HISTOIRE

MACRON LACHE SES ROQUETS

Pecresse-candidate-droite-presidentielle 2022

 

Le coup de tonnerre.

Décembre 2021. 52/48, le verdict est tombé, un premier sondage donne Valérie Pécresse  gagnante au second tour face à Emmanuel Macron. Ce n’était qu’un sondage, mais il a résonné à l’Elysée comme un coup de tonnerre. Et dans l’opinion l’idée que « c’est donc possible ». Et le « Président-sortant-pas-encore-candidat » de lâcher ses roquets qui se sont mis à aboyer de toutes leurs forces contre  celle qu’on a déjà surnommé « la tigresse ». Et tout y passe, jugements péremptoires, accusations douteuses et attributs sans fondements, en se gardant bien d’argumenter. Les Attal, Beaune, Schiappa, Darmanin et compagnie se répandent en propos dictés par le « château » et son entourage. Ainsi Attal n’hésite pas à accuser, avec son sautillement frénétique : « Valérie Pécresse à la fébrilité comme moteur et l’hypocrisie comme carburant » ou encore « Valérie Pécresse, c’est le retour de la rente en politique », Beaune qui n’a plus rien de Clément : « Pécresse,  c’est du mauvais Macron ou du méchant Ciotti », s’attaquant avec profondeur comme on le voit au projet européen de la candidate de la droite. Darmanin y est aussi allé de sa petite méchanceté : « C’est peut-être une bonne candidate pour Versailles, je ne crois pas que ce soit une bonne candidate pour parler aux électeurs de Tourcoing. » Comme si en Ile-de-France il n’y avait pas la Seine-Saint-Denis !   Les obus tombent dru autour d’elle. Mais les chiens aboient, la caravane passe. Et le dernier sondage Elabe qui  positionne  à nouveau Pécresse en challenger principal, à 50/50, va continuer de les exciter.

Les pauvres, ils n’ont que deux axes de médisance !

Il s’agit d’abord de montrer que la candidate de la droite et du centre court sans cesse après l’extrême droite, en ressortant des morceaux de phrase bien sélectionnés qui recoupent des  propos de Marine Le Pen, par exemple. Avec le thème de l’insécurité, c’est très facile. L’objectif est de permettre à la candidate du RN de repasser en tête de l’opposition et de réinstaller le match confortable pour le Président.  Ainsi le même Attal n’a pas hésité à diaboliser Eric Ciotti et à critiquer la « tambouille » que va devoir faire, selon lui, la candidate LR à la présidentielle pour tenir compte dans son programme des propositions du député des Alpes Maritimes. Une stratégie qui aboutit selon lui à « l'immobilisme ». En la matière, c’est  l’hôpital qui se  moque de la charité. Il oublie que le « dépassement politique »  qui lui est cher a conduit à la paralysie sa majorité, transformant les réformes en réformettes à cause du jeu d’équilibre  au sein de LRem, la  gauche bloquant la droite et réciproquement. Comme le crie Luc Ferry, vive le retour du débat droite-gauche, cette dernière étant très bien incarnée par Macron. A force de vivre les contradictions en leur sein, les  macronistes croient que c’est le même jeu qui se joue chez les Républicains. Méconnaissance totale du fonctionnement de ce parti !

Le second axe, c’est de ressortir  le quinquennat Sarkozy. Mais l’argumentaire repose sur une escroquerie intellectuelle, en faisant comme si tout était pareil il y a dix ans. Ainsi sur l’insécurité, le même Gabriel Attal n’y va  pas de main morte : « Valérie Pécresse a organisé une saignée des effectifs des forces de l'ordre sous Nicolas Sarkozy, elle a du bleu sur les mains » !!! D’abord, l’accusation n’est pas exacte et Hortefeux  à expliquer cent fois que ça s’était accompagné d’un redéploiement et l’insécurité avait reculé. Mais surtout, c’est faire l’impasse sur les dix ans Hollande-Macron, où pas grand chose a été fait pour renforcer les  effectifs, alors que la violence augmentait, et surtout sur le Ministère Taubira et sa politique laxiste. On attend encore les 20 000 places de prison promises en 2017. Quant aux attaques sur la gestion financière de Pécresse, elles sont franchement malhonnêtes. On ne peut comparer le  contexte d’alors, où il fallait avoir les yeux fixés sur les taux d’intérêts –on parlait d’instituer la règle d’or budgétaire- et la rigueur financière s’imposait à tous, avec la période actuelle d’endettement gratuit soutenu par la BCE. Alors oui, Valérie Pécresse, Ministre des Finances fin 2011, a fait voter un budget de l’Etat en baisse pour la  première fois par rapport au précédent. C’était du jamais vu. Et oui, Fillon avait dû augmenter les impôts pour limiter l’endettement. Il s’agissait de baisser les dépenses réellement pour rééquilibrer les comptes et faire baisser les impôts ensuite. Ce  budget  a été démoli par Hollande en juillet 2012 avec son assommoir fiscal qui a gelé l’économie pendant trois ans. 

La peur de perdre…

Mais tout est bon pour tenter de disqualifier la candidate de la droite. Ainsi Marlène Schiappa s’empare de la déclaration de Maître Gimms pour tenter de mettre Valérie Pécresse en contradiction avec sa lutte contre le communautarisme, en exploitant le fait que la Région Ile-de-France  subventionnait le chanteur, ce qui est pour le moins une approximation, et celui-ci en échange l’aurait soutenu à l’élection régionale. Evidemment, Valérie Pécresse n’a pas eu de mal à se justifier.   Puis c’est Amélie de Montchalin qui monte  au créneau, la rendant responsable de tout, même du couac sur le pass vaccinal à l’Assemblée nationale : « Soit elle n’est pas capable de tenir ses troupes, puisque hier, les députés LR ont voté contre le pass vaccinal (faux)… Les députés LR étaient plus nombreux à voter contre qu’à voter pour. Soit, et là ça veut dire que c’est encore plus dangereux, ça veut dire que ça s’appelle la duplicité. » On notera au passage la conception autoritaire qu’elle a de  la démocratie. La Ministre de la (pseudo)transformation de l’Etat oublie tout simplement que la suspension de séance était due à l’absence massive des députés de la majorité.  Cela n’avait pas empêché le sieur Attal d’entonner les grands airs en stigmatisant « une forme d’amicale de l’irresponsabilité constituée des députés  LFI, RN et LR » … oubliant lui aussi le défaut des Lrem. Où plutôt ne serait-ce pas de la mauvaise foi pour travestir une vérité dérangeante ? Pour  le vote, Valérie Pécresse avait demandé aux élus LR de ne pas s’opposer au texte, ce qu’ils ont fait très majoritairement  alors qu’il comportait de nombreux points d’application qui pouvaient justifier une abstention, voire une opposition. A LR, la liberté existe, ce qui paraît évidemment ubuesque aux technocrates du pouvoir.

S’il y a bien une opportunité de renvoyer Macron dans ses foyers, c’est Valérie Pécresse  qui peut  la concrétiser, et elle seule, parmi les candidat(e)s. A l’Elysée on le sait,  c’est pourquoi elle est devenue la cible principale de toutes les attaques. Le seul fait que déjà deux sondages l’ait fait apparaître  comme possible, ne peut que renforcer son audience parmi tous ceux qui ne veulent pas d’un mandat  bis.

 

 


DEUX PERILS EXISTENTIELS POUR LA FRANCE (suite)

Laicite

 

ISLAM ET LAÏCITE

 

Aborder le sujet de l’islam en France est toujours délicat. C’est prendre le risque d’être taxé de raciste ou d’islamophobe. Aussi pour éviter tout malentendu, ma réflexion s’appuie sur les écrits de Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur, parus dans son livre posthume « Réconcilier la France, une histoire vécue de la nation ». Au moins cela m’évitera tous les a-priori que mon appartenance à la pensée de droite pourrait susciter. Homme de gauche, Jean Daniel y constatait la faillite de notre politique d’intégration, regrettant l’abandon de notre modèle d’assimilation et pointant les problèmes posés par l’islam à la laïcité. C’est bien là le cœur du sujet. C’est le second péril existentiel  pour la France.

Islamisation de la vie quotidienne.

Loin de moi l’idée de stigmatiser les musulmans, mais on est en droit de s’inquiéter des conflits de plus en plus nombreux posés par l’affichage d’une pratique religieuse au regard de l’application des lois ou des règles constitutionnelles  en vigueur. Prenons par exemple  le cas très récent de cette élève avocate qui se présente à l’audience solennelle de la prestation du « petit serment » de l’école du barreau, refusant de retirer son voile, à la demande du président. Or, en salle d’audience dès lors que les membres de la cour d’appel ont ouvert solennellement la séance de prestation de serment, comme lors de toute audience, aucun signe distinctif n’est accepté.  C’est inscrit dans la Constitution et acté par un arrêt du Conseil d’Etat. La jeune fille dit s’être sentie humiliée, mais elle ne pouvait pas ignorer la règle établie qui s’applique à tous les signes religieux. Il ne s’agit  pas d’une stigmatisation islamophobe  mais du respect d’un fondement de notre République, la Laïcité. Ce fait pourrait paraître anodin, mais il est révélateur d’un phénomène bien plus grave, celui d’une islamisation de la vie quotidienne dans certains quartiers, souvent en marge des lois qui prévalent dans notre  pays. Pour faire court, le modèle  communautaire n’est pas compatible avec l’universalisme et la laïcité qui inspirent  toutes nos lois.

Islam et laïcité.

Jean Daniel voit dans la valorisation des différences, très à la mode sous prétexte de visibilité et de représentativité, un abandon. Lui aurait souhaité qu’on mette l’accent, non sur l’apport de l’étranger, mais sur l’identité reçue. Et d’ailleurs, ajoute-t-il, tant que le modèle assimilationniste a été appliqué, il a parfaitement réussi. Et quand il a cessé d’être appliqué, il  n’a pas été  remplacé. Pour lui,  la situation que nous connaissons aujourd’hui est le fruit d’une capitulation : l’abandon d’une politique d’assimilation. La  situation s’est progressivement aggravée par deux effets contraires, tandis que se délitait l’identité française par l’abandon des principes et de la philosophie qui la soutenait, l’identité islamiste se fortifiait, renforcée par une ghettoïsation inavouée. Jean Daniel pose alors franchement la question : « l’Islam pose-t-il un problème à la  laïcité ? » et il conclut : « Lorsque  la réponse n’est pas un réquisitoire, la réponse est oui ! ». En effet, il est difficile de concevoir un islam qui ne soit pas communautaire car la religion, pour les musulmans, c’est d’abord le  groupe, la tribu, l’umma.   C’est pourquoi, le journaliste affirmait : « l’Islam est un défi, une menace  pour la France, parce qu’il est un universalisme ». Le communautarisme qui confine à un séparatisme, que nous observons aujourd’hui, fait courir un  péril mortel à notre République, dès lors que tel Tarik Ramadan, certains revendiquent le droit de changer l’identité française.

