HISTOIRE

LE FEDERATEUR

Béchu andard

Christophe Béchu est en train de gagner son pari. Il va réussir à réunir sur une même liste toutes les composantes de la droite et du centre, et peut-être même un peu au-delà. De quoi changer la donne dans une campagne où les concurrences et les rabibochages de deuxième tour sont toujours périlleux.

François Bayrou en venant confirmer à Angers, terre de centrisme modéré par excellence, ses choix absurdes d’alliance de second tour avec les écologistes et la gauche, a fermé la porte à la possibilité d’une liste d’alliance autour de Jean Arthuis et mis Laurent Gérault dans l’obligation de choisir. Et comme Laurent est un homme de centre droit depuis toujours, il ne lui restait plus qu’à renoncer à mener la liste du Modem. Un accord de l’UMP avec l’Alliance centriste est non seulement souhaitable mais indispensable et serait même logique. Quoi d’anormal que ceux qui ont toujours été dans le même camp se retrouvent sur une même liste ? Et il faut que Laurent Gérault en soit.

Il reste que l’exercice reste délicat. Il faut à la fois ne décevoir personne et respecter les équilibres indispensables pour que la « martingale » fonctionne, que les électorats suivent. Mais, il vaut mieux une seule liste définitive qu’une liste qu’on remanie entre deux tours. Et il vaut mieux un programme défini une fois pour toute et qui sera appliqué, que des promesses qui devront passer à la moulinette des petits arrangements dans les négociations d’un soir de premier tour. A chacun d’être raisonnable et de ne pas perdre de vue l’objectif final : la victoire !

Il faudra encore que pendant la campagne, tout le monde tire dans le même sens, et que chacun respecte ses partenaires. Banal que de le dire, sachant que la « bête » électorale est capricieuse et souvent susceptible. Et puis il y a du terrain à ramarrer face à des adversaires qui cette fois-ci sont les sortants : de quoi fédérer les énergies, faire ressortir ce qui unit plus que ce qui différencie.

La tête de liste a un talent indéniable. Christophe n’est pas qu’un orateur. Il a une force de conviction qui ne se limite pas au dialogue à deux, elle s’épanouit dans les défis collectifs. Il fédère parce qu’il aime unir et parce qu’il sait montrer un chemin. Il sait comment amener ceux qu’ils rencontrent et qui regardaient son doigt, à tourner leur regard vers ce que celui-ci montre… Tout un programme.

Avec un peu d’audace, la victoire est à portée de main !

 


A QUOI SERT – ELLE ?

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Lampe à huile

Sortons un peu  des miasmes de la politique hexagonale pour aller voir ailleurs. Le tapis magique du calepin nous transporte au Moyen-Orient, au pays des génies cachés dans les lampes à huile. Manifestement, le seigneur de Dubaï en a fait sortir un de sa cachette et celui-ci a exaucé son vœu le plus fou : bâtir une tour de 800 m de haut !

Et le miracle a eu lieu. C’est le « gratte-ciel » (on en peut pas dire mieux) de tous les superlatifs avec ses 828 m de hauteur. Pour commencer, il est évidemment, le plus haut du monde. Mais il cumule bien d’autres records : édifice avec le plus grand nombre d'étages, étage occupé le plus élevé, ascenseur avec le plus grand trajet et le plus rapide, plus haut point d'observation du monde.

L'intérieur de la tour sera majoritairement réservé à des logements. Sur les 162 étages, Burj Dubai comprendra 1044 appartements sur près de 84 étages. « The Residence » comprend 900 appartements de toutes talles : studio, une, deux, trois ou quatre pièces. Les 144 Résidences Armani, de une à deux chambres, seront des appartements hôteliers haut de gamme aux finitions soignées. Tous les résidents auront accès à un supermarché, le Market Store, et à un service de conciergerie et de voiturier. Au total, 12 000 personnes devraient vivre et travailler dans Burj Dubai. Les premiers doivent y emménager en février 2010.

Comment vivre dans une tour de verre construite en plein désert ? Cette équation technique a été résolue par les architectes au prix de ce que certains pourraient qualifier de gâchis environnemental. Au quotidien, le système de climatisation de Burj Dubai aura besoin de 946 000 litres d'eau. Les jours de grande chaleur, ce chiffre équivaudra à 10 000 tonnes de glace. De plus, le climat chaud et humide de Dubai crée un inévitable effet de condensation dans les bâtiments vitrés. L'eau recueillie par des canalisations sera stockée dans un réservoir au sous-sol. Ce qui représentera 66 000 mètres cubes d'eau par an, soit 20 piscines olympiques.

Dessinée par un cabinet d'architecture de Chicago, Burj Dubai possède la forme de la fleur Hymenocallis. La tour est composée de trois éléments disposés autour d'un noyau central, comme les trois pétales de la fleur. Le bâtiment, qui ressemble à un Y géant, est censé ainsi résister aux contraintes météorologiques. 

Quel est l’intérêt d’un tel projet ? Manifester une toute puissance à la face du monde : elle risque bien d’être éphémère, et l’on se demande ce qu’il en sera advenu dans un siècle : peut-être quelque chose à l’image de ces villes fantômes de l’Ouest américain après la ruée vers l’or. Au moment où l’on parle de lutter contre le réchauffement climatique, il apparaît comme un pied de nez des rois du pétrole à la face du monde.

Insensé et vertigineux dans tous les sens de ces deux termes !

J'allais oublier l'essentiel : sans une aide d'urgence de 10 milliards de dollars accordée par l'émirat d'Abu Dhabi, la "Dubaï World" n'aurait pas pu honorer ses créances. Autrement dit, c'était la faillite. Bah oui ! On comprend mieux...



POUR UNE CAMPAGNE OFFENSIVE


Territoiresnews
 

L’incident « Peillon » doit nous ouvrir les yeux. En réclamant la démission d’Arlette Chabot et de l’équipe des journalistes de France 2, il nous donne une petite illustration de la chasse aux sorcières que les socialistes n’hésiteraient pas à mener pour « tenir » l’information (la « rendre démocratique » qui diraient) s’ils revenaient au pouvoir. Cela doit amener la Majorité Présidentielle à faire une campagne sans concession, et d’abord convaincre ceux de nos parlementaires quelque peu défaitistes que les meilleures campagnes sont celles qui se font quand on n’a rien à perdre. Avec 20 régions à regagner, les Régionales sont de celles-là.

La cote du Président ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt. D’abord, compte tenu des circonstances, elle n’est pas mauvaise du tout. Simplement, il faut que la majorité fasse comme l’opposition : marteler quelques messages simples, toujours les mêmes. Depuis Coué, on n’a rien inventé de mieux pour convaincre. Quelques exemples auxquels notre électorat soit sensible : sortir quelques bons points du bilan des trois ans de présidence (le RSA, l’autonomie des universités, les peines plancher, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux…), rappeler la gestion exemplaire de la crise et les réussites du plan de relance (l’auto-entreprise, le zéro charges...), le pari gagné du maintien de la consommation. Que sais-je ?

Il faudrait aussi montrer de la conviction face aux réformes en cours qui ne demandent qu’à être populaires : la réforme territoriale et celle de la taxe professionnelle.

Enfin, mettre en avant les efforts pour tenir les dépenses publiques et ne pas laisser la gauche faire croire qu’il y a une fuite en avant de la dette. Faire la part des choix politiques pour financer la crise en laissant jouer les amortisseurs sociaux, et la réalité du budget hors effets de la crise. Les recettes manquent à l’appel, mais les dépenses de l’Etat ont été tenues. Sans quoi, on n’aurait pas le déficit moindre que prévu qui est constaté aujourd’hui. Il faut mettre un terme définitif au débat sur le bouclier fiscal. Si j’étais le président, je profiterais de l’interview de lundi prochain pour mettre clairement sur la table tous les arguments qui plaident en sa faveur. Les gens de gauche évoquent toujours les gros chèques rendus aux contribuables fortunés… en oubliant que ceux-ci versent la moitié de leurs (gros) revenus et en oubliant que la clause joue aussi en faveur de propriétaires à petits revenus, comme à la Réunion.

Une fois ce travail fait, en rangs serrés, en ne perdant jamais une occasion de répéter tous ces arguments, sur tous les plateaux, à toutes les inaugurations, sur toutes les ondes, il sera temps de décliner les ambitions à afficher pour nos Régions : la formation professionnelle, l’emploi, la mobilité, l’éducation dont la gauche n’a pas l’apanage.

La gauche avait gagné en 2004 sur le thème du « KO social », la Majorité peut gagner cette fois-ci sur la dynamique du mouvement : « les réformes pour éviter le KO ». Les Régions ne doivent pas être autant de « baronnies » conservatrices dont l’objectif serait d’empêcher de les réaliser. Il faut donc rééquilibrer la balance. Rappelons-nous qu’on a perdu à cause d’une douzaine de triangulaires ici ou là et de quelques voix ailleurs, face à un électorat hyper mobilisé.

A nous de montrer qu’on est capable d’en faire autant !



DANS LA LORGNETTE D’ARCHIBALD


 

ZERO DE CONDUITE. M. Peillon a voulu faire un coup médiatique en boycottant le débat face à Eric Besson dans des conditions qui le mettent au degré zéro de la politique politicienne. Sa conduite inqualifiable rendrait impossible toute confrontation démocratique si tout le monde l’adoptait. Elle ne fait d’ailleurs pas l’unanimité dans son propre camp. C’est rassurant.

 

800 000 EMPLOIS…C’est le résultat en 2009 de la disposition « zéro charges » mise en place pour les très petites entreprises qui créent un emploi. Avec le statut de l’auto-entrepreneur, c’est plus de un million d’emplois qui ne sont pas venus s’ajouter au nombre des chômeurs. Un résultat positif de la politique menée par le Gouvernement.

 

EURO TOC. C’est la crainte d’Angela Merkel qui s’inquiète du creusement des déficits publics dans de nombreux pays d’Europe dont l’abaissement de la notation renchérit les emprunts. La Grèce et le Portugal plombent la monnaie européenne pourtant surévaluée par rapport au Dollar. La dislocation de la monnaie commune n’étant pas à l’ordre du jour, c’est le retour de l’inflation qui est redouté par la Chancelière.

 

NAUSEABOND ? AH BON ? Le débat sur l’identité nationale est ainsi qualifié par « Mosco ». A force d’en rajouter, on reste au ras du caniveau. Que font-ils donc pour l’élever tous ces donneurs de leçons que cela gêne qu’on permettre aux Français de s’exprimer sur le sujet ? Ils n’ont pas d’idées, ou bien ils en ont mais ils ont peur qu’elles ne plaisent pas…Il est vrai que si c’est pour régulariser tous les sans papiers !!!

