DE PLUS EN PLUS BREXITANT !

Boris Johnson au Parlement

 

31  octobre or not 31 octobre ?

Bojo s’est mis dans de sales draps. Il devait tout régler, deal ou non-deal : le 31 octobre serait la date buttoir pour le Brexit. Il avait même prévu de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre afin de bloquer toutes velléités de blocage. Ce faisant, il a déclenché la  machine à baffes. Le spectacle donné hier par le Parlement britannique a été chaotique. Il a commencé d’abord par la défection d’un député conservateur passé chez les Libéraux-démocrates, faisant perdre au 1er  Ministre, son unique voix de majorité. Les Communes ont ensuite voté largement pour empêcher un « no deal Brexit » et par la même occasion pour demander un report, encore un, de la date du Brexit au 31 janvier. Puis, les députés ont voté contre des élections anticipées le 15 octobre que réclamait logiquement le leader conservateur. Selon les règles en vigueur au Royaume-Uni, la motion portant sur la convocation d’un nouveau scrutin législatif aurait dû être approuvée par les deux tiers de l’assemblée, soit 434 voix, mais seuls 298 députés s’y sont déclarés favorables. Corbyn et les travaillistes s'y opposent pour l’instant. Ils ne proposent pas d'alternative pour autant. A noter que 21 députés du parti Conservateur ont voté contre Boris Johnson et ont été immédiatement exclus du parti.

Boris Johnson vient de subir deux défaites majeures.

Tout, ou presque, repose maintenant sur la position de Jeremy Corbyn.  Celui-ci s'est fait copieusement insulter hier par un Boris Johnson furieux, qui s'est adressé à lui par son nom, ce qui constitue un crime de lèse-majesté au Parlement. Mais le  grand blond n’est plus à ça prêt. Un report au 31 janvier, si l'Union Européenne l'accepte, semble inéluctable. Le 1er Ministre sort de l’épreuve très affaibli. Et dans ce contexte, on voit mal comment il pourrait se maintenir à son poste bien longtemps. Le plan qu’il avait imaginé s’est retourné totalement contre lui.  Les travaillistes avaient prévenu qu’ils n’approuveraient pas la proposition de Boris Johnson d’élections anticipées à moins qu’il ne s’engage à écarter l’hypothèse d’une sortie de l’UE sans accord avec Bruxelles. Le Labour et d’autres formations de l’opposition ne sont pas hostiles par principe à la tenue de nouvelles élections législatives mais ils redoutaient que le calendrier électoral proposé par Boris Johnson soit un « piège » visant à torpiller leur propre initiative. En cas  de blocage, l’alternative ne pourrait  venir que d’une curieuse alliance entre les  « Lib-dem » et les Travaillistes ; mais tout est  possible dans ce  monde fou,  fou, fou :  en Italie Matteo Renzi s’est bien allié à Luigi di Maio du M5S  pour faire barrage à Salvini !

Elections ou pas élections ?

Boris Johnson a aussi affirmé haut et fort qu'en « aucune circonstance » il ne demanderait un report du Brexit, et il compte toujours sur des élections anticipées pour le sortir de ce mauvais pas. Même après le rejet de  son projet, elles apparaissent comme une option possible pour sortir de l'impasse. Vous suivez ? En fait, l'opposition travailliste ne voulait pas de la date du 15 octobre car elle craignait que le Premier ministre, usant de ses prérogatives, ne les repousse après le 31 octobre, ouvrant ainsi la possibilité d'une sortie de l'UE sans accord. Mais les travaillistes sont en faveur de la tenue d'élections une fois leur loi sur un report du Brexit entérinée par la chambre des Lords. Elles sont aussi dans l'intérêt de Boris Johnson, qui a perdu sa majorité. Le scrutin sera dans tous les cas un pari risqué pour les deux grands partis de gouvernement, qui ne sont pas assurés d'une majorité absolue, dans un paysage politique bouleversé par les clivages sur le Brexit. Alors qu’il reste moins de deux mois avant la nouvelle date théorique du divorce, l’issue possible des initiatives en cours va d’une sortie brutale à un abandon pur et simple du projet approuvé le 23 juin 2016 par un peu moins de 52% des électeurs.

Récession en marche !

Les perturbations en cas de sortie sans accord de l'UE feront basculer l'économie britannique dans le rouge, prévient un think tank britannique. Le ministre chargé des préparatifs du « no deal », Michael Gove, doit présenter son plan d'urgence dans les prochains jours. Les discussions engagées entre Londres et Bruxelles n'aboutissent pas et l’UE, à bout de patience, refuse de reporter une troisième fois le Brexit. Le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne sans accord de retrait le 31 octobre. Ce scénario est particulièrement redouté par les milieux économiques, qui craignent une dégringolade de la livre, une envolée de l'inflation, voire une récession, avec le rétablissement de droits de douane et le spectre de pénuries de produits alimentaires, d'essence et de médicaments. L'UE a d'ailleurs souligné mercredi que le « risque » d'un « no deal » s'était accru et qu'elle ne croyait pas à un accord avec Londres d'ici le 31 octobre. Ce qui fait plonger la Livre sterling.

On est en plein brouillard. Le fog est précoce cette année!

 


LA REPUBLIQUE DU 4 SEPTEMBRE

Une page d’histoire en ce jour anniversaire.

3 republique

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République.

En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre ». Mais cette journée recèle une grande part d’équivoque. C’est une des raisons qui font que sa mémoire, tout de suite, a été très atténuée... Car il faudra attendre 1875 pour qu’une constitution scelle définitivement le retour de  la République.

La guerre fatale à l'Empire.

Quelques mois plus tôt, le 8 mai, Napoléon III était sorti renforcé d'un plébiscite qui lui avait donné 7 336 000 oui contre 1 560 000 non en confirmant l'orientation libérale de l'empire. À Paris, toutefois, à la différence du reste du pays, une majorité républicaine s'était prononcée contre le régime. L’empereur se  voyait encore  pour longtemps à la tête de la France. La déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, allait détruire ses illusions. Car, c'est après avoir appris la capture de Napoléon III par les Prussiens à Sedan que les républicains de la capitale ont pris le pouvoir. Dans la nuit du 3 au 4 septembre, dès l'annonce de la défaite, les députés du Corps législatif se réunissent au Palais-Bourbon. Ils dédaignent de confier la régence à l'impératrice Eugénie, confinée au palais des Tuileries, et s'interrogent sur la conduite à suivre. Dans le petit groupe républicain, plusieurs députés se préparent à un illustre destin. Parmi eux, Jules Favre, Jules Grévy, Jules Simon et Jules Ferry, qui fonderont la « République des Jules ». Il y a aussi Adolphe Crémieux et surtout Léon Gambetta, superbe orateur de 32 ans. Les Parisiens envahissent bientôt le Palais-Bourbon et exigent l'instauration de la République. Comme les députés craignent d'être débordés par l'insurrection, Jules Favre leur suggère alors de proclamer eux-mêmes la République à l'Hôtel de ville de Paris. Pour séduire et rassurer la foule, Jules Ferry a l'idée de constituer un gouvernement composé de députés républicains de Paris. Léon Gambetta et Jules Favre proclament alors la République au milieu d'une liesse générale quelque peu surréaliste en regard de la situation militaire du pays.

Une République sans statuts.

Le 4 septembre 1870, la République est donc proclamée par Gambetta au nom du peuple.

Les Républicains, partisans de la guerre à outrance forment sans attendre un gouvernement de Défense nationale, présidé par le général Trochu. L’objectif est de poursuivre la guerre. À cette fin, Gambetta, ministre de la Guerre et de l’Intérieur, quitte Paris en ballon, le 7 octobre 1870, pour organiser la délivrance de Paris encerclé. Mais de nouvelles défaites militaires amènent le gouvernement à signer un armistice avec Bismarck, le 28 janvier 1871. La convention d’armistice permet néanmoins au gouvernement de Défense nationale de convoquer une Assemblée librement  élue, le 8 février 1871, pour savoir si la guerre doit être continuée ou à quelles conditions la paix doit être négociée. La droite monarchiste, partisane de préliminaires de paix reconnaissant la capitulation de Paris, l’emporte alors largement sur les républicains, partisans de la poursuite de la guerre. Réunie à Bordeaux, la nouvelle assemblée nomme Adolphe Thiers « chef de l'exécutif ». Un immense sentiment d’humiliation s’empare des Parisiens. Le 28 mars, ils proclament la Commune de Paris, impitoyablement réprimée par Thiers. Le 24 mai 1873, l'assemblée nationale retire sa confiance à Adolphe Thiers. Elle rêve d'une restauration de la monarchie mais, en rejetant le drapeau tricolore, le comte de Chambord, prétendant au trône, ruine ses espoirs. Faute de mieux, dans l'attente d'un compromis, l'assemblée confie le 20 novembre 1873 la présidence de la République au maréchal Mac-Mahon pour sept ans. Peu à peu cependant, les députés et les citoyens s'accoutument à l'absence de monarque.

Un simple mot au milieu d'un texte.

C'est ainsi que le 30 janvier 1875, l'amendement Wallon introduit subrepticement le mot République dans les lois constitutionnelles. L'amendement est adopté par 353 voix contre 352 : le mot « République » entre donc dans la loi constitutionnelle. Par la même occasion, l'amendement Wallon consacre le retour au bicamérisme, avec deux assemblées : le Sénat et la Chambre des députés. La IIIème république est officiellement née ! A une voix près  !

Le 16 mai 1877, le régime est confronté à une grave crise institutionnelle. Ce jour-là, le président Mac-Mahon renvoie le président du Conseil Jules Simon. Quelques jours plus tard, il dissout la Chambre des députés qui a eu le front de protester. La nouvelle Chambre, qui est à majorité républicaine et non plus monarchiste, récuse le ministère choisi par le président. Celui-ci n'a pas d'autre choix que de s'incliner : il démissionne enfin le 30 janvier 1879. Après lui, aucun président de la IIIe République n'osera plus dissoudre la Chambre des députés.

Et pourtant une durée exceptionnelle : 1870-1940.

Née d'une défaite, la IIIe République (1870-1940), installée au détour d’un simple amendement après cinq années de tergiversations, a traversé la Grande Guerre et supporté de violentes crises. Fondée en réaction contre le second Empire, la IIIème République, à bien des égards, continue l'Empire de Napoléon III. Comme ce dernier, elle est portée par la vague du progrès scientifique et technique, par l'avènement d'une civilisation industrielle dont les expositions universelles de Paris (1878, 1895, 1900) illustrent la croissance. 

Elle est morte comme elle est née : la défaite de 1940 lui sera fatale !

 


PROPOS DE RENTREE

Rentree

 

Tout ce qui change au 1er septembre…

En ouvrant le  journal,  c’est le titre qui accroche l’œil : le prix du gaz, l’école et les lycées, la fin des mutuelles étudiantes, le pass navigo élargi, … voilà quelques exemples pour la vie quotidienne. A l’Education, le « Mammouth » est devenu un « peuple de colibris » selon Blanquer ;  et  à l’assemblée la réforme du fonctionnement entre en vigueur,  une refonte qui bride  le débat  parlementaire.

Mais pour le reste, rien ne change vraiment. Quelques thèmes :

Les gilets jaunes.

A voir la violence  qui perdure, notamment contre les représentants de LREM, on se dit que les braises couvent encore et que rien n’est finalement résolu. D’ailleurs, on se  demande bien où sont passés les « cahiers de doléances » et à quoi ils ont servi. Du grand débat, mêmes  les « longs tunnels de discours » de Macron se sont évaporés. La société française reste  bien malade, le  malaise perdure chez les classes moyennes notamment et l’impopularité de l’exécutif reste  préoccupante.

Les pompiers.

C’est une grève silencieuse qui passe inaperçu, parce qu’elle n’entraîne apparemment pas le  fonctionnement des interventions. En grève depuis juin, les sapeurs-pompiers ont décidé de prolonger leur mouvement pendant deux mois supplémentaires jusqu’à fin octobre. Le service minimum continuera cependant d’être assuré comme lors des deux derniers mois. La grève n’a jusqu’ici pas empêché les interventions et s’est surtout traduite par des banderoles sur les casernes, des inscriptions sur les engins, et le port de t-shirts et de brassards chez les pompiers grévistes. Les syndicats promettent une « manifestation nationale » qui devrait avoir lieu lors de la deuxième quinzaine d’octobre. Le service de secours est malade : on est face à une problématique de sous-effectifs, de sur-sollicitations professionnelles et de violences envers les sapeurs-pompiers, mais rien n’est fait. Après deux mois de conflit social, les syndicats ont le sentiment d’être ignorés, et il n’y a eu aucune rencontre avec le ministre de l’Intérieur, aucun courrier, aucun contact. On croit rêver.

Les urgences.

A l’hôpital, la crise des urgences s’enracine. La grève  des urgences est engagée depuis début mars dans les services parisiens, elle touche désormais 217 hôpitaux dans toute la France et le mouvement menace de s’amplifier  encore. En cause des services congestionnés, des personnels surmenés, et le  gouvernement ne trouve pas le remède. Résultat : la colère monte.  Les 70 millions d’euros de prime débloqués par la ministre de la Santé n’ont pas calmé le  jeu. Ce n’est pas un chèque qui règlera les deux problèmes de fond : le  manque de médecins généralistes et le trop grand nombre de postes vacants chez les urgentistes.

Les  assassins islamistes.

Villeurbanne : un mort, des blessés en urgence absolue  … C’est le dernier attentat. Il paraît qu’il va falloir s’y habituer parce que ce genre de tueur est imprévisible. Tout aussi répugnante est l’attitude du système politico-médiatique dans sa globalité, qui depuis cet événement, toutes radios, toutes télés confondues, n’a plus qu’une obsession: minimiser, neutraliser, banaliser le drame.  Le tueur est afghan et a paraît-il entendu des voix qui lui intimaient l’ordre de passer à l’acte. Surtout il ne faut pas dire qu’il est musulman. La France est un pays malade, un pays où l’on peut massacrer des passants à l’aveuglette, et n’avoir comme réponse des autorités : on n’y peut rien !  

Les réformes procrastinées.

Une première : un projet de réforme passe en conseil des ministres  mais n’est pas mis à l’agenda parlementaire. Il s’agit de l’épineuse réforme de la  constitution. L’exécutif craint-il le bras  de fer avec le Sénat ? Une manière de repousser aux calendes grecques en faisant un coup de com’ au passage. Autre réforme repoussée, celle des retraites avec en amorce une reculade de Macron : pas question d’effaroucher les électeurs avec une mesure d’âge. On va se contenter d’augmenter la durée de cotisation dont on sait qu’elle est beaucoup moins efficace pour atteindre l’équilibre. Et puis on va se donner  le temps de  la concertation… Encore de la concertation. Manière de passer les municipales et aussi d’occuper  le terrain pour distraire l’électorat.  Quelle hypocrisie !

La PMA.

Voilà le sujet qui va faire les choux gras de la  rentrée. Le Président souhaite un débat apaisé. Il faut comprendre : ceux qui sont contre, taisez-vous ! D’ailleurs tous les médias aux ordres ne convoquent que des partisans de l’élargissement de la PMA.  Et quand un adversaire obtient un droit de passage, c’est  pour passer devant le tribunal de l’inquisition bien-pensante. On voit bien qu’il n’y a pas de consensus dans la société française. Mais qu’importe, il faut un marqueur de gauche pour équilibrer une pseudo politique dite de droite. Une certitude : on va diviser un peu plus les Français !

A  l’international.

La guerre commerciale entre la Chine et les  Etats-Unis continue avec l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane. A Hong-Kong, chaque week-end la violence de la révolte monte d’un cran. L’inde voit chuter sa croissance  à 5%, ce qui n’est pas bon signe. Et en Allemagne, l’Afd fait une percée, sans montée sur le podium. Bojo joue  la tension extrême dans son pays  avant la date fatidique du 31 octobre. Des sujets qui continueront de faire notre actualité quotidienne et hebdomadaire encore pour un bon moment…. Et je n'ai pas parlé du malaise des forces de l'ordre et des suicides de policiers, et de tant d'autres sujets qui montrent que notre pays va de plus en plus mal.

Face à cette situation assez inédite, on a l’impression que l’exécutif est tétanisé et semble paralysé. Il n’y a que le compteur de la  dette qui s’active  et même s’emballe, mais de ça, les commentateurs n’en parlent surtout pas.  Drôle de rentrée dans cette France calme mais éruptive sous les apparences.

 


G7 : LE MONDE ENTIER, ET MOI, ET MOI, ET MOI

G7 Biarritz

 

Président du Monde !

Enfin, pas tout-à-fait, du ½ Monde puisque le G7 représente aujourd’hui un peu moins de 50% du PIB de la planète. Mais Narcisse est toujours là. Il s’était déjà pris pour le Président de l’Europe avec le succès que  l’on sait. Il avait juré que la crise des gilets jaunes l'avait rendu humble. Mais on mesure  combien il est difficile d’aller contre sa nature. A  Biarritz, Macron s’est donc pris pour le Président du monde : il a été sur tous les fronts, l'Amazonie, l'environnement, l'Iran, l'Inde et le Pakistan, la paix dans le monde (conseillé par Raffarin ?)…  Il a fait venir Poutine,  il a  ménagé  un coup de théâtre en faisant venir le Ministre des affaires étrangères de l’Iran, sur place, en marge du sommet.   Il donne des leçons à tout le monde, à Trump, à Boris Johnson et à tous les leaders dits « populistes » contre lesquels il est en croisade. Il est même tombé dans le piège de la  manipulation sans se renseigner outre  mesure sur les incendies (qui ne  sont  pas extraordinaires) de  la forêt amazonienne (qui n’est pas le  poumon de la planète) pour faire  la leçon à Bolsonaro. Procédé indigne. Président du monde alors qu'il y aurait déjà fort à faire pour être Président de la France.

