HISTOIRE

LE CAMP DE LA RAISON, VRAIMENT ?

Macron je n'ai rien compris

 

La  Majorité veut incarner le camp de la raison face aux extrêmes. Cette invocation cache une réalité inverse. Ce n’est pas le visage qu’elle nous a offert depuis 2017 qui peut nous convaincre.

De l’affaire Ben Alla  aux gilets jaunes  à la gestion hasardeuse et verticale de la crise du Covid, en passant par les reculades devant les  Zadistes comme à ND des Landes ou les hésitations à réprimer l’Islam radical qui nous ont conduits à l’assassinat de Samuel   Paty, les allers-retours commémoration-repentance /  unité de la nation-communautarisme … Le Président et sa majorité a plutôt offert le spectacle d’un bateau ivre, d’un amateurisme consommé, d’un gouvernement à la godille qui marche au courant alternatif. En parallèle, c’est la haute technocratie qui a exercé réellement le pouvoir. La politique du pouvoir d’achat en est un excellent exemple. La  déconnexion avec  la réalité y est  évidente.

Le pouvoir d’achat, parlons-en !

Lorsque Jean Castex explique à la télévision que «le président de la République est le président du pouvoir d’achat», lequel aurait augmenté deux fois plus vite (entre 1,8 % et 4 % selon les catégories de revenu) que pendant les quinquennats précédents, le premier ministre s’appuie sur une étude de la Direction du Trésor de Bercy. On peut s’étonner d’une telle performance car elle ne correspond pas du tout à la maigre création de richesses économiques. C’est tellement vrai qu’un sondage OpinionWay pour Les Échos (le 20 septembre) a donné 56 % des ménages qui  jugent «que leur pouvoir d’achat a plutôt diminué pendant le quinquennat». Autrement dit, leurs ressources quelles qu’elles soient, prestations sociales comprises, auraient progressé moins vite que le prix des biens et services qu’ils achètent.

Sur les cinq années 2017-2021, le PIB français n’aura progressé en effet que de 3,3 % au total, moins que sous le quinquennat Sarkozy (3,8 %) et que sous Hollande (4,1 %). Qu’on le veuille ou non le «pouvoir d’achat» est désormais déconnecté de la sphère productive. Cette contradiction se résout d’elle-même dès que l’on prend en compte l’envolée de la dette publique et, plus inquiétant, le creusement de notre déficit commercial (68,6 milliards d’euros sur un an). Autrement dit, c’est l’Etat qui a financé le pouvoir d’achat, artificiellement, par le déficit et la dette.

Depuis 2017, chaque année a été marquée par une grande campagne de distribution de pouvoir d’achat, chacune ayant sa spécificité. Qu’on en juge : 2017-2018, vote des promesses électorales, transformation de l’ISF en IFI (impôt sur la fortune immobilière) et la «flat tax» sur les revenus financiers, de l’autre la suppression de la taxe d’habitation et de la cotisation salariée à l’assurance-chômage ; 2018-2019, la révolte des «gilets jaunes» s’est soldée financièrement par un doublement de «la prime d’activité» à quoi s’est ajouté un allégement de l’impôt sur le revenu pour tous ; 2019-2020, a été placée sous le signe du «quoi qu’il en coûte», la réponse économique à la pandémie du Covid-19, et confirme le paradoxe du pouvoir d’achat qui progresse malgré la chute du PIB avec un déficit de l’Etat qui se creuse, celui de 2021 dépassant  même celui de 2020 malgré le rebond de 6,25% de la croissance ;  enfin, la « fête » continue pour 2022, à chéquier ouvert, que la remontée de  l’inflation contrarie. Et depuis lors, l’Élysée multiplie les aides pécuniaires : chèque énergie en faveur des 5,8 millions de ménages les plus modestes, «indemnité inflation» pour 38 millions de Français (les deux tiers des adultes), «contrat d’engagement» de 500 euros pour les jeunes acceptant d’entreprendre une formation, etc.

La déraison de l’assistanat généralisé.

Dès lors on peut interroger le caractère vraiment raisonnable du «parti de la raison» : un déficit public annuel de plus de 200 milliards d’euros ; une profusion d’argent public jeté en pâture électorale à toutes les catégories et professions, mais qui ne résout aucun problème structurel (31 milliards d’euros pour que les hôpitaux publics continuent de fermer des lits) ; une politique d’allocations à outrance, brisant le lien entre le travail, l’effort et la rémunération… Cette «étatisation du pouvoir d’achat» est-elle raisonnable dans un pays où déjà les deux tiers des Français reçoivent davantage de prestations qu’ils ne versent d’impôts, de taxes et de contributions sociales, selon une étude récente de l’Insee. Est-ce cela, le cercle de la raison ? Le Président se réveille à six mois des  élections et veut faire feu de tout bois pour prouver qu’il a fait quelque chose. Rappelons-nous du grand débat : qu’en reste-t-il ? Que sont devenus les cahiers de doléance ?  Que fera-t-il de tous ces beaux discours et de ces belles promesses  au lendemain d’une réélection, si elle devait advenir ? 

Une alternative crédible existe.

Le  Sénat a posé un geste rare et très solennel en refusant de voter le budget  2022  tant il est insincère et électoraliste.  Va-t-on enfin entendre les voix de ceux qui appellent justement à un retour à la raison ? Car LRem est devenue une machine folle et ses alliés ne valent guère mieux, empétrés dans leur inutilité, leurs mensonges et leurs trahisons.  D’ailleurs ils en sont réduits à la capacité de nuisance. La dynamique LR actuelle leur  bouche l’horizon aussi multiplient-ils les attaques, les médisances,  les jugements  péremptoires. Lrem  lance « Ensemble  citoyens »  l’auberge espagnole de la majorité  le 29 novembre, Estrosi et Béchu organisent un meeting à Nice le 1er décembre pour  parasiter la visibilité du congrès LR…  A l’initiative de la micro « République des Maires » 600 maires appelleraient à voter Macron, mais Michel Barnier , à lui tout seul a reçu 700 parrainages ! Ils perdent leur temps.

La voix de la raison.

L‘autre soir, après le débat sur CNews, je me trouvais fier d’appartenir à un parti politique  représenté par  des gens si talentueux et pleins de  bon sens. Ils dessinent un avenir pour notre pays autrement plus responsable et plus réaliste, plus soucieux de nos enfants,  plus crédible que la com’ permanente du locataire de l’Elysée. Le  parti de la raison et des solutions, il est là. Ce sont Les Républicains.  Darmanimbus peut toujours affirmer qu’il n’est plus un parti de gouvernement,  son avis est entaché par la trahison, et  Attal-le-prétentieux essayer de nous faire croire que la caisse n’a pas été cramée puisqu’elle a généré une forte croissance, je lui conseille de réviser ses cours d’économie et de prendre en compte la dette et le déficit de la balance des paiements de la France, et aussi son Histoire, car  Sarkozy  a  dû faire face à une crise d’une autre ampleur en 2008, avant de l’accuser d’avoir fait sauter  la banque, ce qui est  un mensonge.  Ainsi on saisit la tentative d’enfumage du pouvoir macroniste que  la montée en puissance de la droite républicaine met aux abois. Ce n’est pas  un hasard  si 75%  des  sympathisants  Les Républicains pensent désormais qu’elle peut gagner en 2022 si elle est  représentée au 2nd tour !

 


MR 2.38 A DES IDEES !

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Il a un talent littéraire,  c’est vrai. Il a plutôt  une belle écriture et des lettres qui lui permettent d’utiliser Arthur Rimbaud. Devenu  Ministre de l’Economie et des Finances d’Emmanuel Macron par une belle trahison, maintenant que le terme de  sa fonction approche, il se verrait bien continuer d’exister.  Mais comment ?  Premier Ministre n’est pas un poste qu’il  ambitionne, il  en connaît trop le côté  fusible et les contraintes imposées par le  « château » que le  quinquennat n’a pas simplifiées. Alors quoi d’autre …

Facile.

Son bouquin paraît au moment où la croissance trop longtemps retenue par le confinement explose, avec  la baisse du chômage qui l’accompagne.  Il  peut s’en attribuer la gloriole. On est pourtant loin du compte. Qu’importe, l’occasion est trop belle de porter un discours d’avenir  et  voilà qu’il s’invite dans le débat public avec des propositions.  Tiens donc :  il faudra faire tout ce qu’il n’a pas fait, comme l’assainissement des dépenses publiques, ou sur quoi le gouvernement auquel il appartient à échoué lamentablement :  l’éducation qui « devrait  être érigée en priorité absolue », la lutte contre les inégalités où l’on voit que l’assistanat généralisé n’a rien résolu, la reconquête industrielle qu’une baisse insuffisante des charges sur les entreprises et notamment des impôts de production n’a pas permise jusqu’à maintenant…

Plus compliqué.

Il est sévère avec son  compagnon de route dans la trahison, Edouard Philippe, dont il condamne la démarche de création de son parti politique.  Peut-être y voit-il une concurrence pour … après.  Car pour l’instant, il soutient clairement le président sortant. Evidemment, il balaie d’un revers de main la renaissance des Républicains. Le mieux pour lui, serait que le  parti soit condamné à disparaître, ce qui l’arrangerait  bien, lui qui n’avait fait que 2,38% à la primaire de 2017 qui avait rassemblé 4,4 millions de Français. Les Républicains se portent  bien, merci, et la victoire de David Lisnard à la présidence de l’AMF témoigne de sa bonne santé. On sent, dans son appréciation,  l’aigreur d’un score qu’il n’a toujours pas digéré cinq ans après. Et puis une victoire à la présidentielle le condamnerait à passer à la trappe, sort qu’on réserve aux « fidèles » de son genre.

Impossible.

Alors profite Bruno des quelques semaines qui te restent. Tu veux alimenter le débat de fond qui a déserté la scène nationale : bon courage ! Face à un Michel  Barnier ou une Valérie Pécresse, ou encore un  Xavier Bertrand, il va falloir que tu améliores tes tours de magie pour faire  oublier le bilan de ta gestion : 200 milliards de déficit et 3 000 milliards de dettes. « Macron a  cramé  la caisse », comme dit Valérie Pécresse, mais c’est toi qui la tiens ! Doit-on rappeler que toi, Bruno, tu défendais une baisse généralisée de la CSG, alors que tu l’as augmentée de 1,7 pt c’est-à-dire 25% en produit. Il est facile d’accuser Les Républicains de ressasser les  mêmes idées depuis dix ans, mais toi tu nous ressers  la mesure éculée et sans fondement de baisse  du nombre de  parlementaires. Alors oui, après, le sirop sera probablement plus amer pour toi.

Myope.

En effet, notre hôte de  Bercy n’a pas remarqué le sérieux du débat et la rigueur des propositions des candidats Républicains, leur hauteur de vue,  leur professionnalisme et leur compétence, la fermeté de leurs prises de position. Et si beaucoup de propositions ressemblent à celles de 2017, c’est que les mêmes problèmes perdurent parce qu’ils n’ont pas reçu  de solutions. C’est bien beau de se gargariser avec la croissance revenue, mais ça ne fait pas oublier les  multiples volte-face de son mentor de Président, sur le nucléaire, sur la laïcité, la perte de contrôle de l’immigration, l’explosion de  la dette  publique, la valse des milliards électoraux.

Il s’y verrait bien dans cinq ans, mais la traversée risque d’être longue et… solitaire (aurait dit Jacques Vabre).

 


ZEMMOUR, LE JOUEUR DE FLÛTE… FACE AUX GAULLISTES

Zemmour

  

 

Candidats LR à Colombey

 

 

 

 

 

Le joueur de flûte d’Hamelin…

Eric Zemmour me fait penser au joueur de flûte d’Hamelin :  les gens qu’il entraine dans son sillage sont sous le charme mais voués à la noyade, c’est-à-dire au vote inutile. Le fait d’énoncer  tout haut des constats, fussent-ils déplaisants ou tabous, nécessite certes du courage, mais ce n’est pas suffisant. Car en fait  le polémiste surfe sur le ressenti bien réel de la masse de la population face  à l’immigration incontrôlée comme  source principale de nos faiblesses et de l’insécurité. C’est la  France qui a peur qui le suit. Si  le peuple est pessimiste, il n’est que dans les élites que le débat fait rage à cause des multiculturalistes et des islamo-gauchistes. Eric Zemmour s’est fait le porte-parole de ce ressentiment longtemps refoulé par l’intimidation.  D’où sa percée sur la scène de la politique ordinaire. Bien exploité, c’est certain, mais tout indique que l’on s’achemine, la campagne présidentielle aidant,  vers une immigration contrôlée à la place du laissez-faire, laissez-passer qui reste la doctrine de  la  seule extrême-gauche islamo-gauchiste.

Zemmour n’est pas l’homme providentiel.

Si l’on retire la « dent cariée » de l’immigration, comme le dit si bien Jacques Julliard, Zemmour est soudainement démuni et son discours tombe en porte-à-faux. Puisqu’il se dit gaulliste, que ne propose-t-il  pas un projet du même type que celui que le grand homme avait inspiré avec le « Programme du CNR » (Conseil National de la Résistance) ? Il serait évidemment bien incapable de discuter et de négocier un tel  programme avec tous les autres partis. Il est bien trop clivant. Pourtant  le déclin qu’il dénonce est réel et le constat en est largement partagé. En dehors de quelques « aveuglés », l’ensemble de l’opinion s’accorde sur le recul de nos bases de richesse et de notre influence dans le monde.  L’école qui a été longtemps l’instrument de la promotion sociale, de sa richesse et de son rayonnement  est  en faillite ; la recherche est en déroute qui voit le pays de Pasteur incapable de mettre au point un vaccin, mais  compte une foule d’antivax ; la France est aujourd’hui un pays industriel sans industries et sans usines… Et sa dette est colossale.

De même tout le monde convient de ce qu’il faut faire.

Il faudrait redresser la démographie, refonder  l’école en profondeur, rapatrier une industrie sur le sol national. Il faudra mettre fin au délire keynésien d’argent public dépensé qui finira par nous coûter très cher. Même ceux qui le distribuent savent bien qu’après la fête de l’élection présidentielle, ils auront la gueule de bois. Sur le plan international, européens et antieuropéens ont cessé de donner de la voix au profit d’un consensus sur une présence critique dans l’Union européenne qui devra  acquérir son autonomie stratégique face aux autres grands du monde. Et l’écologie n’est pas en reste : essayez de trouver quelqu’un qui n’est pas vert d’une manière ou d’une autre et vous me le présentez.  Sur le consensus de tous ces constats,  les  bases d’un accord  général devraient pouvoir se trouver. En Allemagne, la pratique démocratique le permet. Voilà un pays qui sort  d’une élection sans avoir vu une poussée des extrêmes quelles qu’elles soient. Et pourtant il a accueilli un million d’immigrés au moment du plus fort  de la crise syrienne.  Mais la  France n’est pas  l’Allemagne.

Le  consensus, peut pourtant advenir.

Inutile de perdre du temps dans d’improbables négociations d’appareils.  Le temps presse. La solution est pourtant là. A l’évidence, il  existe encore un parti politique suffisamment puissant et organisé pour ressusciter le message du CNR  et apporter au peuple un message d’espoir et de renouveau.  On en a eu un petit aperçu lors du débat des candidats républicains. Le message du Général de  Gaulle, 51 ans après sa mort, est encore bien vivant. Tous les thèmes abordés ci-dessus, ils les portent et dessinent des solutions concrètes avec le même esprit que celui du Général : la certitude que la France est une grande nation, qu’elle peut  se redresser pour peu qu’elle se rassemble et devenir la première puissance européenne dans dix ans. C’est bien plus  que d’identité  à laquelle Zemmour  compte s’accrocher comme une bernique à  son rocher dont le sursaut  de la France doit être constitué. Le sursaut qu’il faut provoquer, c’est celui de tout un peuple en lui proposant un vrai retour de la souveraineté nationale sur les sujets cruciaux. 

Telle est l’essence du gaullisme. Les  Républicains ont vocation à s’adresser à tous les Français et pas seulement à ceux de droite. C’est pourquoi ils portent un projet de justice sociale avec la participation et l’égalité des chances, d’identité nationale en privilégiant l’assimilation,  de puissance économique  en restituant  à l’Etat sa vocation stratégique et régalienne et  aux entreprises la création de la richesse.  C’est une constante de ce grand courant politique sous la Vème République. La responsabilité des adhérents LR est immense. Partout où ils sont en place, les élus républicains sont plébiscités parce qu’ils gèrent en apportant les solutions que les citoyens attendent. Alors  pourquoi pas la France !  Les candidats se recueillant sur la tombe  du Général, c’est plus qu’un symbole, c’est l’équipe dont la France a  besoin et qu’elle attend pour la gouverner !

Entre un président qui nous offre un numéro de claquettes permanent et un joueur de flûte (de pipeau dirait-on plutôt), les Français ont droit, en effet, à une offre plus sérieuse. La  bonne nouvelle, c’est qu’elle existe  et ce sont Les Républicains qui la  portent.

 


UN DEBAT ET UN MONOLOGUE

Débat lciMacron 9 nov

Un débat réussi.

Le premier des quatre débats organisés par Les Républicains s’est déroulé dans la sérénité et l’audience  était semble-t-il au rendez-vous.  On s’aperçoit enfin  que le parti a travaillé  et on ne pourra plus accuser ses candidats de manquer de propositions et de mesures chiffrées.  Ils ont fait la démonstration lundi soir qu’ils faisaient encore partie du débat. Michel Barnier, Xavier Bertrand, Eric Ciotti, Valérie Pécresse, et Philippe Juvin ont démontré qu’ils avaient travaillé - on leur reprochait l’inverse depuis des années - et construit un programme. Et LCI a su rendre les échanges suffisamment intéressants  pour que  les téléspectateurs  nombreux  restent jusqu’au bout. Le  plus important pourtant n’est pas tellement dans les thèmes abordés :  pouvoir d’achat, économie, industrie, énergie, immigration, fractures dans la société, grandeur de la France…, que dans l’image d’unité qu’ils ont affichée et leur volonté de travailler ensemble. «Un débat de grande qualité, de très bon niveau et respectueux. Un débat qui fait honneur à notre famille politique», s’est félicité le président des Républicains, Christian Jacob, à l’issue de l’émission. Reste à transformer l’essai avec les trois  suivants.  Si c’est le cas, Les Républicains, avec leurs alliés centristes, auront une carte à jouer sérieuse pour l’élection présidentielle.

Alors bien sûr, on n’échappera pas au petit jeu des commentateurs qui vont exercer  leurs « talents » à classer les candidats, comme s’il s’agissait d’un concours d’éloquence ou de beauté, ou à noter telle ou telle insuffisance dans leurs propositions. Encore faudrait-il   que ces commentateurs aient de vraies compétences pour en juger. C’est vrai qu’on aura du mal à trouver des divergences entre les candidats, et c’est logique.  C’est vrai aussi qu’on pourra discerner des différences ici ou là, c’est bien normal.  On aura surtout vu des tempéraments affirmés. Là n’est pas l’essentiel.   Ce qui ressort du débat, au-delà de l’indispensable unité, c’est  la volonté d’agir pour apporter des solutions aux problèmes des Français et de la France.  10 ans après avoir quitté  le pouvoir, on ne peut pas leur reprocher de « ne pas avoir fait ».  mais justement, leur leitmotiv  c’est leur  « soif de faire »,  preuves de leur action régionale  à l’appui pour une Pécresse ou un  Bertrand, c’est la méthode pour un Barnier qui a réussi le Brexit… Les candidats le savent, les Français ne leur pardonneront pas de ne pas mener les chantiers nécessaires - même les plus impopulaires - pour rétablir l’autorité de l’État et le respect de la loi, revaloriser le travail et restaurer une éducation d’excellence, baisser les impôts ainsi que la dette, réindustrialiser la France et rétablir sa souveraineté. Il leur reste trois possibilités de s’affirmer, de rectifier, d’affiner avant le vote du congrès les 1er et 2 décembre pour le premier tour, les 3 et 4 décembre pour le second tour. Les Républicains peuvent y croire: ils auront une chance en avril prochain. Lundi soir, Les Républicains ont rassuré. Il leur reste désormais à convaincre. Alors, ils auront une place au second tour.

