LES DOSSIERS DE L'ETE

Dossiers de l'été

4 / UNE RECESSION BIEN FRANCAISE !

Tous les pays du monde connaissent un repli de leur PBI à cause de la crise sanitaire.  L’Europe n’échappe pas à la règle. Mais pourquoi en France, la récession est-elle plus forte qu’ailleurs ? Le Royaume-Uni qui cumule les atermoiements de Johnson et les conséquences du Brexit  fera peut-être pire que nous, mais ça n’est pas certain.

Ce constat est d'autant plus perturbant que, traditionnellement, notre économie, du fait de l'importance de son secteur public et de ses mécanismes de redistribution protecteurs, est moins exposée aux chocs internationaux que nos partenaires de l’Union. Si l’on en croit les chiffres du début de l’été, qui peuvent encore bouger, l’OCDE a annoncé que la France pourrait connaître une récession de 11,4 % (246 milliards d'euros)  à 14,1 % de son PIB en 2020. C’est en France, juste devant l’Italie et l’Espagne, pourtant plus touchés par l’épidémie, que la crise économique pourrait donc être la plus forte. Car  pour le  moment, si les Français sont inquiets, ils n’ont pas  encore vraiment subi  les effets de la crise économique. Le  pire est devant nous quand les amortisseurs sociaux cesseront inévitablement de tendre leur filet  protecteur : chômage partiel,  prêts, paiements de  charges différés, etc… Cette chute, liée au confinement pendant près de huit semaines, est presque mécanique : quand on a 35 % de l’économie en pause pendant deux mois, ça ne se rattrape pas pendant les mois qui suivent. Au global, l’OCDE prévoit que l’économie mondiale va se rétracter de 6 % cette année. Ce sera encore pire dans la zone euro (entre 9 et 11 %). Le contexte est donc morose pour tout le monde.

Alors que s’est-il passé ?

  • La France a été prise au dépourvu.

Les  déclarations successives de nos responsables en disent long. Inutile de revenir sur les propos qui se sont enchaînés dont Sibeth N’Diaye a été le porte-drapeau risible. Non seulement personne ne croyait une pandémie possible, mais notre dispositif de santé, le meilleur du monde, était complètement inadapté pour y faire face. Quand l’épidémie est arrivée sur le continent européen, nous avons tardé à réagir et la  prise de conscience a  été brutale.  Ce n’est qu’au pied du mur, qu’on a mesuré que la vague des malades allait submerger nos hôpitaux, en manque de lits dédiés, de respirateurs, de matériel basique de soins. Manque de masques, de blouses, de tests, … Le  seul   moyen  pour éviter la  catastrophe, a été le confinement général, décidé en toute hâte, alors que les élections municipales étaient déjà programmées.

  • La France cumule deux handicaps majeurs : la centralisation excessive et  une technocratie toute puissante. 

Chez nous tout part d’en haut, et tout le monde doit faire pareil. Le nombre de prises de  paroles  du Président de la République pour commenter la situation est la partie visible de l’iceberg. L’exemple du confinement est emblématique de notre système centralisé : il s’est appliqué uniformément sur tout le territoire, Paris et Mende logés à la même  enseigne. Au moment du déconfinement, nous avons eu droit aux territoires à couleurs variables, avec des procédures de circulation très codifiées, inventées  par nos technocrates jamais en mal d’inspiration. Le fameux  Conseil scientifique n’était en fait qu’un assemblage de médecins bureaucrates, pas  toujours en phase avec la réalité. Pire, l’Etat qui ne connaît d’habitude que ses Préfets s’est pris les pieds dans le fouillis entremêlé de ses services déconcentrés  entre le Ministère de la Santé, l’Agence France santé, les ARS, …  au point d’enrayer les initiatives prises par les collectivités territoriales plus réactives et plus souples que l’Etat obèse. Si nous avons connu  la pénurie des masques, on le doit principalement à notre technocratie. Depuis « la Bercysation » de notre système de santé, il a fallu trouver les  économies à réaliser,  c’est ainsi que  les stocks de  masques périmés n’ont pas été renouvelés… Simple calcul de technocrate. Même embolisation pour les commandes de masques. Une autre des particularités françaises est la centralisation de son économie autour de deux régions, l'Ile-de-France et l'agglomération lyonnaise : « Vous avez à peu près 40% de l'économie française » résume Jean-Marc Daniel. « Quand vous bloquez les transports dans des régions qui sont aussi concentrées, vous avez un effet qui est l'incapacité de déplacement de la main d'œuvre. » Nouvel  effet démultiplicateur.

  • Le secteur public n’a pas joué son rôle amortisseur. 

D’habitude le secteur public n’est pas touché par la crise qui atteint majoritairement le secteur privé. Les  fonctionnaires continuent de consommer et permettent au moteur de la « consommation des ménages » de continuer à tourner. Mais cette fois-ci, avec le confinement, cet effet d’amortissement n’a pu avoir lieu. Et en plus, certains services ont dysfonctionné et contribué à paralyser ce qui continuait de marcher : La Poste, les transports publics, notamment …

  • Le confinement a touché nos points forts.

Soulignons d’abord que la France  a été l’un des pays où le confinement a été le plus long, près de deux mois donc, et où le déconfinement est des plus progressifs. Et ce confinement sanitaire a touché tous les points clefs ou les points forts de l’économie française. Les secteurs de services ont été plus atteints que les activités industrielles, en particulier le tourisme, les loisirs et toute la filière de la «mobilité». Or, en temps normal, ce sont les points forts de l'économie française, de l'aérien à la restauration, de la construction automobile au musée du Louvre. D'où l'impact immédiat et massif sur toutes ces activités dans notre pays. Le tourisme a été sapé dans ses fondements par le confinement. Le secteur est très important en France, comme pour l’Espagne et l’Italie. Car, même si on ne retrouvera pas tout de suite les touristes étrangers qui viennent par millions chaque année en France, le tourisme interne à lui seul représente les deux tiers des recettes touristiques. Sans réouverture totale du secteur on ne retrouvera pas les niveaux d’avant crise. L’industrie aéronautique se retrouve clouée au sol. Et plus globalement les secteurs exportateurs de la France que sont la chimie, l’agroalimentaire et le luxe. C’est vrai qu’en temps normal notre balance commerciale est déjà déficitaire. Mais le facteur aggravant c’est que ce sont les secteurs où la France est bien positionnée qui ont été touché. Arrivent ensuite l’automobile, la France n’est pas l’Allemagne mais a quand même un secteur important. La construction, qui compte pour 6 % dans le PIB français, a, elle aussi, été globalement à l’arrêt pendant deux mois. Il s'agit là de données objectives auxquelles on ne pouvait se soustraire. C’est pourquoi le gouvernement a déjà présenté un plan pour l’automobile, pour le tourisme et l’aéronautique.

  • Une économie qui tourne à l’envers.

En France, nos hauts responsables sont persuadés que c’est l’Etat qui crée la richesse et que donc il suffit de distribuer du pouvoir d’achat. La consommation des ménages est considérée  comme le principal moteur de la croissance tricolore. Pour la financer, l’Etat a recours à l’impôt qui donne lieu de ce fait à une « redistribution » qui brime les plus aisés. Comme  l’impôt  a atteint des seuils de saturation fiscale, il a eu recours à l’emprunt faisant grossir régulièrement la dette,  qui dépassait au début de l’année 100% du PIB.  En conséquence, la capacité des investissements par le privé est amoindrie et insuffisante pour financer la recherche et l’innovation, et le poids des charges rendent nos entreprises peu compétitives.  Nous perdons régulièrement des parts de  marché à l’export et notre balance commerciale est gravement déficitaire.  A l’inverse, des  pays comme l’Allemagne sont plus tournés vers l’export et veillent à garder leurs entreprises compétitives.  Tant qu’on ne comprendra pas que « le pouvoir d’achat » est la résultante de la  capacité des entreprises à créer de la richesse, on continuera de creuser nos déficits. Nous avons abordé la crise sanitaire dans les pires conditions : dès le début de l’année, la croissance était en berne contrairement aux affirmations de Bruno Le Maire. C’est pourquoi,  avec la fermeture de nombreux commerces, la capacité même à consommer a été largement amputée. Le résultat ne s’est pas fait attendre : dès mars, avec seulement deux semaines de confinement, on est revenu au niveau de consommation de l’an 2000. Une chute vertigineuse. Mais le taux de croissance du 1er trimestre était en recul de 5%, alors que le confinement n’est intervenu qu’à la mi-mars !

Dans son rapport, l’OCDE voit une reprise très nette, et même plus forte qu’ailleurs, en France en 2021. Mais il faudra a priori attendre fin 2022, dans l’état actuel des choses, pour retrouver le niveau économique du début de l’année 2020.

  • Une relance keynésienne serait suicidaire.

J’entends par là, une relance qui tablerait  essentiellement sur une reprise de la consommation. Il faudrait profiter du contexte actuel  « d’argent facile » pour financer  massivement la recherche-innovation, aider les entreprises à investir  en baissant significativement leurs charges- toutes leurs charges. Bruno Le Maire semble en avoir conscience mais les gestes qu’ils  prévoient restent à des niveaux très faibles : baisse de 10 milliards des charges de production sur 70 milliards, renouvellement pendant deux ans des baisses d’impôts sur les sociétés. Pas de quoi bouleverser la  donne de la  création de richesse.

Notre système de protection sociale est efficace pour amortir  le choc de la crise quand elle survient.  Le système de chômage partiel – coûteux mais nécessaire – a permis de conserver le capital humain des entreprises. C’est ce qui leur permettra de repartir plus vite que si elles devaient engager et former de nouvelles personnes. Aussi louables soient-ils, les dispositifs d'aide publique, en incluant les prêts des banques centrales, ont eu pour seule vertu de soutenir les revenus des personnes et les comptes financiers des entreprises. Ce sauvetage était nécessaire. Mais en tant que tels, ces dispositifs n'ont pu compenser les pertes de production et de consommation elles-mêmes, d'où ce paradoxe effarant avec, d'un côté les ménages qui ont accumulé une sur-épargne de près de 100 milliards d'euros et de l'autre un pays qui s'apprête à supprimer 800.000 emplois faute de perspective d'activité, selon les prévisions de Bruno Le Maire lui-même, le ministre de l'Économie et des Finances. Or, contrairement à ce que nous raconte le discours ambiant, la reprise de la consommation ne  doit pas  être la seule clef de la croissance dans les mois à venir. Certes, l’épargne a doublé pendant le confinement, c’est colossal ! Les ménages ont des marges de manœuvre de consommation. Reste à savoir si les ménages auront suffisamment confiance en l’avenir pour faire chauffer la carte.

Si la France subit aujourd'hui la récession économique la plus violente d'Europe et du monde, cela tient à la fois à la façon dont elle y est entrée et à sa sortie. Après avoir mis en place le confinement le plus draconien, l'exécutif et les Français eux-mêmes, anesthésiés par leur paperasserie, peinent à s'en extraire. Or c'est là que le bât blesse dans l'Hexagone, qui reste engoncé dans ses règlements pointilleux, ses protocoles sanitaires abracadabrantesques, ses délais de réflexion et de communication extravagants entre l'Élysée, Matignon et Bercy.

Voilà ce que traduisent les chiffres de l'OCDE : une certaine exception française au pire sens du terme. Le plan de relance concocté par Bercy risque de ne pas viser les bonnes cibles  et on peut craindre une coloration par trop électoraliste, ce qui serait la pire des options. L’urgence serait de recréer de la richesse « hexagonale » en réinstaurant un cycle vertueux, et pas de la transférer ailleurs, par la consommation qui augmente inévitablement nos importations et fait travailler les autres, en Asie, par exemple.


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3 / MEDITERRANEE : ENDIGUER ERDOGAN !

 

Escalade en Méditerranée.

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Notre mer intérieure n’est plus la « Mare nostrum » des Romains. Lieu de rencontre des grandes civilisations, et particulièrement celles du « Livre », elle devient aujourd’hui une zone de tensions majeures, marquée par l’extension du désordre qui domine le Moyen-Orient et  sa  côte sud, et la montée en puissance de la démocrature (pour ne pas dire la dictature) turque. L’effondrement du Liban et le jeu trouble de l’Iran, la décomposition de la Libye qui s’enfonce dans une guerre intestine sans fin  où se mêlent conflits tribaux et importation des conflits régionaux avec l’intervention de la Turquie et du Qatar du côté Tripoli, de l’Egypte, de l’Arabie saoudite, des Emirats et de la Russie du côté Haftar, n’arrangent pas la situation. Mais c’est peut-être la  rivalité entre les Etats pour le contrôle des espaces maritimes, et  l’appropriation des ressources qui vont avec, qui risque de déclencher des conflits.

La  découverte du gisement est-méditerranéen dont les réserves de gaz sont estimées à 3 500 milliards de m3 rend la situation  proprement explosive (sans jeu de mots). Sans compter que la Méditerranée voit transiter ¼ du trafic maritime mondial et constitue l’une des zones de  migrations les plus intenses. On comprend avec regrets pourquoi le projet de Nicolas Sarkozy de créer « l’Union Pour la Méditerranée »  était si stratégique.  Il avait réussi à réunir autour de la même table tous ceux qui s’affrontent aujourd’hui, plus de 40 dirigeants, pour en faire une zone de paix et de coopération autour de quatre thématiques : la dépollution de la  Méditerranée, la construction d’autoroutes maritimes et terrestres, le développement d’une protection civile méditerranéenne et l’installation d’une université euro-méditerranéenne en Slovénie. Les  « printemps arabes » bouleversèrent les données, et surtout, François Hollande abandonna le projet, probablement parce qu’il n’en voyait pas l’intérêt ou ne se sentait pas à la hauteur, ou les deux. Sans la France, L’Union européenne ne pouvait que se désengager. La  place est vacante pour laisser libre cours à tous les appétits !

L’inquiétante Turquie d’Erdogan.

Mais dans ce paysage aux soubresauts tumultueux, c’est l’évolution de la Turquie qui devrait nous inquiéter le  plus. Entre les mains d’Erdogan, le régime ne cesse de se durcir. La  liberté d’expression n’y est plus qu’un souvenir : les avocats sont soumis à un contrôle renforcé, on ne compte plus les députés de  l’opposition déchus de leur mandat, de nombreux journalistes sont poursuivis pour « espionnage politique » ou pour des révélations qualifiées de « secrets d’Etat » et il  ne fait pas bon critiquer le régime, il faut rajouter  les  procès à rallonge de personnes qualifiées « d’activistes », la  destitution des maires élus du parti pro-kurde.  En juin, une loi a été votée pour renforcer les pouvoirs des milices de quartier qui seront désormais armées. Les « Bekci », en chemise caramel rappelleraient à certains le temps des « chemises brunes ».  Ils veillent sur les villes et les villages dès la nuit  tombée.  L’AKP leur a donné le  pouvoir de contrôler et de fouiller, de porter une arme et d’en faire usage en cas de besoin. Une véritable  armée au service du régime  est  en train de se mettre en  place. Le pays va être pris dans un véritable étau dont Erdogan serre la vis.  Fin juillet, le  parlement a de nouveau frappé en élargissant l’emprise du pouvoir sur twitter et Facebook.  Les  réseaux sociaux sont d’une importance capitale pour de nombreuses personnes qui les utilisent pour s’informer, faute de médias libres. Désormais, la  censure en ligne est possible. Sous son action politique, la Turquie ne cesse de s’islamiser et dans une nécessité qui lui a paru sans faille, il a récemment transformé la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul en super mosquée. Et pendant ce temps-là,  l’arrogant dictateur gesticule et multiplie les provocations à l’égard de l’Europe, pour faire oublier la crise économique qui sévit chez lui et exacerber le nationalisme turc. Un engrenage que l’on connaît bien.

Il faut "endiguer" Erdogan.

Erdogan

Après son intervention dans le conflit syrien contre les Kurdes, Erdogan se mêle de la  Libye  tout en maintenant le chantage aux immigrés sur l’Europe moyennent finances. Maintenant, il mulitplie les  violations de l’espace grec notamment au prétexte de chercher du gaz. Car la Méditerranée orientale en regorge, et la Turquie, confinée sur ses côtes par les eaux territoriales grecques, n’entend pas être tenue à l’écart de ces richesses. C’est l’un des enjeux de ses interventions ces derniers temps dans les eaux chypriotes et grecques. Le gaz est la nouvelle pomme de discorde entre la Turquie et Chypre. Les projets gaziers chypriotes irritent particulièrement Ankara, car la Turquie ne reconnaît pas les limites maritimes validées par l’ONU. Il y a quelques jours, elle a signé un accord avec la Libye qui délimite de nouvelles zones maritimes entre les deux pays. Elles ne sont, bien sûr, pas reconnues par les autres pays, mais elles auraient pour effet de bloquer un projet de construction d’un gazoduc long de près de 2.000 km, baptisé « EastMed » qui relierait les champs gaziers d’Israël, d’Egypte et de Chypre à la Grèce, ouvrant les portes du marché européen. Bruxelles y est favorable, mais beaucoup doutent de la viabilité économique de l’opération, évaluée à 6 milliards d’euros alors que l’Europe est déjà bien approvisionnée en gaz par pipeline et en GNL bon marché. Cela n’empêche pas la Turquie de tout faire pour torpiller le projet EastMed et la  situation peut réellement déraper.

Les derniers développements ont conduit l’UE à réagir : Josep Borrell, chef de la diplomatie, a convoqué  les Etats-membres. Les 27 devraient exprimer leur solidarité avec La Grèce  avec un ton plus dur. Une fois n’est pas coutume, mais j’approuve la décision du Président Macron  de renforcer la présence militaire française en Méditerranée orientale. Deux chasseurs Rafale et deux bâtiments de la Marine se sont rendus dans les zones de tensions. Il faut montrer  ses muscles pour ne pas avoir à s’en servir. Erdogan est comique quand il l’accuse de jouer au « Caïd ».  Il n’y a aucune raison de ménager le « Caudillito » d’Ankara qui tente par tous les moyens d’imposer la présence turque en Méditerranée et qui multiplie les incidents avec les Grecs en envoyant drones, bateaux et soldats sur leur sol ou dans leurs eaux.  

Angela Merkel a engagé des négociations. Un compromis serait  possible, car  les Turcs peuvent légitimement revendiquer un droit d’accès aux richesses, pour peu  qu’ils soient raisonnables… Et l’Europe ne manque pas de moyens de rétorsion : elle est le plus grand partenaire commercial de la Turquie et pourrait créer un énorme problème à son économie déjà mal en point. Mais dans l’immédiat, il est urgent d’endiguer Erdogan. Et compte tenu du sort qu’il réserve à la démocratie  dans son pays, le mieux serait de mettre fin officiellement aux négociations pour son entrée dans l’Union européenne qui n’ont aucune chance d’aboutir. Ce n’est pas avec une attitude belliqueuse qui pue la haine de  l’Europe et les ambitions impérialistes, en piétinant la démocratie, en s’adressant aux autres avec un langage de charretier et en exacerbant le sentiment nationaliste de sa  base, qu’Erdogan parviendra à ses fins. Ou alors, ça rappellerait de biens tristes souvenirs comme ceux de 1938.

Heureusement, l’Histoire, dit-on, ne se répète jamais. 

 


DU SARKO « NI PLUS, NI MOINS » !

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LE TEMPS DES TEMPÊTES

L’écriture se veut nerveuse et il n’est pas difficile de voir que le récit a été écrit d’un seul jet. On y retrouve l’ancien Président tel qu’en lui-même. Tout y est : le ton, les tics verbaux, les formules aussi bien assassines que laudatives, même l’emphase reste celle qu’on lui connaît bien. Bien sûr, la pâte humaine est présente, elle transpire à chaque page, elle participe du personnage. Nicolas Sarkozy aime la politique. Et on le croit difficilement quand il assure avoir tourné la page. Il a aimé ses fonctions, même si celles-ci lui ont parfois demandé plus que de raison. Mais on sent qu’il aime par-dessus tout les Français et la France dont il a une haute idée et pour laquelle il nourrit la plus grande ambition. Alors quand il affirme, en ouvrant son récit que « les tempêtes l’ont toujours fasciné » nous ne sommes pas surpris. On savait déjà de lui qu’il ne manque jamais de courage, il l’avait montré lors de la prise d’otages  des élèves d’une école de Neuilly, dont il était le maire. On comprend aussi que son quinquennat l’a profondément marqué, les injustices pour ne pas dire l’acharnement, dont il a été victime aussi. Voilà pourquoi, exilé au Cap Nègre, pendant le confinement, privé de ses sorties à vélo, il s’est rabattu sur l’écriture. Et en 500 pages il fait le tour des deux premières années de son quinquennat. Il fallait que ça sorte. Et cela tombe bien : le « Temps des Tempêtes » résonne avec la crise économique que traverse la France.

Sarkozy « assume ».

Il ne s’agit pas ici de résumer le livre. Au « sarkozyste » qui suivait l’action du Président au quotidien, il n’apprend d’ailleurs pas grand-chose. Cela ne retire pourtant rien à l’intérêt de la lecture. Il n’est pas inintéressant de découvrir comment le quinquennat a été vécu de l’intérieur : ses premiers pas et la découverte de la fonction, l’exercice du pouvoir au quotidien, les crises auxquelles il a dû faire face, qu’elles soient de l’ordre de l’intime ou dans le cadre de ses fonctions. Rien n’est laissé au hasard, mais rien n’est passé sous silence. Même quand l’enchaînement des faits lui est défavorable. Et il n’hésite pas à reconnaître ses bévues.

L’hyperprésidence.

On savait Nicolas Sarkozy  hanté par l’inaction de son prédécesseur. On va donc vivre de l’intérieur cette hyperactivité qui avait marqué son action dès sa prise de fonction. « En allant vite, je voulais créer une dynamique, impulser un rythme, donner un sentiment d’efficacité » écrit celui qui avait décidé de s’occuper de tout, de tout mener de front, de tout suivre et d’être derrière chacun de ses ministres. Le récit recoupe ce qu’on savait : une vie politique bousculée par les projets, les coups d’éclats, les initiatives « transgressives » comme l’ouverture à des personnalités de gauche… Les syndicats, on s’en souvient, ne savaient plus où donner de la tête. Et l’international est soumis au même rythme. Aucun mea culpa sur les choix politiques fondamentaux pour lesquels il ne regrette rien et il n’est pas inutile d’en faire le bilan. Car, près de dix ans plus tard, il est facile d’en mesurer le bien-fondé de la plupart.

La part des confidences.

Evidemment, l’intérêt d’un tel ouvrage réside dans la part du vécu méconnue de l’extérieur. De la séparation avec Cécilia à la liaison puis au mariage avec Carla, les relations avec les grands du monde, le décryptage du caractère d’Angela Merkel, les portraits du personnel politique de son camp comme des adversaires… le livre fourmille de détails. Les jugements sont parfois sans appel. Ils sont, la plupart du temps, le simple constat tiré du vécu. Ils permettent de mesurer la méchanceté gratuite, quand ce n’est pas la haine de certains, l’hypocrisie ou la lâcheté des autres. Les anecdotes sont nombreuses, cocasses ou plus sérieuses. Elles donnent au récit sa densité humaine. 

