LES SOLUTIONS SONT A DROITE !

Tonneau des danaïdes

 

Le président parle des Français qui ne font pas assez d’efforts ! Il  n’a encore rien compris.  Pour en sortir il faudrait qu’il prenne conscience que nous avons produit un système doublement contre-productif. « A quoi bon faire des efforts »,  se dit celui qui vit benoîtement des aides sans avoir besoin de travailler. « A quoi bon faire davantage d’efforts » se dit celui qui sait que s’il augmente ses revenus en travaillant plus, le surplus lui sera pris en impôts. Dans les deux cas le système conduit à lever les  pouces. La  première priorité c’est d’en sortir. En réduisant les aides d’un côté,  ce que Laurent Wauquiez appelle l’assistanat, pour retrouver  le goût  ou la nécessité de travailler,  et de l’autre, en réformant le  système fiscal de telle façon qu’il ne soit  plus confiscatoire.

Et d’abord baisser les dépenses publiques.

Le  Président nous gratifie d’une lettre dont les 20 questions sont autant de choix prédéterminés qui contiennent en filigrane les réponses attendues par le pouvoir. Mais c’est pour mieux éviter le seul débat  qui vaille et ce par quoi il  aurait dû commencer son quinquennat : baisser les dépenses publiques. C’est la mère de toutes les batailles. Le reste n’est que bavardage. C’est en réduisant les déficits que l’on pourra ensuite baisser les impôts et  les taxes et surtout investir  pour réindustrialiser la France. Et c’est  possible !  La  dépense publique française dépasse de  9 points de PIB la moyenne de celle des 18 de la zone euro, de  12 points de PIB celle de l’Allemagne.  Sur les 56% du PIB que représentent nos dépenses publiques, le quart, soit 14 % sont consacrées aux retraites. Voilà un gisement d’économie phénoménal, non pas en trucidant  les retraités, mais en réformant sérieusement le système de financement. On ne réglera  pas le problème avec un régime à points qui n’est qu’un changement de mode de calcul. La  simplification à trois régimes, correspondants aux trois grandes catégories de travailleurs, et en mettant l’âge de départ à 64 ans avec un dispositif de décote-surcote pour introduire de la souplesse, et une durée de cotisations portée à 44 ans assortie d’amortisseurs pour tenir compte de la pénibilité, permettrait d’économiser 25 milliards par an. Le  second chantier est aussi simple : renoncer à la suppression de la taxe d’habitation  qui est un impôt juste parce qu’en lien avec un service local. Les  20 milliards que l’Etat s’est engagé à compenser aux collectivités locales ne sont pas financés ! Voilà déjà 45 milliards de trouvés pour réduire le déficit et accessoirement financer la réindustrialisation de la  France, tâche urgente, et la numérisation de l’économie et des territoires.

Mettre fin à la  vision technocratique.

Le Président et le gouvernement n’ont pas voulu considérer qu’il existe deux France, phénomène pourtant bien décrit par le géographe Christophe Guilluy : 25 millions d’habitants vivant dans les grandes villes, c’est-à-dire la France connectée, avec transports  en commun et emplois, 40 millions d’habitants, excusez du peu, vivant dans des villes moyennes ou petites, des zones rurales sans ou avec peu de transports en commun, sans ou avec peu de connectivité. Cette  France-là a des besoins différents, et la voiture y joue un rôle  accru dans le mode de vie. Miser la transformation environnementale sur une hausse du carburant, qui plus est, au moment d’un pic de prix du pétrole, relève d’un raisonnement de bureaucrate assis dans un bureau parisien. C’était explosif ! (sans jeu de mot). D’autant plus que tout le monde avait compris qu’en plus, l’argument de la transition énergétique n’était qu’un prétexte et un gros mensonge. Cette attitude a été considérée par les Français de ces territoires comme  une atteinte à la fois à leur portefeuille et à leur dignité. C’est  en associant les territoires et leurs élus aux décisions qu’on avancera, pas en les ignorant. Et surtout pas en pilotant de Paris à partir de Bercy !

Sortir du cercle vicieux de l’Etat-providence.

Ce n’est pas l’Etat qui produit la richesse. Mais il prétend la répartir par les taxes et les impôts.  Sauf que l’expérience montre que le système prélèvements-répartition se révèle incapable de générer une vraie croissance qui produirait de la richesse supplémentaire. Au contraire, ce fonctionnement nous appauvrit par la dette et le déficit du commerce extérieur. Nous sommes aujourd’hui dans la « révolution numérique » et de la « robotique ». Dans ces domaines, nous continuons de prendre du retard sur tous nos concurrents et partenaires faute d’un grand plan de réindustrialisation. Or, l’absence d’industries, c’est pas d’exportations, pas de R&D qui s’avèrent le nerf des économies en croissance. Pas besoin de « grand débat » pour observer l’erreur de stratégie : 1,5 milliard d’euros d’investissements dans l’intelligence artificielle sur le quinquennat, quand il faudrait  cent fois plus, et 50 milliards en cumulé sur le quinquennat pour supprimer cette décision imbécile de la taxe d’habitation. L’urgence est donc dans la réforme de l’Etat-providence, pour privilégier la réindustrialisation de la France, réorienter le dispositif pour favoriser le développement des entreprises et permettre un essor massif des investissements. Cela passe par  la diminution des aides sociales et une réforme de la fiscalité pour la rendre plus favorable aux classes moyennes qui sont le principal moteur économique et social. Ainsi on restaurera  les conditions d’une croissance réelle du pouvoir d’achat fondée sur la  croissance économique.

A droite, on a les idées et même des solutions qui peuvent redresser le pays si on les mettait en application. La preuve on les applique à la Région et ça marche...

 


GRIBOUILLE CAFOUILLE !

Archibald en colère

 

J’aimerais bien aborder des sujets plus souriants.

Mais rien à faire, le spectacle que nous offrent le gouvernement et le pitoyable Bruno Le Maire oblige à y revenir sans cesse : leur recherche effrénée de nouvelles ressources pour financer leur budget dispendieux et leurs promesses inconséquentes les poussent vers toujours plus de taxes et d’impôts, sans même penser à tout simplement chercher à baisser  les dépenses. Depuis la fin de l'été, ISF, taxe d’habitation, carburants, salaire minimum, référendum, sans oublier le prélèvement à la source et la limitation à 80 km/h, ça part dans tous les sens. Les ministres parlent, se reprennent, se contredisent entre eux ; les parlementaires y vont de leurs commentaires et suggestions, créant à la fois un halo d’incertitude et un sentiment de précipitation. La seule idée que ce serait encore les 20% des Français les plus aisés qui se verraient ponctionnés en revenant sur la suppression programmée de la taxe d’habitation me révulse et me fait bouillir. Car, tenez-vous bien, à partir d’environ 3 600 € de revenus par mois  vous en faites  partie.  A 4 000 € vous êtes riche ! Faut-il que notre pays soit tombé bien bas ! C’est le cœur des classes moyennes qu’on vise encore. Pas étonnant que nos cadres s’expatrient pour des cieux meilleurs. Rien n’est moins certain, me direz-vous, car ce qui est annoncé le matin à 8H est démenti à midi pour être repris le soir à 18H. Faute de partition, l’orchestre est désaccordé. La  vérité c’est qu’ils ne savent plus comment faire devant le désastre annoncé : un budget 2019 déjà obsolète, 10 à 15 milliards à trouver pour financer les mesures Macron, et probablement 10 de plus faute de croissance suffisante…

Insupportables, en plus !

Je ne sais pas si vous avez lu la tribune d’ « Horreur » Bergé, Stanislas Guérini et Amélie de Montchalin, publiée dans Les Echos lundi dernier, cosignée par les parlementaires LREM. « Retrouver les fondements de notre contrat social », qu’ils disent. Un minable plaidoyer qui veut rejeter la responsabilité de la situation de blocage d’aujourd’hui sur le système politique en place depuis 30 ans que la majorité nouvelle s’est soi-disant attelée à réformer, et d’énumérer : elle « lève un à un les blocages, supprime les rentes de situation, réhabilite le risque, renouvelle et améliore les protections et les solidarités… ». En fait, la majorité « et de gauche et de droite » n’a pas su se doter d’un corpus idéologique solide auquel les membres de LReM pourraient aujourd’hui se référer. L’idée de faire mieux avec du neuf que toute cette vieille politique qu’il fallait dégager n’a pas prouvé sa pertinence. La promesse d’efficacité continue à buter sur le manque de résultats tangibles sur le front du chômage et de la croissance économique. Et on croit rêver : ce sont les éléments de langages déjà mille fois entendus que les Français ne supportent plus car ils n’ont vu que des réformettes qui n’ont rien changé, une pratique politique qui n’a rien à envier à l’ancienne, des impôts et des taxes supplémentaires et la poursuite du ciblage de l’effort sur les classes moyennes dans une danse échevelée autour du totem de la justice fiscale rendant le système toujours plus inéquitable.  Et comme on affaiblit du même coup le consentement à l’impôt, on instaure  le prélèvement à la source qui s’en passe ! Alors inutile de se  plaindre  des « blocages des ronds-points qui affaiblissent nos entreprises », quand on n’a même pas l’humilité de reconnaître qu’on s’est fourvoyé dans une impasse. Avant les ronds-points, ce sont les lourdes charges que paient nos entreprises qui les  affaiblissent, pour lesquelles il a été fait si peu en allègement. Le « grand débat » y est présenté comme la solution à tous nos maux avec une vision de bisounours : après avoir méprisé tous les corps intermédiaires, à commencer par les collectivités locales, voilà que tout le monde doit se réunir dans « les territoires » pour « retrouver les fondements de notre contrat social ». Et tout y passe : le financement des services  publics, l’efficacité de l’Etat (chiche, on supprime l’ENA), la réduction de la dépense  publique (je me  marre), la transition écologique (dos large), la remise à plat de notre système fiscal pour plus de justice sociale (je crains le pire), et rémunérer justement le travail (il serait temps), et sur notre identité profonde (celle-là elle est forte quand on a évacué le thème de l’immigration).  Difficile de ne pas y voir une arnaque. Comment Madame Michu aurait-elle les solutions ? Ce bavardage fait l’impasse sur les sujets essentiels : l’immigration, la fiscalité, la  famille, l’entreprise, la  création de richesse, seule manière d’augmenter le pouvoir d’achat…

L’échec de la  politique redistributive.

C’est le choix de l’Etat-providence. On a perdu de vue le rôle  majeur de l’économie comme moteur de la richesse au profit de celui de l’Etat dont la priorité est l’égalisation des revenus et non leur production. Le résultat est simple, depuis de nombreuses  années, l’impôt et la dépense publique sont considérés comme la solution : on déshabille Pierre pour habiller  Paul par les transferts et la redistribution. C’est pourquoi notre pays est champion d’Europe des  prélèvements obligatoires. Le problème c’est que personne n’y trouve son compte. Le ras-le-bol fiscal est général, du smicard au contribuable de l’IFI. Et ça se comprend, car  il  n’y a que des perdants au grand jeu de la redistribution : les riches et les plus aisés qui paient trop et ceux qui reçoivent qui trouvent que ce n’est jamais assez, ce qui est inévitable. Pourtant, au regard des chiffres publiés  par l’Insee dans son rapport  2018, la  France est une société quasi socialiste à la redistribution massive et ciblée. D’ailleurs, c’est aussi l’un des pays où les inégalités sont les moins fortes. Si cette  politique marchait, il y a longtemps qu’on s’en serait aperçu. On ne fait que remplir le tonneau des Danaïdes, sans jamais résorber nos déficits ni la dette, ni résoudre le chômage. La meilleure illustration en est l’erreur d’Hollande qui en juillet 2012 a cru qu’il réglerait le problème de la dette en prélevant 40 milliards : il a bloqué l’économie pendant trois ans, accru la dette et attendu la baisse du chômage comme Sœur Anne.  Politique d’inspecteur des  finances qui ne connait rien à l’économie et aux entreprises, continuée par  Macron, lui aussi inspecteur des finances, avec 25 milliards prélevés sur les retraités sans plus de succès. Jamais on ne se préoccupe de la création de richesse (mot honni) sinon en créant de la croissance par l’augmentation artificielle du pouvoir d’achat, fruit de la redistribution.  La boucle  est bouclée.

C’est reparti !

Pour se sortir de l'impasse des « Gilets jaunes » qui réclament tout et n'importe quoi, le gouvernement va, une fois de plus, sacrifier la catégorie de la population qui fait l'erreur d'essayer de bosser. Et il est certain d’y parvenir puisqu’il va demander au 57% de Français exonérés s’ils sont d’accord pour que les 43% restants paient davantage. A votre avis, quelle sera la réponse ? Alors pour adapter le langage à la réalité, on ne dit plus « riches », on dit « aisés ». Nous voilà repartis dans une nouvelle spirale digne des plus belles heures de la présidence de Hollande...  Voilà que 73% des Français veulent le rétablissement de l'ISF, cet impôt imbécile, et pour tenter de les calmer, le gouvernement envisage de ne pas supprimer la taxe d'habitation pour les 20% des « ménages les plus aisés », et éventuellement d'alourdir la fiscalité déjà confiscatoire sur les successions.

Mais qui donc est aisé ?

Un célibataire qui gagne plus de 27 000 € par an, ou un couple avec un enfant qui gagne plus de 49 000 €. Hollande disait : « est riche celui qui gagne plus de 4 000 € par mois ». Pas de changement ! Si vous gagnez ça, vous faites partie des 20% des Français les plus aisés. Et vous faites aussi partie des 20% de Français les plus taxés (ou baisés, ou nikés…) : vous payez la très grande majorité de l'impôt sur le revenu, vous avez aussi subi la baisse des plafonds du quotient familial, l'augmentation de le cotisation vieillesse, et si vous êtes retraité celle de la CSG de 25%. Elles accélèreront le massacre des « aisés ». Les  vrais riches,  eux s’en foutent. Ils défiscalisent, optimisent ou campent en Belgique. Et accessoirement ont voté » Macron.

Bon, c’est promis, la  prochaine fois, je vous parle d’autre chose   : « Romanesque », de Laurant Deutch, l’histoire jubilatoire de la langue française.

 


QUE SERA 2019 ?

Orages

Pessimisme ambiant.

Si j’en crois les titres que je lis, l’année qui commence n’arrive pas avec les meilleurs auspices. « Année lourde d’incertitudes pour l’économie mondiale » titre  Le Figaro ; « L’économie mondiale enregistre un endettement record » surenchérissent les Echos ; Macron va être confronté  à « un retournement de conjoncture plus fort que prévu », nous prévient l’économiste Jean-Marc Daniel ; « Les entreprises doivent se préparer à  une année risquée »  analyse David Barroux… Et cerise sur le gâteau (enfin, façon de  parler), le livret A fait perdre de l’argent aux épargnants avec sa rémunération gelée à 0,75% jusqu’en 2020 alors que l’inflation est à 2% ! Du coup, on ne sait plus si on doit enfiler un gilet jaune ou pas, à cause de la récupération par les casseurs et les gauchos, prendre un stylo rouge comme les  profs pour demander qu’on arrête de maltraiter les retraités, adopter une toque verte pour signifier à nos mauvais écolos que de la  façon dont ils s’y prennent le combat est  perdu d’avance.

Entrons dans les faits.

Les nuages s’accumulent en effet sur l’économie mondiale, et par contre coup sur la croissance européenne. Les signes annonciateurs ont été observés dans les fluctuations des bourses et leur ralentissement, qui trouvent leur justification dans de nombreuses incertitudes. Celle du bras de fer commercial engagé par Trump avec la Chine vient en premier.  Sans compter que le FMI vient de révéler que la dette mondiale (publique et privée) a atteint 184 000 milliards de dollars … à la fin de 2017, soit 225%  du PIB de la planète. Et on peut se dire que la glissade a continué en 2018. Avec le resserrement des conditions financières dans de nombreux pays, les perspectives ne sont pas réjouissantes. A cela s’ajoute la perspective du Brexit qui risque de se faire dans les pires conditions, aggravée par la montée des populismes qui risquent de paralyser l’Europe après le mois de mai.  Toujours est-il que du FMI à l’OCDE, en passant par les grandes banques, tous les prévisionnistes, au fil des mois ont révisé leurs chiffres vers  le  bas. De  leur côté, les  « émergents » restent sur des fondations fragiles et cela ne s’améliorera pas en 2019.  Ils dépendent de l’épargne du reste du monde et la prudence plus marquée des investisseurs et la hausse des taux d’intérêts américains ne sont pas des éléments qui leur soient favorables. Beaucoup vont voir leur croissance ralentir. Quant à la France, les gilets jaunes font broyer du noir aux économistes.  On devrait assister à un gros coup de frein sur la fin de l’année, après  trois trimestres déjà faiblards.  L’élan est brisé et ça n’est pas la meilleure façon d’aborder  la nouvelle année. D’autant plus que les événements ont contribué à charger un peu plus la barque de nos dépenses publiques alors que les ressources stagnent. Et l’on a du mal à évaluer quel effet aura le prélèvement à la source sur la consommation des ménages. Inflation, chômage qui reste  élevé, croissance en berne : voilà un mauvais cocktail que Macron va devoir diriger. Et  nous avec !

La France file un mauvais coton.

Avec  les « Gilets Jaunes », nous sommes en présence d’une révolte contre la fiscalité doublée d’une crise de la démocratie représentative, l’une ayant d’ailleurs alimentée l’autre. A lire et à entendre toutes  les déclarations, on se demande bien comment le pays va pouvoir s’en sortir entre un pouvoir sourd qui ne veut rien entendre, des  révoltés  qui se radicalisent, des  oppositions démocratiques qui n’impriment pas et des extrêmes en embuscade.  Si ce que projette  Macron voit le jour, il n’y a rien à attendre de bon pour les classes moyennes en matière de fiscalité avec des idées tout droit sorties de Terra Nova ou de France Stratégie, ni en matière de démocratie  sinon un affaiblissement du pouvoir  législatif,  avec à la clé une emprise encore  plus grande de la technocratie.  La  vérité,  c’est  que nous sommes au bout d’un système,  celui de l’Etat-providence, qui se révèle incapable de produire de la richesse par la  croissance et qui est entré depuis plusieurs années déjà dans le cercle pervers du prélèvement aux uns pour redistribuer aux autres.  Pour en sortir, il faudrait prendre le chemin du libéralisme, de la concurrence et de la responsabilité… Un chemin bien malaisé par les  temps  qui courent. Et si l’Europe se retrouve paralysée et qu’elle ne peut plus nous protéger de nos démons en nous imposant des limites, qu’est-ce qu’on va devenir ? S’il est vrai que nous avons un million et demi de jeunes sans formation, stage ni emploi, alors  ne nous étonnons pas que la colère l’emporte contre ceux qui ont généré un tel bilan. Sauf que la tentation est grande de mettre tout le monde dans le même panier. Et  ça, ça peut conduire au pire.

« Les Républicains » depuis un an et demi ont porté tous les thèmes qui affleurent aujourd’hui dans les revendications, mais tout a été fait pour qu’ils ne soient pas entendus. Ils sont les premiers à défendre les retraités et à avoir dénoncé la hausse de la CSG, ils sont les premiers à avoir mis en avant la fracture territoriale et le prix excessif des carburants,  la  bêtise de la limitation à 80 km/h, ils sont les premiers défenseurs de la classe moyenne, celle qui paie tout et ne reçoit rien et ils sont les derniers défenseurs de la famille… Souhaitons que des retrouvailles aient lieu. Le moment est peut-être propice. L’espoir fait vivre ! Comme dit Guillaume Larrivé : « La France a commencé l’année 2019  en marche arrière ! » (admirez au passage  la subtilité du jeu de mot  qui aura échappé à Gilles Legendre). Faisons en sorte qu’avec « Les Républicains » elle passe en marche avant !

 


L’EURO A VINGT ANS !

Euro

1er  janvier 1999.

L’Euro est né officiellement le vendredi 1er janvier 1999. Les  Français commencèrent à jongler avec la  parité de 5,55957  Francs pour un euro, qui fit les beaux jours des calculs mentaux et des convertisseurs. De Paris à Berlin, d’Amsterdam à Madrid, il n’y avait  plus qu’une seule monnaie, avec un même taux d’intérêt,  celui fixé  par la  BCE (Banque Centrale Européenne). On se souvient aussi que les billets et les  pièces ne sont apparus que trois ans plus tard, en 2002, pour des raisons pratiques. Mais dès janvier 1999, toutes les opérations financières et commerciales ont été réalisées à l’international  sous  l’égide de la monnaie unique. Et tout le  monde fut ému à  l’affichage du premier cours euro-dollar à 1,1789.

