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GENRE : IL N'Y A PAS DE FUMEE SANS FEU !

 

 

Depuis quelques jours l'impayable Peillon se prend dans les dents le retour du boomerang qu'il a lui-même lancé en proclamant, à son arrivée au ministère de l'Education, qu'il se donnait pour mission "d'arracher l'enfant à tous les déterminismes" et notamment à celui qu'il considérait comme le  premier à éliminer, celui de la famille.

Et depuis, le gouvernement s'est attaché méthodiquement à une déconstruction de la famille à travers les nombreuses mesures qui viennent s'ajouter les unes aux autres : déconstruction sociale avec la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, expliquant qu'il n'y a plus un modèle de famille, mais "des familles" ; déconstruction financière dès la fin 2012 avec l'abaissement du quotient familial pour l'impôt sur le revenu avec 880 000 foyers concernés et bientôt dans le cadre du "pacte de responsabilité" un financement non assuré de la politique familiale...

Le troisième axe de cette politique de déconstruction concerne l'éducation. C'est une vieille chimère socialiste que de vouloir transformer la société en se servant de l'école comme levier. Qu'il le veuille ou non, à travers l'égalité garçon-fille, c'est bien la théorie du genre  qui reste le vecteur de la pensée interministérielle puisqu'on trouve au coeur de ce sujet, l'incomparable ministre des Droits des femmes, la vipérine Vallaud-Belkacem. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la "convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif 2013-2018", tout y est et je vous passe les détails, juste un passage :" donner aux élèves, étudiants et étudiantes, les outils nécessaires pour mieux appréhender le traitement du genre dans les médias...". D'ailleurs, la ministre s'en prévalait elle-même en 2011, expliquant "l'identité sexuelle des individus autant par le contexte socioculturel que par la biologie". Aussi, le "genre" a été introduit dans les manuels scolaires de SVT (sciences naturelles), le film "Tomboy" (garçon manqué), sorte d'initiation à l'homosexualité, a été projeté à 47 000 élèves en un an, à partir du CE2, l'introduction de livres orientés tel "Papa porte une robe", etc... Et quand la même ministre vient proclamer aujourd'hui, la main sur le coeur que le "genre" n'existe pas, c'est pour mieux nous tromper. Qui peut la croire ?  elle a simplement remplacé le mot qui dérange par une expression plus neutre : "lutte contre les stéréotypes" !!!

Il est normal que cette action insidieuse, qui confond éducation et endoctrinement, inquiète des parents d'élèves. L'école n'est pas là pour promouvoir de façon volontariste une nouvelle idéologie. Il faudrait que le ministre de l'éducation se soucie davantage de ce qu'ils attendent pour leur enfant : savoir lire, écrire et compter, comprendre la langue et pas leur fourrer dans la tête des théories fumeuses, contestables, effets d'une névrose obsessionnelle. Ils ne veulent pas de cette conception quasi religieuse de l'école laïque. Ils rejettent ce lavage de cerveau qui remplace l'apprentissage du calcul, de l'orthographe et des rudiments de notre histoire bien plus utiles à la formation de leur esprit et de leur devenir. D'autant plus que dans les propos et les écrits du ministre de l'éducation on peut découvrir des certitudes qui oscillent entre un "maoïsme doux à la façon khmer rose" et une "religion type inquisition", comme le dit si bien Jean d'Ormesson.

La liberté civilisée et la démocratie ne sont pas nées comme des champignons. Il ne suffit pas de se gargariser avec les grands mots de "république", de "démocratie, "d'égalité" pour justifier une dérive autoritariste, en trahissant la culture de liberté, en reniant les "lumières philosophiques". Dès lors que le principe de l'égalité est incontesté, que les progrès sont constants, il est inquiétant  de vouloir formater les mentalités dès le plus jeune âge. Toute différence n'est pas forcément porteuse d'inégalité. La chasse aux "stéréotypes" pour justifiée qu'elle soit, ne doit pas balayer d'un revers de main notre héritage culturel. Il faut en finir avec cette accusation systématique du passé : notre civilisation occidentale n'est pas réductible à une histoire faite de domination et de misogynie. Nous ne venons pas de rien et préoccupons-nous de donner à nos enfants la capacité à entrer dans le monde tel qu'il est et non pas tel que certains le rêvent. Il est faux de dire que dans la famille dite traditionnelle, on "formate" un enfant, on ne fait que l'introduire dans un monde qui est plus vieux que lui. Monsieur Peillon ne pourra pas changer cette réalité.

Nous ne voulons pas de ces nouveaux gourous de la pensée toute faite, cette nouvelle cléricature laïcarde qui confond égalité et égalitarisme. Leurs incantations transforment leurs mots fétiches "république, démocratie, citoyen" en formules creusent comme autrefois on processionnait sans y croire.

Dans ce qui est dénoncé aujourd'hui, il y a bien une réalité. Les "ABCD de l'égalité" servent effectivement à diffuser les postulats de l'idéologie du genre. Ces actions doivent être combattues jusqu'à ce qu'elle soient retirées !

 


FRANCE : LE MOTEUR TOUJOURS EN PANNE !

France-faillite

Le tournant de l’offre opéré par le pingouin-goujat suppose pour réussir, des débouchés extérieurs. Mais la zone euro, principale partenaire de notre pays a encore une demande interne déprimée et la solution serait une relance de la coopération européenne. C’est un premier chantier pour le gouvernement français. En 2003, l’Allemagne a pu réduire le coût du travail car ses exportations soutenues en partie par la demande européenne croissaient rapidement. Confrontée à une zone européenne menacée par la déflation, la France ne dispose pas du même atout.

Le chef de l’état vient de découvrir la mondialisation et ses règles du jeu.

La France, sans pratiquement de protection douanière ou monétaire vis-à-vis de l’extérieur dispose d’un PIB de 2611 milliards de dollars à comparer au PIB de 72690 milliards de dollars pour l’ensemble des pays de la planète (FMI). C’est dire si notre demande intérieure pèse fort peu face à l’immensité du marché mondial. Les débouchés sont théoriquement infinis pour les exportateurs du « made in France ». Par ailleurs, loin de constituer un pré carré, notre marché national est largement ouvert aux produits industriels étrangers qui en couvrent pratiquement la moitié. L’alternative est donc très simple : soit on accepte le jeu de la division internationale du travail, ce qu’on appelle la mondialisation,  soit on trouve préférable de fermer les frontières et de vivre entre soi, à notre rythme. En fait, le chef de l’état a fini par accepter la mondialisation et ses règles du jeu. Peut-être évitera-t-on ce que d’aucuns caricaturent la vie économique internationale avec la formule lapidaire « des esclaves fabriquent des produits vendus à des chômeurs »,  ce qui exprime un danger bien réel pour les pays occidentaux. En effet, le principal problème de la France, c’est la production. Il était temps de s’en apercevoir.

On promet de desserrer les freins, mais il n’y a toujours pas de moteur.

La croissance  frémit quelque peu en ce début d’année 2014, mais elle vient de l’extérieur. La consommation nationale continue de se trainer autour de 1%, et les entreprises ont des marges au plus bas depuis trente ans : globalement, elles n’ont aucune raison d’accroître leur effort d’équipement. Autrement dit, l’attente est forte en matière de fiscalité, de dépense publique, d’assouplissement du marché du travail, de baisses des charges, de soutien à l’innovation. Car il ne suffit pas de réduire les injections de narcotiques pour faire galoper une économie. Pour l’instant le pays n’a plus de tonus, plus de ressort, avec une économie que le moindre aléa météo bouscule. La hausse de la TVA va rogner le pouvoir d’achat déjà anémique en passant progressivement dans les prix en particulier là où elle est la plus marquée, le relèvement de 7% à 10% qui concerne essentiellement les services produits en France. Les augmentations de salaires sont limitées à l’ancienneté dans la fonction publique, elles sont comprimées dans les entreprises et l’embauche n’est pas au rendez-vous, comme on vient de le constater. Les emplois aidés qui coûtent fort cher n’ont pas suffi à inverser la courbe.

Un virage qui serait salutaire si …

Aussi, le « virage » annoncé pourrait-il être salutaire. Encore faut-il que ce ne soit pas que des mots. Il est beaucoup question d’allégements de charges pour les entreprises et même de baisse d’impôts pour les ménages. Le tout financé par des économies massives. Mais le bouclage budgétaire reste bien mystérieux. Car en réalité, les 50 milliards d’économies d’ici 2017 étaient déjà gagés pour tenir les objectifs de réduction du déficit. Si le gouvernement veut diminuer rapidement les prélèvements obligatoires, il devra augmenter d’autant les économies. Et encore, ce raisonnement n’est valable que si la croissance est au rendez-vous et que le déficit diminue comme prévu. Ce qui n’est déjà pas le cas pour 2013 où il sera plus important que l’objectif fixé de 4,1%. La conjoncture étant très fragile, les impôts rentrant mal, le retour sur terre après les belles annonces risque de faire mal. Si à fin mars, la publication du dérapage du déficit public s’établit à 4,3% du PIB voire plus, le retour à 3% en 2015 va nécessiter un effort accru et incontournable, car repousser cet engagement aurait un impact considérable. Le gouvernement ne trouvera pas d’échappatoire du côté du déficit structurel, car, là encore la France devrait déraper. Conformément à la « règle d’or » imposée par le haut Conseil des Finances Publiques, l’exécutif devra réaliser davantage d’économies. Le pacte de responsabilité devra absolument intégrer le respect de tous ces engagements. Résumons-nous : 50 milliards + 15 milliards (reliquat du transfert du financement de la politique familiale financée en partie par le CICE) + 12 milliards (dépassement 2013) = 77 milliards à trouver au minimum d’ici 2017. L'habileté a ses limites.

Quand l’économie administrée résiste.

Comment faire, quand le sombre Ayrault annonce qu’il ne fera pas d’économies sur le dos des fonctionnaires, que le pingouin décide mercredi de s’attaquer au mille-feuilles administratif et samedi de ne pas toucher aux départements … ? L’exercice d’équilibrisme va rapidement atteindre ses limites. En échange de la baisse des charges, le chef de l’état exige des contreparties « précises et vérifiables ». Compréhensible : le message est à destination de sa majorité déjà guère convaincue par la démarche. Mais insoutenable : quelle entreprise peut dire à l’avance comment son carnet de commande va se remplir, préalable à toute embauche ? Viser les jeunes et les séniors, qualité des emplois à travers la formation, les grilles de classification : on tourne autour du pot. Nos gouvernants n’ont toujours pas compris : tant qu’ils resteront dans le cadre de l’économie administrée dans laquelle l’emploi se décrète il ne pourra s’établir un climat de confiance avec les patrons, mot honni que l’on ne prononce jamais. On l’a bien constaté avec l’échange entre Sapin et cette chef d’entreprise de mille salariés à « Des Paroles et des Actes » ou encore avec Karine Berger, prisonnière de son idéologie, à « Mots Croisés » lundi dernier. Le top, c’est Montebourg qui réclame 2 millions d’emplois !!! Pourquoi pas trois ou quatre pendant qu’on y est …

La maladie des commissions et des comités Théodule.

Pour rassurer son camp, l’exécutif n’a pas lésiné sur les précautions : il institue des « Comités Théodule » en forme de conseils et d’observatoires : conseil stratégique de la dépense publique, observatoire des contreparties, conseil de simplification, emplois d’avenir… les réflexes étatistes ont la vie dure. Les outils retenus pour mettre en œuvre le pacte de responsabilité procèdent toujours de cette conception dirigiste  usée jusqu’à la corde. Depuis trente ans, l’état, de fort qu’il était est devenu obèse et son intervention  a perdu en efficacité ce qu’elle a gagné en surface. Sur la réduction des dépenses publiques, sur la baisse des charges, le recours aux commissions et autres comités de pilotage masque mal l’incapacité à agir fort et vite. Volontarisme des mots, impuissance des procédures ! D’ailleurs 70% des Français sont restés sceptiques !

Comme on les comprend.

De toute façon, il n’y a rien à attendre dans l’immédiat, les discussions en cours si elles accouchent ne serait-ce que d’une souris,  sa mise en application ne sera faite qu’en 2015 au mieux voire 2016… en vue de 2017. Au train où vont les choses, on a le temps de crever d’ici là. Et pourtant, deux Français sur trois sont prêts à moins de services publics pour payer moins d’impôts !

 


HUMEURS

 

La parité à l'Académie Française !!! C'est ce que prévoit la loi votée hier sur l'égalité homme-femme.

C'est Mozart qu'on assassine. Comment peut-on légiférer et produire de telles absurdités. On ferait mieux d'imposer la parité dans la magistrature et dans l'enseignement, ce serait plus utile !

 Et puisqu'on n'utilisera plus la formule "gestion de bon père de famille", on se demande bien pourquoi on parle toujours de "déclaration des droits de l'Homme" et "d'Humanité", mots qui font référence au mâle. Des mots qu'il faudra bientôt proscrire, non ?

Ce pouvoir est-il sérieux ?

