HISTOIRE

NOUVEAUTE !

Pour faciliter la consultation de mes articles sur le climat et le réchauffement climatique, souvent il s'agit de compte-rendu de  lectures de livres, je les ai regroupés dans la colonne de gauche ci-contre dans "MES DOSSIERS". 

Il suffit de cliquer sur le titre qui vous intéresse pour ouvrir la page. 


ENFIN UNE ECLAIRCIE !

Assemblée nationale

 

Onze jours après les législatives, la présidente sortante de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a été réélue à son poste hier, grâce à une entente entre la macronie et la droite qui pose peut-être les bases d’une coalition gouvernementale... Le Parlement européen a validé la candidature d’Ursula von der Leyen qui a également retrouvé son poste à la tête de la Commission européenne. Certains y verront que rien ne change, moi je veux y voir une forme de stabilité bienvenue.

L'Assemblée nationale.

La présidente sortante du Palais-Bourbon a été reconduite pour un nouveau mandat, au troisième tour, avec 220 voix, contre 207 pour le candidat NFP André Chassaigne, grâce au soutien des députés Les Républicains. Il a beau dénoncer les « magouilles », la démonstration est faite que le Nouveau Front Populaire n’a rien gagné et qu’un groupe plus nombreux peut prétendre à gouverner. C’est la loi de la démocratie et il est illusoire de crier victoire quand on n’a qu’une majorité relative brinquebalante. Après la bataille du perchoir s’ouvre aujourd’hui celle des postes-clés de l’Assemblée, avec la question des places à laisser au RN. Alors que l’extrême droite avait obtenu plusieurs des postes-clefs de l’Assemblée nationale en 2022, dont deux vice-présidences, La France insoumise et une partie de la majorité sortante emmenée par Gabriel Attal s’y opposent désormais. Le Rassemblement national, premier parti en nombre de députés et en voix, serait donc ostracisé, exclu des principaux rouages de l’Assemblée. Question : peut-on ignorer le vote de plus de 10 millions de Français en excluant leurs élus des rouages de l’Assemblée, au mépris de son règlement ? Il était déjà choquant de voir hier des députés refuser de serrer la main du jeune élu RN chargé de surveiller le scrutin !

A Strasbourg, les masques sont tombés.

Marine Le Pen peut dénoncer les « alliances contre-nature » qui l’ont mise en défaut dans les urnes et à l’Assemblée nationale, de fait le « plafond de verre » auquel elle se heurte existe toujours et risque de se perpétuer tant que le RN sera incapable de nouer des alliances. Mais comment en serait-il autrement tant que son parti ne sera pas totalement clair ? Au Parlement européen les masques sont tombés. Jordan Bardella élu président du groupe fondé par Viktor Orban a pris une posture très anti européenne et pro-Poutine en votant contre les crédits accordés à l’Ukraine, positions qu’il avait soigneusement minimisées lors de la campagne électorale. Rédhibitoire pour moi !  Autant dire que les députés RN élus avec lui sont mis à l’écart et ne serviront à rien pendant cinq ans. De quoi rester méfiant encore plus dans l’avenir.

LFI continue sa stratégie du tout ou rien.

Le Nouveau Front populaire est arrivé en tête, mais sans majorité claire, et il s'est montré incapable jusqu'ici de proposer un candidat commun pour Matignon, sur fond de désaccord entre « insoumis » et socialistes. Mélenchon et ses acolytes continuent la surenchère verbale en qualifiant de « magouilles » ce qui n’est que l’expression du jeu démocratique. Aucune élection n’a été volée alors que le leader de la France insoumise a tenté dès le soir du 2nd tour, à 20H01, une escroquerie monumentale en faisant croire à une victoire qui n’existait pas. Le cartel baptisé NFP n’a été qu’un simulacre pour gagner des circonscriptions. En refusant de voir que le programme bricolé à la hâte ne pouvait plus tenir dès lors que le « front républicain » agglomérait d’autres formations, LFI bloque le jeu par le « tout ou rien ». Un jeu nauséabond qui prélude à une dictature si par malheur, un jour, il parvenait à s’emparer du pouvoir.

Bientôt un gouvernement de coalition.

IL n’est plus question de parler de la « Majorité ». Avec Attal, Ensemble a pris son autonomie et permet le regroupement de ses voix avec celles des LR, comme on l’a vu avec l’élection de Braun-Pivet. Dès lors, on peut considérer que la page Macron est sinon tournée, au moins en cours d’être tournée, d’autant plus que le Président ne peut plus être candidat. En conséquence, la porte est ouverte à un gouvernement d’union de « Salut public » et j’appelle de mes vœux la nomination d’un Xavier Bertrand comme premier ministre, à la tête d’un gouvernement ouvert à des personnalités de la droite, du centre et de la gauche modérée tels Manuel Valls ou Bernard Cazeneuve qui ont dit leur disponibilité. Il est urgent que la France soit gouvernée. Il n’est pas impossible que les écologistes et le PS s’affranchissent de la dictature de LFI et qu’on assiste à « la rebellion des punaises de lit », ouvrant ainsi le champ des possibles. Il ne s’agit pas de continuer le « en même temps », mais de sortir par le haut de la situation inextricable dans laquelle le pays a été plongé par une décision de dissolution détestable, dictée par l’hubris d’un homme immature et pour le coup, irresponsable. Il s’agit de s’atteler à quelques sujets prioritaires : sécurité, immigration, dette, pouvoir d’achat, loi de finances, que les Français ne démentiront pas s’ils sont pris à bras le corps par des gens compétents.

Ce serait la plus belle des réponses à apporter aux populistes de tout poil, à l’imbécillité des réseaux sociaux, aux dictateurs qui se réjouissaient d’avance de nos déboires démocratiques. En France la démocratie n’a jamais dit son dernier mot !

En attendant, bons jeux olympiques !

 


ENFIN UNE ECLAIRCIE !

 

 

Onze jours après les législatives, la présidente sortante de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a été réélue à son poste hier, grâce à une entente entre la macronie et la droite qui pose peut-être les bases d’une coalition gouvernementale... Le Parlement européen a validé la candidature d’Ursula von der Leyen qui a également retrouvé son poste à la tête de la Commission européenne. Certains y verront que rien ne change, moi je veux y voir une forme de stabilité bienvenue.

L'Assemblée nationale.

La présidente sortante du Palais-Bourbon a été reconduite pour un nouveau mandat, au troisième tour, avec 220 voix, contre 207 pour le candidat NFP André Chassaigne, grâce au soutien des députés Les Républicains. Il a beau dénoncer les « magouilles », la démonstration est faite que le Nouveau Front Populaire n’a rien gagné et qu’un groupe plus nombreux peut prétendre à gouverner. C’est la loi de la démocratie et il est illusoire de crier victoire quand on n’a qu’une majorité relative brinquebalante. Après la bataille du perchoir s’ouvre aujourd’hui celle des postes-clés de l’Assemblée, avec la question des places à laisser au RN. Alors que l’extrême droite avait obtenu plusieurs des postes-clefs de l’Assemblée nationale en 2022, dont deux vice-présidences, La France insoumise et une partie de la majorité sortante emmenée par Gabriel Attal s’y opposent désormais. Le Rassemblement national, premier parti en nombre de députés et en voix, serait donc ostracisé, exclu des principaux rouages de l’Assemblée. Question : peut-on ignorer le vote de plus de 10 millions de Français en excluant leurs élus des rouages de l’Assemblée, au mépris de son règlement ? Il était déjà choquant de voir hier des députés refuser de serrer la main du jeune élu RN chargé de surveiller le scrutin !

