HISTOIRE

ARCHIBALD EN LIBERTE

 

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INTERNATIONAL

ET DE 7 !  Le roi des Belges, Albert II vient de nommer un 7ème  négociateur pour tenter de trouver une sortie de l’impasse dans laquelle se trouve son pays, le compromis impossible avec les irréductibles nationalistes flamands. Pendant ce temps la barbe de Polvoorde pousse. Comme on dit, « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ! »

CALIGUFI. En libye, le sang coule. Le tyran n’hésite pas à utiliser son armée de mercenaires et ses troupes tribales pour tirer sur le peuple, nous abreuvant de discours tous plus « hallucinés » les uns que les autres. On pense aussitôt à Caligula, cet empereur qui  s’abreuvait du sang des romains jetés aux pires jeux sanglants dans l’arène…. Pour en tirer une jouissance.

NATIONAL.

RIFIFI. Comme c’est drôle, au moment où la « Sainte de Poitiers » prêchait sur la nécessité du retour de la morale et de la vertu, Montebourg publiait un rapport interne du PS au vitriol sur la fédération des Bouches-du-Rhône et la gestion « Guérini ». Il faut dire que les soupçons de trafic planent sur la famille. Voilà qui promet !

RESISTIBLE ASCENSION. Il ne s’agit pas d’Arturo Ui, mais de Marine qui bénéficie ce dimanche d’un sondage alambiqué qui la crédite de 23% d’intention de votes. Même si le cas de figure est surtout cathodique, Il vaut mieux prendre le résultat comme un signal et que ce soit maintenant plutôt que dans un an. Un «averti » en vaut deux.  J’aurai l’occasion de vous faire part de mon point de vue à son sujet.

COUP DE POMPE. Le prix des carburants n’en finit  pas de monter dès que le prix du baril prend un centime de plus. A la remonte, ça répercute illico. En sera-t-il de même à la baisse, si toutefois ça se produit ? Le Gouvernement serait bien inspiré de prendre des mesures d’écrêtement avant que la grogne ne gagne le bon peuple. Avant les cantonales, un geste sur le plafonnement de la taxe, ça ne ferait pas de mal, non ?

PSCHIIIIT ! L’affaire d’espionnage chez Renault semble tourner en eau de boudin. Il a l’air fin aujourd’hui le Carlos. Il semble même que l’argent versé aux quidams qui devaient enquêter pour financer des indicateurs n’aurait pas été dépensée. Les ingénieurs mis à pied rigoleraient s’ils n’avaient pas de sérieuses raisons de se plaindre.

LOCAL

« COCORISCO ». Le club angevin, dont la gouvernance est en délicatesse avec la justice, ne semble pas s’émouvoir pour autant, et c’est une belle et franche victoire par 3 buts à 0 qu’il est allé chercher à Grenoble pour se qualifier aux dépends de Chambéry, en demi-finale de la Coupe de France. Le prochain adversaire, c’est du lourd : le PSG, tenant du titre ; Mais c’est sur ses terres à Angers.  Alors ici, que voulez-vous, on croit à l’exploit. « Allez les petits ! », aurait dit « Roger ».

CARAMBA, ENCORE RATE ! La semaine dernière des « indiscrétions » publiées dans la presse faisaient savoir que la nomination de Marc Laffineur à un poste de Secrétaire d’Etat était imminente. Aux « Anciens Combattants », précisait-on.  Finalement, cela n’aura pas encore été pour cette fois-ci. Le temps se réduit comme peau de chagrin pour le député-maire d’Avrillé de se voir siéger un jour au Gouvernement, même sur un strapontin… Pas de regrets, il peut espérer mieux !

MEGOUALOMANIA. Le maire de Trélazé à piqué une colère mégalomaniaque après le directeur de la salle Amphitéa qui avait osé s’étonner de l’intérêt de son projet de construire une salle de spectacle de 7-8000 places à Trélazé. Le chou lui enfle tellement qu’il se voit bientôt à la tête d’une commune dont le renom fera pâlir d’envie la Préfecture toute proche. On dira alors Angers près Trélazé ! Les logements-casernes qu’il construit à tour de bras sur sa commune pour élargir son assiette fiscale et éponger son endettement ne lui suffisent pas. Une salle pour cultiver "l'hommes des casernes", quoi !

DU VENT ! Quoi de plus facile à réaliser que des promesses qui portent sur des choses qui existent déjà. C’est le programme du PS pour les cantonales du Maine-et-Loire. Sur 44 propositions, 35 sont déjà entrées dans les faits, 3 sont hors compétences du Conseil Général, 1 est en cours de réflexion dans la Majorité départementale, 2 ne sont pas vraiment prioritaires, 1 a été mise en oeuvre dans les départements voisins et s’est soldée par un échec…La dernière est une proposition de la Majorité sortante. Mais comme les électeurs ne sont pas au courant, pourquoi se gêner. On peut toujours faire croire !

VERBATIM.

IL L’A DIT ! François Bayrou, parlant de ce qu’il connaît bien : « Rassembler les centristes, c’est comme conduire une brouette pleine de grenouilles : elles sautent dans tous les sens ! » C’est sûrement de là que vient l’expression « grenouiller » en politique.

 

 


Le Maghreb à la recherche de la démocratie

 

Sur un sujet comme celui-là, bien que j'aie vécu au Maroc, il m'apparaît important de donner la parole à mon amie Nedjma Boutlélis. Son point de vue s'appuie sur sa double culture franco-maghrébine, il en a d'autant plus de valeur et d'authenticité. Dérangeant ? C'est fait pour ça !

 

Nedjma-boutlelis  " Ces dernières semaines, les pays MENA (Maghreb et Moyen Orient) se sont réveillés. Après des décennies de démocratie confisquée, la révolte portée par la jeunesse a conduit au séisme du système autocratique.

Les tunisiens ont été les éclaireurs, ceux qui ont osé braver le grand Ben Ali soutenu par toute la classe politique de gauche comme de droite. Seuls Cécile DUFLOT et Hervé MORIN ont exprimé une réelle empathie pour ce peuple.

Mais la presse les a quelque peu boudés préférant se rallier à la position étatique. Et dès le départ de Ben Ali, les langues politiciennes se sont délayées ! Et oui, quel courage !

De quoi il s’agit ?

La Tunisie, l’Algérie, l’Egypte, de très beaux territoires où nous européens adorons passer des jours ensoleillées en toute quiétude car nos amis dictateurs veillent à museler les islamistes.

Mais voilà, le souci c’est que ce ne sont pas les islamistes qui ont été muselés mais bel et bien tout un peuple qui voit défiler les défenseurs de la démocratie en vacances ou pour affaire et qui ne peut accéder lui-même à cette liberté.

Les pays du Maghreb ont une population jeune, formée, diplômée, orientée vers les nouvelles technologies qui aspirent à une vie meilleure. Voir leur gouvernement se construire un patrimoine doré pour leur dynastie et ceci avec la grande bénédiction de nos gouvernements européens, leur est tout simplement devenu intolérable.

Sur ces événements, nos politiciens français se sont contentés du regard très réducteur qui consiste à faire de grandes déclarations sur les intégristes musulmans. Ils ont été sourd aux appels des peuples des pays MENA qui hurlent « liberté, démocratie » ! Il est facile de se cacher derrière la peur des barbus pour justifier le soutien à une dictature.

Aujourd’hui, la jeunesse maghrébine refuse d’être la danseuse emperlousée des pays européens et de la France.

Le Maghreb aspire à un modèle de société plus juste pour son peuple !

Algériens, égyptiens, tunisiens, seraient plus enclin à rester dans leur pays, si leur gouvernement leur permettait d’accéder aux postes, à l’emploi, à la liberté, à l’expression de la démocratie.

Avec des pays en très forte croissance, ils n’ont qu’un désir c’est avoir une place dans le monde économique, politique, syndical et social! Ils aspirent tout simplement aux droits que nous, français avons acquis. La France a donc réussi à exporter son modèle de société.

Ni les murs, ni les dictateurs n’ont évité les clandestins à braver les dangers pour rechercher une meilleure situation dans des contrés peu accueillantes. Un Etat qui favorise l’émergence de sa jeunesse à des postes clés, qui  facilite la liberté d’expression et qui inscrit son pays dans la modernité, dans le respect de son histoire et qui lui permet tout simplement de se nourrir, de se loger et d’éduquer ses enfants n’a plus de raison de lutter contre les barbus. L’équilibre se fera naturellement.

Alors, messieurs les politiciens qui adoraient ces pays pour leur couleur, leur chaleur, leur pétrole, leur business, soyez également proche de leur peuple !

Une analyse plus subtile, plus fine des évolutions et plus appropriée à la culture des pays MENA favoriserait la mise en œuvre d’une réelle politique franco-arabe basée sur un co-développement."

 


UNE DICTATURE PEUT EN CACHER UNE AUTRE

 

Le regard de béotien que nos idéologues de gauche jettent sur les « révolutions » de Tunisie et d’Egypte me stupéfie par la naïveté qu’il dénote. Quand il s’agit de Jobosévé, de Besancenot ou du méluche, il n’y a rien d’étonnant. Ils vont sur place flairer ce rêve qu’ils savent parfaitement impossible à réaliser en France. Mais les trémolos des autres hiérarques patentés de notre gauche, plus poil de chameau que jamais (ça s’impose), me font sourire. Encore oublient-ils dans leurs leçons dont ils ne sont jamais avares, qu’il y a encore peu, le dictateur Tunisien faisait parti de leur grande famille internationale et des représentants de son parti invités à la dernière grand’ messe du PS. Comme ils ont la mémoire arrangeante quand il s’agit d’eux-mêmes !

Je n’ai guère de sympathie pour les dictateurs. Le regard que l’on doit porter sur ces régimes doit toujours être sévère quant à l’exercice des libertés. Mais ces pays ne sont pas la France. Ils n’ont pas la même histoire ni la même culture. Leur rapport à la démocratie est forcément différent du notre, ne serait-ce qu’à cause de l’Islam qui ne sépare pas le politique du religieux, ce qui rend fragile les régimes laïcs et démocrates. Contentons-nous d’en rester à la géopolitique, et de ce point de vue nous observerons que les deux pays méditerranéens secoués par les « révolutions » sont deux pays alliés du monde occidental, qui sont deux pièces maîtresses par leur contribution à la stabilité tant en Méditerranée qu’au proche orient. Et je serai tenté de dire : « on sait ce qu’on perd… ».

Les bien-pensants ajoutent à leur indignation, la corruption qui les entourait. Certes, elle est toujours condamnable. Sauf que je ne suis pas certain qu’elle eût été absente avec un régime plus libre et plus démocratique, tant la culture du « backchich » fait partie intégrante de leurs coutumes, de même que leur propension au marchandage et à la spéculation. Simple constat, car il ne s’agit, pour ma part, en aucune manière d’en tirer une conclusion ni de stigmatiser.