 


LE FRONT NATIONAL…SOCIALISTE

Marine-Le-Pen présidentielle

Ne faisons pas du FN l’alpha et l’oméga de la vie politique, même si l’action de la gauche au pouvoir lui donne, comme à chaque fois, de l’oxygène. Mais parlons-en pour dénoncer un programme digne d’un inventaire à la Prévert, ubuesque par ses outrances. Car à la différence de Jean-Marie qui dénonçait le carcan étatique et la pensée unique, Marine a délibérément renoué avec les idées de gauche, voire de l’extrême gauche, sur le plan économique, ce qui revient à évoquer une sorte de « national-socialisme ». Son cri, après le pseudo-tournant social-démocrate de Hollande : « C’est de l’ultra-libéralisme ! » est le même que celui de Mélenchon, et rappelle le discours de Georges Marchais. Si Hollande fait de « l’ultra-libéralisme », comment dénommerait-on une politique libérale de dérégulation générale et de levée de  toute contrainte sur la vie économique ?

Pour camoufler la mue, elle cherche à capter les voix de la droite traditionnelle, souverainiste et cocardière, en se revendiquant de l’héritage du gaullisme que son père a farouchement combattu, ce qui est un comble. Je me demande bien ce qu’il en pense. Il est vrai que « Debout la République » de Nicolas Dupont-Aignan marche quelque peu sur ses plates-bandes avec des thèmes proches sur l’Europe.

Elle a fait passer au second plan ses préoccupations sur la sécurité, la justice ou l’immigration sur lesquelles son parti avait l’habitude de surfer pour tenter de donner une assise plus large et développer un vote plus d’adhésion que de protestation. C’est donc sur le plan économique et social qu’elle cherche à engranger des voix, profitant de l’échec patent de la gauche au pouvoir  sur le chômage, le pouvoir d’achat et la croissance. Et il y en a pour tous les goûts.

L’Europe est la mère de tous nos maux, ainsi que la mondialisation à travers la « finance » diabolique à laquelle, comme le crie Mélenchon, il faut livrer une guerre sans merci. On se demande bien comment quand on doit notre survie quotidienne aux emprunts sur les marchés financiers.  Sortir de l’euro ! Même si la proposition est maintenant assortie d’un prudent « ordonné », avec la mise en place d’une monnaie parallèle intérieure pour tenter de limiter la casse (ce qui suppose une modification de la constitution), avec cours forcé comme les « assignats » de triste mémoire, voilà qui n’arrangera pas nos affaires, ruinera les épargnants et fera exploser notre dette.

Les propositions sociales n’y vont pas avec le dos de la cuillère : le smic à 1500€ (demain on rase gratis), la multiplication des fonctionnaires, le retour à la retraite à soixante ans, autant de propositions qui vont à l’encontre des réalités du pays et tourne le dos à tous nos partenaires et même au monde entier. Pour tenir un tel programme (combien de temps) il faudra évidemment fermer les frontières, mettre des droits de douane et se mettre à fabriquer chez nous avec des usines qu’on n’a plus. Avec un tel programme, et des chantiers nationaux, Mussolini avait apporté un semblant de prospérité pendant deux ans. On connait la suite. Mais on n’aura même pas ce court répit : le monde a changé et tout va plus vite.

Le repliement sur soi fait courir un grave danger à ce qui nous reste de secteurs porteurs comme l’électronique et l’aéronautique dont les produits seraient impossibles à fabriquer sans les composants qui viennent de l’extérieur. C’est que de nos jours, les économies sont intégrées au niveau européen pour le moins quand ce n’est pas au niveau mondial. Comment se procurer les composants contenus dans les « terres rares » chinoises ? Peut-on croire qu’en mettant des barrières douanières notre pays ne sera pas victime de rétorsions ? Prenons l’exemple de l’Airbus : en 2013, l’avionneur européen dont les morceaux assemblés à Toulouse viennent d’Allemagne, du Royaume-Uni et d’Espagne pour ne citer que ces partenaires-là, a engrangé 1 400 commandes et a fait mieux que son principal concurrent Boeing. Combien de milliers d’emplois mettrait-on en danger si les élucubrations fumeuses du FN étaient mises en pratique ? Peut-on croire que la conquête des marchés asiatiques, et même les victoires qu’EADS a remportées sur le sol américain auraient pu être obtenues avec notre seule industrie aéronautique nationale ? C’est la dimension européenne qui lui permet d’occuper la place de premier avionneur mondial, évidemment.

On est souvent dans l’excessif avec Marine Le Pen. Depuis son intronisation à la tête du parti, la montée du FN semblait inexorable depuis les révolutions arabes, en passant par la présidentielle, l’affaire Léonarda, la montée de l’insécurité…. Mais depuis la victoire de Brignoles, elle ne parvient plus à occuper le devant de la scène, sa visibilité est moindre, sa progression est stoppée.  Son parti a été inaudible sur l’affaire Dieudonné et sur la vie privée de François Hollande. Elle enregistre une baisse de 5 points. Le retrait se situe clairement au niveau de l’électorat de la droite classique et la fermeté de Valls à propos de Dieudonné a tari (pour combien de temps) l’hémorragie des voix de la gauche républicaine. L’amélioration du climat à l’UMP qui affiche son unité et a décidé de ne laisser en jachère aucun des terrains sur lesquels elle prospère, ne lui facilite pas la tâche.

Néanmoins, le niveau des votes FN reste élevé. L’aggravation de la situation économique ne contribue pas au reflux et alimente le réflexe de repli national. A Paris, elle peut faire échouer la droite, bien plus que les listes dissidentes. Le vote Bleu-Marine c’est la bouée de sauvetage de la gauche et celle-ci compte dessus. A tort, car elle devrait se souvenir d’un certain mois de mai 2002. Un sondage place le FN en tête à 23% pour les européennes. Si ce résultat se vérifiait, ce serait une catastrophe pour les Français. Comme disait ma vieille mère : « Les socialistes nous apportent toujours le malheur ! » 


L’EURO, CE BOUC EMISSAIRE COMMODE

Euro

La crise aurait été bien plus dramatique sans l’Euro.

La monnaie unique a été un véritable bouclier pour les pays qui l’ont adoptée. L’euro a préservé le pouvoir d’achat des Européens depuis maintenant près de quinze ans. Cette stabilité de la valeur de la monnaie est une source de confiance pour tous les acteurs économiques. Elle permet aux ménages et aux entreprises de prendre des décisions d’épargne et d’investissements à long terme sans crainte d’être spoliés par l’inflation. Elle permet aux entreprises d’exporter et d’importer sans craindre des variations erratiques des taux de change. Et sur le plan symbolique, l’euro fait rayonner l’Europe à travers le monde, c’est la principale monnaie de réserve après le dollar et elle est un atout pour assurer la réussite des européens dans la mondialisation.

Ceux qui associent l’euro à une hausse des prix sont victimes d’un fantasme.

C’est une manière d’en faire un bouc émissaire. L’euro serait trop fort. Quand le Ministre du Redressement Productif déclare : « si l’euro baissait de 20% on comblerait le déficit extérieur, créerait 300 000 emplois et réduirait d’un tiers le déficit ».  La dévaluation, cette vieille facilité dont la France a abusé et qui conduit à la ruine ! Il cède à un vieux tropisme de la gauche et se trompe lourdement en montrant son incompétence. Il cible évidemment l’Allemagne qui imposerait une politique de change en sa faveur. Les faits  prouvent que c’est faux : par exemple, sur les huit premiers mois de 2013, l’Italie a dégagé, hors énergie, un excédent de 56 milliard d’euros. L’euro fort n’empêche pas l’Italie de réaliser des excédents.  La bonne question à se poser serait : si l’euro ne gêne pas l’Italie, pourquoi gêne-t-il la France ? Les critiques oublient en fait que les exportations ont des contenus croissants en importations et il faut raisonner sur des échanges en valeur ajoutée, toute dévaluation pénalisant alors les prix de revient.

La deuxième devise mondiale est à la dimension de la mondialisation.

L’euro permet d’affronter les marchés financiers sur lesquels la marge de manœuvre de monnaies nationales serait très réduite, comme le franc suisse qui a dû s’arrimer à l’Euro. Quant à l’argument de la souveraineté monétaire, il est illusoire. La Banque d’Angleterre en septembre 92 avait épuisé en 24H ses réserves de change : aujourd’hui, ce serait en quelques minutes. Avec un taux de change fixe entre le dollar et le franc, s’il était ressuscité, les taux d’intérêt ne seraient plus fixés à Francfort, mais à Washington … La souveraineté partagée des pays de la zone euro donne bien plus de force sur les marchés. D’ailleurs, la monnaie unique déjoue régulièrement les anticipations des eurosceptiques. La deuxième devise mondiale fait preuve d’une inertie, d’une stabilité et d’une résistance qui ont par le passé joué des tours aux spéculateurs qui avaient parié à tort sur son effondrement. Ils oublient que l’euro est l’expression de la volonté des Européens de partager un destin commun. Il est devenu le symbole le plus visible de l’Union. Il est aujourd’hui renforcé avec l’union bancaire, l’union budgétaire et une union économique qui se traduit par les outils qui ont été mis en place, de stabilisation et de solidarité entre les partenaires.

La monnaie unique a besoin d’une union économique renforcée.

C’est en poursuivant sur la voie du renforcement de l’architecture de l’Union économique que nous partagerons les bénéfices de ce bien commun qu’est la monnaie unique. Et en faire un outil de prospérité retrouvée. Les efforts de rétablissement entamés par les états en difficulté vont bientôt permettre de nouvelles avancées décisives : après la mise en place de l’union bancaire et d’un mécanisme commun de résolution des crises, il faut que la banque centrale ne se préoccupe plus uniquement de brider l’inflation et elle doit aussi se préoccuper davantage de la croissance, il faut que l’Union mette en place une politique industrielle qui permette aux pays à la traine de rattraper leur retard, il faut enfin axer les décisions vers la croissance en encourageant l’investissement dans le capital humain, la technologie et les infrastructures.  L’objectif est maintenant de relancer la machine pour éviter l’écueil de la déflation. Le ratio dette/PIB européen étant plus faible que celui des Etats-Unis, la zone euro peut emprunter à taux d’intérêt réel négatif, ainsi que le font les Américains. Des taux d’intérêt bas libéreraient des capitaux pour stimuler l’économie, ce qui allégerait le fardeau des pays plongés dans les politiques d’austérité. Mais pour cela, il faudrait une certaine mutualisation de la dette sous la forme d’euro-obligations.

L’euro doit s’appuyer sur le couple franco-allemand.

Enfin, le succès de l’Europe repose sur le couple franco-allemand. Il faut reprendre le train de la convergence entre les deux pays, abandonné depuis dix-huit mois. Sans ce rapprochement, c’est  l’Allemagne toute puissante qui imposera ses vues. Ensemble, les deux pays peuvent tirer l’Europe sur la voie du redressement et impulser les réformes nécessaires. L’euro facilite cette convergence, c’est donc à la volonté politique de faire le chemin.

Le processus d’intégration est un processus graduel mais d’une grande résilience. Les avancées  vers une véritable union économique et monétaire doivent maintenant s’appuyer sur un contrôle et une légitimité démocratiques. Ce sera le sens des prochaines élections européennes.

 


HUMEURS

 

LE SALAUD ABSOLU ?

C’est par un communiqué laconique que le locataire de l’Elysée a mis fin à sa « vie commune » avec sa concubine. Sans mariage, c’est évidemment plus commode. C’est une affaire privée nous dit-on.  Autrement dit, il n’y a rien à voir. Pas si sûr. En tout cas, il y a à redire. La manière dont cet homme « consomme » les femmes et les jette ensuite comme une vieille chaussette trouée, en étant  priées de se faire discrètes, est on ne peut plus choquante. D’autant plus, si nous avons bien compris, qu’il était à peine en couple avec l’intéressée que déjà il la trompait avec la nouvelle. Lors, personne ne l’obligeait à affirmer que c’était la femme de sa vie ou qu’il n’avait jamais été aussi heureux, ce qui était une muflerie à l’égard de Ségolène, la mère de ses quatre enfants. Ce caractère sans affect, ce visage impassible font froid dans le dos. Après le « moi président », on comprend ce que cela veut dire : il est capable de tous les mensonges, de toutes les tromperies, pour arriver à ses fins. Dommage que cette femme bafouée ait été aussi impopulaire. D’autres auraient certainement bénéficié, de la part des féministes, d’une campagne de dénonciation avec renfort de tam-tam. Mais du moment que Mme Vallaud-Belkacem trouve ça bien, c’est probablement que je suis un vieux con à la morale rétrograde. On a tout de même le droit de refuser la société qu’il nous propose.

HENRI TU FAIS CH… !

Le Conseil National de l’UMP a été une belle démonstration d’unité retrouvée. Tout le monde a fait un effort, chacun a joué l’apaisement. C’était une belle occasion de montrer à l’opinion publique que la réconciliation avait eu lieu et que le plus important  ce n’était pas les ambitions personnelles mais de proposer au pays un projet pour son avenir. Ce qui a été fait. Mais voilà, il a fallu qu’un franc-tireur, Henri Guaino, pour ne pas le nommer, dise publiquement son désaccord pour que les médias ne voient plus que ça. Que reproche-t-il à Jean-François Copé : l’investiture d’Alain Lamassoure pour la Région Ile-de-France aux Européennes. La belle affaire : il oublie que l’intéressé a été obligé de laisser sa place à Michèle Alliot-Marie dans sa propre région, ce dont le protestataire ne se plaint pas. Il dénonce aussi l’approbation par le parti de l’accord passé entre François Bayrou et le candidat UMP à Pau : que ne s’adresse-t-il pas à Alain Jupé qui en est à l’origine depuis le début. En médiatisant son opposition, il savait ce qu’il faisait. Il a gâché la fête et c’est ce qu’il voulait. Mais son ego est satisfait. Irresponsable !