A Strasbourg, les masques sont tombés.

Marine Le Pen peut dénoncer les « alliances contre-nature » qui l’ont mise en défaut dans les urnes et à l’Assemblée nationale, de fait le « plafond de verre » auquel elle se heurte existe toujours et risque de se perpétuer tant que le RN sera incapable de nouer des alliances. Mais comment en serait-il autrement tant que son parti ne sera pas totalement clair ? Au Parlement européen les masques sont tombés. Jordan Bardella élu président du groupe fondé par Viktor Orban a pris une posture très anti européenne et pro-Poutine en votant contre les crédits accordés à l’Ukraine, positions qu’il avait soigneusement minimisées lors de la campagne électorale. Rédhibitoire pour moi !  Autant dire que les députés RN élus avec lui sont mis à l’écart et ne serviront à rien pendant cinq ans. De quoi rester méfiant encore plus dans l’avenir.

LFI continue sa stratégie du tout ou rien.

Le Nouveau Front populaire est arrivé en tête, mais sans majorité claire, et il s'est montré incapable jusqu'ici de proposer un candidat commun pour Matignon, sur fond de désaccord entre « insoumis » et socialistes. Mélenchon et ses acolytes continuent la surenchère verbale en qualifiant de « magouilles » ce qui n’est que l’expression du jeu démocratique. Aucune élection n’a été volée alors que le leader de la France insoumise a tenté dès le soir du 2nd tour, à 20H01, une escroquerie monumentale en faisant croire à une victoire qui n’existait pas. Le cartel baptisé NFP n’a été qu’un simulacre pour gagner des circonscriptions. En refusant de voir que le programme bricolé à la hâte ne pouvait plus tenir dès lors que le « front républicain » agglomérait d’autres formations, LFI bloque le jeu par le « tout ou rien ». Un jeu nauséabond qui prélude à une dictature si par malheur, un jour, il parvenait à s’emparer du pouvoir.

Bientôt un gouvernement de coalition.

IL n’est plus question de parler de la « Majorité ». Avec Attal, Ensemble a pris son autonomie et permet le regroupement de ses voix avec celles des LR, comme on l’a vu avec l’élection de Braun-Pivet. Dès lors, on peut considérer que la page Macron est sinon tournée, au moins en cours d’être tournée, d’autant plus que le Président ne peut plus être candidat. En conséquence, la porte est ouverte à un gouvernement d’union de « Salut public » et j’appelle de mes vœux la nomination d’un Xavier Bertrand comme premier ministre, à la tête d’un gouvernement ouvert à des personnalités de la droite, du centre et de la gauche modérée tels Manuel Valls ou Bernard Cazeneuve qui ont dit leur disponibilité. Il est urgent que la France soit gouvernée. Il n’est pas impossible que les écologistes et le PS s’affranchissent de la dictature de LFI et qu’on assiste à « la rebellion des punaises de lit », ouvrant ainsi le champ des possibles. Il ne s’agit pas de continuer le « en même temps », mais de sortir par le haut de la situation inextricable dans laquelle le pays a été plongé par une décision de dissolution détestable, dictée par l’hubris d’un homme immature et pour le coup, irresponsable. Il s’agit de s’atteler à quelques sujets prioritaires : sécurité, immigration, dette, pouvoir d’achat, loi de finances, que les Français ne démentiront pas s’ils sont pris à bras le corps par des gens compétents.

Ce serait la plus belle des réponses à apporter aux populistes de tout poil, à l’imbécillité des réseaux sociaux, aux dictateurs qui se réjouissaient d’avance de nos déboires démocratiques. En France la démocratie n’a jamais dit son dernier mot !

En attendant, bons jeux olympiques !

 


LES FRANÇAIS N’ONT PLUS LES YEUX EN FACE DES TROUS !

Comment on demande

 

Le résultat des élections législatives en est la démonstration criante :  le divorce est total entre ce que veulent les Français et ce dont la France a besoin. Le pire exemple est le décalage entre le programme très dépensier du Nouveau Front Populaire qui réclame le pouvoir et la situation réelle du pays, économie à l’arrêt et au bord du surendettement. La croyance persistante de nos gauchos dans la présence d’un « trésor caché » dans lequel on pourrait puiser sans limites (les riches) fait partie des fadaises idéologiques auxquelles ils s’accrochent depuis un siècle.  Blocage des prix, retraite à soixante ans, augmentation du smic, sont les constantes d’une économie dirigée par l’Etat socialo-communiste omnipotent, dont les plus démunis font régulièrement les frais et qui conduisent invariablement à la ruine.

Tout, tout de suite !

Et malgré tout, 2 Français sur 3, soit 20 millions de votants sur 33 millions, ont choisi des programmes qui privilégient les dépenses avec des relances ridicules de la consommation, financées à crédit en creusant la dette et le déficit commercial, au détriment de la compétitivité des entreprises et de l’emploi et du financement des enjeux majeurs qu’impose la conjoncture : transition écologique, défense. Jamais la préférence pour le court terme sur le long terme n’a été aussi forte qu’aujourd’hui. Les réseaux sociaux contribuent largement à cet état d’esprit qui conduit la politique au « clientélisme » et à un illusoire égoïsme national, délaissant les sujets géostratégiques et la lutte climatique, privilégiant le pouvoir d’achat (vrai faux problème mis en exergue) au détriment de l’investissement. Force est de constater que nos démocratie libérales sont mal outillées pour affronter le déluge des fake news et niaiseries qui inondent internet, aveuglent les peuples et conduisent à la défiance de ceux qui les gouvernent, leur laissant croire qu’ils sont laissés pour compte et, désemparés ceux-ci s’en remettent aux « magiciens populistes » qu’« on n’a jamais essayés ».  On peut observer le phénomène dans toute l’Europe.

Le cercle de la raison existe.

Malgré les obstacles, nos démocraties sont dirigées par des gouvernants qui tiennent la barre et répondent aux besoins réels des peuples. En Italie, Giorgia Meloni s’est appliquée à corriger ses propositions sous la férule de Mario Draghi, en Pologne, Donald Tusk le centriste démocrate a repris le pouvoir aux populistes du PIS, en Allemagne, les Chrétiens démocrates ont fait reculer l’AFD… Le pire n’est donc pas inéluctable. Chez nous, la France a besoin de consolider sa compétitivité, ses emplois, d’investir des sommes conséquentes dans la transition climatique et dans les technologies. Elle est le pays dont l’influence est déterminante en Europe pour la souveraineté de l’Union et peser pour assurer la défaite du dictateur russe. Les Français ne voient pas que la politique centriste de Macron a donné des résultats plutôt satisfaisants pour les entreprises par l’intervention de l’Etat face aux marchés. Cette politique du « en même temps », le marché et l’Etat, a été très mal expliquée au point qu’elle reste totalement incomprise, d’autant plus qu’elle est surplombée par la détestation du chef de l’Etat. C’est pourtant une politique qui ressemble à celle que mène Joe Biden aux Etats-Unis. C’est la politique vers laquelle tend Ursula Von der Leyen malgré les freins allemands. Il y aurait évidemment bien des défauts à gommer, notamment l’excès d’administration dont souffre notre pays et la « fonctionnarite » aigüe. Mais dans la classe politique, la droite classique et ses alliés restent disponibles pour revenir aux fondamentaux vertueux qui restaureraient le chemin vers la croissance et le redressement du pays.

Foin des idéologies.