Un monologue monocorde.

Le Président de la République avait donné rendez-vous aux Français mardi soir.  Avec une voix d’adolescent en train de  muer, ce qui est nouveau,  il  a parlé dix minutes pour annoncer ce que le Ministre de la santé  aurait pu expliquer à sa place sur la  3ème  dose  et le redémarrage de la pandémie. Mais il ne peut pas s’empêcher. Le candidat Macron a ensuite enchaîné pendant vingt minutes pour faire le  bilan de son mandat, ce qu’il a fait et pas fait, ce qu’il fera en 2022 (avant ou après le mois d’avril, il n’a pas  précisé). La petite histoire des campagnes électorales retiendra donc qu’Emmanuel Macron aura lancé la sienne le 9 novembre 2021. En mettant la barre à droite toute, en recopiant une grande partie de ce qui a été dit la veille au débat des Républicains. La  gauche n’existant plus, il faut aller  pêcher  les voix à droite. Une duperie évidemment.  En ce qui me concerne je préfère l’original à la copie. Car on ne peut pas lui faire confiance : rappelez-vous Notre-Dame des Landes ( un exemple). Ainsi va Macron, au gré des vents dominants et du "en même temps".

Le monologue a ceci de  confortable qu’il permet un long exercice d’autocélébration de son action et de valorisation de ses projets. Personne pour contester. Pour un peu, on aurait cru l’entendre parler de lui à la troisième personne lorsqu’il lança en conclusion un vibrant : « Croyons en nous, nous le méritons !». Les deux tiers de son intervention ont ainsi été consacrés à rappeler à quel point la France (i.e, lui) avait bien géré la crise sanitaire, à quel point elle avait su rebondir sur les plans économique et social, combien le chômage avait reculé et le pouvoir d’achat progressé. Quant à l’avenir, avec lui,  il sera placé sous le signe de la valeur travail, « une boussole », avec le recul de l’âge de la retraite et le durcissement assumé des conditions d’indemnisation du chômage. Il va même relancer le nucléaire, pensez donc, lui qui a fermé Fessenheim et annoncé il y a peu la fermeture de 12 réacteurs. Si le projet des six centrales n’est pas signé avant avril prochain, ce sera une  promesse de gascon. Avec Macron, il y a souvent loin des intentions aux actes. On aura surtout compris que le Président en exercice avait surtout envie d’attirer  l’attention sur lui, au moment où les projecteurs sont braqués sur  les   candidats de »  la droite et le phénomène Zemmour. Il  lui fallait absolument chercher à marquer le débat, à cliver pour braquer à nouveau l’attention sur lui, sur son action au service de son évidente pré-candidature. L’opération politique lancée depuis l’Elysée avait donc un but : reprendre la main sur l’agenda médiatique. Il lui faut encore espérer que l’épidémie n’écrase pas à nouveau l’actualité… A moins que ce ne soit  la dette, dont il n'a rien dit, et  la remontée des taux d'intérêts avec  l'inflation  !

 

 


UNE SOIREE AVEC BARNIER

Barnier monteuil 4

On peut dire tout ce qu’on veut, mais Christian Jacob est en train de réussir son coup. La procédure de désignation du candidat LR a  pu paraître longue, en passant par ses étapes incontournables comme la consultation des adhérents, elle n’en est pas moins basiquement démocratique et a le mérite d’imposer aux candidats  une vraie campagne avec des règles communes.  Et donc, pour les intéressés, la nécessité de visiter  les fédérations et aller à la rencontre de leurs électrices et électeurs. Ainsi avons-nous déjà eu la visite dans notre département, de Philippe Juvin  et de Valérie Pécresse. Jeudi 4 novembre dernier, c’était le tour de Michel Barnier.  Près de 250 personnes  l’attendaient patiemment dans la salle Jacques Brel de Montreuil-Juigné.

Un candidat qui émerge.

C’est que, depuis que le principe du congrès a été voté, le candidat  a commencé à faire sa  place parmi les cinq retenus  pour la désignation. En effet, Il n’est pas impossible que l’ancien commissaire européen tire avantage de la procédure mise en place et obtienne, finalement, son investiture. Michel Barnier dispose, sur le papier, de toutes les lettres de créance requises pour s’imposer lors du congrès du parti en décembre : il n’a jamais quitté le parti, il a été ministre et est reconnu comme l’homme qui a su négocier le Brexit avec le Royaume-Uni. S’il est encore peu connu de ses concitoyens, ses qualités, son sérieux, sa culture, sa connaissance de la technocratie, en France et en Europe, devraient lui permettre de s’affirmer. Mais, une campagne se gagne aussi avec l’empathie et la proximité. La  réunion de jeudi soir devait permettre d’en juger.

Un Savoyard qui sait nous faire fondre.

Eh bien qu’on se le dise : ceux qui prétendent que le Savoyard est un homme froid et distant  sont des  mauvaises langues. Nous avons découvert un homme simple, accessible, parlant de lui avec modestie et lucidité quand il  explique  comment et pourquoi il a pris la décision de se présenter. Et  pendant une heure il va décliner les thèmes qu’il souhaite évoquer : la nécessité de  l’union, condition indispensable  pour gagner,  le pays qui va mal  avec  les crises provoquées par la  solitude du pouvoir et qu’il passe en revue : le dérapage des finances publiques bien avant le covid, les gilets  jaunes, l’explosion de  l’immigration, la violence, les collectivités tenues à l’écart, …  On sent alors que sous son calme apparent, il a une détermination sans failles. Certes, contrairement à Valérie Pécresse et à Xavier Bertrand, il n’a jamais quitté le parti, il affirme qu’il est resté gaulliste et démonte facilement les  mauvais procès qui lui sont faits sur ses convictions européennes. Il avance sur ses deux jambes : patriote et européen. Au détour, il n’hésite pas à détendre la salle avec une anecdote. L’humour est là, mais au service de sa démonstration. Les questions de la salle permettent de vérifier, s’il en était besoin, que tous les sujets peuvent être abordés et appellent des  réponses claires, jamais dilatoires. 

D'un Président, il n'en a pas que la "gueule"...

Ceux  qui  disent qu’il ressemble  à Emmanuel Macron,  ou bien ne le  connaissent pas, ou bien veulent lui nuire. Car plus il avance, plus on découvre un anti-Macron, au sens où il est tout l’inverse de la figure du Président actuel : Barnier est d’abord un politique, avec l’expérience d’un long parcours à  tous les échelons électifs, et pour lui,  la technocratie doit être au service du politique  et non l’inverse. Il se propose de gouverner en équipe, et il a fait la démonstration de sa méthode avec l’équipe qu’il a mise en place lors de la négociation du Brexit : répartition des tâches, efficacité, responsabilité. Bref, il a la carrure  !

Les  commentateurs font aussi une autre erreur. 

Le rythme imposé par Christian Jacob ne traduit pas  l’apathie des caciques du parti, comme certains voudraient le faire croire,  c’est  une stratégie murie par l’expérience : le 4 décembre, non seulement il ne sera pas trop tard, mais l’incarnation du candidat de la droite tombera à point nommé,  avec une autre surprise à la clé : le rassemblement de tous derrière  l’élu, au moment  où d’autres auront déjà épuisé leur premier souffle et seront  à la recherche du second. Ces commentateurs se trompent encore, qui espéraient que les candidats de LR sortiraient épuisés d’un affrontement sauvage, qui laisserait des traces au moment où un Bertrand triomphant verrait devant lui la montagne à franchir. Car ils sont nombreux, se fiant aux sondages, ceux qui parient sur le Président des Hauts de France, seul capable de l’emporter, face à un Emmanuel Macron qui n’hésite pas, de son bureau de l’Élysée, à  faire campagne et à distribuer des largesses susceptibles de convaincre quelques-uns des électeurs qui lui sont le plus hostiles. Cette méthode mériterait d’être clouée au pilori, mais le sortant n’en a cure, même s’il fait bien  pire que ce qui a été fait  avant lui.  Pour autant, il en faudra plus pour déstabiliser un Michel Barnier qui a vécu bien pire  avec les négociateurs anglais.  On attend de voir avec curiosité ce que l’affrontement entre le bavard tout en communication et en improvisation, donnerait face à un candidat chevronné et méthodique comme Michel Barnier, allergique aux moulinets, portant des convictions fortes et doté de nerfs d’acier. 

A la fin de la soirée de Montreuil-Juigné, on en rêvait déjà ! 

Barnier Montreuil Barnier Montreuil 2


PEUT-ON SAUVER L’EDUCATION ?

école de la république

 

Ils sont devenus fous !

La vague de « dégenrage » des cours de récré, un rapport parlementaire sur les stéréotypes de genre et les propos du ministre Jean-Michel Blanquer montrent que l’Éducation nationale pourrait bien être devenue le ministère de la ré-éducation nationale.

Une circulaire sur les enfants « transgenres ».

Le ministère a diffusé le 30 septembre dernier  une circulaire selon laquelle: « la transidentité est un fait qui concerne l’institution scolaire. Celle-ci est en effet confrontée, à l’instar de leur famille, à des situations d’enfants – parfois dès l’école primaire – ou d’adolescents qui se questionnent sur leur identité de genre ».  Cette circulaire vise donc à donner des lignes directrices aux personnels d’établissements qui « peuvent se trouver légitimement déstabilisés par ces demandes et, en tout état de cause, se trouvent confrontés à des questions très pratiques (…) auxquelles les réponses apportées sont aujourd’hui disparates et souvent improvisées ». L’école, le collège et le lycée sont  donc invités à accompagner un phénomène de société tel que la « transidentité » !  

Nous pensions que l’école souffrait d’un problème de qualité de l’enseignement. Grave erreur, c’est au problème d’inégalité entre les sexes qu’il faut s’attaquer. M. Blanquer admet en effet que l’école a une politique de genre qui se donne pour « objectif primordial » l’égalité entre les filles et les garçons, ainsi que « la lutte contre les stéréotypes, la lutte contre les discriminations, celle contre les violences sexistes et sexuelles, le respect du droit du corps, l’égalité professionnelle et salariale, le travail sur la confiance en soi ». Il suit en cela les préconisations du rapport de Gaël Le Bohec, député LREM et Karine Lebon, députée elle-aussi, sur les stéréotypes de genre à l’école, qui se résume en une dénonciation généralisée du masculin. Passons sur les détails, l’école n’est plus le lieu de l’éducation conçue comme un transfert de connaissances entre un maître et des élèves, mais comme un lieu de rééducation du peuple par l’État, tenu de s’ouvrir aux mouvements LGBTQ.

L’école, enjeu idéologique.

Ce phénomène qui  investit l’école  à tous les étages, comme en témoigne une récente enquête publiée dans Le Figaro, c’est la traduction de la révolution « woke » qui ne cache pas son désir d’anéantissement de la civilisation occidentale avec la  « cancel culture ». Et l’école  est un champ de bataille essentiel parce que notre culture comporte des anticorps qui la rendent particulièrement résistante à ses théories fumeuses et obscurantistes : l’universalisme, la rationalité,  la  laïcité,  l’antiracisme  authentique.  C’est donc une bataille intellectuelle aussi intense que celle qui eut lieu contre le totalitarisme  marxiste qui commence.

Il  est tout de même curieux de voir notre Ministre, après avoir publié une circulaire qui introduit le loup dans la bergerie, s’unir avec le Ministre du Québec dans un combat commun contre  cette « culture de l’effacement et de la déconstruction ». Ensemble ils  veulent promouvoir une résistance  et  marquer  leur  opposition à ce qu’ils appellent avec raison ce nouvel obscurantisme. Un « en même temps » qui ne manque pas d’intriguer.

Quelles armes avons-nous pour lutter ?

C’est à l’école que se fabrique la France, à travers la transmission des savoirs et de notre histoire. Elle doit donner à chaque enfant  sa chance et pour cela, il est urgent de remettre les fondamentaux au cœur de son action, à commencer par  lire, écrire et compter. Aujourd’hui, force est de constater qu’elle ne remplit plus correctement cette mission : le niveau baisse, les inégalités se creusent, et beaucoup d’enfants quittent l’école primaire sans savoir ni lire correctement, ni compter. Le mal est aggravé par la crise des vocations d’enseignants. Face à cette situation, la reprise en main vers ces objectifs exigera une action vigoureuse, d’autant plus que les personnels  actuels sont « travaillés »  par les courants communautaristes et  multiculturalistes.

Il faudra agir simultanément sur :

. Les programmes : remettre  à l’ordre du jour la transmission des connaissances dans toutes les disciplines, notamment en histoire, en mettant en valeur le « récit national ».

. La formation des professeurs : sortir de l’actuelle formation universitaire et remplacer les instituts de formation par  des écoles  professionnelles d’arts pédagogiques mettant l’accent sur l’apprentissage concret du métier dans des  classes d’application,  encadrées par des personnels chevronnés et triés sur le volet.

. L’inspection : renforcer  le corps des inspecteurs est une nécessité.  Si l’on veut que les personnels appliquent les programmes et respectent les circulaires ministérielles, notamment en ce qui concerne le cadre laïque de  l’enseignement, le contrôle de l’inspection devrait intervenir tous les trois ans  et non tous les dix ans comme c’est le cas généralement.

. L’enseignement privé : rétablir une saine concurrence entre le public et le privé  pour donner réellement  le choix aux parents. Il faut supprimer le plafond des 20% qui limite le recrutement des établissements  sous contrat. En cas de dérive « wokiste » constatée, les parents doivent avoir la possibilité d’y échapper.

. La liberté et l’autonomie : donner aux établissements, sous la responsabilités des chefs d’établissement, la possibilité de réaliser des innovations pédagogiques, la liberté de recruter des professeurs, dans le cadre d’un contrat  passé avec le ministère qui en précise les contours et  les engagements.

Ce ne sont évidemment que des pistes qu’il serait trop long de développer ici. L’éducation devrait être le thème au premier plan de la campagne présidentielle. Il s’agit de prendre le peuple à témoin pour contre-attaquer face au nouveau totalitarisme qui a commencé à envahir notre société, les médias, l’université et l’école, en imposant ses idéaux et interdisant tout débat. Il faut se donner pour objectif de reconnecter les jeunes générations à leur patrimoine culturel et intégrer les élèves issus de l’émigration, en visant l’assimilation et en leur permettant d’acquérir l’esprit critique et la pensée rationnelle. Un combat qu’on aurait tort d’esquiver.

 


MANU LE BARATINEUR

Macron interview

 

France 2030.

Il n’a  pas son pareil  pour enfoncer les portes ouvertes, asséner les vérités toutes faites, dire à son auditoire ce qu’il a envie d’entendre, commenter l’actualité  pour faire croire qu’il la maîtrise. Ainsi va Manu en campagne sans faire campagne tout en distribuant les  chèques au nom de « l’action ».  Le Prince  a condescendu à dévoiler son plan   « France 2030 » qui prévoit d’investir 30 milliards  d’euros sur cinq ans dans quinze secteurs prioritaires afin de relancer  l’industrie et  l’innovation dans notre  pauvre pays. On se prend à imaginer le cauchemar s’il avait  concocté un  plan 2050… et 50 milliards.

Une annonce politique.

Voilà un plan de plus qui s’inscrit dans la longue liste  des plans  portés par  l’Etat « stratège », un bien grand mot au vu des résultats obtenus par les plans successifs, du programme des « investissements d’avenir » au plan de 57 milliards de 2017… qui ont tous échoué sans qu’on en tire la moindre leçon et malgré le Commissaire Bayrou.

Il  ne fait guère de doute que le redressement de la France passe par sa réindustrialisation et par un énorme effort de recherche.  En effet, Le décrochage du pays s’est accéléré depuis les années  2 000, avec un recul  de la 4ème  à la 7ème  place  des économies mondiales, à cause notamment  du déclin industriel dont  le poids dans le PIB a chuté de 24% à 10%. On le voit avec  l’Allemagne,  l’industrie joue un rôle déterminant dans la qualité et le volume de l’emploi, dans l’innovation et l’exportation. De fait, si notre commerce extérieur est si  gravement  déficitaire c’est  bien parce que nous n’avons plus grand-chose à vendre.

Mais le plan proposé n’est  pas à la hauteur des enjeux. Il présente deux défauts qui le disqualifient : d’abord son montant  est sous-calibré et ne permettra  pas de combler  le retard d’investissement et d’innovation  accumulé par la  France, ensuite il s’annonce évidemment trop coûteux car financé en totalité  par la dette publique qui atteint près de 120% du PIB (116), et non par la réorientation de dépenses courantes  qui vont encore grossir de 11 milliards d’euros l’année prochaine.

Le  plan n’est que le support des bavardages de campagne électorale pour président sortant en mal de bilan. Ni sérieux, ni responsable !

Le  mur des réalités.

L’économie française, malgré les cocoricos du coq Le  Maire, présente tous les caractères d’une entreprise au bord de la  faillite. Elle possède des actifs et des activités de grande valeur. Encore faut-il remplir  les conditions qui permettraient de relancer leur exploitation. On en compte au moins trois : traiter  les problèmes de coûts, assainir la structure financière sur laquelle elle est assise, transformer sa gouvernance  en changeant les hommes et les  structures qui sont à l’origine des problèmes. Sinon,  réinvestir ne servira qu’à dilapider  un  peu plus d’argent public comme précédemment, et les 30 milliards seront dépensés mais les 45 milliards de gains attendus comme les emplois escomptés resteront virtuels.

D’autant  plus qu’il  repose sur un  postulat énoncé par le Président lui-même : il est  indispensable pour financer le  modèle social français. Autant financer  un gouffre. On sait, et le Covid n’a fait que le  confirmer, que le fameux modèle social est « insoutenable ».  Il explique notamment l’effondrement de la croissance depuis trente ans et la majeure partie de la dette publique. Il conduira notre pays irrémédiablement  au « défaut » quand les  taux d’intérêt remonteront.

Enfin dernier défaut et non des moindres de ce plan : le choix des 15 secteurs prioritaires n’a été précédé d’aucun diagnostic partagé avec les entreprises, d’aucune  cartographie des opérateurs, d’aucune expertise sur les compétences requises. Comme on peut s’y attendre, on assistera à  un saupoudrage et à une distribution selon un inventaire  à la Prévert. Un exemple : 6 milliards  pour les semi-conducteurs ! Génial direz-vous.  Le taïwanais TSMC s’apprête à investir 100 milliards dans ses usines d’ici 2024 : ça remet  les pendules à  l’heure !

Passons à autre chose.

Cet  aimable  plan de communication pour candidat à la présidentielle en campagne sans le dire  n’est donc qu’un prétexte. Sa marque : saupoudrage et amateurisme. L’argent est tombé  de l’Europe, mais il faudra bien le rembourser.

L’Etat ferait mieux de se consacrer à solder son inefficacité  chronique, de se moderniser en diminuant ses coûts de fonctionnement, et  de mettre fin aux logiques destructrices qu’il a mises en œuvre avec la santé ou le nucléaire, par exemple. Il  devrait se consacrer  en priorité à rétablir des conditions viables pour les entrepreneurs de tout poil au lieu de les euthanasier avec l’enfer des  taxes, des impôts  et des réglementations. Car l’Etat stratège qui se prend pour l’Etat entrepreneur, c’est comme le capitalisme sans capital : ça ne peut pas marcher.

 


LA CAMPAGNE EST LANCEE !

Barnier vote

C’est Philippe BAS, le sénateur  de la Manche, dont on connaît l’intégrité, qui préside l’instance chargée de contrôler l’élection du candidat de la droite et du centre pour la présidentielle.  Avec lui, pas de risque d’irrégularités ou de division.

Les adhérents Les Républicains  ont juste à manifester leur préférence par leur vote. Je sais que beaucoup sont dans le même état d’esprit que moi : le 4 décembre, nous nous rangerons derrière celui ou celle que nous aurons démocratiquement désigné(e).  Il en va de l’avenir de la France !