Le tam-tam et le concert de louange.

Rarement on aura vu une telle  mise en scène, à grand renforts de « points presses » bien huilés. La  communication a vraiment  pris le dessus,  ça permet de cacher la réalité, et il faut dire que l’Elysée a fait fort sur ce coup-là.  Il était amusant de lire et d'écouter les commentaires français bien sûr, sur le G7 de Biarritz. Finalement,  voilà un G7 « historique » : ce serait  le  seul  G7 de tous les  G7 qui aurait été utile. La France a repris sa place, au centre du monde,  évidemment ! Donc Trump aurait cédé sur tout, face à notre président : il aurait accepté de reprendre le dialogue avec l'Iran, sujet essentiel ; il aurait décidé de ne pas taxer les produits français et de mettre en place une taxe GAFA à l'échelle mondiale. C’est bien simple, tous  les  problèmes du monde y ont été réglés et même l’Amazonie va  être sauvée. Tous ? Enfin pas tous : la  guerre commerciale de Trump avec la Chine va continuer de peser sur l’économie  mondiale. Ah, il faut voir les titres élogieux  de la presse, et je passe sur les multiples plateaux en continu de la télé-réalité-people : « Amazonie, Iran, GAFA: les paris réussis de Macron », « Macron à l'offensive au G7, Trump infléchit ses positions », « Les initiatives et le volontarisme du chef de l’État ont permis des avancées sur plusieurs dossiers sensibles lors du sommet de Biarritz », « Macron-Trump : la détente cordiale », « Le président français réussit un coup diplomatique sur l'Iran ». Il ne s’agit que de la  presse française, évidemment. C’était donc THE sommet !

Retour à la réalité.

Il  n’était pas bien difficile d’imaginer la suite. Trump reste fidèle  à lui-même, et il aura bientôt tout oublié ce qu’il a promis au gré des aléas de sa campagne électorale et repartira dans ses attaques si nécessaire. Contre la France, contre  l’Iran,  contre la Chine… Entre autres. Il vient d’apporter son soutien à Bolsonaro. Déjà un couac, et on n’est que le 29 août. L’annonce conjointe par Trump et Macron d’une future détente entre les US et l’Iran ouvrant la voie à un possible nouvel accord sur le nucléaire iranien, grand moment du G7,  eh bien c’est raté : Rohani appelle ce matin Washington à « faire le premier pas » en levant l’intégralité des sanctions qui plombent l’économie iranienne, condition sine qua non à tout sommet Iran/US, ce qui est impensable pour Trump qui s’y est toujours opposé. Et Zarif, le Ministre des Affaires Etrangères iranien a surenchéri en affirmant qu’une poignée de mains Trump/Rohani était aujourd’hui « inimaginable » ou possible « que sur Photoshop ». En attendant, Bolsonaro a refusé l'aide de 20 millions d'euros du G7 pour l'Amazonie, enfin pas tout-à-fait… En fait, les contorsions avec ses  propos sur Mme Macron continuent. Ailleurs le G7 n’a eu aucune influence sur le retour de Giuseppe Conte comme Président du conseil en Italie, après l’accord  entre le parti démocrate et le M5S ; aucune influence sur Bojo, toujours prêt à  livrer le Royaume Uni à Trump avec le Brexit et qui vient de tenter un coup de force contre le Parlement qui pourrait provoquer sa perte.

Trump  et  la Chine.

Pendant ce temps Trump continue à souffler le chaud et le froid sur la guerre commerciale avec la Chine. Il veut taxer davantage, puis il ne veut plus taxer. Il ne veut plus discuter avec les Chinois, puis il veut discuter avec les Chinois qui ont tapé à la porte. Xi Jinping est l'ennemi des États-Unis ; Xi Jinping is a « great guy, a friend, a great leader ». C'est sa façon de négocier et sa façon de mettre la pression sur la Fed, pour qu'elle baisse ses taux afin de lui garantir de la croissance jusqu’à sa réélection. Le  Monde, il s’en fout. Alors la France …

Mais l’essentiel n’est pas là.  L’essentiel c’est que les Français croient le  conte de fée qu’on vient de leur raconter et qu’ils ont un « grand Président » qui aimerait avoir les  mains libres pour la rentrée.  La réalité est plus modeste : les manœuvres politiques sont à peine commencées  avec une belle reculade sur les  retraites. Et on attend la suite.  Car ça bout toujours dans la marmite !

 


PEUT-ON ECHAPPER A LA CRISE QUI VIENT ?

Fin du monde tintin

 

Chaque jour qui passe, elle semble se rapprocher et les signaux d’alerte sont de plus en plus nombreux. Les révisions à la baisse des  prévisions de croissance s’enchaînent mois après mois, mais elles semblent accentuer la folie. Déjà, de nombreux pays sont entrés en récession industrielle. Le stock total des dettes publiques et privées est au plus haut (environ trois ans de PIB mondial). Dans ce contexte, une récession provoquerait une nouvelle crise financière avec d’énormes risques de défaillances en chaîne. A l’image de la  planète qui brûle, les financiers entretiennent le brasier au lieu de tenter de l’éteindre.

La  folie de l’argent gratuit.

Comme le  constate Jean-Claude Trichet « l’endettement public et privé a continué d’augmenter au même  rythme qu’avant la crise de 2008 alors que celle-ci était largement due à un formidable excès d’endettement ». Tous les grands chocs ont pour point commun l’augmentation incontrôlée de la  gratuité des  moyens de paiement. Or, il n’y a pas de prospérité illimitée, mais la  fascination pour les  fortunes rapides  et la croyance dans l’affranchissement des contraintes d’équilibre financier, monétaire ou budgétaire pour soutenir la croissance, pour faire face à la révolution technologique, ou parce que le monde géopolitique serait différent, aveuglent les autorités politiques. Ainsi les   banques centrales se sont lancées dans des baisses des taux d’intérêt et de nouvelles injections de liquidités.

Des relances budgétaires irresponsables.

Pourtant, la drogue monétaire n’est qu’un palliatif qui reporte les  solutions à la crise en gonflant les bulles d’actifs de l’immobilier, des obligations, de la bourse. Il s’agit de maintenir à tout prix l’activité. Le  pire exemple  vient des Etats-Unis où la Fed a  interrompu ses efforts et baissé ses taux de 0,25%. La baisse des taux favorise l’expansion monétaire et va donc de pair avec des relances budgétaires.  Les américains connaîtront un déficit public de 1 000 milliards de dollars en 2020 soit 5,5% du PIB, au moment où le taux de chômage est au plus bas (3,7%) et la frénésie des emprunts gagne tous les secteurs. Cette expansion monétaire est dangereuse : elle ne soutient que marginalement l’économie, car  les  banques centrales ne peuvent contrôler l’usage et l’affectation des moyens qu’elles émettent ;  la pénalisation de l’épargne déstabilise  les classes moyennes des pays développés et nourrit le populisme ; l’argent facile est une machine à distribuer du pouvoir d’achat factice et à créer des bulles spéculatives. Un bon exemple pour illustrer que les liquidités déversées ne vont pas en priorité à l’investissement qui améliorerait la  vraie croissance et la  productivité tient dans la distribution des dividendes qui n’a jamais été aussi élevée en France,  favorisée par la flat  tax, alors que la productivité est au point mort et que notre croissance reste atone.

Un système bancaire fragilisé.

L’expansion monétaire et budgétaire prive les banques de toute capacité de réaction.  Elles sont ruinées par les taux négatifs qui entretiennent  la finance de l’ombre, d’autant plus que le travail de sape de Donald Trump contre les  institutions multilatérales, limite  les possibilités de coopération internationale et de stratégies concertées, qui jouèrent pourtant un rôle  décisif pour endiguer la crise  de 2008. La monnaie  est un outil de politique économique qui ne doit être utilisé qu’en période de krach ou de déflation, mais certainement pas en période de plein-emploi qui consiste alors à entretenir une « surchauffe ».  L’argent gratuit est une addiction qui ne peut connaître d’issue heureuse. La fin est certaine : le  krach, seul le moment est incertain.

Des solutions existent.

Echapper à la crise qui vient suppose de relancer massivement l’investissement mondial par une intensification de  la  coopération internationale. Mais on n’en prend pas le chemin. L’Europe a les  moyens de se mettre à l’abri. Au moins pourrait-on achever la construction européenne  autour de l’euro  qui permettrait une défragmentation financière de la zone et la création d’un support d’épargne commun pour drainer les  capitaux vers une union de financement de l’investissement et de l’innovation. C’est réalisable : la zone euro dispose  de la  première épargne du monde (340 milliards d’euros) qui n’est malheureusement pas investie dans l’espace monétaire commun.  Cette union de financement nous mettrait à l’abri de la prochaine crise systémique. Mieux, elle ferait de l’euro légal du dollar. Réalisation de l’union bancaire et des marchés  de capitaux : voilà une belle tâche à la hauteur des compétences de Christine Lagarde. Si le mouvement pouvait s’accompagner d’une convergence fiscale, sociale et environnementale, l’Europe serait armée pour faire face. Cela ne dispenserait pas de la nécessité d’une conférence internationale définissant les conditions d’une relance mondiale, comme le G20 l’avait imposée en 2008, mais c’est une autre histoire et avec des Trump, des Johnson et Salvini dans le paysage, c’est pas gagné !

Il nous faudrait un Sarkozy, et nous n'avons qu'un Macron...

 


DRÔLE DE BAISSE DU CHÔMAGE !

Chômeur pro

 

Baisse selon l’Insee (critères du BIT).

Le taux de chômage est retombé à 8,5% de la population active au 2ème trimestre. Malgré le faible taux de croissance, l’économie française semble créer  plus d’emplois qu’elle n’en supprime. Il n’y aurait donc plus que 2,5 millions de personnes sans emploi. Une baisse de 0,2% par rapport  au 1er trimestre. Après avoir créé 94 000 emplois salariés supplémentaires au début de l’année, l’estimation pour le 2ème trimestre fait état de 62 000 emplois. Le gouvernement a pavoisé sur ce qu’il présente comme un bon résultat dû à ses réformes, en oubliant les chiffres de Pôle Emploi, beaucoup  moins enthousiasmants.

L’économie française crée des emplois.

Elle reste cependant à la traîne de la zone euro, notamment. Plus inquiétant, les gains de productivité enregistrés par l’économie française au 1er semestre ont été nuls et cela posera à terme un problème pour le pouvoir d’achat et le financement de  l’Etat-providence.  Cela veut dire que le nombre d’emplois augmente au même rythme  que le PIB. Or,  les gains de productivité, c’est justement ce qui permettrait d’augmenter les salaires. Et tant que notre taux de chômage reste supérieur à celui de la  zone euro, c’est à le faire baisser qu’il faut accorder la  priorité. En même temps, la France n’échappe pas au ralentissement européen : en juin, la  production industrielle affiche une baisse de plus de 2%, un repli qui fait écho à ceux constatés dans la plupart des pays européens. Le recul affecte la  métallurgie, le textile, l’habillement, et plus fortement les secteurs de l’énergie. Tous les secteurs sont dans le rouge hormis la construction et l’agroalimentaire. Sur un an, la production industrielle reste quand même positive avec une progression de 1,6%.

Mais l’écart avec les chiffes de Pôle Emploi augmente.

Le  constat était trop beau.  Une étude récente montre que près de 10% des inscrits à Pôle emploi en catégorie A n’étaient pas considérés comme chômeurs par l’Insee, soit au minimum 200 000 personnes. Différence de méthode de comptage, parait-il. En 2017, 500 000 inscrits à Pôle emploi en catégorie A n’ont pas été retenus comme chômeurs par l’Insee, qui appelle cela le « halo du chômage ».  A cela il faut en rajouter 400 000 autres,  toujours en catégorie A, qui « ne souhaitaient pas travailler » (?) … Si on s’en tient à la réalité humaine globale, l’amélioration de la situation de l’emploi est réelle mais faible. Pas de quoi se glorifier ! C’est certain, à ce jeu-là, statistiquement parlant, le  chômage pourrait retomber à 7%,  d’ici la fin du quinquennat. La  baisse constatée est donc conjoncturelle et liée à l’injection des milliards des « gilets jaunes » ;  elle n’est en rien structurelle et les réformettes n’ont pas eu d’effet comme l’affirme Pénicaud. Mais les Français, qui se rendent bien compte de leur réalité quotidienne, peuvent-ils être dupes ?

Après on s’étonne du mouvement des « gilets jaunes » !

 


DANIEL KRETINSKY, UN OLIGARQUE EN MACRONIE

Daniel Kretinsky

 

Présenté comme un des nouveaux « tycoons » des médias par le « Figaro économie », Daniel Kretinsky atterrit en France au printemps 2018.   Le roi tchèque de l’énergie effectue alors une razzia  dans la presse française avec l’acquisition des magazines de  Lagardère et une large participation dans le Monde. Ce qui étonne, c’est que l’offensive n’a pas l’air d’émouvoir plus que ça ni le gouvernement, ni l’Elysée. Evidemment, il y a une explication.

D’abord les faits.

En quelques semaines, Kretinsly s’empare de Marianne et de la quasi-totalité des titres peoples de  « Lagardère Active » :  « Elle, Public, Ici Paris,  Art & Décoration, Télé 7 Jours, France Dimanche, Version Fémina »,  pour 60 millions d’euros et rachète 49% des parts que le banquier Matthieu Pigasse détient dans la holding du Monde, ce qui n’est pas sans émouvoir la rédaction toujours jalouse de sa ligne éditoriale. Le Tchèque crée  un nouveau groupe média de 250 millions d’euros, CMI France. A 44 ans, Daniel Kretinsky, cinquième fortune tchèque,  a bâti sa fortune, estimée à 2,5 milliards d’euros dans l’énergie. Il  contrôle, notamment avec  son groupe EPH, depuis 2013, le gazoduc Eustream qui fournit à l’Europe du gaz russe via l’Ukraine et qui lui assure  des revenus conséquents (6 milliards d’euros en 2017). C’est  GDF-Suez principalement qui lui a vendu ses parts, pour investir dans le  projet  de gazoduc Nord Stream 2 en mer Baltique avec Gazprom… le géant russe. L’oligarque tchèque rachète aussi à  prix cassés des centrales à gaz et au charbon, faisant le  pari que la transition énergétique prendra du temps. Et à la fin 2018, après ses opérations dans les médias, il a commencé ses acquisitions : l’énergéticien EPH a racheté la filiale tricolore de l’allemand Uniper  avec ses deux centrales à charbon (Saint-Avold et Gardanne), et deux centrales au gaz  qu’il a  prévu de revendre à Total pour compléter le dispositif que le pétrolier a désormais  à sa disposition avec le rachat de Direct Energie. Et le magnat tchèque compte  bien réaliser à cette occasion une belle plus-value. Comme dit l’autre, tout cela ne peut pas  se faire sans l’Etat !

Deux  poissons pilotes  à  la manœuvre.

Le premier à apparaitre dans le décor, c’est Denis Olivennes. Celui-ci avait reçu d’Emmanuel  Macron, à l’été 2017, une mission sur l’audiovisuel  public, qu’il  voulait discrète. Les deux hommes se connaissent bien et l’ancien directeur du Nouvel Obs  est sur la même ligne que le Président, qu’il  a connu dans le think tank « En temps réel » créé par le banquier Stéphane Boujnah. Il connait bien d’autres piliers de la Macronie, tel Gilles Legendre qu’il a embauché en 2002 comme directeur de la communication de la FNAC dont il est alors Directeur général. Donc, en septembre 2017, Macron, pour le convaincre d’accepter la mission qu’il  lui confie, lui a fait  miroiter la tête de France Télévisions, ce qui tombe à pic pour le journaliste qui a été débarqué d’Europe 1 en avril. Mais il  est trop bavard et le projet est abandonné. Au printemps 2018, c’est  pourtant avec lui que Daniel Kretinsky négocie le rachat des titres de Lagardère et c’est encore lui qui le présente à Yves de Chaisemartin, PDG de Marianne au moment où il cherche à vendre sa participation majoritaire dans ce titre. Enfin,  c’est encore Olivennes qui rencontre les conseillers du président pour expliquer les différents rachats du Tchèque dans la presse française. Et à l’automne il est encore à  la manœuvre pour préparer la suite, l’opération « Le Monde ». Logiquement, en janvier 2019, il est nommé à la tête de la filiale française de CMI (Czech Media Invest), la holding presse de Daniel Kretinsky. 

Le second,  c’est Etienne Bertier. Cet ancien journaliste passé par L’Expansion, Libération et Le Point,  a quitté la presse en 1993 pour des activités plus politiques, notamment derrière Alphandéry, avant d’atterrir à la CDC (tiens, encore elle, décidément,  le  monde est petit). Il  y prend les rênes d’Icade, la  filiale immobilière de la Caisse,  ce qui lui vaut de nouer des liens avec un certain Gleeson, gendre du milliardaire rouge Doumeng,  et ami d’Alexandre Djouhri. Début 2007, Bertier quitte Icade et devient consultant à Bruxelles  dans le domaine de  l’énergie.  C’est là qu’il fait connaissance avec Kretinsky : ils ne se quitteront plus. Le  Français est semble-t-il pour beaucoup dans l’ascension fulgurante du Tchèque. Bertier est d’autant plus utile qu’il a de solides relations dans la Macronie.  On peut citer Dominique Marcel, patron d’une filiale de la CDC, la  Compagnie des Alpes, et sa directrice générale n’est autre qu’Agnès Pannier-Runacher dont on sait qu’elle est devenue en octobre 2018 Secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire. Il peut s’appuyer également sur Augustin de Romanet, patron d’ADP. Bref, c’est Bertier qui négocie le rachat des parts de Matthieu Pigasse dans Le  Monde. Les  deux se disent en effet « amis de trente ans » et au coeur de cette amitié il y a « Icade »*!  Sur les dossiers énergétiques, c’est Etienne Bertier qui rencontre régulièrement les conseillers économie et énergie de l’Elysée. Et dans le « big-bang » de l’énergie voulu par Macron, l’énergéticien tchèque semble avoir toute sa place. Voilà néanmoins un petit monde où l’on croise toujours les mêmes (cf. ci-dessous*) !