 


LE CAFE CITOYEN

Mairie st bart

La campagne pour les élections municipales commence timidement à Saint-Barthélemy. Il faut dire qu’il n’y a, à ma connaissance, qu’une liste de bouclée celle de Géraldine Guyon. Avec une douzaine de sortants ralliés à son panache, la tâche en était facilitée. Les autres en sont au recrutement et comme finalement ce sont quatre listes qui s’affronteront, il devient difficile de trouver des personnes disponibles. En effet, contrairement à ce qui avait été annoncé, les communistes feront bande à part à gauche. Est-ce la tête qui a été choisie pour la liste de gauche qui les a fait fuir ou sont-ce les consignes nationales ? Attendons leurs explications.

En attendant, la première adjointe est partie en campagne avec une première réunion plutôt originale : elle proposait un « café citoyen ». L’annonce m’avait laissé perplexe et je dois dire que je m’y suis rendu avec la curiosité d’un singe. L’accueil des visiteurs par les membres de la liste au grand complet permet déjà de faire connaissance. Le public disposait de chaises pour écouter le mot d’introduction de Géraldine Guyon, quelques explications et une présentation rapide de la liste. Six tables étaient disposées de façon à organiser des échanges thématiques du type « speed dating » : finances, vie scolaire, culture et sports, urbanisme et environnement, solidarités, … autant d’occasions de dialogue avec les interlocuteurs qui seront en charge de chaque secteur. Des boissons étaient proposées, en toute simplicité. Manifestement, les personnes présentes, d’abord un brin désarçonnées, ont rapidement joué le jeu. Et elles avaient des choses à dire, que les candidats notaient soigneusement sur des fiches prévues à cet effet.

Une réunion vivante, rondement menée et un public qui est reparti avec le sentiment d’avoir été écouté, pour une fois ! Voilà un nouveau style de réunion qui mérite le détour et qui gagnera à être pratiqué plus souvent. Pour ceux qui n’ont pu se déplacer le 22, une nouvelle réunion a lieu jeudi prochain, 30 janvier à la Cressonnière. A ne pas rater !

 


L’EUROPE EN 2014 : UNE REMONTEE EN PENTE DOUCE…

Europe324

 

Le chiffre : 3,87% 

C'est le taux d'emprunt à 10 ans de l'Espagne. La péninsule retrouve ses taux d'avant crise et c'est son plus bas niveau depuis 2010. Une embellie bienvenue pour un pays qui commence tout juste à voir la lumière au bout du tunnel.

 

En 2013, l'UE a commencé à sortir de la récession. 

Les premiers signes de reprise sont observés, encore faibles, mais nettement perceptibles. S'il est clair que la période est toujours très pénible pour nombre d'Européens, ces derniers ont néanmoins davantage de raisons de reprendre confiance et courage. Songeons qu’il y a encore peu beaucoup évoquaient un réel danger d'éclatement de la zone euro. En réalité, les pays utilisant l'euro ne sont pas moins nombreux et, à partir du 1er janvier 2014, il y en aura même un de plus puisque la Lettonie devient le dix-huitième pays à adopter la monnaie commune, preuve qu’elle attire toujours. Aujourd'hui, c'est le pays qui connaît la croissance économique la plus rapide de l'UE, alors qu’elle sort à peine d'une très profonde récession, avec le soutien d'un programme UE-FMI. L’autre pays qui ressort plus fort d'une phase d'adaptation très difficile est l'Irlande. Le programme de soutien triennal est arrivé à terme le 15 décembre, le pays s'étant résolument attaqué aux causes de l'effondrement catastrophique de son secteur bancaire et de son marché immobilier en 2008. Au troisième trimestre de cette année le nombre d'emplois créés en Irlande a augmenté le plus rapidement depuis 2007. 

Une stratégie qui finit par porter ses fruits. 

Les exemples de la Lettonie et de l'Irlande démontrent que la stratégie choisie par l'Europe pour surmonter la crise est efficace. Elle consiste essentiellement à faire preuve d'une plus grande solidarité en échange d'une plus grande solidité. Les États membres connaissant des difficultés financières ont reçu un soutien de leurs partenaires conditionné à un engagement sérieux de remédier aux déséquilibres accumulés, de mettre en œuvre des réformes et de placer leurs finances publiques sur une trajectoire viable. Le soutien de l'Europe a permis de faire en sorte que l'impact de la crise dans des pays comme la Grèce ou le Portugal soit beaucoup moins violent et douloureux qu'il ne l'aurait été autrement. Il y a aussi des signes encourageants ailleurs en Europe. En Espagne, le programme d'aide financière arrive à terme le 23 janvier. Le secteur bancaire est en cours de restructuration et d'importantes réformes économiques créent les conditions pour une reprise durable de la croissance et de la création d'emplois. Plus généralement, depuis l'été, une relance économique est en cours en Europe et il faut  espérer qu'elle va s'accélérer cette année. Les derniers chiffres relatifs au chômage montrent que la tendance s'inverse et il est encourageant de constater que les taux de croissance de l'emploi les plus élevés en Europe au troisième trimestre ont été enregistrés en Irlande et au Portugal. Cependant, dans une grande partie de l'Europe, le chômage reste à un niveau inacceptable.

En bref, les efforts déployés par les Européens pour surmonter la crise sont tous couronnés de succès. Il faut certes se garder de toute complaisance car il reste beaucoup à accomplir et il faudra encore faire des choix difficiles et persévérer. L'Europe peut s'attendre à voir la reprise économique s'accentuer au cours de l'année à venir et au-delà.

Une zone euro en convalescence.

Pour autant, dans la zone euro, la situation actuelle en matière de prévision économique pour l’année 2014 paraît très optimiste. Faiblesse du commerce international, dynamique déflationniste, attentisme des entreprises, faiblesse des progrès institutionnels au sud... La croissance de la zone euro sera plus proche de 1% que de 1,6%. En effet, ce que l’on a pu observer en 2013 et les différents indicateurs économiques sèment le doute sur la réalité d’une reprise économique significative en zone euro et notamment en France malgré les signes positifs constatés dans les pays du sud de l’Europe. La réduction des déficits publics continuera en France, mais aussi en Espagne, en Italie, au Portugal et partout ailleurs à l’exception de l’Allemagne. Cependant, la situation relative des banques et le niveau des taux d’intérêt bas est une situation plutôt favorable notamment à la France. Dans les pays du sud en particulier, les dynamiques divergentes menacent la stabilité économique des territoires. Ces pays doivent en effet mettre en place des politiques de baisse des prix pour avoir une inflation inférieure à l’inflation allemande avec le risque de développer une déflation contagieuse ce qui risque de déprimer la demande et empêcher justement que cela ait un effet positif sur l’activité. Ce phénomène peut conduire à une hausse de l’endettement public et donc une nouvelle défiance sur les obligations de ces pays entrainant une nouvelle hausse du taux nominal à 10 ans. On peut donc craindre un cercle vicieux. 

Le cas du Royaume uni ne doit pas faire illusion

Au prix d’une dévaluation de la Livre et de coupes drastiques dans les dépenses publiques, le gouvernement Cameron profite d’une croissance plus forte avec un succès réel sur l’emploi. Mais le Royaume n’a pas réduit sa dette et reste très dépendant de la reprise américaine. Si la croissance s’accélère, elle s’accompagne d’une hausse des prix notamment sur les produits énergétiques (dévaluation oblige) qui se répercute sur les prix à la consommation. Le revers, c’est que le britannique moyen ne voit pas la couleur de la reprise, certains ménages devant choisir entre « manger ou se chauffer »… comme quoi rien n’est facile. 

Si les coûts d’emprunt sont devenus abordables pour la plupart des pays de la zone euro, la part de l’endettement public par rapport aux revenus a encore augmenté partout en 2013, sauf en Allemagne. Cet endettement qui représente pour la zone euro 95,5% de la valeur de son PIB, s’alourdira encore à 95,9% en 2014. Le poids de la dette constitue un frein d’autant plus important à une franche reprise que le net ralentissement de l’inflation au cours des derniers mois accroit relativement les taux d’intérêts réels. Ce qui pourrait provoquer une nouvelle crise des dettes souveraines, selon les plus pessimistes. Mais, comme chacun sait, la dette publique augmente aussi au Japon et même aux Etats-Unis malgré la guérilla que mène le Congrès. Alors …

(à suivre : l’euro incontournable et irremplaçable) 

 


EN ASIE, LA CHINE S’ESSOUFFLE …

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Le chiffre : + 6,16%

c'est la progression du PIB de l'Asie émergente en 2014 (moyenne)

En 2014, les cartes de l’Asie émergentes sont rebattues au profit des petits pays. Les taux de croissance des grosses locomotives que sont la Chine, l’Inde et l’Indonésie restent attractives, mais la Corée du Sud est le bon élève, suivie par les Philippines. Tout cela sur fond  de tensions qui s’exacerbent. C’est en Asie, en effet, là où l’économie mondiale trouve l’essentiel de sa croissance, que l’évolution des relations est la plus inquiétante. Pékin semble ne plus se satisfaire du statu quo et veut profiter de son réveil économique pour imposer de nouvelles règles dans la région, ce qui alimente l’effort de réarmement matériel et idéologique impulsé au Japon par Shinzo Abe.

En Chine, le ralentissement va toucher les voisins.

C’est le pays qui suscite les plus fortes différences d’appréciation : de 7,7%, le taux de 2013 devrait passer en 2014 à 8,2%, 7,4% ou 6,9%, selon les différents établissements de prévision. Ainsi, la Chine a triplé la masse monétaire depuis 2006, laissé se constituer un système bancaire clandestin qui atteint 44% du PIB, et accumulé une dette publique et privée qui culmine à 218% du PIB. Si elle est devenue la première puissance commerciale de la planète avec 4 000 milliards de dollars, les dirigeants du plus gros atelier du monde ont un doute qui va croissant, centré sur la finance. Deux raisons : Le développement du crédit pour maintenir la croissance la plus forte possible a multiplié par cinq l’endettement intérieur avec une belle proportion de prêts pourris et les déséquilibres qui en résultent sont tels que les autorités ont donné l’impression de perdre le contrôle à plus d’une reprise ces derniers mois ; ensuite, ces mêmes dirigeants entendent ajouter à la prééminence économique une dimension financière, or la finance chinoise est fragile, peu structurée, et une ouverture mal maîtrisée risque de provoquer une tempête dévastatrice. Car la finance « informelle » pourrait devenir incontrôlable, ce « shadow banking » qui offre des financements aux petites sociétés qui, à 90% n’ont pas accès au crédit bancaire. C’est pourquoi les autorités tentent de remettre de l’ordre dans un système financier nébuleux où la corruption complique la tâche. En 2014, les salaires devraient augmenter encore de 10% au risque de peser sur la croissance comme cela a été le cas l’an passé. Le modèle économique de la Chine s’essouffle. Elle n’est plus le seul atelier du monde, concurrencée par le Vietnam et l’Indonésie. Le tassement de la croissance lié à une demande et des investissements moins soutenus pourrait donc se poursuivre en 2014. Voilà qui donnent des marges d’incertitudes qui hantent autant les experts que les dirigeants. Mais en basant désormais son mode de développement sur la demande interne, la transition chinoise va avoir des répercussions sur les pays limitrophes par la modification à la baisse de ses achats de matières premières et d’énergie, notamment.

Des indicateurs économiques mitigés pour l’Inde et l’Indonésie.

Destins parallèles pourrait-on dire. L’inde et l’Indonésie sortent d’une année 2013 difficile. Leurs monnaies ont perdu de la valeur sur fond de ralentissement de la croissance, à moins de 5% pour la première et sous la barre des 6% pour la seconde. Le fait que les deux pays doivent faire face à des échéances électorales majeures n’arrange rien. Les deux économies sont face à des pressions inflationnistes réelles avec des répercussions immédiates sur la consommation. De la même façon, les deux pays doivent affronter le creusement de leurs déficits courants qui ne risquent pas de se résorber à la veille d’élections. Le tout est aggravé par un environnement des affaires néfaste et la corruption qui pèsent sur les décisions d’investissement. En Inde, la croissance qui était de 3,8 % en 2013, devrait osciller entre 4,8% et 5,5% en 2014 et l’Indonésie qui était à 5,3% pourrait se contenter d’un petit 5,5% à 5,8%.

Les bonnes surprises coréenne et philippine.

La Corée du Sud n’est plus à mettre dans les « émergents ». Sa bonne santé économique devrait se confirmer en 2014 et son 2,8% de 2013 pourrait bondir à 3,6% voire 4%. Un taux de croissance qui est celui d’un pays qui en a fini avec sa période de rattrapage. Sa balance des paiements est solide, et l’économie est tirée par les exportations. Une production qui devrait profiter cette année du raffermissement de la demande des pays développés. Le seul sujet de préoccupation, à plus long terme, c’est le vieillissement de la population qui devrait raboter les performances. Séoul a encore de bonnes années devant elle.

