HISTOIRE

UNE EQUATION IMPOSSIBLE

équation

L’équation pour le pouvoir d’achat.

L’Assemblée nationale sera saisie d’un premier texte : celui sur le pouvoir d’achat. Concocté par Bercy, les  mesures de maintien du pouvoir d’achat coûteront une cinquantaine de milliards d’euros et ça tombe bien, les rentrées fiscales qui affluent sont évaluées à la même hauteur, car les hausses des recettes en cotisations sociales, TVA et impôts sur les sociétés se portent bien. Pour l’instant. Il faut, en effet, compter avec le ralentissement de la croissance qui passerait de 4% (prévisions) à 2,5%, alors que le gouvernement comptait dessus pour se refaire la cerise financière. Et il ne faut pas oublier non plus  la  hausse des taux d’intérêts, déjà rendue à 2,4%, et qui nous vaut déjà un renchérissement du service de la dette de 85 milliards d’euros dont Bercy oublie de nous parler. Pour autant, les oppositions Nupes et Rn trouveront ces mesures insuffisantes, et le pouvoir se tourne donc vers le groupe LR pour faire passer son projet. Sauf que ses députés ont leurs idées propres sur la question : diminution de la CSG, mesures sur l'énergie, défiscalisation des heures supplémentaires, emploi des jeunes, ... Avec une ligne rouge à ne pas franchir : celle qui dégraderait les finances publiques. Avec 3 000 milliards de dette on ne peut plus se le permettre. La négociation s’annonce difficile.

Une équation mal posée.

En plus l’équation de Bercy est une fois de plus mal posée en voulant financer avec du déficit le pouvoir d’achat des ménages. On retombe dans le cercle vicieux de la relance  par la consommation, avec le handicap supplémentaire de l’inflation. Elle présente trois inconvénients majeurs : elle  augmente le déficit de l’Etat qu’il finance par de la dette de plus en plus coûteuse, elle creuse notre déficit commercial puisque nous ne produisons plus ce que nous consommons, elle rend inexorable à terme la hausse des taxes et des impôts qui pèseront sur les investissements et l’emploi.  Ce cercle vicieux se solde depuis une dizaine d’années qu’on le reproduit par un appauvrissement du pays mesuré par le recul du revenu par habitant, tout simplement parce que la richesse créée avec l’augmentation du PIB est inférieure aux déficits cumulés des dépenses de l’Etat et du commerce extérieur. En 2021, avec une croissance de 7%, le  gap final s’est élevé à environs 100 milliards d’euros (160 milliards de plus au PIB pour 170 milliards du déficit de l’Etat et 90 milliards de déficit du commerce extérieur). C’est une relance par les investissements des entreprises, associée à une baisse des charges  qui pèsent sur elles, qu’il faudrait mener, pour créer de la richesse supplémentaire générant une augmentation des salaires donc du pouvoir d’achat.  Mais pour réaliser ce type de relance sans augmenter les déficits, il faut en même temps réaliser des économies.  Pour l’instant, celles-ci n’en sont qu’au stade du verbe : Le Maire en parle mais ne met rien en  place pour y parvenir, au contraire, il continue le « quoi qu’il  en coûte » avec 90 milliards d’euros dépensés en trois mois, au premier trimestre de l’année. Il faudra plus que des yeux doux pour séduire les députés LR.

Emmanuel Macron n'est plus à une incohérence près.

C’est évidemment à l’Elysée que se définit la stratégie que la Première Ministre et son gouvernement sont chargés d’appliquer. Dans son scénario pour les cinq ans à venir, le chef de l'État annonce un vaste plan de soutien au pouvoir d'achat qui se chiffre à plusieurs dizaines de milliards d'euros et, en face, trace une ligne rouge : ni hausses d'impôts ni dette publique supplémentaire. Seul un magicien disposant de pouvoirs qu’il  n’a pas pourrait réussir un tel pari. D'un côté la politique du « quoi qu'il en coûte » à gros débit, de l'autre la promesse du sérieux budgétaire. La grande illusion du « en même temps » continue à travers ces injonctions contradictoires. C’est d’autant plus périlleux que le  contexte a changé : la facilité budgétaire de la BCE  s’éteint, la stabilité est remplacée par l’inflation et la hausse des taux, et les besoins  de financements  s’accroissent ne serait-ce qu’avec la guerre  en Ukraine et la transition écologique, sans oublier les menaces qui pèsent sur nos approvisionnements énergétiques et de matières premières. Une situation qui appelle des décisions drastiques et sévères qui nécessiteraient une majorité solide et déterminée pour les mettre en oeuvre, ce qu’il  n’a pas.

On devine la suite.

La dépense va gonfler sans pour autant satisfaire les bénéficiaires ; les déficits, se creuser ; la dette, rapidement dépasser les 3 000 milliards d'euros ; les charges d'intérêt, enfler avec la hausse des taux… Et la bombe de la dette finira par exploser. A moins que l’Europe s’en mêle, c’est le seul frein qui puisse nous sauver de la catastrophe. La saison 2 du quinquennat Macron est bien mal partie  avec en plus pour punition, l’obligation de se soumettre  aux exigences des Républicains honnis  pour faire passer ses textes. Il y a parfois un peu de morale dans le suffrage universel !

Une info pour terminer, qui n’a rien à voir, et que je pique à Marc Fiorentino : « Des loups ont attaqué des brebis aux portes de l'Oise (l'occasion de réécouter "Les Loups" de Serge Reggiani...ok boomer!) »  - Il y en a qui comprendront !

 


EN EST-IL CAPABLE ?

Macron télé

Sortir de l’impasse.

Cela implique toujours de faire demi-tour. Aujourd’hui le Président de la  République est bien dans une impasse politique : il n’a pas de majorité pour gouverner  et dans cette situation, l’Assemblée nationale  est une  pièce maîtresse. Sa consultation des chefs de partis et son discours laconique pour ne pas dire  lacunaire de mercredi dernier n’ont apporté ou ne laissent entrevoir aucune  solution viable. Il voudrait que la balle soit dans  le  camp de ses  opposants, il ne voit pas qu’elle est toujours  à ses pieds. Car c’est sur lui que tout repose.  Les  institutions de la Vème république le veulent ainsi. Le résultat des élections, présidentielle et législatives, sont d’abord l’échec d’une gouvernance, celle de  la  technocratie, privilégiée par le chef de l’Etat et fondée sur le principe : les technocrates, incarnés par son principal collaborateur Alexis Kohler, savent mieux faire, ont toutes les réponses techniques parce qu’ils sont diplômés et issus des grandes écoles. Sauf qu’il leur en manque une, fondamentale : l’école de la vie. Certes Emmanuel Macron a été réélu, mais à quel prix : abstentions record, et sur 56% de  voix au second tour, plus de moitié ont été obtenues par vote « contraint »  ce qui ne constitue en rien une adhésion à son projet, on ne peut plus flou au demeurant. Les législatives, avec une abstention plus forte, en ont tiré les conséquences puisque la  majorité  présidentielle  n’est que relative : il  manque 41 voix pour obtenir la majorité de 289 voix nécessaire pour faire passer les textes de loi. L’exécutif sans majorité est dans une impasse.

En  est-il capable ?

Emmanuel Macron a  annoncé qu’il allait changer de méthode. Les premières annonces ont plutôt  montré qu’il retombait dans ses travers notamment avec le projet de Conseil national de la Refondation, nouveau machin improbable de mélange des genres, heureusement abandonné. Il  peut  sortir de l’impasse. La première condition est qu’il écoute enfin. Il a l’opportunité, avec l’Assemblée nationale élue, de refonder la vie démocratique en l’appuyant sur la culture du compromis. La deuxième condition, qui en est le corollaire, tient dans l’abandon de l’arrogance dont ses partisans ont fait preuve pendant cinq ans à l’égard des propositions qui ne venaient pas d’eux. La troisième condition, peut-être la plus incertaine, c’est que les partis extrémistes désormais dans le système, avec une représentation plus en accord avec ce  qu’ils pèsent électoralement,  arrêtent de se comporter comme « hors système ».  Ils y ont intérêt puisqu’ils pourront acquérir dans l’exercice la crédibilité gouvernementale qui leur manque aux yeux des Français. Ce n’est pas gagné avec Jean-Luc  Mélenchon, dont la stratégie lamberto-bolivariste vise plus à créer le chaos  qu’à apporter des réponses aux Français. La dernière condition est  que les députés des anciens partis de gouvernement, PS et LR, ne restent pas sur le bord et acceptent de jouer le jeu pour peu que les règles en soient clarifiées. Mais voilà, Macron devra faire  preuve d’humilité et accepter, sinon de  partager le pouvoir, au moins de faire des  concessions. En est-il capable ?

Un nouveau premier ministre, vite !

Cette situation inédite permettrait de redonner du poids et de l'importance au poste de premier ministre, que les modifications apportées aux institutions de la Vème avaient tendance à réduire à celui de simple courroie de  transmission de l’Elysée. Entre un Palais-Bourbon plus représentatif des opinions politiques et appelé à redevenir autre chose qu'une chambre d'enregistrement et un chef de gouvernement au rôle renforcé, il y aurait là une situation propre  à redonner du souffle au fonctionnement de notre démocratie. Encore faut-il que tout le monde, exécutif et parlement, fassent preuve de suffisamment d’esprit de responsabilité afin de s’adapter à nos institutions dont le principal objectif est de garantir la stabilité du pouvoir. Cela implique le remplacement de  la  Première Ministre actuelle dont le curriculum est inadapté à la situation : trop de gauche, trop techno. Alors qui ? Le  Président, qui apparaît fatigué et désabusé, à tout le moins sonné par  le désaveu qu’il vient de subir, n’a guère le choix. La Macronie se révèle pauvre  en personnalités qui offriraient suffisamment d’expérience tout en apportant des garanties de loyauté au chef de l’Etat. Le  gouvernement actuel  a besoin lui aussi d’un bon coup de renforcement. Dans la configuration actuelle, l’exécutif n’est pas assez charpenté pour faire face aux éventuelles frondes  parlementaires que LFI ou même le RN, peuvent mener. Comme on le voit, c’est le Président qui détient les cartes pour débloquer la  situation : ouverture, replâtrage, cap  …  A lui de donner les signaux. Il n’a pas de temps à perdre, la situation urge.