Les dernières pages du livre s’ouvrent sur la plus forte des secousses de son quinquennat : la crise des « subprimes ». Ces pages entrent en résonnance évidemment avec la crise économique déclenchée par la pandémie du Coronavirus : « Fascinant de voir surgir exactement les mêmes phénomènes dans des contextes pourtant bien différents » !  Un hasard qui sonne comme une évidence : si les choses tournent mal, lui, se sent à l’aise par gros temps. Mais le « capitaine » jure qu’il n’est pas en campagne et que la politique ne lui manque pas. Il est vrai qu’avec Carla et Giulia il a probablement trouvé une vie bien remplie d’amours. Il a pris soin de ne fermer aucune porte et cela ne l’empêche pas de conclure : « C’est le sens de la politique. Voir grand, voir large, voir pour demain ». Une manière de dire qu’il n’est pas usé et que …  

De quoi alimenter les espoirs dans le camp de son électorat.

 

Le Temps des Tempêtes - Ed.  L'Observatoire. 

 


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2 / LE MOMENT DE L’EUROPE

Les trois femmes qui font avancer l’Europe.

Auréolée par sa gestion de la crise sanitaire, plébiscitée dans les sondages, Angela  prend la présidence de l’Union pour six mois, en position de force.  Et les peuples européens auraient tort de s’en  plaindre. Car le hasard, pour une fois fait vraiment bien les choses. Cette présidence tournante lui échoit à un moment clé alors que les  27 viennent de se mettre d’accord sur un plan de relance inédit dont l’Histoire nous dira s’il a été « historique ». Mais en ce mois de juillet 2020, l’Europe a effectué un virage décisif qui lui permet de faire un bond en avant exceptionnel. Elle le doit à trois femmes d’exception que la conjoncture et les aléas de la politique ont permis de se retrouver en même temps aux manettes :  Christine Lagarde à la BCE, Ursula Von der Leyen à la Commission et Angela Merkel indéboulonnable à la Chancellerie. Retour sur six mois exceptionnels.

Christine à la manœuvre.

Pour une fois, Emmanuel Macron a eu la main heureuse : Christine Lagarde est arrivée  à la tête de la BCE  parce qu’il fallait une femme, au nom de  la parité aux postes clés des institutions européennes. Elle était attendue au tournant, elle qui n’était même pas une économiste.  Mais près de 10 ans passés à la tête du FMI en pleine tempête financière lui conféraient une certaine légitimité. Néanmoins, les sceptiques dominaient au moment de sa nomination. Ceux-là  n’ont pas été déçus. Car  après un faux pas initial, c’est la Présidente du FMI qui a posé avec vigueur la   première ligne de  défense dace à la crise  sanitaire : dès le 18 mars elle lance un plan massif de soutien  à l’économie en engageant la banque centrale à racheter pour 1 000 milliards d’euros de titres de dette d’état et d’entreprises, une stratégie ambitieuse dépassant la « Fed ». Elle visait deux objectifs  qui ont été largement atteints : relâcher la  pression sur les  taux d’intérêt et empêcher la débâcle de la zone euro. Elle en remet  même une couche début  juin en élargissant l’effort avec 600 milliards d’euros supplémentaires. Cette femme intelligente a su tirer toutes les   leçons de la crise de 2008 lorsqu’elle était aux commandes à Bercy. Avec elle, la BCE utilise toutes les ressources dont  elle dispose. L’élan est donné.

Ursula la battante.

Propulsée quelques  mois plus tôt à  la présidence de la Commission  européenne, bien que novice  à un tel  poste, l’impopulaire ministre allemande de la Défense, est imposée  à la tête de l’exécutif européen par les chefs d’Etat et de Gouvernement et n’avait reçu qu’un soutien limité des eurodéputés. Beaucoup doutaient alors qu’elle trouve sa  place entre le Conseil et  le Parlement. C’est pourtant Ursula  Von der Leyen qui met en branle la lourde machine technocratique bruxelloise  avec un succès inattendu.  Depuis le début de la crise elle a mis la pression sur les  Etats-membres pour qu’ils coopèrent, lançant dès la fin février des programmes d’achat en commun de matériels  de protection et le 19 mars la toute première réserve européenne commune de matériel médical  d’urgence. Dans mes articles des 6 et 7 juin derniers, j’ai décrit dans le détail son action déterminante. Avec  elle, la  Commission a décidé de prendre les événements à bras-le-corps avec l’objectif de préserver le marché unique. La  deuxième quinzaine de mars permet de mettre de l’ordre dans la réaction continentale et les commissaires concernés ont multiplié les initiatives. Les mesures pleuvent. L’exécutif bruxellois est partout à la manœuvre. L’encadrement des dettes d’Etat est très largement assoupli ce qui autorise les gouvernements à renflouer des industries et des activités menacées.  Elle parvient à faire travailler les 30  000 collaborateurs  en télétravail dans des conditions « remarquables ». Les besoins en financement sont libérés en quelques jours et redirigés rapidement  alors que les règles ne le permettaient  pas. Elle est bien secondée par les  commissaires à l’instar de Thierry Breton  qui enchaine les démarches pour dynamiser le marché intérieur, et Margrethe Vestager, à la concurrence, qui approuve à la chaîne les nombreux plans nationaux de sauvetage qui atterrissent sur son bureau. Diplomatiquement, la Présidente de la Commission va jusqu’à  présenter ses excuses aux Italiens pour les réactions d’égoïsmes de  certains partenaires. L’accord  franco-allemand  du 18 mai lui permet  de proposer un colossal plan de relance de 750 milliards d’euros, du jamais vu, qui vise à  réduire les écarts que la crise a creusés entre les partenaires, sans sacrifier le « pacte vert » et la transition numérique. Elle va  plus  loin, en anticipant : elle jette les bases d’une union de la santé, proposant de  mettre à l’abri les industries stratégiques européennes contre les concurrents étrangers et mobilise des fonds pour la recherche d’un vaccin disponible pour tous.

Angela la chevronnée.

Comme à son habitude, Angela Merkel met un peu de temps à réagir. Cependant, cette fois-ci, elle prend conscience assez vite que la crise sanitaire qui a commencé en Italie et se répand en Europe va mettre cette dernière à genoux, surtout les pays du sud, avec le risque de disloquer le marché unique. Bien qu’elle soit menacée par la cour suprême allemande qui met en doute la légalité de l’action de la BCE, elle se décide à briser le tabou de la solidarité financière. Cette volte-face s’explique aussi par  les turbulences mondiales entre l’imprévisibilité de Trump qui replie l’Amérique sur elle-même et la nouvelle politique chinoise qui ne cache pas son penchant prédateur, avec un Poutine  en embuscade qui rêve de remettre la main sur l’Europe de l’Est, et un Erdogan qui multiplie les provocations impérialistes. Il faut donc sauver l’Union européenne.  C’est pourquoi, elle propose à Emmanuel Macron, qui en rêvait et qui la pressait depuis  longtemps, un fonds de relance de 500 milliards d’euros, empruntés collectivement par l’Union et redistribués au plus fragiles par le budget européen sous forme de transferts. Les réticences de la  Chancelière face à l’activisme de la France, suspectée à juste titre de vouloir transférer à Berlin le financement de  son modèle social insoutenable, passent au second plan. L’épidémie du Covid19 a changé la donne et lui a offert une occasion  de rétablir son autorité battue en brèche par la crise migratoire, le dieselgate, la déroute de la Deutsche Bank et la poussée de l’Afd. C’est là qu’intervient son remarquable sens politique, car l’Allemagne n’a plus d’autre option que l’Europe : elle va faire de la présidence allemande le  moteur d’une refondation de l’Union européenne, rendue nécessaire par  la nouvelle  donne mondiale. L’Europe a non seulement besoin d’une relance économique qui permette d’enrayer le grand écart entre ses membres, mais d’une réorientation vers la puissance et l’autonomie stratégique. C’est tout l’enjeu de la présidence du Conseil de l’Union par l’Allemagne au cours du second semestre  2020, placée sous la devise : « Tous ensemble pour relancer l’Europe ».

L’heure de l’Europe.

L’Europe a changé sous nos yeux. Elle a choisi d’être solidaire dans l’adversité. Personne ne l’attendait sur ce terrain-là.  Elle a choisi de franchir un pas décisif vers une union plus généreuse, autonome, indépendante, soucieuse de ses intérêts stratégiques et de sa place dans le monde, à un moment crucial de son histoire. C’est le bon moment pour l’Europe pour qu’elle se décide à exister. Nos amis anglais nous ont quittés : peut-être est-ce là le meilleur cadeau qu’ils fussent capables de nous faire. Ses anciens alliés néerlandais, danois, suédois, renaclent à l’idée d’une Europe puissance : ils n’auront pas le choix !  Les pays du groupe de Visegrad derrière la  Pologne et la Hongrie, dits « illibéraux » grincent, ils n’auront pas d’autre choix que celui d’évoluer au sein de l’Union qu’ils ne peuvent pas quitter, pour des raisons à la fois politiques et économiques. Car l’Allemagne a décidé  d’exercer son leadership européen autrement que par défaut et rend la refondation possible par son engagement et du fait de son poids économique. La récession y sera limitée à 6,3% du PIB et elle retrouvera son niveau de richesse dès la fin 2021, tout en restant en plein emploi. La France, affaiblie par l’épidémie  qui acte son déclassement, n’a d’autre choix que de soutenir inconditionnellement la présidence allemande, dont le réussite conditionne le plan de relance européen, vital pour le redémarrage  de notre économie. Et c’est heureux !  Le  couple-moteur de l’Europe reprend toute son importance. Elle apporte un renfort à l’Allemagne sur le seul point où elle peut être utile: la sécurité. La France peut apporter par ce biais une contribution décisive à la refondation de l’Europe en inscrivant la défense parmi  les priorités du plan de relance. L’accord  entre les vingt-sept, signé à Bruxelles, permet des évolutions décisives : emprunt européen , fiscalité… Nous vivons un tournant du monde qui impose de serrer les rangs  si nous voulons continuer à exister en tant que nations.

L’Europe, dernier rempart de la démocratie.

Il est peut-être encore trop tôt pour affirmer que l’Europe est devenue adulte en ce  mois de juillet 2020. Mais ce qui est une certitude c’est que l’ordre international né de la fin de  la seconde guerre mondial se disloque sous nos yeux. L’ONU  est au mieux paralysée, au pire impuissante. Les  Etats-Unis, après  la  guerre froide, la fin du communisme et le World Trade Center, et  les  avatars qui en ont découlé, dans la  dernière décennie  ont décidé de sonner le glas de « l’Occident », d’abord de  manière soft, puis plus  brutalement avec Trump qui fait éclater méthodiquement toutes les institutions mises en place par ses prédécesseurs , à commencer par  l’Otan et tous les  pactes régionaux qui permettaient aux Etats-Unis de dominer le monde. Avec la mondialisation, la structure idéologique du monde en deux camps opposés, capitalisme contre socialisme, a perdu toute signification  au profit d’ensembles régionaux qui font ressurgir souvent les empires du passé, Poutine et la Russie des Tsars, Erdogan et l’empire ottoman, Xi Jinping et la Chine impériale,  sans parler des islamistes qui rêvent du Califat.  Ils ont tous en commun la hiane ou le mépris de l’Occident. Le « multilatéralisme » qui a tenu lieu de doctrine internationale ces vingt dernières années en est mort, remplacé par des « politiques de puissance ».

La conséquence en est dramatique : tous ces néodictateurs ne se cachent pas pour proclamer que la « démocratie occidentale » ne leur convient pas. Et son recul est général partout dans le monde, en territoires et en régimes juridiques. Nous entrons dans un monde autoritaire, policier et  belliciste. Le pire  modèle est probablement ce que met en place la Chine communiste  quand les techniques  les  plus  raffinées de la reconnaissance faciale sont utilisées systématiquement pour contrôler  un à un, à chaque moment de leur vie, des centaines de millions d’hommes. Il devient vital que notre Europe  se décide enfin à exister, non seulement comme espace  économique  et commercial,  mais comme  puissance  politique. Si nous voulons encore faire  vivre notre modèle  démocratique et protéger notre civilisation ! La querelle entre fédéralistes et souverainistes est dépassée.

Saisissons la chance  que la présidence allemande nous offre. Elle va inscrire la  relance de l’Europe dans les principes de l’ordo-libéralisme qui l’a construite : le fédéralisme de souverainetés partagées, l’économie de marché et le libre-échange. On peut compter sur son pragmatisme et la recherche du consensus qui restent en termes de méthode le chemin le  plus sûr pour réaligner l’Europe du Nord et celle du Sud, celle de l’Ouest et celle de  l’Est. Un des facteurs de la réussite de cette volonté allemande réside dans les choix que la  France fera pour relancer son économie. Il est important qu’elle ne gaspille pas l’argent que la crise lui a permis d’emprunter à tout va. Car, il ne faut pas qu’Emmanuel Macron se méprenne : pour Angela Merkel, il ne s’agit pas de saisir sa main tendue, son ralliement au fonds de  reconstruction est une réponse pragmatique à un sentiment d’urgence, alimenté  avant tout par  le  plongeon vertigineux de l’économie allemande qui conditionne la reprise outre-Rhin au redressement des pays méditerranéens. En même temps, on peut sauver notre  modèle démocratique, ça  n’est pas anecdotique ! 

Merkel, VDL, Lagarde : un tiercé gagnant ? A  la fin de l’année 2020, on y verra déjà plus clair !

 


LES DOSSIERS DE L'ETE

Dossiers de l'été

I  /  LA CRISE DE LA DEMOCRATIE FRANCAISE …

On est en droit de s’étonner que si peu d’intérêt ait été accordé par les médias et les politiques au fait majeur des élections municipales : le record  des abstentions à une consultation qui traditionnellement recueillait l’intérêt de nos concitoyens. 58,4%,  c’est 20 points de plus qu’en 2014 qui était déjà considéré comme un record en abstentions. Mettre  ce résultat sur le dos de la crise sanitaire, même si le phénomène a pu jouer, c’est vouloir se rassurer à bon compte. Il faut surtout y voir une grave dégradation de notre lien civique, malheureusement, que les conditions matérielles du scrutin ne suffisent pas à expliquer. De fait, de nombreux facteurs y concourent. Quatre crises !

Le dépérissement du civisme fiscal.

Aujourd’hui, dans notre pays, 57% des ménages ne paient plus d’impôts sur le revenu ni de taxe d’habitation. La suppression de cette  dernière qui était dédiée  au financement des services publics communaux tels que écoles, équipements sportifs, culture, s’inscrit dans une longue série de décisions antérieures et qui remontent au quinquennat précédent, au nom du sacro-saint principe d’égalité très discutable.  On comprend bien que le lien civique sans la relation fiscale qui incite  le citoyen à s’intéresser à l’usage de l’argent public et à demander des comptes aux élus, n’a plus guère de contenu. Il reste bien la CSG et la TVA que tout le monde paie, mais ce sont des contributions qu’on identifie moins clairement. Plus d’un foyer sur deux n’a pas vraiment d’intérêt à aller voter. Et il est facile de mettre en corrélation le taux d’abstention avec le taux d’exemption fiscale… même si ça n’est pas si simple.

Le dépérissement de la démocratie représentative.

Convenons que le discours dominant porte une critique disproportionnée des procédures électorales.  Or, il n’y a pas de système supérieur à la démocratie représentative au suffrage universel par désignation dans le secret d’un isoloir, qui constitue le seul  moyen d’associer tout le monde à la décision, qu’on soit pour ou contre. Toutes les autres procédures qu’on nous présente comme supérieures : tirage au sort, démocratie participative, délibérative, ric ou rip, ont en commun de pousser dehors le plus grand nombre  en réintroduisant le clivage  entre  les  « entreprenants », experts autoproclamés, qui participeront, et la masse des simples électeurs qui ne se sentiront pas ou peu concernés. L’étude de ces  pratiques  montre que les citoyens se déplacent peu et ceux qui le font correspondent à des profils sociologiques particuliers. Les taux de participation en font foi. D’ailleurs, les  villes qui pratiquent la démocratie participative n’ont pas eu des taux de  participation plus mirifiques que les autres aux municipales. Le sujet c’est bien celui de la représentation :  y a-t-il aux manettes des gens qui nous ressemblent ?  Ce n’est pas un hasard si le taux d’abstention a été  particulièrement élevé chez les ouvriers (70%) et les  employés (65%), aux élections municipales. Et de fait,  la transmission des valeurs démocratiques aux nouvelles générations est menacée.

Le miroir déformé de la représentation médiatique.

C’est probablement l’une des causes majeures du dépérissement du lien civique : la représentation médiatique en parfait décalage avec le réel. Les sujets débattus dans les médias ignorent ou minorent des réalités qui déplaisent ou qui ne sont pas appréciées  à leur juste intérêt.  Par contre le monde médiatique, peut-être  parce qu’il est trop parisien (euphémisme), se montre trop souvent déterminé à  promouvoir des irréalités dans lesquelles il nous demande de nous reconnaître.  Par exemple, à l’occasion des élections municipales,  la « vague verte » était annoncée dès janvier  2020 et  le soir du second  tour, c’est encore la « vague verte » qui fait la une de tous  les médias.  Or, il n’y a pas eu de « vague verte » !  C’est l’abstention historique qui aurait dû faire la une !  Et pourquoi les Français seraient-ils aller voter,  puisque lorsqu’ils ne le font pas, leur absence est à peine remarquée. A cela s’ajoute, un succès éclatant de  l’opposition, droite en tête, en dépit de la participation électorale. Sujet oublié, lui aussi. C’est donc  un supplice pour le public qui n’a plus d’autre solution que de se tourner vers les réseaux sociaux pour chercher une représentation du monde qui ait du sens. Et que penser des polémiques violentes qui ont saturé l’espace public à propos du « racisme français », des « violences policières », du « déboulonnage des statues », instituant la « racialisation » du confit social alors  que notre pays combine une puissante culture républicaine à un Etat providence parmi les plus généreux.  On croit marcher sur la tête. La réalité tangible  dans laquelle chacun  peut se reconnaître est escamotée au profit d’un monde irréel qui n’est pas le nôtre, jusque dans les séries où l'on nous impose des représentations sociales marginales comme étant la règle alors qu'elles sont largement minoritaires. Au point que les Français ne reconnaissent plus leur propre pays dans le miroir médiatique qu’on leur tend !

L’évanescence du monde politique et les ravages du « en même temps ».

Si à ce phénomène médiatique on ajoute le sentiment le plus partagé selon lequel les « politiques sont impuissants » ou sont « tous pourris », on ne s’étonnera pas de l’érosion de la  participation électorale. Les conditions sont réunies pour que cette défiance en la politique s’aggrave toujours davantage. Pendant les trois mois de la crise intense du covid 19, les plus hautes autorités ont martelé, avec des  procédés qui relèvent de la propagande, que le « masque » était strictement inutile. Aujourd’hui, ces mêmes autorités le rendent absolument obligatoire…  Ce  « tête-à-queue » politique, nos responsables ont  préféré le mettre sur le dos  des experts scientifiques. Ils n’ont pas eu le courage d’assumer leurs  responsabilités, voire de s’excuser.  En apparence, la nation semble encaisser passivement, mais les Français n’ont pas été dupes. On retiendra des récents événements et du résultat des municipales que le bon vieux clivage gauche-droite demeure le plus pertinent quand il faut apprécier une politique. Le  « en même temps » et l’exhortation à transformer et à se réinventer n’a  pas résisté à la réalité. Mais ce  qui compte par-dessus tout,  c’est l’authenticité des convictions et pas la couleur de la « carte ». De ce point de vue, la montée des extrêmes s’explique surtout parce que les citoyens désabusés n’ont plus foi  dans ceux dont les « ambitions » sont tentées par la comédie du pouvoir au détriment de leurs convictions qui paraissent alors secondaires. Les retournements de veste, les trahisons (appelons un chat, un chat), ceux qui sèment le trouble dans leur propre camp, paraissent banalisés, compris, acceptés, et même valorisés au plus haut sommet de l’Etat. Renier son camp et son parti politique pour un prestigieux maroquin, quoi de plus normal, de plus ordinaire ? Ainsi, M. Castex peut-il avoir été un loyal collaborateur de Nicolas Sarkozy  et avoir été élu avec l’étiquette « Les Républicains », être nommé  par un Président dont ce n’est un secret pour personne qu’il est de gauche,  pour faire une politique démocrate-socialiste sous le contrôle de son directeur de cabinet Nicolas Revel, proche collaborateur de Macron, et finalement adhérer à LRem,. On comprend alors que c’est surtout un haut fonctionnaire qui poursuit son parcours,  en bon technocrate tout terrain. La  gauche et la droite ce n'est pas pareil  :   pourquoi les Régions gérées par la droite font-elles  des économies et réduisent leur dette et pas les collectivités gérées par la gauche ? A force  de faire croire que c'est la même chose, comment les électeurs peuvent-ils s’y retrouver. L’indifférence, quand ce n’est pas le dépit, d’un peuple blasé par les volte-face, les incohérences, les contradictions, les  fausses représentations, semble dominer, mais on en mesure le prix au moment d’aller  voter. On constate alors ce qu’en pense la nation dans ses profondeurs, que les sondages n’effleurent même pas.

Faut-il, comme interroge Maxime Tandonnet se demander si « l’apathie du pays dans ses profondeurs, est le fruit de l’indifférence, du déclin intellectuel, d’un authentique abrutissement de masse ; ou bien n’est-elle au contraire que le reflet de la surface des choses, entre reportages et commentaires lèche-bottes et sondages truqués, couvrant un mouvement de révolte, un grondement sourd dans les profondeurs de la France qui ne demande qu’à s’exprimer en la première occasion ? »

L’urgence est donc de résoudre cette quadruple crise démocratique. 

Et ce n’est pas en nous vendant un scénario écrit à l’avance d’affrontement Macron/Le Pen que notre démocratie  survivra. Quatre impératifs s’imposent : ranimer le lien civique, restaurer la souveraineté de l’élection, faire en sorte que l’espace  public soit représentatif de nos réalités politiques et sociales, présenter un personnel politique fiable avec de vraies convictions.

 

 


LA COMMODE AUX TIROIRS DE COULEURS

 

La commode aux tiroirs de couleurs001

Roman d’Olivia RUIZ.

J’ai déjà écrit un article sur Olivia Ruiz.  C’était à l’été 2008, elle était alors au début de sa carrière de chanteuse, tout au moins sur les plateaux télé. Je disais que j’appréciais ses textes, ses rythmes, sa voix, sa gestuelle : bref, une véritable déclaration de fan. Et j'ai toujours un ou deux CD à portée de main quand « l'envie d'Olivia me vient » ! Cette une femme qui a du talent  et  elle vient encore de le  prouver avec la  publication de son premier roman : « La  commode aux tiroirs de  couleur ».  Tout le monde savait déjà que son nom de scène, elle l’a emprunté à sa grand-mère, et que son ascendance ibérique lui tient chaud au cœur depuis qu’elle s’exprime, bien que ce lien ne lui vienne que de sa mère. On en retrouve les accents dans ses chansons, dans son spectacle, dans sa gestuelle.  Pourquoi cet attachement ?  C’est peut-être pour tenter d’y répondre qu’elle a écrit ce qui aurait pu être un récit autobiographique, mais qui faute d’éléments concrets est devenu un authentique roman.

Le thème de l’histoire revient sur son passé de petite fille de réfugiés espagnols ayant fui le franquisme. Une histoire qui résonne dans notre famille puisque ma belle-mère a connu le même épisode, et qui plus est, avec des ressemblances dans le parcours de la fuite vers la France, et l’accueil qui était réservé aux réfugiés. Comme chez nous, elle s’est heurtée à une sorte d’omerta sur l’exil.

