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ET SI ON ESSAYAIT « L’EUROPTIMISME » !

Drapeaux européens

Quand l’Europe existe …

Ne boudons pas notre satisfaction. L’Europe, vient d’accéder, le temps d’une crise, à une réelle existence politique. L’Union européenne aurait été impardonnable de ne pas profiter des inconséquences de Ianoukovitch et des maladresses de Poutine, qui ne parvient décidément pas à comprendre le monde comme il va. Si on ne sait pas encore quelle Ukraine sortira de l’actuelle crise, la coexistence fragile d’un Ouest plutôt pro-occidental et d’un Est prorusse n’est pas simple, ce pays est pourtant bien en Europe. Il revient donc à l’UE d’y jouer son rôle.  Le choix d’avoir missionné les trois ministres des principales capitales ­concernées (Berlin, Varsovie, Paris) donne enfin l’impression d’une Europe politique.

Si au lieu d’entendre le lamento quotidien des eurosceptiques, on proposait aux Français un autre discours ! L’Europe n’est pas la cause de nos maux ni l’instrument de destruction de notre identité ;  elle n’est pas non plus le relais de la mondialisation haïe ni la préceptrice exigeante de l’austérité, l’empêcheuse de dévaluer en rond et de croître… Osons dire que la crise des dettes souveraines est venue, non pas d’un trop d’Europe mais d’un manque d’Europe. Et si la zone euro commence à sortir du tunnel, c’est bien justement parce qu’elle a su mettre en place les mécanismes communs de soutien aux pays en difficulté. Un pas décisif vers une gouvernance politique partagée.

Le moment est historique.

En 2014, plus que jamais, l’Union européenne reste l’ensemble géopolitique indispensable pour que les petites nations à l’échelle du globe se serrent les unes contre les autres pour faire face à un monde redevenu sauvage, chaotique et dangereux, après la rupture des grands équilibres intercontinentaux nés de la dernière guerre. Plus fortes ensemble, elles pourront prétendre défendre leur idéal d’humanisme, unique sur la planète. Car, contrairement à ce qu’on croit, les valeurs européennes ne sont pas partagées : ni notre idéal démocratique, ni notre mode de vie, ni notre culture fondée sur une longue histoire commune. Au moment où les Etats-Unis se replient sur eux-mêmes, où la Russie de Poutine reste hantée par le fantôme de l’URSS, où le Japon renoue avec le nationalisme belliqueux, où la Chine prétend jouer le premier rôle, le modèle social européen ne peut être défendu qu’ensemble. Comme le dit Michel Rocard : « A l’horizon séculaire, seule l’Europe est à la taille ! ».

Il faut donc aller plus loin dans la construction européenne. Le moment d’une relance forte est venu. Car le moment est historique !  Et l’histoire ne passe pas deux fois les plats.

Un discours offensif.

Les cinq prochaines années seront déterminantes. Nous avons besoin d’une Europe plus démocratique, d’une Europe qui avance, mais aussi d’une Europe qui protège. Face aux menaces du monde, il n’y a pas de solution dans le repli sur soi qui soit couronné de succès. Au contraire, il faut persévérer dans la démarche unique qui en fait le laboratoire « d’une humanité réconciliée », qui conforte sa « valeur spirituelle », qui en fait  un « chemin de liberté ». L’Union peut être le modèle d’un nouveau type de croissance, appuyé sur la valorisation du capital humain, les énergies nouvelles, une industrie high-tech, une finance qui vise le long terme. Expliquons sans relâche que la « souveraineté partagée » n’est pas l’abandon de souveraineté mais le moyen de conserver une influence crédible dans le monde d’aujourd’hui. Les problèmes auxquels nous faisons face aujourd’hui ne tiennent pas au fait que nous soyons dans le même bateau que l’Italie, l’Allemagne ou l’Espagne, mais au fait que ce bateau dérive dangereusement, faute d’un pilotage approprié.

Vers une communauté politique et démocratique.

Le repli national aurait des conséquences irrémédiables pour notre prospérité comme pour notre réputation mondiale. Il ne s’agit pas de nier les défauts de conception de l’euro, ni les graves erreurs commises depuis sa création et les bricolages ont montré leurs limites. Cependant, il est trop facile de faire de l’euro un bouc émissaire, en disculpant ceux qui, depuis quarante ans, ont gouverné nos pays sans souci de l’avenir. Les raisons pour lesquelles nous avons créé la monnaie unique restent valables : la volonté politique de continuer à unir nos destins, à un moment où l’interdépendance globale s’accroît, la conviction que la monnaie unique, correctement gérée, constitue la condition de notre puissance collective. Mais le partage de souveraineté appelle un contrôle démocratique exigeant et mettre ce qui a déjà été consenti en accord avec des institutions encore trop opaques. Il ne s’agit ni de fédéralisme, ni de confédéralisme, ces vieux débats qui empêchent d’avancer. Il s’agit d’une démarche pragmatique qui consiste à avancer ensemble chaque fois que le besoin commun s’impose : gouvernance économique de l’euro, convergence fiscale et réglementaire, harmonisation progressive des marchés du travail, défense commune, contrôle des frontières… Dans tous ces domaines, les progrès de l’Europe sont les garants des progrès pour chacun des états membres. Les Parlements nationaux continueraient d’exercer le contrôle des gouvernements nationaux, et des budgets nationaux ; les décisions européennes seraient contrôlées au niveau européen.

Le moment est venu de faire avancer l’Europe, sinon, elle se défera.

A commencer par l’euro. Il est grand temps que nos partis politiques se réveillent au lieu de se contenter de suivre la pente sans foi de l’euroscepticisme. La constitution des listes pour les élections de mai, tous partis confondus, ne constitue pas le meilleur encouragement. Tout dépendra du discours qui sera tenu !

 


ENTRE CYNISME ET ARROGANCE

 

Ayrault sombre


Nous sommes gâtés.

Au début de la semaine, c’est la suite de la manifestation de Nantes qui donnait au sombre Ayrault une éruption de boutons verts, attisée par le parfait cynisme de Mme Duflot. Quel gouvernement peut présenter ainsi un tel désordre, sans qu’il y soit mis fin par des sanctions.  Mais l’égérie des Verts peut sourire, car l’ancien maire de Nantes a dû battre en retraite, piteusement, la queue entre les jambes. Pourtant une majorité de Français souhaitent que les Ecologistes quittent le gouvernement où ils nuisent plus qu’ils ne servent. D’ailleurs ils ne réussissent guère dans les missions qui leur sont confiées : il suffit de voir la politique du logement qui court d’échec en échec, au gré des dispositifs irréalistes de la Ministre. Le Président ferait-il passer son intérêt personnel avant celui de la France en les gardant au pouvoir qu’il ne s’y prendrait pas autrement. On se demande bien quelle suite il va donner à la lettre du Président Auxiette qui lui a écrit pour lui demander à juste raison de faire évacuer le site de ND des Landes et de faire appliquer toutes ldes décisions de justice qui ont été rendues.

Voilà une transition toute trouvée avec l’incident qui a eu lieu hier à l’Assemblée nationale entre le Césarion de l’Intérieur et un député UMP qui ne faisait que poser une question classique, un brin malicieuse mais sans plus. A son habitude le Catalan a perdu ses nerfs et s’est réfugié dans l’insulte, provoquant la sortie de séance de tous les députés UMP et le boycott aujourd’hui des questions au Gouvernement. L’arrogance sert trop souvent de paravent à une absence caractérisée de réponses aux questions de l’opposition. Elle est insupportable quand elle se double de suffisance méprisante.

L’incident d’hier, ajouté à l’obligation de reculade imposée au premier ministre la veille, sont révélateurs de la tension qui règne au sein du gouvernement. Car derrière l’incident qui a opposé Manuel Valls à Claude Goasguen, il y a principalement la stratégie des Verts qui restent au gouvernement tout en le critiquant abondamment, le fait que le Premier Ministre les absout après les avoir sommés en vain de lever toute ambigüité sur leurs intentions. Le député de l’opposition était fondé à poser des questions sur les comportements criminels que les Verts, même s’ils les condamnent, ont favorisés par leur rejet obstiné de l’aéroport. L’irritation du Ministre de l’Intérieur vient sans doute des difficultés qu’il rencontre sur le plan sécurité, et sans doute aussi, des efforts qu’il déploie pour concilier les exigences contradictoires d’un président qui n’en finit pas avec les subtilités. Comment faire quand il faut mater les casseurs tout en laissant les écologistes épuiser tous les recours contre l’édification du projet de ND des landes ? Une bataille interminable et violente qui complique sa tâche…

Et contrarie ses ambitions !

La déliquescence du gouvernement qui fait face à de mauvais chiffres sur le chômage et dont le plan d’économies sur la dépense est contesté par la Commission de Bruxelles, pourrait accélérer le départ de Jean-Marc Ayrault, dont M. Valls brigue la place. Mais le locataire de la place Beauvau risque de ne plus faire l’affaire. François Hollande a sûrement besoin d’un Premier ministre à poigne, il ne peut pas miser sur un homme qui, comme on l’a vu hier, risque de s’emporter excessivement et inutilement. « Par sa brutalité, il a raté la marche de Matignon », a déclaré ce matin Jean-Pierre Raffarin qui estime aussi que « quand on va chercher ce type d’argument (l’accusation relative au passé supposé extrémiste de M. Goasguen), c’est qu’on n’en a pas d’autres et c’est bien faible ». À quoi l’ancien Premier Ministre ajoute, en fin connaisseur : « Ce gouvernement est à bout de souffle !».

Manuel Valls traverse une mauvaise passe, à cause de son tempérament arrogant. Mais l’incroyable cynisme des Verts, qui le détestent, n’est pas pour rien dans la décomposition du pouvoir et sa descente à la trappe.

 


SI, L’AUSTERITE PAIE !

 

En France, toute une partie de la gauche et la droite souverainiste sont clairement contre une politique de rigueur de la dépense publique sous prétexte qu’elle annihilerait la croissance et déboucherait sur l’austérité et la récession.  Une manière de repousses aux calendes grecques tout effort de réduction des déficits et de réduction de la dette au profit d’une relance keynésienne de la consommation par un creusement de ceux-ci.

Le Portugal, et dans une moindre mesure l’Espagne, apportent une démonstration éblouissante du contraire. La cure d’austérité produit des effets au-delà de ce qui était attendu.

Le Portugal connait une reprise qui met tous les indicateurs dans le vert. Au prix d’une sévère cure d’austérité, la compétitivité a été restaurée. La sortie du plan de sauvetage, prévue officiellement le 17 mai prochain s’annonce sous les meilleurs auspices. Impensable il y a encore quelques mois, les économistes n’excluent pas une sortie « à l’irlandaise » du mécanisme européen de stabilité. La preuve en est son émission obligataire sur dix ans de 3 milliards d’euros a été souscrite la semaine dernière à plus de 9 milliards, avec un taux en baisse de 5%. Lisbonne boucle ses besoins pour 2014 !

