HISTOIRE

CROISSANCE ET RIGUEUR

 


On a l’habitude de penser dans notre pays imprégné de sociale-démocratie keynésienne et d’Etat-providence, que le salut de la crise viendra de la relance de la consommation en soutenant à coups de dépenses publiques le pouvoir d’achat des consommateurs.  Pourtant, en France, on devrait savoir que trente ans de déficits et de dette n’ont pas apporté plus de croissance, bien au contraire.

D’ailleurs nous sommes arrivés au point que la priorité est maintenant de réduire la dette publique en commençant par le déficit du budget de l’Etat. Il n’y a pas trente-six manières de procéder. Soit on augmente les impôts, ça c’est la gauche ; soit on diminue les dépenses, ça c’est la droite. Au pire, on combine les deux : c’est la rigueur ! Avec le risque, croit-on de casser la croissance. C’est ce qui avait été observé dans les années trente, et ce scénario hante de nombreux esprits. Pas celui de David Cameron, de toute évidence, puisqu’il vient de décréter pour son pays une cure drastique avec hausse de la TVA de 2,5 points, gel des salaires des fonctionnaires,… bref, trois-quarts des efforts  proviendront des coupes dans les dépenses plutôt que de la hausse des prélèvements. Et il a la certitude qu’il s’agit de la seule manière de relancer durablement l’activité économique.

L’audace d’une telle rigueur qui tourne le dos aux schémas habituels s’appuie sur des observations de ce qui s’est passé en Suède, au Danemark et en Finlande qui ont brutalement serré la vis budgétaire dans les années 80-90, et la croissance est repartie ! Dans ces pays, les économistes ont identifié deux facteurs de réussite : d’une part le gouvernement doit s’inscrire dans un horizon de moyen terme, avec des programmes de plusieurs années et des règles d’équilibre ; d’autre part il est apparu plus efficace de réduire les dépenses publiques que d’augmenter les impôts, à la fois pour soutenir la croissance et obtenir des effets durables.

Il se trouve que le contexte en Europe est favorable à de telles politiques. D’abord ce type de politique est plus facile quand le reste du monde va bien et c’est le cas avec la Chine, les pays émergents et le redémarrage des Etats-Unis qui tirent la croissance mondiale. Ensuite ça se passe mieux avec une dévaluation importante et justement la baisse de l’Euro de près de 20% apporte de l’air monétaire qui compense le resserrement du budget. Voilà pourquoi l’Allemagne a fait le choix de l’assainissement et aussi pourquoi le gouvernement Fillon s’inscrit progressivement dans le même dessein. Cela s’appelle la « contraction budgétaire expansionniste ».

On voit tout de suite que les schémas de la gauche son archi-dépassés et quel mal ils feraient : la glissade vers une situation à la Grecque… Reste que le gouvernement devra intensifier ses efforts de réduction des dépenses et le rabotage des niches fiscales s’avérera rapidement très insuffisant pour trouver les 100 milliards prévus dans les trois prochaines années.

 

 


LE TOUR D’HORIZON D’ARCHIBALD

 

SAUT DANS L’ETERNITE. Le Général Bigeard a fait son dernier saut. Pour une descente éternelle sans parachute. Il a choisi le 18 juin pour être sûr qu’on s’en souvienne. Le héros de Dien Bien Phu et le vainqueur de la bataille d’Alger aura attendu d’avoir 94 ans pour tirer sa révérence. Ce soldat pour qui le mot honneur avait encore un sens n’avait pas sa langue dans sa poche et sa faconde était parfois « assassine » bien que jamais méchante. La France se souviendra. Garde à vous !

LE MUR DU çON. Il est franchi par Jérôme Cahuzac qui fait un amalgame entre l’individualisme des joueurs de l’équipe de France, leur argent et le modèle qui serait prôné par Nicolas Sarkozy. Faut le faire : celle-là il fallait y penser ! Moi j’aurais plutôt vu dans le naufrage auquel on a assisté une comparaison avec le congrès de Reims du PS. Mais on a les références qu’on se choisit, pas vrai ?

DARK VADOR S’AVANCE.  Le Galouzo a lancé son parti samedi dernier devant …quelques milliers de partisans. « République solidaire » : rien que le nom pue la démagogie et emprunte au vocabulaire de la gauche ce qui est normal, puisque sa cote de popularité est surtout le fait des gens de gauche comme celle de DSK se bâtit surtout parmi ceux de droite. Mais une éloquence pseudo gaullo-chiraquienne au contenu tramé d’antisarkozysme primaire, sans aucune idée nouvelle à proposer, ne suffit pas pour conquérir des électeurs. La motivation, on la connaît et elle est double : une ambition personnelle démesurée et une haine féroce de l’actuel président qui ne date pas d’hier et dont l’affaire « clearstream » n’est qu’un épisode. Autrement dit, c’est une machine à perdre. Il a beau être un passionné de Napoléon, cela ne lui donne aucune légitimité. Autrement dit Villepin c’est « Bayrou empire ».

OUF !  C’est enfin terminé, le miracle n’a pas eu lieu et c’est bien mieux comme ça. L’équipe de France doit maintenant se faire oublier. Rétrospectivement, quand on y repense, la « main » qualificatrice n’était pas la « main de dieu » mais celle du « diable ». Allez, aux oubliettes de l’histoire ! (si c’est possible)

MARECAGE. Tout est bon pour traîner dans la boue et accuser sans preuve en clouant au pilori devant l’opinion. Amalgames, mélange d’affaires, suspicion, tout est bon pour s’attaquer au pouvoir. C’est Eric Woerth qui en fait les frais aujourd’hui. Si les cigares de M. Blanc sont choquants, le procès qui est intenté au Ministre du Travail sent la manœuvre politicienne de bas étage pour tenter d’enrayer la réforme des retraites qu’il mène avec bon sens et habileté. Tous ces déballages dont l’internet sans filtre est le vecteur finiront par tuer la démocratie. Et alors on verra des dictateurs qui ne se gêneront pas pour museler ce pouvoir occulte sans le moindre état d’âme au nom de l’éducation du peuple.

SUGGESTION. Le Canard toujours si prompt à débusquer des « affaires » à droite devrait enquêter un peu sur l’autre bord et chercher à savoir combien de bouteilles de bourgogne rouge (le rouge est de Lille)… Mais non, Archibald, ne sombre pas dans le même délire que celui que tu dénonces.

TAXES. L’Angleterre, la France et l’Allemagne se sont mis d’accord pour créer une taxe coordonnée qui vise à mettre les banques à contribution à hauteur des risques qu'elles font peser sur le système financier et qui devrait rapporter plusieurs centaines de millions d’euros en 2011 au budget de l’Etat. L’étau se resserre progressivement pour tenter de réguler les activités risquées des banques. Quand la Chine ajoute une dose de réalisme en acceptant de réévaluer son yuan, on se dit que ce bas monde n’est pas si noir qu’on se mettait à le croire. Le G20 qui s’annonce, présidé par la France, pourrait donc être très productif.


FIASCO SUR ECRAN GEANT

                   Bleus
 

On attendait des aigles, on a eu des buses !

L’équipe de France de football s’est ridiculisée. Mais si ce n’était que ça, il y aurait de quoi rire… et on a plutôt envie de pleurer. Tout a été dit sur l’attitude des joueurs : scandaleuse, pitoyable, indigne ! Seulement au lieu de faire leur mea culpa, ils sont partis à la recherche de « traitres » qui auraient rapporté les insultes d’Anelka à la presse, comme si à l’heure du téléphone portable, on ne savait pas que tout ce qui se dit se sait aussitôt. Les « politiques » sont bien payés pour le savoir. La naïveté rejoint ici les sommets du cynisme. En refusant de s’entraîner pour protester contre une mesure d’exclusion qui est bien la moindre des choses, ils nous ont fait honte. Je ne regarderai pas le match de Mardi. Pour protester contre ces débordements d’une bande d’irresponsables trop gâtés par une fédération aveugle et qui n’ont rien à faire dans une compétition mondiale. Ils ne méritent pas le maillot qu'ils portent.

Au moins, ils auraient pu essayer de faire oublier les conditions peu glorieuses dans lesquelles ils s’étaient qualifiés en montrant qu’ils avaient leur place dans la coupe du Monde. C’est tout le contraire qui s’est passé. Nous avons trop vu une équipe sans jeu de fond, pousser mollement la "baballe".On a vu des joueurs retranchés sur eux-mêmes le casque sur les oreilles, certain jusqu'à faire "un doigt d'honneur" au journaliste à la recherche d'une interview... Leur « bunkérisation » cachait, on le sait maintenant, le malaise d’un groupe constitué de cocottes en mal d’égo se jalousant et incapables de constituer un vrai pack conquérant. Tout cela, on le voyait venir sans vouloir y croire. Il aurait fallu un miracle et le miracle n’a pas eu lieu. Quand on en arrive là, la faillite est collective, elle ne concerne pas que les joueurs, même s’ils en portent nécessairement une grande part, parce que la décision était au bout de leurs pieds durant les 180 mn de jeu de leurs deux matches.

De la coupe du monde 2010 on retiendra deux choses : le nom du pays vainqueur et le vaudeville du fiasco des Français !

Oui, comme le dit Roselyne Bachelot, « ils ont terni l’image de la France » et transformé le « rêve bleu en cauchemar ». Vivement que ça se termine !

 


L’HORIZON INDEPASSABLE

                                     De gaulle

Demain nous commémorerons le 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940. Le Général De Gaulle entrait dans l’Histoire. Aujourd’hui, il se dit que le gaullisme est périmé. Ce serait bien dommage, mais je ne le pense pas. Il suffit pour s’en convaincre d’observer le nombre de manifestations du souvenir qui ont déjà eu lieu et auront lieu demain. Nostalgie ? Non, en aucun cas. Il s’agit d’abord d’honorer celui qui a rendu son honneur à notre pays en lui permettant d’être aux côtés des alliés au moment de la capitulation de l’Allemagne nazie. Mais c’est aussi faire œuvre de mémoire : l’exemple du Général est porteur de nombreuses leçons dans tous les domaines, de la philosophie politique et à la vision géopolitique, de la réflexion sur la manière de gouverner à la conception de la république, de l’ascèse individuelle à l’effort collectif.

La France doit beaucoup au Général De Gaulle. Pas seulement pour son rôle incontournable pendant la guerre pour préserver les intérêts de notre patrie, coordonner la résistance intérieure, organiser les forces de l’empire et faire vivre la « France libre ». Nous lui devons les institutions de la Vème République et la fin de l’instabilité gouvernementale. Il a été le bon gestionnaire des années de croissance qu’il a fait fructifier en restaurant la valeur de notre monnaie. Il a été un habile décolonisateur en sachant anticiper les évolutions, même si le drame de l’Algérie aura été à la fois la cause de son retour et la source de malentendus et de violences. Enfin, nous lui devons la réconciliation franco-allemande et après avoir dit non à la CED (Communauté européenne de Défense), les bases solides de la construction de l’Europe.

Le général de Gaulle a laissé dans notre paysage politique une double trace : une filiation partisane à travers la diversité de ses sigles (du RPF à l’UNR, au RPR et à l'UMP), et une image consensuelle de héros national, transcendant les clivages idéologiques. Au fil des années, la deuxième empreinte a effacé la première : la référence politicienne « gaulliste » doit cohabiter avec le « mythe gaullien », que d’aucuns qui ont tant combattu le grand homme revendiquent aujourd’hui en s’y référant… quand cela les arrange.

