, de l’effort, du savoir, de l’initiative. A la place, il finance l’assistanat, les privilèges, les fraudes et les corruptions. C’est un État jacobin qui dirige tout depuis les ministères de la capitale et ignore les réalités locales, préférant déconcentrer et déléguer à ses préfets plutôt que s’appuyer sur  les  collectivités pourtant plus responsables et  plus agiles que lui.

En revanche, cet État est incapable d’assumer les missions qu’on attend de lui et qui justifient son pouvoir de contrainte : protéger la vie, la liberté et la propriété des personnes.

C’est pourquoi la première réforme qu’il faudrait mener, et le plus tôt possible, serait de réduire la sphère de l’État : l’idéal serait qu’il se contente d’assurer ses missions régaliennes de police, justice, et défense. L’État ne devrait intervenir ailleurs qu’à titre subsidiaire, quand les membres de la société civile ne peuvent régler leurs problèmes par le jeu des libres contrats, des libres décisions.

Redécouvrir la subsidiarité.

Le principe de subsidiarité devrait devenir la règle générale : les élus nationaux ne devraient avoir à intervenir que lorsque les élus locaux, à divers étages, n’ont pas pu régler les problèmes qui concernent leurs collectivités, de sorte que ce soit les gens les mieux informés, les plus concernés, qui prennent les décisions et en soient les premiers responsables. Evidemment cela n’a rien à voir avec la planification centralisée et collectiviste qui prive les élus locaux de toute autonomie financière et réglementaire  et s’avère beaucoup plus efficace comme on l’a vu avec les masques pendant la pandémie. Mais pour exercer la subsidiarité, une deuxième réforme s’impose : l’ouverture à la concurrence. Bien calés dans leur monopole, les « services publics » deviennent vite irresponsables, déficitaires, donc subventionnés. On le  vit  quotidiennement. Rien ne justifie ce monopole, sinon une conception très dirigiste du « bien public », celui qui ne pourrait être fourni par des personnes privées, dans le cadre d’entreprises marchandes ou d’associations volontaires. Dans bien des cas, privatiser permet de stimuler la découverte et le progrès, et de mieux répondre aux besoins de la communauté. Les administrations elles-mêmes s’améliorent dans un climat de concurrence, pour peu qu’on admette l’autonomie de leur gestion, et la liberté des administrés de choisir leur établissement, leur caisse, leur compagnie. Quand un maire s’occupe  de gérer une cantine scolaire avec sa municipalité, c’est  à lui qu’on vient faire les remontrances et il ne peut faire de reproches qu’à des subordonnés qui bien souvent sont inamovibles ;  s’il délègue le service à un prestataire privé, sur appel d’offre concurrentiel, il a les moyens de faire pression pour obtenir des améliorations ou changer d’entreprise. Et la subsidiarité peut aller de paire avec un État fort.

Il est temps d’amorcer un recul de nos  administrations publiques, les plus dépensières (57% du PIB), les plus spoliatrices (45% du PIB) et parmi les plus endettées (113% du PIB) de tous les pays dits libres. Ce sera difficile, car beaucoup de gens vivent de l’État, par l’État, par ses commandes, par ses aides. Et  il est facile de distribuer des chèques (actuels ou futurs) aux différentes clientèles électorales. Mais Il est temps pour les Français assujettis de reprendre espoir en retrouvant leur liberté, leur responsabilité et leur dignité !

Seule la droite peut porter cette nouvelle vision.

La droite doit être capable de proposer une nouvelle vision, celle de la liberté et d’un capitalisme populaire. Bien évidemment,  cette cure  de  libéralisme ne pourrait se mettre en place que progressivement.  Plus tôt on pourra la commencer, mieux ce sera. Face au wokisme et au racialisme, nous devons affirmer une fierté culturelle et une ambition éducative. Face au laxisme sécuritaire et à la déconstruction régalienne, la droite doit opposer la défense d’un ordre juste. Elle doit non seulement se démarquer face à l’offre du second tour de la présidentielle en incarnant l’universalisme républicain, mais aussi combattre ces dynamiques dangereuses qui ont émergé à l’occasion du scrutin présidentiel.  La droite doit être la force politique de la performance publique au service de l’humain. Elle seule peut redonner sa grandeur à la liberté et à l’initiative individuelle, être le parti de tous ceux qui veulent maîtriser leur destin.