Un silence qui en dit long.

L’Elysée se tait sur l’arrivée pourtant on ne peut plus voyante de Daniel Kretinsky  dans le paysage français. Le ministre de la Culture, Frank Riester a fait le service minimum devant l’émoi des journalistes et de la rédaction, suscité  par l’arrivée de ce nouvel actionnaire au journal Le Monde : « la question d’un actionnariat étranger sur des grands titres français est une question importante ! » déclare-t-il sans aller plus loin. Peut-être qu’au « château » on n’est  pas  mécontent de cette nouvelle emprise sur un journal qui ne se prive pas  de  divulguer des informations déplaisantes comme dans l’affaire Benalla.  On comprend  pourquoi le soutien inconditionnel Xavier Niel  ne semble  pas apprécier l’arrivée de ce nouveau venu, qui, de plus, vient de racheter les parts (20%) que l’espagnol Prisa a dans Le Monde, et garde la possibilité d’acquérir à tout moment l’intégralité restante des parts de Matthieu Pigasse, ce qui serait une réelle  prise de contrôle du quotidien. De  son côté,  Kretinsky joue l’apaisement,  dénonce la campagne qui le présente comme un suppôt de  Moscou, se présente comme un amoureux de la France et de sa langue qu’il parle  parfaitement, et comme un europhile convaincu. Il justifie son investissement dans les médias qu’il considère comme une mission démocratique face à la  montée des populismes. Un vrai macroniste quoi !

*Icade  dont  le CA de 2007  est composé d’Augustin de Romanet, Serge  Grzybowski, Edmond Alphandéry, Dominique Marcel, Agnès Pannier-runacher, Thomas Francis Gleeson, Thierry Gaubert.

 


ADP : UNE AFFAIRE DE FAMILLE ?

Aéroport de Paris

 

La privatisation d’Aéroport de Paris est hors norme.

Evacuons l’argument du « libéralisme », c’est un faux nez qui ne permet en aucun cas d’y voir une volonté de l’Etat d’abandonner son dirigisme. D’abord, le néolibéralisme de Macron n’a rien à voir avec le libéralisme économique classique, comme je l’ai déjà évoqué dans une précédente note. Privatiser ADP n’a pas beaucoup de sens du point de vue économique. En effet, privatiser une entreprise en situation de monopole et à vocation de service public, et même à caractère stratégique, quand l’Etat est déjà actionnaire majoritaire, c’est une hérésie. ADP est dans une situation de monopole sur le marché des installations aéroportuaires utilisées pour les transports aériens en provenance et à destination de l’Île-de-France. Comme l’indique son document de référence, il n’a aucun concurrent dans un rayon de 300 kilomètres  et sa zone de chalandise rassemble 25 millions d’habitants, dont le revenu moyen est supérieur à la moyenne française. Or toute entreprise privée en situation de monopole vend ses produits à un prix plus élevé et avec une qualité moins bonne qu’une entreprise en situation de concurrence. Le prix d’un monopole est d’autant plus élevé et la qualité de ses produits d’autant plus faible que ses clients y sont peu sensibles, ce qui est assez largement le cas de ceux d’ADP. Cette décision est d’autant plus  contestable que c’est une formidable machine à cash qui rapporte chaque année à l’Etat 170 millions d’euros de dividendes et 260 millions d’euros d’impôts sur les sociétés.  Cet équipement est une pépite dont l’Etat est pour l’instant actionnaire à 50,6%. Dans ces conditions, les raisons avancées par le gouvernement sont obscures et le schéma proposé d’une rare opacité.

Une vieille histoire.

Le dossier est porté par Augustin de Romanet, sous la houlette d’Alexis Kohler. Le PDG d’ADP est un haut fonctionnaire issu de la Direction du budget à Bercy. Son parcours en fait l’un des rares grands patrons qui a les faveurs d’Emmanuel Macron. Probablement à cause de son origine mais aussi par ses postes successifs de cabinets ministériels sous Jacques Chirac, notamment chez Jean Arthuis, dont on sait qu’il a été l’un des premiers soutiens à Macron en 2016. Augustin de Romanet fut aussi  directeur de cabinet adjoint  de Jean-Pierre Raffarin quand il était Premier Ministre. Il est devenu ensuite le patron de la CDC (Caisse des Dépôts et Consignation), outil stratégique de tout gouvernement et c’est Hollande qui l’a nommé à la tête d’ADP (sur demande de Bernadette Chirac)… C’est ainsi qu’il est l’un des rares à avoir rencontré le Président fraîchement élu, une semaine avant son investiture. En décembre 2017, il est nommé, entre autre, président du conseil d’administration du domaine de Chambord, un témoignage de confiance alors que Macron souhaite rétablir les chasses présidentielles. Bref, le « chouchou » est aux avant-postes de la privatisation, projet dont on sait que le Président l’avait déjà en tête quand il était ministre : à deux reprises il avait essayé de convaincre Hollande, sans succès.

De nombreux réseaux à la manœuvre.

D’abord ceux de la CDC, bras armé financier de l’Etat. Une maison que connait bien Macron. Son ami, Antoine Gosset-Grainville, inspecteur des finances lui aussi, ancien dir-cab de Fillon à Matignon, fut directeur adjoint de la CDC. Et son mentor, Jean-Pierre Jouyet, y avait été nommé directeur général en 2012  par Hollande pour remplacer … de Romanet qui partait à ADP. Chez ADP, le directeur de l’immobilier est Serge Grzybowski, qui a été pendant 7 ans le PDG d’Icade, filiale de la CDC. On voit l’intérêt quand on sait que l’aéroport dispose d’un foncier de 8 000 ha en région parisienne. D’autres acteurs du projet sont au cœur d’En Marche !  Au parlement, le rapporteur de la loi Pacte qui porte le projet de privatisation n’est autre que le député Roland Lescure, président de la commission des affaires économiques. Il travaillait l’année dernière sur le dossier avec Aigline de Ginestous, collaboratrice parlementaire, ancienne de chez Rothschild, qui a été nommée en octobre dernier cheffe de cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, nouvelle Secrétaire d’Etat auprès de Bruno Le Maire. Cette dernière, inspectrice des finances passée par HEC connait très bien Alexis Kohler, car issus tous les deux de la même promo de l’ENA. Et c’est aussi une ancienne de la « Caisse ». Enfin, le gouvernement est conseillé sur ce dossier par la filiale parisienne de Bank of America, qui a été rejointe par un ami du Président, Bernard Mourad, ancien dirigeant du groupe Altice, appartenant à … Patrick Drahi. On reste en famille ! Voilà une privatisation bien encadrée.

Un intérêt douteux. 

Après Toulouse,  Nice et Lyon, ADP va être à son tour privatisé, sauf si le referendum réussit à être organisé. ADP serait transformé en une concession de 70 ans. La situation et les perspectives financière d’ADP sont très bonnes et l’Etat devrait donc vendre ses actions à un prix élevé, qui doit être supérieur à la somme actualisée des dividendes auxquels il va renoncer, pour que cette privatisation ait un intérêt financier pour lui. Alors que la vente de l’entreprise est estimée à 8 milliards d’euros, il est prévu de payer jusqu’à 1 milliard  aux actuels actionnaires : payer  pour privatiser, voilà qui est surprenant. Il y a une autre bizarrerie, l’Etat prévoit de racheter les actifs d’ADP au terme de la concession. Donc, pour le bénéficiaire de l’opération, l’acheteur de la société d’aéroport, ce sera un double jackpot ! Du cousu main. Sans entrer dans les détails  techniques et les exigences de l’Etat pour sécuriser la  privatisation, celui-ci a rarement su définir les besoins à satisfaire par ses concessionnaires sur une longue durée et les modifications qu’il a apportées aux cahiers des charges des concessions ont souvent conduit à une hausse des prix et des bénéfices des concessionnaires. Compte-tenu du caractère unique en France des aéroports de Paris, le cahier des charges sera particulièrement difficile à définir et on peut craindre que, sur une période de 70 ans, il soit modifié au profit des actionnaires d’ADP. On a donc hâte de savoir quel sera l’heureux bénéficiaire. Quant à l’utilité de la manoeuvre, sauf à récupérer 8 milliards d’argent frais pour jeter dans le tonneau des Danaïdes et boucler le budget, on a du mal à le saisir.  Cela ressemble à vendre les  bijoux de famille quand on est  dans l’impasse financière.

 


MA REVUE DE PRESSE COMMENTEE

Presse

 

Le monde comme il va …

Les nuages sur l’économie.

Les mauvais signes continuent de s’accumuler. La croissance continue de s’affaiblir dans la zone euro et l’inflation ne fait pas mieux, à son plus bas niveau depuis 18 mois (entre 1,1 et 1,3%) très loin de l’objectif de la BCE (2%). L’Italie est au bord de la récession, et l’atonie a gagné , après l’Allemagne, la France et l’Espagne. LA Fed américaine s’est résignée à baisser ses taux pour soutenir elle aussi une croissance qui fléchit. Du coup les investisseurs sont inquiets , notamment à cause des tension commerciales  entre la Chine et les USA, et l’or redevient une valeur-refuge : c’est la nouvelle « ruée vers l’or ». Les cours flambent à près de 1 500$ l’once. Quant au Royaume-Uni, après les annonces de Johnson, il plonge nettement, monnaie et récession (- 0,2%) !

Effets désastreux du protectionnisme.

Le tour belliqueux que prennent les relations sino-américaines nous met à la merci du moindre dérapage, compte-tenu du caractère imprévisible des réactions de Trump déjà en campagne électorale, avec à la clé le chaos sur les marchés financiers. Les effets de la confrontation sont mesurables sur le commerce, l’investissement et la croissance. Le protectionnisme brandi par Trump n’a pas protégé l’industrie, les emplois ni le pouvoir d’achat US. La démonstration est faite qu’il est inopérant dans une économie largement mondialisée, interconnectée où tout le monde est client, fournisseur et créancier tout-à-la fois. Ce sont les producteurs et les consommateurs qui paient les pots cassés. Le plus grave c’est que l’Europe est totalement inexistante et si elle ne se réveille pas, c’est la Chine et les Etats-Unis qui se partageront le monde… sur son dos.

L’hydre islamique.

Serait-on revenu 20 ans en arrière ? Un attentat à la voiture piégée a fait 14 morts à Kaboul … En 2018 près de 4 000 civils ont été tués à travers le pays, dont 1 500 au mois de juillet. Pourtant les talibans mènent des pourparlers avec les Etats-Unis. En Irak et en Syrie les combattants de l’E.I. harcèlent les troupes, profitant  des divisions entre arabes et kurdes. Une guérilla classique qu’ils savent mener, avec son cortège d’embuscades, de mines et d’assassinats. Le feu mal éteint continue de couver. On n’en aura jamais fini, mais qui les finance ?

Le climat.

On ne peut écarter les rapports du GIEC et en même temps on n’est pas obligé de plonger dans les délires des apôtres de la décroissance. Le réalisme veut que rien ne se fera de crédible contre les entreprises, le libre-échange et la capacité d’innovation du secteur privé. Le monde libre est le meilleur allié du défi environnemental, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas réguler le capitalisme. C’est le monde libre qui aujourd’hui héberge les pays qui font le plus d’efforts pour diminuer leurs émissions, grâce à  leur capacité d’innovation permanente. Les démocraties dites « illibérales » n’ont pas montré jusqu’à présent le même volontarisme.

Repentance.

Le summum de la repentance autoflagellante a été atteint pas l’actrice américaine Rosanna Arquette qui s’est dite « désolée et dégoutée d’être née blanche et privilégiée, avoir honte de sa nature … ». Jusqu’où ira-t-on ? Ce pays va décidément très mal, perdu entre ce genre de mentalité et les fusillades !

Et en France…

Rénovation énergétique.

Le gouvernement va mettre un sérieux tour de vis sur les aides énergétiques, faute de moyens. Il va donc revoir le dispositif. Il y a une catégorie de population qui n’y aura plus droit. Vous ne savez pas laquelle ? Eh bien je vais vous le dire : le crédit d’impôt transition énergétique devrait disparaître en 2020 pour les... 20% de ménages les plus aisés ! Oui, oui, encore eux, toujours la même catégorie.

Sécheresse.

Avec les épisodes de canicule, la sécheresse sévit dans beaucoup de régions de France. Et notre territoire, avec ses 17 millions d’ha de forêts, est très vulnérable. Et bien malgré tout, 2019 n’aura pas été une année catastrophique en matière de surfaces boisées brûlées : 3 900 ha, un peu plus que les 3 000 de 2018, mais nettement moins (pour l’instant)  que les 19 700 ha de 2017, année noire. L’absence relative de vent est un élément d’explication. L’utilisation des drones et une organisation toujours plus perfectionnée de la surveillance en est un autre. Cela n’empêche pas qu’on doive déplorer, malheureusement, la mort d’un pilote d’avion-pompier. On oublie aussi que si les sinistres sont plus rapidement circonscrits c’est grâce à leur talent et à leur bravoure.

Progrès ?

A Angers, Casino ouvre un hyper sans personnel le dimanche après-midi, ce qui lui permet de contourner l’interdiction d’ouverture après 13H. L’enseigne de M. Naouri  inaugure donc les « hyper automatiques », et a choisi Angers pour expérimenter le dispositif. Néanmoins, une ouverture partielle parce que des rayons ne pourront offrir le service habituel : vins, alcools, boucherie… seront fermés. Une percée qui pourrait déboucher sur des ouvertures 24H sur 24. Angers, ville connectée ! Bon, apparemment l’expérience n’emballe pas le maire Christophe Béchu.

Asile.

Pour une fois, on applaudit : la France va accueillir 31 femmes Yazidies et leurs enfants, victime en Irak de l’EI qui les avait mises en esclavage. Cela porte à 75 le nombre de familles Yazidies arrivées en France depuis 2018. C’est peu, mais c’est déjà ça. C’est mieux que de rapatrier des djihadistes dans la plus grande discrétion.

Gafa.

On le sait, la France, faisant cavalier seul, a voté une taxe de 3% sur les revenus des Gafa réalisés en France. On pensait que ça n’était que justice. En fait, la mesure ne servira à rien. Amazon va répercuter les 3% sur ses prestations. Autrement dit c’est encore le cochon de payant qui va être sanctionné. Sauf que Trump a été furieux et a menacé de taxer notre pinard. En plus, on n’évitera peut-être pas les mesures de rétorsion. Mais comment soigner la myopie de M. Le Maire ?

 


LE CAFE DU COMMERCE EN CONTINU…

Chaines d'info en continu

 

Baratin H24.

Pas une pour relever l’autre. Les chaines d’info en continu,  BFMTV, CNEWS, LCI… occupent l’espace  médiatique à longueur de  journées, ressuscitant le bon vieux café du commerce. Les tables rondes qui s’enchaînent avec à peu près les mêmes abonnés chaque jour, sont censées nous informer   en temps réel et dans le détail du moindre événement qui se passe sur la  planète. Sont  convoqués  alors les spécialistes et les  experts pour éclairer notre lanterne et nous permettre de comprendre le pourquoi du comment, sur fond d’images qui se répètent en un insupportable bégaiement. Mais on y apprend bien peu de choses, car ces intervenants n’ont bien souvent que  leur avis discutable à nous proposer et encore faudrait-il qu’il soit documenté, ce qui est rarement  le cas. J’en ai fait le constat sur des sujets bien précis que je connais bien.  Et si un « invité » a l’outrecuidance d’émettre une hypothèse ou un jugement différent, il  est aussitôt  rembarré et disqualifié en mots parfois crus. Les débats  s’éternisent et tournent en rond car il faut tuer le temps à tout  prix. Alors ça baratine et refait le monde, comme  on le faisait autrefois derrière le comptoir du café du coin, quand l’ingénieur de chez Citroën côtoyait l’employé de bureau  et la concierge devant un verre de côtes du Rhône (vécu).

Priorité au futile.

Si encore les sujets en valaient la peine. Il suffit de lister ceux qui ont été  abordés récemment  pour s’apercevoir qu’on se contente  de suivre la plus  banale des actualités. On se demande alors si informer  est vraiment le but, il s’agirait plutôt de distraire. Qu’on en juge : on a enduré « l’affaire des homards rugissants » pendant deux semaines pour enchaîner sur la tenue de Sibeth N’Diaye suite à un tweet de Nadine Morano forcément raciste, puis il a fallu se gaver jusqu’à plus soif de la venue de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale à cause de quelques députés qui ont osé dire qu’ils avaient autre chose à faire, et « the last but not the least » le scandale des « podiums du tour de France » … Sans oublier la canicule objet d’adoration pour cause de preuve irréfutable du réchauffement climatique, notez que les mêmes ou leurs prédécesseurs disaient déjà la même chose en 2003, avec les mêmes prophéties. A côté de ça, on a eu droit  à une simple citation pour la désignation de Ursula Von der Leyen à la tête de la Commission européenne, événement pourtant autrement plus important. Mais ces médias se contentent trop souvent de choisir des sujets faciles qui ne touchent qu’à la surface des choses, qui permettent d’exploiter facilement l’émotion ou de surfer sur l’indignation collective. Le futile prime sur l’essentiel mais ce n’est  pas  sans conséquences.

