HISTOIRE

LE CAS DUPONT-MORETTI

Dupont Moretti

Notre Garde des Sceaux aurait oublié de déclarer 300 000 € au fisc, mais c’est son comptable qui aurait commis l’erreur.  Bref, il aurait réparé immédiatement selon ses dires. On lui en fera grâce car ce n’est pas cela qui a causé ses ennuis avec la justice. Éric Dupond-Moretti fait l’objet de poursuites judiciaires et son bureau au siège du ministère a été perquisitionné en même temps qu’une convocation lui a été remise pour une mise en examen certaine. Il se présente aujourd’hui devant les juges, se disant serein et déterminé.

« prise illégale d’intérêts », vraiment ?

Les juges lui reprocheraient, après avoir été nommé Garde des Sceaux, d’avoir poursuivi ses recherches concernant l’accès des enquêteurs à ses conversations personnelles du temps où il était avocat. Les principaux syndicats de la magistrature et l’association Anticor l’accusent de « prise illégale d’intérêts » pour avoir usé de ses fonctions ministérielles afin d’orienter le traitement de dossiers dans lesquels il serait impliqué comme avocat. En quoi consiste l’interférence dénoncée ? Essentiellement dans le fait d’avoir confirmé, en septembre 2020, l’enquête administrative, initiée par Nicole Belloubet, portant sur les méthodes utilisées par le parquet national financier (PNF) dans l’affaire dite des «fadettes». Trois magistrats du PNF ont, en effet, exploité, sur une période inhabituellement longue pour de telles investigations (six ans) et - comme le relève un rapport de l’Inspection générale de la justice - selon des modalités procédurales présentant des anomalies, des factures téléphoniques détaillées, en vue d’identifier la « taupe » qui aurait informé Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute (dans le cadre d’une précédente affaire). Or nombre des communications téléphoniques ainsi exploitées concernaient des cabinets d’avocats et l’un de ces cabinets était celui de Maître Dupond-Moretti. Voilà toute l’infamie imputée à Éric Dupond-Moretti. Rappelons que ce dernier n’a jamais été le conseil de Nicolas Sarkozy.

Une perquisition théâtrale.

La commission des requêtes de la Cour de Justice de la République, censée filtrer les plaintes contre les ministres, a jugé les plaintes recevables. La commission de l’instruction de la CJR a décidé une fouille des locaux professionnels, ce qui nous a valu, le 1er juillet, le spectacle grotesque d’une justice perquisitionnant le ministère de la Justice. Dix heures au cours desquelles ont été saisis les ordinateurs de la direction des affaires criminelles et des grâces et les téléphones des membres du cabinet… et - détail prémonitoire ? - ouverts au chalumeau de vieux coffres-forts vides… Sans attendre les improbables résultats de cette perquisition, la commission de l’instruction a convoqué le garde des Sceaux en vue de sa mise en examen. La perquisition a duré une journée entière et la convocation lui a été remise avant que les magistrats s’en aillent. Ce qui fait dire aux avocats d’Éric Dupond-Moretti que son sort était scellé bien avant que les investigations produisent le moindre résultat susceptible de l’incriminer. Ces excès laissent sans voix la grande majorité des commentateurs et de la classe politique.

Réglement de comptes ?

On ne peut que ressentir un malaise quand on apprend que les poursuites sont organisées sans respect excessif pour la procédure, au moment où il est de notoriété publique que les relations entre le ministre et ses administrés sont pour le moins tendues.  Car c’est en vertu d’une conception bien extensive des dispositions instituant la « prise illégale d’intérêts » que la commission des requêtes de la CJR, puis sa commission de l’instruction, emboîtant le pas aux syndicats de magistrats, poursuivent le garde des Sceaux dans cette affaire des fadettes. Après les affaires Fillon et Sarkozy, la mise en cause du ministre de la Justice par la Cour de justice de la République pour des motifs dérisoires est une nouvelle preuve du manque d’impartialité de la magistrature, estime Jean-Eric Shoettl, l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel. Si la mise en examen ne fait guère de doute –le contraire serait étonnant- c’est qu’en application de la  jurisprudence Balladur, les magistrats en espèrent sa démission, pour se débarrasser de lui. Depuis son entrée en fonction, l’actuel garde des Sceaux est vilipendé par le gros de la magistrature, que celle-ci s’exprime par la voix de ses syndicats, qui ont vu dans sa nomination une « déclaration de guerre », ou d’une haute hiérarchie judiciaire qui ne craint pas de le morigéner publiquement. Ces mêmes hautes autorités pèsent sur le fonctionnement de la CJR et n’ont pas le réflexe de se déporter. Eric Dupond-Moretti a entendu, non sans avoir recueilli au préalable l’avis favorable de ses services, que soit menée à son terme une enquête administrative justifiée et présentant toutes garanties d’impartialité. Il a par ailleurs délégué au premier ministre toute initiative disciplinaire qu’il y aurait ultérieurement lieu de prendre au vu des résultats de l’enquête… Lui fallait-il enterrer ce dossier pour la seule et étrange raison qu’il a été victime des agissements sur lesquels il porte ?

Acharnement suspect.

La justice n’est pas sortie grandie de diverses affaires où elle a fait preuve d’un acharnement suspect moins dicté par l’application du droit que par l’hostilité contre un personnage. À l’égard de l’actuel Garde des Sceaux, on ne peut s’empêcher de penser que la magistrature est juge et partie. Tout se passe comme si, corporativement mécontente de son ministre, elle cherchait à s’en débarrasser par le biais pénal. La partie parlementaire de la CJR renâcle en revanche à se laisser ainsi instrumentaliser, puisque deux de ses membres viennent d’en démissionner, refusant de prendre part au «semblant de justice» que constitue, à leurs yeux, la convocation du ministre de la Justice. On ne peut pas davantage extraire cet épisode du contexte politique : à dix mois de l’élection présidentielle, les adversaires du chef de l’État semblent se faire un plaisir d’utiliser leur pouvoir pour détruire un ministre régalien et affaiblir ainsi le camp du président. Mais cette fois, ils jouent gros en s’attaquant à un avocat qui a la réputation de savoir « défendre ». Et ce serait un coup pour rien puisque Emmanuel Macron a décidé qu'il ne demanderait pas sa démission.

Quelle indépendance ?

La justice veut affirmer son indépendance, et c’est bien normal. Mais a-t-elle besoin pour autant de camper un contre-pouvoir purificateur et d’alimenter la crise de confiance qu’éprouve notre pays envers son État ? L’indépendance de la justice est aujourd’hui entière, au moins statutairement sinon idéologiquement. Après le «Mur des cons», c’est son impartialité qu’elle devrait manifester. Il est impossible de dire si oui ou non le Ministre sortira blanchi de ce nouvel épisode politico-judiciaire, et surtout s’il le sera avant l’élection présidentielle. Mais je ne crois pas que le pays ait besoin de ce passage obligé, alors que nous ne sommes sortis ni de la pandémie ni de ses conséquences économiques et sociales. Quel bénéfice peut trouver la magistrature à concourir au discrédit des institutions, au moment où celles-ci devraient se montrer soudées face à la crise sanitaire, économique et sociale, comme face à la violence civile, à la délinquance et au terrorisme ?

Rapprochées des affaires intéressant MM. Fillon, Sarkozy et d’autres, les procédures tonitruantes visant MM. Véran et Dupond-Moretti soulèvent des interrogations relatives à la pénalisation de la vie publique. Il est courant de dire qu’on ne juge pas une décision de justice, mais les cas sont nombreux où les décisions sont infondées, de sorte que les magistrats s’acharnent à détruire le principe. À leurs dépens.

 


POURQUOI ON VOTE (OU PAS) : REMONTONS A LA SOURCE !

Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

J’en ai lu des argumentaires sur  l’abstention qui progresse dans notre pays à chaque consultation. Et il faut dire que pour celle que nous venons de vivre, le record a encore été battu et atteint désormais des niveaux dramatiques pour un pays comme la France, réputé être une démocratie. Et les arguments des  commentateurs, plus ou moins experts, sondeurs et autres politologues, sont nourris, nombreux et souvent évidents. Mais, aucun n’a fait le lien pourtant fondamental, avec  ce qui  est historiquement à  l’origine du vote. 

Que nous disent-ils ?

Christophe Guilluy observe que l’abstention est devenue majoritaire parce que l’offre  politique s’est clientélisée, segmentée sur des fractions de population, accompagnant la disparition de  la majorité sociologique. Aujourd’hui, la « majorité » fait sécession. Le monde  politique se serait déconnecté de la société. L’écosystème médiatique, politique et culturel a tourné le dos au peuple,  la  France  profonde,  et ne sert plus le bien commun. L’Ifop, dans son enquête identifie de son côté  « une crise de  foi républicaine », atteignant le  sentiment d’appartenance à un collectif de citoyens formant le corps électoral.  Que ce  soit la droite ou la gauche, le constat prédominant est que cela a  peu d’incidence sur la vie quotidienne. Il est observé aussi un déficit de transmission de la culture républicaine, en même temps qu’une demande  d’une offre  politique sur mesure. De son côté, Dominique Reynié, de la Fondapol, décrit l’abstention comme le résultat d’une campagne écrasée par des thèmes nationaux  et une extrême politisation dans un pays où les partis politiques font l’objet d’un jugement très négatif dans l’opinion. Il voit dans le caractère massif du refus de vote, une « désinstitutionnalisation »  affectant notre vie politique. Une partie des oppositions et du débat public se déplace vers un domaine extra-institutionnel : la « zadisation » en est un bon exemple, les mouvements groupusculaires activistes qui agitent les réseaux sociaux en sont un autre.  L’idée de la convention citoyenne  est un autre moyen de tuer la démocratie institutionnelle. La « désinstitutionnalisation » se radicalise dans la montée en puissance d’un espace public  numérique et s’accomplit à travers des protestations multiformes : vote antisystème, protestation manifestante, abstention  massive. Tout cela  s’ajoute à des causes  plus prosaïques telles que la complexité du mode électoral des cantonales avec ses  doubles binômes, et même  des  Régionales avec son scrutin de  listes régionales segmentées en listes départementales. Les citoyens perdent de vue les mérites indépassables de la démocratie représentative.

Mais voilà, ils oublient l’essentiel.

Pour illustrer mon propos, je vais partir d’une anecdote vécue. C’était  il y a quelques années, dans une vague salle de réunion publique, à  moins que ce fût un  préau d’école, le candidat venait d’égrener son programme et ses multiples projets. On passait alors au temps fort de la soirée, où  une petite foule se pressait, le jeu des questions-réponses. C’est alors qu’un brave gaillard se leva en levant le bras droit, pour demander la parole, le gauche étant occupé avec sa casquette qu’il  avait pincée entre ses doigts et tout en grattant son crâne avec l’ongle du pouce, posa  sa question : « Et combien qu’ça va-t-y coûter tout ça ? » … Tout était dit.  A cette époque-là, les gens s’intéressaient aux élections, et il n’était pas rare qu’ils aillent assister aux prestations de candidats concurrents pour comparer les programmes. Ces citoyens-là étaient aussi des contribuables à qui on ne la faisait pas, ils savaient reconnaître ceux qui promettaient plus de beurre que de pain et surtout veillaient à choisir celui qui, selon le choix de chacun, serait économe des deniers publics. C’est tout bête, le vote,  c’était choisir aussi un budget et des impôts. Voilà la source ! Personne ne nous dit qu’aujourd’hui, elle est tarie ! Et pas un ne fait le lien pourtant évident !

Il se trouve que 57%  des foyers fiscaux ne paient pas d’impôts sur le revenu, ni d’autres d’ailleurs. Bientôt plus de taxe d’habitation pour tous. Alors à quoi bon aller voter : «  ils » peuvent bien faire ce qu’ils veulent, faire valser « un pognon de dingue », trop de nos concitoyens ne sont plus  concernés, quelles que soient les  dépenses, ils ne seront pas appelés à les payer. Les autres, plus riches ont plein de niches fiscales à leur disposition pour adoucir  la note.  Et puis de toutes façons, avec le prélèvement à la source, on leur a même supprimé le geste de payer et en même temps le consentement à l’impôt. Bien sûr, tout le monde paie la TVA, mais  combien savent qu’elle finance en partie les dépenses des Départements et des Régions. Et puis il n’y a pas plus indolore comme impôt.  Après on s’étonne que la participation électorale diminue. Qui peut comprendre qu’avec un tel  système, on a supprimé le frein à la dépense et que, si la charge ne pèse pas sur les porte-monnaie, il y a un prix  à payer quand  même qui s’appelle bas salaires et manque de croissance et donc… chômage.

Bref, pas d’impôts, pas de besoin de voter.

 


Y A-T-IL UNE NOUVELLE MARINE ?

Le Pen 2022

 

Comme Emmanuel Macron qui, lui aussi, est le grand perdant du dernier scrutin avant la présidentielle, l’extrême-droite a contourné la défaite pour repartir, sans ciller et sans discuter du problème posé par l’abstentionnisme, vers le seul rendez-vous électoral qui ait de l’importance à ses yeux. Ce qui vaut pour la République en marche vaudrait donc pour le RN. Le Rassemblement National, à l’occasion de son congrès à Perpignan, a donc décidé de ne pas s’appesantir sur son échec aux élections régionales et départementales et de ne rien changer à son programme. Il a réélu Marine Le Pen triomphalement à la tête de son parti, avec  la « clause de campagne » nommée Jordan Bardella. Mais ne nous y trompons pas, l’enthousiasme n’est qu’apparent. Il ne met pas fin aux vicissitudes que rencontre le Rassemblement National, qui ont été délibérément ignorées, ce qui ne veut pas dire qu’elles ont disparu.

Une abstention symptomatique.

Il est probable que l’électorat de Marine Le  Pen est miné, par la bizarre concurrence d’Éric Zemmour, par les commentaires haineux de Nicolas Dupont-Aignan, ou par ses difficultés financières. L’échec des 20 et 27 juin,  par l’absence d’une partie de ses électeurs, méritait d’être examiné non comme un incident de parcours mais en tant que dérapage suspect, susceptible de s’aggraver. Le tableau général de la politique en France montre un désarroi général qui n’est nullement circonscrit au RN, il s’est installé à gauche, chez les Verts qui n’accoucheront d’un  candidat que dans la douleur, et à l’extrême gauche, dont la stratégie est tout simplement suicidaire. Il a touché la droite. Certes il valait mieux gagner que perdre et les Républicains nous le font savoir, mais le stock de leurs voix est quand même en baisse par rapport à 2015.  Tout concourt à une incertitude qui risque de durer jusqu’en avril prochain.

Pourtant, le défaut de participation de l’électorat d’extrême-droite est anormal  car il est habituellement marqué  par la fidélité et valorisé par l’abstention des autres. Il y a donc une explication plus  profonde.  Il semble aussi que le choix de têtes de  listes « transfuges » venues de l’UMP, comme Mariani et Garraud, qui avait pour but de capter un supplément d’électeurs de la droite républicaine ait eu un double effet contre-productif : de la défiance des électeurs traditionnels marinistes sans élargir la base électorale. Globalement, dans une France rétive au vote, la participation RN est rentrée dans le rang, d’autant plus que Marine Le Pen à appeler à aller voter par  une ferme injonction qui visait à secouer ses électeurs au soir du premier tour sans qu’elle soit suivie d’effet une semaine plus tard.

Le prix de la « normalisation ».

Depuis qu’elle a pris en main le Front National,  puis le Rassemblement National, Marine Le Pen n’a cessé d’agir dans sa stratégie de « dédiabolisation », pour rendre  le parti attirant et le sortir du fossé contestataire et extrémiste où son père l’avait ancré. Si l’on s’en tient à ses déclarations, la cheffe du Rassemblement National n’a absolument plus rien d’inquiétant. Elle s’en est parfaitement expliquée sur France info : elle est pour l’Europe et pour l’euro, elle est anti-islamiste mais respecte profondément la religion musulmane, elle a un plan pour la réforme des retraites qui n’est pas pire que les autres et elle est toute en modération par ses prises de position plus centristes que radicales. Elle avait même averti « si le RN ne gagne aucune région dimanche, ce n’est pas son affaire : elle continuera son irrésistible marche en avant », comme Macron. Résultat : son électorat ne la suit pas quand elle appelle à l’aide et aucune région ne tombe de son côté. En gommant les aspérités de  son programme, s’est-elle banalisée au point qu’elle ne peut  plus être le réceptacle de la  colère de ses habituels  mécontents ? En résumé : elle ne suscite  plus d’enthousiasme ! Alors si même  le mouvement du candidat n’y croit plus, qui y croira ?

Qui mieux que la droite …

Aujourd’hui, il est difficile de dire de quoi Marine Le Pen est vraiment le nom après avoir modifié ses convictions au point d’adopter celles de la droite. Elle a même eu l’occasion de dire que la dette due à la pandémie était remboursable ! Sa reconversion au centre droit lui a en tout cas réussi puisqu’elle semble avoir retrouvé, au moins médiatiquement, une partie de la crédibilité qu’elle avait perdue en 2017. Ainsi, le RN serait un parti comme les autres, et sa patronne ne serait pas plus radicale qu’un Eric Ciotti.

Il est facile de prétendre que Marine Le Pen ment pour se faire élire et que, une fois élue, elle s’empressera de retrouver ses fondamentaux. Mais personne n’a la preuve de cette manipulation, qui ne sera vérifiable qu’après coup. Pourtant, à force de  vouloir trop ressembler à la droite républicaine, on  peut nourrir un soupçon. C’est que les gens qui l’entourent ont souvent des convictions racistes, antisémites, intolérantes, qui n’ont pas d’autre débouché que le Rassemblement National. Elle ne peut pas davantage ignorer son passé, les opinions de son père, ce que le Front National a représenté même s’il a changé de nom. Son message : « J’ai changé, je suis une bonne fille » ne doit pas faire illusion. Elle a construit sa carrière sur un socle d’intolérance, sur des concepts réfléchissant les vieilles idées de l’extrême droite, terme qu’elle rejette avec vigueur mais qui lui colle à la peau. Chassez le naturel, il revient au galop, et même si elle était sincère, il y a certes le programme, mais il y a aussi le risque de la pression exercée par les adhérents. Même à contrecœur, Marine Le Pen pourrait être incitée à prendre des mesures répressives bien plus tôt qu’elle ne le croit. Et d’autant plus qu’elle voudra reconquérir le coeur de ceux qui l’ont abandonné aux Régionales.

Vous m’avez compris : puisque les électeurs de droite ont le choix, autant préférer l’original à la copie. Inutile de prendre le risque !

 


CANDIDAT A DROITE : NE GÂCHONS PAS LA FÊTE !

 

Iznogooud 4

Il  n’en fallait pas plus pour que l’espoir change de camp : une belle  victoire incontestable aux élections départementales et régionales. Pour 62% des Français,  la droite est désormais favorite pour la victoire. Comme le dit très bien Brice  Hortefeux, en expert de la politique française : LR, c’est l’espoir, LRem c’est un mirage et la  gauche c’est un  puzzle.  On ne  peut mieux décrire la réalité du paysage politique. Mais le combat n’a  pas encore  changé d’âme !  Car une terrible hypothèque pèse sur le destin de la  droite : elle n’a droit qu’à un candidat ! Il faut donc qu’elle le choisisse et le plus tôt  sera le mieux. Le temps presse en effet. Nous vivons à une époque où le temps long n’a  plus sa place. La  chance de la droite est d’avoir à sa disposition plusieurs candidats qui ont la carrure  pour exercer le pouvoir suprême parce qu’ils ont un parcours, une expérience et fait leurs preuves. C’est aussi son handicap. Les prétendants sont condamnés à s’entendre et ils n’ont pas le choix. Le  mieux serait qu’ils se mettent d’accord pour « y aller » tous ensemble en en mettant un ou une en avant.

Redonner confiance aux Français.

Plus que jamais, l’union fera la force. Rien ne serait pire pour notre démocratie que de présenter le spectacle pitoyable d’une guerre des egos, sur laquelle, cyniquement, compte la Macronie pour continuer à prospérer. La faible participation électorale n’est pas une fatalité. La preuve,  en Corse, la participation a été plutôt correcte, les Corses  avaient  probablement envie de montrer  leur  motivation régionaliste et ils ont réussi. Je suis persuadé que si la droite s’avance rassemblée  pour la  présidentielle, la  participation sera au rendez-vous. A condition, aussi, qu’elle s’adresse au peuple en entier, jeunes et moins jeunes, gens des territoires et des métropoles, somewhere et anywhere pour les technos, à ceux qui travaillent et se lèvent tôt à qui il faut redonner un sens à leur effort, et à ceux qui sont privés d’emplois à qui il faut redonner un espoir de réinsertion…  J’ai une autre certitude, il n’y aura qu’un candidat, et celui-là devra s’appuyer sur le  principal parti de la droite, Les Républicains. Il n’y a pas de démocratie vivante sans parti politique et il n’y a pas de campagne électorale sans militants qui prennent en charge la propagande, sur le terrain comme sur les réseaux, qui tiennent les bureaux de vote  et qui veillent à l’honnêteté du scrutin. Il  est inutile de chercher à contrer l’abstention en apportant des réponses bureaucratiques, telles que vote électronique, vote blanc ou vote obligatoire. On ne fait pas boire  un âne qui n’a  pas soif. La seule réponse,  c’est de redonner « envie » !

La dernière cartouche.

Pour la droite, en particulier, mais pour les partis traditionnels  en général, la prochaine échéance sera cruciale. L’analyse de Christophe Guilluy est imparable. Les  partis actuels ont été conçus pour représenter une société structurée avec une classe moyenne centrale, intégrée et majoritaire. Aux dernières élections, ils sont sortis vainqueurs, LR et PS notamment, mais sans le  peuple.  Nous n’avons pas assisté à un retour du monde ancien. Ces partis s’en sont sortis parce qu’ils peuvent encore s’appuyer sur les héritiers des Trente Glorieuses  qui forment leurs électorats captifs et disciplinés, prêts à se mobiliser pour leurs sortants. Avec un  peu de  prospective, on s’aperçoit que leur stock de  voix  va en diminuant, qu’ils se renouvellent peu, et que leur destin est inscrit dans la  pyramide des  âges. Ils tiennent grâce aux « survotants » ayant plus de 70 ans. Sans renouvellement de leur sociologie, ce partis sont condamnés à terme.  « The clock is ticking » dirait Michel Barnier. Le  challenge peut encore être relevé lors de la  prochaine élection.  Si elle est gagnée, Les Républicains auront un  mandat de prolongation pour réparer, panser, conforter la classe moyenne aujourd’hui fragilisée, désaffiliée, et notamment son socle populaire. Et réhabiliter le rôle du parti politique. Aujourd’hui les 2 Français sur 3 de  Giscard se sont réfugiés  dans l’abstention, manière de contester un modèle qui ne les intègre plus ni économiquement, ni culturellement.  Les jeunes, les actifs, les classes populaires qui subissent le modèle actuel du « en même temps » se sont abstenus. Une partie du pari se mesurera déjà par leur retour aux urnes. Encore faut-il que la campagne électorale s’adresse à eux et parle des réalités qu’ils connaissent : la question de la souveraineté, des villes  moyennes, du rural, de la réindustrialisation, de l’immigration... En tout état de cause, ne  pas participer au second tour signerait l’arrêt de mort de notre  famille politique. J’espère que nos prétendants ont cette réalité dans la tête.