L'historien britannique Sudhir Hazareesingh le définit ainsi : « l'image du Général, remarque-t-il, cumule toutes les formes d'exemplarité : libérateur de la patrie, père fondateur de la République, éducateur civique, protecteur de la nation avec en prime, une touche de martyr, à la suite de son départ du pouvoir en 1969. Une autre vertu de cette image est sa capacité à concilier les contraires, et donc de pouvoir servir de référence aux attitudes politiques les plus diverses : l'affirmation d'un pouvoir fort, mais aussi la rébellion contre l'ordre établi, le conservatisme et l'audace réformatrice, le culte intransigeant de la « grandeur » et l'adaptation opportuniste aux circonstances… » Tout est dit.

Si le souvenir du Général resurgit aujourd'hui, la véritable cause en est probablement la crise économique, qui exacerbe les tensions : quand s'aggrave la crainte des sacrifices à venir, on se raccroche à l'image du décideur puissant et impartial, porteur d'un projet réconciliateur. Le Président de la République l’a bien compris, lui dont les racines politiques puisent aux sources du « père fondateur ».

 


LA TERREUR EGALITARISTE


Cela fait déjà quelques mois que ça dure. Les dirigeants du Parti socialiste n’ont pas de mots assez durs pour commenter la politique du gouvernement et particulièrement quand il s’agit de Nicolas Sarkozy. J’avais déjà épinglé Benoit Hamon et Laurent Fabius sur le sujet. Pour ce dernier, il ferait bien de se mordre la langue, parce qu’il y aurait beaucoup de choses à dire à son sujet et sa carrière politique n’est pas sans taches. Martine Aubry a donné le ton dès sa prise de fonction de 1ère secrétaire dans les conditions que l’on sait. Elle abuse des jugements péremptoires et définitifs, assortis des adverbes « profondément » et « totalement »… On le sait, il n’y a qu’une vérité, celle du PS !

Alors bonjour les leçons de morale. Tout n’est qu’injustice, passe-droit, comportements immoraux dès lors qu’il s’agit de la « droite ». Le « Canard enchaîné », dont on connaît les méthodes depuis le livre de Karl Laske et Laurent Valdiguié,  sert de provocateur pour allumer les mèches que la mémère de Lille n’a plus qu’à allumer.  Il s’agit de faire croire aux Français qu’on est revenu au 19ème siècle et que les gros capitalistes, protégés par Nicolas, sont là pour s’en mettre plein les poches sur le dos de la pauvre classe ouvrière. Alors tout est bon pour dénoncer tout ce qui est injuste parce que ne respectant pas l’égalité. Il faut couper toutes les têtes qui dépassent ! Tant pis pour Michèle Alliot-Marie et Roselyne Bachelot qui doivent renoncer à leur retraite de parlementaire, tant pis pour Christine Boutin qui remplira sa mission bénévolement. Bientôt les Ministres devront prendre le métro et manger un sandwich à midi. Peut-être faudrait-il que le Président invite ses hôtes à venir le rencontrer à l’Elysée avec leur pique-nique ? Il faut de l’égalité partout. Dommage tout de même qu’elle ne s’applique pas à tout le monde, puisque 50% de nos polytechniciens sont issus de parents enseignants… de gauche. Drôle de bug !

Pourtant ces gens n’ont pas un passé qui plaide en leur faveur. Ils ont de la chance que les Français ont la mémoire courte. Ont-ils été aussi exemplaires quand ils avaient le pouvoir ? Oubliées la double vie de l’idole aux frais de la République, les écoutes illégales, les affaires obscures de financement comme celle du « Carrefour du développement ». A la trappe les suicides de Jean Edern-Hallier, de Grossouvre, de Bérégovoy, et le scandale du sang contaminé. Impasse sur l’entourloupe de la négociation des 35 heures… Sans parler des "primes de chaussures" votées quand la majorité était à gauche à l'Assemblée . Mais Martine Aubry ce soir fait encore très fort : le projet gouvernemental de réforme des retraites est « profondément injuste et totalement irresponsable ».  

Et si c’était elle qui est profondément ringarde et totalement Malhonnête (intellectuellement).

Face à ce discours de « terreur » sur l’injustice et l’égalité, qui n’est en rien fondé, il va bien falloir que l’on réponde. Il est grand temps que l’on fasse l’éloge de l’élitisme et le décompte de la justice sociale dans ce pays, en incluant tous les gaspillages qui la caractérise.



AH, LE FOOT, LE FOOT, LE FOOT …

                  Maillot foot


Difficile d’y échapper : dès que l’on tourne le bouton d’une radio ou d’une télé, on tombe soit sur un match, soit sur un résumé des derniers, force commentaires à l’appui. Au rythme du prestige des rencontres, les rues ou les bureaux se vident. La planète foot a envahi la planète Terre,  avec ses débats à quatre sous sur la composition des équipes, ses vouvouzellas qui vous mettent le bourdonnement d’un nid de frelon dans votre poste, ses thuriféraires de tout poil et ses procureurs de comptoirs…

Notre équipe nationale à défaut de briller sur les pelouses, est même un des sujets de prédilection et les « sorties » de notre entraîneur-sélectionneur donnent de la matière dramatique à ce qui ne devrait rester que du folklore sportif. Mais peut-on rester indifférent quand deux Ministres en viennent à se crêper le chignon parce que l’une a fait des remarques frappées au coin du bon sens mais jugées à juste titre inopportunes par sa Ministre de tutelle. Le problème c’est que les deux ont raison en même temps.

La plus jeune, Rama Yade, a eu le malheur de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : nos joueurs logent dans des chambres à 600€ la nuit ce qui pour le peuple des smicards peut paraître proprement scandaleux. Rama Yade n’a fait que mettre le doigt sur la plaie d’un sport devenu hypertrophique dans les revenus qu’il génère et les salaires qu’il dispense. Notre défaite face à la Chine puis la modeste prestation de son premier match de coupe du Monde ne font que renforcer le décalage entre le doute qui s’installe et le luxe de leur installation. Rappelons tout de même que le football est une affaire privée financée par une Ligue nationale qui dispose d’un gros budget et que le contribuable n’est en rien sollicité. Cela n’atténue pas le paradoxe mais au moins on ne pourra pas y ajouter l’amertume de voir de l’argent public s’évaporer dans cette machine infernale.

Notre Ministre expérimentée ne l’a pas entendu de cette oreille : nous devons tous être derrière notre équipe nationale pour l’encourager. Roselyne Bachelot est dans son rôle. Inutile d’en rajouter, il ne faut pas que nos joueurs soient démoralisés alors qu’ils ont peut-être déjà le moral dans les chaussettes. Mais qui y croit en France ? Notre exercice de soutien pourrait bien n’être que de la méthode Coué. D’ailleurs le public français n’a pas l’air de nourrir d’excessives illusions sur le sort de notre dream-team. La meilleure manière de résoudre le problème et de mettre tout le monde d’accord serait que nos vedettes nationales se mettent à courir un peu plus après le ballon et remportent une belle et brillante victoire contre le Mexique. On peut croiser les doigts.  Même si le bonheur qu’elle procurerait et l’hypertrophie du football qui l’accompagnerait inévitablement relèvent des paradis artificiels.

Le foot peut nous distraire, il ne résoudra pas nos problèmes.

 


ENFIN, L'ECLAIRCIE ?

Les nouvelles économiques qui tombent constituent une éclaircie dans ce climat sombre où les marchés entretiennent l'incertitude, si ce n'est l'inverse. D'abord, en France l'emploi salarié a enfin redémarré, ce qui prouve que les mesures de soutien à l'économie n'auront pas été vaines. Pour le troisième mois consécutif, la production industrielle augmente, et c'est un secteur clé qui détermine beaucoup de paramètres sociaux. Les nouvelles en provenance des Etats-Unis, toujours capitales, sont bonnes ce qui a permis un rebond des bourses hier. Voilà un contexte qui va permettre d'avaler avec un peu plus d'optimisme, l'avalanche de déficits constatés qui nous a été infligée depuis quelques jours.

Mais cette éclaircie sera-t-elle durable ? La croissance chinoise, comme d'habitude, tire l'économie mondiale, secondée par celle, plus inégale des pays émergents. Mais l'intérêt pour nous c'est de faire redémarrer l'Europe. Et c'est là que le débat entre politiques de rigueur et maintien des déficits publics pour soutenir la croissance prend tout son sens. C'est un difficile équilibre à trouver dans ce paysage où les dettes souveraines ont pris tant d'ampleur. La prudence est de mise et la vérité se trouve probablement comme il se doit, dans un juste milieu entre dispositifs d'assainissement qu'il faut amorcer et retrait progressif des soutiens au marché au fur et à mesure que la demande privée prend le relais. A cet égard, la ligne que suit François Fillon est probablement la meilleure possible.

La chance, c'est que l'Euro a retrouvé une valeur compatible avec l'économie européenne et la dévaluation de fait de 20% (par rapport au dollar) des dernières semaines, alors que les prix du pétrole restent plutôt sages, est une aubaine qui apporte un oxygène bienvenu en facilitant nos exportations.

C'est à l'automne qu'on sera vraiment fixé. D'ici là on croise les doigts. Car, pour tenir ses engagements vis-à-vis de Bruxelles il faut trouver 25 milliards d'économies dès cette année. Justement, le déficit du budget de l'Etat s'annonce beaucoup moins important que l'année dernière à la même époque...




MERKEL-SARKO : LE TANDEM DE TOUTE FACON.

Ils n'ont pas le même tempérament. Ils ne sont pas dans le même contexte national ni électoral. L'Allemande reste horrifiée par tout déséquilibre budgétaire et toute tendance inflationniste : reste de culture des années trente. Le Français doit gérer une dette dont il a hérité et que la crise a gonflée sans qu'il ait eu d'autre choix et ses efforts vertueux apparaissent dérisoires au regard de l'ampleur des déficits. L'une sort d'élections qu'elle a gagnée mais doit gérer une coalition compliquée. L'autre doit faire avec une élection qui se rapproche déjà à grands pas et une opposition plus démagogique que jamais. L'une avance comme un vieux diesel et a besoin de temps de réflexion, l'autre réagit au quart de tour comme un coupé sport et voudrait souvent avancer plus vite que la musique. Alors, forcément il y a des à-coups dans les relations. Surtout quand les réticences de l'Allemagne font perdre un temps précieux et alourdissent la facture comme dans le cas du traitement de la dette grecque.

Alors, peuvent-ils s'entendre ? En vérité, ils n'ont pas le choix : ils sont condamnés à s'entendre, car le couple franco-allemand est le moteur de l'Europe et l'un comme l'autre savent qu'il sont le ciment de l'Euro. Aucun des deux ne prendra jamais la responsabilité d'une crise majeure. D'ailleurs, après le report du rendez-vous de lundi, les deux protagonistes nous gratifient aujourd'hui d'une position commune sur la nécessité d'encadrer la spéculation.

Et pendant ce temps, les grands argentiers prennent des décisions qui font avancer la gouvernance de la zone Euro comme on n'aurait jamais oser l'imaginer : échange sur les paramètres des budgets nationaux, mise au point des modalités du fond d'intervention... Cela ne peut pas se faire sans l'accord des deux grands fondateurs de l'Union.

Alors, ce que les médias présentent comme des mauvaises relations dans le couple Merkel-Sarko, n'est en fait que l'écume d'une situation qui met à rude épreuve les agendas de nos gouvernants. Le report de la rencontre fait partie des choses. L'important c'est qu'elle ait lieu avant le prochain sommet européen. Et je ne doute pas un seul instant que la complémentarité de nos deux grands pays débouche sur un accord de fond, un compromis entre la nécessaire rigueur que l'Allemagne met en oeuvre, et la non-moins nécessaire obligation française de continuer à soutenir le moteur de la consommation au moment où celui des exportations, boosté par la baisse de l'Euro, redémarre, ... si on veut atteindre les objectifs de croissance.