Euro pièce Une histoire courte et déjà mouvementée.

Après une première décennie sous le signe de l’euphorie, conduisit à une insouciance quelque peu coupable, car le succès de la  monnaie fut immédiat. La séquence suivante fut moins enthousiasmante comme si la monnaie européenne vivait sa crise d’adolescence avec des parités euro-dollar en montagnes russes et une crise qui a bien failli le voir disparaître en faisant exploser l’Europe. Il a fallu une thérapie douloureuse pour le remettre sur les rails, bien que certains états peinent toujours à rester dans les clous des règles communes, comme la France. Mais la crise a été l’occasion de corriger ses faiblesses les plus criantes et de recadrer sa gouvernance : il a fallu modifier les règles de  Maastricht, ce que les gouvernements emmenés  par Nicolas Sarkozy, soutenus par la  BCE, réussirent à obtenir. Cela a  permis d’apporter une aide massive aux pays frappés par la crise financière et  incapables de financer leurs dettes, tels la  Grèce, l’Irlande, Chypre et le  Portugal. Les  règles du Pacte de stabilité, dénoncées sans effets heureusement par François Hollande, ont permis de renforcer la monnaie , rassurer les marchés, et d’imposer aux cigales la discipline budgétaire nécessaire à sa pérennité.

Vingt  ans  après.

Une génération plus tard, l’euro se porte  plutôt bien. 17 millions de Français n’ont pas connu le Franc : ils sont nés avec ou après la naissance de la monnaie commune. Personne n’a eu l’idée de célébrer  cet  anniversaire avec le faste qu’il  aurait mérité. Car quoi, qui peut nier que l’euro nous est désormais consubstantiel. Car  l’euro est bien le symbole de l’unité, de la souveraineté et de la stabilité pour  les 340 millions d’européens de l’« eurozone ». Elle est même plébiscitée par une forte  majorité de la population dont 64%  juge que « l’euro est une bonne chose pour leur pays » (59% en France). L’euro, qu’on le veuille  ou non rassure : en Italie, sa cote a fait un bond de dix points depuis que les partis antieuropéens sont arrivés au  pouvoir. En France, excepté quelques « azimutés », personne n’envisage de quitter  le giron de  la  monnaie commune. L’euro est devenu la  deuxième devise du monde, après le  dollar, en terme d’instrument de mesure, d’échange et de réserve. Et  il pourrait faire beaucoup  mieux.

Euro pièceDes  progrès sont encore nécessaires.

Avec l’euro, les pays qui l’ont adopté sont mieux armés. Pour éviter le  retour de crises comme celle de 2008, une surveillance systémique a été mise en place par la BCE, et un mécanisme de sauvetage a été créé, financé par les banques elles-mêmes, pour éviter  au maximum  le recours à l’argent public. Le vaste chantier de l’Union bancaire lancé en 2012, est presqu’arrivé à son terme. Il manque la dernière pierre, celle de la garantie européenne des dépôts qui pourra voir le jour dès que les dernières banques du sud de l’Europe auront terminé de nettoyer leurs bilans. Les 28 pays européens ont acté au mois de décembre dernier le principe d’un budget de la zone euro, dédié aux investissements dans les pays en retard de compétitivité : c’est une étape indispensable pour avancer  dans la cohésion économique et sociale de l’Union européenne. Même si des évolutions institutionnelles  apparaissent à beaucoup comme nécessaires. Car, à l’heure où le parapluie américain s’éloigne, la nécessité de muscler la stature de la  devise commune apparaît comme une évidence. L’action de Donald Trump  vis-à-vis de l’Iran en a été le révélateur. L’union européenne n’aura de véritable autonomie stratégique qu’avec une devise forte.

Un bilan positif, mais en demi-teinte.

Qui donnerait cher de la monnaie de la France, avec 2300 milliards de dettes et un déficit de 100 milliards ?  Nos partenaires sont un peu trop complaisants avec notre laxisme,  mais  l’euro nous protège, même si l’union monétaire reste encore une cote  mal taillée. Il  appartient dès lors  à nos dirigeants de faire les efforts qui  ont manqué dans la dernière décennie  pour faire davantage converger les économies, notamment dans les domaines de l’industrie, des revenus, du chômage, de la productivité et de la robotisation… Ainsi l’euro tiendra toutes ses promesses,  y compris à l’international où il n’est pas à la hauteur de ce que l’ensemble européen représente sur la  scène mondiale.

 


1er JOUR DU NON CONSENTEMENT A L'IMPÔT !

Contribuable détroussé

1er  janvier 2019   : 1er jour du prélèvement à la source.

Depuis aujourd'hui l'Etat se passe de mon consentement pour le paiement de mes impôts puisqu'il les prélève sur mes revenus avant même que j'en perçoive le premier centime. En contradiction avec l'article 14 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen : « tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée ».

 


RIC, IMMIGRATION et C°

Haddock cons BIS

 

Le jeu trouble des médias.

L’engagement est passé à  la trappe  sans que les médias ne s’émeuvent. Le Président avait bien dit le 10 décembre dans les 13 minutes de son discours que « l’immigration » était un problème  que nous devions affronter. Hélas, dès le lendemain on apprenait incidemment que le sujet ne ferait pas  partie du « grand débat (lage) » national. Les protestations de sa gauche d’« En Marche » étaient passées par là. Va pour le virage social à 15 milliards non financés, mais l’immigration était une concession insupportable et trop « identitaire » (parait-il) ! Alors en attendant on nous « beurre la  tartine » jusqu’à ne plus en pouvoir  avec  le nouveau sujet à  la mode : le  RIC ! « Que le grand cric me croque », aurait dit Archibald.

Invention de gilets jaunes en mal de démocratie,  voici donc le « Referendum  d’Initiative Populaire », nec plus ultra de la  démocratie directe, mieux que  la  « démocratie participative » de Ségolène, comme si la démocratie représentative ne suffisait pas. Le prof d’histoire que j’ai été (et suis encore parfois la nuit dans mes rêves) a de bonnes raisons d’être méfiant : ce genre de fausse bonne idée sortie de la tête de démagogues parfaitement récupérés  par l’extrême gauche ne me dit rien qui vaille. Non seulement  elle pue le populisme, mais elle peut déboucher sur la dictature de « Madame Michu ». Ce sont les mêmes engrenages qui ont conduit à la « Terreur » en 1794. Je n’aurai pas la prévention d’un Stanislas Guérini, ci-devant patron désigné de  la REM par un système de « démocratie réduite au laquais », qui l’illustre en agressant Laurent Wauquiez (ça aussi c’est  à la mode).  Au moins ce dernier a-t-il été élu à  la tête des  Républicains dans des conditions autrement plus sérieuses.

Mais les médias en boucle ne se contentent pas de faire le tri des sujets, ils font aussi le tri des invités dans leurs débats.  Avez-vous remarqué  qu’ils suivent peu ou prou la stratégie présidentielle qui consiste à éliminer tout ce qui pourrait exister  entre Macron et  les  extrêmes.  Exit donc les représentants LR et PS,  réduits à la portion congrue, alors qu’on fait tapis rouge aux  mélenchonistes et à Jordan Bardella, du Rassemblement national. Voilà un jeu dangereux. Quant aux « gilets jaunes », j’ai été surpris de voir que leurs porte-paroles dûment affublés de la tunique canari, quand ils ne disaient pas trop de bêtises étaient bien souvent des fonctionnaires syndicalistes habilement infiltrés et parfaitement rôdés. Dominique Wolton   a écrit sur le sujet un article remarquable  dans le Télégramme de Brest : « Aujourd’hui, on tend le micro à n’importe qui ». 

L’immigration en rade.

Donc le grand débat national va s’emparer du RIC (Hérissé : tout un programme) et fera l’impasse sur le sujet « immigration », que pourtant dans son discours le chef de l’Etat liait à la « réflexion sur l’identité profonde de la Nation ». Et c’est la seule question pour laquelle il a précisé : « Il nous faut l’affronter ». L’intention était donc bien présente. Comment peut-on imaginer avoir un débat  en laissant de côté cette question. L’immigration ne fait-elle pas partie des  sujets qui troublent les Français ? Alors pourquoi cette reculade ? Il faut croire que la  pression ait été forte de la part  des éternels indignés qui voient du racisme partout et qui plaident pour une société communautariste. A moins que le Président soit à ce point si faible ! Mais alors qu’attend-on de ce « grand débat » ? S’agit-il d’écouter enfin la France profonde en libérant sa parole pour que les citoyens disent ce qu’ils ont en travers de la  glotte ou d’un exercice dérivatif destiné à  habiller des réformes que le pouvoir ne parvenait pas à faire aboutir.. Emmanuel Macron voulait combattre les tabous et regarder la réalité en face. Les partisans du déni lui imposent de se déjuger. Il y a gros à parier qu’on parlera quand même de l’immigration parce que d’autres s’en empareront pour en faire leurs choux gras électoraux. D’autant plus que la France a signé en douce le « pacte de Marrakech » proposé par l’ONU sur la régulation des migrations, sans même accorder un débat à la représentation nationale pour en discuter de l’opportunité, ce qui aurait été un minimum.

De gaulle, au secours, ils sont revenus !

« Ils » ce sont les vieux démons de la France. Macron a laissé entrevoir son intention : il y a gros  à parier qu’il va profiter de l’aubaine pour vendre ses projets mortifères pour la République avec  sa réforme constitutionnelle fourre-tout. On va introduire la proportionnelle pour faire  plaisir à Mélenchon,  Le Pen et Bayrou, et rendre ainsi la France ingouvernable. On va  réduire le pourvoir de contrôle du parlement sur l’exécutif  alors que celui-ci est déjà bien aléatoire. On veut diminuer drastiquement  le nombre de parlementaires : quelle drôle d’idée que d’éloigner les élus un peu plus du peuple au moment où celui-ci  demande de la proximité. On va donc affaiblir le Parlement. Je ne sais pas ce qu’apportera le « referendum d’initiative citoyenne », au moment où la démocratie représentative est mise à l’épreuve des temps et doit subir tous les mépris : mépris de la technocratie qui ne respecte  même pas un referendum comme celui de NDDL ;  mépris du gouvernement envers le parlement par le biais de ses sbires élus, cette majorité présidentielle traitée comme de la valetaille interdite d’amendements et assignée aux « éléments de langage », auquel s’ajoute le mépris de l’opposition qu’on enferme dans l’inutilité en refusant tout ce qu’elle propose même ce qui va dans le sens de l’intérêt général.  Mais ce qui fait le plus peur, c’est le mépris du peuple pour les élus qui ne penseraient qu’à leur carrière, et la représentation nationale jugée  incompétente,  corrompue, trop payée…  Dans ces conditions, il faut craindre le pire. Et pendant ce temps-là, les « experts », qui sont souvent à l’expertise ce que je suis à la monasticité, pérorent sur les chaines à débats continus, pour expliquer au « peuple crétin » ce qu’il est censé comprendre …

Surfiscalité, mépris, incompétence, peur… Ce sont les mêmes ingrédients qui ont conduit maintes fois à la révolution. Déjà au cours de l’été 1789, la « grande  peur » fondée sur des rumeurs (on dirait aujourd’hui des fake news) de complot  aristocratique se répandait à travers toute la France brûlant les châteaux …. Aujourd’hui on brûle des péages d’autoroute !

 


LA BATAILLE DU POUVOIR D’ACHAT

Contribuable détroussé

 

Edouard Philippe en fait son leitmotiv.

Dom Quichotte contre les moulins… En cela, il relaie les imprécations de son Ministre des Finances, Bruno Le Maire et de son acolyte de l’Action et des Contes (sic) Publics. Alors,  voilà confiée une nouvelle fois à l’Etat  la tâche ingrate de distribuer ce que notre économie  n’a  pas permis, conformément aux décisions du Technocrate en chef, Macron-le-Généreux.  De la simple parole à l’exécution, il y a  tout un  monde technocratique. Rien n’est plus compliqué que de verser 100€ à un smicard quand ce n’est pas  le  patron qui débourse. Ces 100€ d'augmentation du SMIC vont donc passer par la prime d'activité. Et selon «  les Échos », même si le nombre des bénéficiaires de la prime d'activité (40% aujourd'hui) va augmenter, seulement 55% des Smicards vont toucher la prime. Forcément ça ne va pas  plaire... Les smicards dont les conjoints sont mieux rémunérés seront donc exclus !  Dans les mêmes « Echos », notre Premier Ministre détaille l’application des promesses. Les heures supplémentaires seront bien défiscalisées et exonérées de charges sociales mais elles seront plafonnées à 5 000€ (bah oui, tout ça c’est  à crédit)  pour éviter les effets d'aubaine. Et la mesure sur l'annulation de la CSG pour les retraités dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 22580€ est bien confirmée. Tant pis pour les autres : il faut bien des poires. Ils tapent encore à côté du clou !

Le  casse-tête du trou à combler.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces dépenses n’étaient pas prévues, auxquelles il faut ajouter  le manque à gagner des taxes annulées. La France va encore se ridiculiser à Bruxelles. Et  les  Italiens se  marrent. Le déficit public, selon Édouard Philippe, sera de 3.2% en 2019... Avec une prévision de croissance maintenue à 1.7%.Ce qui est très optimiste et surtout on évite d’évoquer le trou que la croissance de cette année va laisser. Je maintiens qu’elle va plafonner à 1% ! Pour économiser, le gouvernement va donc décaler la baisse des impôts sur les sociétés de 33% à 31% pour les sociétés qui ont plus de 250 millions d'euros de CA. Il devrait y avoir aussi une taxe sur les GAFA en 2019, tant pis si on se prend une volée de mesures de rétorsion ... Mais  toujours pas de réformes structurelles pour réduire les dépenses publiques. Ils sont incorrigibles !  La vérité, c’est qu’un ministre de Bercy n’a aucun véritable levier pour garantir cette promesse de bonheur qu’est l’augmentation du pouvoir d’achat. Dans le schéma technocratique, avec nos économies ouvertes sur le vaste  monde, aux politiques monétaires et budgétaires contraintes,  le jeu s’avère toujours être à somme nulle : on prend aux uns pour donner aux autres en se servant des canaux de la fiscalité et de la  redistribution. Ce faisant, on constate que les gagnants sont toujours les mêmes, et les perdants existent forcément en face. Comme la richesse  produite est insuffisante pour financer ce  pouvoir d’achat factice,  fruit d’une décision politique et non d’un résultat obtenu, on a recours  à  l’endettement. C’est une solution très utilisée par nos gouvernements qui augmentent le pouvoir d’achat de leurs électeurs  en laissant à leurs successeurs le soin de régler la facture. Si je vous disais que la France a abusé de ce subterfuge, vous ne me croiriez  pas, avec une dette qui frôle les  100% du PIB. Prendre  aux entreprises  pour donner aux ménages ne vaut guère  mieux : on grignote les  marges, on réduit la  compétitivité, on  augmente le  nombre de chômeurs,  avec  en prime le déficit du commerce extérieur. Chez nous on combine les deux procédés avec le succès que l’on sait. Et Pénicaud s’étonne que le chômage ne baisse pas.

Il y avait pourtant un moyen bien plus simple.

L’Etat va décaisser 15 milliards (et pas 10) pour financer les décisions de Macron. Il suffisait de baisser les charges qui  pèsent sur les entreprises d’autant : il y a  gros  à parier qu’en six mois, avec  l’amélioration de  la croissance ainsi générée, l’économie nationale aurait été en mesure d’augmenter les salaires probablement dans les mêmes  proportions et de façon bien plus harmonieuse qu’avec cette mesure plaquée sur un cadre rigide (le smic) qui génère toutes de sortes d’effets  pervers, à commencer par  le tassement de  la hiérarchie des salaires, et augmente l’iniquité fiscale puisque les couches moins défavorisées  n’ont droit à rien. Evidemment, en même temps, il aurait fallu engager des réformes qui permettent de diminuer la dépense publique. Car il faut réunir trois conditions pour obtenir une vraie augmentation du pouvoir d’achat. D’abord, empêcher l’inflation : la BCE s’en charge et plutôt  bien. Ensuite,  assainir les finances publiques est un préalable à toute augmentation du pouvoir d’achat. Enfin, il faut de la croissance, que l’on obtient par l’expansion économique, c’est-à-dire par la compétitivité des entreprises. Ces trois conditions ont été réunies par le plan Pinay-Rueff de 1958 et valut à la France  un joli « redressement » et de belles années de prospérité avec augmentation annuelle du pouvoir d’achat qui frisa les 10%.

Comme le gouvernement s’entête sur le mauvais  chemin, on n’est donc pas au bout de la crise !

 


COMME QUOI LES STATISTIQUES N’EXPLIQUENT PAS TOUT !

étatisme

 

Comment expliquer que dans le pays le plus égalitaire et le plus « redistributeur » d’Europe et du monde développé, le peuple se sente  bientôt le plus malheureux de la planète et le plus pessimiste quant à son avenir et celui de ses enfants. Vrai paradoxe qui mérite approfondissement si on veut comprendre la révolte des « gilets  jaunes ».

Ce que les statistiques nous disent.

Elles nous disent que nous ne devrions pas nous plaindre. Vous ne le croirez  pas,  mais  notre pays a un niveau de vie « médian » très élevé, sur la 2ème marche du podium des 28  de l’Union européenne, juste devancé par le Luxembourg. « En même temps », c’est  celui qui en fait profiter le plus tous ses  habitants avec  l’un des écarts les plus faibles entre les plus riches et les plus pauvres. Mieux, le revenu disponible des ménages a toujours été en hausse depuis 60 ans, à trois exceptions près, et depuis 1970 le niveau de vie moyen des ménages les plus pauvres a  progressé de près de 20% (en euros constants). En conséquence, nous avons le plus faible taux de ménages pauvres d’Europe et les riches sont plus fortement mis à contribution qu’ailleurs : 1% des ménages les plus riches paient le quart du total de l’imposition directe, la  France est le pays qui impose le plus le capital, même  sans l’ISF. Nos entreprises sont les plus taxées, très au-dessus  de la moyenne de la zone euro (8 points). En résumé, il est bon de le rappeler, la France est championne du monde de la dépense publique (57% du PIB) et des prélèvements obligatoires (47% du PIB), ce qui n’empêche pas les Français d’être insatisfaits de leurs gouvernants, de leurs services publics et même de leur système social pourtant le plus généreux du monde.

Un Etat-providence unique au monde, mais un enfer fiscal.

La « révolte des gilets jaunes » repose sur un paradoxe entièrement contenu dans cette vidéo qui a fait le tour de Facebook avec des  millions de visionnages, celle de Jacline Mouraud :  « Qu’est-ce que vous faites de notre pognon ? ».  Ce cri de ralliement au départ du mouvement tient dans ce cocktail empoisonné qui veut que les pauvres et les classes moyennes s’estiment rançonnés par l’Etat,  tout en voulant garder des services publics toujours présents, même quand ça n’est plus possible, et toujours plus efficaces. Bref : des salaires et des retraites plus élevés, moins d’impôts, plus de services gratuits ! Revendications d’autant plus justifiées que chez nous l’Etat est responsable de tout. Notre histoire est faite de cet effort constant du pouvoir de centraliser la  décision. Il gère des aspects de la vie quotidienne qui sont dans d’autres pays organisés par les familles, les  communes,  les régions,  les  entreprises. Et  Macron a amplifié ce trait : jamais la province et les corps intermédiaires, élus locaux, syndicats, associations, ne se sont sentis aussi dépossédés de leurs responsabilités. La  conséquence en est effectivement une fiscalité confiscatoire. Si on en est là, c’est parce que notre modèle de fonctionnement est mauvais. D’abord, il est essentiellement centré sur la taxation des revenus du travail : 52% en France contre 39% en moyenne dans l’Union. De quoi nourrir fortement la colère de la France qui travaille. Car ce système de redistribution pénalise les classes moyennes : si les plus modestes paient moins en prélèvements qu’ils ne reçoivent en allocations, ceux qui bossent,   c’est-à-dire les classes moyennes dites « inférieures », paient autant qu’elles reçoivent et les « supérieures » se sentent mises à contribution, en proportion, autant que les hauts revenus. Tous les systèmes « sous conditions de ressources » ont donné le sentiment qu’il y avait deux Frances, une qui touche et une qui paie dont lafrustration a augmenté au fil des ans. Depuis des décennies, les classes moyennes sont massivement taxées, faiblement aidées socialement  et de moins en moins bien servies par les administrations.  C’est une réalité. Il  a suffi que l’effort demandé paraisse totalement inéquitable, ce qui est arrivé avec la taxe sur les  carburants qui pesait davantage sur les assujettis à la voiture pour aller au boulot (les périphériques et la province), pour que la colère explose. Ce que Dominique Reynié résume par la formule : « Ce que nous vivons, c’est plus qu’un affrontement entre le peuple et les élites, c’est un conflit entre la société et un État qui donne le sentiment de n’avoir plus d’efficacité sinon pour lever l’impôt ».

