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JOYEUX NOEL !

 


Père noel traineau
 
 

Je vous souhaite un joyeux Noël. Passez d'excellentes fêtes de fin d'années.

Que pour tous Noël soit un moment de paix et de partage, avec une mention spéciale pour Roselyne (qui sait bien pourquoi ses amis proches penseront tout spécialement à elle).

En attendant 2011 et de vous retrouver sur le calepin.

                         Daniel


Fantaisie d’hiver

Bonhomme_de_neige

Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.

Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps;

Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.

Théophile Gautier

 



LES COUPS D’PROJO D’ARCHIBALD

  Projecteur

 

Après cette première interruption du bloc-notes « pré-vacances de Noël » et la pause de la « trêve des confiseurs » qui commence dès demain et jusqu’au 3 janvier, voici une série de « points d’actualités » tirés de cette semaine.

CURIEUX ! Le juge du tribunal de simple police de Nantes qui a eu à connaître de l’affaire de la contravention sanctionnant la conduite en tchador, et qui avait défrayé la chronique, a rendu une drôle de décision en « estimant que l’amende n’était pas justifiée ». Certes, la contrevenante pouvait voir, mais elle avait le visage complètement masqué. Est-ce acceptable quand on est sur la voie publique et susceptible, par exemple, d’être « flashée » par un radar ? Au regard de l’application stricte du code de la route, il semble bien qu’elle était en faute. Evidemment, le problème ne se posera plus dès le mois d’avril avec l’entrée en vigueur de la loi qui interdit le port du voile intégral. On aurait pu se passer de cette décision vraiment inopportune.

RECRUTEMENT. Le Parti Radical, qui fait toujours partie de l’UMP, n’en finit pas de recruter des « colonels », à défaut de troupes. C’est Rama Yade qui vient de décider d’adhérer au Parti de Jean-Louis Borloo, sans laisser de temps à Jean-François Copé ni prévenir quiconque de sa décision. Il y a des carrières qui se sont plantées pour moins que ça. Trop impulsive en ce moment la donzelle ! Et c’est dommage. Et puis on parle de l’arrivée de Fadela. Là, c’est une bonne nouvelle, si c’est le cas. Fadela la laïque arriverait dans le « small old party » au moment où, avec les provocations de Marine Le Pen, le débat sur la laïcité va rebondir.

EXTRA-TERRESTRE. Nicolas Hulot a dit qu’il réfléchissait à une candidature à la Présidentielle. On peut comprendre que ça le démange, mais passer d’une cote de popularité médiatique à un combat politique ce n’est pas aussi simple. Surtout quand on doit s’appuyer sur la « pétaudière des Verts » et alors  que celui qui était le plus proche de lui vient d’en claquer la porte. Nicolas abandonnant son « kit-surf » pour la campagne électorale, je n’y crois pas beaucoup.

TANDEM. Le tandem franco-allemand n’a jamais abordé les sommets européens aussi soudé que cette fois-ci. Depuis l’été dernier, pas un nuage entre Angela et Nicolas. Objet majeur de cette entente : sauver l’Europe et la monnaie unique. Il est vrai que l’affichage d’une union forte entre la France et l’Allemagne est le meilleur moyen de voir les rangs se resserrer, ainsi que dissuader la spéculation. L’Allemagne avec 3% de croissance est aujourd’hui le pays le plus puissant sur le vieux continent. Rien ne peut se faire sans elle.

CROISSANCE. L’Insee annonce à nouveau 1,6% de croissance pour la France en 2011. Je fais le pari qu’elle sera plus importante et proche de 2%. Les prévisions ne peuvent prendre en compte statistiquement l’effet de levier des dépenses du « grand emprunt » qui vont passer dans la phase « effective ». Cette injection de plus de 30 milliards d’euros devrait provoquer ½ point de plus pour notre économie. Reste à faire en sorte que la consommation se maintienne, bien que l’important soit plutôt le développement de nos exportations et le rétablissement de notre balance commerciale.

RETHORIQUE IMBECILE. On peut avoir envie de surfer sur la « nostalgie » du Franc, surtout quand on est « souverainiste ». Mais ce qui dépasse l’entendement, c’est la campagne que mène l’autre Nicolas, Dupont-Aignan, au nom de « Debout la République », pour l’abandon de l’euro, avec des formules aussi folles que fausses comme quoi la monnaie unique serait cause de tous nos malheurs et que sortir de son carcan nous donnerait l’oxygène dont notre économie a besoin. D’abord, il oublie de dire que les modalités seraient très compliquées tant sur la plan pratique que juridique et aussi très coûteuses. Ensuite, quel crédit donnerait-on à une monnaie plombée par une dette de 10 500 milliards de Francs ? Les spéculateurs ne tarderaient pas à en aggraver la faiblesse provoquant dévaluation et faillite de l’Etat… Moi, je crois que l’Union fait la Force, tout bêtement.  

 

                                                                               Tonnerre de Brest !

 


ET LA REPONSE ALORS ?

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Dans son édition de jeudi dernier, L’Ouest-France, dans la rubrique « Le Maine-et-Loire en bref », publiait un communiqué signé de M. François Benoiton, représentant du Parti socialiste à Tiercé, qui dénonçait le cumul des mandats de Paul Jeanneteau en lui conseillant de suivre l’exemple de Frédéric Béatse qui vient de démissionner de son mandat de Conseiller Général. Celui-ci en effet est Vice-président du Conseil Régional depuis 2010, en plus de ses fonctions locales à Angers.

