Previous month:
janvier 2011
Next month:
mars 2011

C’EST SUR, EUX, ILS SAVAIENT…

 

Les événements du monde arabe donne l’occasion une fois de plus à l’opposition et la gauche plus généralement de céder à cet exercice dans lequel elle excelle : donner des leçons. Et le remaniement annoncé hier est évidemment une occasion de plus dans laquelle elle s’est immédiatement vautrée. Et nous avons eu droit au défilé des Moscovici et autre Hamon de services pour nous délivrer leurs inepties inspirées. Pour l’un le nouveau gouvernement est « baroque ». Il oublie qu’en matière d’art, ce fut l’un des plus riches. Il oublie aussi qu’en la matière la famille à laquelle il appartient donnerait plutôt dans le style décadent du début du 20ème siècle connu sous le nom de style « nouilles ». Quant au porte-flingue du PS, il nous a habitués à ses jugements aussi méprisables que définitifs. On n’attendait pas que la politique du chef de l’état trouve grâce à leurs yeux. Je leur demanderai bien de dire à Martine Aubry qu’il faudrait qu’elle se renouvelle un peu, parce qu’affirmer à chaque saillie que Nicolas Sarkozy est à bout de souffle, ça fait un peu méthode Coué. Comme si elle essayait surtout de s’en persuader elle-même.

Il est évident qu’on se serait bien passé de l’épisode de la remise en ordre à laquelle il a bien fallu procéder. Sortie désolante et inévitable pour MAM, mais convenons qu’elle s’est elle-même enferrée par ses imprudences et ses omissions. Elle devrait pourtant savoir que les chacals qui animent une certaine presse sont toujours prêts à salir et aussi qu’en ce début de 21ème siècle, plus rien ne peut être caché. Raison de plus pour être très vigilant quand on occupe des postes aussi exposés que celui de Ministre des affaires étrangères de la France. Je profite de l’occasion pour me réjouir du retour d’Alain Juppé au Quai d’Orsay et de l’arrivée à la Défense de Gérard Longuet. Les tâches qui les attendent ne seront pas de tout repos en cette année préélectorale. Je suis certain qu’ils les assumeront avec compétence et détermination.

Les propos du Chef de l’Etat ont bien situé le débat et les enjeux d’une situation internationale très mouvante. Il a dit tout haut ce que tous les Français pensent tout bas, à mille lieues de l’optimisme béat des « pro-révolutions » illusionnés par l’idéologie. C’est sûr, ils avaient une boule de cristal : ils avaient vu les événements venir, ils auraient anticipé, ils auraient porté haut le soutien de la France aux peuples en lutte pour leur liberté. Que n’en ont-ils rien dit au mois de décembre pour la Tunisie, au mois de janvier pour l’Egypte, etc… Et pourquoi ont-ils attendu le dernier moment pour exclure ces « tyrans » de l’Internationale socialiste à laquelle leurs partis gouvernementaux appartenaient. Ces éternels donneurs de leçons n’ont pas la conscience aussi pure qu’ils veulent le faire croire et leurs cris sont d’autant plus forts qu’ils veulent faire oublier ce qui fait désordre. Ils sont incorrigibles. Mus par l’antisarkozysme comme unique programme, ils en oublient leurs propres faiblesses. Si la France tombait entre leurs mains, ce serait tout simplement catastrophique.

 

 


LES INDISCRETS D’ARCHIBALD

 

MON PETIT DOIGT M’A DIT … Selon les médias, DSK aurait profité de son passage en France pour rencontrer discrètement François Hollande et connaître ses intentions au cas où il (DSK) serait candidat. Je sais ce que François lui a répondu. Vous voulez le savoir ?  … « J’aime pas les riches ! »

AMBIANCE. Au cas où « l’amère de Lille »  se retirerait pour laisser la place à DSK, « l’habitée du Poitou »  a fait savoir qu’elle demanderait à la 1ère secrétaire du PS la plus stricte neutralité dans la campagne des primaires. La confiance règne ! J’ajouterai « chat échaudé craint l’eau froide ». Elle sait bien que son élection à la tête du parti a été le résultat d’un complot contre elle de DSK et Fabius.

SOLITAIRE. Sur le perron de l’Elysée, l’ancien 1er Ministre a étalé sa grandiloquence habituelle et avait pris bien soin de faire savoir quelques jours avant qu’il quittait l’UMP, pour que sa visite ne soit pas interprétée comme un ralliement. Mais derrière les grands mots, qu’y a-t-il ? – du vent ! « J am a poor lonesome candidat, and it’s a long way from élection… ». quant à sa décision de quitter l’UMP, Chirac aurait dit : « ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ! »

FUITES. A droite aussi, on pratique les petits meurtres entre camarades. Ainsi, de source ministérielle non identifiée, on assurait que MAM serait éjectée du gouvernement ce dimanche, sans que l’intéressée, toujours la dernière informée, en soit prévenue. Cela lui aurait évité ses dernières affirmations devant les caméras. Toujours charitables, les copains. Et c’est tellement facile de tirer sur une ambulance… mais pas très élégant.

DEVANT. Une analyse approfondie des récents sondages le montre assez bien. S’il y a une percée de Marine Le Pen, il n’y a toujours pas de désir de gauche. Non seulement, les Français ne font pas confiance à la gauche à 66%, mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : quand Martine Aubry est la candidate, les candidats de droite totalisent 51,5% (Bayrou à part) contre 39,5% pour la gauche ; Et quand c’est DSK , le total des voix de droite est encore à 47,5%  contre 45,5% à la gauche. Chaque fois la droite domine sans présumer du comportement des électeurs du Modem. Plus que jamais, la Présidentielle se joue à droite !!!!

Cela devrait appeler les personnalités de gauche à un peu de modestie dans leurs commentaires.

LOCAL :

SCO (SUITE) : On le découvre maintenant, la ville d’Angers n’a pas été suffisamment vigilante, c’est le moins qu’on puisse dire, dans le suivi des finances du club professionnel. Notamment en n’appliquant pas tous les moyens qui étaient contractuellement prévus pour vérifier l’utilisation des subventions substantielles. L’adjoint Houdebine se débine. L’opposition si exigeante ailleurs, devrait ici réclamer sa démission pour… laxisme.

VACHARDS. L’Express a fait un encart spécial consacré à Christophe Béchu, le Président du Conseil Général, assez bien documenté, il faut le dire. L’intéressé est amené à dire le jugement qu’il porte sur ses adversaires et le fait avec modestie et hauteur de vue. On ne peut pas en dire autant du Maire d’Angers ou de la tête de file socialiste à l’assemblée départementale, qui ne peuvent pas s’empêcher d’égratigner au passage, en termes où la méchanceté pointe. Pour la grandeur d’âme, il faut s’adresser ailleurs, chez eux c’est toujours petit bras !

 

LA PROVOC. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêts sur la 5 l’interview d’Alain Finkielkraut par Nicolas Demorand. Sur tous les thèmes abordés, le philosophe a montré avec pertinence la justesse de ses appréciations, sur l’identité nationale, les enjeux de l’immigration, les causes de la montée de Marine le Pen et pourquoi il faut la combattre et aussi l’aveuglement de la gauche à nier ces sujets. Mais pourquoi Demorand n’est-il jamais peigné ?

VERBATIM. D’Eric Zemmour : «  Avec les propos qu’elle tient sur son blog, Anne Sinclair nous ramène trente ans en arrière quand la bourgeoisie de gauche se parait des atours rutilants d’un antiracisme médiatique et moralisateur qui niait la réalité vécue par les petites gens… »

 

 


LES BRAS M’EN TOMBENT

 

Qu’un quotidien comme France-soir fasse sa « Une » pour épingler un voyage du 1er Ministre dans la Sarthe en avion est pour le moins stupéfiant. Il faut que les journaleux n’aient vraiment rien à raconter. C’est vrai, il pourrait prendre le TGV ou sa voiture. Mais voilà, Il n’est pas un quidam comme tout le monde. Les règles de sécurité à ce niveau de l’état sont impitoyables : déminage du train avant le départ, dégagement de l’autoroute pour s’assurer que la voie est ouverte… autant d’opérations lourdes propres à emmerder justement les quidams.

Que le 1er Ministre, comme le Président de la République utilise l’avion pour des raisons évidentes de sécurité et de rapidité est tout-à-fait justifié, sauf à faire croire à nos concitoyens qu’au plus haut niveau de l’état, on est un citoyen ordinaire qui n’aurait à subir que des contraintes sans bénéficier des moyens imposés par leurs nombreuses tâches. Simplement idiot !

Tout est bon pour jeter le discrédit sur Nicolas Sarkozy et François Fillon. Ces donneurs de leçons sont-ils aussi irréprochables que cela ? ne bénéficient-ils pas, eux aussi de quelques prébendes et avantages en rapport avec leur profession ? N’y en a-t-il pas quelques-uns qui n’hésitent pas se « gaver », condition nécessaire pour écrire un bon article… Sinon à quoi serviraient les « déjeuners en ville », de préférence dans les restaurants étoilés.