Attention à la récupération.

Les « gilets jaunes » maintiennent leur mobilisation pour demain, 15 décembre, malgré les annonces présidentielles. Il y a gros à parier que ce ne seront plus les mêmes. Même Marine Le Pen s’est fendue d’un appel à ne pas manifester. Il n’y a plus que Mélenchon. Le  mouvement va découvrir le principe de « réalité » : « quand on n’est  pas capable de désigner un chef dans ses rangs, d’autres viennent de l’extérieur pour vous asservir ». Et  la  roue révolutionnaire jaune et plutôt  pacifique, va se mettre à rougir, récupérée par les  éternels radicaux qui se sont infiltrés,  trop heureux de l’aubaine qui leur permet de récupérer un mouvement qu’ils essayaient en vain de créer. C’est l’inconvénient des « réseaux sociaux » que d’être un corps intermédiaire gazeux et perméable. La manipulation y est aisée et  incontrôlable. Et  la glissade, on la connaît ! « On veut plus », il suffit de prendre l’argent aux riches. Ils rêvent d’une France  libertaire, entre vie de zadiste et paumés du lève-tard, sans se rendre compte qu’il faudrait un régime de « servitude » à la coréenne pour appliquer un tel  programme. Chez nous, cette  mentalité s’est répandue chez les jeunes, peu enclins à réfléchir à leur avenir professionnel  pour être en adéquation avec les forces économiques, ils sont nombreux à préférer  vivre de minimas sociaux plutôt que de travailler. Si la grogne contre le mensonge de la taxation verte des carburants était lisible, il suffit de voir la vacuité des revendications qui ont suivi,  approuvées par  une large majorité de nos concitoyens, pour comprendre qu’on est face à une vision exclusivement matérialiste de la condition humaine. Ils génèrent la misère morale qui gangrène notre société et rend difficile tout redressement politique.

Quelles voies pour en sortir.

Macron a épuisé son crédit. Il peut promettre tout le contraire de ce qu’il a fait jusqu’à maintenant, en annonçant une réforme profonde de l’Etat qui s’appuierait sur une nouvelle décentralisation, qui  peut y croire ?  Mais il faut pourtant d’urgence remettre les classes moyennes au coeur des enjeux publics. Il faut basculer très vite le financement de la protection sociale sur la TVA à 20% (oui,  je sais, ça fait hurler certains), seul impôt qui fait participer tout le monde plus les importations, plafonner les allocations maladies, retraite et chômage, accroître fortement les incitations à travailler et plus longtemps, augmenter la productivité de l’Etat et des collectivités locales. Ainsi, en limitant les dépenses sociales sans réduire la protection des ménages les plus modestes, on ponctionnerait moins les classes moyennes  et on pourrait allouer davantage au service public. Si nous avions le même  niveau de dépenses sociales que la moyenne de nos partenaires européens, nous libérerions 100 milliards d’euros qui pourraient être alloués à des baisses d’impôts ou à la hausse d’autres dépenses. Et à rembourser notre dette !

 

 


LA FRANCE EN SOUFFRANCE

Marianne pleure

Attentat mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg. Triste. Pas de commentaire.

La croissance a du plomb dans l’aile.

Un petit rayon de soleil dans cet océan de morosité : deux jours de suite que la bourse est dans le vert. Ce soir elle remonte sur les 4 900 points. Les espoirs d'un apaisement des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et les propos de Donald Trump sur un possible accord entre les deux pays alimentent cet optimisme. En Europe, l’Italie proposerait à l’Union européenne de ramener son objectif de déficit pour 2019 de 2,4% à 2% du PIB. Bel effort,  comme quoi les populistes peuvent devenir raisonnables. Chez nous ce sera plutôt l’inverse. La France avait déjà accumulé un retard de croissance par rapport aux autres grandes puissances économiques. Mais l’année dernière, on avait pu croire qu’elle renouait avec une activité plus conforme. Hélas, depuis le début 2018, elle se traine à nouveau et la crise des « gilets jaunes » va provoquer un ralentissement majeur dont nous n’avions vraiment pas besoin. Un ralentissement qui risque de toucher de plein fouet nos TPE et PME. En écoutant Bruno Le Maire, j’ai eu un vertige : il tablait encore hier sur 1,6% pour cette année,  avec un impact de 0,1% en moins quand la  Banque de France l’estime à -0,2%.  Je suis donc allé voir sur l'Insee les chiffres de la croissance 2018 : 0,2 au 1er trimestre, 0,2 au second, 0,4 au 3ème. Et maintenant on peut espérer 0,2 au 4ème selon la Banque de France. Soit 1% pour l’année ! Je voudrais qu'on m'explique comment Mr Le Maire et les médias peuvent annoncer au moins 1,5% ???? Mensonge ? Désinformation ? Il est vrai que 1% de croissance au lieu de 1,7 espéré, ça fait un sérieux trou de plus dans la caisse : quelques 15 milliards d‘euros voir plus. Les conséquences de ce ralentissement risquent d'être rudes pour l'emploi, et, évidemment, pour le déficit public. Des faillites de PME et TPE sont à prévoir, notamment dans les secteurs les plus touchés par la crise : le commerce, la grande distribution, l'hôtellerie, le tourisme et le transport. Et ce ralentissement va automatiquement limiter les marges de manœuvre du gouvernement en matière de relance du pouvoir d'achat. Cela n'empêche pas des irresponsables d'appeler à un "Acte V" samedi prochain et certains vont même jusqu’à inventer un complot avec l’attentat de Strasbourg. Proprement indigne !

Pas de quoi fermer le robinet.

Donc, malgré tout, Macron-Père Noël a ouvert les vannes : coup de pouce de 100€ pour le SMIC qui sortira directement des caisses de la Providence sans qu’il en coûte à l’employeur, en plus de la revalorisation prévue au 1er janvier, les heures supplémentaires complètement défiscalisées, possibilité d’une prime du patron sans charges ni impôts, la hausse des taxes sur les carburants annulée évidemment, ainsi que la hausse de la csg pour les retraites en-dessous de 2 000€. Les évaluations de la dépense faites par Bercy tournent autour de 10 milliards d’euros. Un montant sous-estimé probablement pour ne pas  affoler Bruxelles. On serait plus près de 14 ou 15 milliards en réalité si l’on en croit la calculette d’Agnès Verdier-Molinié, généralement plus fiable. Pour satisfaire les gilets jaunes cela devrait suffire, même si les  premières réactions sont grognonnes.  Mais, que voulez-vous, certains ont pris le goût du pouvoir par la rue et le goût de l'hyper médiatisation des chaînes continues.

Comme d’habitude, on a donc tout fait à l'envers.

Normalement, il aurait fallu d'abord faire des réductions des dépenses publiques avec des réformes structurelles profondes comme l’avait réalisé l'Agenda 2010 de Schröder en Allemagne. Puis on aurait utilisé ensuite les surplus dégagés pour améliorer le pouvoir d'achat en baissant substantiellement les impôts. Chez nous, on fait le contraire. Il resterait à espérer que le gouvernement a prévu d'accélérer la mise en place des réformes indispensables et la réduction des dépenses publiques mais c'est peu probable car il n'a plus aucune marge de manœuvre, d’autant plus que maintenant « l'état de grâce » de Macron est bel et bien terminé. Curiosité : l’année 2019 commence avec un trou financé par la dette et va se poursuivre avec un autre trou, celui généré par le point de croissance qui manque. Le Maire qui annonce des baisses d’impôts va devoir se  transformer en Mandrake.

Voilà où conduisent l’hypercentralisation doublée du mépris des classes moyennes et le déni. La révolte n’a compté finalement que quelques dizaines de milliers de personnes et elle n'aurait pas eu autant de retentissement sans... les casseurs. C’est bien dommage d’avoir été obligé d’en passer par là pour être (un peu) entendu. Un effort a été fait, mais la plus grande partie des classes moyennes est encore tenue à l’écart.

 

 


LE PERE NOËL EST PASSE

Noel

Ou plutôt Saint-Nicolas…

A quelques jours près, la coïncidence aurait été amusante  puisque Saint-Nicolas passe le 6 décembre. La seule personne qui peut aujourd'hui sortir la France de la crise ressemble fortement à celui qui vient apporter les cadeaux. Il est descendu ce soir du haut de son trône élyséen avec une bonne quinzaine de milliards à distribuer. Il ne manquait que la voix doucereuse de Tino Rossi en fond sonore. La  magie de Noël va-t-elle opérer ? Ce soir on a  donc appris ce que le Président, prophète de l’Etat providence, (donc ceux qui paient l’impôt), a offert comme cadeaux au-delà de la suppression de la taxe sur les carburants pour 2019 déjà obtenue. Une jolie liste, en vérité,  bien technocratique à souhait : une prime de 100€ à chaque smicard qui ne coûtera rien à l’employeur, en plus de la revalorisation du smic déjà programmée, la fin de la hausse de la CSG pour les petites retraites de moins de 2 000€ (encore  pas pour nous), les heures supplémentaires seront défiscalisées et sans charges, les employeurs qui le peuvent  devront verser une prime de fin d’année, elle aussi sans impôts ni charges. « Elle est pas belle la vie ? » 

Et qui c’est qui va payer tout ça ?

Voilà des mesures qui  sont de nature à aider les fins de mois. Pas pour tous, évidemment. C’est mieux que rien, mais le  Père Noël est encore dans son  schéma techno  et sa vision comptable. Si le but était de baisser les impôts et les charges pour la « classe moyenne », la cible n’est que partiellement atteinte, à cause d’un  problème qu’il  ne prend toujours pas en compte : seulement 45% des Français paient l'impôt sur le revenu !  Et  pour ceux-là il faudra continuer de payer, et probablement un peu plus  encore. Faudra bien trouver les 15 milliards que coûte le contenu de sa hotte. Encore heureux, il n’a pas touché à l’ISF ni à la flat tax. Ouf ! Mais on évoque déjà un relèvement des tranches supérieures de  l'impôt sur le revenu... Ce sont surtout les entreprises qui vont être visées avec un report ou une suppression de la prochaine baisse des taux d'IS. Avec des recettes fiscales de 48,4 % du PIB en 2017, la France est la championne d'Europe des prélèvements : une hausse de 0,7 point en 2017. Dans l’affaire, Macron a totalement oublié la compétitivité, c'est vrai que ce n'est pas très grave,  au point où  on en est. Ce problème n’est pas dans l’urgence économique et sociale.

Révolution à la petite semaine.

La situation est asses surréaliste et plutôt étrange. La semaine, tout est calme,  ou presque. Et la révolte se déroule juste un jour par semaine : le samedi. Ce  jour-là, les casseurs entourés de gilets jaunes entraînés par le mouvement, et la police se donnent rendez-vous. De préférence à Paris. Et chaque semaine, chaque camp se déplace pour gagner la bataille du jour. Avouez que c'est assez unique. Mais l'impact du mouvement et les manifestations violentes auxquelles il donne lieu, est une catastrophe pour l'économie française. Directement, avec l'effondrement en décembre de la grande distribution, du commerce mais aussi de l'hôtellerie et du tourisme ;  beaucoup d’enseignes réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires annuel et risquent de se trouver en mauvaise posture une fois passées les fêtes. Indirectement, avec la détérioration spectaculaire de l'image de la France auprès des investisseurs étrangers. Notre balance des paiements, déjà mal en point, ne dira  pas merci. Avec le temps, le discours protestataire s’est radicalisé, et les extrêmes des deux bords  s’emploient à souffler sur les braises. Mélenchon y prend même son pied. Ce type devrait faire vraiment peur tellement il fait penser à Robespierre. Qu’en sera-t-il samedi prochain. Tout le monde attend évidemment... « samedi », puisque c'est la révolution du samedi. Pas sûr que les mesures annoncées ce soir soient suffisantes pour calmer complètement le jeu. Il faudrait l’espérer, même si le message des Français qui bossent et qui en ont ras-le-bol d'être matraqués par les impôts n’a pas vraiment été entendu. Pour l’instant Bruno Le Maire promet une baisse des prélèvements à la fin du quinquennat...d'1%, ça fait rêver, non ? Un objectif qui paraît dérisoire, alors qu'on est huit points au-dessus de la moyenne de la zone euro. Enfin on peut miser sur le retour au calme pour le samedi suivant.  En effet, les manifestants ne pourront sûrement pas venir car c'est le début des vacances scolaires... Faut pas exagérer non plus.

Quant à la croissance,  elle est définitivement en berne pour 2018. Après les deux premiers trimestres à 0,2, seul le troisième a rempli le  contrat avec 0,4. Pour le dernier,  la  Banque de France vient de diviser par deux sa prévision de 0,4. On est loin, très loin des 1,5%  envisagés par Bercy ! Voilà des marges encore réduites pour le gouvernement. Heureusement, il y a la dette… On n’est plus à quelques milliards près.

 


CE GAUCHISME QUI TUE LA FRANCE

Révolution russe

 

Et  voilà, l’ISF de nouveau sur la sellette.

Rien que d’en parler, c’est comme si on avait rétabli cet impôt imbécile qui n’existe nulle part en Europe et même dans l’OCDE. Car, pour les investisseurs, la crainte de  l’instabilité fiscale est aussi nuisible que sa réalité. Evidemment, non seulement il  ne faut pas le rétablir, mais il faudrait aussi supprimer l’IFI. Ou alors ne nous  plaignons pas que les milliards fuient la France, nous condamnant un peu plus chaque jour à partager… la  pauvreté ! Il y a des totems qui ont la vie dure.

« Le problème vient de loin. »

C’est la phrase  en vogue à « En Marche » en ce moment, tentative naïve de faire  porter  le chapeau à l’ancien  monde. Dommage tout de même que le « nouveau » ne fonctionne pas.  Oui, le  problème vient de loin et il porte  un nom : le socialisme. Le problème de la France vient de ce qu’elle a emprunté le chemin inverse de  tous ses concurrents. Elle est  devenue de plus en plus socialiste alors  que ceux avec qui elle échange l’étaient de moins en moins. Position qui fait de notre pays le champion du monde de la taxation et des prélèvements publics avec la croissance la plus anémique.  Et par son niveau de redistribution et le nombre des dispositifs « sous conditions de ressource », il est pratiquement le seul pays socialiste de la planète ayant atteint ce niveau d’étatisation. Le mal était endémique jusqu’à la prise de pouvoir de Mitterrand. Il s’est aggravé avec des décisions majeures non financées comme la retraite à 60 ans,  avec les nationalisations et autres inepties collectivistes. Il a empiré sous Jospin et Hollande. Les gouvernements de droite n’ont été que des intermèdes qui n’ont guère permis de toucher au système. On a donc continué de financer par   toujours plus de dette et le cercle vicieux que l’on connaît pour les impôts et les taxes.

Le paradoxe de l’Etat-providence.

Les  Français semblent réclamer toujours plus de  services et d’allocations à l’Etat et hurler dès qu’il faut les financer.  Ce n’est qu’une apparence.  Le système en place  est tellement pervers, qu’un peu plus de la moitié des Français est sous assistance pendant que l’autre petite moitié est celle qui finance, généralement sans profiter des aubaines. Le point de repère c’est le  « pouvoir d’achat » que l’on finance par  la « redistribution » parce que nos entreprises aux semelles de plomb ne créent pas  suffisamment de richesse. On prend aux uns pour donner aux autres. Ailleurs dans le  monde, et dans la majorité des pays européens, les citoyens ont compris que le pouvoir d’achat n’est pas une « denrée » qu’on peut augmenter d’un coup de baguette magique, comme s’apprête à le faire Edouard Philippe qui va nous sortir de la hotte du Père Noël une prime de 1 000 €, mais qu’il faut d’abord produire la richesse. Ce raisonnement de base échappe à  nos compatriotes habitués à  être exonérés d’impôts sur le revenu et en même temps de taxe d’habitation, tout en « touchant » toutes sortes d’aides. Pour eux, il n’y a pas de lien évident avec le travail. Par contre, ceux-là sont sensibles à tous les revenus élevés et trouvent normal que les « riches » paient. Pour les satisfaire,  notre système de prélèvement est donc devenu confiscatoire. Pour autant, les services publics n’en sont pas forcément plus performants. Du fait des intérêts de la dette qui pèsent sur le budget, ce serait même le contraire. Dans cet esprit, et en bonne logique, certains profitent de la crise actuelle  pour demander le rétablissement de l’ISF. Cet impôt rapportait quelque 7 milliards d’euros par an : une goutte d’eau. Mais symbolique, parait-il.  Tellement symbolique qu’il a fait fuir les familles riches et a engendré un manque à gagner fiscal de plus de 30 milliards en impôts classiques que ces familles auraient payé en France. Or l’impôt est fait pour financer les dépenses de l’Etat, il n’est pas fait pour punir le riche !

Egalitarisme mortifère.

Le  cri de colère des « gilets jaunes » est en train d’être détourné. Ceux qu’on a d’abord vu manifester,  ce sont ces Français des classes moyennes, habitant la France dite périphérique,  souvent les lotissements pavillonnaires des premières et deuxièmes couronnes des grandes villes, ou plus prosaïquement à la campagne, comme on dit. On travaille à deux avec les salaires d’aujourd’hui : il ne reste pas  grand-chose une fois qu’on a tout payé. Deux voitures sont souvent obligatoires pour aller et venir, alors le prix du carburant, ça compte. La décision de lui faire porter  le « chapeau » de la transition écologique a été la goutte d’eau de trop.  Ce qui s’exprimait clairement, c’était le ras-le-bol fiscal auquel s’ajoutait un ressenti négatif, celui d’être  méprisé. Comme le dit François-Xavier Bellamy : « Les Gilets jaunes sont des personnes à qui l'on dit qu'il faut changer sinon ils resteront des ploucs, des ringards, qu'ils fument des clopes et qui roulent au diesel. On leur demande de changer mais ils sont dans l'incapacité de changer car on ne leur offre aucune alternative. Et en plus, on les méprise, on les insulte en disant qu'ils ne changent pas assez vite ». Rien  à voir avec ce que le mouvement tend à devenir, où les revendications mille fois entendues et irresponsables prennent le dessus avec le discours égalitariste bien connu, entretenu par les Mélenchon de service. La surenchère gauchiste est un classique du genre : ses militants n’ont pas leur pareil pour infiltrer et imposer leur discours démagogique. Elle s’accompagne toujours de la violence,  dans la bonne vieille tradition révolutionnaire. La preuve, les mêmes réseaux tentent d’enflammer les lycéens pour ajouter aux désordres. Ces revendications conduiront à encore plus d’impôts et de dette, puisqu’on ne mettra pas nos entreprises en situation de produire la richesse supplémentaire que l’on pourrait  partager. Les Gilets jaunes ne revendiquent pas l'émancipation de l'individu, la mobilité, mais de rester là où ils sont, ce qu'ils sont et que leur monde reste vivable et humain. S’ils n’y prennent garde, les vrais « gilets jaunes »  pourraient se retrouver « gros Jean» comme on dit à la campagne.

Et la croissance ?

Avec cet épisode et ce qu’il va être obligé de lâcher, le gouvernement peut définitivement dire adieu à son objectif de croissance pour 2018, qui était déjà bien entamé. Un malheur n’arrivant jamais seul, le pétrole repart à la hausse après la réunion de l’Opep, et les bourses continuent de plonger, malgré  le léger rebond de Paris hier. L’arrestation de la patronne de Huawei a même provoqué un début de panique boursière à Wall street jeudi. Bref, l’horizon se bouche.

 


LA POLITIQUE DU PIRE.

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Philippe n’est pas à la hauteur.