L’archipel philippin connait une accélération récente, avec une croissance annuelle proche de 7%. L’année se présente dans un contexte exempt de tensions sur l’appareil de production et de pressions inflationnistes. De plus, les 11% de la population installée hors sol génèrent des recettes en devises importantes. Aussi, les réserves de change ne cessent de progresser. Un contexte qui permet au pays de dégager un excédent courant à 3% du PIB en moyenne, sur les dix dernières années. Touché par le typhon Haiyan qui a laissé l’appareil de production intact, l’archipel devrait connaître un regain d’activité lié à la reconstruction.

En fonction de leur degré d’intégration mondiale, les pays d’Asie vont plus ou moins rapidement bénéficier de la reprise. Pour beaucoup, l’accélération ne devrait se faire sentir qu’au cours de la seconde partie de l’année.

 


LE COMMENTAIRE DU JOUR

Florent-Pagny
 

De Florent Pagny, interrogé sur "l'affaire" :

"Le pauvre François, une fois de plus, il s’est fait gauler, même avec un casque! (Rires) Après, chacun fait ce qu’il veut de son cul. A un tel niveau de responsabilités, soit tu es capable de t’organiser pour que personne ne soit au courant. Soit tu as le pouvoir de tout bloquer comme Mitterrand. Et quand j’entends parler d’atteinte à la vie privée… Attends, mon pote, tu es président, c’est 24 heures sur 24 pendant cinq ans. La vie privée, tu oublies. Ou démerde-toi pour qu’elle ne soit pas dans les journaux."

Excellent , non ?

 


DEUX QUESTIONS QUI DERANGENT ...

 

- Mais pourquoi n'a-t-on pas entendu Mme Vallaud-Belkacem au sujet de la manière dont Mme Trierweiler a été traitée par son concubin de président ? Où est donc passée sa langue de vipère ?

- La rumeur court selon laquelle, au cours de sa crise de nerf dans le bureau présidentiel, celle qu'on nommait encore il y a peu de temps la "première dame" aurait cassé des vases de Sèvres, des pendulettes et d'autres objets de grande valeur. Il y en aurait pour trois millions d'euros. Quel journaliste audacieux fera la lumière sur la véracité de ces faits, et le cas échéant, on aimerait savoir qui paiera la note ?

 


L'« ABENOMICS » : NIPPON, NI MAUVAIS !

 

Abe

La cote de popularité de la politique économique du premier ministre Shinzo Abe, surnommée « Abenomics » n’en finit pas de baisser. Alors que l’OCDE revoit ses prévisions de croissance pour 2014 en hausse à 1,5%, après 1,8% en 2013, elle les rabaisse à 1% pour 2015 et prévient que l’endettement du Japon, qui s’élève déjà à 245% du PIB pourrait devenir insoutenable.

Les « trois flèches »

Depuis sa nomination à la tête du gouvernement fin décembre 2012, Shinzo Abe a décoché les « trois flèches » de sa stratégie de relance économique. Le pays sort à peine de sa troisième récession en trois ans et ses exportations reculent pénalisées par le ralentissement de la Chine et la crise de la dette en Europe. Il compte sur ses « trois flèches » pour relancer l’économie et sortir de deux décennies de déflation : assouplissement monétaire, augmentation des dépenses publiques, stimulation de l’investissement privé.

La politique d’Abe a fait perdre 20% au Yen en trois mois, à la grande satisfaction des entreprises nipponnes qui exportent, mais au grand dam des Etats-Unis et de l’Europe. L’« Abenomics » redonne alors espoir au pays. Il lance un volet supplémentaire à son plan de relance de revitalisation industrielle. Mais le premier ministre se retrouve rapidement devant deux grands obstacles : il doit augmenter la TVA de 3 points s’il veut réduire la dette et financer la protection sociale d’un pays dont 38% de la population aura plus de 65 ans en 2050 et il s’aperçoit que les grandes firmes n’investissent pas assez dans l’archipel alors qu’elles disposent de 2 200 milliards de dollars à l’étranger. La hausse de la TVA interviendra le 1er avril 2014. En contrepartie il échafaude un plan de soutien de 40 milliards d’euros étalé de janvier 2014 à mars 2015. Aux entreprises il demande un effort en échange d’allégements de charges. Il s’agit d’augmenter les salaires pour soutenir la consommation.

Un brusque ralentissement.

Malheureusement, la croissance japonaise, qui avait bondi à 1,1% au premier trimestre 2013 a rechuté brutalement  au troisième trimestre à 0,3%, et malgré la baisse du Yen, les exportations continuent de chuter. Dans le même temps, le Yen faible a renchéri le prix de toutes les importations de matières premières et de produits alimentaires. Le Japon, touché par le tsunami, doit faire face à un alourdissement de sa facture d’énergie qu’il doit importer. Et les ménages qui voient leurs salaires de base poursuivre leur inexorable contraction, souffrent. La consommation domestique qui génère 60% du PIB n’a enregistré un progrès que de 0,1% sur le dernier trimestre. On comprend que les entreprises restent prudentes, attendant de voir ce que vont donner les réformes « structurelles » promises par la « troisième flèche ». Aucun mécanisme autonome de reprise n’a encore démarré pour prendre le relais de l’argent public injecté.

L'« Abenomics » peine à livrer toutes ses promesses.

En un an, Shinzo Abe a marqué des points contre la déflation. Le verre est à moitié plein ou à moitié vide, c’est selon. Les entreprises respirent, mais elles n’investissent toujours pas, pas plus qu’elles ne redistribuent leur cash sous formes de dividendes ou d’augmentations de salaire. Les ménages se sentent les grands perdants de l’an 1 de Abe.  Mais nul ne peut lui enlever le mérite d’avoir réveillé l’Archipel. Il a réussi à mener de front une politique monétaire, une politique budgétaire et doit à présent s’attaquer à des réformes structurelles. De fait, il a réussi à réinstaurer un climat de confiance. La dette demeure un énorme fardeau à près de 250% du PIB, mais qu’il faut relativiser : elle est détenue à 90% par les Japonais et le pays détient énormément d’actifs à l’étranger qui apportent une garantie supplémentaire. Ses résultats restent fragiles et la baisse du Yen n’a pas que des avantages. Néanmoins, il n’entend pas dévier de sa trajectoire. A lui de convaincre maintenant les entreprises d’augmenter les salaires afin que la consommation reparte et crée un cercle vertueux, d’autant plus crucial que la hausse de la TVA interviendra le 1er avril et risque de peser sur l’activité du 2ème trimestre.

Donner le change

Le Premier Ministre qui appartient à la droite nationaliste s’est donné comme objectif d’augmenter les capacités de défense de son pays pour participer à l’équilibre sécuritaire en Asie, notamment face aux prétentions chinoises. Il veut rendre au Japon sa place sur la scène internationale. Sa visite en Afrique participe de cette volonté. Cela faisait presque une décennie qu’un  premier ministre japonais n’avait pas effectué une telle virée africaine : ouest, est et sud. Clairement le continent est une « nouvelle frontière de la diplomatie japonaise ». Une manière de défier son grand rival chinois. Shinzo Abe orchestre cette renaissance en prenant soin d’éviter les commentaires révisionnistes dont il était familier avant son retour au pouvoir.

Il subsiste des doutes sur la pertinence de l'« Abenomics »

L’année 2014 pourrait s’avérer décevante. On est loin de la lune de miel qui entourait le chef du gouvernement au moment de sa prise de fonction et de plus en plus de voix s’élèvent dans son entourage pour dire qu’il tarde à mettre en œuvre les réformes promises, à commencer par celle de la santé dont les dépenses vont exploser d’ici 2025. De même que les contraintes budgétaires ne lui permettent pas de tenir le rythme de la course à l’armement lancée par la Chine. Les prochains mois seront donc décisifs.

Comme quoi, il est difficile d’agir seul dans son coin dans une économie mondialisée. Et le Japon est la 3ème puissance mondiale !

 


LE DEFI DE NKM

NKM Paris

Un pari(s) impossible ?

Gagner Paris, pour NKM paraît relever du pari impossible. En se lançant dans la bataille, elle savait que la barre était haute dans une ville où la gauche n’a cessé de progresser depuis 1995. François Hollande y a obtenu 55,6% des voix et la gauche détient 12 arrondissement sur vingt. Elle a en plus contre elle le système électoral qui accorde la victoire, non pas au candidat qui a recueilli le plus de voix, mais à celui qui a réussi à faire élire le plus de conseillers dans chacun des 20 arrondissements. Il n’y a pas une mais vingt élections municipales.

Et comme si cette difficulté n’était pas suffisante, la répartition des sièges avantage la gauche, car elle détient les arrondissements gros pourvoyeurs de sièges. Sans entrer dans le détail de cette alchimie électorale aggravée, comme par hasard, par la suppression de quatre sièges dans les arrondissements de droite par la loi Ayrault sur les nouveaux conseillers départementaux, le point de bascule se situe entre 53 et 54% des voix en faveur de la droite sur l’ensemble du territoire parisien.

Au chapitre des handicaps, il faut ajouter les listes FN qui restent une inconnue du scrutin. Avec un score moyen de 10%, elles pourraient se maintenir dans huit arrondissements, ce qui garantirait la victoire de la candidate socialiste.

Pourtant, les chances de victoire de NKM sont réelles.

On a pu penser à la fin de l’année que c’était foutu. Sa campagne a connu un passage à vide, notamment en raison des graves ennuis de santé de son père, Pierre Kosciusko, maire de Sèvres. A cela s’est ajouté la mauvaise humeur de certains vieux briscards, qui se croient propriétaires de leur territoire, ou de personnalités à l’égo boursouflé, qui ont la prétention de croire que la victoire est impossible sans eux à la place qu’ils revendiquent… Des listes dissidentes se constituent. Comme on dit, « garde-moi de mes amis… ».

Mais un sondage est venu à point nommé montrer qu’il n’en était rien. Le profil de la candidate, sa jeunesse, sa pugnacité, sa connaissance des dossiers, ses positions intelligentes commencent à produire leur effet. La voilà en tête au premier tour. Les dissidents déjà trop vus sont balayés. Le fait est : NKM plait aux parisiens. Ils apprécient la prise de risque de cette polytechnicienne qui s’humanise dans une campagne de proximité entamée tambour battant dès l’été dernier.

Elle a pour elle d’avoir réussi à faire l’union parfaite avec le centre, UDI et Modem, même si cela ne s’est pas fait sans grincements de dents : c’est que les listes ne sont pas extensibles et n’ont qu’une première place ! Mais on la remercie de vouloir faire couler du sang neuf. Cela ne se fait pas avec du vieux, ce que ne comprennent pas les éternels perdants des dix dernières années.

Elle a encore deux atouts : sa rivale et le climat électoral.

Anne Hidalgo est tellement identifiée à son mentor, Bertrand Delanoë, qu’elle doit d’abord combattre l’effet d’usure  que ressentent une partie des parisiens face au « boboïsme » forcené dont l’équipe sortante avait fait sa marque de fabrique. Une tâche difficile pour une candidate qui n’est pas la dernière à pratiquer la « novlangue » des technocrates en sandalettes et doudounes recyclables. Avec elle, le « vivre ensemble » prend des allures épiques, avec potirons poussant sur les toits de l’architecture sociétale, et velib’ accroché en bandoulière. L’étiquette socialiste est remise au placard. Elle n’est plus un avantage et c’est tout juste si elle se souvient qu’elle doit sa place à un certain François Hollande. C’est qu’il faut prendre ses distances avec une politique fiscale qui, particulièrement à Paris, a été gratinée avec une augmentation des impôts de près de 30% en dix ans. Là comme ailleurs, la fiscalité vient en tête des priorités des électeurs et il est bien plus difficile de vendre du rêve sans toucher au porte-monnaie du contribuable. Bref, Anne Hidalgo sait bien que le risque pour elle c’est d’être assimilée à un pouvoir discrédité.

C’est pourquoi le climat électoral sera décisif. Avec seulement 25%, les souhaits de victoire pour une liste PS ou de ses alliés sont particulièrement faibles. L’ampleur du vote sanction pour des municipales relève du « jamais vu ». 26% des électeurs veulent sanctionner le président. Par comparaison ils étaient 2% à vouloir sanctionner Sarkozy en 2008, avec à la clé une déroute électorale pour la droite. Ils sont 4% à vouloir soutenir le Président à cette occasion, contre 16% qui voulaient soutenir Sarkozy à l’époque. Il faut donc s’attendre à une abstention phénoménale des électeurs de gauche, que les subterfuges de « dépolitisation » n’empêcheront pas. C’est pourquoi, par exemple, Martine Aubry se garde bien d’apparaître sur la scène médiatique. Il vaut mieux se faire oublier.  Les thèmes préférés des électeurs : impôts, sécurité, arrivent en tête et sont justement ceux sur lesquels la droite est jugée plus efficace que la gauche. A Paris NKM fait miroiter 1 milliard d’euros d’économies sur le budget de fonctionnement en six ans…

Un enjeu national !

Une femme porte dans la capitale tous les espoirs de l’opposition. L’enjeu n’est pas que local. Sa victoire aura un grand retentissement au niveau national. Son courage, son engagement, son désir de rassemblement font qu’elle est la seule  de toute l’opposition à pouvoir espérer remporter la victoire. Sa chance est de regrouper tous ceux qui veulent exprimer leur refus d’une politique rejetée aujourd’hui par une majorité écrasante de Français. Voter NKM, c’est marquer son hostilité à la politique actuelle. On n’évitera pas le referendum pour ou contre le pouvoir. C’est là que devient lourde la responsabilité de ceux qui sont entrés en dissidence et c’est ce qui explique que leur comportement, au lieu d’affaiblir NKM, l’a renforcée.