Alerte à la BdF…

C’est que le temps presse pour trouver le compromis.  La dette s’envole.  Fermer le robinet de la dépense devient urgent : 90 milliards d’endettement supplémentaire dans les trois premiers mois de 2022 portent la  dette  à  près de 3 000 milliards et 115% du PIB ! L’économie est aussi fragile que la politique. Des semaines de tergiversations sur les sujets économiques auraient un effet désastreux sur la croissance, l'emploi et le moral des chefs d'entreprise. Les prévisions économiques qu’ont rendues les experts de la Banque de France en début de semaine sont sombres : inflation, hausse des taux viennent compliquer considérablement la donne sur fond de crise énergétique.

Plus que jamais, l’imagination est  au pouvoir, et tout le  monde est concerné, Président, Ministres, parlementaires


FICTION HUMORISTIQUE, MAIS SI REALISTE …

Je ne résiste pas au plaisir de partager cette tribune de Samuel Fitoussi*, publiée dans Le Figaro. Histoire de  se détendre un peu en ces moments  tourmentés, tout en faisant toujours de la politique.

* Étudiant à HEC et diplômé de l’université de Cambridge, Samuel
Fitoussi est également le fondateur du blog satirique «La Gazette de l’étudiant».

  Crétin

TRIBUNE - Le jeune chroniqueur imagine, dans un texte naturellement satirique (mais une partie notable des faits évoqués correspondent bel et bien à des déclarations de cadres EELV et LFI), l’activité parlementaire d’une députée mélenchoniste.

Lundi. Une nouvelle journée commence pour Louise et avec, une grande question: que proposera-t-elle de rendre gratuit aujourd’hui? Représentante de la VRAIE gauche, pire cauchemar des mâles blancs de plus de 50 ans (sauf de Jean-Luc Mélenchon qui possède la grandeur d’âme d’Assa Traoré) et opposante courageuse à l’ultralibéralisme d’Élisabeth Borne, notre jeune députée se rend à l’Assemblée nationale où elle est présidente de la commission pour une approche postcoloniale et désinvisibilisatrice de la lutte contre les stéréotypes.

En chemin, elle reçoit un appel de représentants syndicaux de sa circonscription, circonscription qu’elle a appris à bien connaître via les images satellites Google. On lui rapporte que depuis quelques mois, les points de deals dans les halls d’immeubles se multiplient. La situation est en effet préoccupante: ces lieux sont devenus des espaces extrêmement genrés, la profession de dealer étant exercée à 94 % (en 2022!) par des hommes cisgenres. Louise rassure ses interlocuteurs: des fonds publics seront alloués pour briser ce plafond de verre.

Dans l’hémicycle, Louise prend la parole. Alors que d’ordinaire, elle soutient les restrictions de liberté au nom de l’intérêt général (elle a par exemple milité pour l’interdiction des terrasses chauffées, des vols intérieurs, des couverts en plastique, des voitures, du nucléaire ou du partage inéquitable des tâches ménagères), il existe une restriction que jamais, jamais elle ne tolérera: l’interdiction du burkini.

«La communauté musulmane, victime de la colonisation, observatrice impuissante de ce que subissent ses frères palestiniens, malmenée par les pires réactionnaires - je pense bien sûr à Manuel Valls et Jean-Michel Blanquer - et souffrant du syndrome de Stockholm puisqu’elle continue à vouloir vivre dans un État islamophobe, doit être libérée, tonne la députée. Je propose de renommer la place Charles de Gaulle Étoile place Yasser Arafat Étoile, d’instaurer un semestre où le hidjab sera obligatoire pour toutes et tous et bien sûr, d’autoriser la polygamie et l’excision pour celles et ceux qui y consentent. En parallèle, nous devons interdire aux clochers de sonner, la France est un pays laïque.»

Mardi. Louise est invitée sur France Inter, où on l’interroge sur le projet international de la Nupes. Devant des journalistes admiratifs, elle remet les points sur les i. «Ceux qui disent que nous voulons quitter l’Europe vous mentent. Où irions-nous? Nous prônons une désobéissance courtoise des traités et s’il le faut vraiment, une autarcie inclusive. Quant à l’Otan, nous souhaitons en rester membres mais exigeons que les États-Unis en sortent. L’Ukraine? Nous condamnons l’agression russe mais cesserons d’armer les Ukrainiens car la dérive droitière de ce peuple, qui défend ses frontières et son identité, nous paraît nauséabonde.»

Mercredi. Réunion du bureau politique de la Nupes. À l’ordre du jour: le combat pour l’égalité des genres. Sujet majeur, pense Louise, car qui en France - à part le service public, le gouvernement, les grandes entreprises, le monde du sport, l’industrie musicale, les plateformes numériques, les universités, les influenceurs et tous les gens que je connais - ose se revendiquer féministe? Dans ce silence assourdissant, c’est à la Nupes qu’il incombe de mener le combat. Et tant pis si le patriarcat s’accroche à ses privilèges, par exemple en publiant des satires ridicules. Et puis, se dit Louise, c’est le propre d’un héros que d’être méprisé par ses contemporains. Martin Luther King n’a-t-il pas été assassiné? Galilée n’a-t-il pas fini sa vie en prison? Le nouvel essai de Rokhaya Diallo n’a-t-il pas reçu quelques critiques négatives?

Soudain, Jean-Luc Mélenchon l’arrache à ses rêveries en insultant bruyamment une collaboratrice. À l’issue de la réunion, il est convenu que pour aider les femmes de France, on se concentrera sur trois points: augmentation de l’immigration d’origine africaine pour apporter un contrepoids à la masculinité toxique des mâles blancs occidentaux ; désarmement de la police et remplacement des peines de prison par des formations contre les biais sexistes inconscients dispensées par Caroline De Haas ; subvention des films encourageant les femmes à ne pas s’épiler.

Jeudi. Invitée sur France 5, Louise se lance dans une longue tirade (l’extrait, agrémenté d’une mélodie mélancolique, sera relayé par des milliers d’adolescentes sur TikTok). «Je déplore l’égoïsme de la droite qui se fiche du pays que nous léguerons à nos enfants, et qui peut-être - mais je n’ose pas l’imaginer - ne lit pas les rapports du Giec. À gauche, nous nous soucions des générations futures et c’est pourquoi nous proposons de nous endetter de 300 milliards pour financer la retraite à 60 ans.»

Vendredi. Sur le plateau de CNews, un obscurantiste tente de lier immigration et insécurité, invoquant «le Stade de France». Elle lui cloue le bec, rappelant que la violence représente une forme d’expression culturelle qu’il est bien aisé de condamner du haut de sa vision ethnocentrée. Alors qu’elle quitte les locaux, CNews embraye sur le sujet des gangs de Nigérians sans-papiers qui se battent à coups de barre de fer à Marseille. Louise opère un demi-tour, pousse l’invité suivant de sa chaise et rétablit quelques vérités. «Comme toujours, les fachos passent à côté des vraies questions: ces Nigérians payent-ils la TVA sur les barres de fer? Et s’ils viventdu proxénétisme, ont-ils bien un compte Urssaf ? L’extrême droite agite sans cesse l’épouvantail de l’insécurité pour détourner du sujet majeur: la fraude fiscale. D’ailleurs, pour récupérer les 1000 milliards de milliards d’euros que volent les riches, la Nupes propose de condamner tout fraudeur à la lecture du dernier roman de Aymeric Caron.»

 


LA PUNITION

Assemblée nationale

 

Bon, d’accord, je suis un vieux con. 

Une fois que c’est dit, j’ai le droit de vider mon sac.  Et je suis en colère. D’abord,  contre tous ceux qui ne sont pas allés  voter au premier tour. Et ne me dites pas qu’ils n’avaient pas le choix : au-delà des candidatures infernales « Ensemble, Nupes, RN », il restait de quoi faire. Au-delà du désintérêt facile, entre « tous pourris et ça ne change rien », j’y  vois  la paresse intellectuelle de gens trop gâtés. Et si on commençait par supprimer toutes les prestations diverses et variées  à ceux qui boudent les urnes ?  La  paresse intellectuelle, aussi,  née de la « fabrique du crétin » : les  jeunes s’abstiennent massivement, parait-il, mais ils n’ont plus rien appris depuis au moins 15  ou 20 ans, depuis que le  pédagogisme sévit et que les générations de vieux profs qui s’asseyaient dessus sont  partis en retraite.  Nuls en histoire, nuls en Français, ils n’ont plus aucune conscience civique. J’exagère à peine. Et quand ils vont voter, c’est pour Mélenchon : une preuve de  plus de ce que j’avance.

C’était prévisible.

Je suis en colère, parce que, comme pour la dette, personne n’a voulu écouter Les  Républicains. C’est évident qu’à force de privilégier les extrêmes, avec l’aide des médias, pour mieux se faire réélire, Macron, avec le dépassement des clivages qui n’existe pas  ou que dans la tête des mous du bulbe, est directement responsable de la composition de l’Assemblée  nationale qui vient de sortir des urnes. Il ne dispose que d’une majorité relative.  Renaissance n’a que 162 élus, en dehors du Modem et de Horizons,  alors que Lrem en avait 350…  C’est dire, si après avoir réuni 55% des Français face à Marine Le Pen, dont la  moitié par vote contraint, la  chute est brutale.  Les Français ne voulaient pas de ce face-à-face. Beaucoup se  sont vengés dans les urnes aux législatives en n’allant pas voter pour « Ensemble » alors que leurs voix étaient indispensables pour contrer tantôt l’extrême-droite, tantôt l’extrême gauche, certains que le Président aurait, comme d’habitude, une  majorité absolue. Pire, les électeurs des deux extrêmes, en se coalisant plus ou moins, se sont livrés à un jeu de massacre contre les candidats de la « majorité présidentielle » quand ils étaient opposés soit à un RN soit à un Nupes. Résultat, une Assemblée quasi ingouvernable.  Et  cela au moment où le sujet de la dette va devenir lui aussi explosif  avec  l’inflation et la remontée des taux. Le  service  des  intérêts  atteint déjà 100 milliards par an avec des taux à 2%.  Et ce n’est que le début.