J’ai encore en tête  l’image de ce Premier Ministre  désemparé faisant part de son émotion devant le  triste spectacle des dégâts commis à l’Arc de Triomphe. Il était « choqué » ! Mais ce n’est pas ce qu’on attendait de lui. Ce sont les décisions pour faire respecter l’Etat qui ont manqué  comme elles ont manqué à Notre-Dame des Landes. Il est  l’image d’un pouvoir qui tremble et qui ne comprend  pas ce qui lui arrive. De même, l’attitude de Darmanin à l’Assemblée nationale faite de mépris et de mauvaise foi quand il répond à l’opposition est insupportable. Ces gens-là ne se rendent pas compte à quel point ils suscitent la colère : celle que je ressens est à l’aune de celle de beaucoup de Français en gilets jaunes ou pas. Édouard Philippe, a enfin annoncé qu’il proposait un moratoire de six mois sur la hausse des taxes liées aux carburants le 1er janvier 2019. Les gilets jaunes traitent évidemment cette décision par le mépris et toutes les formations de l’opposition estiment que le geste est insuffisant. Il ne suffit pas de seriner « c’est un geste fort »,  un élément de langage auquel tous les ministres et tout ce que compte la macronie sont astreints, pour qu’il le soit.  C’est trop peu et trop tard  pour reprendre une vieille formule. Seul Daniel Cohn-Bendit regrette que la politique écologique du gouvernement recule. Vit-il seulement en France et y paie-t-il ses impôts ? Ce faisant l’exécutif se rend-il compte qu’il pratique la  politique du pire ? Quand il annonce « une vaste concertation qui permettrait de dégager des pistes utiles » avec tous les  partenaires et élus  locaux, après des mois de mépris, il ne faut pas s’étonner s’il n’est pas pris au sérieux. Surtout que le « nouveau monde » continue de rejeter la responsabilité de la situation sur les représentants de « l’ancien monde » responsables de tout, à commencer par la désindustrialisation du pays. Ce qui est vrai c’est que le ras-le-bol fiscal a bien commencé avec la présidence Hollande, mais le gouvernement actuel, en prolongeant la même politique, l’a amplifié, ce que soulignent  les élus « Les Républicains » depuis des mois. L’écrasement des classes moyennes a été pratiqué sciemment  et la France périphérique traitée pour négligeable. L’explosion, Macron en porte toute la responsabilité. La  liste des erreurs qu’il a ajoutées est longue : arrogance technocratique, amateurisme du groupe parlementaire En Marche et de ministres inconnus, pratique jacobine du pouvoir, excès de puissance de la caste de Bercy…      

Macron joue la montre.

Et la ficelle est tellement grosse que même le « gilet jaune » de base, qui filtre son rond-point, l’a comprise : on fait la  paix pendant six mois jusqu’aux élections, et on reprend le  même chemin  après. C’est irresponsable. L’atmosphère nationale est délétère : les pires exactions ont eu lieu et Macron continue de sous-estimer la colère d’un peuple qui n’a rien à perdre. Le « geste d’apaisement »  est toujours attendu, mais le pouvoir refuse de voir la réalité. Il prend le risque de redonner l’opportunité aux bandes de casseurs de profiter de la prolongation du mouvement pour continuer à commettre leurs méfaits, tandis que les revendications d’une masse sans organisation vont croître et embellir dans tous les sens, sensiblement prise en main, par en-dessous, par les réseaux gauchistes. Ainsi vient se greffer une révolte lycéenne, poussée par les pédagogistes qui rêvent de faire reculer Blanquer sur ses décisions de bon sens. Il est peut-être encore temps : un changement radical des priorités et de la  méthode est possible pour peu que la raison l’emporte sur l’entêtement. On attend que le régalien joue son rôle, et d’abord  en faisant respecter l’ordre public,  ce que la droite républicaine ne lui reprochera jamais, ensuite en remettant dans le jeu et pleinement, tous les rouages des institutions : coopération avec le Sénat, concertation avec les corps  intermédiaires, réseaux d’élus locaux et syndicats.  Aucune solution ne peut sortir du cri de colère exprimé par une masse informe. Cela ne veut pas dire qu’elle ne soit ni entendue, ni comprise.

Le RN en embuscade.

A voir la  part belle que les médias donnent à la  présidente du Rassemblement national, qui contribue à la remettre en selle, on  peut se demander si ce n’est pas ce que recherche le pouvoir. Car  elle reste la meilleure adversaire de Macron, qui lui garantit de rester au pouvoir.  Un calcul machiavélique qui expliquerait que les brigades anti-émeutes de  la gendarmerie n’aient pas été utilisées samedi dernier et  soient restées  l’arme au pied dans leur cantonnement à Versailles. C’est jouer avec le feu. Les  concessions faites vont  peut-être calmer l’ardeur des « gilets jaunes »  modérés, mais il faut craindre qu’en s’étiolant, le mouvement ne se radicalise et devienne encore plus violent. C’est bien ce qu’espère le Rassemblement national. Il ne propose rien, il se contente de surfer sur les mécontentements d’un peuple dopé à l’Etat providence, socialisé comme jamais, où ceux qui bossent paient pour tous les régimes « sous conditions de ressources », pris dans l’enfer de ses contradictions à réclamer toujours plus de services à l’Etat sans se rendre compte que ce dernier ne peut  même  plus financer correctement ceux qui existent. Si le RN  parvient jamais au pouvoir, on aura alors une pleine idée du pire.

 


GILETS JAUNES ET IMPOSTURE VERTE

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Une révolte est toujours désastreuse.

Rappelons-nous le désastre des portiques autoroutiers avec les « bonnets rouges ». Voici maintenant la révolte des « gilets jaunes » déclenchée par le prix des carburants. Tout ça parce que nos gouvernants ne conçoivent l’écologie qu’à travers des taxes vertes. Le malheur c’est qu’elles viennent s’ajouter à un niveau de prélèvement très élevé qui justifie le « ras-le-bol ». Après, il faut faire la part des choses : le spectacle des violences auxquelles on assiste de week-end en week-end n’est pas le fait des « gilets jaunes » mais de groupes de casseurs qu’on appellera comme on voudra. Ils ne m’étonnent pas vraiment : quand un Etat recule devant quelques dizaines de zadistes comme   à Notre-Dame des Landes, le  signal qui est envoyé ne peut que déboucher sur de tels débordements. Les dégâts  causés sont inexcusables et les auteurs  méritent d’être recherchés et  poursuivis. On peut penser, comme l’affirme Luc Ferry, que le gouvernement a les moyens d’empêcher ces désordres, surtout quand ils touchent des lieux très symboliques comme l’Arc de Triomphe. On peut alors légitimement se demander ce que recherche l’exécutif. On hésite entre incompétence et machiavélisme. Cela n’empêche pas que la colère des gens ordinaires qui manifestent, ou pas d’ailleurs, est profonde. Les taux d’adhésion aux revendications contre les taxes font état de soutiens énormes, dépassant 80%, dans les sondages. Du jamais vu.

Un Etat escroc.

Les Français en « gilets jaunes » ne sont pas contre la transition écologique. Mais ils ont compris que la hausse des taxes « vertes » ne la finance pas. C’est un prétexte. Ils voient bien qu’il s’agit avant tout de mesures de rendement pour remplir les caisses du Trésor public. Ainsi, entre 2018 et 2019, le produit de la TICPE a augmenté de 3,9 milliards d’euros. La quasi-totalité est allée nourrir le budget général  et seuls 80 millions seront reversés sur le compte « dédié » spécial « transition énergétique ». La vérité c’est que le gouvernement se livre à un jeu de bonneteau : la suppression de la taxe d’habitation  pour 2018 aura en effet coûté 3,8 milliards. Le parallèle est facile à faire. Et la projection à l’horizon 2020 est identique : les hausses prévues des taxes (19 milliards) sont appelées à couvrir les 18 milliards de coût de la suppression totale de la taxe d’habitation que l’Etat s’est engagé à compenser aux collectivités à l’euro près. L’erreur de Bercy a été de vouloir combler les pertes de recettes générées par ses réformes de baisses d’impôts  comme l’ISF  ou de cotisations sociales, par une augmentation de la fiscalité verte et de la CSG. C’est clairement une « escroquerie ». Le choix de la facilité alors qu’il aurait fallu plutôt engager une baisse sérieuse des dépenses publiques. Et les Français doivent avoir clairement dans l’esprit que c’est un tsunami qui va leur tomber dessus : selon les prévisions actuelles des finances publiques pour 2022, le  produit de la fiscalité énergétique passerait de 50 à 67 milliards. Un « Everest fiscal », selon l’expression d’Agnès Verdier-Molinié, qui ferait passer la fiscalité verte à 2,53% du PIB, une des plus élevée du monde alors que notre pays est plutôt un bon élève avec moins de 1% d’émission de CO2. Pourquoi être les « premiers de la classe » alors que nous avons déjà une fiscalité confiscatoire. Tous les Français se retrouvent dans le sentiment d’un matraquage fiscal. Car les 1 038 milliards de prélèvements  que nous observons aujourd’hui sont appelés à devenir 1188 milliards en 2022 si le même cap est maintenu.

Une autre fiscalité écologique est possible.

Pour être acceptée, une fiscalité verte doit être équitable, neutre et claire. L’équité consisterait à imposer de la même façon toute atteinte identique à l’environnement, quelles qu’en soient les causes. Si on se réfère au prix de la tonne de gaz à effet de serre émise à 44,60 €, en comparaison l’essence devrait supporter 11 centimes/l ce qui est nettement moins que ce qui est perçu aujourd’hui ! Cela supposerait donc que l’Etat se focalise sur d’autres produits que le carburant qui porte déjà plus que sa part.  D’autre part, la fiscalité écologique doit être neutre à la fois pour les agents économiques et pour les finances publiques. Cela veut dire que chaque euro perçu doit être compensé par un euro rendu. Tout autre façon d’agir ne peut qu’alourdir la pression fiscale, réduire la compétitivité, baisser le pouvoir d’achat. Enfin, l’effort  consenti doit être clair : les fonds perçus pour la transition écologique doivent vraiment abonder un compte dédié à comptabilité séparée et régulièrement audité pour être public. On pourrait ainsi, à taxation constante, modifier progressivement l’assiette de l’impôt, en taxant la pollution plutôt que le travail ou le capital… Une voie vertueuse que le gouvernement pourrait emprunter s’il était honnête.

Si la hausse des carburants a déclenché ce vent de colère, c’est parce qu’elle ne répond à aucun des trois critères précédemment énoncés. Elle n’est pas équitable, car elle ne touche pas les autres produits émetteurs de gaz à effet de serre, elle n’est pas neutre car elle aboutit à une hausse de la pression fiscale non compensée, et elle n’est pas claire parce qu’elle est absorbée dans l’insondable et obscur budget de l’Etat.  Un déclencheur, car c’est la goutte qui fait déborder le vase ! Comme  on le  voit, si le gouvernement et  Macron veulent sortir de  la crise, le chemin n’est pas bien compliqué. Il suffit d'arrêter de mentir.  D’être vertueux !

 

 


DES IDEES POUR REDRESSER LA FRANCE

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La question n'est plus de savoir s'il faut réformer la France. Mais comment la réformer.

Macron a lancé un train de réformes et certains considèrent que c'est déjà un exploit après des années d'immobilisme. On sait pourtant que c’est largement insuffisant, et qu’aucune des transformations engagées n’est allée assez loin, comme le démontre Agnès Verdier-Molinié dans son dernier livre. Et on sent à la grogne qui a gagné le pays, qu'il aurait fallut faire plus, plus vite et différemment. Facile à dire...? C’est sûr. Mais d'autres pays l’ont bien fait !

Une évidence.

Primo, il faut baisser les prélèvements obligatoires. Le plus vite  sera le mieux. Le  ras-le-bol fiscal qui éclate au grand jour avec les « gilets jaunes » vient de  loin. Un reflux avait été engagé par Sarkozy mais la crise de 2008 est venue tout enrayer.  Il a subi un coup d’accélérateur avec  le coup de massue fiscal de Hollande et Macron a  poursuivi peu ou prou la même politique portant les prélèvements à un niveau jamais atteint. Maintenant il faut faire vite, car ils sont asphyxiants. Mais pour les baisser, il faut réduire les dépenses de l’État. Et pour réduire les dépenses de l’État, il faut réformer…  mais vraiment réformer !

Par quoi commencer ?

Sans conteste, par une réforme des prestations sociales et une réforme du financement des retraites. Pour cette dernière, en évitant le détour, si possible, par  une usine à gaz fumeuse pour endormir tout le monde,  comme le système  à   points. L'âge du départ à la retraite doit être repoussé en s’appuyant sur  le constat que l'allongement de la durée de vie ne laisse  pas le choix, la retraite par capitalisation venant compléter la retraite par répartition.  Autre impératif : la baisse des prestations sociales dont notre  pays est le champion du  monde. Simplification,  suppression des doublons, contrôle strict des prestations versées : on peut le faire. En conséquence, les impôts pourront baisser.

L’économie ensuite.

Il faut rendre le  marché du travail beaucoup plus flexible. Ce qui a été entrepris s’est arrêté au milieu du gué et est resté beaucoup trop timide. Il faut aussi des contraintes plus strictes d'acceptation d’emploi par les chômeurs, avec la création de mini-emplois, qui, comme on l’a observé ailleurs, deviennent avec le temps des vrais jobs à plein temps.  Naturellement, il faut accompagner d’un versement d'allocation chômage très strict, assorti d’une professionnalisation et d’une amélioration sensible des agences pour l'emploi. Dans le même temps, les entreprises  doivent pouvoir accompagner le  mouvement  par leur capacité accrue de développement. Le chemin passe inévitablement par un basculement sur la TVA de la plus grande partie des charges qui pèsent sur elles. Trois points de  plus sur la TVA à 20% devraient suffire. C’est la solution la plus juste, parce que tout le monde la paie, la plus rapide et la plus efficace économiquement parlant. On ramènera ainsi leur compétitivité  à la moyenne européenne : elles pourront reconquérir des parts de marché et atténuer ainsi le déficit de notre balance commerciale. Un cercle vertueux peut se mettre en place qui conduit à la croissance grâce à la hausse des investissements et des salaires.

C’est possible.

Oui, on peut le faire ! La  preuve : jugeons-en par les résultats économiques de l'Allemagne aujourd'hui ! Plein-emploi, excédent budgétaire, excédent commercial, dette en baisse, hausse des salaires et du pouvoir d'achat, l'Allemagne « a fait le job »  et a  commencé avec Gerhard Schröder le 14 mars 2003 avec son « Agenda 2010 ».  C’est le chemin qu’elle a emprunté et  elle s'est réformée. Certes, au prix de sacrifices,  mais les résultats sont là. L’Allemagne est aujourd’hui la locomotive de l'Europe. L’Allemagne l’a fait, pourquoi pas nous !

Le  cœur de la méthode : exiger et aider.

Schröder déclarait en 2012, en faisant le bilan de son « Agenda 2010 » :
« De mon point de vue, le principe fondamental qui est au cœur des réformes de l'Agenda 2010, c'est le principe "exiger et aider" (require and support). Ce principe concerne l'équilibre entre la solidarité d'une part et la responsabilité individuelle d'autre part. Certes, l'État-providence garantit - et doit garantir - que les gens ont droit à une protection dans les moments qui constituent une menace pour leur existence. Mais il ne faut pas absoudre les gens de leur devoir de faire tout ce qu'ils peuvent pour éviter de demander une aide. »
Rien à dire de plus.

J’attends « l’agenda 2026 ». Qui osera faire de la  France la « locomotive de l’Europe » dans sept ans ? Un rêve ? Non, on  peut  le  faire !

 


DU NEUF CHEZ "LES REPUBLICAINS" !

Equipe thématique LRl'équipe thématique

 

La rénovation avance.

Il est très facile de critiquer le Président des Républicains. Encore plus de lui faire des procès d’intention ou de baver sur ses propos  avec le chœur des « vierges effarouchées » qui ne sont  la plupart du temps que des lobbies mal intentionnés. Et surtout quand on n’a pas eu le courage, comme il l’a fait, de prendre la  tête d’une formation en ruine. Je ne suis pas pour autant un zélateur dévoué de sa  personne. Je lui reproche de ne pas  avoir géré convenablement le conflit qu’il a eu avec Virginie Calmels. Il a eu aussi des accidents de parcours dont il  aurait pu se dispenser comme ses  propos enregistrés clandestinement. Néanmoins, force est de constater qu’il s’est attelé à la reconstruction du parti et que  les « travaux » avancent. Tout ce qu’il avait annoncé a été mis  en  place : bureau politique largement ouvert, Conseil des sensibilités présidé par Jean Léonetti, Comité des Maires confié à Gil Averous, Maire de Châteauroux et Agnès Le Brun, Maire de Morlaix, l’école des cadres du parti sous la houlette de Julien Aubert, député de Carpentras, comité du projet avec Guillaume Larrivé et Luc Ferry… Et dernièrement, Laurent Wauquiez vient de désigner l’Equipe Thématique sorte de shadow-gouvernement de 34 membres, en confiant chaque domaine à un élu compétent. Sans oublier l’action d’assainissement des comptes avec un Plan de désendettement  adopté par le Bureau Politique. Enfin, toutes les instances départementales ont été renouvelées, conformément aux statuts, au mois d’octobre. Le parti est désormais complètement en ordre de  marche.

Le rajeunissement.

Ce qui frappe c’est le renouvellement. Le groupe parlementaire en a donné  le signal aux législatives : avec  la loi sur le non cumul des mandats qui peut présenter beaucoup d’inconvénients par ailleurs, de nouvelles têtes animent brillamment l’Assemblée nationale :  Damien Abad, Fabien Di Filippo, Virginie Duby –Muller, Annie Génevard, les Guillaume Peltier et Larrivé,  et avec les nominations de l’équipe thématique, ça n’est  pas fini.  Vous allez apprendre à découvrir une génération de personnes jeunes et compétentes qui vont entrer progressivement dans la lumière des  plateaux médiatiques. Au Sénat aussi, le  renouvellement a progressé chez Les Républicains et des talents comme Stéphane Piednoir ont rapidement pris la mesure de leur mandat et fait l’admiration de leurs collègues plus anciens.  Cela prouve au moins, que même étrillé par deux défaites dramatiques en 2017, le parti est solidement implanté dans les territoires et possède un vivier d’élus locaux qui a permis cette transmission de témoin d’une génération à l’autre. Quand on regarde aujourd’hui l’ensemble cadres-élus nationaux, on se dit que « Les Républicains » ont pris un sacré coup de jeune.

Le mouvement se poursuit avec la préparation des « Européennes ».

C’est un objectif que Laurent Wauquiez s’est fixé : renouveler aussi le groupe « Républicains » au Parlement de Strasbourg  et cela commence  par un rajeunissement de la liste. Une tâche difficile, car il faut négocier avec de fortes personnalités qui ont gardé des ambitions comme Rachida Dati et Nadine Morano, ne pas vexer  Brice Hortefeux, le fidèle, ménager des députés efficaces comme Alain  Cadec… Des piliers resteront probablement comme Philippe Juvin ou Geoffroy Didier, ce dernier cochant la case « jeunesse » brillamment. Pour contourner le casse-tête, Le  Président a pris le parti de la nouveauté. Ce sera le cas si la candidature « Bellamy » à laquelle il pense, aboutit.  Elle a le mérite de concilier les points de vue : Valérie Pécresse, par exemple, dont l’avis a été sollicité, en pense du bien. Après le travail sur le projet effectué à Menton au début de l’été dernier, qui a permis de jeter des bases suffisamment rassembleuses, toutes les conditions sont réunies, une par une, pour avoir une liste d’union de toutes les sensibilités sur un programme pro-européen, réaliste, privilégiant le bon sens. Toutes les conditions pour réussir. Et pour ringardiser définitivement Juppé et ses acolytes.

Avantage et inconvénient.

La démarche n’est pas sans au moins un inconvénient.  Celui de la nouveauté en est toujours un pour les  électeurs de droite. On ne vote pas pour des gens que l’on ne connaît pas. Pourtant, il suffit d’écouter Geoffroy Didier quelques minutes, comme lors de son passage à La Baule, pour se rendre compte de son assurance, de sa connaissance précise des dossiers et de l’intelligence de son discours. C’est que nos jeunes sont aussi au rendez-vous de la compétence.

L’avantage, c’est qu’avec cette nouvelle génération, on ne prend pas le risque qu’il traîne avec eux quelques inévitables scories liées à une vie politique déjà bien engagée, dans un pays prompt à accuser  et à  jeter aux orties. Il faut donc avoir confiance.  Certes, Laurent Wauquiez, par sa personnalité,  peut ne pas plaire  à tout le monde,  mais,  grâce à lui, « Les Républicains » ont un bel  avenir, et c’est heureux. Ce sont eux, « Les Républicains » qui constituent l’alternative démocratique raisonnable, d’autant plus que Macron s’autodétruit lui-même, n’arrive pas à sortir du trou où il a plongé avec  l’affaire « Benalla », et tire avec lui vers le fond tous ceux qui auront été tenté par le tropisme du « nouveau monde »,  à commencer par les « constructifs ».

2019 sera  une étape importante. Nous aurons besoin de tout le monde.  Pour ceux qui ont pris leurs distances, le moment est venu de remonter dans le train. Et d’abord en réadhérant. Car vous n’êtes pas au bout des (bonnes) surprises !