Ce qui est grave, c’est qu’on instille insidieusement dans le peuple le mépris des élites. Le retour de bâton pourrait bien être le vote populiste avec à la clé un bon musellement de la presse. Vous savez, quand on crache en l’air, …

 

 


Le Maghreb à la recherche de la démocratie

 

Sur un sujet comme celui-là, bien que j'aie vécu au Maroc, il m'apparaît important de donner la parole à mon amie Nedjma Boutlélis. Son point de vue s'appuie sur sa double culture franco-maghrébine, il en a d'autant plus de valeur et d'authenticité. Dérangeant ? C'est fait pour ça !

 

Nedjma-boutlelis  " Ces dernières semaines, les pays MENA (Maghreb et Moyen Orient) se sont réveillés. Après des décennies de démocratie confisquée, la révolte portée par la jeunesse a conduit au séisme du système autocratique.

Les tunisiens ont été les éclaireurs, ceux qui ont osé braver le grand Ben Ali soutenu par toute la classe politique de gauche comme de droite. Seuls Cécile DUFLOT et Hervé MORIN ont exprimé une réelle empathie pour ce peuple.

Mais la presse les a quelque peu boudés préférant se rallier à la position étatique. Et dès le départ de Ben Ali, les langues politiciennes se sont délayées ! Et oui, quel courage !

De quoi il s’agit ?

La Tunisie, l’Algérie, l’Egypte, de très beaux territoires où nous européens adorons passer des jours ensoleillées en toute quiétude car nos amis dictateurs veillent à museler les islamistes.

Mais voilà, le souci c’est que ce ne sont pas les islamistes qui ont été muselés mais bel et bien tout un peuple qui voit défiler les défenseurs de la démocratie en vacances ou pour affaire et qui ne peut accéder lui-même à cette liberté.

Les pays du Maghreb ont une population jeune, formée, diplômée, orientée vers les nouvelles technologies qui aspirent à une vie meilleure. Voir leur gouvernement se construire un patrimoine doré pour leur dynastie et ceci avec la grande bénédiction de nos gouvernements européens, leur est tout simplement devenu intolérable.

Sur ces événements, nos politiciens français se sont contentés du regard très réducteur qui consiste à faire de grandes déclarations sur les intégristes musulmans. Ils ont été sourd aux appels des peuples des pays MENA qui hurlent « liberté, démocratie » ! Il est facile de se cacher derrière la peur des barbus pour justifier le soutien à une dictature.

Aujourd’hui, la jeunesse maghrébine refuse d’être la danseuse emperlousée des pays européens et de la France.

Le Maghreb aspire à un modèle de société plus juste pour son peuple !

Algériens, égyptiens, tunisiens, seraient plus enclin à rester dans leur pays, si leur gouvernement leur permettait d’accéder aux postes, à l’emploi, à la liberté, à l’expression de la démocratie.

Avec des pays en très forte croissance, ils n’ont qu’un désir c’est avoir une place dans le monde économique, politique, syndical et social! Ils aspirent tout simplement aux droits que nous, français avons acquis. La France a donc réussi à exporter son modèle de société.

Ni les murs, ni les dictateurs n’ont évité les clandestins à braver les dangers pour rechercher une meilleure situation dans des contrés peu accueillantes. Un Etat qui favorise l’émergence de sa jeunesse à des postes clés, qui  facilite la liberté d’expression et qui inscrit son pays dans la modernité, dans le respect de son histoire et qui lui permet tout simplement de se nourrir, de se loger et d’éduquer ses enfants n’a plus de raison de lutter contre les barbus. L’équilibre se fera naturellement.

Alors, messieurs les politiciens qui adoraient ces pays pour leur couleur, leur chaleur, leur pétrole, leur business, soyez également proche de leur peuple !

Une analyse plus subtile, plus fine des évolutions et plus appropriée à la culture des pays MENA favoriserait la mise en œuvre d’une réelle politique franco-arabe basée sur un co-développement."

 


POURQUOI STRAUSS-KHAN N’IRA PAS

   Dominique-strauss-kahn

D'abord, pour tout vous dire,  je l'ai trouvé vieilli, voûté, les sacoches sous les yeux accusant les heures de vol. Visiblement, ce n'est plus un perdreau de l'année et on peut y voir les marques de la vie intense, voire infernale que son poste l'oblige à mener. A côté, Sarkozy fait jeune premier.

Les exégètes ont cru discerner un début d’esquisse d’ébauche de commencement d’une démarche de candidat à la Présidentielle dans les propos de DSK. Ils confortent leur analyse par la soudaine montée en puissance du blog de Madame. Tout cela n’est pas faux. En effet, stimulé par des sondages flatteurs, qui ne serait pas tenté ? Comme disait un journaliste sur une radio périphérique parodiant Knock : « ça vous gratouille ou ça vous chatouille ? ».

Bien sûr qu’il est tenté. Mais…

D’abord ne faisons pas abstraction des haines tenaces et recuites qui perdurent entre quelques éléphants et « il » sait bien qu’ils ne lui céderont rien. A commencer par Ségolène Royal, voire François Hollande. Il n’a toujours pas digéré sa défaite dans les primaires en 2007 et surtout d’avoir été battu par celle qu’il considérait comme une « oie ». Ses ennemis ne sont pas qu’à la gauche du PS, ils sont aussi à l’intérieur. Et puis il y a ces foutues primaires qui ne sont pas faites pour plaire à la personnalité internationale qu’il est devenu. Ce sont des postes qui donnent la « gonflose ». Et il n’est pas faux de dire comme l’a constaté Jean-François Copé, que DSK est apparu hautain et un rien méprisant. Aussi on comprend qu’il soit ravi du cirque médiatique qui se fait autour de lui et qu’il en joue. Tout cela n’est que de la comédie, content qu’il est de jeter le trouble dans le marigot et de provoquer des réactions.

Je suis persuadé qu’il n’a pas encore pris sa décision.

Il n’a aucune raison de se précipiter. Il lui suffit d’entretenir la flamme, au cas où. Car il ne se décidera que si toutes les conditions les plus favorables sont réunies. D’abord faire en sorte que les primaires PS soient annulées, ce qui n’est pas gagné d’avance, même si quelques artilleurs sont à la manoeuvre. Ensuite que l’opinion continue de « l’appeler » massivement car il a très envie de jouer les « hommes providentiels », et cela n’est pas certain non plus d’autant  que sa cote doit beaucoup à la droite. Enfin il faudrait qu’il soit assuré que tout le parti serait en ordre de marche derrière lui, car il connaît son point faible : il n’aime guère faire campagne. Et là, on sait que la rose à des épines.

Il n’a pas non plus beaucoup d’intérêts à quitter son poste où il fait jeu égal avec les puissants que sont les Présidents américain ou chinois. Son salaire royal de Directeur du FMI assorti de nombreux avantages font de la condition de Président de la République française une bien dérisoire situation en comparaison. Mais par-dessus tout, il perdrait tout son crédit auprès des puissants à déserter son poste en pleine négociation du G20, et son départ serait vécu comme une véritable trahison par nos partenaires européens et par la France qui a soutenu sa candidature. Il a donc beaucoup à perdre. Vraiment, à sa place on n’hésiterait même pas…

Certains me diront que ce n’est pas possible, car un tel jeu nuit à son parti. Et si c’était le but ?

 


CES MAUX DONT SOUFFRE L’EDUCATION NATIONALE

 

Le recul des performances éducatives de la France dans les classements internationaux n’est que l’effet visible d’une dégradation profonde du système éducatif qui vient de loin. La difficulté des ajustements démographiques, une fois le baby-boom passé, a conduit à recruter toujours plus de professeurs pour de moins en moins d’élèves. On pensait ainsi faire face à la « massification » de l’enseignement, notamment dans le secondaire, avec un objectif irréalisable de 80% d’une classe d’âge au bac. En 1997, Claude Allègre avait compris le drame qu’il avait synthétisé dans une formule restée célèbre : « il faut dégraisser le mammouth ». On sait ce qu’il en a suivi.

Le premier mal est budgétaire : bien qu’il soit le premier de tous les budgets de l’état, celui de l’éducation est étouffé par le poids des salaires et des pensions qu’il verse. Il en résulte principalement une paupérisation de la profession. La bouffée d’oxygène procurée par la décentralisation qui a confié la construction et l’entretien des établissements aux collectivités territoriales a rapidement été annihilée par la montée en puissance des recrutements entre 1999 et 2002, relayée par la progression des départs en retraite des enseignants de la génération papy-boom. Une équation insoluble à laquelle tente de répondre le gouvernement actuel en ne remplaçant qu’un départ sur deux.

Le deuxième mal est pédagogique. Le recul des savoirs de nos enfants tient pour beaucoup dans la pédagogie « constructiviste », dénoncée récemment dans une émission de télévision par un autre ancien ministre de gauche, Jean-Pierre Chevènement. Au début des années 80 on a voulu mettre l’enfant au milieu du système, à la place du savoir. Cette pédagogie, issue des écoles Freinet et de ses « classes coopératives » s’est révélée rapidement inefficace dans un enseignement de masse, de l’école à l’université. On a abandonné des filières de diversification en imposant le collège pour tous jusqu’à 16 ans, mettant en échec permanent des cohortes d’élèves que la pédagogie différenciée n’arrivait pas à prendre en compte, malgré la chute du nombre d’élèves par classe. Celle-ci a surtout bénéficié aux enseignants qui ont eu moins de travail. A ce drame se sont ajoutés les délires des « docteurs » de l’Institut Pédagogique National qui ont rendu l’enseignement des math et du français complètement abscons, coupant l’enseignement du savoir des parents par un jargon incompréhensible moqué dans la formule « parler éduc’nat ». Le fleuron de cette pédagogie centrée sur l’élève en a été l’institution sous Jack Lang des « parcours de découvertes », temps obligatoire pris sur les heures d’enseignement de chaque matière sous forme de sujets pluridisciplinaires que les élèves de plusieurs classes regroupées choisiraient en fonction de leurs centres d’intérêts. Bien vu pour un élève de l’Ecole Alsacienne, mais pure vue de l’esprit quand on connaît les références culturelles moyennes d’un collégien de banlieue ! On a oublié l’essentiel : fonder un savoir sur des bases solides.