Le résultat de deux « non-campagnes ».

A force de faire le dos rond, de ne pas vouloir aborder les  vrais sujets, d’être ailleurs, de ne pas donner d’orientations claires, un coup pour la retraite  à 65 ans, un coup  pas vraiment, un coup contre les signes religieux, un autre coup pour louer  le féminisme d’une femme voilée … Nous avons été privés de débat pendant la présidentielle, crise oblige, parait-il. Nous n’en avons pas eu  plus pour les législatives avec trois semaines de perdues  pour nommer une Première Ministre terne comme un jour gris, incapable de prendre la tête de la campagne électorale et de lui donner du souffle. Macron a orchestré lui-même sa défaite. Il est un moment où il ne faut pas prendre les Français  pour des demeurés. Le résultat est un champ de ruines : non seulement il encaisse une défaite cinglante, mais il a écoeuré encore un peu plus de nos concitoyens qui ne sont pas allés voter. Le système Macron  a atteint ses limites : la distribution des chèques, l’expansion des prestations avec l’argent facile, les statistiques faussées sur l’emploi, les  discours fluctuants et illisibles comme les consignes de vote concernant la Nupes, les appels mis en scène  pour faire gaullien, … plus rien ne marche, parce que plus rien n’est pris au sérieux. La France est devenue un  pays qui manie les paradoxes dont le plus étonnant est celui d’avoir trois millions de chômeurs et pas assez de travailleurs puisqu’on manque de garçons de  café, de chauffeurs de cars et de camions, d’employés d’aéroports, de cueilleurs de fruits  pour assurer les récoltes, de personnels chez les artisans, de soignants dans nos hôpitaux, de médecins dans nos campagnes …

Mélenchon, Le Pen, deux faces d’une même impuissance.

Je suis en colère contre Jean-Luc Mélenchon  qui  a jeté aux orties depuis une décennie ses principes républicains et universalistes pour conquérir l’électorat communautaire principalement musulman en remplacement  de la classe ouvrière aujourd’hui disparue.  La  France insoumise, c’est la France soumise, comme le dit si bien Alain Finkielkraut. Mais j’en veux encore plus aux communistes, aux verts, à Olivier Faure pour le PS d’avoir fait la même chose  pour au final se retrouver avec la portion congrue en nombre d’élus et solidaires de 650 propositions insoutenables. C’est LFI qui a  tiré son épingle du jeu et profité de la stratégie habile d’un vieux routier de la politique. Il va falloir batailler d’autant plus durement contre  les communautaristes, les wokistes et autres intersectionnistes qui disposent désormais d’un groupe  parlementaire conséquent pour  amplifier leur agitation. Les obscurantismes vert et islamiste ont de beaux jours devant eux ! On peut compter  aussi sur Marine Le Pen pour apporter sa part d’intransigeance, sur l’immigration, mais  on ne s’en plaindra pas, sur l’Europe où le pire est possible à un moment délicat avec la crise de la dette  qui s’annonce, sur les solutions préconisées pour le pouvoir d’achat aussi crédibles que la vente de trompettes  à la  porte d’un cimetière un jour de Toussaint. Très rapidement, nous observerons qu’ils n’ont pas  de vraies solutions à offrir aux Français.

Et maintenant, LR en sauveur…

Les  médias ne manquent pas de vergogne. Après avoir mésestimé Les  Républicains, parfois jusqu’à oublier leur existence, voilà que sur tous les plateaux, on aurait aimé que le représentant du Parti  de la rue de Vaugirard aille à Canossa et , en se repentant, parcourant à genoux le chemin vers l’entrée  dans la  majorité présidentielle où son renfort permettrait de faire la soudure. Et Jean-François Copée, une voix isolée, de reprendre  son antienne  de futur collabo. Mais non. Diminué, mais pas  coulé, le vieux parti est encore solide sur ses bases. Il sera dans l’opposition. Ce qui ne veut pas dire obtus. Mais je suis en colère contre tous ceux qui l’ont quitté sous des motifs  de circonstances, comme aurait dit le  Général, et qui en allant renforcer un centre qui marchait au courant alternatif, nous ont conduit, eux aussi, là ou l’on en est. A commencer par Edouard Philippe, suivi par quelques proches de Juppé , et puis les Béchu, Estrosi  et  plus récemment, Muselier et enfin Woerth et Abad, pour ne citer que ceux-là, tous en mal de plats de lentilles, de reconnaissance ou d’un peu de lumière. Sans parler de la trahison de Sarkozy, appelons un chat, un chat. Avec un peu de lucidité, moins de malice et une colonne vertébrale un peu vertueuse, il était possible de faire différemment. Le chemin de la fidélité eût été plus âpre, mais à coup sûr, la France ne serait pas dans l’état où nous la trouvons aujourd’hui et dont ils sont collectivement responsables ! LR n’a pas vocation à sauver le macronisme, pour la simple raison que nos convictions ne sont pas compatibles avec le « en même temps », les  changements de pied permanents et les discours qui évoluent en fonction de l’air du temps.

La période  qui s’ouvre  promet d’être chahutée. On peut compter sur  les deux extrêmes pour le côté agitation. Elle peut aussi être passionnante pour peu que nous gardions à l’esprit l’intérêt supérieur du pays. Mais  comme toujours, tout le monde est puni !

 


OBSCURANTISME VERT…

Terre

 

La Terre connait un dérèglement climatique. C’est avéré, nul ne peut le contester. D’ailleurs la vague de chaleur qui est en train d’envahir l’hexagone, dans sa forme caniculaire pourrait en être un bon exemple. Le problème, c’est que ce dérèglement n’est ni le premier ni le dernier de la longue histoire de notre planète. C’est ce que nous rappelle Yves Roucaute, éminent philosophe épistémologue et universitaire, auteur reconnu, qui vient de publier un ouvrage consacré à l’écologie intitulé : « L’obscurantisme vert. La véritable histoire de la condition humaine ». Il y démonte, science à l’appui, toutes les idées fausses de l’écologie punitive et en profite pour remettre l’humain au centre de l’univers. Bien entendu, comme tous les obscurantismes s’accompagnent d’une dictature de la pensée, nos verts vont tout faire pour empêcher que l’ouvrage ait la moindre résonnance, le moindre écho médiatique, jeté aux orties avant même de pouvoir en débattre. Marie-Laetitia Bonavita en fait une excellente synthèse par le biais d’une interview de l’auteur dans Le Figaro du 4 juin. Raison de plus pour le lire.

Première ineptie : sauver la planète.

Depuis la formation de la Terre, il y a 4,5 milliards d’années, la Terre a éliminé 99,99% du vivant et depuis 7 millions d’années, 21 des 22 espèces d’hominidés. Des causes bien connues : réchauffements, glaciations, séismes, volcans, tsunamis, cyclones, inondations, sans oublier d’éventuelles collisions avec des corps célestes. Sauver la planète relève pour le moins d’une idolâtrie qui cache en réalité le désir totalitaire d’organiser nos vies. On a souvent qualifié les écolos intégristes de mimétisme avec le totalitarisme marxiste, tant leurs objectifs sont similaires. Au nom du sauvetage de l’humanité on va jusqu’à nous priver de foie gras et surtout de voitures. 

Autre galéjade : l’humanité est responsable du réchauffement climatique.

Avant l’apparition de l’homme, les températures étaient beaucoup plus élevées que les 15° d’aujourd’hui. Les dinosaures broutaient au Groenland par 29°. Depuis 2,8 millions d’années, les humains ont subi 17 glaciations entrecoupées de périodes plus chaudes qu’aujourd’hui. Le seul réchauffement d’il y a 4 200 ans détruisit nombre de civilisations, celui de 950 a vu les Vikings s’installer au Groenland. Les variations climatiques sont la règle et le rôle des humains est dérisoire. Le véritable enjeu est de s’adapter pour survivre.

Troisième tartufferie : l’effet de serre.

Les écolos pointent un doigt accusateur sur nos activités qui seraient responsables de l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère, ce qui aggraverait l’effet de serre donc le réchauffement. Un angle d’attaque bien commode surtout quand il s’agit de condamner le « productivisme », enfant terrible du capitalisme (sauf en Chine). La ficelle est grosse, mais Les Thunbergistes tombent dans le panneau. Le taux de CO2 est aujourd’hui 8 à 17 fois inférieur à celui des dernières 545 millions d’années. Et il n’est pas la principale source qui, pour plus de 60% est la vapeur d’eau qui arrête les rayons gamma et X du soleil, à l’origine de la couverture chauffante qui permet la vie. Grâce à la science, ignorantus, ignoranta, ignorant homme, le CO2 est devenu source d’énergie et d’oxygène par les feuilles artificielles, les micro-organismes, les puits bleus…

Alors le GIEC a tout faux !

Depuis 1988, le GIEC s’est mis sur le marché de l’Apocalypse. Son directeur, Hoesung Lee a produit une thèse en économie sur le réchauffement où ses prévisions se sont révélées fausses.  Et puis, il suffit de constater les faits : en 1970 il y avait 3,7 milliards d’habitants, il y en a 7,8 milliards aujourd’hui. 36% de la population mondiale était en insécurité alimentaire, 8% aujourd’hui ! La famine n’est pas venue de l’agriculture intensive… Le GIEC est engagé dans une course aux subventions, mais il oublie de combattre la pollution intellectuelle, qui nous  vaut le programme d’un Aymeric Caron à pleurer de rire s’il n’était pas pris au sérieux par les électeurs qui vont en faire un député. Il ne sera pas le seul fada à l’Assemblée, mais ce n’est pas une excuse.