Souvenez-vous aussi que rôde la menace du Front National qui n’est plus un parti de droite et qui ne cesse d’être encouragé par les manoeuvres du pouvoir socialiste, dont il est l’allié objectif. Il n’y a rien à gagner de ce côté-là.

Nathalie Kosciusko-Morizet est capable de marquer un point décisif contre Hollande. Il faut voter pour elle. Elle seule peut l’emporter.

Elle peut gagner, elle va gagner !

 


LE CHIFFRE DU JOUR

74,9 milliards d'euros

C'est le déficit budgétaire de 2013, soit 2,7 milliards de plus que prévu. La maitrise des dépenses, grâce surtout à des taux d'intérêts très bas de la dette, ne compense pas la chute des rentrées fiscales. On reste loin de l'objectif initial du budget 2013 (62,3 milliards).  Les moins values fiscales ont été finalement de 14,3 milliards. La fin de l'année a été très décevante pour l'impôt sur les sociétés et l'impôt sur le revenu. Le déficit public censé être ramené à 4,1%  devrait rester largement au-dessus. On le saura fin mars. Sera-t-il inférieur au 4,8% de 2012 ?  Il vaudrait mieux !

 


FUTILE, MAIS FINALEMENT UTILE !

Hollande fiasco

(Les retombées de la conférence de presse et de l'affaire "Closer"  obligent à de nouveaux commentaires. Les prochaines notes porteront sur Paris et NKM, puis je vous proposerai une échappée vers l'Asie pour voir où en sont le Japon et ses "Abenomics", la Chine et les émergents et enfin l'Europe. Enfin, si mon ordi veut bien, parce qu'en ce moment il me joue des tours.)

Volage et inconséquent.

A quoi sert d’avoir une compagne officielle, si c’est pour la faire cocue ? Pourquoi l’avoir installée à l’Elysée si déjà il avait une nouvelle liaison ? C’est bien le côté futile du personnage qui est mis à nu avec les révélations de Closer. Voilà qui décrédibilise un peu plus la fonction présidentielle qui n’avait pas besoin de cet épisode, tant elle était déjà atteinte par les zigs-zags et les promesses en l’air depuis dix-huit mois.

Inconséquence aussi ! Comment pouvait-il imaginer passer inaperçu alors que sa liaison était un secret de polichinelle depuis de nombreux mois dans les milieux médiatiques ? Il ne pouvait tout de même pas ignorer les méthodes de la presse people qui raffole de ce genre de situation et il devait inévitablement, à moins d’être naïf, tomber dans l’objectif d’un paparazzi de trous de serrures. Ses virées parisiennes en scooter posent vraiment la question de son sérieux ! On pouvait exiger qu’au moins, il sauve les apparences d’un pouvoir qui a déjà tant de mal à tenir son rang.

Décadence politique.

Cette affaire est trop révélatrice d’une décadence politique pour être reléguée au plan anecdotique comme les gens de gauche voudraient bien nous le faire croire. L’argument « vie privée » ne tient pas une seconde. La déliquescence et l’isolement de l’exécutif sont tels que cette comédie de boulevard est vraiment de trop. Il ne faudrait pas qu’elle rejaillisse sur l’ensemble de la classe politique. Elle tombe d’autant plus mal qu’elle vient en contrepoint de la grande conférence de presse par laquelle le Président a annoncé son virage « démocrate-socialiste ». Un événement historique dans la gauche française : on abandonne enfin le socialisme et ses derniers vestiges d’idéologie marxiste. La gauche du parti et la gauche de la gauche ne s’y sont pas trompées. Encore faut-il relativisé le discours. Il est d’abord celui d’un politique qui cherche une porte de sortie, pour sauver sa peau. La situation désastreuse et paradoxale dans laquelle il s’est mis lui-même en précisant qu’il était responsable de toute la politique menée en son nom,  l’a conduit à une fuite en avant qui n’avait d’autre issue que de se heurter violemment à la réalité. De ce point de vue, son habileté aura été autodestructrice. Car, il n’est pas quitte pour autant.

On préfère l’original à la copie.

Président socialiste il y a dix-huit mois, à la tête d’un état dans lequel son parti a tous les pouvoirs : sénat, régions, départements, grandes villes… son parti triomphait.  Si les conditions sont aujourd’hui radicalement retournées, c’est bien par sa faute, sa mauvaise politique et la médiocrité de ses équipes.  Les acteurs économiques ont perdu confiance, les Français croulent sous les impôts sans voir de progrès réels sinon la situation qui s’aggrave. Aussi, avait-il un besoin urgent de se redonner de l’oxygène. Il le fait en frappant fort. Il fait violence à la gauche, sans vraiment convaincre la droite. Il veut s’appuyer sur les entreprises après les avoir combattues et avoir privilégié les emplois financés par l’Etat. Pour faire cette politique de l’offre (c’est-à-dire de soutien aux entreprises), on a le droit de préférer l’original à la copie. Et la droite est mieux placée pour ce faire. Moyennant quoi, à travers son « pacte de responsabilité », le chef de l’état s’efforce de répondre à la crise de confiance que traversent les acteurs économiques.  Il ne suffit pas de quelques mesures pour que les emplois jaillissent automatiquement. Le risque est que la réponse soit trop lente pour qu’il puisse en tirer les dividendes au moment où nos concitoyens marquent une défiance grandissante à l’égard des dirigeants politiques, perdus qu’ils sont dans la mondialisation, l’Europe et le chômage de masse. En faisant cocus tous ceux qui ont cru à son discours du Bourget, il prend le risque de faire monter la défiance d’un cran.

Car la situation économique de la France qui a monopolisé la conférence de presse, a ostensiblement occulté l’autre crise, celle de la démocratie et de la nation, qui n’ont fait l’objet d’aucune question. Résultat : la cote du chef de l’Etat n’a pas bougé d’un iota, toujours aussi basse.  Aussi ce nouvel engagement, ce nouvel horizon qu’il s’est donné est-il crucial : l’été prochain, les résultats diront s’il a réussi ou non à apporter un début de réponse à la crise de confiance. On peut craindre que le rendez-vous soit casse-pipe. Car entre temps, il y aura eu deux consultations électorales : les municipales et l’élection du parlement européen. 

Un virage utile pour la droite.

La futilité du Président a au moins une utilité : elle remet au goût du jour les valeurs libérales. De ce point de vue, l’UMP ne peut que lui dire merci. Loin de gêner l’opposition, le nouveau discours présidentiel apporte de l’eau à son moulin. Car ce revirement est bien dû à un échec retentissant de l’économie administrée que l’on mesure encore avec les données budgétaires de 2013 dont le déficit a été plus lourd que prévu, en raison notamment de l’effondrement des rentrées fiscales (cf. chiffre du jour).

Le rôle décisif de l’entreprise est enfin reconnu dans la lutte contre le chômage, qu’elles soient grandes, moyennes ou petites. Il sera facile pour l’opposition de montrer que les ficelles compliquées mises en places par le gouvernement à travers le pacte de responsabilité venant relayer un CICE en panne, ne suffiront pas à sauver de l’effondrement les entreprises écrasées par l’impôt, les charges sociales et le prix du travail. C’est l’idée libérale, reléguant l’Etat à ses cuisines, qui est sortie vainqueur de la prestation présidentielle. Il est enfin admis que les réalités de l’entreprise sont plus fortes que les idéologies. Il ne reste plus à l’UMP qu’à s’affirmer clairement dans un libéralisme décomplexé que réclament désormais une majorité de Français.

Et si la droite en profitait pour faire sa révolution culturelle, et sortir, elle aussi, du piège « social-libéral ». En transformant, par exemple, son esquisse de projet, qui n’est qu’un catalogue de mesures certes sympathiques, en un véritable projet de société.

 


INSECURITE : LE SCANDALE !

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Devant des députés, le 18 décembre dernier, le général Soubelet, n°3 de la gendarmerie, a déploré que les délinquants «profitent du système» et a noté que «les gendarmes sont inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victimes».

Un réquisitoire contre la politique pénale.

C’est en fait à un véritable réquisitoire contre la politique du gouvernement qu’il s’est livré, n’hésitant pas à sortir de la réserve habituelle qui accompagne ce genre d’exercice. C’est surtout la politique pénale actuellement menée qu’il a visée : ainsi 65% des cambrioleurs interpellés dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013 « sont à nouveau dans la nature » a-t-il exposé. Pendant près d’une heure et demie, devant la commission de la « lutte contre l’insécurité » il a évoqué la lourdeur des procédures qui compliquent le travail des gendarmes et précise que « les délinquants le savent et profitent du système ».Et il n’hésite pas à se faire l’interprète de ses hommes qui « sont inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victimes ». Pour preuve, en 2013 il y a une hausse de 4% de personnes mises en cause tandis que le nombre de « placements sous écrou a diminué de 33% ». Et il prévient : « l’insécurité et le sentiment d’insécurité ne cesseront d’augmenter tant que la réponse collective ne sera pas adaptée ». Si le mot impunité n’a pas été lâché, on n’en était pas loin : Les auteurs d’atteintes aux biens « vols, cambriolages) bénéficient d’un traitement qui leur permet de continuer leurs activités »… Dans un département qu’il ne précise pas, le parquet recommande de « mettre dehors » les présumés délinquants mineurs étrangers faute de moyens pour trouver un interprète ! Ou encore : à moins de 300 euros de préjudice, « on remet tout le monde dehors » !

Le sentiment d’insécurité n’a jamais été aussi fort.

Comment s’étonner alors que la sécurité soit avec l’emploi, la principale préoccupation des Français. En France, il y a un cambriolage toutes les 90 secondes. Près de 500 000  ménages sont victimes, chaque année, avec une aggravation du phénomène. Neuf ménages sur dix portent plainte, mais les trois quarts restent ensuite sans nouvelles  Plus d’une victime sur deux jugent désormais une plainte inutile, et ne déclarent pas le sinistre à leur assurance. A leur domicile, plus de 17% des sondés par l’Insee, disent avoir peur. Dans la rue, ils sont plus de 22% contre 18% en 2008. Le taux monte à 27% pour les femmes. Plus d’un Français sur deux cite l’insécurité parmi les plus préoccupants de la société française.

La place des étrangers dans la délinquance augmente.

Un quart des vols commis le sont par des étrangers : celle des roumains a doublé et celle des Tunisiens a triplé en quatre ans. Près de 60% de la hausse des vols commis avec violence est le fait de ressortissants d’Afrique du Nord. Le phénomène s’explique par les conséquences des révolutions arabes de 2011 et l’apparition d’une délinquance de « subsistance ».

La justice est souvent désarmée, désarçonnée par le volume et la police se retrouve contrainte de courir inlassablement derrière les mêmes délinquants. Pas moins de 20 000 personnes ont plus de 50 mentions au Stic. D’autant plus qu’on se retrouve confronté à des gangs très structurés qui savent exploiter les moindres failles de la loi. Exploitant femmes et mineurs, le système français se retrouve désarmé. A cela s’ajoutent les consignes du ministère de recourir le moins possible à l’emprisonnement. Quelques 67 000 personnes étaient incarcérées au 1er novembre ce qui constitue le chiffre le plus bas  depuis un an et le nombre de mineurs condamnés et incarcérés est tombé à 237, soit le plus bas niveau depuis près de quatre ans.

On comprend mieux pourquoi il vaut mieux faire beaucoup de bruit autour de Mr M’Bala M’Bala, alias « Dieudonné ». Une magnifique diversion pour cacher le double échec de Valls malgré ses coups de menton et de Taubira avec ses lois à la noix de coco. Les médias ont beau occulter plus ou moins le phénomène et accorder peu d'audience à ce type d'information, les Français ne sont pas dupes et le traduiront dans leur vote au mois de mars. 

 


L’AFFRANCHIE ZEN, LE DISSIDENT AMBITIEUX ET LE MAITRE CHANTEUR

Mairie st bart

Ce pourrait être le titre d’une fable de La Fontaine. Ce n’est que l’amorce du petit mélodrame électoral qui va se jouer à Saint-Barthélemy pendant presque trois mois, à moins que ce ne soit une comédie.

Mes lecteurs du cru auront reconnu-là les trois têtes de listes connues à ce jour qui vont s’affronter pour conquérir la mairie.

Le canard sans tête s’en est trouvé une : un « maitre chanteur ». Coin ! Coin !

L’intéressé me pardonnera ce jeu de mot facile qui fait référence à sa qualité de principal chef de chœur de la chorale et non à sa probité qu’on ne saurait mettre en doute. Dernier de la liste Pilet le voilà promu chef de file d’une liste de rassemblement des gauches verte, rose et rouge, preuve vivante du message biblique comme quoi « les derniers seront les premiers ». Nous ne doutons pas qu’il va nous promettre des « lendemains qui chantent ». Savoir si le chœur sera en harmonie est une autre affaire. Si c’est comme au gouvernement… Et s’il dirige la campagne comme il mène sa chorale, c’est-à-dire « à la baguette », ses électeurs (et électrices) n’ont qu’à bien se tenir. Des électeurs qui, les sondages le confirment encore, sont plus tentés de déserter ou de voter FN. Il a pris comme slogan « Saint-Barthélemy dynamique ». La gauche locale en a bien besoin, car elle n’en a fait guère preuve pendant six ans d’opposition.