Il est évident que Paul Jeanneteau ne pouvait laisser cette « agression » sans réponse. J’ai eu beau scruter le journal depuis jeudi dernier, j’attends toujours que son article soit publié. Comme il semble qu’à Ouest-France on ne connaisse pas le droit de réponse, je me suis procuré le texte du député et je suis heureux de vous le proposer :

« Je tiens à rassurer M. Benoiton : j’ai le sentiment de remplir pleinement les trois mandats qui m’ont été confiés, sans le moindre signe de surmenage. Je lui indique au passage que j’ai été réélu Maire de Champigné en 2008 avec 80% des voix par mes électeurs qui connaissaient parfaitement ma situation. De même pour le Conseil Général mandat pour lequel 76% des voix m’ont apporté leur confiance. J’y vois le signe de la reconnaissance du travail accompli. Quant à mon activité à l’Assemblée nationale, je fais en sorte qu’elle soit active et efficace. Plus sérieusement, je m’interroge sur la mesquinerie de ce genre d’attaque. S’agit-il de cacher la réalité de M. Béatse qui cumule encore les mandats de Vice-Président de l’agglo, de Maire-Adjoint d’Angers et de Vice-président du Conseil Régional ? Il me paraît pour le moins exagéré de mettre sur le même plan l’exercice du mandat de Maire d’une commune rurale de 2 100 habitants et celui de vice-président d’une agglo de 250 000 habitants. J’ai donc envie de dire à François Benoiton qu’il ferait mieux d’abord de balayer devant sa porte et aussi de s’intéresser au cumul des mandats dans son propre parti en prenant comme exemple M. Jean-Marc Ayrault, Maire de Nantes, président de l’agglo, Député et président du groupe PS à l’Assemblée nationale.. »

J’ajouterai que le législateur a souhaité que ne soient pas pris en compte dans le cumul, les mandats des maires de petites communes, afin de ne pas couper les élus nationaux des réalités du terrain. Le fait que les responsabilités à la tête des agglos ne soient pas comptées est beaucoup moins logique. Mais surtout, je crois à la limitation du nombre des mandats par la simplification des étages administratifs de notre pays. A cet égard, il faudrait que le responsable du PS de Tiercé, au lieu de se répandre en accusations aussi fausses que partisanes sur les intentions qu’il prête à la politique gouvernementale, explique pourquoi son parti a voté contre la réforme territoriale qui unifie en un seul mandat le Conseiller Général et le Conseiller Régional., ce qui est le meilleur moyen de limiter les cumuls.

 


COUPS DE PROJO… AVEC ARCHIBALD

Projecteur

 

TOUCHE PAS A MON POTE.  En grande pompe et sous le signe fédérateur de la laïcité et de la République Jean-Louis Borloo a fait son retour sur la scène publique à Paris, devant plusieurs centaines de personnes conviées à un « dîner républicain » en l'honneur du 105ème  anniversaire de la loi de 1905 sur la laïcité. Radicalisme oblige. Et tout ce que la France compte de gratin laïc était venu, presque toutes tendances confondues. Se déclarant « ému », il s'est présenté à l'aube d'un nouveau départ, mais les piques à l'égard de l'exécutif étaient trop lisibles pour masquer son dépit. Celui de ne pas avoir été choisi comme Premier Ministre. L’occasion de faire un portrait du locataire de Matignon, classé dans les « conservateurs à l’air sérieux et bien coiffé ». On lui pardonne ce propos superficiel à condition qu’il ne recommence pas. Jean-Louis Borloo nous a habitués à mieux. Au passage, je ne partage pas sa présentation de la loi de 1905 comme « une loi de réconciliation entre deux France », au moment ou le « Radicalisme » se situait … à l’extrême gauche !

DEBALLAGE VERT. Il n’y va pas de main morte Jean-Paul Besset. Il démissionne de la présidence du conseil fédéral, le parlement du parti, dont Cécile Duflot assure la « direction exécutive ». Dans une lettre rendue publique intitulée « pourquoi j’abandonne », il dénonce un « climat délétère de guerre froide et de paix armée ». Et avec des mots particulièrement forts, il lance : « que les couteaux sortent s’ils doivent sortir ou que les convictions l’emportent enfin sur les ambitions, mais au moins, qu’il se passe quelque chose ». Comme si céder aux vieux démons des querelles de chapelles n’était pas une habitude chez les écolos. Autrement dit, la mayonnaise n’a pas pris. Pour reprendre les termes de la lettre de Jean-Paul Besset, on a vu le retour du « scénario des crispations et des jeux claniques, la comédie du pouvoir, le Monopoly des territoires, les délices du déchirement les obsessions purificatrices et les procès en sorcellerie ». Bonjour les lendemains verts qui chantent !

LE SPHINX. Ségolène Royal, qui était mardi 30 novembre au 20 heures de France 2, a justifié sa candidature par un syllogisme d’une navrante simplicité : on « attendait que DSK s’exprime en premier. Or, il vient de dire qu’il n’était pas candidat puisqu’il restait au FMI jusqu’en 2012. Donc je suis candidate. C’est aussi simple que ça. N’allez chercher ni rupture de pacte, ni initiative solitaire. » Comme le sphinx est interdit de parole sous peine de démission, elle ne risque pas d’être démentie. Diabolique !