A 40 ans, elle dévoile donc une autre facette de son talent : elle écrit  avec un style inimitable que sa double culture rend encore  plus attachant. Les  300 pages se lisent d’un coup.  On sourit, on s’amuse et on sort  son mouchoir à la fin.  Sa fougue, qui fait partie de son personnage, et que l’on  mesure sur scène, se retrouve ici dans le choix des mots, dans les images, dans le rythme de la phrase. Le tableau est complet, car faute de témoignage, elle s’est documentée. L’Espagne franquiste, la guerre civile, la fuite à pied à travers les Pyrénées, l’arrivée dans les camps, prennent un accent véridique tellement ils sentent le vécu. On a  envie d’y croire.  Et puis la double culture, l’assimilation, la transmission ou son absence, voilà un vécu très proche de ce que ma femme a reçu en héritage. Ce roman nous renseigne donc, indirectement sur la volonté d’oubli de ceux qui ont dû fuir leur patrie pour se refaire une autre vie. Ce que ces trois femmes, censées être sa grand-mère, sa mère et elle, ont vécu devient une épopée. Quand on suit Olivia Ruiz, on reconnait dans le roman  les références au café familial de Marseillette. Les femmes de son roman pourraient être sorties  de chez Almodovar. L’espagnol est sa seconde langue. Ce  passé, elle s’y cramponne. Ruiz comme nom de scène est un hommage revendiqué à sa grand-mère et quand sur scène elle entonne « la foule » en espagnol, encore un thème familial, la voix se fait plus rauque et l’accent est là, que seuls ceux qui ont les gènes ont avec cette justesse. Ce qui permet à sa grand-mère de crier son plaisir :  « Olivia est la plus espagnole de nous tous !». Le déracinement, elle en a fait aussi un spectacle : « Bouches cousues »  créé sur la scène nationale du Grand Narbonne  et devrait être à l’affiche des Bouffes du Nord en octobre, si covid veut bien.

Dans ce roman, il y a quelques pages grandioses. Le récit du « corps à corps » avec Rafaël est un sommet de délicatesse et de sensualité. Il y aurait bien d’autres épisodes à citer, mais je vous laisse  les  découvrir. « On pourrait croire à une petite fille sage mais le spectacle laisse au contraire entrevoir un tempérament volcanique.... » écrivais-je en 2008.  Cela se vérifie dans le roman. Voilà une écrivaine qui a du tempérament ! Allez, hâtez-vous d’aller ouvrir les tiroirs de couleurs de la commode !

La  commode aux tiroirs de couleurs, Olivia Ruiz, chez JC Lattès

 


LA RELANCE DE LA DERNIERE CHANCE

Robots-industriels-

 

Le  chemin du déclassement.

En 1975, la France était la 4ème économie mondiale. Elle est aujourd’hui au 6ème rang, et  encore, ça n’est pas certain. Pays exportateur, son commerce  extérieur est en déficit depuis de nombreuses années sans qu’elle arrive à renouer avec un solde positif.  Ses parts de marché n’ont cessé de se rétrécir même au sein de  l’Union européenne. La faute à une désindustrialisation massive provoquée par les 35 h et  les délocalisations qui ont suivi et aux charges excessives que doivent supporter les entreprises qui sont encore là,  mais à la compétitivité aléatoire. Les multiples relances  keynésiennes tentées depuis les années 80, aussi ruineuses qu’inefficaces n’ont fait qu’accroître  le mal, en stimulant une consommation de produits fabriqués ailleurs, surtout en Asie.  Hausse des dépenses sociales et chocs fiscaux l’ont coupée des reprises mondiales. Le résultat, nous l’avons sous les yeux, aggravé par la dernière crise sanitaire : croissance potentielle réduite à 1%, accélération de  la  désindustrialisation, chômage permanent, dépenses publiques non maîtrisées, dette en expansion continue. Le mal est profond et les trois dernières années n’ont fait que le confirmer : déni de la compétitivité, de  l’investissement et de l’innovation ;  état-providence toujours plus boulimique qui interdit la modernisation de l’appareil de production. La  France n’a plus le droit à l’erreur. 

Une situation critique.

A la sortie de la crise du covid19, pour autant que l’on en soit sorti,  notre économie subit la récession la plus sévère  avec  une reprise fragile et « hémiplégique ». Outre  le terrible bilan sanitaire avec plus de 30 000 morts, nous sommes  plongés dans la pire crise économique et sociale de  l’OCDE.  La récession atteint 12% du PIB, le chômage est remonté lui aussi à 12% des actifs, la dette publique s’est envolée à plus de 120% du PIB. L’activité reste inférieure de 10% à son niveau d’avant-crise. On constate un effondrement de l’investissement (de 40%) et des exportations, alors que la consommation s’est redressée à 97%. L’industrie est à 70% de ses capacités. Fermées plus tôt, plus longtemps, les lignes de production françaises repartent un peu moins vite que leurs concurrentes européennes - ce qui fait craindre un nouveau décrochage du made in France. Le déficit commercial atteignait plus de 7 milliards en mai. On reconnaît là tous les stigmates de l’économie du pays. Dans ce contexte d’autant plus déprimé que l’économie mondiale est en panne, la situation de la production mondiale se stabilise en effet à un niveau inférieur de 25 % par rapport au niveau de début janvier, il faudrait éviter que le plan de relance annoncé par le Président et le Premier Ministre ne s’inscrive dans la continuité des précédents, qui ont tous échoué  et  qui privilégiaient la redistribution sur la production et la protection sur l’innovation. D’autant plus que certains pays s'en sortent mieux que d'autres, mais pas la France.

Dépenser n’est pas relancer.

Une chance au moins : grâce à « l’argent magique » qui tombe du ciel européen et qui permet à la France d’emprunter à moindre coût, nous allons échapper, pour l’instant, aux hausses d’impôts qui seraient le plus sûr moyen de tuer la reprise comme en juillet 2012 avec Hollande. Mais compte tenu de l’état de nos finances publiques, qui n’est pas « un conte de fée » comme dirait Eric Woerth, c’est probablement la dernière fois que la France peut empruntée plusieurs centaines de milliards d’euros pour reconstruire son économie. Autant dire qu’il vaudrait mieux qu’elle soit au final compétitive et écologiquement soutenable. A cet égard, ce que fait l’Allemagne pourrait servir de modèle : 130 milliards d’euros au service de l’investissement, de l’innovation, de la conversion numérique et écologique de son industrie notamment automobile. Notre plan de relance ne sera présenté qu’à la fin août par Bruno Le Maire. Les actes suivront-ils ses paroles ? Les mesures de soutien aux entreprises pendant le confinement avec  les suppressions de charges temporaires ont été utiles. Mais pour la relance,  pour l’instant on constate surtout l’avalanche des dépenses pour la police, pour l’hôpital, pour la SNCF, et la machine à redistribuer semble l’emporter avec  l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire et les  hausses de salaires, les aides à la rénovation thermique pour les ménages … Sans parler de la création de la 5ème branche de sécurité sociale (financement?) au moment où le déficit du système des retraites explose à 30 milliards d’euros. Seuls 40 des 100 milliards sont affectés pour l’instant à la production et à l’industrie, ce qui ne compensera même pas les pertes enregistrées en 2020 (70 milliards pour les entreprises). On retrouve encore la  machine à dépenser dans la poursuite de la création de postes dans la fonction publique affectés aux services territoriaux… Bruno Le Maire veut baisser les impôts de production de 10 milliards d’euros, c’est mieux que rien, mais une goutte d’eau dans la mer des 67 milliards que paient nos entreprises, et encore, il faudra qu’il compense le manque à gagner pour les Régions. Ses bonnes intentions  risquent de se noyer dans le saupoudrage et le parasitage vert. Notre pays est donc en passe de dilapider à nouveau 100 milliards d’euros. On cherche une stratégie et du courage politique et on trouve surtout gesticulations, annonces démagogiques et moulinets. Et cerise sur le gâteau, on va « cantonner » la dette Covid ce qui n’est rien d’autre que le « maquillage » des comptes  publics, comme le font … la  Grèce et l’Italie.

Si Castex  veut casser la baraque, il va falloir qu’il s’y prenne autrement. Je crains que ça ne soit guère possible. Un technocrate ne peut faire que ce qu’il sait faire : reproduire à l’infini les mêmes schémas qui ne fonctionnent pas. C’est clair que la droite ferait autrement. La France semble hélas condamner au déclassement et  au déclin, à la stagnation, au chômage et aux dettes …

 


QUAND LE VIEUX MONDE DEMANDE DES COMPTES…

Les gaulois réfractaires001

 

J’ai lu le dernier livre de Philippe De Villiers. Par curiosité et aussi en amateur de belle langue.  Qui connaît le spectacle du Puy du Fou, c’est de quoi je parle. Le Vendéen a un vrai talent de narrateur et pratique le Français avec maestria. Que pouvait-il bien avoir à nous dire, lui qui semblait avoir été conquis par Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Economie, quand il  était venu lui rendre visite dans son fief. Je n’ai pas été déçu, même si je suis loin d’adhérer à toutes les thèses du Puyfolais.

Parlons d’abord  du livre.

Il  se lit d’une seule traite. Il a le mérite d’être court, concis et bien documenté. Le style est enlevé, enthousiaste aussi bien pour  applaudir que dénoncer. L’auteur, dont on connait les talents d’orateur capable de tenir en haleine une assemblée de 10 000 personnes, a conservé sa verve et le sens de la formule « tueuse ».  Son répertoire, bien que classique, peut amuser par ses nombreuses références à sa culture et son univers religieux détournés ici par dérision : Sibeth devient « La Pythie » et son pupitre de plastique un « lutrin » ;  « Saul, le païen (qui) s’est converti en galopant sur la route de Damas » est  mis en parallèle  avec « le startupper devenu le grand  logisticien du rapatriement des patries  perdues » (Macron dans son discours du 13 avril)… Le plan en est relativement simple : la pandémie et  le  confinement sont une occasion en or pour régler son compte à Emmanuel Macron par un homme que ce dernier a tenté de manipuler, et par la même occasion de se faire une fois de  plus le  chantre de la souveraineté nationale et  des terroirs face à la  mondialisation, à la technocratie et à l’européisme. L’ouvrage début donc logiquement par la rencontre Macron-De Villiers, suivie de l’épisode de la pandémie du déni au mensonge pour finir par le « jour d’après » en guise d’épilogue.

Dialogue entre le « vieux monde » et le « nouveau ».

On ne peut pas  suspecter Philippe de Villiers de mentir. Après son passage à Orléans pour « honorer » la  Pucelle, au cours du même été, Emmanuel Macron s’était rendu au Puy du Fou soi-disant pour comprendre comment fonctionnait cette réussite économique spectaculaire que sont le « Grand parc » et la « Cinéscénie ». Une rencontre haute en couleur entre le Vicomte et le banquier, au cours de laquelle il avait fait son « coming out » : « Je ne suis pas socialiste » ! ». Des heures de dialogue approfondi  qui vont laisser Philippe de Villiers sous le coup de la séduction. Le récit de l’échange est hallucinant. Macron montre un art consommé de la disruption et de la manipulation qui fait dire aujourd’hui à de Villiers : « J’ai mis du temps à comprendre ce qui se cachait derrière les figures chorégraphiques du « en mêm’temps » : Macron des villes, Emmanuel des champs »…

La pandémie : du déni à la catastrophe.

Philippe De Villiers livre ensuite un réquisitoire glaçant sur la gestion de la pandémie : le déni pendant deux mois, les mensonges successifs habilement habillés en vérités, la mise en scène du paravent du « conseil scientifique » pour se mettre à l’abri, le confinement qui aurait pu être évité et qui conduit à la débâcle économique… Une histoire terrifiante que l’auteur présente sous le faux questionnement : « Auraient-ils menti ? ». Pour Villiers, cela ne fait aucun doute, mais, avant tout, le gouvernement a péché par aveuglement idéologique. Car les mensonges vont s’enchaîner comme un engrenage inéluctable mis en perspective par le calendrier incontestable des faits et des affirmations des uns et des autres. Car il était impossible de « ne pas savoir ».  « Depuis douze ans des voix autorisées et les plus hauts képis de  l’armée française » avaient prévenu. En 2017,  le service de santé des armées alerte sur le risque d’émergence d’un « nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou échappant à un laboratoire de confinement ». Il cite au passage la légèreté avec laquelle Raffarin fait installer à Wuhan une plate-forme novatrice P4  sur le modèle du laboratoire Jean Mérieux de Lyon, dont les 50 chercheurs français qui devaient y travailler pendant cinq ans ne sont jamais partis. Et c’est de Wuhan,  justement, que le virus va  prendre le large … Les dispositions pour y faire face auraient dû être prises. Mais le 24 janvier la Ministre de la Santé rassure les Français : « Le risque d’importation de cas  de Wuhan … est pratiquement nul ». On connait la suite. La  voie choisie par la France est surprenante : les frontières ne servent à rien, les masques pas plus, ni les tests…  pour finalement se retrouver bouclé par la frontière de son propre appartement. Deux mois de déni, deux mois de confinement, une économie effondrée et plus de 30 000 morts qui auraient pu n’être que 5 ou 6 000 si l’exécutif avait fait, ne serait-ce que comme l’Allemagne. Une lourde responsabilité pour les gouvernants qui, à coups de grands’messes médiatiques ont camouflé  leur incurie. Ceux-là ne mériteraient-ils pas la Cour de Justice de la République à commencer par celui que les médias présentent comme le « chouchou » des Français ? 30 000 morts et 220 milliards de déficit, comme carte de visite… Mais évitons de jouer les procureurs. Les commissions d'enquête parlementaires sont là pour ça éventuellement.

Le retour du Nouveau Monde.

« Il faut nous réinventer, et moi le premier ». Tu parles.  En fait de se réinventer, le Président a suivi le conseil de celui qui dirige le « Centre d’analyse, de prévision et de stratégie » du Quai d’Orsay, Manuel Lafon Rapnouil, qui lui a remis un rapport sur la « sortie de crise », à la fin mars. Il y brandit la menace : « Le risque est réel que les efforts de stimulation de la croissance ne soient l’occasion pour l’ancienne économie de se remettre au centre du jeu en détriment de celle –plus innovante et verte notamment- que l’on essaie de développer ».  Tout est dit. L’ancienne économie peut crever, ces indépendants qui résistent encore au « Nouveau Monde ». Il y a donc une France « déconnectées » qu’on débranchera. Evidemment « Le jour d’après », pour Philippe De Villiers, ce sera la guerre  de ceux qui ont tenu la France à bout de bras pendant la crise contre la dilution de la souveraineté, contre la mondialisation qui nous a désarmés  face au virus. L’auteur y reprend ses combats de toujours, pertinents quand il s’agit de la technocratie ou la globalisation qui tue notre économie, quand il vante l’économie réelle ancrée dans les territoires, beaucoup moins quand il enfourche la thématique de l’Europe inutile en négligeant l’action déterminante qu’elle a eue pendant la pandémie, notamment grâce à l’action d’Ursula Von der Leyen. Cela ne veut pas dire pour autant que la France n’est pas  capable de gâcher la relance obtenue au dernier Conseil européen. Et le plan qui se concocte à Bercy n’est pas fait pour rassurer.

Le livre est donc une attaque en règle contre ce « Nouveau Monde » prôné par Emmanuel Macron et qu'il juge responsable des difficultés de la France face au coronavirus. L'ancien député européen avait eu des mots lourds de sens durant la campagne des élections européennes de 1994. « Quand toutes les barrières sanitaires seront tombées et qu'il y aura une grippe à New Delhi, elle arrivera dans le Berry. » avait-il proclamé à l’époque, en déchainant les rires. Il saisit donc cet ouvrage pour faire le procès de la disparition des frontières, de la technocratie et de la mondialisation financière. De véritables chevaux de bataille pour lui et qui ont trouvé un écho très particulier ces dernières semaines.

Même quand on n’est pas Villiériste, ce qui est mon cas, un livre à lire absolument pour la mine d’informations qu’il comporte auxquelles le grand public n’a pas eu accès et pourtant nécessaires pour se forger un jugement sur les événements.

 


RENDEZ-VOUS EN TERRITOIRE INCONNU

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Ou… CASTEX chez les réfractaires.

Le mot  a été prononcé  25 fois dans le discours de  politique générale de Jean Castex.

Territoire : 

Étendue de la surface terrestre sur laquelle vit un groupe humain :  le territoire de la France.

Étendue de pays sur laquelle s'exerce une autorité, une juridiction : le territoire de la  commune.

Espace défini par une particularité naturelle : territoire  montagneux.

Espace défini par une caractéristique culturelle : territoire linguistique.

Zone sur laquelle s’exerce la domination d’un animal : le chien marque son territoire en urinant. Le territoire chez les animaux est déterminé par le marquage et la défense de leur espace de vie, par un comportement parfois agressif envers les intrus. On observe alors une complémentarité entre le territoire et un comportement hiérarchique de domination. C’est  ce qui explique que les hommes pissent à côté de la cuvette.

Pour un technocrate :  le territoire est un « agencement de ressources matérielles et symboliques capables de structurer les conditions pratiques de l'existence d'un individu ou d'un collectif social et d'informer en retour cet individu ou ce collectif sur sa propre identité ».Vous n’avez pas compris ? Pas grave. Plan du gouvernement pour relancer les territoires : l’association « France Tiers-Lieux » fait plancher une dizaine de ministères sur le projet de créer 500 « manufactures de proximité » pour doper l’emploi local. Un « tiers-lieu » est « un espace collectif  hybride de travail mêlant industrie et services ». Si c’est pas un concept technocratique, ça ! Et avec ça, on va sauver la France ! Voilà où vont passer les 100 milliards pour ressouder…

La  France des territoires : la commune, la communauté de communes, l’agglomération, l’arrondissement, le canton, le département, la région, la circonscription, l’Académie, le Diocèse, l’Anpe, le bassin d’emplois, le  Pays, la Cam, la Zup, la Zad, la Zac… et l’Etat. J’en ai sûrement oublié.

Pour le géographe : le territoire est « toute portion humanisée de la surface terrestre ». Il est l’interface entre nature et culture. Le territoire est alors le décor où se déroulent les activités humaines.

Pour le politique : le territoire désigne à la fois une circonscription politique et l'espace de vie d'un groupe  qui cherche à en maîtriser l'usage à son seul avantage.

Historique : « Moi, Général De Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats  français qui se trouvent en territoire britannique… ». Un certain 18 juin.

Alimentaire : la  Sarthe c’est le territoire de la rillette !

Macronien : "il faut transformer le territoire mais sans contrarier  les procédures qui le paralysent". (en même temps).

Communautarisme : les territoires perdus de la République.

Vestimentaire : « Territoire d’homme », des griffes, des styles, des hommes… Boutiques de prêt-à-porter pour les hommes qui veulent casser la routine chemise-veste-cravate. Il n’est pas précisé si  les bi et les trans sont acceptés (pas pu résister).

Ecg : Le territoire électrique est utile pour incriminer une artère coronaire précise au cours d’une ischémie ou un infarctus. Autrement dit l’électrocardiogramme (ecg) sert à dépister les crises  cardiaques.

Vénerie : « J’aime le son du cor, le soir au fond des bois ». Un territoire de chasse est l’espace généralement assez vaste où l’on mène des chasses à courre. Chambord est un territoire de chasse présidentiel. La mauvaise interprétation serait de croire que le Président y courtise les femmes. Non, il y court après le cerf avec ses invités.

Le problème, c’est que le Premier Ministre n’a pas précisé de quel territoire il parlait. La notion de territoires vingt-cinq fois répétée comme un mantra relève d’une communication politique mal maîtrisée, voire caricaturale. Un élément de langage comme on dit aujourd’hui. Ce n’est pas en répétant machinalement un mot qu’on l’incarne, encore moins qu’on le fait exister. La notion de territoires, par ailleurs, appartient au champ politico-journalistique. La notion parle à certains élus locaux, pas aux Français. Le risque est d’être paradoxalement vu comme parisien et déconnecté à répéter machinalement un mot dont l’usage témoigne de l’inverse de sa signification.

Bref, un mot qui ne veut rien dire. Qui a dit déjà : « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! »

 


MERKEL S’IMPOSE

Angela

 

L'accord qui vient d'être signé à Bruxelles est HISTORIQUE.

Sur ce point, Emmanuel Macron a raison. Mais il a une chance inouïe : Merkel a eu besoin de lui, ce qui n’aurait pas été évident s’il n’y avait pas eu la crise. Car le changement de pied de l’Allemagne n’est pas dû au Président français qui aurait convaincu la chancelière comme il le prétend. C’est de bonne guerre, il tire la couverture à lui, pour une fois que la conjoncture lui est favorable. En réalité, comme l’analyse Eric Le Boucher dans les Echos, c’est le plongeon de l’économie allemande en 2019 qui est à l’origine du changement de cap d’Angela Merkel jusque-là inflexible sur la mutualisation de la dette. Les complications des relations commerciales avec les Etats-Unis, l’effondrement des exportations vers la Chine, font que l’Allemagne a besoin d’une relance forte du marché européen pour faire redémarrer son industrie et faire en sorte que les 110 milliards d’euros qu’elle a débloqués pour ce faire ne le soient en pure perte.

Pragmatisme oblige !

Il faut donc aider les pays en difficulté à se redresser rapidement. Aidée par Christine Lagarde qui a ouvert les vannes de la BCE et Ursula Von Der Leyen aux manettes de la Commission, elle s’est activée pour faire avaliser ce puissant plan de relance européen, qui permet à l’Union de s’affirmer aujourd’hui comme une puissance mondiale capable de rivaliser avec les autres géants de la planète. Evidemment, elle n’a eu guère d’efforts à faire pour convaincre Emmanuel Macron, alliance indispensable pour peser au Conseil européen. Bon comédien, le Président français a rempli son rôle à la perfection. Mais il ne faut pas s’y tromper, comme le remarque Marc Fiorentino, tout le mérite revient à Angela Merkel. Sa volonté de marquer sa présidence de l'Union Européenne a été déterminante. L'Allemagne a imposé sa volonté, une fois de plus. Elle a été « le Sarkozy » du sommet. Pour le bien de l'Europe. Car, c’est un pas de géant politique qui a été franchi : les 27 restent soudés, aucun n’a envie de sortir de l’Union, et même s’il y a des coupes dans certains budgets, ce plan de relance marque une volonté politique commune inédite par son ampleur. C’est le Royaume-Uni qui peut faire la gueule : avec 300 milliards de déficit, il connait la pire récession de son histoire et il ne participera pas à la « fête ».

Un accord essentiel.

Il n’a fallu que 5 jours seulement, pour que l'Union Européenne franchisse ce pas de géant. Un accord inimaginable il y a 10 ans et même en ce début d'année 2020. En quoi consiste-t-il ?

. D'une dette commune européenne de 750 milliards (des eurobonds qui ne disent pas leur nom)

. De 390 milliards d'euros de subventions, donc non remboursables. Des subventions payées par l'Union Européenne destinées seulement aux Etats les plus touchés par la crise.

. Plus 360 milliards d'euros de prêts, toujours pour les pays en difficulté.

L’Italie peut se féliciter et ne pourra pas venir se plaindre du trop peu de soutien de l’Union :elle va encaisser 209 milliards d’euros sur le total de 750 milliards, et 80 milliards de subventions, elle est la première bénéficiaire du plan. La France a réussi à obtenir 40 milliards d’euros, mais Macron à oublier de mentionner que notre pays est un contributeur net et pas un bénéficiaire net…. Bah oui, l’oubli fait partie de l’art de gouverner. S’il fallait tout dire …

Les pays frugaux ont cédé, en échange d'un rabais sur leur participation au budget européen.
La Pologne et la Hongrie ont cédé malgré le fait qu'une des conditions pour l'octroi des fonds soit le respect de l'Etat de droit. Simplement, on peut regretter que l'octroi des fonds ne soit pas assorti de conditions telles que la mise en place de réformes structurelles... C’eût été trop demander. Espérons que pour les pays comme la France, ce deal ne sera pas une incitation à la paresse réformatrice et fiscale, ce que l’on peut craindre malheureusement. Car la résistance des pays frugaux est un avertissement. Elle s’explique par leur lassitude face au laxisme budgétaire qu’ils observent, alors qu’eux ont fait les efforts nécessaires et que c’est grâce à eux que l’euro garde toute sa valeur, et tend à devenir, en ce temps de crise, une valeur refuge. Valeur dont profitent les pays du sud, Espagne, France, Italie, dépensiers et surendettés.