Nous avons la confirmation de la liste du « dissident ambitieux ».

C’est bien comme cela qu’il faut le dénommer puisqu’il s’est refusé à tenir compte de la démocratie interne qui lui a signifié un net désaveu. Comment peut-on prétendre rassembler les électeurs quand on n’est pas capable de commencer par rassembler son camp ? Accueillant le quidam sur le pas de la porte de chaque cérémonie bartholoméenne, il ne perd pas une occasion de se mettre en avant et il fait tout pour laisser croire qu’il est parrainé en sous-main par le maire sortant qui « officiellement » ne soutient personne. Cela ne suffit pas pour occuper un espace électoral. Il fait dire sous le manteau, comme une sorte de condamnation, que la liste de sa concurrente est une liste UMP, alors qu’elle ne l’est pas plus que celle du  maire sortant à laquelle il appartenait, puisqu’il s’agit en l’occurrence de ses anciens colistiers de 2008. Un discours qui trahit son sectarisme. Ce n’est pas ainsi qu’il fera oublier que la sienne penche sérieusement à gauche, sous couvert de rassemblement sans étiquette. Il suffit pour s’en convaincre d’aller voir comment on l’assaisonne sur le blog de l’opposition. A gauche non plus, on n’aime pas la concurrence déloyale. « Sans étiquette » : en politique c’est comme pour une bouteille de vin, il vaut mieux se méfier du contenu.

Et puis il y a celle que je dénommerai « l’affranchie zen ».

Forte du soutien largement majoritaire du groupe SBRE (Saint-Barthélemy Réussir Ensemble), elle ne recherche pas de tutelle et compte mener sa campagne en toute liberté tout en restant dans le droit fil d’un héritage qu’elle assume totalement. Elle a bouclé sa liste en un tour de main, récupérant les poids lourds du conseil municipal tel l’adjoint aux finances et l’adjoint aux sports, pour ne citer qu’eux, et la majeure partie des conseillers sortants qui souhaitaient repartir. Elle s’est mise rapidement au travail, veillant à souder son équipe tout aussi diverse en sensibilités que les précédentes. De la concurrence elle n’a cure pas plus que des chausse-trappes qu’on lui tend. N’attendez pas d’elle la querelle ou la zizanie. Elle a décidé d’avancer, forte de l’expérience acquise comme première adjointe, s’appuyant sur ses compétences, aussi droite dans ses bottes que loyale. Et loyale, elle l’a été pendant huit ans, dont six au premier rang à côté du maire. Atout supplémentaire : c’est une femme active à l’esprit ouvert. C’est bien dans l’air du temps. De quoi faire entrer Saint-Barthélemy dans le 21ème siècle. Voilà une candidature rafraîchissante qui renouvelle le genre enseignant auquel la ville était abonnée.

 


LE CHIFFRE

 

12 MILLIARDS D'EUROS

C'est le montant de la "décollecte" sur le livret A sur 11 mois en 2013. Cela veut dire que les retraits ont été supérieurs aux dépots. les Français ont puisé dans leur épargne pour compenser les augmentations d'impôts, particulièrement sur septembre, octobre et novembre.  Ils ont peut-être aussi cherché d'autres placements plus avantageux que le famélique 1,25%  proposé par le livret A.

 


L’EMBOBINEUR PUBLIC

Clown

Et j'en remets une couche !

Toute la planète microcosmique s’ébaubit sur le virage social-démocrate ou social libéral (curieusement, ce n’est plus un gros mot) du locataire de l’Elysée. Mais une fois les mots retombés, les maux réels réapparaissent comme les champignons après l’averse. Et viennent contredire la parole « d’en haut », dont on découvre petit à petit les nombreux artifices comme les 30 milliards alloués au « pacte de responsabilité » qui ne s’ajoutent pas au 20 milliards du CICE, mais les prennent en compte, ce qui diminue l’effort d’autant. 50 milliards de baisse des dépenses publiques, 35 milliards de baisse des charges pour les entreprises : montants impressionnants, dommage qu’ils soient bidons, car infinançables sans croissance.

Les chiffres économiques de ce début d’année 2014 sont formels : tous les pays européens, même les plus touchés par la crise, repartent du bon pied… sauf la France. Elle reste à l’arrêt, avec une croissance atone et une courbe du chômage qui ne s’inverse pas. Alors qu’en Espagne le chômage baisse, en Grèce le climat des affaires est au plus haut, en Italie les exportations décollent. Au Portugal, le coût du travail ne cesse de baisser ce qui finira par attirer les investissements productifs.

La France est à contre-courant du reste de la zone euro où les carnets de commande se remplissent grâce aux gains de compétitivité. Et il n’y a pas de retournement à l’horizon.

Après avoir profité de la monnaie unique et de ses taux bas pour consommer sans se réformer, le pays donne l’impression d’attendre que ses voisins se refassent une santé, entraînés par l’Amérique, pour profiter d’un bol d’air venu du large. Et ce ne sont pas les mesures annoncées hier qui risquent d’améliorer la santé du malade, car on est  loin du traitement de fond de nos faiblesses. De quelle baisse des dépenses publiques parle-t-on quand elles augmenteront encore de 10 milliards d’euros ? De quelle pause fiscale s’agit-il quand on s’apprête à infliger 12,5 milliards d’euros supplémentaires d’impôts aux ménages et 2,5 milliards aux entreprises déjà exsangues ?...

Et hier, pas un mot sur l’effondrement de l’ordre public, alors que tous les territoires se trouvent confrontés aux violences de toutes sortes. Pas un mot sur l’explosion des communautarismes confortés par les politiques publiques dans le domaine social et éducatif. Pas un mot sur la vraie cause de l’exil de nos cerveaux à cause du démantèlement systématique des pôles d’excellence publics et privés, au profit d’un enseignement public décadent mais protégé comme un tabou religieux. Pas un mot sur l’impasse budgétaire du financement des opérations extérieures au Mali et en Centrafrique (1,2 milliards d’euros) non financées sinon par la cannibalisation des budgets d’équipement.

Son passage sur l’Europe aura été le moment le plus crédible, mais c’est pour faire du Sarkozy sans le dire notamment dans le rapprochement avec l’Allemagne qu’il a interrompu à son arrivée ou avec le projet de gouvernance de la zone euro qu’il reprend à son compte. C’est donc dix-huit mois qui ont été perdus.

L’état de santé de la France inquiète en Europe. Les personnalités en vue s’en émeuvent. Car si elle ne guérit pas vite, elle risque de contaminer ses voisins et de les faire rechuter. Il faut sans tarder procéder aux vraies réformes : baisses immédiates et réelles des charges sur les entreprises, coupes sombres dans les dépenses publiques, baisse du salaire minimum qui est une machine à fabriquer des chômeurs, flexibilité du travail qui ne se résume pas à taxer les contrats de travail et à interdire le travail le dimanche et l’ouverture nocturne des commerces. De telles mesures sont réputées impossibles parce qu’elles produiraient une révolte populaire. Mais le débordement de la violence viendra tout aussi sûrement du pourrissement de la situation tant la colère et le désespoir sont grands face aux mensonges de l’embobineur public.

 


LE GROS MENTEUR A L’ŒUVRE

  Hollande conf presse

Ceux qui ont assisté à la conférence de presse à l’Élysée ou à la télévision auront remarqué que sa durée,  plus de deux heures et demie, constitue un record. Voilà un domaine de la communication présidentielle qui constitue un excès auquel il serait temps de mettre un terme. Et pour apprendre quoi ?  Pas grand-chose au point que Michèle Cotta, croyant son micro éteint, s’est lâchée sur France 2 : elle a trouvé Hollande « moche et minable » !

Evidemment, il fallait bien donner du grain à moudre : aussi a-t-il ouvert de nombreux chantiers, répondu aux journalistes, précisé sa pensée à plusieurs reprises, mais s’est obstinément refusé à commenter sa relation avec Valérie Trierweiler si bien qu’on peut en déduire que le ménage présidentiel va mal et qu’une rupture est possible.

Pour le reste, sa grande affaire c’était le lancement du fameux pacte de responsabilité, axé sur trois éléments forts. En premier lieu, une diminution des charges des entreprises par une réduction de 35 milliards de cotisations familiales qui s’ajouteront aux allègements prévus par le CICE (le tout étant inscrit dans la loi de Finance pour 2015) . On notera qu’il reprend une réforme de Nicolas Sarkozy qu’il a défaite en arrivant au pouvoir, sauf qu’on ne voit pas bien comment lui va la financer. En deux, une simplification du travail des entreprises par une réduction des normes légales et par une facilitation des prises de décision, avec la création d’un conseil de simplification ; en contrepartie, les entreprises devront participer davantage à la formation, garder leurs employés seniors, favoriser l’embauche. Il y aura un conseil d’observation et tout sera négocié, après la mise en place du pacte dès ce mois-ci. Et en trois, en avril sera lancé un deuxième train de mesures de simplification. Autant d’usines à gaz qui vont se mettre en place.

La réduction de la dépense publique, censée financer cette série d’innovations, sera placée sous la tutelle d’un conseil stratégique de la dépense. Une nouvelle usine à gaz qui se crée. Le pingouin a parlé d’une économie de 50 milliards sur la deuxième partie de son mandat. C’est beaucoup et c’est peu. On voit bien qu’il ne veut pas vraiment tailler dans le gras des dépenses sociales, qui ferait mal.

Il a récusé tout ce qui peut figurer à son passif : il n’explique son impopularité que par les effets de la crise, sans se rendre compte que celle qui perdure est celle qu’il a créée par son assommoir fiscal. Il prétend qu’il n’a jamais sous-estimé les difficultés, même pendant sa campagne électorale, époque où il disait volontiers que « la crise » c’était la politique de Sarkozy. Il affirme qu’il n’a pas besoin de répéter tous les jours qu’il est social-démocrate et s’étonne de ce qu’on ne le sache pas, alors qu’il faisait tout pour ne pas déplaire à la gauche de sa gauche. Il a même le culot de dire qu’il n’a jamais changé d’avis sur la finance, qu’il présentait naguère comme son ennemie. Ce n’est pas de la finance qu’il s’est rapproché, c’est des entreprises sans lesquelles il n’y aurait pas de créations d’emplois. On a vraiment envie de rire de la nuance. On notera au passage qu’il se garde bien de parler de patrons. Enfin, Il nie être en train de virer de bord : « Ce n’est pas un tournant. Pour tourner, il faut ralentir. Moi, j’accélère ».  « Il n’y a pas d’autre voie que la réduction de la dépense », a-t-il martelé, confirmant par là qu’il renonçait à augmenter les impôts sauf si la croissance est insuffisante, a-t-il laissé entendre par ailleurs, ce qui est loin d’être rassurant. Du bon Guignol ! Car tout cela ce sera pour 2015, au mieux. En attendant, pour 2014, c'est toujours 12 milliards de prélèvement sur les ménages !

Et comment va-t-il pouvoir mettre en œuvre ces belles annonces que sa garde rapprochée va aller vendre sur tous les plateaux comme l’alpha et l’omega de la politique ? Comme s’il n’était pas affaibli politiquement, comme si sa majorité allait avaler la part libérale de la potion sans regimber, comme si les syndicats allaient digérer tous ces « cadeaux au patronat » sans broncher… Pour faire croire à sa détermination, il engagera la responsabilité du gouvernement devant l’assemblée nationale. C’est peut-être la seule annonce honnête de ces deux heures et demie de cirque. Car c’est effectivement, mettre les députés de gauche au défi de censurer le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. A moins que des ouailles centristes et de droite ne viennent à son secours. Il n’est pas impossible que Machiavel y ait pensé.

Je vous passe la partie pendant laquelle Il a affirmé qu’il  avait énormément travaillé pendant les dix-huit premiers mois de son mandat et, pour appuyer ses dires, il s’est référé à sa pseudo réforme des retraites. Il continue de prétendre qu’il a « stabilisé » le chômage (mensonge), rappelle qu’il a réduit le déficit budgétaire (mensonge) sinon la dette, qui elle augmente, présente la création de 13 grandes métropoles comme une réforme majeure, alors qu’elles s’ajoutent au mille-feuille administratif et, sur ce point, il promet une simplification dans le découpage du territoire. Autant de points sur lesquels on pourrait se jeter pour en contester l’intérêt.

On peut se demander si 50 milliards de réduction de la dépense, pour autant qu’ils soient trouvés, suffiront à redresser nos comptes et s’il n’en faudrait pas plutôt deux ou trois fois plus.

Il est apparu fidèle à lui-même : un gros menteur. On a surtout compris qu'il était prêt à tout pour sauver sa peau en 2017. La France n’est pas près de se relever avec lui.

 


LE CHIFFRE DU JOUR

 

3 700 MILLIARDS  de dollars,

c'est le montant la fortune des 3 000 personnalités les plus riches dans le monde au 31 decembre 2013, soit une hausse de 524 milliards en un an. Au premeir rang, Bill Gates avec 80 milliards de dollars. Liliane Bettencourt pointe à la 15ème place avec 34 milliards de dollars. Bernard Arnault se retrouve en 18ème position avec 32 milliards de dollars.

 


MAIS OU SONT LES VALEURS ?