Le pays a renoué avec la croissance depuis le 2ème trimestre 2013, le PIB regagne du terrain. La production industrielle est repartie, et le déficit commercial a été réduit de 15ù l’an dernier, avec une balance des paiements excédentaire. Les exportations de biens et de services ont bondi de 24% en trois ans. Les entreprises portugaises ont su se diversifier et gagner des parts de marché hors de l’UE.

Autre signal positif : la courbe du chômage s’est inversée depuis un an. Une recette miracle : elle s’appelle « com-pé-ti-ti-vi-té » !  Les recettes structurelles ont apporté plus de flexibilité sur le marché du travail, et la baisse des coûts, attire les entreprises étrangères. De ce point de vue, la politique des « goldens visas » a été un succès : depuis leur lancement en 2012, les « visas en or » ont permis de récolter 400 millions d’euros. Pour obtenir le sésame, il faut investir au moins 500 000 euros dans l’immobilier ou 1 million dans une entreprise. Plus de 90% des fonds vont dans la pierre. Le gouvernement vise maintenant un autre secteur : le tourisme pour valoriser les nombreux atouts du pays, avec les retraités européens pour cible privilégiée.

Le Portugal est en train de devenir un nouvel eldorado pour les retraités européens, au premier rang desquels, les Français. En faisant un paradis fiscal à leur intention, le Portugal espère un boom du tourisme résidentiel. Et l’immobilier, secteur naguère sinistré reprend des couleurs. Et vous savez ce qu’on dit : « quand le bâtiment va, tout va ! »

Voilà qui ferait rêver notre gouvernement et le Président, qui ont perdu leur pari sur l’inversion de la courbe du chômage, qui se trouvent empêtrés dans une négociation de marchands de tapis pour sortir la nouvelle usine à gaz qui servira de « pacte de responsabilité », et que les nouvelles venues aujourd’hui de Bruxelles auront fini de contrarier. La reprise est là en Europe, mais la France va continuer de se traîner,  et pire, la commission prévoit un nouveau dérapage. En clair, la France ne tiendra pas ses objectifs de désendettement avec un déficit qui restera à 4% cette année et 3,9 en 2015 au lieu de (respectivement) 3,6% et 2,8% !!! Personne ne sera surpris après la publication des chiffres de 2013. Les paroles lénifiantes de Moscovici n’y changeront rien.

L’Allemagne, elle, aura des finances publiques parfaitement à l’équilibre cette année comme l’année prochaine …

Il serait grand temps de changer de politique, et pas seulement en mots, car les maux, eux, continuent de s’accumuler. Au lieu de sauter les starlettes, « il » ferait mieux de prendre le taureau par les cornes !

 


LE FUSIL A TIRER DANS LES COINS

Haddock cons BIS

Il y a des jours comme ça où on a une furieuse envie de tirer sur tout ce qui bouge (verbalement s’entend), tellement l’actualité fournit de prétextes à se faire plaisir.

Le débat qui ne sert à rien.

Quelle drôle d’idée que de vouloir confronter Arnaud Montebourg et Marine Le Pen. Dans quel cerveau fumeux un tel projet a pu germer ?  S’il y a des confrontations inutiles, c’est bien celle-là. D’ailleurs il n’en est rien sorti, mis à part quelques invectives. A moins que ce soit pour faire croire qu’entre la gauche du PS et l’extrême-droite Le Peniste, il n’y a rien. La ficelle serait un peu grosse !

Le psychodrame de ND des Landes. 

Quelques centaines de personnes à défiler dans les rues de Nantes avec la fine fleur de l’écologie française. L’inénarrable Duflot était absente mais avait fait savoir qu’elle soutenait moralement. Découvrir aujourd’hui que les squatters du site du futur aéroport sont des violents venus de toute l’Europe, c’est faire preuve d’une grande naïveté et le pouvoir sait depuis longtemps de quoi ils sont capables. Il suffit de voir ce qu’ils ont fait du centre-ville cher au Premier Ministre. Colère justifiée et sommations ! Mais c’est aussitôt pour baisser culotte. Les Verts ne seront pas foutus à la porte du gouvernement. Quelle comédie !

Géométrie variable.  

A Pau, l’UMP soutient Bayrou, mais à Marseille Bennahmias rejoint le PS. Quel rapport ? Le Modem. Allez comprendre !

Remaniement ou pas ?

La grande question qui agite le microcosme c’est le départ du Premier Ministre. Si cela se confirme, par qui va-t-il le remplacer ? En tout cas ce ne devrait pas être Bertrand Delanoë. Bien que disponible, le futur ex-maire de Paris est rejeté par deux Français sur trois !

La droite revancharde.

C’est la dernière formule à la mode agitée par le laquais de la rue de Solférino. Comme il n’y a plus de « Désir » de gauche dans le pays, le Harlem est en train de se noyer. Et personne (à droite) pour lui lancer une bouée de sauvetage. Les sans-cœurs ! Notez au passage que la gauche n’a pas du tout été revancharde, elle, pendant cinq ans entre 2007 et 2012 !

Le pacte.

Après l’usine à gaz du CICE, dispositif qui ne connait pas un grand succès auprès des entreprises qui en auraient le plus besoin, tellement il est complexe, nos « experts » en place sont en train de concocter un assemblage de même type pour tenir l’engagement de baisser les charges des entreprises de l’équivalent des cotisations « famille ». Ceux qui n’ont pas fait HEC vont avoir du mal ! On saura bientôt ce qu’il en est vraiment.

Le boa fiscal a toujours faim.

L’année 2014-2015 devrait voir éclore de nouvelles taxes sous couvert de « remise à plat de la fiscalité ». Aplat, ce ne sera pas pour tout le monde. Tout ce qui est envisagé pour le moment concerne toujours les mêmes contributeurs : fusion de l’IR et de la CSG, révision des bases cadastrales, prise en compte des revenus dans le calcul de la taxe d’habitation, progressivité de la CSG aujourd’hui à taux fixe, pour financer les dépenses soicales... Classes moyennes, à votre portefeuille !

 


L’ETAT DE FAIBLESSE…

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 Dans quel pays vit-on ? Est-ce bien la France, ce pays où l’on peut mourir dans une salle d’attente des urgences sans que personne ne s’en aperçoive ? Ce pays qui compte un cambriolage toutes les minutes et demi ? Où l’on peut se faire rançonner la nuit sur une aire d’autoroute ? Où l’on peut se faire arracher son collier sur les Champs-Elysées ? Où l'on peut mettre à sac le centre ville d'une grande ville comme Nantes en profitant d'une manifestation ? ... Et j’en passe !

Voilà que même nos campagnes naguères si paisibles sont devenues le terrain d’action favori des malfrats en tout genre.

Vols dans les campagnes : le ras-le-bol des agriculteurs !

Les projecteurs de l’actualité sont braqués sur le Salon de l’Agriculture : la campagne se déplace Porte de Versailles. Mais la vraie campagne, elle, fait l’objet d’une actualité moins agréable et il ne fait pas toujours bon y vivre. Les vols dans les fermes ont littéralement explosé depuis 2006. L’Observatoire de la délinquance pointe une hausse de plus de 66 % en cinq ans. En 2013, on en aurait recensé plus de 10.000. Du tracteur aux récoltes, plus rien n'est épargné.

Des bandes organisées, de plus en plus nombreuses, écument désormais les champs et les fermes, en quête de butins parfois très rémunérateurs : machines agricoles, récoltes, carburant, câblage, tout y passe. Même les animaux. Comme si nos champs s'étaient brusquement transformés en un gigantesque libre-service. Dans le sud de la France, un réseau international, responsable du vol de 38 tracteurs, vient d’être démantelé. Montant du préjudice : 3,2 millions d’euros… Des interpellations ont eu lieu en Espagne et en Roumanie.

Une forte progression des vols.

Ce qui est inquiétant, c’est la progression très forte et très rapide des délits (15% en 2012, 7% en 2013 avec 10 426 méfaits recensés) et une aggravation des dommages causés. Ces chiffres laissent rêveur et pourtant ils sont inférieurs à la réalité, à la fois parce que l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) ne prend pas en compte les vols avec effraction, mais aussi parce que, très souvent, les agriculteurs jugent inutile de porter plainte. Pour les agriculteurs, la facture s’alourdit très vite. Le réservoir d’un tracteur contient de 400 à 600 litres de gazole. S’il est siphonné et détérioré par l’opération, la note peut atteindre 3.000 euros. Sans parler du fait que le tracteur étant momentanément inutilisable, c’est une, deux ou trois journées de travail perdues.

Le phénomène affecte tout particulièrement les fermes situées dans le voisinage des routes nationales 3 et 4. « Ce sont des axes routiers très commodes pour les voleurs, qui viennent de la région parisienne avec des porte-chars pour embarquer le matériel. Une fois commis leur forfait, ils filent vers l’Europe de l’Est », explique Arnaud Rousseau, de la FDSEA. Les gendarmes y ont découvert des sites de revente regorgeant de machines volées.

Mais il n’y a pas que le matériel qui est concerné. Ainsi dans les Pyrénées-orientales, les agriculteurs ont subi des vols de récoltes de fruits. Parfois en très grandes quantités d’un coup, 5, 6, 7 à 8 tonnes. Parfois tout au long de la saison par quantités de 500 à 600 kilos au rythme d’une fois par semaine. La période des vendanges dans la région de Collioure et de Banyuls a été riche en mauvaises surprises. Les voleurs n’ont pas hésité à vendanger à la machine sur une exploitation. La proximité des villes est clairement un facteur aggravant. Celle des frontières aussi. 

La région Champagne-Ardenne a été parmi les toutes premières victimes de vols importants dans les exploitations. Dans cette région, les méthodes de pillage et les circuits de revente sont très organisés. Les animaux dépecés sur place ont beaucoup choqué les esprits. Cela requiert un certain professionnalisme et des outils observe la FNSEA. La vision des carcasses débarrassées de leur viande gisant au milieu du champ n’est pas près de s’effacer de la mémoire des éleveurs.

La gendarmerie est mobilisée.

La gendarmerie  incite à porter systématiquement plainte pour faciliter ses interventions et les rendre plus efficaces. Elle s’est rapprochée de la FNSEA et de ses fédérations départementales, organisant des réunions dans les lieux les plus chauds afin d’éviter la tentation de certaines victimes d’organiser leur propre défense. Mais l’intervention de la gendarmerie ne suffit pas toujours à régler le problème. Elle se heurte à de multiples obstacles, à commencer par la difficulté à qualifier les faits devant la justice. Exemple de cet agriculteur débouté de sa plainte auprès du tribunal qui a classé l’affaire parmi les cas de glanage, historiquement tolérés, alors qu’il s’agissait du pillage d’une récolte.