Ces pays ont aussi subi la crise et il ne faut pas s’étonner qu’elle y ait aggravé la misère en même temps que les activités se délocalisaient vers des pays à la main d’œuvre encore moins chère. Voilà un terrain propice que les islamistes n’auront pas manqué d’exploiter et ce qu’il faut craindre, dans les élections libres qu’ils organiseront bientôt, c’est une victoire écrasante de ceux qui se réclament de la « Charia ». Alors le « printemps vert » des peuples du maghreb se transformera en hiver pour la liberté de penser et de croire, pour la liberté d’expression et pour la condition des femmes, car depuis l’instauration de la république islamique en Iran, on sait ce que cela veut dire !  Des régimes islamistes sont peu probables nous rassurent les mêmes penseurs. A vrai dire, je les trouve très optimistes. Espérons, pour une fois, qu’ils aient raison : l'ouverture sur le monde d'une jeunesse habituée à "surfer" sur internet pourrait en être le gage ; sera-t-il suffisant ? Le drame, c'est que nous ne pouvons guère intervenir. Le comportement des Etats-Unis et de l'Europe, par les conseils et lespressions exercées, étant encore trop proche d'un néocolonialisme feutré mais réel.  

                                       

 

 


NOUVEAU MONDE, NOUVELLE IDEES, … NOUVEAU PRESIDENT.

  G20-SARKOZY

Quand je dis « nouveau président », c’est pour la commodité du titre. Car le Nicolas Sarkozy de la conférence de presse ressemble étrangement à celui de sa dernière interview télévisée.

Il sait que la crédibilité acquise c’est aussi le chemin pour retrouver la popularité. En route pour la présidentielle de 2012, il sait bien aussi qu'un G20, même réussi, pas plus qu'un remaniement, même efficace, ne suffiront à lui rendre comme par enchantement le capital de popularité perdu à l’automne 2008.

Lors de sa conférence de presse à l'Elysée sur les questions internationales, le chef de l'Etat s'est donc appliqué à se tenir « à distance des polémiques » et à prendre de la hauteur par rapport aux affrontements politiques hexagonaux. Mais l'opération reconquête n'en est pas moins enclenchée, dont la conférence de presse d'hier constituait une étape primordiale et incontestablement réussie. Et chacun y trouvera son compte : l'évolution du style présidentiel, plus apaisé, maîtrisé, grave et le volontarisme qui  reste plus que jamais la griffe du sarkozysme.

Voilà pour la posture. Les gens de mauvaise fois ne verront que cela. Et pourtant, derrière il y a bien une stratégie correspondant à une vision du monde  qu’il faut changer. Dans le volontarisme affiché, l’action remplace l’incantation, exemples à l’appui. Nicolas Sarkozy, on a déjà eu l’occasion de s’en apercevoir lors de la Présidence européenne avec la crise géorgienne, sait être un négociateur têtu et convaincant. Il s’est mis au bon niveau, avec l’humilité suffisante, celle qui ouvre la voie à l'efficacité. « On ne réglera pas tous les problèmes en une présidence », a-t-il admis hier. Il a cependant obtenu un accord qui n'avait rien d'acquis, sur l'ordre du jour du G20 présidé par la France. Au moins, il aura été celui qui a tout tenté pour infléchir le cours des choses.

Et ce qui fait la force de DSK aujourd’hui, de celui qu’il se plait à rappeler : « J'avais proposé sa candidature au nom de la France », c’est sa crédibilité économique. En s'impliquant pour le G20, le chef de l'Etat montre qu'il peut être à son niveau. Et, surtout, si le favori des sondages quittait le FMI pour faire campagne, alors que Sarkozy se bat pour en élargir les pouvoirs, il serait alors tentant de déplorer un abandon de poste. Quoi de mieux que d'opposer un candidat sensible aux sirènes des sondages à un président qui, des retraites à la dépendance, continue les réformes difficiles donc impopulaires.

Durant sa conférence de presse de presque deux heures, Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé sa peine pour donner de lui l'image d'un chef d'Etat « en charge des responsabilités », pleinement conscient des problèmes du monde, très loin du tumulte politique. Souvent grave, toujours maître de ses mots, il entame sa présidence du G20, avec beaucoup « d'ambition ». Le président ne cache pas que les résultats concrets seront difficiles à obtenir et qu'il ne peut, de toute manière, les obtenir seul. Simplement on peut compter sur lui pour se battre pour que les résultats soient les plus importants possible. Il a habilement préparé sa présidence : cette fois, il jouera collectif, il se rendra en Chine fin mars pour le premier séminaire de sa présidence, il a justifié l'attachement des Américains au dollar, il a demandé à l'Allemagne et au Mexique de mener la réflexion sur le système monétaire international.

C’est aussi un président en prise avec les problèmes concrets des Français en évoquant les cours des matières  premières, notamment agricoles ou en évoquant l’idée controversée d’une taxe bien nécessaire sur les transactions financières.

Des résultats concrets seront forcément mis à son actif, et notamment quand il apparaîtra que, par exemple, la régulation tempérée qu’il propose, sera à mettre au passif des états qui auront préféré le blocage.

Voilà un pas important de franchi, et si les résultats sont là …

 


HARO SUR L’EURO

  Euro

Après la fièvre, la baisse. L’euro, la zone euro devrait-on dire, connaît des turbulences. Que la monnaie commune baisse, on ne s’en plaindra pas au moment où les Etats-Unis font marcher la planche à billets verts pour favoriser leurs exportations et soutenir leur économie.

Les fonds spéculatifs attaquent les pays endettés pratiquement depuis un an. Après la Grèce et maintenant l’Irlande, nul doute qu’ils vont accentuer la pression sur le Portugal, puis ce sera la Belgique, l’Espagne, l’Italie…et peut-être aussi la France. De là à crier contre l’euro qui serait la source de tous nos maux ! De quoi en tout cas faire vendre du papier en utilisant les titres tapageurs comme celui du dernier JDD, pourtant sans aucun fondement.

Deux réflexions : l’une concerne la monnaie commune, l’autre la situation de la France.

Les mesures qui ont été prises depuis deux ans sur le plan international ont permis de ne pas aggraver la crise, mais cela ne veut pas dire que nous en sommes sortis, et il faudra encore du temps avant que nous retrouvions un équilibre mondial. Il n’est donc pas étonnant  que les grandes monnaies souffrent, mais reconnaissons que depuis le début de la crise, l’euro nous a davantage protégés qu’affaiblis. Il serait pourtant illusoire de croire que la monnaie à elle toute seule puisse nous tirer d’affaires.

La situation de la France n’est certes pas brillante. On ne peut guère reprocher au gouvernement d’avoir privilégié les amortisseurs sociaux au moment où les recettes baissaient dramatiquement avec la crise, creusant le déficit. Par contre, on peut lui faire le reproche de ne pas avoir réduit sa dette lorsqu’elle en a eu les moyens au début des années 2000. En comparaison, que dire de la Grèce qui avait triché sur les chiffres pour avoir l’euro, de l’Irlande qui avait laissé ses banques distribuer des crédits à des emprunteurs non solvables ou de l’Espagne qui a laissé gonfler la bulle immobilière qui la plombe aujourd’hui. L’Italie croule sous une énorme dette de près de 120% de son PIB et avec la crise politique qu’elle connaît, elle fait à son tour les frais de la contagion. Les taux avec lesquels le trésor italiens lèvent des fonds s’envolent… Comme on le voit notre pays n’est pas en première ligne, loin s’en faut.

Le vrai gros problème est celui de la dette américaine et il va forcément se poser à un moment ou un autre, tout comme celui de la dette anglaise. La restructuration des dettes devrait être une priorité. Cela passe par des mesures drastiques au niveau international pour empêcher les banques de spéculer et réglementer les marchés et surtout s’attaquer vraiment aux fonds spéculatifs. Autant on peut comprendre qu’on ait aidé les banques à se redresser, autant il est choquant qu’elles n’aient pratiquement rien fait pour l’économie. La preuve en est la reprise de la spéculation sur les matières premières…

Face à cette situation, la recherche d’une convergence franco-allemande est utile. Elle n’est pas suffisante. Le bon signal serait de donner à la monnaie commune un territoire politique qui lui corresponde : un état fédéral. Convenons que la crise est un accélérateur de cette prise de conscience. Encore faut-il que nos dirigeants aient la volonté politique et la capacité de convaincre les opinions publiques. A contrario, un éclatement de la zone euro nous rendrait à notre destin étriqué  avec une guerre des dévaluations compétitives et la ruine assurée de tous nos rentiers.

Heureusement, on n’en est pas là !

 


OBAMA BLUES

Obama concentré
  

Il n’est pas inhabituel aux Etats-Unis de voir un président perdre sa majorité lors des élections de mi-mandat. Ronald Reagan, Bill Clinton et bien d’autres en ont fait l’expérience deux ans après une élection confortable.

Héritier de deux guerres étrangères et d’une situation financière catastrophique, confronté à une tempête économique sans précédent, Barak Obama ne pouvait pas faire de miracles dans un délai si court. De même que les espoirs suscités par son élection étaient tout aussi démesurés que le sont les commentaires qui jettent aujourd’hui le « bébé Obama » avec l’eau du bain des « mid-term ».

Les raisons de cette défaite ont été amplement évoquées avant même de connaître le résultat sorti des urnes : la crise économique et financière et la poussée d’un chômage irréductible qui se maintient à 10% en sont les principaux facteurs. Mais l’activisme forcené de très puissants lobbies hostiles à la réforme de Wall Street et à celle de la santé conjugué avec la contestation virulente du Tea Party ancrée dans l’intolérance quand ce n’est pas l’obscurantisme et qui expriment une aversion pour tout ce que le président représente ont contribué à mobiliser un électorat conservateur. Alors que de l’autre côté, c’est la démobilisation de la classe moyenne et des pauvres inquiets de ne pas voir la lumière au bout du tunnel. Les principaux soutiens du président : les jeunes, les noirs, les femmes ont manqué à l’appel et permis la victoire républicaine notamment à la Chambre des Représentants.

Le président a aussi sa part personnelle de responsabilité : il est apparu trop souvent comme un intellectuel froid et distant, en tout cas loin des préoccupations de ses concitoyens en difficultés ; il passe aussi pour hostile aux milieux d’affaires, moteur de l’économie du pays. Sa faiblesse aura été de se présenter comme l’homme du rassemblement et de ne pas avoir combattu le parti républicain, ravi de l’aubaine. Sa défaite électorale ne récompense pas la patience, le temps consacré à la persuasion, le respect affiché pour les adversaires les plus déterminés, le calme olympien face aux pires calomnies, le choix du compromis pour faire voter ses réformes. Et il n’est pas resté inerte. Son bilan est loin d’être anecdotique.

Et maintenant ? Une cohabitation houleuse est l’hypothèse la plus plausible. Le futur « speaker » républicain John A. Boehner et le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch Mac Coennell ont adopté d’emblée un ton belligérant en annonçant leur intention de réduire fortement le rôle et les dépenses de l’Etat et de revenir sur la réforme du système de santé. Autant dire que nombre de réformes ne verront pas le jour et que l’acte II de la présidence va être dorénavant et dès maintenant tourné vers la campagne de 2012. Cette cohabitation à la sauce américaine va ressembler à une situation de blocage et de paralysie de l’action législative aux Etats-Unis.

