HISTOIRE

UNE RENTREE POTEMKINE

Village potemkine

Le décor de la rentrée est installé. Tels les « villages Potemkine » de Russie, les façades de la France qu’on veut nous présenter sont souriantes, quand elles ne sont pas rutilantes. L’optimisme est de retour dans l’air du temps. La France est supposée bénéficier d’une belle reprise économique.

L’embellie de  la rentrée.

Cette année, la  croissance atteindra 6,25%, selon l’Insee, soit sa meilleure performance depuis 1973, ce qui permettra à l’activité de retrouver son niveau de 2019 en fin d’année. L’emploi salarié privé et public dépassait déjà de 145.500 postes son étiage d’avant la pandémie au début de l’été. Et à entendre le gouvernement, l’économie française serait ainsi non seulement en passe de surmonter le choc le plus violent qu’elle a subi depuis la Deuxième Guerre mondiale, mais elle en sortirait renforcée. La forte croissance de 2021 résulte de l’effet de rattrapage qui suit la récession historique de 8 % du PIB en 2020, dont la nature est particulière puisqu’elle n’a pas été provoquée par des déséquilibres économiques mais par les mesures sanitaires prises par l’État pour répondre à l’épidémie. Epargne pléthorique des ménages, trésorerie gonflée des entreprises, le mouvement mécanique de récupération lié à la levée des restrictions gouvernementales était attendu et jouera encore en 2022, avec une progression de 4%. Bruno Le Maire se targue même d’attribuer une partie des recettes de TVA à la baisse du déficit et à la dette, tout en vantant les  mérites de son plan de relance. Mais ce n’est qu’une façade.

La  réalité économique est plus triste.

Pour être vigoureuse, la reprise est hémiplégique et risque d’être éphémère. Elle renforce le modèle insoutenable d’une croissance à crédit, tirée par la seule consommation et elle entraîne l’envolée du déficit commercial à près de 80 milliards d’euros, faisant la fortune des entreprises chinoises et allemandes, mais aussi italiennes et espagnoles. La production demeure inférieure de 2,7 % à son niveau de fin 2019, souffrant de pénurie de matières premières, de composants et de travail. Même la situation de l’emploi  n’est pas satisfaisante,  malgré la baisse apparente du chômage, elle fait coexister 1 million d’offres non satisfaites et encore 600 000 travailleurs en chômage  partiel. Le pays compte aussi 2 millions de RSA et environ 10 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Certains secteurs, comme l’aéronautique, l’hôtellerie de luxe ou la culture, restent profondément déprimés, de même que certaines zones géographiques, notamment Paris où le commerce et le tourisme sont sinistrés. Notre pays, reste le champion des prélèvements et du fait de la compétitivité en berne notre appareil de production a perdu 0,2 % des parts de marché à l’exportation. La stratégie du « quoi qu’il en coûte » se prolongera en 2022, avec la fuite en avant des dépenses de fonctionnement et la perspective d’un second plan d’investissement. La  croissance 2021 a reposé entièrement sur le déficit porté à 9,2% qui a laissé filer  les dépenses à 62% du PIB : la croissance française repose  entièrement sur la  dette. Dès 2023, la  France affichera le plus important déficit de la zone euro en pleine période de resserrement des politiques monétaires de la FED et de la BCE et de remontée des taux longs, avec un retour vers la croissance potentielle de notre économie qui se situe autour de 1 % par an. La reprise se résumera à un feu de paille alimenté par des dépenses publiques, dont l’immense majorité finance des dépenses courantes et non des investissements. Au total, l’économie française sort profondément affaiblie de l’épidémie de Covid, compte tenu de l’accroissement de ses faiblesses structurelles

La réalité tout court est encore plus triste.

En effet, c’est à une triste réalité que nos compatriotes sont confrontés. Le pays est plus malade qu’il n’a jamais été depuis longtemps. La violence et la délinquance se répandent dans les quartiers et les campagnes. Les flux migratoires atteignent des sommets. Le désœuvrement ronge le pays dans ses profondeurs et la situation des « territoires perdus de la République » devient effroyable. Les médias se contorsionnent pour dédramatiser cette réalité explosive et son déchaînement de violence. Et de fait une grande vague d’illusions et de mensonges à commencé à déferler sur le pays dans la perspective de l’élection présidentielle. Il est malheureux que des personnes  comme Christophe Béchu  viennent entretenir ce mirage avec un discours  « misérable » devant les députés LREM réunis à Angers, vantant leur courage et les promesses tenues et les félicitant d’avoir réalisé ce que la  droite avait rêvé de faire  sans le réaliser  alors que jamais on n’a connu à l’Assemblée nationale majorité plus arrogante et sectaire. Il y aurait beaucoup à dire sur cette  manière de se rouler  par terre devant la Macronie, mais si les promesses tenues c’est, entre autres, l’abandon de ND des Landes,  l’augmentation de 25% de la CSG  sur les retraités, l’extension de la PMA, l’imbécile suppression de la taxe  d’habitation et la fermeture de Fessenheim, alors effectivement, nous ne sommes plus de la même famille. Quant à  la droite, elle n’est plus au pouvoir depuis 10 ans, elle a fait 80 réformes sous Sarkozy. Macron n’aura vraiment réussi que la Flat taxe et quelques bricoles non abouties de réforme du travail. Non, Christophe, tu vas appeler à le soutenir, on ne te suivra pas !

 


LE VERTIGE DES CANDIDATURES (2)

Elysée

 

Suite du tour d’horizon du paysage politique.

Du côté de l’extrême droite.

À ce beau désordre s’ajoute de nombreuses inconnues, dont la plus importante est la candidature éventuelle d’Éric Zemmour. La boule dans le jeu de quilles. On dit dans les officines qu’il prendra des voix à Emmanuel Macron, on se demande comment, ou aux Républicains qui n’ont pas du tout le même  logiciel. C’est par rapport à Marine Le Pen que ce n’est pas un atout supplémentaire capable d’élargir le spectre de son électorat : sur l’Europe, sur la sécurité, sur l’immigration, c’est un maximaliste et il se présente pour faire « mieux » que la  présidente du RN dans les domaines où, elle s’est ralliée à la « sagesse » idéologique pour toucher une droite moins extrémiste. Je suis persuadé, pour ma part, que si Eric Zemmour va au bout de sa candidature, il affaiblira Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, tout en créant dans l’esprit des électeurs une telle confusion qu’il finira par incarner davantage les idées de Jean-Marie Le Pen que celles de sa fille. Le tout dans un contexte où le RN paraît affaibli après les Régionales et  Marine Le Pen usée. Si elle continue de s’afficher dans le  Match avec  Macron, c’est  par défaut, le  paysage électoral  n’étant  pas encore défini. On aurait pu se passer de la gaffe d'Eric Ciotti.

La solitude de  Macron.

Du côté de chez Macron, ce n’est pas le trop plein, c’est plutôt le vide.  Si LR est encombré par ses « talents », à LRem  ce serait plutôt  l’inverse. Des talents on en cherche. Quoi qu’il en soit ils ne serviraient guère, le Président ayant pris le pli de faire tout, tout seul. Il y a certes des velléités d’organisation dans son cas, mais ça ressemble beaucoup à la création d’écuries  parallèles au cas où… Ainsi le  rassemblement de la République des « Jaunes » à Fontainebleau où les LR en rupture de  ban cherchent à se constituer un gîte  pour tenter d’exister. A Angers, aux journées parlementaires de LRem (j’espère pas aux frais du contribuable local), on a bien parlé de la création d’un  « grand » parti démocrate, ce vieux serpent de mer dont Bayrou rêve depuis la fin de l’UDF, mais il serait  étonnant que la démarche aboutisse à un ensemble homogène.  Chacun y pense avec ses arrières-pensées pour le coup d’après. Ceux qui rêvent d’un paysage politique réduit à deux partis comme aux Etats-Unis  oublient qu’on est en France  et  que le  schéma anglo-saxon ne correspond pas  à nos mentalités. Pour la campagne présente, aucun doute : Macron sera candidat, son propre directeur de campagne et son propre porte-parole. Il ne restera qu’à coller les affiches.  Pour ça, il a déjà Dupont-Moretti et sa Rolex. Sa cote reste élevée, mais la cote ne fait pas le vote. Les sondages le donnent toujours gagnant devant Marine Le Pen, mais avec un écart assez réduit (8 points dans un duel, c’est 4 points à rattraper). Il n’y a pas à s’en formaliser : il en sera ainsi tant que  le paysage électoral de  la présidentielle ne  sera pas figé  et la  campagne lancée. Les sondages de l’automne précédant l’échéance se sont toujours révélés faux. Les Français ne veulent toujours pas de la réédition de 2017 et 59% d’entre eux ne souhaitent pas que Macron se représente ! Comme quoi, on a encore le temps de voir. Attendons  que ça « décante »   comme on dit.

Et puis d’ici avril, le sortant a encore tellement le temps de dire des bêtises…


LE VERTIGE DES CANDIDATURES

Elysée

 

L’automne climatique est presque déjà là. Et les feuilles commencent à tomber. Comme saisies d’une étrange correspondance, les  candidatures à l’élection présidentielle tombent elles aussi, si nombreuses qu’elles donnent le vertige à nos concitoyens.  Une force incompréhensible semble pousser les uns et les autres, dans tous les partis, à se croire le meilleur pour affronter le  suffrage des Français. Peut-être que l’exemple d’Emmanuel Macron en 2017 les inspire : partir du quasi anonymat et arriver au second tour avec la chance d’être plus acceptable que Marine Le Pen. S’il l’a fait, n’importe qui devrait pouvoir le faire. Car, une constante continue de s’imposer : l’opinion indique dans tous les sondages que le pays refuse la réédition d’un duel Macron-Le Pen. Le  problème  est de savoir si une décantation est possible. Elle est indispensable, car, pour l’heure, la multiplicité crée la confusion et n’encourage pas à la participation électorale. L’équation à gauche semble plus compliquée qu’à droite.

L’embouteillage des gauches.

La perspective est plutôt sinistre à gauche. Additionnés, les communistes, les Insoumis, le PS et ses avatars, les écologistes, ne forment pas, selon tous les sondages, plus de 30% de l’électorat. C’est déjà une fragilité structurelle qui réduit les chances d’être dans la  course.  On a déjà une pléthore de candidats certains de leur engagement : Mme Anne Hidalgo et M. Arnaud Montebourg pour le PS,  MM. Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel (PC), pour la gauche radicale et au moins un écolo, Jadot ou Piolle. Encore que les écologistes aient une  propension à valider le discours le plus extrême et Sandrine Rousseau tient la corde. 30% c’est aussi l’espace qui permettrait de franchir le cap du premier tour, pour autant qu’il y ait un candidat unique. Mais en rangs serrés, ils n’ont même pas l’espace pour courir. Ils risquent tous de faire des scores inférieurs à 10 %. Certes, les Verts devront choisir au moyen d’une primaire, mais se rallieront-ils derrière le PS, ou bien le contraire, rien n’est moins sûr. Et les gauches ont un handicap de  taille : il  existe une faille irréconciliable entre les universalistes et les racialistes qui interdit le regroupement de l’électorat, même en cas d’alliance. Le  résultat de ces coalitions aux élections régionales est là pour en témoigner.

Une droite consciente de l’enjeu.

C’est  la leçon que je tire de l’université  d’été de La  Baule avec Les Républicains. Tous les  candidats ont fait acte de présence : Michel Barnier, Philippe Juvin, physiquement, Eric Ciotti et Valérie Pécresse  par vidéo interposée. Ne manquait que Xavier Bertrand qui cultive son chemin personnel. Aucune tension, de la sérénité. Une certitude : il n’y aura qu’un candidat, tellement tout le monde est persuadé que deux candidats pour le même électorat, c’est la recette de la déroute. Rien à voir avec ce que  les médias en disent : pour eux l’affrontement est inévitable et ils  citent volontiers deux candidats,  Bertrand/Pécresse, en ignorant totalement le  parcours que pourrait faire un Michel Barnier. C’est leur jeu de dramatiser. Révigorés  par les résultats des dernières  élections, les caciques du parti réfléchissent à une  méthode de « départage », primaire ou autre aidée par un sondage énorme portant sur quinze mille électeurs de droite pour faciliter la décantation, qui de toute façon aura lieu. La famille LR aura un seul et unique candidat derrière lequel tous  les autres se rangeront. La formule « jouer collectif »  était samedi dernier dans toutes les bouches. Le rebond de la droite est incontestable. Elle est majoritaire dans le pays, elle reste bien implantée dans les territoires et, si elle a autant de candidats à proposer, c’est parce qu’elle a beaucoup de talents disponibles. Tout le monde ne peut pas en dire autant. La détermination de Xavier Bertrand à se présenter indépendamment du parti complique la solution mais ne l’empêchera pas.  Lui aussi aurait gros à perdre. En attendant, les Barnier, Pécresse, Ciotti, Juvin, Peyre (nouveau venu) vont tenter leur chance, profitant de leur fidélité au parti. Reste que  l’important, par-dessus tout, c’est de faire gagner l’équipe de France de la droite. Elle a un  atout : rien ou presque ne sépare les différents projets.  La convergence des discours simplifie considérablement l’équation. Il n’est pas de querelle d’ego qui ne trouve sa solution. Ce  serait impardonnable.

Il reste à analyser  les chances du Rassemblement national et ce  qui se passe du côté de chez Macron.  A suivre, donc.

 


Y A-T-IL UNE NOUVELLE MARINE ?

Le Pen 2022

 

Comme Emmanuel Macron qui, lui aussi, est le grand perdant du dernier scrutin avant la présidentielle, l’extrême-droite a contourné la défaite pour repartir, sans ciller et sans discuter du problème posé par l’abstentionnisme, vers le seul rendez-vous électoral qui ait de l’importance à ses yeux. Ce qui vaut pour la République en marche vaudrait donc pour le RN. Le Rassemblement National, à l’occasion de son congrès à Perpignan, a donc décidé de ne pas s’appesantir sur son échec aux élections régionales et départementales et de ne rien changer à son programme. Il a réélu Marine Le Pen triomphalement à la tête de son parti, avec  la « clause de campagne » nommée Jordan Bardella. Mais ne nous y trompons pas, l’enthousiasme n’est qu’apparent. Il ne met pas fin aux vicissitudes que rencontre le Rassemblement National, qui ont été délibérément ignorées, ce qui ne veut pas dire qu’elles ont disparu.

Une abstention symptomatique.

Il est probable que l’électorat de Marine Le  Pen est miné, par la bizarre concurrence d’Éric Zemmour, par les commentaires haineux de Nicolas Dupont-Aignan, ou par ses difficultés financières. L’échec des 20 et 27 juin,  par l’absence d’une partie de ses électeurs, méritait d’être examiné non comme un incident de parcours mais en tant que dérapage suspect, susceptible de s’aggraver. Le tableau général de la politique en France montre un désarroi général qui n’est nullement circonscrit au RN, il s’est installé à gauche, chez les Verts qui n’accoucheront d’un  candidat que dans la douleur, et à l’extrême gauche, dont la stratégie est tout simplement suicidaire. Il a touché la droite. Certes il valait mieux gagner que perdre et les Républicains nous le font savoir, mais le stock de leurs voix est quand même en baisse par rapport à 2015.  Tout concourt à une incertitude qui risque de durer jusqu’en avril prochain.

Pourtant, le défaut de participation de l’électorat d’extrême-droite est anormal  car il est habituellement marqué  par la fidélité et valorisé par l’abstention des autres. Il y a donc une explication plus  profonde.  Il semble aussi que le choix de têtes de  listes « transfuges » venues de l’UMP, comme Mariani et Garraud, qui avait pour but de capter un supplément d’électeurs de la droite républicaine ait eu un double effet contre-productif : de la défiance des électeurs traditionnels marinistes sans élargir la base électorale. Globalement, dans une France rétive au vote, la participation RN est rentrée dans le rang, d’autant plus que Marine Le Pen à appeler à aller voter par  une ferme injonction qui visait à secouer ses électeurs au soir du premier tour sans qu’elle soit suivie d’effet une semaine plus tard.

Le prix de la « normalisation ».

Depuis qu’elle a pris en main le Front National,  puis le Rassemblement National, Marine Le Pen n’a cessé d’agir dans sa stratégie de « dédiabolisation », pour rendre  le parti attirant et le sortir du fossé contestataire et extrémiste où son père l’avait ancré. Si l’on s’en tient à ses déclarations, la cheffe du Rassemblement National n’a absolument plus rien d’inquiétant. Elle s’en est parfaitement expliquée sur France info : elle est pour l’Europe et pour l’euro, elle est anti-islamiste mais respecte profondément la religion musulmane, elle a un plan pour la réforme des retraites qui n’est pas pire que les autres et elle est toute en modération par ses prises de position plus centristes que radicales. Elle avait même averti « si le RN ne gagne aucune région dimanche, ce n’est pas son affaire : elle continuera son irrésistible marche en avant », comme Macron. Résultat : son électorat ne la suit pas quand elle appelle à l’aide et aucune région ne tombe de son côté. En gommant les aspérités de  son programme, s’est-elle banalisée au point qu’elle ne peut  plus être le réceptacle de la  colère de ses habituels  mécontents ? En résumé : elle ne suscite  plus d’enthousiasme ! Alors si même  le mouvement du candidat n’y croit plus, qui y croira ?

Qui mieux que la droite …

Aujourd’hui, il est difficile de dire de quoi Marine Le Pen est vraiment le nom après avoir modifié ses convictions au point d’adopter celles de la droite. Elle a même eu l’occasion de dire que la dette due à la pandémie était remboursable ! Sa reconversion au centre droit lui a en tout cas réussi puisqu’elle semble avoir retrouvé, au moins médiatiquement, une partie de la crédibilité qu’elle avait perdue en 2017. Ainsi, le RN serait un parti comme les autres, et sa patronne ne serait pas plus radicale qu’un Eric Ciotti.

Il est facile de prétendre que Marine Le Pen ment pour se faire élire et que, une fois élue, elle s’empressera de retrouver ses fondamentaux. Mais personne n’a la preuve de cette manipulation, qui ne sera vérifiable qu’après coup. Pourtant, à force de  vouloir trop ressembler à la droite républicaine, on  peut nourrir un soupçon. C’est que les gens qui l’entourent ont souvent des convictions racistes, antisémites, intolérantes, qui n’ont pas d’autre débouché que le Rassemblement National. Elle ne peut pas davantage ignorer son passé, les opinions de son père, ce que le Front National a représenté même s’il a changé de nom. Son message : « J’ai changé, je suis une bonne fille » ne doit pas faire illusion. Elle a construit sa carrière sur un socle d’intolérance, sur des concepts réfléchissant les vieilles idées de l’extrême droite, terme qu’elle rejette avec vigueur mais qui lui colle à la peau. Chassez le naturel, il revient au galop, et même si elle était sincère, il y a certes le programme, mais il y a aussi le risque de la pression exercée par les adhérents. Même à contrecœur, Marine Le Pen pourrait être incitée à prendre des mesures répressives bien plus tôt qu’elle ne le croit. Et d’autant plus qu’elle voudra reconquérir le coeur de ceux qui l’ont abandonné aux Régionales.

Vous m’avez compris : puisque les électeurs de droite ont le choix, autant préférer l’original à la copie. Inutile de prendre le risque !

 


MAINTENANT, TOUT COMMENCE !

Logo Les républicains

Disons les  choses clairement : il n’est  pas question de minimiser la victoire des sortants  et encore moins celle des  présidents LR ou assimilés  sous prétexte que  le taux d’abstention est très élevé. La droite LR et ses alliés contrôle 7 régions et 73 départements et remporte largement devant  les autres partis en nombre de voix cette échéance électorale. Les absents ont  toujours tort,  rien n’empêchait les électeurs de se rendre aux urnes si ce n’est une distribution calamiteuse des  documents électoraux, jamais vue sous la  Vème République et que l’on peut  mettre sur le compte de l’incompétence de M. Darmanin au Ministère de l’intérieur. Il était pourtant bien placé  en tant que candidat pour savoir qu’une entreprise privée n’a pas la même facilité d’accès aux boites aux lettres dans  les immeubles, aujourd’hui souvent « bunkérisés », que les facteurs de La  Poste. Inexcusable ! « Les Républicains » est aujourd’hui la formation politique qui occupe la première  place dans notre pays, avec  les villes, les départements, les Régions qu’elle dirige et au parlement ses 100 députés  et la majorité sénatoriale. Le RN et Macron se sont cassés les dents dessus. 

Une  double défaite qui bouscule le paysage politique.

Tous les candidats Lrem, là où ils avaient pu se maintenir, sont relégués à des scores humiliants.  C’est un terrible échec pour le Président de la République. Non seulement La République en marche n’a pas réussi à s'imposer comme une force dominante du paysage politique, mais en plus, elle est apparue comme une intruse dans un jeu droite-gauche relancé. Beaucoup de ses électeurs du premier tour ont pensé que leur vote serait plus utile ailleurs. En fait son parti a même servi à rien : il est à peu près certain,  que même en Paca, Renaud Muselier aurait fait un meilleur score dès le 1er tour s’il n’avait pas pris des candidats  Lrem sur sa liste.

La défaite du parti de Marine Le Pen est l’autre mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron.  Marine Le Pen voit s’effondrer sa stratégie de « dédiabolisation ». A force de vouloir ressembler à la  droite, son parti a  perdu sa  vocation contestataire qui faisait son succès. Du coup malgré les sondages qui donnent encore  le duel Macron /Le Pen pour la présidentielle, ce scénario a pris du plomb dans l’aile, car la dynamique est en train de changer de camp. Elle n’est pas du côté de Lrem pas plus que du RN. Le décalage est si important qu’il est impossible de feindre de croire que le paysage politique n’est pas modifié.