Les vols de matériel sont orchestrés par des bandes très organisées, rompues au repérage et à l’action rapide. Mais en face de ces délinquants de grande envergure, on trouve des voleurs beaucoup plus ordinaires et franco-français. Lorsque le butin est revendu dans les pays de l’Est, il n’est pas toujours simple pour les gendarmes d’obtenir le soutien des autorités locales pour saisir les biens immobiliers des délinquants. 

La coopération internationale en matière de délinquance itinérante se développe. Chaque Etat alimente à partir de ses propres données un gigantesque fichier européen, qui recense personnes, véhicules, armes à surveiller de près. Le système est consultable par tous les pays de l’espace Schengen et donne lieu à beaucoup d’échanges et de collaborations entre forces de l’ordre. D’une manière générale, les trafics de matériel sont plus faciles à déjouer que les vols de récolte, qui ne sont même pas recensés par les outils statistiques. Pour le repérage de ce type de vol, la gendarmerie en est réduite aux simples contrôles routiers.

Aussi, la gendarmerie a entrepris de développer avec l’aide des agriculteurs des dispositifs d’alerte par SMS ou par courrier entre agriculteurs lorsqu’ils remarquent une situation suspecte. Près de 200 référents de la sûreté viennent donner des « trucs » aux agriculteurs lors des réunions syndicales pour déjouer les voleurs. Le matériel rentré dans un local fermé court nettement moins de risque que celui qui est garé à l’extérieur.

On en vient à regretter le temps des brigades installées dans chaque village, avec ses gendarmes qui vadrouillaient à toute heure du jour et de la nuit. Mais ça, c’était il y a longtemps, au milieu du 20ème siècle, dans un autre monde.

La vérité, c'est que l'Etat a de plus en plus de mal à assurer ses fonctions régaliennes. Un autre signe de notre décadence.

 


LA DEUXIEME HUMILIATION DE LA GAUCHE

Flanby découragé
 

L'humiliation de 2007.

En 2007, avec une élection triomphante sur Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy avait fait subir à la gauche une humiliation : il avait gagné la bataille des idées. Son pragmatisme, son « travailler plus pour gagner plus », qui n’était qu’un raccourci d’une réalité intangible qui veut que pour partager la richesse, il faut d’abord la produire, avait eu raison de la « démocratie participative » de son adversaire, ultime avatar de la pensée post soixante-huitarde. Elle ne le lui a jamais pardonné !

Avec ses 931 réformes qu’ils s’acharnent  à détricoter, les socialistes voudraient bien aujourd’hui faire oublier ce quinquennat qu’ils n’arrivent pas à dépasser tant ils ont ragé après leur défaite. Si bien qu’aujourd’hui, tout est encore de la faute à Sarkozy, énoncé à chaque instant avec la plus belle mauvaise foi du monde, oubliant leurs propres déclarations d’opposants. La gauche plaidait alors pour l’augmentation des dépenses de l’Etat. Elle pensait que la réduction de la dépense publique, la relance par la consommation, la compétitivité et l’aide à l’innovation par des allégements de charges n’avaient d’autre but que de servir les intérêts du « grand capital » et des patrons, au mépris de toute justice sociale. Elle s’est donc empressée dès son arrivée au pouvoir de créer 60 000 postes dans l’Education nationale, et de mettre fin aux « abus » dont bénéficiaient les riches.

Mais voilà, la réalité est ce qu’elle est. Il n’y a pas un « réel » libéral et un « réel » socialiste. Comme la loi de la pesanteur ou de la gravitation, la réalité est la même pour tous. Et les mesures de bon sens, naguère prônées par la droite, finissent par s’imposer. Notre Président de gauche est bien obligé de convenir que, sur tous les points essentiels il est obligé de faire un demi-tour acrobatique, « sans tournant » bien qu’à 180 degrés, par rapport à tout ce qu’il défendait dans l’opposition, il y a à peine deux ans.

Quelle nouvelle humiliation !

Le voilà réduit à chercher désespérément 50 milliards d’euros d’économies, le voilà qui songe à geler le traitement des fonctionnaires, et, loin de défendre comme la gauche le fit toujours, la relance par la consommation et l’augmentation des salaires,  le voilà qui propose un pacte de compétitivité et une aide à la politique de l’offre en baissant les charges des entreprises. De quoi provoquer le désespoir de la CGT, de FO, de Mélenchon et de Besancenot.

Nous vivons un bouleversement intellectuel sans précédent : c’est la mort à petit feu mais inexorable, des idées les plus profondément ancrées dans le logiciel de la gauche en matière d’économie politique. L’effet de ces mutations est évident : elles débouchent sur une chute vertigineuse de la cote de popularité de Hollande, particulièrement dans la gauche de la gauche, un effondrement qui n’est pas compensé par la moindre augmentation en provenance de la droite. C’est une perte de confiance dans les capacités du chef de l’Etat, encore jamais observée jusqu’à aujourd’hui. Une humiliation supplémentaire : plus bas que le honni Sarkozy !

Le gouvernement a bien fait tout son possible pour faire oublier cette conversion au réel, encore insuffisante bien sûr, en actionnant des projets bien clivants  pour faire croire qu’il tenait encore sur les valeurs : mariage gay, euthanasie, avortement, ABCD de l’égalité. Mais comme c’est cousu de fil blanc et très diviseur, il n’a fait que se planter davantage. Au point de retirer les propositions délirantes qui étaient hébergées sur le site de Matignon, en matière d’immigration, l’immense majorité des Français étant convaincue que c’est bel et bien aux étrangers de s’adapter à la France et non l’inverse. Au point aussi de reculer au dernier moment sur une loi famille qui portait très mal son nom mais qui avait mis le feu.

Les idéaux de la gauche en miettes.

L’idée que la gauche a le monopole du cœur a volé en éclat. Parce qu’en plus, les scandales suscités par la vie personnelle du locataire de l’Elysée,  après les affaires Guérini, Cahuzac, DSK et autres, les idéaux en ont pris un bon coup.

La vérité, c’est que les valeurs de fraternité, de solidarité, sont désormais mieux représentées dans la droite républicaine qui ne se paie pas de mots et qui sait que pour être généreux autrement qu’en paroles, il vaut mieux être riche, et que pour partager les richesses, il vaut mieux les produire d’abord.

Finalement, la défaite de Nicolas Sarkozy aura eu au moins ce mérite : le passage de la gauche au gouvernement l’a mise au pied du mur. Car il ne fait aucun doute, s’il avait gagné, que le « peuple de gauche » aurait continué de penser de la même façon en mettant avec une hargne redoublée des bâtons dans les roues. Consolation chèrement payée. Car, nos apprentis ont une aptitude inégalée à taper à côté du clou : mauvais choix en matière d’augmentation de la TVA, usine à gaz du CICE qui ne profite pas aux bonnes entreprises, méconnaissance des rouages de la création d’emplois,…

Que de temps perdu !

Et comme il vaut mieux l’original à la copie, le temps va encore être long d’ici à 2017.

 


UKRAINE : LE CHOIX CORNELIEN

Kiev

Une guerre civile à la frontière de l’Europe est en train de se développer en Ukraine, entre le gouvernement pro-russe, ses partisans et ses forces de répression  et la partie du peuple qui veut un rapprochement avec l’Union européenne. Les événements dramatiques auxquels nous assistons depuis quelques jours et qui s’aggravent d’heure en heure, sont pour elle un véritable casse-tête. On ne peut tout de même pas laisser un peuple se faire massacrer à notre porte, mais en même temps, il n’est pas non plus question d’un nouvel élargissement. Intervenir, oui, mais comment et surtout pour proposer quoi ?

Le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, avait annoncé une trêve mais les violences ont repris de plus belle au coeur de Kiev où l’on compte des morts dans les deux camps chaque jour. La diplomatie européenne est pourtant très active. Elle risque cependant d’être prise de vitesse dans un contexte où les positions du pouvoir et de l’opposition se radicalisent.

Les « révoltés » accusent M. Ianoukovitch de s’être livré à une « provocation » quand il a délibérément violé une trêve dont il avait pris l’initiative. Cependant, des tirs ont tué des policiers, ce qui indique que les manifestants sont passés à la vitesse supérieure et espèrent créer un désordre tel que le gouvernement n’aura plus d’autre choix que d’organiser de nouvelles élections. Les actes de violence commis par les protestataires de tout bord qui occupent la place de l’Indépendance représentent une arme à double tranchant : d’une part, ils soulignent la détermination de l’opposition qui n’entend pas se soumettre à la force ; d’autre part, ils apportent un argument au pouvoir et à Vladimir Poutine, qui ne cesse de dénoncer l’ingérence des Européens et n’a pas hésité, il y a quelques jours, à parler de « coup d’État ». Car évidemment, rien ne se décidera en Ukraine sans l’accord du Kremlin.

La crise est aussi un piège pour Poutine.

La stratégie du président russe a toutefois ses limites : au moment précis où il espère recueillir des lauriers pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, son crédit est fortement entamé, pour ne pas dire annihilé, par une crise qui se poursuit aux portes de la Russie dans un climat où lui-même et ses valets ukrainiens apparaissent comme des tyrans incorrigibles. D’une certaine manière, la menace de guerre civile augmente les chances de la diplomatie européenne, surtout si elle sait ménager Poutine, qu’on sait d’une susceptibilité extrême. En même temps, les trois mois d’émeutes ukrainiennes, qui ne sont pas cantonnées à Kiev, ont galvanisé l’opposition face à un régime que l’entêtement peut conduire à l’irréparable. Le résultat définira l’avenir de ce pays aux portes de l’Union européenne.

Une réunion des ministres français, allemand et polonais avec le président Ianoukovitch a été annulée, puis confirmée. Les envoyés européens n’ont pas caché à M. Ianoukovitch que les vingt-huit membres de l’UE (qui devaient se réunir un peu plus tard à Bruxelles), adopteraient des sanctions économiques contre l’Ukraine, qui se trouve déjà dans une situation économique dramatique. Pour les européens, le gouvernement ukrainien n’a pas d’autre choix que de procéder à des élections générales. Il reste à convaincre Wladimir Poutine de s’y résoudre.

Le président russe aurait tort de croire qu’il peut faire à l’Ukraine ce que la Russie a fait à la Tchétchénie. Les crises tchétchène et ukrainienne ne sont pas comparables. Il y avait un danger islamiste à Grozny dont Moscou s’est servi (à deux reprises) pour mater l’insurrection. Il n’y en a pas à Kiev et la crise ukrainienne se déroule sous les yeux du monde entier. Pour étouffer la voix de la contestation, le maitre du Kremlin devrait interdire l’accès du pays à tous les organes de presse, envoyer les chars russes et rééditer le coup de la Hongrie (1956) en asservissant le peuple ukrainien après un bain de sang. Ce n’est pas une perspective en phase avec la gloire olympique de Sotchi ni en accord avec les temps actuels. Il serait mis immédiatement au ban des nations avec un discrédit immense.