Maintenant, il ne faut pas rater la relance.

Car, si les Etats-Unis sont aujourd’hui en difficulté, avec un contexte politique chahuté et un rebond de l’épidémie, ils ont toujours cette capacité à rebondir économiquement que notre vieux continent n’a pas, d’autant plus que Trump va « dégainer » un nouveau programme massif de relance.

 


NON, FILLON N’A RIEN VOLE !

Le mystère Fillon001

 

Retour à 2017.

Que vous ayez voté Fillon ou non en 2017, il faut lire le livre de Tugdual Denis : « La vérité sur le mystère Fillon ».  L’auteur est le rédacteur en chef adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles, après avoir collaboré à l’Express et au Point. Vous allez me dire, il est de droite, donc, sous-entendu, forcément il n’est pas objectif.  Comme si l’appartenance à une famille  de pensée empêchait l’honnêteté : il faut être de gauche pour penser comme ça.  D’ailleurs le  propos du livre n’est pas de faire une contre-enquête ni de prouver l’innocence du candidat à l’élection présidentielle. Non, il s’agit d’une plongée dans l’univers et la proximité de la famille Fillon pour comprendre ce qui s’est réellement  passé. Entre un clan qui veut raconter ce qu’il est et le journaliste qui cherche à savoir comment les protagonistes de l’affaire se reconstruisent, une idée fait son chemin,  que chacun pourra se faire selon son choix. La mienne est qu’il est innocent en droit, des faits qui lui sont reprochés. Après, on  peut porter un jugement moral, mais c’est une toute autre chose.

Plongée dans le monde fillonien.

Le livre est donc le récit  de rencontres multiples, de dîners informels, de moments intimes  passés avec François et Pénélope, leurs enfants, de témoignages d’amis proches. J’y ai retrouvé beaucoup d’éléments que je connaissais déjà pour avoir côtoyé François Fillon lorsqu’il était élu comme je l’étais moi-même. J’ai pu faire des recoupements aussi avec ce que des témoins sarthois m’avaient dit et qui se trouvent confirmés.

Tugdual Denis écrit bien. Le style est aéré, la langue élégante, les phrases souvent bien rythmées. Le plan du livre se veut un peu déconcertant, volontairement, pour éviter  l’écueil d’une chronologie linéaire qui aurait vite été ennuyeuse. C’est un portraitiste précis et synthétique sans jamais céder à la caricature. La dimension humaine est toujours présente, comme le bon vin d’ailleurs. L’auteur excelle à rendre les atmosphères, ce qui n’est pas rien quand on veut pénétrer dans l’intimité d’un homme  plutôt secret, peu enclin à se confier.

L’affaire.

Une phrase de Pénélope résume son rôle : « Ce n’était pas très compliqué : j’étais quelqu’un qui faisait des choses très banales pour un élu vers qui se tournaient des gens qui avaient des problèmes ». Tout le travail d’un assistant parlementaire de terrain y est résumé. Fermé le ban. Le travail de collaboration au Sénat des enfants a été effectif, d’ailleurs ils n’ont pas été poursuivis.  Il faudrait entrer dans la mécanique du fonctionnement du parlement pour comprendre que les sénateurs,  comme les députés, disposent d’une enveloppe financière dont ils ont la liberté d’emploi, et qu’une fois les collaborateurs payés, l’argent qui reste peut être utilisé pour financer des études. J’ajouterai, mais c’est mon jugement personnel, que les poursuites engagées par le parquet national financier m’ont toujours paru suspectes de parti-pris ou de connivence avec le pouvoir  politique de l’époque, et qu’aussi bien le chef d’inculpation de « détournement d’argent public » n’aurait pas dû pouvoir être tenu, de même que certaines procédures comme la perquisition du bureau à l’Assemblée nationale, réalisée sans avoir été autorisée par le Président de l’Assemblée (cela a été dit), bafouait le  principe de séparation des pouvoirs. Autant d’éléments qui auraient dû conduire l’enquête dans les poubelles de l’Histoire. Les condamnations auxquelles elle a abouti,  prononcées par le tribunal correctionnel sont d’autant plus surprenantes : idéologie, impossibilité de déjuger le parquet financier, éviter le scandale d’une élection volée ? …

D’autres protagonistes.

Pour le reste, on apprend que Fillon, piégé ignominieusement avec les « costumes », en état de sidération à la veille du Trocadéro, était prêt à passer la main à Juppé. Celui-ci s’est dégonflé, par orgueil ou par dépit. Comme quoi le sort de la France … Et que Nicolas Sarkozy n’a pas été beaucoup plus brillant à ce moment-là. On y découvre que celui qu’on a présenté comme un catholique fervent genre « cul béni » fait murmurer au prêtre de sa paroisse : « si seulement c’était vrai », tout cela pour dire qu’il est croyant mais pratique avec la même assiduité que beaucoup de nos compatriotes.  Vous apprendrez beaucoup de choses aussi sur le milieu politique, vu de l’intérieur, qu’on savait déjà ou pas. Il se qualifiait lui-même de « libéral-conservateur », ce que j’avais bien compris et  me convenait parfaitement. Une chose est certaine : c’est la qualité des liens qui existent entre les parents et leurs enfants, une famille  qui forme un clan soudé, auquel s’adjoignent des amis en nombre très limité.

Je donnerai le mot de la fin  à Antoine qui dit de son père, en vous fixant de son regard brun –marque de famille- indique l’auteur : « Je n’ai pas de doute sur le fait qu’il s’agit de quelqu’un de bien ! ». Il est en effet bien placé  pour savoir que  l’intéressé  a été victime d’un assassinat politique.

Une autre vie.

Ah oui, au fait, François Fillon s’est reconstruit une autre vie, chez Tikehau.  Il a découvert que le « privé » est bien plus lucratif que le mandat politique, fut-il de haut niveau. Il faut bien le dire à ceux qui trouvent que « les politiques » sont trop payés !

Le  titre du livre est finalement juste : voilà une belle vérité à découvrir au fil de la lecture.

Un observateur au regard acéré.

Au détour d’un entretien, François Fillon nous livre une analyse qui s’adapte  parfaitement à la  situation actuelle : « … la  mise en scène de l’affrontement Le Pen/Macron et l’absence, en face, de personnalités crédibles pour exercer la fonction de Président de la République conduit plein de  gens à droite au dépit  électoral. D’autant plus qu’il y a plein de sujets qu’Emmanuel Macron n’aborde  pas.  Des sujets civilisationnels auxquels je me frottais… Le progressisme d’Emmanuel Macron consiste, lui, pour l’essentiel  à gérer le quotidien. Il n’y a pas de choix courageux, décisifs.  Qui soient de nature à inverser le cours des choses. Non seulement les questions fondamentales ne sont pas réglées, mais la situation financière du pays n’est pas traitée, l’avenir de l’Europe pas résolu, la politique étrangère gérée de  manière opportuniste et sans vision. » La montée d’un vote de  protestation, le mécontentement considérable d’une grande partie des classes moyennes et populaires, s’explique pour lui par deux principales raisons : la mondialisation qui induit la disparition des emplois industriels, et l’immigration… Crise de la démocratie et  Moyen Age moderne. « Nous sommes dans la société liquide, où l’on se regroupe  en communautés religieuses, ethniques, sexuelles.  L’idée d’intérêt général ne l’emporte plus. Je ne vois rien, aucun événement, pour empêcher le mouvement en cours de triomphe de l’individualisme, de dictature de ces minorités. Pour un gouvernement cela devient absolument ingérable. Les peuples cherchent à obtenir la destruction du pouvoir central, en pensant qu’ils en retireront plus d’autonomie. La phase suivante sera la tentation d’un pouvoir fort. » On ne peut pas faire  plus lucide. Et voilà pourquoi tous ceux qui vont soutenir un gouvernement de Macron et affaiblissent du même coup  l’alternative possible de la droite républicaine ont tort et font le lit du populisme. Car c’est le seul moyen, peut-être, d’interrompre un processus historique. 

Cela alimente encore plus les regrets : en 2017, la France est probablement passée à côté de sa dernière chance de redressement.


UNE SOUDURE A 100 MILLIARDS !

Pluis de billets

 

Castex veut ressouder le pays fracturé !

Un conseil : dans les temps qui viennent, il va falloir non seulement porter  un masque pour se protéger du coronavirus mais  protéger votre chef d’un casque lourd pour éviter d’être assommé par  les liasses de billets de 500 € qui vont se mettre à tomber du ciel. Car des Milliards il va en pleuvoir,  comme les obus à Gravelotte. Ne cherchez pas  d’où ils tombent. Je l’ai déjà expliqué. Les  banques centrales c’est magique !

100% social, 0% libéral.

C’est la ligne que s’est fixée Jean Castex. Notamment pour lutter contre le chômage.

Le Premier ministre a commencé la distribution des cadeaux. La  pluie tombe d’en haut mais la demande doit venir du coin de la rue. Tout le monde sera  arrosé. Et ce n'est que le début.

. 8 milliards pour le  système de santé

. 20 milliards  pour la transition  écologique

. 40 milliards pour la reconstruction de  l’industrie et les  relocalisations dont 20 milliards pour baisser les impôts de production : une petite bonne nouvelle dans l’océan des dépenses (les entreprises françaises en paient 5 fois plus que les  allemandes).

. Et le reste sera distribué pour l’emploi des jeunes avec une baisse de charges de 4 000 € pour les jeunes embauchés avec un salaire inférieur à 1,6 SMIC (donc pas pour les diplômés), pour le service civil, pour l’apprentissage, les formations-emplois, l’allocation de rentrée scolaire, le resto U à 1 euro, etc…

. 6  milliards d’économisés : report envisagé de la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% de Français les plus riches (à partir de 2 500 €/ mois) prévu en 2023. Une  mesquinerie au vu de la valse des milliards.

Pour les réformes on va prendre son temps.

Il se pourrait bien que la réforme des retraites ne s’applique qu’à partir des jeunes qui entrent aujourd’hui sur le marché du travail, donc à l’horizon 2065-2070. Les syndicats  ont du temps devant eux pour voir venir.  En attendant, il faudra bien prendre une mesure d’âge pour boucher le gouffre qui s’est ouvert avec le coronavirus (30 milliards). Le redressement des comptes passera avant la réforme.

Ça  fait cher la  soudure.  Bah, « ça coûte rien puisque c’est l’Etat qui paie ». Le mot « déficit » n’existe plus.

Points de repères :

Tableau de bord de la France (rapport de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale)

.  Le choc du coronavirus va coûter 22 points de PIB à la France en 2020

.  Le ratio de dette française sur le PIB s’établit à 120,9% soit 2.650 milliards d'euros

.  Le recours de l'État aux émissions de dette sur les marchés financiers devrait exploser de plus d'un tiers, soulignent les auteurs, estimé à 361,2 milliards d'euros au total.

.  Commerce extérieur 1er trimestre 2020 :  - 14,3 milliards € (déficit 2019 : 58,9 milliards)

. Déficit budgétaire : 11,4%  - 220 milliards €

Et encore, pour corriger l’affirmation « la  France  le  pays le plus attractif d’Europe »

Nous disposons du même nombre de millionnaires que l’Allemagne, entre 1 et 5 millions d'euros (notamment à cause de l'immobilier), mais nous accumulons les retards dès les 10 millions d'euros de fortunes nettes. A partir de 50 millions d'euros nous en avons moitié moins... et jusqu'en haut de l'échelle puisque nous disposons de plus de 2 fois moins de milliardaires. Nous manquons de riches entrepreneurs parce que la fiscalité personnelle et sur le capital, mais aussi de production sur les entreprises, est trop importante en France comparativement à notre voisin Allemand, ce qui pose des problèmes de rentabilité, de transmission et de succession. Autrement dit l'impôt-risque est toujours trop fort en France.

Et être attractif pour les capitaux étrangers, c’est mettre nos entreprises sous leur tutelle. Après  on s'étonne qu'elles partent ailleurs...

 

 


ET MAINTENANT, QUE VAIS-JE FAIRE…

Macron-ne-convainc-pas

 

Quand Macron réinvente Macron à l’identique.

Remaniement ou pas … rien n’y fait. Emmanuel Macron ne change pas et son interview d’hier le confirme. Face à une Léa Salamé béate et un Gilles Bouleau aux abonnés absents, l’échange lénifiant aura permis au Président de montrer qu’il ne s’est guère réinventé. Il a tout fait bien et peine à reconnaître qu’il a été  parfois maladroit (sic). Aucun sujet qui fâche n’a été abordé : l’identité nationale en ce 14 juillet, la laïcité, les débordements de violence, le trouble de la justice, la faillite  scolaire et sur le plan international, en dehors de quelques banalités velléitaires sur l’Europe, rien sur Erdogan et la Lybie ou  l’islamisation de Sainte-Sophie …  Pas un mot sur le chauffeur de bus massacré ou la gendarme tuée. On s’est contenté des affaires courantes : on va  mettre les masques, en août foi d’animal ! Pour le « quoi qu'il en coûte » macronien, on en est déjà à la saison 2 ; après avoir affiché 460 milliards d'euros de fonds public pour maintenir à flot l'économie française durant la crise sanitaire, le gouvernement promet désormais « au moins 100 milliards » supplémentaires pour la relancer, annonçant un « plan de relance massif à la fois industriel, écologique, local, culturel et éducatif ». Des mots  et creusement garanti de la dette. Celui-ci doit être complètement dévoilé à la fin de l'été, c’est-à-dire trop tard, quand les Allemands sont déjà à pied d’œuvre. Bref, un entretien vide, pas de pistes nouvelles –même pour les  jeunes on rétablit de vieilles mesures d’insertion-, pas de perspectives positives pour le pays, et peut-être un referendum infaisable pour modifier la Constitution visant à introduire une préoccupation écologique. Il pourra encore dire : j’ai été empêché par les vilains conservateurs.

Le modèle Californien.

Mais son modèle reste celui du commencement : il est progressiste et son modèle est le modèle californien. D’où sa volonté de faire passer la loi de bioéthique et ses articles « libertaires », son envie (contrariée) d’aller au bout de la réforme des retraites « universelle » qui ferait  disparaitre le régime de cotisations géré par les partenaires sociaux au profit d’un modèle étatique assis sur l’impôt, enfin de conforter la « transformation » de la société française pour qu’elle se conforme aux impératifs de la « start-up nation », cette société « liquide » qui donne la priorité à la création de « valeur » fut-ce au détriment du travail. Tout le reste n’est que stratégie ou tactique pour conserver l’avantage en 2022. Le remaniement n’est donc qu’une manipulation de plus pour préserver, voire renforcer le « bloc élitaire » qui s’est constitué autour de lui, avec une base sociologique de cadres supérieurs et de retraités relativement aisés, tout en gardant un encadrement politique venu du Pati socialiste et du Modem, de l’UDI mais aussi des Républicains. Mais il lui faut l’élargir, d’un coté en direction des écologistes, de l’autre vers une certaine droite plus populiste, d’où … Pompili et Dupont-Moretti. Au-delà des manipulations à visées électorales, l’évolution de la société que nous propose Emmanuel Macron débouche directement sur la juxtaposition des communautarismes, en privilégiant le relativisme culturel toujours à l’œuvre et qu’il combat faiblement, au nom de l’individualisme-roi : « j’ai le droit si c’est ma volonté ».  Ainsi sont libérées toutes les forces de fragmentation : au nom de l’individu, la société devient une collection de communautés, les homosexuels, les noirs, les musulmans, les décolonialistes … au gré des distinctions auxquelles on s’identifie. On perd totalement de vue la « conscience républicaine collective » (voir mon article précédent). Chacun vivant selon son tropisme et ayant ses propres revendications égalitaires, c’est à une société de l’affrontement que nous allons être confrontés. Elle est déjà « en marche » !

La société bloquée.

Les  gesticulations des Ministres du nouveau gouvernement ne sont qu’une façade. Derrière, il ne se passe rien. Le  vent de haine qui s’est levé contre les forces de sécurité ne peuvent que favoriser l’anarchie. Pourtant, elles mériteraient d’être applaudies à l’instar des soignants,  car elles sont le dernier rempart de la République. Elles ont besoin d’être dirigées, réorganisées,  encouragées, mais Darmanin sera-t-il à la hauteur de cette tâche ?  Il est à  craindre que Sarkozy-le-petit,  au-delà des coups de mentons ne soit qu’un cautère sur une jambe de bois. Ce serait d’autant plus nécessaire que l’explosion sociale est à craindre. Beaucoup attendent le moindre prétexte pour la provoquer, et le million de chômeurs  en plus qui se profile peut en procurer un, dans un France toujours plus fracturée.  Il reste 500 jours au Président pour reconstruire un « bilan » mis à terre par  la crise des  Gilets jaunes et celle du Covid. Excepté le prélèvement à la source, la refonte de la  fiscalité du capital, la réforme des seuils et les ordonnances travail, il ne reste rien des  promesses de 2017. Macron continue de penser que c’est l’Etat qui crée la richesse  et que l’argent ne peut tomber que d’en haut. Autrement dit, ça va être Noël jusqu’en 2022 pour tout le monde (sauf pour les zézés). Face à l’incendie qui couve, on peut faire le pari que la facilité de la subvention et de l’intervention l’emporteront sur l’indispensable libération et simplification. Au prix d’un enfoncement du pays dans les déficits et la dette, toujours plus périlleux.

En fait le « nouveau chemin » c'est tout simplement le chemin de la campagne électorale. Au passage, rien de nouveau : l'enterrement de la suppression de la taxe d'habitation pour les « aisés » ( je traduis : avec Macron, si vous gagnez plus de 2 500 euros par mois). Quoi qu’on en pense, le nouveau chemin reste celui de l'enfer fiscal. Ce n’est pas ainsi qu’on va débloquer la société et libérer  les  forces créatrices de richesse. On serait tenté de conseiller à Castex : « Casse-toi, la  tâche est impossible ! »

 


CRISE DE LA CONSCIENCE REPUBLICAINE

La liberté guidant le  peuple bis

 

Une dernière pour la route… comme on dit.

Traditionnellement, le bloc-notes se met au vert au début de l’été. Je devrais plutôt dire « au bleu océan ». Nous allons donc passer en mode détente, avec des articles plus espacés –farniente oblige- et aux thèmes plus souriants, ce qui n’exclut pas la réflexion de fond sur les travers de notre société.

Mais en cette veille de week-end du 14 juillet, notre « fête nationale » pour ceux qui seraient tentés de l’oublier, je voudrais attirer votre attention sur l’excellente tribune de Jacques Julliard, tirée de son « carnet », publiée dans Le Figaro du 6 juillet dernier et intitulée « La crise de la conscience républicaine ».  L’auteur constate que nous avons atteint le point extrême d’un déséquilibre entre les droits (fort nombreux) et les devoirs (très modestes) que l’individu estime avoir envers la nation. Je vais tenter de vous en livrer ici une synthèse forcément simplificatrice et je ne saurais trop vous conseiller de vous la procurer, tant elle me paraît emprunte d’une rare lucidité et décrit un chemin pour le monde dans lequel nous sommes entrés que j’aimerais voir emprunté par Les Républicains.

Une France aux abois.

La description est impitoyable. Il commence par ce qui lui paraît le plus imprévisible, le plus baroque : l’antiracisme racialo-mondain, aussi absurde que virulent, avec son escorte des milieux pharisiens  du show-biz, d’intellectuels de gauche plus couchés que jamais, de politiques qui n’ont rien appris à droite, au centre ou à gauche, sans oublier les écolos, ces « grands bénêts qui chantent la bonté d’une nature que le coronavirus a révélée dans sa cruauté extrême ». Il faut y ajouter une télé d’Etat qui bat des records d’information… Liberté, égalité, camping ! Et pour terminer un gouvernement qui feint de commander aux événements… dans le sens où ils vont tout seuls, avec en perspective une récession sans précédent. Le tableau est couronné par la faillite de l’Etat révélée par la crise sanitaire. Cet Etat dans lequel chacun feint de voir la solution alors qu’il est une partie du problème, incapable d’assumer correctement ses fonctions régaliennes, police, justice, défense et comme responsable de l’éducation de la nation. « On l’a vu tâtonnant, titubant, incapable d’imposer son autorité à ses fonctionnaires ».

Une crise de la conscience collective.

Ce qui a éclaté au grand jour avec la crise sanitaire, c’est la crise de la conscience républicaine qui couvait depuis longtemps. Pour faire court, la République avait exprimé la volonté des Français de se constituer en nation, avec ce que cela de suppose de droits acquis mais aussi d’obligations assumées. La crise sanitaire a révélé l’inverse : pour les Français, l’Etat républicain n’est plus rien d’autre que le régime où la conservation de chaque individu est devenue la valeur suprême. Et on voit désormais des citoyens intenter des procès à leur Etat pour avoir failli à cette mission. « L’idôlatrie de la vie est devenue la passion dévorante à quoi toute valeur collective doit être sacrifiée » … « quoi qu’il en coûte » ! La Patrie « cette entité transcendant les existences individuelles pour laquelle les hommes avaient accepté de risquer leur vie », … agonise sous nos yeux. Pour s’en convaincre, il suffit de poser la question : existe-t-il encore des institutions, des idées, des personnes pour lesquelles nos contemporains accepteraient de sacrifier leur vie ?  

La conscience républicaine était universaliste. C’est parce qu’elle a perdu de vue cette volonté que les « pulsions séparatistes »  et communautaristes trouvent leur espace.  Il est urgent de revenir à cet idéal qui fonde la France. De même que l’universalisme républicain  a besoin d’une France qui retrouve puissance et grandeur pour retrouver son sens.

Des raisons d’espérer.

Heureusement tout n’est pas négatif. L’expérience de 2008 a servi. L’Etat, au coeur de la crise, malgré ses faiblesses, n’a songé qu’à la relance  et à sauver les emplois en compensant les pertes de salaires et en intervenant pour éviter le plus possible les faillites. Pas parfait, mais la direction est la bonne. Et l’Europe a tenu, déjouant tous les pronostics des souverainistes dont le clairon ne sonnait que « la retraite ». Les mesures, quand elles seront adoptées par tous les Etats membres, permettront à l’Europe d’aider la relance des pays les plus en difficultés. A l’heure où l’on déboulonne les statues, il va y avoir de la place pour en élever une à Angela Merkel, s’exclame Jacques Julliard…  Ainsi sera préservé l’espace politique plus large que le cadre national, pour que se déploie la conscience républicaine. « Bienvenue dans une Europe allégée de la tutelle américaine et revivifiée par le couple franco-allemand.  D’autant plus que dans « un monde en proie aux passions nationalistes et populistes, l’Europe est la seule puissance d’équilibre, la seule puissance de paix, à condition qu’elle accepte d’être une puissance et d’en assumer les responsabilités ».

La France à la croisée des chemins.