En attendant, chacun peut donc faire valoir son  choix. Vous savez  que j’ai choisi de faire campagne pour Michel BARNIER. Mais cela n’empêche pas de suivre les  propositions des autres candidats et de se rendre aux réunions qu’ils organisent à travers tous les départements. Ainsi notre fédération  a reçu Valérie PECRESSE le 20 octobre dernier. Et je vous rappelle notre prochain rendez-vous :

Michel BARNIER- Invitation

Afin que vous puissiez  participer au mieux à la campagne, et  à toutes fins  utiles, voici quelques indications :

CALENDRIER DES  OPERATIONS DE VOTE ET DE LA CAMPAGNE :

Novembre :

Mardi 2 novembre 2021 : Fin du dépôt des parrainages à l’instance de contrôle

Jeudi 4 novembre 2021 : Validation des candidatures par l’instance de contrôle

Mardi 9 novembre 2021 : Date limite pour adhérer aux Républicains par chèque et être ainsi membre du corps électoral

Mardi 16 novembre 2021 : Date limite pour adhérer aux Républicains en ligne et être ainsi membre du corps électoral

Samedi 20 novembre 2021 : Conseil national des Républicains – auditions des candidats

Décembre :

premier tour du scrutin :

Du mercredi 1er décembre 2021 à 8h au jeudi 2 décembre 2021 à 14h  

second tour du scrutin :

Du vendredi 3 décembre 2021 à 8h au samedi 4 décembre 2021 à 14h

Proclamation des Résultats :

Samedi 4 décembre 2021

 

DEBATS :

8 nov sur LCI / 14 nov sur BFMTV / 21 nov sur Cnews / 30 nov sur France 2

 

Nous rappelons que pour participer au vote, il faut être adhérent à jour 2021 et il est encore  temps  de rejoindre toutes celles  et tous ceux qui veulent choisir le candidat  de la droite (voir les dates limites ci-dessus). Nous sommes à votre disposition pour faciliter votre démarche si vous le souhaitez.

.  Le lien pour adhérer en ligne: https://membres.republicains.fr/inscription

. Ou bulletin d’adhésion avec chèque à renvoyer par courrier avant le 9 nov :

https://membres.republicains.fr/inscription?&utm_source=btn_adh_footer&utm_medium=site&utm_campaign=lrweb_adh;

N’oubliez pas de mobiliser tous vos amis pour la réunion du 4 novembre.

Pour joindre l’équipe Barnier du département : 

[email protected]  -  portable 06 66 85 26 27

 

 


EH DUPONT, V’LA CENT BALLES !

 

Pluis de billets

Une aide de plus.

La forte hausse des prix de l'énergie accentue la pression inflationniste. Et celle-ci a une influence directe sur les prix à la consommation des ménages. Mais la récente hausse des prix de l'énergie est beaucoup plus inquiétante que les augmentations de prix engendrées par les dysfonctionnements résultants de la pandémie. L'énergie est une dépense contrainte et, à ce titre, son renchérissement pèse plus sur le pouvoir d'achat, en particulier de celui des plus modestes. Pour les entreprises, l'emballement des prix du pétrole et du gaz s'ajoute aux augmentations des prix des entrants, hypothéquant ainsi leurs marges de manoeuvre salariales. Dans ce contexte, la crainte de voir redémarrer une révolte type « gilets jaunes », pour atténuer la hausse des prix du carburant, Jean Castex a dévoilé une aide de 100 euros qui bénéficiera à toutes les personnes gagnant moins de 2.000 euros par mois, propriétaires ou non d’une voiture. Ce geste représente une facture de 3,8 milliards d’euros pour l’Etat. Celui-ci prendra aussi en charge le plafonnement des prix du gaz, dont Jean Castex a annoncé le prolongement jusqu'à fin 2022. Ainsi, désormais, à chaque fois que nous serons confrontés à un problème, notre super héros, le Super Gouvernement, nous donnera une Super Aide pour traverser l'épreuve. Et voilà 3,8 milliards de plus d'argent magique distribués ! Toujours aux mêmes, évidemment !

L’hélicoptère à billets.

Pourtant Macron l’a dit : il n’y a pas d’argent magique. Mais ça, ce sont les mots.  Rien ne l’empêche de faire le contraire de ce qu’il dit. Et voilà 38 millions de chèques qui tombent du ciel. La France est le seul pays européen à distribuer des coupons carburant quand le prix du baril de pétrole augmente. A croire que nous vivons dans un Etat prospère qui peut se permettre ce genre de largesses. En réalité, le gouvernement français profite d'une période exceptionnelle pour jouer les pères Noël : l'absence de gouvernement allemand. Ce vide politique en Allemagne permet à la France de continuer à se vautrer dans les déficits et dans la dette. Il n’y a personne pour siffler la fin de la partie. Car au palmarès des performances économiques notre pays reste champion du monde de la dépense publique et des impôts, atteint les sommets en matière de déficits et de dette et pour  le reste, chômage, richesse par habitant, commerce extérieur, ne peut pas se permettre de plastronner. Alors  pourquoi ? La réponse à cette question est toute simple : nous sommes en période préélectorale et M. Macron veut se présenter comme le candidat du pouvoir d'achat…

L’économie de Parkinson.

D’autant que ce chèque de 100 € est un non sens sur toute la ligne. Tous ceux qui recevront un chèque trouveront son montant trop faible et ceux qui en seront privés jugeront la situation injuste. Le large arrosage choisi par l’exécutif, en plus, accentue ce sentiment de perdant-perdant...  Plus grave : ce  geste conforte la population dans l’idée que l’Etat peut tout, y compris la prémunir contre l’inflation mondiale  et nourrit la dépendance aux aides publiques. Nous sommes le premier pays de la planète en prélèvement d’impôts mais nous sommes aussi le premier à distribuer « généreusement » l’argent de nos impôts (en augmentant la dette au passage) pour permettre à nos concitoyens de mieux payer... leurs impôts. Le prix du baril n’est pas plus élevé qu’en 2018. Ce n’est en réalité que 8 centimes de plus que le pic de mars 2012 ou novembre 2018. Si le carburant augmente, c’est parce que la fiscalité verte, pour des raisons environnementales, a explosé ces dernières années, une  flambée de la fiscalité verte qui rapporte aujourd’hui davantage que l'impôt sur le revenu. Une politique publique que l’Etat semble ne plus assumer aujourd’hui.

Une mauvaise idée.

A défaut de rendre aux Français le surplus fiscal de 2 milliards d’euros, Jean Castex propose une obole ridicule. L’indemnité inflation, pas plus que le chèque énergie ne régleront le problème de pouvoir d’achat que ressentent nos compatriotes. Ce n’est pas de subventions qu’ils ont besoin. Ils veulent que leur travail rapporte plus et leur permette de vivre correctement.   Un sujet sur lequel l’Etat pourrait beaucoup, en dépensant  mieux et moins.  Il est urgent qu’il allège ses besoins et les prélèvements qui vont avec, qui amputent les salaires en France plus qu’ailleurs. C’est le sérieux budgétaire qui améliorerait la compétitivité des entreprises et les rémunérations des salariés. Une politique qui demande de la volonté et plus difficile à mettre en œuvre que de faire voler l’hélicoptère à billets pour un pouvoir d’achat factice. Macron ne peut pas ne pas le savoir, mais à l’approche des élections il se laisse aller à la facilité d’une politique coûteuse et inefficace. Le « quoi qu’il en coûte » appliqué à l’élection présidentielle ». Cela s’appelle la démagogie.

 


BARNIER !

Barnier europe

 

Le congrès de LR désignera le 4 décembre le candidat de la droite pour 2022. Nous aurons alors un seul ou une seule candidate, et presque cinq mois de campagne devant nous. Nous serons enfin incarnés et cela créera le rassemblement et une dynamique. Nous pouvons gagner ! Le président sortant est actuellement en tête. Mais rien n’est joué entre les trois candidats suivants. Les électeurs de Zemmour comme de Le Pen ont les mêmes préoccupations : l’immigration et la délinquance. C’est un peu court pour un projet ­présidentiel. L’ensemble des Français attendent une offre alternative crédible. Il y a naturellement une compétition  entre nos candidats, mais je ne suis pas inquiet : ils ont tous le sens des responsabilités. L’important, c’est le projet qu’on va présenter aux Français. On va s’apercevoir que le parti a  beaucoup travaillé  et que le  projet qui en est sorti constitue un socle solide pour la campagne présidentielle. Il  inspire   tous nos candidats qui ont peu de divergence entre eux.

J’ai choisi Michel Barnier.

Catherine Deroche notre sénatrice qui participe à l’animation de sa campagne m’a  demandé si je voulais bien être référent pour Michel Barnier dans la 1ère circonscription du Maine-et-Loire. J’ai accepté, car il est  celui qui me semble cocher toutes les cases pour être un vrai Président de la République qui gouverne. J’aime son discours rassembleur, son calme est rassurant, son parcours fait de lui un homme expérimenté. La négociation du « Brexit » qu’il a  menée pour les 27  en est une démonstration éclatante.  En plus de ses qualités personnelles, ses  convictions euroréalistes constituent un atout supplémentaire.  En cette période troublée, dans un monde  dangereux, nous avons besoin que  le gouvernail de l’Etat soit tenu d’une main ferme par un  Président qui connait toutes les arcanes de l’Union et qui plus est,  personnellement son personnel politique au plus haut niveau. Michel   Barnier est  pour moi, le choix rationnel de la raison  et de l’efficacité.

Nous avons la chance qu’il vienne dans le Maine-et-Loire.

C’est  avec plaisir que je vous invite à participer à la réunion publique que notre fédération organise à son intention. Adhérent ou non, vous êtes les bienvenus. Venez vous  informer,  poser des questions. Et s’il vous a  convaincus, vous pourrez même adhérer, le cas échéant, et venir renforcer le nombre de  ceux et celles qui ont l’intention de voter pour lui. 

Michel BARNIER- Invitation

Attention : munissez-vous de votre passe sanitaire 

Merci de bien vouloir nous préciser votre présence par retour de mail à :

[email protected]

 


L’EFFET CHEQUES

Des-liasses-de-billets

 

Nous sommes abreuvés de sondages pour la présidentielle de 2022. Ils  ont  tous au moins un point commun : Macron parade en tête avec constance en pointant autour de 24% . Même si le score n’est pas extraordinaire, il serait difficile de s’en étonner avec la campagne qu’il a entamée depuis quelques semaines, le carnet de chèques à la main. « Après moi, le déluge »  est-on enclin à penser.  La réalité  n’est pourtant pas aussi rose que celle qu’il  essaie de nous faire oublier  avec deux mensonges : les impôts auraient baissé sous son quinquennat et les milliards qu’il distribue c’est au nom du plan de relance et pas des cadeaux électoraux.

Une campagne qui ne dit pas  son nom.

Le Président de la République arpente la France dans tous les sens. Ici avec les agriculteurs il débloque 600 millions, là c’est 500 millions pour le Beauvau de la sécurité, 1,5 milliard pour Marseille, 2 milliards de plus pour ma  prim’ rénov, …  en quinze jours c’est 5 à 7 milliards d’euros qui ont été dépensés, sans compter les petits chèques pour compenser les hausses du prix de l’énergie et des carburants. Non seulement ce n’est pas la fin « quoi qu’il en coûte », mais c’est la pluie de « l’argent magique », dont  le locataire de l’Elysée affirmait pourtant qu’il n’existait pas.

Le dernier budget du quinquennat.

Le gouvernement vient de présenter le dernier budget du quinquennat avec un seul mot d’ordre : communiquer sur les baisses d’impôts pour les ménages. Alors, on évoque beaucoup les baisses, impôts sur le revenu, taxe d’habitation, mais pas beaucoup les hausses notamment celle  de  la CSG… On oublie que nous sommes toujours quatre points au-dessus de nos partenaires de la zone euro en impôts, taxes et cotisations. On oublie surtout qu’un chemin pérenne vers des baisses d’impôts durables devrait passer par des baisses de dépenses, et on n’en prend pas le chemin. Certes, nos entreprises -et c’est une bonne nouvelle- sont les premières bénéficiaires des baisses nettes d’impôt qui viennent d’ailleurs principalement de mesures prises sous le quinquennat de François Hollande. Il faut y ajouter, à l’initiative de ce gouvernement, la baisse des impôts de production, insuffisante mais réelle. Mais du côté des ménages, si le gouvernement insiste sur les 5 milliards d’euros de baisse de l’impôt sur le revenu et sur les 16,5 milliards d’euros de baisse de taxe d’habitation, il oublie d’inclure l’énorme augmentation de la CSG qui a caractérisé le début du mandat et qui est bien plus lourde que la baisse des cotisations sociales salariales. Il oublie aussi d’évoquer la hausse de la taxe foncière ou la hausse d’impôt sur le revenu lié à la mise en place du prélèvement à la source ou encore la hausse de la TICPE... Sur l’impôt sur le revenu des ménages la baisse est d’autant moins flagrante que la recette passe de 73 milliards en 2017 à plus de 82 milliards en 2022…  Sur la totalité des impôts directs, on a du mal à voir où est vraiment la baisse.

L’explosion des dépenses publiques.

les dépenses publiques ont cru de manière exponentielle en France avec, hors dépenses d’urgence et de relance, environ 28 milliards d’euros de plus par an, ce qui est considérable.  Elles atteindront toujours plus de 56% du PIB en 2022 contre 49,6% en zone euro. Et on annonce une nouvelle fuite en avant avec un nouveau plan d’investissement à 30 milliards d’euros, financé aussi par la dette, d’ici 2030, et la dette aura augmenté fin 2022 d’environ 690 milliards ! On comprend que le Haut Conseil des Finances Publiques appelle à la « plus grande vigilance sur la soutenabilité à moyen terme des finances publiques ». Mais le sortant n’en a cure.  Il est prêt à « acheter » même au prix fort, sa réélection. En attendant, on peut aussi légitimement se demander quelle est la durée de vie de baisses d’impôts qui ne sont pas financées. Au moins, on sait ce qui attend le ou la titulaire du mandat suivant : il faudra faire un effort de 3 à 4 points de PIB de baisses d’impôts, financés non par de la dette mais par des baisses de dépenses, pour rendre nos entreprises compétitives et booster la croissance potentielle de la France. Le risque est donc grand pour notre pays, en multipliant les chèques et les annonces de dépenses, de gâcher une possibilité unique de consolider les baisses d’impôts et de les poursuivre massivement comme il serait nécessaire pour combler notre retard de compétitivité.

Puissent les Français avoir la sagesse de ne pas se laisser  prendre au  piège des cadeaux électoraux, par nature éphémères, et choisir la  voie du redressement  qui demande des efforts  mais qui conduit au retour de la prospérité  pour tous. Le  programme des Républicains contient toutes  les solutions qu’ils attendent.  Ils  auraient tort de s’en priver.

 


L’ENGOUEMENT ZEMMOUR

Eric Zemmour

 

Un brillant chroniqueur

Avec la sortie de son nouveau livre, Eric Zemmour fait un tabac. Les médias  se l’arrachent, victimes de "zemmourite" aiguë, même ceux qui ne l’appelaient plus, comme dans le « service public ». Si on ajoute à cela le fait que BFMTV  et LCI aient multiplié les reportages sur lui, ça devrait, comme on dit, mettre la puce à l’oreille. Rien n’est gratuit en ce bas monde. Son irruption doit bien rendre service à quelqu’un. Reconnaissons à l’intéressé son talent. C’est un éditorialiste réputé qui a fait les beaux jours de Cnews, entre autre. Il n’est pas étonnant que son entrée dans l’arène concentre tous les regards. Il voulait être l’événement de la rentrée : il a réussi. Pas  un entretien sans que la question de son éventuelle candidature ne soit posée. Il fait durer le suspense  et pendant ce temps-là, il vend son livre au titre évocateur : « La  France n’a  pas  dit son dernier mot ».  Tout un  programme,  pensent ses fans. Ses thèses  rejoignent souvent celles du RN, et à LR, il séduit une frange conservatrice, et il se vante de voir les candidats à  la  sélection reprendre ses thèses, ce qui est une facilité. Et  comme plus ça mousse, mieux c’est, il multiplie les coups d’éclats : face-à-face avec Mélenchon, débat avec Michel Onfray …  Eric Zemmour a  du fond, profondément maurrassien, il est aussi très cultivé.  Mais s’il dénonce de vrais problèmes, qu’il s’agisse de l’identité, de l’immigration, de l’industrie ou de l’indépendance, s’il  a raison d’évoquer la catastrophe éducative, si la problématique  globale est bien une « guerre de civilisation », sa France sent la naphtaline et son plaidoyer , ne s’appuyant sur aucune expérience concrète et seulement sur l’observation, même juste, sonne creux.  D’autres, à droite, développent  les mêmes thèses, mais sur un socle  plus réaliste.

Zemmour, quelles compétences ?

Il ne suffit pas de parler, de faire de beaux discours, d’étaler  de  belles idées.  Il ne faudrait pas que le succès lui  monte à la tête. Je ne sais pas pourquoi, souvent il m’agace. Je ne suis pas aussi érudit que lui, mais je sais quand même beaucoup de choses en politique (par expérience) et en Histoire (par formation) aussi je n’aime pas sa manière, de temps en temps, d’arranger les choses à sa façon pour qu’elles aillent dans son sens. De plus, sans être « européiste », je suis européen de conviction. Ce qui me différencie nettement  de ses thèses nationalistes étroites. Et c’est une dimension incontournable pour tout quidam qui prétend  à  la magistrature suprême. Qui peut imaginer la France, endettée jusqu’au cou, démunie de toute industrie  hormis  deux ou trois pans de secteurs  tout juste compétitifs et encore,  une France à cours de  ressources énergétiques, s’en sortir seule, face aux Etats continentaux. L’Elysée  exige par ailleurs bien d’autres  compétences, que l’on ne peut acquérir que par le « cursus honorum » républicain : connaissance des rouages de l’Etat, des strates administratives, de la  décentralisation des compétences partagées entre les collectivités territoriales, …  et surtout respect des lois et des droits  français et européen –nous sommes liés par des traités qu’on ne défait pas d’un coup de baguette  magique- qui  obèrent bien des promesses.  Ce manque d’expérience, Macron en a cruellement  manqué.  Va-t-on renouveler la  même  erreur ? C’est qu’il ne suffit pas de « dire » sans s’embarrasser de pudeurs de gazelles, pour  plaire, il faut être capable de faire.  Et comme on le sait, « qui trop embrasse,  mal étreint ! ».

A droite, une immense  attente.

Les sondages ne doivent pas nous leurrer. Tant que le paysage n’est pas définitivement installé, ils « moulinent » dans le vide. Zemmour profite  d’un moment d’apesanteur dans le débat politique. Les  médias n’ont d’yeux (ou d’oreilles) que pour lui et pourtant il se dit des choses plus importantes ailleurs. C’est vrai, l’attente et le doute sont immenses chez les électeurs, surtout à droite. Rien ne serait pire que d’enfermer la démocratie dans des choix préfabriqués. Pour  l’instant, la stratégie  Zemmour profite à Macron qu’il dit combattre, en affaiblissant à la fois Marine Le Pen et Les  candidats LR.  Mais c’est faire l’impasse sur la conscience de leur grande responsabilité qu’ont tous les élus de la droite. Ils avancent avec un programme solide que les Français finiront par découvrir : il s’agit de  gagner sur un cap clair, avec  une famille réconciliée, avec  des valeurs assumées  telles que la  sécurité,  la bonne gestion de l’argent public, la  mise en avant du travail, le refus du communautarisme…  Il y a aussi un doute immense. Nous vivons un effondrement  moral de la politique et les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. Les trahisons de ceux qui passent dans le camp  adverse   sans vergogne,  se vendent pour des places, ou encore changent complètement de logiciel une  fois élus pour  tout repeindre en vert (plus ou moins cramoisi), n’encouragent  pas à aller voter.  Aussi est-il  important d’avoir des candidats qui avancent sans cacher leur drapeau, pouvant arguer de leurs idées et du maintien de  leurs convictions dans la durée. Au final, il n’y aura qu’un candidat de la droite républicaine.  La méthode de sélection demande un peu de patience. Mais l’Elysée ne mérite-t-il pas qu’on prenne le temps !