Seule l’Europe peut dénouer la crise.

Le rôle de la diplomatie européenne est donc essentiel, mais très délicat. Elle doit faire valoir les conséquences tragiques d’une répression seulement destinée à remplacer le glacis soviétique par la soumission à Moscou des pays anciens membres de l’URSS. En même temps, elle doit rassurer M. Poutine sur ses intentions : pour le moment, il ne s’agit pas d’englober l’Ukraine dans l’Union européenne ou dans l’OTAN. Le problème, avec le président russe, c’est qu’il voit la Russie comme un pays cerné de toutes parts par des démocraties parlementaires et qu’il lutte contre ce qu’il perçoit comme un isolement en essayant de maintenir l’influence russe dans l’immense zone autrefois occupée par l’Union soviétique. Il contrôle la Tchétchénie, il a soumis et démantelé la Géorgie, il ne laissera pas l’Ukraine, qui a une frontière avec la Pologne, tomber dans l’escarcelle de l’Occident.

Il sera très difficile d’empêcher une guerre civile sauf si on trouve le moyen de lui parler. Comme le dit Bruno Lemaire, Il faut maintenant passer à des décisions fortes. Il faut de la fermeté de la part de l'Union européenne et qu'elle s'inscrive dans la durée. Le déplacement des ministres français, allemand et polonais ne doit pas s'arrêter en Ukraine, mais se poursuivre jusqu'à Moscou où le gouvernement russe à un rôle important à jouer dans ce sujet grave.

Nicolas Sarkozy avait trouvé ce moyen pour arrêter la guerre en Géorgie. Qui aujourd’hui aura assez  de force de conviction et de talent pour lui faire entendre raison. Fabius ? sûrement pas. Angela Merkel, probablement… Rien n’est moins certain.

 


SAINT-BARTHELEMY : ENFIN LE DECOR EST PLANTE !

Mairie st bart

Il a fallu attendre le week-end dernier pour connaître à presqu’un mois de l’échéance (J-36) l’ensemble des listes qui se présenteront. Enfin pas tout-à-fait. L’une d’elles n’est pas totalement bouclée. Nous attendrons d’en savoir plus pour les passer une par une à la radioscopie du « bloc-notes ».

Nous devrions donc avoir quatre listes : deux issues de la majorité actuelle, la « légitime » de Géraldine Guyon et la « dissidente » autoproclamée de Dominique Bréjeon, la liste PS de Dominique Provost et la liste PC de Laurent Lelièvre qui reprend le flambeau tenu naguère par son ex-conjointe, si toutefois il trouve les colistiers qui lui manquent encore.

Pour les deux premières la campagne est déjà bien engagée. Géraldine Guyon et ses colistiers ont organisé deux « cafés-thés » citoyens pour la phase d’écoute tandis que son concurrent a opté pour le quadrillage de la commune en camping-car avec pour lieux de villégiature les quartiers de Saint-Barthélemy. Bonnes vacances !

Les deux listes se sont déjà fendues de deux documents chacune, distribués dans les boites aux lettres. Le leader PS en a un seul pour l’instant à son actif, tout à sa gloire, pour annoncer son entrée en lice. Sa haute silhouette a été aperçue près des lignes de caisse du super U du centre-ville pour une séance de « serre-paluches » diversement appréciée. La publication tardive de sa liste, après celle du PC est probablement liée à une négociation de liste d’union qui a échoué.

Modernité oblige, pour l’instant, chaque liste a son site internet de campagne, à l’exception de celle du PC, ce qui ne saurait tarder. A moins que ses colistiers ne fassent le choix de coller des affiches partout, à leur habitude. Mais il est vrai que les campagnes coûtent cher, et que pour les villes de moins de 9 000 habitants, il n’y a pas de remboursement des frais, autres que les documents « officiels ». Cela oblige à compter !

Les dates des réunions électorales sont arrêtées. Le deuxième acte va bientôt se jouer.

 


L’ENTREPRISE POUR LES NULS (QUI NOUS GOUVERNENT)

Diafoirus

La crise ? Quelle crise ?

Ah ces socialistes ! Ils n’en manqueront pas une. Ils sont confrontés à la crise disent-ils. Mais quelle crise ?  Il n’y a pas de crise actuellement dans le monde ni en Europe. Ils invoquent une crise qui n’existe pas pour expliquer les incommensurables difficultés auxquelles ils sont confrontés. Celles qu’ils ont créé en juillet 2012 par leurs coup de massue fiscal qui a planté l’économie de notre pays et le choc de défiance par leur discours contre les entreprises. Il est tellement facile d’accuser Sarkozy et les 680 milliards de dette supplémentaires de son quinquennat. Faisons remarquer que c’est une malhonnêteté intellectuelle si on ne met pas en face quatre crises majeures qu’il a dû affronter : crise des subprimes, crise financière et bancaire, crise des dettes souveraines et crise de confiance sur l’Euro. Face à la violence de ces événements, grâce à lui, la France a plutôt limité les dégâts. En maintenant le pouvoir d’achat, en relançant la croissance en 2010, en endiguant la montée du chômage.  Contrairement à ce qu’affirme le sombre Ayrault, si la France a connu la récession en 2009, elle a redressé la barre très rapidement. La croissance zéro, c’est lui. Mais quand Arnaud Montebourg affirme qu’il faut mettre 1 600 000 emplois en face du pacte de responsabilité, il donne une preuve supplémentaire de son incompétence en économie.

Le pacte de « responsabilité ».

L’exécutif a décidé de baisser les charges des entreprises en supprimant le financement de la politique familiale qui pesait sur les salaires. Ce qu’avait proposé Sarkozy en 2011 et a été annulé par la gauche dès son arrivée au pouvoir. Une trentaine de milliards, ça n’est pas rien !  Oui, mais le gouvernement veut des contreparties précises et mesurables en terme d’emplois.  Pour faire simple, des baisses de charges contre des emplois.  Comme si c’était automatique. Ce n’est pas la première fois que notre vieil état jacobin et son éternelle tentation dirigiste tente cette opération. Depuis Colbert, on a toujours rêvé d’une corrélation immédiate entre la décision centrale et les effets sur le terrain. Sauf que ça n’a jamais marché.

C’est toujours la même erreur, et avec la gauche elle est toujours amplifiée. L’Etat ne dirige pas l’économie, encore moins quand elle est mondialisée et que l’on consomme pour plus de la moitié des produits importés de l’extérieur. Encore heureux s’il contribue à créer un environnement favorable à l’épanouissement des entreprises. En France ce n’est pas le cas : on s’acharne à multiplier les difficultés de celui qui entreprend : réglementation, normes, contraintes sociales, impôts, charges en tout genre, absence de rémunération du risque… Alors, diminuer un peu le fardeau, c’est bien, mais c’est loin d’être suffisant.  Allez faire comprendre ça à nos gouvernants dont aucun n’a jamais foutu les pieds dans une entreprise. Ils n’en ont qu’une connaissance théorique, faussée par l’idéologie.

Jamais contents ?

Lors d’un récent débat télévisé, il a fallu beaucoup d’insistance à Mme Barthélémy, une patronne d’une grosse PME de services à l’industrie, pour expliquer qu’elle n’utiliserait la baisse des charges du pacte de responsabilité ni pour embaucher, ni pour augmenter les salaires, ni pour s’en mettre plein les poches, ni pour distribuer des dividendes, mais pour baisser ses prix afin de garder ses clients... Ce qui a mis M. Sapin en colère !

Stupeur générale ! Alors qu’on enseigne aux étudiants en première année d’économie qu’il y a, non pas deux mais trois parties prenantes à l’activité d’une entreprise : le travail, le capital et le client.

Qui va expliquer à ces ânes que, lorsqu’une marge de manœuvre se dégage, par exemple lors d’une baisse de charges, le gain peut aller au travail par embauche ou par hausse des salaires, ou bien au capital par investissement ou distribution de dividendes, ou encore cela peut aller au consommateur ou au client par baisse du prix.

Lorsque le président de la République déclare pompeusement qu’il exigera des contreparties à la suppression des cotisations familiales sous forme d’engagement d’embauche ou, à la ri­gueur, d’investissement, il fait ainsi preuve d’une totale ignorance du fonctionnement de l’économie.

Baisser enfin les charges !

Que peut-on penser des consé­quences d’une baisse des charges ? Auquel des trois partenaires ira-t-elle le plus probablement ?

A ce même débat, Michel-Edouard Leclerc répondait qu’il jouerait le jeu en embauchant : évidemment, mais il peut « s’offrir le luxe » de donner cette réponse parce qu’il est distri­buteur et non producteur et que l’on ne va pas faire ses courses à Pékin. Dès lors, non soumis à la concurrence ­inter­nationale, il peut effectivement faire ce choix. Mais dans le cas de Mme Barthélémy, qui travaille dans le secteur productif en pleine concurrence internationale (et en plus à côté de la frontière allemande), il n’y a aucune liberté de choix : elle doit baisser ses prix pour garder ses clients, qui la mettent en concurrence quotidienne avec des fournisseurs étrangers capables de proposer des prix plus bas.

En conséquence, à la question posée du bénéficiaire de la baisse des charges, la réponse ne peut être que différenciée. Dans le contexte actuel, elle n’entraînera pratiquement aucune embauche dans le secteur exposé à la concurrence internationale, où la priorité absolue va au carnet de commandes. Une partie ira à la baisse des prix et l’autre à la restauration des marges pour l’investissement, l’innovation et la modernisation.

Dans le secteur protégé, il faut distinguer les secteurs où il n’y a que des PME, par exemple dans beaucoup d’activités de services, où la baisse des charges peut effectivement déclencher des embauches... s’il y a des candidats, car ce sont souvent des secteurs où les entreprises cherchent déjà à embaucher, mais où les chômeurs ne se bousculent pas ! Dans les secteurs où il y a de grands groupes et des PME, comme l’hôtellerie, le résultat pour l’emploi n’est pas assuré.

Tout cela pour dire que le gou­vernement fait preuve à la fois d’une reconnaissance bienvenue, même si elle est tardive, du besoin urgent d’une baisse des charges des entreprises et d’une grave méconnaissance des réalités économiques de celles-ci en s’engageant dans la recherche de ­contreparties codifiées et chiffrées.

Aujourd’hui, en France, clairement, il faut une politique de l’offre.

En effet, c’est au niveau des marges des entreprises, de nos parts de marché mondial, des délocalisations, de la perte d’attractivité et de l’exil des jeunes diplômés que sont nos faiblesses actuelles.