Rue_du_Cirque_à_Paris
 

La gauche est toujours prompte à nous asséner la défense de ses valeurs, mais avec le comportement du pingouin, on se demande bien où il les cache. On se souvient pourtant de sa longue litanie de « Moi, président… ». Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Ce n’était donc qu’un effet de manche, comme on dit dans le jargon judiciaire d’un avocat qui se fait mousser.

Si on parle un peu moins de Dieudonné aujourd’hui, c’est parce qu’un clou chasse l’autre et que les médias ont un nouveau sujet à se mettre sous la dent, la liaison présumée entre François Hollande et l’actrice Julie Gayet. Tous les journalistes affirment depuis ce matin qu’ils étaient au courant et que le magazine people « Closer », qui révèle l’affaire, ne fait que confirmer une information connue de tous.

On notera que l’intéressé s’est bien gardé de démentir ce qui est un secret de Polichinelle depuis plusieurs mois. Tous ceux qui ont été sollicités pour réagir, surtout dans le camp du président, insistent sur le caractère éminemment privé de l’affaire. Tu parles !

Je ne suis pas tout à fait de cet avis.

Il se trouve que le président a une compagne, Valérie Trierweiler, qui a eu beaucoup de mal à s’adapter du jour au lendemain à sa condition de première dame et dont le statut, si le président a une aventure, devient encore plus incertain. Des déchirements élyséens vont nécessairement se produire dont l’opinion finira par entendre les échos.

La révélation de « Closer » a déjà un effet négatif considérable parce qu’il humilie Mme Trierweiler, dont M. Hollande disait naguère qu’elle était « la femme de (sa) vie ». On comprend qu’elle ait eu un « coup de mou » après qu’une telle trahison eût été rendue publique. Mais peut-elle être surprise ? Le président ne s’est jamais marié, lui qui a eu quatre enfants avec Ségolène Royal, et, on le dit aussi, une fille avec Anne Hidalgo. Tel le chat, il aurait donc plusieurs vies successives…

Il ne me parait pas indécent de poser la question des relations compliquées que constituent les problèmes domestiques de François Hollande dans leur rapport avec les affaires de l’État qui devraient absorber tout son temps, sans lui permettre de gérer deux (ou même trois) foyers à la fois. Si ce n’est pas une affaire publique, alors pourquoi tout le monde dans la rue en parle ?

Encore ne pose-t-on pas la question de savoir aux frais de qui tout ce petit monde vit.

Au-delà, et cela me parait bien plus grave, ce que ce comportement nous raconte, c’est le peu de scrupules qui l’animent et la facilité avec laquelle il trahit. Et de ce point de vue, son comportement me parait indigne. C’est surtout le peu d’intérêt de cet homme pour la famille. Soit qu’il n’ait jamais pu en construire une de durable, soit qu’il s’agisse d’un choix délibéré. Je penche pour cette seconde version. Il n’est en fait qu’un digne héritier de mai 68, un bobo qui ne s’interdit rien et qui veut pouvoir vivre ses pulsions et jouir comme bon lui semble. Il ne serait pas question de lui adresser le moindre reproche sur ce comportement si cela n’avait aucune interférence avec son action politique. Mais ce n’est pas le cas.

A la lumière de cette affaire, on comprend mieux pourquoi la politique et le statut de la famille subissent autant d’attaques depuis qu’il est au pouvoir.

C'est de la !france qu'on rit !

En attendant, quand tous les médias étrangers rient de lui, c’est de la France qu’ils rient ! Et ça, ça me fait mal ! Surtout quand je pense à l’ahurie qui accusait Sarkozy d’avoir abîmé la France.

Décidément, nous n’avons pas les mêmes valeurs !

 


NOUS AVONS BESOIN DE L’EUROPE

Drapeaux européens

 

Au mois de mai prochain, nous voterons pour renouveler toutes les instances de l’Union européenne. Et on ne peut échapper à la question : « Que va-t-il arriver à l’Europe ? ». La question se pose d’autant plus qu’il faut bien se rendre à l’évidence : on n’entend pas le discours pro-européen. Par contre, les « anti » s’en donnent à cœur joie. Crise de l’Euro, taux directeurs, PAC, union bancaire, BCE, rôles du Parlement et de la Commission mécanismes de mutualisation de la dette, … il y a de quoi perdre son latin au quidam de base. L’Europe, c’est compliqué à expliquer et facile à dénigrer. Pourtant elle continue d’attirer à elle des peuples qui y fondent leurs espoirs : après la Slovénie, c’est la Lettonie qui vient de rejoindre l’Union. Mais pour ceux qui veulent la tourner en dérision, il suffira de préciser que c’est la Grèce qui vient de prendre la présidence pour six mois. Comment ne pas sourire ?

Certes, le marché européen n’est plus considéré comme dynamique mais il n’en demeure pas moins immense et il rassemble une population au pouvoir d’achat individuel élevé, notamment par rapport à d’autres pays dans le monde qui pourtant arborent des taux de croissance élevés tout en restant très loin derrière. Le continent européen est le premier investisseur étranger dans de nombreuses régions comme l’Asie du Sud Est, restant une référence par sa recherche de haut niveau et ses produits à haute valeur ajoutée. Cette réputation se traduit dans les nombreux transferts de compétence et de technologies opérés par les groupes industriels européens. Ceux qui le vivent comme une frustration ont tort. C’est quand l’inverse se produira qu’il faudra pleurer, car cela voudra dire que les Européens auront définitivement perdu la partie. Ces avantages comparatifs devraient au contraire nous dissuader de nous plaindre et encore plus, nous donner confiance dans l’avenir !

Le monde a besoin de l’Europe.

Les Européens doivent prendre conscience de la force de leur projet politique et se rendre compte qu’ils restent un modèle pour le monde depuis soixante ans.

N’est-ce pas la création de la Communauté économique européenne qui a inspiré dix ans plus tard la création de l’Asean, le marché commun de l’Asie du Sud-Est, qui a promu la prospérité économique et renforcé la stabilité politique de la région, comme c’est le cas pour notre continent ?

Et quand les Européens donnent naissance au projet industriel sans précédent qui permet de produire les avions Airbus, ce sont nos concurrents qui sont envieux et admiratifs !

Comme Luc Ferry, je tiens la civilisation européenne pour supérieure à toutes les autres, au moins en ce qu’elle est « la seule qui ait permis aux citoyens de sortir de l’enfance, d’accéder à l’âge adulte ». Il suffit de voir comment dans les « théocraties », les individus sont traités comme des mineurs, ces pays où des petites filles sont obligées de se marier avec des hommes mûrs qu’elles ne connaissent pas… L’Europe, c’est le contraire de cette horreur, c’est la civilisation de l’autonomie sur tous les plans, dans la vie politique, comme dans la vie culturelle ou affective.

Mais les civilisations sont mortelles, et l’Union européenne est l’infrastructure  indispensable à la survie de la nôtre. Si nous en revenons à la logique mortifère des nations refermées sur elles-mêmes, ce « vieux continent » que pouvait citer Villepin, le seul qui ait réussi à allier liberté et protection sociale, sera balayé par les vents mauvais des extrémismes de tout poil. N’oublions jamais que cet espace unique de liberté, qui inspire encore d’autres nations comme on le constate avec ce qui vient de se passer en Tunisie, doit sa spécificité à la naissance de Parlements où l’on s’est résolu à faire des lois par et pour les êtres humains, sans les faire découler de textes sacrés.

La France a besoin de l’Europe.

Dans le contexte de mondialisation, les leviers des politiques traditionnelles ne lèvent plus rien parce que nos politiques sont restées encore trop nationales. Cet écart explique pour une grande part l’impuissance publique. Le marché est mondial. Le nier ne sert à rien. Si nous voulons reprendre la main, nous Français, sur un cours du monde qui nous échappe chaque jour davantage, le détour par l’Europe est le seul chemin qui puisse nous redonner des marges de manœuvre. C’est aussi le seul moyen qui nous est offert de défendre et si possible étendre au reste de la planète les valeurs d’autonomie morale, politique et culturelle, ces valeurs auxquelles nous sommes attachés et que nous partageons avec nos partenaires européens, parce que c’est l’histoire commune de notre continent. C’est en défendant l’Europe que nous redonnerons du pouvoir à l’Etat, grâce à une souveraineté, partagée mais réelle.

Toutes les productions sont aujourd’hui fragmentées. Les éléments d’un Airbus, par exemple, traversent plusieurs pays où ils sont progressivement transformés avant d’arriver au montage final. Cette économie intégrée concerne d’abord l’espace de l’Union, elle en dépasse souvent les limites. Ce qui veut dire que la sauvegarde de notre industrie passe par plus d’intégration dans la mondialisation et non le contraire. L’espace de l’Union européenne constitue alors la zone idéale pour faire tampon  et faciliter l’ouverture au reste du monde. Sans lui, la tâche de nos entreprises serait infiniment plus difficile.

Comme pour la mondialisation, l’Union européenne pose des problèmes d’ajustements et d’adaptation, mais elles seules nous offriront l’opportunité de sauvegarder et de créer  des emplois de haut niveau.

A l’heure où la crise finit d’impacter l’ensemble de l’économie mondiale, un besoin pressant de stabilité et de leadership se fait sentir. L’Europe doit y prendre part, pour elle-même mais aussi pour le monde. C’est dans ce contexte et seulement celui-là, que la France pourra faire entendre sa voix.

Le chemin peut paraître compliqué et malaisé. Tous les autres sont pires !

 


LOGEMENT : LA TUILE DUFLOT !

Logement 

Construire 500 000 logements par an, c’était une promesse hollandaise. En 2013, on en aura construit à peine plus de 330 000. Le plus mauvais score depuis 15 ans. Et du côté des promoteurs, on reste très pessimiste pour 2014 qui pourrait se révéler être une très mauvais année. Quand on sait que l’enjeu c’est aussi de créer des emplois et que le pays ne construit pas assez, on mesure le gâchis : l’année dernière se solde par une perte de 25 000 postes.

Qu’est-ce qui cloche ?

Surfeuse virtuose en matière de communication, la Ministre du Logement, la dogmatique Duflot a trouvé le moyen infaillible de décourager les investisseurs alors que c’est justement de logements locatifs dont la France a besoin. Après deux lois et quatre ordonnances elle a réussi l’exploit de liguer toutes les professions du secteur contre elle. Et il y a de quoi !

Le problème c’est qu’on a une « ayatollah » dont la politique consiste à prendre systématiquement parti pour les locataires contre les propriétaires. Des locataires qui peuvent déjà ne pas payer leur loyer sans que les propriétaires aient la possibilité de les expulser. Des locataires qui peuvent exiger à tout moment des réparations, des mises aux normes et des rénovations coûteuses. Et qui vont bénéficier d’un encadrement des loyers.

Le problème, c’est qu’on a une ministre gauchiste qui considère les propriétaires comme d’affreux profiteurs, des nantis qu’il faut taxer le plus possible. Entre l’imposition des revenus fonciers, celle des plus-values sur les résidences secondaires, les taxes foncières qui ne cessent de grimper, le rendement moyen de la pierre est tombé à 1,5% alors qu’il est encore de l’ordre de 3% pour les actions ou l’assurance-vie. Comment s’étonner alors que l’élan manque, que seuls 30 000 investisseurs aient acheté des logements neufs dans le cadre de la loi Duflot et qu’ils se soient fait rares même pour le logement ancien.

Il faut garder à l’esprit que dans le parc locatif privé la quasi-totalité des logements appartiennent à de petits propriétaires dont on peut estimer le nombre à 5 millions, la part des institutionnels étant tombée à moins de 150 000 logements.

Le nouveau dispositif de défiscalisation mis en place a été rebaptisé « Duflop » par la profession. Censé relancer la production de logements locatifs, il n’a pas réussi à endiguer la fuite des investisseurs : trop encadré, trop rigide, trop instable. Il requiert des conditions quasi impossibles à réunir pour assurer une rentabilité correcte. Si on ajoute les allers et retours sur les plus-values immobilières pilotées par Bercy, finalement incompréhensibles, il ne faut pas s’étonner que le marché soit bloqué.

L’enfer « Duflot ».

Avec un diagnostic idéologique faux, ses incompétences techniques et les zigzags fiscaux et réglementaires, Cécile Duflot aura trouvé le moyen de bloquer à la fois le marché immobilier et la construction. C’est un échec absolu et dramatique. Des transactions gelées, des prix qui tardent à baisser, des constructions en chute de 10% constituent le triste bilan de 18 mois de gestion « verte ». La chute est même de 16% pour les maisons individuelles et les réservations sont en recul de 7,5%. Ceux-ci remballent leurs projets et les demandes de permis de construire ont diminué de 23%. Pendant ce temps les faillites se multiplient : 20 000 selon la Coface. La construction représente 1/3  de toutes les défaillances d’entreprises, tous secteurs confondus. Bien plus que son poids dans le PIB.

En 2013, seule la construction de logements sociaux s’est maintenue avec 110 000 logements. Mais pour atteindre le « Graal » des 400 000 logements, il faudra bien que les acteurs privés prennent le relais. Pour cela, il faudrait sortir le logement de l’enfer « Duflot » où il a sombré. Ne plus nier la réalité des mécanismes du marché immobilier, sortir du dirigisme qui empile les nouveaux règlements pour corriger les défauts des précédents, ce qui a fait de la construction un secteur complètement malade. Dans d’autres pays, n’importe qui peut trouver une maison du jour au lendemain, emménager dans les 48 heures sans caution ni certificat de revenu. Mais dès lors qu’il ne paye plus son loyer, il est expulsé illico pour que le propriétaire puisse relouer son bien. C’est simple, ça fonctionne et les mises en chantier sont en augmentation… Chez nous, les lois ne font qu’accentuer la pénurie.