Alors le soufflé Zemmour retombera, comme en son temps la baudruche Chevènement se dégonfla.

 


LA FIN DU "QUOI QU'IL EN COÛTE" ?

Daniel Fasquelle

[La fin  du "quoi qu'il  en coûte"],  c'est  le thème que Daniel FASQUELLE, trésorier national Les Républicains, Maire du Touquet, abordera lors d'un dîner-débat à Angers :

Lundi  11 octobre 

Restaurant L'Entrecôte d'Agape

12  avenue Jean Joxé, (entrée  par le MIN)

 Accueil à 18H30

Il est  encore temps de s'inscrire.  Voir les modalités  ci-dessous. 

Pour ceux qui n'ont pas encore renouvelé,  leur adhésion, c'est le moment de le  faire :

  • Ils bénéficieront du tarif privilégié "adhérent"?
  • Ils seront certains de pouvoir voter au congrès du début décembre pour désigner le candidat de la droite et du centre.   ( précision  : il faudra être à jour de cotisation avant le 15 novembre).

Pour ceux qui veulent soutenir Michel BARNIER, c'est l'occasion  de  se manifester.  Daniel FASQUELLE est dans son équipe de campagne, dont il est le coordinateur général des réseaux d'élus et de soutiens.

 

Inscription :

Adhérent   à jour de cotisation 2021

NOM :                                          Prénom :

Règlement : 20 € par personne et par chèque à l’ordre de « ANFR »

Adhérent (non à jour de cotisation 2021) et sympathisant :

NOM :                                 Prénom :

Règlement : 30 € par personne et par chèque à l’ordre de « ANFR »

( 20 Euros si adhésion ou ré-adhésion à LR 49 par chèque séparé – Coût de l’adhésion : 30 € personne seule, 40 € pour un couple, 15 € pour les jeunes)

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LA CORDEE BARNIER SE RENFORCE

Barnier

 

L’écho de la candidature de Michel Barnier  se répand et rencontre  un accueil favorable si  j’en crois les personnes que je rencontre. Le candidat à la présidentielle fait une campagne active sur les médias  et parcourt les départements. Des parlementaires, des élus, des militants, des sympathisants sont attirés par son discours rassembleur et  apaisé. Incontestablement, l’ancien négociateur du Brexit séduit.

Un profil idéal.

Michel Barnier coche toutes les cases, comme on dit. Il n’a pas seulement « la gueule d’un président » comme  l’a affirmé Roselyne Bachelot, il a aussi les  qualités requises. La lecture  de son livre sur le Brexit est édifiante voilà un homme qui sait gérer toutes les dimensions d’un dossier, qui en maîtrise toutes les données, qui sait choisir les collaborateurs les plus pertinents et les plus efficaces. Il est riche d’une expérience qui manque tant aujourd’hui à la gouvernance actuelle   : de la France, il connait tous les échelons politiques et administratifs pour les avoir pratiqués, de l’Europe, il connaît tout le personnel politique des Etats-membres et tous les méandres de son fonctionnement, du monde, il a  la  vision géopolitique qui résulte de ses  responsabilités ministérielles successives.  Même son âge peut-être un atout. Si on regarde les dirigeants de la  planète, Biden, Poutine, Xi Jinping…  il ne dénote pas.  A 70 ans, de nos jours, on est encore  jeune.

Un projet  fédérateur.

Quand on a su maintenir ensemble les 27 pays de l’Union face aux anglais qui ont tout tenté pour trouver une faille, réunir sa famille et plus largement les Français  devrait  être à sa portée. De nos pays, il  en a bien compris les faiblesses  actuelles : désespérance vis-à-vis des politiques, société fracturée façon archipel sous les coups de boutoirs du communautarisme et le laxisme de la gauche, finances à la dérive, économie fragilisée par  les  erreurs commises durant ces dix dernières années…  Son leit motiv  « respecter les Français » n’est pas qu’un slogan, il traduit une volonté. Son autre obsession  « faire » plutôt que parler, cherche à redonner confiance, là où elle a été trop souvent malmenée par les promesses  non tenues.  Le  personnage devrait  donc  plaire à un électorat en mal de reconnaissance et de leadership. Il est encore trop tôt pour décliner un  programme complet.  Il  pourra s’appuyer sur le travail en profondeur mené par l’équipe de Christian Jacob qui a publié récemment un projet  complet, fruit de plus de 200 forums. Il pourra d’autant plus y puiser, qu’il n’a jamais quitté  sa famille politique, resté fidèle  malgré les propositions de débauchage dont il a été l’objet.

Un homme solide.

Michel Barnier est un Savoyard. Il pratique l’alpinisme. Une cordée, il sait ce que c’est et il sait que chacun compte, le premier, comme le dernier.  Il a dit, il y a quelque temps, « là où il y a une volonté, il y a un chemin. » Il saura gouverner la France.  Sa promesse de rassembler tous les talents, à  commencer  par ceux de la droite, est  le prélude à des jours nouveaux d’espoir et de renouveau pour la France. Ce chemin, je vais le rejoindre  et je vous invite à en faire autant. Dans notre département, Stéphane Piednoir et Catherine Deroche ont franchi  le pas et rejoint la cordée Barnier.  La campagne ne fait que commencer pour mener l’assaut du sommet de l’Elysée.

 


BUDGET 2022 : LE MAIRE-GARCIMORE DANS SES ŒUVRES.

Tonneau des danaïdes

Pour 2022, il fallait bien un peu de magie pour rendre présentable une situation financière exsangue. Mais Le Maire nous a rejoué du Garcimore  avec  ses « colossales petites finesses ». Il y a une semaine, Bercy a présenté les sous-jacents macroéconomiques du futur budget 2022, mais en oubliant l’essentiel : le niveau des dépenses publiques qui ne sont pas toutes encore arrêtées ou définies. C’est que les projets présidentiels tombent comme les obus à Gravelotte, campagne oblige, et toutes les annonces ne sont pas toujours chiffrées. Comme l’affirme Bertille Bayard dans Le Figaro : « L'argent magique est une drogue qui transforme déjà la campagne électorale en gigantesque rave-party. »

Le budget au fil de l’eau.

Depuis cinq ans, le budget est livré par morceaux, au fil de l'eau des arbitrages, alors qu’avant, c'était un exercice solennel, obéissant à un strict rituel. Le cadrage  était arrêté  avant les vacances ainsi que les hypothèses macroéconomiques, et au début de l'automne les annonces étaient lâchées d'un bloc : dépenses, recettes, déficit, dette et effectifs,   avant que ne commence le marathon budgétaire à l’Assemblée. Après des reports de crédits jamais vus entre 2020 et 2021, nous assistons à une nouvelle méthode : celle de voter des milliards de dépenses publiques… par amendement,  au fil  de l’eau. Cela permet d’installer un flou sur le résultat final des dépenses publiques et  entre temps de faire des  annonces  sympathiques, ce qui permet à  Bruno Le Maire d’affirmer sans sourciller : « les dépenses ont été tenues ».  Et surtout de se  ménager des marges de manœuvre  afin d’annoncer de bonnes nouvelles sur le plan des finances publiques en fin d'année, qui s’avèreront fausses ensuite. Le dernier budget de François Hollande, dont les dépenses avaient été systématiquement sous-estimées, est resté dans les annales : la Cour des comptes l'avait accusé a posteriori de manquer de sincérité. Cette  fois-ci la méthode est plus rusée mais on n’est pas loin du même résultat.

Le Haut Conseil aux finances publiques.

C'est un budget incomplet qui a été envoyé aux sages du Haut Conseil aux finances publiques. Deux mesures, et non des moindres, manquent à l'appel : le plan d'investissement « France 2030 » qu'Emmanuel Macron présentera dans le courant de l'automne et qui engagera plus de 30 milliards d'euros sans que l'on sache combien seront décaissés dès 2022,  et la création du « revenu d'engagement » pour les jeunes estimé à approximativement 2 milliards d'euros, non encore arbitré.  Et si Bercy précise la plupart des indicateurs fondamentaux des finances publiques, il ne livre pas le niveau des dépenses publiques prévu pour 2022… le gouvernement se réservant ainsi le droit d'en réaliser par amendement au cours de la discussion budgétaire : on parle ici d'une dérive qui pourrait représenter 11 milliards à l'issue des arbitrages de juillet. Au bas mot, car les récentes annonces - Beauvau de la sécurité, création d'une assurance récolte à 600 millions d'euros vendredi dernier, plan pour Marseille une semaine plus tôt - sont déjà prises en compte, assure-t-on à Bercy, mais les autres  suivent à un rythme  frénétique, Macron ayant le « chèque facile » : lundi, alors qu'il décorait les médaillés des Jeux olympiques de Tokyo, il a promis un « plan massif » pour les équipements sportifs de proximité, qu'il annoncera « dans les prochaines semaines ».Le Haut Conseil des finances publiques aura bien du mal à cerner ce cadrage budgétaire. Comment vérifier la crédibilité du déficit public alors que l'on ne connaît pas le niveau total des dépenses, alors qu'on ne peut pas comparer les dépenses au niveau de recettes totales ? Et si l'on ne parvient pas à juger de la cohérence du déficit, comment le faire s'agissant de la dette, le premier rétroagissant sur le second (hors flux de créances) ?

Manque de sérieux budgétaire !

Comment garder son sérieux budgétaire quand on a dû consentir un déficit de l'État de presque 180 milliards d'euros sur une seule année (2020) face à la crise sanitaire ? Le niveau de déficit 2021 est révisé à la baisse de 9,4% à 8,4%, et pour 2022 à 4,8%. Mais celui-ci devrait être en réalité plus élevé, autour de 5% du PIB, suite à l'adoption des amendements de dépenses. Par ailleurs, ne figurera dans le budget 2022 aucune dépense d'urgence car des crédits 2021 déjà financés (par endettement) mais non consommés, seront reportés en 2022. Et en 2022, la dette s'élèverait selon Bercy à 114% du PIB. Un niveau d'endettement qui pourrait être aussi sous-estimé après 116% annoncés pour 2021. Le projet de budget repose sur des hypothèses conservatrices (sous-estimées) de croissance et de rentrées fiscales, ce qui crée des marges de manœuvre. « Une partie des fruits de la croissance ira à la réduction de la dette », promet Bercy : incroyable ! nous avons tellement perdu le sens de la mesure que nous sommes capables de rejouer la scène de la « cagnotte » avec un déficit envisagé entre 4,8 % et 5,3 % du PIB. 

En ne donnant pas, encore cette fois, les informations permettant au Haut Conseil des finances publiques de se prononcer sur le sérieux du cadrage budgétaire en toute connaissance de cause, l'exécutif ne respecte pas les droits du Parlement. Il faudra attendre la présentation des documents budgétaires, et probablement attendre que le projet de loi arrive au Sénat, afin d'intégrer l'ensemble des arbitrages gouvernementaux intervenus en séance à l'Assemblée, pour connaître le budget 2022. Voilà des acrobaties budgétaires préoccupantes à la veille de  l’élection présidentielle, d’autant plus que les promesses des candidats déjà lancés ont la dizaine de milliards d'euros pour unité de compte (cf Hidalgo).

 


UNE RENTREE POTEMKINE

Village potemkine

Le décor de la rentrée est installé. Tels les « villages Potemkine » de Russie, les façades de la France qu’on veut nous présenter sont souriantes, quand elles ne sont pas rutilantes. L’optimisme est de retour dans l’air du temps. La France est supposée bénéficier d’une belle reprise économique.

L’embellie de  la rentrée.

Cette année, la  croissance atteindra 6,25%, selon l’Insee, soit sa meilleure performance depuis 1973, ce qui permettra à l’activité de retrouver son niveau de 2019 en fin d’année. L’emploi salarié privé et public dépassait déjà de 145.500 postes son étiage d’avant la pandémie au début de l’été. Et à entendre le gouvernement, l’économie française serait ainsi non seulement en passe de surmonter le choc le plus violent qu’elle a subi depuis la Deuxième Guerre mondiale, mais elle en sortirait renforcée. La forte croissance de 2021 résulte de l’effet de rattrapage qui suit la récession historique de 8 % du PIB en 2020, dont la nature est particulière puisqu’elle n’a pas été provoquée par des déséquilibres économiques mais par les mesures sanitaires prises par l’État pour répondre à l’épidémie. Epargne pléthorique des ménages, trésorerie gonflée des entreprises, le mouvement mécanique de récupération lié à la levée des restrictions gouvernementales était attendu et jouera encore en 2022, avec une progression de 4%. Bruno Le Maire se targue même d’attribuer une partie des recettes de TVA à la baisse du déficit et à la dette, tout en vantant les  mérites de son plan de relance. Mais ce n’est qu’une façade.

La  réalité économique est plus triste.

Pour être vigoureuse, la reprise est hémiplégique et risque d’être éphémère. Elle renforce le modèle insoutenable d’une croissance à crédit, tirée par la seule consommation et elle entraîne l’envolée du déficit commercial à près de 80 milliards d’euros, faisant la fortune des entreprises chinoises et allemandes, mais aussi italiennes et espagnoles. La production demeure inférieure de 2,7 % à son niveau de fin 2019, souffrant de pénurie de matières premières, de composants et de travail. Même la situation de l’emploi  n’est pas satisfaisante,  malgré la baisse apparente du chômage, elle fait coexister 1 million d’offres non satisfaites et encore 600 000 travailleurs en chômage  partiel. Le pays compte aussi 2 millions de RSA et environ 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Certains secteurs, comme l’aéronautique, l’hôtellerie de luxe ou la culture, restent profondément déprimés, de même que certaines zones géographiques, notamment Paris où le commerce et le tourisme sont sinistrés. Notre pays, reste le champion des prélèvements et du fait de la compétitivité en berne notre appareil de production a perdu 0,2 % des parts de marché à l’exportation. La stratégie du « quoi qu’il en coûte » se prolongera en 2022, avec la fuite en avant des dépenses de fonctionnement et la perspective d’un second plan d’investissement. La  croissance 2021 a reposé entièrement sur le déficit porté à 9,2% qui a laissé filer  les dépenses à 62% du PIB : la croissance française repose  entièrement sur la  dette. Dès 2023, la  France affichera le plus important déficit de la zone euro en pleine période de resserrement des politiques monétaires de la FED et de la BCE et de remontée des taux longs, avec un retour vers la croissance potentielle de notre économie qui se situe autour de 1 % par an. La reprise se résumera à un feu de paille alimenté par des dépenses publiques, dont l’immense majorité finance des dépenses courantes et non des investissements. Au total, l’économie française sort profondément affaiblie de l’épidémie de Covid, compte tenu de l’accroissement de ses faiblesses structurelles

La réalité tout court est encore plus triste.

En effet, c’est à une triste réalité que nos compatriotes sont confrontés. Le pays est plus malade qu’il n’a jamais été depuis longtemps. La violence et la délinquance se répandent dans les quartiers et les campagnes. Les flux migratoires atteignent des sommets. Le désœuvrement ronge le pays dans ses profondeurs et la situation des « territoires perdus de la République » devient effroyable. Les médias se contorsionnent pour dédramatiser cette réalité explosive et son déchaînement de violence. Et de fait une grande vague d’illusions et de mensonges à commencé à déferler sur le pays dans la perspective de l’élection présidentielle. Il est malheureux que des personnes  comme Christophe Béchu  viennent entretenir ce mirage avec un discours  « misérable » devant les députés LREM réunis à Angers, vantant leur courage et les promesses tenues et les félicitant d’avoir réalisé ce que la  droite avait rêvé de faire  sans le réaliser  alors que jamais on n’a connu à l’Assemblée nationale majorité plus arrogante et sectaire. Il y aurait beaucoup à dire sur cette  manière de se rouler  par terre devant la Macronie, mais si les promesses tenues c’est, entre autres, l’abandon de ND des Landes,  l’augmentation de 25% de la CSG  sur les retraités, l’extension de la PMA, l’imbécile suppression de la taxe  d’habitation et la fermeture de Fessenheim, alors effectivement, nous ne sommes plus de la même famille. Quant à  la droite, elle n’est plus au pouvoir depuis 10 ans, elle a fait 80 réformes sous Sarkozy. Macron n’aura vraiment réussi que la Flat taxe et quelques bricoles non abouties de réforme du travail. Non, Christophe, tu vas appeler à le soutenir, on ne te suivra pas !

 


LE VERTIGE DES CANDIDATURES (2)

Elysée

 

Suite du tour d’horizon du paysage politique.

Du côté de l’extrême droite.

À ce beau désordre s’ajoute de nombreuses inconnues, dont la plus importante est la candidature éventuelle d’Éric Zemmour. La boule dans le jeu de quilles. On dit dans les officines qu’il prendra des voix à Emmanuel Macron, on se demande comment, ou aux Républicains qui n’ont pas du tout le même  logiciel. C’est par rapport à Marine Le Pen que ce n’est pas un atout supplémentaire capable d’élargir le spectre de son électorat : sur l’Europe, sur la sécurité, sur l’immigration, c’est un maximaliste et il se présente pour faire « mieux » que la  présidente du RN dans les domaines où, elle s’est ralliée à la « sagesse » idéologique pour toucher une droite moins extrémiste. Je suis persuadé, pour ma part, que si Eric Zemmour va au bout de sa candidature, il affaiblira Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, tout en créant dans l’esprit des électeurs une telle confusion qu’il finira par incarner davantage les idées de Jean-Marie Le Pen que celles de sa fille. Le tout dans un contexte où le RN paraît affaibli après les Régionales et  Marine Le Pen usée. Si elle continue de s’afficher dans le  Match avec  Macron, c’est  par défaut, le  paysage électoral  n’étant  pas encore défini. On aurait pu se passer de la gaffe d'Eric Ciotti.

La solitude de  Macron.

Du côté de chez Macron, ce n’est pas le trop plein, c’est plutôt le vide.  Si LR est encombré par ses « talents », à LRem  ce serait plutôt  l’inverse. Des talents on en cherche. Quoi qu’il en soit ils ne serviraient guère, le Président ayant pris le pli de faire tout, tout seul. Il y a certes des velléités d’organisation dans son cas, mais ça ressemble beaucoup à la création d’écuries  parallèles au cas où… Ainsi le  rassemblement de la République des « Jaunes » à Fontainebleau où les LR en rupture de  ban cherchent à se constituer un gîte  pour tenter d’exister. A Angers, aux journées parlementaires de LRem (j’espère pas aux frais du contribuable local), on a bien parlé de la création d’un  « grand » parti démocrate, ce vieux serpent de mer dont Bayrou rêve depuis la fin de l’UDF, mais il serait  étonnant que la démarche aboutisse à un ensemble homogène.  Chacun y pense avec ses arrières-pensées pour le coup d’après. Ceux qui rêvent d’un paysage politique réduit à deux partis comme aux Etats-Unis  oublient qu’on est en France  et  que le  schéma anglo-saxon ne correspond pas  à nos mentalités. Pour la campagne présente, aucun doute : Macron sera candidat, son propre directeur de campagne et son propre porte-parole. Il ne restera qu’à coller les affiches.  Pour ça, il a déjà Dupont-Moretti et sa Rolex. Sa cote reste élevée, mais la cote ne fait pas le vote. Les sondages le donnent toujours gagnant devant Marine Le Pen, mais avec un écart assez réduit (8 points dans un duel, c’est 4 points à rattraper). Il n’y a pas à s’en formaliser : il en sera ainsi tant que  le paysage électoral de  la présidentielle ne  sera pas figé  et la  campagne lancée. Les sondages de l’automne précédant l’échéance se sont toujours révélés faux. Les Français ne veulent toujours pas de la réédition de 2017 et 59% d’entre eux ne souhaitent pas que Macron se représente ! Comme quoi, on a encore le temps de voir. Attendons  que ça « décante »   comme on dit.

