COMME QUOI LES STATISTIQUES N’EXPLIQUENT PAS TOUT !

étatisme

 

Comment expliquer que dans le pays le plus égalitaire et le plus « redistributeur » d’Europe et du monde développé, le peuple se sente  bientôt le plus malheureux de la planète et le plus pessimiste quant à son avenir et celui de ses enfants. Vrai paradoxe qui mérite approfondissement si on veut comprendre la révolte des « gilets  jaunes ».

Ce que les statistiques nous disent.

Elles nous disent que nous ne devrions pas nous plaindre. Vous ne le croirez  pas,  mais  notre pays a un niveau de vie « médian » très élevé, sur la 2ème marche du podium des 28  de l’Union européenne, juste devancé par le Luxembourg. « En même temps », c’est  celui qui en fait profiter le plus tous ses  habitants avec  l’un des écarts les plus faibles entre les plus riches et les plus pauvres. Mieux, le revenu disponible des ménages a toujours été en hausse depuis 60 ans, à trois exceptions près, et depuis 1970 le niveau de vie moyen des ménages les plus pauvres a  progressé de près de 20% (en euros constants). En conséquence, nous avons le plus faible taux de ménages pauvres d’Europe et les riches sont plus fortement mis à contribution qu’ailleurs : 1% des ménages les plus riches paient le quart du total de l’imposition directe, la  France est le pays qui impose le plus le capital, même  sans l’ISF. Nos entreprises sont les plus taxées, très au-dessus  de la moyenne de la zone euro (8 points). En résumé, il est bon de le rappeler, la France est championne du monde de la dépense publique (57% du PIB) et des prélèvements obligatoires (47% du PIB), ce qui n’empêche pas les Français d’être insatisfaits de leurs gouvernants, de leurs services publics et même de leur système social pourtant le plus généreux du monde.

Un Etat-providence unique au monde, mais un enfer fiscal.

La « révolte des gilets jaunes » repose sur un paradoxe entièrement contenu dans cette vidéo qui a fait le tour de Facebook avec des  millions de visionnages, celle de Jacline Mouraud :  « Qu’est-ce que vous faites de notre pognon ? ».  Ce cri de ralliement au départ du mouvement tient dans ce cocktail empoisonné qui veut que les pauvres et les classes moyennes s’estiment rançonnés par l’Etat,  tout en voulant garder des services publics toujours présents, même quand ça n’est plus possible, et toujours plus efficaces. Bref : des salaires et des retraites plus élevés, moins d’impôts, plus de services gratuits ! Revendications d’autant plus justifiées que chez nous l’Etat est responsable de tout. Notre histoire est faite de cet effort constant du pouvoir de centraliser la  décision. Il gère des aspects de la vie quotidienne qui sont dans d’autres pays organisés par les familles, les  communes,  les régions,  les  entreprises. Et  Macron a amplifié ce trait : jamais la province et les corps intermédiaires, élus locaux, syndicats, associations, ne se sont sentis aussi dépossédés de leurs responsabilités. La  conséquence en est effectivement une fiscalité confiscatoire. Si on en est là, c’est parce que notre modèle de fonctionnement est mauvais. D’abord, il est essentiellement centré sur la taxation des revenus du travail : 52% en France contre 39% en moyenne dans l’Union. De quoi nourrir fortement la colère de la France qui travaille. Car ce système de redistribution pénalise les classes moyennes : si les plus modestes paient moins en prélèvements qu’ils ne reçoivent en allocations, ceux qui bossent,   c’est-à-dire les classes moyennes dites « inférieures », paient autant qu’elles reçoivent et les « supérieures » se sentent mises à contribution, en proportion, autant que les hauts revenus. Tous les systèmes « sous conditions de ressources » ont donné le sentiment qu’il y avait deux Frances, une qui touche et une qui paie dont lafrustration a augmenté au fil des ans. Depuis des décennies, les classes moyennes sont massivement taxées, faiblement aidées socialement  et de moins en moins bien servies par les administrations.  C’est une réalité. Il  a suffi que l’effort demandé paraisse totalement inéquitable, ce qui est arrivé avec la taxe sur les  carburants qui pesait davantage sur les assujettis à la voiture pour aller au boulot (les périphériques et la province), pour que la colère explose. Ce que Dominique Reynié résume par la formule : « Ce que nous vivons, c’est plus qu’un affrontement entre le peuple et les élites, c’est un conflit entre la société et un État qui donne le sentiment de n’avoir plus d’efficacité sinon pour lever l’impôt ».

Attention à la récupération.

Les « gilets jaunes » maintiennent leur mobilisation pour demain, 15 décembre, malgré les annonces présidentielles. Il y a gros à parier que ce ne seront plus les mêmes. Même Marine Le Pen s’est fendue d’un appel à ne pas manifester. Il n’y a plus que Mélenchon. Le  mouvement va découvrir le principe de « réalité » : « quand on n’est  pas capable de désigner un chef dans ses rangs, d’autres viennent de l’extérieur pour vous asservir ». Et  la  roue révolutionnaire jaune et plutôt  pacifique, va se mettre à rougir, récupérée par les  éternels radicaux qui se sont infiltrés,  trop heureux de l’aubaine qui leur permet de récupérer un mouvement qu’ils essayaient en vain de créer. C’est l’inconvénient des « réseaux sociaux » que d’être un corps intermédiaire gazeux et perméable. La manipulation y est aisée et  incontrôlable. Et  la glissade, on la connaît ! « On veut plus », il suffit de prendre l’argent aux riches. Ils rêvent d’une France  libertaire, entre vie de zadiste et paumés du lève-tard, sans se rendre compte qu’il faudrait un régime de « servitude » à la coréenne pour appliquer un tel  programme. Chez nous, cette  mentalité s’est répandue chez les jeunes, peu enclins à réfléchir à leur avenir professionnel  pour être en adéquation avec les forces économiques, ils sont nombreux à préférer  vivre de minimas sociaux plutôt que de travailler. Si la grogne contre le mensonge de la taxation verte des carburants était lisible, il suffit de voir la vacuité des revendications qui ont suivi,  approuvées par  une large majorité de nos concitoyens, pour comprendre qu’on est face à une vision exclusivement matérialiste de la condition humaine. Ils génèrent la misère morale qui gangrène notre société et rend difficile tout redressement politique.

Quelles voies pour en sortir.

Macron a épuisé son crédit. Il peut promettre tout le contraire de ce qu’il a fait jusqu’à maintenant, en annonçant une réforme profonde de l’Etat qui s’appuierait sur une nouvelle décentralisation, qui  peut y croire ?  Mais il faut pourtant d’urgence remettre les classes moyennes au coeur des enjeux publics. Il faut basculer très vite le financement de la protection sociale sur la TVA à 20% (oui,  je sais, ça fait hurler certains), seul impôt qui fait participer tout le monde plus les importations, plafonner les allocations maladies, retraite et chômage, accroître fortement les incitations à travailler et plus longtemps, augmenter la productivité de l’Etat et des collectivités locales. Ainsi, en limitant les dépenses sociales sans réduire la protection des ménages les plus modestes, on ponctionnerait moins les classes moyennes  et on pourrait allouer davantage au service public. Si nous avions le même  niveau de dépenses sociales que la moyenne de nos partenaires européens, nous libérerions 100 milliards d’euros qui pourraient être alloués à des baisses d’impôts ou à la hausse d’autres dépenses. Et à rembourser notre dette !

 

 


LA FRANCE EN SOUFFRANCE

Marianne pleure

Attentat mardi soir sur le marché de Noël de Strasbourg. Triste. Pas de commentaire.

La croissance a du plomb dans l’aile.