REJET D’AVENIR. Cache-cache en banlieue. Le marché du pauvre est très convoité. Martine Aubry et Ségolène Royal se sont toutes les deux déplacées dans la banlieue parisienne mais séparément et sans qu'il y ait eu communication et donc coordination entre elles. De son côté, Blanche de Poitiers,  s'est rendue à Cergy pour rencontrer de jeunes chefs d'entreprise et visiter le marché de la ville. Pour « donner sa voix à ceux qui sont sans voix », a-t-elle affirmé, toujours en verve de formules « ségoliennes ». Tandis que l’amère de Lille s'est, elle, rendue en Seine-Saint-Denis à la mi-journée pour un déplacement organisé dans la plus grande discrétion. La presse a finalement été prévenue par des membres de l'entourage de… Ségolène Royal, toujours prête à rendre service.

OCCUPATION. Dans un ou une Le Pen, il y a toujours un Jean-Marie qui sommeille. On vient de le constater avec la sortie de Marine sur les rues « occupées » par les musulmans en prière. Sur le fond, il y a matière à s’interroger en effet. Mais la comparaison avec l’occupation nazie est volontairement choquante parce que dénuée de sens. Mais l’effet est réussi. Naturellement, on peut penser que c’est à usage interne. Sauf que les raisonnements de la fille, tant sur l’Europe qu’en matière d’économie, rappellent les beaux jours de « l’autarcie » … C’était dans les années 30, et les tenants en étaient Mussolini et Hitler.

LA BOULETTE. Il ne suffit pas de s’appeler Hortefeux pour faire fondre la neige. Le Ministre de l’Intérieur aurait mieux fait de se mordre la langue en affirmant qu’il n’y avait pas de pagaille sur les routes de l’Ile-de-France, alors que des milliers de citadins ramaient sous les épais flocons. La neige, c’est propice aux boulettes, et c’est glissant !

ON NE S’ENGUEULE PLUS… à ce qu’il paraît, au PS. C’est ce qu’a affirmé Martine Aubry à la convention sur « l’égalité réelle dans un monde virtuel ». Elle n’est pas rancunière. D’autant plus que « la candidate de dans 18 mois » est venue parler d’Union à la tribune et aussitôt après s’asseoir auprès d’elle, en virant le porte-parole sur une autre chaise par la même occasion. Une version inédite des chaises musicales… grinçantes. On ne s’engueule plus, mais qu’est-ce qu’on se met comme coups de pieds sous la table !

UNE CLOCHE, DEUX SONS. C’est bien les conventions du PS, parce que ça me donne beaucoup à dire. Ainsi, toujours la Première Secrétaire : elle s’est émue de ce que Brice Hortefeux à oser critiquer le jugement du tribunal de Bobigny (Il soutient ses flics). « Laissons les juges faire leur travail » a-t-elle proclamé,sous-entendant que le pouvoir fait pression sur la justice. Pourtant, Effrayés par l’éventualité d’une inégibilité de Jean-Paul Huchon, le PS exerce une forte pression sur le Conseil d’Etat. Martine Aubry en tête déclare « vouloir savoir ce qui se trame au Conseil d’Etat. » Autant l’accuser de complot ! Mais selon les socialistes, il ne s’agit pas de pression

QUELLE SURPRISE ! Bayrou a été réélu Président du MODEM. Il faut dire que ce n’était pas bien difficile, il était le seul candidat et son parti n’est plus qu’une coquille vide. Que dire de plus ? Ah si, Il y a encore Marielle De Sarnez…

CORIACE. L’animateur de C/Politique n’était pas à la fête ce soir. Il avait en face de lui une Roselyne Bachelot à qui il n’a pas réussi à faire dire ce qu’il aurait aimé lui entendre dire. C’est que la Ministre n’a pas sa langue dans sa poche, est rompue à ce genre d’interview musclée, et joue de la lucidité, du sourire et de l’argumentation avec un brio déstabilisant pour son interlocuteur qui s’est retrouvé plus d’une fois dans les cordes : sur sa nomination, sur le débat national sur la dépendance que d’aucun voudrait cousu de fil blanc, sur le coût de la vaccination contre la grippe, sur le « virage social » pour lequel exemples concrets à l’appui elle lui montre que c’est… tout droit, ou encore sur François Bayrou qu’elle dénonce comme le « fossoyeur du centre » ce que Demorand prend pour de la haine, alors que ce n’est qu’un jugement sévère. J'allais oublier la belle démonstration en réponse aux protestations de Mme Cantona. Du cousu main !

 


HUMEUR D’HIVER

Neige

 

Voilà à quoi on a réduit les Français : un troupeau de « cons assistés » même pas foutus de se renseigner avant de prendre la route et donc se prendre en charge. Ils attendent tout de l’Etat. Et voilà qu’il se met à neiger abondamment. Comme si c’était surprenant en hiver. Même si cela n’arrive pas tous les jours, il faut bien admettre que la nature n’est pas franchement déréglée parce qu’il tombe 10 cm de neige. Dans mon enfance j’ai connu des hivers dans les années 50 bien plus froids avec des épisodes neigeux de 30 à 50 cm sur la région parisienne. Oui, il arrive qu’il neige, qu’il grêle, qu’il vente, qu’il tempête, qu’il pleuve trop ou pas assez, même qu’il canicule et qu’il « gèle à pierre fendre » comme disait ma grand-mère.

Mais voilà, nos sociétés modernes nous font croire que l’Homme peut tout en oubliant que face aux éléments, il est vite dépassé et… tout petit. Et nous n’admettons pas d’être gênés dans nos déplacements. Voilà : y’a qu’à ! Et puis qu’est-ce qu’il fout Sarko, s’il n’est même pas capable d’empêcher de neiger ?