 


VICTOIRE A LA PYRRHUS !

Macron réélu

 

D’abord, pourquoi cette référence à Pyrrhus ?

Cousin d'Alexandre le Grand et lui-même ambitieux conquérant, Pyrrhus est le fils d’Achille et le vainqueur de Troie. Les lettrés le connaissent grâce à la pièce de Racine « Andromaque » dans laquelle il est amoureux de sa  prisonnière. C’est aussi l'un des plus redoutables adversaires des premiers temps de la Rome antique. Souverain de l’Épire, un ancien royaume des Balkans, Pyrrhus était parvenu à battre deux fois les Romains dans le sud de l’Italie : à Héraclée, en 280 av. J.-C., et à Ausculum, un an plus tard. Mais à ceux qui le félicitaient, il répondait : « Encore une victoire comme celle-là et nous sommes perdus ! » En effet, même si les troupes romaines comptaient plus de victimes, elles pouvaient recruter de nouveaux soldats alors que la population de l’Épire, elle, était limitée. Une victoire à la Pyrrhus est donc une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. Une telle victoire est contraire à tout sentiment d'accomplissement ou de gloire, et compromet le progrès à long terme du vainqueur.

Quand l’Histoire se transpose.

La victoire d’Emmanuel Macron face à tous ses opposants crée une situation comparable à celle dans laquelle le roi d’Epire s’est retrouvé : victorieux mais considérablement affaibli. De fait, le président réélu ne totalise au premier tour qu’un peu moins de 10 millions de voix sur 49 millions d’inscrits. Emmanuel Macron l’a emporté au 2ème tour avec 58,2%  contre 41,8% pour Marine Le Pen. Une avance qui limite les dégâts mais qui permet tout de même au Rassemblement national de battre un record. Depuis 2017 on a assisté à une augmentation phénoménale de l’extrémisme. Force est de constater que depuis cinq ans, le centre au pouvoir a fait mécaniquement monter les extrêmes à qui a été dévolu le rôle d’incarner le désir d’un « vrai changement ». Au point que si l’on additionne les voix de  Marine Le Pen, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, la droite nationaliste ou extrême a augmenté de dix points.  Elle pesait 21% en 2017 contre 32,5% en 2022. Si on y ajoute Mélenchon à 22% et les partis gauchistes, les extrêmes frôlent les 60% ! Pendant cinq ans, il a tout fait pour affaiblir les  oppositions du « cercle de la raison » : Les Républicains et le PS.  Le résultat est évidemment catastrophique, car ce cercle de la raison s’est  bel et bien effondré : les socio-démocrates, les Républicains et les centristes qui pesaient 58% de l’électorat en 2017 ne représentent plus que 39% !

Les électeurs de  la droite républicaine  qui ont pensé bien faire en laissant tomber leur candidat afin de voter Macron ont donc fait un mauvais calcul. L’affaiblissement des anciens partis de gouvernement n’a pas été compensé par l’émergence du « nouveau monde » promis par un jeune homme plein d’allant qui allait réformer le  pays en profondeur pour en finir avec  la vieille politique. Faut d’une politique courageuse et à cause de son inexpérience, il entame son deuxième mandat  avec une France déchirée comme jamais, dans un état lamentable en raison de la montée de l’islamisme combattu mollement, de l’insécurité récurrente, de la folle  course de la dette, de la dépense  publique et des déficits, et du désastre de la balance commerciale. Le pays s’annonce ingouvernable. A chaque tentative de réforme un  peu audacieuse, le chef de l’Etat risque de voir se dresser 80% des  Français contre lui, parce qu’ils n’auront pas voté pour lui ou qui ne l’auront fait que par défaut. Et la pire des solutions serait de lui donner une majorité inconditionnelle aux élections législatives.

Union nationale ?