Il est temps de revenir aux réalités.

La démocratie meurt de la  légèreté de ses élites, dit Yvan Rioufol. Il a raison. Comment peut-on croire un président qui s’inquiète d’une société qui se « racialise » quand tout est fait par sa majorité pour nourrir le  communautarisme à l’Assemblée nationale. Cette  majorité « progressiste » qui prétend nous imposer des valeurs imposées en fait par des groupes de pression, est vécue comme méprisante par la masse du peuple. La loi bioéthique et ses dérives génétiques votées par les députés après avoir balayé d’un revers de  manche tout le travail du Sénat, impose un texte qui va créer des enfants sans père, des chimères homme-animal, des « bébés médicaments »… Cette majorité présidentielle qui a récolté 7,1% des voix exprimées !  Le détournement de la volonté populaire est manifeste et constitue le cœur de la  crise. Le Président qui voulait faire de ce scrutin un test national veut maintenant « l’enjamber » parce que le résultat ne lui convient pas. Le déni est la règle pour l’exécutif. Jean  Castex parle de « citoyens buissonniers qui avaient la tête ailleurs ».  on ne peut pas faire plus méprisant. Nos responsables politiques ont donc un devoir, que les  élus de droite qui sont beaucoup sur le terrain ont bien compris,  c’est celui de renouer le contact avec le peuple « dissident ». C’est bien pourquoi Xavier Bertrand  a voulu adresser ses premiers mots « aux silencieux, aux invisibles, aux oubliés ». Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, par leurs résultats,  sont aussi légitimes que le Président des Hauts-de-France. La  droite n’est pas démunie et est crédible.

Reste à analyser la contre performance du Rassemblement national. Là-dessus j’ai ma petite idée. Ce sera le  prochain sujet.

 


QUAND « SUPER BARNIER » EST AUX MANETTES !

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Le « Journal secret du Brexit »  que Michel Barnier a livré sous le titre « La grande illusion » se  lit comme une aventure passionnante vécue au jour le jour. Ce pavé de 500 pages, véritable chronique de négociations improbables avec des Anglais retords à souhait, est une expérience unique de quatre ans et demi, dans le décor des capitales européennes, avec comme acteurs tous les puissants de notre continent, et ses épisodes de noblesse mais aussi de petitesses et de fourberies, ses rebondissements et ses coups de bluff, sans oublier quelques moments intimes et réflexions personnelles qui en donnent toute la dimension humaine.

Michel Barnier s’y révèle comme un "grand monsieur".

Pour parvenir à éviter un « no deal » catastrophique, Celui que l’Union européenne a choisi pour mener la négociation,  a fait preuve d’une endurance  sans pareille. Il y est parvenu en réussissant d’abord à unir l’ensemble des Etats membres jusqu’au bout de l’ultime nuit, ce qui n’est pas un mince exploit, et à parer tous les coups tordus, les  postures, les exigences, les tactiques parfois redoutables de nos « amis » britanniques, ce qui constitue en soi une véritable gageure. S’il l’a fait, c’est en tenant en permanence la règle de l’unanimité, véritable force sur laquelle la perfide Albion a buté à chaque instant, en respectant ses  mandants, les peuples de  l’Union et sans jamais confondre  « le  sentiment populaire et le  populisme ». Ainsi, le respect de la parole de  chacun et de  la parole donnée sont  au coeur de ce « roman » du Brexit où, de Gibraltar à la pêche, en passant par la  « problématique » irlandaise, tant d’événements, de rencontres, d’échanges, que l’auteur nous fait vivre de l’intérieur. On n’en perd  pas une miette. Michel Barnier traverse ces quatre années et demi  comme un menhir, bénéficiant de  la confiance  des instances européennes, quels qu’en soient les responsables, de Juncker à Van des Leyen, en passant par  Macron, Michel, Merkel, Tusk, Sassoli et côté anglais  May, Johnson, Davis, Raab, Barclay, Gove  … Il  joue dans la cour des grands avec brio en sachant s’entourer de collaborateurs remarquables  constituant une « task force » incontournable. Confiance est le  maitre mot de la négociation, à tous les niveaux. Et le mérite d’avoir su la créer lui en revient !

Préserver  l’Union européenne du Brexit.

Michel Barnier a mené ces négociations en connaissant parfaitement les tentations de peuples  européens pour les quels le  Brexit pouvait être un modèle  ou un exemple. Quand le verdict tombe le 23 juin 2016  de l’autre côté de la Manche, nous savons, avec lui, qu’un tel vote reste possible  dans d’autres pays de  l’Union, dont le nôtre. Il a dû regarder en face nos  colères  et le  fantasme de l’indépendance. S’il avait en tête  de faire en sorte que l’Union et tout ce qu’elle implique d’avantages soit préservée, il  s’était aussi donné comme objectif de parvenir à un accord avec  le Royaume-Uni  qui soit aussi fécond que possible dans un respect  mutuel. Son credo est clair : « la  grande illusion est de croire à la promesse d’une identité et d’une souveraineté solitaires plutôt que solidaires ». Il lui a fallu des nerfs d’acier et imposer un calme  à toute épreuve,  puisé dans l’unanimité des 27 pour affronter le royaume des « tabloïds » soutenant agressivement le « Leave », les mensonges de Nigel Farage qui ne donnait pas cher de l’Europe sans l’Angleterre, les fractures de la majorité d’un parti conservateur changeant de Premier  ministre au milieu des négociations, passant de la ténacité de Theresa May aux foucades imprévisibles de  Bojo. Sang froid et méthode ont fini par triompher. Il faut absolument lire ce livre  pour comprendre dans le détail et en creux tout ce que l’Europe fait  pour nous, pour nous protéger et comme  marché unique, ce que les  commentateurs de nos médias et nos politiques prompts à mettre sur le dos de l’Europe leurs propres insuffisances ignorent.

L’Histoire retiendra son rôle.

Le traité auquel les négociations ont abouti  pourrait s’appeler « traité  Barnier ».  Il a joué un rôle majeur. On se demande qui a sa  place aurait pu réussir. Elu local de Savoie, ministre de  l’environnement, des  affaires européennes, des affaires étrangères, de l’agriculture, commissaire européen, cette négociation fait de lui l’un des  politiques français les plus capés, les  plus gradés, en un  mot les  plus robustes. Il a un entregent considérable en Europe et dans le  Monde et s’est trouvé l’égal des chefs d’Etat. « Patriote et européen » comme il aime se décrire, il a  déclaré vouloir désormais œuvrer pour l’avenir de son pays. On le sait engagé pour sa terre, pour notre langue,  pour les territoires et  leurs particularismes, il souhaite voir notre immigration suspendue pendant cinq ans, il parie sur le courage du collectif pour relever les défis du relèvement de la France et se réinventer. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin » aime-t-il affirmer. Et récemment, il a déclaré qu’il « serait au rendez-vous ».

On aurait bien tort de se priver d’un tel homme aussi talentueux.

La grande illusion, journal secret du Brexit, de Michel Barnier, Gallimard.

 


FINANCES : LA FRANCE RUINEE !

Pluis de billets

L’horizon s’éclaircit après des mois de crise sanitaire et une reprise de l’activité encourageante. En revanche, le niveau de surendettement du pays assombrit le tableau de manière inquiétante, avec des chiffres du « quoi qu’il en coûte » toujours plus vertigineux : 70 milliards  d’€ d’aide d’urgence aux entreprises, dont 35 milliards pour l’indemnisation de 8 millions de chômeurs partiels,   37 milliards de recettes budgétaires perdues, 36 milliards pour le  plan de relance, 14 milliards de dépenses sanitaires supplémentaires. Au total, la crise sanitaire aura coûté 424 milliards d’€.

La France va dans le mur, elle est incapable de se réformer et est accro à la dépense publique. Au premier  trimestre, la dette publique a augmenté de 89 milliards d’€, dont plus de 61 milliards attribuables à l’Etat, pour atteindre 2739, 2 milliards d’€, soit 118,2% du PIB fin mars. Un record historique qui porte l’endettement de notre pays au double du plafond limite fixé par les règles européennes. Celles-ci sont gelée jusqu’à la fin de la crise, mais  déjà l’Allemagne, plus économe, réclame qu’on revienne le plus rapidement  possible à l’orthodoxie. De tous les pays européens c’est la France qui a le « gap » le plus large à combler  pour rentrer dans les clous. La croissance  prévue ne suffira  pas, c’est une évidence.

Les efforts  budgétaires  envisagés  sont notoirement insuffisants.

 C’est moins le coût de la crise Covid qui est problématique que l’endettement croissant continu  au cours des dernières années. Si nous continuons de bénéficier de taux d’intérêt bas en raison, principalement de la  politique accommodante de la BCE et aussi grâce au surcroît d’épargne dans le monde, il n’en reste pas moins que cette situation est un facteur de fragilité. Le pays n’est pas à l’abri d’être un jour  sanctionné par  les marchés financiers, face à la discordance, par exemple, avec les budgets mieux tenus des autres pays européens, et notamment l’Allemagne (toujours elle). La Cour des Comptes  rappelle  d’ailleurs que si le sujet de la soutenabilité des comptes  publics s’inscrit dans un temps long, les manifestations d’une perte de confiance peuvent être rapides et brutales. C’est pourquoi elle rappelle la nécessité de s’attaquer au rétablissement de ses comptes à compter de 2023. Or dans sa stratégie budgétaire pour les prochaines années, Bercy prévoit de freiner la progression des dépenses publiques à 0,7% par an pour faire refluer la dette à partir de 2027. Notoirement insuffisant pour les magistrats de la rue Cambon. En 2024, le déficit de la France resterait l’un des  plus élevés de la  zone euro et le niveau de la dette resterait stable, alors que celui de ses principaux  voisins refluerait significativement.

Le danger du confort des taux bas.

Rappelons qu’une augmentation d’un point de taux d’intérêt conduirait , en France, à une hausse de 2,5 milliards d’€ de la charge de la dette la première année, et de 29 milliards à dix ans.  Ne rien faire de sérieux sur la dette fait  planer un vrai danger sur notre pays,  qu’il s’agisse de ses finances  publiques, de sa croissance et du niveau de l’emploi. La reprise aux Etats-Unis est un facteur de risque supplémentaire : celui d’une reprise de l’inflation et de  la remontée des taux d’intérêt qui va avec  est le principal. Certes, la FED temporise en jugeant que tant qu’il y aura du chômage, les salaires donc les prix resteront calmes, mais la situation évolue rapidement. Et il sera difficile à la BCE d’aller aussi loin que la FED dans la capacité à supporter une inflation à plus de 3%, celle-ci restant en Allemagne un tabou, d’autant plus pesant que le pays approche d’une échéance électorale majeure. Le nouveau patron de la CDU a prévenu : l’emprunt européen mutuel est temporaire et ponctuel, il n’est pas et ne doit jamais être une prémisse à une Union de la dette. Dans son document électoral, le slogan de la « stabilité » revient en boucle. Et le gouvernement fédéral se fixe comme objectif de représenter le plus rapidement possible un budget à l’équilibre et réduire à 60% le ratio d’endettement des administrations publiques.

Christine Lagarde, véritable ministre des finances en France.

Par la force des choses, la présidente de la  BCE est devenue le « contrôleur général des Finances » de la  France, en charge de faire rentrer l’argent dans les caisses. Ainsi, l’an dernier, la  BCE  de concert avec la Banque de France, a acheté a hauteur de 186 milliards d’€ des titres de dette française, soit l’équivalent de 88% de tous les besoins financiers de nos administrations publiques, déficitaires de 212  milliards d’€.  A ce jour, elle détient 650 milliards d’€ de titres français, le ¼ de notre dette publique. Jamais il n’y aurait eu de « quoi qu’il en coûte » sans la BCE. Pourtant  Bercy peut se  prévaloir d’une hyperpuissance quasi unique au monde. Cette forteresse de béton administre à  la fois les finances de l’Etat et l’économie du pays en entier. L’hyper-administration française, unique en Europe, emploie 131 000 fonctionnaires et se déploie dans un labyrinthe de 42,8 km pour le siège parisien de Bercy, arpentés  par quelques 5 100 fonctionnaires, répartis en une vingtaine de directions d’administration centrale et commandés par cinq ministres délégués, eux-mêmes chapeautés  par le Ministre de l’économie et des Finances. La crise a aggravé la tendance naturelle : prêts garantis par l’Etat, fonds de solidarité divers et variés… les tuyaux de perfusion ont porté le dirigisme étatique à son paroxysme.  Résultat : politique industrielle aux abonnés absents, taux d’endettement record tant pour les entreprises privées que pour l’Etat. Avec cette gestion hypercentralisée, le bateau France  prend l’eau et ce sont les fonds de la BCE qui le maintiennent à flot. Qui fiance, commande   !  Christine Lagarde est en dernier ressort la vraie patronne de Bercy.  Encore une chance qu’elle soit française. Nos volumes d’achat sont garantis jusqu’en 2022. Ouf ! Bref, Bercy est un colosse aux pieds d’argile Bruxelles vient de prolonger jusqu’en 2023 la suspension des règles du pacte de  stabilité budgétaire. Re-ouf ! Mais après ?

Les successeurs d’Emmanuel Macron vont hériter d’une France en lambeaux avec un fardeau énorme à redresser. On pourrait se demander pourquoi il y a tant de volontaires pour vouloir le faire  tant la tâche paraît démesurée !  

Mais de décourageons  pas les bonnes volontés.

 

 


MAINTENANT, TOUT COMMENCE !

Logo Les républicains

Disons les  choses clairement : il n’est  pas question de minimiser la victoire des sortants  et encore moins celle des  présidents LR ou assimilés  sous prétexte que  le taux d’abstention est très élevé. La droite LR et ses alliés contrôle 7 régions et 73 départements et remporte largement devant  les autres partis en nombre de voix cette échéance électorale. Les absents ont  toujours tort,  rien n’empêchait les électeurs de se rendre aux urnes si ce n’est une distribution calamiteuse des  documents électoraux, jamais vue sous la  Vème République et que l’on peut  mettre sur le compte de l’incompétence de M. Darmanin au Ministère de l’intérieur. Il était pourtant bien placé  en tant que candidat pour savoir qu’une entreprise privée n’a pas la même facilité d’accès aux boites aux lettres dans  les immeubles, aujourd’hui souvent « bunkérisés », que les facteurs de La  Poste. Inexcusable ! « Les Républicains » est aujourd’hui la formation politique qui occupe la première  place dans notre pays, avec  les villes, les départements, les Régions qu’elle dirige et au parlement ses 100 députés  et la majorité sénatoriale. Le RN et Macron se sont cassés les dents dessus. 

Une  double défaite qui bouscule le paysage politique.

Tous les candidats Lrem, là où ils avaient pu se maintenir, sont relégués à des scores humiliants.  C’est un terrible échec pour le Président de la République. Non seulement La République en marche n’a pas réussi à s'imposer comme une force dominante du paysage politique, mais en plus, elle est apparue comme une intruse dans un jeu droite-gauche relancé. Beaucoup de ses électeurs du premier tour ont pensé que leur vote serait plus utile ailleurs. En fait son parti a même servi à rien : il est à peu près certain,  que même en Paca, Renaud Muselier aurait fait un meilleur score dès le 1er tour s’il n’avait pas pris des candidats  Lrem sur sa liste.

La défaite du parti de Marine Le Pen est l’autre mauvaise nouvelle pour Emmanuel Macron.  Marine Le Pen voit s’effondrer sa stratégie de « dédiabolisation ». A force de vouloir ressembler à la  droite, son parti a  perdu sa  vocation contestataire qui faisait son succès. Du coup malgré les sondages qui donnent encore  le duel Macron /Le Pen pour la présidentielle, ce scénario a pris du plomb dans l’aile, car la dynamique est en train de changer de camp. Elle n’est pas du côté de Lrem pas plus que du RN. Le décalage est si important qu’il est impossible de feindre de croire que le paysage politique n’est pas modifié.

La droite a maintenant de grands devoirs.

Le jeu de Lrem qui voulait recomposer le paysage politique en décrédibilisant la droite a lamentablement échoué. Macron voulait rendre la candidature d’un LR impossible, il en est pour ses frais. Désormais, dans l’électorat modéré, la certitude que Macron est son meilleur candidat  n’est pas établie, car, au regard des trois thèmes dont on peut prédire qu’ils seront au cœur de la thématique de campagne, les personnalités de droite sont bien plus crédibles que lui sur les questions sécuritaire et identitaire et par ailleurs bien plus rassurantes que Marine Le Pen sur les enjeux économiques. Les Bertrand, Pécresse, Wauquiez, Barnier, Retailleau, sont plus en phases avec les aspirations des Français en pleine « droitisation », comme  l’a montré la récente étude de la Fondapol.

Face  à un président  plus préoccupé de sa  propre réélection que de gouverner  la France, les candidats potentiels de la droite doivent d’abord mettre entre parenthèse les problématiques d’ego, prouver, et non plus se contenter de promettre, que celui qu’elle désignera « fera » ce  que les Français attendent. Il faudra choisir le plus rassembleur possible tout en convaincant le  pays qu’une équipe responsable et soudée autour d’un projet est prête à prendre la relève.  Il  lui revient de montrer qu’elle est capable d’afficher des convictions, une ligne politique et un programme dans l’intérêt du pays sans plier devant la tyrannie du « politiquement correct » qui voudrait imposer la  mauvaise  conscience et la repentance. C’est parce qu’elle sera capable  de montrer sa détermination et sa volonté de renouer avec les fondamentaux de la « res publica » qu’elle retrouvera la confiance du peuple, toujours digne de respect, dans une démocratie. Elle a désormais un boulevard devant elle si elle veut saisir sa chance mais il  lui faut à la fois choisir un seul candidat et jouer collectif. C’est plus qu’un devoir, un impératif !

Traiter  les vrais sujets.

La future équipe qui prendra le pays en charge en 2022, aura à gérer une situation désastreuse laissée  à la fois par Hollande et Macron qui en a continué la politique. Après deux quinquennats  pour rien, la dette publique atteint 2 750 milliards d’Euros à 120% du Pib, le déficit des comptes nationaux est abyssal, la société est rongée par la  violence et le communautarisme, le chômage atteint des dimensions monstrueuses, avec 4 à  6 millions de personnes dans la pauvreté. Et cela dans un pays où  les dépenses publiques, les impôts et les cotisations sociales restent les plus élevés des  pays industrialisés. Il  s’agira  d’accomplir un devoir pour le  service de la France, qui nécessitera un discours de courage et de vérité, sans provocation  inutile mais sans démagogie. Le  gouvernement devra rester  droit dans ses bottes  pour appliquer une politique de  fermeté  quant à la sécurité, la maîtrise des frontières et des migrations et le respect de la  laïcité que près de 70% des Français réclament. La vérité et la transparence sur les résultats rétabliront la  confiance. Enfin, la  crise sanitaire a mis en pleine lumière les défaillances administratives des services publics, en particulier l’hôpital et l’école pour laquelle il faudra mettre fin à la politique de nivellement par le bas et à l’effondrement du niveau dans toutes les disciplines. Dernier devoir, et pas le moindre, il reviendra à la droite de rétablir dans toute sa dimension ce qui a été le symbole de la  France pendant des siècles : la liberté,  mise à mal par toutes les  mesures  et les ingérences des contraintes sanitaires. En corollaire, c’est le grand chantier de  l’avenir de notre démocratie, sapée par les mouvements de l’ultra gauche islamo gauchiste, qu’elle devra ouvrir afin de restaurer une démocratie à la  fois représentative dans laquelle le Parlement retrouvera tous ses droits, et à  l’écoute du peuple grâce à al consultation référendaire.

 Pour elle, tout commence, elle n’a pas le droit de décevoir !

 


FAIRE GAGNER LA RAISON !

Christelle Morancais

 

Dimanche prochain, dans la région des Pays de la Loire, vous aurez le choix entre la liste de la majorité sortante de la droite et du centre conduite par Christelle Morançais et celle du rassemblement des ayatollahs verts et des totalitaires communistes et islamo gauchistes de la France  insoumise  conduite  par  Matthieu Orphelin-le-caméléon. Les voix qui se porteront sur la liste Lrem de François de Rugy seront des suffrages inutiles. Car il s’agit d’un choix crucial pour les  six années qui viennent. 

Le conglomérat rouge vert au service des idéologies.

Comment peut-on avoir foi dans les propositions d’un candidat qui change de casaque à chaque élection ?  Les listes fusionnées proposent 25 engagements à guichets ouverts tels que salarier les  médecins dans les territoires et coercitives pour inciter à utiliser massivement les moyens de transports en commun.  1 milliard d’euros dans la transition écologique, 50 000 emplois verts, 50 000 contrats nouvel emploi, des plans d’avenir et de transformation, prêt garanti à taux zéro pour la mobilité, une nouvelle carte jeune et un chèque « bien manger » de 50€/mois, objectif zéro décrocheur avec  50 000 (encore)  contrats d’accompagnement, la sécurité par plus de prévention, et des fonds d’aides en veux-tu en voilà. Un catalogue de la Redoute ancienne mode de mesures toutes plus coûteuses les unes que les autres. Et qui paiera ? De l’économie dirigée bien prise en main par  la  puissance publique. Il ne manque plus que les kolkhozes. On sait ce que ça coûte, mais on sait aussi que ça ne marche pas. 

La raison et le pragmatisme au service de tous.

Les Pays de la Loire font aujourd’hui figure de région de référence pour l’emploi, pour l’apprentissage, pour la qualité de vie, pour l’engagement et la solidarité. Ses forces lui ont permis de tenir face à la crise et, malgré les difficultés, de résister mieux que la plupart des autres régions. La Région a tenu parce que la majorité a agi vite et fort !

Christelle Morançais mène cette campagne sur des thèmes essentiels :

- L’emploi qui est la priorité n°1,  en défendant la valeur travail en s’appuyant sur l’économie réelle, le tissu des entreprises, face à l’assistanat et aux promesses démagogiques de la gauche.

- La sécurité, qui est la 1ère des libertés, alors que la gauche taxe la majorité sortante d’en faire trop et d’entretenir le « sentiment d’insécurité ». Mais la réalité est simple : la gauche n’aime pas la sécurité, elle refuse de défendre nos policiers ou de dénoncer une ZAD ! Nous continuerons à aider nos maires à investir dans la sécurité pour mieux protéger la population.

- L’écologie, mais une écologie de la croissance, des emplois et des projets. Une écologie à la hauteur du potentiel scientifique, technologique et industriel de notre région. Une écologie à l’exact opposé de l’écologie punitive et dogmatique de la gauche et des écologistes.

La victimisation, vieille ficelle du gauchisme intersectionnel.