On s’émeut jusqu’au plus haut niveau du Gouvernement, et de Moscou, oh abomination, le Premier Ministre a eu l’audace d’affirmer que Météo France n’avait pas suffisamment estimé dans ses prévisions, l’intensité des précipitations. Au lieu de 3 à 7 cm annoncés, il en est tombé entre 7 et 15 selon les endroits. Pas de quoi en faire un drame et surtout pas une accusation : on sait bien que ce genre de chose est très aléatoire. Non, un constat ! Mais que n’a-t-il pas commis là : oser suspecter les personnels d’incompétence.  Et c’est vrai que les services de voirie ne sont pas intervenus à temps. Voire… Faire passer un chasse-neige sur la 118 à 17H, alors qu’elle est pleine sur deux files à ras bord, c’est comme vouloir faire entrer un éléphant par le chas d’une aiguille.

On pouvait espérer que la polémique, Victor (ouais, je sais) en reste là. C’était oublier Zorro, la Ségo qui s’en mêle : elle est à l’affût de tout, elle est en campagne. En Joséphine Ange Gardien des Français qui souffrent, si elle avait été présidente (oublions tout de suite le cauchemar), avec sa baguette magique, elle aurait réglé le problème. J’ai envie de chanter, sur l’air de Zorro :

"Ségo est arrivéééée,

Empresséééééee

La vraie Ségo,

La peau d’chameau,

Avec ses grands mots

Et ses gros sabots."

Tout ça, parce que sur Chaville, il tombait un peu de neige…

 


NIVEAU « CAFE DU COMMERCE » !

Marché

Hier soir, j’ai suivi par hasard pendant quelques minutes sur la « Trois », dans l’émission  «  Ce soir ou jamais » la discussion animée autour du « fameux appel de Cantona » dont on apprend qu’il émanait en fait d’un certain Sarfaty « comédien réalisateur » de son état. En Monsieur je-sais-tout, plein de ses certitudes, il nous a joué son numéro d’intermittent du spectacle et asséné en un long discours intarissable ses fadaises et contre-vérités sur le système bancaire, le capitalisme, l’Euro et l’Europe qui vont dans le mur… tout en chantant les mérites de cet espace de liberté d’expression incomparable qu’est internet. Son savoir économique était aussi maigre que notre taux de croissance.

C’est sûr, comme « café du commerce » planétaire où l’on refait le monde, où tous les ignards viennent étaler leur fausse science, où tous les lobbyes idéologiques propagent leurs fausses nouvelles et leurs intox à coups de mensonges, où tous les obscurantistes prêchent leur vérité rance, oui c’est sûr, internet est un espace d’expression. Mais il est le reflet de notre décadence, tant dans l’expression approximative que dans les savoirs auxquels il nous expose.

Encore heureux, on croyait qu’il y aurait des moutons de Panurge pour suivre la consigne : même pas. Le bon sens l’a sûrement emporté sur l’appréciation appuyée sur des connaissances économiques. C’est une bonne nouvelle, car le pouvoir des cons est terrifiant.

Mais comment peut-on nier à ce point le chemin parcouru depuis l’âge des cavernes par l’Homme, comment ignorer à ce point l’apport de la monnaie, des banques et de la bourse dans le développement des industries et de l’économie en général ? On peut convenir que le système n’est pas parfait, j’admets que l’on débatte de la nécessité de régulation de certaines pratiques, mais de grâce, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Si encore, l’entourage de ce quidam avait été à la hauteur : mais même pas. Quelques timides protestations, et surtout le degré zéro de la connaissance du fonctionnement de l’économie.

D’aillleurs, ce n’est pas étonnant. Selon un sondage TNS Sofres, deux tiers des Français disent n'avoir pas eu de formation économique durant leur scolarité et seul un sur dix avoue lire la presse économique. Les connaissances en la matière sont donc lacunaires : les Français obtiennent une note médiocre de 8,3/20 au petit quizz mis en place par le Conseil pour la diffusion économique (Codice).

Pourtant la crise a placé l'économie au coeur du débat.  Peu de disciplines procurent des sentiments aussi mêlés avec un paradoxe : les Français jugent leurs concitoyens mauvais en économie, mais éprouvent eux-mêmes, paraît-il, une grande curiosité pour cette matière : ça c’est plus difficile à croire. L'économie procure également une grande irritation car elle est souvent perçue comme un savoir détenu par un groupe d'experts parlant d'en haut à une France d'en bas. Du coup, cette discipline génère de la méfiance et le sentiment que toutes les réformes mises en oeuvre nous seront forcément défavorables.

Seuls 35 % des Français déclarent avoir suivi des cours d'économie durant leurs études. Nous sommes extrêmement en retard là-dessus par rapport aux pays anglo-saxons et scandinaves. On le constate dès que l'on parle de réformes, où le débat se situe immédiatement sur le terrain politique, tant sur une question économique, il est toujours plus facile d'avoir une opinion qu'un raisonnement.

Dire que le système éducatif ne joue pas suffisamment son rôle est un doux euphémisme. L’économie est pourtant enseignée à travers la géographie dès la sixième et même avant, et aussi en tant que discipline autonome. Et tout comme l’Education civique, on nous dit ne l’avoir jamais étudiée. Ce n’est malheureusement pas le seul maillon faible de la transmission des connaissances. Mais au-delà, une pédagogie sérieuse doit être possible tout au long de la vie. Elle est nécessaire pour comprendre les réformes douloureuses qui nous attendent. Les faits sont parfois plus têtus que les idées… surtout quand elles sont fausses !

 


PISA : C’EST BIEN TRISTE !