LA CHINE VA-T-ELLE SI BIEN ?

Au moment où l'Europe connaît des difficultés de gouvernance et hésite entre austérité accrue et maintien de la relance par la consommation, la Chine semble à nouveau tirer la croissance mondiale, accompagnée par les pays "émergents".

Si notre sous-continent tend à devenir le ventre mou de la reprise mondiale, plombé par la pression qu'exerce les marchés sur les pays "surendettés", la Chine n'en présente pas moins des signes inquiétants de faiblesse qui devraient apparaître au grand jour à plus ou moins long terme. Ce qui fait dire aux Cassandre de l'économie mondiale, que la crise est encore devant nous. Peut-être n'ont-ils pas complètement tord.

Shanghaï nous éblouit. L'envers du décor n'est pas aussi brillant. D'abord parce que, malgré la reprise, la chute des exportations vers les Etats-unis et l'Europe est vertigineuse, ensuite parce que la Chine reste un anti-modèle économique sur le plan industriel et enfin parce qu'elle peine à substituer à la demande extérieure défaillante une véritable consommation intérieure. Et je n'aborderai pas les déséquilibres de développement très forts entre les différentes provinces, avec les conséquences sociales que l'on peut imaginer. A la campagne ou à la ville, les conditions de vie de la majorité des Chinois font, par comparaison, du monde décrit par Zola un paradis.

Entre 2008 et 2009, les importations des Etats-Unis ont chuté de 23% à 1 956 milliards de dollars. La Chine qui est l'un de ses principaux fournisseurs a forcément été touchée. Tout comme elle a été touchée par les baisses des importations de l'ensemble des pays occidentaux. Entre 2004 et 2007, la croissance moyenne des exportations chinoises en valeur a été de 72%. En 2008, ce chiffre est tombé à 3%. On ne sait pas encore pour 2009 mais ce qui est certain c'est qu'elle n'a sans doute pas retrouvé le rythme des années précédentes.

C'est un monstre industriel où l'efficacité n'est pas la première préoccupation (communisme oblige). En 2004 déjà, la Chine utilisait près de deux fois plus d'équivalent pétrole pour générer 1 000 dollars de PIB que d'autres pays exportateurs comme l'Allemagne ou le Japon. Et l'efficacité industrielle chinoise ne semble pas s'être améliorée avec le temps. L'une des raisons à cette gabegie serait liée à la façon dont l'énergie est facturée en Chine, les prix étant inférieurs pour ceux qui en utilisent toujours de plus en plus, il revient donc moins cher d'en consommer le double, quitte à en gâcher la moitié. Elle est même l'empire mondial du gaspillage. L'analyse de produits "évolués" comme l'aluminium en est un exemple emblématique : le pays produit autant de kilos d'aluminium par habitant que les Etats-Unis, tout en affichant un PIB par tête huit fois inférieur. Sur les 15 millions de tonnes d'aluminium produites par la Chine, 1,5 million ne sont pas utilisées, ce qui représente la capacité de production totale du Brésil et de l'Inde additionnés. Un paradoxe et une mine d'or si elle veut lutter contre le réchauffement climatique.

Enfin, à en croire les officiels chinois, le pays est en train de créer une classe moyenne apte à consommer et à prendre le relai des exportations. C'est loin d'être certain. Depuis les premières réformes au début des années 80, le rapport entre les dépenses de consommation et le PIB n'a cessé de baisser, pour atteindre son plus bas en 2008, année où la consommation chinoise représentait 10 000 milliards de yuans, soit 1 464 milliards de dollars. Son rythme de croissance est d'environ 15% par an, soit quelque 219 milliards de dollars de plus en 2009. C'est moitié moins que la baisse des importations des seuls Etats-Unis l'an dernier. Par ailleurs, la propension à consommer s'étiole en Chine. Selon les calculs de la banque Nomura, les 20% les plus riches consommaient 93% de leurs revenus en 1985 et seulement 67% en 2007. Et la masse monétaire chinoise, c'est-à-dire l'ensemble des valeurs du pays susceptibles d'être converties en liquidités, n'a cessé d'augmenter. Rien d'étonnant pour un pays toujours en forte croissance. Mais ses dettes extérieures ont également augmenté alors que ses devises disponibles ne croissaient pas aussi rapidement. La conséquence est simple : la Chine ne dispose pas de réserves monétaires (exprimées en dollars, en euros) aussi importantes que son gouvernement veut bien le dire lorsqu'on les compare à la masse monétaire additionnée aux dettes extérieures.

On comprend pourquoi les Chinois voient d'un très mauvais oeil le projet de l'Europe d'instaurer une taxe carbone à ses frontières et pourquoi ils ne veulent surtout pas réévaluer leur monnaie.




ARCHIBALD EN VACANCES

CONTE. On n' pas rêvé : Martine Aubry a bien insulté Nicolas Sarkozy en le comparant à l'escroc Madoff. Tenez-vous bien, les réactions qu'elle a suscitées à droite ne sont ni plus ni moins qu'à inscrire au martyrologue de la patronne du PS. Selon le pittbull de service, l'ineffable Hamon (pauvre ami), elle serait même victime de harcèlement. Une manière un peu cynique d'inverser les rôles. Un conte à dormir debout.

AUTRE CONTE. Un autre feuilleton à suivre. Il faut dire que la gauche a l'art et la manière d'allumer des contre-feux : à peine a-t-on osé toucher à l'idole Mitterrand, qu'aussitôt on détourne l'attention de l'opinion en publiant une information (sans preuve, évidemment) selon laquelle Nicolas Sarkozy serait impliqué dans la nébuleuse affaire qui aurait conduit à l'attentat de Karachi. Un tour de passe-passe en quelque sorte.

DONNEUR DE LECON. Ah Jacques Auxiette ! L'inénarrable patron de la Région des Pays de la Loire s'est répandu récemment dans un grand quotidien contre la réforme des collectivités à coups de mensonges, de contre-vérités et de procès d'intention. Peu importe, plus c'est gros, plus ça passe. Mais ce sont les procédés habituels. Il oublie simplement de dire la vérité : son conservatisme forcené hostile à toute modernisation de notre pays... qui en a pourtant bien besoin.

AUGMENTER L'IMPOT. C'est ce que nous promet l'agglo d'Angers pour financer ses projets à partir de l'an prochain, au prétexte que les dotations de l'Etat vont diminuer. On songe donc a créer un impôt pour alimenter les caisses. D'abord, cela reste à prouver, car la taxe professionnelle sera belle et bien compensée. Mais pas question d'ajuster les investissements aux recettes existantes comme il serait raisonnable de le faire par ces temps difficiles d'argent public rare : puiser dans la poche du contribuable est tellement plus confortable. Ce n'est pas une attitude responsable. Nul doute que les citoyens s'organiseront pour lutter contre cette intention.

POLICE. Certain maire que je ne nommerai pas profite de la mort d'une jeune policière municipale pour stigmatiser le manque d'effectifs de la police nationale à sa disposition. J'ai envie de lui dire qu'il est bien normal que les maires qui construisent à tout va et entassent les populations doivent en payer le prix. Ce n'est pas au contribuable national de financer les conséquences de leur aveuglement urbanistique qui débouchent inévitablement sur l'insécurité et la violence. Qu'ils assument leur politique en se dotant à leurs frais des moyens nécessaires.

COURSE. Le calendrier de la présidentielle se précise à gauche. Ils ont trouvé le moyen de prévoir un lancement des opérations quand DSK sera en plein G20, il faut le faire quand même ! C'est l'unité dans la fraternité avec comme slogan : je t'aime, moi non plus. En tendant l'oreille on entend déjà le bruissement des lames sur les lanières de cuir qui servent à aiguiser les couteaux. Le bal des prétendants va bientôt commencer...



QUELQUES COMMENTAIRES CROISES

Du débat de "Mots Croisés" de l'autre soir, sur les retraites, je retiens quelques arguments développés au cours des échanges.

De Philippe Manière, l'économiste, qui a rappelé avec pertinence que l'augmentation de l'imposition des gens fortunés ne rapporte jamais ce qui est espéré, ceux-ci ayant, plus que d'autres, les moyens de délocaliser leurs revenus. Il a pris l'exemple très convaincant emprunté à l'histoire économique américaine, à savoir que la contribution des plus riches aux dépenses publiques est toujours plus forte quand les impôts qu'ils paient sont bas que lorsqu'ils en paient davantage. Une illustration du principe : l'impôt tue l'impôt. Il n'a pas manqué de souligner que si la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu a été ramenée en France à 40%, il n'en reste pas moins que le prélèvement effectif atteint 55%, à cause de l'impôt marginal (CSG, etc...).

J'ai bien aimé aussi l'argumentation de Jacques Chérèque à propos de la participation collective par l'impôt au financement des retraites, qui est pourtant un système contributif dans lequel il ne devrait pas intervenir. Le creusement du déficit est en grande partie dû à la crise par la chute des recettes liées au chômage, dont les salariés ne sont pas responsables. Leur demander de combler le trou ce serait la double punition. Imparable. L'effort collectif vu comme cela est justifié. Son approche de la participation des actuels retraités au financement est aussi frappée au coin du bon sens : si l'on doit augmenter leur cotisation, ce serait plus logique que ce soit pour le financement de la dépendance qui les concerne au premier chef. Logique !

Par contre, il est apparu combien l'UMP est coincée dans ses propositions : soit Xavier Bertrand dévoile des positions originales, on soulignera tout de suite le hiatus avec le cadre fixé par Eric Woerth, soit elles sont dans le droit fil et il ne peut rien dire au risque de courtcircuiter le travail du Ministre. Dans les deux cas, il met le gouvernement en position de faiblesse dans la concertation. Aussi le Secrétaire Général était-il sur la réserve et dans la position peu confortable du sphinx, obligé de noyer le poisson à chaque question un peu précise et embarrassante. Il est dommage que le parti présidentiel soit à ce point mis sous tutelle et dans l'incapacité d'émettre des pistes nouvelles. Il n'est pas seul responsable. L'exploitation qu'en feraient les médias y contribue grandement. Mais le débat y perd.




Comment ça "Au-dessus de nos moyens" ?


On n'arrête pas de nous répéter que les Français, les Italiens, les Portugais, les Espagnols... vivent au-dessus de leurs moyens. Mais comment les opinions peuvent-elles comprendre ce jugement ? Il y a en France, huit à dix millions de personnes dont le niveau de vie se situe au-dessous du seuil de pauvreté et elles n'ont sûrement pas l'impression de jeter l'argent par les fenêtres. Ce qui est en cause c'est l'affaiblissement économique de notre pays, et le déclin de l'Europe pour élargir le propos, avec le chômage, des retraites prématurées, une semaine de travail trop courte, qui ne permettent plus de verser aux plus démunis les aides financières qui les aident à survivre.

Les Grecs sont un bon exemple : avec une retraite à 53 ans dont ils ne se sont jamais demandé qui la payait, un travail au noir très répandu, une évasion fiscale érigée en sport national. Les riches n'ont certes pas montré l'exemple, mais ce ne sont pas eux qui travaillent sans se déclarer et ne paient ni taxes ni cotisations sociales... Les responsabilités sont bien partagées.