La droite a maintenant de grands devoirs.

Le jeu de Lrem qui voulait recomposer le paysage politique en décrédibilisant la droite a lamentablement échoué. Macron voulait rendre la candidature d’un LR impossible, il en est pour ses frais. Désormais, dans l’électorat modéré, la certitude que Macron est son meilleur candidat  n’est pas établie, car, au regard des trois thèmes dont on peut prédire qu’ils seront au cœur de la thématique de campagne, les personnalités de droite sont bien plus crédibles que lui sur les questions sécuritaire et identitaire et par ailleurs bien plus rassurantes que Marine Le Pen sur les enjeux économiques. Les Bertrand, Pécresse, Wauquiez, Barnier, Retailleau, sont plus en phases avec les aspirations des Français en pleine « droitisation », comme  l’a montré la récente étude de la Fondapol.

Face  à un président  plus préoccupé de sa  propre réélection que de gouverner  la France, les candidats potentiels de la droite doivent d’abord mettre entre parenthèse les problématiques d’ego, prouver, et non plus se contenter de promettre, que celui qu’elle désignera « fera » ce  que les Français attendent. Il faudra choisir le plus rassembleur possible tout en convaincant le  pays qu’une équipe responsable et soudée autour d’un projet est prête à prendre la relève.  Il  lui revient de montrer qu’elle est capable d’afficher des convictions, une ligne politique et un programme dans l’intérêt du pays sans plier devant la tyrannie du « politiquement correct » qui voudrait imposer la  mauvaise  conscience et la repentance. C’est parce qu’elle sera capable  de montrer sa détermination et sa volonté de renouer avec les fondamentaux de la « res publica » qu’elle retrouvera la confiance du peuple, toujours digne de respect, dans une démocratie. Elle a désormais un boulevard devant elle si elle veut saisir sa chance mais il  lui faut à la fois choisir un seul candidat et jouer collectif. C’est plus qu’un devoir, un impératif !

Traiter  les vrais sujets.

La future équipe qui prendra le pays en charge en 2022, aura à gérer une situation désastreuse laissée  à la fois par Hollande et Macron qui en a continué la politique. Après deux quinquennats  pour rien, la dette publique atteint 2 750 milliards d’Euros à 120% du Pib, le déficit des comptes nationaux est abyssal, la société est rongée par la  violence et le communautarisme, le chômage atteint des dimensions monstrueuses, avec 4 à  6 millions de personnes dans la pauvreté. Et cela dans un pays où  les dépenses publiques, les impôts et les cotisations sociales restent les plus élevés des  pays industrialisés. Il  s’agira  d’accomplir un devoir pour le  service de la France, qui nécessitera un discours de courage et de vérité, sans provocation  inutile mais sans démagogie. Le  gouvernement devra rester  droit dans ses bottes  pour appliquer une politique de  fermeté  quant à la sécurité, la maîtrise des frontières et des migrations et le respect de la  laïcité que près de 70% des Français réclament. La vérité et la transparence sur les résultats rétabliront la  confiance. Enfin, la  crise sanitaire a mis en pleine lumière les défaillances administratives des services publics, en particulier l’hôpital et l’école pour laquelle il faudra mettre fin à la politique de nivellement par le bas et à l’effondrement du niveau dans toutes les disciplines. Dernier devoir, et pas le moindre, il reviendra à la droite de rétablir dans toute sa dimension ce qui a été le symbole de la  France pendant des siècles : la liberté,  mise à mal par toutes les  mesures  et les ingérences des contraintes sanitaires. En corollaire, c’est le grand chantier de  l’avenir de notre démocratie, sapée par les mouvements de l’ultra gauche islamo gauchiste, qu’elle devra ouvrir afin de restaurer une démocratie à la  fois représentative dans laquelle le Parlement retrouvera tous ses droits, et à  l’écoute du peuple grâce à al consultation référendaire.

 Pour elle, tout commence, elle n’a pas le droit de décevoir !

 


DU «EN MÊME TEMPS» A «L’ESSUIE-GLACE»

Macron voeux 2020

 

"IL" ne pense plus qu’à ça : comment être réélu. A un an de l’échéance, Emmanuel Macron a lancé sa campagne électorale.  Après avoir tenté de séduire les jeunes en donnant une interview sur les réseaux sociaux avec Brut, constatant qu’il avait perdu 17 points dans l’électorat de droite il donne une interview au Figaro pour tenter de « rassurer » en s’emparant du thème de la sécurité. Il réaffirme au passage quelques principes « qu’il ne valide pas » en contradiction  avec ses propos précédents. Puis dans la foulée, il est interviewé par la chaine américaine CBS, interview au cours de laquelle il explique que la France doit « déconstruire » son histoire à cause de son passé colonial.  De quoi plaire aux oreilles américaines … mais là encore en contradiction avec ce qu’il avait dit auparavant : il n’était pas question de déboulonner les statues !  Autant d’interlocuteurs, autant de discours complaisants. Ce n’est pas nouveau. Toute l’année 2020, il est  passé  de la mise en avant des idées communes au centre gauche et au centre droit à l’envoi de signaux désordonnés aux deux camps. Plus il parle et moins on l’entend, plus il s’explique, moins on le comprend. Bien malin est celui qui sait ce qu’il pense vraiment. Chez nous on appelle ce genre d’individu « un charlatan » !

Le confusionniste.

Le  propos est de Jacques Julliard.  Voilà quelqu’un qui manie sciemment le contresens et les contradictions dans ses discours. « Nous sommes un peuple de paradoxes »  prévient Emmanuel Macron. Si c’est vrai, il est un expert en la matière. Sur l’identité, il énonce dans une interview donnée au Point, « Etre français, c’est habiter une langue et une histoire », ajoutant même la laïcité au triptyque « liberté, égalité, fraternité ». Cependant, il ajoute aussitôt, « Comme Président, je ne reconnais qu’une communauté nationale, mais je ne dénie pas aux autres communautés, le droit d’exister ». Il oublie de dire qu’en aucun cas ces communautés d’origine ou de culture ne doivent s’ériger en concurrentes de la communauté nationale. Une brèche dans laquelle les islamistes se sont engouffrés. En affirmant « qu’on peut être français et cultiver une autre appartenance », il avoue son communautarisme. Sur Brut, il a été capable de prendre la défense de la police tout en dénonçant les « violences policières », élément de langage qui est une manière de donner satisfaction à l’extrême gauche. La polémique sur la loi de sécurité globale l’a conduit à dire tout et son contraire en quelques jours selon qu’il s’adressait à des jeunes ou à des policiers. Emmanuel Macron déplore notre déclassement industriel et affirme « l’élite économique s’est mondialisée… elle est partie, elle est devenue de nulle part ».  Le  « libéral-libertaire » de 2017 qui devait adapter la France à la mondialisation et qualifiait les migrants de « héros » dénonce désormais « la trahison des clercs », une autre manière de nommer les élites dirigeantes économiques et politiques.  Le but est le même qu'en 2017 : reprendre des thèmes de gauche et de droite, poussant les politiques des deux camps à se radicaliser pour exister, et donc à dériver vers les marges. Mais sa mise en oeuvre a changé, faite d'embardées puis de coups de frein.

Le démagogue.

Philippe Bilger, commentant l’interview récente au Figaro n’y va pas par quatre chemins. Quand le président affirme : « Je me bats pour le droit à la vie paisible », il se moque de nous. Et il poursuit : « Je relève, dans ses réponses, son goût du verbe, son appétence pour le commentaire qui pourrait séduire la gauche avec ses considérations sociologiques, la surestimation de son action et le caractère provocateur d’annonces in extremis, comme si on n’aurait pas dû en bénéficier bien avant. » L’ancien magistrat dénonce la  volonté d’occuper le terrain parce qu’il sent l’exaspération monter face à la délinquance et que ça influera sur l’élection présidentielle : « Il est clair que nous avons une action à bride abattue pour créer l’illusion d’un pouvoir qui aurait été conscient depuis le début des exigences régaliennes, alors que les Français n’ont cessé de constater dans leur quotidien les errements et les abstentions de cette présidence dure avec les faibles et molle avec les forts. Dont le « en même temps », n’arrêtant jamais son cours, fait se succéder rigueur proclamée et impuissance concrète. » Tout est dit, exemples, ils sont multiples, à l’appui. Un mélange dévastateur de démagogie et de cynisme. Je me demande encore comment quelqu’un d’aussi intelligent que Christophe Béchu peut suivre un tel personnage… à moins qu’il ne soit comme lui.

L’adolescent attardé.

On a l’impression que chaque intervention  présidentielle est une dissertation comme on en fait encore probablement à Sciences-Po, avec les trois parties, thèse, antithèse, synthèse. Emmanuel Macron parle trop, trop longtemps et en tous sens. C’est son souci de tout dire, d’aller au-devant de toutes les objections qui l’amène à la profusion et à la confusion. Or, diriger c’est choisir ! Il cherche encore sa vérité qu’il n’a pas atteinte, c’est évident. Mais en politique, ce type de discours porte un nom : la duplicité ! Nous avons affaire à une espèce de caméléon politicien : le personnage de 2021 ne parle pas comme celui de 2017 et pas  plus probablement que celui de 2022, au moment de  l’échéance. L’ivresse qui l’accapare dans le maniement des concepts a quelque chose d’adolescent (le constat est de Jacques Julliard) .  Il faut simplement se demander si l’Elysée est l’endroit adéquat pour continuer son éducation. On peut être séduit par son intelligence, son énergie, mais « le petit prince de la technocratie, combinant l’ouverture de la société avec le souci de la verticalité »  voit sa « rêverie » violemment interrompue par les vents violents qui agitent l’arène politique, les mouvements sociaux,  les « gilets jaunes », jusqu’au déferlement du coronavirus. Le fait est qu’il ne rassure pas grand monde. Il voulait être le chantre du centrisme, cette union de la droite de la gauche avec la gauche de  la droite, contre la droite de la droite et la gauche de la  gauche, un jeu politique  qui a toujours été incompréhensible pour l’opinion publique. Il n’est en réalité que celui du centrisme étatique,  ou centralisme, vieux courant jacobin, qui, s’appuyant sur une technocratie inamovible, domine encore dans la gestion de notre  pays et qui passe à côté du clivage économique, social et culturel entre la France du centre, les métropoles, et la France périphérique. L’obsession des sondages qui servent de boussole explique les motivations actuelles du chef de l’Etat. Les personnes âgées qui sont les  plus assidues aux élections demandent une protection sanitaire et de l’ordre et ses rivaux de droite restent  plus dangereux que ceux de gauche. D’où les signaux moins fréquents à gauche qu’à droite, d’autant plus que le centre gauche semble rester fidèle, probablement parce que l’action menée lui convient alors que les discours qui s’adressent à la droite en restent souvent aux paroles.

Qu’en sera-t-il à l’heure du bilan ? Si le président jouit d’un socle de popularité stable, les Français n’en jugent pas moins très sévèrement son action.

 


LREM, L’AUTRE NOM DE LA GAUCHE.

Lrem logos

 

Le néogauchisme dont la France insoumise est le principal vecteur, renforcé par les idéologies importées des Etats-Unis, a fracturé la gauche française. Et à un an de l’élection présidentielle, les études d’opinion sont toutes convergentes : toutes tendances confondues, elle ne rassemble plus qu’entre 24 et 26%, pas plus. Le total d’intentions de votes à gauche est l’un des plus faibles de toute l’histoire de la Ve République. En fait c’est un trompe l’œil.  Les Français sont toujours globalement partagés.  Mais pour les formations politiques concernées, il y a urgence.  Et la priorité des verts, du PS et autres tendances est de trouver un moyen de se rassembler pour avoir un candidat commun avec l’objectif de passer la barre du 1er tour. Samedi dernier, ils étaient nombreux à se retrouver toute la matinée, à l’initiative de Yannick Jadot qui en rêve, dans un hôtel parisien du 19e arrondissement. N’en manquait pas un ! Si, justement, l’un des principaux, Jean-Luc Mélenchon, parti opportunément rendre visite à ses amis gauchistes d’Amérique du sud dont il admire les régimes totalitaires. Après une matinée de palabres, dispersion avec  clause de revoyure. Autant dire que la réunion a tourné au « bal des faux-culs ». Mais personne ne se demande où sont passés les 25% manquants !

La gauche française n’est pas à l’agonie. Elle a juste changé de nom. 

La réponse tient en un seul constat.  Les mêmes sondages indiquent que 25% des électeurs de Hollande continuent  de voter pour Macron. Eh oui, on voudrait nous faire oublier que Macron est entouré de la plupart des hommes qui constituaient le socle du PS : Ferrand, Véran, Le Drian … et que son groupe parlementaire est composé pour une bonne part d’élus venus de la gauche.

Mieux, son bilan est encore plus révélateur car la politique mise en œuvre s’apparente bien davantage à la poursuite de la politique socialiste de François Hollande qu’à un alignement sur les projets de la droite. Sur le plan économique et financier, la hausse des déficits et des prélèvements obligatoires, la vertigineuse explosion des dépenses de l’Etat, le célèbre et socialiste « quoi qu’il en coûte », autre expression pour « c’est gratuit, c’est l’Etat qui paye », l’augmentation exponentielle de la dette, n’ont fait que prolonger la tendance déjà à l’œuvre avant 2017. De même, sur les questions sociétales, les choix accomplis par les macronistes divergent largement des orientations de la droite et du centre : la PMA sans père remboursée par l’assurance maladie, l’interruption médicale de grossesse à 9 mois pour détresse psycho sociale, et maintenant la tentative d’instaurer l’euthanasie, à quoi il faut ajouter l’explosion sans précédent des flux migratoires, le communautarisme forcené, la flambée de la délinquance et de la violence à laquelle Lionel Jospin n’a rien à envier. Il faudrait ajouter ses contorsions écologistes qui font la part belle aux tenants de la décroissance. Enfin, la repentance qui imprègne la vision du chef de l’Etat qui voit dans l’histoire de la colonisation un « crime contre l’humanité » est un emprunt au néogauchisme.  

Et  pis encore, le recours aux conventions citoyennes pour traiter de sujets fondamentaux est devenu une pratique banalisée du « nouveau monde politique », directement tirée des thèses de la démocratie de proximité chère à Ségolène royal. En fin d’année dernière, à la demande du président de la République, 35 Français ont été tirés au sort pour former un « collectif de citoyens » chargé de « se prononcer sur la stratégie vaccinale en France ». Cette initiative faisait suite à « la Convention citoyenne sur le climat », composée de 150 citoyens, sélectionnés au hasard pour « représenter pleinement la société dans toute sa diversité et sa vitalité ». La méthode est-elle si nouvelle ? D’ores et déjà sous le quinquennat de François Hollande, « une conférence citoyenne », composée de 18 citoyens désignés selon des critères de représentativité de la société française définis par l’IFOP avait été chargée de réfléchir à la fin de vie. Elle avait débouché, à la fin de l’année 2013, sur des conclusions favorables à la « possibilité de se suicider par assistance médicale (dans certaines conditions) ».

Ce portrait du soi-disant « nouveau monde » ressemble furieusement à « l’ancien monde socialiste », y compris pour le nombre des fonctionnaires qui ont continué d’augmenter. Il suffisait seulement de rebaptiser le parti socialiste en LREM, et de débaucher un quarteron d’opportunistes à droite, il y en a toujours, et le tour était joué. Voilà pourquoi la gauche « titulaire » se meurt.  En fait, elle est au pouvoir depuis 9 ans, le quinquennat Macron s’inscrivant très clairement dans la suite de celui de François Hollande. C’est une évidence. Des segments de réforme dite de droite  et un verbe droitier pour le « en même temps » n’y changent rien. Comme s’il suffisait de poser des mots sur les maux de la France pour les faire disparaître. Et voilà pourquoi,  comme beaucoup d’autres qui me le font savoir, en aucun je ne revoterai pour lui.

LR pour sortir de la confusion.

Ce scénario repose sur une contre-vérité entretenue par les transfuges de la droite vers le macronisme : « Ce qu’a fait le président (Macron), la droite en a toujours rêvé mais ne l’a pas fait », et largement reprise par les commentateurs et les  médias.

La responsabilité de la droite est historique. Au moment où elle est clairement l’objet d’OPA, à la fois du Macronisme qui voudrait l’asphyxier et du RN qui s’empare un à un de ses  thèmes pour se rendre plus acceptable, elle a le devoir de s’affirmer haut et clair.

Le cycle électoral qui commence va façonner la gouvernance de notre pays pour la décennie à venir. Face à une gauche fracturée, une majorité présidentielle qui entretient la confusion, un Rassemblement national qui vote systématiquement contre tous les textes régaliens mais qui soigne sa « normalisation », la  droite porte une responsabilité importante. Celle de proposer d’abord dans chaque région, puis à l’élection présidentielle, une candidature intransigeante sur les fondamentaux et déterminée à prôner d’abord puis à appliquer sans faiblesse ensuite les mesures difficiles mais indispensables pour restaurer l’autorité de l’Etat et recréer une « envie »  de reconstruire la communauté nationale pour en faire à nouveau « une Nation ».

A l’heure ou 80% des Français expriment de la méfiance ou du dégoût envers la politique (enquête CEVIPOF), un alignement de LR sur LREM se présenterait comme une manœuvre opportuniste. Quant à un ralliement au Rassemblement national il n’est tout simplement pas pensable. Ces manœuvres ne feraient qu’aggraver l’image de responsables politiques ayant tourné le dos à l’intérêt général et obsédés par leurs intérêts personnels, le partage des prébendes et des privilèges.

L’idée que les LR n’auraient pas de « candidat naturel » touche à la quintessence du renoncement et de la sottise politique. Les tentatives pour l’empêcher d’exister montre assez bien que c’est en raison de sa capacité à apporter les vraies réponses au pays. C’est  bien pourquoi la sphère  médiatique se garde bien de faire écho du travail en profondeur qui est mené depuis bientôt un an. Il y aura évidemment un candidat issu de ses rangs ou de sa sphère. La question n’est pas de porter à l’Elysée un surhomme, un sauveur providentiel, mais de donner à la France un candidat crédible, motivé par le sens de l’Etat et la capacité à s’entourer d’une équipe solide et compétente pour gouverner le pays dans le respect de la démocratie. Et pour cela, il en est largement encore temps.

Les Républicains apparaîtront rapidement comme la seule alternative raisonnable  pour éviter un nouveau duel Macron-Le Pen.

 


RANTANPLAN ET TRISTE SIRE

Ed Philippe

 

Avec son ami Gilles Boyer, Édouard Philippe publie un livre intitulé « Impressions et lignes claires » (1) qui offre un large horizon sur sa conception de la politique, sans toutefois apporter la moindre révélation sur les trois ans qu’il a passés à Matignon. A en croire la longue interview que Le Point accorde à l’ancien premier ministre, on n’apprendra rien sur les relations parfois tendues entre Matignon et l’Elysée. C’est selon le Rantanplan de la politique, qui s’est associé à son « Triste Sire* », pour commettre l’ouvrage, être au-dessus du « menu fretin » quand il s’agit de l’éthique et de la dignité. Deux qualités qui lui ont furieusement manqué  quand il s’est agi de rallier la macronie, en loucedé, caché sous une couverture dans une voiture, pour ensuite renier tous ses engagements, y compris en soutenant aux législatives suivantes des candidats contre ceux dont il avait exigé l’investiture aux Républicains.

"Les manettes".

Ce livre n’est pas plus le signe avant-coureur d’une nouvelle trahison, une candidature à la présidence de la République en 2022, ce que confirme l’intéressé dans l’entretien. Mais alors à quoi bon écrire un livre, si  c'est pour ne rien dire. Car ce n’est ni un  programme politique, ni une profession de foi, ni l’esquisse de ce que serait une présidence sous son nom.  On n’y apprend qu’une chose, peut-être pour se justifier, c’est qu’il continue de croire que le clivage gauche-droite est obsolète, alors que l’expérience et l’observation de tous les jours prouvent le contraire, mais l’homme est paraît-il têtu. On retiendra d’ailleurs de son passage à Matignon que sa politique a essentiellement consisté à prolonger celle de François Hollande, qu’il s’agisse de la dette ou des lois sociétales. Contrairement à ce qu’il affirme comme faisant partie de ses convictions, il a été surtout celui qui a consacré l’effondrement de l’autorité de l’Etat. Il est celui qui a abandonné le projet de  Notre-Dame des Landes, cédant à quelques dizaines de zadistes ultra-violents, en piétinant le droit, tous les  recours ayant échoué, et la démocratie avec le referendum. Il dit : « J’aime être aux manettes », un contrepoint de son incompétence.  Où était l’homme qui « aime être aux manettes », quand il accourait affolé au Ministère de l’Intérieur pendant que les  émeutiers mettaient à sac l’Arc de Triomphe, alors que les blindés de la gendarmerie cantonnés à Versailles attendaient des ordres pour intervenir ? Le même qui passait les forces de l’ordre en revue au bas des Champs-Elysées, image surréaliste, pendant que les black blocs déguisés en gilets jaunes, quelques centaines de mètres plus haut, mettaient le feu chez « Maxim’s » ? Aux manettes peut-être, mais il avait perdu les pédales !

De cela, on n’a rien à faire.