Pour regagner la confiance, d’aucuns voudraient pouvoir s’appuyer sur les « experts » pour justifier les efforts à fournir et s’ancrer dans le long terme, arguments concrets et scientifiques à l’appui. Là encore, nos temps modernes ne rendent pas les choses simples. Les économistes sont très décrédibilisés, et les « plateaux en continu » où ils défilent et s’affrontent permettent rarement de se forger une opinion sereine. A l’instar de toutes les sciences sociales, l’économie est revenue à une politisation comme dans les années 60, mais renforcée par les outils modernes de l’informatique.  Certains économistes n’hésitent pas à se servir des ordinateurs pour aller chercher des « données » qui démontrent leurs thèses préconçues, privilégiant leur idéologie à la vérité, ne retenant que ce qui va dans leur sens comme au GIEC, sorte d’obscurantisme paré d’une couleur scientifique. Le programme économique du Nouveau Front Populaire n’a-t-il pas été validé par des économistes de renom, au summum du déchainement idéologique. Heureusement, il existe parmi eux encore des gens intègres, pour qui l’économie est d’abord une science du réel fondée sur des « données » objectives qui permettent d’avoir une connaissance fine de la réalité. 

Le tout est de trouver maintenant les politiques qui auront le courage de remettre les yeux des Français en face des trous. La tâche est compliquée mais pas impossible. Je suis persuadé que le personnel pour la réaliser existe. Il suffit d’ouvrir les yeux sur le cercle de la raison. En attendant, et pour commencer, ce serait bien que la droite et le centre s’entendent pour former la majorité relative la plus nombreuse (220) à l’Assemblée nationale afin d’éviter les délires du programme du Nouveau Front Populaire. 


RN : UNE VICTOIRE EN FORME DE DEFAITE.

Legislatives-2024

 

Le second tour de ces élections législatives énonce un verdict sans appel : le Rassemblement National remporte une nouvelle victoire en nombre de sièges à l’Assemblée nationale, doublant presque ses effectifs, mais c’est une victoire au goût amer car elle dote le parti de Marine Le Pen d’un nombre de députés très loin de l’objectif qu’il espérait atteindre avec la majorité absolue. Pire, avec seulement 143 sièges, il arrive en 3ème position derrière le Front populaire (182) et la Majorité présidentielle (168). Et ce pourrait bien être la défaite de trop pour Marine Le Pen.

L’analyse des résultats de ce second tour, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne confirme pas le premier, permet de faire trois constats : le scrutin uninominal à deux tours présente des exigences qu’il faut absolument remplir pour l’emporter au second ; la diabolisation anti extrême-droite dite stratégie du « front républicain » fonctionne toujours ; le programme proposé doit être complètement abouti et clair pour les électeurs.

Les exigences pour gagner au second tour.

Même avec 35% au premier tour, le scrutin majoritaire, comme son nom l’indique, exige de franchir la barre des 50% pour l’emporter, en cas de duel, ou d’arriver en tête en cas de triangulaire. La règle des 12,5% des inscrits pour être qualifié rend celles-ci peu nombreuses, et les quadrangulaires très rares, sauf si la participation est très élevée. La règle la plus simple consiste donc à nouer des alliances pour trouver les voix manquantes.  Force est de constater que le Rassemblement national reste politiquement très isolé, et les voix de Reconquête ont été trop peu nombreuses pour faire l’appoint. Tant que cette situation perdurera, le RN aura peu de chances de l’emporter dans le cadre d’un scrutin majoritaire, ce qui est le cas de l’élection présidentielle.

La faiblesse de l’implantation.

Le scrutin uninominal est un scrutin « incarné ». C’est bien pourquoi on parle très souvent de la « prime au sortant », parce que le personnage est connu s’il a bien « labouré » sa circonscription. C’est une donnée non négligeable. Or, force a été de constater que les candidats du Rassemblement national étaient la plupart du temps des inconnus parachutés, candidats "fantômes" absents du terrain, et dont la photo ne figurait même pas dans la propagande officielle du parti. En face, le ou les adversaires proposaient une propagande personnalisée, organisaient des réunions publiques et écumaient les marchés, tracs à la main, entouré de partisans. La médiatisation de Marine Le Pen serrant des mains sur le marché de Hénin Beaumont est un placebo insuffisant. Le profil des candidats et leur absence physique a certainement amplifié le manque d’attirance au 2nd tour. Le RN reste un parti peu implanté territorialement, ce qui reste une faiblesse quasi insurmontable. D’autant plus que la sélection a laissé à désirer : trop de jeunes inexpérimentés, notamment.

Le « front républicain » et la diabolisation.

Jordan Bardella avait presque réussi à convaincre que le RN était désormais un parti de droite classique. Depuis les Européennes, et sur la lancée d’une victoire en trompe l’œil, grossie par la proportionnelle, il avait fait un parcours quasiment sans fautes, faisant preuve même de pragmatisme.  Pourtant à la lumière des débats, il a montré quelques faiblesses sur le programme de son parti dont la diffusion a été plusieurs fois retardée, preuve qu’il n’était pas abouti. Le dérapage de Marine Le Pen sur le "rôle honorifique" du chef de l'Etat en matière de défense a quelque peu montré le bout de son nez sur les véritables intentions. Et la désignation de Jordan Bardella comme président du groupe d'Orban au parlement européen  fait tomber le masque sur la véritable position pro-poutine sur le conflit urkrainien. Ce qui n’était pas  prévu, par contre, c’est la rapidité avec laquelle la gauche qui avait passé son temps  à s’étriper jusque-là, s’est réuni pour former un bloc « Nouveau Front Populaire » avec un programme démagogique mais parlant*, et surtout avec une stratégie de désistement systématique en cas  de triangulaire. C’était signer la mort de la majorité absolue pour le RN si ça marchait, et ça a marché. Participation inattendue à la clé, en plus. Nous avons assisté alors à un déferlement contre l’extrême-droite, médias en tête, corps constitués à l’appui, faisant oublier les outrances de LFI tant à l’Assemblée nationale que pendant la campagne pro-palestinienne des européennes avec ses dérapages antisémites… Le parti de Marine Le Pen s’est retrouvé paré de tous les défauts fascisants.

La lassitude des électeurs.

La situation actuelle aura au moins le mérite de montrer que le Rassemblement national, n’est toujours pas en état de gouverner le pays malgré ses affirmations, son projet n’est toujours pas clair sur la Russie, sur l’économie, sur le respect des institutions. Il manque de l’implantation et des relais dont se nourrit une campagne électorale majeure :  trop peu d’élus locaux, trop peu de candidats formés. En 2027, il faudra aussi compter avec l’usure personnelle de Marine Le Pen, à nouveau candidate et vieillissante. La lassitude des électeurs tentés par le RN, constatant l’impossibilité de gagner, pourrait profiter à la droite classique si celle-ci présente un candidat suffisamment attractif et un programme axé sur la maîtrise de l’immigration, la sécurité, la gestion de la dette et campé sur les fondamentaux que sont la laïcité et l’universalisme qui sont les vrais sujets sur lesquels les Français souhaitent être entendus.  

Et l’on se retrouve aujourd’hui avec une gauche qui crie victoire malgré sa majorité « très » relative, parce qu’elle devance la Majorité présidentielle de 18 sièges.  Et voilà la France dont on dit qu’elle est majoritairement à droite à la veille d’être gouvernée par la gauche. On n’est plus à un paradoxe près !