 

AUBRY.  Sa cote monte et selon les études d’opinion elle serait aujourd’hui la « Meilleure opposante ». Super ! On ne peut pas rêver confrontation plus claire. La mère des 35 heures est restée sur une ligne de « bloc des gauches » pure et dure. Cela la fait « frétiller ». Nous aussi !

 

FILLON DURABLE. La durée du Premier Ministre à la tête du Gouvernement continue d’étonner les exégètes peu habitués à voir le locataire de Matignon rester aussi longtemps en place. C’était au temps du septennat. Le mandat présidentiel de cinq ans a changé la donne en ne laissant que moins de quatre ans utiles pour agir. L’efficacité c’est de garder la même équipe en place. Nicolas Sarkozy et François Fillon ont pleinement tiré la leçon du changement constitutionnel.

 

LA MARTINGALE. La liste régionale en Maine-et-Loire tarde à sortir. Christophe Béchu doit mener des négociations complexes avec des partenaires gourmands. Trouvera-t-il cette fois-ci la bonne « martingale », celle qui additionne les voix sans en soustraire. Si l’on se réfère au poids électoral de chacun, le profil idéal de la liste serait 60% d’UMP (13 places sur 21), 30% de centristes toutes tendances confondues (6 places), 10% d’autres composantes de la Majorité Présidentielle (2 places). En tenant compte de la nécessaire segmentation : 7/14/21, (7 élus en cas de défaite, 14 en cas de victoire). Cela donne donc 4 UMP dans les 7 premiers, 4 UMP dans les 7 suivants + la 13ème ou la 14ème, et 4 dans les 7 derniers. Ce qui laisse 6 places dans les 14 premiers aux autres composantes : 4 centristes, 1 divers gauche (rad) 1 Chrétien Démocrate. La Gauche Moderne qui n’est pas implantée ne peut prétendre à une place éligible. C’est de la théorie, évidemment. Il faut tenir compte de tous les autres paramètres. La tête de liste a toutefois intérêt à présenter un assemblage convaincant pour l’électorat UMP dont la mobilisation reste le socle essentielle de la victoire. Bon courage !

 

 

Mille sabords !



PEUT-ON REORIENTER LE CAPITALISME ?

DiscoursPM

 

C’est la question qui était posée en filigrane du colloque « Nouveau monde – nouveau capitalisme » organisé par la Gauche Moderne d’Eric Besson.

 

Depuis le début de la crise, sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY, la France se bat pour la moralisation du capitalisme. Elle a été à l’initiative du G20 pour que les pays émergents ne soient pas mis à l’écart. Elle a soutenu les efforts de rénovation du FMI pur que son rôle soit élargi, et elle est à la manœuvre pour que soient mises en place une nouvelle régulation financière.

  

La Ministre de l'Économie, Christine Lagarde, vient de confirmer la mise en place d’une taxe exceptionnelle sur les bonus qui sera appliquée dès la fin du premier trimestre 2010. Ce texte prévoit de taxer à hauteur de 50 % tous les bonus, réalisés par les opérateurs de marché payés depuis la France, indépendamment des modalités et du calendrier des versements. La création de cet impôt exceptionnel,  prélevé sur les  bonus,  est une mesure de bon sens, d’équité et de justice, eu égard à l’intervention des finances publiques au  secours du système bancaire. Il est légitime, puisque les profits sont de retour dans de nombreux établissements bancaires et financiers, que les Français soient directement associés à ces résultats positifs. Cette taxation devrait en effet générer une rentrée de 360 millions d'euros, dont 270 millions seront consacrés à alimenter le Fonds de garantie des dépôts pour renforcer la sécurité des déposants.

De son côté,
en clôturant le colloque « Nouveau Monde, Nouveau Capitalisme », le 8 janvier, le Premier Ministre, François FILLON,  a appelé les Etats à « réorienter » le capitalisme et à éviter à tout prix le retour des mauvaises habitudes en créant « une nouvelle règle du jeu mondial fondée sur la coordination des politiques économiques ». « A présent, notre priorité doit être de conjurer l'économie de bulle et d'éviter à tout prix le retour au business as usual », a-t-il déclaré, en adressant une mise en garde contre le retour de la spéculation financière et immobilière, et refusant que la finance prenne une « position hégémonique sur la production ». « L'endettement des pays développés et la structure du bilan des banques sont devenus tels que tout nouveau sauvetage en haute mer devient matériellement impossible, et nous ne disposerons donc plus de parade efficace pendant de nombreuses années. Face à ces dérives, une éthique et une philosophie du capitalisme mondialisé émergent. Elles consistent notamment à résister aux tentations du laisser faire et à la fascination des modes et des mythes. Cette volonté de résistance, je ne la dissocie pas des valeurs gaullistes qui fondent mon engagement, cette synthèse entre efficacité économique et justice sociale, dans laquelle l'Etat joue un rôle d'arbitre entre les impératifs du long terme et les pulsions du court terme,» a-t-il continué.

   

François Fillon, pointant du doigt les « poisons et délices » du capitalisme qu'il faut conjurer veut réhabiliter « la responsabilité, la transparence, l'éthique » dans l'économie, a rappelé les avancées récentes :

- sur la régulation des bonus distribués aux opérateurs de marché, le G20 de Pittsburgh avait repris les positions françaises;

- dans la lutte contre les paradis fiscaux, de nombreux pays ont décidé de mettre fin au secret bancaire et il sera « difficile aux récalcitrants de revenir en arrière ». Le G20 a décidé que des sanctions pourront être adoptées à partir de mars 2010 contre les Etats qui violent les règles internationales ;

-  sur la régulation des banques, François Fillon a rappelé les progrès réalisés en France : création d'une autorité unique de contrôle des banques et des assurances, dotée notamment de nouveaux pouvoirs leur permettant de sanctionner les politiques de rémunération qui conduisent à une politique de prise de risque inconsidérée.

D’autre part, les systèmes de protection des épargnants seront renforcés grâce à une taxe assise sur les bonus, a également rappelé François Fillon.

Pour ne pas retomber dans la routine des égoïsmes nationaux, le Premier Ministre propose de « créer une nouvelle règle du jeu mondial fondée sur la coordination des politiques économiques ». « Il n'est pas possible que la prospérité repose durablement sur les déficits abyssaux des uns et les excédents de balances de paiement des autres. Il est donc impératif de mieux se coordonner dans au moins trois domaines » et de :

- faire en sorte que les parités monétaires reflètent davantage les fondamentaux économiques. Pour François Fillon, il serait souhaitable, dans cette optique, d'intégrer la régulation des marchés de change dans l'agenda du G20 ;

- coordonner les stratégies nationales d'assainissement des finances publiques. « Le risque est réel de voir certains pays aller trop loin dans les déficits », a-t-il souligné ;

- poursuivre les efforts menés dans le cadre de l'OMC pour limiter les barrières protectionnistes et développer les accords de libre-échange ;

- raffermir les enceintes de coordination des politiques économiques : G20, FMI et Banque mondiale, ces deux derniers étant dotés de vrais pouvoirs d'évaluation et de régulation et représentant mieux les pays émergents. « En novembre 2008, a-t-il rappelé, la France a obtenu que, pour la première fois de son histoire, le G20 se réunisse au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement ».  Le sommet de Pittsburgh a depuis confirmé l'institutionalisation du G20 comme instance de pilotage de l'économie mondiale.

  

« Ce que je crois, c'est qu'un nouveau capitalisme fondé sur une éthique de progrès est possible », a-t-il poursuivi, rejetant les nouveaux dogmes de la décroissance, une vision « illusoire, rétrograde et pour tout dire défaitiste ». Le  grand emprunt national va dans ce sens. « Ce goût de l'avenir, c'est à 27 qu'il faut l'avoir », a conclu François Fillon, appelant l'UE à « initier une vraie politique de croissance » et les Etats membres à mettre sur pied un « véritable gouvernement économique européen sans lequel aucune coordination des politiques, ni aucune réassurance des chocs internes ou externes de la zone euro ne peut exister ».

 


UNE CONSULTATION POUR RIEN

 

 

L’autonomie offerte à la Guyane et la Martinique n’a pas fait recette. Le  « non » à la question posée a même été massif. Un scrutin dont l’opinion métropolitaine s’est désintéressé si l’on en croit la place qui lui a été faite dans les médias hexagonaux. C’est bien dommage, parce que d’une manière ou d’une autre, chacun d’entre nous est concerné par le choix des « outre-meriens ». Le passage au statut de collectivité d’outre-mer leur donnait pourtant plus d’autonomie. Alors, comment faut-il lire des résultats aussi massifs : pratiquement 70% de « non » en Martinique et près de 80% en Guyane. La Guadeloupe a demandé un délai de dix huit mois de réflexion avant d’être consultée.

On pourrait se réjouir d’un attachement si fort à la Métropole. Pourtant, et c’est grave, nos compatriotes ont désavoué leurs élus locaux. Peur de l’inconnu, dira-t-on, ou encore « manque de clarté du projet proposé » plaide certains autres…. Tout cela est bien attristant. On constate tous les jours l’inadaptation aux réalités locales des structures administratives actuelles. La référence à l’article 74 de la constitution ne permettait pas, d’autre part, de proposer en même temps un projet alternatif, ce qui serait allé à l’encontre du but recherché, puisque justement il s’agissait de laisser les collectivités locales déterminer le degré d’autonomie souhaité par une loi organique ultérieure. En votant « oui », ces collectivités territoriales d’outre-mer auraient bénéficié d’une plus grande maîtrise de leur destin grâce aux outils juridiques nouveaux qui auraient été mis à leur disposition, avec des institutions plus efficaces, tout en bénéficiant de garde fous substantiels comme le contrôle juridictionnel du Conseil d’Etat et du Conseil Constitutionnel. Le statu quo n’était pas souhaitable !

  

Au lieu d’un vote responsable, on a assisté à un vote de « panique » nous dit le sénateur président du Conseil Général Claude Lise. Ce qui a fait peur à nos compatriotes, et certains opposants au projet ne se sont pas privés de le rappeler, c’est de perdre tous les avantages que procure la situation de « département français » à part entière. En clair : les avantages sociaux, RMI ou RSA, allocations diverses, subventions et autres, indépendamment de la vie chère qui en est pourtant aussi une autre résultante, car le fait d’être un territoire de la république constitue aussi un carcan. Comme quoi la voix du peuple n’est pas toujours bien inspirée. Mais c’est la démocratie et il faut faire avec.

