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MACRON, PREMIER DE CORDEE D’UN ETAT OBESE

LES APPRENTIS SORCIERS CATALANS AU PIED DU MUR

 

 Carles puigdemont

Le président de l’Assemblée catalane, Carles Puigdemont, a proclamé le droit de la Catalogne à l’indépendance et annoncé en même temps qu’il se donnait du temps pour la déclarer. Le principe de réalité s’est imposé à lui et il a bien fallu qu’il fasse un pas en arrière. Voilà ce qui arrive quand on triche avec la vérité.

Une consultation truquée bâtie sur des mensonges.

La campagne pour l’indépendance  s’est déroulée en s’appuyant sur au moins cinq mensonges. On a d’abord voulu nous faire croire que les nationalistes étaient majoritaires dans la province. Premier mensonge. Ils ont une majorité à l’assemblée autonome, mais ils ne sont pas majoritaires en voix par rapport au nombre des inscrits, et ils en sont loin. Ils ont voulu nous faire croire que le peuple catalan est opprimé par l’Espagne, ce qui est une plaisanterie . C’est plutôt le contraire, les nationalistes imposent par exemple la langue catalane à l’école et interdisent l’apprentissage du Castillan. Ils ont expliqué qu’indépendante, la Catalogne serait plus riche. C’est évidemment l’inverse qui se produira : déjà trois grandes banques ont décidé de quitter Barcelone et d’autres grandes entreprises s’apprêtent à suivre. La région représente 20% du PIB espagnol, que vaudra son économie une fois livrée à elle-même, car, autre oubli des nationalistes, elle se retrouverait avec une dette gigantesque. Enfin, ils ont apparemment oublié d’expliquer qu’en sortant du royaume, la Catalogne se retrouverait de fait hors de l’Union européenne et en perdrait tous les avantages.

C’est probablement pour ces raisons que la réaction anti-indépendantiste a été massive. Les multiples avertissements lancés par le monde ont rappelé aux nationalistes les conséquences inévitables du choix politique qu’ils voulaient faire. Carles  Puigdemont accumulant les actes illégaux, la confrontation avec Madrid ouvrait la porte à toutes les violences.  En effet, il a organisé un référendum que non seulement le droit n’autorise pas mais en plus s’est déroulé dans des conditions si chaotiques qu’il en est dépourvu de signification. Comment accorder du crédit à une consultation qui ne comportait même pas de listes électorales. Cela ne l’a pas empêché de voir dans des résultats dignes d’une république bananière le vœu ardent du peuple catalan, malgré la présence en Catalogne d’un fort mouvement hostile à l’indépendance. Et voilà qu’il invoque une illusoire souveraineté pour décider du destin de la région. Il est donc bien inspiré d’en suspendre la déclaration effective. Madrid lui a donné jusqu’à aujourd’hui pour clarifier son intention.

Un très mince espoir.

Ce qu’il voudrait, c’est une sortie en douceur de l’Espagne et donc négocier uniquement les modalités de l’indépendance. Ce que veut Madrid, c’est maintenir la Catalogne dans son statut actuel, qui, certes, peut être modifié, mais ne saurait, aux yeux du gouvernement espagnol évoluer vers la sécession. L’espoir nourri, notamment par les Européens, d’un dialogue construit éventuellement autour d’une médiation, semble très lointain si l’on tient compte des positions adoptées par le roi Felipe VI et par le chef du gouvernement Mariano Rajoy : ils ont remporté un petit succès grâce à une intransigeance inébranlable et ils n’ont certainement pas envie de dialoguer d’égal à égal avec un homme qui se comporte déjà comme s’il avait tous les pouvoir. Carles Puigdemont, n’avait peut-être pas d’autre choix que de tendre la main à Madrid, mais ce pourrait être une ultime manœuvre car il sait pertinemment que le pouvoir central ne souhaite pas la saisir.  C’est pourquoi en réponse, Mariano Rajoy demande au gouvernement catalan de dire si oui ou non, il compte déclarer l’indépendance. Dans ce cas, Madrid ferait jouer le fameux article 155 de la constitution qui permet au pouvoir central de retirer son autonomie à une région. Rien n’est donc réglé d’autant plus que la reculade du président catalan n’efface pas l’indépendantisme catalan qui est vif et capable de produire d’énormes manifestations. Quand les soutiens de l’unité espagnole se réjouissent de la baisse de tension, les Catalans auxquels on a promis monts et merveilles sont frustrés, et certains même accusent Puigdemont de « trahison ». La démagogie agit toujours comme un boomerang  : enflammez les foules, elles finiront par brûler ce qu’elles ont adoré. Certains Catalans sont assez furieux pour demander à Carles Puigdemont de partir…

Le moment décisif approche.

On ne sait si une négociation est possible. La froide colère des autorités centrales ne risque pas de déboucher sur une politique faite d’avancées puis de reculs. Les indépendantistes abordent cette situation alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, c’est-à-dire une fraction, fût-elle nombreuse, du peuple catalan, et qu’ils ont contre eux ceux des leurs qui restent hostiles à l’indépendance, le peuple espagnol, le gouvernement, et les peuples qui, en Europe ou ailleurs, ne croient qu’à une vérité : l’unité de l’Espagne. Toute cette crise repose sur l’émotion populaire, sur la manipulation d’un peuple qui se croit maltraité alors qu’il est le plus prospère d’Espagne, sur une auto-exaltation fort peu rationnelle. Des portes de sorite existent : elles passent par une réforme constitutionnelle qui permettrait d’accorder à la Catalogne d’autres avantages qui renforceraient l’autonomie ou une dissolution du parlement catalan et l’organisation de nouvelles élections.  Encore faut-il éviter d’oublier la charge émotionnelle qui gonfle les poitrines indépendantistes !

 

 

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