Et puis d’ici avril, le sortant a encore tellement le temps de dire des bêtises…


LE VERTIGE DES CANDIDATURES

Elysée

 

L’automne climatique est presque déjà là. Et les feuilles commencent à tomber. Comme saisies d’une étrange correspondance, les  candidatures à l’élection présidentielle tombent elles aussi, si nombreuses qu’elles donnent le vertige à nos concitoyens.  Une force incompréhensible semble pousser les uns et les autres, dans tous les partis, à se croire le meilleur pour affronter le  suffrage des Français. Peut-être que l’exemple d’Emmanuel Macron en 2017 les inspire : partir du quasi anonymat et arriver au second tour avec la chance d’être plus acceptable que Marine Le Pen. S’il l’a fait, n’importe qui devrait pouvoir le faire. Car, une constante continue de s’imposer : l’opinion indique dans tous les sondages que le pays refuse la réédition d’un duel Macron-Le Pen. Le  problème  est de savoir si une décantation est possible. Elle est indispensable, car, pour l’heure, la multiplicité crée la confusion et n’encourage pas à la participation électorale. L’équation à gauche semble plus compliquée qu’à droite.

L’embouteillage des gauches.

La perspective est plutôt sinistre à gauche. Additionnés, les communistes, les Insoumis, le PS et ses avatars, les écologistes, ne forment pas, selon tous les sondages, plus de 30% de l’électorat. C’est déjà une fragilité structurelle qui réduit les chances d’être dans la  course.  On a déjà une pléthore de candidats certains de leur engagement : Mme Anne Hidalgo et M. Arnaud Montebourg pour le PS,  MM. Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel (PC), pour la gauche radicale et au moins un écolo, Jadot ou Piolle. Encore que les écologistes aient une  propension à valider le discours le plus extrême et Sandrine Rousseau tient la corde. 30% c’est aussi l’espace qui permettrait de franchir le cap du premier tour, pour autant qu’il y ait un candidat unique. Mais en rangs serrés, ils n’ont même pas l’espace pour courir. Ils risquent tous de faire des scores inférieurs à 10 %. Certes, les Verts devront choisir au moyen d’une primaire, mais se rallieront-ils derrière le PS, ou bien le contraire, rien n’est moins sûr. Et les gauches ont un handicap de  taille : il  existe une faille irréconciliable entre les universalistes et les racialistes qui interdit le regroupement de l’électorat, même en cas d’alliance. Le  résultat de ces coalitions aux élections régionales est là pour en témoigner.

Une droite consciente de l’enjeu.

C’est  la leçon que je tire de l’université  d’été de La  Baule avec Les Républicains. Tous les  candidats ont fait acte de présence : Michel Barnier, Philippe Juvin, physiquement, Eric Ciotti et Valérie Pécresse  par vidéo interposée. Ne manquait que Xavier Bertrand qui cultive son chemin personnel. Aucune tension, de la sérénité. Une certitude : il n’y aura qu’un candidat, tellement tout le monde est persuadé que deux candidats pour le même électorat, c’est la recette de la déroute. Rien à voir avec ce que  les médias en disent : pour eux l’affrontement est inévitable et ils  citent volontiers deux candidats,  Bertrand/Pécresse, en ignorant totalement le  parcours que pourrait faire un Michel Barnier. C’est leur jeu de dramatiser. Révigorés  par les résultats des dernières  élections, les caciques du parti réfléchissent à une  méthode de « départage », primaire ou autre aidée par un sondage énorme portant sur quinze mille électeurs de droite pour faciliter la décantation, qui de toute façon aura lieu. La famille LR aura un seul et unique candidat derrière lequel tous  les autres se rangeront. La formule « jouer collectif »  était samedi dernier dans toutes les bouches. Le rebond de la droite est incontestable. Elle est majoritaire dans le pays, elle reste bien implantée dans les territoires et, si elle a autant de candidats à proposer, c’est parce qu’elle a beaucoup de talents disponibles. Tout le monde ne peut pas en dire autant. La détermination de Xavier Bertrand à se présenter indépendamment du parti complique la solution mais ne l’empêchera pas.  Lui aussi aurait gros à perdre. En attendant, les Barnier, Pécresse, Ciotti, Juvin, Peyre (nouveau venu) vont tenter leur chance, profitant de leur fidélité au parti. Reste que  l’important, par-dessus tout, c’est de faire gagner l’équipe de France de la droite. Elle a un  atout : rien ou presque ne sépare les différents projets.  La convergence des discours simplifie considérablement l’équation. Il n’est pas de querelle d’ego qui ne trouve sa solution. Ce  serait impardonnable.

Il reste à analyser  les chances du Rassemblement national et ce  qui se passe du côté de chez Macron.  A suivre, donc.

 


Y A-T-IL UNE NOUVELLE MARINE ?

Le Pen 2022

 

Comme Emmanuel Macron qui, lui aussi, est le grand perdant du dernier scrutin avant la présidentielle, l’extrême-droite a contourné la défaite pour repartir, sans ciller et sans discuter du problème posé par l’abstentionnisme, vers le seul rendez-vous électoral qui ait de l’importance à ses yeux. Ce qui vaut pour la République en marche vaudrait donc pour le RN. Le Rassemblement National, à l’occasion de son congrès à Perpignan, a donc décidé de ne pas s’appesantir sur son échec aux élections régionales et départementales et de ne rien changer à son programme. Il a réélu Marine Le Pen triomphalement à la tête de son parti, avec  la « clause de campagne » nommée Jordan Bardella. Mais ne nous y trompons pas, l’enthousiasme n’est qu’apparent. Il ne met pas fin aux vicissitudes que rencontre le Rassemblement National, qui ont été délibérément ignorées, ce qui ne veut pas dire qu’elles ont disparu.

Une abstention symptomatique.

Il est probable que l’électorat de Marine Le  Pen est miné, par la bizarre concurrence d’Éric Zemmour, par les commentaires haineux de Nicolas Dupont-Aignan, ou par ses difficultés financières. L’échec des 20 et 27 juin,  par l’absence d’une partie de ses électeurs, méritait d’être examiné non comme un incident de parcours mais en tant que dérapage suspect, susceptible de s’aggraver. Le tableau général de la politique en France montre un désarroi général qui n’est nullement circonscrit au RN, il s’est installé à gauche, chez les Verts qui n’accoucheront d’un  candidat que dans la douleur, et à l’extrême gauche, dont la stratégie est tout simplement suicidaire. Il a touché la droite. Certes il valait mieux gagner que perdre et les Républicains nous le font savoir, mais le stock de leurs voix est quand même en baisse par rapport à 2015.  Tout concourt à une incertitude qui risque de durer jusqu’en avril prochain.

Pourtant, le défaut de participation de l’électorat d’extrême-droite est anormal  car il est habituellement marqué  par la fidélité et valorisé par l’abstention des autres. Il y a donc une explication plus  profonde.  Il semble aussi que le choix de têtes de  listes « transfuges » venues de l’UMP, comme Mariani et Garraud, qui avait pour but de capter un supplément d’électeurs de la droite républicaine ait eu un double effet contre-productif : de la défiance des électeurs traditionnels marinistes sans élargir la base électorale. Globalement, dans une France rétive au vote, la participation RN est rentrée dans le rang, d’autant plus que Marine Le Pen à appeler à aller voter par  une ferme injonction qui visait à secouer ses électeurs au soir du premier tour sans qu’elle soit suivie d’effet une semaine plus tard.

Le prix de la « normalisation ».

Depuis qu’elle a pris en main le Front National,  puis le Rassemblement National, Marine Le Pen n’a cessé d’agir dans sa stratégie de « dédiabolisation », pour rendre  le parti attirant et le sortir du fossé contestataire et extrémiste où son père l’avait ancré. Si l’on s’en tient à ses déclarations, la cheffe du Rassemblement National n’a absolument plus rien d’inquiétant. Elle s’en est parfaitement expliquée sur France info : elle est pour l’Europe et pour l’euro, elle est anti-islamiste mais respecte profondément la religion musulmane, elle a un plan pour la réforme des retraites qui n’est pas pire que les autres et elle est toute en modération par ses prises de position plus centristes que radicales. Elle avait même averti « si le RN ne gagne aucune région dimanche, ce n’est pas son affaire : elle continuera son irrésistible marche en avant », comme Macron. Résultat : son électorat ne la suit pas quand elle appelle à l’aide et aucune région ne tombe de son côté. En gommant les aspérités de  son programme, s’est-elle banalisée au point qu’elle ne peut  plus être le réceptacle de la  colère de ses habituels  mécontents ? En résumé : elle ne suscite  plus d’enthousiasme ! Alors si même  le mouvement du candidat n’y croit plus, qui y croira ?

Qui mieux que la droite …

Aujourd’hui, il est difficile de dire de quoi Marine Le Pen est vraiment le nom après avoir modifié ses convictions au point d’adopter celles de la droite. Elle a même eu l’occasion de dire que la dette due à la pandémie était remboursable ! Sa reconversion au centre droit lui a en tout cas réussi puisqu’elle semble avoir retrouvé, au moins médiatiquement, une partie de la crédibilité qu’elle avait perdue en 2017. Ainsi, le RN serait un parti comme les autres, et sa patronne ne serait pas plus radicale qu’un Eric Ciotti.

Il est facile de prétendre que Marine Le Pen ment pour se faire élire et que, une fois élue, elle s’empressera de retrouver ses fondamentaux. Mais personne n’a la preuve de cette manipulation, qui ne sera vérifiable qu’après coup. Pourtant, à force de  vouloir trop ressembler à la droite républicaine, on  peut nourrir un soupçon. C’est que les gens qui l’entourent ont souvent des convictions racistes, antisémites, intolérantes, qui n’ont pas d’autre débouché que le Rassemblement National. Elle ne peut pas davantage ignorer son passé, les opinions de son père, ce que le Front National a représenté même s’il a changé de nom. Son message : « J’ai changé, je suis une bonne fille » ne doit pas faire illusion. Elle a construit sa carrière sur un socle d’intolérance, sur des concepts réfléchissant les vieilles idées de l’extrême droite, terme qu’elle rejette avec vigueur mais qui lui colle à la peau. Chassez le naturel, il revient au galop, et même si elle était sincère, il y a certes le programme, mais il y a aussi le risque de la pression exercée par les adhérents. Même à contrecœur, Marine Le Pen pourrait être incitée à prendre des mesures répressives bien plus tôt qu’elle ne le croit. Et d’autant plus qu’elle voudra reconquérir le coeur de ceux qui l’ont abandonné aux Régionales.

Vous m’avez compris : puisque les électeurs de droite ont le choix, autant préférer l’original à la copie. Inutile de prendre le risque !

 


MAINTENANT, TOUT COMMENCE !

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Disons les  choses clairement : il n’est  pas question de minimiser la victoire des sortants  et encore moins celle des  présidents LR ou assimilés  sous prétexte que  le taux d’abstention est très élevé. La droite LR et ses alliés contrôle 7 régions et 73 départements et remporte largement devant  les autres partis en nombre de voix cette échéance électorale. Les absents ont  toujours tort,  rien n’empêchait les électeurs de se rendre aux urnes si ce n’est une distribution calamiteuse des  documents électoraux, jamais vue sous la  Vème République et que l’on peut  mettre sur le compte de l’incompétence de M. Darmanin au Ministère de l’intérieur. Il était pourtant bien placé  en tant que candidat pour savoir qu’une entreprise privée n’a pas la même facilité d’accès aux boites aux lettres dans  les immeubles, aujourd’hui souvent « bunkérisés », que les facteurs de La  Poste. Inexcusable ! « Les Républicains » est aujourd’hui la formation politique qui occupe la première  place dans notre pays, avec  les villes, les départements, les Régions qu’elle dirige et au parlement ses 100 députés  et la majorité sénatoriale. Le RN et Macron se sont cassés les dents dessus. 

Une  double défaite qui bouscule le paysage politique.

Tous les candidats Lrem, là où ils avaient pu se maintenir, sont relégués à des scores humiliants.  C’est un terrible échec pour le Président de la République. Non seulement La République en marche n’a pas réussi à s'imposer comme une force dominante du paysage politique, mais en plus, elle est apparue comme une intruse dans un jeu droite-gauche relancé. Beaucoup de ses électeurs du premier tour ont pensé que leur vote serait plus utile ailleurs. En fait son parti a même servi à rien : il est à peu près certain,  que même en Paca, Renaud Muselier aurait fait un meilleur score dès le 1er tour s’il n’avait pas pris des candidats  Lrem sur sa liste.

La défaite du parti de Marine Le Pen est l’autre mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron.  Marine Le Pen voit s’effondrer sa stratégie de « dédiabolisation ». A force de vouloir ressembler à la  droite, son parti a  perdu sa  vocation contestataire qui faisait son succès. Du coup malgré les sondages qui donnent encore  le duel Macron /Le Pen pour la présidentielle, ce scénario a pris du plomb dans l’aile, car la dynamique est en train de changer de camp. Elle n’est pas du côté de Lrem pas plus que du RN. Le décalage est si important qu’il est impossible de feindre de croire que le paysage politique n’est pas modifié.

La droite a maintenant de grands devoirs.

Le jeu de Lrem qui voulait recomposer le paysage politique en décrédibilisant la droite a lamentablement échoué. Macron voulait rendre la candidature d’un LR impossible, il en est pour ses frais. Désormais, dans l’électorat modéré, la certitude que Macron est son meilleur candidat  n’est pas établie, car, au regard des trois thèmes dont on peut prédire qu’ils seront au cœur de la thématique de campagne, les personnalités de droite sont bien plus crédibles que lui sur les questions sécuritaire et identitaire et par ailleurs bien plus rassurantes que Marine Le Pen sur les enjeux économiques. Les Bertrand, Pécresse, Wauquiez, Barnier, Retailleau, sont plus en phases avec les aspirations des Français en pleine « droitisation », comme  l’a montré la récente étude de la Fondapol.

Face  à un président  plus préoccupé de sa  propre réélection que de gouverner  la France, les candidats potentiels de la droite doivent d’abord mettre entre parenthèse les problématiques d’ego, prouver, et non plus se contenter de promettre, que celui qu’elle désignera « fera » ce  que les Français attendent. Il faudra choisir le plus rassembleur possible tout en convaincant le  pays qu’une équipe responsable et soudée autour d’un projet est prête à prendre la relève.  Il  lui revient de montrer qu’elle est capable d’afficher des convictions, une ligne politique et un programme dans l’intérêt du pays sans plier devant la tyrannie du « politiquement correct » qui voudrait imposer la  mauvaise  conscience et la repentance. C’est parce qu’elle sera capable  de montrer sa détermination et sa volonté de renouer avec les fondamentaux de la « res publica » qu’elle retrouvera la confiance du peuple, toujours digne de respect, dans une démocratie. Elle a désormais un boulevard devant elle si elle veut saisir sa chance mais il  lui faut à la fois choisir un seul candidat et jouer collectif. C’est plus qu’un devoir, un impératif !

Traiter  les vrais sujets.

La future équipe qui prendra le pays en charge en 2022, aura à gérer une situation désastreuse laissée  à la fois par Hollande et Macron qui en a continué la politique. Après deux quinquennats  pour rien, la dette publique atteint 2 750 milliards d’Euros à 120% du Pib, le déficit des comptes nationaux est abyssal, la société est rongée par la  violence et le communautarisme, le chômage atteint des dimensions monstrueuses, avec 4 à  6 millions de personnes dans la pauvreté. Et cela dans un pays où  les dépenses publiques, les impôts et les cotisations sociales restent les plus élevés des  pays industrialisés. Il  s’agira  d’accomplir un devoir pour le  service de la France, qui nécessitera un discours de courage et de vérité, sans provocation  inutile mais sans démagogie. Le  gouvernement devra rester  droit dans ses bottes  pour appliquer une politique de  fermeté  quant à la sécurité, la maîtrise des frontières et des migrations et le respect de la  laïcité que près de 70% des Français réclament. La vérité et la transparence sur les résultats rétabliront la  confiance. Enfin, la  crise sanitaire a mis en pleine lumière les défaillances administratives des services publics, en particulier l’hôpital et l’école pour laquelle il faudra mettre fin à la politique de nivellement par le bas et à l’effondrement du niveau dans toutes les disciplines. Dernier devoir, et pas le moindre, il reviendra à la droite de rétablir dans toute sa dimension ce qui a été le symbole de la  France pendant des siècles : la liberté,  mise à mal par toutes les  mesures  et les ingérences des contraintes sanitaires. En corollaire, c’est le grand chantier de  l’avenir de notre démocratie, sapée par les mouvements de l’ultra gauche islamo gauchiste, qu’elle devra ouvrir afin de restaurer une démocratie à la  fois représentative dans laquelle le Parlement retrouvera tous ses droits, et à  l’écoute du peuple grâce à al consultation référendaire.

 Pour elle, tout commence, elle n’a pas le droit de décevoir !

 


DU «EN MÊME TEMPS» A «L’ESSUIE-GLACE»

Macron voeux 2020

 

"IL" ne pense plus qu’à ça : comment être réélu. A un an de l’échéance, Emmanuel Macron a lancé sa campagne électorale.  Après avoir tenté de séduire les jeunes en donnant une interview sur les réseaux sociaux avec Brut, constatant qu’il avait perdu 17 points dans l’électorat de droite il donne une interview au Figaro pour tenter de « rassurer » en s’emparant du thème de la sécurité. Il réaffirme au passage quelques principes « qu’il ne valide pas » en contradiction  avec ses propos précédents. Puis dans la foulée, il est interviewé par la chaine américaine CBS, interview au cours de laquelle il explique que la France doit « déconstruire » son histoire à cause de son passé colonial.  De quoi plaire aux oreilles américaines … mais là encore en contradiction avec ce qu’il avait dit auparavant : il n’était pas question de déboulonner les statues !  Autant d’interlocuteurs, autant de discours complaisants. Ce n’est pas nouveau. Toute l’année 2020, il est  passé  de la mise en avant des idées communes au centre gauche et au centre droit à l’envoi de signaux désordonnés aux deux camps. Plus il parle et moins on l’entend, plus il s’explique, moins on le comprend. Bien malin est celui qui sait ce qu’il pense vraiment. Chez nous on appelle ce genre d’individu « un charlatan » !

Le confusionniste.

Le  propos est de Jacques Julliard.  Voilà quelqu’un qui manie sciemment le contresens et les contradictions dans ses discours. « Nous sommes un peuple de paradoxes »  prévient Emmanuel Macron. Si c’est vrai, il est un expert en la matière. Sur l’identité, il énonce dans une interview donnée au Point, « Etre français, c’est habiter une langue et une histoire », ajoutant même la laïcité au triptyque « liberté, égalité, fraternité ». Cependant, il ajoute aussitôt, « Comme Président, je ne reconnais qu’une communauté nationale, mais je ne dénie pas aux autres communautés, le droit d’exister ». Il oublie de dire qu’en aucun cas ces communautés d’origine ou de culture ne doivent s’ériger en concurrentes de la communauté nationale. Une brèche dans laquelle les islamistes se sont engouffrés. En affirmant « qu’on peut être français et cultiver une autre appartenance », il avoue son communautarisme. Sur Brut, il a été capable de prendre la défense de la police tout en dénonçant les « violences policières », élément de langage qui est une manière de donner satisfaction à l’extrême gauche. La polémique sur la loi de sécurité globale l’a conduit à dire tout et son contraire en quelques jours selon qu’il s’adressait à des jeunes ou à des policiers. Emmanuel Macron déplore notre déclassement industriel et affirme « l’élite économique s’est mondialisée… elle est partie, elle est devenue de nulle part ».  Le  « libéral-libertaire » de 2017 qui devait adapter la France à la mondialisation et qualifiait les migrants de « héros » dénonce désormais « la trahison des clercs », une autre manière de nommer les élites dirigeantes économiques et politiques.  Le but est le même qu'en 2017 : reprendre des thèmes de gauche et de droite, poussant les politiques des deux camps à se radicaliser pour exister, et donc à dériver vers les marges. Mais sa mise en oeuvre a changé, faite d'embardées puis de coups de frein.

Le démagogue.