  

Dans quinze jours, les mêmes départements devront se prononcer sur la fusion entre Conseil Général et Régional en une collectivité unique. Une simplification indispensable pour une gestion moins embrouillée et plus rapide des dossiers. Un deuxième « non » serait un comble, mais serait alors le résultat d’une campagne du type « touche pas à mon mandat ». On chercherait du coup où est l’intérêt général dans cette affaire !

 


DES REGIONALES CAPITALES

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C’est sûr, pour la majorité présidentielle, la partie ne sera pas facile. Pour le Président comme pour le gouvernement, il n’est pas évident de vendre à des Français désemparés par la crise les résultats de la politique menée depuis 2007. « Travailler plus pour gagner plus », « la sécurité », « le retour au plein emploi en allant chercher la croissance avec les dents », « la réduction de la dette publique »… rien de tout cela n’est au rendez-vous, même si le chemin en a été pris : les résultats sont masqués par les effets de la crise. Même l’excellente gestion de la crise pendant cette période n’est pas non plus évidente et le fait d’avoir réussi à maintenir une situation moins mauvaise que nos voisins n’est pas de nature à satisfaire une opinion publique qui ne voit que ce qui la touche de près : le chômage et son pouvoir d’achat.

  

La gauche a beau jeu de surfer sur cette vague défavorable au pouvoir en place à qui tout semble échapper, même l’engagement dans le développement durable avec le semi fiasco de Copenhague et la censure de la taxe carbone.

 

Même le réformes engagées, dont tout le monde s’accorde pour dire qu’elles sont nécessaires, n’ont pas suffisamment abouti pour pouvoir en tirer un quelconque avantage. En un mot, la majorité est le dos au mur. C’est peut-être sa chance : au fond elle n’a rien à perdre.

 

Dans ce contexte, l’enjeu régional paraît bien mince. Ce sont les thèmes nationaux qui vont animer la campagne. Parce que la gauche veut faire de l’échéance régionale une sanction contre Nicolas Sarkozy et des Régions les contre pouvoirs pour tenter d’annihiler les efforts consentis au niveau national. Même si ce n’est pas dans les compétences régionales, le social sera au cœur des discours, avec la litanie sur l’éducation, le bouclier fiscal, l’emploi. On connaît les solutions : les faux emplois qu’on appelle « tremplins » alors qu’il s’agit de « toboggans » et la « justice » qui passe par une politique fiscale délirante.

 

Et les électeurs de la majorité auraient bien tort de ne pas se mobiliser. Les réformes engagées sont vitales pour l’avenir de notre pays. Là où l’opposition ne voit que des arrière-pensées, préférant la tactique à l’intérêt général pour ménager ses intérêts, il y a de vraies nécessités : simplifier notre administration territoriale, réactualiser l’organisation de la justice, mener à bien la plus grande réforme de la santé que notre pays ait connu, diminuer le nombre de nos fonctionnaires, réduire les dépenses publiques en supprimant les dépenses superflues, les gaspillages et les doublons, rénover les quartiers, le système éducatif, permettre à La Poste de s’adapter sans périr…

  

La majorité est unie, c’est sa chance. Simplement, il faut qu’elle mène une campagne incisive et qu’elle mette la gauche et ses solutions éculées au pied du mur. Comme on le voit, il y a de quoi faire. L’important c’est de maintenir le cap et de ne pas douter de son bien fondé. L’audace sera communicative. La gauche veut faire le grand chelem. Elle pourrait bien perdre L’Ile de France, Poitou Charentes, les Pays de la Loire, la Lorraine… Mais le premier tour sera décisif !

 

 


AUTO-ENTREPRISE

                                                       

Voilà une initiative qui a donné de bons résultats : le statut de l’auto-entrepreneur. Celui-ci permet de créer son entreprise plus facilement et de bénéficier d'un régime fiscal accommodant, les cotisations sociales de l'entreprise étant indexées sur son chiffre d'affaires. Si bien que l'auto-entreprise a d'ores et déjà séduit 291 921 personnes, bien au-delà des espoirs de son instigateur, Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat des Petites et Moyennes Entreprises. Ce statut, mis en place il y a un an, principalement destiné aux personnes désirant s'octroyer un complément de revenu, mais pas seulement, a permis en période de crise de garder le cap en matière de créations d’entreprises.

Cela représente tout de même plus d'une création sur deux. En effet, le record de 327 000 créations d'entreprises établi en 2008 sera largement battu en 2009. Fin novembre, selon l'institut, 528 399 nouvelles sociétés avaient déjà vu le jour. Si on déduit l’auto-entreprise, ce sont tout de même 236 144 unités qui ont vu le jour dans les 11 derniers mois, auxquelles devaient encore s’ajouter celles du mois de décembre. Un assouplissement et une facilité qui sont les bienvenues et qui auront permis ainsi autant de créations d’emplois.

De quoi permettre au Ministre de présenter un bilan annuel satisfaisant ! Même si le chiffre record en créations d’entreprises (hors nouveau statut) reste celui de 2008 avec plus de 300 000 naissances. 


LA FRANCE SOUS LA NEIGE

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Cette année nous avons droit à un « hiver », un vrai, avec des températures négatives, de la neige en plaine, du verglas… bref, quelle horreur il fait froid alors qu’on nous parle de réchauffement climatique. De quoi y perdre son latin.

Comme nos concitoyens sont par nature râleurs, les dérèglements que les éléments occasionnent sont d’autant plus difficiles à supporter que nos déplacements en auto, en camion, en train, en avion ont été multipliés par 10, 100 ou 1000, et provoquent des perturbations à proportion. Le moindre ralentissement, le moindre incident, et c’est le bouchon, la paralysie.

Pourtant, il faut bien bloquer la circulation sur la route ou l’autoroute et il faut fermer les pistes de l’aéroport pour déneiger. Tout paraît alors se figer. Pendant que les services compétents font inlassablement leur boulot, les usagers, eux, râlent contre les pouvoirs publics qui n’ont pas prévu assez de sel ou de matériel, boucs émissaires faciles puisque contre la tempête de neige on ne peut rien. Si ! Respecter les consignes de sécurité, condition sine qua none du confort de tous.

Mercredi dernier, j’étais sur l’autoroute, en fin d’après-midi, revenant d’une sépulture dans la région parisienne. Nous avons rencontré la neige entre Chartres et Le Mans. Branché sur autoroute FM, j’écoutais anxieux les points d’information les uns après les autres : saleuses en action sur Le Mans, déneigeuses sur Alençon et consignes à respecter pour éviter les accidents. Manifestement, tout le monde ne suivait pas le même programme à voir les bolides qui nous dépassaient dans la tourmente, sans grande visibilité et alors que la neige commençait à couvrir la chaussée même dans sa partie la plus à droite. Heureusement, tout s’est bien passé. Mais que dire de tels comportements : prompts à grogner contre tout ce qui « empêche » et n’acceptant pas de perdre un temps précieux. En France c’est toujours pire qu’ailleurs : parce que nous sommes moins disciplinés. Cette fois-ci les Anglais et les Allemands ont connu les mêmes problèmes que nous, voire pire.

Mais quel devoir impérieux oblige untel à prendre la route au mépris de toutes les consignes de vigilance et de prudence ? C’est la logique de nos sociétés développées qui n’ont jamais de temps à perdre.

Simplement, la nature se permet de nous rappeler à l’ordre de temps en temps, histoire de nous remettre à notre place. Alors tout s’arrête. Prendra-t-on seulement le temps de regarder le paysage magique recouvert de son manteau blanc, au lever du soleil ? Allez, c'est une fois tous les vingt ans ...




L’AGGLO A L’AVEUGLETTE

                                                            

 

L’agglo d’Angers n’a plus d’argent, c’est bien connu. On a remisé au placard la création de l’impôt « ménages » pour mieux le ressortir après les élections. Car au rythme où les décisions de dépenses sont prises à chaque Conseil, on n’y coupera pas. Plus on est fauché, plus on dépense ! Une fois c’est un avenant de 1 million d’euros pour le tramway (eh oui, encore), la fois suivante c’est une subvention substantielle pour l’ESEO qui se reconstruit aux Capucins, au point que le député Maire de Trélazé est ressorti en criant « Aux fous ! »….

La-dessus, le Maire-Président est parti en vacances –« loin », a-t-il dit « pour me ressourcer et trouver des idées » -, une manière de prendre du recul en quelques sortes. Il est revenu et donc, on s’attendait à la « trouvaille » pour la cérémonie des vœux : niquedouille, pot de balle et balai de crin. Il a fait un discours d’une platitude absolue. Ce sont les vœux d’un maire qui n’a plus rien à dire !

Pourtant, il ne manquait pas de verve jusqu’à maintenant. Il était capable d’expliquer que si on ne replantait pas les arbres du boulevard des Deux Croix, c’était en prévision de la 2ème ligne du tramway (dont le tracé n’est pas établi, il faut le préciser). Puis d’indiquer sérieusement que pour cette 2ème ligne il faudra peut-être attendre dix ou quinze ans, vu qu’on n’a plus d’argent…. Si vous avez du mal à suivre, c’est normal. Moi aussi. Donc, en attendant,  il faudra compter encore sur l’automobile, oui mais l’auto-partage, nuance ! Il y a peu, l’auto, c’était « ringard »…

Si, au passage dans son discours de vœux, il a glorifié son « biopole » qui obligera à faire un effort sur le tri des déchets qui devra progresser de 7% : rien de bien ambitieux, c’est ce qui est imposé par la loi issue du Grenelle de l’environnement. On pouvait préconiser plus pour une ville qui se targue d’être à la pointe du développement durable.

On assiste à une gestion au fil de l’eau qui mène tout droit au gouffre. Mais Heureusement, le citoyen contribuable est toujours là.

Rappelez-vous : « Nos valeurs ne sont pas cotées en bourse », mais elles pompent dans nos portefeuilles !

 


LA LORGNETTE D’ARCHIBALD

      Lorgnette

75% : c’est le pourcentage de Français qui se disent satisfaits des nouveaux horaires et des soirées sans pub sur France Télévision. Merci qui ?