Arnaud Montebourg, pour une fois, n’a pas tort lorsqu’il dénonce une course au low cost dans le domaine des télécommunications, financée entre autres par la délocalisation des centres d’appels au Maroc. Mieux vaudrait quelques centimes de plus facturés au consommateur pour garder les ­travailleurs..., qui sont aussi des consommateurs et réciproquement.

Si le président et le gouvernement ont conscience de ce besoin urgent de ­rééquilibre de l’offre et prennent effectivement les mesures correspondantes, alors il n’est même pas besoin d’aller négocier des contreparties, l’économie s’en chargera par elle-même, par la dynamique macroéconomique ainsi créée, car, même dans le vocabulaire anglo-saxon, le mot « entrepreneur » est un mot français.

Oui, mais voilà, il y a les syndicats à qui il faut donner des gages « de gauche ». Et il y a la gauche du parti socialiste et la gauche de la gauche qui ne veulent rien entendre à ces réalités… Il n’y aura pas de contreparties à la baisse des charges, mais tout le jeu consiste à faire croire qu’il y en aura ! Une duperie de plus.

La France va atteindre bientôt les 2 000 milliards d’euros de dette. Le problème, ce n’est plus la dette que Nicolas Sarkozy a laissé, mais celle que la gauche au pouvoir est en train de creuser et va nous léguer ! On comprend que nos gouvernements préfèrent parler du passé. 

 


L'IDEE DU JOUR

 

Jean-Francois-Revel "La société libérale, certes imparfaite, est, en tout point, supérieure à la société étatiste ou socialiste. Dans les sociétés où la propriété privée des moyens de production a disparu, la pauvreté, les injustices, les inégalités, l'oppression sont pires que dans celles où elle a été maintenue".

                                                          Jean-François Revel.

 


CA VA DEVENIR COMPLIQUE D’EXISTER !

Un homme et une femme

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ce petit bijou d’humour de Bertrand de Saint-André, publié dans le Figaro.

« VARIATIONS AUTOUR DE LA LOI DU GENRE

Un homme et une femme. Ils sont sur une plage à Deauville. Lui, c’est Jean-louis Trintignant, pilote automobile ; elle, Anouk aimée, script girl. Tous deux sont veufs, inconsolables. Claude Lelouch tient la caméra. Entre eux quelque chose va naître. Cha-ba-da-ba-da. Le film va obtenir la palme d’or à Cannes. Connaître un succès… Coupez ! Que signifie cette histoire, cette romance à l’eau de rose ? Vous vous croyez où ? Au cinéma ? D’abord qui a eu l’idée saugrenue d’intituler un film Un homme et une femme ! Sexisme ! Pourquoi pas Une femme et un homme ? Ou mieux, Un homme et un homme, voire Une femme et une femme. Ou deux.

Par ailleurs qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que cet homme en est bien un ? Et comment osez-vous réduire cette femme à sa stricte apparence ? Pourquoi est-elle si belle ? Et lui si beau ? Les laids n’ont-ils pas le droit d’apparaître ? La beauté est un affront, un crime de lèse-égalité. Doit-on accepter de n’être que ce que l’on est, prisonnier d’une identité qu’on n’a pas choisie ? Morale d’ancien régime ! Vision idéologique ! Œillères réactionnaires ! Ouvrez les camps de (ré)éducation nationale. Et le réalisateur ? n’est-il pas de confession juive ? Où est donc le musulman ? Y a-t-il un chrétien quelque part ? Pourquoi n’a-t-on pas fait appel à un caméraman bouddhiste ? Les athées sont-ils dignement représentés ? L’acteur principal est de gauche ; l’héroïne également. Il n’y a donc personne de droite dans le cinéma français ? Qui a choisi le casting ? Que fait la police politique ? Trouvez un centriste.  Et pourquoi n’y a-t-il aucune personne de couleur sur le plateau ? Racisme ordinaire ! Pas un seul membre des minorités ethniques. S’il y en a, comment va-t-on les représenter ? Non à la caricature ! Pourquoi faut-il que l’on donne toujours la parole aux hommes blancs ? A-t-on pensé aux personnes verticalement diminuées ? Aux non-voyants ? Aux malentendants ? Y a-t-il un accès handicapé ?  Pourquoi aucun individu n’est en surpoids ? Et ce choix de Deauville ! Quelle image de la France ! Une cité balnéaire bourgeoise aux relents impériaux !  Des jeunes gens qui n’ont rien d’autre à faire que de se promener sur la plage. Où sont les citoyens ? La classe ouvrière ? La banlieue ? Assez de nantis ! Et cette profession : pilote automobile ! Quelle honte ! Un pollueur qui ne respecte même pas les limitations de vitesse ! Eteignez vos cigarettes. Pas d’alcool au volant.

Les héros ont un enfant. Quel est ce modèle que l’on nous impose ? L’individu est-il condamné à procréer ? Ces enfants, que lisent-ils ? Ouvrez leur cartable. Papa porte une robe ? Ok. Laissez passer.

Depuis que la gauche s’est mis en tête de recréer le monde à son image, il devient difficile d’exister. »

 


CES 50 MILLIARDS INTROUVABLES !

Le chiffre : 16%

C’est la cote du Président établie par le dernier sondage en date. Le gaz de schistes n’est plus très loin.

 

Des-liasses-de-billets
 

Résumons-nous :

L’exécutif doit dégager 50 milliards d’économies de 2015 à 2017 pour tenir son engagement européen de déficit public et alléger le coût du travail de 30 milliards en 2017, les 20 milliards du CICE étant inclus. Et cela, tout en baissant la pression fiscale sur les ménages. Il faudra y ajouter les 10 milliards de surcroît de baisses de charges du pacte de responsabilité. Pour être honnête, il faudrait y ajouter les 16 milliards manquant à la fin de l’année 2013 de supplément de déficit pour insuffisance de rentrées fiscales. Et aussi les 6 milliards qui manqueront à la fin de 2014 selon la Cour des Comptes. Soit 82 milliards !!!

Comme les coupes budgétaires aveugles programmées pour freiner la hausse des dépenses  –sans les faire diminuer réellement- ont atteint leurs limites, il faut lancer de vraies réformes structurelles avec de grosses économies à la clé. Et pour l’instant, on reste sur sa faim.

Où trouver ces 82 milliards à économiser ?

Certainement pas avec des bouts de chandelles. Il faudrait diminuer le mille-feuilles administratif, mais on ne touchera pas aux départements et on ajoute un étage supplémentaire avec les métropoles. Il faudrait diminuer les dépenses de fonctionnement de l’Etat, mais sans toucher aux fonctionnaires, ni à leur salaire, ni à leur nombre (23,6% des dépenses publiques). Il faudrait corriger les excès et les abus de la sécu, mais sans déplaire aux partenaires sociaux…  Rien ne sera décidé avant les municipales, évidemment.

Contentons-nous des 50 milliards : la somme parait énorme, mais c’est encore peu de choses. C’est une baisse d’à peine 5% des dépenses publiques. Pour que la France ait le même taux de dépenses que l’Allemagne, il faudrait réaliser une réduction de 255 milliards. Ce n’est qu’un exemple pour fixer les ordres de grandeur.  Avec 110 milliards, comme le propose l’UMP, on ramènerait les prélèvements obligatoires à 50%, ce qui est la moyenne de l’eurozone. Encore 5 points au-dessus de notre voisin.

Quelle solution magique le gouvernement va-t-il trouver ?

Il y a bien des économies à faire sur les 600 milliards de dépenses sociales, en remettant d’actualité le recul de l’âge de la retraite à 65 ans, ce qui dégagerait 20 milliards. Ou en mettant fin au régime scandaleux des intermittents du spectacle qui coûte en déficit 1 milliard par an. Ou en mettant fin aux 35 heures qui coûtent 20 milliards par an. Ou encore en diminuant progressivement les indemnités chômage les plus généreuses de la planète. On ne le voit pas y toucher !

Il y a bien des économies à faire sur les dotations aux collectivités locales, lesquelles sont au cœur d’un intéressant système de vases communicants où l’Etat se décharge de ses obligations avec au bout du compte des hausses d’impôts pour le contribuable. Dernier exemple en date : le sombre Ayrault qui décide d’améliorer l’APA, mais c’est les départements qui l’ont en charge qui paieront la facture. Un peu partout la gabegie est de mise (un centre aqualudique à 40 millions ici, une mairie toute neuve là), mais elle plus petite, plus diluée, donc moins visible. Encore faut-il admettre que pour nombre de ces collectivités, le plafond de prélèvement a été atteint. Gare aux promesses de mars ! Mais il y a gros à parier que le mille-feuille ait encore de beaux jours devant lui.

Reste notre vieil état jacobin qui veut décider de tout.

Le premier poste des dépenses, ce sont les intérêts de la dette : 50 milliards d’euros par an. Le ministre des finances se targue d’emprunter à des taux  très avantageux, grâce à l’action du gouvernement. C’est un vrai mensonge : il sait très bien que ces taux très favorables sont dus à l’excès de liquidités provoqué par la politique d’émissions de la Fed américaine. Quand l’argent va se faire plus rare, ce qui a commencé, les taux vont remonter, ce qui est en cours. Une pression qui va venir s’ajouter aux nécessités existantes. L’idéal serait de dégager un excédent budgétaire le plus rapidement possible pour éviter l’emballement de la dette. 

Vient ensuite l’éducation nationale. Ah, pas touche ! Secteur sanctuarisé ! Il faut beaucoup de prof mal payés. Les crédits qu’on y consacre sont en hausse constante et les résultats de plus en plus piteux. Une performance qui hypothèque l’avenir de la nation, mais on nous amuse avec la confusion des « genres » et les « rythmes scolaires ». 

Continuons la revue : une défense nationale dépassée par les attaques numériques et avec une armée à bout de souffle, des universités invisibles dans les classements mondiaux, des hôpitaux publics en voie de tiers-mondialisation, une justice en détresse avec des prisons misérables, une politique du logement hyper coûteuse pour des résultats catastrophiques… La France a les services publics les plus chers du monde qui collectionnent les dysfonctionnements.

Alors ? Vous voulez savoir de quoi la montagne va accoucher ? Eh bien je vais vous le dire !