Dernière plaisanterie : la planification écologique.

Le concept est de Mélenchon, jamais en peine d’invention pour épater la galerie. Ce qui est grave c’est que notre démiurge élyséen l’ait repris à son compte. Planifier le climat, même Staline n’y avait pas pensé. Voilà notre Première Ministre face à un vaste programme qu’il sera bien difficile de borner : il va lui falloir contrôler les causes du réchauffement, s’occuper du soleil, de ses radiations, de ses éruptions nucléaires, de l’angle de l’orbite et de l’axe de la Terre, sans oublier la Lune, les météorites, les forces souterraines qui produisent les séismes, les éruptions volcaniques et les tsunamis. Ajouter à cela, que la planète se refroidirait par l’intérieur… La fée Borne aura besoin de pouvoirs magiques. Plus prosaïquement, il lui faudra revenir aux réalités sur le nucléaire. Un réacteur de 1500 mégawatts produit l’énergie de 10 000 éoliennes et dure 60 ans au bas mot. Dans le même temps 30 000 éoliennes rouillent aux Etats-Unis et que dire de leur pollution : elles durent 20 ans, polluent les sols, tuent les oiseaux.

Un dernier mot avant dimanche prochain :

Mélenchon et les Verts, se sont mis d’accord pour culpabiliser l’occident et rejeter le capitalisme avec le PS qui a passé par-dessus bord Jaurès pour un plat de lentilles. Ils oublient que la croissance permet d’améliorer la vie et d’assurer la puissance du pays. Ne perdons pas de temps à les convaincre de leur erreur. Mais on comprend comment un obscurantisme peut en rejoindre un autre, celui de l’intégrisme religieux musulman, et explique les décisions des maires écolos comme celui de Grenoble. Le meilleur moyen de les empêcher de nuire, c’est de ne pas voter pour eux. Car, il n’y a pas que leur conception de l’écologie qui est en cause, il y aurait beaucoup à dire sur leurs propositions économiques. Un cours n’y suffirait pas.

A l’obscurantisme, il faut opposer une vision spirituelle et comme toujours, celle-ci se voudra universaliste. La vraie écologie communie avec la nature humaine, qui n’est pas un sous-système de la planète, mais une énergie créatrice qui l’humanise. Il faut remettre l’homme au centre de l’univers et favoriser sa domination sur la nature, nous dit Yves Roucaute : « L’humanisme de la philosophie de la créativité que je défends libère la créativité de tous les humains… Pourchasser ce qui nuit à se joie de vivre, à sa liberté, à sa puissance, voilà le chemin de la véritable écologie. Si un peu de science nous éloigne de la spiritualité, beaucoup de science nous y ramène ! »

Yves ROUCAUTE. L’obscurantisme vert. La véritable histoire de la condition humaine. Editions du Cerf.

 


DUR DE BOXER DANS LE VIDE !

Bagarre_village_gaulois

Un exercice démocratique impossible.

Comme beaucoup de candidats LR, Roch Brancour n’a pas pu réussir son pari. Même parti très tôt  en campagne, toucher les électeurs devient un exercice impossible sauf à avoir une aura exceptionnelle. Que de trésors d’énergie  pourtant dépensés en six mois !  Une mobilisation enviable avec plus de 70 personnes sur le terrain. Tractages, boîtages, réseaux sociaux, réunions privées et publiques, tous les ressorts ont été exploités. Manquait une cerise sur  le gâteau, peut-être, la  visite  d’un ténor national emblématique, mais lequel ? … Soyons persuadés que cela n’aurait pas changé grand-chose au résultat quand on scrute les scores des uns et des autres : le candidat RN fait ses 12% bien que totalement absent de la campagne, le candidat de la majorité engrange 35% sans faire grand-chose.  Et un citoyen sur deux a boudé les urnes ! Dans un tel contexte où le désintérêt et le  vote d’évitement s’additionnent, il n’y a guère de place pour le vote de conviction.

Ensemble à la peine.

Mais plus grave, ces élections législatives qui voient la majorité présidentielle  à la peine avec une chance sur deux d’obtenir une majorité absolue au second tour, nous montrent les limites dangereuses de la stratégie macronienne. Car le président réélu n’avait pas compté avec l’habileté tactique d’un Mélenchon, qui, sans augmenter les voix de la gauche par rapport à 2017, a su, avec un rassemblement et une répartition des rôles pour les différentes composantes de la gauche, éviter la dispersion au premier tour et, en présentant une seule candidature  par circonscription contourner le couperet des 12,5% des inscrits. Une stratégie payante  qui le met aux portes du pouvoir et lui permet de conquérir des parts d’influence dans la future assemblée avec, notamment la présidence quasi acquise de la Commission des Finances. D’autant plus que chacune des composantes, qui siègera sous ses  propres couleurs, va y gagner en sièges par rapport à l’assemblée sortante.

Le vote positif impossible.

Le  débat s’est donc réduit à un centre attrape-tout et deux extrêmes qui s’y opposent. Pour les autres candidats, cela revient à boxer dans le vide.  Sauf que cette fois-ci la mécanique s’est  enrayée. C’est un tournant car on voit les limites de cette stratégie, qui ne peut fonctionner que si on est capable d’aspirer les camps intermédiaires. En 2017, l’effondrement du PS avait  permis le jack pot.  Mais la droite a résisté mieux qu’à la présidentielle et crée la difficulté, à savoir que la base centrale est devenue un peu trop faible et se retrouve  en difficulté par rapport aux deux forces radicales situées aux extrêmes. Les électeurs encore  motivés, à peine un sur deux, se répartissent entre les partisans des deux camps extrêmes et ceux qui ne veulent ni de l’une ni de l’autre. Il faut dire  que la danse du ventre de Macron, oscillant entre la séduction des électeurs  de Mélenchon pour faire barrage à Le Pen après avoir fait des mamours pour attirer ceux des Républicains a  de quoi dérouter.

L’abstention en exergue.

Cette  élection souffre d’un autre problème. Car la grande gagnante, c’est l’abstention. Avec 52% on franchit un  nouveau cap pour ce qui  était considéré naguère comme une échéance majeure. On  peut y voir une résultante du « en même temps » macronien qui conduit à mettre tout dans tout et ruine  l’intérêt du débat qui devient inexistant. D’ailleurs tout a été fait pour qu’il le soit. Le tout aggravé par des consignes de vote confuses et mêmes contradictoires avec un ni-ni illisible pour le second tour. L’autre réflexion qu’il faut avoir, c’est le positionnement de cette élection dans la foulée de la présidentielle : il faut croire que les Français ne comprennent plus leurs institutions et qu’on vienne leur demander de revoter un mois et demi après pour avoir une majorité pour gouverner le pays. Enfin, il y a le  mode de scrutin majoritaire à deux tours qui ne semble plus adapté à la situation. Sans tomber dans le piège de la proportionnelle pour laquelle notre  peuple n’est pas fait, l’élaboration d’un mode de scrutin come celui des Régionales, proportionnel avec  prime majoritaire, serait peut-être le bienvenu.

LR vivant pour combien de temps ?

Pour Les Républicains, c’est encore une défaite, même si le  parti sauve quelque 75 circonscriptions où ils pourront encore guerroyer pour le second tour. Le terrain et  l’ancrage territorial  n’est pas la  panacée non plus : quand il  n’y a plus de souffle porteur, on a beau mouiller le maillot, le résultat  est de plus en plus difficile à obtenir. Paradoxe de la situation : le RN et Ensemble convoitent les  voix LR rendues disponibles  pour faire élire leurs candidats, mais  l’inverse  est  vrai aussi pour les sauvés LR du 1er tour. Lot de consolation, si le camp du Président n’est pas majoritaire, les députés LR deviendront les arbitres incontournables des « élégances », ce  qui promet de bons moments. Mais  on n’en est pas encore là. Ils devraient être aussi largement plus nombreux que les élus labellisés « Horizon» le  groupuscule d’Edouard  Philippe concédé au forceps par Macron.

 


DELUGE D’ARGENT MAGIQUE !

Pluis de billets

 

A quarante-huit heures des élections législatives, l’argent magique coule à flot. Les mesures de compensation de l’inflation pleuvent et écrasent le débat sans que le sujet du financement ne soit jamais évoqué et alors que Christine Lagarde annonce la fin des rachats pas la BCE et le relèvement de ses taux.

Dernier exemple en date, l’annonce par Emmanuel Macron de l’élargissement aux étudiants boursiers du Pass’sport, une allocation de 50 euros pour l’acquisition d’une licence sportive. Elisabeth Borne, de son côté, a annoncé une hausse de 4% des retraites cet été. Après une première revalorisation de 1,1% en janvier, il faudra compter au final sur une dizaine de milliards d’euros de coût supplémentaire en année pleine. Mais Bruno Le Maire s’empresse de contester qu’il s’agit de mesures électoralistes,  ce que personne ne croira. Des annonces sur lesquelles il ne sera pas possible de revenir et plaçant la future majorité à l’Assemblée nationale devant le fait accompli.

S’il s’agit de contrer Jean-Luc Mélenchon et le  catalogue des dépenses promises par la Nupes, cette avalanche de dépenses proposées  par  l’exécutif conforterait plutôt l’idée que tout est  possible  et  a contrario renforce le mirage des  250 milliards annuels que le leader gauchiste fait miroiter. Reste que les mesures dépensières s’empilent sans que personne n’évoque la question du remboursement.

C'est pourtant la fin d'une ère, celle de l'argent facile et pas cher. A l'issue d'un Conseil des gouverneurs, la Banque centrale européenne a confirmé qu'elle cesserait d'abreuver le marché de liquidités, comme elle le fait depuis 2015, dès le 1er juillet, et qu'elle relèverait ses taux par deux fois, en juillet et en septembre. Mis en place pour lutter contre la déflation, ce dispositif n'a plus sa place en période de forte hausse des prix : « Nous devons tenir le cap et être déterminés à contenir l'inflation », a confirmé la présidente, Christine Lagarde.