*Pure démagogie : le pouvoir d’achat est un faux problème puisque l’inflation est à son plus bas niveau, Le retrait de la réforme des retraites est un faux nez puisqu’on sait qu’avec le départ à 64 ans on ne boucle déjà pas la facture, et la répartition de la richesse une tarte  à la crème dans le pays le plus imposé de la  Terre et qui redistribue le plus de toute l’Europe…

 


RADIOSCOPIE DE LA 1ère de MAINE-ET-LOIRE

Circo_4901

 

Il est toujours intéressant d’observer l’évolution des votes, non pas à partir des pourcentages qui sont toujours trompeurs, mais à partir du nombre des voix récoltées d’un scrutin à l’autre par les différents candidats.  Cela permet de mesurer les apports en voix supplémentaires que la participation plus importante produit pour chaque candidat. Ainsi, on peut apprécier dans sa réalité la progression des votes RN et Front populaire.

Entre les législatives 2022 et 2024, avec 18% de participation en plus, 16 500 électeurs supplémentaires se sont présentés devant les urnes. Evidemment, il faut comparer les scores de 1er tour.

Le principal bénéficiaire en aura été le candidat du RN avec 8515 voix supplémentaires ; déjà au scrutin des européennes la liste Bardella avait rassemblé 9636 suffrages en progression de plus de 4 000. Ainsi entre 2022 et 2024, sur la circonscription, le RN est passé de 5 480 voix à 13 995 voix. Presque triplé ! 

A gauche, le candidat de la NUPES avait obtenu 13 163 votes et un candidat divers gauche 2 748, sans que l’on sache si ces voix étaient susceptibles de se reporter intégralement. On va faire comme si.  Le total des voix de gauche était donc de 15 911 voix. Cette fois-ci, la candidate Front Populaire était seule, hormis les deux candidatures d’extrême-gauche aux scores insignifiants. Elle a réuni 20 475 suffrages, soit 7 312 voix supplémentaires, ou 4 564 si on prend en compte les voix du divers gauche de 2022.  On peut donc considérer qu’elle a fait le plein de ses voix en bénéficiant d’une dynamique moins forte que celle du RN, mais encore intéressante.

Le candidat Horizon, de la majorité macroniste, député sortant, avait réalisé un bon score avec 15 380 votes, solidement soutenu par Christophe Béchu. Malgré le surcroît de participation, il maintient quasiment le même pourcentage à 35% des exprimés avec 21 087 voix. Soit un gain de 5707 suffrages. On peut penser qu’il a bénéficié de la mobilisation des électeurs à peu près dans les mêmes proportions que la candidate du Front populaire. Avec cependant un correctif : il semble qu’il ait bénéficié pour ce 1er tour du vote « utile » d’une partie des électeurs LR qui se sont détournés du candidat qui leur était proposé puisque celui-ci perd plus de 700 voix par rapport aux deux scrutins précédents, sans qu’il bénéficie de la meilleure participation électorale.

Pronostics pour le second tour :

Le candidat RN n’a aucune réserve de voix. Il ne peut compter que sur une mobilisation supplémentaire du corps électoral. Arrivé en 3ème position, il a peu de chances de l’emporter, même avec les quelques voix supplémentaires de Reconquête. Ayant bénéficié du plus gros apport au 1er tour, on peut penser qu’il a fait le plein de ses voix.

La candidate Front Populaire a fait un bon score. Elle ne peut compter que sur les maigres apports des candidats d’extrême-gauche, largement insuffisants pour lui permettre de combler son retard. Aura-t-elle des abstentionnistes qui se mobilisent pour elle au second tour ? C’est bien improbable, la menace RN n’étant pas à l’ordre du jour sur la circonscription.

Le favori reste donc le député sortant, d’autant plus que lui peut compter sur le report des 3 700 voix de la candidate LR, la possibilité d’une victoire de l’extrême gauche servant de repoussoir. Il peut compter sur un potentiel de près de 25 000 suffrages qui lui permettra de conserver son mandat. Personnellement, j’appelle à voter pour lui.   

Evidemment, rien n’est jamais certain. Un événement peut toujours survenir qui viendrait défaire   mes calculs et mes beaux raisonnements. En la matière, il faut toujours rester modeste.

Bon vote dimanche prochain !

Le RN n’est pas pour nous, reste à évacuer le Front popu !

 


POUR QUI VOTE-T-ON ?

Assemblée nationale

 

A cette question, posée verbalement, on pourrait croire qu’on s’adresse à une candidate. Et dans le Maine-et-Loire, on est plutôt gâté. Plus sérieusement, y a comme un malaise. Nos amis sympathisants des Républicains sont perdus : je m’en aperçois au questionnement auquel j’ai droit ou à l’engueulade, c’est selon, quand j’en rencontre.

Il y a ceux qui d’entrée reprochent de faire partie de la « droite la plus bête du monde » en refusant de faire l’union avec le RN. Ceux-là ont acquis une certitude :  ils savent pour qui ils vont voter. Et ils n’en démordront pas, l’exemple de Ciotti à la clé. Merci Président !

Et puis il y a les autres : ceux-là hésitent entre voter en restant fidèle à leurs idées puisqu’il y a des candidats LR dans chaque circonscription et voter pour le député sortant Renaissance ou Horizon pour lui permettre d’être au second tour si c’est possible, afin d’avoir une échappatoire à l’affrontement Front populaire/RN.

Et je peux comprendre ces derniers : quel score nos candidat(e)s sont-ils en mesure de réaliser ? Si l’on en croit les sondages et si l’on tient compte des démêlés de nos instances avec la justice sur le cas Ciotti, l’optimisme n’est pas de rigueur. Voilà une équation cornélienne !

J’avoue qu’il m’est bien difficile de les conseiller. Pas plus qu’eux je n’ai la réponse. En temps normal, il suffisait de se pencher sur les résultats électoraux des consultations précédentes et de les actualiser en fonction de l’offre proposée. Les pronostics étaient faciles.  Mais cette fois-ci, même avec des candidats parachutés et inconnus, bien malin celui qui peut dire quel score fera le RN au premier tour dans chacune de nos circonscriptions, d’autant plus que les députés sortants n’ont eu que deux ans pour s’implanter, ce qui est peu, et qu’aucun candidat n’a eu sérieusement le temps de faire campagne. Les scores des européennes donnent une tendance, mais qui reste peu fiable.  Le mode de scrutin des législatives et le taux de participation peuvent changer la donne considérablement.  

A noter, aucun ne fait le reproche aux LR de ne pas avoir rejoint la majorité présidentielle pour lui donner une majorité absolue à l’Assemblée.  

Chacun votera donc en son âme et conscience. Première réponse dimanche soir.

Alea jacta est !

 


DESOLANT !

Cedric demande à ton père

Lecteurs fidèles du calepin, vous pensez certainement que je manque d’assiduité. Pourtant les sujets ne manquent pas, mais que dire face à une situation désolante quel que soit le côté vers lequel on se tourne. Et je ne sais pas pourquoi je suis de mauvaise humeur, en tout cas pas d’humeur à écrire ce que je pense vraiment parce que ce serait probablement excessif. Il suffit de reprendre quelques titres à travers la presse.

Tiens, la première priorité des Français est le pouvoir d’achat. C’est ce que disent les instituts de sondage. Pourtant les prix ont augmenté de 0% en mai indique l’Insee et sur un an la hausse est de  2,3% et 1,3%  pour  l’alimentation. Pendant ce temps le Ministère du Travail nous annonce que les salaires ont grimpé de 3,3% dont 3,9% pour les ouvriers. Les Français seraient-ils victimes d’une « impression » de hause ? Je crois plus au conditionnement par les médias. Désolant, non ?