Philippe Bilger, commentant l’interview récente au Figaro n’y va pas par quatre chemins. Quand le président affirme : « Je me bats pour le droit à la vie paisible », il se moque de nous. Et il poursuit : « Je relève, dans ses réponses, son goût du verbe, son appétence pour le commentaire qui pourrait séduire la gauche avec ses considérations sociologiques, la surestimation de son action et le caractère provocateur d’annonces in extremis, comme si on n’aurait pas dû en bénéficier bien avant. » L’ancien magistrat dénonce la  volonté d’occuper le terrain parce qu’il sent l’exaspération monter face à la délinquance et que ça influera sur l’élection présidentielle : « Il est clair que nous avons une action à bride abattue pour créer l’illusion d’un pouvoir qui aurait été conscient depuis le début des exigences régaliennes, alors que les Français n’ont cessé de constater dans leur quotidien les errements et les abstentions de cette présidence dure avec les faibles et molle avec les forts. Dont le « en même temps », n’arrêtant jamais son cours, fait se succéder rigueur proclamée et impuissance concrète. » Tout est dit, exemples, ils sont multiples, à l’appui. Un mélange dévastateur de démagogie et de cynisme. Je me demande encore comment quelqu’un d’aussi intelligent que Christophe Béchu peut suivre un tel personnage… à moins qu’il ne soit comme lui.

L’adolescent attardé.

On a l’impression que chaque intervention  présidentielle est une dissertation comme on en fait encore probablement à Sciences-Po, avec les trois parties, thèse, antithèse, synthèse. Emmanuel Macron parle trop, trop longtemps et en tous sens. C’est son souci de tout dire, d’aller au-devant de toutes les objections qui l’amène à la profusion et à la confusion. Or, diriger c’est choisir ! Il cherche encore sa vérité qu’il n’a pas atteinte, c’est évident. Mais en politique, ce type de discours porte un nom : la duplicité ! Nous avons affaire à une espèce de caméléon politicien : le personnage de 2021 ne parle pas comme celui de 2017 et pas  plus probablement que celui de 2022, au moment de  l’échéance. L’ivresse qui l’accapare dans le maniement des concepts a quelque chose d’adolescent (le constat est de Jacques Julliard) .  Il faut simplement se demander si l’Elysée est l’endroit adéquat pour continuer son éducation. On peut être séduit par son intelligence, son énergie, mais « le petit prince de la technocratie, combinant l’ouverture de la société avec le souci de la verticalité »  voit sa « rêverie » violemment interrompue par les vents violents qui agitent l’arène politique, les mouvements sociaux,  les « gilets jaunes », jusqu’au déferlement du coronavirus. Le fait est qu’il ne rassure pas grand monde. Il voulait être le chantre du centrisme, cette union de la droite de la gauche avec la gauche de  la droite, contre la droite de la droite et la gauche de la  gauche, un jeu politique  qui a toujours été incompréhensible pour l’opinion publique. Il n’est en réalité que celui du centrisme étatique,  ou centralisme, vieux courant jacobin, qui, s’appuyant sur une technocratie inamovible, domine encore dans la gestion de notre  pays et qui passe à côté du clivage économique, social et culturel entre la France du centre, les métropoles, et la France périphérique. L’obsession des sondages qui servent de boussole explique les motivations actuelles du chef de l’Etat. Les personnes âgées qui sont les  plus assidues aux élections demandent une protection sanitaire et de l’ordre et ses rivaux de droite restent  plus dangereux que ceux de gauche. D’où les signaux moins fréquents à gauche qu’à droite, d’autant plus que le centre gauche semble rester fidèle, probablement parce que l’action menée lui convient alors que les discours qui s’adressent à la droite en restent souvent aux paroles.

Qu’en sera-t-il à l’heure du bilan ? Si le président jouit d’un socle de popularité stable, les Français n’en jugent pas moins très sévèrement son action.

 


LREM, L’AUTRE NOM DE LA GAUCHE.

Lrem logos

 

Le néogauchisme dont la France insoumise est le principal vecteur, renforcé par les idéologies importées des Etats-Unis, a fracturé la gauche française. Et à un an de l’élection présidentielle, les études d’opinion sont toutes convergentes : toutes tendances confondues, elle ne rassemble plus qu’entre 24 et 26%, pas plus. Le total d’intentions de votes à gauche est l’un des plus faibles de toute l’histoire de la Ve République. En fait c’est un trompe l’œil.  Les Français sont toujours globalement partagés.  Mais pour les formations politiques concernées, il y a urgence.  Et la priorité des verts, du PS et autres tendances est de trouver un moyen de se rassembler pour avoir un candidat commun avec l’objectif de passer la barre du 1er tour. Samedi dernier, ils étaient nombreux à se retrouver toute la matinée, à l’initiative de Yannick Jadot qui en rêve, dans un hôtel parisien du 19e arrondissement. N’en manquait pas un ! Si, justement, l’un des principaux, Jean-Luc Mélenchon, parti opportunément rendre visite à ses amis gauchistes d’Amérique du sud dont il admire les régimes totalitaires. Après une matinée de palabres, dispersion avec  clause de revoyure. Autant dire que la réunion a tourné au « bal des faux-culs ». Mais personne ne se demande où sont passés les 25% manquants !

La gauche française n’est pas à l’agonie. Elle a juste changé de nom. 

La réponse tient en un seul constat.  Les mêmes sondages indiquent que 25% des électeurs de Hollande continuent  de voter pour Macron. Eh oui, on voudrait nous faire oublier que Macron est entouré de la plupart des hommes qui constituaient le socle du PS : Ferrand, Véran, Le Drian … et que son groupe parlementaire est composé pour une bonne part d’élus venus de la gauche.

Mieux, son bilan est encore plus révélateur car la politique mise en œuvre s’apparente bien davantage à la poursuite de la politique socialiste de François Hollande qu’à un alignement sur les projets de la droite. Sur le plan économique et financier, la hausse des déficits et des prélèvements obligatoires, la vertigineuse explosion des dépenses de l’Etat, le célèbre et socialiste « quoi qu’il en coûte », autre expression pour « c’est gratuit, c’est l’Etat qui paye », l’augmentation exponentielle de la dette, n’ont fait que prolonger la tendance déjà à l’œuvre avant 2017. De même, sur les questions sociétales, les choix accomplis par les macronistes divergent largement des orientations de la droite et du centre : la PMA sans père remboursée par l’assurance maladie, l’interruption médicale de grossesse à 9 mois pour détresse psycho sociale, et maintenant la tentative d’instaurer l’euthanasie, à quoi il faut ajouter l’explosion sans précédent des flux migratoires, le communautarisme forcené, la flambée de la délinquance et de la violence à laquelle Lionel Jospin n’a rien à envier. Il faudrait ajouter ses contorsions écologistes qui font la part belle aux tenants de la décroissance. Enfin, la repentance qui imprègne la vision du chef de l’Etat qui voit dans l’histoire de la colonisation un « crime contre l’humanité » est un emprunt au néogauchisme.  

Et  pis encore, le recours aux conventions citoyennes pour traiter de sujets fondamentaux est devenu une pratique banalisée du « nouveau monde politique », directement tirée des thèses de la démocratie de proximité chère à Ségolène royal. En fin d’année dernière, à la demande du président de la République, 35 Français ont été tirés au sort pour former un « collectif de citoyens » chargé de « se prononcer sur la stratégie vaccinale en France ». Cette initiative faisait suite à « la Convention citoyenne sur le climat », composée de 150 citoyens, sélectionnés au hasard pour « représenter pleinement la société dans toute sa diversité et sa vitalité ». La méthode est-elle si nouvelle ? D’ores et déjà sous le quinquennat de François Hollande, « une conférence citoyenne », composée de 18 citoyens désignés selon des critères de représentativité de la société française définis par l’IFOP avait été chargée de réfléchir à la fin de vie. Elle avait débouché, à la fin de l’année 2013, sur des conclusions favorables à la « possibilité de se suicider par assistance médicale (dans certaines conditions) ».

Ce portrait du soi-disant « nouveau monde » ressemble furieusement à « l’ancien monde socialiste », y compris pour le nombre des fonctionnaires qui ont continué d’augmenter. Il suffisait seulement de rebaptiser le parti socialiste en LREM, et de débaucher un quarteron d’opportunistes à droite, il y en a toujours, et le tour était joué. Voilà pourquoi la gauche « titulaire » se meurt.  En fait, elle est au pouvoir depuis 9 ans, le quinquennat Macron s’inscrivant très clairement dans la suite de celui de François Hollande. C’est une évidence. Des segments de réforme dite de droite  et un verbe droitier pour le « en même temps » n’y changent rien. Comme s’il suffisait de poser des mots sur les maux de la France pour les faire disparaître. Et voilà pourquoi,  comme beaucoup d’autres qui me le font savoir, en aucun je ne revoterai pour lui.

LR pour sortir de la confusion.

Ce scénario repose sur une contre-vérité entretenue par les transfuges de la droite vers le macronisme : « Ce qu’a fait le président (Macron), la droite en a toujours rêvé mais ne l’a pas fait », et largement reprise par les commentateurs et les  médias.

La responsabilité de la droite est historique. Au moment où elle est clairement l’objet d’OPA, à la fois du Macronisme qui voudrait l’asphyxier et du RN qui s’empare un à un de ses  thèmes pour se rendre plus acceptable, elle a le devoir de s’affirmer haut et clair.

Le cycle électoral qui commence va façonner la gouvernance de notre pays pour la décennie à venir. Face à une gauche fracturée, une majorité présidentielle qui entretient la confusion, un Rassemblement national qui vote systématiquement contre tous les textes régaliens mais qui soigne sa « normalisation », la  droite porte une responsabilité importante. Celle de proposer d’abord dans chaque région, puis à l’élection présidentielle, une candidature intransigeante sur les fondamentaux et déterminée à prôner d’abord puis à appliquer sans faiblesse ensuite les mesures difficiles mais indispensables pour restaurer l’autorité de l’Etat et recréer une « envie »  de reconstruire la communauté nationale pour en faire à nouveau « une Nation ».

A l’heure ou 80% des Français expriment de la méfiance ou du dégoût envers la politique (enquête CEVIPOF), un alignement de LR sur LREM se présenterait comme une manœuvre opportuniste. Quant à un ralliement au Rassemblement national il n’est tout simplement pas pensable. Ces manœuvres ne feraient qu’aggraver l’image de responsables politiques ayant tourné le dos à l’intérêt général et obsédés par leurs intérêts personnels, le partage des prébendes et des privilèges.

L’idée que les LR n’auraient pas de « candidat naturel » touche à la quintessence du renoncement et de la sottise politique. Les tentatives pour l’empêcher d’exister montre assez bien que c’est en raison de sa capacité à apporter les vraies réponses au pays. C’est  bien pourquoi la sphère  médiatique se garde bien de faire écho du travail en profondeur qui est mené depuis bientôt un an. Il y aura évidemment un candidat issu de ses rangs ou de sa sphère. La question n’est pas de porter à l’Elysée un surhomme, un sauveur providentiel, mais de donner à la France un candidat crédible, motivé par le sens de l’Etat et la capacité à s’entourer d’une équipe solide et compétente pour gouverner le pays dans le respect de la démocratie. Et pour cela, il en est largement encore temps.

Les Républicains apparaîtront rapidement comme la seule alternative raisonnable  pour éviter un nouveau duel Macron-Le Pen.

 


RANTANPLAN ET TRISTE SIRE

Ed Philippe

 

Avec son ami Gilles Boyer, Édouard Philippe publie un livre intitulé « Impressions et lignes claires » (1) qui offre un large horizon sur sa conception de la politique, sans toutefois apporter la moindre révélation sur les trois ans qu’il a passés à Matignon. A en croire la longue interview que Le Point accorde à l’ancien premier ministre, on n’apprendra rien sur les relations parfois tendues entre Matignon et l’Elysée. C’est selon le Rantanplan de la politique, qui s’est associé à son « Triste Sire* », pour commettre l’ouvrage, être au-dessus du « menu fretin » quand il s’agit de l’éthique et de la dignité. Deux qualités qui lui ont furieusement manqué  quand il s’est agi de rallier la macronie, en loucedé, caché sous une couverture dans une voiture, pour ensuite renier tous ses engagements, y compris en soutenant aux législatives suivantes des candidats contre ceux dont il avait exigé l’investiture aux Républicains.

"Les manettes".

Ce livre n’est pas plus le signe avant-coureur d’une nouvelle trahison, une candidature à la présidence de la République en 2022, ce que confirme l’intéressé dans l’entretien. Mais alors à quoi bon écrire un livre, si  c'est pour ne rien dire. Car ce n’est ni un  programme politique, ni une profession de foi, ni l’esquisse de ce que serait une présidence sous son nom.  On n’y apprend qu’une chose, peut-être pour se justifier, c’est qu’il continue de croire que le clivage gauche-droite est obsolète, alors que l’expérience et l’observation de tous les jours prouvent le contraire, mais l’homme est paraît-il têtu. On retiendra d’ailleurs de son passage à Matignon que sa politique a essentiellement consisté à prolonger celle de François Hollande, qu’il s’agisse de la dette ou des lois sociétales. Contrairement à ce qu’il affirme comme faisant partie de ses convictions, il a été surtout celui qui a consacré l’effondrement de l’autorité de l’Etat. Il est celui qui a abandonné le projet de  Notre-Dame des Landes, cédant à quelques dizaines de zadistes ultra-violents, en piétinant le droit, tous les  recours ayant échoué, et la démocratie avec le referendum. Il dit : « J’aime être aux manettes », un contrepoint de son incompétence.  Où était l’homme qui « aime être aux manettes », quand il accourait affolé au Ministère de l’Intérieur pendant que les  émeutiers mettaient à sac l’Arc de Triomphe, alors que les blindés de la gendarmerie cantonnés à Versailles attendaient des ordres pour intervenir ? Le même qui passait les forces de l’ordre en revue au bas des Champs-Elysées, image surréaliste, pendant que les black blocs déguisés en gilets jaunes, quelques centaines de mètres plus haut, mettaient le feu chez « Maxim’s » ? Aux manettes peut-être, mais il avait perdu les pédales !

De cela, on n’a rien à faire.

Il ne faut considérer le livre ni comme un coup d’envoi de sa candidature, ni comme un règlement de comptes avec Macron, il en est loin, ni même comme un ouvrage pour vous divertir en vous révélant les secrets de Matignon. « Le Point » publie quelques extraits de l’ouvrage. On y découvre les humbles origines de l’ex-locataire de Matignon, sa modestie qui va si bien à son air bonhomme et qui  dit aux Français « ce qu’il savait  et ce qu’il ne savait pas ». Un politicien qui reconnaît qu’il ne sait pas tout dans un monde où il est désormais possible de tout savoir : Rantanplan, quoi !  On se demande ce qui a tellement plu aux Français puisque dit-on, il serait le plus populaire de France. Qu’il se reconnaisse non seulement dans l’exercice du pouvoir, mais aussi dans le peuple qu’il a eu à gérer, en avouant publiquement les incertitudes liées à sa fonction, nous fait une belle jambe et cette manière  de dire les choses sans jamais les affirmer complètement confine à "l’enculage de mouche", excusez la trivialité. En fait, cette tentative de nous expliquer son succès par ce qu’il est lui, personnellement, confirme s’il en était besoin que notre démocratie est tombée bien bas. Une preuve du nivellement par le bas qui est à l’œuvre depuis plus de trente ans et dont il serait la partie visible de l’iceberg.

On aurait aimé savoir…

Les raisons de sa rupture avec le président restent mystérieuses. On y a vu le jeu naturel du couple exécutif, mais alors, on peut légitimement se demander en quoi c’était nécessaire si les deux hommes partageaient autant d’idées. On ne saura jamais comment il aurait géré la suite de la crise sanitaire. On se souvient seulement des mensonges érigés en vérité sur les masques et sur les tests et des grandes mises en scènes de ses conférences de  presse, assorties de son croque mort, Jérôme Salomon. De la com’ pour faire oublier le réel. Ce livre aurait pu être l’occasion de raconter  pourquoi Alain Juppé a échoué et quelle part son acolyte et lui ont pris dans cet échec, puisqu’ils dirigeaient la campagne. Comment ils ont enfermé le candidat en le coupant d’un entourage qui aurait pu lui être utile. Comment ils l’ont fait aller sur les thèmes qui l’ont desservi en oubliant qu’il fallait avant tout parler à la droite dans la primaire qui s’adressait prioritairement à elle, alors que Juppé avait écrit un ouvrage remarquable sur l’autorité de l’Etat. D’ailleurs on apprend au détour d’une question, qu’avec Gilles Boyer, ils avaient évoqué avec Alain Juppé la possibilité de nommer Macron à Matignon en cas de succès à la présidentielle. Il y avait bien une préméditation à la trahison. C’est ce qui arrive quand on est profondément convaincu que le clivage gauche-droite n’est plus de ce temps et qu’il faut le transcender.

"Anti Jupiter".

Il joue le rôle de l’anti-héros, un Poulidor, l’image inversée de Macron. C’est peut-être  là que se trouve la clé de l’énigme de sa popularité. Autant le Président  montre chaque jour, par ses maladresses, son dédain du peuple, autant « Ed » a plu au peuple dans son passage à Matignon, par sa timidité apparente, sa manière de relativiser les choses, sa riposte éloquente bien que souvent de mauvaise foi aux élus de l’opposition qui lui rappelaient des vérités gênantes. Il fait découvrir par un long coup de projecteur ce qu’est l’exercice du pouvoir en France, qui apporte beaucoup plus d’inquiétude, et même de peur, que de bonheur. L’hyper technocratie incontrôlable y apparaît en filigrane. L’exécutif a d’immenses responsabilités et doit trancher chaque jour sur les événements les plus anodins. Matignon est un enfer. Mais on le savait déjà. ». On pourrait croire à  l’absence « d’hubris ». En fait, c’est le point de vue d’un boxeur qui joue la modestie en prenant des coups, et qui aime ça. Voilà donc un livre qui voudrait combler le vide de l’absence, de l’éloignement du pouvoir. On n’y apprendra pas grand-chose sinon que l’auteur principal est un esprit « emberlificoté » comme le dit Bruno Jeudy. On y découvre surtout qu’Edouard Philippe est un quidam ordinaire.

Opportuniste.

Faire son retour médiatique sur la « 2 » le soir de Pâques, il faut le faire, surtout quand on n’a pas la foi. Est-ce pour autant une « résurrection » ? Pas vraiment. On peut pourtant être certain que cela a été pensé, longuement mûri, planifié. Il pensait occuper seul le devant de la « scène » (non, non, je ne l'ai pas fait) . Mais voilà, il a été précédé par Xavier Bertrand et le discours de Macron pour le reconfinement. De quoi occulter largement la manoeuvre. Nommé pour donner une caution de droite à Macron, après avoir été le principal soutien à Juppé, une nouvelle déloyauté ternirait définitivement son aura politique. Mais débarqué sans son consentement, il peut se croire libre de tout engagement. Là-dessus, il reste confus. Chez les macronistes on ne veut croire qu’à un engagement derrière le Président. D’autres, surtout ceux qui l’ont suivi en tant que « constructifs », le  rêvent en réunificateur de la droite, ce qui les arrangerait bien, eux qui n’ont servi à rien. Lui se garde bien de dire ce qu’il pense. Tout sera affaire d’opportunité. Faute de pouvoir peser sur les évènements, ce sont eux qui décideront. Il lui faudra faire oublier le chaos des trois premières années du quinquennat, la limitation de vitesse à 80 km/h et la taxe carbone qui furent les éléments déclencheurs de la crise des Gilets Jaunes, le fiasco de la réforme des retraites après deux mois de blocage du pays, un bilan accablant en matière de maîtrise de l’immigration, de violence, d’ensauvagement de la société et de poussée de la misère. On peut espérer  mieux comme « homme providentiel ».

Au fond, l’avenir politique proche d'Edouard Philippe dépend avant tout du niveau de la mémoire collective.

Il se veut en réserve de la République. Mais quand il sera candidat, si un jour il l’est, c’est certain, personne n’osera l’appeler Jupiter. Le Panda, comme sa fille ? Pas plus. Vous savez le surnom que je lui ai choisi.