Abrutissement collectif garanti.

Il conviendra de commencer par affirmer que, même dans le  superficiel, ces chaines d’information sont orientées. Elles puisent leur énergie inépuisable dans le façonnage de la « société progressiste ».  Car les commentateurs, à défaut d’être experts, sont tendancieux et choisis pour ça. S’il arrive qu’un sujet important arrive au débat, par exemple  le projet d’ouverture de la PMA aux couples d’homosexuelles, il  convient que l’échange soit « apaisé » ce qui se traduit par « que tout le monde dise la même chose », car, le progrès étant une évidence, il ne se discute pas. En témoigne l’échange sur LCI entre Ludivine de La Rochère  et Maurice Szafran de Marianne, ce dernier reprenant vertement son interlocutrice sur ses positions « idéologiques » (donc  méprisables), comme si les siennes ne l’étaient pas !  A quoi bon inviter la présidente de la « Manif’  pour Tous », sinon pour la diaboliser évidemment…  Dans ce contexte, l’échange d’argument n’a plus lieu d’être. L’invective, l’insulte, la haine, se substituent à la discussion. L’indignation remplace  la  contradiction et occulte le vide des idées ou  l’insuffisance de la réflexion. Comme on le voit trop  souvent, ces pratiques  débouchent facilement sur le lynchage  médiatique avec  comme cible, comme par hasard et de préférence, un politique. De Rugy est le dernier à en avoir fait l’expérience, mais combien d’autres avant lui ?

La démocratie est la grande perdante.

Nous sommes tous sous le coup de la  « nouvelle inquisition », celle de Twitter, haut lieu de l’indignation sélective et de l’étalage de l’absence de culture, mais grand fournisseur de sujets. Le laconisme permet toutes les émotions et évite les arguments. Ainsi la vie politique est-elle ballottée  entre le futile et l’anodin, pour nous empêcher de voir des logiques à l’œuvre qui sapent les fondements  de notre démocratie : présidentialisme excessif, affaiblissement du Parlement, mise en cause de  la liberté d’expression, stigmatisation de personnalités dites « sulfureuses », psychiatrisation des avis divergents dont les protagonistes seraient « hystériques », mépris du peuple et de ce qui serait « populiste »…  Cette intelligentsia libertaire, majoritaire dans les médias, est au service des lobbies « progressistes », au premier rang desquels le lobby LGBT (là c’est certain, je vais être catégorisé immédiatement comme homophobe).  

Bienvenue dans le « nouveau monde », si tant est qu’il existe étant à bien des égards tellement pire que l’ancien. Après, on s’étonne que les gens n’aillent plus voter.

 


LIBERALISME : DE QUOI PARLE-T-ON ?

Liberalisme

Les observateurs de la vie économique ont coutume de dire que Macron pratique une politique libérale, là où personnellement je ne vois qu’une politique de gauche classique, essentiellement keynésienne pour le volet économique et libertaire pour le volet  sociétal. La  confusion vient de ce que, en effet, le libéralisme  n’est plus ce qu’il était. 

Le néolibéralisme.

Dans sa  conception de  l’économie, il a muté sous  l’influence de théoriciens  tels que Zygmunt Bauman, en idéologie de la mondialisation et dans sa conception politique en défense de la « société  liquide ». Ce néolibéralisme et le  progressisme social qui l’accompagne forment désormais ce que beaucoup entendent par « libéralisme ».

Ce néolibéralisme économique pour lequel seul compte l’échange qui « crée de la  valeur » débouche sur un libre-échangisme débridé qui ne tient pas compte des hommes et des territoires qui produisent les  marchandises,  ce qui justifie les réticences de nombre de députés  LR sur le contenu du Ceta. Il s’accommode de la vision keynésienne ce qui explique l’adhésion qu’il remporte  auprès de nos énarques technocrates, l’Etat  n’étant qu’un levier pour relancer  la consommation, rarement  pour réguler les échanges. L’essentiel est que ne soit pas contrarié le  « laisser-faire » dogmatique et ravageur. De son côté, le progressisme sociétal  qui considère que tout ce qui est techniquement possible  doit être réalisable, traduit une vision désincarnée de l’Homme, de sa naissance (GPA, PMA) à sa  mort (euthanasie), puisque seuls comptent les désirs individuels travestis pour l’occasion en « droits nouveaux ».

Force est de constater qu’une partie de la droite a suivi cette pente néolibérale, probablement par  méprise, plus certainement par attrait du pouvoir. Mais ce qu’elle  ne voit pas, c’est que cette dérive du libéralisme, venue des Etats-Unis, met en danger la démocratie libérale et les valeurs occidentales, et a réduit à néant le triomphe qu’elles avaient obtenu sur le communisme et l’idéologie soviétique. Ce "néolibéralisme" doit être combattu.

La pensée libérale classique.

La droite ne doit pas se laisser  prendre au piège. Elle peut, comme certains le prônent en réaction, proposer de privilégier le modèle étatiste, jacobin ou bonapartiste, interventionniste, et plutôt fermée au libre-échange,  qui a toujours animé une de ses principales composantes.  Elle ne peut pourtant pas s’abstraire de sa part de responsabilité dans la désindustrialisation, l’appauvrissement des classes moyenne et modeste, ayant été aux affaires suffisamment longtemps.  On voit bien que l’extension sans fin du domaine de l’Etat et en parallèle des impôts, n’a conduit qu’à gérer le déclin.

Le  moment est  venu de renouer avec le libéralisme classique car lui seul  permettra d’initier les  politiques nécessaires pour conjurer les totalitarismes  de notre temps, le péril islamique, et conforter  notre modèle politique. Car il conçoit la  liberté et son exercice dans des cadres établis toujours respectables : la nation, l’Etat de droit, la famille, et sur le plan culturel la conception occidentale de l’anthropologie.

Il faut donc faire  confiance à la liberté, en l’enracinant encore plus profondément au coeur du fonctionnement de notre société, il faut promouvoir l’initiative en la décentralisant, il faut protéger nos concitoyens en fixant les limites indépassables sans lesquelles triomphent la démesure et le « no   limit ».

C’est  la démocratie de la mesure : politique, économique, sociale, environnementale, culturelle, fondée sur la raison. Produire sur place ce qui peut  l’être dénote d’une vision du monde et des relations entre les hommes, une manière d’être qu’il faut absolument remettre au goût du jour. Car c’est  une démarche qui s’inspire d’une anthropologie prudente et humaine, dans laquelle l’homme n’y est pas un isolé.  Il ne s’agit nullement de plonger dans la caricature du protectionnisme ou de l’archaïsme. Le  libéralisme bien compris est ouvert au libre-échange dans le cadre d'une réciprocité  et de règles identiques pour les partenaires. Au-delà, Rappelons-nous simplement que la démocratie est mortelle, et la « libérale » plus fragile que les autres. Ses quatre piliers sont le développement économique et social, l’Etat de droit, le  primat de la  modération sur  l’extrémisme, l’adhésion des citoyens à la liberté politique.  C’est permettre aux citoyens de reprendre le contrôle de leur destin par la raison, la  responsabilité et la défense résolue de la liberté. Toutes les composantes de la droite peuvent se retrouver sur ces piliers.

Il existe une différence de fond entre le néolibéralisme, libre-échangiste, qui compte sur le ruissellement des capitaux par le haut pour irriguer l'économie alors qu'il  ne fait qu'alimenter la sphère financière et la spéculation qui va avec, et le vrai libéralisme qui consiste à donner aux entreprises les moyens de produire la richesse par le bas. Ainsi s'expliquent les lois néolibérales votées par Macron : suppression de l'ISF et flat tax. Ainsi s'expliquent les revendications des Républicains de baisse des charges et des dépenses publiques.

C’est la démocratie libérale, par ses valeurs, son équilibre entre l’individu et le collectif, qui nous protégera de l’écologisme radical comme elle nous a protégés hier du totalitarisme  soviétique. C’est encore elle dont les principes permettent de combattre le fascisme  islamique : il suffit de les  appliquer.  Ce que les néolibéraux ne font pas, à l’image d’une Assemblée nationale qui se couche devant l’infantilisme apocalyptique d’une Greta Thunberg.

 


LE GRAND MANIPULATEUR

Macron le grand manipulateur

 

 

Voilà une lecture d’été qu’on ne saurait trop recommander à qui veut comprendre la gouvernance de notre Président. Tout y est. L’enquête minutieuse de Marc Endeweld fourmille de détails et donne à peu près toutes les clés de compréhension à travers une documentation fouillée, parfois trop fouillis par souci de précision. C’est une sarabande de noms, dont certains très redondants, un passage au scanner du système de relations de Macron et de son entourage, une radiographie de son comportement, parfois jusqu’à la psychanalyse.  Le journaliste découpe au scalpel les relations du couple, met en lumière le rôle de Brigitte, à la fois coach et cornac, jalouse de ses prérogatives.  Vous découvrirez que Benalla n’est pas seulement un garde du corps et que son activité allait bien plus loin. Vous comprendrez aussi en quoi consiste le « néolibéralisme » macronien, bien dans la ligne de la gauche française, strauss-kahnienne ou fabiusienne … celle qui nous a pondu les 35 heures  et le mariage pour tous.

Opportunités et feu de tout bois pour une campagne

Comment faire une campagne nationale quand on n’a pas de parti ? Réponse, en utilisant tous les réseaux, y compris les plus éculés de la vieille politique. C’est que la candidature d’Emmanuel Macron est venue de bien plus loin qu’on ne le croit généralement. Le travail de lobbying de Brigitte Macron a été primordial pour attirer à droite. A Saint-Louis de Gonzague, elle trouve un lieu idéal pour noyauter : n’a-t-elle pas en classe les enfants de Bernard Arnaud ? Pour organiser la campagne, il y aura bien sûr En Marche ! et les « marcheurs », mais ce n’est pas l’essentiel. Tour à tour seront sollicités les Francs-Maçons, les réseaux de la Françafrique, ceux de la gauche modérée puis du centre-droit. On voit entrer en scène les réseaux algériens avec le milliardaire Issad Redrab qui vient réaliser quelques affaires en France au moment où Macron est à Bercy… C’est la valse des technocrates de tous bords qui rappliquent, séduits par la macronie. Même les circuits sarkozystes de la police sont mis à contribution, avec Ange Mancini et Squarcini…

Séduire, utiliser, jeter

Avec Macron, la procédure est toujours la même. D’abord il séduit. Il a beaucoup de talent pour  attirer à lui. La période qui précède l’élection est le moment de tous les ralliements de tous ceux qui espèrent… Il y a ceux qui voient en lui le renouveau comme Gérard Collomb, ceux qui viennent se vendre par calcul et animés par la haine comme Bayrou, il y a ceux qui basculent après la défaite de Fillon comme les juppéistes et Raffarin. Ce dernier ouvrira son carnet d’adresses pour alimenter le cabinet d’Edouard Philippe. Les soutiens viennent de chez LVMH  avec Dutreil et Donnedieu de Vabres. Le riche Henri Hermand  est un supporter de longue date et ouvre bien des portes… Macron est fasciné par Xavier Niel, Patrick Drahi apportera le soutien de ses médias. Et puis, il y a le volet plus souterrain qui se révèlera après l’élection. Ainsi le rôle que joue Ludovic Chaker, agent plus ou moins secret dont dépend Benalla, les relations qu’ils entretiennent avec Djourhi …  Il sait flatter les egos : un détour par l’Auvergne et déjeuner avec Giscard avant de filer rendre visite à Charasse. Il ménage Sarkozy probablement par intérêt, mais ce dernier n’est pas dupe. Lui aussi a intérêt à jouer la carte du « rapport républicain ». Il a même poussé Darmanin et Péchenard pour l’Intérieur. Mais Macron utilise et ensuite oublie de remercier, à quelques rares exceptions près. Il privilégie le secret et l’opacité. Il est capable de tout. Parmi ses nombreux « amis » du tout-Paris, bien peu avaient perçu sa conception très verticale du pouvoir. Il les a tous oubliés une fois élu.  Même avec les grands patrons, le charme est rompu. Le Président méprise le Medef et le capitalisme français qu’il pressure et préfère ouvrir les portes de la France aux investisseurs étrangers qu’il reçoit en grandes pompes à Versailles…     

L’enfant-roi devenu président

Macron au pouvoir se comporte comme un gamin capricieux qui exige et qui prétend imposer son point de vue, forcément le meilleur. Ainsi a-t-il mis toute l’Europe contre lui. Quant aux Français on ne la leur fait pas. Ce Président qui les a insultés, a mis à l’écart tous les corps intermédiaires et qui vient ensuite leur parler d’humilité, ils voient bien qu’il ne porte pas une ambition collective.  « Macron ne supporte pas de perdre le contrôle et en plus il a l’angoisse de déplaire », explique un de ses collègues de chez Rothschild.  Il est condamné à une fuite en avant perpétuelle. Après le désenchantement exprimé par le mouvement des « Gilets jaunes », il est reparti à la reconquête des chaumières avec son « grand débat », mais les sondages restent majoritairement hostiles. Faute d’empathie, le « jouet est cassé ». Les mots sonnent creux. Il n’a toujours pas compris.

Le rapport inversé au peuple

Le peuple aime les preuves d’amour. Macron veut qu’on l’aime. Comme il est trop narcissique, il croit qu’on doit l’aimer pour lui-même, ce dont le peuple n’a que faire, excepté quelques ébaubis fascinés par son talent de séducteur. C’est comme un prof qui entre dans la classe : les élèves sentent tout de suite si  ça va le faire. Pour les Français, c’est pareil, et ils sentent bien que ça ne le fait pas. Cet homme-là n’aime que lui. Il a accepté l’aide de tout un éventail politique pour prendre le pouvoir. Il a mis en place un fonctionnement de cour avant sa victoire. Il n’est pas certain que tous les courtisans oubliés, et ils sont nombreux, se refassent prendre une seconde fois. Certains même veulent lui faire payer son mépris. Les circonstances de 2017 étaient exceptionnelles et il les avait anticipées.  Que se passera-t-il en 2022 : le château de cartes qui lui a permis de gagner pourrait bien s’écrouler , car en fait, il n’a aucun réseau à lui.

 

Le grand manipulateur - Les réseaux secrets de Macron-  Stock  Marc Endeweld.


MA REVUE DE PRESSE COMMENTEE

Presse

 

Intelligence artificielle

Soft Bank lance un nouveau fonds de plus de 100 milliards de dollars pour investir dans l’intelligence artificielle.  Microsoft, Apple  … sont parties prenantes évidemment. Villani est bien loin avec son petit  milliard !

Chômage

Une embellie trop fragile selon J.M. Vittori. Le chômage continue de baisser, et c’est bien, mais trop lentement. Sur un an  la baisse est de 2%.Il reste encore  3,4 millions de chômeurs et si on ajoute les emplois partiels on recense près de 5,5 millions de demandeurs d’emploi. Une proportion 1/3 plus élevée que dans l’Union européenne.  C’est trop alors que les signes de faiblesse persistent : le chômage des femmes ne diminue pas, de même que celui des séniors.  Le nombre des chômeurs de longue durée reste beaucoup trop élevé.

Croissance.

En France elle fléchit au 2ème trimestre à 0,2%. C’est la  consommation des  ménages qui flanche,  malgré les gains de pouvoir d’achat financés à la suite des Gilets jaunes, environ 8,5 milliards d’euros, dont les 2/3 sont allés alimenter l’épargne. On notera un léger redressement de notre commerce extérieur. Le ralentissement européen, lié aux tensions commerciales provoquées par Donald Trump, aura-t-il raison de la capacité de résistance tricolore? La reprise de la croissance n'est pas garantie et dépendra en tout premier lieu de la transformation du regain de confiance des ménages en consommation.  C’est pas gagné !

Economie allemande.

C’est pas gagné, d’autant plus que les nuages noirs s’amoncellent sur l’économie de notre voisin. Le ralentissement allemand touche plusieurs secteurs industriels : l’automobile, la métallurgie, la fabrication des machines sont les  principales touchées. Les  prévisions de croissance du pib pour l’Allemagne tournent autour de 0,6-0,7%. Un trou d’air qui deveint une faible  conjoncture durable  … avec une menace de récession.

Essoufflement de l’économie mondiale

Pour couronner le tout le FMI revoit à la baisse la  croissance mondiale pour la quatrième fois. Presque partout, les  économies sont languissantes. Une morosité largement due à la guerre commerciale que se livrent Les Etats-Unis et la Chine. Tant dans les pays avancés que dans les émergents, l’investissement et la demande de biens de consommation restent modérés. Et ce sont surtout les émergents et les pays en développement qui noircissent le tableau. Les incertitudes sont telles que les prévisions ont encore une forte probabilité d’être revues à la baisse. Ce qui alimente la fuite en avant des  politiques monétaires « accommodantes ».

Mauvaise  donne

Pascal Durand a critiqué l'intervention de François-Xavier Bellamy au Parlement européen parce que celui-ci se réclamait de Charles Péguy en qui l’écolo voit un « nationaliste belliqueux et réactionnaire ».  C’est  l’inculture et  l’ignorance qui s’érigent  en donneuses de leçons. Pour faire  court : Péguy était un chrétien de gauche et son patriotisme, qui se réclame de Corneille, de Michelet et de Victor Hugo n'est ni contre-révolutionnaire, ni autoritariste, ni antisémite. Il  est l’antidote du nationalisme ! Pascal Durand devrait retourner à l’école  avant de tweeter.