Le pari de la liberté.

Alors que faire ? Nous devons réaffirmer la laïcité comme principe intangible.  Parce qu’elle libère l’individu du groupe, « lui permet de faire un pas de côté par rapport à la  religion de sa communauté, de sa  famille. » Et c’est parce que la France s’adresse à l’individu et non au représentant d’une communauté qu’elle peut être regardée comme  une chance pour tous ceux qui veulent la saisir, dont les musulmans. Cette France et son opiniâtre indifférence aux différences, aux communautés quelles qu’elles soient,  cette république des individus fait le pari de la liberté, cantonnant à l’espace privé l’exercice de la religion. Encore faudrait-il qu’elle redevienne un modèle désirable et que l’émancipation ne confine pas au vide identitaire et spirituel. D’où l’injonction de Jean Daniel : « La France doit faire rayonner la patrie littéraire, artistique, intellectuelle, politique qu’elle fut et faire valoir qu’elle est encore un pays qui porte des « lumières ».  Cependant, la responsabilité incombe aussi aux nouveaux venus porteurs d’un islam revendicatif et rebelles  à la fusion, encouragés  par la gauche progressiste des racialistes, des identitaristes.

Une double  tâche.

C’est donc à une double tâche qu’il faut s’atteler. Tout commence dans le système éducatif qui forme, selon les mots de l’auteur, « des êtres nomades, vides et  creux, sans histoire, sans passé sans verbe, sortis du laboratoire pédagogiste et progressiste des années 60-70. »  Il faut rebâtir le système éducatif avec comme axe essentiel de combler ce vide identitaire et spirituel.  Il faut en même temps sanctionner implacablement tout manquement à la laïcité.  Il faut parallèlement recréer les conditions favorables à une intégration en cassant les ghettos des banlieues. Et rétablir l’ascenseur social par l’égalité des chances ! L’autre tâche, c’est la lutte implacable contre le terrorisme islamiste et son expression « civile », l’islam politique. Il  s’agit de faire comprendre à l’immense majorité des  musulmans que l’assimilation n’est pas l’abandon de ses racines ni de son passé, qu’elle est un enrichissement et qu'elle est le bon chemin pour s'approprier le pays dans lequel ils ont choisi de vivre. Comme les progressistes se refusent à faire droit à cette philosophie, cette double tâche ne peut  être menée que par ceux qui croient encore en la France. Elle est devenue urgente.

 

 


DEUX PERILS EXISTENTIELS POUR LA FRANCE

Le modèle de croissance à crédit que Macron a poussé  dans ses dernières extrémités n’est pas le seul  péril qui pourrait provoquer l’effondrement  de notre pays.

Le récent colloque sur la « déconstruction » qui s’est tenu à la Sorbonne, comme une riposte à ce qu’on appelle désormais la  « révolution woke »,  met en lumière un  véritable enjeu civilisationnel. 

Un autre danger, tout autant périlleux, est mis en avant dans le livre posthume de Jean Daniel « Réconcilier la France, une histoire vécue de la nation », dans lequel le fondateur du « Nouvel Obs » constatait la faillite de notre politique d’immigration et d’intégration et s’inquiétait des problèmes posés par l’Islam à la laïcité, soulignant « l’islamisation de la vie quotidienne dont l’expansion est inquiétante ».

Ces deux problématiques, la lutte contre le wokisme et la communautarisation croissante des musulmans, devraient constituer des débats majeurs de la campagne présidentielle, tant elles mettent en cause l’identité même de la France.

 

Universite

LE WOKISME, LA NOUVELLE TENTATION TOTALITAIRE.

L’impasse intellectuelle de la  « déconstruction ».

« Après la déconstruction, reconstruire les  sciences et la culture », tel était le titre du colloque qui s’est tenu la semaine dernière à la Sorbonne. Sa préparation  a confirmé, s’il en était besoin, les  craintes quant aux menaces qui pèsent depuis quelques années sur la liberté académique : menaces et pressions, pour empêcher sa tenue ont conduit nombre d’intellectuels et d’universitaires à renoncer à y participer de crainte de voir leur carrière brisée, d’autres  se  sont désistés pour ménager leur réputation. La « déconstruction » qui regroupe une diversité de courants, de la pensée décoloniale à la théorie des genres en passant par l’écoféminisme, dont le wokisme n’est qu’un des aspects,  ne voit le réel que comme lieu de domination et d’oppression : des femmes par des hommes, du Sud  par le  Nord occidental, des « racisés » par les Blancs, etc... Depuis deux ans,  il ne se passe pas une journée sans que des annonces de conférences, de colloques ou de postes à pourvoir soient publiés dans les termes de cette idéologie sous l’impulsion de potentats qui agissent en toute impunité, sans aucun contrôle, appliquant par exemple l’écriture inclusive en dépit des consignes officielles, avec comme conséquence de voir des champs disciplinaires entiers remplacés  par des études culturelles transversales qui ne reposent pas sur un savoir validé mais sur des préjugés militants. Doit-on y voir un effet pervers de l’autonomie des universités ? Parallèlement, l’Université a connu, ces derniers temps, trop d’annulations de conférences pour qu’on ne s’inquiète  pas de la situation de la liberté de recherche, des critiques et des pressions qui s’y exercent. Les tenants de l’idéologie woke veulent imposer une sorte de totalitarisme considérant que leurs dogmes ne se discutent pas, réinventant l’obscurantisme face à la tradition universaliste éclairée de l’université française. Le « déconstructionnisme », qui en vient à confondre la recherche et le militantisme, la vérité et la morale, la  science et l’idéologie, et parce qu’il ne saurait tolérer aucune contradiction, est une impasse intellectuelle., mais aussi une formidable machine à détruire notre République que le pouvoir actuel combat mollement.

Imposer le débat.

L’Etat devrait donc veiller à ce que les pratiques universitaires demeurent conforme à la déontologie, ce qu’il ne fait pas, comme en témoigne l’attitude du Ministère de l’Enseignement supérieur face au cas de l’IEP de Grenoble, ou quand on enseigne aux futurs enseignants dans un INSPE des contenus contraires aux directives ministérielles. Que les tribunes contre l’islamo-gauchisme publiées à l’automne dernier aient suscité en réponse des pétitions comptant des centaines de signatures, dit assez la force de ces courants  militants. Il n’est donc  pas superflu de les combattre car  ils sont objectivement dangereux ! C’est au nom de cette tradition humaniste et universaliste héritée des « Lumières » que le but du colloque était d’ouvrir le débat, pas de le clore. Un débat qui ne se réduit pas  à un affrontement entre la gauche et la droite, comme les  wokistes voudraient le laisser croire en hurlant par avance « au fascisme », tragique inversion  des rôles dont ils ont l’habitude. Car on trouve beaucoup de représentants de la gauche « républicaine » pour s’opposer à eux, et mobilisés à cette occasion. Ce  colloque est considéré comme une première riposte. Il n’est pas inutile, non plus,  de redire à quoi servent les établissements d’enseignement supérieur. La « reconstruction » passe par le rappel des frontières entre la recherche et le militantisme, par la transmission de savoirs et l’apprentissage de la rigueur scientifique.  Il s’agit d’éduquer les étudiants à faire usage de distance critique et de liberté d’esprit, tout en les habituant à se confronter à des idées différentes des leurs, là où le wokisme leur propose une seule grille de lecture toute faite :  tout est domination. Il s’agit tout bonnement de sauver l’esprit critique. Est en jeu une définition communautariste et essentialisée de la citoyenneté, que certains  voudraient imposer à rebours des valeurs de l’universalisme républicain dont notre pays est  dépositaire depuis la Révolution française. Le débat est essentiel car il touche aux fondements intellectuels des valeurs sur lesquelles est fondée notre République : Liberté, Egalité, Fraternité, ne sont concevables que dans le cadre de l’universalisme laïc.

Autant il serait déplacé d’instaurer un contrôle du savoir par l’Etat, autant, il ne serait pas inutile, comme le suggère Pierre-Henri Tavoillot, Président du Collège de Philosophie, que soient instituées au sein des universités, des missions « Liberté », pour veiller au respect de la liberté académique. Ce serait déjà ça.

 


BOJO SUR LA BRECHE

Bojo panade

 

L’avenir glorieux promis aux Britanniques se fait attendre et l’opposition au premier ministre gagne du terrain, y compris dans son propre parti. Le 31 décembre 2020, l’heure était à l’euphorie pour Boris Johnson. Le premier ministre vantait un «moment incroyable pour le pays». Douze mois plus tard, l’anniversaire est tristounet et Bojo est à la ramasse. Le ministre du Brexit, David Frost a démissionné et l’hôte de Downing Street se trouve pris dans des turbulences politiques sans précédent. Le retour de bâton s’est manifesté par une claque  électorale  dans une circonscription pourtant tenue par les Conservateurs depuis deux cents ans. Un an après, les premiers effets du Brexit se  font sentir et la gestion erratique de  la pandémie n’a rien arrangé. Le Royaume-Uni a largué les amarres, mais le navire tangue dangereusement. Les multiples difficultés auxquelles se heurtent les exportateurs britanniques pour vendre leurs produits hors de leurs frontières témoignent que loin de leur redonner leur liberté de manoeuvre, le Brexit leur impose de nouvelles contraintes. Et il en va de même pour l’approvisionnement de l’île.

Brexit is Brexit !