 


IL A ENCORE TAPE A CÔTE DU CLOU !

Archibald en colère

 

Macron ne comprend pas les  « gilets jaunes ».

Il ne sait pas vraiment qui ils sont.  Quand il pense « France laborieuse », il évoque plutôt  les  smicards,  qui ne sont pas à négliger mais qui sont toujours servis les  premiers, alors que le cœur des contestataires est constitué de tous ceux qui bossent et qui se prennent les hausses d’impôts et de taxes sans jamais bénéficier des aides « sous conditions de ressources ». Ce ne sont pas des poujadistes, ce sont des salariés, des artisans, des petits commerçants, des retraités, qui en ont marre d’alimenter le  tonneau des danaïdes, marre d’être traités comme des vaches à lait, sans jamais voir d’amélioration de  la  situation.  Tout cela est résumé par le  coup de  gueule de « Jacline » sur facebook : « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? ».  En guise de réponses, Macron disserte.  Il fait des beaux discours devant des maires choisis, mais le plus  grand nombre n’est pas dupe. Il fait de beaux discours sur la transition énergétique, mais tout le monde  sait que la France fait partie des moins  pollueurs de la planète et que peu d’argent y est consacré. En bref, le sentiment s’accroit dans les classes moyennes qu’il nous prend pour des cons. Il  faut qu’il arrête d’emmerder les Français qui savent qu’ils ne sont pas les pire  pollueurs de la planète et qu’il sera temps de les solliciter le jour où les Chinois et  les  Américains appliqueront les accords de Paris.

Discréditer pour ne pas écouter.

La première parade qu’il tente c’est de discréditer  le  mouvement des « gilets jaunes » en l’assimilant à des séditieux d’extrême-droite de préférence, et les éléments de langage ont été diffusés avec suffisamment de cohérence pour qu’on en connaisse l’origine. D’abord par le Ministre de l’Intérieur, puis par les autres ministres. Lequel aura été ce week-end,  le plus odieux de Castaner ou de Darmanin ? Ceux qui reprochent à Wauquiez des allusions au nazisme quand il évoque l’eugénisme, ne sont pas en reste pour trafiquer l’Histoire en évoquant la « peste brune » (mot macronien) ou la lèpre nationaliste, juin 34 et j’en passe. Menteurs et malhonnêtes intellectuellement, de leur part ce n’est guère surprenant. Ils ont ordre d’instituer Marine Le Pen comme seule opposante face à Macron, aidés  par certains médias complaisants. Ils oublient  simplement qu’entre les deux, il y a le « peuple de France » (expression chère à Nicolas Sarkozy). Les gens se rendent bien compte, à voir  les « gilets jaunes » défiler paisiblement dans les rues d’Angers, de Poitiers, d’Orléans ou d’ailleurs, qui ils sont véritablement : trop blancs et trop français probablement pour plaire aux élites parisiennes. Mais la description que celles-ci en font est tellement fausse qu’évidemment le mensonge n’en est que plus flagrant.

L’excuse : c’est pas nous, c’est les autres. 

Ah, Gilles Legendre !  Il est pathétique. Rendez-vous compte, le ras-le-bol fiscal serait vieux de trente ans, alors  comment voulez-vous qu’en 18 mois … Sauf que La REM n’était pas obligée d’aggraver la situation avec un choc fiscal de 22 milliards (CSG), agrémenté d’une foultitude de taxes à tout va dont  le carburant n’est que la  partie émergée de l’iceberg. Il serait plus crédible si son groupe avait accepté le vote du Sénat d’intégrer les hauts fonctionnaires  qui touchent jusqu’à 300 000 € par an dans la loi sur « la moralisation de la  vie publique » (La REM s’y est opposé) et  n’avait pas pris l’initiative de voter l’exemption de  la CSG pour les députés. Le gouvernement réforme peut-être -encore que-, mais il n’a engagé aucun effort pour réduire les dépenses publiques, au contraire il dépense toujours  plus… à crédit. Il se comporte comme  la gauche l’a toujours  fait. Les Français s’en rendent bien compte. Résultat : la  croissance  n’est  pas au rendez-vous ! Inutile d’invoquer le passé.  Quant à la droite, il y a sept ans qu’elle n’est  plus  aux affaires,  autant dire  un siècle.  Encore a-t-elle eu à gérer une crise inouïe,  et pas si mal que ça ! Reste Bruno Le  Maire. Sa malhonnêteté intellectuelle n’est plus à démontrer.  Il donne maintenant dans la dramatisation. Les « gilets jaunes » nuisent à la France et seront responsables si le taux de croissance espéré n’est pas atteint. Une excuse trop facile, alors que l’on sait que l’économie est plantée depuis  le début  de l’année.

 L’intrusion des réseaux sociaux comme contre-pouvoir.

Prenons garde. Il faut avoir de la sympathie pour ce mouvement plus citoyen que certains voudraient le laisser croire, mais ne laissons pas détruire ce trésor qu’est la démocratie représentative. Ce serait prendre  le risque d’errements que la France a déjà connus, avec leur cortège d’horreurs. L’intrusion des réseaux sociaux comme contre-pouvoir peut paraître salutaire, laisser  prospérer serait très dangereux pour la démocratie : une assemblée citoyenne sortie de nulle part qui s’arrogerait un pouvoir de « constituante », par  exemple. Mélenchon en rêve ! Les Républicains sont trop timides. Certes, la « récupération »  est  un vilain mot.  Cependant il ne faut pas avoir peur de se poser en interlocuteur présent partout puisque le pouvoir méprise  la rue.  Des initiatives fortes seraient les bienvenues. Le diagnostic a été fait depuis longtemps : Laurent Wauquiez a été le premier à parler du trouble des classes moyennes.  Nous avons certainement  des propositions à faire, et pourquoi pas à travers une grande réforme fiscale qui rétablirait l’équité,  ce qui  prendrait le pouvoir actuel  à son propre piège ! Je suis certain que ce serait entendu par la  France qui bosse. Ce serait autrement  plus crédible que toutes les usines à gaz que nous pondent Macron et ses sbires, « sous conditions de ressources », ce qui exclut les « gilets jaunes », et les "machins" d'experts, ce qui s’appelle « taper à côté du clou ! ».

 


UN KRACH LENT MAIS BIEN REEL

Récession

 

Baisse rampante.

Ce n'est pas un krach, brutal, comme ceux que l’on a déjà connus avec une baisse violente de 10% dans une journée. On assiste depuis quelques jours à un krach rampant : les unes après les autres, explosent les bulles qui se sont formées sur les marchés depuis des années du fait des taux d'intérêt à zéro et de l'excès de liquidités.  La plupart des marchés ont  perdu 20% depuis leur niveau le plus haut. Tout y passe : les marchés émergents, le bitcoin et même Apple. Toutes ces bulles éclatent. 2018 marque donc la fin d'un cycle de près de 10 ans de hausse. En effet, cela fait des mois, voire des années, que certains marchés étaient largement surévalués.  La baisse intervient maintenant. Plusieurs facteurs l’expliquent : la tension entre la Chine et les États-Unis, les perspectives du ralentissement de la croissance mondiale confirmé par Christine Lagarde récemment, mais surtout la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis. Rappelons-nous, quand les taux d'intérêt étaient à zéro, il n'y avait pas d'alternative aux actions, mais quand les taux sont au-dessus de 3%, certains investisseurs considèrent que c'est une alternative envisageable. C'est l'envolée de la capitalisation des grands groupes de tech américaines qui a alimenté la hausse des indices américains pendant ces dernières années et c'est la baisse des cours de ces mêmes groupes qui mène la danse de la baisse ! Le Nasdaq chute de plus de 3%. Il est à son plus bas niveau depuis avril. Avec une baisse marquée d'Apple, Facebook ou encore Salesforce. Le dernier rempart a cédé. Premiers signes d’essoufflement de l’économie américaine pour 2019 ? Les commandes de biens durables aux Etats-Unis chutent lourdement de -4,4% en octobre alors que le consensus s'attendait à un repli plus limité de -2,2%. On aura bientôt la  confirmation.

Les monnaies virtuelles en vrille.

Du côté des monnaies virtuelles, ça n’est pas mieux, même si on peut être persuadés que la blockhain marque une véritable rupture. Il n’y a pas si longtemps, les médias faisaient un buzz sans fin quand le bitcoin frôlait les 20 000$ et qu'on voyait des épargnants retirer leur argent des livrets A pour miser sur dessus. Les imprudents ! Le bitcoin a chuté en dessous de 5 000$, soit une baisse de 75%. Et son challenger, l'ethereum, a perdu plus de 90%. C’est curieux, mais on entend beaucoup moins les défenseurs des « crypto-monnaies »... En attendant ce sont des  milliards (de monnaies  pas virtuelles) qui se sont « évaporés ».

Soldes généralisées.

Les marchés américains sont portes closes pour "Thanksgiving". Aujourd’hui c’est le « Black Friday ». C'est parti : tout est en soldes pour quelques jours, de ce vendredi au cyber Monday : les actions dans le monde entier qui affichent de 10 à 30% de baisse, même Apple et Amazon ; le bitcoin est à moins 75%, les marchés émergents à moins 30%, le pétrole à moins 30%, l'action Renault à -40%... A Tokyo, les indices sont eux aussi au repos pour la fête du travail. Du côté de l'euro, celui grappille quelques fractions face au dollar à 1,1412. Le CAC40 tente un rebond à l'ouverture dans des volumes étriqués, après avoir cédé 0,75% hier.

Gare au pétrole !

Les prix du pétrole ont connu une lourde chute sur le mois d'octobre avec une baisse de 30 % depuis leur dernier pic au début du mois dernier. Mais ne nous réjouissons pas  trop tôt et Macron ferait bien de ne pas trop compter dessus pour calmer la hausse des prix à la pompe. Les pays de l'Opep et la Russie doivent se rencontrer le 5 décembre pour ajuster leur stratégie de soutien des prix, et l'Arabie saoudite prône une réduction de la production. Et puis on oublie toujours cette autre composante du prix du pétrole : le cours de l’euro.  Et le rapport n’est pas en notre faveur : dollar fort et  euro à 1,14.

 


C’EST UNE EMEUTE ? NON, SIRE, C’EST LA REVOLUTION !

Ras-le-bol

 

Quand le pouvoir ne comprend rien.

Le ras-le-bol est bien là. Il est profond. Mais  le pouvoir ne veut y voir qu’une grogne. Il entend mais ne veut rien entendre, parce qu’il n’écoute pas,  parce qu’il ne prend pas la mesure du mécontentement. Partout où je vais, chez les commerçants, dans la salle d’attente du médecin, les gens parlent comme jamais ils ne l’auraient fait  auparavant. Il faut que la coupe soit pleine. Alors évidemment, beaucoup ne sont pas sur les ronds-points avec un gilet jaune, mais à coup sûr ils s’exprimeront avec leur bulletin de vote, ou pas. De son côté, certain que sa majorité peut tout imposer avec arrogance, le Président s’entête. Atteint dans son narcissisme, il n’accepte pas d’avoir fait  les mauvais choix, il  ne comprend pas que sa politique ne donne pas de résultats. Les Français n’en peuvent plus d’attendre.

L’opposition ne capte pas la colère à son avantage.

Inutile de se demander pourquoi. Marine Le Pen s’est complètement déconsidérée lors du face-à-face où elle a fait la démonstration de son incompétence. Elle reste un réceptacle  de mécontentement, elle ne  représente pas une alternative crédible. Jean-Luc Mélenchon a offert un bien triste spectacle récemment qui en dit long sur son caractère. Le tribun a du talent,  mais désormais son outrance fait peur, et c’est tant mieux. La France peut se passer d’un épisode totalitaire qui  l’achèverait. Quant à la droite républicaine, les affaires entretenues contre  Nicolas Sarkozy et les démêlés judiciaires de François Fillon l’ont considérablement affaiblie. Les  trahisons des juppéistes, de Philippe à Berger, de Darmanin, de Le Maire ont  porté un coup fatal au crédit de ses dirigeants. D’autant plus que ceux qui sont passés chez Macron font aujourd’hui une politique qui renie complètement leurs engagements précédents. Le meilleur exemple en est le cas  de la CSG dont Bruno Le Maire voulait baisser le taux quand il était candidat alors qu’il est celui qui applique une augmentation massive. Ne nous étonnons pas que les adhérents qui n’ont pas renouvelé leur adhésion soient dégoûtés. Pourquoi croiraient-ils ceux qui ont pris le flambeau : « et puis demain, ils feront l’inverse de ce qu’ils  disent ! ».  C’est ce que j’entends souvent. La dispersion au nom de  prétextes discutables n’encourage  pas non plus. Il faudra du temps et de la constance  à ceux qui ont accepté de relever le défi pour séduire à nouveau. Note chance, c’est le renouvellement : autour de Laurent Wauquiez, Les Di Beneto, Duby-Muller, Genevard, apportent un coup de fraîcheur sur la  politique et permettent de garder l’espoir.  Mais quand je vois  les manœuvres de Juppé et de Raffarin, je reste un peu pessimiste. J’espère pour eux qu’ils ont une longue cuillère  en bois quand ils vont déjeuner à l’Elysée.

Les procès à tout bout de champ.

Le dernier en date concerne Laurent Wauquiez et son allusion au nazisme à propos de « l’eugénisme ». Propos commentés, sortis de leur contexte,  comme il se doit,  qualifiés de « terrifiants » par Estrosi.  C’est sa bêtise à lui qui est terrifiante. Car quoi ? Il faut parler aseptisé ? Surtout ne pas déranger la pensée dominante ?  Bien évidemment ceux qui veulent nous faire avaler la  PMA hurlent en premier d’être comparés à des nazis. Amalgame trop facile pour crier plus fort qu’il ne faut. Mais quoi,  une femme qui choisit son donneur de gamètes en compulsant un catalogue pour trier dans les caractéristiques physiques, c’est pas très loin de la sélection  pour avoir des blonds aux yeux bleus… Je comprends que ça dérange.  Encore Laurent Wauquiez était-il bien plus soft dans son expression. Que les éternels donneurs de leçons braillent, on a l’habitude.  Mais de grâce, évitons de nous tirer dessus quand on est dans le même camp, même en marge. Bon, en tenant de tels propos, je vais être à jeter en pâture aux fauves. Pour tout dire, ça m’en touche une…

Le manque de résultats.

C’est bien le problème ! La France se traîne depuis trop longtemps avec son boulet du chômage et ses politiques cycliques « prélèvements-relance-déficits-dette-replonge », avec, à chaque fois, un peu plus de handicap. Le résultat est un pays écrasé d’impôts, avec le taux de prélèvement le plus élevé d’Europe et les dépenses sociales les plus fortes du monde, par une extension permanente du nombre des « ayant droits » du fait de l’appauvrissement. Un cycle infernal. Non, je n’exagère pas. Si bien que la moindre taxe est devenue insupportable à ceux toujours moins nombreux qui doivent supporter le fardeau. Macron avait peut-être suscité un espoir, mais en bon politique marqué par la haute technocratie, il n’a su que reproduire toujours le même scénario, à peine modifié. Et comme les corps intermédiaires se sont eux aussi disqualifiés à force de conservatisme, le roi est nu. Il y en a qui disent qu’on est au bout du rouleau et que ça va mal finir. Sarkozy le premier, paraît-il ; ça pourrait bien !

 


CES POLITIQUES INCAPABLES DE SE REMETTRE EN CAUSE !

     Emmanuel Macron giletsEdouard Philippe

La France d'en bas se lève.

Les classes moyennes, d’habitude si sages sont dans la rue, plus ou moins infiltrées  par quelques ultras pour tenter d’amplifier la révolte vers des formes plus violentes. On nous dit qu'ils étaient 300 000, mais ils étaient peut-être 1 million. D’où vient cette rage ? Oh, c’est simple, parmi  les  multiples causes,  le sentiment d’être piégé par  un Etat  omnipotent qui  puise sans cesse dans la même  ressource. Parmi ceux qui manifestent, les  plus nombreux sont ceux qui paient tout plein pot et qui ne reçoivent jamais rien,  étant « au-dessus des conditions de ressources » généralement imposées. Ils sont cette petite moitié de contribuables corvéables à merci  et, qui plus est,  à qui l’Etat,  par un gouvernement servile, vient de retirer le consentement à l’impôt via le prélèvement à la source. C’est l’assurance de pouvoir puiser indéfiniment dans la même  poche. Et comme ce même Etat est incapable de faire la moindre économie,  c’est aussi la perspective de toujours  plus d’impôts ! De quoi rager !  J’en suis, même si je n’ai pas été physiquement dans la rue. Il va bien falloir que ça cesse !

Rien à attendre de Macron.

Ceux qui l’ont cru « libéral » en sont pour leurs frais. Ne vient-il pas de déclarer sur Europe 1 qu’il fallait en finir avec « l’Europe ultra-libérale,  ouverte à tous les vents… qui ne permet plus aux classes moyennes de bien vivre. »  Le  pro-européen à tout va de la campagne de 2017 a disparu.  Voilà le nouveau Macron qui se défausse sur l’Europe, qui entonne  le même discours que Mélenchon et Le Pen. Mais c’est lui qui a tout faux. Après Hollande.  Avec  Macron, il fallait s’attendre à tout, puisqu’il est ni de droite ni de gauche (ça s’appelle un ectoplasme). Le mal, ce n’est pas le  libéralisme, au demeurant assez timide, de l’Union européenne, mais « l’ultra-étatisme » de la France, qu’il a renforcé en arrivant au pouvoir.  Jamais la haute technocratie n’a eu autant de prérogatives. Au point que c’est Bercy qui commande tout, comme on l’a vu avec le prélèvement à la source. Macron  et  ses  acolytes ont tout faux parce qu’ils ont utilisé les mauvais leviers et fait les  mauvais choix. J’en citerai deux : la hausse de  plus de 20% de la CSG et la suppression de la taxe d’habitation. Inutile de revenir sur l’argumentaire. Comment peut-on imaginer de créer des subventions pour payer des taxes, quand ce n’est pas la taxe qui taxe la taxe –mais oui, ça existe- ? Il faut que la machine soit devenue folle ! Si les classes  moyennes sont écrasées d’impôts et de taxes, ce n’est pas la faute de l’Union européenne, c’est à cause de l’incurie de nos gouvernants. Le nombre de nos fonctionnaires le plus élevé par habitant de toute l’Europe, notre taux de chômage, la rigidité de notre marché du travail et le haut niveau des aides sociales, personne d’autre que nos dirigeants n’en est responsable. De combien serait le déficit public si l’Europe n’était pas là pour en fixer les bornes ? Et on pourrait continuer sur tous les registres : par exemple, pourquoi a-t-on un taux d’impôt  sur les  sociétés de 33% quand le taux moyen européen est de 22% ?  C’est notre gouvernement qui a choisi de dépenser 55 milliards de plus que l’an passé,  portant les dépenses publiques à 56% du PIB (10 point de plus que la moyenne européenne) avec plus de 1 000 milliards d’euros de prélèvements soit 46% du PIB … Les  Français travaille un jour sur deux pour l’Etat !!! Le gouvernement s’est-il attaqué à ces  maux qui nous plombent drastiquement ? Evidemment, non ! J’évoquerai un autre jour ce que l’on doit de positif à l’Europe, et ça n’est pas mince.

Le mal n’est pas nouveau.

La droite a sa part de responsabilité. Les déficits publics datent de 40 ans. Les  mauvaises habitudes ont perduré au gré des cohabitations et des échéances électorales. Elle avait commencé, avec Nicolas Sarkozy un important mouvement de réformes et mis en place des  politiques visant à réduire les dépenses. Las, la crise de 2008 est venue mettre à  mal ce qui avait si bien commencé. Hollande a achevé de réduire à néant les efforts. Pire il a aggravé le mal en croyant le résoudre avec un coup de  massue fiscal de 40 milliards : il s’est retrouvé avec le déficit et la panne de croissance  en aggravant, qui plus est, la dette. Le projet de François Fillon,  parce qu’il avait été travaillé avec les milieux entrepreneuriaux, était le mieux à même de rétablir les finances publiques et de remettre la France sur le chemin de la croissance. Mal présenté et dénigré  par tout ce que la France compte d’experts et de commentateurs acquis aux vieilles théories de « l’Etat providence » et au dirigisme économique, il a reçu le coup de grâce avec l’intrusion du pouvoir judiciaire dans la campagne. Je ne suis pas certain que la droite, éparpillée aujourd’hui en mille et une composantes aux prescriptions diverses et variées, soit en capacité  de proposer des solutions pérennes.  Celui qui réussira à organiser ses « Etats-généraux » sera le bienvenu.  Encore faudrait-il qu’elle soit inspirée  par le libéralisme bien tempéré qui a si bien profité à nos partenaires de l’Union… Pour beaucoup de ses dirigeants, cela demandera bien des remises en cause. Mais ce sera moins pire que la trahison des Le Maire,  Darmanin, Philippe,  Lecornu et autres, bien mal  placés pour donner des leçons, je vous dirai pourquoi demain !