  Collège

La France est devenue la championne de l’échec scolaire. Après le constat accablant de la Cour des Comptes, et le constat catastrophique du HCE (haut Conseil de l’Education) sur le collège, c’est le dernier test « Pisa » qui évalue le niveau des élèves de 15 ans qui vient attacher sa pierre au cou du noyé. La France, tout en restant dans la moyenne, chute de la 12ème à la 18ème place en compréhension de l'écrit et du 13ème au 16ème rang en mathématiques. En cause, un système profondément inégalitaire qui engendre toujours plus d'échec scolaire. En 10 ans, il ya eu un creusement des inégalités scolaires d’origine sociale.

Ce dernier test Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) réalisé en 2009 dans 65 pays (les 34 membres de l'OCDE ainsi que 31 pays ou économies partenaires) auprès de 470.000 élèves, dresse le tableau d'un système éducatif français très inégalitaire et produisant toujours plus d'échec scolaire. Avec son corollaire, une baisse de la France dans le classement, dont la tête est toujours tenue, pour les pays de l'OCDE, par la Corée du Sud, la Finlande et le Canada. Hors OCDE, Shanghai arrive à la première place devant Hong Kong et Singapour.

Pour les mathématiques, la situation devient alarmante : dans cette matière souvent mise en avant pour l'excellence de sa recherche et le nombre de ses médaillés Fields, l'Hexagone tombe, en six ans, du groupe des pays les plus performants à ceux situés dans la moyenne, avec une chute de 14 points des résultats des élèves.

Certes tout n’est pas noir mais la France combine un nombre de bons élèves supérieur à la moyenne de l'OCDE (32 % contre 28 %), mais qui a peu progressé entre 2000 et 2009, avec une proportion d'élèves en très grande difficulté, passée, elle, de 15 % à 20 % en neuf ans et elle aussi supérieure à la moyenne. L'origine sociale et ethnique des élèves est plus déterminante dans leur réussite scolaire en France que pour la moyenne des pays de l'OCDE. Le milieu socioéconomique explique dans l'Hexagone 28 % de la variation dans les performances (22 % pour l'OCDE). Quant aux élèves issus de la première génération de l'immigration, ils ont au moins deux fois plus de risques de faire partie des élèves les plus en difficultés. Ce sont les points noirs du système qui stigmatisent notre difficulté à intégrer et faire réussir convenablement les enfants à handicap, qu’il s’agisse de ceux issus de milieux défavorisés ou de l’immigration.

La discipline est aussi en cause. Comme dans tous les pays de l’OCDE, elle s’est dégradée et touche d’abord les garçons. . « Il n'est pas besoin de faire un arbitrage entre qualité et équité. Les pays les plus performants allient à la fois la plus haute qualité de l'enseignement et la plus grande équité, c'est la principale leçon », indique Bernard Hugonnier, directeur adjoint de l'éducation à l'OCDE.  Le système français est de plus en plus dichotomique avec une augmentation des élèves en échec scolaire, qui ont peu de chance d'obtenir le bac. Il est « sauvé » grâce à son élite, mais pour combien de temps.

Le réflexe facile sera de faire porter le chapeau à la politique du gouvernement. Comme si le mal n’était pas ailleurs, au plus profond du système et de l’idéologie qui sert de filtre pédagogique à la majorité des enseignants. A force d’égalitarisme on arrive à ce résultat surprenant d’un nivellement par le bas auquel échappe une élite sauvée par des stratégies individuelles et parmi laquelle on compte curieusement pour 50% de ses effectifs les enfants …des enseignants.

Voici les clefs de la réussite démontrées selon l'OCDE par Pisa : un solide système de soutien scolaire individualisé, un collège unique, sans redoublement, une forte autonomie des établissements encadrée au plan national et régulièrement évaluée, la scolarisation plusieurs années en maternelle, sans oublier la formation initiale et continue des enseignants comme des chefs d'établissement, la nécessité d'évaluations externes régulières, ainsi qu'une meilleure allocation des ressources, en privilégiant par exemple une rémunération supérieure pour les enseignants, plus efficace qu'un nombre restreint d'élèves en classe. En tête du classement, Shanghai place dans ses écoles les plus difficiles les chefs d'établissement et les enseignants les plus expérimentés, contrairement à ce qui se fait en France. A l'inverse, la Suède, qui a assoupli sa carte scolaire et introduit une sélection plus précoce au collège, a reculé dans le classement... Voilà de quoi méditer.

Mais nos syndicats ont trop de certitudes pour se lancer dans une remise en cause.

C’est bien là le drame !

 


MADRID NE RIGOLE PAS

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Avec une rémunération annuelle moyenne de 200 000 euros, les 2400 contrôleurs aériens espagnols sont dix fois mieux payés que le salaire moyen espagnol. Bénéficiant de privilèges jugés exorbitants, le gouvernement espagnol a déjà abaissé leur salaire de plus de 40% grâce à une limitation du nombre d’heures supplémentaires décidée au mois de février dernier. L’adoption par le gouvernement d’un plafonnement de leur temps de travail à 1670 heures (partage oblige) et d’une loi qui autorise l’armée à les remplacer en cas d’urgence ont mis le feu au poudre. Les aiguilleurs du ciel, furieux, ont quitté leur poste de travail.

Pour contrer cette grève sauvage commencée vendredi soir dernier, à la veille d’un pont de cinq jours, le Premier Ministre n’a pas molli, il a décrété l’état d’urgence pour quinze jours et fait appel à l’armée. 4300 vols ont été annulés mais l’espace aérien a rouvert progressivement au cours de la journée de samedi.