Le dilemme des Républicains est cornélien : faut-il rallier la majorité pour la renforcer ou faut-il continuer dans l’opposition. Aucune de ces deux solutions n’est satisfaisante.  La première parce qu’elle continuera d’affaiblir le « cercle de la raison » par la même mécanique. La  seconde, parce qu’elle  a  conduit Les Républicains a une défaite catastrophique, l’électorat de la droite modérée  n’ayant pas compris l’opposition résolue à une politique qui ressemblait à celle qu’ils proposaient eux-mêmes. Une attitude que les circonstances internationales ont aggravée. La bonne stratégie serait  d’apporter le soutien à l’exécutif, non par le débauchage et les ralliements, mais par un accord politique en bonne et due forme, un contrat de gouvernement, conclu après validation électorale, c’est-à-dire, les élections législatives. D’ailleurs le parti unique, personne n’en veut, ni Lrem, ni Bayrou, ni Philippe. Pour éviter le pire, il faudrait imposer à Macron une sorte de cohabitation soft, en l’obligeant à prendre en compte quelques idées fortes de la  plate-forme programmatique de la droite républicaine et libérale : sur la santé, sur l’ordre et la sécurité, la décentralisation et la lutte contre la bureaucratie, l’égalité des chances … Le pouvoir exécutif y trouverait alors le moyen d’élargir sa majorité avec l’assentiment de l’ électorat et non dans son  dos, et un peu plus de chances de faire aboutir des projets comme celui de l’âge de la retraite porté à 65 ans.

Au passage, on sauvera peut-être  le parti Les Républicains et on verra peut-être se reconstruire sur les ruines du PS, un parti social-démocrate capable de damer le pion à la France insoumise et ses délires marxistes du XIXème siècle. Car  c’est  en rétablissant le clivage structurant de la vie politique entre la droite modérée et les socialistes démocrates que l’on réduira à nouveau les extrêmes, et qu’on revigorera une vie démocratique qui s’étiole, à peine capable de fournir des assesseurs dans les bureaux de vote, faute d’ancrage politique sur le terrain.

Cap sur les législatives.

Voilà une occasion pour les électrices et électeurs qui en ont  marre de voter par défaut de se faire plaisir en votant selon leur penchant naturel. Pour reconstruire  un consensus national et élargir la base de gouvernement, il n’est pas indispensable de donner une majorité absolue au président. Ce sera même le meilleur moyen  de créer les conditions d’une contestation virulente dans la rue contre ses  projets. D’autant plus qu’une majorité mélenchoniste serait une catastrophe, bien que ce scénario soit peu probable avec le scrutin majoritaire à deux tours. Le mieux serait de construire une coalition avec plusieurs groupes parlementaires proches sur la base d’un programme de législature partagé, seul moyen de mettre un terme  à la confusion des discours successifs du « en même temps » qui consiste le plus souvent à se comporter, face aux Français, comme une prostituée qui changerait de costume en fonction du client qu’elle a en face d’elle. Encore faut-il que la participation électorale ne s’effondre pas.  Les vieux partis ont peut-être encore leur mot à dire. C’est peut-être  la dernière occasion de mettre un coup d’arrêt à la décomposition politique mortifère.

Je continuerai de plaider pour le renouveau d’une représentation politique où droite et gauche sont reconnaissables, permettant, le cas  échéant, d’aller, comme en Allemagne,  vers l’Union nationale, un schéma bien plus satisfaisant que le débat entre un centre aux contours flous et des extrêmes durs qui met la  démocratie représentative  en danger.  Et ça tombe bien dans ma  circonscription, il y aura un candidat LR : je vais le soutenir et voter  pour lui !

 


CE QUI ATTEND LA PROCHAINE PRESIDENCE

Pluis de billets

Mis à part le climat social  dans une France qui aura voté à 60% pour les extrêmes populistes au 1er tour, et qui n’offrira pas une grande sérénité à ceux qui tiendront les rênes  du pouvoir,  ce sont les données du contexte économique international agrégées à des données françaises  dégradées ou fragiles qui vont  compliquer la tâche.   Deux  facteurs sont en cause : l’inflation  et la chute de la croissance. Le constat du FMI est inquiétant :  inflation, pénuries, perte de croissance, divergence des économies, risques de soulèvements sociaux : les cicatrices de la pandémie sont aggravées par la guerre en Ukraine.

