LE COMMENTAIRE DU JOUR
L’EUROPE EN 2014 : UNE REMONTEE EN PENTE DOUCE…

EN ASIE, LA CHINE S’ESSOUFFLE …

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Le chiffre : + 6,16%

c'est la progression du PIB de l'Asie émergente en 2014 (moyenne)

En 2014, les cartes de l’Asie émergentes sont rebattues au profit des petits pays. Les taux de croissance des grosses locomotives que sont la Chine, l’Inde et l’Indonésie restent attractives, mais la Corée du Sud est le bon élève, suivie par les Philippines. Tout cela sur fond  de tensions qui s’exacerbent. C’est en Asie, en effet, là où l’économie mondiale trouve l’essentiel de sa croissance, que l’évolution des relations est la plus inquiétante. Pékin semble ne plus se satisfaire du statu quo et veut profiter de son réveil économique pour imposer de nouvelles règles dans la région, ce qui alimente l’effort de réarmement matériel et idéologique impulsé au Japon par Shinzo Abe.

En Chine, le ralentissement va toucher les voisins.

C’est le pays qui suscite les plus fortes différences d’appréciation : de 7,7%, le taux de 2013 devrait passer en 2014 à 8,2%, 7,4% ou 6,9%, selon les différents établissements de prévision. Ainsi, la Chine a triplé la masse monétaire depuis 2006, laissé se constituer un système bancaire clandestin qui atteint 44% du PIB, et accumulé une dette publique et privée qui culmine à 218% du PIB. Si elle est devenue la première puissance commerciale de la planète avec 4 000 milliards de dollars, les dirigeants du plus gros atelier du monde ont un doute qui va croissant, centré sur la finance. Deux raisons : Le développement du crédit pour maintenir la croissance la plus forte possible a multiplié par cinq l’endettement intérieur avec une belle proportion de prêts pourris et les déséquilibres qui en résultent sont tels que les autorités ont donné l’impression de perdre le contrôle à plus d’une reprise ces derniers mois ; ensuite, ces mêmes dirigeants entendent ajouter à la prééminence économique une dimension financière, or la finance chinoise est fragile, peu structurée, et une ouverture mal maîtrisée risque de provoquer une tempête dévastatrice. Car la finance « informelle » pourrait devenir incontrôlable, ce « shadow banking » qui offre des financements aux petites sociétés qui, à 90% n’ont pas accès au crédit bancaire. C’est pourquoi les autorités tentent de remettre de l’ordre dans un système financier nébuleux où la corruption complique la tâche. En 2014, les salaires devraient augmenter encore de 10% au risque de peser sur la croissance comme cela a été le cas l’an passé. Le modèle économique de la Chine s’essouffle. Elle n’est plus le seul atelier du monde, concurrencée par le Vietnam et l’Indonésie. Le tassement de la croissance lié à une demande et des investissements moins soutenus pourrait donc se poursuivre en 2014. Voilà qui donnent des marges d’incertitudes qui hantent autant les experts que les dirigeants. Mais en basant désormais son mode de développement sur la demande interne, la transition chinoise va avoir des répercussions sur les pays limitrophes par la modification à la baisse de ses achats de matières premières et d’énergie, notamment.

Des indicateurs économiques mitigés pour l’Inde et l’Indonésie.

Destins parallèles pourrait-on dire. L’inde et l’Indonésie sortent d’une année 2013 difficile. Leurs monnaies ont perdu de la valeur sur fond de ralentissement de la croissance, à moins de 5% pour la première et sous la barre des 6% pour la seconde. Le fait que les deux pays doivent faire face à des échéances électorales majeures n’arrange rien. Les deux économies sont face à des pressions inflationnistes réelles avec des répercussions immédiates sur la consommation. De la même façon, les deux pays doivent affronter le creusement de leurs déficits courants qui ne risquent pas de se résorber à la veille d’élections. Le tout est aggravé par un environnement des affaires néfaste et la corruption qui pèsent sur les décisions d’investissement. En Inde, la croissance qui était de 3,8 % en 2013, devrait osciller entre 4,8% et 5,5% en 2014 et l’Indonésie qui était à 5,3% pourrait se contenter d’un petit 5,5% à 5,8%.

Les bonnes surprises coréenne et philippine.

La Corée du Sud n’est plus à mettre dans les « émergents ». Sa bonne santé économique devrait se confirmer en 2014 et son 2,8% de 2013 pourrait bondir à 3,6% voire 4%. Un taux de croissance qui est celui d’un pays qui en a fini avec sa période de rattrapage. Sa balance des paiements est solide, et l’économie est tirée par les exportations. Une production qui devrait profiter cette année du raffermissement de la demande des pays développés. Le seul sujet de préoccupation, à plus long terme, c’est le vieillissement de la population qui devrait raboter les performances. Séoul a encore de bonnes années devant elle.

L’archipel philippin connait une accélération récente, avec une croissance annuelle proche de 7%. L’année se présente dans un contexte exempt de tensions sur l’appareil de production et de pressions inflationnistes. De plus, les 11% de la population installée hors sol génèrent des recettes en devises importantes. Aussi, les réserves de change ne cessent de progresser. Un contexte qui permet au pays de dégager un excédent courant à 3% du PIB en moyenne, sur les dix dernières années. Touché par le typhon Haiyan qui a laissé l’appareil de production intact, l’archipel devrait connaître un regain d’activité lié à la reconstruction.

En fonction de leur degré d’intégration mondiale, les pays d’Asie vont plus ou moins rapidement bénéficier de la reprise. Pour beaucoup, l’accélération ne devrait se faire sentir qu’au cours de la seconde partie de l’année.

 

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