Du jamais vu en Espagne depuis le retour de la démocratie. Il s’appelle comment déjà, le premier Ministre ? José Sapatero et il est socialiste ! Cela surprend, un gouvernement socialiste briseur de grève ! Cela rappelle aussi les beaux jours de la SFIO en France quand les CRS chargeaient contre les viticulteurs du midi. Mais c’était il y a très longtemps. Depuis notre gauche est contestataire et violente, seulement dans l’opposition, faut pas pousser.

« Cette fermeté est dictée par les marchés » dira probablement notre Hamon-guignol de service. Sauf peut-être que « vérité en-deçà des Pyrénées » ne l’est pas au-delà … On aura droit alors à un silence retentissant.

Moi je trouve que c’est plutôt drôle.  Mais j’approuve !

 


COUPS DE PROJO … AVEC ARCHIBALD

Projecteur

 

ABONDANCE… de biens ne nuit pas. La Côte d’Ivoire se retrouve avec deux présidents intronisés. Cela fait beaucoup pour un petit pays. Gbagbo a trouvé un moyen pour gagner : annuler le vote des bureaux où son adversaire a fait le plus de voix. Mais il n’a pas vu la fraude dans ceux où il est majoritaire, normal, ivoirien (facile). Pour le coup son concurrent Ouattary n’a pas ri (facile aussi). Pourvu que le sang ne coule pas, ça ce serait moins drôle.

FAUX SCOOPS. Le fameux « WikiLeaks » nous livre des secrets de Polichinelle et a surtout comme cible la déstabilisation des USA. Le présumé violeur en cavale qui manage le site prend le risque de trouver un « Lucky Luke » sur son chemin qui pourrait bien lui être fatal…

OH, PARDON ! Cinq trafiquants de drogue présumés ont été remis en liberté par erreur à cause d’une anomalie de date de convocation. Une de plus. Pauvre justice ou vraie provoc’ ? Ce sont les policiers qui sont contents…

CROISSANCE. Nicolas Sarkozy a dit qu’il irait chercher la croissance avec les dents. Après les chinois qu’il a reçus en grande pompe à Paris, le voilà en Inde avec une soixantaine de chefs d’entreprises pour négocier un maximum d’accords commerciaux avec ce grand pays émergent.  Mercredi c’est François Fillon qui file à Moscou pour un séminaire intergouvernemental et vendredi, un conseil des Ministres franco-allemand se tiendra avec comme objectif la convergence des politiques des deux pays.

RETOUR A LA CASE MARX. Le projet pour « l’égalité réelle » a été approuvé par les militants socialistes. La nouvelle « vitrine magique » renoue avec la vieille posture sortie du 19ème siècle qui consiste à promettre « plus de beurre que de pain » au nom des « lendemains qui chantent. » Extrait du catalogue à la Prévert : « paiement au forfait des médecins généralistes, maternelle obligatoire à partir de trois ans, semaine de cinq jours à l'école, vacances scolaires d'été raccourcies, statut social pour les jeunes (allocation d'autonomie pour les étudiants, aide à la recherche du premier emploi, aide au départ en vacances), mariage et droit à l'adoption pour les couples homosexuels, congé parental partagé à égalité entre le père et la mère, interdiction du crédit revolving et un grand service public de l'eau. » Manque plus que le raton laveur.

LITTLE BROTHER. Non, nous ne sommes pas sous la coupe d’un « « Big Brother » qui organiserait les cambriolages pour s’emparer de dossiers compromettants ou faire pression sur ses adversaires. Les tentatives pour le faire croire et les mises en scène de dramatisation, dont la dernière est revenue à la Blanche de Poitiers dans son meilleur rôle de « persécutée », tombent à l’eau au fur et à mesure des élucidations de la police.

Le bonnet d’âne de la semaine : on le décerne au Président bolivien qui applique dans son pays une dictature marxiste qui garantit à son peuple la paupérisation à long terme (sous-emploi et petits salaires). Il vient d’abaisser l’âge de la retraite de 65 à 58 ans et de nationaliser les caisses de retraite. Encore un qui croit que le travail se partage. Idéologie quand tu nous tiens ! A défaut d'avoir le moral, ils ont le Moralès.

Ça ne s’invente pas : Huchon, le Président socialiste de l’Ile-de-France est sur la sellette. L’annulation de l’élection est recommandée au Conseil d’Etat. Les motifs semblent réels et sérieux qui touchent à une campagne d'information jugée  "litigieuse". A l'époque l'UMP dénonçait l'utilisation des fonds publics dans le financement des campagnes dites à caractère "général"...

Un sourire pour terminer : Après hier soir, l’élection de Miss France « Endemol », nous avons, ce soir, l’élection de « Miss patate ». Mais si, la « Belle de Fontenay » !

 

 


L'APPEL DU 2 DECEMBRE

                        De Jean-François COPE            

Copé 2 dec

 

Chers amis,
 
Depuis trois ans et demi, avec Nicolas Sarkozy, la majorité est mobilisée pour tenir les engagements pris devant les Français en 2007. Nous avons évidemment à cœur de poursuivre notre action réformatrice au service de la France. Au cœur de la crise, le statu quo serait la pire des solutions.
 
Dès à présent, nous devons aussi préparer avec détermination les prochaines élections présidentielle et législatives : 2012 est déjà en ligne de mire ! Dans les 17 mois à venir, l’UMP sera au cœur de tous les combats pour assurer le succès de Nicolas Sarkozy et faire gagner à nouveau notre famille politique. Avec la confiance du Président de la République, j’ai besoin de vous pour dynamiser notre parti.
 