Il ne faut considérer le livre ni comme un coup d’envoi de sa candidature, ni comme un règlement de comptes avec Macron, il en est loin, ni même comme un ouvrage pour vous divertir en vous révélant les secrets de Matignon. « Le Point » publie quelques extraits de l’ouvrage. On y découvre les humbles origines de l’ex-locataire de Matignon, sa modestie qui va si bien à son air bonhomme et qui  dit aux Français « ce qu’il savait  et ce qu’il ne savait pas ». Un politicien qui reconnaît qu’il ne sait pas tout dans un monde où il est désormais possible de tout savoir : Rantanplan, quoi !  On se demande ce qui a tellement plu aux Français puisque dit-on, il serait le plus populaire de France. Qu’il se reconnaisse non seulement dans l’exercice du pouvoir, mais aussi dans le peuple qu’il a eu à gérer, en avouant publiquement les incertitudes liées à sa fonction, nous fait une belle jambe et cette manière  de dire les choses sans jamais les affirmer complètement confine à "l’enculage de mouche", excusez la trivialité. En fait, cette tentative de nous expliquer son succès par ce qu’il est lui, personnellement, confirme s’il en était besoin que notre démocratie est tombée bien bas. Une preuve du nivellement par le bas qui est à l’œuvre depuis plus de trente ans et dont il serait la partie visible de l’iceberg.

On aurait aimé savoir…

Les raisons de sa rupture avec le président restent mystérieuses. On y a vu le jeu naturel du couple exécutif, mais alors, on peut légitimement se demander en quoi c’était nécessaire si les deux hommes partageaient autant d’idées. On ne saura jamais comment il aurait géré la suite de la crise sanitaire. On se souvient seulement des mensonges érigés en vérité sur les masques et sur les tests et des grandes mises en scènes de ses conférences de  presse, assorties de son croque mort, Jérôme Salomon. De la com’ pour faire oublier le réel. Ce livre aurait pu être l’occasion de raconter  pourquoi Alain Juppé a échoué et quelle part son acolyte et lui ont pris dans cet échec, puisqu’ils dirigeaient la campagne. Comment ils ont enfermé le candidat en le coupant d’un entourage qui aurait pu lui être utile. Comment ils l’ont fait aller sur les thèmes qui l’ont desservi en oubliant qu’il fallait avant tout parler à la droite dans la primaire qui s’adressait prioritairement à elle, alors que Juppé avait écrit un ouvrage remarquable sur l’autorité de l’Etat. D’ailleurs on apprend au détour d’une question, qu’avec Gilles Boyer, ils avaient évoqué avec Alain Juppé la possibilité de nommer Macron à Matignon en cas de succès à la présidentielle. Il y avait bien une préméditation à la trahison. C’est ce qui arrive quand on est profondément convaincu que le clivage gauche-droite n’est plus de ce temps et qu’il faut le transcender.

"Anti Jupiter".

Il joue le rôle de l’anti-héros, un Poulidor, l’image inversée de Macron. C’est peut-être  là que se trouve la clé de l’énigme de sa popularité. Autant le Président  montre chaque jour, par ses maladresses, son dédain du peuple, autant « Ed » a plu au peuple dans son passage à Matignon, par sa timidité apparente, sa manière de relativiser les choses, sa riposte éloquente bien que souvent de mauvaise foi aux élus de l’opposition qui lui rappelaient des vérités gênantes. Il fait découvrir par un long coup de projecteur ce qu’est l’exercice du pouvoir en France, qui apporte beaucoup plus d’inquiétude, et même de peur, que de bonheur. L’hyper technocratie incontrôlable y apparaît en filigrane. L’exécutif a d’immenses responsabilités et doit trancher chaque jour sur les événements les plus anodins. Matignon est un enfer. Mais on le savait déjà. ». On pourrait croire à  l’absence « d’hubris ». En fait, c’est le point de vue d’un boxeur qui joue la modestie en prenant des coups, et qui aime ça. Voilà donc un livre qui voudrait combler le vide de l’absence, de l’éloignement du pouvoir. On n’y apprendra pas grand-chose sinon que l’auteur principal est un esprit « emberlificoté » comme le dit Bruno Jeudy. On y découvre surtout qu’Edouard Philippe est un quidam ordinaire.

Opportuniste.

Faire son retour médiatique sur la « 2 » le soir de Pâques, il faut le faire, surtout quand on n’a pas la foi. Est-ce pour autant une « résurrection » ? Pas vraiment. On peut pourtant être certain que cela a été pensé, longuement mûri, planifié. Il pensait occuper seul le devant de la « scène » (non, non, je ne l'ai pas fait) . Mais voilà, il a été précédé par Xavier Bertrand et le discours de Macron pour le reconfinement. De quoi occulter largement la manoeuvre. Nommé pour donner une caution de droite à Macron, après avoir été le principal soutien à Juppé, une nouvelle déloyauté ternirait définitivement son aura politique. Mais débarqué sans son consentement, il peut se croire libre de tout engagement. Là-dessus, il reste confus. Chez les macronistes on ne veut croire qu’à un engagement derrière le Président. D’autres, surtout ceux qui l’ont suivi en tant que « constructifs », le  rêvent en réunificateur de la droite, ce qui les arrangerait bien, eux qui n’ont servi à rien. Lui se garde bien de dire ce qu’il pense. Tout sera affaire d’opportunité. Faute de pouvoir peser sur les évènements, ce sont eux qui décideront. Il lui faudra faire oublier le chaos des trois premières années du quinquennat, la limitation de vitesse à 80 km/h et la taxe carbone qui furent les éléments déclencheurs de la crise des Gilets Jaunes, le fiasco de la réforme des retraites après deux mois de blocage du pays, un bilan accablant en matière de maîtrise de l’immigration, de violence, d’ensauvagement de la société et de poussée de la misère. On peut espérer  mieux comme « homme providentiel ».

Au fond, l’avenir politique proche d'Edouard Philippe dépend avant tout du niveau de la mémoire collective.

Il se veut en réserve de la République. Mais quand il sera candidat, si un jour il l’est, c’est certain, personne n’osera l’appeler Jupiter. Le Panda, comme sa fille ? Pas plus. Vous savez le surnom que je lui ai choisi.

Une question : fallait-il être deux pour écrire tout ça. Avait-il donc besoin d’un porte-plume (on ne peut plus dire « nègre ») de service ? « Impressions et lignes claires » ce serait plutôt « confusion et esprit torturé ».

*Conf.  Robin des Bois.

 


A DROITE, DU NOUVEAU !

Bertrand

 

On ne pourra plus dire, comme les médias de mauvaise foi le font de manière récurrente, qu’à droite il n’y a personne. Xavier Bertrand a décidé de franchir le Rubicon pour la présidentielle de l’année  prochaine. Il y avait déjà des prétendants, mais en interne chez les Républicains, à commencer par Bruno Retailleau, mais bien d’autres comme Valérie Pécresse et Michel Barnier ne cachaient pas leurs intentions. La différence, c’est que  le Président des Hauts-de- France  affiche sa détermination face aux Français, à la manière gaulliste de la rencontre d’un homme avec le peuple, et, donc, ne compte  pas participer à un quelconque mode de sélection.

Pourquoi maintenant …

Cette candidature n’est pas une surprise dans la mesure où l’intéressé avait fait part à plusieurs reprises de son intention. La surprise vient du fait qu’il l’annonce maintenant, à treize mois de l’échéance. N’étant plus chez Les Républicains, il récuse à l’avance toute primaire et veut se présenter en tant que candidat libre qui s’intéresse aux autres couleurs du spectre idéologique. Il n’a donc pas à attendre l’automne prochain, moment choisi par Les Républicains pour procéder au départage des candidats. Il y aura alors profusion de communication, de quoi se noyer. Un coup stratégique qui coupe l’herbe sous le pied aux autres prétendants de la droite modérée, dans un moment de relatif calme politique, tout le monde étant accaparé par la crise du Covid et ses séquelles, et qui lui permet d’exposer tranquillement son projet. Moment d’autant mieux choisi qu’il devance aussi Edouard Philippe qui s’apprête à reprendre la parole à l’occasion de la sortie de son livre, avec un plan de communication très nourri. Désormais, il pourra parler sans s’arrêter, profiter de la campagne des Régionales pour occuper doublement le terrain avec l’espoir de rendre irréversible sa candidature. Tout le monde a été pris de court. Avantage Bertrand.

Une tâche herculéenne.

Sa candidature a été accueillie par les quolibets de l’extrême droite et de l’extrême gauche, sans compter ceux de la gauche, qui rappellent que M. Bertrand est candidat aussi aux régionales et que,  en se déclarant disponible pour la présidentielle, il livre un message à l’électeur des Hauts-de-France, région dont il est président : « Je ne ferai que passer ». Sa double candidature correspond en réalité à une forme de courage et Xavier Bertrand n’en manque pas, lui qui a choisi de se battre en solo. Il a lui-même conditionné sa campagne présidentielle au renouvellement de son mandat dans les Hauts-de-France qui servira à la fois de banc d’essai et de « primaire ». S’il perdait cette première bataille, il ne livrerait pas la seconde. En catimini, les responsables LRem considère Xavier Bertrand comme une concurrence sérieuse à Emmanuel Macron. Car, non seulement la droite peut se rassembler derrière lui, mais son profil de républicain modéré, ferme sur les principes, peut lui permettre de ressouder la « droite bourgeoise » et la « droite populaire » tout en ratissant au-delà, lui, l’ex-agent d’assurances, qui a vécu en HLM, qui n’a pas fait l’ENA, qui a des origines modestes, et  qui veut rester « à portée de baffes » comme il dit. Son plus, c’est le terrain, la France d’en bas, le terroir, la simplicité. Et quand il propose l’hypothèse d’une troisième voie pour « une France fière, redressée et réconciliée », face à Macron et Le Pen, il est crédible. Le Président des Hauts de France est un homme réaliste, qui lit les sondages et les analyses politiques. Et en homme méthodique il va s’appliquer à cocher toutes les cases qui siéront aux électeurs qu’il veut convaincre.

Un projet bien ciblé.

La lisibilité du projet repose sur quelques grands axes : le travail, la restauration de l’autorité, l’intransigeance sur nos principes et nos valeurs, voilà qui parle à toutes les oreilles. Il promet de reprendre la réforme des retraites et de repousser l’âge de départ à 64 puis 65 ans, s’engage à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires tout en prônant le remboursement de la dette et la baisse des dépenses publiques. Voilà pour la droite bourgeoise. Mais chacun aura sa part de pouvoir grâce au recours plus fréquent au referendum et aussi avec des décisions qui se prendront sur les territoires, et, encore mieux, dans les entreprises les bénéfices seront partagés. Proximité, simplicité, voilà pour la droite populaire, pour la France des invisibles. Pas de nouveauté décoiffante, mais de quoi consolider un socle électoral.

Réussir l’incarnation.

Face à un électorat de droite en mal d’incarnation, Xavier Bertrand sait qu’il va devoir faire rêver l’ensemble de sa famille politique. Il a un atout : il aime les Français, comme le constate Pascal Péri, et ça se voit, ce qui fait de lui un « anti-macron ». Néanmoins, il sait aussi qu’il va lui falloir franchir nombre d’obstacles pour susciter l’engouement des élus comme des électeurs. C’est pourquoi, il ne parle qu’au futur, jamais au conditionnel, comme pour affirmer sa détermination. Son engagement  à un mandat unique se veut un gage d’action. Il a une petite avance dans les sondages mais il lui faut passer au statut de candidat naturel pour ensuite devenir le candidat unique, condition nécessaire pour avoir une chance d’accéder au second tour. Voilà pourquoi il se dit prêt à travailler avec tous, à rassembler, et de fait, il reprend à son compte les fondamentaux de toutes les droites en espérant que désormais le débat s’organisera autour de lui.

Pourquoi pas lui ?

Réussira-t-il à enclencher la spirale vertueuse,  c’est tout son pari ! Certes, il « en a envie », il est travailleur et organisé, il voit clair dans les attentes du pays, et même il donne des gages de désintéressement, ce que les Français aiment par-dessus tout. Reste à faire de tout cela « le président » … Treize mois pour convaincre !

 


POUR UN « PACK » DES REPUBLICAINS !

Gaulois2

 

La présidentielle ultime.

Il y a les  départementales et les Régionales, une échéance que LR peut encore assumer avec de réels  espoirs de victoire, notamment en Ile-de-France, Auvergne Rhône-Alpes ou encore les Pays de la Loire.

Mais l’échéance primordiale c’est évidemment la présidentielle de 2022. Le  mode de scrutin impose à  la droite et au centre de n’être représentés que par un seul candidat pour avoir une chance de figurer au second tour. D’abord, c’est le seul moyen d’éviter le duel mortifère pour la France programmé à l’avance, Macron-Le Pen. Ensuite, pour LR, c’est même une question de vie ou de mort du parti. En cas de nouvelle défaite, à combien reviendraient nos députés à l’Assemblée nationale ? Et puis il y a ceux qui par paresse ou  par manque de courage préconisent une alliance avec Macron. Mais on ne s’allie pas avec un ectoplasme. Macron n’a pas d’idées, il n’a que celles qu’il  emprunte aux autres selon les circonstances. Résultat : son quinquennat c’est le désordre et le surplace, comme le dit très bien Brice Hortefeux. Nous avons le cumul du désordre social, sanitaire, sécuritaire et migratoire. Quant au surplace, en cinq ans, il a dû renoncer à  la plupart des grandes réformes qui auraient dû être engagées. S’allier avec lui, c’est courir à la mort certaine de notre formation.

Les élus qui allient compétence et raison.

Alors que partout où les Républicains et leurs alliés sont aux affaires,  ils font montre de  compétence et de savoir-faire dans la gestion de leurs mandats au service du bien commun. Or, on voit bien avec ceux qui gouvernent aujourd’hui, que ce soit l’exécutif ou à l’Assemblée, l’absence d’expérience est dramatique. A droite et au centre il existe un vivier de femmes et d’hommes qui peuvent faire la différence et éviter au pays le drame que serait l’arrivée au pouvoir d’une Marine Le Pen dont on voit bien les insuffisances pour gouverner un pays comme la France.

Rétablir la confiance avec l’électorat.

Pour cela, il n’y a qu’un moyen : il faut inspirer confiance pour la rétablir avec les Français.  La  question de la confiance est primordiale si l’on ne veut pas que l’abstention l’emporte. Le pays est à droite,  mais il est fatigué du désordre, des divisions, de l’effondrement des services publics, des subversions menées par le gauchisme à  l’école et à l’université. L’élection est dans un an, elle n’est pas jouée. Seule la droite a des solutions.  Ceux qui suivent les travaux des groupes parlementaires le savent bien. L’opportunité de reprendre le pouvoir est là, il faut la saisir, mais pour cela, il n’y a pas trente-six stratégies, il n’y en a qu’une. Il faut conjurer le handicap que représenterait une multiplication des candidatures.

Un scrutin et un engagement : rester ensemble !

Devant  le nombre de candidats qui prétendent représenter notre famille politique, il importe de mettre en place un dispositif de sélection pour éviter les candidatures multiples au 1er tour, puisque aucun des prétendants ne perce suffisamment dans les études d’opinion pour s’imposer. Le mieux placé, Xavier Bertrand, plafonne autour de 15% depuis des mois. Dans ces conditions il n’y a qu’un seul moyen, une méthode de départage suffisamment ouverte qu’il faut perfectionner. L’idée de Bruno Retailleau est un peu complexe avec son scrutin à un seul tour et l’attribution de points, mais c’est une piste. De son côté,  Gérard  Larcher est  aussi à la manœuvre et consulte. Cependant il y a une condition qui doit faire partie du règlement de la compétition pour que les Français aient envie de voter : désigner un candidat ne sera pas suffisant, il faut aussi proposer un pacte de loyauté entre tous les candidats  pour faire en sorte que celui qui sera arrivé en tête s’engage à travailler ensuite avec tous les autres et réciproquement. La « Team de la droite et du centre », ça peut marcher. D’abord parce que ça permet de mettre en valeur les complémentarités de caractères et d’idées, ensuite parce que ça ouvre l’éventail électoral. La droite et le centre regorgent de talents,  disons aux Français : « choisissez celui qui vous parait le meilleur, mais nous resterons ensemble pour faire campagne et gouverner. »

Si on y arrive, alors la droite aura de bonnes chances de l’emporter.

 


MACRON 2022 : AVEC QUI ?

Macron 2022

 

Une majorité éclatée et divisée.

Abondance de biens ne nuit pas, dit-on. Ce n’est pas vérifié en politique. Parti en 2017 avec une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, Macron a vu son groupe LRem rétrécir comme peau de  chagrin. Il a perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale et ne peut engager aucun programme sans le soutien du MoDem de François Bayrou qui, malgré ses exigences, notamment en ce qui concerne l’instauration d’une « dose » de proportionnelle, lui maintient son soutien. Les plus récents sujets de polémique comme la décision de la mairie de Lyon de supprimer la viande dans les cantines scolaires ou le débat virulent sur l’université qui, selon la ministre Frédérique Vidal, serait « gangrenée » par l’islamo-gauchisme, ont déclenché des querelles plus virulentes entre l’aile droite et l’aile gauche de la majorité République en Marche que dans les partis d’opposition ; la ministre de l’Environnement, Barbara Pompili, qui tire une partie de ses convictions de la « bible » écologiste, se dresse avec aplomb contre l’Élysée et la commission citoyenne éponyme n’a pas de  mots assez durs pour fustiger  le projet de  loi gouvernemental. Les divisions de la majorité porteront-elles un coup fatal à la candidature plus que probable d’Emmanuel Macron à un second mandat présidentiel ? L’apparente sérénité du président semble indiquer que les divisions, les défections de nombre d’élus, le différend avec le MoDem sur le mode de scrutin n’ont pas modifié la stratégie qu’il entend pousser à son terme en 2022. Mais il lui sera difficile de rééditer le coup de 2017. Dans ces conditions, sur quelles troupes dévouées le président sortant peut-il compter pour obtenir son second mandat ?

Le problème c’est Macron.

Le fossé séparant la droite de la gauche n’a pas été comblé par le « en même temps ». C’est une évidence, sinon, comment expliquer les désertions du groupe  majoritaire et les  déchirements internes sur le moindre débat clivant. Macron n’a pas fusionné les deux courants en un seul tout bonnement parce que c’était impossible. Ses adversaires historiques affirment l’avoir toujours prévu et en ont pour preuve le maintient de leurs électorats aux municipales que le PS et LR ont plutôt réussies, surtout LR qui a remporté 60% des villes de plus de 9 000 habitants.  Alors  on nous dira que Macron a été conduit, sous l’autorité d’Édouard Philippe, à pratiquer bien plus une politique de droite qu’un programme de gauche ; il a remplacé M. Philippe par Jean Castex, connu pour ses convictions conservatrices. Ce qui fait dire  à certains que tout ce que les macronistes ont à faire, c’est rejoindre les Républicains. Encore que LR considère Macron comme un imposteur, élu sur un programme et qui en aurait appliqué un autre, un homme de synthèse incapable de l’appliquer, et qui a fait perdre aux municipales les listes qui ont pactisé avec son parti. « Lrem porte la poisse » dit volontiers  Christian Jacob. Certes, une majorité présidentielle réunissant les marcheurs, LR, le MoDem et l’UDI ferait un malheur. Le problème c’est Macron !

L’histoire ne passe pas les plats deux fois.

Le Président croit dur comme fer qu’il peut rééditer la stratégie de 2017 malgré  le désarroi qui traverse son camp et dont  l’unique chance de réussite repose sur l’incapacité du  PS à se reconstruire an plan national, tant il est divisé sur ses fondamentaux ; la querelle sur l’islamo- gauchisme en offre une illustration saisissante. Néanmoins, Macron ne pourra empêcher une partie de ses troupes de retourner au bercail écologiste ou socialiste. Même la « jambe droite » sur laquelle  il s’appuie n’est pas  si fiable qu’il le croit. Beaucoup d’électeurs de droite qui avaient rejeté Marine Le Pen au second tour et lui avaient apporté leurs suffrages préféreront s’abstenir au mieux ou voter Le Pen, si le même duel se représente.  Et l’électorat  « conservateur » qui l’a partiellement  rallié n’aurait pas d’état d’âme à le quitter si d’aventure un candidat de la droite classique perçait avec suffisamment de crédit. Ce qui ne manquera pas d’arriver. Aussi l’analyse macronienne qui campe sur le théorème de la Vème République : « la rencontre d’un peuple avec son chef » qui plait tant aux conservateurs, se révèle très risquée et seul le narcissisme exacerbé de l’intéressé peut le convaincre d’aller à la bataille en se réclamant de son seul camp, en croyant que se créera de nouveau entre les deux tours un élan autour de son nom. Il ne voit pas l’élection présidentielle comme le résultat d’une bataille d’appareils et il croit davantage à son magnétisme personnel. Certains veulent se rassurer en observant sa cote de popularité, qui leur parait actuellement plutôt satisfaisante. Mais on sait ce qu’il en est à un an de l’échéance : les cotes sont fluctuantes, surtout avec les Français. Et surtout, il ne se méfie pas assez de Bayrou qui pourrait bien le trahir s’il ne met pas en place la proportionnelle.  

Cinq années de crise.