Un petit rayon de soleil dans cet océan de morosité : deux jours de suite que la bourse est dans le vert. Ce soir elle remonte sur les 4 900 points. Les espoirs d'un apaisement des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et les propos de Donald Trump sur un possible accord entre les deux pays alimentent cet optimisme. En Europe, l’Italie proposerait à l’Union européenne de ramener son objectif de déficit pour 2019 de 2,4% à 2% du PIB. Bel effort,  comme quoi les populistes peuvent devenir raisonnables. Chez nous ce sera plutôt l’inverse. La France avait déjà accumulé un retard de croissance par rapport aux autres grandes puissances économiques. Mais l’année dernière, on avait pu croire qu’elle renouait avec une activité plus conforme. Hélas, depuis le début 2018, elle se traine à nouveau et la crise des « gilets jaunes » va provoquer un ralentissement majeur dont nous n’avions vraiment pas besoin. Un ralentissement qui risque de toucher de plein fouet nos TPE et PME. En écoutant Bruno Le Maire, j’ai eu un vertige : il tablait encore hier sur 1,6% pour cette année,  avec un impact de 0,1% en moins quand la  Banque de France l’estime à -0,2%.  Je suis donc allé voir sur l'Insee les chiffres de la croissance 2018 : 0,2 au 1er trimestre, 0,2 au second, 0,4 au 3ème. Et maintenant on peut espérer 0,2 au 4ème selon la Banque de France. Soit 1% pour l’année ! Je voudrais qu'on m'explique comment Mr Le Maire et les médias peuvent annoncer au moins 1,5% ???? Mensonge ? Désinformation ? Il est vrai que 1% de croissance au lieu de 1,7 espéré, ça fait un sérieux trou de plus dans la caisse : quelques 15 milliards d‘euros voir plus. Les conséquences de ce ralentissement risquent d'être rudes pour l'emploi, et, évidemment, pour le déficit public. Des faillites de PME et TPE sont à prévoir, notamment dans les secteurs les plus touchés par la crise : le commerce, la grande distribution, l'hôtellerie, le tourisme et le transport. Et ce ralentissement va automatiquement limiter les marges de manœuvre du gouvernement en matière de relance du pouvoir d'achat. Cela n'empêche pas des irresponsables d'appeler à un "Acte V" samedi prochain et certains vont même jusqu’à inventer un complot avec l’attentat de Strasbourg. Proprement indigne !

Pas de quoi fermer le robinet.

Donc, malgré tout, Macron-Père Noël a ouvert les vannes : coup de pouce de 100€ pour le SMIC qui sortira directement des caisses de la Providence sans qu’il en coûte à l’employeur, en plus de la revalorisation prévue au 1er janvier, les heures supplémentaires complètement défiscalisées, possibilité d’une prime du patron sans charges ni impôts, la hausse des taxes sur les carburants annulée évidemment, ainsi que la hausse de la csg pour les retraites en-dessous de 2 000€. Les évaluations de la dépense faites par Bercy tournent autour de 10 milliards d’euros. Un montant sous-estimé probablement pour ne pas  affoler Bruxelles. On serait plus près de 14 ou 15 milliards en réalité si l’on en croit la calculette d’Agnès Verdier-Molinié, généralement plus fiable. Pour satisfaire les gilets jaunes cela devrait suffire, même si les  premières réactions sont grognonnes.  Mais, que voulez-vous, certains ont pris le goût du pouvoir par la rue et le goût de l'hyper médiatisation des chaînes continues.

Comme d’habitude, on a donc tout fait à l'envers.

Normalement, il aurait fallu d'abord faire des réductions des dépenses publiques avec des réformes structurelles profondes comme l’avait réalisé l'Agenda 2010 de Schröder en Allemagne. Puis on aurait utilisé ensuite les surplus dégagés pour améliorer le pouvoir d'achat en baissant substantiellement les impôts. Chez nous, on fait le contraire. Il resterait à espérer que le gouvernement a prévu d'accélérer la mise en place des réformes indispensables et la réduction des dépenses publiques mais c'est peu probable car il n'a plus aucune marge de manœuvre, d’autant plus que maintenant « l'état de grâce » de Macron est bel et bien terminé. Curiosité : l’année 2019 commence avec un trou financé par la dette et va se poursuivre avec un autre trou, celui généré par le point de croissance qui manque. Le Maire qui annonce des baisses d’impôts va devoir se  transformer en Mandrake.

Voilà où conduisent l’hypercentralisation doublée du mépris des classes moyennes et le déni. La révolte n’a compté finalement que quelques dizaines de milliers de personnes et elle n'aurait pas eu autant de retentissement sans... les casseurs. C’est bien dommage d’avoir été obligé d’en passer par là pour être (un peu) entendu. Un effort a été fait, mais la plus grande partie des classes moyennes est encore tenue à l’écart.

 

 


LE PERE NOËL EST PASSE

Noel

Ou plutôt Saint-Nicolas…

A quelques jours près, la coïncidence aurait été amusante  puisque Saint-Nicolas passe le 6 décembre. La seule personne qui peut aujourd'hui sortir la France de la crise ressemble fortement à celui qui vient apporter les cadeaux. Il est descendu ce soir du haut de son trône élyséen avec une bonne quinzaine de milliards à distribuer. Il ne manquait que la voix doucereuse de Tino Rossi en fond sonore. La  magie de Noël va-t-elle opérer ? Ce soir on a  donc appris ce que le Président, prophète de l’Etat providence, (donc ceux qui paient l’impôt), a offert comme cadeaux au-delà de la suppression de la taxe sur les carburants pour 2019 déjà obtenue. Une jolie liste, en vérité,  bien technocratique à souhait : une prime de 100€ à chaque smicard qui ne coûtera rien à l’employeur, en plus de la revalorisation du smic déjà programmée, la fin de la hausse de la CSG pour les petites retraites de moins de 2 000€ (encore  pas pour nous), les heures supplémentaires seront défiscalisées et sans charges, les employeurs qui le peuvent  devront verser une prime de fin d’année, elle aussi sans impôts ni charges. « Elle est pas belle la vie ? » 

Et qui c’est qui va payer tout ça ?

Voilà des mesures qui  sont de nature à aider les fins de mois. Pas pour tous, évidemment. C’est mieux que rien, mais le  Père Noël est encore dans son  schéma techno  et sa vision comptable. Si le but était de baisser les impôts et les charges pour la « classe moyenne », la cible n’est que partiellement atteinte, à cause d’un  problème qu’il  ne prend toujours pas en compte : seulement 45% des Français paient l'impôt sur le revenu !  Et  pour ceux-là il faudra continuer de payer, et probablement un peu plus  encore. Faudra bien trouver les 15 milliards que coûte le contenu de sa hotte. Encore heureux, il n’a pas touché à l’ISF ni à la flat tax. Ouf ! Mais on évoque déjà un relèvement des tranches supérieures de  l'impôt sur le revenu... Ce sont surtout les entreprises qui vont être visées avec un report ou une suppression de la prochaine baisse des taux d'IS. Avec des recettes fiscales de 48,4 % du PIB en 2017, la France est la championne d'Europe des prélèvements : une hausse de 0,7 point en 2017. Dans l’affaire, Macron a totalement oublié la compétitivité, c'est vrai que ce n'est pas très grave,  au point où  on en est. Ce problème n’est pas dans l’urgence économique et sociale.

Révolution à la petite semaine.

La situation est asses surréaliste et plutôt étrange. La semaine, tout est calme,  ou presque. Et la révolte se déroule juste un jour par semaine : le samedi. Ce  jour-là, les casseurs entourés de gilets jaunes entraînés par le mouvement, et la police se donnent rendez-vous. De préférence à Paris. Et chaque semaine, chaque camp se déplace pour gagner la bataille du jour. Avouez que c'est assez unique. Mais l'impact du mouvement et les manifestations violentes auxquelles il donne lieu, est une catastrophe pour l'économie française. Directement, avec l'effondrement en décembre de la grande distribution, du commerce mais aussi de l'hôtellerie et du tourisme ;  beaucoup d’enseignes réalisent plus de la moitié de leur chiffre d’affaires annuel et risquent de se trouver en mauvaise posture une fois passées les fêtes. Indirectement, avec la détérioration spectaculaire de l'image de la France auprès des investisseurs étrangers. Notre balance des paiements, déjà mal en point, ne dira  pas merci. Avec le temps, le discours protestataire s’est radicalisé, et les extrêmes des deux bords  s’emploient à souffler sur les braises. Mélenchon y prend même son pied. Ce type devrait faire vraiment peur tellement il fait penser à Robespierre. Qu’en sera-t-il samedi prochain. Tout le monde attend évidemment... « samedi », puisque c'est la révolution du samedi. Pas sûr que les mesures annoncées ce soir soient suffisantes pour calmer complètement le jeu. Il faudrait l’espérer, même si le message des Français qui bossent et qui en ont ras-le-bol d'être matraqués par les impôts n’a pas vraiment été entendu. Pour l’instant Bruno Le Maire promet une baisse des prélèvements à la fin du quinquennat...d'1%, ça fait rêver, non ? Un objectif qui paraît dérisoire, alors qu'on est huit points au-dessus de la moyenne de la zone euro. Enfin on peut miser sur le retour au calme pour le samedi suivant.  En effet, les manifestants ne pourront sûrement pas venir car c'est le début des vacances scolaires... Faut pas exagérer non plus.