Justement, en même temps, le gouvernement va remettre à plat la « fiscalité ». Et comme il a une addiction maladive à l’impôt, le pire est à craindre. La dernière idée qui mijote est un chef d’œuvre en la matière : la CSG payée chaque mois par les salariés pourrait être intégrée à leurs revenus !!! Faire payer un impôt sur un impôt, il fallait y penser. Aussi loufoque que cela puisse paraître, l’idée a de bonnes chances de prospérer. Et il y a aussi la révision des bases d’imposition cadastrale qui sera douloureuse à laquelle on projette d’ajouter une taxe d’habitation assise sur les revenus. Le sombre Ayrault (l’épithète n’aura jamais été aussi justifiée) n’a qu’une idée en tête : « assurer la redistributivité du système », ce qui veut dire accroître les impôts de ceux qui en paient pour faire des chèques aux autres et au passage boucher les trous, ce qui n’est même pas certain. Comme pour la pseudo-réforme des retraites du sombre Ayrault qui s’est soldée par une augmentation des cotisations et des dépenses supplémentaires, avec les syndicats qu’on a, il y a gros à parier que tout ça va se solder par des hausses d’impôts. Les classes moyennes n’ont pas fini d’être les vaches à lait de l’Etat providence. Elles règlent déjà 70 milliards d’euros au Trésor Public.

Et pourtant les gisements d’économies sont connus. Il suffirait de décider.

Et pourtant, deux Français sur trois sont prêts à moins de services publics pour payer moins d’impôts (baromètre BVA).

Prendre dans la poche du contribuable est tellement plus facile. Quoique… !

 


DES VESSIES POUR DES LANTERNES !

Vessies

Le chiffre : 34% des Français adhèrent aux idées du FN.

Le journal Le Monde voudrait nous faire  prendre des vessies pour des lanternes. Le sondage TNS Sofres qu’il a diligenté est une grossière manipulation. Il suffit de lire l’ensemble des questions posées et les réponses pour s’en rendre compte.

Intéressons-nous aux détails de ce sondage de la SOFRES.

Qu’est-ce qui apparaît au titre des « idées du FN »?

« On ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France », 71% des Français le pensent.

« La justice n’est pas assez sévère avec les petits délinquants », 68% le pensent,

« La police devrait avoir beaucoup plus de pouvoirs », 58% le pensent,

« il y a trop d’immigrés en France », 55% le pensent,

Qui peut être assez stupide ou d’assez mauvaise foi pour considérer que la défense des valeurs traditionnelles, le souhait d’une justice plus sévère ou l’envie d’une police plus efficace sont les caractéristiques des idées du FN ? Tout le sondage repose sur ce genre de manipulation grossière, car les idées qui sont définies comme étant siennes ne lui appartiennent en aucun cas et sont partagées par des dizaines de millions de Français qui n’ont aucune sympathie pour lui.

Evidemment, pour le Monde, soutenir les valeurs traditionnelles, c’est partager les idées du FN…

L’objectif de cet article est donc à l’évidence de faire du FN un pilier de la vie politique française, lui donner une importance qu’il n’a pas. C’est aussi pour alimenter l’idée fixe de la gauche de faire croire que lorsque l’UMP défend ces valeurs-là, elle court après le parti d’extrême-droite. Une forme de culpabilisation qui marche d’ailleurs chez certains de ses dirigeants.

Mais quand on interroge les sondés sur les véritables idées ou slogans propres au FN, le taux d’adhésion s’effondre : 24 % en faveur de la préférence nationale, c’est à dire le fait d’obliger l’entreprise à recruter un ressortissant français avant un étranger en situation régulière (la responsabilité de l’Etat est en amont d'accorder ou de refuser un visa et titre de séjour, mais par la suite, le choix d'un salarié est de la seule compétence de l'entreprise). 29% sont pour la sortie de l’euro. Ces deux points clés du programme du FN sont rejetés à une très large majorité : 64% sont opposés à la sortie de l'euro et 72% rejettent la préférence nationale en matière d'emploi. Cette manipulation malhonnête est destinée à mettre le FN sur un piédestal.

L’objectif est double : d’abord interdire le pluralisme des idées et des sensibilités, celui qui ne marche pas dans le « droit chemin », dans la ligne, étant assimilé au FN et ce qu’il incarne ; ensuite faire croire que le FN est la première force d’opposition.

Au Monde la propagande et l’idéologie prennent le pas sur l’information.

En réalité, pour 54% des Français, le FN reste un parti protestataire. Il pourrait participer à un gouvernement pour seulement 35% des personnes interrogées. Si cette proportion a augmenté, c’est en raison de la crise.

La tentative de recentrage de Marine Le Pen, son discours démagogique aux accents poujadistes (comme son soutien au monopole des taxis) la font passer pour quelqu’un qui a des préoccupations proches des gens. Aussi 58 % des sondés la jugent « capable de rassembler au-delà de son camp » (+ 5 points en un an) ; 56 % pensent qu'elle « comprend les problèmes quotidiens des Français » (+ 7 points). Mais les Français semblent regarder sa posture plus que sa capacité à faire. Son parti a trouvé une équation qui colle à l'air du temps. Mais cet équilibre est fragile. Beaucoup des manifestants du « Jour de colère » cherchaient le 26 janvier à faire passer dans la rue des messages que le FN ne relaie plus. Le FN débordé, l'image était nouvelle.

Sa cote diminue nettement chez les adhérents et sympathisants de l’UMP. Après avoir culminé à 42% elle est aujourd’hui sous la barre des 30%, à peu près au même niveau que sur l’ensemble de l’électorat. Une preuve que le succès des idées du FN se bâtit davantage sur la déception de l’électorat de gauche où il alimente sa progression.

On veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes !

 


A ANGERS, CHRISTOPHE BECHU A TOUTES SES CHANCES !

Béchu municipales

Christophe Béchu a failli l’emporter il y a six ans. Il s’en est fallu de quelques 600 voix. « Il n’a pas perdu, on l’a empêché de gagner » avouait un hiérarque socialiste local. Comprenez-le comme vous voulez. A gauche depuis 1977, la ville devrait enfin connaître l’alternance nécessaire à sa respiration démocratique.

Il a pour lui son profil et son talent.

Plus jeune Président de Conseil Général de France en son temps, il est aujourd’hui un sénateur brillant. Il pourrait se contenter de cette situation, somme toute très confortable. Et ceux qui lui reprochent d’avoir été candidat à toutes les élections n’ont rien compris : c’est une fatalité qui s’abat toujours sur les meilleurs. Mais Christophe Béchu veut être maire d’Angers. Il promet d’ailleurs de s’y consacrer exclusivement s’il est élu. Et il a le profil : il a l’empathie naturelle, un double cerveau qui fait de lui un stratège redoutable, et une énergie à déplacer les montagnes. Sur le terrain il fait merveille et cette fois-ci, les bénévoles se bousculent pour l’aider dans sa campagne, signe que son électorat est fortement mobilisé.

Il a réussi l’union de la droite et du centre et sa liste déborde sur le centre gauche.

La candidature de Laurent Gérault, ultime vengeance de Charette que Béchu a viré de la Région, lui rend plutôt service en le débarrassant d’un boulet sans entamer vraiment l’adhésion des centristes UDI et Modem à sa liste. Même si on se leurre souvent sur la « puissance » du courant centriste en Anjou : il y a belle lurette qu’il a connu ses heures de gloire et la droitisation de la société est passée par là. La tentation « bobo » aussi.

En face, une succession compliquée lui facilite la tâche.

La division et les rancoeurs ne sont jamais très productives de victoires. Le pustch qui a permis à l’actuel maire de prendre le pouvoir, en écartant brutalement Jean-Claude Antonini, a laissé des traces. Dans l’électorat monniériste d’abord, puisqu’il était fait pour écarter celui qui l’incarnait, Jean-Luc Rotureau, qui du coup  a monté sa propre liste. Cet adjoint, bien implanté,  peut jouer les trouble-fête.  La section du PS a elle-aussi été touchée par le séisme et se retrouve divisée. Enfin, le procédé a profondément choqué l’électorat angevin, plus qu’on ne le croie généralement. Mais Frédéric Béatse, le maire sortant sans légitimité réelle, va vendre chèrement sa peau. Engagé dans une solide campagne de terrain, il bénéficie du clientélisme forcené pratiqué depuis des années dans les quartiers où la mairie a le contrôle de multiples relais pour faire passer les messages les plus caricaturaux et la désinformation.

Le vent hexagonal souffle cette fois-ci dans la bonne direction.

Le climat national impactera inévitablement le scrutin, à Angers comme ailleurs. La montée du « vote-sanction », la déception de l’électorat de gauche déboussolé par les revirements de l’exécutif, vont provoquer des dégâts dans les urnes. « Quand on pisse contre le vent, on se mouille forcément les chaussures » se plaisait à dire Jean Narquin, longtemps député d’Angers. Alors qu’à droite, les électeurs sont dans les starting-blocs, motivés comme jamais par le ras-le-bol fiscal, l’insécurité et la montée du chômage. Localement, les projets pharaoniques des sortants, dénoncés par leur propre adjoint aux finances, sont aussi une puissante motivation pour tenter de changer le cours des choses.

Une victoire assurée pour le ténor de la droite et du centre ?

Une élection n’est jamais faite d’avance et il faut se garder de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Si toutes les conditions semblent réunies, il faut y apporter deux bémols : le score de la liste FN et la défaillance de l’électorat socialiste qui mettrait le dissident Rotureau devant le candidat officiel. Si l’extrême droite dépasse les 10%, elle se maintiendra au second tour, ce qui est de nature à réduire la marge de manoeuvre de la droite républicaine. Tout dépendra de la provenance de ses voix, depuis qu’on sait que Marine Le Pen fait des ravages dans les voix de la gauche gauchiste. Il n’est pas impossible, dans ce contexte, que le dissident passe devant le candidat PS, d’autant plus qu’il a fait une recrue de choix, en la personne d’André Despagnet, « calculette » de Jean Monnier et adjoint inamovible aux finances depuis 1977. Ce serait une complication supplémentaire pour Christophe Béchu qui gagnera à affronter au deuxième tour un socialiste pur et dur, qui n’hésite pas à faire venir les ténors nationaux pour le soutenir, ce qui relève pour le moins d’une tendance masochiste. Le scénario d’une quadrangulaire n’est pas à écarter non plus. Le suspense promet d’être intense jusqu’au bout.

Au moins aura-t-on cette fois-ci des certitudes sur la qualité du résultat, car l’opposition s’est mise en capacité de tenir sérieusement tous les bureaux de vote avec des personnes formées pour la circonstance. Un luxe de précautions qui ne sera pas inutile, tant ceux qui sortent ont gros à perdre. 


PUISQU’ON VOUS DIT QUE TOUT VA BIEN …

 

Le chiffre : 34,8 milliards d’euros 

C’est le montant total des crédits à la consommation accordés en 2013.Un montant en recul de 1,3% par rapport à 2012 qui était déjà un mauvais cru (-4,9%). Au total, en 2013, le montant des nouveaux financements s’est contracté de 22% par rapport au pic historique de 2007. Moins de voiture, moins de biens d’équipement, …

 

Le sentiment d’appauvrissement.