Vivre au-dessus de ses moyens, c'est terminer l'année avec un budget de l'Etat en déficit de 150 milliards d'euros. Si c'était exceptionnel, ce ne serait pas grave. Mais l'événement dure maintenant depuis trente ans et ne fait que croître et embellir. Et encore a-t-on un gouvernement qui tente d'enrayer depuis trois ans la spirale infernale malgré les effets incontournables de la crise. La dette supprime toute marge de manoeuvre et la pression internationale va maintenant nous imposer des efforts de rigueur au risque de sombrer complètement.

On a fait du budget de l'Etat le dernier recours et il est devenu le tonneau des Danaïdes. Les entreprises se déchargent des plus de 55 ans trop coûteux : hop, elles les envoient émarger aux régimes de retraites qui ne perçoivent plus les cotisations de personnes qui pourraient continuer à en payer et doivent leur verser des pensions. La demande sociale de santé est énorme, aggravée par le vieillissement et tout effort de compression des coûts est accueilli par des clameurs scandalisées. Les soignants qui ne connaissent que leur vocation méprisent les discussions d'argent et s'opposent à tout mouvement logique de rationalisation... Le gouvernement refuse de reconduire les mesures spéciales prises pour atténuer les effets de la crise et il se heurte aussitôt aux cris indignés de la gauche (dont l'inconséquence n'empêche pourtant pas à l'accuser ensuite de mauvaise gestion en creusant les déficits). Tous ces gens sont bien gentils et ont probablement raison, encore faut-il que l'intendance suive, et elle ne suit plus depuis bien longtemps.

Le gouvernement n'a plus le choix. Celui d'aujourd'hui ou un autre. On peut faire croire tout ce qu'on veut pour des raisons électorales, la vérité c'est qu'on ne s'en sortira pas sans efforts, probablement plus d'impôts, sûrement plus de travail, vraisemblablement moins de dépenses sociales. La réduction des déficits publics devient une donnée majeure du débat, en sachant qu'aucun levier pour la résoudre n'est neutre. Une coordination européenne en la matière serait la bienvenue.




LA VRAIE AUBRY

Philippe Alexandre, dans un célèbre pamphlet en avait fait la "mèremptoire" ou la dame des 35 heures. Ce week end, elle est revenue sous son vrai jour. Depuis quelques temps on voyait poindre dans son discours cette appreté mêlée de haine condescendante qui sied si bien à une certaine gauche socialiste. Au moment de présenter le nouveau projet socialiste, elle n'a pas pu s'empêcher d'ajouter l'insulte à la vindicte, une manière de cacher le vide des propositions de son parti.

Celui qui est visé, de la façon la plus triviale, c'est évidemment Nicolas Sarkozy, en oubliant qu'il s'agit du Président de la République et que cela devrait tempérer les propos. Même si ce dernier n'est pas toujours très modéré lui-même dans ses appréciations, je ne me souviens pas de l'avoir entendu comparer Martine Aubry à une délinquante, ni même à une tricheuse (et pourtant).... La cause de cette fureur : on a osé toucher à l'idole. Comme si l'héritage de François Mitterrand était intouchable. La semaine de trente cinq heures a reçu sa part de critiques, et l'abaissement de 65 à 60 ans de l'âge du départ à la retraite, a été une deuxième erreur historique. On ne le dira jamais assez !

Car il faudra bien reculer à nouveau l'âge de départ à 62 puis 65 ans au terme de la réforme. La simple logique exige que la durée de la vie active soit prolongée. Personne ne peut nier en effet que l'espérance de vie a augmenté de manière spectaculaire pendant que le nombre d'actifs diminuait sous l'effet du vieillissement général de la population, l'impact du chômage et la mise au rebut des actifs qui ont dépassé la cinquantaine.

Quand le Parti Socialiste nous propose une "société du bien-être" , quand il invoque l'éthique du "care", il n'offre aucune piste susceptible de nous arracher à la banqueroute. C'est le projet "prosac" ou "trangsène". On endort les Français en leur faisant croire qu'on va bien s'occuper d'eux. "On" c'est-à-dire "l'Etat de gauche". Un gros mensonge. S'il reconquiert le pouvoir en 2012, il ne modifiera aucune des dispositions que le gouvernement Fillon aura prises entre temps. Tout simplement parce qu'il ne pourra pas se le permettre. La réalité des chiffres est accablante et il n'est pas difficile de constater à la lumière des derniers évènements spéculatifs, que le dernier espace où un gouvernement pouvait protéger les acquis sociaux a rétréci au point de disparaître. Aujourd'hui, le recours au déficit budgétaire pour maintenir le niveau de vie des gens est devenu impossible. Et avec ce procédé proposé par Keynes disparaît le principal fondement de la social-démocratie. Ce que Dominique Strauss Khan a bien compris !

Dame Aubry, pour le moment, fait des synthèses qui nuisent à sa crédibilité personnelle car les discours de la rue de Solférino ne sont guère responsables. On voit bien que son parti est entré dans l'un de ces cycles infernaux dont il a le secret. Mais, par conviction et par calcul, elle tient à maîtriser l'appareil qui lui sert de tremplin électoral. Quoi qu'en pensent les exégètes, elle sera bien la candidate de son parti et elle fera tout pour l'être.

Ce genre de dérapage verbal pourrait donc bien la disqualifier, comme cela a nui en son temps au Président actuel. Les Français sont chatouilleux sur le statut présidentiel.




RETRAITES : FRANCOIS FILLON A L’ASSEMBLEE

                                        Retraites 2

Le Premier ministre, François Fillon, a répondu, mercredi 26 mai, à une question du député Jean-Marc Ayrault (groupe SRC) lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale.

L'intégralité de la réponse du Premier ministre

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le président Ayrault,

Depuis à peu près un quart de siècle dans tous les pays européens sans exception, il a été choisi de répondre à l'allongement de la durée de la vie, par l'augmentation de la durée d'activité. Dans tous les pays européens - ou presque tous les pays européens -, cette décision a été le plus souvent prise dans le cadre d'un accord consensuel entre la Gauche et la Droite, voire parfois entre les partenaires sociaux et les gouvernements. Et quand, dans certains cas, cet accord consensuel n'a pas pu être trouvé, aucune majorité n'a jamais remis en cause les décisions qui avaient été prises sur la retraite par les précédents.

Le seul pays où la Gauche refuse de regarder la réalité, c'est la France, et ce n'est pas nouveau. Vous avez bien voulu rappeler la décision qui avait été prise en 1983 par le Parti socialiste, de ramener à 60 ans l'âge légal de la retraite qui était à 65 ans depuis les décisions du général de Gaulle et du Conseil national de la résistance. Puis-je simplement citer sur ce sujet Michel Rocard, lorsqu'il disait : "tous les ministres compétents en économie, Jacques Delors, moi, et quelques-uns, nous étions catastrophés ! Nous savions très bien que cette mesure n'était pas compatible avec l'évolution de la démographie française". Et puis, par la suite, vous avez multiplié les conseils, les critiques, les rapports, vous avez juré que vous abrogeriez toutes les décisions qui ont été prises.

Mais quelle est la vérité ? La vérité, c'est qu'en 1993, c'est le Gouvernement d'Edouard Balladur qui a allongé à 40 annuités la durée de cotisations dans le régime général. Vous vous étiez engagés à l'abroger ; de 1997 à 2002 vous n'avez pas trouvé le temps de le faire. En 2003, lorsque le Gouvernement décide d'harmoniser la durée de cotisations entre le public et le privé, et d'engager l'augmentation progressive de la durée de cotisations, vous avez répété maintes fois ici dans cet Hémicycle : "lorsque nous serons au pouvoir, nous abrogerons cette décision".

Mais voilà que dans le projet que vous nous avez présenté la semaine dernière, vous consacrez l'allongement de la durée de cotisations, et naturellement vous ne parlez plus de revenir sur l'harmonisation du secteur public et du secteur privé.

En 2007, lorsque cette majorité vous propose de voter la réforme des régimes spéciaux, vous votez contre. Mais je note que, dans aucune de vos propositions, vous ne voulez aujourd'hui revenir sur la réforme des régimes spéciaux.

La vérité, mesdames et messieurs les députés, c'est que le Parti socialiste s'est constamment trompé sur cette question des retraites. Mais il n'est pas trop tard. Vous pouvez encore participer activement, concrètement, à la consolidation des régimes de retraites de nos concitoyens. Et en le faisant, je veux vous dire que vous ne vous trahiriez pas Laurent Fabius, ministre de l'Economie, qui déclarait le 20 mars 2002 : "puisque l'espérance de vie augmente de trois mois, cela veut dire que les actifs doivent financer chaque année des retraités qui vivront trois mois de plus. Comment voulez-vous qu'il n'y ait pas un ajustement ! Bien sûr qu'il y aura un ajustement".

En faisant cela, vous seriez fidèles à Dominique Strauss-Kahn, qui déclarait il y a quelques jours, fort opportunément, que "lorsque l'on vivra jusqu'à 100 ans, il n'y a pas de raisons de maintenir la retraite à 60 ans". Mais surtout, en faisant cela, vous seriez fidèles à Martine Aubry, qui déclarait le 17 janvier dernier : "on va aller, on doit aller à 61 ou à 62 ans".

 


INTERMITTENCE

Pendant le mois de juin, le bloc-notes risque d'être irrégulier en raison de nombreux déplacements hors de notre région. J'essaierai de suivre l'essentiel de l'actualité.

  J'approche des 100 000 pages vues.... Merci pour votre fidélité.

  Cordialement à tous,

                     Daniel


EXPLOSIF ??



La situation en banlieue inquiète de multiples élus qui appellent à la vigilance. La Seine-Saint-Denis serait « au bord de la crise de nerf », selon Claude Bartolone. Une opinion partagée par plusieurs élus de banlieues et même dans les rangs de la police, qui craint la petite étincelle qui viendrait rallumer une situation jugée explosive. Le plan Espoir Banlieues, lancé en juin 2008, est évidemment loin d'avoir résolu les problèmes notamment sur l'emploi et l'insertion des jeunes et les chiffres du secrétariat d'Etat à la Ville sont encore à moitié satisfaisants. Avec 26.490 contrats d'autonomie pour les jeunes, conclus au 15 avril 2010, avec une nette accélération ces derniers mois, on est encore loin de l'objectif des 45.000 contrats fixés au départ. Fadela Amara espère beaucoup dans le grand emprunt qui, avec 500 millions d'euros de budget octroyé pour l'égalité des chances devrait permettre d'obtenir 20.000 places en internats d'excellence contre 2.900 seulement aujourd'hui.

Mais avec l’annonce du gel des contributions de l’Etat aux collectivités, les maires s’émeuvent et craignent de manquer de moyen, n’hésitant pas à crier à l’abandon. Il est vrai que la concentration humaine de populations qui se sont ghettoïsées avec le temps ne simplifie la tâche. Et il n’est pas sûr que des moyens accrus permettraient de régler le problème de l’intégration par la scolarisation d’enfants qui constituent 80% des effectifs des établissements scolaires. L’absence de mixité sociale est un handicap majeur. C’est pourquoi ils se sont retrouvés 44 à signer une pétition adressée au Gouvernement. Curieusement on y trouve la signature de Marc Goua, le député maire de Trélazé, toujours à l’affût pour faire mousser sa crinière blanche. Mais que ne retient-il pas, avec son pote Antonini, les leçons du passé, eux qui se sont lancés dans une hyperdensification de logements sociaux et construisent à tout va des « casbah » aux ruelles étroites… Les mêmes causes produisent pourtant les mêmes effets !