Le président a quelques moyens et atouts dans son jeu et il se révélera peut-être davantage dans l’adversité. D’autant plus que chez ses adversaires, le Tea Party, composé de personnalités ignares, farfelues, excessives et intransigeantes, complique plus qu’il ne simplifie la tâche des Républicains dont le parti connaît déjà des tensions. Le paradoxe, c’est qu’en créant une situation de blocage qui rend pratiquement nulle la possibilité de faire passer des lois ambitieuses comme sur le climat ou l’immigration, ils permettent au président de prendre du temps pour faire campagne, un exercice dans lequel il excelle.

Voilà deux années passionnantes qui s’annoncent. Avec en corollaire beaucoup de temps perdu pour le progrès des Etats-Unis, progrès bien difficile à trouver dans les thèses, l’intolérance et les anathèmes des « tea-partistes ».

 

 


LA CHINE VA-T-ELLE SI BIEN ?

Au moment où l'Europe connaît des difficultés de gouvernance et hésite entre austérité accrue et maintien de la relance par la consommation, la Chine semble à nouveau tirer la croissance mondiale, accompagnée par les pays "émergents".

Si notre sous-continent tend à devenir le ventre mou de la reprise mondiale, plombé par la pression qu'exerce les marchés sur les pays "surendettés", la Chine n'en présente pas moins des signes inquiétants de faiblesse qui devraient apparaître au grand jour à plus ou moins long terme. Ce qui fait dire aux Cassandre de l'économie mondiale, que la crise est encore devant nous. Peut-être n'ont-ils pas complètement tord.

Shanghaï nous éblouit. L'envers du décor n'est pas aussi brillant. D'abord parce que, malgré la reprise, la chute des exportations vers les Etats-unis et l'Europe est vertigineuse, ensuite parce que la Chine reste un anti-modèle économique sur le plan industriel et enfin parce qu'elle peine à substituer à la demande extérieure défaillante une véritable consommation intérieure. Et je n'aborderai pas les déséquilibres de développement très forts entre les différentes provinces, avec les conséquences sociales que l'on peut imaginer. A la campagne ou à la ville, les conditions de vie de la majorité des Chinois font, par comparaison, du monde décrit par Zola un paradis.

Entre 2008 et 2009, les importations des Etats-Unis ont chuté de 23% à 1 956 milliards de dollars. La Chine qui est l'un de ses principaux fournisseurs a forcément été touchée. Tout comme elle a été touchée par les baisses des importations de l'ensemble des pays occidentaux. Entre 2004 et 2007, la croissance moyenne des exportations chinoises en valeur a été de 72%. En 2008, ce chiffre est tombé à 3%. On ne sait pas encore pour 2009 mais ce qui est certain c'est qu'elle n'a sans doute pas retrouvé le rythme des années précédentes.

C'est un monstre industriel où l'efficacité n'est pas la première préoccupation (communisme oblige). En 2004 déjà, la Chine utilisait près de deux fois plus d'équivalent pétrole pour générer 1 000 dollars de PIB que d'autres pays exportateurs comme l'Allemagne ou le Japon. Et l'efficacité industrielle chinoise ne semble pas s'être améliorée avec le temps. L'une des raisons à cette gabegie serait liée à la façon dont l'énergie est facturée en Chine, les prix étant inférieurs pour ceux qui en utilisent toujours de plus en plus, il revient donc moins cher d'en consommer le double, quitte à en gâcher la moitié. Elle est même l'empire mondial du gaspillage. L'analyse de produits "évolués" comme l'aluminium en est un exemple emblématique : le pays produit autant de kilos d'aluminium par habitant que les Etats-Unis, tout en affichant un PIB par tête huit fois inférieur. Sur les 15 millions de tonnes d'aluminium produites par la Chine, 1,5 million ne sont pas utilisées, ce qui représente la capacité de production totale du Brésil et de l'Inde additionnés. Un paradoxe et une mine d'or si elle veut lutter contre le réchauffement climatique.

Enfin, à en croire les officiels chinois, le pays est en train de créer une classe moyenne apte à consommer et à prendre le relai des exportations. C'est loin d'être certain. Depuis les premières réformes au début des années 80, le rapport entre les dépenses de consommation et le PIB n'a cessé de baisser, pour atteindre son plus bas en 2008, année où la consommation chinoise représentait 10 000 milliards de yuans, soit 1 464 milliards de dollars. Son rythme de croissance est d'environ 15% par an, soit quelque 219 milliards de dollars de plus en 2009. C'est moitié moins que la baisse des importations des seuls Etats-Unis l'an dernier. Par ailleurs, la propension à consommer s'étiole en Chine. Selon les calculs de la banque Nomura, les 20% les plus riches consommaient 93% de leurs revenus en 1985 et seulement 67% en 2007. Et la masse monétaire chinoise, c'est-à-dire l'ensemble des valeurs du pays susceptibles d'être converties en liquidités, n'a cessé d'augmenter. Rien d'étonnant pour un pays toujours en forte croissance. Mais ses dettes extérieures ont également augmenté alors que ses devises disponibles ne croissaient pas aussi rapidement. La conséquence est simple : la Chine ne dispose pas de réserves monétaires (exprimées en dollars, en euros) aussi importantes que son gouvernement veut bien le dire lorsqu'on les compare à la masse monétaire additionnée aux dettes extérieures.

On comprend pourquoi les Chinois voient d'un très mauvais oeil le projet de l'Europe d'instaurer une taxe carbone à ses frontières et pourquoi ils ne veulent surtout pas réévaluer leur monnaie.




LA SEMAINE D’ARCHIBALD

                                      Longue vue


Euro Europe.
Puisque nous fêtons aujourd’hui l’Europe, commençons la semaine par la fin. « L’Europe n’avance que dans les crises » affirmait Robert Schuman. Cette affirmation a souvent été vérifiée par les faits. Une fois de plus la tourmente lui aura permis probablement de faire un pas de plus vers la « gouvernance économique » qui lui fait tant défaut et que la France appelle de ses vœux. C’est pourquoi on a beaucoup vu Nicolas Sarkozy à la manœuvre lors du dernier sommet de Bruxelles. Le dispositif qui est en train d’être mis en place est d’inspiration française et a reçu le plein accord de l’Allemagne. On saura rapidement si, grâce à lui, la monnaie unique est sauvée. Le problème est que le Traité de Lisbonne n’a pas prévu le cas d’une faillite nationale. Il fallait donc tout faire pour qu’elle n’ait pas lieu. Il s’agit maintenant de repartir du bon pied.

 
Grenelle  Grenelle 2
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Il y a ceux qui verront le verre à moitié vide, c’est le verre vert, et ceux qui le verront aux trois quarts plein. Difficile de plaire à tout le monde, surtout à ces jusqu’auboutistes verts dont le projet de société est à l’écologie ce que la chicorée Leroux est au Nespresso. La loi Grenelle 2 est votée. On en retiendra surtout des avancées concrètes  dans beaucoup de domaines, même si elle ne va pas assez loin sur le problème des pesticides, si la taxe carbone est reportée ainsi que la taxe sur les poids lourds pour favoriser le ferroviaire. Il faut dire qu’avec la SNCF, le fret, c’est le boulet. Et puis sur l’éolien, si tout n’est pas parfait, l’essentiel est préservé. On pourra toujours objecté que la procédure des sites classés est inadaptée, le seuil de 5 mâts par installation est raisonnable. La France fait des progrès et c’est l’essentiel.

Fessebouc. Toujours et encore. L’esprit de Panurge a encore frappé. Cette fois-ci à Rochefort, ou une bataille rangée entre une centaine de collégiens a commencé par des invectives banales sur le « réseau social »… De social, il n’en a guère que le nom quand on voit à quelles dérives moutonnières on en arrive. Les préfectures n’en finissent plus d’essayer de dissuader les « apéros géants » et les organisateurs inconscients ne voient pas à quels périls qui pourraient s’avérer douloureux ils s’exposent.

Bp-logo  British Pétrin. « La mer qu’on voit danser au fond du golfe noir… » Triste parodie de la chanson de Trenet. Le golfe du Mexique n’en a pas fini de subir les conséquences de l’explosion de la plate-forme pétrolière.  Voilà une première dont on se serait bien passé. Pour l’instant le désastre écologique sur le delta du Mississippi n’a pas encore eu lieu, mais pour combien de temps. Encore une fois, l’homme joue à l’apprenti sorcier. Espérons que son génie inventif permette de trouver rapidement la parade. Et souhaitons qu’une tempête tropicale ne vienne pas ajouter une catastrophe à la catastrophe.

Merkel berlin Sanctions. Il n’y a pas qu’en France que l’opinion en veut au gouvernement. Gordon et Angela viennent d’essuyer chacun dans son pays un revers électoral. En cause : la gestion de la sortie de crise. Qu’on soit blanc ou noir, quand les difficultés sont là, les électeurs sanctionnent ceux qui sont en place. Le discernement n’est pas ce qui caractérise le corps électoral quand chacun a le sentiment que son propre avenir n’est pas assuré. Gordon a fait une mauvaise campagne mais son parti a suffisamment résister pour rendre la victoire compliquée aux « Tories ». Les atermoiements d’Angela pour ménager un électorat profondément hostile à l’aide dans la crise grecque n’ont servi à rien puisqu’elle a dû se résigner finalement à l’accorder et concéder même plus avec l’accélération de la spéculation sur l’Euro. Du coup, elle a perdu la majorité au Bundesrat (Sénat allemand). Mais n’a-t-elle pas perdu la main depuis qu’elle est alliée aux libéraux ?

 


L’EURO BAISSE, ET ALORS ?


                                                Euro

Les grands industriels parient sur la reprise, avec prudence. Sur une « nette reprise » même. Les présentations optimistes de leurs anticipations de profits en sont le signe. L’embellie est liée en particulier à la reconstitution des stocks dans plusieurs filières, à un redémarrage des investissements et à la croissance vigoureuse des pays émergents.

La baisse de l’euro, provoquée par la crise grecque, tombe à pic. Il a atteint en effet son plus bas en un an cette semaine à 1,31 dollar. Ses oscillations sont d’ailleurs relativement modestes, à mettre en relation avec le poids de la Grèce dans la zone euro, avec moins de 3% du PIB.

Les seuls à s’en plaindre sont les consommateurs qui paieront leur carburant plus cher. Sinon, c’est tout « bénef’ » : pour nos exportations à l’extérieur de l’Europe notamment, et l’effet n’a pas d’incidence pour les échanges avec nos voisins qui ont le même monnaie. La parité euro-dollar devrait même approcher 1,25 d’ici la fin de l’année. Cette baisse profitera plus à la France, à l’Espagne et à l’Italie qu’à l’Allemagne dont les exportations sont moins sensibles aux taux de change qu’à la demande mondiale.

On est encore loin des 0,82 dollar de octobre 2000, qui est le plus bas historique de la monnaie européenne. Cela tient au fait que les grands investisseurs n’ont pas remis en cause la monnaie unique, tels que la Chine qui n’a pas vendu ses réserves de change en euro. Et d’autre part, le dollar est contesté comme monnaie de réserve internationale par les mêmes chinois. Cette baisse très modérée, malgré la spéculation sur le cas grec reflète la confiance bien établie des marchés dans la BCE et sa capacité à défendre la monnaie.