Le troisième mal est idéologique. Les enseignants ne se rendent même pas compte qu’ils mènent contre le gouvernement un combat d’arrière garde et qu’ils détruisent la « grande maison », un peu comme les dockers du port de Marseille. Enfin pas tous, si l’on en juge des taux de mobilisation aux appels à la grève. Mais tous sont le dos au mur. Par idéologie, ils refusent toute sélection, ils malmènent les tentatives d’individualiser le soutien, au profit de stratégies collectives qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité. De fait, les circulaires qui tentent de remettre le système dans le chemin sont peu ou pas appliquées. Ils enfreignent les consignes de neutralité auprès des élèves et parfois se servent d’eux comme vecteurs de leurs revendications à travers des notes dans les cahiers de classe. On s’étonne ensuite que des parents choisissent les établissements privés.

Remettre la machine sur le chemin des performances sera une tâche de longue haleine. Cela passera par une formation professionnelle solide des enseignants qui ne s’arrête pas aux diplômes universitaires, un recours massif aux technologies de l’information et de la communication, une remise en cause profonde des pratiques de transmission du savoir et du tronc commun obligatoire, un retour à la construction démocratique des élites par le mérite.  Ce n’est pas d’un retour en arrière qu’il s’agit, mais d’une entrée dans le 21ème siècle, pour faire face à des élèves bardés d’outils informatiques qu’ils maitrisent mieux que leurs maîtres. Mais en a-t-on les moyens ?

 

 


L’ACTUALITE A LA MODE ARCHIBALD

Longue vue 2 Longue vue 2 Longue vue 2


DSCas. A l’occasion de la réunion des Ministres des finances du G20, Le Directeur du FMI est donc de passage à Paris où il participe aux travaux. De quoi mettre toute la sphère « bobo-microcosmique » en émoi et mobiliser tout ce que la presse compte de « babas » à l’affût de l’indice. De deux choses l’une : où les médias sont décidément imbéciles et ils ne comprennent pas que la petite phrase ne peut pas venir en raison du devoir de réserve impitoyable que la fonction impose au « sphinx-candidat », où ils veulent absolument le piéger et lui faire dire ce qui ruinerait immédiatement sa carrière, la phrase à 200 000 $*(manque à gagner s’il se prononçait en juillet). Ce dérapage est hautement improbable.

* Le salaire annuel de DSK est de 495 000 $

DSK. Les attaques venant de la Majorité sont maladroites. D’abord parce qu’il n’est pas utile de taper en-dessous de la ceinture. Le personnage ne le mérite pas. Il serait bien plus judicieux de l’étreindre. Le meilleur service à lui rendre ne serait-il pas de le couvrir d’éloges pour le travail remarquable qu’il mène à la tête du FMI ? Surtout si ceux-ci venaient des rangs de la droite. Enfin, c’est pourtant facile à comprendre !

RECORD BATTU. 250 jours sans gouvernement. La Belgique vient de battre un drôle de record, que les Belges qui ont le sens de l’autodérision ont fêté par une grande fête de la « moule-frites ». Une manière de montrer à leurs politiques que l’esprit national existe et est transversal aux Flamands et Wallons. Les hommes ont décidé de laisser pousser leur barbe. Il ne reste plus que les femmes se décident à faire la grève de l’oreiller…

FNE. C’est à une bien triste et inutilement provocante campagne d’affiches que France Nature Environnement s’est laissée allée dans les stations du métro parisien. Je croyais cette association sérieuse. La voilà qui passe dans les « extrémistes » de l’environnement, ces ayatollahs qui croient détenir à eux seuls la vérité. Ils oublient simplement que l’agriculture qu’ils dénoncent, a, certes, parfois ses excès, mais elle a permis à la France de devenir autosuffisante sur le plan alimentaire, puis une grande nation exportatrice de produits agricoles, un pays où les industries agroalimentaires procurent des dizaines de milliers d’emplois. En même temps, l’espérance de vie n’a cessé de progresser. Si nos produits étaient si mauvais, vivrait-on aussi vieux ? Un peu de modération que diable !

NAIFS. On a bien compris que dans « l’affaire » de gestion du SCO, la ville d’Angers n’avait pas eu tous les documents entre les mains, enfin ceux qui ont déclenché l’enquête qui mène au procès de son Président le 8 avril. La ville s’en est émue auprès de la procureure en charge du dossier : « Mais pourquoi ne les a-t-on pas informés ? » La réponse est toute simple… et toute bête : le secret de l’instruction. Ilest vrai que celui-ci est tellement violé quand il s’agit de personnalités politiques (suivez mon regard), que peut-être on pensait ici que ça n’existait plus. Mais comment peut-on être aussi naïfs ?

TROP CHAUD ! Baissez donc un peu le chauffage, on a trop chaud dans nos appartements. Pourtant il fait – 30° dehors et c’est à Moscou. Mais voilà, le chauffage des immeubles est collectif et il est impossible de régler correctement d’un pâté d’immeubles à l’autre. Ce qui est sensé être gagné en économie d’échelle est largement reperdu en déperditions et difficultés de réglages. Certains pensent que c’est pour continuer de s’entraîner à résister aux chaudes températures (+ 40°) de l’été.

CasDAFI. Le leader libyen n’a pas l’intention de se laisser faire. La révolte gronde aussi en Libye, mais le Colonel qui tient le pays depuis 40 ans n’a pas l’intention de plier ses gaules comme son voisin. D’ailleurs l’état dans lequel il se trouve aujourd’hui à la suite d’un AVC ne pousse pas à l’imitation. Combien faudra-t-il de morts pour qu’il cède ? On parle déjà de 100. C’est sûrement bien plus. Les temps sont durs pour les dictateurs.

 

Les « Brèves » du dimanche

« Débile » : adjectif qualificatif attribut du sujet la France, pour sa politique envers la Tunisie. Employé par Mamère (en un seul mot) ; toujours prêt aux compliments et aux mots doux, le Noël. Et son attitude , ne cherchez pas, il a trouvé le bon mot.

« Ridicule » : autre adjectif qualificatif, épithète de « agitation », pour le tapage organisé autour de la venue de DSK à Paris. Employé à bon escient par François Bayrou, observateur impitoyable de nos meurs politiques.

« Dévastatrices » : encore un adjectif qualificatif, épithète du nom « primaires » pour qualifier les élections organisées par le PS pour désigner le candidat de la gauche réduite au PS et au PRG. Employé par Michel Vauzelle, Président de la Région PACA. Une bonne analyse d’un connaisseur de la vie interne de la gauche française et du PS en particulier.

« faire plaisir aux racistes » : locution verbale employée par Eva Joly pour commenter la décision de Nicolas Sarkozy de relancer le débat sur la laïcité en France. La Suédoise montre ainsi de façon flagrante qu’elle n’a pas notre culture « combiste » de la séparation des églises et de l’Etat.  Il faut prendre des leçons de « citoyenneté française » madame l’ex-juge. On peut-être laïciste et ne pas être raciste, c’est quoi ce langage réducteur et culpabilisateur ?

 

                                                           Mille sabords !

 

 


L’EXPORT, C’EST LE NERF DE LA GUERRE

P1060416

Le Premier ministre François Fillon a ouvert le 10 février à Bercy « Les rencontres de l’export », accompagné de Christine Lagarde, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et de Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur.

Le Premier ministre a constaté que la part de marché de la France à l'étranger est en baisse constante depuis vingt ans. Un déclin quantifiable en d'emplois : depuis 2000, cette diminution de notre compétitivité nous en a fait perdre environ 200 000 dans le secteur industriel.

Pour redynamiser l'export en 2011, le Premier ministre a présenté trois axes d’action. Tout d'abord, l'ouverture des marchés et la régulation du commerce international : la France soutiendra la conclusion de nouveaux accords commerciaux en 2011 pour que les entreprises puissent « accéder à des marchés étrangers plus ouverts », en veillant au respect du principe de réciprocité.

François Fillon a défini son deuxième axe en mettant l'accent sur un soutien accru de l'Etat aux grands contrats, notamment « les plus stratégiques pour l'économie française ».

Enfin, le dernier axe : le Premier ministre, suite au triplement depuis 2007 du nombre de PME accompagnées chaque année à l’international, a demandé aux membres de l’ « Equipe de France » de l’export de poursuivre leur mobilisation et a annoncé l’expérimentation dans 3 régions d’un point de contact unique pour l’export. « Je souhaite que nous passions à 10 000 entreprises » bénéficiant de l’assurance-prospection de la Coface d'ici fin 2012 (contre 7000 actuellement), a-t-il indiqué.