Ensemble, nous avons deux défis prioritaires : d’une part, il faut renouer avec l’élan militant qui a toujours fait la force de notre mouvement. Il est temps d’organiser la « levée en masse » de tous ceux qui refusent un retour de la gauche au pouvoir, avec son cortège de taxes supplémentaires et de propositions archaïques. Tous ceux qui, à droite et au centre, partagent nos valeurs et veulent les promouvoir sont les bienvenus : L’UMP a besoin de chacun ! Notre diversité est une richesse parce que nous savons nous rassembler quand l’essentiel est en jeu.
 
D’autre part, il faut construire avec tous les Français un projet ambitieux, fidèle à nos valeurs et ouvert sur le monde. C’est sur le terrain des idées que se gagnent les grandes batailles électorales. Voilà pourquoi je compte mettre en place un conseil des clubs politiques et des think tanks associant à notre réflexion tous ceux qui veulent contribuer à dessiner la France de demain. De même, nous organiserons dans vos circonscriptions des réunions publiques de dialogue pour bâtir avec les Français notre projet pour la France.
 
Notre mouvement grandit lorsqu’il fait preuve d’audace et de courage. Notre mouvement grandit lorsqu’il est au cœur des débats majeurs pour notre pays. A nous de porter des réponses crédibles aux grands défis des années qui viennent afin de redonner confiance à nos concitoyens.
 
Notre mission est exigeante mais elle est aussi enthousiasmante. Parce qu’il en va de l’avenir de la France !
 
Ensemble, soyons les premiers artisans des victoires à venir.

 

 


C’EST GRAVE, DOCTEUR ?

Stethoscope

T6-IMG_7389_1291217536 Le Président de la République était avant-hier en Normandie pour se pencher sur le problème de la médecine en milieu rural. Au programme : visite d’une maison médicale regroupant plusieurs praticiens (C’est l’une des mesures préconisées par le rapport Hubert) et table ronde. Pourtant l'idée n'est pas toute neuve.

Effectivement, si vous interrogez un quidam dans la rue pour lui demander si la France a assez de médecins, il vous répondra que non et qu’on n’en forme pas assez… Voilà ce que produisent tous les reportages dont on nous abreuve à longueur de JT, sur les déserts médicaux de notre pauvre pays, sur ces malheureuses communes qui ont perdu leur généraliste malgré tous leurs efforts…

Et pourtant si on se documente un peu sérieusement, il est facile de connaître la réalité et elle est plutôt étonnante ! Non seulement le nombre des médecins en activité n’a pas baissé, mais il a progressé de près de 100% dans les trente dernières années (93% exactement). Ils sont plus de 215 000 au 1er janvier 2010 et dans les cinq dernières années, leur nombre n’a cessé de progresser.  Comme la population a progressé beaucoup moins rapidement dans le même temps, il est facile de comprendre que la densité médicale a considérablement augmenté : elle est passée de 206 à 324 pour 100 000 hab. Aucun pays au monde ne connaît un tel confort. La densité médicale en France est la plus élevée du monde et c’est un rapport de l’ONU qui le dit. Il vaut mieux le préciser sinon les mauvais esprits m’accuseraient de propagande sarkozyste.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problème.  L’atlas de l’ordre des médecins qui est capable de nous donner le nombre exact de praticiens est aussi capable de faire l’état des lieux de la densité médicale dans notre hexagone et de fait il existe un écart de 50% entre les régions les mieux dotées (Ile de France ou Paca)  et les plus pauvrement pourvues (Picardie, Centre). Le souci majeur est donc celui de la répartition.  Voilà pourquoi le « politique » est requis pour remédier à ce déséquilibre.

Comment en est-on arrivé là ? D’abord, les médecins sont vent debout pour défendre leur liberté d’installation. Et ils ont un lobby parfaitement bien relayé par les « députés docteurs » toutes tendances confondues qui veillent au grain législatif. C’est ainsi qu’on a vu leurs syndicats protester contre les mesures bien timides contenues dans la loi Bachelot pour tenter de corriger ces inégalités. Pour ménager un électorat, on préfère manier la carotte plutôt que le bâton. Il faudra bien pourtant en arriver à des pratiques plus coercitives car les « déserts médicaux », bien réels, eux, ne sont pas acceptables dès lors qu’on a un système de santé appuyé sur la solidarité nationale à travers la Sécurité Sociale. C’est une question de justice et d’accès égal aux soins.

Le travail est à faire aussi sur les esprits. Il est tout de même surprenant de constater que sur plus de 5 000 nouveaux médecins de 2010, plus de 1 000 choisissent le statut de remplaçants (près de 1 sur 5) parce qu’ils peuvent plus facilement échapper aux gardes de nuit et de week-end (50%) ou éviter la paperasse (70%). On veut bien le statut et la rémunération, mais mettre la main dans le cambouis, non, merci !

Le serment d’Hippocrate ne serait-il pas devenu un engagement d’hypocrites ? Ils ne savent pas ce qu’ils perdent, parce que, notre France profonde, elle vaut le détour, autant par ses habitants que par la qualité de vie qu’elle peut offrir.

 


VERBATIM

 

Parmi les penseurs de notre époque, Alain Finkielkraut est peut-être celui dont je me sens intellectuellement le plus proche. Son verbe résonne en moi. J’aime et je partage sa façon d’aborder les problèmes de notre société. Son regard sur le monde dans lequel nous vivons me parle. Voici quelques réflexions glanées dans l’interview qu’il a donnée au JDD.

Il lui était demandé de réagir à des mots qui traversent tous ses écrits.

Extraits.