 


LE MALAISE JAUNE

Gilets-jaunes

A  partir d’aujourd’hui, les caisses sont vides.

Pour apaiser la colère des « gilets jaunes » dont il craint l’ampleur de la mobilisation, le gouvernement a décidé de mettre 500 millions d’euros sur la table : un demi-milliard d’euros de primes pour aider les plus modestes à se chauffer, à changer de voiture ou à payer leur plein à la pompe, alors que l’explosion des taxes vertes n’en est qu’à ses débuts. Pour tous les autres, ce sera près de 4 milliards d’impôts soi-disant verts en plus l’année prochaine. Subventionner des ménages qui n’ont plus les moyens de payer leurs taxes est déjà cocasse. Mais, ironie de l’histoire, ce chèque est annoncé par le  Premier Ministre la veille du jour à partir duquel il n’y a plus un sou dans les caisses. En effet, l’Etat a consommé toutes ses ressources fiscales à compter de ce jeudi 15 novembre, et va vivre désormais à crédit. Ce qui, apparemment, ne l’empêche pas de flamber ! Un cas spécifique en Europe. Voilà  pourtant une nouvelle qui ne peut que conforter les contestataires qui voient dans les taxes un moyen de remplir avant tout les caisses.

Ce que nous dit le mouvement des « gilets jaunes ».

Ce mouvement n’est pas à prendre à la légère. Le premier constat qui saute aux yeux, c’est la mise hors-jeu des partis politiques et des syndicats, qui auraient dû, les uns et les autres constituer le réceptacle naturel du mécontentement. Il n’en est rien.  Macron est aujourd’hui honni, mais personne n’émerge face à lui. Le second constat, c’est qu’il s’agit bien d’une révolte de la France périphérique et des classes moyennes qui ne sont pas concernées par les « cadeaux » de Macron, taxe d’habitation  et autres dispositifs pour aider les plus modestes –toujours les mêmes-. Personne ne croit à l’augmentation du pouvoir d’achat vantée par Darmanin.  Le prix des carburants est un déclencheur, mais il est révélateur d’un mal plus profond : oui, ces Français-là n’en peuvent plus du racket fiscal, de  l’augmentation sans cesse des prélèvements,  des 1 000 milliards d’euros qu’on leur prend, et parmi ceux qui grondent aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont compris que le prélèvement à la source supprimera leur consentement à l’impôt qui est le ciment de l’adhésion à la République.  Ils voient bien qu’ils sont victimes d’une « arnaque » : les taxes sur les carburants doivent compenser le cadeau fiscal de la taxe d’habitation. Ils ont compris aussi que les politiques qui nous gouvernent sont les « nouveaux esclaves » d’un pouvoir qui ne dit pas son nom, le « dieu » technocratique qui siège à Bercy, celui qui invente chaque jour de nouvelles taxes et des usines à gaz pour rendre trois sous (500 millions) quand on en a prélevé cent (4 milliards).

La  descente aux enfers sondagiers de Macron n’est pas une surprise.

Ce mouvement se déclenche sur fond de carence présidentielle. Macron n’en finit plus de descendre de son Olympe. Il bat des records d’impopularité rarement vus. En réalité, il a été élu sur un malentendu, rappelons-le : plus de la moitié des suffrages qu’il a obtenus au second tour n’étaient pas une adhésion à son programme, s’il  en avait un, mais le rejet de  l’extrême-droite. La suite a été aggravée par l’abstention massive de l’électorat de la droite aux législatives, déboussolé par les trahisons de  Philippe,  Le Maire, Darmanin et Cie, ce qui a conduit à un groupe LREM omnipotent à l’Assemblée. Il en est ressorti un sentiment de toute puissance,  avec l’arrogance et le mépris pour tout ce qui n’était pas du « nouveau monde ». Malgré tout, une partie de l’électorat a laissé sa chance à l’exécutif en lui accordant une volonté réformatrice.  Un an et demi après, le constat est sévère : l’électorat de gauche sur lequel Macron s’est appuyé au 1er tour a été le premier à décrocher avec la suppression de l’ISF et les réformettes pourtant bien timides, qualifiées « d’ultralibérales » (code du travail, SNCF…). L’affaire Benalla a été l’évènement déclencheur de la prise de conscience de l’électorat de droite modérée : en fait Macron n’a fait que prolonger la  politique de Hollande. Aujourd’hui Macron n’est plus soutenu que par une poignée de geeks et de bobos des villes. Mais la déconvenue est forte, d’autant plus que le Président a accumulé lui-même les erreurs de communication.

Une classe politique méprisée.

Macron a été aussi élu sur la promesse d’un « nouveau monde ». Quinze mois après, on s’aperçoit que celui-ci est peut-être pire que celui qu’il se vantait de remplacer. L’affaire Benalla en dit long sur les pratiques du nouveau pouvoir. Le plus grave tient dans la manière dont les députés de LREM ont été choisis. Pour la plupart sans aucune expérience politique, ils font preuve d’une incompétence notoire dans l’exercice de leur mandat, qu’ils camouflent derrière les éléments de langage fournis quotidiennement par le service communication de l’Elysée et une arrogance insupportable excluant tout dialogue démocratique. La plupart viennent de la gauche, mais une frange non négligeable a été recrutée chez les gens du centre, qui comme chacun sait, sont souvent plus à droite que la droite… Ce manque d’homogénéité aggravé par un projet flou produit des tiraillements et des effets contraires que le « en même temps » n’arrive  pas à concilier. Ainsi, la  « loi Pacte » propose de supprimer  le seuil des 20 salariés, ce qui est une bonne chose, mais bute sur celui des 50 qui aurait été beaucoup plus facilitateur pour l’emploi et la croissance des entreprises dont par ailleurs on assortit le projet « économique » d’un objet « social et environnemental », deux nouvelles contraintes très dissuasives. Résultat, c’est  illisible et les Français ne s’y retrouvent pas. Pour autant, l’ancien monde ne va guère mieux. Hollande avait pulvérisé le PS qui s’est complètement crashé. Mais les trahisons  à droite continuent de peser lourd. Notre électorat, écoeuré par la présidentielle, par les passages dans l’autre camp, les discordes, les « prises de distance »,  les comportements ambigus des « juppéistes » et des « constructifs », ne va pas facilement soutenir les nouveaux dirigeants qui tentent de le mobiliser. Le noyau dur subsiste, mais il n’arrive pas encore à s’élargir. Chat échaudé craint l’eau froide.  Le discrédit des « politiques » est massif, et il faudra du temps pour retrouver de la crédibilité : comment croire des gens quand leurs  amis proches font aujourd’hui au gouvernement le contraire de ce qu’ils préconisaient hier ! Il faudrait un « électrochoc », un « Grenelle de la droite » pour mettre à plat les ambitions, les rancoeurs, les faux-semblants et faire émerger un projet. Pour l’instant le spectacle que la droite et le centre offrent ne peut susciter que le mépris ou l’indifférence.

Le  meilleur moyen de tuer la démocratie, c’est de tuer les partis.

Il faut prendre au sérieux le mouvement des « gilets jaunes ». Peut-être sera-t-il sans lendemain,  mais ça m’étonnerait. Il y a un vide que les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de combler. Si vous interrogez les Français, bien peu sont ceux qui montrent de l’intérêt pour les partis politiques. C’est le manque de considération qui domine. Il y a pourtant grand danger à laisser proliférer des mouvements compulsifs non encadrés : une récupération  sera inévitable à un moment ou un autre. Forcément, ils chercheront à se structurer, ce qui est probablement déjà en cours. Et les « extrêmes » qui voient le parti à en tirer sont à l’affût. Les  mobilisations « citoyennes » puent l’anarchie à plein nez, aussi bon enfant soient-elles. Elles sont un grave danger pour la démocratie représentative. Pour le coup, avec facebook et autres relais,  c’est bien l’intrusion du « nouveau monde » dans la politique. Celui que Macron avait préfiguré avec ses adhérents sans cotisation inscrits par internet, qui ont bien du mal à faire « parti ». Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui,  ce « nouveau monde » lui échappe totalement et se dresse devant lui. Maigre consolation, car les autres partis sont aussi à la ramasse et courent derrière les « gilets jaunes »  avec beaucoup de difficultés pour se  positionner. Les  partis structurés, comme « Les Républicains », qui ont encore quelques forces,  devraient rapidement imaginer une évolution pour s’adapter  à ces nouvelles formes de  pratiques  politiques. Au risque de disparaître à courte échéance ! Et la démocratie représentative avec… Merci Macron !

 

 


PLACE DES REPUBLICAINS : FORUM ET DEBAT

 

Le Forum PLACE DES REPUBLICAINS revient avec  pour thème :

 "LES  60 ANS DE LA CONSTITUTION DE LA Vème REPUBLIQUE",

une présentation de la Constitution suivie d'un débat animé par Daniel HOULLE et Stéphane PIEDNOIR.

Un moment festif est prévu pour fêter cet anniversaire, aussi est-il impératif de s'inscrire (attention, il est grand temps).

On peut aussi venir avec  son gilet  jaune.

J'espère vous rencontrer samedi  !

Daniel

Invitation for002

 

 


IL FAUT QUE L’EXECUTIF ARRETE DE NOUS MENTIR !

Contribuable détroussé

 

Non,  la  croissance n’atteindra pas 1,6% en 2018

Avec une progression estimée à 0,4% au quatrième trimestre par la Banque de France, après 0,2 % aux premier et deuxième trimestres, et 0,4 % au troisième, on ne voit pas comment elle pourrait atteindre 1,6% ! Ce sera  plutôt 1,2 ou 1,3% et ce sera déjà bien si on tient compte de l’environnement à la baisse en Europe et surtout en Allemagne, notre premier partenaire. Par rapport aux prévisions du gouvernement à 1,7 %, c’est donc un manque à gagner d’environ 11 milliards d’euros qui va creuser le déficit ou la dette.  Encore faudra-t-il regarder aussi du côté de la balance commerciale à quel niveau de déficit on sera. Pas étonnant que Philippe ne veuille pas baisser les taxes !

Non, les taxes sur les  carburants  ne sont pas justifiées

Certes l’augmentation des taxes a été décidée sous Hollande. Ce n’est pas une excuse valable.  On peut toujours revenir sur des décisions. D’abord, il aurait fallu tenir compte des aléas du prix du pétrole,  que nous payons, rappelons-le, en dollars.  Le prix du baril doit être corrigé du cours de la monnaie américaine, ce qui fait que les hausses ou les baisses à la pompe ne sont pas toujours très compréhensibles. La conjonction de la hausse du prix du baril avec celle du dollar auxquelles sont venues se rajouter les taxes dites « vertes » a débouché sur des prix à la  pompes proprement insupportables. D’autant plus que le système de taxation est depuis trop longtemps hystérique puisque l’Etat y taxe même ses  propres taxes en leur appliquant la TVA !   Quant à l’écologie, tout le monde a compris qu’elle était surtout un prétexte puisque ce sont des sommes dérisoires qui lui sont consacrées sur le pactole récupéré. Pour que les hausses soient acceptées, il faudrait qu’elles ne soient pas punitives, c’est-à-dire à fiscalité globale constante par transferts, et que l’argent ainsi récupéré finance vraiment une transition verte. Sauf que le budget de l’Etat interdit tout « fléchage ». Il faudrait  un gouvernement vertueux. Peut-on faire confiance à des menteurs ?

Non, les 80 km/heure ne sauvent pas des vies.

Depuis le début de l’application de la nouvelle réglementation, les organismes qui comptabilisent la mortalité routière en sont aujourd’hui à +26, par rapport à la même période antérieure.  Il est évidemment trop tôt pour tirer des conclusions définitives.  Mais on voit bien par contre le « jack-pot » des contraventions générées par les radars.  De quoi ajouter au mécontentement général que l’exécutif  a tort de sous-estimer.

Non, il n’y a pas plus de pauvres.

Chaque fois que l’exécutif invente un dispositif  de « compensation », il le fait par des mesures « sous conditions de ressources ». C’est encore par ce genre d’usines à gaz qu’il compte calmer  le mouvement des « gilets jaunes ». Mais les classes moyennes plus ou moins aisées n’en peuvent plus de ces régimes discriminatoires qui divisent toujours plus la France en deux, entre ceux qui sont aidés et qui touchent et ceux qui payent tout plein pot.  Or, l’indice « gini »,  l’indicateur international de la pauvreté est stable depuis de nombreuses années pour la France. Il n’y a donc pas d’aggravation de la pauvreté, contrairement à ce que le discours ambiant tend à nous faire croire. Les  mécanismes d’aides  mis en place,  qui font de notre pays à la fois le recordman des prélèvements avec plus de 1 000 milliards d’euros et celui où l’on trouve le plus de dispositifs « sous conditions de ressources » pour satisfaire l’obsession égalitariste, conduisent à un appauvrissement généralisé et empêchent les entreprises de prospérer par le poids qu’ils font peser sur elles. Les résultats en sont le chômage structurel chronique, les déficits publics, la dette et le commerce extérieur en berne.

Non, Macron n’est pas  le sauveur de l’Europe.

La journée du 11 novembre aura été pour le Président français celle du changement de pied.  Dans sa pensée complexe, le schématisme « d’homme de l’ouverture » dans lequel il s’était réfugié face aux « forces populistes du repli », prolongé  par  une comparaison douteuse avec la  montée des nationalismes dans les années 30, a dû laisser la place à un discours où le patriotisme est mis en exergue cette fois-ci, comme contrepoint au nationalisme. Il fallait atténuer les angles en présence des dits « populistes » parmi les quelques 60 chefs d’Etats venus commémorer la paix . Cela ne change pas grand-chose : sa dénonciation des nationalismes,  même élargie au  monde entier est à  mettre en relation avec un fédéralisme européen qu’il continue de défendre et dont les Français ne veulent plus. Mais on voit bien la manœuvre. En se plaçant sur le terrain du patriotisme,  il veut réinvestir le champ de la droite ;  il a compris que le danger ne venait pas seulement des extrêmes qui veulent détruire l’euro et l’Europe, mais aussi  de ceux qui souhaitent garder l’Europe  tout en la réformant et sans fuite en avant vers plus d’intégration. Un axe vers lequel il tend désormais. La politique du coucou chère à Emmanuelle Macron. La droite républicaine aura intérêt à dénoncer la manoeuvre, car derrière  les  mots, la même volonté politique subsiste. Ceux qui peuvent sauver l’Europe en contrecarrant la vague du populisme, ce sont les partis qui composent le PPE. Ceux que Macron,  précisément veut détruire. Ce n’est certes pas le moyen de sauver l’Europe !

Dans ma  prochaine note, j’aborderai le sujet des « gilets jaunes » et vous dirai ce qu’on peut en penser.

 


AH NON, PAS PETAIN ! (Pauvre France)

Archibald en colère

 

Déshérence mémorable

La cote de confiance du chef de l'Etat recule pour le troisième mois consécutif dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » et tombe à 27 %. Signe que « l'impopularité devient hostilité », 44 % des Français ne lui font « pas confiance du tout », soit une hausse de 9 points sur un mois, et sept Français sur dix (69 %) ne lui font « pas confiance ». Ce qui montre un durcissement inquiétant pour lui. Lorsqu'ils sont interrogés par les instituts de sondage, les Français ne font même pas référence à la baisse de la taxe d'habitation ni à  celle des cotisations sociales, intervenues en octobre. Ces deux arguments font partie de la rhétorique macronienne mais n’impriment pas.   En ce qui concerne les baisses de cotisations sociales sur les salaires, payées par les salariés, c’est un mauvais argument pour trois raisons.  D’abord, le gain est assez minime, deuxièmement il donne le sentiment que l’Etat fait l’aumône puisque c’est de lui que procède la diminution de cotisations qui participaient au financement de la sécurité sociale, troisièmement en contrepartie, la  CSG a été augmentée de 25% au début de l’année. Les salariés ne sont pas dupes. Ils savent par ailleurs que l’Etat devra trouver l’argent pour financer la Sécu dans leur poche ou par la dette. Enfin le raisonnement du Président fait l’impasse sur l’inflation. Or on ne peut débattre de la question du pouvoir d’achat sans regarder aussi du côté de l’inflation : le pouvoir d’achat désigne non pas ce que l’on gagne – sa « fiche de paie » ou le montant de sa pension retraite – mais ce que l’on peut acheter avec ce que l’on gagne et il dépend donc de manière cruciale de l’évolution des prix. Si on ajoute au cocktail, les taxes multiples qui viennent s’ajouter, on obtient le résultat que l’on sait.  Le ras-le-bol  fiscal ! « L’itinérance mémorielle » devient donc « une déshérence  mémorable ».

Objectifs de croissance bien optimistes.

Avec 0,4 au premier semestre, suivi d’un 0,4 au troisième trimestre, la croissance française n’a pas encore atteint 1%: 0,8 % ! Pourtant les observateurs continuent de tabler  sur 1,6  % pour l’année 2018. Il faudrait un furieux rebond de  0,8 % minimum au quatrième trimestre pour y parvenir. Il y a bien sûr la suppression du 1/3 de la taxe d’habitation pour ceux qui en bénéficient, mais il  n’est pas dit que les Français dépensent ce bonus.  Car  l’horizon s’assombrit et ne va pas vers  une conjoncture aidante. Bruxelles n'est pas très optimiste sur l'état de santé de l'économie européenne. La Commission européenne révise à la baisse ses perspectives de croissance pour l'an prochain à 1,9 % en 2019 contre 2 % annoncé cet été et prévoit un ralentissement à 1,7 % en 2020.  Et l’Allemagne, notre principal  partenaire révise aussi à la baisse ses objectifs.  Le coup de frein de l’environnement économique européen, annoncé par Jean-Marc Daniel, se précise  et pourrait mettre à mal la croissance française. Si on fait 1,3 % ce sera  peut-être le  bout du monde. Et avec une inflation à 2 % … Et avec quel déficit commercial ?

Une victoire en « Trump l’œil » !

Trump a le triomphe tonitruant mais il perd gros  en perdant la majorité à la chambre des représentants. Aussi, il n'a pas attendu. Il tend la main aux démocrates en façade mais c’est pour mieux tenter de les étrangler. Car la main tendue s’accompagne de menaces. Du pur Trump ! S'ils adoptent une « warlike posture », il répliquera. Et violemment. Là, on peut lui faire confiance. De leur côté, les démocrates se préparent déjà à l'attaquer sur les impôts, sur les conflits d'intérêt, sur ses relations avec la Russie pendant la campagne, entre autres. Les  sujets d'affrontements ne manquent pas. Sans perdre de temps, le Président a annoncé qu’il serait candidat à sa succession. On est donc parti pour deux ans de guerre sans merci et deux ans de campagne électorale féroce. Les démocrates réclament déjà des auditions sur le renvoi de Jeff Sessions, l’opposition estime que le limogeage du ministre de la Justice plonge les États-Unis « en pleine crise constitutionnelle ». Rien ne va pouvoir avancer dans les deux ans qui viennent aux États-Unis, entre Trump, une chambre des Représentants démocrate et un Sénat républicain. On appelle ça le « gridlock » ! (l’impasse). Pas de quoi inquiéter les marchés :  c’est le scénario idéal pour les investisseurs. Pour l’instant.

 


LES ANCIENS ONT LA VIE DURE

Hollande 14 Royal jt 2 Sarkozy lambersart

 

 

 

Pendant une semaine nous allons être saturés de Macron à toutes les sauces mémorielles ou pas.  Alors échappons-nous un peu !