Eh bien, les maires de banlieue devront s'armer de patience. La réforme de la politique de la ville, et l’accroissement substantiel de moyens financiers pour les territoires urbains le plus en difficulté qu’elle prévoit, va encore prendre du temps. Face aux élus de ces villes qui lui demandent de faire davantage jouer la solidarité entre les communes, le Premier ministre se refuse à agir dans la précipitation. François Fillon, qui installait le nouveau Conseil National des Villes (CNV), une instance consultative placée sous sa présidence, a indiqué qu’un projet de loi serait préparé en 2011 et concernerait « à la fois le zonage de la politique de la ville, les modalités de contractualisation, mais aussi la péréquation et la dotation de solidarité urbaine ». L'enveloppe de cette DSU (1,2 milliard d'euros), alimentée par les communes au profit des communes pauvres de banlieue, « sera maintenue au même niveau en 2011 », a-t-il précisé. Une décision dont les associations d'élus les plus concernées ne se satisferont probablement pas, ayant appelé dans un récent manifeste le gouvernement à se mobiliser concrètement et financièrement en faveur des banlieues les plus difficiles.

Les temps sont durs pour tout le monde. La crise n’aide pas évidemment à résoudre aussi bien le problème de l’emploi que le financement des rénovations à mener. Pourtant, les choses avancent. Indéniablement. On voit aujourd'hui le coût de la densification....financier et humain !

 


LE CO2 A DU PLOMB DANS L’AILE

   Pollution air

Agrégé de physique, ingénieur des Mines et spécialiste des énergies renouvelables, Michel Wohrer nous livre un examen scrupuleux du rapport scientifique du Giec sur le climat. Il nous fait part de son scepticisme sur la solidité des modèles utilisés pour prévoir l'évolution du climat et se dit « frappé du poids des décisions politiques prises sur une base aussi fragile ». Pour lui, il faut davantage se préoccuper du gaspillage des ressources en hydrocarbures, de plus en plus rares, chères et stratégiques. Une conclusion qui ressemble beaucoup à celle de Claude Allègre qui n’en demandait probablement pas tant.  Je vous fais partager l’article paru dans « les Echos ».

« En tant que membre de la société civile et « honnête homme » sans idée préconçue sur le sujet, j'ai tenté de comprendre et d'apprécier la démarche et les conclusions du Giec sur le changement climatique. Dans un contexte de débats enflammés, je me suis attaché à lire les travaux du groupe de travail n° 1 du Giec - relatif aux aspects scientifiques -et de nombreuses contributions techniques sur les conclusions de ce groupe de travail. Cette masse de textes est imposante mais scientifiquement pas inaccessible. J'en suis sorti étonné de la fragilité des conclusions du Giec et par contraste frappé du poids des décisions publiques qui ont été prises sur une base aussi fragile.

Dans leur démarche, pour estimer la « réponse » du climat à une modification de la concentration en CO2, les climatologues qui contribuent aux travaux du Giec ont introduit des modèles numériques de simulation de notre planète. Ils ont à cet effet été contraints de procéder à une « simplification » de la physique pour pouvoir l'appliquer à des modèles numériques qui ont l'ambition de représenter les phénomènes qui se produisent dans l'atmosphère et les océans de la planète. Et cette simplification fait que les modèles ont un degré d'inexactitude bien plus grand que la perturbation qu'on se propose de leur appliquer.

Plus encore, pour être capables de procéder à des simulations sur de très longues périodes (quelques siècles), afin de répondre aux besoins du Giec d'estimer le changement climatique - passé et à venir -sur longue période, les météorologues ont créé, « à l'autre bout du spectre en termes de complexité », comme l'écrit le Giec « des modèles climatiques dits "simples" » encore plus imprécis.

Le point le plus fragile et pourtant le plus essentiel de ces systèmes a trait à leur analyse du cycle de l'eau dans l'atmosphère. En effet, dans les modèles, le réchauffement est la conséquence non seulement de l'augmentation de la teneur en CO2, mais surtout de la modification du cycle de l'eau, vapeur d'eau et nuages, qui est supposée constituer une « contre-réaction positive » qui vient amplifier le réchauffement de la planète. Au terme d'une analyse détaillée, je suis parvenu à la conviction que l'existence de cet effet amplificateur n'est pas démontrée par les travaux du Giec. Privé de ce point, tout l'édifice est fragile : si la modification du cycle de l'eau a au contraire pour effet d'atténuer les effets du CO2, c'est l'écroulement de la thèse du Giec. Or, les modèles sont trop imprécis pour que l'on puisse vraiment savoir dans quel sens va la « contre-réaction » globale du cycle de l'eau. C'est dire que les prévisions alarmistes du GIEC pour le XXI e siècle sont probablement infondées.

La démarche du Giec est avant tout une démarche « top-down », où le diagnostic, établi par la résolution du 6 décembre 1988 des Nations unies, a précédé les mesures détaillées et le travail approfondi des climatologues. Elle consiste à dire, en se fondant sur la théorie, que les gaz à effet de serre (notamment le CO2) émis par les hommes ont forcément un impact sur l'évolution de la température moyenne de la Terre. Cette approche n'a pas varié depuis la création du Giec et depuis le premier rapport (FAR) en 1990 : le Giec a une thèse et ses travaux depuis vingt ans ont consisté à l'étayer.

On ne peut dès lors qu'être surpris de l'écart considérable qui existe entre la fragilité réelle des fondations de l'édifice construit par le Giec et les conséquences très importantes qui en sont tirées, que ce soit en termes de prévisions à long terme ou surtout en matière de politiques publiques.

En particulier, récents « compagnons de route » des défenseurs des économies d'énergie et du développement des énergies renouvelables, les tenants des thèses du Giec, en monopolisant l'attention sur le CO2, ont fait perdre de vue les raisons beaucoup plus solides et essentielles qui justifient aujourd'hui, comme il y a trente ans, au lendemain des chocs pétroliers, de chercher à brûler moins d'hydrocarbures : c'est un « gâchis », car on brûle des molécules complexes, que la nature a mis des millions d'années à produire, c'est cher car la ressource est devenue rare, et enfin cela rend vulnérable stratégiquement.

Il faudra donc veiller, si la thèse de la responsabilité des gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique venait à perdre sa crédibilité, à ce que « le bébé ne soit pas jeté avec l'eau du bain », et pour cela rappeler publiquement que c'est indépendamment de toute considération sur le CO2, qu'il est impératif de brûler moins d'hydrocarbures. »



ARCHIBALD MET LES PIEDS DANS LE PLAT

                                                 Longue vue


DSK. Coucou, me revoilou. Tout frais tout pimpant, les poches pleines même sous les yeux (les mêmes qu’Arlette, souligne perfidement  Anne Roumanoff dans le JDD), notre futur- peut-être-candidat-ou-pas, est venu entretenir le suspense. De quoi faire baver quelques Duhamel et autre abonné des fins d’émission pour nous dire ce qu’on doit en penser. Moi, mon idée est déjà faite : vous en connaissez des quidams qui quitteraient le « jack-pot » pour participer à une improbable primaire qu’il est même pas sûr de gagner, pour prétendre à un job infiniment moins bien payé que celui qu’il a et pour lequel il a toutes ses chances de rempiler. Au passage, il a envoyé un petit cadeau à Nicolas, qui n’en demandait pas tant, en affirmant doctement que la limite des 60 ans ne devait pas être un dogme. Martine a dû faire deux tours dans ses escarpins.

MULE ROYALE. Pendant ce temps dans son « labo » poitevin, la concurrente-de-dans-deux-ans teste sa démocratie participative et ses jurys citoyens avec les « sixièmes rencontres Europe-Amérique sur la démocratie participative ». Une occasion pour les Pictons locaux ( pas des ânes, mais des citoyens tirés au sort) de juger la politique régionale de lutte contre le changement climatique tous heureux d’avoir à donner leur avis en cours de mandat. Mais voilà-t-y pas qu’elle recadrait vertement  et autoritairement la première intervenante qui avait le tort de lire son topo. Sauf que c’était une invité ! Que voulez-vous, quand on n’a que des certitudes…

EQUILIBRISTE. Voilà un rôle auquel Nicolas Sarkozy ne nous a pas habitués. En voulant sacraliser le retour à l’équilibre, il a choisi un juste milieu. Le rééquilibrage des comptes publics n’est plus un simple objectif de stratégie économique ni même un artifice de tactique politique, mais un devoir républicain sur lequel les gouvernements devront s’engager en début de législature. Mais c’est aussi un pari politique car il faudra réunir une large majorité au congrès pour que la prescription souhaitée soit inscrite dans la constitution.  Un double piège pour l’opposition avec un texte finalement très consensuel : soit elle l’approuve et le Président en sort grandi, soit elle le repousse et les Français sauront qui a peur de réduire les déficits !

   Mille sabords !

 


UNE CHUTE QUI TOMBE A PIC !

                                  Euro

La monnaie unique européenne continue de se déprécier, et si cette chute peut paraître vertigineuse par sa rapidité, elle tombe à pic, surtout parce qu’elle est bienvenue. Aujourd’hui, elle a subi une nouvelle chute, tombant à un plus bas en-dessous de 1,22 dollar. Rien ne semble rassurer les investisseurs, ni les perspectives économiques de l'Europe, ni les projets des Européens pour réformer leur gouvernance économique. Et le dernier coup de théâtre orchestré par la chancelière allemande d’empêcher la spéculation sur le marché à terme n’y a rien fait. Pourtant, si la faiblesse de l'euro est le symptôme d'une perte de crédibilité de l'économie européenne, elle est en train, paradoxalement, de constituer une excellente nouvelle pour les Européens.

 

A l'heure où ceux-ci ne peuvent espérer fonder leur reprise sur la consommation intérieure, par épuisement des fonds publics disponibles, et où la défiance des marchés exerce une pression si forte qu’elle rend inévitables des politiques de rigueur, la chute de l'euro redonne aux exportateurs européens de la compétitivité, au moment même où la demande est en plein boom dans les pays émergents.

 

Dans la plupart des pays européens, les exportations ont ainsi connu une forte hausse au premier trimestre. A défaut d'une reprise interne, l'Europe est en train de s'arrimer à la dynamique du monde. Et c’est une bonne nouvelle ! Car en plus, on revient à une parité plus acceptable avec le « roi » dollar.

 

En France, le ralentissement des destructions d'emplois s'est poursuivi au premier trimestre. Mais il faut rester prudent en raison de la faible progression du PIB. Si ce n'est pas encore une vraie bonne nouvelle, c'est en tout cas un bon signe. Le ralentissement de la dégradation de l'emploi salarié constaté à la fin de 2009 s'est poursuivi, selon l'estimation provisoire publiée hier par l'Insee mais la situation est sans comparaison avec le premier trimestre de 2009, où quelque 158.300 emplois avaient été détruits. L'espoir d'un prochain atterrissage est alimenté par d'autres indicateurs. L'Association pour l'emploi des cadres (Apec) a annoncé la confirmation de l'amélioration du marché des offres d'emplois cadres. En outre, l'intérim continue de progresser. Cette tendance se poursuit, selon les chiffres publiés lundi par Pôle emploi, qui évalue à 3,7 % la progression de l'emploi intérimaire en mars.

 

C’est dans ce contexte que Jean-Marc Ayrault, non sans malice, lance son appel à une relance concertée de la France et de l’Allemagne pour soutenir la reprise économique et compenser les plans d’austérité. Voilà une vraie bonne idée. Encore faut-il en trouver les thèmes et les supports. Au moins un tel projet aurait-il vocation à nous sortir de la morosité engendrée par la spéculation et l’étalage des déboires financiers de nos voisins européens.