Quant à la croissance,  elle est définitivement en berne pour 2018. Après les deux premiers trimestres à 0,2, seul le troisième a rempli le  contrat avec 0,4. Pour le dernier,  la  Banque de France vient de diviser par deux sa prévision de 0,4. On est loin, très loin des 1,5%  envisagés par Bercy ! Voilà des marges encore réduites pour le gouvernement. Heureusement, il y a la dette… On n’est plus à quelques milliards près.

 


CE GAUCHISME QUI TUE LA FRANCE

Révolution russe

 

Et  voilà, l’ISF de nouveau sur la sellette.

Rien que d’en parler, c’est comme si on avait rétabli cet impôt imbécile qui n’existe nulle part en Europe et même dans l’OCDE. Car, pour les investisseurs, la crainte de  l’instabilité fiscale est aussi nuisible que sa réalité. Evidemment, non seulement il  ne faut pas le rétablir, mais il faudrait aussi supprimer l’IFI. Ou alors ne nous  plaignons pas que les milliards fuient la France, nous condamnant un peu plus chaque jour à partager… la  pauvreté ! Il y a des totems qui ont la vie dure.

« Le problème vient de loin. »

C’est la phrase  en vogue à « En Marche » en ce moment, tentative naïve de faire  porter  le chapeau à l’ancien  monde. Dommage tout de même que le « nouveau » ne fonctionne pas.  Oui, le  problème vient de loin et il porte  un nom : le socialisme. Le problème de la France vient de ce qu’elle a emprunté le chemin inverse de  tous ses concurrents. Elle est  devenue de plus en plus socialiste alors  que ceux avec qui elle échange l’étaient de moins en moins. Position qui fait de notre pays le champion du monde de la taxation et des prélèvements publics avec la croissance la plus anémique.  Et par son niveau de redistribution et le nombre des dispositifs « sous conditions de ressource », il est pratiquement le seul pays socialiste de la planète ayant atteint ce niveau d’étatisation. Le mal était endémique jusqu’à la prise de pouvoir de Mitterrand. Il s’est aggravé avec des décisions majeures non financées comme la retraite à 60 ans,  avec les nationalisations et autres inepties collectivistes. Il a empiré sous Jospin et Hollande. Les gouvernements de droite n’ont été que des intermèdes qui n’ont guère permis de toucher au système. On a donc continué de financer par   toujours plus de dette et le cercle vicieux que l’on connaît pour les impôts et les taxes.

Le paradoxe de l’Etat-providence.

Les  Français semblent réclamer toujours plus de  services et d’allocations à l’Etat et hurler dès qu’il faut les financer.  Ce n’est qu’une apparence.  Le système en place  est tellement pervers, qu’un peu plus de la moitié des Français est sous assistance pendant que l’autre petite moitié est celle qui finance, généralement sans profiter des aubaines. Le point de repère c’est le  « pouvoir d’achat » que l’on finance par  la « redistribution » parce que nos entreprises aux semelles de plomb ne créent pas  suffisamment de richesse. On prend aux uns pour donner aux autres. Ailleurs dans le  monde, et dans la majorité des pays européens, les citoyens ont compris que le pouvoir d’achat n’est pas une « denrée » qu’on peut augmenter d’un coup de baguette magique, comme s’apprête à le faire Edouard Philippe qui va nous sortir de la hotte du Père Noël une prime de 1 000 €, mais qu’il faut d’abord produire la richesse. Ce raisonnement de base échappe à  nos compatriotes habitués à  être exonérés d’impôts sur le revenu et en même temps de taxe d’habitation, tout en « touchant » toutes sortes d’aides. Pour eux, il n’y a pas de lien évident avec le travail. Par contre, ceux-là sont sensibles à tous les revenus élevés et trouvent normal que les « riches » paient. Pour les satisfaire,  notre système de prélèvement est donc devenu confiscatoire. Pour autant, les services publics n’en sont pas forcément plus performants. Du fait des intérêts de la dette qui pèsent sur le budget, ce serait même le contraire. Dans cet esprit, et en bonne logique, certains profitent de la crise actuelle  pour demander le rétablissement de l’ISF. Cet impôt rapportait quelque 7 milliards d’euros par an : une goutte d’eau. Mais symbolique, parait-il.  Tellement symbolique qu’il a fait fuir les familles riches et a engendré un manque à gagner fiscal de plus de 30 milliards en impôts classiques que ces familles auraient payé en France. Or l’impôt est fait pour financer les dépenses de l’Etat, il n’est pas fait pour punir le riche !

Egalitarisme mortifère.

Le  cri de colère des « gilets jaunes » est en train d’être détourné. Ceux qu’on a d’abord vu manifester,  ce sont ces Français des classes moyennes, habitant la France dite périphérique,  souvent les lotissements pavillonnaires des premières et deuxièmes couronnes des grandes villes, ou plus prosaïquement à la campagne, comme on dit. On travaille à deux avec les salaires d’aujourd’hui : il ne reste pas  grand-chose une fois qu’on a tout payé. Deux voitures sont souvent obligatoires pour aller et venir, alors le prix du carburant, ça compte. La décision de lui faire porter  le « chapeau » de la transition écologique a été la goutte d’eau de trop.  Ce qui s’exprimait clairement, c’était le ras-le-bol fiscal auquel s’ajoutait un ressenti négatif, celui d’être  méprisé. Comme le dit François-Xavier Bellamy : « Les Gilets jaunes sont des personnes à qui l'on dit qu'il faut changer sinon ils resteront des ploucs, des ringards, qu'ils fument des clopes et qui roulent au diesel. On leur demande de changer mais ils sont dans l'incapacité de changer car on ne leur offre aucune alternative. Et en plus, on les méprise, on les insulte en disant qu'ils ne changent pas assez vite ». Rien  à voir avec ce que le mouvement tend à devenir, où les revendications mille fois entendues et irresponsables prennent le dessus avec le discours égalitariste bien connu, entretenu par les Mélenchon de service. La surenchère gauchiste est un classique du genre : ses militants n’ont pas leur pareil pour infiltrer et imposer leur discours démagogique. Elle s’accompagne toujours de la violence,  dans la bonne vieille tradition révolutionnaire. La preuve, les mêmes réseaux tentent d’enflammer les lycéens pour ajouter aux désordres. Ces revendications conduiront à encore plus d’impôts et de dette, puisqu’on ne mettra pas nos entreprises en situation de produire la richesse supplémentaire que l’on pourrait  partager. Les Gilets jaunes ne revendiquent pas l'émancipation de l'individu, la mobilité, mais de rester là où ils sont, ce qu'ils sont et que leur monde reste vivable et humain. S’ils n’y prennent garde, les vrais « gilets jaunes »  pourraient se retrouver « gros Jean» comme on dit à la campagne.

Et la croissance ?

Avec cet épisode et ce qu’il va être obligé de lâcher, le gouvernement peut définitivement dire adieu à son objectif de croissance pour 2018, qui était déjà bien entamé. Un malheur n’arrivant jamais seul, le pétrole repart à la hausse après la réunion de l’Opep, et les bourses continuent de plonger, malgré  le léger rebond de Paris hier. L’arrestation de la patronne de Huawei a même provoqué un début de panique boursière à Wall street jeudi. Bref, l’horizon se bouche.

 


CETTE CRISE QUI VIENT : LES SIGNES AVANT-COUREURS SE PRECISENT

Baisse de l'euro

 

Bien évidemment je n’oublie pas la crise que nous vivons avec l’épisode « gilets jaunes » et la séquence parisienne de samedi prochain qui va certainement décider de  la suite, selon qu’elle sera « maîtrisée » ou pas. Cela ne doit pas nous empêcher de regarder ce  que le vaste monde nous prépare.  Là aussi, il semble que l’orage monte. Après le « krach rampant » qui a repris après un léger rebond,  voici les inversions de courbes des taux aux Etats-Unis. Si elles se confirment, elles annoncent une récession.  Explications.

Le contexte.

En ce moment le grand jeu chez les prévisionnistes est d'anticiper deux événements majeurs : un krach boursier aux États-Unis dont certains affirment qu'il aura lieu en juin 2019, d'autres fin 2019 ou mi-2020, sans plus d'explications... et une récession aux États-Unis que beaucoup s'accordent à voir à la mi-2020. L'euphorie qui a suivi l'annonce d'une trêve entre la Chine et les États-Unis a fait long feu. Le président américain Donald Trump a envoyé une salve de tweets peu accommodants. Il est prêt à prolonger la trêve, mais il reviendra à la politique de hausse des droits de douane si un « véritable accord » avec la Chine se révélait impossible. C'est normal et c’était prévisible : le différend entre les États-Unis et la Chine va bien au-delà du seul problème du déficit commercial

Les  marchés financiers réagissent.