Il faut même s’attendre à un regain d’attractivité du dollar parce que le différentiel de croissance entre les Etats-Unis et l’Europe joue en sa faveur. Et il est possible que le trésor américain relève son principal taux directeur, aujourd’hui proche de zéro. Un contexte que l’économie européenne devrait mettre à son profit pour se relancer…. Mais c’est une autre histoire, car l’endettement des Etats va continuer à peser par les efforts d’assainissement qu’il va nécessiter. La Grèce en est un mauvais exemple, mais un exemple quand même.

 

 


LES METALLOS ALLEMANDS MONTRENT L’EXEMPLE

                                     IG_Metall

Voilà un accord salarial qui fera date et dont rêverait notre Ministre du Travail. Au terme d’une négociation qui intervient plus tôt que d’habitude dans l’année sociale, les partenaires sociaux de la métallurgie allemande sont parvenus à un accord qui gèle pratiquement les salaires. Les ouvriers recevront une prime forfaitaire de 320 € pour la période de mai 2010 à mai 2011 et ensuite une augmentation de 2,7% en avril 2011. Les économistes estiment que cela revient à compenser l’inflation.

Mais, en contrepartie, les employeurs se sont engagés à maintenir l’emploi jusqu’en juin 2012, en profitant d’une plus grande flexibilité  dans la réduction du temps de travail.

Cet accord est important car il permet à l’industrie allemande de maintenir sa compétitivité internationale et de conserver ce que d’aucuns ont appelé le « miracle de l’emploi », très préservé jusqu’ici des conséquences de la crise. Le taux de chômage n’a augmenté que de 0,6% depuis novembre 2008.

Voilà qui va réjouir la Chancelière. Cet accord est à l’image du réalisme allemand : il privilégie l’emploi aux salaires. Il a été rendu possible par la modération dont a fait preuve le puissant syndicat IG Metall. Mais, en revanche, si les exportations seront favorisées, la demande interne devrait en pâtir et rester atone. Le tableau n’est malheureusement pas le même dans la fonction publique (Ah, ces fonctionnaires ! Il est vrai, l'emploi n'est pas une contrepartie possible) pour ses 2 millions de salariés qui réclament 3,5% d’augmentation contre 1,5% qui leur est proposé. Les pilotes de la Lufthansa font aussi connaître leur mécontentement par la grève. Tout ne peut pas être rose outre Rhin, tout de même !


A QUOI SERT – ELLE ?

                          Burj_Dubai_2
Lampe à huile

Sortons un peu  des miasmes de la politique hexagonale pour aller voir ailleurs. Le tapis magique du calepin nous transporte au Moyen-Orient, au pays des génies cachés dans les lampes à huile. Manifestement, le seigneur de Dubaï en a fait sortir un de sa cachette et celui-ci a exaucé son vœu le plus fou : bâtir une tour de 800 m de haut !

Et le miracle a eu lieu. C’est le « gratte-ciel » (on en peut pas dire mieux) de tous les superlatifs avec ses 828 m de hauteur. Pour commencer, il est évidemment, le plus haut du monde. Mais il cumule bien d’autres records : édifice avec le plus grand nombre d'étages, étage occupé le plus élevé, ascenseur avec le plus grand trajet et le plus rapide, plus haut point d'observation du monde.

L'intérieur de la tour sera majoritairement réservé à des logements. Sur les 162 étages, Burj Dubai comprendra 1044 appartements sur près de 84 étages. « The Residence » comprend 900 appartements de toutes talles : studio, une, deux, trois ou quatre pièces. Les 144 Résidences Armani, de une à deux chambres, seront des appartements hôteliers haut de gamme aux finitions soignées. Tous les résidents auront accès à un supermarché, le Market Store, et à un service de conciergerie et de voiturier. Au total, 12 000 personnes devraient vivre et travailler dans Burj Dubai. Les premiers doivent y emménager en février 2010.

Comment vivre dans une tour de verre construite en plein désert ? Cette équation technique a été résolue par les architectes au prix de ce que certains pourraient qualifier de gâchis environnemental. Au quotidien, le système de climatisation de Burj Dubai aura besoin de 946 000 litres d'eau. Les jours de grande chaleur, ce chiffre équivaudra à 10 000 tonnes de glace. De plus, le climat chaud et humide de Dubai crée un inévitable effet de condensation dans les bâtiments vitrés. L'eau recueillie par des canalisations sera stockée dans un réservoir au sous-sol. Ce qui représentera 66 000 mètres cubes d'eau par an, soit 20 piscines olympiques.

Dessinée par un cabinet d'architecture de Chicago, Burj Dubai possède la forme de la fleur Hymenocallis. La tour est composée de trois éléments disposés autour d'un noyau central, comme les trois pétales de la fleur. Le bâtiment, qui ressemble à un Y géant, est censé ainsi résister aux contraintes météorologiques. 

Quel est l’intérêt d’un tel projet ? Manifester une toute puissance à la face du monde : elle risque bien d’être éphémère, et l’on se demande ce qu’il en sera advenu dans un siècle : peut-être quelque chose à l’image de ces villes fantômes de l’Ouest américain après la ruée vers l’or. Au moment où l’on parle de lutter contre le réchauffement climatique, il apparaît comme un pied de nez des rois du pétrole à la face du monde.

Insensé et vertigineux dans tous les sens de ces deux termes !

J'allais oublier l'essentiel : sans une aide d'urgence de 10 milliards de dollars accordée par l'émirat d'Abu Dhabi, la "Dubaï World" n'aurait pas pu honorer ses créances. Autrement dit, c'était la faillite. Bah oui ! On comprend mieux...



PEUT-ON REORIENTER LE CAPITALISME ?

DiscoursPM

 

C’est la question qui était posée en filigrane du colloque « Nouveau monde – nouveau capitalisme » organisé par la Gauche Moderne d’Eric Besson.

 

Depuis le début de la crise, sous l’impulsion de Nicolas SARKOZY, la France se bat pour la moralisation du capitalisme. Elle a été à l’initiative du G20 pour que les pays émergents ne soient pas mis à l’écart. Elle a soutenu les efforts de rénovation du FMI pur que son rôle soit élargi, et elle est à la manœuvre pour que soient mises en place une nouvelle régulation financière.

  

La Ministre de l'Économie, Christine Lagarde, vient de confirmer la mise en place d’une taxe exceptionnelle sur les bonus qui sera appliquée dès la fin du premier trimestre 2010. Ce texte prévoit de taxer à hauteur de 50 % tous les bonus, réalisés par les opérateurs de marché payés depuis la France, indépendamment des modalités et du calendrier des versements. La création de cet impôt exceptionnel,  prélevé sur les  bonus,  est une mesure de bon sens, d’équité et de justice, eu égard à l’intervention des finances publiques au  secours du système bancaire. Il est légitime, puisque les profits sont de retour dans de nombreux établissements bancaires et financiers, que les Français soient directement associés à ces résultats positifs. Cette taxation devrait en effet générer une rentrée de 360 millions d'euros, dont 270 millions seront consacrés à alimenter le Fonds de garantie des dépôts pour renforcer la sécurité des déposants.

De son côté,
en clôturant le colloque « Nouveau Monde, Nouveau Capitalisme », le 8 janvier, le Premier Ministre, François FILLON,  a appelé les Etats à « réorienter » le capitalisme et à éviter à tout prix le retour des mauvaises habitudes en créant « une nouvelle règle du jeu mondial fondée sur la coordination des politiques économiques ». « A présent, notre priorité doit être de conjurer l'économie de bulle et d'éviter à tout prix le retour au business as usual », a-t-il déclaré, en adressant une mise en garde contre le retour de la spéculation financière et immobilière, et refusant que la finance prenne une « position hégémonique sur la production ». « L'endettement des pays développés et la structure du bilan des banques sont devenus tels que tout nouveau sauvetage en haute mer devient matériellement impossible, et nous ne disposerons donc plus de parade efficace pendant de nombreuses années. Face à ces dérives, une éthique et une philosophie du capitalisme mondialisé émergent. Elles consistent notamment à résister aux tentations du laisser faire et à la fascination des modes et des mythes. Cette volonté de résistance, je ne la dissocie pas des valeurs gaullistes qui fondent mon engagement, cette synthèse entre efficacité économique et justice sociale, dans laquelle l'Etat joue un rôle d'arbitre entre les impératifs du long terme et les pulsions du court terme,» a-t-il continué.

   

François Fillon, pointant du doigt les « poisons et délices » du capitalisme qu'il faut conjurer veut réhabiliter « la responsabilité, la transparence, l'éthique » dans l'économie, a rappelé les avancées récentes :

- sur la régulation des bonus distribués aux opérateurs de marché, le G20 de Pittsburgh avait repris les positions françaises;

- dans la lutte contre les paradis fiscaux, de nombreux pays ont décidé de mettre fin au secret bancaire et il sera « difficile aux récalcitrants de revenir en arrière ». Le G20 a décidé que des sanctions pourront être adoptées à partir de mars 2010 contre les Etats qui violent les règles internationales ;

-  sur la régulation des banques, François Fillon a rappelé les progrès réalisés en France : création d'une autorité unique de contrôle des banques et des assurances, dotée notamment de nouveaux pouvoirs leur permettant de sanctionner les politiques de rémunération qui conduisent à une politique de prise de risque inconsidérée.

D’autre part, les systèmes de protection des épargnants seront renforcés grâce à une taxe assise sur les bonus, a également rappelé François Fillon.

Pour ne pas retomber dans la routine des égoïsmes nationaux, le Premier Ministre propose de « créer une nouvelle règle du jeu mondial fondée sur la coordination des politiques économiques ». « Il n'est pas possible que la prospérité repose durablement sur les déficits abyssaux des uns et les excédents de balances de paiement des autres. Il est donc impératif de mieux se coordonner dans au moins trois domaines » et de :

- faire en sorte que les parités monétaires reflètent davantage les fondamentaux économiques. Pour François Fillon, il serait souhaitable, dans cette optique, d'intégrer la régulation des marchés de change dans l'agenda du G20 ;

- coordonner les stratégies nationales d'assainissement des finances publiques. « Le risque est réel de voir certains pays aller trop loin dans les déficits », a-t-il souligné ;

- poursuivre les efforts menés dans le cadre de l'OMC pour limiter les barrières protectionnistes et développer les accords de libre-échange ;

- raffermir les enceintes de coordination des politiques économiques : G20, FMI et Banque mondiale, ces deux derniers étant dotés de vrais pouvoirs d'évaluation et de régulation et représentant mieux les pays émergents. « En novembre 2008, a-t-il rappelé, la France a obtenu que, pour la première fois de son histoire, le G20 se réunisse au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement ».  Le sommet de Pittsburgh a depuis confirmé l'institutionalisation du G20 comme instance de pilotage de l'économie mondiale.