Quoi qu’on en dise, l’économie de la France est toujours en récession. Certes, le PIN a bien augmenté de 0,2% en 2013. Cette augmentation famélique est bien réelle mais elle doit être mise en relation avec un autre paramètre, toujours occulté : l’augmentation de la population. Or, celle-ci s’est accrue de 278 000 personnes l’an passé, soit + 0,4%, comme un an plus tôt alors que la croissance était de 0%. Autrement dit l’écart grandit entre le PIB du pays et le PIB de chaque habitant qui est inférieur de presque 3% à ce qu’il était en 2007. Car entre 2007 et 2013, la population est passée de 63,6 à 65,8 millions d’habitants, soit 2,2 millions supplémentaires. On ne peut donc pas s’étonner du sentiment d’appauvrissement ressenti par les Français, car il est bien réel et il est accentué par la purge fiscale de Cazeneuve. Le gâteau n’augmente pas, voire tend à diminuer, mais le nombre de convives augmente !

Ce sentiment est confirmé par une enquête très approfondie de IPSOS : jamais le sentiment de précarité n’a été aussi élevé en France. Ainsi 60% de nos compatriotes se considèrent en « régression sociale » par rapport à leurs parents au même âge, 68% s’estiment vulnérables, 61% redoutent des difficultés financières et de basculer dans la précarité, 48% de perdre leur emploi.

Une autre étude réalisée par BFM Business révèle que 31% des sondés ont du mal à boucler leurs fins de mois, ils n’étaient que 22% l’année précédente. 20% des Français déclarent ponctionner leurs économies, ils n’étaient que 14% un an plus tôt. Les plus en difficulté sont principalement les familles nombreuses ayant un revenu net mensuel inférieur à 1200 euros, ces familles d’ouvriers qui constituaient naguère le socle électoral de la gauche et qui n’iront peut-être pas voter, ou alors pour Le Pen. Cherchez l’erreur !

La gauche aime les pauvres, et elle les multiplie.

Que n’a-t-on entendu lorsque la droite était au pouvoir, sur l’accroissement des inégalités, sur le mal-logement, sur la montée de la précarité … Ces chiffres terribles montrent à quel point la gauche aime les pauvres : la preuve, depuis deux ans qu’elle est au pouvoir, elle les multiplie. La situation ne cessent d‘empirer à une vitesse impressionnante, au rythme de la montée du chômage, comme le souligne le 9ème rapport établi par la fondation Abbé Pierre. Comme en économie, les socialistes échouent lamentablement contre la pauvreté. Et pour une fois, les socialistes ne pourront pas invoquer l’héritage, la faute à Sarko. C’est bien de leur bilan qu’il s’agit. Dommage que les grands médias n’aient pas évoqué ces chiffres, notamment le service public de l’audiovisuel : il ne faut pas gêner la gauche !

Si on ajoute que les investissements étrangers ont été de 5,7 milliards de dollars en 2013, en diminution de 22 milliards  depuis 2012. Ils étaient de 70,7 milliards en 2007. La France est une anomalie en Europe par la stagnation de son activité qui redémarre partout, par son chômage massif permanent (11% de la population active), son niveau de prélèvement hors norme à 53% du PIB pour les recettes et 57% pour les dépenses. En même temps on réduit de 20% le budget de l’apprentissage avec pour résultat une baisse de 8% des effectifs, alors que ce type de formation assure 70% d’insertion dans la vie professionnelle.

La France, contre-modèle social de l’Europe.

C’est le résultat d’une politique mise en œuvre depuis 2012, de rupture avec l’entreprise, de répression financière, de rentabilité négative du capital, agrémenté d’un choc fiscal  de 3,5% du PIB., avec à la clé un exil sans précédent des capitaux et des talents, des centres de décisions et du travail hautement qualifié.

Ce n’est pas seulement un constat d’échec de la gauche. Ces chiffres sont la preuve que notre modèle social est devenu un « contre-modèle », car, à partir du moment où 2 Français sur 3 pensent qu’ils peuvent devenir clochards, il s’agit de la faillite de l’Etat- providence tel qu’il a été conçu il y a 70 ans. Voilà un constat utile alors qu’il faut repenser notre fiscalité, notre administration, le financement de notre protection sociale, la place et le rôle des entreprises.

Avis aux politiques de tous bords !

 


LA REPUBLIQUE DES COPAINS

 

Moi, Président, … On connait la suite. Il y a des gogos qui y ont cru. L’amère Martine, un brin shootée, y était même allée de son « La France a trouvé son Président ! ». Moins de deux ans après, on est très loin du compte.  C’est un gouvernement sans vergogne qui s’est installé qui considère que tout ce qui est idéologiquement correct est automatiquement juste, sinon justifié.

Le dernier scandale en date que les médias se sont empressés d’enterrer concerne la tentative d’évacuer le procureur Falletti pour cause d’incompatibilité de « sensibilité politique » avec la Robespierre en jupon qui nous sert de Garde des Sceaux. C’est évidemment révoltant, et pourtant il parait qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. C’est même l’opposition qui « hystérise le débat » selon la vipérine Belkacem qui n’est jamais en reste de propos excessif et de formules sectaires. La méthode utilisée pour tenter d’écarter le procureur est digne des manoeuvres totalitaires en usage sous d’autres cieux à d’autres époques. Mais c’est la partie émergée de l’iceberg.

Depuis l’arrivée au pouvoir de la gauche, pas une nomination n’a échappé  au crible idéologique. La promotion de l’ENA du locataire de l’Elysée est même très bien servie. Le CSA, la BPI,  sont les nominations les plus connues, mais il y a toutes celles plus obscures dans les nombreux services et agences contrôlés par l’Etat qui échappent à la transparence.

Le sectarisme et l’hypocrisie sont de rigueur. Inutile de critiquer, tout est normal. L’ordre juste de gauche se met en place avec une chasse aux sorcières diffuse, efficace et sans concession. Le noyautage est organisé avec soin, profitant souvent de complicités claniques. On ne compte plus les fonctionnaires victimes de ce sectarisme sans nuance.

Comme toujours, la tentation totalitaire, camouflée par un jargon qui scande à tout propos la « République » et la « démocratie », mais qui sonnent comme des slogans creux, se traduit par des atteintes à la liberté. Dernier exemple en date : les menaces de Michel Sapin contre les entreprises qui trainent les pieds pour signer des « contrats de génération ». La sanction : une mise en demeure préalable au recouvrement dans délai d’une pénalité équivalente à 1% de la masse salariale. C’est de la dictature économique ! Et on voudrait établir un climat de confiance et un pacte de responsabilité ?

Autre exemple de cette tentation : le Ministre de l’Intérieur qui traquerait les sources du Figaro. Bien qu’il nie, on se doute bien qu’il diligente une enquête discrète en interne pour savoir qui est la taupe dans un ministère soupçonné d’être truffé de « sarkozystes ».

Je serais tenté d’évoquer aussi la différence de traitement accordée aux manifestants de la « manif’ pour tous » et à aux casseurs du Trocadéro, l’année dernière. Selon le côté où vous serez catalogués, vous aurez droit à l’indulgence ou aux rigueurs de la loi.

Que n’aurait-on pas clamé sous Sarkozy pour des faits similaires. Rappelez-vous la furia des attaques contre Jean Sarkozy qui postulait à un poste « bénévole ». Ce n’est pas sous Hollande qu’on verra un personnage de droite nommé à la présidence de la cour des Comptes ou au Conseil Constitutionnel…

Ras-le-bol des impôts, ras-le-bol des leçons de morale à quatre sous, ras-le-bol des intrusions étatiques dans nos consciences, ras-le-bol de l’insécurité, ras-le-bol de cette république de copains menée par un coquin ! Vraiment, ne nous laissons pas avoir. Faisons savoir à ces gens-là que le peuple n’est pas dupe. Le vote massif est un bon moyen de l’exprimer!

 


PETITE CHRONIQUE D’UNE DEROUTE ANNONCEE

 Quelques jours à la neige ont espacé quelque peu les articles du bloc-notes. Pour me faire pardonner, voici un texte un peu long qui analyse les conditions du scrutin municipal. Bonne lecture.

 

D’abord un état des lieux : les sondages !

Une forte participation aux municipales pourrait-elle être une mauvaise nouvelle pour la majorité? D'après un sondage Ifop/Journal du dimanche, le nombre de Français déterminés à aller voter est en légère hausse - 67% des personnes interrogées contre 65% en janvier - mais les électeurs de droite sont davantage mobilisés que ceux de gauche.

Par ailleurs le PS ne recueille que 21% des souhaits de victoire, le Front de gauche 11% et les Verts 8%. Les listes soutenues par l'UMP ou l'UDI recueillent 29% de souhaits de victoire, et celles du FN 17%.

« C'est la première fois depuis 2007 que le souhait de victoire est favorable à la droite », précise Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, au JDD.

Plus précisément, selon le baromètre CSA du 23 janvier, les listes de la droite et du centre seraient devant celles de la gauche dans les communes de plus de 3500 habitants. Une première depuis mars 2013. Et l’écart se creuse : 46% des personnes apporteraient leur voix à des listes UMP,  UDI, Modem ou divers droite contre 41% en faveur de listes conduites par le PS, Europe Ecologie, PCF, parti de Gauche et alliés. Le Front National réaliserait 9% contre seulement 1% à l’extrême gauche.

Le mouvement de clarification électorale qui se fait toujours au fur et à mesure que l’on approche de l’échéance profite à la droite qui gagne 7 points quand la gauche n’en gagne qu’un. La dynamique électorale est en train de se mettre du côté de l’opposition nationale, maintenant que l’électorat connait la plupart des candidats déclarés. Le score de la gauche est déjà en retrait de 6,5 points par rapport au premier tour de 2008, signe que le climat de défiance qui frappe la majorité actuel n’est pas sans impact sur le vote. Les évènements intervenus depuis la date de publication de ce baromètre ne peuvent qu’avoir dégradé encore un peu plus cette tendance. Les trois principales préoccupations mises en avant par les électeurs mettent dans l’ordre le montant des impôts locaux (47%), la lutte contre la délinquance (34%), le développement économique (27%), bien avant les thèmes plus locaux comme la transparence de la gestion ou le stationnement et la circulation… Trois thèmes porteurs pour l’opposition.

François Hollande s’enfonce dans l’impopularité.

La cote du président de la République repart à la baisse, plongeant à 19% de satisfaits : un nouveau record d’impopularité. Son retour en première ligne et son pacte de responsabilité ne lui ont pas profité. Les Français, sceptiques sur l’efficacité de la baisse des charges en termes d’emplois, n’ont vu que les couacs en série : retrait de la loi sur la famille, recul confirmé sur la PMA, révélations sur sa vie privée, échec sur l’inversion de la courbe du chômage.

Le pacte de confiance avec ses électeurs est rompu.