Prévisions de croissance en baisse.

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance, en particulier en zone euro, où l’inflation atteindrait 5,3 % en moyenne cette année. La croissance française est attendue à 2,9% en 2022 et 1,4% en 2023. On peut s'attendre à une période de stagflation, avec pas ou peu de croissance et une forte inflation, semblable à ce qui se passait dans les années 1970. C’est la fin d’un cycle et, avec lui, se consument les illusions de l’argent magique, de la dette facile, de l’assainissement inutile, de la distribution sans fin, du plein emploi, de la stabilité financière ad æternam... Sur la retraite, le pouvoir d’achat, le logement, les inégalités, la santé, la sobriété énergétique ou la fiscalité, ces facilités perdues devraient se traduire par des ajustements douloureux.

Une inflation plus forte et plus durable.

Donc, nettement moins de croissance et un surcroît d'inflation plus durable. C'est la conjoncture internationale qui se profile dans les prochains mois selon le Fonds monétaire international (FMI). Les banques centrales sont confrontées à un arbitrage difficile entre la lutte contre une inflation record et la sauvegarde de la reprise qui s'est dessinée après la crise du Covid-19. En s'éloignant des objectifs des banques centrales, l'inflation va probablement inciter à un resserrement monétaire plus agressif. La Réserve fédérale américaine a déjà commencé. Mais la hausse des taux d'intérêt pourrait conduire à une correction désordonnée des marchés financiers, y compris au niveau de l'immobilier. Le FMI projette un taux d'inflation moyen de 8,7 % dans les pays en développement, après 5,9 % en 2021. Le problème est que cette flambée des prix des produits de base et la tension des taux d'intérêt mondiaux vont réduire encore plus la marge de manoeuvre budgétaire des marchés émergents et des économies en développement importateurs de pétrole et de produits alimentaires.

Conséquences pour la France.

Les soubresauts de l'économie mondiale - provoqués aussi bien par l'invasion russe de l'Ukraine que par les confinements stricts opérés en Chine face au Covid - redessinent le paysage économique du quinquennat à venir. Avec le fort ralentissement de la croissance et le surcroît d'inflation, le futur chef de l'Etat débutera son mandat avec des comptes publics plus dégradés que prévu. La remontée des taux d'intérêt pourrait même compliquer un peu plus l'équation budgétaire. « Au vu du contexte budgétaire bien plus compliqué que prévu, nous avons devant nous un quinquennat qui sera celui des hausses d'impôts ou des promesses trahies », avance Patrick Artus, conseiller économique de Natixis. En effet, il va falloir laisser jouer les stabilisateurs économiques, ce qui creuse les déficits et pose beaucoup de questions en termes de redistribution et de transferts. Alors que Bercy tablait en début d'année sur une croissance de 4 % et un déficit à 5 % du PIB fin 2022, l’objectif de ramener le déficit à 3% à l’horizon 2027 est  probablement déjà compromis. Et le gouvernement devra faire avec une remontée des taux d'intérêt,  inévitable. Les facilités budgétaires que nous avons connues depuis dix ans grâce à cette ère de taux bas vont disparaître, raison pour laquelle il faut s'attendre à ce que le futur gouvernement revienne sur certains engagements ou augmente les impôts. Même si la visibilité n'est pas grande, ce nouveau contexte risque de percuter des programmes économiques biberonnés au « quoi qu'il en coûte ».Il faudra voir aussi si le nouvel accent mis sur la transition écologique - par nature très coûteuse - par l'actuel chef de l'Etat ne compliquera pas un peu trop l'équation budgétaire. Pour autant, les objectifs écologiques coïncident avec nos intérêts stratégiques - vis-à-vis de la Russie - et économiques. 

Comme  on le voit, une équation compliquée,  propre à générer de l’insatisfaction dans un pays déjà au bord de la crise de nerf.

 


POUR LR, C’EST UN AVC

Elysée

 

L’infarctus que je redoutais a bien eu lieu : avec plus de 26% d’abstentions, les  partis populistes de droite et de gauche totalisent 55% des voix. Le paysage traditionnel qui structurait notre vie politique depuis plus de 50 ans est balayé.