  

« Ce que je crois, c'est qu'un nouveau capitalisme fondé sur une éthique de progrès est possible », a-t-il poursuivi, rejetant les nouveaux dogmes de la décroissance, une vision « illusoire, rétrograde et pour tout dire défaitiste ». Le  grand emprunt national va dans ce sens. « Ce goût de l'avenir, c'est à 27 qu'il faut l'avoir », a conclu François Fillon, appelant l'UE à « initier une vraie politique de croissance » et les Etats membres à mettre sur pied un « véritable gouvernement économique européen sans lequel aucune coordination des politiques, ni aucune réassurance des chocs internes ou externes de la zone euro ne peut exister ».

 


COPENHAGUE : 15 JOURS POUR LA PLANETE


Copenhague

Sans tomber dans le discours catastrophiste, force est de constater que le changement climatique est en marche. L’évolution est même si rapide qu’elle est désormais palpable à l’échelle du temps humain, et c’est ça le plus inquiétant. Nous assistons à une accélération d’un phénomène qui ne dépend pas que de l’Homme. En effet, il est facile de constater que le niveau des mers a monté depuis l’Antiquité : le port antique de Marseille où d’Alexandrie en sont des exemples mesurables. Depuis la dernière glaciation, il y a 20 000 ans, la Terre s’est constamment réchauffée. De ce fait nous nous rapprochons inexorablement de la prochaine. Simplement, à cause de l’effet de serre qui se renforce par le gaz carbonique et le méthane que nos activités dégagent, la part de l’homme s’est considérablement renforcée et contribue à accélérer le phénomène à un rythme qui ne permet pas à la planète de s’adapter. Voilà l’enjeu.

A Copenhague, il ne s’agit pas d’empêcher un phénomène naturel qui correspond au mouvement de la Terre et à sa situation dans l’espace, à un rythme qui dépasse l’échelle humaine par sa lenteur, un espace temps qui n’est pas le nôtre. Il n’est question que de notre propre misère : serons-nous capables, nous, les Hommes, tous ensemble, de faire l’effort suffisant pour préserver la planète et la laisser vivre à son rythme naturel en réformant nos modes de vie et rendre notre empreinte écologique compatible avec ce qu’elle peut nous offrir.

Si nous ne sommes pas capables de nous entendre, alors de graves périls menacent le genre humain et la biodiversité, d’une manière générale, et à cela à court terme. Les signaux sont nombreux : fonte accélérée de la calotte arctique, incendies en Australie, désertification accrue en Afrique, multiplication des tempêtes tropicales toujours plus dévastatrices et peut-être jusqu’à des phénomènes météorologiques jamais connus comme celui qui pourrait être à l’origine de l’accident de l’Airbus Rio-Paris au-dessus de l’équateur. Entendons-les !

Car le réchauffement climatique a déjà un coût : celui des dégâts que les tempêtes occasionnent, des adaptations des cultures au changement du temps, celui des migrations humaines de réfugiés climatiques qui seront toujours plus nombreux….

La France n’est pas parfaite, mais elle fait partie des pays qui font des efforts et qui montrent l’exemple. L’Europe est présente avec un « paquet  commun » de négociation. Les Etats-Unis semblent enfin bouger dans le bons sens grâce aux efforts de Barak Obama. Mais les pays pauvres qui n’ont pas les moyens, les pays émergents qui veulent leur part d’accès au développement, la Chine dont les propositions ont toutes chances d’être annihilées par la masse de ses « consommateurs », présentent autant d’écueils que la mer d’Iroise. Une seule évidence : rien ne se fera de déterminant qui ne soit commun à tous. Les solutions ne sont pas nationales ni continentales, elles seront planétaires où ne seront pas.

Copenhague, c’est Kyoto à la puissance 10 !



LA FIN D’UN MONDE

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Laissons Archibald à ses excès et revenons aux choses sérieuses.

Qu’elle était émouvante cette cérémonie hier soir, à la porte de Brandebourg ! Et quel plus beau symbole, vingt ans après, l’Allemagne pouvait-elle nous offrir que celui de cette femme, récemment réélue confortablement à sa tête, Angela MARKEL, issue de cette Allemagne de l’Est que le totalitarisme communiste voulait enfermer derrière son mur et ses barbelés !

C’est un message de confiance que nos recevons de l’Allemagne réunifiée. Pourtant, en ce 9 novembre 1989, quand nous vîmes devant nos yeux éberlués le peuple de l’Est pousser la muraille et déferler à l’ouest, à la joie que nous ressentions se mêlait une sourde inquiétude : et si la grande Allemagne reconstituée choisissait « l’Ost politique » ? Nous ne savions pas sur quel monde débouchait cet évènement historique. Il annonçait en fait l’écroulement de tout l’empire communiste qui gravitait autour de l’URSS. La Pologne avait joué le rôle d’éclaireuse de la route. Le putsch d’Eltsine à Moscou en fut le prolongement logique. Le "rideau de fer" avait vécu ! L'Europe n'était plus coupée en deux ! C'était la fin de l'affrontement des deux blocs et de l'équilibre de la terreur. Mais en même temps cette victoire du monde occidental nous faisait peur !

Nous attendions de la disparition de la ligne de démarcation la naissance d’une confédération germanique. Erreur : ce fut l’absorption de la feue RDA par la démocratique et prospère RFA. Nous avions sous-estimé l’état de délabrement dans lequel se trouvait la république communiste, son économie ruinée, un peuple paupérisé. Ainsi l’Allemagne réunifiée réinstalla sa capitale à Berlin, mais garda la solide démocratie établie à Bonn. Ses dirigeants, et il faut saluer le choix décisif du Chancelier Kohl, l’ancrèrent dans l’Europe en construction. Les liens établis avec la France depuis le Général De Gaulle et le Chancelier Adenauer, jamais démentis ensuite, faits de complicité entre les dirigeants et de complémentarité entre les deux pays, jouèrent sûrement un rôle majeur.

La réunification coûta très cher aux allemands de l’Ouest : une augmentation de 7% des impôts permit de faire déferler 150 milliards de Marks pour reconstruire les lands de l’Est. Malgré cela, un écart considérable existe encore, même si aujourd’hui, les différences culturelles sont pratiquement gommées. Certains ont la nostalgie de ce monde simple où l’Etat prenait tout à sa charge en échange du sacrifice de la liberté. Le chômage explique en partie ce regard que les Allemands démunis jettent sur leur passé, et la crise n’arrange rien. L’essentiel, c’est qu’aujourd’hui personne ne remet en cause l’appartenance à une seule nation. L’essentiel c’est que l’Allemagne d’Angela Merkel soit restée un pilier de l’Europe et contribue pleinement à son devenir.

Les prophètes de malheur se sont trompés. L’Allemagne n’a pas changé de nature en se réunifiant. Nous gardons à l’esprit ce message très fort du 9 novembre 1989 : le désir de liberté triomphe des régimes les plus cruels et des barrières les plus sophistiquées, car il n’y a rien de plus terrible que d’empêcher un être humain de penser !



UN AN APRES

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Il y a un an, Barak Obama était désigné Président par le corps électoral américain, au terme d’une campagne brillante au rythme du « Yes, we can » scandé sur tous les airs. Un immense espoir a alors traversé la planète. Elu alors que la tempête soufflait déjà bien fort, il faudra attendre quatre mois avant que son accession au pouvoir soit effective. Il fit voter dans la foulée un plan de relance conséquent et entreprit les réformes annoncées.

Aujourd’hui, les américains découvrent qu’ils n’ont pas élu un magicien, mais un homme. Il doit gouverner un pays en pleine tourmente et avant qu’il ne commence à recueillir le fruit de ses efforts, on s’empresse de lui mettre des obstacles en travers du chemin. C’est que pour l’habitant du Michigan, que son pays soit sorti de la récession dès le mois d’aout dernier avec un taux de croissance plus fort que prévu importe peu : il voit la déconfiture de l’industrie automobile et les emplois qui s’évaporent avec. Il en va ainsi de tous les peuples de la planète.

Obama est-il condamné à l’échec ? C’est aller un peu vite en besogne. D’abord il est beaucoup trop tôt pour juger sa politique. Gouverner les Etats-Unis, c’est une autre paire de manches que gouverner la France. Ce pays extraordinairement complexe, individualiste ou même dans le camp démocrate, on compte des conservateurs, ne se laisse pas facilement mener, surtout si le Président est suspecté (à tort) de « socialisme ». Du coup, la réforme de la santé avance péniblement, bien qu’il ait la majorité dans les deux assemblées. Et c’est vrai, l’élection de deux sénateurs républicains en terres démocrates sonne comme un avertissement alors que l’année prochaine auront lieu des élections de mi-mandat… Déjà !

Relativisons : le Président Obama n’a que huit mois d’exercice effectif du pouvoir ! Avec la meilleure volonté du monde….



OUF !

Drapeau européen 


L’Irlande a voté « oui » et le score (67%) efface complètement le « non » qui avait tout bloqué il y a un peu plus d’un an et demi. Cette fois-ci les motivations étaient inverses, en raison de la crise. Mais peu importe. L’évolution constitutionnelle inscrite dans le traité de Lisbonne est de nouveau sur les rails. Reste un écueil, celui du Président tchèque, esseulé, qui refuse toujours de signer le traité pourtant ratifié par son parlement, et qui cherche à gagner du temps en espérant une victoire des conservateurs britanniques au printemps prochain. Une course contre la montre est donc engagée pour faire entrer le nouveau traité en application dès le début de l’année prochaine.

Il est important que l’Europe soit relancée, et cerise sur le gâteau, au moment où l’on va fêter le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Tout un symbole. Ce "oui" pourrait clore enfin un chapitre institutionnel qui n’a que trop duré. Il se sera écoulé 15 ans depuis le traité de Maastricht.

Que peut-on attendre de la « nouvelle Europe » ? Nos concitoyens n’imaginent certainement pas quel changement fondamental le traité apporte : c’est l’assurance d’une place sur la scène mondiale autrement plus crédible qu’actuellement, même si, grâce au volontarisme de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, elle a beaucoup plus parlé d’une seule voix qu’auparavant, à l’occasion de la crise. Demain elle offrira un tout autre visage  avec un vrai exécutif et une vraie gestion commune des « affaires étrangères ». C’est sans commune mesure avec la situation actuelle : un président élu pour deux ans et demi, un ministre des affaires étrangères qui ne dit pas son nom mais qui en aura les prérogatives. L’Europe qui s’annonce ce sera aussi plus de démocratie avec un parlement aux pouvoirs renforcés, et plus de réactivité grâce à des décisions plus rapides.

Bien entendu, le grand marchandage est probablement déjà commencé pour trouver un accord sur les deux postes à pourvoir et les personnalités compétentes pour  les occuper ne manquent pas.

L’année 2009 se termine donc sur une bonne nouvelle. Nous devrions en être d’autant plus satisfaits, nous Français, que notre Président n’est pas pour rien dans la décision de procéder à un deuxième referendum irlandais. Mais bon, notre opposition est coite dans ce cas-là !



ONU SOIT QUI MAL Y PENSE

ONU

     

Je reviens sur l’assemblée générale de l’ONU, quelque peu éclipsée par l’intensité de l’actualité, qu’elle soi politique avec le G20, ou bassement terrestre avec le cortège des catastrophes climatiques qui s’abattent ici et là.