Pour Jacques Julliard, la France peut faire le choix de la facilité, avec comme ambition de devenir  une sorte « de grande Suisse pieusement écolo en marge de l’Histoire : soleil, tourisme et pourboire ». Elle peut aussi continuer, contre vents et marées, à « se penser comme un destin ». Ce n’est pas facile, surtout avant.  « La pensée d’un grand peuple, c’est sa vocation historique », disait Bernanos. Et la vocation historique de la France c’est l’universalisme. Il n’a de sens que si elle prend les moyens de continuer d’exister à l’échelle planétaire.

Le projet doit donc être : l’unité et la puissance française ! Et s’en donner les moyens : redevenir une République, un lieu sûr pour ses citoyens égaux en droits et en devoirs ; revenir à une école « creuset de la nation ». Il faut que la France redevienne une puissance, et l’Europe franco-allemande est le seul moyen de s’opposer à la folie croissante des impérialismes rivaux. La conscience républicaine est le chemin qui débouche sur un renouveau de la cohésion et de l’ambition française.

Mais comment faire ? L’auteur souhaite s’en remettre pour le moment, à la Providence.  Ce qui ne me satisfait guère. Si seulement Les Républicains  voulaient s’emparer de ce défi… Il leur correspond et ils en sont capables !

 


REMANIEMENT CASTO : DU BRICOLAGE !

Chaises-musicales

 

Il est où le « rassemblement »  promis ?

Depuis que Casto est plus ou moins en faillite, on n’y trouve plus « tout ce qu’il faut ». C’est un peu la  même chose pour le remaniement « Castex ». Du recyclage, du rafistolage, du vidage d’encombrants et du verdissage timide. Ajoutons un peu de people et d’esbrouf’ pour la com’ et on a fait le tour d’un changement de gouvernement qui cède plus aux chaises musicales qu’au « rassemblement » promis. Pour ce qui est du message politique voulu par Emmanuel Macron, c’est en effet raté : le président de la République avait tweeté qu’il souhaitait un gouvernement de rassemblement, or les frontières politiques de l’équipe Castex restent les mêmes que sous  Edouard Philippe, sans ralliement spectaculaire venu de la gauche ni débauchage symbolique venu de la droite. Avec les déclarations de Macron à propos de l’Homme du 18 juin et de l’esprit de résistance, on s’attendait à des initiatives fortes. Comme d’habitude ce n’était que gesticulations et postures. Pourtant il devrait savoir que nos concitoyens  ont perdu le goût pour les jeux de chaises musicales et les équilibres subtils entre formations politiques. Ce genre de procédés alimente plutôt la crise de confiance envers la politique. Certes, il sera de bon ton d’abuser des références LR ou gaullistes, mais mis à part Roselyne Bachelot, la pêche est plutôt maigre. Et encore, Roselyne Bachelot n’incarne pas vraiment le monde d'après : notre chère Ministre de la Culture, avec ses 73 balais fait plutôt vieux monde d’avant non ? La seule vraie audace de ce casting, c’est la nomination de Me Dupont-Moretti. Bref, deux stars pour masquer le statu quo et l’absence d’élargissement… Mais aujourd’hui, l’arrivée de fortes personnalités n’ont qu’un effet  éphémère car l'opinion ne prête plus guère attention aux têtes sur l'affiche, elle réclame des résultats tangibles et surtout une bonne méthode. Et au-delà, que serait  Macron sans les transfuges de la droite ? Même si c’est une stratégie pour affaiblir l’émergence  d’un candidat issu des Républicains contre lui, on voit bien que le magasin LRem est vide.

Béchu reste en rade.

Une autre surprise pour nous Angevins, c’est l’absence de Christophe Béchu. Dieu sait qu’« on » avait entretenu localement le « teasing » autour du « pressenti ». Ce qui fait dire à un journaliste angevin, féru de Tintin : « Caramba, encore raté » ; il s’agit de Ramon, qui vise toujours trop à droite (L’Oreille cassée). L’édile ne devrait pas accepter le lot de consolation d’un poste de Secrétaire d’Etat qui ne correspondrait ni à sa valeur ni à son ambition. Et puis se retrouver dans un même gouvernement que Roselyne avec un poste subalterne, dur-dur ! Il serait plus judicieux qu’il préserve ses chances  pour l’avenir, il a encore le temps. Car quoi, renier tout ce en quoi l'on croyait pour un poste, cela ne fait pas la réussite d'un homme. Qui sait, il sera  peut-être bien aise de rallier un gouvernement de droite après la présidentielle… Et puis l’exemple de Roselyne lui permet d’espérer, ça lui laisse encore une belle marge d’attente. Le  voilà en réserve de la République.

La  verticalité et l’obsession de 2022.

Au lieu de préparer 2022, Emmanuel Macron ferait mieux de gouverner correctement la France !  Car là est le sujet essentiel. Ce qui caractérise cette nouvelle étape de son quinquennat, c’est la verticalité réaffirmée et l’obsession de la réélection. Il poursuit inlassablement ses tentatives de siphonnage de la droite et tente de débaucher, jusque-là sans grand succès, tout ce qui pourrait l’empêcher de l’emporter en 2022. Donc la nouvelle mode c’est de laisser entendre que Sarkozy serait le gourou de Macron alors que récemment, l’ancien président a confié sans détour à un ambassadeur d’un pays de la communauté européenne qu’il attendait l’effondrement du macronisme, lequel lui paraissait imminent. Sur l’influence supposée de Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron ferait bien de se méfier : un fauve reste un fauve et ne chasse jamais que pour lui. A ce jeu de poker menteur, il n’est pas sûr que le Président en exercice l’emporte. Alors il doit se contenter de la nomination de Gérald Darmanin au poste-clé du ministère de l’Intérieur, de l’élargissement du ministère confié à Bruno Le Maire, qui restent révélateurs de la stratégie engagée depuis 2017, et d’une chiraquienne semi-retraitée à la culture. En même temps, le chef de l'Etat ne renonce pas à sa grande ambition d'une « transformation », en s'obstinant, par exemple, à remettre à l'agenda son projet coûteux et bancal, de régime universel de retraite - projet dont l'urgence ne saute pourtant pas aux yeux-. Il  montre aussi que rien n'a changé dans la verticalité du pouvoir. Dans un récent rapport sur la gestion de la crise du Covid-19, l'Institut Montaigne relève que, vue des territoires, l'action de l'Etat a été caractérisée à la fois par une extrême centralisation et par une profonde carence dans la réponse aux défis les plus aigus comme l'approvisionnement en masques. La nomination d’un premier Ministre technocrate, sorte de Directeur Général, sommé d’attendre la  parole présidentielle avant de faire son discours de politique générale, la désignation d’un conseiller du Président auprès de chaque Ministre, confirment cette volonté de reprise en main. Non seulement la manière de gouverner le pays ne va pas changer, mais elle risque d’être encore plus concentrée à l’Elysée. Voilà le nouveau chemin vers le monde d'après… Tout ça pour ça !

Heureusement qu'il y a Dupond-Moretti, ça va nous distraire un peu.

 


REMANIEMENT : PEUT-ON SAUVER LE SOLDAT MACRON ?

Naufrage Titanic

 

Tous ceux de droite qui, comme Christophe Béchu, rejoindraient un gouvernement Macron, porteront une lourde responsabilité.  Ils compliqueront  l’émergence d’un candidat de la droite républicaine à l’élection présidentielle  et auront à porter la responsabilité d’une victoire de Marine Le Pen, faute d’avoir pu proposer une autre alternative au Président sortant. Je les plains d’avance. Leur plat de lentilles aura un goût amer.

Mais si cet argument est essentiel, il y en a d’autres  pour caractériser ce qui constituerait une trahison politique, sur le double plan de  la stratégie et des idées.

Priorité au projet Républicain.

Sur le plan de la stratégie, la priorité aujourd’hui est de se rassembler autour de la construction du projet des  Républicains afin de proposer une alternative crédible en 2022. Tenir 60% des communes ce n’est pas 60% des Français. Il reste à reconquérir et à convaincre les électeurs urbains où les résultats des Républicains sont souvent à la peine, malgré l’action des Régions qu’ils pilotent en faveur du cadre de vie et des  infrastructures. Les Français des villes ne sont pas réduits à voter pour Macron ou la nouvelle union des gauches fut-elle repeinte en vert. Nous avons à leur proposer un projet intransigeant sur la sécurité et la laïcité, exigeant en matière de finances publiques et d’endettement, ouverte sur une conscience écologique compatible avec l’économie et s’appuyant sur une conversion progressive et raisonnable. Les  Français aspirent à vivre tranquillement à se loger correctement et espèrent le progrès social.  Ils ont besoin de croire de nouveau dans l’avenir,  mais il faut leur proposer une perspective qui leur apporte des réponses à eux et à leurs enfants  en matière de qualité de la vie : manger sain, respirer un air moins pollué, et obtenir des salaires qui récompensent justement le travail et les efforts…  Nous avons à proposer  une union de la droite et du centre fière de son identité, qui conjugue respect et progrès. A la fin de cette année, le projet sera  prêt.  Il restera à l’incarner.

Le projet politique de Macron n’est pas le nôtre. 

Nous n’adhérons pas à son néolibéralisme caméléon,  mondialiste avec un discours protectionniste à ses heures, repeint en vert pour la circonstance. Depuis qu’il est au pouvoir, excepté la fiscalité du capital, il a peu réformé,  les fractures territoriales et communautaires se sont aggravées, la  violence a augmenté. Il rêve d’instaurer la « proportionnelle » qui rendra notre pays déjà fractionné en démocratie ingouvernable.  Il n’a rien fait pour alléger le  poids d’un Etat  obèse.  Le nombre des fonctionnaires continue d’augmenter et la technocratie a toujours plus de pouvoir.  L’Education nationale reste à la dérive et les recrutements se font toujours  à la baisse en termes de compétences. Notre pays bat toujours les records de prélèvements sur les ménages et sur les entreprises… Il a mené avec Edouard Philippe une politique de gauche qui ne dit pas son nom, sociale-démocrate, dans le  prolongement du mandat Hollande. La recherche  de l’égalité, qui confine à l’égalitarisme, s’est faite par la  fiscalité en prélevant toujours sur les mêmes au profit des mêmes  tranches sociales. Sur le plan international, avec lui, le projet européen n’a guère avancé et si les institutions communautaires ont réagi face à la crise du Covid, c’est surtout grâce à Angela Merkel. Comment  un garçon intelligent comme Christophe Béchu, dont les convictions sont tout autres –ou au moins étaient- peut-il ne pas voir le piège ?

Le changement de casting n'y fera rien.

Ce ne sont pas de petits débauchages au service exclusif d’une ambition personnelle dont la France a besoin, mais d’un projet cohérent fondé sur la liberté, la responsabilité et l’autorité de l’Etat, et qui s’adresse à tous. Toutes choses qui semblent à cent  lieues des préoccupations du Président actuel. Macron est une impasse.  Il ne peut gagner que contre Marine Le Pen. Et encore rien n‘est certain. Entrer au gouvernement maintenant, c’est comme monter sur le Titanic. Au moment où Ségolène Royal sort du bois  pour rassembler les  gauches, Les Républicains ont un boulevard qui s’ouvre devant eux, entre le nationalisme rabougri et la « Start-up nation » qui ne parle qu’aux « geek » des villes.

 


MUNICIPALES : l’ARNAQUE DE LA « VAGUE » VERTE !

Municipales 2020

 

Abstentions massives.

Avec un taux d’abstentions de 60%, jamais vue sous la Vème République, le second tour des élections municipales souligne une fois de plus la désaffection du peuple à l’égard du moyen unique de la démocratie de s’exprimer librement. Signe d’un rejet ou d’un désenchantement des Français couplé avec la peur de sortir des personnes à risque à cause du coronavirus, dans de nombreuses villes, plus des trois quarts des électeurs n’ont pas pris la peine d’aller voter, comme à Roubaix (Nord) avec 77,25 % d’abstention. C’est une réalité désastreuse qui oblige à relativiser tous les résultats car elle apporte un biais à la sincérité du scrutin. Néanmoins, l’échec des macronistes se confirme et les partis de « l’ancien monde » montrent qu’il faudra encore compter avec eux.

Echec de LRem.

C’est le deuxième constat : la popularité de Macron diminue fortement. Les électeurs modérés et de droite ont clairement peu participé au vote. Les alliances avec le parti majoritaire ont la plupart du temps tiré les résultats vers le fond, comme à Bordeaux. Et quand il comptabilise des victoires c’est au travers de candidats « divers droite » qui n’ont pas affirmé franchement la couleur comme à Angers. La stratégie de la REM, qui a tenté les alliances à gauche et à droite, a échoué, comme  elle a échoué à s’implanter localement. Tout au plus peut-elle se féliciter du succès, au Havre, du Premier ministre, Édouard Philippe (qui n’est pas Lrem), avec 59% des voix, ce qui, logiquement devrait empêcher Emmanuel Macron de se séparer de lui, pour autant qu’il en ait envie.

Les Républicains confortés.

Malgré la  perte de quelques bastions, des échecs sur lesquels s’est fixée la focale médiatique, mais compensés par de nouvelles conquêtes, LR se sort de ces Municipales plutôt avec  les honneurs : plus d’une ville sur deux de plus de 9 000 habitants  sera gérée  par des maires LR et alliés, 120 villes de plus de 30 000 hab sur 236  … A Marseille, la gauche a gagné, mais la droite n’a pas encore perdu. Michèle Rubirola, tête de liste de gauche, a largement remporté le suffrage populaire mais n’obtient qu’une majorité relative au conseil municipal après le second tour. Au «3e tour», Martine Vassal (LR) ne s’avoue pas vaincue. Ses listes ont résisté mieux que l’annonçaient les sondages et rien n’est encore joué pour la désignation du futur maire de Marseille : onze élus des listes minoritaires du dissident LR Bruno Gilles et surtout de l’ex-socialiste Samia Ghali feront la décision. Le  parti de la  rue de Vaugirard peut se targuer d’être la 1ère force politique par son ancrage territorial.  Ces défaites dans certaines des plus grandes villes de France sont le reflet d’une sociologie dans les métropoles de plus en plus favorable au vote écologiste. Le parti se maintient toutefois dans deux des cinq plus grandes villes de France : Toulouse et Nice et conquiert Metz. Les accords avec Lrem à Lyon, Bordeaux ou encore Strasbourg se sont soldés par de cuisants échecs. La montée en puissance des écolos dans les grandes agglomérations n’a pas balayé la droite du paysage des grands centres urbains, mais l’abstention de ses électeurs y devient préoccupante. Cette victoire a été occultée par les trophées tonitruants conquis par les  Verts, mais elle est réelle et on le mesurera bientôt avec le renouvellement de la  moitié du Sénat fin septembre.

Le RN planté, le PS reprend des couleurs.

Le Rassemblement national a réussi à conquérir sa première grande ville, Perpignan, 120 000 habitant mais la victoire de Louis Aliot n’a surpris personne. En réalité, le RN n’a pas fait de vraie percée et son palmarès municipal reste encore très modeste. Ces résultats sont peu en rapport avec les sondages favorables qu’on attribue à sa patronne. A  la faveur de ces élections, le PS peut s’enorgueillir de quelques victoires symboliques comme à Saint-Denis. Il a surtout profité d’alliances avec EELV pour maintenir ses positions.   Martine Aubry à Lille l’emporte finalement avec seulement 127 suffrages de plus que son concurrent direct et Anne Hidalgo triomphe à Paris surtout grâce au maintien d’Agnès Buzyn.

Une vague plus haute que large.

On a présenté la « déferlante verte » comme « historique ». La victoire des écologistes « pastèques » en raison de leur alliance avec les partis gauchistes, dans plusieurs villes majeures comme  Lyon, Bordeaux, Strasbourg  ou Tours a été rendue possible par la désaffection de l’électorat de droite. Le triomphe des verts est un trompe l’œil. En effet, en raison de la faiblesse de la participation, le scrutin marque une réorientation de 40% des votants vers les coalitions socialistes, communistes et vert. L'écologisme reste une mode urbaine de  bobos gauchos. Et personne ne peut s’étonner de l’immense déroute de Gérard Collomb à Lyon, qui a mené une campagne incohérente.

Macron va jouer la carte verte.

N’ayant aucune conviction, il peut les avoir toutes, ce qui fait dire au « Canard » : « Le virage écolo de Macron : un vert à moitié vide ou un vide à moitié vert ? ». Il va vouloir surfer sur ce qu’il croit  être une large victoire écologiste.  Il va encore nous faire le coup du type qui a compris l’appel du peuple à une lutte sans merci contre le réchauffement climatique.  Il a commencé en débloquant 15 milliards pour les propositions environnementales de la Convention pseudo citoyenne qu’il a lui-même réunie. Or les résultats des municipales ne réclament pas du tout le basculement dans le « tout écologie ». Il  joue  là sa dernière carte  pour 2022.  Car le redressement économique apportera  rapidement ses limites aux délires verts. Sauf à creuser toujours plus les déficits et la dette… jusqu’à l’insoutenable. C’est le meilleur service qu’il pourrait rendre à la droite.

 


LA FOLLE DANSE DES TECHNOCRATES

Danse des technocrates 2

 

Un Président désarçonné plus préoccupé de courir après sa popularité.

Faut-il qu’il soit perdu à un point qu’on n’imagine même plus : l’agenda d’Emmanuel Macron témoigne par ses consultations tous azimuts  de l’ampleur du désarroi. Voyez l’agenda des derniers jours : Citoyens tirés au sort qui remettent dimanche leurs propositions sur le climat, ministres planchant mardi sur le plan de relance, partenaires sociaux réunis en sommet mercredi sur la gestion de la crise, prédécesseurs consultés sur l’« après », Nicolas Sarkozy mardi, François Hollande vendredi, Valéry Giscard d’Estaing au téléphone… Emmanuel Macron demande à Richard Ferrand comme aux présidents des autres Assemblées, des idées pour la suite du quinquennat. Ce dernier réunit ce mercredi élus, partenaires sociaux, citoyens pour réfléchir à des propositions qui alimenteront son document final. Etonnante plongée dans un abîme sans fond qui dit beaucoup du moment. Le « Nouveau Monde » a furieusement besoin de « l’Ancien ». Au dernier Conseil des Ministres, le Président a engueulé copieusement les ministres au point que certains le disent proche du « burn-out ». Que va-t-il nous sortir le 29  juin ? On peut craindre le  pire. Il  est prêt à tout bousculer  pour se retrouver un chemin de « victoire » en 2022. Même de modifier le calendrier électoral selon son accommodement.  Décidément, cet homme-là a un problème avec la  démocratie et ne comprend rien aux Français.

Pendant ce temps-là, le pays s’enfonce dans une récession sans précédent.

Le dispositif pour faire face à la crise sanitaire a offert aux Français  « les mesures les plus généreuses  d’Europe », au prix d’un endettement inconsidéré, au prix  d’un recul du PIB de 12,5% : le chiffre vient de tomber du FMI. Nos technocrates ont  la main lourde quand il s’agit de dépenser dès lors que le guichet de l’argent facile est  ouvert. Cela n’a pas empêché l’économie française de détruire 500 000 emplois au 1er trimestre et ce n’est qu’un début. Nous avons la récession et les déficits les pires d’Europe. Pour quantifier les choses, le repli du PIB s’élèvera à près de 280 milliards d’euros tandis que le déficit total Etat-Sécu-Collectivités territoriales avoisinera les 250 milliards. La dette publique franchira les 120% du PIB à 2650 milliards…C’est bien connu,   la crise entraîne plus de dépenses publiques et moins de rentrées fiscales.

Mais nos politiques, retranchés derrière leur collège de médecins bureaucrates et les technocrates de Bercy, ont pris des décisions trop  fortes et ont eu la main trop lourde. Comme le  pays a abordé la crise  en situation de fragilité, contrairement aux  dires officiels, car la récession était déjà engagée dès le début de l’année, l’impact du Covid19 a été beaucoup plus lourd qu’ailleurs. L’hexagone fait partie depuis plusieurs années des mauvais élèves de la zone euro. Trois explications plus une : un confinement  plus sévère qu’ailleurs qui a conduit un salarié sur deux du privé au chômage  partiel (22% en Allemagne), absence de directives claires qui ont découragé de nombreux actifs de reprendre leur travail durant le confinement avec une chute d’activité autour de 30%, de nombreux handicaps sur l’offre dans les activités qui impliquent de la promiscuité et des contacts. Enfin, la tendance à l’épargne de  précaution des Français (plus de 100 milliards) face  à l’incertitude économique pénalise une économie traditionnellement tournée vers la consommation. Et cette fois-ci les dépenses  publiques qui enflent démesurément (64% du PIB) plombent les comptes de l’Etat sans redynamiser l’économie. Déficits et récession se donnent la main  pour la descente aux enfers, accompagnée par la danse macabre de notre haute technocratie !

Quelle considération nos partenaires européens plus vertueux  peuvent-ils nous accorder ? Notre manque de retenue est une insulte aux traités que notre pays a signés. Nous nous comportons comme des escrocs vis-à-vis de ceux dont la rigueur financière permet de garantir sa valeur à la monnaie que nous utilisons.

Pendant ce temps-là le pays part  à vau l’eau et n’est pas gouverné.

Il y a un abandon de la sécurité dans notre pays aujourd'hui. Ni le président de la République, ni le Premier ministre n'ont pris ce sujet au sérieux. Quant au ministre de l'Intérieur, il est complètement dépassé par la situation. Nous sommes devant une crise d’autorité de notre État. Une République sans police, sans gendarmerie, sans justice respectées n’est plus un État de droit. Les violences dont nous sommes presque quotidiennement les témoins sont le produit des démissions et des lâchetés  successives. Elles vont avec  les désordres qui agitent les esprits. Si bien que nous sommes dans un  monde qui marche sur la tête où nous voyons l’inversion des valeurs quand les  « antiracistes » racialisent  tout jusqu’aux statues,  où nous voyons l’inversion des responsabilités quand on rend nos forces de sécurité responsables des violences. On a officiellement abandonné le principe d’universalité de nos valeurs ! Avant de repeindre le pays en vert, en rose ou en noir, lavons-le  d’abord de sa crasse bureaucratique. A quoi bon édicter des interdictions si des groupes peuvent impunément les enfreindre. Car si le pays sombre dans la violence et la désespérance, c’est bien parce que la bureaucratie galopante a fait de lui celui qui consacre le plus d’argent  à ses dépenses publiques au prix de salaires bas et d’entreprises à la compétitivité limitée. Un exemple : nous dépensons 4,1% du PIB en dépenses hospitalières (les plus fortes d’Europe) avec les soignants les plus mal payés d’Europe, tout ça parce que nous subissons l’hypertrophie des personnels  administratifs (34% des emplois). On s’étonne après que la méfiance collective suinte partout et alimente un climat social exécrable ! Voilà ce qui arrive quand on abandonne le pouvoir aux technocrates sans âmes : des politiques sans marges de manœuvre, un Etat irresponsable, une opposition systématiquement écartée, des collectivités marginalisées, des citoyens sans repères…

Qu’arrivera-t-il si l’environnement change et les créanciers se réveillent ?

 


LES FRANÇAIS NE SONT PAS RANCUNIERS.

Edouard Philippe

 

Il parait que la France va connaître une crise économique 50% plus grave que celle de l’Allemagne et elle attend le rebond comme on attend un miracle. C’est le prix de la crise sanitaire du Covid19 et de la manière dont nos gouvernants l’ont gérée. Et le « confinement » pèse lourd dans la balance. Comment se fait-il alors que les Français accordent une telle popularité au Premier Ministre, les sympathisants de droite en premier. Ils sont bien indulgents. Emmanuel Macron, sa « plongée »  s’explique : il n’a fait que parler, trop, comme à son habitude, pour enfoncer des portes ouvertes. Il y a longtemps que nos compatriotes ont compris. Alors la cote d’Edouard Philippe ne tient certainement qu’à sa communication très pédagogique et habile avec ses « grands-messes » techno qui ont apporté le sérieux et mis en valeur son côté bon gestionnaire prudent. Le paravent du « comité scientifique » derrière lequel l’exécutif s’est retranché a bien fonctionné. Pourtant la réalité des faits est accablante. Elle tient en trois constats : retard à l’allumage, état disqualifié, aveuglement de nos élites.