A la suite de son discours, le Premier ministre et Christine Lagarde ont assisté à la signature de la convention entre Oséo et Ubifrance : ce partenariat permettra de proposer aux entreprises, et en particulier aux PME, une offre intégrée comprenant à la fois un accompagnement à l’international et des financements export.



MIGAUD NE MEGOTE PAS

Migaud1

Dans son rapport annuel 2011, qui a été rendu public aujourd’hui, la Cour des comptes décerne pour la première fois des cartons rouges aux organismes publics qui persistent à ignorer ses recommandations. Plusieurs organismes publics sont pointés :“La Cour alerte sur des urgences à fort enjeu : le grand port de Marseille, Chorus (le programme informatique unique de comptabilité déployé dans les ministères) et les systèmes d’information financière de l’État et le Centre national de la fonction publique territoriale” (CNFPT), font savoir les sages de la rue Cambon.  

“Résolument constructive dans ses observations et recommandations, la Cour est aussi énergique et tenace dans le suivi des actions correctrices, particulièrement lorsque ces actions “tardent à venir”.

Le port de Marseille est particulièrement visé à propos “des urgences à fort enjeu ou sur des changements inéluctables” qui ne sont pas encore intervenus malgré les recommandations de la cour qui réagit aux conditions de travail des conducteurs de grues et de portiques, qui n’effectueraient que douze heures de travail hebdomadaire effectif à Marseille pour une rémunération mensuelle comprise entre 3 500 et 4 500 euros net.

La Cour des comptes délivre aussi des satisfecit “lorsque des progrès tangibles ou des avancées prometteuses” ont été constatés, précise son président. Parmi eux, les services publics d’eau et d’assainissement et les organismes faisant appel à la générosité publique.

Comme chaque année, le rapport s’ouvre sur un panorama des finances publiques que le gouvernement a promis d’assainir. Ainsi, selon les magistrats de la cour, le déficit public ne reviendra pas sous la barre des 3 % du PIB en 2013 sans mesures de redressement supplémentaires. Ils estiment que les économies et les hausses d'impôts annoncées par le gouvernement à partir de 2012 sont floues. Dans un précédent rapport sur la masse salariale de l'État, la Cour avait en effet souligné que la seule stabilisation en valeur des salaires des agents de l'État exigeait de geler la valeur du point de la fonction publique jusqu'en 2013 et de plafonner strictement les coups de pouce salariaux. Facile de faire comme si l’élection présidentielle n’existait. Selon Didier Migaud, le gouvernement est encore loin de l'effort de 20 milliards d'euros de réduction du déficit structurel recommandé par la Rue Cambon en juin dernier pour stabiliser puis réduire la dette publique. La diminution de 1,7 point de PIB du déficit prévue pour 2011 tient d'ailleurs en majeure partie à la fin des mesures exceptionnelles de relance et à une hypothèse de croissance optimiste de 2 %.

Les questions relatives aux dépenses fiscales (les niches fiscales) sont abordées : la prime pour l’emploi, dont bénéficient 8 millions de ménages, ou la compensation des charges du service public de l’électricité qui figure sur la facture de chaque consommateur.

La Cour des comptes s’est aussi intéressée aux politiques publiques de l’emploi et de la santé, au soutien aux exportations ou à la gestion du musée national du Sport.

Un rapport qui présente d'autant plus d'intérêt qu'on connaît la philosophie du Président de la cour.



La réindustrialisation des territoires : priorité du Président de la République

NS Montmirail

Le Président s'est rendu Mardi 15 février 2011 à Montmirail sur le site de l'entreprise AXON'CABLE pour défendre les dispositifs d'aide à la réindustrialisation et de soutien aux PME industrielles. Accompagné des ministres en charge, le Président a réaffirmé une conviction profonde qui détermine depuis 2007 l'ensemble de son action dans le domaine de l'industrie : la France doit rester une terre de production industrielle.

Source d'innovation et de productivité, l'industrie représente 90% des dépenses françaises privées de R&D, et plus de trois quarts des exportations de biens et services français. Elle contribue à maintenir notre pouvoir d'achat, tout en équilibrant notre commerce extérieur. Elle est également une source importante d'emplois. L'industrie et les services aux entreprises représentent un tiers de l'emploi salarié en France.

L'aide à la réindustrialisation est une mesure née des États Généraux de l'Industrie effective depuis juillet 2010, destinée à favoriser l'investissement industriel en France. Elle accompagne financièrement les entreprises ayant un projet d'investissement industriel contribuant, par son ampleur et son potentiel économique, à la réindustrialisation de la France et à la création d'emplois.

Dotée de 200 M€ sur une période de 3 ans, l'aide à la réindustrialisation, gérée par OSEO, s'inscrit dans le cadre du programme d'investissements d'avenir. Elle vise à générer plus de 400 M€ d'investissements et la création de 2000 emplois.

Sont éligibles au dispositif d'aide à la réindustrialisation les projets d'entreprises à caractère industriel de moins de 5 000 salariés et qui représentent un investissement d'au moins 5 M€, avec une création d'au moins 25 emplois. Cette aide est versée sous forme d'avance remboursable (prêt sans intérêt) et peut représenter jusqu'à 60% de l'investissement de l'entreprise.

Trois entreprises ont déjà bénéficié de l'aide à la réindustrialisation :

- 6,4 M€ ont été accordés à la fonderie LOISELET qui a prévu d'implanter à Dreux une nouvelle unité entièrement automatisée (coût total de l'investissement : 12,4 M€). Ce projet doit permettre la création de 100 emplois d'ici trois ans et aura pour conséquence la localisation en France de produits actuellement manufacturés en Chine et en Inde ;

- 4,2 M€ ont été octroyés à l'entreprise MP Hygiène qui projette de créer à Annonay une nouvelle unité de production (coût total de l'investissement : 19,2 M€). Ce projet, localisé dans un territoire fortement impacté par des restructurations, prévoit la création de 48 emplois en 3 ans.

- 2,2 M€ ont été accordés à l'entreprise AXON'CÂBLE.

Huit nouveaux dossiers d'aide sont en cours d'instruction. Ils représentent un programme d'investissements global d'environ 115 M€ pour 540 créations d'emploi prévues. Une douzaine de projets supplémentaires identifiés pourraient également prochainement aboutir à des demandes formelles d'aide.

L'industrie est indispensable à notre économie. Elle représente plus de trois quarts des exportations des biens et services français, chiffre qui se maintient malgré l'augmentation de la part des services dans notre PIB, et elle est à l'origine de 90% des dépenses françaises privées de R&D.

L'industrie est donc source d'innovation et de productivité, essentielles à notre économie, et permet d'équilibrer notre commerce extérieur, donc de maintenir notre pouvoir d'achat. Elle est également une source importante d'emplois, l'industrie et les services aux entreprises représentant un tiers de l'emploi salarié français.

Ces constats ont été renforcés par la crise et le gouvernement a pris de nombreuses mesures pour soutenir l'industrie française :

- Renforcement de la politique des pôles de compétitivité qui a permis le financement de 889 projets de R&D collaboratifs, représentant 4,6 Mds€ de dépenses de R&D, dont 1,1 Mds€ apportés par l'État à travers le fonds unique interministériel (FUI) ; 300 M€ supplémentaires ont été prévus dans le cadre du programme d'investissements d'avenir pour les projets de R&D structurants des pôles de compétitivité.

- Réforme du crédit impôt recherche, dispositif qui permet désormais de soutenir la R&D des entreprises à hauteur de plus de 4 Mds€ par an. Son remboursement immédiat, qui a été décidé temporairement dans le cadre du plan de relance de l'économie, a été pérennisé pour les PME ;

- Suppression de la taxe professionnelle permettant de faire bénéficier à l'industrie d'une économie de 2 milliards d'euros par an ;

- Renforcement des dispositifs de soutien des entreprises en fonds propres avec notamment la création du fonds stratégique d'investissement (FSI) fin 2008. Le FSI a engagé 3,54Md€ depuis sa création : 2,41 Md€ d'investissements directs, 354 M€ engagés dans des fonds dédiés créés par le FSI (le FMEA, INNOBIO, le Fonds Bois) qui ont investi dans 33 sociétés un montant de 291M€, 300M€ dédiés aux obligations convertibles OC+ dont 93M€ ont été investis, 476M€ engagés dans FSI France Investissement.

- Programme d'investissements d'avenir avec 18 des 35 Mds€ contribuant à l'innovation technologique et à l'industrie, dont :

  • 3,5 Mds€ pour la valorisation industrielle des résultats de la recherche publique ;
  • 2,5 Mds€ gérés par OSEO pour le financement de l'investissement et de l'innovation des PME et ETI, parmi lesquels 1Md€ dédiés aux Contrats de développement participatifs pour renforcer le haut du bilan des entreprises à potentiel et 500 M€ de prêts verts « bonifiés » ;
  • 3 Mds€ sont consacrés aux grandes filières industrielles (aéronautique, espace, automobile, ferroviaire, construction navale) ;
  • 9 Mds€ pour les investissements dans l'économie numérique et le développement durable.

- Le soutien au financement bancaire des entreprises à travers :

  • La médiation du crédit, qui a permis de conforter près de 13 000 entreprises et 230 000 emplois depuis sa création en 2008 ;
  • L'action d'OSEO, qui a soutenu 80 000 entreprises en 2010. Celles-ci ont obtenu 29Md€ de financements publics et privés. (+16% par rapport à 2009).