L’union européenne  a aussitôt appliqué le traité, ce qui n’est pas le cas du Royaume-Uni qui tarde à mettre en place ses propres barrières douanières, rien n’ayant été vraiment anticipé ni préparé. La liste des produits qui ne peuvent plus sortir du Royaume-Uni avec les voyageurs en raison des normes sanitaires est longue, et les exceptions sont soigneusement encadrées. Du coup les délais pour les exportations vers l’UE sont  très importants, en raison des nouvelles formalités administratives, ce qui désorganise la production. Et ce qui prenait trois heures prend désormais cinq jours. Les exportations écossaises de fruits de mer sont très pénalisées, ce qui agace d’autant plus qu’ici on était pour le maintien dans l’Union. Les consommateurs, eux constatent la pénurie de légumes et de fruits dans les supermarchés, particulièrement en Irlande du Nord, et les Britanniques enragent de voir l’Irlande s’en sortir mieux qu’eux. Ces problèmes émergent malgré une période de grâce qui s'applique jusqu'en avril, ce qui laisse augurer  un accroissement des difficultés quand le traité s’appliquera pleinement. Les rodomontades sur la pêche pour tenter de masquer ces effets désastreux auprès de l’opinion anglaise, traduisent l’incapacité du gouvernement à reprendre le contrôle, d’autant plus qu’il se heurte  à l’infinie patience des institutions européennes qui ne cèdent rien.

Perte de souveraineté.

«Nous avons notre liberté entre nos mains et il nous revient d’en tirer le meilleur parti», avait lancé alors Boris Johnson dans son message de Nouvel An. Un an après, les Anglais sont nombreux à déplorer la voie qu’a prise le Brexit. Surtout ceux qui se rappellent la campagne du Brexit, qui mettait constamment au pilori les bureaucrates de Bruxelles et les lourdeurs administratives de la Commission européenne. Or, voilà le Royaume-Uni dans l’obligation d’accroître le nombre de fonctionnaires (douaniers, régulateurs) pour faire face à la prolifération des formalités et des contrôles qui régulent désormais les échanges avec l'UE, ce qui oblige à envisager des hausses d’impôts. Mais l'ironie ne s'arrête pas là : le slogan célèbre du Brexit était « take back control », reprendre le contrôle. En d'autres termes, une sortie de l'UE était censée apporter aux Britanniques une plus grande maîtrise de leur destin, une plus grande souveraineté. C’est tout le contraire qui se passe. La véritable souveraineté ne réside pas dans le pouvoir de faire la loi selon une définition juridique, car dans un monde interconnecté, avec des grandes puissances comme les Etats-Unis et la Chine ou l'UE dans certains domaines, la capacité de prendre des décisions de façon indépendante n'assure pas la souveraineté, surtout pour un petit pays. Ainsi, la position géographique du Royaume-Uni est telle que ses relations internationales en termes de commerce de biens et de services seront toujours très étroitement dépendantes des normes et régulations en vigueur dans l'UE, qu’il le veuille ou non. En quittant l’Union, il a  perdu une grande  partie du contrôle des événements qui permet de répondre aux besoins fondamentaux des citoyens.

« Global Britain » ou « Little Britain » ?

Le  Brexit acté, la réalité prend forme lentement. Les ménages britanniques sont désormais inquiets pour leur pouvoir d’achat. Longtemps, la crise sanitaire a brouillé les cartes. Boris Johnson mettait toutes les turbulences sur le dos du Covid et de simples «problèmes d’ajustement» consécutifs à la sortie de l’Union européenne. Les  tensions sur la main d’œuvre et les difficultés commerciales sont désormais clairement identifiées. Pénuries d’essence, problèmes d’approvisionnement dans les supermarchés ou les usines, manque de main-d’œuvre… Les nuages se sont accumulés. Et le tableau de l’économie s’est assombri : croissance en berne, pénurie de biens qui fait souffrir les entreprises. La mise en place des contrôles douaniers sur les importations en provenance de l’UE, pour le moment reportée par Londres, risque d’avoir un impact supplémentaire sur les flux. Du temps de son appartenance à l’Union, l’influence du Royaume-Uni dépassait largement ses frontières physiques, or  il n'a plus voix au chapitre. Après le Brexit, Boris Johnson semblait parier sur une relation privilégiée avec Donald Trump pour affirmer un rôle important du Royaume-Uni dans le monde. Les négociations avec Biden n’avancent pas et on ne voit pas poindre l’aube de la conclusion d’un accord commercial avec les États-Unis. Le traité avec l’Australie apparaît comme une rustine pour tenter de boucher les trous de la stratégie « global Britain » qui se dégonfle comme une baudruche. On ne tourne pas le dos impunément à un  marché de 400 millions de consommateurs à sa porte. Ce qui fait la force de l'UE face à la Chine et aux Etats-Unis, c'est la taille de son marché. C'est en conditionnant l'accès de son marché à certaines normes et valeurs que l'UE peut faire pression sur des pays tiers ou sur des entreprises multinationales. Les Anglais découvrent amèrement que la taille de leur marché limite le pouvoir de négociation de  leur gouvernement.

Jusqu'où ira la perte de souveraineté britannique, d’autant plus que la situation politique actuelle alimente dangereusement les feux de l’indépendantisme écossais ?

 


UNE SORTE DE CUBA EN EUROPE…

France-faillite

 

Voilà un pays qui croule sous une bureaucratie omnipotente, qui voit ses jeunes prendre le large pour trouver un avenir, incapable de rembourser sa dette, au tissu industriel anémié  et qui a vu ses  exportations agricoles s’effilocher… Vous allez me dire : « Tiens, il  parle de la France ». Eh non, il s’agit de Cuba !  La  différence c’est que l’ile caribéenne a su développer des compétences en médecine, notamment une importante industrie vaccinale qui peut faire pâlir notre institut Pasteur.

Plus sérieusement, même si le trait est un peu gros, l’état de la France a de quoi inquiéter  les Français  et n’est pas celui, à l’eau de rose, décrit par notre cher Président avant le réveillon de la Saint-Sylvestre.  Affirmer que le pays est plus fort en 2021 qu’en 2017 ne tient pas. Le pays était déjà très amoindri à la fin du quinquennat Hollande et celui qui s’achève n’a rien arrangé, notamment à cause des deux crises majeures, l’une nationale, celle des gilets jaunes et l’autre internationale, celle du Covid. Il aurait fallu un miracle pour que  la France en sorte renforcée. 

Le  gouvernement exploite et tente de prolonger une embellie conjoncturelle, pensant en tirer profit  pour la campagne présidentielle, mais ce faisant, il continue d’aggraver les paramètres négatifs qui pèsent sur notre avenir. Certes, il peut s’enorgueillir de quelques réussites dans  les créations d’entreprises et  l’essor de la French tech qui à elle seule a  levé 10 milliards en 2021. Mais la forte reprise de cette année avec 6,7% de taux de croissance,  la  stabilisation du chômage n’est en réalité que l’effet de rattrapage de la récession historique de 8% du PIB en 2020 provoqué par le confinement. De même  que la  diminution du chômage , alors qu’un million d’emplois restent non pourvus,  doit prendre en compte la démographie et un simple coup d’œil sur  la  pyramide des âges  permet de comprendre le phénomène : le creux de natalité entre 1985 et 2010 bat son  plein et les 20-35 ans manquent furieusement à l’appel. Quant à  la progression du pouvoir d’achat de 1,6% par an, elle est en grande partie  le fait de la redistribution par l’Etat qui pour la réaliser a  continué d’écraser d’impôts nos entreprises –quoi qu’il  en dise-  et de ce fait a contribué à gelé les salaires.  Autrement dit, un  pouvoir d’achat saupoudré, factice et financé  par de la dette en plus.  La performance   d’ensemble reste donc médiocre, d’autant plus que l’inflation a fait son retour à près de 3% et elle risque d’être  beaucoup plus durable  que ne le pense notre grand apothicaire. 

Loin de révolutionner le  modèle français de croissance à crédit, le Président l’a, au contraire poussé dans ses extrémités, avec 1 000 milliards de dette supplémentaire. Quand j’entendais Amélie de Montchalin développer son argumentation de fuite en avant face à Eric Ciotti, tenant pour ringard un retour à l’orthodoxie financière,  je me disais que ces gens-là sont irresponsables.  Ils ne voient pas  que notre pays a perdu sa souveraineté  et du même coup la maîtrise de son destin.  Ou alors c’est du cynisme. La  France dépend de la Chine  pour son approvisionnement en biens de consommation, des Etats-Unis pour la technologie et de l’Allemagne pour la  réassurance de sa dette. Sans l’euro, notre déficit public doublé de celui de notre commerce extérieur auraient placé la France au bord du dépôt de bilan. Si le modèle  économique et social fondé sur la  distribution et l’endettement est reconduit,  la chute deviendra irréversible. Nous sortirons du peloton des dix premières puissances  mondiales avant 2030 et sur le plan financier nous n’échapperons pas à une crise majeure quand les taux d’intérêt dépasseront la  croissance nominale, ce qui ne manquera pas d’arriver au cours de la décennie.

La France est le pays le plus égalitaire si l’on en croit les statistiques.  Ce n’est qu’apparence, car  les poches inégalitaires sont  partout. L’effet pervers de la stabilisation des écarts de revenu a été le fort  accroissement des inégalités de statut et de patrimoine. Les paramètres qui permettent de mesurer les performances d’un pays sont tous au rouge et consacrent le décrochage de la France : le déficit extérieur s’est envolé à 86 milliards en 2021 et atteindra 95 milliards en 2022 (3,7% du PIB), résultat d’une chute de 3% à 2,5% des parts de marché mondial ;  le déficit public a explosé portant la dette de 98% à 116% du PIB et la course folle des dépenses publiques se  poursuit ; le déclassement de la production industrielle a été pleinement mis en lumière par  la déroute du secteur de la santé, incapable de mettre au point un vaccin contre le Covid. Même notre agriculture, qui était un fleuron, est à la  peine alors que notre dépendance alimentaire s’est creusée avec  l’importation de plus de 20% de notre consommation. Je ne m’étendrais pas sur l’embolie générale de nos services publics de santé, justice, sécurité, éducation… partout,  trop d’administratifs et pas assez d’agents « en action ». Leur paupérisation doit faire face à une fuite des talents et des compétences alors même que les moyens qui leur sont consacrés ne cessent de croître, mais comme un marteau qui tape à côté du clou.