Une question : fallait-il être deux pour écrire tout ça. Avait-il donc besoin d’un porte-plume (on ne peut plus dire « nègre ») de service ? « Impressions et lignes claires » ce serait plutôt « confusion et esprit torturé ».

*Conf.  Robin des Bois.

 


A DROITE, DU NOUVEAU !

Bertrand

 

On ne pourra plus dire, comme les médias de mauvaise foi le font de manière récurrente, qu’à droite il n’y a personne. Xavier Bertrand a décidé de franchir le Rubicon pour la présidentielle de l’année  prochaine. Il y avait déjà des prétendants, mais en interne chez les Républicains, à commencer par Bruno Retailleau, mais bien d’autres comme Valérie Pécresse et Michel Barnier ne cachaient pas leurs intentions. La différence, c’est que  le Président des Hauts-de- France  affiche sa détermination face aux Français, à la manière gaulliste de la rencontre d’un homme avec le peuple, et, donc, ne compte  pas participer à un quelconque mode de sélection.

Pourquoi maintenant …

Cette candidature n’est pas une surprise dans la mesure où l’intéressé avait fait part à plusieurs reprises de son intention. La surprise vient du fait qu’il l’annonce maintenant, à treize mois de l’échéance. N’étant plus chez Les Républicains, il récuse à l’avance toute primaire et veut se présenter en tant que candidat libre qui s’intéresse aux autres couleurs du spectre idéologique. Il n’a donc pas à attendre l’automne prochain, moment choisi par Les Républicains pour procéder au départage des candidats. Il y aura alors profusion de communication, de quoi se noyer. Un coup stratégique qui coupe l’herbe sous le pied aux autres prétendants de la droite modérée, dans un moment de relatif calme politique, tout le monde étant accaparé par la crise du Covid et ses séquelles, et qui lui permet d’exposer tranquillement son projet. Moment d’autant mieux choisi qu’il devance aussi Edouard Philippe qui s’apprête à reprendre la parole à l’occasion de la sortie de son livre, avec un plan de communication très nourri. Désormais, il pourra parler sans s’arrêter, profiter de la campagne des Régionales pour occuper doublement le terrain avec l’espoir de rendre irréversible sa candidature. Tout le monde a été pris de court. Avantage Bertrand.

Une tâche herculéenne.

Sa candidature a été accueillie par les quolibets de l’extrême droite et de l’extrême gauche, sans compter ceux de la gauche, qui rappellent que M. Bertrand est candidat aussi aux régionales et que,  en se déclarant disponible pour la présidentielle, il livre un message à l’électeur des Hauts-de-France, région dont il est président : « Je ne ferai que passer ». Sa double candidature correspond en réalité à une forme de courage et Xavier Bertrand n’en manque pas, lui qui a choisi de se battre en solo. Il a lui-même conditionné sa campagne présidentielle au renouvellement de son mandat dans les Hauts-de-France qui servira à la fois de banc d’essai et de « primaire ». S’il perdait cette première bataille, il ne livrerait pas la seconde. En catimini, les responsables LRem considère Xavier Bertrand comme une concurrence sérieuse à Emmanuel Macron. Car, non seulement la droite peut se rassembler derrière lui, mais son profil de républicain modéré, ferme sur les principes, peut lui permettre de ressouder la « droite bourgeoise » et la « droite populaire » tout en ratissant au-delà, lui, l’ex-agent d’assurances, qui a vécu en HLM, qui n’a pas fait l’ENA, qui a des origines modestes, et  qui veut rester « à portée de baffes » comme il dit. Son plus, c’est le terrain, la France d’en bas, le terroir, la simplicité. Et quand il propose l’hypothèse d’une troisième voie pour « une France fière, redressée et réconciliée », face à Macron et Le Pen, il est crédible. Le Président des Hauts de France est un homme réaliste, qui lit les sondages et les analyses politiques. Et en homme méthodique il va s’appliquer à cocher toutes les cases qui siéront aux électeurs qu’il veut convaincre.

Un projet bien ciblé.

La lisibilité du projet repose sur quelques grands axes : le travail, la restauration de l’autorité, l’intransigeance sur nos principes et nos valeurs, voilà qui parle à toutes les oreilles. Il promet de reprendre la réforme des retraites et de repousser l’âge de départ à 64 puis 65 ans, s’engage à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires tout en prônant le remboursement de la dette et la baisse des dépenses publiques. Voilà pour la droite bourgeoise. Mais chacun aura sa part de pouvoir grâce au recours plus fréquent au referendum et aussi avec des décisions qui se prendront sur les territoires, et, encore mieux, dans les entreprises les bénéfices seront partagés. Proximité, simplicité, voilà pour la droite populaire, pour la France des invisibles. Pas de nouveauté décoiffante, mais de quoi consolider un socle électoral.

Réussir l’incarnation.

Face à un électorat de droite en mal d’incarnation, Xavier Bertrand sait qu’il va devoir faire rêver l’ensemble de sa famille politique. Il a un atout : il aime les Français, comme le constate Pascal Péri, et ça se voit, ce qui fait de lui un « anti-macron ». Néanmoins, il sait aussi qu’il va lui falloir franchir nombre d’obstacles pour susciter l’engouement des élus comme des électeurs. C’est pourquoi, il ne parle qu’au futur, jamais au conditionnel, comme pour affirmer sa détermination. Son engagement  à un mandat unique se veut un gage d’action. Il a une petite avance dans les sondages mais il lui faut passer au statut de candidat naturel pour ensuite devenir le candidat unique, condition nécessaire pour avoir une chance d’accéder au second tour. Voilà pourquoi il se dit prêt à travailler avec tous, à rassembler, et de fait, il reprend à son compte les fondamentaux de toutes les droites en espérant que désormais le débat s’organisera autour de lui.

Pourquoi pas lui ?

Réussira-t-il à enclencher la spirale vertueuse,  c’est tout son pari ! Certes, il « en a envie », il est travailleur et organisé, il voit clair dans les attentes du pays, et même il donne des gages de désintéressement, ce que les Français aiment par-dessus tout. Reste à faire de tout cela « le président » … Treize mois pour convaincre !

 


POUR UN « PACK » DES REPUBLICAINS !

Gaulois2

 

La présidentielle ultime.

Il y a les  départementales et les Régionales, une échéance que LR peut encore assumer avec de réels  espoirs de victoire, notamment en Ile-de-France, Auvergne Rhône-Alpes ou encore les Pays de la Loire.

Mais l’échéance primordiale c’est évidemment la présidentielle de 2022. Le  mode de scrutin impose à  la droite et au centre de n’être représentés que par un seul candidat pour avoir une chance de figurer au second tour. D’abord, c’est le seul moyen d’éviter le duel mortifère pour la France programmé à l’avance, Macron-Le Pen. Ensuite, pour LR, c’est même une question de vie ou de mort du parti. En cas de nouvelle défaite, à combien reviendraient nos députés à l’Assemblée nationale ? Et puis il y a ceux qui par paresse ou  par manque de courage préconisent une alliance avec Macron. Mais on ne s’allie pas avec un ectoplasme. Macron n’a pas d’idées, il n’a que celles qu’il  emprunte aux autres selon les circonstances. Résultat : son quinquennat c’est le désordre et le surplace, comme le dit très bien Brice Hortefeux. Nous avons le cumul du désordre social, sanitaire, sécuritaire et migratoire. Quant au surplace, en cinq ans, il a dû renoncer à  la plupart des grandes réformes qui auraient dû être engagées. S’allier avec lui, c’est courir à la mort certaine de notre formation.

Les élus qui allient compétence et raison.

Alors que partout où les Républicains et leurs alliés sont aux affaires,  ils font montre de  compétence et de savoir-faire dans la gestion de leurs mandats au service du bien commun. Or, on voit bien avec ceux qui gouvernent aujourd’hui, que ce soit l’exécutif ou à l’Assemblée, l’absence d’expérience est dramatique. A droite et au centre il existe un vivier de femmes et d’hommes qui peuvent faire la différence et éviter au pays le drame que serait l’arrivée au pouvoir d’une Marine Le Pen dont on voit bien les insuffisances pour gouverner un pays comme la France.

Rétablir la confiance avec l’électorat.

Pour cela, il n’y a qu’un moyen : il faut inspirer confiance pour la rétablir avec les Français.  La  question de la confiance est primordiale si l’on ne veut pas que l’abstention l’emporte. Le pays est à droite,  mais il est fatigué du désordre, des divisions, de l’effondrement des services publics, des subversions menées par le gauchisme à  l’école et à l’université. L’élection est dans un an, elle n’est pas jouée. Seule la droite a des solutions.  Ceux qui suivent les travaux des groupes parlementaires le savent bien. L’opportunité de reprendre le pouvoir est là, il faut la saisir, mais pour cela, il n’y a pas trente-six stratégies, il n’y en a qu’une. Il faut conjurer le handicap que représenterait une multiplication des candidatures.

Un scrutin et un engagement : rester ensemble !

Devant  le nombre de candidats qui prétendent représenter notre famille politique, il importe de mettre en place un dispositif de sélection pour éviter les candidatures multiples au 1er tour, puisque aucun des prétendants ne perce suffisamment dans les études d’opinion pour s’imposer. Le mieux placé, Xavier Bertrand, plafonne autour de 15% depuis des mois. Dans ces conditions il n’y a qu’un seul moyen, une méthode de départage suffisamment ouverte qu’il faut perfectionner. L’idée de Bruno Retailleau est un peu complexe avec son scrutin à un seul tour et l’attribution de points, mais c’est une piste. De son côté,  Gérard  Larcher est  aussi à la manœuvre et consulte. Cependant il y a une condition qui doit faire partie du règlement de la compétition pour que les Français aient envie de voter : désigner un candidat ne sera pas suffisant, il faut aussi proposer un pacte de loyauté entre tous les candidats  pour faire en sorte que celui qui sera arrivé en tête s’engage à travailler ensuite avec tous les autres et réciproquement. La « Team de la droite et du centre », ça peut marcher. D’abord parce que ça permet de mettre en valeur les complémentarités de caractères et d’idées, ensuite parce que ça ouvre l’éventail électoral. La droite et le centre regorgent de talents,  disons aux Français : « choisissez celui qui vous parait le meilleur, mais nous resterons ensemble pour faire campagne et gouverner. »

Si on y arrive, alors la droite aura de bonnes chances de l’emporter.

 


MACRON 2022 : AVEC QUI ?

Macron 2022

 

Une majorité éclatée et divisée.

Abondance de biens ne nuit pas, dit-on. Ce n’est pas vérifié en politique. Parti en 2017 avec une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, Macron a vu son groupe LRem rétrécir comme peau de  chagrin. Il a perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale et ne peut engager aucun programme sans le soutien du MoDem de François Bayrou qui, malgré ses exigences, notamment en ce qui concerne l’instauration d’une « dose » de proportionnelle, lui maintient son soutien. Les plus récents sujets de polémique comme la décision de la mairie de Lyon de supprimer la viande dans les cantines scolaires ou le débat virulent sur l’université qui, selon la ministre Frédérique Vidal, serait « gangrenée » par l’islamo-gauchisme, ont déclenché des querelles plus virulentes entre l’aile droite et l’aile gauche de la majorité République en Marche que dans les partis d’opposition ; la ministre de l’Environnement, Barbara Pompili, qui tire une partie de ses convictions de la « bible » écologiste, se dresse avec aplomb contre l’Élysée et la commission citoyenne éponyme n’a pas de  mots assez durs pour fustiger  le projet de  loi gouvernemental. Les divisions de la majorité porteront-elles un coup fatal à la candidature plus que probable d’Emmanuel Macron à un second mandat présidentiel ? L’apparente sérénité du président semble indiquer que les divisions, les défections de nombre d’élus, le différend avec le MoDem sur le mode de scrutin n’ont pas modifié la stratégie qu’il entend pousser à son terme en 2022. Mais il lui sera difficile de rééditer le coup de 2017. Dans ces conditions, sur quelles troupes dévouées le président sortant peut-il compter pour obtenir son second mandat ?

Le problème c’est Macron.

Le fossé séparant la droite de la gauche n’a pas été comblé par le « en même temps ». C’est une évidence, sinon, comment expliquer les désertions du groupe  majoritaire et les  déchirements internes sur le moindre débat clivant. Macron n’a pas fusionné les deux courants en un seul tout bonnement parce que c’était impossible. Ses adversaires historiques affirment l’avoir toujours prévu et en ont pour preuve le maintient de leurs électorats aux municipales que le PS et LR ont plutôt réussies, surtout LR qui a remporté 60% des villes de plus de 9 000 habitants.  Alors  on nous dira que Macron a été conduit, sous l’autorité d’Édouard Philippe, à pratiquer bien plus une politique de droite qu’un programme de gauche ; il a remplacé M. Philippe par Jean Castex, connu pour ses convictions conservatrices. Ce qui fait dire  à certains que tout ce que les macronistes ont à faire, c’est rejoindre les Républicains. Encore que LR considère Macron comme un imposteur, élu sur un programme et qui en aurait appliqué un autre, un homme de synthèse incapable de l’appliquer, et qui a fait perdre aux municipales les listes qui ont pactisé avec son parti. « Lrem porte la poisse » dit volontiers  Christian Jacob. Certes, une majorité présidentielle réunissant les marcheurs, LR, le MoDem et l’UDI ferait un malheur. Le problème c’est Macron !

L’histoire ne passe pas les plats deux fois.

Le Président croit dur comme fer qu’il peut rééditer la stratégie de 2017 malgré  le désarroi qui traverse son camp et dont  l’unique chance de réussite repose sur l’incapacité du  PS à se reconstruire an plan national, tant il est divisé sur ses fondamentaux ; la querelle sur l’islamo- gauchisme en offre une illustration saisissante. Néanmoins, Macron ne pourra empêcher une partie de ses troupes de retourner au bercail écologiste ou socialiste. Même la « jambe droite » sur laquelle  il s’appuie n’est pas  si fiable qu’il le croit. Beaucoup d’électeurs de droite qui avaient rejeté Marine Le Pen au second tour et lui avaient apporté leurs suffrages préféreront s’abstenir au mieux ou voter Le Pen, si le même duel se représente.  Et l’électorat  « conservateur » qui l’a partiellement  rallié n’aurait pas d’état d’âme à le quitter si d’aventure un candidat de la droite classique perçait avec suffisamment de crédit. Ce qui ne manquera pas d’arriver. Aussi l’analyse macronienne qui campe sur le théorème de la Vème République : « la rencontre d’un peuple avec son chef » qui plait tant aux conservateurs, se révèle très risquée et seul le narcissisme exacerbé de l’intéressé peut le convaincre d’aller à la bataille en se réclamant de son seul camp, en croyant que se créera de nouveau entre les deux tours un élan autour de son nom. Il ne voit pas l’élection présidentielle comme le résultat d’une bataille d’appareils et il croit davantage à son magnétisme personnel. Certains veulent se rassurer en observant sa cote de popularité, qui leur parait actuellement plutôt satisfaisante. Mais on sait ce qu’il en est à un an de l’échéance : les cotes sont fluctuantes, surtout avec les Français. Et surtout, il ne se méfie pas assez de Bayrou qui pourrait bien le trahir s’il ne met pas en place la proportionnelle.  

Cinq années de crise.

C’est ce que les Français risquent de retenir du mandat de Macron. Certes, c’est le mandat le plus difficile qu’un président ait dû accomplir, et de fait, son bilan en termes de réformes est plutôt maigre. Beaucoup n’ont pas été menées à terme et ne parlons pas de celles qui n’ont même pas  été  amorcées, comme la réduction du nombre des fonctionnaires. Mais  nombre de ses revers sont dus à une communication exécrable, à des choix malheureux, à l’ignorance de son prochain qui existe chez cet intellectuel déconnecté de la vraie vie depuis trop longtemps et qui ne connait rien du terrain, n’ayant jamais été élu de proximité. L’affaire Benalla, la crise des « gilets jaunes » sont des  purs produits du macronisme. Quant à la pandémie du Covid 19, s’il n’est pour rien dans son expansion en France, la gestion verticale des réponses qui en a été faite avec tous les mensonges et les échecs,  des masques aux vaccins,  lui incombent en grande partie. Il n’est pas difficile de penser qu’un Sarkozy aurait fait mieux que lui.

Au moment des comptes, il  laissera une France enfoncée dans une dette effroyable, qui n’aura su régler aucun de ses problèmes, qui aura fait la démonstration de l’impuissance de sa technocratie sur laquelle il n’a cessé de s’appuyer. Une France rongée par les violences récurrentes du communautarisme instrumentalisé par l’islamo-gauchisme et sapée par les théories progressistes. Si de nombreuses candidatures inspireront du scepticisme, seront affaiblies par des propositions sans crédibilité ou par l’incompétence, un candidat de la droite et du centre, de bonne facture, prêt à défendre avec conviction l’identité de notre pays, fondée sur la science et l’universalisme, aura toutes ses chances. En attendant, 69% des Français pensent que Macron ne sera pas réélu s'il se  représente.

 


L’HYPOTHESE BARNIER

Barnier

 

Pendant quatre ans, Michel Barnier a mené les négociations du Brexit, au nom des 27. Le Brexit, il l’a abordé comme une catastrophe non naturelle, une situation très grave pour l’Union qui posait si on y prenait garde une question existentielle  pour elle.  Ce que Nigel  Farage, apôtre de la  sécession, caricaturait  en répondant  à Barnier à la fin d’un entretien, sur la  manière dont il envisageait la relation post-Brexit de  son pays avec l’Europe : « l’UE n’existera  plus ! »  Le divorce, c’était donc aussi la volonté de certains de détruire l’Union européenne.

The right man at the right place.

Quatre ans et demi plus tard, le divorce est prononcé, et l’Union européenne en est sortie confortée. Si la mission est accomplie, c’est bien grâce au négociateur en chef et à  son inlassable volonté de cohésion des 27 face au trublion anglais. En choisissant Michel  Barnier, Jean-Claude Juncker avait fait le bon choix : il savait qu’avec le Français, il incommodait les Anglais  et  confiait la tâche à un politique chevronné, patient, fin négociateur et surtout connaisseur en profondeur des rouages de l’Union et du dossier.  Et, de fait, il a fallu la patience du « montagnard en route vers le sommet », déployant une stratégie méticuleuse, pour  affronter les rodomontades et la gestion cahotique des britanniques, leurs chantages, et sans que jamais ils aient pu percer le front uni mis en place. Grâce à une évidence : très vite il est apparu très clairement que le marché unique était le bien le plus précieux et qu’en sortir provoquait nécessairement des différences. Londres ne pouvait espérer avoir le beurre et l’argent du beurre.

Il n’y a pas de bon accord.

Michel Barnier, le reconnait lui-même, si son but était de préserver au mieux les intérêts de l’Union, et si on a eu raison de se réjouir d’un accord  in extremis entre Britanniques et Européens, qui a évité le chaos d’un « No deal », c’est inévitablement un accord « perdant-perdant » pour les deux parties qui ne permet pas l’autosatisfaction . Avec le temps, le  coût économique ira grandissant pour un Royaume-Uni, de moins en moins uni, et l’Europe s’est affaiblie en perdant  l’un de ses pays les plus importants par son économie et sa population. Son économie représente en effet 20% de celle de l’Union. En 2019, 46% des exportations de marchandises britanniques étaient pour le continent, alors que la part des exportations de l’Union vers le Royaume-Uni ne constituait que 15% du total. Il n’en reste pas moins que dans le monde actuel, l’Union et les  Britanniques sont plus que jamais dans le même camp. Il appartient à ces derniers de faire la démonstration qu’ils demeurent des Européens. S’ils choisissent de s’enfermer dans un splendide isolement chauvin et sourcilleux, il sera facile aux 27 qui ont montré leur cohésion de se passer d’eux. Grâce à Barnier, on a évité le pire.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin...