Pour Les Républicains, la  réalité est là : avec moins de 5% c’est une déroute électorale, un véritable AVC. Valérie Pécresse n’a pas réussi à rendre crédible un programme pourtant complet et financé. Il faut donc croire qu’il était inadapté à la situation. Le suffrage universel a rendu son verdict. Mais ce n’est qu’un aspect de la défaite.

Les causes d’une telle catastrophe sont forcément multiples.

Depuis la primaire, qui s’était bien déroulée, le famille politique LR est à la peine, dans un pays où quatre électeurs sur dix se situent pourtant à droite et au centre, ce qui est un paradoxe. La campagne s’est transformée en un chemin de croix, dont les trahisons d’Eric Woerth et de  Guillaume Peltier, l’un parti chez Macron, l’autre chez Zemmour, ont été les épines emblématiques, le non soutien de Nicolas Sarkozy vécu comme un abandon, les disruptions macroniennes sur le projet,  semeuses de confusion… La candidate LR s’est retrouvée sous le feu croisé et nourri des camps de  Macron et de Zemmour sur les plateaux et  les réseaux sociaux, et accablée par le travail de sape de certaines  revues  comme Gala, ou par des commentateurs patentés, comme Yves Tréhard, reprenant au mot près les éléments de langage fournis par l’Elysée. Difficile d’exister quand on perd l’audimat et que le moindre propos est disséqué, interprété, déformé par les pseudos experts plus ou  moins partisans qui hantent à  longueur de journées les chaines en continu. On ne fait pas  mieux pour dévaloriser ceux qui acceptent encore de faire de la politique.

La  guerre en Ukraine a fait le reste, amenuisant la campagne  électorale et captant l’essentiel de l’attention. La preuve en est, même les écologistes emmenés par Yanick Jadot, n’ont jamais réussi à décoller, alors qu’ils avaient réalisé 13% aux régionales et que les rapports du GIEC tombaient à point nommé pour  apporter de l’eau à leur moulin. Malgré tout, Valérie Pécresse a fait une campagne tenace jusqu’au bout, forçant l’admiration et ses concurrents de la primaire lui ont apporté  un soutien exemplaire jusqu’au bout, là où d’autres n’auraient pas attendu pour cracher dans la soupe. Rendons-en leur grâce, car c’est quand même un bel exemple de serment tenu ! Ils ont fait honneur à leur parti.

La droite n’est pas encore morte.

Il est trop tôt pour signer une autorisation d’inhumer. Les Républicains  peuvent encore s’appuyer sur un important réseau d’élus locaux et régionaux et de parlementaires. Le  choix de maintenir une ligne indépendante pour les législatives n’est pas plus risqué que de se fondre dans un parti unique  ou une  majorité macroniste. Il restera à trouver de bonnes raisons pour convaincre les électeurs de la droite de revenir  au bercail : ce sont 450 batailles qui vont être livrées dans les territoires avec une centaine de sortants qui ont travaillé leurs circonscriptions. Ne pas mettre ses œufs dans le même panier peut  intéresser les électeurs,  mais ce ne sera pas  une promenade de santé au milieu des  candidats qui vont se disputer les mandats :  les France insoumise portés par  la 3ème place de Mélenchon, les candidats Lrem qui voudront donner une majorité au Président s’il  est  réélu, les « Reconquête » de Zemmour qui tenteront de donner  à leur mouvement une chance de survivre,  les Philippards d’Horizons qui chercheront à faire exister leur parti… La  concurrence va être rude et bien malin qui peut dire ce  qui sortira de ce chaudron en ébullition.  Le 24 avril sera une étape décisive qui donnera la coloration des consultations du mois de Juin. Car le RN cherchera lui aussi à tirer son épingle du jeu.