L'arrêt du programme d'achat d'actifs n'est pas une surprise. L'inflation en zone euro enchaîne les records. Elle a atteint 8,1 % sur un an, en mai et les nouvelles anticipations de la BCE prévoient qu'elle tournera encore autour de 3,5 % en 2023, avant de retomber à 2,1 % en 2024. Des prévisions que certains jugent très optimistes.

Avec la hausse des prix et le relèvement des taux, certains  pays auront du mal à réduire le poids de leur dette publique. Le taux d’emprunt à 10 ans italien a bondi à 3,61 %, celui de la France a dépassé les  2% alors qu’il évoluait encore à 0,20% en début d’année. Quand on sait qu’un point de hausse c’est environ 10 milliards d’euros supplémentaires à trouver pour  les  intérêts, on comprend que personne n’aborde le sujet, surtout à la veille des élections.

En attendant, il  pleut des milliards sur la campagne…

 


PAR MOMENT J’AI L’IMPRESSION D’AVOIR LA BERLUE…

Haddock cons

 

Si j’ai bien compris, on manque de chauffeurs d’autocars, on n’a pas assez de chauffeurs de camions, on n’a plus de garçons de café, on manque de soignants dans les  hôpitaux, on peine  à recruter des enseignants et il y aura des classes sans prof à la rentrée, dans presque tous les métiers les bras ou les cerveaux font défaut et pourtant, les jeunes n’arrivent pas à trouver les emplois qui leur conviennent et la France compte trois millions de chômeurs ! « Y a comme un  défaut ! » aurait s’écrié Fernand Raynaud. Mais rassurez-vous, tout va bien. Pourtant le creux démographique dans les actifs  ne  permet pas d’expliquer à lui tout seul cette situation ubuesque. Au contraire, il  devrait contribuer à rendre le chômage marginal.

Mais voilà, le « quoi qu’il en coûte » est passé par là. Trop d’aides, de prestations en tous genres, à quoi on ajoute des exigences de conditions de travail, le  manque de qualification, des salaires  trop bas constituent un cocktail diabolique qui entretient un cercle vicieux infernal. Trop peu d’heures travaillées, trop peu de richesse produite, trop d’impôts et de charges  conduisent à la paupérisation d’une part toujours plus importante de la population active.

Mélenchon éructe contre la police en des termes abjects, avec une inversion des valeurs comme seul un gauchiste est capable, s’en prenant au « permis de tuer » des policiers mais passant sous silence celui d’un chauffard en fuite qui tue une jeune femme traversant dans un passage protégé.

L’affaire  du stade de France est encore un autre exemple d’inversion des faits pour cacher un déni, celui de  la violence que  le pouvoir n’arrive même  plus à contrôler. Darmanin a mis sur le dos des supporters  anglais les désordres provoqués par  le déferlement de la  racaille, en dépit des images qui étaient pourtant explicites. Une insécurité massive accompagnée des pires exactions et ce sont les  victimes qui sont accusées et les coupables en liberté. Quelle image pour la France  pour la finale d’une coupe d’Europe ! Jusqu’où ira l’abaissement ?  Un mensonge indigne du pouvoir exécutif et qui devrait normalement disqualifier le ministre en place.

Macron n’attend pas le résultat des législatives pour annoncer un machin improbable à produire de la parlotte, un « Conseil national de la Refondation », melting  pot de société civile et d’élus qui délégitime le parlement. A quoi  bon voter ?  Un coup de canif supplémentaire dans le fonctionnement de notre démocratie ! A quoi peut servir d’avoir un débat permanent en parallèle avec  l’Assemblée  nationale qui est  le lieu où il devrait se tenir. Comme le grand débat, il s’agit d’un artefact de communication.

Et à quoi bon élire des  députés, puisque  lorsqu’ils seront élus, tout aura été décidé : chaque jour égrène les décisions du Président et du Premier Ministre concernant le calendrier de la  réforme, les chèques et  leur montant et les destinataires.  Les playmobiles de la majorité présidentielle ne pourront  pas  dédire les annonces et n’auront plus qu’à valider par un vote inconditionnel. Après on dira que ce sont les  extrêmes qui tuent la démocratie.

L’essence la  moins chère a repassé largement la barre des 2€, malgré les 18 centimes pris en charge par l’Etat. Mais tout va bien…

Je me pince, quel cauchemar ! Je vais me réveiller !  Mais  non,  je suis bien éveillé et  je suis bien en France en 2022 !

 


MEMOIRE

Plages du débarquement

Au matin du 6 juin 1944, en Normandie, sur les 80 km de côtes entre Ouistreham et Quinéville, débuta l'opération Overlord. Le Débarquement allié  commençait.  La plus grande opération amphibie et aéroportée de tous les temps jeta plus de 150.000 soldats sur cinq plages dans un déluge de feu, de fer et de sang. Sword et les 177 commandos français du Commandant Kieffer détruisent les défenses allemandes de Ouistreham pour permettre le débarquement des Anglais, Juno et les troupes  canadiennes qui déferlent pour prendre Courseulles sur Mer, Gold et la  construction du port artificiel d’Arromanches, Omaha beach et la pointe du Hoc où les américains connaissent un bain de sang, Utah beach et Saint-Mère Eglise  première commune libérée… Autant de lieux dont les noms résonnent encore dans nos mémoires et mythifiés par le film « Le jour le plus long ». Aujourd'hui, ces longues et paisibles étendues de sable clair, parfois relevées de falaises crayeuses, portent encore des témoins de ces  moments tragiques : blockhaus, cimetières militaires XL et mémoriaux. Nombre de musées perpétuent le souvenir de cette furieuse bataille, mettent en scène le sacrifice de ces hommes pour notre Liberté.

Au moment où des imbéciles voudraient réécrire notre Histoire, ne les oublions jamais !


POURQUOI IL FAUT QUE LA DROITE CLASSIQUE SE REVEILLE !

Assemblée nationale

 

Ce que nous dit le gouvernement Borne du nouveau quinquennat.

Ce n’est un secret pour personne, le nouveau gouvernement penche cette fois-ci nettement à gauche. Le modem n’a sauvé qu’un ministre, Horizon n’en a obtenu qu’un aussi. Excepté Darmanin, Le Maire et Lecornu, tout le reste des marocains est entre les mains de  ministres de gauche, dont les idées ne sont pas les nôtres. Le dépassement des clivages est un leurre. La première ministre, femme de gauche ne cache pas son tropisme et l’affirme même.  D’ailleurs son cabinet annonce la couleur : Dis-moi qui t’entoure, je te dirai qui tu es, d’où tu viens et où tu veux aller. Le cabinet d’Elisabeth Borne n’échappe pas à cette règle inhérente à la nature humaine et au monde politique. La cheffe du gouvernement, son directeur de cabinet, Aurélien Rousseau, et le directeur de cabinet adjoint, Etienne Champion, ont travaillé pour des ministres socialistes. Elle a composé une équipe qui correspond à son tempérament, à son parcours et à la feuille de route fixée par le Président : planification écologique et lourd agenda social avec la priorité au pouvoir d’achat, aux hôpitaux, au versement des prestations à la source, à la création de France travail –encore  un « machin » technocratique-, aux retraites… Dans Le Point, Elisabeth Borne défend une transition écologique « radicale » mais qui ne doit pas mettre « les plus fragiles en difficulté ». On est loin des attentes de notre électorat. D’ailleurs, selon un sondage, deux tiers des Français ne sont pas convaincus par le nouveau gouvernement et sa priorité affichée à la planification écologique. D’où le climat atone de la campagne électorale. Ce manque de souffle, la droite doit le mettre à profit pour ne pas laisser le terrain aux extrêmes et aux radicaux.

Avoir à l’Assemblée une opposition solide sans être "bornée".

Il est temps que la  partie de notre électorat qui a voté Macron par précaution ou par vote utile  comprenne qu’il ne la défendra pas et ne tiendra plus compte de ses attentes. L’objectif pour les futurs élus Républicains est de ne pas signer un chèque en blanc à Emmanuel Macron,  et  de constituer à l’Assemblée Nationale un groupe LR suffisant, enjeu d'importance pour faire entendre une voix indépendante du pouvoir exécutif, car le scrutin majoritaire apportera très probablement une majorité au président de la République. Mais en mettant durablement à l'écart de la pratique gouvernementale les grands clivages idéologiques, le triomphe silencieux de ce que Macron nomme « l'extrême centre » risque de dévitaliser la démocratie. En effet, avec son élimination du jeu, on redécouvre par contraste qu'une des fonctions du clivage droite-gauche était d'intégrer les radicalités.  Les partis, par une sorte de proportionnelle préélectorale, offraient aux opinions radicales un accès à la décision publique, une occasion de se confronter à l'exercice du pouvoir. Il importe d’autant plus de porter les valeurs qui sont l’essence de notre mouvement politique et laissées en jachère par la Macronie. Parmi tant d’autres, citons : la valeur travail pour encourager ceux qui contribuent à la richesse nationale ; l’autorité de l’Etat pour mettre fin au laisser-aller judiciaire ; la cohésion nationale avec le refus du communautarisme rampant auquel nous assistons. Les élections législatives doivent permettre aux Républicains de retrouver une place dans l’espace politique pour offrir la possibilité d’un vote entre Macron et les extrêmes.  En attendant le 12 juin, il ne faut pas se laisser intimider par les sondages, car la moyenne nationale ne reflète pas les scores en circonscription que les sondeurs sont incapables de mesurer. Le mieux serait que LR conserve sa place  de  premier groupe d’opposition et ne soit pas obligé d’abandonner la présidence de la commission des finances à la Nupes de Mélenchon, ce qui serait la pire des choses. C’est l’intérêt de la France.