            

L’ONU, ce big bazar de la paix mondiale (en principe), vient de nous offrir un spectacle comme rarement vu. Doit-on attribuer le cortège des dictateurs à la tribune à la mollesse de l’actuel Secrétaire Général, Ban Ki-Moon ?  On peut en effet se poser la question de savoir s’il est normal que des dictateurs arrogants comme Mahmoud Ahmadinejad ou Mouammar Kadhafi puissent venir faire leur numéro de provocateurs à la tribune même de l’assemblée mondiale. Choquant ! Mais qu’est-ce qui ne l’est pas en ce bas monde où la mondialisation brasse les valeurs au même rythme que les monnaies.

                            

Mais, la noble assemblée a vu aussi parader Hugo Chavez, président du Vénézuela, élu à vie (ben voyons !), dont le passe temps favori consiste à supprimer méthodiquement les libertés dans son pays. Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La vérité, c’est que notre époque voit la liberté reculer dans beaucoup d’endroits, parfois après avoir progressé. Et ce n’est pas un hasard si les dictatures reviennent en force.

                           

S’il fallait dresser le tableau des pays concernés, il serait consternant : du Gabon, au régime birman, russe, chinois au soudanais, qui maltraitent leurs minorités, du Zimbabwe aux pays arabes qui n’hébergent aucune démocratie digne de ce nom,… les dictatures prolifèrent sures de leur invulnérabilité. Ce qui les rend de plus n plus dangereuses !

                       

Comment traiter sereinement le cas de l’Iran, dans ces conditions. L’ONU étant impuissante et dépassée, ce sont Les Etats-Unis, Le Royaume Uni et la France qui font les gros yeux. Ce à quoi le régime des Mollahs répond par un pied de nez en lançant plusieurs missiles de longue portée. Il ne faudrait pas, parce nous sommes accablés par la crise, qu’au nom de la survie, nous soyons amenés à fermer les yeux pour avoir la paix. Le renoncement serait la pire des choses que nous paierions très cher ensuite. Si bras de fer il doit y avoir, il faut aller jusqu’au bout. C’est alors qu’on voit bien la difficulté : pourquoi tolérer ici et pas là ! La menace de rayer un pays de la carte du monde est-elle l’argument décisif ?

                                             

L’Histoire retiendra peut-être que les années 2005-2010 présentent des similitudes avec les années 35-40 du siècle dernier. Raison de plus pour de pas rééditer les mêmes erreurs face aux dictatures. Il est grand temps que les démocraties affrontent la montée de l’intolérance, de l’obscurantisme et de la violence.

 




ANGELA, MAIS QUEL TALENT !

 

Angela_Merkel

 

Conformément aux prévisions des sondages, Angela MERKEL a remporté les élections en Allemagne et prolongera son bail de Chancelière. Elle appelait de ses vœux la fin de la « grande coalition » avec le SPD : c’est chose faite. Elle est en mesure de créer une majorité avec les Libéraux, ce qui est plus logique politiquement. Mais l’important, c’est que l’Allemagne garde la même patronne. L’érosion de la CDU est manifeste, mais moins forte que celle du SPD, dont l’électorat a été davantage rongé sur sa gauche par « Die Like » et les verts. La victoire elle la doit à sa popularité, même si probablement quelques électeurs conservateurs ont boudé les urnes. Le taux d’abstention inhabituel outre Rhin, bien que la participation ait dépassé 70%, est dû en partie à ce phénomène et à une déception de la gauche modérée que le rival d’Angela n’a peut-être pas réussi à mobiliser. Et puis la crise est passée par là !

                    

Au Portugal, même chose : les sondages annonçaient une victoire sans bavures du socialiste José SOCRATES. L’échec de son parti aux européennes est effacé. Le centre droit n’a pas réussi à reprendre le pouvoir. Là encore, le bloc de gauche et la droite conservatrice progressent au détriment des deux grands partis de gouvernement.

          

La conclusion qu’on peut tirer de ces deux résultats, c’est que les électorats préfèrent tenir que courir. Les plans de relance profitent aux gouvernements en place, et dans la tourmente économique, on préfère garder les mêmes au gouvernement. De ce point de vue, c’est plutôt une bonne nouvelle pour l’Europe. Après tout, quel que soient les bords politiques des chefs de gouvernement, ils ont tous tiré dans le même sens et réussi la première phase stratégique qui était d’éteindre l’incendie. Il n’est donc pas anormal qu’ils en tirent bénéficie. Il n’est pas mauvais non plus que le même personnel puisse continuer à travailler de conserve, pour la suite des évènements. On peut considérer que ces deux résultats sont donc deux bonnes nouvelles pour l’Europe.

 

 


LE G 20 FACE A LA « SORTIE DE CRISE »

S’il est une certitude face aux interrogations actuelles sur la « reprise de la croissance », c’est bien que le pire a été évité. Face à l’effondrement de l’hyperfinance, la chute de la production industrielle, la contraction du commerce mondial et la descente aux enfers des bourses, les gouvernements ont réagi  sans mégoter en faisant déverser par les banques centrales des milliers de milliards de dollars, de yens de yuans et d’euros pour éteindre l’incendie ; et ils y sont arrivés. L’été semble même confirmer le scénario d’une « fin de récession ». Pour autant, tous les paramètres ne sont pas encore au rendez-vous pour qu’on tienne pour acquis le retour de la croissance.

                  

Car la crise actuelle n’est pas encore dépassée. Le retour des mauvais comportements des banques qui reprennent leurs mauvaises habitudes, surtout outre atlantique, en est le signe le plus révélateur. Elle est du type de celles qui changent le monde et l’on voit bien qu’il faudra trouver de nouveaux équilibres autres qu’une croissance calée sur l’endettement américain.

      

Le G20 a donc du pain sur la planche : régler les égarements financiers en trouvant les outils d’encadrement et de régulation du capitalisme financier. Et pour soigner la crise économique qui en a découlé, il devra trouver le chemin qui permette à la demande privée de prendre le relais de l’argent public largement déversé, sachant que le creusement des dettes publiques va imposer tôt au tard des politiques de rigueur. Equilibre subtil entre l’ajustement des budgets et des taux pour stimuler à la fois la confiance des consommateurs sans inquiéter les marchés.

        

Mais la crise est aussi structurelle. Pour bâtir ce nouveau monde solidement, l’Amérique doit épargner, la Chine se consacrer davantage à sa croissance intérieure et il faudra encore du temps pour que l’économie de l’Asie tire celle du monde en remplacement du gros moteur américain.

    

La crise a enfin des dimensions intellectuelles, voire idéologiques : la mondialisation libérale creuse les inégalités dans les pays riches du Nord, et surtout y malmène les classes moyennes et rompt le pacte social du progrès de génération en génération. Les pays du Sud n’en veulent pas parce qu’elle est le modèle « occidental »… Autrement dit une guerre des capitalismes menace. C’est bien pourquoi Nicolas Sarkozy a tenu à ce que les pays émergents soient associés aux solutions. L’impact de pays comme le Brésil ou l’Inde est loin d’être négligeable. Une nouvelle répartition des richesses en découlera, aussi bien nationales qu’internationales, dont on ne connaît pas aujourd’hui bien évidemment la clé de répartition. Il y faudra encore plusieurs G20. Néanmoins, si l’on répond à ces trois préoccupations : crise financière et économique,  crise structurelle, crise idéologique, alors la vraie reprise pourra être au rendez-vous.

                 

En entraînant toute l’Europe dans son sillage et en proposant une réforme du FMI qui prenne en compte peu ou prou ces trois dimensions, la France montre une fois de plus qu’elle a encore un rôle éminent à jouer dans l’organisation de notre vaste monde.

 


LA GUERRE DES « BONUS » EST COMMENCEE

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La guerre contre les bonus ne fait que commencer. Et c’est Nicolas Sarkozy qui l’a déclenchée. D’abord en convoquant les banquiers pour leur signifier la ligne de conduite à tenir pour ne pas s’attirer les foudres de l’Etat. Il est vrai que les banques ne manquent pas d’air : après avoir largement contribué à la récession, elles n’en continuent pas moins avec les mêmes méthodes, malgré le risque d’enrayer la reprise économique, comme si le « trading » était le seul moyen de faire des profits. S’il est vrai que c’en est un, en fait elles craignent d’être privées de cette technique d’enrichissement à laquelle les banques étrangères continueraient de recourir. Voilà pourquoi Notre Président, qui l’a bien compris, a décidé d’en faire un cheval de bataille pour le G20 qui se réunira à Pittsburg, à la fin du mois.

Pour ce faire, il s’est d’abord assuré du soutien d’Angela Merkel, ce qui semble ne pas avoir posé de problème. Plus inattendu c’est le renfort que Gordon Brown apporte au front franco-allemand. On peut donc s’attendre à une position forte de l’Europe, comme le souhaite le chef de l’Etat.

Derrière le problème des bonus, se profile celui de la régulation du capitalisme mondial. L’enjeu est donc essentiel. L’idée en vertu de laquelle il faudrait séparer les activités bancaires ordinaires et les « initiatives risquées » du trading fait son chemin. On sait très bien qu’on ne pourra jamais empêcher les variations infinies du principe du crédit et du loyer de l’argent dans un système qui s’est fondé empiriquement. L’Europe va donc s’attaquer au fondement d’un système en tentant d’imposer une discipline qui ne sera pas forcément appliquée par les Etats-Unis et le reste du monde. Il s’agit de faire en sorte qu’une banque qui gère les comptes de milliers de clients ne puisse pas jouer au poker tous les jours.

Nicolas Sarkozy ne manque pas de courage dans cette affaire. On connaît sa détermination et il espère bien obtenir de Barak Obama des gages, bien que celui-ci ait molli devant les grandes banques américaines : les Etats-Unis et la France, ça fait deux ; les coutumes et la conception du rôle de l’Etat n’y sont pas les mêmes.

Par ailleurs, et ce n’est pas innocent, Eric Woerth, notre « argentier » national, a publié une liste de 3 000 personnes qui ont un compte clandestin en Suisse. Les intéressés ont quatre mois pour se mettre en règle avec le fisc et régulariser leur situation. Les nouvelles règles internationales de transparence ont du bon ! Ceux qui dénonçaient, il y a encore peu, le goût de Nicolas Sarkozy pour l’argent sont pris à contre-pied. On peut aimer l’argent et en même temps montrer qu’on n’en est pas esclave. On peut mettre en place un bouclier fiscal parce que c’est juste, et poursuivre en même temps ceux qui ne jouent pas le jeu.

Enfin, sur un sujet aussi important, on attend encore ce que le Parti Socialiste, soi-disant ressuscité, propose sur le sujet. Les critiques qu’il continue d’adresser au gouvernement ne sont pas plus substantielles qu’avant. Pire, s’ils étaient au pouvoir, les socialistes n’en feraient sûrement pas autant, ni sur les bonus, ni sur les capitaux frauduleusement exilés !

 

 


IRAN, IRAN…RANPATAPLAN !