Cuba a perdu la tutelle de l’URSS  mais continue de souffrir de la mentalité d’assistanat  et reste le « royaume »  de la débrouille. L’économie reste anémiée et les pénuries sont récurrentes… Quant à la bureaucratie, elle est toujours aussi obèse. Une idée de ce qui pourrait nous attendre. Mais cette évolution n’est pas  gravée dans le marbre : le déclin français peut  être enrayé. Le  pays regorge d’atouts qui pourraient lui permettre de redevenir une puissance prospère du 21ème  siècle : entrepreneurs et cerveaux, pôles  d’excellence publics et privés, épargne, énergie nucléaire,  à quoi on peut encore ajouter culture et civilisation. La tâche principale consiste à corriger les dysfonctionnements de l’Etat  obèse et impuissant pour l’adapter aux nouvelles réalités du monde. Il faut en faire un état fort  et agile, il nous faut nous doter d’une industrie et d’une recherche dynamiques, rétablir l’égalité des chances par l’éducation  et axer les efforts sur les technologies de l’information. Il faut un projet de rupture pour recréer les conditions d’une bonne cohésion sociale et d’une confiance des citoyens dans leurs institutions. On y parviendra si on donne la priorité à la production, à l’innovation, à la modernisation de l’Etat et à la défense sans faiblesse des valeurs qui fondent notre République. Il s’agit de rassembler les énergies  et de « faire ».  Ce sont les Français, plus que l’Etat qui sont la solution à la crise de notre modèle économique  et de la nation. C’est le projet de Valérie Pécresse !

 


2022, PETIT ETAT DES LIEUX…

Globe-terrestre-

 

L’année 2021 s’est terminée en fanfare pour les bourses mondiales, malgré les vagues successives de coronavirus. Rien n’a réussi à entamer la confiance des boursicoteurs  dopés par l’excès de monnaie déversée par les banques centrales. Comme toujours la bourse promet la Lune, mais on ne veut regarder que le doigt qui la montre, l’indice. 

Le bilan de l’année est inespéré en France sur le front de l’emploi avec  un demi-million de chômeurs en moins sur douze mois  et la stabilisation du chômage à 8% de la population active. La reprise technique de la croissance après  le  creux de -8% en 2020  l’explique en partie, car un coup d’œil à la pyramide des âges nous montrerait qu’un déficit du nombre d’entrées sur le marché de l’emploi est loin d’être le fait du hasard et explique en grande partie  que  le chômage des jeunes soit au plus bas et que plus d’un million d’emplois ne soient pas pourvus. Ceux qui ne sont pas nés il  y a vingt ou trente ans manquent à l’appel !  Mais loin d’être solide, le retour de la croissance reposait sur une illusion que la vague  « omicron » est en train de faire s’évaporer.

Du côté du Brexit, le gars Bojo prend enfin le retour de bâton  que méritent sa mauvaise foi et ses mensonges. Les multiples difficultés rencontrées par les importateurs et exportateurs britanniques pour s’approvisionner ou pour vendre, montrent que le  Brexit,  loin de leur redonner  une liberté de manœuvre, leur impose  de nouvelles contraintes et débouche sur une perte massive de souveraineté réelle. On est loin du « take back control » ! 

Le  monde ne sera  pas moins dangereux.  Poutine, qui n’en finit pas de montrer ses muscles du côté de l’Ukraine, semble vouloir privilégier la  voie diplomatique face à Biden mais en même temps lorgne du côté de la Chine. Les dictateurs nous montrent un peu plus chaque jour qu’ils n’ont peur de rien,  qu’ils  aient des résultats catastrophiques comme Erdogan, ou qu’ils tissent les fils étroits des routes de la soie  à travers la  planète avec la main de fer du communisme comme Xi Jinping, qui ne renonce pas à annexer Taïwan.  Dans ce sombre concert,  l’Europe aura bien besoin d’être unie pour espérer jouer un bout de partition. Il ne faut pas oublier que nous devons lutter en permanence contre  l’universalisme islamiste qui ne renonce pas à sa conquête de la planète et dont les démocraties occidentales sont les premières cibles à abattre.

Enfin, puisque la France prend la présidence de l’Union européenne pour six mois, profitons-en pour célébrer comme il se doit les vingt ans de l’Euro. Que les  Français l’aient adoptée par raison ou par passion, il n’en reste pas  moins que la monnaie commune apporte la crédibilité budgétaire à la quasi-totalité des Etats et heureusement, aujourd’hui, plus personne ne la remet en cause. Elle est devenue la deuxième grande monnaie internationale derrière le dollar en même temps qu’une balise de sécurité pour les européens,  qu’il s’agisse de l’épargne,  de la stabilité monétaire indispensable à nos entreprises, ou encore des capacités financières incomparables qu’elle peut apporter aux Etats eux-mêmes. Son seul défaut est qu’elle peut inciter au laxisme et malheureusement la France  ne sait pas y résister.

Voilà de quoi donner du grain à moudre pour le bloc-notes,  en ajoutant la campagne présidentielle, vous l’imaginez bien.

Une bonne année 2022, je ne sais pas, mais passionnante, certainement !

A  suivre, La France, une sorte de Cuba en Europe.

 


TRÊVE DES CONFISEURS

Noël approche à grands pas. Le bloc-notes va donc respecter  la tradition : il se met en pause jusqu'au début du mois de janvier. Les fêtes sont une intense période de retrouvailles avec la famille puis les amis.  C'est une période peu propice à l'écriture. Mais promis je reviens vers vous dès le  début de l'année; j'ai plein de sujet que je veux partager avec vous  :  Les deux menaces majeures qui menacent notre civilisation européenne, la France est-elle  sur  le  chemin de  Cuba  ?, cinq années pour pas grand' chose, Les Horizons bouchés  et pour finir les enjeux de la présidentielle qu'il ne faut pas oublier ... De quoi faire !

En attendant je vous souhaite :

un JOYEUX NOËL et de BONNES FÊTES DE FIN D'ANNEE !

 

Noel tintin 2


AU THEATRE CE SOIR

Macron tf1

 

La pièce était un peu longue, plus de deux heures, et parfois un peu ennuyeuse par ses longueurs. Mais le décor, le jardin d’hiver de l’Elysée new look revu et corrigé par l’architecte Isabelle Benabou sous la férule de « Bribri », s’il n’était pas de Roger Hart, offrait ses 1000 m2 qui ont désormais l’élégance et le glamour d’un hall d’hôtel 5*, avec en plus la jolie lumière d’une production TF1. Le tout aux frais du contribuable, transformé en sponsor bien malgré lui.

Le  sujet : Macron chez le psy.

Ou comment faire oublier les épisodes du quinquennat qui sont autant de boulets dont il voudrait se débarrasser pour sa campagne. Il fallait bien une séance d’introspection pour exorciser l’affaire Ben Alla, la photo indigne de la Guadeloupe, les  Champs-Elysées en feu des Gilets jaunes (pas les vrais, les gauchistes), et les nombreuses petites  phrases exprimant un mépris des  Français, ces gaulois réfractaires, ces gens de riens …  Comme chez le psy, les mots avaient parfois du mal à sortir face aux deux « accoucheurs » ; pour faire plus sincère, le Président, qui se décrit comme un « affectif, mais qui le cache », nous révèle qu’il a appris à « mieux aimer » les Français, et on est ravi de l’apprendre  parce qu’eux ils ne s’en étaient pas aperçu. Par contre il nous inquiète lorsqu’il ajoute qu’aujourd’hui, il « aime encore plus follement la France » qu’en 2017. Et on n’arrive pas à le croire quand il se dit « connecté  à l’Histoire de France »,  dont il a sans cesse présenté une vision déformée et inquiétante, comme  le « crime contre l’humanité » perpétré en Algérie, vision proche de la « cancel culture ».

Du mauvais théâtre.

On est au théâtre, sauf que ce soir, tout est faux, on n’est pas en direct. On nous diffuse, sur deux chaînes simultanément, le film institutionnel, joliment monté à partir de trois heures d’enregistrement, ce qui permet toutes les corrections et toutes les coupes ou améliorations des séquences qui auraient pu faire « taches ».  Une véritable « mise en scène »  qui permet  tous les artifices. Tout est  faux  et  jeu de  scène. La production avait dépêché les élégantissimes Audrey Crespo-Mara et Darius Rochebin pour jouer les rôles des journalistes. Pour la circonstance, ils ont l’œil humide de l’extrême connivence. C’est le scénario choisi : ils sont là pour faire passer les plats en douceur afin de complaire à l’hôte. Et ça commence bien : d’entrée on demande à l’intéressé s’il veut bien qu’on lui pose toutes les questions, même les dérangeantes… Les amateurs d’interview punchy à l’anglo-saxonne en auront été pour leurs frais. Nous sommes aux antipodes du regard haineux que Léa Salamé adressait à un autre candidat il n’y a guère : Audrey a le sourire conquis et énamouré et Darius  se confond en componction. La pièce se transforme en exercice marketing d’autosatisfaction narcissique d’un candidat tout seul avec lui-même. Evidemment on évite soigneusement les sujets qui fâchent comme les déficits excessifs et l’explosion de la dette. Macron aura été le président le  plus dépensier et les dépenses de son quinquennat battent même celles de  celui de Hollande.

Tranches de vie et mea culpa…

L’épisode sur «  l’équipe formidable qui l’entoure », assorti d’un hommage hypocrite à Agnès Buzyn  nous fait franchement rire tant il  est vrai que tout un chacun connait les noms de tous ses ministres par cœur, tellement ils  sont connus et efficaces. En fait, l’émission sert à poser des contre-feux qu’il est aujourd’hui nécessaire d’activer et qui ont été clairement identifiés par les équipes de com, présentés tels des albums de Martine : « Macron a appris à aimer les  Français », « Macron connait l’Histoire de France », « Macron a une équipe formidable », « Macron a transformé la France »… Ce n’est plus du théâtre, on donne dans le documentaire, c’est « Echappées  belles en Macronie ». Des longueurs, de l’autojustification, des mea culpa plus ou moins appuyés qui relèvent de l’humilité théâtrale,  avec l’utilisation répétée de l’expression « J’ai appris », des questions téléphonées, une attention particulière à citer les vrais gens croisés sur le parcours - les infirmières « désespérées » de Mulhouse, « le conducteur de poids lourd », « l’auxiliaire de vie » -, transparaît alors le jeu bien rodé du futur candidat qui ne le dit pas encore, et la déclaration d’amour bien sûr, à la France et aux Français. On comprend alors  que la France a perdu beaucoup de temps avec un Président qui ne savait pas et qui a dû apprendre.