74 milliards… d’euros, ce sont les sommes dépensées en 2007 en prestations chômage, services du marché du travail et allégements de cotisation de Sécurité Sociale. C’est près de 4% du PIB, sans compter les dépenses sociales qui, RMI compris, s’élèvent à 12,2 milliards d’euros. C’est ce qu’affirme une étude publiée la semaine dernière par le ministère de l’Emploi. Pour connaître les chiffres de 2008 et de 2009, il faudra attendre…. Un an voire deux ! Le service concerné, c’est la Dares, mais c’est pas dare-dare !

70% : c’est le pourcentage des Français qui pensent que le gouvernement a vu trop grand pour la campagne de vaccination contre la grippe A. Comme quoi la désinformation formidable orchestrée par une partie du corps médical, les anti-vaccination, et relayée par une opposition en mal d’idées aura porté ses fruits. Il faut dire que face à une interview de la Ministre, on a eu droit à un bourrage de crâne « en boucle » des arguments de tous ses détracteurs.

Les errements d’hypocrites. Les vaccins monodoses étant arrivés, on y est enfin : les médecins généralistes vont pouvoir vacciner. Le Ministère préconise que la vaccination simple soit facturée 6,60 euros. Mais selon le principal syndical professionnel, il n’est pas question de la séparer d’une consultation, soit 22 euros l’acte ! Ben voilà, tout est dit ! On comprend pourquoi ils ont dit pis que pendre de la vaccination en centre et alimenté toute la polémique autour du vaccin. Ils avaient peur de passer à côté du « pactole ». Ils ajoutent même qu’ils auraient pu vacciner 10 millions de Français (x par 22€, on voit tout de suite la facture). Et le trou de la sécu, demandez-vous ? Si c’était une de leurs préoccupations, il y a longtemps qu’on le saurait. Le serment d’Hypocrate n’a pas de prix… mais il a un coût. L’hypocrisie en sus. Moi, dès demain j‘irai me faire vacciner dans un centre. Civisme oblige.

Burka…cophonie. Benoit Hamon n’avait pas fini de dire que son parti était contre le vote d’une loi contre la burka qu’aussitôt des voix s’élevaient pour le contredire.  Notez, ce n’est pas mieux à l’UMP. Dites-donc, les leaders, si vous organisiez le débat en interne d’abord pour arrêter une position commune, ça vaudrait peut-être mieux que toutes ces prises de position solitaires fussent-elles de gens respectables. Pour l’opinion publique, cela n’aide pas à y voir clair. Encore ne faudrait-il pas que celles-ci soient plus inspirées par des rivalités que par des convictions….

Plein les bottes ! En général cette expression traduit une lassitude ou le découragement.  Ce n’est pas le cas de ce Roumain pour qui cela voulait dire qu’il était fortuné. Il avait en effet fourré ses économies dans une vieille paire de bottes : 40 000 € ! Sauf que sa femme les a mises à la poubelle sans savoir. La paire a été récupérée chez une clocharde qui a eu le temps de dépenser 10 000 € avant qu’on la retrouve. L’histoire ne dit pas s’il en avait plein l’c… !

 

                                                                                  Mille Sabords !

 


2010, UNE ANNEE DELICATE


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Sans tomber dans le catastrophisme que certains n’hésitent pas à brandir face à la faiblesse persistante de certains secteurs de l’économie américaine, il faut bien reconnaître que l’année qui débute ne présente pas que des aspects réjouissants. Les gouvernements des pays dits « riches » se trouvent obligés de laisser filer les déficits publics pour soutenir une reprise fragile qui ne tiendrait pas sans eux, tout en guettant le moment espéré où ils pourront commencer à fermer le robinet. Pendant ce temps-là, dans les pays comme l’Inde et la Chine, les gouvernements risquent d’avoir du mal à maîtriser une relance dont les taux de croissance avoisineront les 10%, avec la menace d’une inflation dont les signes réapparaissent.

Mais partout, l’assainissement budgétaire et monétaire est à l’ordre du jour. Le problème est de savoir à quel moment, il faut commencer l’effort : trop tôt et l’on enraye le redémarrage, trop tard et il faudra alors des hausses d’impôts pour compenser.

Les économies du continent européen sont encore convalescentes. Si quelques clignotants sont passés au vert, la plupart hésitent encore entre l’orange et le rouge. La production devrait augmenter dans le monde entier, mais elle se traînera en Europe qui ne décollerait pas du 1,5%. En France, la consommation résiste encore, l’emploi donne son premier signe encourageant avec une activité en hausse de l’intérim qui précède généralement le retour de l’embauche, alors que les industriels ont des stocks au plus bas. Mais tant que la dette publique remplace la dette privée comme carburant de la croissance, nous ne serons pas sortis d’affaire.

Un autre sujet de préoccupation est le rapport entre les monnaies. La faiblesse du Dollar handicape notre sortie de crise, et la Chine campe sur une position égoïste qui reste sourde à toutes les demandes de réévaluation du Yuan. On sent déjà le ton se durcir entre les Etats-Unis et Pékin. Mais ne nous leurrons pas, le géant asiatique n’acceptera, comme à Copenhague, que ce qui lui convient et sert ses intérêts. Il ne faut pas compter sur lui pour aider la communauté internationale à générer une reprise mondiale durable. Dans ce contexte, la surévaluation de l’Euro est un handicap qui risque de durer encore un bout de temps, et ce n’est pas fait pour nous plaire !

Oui, 2010 sera une année délicate qui nécessitera un pilotage tout en finesse.



ARIANE A TRENTE ANS

Ariane
La bonne vieille fusée européenne souffle ses trente bougies et connaît un succès qui ne se dément pas. C’est une vraie réussite que le « vieux continent » peut mettre à son actif et qui nous fait la démonstration que la mise en commun des énergies et des moyens permet de tailler des croupières aux autres grandes puissances.

Cela n’a pas été sans mal, ni revers. Tout le monde se souvient des lancements ratés. Projet complexe s’il en est, Ariane est née au milieu des années 70 au moment où le marché de l’espace était totalement entre les mains des Américains.  Partir à l’assaut d’un tel marché était assez audacieux. Tenaces, les Européens les ont rattrapés puis dépassés, alors qu’ils se repliaient sur leur segment militaire.

C’est une incontestable victoire technologique et commerciale construite sur la durée et qui nous prouve que l’Europe politique et industrielle est capable, quand elle veut bien s’en donner les moyens, d’investir sur le long terme et de réussir. Bien évidemment, il faut poursuivre sur la lancée (si je puis dire) avec la préparation d’Ariane 6, mais aussi en investissant dans l’énergie, l’aéronautique (les ratés de l’A 400 M montrent qu’il y a du pain sur la planche), l’automobile… Tous ces secteurs pour lesquels l’Europe a une technologie et  les moyens de tenir sa place sur l’échiquier mondial, d’autant plus avec les évolutions qui se dessinent.

Mais cet esprit européen semble s’être essoufflé. Il a besoin d’un renouveau que le Président français essaye de lui insuffler avec la chancelière allemande. Le bras de fer n’est plus seulement entre le vieux et le nouveau continent, il s’élargit à l’Asie avec la montée en puissance de la Chine, à laquelle il faudra à court terme ajouter l’Inde et la Russie…. Des pays qui possèdent des bataillons serrés d’ingénieurs disposant maintenant de moyens et de vastes marchés domestiques.  

Si l’Europe veut, l’Europe peut. A l’aube de ce 21ème siècle, Ariane reste un modèle exemplaire dont elle doit pouvoir s’inspirer pour montrer au monde qu’il faudra encore compter avec elle. Une politique industrielle européenne est non seulement nécessaire mais indispensable.


 


LA CARTE LA PLUS CRUCHE

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Cette période de l’année est propice à l’échange des vœux traditionnels. Chacun y va de sa carte…et de plus en plus souvent elle est électronique. Ce qui nous vaut de recevoir dix fois la même alors que le choix est immense. Mais il existe encore des personnes qui restent attachées aux bonnes vieilles cartes matérielles. Il y a celles qui donnent dans la solidarité en faisant le bonheur des handicapés qui peignent avec la bouche ou en achetant les cartes de l’Unicef. Et puis il y a les politiques. Eux se font fabriquer du « sur mesure » et ne regardent pas au nombre des envois : tous les fichiers y passent. Il faut dire que la plupart du temps, c’est à nos frais. J’en ai profité en son temps, même si le père Olivier nous contingentait assez sévèrement.

C’est comme cela que j’ai reçu la carte ci-dessus. J‘ai trouvé qu’elle valait la peine d’être mise en exergue. Toutankhom II  (ne pas confondre avec Toutankhom I qui est Antonini) me semblait parler pour ne rien dire, ou pas grand-chose, depuis quelques temps. Serait-ce la « démocratie participative » qui l’aurait annihilé ? Point du tout. Maintenant on sait : il est dans le « bocal » !!  Le Président du Conseil Régional a fait fort dans la communication … Connaissez-vous quelqu’un de plus bavard qu’un poisson…. ? Cela ne l’empêche d’aller à la pêche aux voix.



L’ACTU HO

                                       


La polémique du moment c’est évidemment celle des vaccins et de la vaccination. Les professeurs « yavéka » ne manquent pas pour donner des leçons à Roselyne Bachelot, et tenter de l’éreinter en critiquant ses achats, sa campagne médiatique, l’organisation de la vaccination, j’en passe … jusqu’à une demande d’enquête parlementaire de l’inénarrable PS auquel se joint le non moins incontournable Modem. A croire que les députés n’ont pas autre chose à faire. Que répondre ? Ce que Laurent Cayrol a dit hier soir à « C dans l’Air » sur la 5 : « Le gouvernement a fait son devoir en prenant l’option de précaution maximaliste, et ceux qui disent maintenant qu’on pouvait faire autrement sont des guignols ». Il visait notamment Benoit Hamon et sa conférence de presse en s’étonnant qu’on puisse affirmer que 30% de gens vaccinés constituaient une barrière suffisante. « Je ne sais pas où il a pu trouver ce chiffre là ! » a-t-il continué. Comme je pense la même chose, il n’y a rien à dire de plus. Si : il faut continuer à se faire vacciner. Comme ces médecins hospitaliers qui se sont précipités pour le faire quand ils ont vu arriver les premiers cas en soins intensifs... La grippe A continue encore de tuer ici et là sans qu’on sache pourquoi, et un nouveau pic épidémique n’est pas à exclure au cours de cet hiver. La campagne va s’étendre comme prévu aux grandes entreprises et les médecins généralistes, comme la Ministre l’avait annoncé en novembre, vont pouvoir commencer à s’impliquer dans le dispositif. Rien d’étonnant à ce qu’elle ait résilié la moitié de la commande française dans la mesure où le virus n’a pas muté et où une seule injection suffit. Comme depuis le début et comme il se doit, le pilotage se fait au gré des événements avec la réactivité adaptée. Reste qu’on voudrait bien se faire vacciner, mais comment faire quand on n’a pas encore reçu les bons de la sécu ?