Pour préserver son unité, Christian Jacob  a réussi à faire  adopter une ligne commune  privilégiant l’abstention, avec cette mise en garde : aucune voix ne doit se porter sur Marine Le Pen, sans que  le parti appelle explicitement à voter pour Emmanuel Macron. C’est donc à chacun de se déterminer dans son for intérieur. Mais cette volonté d’indépendance est-elle le meilleur moyen de survivre ? Ne convient-il pas de s’interroger sur la cause profonde de cet  échec, qui ne tient pas qu’à la  candidate.  Certes elle a raté un rendez-vous primordial au Zénith, qu’une retransmission son défectueuse a transformé en calvaire pour les milliers de téléspectateurs qui étaient au rendez-vous et qui en ont conclu définitivement qu’elle n’était pas à la hauteur. Certains avaient déjà noté qu’après l’emballement du lendemain de sa désignation, comme  pour François Fillon, la découverte du projet a commencé à faire chuter les sondages.

Le projet est en cause. 

Les français ne veulent plus entendre la vérité sur l’état du pays ou ne la comprennent plus.  Qui tomberait amoureux d’une telle potion amère : reculer la retraite à 65 ans quand d’autres proposent le retour à 60 ans, supprimer 200 000 fonctionnaires, promettre une hausse des salaires de 10% sur le quinquennat, une aumône  quand les démagogues dénoncent  les super profits des actionnaires, proposer aux jeunes une banque spécifique pour les aider à démarrer  dans la vie quand d’autres  font miroiter un revenu sans travailler, abolir les droits de  succession qui ne s’adresse qu’à une frange de nantis, nombreuse mais certainement pas  majoritaire. Et que dire de l’autonomie des écoles ou d’une nouvelle étape de décentralisation, notions qui ne correspondent à rien dans la tête du plus grand nombre, abreuvé  de prestations par l’Etat  providence… Les Républicains  ont bien travaillé, mais avec un logiciel hors de notre époque.

Comme l’explique fort bien Erwan Le Noan dans l’Opinion, depuis la fin du siècle passé, trois grands chocs ont renouvelé les dynamiques économiques. Les deux premiers sont au cœur de la dynamique capitaliste de circulation de l’information et ont accéléré les échanges : la mondialisation, permise par la chute de la dictature communiste, et la numérisation, portée par le développement extraordinaire d’Internet. Le troisième est un défi d’autant plus grand qu’il implique des frictions avec l’essence des sociétés démocratiques, donc de marché, que sont la croissance et le mouvement : l’émergence de la priorité environnementale. Ces trois chocs portent en eux des transformations des modèles économiques qui ont bouleversé les organisations sociales. Le projet des Républicains ne les  a pas suffisamment pris en compte. Au long de l’histoire industrielle moderne, des structures d’accompagnement ont émergé pour fluidifier ces changements, transcrivant les mutations économiques dans le champ politique : l’Etat Providence a ainsi déployé ses « filets de sécurité ». Depuis les années quatre-vingt-dix, toutefois, il est à la peine et laisse seuls ceux qui sont les plus affectés par les révolutions économiques. Cet effondrement a pour double effet néfaste de fragiliser le lien social, l’angoisse du déclassement se diffusant, et d’alimenter la guerre de tous contre tous, chacun luttant pour récupérer des miettes de redistribution faute de se voir proposer de nouvelles opportunités. Ainsi se déploient le populisme et l’individualisme. Le « quoi qu’il en coûte » a pansé partiellement les  maux de notre société, mais il n’a pas apporté de vrai remède aux classes moyennes hantées par la peur de l’aspiration vers  le bas et la précarité. Le chemin pour retrouver une société  apaisée risque d’être long.

Les  défis demeurent.

Comment faire pour que notre identité soit préservée, la notion de famille a-t-elle encore un sens, le travail peut-il encore permettre l’accomplissement d’une vie, l’école peut-elle redevenir le vecteur privilégié de l’ascenseur social, la priorité écologique est-elle compatible avec la société libérale de croissance  … ?  Du pain sur la planche pour les législatives.   

En attendant, il faut faire face au second tour de la présidentielle. Si Emmanuel Macron veut que les LR encore disponibles  votent pour lui, il faudrait au moins qu'il fasse quelques gestes en leur direction.  Ils ne viendront pas tout seuls. 

 

 


DIMANCHE VOUS AUREZ L’EMBARRAS DU CHOIX, SAUF SI…

La liberté guidant le  peuple bis

 

Dimanche prochain, ce sera le 1er tour de l’élection présidentielle.