De toute évidence dans cet exercice qui apparait comme la dernière marche avant une entrée en campagne, Emmanuel Macron voulait effacer les  mauvais épisodes et défendre son action. Malgré les crises et les difficultés, il a réformé, a-t-il martelé, la « Révolution » promise en 2017 s’est bien enclenchée. Mais va-t-elle dans le bon sens ? Et puisqu’un tel mouvement nécessite du temps, -« On ne transforme pas un pays en cinq ans »-, ben voyons, il faudra la poursuivre, en citant notamment l’hôpital et la « révolution démocratique » -n’ayons pas peur des mots !  Sur ce point on peut craindre le pire avec  Bayrou dans les parages…

L’hypocrisie comme art de faire.

La défense et illustration du bilan ne se fait pas sans attaquer celle qui est devenue la  principale adversaire, dont il se serait bien passé. Valérie Pécresse le bouscule sur son bilan, conteste l’ampleur des réformes, déplore la dérive des finances publiques, le force à rendre des comptes. A l’adresse des électeurs venus de la droite qu’elle semble séduire, il développe un discours sur la bureaucratie que tient aussi sa rivale. Mais celui  qui a mis  l’hypertechnocratie au pouvoir n’est pas crédible. Dans la crise sanitaire, « la machine a montré qu’elle était trop lourde. La norme et la complexité ont trop de place. On doit réussir à simplifier », dit-il, mais pourquoi ne l’a-t-il  pas fait ? Ah, j’oubliais, simplifier, oui,  mais dans l’humanité, on l’aura compris. Derrière les 150 000 suppressions de postes que Valérie Pécresse propose, « il y a des hommes et des femmes », dit-il. Sauf qu’il n’est pas question de les mettre  à la porte mais simplement de ne pas  les remplacer à leur départ en retraite. C’est tellement plus facile de caricaturer l’adversaire en la faisant passer pour ce qu’elle n’est pas. Même la réduction qu’il avait promise de 20 000 postes dans la fonction publique, Macron n’a pas été capable de la tenir.

Inéquité !

Un peu plus de 3 millions d’auditeurs, moins que Koh Lantha, ça en dit long sur la  « fatigue » des Français. Et on ne sait pas combien ont suivi l’émission jusqu’au bout.  Une chose est certaine : cet énorme clip de propagande diffusé à nos frais avec grand cynisme par un « non candidat » qui le sera « d’évidence », est un procédé totalement inéquitable par rapport aux autres candidats.  Rappelons-nous la  pression du CSA sur Eric Zemmour qui a été obligé de quitter CNEWS, alors qu’il n’était même pas candidat.

Au fait, vous avez  compris où va la France ?

Une fois de plus, on a pu avoir le sentiment d’être pris pour des cons !


LES ENNUIS ARRIVENT !

Bout du rouleau

L’inflation est là. 

En France, elle est encore au-dessous des  3%, mais le niveau qu’elle atteint aux Etats-Unis (près de 7%)  nous montre très clairement ce qui nous attend à brève échéance. Ce  qui devrait être une bonne nouvelle va se transformer en chemin de croix à cause de nos déficits et surtout de notre dette. Et l’alignement des planètes contrariantes est en train de se mettre en place. La rencontre avec Olaf  Schultz, nouveau chancelier allemand, avec  Macron, malgré les sourires de façade, n’a pas levé l’exigence germanique de retour à l’orthodoxie financière et la BCE tiendra jeudi une réunion de politique monétaire sous haute tension, à l’issue de laquelle elle devrait annoncer l'arrêt des mesures d'urgence contre le Covid. Entre l’explosion des contaminations et les craintes liées au variant Omicron, le moment semble peu propice, mais l’institution joue sa crédibilité, après avoir reporté plusieurs fois sa décision afin de préserver l’économie européenne. D’autant plus que La Fed se réunira mardi et mercredi et se retrouve elle aussi en position délicate, alors que l'inflation est au plus haut depuis quarante ans aux Etats-Unis. Si la divergence entre les deux banques centrales est  trop forte, en raison par exemple de mesures trop timides du côté européen, l’euro pourrait en faire les frais,  la correction se faisant à la baisse. De quoi compliquer la fin du mandat de « Macron-le-crameur-de-caisse ». Le gros  problème, c'est que personne ne sait comment sortir de ces politiques de création monétaire à tout va.  Il n'y a que des mauvaises décisions à  prendre. 

L’impasse américaine.

La réserve fédérale américaine, par la voix de son président, a reconnu qu'elle s'était trompée dans son appréciation de l'inflation.  En conséquence, la Fed doit rapidement revoir sa politique de rachat d'actifs à l'aune de cette nouvelle dimension. Cette prise de conscience est bienvenue, notamment compte tenu du risque du maintien de l'inflation à un niveau dangereusement élevé au cours des prochains mois. Beaucoup d'observateurs notent à juste titre que la Fed ne dispose pas des outils nécessaires pour débloquer les chaînes d'approvisionnement ou pour accroître la main-d'oeuvre. Mais plus la Fed tarde à réagir correctement à l'évolution de l'inflation, plus grande est la probabilité qu'elle soit amenée à changer brutalement de politique, devenant elle-même la cause principale d'une tendance inflationniste. Même en ayant ainsi raison, elle risquerait de susciter une récession nationale, la volatilité des marchés et des retombées dommageables pour l'économie mondiale. Une certitude : la Fed doit maintenant diminuer beaucoup plus rapidement ses achats mensuels d'actifs. Une impasse politique pour Joe Biden, mais non sans conséquence pour l’Europe, et donc nous. On sera rapidement fixé.

La fin du laxisme budgétaire.

Il va donc falloir être plus rigoureux. « Rigueur », voilà un gros mot politique qu’il  ne faut surtout pas prononcer. Et avec la  chance qu’elle a, la droite va reprendre le pouvoir au pire moment, celui de la fin du « quantitative easy ». De quoi compliquer sérieusement les projets électoraux de baisse  des  charges et d’augmentation des salaires. Nous allons payer 10 ans de  laxisme budgétaire Hollande-Macron, ce dernier ayant été de loin, le plus dépensier. De quoi regretter aussi la  belle époque de l’alignement des  planètes : énergie à bas coût, inflation nulle, taux d’intérêts négatifs, croissance mondiale. C’est  à ce moment-là qu’il aurait fallu faire baisser la dette et rétablir nos équilibres financiers… mais comment résister à la tentation d’emprunter dans de telles conditions pour un  pays addict à la dépense publique ?  Nous serons vite fixés : le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, reçoit aujourd’hui à Paris son homologue allemand, Christian Lindner, pour évoquer une évolution des règles budgétaires européennes. Le  grand argentier allemand ne cache pas sa volonté de mettre fin  à la gabegie française. Les discussions sur une réforme du Pacte de stabilité vont entrer dans le vif du sujet !

Le déclassement de la France.

Notre Ministre de l’économie a beau  se vanter de la croissance forte (6%), jamais vue depuis des  décennies, elle n’est que le résultat d’un ressort qui se détend après les restrictions de la pandémie. Le rebond n’est que la  conséquence de la chute de 8% du PIB en 2020, et ne rattrape  pas  complètement la richesse perdue. Il n’empêche, un pays qui importe plus de biens qu’il n’en exporte, dont la dette est achetée massivement par des non résidents, est un pays qui décroche. Les récents succès de nos ventes d’armement sont bons à  prendre, mais ils sont l’arbre qui cache non pas la forêt mais l’étendue de notre désert industriel. Si les marges de manœuvre budgétaires  se resserrent, comme c’est à prévoir, la tâche de redressement de  la France en sera rendue plus ardue. Il y faudra de l’audace et du courage politique qui militent pour une alternance. Car  ces deux qualités manquent cruellement au  pouvoir actuel,  ligoté  dans  son « en même temps » et  réduit à de belles déclarations sans suite concrète la plupart du temps. Cela dit, ce n’est qu’un des enjeux de la bataille électorale qui s’annonce.

La donne politique.

Contre le volontarisme affiché de Valérie Pécresse, l’auberge espagnole de « Ensemble, citoyens » répond en ordre dispersé. Castagnette dénonce le glissement vers l’extrême-droite, le charlatan de l’Intérieur, Darmanin, se décerne des brevets de « droite authentique »…   Tous les transfuges montent au créneau contre elle, mauvaise foi en bandoulière. Si la bêtise tuait,  ils seraient déjà morts, car on pourrait les renvoyer facilement à leurs anciennes convictions et  à  leurs contradictions. Le déni de réalité est  une caractéristique commune à  toute la macronie. Quant  à Raffarin, je lui conseille de lire l’analyse de la Fondapol de Dominique Reynié, qui n’est pas  spécialement de gauche :  « de Zemmour à Le Pen en passant par Dupont-Aignan, la «composante populiste et souverainiste» est désormais majoritaire à droite (elle représente 70% du total des intentions de vote), «Valérie Pécresse ne pourra emporter la présidentielle ni même parvenir au second tour si elle ne tire pas les leçons de cette nouvelle réalité électorale», analyse le directeur général de la Fondapol. Autrement dit, pour ne pas connaître le destin du Parti socialiste, LR et sa candidate devront convaincre au moins une bonne partie de l'électorat lepéno-zemmourien. Cela n’empêche pas de regarder au centre. En 2017, Si Fillon avait su garder Bayrou dans son sillage, il aurait gagné. Aujourd’hui, le Centre peut être utile, malheureusement, il faut être lucide,  il n’est plus la priorité.

 


UNE CROISSANCE A TROUS.

Croissance 2014 panne

 

Puisque Zemmour débat ce soir avec Le Maire sur France 2, voici quelques éléments que vous devriez avoir à l’esprit.

Le commerce extérieur de la France s’est encore dégradé en octobre à 7,5 milliards d’euros.  Normal, puisque la consommation est le principal moteur de notre croissance avec la dépense  publique.  Comme nous achetons ce que nous consommons à l’extérieur, le  trou de notre balance commerciale s’accentue. Et  comme le pouvoir d’achat qui permet de relancer la consommation a été financé essentiellement par les  prestations versées par l’Etat pendant la crise sanitaire ( chômage partiel, aides  aux entreprises, etc…), il a été rendu possible par le creusement de la dette.  Cette croissance est donc une illusion économique  par son côté artificiel détaché de l’économie réelle.  Et si elle est forte, c’est d’une part parce que l’année 2020 et les confinements ont provoqué une rétention financière qui s’est libérée en provoquant un sursaut de consommation des ménages et de dépenses des entreprises, et d’autre part parce que le gouvernement a continué le quoi qu’il en coûte  en gardant  le chéquier ouvert.