Sur fond de  trêve fragile dans la guerre commerciale qui oppose Pékin à Washington, mardi, les principaux indices américains, le Dow Jones et le Nasdaq, ont reculé de près de 3 %. Et mercredi, dans le sillage de Wall Street, les places européennes ont entamé une nette baisse qui s’est   prolongée encore aujourd’hui à Paris où le CAC 40 cède encore 3,30 % : les marchés ont pris conscience que la trêve n'est rien d'autre qu'un apaisement de façade à ce stade. Pas de répit donc sur les marchés financiers.

La vraie raison de la baisse est ailleurs...

Ce qui a vraiment inquiété les marchés aux États-Unis, c'est la courbe des taux d'intérêt des emprunts d’état américains en fonction de leur durée. Les taux courts sont déterminés par la Banque centrale américaine, la FED, alors que les taux longs sont établis par le marché, en fonction de l'offre et de la demande. Normalement, les taux longs sont supérieurs aux taux courts. C'est logique : vous voulez recevoir plus de rémunération si vous prêtez votre argent à l’État américain plus longtemps. Mais lundi dernier  la courbe des taux s'est « inversée ». Les taux longs sont passés en dessous des taux courts. Cela veut dire que les marchés anticipent une baisse des taux à moyen terme, autrement dit un ralentissement de l'économie américaine, voire une récession. De quoi créer la panique sur les marchés.

Les banques ont enregistré de forts reculs.

C’est en lien avec les marchés. Les  banques sont exposées,  forcément. JPMorgan a cédé 4,46 %, Goldman Sachs 3,82 % et Bank of America 5,43 %. On observe un aplatissement de la courbe des taux : la différence entre les taux courts et les taux est de plus en plus mince. Sans entrer dans le détail et pour faire court, mardi, la courbe entre le 3 et le 5 ans s'est inversée, nourrissant l'inquiétude des investisseurs. Heureusement, il  faut encore relativiser, le meilleur indicateur d'un retournement imminent est la courbe entre le 10 ans et le 3 mois. Si l'écart se réduit de plus en plus, il reste encore 50 points de base. Pour  l’instant !

L’excitation post cessez le feu « Chine/Etats-Unis » est retombée. Comme il fallait s’y attendre, on revient aux vrais sujets : le ralentissement de l’économie Européenne et le ralentissement annoncé de l’économie US en 2019/2020, et bien sûr aussi le ralentissement de l’économie Chinoise. Maintenant la question sur les marchés n'est plus de savoir s'il y aura une récession aux États-Unis ou une crise sur les marchés, mais de savoir quand elle aura lieu. Et les investisseurs ont décidé, brusquement, de l'anticiper. En toute logique, la baisse des indices boursiers continue donc.

 


LA POLITIQUE DU PIRE.

Gaulois2

 

Philippe n’est pas à la hauteur.

J’ai encore en tête  l’image de ce Premier Ministre  désemparé faisant part de son émotion devant le  triste spectacle des dégâts commis à l’Arc de Triomphe. Il était « choqué » ! Mais ce n’est pas ce qu’on attendait de lui. Ce sont les décisions pour faire respecter l’Etat qui ont manqué  comme elles ont manqué à Notre-Dame des Landes. Il est  l’image d’un pouvoir qui tremble et qui ne comprend  pas ce qui lui arrive. De même, l’attitude de Darmanin à l’Assemblée nationale faite de mépris et de mauvaise foi quand il répond à l’opposition est insupportable. Ces gens-là ne se rendent pas compte à quel point ils suscitent la colère : celle que je ressens est à l’aune de celle de beaucoup de Français en gilets jaunes ou pas. Édouard Philippe, a enfin annoncé qu’il proposait un moratoire de six mois sur la hausse des taxes liées aux carburants le 1er janvier 2019. Les gilets jaunes traitent évidemment cette décision par le mépris et toutes les formations de l’opposition estiment que le geste est insuffisant. Il ne suffit pas de seriner « c’est un geste fort »,  un élément de langage auquel tous les ministres et tout ce que compte la macronie sont astreints, pour qu’il le soit.  C’est trop peu et trop tard  pour reprendre une vieille formule. Seul Daniel Cohn-Bendit regrette que la politique écologique du gouvernement recule. Vit-il seulement en France et y paie-t-il ses impôts ? Ce faisant l’exécutif se rend-il compte qu’il pratique la  politique du pire ? Quand il annonce « une vaste concertation qui permettrait de dégager des pistes utiles » avec tous les  partenaires et élus  locaux, après des mois de mépris, il ne faut pas s’étonner s’il n’est pas pris au sérieux. Surtout que le « nouveau monde » continue de rejeter la responsabilité de la situation sur les représentants de « l’ancien monde » responsables de tout, à commencer par la désindustrialisation du pays. Ce qui est vrai c’est que le ras-le-bol fiscal a bien commencé avec la présidence Hollande, mais le gouvernement actuel, en prolongeant la même politique, l’a amplifié, ce que soulignent  les élus « Les Républicains » depuis des mois. L’écrasement des classes moyennes a été pratiqué sciemment  et la France périphérique traitée pour négligeable. L’explosion, Macron en porte toute la responsabilité. La  liste des erreurs qu’il a ajoutées est longue : arrogance technocratique, amateurisme du groupe parlementaire En Marche et de ministres inconnus, pratique jacobine du pouvoir, excès de puissance de la caste de Bercy…      

Macron joue la montre.

Et la ficelle est tellement grosse que même le « gilet jaune » de base, qui filtre son rond-point, l’a comprise : on fait la  paix pendant six mois jusqu’aux élections, et on reprend le  même chemin  après. C’est irresponsable. L’atmosphère nationale est délétère : les pires exactions ont eu lieu et Macron continue de sous-estimer la colère d’un peuple qui n’a rien à perdre. Le « geste d’apaisement »  est toujours attendu, mais le pouvoir refuse de voir la réalité. Il prend le risque de redonner l’opportunité aux bandes de casseurs de profiter de la prolongation du mouvement pour continuer à commettre leurs méfaits, tandis que les revendications d’une masse sans organisation vont croître et embellir dans tous les sens, sensiblement prise en main, par en-dessous, par les réseaux gauchistes. Ainsi vient se greffer une révolte lycéenne, poussée par les pédagogistes qui rêvent de faire reculer Blanquer sur ses décisions de bon sens. Il est peut-être encore temps : un changement radical des priorités et de la  méthode est possible pour peu que la raison l’emporte sur l’entêtement. On attend que le régalien joue son rôle, et d’abord  en faisant respecter l’ordre public,  ce que la droite républicaine ne lui reprochera jamais, ensuite en remettant dans le jeu et pleinement, tous les rouages des institutions : coopération avec le Sénat, concertation avec les corps  intermédiaires, réseaux d’élus locaux et syndicats.  Aucune solution ne peut sortir du cri de colère exprimé par une masse informe. Cela ne veut pas dire qu’elle ne soit ni entendue, ni comprise.

Le RN en embuscade.

A voir la  part belle que les médias donnent à la  présidente du Rassemblement national, qui contribue à la remettre en selle, on  peut se demander si ce n’est pas ce que recherche le pouvoir. Car  elle reste la meilleure adversaire de Macron, qui lui garantit de rester au pouvoir.  Un calcul machiavélique qui expliquerait que les brigades anti-émeutes de  la gendarmerie n’aient pas été utilisées samedi dernier et  soient restées  l’arme au pied dans leur cantonnement à Versailles. C’est jouer avec le feu. Les  concessions faites vont  peut-être calmer l’ardeur des « gilets jaunes »  modérés, mais il faut craindre qu’en s’étiolant, le mouvement ne se radicalise et devienne encore plus violent. C’est bien ce qu’espère le Rassemblement national. Il ne propose rien, il se contente de surfer sur les mécontentements d’un peuple dopé à l’Etat providence, socialisé comme jamais, où ceux qui bossent paient pour tous les régimes « sous conditions de ressources », pris dans l’enfer de ses contradictions à réclamer toujours plus de services à l’Etat sans se rendre compte que ce dernier ne peut  même  plus financer correctement ceux qui existent. Si le RN  parvient jamais au pouvoir, on aura alors une pleine idée du pire.