Une politique d’autant plus incompréhensible que le BTP aurait pu être un moyen de relance très facile. La France souffre d’une pénurie de logements estimée à 800 000.Le gouvernement rate, par sa faute, environ un demi-point de cette croissance qu’il recherche tant. Il avait sous la main tout pour réussir : la volonté des Français d’acquérir leur habitation, une épargne disponible à profusion, des constructeurs compétents. Avec un immense avantage : le bâtiment crée beaucoup d’emplois, et un autre, il fait peu appel aux importations.  

 


RENCONTRE AVEC ALAIN LAMASSOURE

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Interview publiée sur le site du Parlement européen à la suite de l'adoption du rapport d'Alain Lamassoure sur les relations entre le Parlement européen et les institutions représentant les Etats membres le 20 décembre ;

Le Parlement européen vient d'adopter une résolution sur les relations du Parlement européen avec les institutions représentant les gouvernements nationaux. Alain Lamassoure, rapporteur (PPE-FR), président de la commission des budgets, membre suppléant de la commission des affaires constitutionnelles du Parlement européen, fait le point sur les avancées réalisées grâce au Traité de Lisbonne. 

1) Quatre ans après l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, quel bilan dressez-vous de son application ?
La réforme de la procédure législative est une réussite : le Parlement joue pleinement son rôle de codécideur et la négociation avec le Conseil se passe bien puisque, dans 80% des cas, elle aboutit dès la première lecture. Transparence efficacité, démocratie : bravo !

En revanche, la création d'un Haut-Représentant et d'un service d'action extérieure n'ont pas encore donné à l'Union la valeur ajoutée attendue dans ses relations extérieures.

Ma plus grande déception vient toutefois de la sous-utilisation par tous les acteurs de la riche boîte à outils que représente le traité. Les compétences nouvelles sur l'énergie ou l'immigration sont presque ignorées. Les coopérations renforcées n'ont été mises en œuvre que de façon très limitées. Le traité de stabilité budgétaire était juridiquement inutile : tout au long de la crise de la dette, le Conseil européen a perdu beaucoup de temps à réinventer la roue. Quant à la défense, aucun gouvernement, aucune institution, n'ont proposé de recourir à la procédure de coopération permanente structurée, alors que le besoin devient criant et que le soutien des opinions publiques est massif dans ce domaine.

2) Comment expliquer l'extension du rôle du Conseil européen - alors même que, selon le traité, il n'exerce pas de fonction législative - au détriment du Parlement européen ?
Le traitement de la crise de la dette rendait l'intervention du Conseil européen inévitable : les remèdes dépendaient d'abord des moyens nationaux, et le mal venait de certains des États membres. Malheureusement, à partir de là, le Conseil européen a pris l'habitude d'évoquer des problèmes qui ne sont pas de son niveau, au détriment de sa fonction d'orientation politique générale.

3) Le Traité de Lisbonne avait vocation à rendre l'Union européenne plus démocratique...Peut-on dès lors parler d'un échec ? Que préconisez-vous pour y remédier ?
Échec ? Non. J'ai déjà évoqué la réussite du rôle du Parlement. Il faut aussi mentionner la procédure très novatrice de l'initiative citoyenne : une quinzaine sont en cours, sur des sujets très divers, mobilisant des millions de citoyens. Et surtout, la disposition majeure en l'espèce n'a pas encore eu l'occasion de s'appliquer : c'est votre question suivante.


4) Votre rapport indique une échéance cruciale : les élections européennes de mai 2014. Pour la première fois les citoyens choisiront le président de la Commission à travers l'élection de leurs députés... Y a-t-il aujourd'hui une réelle volonté politique de faire aboutir cette nouvelle disposition ? 
Oui : tous les partis politiques européens sont obligés de jouer le jeu, et ils s'y engagent. Les socialistes ont désigné leur candidat dès le début d'octobre. Les libéraux-démocrates, les Verts et le PPE vont suivre. Cela veut dire qu'en 2014 l'Europe disposera d'une personnalité forte de la légitimité donnée par le vote de 500 millions de citoyens. Certains des membres du Conseil européen tordent le nez, mais la logique démocratique sera irrésistible.

 


L’UNION BANCAIRE DE L’UNION EUROPEENNE : UNE REVOLUTION

Euro

L’Europe financière c’est 128 banques de la zone euro sous la surveillance de la BCE et 6 000 sous surveillance indirecte. Près du tiers des actifs des 128 banques sont d’origine française. C’est dire que les enjeux sont d’importance.

Une union devenue une réalité.

L’union bancaire est une réalité depuis le dernier sommet européen. Elle constitue l’étape d’intégration financière la plus importante du vieux continent depuis la création de l’Euro, le 1er janvier 1999. Donc, pour les 6 000 banques de la zone euro, la révolution fédérale a commencé et dès l’automne 2014, elles ne dépendront plus pour leur surveillance au quotidien de leurs superviseurs nationaux mais de la Banque Centrale Européenne.

Ce transfert de souveraineté est historique. Il a été réclamé par le président de la BCE, Mario Draghi, en juin 2012, en pleine crise financière espagnole. En effet, pour éviter que l’Espagne ne coule sous le poids de ses banques, il fallait rompre le cercle vicieux entre les banques et les états, ce qui exigeait des transferts financiers entre Etats. Le prix à payer en fut le sacrifice de la souveraineté bancaire que les pays du sud acceptèrent par nécessité.

Jusqu’ici, quand une banque avait un grave problème son Etat d’origine la recapitalisait à grands frais pour le contribuable ou la nationalisait. Avec l’Union bancaire, ce n’est pas seulement un pouvoir centralisé à Francfort, c’est surtout un mécanisme de résolution des crises bancaires, qui organise la mise en faillite d’une banque en protégeant les déposants et les contribuables, en ayant recours si besoin à un fonds européen. C’est en soi une véritable révolution financière en Europe !

Si cette formule avait existé, l’Irlande n’aurait pas mis son Etat en quasi faillite en 2010 pour sauver ses banques, avec à la clé un humiliant plan de sauvetage dont elle vient tout juste de sortir.

Un mode d’emploi commun.

D’ici à 2016, les Etats européens disposeront d’un mode d’emploi commun de « mise en faillite ordonnée » d’une banque, leur imposant de faire payer d’abord les actionnaires et les créanciers privés avant de mettre de l’argent public dans le circuit. Et toutes les banques de la zone euro seront soumises au même régime strict, le sauvetage d’Etat devenant l’exception jusqu’à ce que se mette en place un fonds commun, abondé par les banques elles-mêmes : 55 milliards d’euros d’ici dix ans. Ce laps de temps étant nécessaire pour sa montée en puissance. C’est une forme de solidarité financière inédite, à laquelle les Allemands ont consenti sans exclure à terme un filet de sécurité avec de l’argent public.

Pour les marchés, c’est un signal de plus très important qui consolide la pérennité de la monnaie unique, après la déclaration de Mario Draghi au plus fort de la crise, selon laquelle tout serait fait pour sauvegarder l’euro.

Dernière nouveauté, et non la moindre : la zone euro elle-même sera pourvue d’une autorité unique de résolution. Ce pouvoir ne sera pas donné à la BCE mais à la Commission Européenne selon des modalités techniques probablement perfectibles.

Une « souveraineté partagée » de plus.

Les « anti Europe » y verront un abandon de souveraineté de plus. C’est une caricature. Il est plus juste de parler de « souveraineté partagée », au plus grand bénéfice de tous les contribuables des pays de la zone euro. Une preuve s’il en était besoin qu’unis nous sommes plus forts. Grâce à cette forme de mutualisation du risque, le système bancaire européen gagne en stabilité, ce qui renforce évidemment la solidité de la monnaie commune.

Le Parlement européen vient d’approuver la nomination de la Française Danièle Nouy à la tête de la supervision unique des banques de la zone euro.  Elle vient de prendre ses fonctions à Francfort. De quoi satisfaire l’ego cocardier des patriote intransigeants et calmer les esprits chagrins qui crient à l’hégémonie teutonne. Avec un Italien à la tête de la BCe et une Française à la supervision, nous voilà rassurés, non ?

Comme on le voit, les chemins de l’Union sont toujours malaisés et compliqués. Mais pour les pays qui la composent, tous les autres sont pires. Vive l’Europe !


LE « BITCOIN » POUR LES NULS

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La planète financière est ainsi faite, que si vous voulez dompter les flux financiers, les endiguer, les contrôler ou leur barrer la route, comme les éléments déchaînés, une partie vous échappe toujours. L’imagination des hommes est toujours féconde quand il s’agit d’argent, surtout s’il est question d’échapper à l’impôt.

Ainsi est né le « bitcoin ». Le mot « coin », qui désigne une pièce de monnaie en anglais est associé à la racine « bit » qui appartient à l’univers informatique. Le bitcoin fédère une communauté d’internautes passionnés par les technologies numériques et sensibles aux théories libertariennes anti-Etat.  Il repose sur une architecture décentralisée. En connectant leurs ordinateurs personnels au réseau, des particuliers participent, par la résolution d’équations mathématiques complexes à la création de monnaie qu’ils se partagent ensuite entre eux, en récompense pour s’être dévoués à la communauté. L’algorithme crée autour de 25 bitcoins toutes les dix minutes. Cette solution est réservée aux experts chevronnés.

Il est possible pour un particulier de se procurer des bitcoins : il lui suffit d’en acheter sur les plates-formes où ils s’échangent (Mt.Gox, Bitstamp, BT China) au prix qui évolue en fonction de l’offre et de la demande. Ils se paient en dollar, euro, livre ou yuan… Mais c’est un actif financier très instable dont la valeur a été multipliée par cent cette année, malgré cinq krachs. Hautement spéculatif, il garde un fort attrait auprès des spéculateurs qui espèrent toujours investir à meilleur compte sur l’actif le plus rentable du moment. Sa volatilité de 130% est six fois plus importante que celle de l’or et dix fois plus que celle d’une devise traditionnelle.

Le bitcoin concurrence à la fois les portefeuilles électroniques et les devises officielles. Son système de paiement ne reconnait qu’une seule devise : la sienne. Cette monnaie qui permet de se payer un café sur internet ou une année d’université à Nicosie, est fondée sur quelques principes simples : anonymat des transactions, décentralisation du contrôle, convertibilité dans les devises légales. A titre d’exemple, un bitcoin valait le 16 décembre 630 euros.

Le bitcoin n’a aucune valeur intrinsèque. C’est une monnaie virtuelle qui ne remplit qu’une des trois fonctions d’une devise : un moyen de paiement, et encore, partiellement. Mais il n’est ni une unité de compte, ni une réserve de valeur. Cet actif financier mutant résiste néanmoins à son instabilité chronique grâce à son programme de création régulée. Douze millions de bitcoins sont actuellement en circulation. La création journalière actuelle est d’environ 36 000 bitcoins. On estime qu’en 2040, il y aura 21 millions de bitcoins en circulation.

Dans la pratique, c’est une monnaie qui ne menace pas les monnaies fiduciaires. En clair, le bitcoin n’a pas d’avenir dans le monde physique. Son succès se jouera sur le commerce en ligne, qui comme chacun sait ne peut que croître et embellir. C’est pourquoi elle connait un engouement qui commence à inquiéter les banques centrales. C’est même l’alerte rouge sur la planète financière. Les autorités financières s’émeuvent des risques encourus par les particuliers qui changeraient leurs euros ou leurs dollars contre des bitcoins et rappellent aux apprentis traders que sa valeur n’est garantie par aucune banque centrale et peut à tout moment s’effondrer. Les institutions craignent aussi que l’anonymat des transactions profite aux trafics illégaux et au blanchiment de capitaux … D’ailleurs les autorités chinoises semblent bien décidées à contrôler la monnaie virtuelle en interdisant les transactions en bitcoins aux banques locales, interdiction valable pour Alipay, le service du géant du commerce électronique Alibaba. Du coup le bitcoin a perdu près de la moitié de sa valeur en quinze jours.

Il est bon de savoir que la monnaie virtuelle séduit aussi les hackers. Ainsi deux plates-formes d’échanges américaines ont été intégralement dévalisées en novembre dernier. Les particuliers ont tout perdu. Une clé numérique qui donne accès à un porte-monnaie se dérobe aussi facilement que des billets de banque. On cite aussi l’exemple de cette personne distraite qui a jeté à la poubelle son disque dur sur lequel se trouvaient les données numériques de son compte : il a tout perdu.

Cela n’empêche pas le « shadow banking » d’occuper la deuxième place dans la finance mondiale, avec  près de 25% de la captation des actifs. De quoi inciter les autorités à empêcher ce secteur de se développer sans règle du jeu. Les conditions du financement de l’économie en dépendent, une des clefs de la croissance.

Voilà, vous savez à peu près tout. Je ne sais pas s’il y a beaucoup de Français qui ont investi dans cette sorte de loterie. Le pays le plus épargnant du monde lui préfère certainement la Caisse d’Epargne et son rendement de misère…