Le quoi qu’il en coûte continue.

En 2021, les dépenses de fonctionnement sont reines. Entre 2020 et 2021, la dépense publique de fonctionnement a bondi de près de 48 milliards d'euros. Le chéquier est particulièrement ouvert en ce moment avec les promesses de dépenses supplémentaires pour 2021 (exemple : chèque énergie additionnel à 580 millions d'euros) et les promesses de dépenses en plus pour 2022. Si l'on fait une comparaison France/Allemagne, le verdict est sans appel. L'Allemagne va clôturer l'année 2021 avec une croissance estimée à 3,4 % qui semble loin des 6 % de la France mais, outre-Rhin, c'est l'investissement privé et le solde extérieur, donc les exportations, qui la dynamisent avec plus des deux tiers de création de valeur ajoutée privée, alors qu'en France, c'est la moitié seulement. En clair, si nous n'avions pas des dépenses publiques de fonctionnement aux vannes ouvertes pour 2021, nous aurions la même croissance peu ou prou que l'Allemagne… L'effet rebond tant vanté est donc largement dû à la relance par la dépense du secteur public. Relance financée par le déficit (203 milliards d'euros en 2021) et la dette (185 milliards de dette en plus).

Une croissance en partie factice.

C’est le scénario du trou qu’on rebouche en faisant un trou plus grand. Cette croissance financée à crédit n’est pas vraiment pérenne sauf si on accepte la poursuite de la dégradation des finances publiques. Le gouvernement a assis sa prévision optimiste de 4 % de croissance pour l'année prochaine sur l'hypothèse d'un dégonflement quasi-complet de l'épargne des ménages constituée pendant les confinements et donc un regain de croissance de la consommation privée, qui creusera un peu plus notre déficit commercial. Ce regain de consommation privée permettrait de compenser le recul de la dépense publique qu'il a inscrit dans sa prévision pour 2022. Sauf qu'on est en campagne électorale et qu'il y a fort à parier que le dérapage des dépenses publiques va continuer aussi en 2022, continuant de gonfler artificiellement la croissance en la finançant par du déficit. Qu’on comprenne bien : 6% de croissance génèrent environ 150 milliards d’euros de PIB supplémentaire. Il faut mettre en face les 200 milliards du déficit budgétaire 2021 et environ 85 milliards de déficit du commerce extérieur, solde négatif qui ampute notre richesse. Bruno Le Maire peut se glorifier, il bâtit sur du sable. Si l’Etat arrête d’arroser, notre croissance retombe au 1,5% résiduel, très insuffisant pour assurer l’emploi et le désendettement.

L’inflation et la remontée des taux.

Le fait que l’inflation soit de retour n’est pas une bonne nouvelle. Elle provoque la hausse des prix et des tensions sur le pouvoir d’achat qui se traduisent par des hausses de salaires qui la rendent plus durable. Qui dit inflation dit aussi hausse des taux d’intérêt qui vont renchérir la dette. La  période dans laquelle on entre risque d’être compliquée à gérer, surtout si la France continue d’être un panier percé. Les hausses d’impôts seront alors inéluctables dans un pays qui en est déjà le champion mondial. Avec un poids en plus pour celui ou celle qui prendra le manche en avril 2022 : le gouvernement a reporté toutes les échéances qui fâchent à après les élections comme le remboursement des PGE (Prêts garantis par l’Etat). Dégonflement de l’épargne des ménages plus hausse des prix plus relèvement des impôts, voilà un cocktail amer qui nous guette.

Si le programme de Pécresse est un programme recyclé du passé (du XXème siècle), la  modernité serait celui de Macron et Le Maire : donc si je comprends bien c’est la dette infinie, déjà à 3 000 milliards (+  1 000 milliards en 4 ans), les déficits publics (200 milliards par an), le  déficit de  notre balance commerciale (85 milliards par an),  les records d’impôts, le règne de  l’hypertechnocratie  et de l’Etat omnipotent, sans parler du communautarisme, de l’insécurité et de la violence …  

Drôle de modernité !

 


UNE CANDIDATE FORTE, UN PARTI PUISSANT.

Pécesse candidate

 

Le congrès a choisi.

Ce sera  Valérie Pécresse qui représentera notre courant  politique dans la compétition pour la présidence de la République. Beaucoup de commentateurs ont raisonné sur des bases fausses. Il n’y a pas de vraie surprise ni sur le score d’Eric Ciotti, ni sur celui de Valérie Pécresse, si on s’appuie sur la structuration des adhérents LR. Les deux sélectionnés pour le  second tour  sont issus des deux plus grosses fédérations qui représentaient chacune environ 25% du corps électoral. Mais peu importe, la nouveauté c’est que les  cinq candidats fassent corps au lendemain du verdict et ce n’est pas le petit accroc avec Eric Ciotti que les médias et les adversaires que notre candidate gêne ont monté en épingle pendant tout ce dimanche, qui y changera quelque chose. D’ailleurs aujourd’hui,  lundi, tout va rentrer dans l’ordre. Cette première semaine de campagne sera consacrée à l’unité derrière elle. Cette première phase aurait dû se conclure par un grand rassemblement  à la porte de Versailles, mais  les responsables LR ont préféré l’annuler, en dirigeants responsables, pour  tenir compte des conditions sanitaires. Ce que nous avons vu du camp zémmourien hier m’a rassuré : les déçus du Congrès vont ils céder et se précipiter dans les bras de cet orateur fût-il de talent, de succomber au charme d'un discours qui copie les solutions des autres et de se noyer aveuglément dans une foule au bord de l'hystérie ? N’est-ce pas  l'art de remplir des salles avec du vide et des lieux communs..... Valérie Pécresse saura allumer dès aujourd’hui les contre-feux et répondra aux attentes de son parti et surtout de son électorat !

Les  six atouts de Valérie Pécresse.

L’agressivité des macroniens en dit long sur leurs préoccupations. Les attaques sont venues immédiatement par la voix du roquet de la Macronie, l’Attal de service, et celle de  l’inénarrable Castagnette, ex ministre incapable de l’Intérieur. Valérie Pécresse ne vient pas de nulle part. Elle a derrière elle une grande expérience de la chose politique.

Atout n°1 : elle préside la région de France la plus peuplée.

Diplômée de HEC Paris, sortie 2ème  de l’ENA, élue députée en 2002,  puis ministre à l’enseignement supérieur et aux finances, elle a enlevé la Région Ile-de-France à la gauche en 2015 et récidivé en 2021. Elle préside la plus grande région de France, voire d’Europe, de la taille de la Belgique, et l’une des plus complexes à gouverner. Voilà un parcours qui atteste de compétences et de savoir-faire.  C’est son premier atout. Elle y a démontré sa  capacité à gérer les finances publiques en économisant deux milliards d’euros malgré tous les bâtons que le pouvoir central lui a mis dans les roues,  et a mis en oeuvre des solutions innovantes  dans tous les domaines des compétences régionales.

Atout n°2 : elle fait ce qu’elle dit. 

Certains considèrent qu’elle part avec le handicap d’être  une femme politique.  Ceux qui la connaissent savent que sa principale qualité est sa capacité à ne pas changer d’avis au gré du vent et à ne jamais céder. D’ailleurs certains de ses adversaires lui ont donné comme surnom : « la tigresse ». Autrement dit, il ne faut surtout pas sous-estimer sa détermination, quand elle se fixe un objectif, elle donne tout pour l’atteindre. Ce qui plaira aux Français, c’est qu’elle a l’habitude de faire ce qu’elle annonce  et plus que les discours pour plaire, elle préfère les décisions pour faire. On peut être certain que sa main ne tremblera pas.

Atout n°3 : elle a un programme cohérent et chiffré.

En matière de gestion, elle a fait ses preuves,  c’est le  moins qu’on puisse dire. Aussi doit-on regarder ses promesses de campagne avec sérieux car elle a pris  soin de faire tout chiffrer. Et si l’on en croit l’IFRAP, ça tient la route. Ce qu’elle propose,  c’est ni plus ni moins le rétablissement de nos finances publiques, l’inversion de la courbe de la dette, tout en mettant les moyens là où il faut :  la sécurité, la santé et l’éducation. Tout ne se fera  pas en un jour, mais les solutions qu’elle propose  sont crédibles.

Atout n°4 : elle a  battu ses rivaux  à plate couture aux régionales.

Femme de terrain, elle sait faire campagne. La région Ile-de-France, c’est une France miniature qui concentre tous les problèmes de l’hexagone : la ruralité, les banlieues, les mobilités, les déserts médicaux, le logement… Toutes les thématiques de la  France contemporaine s’y rencontrent. Politiquement, elle a affronté lors de la campagne de 2021 les principaux leaders de l’échiquier politique et pas les moindres : 5 ministres de Macron, Jordan Bardella pour le RN et Julien Bayou le patron des Verts … Il faut souligner la médiocrité des arguments de ses adversaires  sur sa légitimité, sur sa personnalité, sur son image parisienne, sur le procès en compatibilité avec Macron, sur La force du parti Les Républicains… Les Franciliens ne s’y sont pas trompé, ils en ont redemandé !

Atout n°5 : elle peut s’appuyer sur une droite rassemblée.

On peut dire merci à Christian Jacob. On lui doit l’esprit de collaboration qui a présidé à la sérénité des débats entre les cinq candidats. Et aujourd’hui, on peut compter sur la cohésion du pack républicain. Elle sera le gage de la réussite. Aussi Valérie Pécresse  va-t-elle enrichir son projet, qui a été validé par 60% des militants, des idées contenues dans les autres programmes, ceux de ses concurrents et celui du parti. Contrairement à 2017, l’électorat de la droite et du centre se verra proposer un projet unitaire, enrichi des meilleures idées des uns et des autres. Elle peut affirmer que la droite est de retour, elle peut parler au nom de toute la droite modérée (républicaine m’agace un peu).

Atout n°6 : Les Républicains, un parti puissant.