Menus constats

On a retrouvé le téléphone disparu de Benalla et il a livré ses  secrets, mais curieusement ça a l’air de n’intéresser personne, même quand il s’agit des comptes  de campagne du candidat Macron.

Sécurité : hausse vertigineuse des cambriolages. On en est à 645/j . Mais M. Castaner  doit trouver ça normal.  Il faut dire que  la  police est à bout de souffle. La preuve : les suicides qui s’additionnent dramatiquement dans les rangs des fonctionnaires. Mais il semble qu’on s’en émeuve moins que pour d’autres victimes.

Pour Macron on était  passé des Gilets jaunes au Maillot jaune !  Mais c’était avant qu’Alaphilippe perde le Tour.

Migrants

La  France continue d’être débordée. Est-on à la veille d’une nouvelle vague ? Un indice : la Grèce voit augmenter le nombre des migrants qui prennent pied sur son sol. 

Sanchez toujours sans fauteuil

Les socialistes et Podemos  ont été incapables  de s'entendre. L'échec de l'investiture de Pedro Sanchez -qui est toujours en fonction- prolonge l'instabilité d'une Espagne à la recherche d'un gouvernement. La date du 23 septembre pour trouver une solutions sera vite là  ; sinon ce sera de nouvelles élections   ...

 


L’ECONOMIE VUE PAR LE PLOMBIER

économie plomberie

 

Voilà une démonstration parlante et concrète qui va vous permettre de comprendre comment fonctionne l’économie mondiale. Je l’ai tirée de l’excellente lettre de Marc Fiorentino et ne résiste pas à l’envie de vous en faire profiter.

Partons du vieux problème de la baignoire que tous ceux de ma génération ont eu à résoudre :

« Une baignoire a une contenance de 150 litres. Elle a 3 robinets. Le premier peut la remplir en 3h, le second en 5h et le dernier en 10h.
Sachant que la baignoire a une fuite de 35 litres par heure :
- Combien faut-il de temps, malgré la fuite, pour remplir la baignoire en ouvrant les 3 robinets simultanément ?
- Et combien aura-t-on consommé d'eau ? »

La baignoire, c’est l’économie réelle.

Mais c’est une baignoire qui se remplit difficilement, comme le montrent les faibles taux de croissance et surtout les taux faibles d’inflation, alors que les banques centrales y déversent des milliards de litres de liquidités (les  politiques de Quantitative Easy). Mais la baignoire fuit.  Et pas  qu’une fuite !

Trois trous béants : démographie, technologie, révolutions sociétale.

Ces trois trous proviennent de la démographie qui explose, de la technologie  qui nécessite beaucoup d’investissements et provoque beaucoup de transformations  des  modèles économiques, de la révolution sociétale que suscitent l’environnement, des « millenials » la génération qui balaie  tous les codes, et donc la déconsommation et bientôt la décroissance qui vont avec, sous la pression écologiste et des changements de mentalité. Résultat : plus les banques centrales déversent leurs liquidités et moins l’impact sur la croissance réelle et l’inflation est fort car les trous s’agrandissent.

Les mauvaises dérivations.

Mais le problème de plomberie n’est pas le seul. Il y en a un autre : cette masse phénoménale d’argent qui ne reste pas dans la baignoire  ne va pas là où il faudrait. Elle ne se volatilise pas, elle va dans des réservoirs immenses : ceux des actifs financiers et immobiliers, entre autres. Et c’est là où le bât blesse : dans ce jeu de tuyaux, il y a l’énorme dérivation du système financier. Car si l’inflation réelle est faible, celle des actifs est explosive. L’argent qui ne reste pas dans la baignoire du fait des trois trous béants s’écoule, à travers le gros tuyau du système financier, dans des réservoirs qui débordent : la Bourse, l’immobilier et toutes les classes d’actifs. Au lieu d’alimenter l’économie réelle !

Déperdition de l’économie productive.

D’un milliard de litres d’eau déversés dans la baignoire de l’économie réelle, il ne reste peut être que 100 000 litres…une goutte d’eau, les 999 900 000 litres restants vont dans les réservoirs d’actifs. Cette gigantesque dérivation entraîne une frustration grandissante du côté de l’économie réelle et un phénoménal gonflement des réservoirs d’actifs,  avec comme conséquence une autre explosion,  par le haut, celle des inégalités. Les banquiers centraux ne comprennent pas que la baignoire est percée, et même s’ils le comprenaient, ils ne sauraient pas boucher les trous. On voit bien que les politiques comprennent encore moins,  d’autant moins qu’ils profitent de la masse de liquidités dans les réservoirs d’actifs pour financer leurs dettes et déficits. Une spirale sans fin qui ne peut déboucher que sur une catastrophe. Ainsi s’explique qu’on est 2 200 milliards de dette publique et 4 000 milliards de dette  privée.

C’est simple non ?

Bon, il nous faut un plombier….Vite, très vite ! On comprend les inquiétudes de Christine Lagarde et ce qui l’attend à la tête de la BCE…

 

 


MIGNONNE ALLONS VOIR SI LA ROSE…

Podium du tour

 

La sortie de Fatima Benomar qui demande qu’on retire les  jeunes filles qui remettent les bouquets sur le podium du Tour de France, au nom du féminisme, me  fait bondir.

C’est un rituel incontournable, à la fin de chaque étape de la Grande Boucle : les gagnants du jour grimpent sur le podium, accueillis par deux élégantes jeunes femmes qui les aident à enfiler leur maillot avant de conclure par une bise sur la joue. Tradition sexiste ?  Il  y a bien assez à faire  avec le voile islamique et la burqua, sans parler du scandale de l’excision,  autrement dégradants pour la condition des femmes.  Mais surtout quelle méconnaissance de notre culture  qui puise  ses racines dans le monde gréco-romain. J’ai envie de crier : « A moi Praxitèle ! ». Oui, nous avons hérité du culte de la beauté que  les Grecs puis les Romains ont sacralisée avec la plastique féminine. Faudra-t-il retirer de nos musées les statues grecques et romaines qui les peuplent ?  Faudra-t-il censurer la « Naissance de Vénus », chef d’œuvre de Boticcelli ? Faudra-t-il renoncer aux défilés de haute couture,  animés  par des mannequins triés sur le volet ?  Faudra-t-il renoncer  à élire nos « miss quelque chose » à commencer par « Miss France » ? Et que dire de « l'origine du monde » de Courbet, avec  son gros  plan sur le sexe féminin !!!  Les Grecs et les  Romains avaient le culte du beau et nous ont transmis le  goût  pour l’esthétique dont le corps féminin est devenu le symbole. 

Plus près de nous la geste « courtoise »,  qui a codifié les relations entre les femmes et les hommes, à travers la « courtoisie » qui permettait et permet encore je l’espère, de reconnaitre un homme « bien élevé », nous rappelle l’attention que les hommes doivent porter aux femmes, à commencer par le respect…  Alors oui, il y a un métier qui consiste  à être « hôtesse ». Dans notre culture, une jolie femme est une façon de mettre en valeur un événement. C’est une tradition,  et il n’y a là aucune discrimination, mais plutôt une admiration qui se perpétue. Il n’y a que dans les cerveaux malades  que peut prospérer l’idée d’une ségrégation, à  moins que ce ne soit l’expression d’un égalitarisme forcené. Une telle interprétation ne peut reposer que sur une culture lacunaire et l’ignorance.  Fatima Benomar devrait réserver ses forces pour lutter contre l’obscurantisme  où il y a beaucoup à faire par les temps qui courent.

Pour ma part, je continuerai de célébrer la Femme comme « l’avenir de l’Homme » , comme le chantait Jean Ferrat et je garderai en référence le  poème de Ronsard : « Mignonne allons voir si la rose … ». Je déplore que dans notre classe politique,  personne n'ait pensé à rappeler  ces fondamentaux et l'on a dû supporter en plus les inepties de Mme Schiappa.

Non mais !

 


BOJO AU PIED DU MUR

Boris Johson

Boris Johnson a obtenu ce qu’il voulait : il campe désormais au « Ten » (10 Downing Street). Une rue qui pourrait bien porter son nom avec son arrivée : « la rue en pente » !  Car la place, il l’a obtenue avec une surenchère sur le Brexit qui risque fort de se retourner comme  un boomerang.  Fidèle à lui-même, il a commencé par réclamer  une renégociation du traité  obtenu par Theresa May. Fin de non-recevoir de Michel Barnier  sur le même ton. On en est là.  Le 31 octobre verra-t-il  le Royaume-Uni sortir de l’Union sans accord ? L’hypothèse devient très probable. Car on ne voit pas comment Le  fougueux Boris  obtiendrait ce que Theresa n’a pas obtenu après 3 ans de négociations.

Pourtant un « Hard-Brexit »  serait désastreux économiquement.

Les  conséquences  d’une sortie sans accord sont autant sous-estimées qu’occultées et d’autant plus redoutables que personne ne s’y est vraiment préparé. Les britanniques devraient ouvrir les yeux. Le  Brexit leur coûte déjà très cher :  perte de croissance depuis 2016, chute de 20% de la Livre, regain d’inflation, effondrement de l’investissement, chute vertigineuse des entrées de capitaux divisées  par trois… Autrement dit, s’il   y a une certitude au bout du chemin c’est  celle de la  récession économique assortie d’un choc financier pour la City qui n’aura pas de période  d’adaptation pour gérer ses relations financières avec l’Union.

Les conséquences politiques sont encore  pires.

On ne voit pas comment la démocratie britannique va pouvoir retrouver son équilibre devant cette fuite en avant populiste, incarnée par les trois leaders Jeremy Corbin, Nigel Farage et Boris Johnson, qui se révèlent incapables  de mettre fin à l’instabilité gouvernementale et à la paralysie du parlement. A  croire qu’aucun n’a en tête l’intérêt supérieur du pays. Le Brexit menace même l’unité de la nation, car il ne manquera pas de relancer la revendication indépendantiste de l’Ecosse aussi bien que la reprise de la lutte armée par l’IRA en Irlande du Nord puisque aucune solution ne peut-être trouvée pour la frontière entre les deux Irlandes.

L’Europe aura sa part  du fardeau.

Même si le continent peut minimiser les effets d’une sortie sans accord, il n’est pas pour autant immunisé. Toute récession est forcément communicative,  d’autant plus que le  contexte n’est  pas brillant : trou d’air de l’Allemagne, ralentissement mondial. L’union sera-t-elle aussi unanime qu’elle  l’a été jusqu’à maintenant ? Le dernier sommet a montré des divergences de stratégie, et  la France n’est pas  sur la même ligne que l’Allemagne.  Pour l’instant le front tient, mais jusqu’à quand …

Les marchés financiers sont fragiles.

Une secousse comme celle d’un hard Brexit pourrait avoir des conséquences désastreuses.  Dans un paysage dominé  par le ralentissement  de l’activité et la montée des risques qu’une expansion monétaire incontrôlée, le gonflement des bulles spéculatives, la volatilité des actifs, rendent tout choc périlleux. L’augmentation des dettes publiques  et  le développement du marché de l’ombre non régulé sont des facteurs d’amplification  en cas de déclenchement de la crise. Et cette fois-ci les  Etats seront bien démunis  car  on ne voit pas comment ils auraient les  moyens de réagir, ayant déjà épuisé toutes leurs marges de manœuvre avec la politique de la planche à billets. Un choc sur la City dont l’importance reste encore prépondérante sur la planète financière, provoquerait  inévitablement une cascade « d’ajustements » impossible à mesurer.

Le Parlement ne veut pas d’une sortie sans accord.

Mais Boris Johnson, malgré ses gros bras et ses coups de menton  n’a pas  résolu  le problème  sur lequel Theresa  May a buté : le Parlement britannique a certes refusé de voter l’accord qu’elle a négocié,  mais il a voté aussi le refus de la sortie sans accord.  Et  encore dernièrement il a voté  en ce sens en obligeant BoJo  à passer par lui. Insoluble !  Il  ne resterait alors que le retour devant les électeurs.  Des élections générales très périlleuses avec  des populistes prêts à tous les mensonges, même les plus gros pour faire  gagner leur camp.  Sans aucun respect  pour l’intérêt supérieur de leur pays. Avec une quasi-certitude : les conservateurs en paieraient le prix par une lourde défaite et le « crash » de BoJo…  

Si les « Anglais » imaginent recouvrer seuls la  maîtrise de leur destin, face aux empires qui dominent actuellement le  monde, ils risquent de voir ce rêve se terminer en cauchemar. Quant à la main tendue de Trump, elle est trop  intéressée pour être honnête. Le Royaume-Uni ferait  bien de se  méfier.

 


MA REVUE DE PRESSE COMMENTEE

 

Quand délation vaut condamnation.

Dans la  jungle, terrible jungle, le lion est mort ce soir…  Rugy a  finalement  jeté l’éponge sous la pression du feuilleton des révélations de Médiapart .  Une technique habituelle pour ce  média qui fait de la délation son métier. Le coup de grâce : un montage de défiscalisation pas très clair….  Une semaine après, on s’aperçoit qu’il  n’y avait  pas scandale, sous réserve de plus ample informé.  Le  problème c’est  qu’il n’est jamais possible d’attendre que les  faits soient établis, la sanction de l’opinion publique est impitoyable. Le « robespierrisme » se porte bien.  Mais ceux qui coupent les têtes feraient bien de se méfier. Ils devraient se rappeler comment Robespierre  est  mort.

Encore plus de transparence.

C’est comme les lessives  avec Coluche : « Plus  blanc  que Blanc, c’est  quoi ? ». La  Rem veut encore plus de transparence après l’affaire De Rugy. Et on se demande : « plus transparent que transparent, c’est quoi ? – invisible ? ». Voilà à quoi on arrive dans ce monde où l’éthique se fait rare. A ne pas  confondre avec les tics, ni les tiques (celles-là elles prolifèrent). Cependant trop c’est trop. L’exigence de  pureté va la rendre suspecte ! Et on finira par élire des ectoplasmes. On aura au moins la transparence !

La disparition de la déclaration.

On ne pourra plus dire à Bercy qu’on l’aime. 12 millions de contribuables n’auront plus à déclarer leurs revenus.  Dormez en paix braves  gens, l’Etat s’occupe de tout.  Plus rien à déclarer  et pour beaucoup, souvent les mêmes, plus rien à payer. Douce  France  … pays de l’insouciance. Et  après  on voudrait que les Français soient des gens responsables ! Pourtant ce qui suit n’est pas drôle.

La dette publique.

Alerte rouge sur la dette « hors bilan » (Les Echos). Ah, vous ne le saviez pas, il existe des engagements « hors bilan », c’est la dette dite « implicite ».  Par exemple la provision visant à honorer les retraites futures des agents publics se monte à … 2 400 milliards d’euros.   Avec  une myriade d’autres  engagements,  ça monte à 4 000 milliards d’euros, et ça augmente de 360 milliards par an ! Et le drame,  c’est que le Parlement n’a aucun contrôle sur cette dérive. Alors Bercy peut bien se vanter de  gratter 9  milliards d’économies du fait des taux bas sur la dette implicite (100% du Pib), c’est une goutte d’eau dans la mer. La  signature de la France ne tient que par les 5 300 milliards d’épargne des Français : nous sommes tous les cautions de la dette publique.  Quand on observe que le débat à l’Assemblée  se focalise sur  moins de 10 milliards d’économies budgétaires, on est vraiment loin du compte : en comparaison,  la dynamique haussière des deux dettes atteint des sommes facteur 10 ! La dette  boule de neige n’est pas une hypothèse virtuelle,  alors que les ressources n’ont jamais été aussi rares.

Réforme des retraites.

Le rapport est enfin sorti. On a compris que l’âge de départ serait reculé à 64 ans (dit âge pivot). Delevoye nous a pondu un projet bien techno,  bien enveloppé, qui fusionne tous les régimes en un régime  universel  par points, qui dépossède les  partenaires sociaux et qui donnera aux gouvernements la haute  main sur les  montants par le  biais du prix accordé au point. Déjà,  les cadres sont menacés d’une baisse de leur pension. Application en 2025. On en reparle à la rentrée.

Habits de clown.

« Qu’est-ce qu’elle  a pas dit là ! » Nadine est  incorrigible.  Elle a osé dire que la  porte-parole du gouvernement s’habillait comme un  clown, ce qui est vrai, et que la référence au kebab était impropre à la gastronomie française, ce qui est encore vrai.  Accusation aussitôt en racisme !  Tellement facile. Nadine dit tout haut ce que beaucoup  pensent tout bas ! Qu’on se le dise !

On a marché sur la Lune.

Un anniversaire qu’il ne fallait pas  manquer et qui arrive  à point nommé comme  marronnier  pour les médias : il y a 50 ans « on marchait sur la Lune ». De quoi réactiver Jules Verne, Cyrano de Bergerac et évidemment Tintin, Tonnerre de Brest !  Tant pis  pour les adeptes du complot, Neil Amstrong  a bien mis le pied sur notre satellite. Et ce fut un authentique exploit ! 

Macron explose le budget.

Dépensier notre Président, bien plus que De Rugy. Il a dépassé son budget de 5,6 millions d’euros en 2018.  Par ces temps de disette budgétaire et  de déficits récurrents, ça fait un peu tache, non ? Il faudrait peut-être donner l’exemple et pas se  contenter de pérorer dans la lucarne pour exhorter les Français à se calmer.

Le nouveau monde.