Ne pas laisser la primeur  à la Nupes.

Le  scrutin majoritaire ne devrait pas  permettre à Mélenchon d’avoir la majorité à l’Assemblée nationale, d’autant plus que les candidatures « dissidentes » de gauche se sont multipliées. Mais La coalition de la gauche et des écologistes espère tirer profit des querelles de la macronie et de sa campagne sans relief pour créer la surprise les 12 et 19 juin. Les figures de la coalition s’attendaient à plus de répondant de la part de leurs adversaires, empêtrés dans une série de polémiques ces dernières semaines : affaire Abad, Stade de France … Et de fait, les études d’opinion mettent la Nupes et « Ensemble » au coude-à-coude au premier tour.  Le contexte n’est pas fait pour rassurer  avec l’inflation qui menace, le prix de  l’essence qui ruine le pouvoir d’achat, l’insécurité qui prospère  à chaque occasion. Un climat comme l’extrême gauche aime profiter. Je ne reviens  pas sur l’inanité des solutions qu’elle préconise, avec une valse des milliards qui achèverait notre économie. Non, il faut tout faire pour l’empêcher d’arriver au pouvoir. Le  vote Républicain offre une bonne solution.

Envoyer des députés enracinés  et à l’écoute.

Grâce à son implantation dans le pays, LR a été capable de mettre des candidats dans pratiquement toutes les circonscriptions. Crédité  par les officines de 35 à 55 députés, il faut  avoir bon espoir d’en voir beaucoup plus élus, parce que ce sont des personnalités implantées et connues de leurs électeurs, la  plupart du temps appréciées. Soyons certains que l’enracinement va payer. D’autre part, De nombreux candidats sont des jeunes qui affrontent pour la première fois le suffrage national : une belle preuve de vitalité pour le  parti de droite. Au niveau du Maine-et-Loire, les candidats de la droite et du centre que nous soutenons doivent pouvoir compter sur notre mobilisation. N’hésitons pas à participer à leurs réunions et à relayer leurs messages sur les réseaux sociaux et dans notre entourage !

Circo 1 : Roch BRANCOUR (LR) avec Maryline LEZE (DVD)

Circo 2 : Inès HENNO (UDI) avec Maxence FERRO (LR)

Circo 3 : Anne-Laure BLIN(LR) avec Jean-Pierre BEAUDOIN (DVD)

Circo 4 : Régine CATIN (LR) avec Bruno HOUET (DVD)

Circo 5 : Jacquelin LIGOT (DVD) avec Richard CESBRON (DVD)

Circo 6 : Geneviève GAILLARD (LR) avec Pierre PICHERIT (LR)

 


LA VALSE A 300 MILLIARDS PAR AN !

Pluis de billets

Mélenchon, la foire aux idées fausses.

Une démocratie ne peut bien fonctionner que si les citoyens savent raisonner par eux-mêmes et débusquer les fausses bonnes idées. Le programme de Jean-Luc Mélenchon en est truffé. En voici quelques-unes débusquée par l’économiste Philippe Aghion qui ne passe pas pour être de droite :

. Mélenchon propose de supprimer la « flat tax » et d'instaurer un impôt universel sur les entreprises. L’idée est que l'on peut taxer sans limite avec aucune conséquence sur la production et le niveau de richesse de la nation. C’est le contraire qui permet d’augmenter la croissance  et les revenus fiscaux.

. La décroissance serait la solution au défi climatique. Il se trouve que nous avons fait l'expérience de la décroissance : il y a deux ans, pour faire face à la pandémie en l'absence d'un vaccin contre le Covid-19.  Il s'ensuit qu'entre le début mars et la fin mai 2020, le produit intérieur brut (PIB) français baisse de 35 %, tandis que nos émissions de CO2 baissent de 8 %. La seule alternative est celle de l'innovation verte et d'une transition énergétique économiquement viable, or Mélenchon propose de renoncer au nucléaire en fermant les centrales existantes et en abandonnant la construction de nouveaux EPR.

.  On peut revenir à la retraite à 60 ans. Tout le  monde comprend qu’en l'absence d'une augmentation de la durée de cotisation, notre système par répartition n'est pas soutenable à long terme sans porter atteinte au pouvoir d'achat des salariés. La solution proposée d'un retour à la retraite à 60 ans, avec seulement 40 annuités de cotisation, coûterait directement 86 milliards d'euros par an à l'Etat. Insoutenable ! En plus, ce coût, ne prend pas en compte la réduction du taux d'emploi et donc du taux d'activité et l'augmentation des coûts d'emprunt de la France sur les marchés financiers.

.  Le blocage généralisé des prix pour lutter contre l'inflation. A moins de subventionner massivement nos entreprises, ce qui alourdirait considérablement notre dette publique, cela conduit à une augmentation du nombre des faillites, une baisse de la qualité des produits et un rationnement de l'offre, avec en particulier un détournement des produits importés vers des destinations ou les prix ne sont pas bloqués.

Mais ce n’est pas tout. 

Une «soviétisation» de l’économie française à plus de 300 milliards par an.

«Le programme Mélenchon reste une forme de soviétisation du système, une option d’hyper-collectivisation», avertit Olivier Babeau, président de l’institut Sapiens. Dans le détail des mesures défendues, l’élu des Bouches-du-Rhône préconise les nationalisations en masse dans différents secteurs clés tels que l’énergie (Engie, par exemple), les transports, le fret, l’espace, les autoroutes ainsi que La Française des jeux. Et il veut découper les banques. Par ailleurs, il continue de défendre la sortie du nucléaire à horizon 2045, et fait le pari très risqué que le pays pourra subvenir à ses besoins énergétiques via les seules énergies renouvelables. Outre le coût vertigineux pour les caisses de l’État et l’incompatibilité avec les règles de concurrence européenne, ce virage radical pèserait lourdement sur l’attractivité de la France. Des recettes du 19ème siècle dont on sait qu’elle n’ont marché nulle part.  Un programme qui, dans une économie ouverte, mènerait à une fuite des capitaux, suivie d’un fort ralentissement de l’économie, voire d’un effondrement… et obligerait à sortir de l’Union européenne par son incompatibilité.

Plus de beurre que de pain.

Pourquoi lésiner ? Les promesses pleuvent.C’est gratuit puisque c’est l’Etat qui paiera ! Sur le terrain du pouvoir d’achat, la question du retour de l’inflation serait réglée par le blocage des prix des biens de première nécessité. À cela s’ajoutent la revalorisation du smic à 1500 euros - qui pénaliserait pourtant les travailleurs les moins qualifiés – et la création d’une allocation autonomie jeunesse. Sans oublier  la sixième semaine de congés. La justification : « il faut travailler moins pour travailler tous ! », en oubliant que la France est déjà un des pays où, justement, on travaille le moins. Selon l’institut Montaigne, ce délire atteindrait plus de 300 milliards d’euros par an. Celui-ci souligne que le projet de retraite à 60 ans n'est pas seulement ruineux. Il aurait un impact négatif sur l'économie en diminuant la population active et le revenu disponible des ménages, les pensions rapportant moins que des salaires. La générosité initiale déboucherait en fin de compte sur un appauvrissement général.

La Faillite, me voilà !

Face à ces promesses de dépenses, le programme ne prévoit aucune réforme structurelle en vue d’assainir les finances publiques. On sait que Mélenchon n’envisage  pas de rembourser la dette qui engraisse les  banques, sans se soucier des conséquences. De quoi affoler les investisseurs qui perdraient confiance en la France et pratiqueraient certainement des taux rédhibitoires sur les emprunts. Mais fidèle à la ligne de gauche, il entend surtout taxer les «riches», avec en tête de liste le retour de l’ISF et la suppression de la «flat tax» qui ont permis un retour des ménages fortunés. Les entreprises ne seraient pas non plus épargnées par un alourdissement de leur fiscalité.

Certains socialistes ont résisté, refusant catégoriquement de suivre le PS, qui a adhéré à la «Nouvelle union populaire écologique et sociale» menée par La France insoumise en vue des législatives, et qui regroupe déjà les écologistes et les communistes, conscients qu’ils sont des dégâts que pourraient provoquer ces idées.

On retiendra que le programme économique porté par le leader de La France insoumise ferait fuir les capitaux, engendrant un fort ralentissement de l’économie, et potentiellement son effondrement et entraînant une paupérisation généralisée des Français. Il faut  croire que les jeunes qui sont prêts à voter pour lui n’ont pas étudié  correctement l’histoire de notre continent  car ça leur éviterait de croire aux chimères bolcho-collectivistes remises au goût du jour par le tribun néo-communiste bolivarien.

 


POUR TOUS NOS AMIS D'ANGERS DE LA 1ère CIRCONSCRIPTION

 

Campagne Roch Angers

Bonjour à tous,
J'organise une réunion publique autour de ma candidature aux élections législatives.
Pour pouvoir parler avec vous de ma vision, mes engagements et mon programme.
🗓 Mercredi 1er juin
📌Salons Curnonsky, Angers
⏰ 19h30
Venez nombreux pour faire connaissance, échanger et me soutenir.
Je compte sur vous.
Roch Brancour
 

LA FRANCE N’EST PAS FOUTUE, MAIS …

Bout du rouleau
De quel côté qu’on se  tourne, Le regard ne rencontre que des situations dégradées. Les écrits de Christophe Guilluy, socio-géographe,  ou de Jérôme Fourquet nous décrivent un pays fragmenté dans tous les sens. Cause ou conséquence, le mal s’est transmis à toutes les institutions : modèle social, société, monde politique, économie, et les politiques menées non seulement ne cherchent pas à soigner nos maux à la racine, mais souvent par facilité, continuent de les aggraver. Il faudrait remonter au moins trente ans en arrière pour en trouver  les origines, mais les dix dernières années sont emblématiques de ce qu’il ne fallait pas faire. Le quinquennat qui commence n’annonce  pas vraiment de changement par rapport aux deux précédents et donc les maux ne vont faire qu’empirer.