Ciotti a fini de tuer les LR. Je passe sur la tragi-comédie du siège transformé en fort Chabrol et les BP désavoués par la justice. Le procédé de Ciotti est innommable :  cracher à la figure des copains, dont le Président du Sénat, ça ne se fait pas quand on est un homme honnête. Mais le cadavre bouge encore puisque Pradier, l’indiscipliné, à jugé de son intérêt de claquer la porte.  Un de plus, vous me direz… oubliant que c’est encore le plus gros parti de France par le nombre de ses élus locaux, et majoritaire au Sénat. Désolant, non ?

Au Royaume-Uni, Nigel Farage remet ça. Le responsable du Brexit dont on sait maintenant quel succès il a été pour les Anglais qui rêvent de revenir dans l’Union, a lancé sa « révolte politique » avec les mêmes procédés et les mêmes mensonges. Tenez-vous bien, il devancerait les Tories que les sondages annoncent écrasés par les travaillistes. Vous me direz, voilà un pays qui a besoin d’alternance. Mais le parti de Farage à près de 15%, ça laisse pantois surtout quand on lit son programme. Désolant, non ?

Poutine et le Coréen Kim scellent une « alliance » militaire face à l’Occident. Le néo stalinien en est rendu à quémander des obus au Nord Coréen qui affame son peuple pour pouvoir jouer avec ses missiles et envoyer des ballons d’immondices sur son voisin du sud. En voilà bien deux qu’il faudrait bien dézinguer. Le monde ne s’en porterait pas plus mal. Désolant, non ?

Aux Etats-Unis, la condamnation de Trump compte peu pour les électeurs. Pourtant l’affaire a démontré la solidité du système judiciaire. Rien n’y fait. L’ancien président continue sa campagne avec les mêmes outrances, les mêmes mensonges.  L’Amérique s’apprête à réélire un voyou assoiffé de vengeance.  Il devancerait de 4 points Biden. Désolant, non ?

Il faudrait aussi parler du nouveau Front populaire, véritable escroquerie électorale, de Glucksmann qui s’est fait rouler dans la farine, de l’éparpillement du centre avec les rats qui quittent le Titanic macronien, des faux-semblants rassurants du RN qui ne trompent que ceux qui le veulent bien ou qui ont la mémoire courte.  J’arrête là la litanie. 

Désolant, non ?

 

 


LES PROMESSES NE COUTENT RIEN PUISQUE C’EST DE L’ARGENT PUBLIC….

Bagarre_village_gaulois

 

La campagne est officiellement lancée.

Chaque camp y va de ses promesses les plus séduisantes.  La palme revient probablement au nouveau « Front Populaire » avec près de 300 milliards dé dépenses à la clé, tandis que le camp macroniste avec Attal est reparti battre le terrain, carnet de « chèques en bois » à la main. Les uns et les autres oublient tout simplement que les caisses sont vides et que les capacités d’emprunts de la France ont atteint leurs limites. La catastrophe n’arrivera pas tant que l’Europe, et surtout l’Allemagne, tiendront face au déferlement démagogique. Les résultats du 7 juillet décideront de la suite. Le Rassemblement national l’a très bien compris et surjoue la modération. Le voilà bientôt devenu le pôle rassurant, un comble, de ces élections législatives.  

Entre le Front populaire et le RN, c’est l’espace de la confusion où l’on peine à s’organiser. Il est bien difficile pour les électeurs modérés de s’y retrouver, qu’il soit de gauche, du centre ou de la droite.  L’un aura beaucoup de mal à voter pour la nouvelle coalition dans laquelle Mélenchon reste dominant et exerce ses talents staliniens, l’autre devra choisir entre deux ou trois candidats très voisins issus de l’UDI ou d’un parti macroniste, le dernier dérouté par l’explosion des Républicains aura parfois à trancher entre le candidat « institutionnel » et le dissident. Bien malin qui peut prédire ce qui sortira des urnes le soir du 30 juin.

Le  socle le plus homogène.

Il y a gros à parier que le « bloc » qui tirera son épingle du jeu est celui qui s’appuiera sur le socle le plus homogène.

Du côté du Front populaire, l’union n’est que de façade. C’est une stratégie défensive qui permet d’assurer l’unité de candidature, ce qui peut provoquer un avantage dans le cadre du scrutin majoritaire, mais « l’effet bloc » peut aussi avoir un effet dissuasif pour les électeurs qui ne votent pas LFI qui se taille la part du lion dans le partage des circonscriptions. Quel crédit apporter à un label qui réunit sous sa bannière François Hollande et Philippe Poutou !  L’électeur peut se poser la question, à juste titre, de ce qui se passerait en cas de victoire, tellement l’incapacité à gouverner ensemble est voyante.

Le Premier Ministre en campagne semble appeler de ses vœux la constitution d’un « bloc central » grâce à un sursaut des électeurs et que voudraient favoriser des accords de non agression passés ici et là.  Cette perspective repose sur des ralliements d’opposants résolus hier, de droite et de gauche et l’élargissement exigerait une cohérence programmatique qui n’existe pas, si tant est que la volonté politique de la réaliser soit là. Elle est d’autant plus difficile à imaginer que c’est la partie de l’échiquier électoral où l’équation personnelle des candidats est la plus présente, ceux-ci se moquant bien des « imprimatur » nationales.

Finalement, c’est Marine Le Pen qui bénéficie de la situation la plus confortable. L’apport de Ciotti peut lui être utile, mais n’impose pas de réorienter son projet. Elle avance dans la clarté et sa formation est la seule qui peut afficher l’identité de son premier ministre. Et plus l’extrême-gauche agite le spectre du fascisme et multiplie les manifestations et les désordres, plus elle engrange le soutien des citoyens qui aspirent au calme et à la paix. Comme le souligne Sarkozy dans son interview, il faut tenir compte du travail que le RN a fait sur lui-même pour devenir respectable, sinon on se trompe de cible. Et de fait, le diable, aujourd’hui, c’est Mélenchon ! Le RN peut même se payer le luxe d’opérer chaque jour des infléchissements pour rendre compatible son coûteux programme avec la réalité financière du pays. Il peut même se revendiquer en « pôle de stabilité » face à l’inquiétant Front Populaire et à ses dépenses « plus de beurre que de pain », et à la majorité sortante déboussolée par la dissolution dont les soubresauts font penser à l’alpiniste qui a dévissé et cherche désespérément ses points d’appui.

En ce 18 juin, je me demande bien quel appel pourrait être lancé, susceptible de sauver la France, et par qui… S’il nous regarde de là-haut, j’imagine le Général bien triste devant le spectacle que notre classe politique lui offre, ceux qui se réclament de lui en tête !

 


LES PROMESSES NE COUTENT RIEN PUISQUE C’EST DE L’ARGENT PUBLIC….

Bagarre_village_gaulois

 

La campagne est officiellement lancée.

Chaque camp y va de ses promesses les plus séduisantes.  La palme revient probablement au nouveau « Front Populaire » avec près de 300 milliards dé dépenses à la clé, tandis que le camp macroniste avec Attal est reparti battre le terrain, carnet de « chèques en bois » à la main. Les uns et les autres oublient tout simplement que les caisses sont vides et que les capacités d’emprunts de la France ont atteint leurs limites. La catastrophe n’arrivera pas tant que l’Europe, et surtout l’Allemagne, tiendront face au déferlement démagogique. Les résultats du 7 juillet décideront de la suite. Le Rassemblement national l’a très bien compris et surjoue la modération. Le voilà bientôt devenu le pôle rassurant, un comble, de ces élections législatives.  