La politique industrielle a enfin été renforcée par les 23 mesures issues des Etats Généraux de l'Industrie (EGI) en 2010, dont la création d'un Conseil National de l'Industrie et de 11 comités stratégiques de filières, ainsi que la mise en place d'une médiation de la sous-traitance.



ET SI ON PARLAIT DES CANTONALES ?

Pour_des_territoires_forts_efficaces_et_responsables_large

Les élections cantonales auront lieu dans à peine plus d’un mois, les 20 et 27 mars. Elles ne concernent que la moitié des cantons de France, et pour la première fois depuis longtemps, elles ne seront accompagnées d’aucune autre élection locale. Dans beaucoup de départements, l’enjeu sera considérable : François Hollande ou Dominique Bussereau en savent quelque chose, eux qui ne doivent leur majorité qu’à un siège.

Comme toujours, l’opposition voudrait faire de ces élections de gestion locale un test de portée nationale contre le Président principalement. Tentant à un an des présidentielles. Elles ne sont pourtant que des élections de Conseils Généraux dont les compétences dépendent beaucoup des transferts de l’Etat, comme le financement du RSA par exemple.

Cette élection est aussi particulière par le mandat écourté de trois ans au lieu de six qui sera accordé aux élus. Tous les cantons doivent se retrouver sur la même ligne de départ en 2014 pour l’élection des Conseillers Territoriaux.

Troisième particularité, qu’il ne faut pas oublier et qui lui confère une importance majeure : les conseillers généraux qui seront élus participeront au renouvellement du Sénat à l’automne prochain, et selon leur couleur politique, ils pourraient faire basculer la haute assemblée à gauche. Un détail qui devrait mobiliser l’électorat de la majorité.

La Gauche détient déjà toutes les Régions sauf deux. Elle est à la tête de près de 60% des départements. Si elle faisait basculer le Sénat et gagnait ensuite la Présidentielle et dans la foulée la majorité à l’Assemblée nationale, nous aurions une France pratiquement monocolore. Cela n’est certainement pas souhaitable. Aussi, ce serait bien que les électeurs de la majorité qui boudent traditionnellement les élections locales, et en particulier les cantonales, se déplacent cette fois-ci. Il y va de l’équilibre de nos institutions.

Pourtant, politiquement, chaque camp marche sur des oeufs. Anticipant des résultats médiocres, l'UMP met en avant le caractère local du scrutin et s'interdit toute campagne nationale. Mais son secrétaire général multiplie les amorces de débats qui sont certes passionnants mais pas forcément judicieux sur le plan de la stratégie électorale. C’est ainsi que devant le bureau politique, Dominique Bussereau s'est emporté : « Vos débats sur les 35 heures ou les fonctionnaires, c'est bien gentil, mais nous on a des élections dans (deux) mois ; provoquer une mobilisation de la gauche n'est pas le meilleur moyen de nous aider. » Le PS, de son côté, souligne à l'inverse que la gauche avait tellement progressé dans cette série en 1998 et 2004 (10 départements gagnés à chaque fois) qu'il lui sera difficile d'accroître son avance actuelle (58 départements métropolitains contre 37). Mais elle veut en faire quand même un test antisarkozy. Une vingtaine de départements seront regardés à la loupe. L'UMP mise sur la reconquête de deux départements franciliens, la Seine-et-Marne, et le Val-d'Oise, du Vaucluse, du Cher, de la Somme, de l'Allier et du Doubs. Le PS lorgne sur les Hautes-Alpes, la Vienne, le Jura, la Côte-d'Or, la Loire, les Pyrénées-Atlantiques, voire le Rhône, présidé par le garde des Sceaux Michel Mercier, et même la Sarthe, le département de François Fillon.

Pendant ce temps-là, les colonnes des journaux locaux commencent à se remplir des multiples candidatures de tout poil, où le dûment labellisé côtoie le sans-étiquette modéré divers quelque chose. Election particulière au scrutin uninominal, où l’étiquette politique n’assure pas grand-chose, sauf en ville. Aux urnes citoyens !

 

 


TVA « SOCIALE », OUI… MAIS

  TVA b

L’idée de la TVA sociale ou « antidélocalisation » est une vraie bonne idée. C’est sûr. De quoi s’agit-il ?

La TVA sociale consiste à augmenter le taux de TVA pour que cet impôt puisse financer les dépenses sociales. Aujourd'hui, ce sont avant tout les entreprises qui financent la protection sociale par le paiement de charges sociales. Le principe de la TVA sociale est d'augmenter le taux de TVA pour financer la protection sociale et diminuer les charges sociales payées par les entreprises. Il s'agit donc d'un transfert de fond : la baisse des charges pour les entreprises serait compensée par la hausse de la taxe sur les biens de consommation payés par tous, un point de TVA rapportant en moyenne 7 milliards d'euros. Tout ou partie de la protection sociale serait alors financée par les consommateurs, donc potentiellement tout le monde, au lieu que ce soit les entreprises actuellement.

Les partisans de la TVA sociale ont plusieurs arguments :
En diminuant les charges sociales des entreprises, celles-ci seront plus compétitives, elles pourront davantage embaucher et auront moins envie de délocaliser à l'étranger puisque les taxes sur les entreprises seront diminuées.
Les cotisations patronales sont actuellement payées uniquement par les entreprises présentes en France. Or, avec une TVA sociale, tous les produits seront taxés, notamment ceux qui viennent de l'étranger. De cette manière, la protection sociale est financée par tout le monde, même les entreprises étrangères. Par exemple, un produit fabriqué en Chine serait taxé à hauteur de 5% pour financer l'assurance maladie des salariés français.

Du fait de son double effet : baisse des prix à l'exportation d'une part, et hausse des prix des produits importés d'autre part, un transfert sur une TVA sociale a les mêmes effets qu'une dévaluation monétaire. L'instauration d'une TVA sociale pourrait donc compenser le dumping monétaire des pays qui laissent se dévaluer leur monnaie, sans que nous ayons à encourir le reproche d'avoir procédé aux mêmes manipulations, ainsi que le dumping social des pays à bas salaires. Confrontées à une concurrence de plus en plus féroce résultant de l'ouverture des marchés, les entreprises françaises sont contraintes d’améliorer sans cesse leur compétitivité. C'est pour elles une condition de survie. Elles y pourvoient soit par la délocalisation de leur production, soit par des investissements de productivité, c'est-à-dire, dans l'un et l'autre cas, par une diminution de la part de main d'œuvre nationale dans la production. Le principal effet attendu d’une TVA sociale n’est pas de pouvoir augmenter les salaires, mais de diminuer le chômage.

Mais, l'instauration de la TVA sociale pose de sérieux problèmes.
Tout d'abord, la TVA est considérée par la gauche comme l'impôt le plus injuste de tous les impôts puisqu'il est payé par tout le monde au même taux, quel que soit le revenu. Augmenter le taux de TVA revient à augmenter le prix des produits. Le risque est donc grand de voir une baisse significative de la consommation. Celle-ci étant le moteur de la croissance économique, et particulièrement en ces temps de redémarrage, cette mesure produirait alors les effets inverses : hausse des prix, baisse de la consommation, baisse de la croissance économique, baisse de la production, augmentation du chômage. Ce que craint, non sans raison, Christine Lagarde.
Enfin, dernier inconvénient, avec cette mesure, les recettes de l'Etat pour financer tout ou partie des indemnités chômage, des retraites, des dépenses de maladie, deviendraient dépendantes de la croissance. Si la croissance économique venait à faiblir, les rentrées d'argent diminueraient et le déficit de l'Etat s'aggraverait encore plus rapidement que dans le système actuel.

Dire que la TVA sociale n’est pas souhaitable en ce moment parce que la croissance française reste fragile et portée surtout par la consommation des ménages n’est pas complètement vrai. Car ce n’est pas toute la consommation des ménages qui tire la croissance, mais seulement celle des biens et des services produits en France. Au contraire, la consommation des produits étrangers la freine. Et la TVA sociale présenterait le gros avantage d’amener les ménages à consommer davantage les produits français –il en reste encore- en augmentant le prix relatif des produits importés. Donc d’accroître l’impact de la consommation des ménages sur la croissance. Avouons que c’est bien difficile à mesurer.

De même le raisonnement de la gauche n’est pas honnête quand Martine Aubry se déclare « contre » en faisant observer que la TVA est un impôt qui frappe davantage les bas revenus. Elle devrait appliquer le même raisonnement aux cotisations sociales actuelles. Leur remplacement par la TVA sociale ne peut donc pas aggraver les inégalités. Mais Mme Aubry oublie la baisse des cotisations sociales pour ne voir que la hausse d’un impôt.

La majorité des députés UMP est restée traumatisée par les 50 sièges perdus entre les deux tours de 2007 qu’ils attribuent à l’évocation de cette TVA sociale dans la campagne. C’est en partie vrai pour les sièges perdus, bien que les résultats de la gauche du 1er tour par ses scores et son degré de mobilisation et les mauvais reports de voix du Modem sur le parti majoritaire annonçaient le résultat que l’on sait. Mais l’idée est restée ancrée.