C’est ce que les Français risquent de retenir du mandat de Macron. Certes, c’est le mandat le plus difficile qu’un président ait dû accomplir, et de fait, son bilan en termes de réformes est plutôt maigre. Beaucoup n’ont pas été menées à terme et ne parlons pas de celles qui n’ont même pas  été  amorcées, comme la réduction du nombre des fonctionnaires. Mais  nombre de ses revers sont dus à une communication exécrable, à des choix malheureux, à l’ignorance de son prochain qui existe chez cet intellectuel déconnecté de la vraie vie depuis trop longtemps et qui ne connait rien du terrain, n’ayant jamais été élu de proximité. L’affaire Benalla, la crise des « gilets jaunes » sont des  purs produits du macronisme. Quant à la pandémie du Covid 19, s’il n’est pour rien dans son expansion en France, la gestion verticale des réponses qui en a été faite avec tous les mensonges et les échecs,  des masques aux vaccins,  lui incombent en grande partie. Il n’est pas difficile de penser qu’un Sarkozy aurait fait mieux que lui.

Au moment des comptes, il  laissera une France enfoncée dans une dette effroyable, qui n’aura su régler aucun de ses problèmes, qui aura fait la démonstration de l’impuissance de sa technocratie sur laquelle il n’a cessé de s’appuyer. Une France rongée par les violences récurrentes du communautarisme instrumentalisé par l’islamo-gauchisme et sapée par les théories progressistes. Si de nombreuses candidatures inspireront du scepticisme, seront affaiblies par des propositions sans crédibilité ou par l’incompétence, un candidat de la droite et du centre, de bonne facture, prêt à défendre avec conviction l’identité de notre pays, fondée sur la science et l’universalisme, aura toutes ses chances. En attendant, 69% des Français pensent que Macron ne sera pas réélu s'il se  représente.

 


L’HYPOTHESE BARNIER

Barnier

 

Pendant quatre ans, Michel Barnier a mené les négociations du Brexit, au nom des 27. Le Brexit, il l’a abordé comme une catastrophe non naturelle, une situation très grave pour l’Union qui posait si on y prenait garde une question existentielle  pour elle.  Ce que Nigel  Farage, apôtre de la  sécession, caricaturait  en répondant  à Barnier à la fin d’un entretien, sur la  manière dont il envisageait la relation post-Brexit de  son pays avec l’Europe : « l’UE n’existera  plus ! »  Le divorce, c’était donc aussi la volonté de certains de détruire l’Union européenne.

The right man at the right place.

Quatre ans et demi plus tard, le divorce est prononcé, et l’Union européenne en est sortie confortée. Si la mission est accomplie, c’est bien grâce au négociateur en chef et à  son inlassable volonté de cohésion des 27 face au trublion anglais. En choisissant Michel  Barnier, Jean-Claude Juncker avait fait le bon choix : il savait qu’avec le Français, il incommodait les Anglais  et  confiait la tâche à un politique chevronné, patient, fin négociateur et surtout connaisseur en profondeur des rouages de l’Union et du dossier.  Et, de fait, il a fallu la patience du « montagnard en route vers le sommet », déployant une stratégie méticuleuse, pour  affronter les rodomontades et la gestion cahotique des britanniques, leurs chantages, et sans que jamais ils aient pu percer le front uni mis en place. Grâce à une évidence : très vite il est apparu très clairement que le marché unique était le bien le plus précieux et qu’en sortir provoquait nécessairement des différences. Londres ne pouvait espérer avoir le beurre et l’argent du beurre.

Il n’y a pas de bon accord.

Michel Barnier, le reconnait lui-même, si son but était de préserver au mieux les intérêts de l’Union, et si on a eu raison de se réjouir d’un accord  in extremis entre Britanniques et Européens, qui a évité le chaos d’un « No deal », c’est inévitablement un accord « perdant-perdant » pour les deux parties qui ne permet pas l’autosatisfaction . Avec le temps, le  coût économique ira grandissant pour un Royaume-Uni, de moins en moins uni, et l’Europe s’est affaiblie en perdant  l’un de ses pays les plus importants par son économie et sa population. Son économie représente en effet 20% de celle de l’Union. En 2019, 46% des exportations de marchandises britanniques étaient pour le continent, alors que la part des exportations de l’Union vers le Royaume-Uni ne constituait que 15% du total. Il n’en reste pas moins que dans le monde actuel, l’Union et les  Britanniques sont plus que jamais dans le même camp. Il appartient à ces derniers de faire la démonstration qu’ils demeurent des Européens. S’ils choisissent de s’enfermer dans un splendide isolement chauvin et sourcilleux, il sera facile aux 27 qui ont montré leur cohésion de se passer d’eux. Grâce à Barnier, on a évité le pire.

Là où il y a une volonté, il y a un chemin...

L’aboutissement des négociations a rendu Michel Barnier disponible.  Et  à 70 ans, qu’il  porte bien, il semble déterminé à ouvrir une nouvelle page de son engagement politique, lui qui est resté fidèle à sa famille politique. Il n’a  pas  caché qu’il souhaitait jouer un rôle « utile » en s’investissant sur la scène nationale, ce que d’aucuns ont interprété comme un premier pas vers une ambition présidentielle. Et pourquoi pas ? Son image  de négociateur européen hors pair est peu abîmée par la politique nationale, il a un style rassurant, il peut plaire à cette France périphérique dont il est un des représentants par les nombreux mandats exercés en Savoie. Et il a une expérience solide de l’exercice des responsabilités, de l’élu départemental aux portefeuilles ministériels, de l’élu européen aux fonctions de commissaire, à quoi s’ajoute une stature d’homme d’Etat ayant croisé tous les  grands de ce  monde… Et quand on a réussi a fédérer 27 pays européens pendant quatre ans et demi, on doit pouvoir trouver les  moyens de fédérer les Français sur un projet national… et européen. Car le « plus » indéniable de  Michel Barnier  est d’ajouter à sa foi patriotique, une conviction européenne, car pour lui les deux engagements vont ensemble. Il lui reste  à convaincre sa famille, les sympathisants de la droite et du centre et plus largement les Français qui croient encore dans les chances de notre pays. On sait le personnage habile à fédérer les énergies, et l’équipe du Brexit qu’il a animée en est une preuve tangible. Il lui faudra un projet  sur lequel asseoir son ambition : son attachement au gaullisme lui procurera les fondements et les travaux du parti et de ses multiples filiales un bouquet de propositions dans lesquelles il suffit de puiser. La  partie ne sera pas facile, d’autant plus que Macron arrivera à la Présidence de l’Union au 1er janvier  2022. Déjà, autour du personnage, une activité discrète et collective anime son appartement parisien. Le Savoyard a entamé une tournée avec Gérard Larcher, Président du Sénat, a  partagé un petit déjeuner avec  Christian Jacob, s’est entetenu avec Damien Abad…  Et même une association aurait vu le jour sur  les bases du club Nouvelle République que Barnier avait créé en 2003.  Il compte sur la stratégie du consensus, fidèle à une démarche qui ne lui a pas trop mal réussi jusqu’à maintenant. Il a la pointure et la stature,  les compétences et, semble-t-il, l’envie.  Dans le chemin qu’il entreprend, il sait que la patience, l’effort, la détermination sont des vertus indispensables. Dans ses vœux formulés sur Twitter, on trouve cette citation, comme un aveu : « là où il y a une volonté, il y a un chemin ! ».  

Voilà de quoi remplir le « vide » à droite, non ?

 


ET MAINTENANT, L’ACTE II !

Macron président

 

Cette élection présidentielle laissera à des  millions de Français le sentiment amer d’un rendez-vous manqué. La campagne électorale s’est achevée par un débat lamentable,  mais a-t-elle vraiment eu lieu ?  L’élection d’Emmanuel Macron présente tous  les stigmates d’une élection par défaut, elle ne résout rien. D’abord parce qu’il n’a pas été  possible de sanctionner le bilan du quinquennat Hollande, ensuite  parce que la liste est longue des sujets jamais débattus quand huit candidats « hors système » qui ont frôlé au 1er tour les  50% des suffrages exprimés les escamotent. Or, la campagne présidentielle aurait dû être l’occasion de discuter des problèmes cruciaux auxquels notre pays est confronté et des solutions que nous sommes capables collectivement d’y apporter. Elle s’est conclue par l’affrontement surréaliste entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Toutes les conditions pour un choix par défaut !

Les  séductions contradictoires d’Emmanuel Macron.

Le nouveau Président a remporté une élection en évitant de présenter un projet,  à quoi il  s’est résolu un mois seulement avant le vote,  préférant se réfugier dans une stratégie marketing qui lui permettait d’affirmer tout et son contraire à toutes les clientèles possibles au lieu de se soumettre à l’exigence démocratique de clarté et de transparence. La stratégie du « en même temps » qui a scandé sa campagne lui permet de remporter une victoire étonnante, incontestable de légitimité  démocratique.  Elle risque néanmoins de déboucher sur la colère et la frustration que ses séductions contradictoires ne manqueront pas de susciter quand elles seront confrontées à l’épreuve de la réalité. Ayant réuni 24% du corps électoral du 1er tour, les sondages  pour les  législatives confirment  cette assise étroite : malgré les  apparences que le vote par élimination a  imposées, il n’y a qu’un quart des  Français qui soutiennent sa démarche. La  recomposition tant vantée ne serait-elle qu’une illusion d’optique et le fruit d’un concours de circonstances ?

La fin de Mélenchon.

Il sait que c’est fini pour lui, et il enrage. Il voulait sa revanche sur Le Pen, il  a failli l’avoir mais le sort en a décidé autrement. Son attitude pour le second tour,  en refusant de se prononcer clairement, relève d’une paranoïa autodestructrice puisque le rêve du « grand soir »  s’évanouit.  L’article de Ruffin dans le Monde de  jeudi dernier parle pour lui  en une sorte de testament.  Candidat de la France insoumise à la députation, le cinéaste publie une lettre ouverte « à un futur président déjà haï ». Ce texte, féroce, mime Marine Le Pen : « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï (…) Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. A bon entendeur ». Il représente bel et bien le miroir d’un Jean-Luc Mélenchon qui a constamment refusé de choisir la démocratie contre l’extrême droite, qui n’en finit pas de nourrir contre le résultat du premier tour une aversion très suspecte quant à son respect du suffrage universel : voyait-il dans un éventuel triomphe du Front national un mal plus supportable que la victoire d’Emmanuel Macron ? La prolongation de la  France insoumise aux législatives ne pourra qu’accroître la peine (sans jeu de mot).

La Marine s’est noyée toute seule.

Pour le final de cette campagne, le Front National est apparu pour ce qu’il est, une formidable machine à empêcher le redressement de la France.  Marine Le Pen avait  fait élire Hollande en 2012,  elle vient de rééditer son exploit en faisant élire son dauphin, entouré des mêmes conseillers et soutenu essentiellement par  une majorité de gauche. Ce parti ne sera jamais qu’une impasse pour les électeurs qui votent pour lui,  les condamnant au désespoir politique. Son score d’hier,  beaucoup plus défavorable que prévu, est la résultante à la fois d’un programme qui aurait fait de notre pays la risée du monde s’il avait été en passe d’être appliqué et d’une prestation télévisée débilitante la disqualifiant pour longtemps dans l’esprit d’une large partie des Français. Les règlements de comptes dans son parti ne vont pas tarder à commencer et personne à droite et au centre ne se plaindra s’il en sort affaibli. Elle aussi veut continuer le combat… A  la différence d’elle et de Mélenchon, Fillon a au moins eu la décence de jeter l’éponge.  Mais c’est un vrai démocrate.

Macron pourrait être un bon président.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron  servira à quelque chose si c’est avec l’union de la droite et du centre qu’il gouverne. Parce qu’il n’y a pas de salut pour la France sans la réforme. Or, ce qui ressort de cet épisode présidentiel, c’est l’énorme aversion pour toute réforme d’une bonne fraction de la population, la moitié du corps électoral, imprégnée du discours populiste. L’élection d’Emmanuel Macron ne résout pas ce mal profond qui ronge notre société, car son projet ne remet pas en cause l’Etat omnipotent, pourtant en faillite latente, et il ne pourra guère compter pour appliquer son programme, sur un soutien solide et cohérent de la gauche qui l’a aidée à gagner. Plus de 60% des Français ne souhaitent pas qu’il ait une majorité absolue à l’Assemblée nationale, cela  en dit long sur le malentendu. Il va falloir compter avec cette partie du peuple tentée de recourir à la force, mais aussi avec l’électorat de la droite et du centre qui attend encore l’alternance. Or,  c’est avec  la droite et le centre que le nouveau Président pourra trouver, dans une cohabitation imposée par le vote et non par les « arrangements »,  les  moyens de  mettre en œuvre  tous ses projets,  avec une majorité cohérente et stable, qui ne le contraindra pas à négocier en permanence tantôt avec une aile droite, tantôt avec une aile gauche.  La France doit panser ses plaies, redonner de l’espoir à tous ceux qui sont restés au bord du chemin et qui ont été tentés par les « extrêmes ». Elle ne peut pas passer encore cinq années en atermoiements calamiteux. Le seul  moyen d’échapper à l’immobilisme qui conduirait à une victoire populiste dans cinq ans, c’est d’élire une majorité LR-UDI à l’assemblée nationale afin de placer François Baroin à Matignon. Elle y parviendra si elle crée les conditions de l’union nationale qui pourrait sortir le pays de l’ornière. On éviterait ainsi l’instabilité promise par un rassemblement hétéroclite et on fera prévaloir le principe d’alternance qui est la respiration d’une démocratie « normale ».

 

 


ELECTEURS STRATEGES …

Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

Un second  tour sans candidat c’est toujours compliqué. Car si je suis embarrassé  pour dimanche, je sais clairement où je me situerai lundi matin, quelle  que soit l’option choisie : dans l’opposition  à celui (ou celle) qui sera élu. En attendant, et dans cette perspective, je réfléchis au comportement  qui soit le plus utile. Il faut que mon vote soit un acte politique qui serve la cause que  je défends.  Lequel des deux candidats, sinon les deux, faut-il affaiblir le plus et par quel moyen ? Il y a bien sûr les professeurs de « conduite politique »  qui savent dicter le bon choix avec leurs certitudes,…  ou leurs intérêts.  Tout le monde se croit tenu d’afficher  le sien, mais pareille exhibition n’a pas de pouvoir magique. « La France est plus grande que nos divergences », nous dit l’édile local à propos de Macron, certes, mais à voir. Je lui répondrai la semaine prochaine, parce que ça mérite débats et éclaircissements.

L’insuffisance et la vulgarité.

Les Français ne sont pas les Américains.  La grande différence, c’est  qu’à une élection présidentielle on vote chez nous à 80%, contre un sur deux outre-Atlantique. Même nos concitoyens les plus démunis ont une culture politique et sont capables de discernement. En voulant « casser les codes », Marine Le Pen s’est fourvoyée, elle s’est trompée de pays. Le débat de jeudi dernier a été éclairant et devrait la disqualifier, tant son incompétence et son comportement se sont montrés incompatibles avec  la fonction qu’elle brigue. Nous sortons d’un quinquennat avec un Président qui nous a fait honte presque chaque jour, on ne va pas descendre encore plus bas ! Pour autant, le naufrage de la candidate du FN ne guérit pas la France du populisme, même si la nullité de ses remèdes sont apparus au grand jour. Il reste  le profond malaise démocratique  où il plonge ses racines et puise ses ressources  électorales.  Sortir de l’Europe et de l’euro, fermer les frontières, se replier sur l’hexagone,  le tout exposé dans la confusion, ce serait la catastrophe économique assurée.  Comment peut-elle avoir untel déni de la situation réelle du pays, dont  les entreprises sont imbriquées dans le tissu serré des accords et des échanges intra européens depuis plus d’un demi-siècle ? Et puis donner les clefs de la République à des gens dont l’attachement aux règles démocratiques est douteux, l’histoire nous a enseignés qu’il ne fallait jamais prendre un tel risque. Attention, je ne mets pas dans le même sac les millions d’électeurs qui expriment leur souffrance d’être délaissés, incompris ou pas écoutés. Donc pas de paranoïa pour autant. Marine Le Pen a tout de même très peu de chance de briser, encore cette fois-ci, le « plafond de verre ».

L’inexpérience et l’incertitude.

Emmanuel Macron n’est pas non plus le sauveur incontesté. 60% de ses électeurs du second tour déclarent voter pour lui par défaut.  Il y a de quoi ! Les points d’interrogation à  son sujet sont nombreux : expérience politique courte et récente, le renouvellement qu’il appelle de ses vœux se construit sur de vieilles figures racornies et semble prolonger la présidence sortante, ses soutiens hétéroclites (le mot est faible) ne gagent pas d’une stabilité et peuvent même paralyser son action, certaine fêlure psychologique apparue pendant la campagne…  Autant de questions qui altèrent la force dont il aura besoin en arrivant à la tête d’un pays au bord  de la crise de nerf après une campagne électorale frustrante à bien des égards, avec une population fracturée… De quoi sera fait demain ? Voilà  la question que de nombreux Français se posent à son sujet. L’inquiétude ne concerne pas vraiment le résultat de dimanche, mais la suite. La liste des risques est longue pour lesquels ils ne disposent souvent que de réponses floues ou fluctuantes. Le contexte international fait de multiples tensions ajoute au doute. Bref, alors que déjà le troisième tour s’annonce  dans les partis, ce quinquennat qui commence devra  affronter un pays particulièrement difficile à gouverner. Sera-t-il à la hauteur ?  S’ajoute à l’équation, la  nécessité de le réussir si on ne veut pas que la prochaine soit la bonne pour le FN.

Résultat des courses.

Est-ce parce que ce cas de figure se présente à moi pour la première fois  ou parce que les deux candidats présentent des failles, que c’est si difficile ? Les deux probablement. Trois options s’offrent  à mon choix de citoyen, puisqu’il n’est en aucune façon question de déserter les urnes : Le  Pen, vote  blanc, Macron. Il  faut affaiblir Le Pen, ça c’est certain. Plus son score sera faible, plus  la droite aura de chances d’élire des députés aux législatives qui suivent,  ce serait notre intérêt bien compris. Le vote blanc, même s’il n’est pas compté dans les suffrages exprimés, est un mode d’expression  reconnu  qui manifeste une forme de choix. Un grand nombre de votes blancs ajoutés aux abstentions est la marque d’une défiance qui n’est pas sans intérêt. Il comporte un risque : il fait baisser le niveau à atteindre en nombre de voix pour la barre des 50%. Trop de votes blancs sont la seule issue pour l’extrême-droite de l’emporter. Voter Macron est probablement ce qui serait le plus prudent,  sachant que ça ne sera en aucune manière une adhésion à son projet. Si l’intéressé le pensait, il en aurait la déconvenue très rapidement. Mais en même temps, je n’ai pas envie qu’il fasse un score trop élevé au point qu’il déclenche une vague électorale en sa faveur.  Déjà,  des sondages fleurissent qui annoncent des nombres de sièges alors que ses candidats ne sont pas désignés, ni en campagne… J’hésite encore. Jusqu’au dernier moment je vais consulter les augures et manier la calculette !  A tous ceux qui sont comme moi,  je souhaite bon courage dimanche !

 


LES CHOIX DE L’IMPUISSANCE

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Bon, je n’ai pas eu envie de regarder le débat, j’ai cédé à la « tentation de Venise » sur la 5. Mais ma femme, elle, l’a suivi. Elle m’a raconté, et le peu que j’ai vu avec les « meilleurs moments » qui passent en boucle, j’ai pu me faire une idée. Donc, après une campagne nauséabonde, voilà un débat honteux. On ne peut pas s’en réjouir. Il a été long, brutal, tendu. Emmanuel Macron a plutôt tenu le choc et s'en est à peu près tiré. Incapable de sortir de ses obsessions, Marine Le Pen a fait preuve d'une grande incompétence et d'un manque de travail de fond sur tous les dossiers économiques. Et c’est bien ça le problème !

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Marine Le Pen abat ses arguments vénéneux, collationnés dans ses nombreuses fiches, en fabriquant chacun de ses sourires, chacune de ses poses, chacune de ses idées, chacune de ses attaques. L’amoncellement d’insultes qu’elle a déversé sur son adversaire, mensonges, propos diffamatoires et fausses nouvelles étroitement mêlés, n’aura convaincu que ceux qui ne demandaient qu’à l’être. Inutile de chercher bien loin : du spectacle avant tout inspiré de Donald Trump. Visiblement, elle sait qu’elle a perdu : il ne s’agissait plus de convaincre, il s’agissait de faire de son rival un monstre par un jeu théâtral au sourire mécanique, au regard impitoyable, bardé de propos de vaudeville, activant les techniques fondées sur l’intimidation et l’avilissement de l’opposant. Marine Le Pen a donné d’elle-même une image à la fois effrayante et déplorable qui en dit long sur ce qu’elle nous réserverait si elle était élue. Sur le fond, pour elle, la souveraineté recouvrée, c’est simple comme le retour au franc : une baguette à 1€ vaudra 1 F ! Par quelle magie ? Elle a la certitude qu’avec une « monnaie commune européenne » (retour à l’ECU), nouvelle panacée frontiste avec le protectionnisme, le chômage de masse et les délocalisations ne seront plus qu’un souvenir. C’est bien l’aggravation de ces maux qui se produira ! Mais sur la dette et les déficits : rien ! Pourtant, si notre souveraineté n’a cessé de s’effilocher en même temps que notre richesse, ce n’est pas à cause de l’euro, mais bien à cause de nos dénis nationaux. On retrouve avec elle le refus de réformer masqué par un report cynique de la facture sur les générations futures ;  l’absence de vision réduit l’action politique à un « toujours plus » mortifère pour la compétitivité et l’attractivité ;  le manque de courage et de responsabilité est masqué par la diatribe accusant de tous les maux l’Europe, l’immigration ou la mondialisation, sans jamais s’interroger sur les turpitudes de notre « modèle social» qu’elle propose d’aggraver avec son projet démagogique. La France détient les records européens des dépenses publiques et du taux de prélèvements obligatoires, le record mondial des transferts sociaux. Alors, continuons gaiement ! Nos non-choix ont créé un monstre : la dette, symbole emblématique d’une nation en déclin, en perte d’influence et soumise aux contraintes extérieures. Ce contexte ne l’empêche pas d’aligner des dizaines de milliards d’euros de promesses non financées. Sous le retour du franc pointe le choix de l’impuissance « puissance dix » !