Entre le Front populaire et le RN, c’est l’espace de la confusion où l’on peine à s’organiser. Il est bien difficile pour les électeurs modérés de s’y retrouver, qu’il soit de gauche, du centre ou de la droite.  L’un aura beaucoup de mal à voter pour la nouvelle coalition dans laquelle Mélenchon reste dominant et exerce ses talents staliniens, l’autre devra choisir entre deux ou trois candidats très voisins issus de l’UDI ou d’un parti macroniste, le dernier dérouté par l’explosion des Républicains aura parfois à trancher entre le candidat « institutionnel » et le dissident. Bien malin qui peut prédire ce qui sortira des urnes le soir du 30 juin.

Le  socle le plus homogène.

Il y a gros à parier que le « bloc » qui tirera son épingle du jeu est celui qui s’appuiera sur le socle le plus homogène.

Du côté du Front populaire, l’union n’est que de façade. C’est une stratégie défensive qui permet d’assurer l’unité de candidature, ce qui peut provoque un avantage dans le cadre du scrutin majoritaire, mais « l’effet bloc » peut aussi avoir un effet dissuasif pour les électeurs qui ne votent pas LFI qui se taille la part du lion dans le partage des circonscriptions. Quel crédit apporter à un label qui réunit sous sa bannière François Hollande et Philippe Poutou !  L’électeur peut se poser la question, à juste titre, de ce qui se passerait en cas de victoire, tellement l’incapacité à gouverner ensemble est voyante.

Le Premier Ministre en campagne semble appeler de ses vœux la constitution d’un « bloc central » grâce à un sursaut des électeurs et que voudraient favoriser des accords de non agression passés ici et là.  Cette perspective repose sur des ralliements d’opposants résolus hier, de droite et de gauche et l’élargissement exigerait une cohérence programmatique qui n’existe pas, si tant est que la volonté politique de la réaliser existe. Elle est d’autant plus difficile à imaginer que c’est la partie de l’échiquier électoral où l’équation personnelle des candidats est la plus présente, ceux-ci se moquant bien des « imprimatur » nationales.

Finalement, c’est Marine Le Pen qui bénéficie de la situation la plus confortable. L’apport de Ciotti peut lui être utile, mais n’impose pas de réorienter son projet. Elle avance dans la clarté et sa formation est la seule qui peut afficher l’identité de son premier ministre. Et plus l’extrême-gauche agite le spectre du fascisme et multiplie les manifestations et les désordres, plus elle engrange le soutien des citoyens qui aspirent au calme et à la paix. Comme le souligne Sarkozy dans son interview, il faut tenir compte du travail que le RN a fait sur lui-même pour devenir respectable, sinon on se trompe de cible. Et de fait, le diable, aujourd’hui, c’est Mélenchon ! Le RN peut même se payer le luxe d’opérer chaque jour des infléchissements pour rendre compatible son coûteux programme avec la réalité financière du pays. Il peut même se revendiquer en « pôle de stabilité » face à l’inquiétant Front Populaire et à ses dépenses « plus de beurre que de pain », et à la majorité sortante déboussolée par la dissolution dont les soubresauts font penser à l’alpiniste qui a dévissé et cherche désespérément ses points d’appui.

En ce 18 juin, je me demande bien quel appel pourrait être lancé, susceptible de sauver la France, et par qui… S’il nous regarde de là-haut, j’imagine le Général bien triste devant le spectacle que notre classe politique lui offre, ceux qui se réclament de lui en tête !

 


RIEN N’EST JOUE !?

Assemblée nationale

Il ne sert à tien d’épiloguer sur la décision inepte du Président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale, sous le coup de ce qu’il faut bien appeler une gifle électorale, pourtant annoncée avec constance depuis des semaines par les sondages. S’il avait un peu de culture électorale historique, il aurait dû savoir que chercher à désavouer le suffrage universel par une autre consultation dans des délais aussi rapprochés a toujours conduit à une confirmation, voire une amplification, du premier verdict. C’est donc s’exposer à la probabilité d’une catastrophe pour son camp et à une nouvelle victoire du Rassemblement national.

Pourtant rien n’est joué.

Quelques politologues s’aventurent à l’affirmer. De fait la démonstration repose sur de nombreux arguments largement gommés par le tam-tam médiatique.  D’abord, rappelons-nous qu’il faut toujours comparer ce qui est comparable. Ainsi, les projections réalisées   par Le Figaro à partir du scrutin des européennes, s’appuient sur un scrutin particulier : national avec des listes à la proportionnelle quasi intégrale. Le vote se fait largement sur l’étiquette partisane. Or, le scrutin des législatives est un scrutin uninominal à deux tours, qui se joue dans 577 circonscriptions qui sont autant de particularismes où l’implantation des candidats peut jouer autant sinon plus que l’étiquette, surtout s’ils sont sortants.

Un autre paramètre sera le taux de la participation. Les élections législatives drainent généralement plus d’électeurs que les Européennes. Compte tenu de l’enjeu, on peut même envisager un sursaut civique. La confrontation entre un Front populaire, véritable « front de la honte » avec la présence dominante de LFI, et le Rassemblement national qui reste une droite plus ou moins extrême, n’est pas banale et peut sortir de sa somnolence un électorat désabusé mais pas prêt à l’aventure. C’est alors que 60 à 65% de votants peuvent changer la physionomie du scrutin.

Le  mode de scrutin peut changer les choses. La proportionnelle pour laquelle il suffit d’arriver en tête pour gagner provoque toujours un « effet loupe » qui fausse la perception. Avec le scrutin majoritaire, on ne gagne pas avec 30%, il faut passer la barre des 50% et c’est une autre affaire. Au soir du 30 juin, il ne serait pas surprenant d’avoir des triangulaires, voire des quadrangulaires pour départager les candidats au 2nd tour. Voilà pourquoi chaque camp s’attache à constituer des coalitions les plus larges possibles, l’éparpillement étant rédhibitoire avec la règle de la barre des 12,5% des inscrits pour être qualifié.  Une barrière bien infranchissable pour nos LR isolés s’ils ne sont pas implantés.

Il faudra donc être indulgent avec ceux qui connaissent la musique et qui passent des accords locaux pour se partager un territoire avec des concurrents qui défendent des idées voisines.

Néanmoins, il faut compter avec l’effet spectaculaire du score du Rassemblement national qui cherche à infuser l’idée d’une « convergence des droites » face à une gauche qui rêve de prendre le pouvoir en jouant sur le réflexe éculé de la menace fasciste. La partie n’est pas facile pour les tenants du « bloc central », tant le rejet de Macron est fort dans le pays.

Il ne reste plus qu’à bien voter, autant que possible, pour conjurer le mauvais sort. Il y aura bien des dilemmes…. 40% des électeurs sont restés chez eux le 9 juin. Ils détiennent, probablement sans le savoir, les clés du destin de la France.

 

 


UNE BELLE CAMPAGNE QUI MERITE RECOMPENSE !

Bellamy Canet

 

Cet homme est vraiment étonnant et dénote par les temps qui courent.  Dans les débats, François-Xavier Bellamy est poli, bien élevé et respecte la parole des autres, il a des convictions, et cerise sur le gâteau, du tempérament. Non seulement il a réussi à accroître sa notoriété, mais il a démontré en plus qu’il avait de l’endurance.  Bref, il a réussi sa campagne électorale.  Reste plus qu’à transformer l’essai dans les urnes dimanche prochain.

Les électrices et électeurs de droite et des Républicains ne sont plus orphelins.  Ils auraient tort de faire la fine bouche. Pour une fois qu’on a un candidat qui a du coffre, qui est honnête et qui a démontré sa fidélité à nos convictions, ce serait dommage de ne pas lui donner la chance d’offrir  à la France une autre perspective que Le Pen ou Zemmour.