Il  ne s’agit pas de celui de Macron, il est virtuel. Non, il s’agit du nouveau monde économique. Un monde avec une croissance molle et une inflation contenue, des taux nuls, voire même négatifs. Les États, mais aussi les entreprises (et un jour peut-être les particuliers ?) empruntent à taux négatifs, c’est-à-dire qu’on les paye pour leur prêter de l’argent. Les anciennes théories ne fonctionnent plus. Les politiques de relance des banques centrales auraient dû, en théorie, faire grimper l’inflation, mais elle reste basse, du fait de causes structurelles comme la démographie, l'impact déflationniste de la technologie et l'évolution sociétale vers la déconsommation subie ou volontaire. Conséquence : les raisonnements classiques ne fonctionnent plus. Il va falloir réécrire les traités d’économie. Mince !

Et vous trouvez ça normal  !

Eglises vandalisées, cloches volées de deux chapelles du Haut Var, statue du Général De Gaulle dessoudée à Evreux  ... Et on voudrait nous faire croire que la  France va bien !

 

 


LA FRANCE DANS LA PEAU !

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Nicolas Sarkozy vient de publier « Passions », un ouvrage dans lequel il a rassemblé ses souvenirs d’une vie politique bien remplie. C’est à la fois une chronique, des mémoires, une introspection, des portraits. C’est toujours une rencontre avec l’Histoire vécue. On est frappé d’abord par l’aspect fouillis d’un recueil qu’on sent écrit d’un seul jet, sautant d’un sujet  à l’autre sans fil conducteur apparent. On ne tarde pas à se rendre compte qu’il y en a un : l’engagement politique au service d’une « certaine idée de la France », avec une évidence que le récit foisonnant met en scène : une énergie jamais démentie. Sarkozy se raconte, il  empile les souvenirs depuis ses débuts en politique jusqu’à  son élection en 2007, vécue un peu comme un aboutissement,  ce qui n’empêche pas quelques  flashes sur son quinquennat. Au fil des pages, c’est le portrait d’un homme qui se dessine comme une incarnation de la France. Nicolas Sarkozy se livre, et tous ceux qui le connaissent le reconnaissent, tant son ouvrage transpire de sincérité et d’authenticité et se veut le reflet honnête d’une vie consacrée à l’amour du pays, placé au-dessus de tout.

Sincère.

C’est la  première impression qui ressort de la  lecture des premières pages : voilà un homme qui aborde  les sujets et les anecdotes qui lui reviennent sans aucun artifice.  Et quand il affirme « moi, on ne m’a rien donné, j’ai dû prendre, me servir moi-même » on le croit d’autant plus que nous sommes nombreux  à  pouvoir témoigner des obstacles que ses amis  ou adversaires n’ont jamais cessé de dresser devant lui  pour l’empêcher d’avancer. A chaque page, on reconnait celui qu’on a rencontré, côtoyé, tel qu’en lui-même.  Jamais l’image qu’on en a gardé n’est déformée par le récit qu’il  nous propose.

Authentique.

Ce qui intéressera le lecteur, me semble-t-il  c’est  le feuilleton complexe  de ses relations avec Jacques Chirac. Qu’il se soit appuyé sur lui, comme le jour où il lui permet de prendre la parole dans un  meeting, ou qu’il se soit imposé à lui en se rendant incontournable, ce sont des rapports qui peuvent passer du glacial au plus chaleureux.  Cela tient certainement aux deux tempéraments, mais aussi et surtout au talent d’organisateur,  à la force de conviction,  au dévouement jamais démenti, à l’enthousiasme communicatif de Nicolas Sarkozy. Avec  un moteur,  toujours  le même : la  soif d’avancer, la  volonté de brûler les étapes pour atteindre ce qu’il désire.  Ainsi il  devient maire, député, ministre, … et président.  Sa recette : l’énergie, les  convictions et l’amour de la France et des Français. Un leitmotiv : rassembler !

Honnête.

Mais Nicolas Sarkozy fait aussi preuve d’une grande honnêteté. Il sait reconnaître ses failles  et ses erreurs. Lui qui aime tout faire sait aussi faire confiance  et parfois mal la placer, à ses dépens, et le reconnaitre ensuite. On surprend dans le récit alors une grande humilité. Ainsi ses déboires avec Patrick Buisson… Certes, il n’est pas tendre avec François Bayrou, et on comprend pourquoi, mais l’ouvrage est aussi l’occasion de quelques jugements bien sentis  et pas volés. Il décrit avec beaucoup de pudeur ses relations avec François Fillon, complexes et quelques peu décevantes,  un peu comme le jeune cerf qui ferait profil bas devant le « dominant ». Pourtant, quel que soit la  personne visée, ça n’est jamais gratuit ni méchant, on reste dans le factuel, ce qui explique « qu’il n’en veut à personne » et on a envie de le croire. On partage même souvent ses constats. Je n’ai qu’une petite réserve, c’est son jugement sur Roselyne Bachelot. Il parle peu d’elle et l’expédie en disant qu’elle est méchante. J’ai pourtant connu une Roselyne très sarkozyste avant 2007, ne tarissant pas d’éloges sur le patron de l’UMP qu’il était devenu.  Il est vrai qu’elle n’a pas apprécié ce qu’on a appelé alors la « droitisation » sous  l’influence de Patrick Buisson. Et comme elle a son franc parlé…

Nicolas Sarkozy n’en a probablement pas fini avec la France et les Français. 

Et on se prend à pester contre toutes ses affaires montées  contre lui.  Il n’est vraiment pas tendre avec Hollande et  les  flèches qu’il lui décoche sont acérées. L’affaire Bettencourt s’est terminée par un non-lieu.  Il avait déjà eu à faire face à l’affaire Clearstream dont on comprend qu’elle avait pour but de l’éliminer au profit de Villepin. Le  complot fomenté par la gauche aidée  par une justice de connivence est d’une toute autre ampleur.  Le non-lieu de Tapie, le dossier du financement libyen qui s’avère complètement vide, autant d’accusations qui tombent mais qu’on a ressorties à bon escient pour nuire à ses candidatures.  Quel  homme  politique aura été autant accusé, villipendé, haï ! Et pourtant, sa sérénité étonne. Elle est celle de celui qui se sait innocent et qui a la certitude que justice lui sera rendue. En attendant, quel dommage pour la France et les Français. Imaginons seulement qu’il ait battu Hollande : la  France n’en serait pas là où elle est aujourd’hui.  Comme disent les  parlementaires qui l’ont rencontré récemment au Sénat : « Quel dommage de se priver  d’un tel talent ! ».

Il est bon de penser qu’il est toujours disponible. Sait-on jamais !

 

Nicolas Sarkozy, PASSIONS, Editions de l'Observatoire.


MA REVUE DE PRESSE COMMENTEE

Presse

Droite moderne.

Et un groupuscule de plus.  LR devient une mosaïque de chapelles. Geoffroy Didier crée son micro parti « Droite moderne ».   Un courant « progressiste » pour quoi faire ? Déjà le mot me fait fuir. Je pense comme Sarkozy (Passions, p. 258) : « Dès qu’apparait le moindre désaccord, la division semble devenue inéluctable. Ainsi Valérie Pécresse a créé Libres, Xavier Bertrand La Manufacture, Bruno Retailleau Force Républicaine… à l’arrivée, je crains fort que chacun sera déçu…  Le  seul chemin à suivre est celui du rassemblement. »  Un seul parti n’empêche pas le débat. 

Dépenses publiques.

L’exécutif renonce à baisser les dépenses publiques (figaro 15/7) . Les grandes orientations de la prochaine loi de finances ne sont pas à la hauteur de l’ambition réformatrice qu’affiche le gouvernement qui baisse les bras. Les mesures de soutien au pouvoir d’achat des Français décidées après la crise des « gilets jaunes » pèsent 27 milliards d'euros. Elles ne seront pas contrebalancées par des mesures d'économies. Aucune économie structurelle n’est prévue.

Retraites.

L’exécutif renonce aux mesures d’économies de court terme. Il   attendra la réforme « systémique ». Ce renoncement va  poser un problème budgétaire pour l’an prochain. Un de plus. On cherche  le courage , mais on n’en trouve nulle part !

De Rugy.

Victime des « fouille-merde » qui tuent la démocratie, le Ministre de l’Ecologie a fini par démissionner face à  l’avalanche des révélations orchestrées  par  Mediapart. Le  chœur des  pleureuses  misérabilistes s’en est donné à cœur-joie. Ce n’est pas que les faits incriminés soient délictueux (comme pour Fillon), ni même vérifiés, mais la  « transparence » interdit de mettre le  doigt dans le pot  de confiture. Au nom de la morale !  Comme  il en a été l’un des chantres  exalté, il est rattrapé  par la patrouille… Moralité : la trahison ne paie pas, la délation oui. Piètre consolation. Car Marine Le Pen engrange… 

Cour des comptes.

Après avoir étrillé le gouvernement sur son laxisme financier et budgétaire, ce sont les « régimes spéciaux » qui sont dans son collimateur. Dans son rapport, elle épingle les conditions dont bénéficient les salariés de la SNCF, la RATP ou EDF.  Rien de nouveau en fait,  mais on croyait que le problème avait été résolu. On part en retraite en moyenne à 55,7 ans à la RATP ou 56,9 ans à la SNCF (63 ans en moyenne pour le régime général). Avec, en plus, des retraites très confortables : 3705 euros pour la RATP ou encore 2636 euros pour la SNCF et les écarts se sont creusés depuis 10 ans. Sans parler des avantages en nature… Pendant ce temps-là on réfléchit à rendre moins favorables les reversions des autres retraités. Et si on faisait grève pour protester ?

Immobilier.

Conséquence de la politique des banques centrales, les taux des crédits immobiliers continuent leur chute. Un nouveau record historique vient d’être battu : 1,25%, c'est le taux moyen des crédits immobiliers. Et rien ne semble indiquer un ralentissement de la baisse. La question qu’il faut se poser : pourra-t-on avoir un jour des taux d'intérêt négatifs ?  Mais sans attendre, c’est le moment d’acheter !

Rigueur.

Malgré des taux très négatifs, l'Allemagne ne veut pas profiter de l'opportunité pour devenir déficitaire et creuser sa dette. Au contraire, elle a annoncé que sa dette chuterait en dessous des 60% du PIB (100% pour la France). Il y aura donc de moins en moins d'emprunts d'État allemands à vendre et par conséquent de plus en plus de demande de placement insatisfaite. Donc des taux encore plus bas.... Trop tentant pour la France qui choisit le  laxisme !

Ursula.

Ursula Von der Leyen a reçu le soutien de 383 parlementaires, 327 ont voté contre et 22 se sont abstenus. Elle sera donc la prochaine présidente de la Commission Européenne. Le PPE s’en sort bien. Macron va faire la grimace, Orban a voté pour elle. La crise politique a été évitée. L’Europe va  pouvoir avancer.

Débordements.

Casse de certains «gilets ­jaunes», violences d’une ­partie des supporteurs ­algériens… le jour de la fête nationale !  Images d’une France à la dérive avec un exécutif qui fuit les solutions  et croit pouvoir tenir en dépensant de l’argent qu’il n’a pas. Et qui se révèle incapable de gérer l’afflux des  migrants.  La  France est le pays où le nombre de clandestins pèse de  plus en plus lourd. Le coût de l’allocation pour demandeur d’asile explose. Le pays va mal et ça se ressent.

 


L’HOMME VRAI FACE A L’HOMME ARTIFICIEL

Humanoide

 

« Etre de son temps… »

Il faut être  « progressiste », sinon vous êtes définitivement ringards !   Etre progressiste, c’est faire  du progrès, conçu aujourd’hui comme une sorte de fourre-tout qui remplace le concept par le  jugement ex-abrupto, ce progrès qui se contente de ce qui paraît mieux, le principe de toute  évolution. Il s’exprime préférentiellement par le tweet et se contente de  la  pensée approximative, remplaçant par un gloubi-boulga insupportable toute référence un peu philosophique ou approfondie sur la nature même de l’être humain. Si la  science ou la technologie « permet », alors  c’est le  « progrès »,  cela ne se discute même pas. L’autre moteur du progressisme, c’est la  fuite en avant des droits individuels, ce que certains ont appelé la  génération « j’ai le  droit », particulièrement en vogue. Au nom de ce principe on énonce des égalités  qui n’en sont pas, et on revendique ensuite le  « droit de  les satisfaire ». C’est une conception purement matérialiste de  l’Homme, elle débouche sur les projets  progressistes que sont le transhumanisme, la  PMA sans père  et sa cousine la GPA, l’euthanasie-suicide, quand ce n’est pas l’antispécisme… La morale, l’éthique ? Des mots d’un autre temps ! Ainsi, notre ami Geoffroy Didier balaie le questionnement sur la PMA  de  cette  expression aussi vide que creuse : « il faut être de son temps » !  Personnellement,  je juge  cette  attitude et la réflexion qui l’accompagne pitoyables !  Ce mouvement qui fait penser à de la repentance pour s’adapter au monde, et gagner ainsi des voix, témoigne d’une conception bien méprisable de l’engagement politique. Si pour « être de son temps » il faut renoncer à avoir des convictions  profondes, alors c’est triste, mais c’est surtout effroyable,  parce  qu’au bout, on discerne la fin de la nature humaine.

Une conception de  l’Homme.

J’ai la faiblesse de penser que les valeurs d’une société dépendent de la conception que l’on se fait de l’être humain. La question de son essence même n’entre  pas dans le champ des programmes  politiques. Elle n’est pas une option ou un choix. Pour  moi, elle est de nature intemporelle et n’a  pas de rapport avec  les cadres habituels du débat politique. Je ne peux  me résoudre à réduire l’être humain à un simple assemblage de cellules, sans parler de la  dimension intérieure qui l’anime et le  relie à autrui. La solution aux problèmes du genre humain n’est certainement pas d’en changer la nature anthropologique.  Qui ne voit que ce que l’on propose aujourd’hui sur la filiation, la maladie et la  mort n’est rien d’autre qu’une « artificialisation » de  la nature humaine,  traité  en objet et non en sujet. On s’apprête à nous imposer la PMA sans père  qui sera inévitablement suivie de  l’adoption de la GPA au nom du sacro-saint principe d’égalité. D’ailleurs dans quelques années, on n’aura même  plus besoin ni d’homme ni de femme pour procréer : tout se fera par fécondation in vitro dans un utérus artificiel… sans se  poser la question de la nature de l’être ainsi créé. Je trouve bien triste de vouloir effacer des siècles de littératures, de débats philosophiques sur l’Homme et sa  place  dans le monde. Exit Platon et Saint-Augustin, aux orties Sénèque et Aristote, à la poubelle  Descartes et son raisonnement, et comment oublier  les  apports de Diderot, Montesquieu, Hegel, Tocqueville, Blaise Pascal et ses « paris »,  Jean d’Ormesson et son « qu’est-ce que je fais là ? »…   Là, pourtant, se trouve encore la clé de l’humanité. Et  le grand malheur des « pédagogistes » c’est d’avoir  contribué à les faire  oublier. S’adapter au monde, c’est  les relire, sans cesse, toujours et encore. Là est le salut. Car  « le progrès » n’a  jamais résolu  la question du « sens » et s’il peut modifier nos vies matérielles, par la « soif d’avoir » le plus souvent, il  ne peut pas grand-chose pour nos âmes. Faire de la politique, c’est aussi s’astreindre aux questionnements fondamentaux qui sous-tendent depuis toujours les choix idéologiques de nos sociétés, ce que manifestement Marlène Schiappa ne fait pas, et que le « progrès » ne doit pas nous faire oublier. Un peu de transcendance ne ferait pas de mal, que diable !

 

 


CE QUE J’ATTENDS D’UNE « REFONDATION »

Fondation

 

D’abord, cessons de vivre avec des mythes.

A commencer par celui de l’UMP. J’en ai été le premier secrétaire fédéral en Maine-et-Loire, je sais de quoi je parle. Elle n’a jamais  atteint l’objectif qui lui était assigné : passer la barre des 50% d’électeurs en réunissant la droite et le centre. Si dans notre département elle pouvait frôler les  46%, en moyenne, c’était autour de 40%. Encore fallait-il compter avec une UDF résiduelle transformée en Modem pour nous tirer dans les  pattes avant d’essayer de tirer les  marrons du feu au second tour. Grâce au scrutin majoritaire à deux tours, elle a été néanmoins efficace  sinon pour gagner -on a perdu municipales et régionales – du moins pour faire barrage  au Front National, ce qui était après tout  le souci de Jacques Chirac. Pourtant il n’a  pas fallu attendre bien longtemps pour que les états d’âmes centristes ne contribuent à déliter l’assemblage initial RPR-UDF. Si bien que  « Les Républicains » étaient devenus finalement un parti majoritairement issu du RPR avec quelques résidus centristes-libéraux. D’ailleurs les  scores  électoraux en manifestaient la déliquescence, passant progressivement sous le seuil  des 30%, pour atteindre à peine 20% à la dernière présidentielle. Vouloir ressusciter une « Union de la  droite et du centre »,  c’est poursuivre  le même   mythe. Cela ne veut pas dire que l’espace  politique n’existe  pas.

Rappeler les fondamentaux.