L’impuissance tout court.

Entraîné malgré lui dans une bataille grotesque et vulgaire, Emmanuel Macron a réussi à garder son calme et à démonter quelques-unes des accusations lancées contre lui. Mais pas celles qui voulaient démontrer qu’il n’est qu’un héritier du président sortant et de son quinquennat. Face  à  une adversaire qui tape sans reprendre son souffle, sautillant d’un sujet à l’autre, il tente de dérouler son projet malgré la  confusion et le harcèlement. Il passera  surtout son temps à récuser  les accusations qui se multiplient. L’agacement se  lit dans les mimiques, le regard,  les  « Mme Le Pen » en série… on n’avance guère.  On a  du mal à discerner la capacité à diriger le pays : s’il a renforcé son image présidentielle c’est parce que son adversaire en jupons a oublié d’en faire son objectif du débat, tout accaparée qu’elle est à détruire son concurrent. La volonté de changer les choses transparait trop peu, ce qui correspond à son projet mollasson qui veut ménager la chèvre et le chou. Lui aussi escamote la dette et les déficits. Etre déterminé ne suffit pas. Aura-t-il l’élan nécessaire après le 7  mai, s’il est élu, pour ensuite remporter les législatives ? Rien n’est moins certain. Comme le dit un ancien collègue ministre : « il a le tort de croire qu’il est un moment isolé de l’histoire politique, sociale, culturelle ;  de penser qu’il n’y a rien eu avant lui et qu’il n’y aura rien après ».  Un monument de vanité ! Comme pour 60% des Français, il est le candidat le plus proche de mes valeurs,  surtout après la démonstration de son opposante, mais je reste sur ma faim. Je suis pour le progrès mais je ne suis pas « progressiste »  qui est l’autre nom du « socialisme ». Seule certitude, c'est un homme neuf et jeune, atouts aussi considérables qu'irréfléchis par les temps qui courent, qui confond encore arrogance et autorité.  J’ai passé l’âge d’avoir la  passion du nouveau pour le nouveau, du produit parce que c’est la mode.  D’ailleurs la cohorte de vieux rabougris qui le soutiennent jette un doute sur la réalité de cette nouveauté. En résumé, l’impuissance des cinq dernières années l’accompagne de son ombre tutélaire. Macron, c’est l’impuissance qui continue !

Deux formes d’impuissance ne font pas de la  France une puissance européenne. Ce deuxième tour est bien un choix « par défaut » !

 


LA MONNAIE POUR LES NULS

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Marine Le Pen a affirmé qu’on paierait notre baguette de pain en nouveaux Francs très rapidement, réitérant sa volonté de revenir à la monnaie nationale. J’ai entendu Florian Philipot disserter sur la dévaluation qui l’accompagnerait, autour de 20%, en comparaison avec la Livre après le Brexit.  Là-dessus est intervenu un accord  avec Nicolas Dupont Aignan dans les clauses duquel la candidate FN renoncerait à sortir de l’Euro…  tout en sortant de l’Europe. Difficile d’y comprendre quelque chose.  Toujours est-il qu’il faut savoir exactement à quoi on s’expose.

Et d’abord comment se fait la valeur d’une monnaie ?

Jusqu'au 15 août 1971 et l'annonce de la fin de la convertibilité du dollar en or par le Président américain Richard Nixon, l'or était au centre du système monétaire international. Chaque monnaie avait donc une définition de sa valeur en poids d’or fin.  C’était le système dit de Bretton Woods. Depuis, nos devises-papier (dollars, euros, yen) ne sont plus convertibles en or et leur valeur dépend uniquement de la confiance que nous leurs accordons. Si nous perdons confiance dans nos devises, elles retournent à leur valeur intrinsèque, la valeur du papier sur lequel sont imprimés nos billets. Comme disait Voltaire en 1729 : « Toutes les monnaies de papier retournent à leur valeur intrinsèque – ZÉRO. » Les billets ne représentent qu'une petite fraction de la monnaie en circulation. La quasi-totalité est en fait de la monnaie scripturale, les dépôts bancaires, des lignes de compte dans des systèmes informatiques. Notre monnaie est dématérialisée et n'a aucune valeur intrinsèque. Ainsi, le dollar américain, monnaie de réserve internationale, a déjà perdu 99% de son pouvoir d'achat par rapport à l'or. La valeur de la plupart des grandes monnaies (les plus utilisées pour le commerce et la finance) - comme le dollar américain, l’euro, le yen japonais ou la livre sterling - dépend du prix du marché. Le cours de l’euro en dollar, du dollar en euro, de l’euro en yen, du yen en dollar, etc. varie en permanence, au gré des transactions réalisées par les opérateurs dans les salles de marchés (des banques ou des bourses). La valeur d’une monnaie repose donc sur la confiance que l’on accorde à un pays, sur l’importance de sa richesse, sa stabilité, sa croissance économique et sa puissance stratégique. Pour nous, ce n’est pas la France, mais la zone euro qui est prise en compte. Si un pays a, par exemple, de forts déficits commerciaux (flux de marchandises) et/ou de sa balance des paiements (flux de capitaux), cela pèse sur la valeur de sa monnaie, qui, normalement, se déprécie. Enfin, les banques centrales (Banque centrale européenne, Réserve fédérale américaine, Banque du Japon…) - qui émettent les monnaies et fixent le niveau des taux d’intérêt à court terme - peuvent influencer le marché, par exemple lorsqu’elles trouvent que la spéculation va trop loin à la hausse ou à la baisse. Les appréciations publiques émises par les responsables des banques centrales sont prises très au sérieux par les investisseurs, car elles peuvent annoncer une inflexion - à la hausse ou à la baisse - du loyer de l’argent.

Quel  rapport entre l’euro et le Franc ?

La valeur de l’Euro est un taux de conversion et non un taux de change comme avec les autres valeurs monétaires mondiales. La valeur de ce taux de conversion a été fixée avec un système de pondération en fonction de l’importance économique des pays membres de l’Union Economique et Monétaire (UEM) multiplié par le taux de change international des différentes monnaies des pays concernés au 1er janvier 1999. Le cours du dollar a joué un rôle essentiel pour évaluer la pondération des cours nationaux. De cette manière, les organismes financiers internationaux ont donc réussi à convertir de manière équitable les valeurs monétaires nationales pour les 11 pays concernés avec les valeurs suivantes : Allemagne = 1,95583 DEM, Autriche = 13,7603 ATS, Belgique = 40,3399 BEF, Espagne = 166,386 ESP, France = 6,55957 FRF, Italie = 1936,27 ITL, etc… Si le taux de conversion de l’Euro ne peut varier à l’intérieur des pays de l’UEM, cette monnaie s’échange depuis le 1er janvier 1999 avec les autres monnaies internationales. La valeur de la monnaie qui circule en France actuellement tient compte non pas de la situation économique réelle du pays,  mais de celle de l’Euroland,  ce qui constitue une sorte de bouclier, car,  compte tenu que nous sommes à  la traine de l’Europe pour nos déficits et l’énormité de notre  dette,  avec  un commerce extérieur largement déficitaire, il y a belle lurette que nous aurions connu plusieurs dévaluations. En fait, nous sommes à l’abri de la prospérité allemande, pour faire court. Sortir de l’euro,  c’est prendre le risque d’une chute brutale de la confiance qui fait aujourd’hui la stabilité de notre monnaie. 1F  = 1€,  c’est tout simplement un énorme mensonge, car c’est impossible à réaliser.

Pourtant la  banque de France a des réserves d’or !

La France détient la 4ème réserve mondiale d’or : plus de la moitié du bas de laine national, près de 100 milliards d’euros, est constitué d’or pur. Le stock d’or présent dans les coffres de la Banque de France n’a pas beaucoup varié et se situe toujours aux alentours de 2 435 tonnes, constituant ainsi la  4ème réserve de métal jaune au monde après celles des États‑Unis, de l’Allemagne et de l’Italie. L'or est une valeur refuge, comme réserve de valeur, il contribue à garantir la crédibilité monétaire. C'est surtout, aujourd’hui, un actif de diversification qui permet de réduire l'exposition au risque de change du dollar, car une part importante des réserves françaises est en dollars. Néanmoins, en cas de faillite « systémique »  ces quelques 100 milliards d’euros ne pèseraient pas grand-chose face à nos 2 200 milliards d’euros de dette. La mondialisation et la déréglementation du secteur bancaire, autorisant des instruments financiers tels que les produits dérivés, ont créé un système tellement complexe et interconnecté que la perte de confiance dans le système monétaire pourrait entraîner un effondrement économique généralisé. En 2008  nous avons assisté au début de cette mécanique, et les banquiers centraux ont préféré « sauver » le système en injectant des milliers de milliards de nouvelles liquidités dans l'économie, créant encore plus de dette. Ils n'ont fait que déplacer le problème un peu plus loin. Et le risque est aujourd'hui encore plus important. On imagine ce qui se passerait si la sortie du Franc entraînait l’effondrement de l’euro …  Ce n’est  pas seulement la France qui plongerait dans une effroyable crise.

Historiquement, toutes les expériences de monnaies-papier, sans exception, se sont terminées par le même résultat, la perte totale de leur pouvoir d'achat. Marine Le Pen nous y précipiterait à coup sûr, plus vite que prévu !

 


POUR QUE L’UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE AIT LE DERNIER MOT

Gaulois 2ème tour

 

Cet entre-deux tours est intéressant tant il révèle de traits du caractère des deux protagonistes qui prétendent prendre  la tête de notre pays. Le choix par défaut est déjà difficile, leur comportement ne simplifie pas la tâche. Voter Le Pen, Macron, s’abstenir ?  Quand on regarde la répartition que Opinionway observe chez les électeurs de François Fillon : 43%  Macron, 28%  abstention, 29% Le Pen, on mesure combien tous les goûts sont dans la nature. Les  prises de positions des ténors du parti en reflètent parfaitement le kaléidoscope. Inutile donc de jeter la  pierre aux uns ou aux autres. D’ailleurs la position officielle du parti Les Républicains est on ne peut plus claire à défaut d’être explicite : « ni abstention, ni Le Pen ». Ensuite chacun fait selon sa conscience et ce qui lui parait le mieux dans cette étrange situation, que l’on doit, ne l’oublions pas, à une supercherie –Macron serait l’alternance- et à une machination pour éliminer l’union de  la droite et du centre. Je continue de penser que  la « recomposition » macronienne dont on nous rebat les oreilles depuis le 23 avril ne tient pas  la route et est superficielle. L’Union de  la droite  et du centre peut encore avoir le dernier mot  en imposant l’alternance aux législatives.

Quand Marine tente de cacher Le Pen.

Avec Marine, les coups « populistes » n’ont pas de limite, on l’a vu avec l’opération « Whirlpool » où elle a  passé dix minutes au milieu des ouvriers à faire des selfies et à leur dire « je suis avec vous » puis est repartie sans proposer aucune solution. Qu’importe, les images ont fait le tour des médias. Moins réussie  a été la sortie en mer, où elle s’est ridiculisée à force de vouloir faire « petit peuple ». Il n’empêche, il  parait qu’elle fait une bonne campagne. Néanmoins, son appel direct aux électeurs de Mélenchon en dit long : même programme, même combat, ça peut  donc marcher. Et comme le Méluche n’a pas donné de consignes à ses « insoumis » -logique, non ?-, elle pense y trouver un vivier et récupérer des suffrages pour compenser le barrage qu’on lui oppose par ailleurs. Au passage, on remarquera la similitude de comportement entre Mélenchon et l’extrême gauche allemande qui avait refusé de choisir entre Hitler et les sociaux-démocrates. Dernier coup, le ralliement de  Dupont Aignan.  On comprend mieux son attitude, à celui-là, il roulait pour Marine ! Elle voulait pêcher du gros, elle n’a au bout de sa ligne que du menu fretin : pensez donc,  le DPA a fait 1 700 00 voix dont seulement 37% voteront Le Pen. Il ne sera probablement pas premier ministre et il vient de tuer son maigre parti qui part en brioche après son « accord de gouvernement » avec l’extrême-droite. Au moins, au passage, a-t-il obtenu que MLP  renonce à sa sortie de l’euro, à laquelle les Français sont très majoritairement hostile, encore que le discours sur ce sujet restât étonnamment confus  et que le reste du programme y conduise inéluctablement. Donc pas rassurant pour autant. Surtout, n’oublions jamais, que derrière Marine, il y a toujours une Le Pen qui guette sa proie avec les mêmes idées : la  création d’un « ordre des journalistes » devrait rappeler des souvenirs de mise au pas… Quant à son « Etat-stratège »  c’est la version polie de l’Etat fasciste qui contrôle tout.     

Quand sous le matamore perce l’apprenti Erdogan.

Emmanuel Macron clôt une semaine en demi-teinte par une longue interview au journal « Le Figaro ». Défié sur le terrain chez Whirlpool, il s’en est finalement à peu près sorti grâce à sa capacité de baratin phénoménale.  On retiendra surtout son égocentrisme exacerbé qui s’est exprimé à deux reprises dans son discours du soir du 1er tour et dans celui de Lille : cet homme à un problème d’affirmation du moi qui confond autorité et hurlements hystériques. Ce petit monsieur serait-il un apprenti Erdogan ?  Il croit être le Messie et avoir, avec 24% des suffrages, réalisé la « recomposition » du paysage politique, alors qu’il a principalement profité d’une situation inédite, à savoir la faillite d’un quinquennat et le retrait du sortant, couplée à un coup d’état institutionnel visant Fillon. Ce qu’il décrit dans le Figaro est explicite : il compte sur le débauchage pour réaliser sa  majorité présidentielle et sur l’effet de souffle de son élection. Un peu présomptueux quand on sait que 43% de ses électeurs du 1er tour ont voté pour lui « par défaut », principalement en raison des deux primaires à droite et à gauche qui ont désigné des candidats décalés par rapport au centre de gravité de leur parti.  Ces voix ne demanderont qu’à revenir vers leur préférence originelle si on leur en offre l’opportunité. Sa vraie base électorale se situe donc autour de 12-13% des exprimés, soit un peu plus de 5 millions de voix (sur 47 millions d’inscrits) : il lui reste beaucoup de chemin pour élargir. Ses multiples non-dits, la clique de technocrates qui l’entoure venue en droite ligne des officines de « conseils du gouvernement » -Pisani-Ferry en tête-, altèrent singulièrement son discours sur l’alternance et le changement. Comment fera-t-il 15 milliards d’économies supplémentaires sinon en augmentant le nombre des emplois publics « non remplacés », surtout s’il garde la même durée hebdomadaire du travail. Il ment beaucoup par omission. Enfin ses propos  sur François Baroin sont indécents. Il voudrait jeter les voix des républicains dans l’urne Le Pen qu’il ne s’y prendrait pas mieux. La recomposition qu’il propose est un marché de dupes, avec un cheval de gauche, une alouette de droite et quelques étourneaux du centre, et sans garantie de stabilité !

Quand viser la cohabitation sert l’intérêt des Français.

Merci à François Fillon pour son courage et sa ténacité. Il n’a certes pas démérité et je souhaite que la justice mette en évidence son innocence. L’Union LR-UDI tient bon, Eric Woerth s’est  mis au travail pour mettre au point la plate-forme législative à partir du programme présidentiel. Il s’agit de s’adresser davantage aux Français que de parler de la France, cette entité abstraite pour beaucoup de nos compatriotes. Passé le 2nd tour, il faudra se déployer à nouveau pour réussir à dégager une majorité de la droite et du centre et assurer la vraie alternance : celle qui relèvera le pays, le sortira de l’endettement, offrira à tous les Français et aux jeunes en particulier, un emploi,  rétablira l’autorité de l’Etat et restaurera son prestige international. Imposer la cohabitation, c’est répondre à l’intérêt des Français. Nous avons une génération politique de renouvellement avec François Baroin, Laurent Wauquiez,  Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Bruno Retailleau, … dont les talents valent bien le ramassis poussif qui s’est aggloméré à Emmanuel Macron. Il n’y a que l’union de la droite  et du centre qui puisse donner une majorité stable. Les projections que tentent les instituts de sondages à partir du vote du 23 avril sont nécessairement fausses parce que le vote du mois de juin se fera sur des bases complètement différentes. Plus le FN sera affaibli, plus l’union LR-UDI aura de chances, quant à la  gauche, elle sera profondément divisée entre les Macroniens, les PS et les « insoumis ».

De quoi voir la vie en … bleu !

 


L’EMOTION OU LA RAISON ?

Comment on demande

 

Le  choix par défaut

En éliminant François Fillon dès le premier tour, les Français ont tourné le dos à la raison. La logique du déni l’a emporté. Au premier tour on choisit, au second, on élimine. Cet adage bien connu s’applique pour une fois à l’électorat de la droite républicaine qui découvre que c’est bien compliqué à réaliser. Ne comptez pas sur moi pour vous donner un avis. Je sais ce que je vais faire, mais c’est un choix personnel. Certains suivront les consignes données dès le soir du 1er tour par François Fillon approuvé par un certain nombre de personnalités, d’autres, en colère contre les turpitudes assénées à  leur candidat, choisiront de se venger en suivant les indications d’autres leaders, ou décideront de camper sur l’Aventin en allant à la  pêche. Les arguments des uns et des autres ont leur logique, il est donc difficile de s’y retrouver. Alors, chacun n’en fera qu’à sa tête comme si l’élection n’engageait pas vraiment l’avenir du pays et la suite, le troisième tour, celui des législatives. La différence entre l’électeur de base et le ténor du parti, c’est l’analyse politique qui conduit ce dernier à la décision de raison qui permet d’envisager la suite. La politique n’est qu’une suite de rendez-vous qu’il faut gérer séparément les uns des autres et qui n’exclut pas le calcul. La vraie question, à laquelle Nicolas Sarkozy a certainement tenté de répondre, c’est : « Qu’est-ce qui est le  mieux si on veut avoir une chance de remporter les législatives qui suivent ? ». On connait la  suite. Mais l’important, quel que soit le choix de chacun, c’est de se retrouver ensemble pour l’élection suivante.

La soif d’alternance est toujours là

Le  vote sanction, qui participe de la tradition de toute élection, pour une fois n’a pas pu s’exprimer du fait du renoncement de Hollande  à se représenter. Les électeurs qui voulaient avant tout rejeter le bilan du quinquennat n’ont pas pu le faire. D’autant  plus que les candidats qui auraient pu le porter s’en sont habilement défaussés, Macron parce qu’il a quitté  le gouvernement avant la fin du mandat, Hamon parce qu’il faisait partie des « frondeurs ». Cela explique que la campagne  n’a pas trouvé de vraie ligne directrice. Et contre toute attente, le  vote-sanction s’est retourné contre Fillon en raison des « affaires » qu’on lui a imputées et dont les médias se sont emparés. Le vote d’espoir qu’il  aurait pu représenter s’est alors décalé sur un autre candidat,  plus inattendu en raison de son programme  archaïque,  Jean-Luc Mélenchon. Mais ce que montrent les études  d’opinion, c’est que  les Français, quel que soit le candidat élu,  sont majoritaires  à penser que la situation du pays ne s’améliorera pas. Ils sont partagés entre la colère d’une partie du pays en faveur de Marine Le Pen, la déception de l’électorat de gauche qui a bénéficié à  Jean-Luc Mélenchon, et tous ceux qui étaient à la recherche d’un renouvellement qui a permis le succès d’Emmanuel Macron. Mais la soif d’alternance est toujours là. Aucun des candidats n’en était porteur,  excepté François Fillon. Elle est elle aussi « en souffrance ». L’offre du second tour ne permettra pas de l’assouvir.

Le paysage politique à quatre

Il y a aujourd’hui quatre France : celle des métropoles, plutôt aisée et assez jeune qui a voté Macron, celle des diplômés, des retraités et des catholiques s’est prononcée en faveur de Fillon, une troisième, celle des banlieues, populaire et jeune a  penché  pour Mélenchon, et enfin celle, populaire, des zones rurales et des petites villes qui a davantage profité  à Marine Le Pen. Ces quatre tendances ne s’agrègent pas pour former deux blocs clairement définis et le clivage auquel on assiste  pour le 2nd tour entre  mondialiste-européiste et national-patriotique est une caricature.  Cela laisse des opportunités de recomposition pour les législatives. Si le PS sort étrillé de son incapacité à se positionner, la droite républicaine et le centre n’a pas connu une défaite si humiliante qu’elle en soit désarçonnée. Au contraire, les circonstances consolideraient plutôt son électorat prêt à en découdre à la première occasion. Car, la  caractéristique du succès de  Macron c’est de reposer sur une ambiguïté et une mosaïque qui rendent très friables ses  positions : le gros de ses voix vient de chez Hollande (13  pts), auquel s’ajoutent celles de chez Bayrou (4 pts),  et de chez Sarkozy (5 pts), par rapport au vote de 2012. Entre peur de  Mélenchon et trouble sur le vote Fillon, Macron a bénéficié du vote utile pour 45% de ses électeurs. Enfin, le vote Le Pen est très en retrait des attentes et des résultats  pronostiqués il y a encore peu.  Des résultats en baisse même dans des fiefs comme Béziers (- 17%) ou Hénin-Beaumont (- 13%). Les  explications sont multiples à commencer  par la concurrence de Mélenchon qui a pu trouver à cette occasion une revanche sur 2012, avec la France insoumise. Son programme économique a dissuadé un grand nombre d’électeurs traditionnels de  la droite de franchir le Rubicon. C’est un affaiblissement que sa présence au 2nd tour ne comble pas complètement.  En effet, sa capacité  à faire élire un grand nombre de députés s’avère altérée et sa base électorale pour gagner  le 7  mai est beaucoup trop faible pour qu’elle ait une vraie chance.