Un modèle social à bout de souffle.

Notre modèle social, né de la dernière guerre, a vu sa philosophie originelle de solidarité être dévoyée en pompe à fric. Les trois piliers sur lesquels il était fondé,  les  services publics, la sécurité sociale et le droit du travail, inspirés des travaux du Conseil National de la Résistance donnaient à la République sociale une base juridique solide. Ils ont  été laminés par la révolution néolibérale des années 80, puis la globalisation et le  marché unique européen qui ont conduit au démantèlement notamment des entreprises de service public. Il se trouve que parmi les pays européens, le  modèle français a été le plus exposé.  Les réformes sociales du dernier quinquennat lui ont porté le coup de grâce avec la surétatisation du social par la transformation des cotisations sociales en impôts et avec la relégation des syndicats dont l’affaiblissement rend les jacqueries quasi inévitables quand ce n’est pas le recours aux juges, comme substituts  d’une démocratie défaillante. En se passant des corps  intermédiaires, le macronisme a dénaturé notre modèle  social au profit d’un système populiste, étatiste et libéral qui arrose tous azimuts, vidant un peu plus les caisses d’un dispositif déséquilibré incapable de les remplir. Les Français approuvent la réindexation des retraites sur l’inflation, le  relèvement de la  pension minimale à 1 100 € et le « dividende salarié » promis par le Président réélu, plébiscitent en même temps la baisse de la TVA sur les biens de première nécessité  défendue par Marine Le Pen, et le  blocage des prix fait recette auprès des trois quarts des sondés… sans se poser la  question de savoir comme ces mesures seront financées. Les « 10 raisons » de choisir le projet d’Emmanuel Macron citées dans son prospectus électoral sont un catalogue de mesures en monnaie sonnante et trébuchante : maintien des boucliers gaz et électricité, prime jusqu’à 6 000 € sans charge ni impôts, suppression de la redevance télé, baisse des impôts de succession… sous-entendant que l’état omnipotent pouvait tout. On s’étonnera ensuite de détenir les records mondiaux de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires. Compte tenu des déficits, on en conclut que le système n’est plus tenable et devrait être réformé en profondeur, mais de cela il n’est nullement question. Au contraire, l’Etat macronien entre  les  mains de Bruno Le  Maire envisage de continuer la politique du carnet de chèques, alors que tous les indicateurs sont au rouge : inflation, dette, taux d’intérêts, gouffre du commerce extérieur, etc…

Une société éparpillée et un monde politique atomisé.

Dans le monde d’avant, la société était structurée en groupes identifiés : ouvriers, cols blancs, artisans et commerçants, agriculteurs, professions libérales, patronat,  eux-mêmes traversés par des courants de pensée en liaison avec leur statut social, catholiques pratiquants et chrétiens sociaux, socialistes et communistes, libéraux, qui constituaient autant d’électorats captifs regroupés autour de convictions politiques. Cet ensemble permettait d’organiser la démocratie représentative par l’intermédiaire de partis politiques organisés et souvent puissants. Les syndicats, eux, assuraient le bon fonctionnement de la démocratie sociale comme outils de dialogue avec le pouvoir élu  et le reste de la  société. Ce monde a quasiment disparu. Ne parlez plus d’avoir des convictions, les gens suivent des modes  et consomment de la démocratie comme on va au supermarché, et quand ils en ont, c’est pour s’enfermer dans la « personnalisation » imposée en douce par les réseaux sociaux. Le  monde actuel navigue entre extrêmes et violences, est disponible pour céder aux charmes des  tribuns ou de la démagogie. Il suffit de distribuer des chèques pour obtenir des voix. Les rouages stabilisateurs  qu’étaient les syndicats et les partis politiques ne sont plus  en capacité de jouer leur rôle. Et pour couronner le tout, des hommes politiques changent de bord en fonction de leurs intérêts personnels, et même si le « débauchage » a toujours existé, dans une  société qui a perdu ses repaires,  ces quelques chiens galeux à l’éthique misérable  jettent l’opprobre sur tout le reste  du personnel. La  démocratie représentative en est gravement menacée.

Un grave problème de désindustrialisation.

Déficitaire depuis près de vingt ans, la balance commerciale tricolore fait aujourd’hui de notre pays le plus mauvais élève de l’Europe, loin derrière les Allemands et leur excédent de plus de 170 milliards d’euros l’an dernier. La France est le seul grand pays de la zone euro à avoir un énorme déficit extérieur. L’Italie elle-même est en excédent. Or lorsque l’on a un énorme déficit extérieur, c’est que l’on produit moins que ce que l’on consomme. Nos entreprises, harassées de charges, ne produisent plus ce que les Français veulent consommer. Même en agriculture, nous sommes en difficulté. Nous avons toujours les coûts de production dans l’industrie parmi les plus élevés du monde et peut-être même au sommet mondial, comme la part des dépenses de protection sociale dans le PIB qui est au top mondial. Au cours de ces trente dernières années, nous avons perdu la moitié de nos parts de marché dans le commerce mondial, avec une forte accélération depuis les 35 heures. La France a un énorme problème de production liée à la désindustrialisation massive, de faiblesse des compétences de la population active, d’insuffisance du taux d’emploi qui exige le recul de l’âge de départ à la retraite. Dans une note qu’il vient de publier, le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) voit dans la détérioration du déficit commercial et l’accélération de la désindustrialisation depuis trente ans, les conséquences des politiques expansionnistes monétaires. En augmentant les dépenses de l’État et en baissant les prélèvements sur les ménages, les gouvernements successifs ont stimulé la demande interne ce qui a, in fine, participé à la dégradation de la performance à l’exportation.  A titre d’exemple, les écarts de demandes internes expliquent, sur la période 1999-2008, 61 % de la dégradation relative des soldes commerciaux vis-à-vis de l’Allemagne. Et à l’image d’un serpent qui se mord la queue, la dépendance aux importations participe aux déficits commerciaux qui eux-mêmes accentuent la désindustrialisation.

Le problème c’est le gouvernement par la magie et le mensonge.

La magie c’est l’argent qui tombe du ciel et le mensonge c’est que ce soit possible indéfiniment. Deux illusions tragiques gouvernent la France depuis trop longtemps.  La première c’est que la dépense publique souvent mal ciblée, qui plus est à crédit, crée de la richesse, alors que chaque cycle annuel  nous affaiblit de 80 à 100 milliards supplémentaires. La seconde c’est que les entreprises sont prospères alors que leur taux de marge est nettement inférieur en France à ce qu’il est en Europe et dans les pays anglo-saxons. Notre balance commerciale est en réalité le résultat d’orientations et de choix faits depuis des années, au premier rang desquels une économie qui s’est tournée vers les services en même temps qu’elle se désindustrialisait. Un phénomène aggravé par le fait que les entreprises françaises, bien plus que les autres, pour des raisons de compétitivité liées à la fiscalité, ont depuis longtemps adopté une stratégie consistant à s’implanter à l’étranger pour produire et vendre leurs produits plutôt que de les exporter depuis le territoire national. Le résultat c’est que la France est particulièrement dépendante de produits venant de l’étranger, pour répondre à la demande des consommateurs en biens d’équipement de toutes gammes, et à celle des entreprises en matériaux, composants, etc… et  ces dernières sont bien en peine d’assurer la progression du pouvoir d’achat.

Le sacro-saint pouvoir d’achat.

«  n’y a guère qu’en France que l’on prétend créer du pouvoir d’achat à partir du vent ou, ce qui revient au même, avec de la dépense publique à crédit », assure  Christian Saint-Etienne . La France n’a pas un problème de pouvoir d’achat et encore moins de demande, mais un gigantesque problème d’offre. Elle n’a pas non plus un problème de redistribution du pouvoir d’achat puisqu’elle est le pays qui redistribue plus qu’aucun autre pays au monde, et qui plus est, à crédit. Le soutien de la consommation financé par la dette publique explique 61% de la dégradation de la balance de nos échanges. Il a fragilisé notre industrie en l’enfermant dans une spirale cumulative de pertes de parts de marché, de manque de compétitivité, de compétences, d’investissement dans l’innovation. Seuls 36% des biens industriels consommés par les ménages sont encore produits en France. Pour distribuer du pouvoir d’achat, il faudrait produire, investir, innover, réduire les charges sur les heures supplémentaires. Et surtout arrêter de mentir : le soutien de la consommation par l’État à travers les subventions en faveur de l’énergie et de l’alimentation va amplifier les déficits jumeaux, tout en bénéficiant avant tout aux exportations de nos concurrents. La situation est d’autant plus critique que l’inflation rend la remontée des taux d’intérêt inévitable, y compris dans la zone euro où la BCE devrait les relever dès juillet prochain. L’envolée de la dette publique française n’a été rendue possible que par la diminution drastique de son prix. À l’inverse, la hausse d’un point des taux entraîne 40 milliards de charge de la dette supplémentaire sur dix ans. Les finances publiques de la France sont les plus fragiles de la zone euro en raison de l’importance du déficit structurel. Elles vont être prises en tenaille par la remontée des taux au moment même où des investissements massifs seraient requis pour moderniser l’éducation et la santé, soutenir l’innovation ou accélérer la transition écologique. Le surendettement n’est par ailleurs pas le monopole de l’État mais concerne également les entreprises, alors que les marchés dévissent sous la pression de l’inflation.

La France se trouve donc sous la menace d’un violent choc financier si les taux d’intérêt devaient dépasser la croissance nominale. Notre pays ne peut échapper à une révision radicale de sa politique économique.  On n’en prend pas le chemin !


BORNE REDONNE DU SENS AUX LEGISLATIVES !

Assemblée nationale

Traditionnellement, les  législatives qui suivent la Présidentielle ont servi à donner une large majorité au Président élu, les électorats des candidats battus se mobilisant peu.  Cette fois-ci, le contexte est différent. La nomination de Borne à Matignon devrait donner envie aux électeurs de droite de retrouver leur vrai camp.