12 candidats couvrant le spectre politique de la France se présentent à vos suffrages. Il y en a pour tous les goûts, pourtant si l’on en croit  les sondeurs seulement 70% du corps électoral se dit certain d’aller voter. Que faut-il de plus  pour attirer  les 30% qui boudent ? Préfèreraient-ils une dictature, un choix restreint comme dans certains pays à parti unique…. ? 

Voilà ce qui arrive quand on veut à tout prix provoquer une recomposition politique.

Emmanuel Macron a tout fait pour faire mourir le clivage droite-gauche et les partis traditionnels, il a réussi avec le PS, il tente toujours de tuer la droite représentée  par Les Républicains, à coup de disruptions en copiant le projet ou en débauchant ceux qui sont  toujours tentés par le  pouvoir. Il a récolté  un autre clivage, celui entre un peuple dégouté et les élites. Résultat, on a eu Zemmour qui a renforcé la droite extrême et Marine le Pen aux portes du pouvoir, avec Jean-Luc Mélenchon qui la talonne. La candidate du RN qui ne cesse de grignoter des voix pour le 1er tour dispose en outre de réserves  importantes pour le second. Une victoire de Marine Le Pen le 24 avril, si elle advenait, serait le stade ultime de la décomposition du système politique. Voilà à quoi peut désormais aboutir le fameux « dépassement » en proposant de substituer au clivage droite/gauche le clivage réformateurs/conservateurs.

Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, les partis extrémistes et protestataires sont majoritaires. Pour la première fois, l’addition des intentions de vote en faveur de l’extrême droite et de l’extrême gauche dépasse les 50%. Europe, économie sociale de marché, frontières, ce qui rassemble les forces politiques qui ont exercé le pouvoir depuis plus de soixante ans n’est plus partagé par la majorité des électeurs. Anti-mondialisation, anticapitalistes, anti-croissance, anti-Bruxelles, anti-immigration, anti-vax,… les « anti » ont gagné du terrain. Sur le papier, ils pourraient l’emporter, mais cette majorité serait purement virtuelle, car ils n’ont rien en commun, si ce n’est la contestation du « système ». Rien, en tout cas, pour gouverner ensemble.

On peut encore éviter au pays de vivre une crise politique sans précédent.

Ceux qui s’apprêtent à aller glisser un bulletin dans l’urne ont encore l’embarras du choix. Mais tout dépend de ce qu’ils attendent  de celui qu’ils aimeraient voir élu.

Si, comme moi, ...

vous voudriez que l’ordre  règne dans la rue, que la justice fasse correctement  son travail, que l’accès au soin soit possible partout en milieu urbain comme en milieu rural, que l’école retrouve son efficacité d’antan quand elle permettait l’ascenseur social grâce au savoir et à l’éducation, que le  travail permette de vivre dignement et que nos anciens puissent jouir d’une pension de retraite digne et suffisante, que les entreprises retrouvent une vraie compétitivité qui leur  permette de servir des salaires justes, que l’on mette fin à l’Etat obèse qui rend nos services publics inefficaces pour un coût exorbitant par  une vraie décentralisation des  pouvoirs, que la course folle de la dette soit arrêtée, que la transition énergétique se fasse  par une écologie de résultats compatible avec la croissance …. Vous pouvez tout changer en votant pour Valérie Pécresse et la droite républicaine raisonnable.

Avec votre bulletin de vote, vous pouvez renverser la table sans provoquer l’aventure pour notre pays. Dimanche prochain, nous pouvons commencer à écrire une nouvelle page en portant Valérie Pécresse au 2ème tour.

 


L’INFARCTUS DEMOCRATIQUE

Fin du monde tintin

 

Le 3 mars dernier, jour de l’officialisation de la candidature d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal avait  affirmé à la face de  la nation que «  la campagne présidentielle aurait bien lieu ». A quelques  jours du scrutin, après la curieuse émission de télévision du 14 mars, dont les conditions avaient été dictées par l’Elysée, et celle de mercredi soir à laquelle le président sortant ne participera pas, il n’est pas  exagéré de dire que le compte n’y est pas. 