Matthieu Orphelin, si certain de gagner dimanche prochain a perdu ses nerfs : il a violemment insulté Christelle Morançais au prétexte que des propos homophobes auraient été  tenus à son encontre la veille sans qu’on soit certain de la  qualité des  personnes qui les auraient proférés.  Mais Christelle est forcément complice. Vieille pratique gauchiste qui consiste à se victimiser pour mieux être agressif et crier au racisme.  Et ne comptez pas sur les féministes à la mode pour venir au secours de notre tête de liste, d’abord parce que l’agresseur est "du bon côté" et que Christelle Morançais a la mauvaise idée d’être "une femme blanche et de surcroît  hétérosexuelle" !  De plus, ce ne sont pas les compagnons de la France insoumise, adeptes de la « cancel  culture », de la « déconstruction » et de l’intersectionnalité qui désapprouveront Orphelin, ils pratiquent le même  langage. Les extrêmes sont les rois de l'intimidation comme Mr Melenchon face à la police lors de sa perquisition. Ces procédés sont ceux employés  par les totalitaires de tous acabits.  Avec eux, point de débat possible.  Ils n’ont de démocrates que la façade, derrière c’est la dictature de leur idéologie qu’il faut imposer à tout prix.  Donc Christelle Morançais ne participera pas à un débat d’entre deux tours  et elle a bien raison, ce serait du temps perdu. Ce qui compte, c’est que toutes les électrices et électeurs attachés aux valeurs de modération, de tempérance, de sérieux budgétaire, portées par  la droite et le centre, votent massivement pour sa  liste dimanche  prochain.  

La  victoire de la liberté sur la dictature de la pensée doit être éclatante !

 


NI MACRON, NI LE PEN !

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Ni Macron, ni Le Pen, tel est l’enseignement principal, certes fragile, de ce premier tour des élections départementales et régionales. Fragile parce que seulement un tiers des Français s’est exprimé  et  l’abstention record  ne permet pas de conclusions solides. Encore que, celui qui ne dit mot consent, selon l’adage.

Radioscopie d’une abstention massive.

Les raisons sont multiples. On invoquera la sortie de crise covid, évidemment, mais ce serait une erreur d’y voir une cause importante, même si les conséquences sur la campagne électorale ont  pu jouer. Le désintérêt est plus profond : le climat général est au rejet de la politique et la tactique de Macron y est pour beaucoup avec ses discours changeants, l’envoi de ses ministres sur le terrain ou encore le coup de Castex qui annonce depuis Paris la recomposition politique en PACA par une manœuvre avec gros sabots et ficelles en cordages de marine. A force de faire croire que la droite est foutue  et que la gauche est encore pire, sujet traité en continu sur les chaînes du même nom, les braves citoyens, en dehors de ceux qui ont de vraies convictions chevillées au corps, ne savent plus quoi penser.

Et puis il y a l’objet du vote : départements et régions, deux votes le même jour, ça n’est toujours pas passé dans les mœurs. Les Conseillers départementaux en binômes, avec binômes remplaçants, pour une assemblée  dont on ne sait plus très bien à quoi elle sert depuis la loi « NOtre », c’est bien compliqué. Et pour les Régions, c’est la même chose, sauf que ça n’est pas le même mode de  scrutin.  Bien peu de médias ont pris le temps d’expliquer  leurs compétences et en quoi notre vie quotidienne est très concernée. Les quelques « grands débats » organisés avec tous les  candidats n’encouragent pas à aller voter, c’est le  moins qu’on puisse dire : trop longs, ennuyeux, temps de paroles limités, cacophonie. Si en plus, parce que l’Etat n’a pas bien fait son travail, les citoyens ne reçoivent pas les professions de foi des candidats que certains attendent pour faire leur choix, pourquoi iraient-ils voter ?

Alors, si on ajoute une querelle bien politicienne comme le procès intenté par le  Maire d’Angers contre le Président sortant du Conseil départemental, on finit de dégouter le quidam. Comme on regrette que la réforme du Conseiller territorial, que Nicolas Sarkozy avait mise en place  et qui mettait de la clarté et de la  simplicité, ait été annulée par Hollande ! Alors, oui, l’abstention pour ce  premier  tour a été trop importante, au point de dénaturer la démocratie.

Mais quand je vois les violences à Annecy, de jeunes qui ne respectent plus rien et n’hésitent pas à affronter les  forces de l’ordre, quand je vois qu’une femme est renversée et tuée par deux personnes en trottinette électrique qui s’enfuient, et mourante sur le trottoir, dépouillée de son sac par des passants, quand je vois que plus personne ne croit à rien, ni en dieu, ni en diable, alors la politique… je vois le tableau d’un pays qui part en déliquescence.

La  prime au sortant, excuse commode.

Il fallait bien une excuse aux perdants. L’élément de langage repris en antienne notamment par les porte-parole du gouvernement et du parti présidentiel, sur les  plateaux télévisés, a  été : «  la prime au sortant ». Un peu facile. Il y a  six ans, quand Bruno Retailleau a repris la Région des Pays de la Loire à la gauche, la « prime au sortant » ne l’a pas  empêché de  gagner. Le  problème est d’abord dans le message politique. Un candidat comme De Rugy n’avait dans son  programme à proposer que des banalités, des actions souvent déjà engagées ou des gadgets pseudo-démocratiques. Rien qui éclaire le nouveau monde de Macron et permette de faire la différence avec les projets concrets de l’équipe sortante.

A cause de l’abstention massive, ce sont les « électorats captifs » qui ont fait la différence, ceux des « vieux partis » qui ont une ligne politique. Le  moins qu’on puisse  dire c’est qu’une cote de popularité ne fait pas un électorat. La Rem n’existant pas, ni sur le terrain, ni dans les têtes, elle n’a pas d’électorat assidu.  

Les électorats du vieux monde.

« Christophe Béchu a réussi son coup ! » s’est exclamé Christian Gillet, laminé dès le 1er tour. Si c’est ça  le « nouveau monde » macronien, merci ! Je n’en démords pas, le résultat sur Angers 1 est une insulte à la compétence et à l’honnêteté et les votants qui s’apprêtent à voter pour le binôme Bienvenu-Capus s’apercevront rapidement qu’on leur fait élire deux « m’as-tu-vu ». Mais je m’égare. J’évoque là un épisode de  politique à l’ancienne et on renoue avec les vieilles traditions angevines qui consistent à assassiner derrière les tentures.

Le nouveau monde promis par Macron en 2017  était un  mirage. Le verdict des urnes est sans concession : c’est une déroute pour La Rem. Le paradoxe, c’est qu’au deuxième tour, dans la plupart des cas, on va  assister à des duels bien classiques gauche contre droite. Même le RN, sauf exception, est quasiment hors jeu. On constate aussi  que lorsque la droite est bien dans ses rails, comme avec Wauquiez en Auvergne Rhône Alpes, il est réduit à la portion congrue et il y a gros à parier, que sans la manip malheureuse dont  Muselier a fait l’objet, celui-ci aurait fait un bien meilleur score.

Ce scrutin est doublement révélateur. A force de nous vendre à l’avance un duel Macron-Le Pen, dont les Français ne veulent pas, mais que les  études d’opinion annoncent comme inexorable, il n’est pas anodin de constater que les deux victimes de la consultation électorale sont Macron et Le Pen, ce sont les deux vaincus du scrutin par ceux qui sont allés voter. Et si l’abstention était aussi une autre forme de protestation massive contre ce duel, une manière de dire : puisque c’est décidé à l’avance, pourquoi voter ? Mon lot de consolation dans tout ça, ce  sont les suffrages rassemblés par le parti Les Républicains, le score le plus élevé, loin devant tous les autres partis.  Comme quoi,  les conservateurs semblent être les seuls à résister à la décadence généralisée. L’alternative, c’est là qu’il faudra la rechercher.

Une anecdote pour terminer : pour qui Macron va-t-il voter au second tour ? Comme il vote au Touquet, en toute logique, il devrait suivre les consignes de son candidat éliminé et voter … Bertrand !  « Je me marre » aurait dit Coluche !

 


BECHU A-T-IL PERDU LE SENS ?

Bechu dep

 

En plus de 40 ans de vie politique, j’en ai vu des tartufferies, mais rarement de cette dimension.

Le Maire perd son sang-froid.

La campagne électorale sur le canton Angers 1 (Angers Centre) a pris une drôle de tournure avec le tract distribué par le binôme Bienvenu –Capus et signé de Christophe Béchu. Celui-ci y dénonce rien moins qu’un « dommage à la démocratie » parce que le président sortant, Christian Gillet, a décidé de se représenter. Il y avait déjà eu l’attaque indigne sur son âge, comme si à notre époque un septuagénaire était trop vieux pour assumer un mandat électoral. Voilà maintenant la longévité électorale mise en cause ! Franchement on peut se demander si l’enjeu de cette élection ne fait pas perdre la tête au premier magistrat d’Angers, au point d’avancer des arguments aussi vains et bas.

La soif de pouvoir.

A moins que le motif de sa colère ne tienne dans la résistance aux pressions que Christian Gillet lui oppose. Monsieur Béchu a en effet l’habitude qu’on fasse ses quatre volontés, lui qui a transformé ses adjoints en ilotes obéissant au doigt et à l’œil. La griserie du pouvoir le pousserait-elle à vouloir tout contrôler ? Ce ne serait pas nouveau, de nombreux édiles y ont succombé avant lui. Et l’on voit bien l’enjeu politique que présente l’élection du canton Angers 1 : de la réélection ou non du président sortant, peut dépendre une main-mise sur l’assemblée départementale, qui, dans cette affaire n’a rien à y gagner. Et justement, le Maire s’affiche avec les sept binômes issus de la majorité municipale devant le Conseil départemental : le message est à peine voilé, il s’agit de prendre le contrôle de la politique du département en allant jusqu’à désigner le candidat à la présidence qui lui conviendrait.  Mélange des genres garanti !

Dommage à la démocratie.

Le « dommage à la démocratie », c’est le maire d’Angers qui le commet en assignant à son factotum habituel, en l’occurrence Emmanuel Capus, dont il a fait un sénateur et qui en ectoplasme de service est assigné à se présenter à l’élection au Conseil départemental : on peut douter qu’il en ait vraiment envie, mais les ordres sont les ordres.  Cumul des mandats ou abandon du Sénat ? Sa binôme, Roselyne Bienvenu, que Christian Gillet avait sollicitée dans un geste de conciliation, avait été obligée de refuser la proposition n’ayant pas l’accord de son maire. Elle se trouve bien heureuse finalement de recycler son mandat régional non renouvelé dans une candidature au Conseil départemental. Quelle équipe et que de motivations ! Avec eux l’Anjou sera bien servi. Désolé, mais personnellement, je préfère l’expérience et l’enthousiasme qu’affiche le binôme Ridane-Gillet au tourisme électoral des adjoints du maire.

Politicien manœuvrier.

J’ajouterai, pour que le tableau soit complet, que Béchu est coutumier de ce genre de manipulation des personnes. On se souvient qu’au moment des sénatoriales, il avait exigé que Capus soit le n°2 de la liste Deroche et avait obtenu satisfaction bien que la proposition ne fasse pas l’unanimité. Quelques temps plus tard, il informa, sans précaution, la tête de liste sénatoriale que finalement son « homme de main » la quittait pour prendre la tête de la liste Lrem. Catherine Deroche dut trouver un second en catastrophe : ce fut Stéphane Piednoir qui s’avère être un remarquable sénateur reconnu par ses pairs. On aura retenu, au passage, l’élégance de la manœuvre !

C’est bien Christophe Béchu qui abime la démocratie par sa soif de pouvoir et ses manoeuvres politiciennes. « Si vous êtes contents de ma gestion à la ville, alors votez pour mes candidats » annonce-t-il sans vergogne aux électeurs d’Angers 1, et tant pis si ces derniers ne font pas la preuve jusqu’à maintenant des qualités qu’on attendrait d’eux pour le mandat qu’ils briguent. Quant à être content de sa gestion, on attendra de voir dans quel état il laissera les finances de la  ville et de l’agglo qu’il préside. Si c’est comme le département…

Après on s’étonne que les électrices et les  électeurs boudent les urnes.

 


CES CANDIDATS QUI VEULENT TUER LA DEMOCRATIE

Liberté

 

Les élections approchent et dès dimanche prochain, les électrices et les électeurs vont devoir choisir parmi de multiples candidats et de nombreuses listes. Parmi ces trop nombreuses candidatures, certaines doivent attirer notre attention. La vie politique est ainsi faite que, même quand on croit que le pire ne peut plus arriver, comme les drames que l’on a pu connaitre au XXème siècle avec le nazisme et le communisme qui ont fait des millions de morts, on doit savoir que les idéologies totalitaires ont la vie dure et savent renaître sous d’autres formes, parfois tellement déguisées qu’on pourrait à nouveau s’y laisser prendre.

Peut-on parier sur le bon sens ?

Le bon sens voudrait que l’on choisisse, en ces temps d’argent public si facile, les sortants qui ont géré avec efficacité et économie. Ainsi, Christelle Morançais, pour la Région des Pays de la Loire, que l’IFRAP a classé deuxième région pour la qualité de la gestion, avec un bilan extrêmement riche dans tous ses domaines de compétence, qu’il s’agisse de la formation professionnelle, des transports, des lycées, ou du développement économique. Il faut souligner sa réactivité pour accompagner les ligériens dans la traversée de la crise sanitaire. En toute logique, la liste  d’union de la droite et du centre qu’elle conduit, avec un projet réaliste et concret, sans démagogie, devrait attirer les suffrages d’un grand nombre de nos concitoyens. Pourtant les sondages restent frileux à son égard. Il est difficile, en sortie de crise sanitaire de faire une vraie campagne électorale. D’autres, plus habitués des réseaux et des médias, ont une notoriété plus affirmée. Sont-ils pour autant les meilleurs ?

Les totalitaires en tenue de camouflage.

Prenons le  cas de M. Orphelin. Voilà une tête de liste dont le parcours est pour le moins intéressant : militant écologiste, élu député dans le Maine-et-Loire, sous l’étiquette LRem, il a quitté la majorité présidentielle, se targuant de sa proximité avec Nicolas Hulot. Il a repris son combat pour l’écologie. La « meilleure », celle qui punit. Celui-ci le mène aujourd’hui à constituer une liste avec La France insoumise de M. Mélenchon, dont les derniers dérapages islamogauchistes n’ont pas eu l’air de l’émouvoir. C’est que Matthieu Orphelin  est depuis longtemps un « vert » très rouge à l’intérieur, adepte de la décroissance et du verdissage généralisé : on créera 50 000 emplois verts, à coups d’argent public, évidemment. Sa conception de l’écologie, on a eu l’occasion de la connaître, elle recoupe les thématiques de cette gauche radicale habitée par le fantasme éradicateur de la « purge ». Il s’agit de « rééduquer » pour sauver la planète. Tel est le sens de la « cancel culture » sous-jacente dans son discours. Demain la censure deviendra l’instrument nécessaire pour empêcher les défenseurs du « vieux monde » de faire valoir leur point de vue. Les recoupements sont faciles à faire avec ceux qui défendent la société « inclusive », la destruction des stéréotypes et la théorie du genre, voire la complaisance avec les « indigènes » et l’islamo-gauchisme. L’alliance avec les gens de Mélenchon ne peut que l’entraîner vers le gauchisme culturel qui veut profiter des perspectives électorales ouvertes par des listes d’union qui rassemblent un conglomérat hétéroclite qui n’a en commun que « battre » la droite.  Une fois élus à la Région, on peut leur faire confiance pour « dépenser ». Il suffit de lire la liste des mesures qu’ils préconisent : assistanat des jeunes, subventions, gratuité … Et demain, ce sera l’enfer que vivent les Lyonnais, les Grenoblois ou les Bordelais que nous vivrons en Pays-de-la-Loire avec ces ayatollahs d’un nouveau genre.

Face à cette gauche-là, c’est bien d’un choix de société dont il s’agit, comme l’affirme Valérie Pécresse et comme en prévient Christelle Morançais en proposant par exemple une écologie positive et non punitive.

Eparpiller les voix, c’est faire le jeu des extrêmes.

En votant pour le RN ou pour la liste LRem de François de Rugy, dans notre région aussi  on prend le risque de faire gagner la gauche car elle n’hésitera pas à fusionner au second tour. Le vrai rempart contre le RN, c’est une droite qui assume ses valeurs d’ordre et d’autorité, ses responsabilités en matière de sécurité. Et au moment où l’inflation pointe le bout de son nez avec la menace de peser sur les taux de la dette, il importe d’élire des équipes responsables qui ont fait la preuve de leur savoir-faire en matière de gestion. Car ne nous y trompons pas : Comme l’analyse très bien Cécile Cornudet dans les Echos, nous avons aujourd’hui deux France : celle dont la rage est enfouie qui peut servir de carburant aux candidats de Marine Le Pen, et celle qui rêve du retour des jours heureux, image que cherche à vendre Emmanuel Macron et sur laquelle tentent de surfer les candidats qui se réclament de lui. Mais ce n’est qu’une illusion. La fin du quoi qu’il en coûte va déboucher sur des jours difficiles avec un chômage qui explose déjà, bien qu’il soit passé sous silence. Il n’y a pas plus vain que le vote LRem, parce qu’il n’apporte rien d’autre qu’un marchepied au RN ou à la gauche radicale si elle parvient à s’unir. De quoi ruiner tous les efforts de redressement de notre belle région entrepris depuis six ans !

Il ne peut pas y avoir de pensée de droite : tel est le constat sans appel du sociologue de gauche radicale Geoffroy de Lagasnerie. Nous sommes prévenus : être de droite, ce n’est pas seulement être bête et incompétent, c’est aussi être égoïste et méchant. Aujourd’hui, il est infiniment plus difficile, sur une radio du service public payée par nos impôts, d’assumer d’être de droite, que de se dire féministe ou écolo. Voilà ce qui nous attend. Mais rassurons-nous, la droite existe, elle sait être au service de tous par ses qualités gestionnaires, et elle pense aussi. Ce serait oublier Raymond Aron, Tocqueville, Carl Schmitt ou Soljenitsyne, pour ne citer qu’eux.

La démocratie libérale en est l’héritière. Pensons à la défendre en mettant notre bulletin dans l’urne dimanche prochain.

 


PMA : UNE REGRESSION HUMAINE

Pma-procreation-medicalement-assistee

Monsieur Véran, à la tribune de l’Assemblée nationale, a présenté la  loi autorisant la PMA pour les femmes seules et les couples lesbien à procréer comme une « loi progressiste pro-active. » On connait les arguments, au nom de l’égalité avec les couples hétérosexuels il fallait réparer cette injustice.

Je ne vais pas ici redévelopper un contre argumentaire détaillé.

Des personnes plus qualifiée que moi, comme Sylviane Agasinski, ont démonté les constructions idéologiques des  progressistes. D’abord il n’y a pas d’inégalité : un couple homosexuel et un couple hétérosexuel ne sont pas égaux parce qu’ils sont différents par nature. Ensuite, dans la procréation il y a un principe majeur que la PMA étendue à toutes les femmes ne respecte pas, c’est le principe fondamental du genre humain qui est fondé sur l’altérité. Enfin, en passant d’une logique de soin à une logique de désir, on change le paradigme de l’utilisation de la technique scientifique de la procréation « médicalement » assistée. La médecine qui est faite pour soigner doit-elle être au service d’une envie ?

Un père caché.

Il y a pourtant une chose principale que l’on oublie joyeusement dans tous les débats, c’est l’enfant qui va naître. Conçu par une femme seule ou une femme d’un couple lesbien, on va donc lui laisser croire qu’il est né d’une seule personne ou qu’il a deux mères. Jusqu’au jour où il découvrira à l’école ou ailleurs, que pour concevoir un bébé, les êtres humains  doivent s’accoupler : un mâle avec une femelle, même si la conception passe par une fécondation in vitro ou une insémination, sinon c’est impossible. Bref, il y a toujours un père que l’on cache. Ce père caché que bon nombre de ces enfants vont se mettre à rechercher.  L’être humain n’est pas une plante en pot que l’on peut bouturer. Il a toujours des racines et celles-ci sont doubles. Le besoin de savoir d’où l’on vient n’a rien à voir avec le fait d’être élevé par une femme seule ou dans un couple univoque où l’on peut recevoir tout l’amour du monde. Ce père caché est un manque, une amputation qui peut rendre très malheureux. On trouvera de multiples témoignages de personnes qui vont jusqu’à se regrouper en associations, pour s’en rendre compte.

Voilà pourquoi la « PMA sans père », comme les opposants la dénoncent, loin d’être un progrès, est une véritable « régression humaine. »  Et je parie, que bientôt, la ligne rouge « infranchissable » si l’on en croit Maître Dupont-Moretti, sera effacée au nom du même principe d’égalité, et les couples gays obtiendront la GPA. Là, il faudra se mettre à trois pour enfanter. Une autre « régression » et combien de misères humaines !

Tout ce qui est techniquement possible n’est pas forcément souhaitable, comme toujours.

 


MELENCHON CHOISIT LE CHAOS !

Mélenchon Bastille 2013

Complotiste islamogauchiste.

Les propos que Jean-Luc Mélenchon a tenus dimanche dernier ne sont pas « une interprétation tendancieuse » ou un « dérapage ». Il savait très bien ce qu’il disait, en affirmant que nous allons assister à des attentats meurtriers à la veille de l’échéance électorale, comme  de nombreux faits précédents l’ont démontré, notamment le crime ignoble de Mohamed Merah, et en accréditant l’idée que des puissances occultent faisaient sortir des candidats « d’un chapeau ». Son discours complotiste et islamogauchiste, confondant volontairement « musulmans » et « terroristes islamistes » relève d’une stratégie délibérée. Il est suffisamment fin et expérimenté pour sentir que dans le contexte actuel, il n’a aucune chance d’être élu à l’élection présidentielle. La seule possibilité pour lui consiste à provoquer une situation chaotique suivant le vieux rêve révolutionnaire.  En cela il renoue avec sa jeunesse trotskyste.

Ses propos sont indignes à plus d’un titre.

Ils laissent penser que le terrorisme est au service d’un parti politique, sans préciser lequel, ou d’une entité internationale, car ces événements auraient été orchestrés en sous-main pour « inventer une guerre civile ». Mélenchon relativise l’intention des djihadistes, qui ne serait pas de déstabiliser la société française mais d’empêcher la gauche de gagner -la sienne évidemment- et du coup il se moque des victimes. C’est donner de la consistance aux élucubrations complotistes les plus scabreuses. A force de flirter avec des électorats communautaires et de flatter les minorités en les victimisant, il a fait le pas de trop en direction de la honte.

Après le scandale, la victimisation.

Le tollé qui a suivi son discours a incité une de ses lieutenantes, Clémentine Autain, à le défendre : il ne visait que l’extrême droite, dit-elle, ce qui serait déjà très excessif car on ne décèle aucune relation entre celle-ci et les terroristes islamistes. Et il a dû en falloir, de l’abnégation, à tous ses zélés lieutenants qui s’échinent depuis dimanche à justifier l’injustifiable. Une stratégie bien huilée pour attirer les feux de la rampe et le faire passer pour la victime des médias bien pensants. Le pire, dans ce genre d’accusation annoncée à la cantonade, c’est qu’elle est impossible à prouver. Le « leader maximo » a sciemment décidé de « révéler » des faits totalement improbables pour jeter le trouble dans l’esprit des électeurs. Il essaie donc de renverser la donne qui ne lui est pas favorable en plaquant sur tous les « non-insoumis », et pas seulement sur l’extrême droite, un label diffamatoire. En clair, il serait d’autant moins pro-islamiste qu’il considère les terroristes islamiques comme des ennemis au service d’autres partis que le sien. C’est sa manière de riposter aux accusations d’islamo-gauchisme dont son parti et une certaine gauche font l’objet, qui les font rejeter par une majorité de Français. Tout cela est d’une gravité insigne et mériterait, plus que l’indignation, une action en justice. Ce faisant, La France insoumise rend un bien mauvais service à la démocratie.