Issu de l’UDF, j’ai en commun avec mes amis venus d’autres horizons, un certain nombre de  lignes directrices qui orientent la politique et dans lesquelles les Français pourraient se retrouver  majoritairement : la liberté économique qui préfère le libéralisme et  se méfie du dirigisme, le souci de la rigueur de gestion budgétaire, l’attachement à l’ordre social fondé sur l’égalité des chances et l’ascenseur social, la  certitude d’appartenir à une identité nationale porteuse de valeurs universelles dans une République « une et indivisible », le devoir de sécurité dû à nos concitoyens… Ces fondamentaux sont aujourd’hui menacés par le dirigisme technocratique, l’emballement de la dette et l’accumulation des déficits, la  progression de la pauvreté fruit d’une politique inepte fondée  sur  un fiscalisme confiscatoire dans une société bloquée ou la désespérance l’emporte sur la foi en l’avenir, le  communautarisme larvé et la  lâcheté devant l’islamisme qui ronge notre société et ses valeurs,  l’incapacité à assurer  l’ordre et la  sécurité de nos concitoyens. Nous avons donc une responsabilité immense. Notre devoir est de dénoncer cette situation avec force, d’autant  plus que nous devrons passer outre à la barrière médiatique qui fera tout pour nous empêcher de nous faire entendre. On l’a vécu lors de la dernière élection pour les européennes.

Apporter des solutions aux vrais problèmes.

Plus que d’un positionnement ou d’une étiquette, nous avons besoin de nous mettre au travail pour apporter des réponses concrètes aux problèmes quotidiens vécus par nos compatriotes. Ces problèmes nous pouvons les lister : le chômage, le déficit, la  fiscalité, la compétitivité de nos entreprises, les déséquilibres des territoires, le  communautarisme, la réponse au défi  migratoire, le retour d’une éducation nationale qui « transmette », l’insécurité qui gangrène bien des quartiers,  et aussi l’abstention en se posant la question : y a-t-il un lien avec l’exemption fiscale ? Le  groupe du « Comité de renouvellement » formé de jeunes élus républicains de toutes sensibilités a pris une initiative qu’il convient d’encourager. Nos jeunes auraient-ils tout compris ? En proposant des ateliers de réflexion et en abordant les  sujets  tels que « réinventer l’alimentation », « réinventer le logement », « réinventer le handicap », … je crois qu’ils prennent les  problèmes par le bon bout, celui qui peut être compris  par nos concitoyens. Mais par-dessus tout, qu’on nous épargne une nouvelle course aux « egos » qui nous conduirait avec certitude à la catastrophe non seulement pour notre camp, mais aussi pour  la France, en empêchant une alternance démocratique. 

Ni populiste, ni progressiste  : modéré !

Entre le populisme de Marine Le Pen, qui  passe son temps à dénoncer mais ne propose jamais de vraies réponses aux difficultés de notre pays, et le progressisme d’Emmanuel Macron, qui confond bougisme et véritable progrès, et  qui à  force de vouloir concilier les contraires en est réduit au suivisme de certains lobbys quand ce n’est pas l’immobilisme, pour finalement s’en remettre aux technocrates, il y a une large  place  pour les modérés, gens de bon sens et pragmatiques. Modéré ne veut pas dire mou ni indécis.  C’est l’approche de la  vie  politique qui a toujours donné le  plus de progrès pour nos compatriotes. Oui, il faut être modéré face aux rodomontades d’un Trump, oui, il faut être  modéré face  aux hurlements de Mélenchon, oui, il faut être modéré sur les sujets sociétaux quand la science peut faire de  l’être humain un apprenti sorcier, oui, il faut être modéré quand il s’agit de fiscalité… La modération n’exclut ni l’imagination ni le courage, et n’empêche pas d’avoir des convictions pour peu qu’elles s’accompagnent de l’ouverture d’esprit. Les graves problèmes posés  par les déficits et la dette peuvent être compris  par  les Français si on s’y attaque posément et sans brutalité,  tant il est  possible d’engager la gestion rigoureuse en en partageant les bénéfices avec tous. Sur tous les sujets,  les  exemples ne manqueraient pas pour faire l’éloge de la modération.   Plus fait douceur que violence, conclurait La Fontaine. C’est cette droite-là que j’appelle de mes vœux.

 


INCURIE BUDGETAIRE

Contribuable détroussé

 

La  proposition politique de la majorité est encore une fois à côté de la  plaque, en se mobilisant sur la  justice  sociale dans un pays qui en crève déjà et l’urgence climatique parce que les verts ont fait un demi-succès, elle oublie l’essentiel : l’incurie budgétaire du gouvernement. Je ne disconviens pas qu’il faille prendre en compte les difficultés économiques, avec les plans sociaux, et sociales, celles des territoires isolés, et se préoccuper d’écologie, pour répondre à l’appel de la jeunesse, mais rien ne se fera sans le rétablissement des comptes publics. L’endettement nourrit sans qu’on s’en rende bien compte le déclin de la France. Mieux gérer la France est un impératif parce qu’elle reste toujours, malgré les discours, le pays le plus taxé et le plus dépensier d’Europe. Baisser la dépense publique, supprimer des échelons administratifs, baisser les charges, voilà autant de pistes systématiquement remises au lendemain !

La Cour des Comptes tire encore le signal d’alarme.

Dans son rapport, elle souligne la fragilité de la réduction du déficit d’ici 2022. Il  semble que ce ne soit plus, en effet,  la priorité du Président. L’objectif de 3,1% de déficit cette année reste crédible, mais il n’en va pas de même pour la suite. La trajectoire de 2020 à 2022 est particulièrement  alarmante. Sans entrer dans le détail du rapport, on retiendra le coût de l’éruption des Gilets jaunes qui consacre le relâchement des objectifs, une prise en compte plus réaliste des prévisions de  croissance en baisse avec le ralentissement de l’économie mondiale. Le plus grave est la conjonction de baisses d’impôts envisagées et d’un moindre  effort sur les dépenses publiques, hors charge d’intérêts. Et puis il faut compter aussi avecles annonces de décembre dernier :  en gros 20 milliards de manque à gagner ( taxe carbone, ristournes sur les  heures sup, suppression de la  taxe d’habitation, annulation partielle de la hausse de la  CSG…) alors que les dépenses vont augmenter de  0,5 Pt du PIB ! Quant à l’effort de compression des  dépenses publiques il est programmé sur la fin du quinquennat, juste avant les élections !... La Cour des Comptes se demande même où est  passée la réforme de l’Etat dans un « programme de stabilité » qui ne fait même plus référence au programme « Action publique 2022 ». Le plus incroyable c’est que les annonces faites à l’issue du « Grand débat » n’ont pas été intégrées dans la trajectoire proposée à Bruxelles, comme par exemple le financement de la baisse de 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu dès 2020  pas plus que les  autres mesures. Le déficit prévu pour 2020 sera inévitablement autour de 2,3% et l’élaboration du budget de l’année prochaine s’annonce périlleuse. La Cour des Comptes n’est pas plus tendre avec la  suite : recettes surévaluées, modération bien improbable de la  masse salariale de la  fonction publique. Dernière mise  en garde : la faiblesse des taux d’intérêt qui favorise  le relâchement de la dépense publique. Il est souligné que « le passage  d’un régime de taux d’intérêt très bas à un régime de taux d’intérêt élevé peut très bien être très rapide ! »

Autre sujet d’inquiétude : l’endettement privé.

Pour la Banque de France, l'endettement du secteur privé est devenu le principal risque à surveiller pour la planète finance. A la faveur des taux faibles, ménages et entreprises empruntent depuis deux ans à un rythme très soutenu. Autre effet de cet environnement de taux, les acteurs de marché, en recherche de rendement, prennent toujours plus de risques. Les entreprises françaises ne se sont jamais autant endettées : leur dette rapportée au PIB s’élève à 175% !! Les taux bas sont en cause, évidemment. Leur endettement total dépassait les 4 000 milliards d’euros à la mi-2018. Ce sont les  PME qui sont les  plus nombreuses à s’endetter. Les grandes entreprises réussissent même à emprunter à taux zéro ou négatif. Elles constituent des réserves de trésorerie ou réalisent des opérations d’investissement dans des opérations de croissance externe.  Mais cet endettement fait peser un risque sur la stabilité financière du pays, notamment en raison du risque de remontée des taux d’intérêt qui les mettraient en difficulté pour faire  face à leur dette.

Les impôts de  production.

On en parle peu. Deux économistes du Conseil d’Analyse Economique proche du gouvernement, attirent l’attention sur les  effets nocifs de ces  impôts pour les entreprises. Ils pèsent 72 milliards d’euros, le double du poids de l’impôt sur les sociétés (IS). Cela représente 3,6% de la valeur ajoutée des entreprises (en Allemagne 0,5%), le niveau le plus élevé en Europe.  Ce  sont des impôts  qui handicapent directement la productivité et la compétitivité. Car contrairement à l’IS, ils ne pèsent pas sur le profit dégagé mais frappent aveuglément, même si l’entreprise ne gagne pas d’argent. Ces impôts taxent « en haut du compte d’exploitation » et expliquent l’atrophie du secteur productif français, notamment des TPE et PME. Parmi les différents impôts qui sévissent, citons la Contribution Sociale de Solidarité des Sociétés (C3S), la cotisation sur la Valeur Ajoutée et la cotisation foncière. La C3S est de loin la  plus nocive : elle pèse sur le chiffre d’affaire et agit en cascade dans le processus de production puisque chaque bien produit est de nouveau taxé s’il entre dans le processus de production d’une autre entreprise. De l’impôt sur de l’impôt, spécialité qui n’existe que chez nous. Au bout du compte, augmentation des coûts de production qui se surajoutent et l’on imagine le handicap qui pèse sur les produits qui exigent de nombreuses étapes de production. Les auteurs expliquent « qu’elle réduit  la compétitivité des entreprises en jouant comme une taxe sur les exportations et une subvention aux importations ». Mais la  supprimer coûterait près de 4 milliards d’euros. La cotisation sur la Valeur Ajoutée, au taux progressif  sur le Chiffre d’affaire présente les  mêmes inconvénients…  Il faudrait une simplification drastique de la taxation des entreprises et visiblement ce n’est pas  à l’ordre du jour.  Bruno Le Maire en parle, mais n’a pas les moyens d’agir. C’est pourtant vital pour consolider la croissance. Mais le gouvernement a choisi la fuite  en avant.

Faute de choix courageux, Macron nous conduit dans le mur. La droite ferait mieux !

 


MON PETIT RAPPORTEUR DU 23 JUIN

Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

Proprement scandaleux !

Les cadres vont être plus que jamais les vaches à lait de l’assurance-chômage,  selon le principe désormais  imparable : les « riches » paieront… toujours  plus ! Or ce ne sont pas ces derniers qui creusent le déficit. Ils cotisent même  plus qu’ils ne reçoivent d’indemnités (42% des cotisations pour 15% des indemnités). On se  demande bien pourquoi la réforme   ne s’intéresse pas aux intermittents du spectacle, aux intérimaires ou au CDD qui sont dans le cas inverse. Les  cadres  vont donc connaitre une baisse de 30% de leur indemnisation sans que les cotisations employeurs ou la CSG soient plafonnés.  La réforme  instaure aussi le bonus-malus pour lutter contre l’enchaînement des CDD. Intellectuellement, le bonus-malus est peut-être une solution satisfaisante, mais c’est une vision d’universitaire, infantilisante, loin des contraintes de la réalité. D’autant plus que, comme  par hasard,  les  CDD du secteur public (médico-social) en sont exclus  alors qu’il en est le  plus gros consommateur (17%).  On préfère taper sur le  privé (l’agroalimentaire et la restauration) qui n’en consomme que 8% : encore une vraie rupture d’égalité.  Bravo Darmanin !

Assurance-chômage… suite.

Ce que j’avais annoncé il y a déjà quelques temps se réalise : notre protection sociale sort du système « bismarckien » pour glisser vers le modèle anglo-saxon, commencé  avec  la part prise en charge  par la CSG. Le régime n’est plus totalement assurantiel. On est aujourd’hui dans un mélange de solidarité et de financement des entreprises. Bientôt, on ne devrait plus parler d’assurance-chômage, mais d’indemnisation financée par l’impôt… avec inéluctablement, à terme, la baisse des prestations. On sait ce que sont les  finances de l’Etat ! Bon, deux mesures vont dans le bon sens : un mode de  calcul moins généreux qui mettra fin à la possibilité de gagner davantage au chômage qu’en travaillant ; et il faudra avoir travaillé plus longtemps sur les 24 derniers  mois (6 mois).

Quotas … poudre aux yeux !

"C’est aux Français de décider qui entre et qui réside en France, et c’est donc à leurs représentants de voter des plafonds annuels d’immigration. Car votre proposition de quotas d’immigration ne concerne que l’immigration économique, soit 13% des arrivées légales, oubliant les autres portes d’entrées, en particulier l’immigration familiale !" Pierre-Henri Dumont (LR) - L'éternel faux-fuyant de la macronie et  toujours faire croire... alors qu'on ne fait pas !

« La  bataille de la PMA »

L’exécutif se  prépare à la « bataille de la  PMA ».  Quand on parle de « bataille », difficile d'affirmer ensuite que le débat sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules est apaisé et que le sujet n'est pas clivant. Pourtant tout le monde s'accorde à dire qu'il faut réunir les Français... cherchez l’erreur !

Diagnostic.

« Les partis traditionnels sont fatigués. S'ils ne se transforment pas profondément, ils mourront… Le mouvement civique du futur devra donner du sens, privilégier le débat d'idées, être très largement numérique, totalement décentralisé également : son cœur sera dans les territoires, et certainement pas à Paris, pour être à l'écoute de ses militants. Il devra tourner le dos au caporalisme, se questionner et se requestionner sur tous les sujets en permanence. Au lieu d'aller chercher les voix des électeurs de droite à coups de slogans faciles, ayons l'humilité d'écouter leurs voix, ayons l'intelligence de tendre l'oreille plutôt que de tendre un tract. » Bruno Retailleau

Passions.

« Ecrire des Mémoires n'était pas mon but. J'ai préféré parler de ce que j'ai vécu, sans ordre chronologique, sans souci thématique, sans arrière-pensée politique. Je veux parler de la vie. De ce que fut la mienne en même temps que celle des Français. De ce qui, au-delà des contraintes de l'actualité et du combat politique, m'a touché, m'a enthousiasmé, parfois même bouleversé. Il s'agit de raconter un peu d'une vie qui n'est pas au-dessus des autres, cela va de soi…. » Nicolas Sarkozy

Le voile sur les valeurs.

La décision de la commission mixte paritaire des deux assemblées d’enterrer l’amendement interdisant aux accompagnateurs de sortie scolaire de porter des signes religieux, pas seulement le voile, encourage une progression de l’islam radical. Car la seule question qui se posait était celle du voile. Mis à part les mères voilées, on ne voit pas d’autres mamans arborant des signes religieux ostentatoires à la sortie des écoles. Cette décision ne profite donc qu’à une seule catégorie et les pressions sont l’oeuvre de groupes islamiques radicaux.  Une fois de plus les valeurs laïques et républicaines de l’école ont été sacrifiées au profit du totalitarisme islamique.... (Valérie Boyer LR)

Budget symbolique.

Le projet que les chefs d'Etat et de gouvernement  ont à entériner lors du sommet européen est loin des ambitions initiales de la France : un budget à moitié vide pour la zone euro.  Un revers de plus pour Emmanuel Macron sur la scène européenne. L'analyse du résultat est cruelle : le budget tel qu'il se dessine ressemblera plus à l'instrument souhaité de longue date par l'Allemagne pour « encourager » les réformes de compétitivité économique, qu'à l'ébauche d'outil de politique budgétaire commune promu par la France.

Monnaies de singe.

Alors que les banques centrales perdent toute leur crédibilité en « démonétisant » les monnaies traditionnelles, un nouvel État est en train de naître : Facebook. Il a déjà 2 milliards d'habitants,
et il aura sa propre monnaie en étant sa propre banque centrale. Sa monnaie virtuelle, le Libra, verra les épargnants se ruer dessus lors de la prochaine crise. On parie ? Il est donc très inquiétant de voir gouvernements et banques centrales s’accommoder de la prétention des « gafa » à battre monnaie, qui est normalement une prérogative de puissance publique. Dès que les  consommateurs accorderont à cette  monnaie une valeur qui pourrait dépasser le dollar ou l’euro… le drame surgira.

2020, annus horribilis ?

Les risques d'une récession mondiale s'accumulent pour 2020. A mesure que les Etats-Unis et la Chine s'éloignent l'un de l'autre, sur fond de guerre commerciale, les risques de récession globale, déjà nombreux, prennent de l'ampleur. D'autant que les tensions au Moyen-Orient pèsent sur les cours du pétrole. Neuf risques existent toujours aujourd'hui. La plupart  concernent directement les Etats-Unis. Attention danger.

 

 


ACTE 1 PROLONGE …

Edouard Philippe AN

Rien de bien neuf.

Un moment voulu par le Président de la République pour tenter de faire croire à une sorte de nouveau départ, après la vraie fausse victoire des Européennes.  On retiendra surtout du discours du Premier Ministre un léger virage à gauche à la fois social et sociétal, pour satisfaire sa gauche libertaire, et une inflexion écologique, pour faire avec l’air du temps, après les résultats des écologistes aux Européennes. De la fausse justice sociale avec la réforme de l'assurance-chômage, du faux traitement de la crise de l’emploi avec les malus pour les contrats courts. Pour le reste, on reste dans le flou du « en même  temps »  qui ne résout rien, on ne tardera pas à s’en apercevoir.  Dans ces conditions, et logiquement, les Républicains ne pouvaient pas  voter « la confiance ».  Ils ont d’ailleurs été  suivis par la majorité des centristes de l’UDI, et par l’opposition de gauche, avec évidemment des critères différents.  Philippe 2019  a fait  moins bien que Philippe 2017. Vote de confiance: 363 voix pour, 163 contre.