Ensuite, il faut compter avec la mauvaise foi de la gauche qui saura s’emparer du sujet sur le thème de l’injustice fiscale que représente déjà à leurs yeux la TVA, taxe uniforme. Et il faut considérer que les principaux perdants de ce type d’ajustement fiscal entre charges salariales et taxe à la consommation, sont les retraités, principal réservoir de voix de la majorité. Enfin, le taux de TVA en France est déjà très haut, à 19,6%. La marge d’augmentation est donc, par nature, très faible, si on veut rester dans une cohérence européenne.

Voilà pourquoi, cela en fait un sujet à haut risque électoral. C’est une réforme qui a besoin de temps pour s’appliquer et en mesurer les effets positifs. Notamment par le décalage inévitable entre la hausse immédiate de sa répercussion sur les prix et les effets forcément plus longs sur l’emploi, le temps que la baisse des charges fasse ses effets sur le cycle de production et des ventes. L’approche de la présidentielle et la proximité des élections cantonales, ne sont pas propices à sa mise en place. A moins d’être suicidaire.

 


LES BREVES D’ARCHIBALD

Longue vue 2

Confidences. La femme de DSK a ruiné le voyage de la 1ère secrétaire en Afrique au FSI. Par sa petite phrase selon laquelle elle ne souhaitait pas que son mari fasse un 2ème mandat au FMI, elle a « fait » la une des médias microcosmiques. Se serait-elle mise d’accord avec Carla qui avait fait il y a quelques temps la même confidence au sujet de son mari ? Personne n’a relevé la similitude. C’est curieux comme aussitôt certains sont prêts à croire que ce sera le cas avec DSK. Un signal envoyé pour enrayer la chute dans les sondages ?

Fait divers. C’est le meurtre de Laëtitia vu par Benoit Hamon : « un fait divers exploité à des fins politiciennes ». Un simple fait divers, vraiment ? Choquant, tout simplement. L’antisarkozysme les rend autistes.

Minoritaire. Le facteur est minoritaire dans son propre parti. Le NPA n’arrive pas à décoller et se perd en querelles intestines entre groupuscules gauchistes. Des lendemains qui déchantent.

Fracasser. Pierre Méhaignerie pense que le programme socialiste se fracassera sur les réalités si la gauche l’emporte en 2012. « Il ne tiendra pas 48h, comme celui de Papandréou en Grèce», commente un économiste à "C’ dans l’air". De fait, la Grèce va devoir « privatiser » pour 50 milliards d’euros, d’ici 2015, « effort indispensable pour rester dans les clous du redressement ». Ceci sous l’égide du FMI, entre autre. C’est-y pas drôle ! Hamon devrait s’inspirer de l’exemple grec et des directives de son copain DSK pour rédiger le programme du PS, n’est-il pas ?

 

LES LOCALES ANGEVINES

 Ça déménage. Il ne sera pas possible de déménager le jour, dans la rue de la Roë à Angers, à cause du passage du tramway (en voie unique). La "Maireparinterim" a trouvé la solution : pour notre "Caillemomo", il faudra déménager la nuit, tout simplement. Tout ça parce qu’on a voulu faire passer à tout prix un tramway en voie unique dans une rue en pente très étroite. La connerie n’a pas de limite, mais là, ça déménage dur !

SousSco. Notre club professionnel a beau briller en Coupe, la mise en garde à vue de son président sur des irrégularités financières fait désordre. Selon la presse, il se serait même versé un salaire de 49 000 € par mois…Inutile de nous tourner vers les collectivités qui subventionnent, elles n’ont rien vu ou n’ont pas eu les documents. A la ville d’Angers, ça sent le laxisme si les manipulations relevées dans les comptes sont vérifiées. Tout le monde se débine…On en saura plus en avril. On a hâte de savoir !

Casse-pipe.  Dans le centre ville d’Angers, les autos ne sont pas les bienvenues. Il faut privilégier les transports doux, dont la bicyclette. Le hic, c’est que les cyclistes se prennent les roues dans les rails du tramway et l’on ne compte plus les chutes. Comme quoi les dessous du doux sont durs. Qu’en pense la "Caillemomo" ("maireparinterim" et adjointe aux déplacements) ? Elle a sûrement une solution qui décoiffe du genre : « pas de problème, le tramway passe devant l’hôpital, ils n’auront qu’à le prendre » !

 

 


APRES SARKO

 

  P1080316   P1080320

  

Je n’ai pas à vous dire si j’ai été convaincu par le Président. Je l’étais avant et j’ai retrouvé dans ses explications autant de raisons de continuer à l’être. Aussi, plutôt que m’attarder sur ses réponses aux questions posées, je voudrais vous livrer les quelques réflexions que l’émission m’a inspirées.

A la différence de l’année dernière, je l’ai trouvée sereine et j’ai apprécié la courtoisie des interlocuteurs. Même quand on sentait les désaccords percer, le respect de la fonction est resté présent, et c’est bien. Par contre, ils ont été trop timides dans l’exposé de leurs questions. On ne peut guère le leur reprocher, ce ne sont pas des professionnels mais ce que l’on gagnait en authenticité on le perdait dans leur émotivité. C’est la limite de la formule. Je ne suis pas fan de ce genre de prestations où l’on fait intervenir le quidam de la rue, fût-il sélectionné (sur quels critères ?) et qui ne sort que difficilement de sa problématique personnelle. On en arrive rapidement à la démocratie selon Mme Michu.

Les réponses de Nicolas Sarkozy ont été trop longues. Là encore, la gravité et l’importance des sujets abordés nécessitaient des développements argumentés, exercices sur lesquels il est parfaitement rôdé. Depuis longtemps on sait qu’il connaît ses dossiers, et par ses déplacements répétés en province, on voit bien qu’il a une expérience approfondie du terrain. Et pourtant, il n’a fait qu’effleurer bien souvent des problématiques, qu’avec l’aide d’un professionnel bien documenté, on aurait pu mener dans leurs recoins.

Du coup, l’émission a paru trop convenue. C’est dommage. Nicolas Sarkozy a-t-il convaincu ? Comme d’habitude à gauche on ironisera, et à droite on se réjouira. Postures convenues, elles aussi. Je retiens une idée de cette rencontre, que chacun pouvait toucher du doigt et comprendre : c’est quand le Président a évoqué « l’immédiateté qu’imprime l’actualité et la rapidité des événements » alors que les réponses politiques ont besoin d’un temps long pour faire leur effet. Bien vrai, c’est d’ailleurs tout le paradoxe d’avoir réduit le septennat en quinquennat. A ce principe, personne n’échappe, pas même Obama. Il s’applique aussi à notre opposition qui tente de nous faire croire tous les jours qu’elle détient une baguette magique !

 


 


INQUISOPPOSITION

   P1080292

François et Michèle n’ont rien fait de choquant ni de délictueux. Ils sont victimes d’un concours de circonstances habilement exploitées par les habituels requérants de châtiments expéditifs. Les chiens aboient, la caravane passe. Je leur garde estime et confiance.

Nous voilà revenus une fois de plus au temps de l’inquisition. Quel spectacle grandiose de voir Jean-Marc Ayrault, les bras levés dans l’hémicycle, en appeler à la République, comme si la « gueuse » allait s’écrouler demain ! De qui se moque-t-on ?  Alors si demain le vent de révolte se lève au Maroc verra-t-on les mêmes âmes sensibles fustiger les vacances de DSK ou de Ségolène Royal ? N’ayons que mépris pour ces pourfendeurs de vent, ces déclencheurs de tempête dans un verre d’eau et ces fouineurs de bas étages (à sens unique). Querelles dérisoires de gens sans horizon ni projet : prêts à Marat, ils sont prêts à Tibère !

D’ailleurs, comme l’amère de Lille s’est crue autorisée à commenter les vacances de notre premier ministre, je crois pouvoir vous livrer un scoop : elle aurait commandé une collection de robes de bures pour le cas où elle gagnerait l’élection présidentielle pour en imposer le port obligatoire aux ministres du gouvernement qui sera nommé. Mamère en moine, vous voyez un peu le tableau ??!!! C’est bien tout ce qui leur pend au nez, car avec toutes les leçons qu’ils donnent en ce moment, ils peuvent s’attendre à un train de vie monacale pour ne pas s’attirer la pareille : cellule drastique obligatoire, port des sandales sans chaussettes, déplacements interdits hors du périmètre de leur ministère autrement que pedibus cum jambis.

Il n’empêche, nous n’oublierons pas. Nous serons aussi exigeants qu’ils l’auront été pendant tout le quinquennat, si par hasard ils arrivaient aux affaires, ce que je ne souhaite pas pour notre pays.

Un conseil aussi à l’usage de tous les responsables politiques qui voyagent dans les pays susceptibles de connaître des révoltes (et même les autres) : munissez-vous d’une boule de cristal, car si vous y séjournez et qu’ensuite des événements se produisent, il pourra vous être reproché une compromission ou un manque de lucidité.

Un mot encore à destination de ces journalistes parisiens qui refont le monde à partir de leur microcosme « bobo-petit-bourgeois », pour leur dire qu’ils nous gonflent !  Il suffit de voir les sondages pour comprendre que le peuple s’en tape !