Une stratégie délibérée.

Mélenchon est un homme politique averti, cultivé, connaissant très bien ses dossiers. S’il s’aventure dans des discours non étayés par les faits, c’est qu’il l’a décidé et on peut être certain que chaque mot a été pesé. L’amalgame entre terrorisme et extrême droite n’est rien d’autre qu’un flambeau pour rameuter ses troupes. Plus largement, il essaie de réveiller les « gilets jaunes » et  tout ce que les  réseaux sociaux peuvent drainer d’une France éruptive, tout ce qu’elle compte de « révoltés »  dans la société, que la crise sanitaire n’a pas épargnés, pour créer une situation de confusion pré « révolutionnaire ». Il a peut-être eu connaissance de la dernière étude de la « Fondapol » selon laquelle on observe la disponibilité à la protestation électorale des classes moyennes et des classes populaires, une contestation de la représentation médiatique (61% des personnes interrogées estiment que les médias parlent de sujets qui ne les concernent pas) qui vient compléter la crise de la représentation politique déjà connue et, en avril 2021, la plupart des personnes interrogées (78%) continuent d’envisager lors du premier tour de l’élection présidentielle de voter pour le RN, LFI, DLF ou LO/ NPA, s’abstenir ou voter blanc. Du coup, il tombe dans le piège : celui de la confusion entre extrémistes de tout bord. Il a bougonné qu’il ne voulait pas attirer sur son nom « un vote hypocrite » du reste de l’opposition. Les autres partis de gauche sont donc tous prévenus : ils  peuvent arrêter de courir après lui.

Comme disait Alphonse Allais, « quand on dépasse  les bornes, il n’y a plus de  limites ». On ne saura pas tout de suite si cette affaire marquera le début de la fin de la vie politique de Jean-Luc Mélenchon, mais on sait déjà avec certitude que c’en est fini, pour un moment, des rêves unitaires encore nourris à gauche. Je serais curieux de savoir comment un Mathieu Orphelin, allié à la France insoumise pour les élections régionales, reçoit cette thèse, lui qui a participé à l’avènement de  la  Macronie…

Mais on a compris le message : « le chaos, c’est pour moi ! »

 


INFLATION, TAUX, CA VA TANGUER !

étau des taux

6 juin 2021 : les Américains nous refont le coup du débarquement. Mais cette fois-ci, est-ce vraiment pour nous sauver ? Car c’est  leur inflation qu’ils nous envoient et avec notre dette énorme, on aimerait bien s’en passer. Ce trait qui se veut humoristique ne doit pas nous faire oublier, évidemment, le sacrifice des « boys » tombés sur nos plages de Normandie en 1944. Nous n’oublions pas !

La croissance et l’inflation sont en train de changer le paysage financier.

Les signaux envoyés par l’économie américaine corrobore les craintes que j’évoquais dans mon article du 13 mai : « la peur du retour de l’inflation ». En avril, l'inflation aux États-Unis a atteint 0,8% sur un mois et 4,2% sur un an, là où le consensus attendait respectivement 0,2% et 3,6%. ... Le signe que le regain d'inflation dépasse le simple effet de base lié à la faiblesse des prix il y a un an, en plein confinement. L’Europe commence à suivre, elle ressort à 2,4% sur un an, en Allemagne, soit +0,3% en mai par rapport à avril, et pourrait franchir le seuil symbolique des 2% en 2021. La menace est donc bien réelle. Une menace, parce qu’on pense aussitôt aux taux d’intérêts qui pourraient suivre  le même mouvement, pour la contrôler. Du coup, les banques centrales sont confrontées à une situation complexe, surtout la Banque centrale américaine, la FED. Jusqu'à présent, tout était simple pour elles : pour compenser la baisse de la croissance et les pressions déflationnistes, il suffisait de faire « whatever it takes », c'est-à-dire baisser les taux d'intérêt, en dessous de zéro si nécessaire, et inonder le monde de liquidités. C’est la situation que nous connaissons en France avec l’argent facile émis par la BCE qui nous vaut un déficit public cette année de 220 milliards d’euros, soit près de 50% du budget de l’Etat (oui, oui, 50% !).  Mais les choses sont en train de changer.

Les effets de la croissance et de l’inflation.

Ce sont deux éléments fondamentaux. La croissance, comme c’était prévisible s’affole pour 2021  et 2022. Tout le monde révise à la  hausse, mois après mois, les prévisions pour les  deux prochaines années. On ne peut pas être surpris qu’après un arrêt presque complet de l’économie et les stocks d’épargne des ménages  et de trésorerie des entreprises, constitués grâce au « quantitative easy », on assiste à un « effet rattrapage ». Les  banques centrales n’ont donc plus besoin de soutenir la reprise. Logiquement. Comme le fait  que l’inflation rebondisse, et même très fortement aux Etats-Unis sous l’effet cumulé de l’empilement des plans de relance, et en Europe aussi, la hausse des prix étant  alimentée par le renchérissement du coût des matières premières et par la hausse des salaires. Un phénomène qui devrait durer au moins quelques mois. En conséquence,  les banques centrales n'ont donc plus besoin de combattre la déflation et elles devraient même revenir à leur mission originelle : maintenir l'inflation sous contrôle. Donc d’un côté, elles devraient fermer le robinet de l’argent facile pour commencer à absorber une partie des liquidités qu’elles ont distribuées, et de l’autre, monter les taux pour réguler l’inflation si elle dérape. Pas si simple !

L’accoutumance  dévastatrice.

L’argent gratuit  ou magique qu’elles ont distribué a créé une accoutumance, une véritable addiction, dont la France  est un exemple emblématique. Que va-t-il se passer si elles commencent à réduire les « doses »  de  « coke monétaire ». Le pire serait de provoquer une panique financière.  Car elles ont fabriqué un monde qui vit dans un espace parallèle déconnecté de la réalité, un monde qui ne peut plus fonctionner dans des conditions normales. « Cette fable  de l’argent magique, nous explique Jean-Marc Daniel dans son dernier ouvrage « Il était une fois…l’Argent magique », produit désormais sans jamais se tarir les liquidités  dont nos économies ont besoin… avec même la perspective de ne jamais avoir à le rembourser ». Par quel  cheminement ce mirage a-t-il  imprimé  nos esprits au point d’en débattre. Et l’économiste de fustiger ces « mages qui confondent richesse et endettement » et sa tristesse de voir « la pensée économique envahie par le retour en force de la pensée alchimiste » ! On en est là effectivement et les mages ne savent plus comment sortir de la spirale infernale qu’ils ont enclenché. Car, en ce qui concerne les marchés boursiers, au moindre signe de réduction des injections de liquidités, les actions vont baisser et certaines s’effondrer, pour les marchés immobiliers, dans tous les pays, les prix flambent alimentés par les taux historiquement bas et la recherche d’alternatives aux placements à taux négatifs, et enfin pour les Etats, surtout les cigales comme la France, où plus on distribue, plus on dépense et  moins on paie d’intérêts, la hausse  même minime des taux d’intérêt serait dévastatrice et le service de la dette plongerait les déficits à des niveaux encore plus aberrants que ceux d’aujourd’hui. Bref, les banques centrales sont dans l’expectative.

Il ne reste plus qu’à prier pour que la hausse de l’inflation ne soit pas durable… Et  c’est possible que les fondamentaux déflationnistes reprennent le  dessus. Mais répétons-le, une fois de plus, avec Jean-Marc Daniel, seule une stricte discipline budgétaire contraignant les Etats à dégager chaque année un excédent « primaire » permettra de reprendre le contrôle… sinon, point de salut. En attendant, il va y avoir des secousses, et inévitablement des hausses d’impôts,  qui n’ont pas cessé en France d’ailleurs, contrairement à ce qu’affirme nos gouvernants : 25 milliards d’euros de hausse des impôts directs des  ménages en deux ans, dont 15 milliards pour les 20% les  plus aisés ! Et forcément ça va continuer !






FISCALITE DEPARTEMENTALE ET REGIONALE : COMMENT S’Y RETROUVER ?

Territoiresnews

Le  paysage fiscal des collectivités  a beaucoup évolué ces dernières  années,  notamment depuis  la décision imbécile de supprimer la taxe d’habitation. C’est un sujet important, car  les départements et les  Régions, comme les communes, tiennent leurs budgets propres  dont les ressources proviennent d’impôts locaux  et de dotations financières de l’Etat,  de fiscalité transférée et de revenus des services publics  locaux. A la suppression de la taxe  d’habitation qui s(étire jusqu’en 2023, il faut ajouter la baisse des impôts de production annoncée début septembre dans le cadre du plan de relance.

Le bonneteau fiscal.

Il a donc bien fallu compenser ces pertes de recettes.  Pour la taxe  d’habitation, les  communes se sont vues attribuer la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) ; sauf Paris qui a été doté d’une fraction de TVA. Du coup, il a fallu compenser pour  les départements le manque à gagner et l’Etat leur a attribué  une fraction de l’impôt à tout faire, c’est-à-dire la TVA. Les  Régions, elles, sont principalement touchées par la baisse de 10 milliards d’euros des impôts de  production (loi de finances 2021)  et  vont recevoir là encore une part de TVA. 

Une régression d’autonomie de gestion.

Les Régions sont particulièrement touchées par le rétrécissement de leurs ressources. En termes d’impôts locaux, elles sont privées depuis cette année de la CVAE, cotisation sur la valeur ajoutée, et ne reçoivent plus que des ressources pour la formation professionnelle.  Quant aux départements, hors la part de TVA, ils n’ont plus que la contribution économique territoriale (contribution foncière des entreprises et CVAE) et la redevance des  mines.

Des compétences précises.

En face de ces financements, qui réduisent l’autonomie de gestion à peau de chagrin, chaque collectivité a des compétences particulières. Les départements pilotent les politiques d’action sociale (enfance, personnes handicapées, personnes âgées, revenu de solidarité active), d’infrastructures tels les ports, aérodromes, roues départementales, et la gestion des collèges. Les marges financières sont d’autant  plus étroites qu’ils doivent souvent financer des politiques dont l’Etat décide pour eux de la dépense en augmentant les tarifs des prestations, sans toujours compenser. Les Régions, sont depuis la  loi Notre de 2015 en charge des sujets économiques : elles sont responsables du développement économique, de la  formation professionnelle, des chômeurs, de l’aménagement du territoire,  des transports non urbains et de la construction et de la gestion des lycées. Elles sont plus que jamais dépendante de la croissance puisque leur principale recette est une fraction de TVA. Le recours à la  TVA  rend acrobatique la gestion de ces collectivités  dont les charges augmentent mécaniquement alors que la recette dont elles disposent est par nature fluctuante, puisqu’elle dépend du taux de croissance.

Les majorités sortantes n’en ont que plus de mérite à se désendetter ou de  recourir le moins  possible à l’emprunt. Après on s’étonne que les taxes foncières augmentent  …


AU NOM DE LA FIDELITE

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Les 20 et 27  juin prochains se tiendront les élections départementales. Comme toutes les échéances électorales elles revêtent une importance que beaucoup d’entre nous ne soupçonnent pas. L’assemblée départementale, autrefois Conseil Général, par les compétences qui lui sont dévolues joue en effet un rôle majeur dans notre vie quotidienne, d’autant plus que  les deux tiers de ses dépenses concernent l’action sociale, dont, par  exemple, les résidences pour personnes âgées.

Le choix des candidats n’est pas non plus anodin.

En Maine-et-Loire, nous avons la chance d’avoir une majorité sortante de centre-droit, dont le bilan largement positif est salué partout : humanisme, bonne gestion des finances publiques, choix efficaces. Cette action a été menée sous la conduite de Christian GILLET qui en assurait la présidence et qui se représente dans le Canton Angers 1 (Angers centre).

Si j’habitais sur le canton, c’est à lui que je donnerais mon suffrage. Pour au moins trois raisons.

La première, c’est la fidélité à ses convictions. Une denrée qui devient rare. Je connais Christian GILLET depuis de nombreuses  années. Depuis toujours je l’ai connu « centriste », naguère UDF, aujourd’hui UDI, cette sensibilité humaniste et sociale de centre-droit modéré, à laquelle il n’a jamais dérogé.

La seconde raison, c’est la loyauté. Là encore, c’est une denrée qui se fait rare en politique. Nous avons appartenu au début au même mouvement, l’UDF, puis nos chemins se sont quelque peu séparés quand je suis devenu secrétaire départemental de l’UMP. Mais autant que je me souvienne, cela n’a jamais empêché que nous menions les  batailles électorales ensemble, côte-à-côte, car nous sommes dans un pays où l’on gagne rarement tout seul mais en coalition. Avec  Christian nous nous sommes toujours retrouvés dans le même camp, les mêmes majorités. Il a toujours été un allié fidèle et loyal. Une qualité qui compte !

La troisième raison, c’est son sens du service à nos concitoyens qui se traduit chez lui, en premier, par  un devoir de bonne gestion des deniers publics. La preuve tient dans le bilan de son mandat : quand il a pris la direction de l’assemblée départementale, le Département que lui laissait M. Béchu était très endetté et n’avait plus aucune marge de manœuvre. Sous son mandat, la dette  qui est passée de 400 à 300 million d’euros, alors que dans le même temps les participations de l’Etat baissaient de 40 millions, permet de mesurer l’effort consenti. Cela a permis à la collectivité de retrouver une marge d’investissement de 80  à 100 millions par an, qu’elle n’avait plus, pour les collèges, les routes …

J’ajouterai une raison supplémentaire : Christian GILLET se représente avec une équipe renouvelée dont le dynamisme profitera à tous pour ce nouveau mandat. A la rigueur de gestion il faut ajouter les orientations qui ont fait le succès de la majorité départementale : accompagnement plutôt qu’assistanat, dimension humaine de l’accueil plutôt que les solutions collectives anonymes, dialogue et concertation… Avec sa majorité il propose un projet qui répond aux aspirations des habitants de l'Anjou : ruraux, urbains et périurbains. L'écologie du quotidien, la citoyenneté et les usages du numérique sont les piliers du projet harmonieux qu’ils ont imaginé pour les habitants du département.

Christian GILLET est une valeur sure qui conjugue compétence et envie d’agir.

Face aux girouettes qui briguent leur place, lui et son équipe, avec Rim RIDANE, double championne du monde de boxe française, comme binôme, Anne-Sophie le DUC-BANASZUK et Benoit TRIOT, comme remplaçants, méritent toute votre confiance.

 


UNE JOURNEE DANS LA FRANCE « PROGRESSISTE »

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Le jour se lève.

Les premières nouvelles tombent. Des voitures ont encore brûlé quelque part dans une banlieue. Lot quotidien devenu presque banal. Tant pis pour ces banlieusards privés de leur moyen de locomotion, souvent une vieille guimbarde qu’ils auront du mal à remplacer. Hier, c’était une ado poignardée à la sortie de son lycée, ou une bataille rangée entre deux bandes rivales, avec armes blanches quand ce ne sont pas des coups de feu qui sont tirés. L’autre nuit, c’est un commissariat d’une ville de la banlieue parisienne qui a subi une attaque en règle aux mortiers d’artifice par une bande de voyous. En province, c’est un élu qui est molesté pour avoir rappelé à quelques individus quelques règles de civilités. Une femme a été violée sur la voie publique près de la colline du crack, quartier de Stalingrad, à Paris, par un « zombie » drogué et alcoolisé, puis deux autres ont subi le même sort. Les riverains n’en peuvent plus. Rien n’est vraiment fait pour mettre fin à une situation qui dérape tous les jours. On n’entend pas les « féministes » protester : les viols ne sont pas le fait de mâles blancs suprémacistes ! La litanie ne serait pas complète si on n’ajoutait pas l’inévitable agression au couteau d’un fonctionnaire de police, municipal ou d’Etat. Mr Darmanin s’épuise à « se rendre sur place » et Mr le Garde des Sceaux est « en goguette » dans le Nord où il fait campagne.  Pas un jour qui n’apporte son lot de violences.

Le tocsin.

Pourtant, partout sonne le tocsin. Voici un appel des présidents de cour d’appel qui  « appellent (justement) à refonder le pacte républicain pour la justice », dans un autre quotidien, 50 préfets honoraires adjurent le Président de la République de ne pas détruire la « préfectorale ». Ils font suite  à l’alarme sur le « délitement » de la nation lancée par les généraux en retraite, rejoints bientôt par des militaires d’active. Enfin, ce sont les policiers, qui paient cher, chaque jour, leur tribu à l’insécurité et à la guerre civile larvée, qui manifestent nombreux et républicainement devant l’Assemblée nationale, pour attirer l’attention du pouvoir sur la gravité de la situation. Ils relaient en cela, les nombreuses déclarations des élus de tous bords qui s’inquiètent du délitement de plus en plus profond de nos institutions. Certes on pense à Eric Ciotti, mais c’est aussi Julien Dray, qui ne reconnaît plus sa « gauche », ou encore François Pupponi (qui connaît Mr Pupponi, vous vous souvenez), qui constate que « la France est au bord du chaos. Elle est en miettes, fracassée, éparpillée, … » Des propos qui feraient penser qu’ils auraient adhéré aux Républicains, ou « pire » au RN. Et pourtant, il ne se passe rien. Si, des discours, j’exagère.

Les « dénis-oui-ouistes ».

Mains non, tout va bien. A l’instar de Marc Dugain qui ose écrire, cette fin de semaine, dans Les Echos : « le sentiment d’insécurité est largement entretenu par un phénomène de loupe sur des événements qui ne sont pas forcément représentatifs mais qui affolent une population vieillissante… » . On se croirait revenu sous Jospin, vingt ans en arrière. Discours convenu de bobo parisien. C’est l’extrême-droite qui exagère et cherche à faire peur. Avec le même discours, Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour de l’élection présidentielle. Avec le même discours, demain Marine sera élue. Ils refusent de voir l’effondrement du système, accéléré par le progressisme. Progressisme d’une gauche américanisée, empêtrée dans le racialisme,  qui hait la police et l’ordre par tradition, comme Mme Pulvar ou Mme Hidalgo. Elites progressistes qui pourrissent l’université, méprisent la France profonde et alimentent la nouvelle détestation antifrançaise, assumée par la contre-société que tente d’instaurer l’islamisme politique. Pourtant de quoi nous plaignons-nous, nous avons la chance d’avoir à la tête du pays le Président le plus intelligent du monde !

Le poisson pourrit par la tête.

Justement parlons-en. Sa flatterie récente de la « déconnade » avec ses youtubeurs, dit le mépris dans lequel il tient le pays. Sa désinvolture affichée est une indécence. La rigolade, qui se veut un clin d’œil aux jeunes électeurs se fait sur fond d’infantilisation de la population. Le thème majeur de ce quinquennat aura été la « déconstruction ». Le « en même temps » est un double langage de caméléon qui change avec chaque interlocuteur mais qui ne camoufle même pas l’action de « transformation » engagée. On célèbre Napoléon, mais on avoue que notre histoire doit être déconstruite, on considère que la droite et la gauche c’est dépassé, mais c’est pour mieux déconstruire la vie politique en tuant les partis, on estime que le covid doit être combattu « quoi qu’il en coûte » mais c’est pour mieux déconstruire le budget de l’Etat qui va déraper à 220 milliards d’euros, 47 de plus que prévus qui ne sont autres que des cadeaux électoraux, parce que tout peut s‘acheter. Et maintenant on s’attaque à l’Etat en annonçant la réforme de l’institution préfectorale qui en est un pilier majeur. Ce ne sont pas les préfets, le problème, c’est l’utilisation centralisée qui en a été faite ; les remplacer par des commissaires politiques c’est la faillite de la République assurée. Tels sont les stigmates de notre décadence que le progressisme précipite. Et cerise sur le gâteau, le discours de Macron est si faible qu’il en assume le vide dans son adresse aux 18-25 ans ; et le même, dans « Zadig » évoquant la Seine-Saint-Denis ose : « il ne manque que la mer pour faire la Californie ».

Que va-t-il rester de la France dans un an ? Giscard avait eu à cœur de rendre les institutions intactes. On ne pourra pas en dire autant de l’actuel locataire de l’Elysée. On comprend la rage de Philippe de Villiers, le premier à s’être fait berner. Heureusement, il reste des Gaulois qui résistent. Malgré toutes les tentatives de débauchage, rue De Vaugirard, ils résistent encore et toujours. Et si c’était eux la solution ? (J’y reviendrai) D’ailleurs LR est en tête des intentions de vote avec 27%, comme quoi …

 


UN PRESIDENT, VRAIMENT ?

Macron enjoleur

 

« Pitre de la République », le propos de Philippe de Villiers est acerbe, mais sonne juste.

En se prêtant  à une bouffonnerie grotesque avec deux « youtubeurs » humoristiques, Mcfly et Carlito, et en tentant ainsi de se présenter comme un copain, Emmanuel Macron s’illusionne et, surtout, ment à nos jeunes concitoyens qui n’en croient pas un mot. Il me fait penser  à ces enseignants des années 70 qui pensaient s’accommoder leurs élèves en pratiquant la familiarité, se laissant tutoyer, et dont les yeux se mouillaient  d’un « il  est sympa, le prof ! » lancé à la fin d’une partie de foot avec sa classe. Ecume qui n’apportait ni respect, ni autorité, ni meilleur apprentissage. Au contraire. Ces enseignants voulaient ainsi se faire « aimer » et ne faisaient qu’abaisser leur fonction, constat qu’ils faisaient ensuite souvent à leurs dépens. Un prof n’a jamais été un « copain » !

De la même façon, le Président de la République abaisse sa fonction en la ramenant à un jeu d’amuseur public. N’a-t-il pas autre chose à faire que de se transformer en saltimbanque, croyant ainsi capter le vote des jeunes Français, après l’octroi d’un pass-culture à 300 € pour tenter de les « acheter » ! C’est une faute sans appel qui tente de faire croire que le Président est leur copain. La seule note positive, si j’ose dire, que j’ai entendue autour de moi c’est « il faut avoir tout de même du courage pour accepter de passer pour un con ! ». Tout est dit.

Malheureusement  ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron ridiculise sa fonction : on se souvient de la fête de la musique à l'Elysée en 2018, de sa pose  enlacée avec deux jeunes ultra-marins à l'ile Saint-Martin qui faisaient un « doigt d’honneur ». Spectacles peu en accord avec sa fonction et suintant la basse démagogie. Sans parler de la pantalonnade de l’affaire Benalla.

La démocratie qui est la nôtre a besoin que s’exerce l’autorité qui en est l’un des piliers.  Dans la constitution de la Vème République, le Président, par les hautes fonctions qui lui sont conférées,  a besoin de prestige pour les exercer,  notamment à la face du monde. C’est  pourquoi, il est en quelque sorte placé sur un piédestal qui le  sacralise aux yeux du peuple souverain qui l’a élu. En se livrant à de telles activités, aux yeux de la très grande majorité des Français, il abaisse la fonction présidentielle à un niveau qui, par nature, n’est pas la sienne, il déchoit son autorité, et de fait il entame sa crédibilité ! D’autant plus que ses propos à l’endroit du peuple sont souvent méprisants et maladroits : après les « gaulois réfractaires », voici les « moyen-âgeux » ! 