L’aboutissement des négociations a rendu Michel Barnier disponible.  Et  à 70 ans, qu’il  porte bien, il semble déterminé à ouvrir une nouvelle page de son engagement politique, lui qui est resté fidèle à sa famille politique. Il n’a  pas  caché qu’il souhaitait jouer un rôle « utile » en s’investissant sur la scène nationale, ce que d’aucuns ont interprété comme un premier pas vers une ambition présidentielle. Et pourquoi pas ? Son image  de négociateur européen hors pair est peu abîmée par la politique nationale, il a un style rassurant, il peut plaire à cette France périphérique dont il est un des représentants par les nombreux mandats exercés en Savoie. Et il a une expérience solide de l’exercice des responsabilités, de l’élu départemental aux portefeuilles ministériels, de l’élu européen aux fonctions de commissaire, à quoi s’ajoute une stature d’homme d’Etat ayant croisé tous les  grands de ce  monde… Et quand on a réussi a fédérer 27 pays européens pendant quatre ans et demi, on doit pouvoir trouver les  moyens de fédérer les Français sur un projet national… et européen. Car le « plus » indéniable de  Michel Barnier  est d’ajouter à sa foi patriotique, une conviction européenne, car pour lui les deux engagements vont ensemble. Il lui reste  à convaincre sa famille, les sympathisants de la droite et du centre et plus largement les Français qui croient encore dans les chances de notre pays. On sait le personnage habile à fédérer les énergies, et l’équipe du Brexit qu’il a animée en est une preuve tangible. Il lui faudra un projet  sur lequel asseoir son ambition : son attachement au gaullisme lui procurera les fondements et les travaux du parti et de ses multiples filiales un bouquet de propositions dans lesquelles il suffit de puiser. La  partie ne sera pas facile, d’autant plus que Macron arrivera à la Présidence de l’Union au 1er janvier  2022. Déjà, autour du personnage, une activité discrète et collective anime son appartement parisien. Le Savoyard a entamé une tournée avec Gérard Larcher, Président du Sénat, a  partagé un petit déjeuner avec  Christian Jacob, s’est entetenu avec Damien Abad…  Et même une association aurait vu le jour sur  les bases du club Nouvelle République que Barnier avait créé en 2003.  Il compte sur la stratégie du consensus, fidèle à une démarche qui ne lui a pas trop mal réussi jusqu’à maintenant. Il a la pointure et la stature,  les compétences et, semble-t-il, l’envie.  Dans le chemin qu’il entreprend, il sait que la patience, l’effort, la détermination sont des vertus indispensables. Dans ses vœux formulés sur Twitter, on trouve cette citation, comme un aveu : « là où il y a une volonté, il y a un chemin ! ».  

Voilà de quoi remplir le « vide » à droite, non ?

 


ET MAINTENANT, L’ACTE II !

Macron président

 

Cette élection présidentielle laissera à des  millions de Français le sentiment amer d’un rendez-vous manqué. La campagne électorale s’est achevée par un débat lamentable,  mais a-t-elle vraiment eu lieu ?  L’élection d’Emmanuel Macron présente tous  les stigmates d’une élection par défaut, elle ne résout rien. D’abord parce qu’il n’a pas été  possible de sanctionner le bilan du quinquennat Hollande, ensuite  parce que la liste est longue des sujets jamais débattus quand huit candidats « hors système » qui ont frôlé au 1er tour les  50% des suffrages exprimés les escamotent. Or, la campagne présidentielle aurait dû être l’occasion de discuter des problèmes cruciaux auxquels notre pays est confronté et des solutions que nous sommes capables collectivement d’y apporter. Elle s’est conclue par l’affrontement surréaliste entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Toutes les conditions pour un choix par défaut !

Les  séductions contradictoires d’Emmanuel Macron.

Le nouveau Président a remporté une élection en évitant de présenter un projet,  à quoi il  s’est résolu un mois seulement avant le vote,  préférant se réfugier dans une stratégie marketing qui lui permettait d’affirmer tout et son contraire à toutes les clientèles possibles au lieu de se soumettre à l’exigence démocratique de clarté et de transparence. La stratégie du « en même temps » qui a scandé sa campagne lui permet de remporter une victoire étonnante, incontestable de légitimité  démocratique.  Elle risque néanmoins de déboucher sur la colère et la frustration que ses séductions contradictoires ne manqueront pas de susciter quand elles seront confrontées à l’épreuve de la réalité. Ayant réuni 24% du corps électoral du 1er tour, les sondages  pour les  législatives confirment  cette assise étroite : malgré les  apparences que le vote par élimination a  imposées, il n’y a qu’un quart des  Français qui soutiennent sa démarche. La  recomposition tant vantée ne serait-elle qu’une illusion d’optique et le fruit d’un concours de circonstances ?

La fin de Mélenchon.

Il sait que c’est fini pour lui, et il enrage. Il voulait sa revanche sur Le Pen, il  a failli l’avoir mais le sort en a décidé autrement. Son attitude pour le second tour,  en refusant de se prononcer clairement, relève d’une paranoïa autodestructrice puisque le rêve du « grand soir »  s’évanouit.  L’article de Ruffin dans le Monde de  jeudi dernier parle pour lui  en une sorte de testament.  Candidat de la France insoumise à la députation, le cinéaste publie une lettre ouverte « à un futur président déjà haï ». Ce texte, féroce, mime Marine Le Pen : « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï (…) Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. A bon entendeur ». Il représente bel et bien le miroir d’un Jean-Luc Mélenchon qui a constamment refusé de choisir la démocratie contre l’extrême droite, qui n’en finit pas de nourrir contre le résultat du premier tour une aversion très suspecte quant à son respect du suffrage universel : voyait-il dans un éventuel triomphe du Front national un mal plus supportable que la victoire d’Emmanuel Macron ? La prolongation de la  France insoumise aux législatives ne pourra qu’accroître la peine (sans jeu de mot).

La Marine s’est noyée toute seule.

Pour le final de cette campagne, le Front National est apparu pour ce qu’il est, une formidable machine à empêcher le redressement de la France.  Marine Le Pen avait  fait élire Hollande en 2012,  elle vient de rééditer son exploit en faisant élire son dauphin, entouré des mêmes conseillers et soutenu essentiellement par  une majorité de gauche. Ce parti ne sera jamais qu’une impasse pour les électeurs qui votent pour lui,  les condamnant au désespoir politique. Son score d’hier,  beaucoup plus défavorable que prévu, est la résultante à la fois d’un programme qui aurait fait de notre pays la risée du monde s’il avait été en passe d’être appliqué et d’une prestation télévisée débilitante la disqualifiant pour longtemps dans l’esprit d’une large partie des Français. Les règlements de comptes dans son parti ne vont pas tarder à commencer et personne à droite et au centre ne se plaindra s’il en sort affaibli. Elle aussi veut continuer le combat… A  la différence d’elle et de Mélenchon, Fillon a au moins eu la décence de jeter l’éponge.  Mais c’est un vrai démocrate.

Macron pourrait être un bon président.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron  servira à quelque chose si c’est avec l’union de la droite et du centre qu’il gouverne. Parce qu’il n’y a pas de salut pour la France sans la réforme. Or, ce qui ressort de cet épisode présidentiel, c’est l’énorme aversion pour toute réforme d’une bonne fraction de la population, la moitié du corps électoral, imprégnée du discours populiste. L’élection d’Emmanuel Macron ne résout pas ce mal profond qui ronge notre société, car son projet ne remet pas en cause l’Etat omnipotent, pourtant en faillite latente, et il ne pourra guère compter pour appliquer son programme, sur un soutien solide et cohérent de la gauche qui l’a aidée à gagner. Plus de 60% des Français ne souhaitent pas qu’il ait une majorité absolue à l’Assemblée nationale, cela  en dit long sur le malentendu. Il va falloir compter avec cette partie du peuple tentée de recourir à la force, mais aussi avec l’électorat de la droite et du centre qui attend encore l’alternance. Or,  c’est avec  la droite et le centre que le nouveau Président pourra trouver, dans une cohabitation imposée par le vote et non par les « arrangements »,  les  moyens de  mettre en œuvre  tous ses projets,  avec une majorité cohérente et stable, qui ne le contraindra pas à négocier en permanence tantôt avec une aile droite, tantôt avec une aile gauche.  La France doit panser ses plaies, redonner de l’espoir à tous ceux qui sont restés au bord du chemin et qui ont été tentés par les « extrêmes ». Elle ne peut pas passer encore cinq années en atermoiements calamiteux. Le seul  moyen d’échapper à l’immobilisme qui conduirait à une victoire populiste dans cinq ans, c’est d’élire une majorité LR-UDI à l’assemblée nationale afin de placer François Baroin à Matignon. Elle y parviendra si elle crée les conditions de l’union nationale qui pourrait sortir le pays de l’ornière. On éviterait ainsi l’instabilité promise par un rassemblement hétéroclite et on fera prévaloir le principe d’alternance qui est la respiration d’une démocratie « normale ».

 

 


ELECTEURS STRATEGES …

Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

Un second  tour sans candidat c’est toujours compliqué. Car si je suis embarrassé  pour dimanche, je sais clairement où je me situerai lundi matin, quelle  que soit l’option choisie : dans l’opposition  à celui (ou celle) qui sera élu. En attendant, et dans cette perspective, je réfléchis au comportement  qui soit le plus utile. Il faut que mon vote soit un acte politique qui serve la cause que  je défends.  Lequel des deux candidats, sinon les deux, faut-il affaiblir le plus et par quel moyen ? Il y a bien sûr les professeurs de « conduite politique »  qui savent dicter le bon choix avec leurs certitudes,…  ou leurs intérêts.  Tout le monde se croit tenu d’afficher  le sien, mais pareille exhibition n’a pas de pouvoir magique. « La France est plus grande que nos divergences », nous dit l’édile local à propos de Macron, certes, mais à voir. Je lui répondrai la semaine prochaine, parce que ça mérite débats et éclaircissements.

L’insuffisance et la vulgarité.

Les Français ne sont pas les Américains.  La grande différence, c’est  qu’à une élection présidentielle on vote chez nous à 80%, contre un sur deux outre-Atlantique. Même nos concitoyens les plus démunis ont une culture politique et sont capables de discernement. En voulant « casser les codes », Marine Le Pen s’est fourvoyée, elle s’est trompée de pays. Le débat de jeudi dernier a été éclairant et devrait la disqualifier, tant son incompétence et son comportement se sont montrés incompatibles avec  la fonction qu’elle brigue. Nous sortons d’un quinquennat avec un Président qui nous a fait honte presque chaque jour, on ne va pas descendre encore plus bas ! Pour autant, le naufrage de la candidate du FN ne guérit pas la France du populisme, même si la nullité de ses remèdes sont apparus au grand jour. Il reste  le profond malaise démocratique  où il plonge ses racines et puise ses ressources  électorales.  Sortir de l’Europe et de l’euro, fermer les frontières, se replier sur l’hexagone,  le tout exposé dans la confusion, ce serait la catastrophe économique assurée.  Comment peut-elle avoir untel déni de la situation réelle du pays, dont  les entreprises sont imbriquées dans le tissu serré des accords et des échanges intra européens depuis plus d’un demi-siècle ? Et puis donner les clefs de la République à des gens dont l’attachement aux règles démocratiques est douteux, l’histoire nous a enseignés qu’il ne fallait jamais prendre un tel risque. Attention, je ne mets pas dans le même sac les millions d’électeurs qui expriment leur souffrance d’être délaissés, incompris ou pas écoutés. Donc pas de paranoïa pour autant. Marine Le Pen a tout de même très peu de chance de briser, encore cette fois-ci, le « plafond de verre ».

L’inexpérience et l’incertitude.

Emmanuel Macron n’est pas non plus le sauveur incontesté. 60% de ses électeurs du second tour déclarent voter pour lui par défaut.  Il y a de quoi ! Les points d’interrogation à  son sujet sont nombreux : expérience politique courte et récente, le renouvellement qu’il appelle de ses vœux se construit sur de vieilles figures racornies et semble prolonger la présidence sortante, ses soutiens hétéroclites (le mot est faible) ne gagent pas d’une stabilité et peuvent même paralyser son action, certaine fêlure psychologique apparue pendant la campagne…  Autant de questions qui altèrent la force dont il aura besoin en arrivant à la tête d’un pays au bord  de la crise de nerf après une campagne électorale frustrante à bien des égards, avec une population fracturée… De quoi sera fait demain ? Voilà  la question que de nombreux Français se posent à son sujet. L’inquiétude ne concerne pas vraiment le résultat de dimanche, mais la suite. La liste des risques est longue pour lesquels ils ne disposent souvent que de réponses floues ou fluctuantes. Le contexte international fait de multiples tensions ajoute au doute. Bref, alors que déjà le troisième tour s’annonce  dans les partis, ce quinquennat qui commence devra  affronter un pays particulièrement difficile à gouverner. Sera-t-il à la hauteur ?  S’ajoute à l’équation, la  nécessité de le réussir si on ne veut pas que la prochaine soit la bonne pour le FN.

Résultat des courses.

Est-ce parce que ce cas de figure se présente à moi pour la première fois  ou parce que les deux candidats présentent des failles, que c’est si difficile ? Les deux probablement. Trois options s’offrent  à mon choix de citoyen, puisqu’il n’est en aucune façon question de déserter les urnes : Le  Pen, vote  blanc, Macron. Il  faut affaiblir Le Pen, ça c’est certain. Plus son score sera faible, plus  la droite aura de chances d’élire des députés aux législatives qui suivent,  ce serait notre intérêt bien compris. Le vote blanc, même s’il n’est pas compté dans les suffrages exprimés, est un mode d’expression  reconnu  qui manifeste une forme de choix. Un grand nombre de votes blancs ajoutés aux abstentions est la marque d’une défiance qui n’est pas sans intérêt. Il comporte un risque : il fait baisser le niveau à atteindre en nombre de voix pour la barre des 50%. Trop de votes blancs sont la seule issue pour l’extrême-droite de l’emporter. Voter Macron est probablement ce qui serait le plus prudent,  sachant que ça ne sera en aucune manière une adhésion à son projet. Si l’intéressé le pensait, il en aurait la déconvenue très rapidement. Mais en même temps, je n’ai pas envie qu’il fasse un score trop élevé au point qu’il déclenche une vague électorale en sa faveur.  Déjà,  des sondages fleurissent qui annoncent des nombres de sièges alors que ses candidats ne sont pas désignés, ni en campagne… J’hésite encore. Jusqu’au dernier moment je vais consulter les augures et manier la calculette !  A tous ceux qui sont comme moi,  je souhaite bon courage dimanche !

 


LES CHOIX DE L’IMPUISSANCE

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Bon, je n’ai pas eu envie de regarder le débat, j’ai cédé à la « tentation de Venise » sur la 5. Mais ma femme, elle, l’a suivi. Elle m’a raconté, et le peu que j’ai vu avec les « meilleurs moments » qui passent en boucle, j’ai pu me faire une idée. Donc, après une campagne nauséabonde, voilà un débat honteux. On ne peut pas s’en réjouir. Il a été long, brutal, tendu. Emmanuel Macron a plutôt tenu le choc et s'en est à peu près tiré. Incapable de sortir de ses obsessions, Marine Le Pen a fait preuve d'une grande incompétence et d'un manque de travail de fond sur tous les dossiers économiques. Et c’est bien ça le problème !

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Marine Le Pen abat ses arguments vénéneux, collationnés dans ses nombreuses fiches, en fabriquant chacun de ses sourires, chacune de ses poses, chacune de ses idées, chacune de ses attaques. L’amoncellement d’insultes qu’elle a déversé sur son adversaire, mensonges, propos diffamatoires et fausses nouvelles étroitement mêlés, n’aura convaincu que ceux qui ne demandaient qu’à l’être. Inutile de chercher bien loin : du spectacle avant tout inspiré de Donald Trump. Visiblement, elle sait qu’elle a perdu : il ne s’agissait plus de convaincre, il s’agissait de faire de son rival un monstre par un jeu théâtral au sourire mécanique, au regard impitoyable, bardé de propos de vaudeville, activant les techniques fondées sur l’intimidation et l’avilissement de l’opposant. Marine Le Pen a donné d’elle-même une image à la fois effrayante et déplorable qui en dit long sur ce qu’elle nous réserverait si elle était élue. Sur le fond, pour elle, la souveraineté recouvrée, c’est simple comme le retour au franc : une baguette à 1€ vaudra 1 F ! Par quelle magie ? Elle a la certitude qu’avec une « monnaie commune européenne » (retour à l’ECU), nouvelle panacée frontiste avec le protectionnisme, le chômage de masse et les délocalisations ne seront plus qu’un souvenir. C’est bien l’aggravation de ces maux qui se produira ! Mais sur la dette et les déficits : rien ! Pourtant, si notre souveraineté n’a cessé de s’effilocher en même temps que notre richesse, ce n’est pas à cause de l’euro, mais bien à cause de nos dénis nationaux. On retrouve avec elle le refus de réformer masqué par un report cynique de la facture sur les générations futures ;  l’absence de vision réduit l’action politique à un « toujours plus » mortifère pour la compétitivité et l’attractivité ;  le manque de courage et de responsabilité est masqué par la diatribe accusant de tous les maux l’Europe, l’immigration ou la mondialisation, sans jamais s’interroger sur les turpitudes de notre « modèle social» qu’elle propose d’aggraver avec son projet démagogique. La France détient les records européens des dépenses publiques et du taux de prélèvements obligatoires, le record mondial des transferts sociaux. Alors, continuons gaiement ! Nos non-choix ont créé un monstre : la dette, symbole emblématique d’une nation en déclin, en perte d’influence et soumise aux contraintes extérieures. Ce contexte ne l’empêche pas d’aligner des dizaines de milliards d’euros de promesses non financées. Sous le retour du franc pointe le choix de l’impuissance « puissance dix » !

L’impuissance tout court.

Entraîné malgré lui dans une bataille grotesque et vulgaire, Emmanuel Macron a réussi à garder son calme et à démonter quelques-unes des accusations lancées contre lui. Mais pas celles qui voulaient démontrer qu’il n’est qu’un héritier du président sortant et de son quinquennat. Face  à  une adversaire qui tape sans reprendre son souffle, sautillant d’un sujet à l’autre, il tente de dérouler son projet malgré la  confusion et le harcèlement. Il passera  surtout son temps à récuser  les accusations qui se multiplient. L’agacement se  lit dans les mimiques, le regard,  les  « Mme Le Pen » en série… on n’avance guère.  On a  du mal à discerner la capacité à diriger le pays : s’il a renforcé son image présidentielle c’est parce que son adversaire en jupons a oublié d’en faire son objectif du débat, tout accaparée qu’elle est à détruire son concurrent. La volonté de changer les choses transparait trop peu, ce qui correspond à son projet mollasson qui veut ménager la chèvre et le chou. Lui aussi escamote la dette et les déficits. Etre déterminé ne suffit pas. Aura-t-il l’élan nécessaire après le 7  mai, s’il est élu, pour ensuite remporter les législatives ? Rien n’est moins certain. Comme le dit un ancien collègue ministre : « il a le tort de croire qu’il est un moment isolé de l’histoire politique, sociale, culturelle ;  de penser qu’il n’y a rien eu avant lui et qu’il n’y aura rien après ».  Un monument de vanité ! Comme pour 60% des Français, il est le candidat le plus proche de mes valeurs,  surtout après la démonstration de son opposante, mais je reste sur ma faim. Je suis pour le progrès mais je ne suis pas « progressiste »  qui est l’autre nom du « socialisme ». Seule certitude, c'est un homme neuf et jeune, atouts aussi considérables qu'irréfléchis par les temps qui courent, qui confond encore arrogance et autorité.  J’ai passé l’âge d’avoir la  passion du nouveau pour le nouveau, du produit parce que c’est la mode.  D’ailleurs la cohorte de vieux rabougris qui le soutiennent jette un doute sur la réalité de cette nouveauté. En résumé, l’impuissance des cinq dernières années l’accompagne de son ombre tutélaire. Macron, c’est l’impuissance qui continue !

Deux formes d’impuissance ne font pas de la  France une puissance européenne. Ce deuxième tour est bien un choix « par défaut » !