Deuxième sujet : la taxe carbone. J’y reviens brièvement. D’abord, le gouvernement fait preuve d’une grande sagesse en se donnant le temps jusqu’à l’été pour repositionner le projet de loi. Il y a quand même une chose qui m’intrigue : dans tous les débats que j’ai pu suivre depuis trois jours, il n’est jamais fait mention du « chèque vert », sauf par le jeune responsable du WWF. On fait généralement passer la taxe carbone comme une taxe de plus, alors que ce n’est pas le cas : elle sera payée par un surcoût sur les énergies mais remboursée forfaitairement par un chèque du trésor public, ce qui est une incitation à moins consommer. La part réellement payée par les ménages résultera du différentiel entre le surcoût généré par la taxation du fuel, gazole, gaz et autres carburants et le chèque encaissé. En plus ou en moins. L’objectif est bien de générer des comportements vertueux.

Troisième sujet : le débat sur l’identité nationale. Eric Besson rappelle à la réalité ceux qui veulent ne voir ou entendre que ce qui leur convient. Je continue de penser qu’il est utile. Comme il n’est pas inutile d’entendre l’inquiétude des Français sur le devenir de cette identité. Là encore, Laurent Cayrol a fait état d’études d’opinions qui montrent, bien que par ailleurs le racisme ait beaucoup baissé, que 50% des Français sont inquiets face à l’Islam. D’où les « dérapages » s’il y en a eu, en dehors des inévitables provocations. Mais c’est donc bien un sujet qu’il faut traiter. Parmi tous les autres. Moi, ce qui m’intéresserait, c’est que l’on aborde la dimension européenne dans ce débat, en posant la question : « serons-nous bientôt des Européens d’origine française ? »… Ce que je pense être déjà pour une part, avec une épouse née de parents espagnols et une fille mariée à un français né de parents hollandais…

 


 


TAXE CARBONE : UN MAUVAIS COUP ?

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Les motifs selon lesquels le Conseil Constitutionnel, saisi par le PS, rappelons-le, a annulé la taxe carbone sont certes recevables. Le principe d’égalité devant l’impôt n’aurait pas été respecté, et il y aurait eu trop d’exemptions, ce qui est évident. Ils n’en sont pas moins discutables. Un exemple : vouloir taxer l’industrie électro nucléaire quine rejette pas de carbone paraît un peu scabreux et surtout contre productif. L’objectif étant de promouvoir des comportements vertueux moins polluants, où va-t-on si l’on se met à taxer ce qui n’émet pas de gaz à effets de serre. Pourtant le Conseil d’Etat, consulté, n’avait pas trouvé à redire. Bizarre ! Je dirais même plus : bizarre autant qu’étrange !

On peut aussi se demander si les parlementaires, sous la pression des lobbies de toutes sortes, ne sont pas allés un peu trop loin dans les exemptions. On sait que nombre d’entre eux ne sont en rien convertis au verdissement de notre fiscalité, et ils ont trouvé lors de la discussion de la loi un beau terrain de jeu. La nouvelle constitution ayant donné de l’espace aux députés et sénateurs, ils l’utilisent. Cela anime la vie parlementaire mais complique celle du gouvernement. Toujours est-il que le résultat est là : il va falloir retoquer la loi et perdre un temps précieux, et au passage, le petit coup de pouce à la consommation que constituait le « chèque vert » que le gouvernement avait prévu de verser en février. C’est la gauche qui peut se réjouir.

Dans cette affaire, le Président de la République ne fait que subir les effets des réformes qu’il a lui-même voulues. Comme quoi on n’est jamais vraiment remercié en politique.  Il y trouvera un argument contre ceux qui n’arrêtent pas de crier au pouvoir personnel. Gageons néanmoins qu’il se serait bien passé de ce revers, surtout après les résultats calamiteux du sommet de Copenhague, dont il n’est en rien responsable, mais qui le privent de l’aura écologique qu’il espérait.

Pourtant, la manière dont l’annonce de la censure de la loi sur la taxe carbone a été faite par le Conseil Constitutionnel interroge. Une surprise soigneusement tue jusqu’à la veille du jour de l'an par Jean-Louis Debré dont on sait qu’il ne meure pas d’amour pour l’actuel président. La recherche de l’effet d’annonce est manifeste. La volonté de retarder le dispositif en en rajoutant dans un calendrier parlementaire déjà lourd, plausible. Comme par hasard, Jacques Chirac n’était pas là au moment du vote ce qui fait que certains y voient une signature… Le microcosme en frémit ! La vie politique est aussi faite de ces petits cadavres exquis, surtout en terre parisienne où l’on assassine volontiers dans les dîners.

Le 20 janvier, le gouvernement remettra un nouveau projet sur le tapis. Espérons que les parlementaires auront la sagesse d’esprit de comprendre qu’il ne faut pas tergiverser. De toute façon, l’inénervable François Fillon les convaincra une nouvelle fois de voter. Et Nicolas Sarkozy aura compris le message : parions qu’il ne perdra pas de temps, lui, pour adapter sa méthode. D’ailleurs n’a-t-il pas commencé en mettant à plusieurs reprises le Premier Ministre en première ligne ?



QUELS VŒUX POUR 2010 ?

"2010"

 

Pour sortir des conventions, faisons un peu de provoc’. Voilà des vœux qui pourraient améliorer vraiment notre ordinaire.

Par exemple, que Benoit Hamon soit capable d’humour quand il fait ses commentaires de porte-parole du PS. Ou encore que Martine Aubry pique son sourire à Ségolène, et que cette dernière suive un stage d’entraînement intensif de son neurone en guise de remise à niveau.  On pourrait souhaiter aussi à Cécile Duflot de découvrir la modestie afin d’être un peu moins mufle avec ses hôtes. Enfin, mais c’est probablement rêve impossible, que Noël Mamère échange sa mauvaise foi habituelle pour un peu de lucidité.

En 2010, le paysage politique changerait si François Bayrou arrêtait de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et Villepin de nous faire croire qu’il pourrait être un recours (au secours !), si Le Pen prenait enfin sa retraite et si le centre rassemblait ses miettes éparpillées ici et là (on va finir par en trouver partout).

On aimerait bien aussi que les médias traitent l’actualité avec un peu moins de parti pris et que chacun reste dans son rôle. Que Patrick Sébastien arrête de distribuer ses diplômes de « bonsentimentalisme » à tout bout de champ en même temps que ses commentaires antigouvernemenaux à la graisse d’oie : quand on se gave sur le dos du contribuable, on peut avoir au moins un peu de pudeur.

Côté Gouvernement, il va falloir sortir la baguette magique pour éviter un score calamiteux aux Régionales. Les Français peuvent supporter la vérité, disait François Fillon. Encore faut-il qu’ils l’entendent. Ce ne sont pas les vœux lénifiants du Président, le soir du 31 décembre qui suffiront. Ni les palinodies de la majorité présidentielle : les guéguerres de ces dernières semaines ont jeté le trouble dans notre électorat. A deux mois de l’échéance, on a le droit de rêver d’un peu de cohésion et de discipline.

Enfin, après tout ce qu’il a dû encaisser comme coups durs depuis dix-huit mois, on peut souhaiter au Président une année plus sereine. Avec le menu qui se profile, c’est pas gagné !

En attendant, les Français ont retrouvé le moral, paraît-il. Euphorie des fêtes due à l’abus de champagne et de foie gras ? On le saura bientôt.

 

 


JOYEUSES FETES


Bonhomme de neige
Le Calepin vous souhaite de passer de joyeuses fêtes de fin d'année et un Joyeux Noël en famille.

Nous nous retrouverons en 2010 pour des commentaires toujours au plus près de l'actualité.


                                    A très bientôt,

                                                                            DanielPère Noël


FIASCO ou COCORICO..PENHAGUE

     Copenhague

Copehague 1 Sarko   Copenhague 2 Sarko Ce n’est pas le fiasco, mais il n’y a pas de quoi faire cocorico non plus. L’accord conclu à Copenhague, c’est mieux que rien, mieux que pas d’accord du tout. Mais on est cependant loin du compte. En matière de réchauffement climatique, la référence aux 2 degrés n’est qu’un point de repère sans grande valeur et aucune mesure contraignante ni les moyens pour les imposer n’ont pu être décidés. La Chine a démontré qu’elle était une puissance qui pouvait imposer sa façon de voir, à savoir qu’on ne verrait rien chez elle. Et Barak Obama lui-même, bien que plein de bonne volonté, était venu les mains ligotées puisqu’il ne peut rien décider en la matière sans un accord du Congrès, qu’il n’a pas.

Néanmoins, le tableau n’est pas complètement noir. L’Afrique va récolter 30 milliards dans les trois prochaines années pour faire face à ses problèmes de développement. L’action de l’Europe, le rôle de pays émergents comme le Brésil, l’esprit coopératif de l’Inde sont autant de facteurs positifs. On retiendra surtout que grâce à et accord, le nombre de pays concernés s’élargit considérablement par rapport à Kyoto, et par-dessus tout, il engage les deux grands pays d’orient que sont l’Inde et la Chine dans la lutte contre le rejet des gaz à effet de serre. Imaginons un seul instant qu’ils soient, avec les Etats-Unis, restés en dehors sans aucune contrainte…

Il reste qu’on retiendra de Copenhague une vaste foire à la manif’, de folklore écolo, de volonté de tous les activistes maniaco-dépressifs de la planète et ayatollas verdoyants de peser sur les débats par tous les moyens. Comme si on pouvait, avec une banderole, influencer le premier ministre chinois !  Incorrigibles ! Mais au moins ils pourront dire : « A Copenhague, j’y étais et il ne s’est pas décidé grand’chose ! ». Et le peu qui s’est décidé, on le doit à des chefs d’Etat comme Lula ou Sarkozy et à l’attitude unanime de l’Europe qui aura beaucoup contribué à faire que ce sommet réussisse ou ne sombre pas. Enfin, puisque la Chine ne veut pas vraiment entendre raison, nous aurons moins de scrupules à instaurer une taxe carbone à l’entrée de ses produits sur notre territoire.