Et je me demande quel crédit il peut bien avoir ensuite quand il élève le ton pour réclamer des sanctions contre le dictateur biélorusse. Celui-ci doit bien rire.

« L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement » (Charles de Gaulle).

 


CE QUE LE MILITANTISME FAIT A LA RECHERCHE !

Je vous propose cet article de Nathalie Heinrich, paru dans Le Figaro, qui vient démentir de manière cinglante les récents propos de Jean-Luc Mélenchon sur le « gauchisme à l’université ». La sociologue, directrice au CNRS fait une démonstration scientifique dans la plus pure tradition de notre université. Imparable !

Nathalie Heinrich

Nathalie Heinich: «Certains chercheurs font croire qu’une bouillie militante serait de la science»

ENTRETIEN - La sociologue et directrice de recherche au CNRS publie Ce que le militantisme fait à la recherche, un texte incisif et profond. Avec une particulière netteté, elle analyse la crise que traversent l’enseignement supérieur et la recherche, minés par de puissants courants idéologiques, décoloniaux, féministes ou intersectionnels.

Par Eugénie Bastié

Publié le 24/05/2021 à 20:21, mis à jour le 24/05/2021 à 21:29

 

Nathalie Heinich pointe le rôle déterminant de Pierre Bourdieu dans cet enrôlement de la sociologie à des fins politiques et critique la prolifération des «studies» sur les campus. Elle s’afflige du manque de rigueur scientifique de ces travaux. Pour la chercheuse, ces «académo-militants» sont dangereux, car ils dénaturent la mission même de l’université: l’élaboration et la transmission des connaissances.

 

LE FIGARO. - En dénonçant l’entrisme de l’«islamo-gauchisme» à l’université, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a lancé une intense controverse. Quel regard jetez-vous sur cette polémique et la façon dont elle s’est déroulée?

Nathalie HEINICH. - Cette controverse a commencé dès le mois d’octobre 2020, lorsque Jean-Michel Blanquer a, le premier, dénoncé cet islamo-gauchisme universitaire, à la suite de l’assassinat de Samuel Paty par un islamiste. Ce n’était en rien irresponsable, comme l’ont prétendu certains: il existe des courants des sciences humaines et sociales issus d’une tradition militante d’extrême gauche, aveugles à la réalité de l’islamo-fascisme, qui ne voient dans l’islamisme radical qu’une réaction aux discriminations et à l’héritage colonial. Ces courants alimentent l’idée qu’il existerait un «racisme d’État» ou une «islamophobie» structurelle ; la laïcité serait une arme contre les musulmans et l’interdiction du voile à l’école, de la burqa et du burqini, une discrimination raciste contre les musulmanes: autant de contre-vérités dont s’emparent les islamistes pour justifier leurs velléités séparatistes voire excuser les auteurs d’attentats commis au nom de l’islam, ou plutôt de la version politique totalitaire qu’en promeuvent les plus radicaux d’entre eux. Ces chercheurs contribuent ainsi à légitimer le terreau dans lequel s’épanouissent les assassins de l’école Ozar Hatorah, de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher ou des terrasses de l’Est parisien.

En réitérant quatre mois plus tard les accusations portées par Blanquer - soutenu dans une tribune signée par une centaine d’universitaires -, Frédérique Vidal n’a eu que le tort de se réveiller un peu tard et, surtout, de se tromper d’outil en demandant une inspection au CNRS dont ce n’est pas le rôle (et qui est tout aussi traversé que l’université par ces courants). Ses nombreux et bruyants détracteurs ont fait mine de s’inquiéter d’une mainmise du pouvoir sur la recherche, usant et abusant de l’épouvantail d’un prétendu «maccarthysme», alors que rien n’est plus normal que le contrôle de la scientificité des productions académiques par les pairs. Or c’est là que le bât blesse, et les «académo-militants», comme je les nomme dans mon texte, le savent bien: leur production est si faible, si peu conforme aux règles de rigueur et à l’esprit de découverte attendu de tout chercheur qu’ils ont tout à perdre à une expertise sérieuse de leurs travaux et de leurs enseignements. D’où - par-delà les convictions idéologiques - la levée de boucliers au nom d’une «liberté académique» qu’ils sont les premiers à bafouer en acceptant que des impératifs militants dictent le contenu des enseignements et des publications, comme c’est le cas avec la «cancel culture».

Vous attribuez la tendance de la sociologie française, depuis le début des années 1990, à importer le «combat politique» dans l’espace scientifique à un certain courant bourdieusien devenu hégémonique. Quel rôle a joué Bourdieu dans la politisation de la sociologie?

Ce que je nomme le «militantisme académique» remonte, hélas, bien au-delà de la dernière génération, et ne concerne pas que la sociologie: il suffit de se souvenir de la période stalinienne et de sa «science prolétarienne», après-guerre, ainsi que des délires maoïstes dans les universités des années 1970. Mais la sociologie de Bourdieu, dans la version «engagée» qu’il a lui-même encouragée à partir de son livre La Misère du monde (la sociologie comme «sport de combat»), a beaucoup fait pour accréditer l’idée qu’il serait légitime de mettre le travail universitaire au service d’objectifs politiques, rejoignant ainsi les mouvements militants de la gauche radicale du type Attac (ce que mon collègue Didier Lapeyronnie, dans un article remarqué, qualifia d’«académisme radical»). Pour beaucoup de jeunes sociologues, la sociologie ne peut être que cette «sociologie critique», vouée à mettre en évidence les inégalités et à expliquer opinions, idées et actions par la «position dans le champ» et les «effets de domination». Or, lorsque Max Weber étudiait les formes de domination, c’était dans une perspective analytique de compréhension du monde et non pas, comme chez le Bourdieu «militant», dans une perspective de dénonciation. Celle-ci est parfaitement légitime dans l’arène politique, mais n’a rien à faire dans l’arène universitaire, dédiée à la production et à la transmission des connaissances.

L’abandon du découpage en disciplines au profit des « studies » fabrique des universitaires incultes, qui ne connaissent que ce qui touche immédiatement à leur objet et ignorent l’essentiel des concepts, des problématiques, des méthodes des sciences sociales

D’où vient la prolifération des «studies» dans le champ des sciences sociales et en quoi ces nouvelles recherches rompent-elles avec la démarche scientifique?

Le modèle américain des «studies» s’est développé aux États-Unis à partir des années 1980 et, en France, des années 2000. Il s’agit d’une reconfiguration des domaines de recherche autour des objets d’étude, définis par leur appartenance à des «communautés»: les femmes («gender studies»), les gens de couleur («race studies», «postcolonial studies»), les homosexuels («gay studies»), voire aujourd’hui les obèses («fat studies») ou les handicapés («disabled studies»). Le problème, du point de vue de la rigueur scientifique, est double: d’une part, ce type de découpage importe directement des problématiques militantes, où les objets sont d’emblée définis comme discriminés, donc comme victimes, donc comme devant être défendus et non pas seulement étudiés ; d’autre part, l’abandon du découpage en disciplines (histoire, sociologie, anthropologie, etc.) fabrique des universitaires incultes, qui ne connaissent que ce qui touche immédiatement à leur objet et ignorent l’essentiel des concepts, des problématiques, des méthodes des sciences sociales. Ils fabriquent ainsi des micro-compétences valables dans des micro-groupes, et qui n’ont guère d’autres débouchés que celui des luttes politiques, faute de compétences intellectuelles permettant de généraliser, de comparer, de se déplacer dans les multiples possibilités exploratoires offertes par les sciences sociales.

Les «académo-militants», comme vous les appelez, citent souvent Durkheim, pour qui «la sociologie ne vaut pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif». La recherche doit-elle vraiment échapper à tout agenda de transformation du monde? N’a-t-elle pas pour but d’améliorer la société? La frontière entre science pure et politique n’est-elle pas poreuse?

Les chercheurs et les universitaires ont le privilège d’être payés par la collectivité pour produire et transmettre des connaissances. Tout autre objectif relève d’une autre arène, notamment l’arène civique ou politique - où il est bien sûr parfaitement légitime de vouloir transformer le monde. Mais utiliser les moyens qui nous sont offerts au profit d’objectifs n’ayant rien à voir avec la science relève, à mes yeux, d’un détournement de fonds publics. Quant à la porosité entre «science pure» et «politique», elle est volontairement entretenue par ceux qui professent leur mépris de la science en ne la jugeant pas suffisamment valable en elle-même pour justifier «une heure de peine». Tous les chercheurs sérieux savent très bien repérer les énoncés qui ne relèvent plus du constat ou de l’analyse, produits selon les règles de ce que Max Weber nommait la «neutralité axiologique» (l’abstention d’opinion morale, politique ou religieuse dans le cadre académique), mais qui s’égarent dans le jugement de valeur, la promotion d’une idéologie ou la dénonciation d’une injustice.

Le lieu commun du militantisme académique cumule la naïveté et un naturalisme sous-jacent, qui postule implicitement que seul ce qui est naturel serait nécessaire, de sorte que, par exemple, la différence des sexes deviendrait contingente dès lors qu’elle serait déclarée « socialement construite », et donc transformable ou annulable à volonté

Les thèmes du «pouvoir» (Foucault) et de la «domination» (Bourdieu) sont omniprésents dans la vulgate sociologique contemporaine. Ils pèchent selon vous par une forme d’hyper-constructivisme qui suggère que tout est socialement construit et donc modifiable à l’envi. Qu’entendez-vous par là?

La mode «post-moderne» développée dans le monde anglo-saxon dès les années 1980 à partir de penseurs français (la «French theory») a beaucoup fait pour asseoir la pensée critique sur l’idée que tout serait «socialement construit», donc modifiable et malléable à merci. Le lieu commun du militantisme académique cumule la naïveté (car qu’est-ce qui, dans l’expérience humaine, pourrait échapper au «social», c’est-à-dire au langage, aux institutions, aux interactions, aux systèmes de valeurs?) et un naturalisme sous-jacent, qui postule implicitement que seul ce qui est naturel serait nécessaire, de sorte que, par exemple, la différence des sexes deviendrait contingente dès lors qu’elle serait déclarée «socialement construite», et donc transformable ou annulable à volonté. On confond ainsi les évolutions collectives et transgénérationnelles avec les désirs individuels de changement immédiat.

Le néo-féminisme abreuvé aux «gender studies» use et abuse de ce sophisme, agrémenté depuis peu de la notion, américaine elle aussi, d’«intersectionnalité», qui croise discriminations liées au sexe et discriminations liées à la race, concluant ainsi qu’une femme de couleur tend à être moins favorisée qu’un homme blanc: c’est ce que j’appelle découvrir la lune - une activité que pratiquent avec ferveur et constance les académo-militants.

On a tendance à relativiser la portée de ces théories, en les disant marginales et sans influence. En quoi sont-elles selon vous dangereuses?

Des collègues de l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires ont montré, grâce à une recherche par mots-clés dans les titres de thèses et de colloques, les appels à contribution, etc., que les termes relevant de ces nouveaux courants (décolonialisme, genre, intersectionnalité, islamophobie, racialisation, etc.) sont présents aujourd’hui dans plus de la moitié du corpus. Peut-on prétendre dans ces conditions que ces tendances seraient marginales ou minoritaires? Elles siphonnent par ailleurs une bonne partie des budgets octroyés aux projets de recherche, que ce soit en France ou au niveau européen. Et que les tribunes contre l’islamo-gauchisme publiées en novembre et en février aient pu susciter en réponse des pétitions comptant des centaines de signatures dit assez la force de ces courants. Il n’est donc nullement superflu de les combattre, comme j’ai essayé de le faire dans ce «tract», car ils sont objectivement dangereux.

Le principal danger à mes yeux consiste à faire croire aux jeunes générations que cette bouillie militante serait de la science, et qu’en cela consisterait la recherche: autant dire qu’ils sont formés dans l’idée que le savoir n’est pas une valeur en soi, puisqu’il ne se justifierait que d’un objectif de transformation du monde. On leur vend donc le contraire de ce pour quoi ils sont censés entrer à l’université, et on gaspille les énergies pour des productions dont le niveau intellectuel est souvent misérable.

Il existe par ailleurs un autre danger, plus directement politique: celui d’accréditer une définition communautariste et essentialisée de la citoyenneté, au rebours des valeurs de l’universalisme républicain dont notre pays est le fer de lance depuis la Révolution française. Mais il s’agit là d’une problématique politique, qui nous éloigne de la cause proprement épistémique - relative au savoir - que j’ai voulu défendre en dénonçant «ce que le militantisme fait à la recherche»…

"Ce que le militantisme fait à la recherche" chez Gallimard.

 


SORTIR DE L’ILLUSION DE L’ENDETTEMENT PERPETUEL.

Dette publique

Mon article sur la peur du retour de l’inflation avait un peu d’avance sur la presse spécialisée. Aujourd’hui, je vous propose de démonter le mécanisme  du pseudo remboursement de la dette.

La France, à cause de son endettement, est dans une situation fragile.

Il est donc important de rassurer ses prêteurs, français ou étrangers : donc elle honorera ses échéances sans essayer d'y échapper par des biais politiques, ce qui provoquerait à notre encontre un véritable cataclysme. C’est pourquoi notre « grand argentier » assure haut et fort que la « dette » sera remboursée. Les articles qui paraissent ces jours-ci  annoncent la durée qu’il faudra pour le faire : entre 60 ans et 100 ans … ce qui ne semble pas effrayer outre mesure nos gouvernants. Et  pour cause,  le remboursement dont il s’agit est un mensonge. Il repose sur une mécanique relativement simple : effectivement aux échéances prévues  nous remboursons  mais au prix d’un nouvel emprunt, et c’est rendu possible grâce aux  taux d’intérêts très bas qui permettent à la dette globale, qui ne diminue pas et augmente même, de rester « soutenable ».  On dit qu'elle « roule » et cela peut certes durer jusqu'à perpétuité. A condition que les prêteurs soient convaincus que le processus est maîtrisé. Il ne peut l’être que si deux conditions sont remplies.

Il faut que  les taux d’intérêt restent bas. Ce qui paraît être une évidence.

Il faut aussi que les soldes primaires de nos finances  publiques compensent le différentiel entre taux de croissance et taux d’intérêt. Et ça, c’est plus compliqué.

Dans une situation économique normale, le taux de croissance à long terme est inférieur ou égal au taux d'intérêt. Dans ce cas, la dette publique, rapportée au PIB, s'accroît spontanément chaque année de la différence entre le taux d'intérêt et le taux de croissance. Pour qu'elle soit stabilisée en pourcentage du PIB (donc renouvelable), il est nécessaire que l'excédent budgétaire primaire (hors intérêts sur la dette) compense cette différence et soit donc positif. Or, depuis un demi-siècle, nous connaissons la plupart du temps des déficits budgétaires ou soldes primaires déficitaires. Ce qui fait que notre dette ne cesse d'augmenter, sans aucune stabilisation, par un effet boule de neige. Si l'on continue ainsi, le scénario tournera nécessairement à la catastrophe car on ne peut pas vivre éternellement avec une dette de plus en plus déconnectée des capacités productives du pays.

Au début des années 2000, notre dette publique était contrainte par la limite théorique de 60 % du PIB, maximum autorisé par le pacte de stabilité européen. A l'époque, les intérêts à payer chaque année se montaient à environ 3 % du PIB. Aujourd'hui la dette a plus que doublé et, grâce à la politique monétaire menée par la BCE, sa charge annuelle n'est plus que de 1,4 % du PIB  en 2019 avec une prévision à 0,7 % à fin 2022. Pourquoi alors s’inquiéter ? A minima, après la crise sanitaire qui aura détruit une partie des facteurs de production, la différence positive entre des taux de croissance en réduction et les taux d'intérêt risque de diminuer encore.

Taux de croissance et taux d’intérêt.

« L'effet-levier » macroéconomique deviendra alors moins efficace. Mais surtout, on ne peut exclure qu'il s'inverse durablement, l'endettement croissant des acteurs économiques et l’inflation finissant par faire monter les taux. Peu de Français savent que la situation change du tout au tout suivant la relation existante entre taux de croissance et taux d'intérêt et que l'effet-levier, bien connu des investisseurs privés, s'applique mutatis mutandis à l'endettement public. Et on ne peut pas juger aujourd’hui à quelles conditions les prêteurs seront convaincus que la dette future ne continuera pas de grossir excessivement, qu'elle finira par se stabiliser en pourcentage du PIB et qu'elle sera donc indéfiniment renouvelable. Cet espoir est trop loin de la réalité historique pour être crédible. Depuis le début des années 2000, le taux de croissance de l'économie française a presque toujours été inférieur au taux d'intérêt payé sur la dette publique. Ce n'est que sur les années 2016-2019 que la différence inversée a été plus favorable. Mais pas beaucoup plus, car le taux de croissance a diminué parallèlement au taux des charges financières : la différence a été en moyenne de l'ordre de 1,5 % du PIB, trop fragile pour en faire une donnée de longue durée. 

Revenir à des budgets sans déficits.

Le laxisme auquel nos gouvernants se sont habitués en matière de dépenses publiques et de déficit budgétaire peut faire qu'on soit brutalement contraints, comme l'Italie ou la Grèce, de revenir à un excédent budgétaire primaire est une hypothèse plausible. Comment, sur courte période, pourra-t-on réduire de 50 à 60 milliards d'euros nos dépenses publiques ? La  fuite en avant à laquelle on assiste, et favorisée par le climat préélectoral – il faut bien financer quelques largesses comme le chèque offert aux jeunes-, repose bien sur une illusion. Ou plutôt un mirage.

Seul le retour à une orthodoxie financière le plus tôt possible, qui n’empêchera pas la dette dans un premier temps, pourra nous sauver de la catastrophe.

 


« CLAIRE, LE PRENOM DE LA HONTE. »

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L’assimilation refait surface.

Face à l’arrivée massive des immigrants, les faiseurs d’opinion abordent le sujet en parlant « de difficultés d’intégration » et de « rétablissement de la mixité sociale ». Mais parler d’assimilation est impossible, l’idée heurte  la « bien-pensance » et fait hurler les racialistes et autres racisés qui y voient une amputation et une obligation de renoncer à son identité d’origine. Et pourtant l’assimilation, qui a permis  à tant d’étrangers anonymes ou de renom de s’épanouir en France, c’est  bien le seul moyen de trouver sa place dans la société française.  Et une génération de femmes, n’hésite plus à braver la  vindicte  pour clamer haut et fort leur refus de l’idéologie victimaire et les assignations à résidence identitaires. Sonia Mabrouk, Rachel Khan, Lydia Guirous, Fatiha Agag-Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Claire Koç, font entendre leur attachement à la culture française. Le  fait que ce soit les femme n’est peut-être pas un hasard. Elles sont rejointes par quelques hommes tels Abnousse Shalmani et Amine El Khatmi. Longtemps silencieux, tous se rebiffent pour clamer que la  France n’est pas le pays raciste systémique et islamophobe que nous décrivent les militants décoloniaux et autres entrepreneurs de la cause identitaire.

« Claire, le prénom de la honte. »

L’exemple d’un parcours d’assimilation nous est donné par Claire Koç dans son ouvrage « Claire, le prénom de la honte ». Fille d’immigrés turcs, Cigdem Koç est devenue Claire Koç en 2008. La jeune journaliste raconte le cheminement qui l’a conduite à faire ce choix et les réactions de rejet de sa famille et de ses proches.  Un témoignage poignant de la volonté de fer dont il lui a fallu faire preuve et en même temps c’est une plongée  dans une France en voie de désintégration. Mais c’est l’éloge de l’assimilation qui l’emporte. Cette assimilation qui, on le découvre, n’est vraiment plus à l’ordre du jour de nos gouvernants et de ceux dont ce devrait être la préoccupation quotidienne. Claire, c’est le prénom qu’elle s’est choisi pour son adoption par la grande famille qu’est la  France.  C’est un choix personnel qui relève  de son identité intérieure, explique-t-elle, « un choix de cœur et d’esprit ». Pour autant elle affirme qu’elle ne renie pas son origine turque dont l’identité reste présente et qu’elle jugerait insensé de rejeter.

De l’intégration à l’assimilation.

Au début tout allait bien. La  famille, arrivée en 1984,  vit dans une cité HLM au milieu de Français dits « de souche ». Les années de primaires se passent sans tabous et ses voisins  lui serviront de modèle. Et puis l’engrenage de l’homogénéité de peuplement s’est installé, bientôt aggravé par  l’antenne parabolique, moment fatidique selon l’auteure. Chaque communauté  était raccordée en permanence à son pays d’origine. La France était devenue inexistante. Des associations conseillaient même de poursuivre sa façon de vivre sans faire le moindre effort d’intégration. Heureusement pour elle, avant de se refermer, ses parents l’avaient ouverte à la France. Mais le cycle infernal de l’endogamie était enclenché : commerces turcs, boulanger turc, vêtements turcs… C’est  le communautarisme. Chacun dans son coin.  Les  Turcs détestent les arabes et réciproquement.  Chacun vit sur son  secteur. Pourtant l’assimilation reste encore  possible selon elle, les candidats €s sont nombreux mais silencieux. Encore faudrait-il que l’école soit plus convaincue : elle devrait apprendre à être fier d’être citoyen français. Ailleurs dans le monde, à commencer par la Turquie, l’adhésion aux valeurs du pays d’accueil ne se discute pas. Une autre difficulté vient du réseau tentaculaire des associations communautaristes. Ainsi les partisans d’Erdogan exercent un lobbying en infiltrant des associations, des partis politiques, en cherchant à imposer des exigences séparatistes. Même quand on est déterminé, les  obstacles  s’accumulent : ainsi, jeune journaliste elle s’aperçoit que dans le  média où elle travaille pour avoir des « piges » il faut entrer dans le jeu des racisés au vu et au su de la direction qui laisse faire. Elle s’en affranchira, mais au prix d’une lutte forcenée.

Interdiction d’aimer la France.

Il ne fait pas bon défendre l’assimilation à la française. A cause de son livre, Claire Koç reçoit des insultes sur les réseaux sociaux, sur Twitter, et même des  menaces. Elle a été obligée de porter plainte pour incitation à la haine et  menaces de mort de la part de militants pro-Erdogan.  Elle fait l’objet d’une discrète protection policière.  Une campagne insidieuse, faite de fausses informations  la présentant comme une kurde membre du PKK, … Bref, « on » lui a collé une cible dans le dos. « Tout en toi pue la France » : une vindicte à  laquelle elle est habituée. Chez les racisés victimaires, il ne fait pas bon être du côté des « colonialistes ».  Mais par la même, c’est le rejet du modèle  républicain qui s’exprime. 

Devenir français.

Le  problème auquel notre  pays est confronté est dû à la présence sur notre sol de certains individus qui ne se reconnaissent pas dans la culture française. Ils ignorent les codes nécessaires pour devenir français. Il faut en priorité s’occuper d’eux et leur faire apprendre la langue française : s’il n’y a pas d’obligation d’apprendre la langue d’accueil, comment construire une nation ? Il faut rendre plus contraignantes les conditions pour obtenir la nationalité et faire que la  culture générale soit un critère déterminant. Si la France a beaucoup à apprendre ou à s’enrichir de l’étranger, on ne dit jamais  assez que l’étranger a beaucoup à apprendre ou à s’enrichir de la France. Autant d’affirmations qui parsèment les pages, frappées au coin du bon sens.