Encore, faudrait-il évoquer la présentation négative de la baisse de l’euro dont tous les médias nous abreuvent, alors qu’en l’absence de nouvelles qui le justifient, c’est plutôt une bénédiction.

 

Je trinque à l’euro à 1,15 dollar !

 

 


UN PROJET JUSTE…HYPOCRITE

  Contribuable détroussé

Enfin, la montagne Aubry a fini par accoucher de la souris « projet pour nos retraites ». Une souris parce qu’on n’y trouve rien de neuf comme idées. Taxer les banques, les stocks-options, les revenus du capital… autant de mesures aussi attendues qu’un nouveau-né chez une femme enceinte de neuf mois. Hypocrite parce qu’on ne touche pas officiellement au « tabou » des 60 ans, mais on le contourne par « la retraite à la carte », ce qui veut dire qu’on pourra partir quand on voudra, donc après 60 ans, et surtout parce que le projet PS entérine la réforme Fillon de 2003 qui allonge la durée de cotisations à 41,5 ans en 2025 et donc des départs en retraite entre 63 et 65 ans. La retraite à la carte, ce n’est pas vraiment une nouveauté, c’était même dans le projet présidentiel de Giscard qu’il aurait mis en œuvre s’il avait été élu en 1981. Et le projet est surtout virtuel, parce que nombre de revenus que les socialistes envisagent d’imposer ne vont pas attendre que le ciel rose leur tombe dessus pour s’exiler vers des cieux plus cléments.

Ce projet que les socialistes veulent justes, équilibré et durable est en fait un projet à un million de chômeurs supplémentaires au moins que le prélèvement financier, notamment la hausse des cotisations salariales et patronales, ne manquera d’avoir pour conséquence.

Incapable de sortir du carcan idéologique que lui imposent par posture les Fabius, Emmanuelli et consorts, Martine Aubry enfonce son parti dans le passé au lieu de le brancher sur l’avenir. Un signe de plus de notre décadence : même la gauche n’a plus d’utopie et se révèle stérile pour inventer des solutions nouvelles. Plus grave, elle se réfugie dans un déni face à la réalité démographique pourtant incontournable.

Alors on sort les vieilles recettes, et on se complait avec délices dans la démagogie. Ce projet est un catalogue d’impôts, qui plus est supportés par le travail. Les classes moyennes une fois de plus seront mises à contribution. S’il était mis en application, dans un pays où les impôts sont déjà concentrés sur les mêmes, on prendrait le risque d’une guerre des générations : les uns surtaxés pour payer les retraites des actuels rentiers, verront leurs salaires baisser, les autres imposés sur les revenus sur lesquels ils misent pour arrondir leur retraite seront enclins à se révolter…

Ce projet n’est ni à la hauteur de l’enjeu, ni juste comme Martine Aubry le prétend, parce qu’il fait l’impasse sur le « bouclier social ». Et il est inquiétant pour les répercussions économiques qu’il engendrerait.

                       


EDUCATION : LE COMPTE N’Y EST PAS

 

La Cour des comptes a scruté au microscope jusque dans ses moindres recoins notre système scolaire, évalué ce qu'il coûte et examiné les résultats qu'il obtient. Et ses conclusions ne sont pas réjouissantes. Au moins les enseignants ne pourront-ils pas mettre en avant une quelconque volonté politicienne de leur nuire de la part d’un organisme aussi incontestable et de surcroît présidé par un Didier Migaud dont on sait de quel côté penchent les convictions.

 

Qu’en est-il ? Les chiffres sont alarmants : 20% des élèves quittent aujourd'hui le système scolaire à 16 ans, quasi illettrés, oui, illettrés. Pour ceux de 15 ans, la France est aussi le pays de l'OCDE qui accuse le retard scolaire le plus important. On est donc très loin des objectifs fixés à l'Education nationale par la loi : 100% de réussite dans le secondaire, 80% d'une classe d'âge au bac et 50% de diplômés dans le supérieur. Des taux aussi réalistes qu’une chemise bûcheron sur le dos d’un touareg.


La Cour met le doigt là où ça fait mal. Tout d'abord, le système français serait profondément inégalitaire -dramatique- préférant les classes de niveau, plus simples à gérer et plus rassurantes pour les parents, à une vraie mixité, cela malgré la théorie du collège unique, contournée par « moult » pratiques utilisant ici les options, là les stratégies pédagogies.  Et seuls les meilleurs sont réellement favorisés. « En France, on reste intimement persuadé que la réussite scolaire se mérite et que, si un élève échoue, c'est sa faute et non celle de l'école ou des profs », dénonce la Cour. Pour ceux qui prônent l’égalitarisme pur et dur, c’est un constat cinglant.

 

D'ailleurs, elle observe non sans malice, que les besoins de l'élève passent trop systématiquement après ceux de l'institution et des profs -c'est un problème vieux comme Hérode, mais c'est audacieux de le dire publiquement- qu'il s'agisse d'emploi du temps ou de l'argent investi dans des options coûteuses, qui séduisent les parents, plutôt que dans l'aide aux élèves en difficulté. Seraient-ce les fumeux « itinéraires de découvertes » chers à Jack qui sont visés ? Faudrait-il donc que l’emploi du temps soit d’abord fait pour les classes et non en fonction des demi-journées de confort que réclament les enseignants ? Il y a de quoi faire une vraie révolution quand on connaît les pesanteurs et les traditions de la « grande maison ».

 

Le rapport dénonce également une administration centralisée qui, au nom du service public, propose des réformes qui s'appliquent à tous, sans prendre en compte les besoins particuliers des établissements. Ainsi le prestigieux lycée Henry IV bénéficie-t-il d'autant d'heures de soutien scolaire qu'un établissement plus difficile. C’est difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité.

 

Enfin la Cour des comptes pointe une mauvaise gestion financière. Les résultats des différentes politiques mises en place dans les dernières années n'ont pas été évalués. Il est vrai qu’il n’y a que les élèves qui sont évalués, dans le système, et rarement selon des techniques modernes. Ainsi le budget de près de 53 milliards d'euros en 2010, est, selon la Cour, mal réparti. Une part trop importante serait alloué au lycée et trop peu au primaire, où se forgent pourtant les difficultés. Enfin, les redoublements, finalement très peu utiles, coûteraient trop cher au système. Mais ces redoublements ne sont que les bégaiements d’un système à bout de souffle, où le conservatisme des enseignants n’est pas seul en cause, parce qu’il y a aussi des trésors de dévouement. Il faut faire avec des enfants de plus en plus nombreux que l’effort intellectuel rebute, des parents eux aussi de plus en plus nombreux à s’impliquer insuffisamment…

 

Ce que la Cour des comptes ne dit pas, c’est que le système éducatif n’est que le reflet de la décadence de notre société qu’il nous renvoie comme un miroir.




 


DU CREDIT AU SURENDETTEMENT

C'est le thème de la prochaine réunion de "débats et convergences".


Savez-vous ce que va changer la loi sur le crédit à la consommation ?

Quel est le nouveau délai de rétractation ?

Les conjoints pacsés ont-ils le même niveau de protection que les conjoints mariés  face aux crédits non contractés en commun ?

La mensualité d'un crédit renouvelable doit-elle permettre de rembourser le capital ou les intérêts ?

Laquelle de ces affirmations pourrait être utilisée dorénavant par les établissements de crédit dans une publicité ? :

- Emprunter c’est bien, rembourser c’est mieux

- Arrêtez d’épargner, empruntez !

Le taux de crédit pourra être librement indiqué au client ?

Dans quel cas le vendeur d'un magasin aura-t-il une prime plus importante ?

La consultation du fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers est-elle facultative pour un crédit renouvelable ?

Quelle mention légale devra être portée sur toutes les publicités ?

Pour la réserve permanente, quel contrôle des revenus de l'emprunteur ?

Quand la première mensualité du crédit devra-t-elle être réglée au plus tard ?


Réponses le 27 mai à Tiercé lors de la réunion-débat publique dont vous trouverez ci-dessous l'invitation, avec la participation d'invités hautement qualifiés :


Tiercé invitation001



ARCHIBALD EN LIBERTE

                                        Longue vue

Maire Polymorphe. Il nous l’avait bien caché, mais la sagacité des journalistes locaux de notre grand quotidien de l’Ouest l’ont démasqué à deux reprises cette semaine grâce à des photos judicieuses qui sont les preuves à l’appui : le Maire de Saint-Barthélemy a le don de prendre plusieurs personnalités et peut se cacher sous des apparences corporelles variées. L’avantage c’est qu’il peut ainsi occuper les médias plus souvent. L’inconvénient, c’est que ses administrés ne le reconnaissent pas. On ne peut pas tout avoir, mais la presse étant ce qu’elle est, tous les moyens sont bons ! En fait ce sont des erreurs à répétition de la rédaction qui publie des photos avec des légendes inadaptées…ou l’inverse. Faut-il fournir au chef de rédaction un trombinoscope de nos élus ?

Saut de groupe. Sans élastique ! On attend avec intérêt la première invitation sur Fessebouc pour se retrouver au bord de la falaise d’Etretat pour « un saut collectif » et savoir combien de moutons de Panurge l’accepteront. Y aura-t-il autant d’amateurs que pour aller se poivrer le pif au cours d’une apéro-partie. Rappelons qu’en France, la consommation d’alcool sur la voie publique est interdite depuis longtemps. Suffit donc d’appliquer la loi !

Interdire les portables. A l’école et au collège : ce sera une très bonne chose. Cela rendra les élèves plus attentifs à leur travail et cela évitera aussi la propagation de rumeurs, fausses nouvelles et autres inepties dont les flemmards ne sont jamais avares pour mettre le bazar. La dernière c’était que Sarkozy –pourquoi lui ?- allait sucrer un mois de vacances cet été et des timbrés appelaient à la grève. Comme si on n’avait pas assez de la CGT pour ça !

Devoir d’éducation. Une conductrice de bus scolaire excédée a traité un gamin de « p’tit con », ce qui devait être approprié. Mais le morveux a filmé la scène avec son portable et ses parents ont porté plainte pour « injure publique », ce qui vaut à la brave dame d’être convoquée par le juge pour un « rappel à la loi ». On marche sur la tête. Si il y en a un qui méritait un rappel au règlement, c‘est bien l’élève en question qui, en guise d’acompte, aurait dû déjà se prendre une baffe par ses parents à l’arrivée. Enfin, s’il avait été le mien…. Pour lui apprendre à se tenir. Avec l’enfant-roi, tout est permis. Plus tard, peut-être qu’il crachera sur son père …

Sport national. J’entendais l’autre matin à la radio un commentateur expliqué pourquoi la Grèce se retrouvait en faillite. D’après lui, là-bas, la fraude fiscale est un exercice quotidien pratiqué par le plus grand nombre : ainsi seuls 40% des revenus seraient déclarés, et ensuite 40% de ceux-ci seraient détournés par les fonctionnaires. On voit d’ici la maigre part qui va dans les caisses de l’Etat. Cela rappelle la fin de l’Empire romain ou de la Monarchie en France. Sauf qu’il s’agit d’une république. Chez nous, la fraude existe aussi, pourtant les Français savent peu que la France est l’un des pays où l’impôt rentre le mieux !

Rigueur aux olives. Les pays du sud ne sont pas à la fête. L’Espagne et le Portugal, après la Grèce prennent des mesures drastiques pour réduire les dépenses et donc le déficit de leur budget. Il est temps. Mais ces coupes sombres dans les salaires plus les augmentations d’impôts ne vont pas être sans répercussions sur la consommation et donc la croissance… Là, c’est vraiment la rigueur, l’amère potion qui supprime les olives dans les tapas et qui n’a rien à voir avec nos mesures d’économies dans les dépenses  publiques décrétées par le gouvernement Fillon. A côté, c’est un doux sirop !