Macron abandonne le « en même temps ».

Tout le monde glose sur la nomination d’une « femme » à Matignon. Là n’est pas l’essentiel. Cette nomination  consacre  en fait la nouvelle orientation du quinquennat.  On s’en souvient, Macron, en 2017, avait pris soin de nommer Edouard Philippe  venant de LR comme symbole du dépassement du clivage droite-gauche. Il avait pris grand soin en 2020 de lui donner un successeur du même bord avec Jean Castex. Il fallait envoyer un signal fort en direction de la droite, appelée à se rallier à la présidence. Et le moins  que l’on puisse dire c’est que la stratégie a bien fonctionné, favorisée  il est vrai par le contexte international et la crise du Covid. L’arrivée à Matignon d’une Première Ministre de gauche, issue du PS, rompt  avec l’équilibre institué jusque-là à la tête de l’exécutif. La symbolique du tandem transclivage droite-gauche à la tête de l’Etat est bel et bien abandonnée. Des  ministres étiquetés à droite gardent quelques portefeuilles importants  tels Darmanin ou Le Maire, mais « l’habillage » ne doit pas faire illusion, d’autant plus que l’Education nationale est confiée à un ministre « racialiste » et que la justice reste entre les mains de Dupont-Moretti. Les autres ministères importants, santé, affaires sociales, budget … sont confiés à des ministres issus de la gauche.

Un signal envoyé aux électeurs de droite.

Et le message est clair : « je n’ai plus besoin de vous ». Macron n’est plus rééligible et il n’a plus à  préserver son avenir. L’électorat de la droite modérée qui a voté pour lui en 2022 par réflexe légitimiste dans le contexte tourmenté que l’on sait, pariant sur le maintien voire l’ancrage définitif au centre droit de l’occupant de l’Elysée, devrait logiquement être ébranlé par la composition du gouvernement et les orientations prises au début de ce quinquennat. Un tel revirement n’était pas annoncé et constitue même un pied de nez à Nicolas Sarkozy, en remerciement de ses tentatives de débauchage pour rallier la macronie. On se réjouira a posteriori du peu de succès qu’elles ont rencontré auprès des candidats LR, pas plus de quatre ayant franchi le pas. Après cinq années de « ni de droite, ni de gauche », l’arrivée de Mme Borne à Matignon apporte une clarification : les thèmes mis en avant par le pouvoir ne mettent pas en avant les questions régaliennes de la sécurité ou de l’immigration et des finances publiques, auxquels cet  électorat attache de l’importance. Thèmes d’autant plus importants que la France se dirige sans doute vers une période chahutée de crise financière, économique, sociale et politique que d’aucuns prévoient violente. C’est le « défi climatique » qui profite de la nouvelle orientation, avec laquelle la nouvelle équipe compte plaire aux écologistes. Surtout, la priorité de Macron est de contenir la poussée de Mélenchon en disrupant comme il sait le faire sur ses plates-bandes.

Une aubaine pour la droite.

Du coup, les élections législatives reprennent du sens. Certes, il serait présomptueux d’envisager de conquérir une majorité  parlementaire, mais il n’est pas difficile de comprendre que la présence d’un groupe parlementaire d’opposition de la droite et du centre le plus puissant possible serait de nature à rééquilibrer le jeu : d’abord empêcher Mélenchon ou Le Pen de s’emparer de la présidence de la commission des finances, ensuite peser sur les orientations du gouvernement, avec le Sénat  en appui, pour infléchir les projets chaque fois que ce sera nécessaire. Il est notamment important d’avoir un groupe  parlementaire susceptible de compter dans les débats portant sur les réformes de nos institutions, du mode de scrutin ou du financement des retraites. L’extrême-droite est  en capacité de mobiliser 33% des électeurs et la gauche de Mélenchon moins de 30%, à condition de faire  le plein, ce qui ne s’est jamais réalisé dans le passé. Il revient donc à la droite modérée de se mobiliser si elle veut exister. Elle peut parvenir à convaincre son électorat et le faire revenir vers elle si elle combine esprit d’unité, désintéressement personnel, attachement au bien public et à l’intérêt général avec un discours de vérité  contre la démagogie sous toutes ses formes. Il suffit d’arriver devant les candidats de « Ensemble » dans suffisamment de circonscriptions au 1er tour. La lucidité fera le reste. Beaucoup de candidats LR et leurs alliés centristes ont un ancrage territorial qui leur donne un avantage sur  leurs concurrents et pour une centaine d’entre eux, la « prime au sortant ». La  montée en puissance des partis contestataires conjuguée avec le tropisme de gauche du nouveau gouvernement, leur offre une opportunité d’exister. En conséquence, leur candidature prend du sens. Electeurs de la droite et du centre, mobilisez vous les 12 et 19 juin. Vous avez un candidat dans chaque circonscription. Il suffit de voter pour  lui !

 


MELENCHON N’A AUCUNE CHANCE D’ÊTRE PREMIER MINISTRE !

Mélenchon Bastille 2013

 

 

Depuis qu’il a créé la « Nouvelle union populaire, écologique et sociale » (Nupes), Jean-Luc Mélenchon réaffirme avec une insistance digne de la méthode Coué qu’il sera « élu » Premier ministre, certain que l’union de la gauche ainsi réalisée va remporter les élections législatives et obliger le président de la République de le nommer à Matignon.

Ce que Mélenchon se garde de dire.

Bien qu’il ne se représente pas, le député des Bouches-du-Rhône possède quelques atouts dans ce « troisième tour social » qu’il appelle de ses vœux. Il a tiré du désespoir des Verts et du PS le plus haut profit possible puisqu’ils se sont piteusement ralliés à son panache rouge vif ; il les a affaiblis encore un peu plus, si c’est possible, en soulevant un tollé chez ceux de ces deux partis qui ont des convictions démocratiques. Fort de cette alliance imposée au forceps,  il a lancé, avec la prophétie qu’il voudrait auto-réalisatrice  de son « élection » comme Premier ministre, une opération de communication évidemment trompeuse. Car le  scrutin majoritaire à deux tours lui complique terriblement la tâche, sauf à faire le plein dès le premier, ce qui est bien improbable avec un capital de 22% éparpillé dans les circonscriptions. Certes, il a rassemblé les forces de gauche. Mais dès avant les élections législatives, tout le monde savait que la gauche est minoritaire dans le pays, à 32 % au maximum. Selon les instituts d’opinion, non seulement il sera minoritaire, mais Emmanuel Macron est à peu près assuré de remporter la majorité absolue et ne court guère de risque de cohabitation. Le chef des Insoumis nous raconte des blagues : il ne dit pas pas que le Président n’est absolument pas obligé de le désigner et qu’il lui suffit de choisir un Premier ministre dans la majorité sortie des urnes, il ne dit pas plus ce qu’il ferait du pouvoir s’il l’obtenait, sauf à promettre plus de beurre que de pain avec le smic à 1 500 € non financé, il ne dit pas non plus qu’il sera minoritaire et qu’on perd son temps à parler d’une hypothèse irréalisable. On voit surtout que sa campagne, lancée comme d’habitude pour le bien commun de la gauche, vire au culte de la personnalité… comportement copié  sur les dictateurs sud américains qu’il admire.

Méthode Coué.

Les 22 % ne sont pas la clef du pouvoir, mais cet exploit au premier tour l’a grisé et lui a monté à la tête. On peut comprendre que Jean-Luc Mélenchon cède à l’émotion. Plus il nous parle de sa « Nupes », plus il nous assure qu’il aura une majorité, plus les électeurs de gauche y croient, surtout ceux qui haïssent Macron. Mais c’est bâtir un projet sur un espoir plus que ténu et c’est, en outre, se moquer des institutions.  La méthode Coué ne suffira pas. D’ailleurs en n’étant pas candidat lui-même ne nous indique-t-il pas, en creux, la suite, à savoir : on peut faire simplement un bon score et disparaître de la vie politique. Il  sortirait ainsi de sa carrière sur son exploit. De sorte qu’il nous fait perdre notre temps. Par contre, la  Nupes   pourrait constituer un groupe d’opposition suffisamment étoffé à l’Assemblée nationale pour perturber son bon fonctionnement, surtout s’il obtient la place de 1er groupe d’opposition et décroche la présidence  de la très enviée commission des finances.

Entourloupe.

Le meilleur moyen de combattre cette entourloupe qui en dit long sur le sérieux du personnage, c’est encore de répéter à l’envi la vérité, à savoir que Mélenchon n’a aucune chance et qu’en outre il a mélangé les torchons et les serviettes. Il n’y a aucun rapport avec un PS respectueux des institutions, anti-Poutine, pro-européen, et Mélenchon, pas plus qu’il n’y en a entre le chef de LFI et un homme comme Yannick Jadot. En revanche, on constate qu’un maximum de désarroi conduit aux pires abaissements, que la gauche de gouvernement jetée dans le bas-fossé a vendu son âme à Mélenchon pour ne pas mourir, ajoutant ainsi à l’humiliation de se livrer à l’ennemi, la crise de conscience produite par l’adoption de ses thèses. La Nupes n’est nullement une opération sauvetage de la gauche. Il y a fort à parier qu’après la  défaite aux législatives, elle se déchirera et chacun des quatre partis qui la composent se retrouvera dans une grande solitude. Car le déchirement s’est déjà produit. Daniel Conh-Bendit, José Bové et Jean-Paul Besset, fondateurs d’EELV, ont publié une tribune particulièrement violente contre la Nupes, et Lionel Jospin, qui soutient Lamia El Aaraje dans une circonscription parisienne, s’est retrouvé nez-à-nez avec Danielle Simonnet, députée sortante investie par la Nupes, alors qu’elle avait été élue en 2027 contre Mme El Aaraje. D’où une altercation publique entre l’ancien Premier ministre de la cohabitation et Mme Simonnet. Et c’est sur cette base-là que Mélenchon voudrait prendre la tête du gouvernement ?