Le chef de l’état chute dans les catégories qui constituent le cœur de la France active. Sa cote dégringole de 10 points chez les moins de 25 ans,  de 11 points parmi les 25-34 ans, de 6 points chez les 35-49 ans, à chaque fois sous la barre des 20%. Il dévisse de 13% chez les cadres et professions libérales et de 14 points dans les professions intermédiaires. Il s’est mis à dos une bonne partie de la gauche qui ne le suit pas dans son virage « social-démocrate », vécu comme un renoncement.Il perd 11 points chez les sympathisants du Front de Gauche, 6 chez les écologistes, et même 3 au PS

Il a rendu sa présidence révoltante.

Ses paris perdus tels l’inversion de la courbe du chômage, qu’il a maintenu en sachant pertinemment que la promesse était intenable, ou s     a volonté de ramener le déficit public de 4,5% à 3% fin 2013 présenté comme un « impératif non négociable » sont passés pour de la désinvolture, de l’incompétence et de l’amateurisme. De même que la manière dont il a congédié sa compagne a fini de convaincre une bonne partie des Français de sa goujaterie et de son inconséquence. De sorte que plus aucune promesse, plus aucun démenti n’est crédible. Rien n’est plus considéré comme sincère dans son comportement. La colère et l’exaspération continuent de croître contre un pouvoir qui se comporte en despote et en pyromane, considérant que tout ce qui lui est hostile est nauséabond et imbécile.

On peut toujours descendre plus bas.

Comment avec 19% d’opinions favorables peut-il s’attaquer aux grands dossiers douloureux du quinquennat que sont la baisse des dépenses de 50 milliards et la baisse des charges des entreprises pour lesquelles il promet 30 milliards ? C’est désormais à quatre Français sur 5 à qui il inspire de la défiance. C’est donc qu’il n’y a pas que les impôts. Le mariage pour tous, la théorie du genre, l’affaire Léonarda, ses zigzags et ses à peu-près dans l’exercice du pouvoir ont ruiné tout son crédit. C’est dire si la chute peu encore continuer avec les dossiers qui s’annoncent : loi sur l’intégration qui tourne le dos à la nation, retour par petits bouts des projets contestés sur la famille et surtout la mise en œuvre du pacte de responsabilité dont tous les éléments ne peuvent que déplaire à ses électeurs. C’est comme si Nicolas Sarkozy avait proposé l’appropriation collective des moyens de production !

Le PS va subir un revers bien plus fort que la droite en 2008.

La montée du vote sanction.

Les sondages l’attestent, il y a une montée du « vote sanction », supérieur à celui qui existait en 2008 contre Nicolas Sarkozy, comme si l’opinion publique souhaitait abréger le calvaire d’un mandat dans lequel ils ne se reconnaissent pas. et c’est le différentiel de mobilisation qui va aller grandissant entre gauche et droite qui fait trembler les candidats. Pour y pallier, ceux-ci tentent la proximité en faisant du porte-à-porte, mais comme disait un ancien député du Maine-et-loire, « on ne pisse pas contre le vent sans se mouiller les chaussures ». Chacun gère le risque national en tentant de privilégier les enjeux locaux, en effaçant la rose sur les affiches, en évitant les « visites d’en haut ». Le risque pour le PS, c’est d’arriver dans bien des cas en troisième position derrière le FN… au soir du 1er tour. On risque de bien rire (enfin, pas tout le monde).

Désormais, l’UMP croit en la victoire.

L’UMP retrouve peu à peu des couleurs. La cohésion recherchée, la réconciliation affichée commencent à produire les effets mobilisateurs sur son électorat déjà bien prédisposé avec le « ras-le-bol fiscal ». Une condition nécessaire pour contrebalancer la prime aux sortants, traditionnelle dans les élections locales. La mise au point d’une plate-forme pour les municipales, la remontée de Jean-François Copé qui multiplient maintenant les sorties, sa prochaine visite à Angela Merkel, le meeting commun qu’il va faire à Strasbourg avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin sont autant de signes concrets d’une machine qui a trouvé son rythme de campagne, à la grande satisfaction des militants et des sympathisants. On y croit d’autant plus qu’en même temps, le FN marque le pas et les apparitions de marine Le Pen sur les plateaux télévisés semblent lui nuire plus qu’elles ne lui profitent.

L’accent est mis sur la reconquête des villes moyennes

Officiellement, c’est un objectif raisonnable et accessible qui est visé : inverser le rapport des villes de plus de 9000 habitants qui est actuellement en faveur de la gauche à 55% contre 45%. Mais rue de Vaugirard on ne désespère pas de réussir la « vague bleue » qui se transformerait en tsunami si on arrivait à reprendre Paris. De nombreuses villes sont ciblées avec un bon potentiel de réussite : Angers, Reims, Metz, Tourcoing, Saint-Etienne, Roanne, Bourg-en-Bresse, Montbéliard, Belfort, Valence, Thionville, Amiens, Laval… sans parler des communes de la région parisienne. Là ou de jeunes espoirs vont pouvoirs s‘implanter durablement dans un environnement traditionnellement rose quand il n’est pas rouge. Car on a enfin compris qu’n parti politique doit aussi entretenir un vivier des responsables locaux.

La reconquête des grandes villes est rendue difficile par le mode de scrutin.

Restent les cas des grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille, sectorisées, ou l’élection municipale est le résultat de l’addition de scrutins de quartiers et où l’alchimie des représentations peut fausser le résultat. Ainsi il faudra au moins 53% ou 54% des voix à NKM pour gagner Paris et si Gaudin peut espérer l’emporter à Marseille, ce sera peut-être grâce à la liste de Pape Diouf et aux électeurs socialistes qui auront voté avec leurs pieds.

Conclusion.

D’un côté, des électeurs écoeurés, déboussolés par les atermoiements de leurs leaders, ses reculades, sa désinvolture. Des ouvriers qui tournent le dos, suvis maintenant des bobos.

De l’autre, une dynamique de l’union retrouvée, un électorat radicalisé que les projets gouvernementaux continuent d’exaspérer, l’envie de plus en plus visible d’un vote pour une opposition « responsable »…

Les jeux sont faits. Seule l’ampleur de la victoire n’est pas connue. On n’a jamais vu un pouvoir impopulaire gagner une élection. Et si la cote du président est le bon indicateur –ce que je crois-, alors je parie pour une victoire historique. C’est une déroute pour la gauche qui s’annonce qu’il sera difficile d’enrayer à J-40 !

Vote UMP
 


DU DENI AUX DELIRES...

 

500 000 personnes selon les organisateurs, 80 000 selon la police. Qui peut croire à un chiffre aussi ridicule. La manifestation contre la "familiphobie" du gouvernement a mobilisé une foule énorme. Elle est un succès pour les organisateurs. Le nier ne sert à rien.

Selon Manuel Valls, "la société française est tourmentée par les forces sombres de la division". Mais qui la tourmente avec des projets sociétaux délirants qui jettent dans la rue des centaines de milliers de Français, sinon la gauche à laquelle il appartient ?  A l'entendre, tout ce qui conteste la pouvoir actuel est "nauséabond". Le petit facho catalan n'y va pas par quatre chemins : il mélange volontiers l'action de quelques groupuscules extrémistes qui appartiennent aux extrêmes des deux bords avec la détermination pacifique d'une foule, représentative de la France profonde, dans laquelle les catholiques sont certes très présents, mais loin d'être tous pratiquants. Celle-ci ne menace en aucune manière les institutions. Et si le pouvoir n'avait pas opposé jusque-là mépris et fin de non recevoir, elle ne serait pas si nombreuse à faire connaître son refus d'une société dans laquelle on voudrait nous faire vivre.

Non, l'évocation d'un "tea-party" à la française n'est pas de saison. La droite française n'est en rien animée du même libéralisme que celui qui anime le parti américain, qui d'ailleurs ne se réfère jamais aux moeurs. Le ministre de l'intérieur se trompe encore quand il l'accuse de faire un procès en légitimité au pouvoir. C'est bien parce que ce n'est pas le cas que l'UMP n'a pas souhaité participer à l'organisation de la manifestation de dimanche et bien qu'en désaccord avec la loi sur le mariage pour tous, ses parlementaires se sont abstenus dans leur grande majorité de se montrer, la loi ayant été votée. Mais le parti d'opposition est dans son rôle en cautionnant un mouvement dont il partage la philosophie et la vision sociétale dans son ensemble. Car la gauche est loin d'être claire sur la PMA et la GPA, pas plus sur la théorie du genre. Dans ces conditions, le climat malsain, ce n'est pas son fait. Il ne faudrait pas inverser les rôles. La violence politique vient du gouvernement, l'interview de Manuel Valls en est une excellente démonstration. C'est le discours d'une gauche unique propriétaire de la République et de la démocratie !

Le déni n'est pas une bonne manière de faire de la politique. Et le retrait de la loi famille, s'il n'est pas une nouvelle ruse, pour tenter d'éteindre l'incendie avant les élections municipales, et s'avère être une démarche pour nouer le dialogue sur les sujets sensibles qui touchent aux moeurs et à la structuration profonde de la société, alors c'est une bonne nouvelle. Encore faut-il que les intentions soient claires, ce que le remue-ménage au parti socialiste ne permet pas de penser vraiment. Et la droite est plus au clair sur ces sujets, en particulier l'UMP. Mais être au clair, dans un parti pratiquant la liberté de conscience, cela ne veut pas dire unanimisme. Il est normal que sur ce qui touche à l'intime, les nuances puissent s'exprimer. C'est au contraire l'absence de ces nuances qui serait inquiétante. Et si l'UMP revient au pouvoir, la loi sur le mariage pour tous ne sera pas remise en cause, mais sera réécrite pour le transformer en "union civile" n'ouvrant pas à la filiation. C'est ce pour quoi j'ai manifesté, c'est la réponse qui me convient.

Au lieu de nous emmerder avec des projets éloignés des préoccupations immédiates des Français, Le Ministre et ses collègues feraient bien de s'interroger sur les résultats qu'ils obtiennent, autrement qu'en apportant des réponses dignes de la méthode Coué. Ainsi, ils devraient se demander pourquoi en  2013 les investissements étrangers réalisés en France ont chuté de 77% alors que dans le même temps, ils ont explosé de 392% ... en Allemagne. Cherchez l'erreur. Vous voulez que je leur dise pourquoi ?

Un dernier conseil : ceux qui menacent le pacte républicain, ils les trouveront plus certainement dans les rangs de ces syndicalistes-terroristes qui coulent leurs boites à coups de kidnapping et de revendications surréalistes, de prise en otage de milliers de producteurs en paralysant une île comme avec la grève à la SNCM...

On peut s'opposer au parti socialiste sans être un ennemi de la République. Alors peut-être que Marine Le Pen a raison : en effet le Ministre de l'Intérieur est inquiétant par ses propos et ses menaces.