Le retour des boulets

François Hollande et Ségolène Royal y croient encore. Ils rêvent toujours l’un de retrouver le palais présidentiel, l’autre de le conquérir. François Hollande n’a aucune retenue.  Oublié le bilan calamiteux de son quinquennat, oubliée son incapacité à se représenter, oubliées les cinq années perdues pourtant propices aux réformes qu’un contexte particulièrement favorable avec  « l’alignement des planètes » rendait possibles. Il revient comme si seule comptait la trahison dont il a été victime par celui qui occupe la place aujourd’hui.  Désir de vengeance ? Pas seulement.  Les  commentaires méprisants à l’égard de son successeur, sur ses « enfantillages », « son manque d’expérience », laissent percer une présomption qui n’a jamais quitté le personnage. Et pourtant, le seul souvenir de son passage aux affaires et du bilan qu’il a laissé devraient dissuader les Français, au moins l’électorat du PS, de revoter pour lui. Ils n’ont pas oublié l’humiliation qu’il leur faisait subir chaque fois qu’il se déplaçait à l’étranger ; ils n’ont pas oublié les hausses vertigineuses des impôts ; ils n’ont pas oublié l’incapacité à maîtriser les dépenses publiques… Quant à Ségolène Royal, c’est une autre affaire. Elle n’a pas assez à s’occuper avec ses  hectares de glaces à représenter comme ambassadrice des Pôles.  Elle a caressé l’espoir de reprendre du service après le départ de Hulot mais à l’Elysée  on n’avait pas envie de réchauffer la vipère. Alors elle revient sur le devant de la scène pour régler ses comptes avec un livre  aux nombreux passages qui paraîtront « croustillants » aux amateurs de « politique vue par Gala ». Selon ceux qui ont lu l’ouvrage, tout le monde y passe : Sarkozy, Hulot, Hollande évidemment pour l’avoir trompée avec  une plus jeune qu’elle, Macron, Bayrou … Elle développe la thèse de la femme qui gêne en proie au sexisme de la classe politique. Se poser en victime : son meilleur rôle. En oubliant qu’elle a souvent tendu le bâton pour se faire battre. Mais c’est une manière de solder  le  passé pour prétendre  à de nouveaux horizons.  C’est que la « duchesse du Poitou » se rêve en sauveuse de la gauche en prenant la tête d’une liste aux Européennes. On n’a donc pas fini de la voir pérorer avec sa  condescendance naturelle. Les deux annoncent clairement que l’Elysée reste un objectif. Combien de temps ces deux boulets vont-ils polluer le débat  politique ? La réponse,  c’est la même que celle du fût du canon pour refroidir : un certain temps !

Lui, il n’est pas en manque.  Mais…

Nicolas Sarkozy fait quand même tout pour qu’on ne l’oublie pas. Il  est trop  occupé pour faire de la politique, mais il trouve quand même le temps de délivrer une longue interview au Point. A la différence des deux premiers qui se vautrent dans le terre-à-terre, il fait le choix  de  l’altitude. Une manière aussi de montrer sa connaissance des grands dossiers nationaux et planétaires, façon de prouver qu’il  n’est pas encore « has been ». Il expose dans ces longues pages sa vision des grandes questions diplomatiques de l'heure, tout en lançant des piques de-ci de-là sur la manière de gouverner de l'hôte de l'Elysée,  tout en s’abstenant de critiquer évidemment. Ce passage en revue ne laisse aucune question importante de côté et chacune est traitée avec une rare acuité. Manifestement, l’ancien chef de l’Etat a une vision du monde, démontre qu’il est capable de se projeter, et, en creux, fait ressortir la vacuité de celui qui est aux manettes comme de son prédécesseur. La  France, l’Europe, la démographie, l’islam, le populisme, Trump, les valeurs… Les sujets ne manquent pas sur lesquels son analyse fait mouche. Il n’est  pas dans le combat politique mais quand on lui pose la  question : « Qu’est-ce qu’un leader ? », la réponse qu’il donne lui correspond tout-à-fait : « Pour conduire un pays, il faut quelqu’un qui ait la vision de ce que doit être l’avenir… ».  Il  n’hésite pas  non plus à aller franchement au fait, quitte à  provoquer : « Faire de Viktor Orban un dictateur et un leader de l’extrême-droite ne correspond pas à  la réalité »,  ce qui est vrai mais pas forcément admis  dans nos cercles officiels. Mais il  l’a dit et répété : « Je ne suis plus dans le combat  politique ! ».  Néanmoins, il passe ton temps à recevoir des élus dans ses bureaux de la rue Miromesnil, non loin de l'Elysée. Et s’il donne parfois l'impression de parier sur l'échec  de Laurent Wauquiez, c’est « une fausse impression », s'insurge-t-il. Il n’empêchera pas les lecteurs de son interview de penser qu’il se pose, ce faisant, en recours. Pour le moins. Echaudé  par sa dernière tentative de retour,  vous ne lui ferez plus jamais dire qu’il  y pense. Mais ne pas le dire, n’empêche pas d’y penser. En tout cas c’est la conclusion à laquelle j’arrive.  Une interview à lire absolument,  c’est  un cours de politique de haut niveau.

 


LES INCONGRUITES DE M. MACRON NE SERVENT PAS LA FRANCE

Macron de dos

L’histoire ne se répète jamais, même quand il arrive qu’elle bégaie. 

Le Président par inculture historique ou syndrome de la communication tombe dans un piège ridicule par simplisme. En comparant notre époque à celle des années 30, il cède à de nombreuses facilités  plus caricaturales que réelles. Les « éléments de langage »  aussi bien affûtés soient-ils feront long feu face aux esprits cultivés. Ils  abuseront peut-être les incultes à qui on a infusé depuis de nombreuses années une histoire simplifiée, idéologisée et fragmentaire. Aussi débute-t-il son « itinérance mémorielle » avec le  même boulet, comme  le souligne une professeure d’histoire-géographie, auteur du livre « Génération ‘j’ai le droit’ », dans un tribune,  publiée par Le figaro,  dénonçant l’inconséquence des programmes d’histoire qui amène à traiter la guerre de 14-18 en 3 heures de cours…  quand j’y passais presqu’un trimestre, il y a 20 ans. Mais revenons au discours présidentiel.

Comparaison n’est pas raison.

Dans son approche, Emmanuel Macron commet une première erreur.

Celle d’oublier le contexte,  la toile  de fond qui oblige à resituer tout événement dans son époque avant d’oser un parallèle. Certes, Staline, Hitler et Mussolini ont été des dirigeants néfastes pour leurs peuples et pour la paix du monde.  Ils ont porté des idéologies qui ont fait des ravages en Europe et notre devoir commun est de ne jamais l’oublier. Mais oser les comparer à Orban, Salvini et pourquoi pas Morawiecki en Pologne et Kurz en Autriche, est une absurdité historique. Ce ne sont pas des fascistes. La défiance qui s’est installée au sein des peuples européens vis-à-vis de la construction européenne vient de la manière dont les partisans d’une union plus « intégrée » ont imposé leurs choix en donnant l’impression de ne pas tenir compte des scrutins.  Et le mal n’a fait que s’aggraver depuis 2005 après le « non » à la Constitution. La  montée en tension que l’on connaît aujourd’hui n'est pas imputable au seul Emmanuel Macron, elle est à l'œuvre depuis que l’on a voulu contourner ce refus par les traités qui ont suivi. Rien à voir avec les tensions et les antagonismes nationaux de la fin des années 30. Le  discours du Président français apparaît donc comme une opération politique profondément anti-européenne propre à attiser les colères en insultant les peuples qui ont élu les dirigeants précités. Il contribue ainsi à aggraver les tensions entre partenaires européens. Et le clip, scandaleusement partisan, émis sur les chaines de télé, par le gouvernement, n’arrangera rien. Du jamais vu en la matière sous la Vème : de la propagande officielle payée par le contribuable !

Il fait une deuxième erreur qui frise l’incongruité.

L'Europe de l'entre-deux-guerres n'est évidemment pas comparable en termes politiques à l'Union européenne des 28. Trois facteurs énormes les différencient. En premier lieu,  l’Europe d’alors était composée d'États-nations souverains qui n’appartenaient pas à une entité supranationale comme c'est notre cas. En second lieu, des idéologies concurrentes puissantes imprégnaient les peuples (communisme, fascisme, nazisme) et s’étaient formalisées politiquement dans trois pays, la Russie, l'Italie puis l'Allemagne, alors qu’aujourd’hui, aucun des Etats de l’Union ne remet  en cause l’économie sociale de marché qui y règne en maitre. En troisième lieu, et c’est un moteur fondamental de la guerre, l'URSS et le IIIe Reich avaient des ambitions d'expansion territoriale, sinon d'hégémonie planétaire, et il s'agissait de nations hyper militarisées. On cherche vainement les « légions » d’Orban ou de Salvini et encore plus une intention belliqueuse quelconque.

Il fait une troisième erreur, grave elle aussi. 

Une erreur d’appréciation. Les  « lépreux » qu’il  dénonce avec mépris, souhaitent, peut-être avec  trop d’intransigeance (à voir),  se concentrer sur leurs intérêts nationaux, protéger leurs frontières de flux migratoires incontrôlés que l'Europe de Schengen n’arrive pas à enrayer, refuser la société multiculturelle dont ils observent les échecs en France, en Allemagne, au Royaume-Uni, en Belgique. Prendre en compte ce besoin de protection de l’identité, même Hubert Védrine, qui ne passe pas  pour un foudre de guerre nationaliste, y appelle, si on veut consolider l’Union. Ils  agissent au nom d’un choix de souveraineté politique pour laquelle leurs citoyens les ont élus. Des citoyens qui peuvent encore se dédire aux prochaines élections puisque ni Orban, ni Salvini n'ont remplacé la démocratie par l'autocratie, sans compter que le second fait partie d’une coalition et ne gouverne pas seul. Et on  pourrait encore gloser sur leur arrivée au pouvoir qui n’est en rien comparable  avec celles de ceux à qui on veut les comparer, qui n’avait pas grand-chose de « démocratique ».  

Puisqu’on prend l’Histoire à témoin.

On ne peut pas réduire la montée des totalitarismes dans l'entre-deux-guerres à une conséquence de la crise de 1929 comme le laisse croire Monsieur Macron : c'est encore voir l'histoire par le petit bout de la lorgnette. Ce genre de raccourci ne sert qu’à manipuler l'opinion pour une justifier une politique à venir. Cette manière de faire n’aide pas à comprendre ni le passé, ni le présent. La crise de 1929 a montré pour la première fois à l'échelle mondiale, où pouvaient conduire le capitalisme financier et la spéculation sans limite. Elle se développa dans un contexte protectionniste qui n’existe pas aujourd’hui à la même échelle. Elle déstabilisa les démocraties,  certes,  mais il existait d’autres germes  comme le désir  de revanche de l’Allemagne, humiliée lors des traités qui mirent fin à la  première guerre mondiale, comme les menées bolchéviques sur lesquelles l’URSS naissante s’appuyait pour répandre le communisme en Europe, comme l’affaiblissement de la 3ème République minée par ses rivalités politiciennes…

En tout cas, tout cela ne justifie en rien de tels sermons, une telle arrogance qui ne servent ni la France, ni la cause de l’Europe. Jupiter se voulait le « roi du Monde, de l’Europe, il a bien du mal à être le Président de tous les Français » : une « dégringolade » comme le raille Luc Ferry, en attendant une « sévère déculottée » ?

Un autre chemin existe.

Celui de  la prise en compte des  aspirations des peuples pour faire évoluer l’Europe actuelle  afin qu’elle réponde à leurs vraies préoccupations et aux défis de l’avenir pour lesquels la dimension européenne est utile : protection contre l’invasion immigrationniste,  grands projets communs d’équipements, de recherche, et investissements massifs dans l’intelligence  artificielle, défense commune  ,  etc…  Il y a mieux à faire que d’exacerber des tensions en ignorant leurs causes réelles. Pour ce faire,  « Les Républicains » ont bâti un projet sur sept  piliers fondamentaux.  Les sept piliers de la  raison  ou de la  sagesse : 1. la France a besoin de l’Europe pour répondre aux défis qui sont face à nous. 2. Des frontières sûres : la protection de nos frontières européennes face à l’immigration de masse incontrôlée doit être une priorité absolue. 3. Des frontières stables : aucun nouvel élargissement de l’Union Européenne ou de l’espace Schengen. 4. La préférence européenne et la réciprocité pour nos entreprises, nos emplois et nos agriculteurs avec principe de réciprocité doivent être l’élément fondateur de notre politique commerciale. 5. Refus de la concurrence déloyale : libre entreprise et refus la concurrence déloyale par exemple avec le détournement du travail détaché. 6. Moins de normes. Plus de projets : il faut revoir les compétences de l’Union Européenne : moins de normes, plus de décisions prises au niveau des Etats et de nouvelles coopérations dans les domaines de la Défense, de la recherche médicale, d’Internet, des grandes infrastructures de transport etc.. 7. Une civilisation européenne : ne pas oublier qu’avant d’être une construction institutionnelle, l’Europe est une civilisation commune, dont nous voulons transmettre l’identité, la culture, les racines et les valeurs.

Voilà le projet que « Les Républicains » vont porter et développer jusqu’à l’élection du mois de mai. Sans invectives à l’égard de quiconque. Mais avec  la  sérénité d’offrir une  voie  réaliste à  mi-chemin des progressistes à tout crin et des souverainistes inconséquents.

 


SANTE : COMMENT MACRON L'ETATISE AVEC SA REFORME

Réforme santé

 

Vers un système  à l’anglaise

Déjà la part du financement de la santé est de moins en moins assurée par les charges sociales, puisque la  part de l’impôts via la CSG grossit petit à petit et finira par remplacer  les cotisations salariales. On s’éloigne du modèle dit « bismarckien », fondé sur l’assurance assise sur le travail, pour se rapprocher du modèle dit « beveridgien » à l’anglaise, de type assistanciel, piloté par l’Etat. On sait déjà à quoi s’attendre : une médecine à deux vitesses, avec des médecins « fonctionnaires » et les anglais qui ont les moyens qui viennent se faire soigner en France. 

Le plan santé 

Les  médecins ont pourtant applaudi quand le Président de  la République a présenté son projet, parce qu’il  vise à sortir du modèle tricolore hospitalo-centré et englobe tous les acteurs, privés et publics, dans une évolution systémique. Des lignes de force qui paraissent logiques, en effet : deux paris,  celui du territoire et celui de la confiance aux acteurs de santé. On tourne le dos à l’ère idéologique Touraine, dont le parti pris était de réserver les missions de service public au seul hôpital public, au mépris des réalités du terrain. Pour autant, si l’approche est claire, paraît cohérente et bien pensée sur le papier, en donnant une vue d’ensemble où chacun trouve sa place,  la ville  comme l’hôpital, avec une gradation des soins, et en partant des territoires, rien n’est réglé. Il faudra réformer les directoires et conseils de surveillance institués par la loi Bachelot,  et renouveler les  directeurs des ARS  tout en divisant les effectifs de leur personnel par deux. Il faudra aussi  supprimer des pans entiers du Code de la santé publique pour laisser une vraie liberté aux hospitaliers. Enfin, il faudra réguler l’offre de soins de la médecine de ville et c’est le plus compliqué à mettre en place, car la  grande difficulté d’aujourd’hui c’est justement pour les établissements hospitaliers  d’avoir en face d’eux, localement, des interlocuteurs libéraux pour assurer la  permanence des soins, les parcours de prise en charge, mettre en place les coopérations.

Déjà ça commence mal

« Le  compte n’y est pas » dans le budget 2019 de la Sécurité sociale constate la fédération hospitalière de France, et  appelle à plus de volontarisme. Pour mettre en place la réforme, il y a une double nécessité : réguler les soins de ville et accompagner financièrement la transition.  Dans le  budget 2019 on ne retrouve ni l’approche des territoires, ni les nouvelles régulations pour la médecine de ville. Le gouvernement continue à surestimer l’activité des hôpitaux et à baisser les tarifs  en sous-estimant la progression de leurs charges, supprimant tout lien entre le coût d’une pathologie et la somme versée  pour la traiter. Et le système shaddock fait le reste : on gèle les crédits des hôpitaux puis on puise dans ces crédits gelés pour financer les dépassements de la médecine de ville, et présenter ainsi une sécurité sociale en équilibre… Avec une équation insoluble pour les hôpitaux à qui on demande 960 millions d’euros d’économie  cette année.  L’investissement hospitalier est tombé à moins de 4 milliards d’euros par an, là où près de 7 seraient nécessaires en rythme de croisière !

La  fin du modèle libéral ?

« En même temps », la réforme enterre le modèle national de médecine libérale. D’abord en battant en brèche son principe fondateur : le  paiement à l’acte, pour le remplacer par le forfait qui s’appliquera « pour commencer » dès 2019 à l’hôpital  pour l’insuffisance rénale et le diabète. Les  médecins de ville suivront. Deuxio, la réforme veut mettre fin à l’exercice « isolé » -aujourd’hui majoritaire- du médecin dans son cabinet, pour le remplacer par les cabinets de groupe qui devraient procurer efficacité et convivialité. Avec le risque, comme  c’est le cas pour les cliniques et les laboratoires absorbés par des grands groupes, que ces cabinets regroupés et maisons de ville de connaître le  même sort, les médecins devenant de simples salariés. Troisio, le plan Macron pose l’obligation de former des « communautés professionnelles territoriales de santé ».Il en existe aujourd’hui 17,  il en voudrait 1000 d’ici à 2022.   Mais ça coince, avec un cahier des charges très rigide, organisé d’en haut et peu de latitude laissée aux acteurs. Quarto, 400  médecins salariés des hôpitaux vont être envoyés dans les déserts médicaux jusqu’à ce que la fin du numerus clausus crée  l’offre de soins suffisante et permette de les remplacer.  En espérant que la  surabondance ne débouche pas sur l’instauration de règles strictes pour réguler les ouvertures de cabinets. Et quand on sait que la cohérence du système  sera alors assurée non plus par les cotisations et les  partenaires sociaux,  mais  par l’impôt et l’Etat … la  boucle est bouclée.

Une médecine administrée

Il y a gros à parier que la  régulation des soins se fera par des incitations et des contraintes calculées à partir d’écarts-types, de moyennes d’actes, avec des remboursements dégradés et potentiellement des déconventionnements pour les établissements ou les professionnels de santé qui s’écarteraient trop des référentiels. .  Quand on voit les résultats que l’Etat obtient avec l’économie française qui crève d’être administrée… on sait à quoi s’attendre pour la  médecine.

 

 


« EN MARCHE… VERS L’IMMOBILISME »

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Dans son livre « En marche vers l'immobilisme »  Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation IFRAP, tire la sonnette d'alarme : le gouvernement ne va ni assez vite, ni assez loin dans sa politique de réforme de la France. Rien ne serait pire que de sombrer dans le piège de l'enlisement. Les quinquennats passent mais les urgences restent les mêmes : réduire les dépenses publiques et les impôts, mais aussi renforcer au plus vite la compétitivité des entreprises.

Et le verdict tombe à la page 235 : « Deux choix s’offrent  maintenant à nous : continuer à vivre dans l’obscurité ou allumer la lumière. » Et elle ajoute : « Les Rentiers de la République,  ceux qui refusent de faire le bilan,  de regarder en face les faits et  les chiffres de l’état de la France écornent chaque jour un peu plus la démocratie. Ils manquent de courage, de panache, mais aussi de clairvoyance.  Pour se  maintenir  ils  laissent les citoyens dans l’illusion du redressement économique. Avec  le risque majeur de dérouler le tapis  rouge aux populistes et autres  bonimenteurs. »… Le  verdict est sans appel.   « Le  gouvernement tombe dans le panneau des fausses réformes et complique un peu plus  chaque jour la vie des  Français.  La réforme de la formation professionnelle qui ne simplifie rien et conserve des structures avec des emplois quasi fictifs,  le  prélèvement à la source, la réforme de  la taxe d’habitation avec  sa cascade d’impôts  en vue… Impuissance à éclairer suffisamment le  projet gouvernemental, à en faire la pédagogie, impuissance à ne pas  se  perdre dans les détails technocratiques, impuissance à vaincre  les résistances provenant tant des corps  intermédiaires que de sa propre administration ! »

Quand les promesses s’évaporent…

La grande réforme fiscale se fait attendre, les économies promises sont restées lettres mortes, l'administration responsable de biens des blocages n'a pas été remise au pas, mais la communication bat son plein. Certes, des réformes ont été lancées. Mais elles se révèlent trop timides et très imparfaites dans leurs mises en œuvre. Bref, Agnès  Verdier-Molinié craint que le mandat d'Emmanuel Macron ne s'enlise dans les mêmes sables mouvants que ceux de ses prédécesseurs. Ce livre est un essai concret et pragmatique,  un petit manuel de la réforme agrémenté de quelques idées simples et efficaces pour libérer les énergies et redonner du pouvoir d'achat aux particuliers ainsi que des marges d'investissements aux entreprises. C'est un livre "libéral", ce qui nous permet de relativiser le "libéralisme" macronien.

Tout ça pour ça !

Dans « En marche vers l'immobilisme », Agnès Verdier-Molinié nous dit en quelque sorte: « Tout ça pour ça ? »

Voici une petite liste de ses constats :

- le prélèvement à la source se révèle être un choc de complexité et se résume à cette alternative extravagante pour le contribuable : dévoiler [ses] revenus ou payer plus cher !