Ne comptez  pas sur les commentateurs pour en faire état. C’est une impasse qu’ils font sciemment ou par oubli, recroquevillés qu’ils sont dans leur univers parisien. Les Républicains constituent la première force politique de France par son  implantation territoriale. La candidate peut s’appuyer sur un puissant réseau de  maires (56%  des  villes de plus de 9 000 habitants), de conseillers départementaux (75% des départements) et de conseillers régionaux (6 régions sur 13), sur le groupe de parlementaires le plus important de l’opposition (100 députés, les sénateurs majoritaires)… Sa campagne trouvera des relais partout et des milliers de militants répartis sur tout le territoire pour la relayer. Dans une campagne présidentielle, ça compte.

Avec elle, l’horizon de la droite s’éclaircit et elle retrouve des chances de figurer au second tour.  Là est l’essentiel. De l’espoir à la réalisation, il reste désormais à faire le chemin et ça ne sera pas chose aisée. Elle dispose d’une équipe pratiquement constituée avec les quatre autres candidats à la primaire qui se sont engagés à la soutenir et dont les spécialités politiques sont complémentaires. L’équipe autour d’elle parait solide, compétente, solidaire après avoir mis les egos au vestiaire. Ciotti lui amènera les voix de l’extrême-droite, et Bertrand celles du centre-gauche. Barnier apportera son expertise en diplomatie européenne et internationale. Juvin enfin sera la caution médicale en cette période de pandémie. Son conseiller Patrick Stéfanini, magicien des campagnes électorales, a l'avantage de déborder d'idées. Valérie Pécresse est aujourd’hui la seule personnalité dont on peut raisonnablement penser aujourd’hui qu’elle est en mesure de mettre un terme à l’aventure macronienne. Elle est un danger politique pour Emmanuel Macron qui n’a plus l’aura de ses débuts. Tout dépendra du pays profond. Gardera-t-il une capacité d’intelligence collective et de caractère pour déjouer un destin qui lui est tout tracé par les sondages… ? A nous de jouer !

 


HE, HE, ZORRO EST ARRIVE…

Zorglub  2

 

Cette vieille chanson d’Henri Salvador m’est revenue à l’esprit à l’occasion de la déclaration de candidature de « Monsieur Z ». Z comme Zorro ! Là s’arrête la métaphore. Il ferait plutôt penser à Zorglub, ce personnage maléfique de Spirou. L’intéressé nous a gratifiés d’une parodie grotesque de l’appel du 18 juin 1940 en forme de message vidéo  suivi d’une interview au 20H de TF1 frisant la correctionnelle. La  volonté de dramatiser avec un coup d’éclat  sombre dans le ridicule quand elle fait suite à un épisode peu glorieux de la part d’un personnage prétendant aux plus hautes responsabilités : « Imagine-t-on le général De Gaulle faisant un doigt d’honneur lors d’un déplacement officiel ? » Le paradoxe se suffit à lui-même. L’image serait presque anecdotique si elle ne traduisait, en réalité, une vision de la vie politique et du débat démocratique. Car, Monsieur Z. a eu l’occasion de le dire à nombreuses reprises, il n’envisage par la saine controverse idéologique que permet notre démocratie comme un moyen de rassembler, d’unir autour d’un projet, mais au contraire, de diviser et de fracturer.

Moi, De Gaulle…

La  comparaison avec  notre grand homme ne fonctionne pas. Le képi est décidément trop grand. Il ne suffit pas d’oser exposer un ego hypertrophié, le manque de « présidentialité » est évident et pour en acquérir le statut, il ne suffit pas non plus d’invoquer la figure du premier des  présidents de la Vème et de tenter de se mettre dans ses pas façon « appel ». En voulant reconstituer le décor jusqu’au micro vintage et en prenant le ton des « heures sombres », on tombe dans le mauvais vaudeville. A force de vouloir étonner, on finit par faire rire. J’entends déjà : « on ne touche pas à la statue du commandeur sans d’infinies précautions », ou encore « mais pour qui se prend-il ? » C’est le décalage entre  l’image que le polémiste nous donne à voir et l’ombre portée du Libérateur de la France qui devient comique.

A poor lonesome candidat…

Une seule prise de guerre et quel soutien : Charles Millon ! Cet ancien troublion de l’UDF et du Parti Républicain de Léotard, aujourd’hui en retraite et coupé de toute influence, a toujours eu un tropisme très « droitier ». Quant au renfort de Jean-Frédéric Poisson et  de son minuscule parti Chrétien démocrate c’est un non-événement. La réalité est que Z. est tout seul. Le dégagisme a ses limites et confier le pays à des amateurs, on sait ce que cela donne. Le discrédit systématique de « ceux qui savent faire » relève du populisme simpliste et constitue un danger pour la République.  C’est  une régression démocratique. Oui, il faut sauver notre pays du déclin et de la décadence. C’est la priorité absolue. Le déclin se mesure à notre recul économique que la longue série de nos déficits publics, de notre commerce extérieur en berne et de notre dette illustrent amplement malgré les artifices de la planche à billets. Il se mesure aussi à notre perte d’influence géopolitique du Liban au Pacifique en passant par l’Afrique francophone et l’Europe. Notre décadence s’affiche aux yeux de tous par le règne des minorités qui minent la cohésion nationale, ruinent notre démographie, altèrent notre culture, fragmentent la société et démoralisent les Français.  Mais il ne suffit pas d’invoquer l’Histoire millénaire de la France. Faire écho à l’angoisse populaire pour en faire une caisse de résonnance non plus ! S’imaginer qu’un gourou entouré d’adorateurs, transformés pour la circonstance en « majorité ardente inspirée par le patriotisme », pourrait d’un coup de baguette magique imposer les puissantes réformes nécessaires relève du fantasme. Remplir des salles ne remplit pas forcément les urnes. J'ajouterai que tenir une réunion de plus de 10 000 personnes sans exiger de passe sanitaire n'est pas  très responsable dans le contexte sanitaire actuel..

Provoquer pour exister.

Décalé, excessif, clivant. Ses partisans sauront y voir de la constance, des convictions et une fidélité à lui-même. Sans doute faut-il au moins cela pour enrayer le déclin amorcé de sa propre candidature. Chassez le candidat, le polémiste n’est jamais loin. C’est peut-être un bon moyen pour faire campagne dans une époque qu’il faut abreuver d’images choquantes, mais cela ne constitue pas un programme de gouvernement et ne donne  pas de preuves  tangibles de  la capacité à gouverner : tenir l’Etat ne s’improvise pas, il faut en connaître les codes et les arcanes.  Entré en campagne en parlant à une base de convaincus, sans chercher ni à élargir ni à rassembler, c’est la marque de Zorglub désormais candidat. L’exercice auquel il s’est livré jusqu’à maintenant n’a pas  montré non plus sa capacité à s’élever à la hauteur de son idéal. La « présidentialité » lui manque toujours.  A cet égard, le V de la victoire, emblématique de l’esprit gaulliste, aurait été une bien meilleure réponse au doigt d’honneur !

La lumière Joséphine Baker.

L’un des enjeux de la présidentielle de 2022 est bien celui de la démocratie contre le complotisme et plus largement l’obscurantisme. La question ne porte pas seulement sur le choix d’un homme ou d’une femme, mais sur celui ou celle qui continuera à défendre sans état d’âme nos principes constitutionnels, ceux dont nous n’avons vraiment pas de quoi rougir. Ils continueront à éclairer notre démarche, ils seront les critères du scrutin. Et de ce point de vue, au sombre discours de déclaration de candidature, je choisis la lumière apportée, ce n’est pas une coïncidence, par Joséphine Baker, dont l’entrée au Panthéon nous montre combien elle est actuelle dans sa quête de liberté, apportant la plus belle illustration qui soit de la supériorité de  « l’universalisme » dont elle est une des plus belles démonstrations par la  carrière qu’elle a pu mener. A sa manière, elle a été une « Marianne » !

Cette fois-ci, Zorro n’est pas le sauveur.  

 


J'AIME LES HOMMES !

Sophie de Menton

Et ce n'est pas dans l'air du temps ! 

Je ne résiste pas au plaisir de publier sur le bloc-notes ce joli billet de Sophie de Menton, tellement il prend à contre  pied la bien-pensance en vogue, et tellement en accord  avec  l'esprit français que nous aimons.

Un billet de Sophie de Menthon

J’aime les hommes qui me prennent pour une femme et qui se mettent plein de cambouis sur les mains sans mot dire, et sans me connaître, pour remettre ma chaîne de vélo qui a déraillé.
J’aime les hommes qui, protecteurs, m’interpellent en m’appelant « ma p’tite dame ».
Je les aime tels qu’ils sont. J’aime qu’ils regardent un décolleté (que l’intéressée a soigneusement mis en valeur, pour qui ?  seulement pour elle ?  ah bon…).
J’aime les hommes qui prétendent que, femme, j’ai beaucoup plus d’intuition qu’eux. 
J’aime les hommes qui n’envisagent pas de ne pas protéger une femme. Sexe faible après tout !

J’aime les hommes au point de ne pas les virer du comité de direction sous prétexte qu’il manque deux femmes. Au fait, j’aime bien l’idée « d’appartenir » à un homme – avec bien sûr toutes les exceptions imaginables, et surtout quand ça m’arrange…
J’aime bien être de mauvaise foi, et qu’un homme en soupire.
J’adore faire semblant d’avoir peur pour qu’il me rassure.
Je n’en ai rien à faire que la grammaire française ait privilégié le masculin pour en faire un sexe – pardon : un genre – dominant !  Lire Madame Bovary en écriture inclusive serait une décadence intellectuelle et culturelle absolue.
Je n’ai jamais pensé que si le président de la République (à l’origine de la mode) ne disait pas «celleZéceux » à tout bout de phrase, c’est qu’il m’avait oubliée moi et mes congénères.
J’aime aussi les hommes qui aiment les hommes, à condition qu’ils aiment aussi les femmes, et parfois avec plus de sensibilité.

J’aime être élégante, m’habiller pour plaire aux hommes, et pour me plaire à moi aussi. La séduction est un mode de relation exquis. Ne sommes-nous pas le pays de l’amour courtois, du romantisme et de l’élégance ?