Penser aux législatives n’est pas illégitime

Pour les Républicains, une victoire aux  législatives, dans ce contexte, devient, contrairement à  l’habitude, une perspective envisageable. On voit  bien que les  électeurs pourront avoir en juin des  motivations différentes. Par exemple, nombre d’entre eux qui ont été détournés de Fillon pour des raisons de  morale, n’auront aucune peine à revenir à leur candidat local, d’autant plus s’il est député sortant. D’ailleurs  c’est  bien  pour ça que Macron fait des pieds et des mains pour débaucher des ténors dans les rangs LR. Il sent bien où est  le  danger qui pourrait le priver d’une majorité à lui pour gouverner. Et en attendant, il est obligé de  différer ses investitures pour ménager  d’éventuels sortants PS « macrompatibles ». La supercherie sera alors évidente : il n'incarne pas une vraie alternance. Car dans les circonscriptions, ses candidats, pour la plupart inconnus, vont se retrouver confrontés à un sortant PS et un mélenchoniste le couteau entre les dents. A droite, les candidats LR, investis depuis longtemps sont déjà sur le terrain et devraient arriver devant le FN dans de nombreuses circonscriptions, surtout si Marine Le Pen a été battue. De ce point de vue, si Macron n’est pas la solution, la solution passe par  Macron.  CQFD. Une revanche de  la droite est  tout à fait possible !  On assistera alors au transfert du pouvoir politique du Président de la République au Parlement, processus déjà engagé par l’insignifiance de Hollande. La raison triomphera alors !

 


LE TEMPS DES CERISES

Vague bleue

C’est à dessein que je reprends  le titre de cette chanson écrite en 1886 par Jean-Baptiste Clément, et fortement associée à la Commune de Paris. D’abord pour saluer le score mémorable de Mélenchon, ça vaut bien un petit coup de chapeau,  sans pour autant adhérer aux idées du tribun. Mais surtout, je le détourne pour rappeler à nos amis de la droite et du centre que le  mois de juin pourra être celui « des cerises », c’est-à-dire de la récolte, si on sait rester unis et offensifs.

Où va-t-on ?

Dimanche dernier, la France s’est probablement donné un président de la République avec un résultat de premier tour marqué par la dispersion, qui ne marque aucun engouement, aucune adhésion populaire. Aucun candidat n’a franchi la barre des 25% : cela montre bien la désorientation d’un peuple fracturé. Dans moins de quinze jours, sauf surprise, c’est donc un homme de 39 ans qui devrait prendre en main les destinées du pays, avec peu d’expérience de l’Etat, encore  moins de la vie politique, n’ayant de sa vie jamais été confronté au suffrage universel, crédité d’un mince bagage fourni par son passage au pouvoir, et qui semble de prime abord, dépourvu de vision historique. Idole pour l’instant du monde médiatique, il doit son succès à un effet de mode qui aura une fin, avant de se transformer, au fil des déceptions qui ne manqueront pas d’arriver, en mise à mort rituelle. J’en fais le pari. Mais je ne peux pas  croire que les Français aient voulu prolonger, à travers lui, le mandat de François Hollande et ça fait cher payé le visage nouveau ! Il n’a pas d’orientation politique précise ni de projet clair, encore moins de force politique structurée susceptible de lui fournir une majorité stable : voilà qui offre  une occasion inespérée pour une « renaissance ». Une vraie !

Sortir du piège surréaliste du 2ème  tour.

Mais d’abord, il faut sortir du piège surréaliste du second tour. Le 21ème siècle a fait irruption dans nos mœurs politiques de la façon la plus effroyable : puissance de la propagande médiatique, triomphe des scandales et de la polémique, instantanéité des informations vraies ou fausses, délires des réseaux sociaux… On s’étonnera ensuite qu’il en résulte une forme d’indifférence née de la confusion des idées. La campagne débouche sur une désintégration de la vie politique française telle qu’on la  connaissait. Pour la première fois depuis le début de la Vème République, la droite n’a pas de représentant au second tour. Elle est balayée avec 20% des voix alors qu’elle disposait d’un boulevard après cinq ans d’opposition. Le parti socialiste et ses alliés écologiques, eux, se ridiculisent en n’atteignant même pas 7%. Le  communisme qu’on croyait moribond renait avec les accents d’un démagogue admirateur des dictatures gauchistes sud-américaines. Contrairement aux idées reçues largement véhiculées, cette élection ne marque pas de poussée irrésistible de l’extrême droite, un temps surestimée par la faible participation aux élections intermédiaires. Le score de Marine Le Pen paraît même dérisoire au regard des prophéties sondagières annoncées depuis des  mois. A la faveur de la confusion, les jours à venir vont voir leur lot de migrations des éternels assoiffés de pouvoir vers les mangeoires qui paraissent plus prometteuses. Le second tour annoncé n’est pas le pire cas de figure que nous pouvions imaginer, mais il n’en est pas loin : nous sombrons dans un affrontement idéologique stupide et caricatural entre « mondialisme » et « nationalisme » alors que la France aurait tant besoin de sérieux, d’un vrai gouvernement, d’action et de réforme.

Rendez-vous en juin !

L’élimination de  François Fillon dans les conditions que l’on sait mérite bien une revanche, dans un pays qu’on dit  majoritairement de droite. Ce que nous montre, en effet, ce  premier tour, c’est que  le pouvoir présidentiel est moribond. Il a été anéanti par une présidence « normale jusqu’à l’insignifiance », suivie d’une élection noyée par des candidatures improbables jusqu’à la caricature. Il  y a toujours eu un candidat folklorique, de Marcel Barbu à Marcilhacy, mais rarement autant de plaisantins comme en 2017. Et pour les principaux candidats, tout a été faussé : entre un « parvenu préfabriqué » et un tribun sorti directement du 19ème  siècle hormis son hologramme, il  était difficile de faire ressortir l‘étoffe de chef d’Etat d’un Fillon qu’on a pris soin de dégrader à coups d’accusations malfaisantes. Il nous faudra donc attendre qu’une grande figure digne de ce nom réapparaisse pour que le pouvoir présidentiel reprenne du lustre. Mais aujourd’hui, il est, de fait, anéanti. Et  ce n’est pas en projetant dans le fauteuil un candidat marqué  par l’inconsistance politique que la fonction va reprendre tout son poids.

Profitons de ce concours de circonstances. Dans ce contexte, c’est l’Assemblée nationale qui peut incarner la souveraineté, elle a le pouvoir de faire la loi, d’imposer des réformes et une politique. C’est d’elle que procède le gouvernement qu’elle est chargée de contrôler. C’est à nous,  la droite et  le centre, de  proposer la vraie alternance.  Tout peut commencer avec les élections législatives de juin en permettant l’élection d’une grande vague bleue, que rien ni personne ne pourra empêcher si nous savons montrer le cap  et désigner un chef pour l’orchestrer. Nous avons une génération d’hommes politiques suffisamment neufs pour incarner le renouveau avec les Baroin, Wauquiez, Retailleau, Bertrand… Et la  victoire est possible, car le vote aux législatives est infiniment plus difficile à manipuler par les médias sur un scrutin réparti en 577 circonscriptions avec des candidats déjà en campagne dont beaucoup sont bien implantés. Le vrai grand rendez-vous démocratique sera celui de juin. Ceux qui veulent sauver le pays doivent impérativement se mobiliser et saisir cette occasion inespérée de bousculer le cours des choses.

 


L’ELECTION VOLEE

Archibald en colère

 

La machination a fonctionné 

François Fillon a été éliminé, de peu, mais c’est malheureusement la réalité. Malgré une campagne active et ses efforts redoublés, il n’a pas  pu retrouver son image de candidat intègre. L’idée qu’il  puisse être un voleur et un corrompu a détourné vers d’autres candidats une petite partie de son électorat, celle qui fait la différence. J’ai espéré jusqu’au bout qu’il relèverait le défi. Je n’ai jamais douté et je reste persuadé que la droite reste majoritaire dans le pays. Cette défaite est douloureuse parce qu’elle est sans appel. Pourtant, je ne lui jette pas la pierre : si la défaite est d’abord  celle de l’homme,  c’est aussi une défaite collective. Remercions au passage, Nicolas Dupont-Aignan qui, en privant François Fillon des deux ou trois point qui lui ont manqué, s’est tiré une balle dans le pied en faisant perdre son camp au nom de je ne sais quel « gaullisme »  intransigeant. Ma consolation, c’est que n’ayant pas fait 5%, il ne sera pas remboursé de sa campagne.  Mais surtout je veux saluer ici la cohésion dont ont fait preuve les dirigeants de la droite et du centre au cours de ce premier tour, remercier Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, et tous ceux qui se sont démenés pour animer dans toute la France des réunions. Et que surtout, ceux qui ont ajouté à la confusion en se retirant sur leur Aventin ne viennent pas donner des leçons aujourd’hui ! Enfin, je veux saluer le courage et la dignité dont François Fillon a fait preuve.  Je lui garde toute mon estime et  lui témoigne mon amitié.

La gauche et la droite, ce n’est pas la même chose

Dans la défaite de François Fillon, il y a aussi, pour une part, son projet qui a pu être jugé trop exigeant par un électorat plus difficile à convaincre et drogué aux promesses illusoires. C’est une leçon à retenir. Les  médias ne se sont pas privés de le présenter comme une « violence » et beaucoup d’électrices ou d’électeurs ont pu reculer devant les « sacrifices » qu’on leur promettait, oubliant la réalité. Il  n’empêche ! C’est le freluquet sans expérience, préfabriqué par la gauche bobo, qui a toutes les chances de l’emporter dans quinze jours. Il y a bien sûr des Républicains qui vont se venger en votant pour Le Pen, mais la marche paraît trop haute pour que la patronne du FN puisse la franchir. On s’apercevra rapidement que le mélange des genres au sein d’ « En Marche » ne fonctionne pas.  Car la droite et la gauche, c’est comme l’eau et l’huile, on peut secouer tant qu’on veut, ça ne se mélange pas et il y en a toujours une qui couvre l’autre au final. Avec un tel mouvement, passée l’ivresse de la victoire, les difficultés se traduiront rapidement par une France ingouvernable. Ce n’est pas avec eux que la France pourra se redresser. Et puisque Macron se dit aussi de droite, prenons-le  au mot en lui imposant de gouverner avec elle !

Cap sur les législatives

Car, pour moi, désormais, la priorité est que la droite et le centre restent unis. Aucun responsable politique de droite ne doit céder aux sirènes de l’opportunisme et c’est bel et bien en restant rassemblés et en défendant notre projet circonscription par circonscription aux élections législatives, que nous participerons au redressement du pays. Rien n’est vraiment perdu. Il est possible d’imposer une cohabitation. Nous avons 200 députés sortants et 377 autres candidats investis déjà en campagne. L’électorat que les  « affaires » ont détourné de notre candidat aura ainsi l’occasion de revenir dans le giron de la droite et du centre pour assurer la « vraie alternance ». Il en va  du redressement et du renouveau de la France.

 


10 RAISONS DE VOTER POUR FRANCOIS FILLON

Fillon campagne élysée

Je les emprunte à Jean-Pierre RAFFARIN :

1/ Face a la gravité de la situation internationale, l’expérience de F.Fillon sera déterminante dans son action pour la Paix.

2/ Contre le chômage, »la politique de l’offre », le soutien aux entreprises, proposé par F.Fillon sera engagé en urgence.

3/ Avec F.Fillon, toute dépense nouvelle sera financée par des économies, pas par l’impôt ni par la dette.

4/ F.Fillon a su rassembler la droite et le centre, les Républicains et l’UDI. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont confirmé leur soutien.

5/ Grâce aux 577 investitures déjà accordées pour l’élection des Députés, le projet de F.Fillon disposera d’une majorité.

6/ F.Fillon établira une autre politique pénale grâce à laquelle les condamnations seront exécutées. La fin de la politique Taubira.

7/ L’action élective de F.Fillon dans les territoires, ruraux et urbains, nous protège contre la fracture territoriale.

8/ F.Fillon est pour une Europe souveraine avec 3 réformes : les frontières, la fiscalité dans l’euro-zone et l’alliance de Défense.

9/ F.Fillon est le plus clair pour désigner notre ennemi dans la guerre contre le terrorisme : l’islamisme radical.

10/ Dans cette campagne F.Fillon a démontré son courage et sa résistance. Il a montré un caractère de chef, de Chef de l’Etat.

 


UN PREMIER TOUR QUI DECIDERA DE TOUT

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 Encore cinq minutes Monsieur le Bourreau.

Onze candidats dont dix promettent plus de beurre que de pain, ou tapent à côté du clou. La  campagne est édifiante. On y voit la déroute du Parti Socialiste, bien prévisible après  les querelles du mandat. On y voit les délires de la gauche-de-la-gauche avec  le plan Mélenchon à 235 milliards d’euros et la refondation de la république sur des bases soviétiformes : on sait où cela conduit et les jeunes qui s’apprêtent à voter pour lui ferait bien de réviser l’histoire du 20ème siècle ou d’aller faire un tour à Prague pour découvrir ce que pense la  population de son passé communiste. On y voit un Emmanuel Macron, technocrate brillant comme un faux diamant, pur produit du système français, sans aucune expérience élective, propulsé comme une lessive sur le marché des ménagères, débiter ses platitudes alimentées par un « algorithme » qui génère en temps réel les opinions attendues par l’auditoire. On y voit une Marine Le Pen égale elle-même, aussi dédiabolisée que le loup revêtu de la tunique de l’agneau, venir nous déverser  sa haine viscérale de l’Europe et ses solutions des années 60 pour relancer notre économie. On y voit les éternels égarés venir prêcher avec des argumentaires inadaptés leurs lubies ou leurs phobies et les non moins éternels candidats trostko-marxistes débiter leur litanie du XIXème siècle sur la classe ouvrière. Que voulez-vous, la démocratie a ses  avantages mais  aussi ses inconvénients ! Ils ont quand  même tous un point commun : ils nous disent « encore cinq minutes, Monsieur le Bourreau.  Pas besoins d’efforts,  la France peut continuer  à s’endetter et à vivre au-dessus de ses moyens ! ».  Le déni n'est pas la solution.

Le temps presse !

Or, il n’y a rien de plus faux.  La situation mondiale se tend et est de plus en plus imprévisible.  On entre dans une période où tout peut arriver,  le  pire –la guerre mondiale-, comme le meilleur avec la révolution numérique. Il faut à la tête de l’Etat un homme expérimenté, au sang froid et animé d’une ferme volonté. La  France est au bord de la faillite avec une dette à pratiquement 100% de son PIB : si les taux d’intérêt dérapent à la hausse, l’explosion sera inévitable et le pays sera en situation de « défaut », incapable de rembourser. Les investisseurs internationaux se sont dégagés de la dette française du fait du risque politique et c’est la Banque centrale européenne qui continue à la racheter et donc à représenter une part de plus en plus importante de détention. Une sévère épine dans le pied pour l’extrême-droite, mais aussi le risque d’entraîner l’Euro et l’Europe dans une déflagration majeure ! Il  est donc grand temps de se préoccuper de redresser la situation. Ces cinq dernières années, la France  est restée à  la traine de l’Europe avec une croissance moyenne de 0,9%. Incapable de tenir ses engagements elle a préféré laisser filer les déficits. Les taux de prélèvement sont énormes et les ménages français sont les plus imposés d’Europe. Son commerce extérieur reste lourdement déficitaire.  Ce n’est pas avec quelques mesurettes que l’on sortira le pays de l’ornière. Ce n’est pas non plus avec le repli sur soi. Encore moins avec les cadeaux fiscaux (comme la taxe d’habitation). Il n’y a que François Fillon qui propose le programme adapté à la situation. Son projet est global, cohérent et même généreux avec les Français qui ont le plus besoin de la solidarité.

Les efforts proposés ne sont pas une purge !

Les efforts proposés par François Fillon ne sont pas une purge comme on voudrait le faire croire, sauf s’il  s’agit de purger la dette et les déficits. Avec de viles accusations on a voulu nous faire douter de sa probité mais c’était pour mieux l’empêcher d’exposer sereinement son programme. Les « affaires » comme on dit, ont pu ternir son image et l’ont un  moment déstabilisé, au mépris de la plus élémentaire présomption d’innocence. Même le cadeau des costumes est un « coup monté » (j’ai mes sources) et on se passerait bien d’amis comme M. Bourgi dont on ne sait pour qui il roule. François Fillon n’est ni un voleur, ni  un corrompu !

Avant de voter dimanche, posons-nous la question : « de quoi s’agit-il ? ». Il s’agit de restaurer l’autorité de l’Etat, c’est primordial et  de  lui donner les moyen à l'intérieur comme à l'extérieur de mener les actions nécessaires  à la sécurité de la France.  De revenir au plein emploi, c’est possible et c’est une priorité. De rétablir les finances publiques ce qui suppose de diminuer le nombre des agents publics. De mettre en adéquation nos dépenses sociales avec nos moyens réels ce qui suppose de reculer, comme chez tous nos voisins,  l’âge de la  retraite.  De mettre de l’ordre dans la Sécurité sociale. De faire participer les collectivités territoriales.

Son projet c’est aussi un projet de liberté qui vise à relancer la dynamique de l’entreprise en mettant fin à l’accumulation des règlements pour lever les freins qui pèsent sur l’agriculture et toutes les initiatives permises par les nouvelles technologies. En libérant le travail du poids des 35 heures. Comme le dit Michel Godet, « ce n’est pas en ramant moins qu’on avance plus vite ». Il  est indispensable d’allonger le temps de travail, par la négociation, aussi bien dans la fonction publique que dans les entreprises. Le retour des capitaux  pour les investissements sera  facilité  par la  suppression de l’ISF et la réforme fiscale permettra plus de compétitivité en transférant sur la Tva les  charges indues qui pèsent aujourd’hui sur le travail.

Les contreparties iront aux ménages et aux Français les plus démunis. C’est la vraie justice sociale. Ainsi la baisse des charges salariales se traduira par un gain de 350 euros par salarié par an, les petites retraites seront revalorisées  de 300 euros, les familles profiteront du retour de l’universalité des allocations familiales  et du relèvement du quotient familial à 3000 €, mise en place d’un plan national de lutte contre la grande pauvreté … Les fonctionnaires auront des améliorations salariales et de carrière en échange de l’augmentation de  leur temps de travail. 

Le vote utile.

François Fillon  a montré une capacité de résistance forte face à une adversité démentielle inversement proportionnelle aux faits qui  lui sont reprochés. Des épreuves qui, a contrario, lui bénéficient pour l’avenir. Par l’ampleur  de son  projet, par  l’ambition des propositions qu’il  porte, il  me paraît à même de répondre à tous ces défis et lui seul me paraît capable de redonner  à la  France la place qui  lui revient, en Europe et dans le monde. Chaque voix du premier tour qui se portera sur un autre candidat  sera  une voix perdue pour le   redressement de la France !

 


QUELLE DRÔLE DE CAMPAGNE !

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Voilà François Fillon revenu au niveau d’avant les « affaires ».

Il talonne Marine Le Pen et le fringant Emmanuel Macron  qui font feu de tout bois. Il  n’empêche, l’éventualité  qu’il  soit au second  tour grandit  un  peu plus chaque jour qui nous rapproche du 1er tour. Pour une raison simple : les voix de  la  droite  ne se sont pas volatilisées et la brusque  montée de Mélenchon a  pu jouer le rôle  de  « châtaigne » pour les réveiller. Le  débat sur la moralité, initié par la gauche, qui se croit toujours la mieux placée pour donner des  leçons, aura été une diversion pour empêcher qu’on aborde les sujets essentiels de cette campagne présidentielle : quelle souveraineté pour la France, comment remettre le  pays à flot avec ses déficits et sa dette, quelle sécurité  à  l’intérieur et à l’extérieur, comment mettre fin au chômage de masse… Car ce qui se  joue dans cette élection, comme jamais peut-être sous la Vème République, c’est la survie de la démocratie, d’autant plus menacée que les forces à vocation totalitaire des extrêmes de droite  comme de  gauche, sont aux portes du pouvoir.

Les  « affaires »  n’auront finalement servi qu’à occulter un temps le débat.

Heureusement, François Fillon a tenu bon sous la mitraille. Car il  est la principale cible, étant le  seul  à proposer  la véritable alternance qui pourrait nous sortir à la  fois du socialisme honteux et de l’ornière. Après avoir été enterré vivant par les scénaristes faiseurs d’élection  qui faisaient la promotion de Macron, et qui se prennent maintenant à rêver avec Mélenchon à la victoire d’un populiste à leur goût, Fillon revient dans  la course à force d’une campagne qui suscite l’étonnement et l’admiration.  Lors, l’électeur, furieux que les polémiques annexes aient pris le dessus sur le débat de fond, pourrait bien se donner à celui qui par son acharnement démontre qu’il est bien le chef dont la France a besoin pour affronter un  monde dangereux. Pourtant, tout est fait  pour lui brouiller la vue en polémiques subalternes. Les affaires que juges et journalistes tentent d’accrocher aux basques du candidat de la droite et du centre font finalement chou blanc. Elles n’auront pas réussi  à évacuer  notamment la soif d’identité qui taraude les Français et à  laquelle François Fillon répond en élevant le débat sur la vocation universelle de la France.