Retard à l’allumage.

Voici un Etat qui a le niveau de dépense publique le plus élevé des pays développés, qui n’a pas de masques ni de tests pour tracer l’épidémie et procède au confinement le 17 mars en mode panique, dans l’improvisation. Alors que les médecins sur le terrain annonçaient depuis plus d’une semaine une vague qui arrivait, il n’avait rien vu venir. Faute de masques et de tests, le confinement restait la seule solution. Appliqué sans discernement sur tout le territoire, la Lozère traitée comme Paris.

Le scandale des masques, car c’en est un, mérite un petit détour : on nous a d’abord expliqué que le masque ne servait à rien, prenant tous nos concitoyens pour des imbéciles, quand toute l’Asie et les pays autour de nous en portaient. Les commandes massives n’interviennent qu’après le confinement et ce n’est qu’un mois après, vers la mi-avril, que la stratégie de traçage visant à isoler est mise en œuvre.

On découvre en même temps que notre pays a trois à quatre fois moins de lits de réanimation que l’Allemagne alors que nous dépensons plus pour la santé (en % du PIB). Il est vrai que nous avons 30% des personnels  qui sont des administratifs. On ne peut pas tout avoir. C’est le résultat aussi de la « bercysation » de notre santé publique, soumise à la toise de la calculette des technocrates dans un pays fauché.

Il a fallu attendre la mi-mai pour que la bonne approche soit adoptée pour identifier les foyers et les traiter immédiatement.

Un Etat disqualifié.

Non content d’avoir été incapable d’anticiper la pandémie, notre Etat centralisé s’est retrouvé complètement désemparé fin mars, incapable de commander massivement des masques, ne serait-ce que pour protéger les soignants en première ligne,  au moment où les Régions, les Départements, les villes ou le secteur privé y parviennent. Il utilise alors la réquisition et obtient comme résultat celui de casser toutes les filières d’approvisionnement au lieu de les coordonner. Un procédé autoritaire visant à cacher son impuissance. Mais combien de malades supplémentaires dans les maisons de retraites et dans les personnels soignants ?

La conduite du déconfinement s’est faite avec la même logique tâtonnante, technocratique, centralisée, et des mesures bureaucratiques comme la limite des 100 km « à vol d’oiseau » digne de figurer dans un roman de Courteline.

Aveuglement de nos élites.

Il y a bien eu une incapacité du gouvernement et de l’appareil d’Etat à apprendre des pays qui ont réussi à contrôler l’épidémie sans confinement. L’explication est simple et le phénomène n’est pas nouveau : nos élites ont majoritairement une formation administrative et juridique qui les conduit à l’aveuglement et à l’incapacité d’adaptation dès qu’un imprévu arrive. Notre aptitude à multiplier les structures en est le corollaire. L’organigramme de la gestion de la santé en France présente un fouillis Kafkaïen d’organismes qui sont autant de verrous bloquant la décision. Le Maire de Cannes, David Lisnard, en a fait l’expérience.

Ces mécanismes d’autoblocage d’aveuglement et de réquisitions sont toujours en filigrane dans la gestion de la crise. Car le gouvernement s’évertue maintenant à camoufler son impréparation catastrophique du début mars et son incapacité à décider et à adopter la bonne stratégie ensuite de peur que les Français ne les découvrent. Ainsi on comprend qu’il veuille mettre en place sa propre commission d’évaluation, pour contrer ce que les commissions parlementaires, qui sont dans leur rôle de contrôle démocratique, ne manqueront pas de mettre en lumière. Ainsi le gouvernement a ralenti le déconfinement, qu’il voudrait justifier par la gravité supposée de la circulation du virus, alors que le Nord de la zone euro commençait à déconfiner dès la fin avril.  Ce faisant, il a aggravé les dégâts sur notre économie dans une proportion catastrophique qui aurait pu être tempérée.

Là encore, nos élites croient qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour que tout redémarre. Les mesures techniques utiles qu’il a prises, comme le mécanisme du chômage partiel ont été surcalibrées, aggravant notre endettement et les prêts garantis par l’Etat posent la question de la sortie en fonds propres pour que les entreprises puissent investir.  Or, sur ces questions, on a déjà des semaines de discussions entre Bercy et les partenaires privés, sans décisions fortes, alors que le temps presse. L’Allemagne est déjà à l’œuvre, la France attend septembre …

Ce n’est pas qu’un rebond qu’il faut accompagner, c’est une mutation vers le numérique, l’écologie et les industries de souveraineté, qui réclame des réorientations et de la détermination. Car le recul du PIB ne se traduit pas par une réduction de 10% uniforme sur toutes les entreprises, mais par des disparités logiques qui conduisent pour certaines à la faillite, pour d’autres à un recul de 15%, pour d’autres encore à une restructuration ou un boom. Et notre Etat obèse, centralisé et univoque, capable d’écraser une mouche avec un marteau-pilon, est bien incapable de faire le tri. Il devrait laisser faire les Régions dont c’est la compétence. Mais ça c’est une autre histoire que je vous conterai une autre fois (en attendant vous pouvez toujours relire l’interview de Paul Jeanneteau, notre Monsieur Economie des Pays de la Loire).

Il n’y aura pas de miracle.

Le poids relatif de l’économie française par rapport à l’allemande va continuer de chuter, accélérant l’effritement à l’œuvre depuis quinze ans, à cause de la désindustrialisation du pays. Qui peut penser que cet Etat peut conduire la nécessaire transformation de la nation, alors que l’exécutif n’a pas été capable de mener une seule réforme en profondeur à son terme. Et quoi attendre d’un président uniquement tourné vers les postures qui pourraient permettre sa réélection en 2022 ?

(Merci à Christian Saint-Etienne qui m’a fourni les données pour écrire cet article.)

 


ACTUALITE DE « DE GAULLE »

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2020 : année De Gaulle

Cette année est une année particulière en commémoration du grand homme. Evidemment, parmi elles, le 18 juin résonne d’une manière plus particulière  à cause de son environnement historique  entre la débâcle de juin 1940 et le redressement de la France que l’on doit à Charles De Gaulle. Au point que tout le personnel politique ou presque se réclame de son message ou de son action aujourd’hui, du chef de l’Etat à Marine Le Pen, en passant par ses héritiers évidemment… Et  c’est vrai qu’à bien des égards, le général De Gaulle et le gaullisme n’ont jamais été aussi actuels. Plus que personne d’autre dans l’Histoire de notre pays, l’homme incarne l’honneur de la France dont il est un symbole intangible et ses idées une vision exigeante et généreuse de son destin. Pendant la guerre il a défendu souvent avec arrogance, mais toujours avec ardeur, face aux américains et aux anglais, les intérêts de son pays, positions qu’il a continué à défendre après son retour aux affaires,  en 1958, au nom de la souveraineté française : réticences à l’égard de l’intégration européenne, sortie du commandement intégré de l’OTAN. Curieusement, on retrouve  des démarches similaires dans les positions contemporaines de Trump et de Johnson à l’égard de l’Union européenne, bien que les motivations profondes en soient très différentes. Mais De Gaulle était De Gaulle, de la Résistance au discours de Phnom Penh, la transformation de l’empire colonial en « Communauté française », l’indépendance de l’Algérie, il était un inlassable combattant du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». Méfiant face à l’intégration européenne, il a été néanmoins l’artisan de la réconciliation franco-allemande. Sa capacité visionnaire était unique, guidé qu’il était par l’épreuve épouvantable que fut pour la France la Seconde Guerre mondiale. Il fallait d’abord remettre le pays sur pied avec des institutions solides, mais il avait vu aussi qu’il ne fallait pas faire une confiance aveugle à nos deux principaux alliés parce que, un jour, leur égoïsme national l’emporterait sur les liens puissants institués par un triomphe militaire qui a dessiné le monde où nous avons vécu pendant les 70 dernières années. Nous y sommes !

Souveraineté et alliances.

Dans cette seconde moitié du 20ème siècle, De Gaulle a  imposé la France dans le concert des grandes nations. Il a construit de ses mains la puissance nucléaire que nous sommes devenus. Il a tenu à renouer avec l’Allemagne les relations exceptionnelles dont nous, Français  et Allemands, bénéficions aujourd’hui.  Et il a été le premier à admettre la montée en puissance de la Chine. Il avait vu que le formidable rapprochement des trois alliés de la guerre, constituait une alliance nécessaire mais qui,  appliquée à la lettre, aurait conduit au cantonnement de l’Allemagne sur le bord de la route. La construction d’une Europe concrète avec la CECA puis le marché commun, lui suffisait. Si La France n’a pas souffert de la décolonisation, le cas de l’Algérie étant à part, c’est parce que la Communauté, puis l’Union européennes ont contribué à sa prospérité. Autrement dit, la vision à longue distance de De Gaulle était surprenante de lucidité, ce qui ne signifie pas pour autant qu’à l’aune historique le souverainisme doive devenir le socle d’une politique, loin de là. Aujourd’hui, la gaulliste de l’Europe, c’est Angela Merkel, et la vraie rupture s’appelle Brexit, elle est en cours, et elle n’annonce rien de bon ni pour les Anglais ni pour les Européens. En effet, les deux jumeaux politiques que sont Trump et Johnson cherchent une autre forme d’alliance, celle qui, en réunissant deux égoïsmes, deviendrait un système gagnant-gagnant. Si on ajoute le nouvel  impérialisme chinois, voilà de très fortes raisons d’être inquiets : crise sanitaire, développement alarmant des systèmes autoritaires dans le monde, terrorisme, insécurité… Et la réponse évidente à toutes ces menaces consiste à s’unir pour être plus fort face aux fléaux. La France seule ne peut rien faire.  De Gaulle applaudirait des deux mains à toutes les tentatives pour donner du souffle à l’unité européenne mais n’aurait pas laissé la France sombrer dans l’incurie financière pour que sa voix compte et soit respectée, sans brader sa souveraineté Avec De Gaulle, la parole était toujours suivie par des actes. On voit bien que pour tous les prétendants à son remplacement,  le képi reste trop grand !

 


LA DETTE DEVRAIT TOUS NOUS PREOCCUPER !

Des-liasses-de-billets

S'il y a bien un sujet qui prend un tour préoccupant, c'est bien celui de la dette française. Avec la crise du Covid19 elle a enflé démesurément et pourrait atteindre  les 3  000 milliards d'euros en 2022. Commençons par nous poser deux questions  : 

"D'où vient l'argent ?" et " Faudra-t-il rembourser  ?".

Je reprends ici deux chroniques économiques parue sur la page facebook des Républicains 49, qui décrivent bien la situation dans laquelle la France se trouve plongée aujourd'hui. 

 

D'Où VIENT L'ARGENT ?

Le  gouvernement annonce des plans de soutien aux secteurs touchés par la crise et l’arrêt de l’activité dû au confinement, et à des entreprises comme Air France ou Renault, il finance le chômage  partiel  , etc… et tout cela représente des milliards d’euros.  Puisque les caisses sont vides, nos concitoyens un peu avisés se  posent la question : « mais où prend-il l’argent ? ». C’est tout simple, il l’emprunte à la BCE. Et la France n’est pas  la seule concernée. La même question se pose à chaque annonce d'un nouveau plan de relance d'un pays,  comme par exemple, après l'annonce par Merkel et Macron d'un projet de fonds de relance européen de 500 milliards d'€.

L’argent de la BCE.

C’est la BCE qui prête aux états mais aussi aux entreprises indirectement en rachetant leurs dettes sur le marché : en fait, c'est de la pure création monétaire, de la « planche à billets » pour reprendre l’expression consacrée.  Toutes les autres banques centrales le font. La Fed aux Etats-Unis, la  Banque d’Angleterre, la Banque du Japon … Elles ont décidé de créer de l'argent de façon illimitée jusqu'à ce que les effets de la crise aient été compensés et c’est une première historique. Cet argent mis à la disposition des états n’est  prêté par personne, il vient de nulle part, c’est de la création monétaire.

Il n’y a rien à craindre pour l’instant.

D’habitude quand on fait tourner la « planche à billets », on augmente la masse monétaire ce qui mécaniquement fait baisser la valeur de la monnaie considérée. Et cela entraîne logiquement de l’inflation, c’est-à-dire une hausse des prix pour compenser. Si  on peut créer aussi facilement de l'argent bien réel, qu'on peut distribuer aux États ou aux entreprises, sans se fixer de limites, et sans conséquences sur la valeur de la monnaie, c’est  parce que deux conditions sont actuellement réunies :
1. Tous les pays sont dans la même situation, ce qui supprime le risque d’érosion de la confiance et d’effondrement de la devise dans une seule zone ou un seul pays.
2. Il n'y a pas d'inflation. Nous sommes aujourd’hui dans une période de déflation structurelle à cause de trois facteurs : la démographie, par le vieillissement des populations dans les pays développés ; la technologie qui modifie les  modes et les circuits de production ; la révolution sociétale, par les changements de mode de consommation.  Et il faut ajouter une déflation conjoncturelle du fait de la crise sanitaire et du confinement.

Et après.

Le problème c'est que nous n'allons pas tous sortir de la crise dans le même état et en même temps.
Dans quelques mois par exemple on va s'apercevoir que l'Allemagne est complètement sortie de la crise alors que nous serons encore plongés dedans et voudrons encore emprunter. De plus, comme les  monnaies n’ont plus depuis longtemps une valeur garantie par une contrepartie « physique » (par exemple un stock d’or), leur valeur se fonde sur la confiance qu’elles inspirent les unes par rapport  aux autres. Il faudra donc que tout le monde arrête en même temps de faire de la création monétaire si on ne veut pas voir une monnaie décrocher par rapport aux autres. Il faudra mettre fin aux largesses financières et  l’on entendra  alors, surtout chez nous : « vous avez été capables de créer des centaines de milliards d'euros en quelques jours, vous pouviez bien en créer 50 de plus pour augmenter tous les salaires ». Parce qu’évidemment les  prêts vont aller au sauvetage des entreprises en priorité.  Mais on peut compter aussi sur les revendications syndicales !

 

FAUDRA-T-IL REMBOURSER ?

C’est la question que l’on doit se poser évidemment.Déjà le débat enfle et alimente toutes les hypothèses, entre ceux qui annoncent la « dette perpétuelle » et ceux qui prônent le remboursement inévitable en faisant payer « les plus aisés »… Pour répondre à cette question nous avons croisé le regard de deux experts indiscutables : le financier Philippe Dessertine et l’économiste Philippe Aghion qu’on dit proche du Président Macron.

Une situation exceptionnelle.

L’arrêt total de la machine économique mondiale pouvait entraîner un effondrement généralisé. Pour l’éviter toutes les banques centrales du monde ont émis de la monnaie, de la dette dans des proportions inédites. On n’a jamais vu autant d'argent dans le circuit à la sortie immédiate d'une crise. Au point que certains n’hésitent pas à imaginer que ça pourrait continuer indéfiniment. Selon « les Échos », la dette créée pour financer les déficits liés au coronavirus pourrait ne jamais être remboursée car elle est en grande partie détenue par la BCE qui est elle-même « détenue » par les États auxquels elle prête. On aurait donc soit une annulation pure et simple de la dette détenue par la BCE, soit, plus élégant, une transformation de cette dette en « dette perpétuelle » qu'on annulerait dans quelques années. Mais dans les faits, nous prévient Philippe Dessertine, l’énorme gouffre creusé par l’absence de production est toujours là, doublé désormais d’une dette folle. Depuis trente ans, cette dette est de plus en plus décorrélée de la production de la richesse. Comme on l’a vu, il s’agit d’une création pure et simple : on fait tourner la planche à billets. Une démarche utile pour enrayer la spirale de la dépression, mais insoutenable à long terme.

La magie n’existe pas.

Jamais un banquier central n’a produit de la richesse. L’histoire est riche d’exemples en la matière. La vérité c’est qu’un jour ou l’autre, l’excès de dette entraînera la perte de confiance dans la monnaie ce qui débouche toujours sur la dévaluation de l’épargne, et les premières victimes sont toujours les épargnants. L’enjeu n’est pas de savoir s’il faut s’en réjouir ou les défendre, une catastrophe monétaire a toujours le même épilogue : un effondrement de la croissance, la ruine des rentiers et la misère pour les plus vulnérables. Ce médicament économique est donc à manier avec une infinie précaution. Il doit être circonscrit dans le temps et oblige ensuite à une rigueur accrue. Il faut donc avoir comme objectif le plus vite possible de recréer de la valeur. D’où la nécessité d’un plan de relance.

Le recours à l’impôt.

La France a besoin d’au moins 300 milliards d’euros. L’ISF rapporte au mieux 4 milliards : on voit tout de suite qu’augmenter les impôts ne servirait à rien pour combler cette somme énorme, surtout dans notre pays déjà en overdose fiscale. Pour Philippe Aghion, il est même contre-productif d’y penser. Selon lui, la prochaine source de financement de la France dans les prochaines années sera la croissance par l’innovation et tous les efforts du pays doivent converger pour doper cette croissance. Cela met au rebut toutes les propositions de monétisation de la dette, de fonds de défaisance, de rachat de tous les types d’actifs par les banques centrales, … Il faut absolument miser sur la croissance et donc ne rien faire pour la décourager. La monétisation de la dette publique par la BCE peut être une solution d’attente, mais elle ne peut le faire sans limite. Par contre, il est possible d’utiliser mieux le stock d’épargne en l’orientant davantage vers les secteurs économiques gros consommateurs d’investissements.

L’investissement privé en première ligne.

Il s’agit d’inventer des technologies nouvelles, de proposer des ruptures, d’innover dans le fonctionnement des entreprises : le temps du risque est revenu. Et l’Etat est le plus mal placé pour le gérer. Au contraire, il serait opportun de créer l’environnement, les structures, la fiscalité qui stimulent cet effort gigantesque de l’investissement privé. Avec, pourquoi pas, au passage, une utilisation intelligente de l’épargne jusqu’ici sacrifiée. C’est le seul moyen de convertir la masse monétaire aujourd’hui virtuelle en potentialités productives.  Alors la question du remboursement ne se posera plus, ou alors en termes soutenables.

Nous verrons prochainement pourquoi il ne faut pas  minimiser le risque que la dette explose .

 


LE CHANT DES SIRENES … ET LA GRANDE ILLUSION !

Macron félicite  Macron_InPixio

Comme d’habitude, les mots sont choisis.

Le Président nous a servi un discours bien calibré, habile, dont certains observateurs n’hésitent pas à dire qu’il a été surtout servi pour plaire  aux électeurs de la droite et mettre les Républicains dans l’embarras. Toujours cette obsession d’étouffer ces  gêneurs de la rue de Vaugirard qui ont l’audace d’exister encore et même de se payer le luxe de rafler plus de 56% des mairies de plus de 9 000 habitants au 1er tour du 15 mars. Donc la plupart des thèmes y étaient : la clarification sur les forces de l’ordre et la République qui n’effacera aucun nom  de son histoire.  Les Indigénistes sont condamnés au grand dam de l’aile gauche macronienne qui croyait dans le libéralisme culturel (comprenez le multiculturalisme) ; les corps intermédiaires sont convoqués pour faire  partie d’une grande réforme qui partagerait les responsabilités, mais ils oublient de citer les Départements et les Régions et ne prononce pas le mot  « décentralisation », des oublis qui ne sont pas dus au hasard ; la maison est repeinte en vert, ce qui fait bon effet  par les temps qui courent… Ajoutez un zest d’indépendance et d’appel à  l’union sacrée  et vous aurez fait le tour des 20 mn du propos d’hier soir.  Ne pas oublier bien sûr que les impôts n’augmenteront pas et que les écoles et collèges reprendront le 22 juin. Pour s’en sortir il faudra de la croissance et travailler plus : cela s’appelle enfoncer une porte ouverte !  Ecologie, partage des pouvoirs, République solidaire.  Comme dit Cécile Cornudet, dans les Echos, « le discours se tient, mais dans la vraie vie ? » Tout est dit ! Electeurs  Républicains, bouchez-vous  les  oreilles avec de la cire, car évidemment, c’est un piège. Pour se qualifier face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2022, Emmanuel Macron veut absolument empêcher l’émergence d’un candidat de droite, tout faire pour maintenir celle-ci à son étiage actuel, bref lui couper l’herbe sous le pied. Ce que souhaite Macron c’est  faire l’Union à son  profit, et accessoirement pour sauver la France.

La crise a bon dos.

L’exécutif  a tout fait bien. Macron a félicité  Macron et « en même temps »  son gouvernement. Il ne va pas jusqu’à faire l’éloge ni citer son Premier  Ministre qui a l’audace d’être  plus populaire que lui. Quand on y regard d’un peu plus près, la réalité n’est pas si belle que dans le discours. Contrairement au discours officiel qu’on veut nous faire avaler, le pire n’est pas derrière nous, mais devant nous.  L’Etat a montré son incapacité et ses carences, et son autorité est aujourd’hui en miettes. Il est effarant de mesurer l’écart entre les affirmations martiales du Président et la réalité du terrain avec ce qui se passe à Dijon, par exemple. Et il ne suffira pas de se remettre au travail  pour rétablir la situation. La France a abordé l’épidémie avec une activité en récession dès la fin 2019.  Le déficit des finances était à 3% et la dette à 100% du PIB, nos entreprises sous-capitalisées et surendettées à 155% du PIB…   Et maintenant notre pays va connaitre une récession de 12% du PIB, la plus profonde du monde développé, au point de pomper avec l’Italie et l’Espagne une grosse part des 750 milliards d’euros du fond de relance européen. Il faudrait s’activer pour tenter de rattraper au moins une partie de la  production perdue, mais grâce à la générosité de la BCE, on peut se permettre de prolonger le chômage  partiel et les prêts garantis par l’Etat jusqu’à la fin de l’été. Pour  l’instant les Français se sentent comme immunisés. La drogue de la dette  qui bondit à 121% du PIB fait son effet,  l’argent public coule  à flots pour combler tous les manques. La  vérité,  c’est que le redressement de la France, si rien ne change, et c’est parti pour, n’est pas pour demain. Alors que l’Allemagne retrouvera son niveau de richesse dès 2021-2022, et restera au plein emploi, il faudra au moins dix ans à  la France pour résorber les pertes et les dommages créés par la baisse de la croissance, le chômage et le surendettement. Car ce  sont des faillites multiples, des destructions d’emplois, des crédits impayés et des dettes qui se profilent. Une débâcle économique, comme l’annonce d’ailleurs Bruno Le Maire, en croyant noircir, à dessein, le tableau.

La grande illusion.

Pour enrayer cette débâcle, il faudrait réviser beaucoup de points de la stratégie adoptée par le gouvernement qui va nous faire passer à côté de la reprise. A cet égard, un déconfinement trop  lent en sera la première cause à  mettre en lien avec l’impréparation qui a présidé à l’arrivée de l’épidémie ;  en second, c’est la  mauvaise habitude que nous avons de déverser sans aucun frein l’argent public, tous azimuts, dans des plans multiples, sectoriels et catégoriels.  Un  plan de relance qui va pérenniser tout ce qui a échoué, quoi qu’en disent les « annonces officielles » du Président, qui relèvent du coup de… LA  GRANDE ILLUSION ! Mais la priorité du moment, pour Emmanuel Macron, c’est de magouiller pour reculer les élections régionales à 2022, après la Présidentielle !