Extraits.

« Je me demande souvent pourquoi on ne m’a pas inculqué les belles valeurs de notre République au cours des longues heures que j’ai passées dans les salles de classe ? J’ai acquis ce sentiment d’appartenance à notre beau pays en autodidacte et en m’émancipant du carcan familial. Aucun enseignant ne m’y a incitée ! ».

« Ce n’est pas en brandissant une culotte tâchée du sang de mes règles au visage de mes parents ni en brodant une vulve au dos d’un sweat à capuche que j’ai combattu le patriarcat turco-musulman. Si  j’ai réussi à me tailler une place au sein de la  société française, je ne le dois pas non plus au soutien des néo-féministes de salon trop occupées à culpabiliser le mâle blanc plutôt qu’à s’attaquer au fondamentalisme qui étreint jusqu’à l’étouffer la vie des femmes de certains quartiers. » 

Malgré tout, Claire Koç prouve que l’assimilation individuelle reste possible, mais le contexte n’a jamais été aussi défavorable. L’assimilation ne peut fonctionner qu’à plusieurs conditions, en effet : il faut que la personne ait vraiment la volonté de s’assimiler à la culture et aux mœurs de son pays d’accueil ; que les flux d’immigration restent raisonnables et étalés dans le temps ; que l’immigrant puisse facilement rompre ses liens avec son pays d’origine et qu’il n’y ait pas déjà une forte communauté non intégrée de personnes issues de l’immigration dans son entourage immédiat.  Encore faut-il que le pays d’accueil ait suffisamment confiance dans son identité et ses valeurs pour offrir quelque chose à quoi s’assimiler et surtout qu’il en ait la volonté…

L’assimilation est un chemin qu’il faut reprendre.  La tâche est rude avec un corps enseignant largement communautariste et un pouvoir qui tient un double langage.

Je n’ai fait qu’effleurer le sujet. Un livre qui se lit d’une traite. Rafraîchissant à certains égards.

« Claire, le prénom de la Honte. »  De Claire Koç, chez Albin Michel.

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte tombeau

L'HERITAGE ET LA LEGENDE

L’Empereur mort laissait à la postérité et au monde l’image d’un soldat luttant pour la cause des peuples asservis,  l’inspirateur du principe des nationalités succombant sous les coups de la Contre-Révolution, le dernier tenant des rêves philosophiques et révolutionnaires du XVIIIème siècle. Le Mémorial de Sainte-Hélène fait éclater le génie publicitaire, une fois de plus, de Napoléon. « Il eût voulu le même principe, le même système partout : un code européen, une Cour de cassation européenne, … une même monnaie sous des coins différents, les mêmes poids, les  mêmes mesures, les mêmes lois,... L’Europe, disait-il, n’eût bientôt  fait de la sorte, véritablement, qu’un même  peuple, et chacun, en voyageant, partout se fût trouvé toujours dans une patrie commune. »

L’empreinte européenne.

Les  armées de la Révolution et de Napoléon n’ont pas seulement gagné des batailles et modifié les frontières politiques de l’Europe. Elles ont amené d’importants changements dans l’évolution des Etats conquis et vassaux. Après la défaite de 1809, l’Autriche de Metternich poursuivit les réformes héritées du « despotisme éclairé », mais c’est surtout l’Allemagne qui connut les transformations les plus spectaculaires : sa carte fut simplifiée, le Saint-Empire romain germanique disparut. Dans les pays annexés, les lois françaises ont été directement appliquées et dans les Etats vassaux ou alliés, la législation s’inspirait également du Code civil. En Prusse, des hommes comme Stein, Hardenberg, Scharnhorst, imposèrent une série de réformes sociales et militaires, tandis que l’Université de Berlin forma  les cadres de l’avenir, inspirés par l’idéal nationaliste qu’exprimaient les célèbres « discours à la nation allemande » de Fichte. La péninsule italienne, de son côté, a été profondément marquée par la domination française : simplification des frontières, unification des lois et de l’administration, démantèlement du vieil ordre féodal. Malgré ses aspects oppressifs, l’occupation napoléonienne  a hâté la prise de conscience nationale. Seul point noir, en Espagne, une guerre inexpiable a rendu les réformes inopérantes. Après le retour du roi, une répression brutale s’est abattue sur le pays et l’Espagne restera nettement à l’écart du grand courant modernisateur.

L’histoire de Napoléon est celle d’une fuite en avant.

On s’aperçoit rapidement qu’il n’y a pas d’alternative entre la chute de la France et la soumission de l’Europe tout entière. L’Empereur dut désarmer les coalitions qui ne cessaient de renaître grâce à l’or anglais. Le meilleur moyen aurait été certainement de nouer des alliances solides qui, favorisant l’établissement d’une paix continentale durable, auraient permis de consacrer tous les efforts financiers et militaires, à la lutte contre Albion. Mais jamais les diplomates n'ont pris le relais des  militaires et les régimes politiques s’avéraient par trop différents. A plusieurs moments, on a pu croire que les  Britanniques étaient prêts à traiter avec  la  France comme a pu le laisser penser la « paix d’Amiens » en 1802. En fait ce n’était qu’une pause. Car les Anglais n’avaient pas le choix, il leur fallait vaincre ou périr. Ils ne pouvaient accepter une Europe dominée par la France. Depuis un siècle ils luttaient pour que le continent demeurât divisé  afin qu’aucun de ses Etats ne pût leur dicter sa loi. Ils avaient combattu Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. A cette guerre séculaire, la Révolution avait ajouté une épine supplémentaire qui ne pouvait trouver de solution négociée : l’annexion de la Belgique et l’occupation du port d’Anvers par lequel le commerce anglais accédait au marché européen. Et Napoléon de son côté était prisonnier de l’engagement qu’il avait pris auprès des Thermidoriens que la Belgique resterait Française. Le conflit devenait donc une guerre à mort.  Comme quoi le Brexit s’inscrit dans une longue tradition.

Napoléon qui était tenté de croire, parce qu’il était toujours vainqueur, que de la guerre pouvait naître une paix durable, savait aussi qu’une paix solide ne pouvait être conclue qu’entre gens qui parlent le même langage. Or depuis 1789, les Européens ne se comprenaient plus. La Révolution avait creusé un gouffre entre cette toute jeune république et les vieilles monarchies du continent. Les  monarchies se méfieront toujours du souverain français, même devenu lui-même monarchique. Si les rois étaient obligés de plier devant lui, ils ne l’accepteront jamais comme un des leurs et c’est lui qui sera la dupe du tsar.

Un legs inestimable.

L’héritage de Bonaparte est multiple. Il a mis fin à la guerre civile et a œuvré pour la réconciliation nationale et la stabilité après dix ans de déchirures. Une grande œuvre a été accomplie en quatre ans sous le Consulat (voir le chapitre correspondant). Il a légué à la France la constitution administrative, la monnaie stable avec  le « Franc germinal » qui ne sera jamais dévalué jusqu’en 1914, les bases d’une paix religieuse avec le concordat, et évidemment le Code civil. Tout en étant de fait le « fossoyeur de la Révolution », il a permis d’en inscrire les  principales conquêtes dans la durée, en empêchant notamment une restauration monarchique en 1800. Napoléon, même au fait de sa puissance, n’est pas tout-puissant.  Les anciens régicides, casés au Sénat, accompagnent le régime en échange de prébendes mais sont les gardiens de deux principes intangibles : pas de retour des Bourbons et conservation des « frontières naturelles », c’est-à-dire la rive gauche du Rhin. Carnot défendra encore cet héritage de la Révolution pendant les Cent Jours.

On ne peut contester que le régime napoléonien était un régime d’autorité qui tendit à partir de 1809-1810 vers le pouvoir personnel, complété par la mise sous tutelle et sous surveillance de la liberté politique. Ce ne fut pas, pour autant, une dictature : les contre-pouvoirs, la force de certains principes limitèrent l’action de l’exécutif et les circonstances réduisirent  souvent ses marges de manœuvre. D’ailleurs tant le nombre des exécutions (deux, dont le Duc d'Enghien) que le nombre réduit de prisonniers politiques en attestent. L’armée est toujours restée à l’écart du pouvoir et l’acceptation du régime par le peuple et les élites fut large, exprimée par les plébiscites, les élections intermédiaires, le consentement à la conscription et à l’impôt, etc…  

On lui doit l’installation d’un Etat fort et efficace, bien administré avec tous ses rouages, un développement de l’agriculture et des manufactures, la  construction de routes, de ponts, notamment à Paris, la construction des quais de la Seine. Il ne supportait pas les dépenses inutiles, reprenant tous les comptes. L’oeuvre de codification des lois se prolongea jusqu’en 1810 avec les codes de commerce,  d’instruction criminelle et le Code pénal. C’est en caracolant à la tête de la Grande Armée qu’il décida d’aligner des platanes le long des routes pour que les chevaux soient épargnés par le soleil. On n’en finirait pas ! Alors, c’est vrai, il laissa la France plus petite qu’il ne l’avait  trouvée.

Un homme de son temps.

Marqué par les convulsions de la Révolution, Napoléon Bonaparte, élevé sous la monarchie absolue, est bien inscrit dans son temps. Dès la campagne d’Italie, il a conscience de son génie. Il a, de fait, une évidente supériorité de tempérament, de volonté,  d’intelligence. Il a séduit presque tous ceux qui l’ont servi, même Talleyrand.  Cambacérès était fasciné par son charisme,  son esprit de décision et sa ténacité. C’est aussi un homme  qui vivait dans l’action et qui était capable de s’occuper de  tout.  Un homme des Lumières qui avait à coeur d’acquérir la gloire par une œuvre utile.

C’est  aussi un caractère bienveillant qui savait obtenir de chacun tout ce qu’il pouvait donner et qui était capable de pardonner même les trahisons, car il n’attendait rien des autres. Enfin, il aimait l’ordre et sa vie était réglée  comme du papier à musique. Les repas officiels étaient expédiés en vingt minutes et son souci du temps rempli allait jusqu’à dupliquer à l’identique les lieux qu’il habitait, au livre qu’il appréciait près, placé au bon endroit. Quant au procès qu’on lui a fait sur sa misogynie, il mériterait tout au  moins d’être nuancé. Il était, ni plus ni moins, représentatif de la mentalité de son époque. Il suffit de rappeler que les figures féministes de l’époque, les Manon Roland, Théroigne de Méricourt ou Olympe de Gouges finirent pour la plupart sur l’échafaud et les clubs féministes impitoyablement fermés. Au moment du Code civil la cause féminine avait quasiment disparu. Le Code auquel il participa ne fit que reprendre ce qui  était dans l’air du temps de la bourgeoisie de l’époque : la famille placée sous l’autorité du père et du mari ; la femme ne jouissait de l’intégralité de ses droits au si elle était célibataire et capable de subvenir à ses besoins. L’inégalité juridique perdura  jusqu’en 1946 et ne disparut totalement qu’en 1965. En échange, le père ou le mari lui devait protection personnelle et patrimoniale.

La légende.

La Monarchie de Juillet, avec Louis-Philippe va servir de caisse de résonance au « mythe » napoléonien. Les livres qui paraissent alors réveillent le souvenir de l’Empereur. Las Cases donna corps à la légende du Napoléon du peuple, le "petit caporal à la capote grise". En quête de légitimité, Le roi Louis-Philippe voulait se rattacher aux grands souvenirs, faute de pouvoir se  placer dans une tradition monarchique. Et Napoléon c’est "la gloire de la France". Il pensait couper l’herbe sous le pied aux opposants à la monarchie qui s’en servaient pour enflammer les esprits.  Le peuple s’émouvait au souvenir des bulletins de la Grande Armée et de sa fin misérable sur le « rocher » de Sainte-Hélène. Grognards revenus dans leurs foyers, historiens, poètes, écrivains, se plaisaient à faire revivre l’épopée du grand homme. Il négocia donc le retour des cendres de l’Empereur aux Invalides qui rassembla un million de Français en 1840. Il fit ériger la  colonne Vendôme et ainsi se nourrit la légende napoléonienne qui allait se retourner contre lui,  préparant sans le savoir le terrain au prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur qui sera élu président de la République avec 74% des voix dix ans plus tard.

Alors oui, il faut rendre honneur à l’Empereur.

En même temps, c’est rendre honneur au peuple français. Ne commettons pas d’anachronisme. Les guerres de la Révolution et de l’Empire sont le dernier épisode d’une longue guerre de cent ans avec l’Angleterre qui n’a jamais dit son nom. Napoléon continue de nous éblouir parce qu’il incarne la France qui croit en la  force  de son destin. Sa volonté de puissance et son absence de lucidité après 1806 sur sa responsabilité dans l’effondrement de l’Empire n’enlèvent rien au caractère évidemment prodigieux du personnage et de sa vie. Il reste pour l’éternité dans nos mémoires, et si besoin était, l’Arc de triomphe de L’Etoile, les  boulevards des Maréchaux qui ceinturent Paris, les ponts d’Iéna et d’Austerlitz, l’avenue de la Grande Armée… nous la rafraîchiraient. Il a innové dans bien des domaines, laissant son sceau, sa griffe, sur tout ce qui fait notre état moderne. Ce n’est pas pour rien qu’il est l’une des figures les plus populaires au monde, hors de nos frontières.

Deux siècles après la mort de Napoléon, la France continue de rêver qu’elle est une grande puissance mondiale.

 


MACHIAVEL-MACRON

Machiavel

Obsession 2022.

Affaiblir les Républicains à tout prix pour préserver son face à face avec Le Pen qui seul, pense-t-il, lui permettrait de se faire réélire. Or, seuls les Républicains sont en capacité de troubler le jeu.  La gauche, n’en parlons pas.  Alors Macron agit selon deux  axes : d’abord empêcher Xavier Bertrand d’être élu, parce qu’il est le  plus menaçant pour l’instant.  Pas  moins de trois ministres sont à la manœuvre avec l’envoi en kamikaze de Dupont Moretti, qui aurait pourtant d’autres chats à fouetter. Le  prétexte de « chasser le RN » est un leurre. Mais faute  de pouvoir faire un score honorable,  la liste  LRem  sera au pied du mur. Car le Président  sortant des  Hauts de France a été très clair : aucune alliance, ni au premier tour, ni au second. Se maintenir, si c’est possible pour LRem, aura comme conséquence inéluctable : la Région passera au RN. Deuxième axe : pratiquer le baiser mortel comme en PACA  quand le ver est déjà dans le fruit. Montrer que LRem qui n’existe  pas  sur le terrain et Les Républicains, c’est l’alliance qui fait gagner. Un gros mensonge, malgré le martèlement médiatique. Parce que c’est perdant à tous les coups.  On l’a vu aux municipales, notamment à Bordeaux. On le voit dans les sondages en PACA. Ce  type d’alliance ne prend pas en compte  la toxicité de LRem pour une grande partie des électeurs de droite qui ne reconnaissent pas dans le parti du président une politique de droite. En PACA , les  sondages montrent qu’un accord  mobiliserait  des abstentionnistes de gauche pour le RN et ferait fuir  une partie des électeurs de droite sur le même RN ou dans l'abstention. Résultat Mariani l’emporte facilement. Macron joue avec le feu, car c’est le scénario qui s’appliquerait  en cas de face-à-face avec Marine Le Pen. Cela veut dire que LR a un rôle clé à jouer, à condition de ne pas entrer dans le jeu d'Emmanuel Macron.

Tout le monde s’y met.

Sondages, pilonnage en règle, hystérie des macronistes, tel Castaner, qui accusent Les Républicains d’une « extrême violence », on se croirait revenu au déchaînement de la gauche du temps de Sarkozy,  quand Martine Aubry accusait le  Président d’abîmer la  France  et l’UMP d’être la "droite dure". Faut-il que ce parti soit encombrant. On veut nous faire croire, comme M. Attal, que LR court après le RN, alors que c’est l’inverse : c’est Marine Le Pen qui, tel un caméléon, vient se couler sur le terrain de la droite. On croit rêver, mais tout est bon pour discréditer le parti de Christian Jacob. C’est vrai qu’avec 105 députés, premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, premier  groupe parlementaire et majoritaire du Sénat , 56%  des communes de plus de 9 000 habitants, on ne le mettra pas facilement sur la touche. Aussi, il faut qu’il perde absolument des Régions pour tenter au moins de montrer qu’il est sur le déclin. Et  tant pis si c’est au profit du RN.

Un enjeu de clarté.

Dans cette exigence de clarté, il y a un enjeu de survie pour la droite. Notre famille politique meurt  des ambiguïtés créées par ceux qui quittent le parti après avoir oeuvré souterrainement depuis quatre ans, comme Estrosi. Chacun est, bien sûr, libre de ses idées, mais ils auraient dû se mettre en conformité avec leurs actes et rejoindre LREM. Le plus grave est que ces reniements minent notre vie démocratique jusqu'au sein même des fidèles. Il ne peut y avoir aucune confiance en nos institutions, si la classe politique semble n'avoir ni cohérence ni clarté. La droite, elle, doit préparer l'alternance dans la clarté et la constance. Sinon, elle n'a plus de raison d'être. Or je suis convaincu que cette alternance est plus que jamais nécessaire pour la France. Heureusement, LR a une réserve de candidats tous aussi talentueux et en capacité d’assurer la charge suprême. Oui, le débat politique a  besoin de clarté, ce que le  « en même temps »  n’apporte pas, on le voit encore avec la candidate voilée de LRem qui renforce le doute sur Macron et le communautarisme. Sur le régalien, l’insécurité et les violences quotidiennes, l’immigration incontrôlée, la dette, les dépenses publiques, le redressement économique, l’écologie responsable, seuls Les Républicains ont un positionnement cohérent et clair. Leur travail parlementaire est sous-médiatisé et celui sur le projet avec les « conventions thématiques » méconnu du grand public. Les républicains sont plus que jamais utiles.

La victoire écrasante de la droite à Madrid peut servir d’exemple et entretenir l’espoir.

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte Waterloo

LES CENT JOURS ET WATERLOO

La première restauration.

Le 24 avril 1814 seulement, l’ancien Comte de Provence qui, depuis 1795 avait pris le titre de Louis XVIII, débarqua à Calais, décidé à rétablir dans son intégralité le gouvernement « qui fut pendant quatorze siècles la gloire de la France ». Néanmoins, avant d’entrer dans la capitale qu’il n’avait  pas revue depuis 1791, il promit dans la « Déclaration de Saint-Ouen » de gouverner en monarque constitutionnel. Le 3 mai, il entra à Paris. Le Te Deum à Notre-Dame s’imposait : la première Restauration était accomplie. Louis XVIII arrivait au pouvoir âgé, presque impotent, et assagi par son long exil. D’une intelligence fine, il se rendit compte qu’un retour à l’Ancien Régime était  impossible.  La Révolution et l’Empire avaient changé à tout jamais les conditions de la vie politique. La  « Charte » promulguée en juin au Palais-Bourbon, installa une monarchie constitutionnelle. Elle était plus libérale que toutes les constitutions de l’Empire, mais elle était mal  présentée.  Elle était « octroyée », un mot  malheureux. Deux chambres, la Chambres des pairs et la Chambre des Députés, avaient un pouvoir législatif limité. Elles  votaient notamment les impôts. Mais le régime n’était en rien un régime parlementaire et démocratique, car seul le roi avait le droit d’initiative et il avait en plus un droit d’ordonnance qui lui permettait de rédiger des règlements ayant force de lois, en cas de circonstances graves. L’élection des députés se faisait au suffrage censitaire et le cens était élevé.

Mais la Charte garantissait l’essentiel des conquêtes de la Révolution : égalité devant la loi, abolition des privilèges, liberté individuelle, liberté des cultes et de la presse. Une partie de l’opinion était indisposée par le « préambule » qui présentait Louis XVIII comme le « Roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu » et le replaçait dans la suite de la monarchie en datant son règne de la « dix-neuvième année ». De plus, de nombreux émigrés revenus s’opposaient au roi constitutionnel, le « jacobin couronné »,  et refusaient de reconnaître la Charte. Ils  se  firent très vite menaçants  en se regroupant autour du Comte d’Artois qui se présentait comme n’ayant pas changé depuis 1789, et encourageait la « réaction ». Le roi, dépassé par son entourage, commit alors faute sur faute : menace sur les biens nationaux, réduction des effectifs de l’armée avec le licenciement de 12 000 officiers de Napoléon avec  mise en demi-solde tout en réintégrant à des grades importants d’anciens émigrés.  Il laissait humilier les maréchaux de France à la cour, et ultime erreur, il remplaça le drapeau tricolore par le drapeau blanc de la monarchie. Le  peuple craignit pour ses droits si chèrement acquis. Dès lors, un seul homme pouvait encore tout sauver : Napoléon !

Le « vol de l’aigle ».

Napoléon hantait tous les esprits.  Curieusement, il devint le  symbole des idées libérales  et s’installa une ambiance nostalgique de son épopée. La rumeur de son retour se répand et déjà de hauts personnages comme Fouché, qui avaient contribué à sa chute conspirent en sa faveur. Dans les salons bonapartistes un complot s’organisait et préparait des appuis au sein de l’armée. Carnot publia « un mémoire au roi » où il dénonçait les fautes de  la  Restauration qui se vendit à des centaines de milliers d’exemplaires.

Dans son île, Napoléon prêtait l’oreille au revirement de l’opinion publique en sa faveur et n’ignorait pas que Louis XVIII songeait à le faire transférer « à cinq cents lieues d’aucune terre».  Il décida de passer sur le continent après sa fameuse proclamation : « Soldats, arrachez ces couleurs que la nation a proscrites et qui pendant vingt cinq ans servirent de ralliement à tous les ennemis de la France ! Reprenez les aigles que vous aviez à Ulm, à Austerlitz, à Iéna, à Eylau … L’aigle avec les couleurs nationales volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame   ! » Entre le 28 février et le 20 mars 1815, Napoléon marcha sur Paris. Débarqué le 1er mars à golfe Juan, il prit la route des Alpes. Une anecdote parmi tant d’autres : au village de Laffrey, confronté  pour la  première fois aux troupes envoyées pour l’arrêter,  il s’avança seul : « s’il en est un parmi vous qui veuille tuer son Empereur, me voilà ! ». Ses  anciens soldats répondirent par des vivats. A Auxerre,  le maréchal Ney, décidé à « ramener Bonaparte dans une cage de fer » se précipita dans ses bras. Louis XVIII s’enfuit à Lille puis gagna Gand. Le 20 mars Napoléon entrait aux Tuileries, porté en triomphe par la foule.

Les « Cent Jours ».