- la non-transparence publique est toujours ce qu'elle était : le public, par exemple, cache des emprunts en milliards d'euros que le citoyen ne saurait voir, qu'il s'agisse de la Ville de Paris ou de la SNCF.

- les prélèvements obligatoires ne baissent pas : un impôt (ou une taxe) qui baisse peut en cacher un ou une autre qui monte comme  par exemple : d'une part baisse des cotisations sociales et d'autre part hausse de la CSG ; et la suppression de la taxe d'habitation sera inévitablement compensée...)

- Pôle Emploi coûte et ne sert à rien.

- le nouvel ennemi de classe est le détenteur d'immobilier : pourtant, quand le bâtiment ne va pas, rien ne va...

- l'insécurité est toujours ce qu'elle était, par enlisement et aveuglement.

 Les grands corps de l’Etat ont leur part de responsabilités :

- le Président en est issu et s'entoure de ses semblables...

- ils sont les grands bénéficiaires du système et de ses prébendes, qu'il s'agisse des administrateurs des finances publiques, des administrateurs des douanes ou des parlementaires.

- ils dissimulent les chiffres de l'exil fiscal qui ne diminue pas par la grâce des impôts confiscatoires et du repoussoir qu'est l'impôt sur la fortune immobilière.

- l'ENA ne sera pas réformée et le recrutement des hauts fonctionnaires non plus.

- le nombre de fonctionnaires ne baisse pas significativement et les dépenses publiques pas du tout.

- les fonctionnaires de l'Assemblée nationale ne sont pas moins bien lotis que les hauts fonctionnaires et tiennent tout autant à leurs prébendes.

Et  puis il faut compter avec les bloqueurs : 

- les syndicats de l'éducation nationale : malheur aux dissidents...

- les agents de la fonction publique : pas touche à leurs avantages et à leur temps de travail...

- les syndicats de la SNCF : pas touche à leurs avantages, à leur régime de retraite, etc. La réforme n’y a surtout pas changé grand-chose.

- les syndicats, plus forts dans le public que dans le privé : les ordonnances se caractérisent par beaucoup de reculades et peu d'avancées... et le Code du Travail ne fait que gonfler. Contrairement à ce que d’aucun a cru.

Ce qu’il faudrait faire…

Elle donne aussi sa feuille de route  qu’elle conseille au gouvernement : «  Le gouvernement et l'administration doivent garder en mémoire les 8 objectifs suivants : fiscalité à 40% du PIB [45% actuellement] ; des dépenses publiques à 50% du PIB [57% actuellement] ; un coût de fonctionnement des administrations à 25% du PIB ; une masse salariale à 11% ; 6% de chômage ; 74% de taux d'emploi ; 10 000 communes et interco ; 115 000 élus max ; la retraite à 67 ans.. ».

 Ce n'est même pas ambitieux. Ces objectifs nous permettraient simplement de revenir au niveau de la moyenne européenne... Et cela ne réduirait évidemment pas la dette publique qui tangente les 100% du PIB...

Le tout démontré, chiffres à l’appui,  exemples  concrets et comparaisons parlantes. Tout ce qu’elle constate est étayé, tout ce qu’elle propose existe ailleurs et donne des résultats. Alors ?

Un livre à lire absolument par ceux qui ne veulent pas  voter idiots !

 


QUELQUES QUESTIONS SUR LA PMA

Naissance

 

A en croire les médias et nombre d’intervenants sur les plateaux médiatiques, c’est une affaire entendue et qui ne se discute même plus, sauf à faire de l’homophobie : la PMA sera adoptée. D’ailleurs le Conseil Consultatif National n’a-t-il pas émis un avis favorable. Le lobby LGBT a bien fonctionné. Pas si simple ! 

Une fausse égalité

La revendication de la PMA, notamment par les couples de femmes lesbiennes, est présentée comme une exigence d’égalité avec  les couples hétérosexuels. Donc comme un droit ! Sauf que « la procréation n’est pas un droit, mais  une fonction biologique, et l’exiger pour tous au nom de la  justice sociale, comme le revendique Marlène Schiappa est parfaitement absurde ». Ce n’est pas un « excité » de la Manif pour tous qui le dit, c’est un journaliste de Charlie hebdo. En même temps, Jacques Testard, l’auteur du « bébé-éprouvette », mettait en garde contre l’eugénisme. Il y a donc une gauche qui refuse  le chantage à  l’homophobie, pour réfléchir pleinement à ce qu’implique la Procréation Médicalement Assistée étendue à toutes les femmes. Sans la technique, l’argument de l’égalité ne tient pas si on s’en tient à  la biologie, pas plus pour les couples de femmes que pour les couples d’hommes.

Le rôle de la  médecine

L’évolution de la  médecine et de ses applications techniques a toujours eu pour but le traitement des pathologies et le soulagement des souffrances et bien des chantiers restent en jachère en la  matière malgré les nombreux progrès et réussites. On voudrait aujourd’hui profiter de ces avancées pour faire entrer dans le champ de ces progrès scientifiques des applications non thérapeutiques. S’agissant de la  PMA, la  loi permet actuellement de pallier à l’infertilité d’un couple hétérosexuel vivant et en âge de procréer, avec un cadre légal bien précis.  La  loi doit-elle évoluer pour accorder à une personne ce qu’il lui est impossible d’obtenir par la nature et non en raison d’une infécondité pathologique. C’est entrer dans la logique de « l’homme augmenté artificiellement » au-delà de la nature humaine, et non plus de « l’homme soigné ».  Certains n’hésitent pas à affirmer que financer leur PMA  à des femmes qui sont biologiquement fertiles à cause uniquement de leur sexualité, alors qu’un Français sur trois renonce  à se soigner faute d’argent, c’est détourner de l’argent public à des fins privées. La  médecine deviendrait alors une activité banale qui produit et fournit des services. Doit-elle détourner des moyens pour répondre non plus à un besoin de soins, mais à la commande d’un client ?

Le « droit à l’enfant »

Car ceux qui réclament « la PMA pour toutes » veulent aussi la prise en charge des frais par la solidarité nationale. Or celle-ci n’a pas à fournir des prestations techniques mais à prendre soin des  plus fragiles. Si l’on rembourse les soins aux malades, c’est en vertu du droit à la santé. Les  procréations artificielles de femmes en bonne santé n’entrent pas dans ce champ d’application. Sauf au nom d’un droit : celui d’avoir un enfant. Et voilà comment une personne devient non plus sujet,  mais objet de droit ! De là à ce que l’enfant et sa mère ne deviennent ensuite « l’objet » d’une transaction commerciale, il n’y a qu’un pas. L’extension de la PMA consacre « un droit à l’enfant, potentiellement inconditionnel et illimité ». Or l’impossibilité d’avoir des enfants est une limitation intrinsèque que les homosexuels devraient accepter, sauf à nier ce statut  pour le faire rentrer dans le rang de l’idéal « familiariste » réservé jusque-là aux hétérosexuels. Il ne faut quand même pas confondre  la veuve ou la femme abandonnée qui élève seule sa progéniture avec la féministe qui voit son projet  aboutir, sa victoire ! Il ne s’agit donc pas d’étendre une liberté au nom de l’égalité, mais de considérer qu’avoir un enfant est un droit pour lequel la collectivité doit payer. L’Etat deviendrait dès lors un fournisseur d’enfants pour tous ceux qui, quelle qu’en soit la raison, ne veulent pas en passer par la production naturelle.

Un marché déjà en place

Le business plan est prêt, avec ses éléments de langage, son calendrier et ses  porte-paroles médiatiques et même ses représentants de commerce.  PMA-GPA, même combat. Sinon, Comment expliquer la « une » de Paris-Match »  avec la  « famille de Marc’O », et sa belle histoire à faire pleurer dans les chaumières. Il ne vient à l’esprit de personne qu’on glorifie en  le faisant un hors-la-loi. Avec  la  PMA, on entre, de facto, sur un « marché » et il ne faut pas sous-estimer la perspective d’utiliser des femmes comme moyen technique de « production d’une commande ». Des femmes-outils en quelques sortes. Ce serait la porte ouverte vers la GPA (gestation pour autrui). Et  le Conseil Consultatif nous l’annonce : la conservation des ovocytes, la généralisation des tests génétiques ne posent aucune question d’éthique générale ; ces émanations du corps humains sont devenues des objets techniques. Contrairement à ce qu’on nous raconte, la technique que la GPA  met en œuvre est la même que celle de la PMA. Seule intervient dans le  champ la nécessité de trouver un « ventre » pour porter l’enfant puisque l’homme en est incapable. Le marché existe déjà  et y pourvoira moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Que l’enfant obtenu dans un cas comme dans l’autre puisse se sentir otage d’un « ubris »  (mot à la mode), cela ne fait pas partie de la réflexion.  Il devra faire « avec ».

La quête des enfants sans racine

Personnellement, j’ai encore envie de croire  à  l’importance de « l’inné » dans la vie d’un être humain. Nous venons tous de quelque part. Le savoir, c’est rassurant. Car cet « inné » venu d’on ne sait où  peut se transformer en souffrance à travers une quête de l’hérédité. Il est encore temps de refuser qu’on fabrique des  enfants sur commande. La technique déshumanise.  Va-t-on se contenter de dire à un enfant « ton père c’est la technique et ton parrain c’est l’Etat ? ». Légiférer pour répondre à des préoccupations individuelles, c’est oublier le souci du bien commun.  Les  perspectives à la fois vertigineuses et fantastiques  des avancées technologiques ne nous imposent-elles pas d’agir avec sagesse et précaution. D’autant plus que l’on sait que pour  l’enfant qui va naitre la gestation n’est jamais anodine. La  vie fœtale comprend aussi  le vécu de la mère et il faut tenir compte de l’acquis anténatal qui aura des répercussions sur sa vie affective. Et puis en face du droit à l’enfant, ne doit-on pas mettre comme  obstacle  le fait de lui ôter la moitié de sa généalogie. S’obstiner à ne pas le voir dénote une hypocrisie, car c’est lui dénier ses propres droits. Dans cette affaire la quête génétique des enfants concernés est sous-estimée quand elle n’est pas mise sous le boisseau. Pourtant elle existe.  Ceux-là veulent que soit reconnu le droit à connaître leurs origines et ils sont de plus  en plus nombreux à espérer retrouver leur donneur grâce à  un test ADN… Cette souffrance-là est bien réelle.

Restons fidèles à l’homme soigné.  Car  après la  PMA et la GPA, viendra le  temps de la parthénogénèse le jour où elle sera possible : le temps des  enfants fabriqués sans parents sur catalogue !   Pourquoi la refuserait-on aux couples qui seraient candidats ?  L’homme apprenti sorcier, ça n’est pas une nouveauté.

 


BLANQUER EST-IL SI BON ?

Blanquer

Le chouchou à droite

Le Ministre de l’Education contribue à faire pencher la balance à droite dans l’esprit de nombreux concitoyens quand il s’agit de qualifier l’action du gouvernement. Et si on conteste en sortant quelques arguments comme ceux touchant aux attaques contre la famille, il est souvent rétorqué : « Oui, mais il y a Blanquer !». J’ai donc voulu en avoir le cœur net. D’autant plus que certains m’avaient dit que si Fillon avait été élu, c’est celui qu’il aurait choisi. Qu’en est-il ?  Justement il nous sort une loi, comme tout Ministre de l’Education qui se respecte. J’ai donc des éléments pour en juger : ce qu’il a fait depuis 18 mois et maintenant un projet de loi.

Le bilan, un peu plus d’un an après

Il faut dire qu’il a hérité de ce « grand corps malade » qu’est l’école. Et que le passage de Vallaud Belkacem n’a rien arrangé. Au bout d’un an et demi, le Ministre a fait le tri parmi les projets absurdes de sa « prédécesseure ». A son actif : il a viré le directeur des programmes, Michel Lussault le « pédagogiste enragé » pour le remplacer par le professeur Dehaene, adepte des « neurosciences ». Il a aussi commencé l’action de dédoublement des cours préparatoires pour améliorer l’apprentissage de la lecture là où c’est nécessaire. Un effort qui se poursuit. Le Ministre mène une réflexion intelligente –mais limitée- sur la revalorisation nécessaire de la condition enseignante. Dont acte. Le travail sur la réforme des programmes rétablit un peu de rigueur, et on sait que les débats restent vifs avec les « pédagogistes ». Mais comme souvent depuis le début du siècle, on n’en est pour l’instant à des réformettes.  Car « en même temps » la situation se dégrade rapidement. La laïcité est chaque jour un peu plus contestée : 30 conflits par jour répertoriés, mais combien ne sont pas relevés ? Et les motifs sont de plus en plus inquiétants causés par le communautarisme musulman : on n’en finirait pas de citer les cas d’élèves voulant imposer leur obscurantisme. Le Ministère campe toujours sur une forme de déni en minimisant. Sans parler des enseignants acquis au « multiculturalisme » prôné par le Président lui-même. Il faut aussi compter avec la violence sous toutes ses formes, comme si le recul du savoir s’accompagnait d’un retour à la loi du plus fort : harcèlement, jeux stupides, intrusions… Tout cela rend la vie infernale aux enseignants et beaucoup craquent. L’absentéisme est aussi une maladie du système éducatif, déjà plus de 26 000 heures de cours n’ont pas été assurées depuis la rentrée et les remplacements demeurent un casse-tête. La situation est en effet rendue compliquée par le fait que les enseignants sont beaucoup plus absents que les autres fonctionnaires.

La loi pour « une école de la confiance »

Autant dire qu’il y a du grain à moudre et qu’on est en droit d’attendre beaucoup d’une loi qui se fixe comme objectif de rétablir « la confiance ». On en a bien besoin, depuis qu’on voit la France reculer dans tous les classements internationaux.  Elle va donc être soumise pour avis au Conseil supérieur de l’éducation, ce machin entièrement entre les mains des syndicats. Que contient-elle ? D’abord, elle instaure l’instruction obligatoire dès 3 ans. C’est la première raison d’être de la loi. A la fois un coup d’épée dans l’eau puisque près de 90% des enfants sont déjà scolarisés à cet âge-là et un principe un peu contestable , certains y voient la volonté de retirer les enfants de l’influence des parents le plus tôt possible… La loi va permettre des expérimentations  avec de larges contours pour déroger au code de l’Education : les domaines sont variés, organisation pédagogique, coopération avec des partenaires du système éducatif, annualisation du temps de travail,  tout cela avec beaucoup de précautions. La loi crée un nouveau « conseil d’évaluation de l’école » placé sous l’autorité du Ministre, une bonne idée si cette structure ne tourne pas à un machin technocratique de plus. Pour la formation des enseignants, on met fin aux ESPE, qui ont succédé aux IUFM, mais là encore, on change le sigle, Ecole devient Institut, on change le mode de nomination du directeur, mais on reste dans le cadre universitaire, une erreur qui continue, et la loi ne dit rien sur le recrutement et les contenus. Si c’est pour garder les « mêmes abrutis » (dénomination accordée il y a quelques années par un stagiaire) pour y sévir, on n’aura pas beaucoup avancé. La loi prévoit aussi que les enseignants pourront enseigner, ceci pour pallier au recrutement déficient, des ordonnances pour redécouper les territoires des Rectorats (technocratie quand tu nous tiens) et la possibilité de créer des établissements internationaux financés par des entreprises. Une fois cette liste terminée, on est frappé du caractère assez superficiel. C’est que le Ministre ne peut espérer un vote favorable du Conseil supérieur de l’Education que s’il passe sous les fourches syndicales.

On est loin du compte

Il y aurait pourtant pléthore de réformes essentielles. Une vraie annualisation du temps de travail des enseignants pour adapter leur présence dans les établissements aux exigences de notre époque, accompagnée d’une augmentation de ce temps de travail. Le renforcement des compétences des chefs d’établissements, l’autonomie des établissements, la régionalisation de l’administration et de la gestion des corps enseignants pour déconcentrer le « mammouth »… Le système est devenu ingouvernable. Il faudrait mettre fin au paritarisme qui parasite la gestion des carrières, à travers les barèmes qui permettent les affectations et qui empêchent de mettre en place la reconnaissance du mérite. Mais tout cela doit être soumis à la consultation préalable des comités techniques académiques qui « ont compétence sur les questions relatives à l’organisation et au fonctionnement des établissements et des services » et ensuite soumis à l’avis des « commissions administratives paritaires académiques et départementales » concernées. Autrement dit : mission impossible sans une volonté politique à toute épreuve. Car tous les moyens de blocages seront utilisés. Les syndicats, nous rapporte l’IFRAP, bénéficient pour leur service de 1990 temps pleins de décharges syndicales, soit 1,4 million d’heures par an, pour un coût de 82 millions d’euros de rémunérations versées. Une force de frappe ou de frein redoutable !

Du « cosmétique »

On est donc loin du compte. On comprend que le Ministre se contente de faire du « cosmétique », certes souvent de bon aloi, mais on est loin des réformes en profondeur qu’il faudrait mener pour remettre sur les rails le système éducatif. Car les défis sont nombreux. En attendant, rien ou peu de chose est fait pour accueillir les enfants « hors normes », précoces, autistes, et tous les dys… pour qui venir à l’école reste le plus souvent un parcours du combattant quand ce n’est pas tout simplement impossible. En attendant l’obscurantisme progresse et les enseignants sont souvent très démunis pour y faire face. Par contre le gouvernement a durci la possibilité de créer de nouvelles écoles hors contrat, et freine la croissance  du privé sous contrat vers lequel fuient de nombreuses familles quand elles peuvent y trouver une place.

Blanquer : peut mieux faire !

 


REMANI(MINI)EMENT

Macron pénombre

Teasing !

Il aura fallu quinze jours. Que ne nous a-t-on pas dit sur ce remaniement ! Sur l’ampleur, sur la procédure « professionnelle », sur le second souffle qu’il allait apporter… Pendant ce temps-là M. Philippe « double casquette », au four et au moulin, vagabondait au Havre et jurait qu’il n’y avait pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre lui et le Président alors que tout le pays bruissait d’une tension entre les deux têtes de l’exécutif. Il a fallu qu’un déluge, il faut dire fort désastreux pour les pauvres habitants du Carcassonnais, en rajoute, pour le retarder encore de 24 heures. A croire que Hollande s’en soit mêlé ! Et la montagne accoucha d’une souris, pour reprendre l’expression bien connue.

Calculs politiciens

En fait de remaniement, on reste un peu sur sa faim. Après avoir mis Ferrand au perchoir de l’Assemblée, voilà Castaner à l’Intérieur. La Macronie se recroqueville sur elle-même pour les postes stratégiques. Pour le reste, on offre un poste à un ancien PS, l’Agriculture pour Didier Guillaume, et un autre à un transfuge du centre-droit, la Culture pour Franck Riester qui obtient ainsi son plat de lentilles, prix de sa trahison. Depuis le temps que ce dernier piaffait pour obtenir enfin un maroquin. Tout le monde aura compris : deux nominations très « ancien monde » qui vise à rallier à droite et à gauche en vue des Européennes. Personne n’est dupe. Des débauchages sans conséquence tellement ils étaient prévisibles. Riester c’est le harpon pour pêcher Juppé et Raffarin !

Oraison funèbre

Et pour consacrer ce moment fort de la geste macronienne, le Président nous a joué le soir au 20H « le crépuscule de Jupiter ». Pathétique ! Comme le relève l’excellent Jean Léonetti à juste titre : tout était faux. Le ton sonnait faux, le texte aux expressions « hermétiques » était faux, la modestie était feinte, et la solennité qui se voulait gaullienne était surjouée donc contre-productive. C’était De Gaulle-le-minus. Ajouté à cela un éclairage qui tenait plus de la pénombre et vous avez un cocktail du meilleur ratage d’adresse au peuple. Celui-ci aura été plutôt angoissé par ce spectre ânonnant qui s’était invité au moment du dîner ! Le remaniement avait tourné à la comédie, il se termine dans le tragique !

Je fais probablement partie de ces « ces somnambules du monde qui va » qui ne voient pas ce qui est en train de se passer. Pour qui se prend-il, le faux prophète. J’ai bien retenu une phrase : si ça va trop lentement, c’est la faute à nos institutions. Tiens, tiens, ça ne nous annonce rien de bon pour la réforme de la Constitution à laquelle il ne renoncera pas.

En fait de second souffle, le résultat est plutôt poussif : 2/3 des Français ne sont pas convaincus. Il est vrai que Castaner, le plus communautariste des macronistes, pour lutter contre l’Islam politique, on ne pouvait pas trouver pire.