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L’Iran n’a de démocratie que le nom. Le voile est tombé. La démocratisation et le retour à un régime de vraies libertés ne sont pas pour demain. Le candidat qui dénonce le résultat du scrutin, et qui se présente comme réformiste, Mir Hossein Moussavi est un ancien premier ministre qui a servi le régime des Mollahs. Son élection aurait-elle changé quelque chose ? Sur le plan intérieur de l’Iran, on aurait probablement assisté à quelques évolutions dans l’application d’un islam moins radical sur le plan des moeurs. Mais pour le reste, on peut se poser la question, notamment de la position qu’il aurait eue face au changement profond de l’attitude américaine et sur le dossier nucléaire. C'est "burqa noire" et "noire burqa" ! Car, il ne faut pas se méprendre, l’élection ne mettait pas en concurrence des soutiens au régime face à des candidats qui auraient souhaité s’en affranchir. Tous se réclamaient de la continuité d’une théocratie qui ne revêt les habits de la démocratie que le temps d’une élection. Et encore, découvre-t-on que même là, les dés sont pipés.

 

Ahmadinejad a joué la carte du populisme. Malgré son incompétence économique, il a probablement bénéficié d’un fort soutien populaire chez les pauvres. Et si sa victoire massive est suspecte, la majorité qu’il a obtenue ne peut pas être expliquée uniquement par la fraude. La vérité c’est que l’Iran n’est pas mûr pour le changement, en tout cas, tel que nous le concevons, nous occidentaux. Ce changement ne peut pas venir de l’application d’une démocratie tronquée. Il faudrait une nouvelle révolution qui fasse disparaître le pouvoir des ayatollahs. Or aucun candidat n’a fait campagne contre la nature du régime et le nucléaire. Aucun n’a mis en cause Ali Khamenei. D’ailleurs, les manifestants pro-Moussavi, crient leur colère au nom de l’Islam et d’Allah…

 

L’Iran va connaître une épuration au nom des menaces qui pèsent sur lui : un pays isolé par la politique de son Président, qui est lui-même directement responsable de cet isolement, une classe politique déchirée…Voilà pourquoi Moussavi n’a aucune chance d’obtenir l’annulation du scrutin qu’il réclame. La voix des émeutiers sera tôt ou tard étouffée par les milices, polices et gardes diverses inféodées aux barbus à turban. Il est désormais interdit de la « khameney » (ramener) !

 

Deux conséquences : sur le plan intérieur, il est possible que la cassure entre la population et le régime subsiste. On a l’impression que le peuple iranien a saisi cette occasion pour chercher l’oxygène dont il manque, asphyxié par la chape de plomb d’un régime tyrannique qui contrôle la vie quotidienne jusque dans les moindres interstices. On peut penser que la révolte est profonde : les jeunes et aussi leurs parents sont dans la rue. Elle met en pleine lumière les luttes internes entre les différents courants politiques du régime. C’est une guerre de mollahs dont le peuple semble profiter. Ira-t-il jusqu’à s’en affranchir ? Le terreau de la crise économique et la montée du chômage que le pays connaît pourrait y aider. "Mort au dictateur" est un cri révélateur qu'on n'était guère habitué à en entendre à Téhéran.

 

Sur le plan extérieur, la réélection d’Ahmadinejad pose un problème grave à Obama. Elle donne un coup d’arrêt à « l’ouverture » prônée dans le discours du Caire et  que le régime iranien rejette. Elle renforce le clan des faucons israëliens et sera critiquée évidemment par les Républicains américains qui auront beau jeu de crier à « l’angélisme ». Il faudra donc que le président américain rassure son opinion et qu’il montre  sa capacité à brandir le bâton. D’ailleurs, sur injonction du congrès, c’est ce qu’il a commencé à faire.

 

Autrement dit, dans un avenir prévisible, l’Iran va maintenir son cap, avec son cortège de provocations et de double langage pour camoufler son intention véritable sur le nucléaire. Il faut donc s’attendre à un durcissement des termes du dialogue entre les Occidentaux et ce pays, tout en ménageant les pays arabes que la bombe iranienne terrifie…



                                                                 

 


BENOITEMENT !

 -BentoXVI                                             


Avec leur myopie habituelle, les médias n’ont pas rendu compte du voyage  de Benoit XVI au Proche Orient, avec la dimension que l’importance de l’événement aurait dû leur inspirer. Car c’est un voyage qui fera date aux yeux de l’Histoire. C’est un pape angélique en trompe l’œil qui a parcouru la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens.  Il a mis l’accent sur les « valeurs communes » aux trois religions, certes, mais c’est en vrai « politique » qu’il a abordé les problèmes locaux : favoriser la paix entre Israël et les territoires palestiniens ; pousser à la création d’un état palestinien ; conforter la présence des chrétiens dans la région alors qu’ils sont de plus en plus faibles numériquement et souvent persécutés. 

Evidemment, le dialogue interreligieux avec les musulmans puis avec les juifs étaient au cœur de son voyage. Le signe le plus fort en aura été à Nazareth la prière de paix commune avec les représentants de toutes les religions et l’image du pape tenant la main d’un rabbin et d’un dignitaire druze un des symboles de ce voyage. Elle relayait ainsi un autre symbole fort, celui de la visite au Dôme du Rocher, sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, démontrant par la même occasion la confiance rétablie entre des élites musulmanes et le Vatican.

Très politique aussi, la position qui a consisté à mettre en équilibre « la sécurité d’Israël » avec « l’exigence d’un état palestinien » tout en condamnant « les terrorismes », le pape s’est bien gardé de trop insister sur la problématique du statut de Jérusalem, se contentant d’affirmer son rôle de « ville de paix, demeure spirituelle pour les juifs, les chrétiens et les musulmans »… tout en s’exclamant à Béthléem que « les murs peuvent être abattus », double référence au mur bâti par les israéliens et au mur de Berlin.

Un voyage, enfin qui permet d’effacer pour les juifs, le doute levé par la polémique sur l’évêque négationniste et pour les musulmans les effets désastreux du discours de Ratisbonne, dans lequel ils avaient cru voir une critique de l’Islam. Benoit XVI a montré aux Musulmans qu’il n’y a pas de guerre des « croisés » contre l’Islam et qu’il faut déconnecter la religion des problématiques géopolitiques des grandes puissances. Un moyen de faire oublier les accents religieux de la politique de Bush au moment où Obama arrive. Ce n’est pas le moindre des aspects d’un déplacement à l’angélisme trompeur.

 

                                                                  

                           

 


LA NOUVELLE EUROPE QUI NAIT


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Une nouvelle ère commence pour l’Europe. Pas seulement en conséquence de la crise. Aussi grâce à la nouvelle diplomatie américaine impulsée par l’administration démocrate de Barak Obama. La conférence de Munich sur la sécurité qui a préparé le sommet de l’OTAN en a montré les principaux axes : une Amérique qui écoute et consulte, une Russie moins tendue, un renforcement stratégique franco-allemand dont l’implantation d’un bataillon allemand à Illkirch, près de Strasbourg est le symbole.

Dans ce contexte, on comprend mieux le dessein stratégique du Président de la République. Le retour de la France dans le commandement intégré n’est pas un pari sur une européanisation de l’OTAN, comme certains l’ont dit, mais le souci d’accompagner une réalité. Il s’agit de renforcer l’Europe de la défense en consolidant le pilier européen de l’Alliance atlantique. 

N’en déplaise aux vieux gaullistes, au PS et au Modem, mais le « symbole fort » de la diplomatie française ressemblait plus à un mythe qu’à une réalité et l’exception française de « l’indépendance stratégique » un anachronisme depuis que les missiles du plateau d’Albion ont été neutralisés. Le « cul entre deux chaises » de la France au sein du « bras armé de l’Alliance » faisait au mieux « sourire » nos amis et présentait plus d‘inconvénients que d’avantages.

La France est l’alliée des Etats-Unis, cela personne ne le remet en question. Elle l’est encore davantage avec l’arrivée d’OBAMA aux affaires, qui partage notre vieille revendication de multilatéralisme sur les questions de sécurité. Et, on ne le répétera jamais assez, la France n’a jamais quitté l’OTAN, elle participe avec plus de 4 000 hommes à toutes ses opérations. Puisque Washington est favorable à une place plus grande pour le vieux continent, il est donc logique que notre pays reprenne tout son poids dans les décisions que l’OTAN va  devoir prendre en matière d’objectifs stratégiques, sur l’élargissement de l’Alliance, dans ses relations avec la Russie et en matière de lutte contre le terrorisme. Dans son sillage, c’est tous les autres pays européens de l’Union qui en profiteront. « L’européanisation » de l’OTAN n’est pas un mirage.

La grandeur de la France n’est pas bradée. C’est l’intérêt de notre pays de contribuer à l’émergence d’une politique européenne de défense suffisamment crédible et apte à instaurer une nouvelle ère de coopération de l’Atlantique à l’Oural. La force de l’Europe passe aujourd’hui par l’OTAN… en attendant qu’elle soit pleinement maîtresse de sa défense.

C’est donc la bonne décision au bon moment !


                                                                              


LA FIN D’UNE HEGEMONIE

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La réunion à Strasbourg du sommet de l’OTAN a attiré les projecteurs plus sur les manifestants dont la violence choquante nous a médusés que sur l’essentiel, c’est-à-dire la réunion des nations de l’Alliance et les décisions qui ont été prises. La présence de Barak OBAMA et le show auquel il s’est livré aura peut-être aussi contribué à escamoter ce qui, à mes yeux, est l’événement principal de ce début de printemps : la fin de l’hégémonie américaine sur le monde occidental.

C’est en substance, ce que le Président américain est venu dire à l’Europe, en reconnaissant les bienfaits de sa construction économique et politique, et surtout en lui annonçant que désormais, il faudra qu’elle assume pleinement son rôle, notamment en matière de défense et aussi de lutte contre le terrorisme. Traduisons : en clair, l’Amérique n’a plus les moyens d’assumer seule toute le charge, ni même le plus gros.

Ce n’est pas pour déplaire à notre Président qui souhaite que le retour de la France au sein de l’OTAN, soit l’occasion de renforcer la politique européenne de la défense. On aura pu mesurer, une fois de plus, la solidité de l’accord franco-allemand, la chancelière, co-invitante du sommet, ayant manifesté son adhésion à cette démarche. Et Barak OBAM ne s’y est pas trompé en saluant la volonté de leadership français au sein de l’organisation.

C’est un moment important de notre histoire commune qui se joue. De cette nouvelle distribution des rôles, va émerger une politique avec une dimension réelle pour l’Europe qu’il s’agisse des relations avec le nouveau continent, de celles avec la Russie ou l’Asie. Et l’OTAN étant faite pour agir au bénéfice de notre sécurité commune, il a bien fallu aborder les sujets concrets : l’Afghanistan et la lutte contre le terrorisme constituant la principale préoccupation du moment. Il fallait aussi désigner un nouveau Secrétaire Général, occasion d’un bras de fer avec la Turquie, qui a permis de vérifier que le tandem MERKEL-SARKO n’avait pas l’intention de se plier à des exigences inacceptables : M. RASMUSSEN a donc été désigné à l’unanimité… On aura découvert aussi que le Président américain souhaitait à tout prix une pacification des relations de son pays avec le monde musulman. C’est ainsi que l’on peut comprendre son souhait de voir entrer la Turquie dans l’Union. Il propose, mais l’Europe dispose. Car ni la France, ni l’Allemagne n’ont changé d’avis sur ce sujet.