 


LA CHRONIQUE D’ARCHIBALD

 

COPENHAGUE. « happening » attendu pour le final d’une conférence qui s’enlise face au blocage des deux géants pollueurs que sont la Chine et les Etats-Unis. Nicolas Sarkozy a secoué le prunier en arrivant, mais cela sera-t-il suffisant pour éviter un fiasco, rien n’est moins sûr. On pourra toujours se consoler avec les détracteurs du réchauffement climatique qui conteste la part de l’Homme. Et cela ne devrait pas nous empêcher d’œuvrer pour la croissance verte, car l’épuisement des ressources naturelles et les méfaits sanitaires des pollutions, eux, sont bien réels. Mais peut-être demain matin au réveil quand nombre d’entre vous lirez ces lignes….

IRAN. La république islamique a procédé à nouveau à un tir de missile balistique Sejil 2 capable d’atteindre Israël, certainement pour nous convaincre du caractère pacifique de ses équipements nucléaires. Et juste avant de se rendre à Copenhague, c’est une sorte de pied de nez à la communauté internationale que M. Ahmadinejad nous fait. Un de plus !

BOULETS. La grève sévit toujours sur la ligne A du RER. On sait que les cheminots CGT y sont les plus « durs ». Il y a bien eu des tentatives pour étendre le mouvement à la ligne B, mais pour l’instant sans grand écho. A quelques jours des fêtes, ils n’ont rien d’autre à faire que d’empoisonner la vie des gens. Si la vie était un peu plus rude pour eux…

NOIR C’EST NOIR. C’est la guéguerre entre la Suisse et la France à cause d’une liste de noms qui aurait été volée à une grande banque helvétique et que le fisc a commencé à utiliser. En représailles, les helvètes ont fait savoir qu’ils ne ratifieraient pas la convention d’échange d’informations signée entre les deux pays. Qu’à cela ne tienne, les sénateurs ont adopté en commission un amendement qui permettra d’inscrire la Suisse sur la liste « noire » des paradis fiscaux qui ne collaborent pas.

FERRY. L’ancien ministre de l’éducation refait parler de lui en ce moment. Mais c’est une sorte de Janus. Il a raison de dénoncer le « corporatisme des intellectuels » qui luttent contre la réforme Chatel, pourtant inspirée par M. Descoings. Mais il est « dégoulinant » de suffisance quand il commente le « lipdub » des jeunes pop’. Un peu d’humour que diable !

UNIVERSITES. Voilà une ministre comblée qui se retrouve avec 25 milliards d’Euros pour transformer l’université française et doper la recherche. Un atout de poids pour Valérie Pécresse qui mène aussi campagne en Ile-de-France pur les Régionales. Voilà du carburant qui tombe à point nommé grâce au « grand emprunt ». Une tête (de liste) chercheuse en quelque sorte !

EUROPE. On a eu de la peine en découvrant l’enregistrement de la conversation téléphonique de Rachida Dati en pleine séance du Parlement européen. Puis on découvre les conditions dans lesquelles cela a été réalisé, il y a plusieurs mois, et le contexte de sa conversation qui n’a rien à voir, malgré les apparences avec la séance en question. Côté déontologie, la journaliste qui a utilisé ce document, a tout à apprendre. Du pur dénigrement. A vomir !

 

                                                                       Mille sabords.

 

 


Y’A UN PROBLEME !

Mosquée de Paris

Oui, y’a un problème. Le débat sur l’identité nationale a au moins le mérite de le faire émerger. Si on voulait savoir ce que pensent les Français, nous voilà renseignés. Si le thème de l’immigration revient de façon récurrente, ce n’est sûrement pas le fait du hasard ni d’une quelconque manipulation politicienne voulue par tel ou tel qui y aurait intérêt. Il ne sert à rien de se voiler la face en adoptant le ton sentencieux comme le fait M. Moscovici. Beaucoup des propos plus ou moins « convenables » qu’on peut lire sur le net, l’interprétation qu’on fait d’une phrase retirée de son contexte prononcée par Nadine Morano, mais que des dizaines de personnes auraient pu prononcer de la même façon, montrent assez bien que notre pays est malade de son immigration.

Ce que j’entends autour de moi est du même tonneau. Et ce n’est pas le fait de gens « extrémistes ». Il y en a même qui votent à gauche ! Le sentiment qui prévaut est que notre identité française est menacée. C’est peut-être stupide, mais c’est comme ça. Les gens voient bien que la loi républicaine ne s’applique pas partout et savent bien que des coutumes incompatibles avec notre code civil sont souvent pratiquées de moins en moins clandestinement. C’est une difficulté de plus pour les Français qui ne conçoivent  l’intégration que comme une assimilation, persuadés qu’ils sont au fond d’eux-mêmes qu’ils sont les héritiers du siècle des lumières et de ses principes universels, voire universalistes. Ils ne peuvent concevoir une France pluriculturelle qu’à travers ce filtre universel symbolisé par les « Droits de l’Homme ».

C’est l’Islam qui est mis en cause la plupart du temps, parce que la partie visible en donne une lecture trop souvent déformée de la réalité vraie. Et le constat est vite fait : si tu t’appelles Garcia ou Pietrangelli, le problème ne se pose pas. Il commence à se poser, notamment à l’embauche, si tu portes un nom maghrébin ou africain. Il va donc falloir déployer beaucoup de pédagogie pour convaincre que les enfants d’immigrés de la troisième génération, non seulement ne sont pas une menace pour notre identité, mais sont Français, comme vous et moi, ont des talents et constituent une vraie richesse qui ne demande qu’à s’exprimer. Et Il va falloir donner beaucoup plus de crédits à Fadéla Amara pour que son plan « Espoir-Banlieues » débouche sur des réalités plus gaies, et des emplois pour les jeunes qui y vivent, sans quoi, aucun progrès d’intégration ne sera possible.

Si au moins le débat lancé par Eric Besson sert à cela, ça ne sera déjà pas si mal.


 


UN GRAND EMPRUNT TRES RAISONNABLE

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A force de faire passer Nicolas Sarkozy pour un super excité autoritaire, on aurait presque fini par oublier que c’est au contraire un homme qui consulte beaucoup et qui s’entoure de beaucoup d’avis avant de trancher. Il est même capable d’évoluer dans son point de vue. Le « grand emprunt » en est un exemple. Il avait envisagé une enveloppe beaucoup plus importante et de lever l’argent par l’appel à l’épargne populaire. Le montant ne sera que de 35 milliards d’euros et l’emprunt sera levé sur le marché, ce qui le rendra beaucoup moins coûteux. Au demeurant, la somme véritablement empruntée s’élèvera à 22 milliards, le reste étant couvert par l’argent que les banques vont rembourser à l’état. C’est raisonnable et c’est bien joué. Tant pis pour l’habillage politique que certains souhaitaient.

Il n’en demeure pas moins que par sa dimension, c’est le plus grand emprunt d’Etat jamais vu sous la Vème république. Et si j’en crois les commentaires entendus hier soir à « C’ dans l’air » des gens compétents réunis autour d’Yves Calvi, comme Elie Cohen que l’on ne peut suspecter de sarkozysme zélé, il est particulièrement bien taillé et ciblé. Mêmes les procédures, à quelques poils près, semblent faire l’unanimité. Cet emprunt va donc servir à doper notre enseignement supérieur qui en a bien besoin, à financer des investissements pour faire émerger les « campus du 21ème siècle », la recherche, les PME ou encore le développement durable. « Il nous faut investir pour rattraper le retard dû à la crise. C'est de l'investissement que naît le progrès technique, moteur de la croissance ».

Il s’agit en effet de « préparer la France aux défis de l'avenir ». Cet emprunt est un événement important pour notre pays que les Français auraient bien tort de prendre à la légère en écoutant les balivernes de l’opposition, qu’Elie Cohen qualifiait hier soir de « skizophrénie de la dette ». Il devrait au contraire faire consensus ne serait-ce que par le caractère très pluraliste de la commission qui a présidé à sa définition, dont Alain Juppé et Michel Rocard ne sont que la partie voyante.

Mais l'opposition ne veut voir qu’une opération de séduction très coûteuse à long terme, ce qui n’est même pas vrai. Les exemples de pays surendettés comme la Grèce et l'Espagne devraient dissuader la France de creuser encore plus son déficit : voilà qui prouve une fois de plus que le PS, ou bien méconnaît totalement le positionnement de la France en matière de dette, ou plutôt, ce que je crois, cherche à faire peur aux Français pour en tirer des bénéfices électoraux à court terme. Il faudrait pourtant que ses dirigeants expliquent comment avec 15 milliards d’euros qu’ils récupéreraient de l’abrogation de la loi TEPA et des niches fiscales, ils feraient pour, tout à la fois, relancer la croissance, diminuer la dette, augmenter le nombre des fonctionnaires, équilibrer les comptes sociaux et distribuer du pouvoir d’achat, comme ils le prétendent. Ce sont des magiciens…du verbe !

Les efforts finiront par payer, car hors crise, les dépenses de l’Etat sont tenues. Il faut garder le cap. Demain sera meilleur qu’aujourd’hui. Plus que jamais, je crois à l’essor de la France dans les dix ans qui viennent. L’emprunt est une pierre de plus qui en renforce l’augure.

 


« NOS VALEURS NE SONT PAS COTEES EN BOURSE ! »

 

C’était le slogan que chacun d’entre nous a pu lire en 4mx3 sur les grandes affiches apposées dans toute la région par le Conseil Régional et Jacques Auxiette. On serait tenté d’ajouter : « mais elles vident nos portefeuilles ! »

Jugez-en.

Dès son arrivée à la présidence du  Conseil Régional, Jacques Auxiette s’est en effet empressé de donner forme à « l’autre politique régionale » annoncée tout au long de sa campagne. Celle-ci devait prendre le contrepied de la politique menée par François Fillon. Au vu du bilan qui s’annonce, on peut dire que la promesse a été tenue : face à des réalisations concrètes du verbiage, face à une politique d’économie et de maîtrise des dépenses, la folie des dépenses.

Quelques exemples illustrent les choix de la coalition socialistes-verts-communistes. L’éclairage du palais régional : 500 000 € !(aussi réussi que le château d'Angers, pas peu dire !) Organisation des vœux 2008 : 300 000 € !Tout pourrait être dit. Mais entrons dans le détail des budgets. On s’aperçoit que le budget de communication a augmenté de 157%, passant de 9 millions à 23 millions par an, que le personnel a augmenté de 204 personnes hors de tout transfert de compétences, que les voyages à grands frais se sont multipliés : à Pékin au moment des Jeux Olympiques,  au Burundi, … Le dernier voyage à Bruxelles des 24 et 25 mars 2009 avec vingt cadres et membres de l’équipe de direction a été totalement pris en charge par le contribuable pour le déplacement, l’hébergement et la restauration. Dans le même temps les dépenses réellement destinées aux politiques de la compétence de la Région n’ont augmenté que de … 28%.