 


GILETS JAUNES ET IMPOSTURE VERTE

Bagarre_village_gaulois

 

Une révolte est toujours désastreuse.

Rappelons-nous le désastre des portiques autoroutiers avec les « bonnets rouges ». Voici maintenant la révolte des « gilets jaunes » déclenchée par le prix des carburants. Tout ça parce que nos gouvernants ne conçoivent l’écologie qu’à travers des taxes vertes. Le malheur c’est qu’elles viennent s’ajouter à un niveau de prélèvement très élevé qui justifie le « ras-le-bol ». Après, il faut faire la part des choses : le spectacle des violences auxquelles on assiste de week-end en week-end n’est pas le fait des « gilets jaunes » mais de groupes de casseurs qu’on appellera comme on voudra. Ils ne m’étonnent pas vraiment : quand un Etat recule devant quelques dizaines de zadistes comme   à Notre-Dame des Landes, le  signal qui est envoyé ne peut que déboucher sur de tels débordements. Les dégâts  causés sont inexcusables et les auteurs  méritent d’être recherchés et  poursuivis. On peut penser, comme l’affirme Luc Ferry, que le gouvernement a les moyens d’empêcher ces désordres, surtout quand ils touchent des lieux très symboliques comme l’Arc de Triomphe. On peut alors légitimement se demander ce que recherche l’exécutif. On hésite entre incompétence et machiavélisme. Cela n’empêche pas que la colère des gens ordinaires qui manifestent, ou pas d’ailleurs, est profonde. Les taux d’adhésion aux revendications contre les taxes font état de soutiens énormes, dépassant 80%, dans les sondages. Du jamais vu.

Un Etat escroc.

Les Français en « gilets jaunes » ne sont pas contre la transition écologique. Mais ils ont compris que la hausse des taxes « vertes » ne la finance pas. C’est un prétexte. Ils voient bien qu’il s’agit avant tout de mesures de rendement pour remplir les caisses du Trésor public. Ainsi, entre 2018 et 2019, le produit de la TICPE a augmenté de 3,9 milliards d’euros. La quasi-totalité est allée nourrir le budget général  et seuls 80 millions seront reversés sur le compte « dédié » spécial « transition énergétique ». La vérité c’est que le gouvernement se livre à un jeu de bonneteau : la suppression de la taxe d’habitation  pour 2018 aura en effet coûté 3,8 milliards. Le parallèle est facile à faire. Et la projection à l’horizon 2020 est identique : les hausses prévues des taxes (19 milliards) sont appelées à couvrir les 18 milliards de coût de la suppression totale de la taxe d’habitation que l’Etat s’est engagé à compenser aux collectivités à l’euro près. L’erreur de Bercy a été de vouloir combler les pertes de recettes générées par ses réformes de baisses d’impôts  comme l’ISF  ou de cotisations sociales, par une augmentation de la fiscalité verte et de la CSG. C’est clairement une « escroquerie ». Le choix de la facilité alors qu’il aurait fallu plutôt engager une baisse sérieuse des dépenses publiques. Et les Français doivent avoir clairement dans l’esprit que c’est un tsunami qui va leur tomber dessus : selon les prévisions actuelles des finances publiques pour 2022, le  produit de la fiscalité énergétique passerait de 50 à 67 milliards. Un « Everest fiscal », selon l’expression d’Agnès Verdier-Molinié, qui ferait passer la fiscalité verte à 2,53% du PIB, une des plus élevée du monde alors que notre pays est plutôt un bon élève avec moins de 1% d’émission de CO2. Pourquoi être les « premiers de la classe » alors que nous avons déjà une fiscalité confiscatoire. Tous les Français se retrouvent dans le sentiment d’un matraquage fiscal. Car les 1 038 milliards de prélèvements  que nous observons aujourd’hui sont appelés à devenir 1188 milliards en 2022 si le même cap est maintenu.

Une autre fiscalité écologique est possible.

Pour être acceptée, une fiscalité verte doit être équitable, neutre et claire. L’équité consisterait à imposer de la même façon toute atteinte identique à l’environnement, quelles qu’en soient les causes. Si on se réfère au prix de la tonne de gaz à effet de serre émise à 44,60 €, en comparaison l’essence devrait supporter 11 centimes/l ce qui est nettement moins que ce qui est perçu aujourd’hui ! Cela supposerait donc que l’Etat se focalise sur d’autres produits que le carburant qui porte déjà plus que sa part.  D’autre part, la fiscalité écologique doit être neutre à la fois pour les agents économiques et pour les finances publiques. Cela veut dire que chaque euro perçu doit être compensé par un euro rendu. Tout autre façon d’agir ne peut qu’alourdir la pression fiscale, réduire la compétitivité, baisser le pouvoir d’achat. Enfin, l’effort  consenti doit être clair : les fonds perçus pour la transition écologique doivent vraiment abonder un compte dédié à comptabilité séparée et régulièrement audité pour être public. On pourrait ainsi, à taxation constante, modifier progressivement l’assiette de l’impôt, en taxant la pollution plutôt que le travail ou le capital… Une voie vertueuse que le gouvernement pourrait emprunter s’il était honnête.

Si la hausse des carburants a déclenché ce vent de colère, c’est parce qu’elle ne répond à aucun des trois critères précédemment énoncés. Elle n’est pas équitable, car elle ne touche pas les autres produits émetteurs de gaz à effet de serre, elle n’est pas neutre car elle aboutit à une hausse de la pression fiscale non compensée, et elle n’est pas claire parce qu’elle est absorbée dans l’insondable et obscur budget de l’Etat.  Un déclencheur, car c’est la goutte qui fait déborder le vase ! Comme  on le  voit, si le gouvernement et  Macron veulent sortir de  la crise, le chemin n’est pas bien compliqué. Il suffit d'arrêter de mentir.  D’être vertueux !

 

 


DES IDEES POUR REDRESSER LA FRANCE

Chantier

 

La question n'est plus de savoir s'il faut réformer la France. Mais comment la réformer.

Macron a lancé un train de réformes et certains considèrent que c'est déjà un exploit après des années d'immobilisme. On sait pourtant que c’est largement insuffisant, et qu’aucune des transformations engagées n’est allée assez loin, comme le démontre Agnès Verdier-Molinié dans son dernier livre. Et on sent à la grogne qui a gagné le pays, qu'il aurait fallut faire plus, plus vite et différemment. Facile à dire...? C’est sûr. Mais d'autres pays l’ont bien fait !

Une évidence.

Primo, il faut baisser les prélèvements obligatoires. Le plus vite  sera le mieux. Le  ras-le-bol fiscal qui éclate au grand jour avec les « gilets jaunes » vient de  loin. Un reflux avait été engagé par Sarkozy mais la crise de 2008 est venue tout enrayer.  Il a subi un coup d’accélérateur avec  le coup de massue fiscal de Hollande et Macron a  poursuivi peu ou prou la même politique portant les prélèvements à un niveau jamais atteint. Maintenant il faut faire vite, car ils sont asphyxiants. Mais pour les baisser, il faut réduire les dépenses de l’État. Et pour réduire les dépenses de l’État, il faut réformer…  mais vraiment réformer !

Par quoi commencer ?

Sans conteste, par une réforme des prestations sociales et une réforme du financement des retraites. Pour cette dernière, en évitant le détour, si possible, par  une usine à gaz fumeuse pour endormir tout le monde,  comme le système  à   points. L'âge du départ à la retraite doit être repoussé en s’appuyant sur  le constat que l'allongement de la durée de vie ne laisse  pas le choix, la retraite par capitalisation venant compléter la retraite par répartition.  Autre impératif : la baisse des prestations sociales dont notre  pays est le champion du  monde. Simplification,  suppression des doublons, contrôle strict des prestations versées : on peut le faire. En conséquence, les impôts pourront baisser.

L’économie ensuite.

Il faut rendre le  marché du travail beaucoup plus flexible. Ce qui a été entrepris s’est arrêté au milieu du gué et est resté beaucoup trop timide. Il faut aussi des contraintes plus strictes d'acceptation d’emploi par les chômeurs, avec la création de mini-emplois, qui, comme on l’a observé ailleurs, deviennent avec le temps des vrais jobs à plein temps.  Naturellement, il faut accompagner d’un versement d'allocation chômage très strict, assorti d’une professionnalisation et d’une amélioration sensible des agences pour l'emploi. Dans le même temps, les entreprises  doivent pouvoir accompagner le  mouvement  par leur capacité accrue de développement. Le chemin passe inévitablement par un basculement sur la TVA de la plus grande partie des charges qui pèsent sur elles. Trois points de  plus sur la TVA à 20% devraient suffire. C’est la solution la plus juste, parce que tout le monde la paie, la plus rapide et la plus efficace économiquement parlant. On ramènera ainsi leur compétitivité  à la moyenne européenne : elles pourront reconquérir des parts de marché et atténuer ainsi le déficit de notre balance commerciale. Un cercle vertueux peut se mettre en place qui conduit à la croissance grâce à la hausse des investissements et des salaires.