Napoléon recommençait sa vie, celle d’un général révolutionnaire dont le peuple attendait qu’il le sauvât d’un retour à l’Ancien Régime. Il choisit la voie libérale pour se concilier la bourgeoisie. Mais le chemin était étroit.  Le peuple  l’avait rappelé pour l’opposer à Louis XVIII, pas pour lui voir  tenir le rôle d’un monarque. Il confia à Benjamin Constant la tâche de rédiger un projet de constitution.  Le 22 avril fut publié « l’acte additionnel aux Constitutions de l’Empire » qui recopiait la Charte  sans beaucoup l’améliorer. Au passage, il abolissait l’esclavage, mais cela passa inaperçu.  Un texte qui déçut les démocrates et n’apaisa pas la défiance des bourgeois libéraux. Un plébiscite  marqua bien l’état des esprits : sur 5 à 6 millions d’électeurs, seulement 1 300 000 « oui » et 4 000 « non ». L’abstention était massive. La  France avait besoin de paix pour refaire ses forces, mais les alliés avaient aussitôt renouvelé le pacte de  Chaumont. Le Congrès de Vienne déclara le « perturbateur du repos du monde » hors la loi. Napoléon fit savoir au tsar et à l’Empereur d’Autriche, qu’il avait l’intention de respecter le traité de Paris. Malgré cela, et sans attendre que Napoléon ne reconstituât une armée, Blücher concentrait ses forces près de Namur, Wellington débarquait à Anvers et rassemblait une armée hétéroclite d’Anglais, de Belges et d’Allemands, en tout 213 000 hommes. Dès lors, Napoléon fut obligé de reprendre le combat.

Waterloo.

L’Empereur quitta Paris le 14 juin à la tête d’une armée de 130 000 hommes. A son habitude, il  choisit l’offensive.  Ney fit battre en retraite Wellington près de Bruxelles, et le duc de Brunswick fut tué, pendant que Napoléon attaquait les Prussiens qu’il désarçonna, Blücher manqua d’être pris et ne dut son salut qu’à la nuit tombante. Ces victoires n’avaient rien résolu. De  son côté Grouchy commit de graves erreurs et ne sut pas s’interposer entre les deux armées ennemies. Napoléon décida alors de renforcer Ney face aux Anglais qui s’étaient installés sur le plateau du Mont Saint-Jean pour couvrir la route de Bruxelles. C’est le 18 juin 1815 qu’allait se dérouler la bataille de Waterloo. Les  conditions étaient médiocres, il avait beaucoup plu, et les Anglais étaient bien retranchés. L’artillerie ne put être mise en place qu’en fin de matinée. Les  assauts se  multiplièrent, la bataille était  acharnée sans que les Français puissent prendre l’avantage. Entre temps, les Prussiens étaient arrivés sur le champ de bataille, moment évoqué par Victor Hugo par le  célèbre vers : «Napoléon s’écria : Grouchy !, C’était Blücher ! ». Attaqués  de deux côtés,  la garde et les grenadiers finirent par plier sous le choc de la cavalerie prussienne.  La panique s’installa et le gros de l’armée s’enfuit. Napoléon, Ney et Cambronne s’enfermèrent au milieu des soldats qui tenaient aux cris de « Vive l’Empereur ! ».  A la nuit, Napoléon se retira, perdu, au milieu de son armée en déroute. Il s’en était fallu de peu que le sort ne basculât en sa faveur, mais ce n’était pas le bon jour. L’Empereur, rentré à Paris songeait encore à la lutte. Mais la situation intérieure était grave.  Fouché, trahissant une fois de plus obtint de la chambre qu’elle mette Napoléon  en demeure d’abdiquer, ce qui fut fait le 22 juin. Une foule énorme entourait le Palais. Elle criait : « Résistez ! Ne partez pas ! » Mais Napoléon ne voulait pas armer le peuple. Pensant gagner l’Amérique, il se rendit à Rochefort où il se livra finalement aux Anglais.

Sainte Hélène et la fin.

Napoléon écrivit au Prince-Régent, fils de George III : « Je viens comme Thémistocle, m’asseoir au foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de ses lois que je réclame de votre Altesse royale, comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis. ». Il fut embarqué sur le Bellérophon, à destination de Plymouth où on lui refusa de débarquer et où il apprit son destin : prisonnier de guerre, il irait terminer  ses jours à Sainte-Hélène, au large de l’Afrique australe. Ce fut une lente agonie entre solitude,  désoeuvrement et mesquineries de ses gardiens. Le 5 mai 1821 il s’éteignit. L’autopsie révéla un ulcère mortel à la sortie de l’estomac. Il laissait à la postérité le « Mémorial de Sainte-Hélène », dicté à Las Cases, les  Mémoires et œuvres historiques dont le général Gourgaud et Montholon étaient officiellement les rédacteurs et firent éclater le génie publicitaire de Napoléon. Deux ans après sa mort, Las Cases publia le Mémorial.  La « légende napoléonienne » commençait. Napoléon  ne savait pas que bientôt un certain  Louis-Napoléon, fils de Louis, s’en servirait pour reprendre le flambeau des Bonaparte.

A suivre : L’oeuvre de Napoléon. Dernier chapitre en guise de bilan.

 


LE POINT SUR L’ECONOMIE

Planche à billets

 

LA PEUR DU RETOUR DE L’INFLATION

Intéressant le rapport de l’ancien ministre des Finances, Jean Arthuis. Il nous montre un horizon bien sombre à  l’horizon 2030, un moment où notre dette se situerait entre 130 et 150%  de note PIB. Et ce  rapport explique à demi-mot qu’il est impossible de concevoir un plan de rétablissement de nos finances publiques. Et pourtant nous allons vers les 3 000 milliards de dette, car nous continuons à emprunter 1 milliard d’euros par jour sur les marchés.

Trop de liquidités.

Les banques centrales injectent trop de liquidité et les gouvernements en font trop. Le principal danger vient du risque avéré de surchauffe de l’économie, et particulièrement de  l’économie américaine du fait des plans successifs de Joe Biden qui injectent des dollars par dizaines de milliards. Avec  la crise sanitaire on a un effet  de cumul : l'épargne des ménages, la trésorerie des entreprises, les liquidités des banques centrales, les plans de relance, constituent un cocktail explosif.  Le 4 mai dernier, Janet Yellen, secrétaire au Trésor américain a, pour la première fois, évoqué la possibilité d'une hausse des taux d'intérêt. C’est un tournant. Elle a très précisément déclaré qu'il faudrait peut-être augmenter les taux d'intérêt pour que l'économie US n'entre pas en surchauffe. Elle alimente l’idée que l'inflation va revenir, et qu’inévitablement les taux d'intérêt vont remonter, surtout aux États-Unis. Les prévisionnistes s’accordent sur une inflation américaine qui devrait dépasser les 3,5 ou 4%. D’autant plus que la hausse des matières premières va aussi alimenter la hausse de l'inflation.
L’Europe suivra. En Europe, la reprise sera forte mais moins forte qu'aux États-Unis et les pressions inflationnistes seront moins fortes. Le travail de la BCE  devrait donc s’avérer moins complexe que celui de la FED. Notons tout de même que le taux de référence en France, le taux d'emprunt à 10 ans, n'est plus négatif. Il reste bas à 0 ,12%, mais il n'est plus négatif. Les taux d'emprunt d'État remontent partout en zone euro, 0,81% en Italie, 0,43% en Espagne. L'Allemagne a encore un taux négatif à -0,23% mais rappelons qu'il était tombé à -0,67% il y a 6 mois. Ce sont des signes avant-coureurs.

Rappelons que, en économie, si on accroît massivement les liquidités en circulation, la masse monétaire augmente et si la masse monétaire augmente, inéluctablement, l'inflation dérape. On aurait donc dû  avoir un retour de l’inflation depuis des années compte tenu des baisses des taux et des injections massives de liquidités par les banques centrales. Celle-ci n'est jamais venue. On a déjà expliqué pourquoi : les pressions déflationnistes structurelles étaient fortes : la démographie avec  l’effondrement des taux de fécondité et le vieillissement de la population, du fait de la digitalisation de l'économie, et enfin du fait de la révolution sociétale, et notamment de la prise de conscience écologique qui pèse sur la surconsommation.

Le retour de l’inflation.

L’inflation semble maintenant pointer son nez et ça va  changer la donne, tant sur l'économie que sur les marchés. Le facteur déclenchant aura été la crise sanitaire. Les masses d'argent mobilisées par les gouvernements et les banques centrales ont atteint des niveaux tellement délirants qu'à la sortie de la crise sanitaire, la consommation et l'investissement explosent, comme on le voit en Chine ou aux Etats-Unis. Et la pression est tellement forte que, cette fois, la hausse de l'inflation est inéluctable. Désormais, le débat porte sur son caractère plus ou moins durable. Les banques centrales font le pari  que cette hausse de l'inflation sera conjoncturelle et accompagnera la sortie de crise en raison du retard de consommation et d'investissement accumulé pendant la crise. La FED et la BCE tentent de rassurer sur les craintes d'inflation, et, pour l’instant, n’envisagent pas de  monter les taux pour la contrer. Mais rien n’est moins certain. Il peut y avoir un dérapage de l'inflation, car il y a trop d'argent en circulation dans l'économie, et cela risque de provoquer des turbulences. L’indicateur  à suivre de près c’est l'inflation aux États-Unis. Si elle dérape, il faudra se mettre aux abris.

Cycle de hausses ?

Le risque est d’autant plus difficile à appréhender que les matières premières industrielles, agricoles, l'énergie, sont entrées dans un cycle de hausses, du cuivre au plus haut depuis 2011 au soja au plus haut depuis 8 ans, en passant par le maïs, le minerai de fer ou encore le sucre, tout monte. Les raisons sont les  mêmes : la masse de liquidités déversée par les banques centrales, les plans de soutien et les plans de relance massifs des gouvernements, le rebond de l'économie post-crise sanitaire en Chine et aux États-Unis avec l'effet rattrapage de la consommation et de l'investissement, la « transition écologique » qui provoque des ruées sur certaines matières premières. Enfin, la Chine est le premier consommateur au monde de matières premières et son économie a redémarré sur les chapeaux de roue. Même si elle anticipe un cycle de croissance plus contrôlé, les prévisions de ses besoins sont impressionnantes. Le  redémarrage de l’économie américaine ajoute aux tensions d’approvisionnement. La flambée des matières premières va inévitablement alimenter la hausse de l'inflation. Autant d’éléments qui plaident pour un dérapage de l'inflation dans les mois qui viennent.

Voilà pour le contexte.

Et pendant ce temps, en France… 

Les français ...épargnent, épargnent et épargnent encore. Nous allons de records en records, notamment pour l'assurance vie : 1 812 milliards d'euros d'encours, 1 milliard d'euros de collecte nette en mars, 4 milliards en 3 mois. Mais ce qui se passe en France est grave, et nous risquons d'en payer les conséquences pendant longtemps : grisé par un sentiment de totale liberté et par l'ivresse du chèque en blanc de la Banque centrale européenne, le gouvernement dépense sans compter. Le problème c’est qu’il dépense, il n'investit pas, et  qu’il essaie de faire passer la masse des dépenses publiques préélectorales pour de la « relance ». Pas un jour ne passe sans que nous distribuions une aide qui additionnées se comptent en centaines de millions, voire en milliards d'euros. Des aides de soutien évidemment nécessaires pour les secteurs, les entreprises et les personnes en difficultés. Mais cela va bien au-delà de ce qui est nécessaire. Sous couvert de soutien à l'économie du fait de la crise sanitaire, le gouvernement a fait exploser des dépenses publiques qui n'ont rien à voir avec ce soutien. Nos gouvernants y ont vu une opportunité historique de distribuer de l'argent sans compter, et pour que ça passe mieux vis-à-vis de nos partenaires, nous changeons les étiquettes : nous labellisons de simples dérapages des dépenses publiques avec une étiquette « plan de relance ». On disait qu'en France, il y avait une taxe pour chaque problème. Aujourd'hui il y a une aide pour chaque problème. Rien n’a été fait pour limiter les mauvaises dépenses publiques que nous accumulons sous forme de déficit depuis 1974, celles qui dépassent nos revenus et sont faites totalement à fonds perdu, avec une efficacité de plus en plus réduite, comme on l'a vu avec notre système hospitalier pendant la crise.  Elles ne seront jamais remboursées et vont donc peser sur la croissance à venir. Quand la crise sanitaire sera terminée, nous ferons une fois de plus figure de cancres et de tricheurs. Et que se  passera-t-il  si l’inflation repart et entraîne une remontée  des taux…

Notre dette est  déjà un enjeu de souveraineté  puisque plus de 51% est détenu par des investisseurs étrangers.  De 250 à 300 milliards d’euros d’obligations tricolores s’accumuleraient dans les caisses de la banque centrale chinoise.

Aussi devrions-nous avoir, parallèlement à la fin des aides de sortie de crise une stratégie claire de réduction des dépenses associant une baisse durable des impôts pour sauver la croissance et  l’emploi.

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte abdication

 

LA  CHUTE DE L’EMPIRE  1812-1814

L’entrevue d’Erfurt avait montré les réticences du tsar. Aussi l’alliance avec Napoléon ne dura pas. Le  mariage autrichien, le tort causé à l’économie russe par  le  Blocus continental, la résurrection de la Pologne, sont autant de motifs pour la rupture. La campagne de Russie sera le signal  déclencheur d’une avalanche que l’Empereur ne pourra pas arrêter,  avec son cortège de révoltes et de trahisons.

Le tsar Alexandre était vivement critiqué par la noblesse et le blocus gênait considérablement les intérêts des grands propriétaires en stoppant toutes les exportations vers l’Angleterre.  Le mariage de Napoléon avec Marie-Louise, l’envoi de Bernadotte en Suède, l’annexion par la France des ports allemands de la Baltique étaient autant de menaces pour le Russie qui n’y trouvait pas son compte. La résurrection de la Pologne sous la forme du grand-duché de Varsovie fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Dès la fin de 1810, Alexandre avait rouvert ses ports aux neutres, donc indirectement aux Anglais. En juin 1812, la  guerre éclatait de nouveau, avec aux côtés  de  la Russie, l’Angleterre et la Suède de Bernadotte  qui trahit pour conserver son trône. La 6ème coalition est née, elle sera bientôt  renforcée par  la Prusse et l’Autriche.

Le désastre en Russie.

Lorsqu’il franchit le Niemen, le 24 juin 1812, Napoléon ne songea pas un seul  instant à se rendre maître de Moscou. A la tête d’une armée de 500 000 hommes, c’est l’armée des vingt nations, il pensait écraser très rapidement un ennemi très inférieur en nombre. Elle ne comprenait que 200 000 Français, rattachés au centre du dispositif où Davout et Napoléon lui-même commandaient. Il voulait une campagne éclair et une victoire décisive qui obligeât l’adversaire à demander la  paix. Mais  les  Russes  pratiquèrent une tactique à laquelle il ne s’attendait pas : villes désertées et en feu, terre brûlée, Vilna, Vitebsk, Smolensk.  Napoléon entra dans cette dernière, vide de sa population et de ravitaillement. Au lieu de faire une pause, pour se refaire des forces, il continua la poursuite alors qu’il pouvait aller frapper  le coup  mortel à Saint-Pétersbourg. Grave erreur ! C’est  ainsi qu’il se retrouva sans l’avoir voulu, aux portes de l’ancienne capitale. La  bataille a enfin lieu  le 7 septembre à Borodino. Ce fut la plus meurtrière qu’eût jamais connu l’armée française : il en coûta 30 000 hommes à Napoléon pour forcer  le passage de la Moskova. Malgré de lourdes  pertes, l’armée russe n’était pas vaincue et Koutouzov lui réservait encore des surprises. La  ville de Moscou fut incendiée sur l’ordre de son propre gouverneur.

Désormais, c’était un peuple tout entier qui voulait chasser l’envahisseur. Sous la pression populaire le tsar  refusa la paix.  Quant à l’armée de Napoléon elle commençait à s’affaiblir en raison des maladies, de la malnutrition et des nombreuses désertions. L’Empereur, au lieu de marcher sur Saint-Pétersbourg commit l’erreur de prendre le même chemin qu’à l’aller, et trop tard : le  19 octobre, il  neigeait déjà. Ce fut une retraite sans ravitaillement, tout ayant été pillé, harcelée par les cosaques qui ne cessaient de monter des escarmouches. Koutouzov pensait  encercler le reste  de  l’armée française sur les rives de la Bérézina, mais grâce aux pontonniers d’Eblé, la plus grande partie réussit à franchir le fleuve. Napoléon fut obligé de quitter ses troupes le 5 décembre pour rentrer rapidement à Paris, alerté par la rumeur d’un coup d’Etat du général Malet. C’est Murat et le Prince Eugène qui ramenèrent les soldats, terriblement éprouvés par l’hiver russe.  Ils n’étaient plus que 25 000 à refranchir le Niemen le 16 décembre. Un vrai désastre ! La retraite de Russie fit dire  à Talleyrand qui avait commencé à « manigancer », « c’est le commencement de la fin ».

La farce du général Malet.

Ce fut un épisode rocambolesque. Le général Malet, personnage assez médiocre, était en disponibilité depuis dix ans. Avec  quelques complices, il tenta de  prendre le pouvoir.  Un jour d’octobre, muni d’un faux « sénatus  consulte » qui annonçait la mort de l’Empereur, l’abrogation de l’Empire et qui le nommait commandant militaire de la place de Paris, il disposa d’hommes en arme, alla arrêter Savary, le ministre de l’Intérieur qui avait remplacé Fouché,  et  le Préfet Pasquier. Mais dans sa tournée pour arrêter les hautes personnalités, il butta sur le général Hulin qui ne tomba  pas dans le panneau. Comme on lui résistait, Malet ouvrit le feu mais la garde de Hulin riposta et désarma l’escorte  de  l’insurgé. Malet était neutralisé. Mais il s’en était fallu de peu. La facilité avec laquelle il avait pu agir prouvait la fragilité de la monarchie impériale.

La campagne d’Allemagne.

La Prusse se retourna contre la France dès février 1813. Le tsar Alexandre pouvait se prétendre le champion d’une croisade contre le grand Empire. Napoléon savait qu’il devrait forcément s’engager vers l’Ouest et il espérait bien renouveler un nouvel Austerlitz. Il rassembla à la hâte 160 000 hommes et sans attendre lança une nouvelle offensive en Allemagne, et porta deux coups à ses adversaires : à Lutzen en mai  il repousa russes et prussiens sur l’Elbe et les fit reculer par une nouvelle victoire à Bautzen deux semaines plus tard. Un armistice fut signé le 4 juin, l’Autriche jouant les bons offices, mais les conditions de la paix  étaient telles que Napoléon refusa de s’y plier.  La conférence de Prague échoua. L’Autriche rejoignit la coalition le 10 août 1813. C’était la septième ! L’Empereur avait déclaré à Metternich : « Que veut-on de moi, que je me déshonore ? Jamais. Vos souverains, nés sur le trône, peuvent se laisser battre vingt fois et rentrer dans leurs capitales. Moi, je ne le puis pas, parce que je ne suis qu’un soldat parvenu ! ». Dès le mois d’octobre, trois armées de la coalition convergent vers l’ouest : au nord, les troupes suédoises sous le commandement de Bernadotte, au centre Blücher commandant une armée russo-prussienne, au sud, Schwarzenberg dirigeait les forces autrichiennes. Napoléon affronta 320 000 coalisés à Leipzig du 16 au 19 octobre. Après avoir perdu 60 000 hommes, l’armée française fut obligée de refluer vers le Rhin.

La campagne de France et la 1ère abdication.

Au début de 1814, la France fut envahie. Face à 250 000 hommes, l’Empereur livra avec ses « Marie-Louise », l’une de ses plus belles campagnes : Champaubert, Montmirail, Château-Thierry, Vauchamps. Mais il ne put empêcher les coalisés de prendre Paris le 30 mars. Avec 60 000 hommes qu’il lui restait, il s’installa à Fontainebleau. Le 3 avril, à l’instigation de Talleyrand,  il apprit que le Sénat avait voté sa déchéance. Le 4, il décida de rédiger un acte d’abdication en faveur de son fils. Mais Marmont l’abandonna. Désormais à la merci des coalisés, il fut obligé d’abdiquer sans conditions. Marie-Louise tenta en vain de le rejoindre. Découragé, il signa enfin le 11 avril le traité qui lui assurait la souveraineté sur l’île d’Elbe en échange de sa renonciation définitive à la France. Dans la nuit du 12 au 13 avril, il aurait tenté de s’empoisonner. Le 4 mai 1814 il débarqua à Portoferraio, capitale de l’île d’Elbe. Talleyrand avec l’aide d’une soixantaine de sénateurs avait formé un gouvernement provisoire dont il assumait la direction. Le traité de Paris fut signé le 30 mai 1814. La France retrouvait la plupart de ses colonies,  mais ses frontières sur le Rhin et sur les Alpes étaient ramenées à celles de 1792.  Le Sénat avait décrété que Louis XVIII serait « roi des Français » dès qu’il accepterait une constitution.

 


LES MENSONGES DES ECOLOGISTES ET AUTRES BALIVERNES (2)

Voiture électrique

 

Comment faire quand les mensonges véhiculés par les idéologues écologistes sont repris par nos institutions démocratiques et font comme s’ils étaient la vérité incontournable au point d’inscrire des objectifs contraignants par la loi ou d’engager des dépenses pharaoniques pour les financer avec l’argent des contribuables. Il en va ainsi de la voiture électrique, de l’eau, de l’extinction de la biodiversité et des OGM.

L’escroquerie de la voiture électrique.

Peu de gens savent que les nouvelles générations de moteurs diesel sont aussi propres, si ce n’est plus, et moins polluantes pour la planète que les voitures électriques. Et pourtant, l’Europe nous oblige à marche forcée à des horizons de plus en plus courts, avec des normes de rejet de CO2 toujours plus basses, à reconvertir toute notre industrie pour fabriquer des véhicules électriques  soi-disant propres. C’est une monstrueuse escroquerie, quand on comptabilise les capitaux que nous allons devoir engager pour reconvertir toutes nos usines. Il faut abandonner les fonderies de moteurs thermiques et très rapidement renoncer à la  fabrication de moteurs diesels considérés comme responsable de la pollution même si ses émissions de CO2 sont inférieures à celles des moteurs à essence. Il faut adapter l’outil industriel aux moteurs électriques, en passant par l’hybride rechargeable qui fait produire des véhicules plus lourds, plus gourmands en carburant et à l’autonomie électrique ridicule. J’ai déjà démontré en quoi le véhicule électrique était loin d’être propre : extraction du graphique et des métaux rares, surconsommation du cuivre, composition des batteries et coût de leur recyclage, sans parler de  la manière dont l’électricité est produite pour les alimenter qui fait aussi appel aux centrales thermiques. En fait, on déplace la pollution. Quelle hypocrisie ! On va diviser par deux les effectifs des personnels qui travaillent dans l’industrie automobile avec le coût social qui en découlera, il va falloir créer des infrastructures de ravitaillement le long des routes et autoroutes. L’Etat, avec  ses caisses vides, n’en a pas les moyens. Les grandes entreprises sont lancées dans une course folle mais la mutation demande du temps. Une fuite en avant qui nous envoie dans le mur à coup sûr, dont nous ne maîtrisons pas  les approvisionnements soumis au bon vouloir de la Chine ; dans vingt ans nous aurons détruit notre industrie automobile et nous n'aurons que nos yeux pour pleurer. Après, on nous assure que la vente des véhicules électriques décolle enfin : on n’oublie de nous dire que leur prix devient accessible parce que la plupart sont subventionnés à 40%. Quand vous voyez passer une « Zoé », saluez-là bien bas, vous en avez payé la moitié avec vos impôts. Et au même horizon, il faudra financer le nouveau mixte énergétique sans nucléaire…

Les contre-vérités sur l’eau et la biodiversité.