Un espace sur la scène planétaire se dessine pour l’Europe. Il est grand temps qu’elle  l’occupe. Voilà un thème de campagne tout trouvé pour l’élection au Parlement européen du 7 juin prochain.

 

                                                                                   




NOUVEAU MONDE ?

 

   Terre                                                                         

 

La réunion à Londres des 20 nations les plus importantes économiquement parlant de la planète a débouché, de l’avis de tous, sur des décisions qui changent la face du monde. Et à la satisfaction générale, ce qui n’est pas le moins étonnant.

Le nouvel ordre mondial se met donc en place. C’était prévisible pour ne pas dire attendu. D’une part parce que la crise des subprimes a causé à l’économie mondiale les dégâts que l’on sait, mais d’autre part, et surtout, parce que l’ancien modus vivendi était à bout de souffle. L’ère BUSH a soldé plus d’un quart de siècle de décadence américaine, celle d’une -toujours grande- puissance qui s’est voulue le gendarme du monde depuis la chute de l’empire totalitaire russe, qui s’est épuisée à l’imposer en s’endettant au-delà du raisonnable avec un déficit lui-même toujours plus profond. Il fallait remettre les pendules à l’heure. D’autant plus que dans le même temps la Chine, l’Inde, le Brésil et bien d’autres ont affirmé peu à peu, puis de plus en plus rapidement, leur essor économique. La Russie, commence à sortir de sa longue convalescence post-communiste et tient à occuper sa place dans le concert des grandes nations. L’Europe elle-même, plus ou moins émancipée de la tutelle du grand frère d’outre atlantique, a continué de se construire pour devenir une puissance non seulement économique mais politique, même s’il reste encore du chemin à parcourir.

Le monde qui émerge est donc multipolaire. Plus dangereux probablement, parce que moins prévisible, il n’en est pas moins un espoir pour beaucoup de peuples. Les décisions prises la semaine dernière montre assez bien que désormais nous vivons sur une même planète dans une communauté de destins. A l’aube de ce nouveau monde, les défis ne manquent pas : faire redémarrer l’économie, la priorité des priorités, aider les plus pauvres, mieux répartir la richesse… En choisissant d’empêcher fermement tout protectionnisme, les 20 ont tiré les leçons de la grande crise du XXème siècle. Ils ferment du même coup la porte aux tensions exacerbées qu’auraient fait naître le « chacun pour soi », et donc aux ferments de guerre. Cela permet de mieux identifier le principal péril qui nous menace : le terrorisme ! et peut-être d’envisager de faire front commun.

L’un des paradoxes de cette nouvelle situation, c’est de voir la gauche anglo-saxonne, ou américano-anglaise si l’on veut, s’affairer à réformer le capitalisme. OBAMA-BROWN, même combat ! C’est une chance de conjoncture politique comme l’histoire en offre peu. De ce fait, les choses ont probablement été plus simples : le rapprochement avec les positions de l’axe franco-allemand MERKEL-SARKOZY fait de pragmatisme chrétien démocrate et gaulliste-social, ne présentait pas de difficultés majeures.

Quelles règles vont régir ce monde naissant : celles qu’exigeait la situation. D’abord la mise sous surveillance de la « finance internationale » avec le contrôle des paradis fiscaux et des « Hedges founds » ; l’affirmation du libre échange confié à l’OMC pour empêcher le poison du protectionnisme de prospérer sur les égoïsmes nationaux ; le renforcement du FMI par l’attribution d’une enveloppe de 1100 milliards, la possibilité de procéder à des Droits de Tirages Spéciaux, de quoi subvenir au soutien des pays pauvres au bord de la faillite et satisfaire DSK. Les trois pieds du tabouret sur lequel nous sommes assis ! La finance qui est le nerf de l’économie, le commerce qui en est l’adjuvant, le social pour que ça profite au plus grand nombre : un peu caricatural comme schéma, mais il décrit bien une réalité évidemment complexe.

Bienvenue dans le XXIème siècle : celui de l’économie mondialisée et de la communication planétaire instantanée !


                                                                       



POLE NORD POSITION

 Arctique                                                                                 


La fonte de la calotte polaire s'accélère et, en même temps, la compétition pour le contrôle de fabuleuses richesses.

Ce nouvel eldorado aiguise les appétits des grands, Russie au premier rang, Etats-Unis, Canada, et des riverains, Norvège et Danemark, ce qui donne lieu à des revendications territoriales parfois surprenantes. Comme celle de la Russie qui réclame auprès de l'ONU, l'extension de son plateau continental qui lui permettrait de contrôler près de la moitié de la haute mer polaire.

Ce sont des enjeux considérables. Selon certaines études, le Pôle Nord contiendrait 20% des ressources énergétiques de la planète non encore découvertes. Près de 80% des réserves de pétrole et 90% des réserves de gaz et de charbon russes seraient situées dans la zone arctique. Le champ offshore de la mer de Barents renferme à lui seul 3 800 milliards de mètres cubes de gaz, soit la consommation de la France pendant 80 ans !

L'ouverture de nouvelles routes maritimes permettra une économie de distance de 40% entre l'Europe et l'extrême orient. Depuis longtemps, les routes aériennes passaient au-dessus du pôle Nord, désormais, nous aurons aussi les routes maritimes : un bateau, le Polarstern, a pu emprunter les passages du nord-ouest et du nord-est sans avoir à briser la glace.

Mais c'est aussi une menace écologique qui guette cette région du monde. Non seulement parce que la disparition des glaces va faire disparaître toute une faune et le réchauffement des eaux attirer certaines espèces comme morues et harengs avec les conséquences pour la pêche. Mais aussi parce qu'il faut craindre les pollutions qu'un trafic maritime en augmentation peut occasionner sur un écosystème sensible. Déjà les exploitations pétrolières existantes rejettent du dioxyde de soufre par la combustion des 200 000 mètres cubes de gaz brulés chaque jour par les torchères. Merci pour l'effet de serre et les retombées sur l'environnement ! Il y a aussi le H2S, hydrogène sulfuré, contenu dans le gaz et dont la moindre fuite sèmerait la mort en quelques minutes....

L'Europe a bien compris que la libération de l'océan arctique par les glaces, qui pourrait intervenir d'ici 2015 au rythme actuel de fonte, menaçait les grands équilibres de cette région du monde. Son rêve était d'instituer un statut international du même type que pour l'Antarctique. Mais la situation est très différente : à un océan entouré par des terres on ne peut pas appliquer les mêmes recettes que pour un continent très inhospitalier entouré de mers.

L'union européenne arrive aussi un peu tard. Elle s'est mobilisée grâce au combat de Michel ROCARD, qui vient de recevoir mission du Président de la République. Sous son impulsion, le Parlement européen plaide pour un statut international visant à protéger l'Arctique en préconisant une gouvernance multilatérale pour promouvoir “une exploitation durable des ressources” du Pôle Nord.

En attendant, l'Arctique reste un enfer blanc avec des températures qui oscillent entre -56° et +30°, où les conditions de vie restent périlleuses pour les hommes des industries qui s'y implantent. Qu'importe le coût, l'or noir n'a pas de prix !

 

                                                                      

 


OBAMA FAIT FACE


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Nous nous sommes habitués à la crise et plus rien ne nous étonne. Les mauvaises nouvelles ne nous émeuvent plus qu'il s'agisse de l'ascension inexorable du chômage partout dans le monde, des montagnes russes des cours boursiers, de l'incapacité des états à stabiliser les banques ou réformer leurs moeurs.

Dans ce contexte, il faut souligner le travail remarquable accompli par le Président américain. Même si son plan de 800 milliards de dollars n'a pas encore produit les effets escomptés, il ne lésine pas sur les moyens quitte à rallonger la sauce pour AIG ce qui en fait une institution pratiquement nationalisée. Qui l'eût cru au pays de l'Oncle Sam ?

En vérité on ne connaît pas le montant des actifs toxiques ce qui nous empêche d'évaluer la durée de la crise. D'où les initiatives prise pour en cerner les contours et éviter que toutes les fins de trimestre AIG, Citigroup, HSBC ou RBS défaillent en faisant appel aux fonds public.

Mais rien n'arrête Barak OBAMA dans sa volonté de redistribuer les cartes. Depuis son élection et sa prise de pouvoir, il a appliqué la totalité de ses promesses électorales. C'est vrai de son programme intérieur, ce l'est aussi de sa diplomatie, diamétralement opposée à celle de Georges W. BUSH. C'est une gestion des affaires étrangères qui tente d'apaiser les relations dans le monde, sans pour autant sombrer dans l'angélisme, comme on vient de le constater avec ses déclarations sur Al KAIDA.

Sur tous les fronts, la nouvelle marque est lisible : retrait des troupes d'Irak programmé, renforcement en Afghanistan, ouverture vers la Syrie, nouvelle approche de l'Iran, efforts en faveur de la paix entre Israël et la Palestine, nouvelle page avec la Russie.... A cet égard, les recoupements avec les positions françaises sont de bon augure et l'on comprend mieux dans quel environnement s'inscrit le retour complet de la France dans l'OTAN. Il faut souligner le travail remarquable de la Secrétaire d'Etat, Hillary CLINTON, réalisé au cours de ses récentes tournées en Europe et au Proche Orient. L'antiaméricanisme n'est pas mort pour autant, mais il a du plomb dans l'aile.

Mais, en même temps qu'il met en oeuvre des dépenses énormes pour sauver les banques et l'immobilier, pour créer des emplois et faire de l'environnement une source de prospérité, Barak OBAMA décide, dès aujourd'hui, de ramener le budget à l'équilibre en 2013. Quand on sait que le déficit est évalué à plus de 1500 milliards de dollars pour cette année (10% du PIB), on mesure la hauteur du défi. Au moins le nouveau président a-t-il le mérite de ne rien cacher des difficultés qui l'attendent, bien qu'il s'emploie à rassurer ses concitoyens en leur assurant qu'ils n'ont aucun souci à se faire pour leur épargne et leurs comptes en banque. C'est que la confiance, est l'une des premières conditions pour faire redémarrer l'économie.

Et la remise à plat qui concerne autant les militaires que le pentagone, la réforme indispensable du système de soins, l'importance de l'éducation et de son financement, le maintien en vie d'une industrie automobile moribonde, sont autant de chantiers qui vont susciter des résistances, des pressions, des récriminations ou des surenchères... Le Président a pour lui ses discours, son charme et sa prestance. Il n'a pas changé d'un iota depuis son élection. Mais on n'en est plus à s'en réjouir. Déjà sa cote de popularité connaît sa première baisse. En fait tout le monde souhaite qu'il réussisse, mais personne n'est sûr que ce sera le cas !

Sa principale chance, pour l'instant, c'est qu'il n'a donné aucune raison aux Américains de regretter leur vote. Bien au contraire.