C’est possible.

Oui, on peut le faire ! La  preuve : jugeons-en par les résultats économiques de l'Allemagne aujourd'hui ! Plein-emploi, excédent budgétaire, excédent commercial, dette en baisse, hausse des salaires et du pouvoir d'achat, l'Allemagne « a fait le job »  et a  commencé avec Gerhard Schröder le 14 mars 2003 avec son « Agenda 2010 ».  C’est le chemin qu’elle a emprunté et  elle s'est réformée. Certes, au prix de sacrifices,  mais les résultats sont là. L’Allemagne est aujourd’hui la locomotive de l'Europe. L’Allemagne l’a fait, pourquoi pas nous !

Le  cœur de la méthode : exiger et aider.

Schröder déclarait en 2012, en faisant le bilan de son « Agenda 2010 » :
« De mon point de vue, le principe fondamental qui est au cœur des réformes de l'Agenda 2010, c'est le principe "exiger et aider" (require and support). Ce principe concerne l'équilibre entre la solidarité d'une part et la responsabilité individuelle d'autre part. Certes, l'État-providence garantit - et doit garantir - que les gens ont droit à une protection dans les moments qui constituent une menace pour leur existence. Mais il ne faut pas absoudre les gens de leur devoir de faire tout ce qu'ils peuvent pour éviter de demander une aide. »
Rien à dire de plus.

J’attends « l’agenda 2026 ». Qui osera faire de la  France la « locomotive de l’Europe » dans sept ans ? Un rêve ? Non, on  peut  le  faire !

 


DU NEUF CHEZ "LES REPUBLICAINS" !

Equipe thématique LRl'équipe thématique

 

La rénovation avance.

Il est très facile de critiquer le Président des Républicains. Encore plus de lui faire des procès d’intention ou de baver sur ses propos  avec le chœur des « vierges effarouchées » qui ne sont  la plupart du temps que des lobbies mal intentionnés. Et surtout quand on n’a pas eu le courage, comme il l’a fait, de prendre la  tête d’une formation en ruine. Je ne suis pas pour autant un zélateur dévoué de sa  personne. Je lui reproche de ne pas  avoir géré convenablement le conflit qu’il a eu avec Virginie Calmels. Il a eu aussi des accidents de parcours dont il  aurait pu se dispenser comme ses  propos enregistrés clandestinement. Néanmoins, force est de constater qu’il s’est attelé à la reconstruction du parti et que  les « travaux » avancent. Tout ce qu’il avait annoncé a été mis  en  place : bureau politique largement ouvert, Conseil des sensibilités présidé par Jean Léonetti, Comité des Maires confié à Gil Averous, Maire de Châteauroux et Agnès Le Brun, Maire de Morlaix, l’école des cadres du parti sous la houlette de Julien Aubert, député de Carpentras, comité du projet avec Guillaume Larrivé et Luc Ferry… Et dernièrement, Laurent Wauquiez vient de désigner l’Equipe Thématique sorte de shadow-gouvernement de 34 membres, en confiant chaque domaine à un élu compétent. Sans oublier l’action d’assainissement des comptes avec un Plan de désendettement  adopté par le Bureau Politique. Enfin, toutes les instances départementales ont été renouvelées, conformément aux statuts, au mois d’octobre. Le parti est désormais complètement en ordre de  marche.

Le rajeunissement.

Ce qui frappe c’est le renouvellement. Le groupe parlementaire en a donné  le signal aux législatives : avec  la loi sur le non cumul des mandats qui peut présenter beaucoup d’inconvénients par ailleurs, de nouvelles têtes animent brillamment l’Assemblée nationale :  Damien Abad, Fabien Di Filippo, Virginie Duby –Muller, Annie Génevard, les Guillaume Peltier et Larrivé,  et avec les nominations de l’équipe thématique, ça n’est  pas fini.  Vous allez apprendre à découvrir une génération de personnes jeunes et compétentes qui vont entrer progressivement dans la lumière des  plateaux médiatiques. Au Sénat aussi, le  renouvellement a progressé chez Les Républicains et des talents comme Stéphane Piednoir ont rapidement pris la mesure de leur mandat et fait l’admiration de leurs collègues plus anciens.  Cela prouve au moins, que même étrillé par deux défaites dramatiques en 2017, le parti est solidement implanté dans les territoires et possède un vivier d’élus locaux qui a permis cette transmission de témoin d’une génération à l’autre. Quand on regarde aujourd’hui l’ensemble cadres-élus nationaux, on se dit que « Les Républicains » ont pris un sacré coup de jeune.

Le mouvement se poursuit avec la préparation des « Européennes ».

C’est un objectif que Laurent Wauquiez s’est fixé : renouveler aussi le groupe « Républicains » au Parlement de Strasbourg  et cela commence  par un rajeunissement de la liste. Une tâche difficile, car il faut négocier avec de fortes personnalités qui ont gardé des ambitions comme Rachida Dati et Nadine Morano, ne pas vexer  Brice Hortefeux, le fidèle, ménager des députés efficaces comme Alain  Cadec… Des piliers resteront probablement comme Philippe Juvin ou Geoffroy Didier, ce dernier cochant la case « jeunesse » brillamment. Pour contourner le casse-tête, Le  Président a pris le parti de la nouveauté. Ce sera le cas si la candidature « Bellamy » à laquelle il pense, aboutit.  Elle a le mérite de concilier les points de vue : Valérie Pécresse, par exemple, dont l’avis a été sollicité, en pense du bien. Après le travail sur le projet effectué à Menton au début de l’été dernier, qui a permis de jeter des bases suffisamment rassembleuses, toutes les conditions sont réunies, une par une, pour avoir une liste d’union de toutes les sensibilités sur un programme pro-européen, réaliste, privilégiant le bon sens. Toutes les conditions pour réussir. Et pour ringardiser définitivement Juppé et ses acolytes.

Avantage et inconvénient.

La démarche n’est pas sans au moins un inconvénient.  Celui de la nouveauté en est toujours un pour les  électeurs de droite. On ne vote pas pour des gens que l’on ne connaît pas. Pourtant, il suffit d’écouter Geoffroy Didier quelques minutes, comme lors de son passage à La Baule, pour se rendre compte de son assurance, de sa connaissance précise des dossiers et de l’intelligence de son discours. C’est que nos jeunes sont aussi au rendez-vous de la compétence.

L’avantage, c’est qu’avec cette nouvelle génération, on ne prend pas le risque qu’il traîne avec eux quelques inévitables scories liées à une vie politique déjà bien engagée, dans un pays prompt à accuser  et à  jeter aux orties. Il faut donc avoir confiance.  Certes, Laurent Wauquiez, par sa personnalité,  peut ne pas plaire  à tout le monde,  mais,  grâce à lui, « Les Républicains » ont un bel  avenir, et c’est heureux. Ce sont eux, « Les Républicains » qui constituent l’alternative démocratique raisonnable, d’autant plus que Macron s’autodétruit lui-même, n’arrive pas à sortir du trou où il a plongé avec  l’affaire « Benalla », et tire avec lui vers le fond tous ceux qui auront été tenté par le tropisme du « nouveau monde »,  à commencer par les « constructifs ».

2019 sera  une étape importante. Nous aurons besoin de tout le monde.  Pour ceux qui ont pris leurs distances, le moment est venu de remonter dans le train. Et d’abord en réadhérant. Car vous n’êtes pas au bout des (bonnes) surprises !

 


IL A ENCORE TAPE A CÔTE DU CLOU !

Archibald en colère

 

Macron ne comprend pas les  « gilets jaunes ».