Evidemment, pour financer une telle gabegie, il a fallu augmenter les impôts. Les recettes fiscales ont doublé passant de 918 millions d’€ en 2004 à 1 804 millions € en 2008. Les cartes grises ont pris 20%, les impôts fonciers et la taxe professionnelle réunies près de 40%, la Tipp régionale socialiste a augmenté de 87%.... Au résultat, les dépenses de fonctionnement qui s’élevaient à 140 €/habitant en 2004 sont passées à 206 €/habitant en 2008. Mais comme ce n’était pas suffisant, les emprunts se sont envolés eux aussi : ils ont été multipliés par trois. Le cumul de la dette a bondi de 384 millions d’€ à 795 millions depuis l’arrivée des socialistes. Elle dépassera le milliard d’€ en 2010.

Et « ils » osent donner des leçons au gouvernement ?

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

 

OBSCENE ? MONSTRUEUSE ?  On n’a guère entendu de voix s’élever pour vilipender la prime de …. (combien déjà ?)  600 ou 700 000 € dévolue à M. Domenech pour son « coaching » inénarrable de l’équipe de France de foot. Sans parler des suppléments royaux que les joueurs vont toucher à chaque sélection du mondial. Ah, s’il s’agissait d’un patron, là on aurait entendu les klaxons ! La gauche a ses raisons que la raison ne connaît pas.

IDENTITE. Il paraît que le débat dérape. C’est le point de vue de ceux qui ne font pas l’effort d’en avoir un. Pour moi, ça se résume en une phrase : « nos valeurs républicaines ne sont pas à vendre ». Le seul défi qu’il faut s’attacher à relever c’est celui de l’égalité : elle existe en droit, il faut la faire passer dans les faits. Mais le respect de la loi n’est pas négociable.

PIQUE-ASSIETTES. Le Maire d’Angers a déclenché un beau raffut en déclarant que les intervenants au festival du Scoop étaient des « pique-assiettes » parisiens. D’abord, il est toujours mal venu de s’en prendre à des représentants des médias : on est sûr de s’en prendre plein la « poire » en retour. Mais la qualité du festival et son audience valait mieux que ces propos. Quand on est maire, on ne s’exprime pas comme le premier « poivrot » venu.

ACCROCS D’AUTOS. Les Français ne sont pas prêts à abandonner le volant de sitôt. Pour eux la voiture reste le moyen de transport le plus pratique et une source de plaisir intarissable. Selon l’Insee, elle représente 65% des déplacements, et est surtout utilisée pour des motifs professionnels, pour les loisirs, pour faire les courses, pour accompagner les enfants… Et plus de 80% des conducteurs affirment qu’ils prennent du plaisir à conduire, même s’ils sont 88% à penser qu’ils sont plus prudents que la moyenne. Autrement dit ceux qui ont décidé de nous faire monter comme des moutons dans des transports en commun hypercoûteux à réaliser ont du souci à se faire. Finalement, c’est Béchu qui a raison pour les voies sur berges d’Angers, n’en déplaise à M. Antonini, mais c’est lui le ringard bobo !

DEPOUILLE. Va-t-on assister à une bataille de chiffonniers pour l’utilisation du sigle UDF ? (Lequel, au fait ? Lettres blanches sur fond orange ou lettres noires verticales inscrites dans un hexagone tricolore ?) A voir comme les choses s’engagent, le spectacle risque bien d’être assuré pour un moment. Il ne faudrait pas qu’il nous fasse oublier l’essentiel : dans la nébuleuse centriste éclatée, il y a bel et bien un « centre droit » qui persiste dans lequel Bayrou n’a plus rien à faire. Je me demande si le jeu en vaut la chandelle.

SEGO LOCALE. A lire les dernières déclarations de notre capiste 21 angevine, en l’occurrence la Bernadette (qui n’est chouette que dans la chanson), elle me fait de plus en plus penser à notre Royal nationale : même ambition, même culot, même inconsistance mais une habileté politicienne consommée. Au fait, vous savez, elle vise la mairie en 2012.

SEGO, C’EST BON ! Par contre notre Royal nationale est sévèrement condamnée par les Français. Ils sont 74%  à penser qu’elle est un handicap pour son parti. 62%pensent qu’elle devrait soutenir les positions du PS et 45% pensent même qu’elle devrait arrêter la politique.

 

                                                                       Mille sabords !



LE CGTHON


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Nous avons vécu toute la semaine dernière à l’heure du congrès annuel de la CGT. L’événement est toujours d’importance quand il s’agit de la grande et vénérable centrale syndicale, longtemps emblématique de la « lutte des classes », fer de lance des contestations ouvrières et de leurs grandes mobilisations et courroie docile de la place du « Colonel Fabien » (siège historique du PC pour les ignares). La situation a bien changé. La classe ouvrière, son réservoir naturel, a fondu comme neige au soleil avec les mutations industrielles et le syndicat peine aujourd’hui à recruter avec seulement 600 000 adhérents, ce qui est pitié par rapport aux effectifs pléthoriques des années « glorieuses ».

Il n’en reste pas moins que la CGT reste un interlocuteur de poids dans les négociations sociales. Aussi, le choix de ses dirigeants demeure-t-il indicatif des caps et des stratégies qui seront adoptés. Voilà pourquoi ce congrès a été suivi avec attention. L’insupportable suspense de la réélection de Bernard Thibault a alimenté, sans grande passion, les médias, plutôt attirés par les arguments de ses détracteurs, restés sur la ligne pure et dure du syndicat contestataire. C’est que le Secrétaire général sortant a engagé une tâche de longue haleine dont il n’est toujours pas sorti : celle de la modernisation pour en faire une grande centrale réformiste, partenaire incontournable des négociations sociales et capable de capter des publics plus diversifiés de salariés, de cols blancs et de cadres. A cet actif, on peut mettre deux accords très importants signés avec le patronat et qui symbolisent cette évolution : l’accord sur la réforme de la représentativité syndicale dans les entreprises et celui sur le « divorce » à l’amiable employeur-employé.

Il était donc essentiel que Bernard Thibault reste à la tête de la CGT. Il est réconfortant de constater qu’il a été réélu à une forte majorité et que les partisans de la ligne dure soient restés très minoritaires. Il n’aura pas trop des trois ans qui viennent pour terminer « l’aggiornamento » de sa maison. Il veut privilégier « l’intersyndicale » sur les combats isolés, modifier les structures pour être plus près du terrain avec des « syndicats de sites » afin de renforcer l’efficacité et faciliter l’adhésion des salariés des petites entreprises. On ne peut que se réjouir de voir le cap maintenu au moment où il est accusé par ses détracteurs de « connivence » sarkoziste ou de mollesse consensuelle. De fait, la CGT a fait preuve d’un esprit responsable très appréciable depuis le début de la crise. Avec sur la table la réforme des retraites en 2010, il vaut mieux avoir à faire, pour traiter ce délicat et épineux dossier, avec des gens réalistes et pragmatiques que des « jusqu’au boutistes » irresponsables, comme ceux qu'il traîne comme des boulets sur la ligne "A" du RER.

Dans cet esprit, on lui souhaite « bon vent » et pleine réussite dans la longue marche qu’il a engagée sur le chemin du syndicalisme réformiste.



L’ECOLOGIE POPULAIRE

Terre

Quand on parle d’écologie, on pense tout de suite aux « Verts ». C’est vrai, ils ont l’ancienneté du combat politique. Pourtant, le premier ministre de l’environnement a été nommé dans les années 70 sous un gouvernement de droite. On était encore loin de ce qu’on appelle aujourd’hui « écologie ». De fait, c’est aujourd’hui, on pourrait dire un « thème transversal » qui entre dans les programmes de la plupart des partis politiques. Les « Verts » se réservant la part de l’intransigeance pour ne pas dire « l’intégrisme ».

Cette préoccupation est devenue la quatrième dimension du « politique », après l’administration, l’économie et le social. Le réchauffement climatique contribue puissamment à sa prise en compte. Mais chacun a sa manière d’aborder le sujet. A l’UMP, on prône « l’écologie populaire », et quand on observe les efforts déployés par le Président de la République, on comprend que ce n’est pas qu’un simple slogan.

L’écologie populaire devenue « valeur à part entière », le « Mouvement populaire » va  la porter et la développer lors des élections régionales de mars 2010. Portée par Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno, Eric Diard et Xavier Bertrand, l’écologie populaire a pour principales caractéristiques d’être « humaniste », « juste » et favorable au progrès scientifique.

Lors du Conseil national du 28 novembre 2009, Xavier Bertrand a montré combien sur cette thématique le parti était décomplexé : « Aucun gouvernement, sous aucune législature, n’aura fait autant pour l’environnement que  celui de François Fillon et de Nicolas Sarkozy. » peut légitimement affirmer le Secrétaire Général.

Ecologie populaire « humaniste » car nous pensons que l’écologie est au service de l’homme et non que l’homme est au service de l’écologie. Pas de religion de la croissance pour la croissance ni de religion pour la décroissance. Les richesses, nous en avons besoin pour financer les dépenses liées au vieillissement de notre société et pour améliorer la vie de nos citoyens. Une vision de l’écologie qui tourne le dos à celle des Verts dont on attend qu’ils aient le courage de dire qu’elle entraînerait la réduction des ressources de notre système social.

 

Ecologie populaire « juste », c’est « une écologie pour tous », une écologie pour le peuple, une écologie qui ne renchérit pas le coût de la vie, notamment pour les plus modestes.

Ecologie populaire du « progrès scientifique », celle des panneaux solaires, des biocarburants de deuxième génération, du nucléaire de quatrième génération. Là aussi, il faut avoir le courage de dire que ceux qui veulent arrêter le nucléaire fragiliseront notre indépendance énergétique. Mais cela n’empêche pas l’investissement massif dans les énergies renouvelables dont l’objectif est qu’elles couvrent plus de 20% de nos besoins d’ici 2020.

 

C’est pourquoi une partie du Conseil national, samedi 28 novembre, a été consacrée, à quelques jours du Sommet de Copenhague, au réchauffement climatique.