Quelques arguments qui plaident pour un vote Bellamy :

Les élections européennes doivent permettre de bâtir un « vrai contre-pouvoir ». Il y a une relève à droite qui a la détermination nécessaire pour redresser le pays. Pour le défendre en Europe, d’abord : dans quelques jours, le parti de la droite européenne (PPE) auquel les LR appartiennent deviendra la première force politique en Europe. Ce sont les élus Républicains qui auront les leviers pour agir, pour que l’Europe retrouve un cap clair. 

L’autre enjeu de cette élection, c’est bien sûr de sortir la France de la crise. L’élection du 9 juin est l’occasion de tourner une page. Avec Bellamy, on peut repartir pour écrire l’avenir d’une droite renouvelée, sérieuse, cohérente. Votre vote peut donner l’élan dont la droite a besoin pour reconstruire.

Le moment est venu pour électeurs de droite de reconstruire leur maison. Ils n’ont aucune raison de taire leurs convictions, de renoncer à défendre leurs idées. C’est le moment de refonder cette famille politique qui peut seule répondre aux aspirations du pays.

Au Parlement européen, le clivage oppose les deux forces politiques majeures que sont les socialistes et la droite, le PPE, auquel LR appartient. Le vrai sujet est de savoir si nous parviendrons à sortir enfin de la majorité de gauche, à laquelle les élus macronistes et les écologistes ont participé pendant cinq ans. La France ne peut pas être condamnée à vivre ce perpétuel deuxième tour de l’élection présidentielle.

Oui, il faut un nouveau départ. Il y a une relève à droite, qui a refusé le cynisme des débauchages et des reniements, qui veut la clarté dont la France a besoin, et qui sait gagner des batailles. Nous ne pouvons plus vivre à l’ombre d’un bilan qui n’est pas le nôtre. 

La mission essentielle de l’Europe, c’est de montrer que la liberté est le seul choix qui soit à la fois fidèle à la dignité humaine et efficace sur le long terme. Nous sommes face à des modèles autoritaires, voire totalitaires, comme la Chine, ou l’islamisme international. Comme dans les années 1930, certains sont tentés de croire que l’efficacité est du côté de la centralisation autoritaire, de la suppression des droits de la personne et de la conscience. Notre défi est de montrer, une nouvelle fois dans notre histoire, que seule la liberté peut faire vivre une société.

Le 9  juin, confiance à la liste de FX Bellamy !

 


BELLAMI, WHAT ELSE ?

Bellamy europe

 

Avec les deux dernières semaines de campagne, dite officielle à partir de lundi, nous entrons dans le vif du sujet. La grande confrontation a eu lieu et le verdict est tombé des « experts » de LCI qui ont commenté le débat : c’est Bellami qui a été le meilleur, avec en outsider le communiste Leon Deffontaines. Que faut-il de plus aux électeurs de la droite ? Ils ont une tête de liste pugnace, qui connait ses dossiers, qui peut se targuer d’une influence hors-norme au sein du groupe européen du PPE, qui ne s’est pas contenté de paroles.  Enfin, un leader de droite qui agit, qui fait ce qu’il a dit et qui présente un vrai programme de droite ancré sur des convictions. Il a à ses côtés une agricultrice du cru et un général talentueux…

Alors quand les sondages disent que rien n’y fait, même creux comme un radis trop arrosé, Bardella garde la préférence des anciens électeurs de Sarkozy et de Fillon, les bras m’en tombent. Pour eux c’est la droite. Ils n’en démordent pas. Pourtant au-delà des apparences du gendre idéal et de la dédiabolisation, Bardella charrie avec lui bien des éléments qui n’ont rien à voir avec la droite modérée et libérale.  Il suffit de gratter un peu pour voir ce que cache le discours rassurant qui voudrait qu’on l’assimile à une sorte de RPR rénové.  C’est une escroquerie intellectuelle. Bardella c’est l’extrême-droite. Le programme du RN, dont la publication a été opportunément reportée à après le 9 juin, est un savant amalgame de discours identitaire et de propositions qui rappellent celles du PC des années 80 : nationaliste d’un côté, socialiste de l’autre.  Cela ne vous rappelle rien, le national-socialisme ? Evidemment les jeunes qui suivent Bardella sur Tik-tok ne peuvent pas savoir, on ne leur a rien appris, mais les anciens, eux n’ont pas d’excuses.  Et je passe sur tous les nazillons qu’il a dans ses bagages, bien planqués et attendant leur heure.

Le RN à plus de 30%, voilà où nous a conduits la stratégie de Macron du « en même temps ». La ficelle a fonctionné jusqu’à maintenant, sauf que cette fois-ci la mise en scène ne fonctionne plus : ni l’entrée en campagne du Président, ni le débat Attal-Bardella, scandaleux dans son principe, n’ont permis à la liste macroniste de gagner des points, elle en aurait même perdu. Un débat Macron-Le Pen ne ferait qu’aggraver les choses. Au moins dans ce théâtre qui paraissait figé, une partie des citoyens semble avoir retrouver un peu de lucidité :  à gauche la liste « Place Publique » de Raphaël Glucksmann est partie pour bousculer un peu le scénario pré-établi. Pourquoi n’en est-il pas de même à droite.  Ses électeurs voudraient-ils illustrer l’adage selon lequel elle serait la plus bête du monde ? Par chance, nous avons Bellamy ! Il est encore possible de garder l’espoir qu’ils se réveillent.

Surtout, ne perdons pas de vue que l’enjeu est européen et pas franco-français. Bellamy, c’est le vote utile par l’influence que nos élus auront au sein du PPE, principal groupe en nombre au Parlement de Strasbourg.  Il importe que la France ait une voix de droite qui porte au sein de l’assemblée de l’Union. Ce ne sera pas le cas de Bardella qui siègera dans un groupuscule minoritaire inaudible, en scission avec l’AFD et qui a peu de chance de rejoindre celui de Méloni très pro-Ukraine et Otan. Eh, oui, voter Bardella c’est apporter un soutien à Poutine. Alors, pour moi, c’est rédhibitoire.

Bellamy,  quoi d’autre ???

 


EUROPEENNES : DENI DE REALITES… ET POURTANT !

Européennes 2024

 

Bardella est-il l’arbre qui cache la forêt ?

Le « monsieur selfie » occupe largement l’espace médiatique en cultivant son face-à-face superficiel avec Macron. Alors, nos compatriotes peu enclins à se documenter perdent de vue l’enjeu fondamental du scrutin du 9 juin prochain. A un mois de l’échéance, le climat est morose et le contexte multiplie les causes qui l’alimentent : le voisinage immédiat de l’Union nous inquiète avec les avancées russes en Ukraine, le Moyen-Orient nous offre le spectacle désolant d’un affrontement sanglant, en Géorgie, pays auquel les 27 ont accordé le statut de candidat à l’adhésion, le pouvoir fait voter une loi incompatible avec les valeurs européennes. L’économie patine et la reprise se fait attendre, creusant l’écart du Pib avec celui des Etats-Unis, tandis que la Chine reprend sa  politique commerciale agressive. Une réaction s’impose pour adapter le fonctionnement du vieux continent aux nouvelles conditions que les pays autoritaires imposent en s‘affranchissant de toutes les règles. Mais cela ne doit pas nous empêcher de voir la réalité : L’Union est tout simplement la meilleure combinaison de liberté politique, de prospérité économique et de cohésion sociale jamais produite par l’humanité. Cette affirmation n’est pas exagérée : même en cherchant bien, vous ne trouverez pas un autre espace dans le monde réunissant ces critères. 