Il ne sait pas vraiment qui ils sont.  Quand il pense « France laborieuse », il évoque plutôt  les  smicards,  qui ne sont pas à négliger mais qui sont toujours servis les  premiers, alors que le cœur des contestataires est constitué de tous ceux qui bossent et qui se prennent les hausses d’impôts et de taxes sans jamais bénéficier des aides « sous conditions de ressources ». Ce ne sont pas des poujadistes, ce sont des salariés, des artisans, des petits commerçants, des retraités, qui en ont marre d’alimenter le  tonneau des danaïdes, marre d’être traités comme des vaches à lait, sans jamais voir d’amélioration de  la  situation.  Tout cela est résumé par le  coup de  gueule de « Jacline » sur facebook : « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? ».  En guise de réponses, Macron disserte.  Il fait des beaux discours devant des maires choisis, mais le plus  grand nombre n’est pas dupe. Il fait de beaux discours sur la transition énergétique, mais tout le monde  sait que la France fait partie des moins  pollueurs de la planète et que peu d’argent y est consacré. En bref, le sentiment s’accroit dans les classes moyennes qu’il nous prend pour des cons. Il  faut qu’il arrête d’emmerder les Français qui savent qu’ils ne sont pas les pire  pollueurs de la planète et qu’il sera temps de les solliciter le jour où les Chinois et  les  Américains appliqueront les accords de Paris.

Discréditer pour ne pas écouter.

La première parade qu’il tente c’est de discréditer  le  mouvement des « gilets jaunes » en l’assimilant à des séditieux d’extrême-droite de préférence, et les éléments de langage ont été diffusés avec suffisamment de cohérence pour qu’on en connaisse l’origine. D’abord par le Ministre de l’Intérieur, puis par les autres ministres. Lequel aura été ce week-end,  le plus odieux de Castaner ou de Darmanin ? Ceux qui reprochent à Wauquiez des allusions au nazisme quand il évoque l’eugénisme, ne sont pas en reste pour trafiquer l’Histoire en évoquant la « peste brune » (mot macronien) ou la lèpre nationaliste, juin 34 et j’en passe. Menteurs et malhonnêtes intellectuellement, de leur part ce n’est guère surprenant. Ils ont ordre d’instituer Marine Le Pen comme seule opposante face à Macron, aidés  par certains médias complaisants. Ils oublient  simplement qu’entre les deux, il y a le « peuple de France » (expression chère à Nicolas Sarkozy). Les gens se rendent bien compte, à voir  les « gilets jaunes » défiler paisiblement dans les rues d’Angers, de Poitiers, d’Orléans ou d’ailleurs, qui ils sont véritablement : trop blancs et trop français probablement pour plaire aux élites parisiennes. Mais la description que celles-ci en font est tellement fausse qu’évidemment le mensonge n’en est que plus flagrant.

L’excuse : c’est pas nous, c’est les autres. 

Ah, Gilles Legendre !  Il est pathétique. Rendez-vous compte, le ras-le-bol fiscal serait vieux de trente ans, alors  comment voulez-vous qu’en 18 mois … Sauf que La REM n’était pas obligée d’aggraver la situation avec un choc fiscal de 22 milliards (CSG), agrémenté d’une foultitude de taxes à tout va dont  le carburant n’est que la  partie émergée de l’iceberg. Il serait plus crédible si son groupe avait accepté le vote du Sénat d’intégrer les hauts fonctionnaires  qui touchent jusqu’à 300 000 € par an dans la loi sur « la moralisation de la  vie publique » (La REM s’y est opposé) et  n’avait pas pris l’initiative de voter l’exemption de  la CSG pour les députés. Le gouvernement réforme peut-être -encore que-, mais il n’a engagé aucun effort pour réduire les dépenses publiques, au contraire il dépense toujours  plus… à crédit. Il se comporte comme  la gauche l’a toujours  fait. Les Français s’en rendent bien compte. Résultat : la  croissance  n’est  pas au rendez-vous ! Inutile d’invoquer le passé.  Quant à la droite, il y a sept ans qu’elle n’est  plus  aux affaires,  autant dire  un siècle.  Encore a-t-elle eu à gérer une crise inouïe,  et pas si mal que ça ! Reste Bruno Le  Maire. Sa malhonnêteté intellectuelle n’est plus à démontrer.  Il donne maintenant dans la dramatisation. Les « gilets jaunes » nuisent à la France et seront responsables si le taux de croissance espéré n’est pas atteint. Une excuse trop facile, alors que l’on sait que l’économie est plantée depuis  le début  de l’année.

 L’intrusion des réseaux sociaux comme contre-pouvoir.

Prenons garde. Il faut avoir de la sympathie pour ce mouvement plus citoyen que certains voudraient le laisser croire, mais ne laissons pas détruire ce trésor qu’est la démocratie représentative. Ce serait prendre  le risque d’errements que la France a déjà connus, avec leur cortège d’horreurs. L’intrusion des réseaux sociaux comme contre-pouvoir peut paraître salutaire, laisser  prospérer serait très dangereux pour la démocratie : une assemblée citoyenne sortie de nulle part qui s’arrogerait un pouvoir de « constituante », par  exemple. Mélenchon en rêve ! Les Républicains sont trop timides. Certes, la « récupération »  est  un vilain mot.  Cependant il ne faut pas avoir peur de se poser en interlocuteur présent partout puisque le pouvoir méprise  la rue.  Des initiatives fortes seraient les bienvenues. Le diagnostic a été fait depuis longtemps : Laurent Wauquiez a été le premier à parler du trouble des classes moyennes.  Nous avons certainement  des propositions à faire, et pourquoi pas à travers une grande réforme fiscale qui rétablirait l’équité,  ce qui  prendrait le pouvoir actuel  à son propre piège ! Je suis certain que ce serait entendu par la  France qui bosse. Ce serait autrement  plus crédible que toutes les usines à gaz que nous pondent Macron et ses sbires, « sous conditions de ressources », ce qui exclut les « gilets jaunes », et les "machins" d'experts, ce qui s’appelle « taper à côté du clou ! ».

 


UN KRACH LENT MAIS BIEN REEL

Récession

 

Baisse rampante.

Ce n'est pas un krach, brutal, comme ceux que l’on a déjà connus avec une baisse violente de 10% dans une journée. On assiste depuis quelques jours à un krach rampant : les unes après les autres, explosent les bulles qui se sont formées sur les marchés depuis des années du fait des taux d'intérêt à zéro et de l'excès de liquidités.  La plupart des marchés ont  perdu 20% depuis leur niveau le plus haut. Tout y passe : les marchés émergents, le bitcoin et même Apple. Toutes ces bulles éclatent. 2018 marque donc la fin d'un cycle de près de 10 ans de hausse. En effet, cela fait des mois, voire des années, que certains marchés étaient largement surévalués.  La baisse intervient maintenant. Plusieurs facteurs l’expliquent : la tension entre la Chine et les États-Unis, les perspectives du ralentissement de la croissance mondiale confirmé par Christine Lagarde récemment, mais surtout la hausse des taux d'intérêt aux États-Unis. Rappelons-nous, quand les taux d'intérêt étaient à zéro, il n'y avait pas d'alternative aux actions, mais quand les taux sont au-dessus de 3%, certains investisseurs considèrent que c'est une alternative envisageable. C'est l'envolée de la capitalisation des grands groupes de tech américaines qui a alimenté la hausse des indices américains pendant ces dernières années et c'est la baisse des cours de ces mêmes groupes qui mène la danse de la baisse ! Le Nasdaq chute de plus de 3%. Il est à son plus bas niveau depuis avril. Avec une baisse marquée d'Apple, Facebook ou encore Salesforce. Le dernier rempart a cédé. Premiers signes d’essoufflement de l’économie américaine pour 2019 ? Les commandes de biens durables aux Etats-Unis chutent lourdement de -4,4% en octobre alors que le consensus s'attendait à un repli plus limité de -2,2%. On aura bientôt la  confirmation.

Les monnaies virtuelles en vrille.

Du côté des monnaies virtuelles, ça n’est pas mieux, même si on peut être persuadés que la blockhain marque une véritable rupture. Il n’y a pas si longtemps, les médias faisaient un buzz sans fin quand le bitcoin frôlait les 20 000$ et qu'on voyait des épargnants retirer leur argent des livrets A pour miser sur dessus. Les imprudents ! Le bitcoin a chuté en dessous de 5 000$, soit une baisse de 75%. Et son challenger, l'ethereum, a perdu plus de 90%. C’est curieux, mais on entend beaucoup moins les défenseurs des « crypto-monnaies »... En attendant ce sont des  milliards (de monnaies  pas virtuelles) qui se sont « évaporés ».

Soldes généralisées.