Le  débat n’a pas été possible dans des conditions normales.

Dans sa brutalité  sauvage, la guerre possède un  pouvoir hypnotique. Elle vient s’ajouter à deux années de covid qui ont épuisés et sonnés les Français, confrontés  à la hausse des prix, notamment des carburants,  et désormais saisis d’effrois par la peur nucléaire pour les trois quarts d’entre eux selon un sondage du 3 mars. Et de fait les images tournant en boucle des  destructions, des milliers de femmes et d’enfants jetés sur les routes d’Europe, ont rendu inaudible une campagne qui n’avait  même pas  vraiment commencé  un mois avant le 1er tour. Les médias mettent le focus  sur un  président qui se  démène, occupé à  présider la France, à présider l’Europe, discuter et négocier  avec  Poutine, coordonner avec l’Otan notre riposte  à la guerre russe et aider l’Ukraine. Il lui est  resté  bien peu de temps à consacrer à la campagne. D’ailleurs il est encouragé  à cette stratégie par le réflexe légitimiste d’un peuple âgé et frileux dont l’âge médian des votants frôle la soixantaine du fait de l’absentéisme des jeunes et des actifs pauvres. Apeurés  par une guerre omniprésente, déstabilisés par de  sombres perspectives économiques, les Français semblent tentés par  l’union sacrée derrière un président-candidat qui aspire des ralliements divers et variés de gauche et de droite, ce qui contribue un peu plus à brouiller le paysage politique et à étouffer les autres  candidats.

La  nécessaire respiration démocratique du pays est une fois de plus paralysée.

La France, au spectacle de la guerre n’aura débattu ni du bilan du quinquennat, ni de son avenir, ni vraiment des propositions des candidats. Une campagne à nouveau occultée alors que les Français se débattent dans des problèmes très lourds qui  pourraient entraver sa survie en tant que nation libre.  Rappelons-nous  que la crise covid a étouffé au passage la question sociale, avec un gouvernement l’enterrant par la distribution de dizaines de milliards d’euros pour tenir la population à domicile, mais une crise si violente qu’elle a fait trembler la République et terrifié l’Elysée et Matignon au point qu’ils ont  mis fin à leurs velléités réformatrices. Les fureurs protestataires ont disparu pour un temps, mais il n’est  pas besoin  d’être grand  clerc pour voir que le feu couve toujours.

L’espoir de 2017 s’est fracturé sur le mur du réel.

Lourdement endettée, la France est en stagnation économique depuis des années.  Le rebond de 2021  ne doit pas faire illusion, le pouvoir d’achat reste  figé, artificiellement  maintenu par des subsides distribués  à crédit pour les plus pauvres. La situation à venir n’est  pas réjouissante et ne peut que compliquer la situation avec des pénuries, de l’inflation et à la clé une remontée du chômage.  Macron, de maladresses en paroles blessantes, d’erreurs de jugement en gouvernance amateur, de déni en effet d’annonce s’est montré incapable de réformer la France. Il n’a fait qu’accroître son mal. Jusqu’au scandale final de ses relations plus que suspectes avec McKinsey, qui fait l’objet d’une enquête  préliminaire du PNF. Mais à ce jour, si Macron repassait ce ne serait pas sur son bilan calamiteux. Il aura été sauvé par la guerre aux portes de l’Europe et il se trouvera peut-être assez d’électeurs ayant bénéficié de la générosité présidentielle pour le remercier.

L’infarctus démocratique.

Quelle sera la part, cette fois-ci des abstentionnistes ? Il semble que ceux-ci s’annoncent nombreux. Et voilà que s’annonce le duel dont les Français, massivement, ne veulent pas,  entre Macron et Le Pen. Un remake qui pourrait profiter, cette fois-ci, à la patronne du RN. Abstentions massives plus Le Pen en position de l’emporter : l’infarctus démocratique n’est donc pas exclu.

Sauf si un sursaut moral et national se manifeste le 10 Avril, désavouant tous les sondages. Ceux qui s’apprêtent à voter Macron et à prolonger l’avachissement de la France finiront-ils par voter Pécresse et engager son redressement ?