A COR … ET A CRI !

 

La réforme du financement des régimes de retraite exigera plus d'efforts que prévu

Selon les derniers calculs du Conseil d’Orientation des Retraites (COR), le report de l'âge légal à 63 ans, tout en allongeant la durée de cotisation à 45 ans, comblerait seulement la moitié du déficit. En effet, dans le cadre d'un scénario économique prévoyant une stabilisation du chômage à 4,5%,  la retraite à 63 ans, combinée à 45 ans de cotisations, permettrait de couvrir 53% du déficit du régime général envisagé en 2050, estimé à environ 65 milliards d'euros. Cette hypothèse est cependant la plus défavorable pour les salariés en termes de durée de cotisation nécessaire afin de toucher une retraite complète. La mise en application de ces mesures est envisagée progressivement, avec des hausses des bornes d'âge et des durées de cotisation à raison d'un trimestre par an.

Détails des éléments de simulation sur l’âge et la durée :

Un report de l'âge légal de départ à la retraite à 63 ans permettrait de couvrir 27% des besoins en financement du régime général. Le déficit du système serait réduit de 18 milliards d'euros.

Un report de l'âge légal à 65 ans couvrirait 53% des besoins.

Un allongement de la durée de cotisation à 43,5 ans permettrait de couvrir 15% des besoins.

Un allongement à 45 ans en couvrirait 31% des besoins.

Un report de l'âge à 63 ans, assorti d'un allongement de la durée à 43,5 ans, permettrait de couvrir 36% des besoins.

Un report de l'âge à 63 ans et un allongement de la durée à 45 ans, couvriraient 53% des besoins.

Un report de l'âge à 65 ans et un allongement de la durée à 43,5 ans, couvriraient 59% des besoins.

Détail des éléments de simulation sur les ressources du système :

Un point de cotisation retraites en plus apporte plus de 4 milliards d'euros à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), qui gère les pensions du secteur privé.

Un point de CSG en plus sur l'ensemble des revenus apporte 11,2 milliards d'euros.

Le Fonds de réserve des retraites (FRR) : les actifs de ce fonds, créé en 1999 pour accumuler des réserves financières pour après 2020, avaient une valeur de 33,3 milliards d'euros fin 2009. Selon le chiffrage du COR, cette valeur pourrait atteindre 70 milliards d'euros en 2020 « dans l'hypothèse d'un taux de rendement réel de 4% par an ».

L'hypothèse qui soulagerait le plus les finances est celle qui combine une durée de cotisation allongée progressivement à 43,5 ans (pour la génération 1990) avec un âge légal porté à 65 ans d'ici 2035. Ce scénario permettrait de couvrir près de 60% des besoins de financement des retraites de base du privé d'ici 2050.

C’est pourquoi l’allongement de la durée de cotisation et le recul de l’âge de départ sont considérés comme une mesure urgente pour le Medef,

De leur côté, les syndicats jugent incontournables de nouvelles ressources,  mais les simulations du COR ressemblent bien à un « durillon » douloureux qui rend intenable leur position de blocage sur l’âge de la retraite… d’autant plus que la durée de la vie s’allonge.

 

Les simulations publiées hier par le Conseil d'orientation des retraites sont inquiétantes. Mais elles n’empêchent pas la gauche de hurler pour cacher son décalage par rapport à la réalité. Il y a des dogmes qui coûtent. Il lui est plus facile de stigmatiser (mot à la mode) le bouclier fiscal.  

 

Mais même en menant une réforme très dure, centrée sur un relèvement rapide de l'âge légal du départ à 65 ans, on ne pourra pas éradiquer totalement le besoin de financement des régimes de retraite. C’est bien ce qui ressort d’essentiel des simulations du Conseil.

 

Comme les ressources traditionnelles (hausse des cotisations notamment) se révèlent délicates et même quasi impossibles à envisager, il faut aller chercher ailleurs de nouvelles ressources. Les propos présidentiels de lundi indiquant qu'un effort serait demandé aux hauts salaires et aux revenus du capital pour contribuer à financer les retraites vont dans ce sens, mais cela pourrait n’être qu’un affichage à vertu de « justice » sans pour autant s’avérer suffisant comme on peut l’observer dans le chiffrage du COR. C’est à juste raison que le président du Nouveau Centre et ministre de la Défense, Hervé Morin, se déclare favorable « au principe de la TVA sociale » pour financer la protection sociale.

Et il y a bien sûr à résoudre en même temps le problème du travail des séniors, celui de la pénibilité et enfin celui de l’entrée des jeunes dans la vie active… Jouer sur tous les paramètres et même sur ceux … qui nous échappent !

 

 


POLEMIQUE VICTOR !

                 Assemblee_Nationale

La vie politique est ainsi faite et sans polémique elle manquerait singulièrement de sel. Il faut dire que nos parlementaires font tout pour l’alimenter.

Ainsi nos beaux parleurs de gauche nous ont expliqué aujourd’hui qu’après avoir voté la déclaration solennelle sur le voile intégral, ils ne voteront pas la loi d’interdiction générale en nous expliquant qu’elle est inapplicable pour la partie « espace public ». Et de proposer un projet avec une interdiction limitée aux services publics, banques, etc… Très drôle : on imagine une femme mettant et retirant ses draps selon les lieux où elle se trouve. C’est d’un pratique ! Et que fera-t-elle dans le bus ? Une position qui me rappelle un dessin d’un humoriste qui montrait une femme en voile intégral allant se garer dans un parking, le retirer pour se retrouver en mini jupe et aller faire ses courses dans un grand magasin, et faire l’opération inverse au retour… Des positions comme celles-là, il vaut mieux effectivement en rire. Martine, t’en a pas une autre ?

A droite, c’est pas mal non plus. Pris en otage par la gauche sur le « bouclier fiscal », mot bien prétentieux en regard de sa taille (son coût), nos compères sont victimes du syndrome de Stockolm. Après la sortie du Ministre Pierre Lellouche à Mots Croisés, à titre personnel, d’aucuns se sont crus autorisés à la commenter permettant à la gauche de crier une fois de plus à l’injustice…On ne peut pas dire que le résultat soit très judicieux.  Comme Jean-François Copé qui tient absolument à assumer la « rigueur » décrétée par le Gouvernement. Il a raison sur le fond. Mais le mot a pris une connotation qu’il n’a pas le droit d’ignorer puisqu’il est né avec la politique mise en place en 1983 après le désastre économique des mesures de 1981 et 1982. Il serait donc mieux de ne pas tomber dans le piège tendu une nouvelle fois par la gauche qui en fait un argument de communication. Se différencier, c’est bien, mais à bon escient, comme dit mon copain l’Arménien. Faisons le distinguo entre « rigueur » et gestion « rigoureuse » du denier public.

Après on s’étonnera que les guignols s’en donnent à cœur joie…

Demain, je commenterai les chiffrages du COR pour la réforme du financement des retraites... De quoi mettre le bouclier fiscal au rang des "amusettes" !




« ECONOMIE »

 

Voilà un mot avec lequel les socialistes et la gauche, d’une manière générale, sont fâchés. Et cela quelle que soit l’acception choisie.

S’il s’agit de l’économie au sens du fonctionnement de ce qui fait vivre nos sociétés : les entreprises, la monnaie, le commerce… chaque fois que j’entends un élu ou un responsable politique c’est pour se prononcer sur les seuls aspects du travail, des salaires et des  revendications sociales. L’économie c’est la distribution et la répartition de la richesse avant de l’avoir produite. Elle se résume dans un jugement sans nuance sur la fiscalité qui ferait la part belle aux riches, sans jamais envisager la compétition internationale ou la nécessité des investissements privés. C’est un peu simplifié, mais je ne dois pas être loin de la vérité.

S’il s’agit de « faire des économies », et pour avoir observé le fonctionnement des collectivités qu’ils détiennent, on peut affirmer sans risque de se tromper, que c’est une notion inconnue. Lors de l’élaboration des budgets,  ils font d’abord la liste de leurs dépenses et ensuite on ajuste par le prélèvement ou l’emprunt. Un budget qui ne grossit pas n’est pas un bon budget. Un exercice sans réalisations, n’est pas un bon exercice. C’est la course au « toujours plus », sans jamais se proposer de trouver des solutions qui fassent faire des économies.

Pourtant, quand on voit la dette croître et embellir, il faudra bien y venir. Car les collectivités y seront confrontées au même titre que l’Etat. Economiser l’argent sera le « leitmotiv » des dix années qui viennent. Notre génération de babyboomers irresponsables,  qui a accumulé les dettes publiques et perçoit en masse des retraites confortables, comme le dit très bien Jean-Claude Hazera dans les Echos, doit bien cela aux enfants et petits enfants qu’ils ont fait (pas assez nombreux, malheureusement).

Economie. Le maître mot que la gauche devra apprivoiser pour être crédible.

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

                                      Longue vue


Euro Europe.
Puisque nous fêtons aujourd’hui l’Europe, commençons la semaine par la fin. « L’Europe n’avance que dans les crises » affirmait Robert Schuman. Cette affirmation a souvent été vérifiée par les faits. Une fois de plus la tourmente lui aura permis probablement de faire un pas de plus vers la « gouvernance économique » qui lui fait tant défaut et que la France appelle de ses vœux. C’est pourquoi on a beaucoup vu Nicolas Sarkozy à la manœuvre lors du dernier sommet de Bruxelles. Le dispositif qui est en train d’être mis en place est d’inspiration française et a reçu le plein accord de l’Allemagne. On saura rapidement si, grâce à lui, la monnaie unique est sauvée. Le problème est que le Traité de Lisbonne n’a pas prévu le cas d’une faillite nationale. Il fallait donc tout faire pour qu’elle n’ait pas lieu. Il s’agit maintenant de repartir du bon pied.

 
Grenelle  Grenelle 2
.
Il y a ceux qui verront le verre à moitié vide, c’est le verre vert, et ceux qui le verront aux trois quarts plein. Difficile de plaire à tout le monde, surtout à ces jusqu’auboutistes verts dont le projet de société est à l’écologie ce que la chicorée Leroux est au Nespresso. La loi Grenelle 2 est votée. On en retiendra surtout des avancées concrètes  dans beaucoup de domaines, même si elle ne va pas assez loin sur le problème des pesticides, si la taxe carbone est reportée ainsi que la taxe sur les poids lourds pour favoriser le ferroviaire. Il faut dire qu’avec la SNCF, le fret, c’est le boulet. Et puis sur l’éolien, si tout n’est pas parfait, l’essentiel est préservé. On pourra toujours objecté que la procédure des sites classés est inadaptée, le seuil de 5 mâts par installation est raisonnable. La France fait des progrès et c’est l’essentiel.

Fessebouc. Toujours et encore. L’esprit de Panurge a encore frappé. Cette fois-ci à Rochefort, ou une bataille rangée entre une centaine de collégiens a commencé par des invectives banales sur le « réseau social »… De social, il n’en a guère que le nom quand on voit à quelles dérives moutonnières on en arrive. Les préfectures n’en finissent plus d’essayer de dissuader les « apéros géants » et les organisateurs inconscients ne voient pas à quels périls qui pourraient s’avérer douloureux ils s’exposent.