 

 


UNE DICTATURE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

 

Le regard de béotien que nos idéologues de gauche jettent sur les « révolutions » de Tunisie et d’Egypte me stupéfie par la naïveté qu’il dénote. Quand il s’agit de Jobosévé, de Besancenot ou du méluche, il n’y a rien d’étonnant. Ils vont sur place flairer ce rêve qu’ils savent parfaitement impossible à réaliser en France. Mais les trémolos des autres hiérarques patentés de notre gauche, plus poil de chameau que jamais (ça s’impose), me font sourire. Encore oublient-ils dans leurs leçons dont ils ne sont jamais avares, qu’il y a encore peu, le dictateur Tunisien faisait parti de leur grande famille internationale et des représentants de son parti invités à la dernière grand’ messe du PS. Comme ils ont la mémoire arrangeante quand il s’agit d’eux-mêmes !

Je n’ai guère de sympathie pour les dictateurs. Le regard que l’on doit porter sur ces régimes doit toujours être sévère quant à l’exercice des libertés. Mais ces pays ne sont pas la France. Ils n’ont pas la même histoire ni la même culture. Leur rapport à la démocratie est forcément différent du notre, ne serait-ce qu’à cause de l’Islam qui ne sépare pas le politique du religieux, ce qui rend fragile les régimes laïcs et démocrates. Contentons-nous d’en rester à la géopolitique, et de ce point de vue nous observerons que les deux pays méditerranéens secoués par les « révolutions » sont deux pays alliés du monde occidental, qui sont deux pièces maîtresses par leur contribution à la stabilité tant en Méditerranée qu’au proche orient. Et je serai tenté de dire : « on sait ce qu’on perd… ».

Les bien-pensants ajoutent à leur indignation, la corruption qui les entourait. Certes, elle est toujours condamnable. Sauf que je ne suis pas certain qu’elle eût été absente avec un régime plus libre et plus démocratique, tant la culture du « backchich » fait partie intégrante de leurs coutumes, de même que leur propension au marchandage et à la spéculation. Simple constat, car il ne s’agit, pour ma part, en aucune manière d’en tirer une conclusion ni de stigmatiser.

Ces pays ont aussi subi la crise et il ne faut pas s’étonner qu’elle y ait aggravé la misère en même temps que les activités se délocalisaient vers des pays à la main d’œuvre encore moins chère. Voilà un terrain propice que les islamistes n’auront pas manqué d’exploiter et ce qu’il faut craindre, dans les élections libres qu’ils organiseront bientôt, c’est une victoire écrasante de ceux qui se réclament de la « Charia ». Alors le « printemps vert » des peuples du maghreb se transformera en hiver pour la liberté de penser et de croire, pour la liberté d’expression et pour la condition des femmes, car depuis l’instauration de la république islamique en Iran, on sait ce que cela veut dire !  Des régimes islamistes sont peu probables nous rassurent les mêmes penseurs. A vrai dire, je les trouve très optimistes. Espérons, pour une fois, qu’ils aient raison : l'ouverture sur le monde d'une jeunesse habituée à "surfer" sur internet pourrait en être le gage ; sera-t-il suffisant ? Le drame, c'est que nous ne pouvons guère intervenir. Le comportement des Etats-Unis et de l'Europe, par les conseils et lespressions exercées, étant encore trop proche d'un néocolonialisme feutré mais réel.  

                                       

 

 


LA TENTATION PROTECTIONNISTE

 

C’est un raisonnement simple qui s’appuie sur des considérations vertueuses et séduisantes : puisque la concurrence internationale détruit nos emplois et est responsable de la montée du chômage, protégeons-nous en fermant les frontières. Et en plus de la préservation de l’emploi, on préserve l’environnement en limitant les transports lointains, on se protège contre des produits de mauvaise qualités voire défaillants et on donne de l’oxygène à nos entreprises nationales. La mesure est simple, tout le monde peut la comprendre et semble facile à mettre en œuvre.

Et c’est pourtant ce qu’il ne faudrait surtout pas faire, en tout cas au seul échelon national. Ne faisons pas l’impasse sur ce que l’Histoire nous a appris. C’est en effet le réflexe protectionniste et la fermeture des frontières dans les années 30 qui avaient amplifié l’effet de la dépression économique. Et dans un monde où les économies sont devenues imbriquées les unes dans les autres, la fermeture unilatérale de nos frontières serait périlleuse et par nature très compliquée à mettre en œuvre.

Notre pays n’a pas les moyens de l’autarcie : son tissu industriel, sa monnaie, son agriculture, ses approvisionnements en matières premières et produits énergétiques dépendent des échanges avec l’extérieur. Fermer le robinet et ce sont des chômeurs par dizaine de milliers qui iront pointer à l’ANPE, sans compter avec la hausse du coût de la vie que les consommateurs devront affronter, aggravée par une dépréciation inévitable de la monnaie.

Il nous faudrait aussi dénoncer tous les traités, à commencer par celui qui nous lie à l’Union européenne, sortir de l’Organisation Mondiale du Commerce, renoncer à jouer un rôle dans les négociations mondiales. Le peu d’avantages que nos entreprises pourraient tirer en s’abritant de la concurrence, arrondirait peut-être leurs profits mais seraient vite perdu par la chute de la consommation et le recul de leur compétitivité. Et que deviendraient EADS, Airbus, Alstom et le TGV ? A qui vendrons-nous le surplus de fabrication d’automobiles ?

Par contre, notre devoir est de rester vigilant face au désir de la Chine d’acheter des entreprises chez nous. Cela concerne toute l’Europe. Autant on peut trouver désagréable qu’un groupe indien s’empare de ce qui reste de notre sidérurgie, qu’une multinationale américaine rachète une entreprise européenne, autant on peut être certain qu’on ne peut confondre leurs intérêts avec ceux de l’Etat auquel ils appartiennent. Il n’en est pas de même quand il s’agit de grandes entreprises chinoises qu’on peut évidemment soupçonner d’être au service d’une stratégie de domination tant politique qu’économique. En ce cas, le protectionnisme s’impose car il y a absence de réciprocité, concurrence déloyale en raison de l’opacité des modes de financement et surtout risque de fuite technologique.

L’ouverture au monde reste indispensable. Cela n’empêche pas une régulation et la lutte contre les spéculations abusives, tant financières que sur les matières premières.

 

 


LES BREVES D’ARCHIBALD

Longue vue 2

Tourisme particulier ! Il n’y a pas que les politiques qui ont du mal à anticiper les événements. Cette semaine, l’hebdomadaire « Femme actuelle » proposait dans ses pages tourisme « l’Egypte à la voile ». Originale la descente du fleuve en « dahabiya », « voiles blanches et dais de coton au-dessus des différents ponts, une dizaine de cabines à peine… » : de quoi rêver pendant que la révolte gronde au Caire. Fort heureusement, l’itinéraire prévu précise « loin des foules »…. Plutôt drôle non ? MAM à côté fait ringarde avec sa petite excursion tunisienne.

Oubli. Le PS, par la voix de son porte-parole, de ses barons, quand ce n’est pas du président de son groupe parlementaire, ne s’est pas gêné pour critiquer l’attitude du président de la République et le retard à réagir face à la crise tunisienne. La manière dont ils en rajoutent sur les vacances de notre Ministre des Affaires étrangères, malencontreuses il est vrai, est trop lourde  pour être innocente. Ben oui, on sait maintenant : il fallait faire oublier que le Président Ben Ali faisait partie de l’Internationale Socialiste. Tout comme Moubarak, d’ailleurs. On n’attend maintenant que la responsable française de la dite internationale – Mme Royale- demande pardon (c’est une experte en la matière) pour avoir si longtemps accepté de tels tyrans dans leurs rangs.

Trop fort pour être honnête. Le mouvement de réprobation des juges contre les propos du Président de la République, qui n’a fait que dire tout haut ce que toute la France pense tout bas, est un prétexte. Les magistrats ne supportent pas les réformes qui leur sont imposées. S’il est vrai que notre justice souffre d’un manque de moyens, ce n’est pas nouveau et c’est par un effort de longue haleine qui passe aussi par la modernisation de son organisation qu’on parviendra à la  remettre à niveau. Mais cela n’exonère pas les magistrats de rendre des comptes.  Depuis Outreau, on sait que c’est un corps hermétique aux sanctions. Leur grève est risible.

Mécomptes. Le rapport de la cour des comptes sur le fonctionnement du port de Marseille tombe à point nommer. On y apprend que les grutiers travaillent 12 à 14H par semaine pour un salaire de 3500 à 4500 € net ! Et il faudrait leur financer une préretraite à 56 ans sur fonds publics ! La CGT locale –fossile stalinien- peut protester. C’est tout simplement immoral. Quand est-ce qu’on les vire !

Gros momo.  Furieux le père Mauroy. Il vient d’être condamné pour l’emploi fictif de Mme Cohen Solal, aujourd’hui élue de la capitale. On est heureux d’apprendre que ça existait aussi à gauche : ça alors !

Guéguerre. Les Sénateurs de la majorité passent un temps fou à essayer de contrecarrer les projets du Président de la République. Ils retoquent tous les projets qui leur passent entre les pattes. Pour pas grand’chose puisque la plupart de leurs modifications sont rétablies en seconde lecture par l’Assemblée nationale. Croient-ils qu’ils vont sauver leur majorité en agissant ainsi  ? Que nenni. Le résultat des élections sénatoriales est directement lié aux grands électeurs issus des élections régionales, cantonales et municipales, qu’on a perdues depuis 2007. Avec les prochaines cantonales, ça craint !