Rendez-vous en juillet : de quoi craindre le pire !

 


VIOLENCES : QUI COMMENCE ?

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Je suis frappé par le fait que ceux qui parlent toujours des violences policières n’abordent jamais le sujet de la violence des  manifestants et particulièrement de certains groupes dont c’est le  « métier ». Les images ne manquent pourtant pas. A  croire que ceux qui ont pour  mission de  maintenir l’ordre et  de faire  respecter la loi républicaine ne sont pas légitimes  quand ils recourent à la violence  pour répondre à une violence qui elle le serait. C’est insupportable. Il n’y a pas de volonté de violence contre les minorités en France. Par contre il y a des  minorités qui ne font rien pour respecter la loi. On l’a vu pendant le confinement.  Et  voilà que des  manifestations massives ont eu lieu dans le  pays malgré les interdictions officielles : le nombre ne les rend pas pour autant légitimes !

Déni de justice ?

On sait ce qui les a déclenchées.  En écho  avec l’affaire de Minnéapolis aux Etats-Unis, la  famille d’Adama Traoré, ce jeune homme mort il  y a quatre ans lors d’une interpellation, s’est activée pour  profiter  de l’émotion en criant au déni de justice et à la volonté d’escamoter les  faits.  L’affaire est en cours et le malheur veut que dans notre pays la justice soit lente, trop lente. Face à des  gens  dont on peut comprendre l’exaspération  mais qui n’acceptent que les décisions qui vont dans leur sens, mener une enquête sereine relève de la tâche impossible. Tous les  partisans d’un racisation du débat,  blancs ou noirs, ont beau jeu de crier à l’impunité. Faudrait-il que la  justice condamne forcément les gendarmes au prétexte que les émeutes  sinon se propageraient. On n’a  guère entendu tous ces braillards prompts à crier au racisme des blancs quand il a s’agi de juger  les assassins d’Issam Halimi. On ne meurt  pas  dans notre pays parce que l’on est différent. Il arrive qu’on meure parce qu’on est un délinquant qui n’a pas de limites. Il est dommage qu’à cette occasion,  le gouvernement, à commencer par le Ministre de l’Intérieur, se soit aplati  puis ridiculisé devant les rodomontades de la famille Traoré.

Racisme  larvé.

Et  maintenant on voudrait nous faire croire que les Français sont racistes. Rien n’est plus faux. Nul ne peut sérieusement affirmer que nous vivons dans un pays raciste. Evidemment, il y a parmi les Français blancs des gens qui le sont. Mais  ils ne sont pas plus nombreux que ceux de couleur qui le sont tout autant parce qu’ils se sentent brimés. Racisme  et antisémitisme prospèrent sur le fumier de la misère culturelle et le terreau de l’obscurantisme. Ils se manifestent par des pulsions personnelles de haine plus que par la forme des institutions qui pourtant ne les facilitent en rien. Quoi qu’on fasse dans l’affaire Traoré, nous allons droit au choc communautaire, tant il est vrai que beaucoup de difficultés proviennent du défaut de volonté de s’intégrer qui ne date pas d’hier : refus d’utiliser l’école républicaine pour s’élever, pratique illégale de la polygamie, recours aux expédients délictuels… Reprendre l’enquête pour donner un gage d’apaisement serait créer un précédent dangereux dans le fonctionnement de notre justice.  Quant à la  police, s’il  est peut-être opportun de mettre à l’écart les brebis galeuses et de les sanctionner, elle constitue un corps républicain à l’image de la société française qu’il convient de soutenir et non de stigmatiser. Car, avec une police contrôlée à l’extrême, les bavures visant des individus d'origine immigrée sont statistiquement très faibles et  les prétendues « victimes innocentes d’une police raciste » sont la plupart du temps des repris de justice, pour ne pas dire des criminels. Drôles de « héros » ! Cette inversion des valeurs en dit long sur la manipulation orchestrée par les organisateurs des rassemblements et certains médias dont France Inter. 

Le rôle de la peur.

S’il est un spectacle dramatique, ce n’est pas celui de la « peur du gendarme », mise en scène et théâtralisée récemment par Camélia Jordana, mais bien au contraire, celui d’une population qui se plaît à humilier la police, qu’elle harcèle en permanence. On l’a vu pendant le confinement : le pouvoir a préféré fermer les yeux sur le non-respect des règles édictées dans beaucoup de banlieues. Rodéos, déprédations et guet-apens sont des « activités » quotidiennes dans les quartiers. Finalement, c'est bien dans le camp des forces de l'ordre que croît la peur. Les forces de sécurité sont par ailleurs « usées » par les longs mois où elles ont dû intervenir. Voilà pourquoi Christophe Castaner « tempère » en autorisant implicitement une manifestation interdite.  Mais il a tort ensuite de prendre à partie sa propre police. Le « premier flic de France » ne se rend pas compte qu'il joue un jeu dangereux,  car plus il donne des gages à ces séditieux potentiels, plus ils s'enhardissent. 

Ras-le-bol de la repentance.

Les intellectuels, très prompts à traduire leur haine du catholicisme mais singulièrement tolérants avec l’Islam, telle Danielle Sallenave,  tous ceux que Jacques Le Goff a définis comme les « islamo-gauchistes » se retrouvent à la manoeuvre pour mettre de l’huile sur le feu à cette occasion  et continuer leur travail de sape pour réécrire l’histoire. Nous en avons assez de ces mises en scène des « indigénistes ». Non, nous n’avons pas à nous excuser de la période coloniale. Non, nous n’avons pas à nous repentir. Ceux qui viennent en France avec ces idées-là dans la tête doivent savoir que nous ne sommes pas prêts à gommer le passé.  Nous l’assumons avec ses parts d’ombre et de lumière et nous ne sommes plus colonialistes pour autant. La police continuera de faire son travail. Il n’y a pas de fracture entre la police et la population lorsque 70 % de la population déclare l’aimer et avoir confiance en elle. Elle est aussi un rempart pour la République.  Il ne faudrait pas l’oublier !

 


JACOB FAIT LE JOB !

Christian-Jacob 2

Dieu sait qu’il a été accueilli avec une moue dubitative par de nombreux observateurs. Trop mollasson, pas à la hauteur, second couteau, peu de visibilité  … Que n’a-t-on pas entendu à son sujet. Et pourtant depuis qu’il a été élu à la tête des Républicains, Christian Jacob  s’applique à remplir sa mission consciencieusement : reconstruire, rassembler, préparer l’avenir.

LR au travail.

C’est un parti sérieusement éprouvé par la contre-performance calamiteuse de l’élection au Parlement européen dont il a hérité. Démission de Laurent Wauquiez, fuite des adhérents après celle des ténors… Christian Jacob s’est donc mis au travail avec humilité mais fort de son expérience acquise pendant de longues années à la tête du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et des réseaux qu’il a su tisser. Il  a d’abord réuni une équipe dirigeante qui associe des élus de tous les territoires, avec un comité stratégique où se retrouvent les personnalités comme François Baroin et les ex-candidats à la présidence du parti, et la volonté de faire travailler ensemble les groupes parlementaires. Il s’agit de réorganiser le parti, de le mettre à l’heure du 21ème siècle. Depuis le début de l’année, 66 réunions ont animé le calendrier du mouvement. Les élus échangent plusieurs fois par jour avec la centaine d’experts et professionnels associés aux travaux. La doctrine Jacob : « Après ce que nous avons connu, la priorité doit être celle des idées. C’est pour cette raison que j’ai souhaité redémarrer les forums très rapidement car c’est comme cela que nous pourrons réexister. » Et le travail  commence à porter ses fruits avec  les nombreuses  propositions dont les élus sont porteurs à l’Assemblée et au Sénat.  

Les groupes parlementaires LR.

Il existe au Palais Bourbon et au Sénat deux groupes parlementaires sérieux, actifs et soudés,  capables de faire  un travail de fond sur tous les dossiers. Ils ont été porteurs d’un plan de déconfinement très détaillé, réaliste mais dédaigné par la majorité, ils viennent de rendre public un plan de relance de l’économie afin de redonner le plus rapidement possible de l’oxygène à nos entreprises et sauver le maximum d’emplois. A défaut d’être retenu, ce qui serait une première, il permet  de montrer qu’on exsite et quelle voix il faudrait suivre. A cette occasion chacun a pu vérifier  la capacité des différentes sensibilités qui s’expriment  au sein du parti à s’accorder sur des réponses communes. Au parlement européen, nos huit élus pèsent plus au sein de l’assemblée de Strasbourg, grâce au groupe PPE où ils occupent des  postes clés, que la vingtaine de députés  macronistes. Les trois présidents de nos groupes parlementaires, Damien Abad, Bruno Retailleau et François-Xavier Bellamy ont signé ensemble cette semaine une tribune remarquée dans Le Figaro sur « le redressement de la France ». Ce dernier, à la demande de Manfred Weber, est chargé de conduire au sein du PPE un travail de fond pour redéfinir l’identité de la droite en Europe.

LR dans la crise sanitaire.

La crise  sanitaire aura eu au moins un intérêt, celui de montrer au pays, des élus mobilisés au service de leurs concitoyens, efficaces, imaginatifs, porteurs de  solutions concrètes : nos élus régionaux, départementaux et nos maires ont fait parler d’eux. Les présidents de Région notamment. Ils ont, par leurs initiatives souvent compensé les carences de l’Etat. Le  maillage territorial de LR a  mis en évidence un parti ancré dans la France profonde.  Au niveau national, le parti a joué sa partition, à la fois dans la proposition et dans le contrôle,  remplissant pleinement son rôle d’opposant constructif : soutien quand l’intérêt national est en jeu, critique et vigilant chaque fois que l’exécutif a voulu outrepasser ses prérogatives. Ses élus ont notamment été dans leur rôle en pointant les insuffisances dans le projet de loi prolongeant l’Etat d’urgence sanitaire et obtenu que soit mieux garanti le respect des libertés individuelles.

LR et les municipales.

S’il y a bien un résultat qui a été occulté par les médias  c’est celui des municipales : au 1er tour, 56,6%  des communes de plus de 9 000 habitants ont été remportées par Les Républicains et leurs alliés. Ils sont la 1ère force politique de ce scrutin. Avec des résultats emblématiques comme à Troyes avec François Baroin, à Cannes avec David Lisnard, à Chateauroux avec Gil Averous… Il reste encore beaucoup de bons résultats à engranger le 28 juin prochain, lors du second tour.  Les Républicains renouent avec la victoire et c’est bon pour le moral. surtout, l'électorat est toujours là !

Le travail de fond voulu par Christian Jacob, solidement épaulé  par les caciques de longue date tel Gérard Larcher, Président du Sénat, permettra aux Républicains d’être  complètement en ordre de marche pour les prochaines échéances électorales. Il reste à compléter l’œuvre par la conquête de nouveaux adhérents et la reconquête des anciens. Dimanche dernier au « Grand rendez-vous » Le   Figaro, Cnews, Europe 1, le président du parti a montré qu’il était solide et n’avait pas peur d’affirmer ses valeurs, notamment en apportant son soutien aux forces de l’ordre. Les fondamentaux de la droite restent un socle solide : ordre, autorité, liberté d’entreprise… Le travail va continuer : les deux conventions nationales sur l’autorité et le pouvoir d’achat, qui étaient programmées d’ici l’été, seront décalées en septembre. Le premier des trois congrès des idées, prévu le 4 juillet, sera également reporté en octobre.

Et puisqu’une campagne d’adhésions est lancée en ce mois de juin, c’est le moment  d’adhérer !

 


L’EUROPE FACE AU COVID 19 : LA GUERRE TOTALE ! (2)

Europe_le_volontarisme_politique

 

Suite du volet (1) « l’Europe existe, je l’ai rencontrée ! »

Vous allez dire que je fais de la propagande européiste et que j’embellis les choses. Même pas ! Je me contente des faits. Ceux qui passent leur temps à critiquer l'Europe, à dénoncer son inaction ou son manque de réactivité vont devoir la fermer, une fois pour toutes. L'Europe a joué une partition pratiquement sans faute depuis le début de la crise, avec les interventions massives de la Banque Centrale Européenne et avec le plan de relance non moins massif qu’elle met en œuvre. Il n’a fallu que quelques jours après l'apparition du virus pour que la BCE intervienne sur les marchés de façon illimitée en rachetant la dette des États et la dette des entreprises et quelques semaines pour que la Commission Européenne dégaine un plan de relance spectaculaire.

Un virus, quel virus ?

Le 6 mars, la  Commission européenne entame ses travaux et la présidente déroule le programme du travail à accomplir, dominé par le « pacte vert » et le numérique. Pas un mot sur la pandémie qui s’annonce. Mais le 20 mars, Ursula von der Leyen déclenchait la « clause de sauvegarde » pour mettre en suspens les règles budgétaires qui lient les 27. Au début, l’exécutif bruxellois est apparu désarmé, les Etats s’affolent et prennent des décisions nationales sans concertation  devant la progression rapide de la pandémie.  La Commissaire à la santé n’a même pas été informée. On est hors compétence de l‘UE. Il va falloir improviser pour agir, surtout pour passer  par-dessus les réflexes égoïstes des partenaires uniquement préoccupés de rassurer leurs populations. L’Italie se sent alors livrée à elle-même et abandonnée.

Le commando de Bruxelles.

La  commission décide alors de prendre les événements à bras-le-corps avec un objectif primordial : préserver le marché unique. La  deuxième quinzaine de mars permet de mettre de l’ordre dans la réaction continentale et les commissaires concernés multiplient les initiatives : aider les filières en difficulté, soutenir les pays les plus vulnérables, équiper les systèmes de santé européens, financer  la recherche d’un vaccin. Les mesures pleuvent. L’exécutif bruxellois est partout à la manœuvre. L’encadrement des dettes d’Etat est très largement assoupli ce qui autorise les gouvernements à renflouer des industries et des activités menacées. Ce déploiement est facilité par les choix de la BCE et la première décision de rachats d’actifs au niveau historique de 750 milliards d’euros et la  suppression des plafonds de dettes. Un véritable bazouka monétaire. Les marchés reçoivent positivement le message.

Un mastodonte plus agile qu’on ne le croyait.

Sous l’impulsion de la présidente de la commission,  la réorganisation du mastodonte de l’Union est spectaculaire. Elle parvient à faire travailler les 30  000 collaborateurs  en télétravail dans des conditions « remarquables ». Au Parlement, l’agenda est modifié, les plénières deviennent virtuelles et les votes électroniques. Seuls les diplomates en chef européens continuent de se réunir physiquement, sans peut-être se rendre compte que la Commission traite directement avec les Etats, mais ils voulaient rester au centre du jeu. Souplesse et efficacité au moment crucial de la bureaucratie bruxelloise : beaucoup ont été étonnés. Les besoins en financement ont été libérés en quelques jours et redirigés rapidement  alors que les règles ne le permettaient  pas. Thierry Breton  enchaine les démarches pour dynamiser le marché intérieur, Margrethe Vestager, à la concurrence, approuve à la chaîne les nombreux plans nationaux de sauvetage qui atterrissent sur son bureau.

L’Europe face à la désinformation.

La guerre contre le virus doit aussi être médiatique. Comment exister dans l’esprit des Européens quand on agit sur des sujets comme les aides d’Etat aussi télégéniques qu’une bonde de lavabo. Surtout quand un rapport du « Service européen d’action extérieure »  révèle l’ampleur des opérations de désinformation et de déstabilisation lancées depuis la Chine et la Russie, et que les médias sont plus prompts à s’appesantir sur les « chicayas » nord-sud,  parfois musclées, mais bien légitimes dans un ensemble à 27, où tout finit toujours par un accord. Toujours est-il que la BCE rachète 120 milliards d’euros d’actifs par mois et il a fallu rallonger les 750 milliards initiaux de 600 supplémentaires, et on  prévoit encore une enveloppe de 500 à la fin de l’été… Les  chômeurs  partiels français peuvent dire merci ! Pour la relance, la riposte imaginée par la Commission, 5% du PIB de l’UE, vise à aider les économies du bloc à repartir et réduire les écarts que la crise a creusés entre les partenaires, sans sacrifier le « pacte vert » et la transition numérique. Elle fait la part belle aux subventions pour les deux tiers de l’enveloppe. L’Italie et l’Espagne, fortement impactées en seront les plus grandes bénéficiaires avec … la France. Au total, tous budgets confondus, c’est 1 850 milliards d’euros que l’exécutif européen met sur la table. Historique et inespéré.  Merci Ursula ! Cela mérite d’être répété, amplifié et si possible pas déformé !  C’est moins visible qu’un avion chinois qui se pose pour livrer du matériel périmé, mais nettement plus efficace.

Comme à chaque crise, l’Union avance.

Cette  fois-ci, c’est vraiment le moment de l’Europe. Déjà, les bases d’une « Union de la santé » sont jetées, avec le projet  d’un fonds de 9,5 milliards d’euros. Personne ne pourra vraiment se plaindre, ni les Italiens, ni les Grecs, ni les Espagnols, encore moins les Français. L’Europe du Nord, rigoureuse et économe accepte de payer pour les cigales du Sud. C’est le seul moyen de garder la confiance dans la monnaie commune dont nous profitons tous. Mais toutes ces décisions  financières ont un prix : elles engagent pour des décennies à rester ensemble. François-Xavier Bellamy a raison quand il émet des réserves sur l’énormité de la dette ainsi créée et les cadres juridiques de l’Union non respectés, conduisant à une intégration budgétaire qui ne dit pas son nom. Comme l’Europe n’a pas d’autre choix que celui de la puissance, il faudra donc que les Institutions suivent. Les  « souverainistes » n’ont pas fini de faire la grimace.

 


L’EUROPE EXISTE, JE l’AI RENCONTREE ! (1)

Drapeau européen

 

Et si à la faveur de la crise, l’Union européenne avait décidé d’exister ?

Ce qui est certain, c’est que les peuples de l’Union auraient mauvaise grâce à ne pas se féliciter de la réaction des institutions communautaires pour faire face à  la crise. Non seulement l’Union a répondu présente, mais elle fait le  job  au-delà de ce qu’on pouvait attendre. Du coup  elle a contrecarré les  actions de propagande chinoises ou russes menées sur son sol, plus scénarisées qu’effectives, et fait jeu égal, voire même  pris de  l’avance sur l’économie US encore plongée dans les  limbes de la crise sanitaire. La dernière décision de la BCE de mettre 600  milliards d’euros de  plus dans les circuits financiers pour soutenir la reprise économique, montre  sa détermination, et ce n’est  pas terminé…

Un trio redoutable.

Avec Christine, Ursula et Angela, l’Europe a pris la crise à bras-le-corps. Ces trois femmes de caractère impriment un mouvement inattendu, chacune dans leur rôle et leur fonction, et emportent l’adhésion des 27. C’est Boris qui doit regretter son  Brexit, parce que le Royaume Uni ne participe pas à la  fête et ne bénéficie pas des largesses de la Banque centrale,  des plans  élaborés  par  la  commission et du redémarrage du moteur allemand. Pourtant, rien n’annonçait, fin février, un tel réveil de  la première  puissance économique du monde quand elle a décidé  de tenir sa place.

ChristineLagardeChristine Lagarde. Christine is the queen. Elle a commencé par rater la marche et fait plonger les marchés par une déclaration intempestive, mais elle s’est aussitôt rattrapée. La patronne de la BCE a décidé de « faire le nécessaire autant qu’il faudra ». Et la banque a encore frappé fort cette semaine en décidant d’augmenter de 600 milliards son programme « d’achat d’urgence » lancé en mars, le portant à 1 350 milliards d’euros,  de quoi absorber la  quasi-totalité des 1 500 milliards d’euros de dettes souveraines, émises  dans l’Union au titre du coronavirus. De toute évidence, une bonne nouvelle pour l’Italie dont le taux d’emprunt a chuté et l’euro dont la valeur connait un  plus haut depuis trois mois. Je passe sur les détails techniques mais l’action de la BCE est difficilement attaquable, qu’il s’agisse de la stabilité des  prix, de la croissance ou de la stabilité financière.  Et son action va se prolonger  pour soutenir la reprise.

UVDLUrsula  von der Leyen.  La « Lionne » de la Commission n’avait rien vu venir et a d’abord sous-estimé la crise sanitaire. Mais le temps de la  mobilisation est rapidement venu et la « patronne » a montré son énergie inépuisable et son énorme capacité de travail. Il faut reconnaître que la Commission n’a  pas  la tâche facile. Coordonnatrice sur le papier, au début elle court après les capitales qui jouent chacune leur partition en solo. De fait l’exécutif communautaire est désarmé, la santé n’étant  pas une compétence de l’UE. Tout va se jouer dans la deuxième quinzaine de  mars. L’exécutif bruxellois se déploie et capte le besoin de coordination que ressentent les Etats eux-mêmes : circulation des travailleurs frontaliers, importation des  matériels médicaux,  règles  pour le transport aérien.  Dès le 20 mars, « la clause de sauvegarde » est activée. Cela veut dire que les ratios stricts qui encadrent les budgets des états sont abandonnés. Partout, l’Europe met de l’huile dans les rouages.  Ursula von der Leyen s’impose par sa grande maîtrise organisationnelle, son approche structurée et humaine.  Elle est aux manettes.  Elle n’hésite pas à faire le tour des médias européens, enregistre des vidéos pour les réseaux sociaux…  pour faire connaître dans le détail toutes  les  actions de la Commission. De fait elle a mis « le mastodonte » en branle et mis les commissaires au travail pour mettre  en musique  les  sommes énormes débloquées pour faire face à la pandémie.

AngelaAngela Merkel. Angèle a encore la moelle ! A son habitude, elle a mis du temps à démarrer.  C’est un diesel qui a besoin de chauffer. Ensuite on ne l’arrête  plus. Comme en 2008, la chancelière  a failli rater  le coche. Elle ne s’était investie dans le  « plan de sauvetage des banques » de Sarkozy que lorsqu’elle avait vu arriver la catastrophe pour HRE. Elle campait encore cette fois-ci sur la réticence germanique à « payer pour les autres ». Après l’arrêt de la cour de Karlsruhe le 5 mai, elle a compris que non seulement l’Allemagne pouvait être en danger, mais du  coup faire  exploser  l’Union. Or, l’Allemagne qui dispose de moyens considérables, à la différence de la France, a besoin que l’Europe  réussisse sa relance. Ses industries automobile, robotique, chimique, pharmaceutique, n’iront pas bien si ses voisins vont mal. C’est que le commerce intra-européen représente près de 60% des exportations allemandes et 66% des importations. Cela vaut bien un sacrifice. L’Allemagne va donc financer indirectement la relance européenne,  parce que c’est son intérêt bien compris. Donc la proposition germano-française d’un plan de relance à 500 milliards dont on a déjà parlé.  Et elle va tirer avec elle les nordiques « radins » réticents. Pur pragmatisme. Mais voilà, sa gestion habile de la crise sanitaire et maintenant son implication dans la relance, avec un accord  historique de la  coalition avec  les sociaux-démocrates pour un plan de relance de l’économie allemande de 130 milliards d’euros, le  plus complet de l’histoire de l’Allemagne, la rendent incontournable. Et sa popularité est au zénith !

A suivre : L’Europe et la guerre totale au Covid19 (2)

 


TAXES, IMPÔTS, ILS SONT TOUS LA !