Je peux pardonner aux hommes qui sont lourdingues et qu’il faut remettre à leur place. Une main baladeuse peut valoir une bonne baffe à son propriétaire, et un drame à haute voix, mais pas le tribunal !  Et d’ailleurs j’aime les autres hommes qui remettent aussitôt les lourdingues à leur place (on en voudrait plus dans le métro…).
J’aime bien les hommes entre eux, même devant un match de foot que je déteste. Pire : j’aime qu’ils m’ouvrent la portière de la voiture et portent ma valise pour monter dans le train…

J’ai adoré traîner au lit avec mon nouveau-né dans les bras pendant que le père partait bosser ! et je ne vois pas pourquoi ce dernier prendrait ma place pour que je retourne – moi – travailler plus tôt. Françoise Giraud disait que « les femmes n’étaient pas des hommes comme les autres ». Je maintiens et je vais plus loin : les hommes ne doivent pas devenir des femmes comme les autres, nuance…

Sans doute que je sais presque tout faire aussi bien qu’un homme, mais j’adore ce qu’il fait mieux que moi et cela ne me pose aucun problème.
Le fameux plafond de verre je le casse quand je veux, j’ai tous les moyens pour ça.

Certes, il y a abus de pouvoir lorsque le DG drague sa secrétaire… mais cela s’appelle comment quand la femme du DG se fait en permanence piquer son mec par les secrétaires ou la dir. com ?  Abus de poste subalterne ?

« J’aime les filles … » chantait Dutronc, je suggère qu’on chante la chanson à l’envers. J’aime les hommes des comédies romantiques, les hommes qui chantent sous la pluie, qui sont maladroits, qui demandent en mariage à genoux, qui ont peur de nous, qui aiment tous nos défauts jusqu’à en faire des qualités… j’aime bien tout ce qui fait ricaner voire hurler les féministes ! Je trouve d’une immense tristesse un monde non binaire et non « genré » (pas encore dans le dico, même le Petit Robert…). 
Tarzan m’a fait rêver et je ne détesterais pas être Jane !  Quant à « Angélique marquise des anges » ou Scarlett O’Hara, ce furent mes héroïnes, je le confesse.  

Rassurez-vous : personne ne me piquera ma place, je suis une cheffe d’entreprise sans complexes et tout me semble possible, sans avoir besoin de discrimination positive, « parce que je le vaux bien ». J’apprends aux filles à ne pas se laisser faire, à oser, à assumer, à ne pas être naïves, à se battre, à ne jamais mettre un voile, à ne pas monter dans la chambre d’hôtel d’un homme même pour un prétexte professionnel, et… à ne pas profiter de la faiblesse masculine ambiante pour sortir en hurlant de l’ascenseur, histoire de jeter des doutes sur le voisin de bureau qu’on ne peut pas blairer. Je veux que les hommes continuent de prendre l’ascenseur seuls avec moi.

Je n’ai définitivement pas envie qu’on se venge de 10 000 ans de « domination masculine » en leur jetant leur galanterie à la figure et en les émasculant. Chacun son combat ! Et ne me dites pas que je cautionne les violeurs, les violents et les imbéciles !

 

ECONOMIE : INFLATION, DETTE et Cie

économie plomberie

 

Comment va-t-on pouvoir concilier inflation et dette ? Un sujet qui revient à l’ordre du jour, d’autant plus que l’Allemagne revient dans le jeu avec un nouveau gouvernement et de nouvelles exigences.

Les effets de  la crise.

Vous vous rappelez, avant le Covid, les Etats de l’Union européenne étaient soumis au « pacte de stabilité », c’est-à-dire à la nécessité de respecter des normes budgétaires et à la contrainte de contenir l'endettement public. Il n’était pas simple d’économiser l’argent, surtout dans un pays comme la France, et encore moins simple de réaliser les réformes pour tenter de gagner quelques milliards ici et là. Il a suffi qu'un virus apparaisse en Chine et se propage dans le monde entier pour que tout change, et comme par magie, tout est devenu possible. Il fallait de l’argent : on en a fabriqué beaucoup et de plus en plus. Oubliées les réformes, les économies, les  contraintes. Pas de problème pour les déficits, la dette… On peut comprendre qu'il ait fallu intervenir par une décision politique, « quoi qu’il en coûte »,  qui visait à nous préserver pour tenter de compenser une décroissance subie. Mais pourquoi continuer aujourd'hui ? Pourquoi continuer à distribuer des dizaines de milliards d'euros ? C'est que maintenant qu'on a ouvert la boîte de Pandore, impossible de la refermer !  Surtout en France.

La question du retour à l’orthodoxie budgétaire.

Le  gouvernement français a profité du vide politique en Allemagne pour continuer, sous prétexte de crise sanitaire, même après le rebond de l'économie, à dépenser et dépenser encore. Les quelques mois de battement nécessaires à la formation d'un nouveau gouvernement en Allemagne ont été une aubaine. Avec les sociaux-démocrates, alliés en plus aux écologistes, on avait une chance de faire sauter définitivement les règles de Maastricht, d'oublier les contraintes de limite du déficit à 3% du PIB, et d'enterrer les limites d'endettement. Et la France se frottait déjà les mains. Mais La nouvelle coalition gouvernementale, appelée « feu tricolore », a un troisième allié : les Libéraux, et leur chef de file, Christian Lindner, est un faucon, gardien du temple de la rigueur ! Le problème pour la France c'est qu'il est devenu...ministre des Finances. Il a donné tout de suite le ton en expliquant qu'il fallait revenir en Europe à l'orthodoxie budgétaire et que l'Allemagne ne devait pas continuer à financer les dérives de certains pays de la zone euro... Dans le programme du gouvernement de la nouvelle coalition allemande, l'austérité est à nouveau gravée dans le marbre et le retour à l'équilibre budgétaire obligatoire. Comme les Sociaux-Démocrates et les Verts ont laissé les clés des finances allemandes et européennes à Lindner, il va avoir les mains libres. Comme qui dirait un caillou dans la chaussure du gars Macron.

La parade de la France.

Si vous vous demandiez pourquoi notre Président est allé à Rome et a signé avec Draghi un traité bilatéral de coopération, la réponse  est toute simple : il fallait trouver une parade au père fouettard allemand. La parade, c'est Mario Draghi. Il s’agit d’utiliser le leader italien pour calmer les ardeurs de Lindner, et gagner du temps. Un axe Paris-Rome avec le banquier central qui a sauvé l'euro et qui fait figure de référence en Europe et de sauveur en Italie peut changer la donne. Plutôt que chercher à assainir nos finances, on continue à chercher des prétextes ou des alliés pour dépenser sans compter. Il n'y a qu'en France qu'on pense que « c'est gratuit puisque c'est l’État qui paie. » En ce sens, Macron est un continuateur discipliné et zélé de Hollande. Car nous n’étions pas dans les clous de Maastricht avant la crise sanitaire, et nous le sommes encore moins après.

Sortie de crise et marché des changes.

Une des spécificités de cette crise est que nous l'avons tous subie de façon assez similaire, avec des intensités et un timing différent, mais tous les pays ont été touchés par la crise sanitaire. C'est ce qui a permis aux principales puissances économiques de mener des politiques extrêmement agressives d'injection de liquidités, de baisse des taux et d'aides gouvernementales massives. Pendant cette période de crise où les marchés ont été extrêmement volatils, les cours de change eux ont très peu fluctué. C’est d’ailleurs une première pour une crise économique de cette importance. Aucune zone n'a été particulièrement sanctionnée par rapport à une autre. Par contre, en sortie de crise, nous sommes confrontés à des situations extrêmement différentes. Et nos banques centrales et gouvernements ont adopté des politiques qui sont très sensiblement différentes, ce qui explique la volatilité des dernières semaines sur le marché des changes, dont l'illustration la plus frappante est la chute de l'euro et la hausse du dollar.

Le rôle déterminant de l’inflation.

L’inflation devrait déterminer le comportement des  banques centrales. Car l’inflation a réapparu. La hausse des prix et le dérapage de l'inflation sont dus à des facteurs exceptionnels : la hausse des matières premières et la hausse des prix alimentaires sont liées à des goulets d'étranglement et à un déséquilibre massif de l'offre et de la demande, conséquence de l'effet rattrapage post crise sanitaire. Mais au-delà des hausses, probablement temporaires, des matières premières, il y a des hausses qui ne disparaîtront pas une fois les goulets d'étranglement résorbés. L'élément majeur du passage d'une inflation « temporaire » à une inflation « durable », c'est, entre autre, la hausse des salaires. Face à la hausse des prix des matières premières et des prix alimentaires et face à la pénurie de main d'oeuvre, les salariés réclament et obtiennent de plus en plus des hausses de salaires. Et si la hausse des matières premières peut disparaître, la hausse des salaires, elle, est permanente. Par ailleurs, l'explosion des prix de l'immobilier partout dans le monde avec des taux de progression spectaculaires nous alerte aussi sur l'inflation des actifs.

Divergence entre Etats-Unis et Europe.

Les Etats-Unis sont eux confrontés à une forte inflation. Celle-ci commence à entamer la confiance des ménages et donc la consommation et devient une préoccupation pour la croissance. Du coup, le sujet est devenu politique et Biden doit combattre l'inflation. En conséquence, la Banque centrale américaine a d'ores et déjà annoncé qu'elle réduira drastiquement ses injections de liquidités pour endiguer l'inflation et qu'elle remontera probablement ses taux. D'où la forte hausse du dollar depuis quelques semaines.

A l’inverse, La zone euro, malgré un fort rebond de l'économie, une baisse du chômage, et malgré la hausse des prix, voit la Banque centrale européenne s'accrocher à l'idée que l'inflation est temporaire. Elle affirme par la voix de Christine Lagarde qu'il n'y aura pas de hausse de taux avant longtemps et que la BCE continuera à injecter massivement des liquidités, au grand dam de la Bundesbank qui ne comprend pas pourquoi on continue à distribuer gratuitement de l'argent alors que l'argent coule déjà à flots et provoque des goulets d'étranglement partout. La conséquence de ce laxisme européen se traduit par la chute de l'euro. Il ne faut jamais oublier que nous sommes toujours indexés sur l'économie américaine. La baisse de l'euro, limitée pour l'instant, n'est pas un sujet d'inquiétude tant qu'elle est maîtrisée. Mais si elle s'accélère, elle pourrait devenir un problème. Car le frein à la chute, c’est l’augmentation des taux.

La baisse d'une monnaie provoque aussi une hausse des prix des produits importés et donc alimente l'inflation. Or on sait  que mécaniquement, la remontée des taux augmentera les intérêts de la dette. Un cercle imparable.