«  Courage. Une seule forme de courage. J’ai grandi comme tous les enfants de ma génération, dans l’obsession de la résistance et de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Qu’aurais-je fait dans de semblables circonstances ? Telle est ma question. Question vouée et c’est une chance, à rester sans réponse… Il y a pour moi une seule forme de courage, le courage physique. Cette épreuve m’ayant été épargnée, je me contente de tenir bon, de ne pas céder à la pression du politiquement correct… L’honneur des intellectuels est de ne pas succomber à cette tentation… Les grandes figures contemporaines du courage sont, pour moi, les intellectuels de la dissidence en Pologne, en Russie, en Tchécoslovaquie, en Hongrie. »

« Humilité. Etre chrétiens et païens. L’humilité est une forme de civilité… In ne revient pas au héros de faire son propre éloge, mais il nous revient à nous de faire l’éloge des héros. »

« Chose publique. Les progrès de l’incivilité. Autrefois je m’intéressais à la chose publique avec l’idée de changer le monde et puis j’ai vu le monde changer à toute allure pour le pire. L’école est un champ de ruines, la classe cultivée disparaît, la langue française n’est plus aimée. On ne parle désormais que pour se faire comprendre, le silence tend à devenir un luxe inabordable, le progrès le plus tangible est celui de l’incivilité. Peut-on sauver le monde ? Telle est pour moi, maintenant, la question politique par excellence. Ce n’est pas du conservatisme. C’est de l’écologie, une écologie qui ne se réduit pas à la défense de l’environnement, mais qui inclut la beauté et la culture. »

« Amitié. Scier les barreaux de la cellule. L’amitié est une conversation ininterrompue, un va-et-vient entre le potin, la confidence et la réflexion partagée sur le monde…L’ami, c’est celle ou celui qui vous éclaire sur vous-même, vous libère de vous-même, qui vous fait cadeau de pensées, de formulations, dont vous seriez incapable…Sans l’amitié on serait emprisonné dans la prison de son moi. L’ami scie les barreaux de la cellule. Les copains peuvent être légion, mais l’amitié est rare. »

 


HARO SUR L’EURO

  Euro

Après la fièvre, la baisse. L’euro, la zone euro devrait-on dire, connaît des turbulences. Que la monnaie commune baisse, on ne s’en plaindra pas au moment où les Etats-Unis font marcher la planche à billets verts pour favoriser leurs exportations et soutenir leur économie.

Les fonds spéculatifs attaquent les pays endettés pratiquement depuis un an. Après la Grèce et maintenant l’Irlande, nul doute qu’ils vont accentuer la pression sur le Portugal, puis ce sera la Belgique, l’Espagne, l’Italie…et peut-être aussi la France. De là à crier contre l’euro qui serait la source de tous nos maux ! De quoi en tout cas faire vendre du papier en utilisant les titres tapageurs comme celui du dernier JDD, pourtant sans aucun fondement.

Deux réflexions : l’une concerne la monnaie commune, l’autre la situation de la France.

Les mesures qui ont été prises depuis deux ans sur le plan international ont permis de ne pas aggraver la crise, mais cela ne veut pas dire que nous en sommes sortis, et il faudra encore du temps avant que nous retrouvions un équilibre mondial. Il n’est donc pas étonnant  que les grandes monnaies souffrent, mais reconnaissons que depuis le début de la crise, l’euro nous a davantage protégés qu’affaiblis. Il serait pourtant illusoire de croire que la monnaie à elle toute seule puisse nous tirer d’affaires.

La situation de la France n’est certes pas brillante. On ne peut guère reprocher au gouvernement d’avoir privilégié les amortisseurs sociaux au moment où les recettes baissaient dramatiquement avec la crise, creusant le déficit. Par contre, on peut lui faire le reproche de ne pas avoir réduit sa dette lorsqu’elle en a eu les moyens au début des années 2000. En comparaison, que dire de la Grèce qui avait triché sur les chiffres pour avoir l’euro, de l’Irlande qui avait laissé ses banques distribuer des crédits à des emprunteurs non solvables ou de l’Espagne qui a laissé gonfler la bulle immobilière qui la plombe aujourd’hui. L’Italie croule sous une énorme dette de près de 120% de son PIB et avec la crise politique qu’elle connaît, elle fait à son tour les frais de la contagion. Les taux avec lesquels le trésor italiens lèvent des fonds s’envolent… Comme on le voit notre pays n’est pas en première ligne, loin s’en faut.

Le vrai gros problème est celui de la dette américaine et il va forcément se poser à un moment ou un autre, tout comme celui de la dette anglaise. La restructuration des dettes devrait être une priorité. Cela passe par des mesures drastiques au niveau international pour empêcher les banques de spéculer et réglementer les marchés et surtout s’attaquer vraiment aux fonds spéculatifs. Autant on peut comprendre qu’on ait aidé les banques à se redresser, autant il est choquant qu’elles n’aient pratiquement rien fait pour l’économie. La preuve en est la reprise de la spéculation sur les matières premières…

Face à cette situation, la recherche d’une convergence franco-allemande est utile. Elle n’est pas suffisante. Le bon signal serait de donner à la monnaie commune un territoire politique qui lui corresponde : un état fédéral. Convenons que la crise est un accélérateur de cette prise de conscience. Encore faut-il que nos dirigeants aient la volonté politique et la capacité de convaincre les opinions publiques. A contrario, un éclatement de la zone euro nous rendrait à notre destin étriqué  avec une guerre des dévaluations compétitives et la ruine assurée de tous nos rentiers.

Heureusement, on n’en est pas là !