Le « totalitarisme cool » du macronisme.

Ceux qui voient Emmanuel Macron à l’Elysée vantent l’image attrayante du personnage : jeunesse, optimisme, agilité intellectuelle. Une agilité brillante au recto-technocrate mais indigente au verso-culture.  Il y a trop  de creux, trop de flou, et beaucoup de faux dans cet avatar « hollandais ». Il a les trucages du jongleur, mais avec l’accumulation le tour tourne à la farce de Garcimore quand le voilà  obligé d’avouer au public qu’il ne comprend pas ce qu’il est en train de lire. On a tout dit sur la platitude de ses affirmations, la virtualité de ses projections, l’évanescence de sa pensée et sur le côté  « manager » ectoplasmique de « teams » à  slogan « corporates » aussi éculés que le souvenir de Lecanuet. La seule nouveauté c’est le bleu pastel de ses affiches  qui évoquent un « Lalaland » de pacotille. Ce qu’il  propose n’est ni plus ni moins qu’un « totalitarisme cool »  saturé de médias, d’Etat (beaucoup d’Etat), et de puissants (très puissants) intérêts privés. Il  est l’ami de tout le  monde, même de ceux à qui il a déclaré la guerre ou qu’il a insultés la veille. Il est le disciple de Paul Ricoeur et cela lui a donné une méthode : faire réussir la modernité en conciliant la « verticalité » et « l’horizontalité »…  Un exemple : que fera-t-il de la dette ?  Il répond qu’il faut « régler le problème » (logique verticale de l’inspecteur des finances) mais qu’en même temps il ne faut pas tuer les gens en le réglant (logique horizontale du contribuable).  Donc on règle sans tuer ! On n’ira  pas plus  loin,  on ne saura pas  qui crachera au bassinet. Macron c’est tout  le temps « en même temps ».  C’est la méthode qui compte, tant pis si elle débouche sur le vide.

Et à la fin c’est Fillon qui gagne.

C’est bien pour cette raison que François Fillon va finir par tirer bénéfice des attaques qu’il a subies pendant deux mois et dont la violence inouïe était faite pour le détruire. « Toujours l’inattendu arrive », nous prévient d’Ormesson. Il va s’imposer parce qu’il est le seul à aborder ce que personne d’autre ne propose : le redressement du pays, et autres babioles  telles  la sécurité, la dette, l’éducation, le chômage massif, le sauvetage des générations perdues, le retour des capitaux, les élites qui fuient… Quel régime politique pourrait tenir sans plan rigoureux et déterminé face à la montagne de dettes, quelle société pourrait rester viable  face à un système qui produit chaque année 150 000 jeunes sans aucun diplôme et sans autre espoir qu’une vie de chômeur-précaire et face à la multiplication des attaques contre son  mode de vie et sa culture ? François Fillon a au moins un mérite : il dit ce qu’il entend faire.  Il  est le seul  à avoir des réponses sérieuses et ça commence à se voir. En cela il est grandement coupable !

Autant de problèmes dont les démagogues populistes se  moquent du tiers comme du quart.

Il n’y a rien de plus urgent que de se constituer en soviets partout pour passer les « nuits debout » à discuter sur « l’acte fondamental », se grise Mélenchon devant les foules qu’il rassemble ; ou  à quitter l’euro et l’Europe, comme le décline rageusement Marine Le Pen, ce contresens monumental en guise de pied de nez à l’Histoire qui nous indique chaque jour que les grands empires sont de retour. Pour eux, peu importe que la France soit au bout du rouleau ! Heureusement, il reste Lassalle pour nous divertir !

 


RENAUD, QUE FAIS-TU DANS CETTE GALERE ?

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Adresse à Renaud Dutreil

Un plaidoyer compliqué et pitoyable.

Renaud Dutreil est envoyé au charbon par Macron pour tenter de colmater la brèche par laquelle les électeurs de la droite et du centre un instant tenté par la nouveauté fuient, effrayés par nombre de propositions démagogiques et ineptes qu’ils rejettent. Renaud, toi, le libéral, comment peux-tu défendre la réforme de l’ISF que propose En Marche ! Ton plaidoyer pour tenter de faire croire qu’elle sera favorable aux propriétaires est pitoyable autant qu’incompréhensible. Qui peut croire que cela ne se traduira pas par un surcroît d’impôts. Chacun sait que Macron est un disciple de Jérémy Rifkin, adepte de la société ubérisée dans laquelle la propriété est un obstacle à la consommation et à la mobilité. En plus, ton argumentaire serait plus crédible s’il n’y avait pas derrière le candidat d’En Marche, les experts de France-Stratégie avec en tête M. Pisani-Ferry, partisans des politiques que tu tentes de dénier. De la même façon, comment peux-tu cautionner la recentralisation que matérialise l’étatisation de la taxe d’habitation et l’injustice que constitue  l’exonération de 80% des ménages. Tu es bien naïf de croire que l’Etat tiendra parole sur le principe de la compensation au centime près, et même si c’était le cas, elle n’en serait pas moins une recette figée et une atteinte à l’autonomie des collectivités. Nul doute que ces dernières n’auront d’autre choix que celui d’utiliser les marges à leur disposition pour ajuster leur budget, à savoir les 20% d’assujettis restants à la taxe d’habitation et ceux qui paient la taxe foncière. Ce transfert sur les contribuables plus aisés est une double peine bien dans le droit fil de la politique poursuivie depuis quatre ans par le gouvernement Hollande, auquel Macron a participé d’une manière ou d’une autre. Rappelons-nous, qu’après avoir pratiqué un matraquage fiscal d’une rare intensité, la politique socialiste a consisté à sortir près de 2 millions de contribuables de l’impôt sur le revenu : plus de 12 millions de foyers fiscaux ont ainsi bénéficié de déductions totales ou partielles de l’IR depuis 2014 et 54% des Français ne sont plus imposés sur leurs revenus. Comment le libéral en économie que tu es peut-il cautionner cette politique inégalitaire et injuste qui va à l’encontre du principe d’équité qui veut que chacun paie à la mesure de ses revenus. En cautionnant cette politique démagogique, tu acceptes de faire basculer des dizaines de millions de Français dans une forme de prolétariat, au sens propre du terme, le « prolétaire étant le citoyen de la dernière classe qui ne fournit à la cité d’autre ressource que sa progéniture ». Ainsi 20% de petits riches paieront la taxe d’habitation de 80% de pseudo-pauvres. Inacceptable ! Comme je trouve bizarre, aussi, que tu cautionnes l’étatisation de l’assurance-chômage dont chacun sait, qu’avec l’élargissement des droits promis par Macron, cela aboutira à une baisse généralisée des indemnités, l’Etat n’ayant pas les moyens financiers à disposition. Enfin, tu plaides pour la crédibilité de ton gourou en matière de sérieux budgétaire : on peut en douter à la lecture du programme que j’ai sous le coude : 29 pages de promesses coûteuses dont le financement n’est jamais évoqué et la dernière demi-page se contente d’annoncer 60 milliards d’économies sans dire comment. Cela s’appelle une escroquerie. Renaud, réveille-toi !

Le parfait raisonnement des accros  à  la dépense publique.

Une autre tribune d’un disciple macronien a été publiée par Le Figaro. Merci au journal d’ouvrir ses colonnes et de permettre ainsi à son lectorat de découvrir la rhétorique d’En Marche ! Celle-ci avait pour but de démonter la logique du programme de François Fillon en ce qu’elle a de rigoureux pour la réduction des dépenses et le désendettement. On nous explique que la droite oublie trop souvent que la dépense publique est un outil économique qui, lorsque le dosage et son ciblage sont les bons, peut devenir un levier essentiel de la croissance et que les politiques économiques pro-cycliques pendant les périodes de récession (ou de faible croissance), comme le propose François Fillon, font courir le risque de voir l’économie du pays péricliter encore plus longtemps et de retarder le retour de la croissance. Et d’ajouter « cette diabolisation de l’Etat dépensier a déjà été mise en oeuvre lorsque François Fillon a été Premier ministre : c’est son gouvernement qui a supprimé des milliers de postes d’enseignants pour quelques économies budgétaires. Mais est-il raisonnable de regarder les métiers de l’enseignement sous le seul prisme de la dépense de fonctionnement ? L’enseignement n’est-il pas au fond un investissement sur l’avenir ? Un jeune qui est en situation d’échec scolaire car délaissé par l’Éducation nationale ne pourra devenir qu’un poids financier et social pour l’Etat. La dépense publique ne doit donc pas être regardée sur ce qu’elle coûte à un instant donné mais sur les bénéfices économiques et sociaux qu’elle rapporte sur le long terme. » C’est le discours parfait des accros à la dépense publique qui croient encore à la relance keynésienne par la consommation. Si ce raisonnement était le bon, la France ne connaîtrait pas 6 millions de chômeurs et précaires et 9 millions de pauvres. Sans compter que l’argumentaire est biaisé et fait l’impasse totale sur la crise de 2008 à laquelle François Fillon a dû faire face et en ce qui concerne les enseignants, les contreparties en amélioration de salaire et de carrière dont ils ont bénéficié. C’est soi de l’ignorance, soit de la mauvaise foi de la part de l’auteur. Là encore, Renaud, tu ne peux pas te reconnaître dans ce type de démarche. La vérité, c’est que la France a besoin d’une vraie rupture avec ce type de politique qui ne peut produire que les mêmes effets : l’endettement et la paupérisation croissante. Je ne serai d’accord que sur un point, retrouver de la croissance est essentiel pour faire baisser le niveau de la dette. Parce que ce sont les pays qui y sont parvenus qui ont retrouvé des marges budgétaires. Ce ne sont pas les propositions timides de Macron qui le permettront.

Le monde et la France selon Macron.

Les forces qui soutiennent Macron, étrange coïncidence, sont les mêmes que celles qui soutenaient Hillary Clinton, avec le sort que l’on a connu : les alliances entre le multiculturalisme et la Silicon Valley, les antiracistes de tout poil, le lobby LGBT,  Hollywood qui se traduit en France par La Croisette… Macron est bien le candidat de privilégiés bobos métropolitains, à l’aise dans la mondialisation et le libertarisme sociétal. En Marche ! est l’aboutissement de la nouvelle fascination postmoderne pour l’universelle mobilité d’un monde sans frontières, comme le montre fort bien François-Xavier Bellamy, dans lequel la France ne serait plus qu’un « hub » où l’on entre et sort de façon indifférente, avec son multiculturalisme dont le discours de Marseille a constitué l’éloge halluciné par lequel les Français n’étaient plus qu’une juxtaposition de communautés définies par leurs origines extérieures. Et c’est tout logiquement que Macron nous demande nos voix pour diriger un pays dont il dit qu’il n’existe pas, puisqu’il en nie la culture et l’art, et dont l’histoire n’a rien produit d’autre que des « crimes contre l’humanité »… En même temps, Rothschild lève des fonds pour lui mais demande la discrétion. La finance internationale ne veut pas décourager les 15% de prolétaires des classes défavorisées qui voteraient pour lui. Renaud, es-tu bien conscient de tout cela ?

 


IDENTITE, INTEGRATION, IMMIGRATION : MIEUX QUE LE PEN, FILLON !

Fillon tribune

 

Un petit trou d'air dans la campagne ? Non, juste un manque de temps qui ne m'a pas permis de publier cet article en temps voulu. Mais vous aurez le temps du week-end pascal pour le lire et moi, pour rattraper mon retard, car j'ai encore plein de choses à dire dans la dernière ligne droite.

Daniel

 

L’identité nationale, l’intégration, l’immigration, … et j’ajouterai la lutte contre l’Islam radical, voilà des sujets auxquels sont sensibles nombre de Français, attachés à leurs coutumes, leur culture, leur art de vivre et surtout à la conception d’une nation une et indivisible, héritage de la Révolution. Ce n’est pas tabou d’en parler, parce que c’est au cœur des préoccupations des habitants d’un vieux pays qui tient à rester lui-même et dont ils voient bien les menaces que font peser sur lui les effets conjugués d’une mondialisation désordonnée et d’une immigration incontrôlée. L’élection présidentielle est le moment de mettre des solutions sur la table. Je m’adresse particulièrement à ceux qui, pour y faire face et se rassurer, s’apprêtent à voter pour Marine Le Pen.

Fillon mieux que Le Pen…

On sait que la présidente du FN a fait de ces thèmes son cheval de bataille. Ce qu’elle propose est toujours plus radical dans le verbe en multipliant les mesures de rejet et de rétorsions autour du thème de la préférence nationale. Le problème c’est que la réalisation concrète se heurtera à des obstacles qu’elle ne prend même pas la peine de mesurer, de l’étanchéité des frontières à la facture financière des moyens à mettre en œuvre, sans parler du respect des traités qui constitue des obstacles juridiques qu’il faudra du temps à surmonter. La France n’est pas une île qui peut s’affranchir facilement de son environnement. Le programme de François Fillon est autrement plus réaliste. Ce qu’il préconise est un retour au bon sens dans tous les domaines : notre identité s’est construite autour de la laïcité dont le respect est primordial et pas seulement pour l’égalité des femmes et des hommes, elle est assise sur la République dont les lois s’imposent à tous et aucune autre ne peut être au-dessus d’elles. C’est pourquoi il préconise un ensemble de dispositions dont je ne vais pas faire le catalogue mais que l’on peut consulter facilement sur le site de sa campagne. De l’immigration choisie à l’obligation d’accueil des vrais réfugiés, de la politique de renvoi systématique des clandestins et des déboutés à la nécessité de collaborer avec les pays d’origine, du rôle de l’école pour viser « l’assimilation » à la suppression des pompes aspirantes que sont les dispositifs tels que l’AME … c’est un ensemble cohérent dans une politique transversale qui est proposé. Evidemment, l’Islam radical est visé, mais pas nos compatriotes musulmans. Il est en effet utile de faire la distinction, sans être naïfs : il y a bien une volonté d’emprise de minorités extrêmistes sur eux. C’est pourquoi François Fillon annonce qu’il luttera sans merci contre l’Islam politique et que s’il est élu, il prononcera la dissolution des associations salafistes et des Frères musulmans. Mais il étend son projet à la guerre qu’il faut mener au plan national, régional (l’Europe), et mondial contre ce qu’il appelle le « totalitarisme islamique », source du terrorisme qui touche de nombreux pays à commencer par la France.

… sans le risque de la faillite.

Ce qui retire tout crédit à ce que propose Marine Le Pen, c’est le volet économique de son programme. Le retrait de l’Europe, objet d’une haine incontrôlable, et celui de l’Euro conduiront inévitablement notre pays à la faillite. Il n’y a pas besoin d’avoir Sciences-Po ou HEC pour le comprendre. A l’heure d’internet et de la mondialisation des réseaux cryptés et autres, les frontières notamment financières sont illusoires. Fuite des capitaux, d’ailleurs commencée, hyperinflation, seront les conséquences inexorables de ses choix, croyez un prof d’Histoire ! Avec au bout les dévaluations monétaires et l’appauvrissement général, surtout des plus défavorisés. Quant à notre dette, libellée en Euro, imaginez la montagne qu’elle deviendra. Evidemment, elle balaie d’un revers de main ce scénario apocalyptique, mais c’est pour éviter d’aborder le sujet. En regard, le projet de redressement économique voulu par François Fillon est la garantie qu’il aura les moyens de mener la politique qu’il annonce. Le recentrage de l’Etat sur ses missions régaliennes le rendra plus fort pour intervenir : il faut plus de moyens pour la police et l’armée, il faut des places de prison, il faut une justice qui fasse son travail et que les peines soient exécutées, il faut des missions claires assignées à l’école. C’est par une politique de renouveau économique qui permette aux capitaux de revenir et qui redonne la compétitivité à notre tissu productif, par une convergence européenne réaffirmée en matière de fiscalité des entreprises, et une mutualisation des efforts de lutte à l’extérieur pour défendre la civilisation européenne, qu’on atteindra les objectifs fixés, parce que les marges budgétaires dégagées, dans un Etat qui se désendette le permettront.

Nous avons plus que jamais besoin d’un projet libéral en économie et républicain en politique. Il nous faut un Président favorable à la société civile et aux entreprises, en même temps qu’il incarne l’intérêt général dans un état fort. Comprendre qu’avant de partager les richesses, il faut les produire ! C’est renouer avec les préceptes du Général De Gaulle. Libéral et républicain : nous avons besoin des deux plus que jamais. Et dans cette campagne, il n’y a que François Fillon pour incarner ce gaullisme qui a redonné à la France sa grandeur et aux Français la prospérité !


LA RAISON PEUT-ELLE ENCORE L’EMPORTER ?

Raison

On devrait  tous rêver d’un  pays qui aurait réduit sa dette et qui aurait retrouvé le plein emploi. Cela  s’appelle  « redresser » la situation.  Cherchons donc dans tous les candidats quels sont ceux qui nous   proposent de transformer ce  rêve en réalité: il n’y en a qu’un et c’est … François Fillon. Les autres c’est soit, comme Macron, un projet mollasson pour ne fâcher personne, soit comme Mélenchon ou Le  Pen, des sorties de route assurées avec aggravation de la situation.  Les autres, faut-il en parler ?

De Charybde en Scylla.

Le  pire qui pourrait nous arriver ce serait que  Mélenchon et Le Pen soient qualifiés au second tour. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, si cela arrivait, la droite de gouvernement votera massivement pour la présidente du Front national et la gauche pour le chef du parti de gauche. La droite votera pour conjurer le danger d’une gestion trotskiste et la gauche pour écarter le néo-fascisme. C’est Charybde et Scylla* : un choix impossible pour tous les démocrates. Car l’admirateur de Chavez et de Castro, l’homme qui annonce sans ambages qu’il va dépouiller les épargnants, l’islamo-gauchiste impénitent qu’il  est, n’a rien à envier, dans le genre destructeur, à la femme qui a cru bon de relancer le débat sur les responsabilités de l’État français pendant l’Occupation, qui nous présente un programme propre à nous ruiner tous et qui nous promet le retour à  la souveraineté illusoire procurée par un franc de pacotille.  Il est  facile alors pour  Fillon et Macron  d’apparaître
dans ce tableau consternant, comme des planches de salut. Sauf que François Fillon ne peut  progresser qu’en reprenant à Emmanuel Macron  les points qui lui manquent tandis que celui-ci rend coup pour coup dans l’espoir de l’empêcher de se qualifier.

Le renouveau passe par le « redressement ».

Il n’y a donc que deux candidats crédibles : Macron et Fillon. Ils proposent tous les deux un programme de baisse des charges pour les entreprises et de relance des investissements, de  diminution de la dette publique et d’amélioration du pouvoir d’achat.

Ce que  propose  Macron est dans le droit fil des politiques menées depuis  trente ans. Le candidat est audacieux dans la forme, mais finalement très conventionnel sur le fond : il propose de continuer dans la voie de « l’Etat Providence » en continuant le partage des revenus par les transferts sociaux (la redistribution), aggravant même le poids de l’Etat avec  l’exonération de la taxe d’habitation, en bon social-démocrate qu’il  est. Or, c’est cette politique qui nous a menés à la situation actuelle d’endettement, de dépenses publiques excessives et au chômage de masse. Celle-ci, inaugurée en 1976 avec Jacques Chirac qui proposa que les chômeurs seraient indemnisés à 90% pendant un an, était rendue possible à l’époque par les marges économiques dont le pays disposait qui permettait de financer une protection sociale étendue. Elle fut prolongée jusqu’à aujourd’hui,  l’endettement remplaçant les  marges économiques épuisées par une croissance trop faible. « Nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et les fonctionnaires : soit près de 500€ nets par  an pour un salaire de 2 200€ net par mois », mais Macron reste silencieux sur le plein-emploi, et pour cause.  C’est pourquoi, son programme, au mieux maintiendra la France à son niveau actuel, au pire l’aggravera  si le contexte international se dégrade.

Ce que propose François Fillon est beaucoup plus convaincant. Son programme présente une grande homogénéité en coordonnant baisses des charges sur les entreprises, réduction drastique des dépenses et amélioration du pouvoir d’achat pour les Français qui sont les plus exposés. Surtout, et c’est ce qui est une petite révolution, il propose de sortir du cercle vicieux de la « préférence nationale pour le chômage » en revenant à une politique de partage des revenus à travers le travail.  Ce n’est pas du libéralisme, c’est du bon sens. Le candidat semble conservateur dans la forme,  mais c’est lui qui est audacieux sur le fond.  Seule cette politique permettra le retour au plein emploi. Ce qu’il propose n’est pourtant, ni plus ni  moins, que la recette utilisée par nos voisins qui sont aujourd’hui au « plein emploi » : Allemagne 3,3% de chômeurs, France 10% ! Un autre paramètre est évocateur : les cotisations d’assurance-chômage atteignent 6,4% en France contre 2,8% en Allemagne. Compétitivité et modernisation, formation et flexibilité, on connait les remèdes. « Le travail pour tous », voilà le vrai slogan du projet Fillon. Il est le quotidien des habitants de toute l’Europe du Nord, pourquoi pas chez nous ? François Fillon a toujours une chance de se qualifier pour le second tour. Une chance à saisir pour que la raison l’emporte sur la démagogie.