Contribuable détroussé

 

Il faut dire qu’il y a du grain à moudre : le déficit de la « sécu » rendu à plus de 50 milliards d’euros, la dette dont le gonflement file vers les 300 milliards … Les dizaines, voire centaines de milliards d’euros de dépenses publiques liées à la crise alimentent le débat : on ne sait pas s’il faudra rembourser (autre débat) mais déjà il faut faire payer les plus riches !

Faire payer les plus aisés.

Une maladie dont la gauche française n’arrive pas à se soigner. Pire que le coronavirus et plus tenace ! Tribune après tribune, interview après interview, économistes, intellectuels, politiques, technocrates sont tous au rendez-vous et leur imagination est fertile. « Rétablissons l’ISF » recommande Esther Duflo, « il faudra une participation plus forte des plus hautes revenus » clame Laurent Berger, « il faut un nouvel ISF » explique Thomas Picketty, « une contribution des plus aisés, pourquoi pas ? » s’interroge Richard Ferrand, « il faut rétablir l’ISF » proclame le boulet Hollande,  « les plus riches devraient contribuer davantage » énonce Fiona Lazaar de LREM, et même le Modem s’y met : « il faut créer un impôt sur la fortune improductive » recommande Patrick Mignola …  Autant de cautères sur une jambe de bois : l’ISF n’a jamais rapporté plus de 4 milliards d’euros, une goutte d’eau dans le tonneau des danaïdes mais des effets ravageurs sur l’investissement et la fuite des capitaux.  Ces affichages idéologiques n’apportent aucune solution viable sinon à appauvrir un peu plus la France, casser la croissance et décourager les entrepreneurs. Alors comment faire ?  Attendons de voir d’abord ce qu’il faudra rembourser. Mais de toute façon, il faudra s’activer pour créer de la richesse.

Priorité à la croissance.

Cela va déplaire aux partisans du monde d’après peint en vert « écologie punitive et décroissance ». Sauf à accepter de vivre moins bien, de renoncer à notre confort, et de financer toujours plus de chômeurs et d’emplois précaires, il faudra bien en passer par une réduction des dépenses publiques, et une augmentation du temps de travail. Les hausses d’impôts ont toujours plombé la croissance et c’est Philippe Aghion, qui ne passe pas pour un libéral excité, qui le démontre. Il suffit d’observer un peu notre histoire, et tout près de nous, l’erreur monumentale de François Hollande en 2012 qui, avec ses hausses massives d’impôts croyait régler le problème du déficit et qui l’a aggravé en plombant pendant presque 4 ans la croissance du pays, creusant au lieu de combler !  Aujourd’hui, pour nous relever, plus que jamais nous avons besoin de financer l’innovation. Car l’innovation permet de monter en gamme sans alourdir les coûts ou de faire baisser les coûts de production, de créer de nouveaux produits. Il faut accepter les profits et les dividendes qui rémunèrent la part du risque que prennent les investisseurs. Après, on peut tout imaginer, même une croissance plus respectueuse de notre environnement et plus juste dans la répartition des gains qu’elle procure. Après seulement. Avant de la partager, il faut créer la richesse.

Un plan équilibré.

"Jacob fait le job !" . Les Républicains ont rendu public leur plan de relance de l’économie. Il est particulièrement bien adapté à la situation par les équilibres sur lesquels il s’appuie et les priorités qu’il établit. Les Républicains  jugent nécessaire «d’aller vite» pour activer le redémarrage des entreprises dont Les patrons ont besoin de visibilité. « Il faut redonner de l’oxygène tout de suite pour sauver les emplois, mais aussi redémarrer l’économie, réindustrialiser notre pays et garantir notre autonomie stratégique», précise le président des Républicains, Christian Jacob. Depuis près d’un mois, une dizaine de parlementaires a travaillé sur cinq grands axes de court et moyen terme: «sauver les entreprises et les emplois»«restaurer notre souveraineté stratégique»«bâtir une économie plus juste», «construire une économie durable»«accompagner les personnes les plus fragiles». On peut trouver le détail des propositions  dans la presse et sur les réseaux sociaux. En présentant ce plan de relance de l’activité, cohérent et complémentaire de ce que l’Union européenne prépare, Les Républicains démontrent une fois de plus qu’ils sont l’alternative politique crédible et raisonnable.

 


REMETTRE L’ETAT A SA PLACE

Des-liasses-de-billets

 

Avec la crise l’Etat s’est arrogé tous les pouvoirs, sur la vie des gens, sur celle des entreprises, sur notre santé … mais  il est absent des quartiers où règne la loi des sauvageons.  Face à la crise sanitaire, l’exécutif s’est voulu réactif pour endiguer la pandémie, avec  beaucoup d’incohérences, et pour soutenir l’économie. Mais dans les deux cas, trop vite et trop fort.

Pouvoir sur les gens.

C’est ainsi que l’Etat a décidé pendant deux mois si on a le droit de sortir, si on a le droit de faire 100 kms, si on a le droit de se promener dans un parc. Il a encore décidé pour nous du droit de voir ses parents ou ses grands-parents, de travailler au bureau ou de rester chez soi. C’est lui qui nous dit si on peut partir en vacances en France ou à l'étranger, aller au restaurant, prendre de la chloroquine avant de l’interdire. Il nous a expliqué que cela ne servait à rien de mettre des masques puis qu’il fallait en mettre. Avec  un inventaire  à  la Prévert quand il a fallu trier les commerces qui pouvaient ouvrir pendant le confinement. Bienvenue dans  le monde de Courteline. Est-ce en infantilisant les Français qu'on les rendra responsables ?

Pouvoir sur l’économie.

Il s’est arrogé un droit de vie ou de mort sur les entreprises privées et donc sur nos emplois. Avec la  pluie d’argent emprunté à la BCE, c'est lui qui paie les salaires, c'est lui qui décide quelle entreprise a le droit de survivre ou doit mourir, à travers le PGE, c'est lui qui décide de prendre le contrôle de tel ou tel secteur, comme avec la main-mise de fait sur Renault. Pour demain, c'est lui qui décide si vous devrez rouler en électrique ou en hybride, et quelle usine doit ouvrir et quelle usine doit fermer. J’exagère à peine. Il a pris complètement le pouvoir économique. Il  en a les moyens puisque la Banque centrale européenne lui a fait un chèque en blanc. Du coup il dépense sans compter et il se rend incontournable.  Voilà donc l’Etat, déjà incapable de gérer le budget de la France, lui qui  n'a jamais réussi à équilibrer les dépenses avec les recettes, aux manettes de l'économie ! Oubliez le capitalisme en France. Nous sommes dans le pire pays pour le dirigisme technocratique. Chaque jour il annonce des « dons » de plusieurs dizaines de milliards d'€, et cela ne coûte rien puisque c'est « l'État qui paie ». L’épargnant remboursera.

On  peut faire autrement.

Prenons l’exemple du secteur automobile : l'automobile française mérite d'être sauvée. La France peut s'enorgueillir d'avoir avec PSA et Renault deux constructeurs de premier plan ainsi qu'une multitude de grands équipementiers tels que Faurecia, Michelin, Valeo… Elle est une grande puissance de l'automobile et si le gouvernement ne vient pas en aide à ce secteur gravement fragilisé par la crise, c'est évidemment toute l'économie française qui en payera durablement le prix. Bien sûr, à l'heure ou des centaines de milliers de véhicules encombrent les parkings des concessions et représentent l'équivalent de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires immobilisé, une prime à la casse qui contribuera en même temps à accélérer la mutation vers un parc automobile plus électrique, peut paraître la bienvenue. Mais l'effet d'aubaine qu'elle suscite fait que les voitures vendues avec des rabais aujourd'hui sont beaucoup de voitures qui ne seront pas vendues demain à leur véritable valeur. Et comme il est impossible de concevoir une prime qui ne soutienne que les véhicules assemblés en France, les primes à l'achat sont aussi des machines à creuser notre déficit commercial et à soutenir les usines mais des autres… C’est  l’inconvénient majeur du dirigisme technocratique.

Une bien meilleure solution aurait été d’aider structurellement nos industries, surtout si on veut « relocaliser ». Plutôt que de demander au contribuable de financer l'achat de voitures en accordant plus de primes, c'est de moins d'impôts que nos constructeurs ont surtout besoin : plus qu'une aide purement conjoncturelle, c'est une baisse immédiate et massive et durable des impôts de production qui s'imposait.  D’autant  plus que les Français ont beaucoup épargné et ont donc la possibilité de reconsommer. Le surplus d'épargne devrait dépasser les 60 milliards d'euros à la fin du mois, et peut-être les 100 milliards d'euros en fin d'année ! Curieusement, personne n'a encore songé à mobiliser cette poche d'argent liquide, qui dort pour l'essentiel sur des livrets A et des comptes courants, pour financer la reprise. On pourrait aussi flécher les bas de laine des Français vers le capital des entreprises qui n'a rien d'une idée nouvelle. Elle n'en reste pas moins d'actualité. Portée par le vieillissement de la population, l'épargne va continuer à croître, et chercher à s'investir, au moins en partie, autrement qu'à taux négatif. Or, la réflexion engagée par quelques parlementaires sur la réorientation de l'épargne vers l'investissement productif a été mise en sommeil avec la crise sanitaire. Mais remettre à plat la structure de l'épargne en France suppose aussi de questionner le fait que la dette publique est principalement achetée par… les épargnants eux-mêmes, via leur assurance-vie. Un système qui pérennise l’Etat dans son rôle de contrôleur de la machine. L'exécutif a fait preuve d'une réactivité remarquable pour soutenir la trésorerie des entreprises, en garantissant leurs financements auprès des banques. Il semble moins inspiré quand il s'agit de trouver des solutions pour renforcer leurs fonds propres.

Il faut décentraliser.

Auréolés par leur rôle dans la crise, les présidents de région n’ont pas hésité à agir hors de leurs domaines de compétences pour venir en aide à leurs administrés. L’occasion d’observer une remise en question profonde du système centralisé et d’envisager une grande vague de décentralisation. Pécresse, Morançais, Morin, Wauquiez, Bertrand : ces présidents de région ont été amenés à remplacer un État qui s’est arrogé tous les pouvoirs pour combler une incompétence manifeste à gérer la crise sanitaire et à gérer notre budget. Pour arrêter ce délire, ce n’est  pas de déconcentration qui consiste à déplacer localement les fonctionnaires incompétents, dont on a besoin, mais d’une décentralisation qui consiste à utiliser les  services des collectivités locales qui ont fait la preuve de leur efficience et efficacité. Mais Jupiter n’en veut pas. La preuve, Xavier Bertrand a été ostracisé lors de sa visite chez Renault. Pourtant les Régions ont fait la preuve de leur capacité non seulement à gérer leur budget en faisant des économies, mais aussi de leur réactivité.

Il est grand temps de remettre l’Etat à sa place. La crise sanitaire aura permis de prendre la mesure de son obésité et des insuffisances sur lesquelles elles débouchent. Plus d’Etat là où il faut et pas d’Etat là où ce n’est pas son rôle. Vaste sujet, mais brûlant, quand on voit les dérives du budget et de la dette. Décentraliser, c’est « détechnocratiser » !

 


« L’APRES » : IL FAUT CRAINDRE LE PIRE !

Aide et taxe

 

La fable des réformes.

On commence à y voir plus clair avec les annonces d’Edouard Philippe : pas de remise en question et plus d’état. « Nous ferons des choix forts et des choix rapides ». En lançant la concertation sur le système de soins, il commence aussi à répondre à la question : qu’est-ce que « se réinventer » ? Ce n’est pas casser l’acquis mais l’accélérer, répond-il à propos de la santé. On se demande bien de « quel acquis » il parle pour les hôpitaux ! Bruno Le Maire et Gérald Darmanin tiennent un discours semblables sur les sujets économiques. Et comme Macron, ils essaient de nous faire croire à la fable « le cap suivi depuis trois ans n’est pas à remettre en question, mais c’est lui qui permet d’espérer le rebond. Sans les réformes menées depuis trois ans, la France n’aurait pu obtenir d’Angela Merkel qu’elle bouge sur les dettes »… Alors que les motivations de cette dernière sont tout autres. A la demande de décentralisation, ils répondent : « Casser les lourdeurs et déconcentrer la décision sur le terrain ». C’est-à-dire plus d’état dans les territoires.  Quand on connait les machines à gaz que constituent les services « déconcentrés », non seulement on risque de ne pas avancer, mais on va reculer. Comme le  constate Hervé Morin, « depuis trois ans, il y a eu les  paroles, mais elles n’ont été suivies d’aucun acte ».  La doctrine reste la même : l’essentiel des efforts doit se porter sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Dirigisme et keynésianisme sont donc toujours d’actualité.  Peut-être nécessaire dans l’immédiat, mais La garantie d’aller dans le mur sur le  moyen et long terme.

Les vraies priorités.

On peut certes rêver d’un nouveau monde introuvable, mais il vaudrait mieux commencer par évaluer lucidement la situation, définir précisément ce qui doit changer et réfléchir à la stratégie pour le faire. La vérité c’est que la pandémie a frappé une France dans un état d’extrême faiblesse : attentats islamistes, gilets jaunes, grèves contre la réforme des retraites se sont enchaînés, si bien que la crise sanitaire ne peut qu’aggraver la situation avec une récession évaluée à 10 ou 12% du PIB en 2020, la croissance potentielle amputée par les faillites d’entreprises et le chômage qui va retrouver ses hauts niveaux, un déficit autour de 10% du PIB et une dette publique à plus de 120% … sans compter avec de très fortes tensions sociales et politiques. La France va devoir lever 700 à 800  milliards d’euros sur les marchés financiers. Le  pire sera de laisser croire que les revenus peuvent continuer d’être garantis par l’Etat en étant déconnectés du travail et que l’argent public est illimité et gratuit. La première priorité est de  remettre en marche l’économie.  Car des entreprises dépendent la croissance et les emplois ainsi que les recettes fiscales et sociales : cela suppose de proscrire toute augmentation des prélèvements et d’affecter les fonds publics en priorité à l’offre et non à la demande. Il faudrait aussi faire accepter une flexibilité du travail qui permette de rattraper d’ici la fin de l’année les heures perdues du fait du confinement.

Les chantiers pour l’avenir.

Méfions-nous de la récupération dont font preuve aujourd’hui les idéologues de toutes obédiences pour « empaqueter » de rose ou de vert un « monde d’après » aussi improbable que chimérique. La prochaine décennie, pour notre pays, sera surplombée par les contraintes de la dette et de son financement. Evidemment, la  clé du redressement passe par un investissement accru  dans la révolution numérique et la transition écologique,  mais aussi  par un nouveau modèle de développement plus qualitatif et plus résilient. La relocalisation des activités stratégiques que la crise a mise à nu, et la réindustrialisation sont impératives, et passent par des efforts de productivité et par la libéralisation du carcan réglementaire et fiscal qui étouffe l’activité et l’innovation. L’Etat  qui a fait étalage  de ses dysfonctionnements opérationnels et de l’incapacité de nombreuses administrations à pratiquer le télétravail ne nous sortira  pas du déclin en restaurant une planification rigide et technocratique et en pratiquant des nationalisations, sous le camouflage de « l’agilité » et de la « déconcentration ». Ce serait le chemin de la « grande pauvreté » pour de très nombreux Français.

Un modèle performant assurant l’équilibre entre le développement et  la solidarité, le marché et l’Etat, la sécurité et la liberté, la souveraineté nationale et l’intégration européenne, est possible. Je ne suis pas sûr du tout que ce chemin de crête soit dans la tête de nos actuels gouvernants, aveuglés qu’ils sont par la toute puissance de la technocratie.

 


LE RETOUR DES BARBARES ?

Croix du pic  st loup

 

Nous terminons ce soir le « pont de l’Ascension ». Mais je suis persuadé que pour beaucoup de Français, cette fête religieuse  qui a justifié un jour férié n’a pas  beaucoup de signification, voir aucune. Et pourtant, pour les  chrétiens, après la « nativité » et « Pâques » avec la résurrection,  c’est le troisième  épisode le plus important de la vie de Jésus, celui où il a « cessé d’être visible pour les hommes »,  c’est-à-dire a rejoint Dieu le Père  … L’Ascension, 40 jours après sa résurrection. Cela n’empêche pas notre pays de sombrer dans un paganisme de plus en plus généralisé.

Un vandalisme antireligieux préoccupant.

Si les  médias écrits et télévisuels sont prompts à relayer les dégradations inadmissibles dont sont victimes les  mosquées et les atteintes à la religion musulmane, ou encore les agressions insupportables dont sont victimes les juifs, ils sont beaucoup plus silencieux  et réticents à évoquer les atteintes aux monuments chrétiens qui se répandent dans le pays. Saccages, vols, profanations… Les lieux de culte catholiques sont pris pour cible sur tout le territoire, avec près de trois actes commis par jour. Un dernier bilan, daté du 14 mars et que révèle Le Figaro, est édifiant. Dressé par le Service central de renseignement criminel (SCRC) de la gendarmerie, qui couvre 95 % du territoire, il recense 129 vols et pas moins de 877 dégradations ciblant des édifices catholiques sur l'ensemble du pays en 2018.   Même s'il traduit un léger tassement au regard des années précédentes, en particulier de 2017 où un pic de 1045 faits a été atteint, le phénomène se maintient à un seuil plus que préoccupant. Un constat confirmé par le ministère de l'Intérieur qui a relevé, pour sa part, 1063 actes antichrétiens en 2018, en comptant les cimetières.

La « christianophobie ».

La croix du pic Saint-Loup brisée par des vandales est le fait marquant le  plus récent. D’une dizaine de mètres de haut, pesant près d’une tonne, l’imposante croix de fer en treillis qui dominait le pic Saint-Loup, dominant Montpellier, a fait l’objet d’un acte de vandalisme. Un ou plusieurs individus se sont rendus sur le site, pour faire tomber ce symbole juché à quelque 658 mètres d’altitude. Les motivations du ou des auteurs demeurent obscures. Sur le socle de la croix attaquée à un mètre de la base, on peut cependant lire à la peinture rouge l’inscription suivante: «Le pic laïque» ou encore une inscription en anglais évoquant le pouvoir des sorcières... Les gendarmes ont également découvert, fiché à l’emplacement initial de la croix, un balai en bois dont la conception évoque, justement, celui appartenant, dans l’imaginaire collectif, aux sorcières. La diffusion des premières images de la croix abattue a suscité beaucoup d’émoi et d’incompréhension dans le bassin montpelliérain, chez les chrétiens, comme chez d’autres croyants ou agnostiques. «Cette croix avait acquis un caractère historique et patrimonial. Elle n’est donc pas contraire à la laïcité, à l’inverse de ce que prétendent, à lire leurs inscriptions, ceux qui l’ont vandalisée et sciée...», commente pour sa part le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, Nicolas Cadène, par ailleurs originaire de la région. Fixée il y a plus d’un siècle, une première croix de bois avait été érigée au sommet du pic Saint-Loup. Elle avait ensuite été remplacée par une croix en fer qui avait déjà été vandalisée une première fois en 1989. La Vierge de la Salette décapitée, la  cathédrale de Lavaur victime de deux  lycéens enragés,  des dégradations dans les lieux de culte catholiques à Maisons-Laffitte et Houilles, dans les Yvelines, à Dijon et à Nîmes… Vitraux brisés, bénitiers renversés et tabernacles forcés dans le sanctuaire vendéen de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, mais aussi statues détériorées, troncs cassés et autres cierges brisés à Morteau… Les dégradations, l'enchevêtrement des faits donne le vertige. Leur nature suscite l'indignation. Aucune parcelle du territoire n'est épargnée par ces actes.

« L’églantine et le muguet »

Des faits commis visiblement par des énergumènes « aculturés » qui ne voient pas la dimension patrimoniale et historique qui font partie de notre histoire.  Car s’il s’agit de combattre le catholicisme, ces  pauvres d’esprit tirent sur une ambulance. Les églises sont vides, quant à l’emprise des prêtres sur la population, il y a belle lurette qu’elle a disparue. Encore faut-il qu’il y ait des prêtres. Cependant,  il faut dire  que l’on trouve de beaux esprits pour entretenir la flamme  antireligieuse digne de l’époque radicale du « petite père Combe ». Ainsi, j’ai été stupéfait, pour ne pas dire effaré, de découvrir cette haine rentrée  du catholicisme dans le livre de Danielle Sallenave, l’académicienne,  dans son livre « L’églantine et le muguet ». Elle sue à chaque page et à la vue de chaque « calvaire » et Dieu sait que notre  Région en est bien pourvue.  Son livre elle l’a écrit pour répondre à la résurgence d’un catholicisme soi-disant « virulent », bien connu dans le passé de son Anjou natal. « Toute cette noblesse rurale du XIXe siècle, dont pas un n’accueillera de bon cœur la République, s’est mise au service de la France dans l’armée d’Afrique…  Désigner l’architecture qui parle du catholicisme de combat ; quelques kilomètres sur une route belle, un peu triste, ou bien c’est moi ? Il flotte dans toute cette campagne une morbidité, un dolorisme qui m’accable. Trop de chapelles, de monuments votifs. Je suis en plein territoire du « souvenir vendéen » ; territoire peu républicain.» Elle  voit dans Bruno Retailleau le nouveau le chantre du développement d’un catholicisme de combat et d’une pensée républicaine néoconservatrice, tous deux réactions exacerbées à « la question musulmane », sur laquelle elle adopte un positionnement proche de celui de Mélenchon. Elle oublie une chose : c’est que si une grande partie de l’Ouest est passé à gauche dans le dernier quart du 20ème siècle, c’est en grande partie par l’influence des prêtres …

Le mépris de l’Histoire.

Rien ne justifie que l’on s’en prenne aux symboles de la chrétienté sauf à vouloir effacer le  passé de la France, « fille aînée » de l’église. Ce sont  les témoins de notre Histoire et leur valeur patrimoniale est  là  pour nous la rappeler.  Nous ne venons pas de nulle  part. J’avais un ami, aujourd’hui décédé, qui était athée, mais cela ne l’empêchait pas d’entrer dans une cathédrale et de s’émerveiller des splendeurs de l’architecture ou de la finesse des sculptures d’un tympan. Et il était capable en même temps de jeter une plaisanterie blasphématoire en bon disciple de Brassens ou de Ferrat. Mais il respectait   les lieux. La loi sur la laïcité est aujourd’hui admise par tous et le catholicisme s’en est largement accommodé. S'en servir comme  motif comme au pic Saint-Loup est un contresens et une sorte de  prise d'otage alors qu'elle est  devenue le socle pour faire respecter la liberté de conscience. Bruno Retailleau, que Danielle Sallenave dépeint comme un réactionnaire résurgent, peut être à la fois croyant et bon républicain.  Visiblement, il y en a que cela dérange !

Le retour des « barbares ».

Cette volonté de gommer toute référence au passé est bien dans l’air du temps. Il est théorisé et professé par les « progressistes » pour qui seul le présent compte. Ce sont les mêmes méthodes que celles utilisées par Daech. La  passé qui nous a faits est un encombrement inutile.  Et pourtant, notre humanité s'inscrit dans un cheminement et vouloir le nier c’est tout simplement ouvrir la porte au retour de la barbarie. On en voit les effets  tous les jours. Car si la société est constamment en mouvement, elle a aussi besoin de repères qui « demeurent » comme l’explique si bien François-Xavier Bellamy. Mais je viens de prendre en exemple un croyant ! Comme si croire était rétrograde… Comme disait Jean d’Ormesson, si Dieu n’existe pas, au moins « j’ai l’espérance » ! Eh bien je plains tous ces matérialistes qui n’ont aucune dimension spirituelle ni transcendantale. Cela ne les empêche pas de consommer le jour de repos de l’Ascension, sans se poser la question de sa signification.