DU CREDIT AU SURENDETTEMENT
UN PROJET JUSTE…HYPOCRITE

EDUCATION : LE COMPTE N’Y EST PAS

 

La Cour des comptes a scruté au microscope jusque dans ses moindres recoins notre système scolaire, évalué ce qu'il coûte et examiné les résultats qu'il obtient. Et ses conclusions ne sont pas réjouissantes. Au moins les enseignants ne pourront-ils pas mettre en avant une quelconque volonté politicienne de leur nuire de la part d’un organisme aussi incontestable et de surcroît présidé par un Didier Migaud dont on sait de quel côté penchent les convictions.

 

Qu’en est-il ? Les chiffres sont alarmants : 20% des élèves quittent aujourd'hui le système scolaire à 16 ans, quasi illettrés, oui, illettrés. Pour ceux de 15 ans, la France est aussi le pays de l'OCDE qui accuse le retard scolaire le plus important. On est donc très loin des objectifs fixés à l'Education nationale par la loi : 100% de réussite dans le secondaire, 80% d'une classe d'âge au bac et 50% de diplômés dans le supérieur. Des taux aussi réalistes qu’une chemise bûcheron sur le dos d’un touareg.


La Cour met le doigt là où ça fait mal. Tout d'abord, le système français serait profondément inégalitaire -dramatique- préférant les classes de niveau, plus simples à gérer et plus rassurantes pour les parents, à une vraie mixité, cela malgré la théorie du collège unique, contournée par « moult » pratiques utilisant ici les options, là les stratégies pédagogies.  Et seuls les meilleurs sont réellement favorisés. « En France, on reste intimement persuadé que la réussite scolaire se mérite et que, si un élève échoue, c'est sa faute et non celle de l'école ou des profs », dénonce la Cour. Pour ceux qui prônent l’égalitarisme pur et dur, c’est un constat cinglant.

 

D'ailleurs, elle observe non sans malice, que les besoins de l'élève passent trop systématiquement après ceux de l'institution et des profs -c'est un problème vieux comme Hérode, mais c'est audacieux de le dire publiquement- qu'il s'agisse d'emploi du temps ou de l'argent investi dans des options coûteuses, qui séduisent les parents, plutôt que dans l'aide aux élèves en difficulté. Seraient-ce les fumeux « itinéraires de découvertes » chers à Jack qui sont visés ? Faudrait-il donc que l’emploi du temps soit d’abord fait pour les classes et non en fonction des demi-journées de confort que réclament les enseignants ? Il y a de quoi faire une vraie révolution quand on connaît les pesanteurs et les traditions de la « grande maison ».

 

Le rapport dénonce également une administration centralisée qui, au nom du service public, propose des réformes qui s'appliquent à tous, sans prendre en compte les besoins particuliers des établissements. Ainsi le prestigieux lycée Henry IV bénéficie-t-il d'autant d'heures de soutien scolaire qu'un établissement plus difficile. C’est difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité.

 

Enfin la Cour des comptes pointe une mauvaise gestion financière. Les résultats des différentes politiques mises en place dans les dernières années n'ont pas été évalués. Il est vrai qu’il n’y a que les élèves qui sont évalués, dans le système, et rarement selon des techniques modernes. Ainsi le budget de près de 53 milliards d'euros en 2010, est, selon la Cour, mal réparti. Une part trop importante serait alloué au lycée et trop peu au primaire, où se forgent pourtant les difficultés. Enfin, les redoublements, finalement très peu utiles, coûteraient trop cher au système. Mais ces redoublements ne sont que les bégaiements d’un système à bout de souffle, où le conservatisme des enseignants n’est pas seul en cause, parce qu’il y a aussi des trésors de dévouement. Il faut faire avec des enfants de plus en plus nombreux que l’effort intellectuel rebute, des parents eux aussi de plus en plus nombreux à s’impliquer insuffisamment…

 

Ce que la Cour des comptes ne dit pas, c’est que le système éducatif n’est que le reflet de la décadence de notre société qu’il nous renvoie comme un miroir.




 

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