Il ne reste plus qu’à attendre que les événements se décantent, mais il demeure que jamais campagne n’aura été aussi hargneuse, jamais les enjeux n’auront été aussi importants et jamais l’offre politique n’aura été aussi incertaine, et déroutante à bien des égards.

 

*Charybde et Scylla sont deux monstres marins de la mythologie grecque, situés de part et d'autre d'un détroit traditionnellement identifié comme étant celui de Messine. La légende est à l'origine de l'expression « tomber de Charybde en Scylla », qui signifie « aller de mal en pis ».

 


MELENCHON VOIT ROUGE

Mélenchon Marseille

 

Le Staline charismatique.

Marseille : toute cette foule, le soleil, l’ambiance, c’est génial ! Et puis, quel tribun ! Mélenchon fait  le show et attire. D’ailleurs, tous les sondages le disent : il est perçu comme quelqu'un d'honnête, qui a une vraie vision et de plus en plus, qui a la stature d'un président de la République. Et pas fier, avec ça ! Incontestablement, le tournant de la campagne de Jean-Luc Mélenchon vient de sa bonne performance lors du premier débat télévisé, le 20 mars dernier, où il est apparu comme un homme sincère, fidèle à ses convictions, et sur la forme, avec ses grandes qualités de tribun. Depuis son image dans l'opinion a connu une très forte progression.  Surtout, sa prestation a vidé de son sens la candidature de Benoît Hamon. Peut-être les gens ont-ils pensé, alors pourquoi se priver ?  Autant voter pour le  si sympathique Mélenchon. Au moins lui n’a pas  un balai dans le c… comme son concurrent de gauche. A partir de là, la dynamique Mélenchon a profité de l'auto-entraînement médiatique. Plus on parle du "candidat qui monte", plus il monte, et plus il monte, plus on en parle.

La dépense publique comme recours.

La formule est connue pour définir ce qu'est l'élection présidentielle française : c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme et d'un peuple. Le risque est que le projet disparaisse derrière le profil. C’est pourquoi une question se pose : « Le succès actuel de Mélenchon vient-il d'un électorat en phase avec ses idées ? » C'est assez curieux, alors que le contexte n'est pas du tout favorable à la gauche, et encore moins à la gauche radicale. Tout d'abord avec le rejet profond du quinquennat de François Hollande, mais aussi avec les questions économiques et sociales. Dans les enquêtes d’opinion, une majorité de Français souhaite tout le contraire  de ce que propose la gauche radicale : moins d'impôts, moins d'Etat, plus de flexibilité et de liberté pour les entreprises. Le héraut de La « France insoumise » est devenu un candidat « normal », juste un peu plus à gauche que les autres. Il serait temps, vraiment temps, de se réveiller. Jean-Luc Mélenchon défend un projet insensé que peu de gens ont apparemment lu. En politique étrangère, son anti-américanisme est aussi fort que son engouement pour la Russie et le Venezuela. En économie, il manie les centaines de milliards d'euros quand d'autres se contentent de chiffres avec un zéro : avec lui, les dépenses nouvelles ordinaires grimperaient de 173 milliards (évaluation minimaliste), avec, en sus, un plan d'investissement de 100 milliards. Les dépenses publiques, déjà supérieures à 55 % du PIB aujourd'hui, franchiraient donc la barre des 60 % - avec quelques économies comme, forcément, l'arrêt des subventions à l'enseignement privé. Voilà un record mondial qui se profile à coup sûr parmi les pays développés. Les prélèvements obligatoires bondiraient, eux aussi, nettement, et pas seulement avec une imposition à 90 % des plus hauts revenus. Marine Le  Pen  a un programme de gamine à côté !

L’Etat maitre de l’économie.

Cette vision de la politique économique, qui fait croire qu'il suffit d'injecter de l'argent public pour qu'il en sorte de la croissance et de l'emploi, est si répandue en France qu'elle ne surprend plus. Le fait que depuis trente ans elle ait échoué, ne l’empêche pas de perdurer. Le candidat des insoumis y ajoute une nouveauté pour faire croire que cette fois cela va marcher : la sortie de l'euro. Car il ne faut pas s'y tromper. Les conditions que Jean-Luc Mélenchon pose au maintien de la monnaie unique avec la reprise en main politique de la BCE et la capacité pour les banques centrales de financer directement la dette publique, sont telles qu'elles ne sont pas acceptables par l'Allemagne, qui a la stabilité monétaire et l'autonomie de la politique monétaire comme obsession depuis l'hyperinflation d'avant-guerre. Ce projet radical aurait le même destin que le Programme commun de 1981 : l'échec car il repose sur une double illusion économique. La France n’est pas un champ clos où l’on peut cultiver ses salades sans s’occuper des voisins.  Encore faut-il répéter quelle catastrophe pour notre économie et l’épargne des Français provoquerait la sortie de la monnaie commune, avec en plus une dette décuplée par  le découplage franc-euro. Mais il est vrai, la dette Mélenchon s’assoit dessus.  Pas certain que ce soit l’avis de nos prêteurs.

Y’a comme un défaut !

Pour nous rassurer, les  faiseurs d’opinion nous expliquent qu’il ne pourra guère monter plus haut. On aimerait bien les croire. On est encore tout surpris de la « standing ovation » que lui ont fait  les étudiants d’une grande école en économie. Je pense tout de même que la gauche radicale ne pèse pas 20 % de l'électorat en France. Mélenchon peut encore récupérer quelques voix de Benoît Hamon, mais pas beaucoup, car il restera toujours un petit socle d'électeurs fidèles aux socialistes. S’il veut encore élargir, il lui faut viser maintenant les abstentionnistes : 35 % des électeurs ne sont pas encore sûrs d'aller voter. Parmi eux, il  y en a qui hésitent entre l'abstention et le vote Front national, comme signe de protestation. Ceux-là pourraient être tentés par un vote Mélenchon. Il peut encore cibler l'électorat populaire, celui des classes ouvrières, des régions désindustrialisées, lui aussi très tenté par le Front national, ce qu'on surnomme le « gaucho-lepénisme ». Le problème, c'est que ses propositions socio-économiques peuvent plaire à ces électeurs mais sur les questions régaliennes, notamment l'immigration, il est complètement à l'opposé de leurs attentes. Et c'est un sujet prioritaire pour cet électorat. Ce sera donc très compliqué de les attirer. Ouf ! (provisoire)

L'ascension de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages ne passe pas inaperçue. Au point que même les marchés commencent à s'inquiéter d'un duel Le Pen- Mélenchon au second tour. Hier, les taux français se sont tendus à 0,92%... Aux yeux de l'opinion, Emmanuel Macron se place encore comme le candidat le plus crédible pour occuper le poste suprême. Mais paradoxalement, le candidat d'En Marche garde encore les traces de son passage dans le gouvernement Hollande ce qui ne contribue pas à solidifier son socle. Et ça, il semble  bien que les Français ne l'ont pas oublié. Mais tout  peut encore  changer : il suffit que l’un des quatre premiers réussisse à déplacer 600 000 voix (une broutille). Et Fillon y croit plus que jamais.

Décidément, cette campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre...

Demain : Fillon porte de Versailles !


LA MACHINE A REMONTER LE TEMPS : MELENCHON

Mélenchon Marseille

La  décomposition de la gauche socialiste.

Les   socialistes peuvent maudire une primaire qui, en définitive, aura fait beaucoup de ravages au PS où elle a permis à la fraction minoritaire, les frondeurs, de s’emparer du parti. Du coup Manolito  s’est vu dans une posture qui l’a  obligé à renier son engagement de soutenir le vainqueur et Hollande lui-même obligé de demander à M. Hamon de défendre le bilan du quinquennat qui s’achève. Une absurdité qui consiste à réclamer à son adversaire de tresser les lauriers à celui qu’il a  combattu et finalement vaincu puisqu’il n’a pas pu se représenter. Des contorsions  qui ont fini de dégoûter un électorat dont une partie ne peut se reconnaître dans le projet chimérique du candidat officiel qui s’effondre dans les sondages.

La gauche radicale se régale.

 C’est  Mélenchon qui récolte ce que la zizanie de la majorité du quinquennat a semé. Son score, est longtemps resté inférieur à celui de Benoît Hamon ; il prend son essor depuis deux ou trois semaines. Il devance maintenant le candidat du PS d’au moins six points. Sa progression, qui n’assure pas encore sa qualification pour le second tour sème l’épouvante au PS, où l’on craint fort que, le 24 avril, le parti ne soit plus qu’un « cadavre à la renverse »,  pour reprendre une expression célèbre. Mais sa  progression,  le « leader maximo », mi-castriste mi-chavezien, la doit aussi à son talent et à sa formidable capacité à faire  le show aussi bien sur les plateaux télévisés  que sur les estrades de ses meetings. Jean-Luc Mélenchon qui, ayant choisi de se présenter en candidat indépendant, niant à la gauche tout ascendant sur lui, pourfendant avec le même triomphalisme ses concurrents de gauche et ses ennemis de droite, se montre maintenant plus drôle, plus efficace dans ses analyses critiques, et moins donneur de leçons. Une recette qui suffit à faire de lui une idole des Français. Le voilà « populaire », la jouissance suprême  pour  lui. Le problème c’est que son projet nous ferait plonger directement dans les affres des régimes communistes du 20ème siècle. Un véritable retour en arrière. Mélenchon, c’est une  machine à remonter le temps à 200 milliards !

Une  progression qui doit faire peur.

La question qu’il faut poser ne porte pas sur Mélenchon et le mélenchonisme, mais sur les conséquences d’une popularité suffisamment ascendante pour secouer les dés une fois de plus. Que se passera-t-il si le chef du parti de gauche devance Fillon et Macron au premier tour ? Les  dégâts sur la droite importent peu.  C’est la perspective d’avoir à choisir entre deux programmes qui sont deux versions marxistes : celle de Mélenchon,  plus contemporaine et celle des années 60 de Marine Le Pen.  Voilà  la France dans une impasse catastrophique si un 2nd tour Le Pen-Mélenchon se produisait. Or, il n’est pas impossible de l’imaginer aujourd’hui. Car une des nombreuses remarques qu’inspire cette campagne électorale d’un style inédit, c’est l’extraordinaire plasticité de l’électorat. Il n’a pas encore fait tout-à-fait son choix et il se porte successivement sur des candidats différents. Le retrait du président sortant dont l’impopularité  perdure, a déverrouillé l’électorat de gauche et permis sa remobilisation. Il faut faire avec.  A contrario, ceux de droite, émus  par  les « affaires » sont en partie démobilisés et peuvent avoir envie de trouver refuge chez Le Pen ou Macron. Ceux de gauche, au fur et à mesure que Macron apparaît comme le  « recycleur de ceux qui ont trahi », vont donc chez Mélenchon. C’est qu’avec 300 milliards de dettes supplémentaires, et un million de chômeurs de plus, il peut y avoir chez les « laissés pour compte » de  politiques qui ont  échoué, une amertume suffisante pour alimenter le besoin de se venger. Voilà où nous aura conduit l'impéritie du président "normal". Voilà pourquoi tous les vases communiquent ? Le critère du choix pour un nombre croissant d’électeurs, n’est plus la tendance idéologique, mais le besoin viscéral de régler son compte à la classe politique.

Le réflexe du vote de raison.

Reste à espérer, que devant la situation internationale qui se tend, l’électorat revienne à la raison.   Qui confierait les  clés de la maison « Elysée » à des apprentis dans un tel  environnement ? Dans ce cas, il n’y a qu’un candidat qui émerge et qui présente les garanties suffisantes par son projet  et son expérience, pour y faire face : c’est François  Fillon. Son discours, à la porte de Versailles, devant plus de 25 000 personnes en fait foi.  Les Français doivent en percevoir le sérieux et la gravité. La tourmente se prépare, on voit de mauvais vents se lever. Il faudra un capitaine à la barre, et qui la tienne fermement ! On a jusqu’au 21 avril  pour les en persuader.

 

 


L’EMBOBINEUR : PEUT-ON LE CROIRE ?

Macron emission pol

 

Il a réponse à tout.

Il sait tout mieux que tout le monde. Il a une élocution vibrionnante  au point d’empêcher ses interlocuteurs de s’exprimer. Comme Ségolène Royal, il a toujours  raison,  même quand il a tort. Il a plusieurs vérités successives qui varient d’une émission à l’autre. Et pourtant, il aurait fait mieux que tous ses concurrents avec 51% de convaincus parmi ceux qui ont regardé « l’émission Politique ». Miracle de  l’audiovisuel qui donne la prime à  l’image et au spectacle aussi superficiels soient-il !

Emmanuel Macron ferait-il un bon président de la République ? Peut-être. En tout cas pas pour moi. J’aurai du mal à confier les clés de l’exécutif à un béotien qui confond dépenses de fonctionnement et d’investissement dans un budget  public, et qui n’en démord pas. Je n’aime pas sa façon méprisante de traiter ses interlocuteurs en « Monsieur-détenteur-de-la-seule-vérité-qui-vaille ». Lui seul est moderne, sous prétexte qu’il  est jeune : il a, d’évidence, encore beaucoup à apprendre et je ne donne pas cher de sa peau après quelques mois de pouvoir. Il découvrira alors que la roche tarpéienne est proche du Capitole. La difficulté, avec M.  Macron, c’est que ses versions changent tout le temps, selon le moment, l’interlocuteur et l’air du temps. Que croire ? Forcément, à un  moment donné  la réalité vous revient dans la  figure  comme un boomerang. Mais avant d’aller voter, on voudrait bien y voir clair.

Beaucoup de baratin et un jeu de bonneteau.

Quelques exemples. Certes, M.  Macron  veut baisser les charges et les impôts qui pèsent sur les entreprises, mais on peut douter que ce geste soit suffisant pour relancer  la croissance.  Le discours sur le temps de travail, la  place du dialogue social est plein de contradictions. On cherche en vain  la capacité  à réduire les  déficits et  la dette quand on considère la  facture des promesses :  Les  60 milliards d’économies annoncés  sont un affichage  plus qu’une volonté réelle,  avec  15  milliards de dépenses nouvelles  auxquelles il  faut ajouter les 50 milliards qualifiés « d‘investissement » alors que le contenu sera affecté à du financement de fonctionnement. La mise en place d’un système de retraite universel par points  ne règle en rien le problème du financement qui ne sera équilibré à l’horizon 2030 qu’en reculant l’âge de départ. Et on ne sait pas comment sera trouvé l’équilibre à long terme. En réalité, le taux de remplacement n’est pas  garanti ce qui veut dire que les pensions diminueront au moment de la liquidation sans compter que les  pensions en cours de  versement seront aussi  affectées. Le choix d’augmenter la CSG n’est pas le meilleur en terme de pouvoir d’achat et pour l’activité, alors que  2 points supplémentaires de TVA sur le taux à 20% auraient un moindre impact sur la croissance, n’aurait pas de répercussion significative sur les  prix et permettrait de  faire participer les produits importés au financement de notre  protection sociale. L’amélioration du pouvoir d’achat qui est prévue oblige à repousser l’application du prélèvement à la source qui en annulerait l’effet au 1er janvier 2018. Encore un tour de  passe-passe. Par ailleurs, l’étatisation de l’assurance chômage mettrait fin au paritarisme sans raison sérieuse et aurait l’inconvénient de  la transformer en assistance-chômage assise sur l’’impôt (la CSG). Le résultat à en attendre, compte-tenu des  marges de financement de l’Etat, c’est une indemnisation faible et de courte durée. Le projet de suppression de 120 000  postes d’agents  publics, c’est  mieux que rien ou que de les  augmenter, mais c’est notoirement insuffisant en regard des enjeux de modernisation et pour l’accompagner de contreparties en rémunération et amélioration des carrières.

Un projet plus à gauche qu’il  ne veut le dire.

Macron pratique l’habillage habilement. Il communique volontiers sur les ralliements venant de la droite. Mais la  plupart des politiques qui le soutiennent sont de gauche, ses collaborateurs sont de gauche et viennent d’organismes conseils du gouvernement, tout comme ses experts.  M. Macron,  bien qu’il s’en défende, est le candidat de contrebande des socialistes, et l’héritier en ligne directe d’une politique qui a échoué. On se demande par quelle magie son projet deviendrait de droite  et lui  « nulle part » sur l’échiquier politique. Et les prescriptions de  M.  Laine, chantre du libéralisme, nous vantant les charmes macroniens, et appelant au ralliement de la droite réformatrice, il serait plus convainquant s’il n’avait pas délocalisé toutes ses activités à Londres il y a deux ans.   En bon libéral universaliste, il est  bien dans la ligne de celui qu’il soutient.

S’il M. Macron est élu, on n’en aura pas fini avec les contorsions, les arrangements, les majorités de circonstance et bonjour l’instabilité … Une situation  périlleuse  pour la France alors  que la guerre gronde un peu partout !

 


DEBAT EN DIAGONALE…

Debat-presidentiel-le-podium

 

Impossible mais nécessaire.

Trop long, trop confus, trop convenu… mais comment faire autrement avec onze candidats dont au moins cinq n’ont pas leur place. Ce fut une discussion-fleuve que malgré tout les deux chaines organisatrices ont réussi à cadrer un minimum. Je l’ai regardé en diagonale et souvent d’une oreille distraite. Amusé par  la voix rocailleuse et les arguments basiques de Lassalle, agacé par  les sempiternelles rodomontades gauchistes d’Artaud figées dans le temps, énervé par l’agressivité donneuse de leçons de Dupont-Aignan qui ne visait qu’un seul, impavide devant  les  arguments creux de  Macron toujours d’accord, hermétique aux arguments de Le Pen, rigolard face aux clowneries de Poutou (je ne devrais pas, il paraît qu’on ne se moque pas), incrédule devant les démonstrations autoritaires d’Asselineau, étonné par les tours de passe-passe de Mélenchon, insensible à ceux d’Hamon, attentif aux réactions toujours aussi posées et précises de Fillon. J’en ai oublié un. Je ne sais plus ce qu’il  a dit. Onze candidats, c’est beaucoup, c’est trop, et cela jette la confusion dans une conversation qui devient alors inaudible.  Restait à faire du théâtre pour exister, ce que Fillon répugne à jouer.

Un débat utile ?

Il est difficile de dire si ce débat télévisé a déplacé les votes. Certes, les candidats s’en sont envoyé des vertes et des pas mûres et aucun sujet n’a été enterré, mais comment développer un raisonnement avec si peu de temps imparti. Les « poursuites » qui empoisonnent la campagne de François Fillon et de Marine Le Pen et pour lesquelles ni l’un ni l’autre n’avaient construit avant leur prise de parole une argumentation, ont été évoquées et ont fait ressortir quelques éléments d’’information utiles. Ainsi face à une difficulté judiciaire il y a une défense possible. Evidemment, l’occasion était trop belle pour les candidats dits « petits », ceux dont les chances d’arriver au second tour sont quasi nulles, d’attaquer François Fillon sur l’inadéquation entre ce qu’on lui reproche et les mesures qu’il propose, notamment d’augmenter le temps de travail : un prélude aux défilés qui ne manqueront pas de  battre le pavé  s’il  est élu,  mais ça, on le savait déjà. Est-ce que, pour autant, le débat a convaincu l’électorat, a confirmé les choix ou les a changés ? Environ 40 % des électeurs se disaient encore indécis à trois semaines du premier tour. Combien ont pris une décision ? Les sondages nous diront rapidement si l’électorat a bougé. Ceux qui regardent sont ceux qui ont déjà des convictions.  Car il faut aimer la politique pour s’arrimer quatre heures durant devant son poste. Mais pour changer d’avis, il faudrait  passer outre ses convictions personnelles et avoir des candidats qui aient le temps de décrire une vision d’avenir, ce qui parait aléatoire quand vous disposez d’un total de 15 minutes à la fois pour cogner l’adversaire et parer les coups. Il y a eu quelques moments utiles comme  celui où Benoît Hamon a attaqué Jean-Luc Mélenchon au sujet d’une politique européenne dont l’issue inéluctable est le « Frexit ». Moments trop rares noyés dans les arguties idéologiques…

Un paysage inchangé.

Après le spectacle, on n’est pas plus avancé : le paysage politique reste aussi étrangement fluide. Le rapport des forces actuel est très fragile et il est appelé à se modifier. Le schisme Hamon-Mélenchon interdit, sauf surprise, à la gauche-gauche tout espoir de figurer au second tour, même si M. Hamon remonte la pente ou si M. Mélenchon la redescend, et rien au cours du débat ne semblait indiquer une telle évolution. Macron reste encore très « friable ». La seule vraie question porte sur le sort de François Fillon. Ses supporters sont convaincus qu’il rééditera son exploit de la primaire, avec une remontée fulgurante trois jours avant le 23 avril, ce qui est largement possible comme en témoignent l’affluence à ses réunions publiques, le déploiement des réunions sur le terrain et la  campagne très active qu’il mène sur tous les fronts, et surtout, le retour des « juppéistes » à ses côtés, comme hier à Provins. Faire revenir des électeurs partis ailleurs ou indécis est toujours une tâche ardue, mais l’énergie qu’il déploie peut surmonter ce défi. Cette campagne a ouvert la vanne d’un flot irrésistible de démagogie. On y dit ce qu’on veut, il suffit pour le savoir d’avoir suivi le grand débat.  Ce flot est certainement le meilleur allié de François Fillon pour faire ressortir le « sérieux » de sa candidature.