Pétrole vert. Youpieee ! Grâce à une invention franco-espagnole, on va bientôt pouvoir se passer du pétrole des émirs. Grâce aux micro algues et au gaz carbonique on va pouvoir fabriquer du pétrole et des omégas 3, tout en purifiant l’atmosphère de notre planète. Les « majors » s’y intéressent fortement. Le moteur à explosion a encore de beaux jours devant lui !

 

                                                Mille sabords !


QUE LA DROITE SOIT DONC ELLE-MEME !

 

La stratégie mise au point par Nicolas Sarkozy a réussi en 2007, mais depuis, l’audience qu’il avait obtenue sur son volontarisme qui prenait en compte les inquiétudes d’une partie de la population, a été reperdue en grande partie par les effets de la crise et sur son style de gouvernance au début du mandat. Tout le monde a bien conscience que le même calcul ne peut pas être refait pour 2012. Chat échaudé craint l’eau froide.

Pour le parti présidentiel, l’équation est simple : le seul moyen de regagner la part d’électorat qui fait défaut pour être majoritaire au deuxième tour, c’est-à-dire refermer le boulevard populiste qui s’ouvre à Marine Le Pen et ramener les escadrons de centristes de centre droit de toutes couleurs dans son giron, c’est d’être soi-même.

L’UMP doit redevenir le parti de l’équilibre qui réaffirme avec force sa confiance dans l’intégration, qui n’hésite pas à s’emparer du débat sur les racines sociales des maladies actuelles de notre société, qui s’investit dans une vraie réforme fiscale susceptible de redonner confiance aux classes moyennes. Cela passe par une riposte savamment dosée entre force et éducation à la terreur que quelques voyous font régner dans les quartiers. Cela passe par un débat décomplexé sur la délinquance. Cela passe aussi par la réaffirmation de nos valeurs et les avantages qu’elles procurent à notre société, qu’il s’agisse de la foi dans l’Europe et sa monnaie, de l’esprit de responsabilité notamment face à la dette publique, de l’attachement au dialogue social, ou de la liberté d’entreprendre en bénéficiant d’une compétitivité rétablie. Un parti libéral, social et européen.

Le « charme » de Marine Le Pen n’est pour rien dans la progression du FN dans les sondages. C’est un phénomène européen alarmant qu’on ne peut pas ignorer et qui exige des explications franches, la reconnaissance objective des dangers, la recherche de remèdes en cohérence avec nos voisins et partenaires. Laissons le discours de la peur de l’autre à l’extrême droite. D’ailleurs, consciente qu’il ne suffit pas, la nouvelle patronne du FN n’hésite pas à faire de la « disruption » comme en témoigne sa déclaration sur les « camps nazis » qui vise à lui redonner une virginité en la matière et à la rendre plus acceptable aux électeurs de la droite classique.

Le désir de gauche, les études d’opinion en attestent, n’existe pas dans le corps électoral. Et ce n’est pas la multiplication des primaires : primaires vertes, roses, rouges, qui va y changer grand-chose. De plus, on est assuré du vide jusqu’en juillet, date à laquelle on connaîtra le paysage au moins pour le PS. Ce n’est pas le « bouclier territorial » inventé par Martine Aubry pour battre la campagne qui peut le combler. Il n’est que le « bouclier du conservatisme » qui sert à masquer l’immobilisme d’un parti resté profondément ancré dans le siècle dernier, quand ce n’est pas le précédent.

Mais pour créer un désir de droite, il vaudrait mieux éviter d’allumer des mèches à tout bout de champ, de lancer des débats sans lendemains, qui plus est, sans donner les clés pour que les Français puissent comprendre. Ce qu’on attend c’est une démarche ordonnée du gouvernement, du groupe parlementaire et du parti majoritaire, en mettant les égos de côté, pour un travail en profondeur. La droite a tout à y gagner, parce que la France est majoritairement à droite.

 


LE DIABLE NE PEUT PAS ETRE « DE GAUCHE »

 

  Demon

Quand on compare les discours de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélanchon, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’une comme l’autre n’hésitent pas à utiliser les ficelles du « populisme ». Leurs programmes sont communs pour dénoncer l’Europe, l’Euro, la défaillance de l’Etat et s’ils divergent, c’est parce que l’une se réfère à un national-socialisme affadi qui ne dit pas son nom et l’autre à l’internationale prolétarienne marxiste et bien stalinisante quand il hurle « qu’ils s’en aillent tous » en parlant des riches.

Ces gens-là sont diaboliques au sens où les remèdes qu’ils proposent tiennent autant de la purge que de l’amputation avec des relents de totalitarisme. Le bien-être des Français bien qu’il soit la finalité de tous leurs discours, les intéresse peu en fait, prisonniers qu’ils sont de leurs postures et de leur idéologie. C’est pourquoi, on les situe généralement aux extrêmes : à l’extrême-droite pour l’une, à l’extrême gauche pour l’autre. Une manière de souligner le caractère excessif de leurs positions.

Pourtant, il faut faire une différence. La diabolisation ne peut en rien concerner M. Mélanchon qui trouve que Mme Aubry est courageuse et qui en retour vient à son secours en précisant que lui faire le même sort qu’à Marine Le Pen était une incongruité. Le diable ne peut pas être à gauche, pensez donc ! C’est ainsi depuis Pétain et la collaboration. L’extrême droite n’est pas fréquentable, l’extrême gauche si. C’est toujours le même cours de morale. La ficelle est un peu grosse.

Je ne partage pas l’analyse étonnamment sereine que font certains médias de l’évolution du FN, comme s’il s’agissait d’un parti classique. Il ne l’est pas. Se hisserait-il au pouvoir, qu’il réduirait nos libertés, se concentrerait sur les persécutions des immigrés ou de leurs descendants, cultiverait les peurs nationales, engagerait de surcroît un programme inapplicable fondé sur l’autarcie et le retrait de la France de l’Union européenne. On ne voit pas en quoi cela pourrait rétablir nos comptes !

Pas plus qu’on ne peut compter sur le nivellement généralisé, l’emprunt forcé sur les riches, le « tout état » protecteur et big brother derrière chaque citoyen, prôné par son rival qu’est le Parti de Gauche.

Mais la crise qui traîne à s’en aller, la persistance du chômage et l’insécurité plus voyante et plus violente leur donnent des ailes et les rendent plus dangereux que jamais.

Il faut simplement savoir que quand on dîne avec le diable, il vaut mieux avoir une longue cuillère en bois.

 



COMMENT REDONNER CONFIANCE AUX FRANCAIS ?

La mondialisation représente une chance pour 91 % des jeunes Chinois, 87 % des jeunes Indiens et 81 % des jeunes Brésiliens, suivant une toute récente étude de la Fondapol. Dans le même temps, près d'un jeune Français sur deux (47 %) juge qu’elle est une menace. Toute la mesure d’un peuple démoralisé qui lit sa décadence dans ses dettes publiques et son confort factice à crédit. Confort relatif puisque près de 4 millions de Français connaissent la précarité ou le chômage.  C’est aussi l’aveu d’un renoncement. Certes, la situation économique depuis 2008 n'a guère favorisé l'optimisme en conduisant à établir, assez insidieusement, une relation de cause à effet entre le chaos financier mondial et les difficultés nationales. Mais notre civilisation, à coups de joujoux électroniques, de rtt, de congés rallongés, a plus développé le goût de la paresse, qui est le penchant naturel de l’être humain, que celui de l’effort. Et alors que nos jeunes ont à leur disposition l’accès gratuit au savoir, par un maillage serré d’établissements publics et privés, transports compris s’ils en sont éloignés, alors qu’ils n’ont qu’à vouloir, ils se complaisent trop nombreux dans l’absentéisme, le refus d’apprendre et le chahut, avec la complicité passive de parents trop peu présents ni attentifs.

Et pourtant, c’est la France qui préside le G8 et le G20, et entend jouer pleinement son rôle au niveau mondial en apportant sa contribution à la sortie de crise. Les efforts du gouvernement n’ont pas été vains : la crise y a été amortie autant que possible et les mesures prise ont pu enrayer rapidement la récession. Alors, faut-il  voir dans cette défiance des jeunes au monde, une réaction de repli face à la montée en puissance de concurrents redoutés, à moins que ce ne soit la crainte de l'appauvrissement qu’il perçoive comme déjà bien engagé ? De fait, la France est, de tous les pays du G20, celui dans lequel cette appréhension est de loin la plus grande.

Aussi, à côté des réformes de fond de la société française que le gouvernement a entrepris de réaliser, un travail psychologique de fond s’avère aujourd’hui la tâche la plus importante à laquelle devrait se consacrer toute la classe politique : faire prendre conscience à nos concitoyens de leurs capacités, de leurs forces, de leurs atouts. Pour leur redonner confiance. Encore faudrait-il que tout le monde tire dans le même sens et que les uns et les autres, à gauche comme à droite, cessent de donner le triste spectacle de chamailleries dignes de cours de récréations, spectacle qui contribue à accentuer le désarroi que le sentiment d’impuissance du politique à corriger les effets de la crise, malgré son volontarisme, produit inévitablement.

Il ne reste plus qu’à espérer que la présidence du G20 et du G8 favorisera, grâce à des résultats significatifs et lisibles, la réconciliation des jeunes Français -et de leurs aînés -avec la mondialisation. Sinon, comme en atteste une récente étude du Cevipof, un large boulevard est ouvert aux populistes les plus bruyants.