Vagues d’inondations, vagues de chaleur, intensification des précipitations, hausse du niveau de la mer… Les perspectives tracées par Rajendra Pachauri sont connues. Mais quand elles sont énoncées par le Docteur Rajendra Pachauri, co-lauréat du prix Nobel de l’environnement en 2007 avec Al Gore, elles prennent une incarnation toute différente. Parce que il préside le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Et que la richesse et la pertinence de ses travaux sont aujourd’hui la référence.

Invité d’un débat sur le réchauffement climatique animé par Frédéric Lefebvre et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Rajendra Pachauri a sensibilisé l’auditoire du Conseil national au fait que la « diversité d’impacts nécessite l’attention de tous les pays ». Pour exemple, dès 2020, 75 à 250 millions de personnes subiront un stress hydrique en Afrique.

Pour le scientifique international, une « justice climatique doit guider les actions en faveur des pays en voie de développement ». Il y a urgence dans un certain nombre de pays, dont ceux du continent africain (malnutrition, pénuries d’eau, pandémies et conflits générés par ces problèmes). « Nous devons protéger nos populations et notre bien être national », estime le Docteur Pachauri pour qui il est « très important de prendre des mesures pour diminuer les émissions de gaz à effets de serre et de convertir les pays en développement aux énergies renouvelables ».

Toujours pour le prix Nobel 2007, la France « accomplit énormément de choses grâce à cette vision verte ». Pour lui, l’énergie nucléaire, le TGV, la redéfinition de la croissance avec le critère du bien-être sont de bonnes réalisations dans le cadre de cette préoccupation environnementale.

Le prochain sommet de Copenhague représente « une énorme opportunité, remarquable ». Impératifs nécessaires : prises de mesures pour permettre de gérer les transformations climatiques ; coopération vers les pays pauvres et marginalisées.

 

L’écologie populaire sera aussi au cœur de la campagne des régionales.

 




LA CHRONIQUE D’ARCHIBALD

 

DEUX FERS AU FEU

Logo UDF002
PEUT-ON FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX ?
(C’est le cas de le dire). Le souci du Nouveau Centre de reprendre le « label » UDF, avec l’opportunité que pourrait lui apporter Hervé de Charette –ce qui reste à vérifier-,  est une fausse bonne idée. D’abord parce que cette nouvelle UDF ne serait qu’un parti « croupion » par rapport à sa devancière qui, rappelons-le, rassemblait les libéraux des RI (Républicains Indépendants puis Parti Républicain), les centristes du CDS et les Radicaux Valoisiens du Parti Radical. A ceux-ci étaient venus s’agréger des adhérents directs. On est bien loin aujourd’hui d’une telle architecture. Une grande partie de l’électorat n’a pas connu cette UDF, disparue il y a maintenant près de quinze ans. Alors ça intéressera qui ? La référence à Giscard fait plus sourire qu’autre chose. Interrogez autour de vous ! Et puis, la démarche d’Hervé de Charette n’est pas très crédible. Elle est entachée d’un soupçon : aurait-il eu cette attitude si la place qu’il revendiquait sur la liste UMP lui avait été accordée ? Et on sait qu’il est « attendu » dans le Maine-et-Loire où, au Nouveau Centre, il ne compte que des « amis », c’est bien connu.

 
Assemblee (intérieur)
LES DEPUTES UMP DECONNENT ! (désolé, je n’ai pas trouvé d’autre mot). Ils n’étaient qu’une poignée hier dans l’hémicycle pour le débat sur l’identité nationale. Inadmissible. Et les interviewes que j’ai entendues à la sortie, propos sélectionnés de Villepinistes notoires, ne m’ont pas mis de meilleure humeur. En étant absents, ils commettent deux erreurs : la première c’est de dire (et de croire) que le débat n’intéresse pas les Français ce qui est faux. Ils n’ont qu’à aller se promener dans les « quartiers », et ils verront qu’il y a une attente de réponses. En se défaussant du Président de la République, ils donnent raison à la gauche. Seraient-ils rendus sourds du martelage de ses idées au point de sombrer dans le syndrome de Stockolm ? (la gauche fait du terrorisme intellectuel en permanence). La deuxième erreur, c’est que par leur attitude, ils confortent dans leur envie les électeurs qui doutent, de retourner voter pour le FN. Après tout, ces députés UMP n’ont peut-être pas envie de gagner en 2012… On se demande à quoi sert Copé.


                                                        Mille sabords !



COPENHAGUE : 15 JOURS POUR LA PLANETE


Copenhague

Sans tomber dans le discours catastrophiste, force est de constater que le changement climatique est en marche. L’évolution est même si rapide qu’elle est désormais palpable à l’échelle du temps humain, et c’est ça le plus inquiétant. Nous assistons à une accélération d’un phénomène qui ne dépend pas que de l’Homme. En effet, il est facile de constater que le niveau des mers a monté depuis l’Antiquité : le port antique de Marseille où d’Alexandrie en sont des exemples mesurables. Depuis la dernière glaciation, il y a 20 000 ans, la Terre s’est constamment réchauffée. De ce fait nous nous rapprochons inexorablement de la prochaine. Simplement, à cause de l’effet de serre qui se renforce par le gaz carbonique et le méthane que nos activités dégagent, la part de l’homme s’est considérablement renforcée et contribue à accélérer le phénomène à un rythme qui ne permet pas à la planète de s’adapter. Voilà l’enjeu.

A Copenhague, il ne s’agit pas d’empêcher un phénomène naturel qui correspond au mouvement de la Terre et à sa situation dans l’espace, à un rythme qui dépasse l’échelle humaine par sa lenteur, un espace temps qui n’est pas le nôtre. Il n’est question que de notre propre misère : serons-nous capables, nous, les Hommes, tous ensemble, de faire l’effort suffisant pour préserver la planète et la laisser vivre à son rythme naturel en réformant nos modes de vie et rendre notre empreinte écologique compatible avec ce qu’elle peut nous offrir.

Si nous ne sommes pas capables de nous entendre, alors de graves périls menacent le genre humain et la biodiversité, d’une manière générale, et à cela à court terme. Les signaux sont nombreux : fonte accélérée de la calotte arctique, incendies en Australie, désertification accrue en Afrique, multiplication des tempêtes tropicales toujours plus dévastatrices et peut-être jusqu’à des phénomènes météorologiques jamais connus comme celui qui pourrait être à l’origine de l’accident de l’Airbus Rio-Paris au-dessus de l’équateur. Entendons-les !

Car le réchauffement climatique a déjà un coût : celui des dégâts que les tempêtes occasionnent, des adaptations des cultures au changement du temps, celui des migrations humaines de réfugiés climatiques qui seront toujours plus nombreux….

La France n’est pas parfaite, mais elle fait partie des pays qui font des efforts et qui montrent l’exemple. L’Europe est présente avec un « paquet  commun » de négociation. Les Etats-Unis semblent enfin bouger dans le bons sens grâce aux efforts de Barak Obama. Mais les pays pauvres qui n’ont pas les moyens, les pays émergents qui veulent leur part d’accès au développement, la Chine dont les propositions ont toutes chances d’être annihilées par la masse de ses « consommateurs », présentent autant d’écueils que la mer d’Iroise. Une seule évidence : rien ne se fera de déterminant qui ne soit commun à tous. Les solutions ne sont pas nationales ni continentales, elles seront planétaires où ne seront pas.

Copenhague, c’est Kyoto à la puissance 10 !



PAPY FAIT DE LA RESISTANCE…. LE SCOOP !

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Hervé de Charette quitte l’UMP. Ce sera annoncé demain matin par l’intéressé à 7H50 sur RTL. Officiellement, la motivation est politique : l’UMP serait trop à droite pour lui. Mais ce n’est pas un scoop. La rumeur courait déjà au Conseil National de l’UMP, l’autre samedi. Rejoindra-t-il le Nouveau Centre ou l’Alliance centriste de Jean Arthuis ?  Evidemment, l’artifice du discours saute aux yeux comme la puce affamée sur le dos d’un chien, et on peut se demander ce qui a bien pu pousser notre ancien ministre des Affaires étrangères, encore au premier rang de la convention régionale de l’UMP, à changer de crèmerie.

Je ne vois qu’une hypothèse plausible : la constitution de la liste régionale et le renouvellement que souhaite Christophe Béchu qui le met « en réserve de la République ». Ce n’est pas facile à avaler pour quelqu’un comme lui qui ne manque pas de talent et qui n’a certes pas démérité. Mais que voulez-vous à bientôt soixante douze ans … ? Effectivement, la seule question qui vaille est : « Sa présence garantit-elle autant de voix que son absence pourrait en retirer ? » et je n’ai pas la réponse. C’est à Christophe Béchu de l’apprécier. Le taux d’usure d’un homme politique ne se mesure malheureusement que lorsqu’il est battu. On dit alors : «C’était l’élection de trop ». Mais ce n’est vrai que du scrutin uninominal…

Je suis bien placé pour connaître l’amertume de voir une liste se constituer sans qu’on y soit. En 1998, le même Hervé de Charette m’avait alors sacrifié sur le même autel du « renouvellement ». Je n’avais pas un âge canonique et même pas atteint celui de la retraite, mais voilà, il considérait qu’on m’avait assez vu. En bon soldat discipliné, j’avais accepté sa décision et même surmonté ma déception en participant activement à sa campagne. J’aurais pu alors faire d’autres choix et répondre à des sollicitations qui considéraient que je pouvais être encore utile à la Région. J’ai préféré la fidélité à mon parti plutôt que de verser dans la cuisine politicienne.

Aussi, je ne peux pas croire qu’après un parcours admirable, il soit mû par un souci aussi terre-à-terre que celui d’être élu coûte que coûte à la Région, et négocier son ralliement à un parti, même cousin, où les mauvaises langues disent qu’il arriverait avec un joli cadeau sous le bras : un morceau du sigle « UDF » tant convoité par les centristes hors Modem. Lequel parti, au demeurant sympathique, lui apporterait en échange l’assurance d’une place de choix sur une liste, et même peut-être bien, une tête de liste départementale.

Hélas, je sais aussi qu’on trouve toujours de bons arguments stratégiques pour justifier ce type d’accommodement. Mais comment sera interprété dans sa circonscription un tel geste que celui de jeter aux orties l’UMP après s’en être servie ? J’aurais préféré l’idée, conforme à l’image que j’ai de lui, que, en fin politicien qu’il est, il confortât la campagne de Christophe Béchu du soutien de son expérience et du renfort de sa présence active, qu’il soit ou pas dans la liste… comme je l’avais fait moi-même pour lui. Le meilleur moyen de battre la gauche !

Malheureusement, il semble que ce ne soit pas le chemin qu’il ait choisi…