Les marchés américains sont portes closes pour "Thanksgiving". Aujourd’hui c’est le « Black Friday ». C'est parti : tout est en soldes pour quelques jours, de ce vendredi au cyber Monday : les actions dans le monde entier qui affichent de 10 à 30% de baisse, même Apple et Amazon ; le bitcoin est à moins 75%, les marchés émergents à moins 30%, le pétrole à moins 30%, l'action Renault à -40%... A Tokyo, les indices sont eux aussi au repos pour la fête du travail. Du côté de l'euro, celui grappille quelques fractions face au dollar à 1,1412. Le CAC40 tente un rebond à l'ouverture dans des volumes étriqués, après avoir cédé 0,75% hier.

Gare au pétrole !

Les prix du pétrole ont connu une lourde chute sur le mois d'octobre avec une baisse de 30 % depuis leur dernier pic au début du mois dernier. Mais ne nous réjouissons pas  trop tôt et Macron ferait bien de ne pas trop compter dessus pour calmer la hausse des prix à la pompe. Les pays de l'Opep et la Russie doivent se rencontrer le 5 décembre pour ajuster leur stratégie de soutien des prix, et l'Arabie saoudite prône une réduction de la production. Et puis on oublie toujours cette autre composante du prix du pétrole : le cours de l’euro.  Et le rapport n’est pas en notre faveur : dollar fort et  euro à 1,14.

 


LES DINDONS DE LA FARCE…

Marc Fiorentino

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire profiter du billet humoristique de Marc Fiorentino de ce matin, intitulé « Les dindons de la farce » :

« En cette journée de Thanksgiving une pensée pour tous ceux qui se font plumer. Et vous en connaissez autour de vous, à commencer par vous d'ailleurs.

Une pensée :

pour les automobilistes français, pour les 45% de ménages français qui paient 100% de l'impôt sur le revenu, pour ceux qui ont cru au mirage du bitcoin, pour ceux qui ont cru que les arbres de la Bourse pouvaient monter jusqu'au ciel, pour les Français qui sont en tête du classement de Forbes des pays les plus taxés au monde parce qu'aucun gouvernement n'a eu le courage de réduire les dépenses publiques, pour les Anglais qui ont cru que le Brexit étaient une bonne idée, pour ceux qui ne s'absentent jamais alors que l'absentéisme coûte plus de 100 milliards d'euros par an en France, pour ceux qui vont acheter demain des choses dont ils n'ont absolument pas besoin sous prétexte que c'est le Black Friday, pour ceux qui ont acheté les livres de Hollande et de Ségolène Royal, pour les Grecs, les Espagnols et les Portugais qui ont dû subir une austérité sans précédent parce que les gouvernements précédents ont été nuls, pour (à vous de compléter...).

Happy thanksgiving ! »

Comme vous voyez, les sujets ne manquent pas. J’ajoute personnellement une pensée pour ceux qui croient encore que Macron va nous sauver.


C’EST UNE EMEUTE ? NON, SIRE, C’EST LA REVOLUTION !

Ras-le-bol

 

Quand le pouvoir ne comprend rien.

Le ras-le-bol est bien là. Il est profond. Mais  le pouvoir ne veut y voir qu’une grogne. Il entend mais ne veut rien entendre, parce qu’il n’écoute pas,  parce qu’il ne prend pas la mesure du mécontentement. Partout où je vais, chez les commerçants, dans la salle d’attente du médecin, les gens parlent comme jamais ils ne l’auraient fait  auparavant. Il faut que la coupe soit pleine. Alors évidemment, beaucoup ne sont pas sur les ronds-points avec un gilet jaune, mais à coup sûr ils s’exprimeront avec leur bulletin de vote, ou pas. De son côté, certain que sa majorité peut tout imposer avec arrogance, le Président s’entête. Atteint dans son narcissisme, il n’accepte pas d’avoir fait  les mauvais choix, il  ne comprend pas que sa politique ne donne pas de résultats. Les Français n’en peuvent plus d’attendre.

L’opposition ne capte pas la colère à son avantage.

Inutile de se demander pourquoi. Marine Le Pen s’est complètement déconsidérée lors du face-à-face où elle a fait la démonstration de son incompétence. Elle reste un réceptacle  de mécontentement, elle ne  représente pas une alternative crédible. Jean-Luc Mélenchon a offert un bien triste spectacle récemment qui en dit long sur son caractère. Le tribun a du talent,  mais désormais son outrance fait peur, et c’est tant mieux. La France peut se passer d’un épisode totalitaire qui  l’achèverait. Quant à la droite républicaine, les affaires entretenues contre  Nicolas Sarkozy et les démêlés judiciaires de François Fillon l’ont considérablement affaiblie. Les  trahisons des juppéistes, de Philippe à Berger, de Darmanin, de Le Maire ont  porté un coup fatal au crédit de ses dirigeants. D’autant plus que ceux qui sont passés chez Macron font aujourd’hui une politique qui renie complètement leurs engagements précédents. Le meilleur exemple en est le cas  de la CSG dont Bruno Le Maire voulait baisser le taux quand il était candidat alors qu’il est celui qui applique une augmentation massive. Ne nous étonnons pas que les adhérents qui n’ont pas renouvelé leur adhésion soient dégoûtés. Pourquoi croiraient-ils ceux qui ont pris le flambeau : « et puis demain, ils feront l’inverse de ce qu’ils  disent ! ».  C’est ce que j’entends souvent. La dispersion au nom de  prétextes discutables n’encourage  pas non plus. Il faudra du temps et de la constance  à ceux qui ont accepté de relever le défi pour séduire à nouveau. Note chance, c’est le renouvellement : autour de Laurent Wauquiez, Les Di Beneto, Duby-Muller, Genevard, apportent un coup de fraîcheur sur la  politique et permettent de garder l’espoir.  Mais quand je vois  les manœuvres de Juppé et de Raffarin, je reste un peu pessimiste. J’espère pour eux qu’ils ont une longue cuillère  en bois quand ils vont déjeuner à l’Elysée.

Les procès à tout bout de champ.

Le dernier en date concerne Laurent Wauquiez et son allusion au nazisme à propos de « l’eugénisme ». Propos commentés, sortis de leur contexte,  comme il se doit,  qualifiés de « terrifiants » par Estrosi.  C’est sa bêtise à lui qui est terrifiante. Car quoi ? Il faut parler aseptisé ? Surtout ne pas déranger la pensée dominante ?  Bien évidemment ceux qui veulent nous faire avaler la  PMA hurlent en premier d’être comparés à des nazis. Amalgame trop facile pour crier plus fort qu’il ne faut. Mais quoi,  une femme qui choisit son donneur de gamètes en compulsant un catalogue pour trier dans les caractéristiques physiques, c’est pas très loin de la sélection  pour avoir des blonds aux yeux bleus… Je comprends que ça dérange.  Encore Laurent Wauquiez était-il bien plus soft dans son expression. Que les éternels donneurs de leçons braillent, on a l’habitude.  Mais de grâce, évitons de nous tirer dessus quand on est dans le même camp, même en marge. Bon, en tenant de tels propos, je vais être à jeter en pâture aux fauves. Pour tout dire, ça m’en touche une…

Le manque de résultats.

C’est bien le problème ! La France se traîne depuis trop longtemps avec son boulet du chômage et ses politiques cycliques « prélèvements-relance-déficits-dette-replonge », avec, à chaque fois, un peu plus de handicap. Le résultat est un pays écrasé d’impôts, avec le taux de prélèvement le plus élevé d’Europe et les dépenses sociales les plus fortes du monde, par une extension permanente du nombre des « ayant droits » du fait de l’appauvrissement. Un cycle infernal. Non, je n’exagère pas. Si bien que la moindre taxe est devenue insupportable à ceux toujours moins nombreux qui doivent supporter le fardeau. Macron avait peut-être suscité un espoir, mais en bon politique marqué par la haute technocratie, il n’a su que reproduire toujours le même scénario, à peine modifié. Et comme les corps intermédiaires se sont eux aussi disqualifiés à force de conservatisme, le roi est nu. Il y en a qui disent qu’on est au bout du rouleau et que ça va mal finir. Sarkozy le premier, paraît-il ; ça pourrait bien !

 


PRENEZ LA PAROLE !

 

La fédération “Les Républicains” du Maine-et-Loire a décidé de faire ce que les partis politiques et leurs dirigeants ne font pas assez  : vous donner la parole en toute liberté, sans tabous, sans exclusive.

Venez dire ce que vous pensez de la crise que la France traverse, de l’action de notre parti, ce que vous attendez de nos dirigeants ou pourquoi vous n’y croyez plus, venez parler des problèmes que vous rencontrez...

Deux séances de libre expression sont à votre disposition. A jour de cotisation ou non,  vous êtes les bienvenus. Nous vous attendons.

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