Bp-logo  British Pétrin. « La mer qu’on voit danser au fond du golfe noir… » Triste parodie de la chanson de Trenet. Le golfe du Mexique n’en a pas fini de subir les conséquences de l’explosion de la plate-forme pétrolière.  Voilà une première dont on se serait bien passé. Pour l’instant le désastre écologique sur le delta du Mississippi n’a pas encore eu lieu, mais pour combien de temps. Encore une fois, l’homme joue à l’apprenti sorcier. Espérons que son génie inventif permette de trouver rapidement la parade. Et souhaitons qu’une tempête tropicale ne vienne pas ajouter une catastrophe à la catastrophe.

Merkel berlin Sanctions. Il n’y a pas qu’en France que l’opinion en veut au gouvernement. Gordon et Angela viennent d’essuyer chacun dans son pays un revers électoral. En cause : la gestion de la sortie de crise. Qu’on soit blanc ou noir, quand les difficultés sont là, les électeurs sanctionnent ceux qui sont en place. Le discernement n’est pas ce qui caractérise le corps électoral quand chacun a le sentiment que son propre avenir n’est pas assuré. Gordon a fait une mauvaise campagne mais son parti a suffisamment résister pour rendre la victoire compliquée aux « Tories ». Les atermoiements d’Angela pour ménager un électorat profondément hostile à l’aide dans la crise grecque n’ont servi à rien puisqu’elle a dû se résigner finalement à l’accorder et concéder même plus avec l’accélération de la spéculation sur l’Euro. Du coup, elle a perdu la majorité au Bundesrat (Sénat allemand). Mais n’a-t-elle pas perdu la main depuis qu’elle est alliée aux libéraux ?

 


LE PRIX FORT

 

                            Nicolas_sarkozy_président

Décidément, il ne faut pas s’absenter. Dès qu’on a le dos tourné, il s’en passe des choses. Il y aura donc de quoi alimenter la semaine d’Archibald et quelques chroniques de la semaine prochaine.

 

Cette semaine nous avons remarqué que c’était le troisième anniversaire de la présidence de Nicolas. Difficile de contourner l’évènement tant les médias ont mis d’insistance à signaler l’impopularité du chef de l’état sévèrement jugé sur son « bilan » par les Français. Il faut dire qu’abreuvés de pseudo-vérités par des médias où se mélangent l’incompétence à l’inconsistance quand ce n’est pas le tendancieux, il leur est difficile de faire la part des choses. D’ailleurs on peut se demander ce qui n’est pas de sa faute, jusqu’à l’éruption du volcan islandais… La crise, c’est lui, forcément. Mais aussi sans se demander dans quel état serait notre pays aujourd’hui si c’était la gourde du Poitou qui avait gagné en 2007.

Et puis il y a la crise grecque qui fait vaciller l’euro sous la pression des spéculateurs toujours à l’affût de l’argent facile, aurait dit Mitterrand. Mauvaise conjoncture pour le gouvernement, qui, poursuivant son bonhomme de chemin a commencé à s’atteler à combler le trou que la crise a aggravé. C’était annoncé depuis longtemps. Mais voilà : les annonces de François Fillon qui n’ont rien de surprenant ni de bien nouveau tombent au même moment.

Alors on voit Benoit Hamon s’avancer, et de la même manière que les adolescentes pré-pubères gloussent à l’approche des garçons pour se faire remarquer, assènent ses « vérités »… outrancières comme d’habitude. A côté, Frédéric Lefebvre fait garçon très raisonnable. Alors voilà, c’est « le coup de bambou,… on fait payer à tous les Français les cadeaux faits aux riches » : le mot est lâché. Mais tellement convenu dans sa bouche.

C’est un gros raccourci sans fondement, si ce n’est les quelques 600 millions du bouclier fiscal qui sont peanuts en regard du problème, pour faire oublier la large part que la gauche a prise au fil de ses gouvernements dans le creusement des déficits (et que la droite n’a que trop rarement combattus quand elle était au pouvoir). A commencer par la retraite à 60 ans, non financée, qui a obligé Mitterrand et Maurois à dévaluer, à quitter le serpent monétaire de l’époque et à pratiquer « la rigueur ». On en paie aujourd’hui et encore le prix. Le deuxième coup de bambou aura été la loi sur les 35 heures qui émarge toujours par millions au budget de l’état… Un peu d’humilité ne ferait pas de mal.

Rien que pour cela, je reste convaincu que les Français rendront justice un jour au travail ingrat accompli par Nicolas Sarkozy et son gouvernement. Pas à la manière dont ils considèrent Jacques Chirac aujourd’hui, après l’avoir sérieusement désavoué quand il gouvernait, ce qui est une manière de lui faire comprendre que là est la place où il souhaite le voir : en retraite. Non, ce sera quelque chose de plus substantiel : celui qui, au mépris des efforts à consentir, et dût-il en payer le prix fort, aura mené contre vents et marée la modernisation indispensable du pays.

 

 


LA SEMAINE A LA LORGNETTE

                                            

                                                  Longue vue

 

REPRISE OU PAS REPRISE ?  A écouter les uns, nous sommes encore dans la crise, et la reprise n’est pas encore là, et si elle vient, elle sera timide. C’est ce que nous annoncent par exemple les prévisions de l’OFCE. Mais ce sont aussi les avis que l’on entend dans les émissions consacrées. Et pourtant, je lis par ailleurs que « les grands industriels parient sur la reprise », une nette reprise avec des prévisions optimistes de profits, chez Pernod-Ricard, Siemens ou le britannique Astra-Zeneca… Cela expliquerait-il la très légère embellie sur le front de l’emploi ?

UN GROS MENSONGE. Celui qui veut faire croire que le gouvernement a dans la tête de saborder le régime de retraites par répartition pour mettre à la place des fonds de pensions privés. Qui dit cela : la CGT, bien sûr, pour tenter de rameuter des troupes pour le défilé du 1er mai. C’est pourtant l’inverse : il s’agit de tout faire pour sauver le système actuel. Oui, mais pour cela, il faut accepter de regarder la réalité en face,… sans la farder.

SOLUTION. J’ai cru que les patrons de nos grandes centrales syndicales avaient trouvé la solution au financement du système des retraites. Plus les cortèges seraient longs, disaient-ils, plus on sera sûr du résultat. J’en ai conclu qu’ils avaient décidé de faire payer une cotisation à chaque participant pour réunir les milliards qui manquent. C’est peut-être pour ça qu’ils ont eu moins de monde qu’ils en attendaient.

VIVRE AU-DESSUS DE SES MOYENS. Les Grecs savent maintenant ce que cela veut dire. Avec l’Union monétaire, on sait qu’il n’est plus possible de corriger les différences entre les économies nationales par un réajustement des taux de change. « Certains pays ont succombé à la tentation de vivre au-dessus de leurs moyens. Le recul de la compétitivité des prix et l’augmentation des déficits du commerce extérieur sont le tribu à payer pour leurs emprunts successifs, leur manque de discipline budgétaire … » voilà un avis du Ministre allemand de l’économie qui nous ira droit au cœur. Je ne suis pas certain qu’il pensait seulement à la Grèce.

CAVALIER SEUL. C’est l’impression que nous donne l’Allemagne, portée par une économie en bonne santé, tant ses réticences dans la résolution de la crise grecque ont été fortes. Pourtant, et heureusement, même si le citoyen de base est tenté par une sorte de retour au national quitte à quitter l’euro, ce serait un mauvais calcul. L’Allemagne a encore plus d’intérêt à s’intéresser aux PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Spain) plutôt qu’aux BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) tout simplement parce que les premiers représentent toujours l’essentiel de son gagne-pain : l’Europe pèse 63% de ses exportations, la zone euro 43%, contre seulement 7% pour l’Amérique et 10% pour les « émergents ». Sauf à brader ses intérêts, elle est arrimée à l’Europe encore pour longtemps.

FESSEBOUC. La connerie humaine est un filon sans fin, c’est bien connu. Et depuis Audiard, on sait qu’elle sévit parce que les « cons ça ose tout ». Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient envahi la toile et qu’ils sévissent sur les sites dits «réseaux sociaux », suivis par tous les "moutons de Panurge". Derniers exemples : la mode des « apéros géants » qui conduisent immanquablement à la multiplication des comas éthyliques et qu’il a fallu interdire. Les Argentins ont fait mieux (ou pire) : suite à un appel sur Facebook, 11 000 (oui, onze mille !) collégiens et lycéens de la province de Mendoza ont massivement séché les cours vendredi dernier. Pire que « Big Brother » ! En Colombie, c’est un candidat inconnu qui est en passe de gagner l’élection présidentielle grâce à sa campagne internet sur Facebook et Twitter. La « connectivité » porte donc bien son nom. Mais quelque part, ça fait peur, non ?

TOUT VERITE… est-elle bonne à dire ?  Le sénateur-maire de Lyon juge sévèrement la Martine-de-Lille pour ses « alliances infernales avec des gens comme Henri Emmanuelli et Laurent Fabius ». Il dénonce la ligne maximaliste pour gagner les élections et ensuite être obligé, comme en 1983, d’adopter un cap plus réaliste. Si DSK n’y va pas, il menace d’y aller…S’il le dit ! Voilà une belle « Valls » de candidats qui s’annonce. Surtout que La Madone du Poitou  appelle dans le même temps à adhérer à « Désirs d’avenir », l’antiparti PS… seulement deux jours après le discours de la 1ère secrétaire sur l’Arlésienne (le projet socialiste).

           

 

                                                           Archibald.


L’EURO BAISSE, ET ALORS ?


                                                Euro

Les grands industriels parient sur la reprise, avec prudence. Sur une « nette reprise » même. Les présentations optimistes de leurs anticipations de profits en sont le signe. L’embellie est liée en particulier à la reconstitution des stocks dans plusieurs filières, à un redémarrage des investissements et à la croissance vigoureuse des pays émergents.

La baisse de l’euro, provoquée par la crise grecque, tombe à pic. Il a atteint en effet son plus bas en un an cette semaine à 1,31 dollar. Ses oscillations sont d’ailleurs relativement modestes, à mettre en relation avec le poids de la Grèce dans la zone euro, avec moins de 3% du PIB.

Les seuls à s’en plaindre sont les consommateurs qui paieront leur carburant plus cher. Sinon, c’est tout « bénef’ » : pour nos exportations à l’extérieur de l’Europe notamment, et l’effet n’a pas d’incidence pour les échanges avec nos voisins qui ont le même monnaie. La parité euro-dollar devrait même approcher 1,25 d’ici la fin de l’année. Cette baisse profitera plus à la France, à l’Espagne et à l’Italie qu’à l’Allemagne dont les exportations sont moins sensibles aux taux de change qu’à la demande mondiale.

On est encore loin des 0,82 dollar de octobre 2000, qui est le plus bas historique de la monnaie européenne. Cela tient au fait que les grands investisseurs n’ont pas remis en cause la monnaie unique, tels que la Chine qui n’a pas vendu ses réserves de change en euro. Et d’autre part, le dollar est contesté comme monnaie de réserve internationale par les mêmes chinois. Cette baisse très modérée, malgré la spéculation sur le cas grec reflète la confiance bien établie des marchés dans la BCE et sa capacité à défendre la monnaie.

Il faut même s’attendre à un regain d’attractivité du dollar parce que le différentiel de croissance entre les Etats-Unis et l’Europe joue en sa faveur. Et il est possible que le trésor américain relève son principal taux directeur, aujourd’hui proche de zéro. Un contexte que l’économie européenne devrait mettre à son profit pour se relancer…. Mais c’est une autre histoire, car l’endettement des Etats va continuer à peser par les efforts d’assainissement qu’il va nécessiter. La Grèce en est un mauvais exemple, mais un exemple quand même.