Les classements internationaux attestent les réussites de l’Europe.

On ne le sait pas assez, mais l’Union place dans la plupart des secteurs 5 à 10 pays en tête des classements.  Quelques exemples : 8 dans le top 20 de l’indice de développement humain de l’ONU (niveau de vie, santé, éducation), 10 dans le top 20 de l’indice de bonheur autodéclaré, 8 dans le top 10 de la liberté de la presse, 5 dans le top 10 de la capacité d’innovation … Ces performances des différents pays concernés doivent beaucoup à l’appartenance à l’UE, mais qui en a conscience ? L’Européen moyen de notre époque, rendu myope par son comportement de consommateur final d’un confort dont il n’a plus la moindre idée des conditions qui le produisent, préfère se vautrer dans l’ingratitude, tel le passager du Titanic qui n’avait pas conscience du naufrage tant celui-ci lui paraissait impossible. 

Ne vous laissez pas avoir par les discours simplistes. 

De nombreux électeurs semblent vouloir donner leur voix à des partis politiques eurosceptiques, eurocritiques ou nationalistes. En France, le RN et Reconquête pourraient séduire 38% des électeurs, en Allemagne l’Afd un électeur sur cinq, en Italie La Lega et les Fratelli d’Italia promettent de faire autant … Certes, même les plus sévères contre l’Union ne promettent pas d'en sortir, mais leur programme prévoit de nombreuses dispositions de rapatriements de compétences à l’échelon national : donc un affaiblissement qui ne permettrait pas d’entamer les réformes nécessaires  pour rester dans la course mondiale. Ne leur donnons pas le pouvoir d’obstruction dont ils rêvent. Car, ne nous leurrons pas, seul chacun des pays d’Europe se retrouverait impuissant et perdrait son indépendance au profit de l’ogre chinois ou de « l’ami » américain.  Et les domaines sont nombreux pour lesquels c’est l’Union qui permettra de rivaliser : défense, intelligence artificielle, transition climatique, sans parler de notre protection sociale et de nos libertés.

Nous pouvons éviter le déclin.

C’est en unissant les compétences et les moyens de nos pays que nous parviendrons à enrayer le déclin qui nous menace. Il faut plus d’Europe dans la défense, les telecoms, l’énergie,  la  lutte  contre l'immigration ; il faut améliorer la capacité de décision en sortant de l’unanimité ; il faut de nouveaux partages de souveraineté qui valent mieux que pas de souveraineté du tout ; il faut donner à l’Europe sa force de frappe financière en unissant les marchés de capitaux, complément indispensable de notre Euro … La redéfinition de l’Union ne doit pas être moins ambitieuse que l’élan donné par les pères fondateurs. Ces choix sont à faire maintenant.

Alors pour qui voter ?

37 listes, c’est de la folie. Il y en a pour le moins 30 de trop qui ne sont là que pour attirer quelques milliers de voix qui leur permettent de faire vivre leur micro parti sur le dos des électeurs. N’oubliez pas que lors des précédentes élections de 2019, ce sont les Verts et le RN qui sont arrivés en tête :  qu’ont-ils fait de leur mandat ? Les Verts sont à l’origine de toutes les directives outrancières en matière de transition climatique, dont nos agriculteurs ont fait les frais, et le RN a été absent chaque fois qu’on aurait eu besoin de lui, comme pour renforcer Frontex, par exemple.  Il faut dire que la présence à Strasbourg n’était pas la priorité de Jordan « pas très là ». Parmi les listes qui ont leur place, il n’y en a que deux qui ont une utilité :  les deux qui siègent à Strasbourg dans les deux grandes formations traditionnellement hégémoniques au sein du parlement : le PSD pour les socialistes, le PPE pour la droite modérée, dont les projections annoncent une représentation à peu près stable.  Donc, chez nous, « Place publique » de Glucksmann et LR de Bellamy qui fait  une campagne brillante et démontre la qualité de ses propositions. 

 


UNE FORCE DE FRAPPE EUROPEENNE : LES MARCHES DE CAPITAUX.

Dette  mondiale

 

L’Europe est face à un mur d’investissements.

Les besoins de financements à venir sont énormes pour la transition énergétique, la révolution numérique et l’Intelligence artificielle, le renforcement de l’armement. Si le domaine de la défense appartient aux états, pour les autres, il faudra faire appel à l’argent privé.  Il n’est pas question de créer des impôts européens et ça n’est pas nécessaire. L’épargne financière des Européens représente 32 000 milliards d’euros, dont à peu près 15% sont investis en actions. Sans entrer dans les détails techniques, cela représente un potentiel de 10 000 milliards d’euros disponibles pour investir dans les domaines concernés. A cela, il est possible de dégager 3 000 milliards supplémentaires dégagés du bilan des banques. Une force de frappe mobilisable de 13 000 milliards d'euros ! Les dispositions techniques sont exposées dans le rapport Noyer, (ancien directeur de la Banque de France) présenté à Bercy fin avril.

Une autorité unique de régulation.

Pour mobiliser cette ressource financière il faut créer une autorité unique de régulation au niveau européen, afin d’unifier les réglementations des différents marchés et rendre nos acteurs et nos produits compétitifs à l’échelle européenne. Il faut créer des produits européens qui attirent les investisseurs étrangers et qui pourraient être vendus dans le monde entier. Cela permettra de renforcer l’euro dont la dimension mondiale est un atout dans la compétition internationale.

Un enjeu de souveraineté.

L’enjeu de l’union des marchés de capitaux et de la mobilisation de l’épargne européenne n’est pas seulement un enjeu de financement du « mur d’investissements » à venir, c’est aussi un enjeu de souveraineté. Lorsque les entreprises sont financées par des investisseurs américains, elles ont tendance à regarder vers les Etats-Unis, c’est bien compréhensible.  C’est pourquoi, nos gouvernants voient d’un mauvais œil l’envie de Total de se faire coter à la bourse de New-York pour bénéficier de la profondeur du marché américain qui permettrait une valorisation beaucoup plus importante, mais avec le risque de voir les actionnaires locaux devenir majoritaires et prendre le contrôle de l’entreprise. Si les Européens investissent dans les actions de leurs entreprises, elles resteront en Europe.

Notre avenir passe par l’Europe.

Voilà pourquoi il est important de porter un message positif sur l’Europe et faire comprendre à nos concitoyens la nécessité du projet européen. L’Europe est l’espace le plus démocratique au monde. C’est plus compliqué à gérer, mais en termes de liberté, de sécurité et de solidarité, nous n’avons rien à envier à nos voisins. Personne ne niera que nous avons encore beaucoup de progrès à faire collectivement, et l’union des marchés de capitaux en fait partie.  Quand on se compare aux autres, nous sommes bien plus souvent qu’on ne croit meilleurs qu'eux.  Ceux qui voyagent s’en rendent compte.  Notre avenir passe par l’Europe.

Alors quand la France et l’Allemagne souhaitent relancer les travaux sur l’union des marchés de capitaux, il faut sauter sur l’occasion.  Le rapport Noyer propose des solutions techniques concrètes et réalisables. Le mode de gouvernance proposé sera crucial pour convaincre les plus sceptiques. Certes, cette union des marchés est un projet d’intégration européenne et représente un nouveau transfert de souveraineté, mais comme l’a souligné Mario Draghi, une souveraineté partagée vaut mieux que pas de souveraineté du tout !  L’objectif : une politique unique, mise en œuvre de manière décentralisée dans un réseau intégré, à l’exemple de la politique de la concurrence qui a fait ses preuves. 

Raison de plus pour aller voter  le 9 juin !