« La France va manquer d’eau ! ». Les écolos veulent aussi nous faire croire que nous allons manquer d’eau à cause du réchauffement climatique. La France transformée en désert aride. Désolé, mais c’est encore un mensonge. Sur les 176 milliards de litres d’eau de précipitations qui ruissellent ou s’infiltrent, l’activité humaine n’en évapore que 3%, le reste part à la mer. Evidemment, un écosystème précis peut manquer d’eau en été. Mais les 1 600 retenues collinaires permettent d’écrêter les crues d’hiver et de remettre de l’eau en été quand la nappe phréatique est basse. Les problèmes d’eau sont locaux et datés. Comme le dit très bien Jean de Kervasdoué, « le fait de se priver d’eau à Paris ne va permettre d’abreuver les éléphants du Zimbabwe ». A écouter nos brillants penseurs verts, il faudrait détruire, au nom du respect de la nature, les barrages, tel Serre-Ponçon, et pourquoi pas les lacs d’Orient en amont de Paris qui régulent la Seine ou encore détruire la Camargue, où s’épanouissent les flamants roses et les chevaux sauvages, au prétexte qu’elle est due à l’aménagement du Rhône par les hommes !

De même, la biodiversité n’est pas menacée en France. La forêt gagne du terrain grâce à des politiques intelligentes de reboisement, à tel point qu’on manque de chasseurs pour réguler les espèces animales comme les sangliers ou les cervidés qui deviennent trop nombreux. Aujourd’hui, il y a trop de phoques en Bretagne. Ceux qui plaident pour le retour de la forêt primaire oublient le fait qu’ils ne pourraient pas y vivre parce qu’il n’est pas possible d’y avancer de plus de deux mètres. A les croire, il faudrait brûler nos futaies de hêtres et de chênes au prétexte qu’elles sont une création humaine. Ils marchent sur la tête et  des gens les croient.

L’hypocrisie sur les OGM.

« Les OGM sont dangereux ! ». Grâce aux progrès de la science, nous avons, par exemple des blés à paille courte, plus nourrissants, plus sains. Depuis dix mille ans, l’Homme travaille pour obtenir des mutations génétiques favorables qui ont permis d’améliorer et de rendre plus nourrissante sa nourriture. La sélection des gènes, autrefois aléatoires, est aujourd’hui maîtrisée. Faut-il s’en plaindre ? Au nom de l’écologie, la France et l’Allemagne refusent de cultiver des plantes génétiquement modifiées, mais elles les importent. Encore  une hypocrisie. Pourtant, on est bien content d’avoir à notre disposition les vaccins ARN et le  plasma humain produit par des chèvres génétiquement modifiées. Trop souvent, les entreprises françaises qui étaient en pointe ont transféré leurs essais ailleurs dans le monde et l’on est tout surpris de découvrir que la  production d’un vaccin aux Etats-Unis est due à un Français. C’est grâce à la technique des « ciseaux génétiques », découverte par la Française Emmanuelle Charpentier et l’Américaine Jennifer Doudna, que le vaccin ARN a pu être développé facilement. Demain, ce sera  le traitement des  maladies dues à des déficiences génétiques qui sera rendu possible. Quand l’idéologie combat la science, l’obscurantisme n’est pas loin.

Derrière l’écologie, la décroissance.

L’écologie cache une autre idéologie, celle qui a été recyclée du marxisme. La France est un pays au bilan carbone vertueux, grâce à la science, puisque  c’est essentiellement dû à nos centrales nucléaires. Il n’empêche, elle doit montrer l’exemple. Donc tuer son économie : mais en rayant de la carte son industrie, son agriculture, tous les avions, les camions, en arrêtant de nous chauffer l’hiver …  en supprimant tout ce qui peut polluer, cela changerait-il le sort de la planète ? Non, en aucun cas. Par rapport aux milliards de Chinois et d’Indiens et à leur croissance ultra rapide,  la  France est quantité infinitésimale. Notre exemple servirait strictement à rien, zéro. C’est là que la « transition écologique »  qu’on essaie de nous vendre tourne à la farce. Ainsi, on donnerait l’exemple au monde entier en passant  de 90 à 80 km/h  sur les routes et en augmentant le prix  du carburant. Un délire qui a provoqué le mouvement des « gilets jaunes ». En fait, derrière tous ces beaux discours sur le réchauffement climatique et la fin du monde, qui prônent un autre modèle de production, plus solidaire, plus collectif, moins productiviste, opposé au capitalisme,  se cache un nouvel autoritarisme. On sait ce qu’il a donné dans les pays où il a été appliqué. On en a un vestige sous nos yeux avec la Corée du Nord. Le chemin c’est la décroissance et le déclin avec au bout la misère et la pauvreté généralisée. Et la dictature à la clé. Pas  étonnant que les verts et les rouges fassent liste commune aux régionales, n’est-ce pas Monsieur Orphelin ?

« Viens à la manif, on va changer le climat ! »  Sans moi !

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte chef de guerre

 

L’EMPIRE CONTINENTAL 1807-1812

L’affrontement avec l’Angleterre devint l’axe majeur de la politique de l’Empereur. Après Trafalgar, elle était maîtresse des mers ce qui lui permit de résister au « blocus continental » imposé par Napoléon. La volonté de le rendre plus rigoureux l’entraîna  dans une politique d’annexions et de guerres qui inquiétaient les monarchies. L’invasion de l’Espagne, en 1808, procédait de cette exigence mais se transforma en un guêpier où la grande armée perdit son statut « d’invincibilité ». L’Europe soumise se remit alors à espérer, alimentant les complots, les revirements des monarques et le renouvellement des coalitions. L’entrevue d’Erfurt avec le tsar Alexandre montra la fragilité de l’empire napoléonien.

Le blocus continental.

Dès lors Napoléon était prisonnier de la logique du système : il fallait à tout prix empêcher les marchandises anglaises d’entrer sur le continent. En 1807, il fit occuper la Poméranie suédoise. Tous les grands ports de la mer du Nord passèrent sous la souveraineté française ; la Hollande fut annexée en 1810… ll restait à régler le sort du Portugal, vieux client et ami de l’Angleterre. Face au refus de fermer ses ports aux Anglais, Junot fut chargé de conquérir le pays, et en novembre 1807, il entrait  dans Lisbonne. L’occupation de l’Espagne s’imposa alors. Celle-ci semblait être une proie facile.

Le guêpier espagnol.

L’arrivée des troupes françaises commandées par Murat (1808) provoqua des troubles. Charles IV dut abdiquer et son successeur Ferdinand, craignant la révolte populaire, fit appel à l’aide française. Murat entra dans Madrid en mars et Napoléon organisa la « tragi-comédie » de Bayonne où il convoqua la famille royale espagnole. Il venait d’apprendre le soulèvement de Madrid le 2 mai et la sanglante répression qui s’en était suivie. Napoléon imposa à Ferdinand de rendre la couronne à son père qui s’empressa d’abdiquer en faveur du « grand Napoléon, son ami » qui l’offrit aussitôt à son frère Joseph. Rien n’était résolu. Des milliers de partisans prenaient les armes, une junte, réunie à Séville dirigeait l’insurrection et organisait la « guerrilla ». En juillet 1808, le Général Dupont capitulait à Baïlen, Joseph dut quitter Madrid. 16 000 Anglais débarquèrent au Portugal et Junot capitulait à Cintra au mois d’août. A Erfurt, Napoléon s’efforça d’obtenir des garanties suffisantes du tsar avant de partir pour l’Espagne, mais rien de précis n’en sortit. En novembre l’Empereur était en Espagne pour y engager un combat difficile avec la « grande armée ».  Comme toujours, la campagne commença par une série de victoires et il entra le 4 décembre à Madrid. Le siège de Saragosse par Lannes montra que la résistance espagnole était loin de s’éteindre. Napoléon qui craignait une nouvelle guerre continentale rentra à Paris en 1809 où Talleyrand et Fouché, inquiets pour l’avenir, complotaient. Les troupes françaises tenaient les villes mais ne parvinrent jamais à se rendre maîtresses des campagnes. Napoléon perdit en Espagne des forces précieuses qui manquèrent par la suite. L’affaire se solda par le renvoi de Ferdinand sur son trône en 1812 !

Une cinquième coalition.

A peine rentré, Napoléon dut faire face à l’Autriche qui entrait à nouveau en guerre. Trois fois déjà, elle s’est trouvée en guerre contre la France révolutionnaire et impériale (1797, 1801, 1805), et elle a été à chaque fois battue. En 1809, elle espère qu’un soulèvement de toute l’Allemagne viendra la soutenir amis la tentative de rallier la Prusse avorte et « l’appel de l’archiduc Charles à la nation allemande », en avril 1809 n’obtient que des résultats sporadiques. Si, après la prise de Vienne, Essling fut un échec pour Napoléon, il écrasa définitivement les Autrichiens à Wagram en juillet 1809, malgré une bataille difficile où il laissa 20 000 morts. Pour l’Autriche, une crise financière totale venait s’ajouter à la défaite militaire. Elle dut accepter la dure paix de Vienne (octobre 1809). La France continuait son expansion territoriale jusqu’aux « provinces illyriennes » et l’Empereur obtint la main de Marie-Louise d’Autriche. Napoléon répudia Joséphine et le mariage avec l’archiduchesse fut célébré solennellement en 1810. L’alliance matrimoniale des Habsbourg avec l’ennemi et l’usurpateur, considérée comme une infamie par l’empereur François, permettrait, pensait Metternich appelé aux affaires, de préparer en paix le relèvement intérieur autrichien. L’archiduchesse était réellement éprise de Napoléon et lui donna un héritier en 1811, complétant le triomphe de l’Empereur. Celui-ci reçut le titre de « roi de Rome », vieux titre du Saint-Empire romain germanique. Plus encore que la Prusse en 1806, l’Autriche avait accepté et adopté l’Empereur des Français. Metternich sera fidèle à Napoléon jusqu’au début de 1814. La puissance de la France, qui étend son pouvoir de l’Adriatique aux bouches de l’Elbe, en Europe occidentale, lui paraissait conciliable avec celle de l’Autriche en Europe centrale.

La défaite de Masséna au Portugal en mai 1811 réalisait la prophétie de Joseph Bonaparte : « Sire, votre gloire échouera en Espagne ». Le dernier chapitre de l’épopée va bientôt s’ouvrir avec le nouveau conflit voulu par le tsar Alexandre.


CONTRE-VERITES ET AUTRES BALIVERNES DES ECOLOGISTES

éoliennes

 

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les causes du réchauffement climatique, et l’attribuer aux hommes est caricatural. Surtout quand on établit systématiquement un lien avec les catastrophes climatiques : par exemple, les incendies en Australie s’expliquent par l’exclusion des Aborigènes qui maîtrisaient la gestion des forêts. Un peu de connaissance de l’histoire climatique de la Terre ne nuirait pas, car le réchauffement a commencé à la fin de la dernière glaciation, ce qui explique que les ports de l’Antiquité sont tous sous l’eau. Quant au domaine alimentaire, si la bio était si bon que ça, comment expliquer que la DGCCRF ait retiré du marché l’an passé uniquement des produits bio au motif de leur dangerosité pour la santé humaine… La pression écologiste nous conduit tout bêtement à pénaliser inutilement notre industrie, notre agriculture et au bout du compte les ménages. Excluons aussi du débat toutes ces mesures prises par les nouveaux maires écolos, sapin de Noël et autres délires « genrés » qui relèvent des idéologies à la mode chez les « progressistes » mais non aucun fondement scientifique.

L’écologie radicale dans la constitution.

La proposition du Président de la République de réviser la Constitution pour y introduire dans l’article 1er « la garantie de la préservation de l’environnement et de la diversité biologique » ouvre la voie à une politique écologique qui fait de cette « garantie » un absolu qui prévaudra sur tout autre droit, tout autre objectif d’intérêt général, toute autre considération politique. Une disposition dans laquelle s’engouffrera  tous les écologistes radicaux pour empêcher tous les projets qu’ils jugeraient, selon leurs critères, nuisibles à l’environnement. Elle nous fait courir le risque d’une régression à la fois politique, sociétale et démocratique en faisant table rase des acquis du développement durable que la Charte de 2005, à valeur constitutionnelle, promeut. Avec le verbe « garantir » il y a une obligation de résultat qui vient en contradiction avec l’article 6 de la Charte qui dispose que « les politiques publique… concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social ». Le développement durable n’est pas la « décroissance ». L’écologie radicale à l’oeuvre dans le projet de révision constitutionnelle est une fuite en avant qui nous ferait sortir de l’écologie humaniste dont les principes inspirent la Charte de 2005.

Le  mensonge énergétique.

Les écologistes diabolisent le nucléaire au profit d’énergies qui seraient plus vertes. Déjà, ils oublient de dire que pour financer les éoliennes et le photovoltaïque, les Français et les entrepreneurs paient plus cher l’électricité avec 20% de taxes dédiées. On peut ajouter que l’électricité produite en France à partir du nucléaire et de l’hydraulique est déjà décarbonée. Le nucléaire a fait la preuve de sa maîtrise et exige peu d’espace, sa production est fiable. Quant au traitement des déchets, les plus radioactifs peuvent être recyclés sur les surgénérateurs. Le plutonium produit relève d’un autre débat quant à son utilisation.

L’énergie du vent est diffuse et aléatoire et les éoliennes ont un niveau de production faible, capricieux, auquel il faut être capable de substituer une autre production immédiatement disponible, donc gaz ou charbon. La fermeture de Fessenheim, pour faire plaisir aux écologistes, alors que la centrale offrait toutes les garanties de fiabilité, a failli provoquer, le 8 janvier dernier, un « black-out » en raison d’un pic de consommation électrique. Heureusement, les entreprises, en raison du télétravail tournaient au ralenti… Là est tout le problème : la variabilité de l’éolien et du solaire dont la production ne survient pas forcément quand les consommateurs ont besoin d’électricité. Cela suppose d’investir lourdement pour construire entre 40 et 60 gigawatts de capacité supérieures de production pour conserver des marges et faire face aux pics de consommation. De plus, particuliers et entreprises devront, en outre, adapter leur consommation en fonction de l’électricité disponible. Une autre difficulté reste encore à résoudre : le maintien stable du réseau à 50 hertz, que les grosses centrales nucléaires sont seules capables de maintenir.

Dernier obstacle : passer à un mix énergétique à plus de 50% « d’énergies renouvelables » suppose de densifier les parcs éoliens et solaires, avec le maillage équivalent du réseau des lignes électriques. Et on s’aperçoit alors de la forte résistance locale aux adaptions nécessaires. Les parcs éoliens sont vécus de plus en plus souvent comme des envahisseurs qui défigurent les paysages et ces moulins de plus en plus hauts, lourds, bruyants font l’objet d’un rejet des populations pour des raisons de préservation de leur environnement mais aussi parce que nombre de citoyens ne tombent pas dans la fiction écolo, peu persuadés qu’ils sont que l’énergie qu’ils produisent est propre, et même qu’ils en produisent.

En 2050, la France pourrait se passer du nucléaire, nous dit un rapport de RTE et de l’AIE, mais les auteurs n’ont ni évalué le coût des investissements nécessaires pour y parvenir ni leur impact sur les prix de l’électricité. Il y a une autre voie plus sûre pour remplacer les centrales nucléaires existantes, celle des EPR. Ce serait le bon sens. Mais les écolos en manquent cruellement.

A suivre : L’escroquerie de la voiture électrique, les contre-vérités sur l’eau et la biodiversité, l’hypocrisie sur les OGM, derrière l’écologie, la décroissance.

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte empereur

L’APOGEE NAPOLEONIENNE 1804-1807

L’exécution du duc d’Enghien leva les dernières inquiétudes des anciens révolutionnaires qui craignaient une restauration de Louis XVIII par le Premier consul. Ils acceptèrent que la dictature fût habillée en monarchie pour conforter le régime, garant des conquêtes de la révolution. Napoléon ne sera pas roi, mais empereur, titre qui correspond bien au mimétisme de l’empire romain à la mode. De plus on pensait que cela allait lui permettre de parler d’égal à égal avec les empereurs d’Autriche et de Russie. Un referendum est organisé en 1804 sur la question : « Le peuple français veut-il l’hérédité de la dignité impériale dans la descendance directe, naturelle, légitime et adoptive de Napoléon Bonaparte ? ». Il y eut plus de 3,5 millions de « oui » pour 2579  « non ». Bonaparte devient Napoléon Ier, empereur des Français, s’entourant d’une cour et d’un appareil qui rappelle la tradition monarchique. Le sacre n’était pas prévu dans la constitution, mais on pensait qu’il renforcerait l’autorité de l’empereur. Il eut lieu à Paris, à Notre-Dame, le 2 décembre  1804 en présence du pape. L’histoire retient surtout de l’événement, le tableau de David exposé au Louvre qui attire toujours un public nombreux et qui représente le couronnement de … Joséphine par Napoléon ! Celui-ci à 35 ans.

La monarchie impériale.

Comme les rois, Napoléon voulut une cour, à la fois instrument de pouvoir et de contrôle. La famille de l’Empereur formait les dynasties princières, au-dessus de six grands dignitaires, quatorze maréchaux, huit grands officiers civils et militaires. A la cour, l’étiquette effaçait les souvenirs du tutoiement des bivouacs. Sabres et galons étaient proscrits.  Seul l’Empereur s’habillait en soldat, adoptant l’uniforme des chasseurs de la garde. Une nouvelle noblesse  fut fondée, comme instrument de règne : il y eut bientôt  trente fiefs en Italie. L’Empereur distribua des trônes à sa famille : Louis devint roi de Hollande, Joseph, roi d’Espagne, Jérôme, roi de Westphalie, Eugène de Beauharnais, vice-roi d’Italie  … Désireux de fonder une dynastie, Napoléon se désolait de ne pas avoir de fils. Il se croyait stérile puisque Joséphine avait eu deux enfants de son premier mariage jusqu’au jour où la comtesse Walewska lui donnera un fils.  Raison d’Etat obligeant, il répudia Joséphine et devint le gendre de l’Empereur d’Autriche. Une manière de rattacher sa dynastie à celle qu’il avait renversée. Marie-Louise lui donna l’héritier tant attendu : le roi de Rome. Napoléon a même donné un « style » : meubles, draperies, décors.

L’expansion économique.

Au recensement de 1802, la France comptait 27 millions d’habitants et ce chiffre s’accrut jusqu’en 1814 pour atteindre 29 millions. Avec  le retour de l’ordre et de l’autorité sous le Consulat, le pays retrouva peu à peu sa prospérité. L’agriculture était devenue plus féconde. La pomme de terre, introduite dans la culture donnait aux paysans une nourriture plus consistante et plus saine, les récoltes de blé étaient plus abondantes,  la consommation de vin et de viande augmentait. On commença à tirer le sucre de la betterave, une production stimulée par la demande en l’absence du sucre de canne. L’industrie était aussi en pleine progression avec le développement du machinisme notamment dans les textiles : Oberkampf pour la toile de Jouy, Jacquard pour les soieries, Richard et Lenoir dans les cotonnades étaient des patrons modernes.  Chaptal, Berthollet, Vauquelin s’employaient à l’essor de la chimie. De nouvelles mines de houille furent mises en exploitation ce qui tripla la production, tandis que De Wendel utilisait le coke pour fondre le minerai de fer de Moselle et pourvoyait aux fournitures d’artillerie de l’Etat. De son côté l’Etat favorisait les entreprises par des subventions et des commandes ainsi que l’organisation de foires expositions. L’économie était aussi soutenue par une politique de grands travaux : routes, canaux, ports, voies alpestres, aménagement de Paris avec la construction de nouveaux ponts, le percement de la rue de Rivoli et du carrefour de l’Arc de Triomphe. Enfin, les  ouvriers étaient tenus en main avec le « livret ouvrier » et l’interdiction des grèves.

Les guerres interminables.

Bonaparte en avait assez du caractère belliqueux des Anglais. Il rêvait de débarquer sur l’île. Mais comment faire ? Il envisagea une double opération : d’abord rassembler une armée de débarquement imposante et éloigner  la flotte anglaise pendant au moins six heures, le temps de faire travers la Manche à ses troupes.  C’est ainsi qu’au camp de Boulogne furent concentrés 150 000 hommes (cinq ans de service  militaire, ça aide !). Ses bateaux étant bloqués dans les ports par la flotte anglaise, il ordonna à Villeneuve qui commandait la flotte de Méditerranée de faire une manœuvre de diversion. Mais Nelson ne tomba pas dans le piège qui  lui était tendu.  Le Français,  au lieu de se réfugier dans la rade de Brest, préféra prudemment  rejoindre Cadix. Ayant reçu l’ordre de Napoléon, furieux, de venir à Brest, il prit la mer  le 21  octobre  1805 et ce fut… Trafalgar. Une déroute avec un lot de consolation : Nelson y trouva la mort quand la France perdait le tiers de sa flotte. Les Anglais gardaient la maîtrise des mers. Il fallut abandonner le  projet d’invasion.

Par contre sur le continent, les victoires s’enchaînaient contre la  troisième coalition : Ulm, Austerlitz, Iéna. Napoléon imposa le « blocus continental ». Il faut savoir que deux mois avant les hostilités, il avait dicté un plan de campagne : on reste confondu, encore aujourd’hui de voir comment ces plans furent systématiquement réalisés, les batailles livrées et les dates presque respectées selon ses prévisions. Mais, sans nul doute, la plus prestigieuse  victoire et la plus géniale dans sa manœuvre fut celle d’Austerlitz, utilisant le brouillard puis le fameux soleil qui apparut au moment primordial,.  Inutile d’entrer dans les détails. Il suffit de dire qu’elle eut lieu un an jour pour jour après le sacre ! La plus belle manière pour fêter un tel anniversaire. « Soldats, je suis content de vous. Mon peuple vous reverra avec joie, il vous suffira de dire : j’étais à Austerlitz pour que l’on vous réponde : voilà un brave ! » Détail : les canons pris à l’ennemi servirent à fondre la colonne Vendôme. L’Empereur d’Autriche signa la paix de  Presbourg…

Mais Napoléon allait devoir faire face à la quatrième coalition. Là encore, son génie tactique lui permit d’écraser la Prusse, le 14 octobre 1806 à Iéna pendant que Davout, à Auerstaedt, rencontrait le gros de l’armée prussienne qui se débanda.  Contre les Russes,  la bataille d’Eylau fut une effroyable boucherie, mais les Français restèrent maîtres du terrain. Ce fut la paix de Tilsitt. Sur un radeau installé au milieu du Niemen, le  25 juin 1807, Napoléon et le tsar Alexandre Ier pouvaient décider du sort du monde. Le maître de la Russie était las de la guerre et outré par la politique des Anglais qui ne faisaient aucun effort pour constituer une armée terrestre. La paix fut signée le 8 juillet.

Napoléon est au sommet de sa gloire.

A suivre : l’Empire continental et la chute.