Rien sur le financement.

La priorité va  à la baisse des impôts de la classe moyenne « inférieure ». Un effort conséquent qui ira jusqu’à 350€ de gain pour certains ménages. Le gouvernement essaie d’acheter la paix sociale sur le dos des  mêmes.  Qui paiera  la facture : de vagues promesses d’économies. Ce qui est certains c’est que Les « zézés », encore et toujours les classes moyennes sups, ne sont pas concernés par la baisse des taux, ils seront touchés par la dégressivité des indemnités de chômage pour les cadres, et la suppression de la taxe d'habitation ne les concernera qu'en 2023...ou peut-être jamais puisque c’est après la fin du quinquennat !

Un projet de droite serait différent.

Philippe fait toujours une politique de  gauche,  dans le droit fil de celle  de Hollande et ne réforme qu’à la  marge.  Or  l’état  du pays a besoin  de mesures moins électoralistes et  plus radicales  si on voulait vraiment « faire réussir la  France », comme le proclame la  posture des « ralliés ».  Cela suppose d’abandonner  la politique keynésienne à laquelle il s’accroche et qui mène le pays à la ruine.

Un Premier  Ministre de droite aurait commencé  par le commencement : mettre fin aux deux cancers qui rongent notre société, le chômage et les déficits  publics. C’est en maîtrisant les dépenses publiques qu’on redonnera du souffle à notre économie et du vrai pouvoir d’achat qui ne soit pas issu d’une redistribution par l’Etat. Et  qu’on fera reculer le chômage. Le chantier suivant , c’est celui du retour à l’équité fiscale en mettant fin au régime confiscatoire qui sollicite  toujours plus les mêmes, créant de fait une fracture sociale profonde entre ceux qui paient et ceux qui touchent. Le rétablissement de  la compétitivité des entreprises et la réindustrialisation de la France devraient être parmi les  priorités d’un gouvernement digne de ce nom, en s’attaquant notamment à la difficulté que représentent les impôts de production,  spécifiques à notre pays et jamais pris en compte dans les politiques.  

Un Premier Ministre de droite se préoccuperait de rétablir la  politique familiale  en mettant fin aux amputations dont elle a été victime ces sept dernières années et qui conduisent au déclin démographique. Il doonerait au Ministre de l’Education la  mission prioritaire de rétablir l’égalité des chances, la vraie, pas  celle du nivellement  égalitariste qui favorise le déterminisme social, et de remettre à l’ordre du jour des programmes la transmission de notre héritage culturel à travers la littérature et l’Histoire.

Un Premier  Ministre de droite aurait à cœur de protéger  notre  société du communautarisme en imposant à toutes les religions le respect des valeurs universelles  qui fondent la République et sont la source de nos lois.  Il convient de renforcer les politiques de sécurité, de lutte contre le terrorisme et contre toutes formes d’obscurantisme militant.

Enfin, un Premier Ministre de droite aurait à coeur de promouvoir une politique écologique, dans la tradition de celle qu’elle a toujours promue avec la  création du Ministère de l’environnement ou avec le Grenelle de l’environnement.  Promouvoir une écologie responsable,  compatible avec l’essor   économique, et s’en servant comme levier, sans la faire peser sur le citoyen lambda en taxes et impôts supplémentaires.

Force est de constater qu’avec la déclaration d’hier, le Premier Ministre actuel est bien loin de ces  problématiques et nous démontre qu’il a oublié d’où il venait.

 


MON PETIT RAPPORTEUR

Cedric demande à ton père

 

Capitalisme fou : la  dernière sortie de Macron devant l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Il aime bien dire ce que son auditoire a envie d’entendre. No comment. 

Le tweet : “The United States has very low inflation, a beautiful thing !”.  Trump se réjouit que l’inflation est très basse  et trouve que c’est une bonne nouvelle.  En économie, c’est une aberration.  Bref !

Ralentissement du commerce  mondial : on l’attribue à la guerre commercial US-Chine.  Probable.  Mais on oublie que l’argent en est le carburant, or avec les taux très bas, les banques n’ont pas assez d’argent. Bah oui, on oublie ce  qui est basique !

Les  taux bas : la France emprunte à 10 ans à pratiquement 0%.  Un vrai poison pour un pays addict à la dépense publique.

Les taux bas, toujours : ils dopent l’emprunt dans tous les domaines, notamment l’immobilier et les  entreprises (175%  du PIB). La hausse de l’endettement privé est elle aussi inquiétante. Des « bulles » se forment un peu partout.

Les taux bas, encore : Les  Français auraient bénéficié de 8,5 milliards d’euros de pouvoir d’achat supplémentaire depuis l’automne dernier, mais ils n’en auraient consommé que 3 milliards.  Le  reste est stocké en économies, même si ça ne rapporte rien. Vous avez dit « inquiets » ?

Dirigisme fou : L'échec du rapprochement entre Fiat Chrysler et Renault-Nissan illustre les erreurs de l'Etat actionnaire, qui ne peut pas grand-chose non plus pour apaiser les tensions avec Nissan… Et si Le Maire foutait la paix à Sénard ?

Electricité : Les  énergies renouvelables et le  fait  que c’est un faux marché expliquent largement les hausses du prix : + 6% en juin, + 1 ou 2% en août. Le « renouvelable intermittent » est  un gouffre qui bénéficie de subventions massives.  C’est  un faux marché parce qu’il n’y a pratiquement qu’un seul producteur en France : EDF. On a là une caricature de marché concurrentiel, sans vrais concurrents, mais avec beaucoup de subventions. On n’a pas fini de payer.

Corruption : il paraît qu’elle continue de saper  la croissance économique de la Russie.

Signe prémonitoire : Le chêne planté dans le jardin de la Maison Blanche en symbole de l’amitié Trump-Macron est mort.  La  greffe n’a pas pris, et l’arbre n’a pas survécu.

Nouvelle cible : Trump tire tous azimuts.  Il a maintenant le vin français dans le collimateur : les Etats-Unis en importent trop et nous nous n’achetons pas assez du leur. Peut-être que le nôtre est meilleur ? C’est bien ce que je disais. En fait il ne sait plus quoi faire pour affaiblir la concurrence européenne.

Victoire écrasante : après sa défaite 2-0 contre la Turquie, la France écrase Andorre 4-0. Il paraît que c’est rassurant.  On se console comme on peut.

41 000 : c’est en 4 mois le nombre de demandeurs d’asile, 10 000 de plus par mois en moyenne. Mais pourquoi veulent-ils tous venir en France ?

Novlangue : « nous avons parfois construit les bonnes réponses mais trop loin de nos concitoyens » c’est du Macron et ça ressemble à « nous avons été trop intelligents et trop subtiles » de Legendre. Ils nous prennent toujours pour des cons, quoi !

Le retour du trou : Ah,  le  « fameux trou de  la sécu », il était soi-disant rebouché. Eh bien non, le revoilou,  autour de 4 milliards. Le retour à l’équilibre pour 2019 est compromis. La faute, entre autres,  aux  mesures Macron d’exonérations de cotisations…  On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.L’Etat continue de creuser des trous pour reboucher les précédents. C’est le « libéralisme » à la française !

8 points de PIB : une étude de Rexecode nous dit que si la France avait maintenu son niveau d’exportations d’avant 2 000 on serait riche de 8 points de PIB supplémentaires. Nos parts à l’export sont passés de 18% à 14,3% (export total de la zone euro).  En cause : la hausse du coût salarial dans l’industrie (donc les 35h). On serait 185 milliards d’euros au-dessus  de l’an dernier. De quoi laisser Le Maire rêveur …

 

 


EH NON, LA DROITE N’EST PAS MORTE !

Resultats-e-europeenes-2019 zoom


Les  chroniqueurs vont vite en besogne en surfant sur les apparences. L’examen de la répartition des voix en comparant avec la présidentielle de 2017 montre que contrairement à l’affirmation d’Eric Zemmour, la droite n’est pas morte.  Pas encore. Pour une simple raison dont le graphique ci-dessus (IPSOS) nous donne  la clé : ses électeurs se sont beaucoup abstenus comme ceux des autres familles politiques, excepté la France Insoumise  pour laquelle l’hémorragie est encore  plus catastrophique. Dans un scrutin normal par la participation, nos 8,5% auraient avoisinés  les 20% de la  présidentielle. Ce  n’est certes pas satisfaisant, mais il est important de constater que le stock d’électeurs en réserve est toujours présent : il n’est allé ni sur le RN, dont la proportion de ceux qui l’ont rejoint est vraiment minime, ni sur LREM  même si le nombre de ceux qui ont choisi le parti majoritaire représente  à peu près le tiers de ceux qui se sont exprimés.  Le plus gros contingent de la moitié qui a voté est allé logiquement sur LR. Le graphique nous montre aussi un gros contingent disponible d'électeurs de Mélenchon qui pourraient bien se reporter sur Le Pen un jour, mais ça, c'est un autre débat. 

LREM exploite la  situation avec le renfort des médias.

Pour qui veut éliminer la droite, l’occasion est trop belle. La  faiblesse du score surexploitée par  le tambour médiatique a  donné lieu à un pilonnage en règle de la part notamment des transfuges macroniens. Tous les  analystes convergent pour affirmer que LR est devenu un parti sans électeurs.  Des  « macroncompatibles » qui s’étaient ravisés en voyant la  campagne de Bellamy  prendre tournure ont aussitôt retourné à nouveau leur veste.  On a alors entendu des déclarations hallucinantes menaçant les récalcitrants des foudres  jupitériennes s’ils n’obtempéraient pas…  le  trouillomètre d’un élu local étant inversement proportionnel à la distance qui le sépare de  l’élection. Ce  théâtre habilement mise en scène et complaisamment relayé est fait pour  essayer de déstabiliser un peu plus la droite. Et les meneurs de jeu sur les plateaux de nous dire sans vergogne :  « le patron de la droite, c’est Macron, non ? »   Quelle supercherie !  Les députés  LREM dont les 2/3 sont issus du PS doivent faire une drôle de tête mais comme ils sont assignés à résidence, on ne les entendra pas. Ils ont obtenu quelque succès : la démission de Laurent Wauquiez, le psychodrame Pécressien,  et une liste improbable de quelques dizaines de maires, présentée comme un ralliement de masse alors  qu’ils ne sont qu’une poignée  sur les dizaines de milliers  de  maires métropolitains. Bellamy en avait eu dix fois plus pour le soutenir, ce qui avait fait l’objet d’un article perdu dans un coin de page du JDD… : pensez donc, le soutien de 800 maires, pas de quoi s’émouvoir !

L’important c’est d’expliquer la démobilisation.

On voit bien que les électeurs de François Fillon, à plus de 75%  des inscrits, ne se reconnaissent pas dans la  politique actuelle, et ce n’est pas très étonnant. Mais  qu’ils ne soient pas allés voter plus  nombreux pour la liste Bellamy qui avait réussi le rassemblement des sensibilités de  la droite et du centre pose question. J’y vois deux raisons majeures : il y a ceux qui sont encore écoeurés par l’affaire Fillon et aussi ils ont probablement été nombreux à n’avoir pas cru à la réalité de l’union retrouvée.

Le traumatisme Fillon : j’ai pu le vérifier,  il est encore bien présent. L’épisode « Pénélope » et celui  des  « costumes »  ont laissé des traces profondes en faisant passer François Fillon pour un personnage malhonnête, âpre au gain et coutumier des « cadeaux »…  Tant que la justice n’aura pas  été au bout de l’affaire, le soupçon continuera de peser et  rend difficile le rétablissement de la confiance. Déjà que ces temps-ci, le « politique » n’a pas trop la cote,  ça complique évidemment les choses. Beaucoup d’électeurs en veulent à François Fillon d’avoir mis la droite en difficulté et j’entends encore souvent le reproche : « pourquoi il n’a pas laissé la place ! » Ils en veulent aussi au parti d’avoir organisé une « primaire ouverte » découvrant après coup qu’elle avait validé le programme le plus « radical ». On ne refera pas l’histoire.  Le constat peut être fait que ce mode de sélection a plutôt accru les fractures internes, comme  en témoignent les affrontements qui ont suivi.

Le spectacle de la désunion : elle est à l’aune de l’équation personnelle que chacun doit gérer pour garder le mandat qu’il exerce.  Le non cumul des mandats y oblige souvent d’autant plus que certains ont été élus dans les Régions avec les voix dites « de gauche » contre le FN, c’est le cas de Xavier Bertrand. Le sujet devient stressant quand la gauche n’existe quasiment plus. Où sont ses voix, que vont-elles faire la prochaine fois ?  Et puis il y a tous les « non-dits » sur l’élection présidentielle dont il est incongru de parler maintenant, ce qui n’empêche pas d’y penser et dessine les  postures… Il  faut aussi faire avec les personnalités d’un parti, habituées  à réserver aux médias ce qu’elles n’ont pas eu le courage de dire en Bureau Politique, et tenir compte des  sensibilités des uns et des autres qui font qu’il est impossible de  communiquer avec un langage commun.  Quand s’y ajoutent les prises de distance et les « trahisons », les procès permanents faits à celui qui a été élu à la tête du parti pourtant de façon incontestable et très démocratique, on s’étonne ensuite que l’électorat ait perdu confiance. 

La réserve est encore disponible.

Le graphique ci-dessus nous montre que les 8,5% de LR ne sont en rien définitifs. Les élections municipales qui se profilent se font sur des enjeux complètement différents et les motivations se révèleront autres.  Un électeur n’a pas les mêmes préventions quand il est face à un scrutin national, par ailleurs escamoté, et face à la désignation du maire de sa commune qu’il connait et qu’il jugera autant sur son action que sur sa personnalité,  rarement sur son étiquette. Les maires LR n’ont donc pas à avoir peur. Car il ne suffit pas que quelques brebis égarées (d'ailleurs depuis longtemps), signent une tribune de soutien qui « souhaite la réussite impérative de la France », la vraie question est de savoir si la politique qui est menée depuis deux ans et telle qu’elle s’annonce pour le  reste du quinquennat, au vu des résultats obtenus, est conformes aux intérêts de la France. Là-dessus, la tribune des 72 maires est muette. Et il est  permis d’en douter. Dans un an Macron pourrait bien être toujours aussi impopulaire avec effet négatif garanti pour les signataires.

Néanmoins, il ne faut pas perdre de temps. Il faut restructurer un parti de  droite cohérent, et travailler  à une offre d’alternative crédible ce qui suppose un projet à soumettre le moment venu aux Français. L’heure est donc au travail de fond,  à la mobilisation de toutes les bonnes volontés, à la refondation de la politique comme mode d’action collectif au seul service du bien commun et non d’ambitions narcissiques. Redonner à nos électeurs l’envie d’avoir envie ! Moyennant quoi, les conditions de la confiance seront rétablies. 

 


BECHU EST-IL FACHE AVEC L’HONNETETE INTELLECTUELLE ?

Béchu municipales

 

Christophe Béchu  a voulu tourner le dos à sa famille politique, c’est son choix. Il  est respectable,  encore que…

Mais depuis qu’il a  rejoint le camp de la  REM, je trouve qu’il  multiplie les accommodements avec les faits, surtout quand il se prétend toujours de droite. Passons sur les conditions dans lesquelles il a provoqué le changement d’affectation de son ami  Capus,  muté en quelques heures de n°2 de la liste Des Républicains à tête de  liste « En Marche » pour les sénatoriales. Il veut, dit-il, que Macron réussisse pour éviter l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir. En soit, c’est louable,  sauf que ça  le conduit à soutenir une politique dont il a toujours combattu nombre des choix : le libéral qu’il était approuve aujourd’hui la politique dirigiste du gouvernement dont on mesure l’efficacité avec les dossiers Général Electric, Ascoval ou encore Renault-Fiat ; le gestionnaire partage sûrement la  fuite en avant des dépenses publiques pratiquée par le gouvernement de son ami Philippe ; et le catholique que j’ai connu, plutôt défavorable  au mariage pour tous, va certainement soutenir le  projet de « PMA sans père »  et l’artificialisation de la filiation  qu’il officialise. 

Du relativisme argumentaire.

Christophe Béchu lance une association nationale pour rassembler les  maires  macronistes,  en vue des municipales. Et à cette occasion il donne une interview à l’hebdomadaire Le Point dont le contenu contient des affirmations « discutables », en restant poli. Je lui laisse son jugement sur la  participation électorale à tout juste un électeur sur deux qui le réjouit. Il explique la défaite des socialistes et des Républicains  par  le fait qu’ils ont fait de l’opposition systématique. Généralisation hâtive et curieuse conception de la démocratie.  Il est vrai que le Macronisme n’aime pas ce qui s’oppose.  Sans doute Christophe Béchu soutiendrait-il la réforme du règlement de l’Assemblée nationale qui restreint les droits de l’opposition,  comme si la Nation se réduisait à un parti politique aux ordres d’un Président  qui serait répartiteur du temps de parole…  sauf pour lui. J’ajouterai que faire référence à la  période où la droite a été au pouvoir pour  critiquer ses prises de position par  exemple sur les dotations aux collectivités  locales,  en s’affranchissant des contextes qui peut les expliquer, est une ficelle  pas très honnête.  La  droite n’a plus été au pouvoir depuis 2012  et sous-entendre qu’elle n’a  pas réformé  est  une contre-vérité.  Il oublie les  80 réformes réalisées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy  malgré  la  crise de 2008. Il n’est pas certain que Macron en réalise autant. Je ne partage pas  du tout son avis sur l’action qui est  menée : le Président parle  beaucoup  mais agit peu, et quand il agit, il le fait  mal : la  réforme de la taxe d’habitation est une erreur monumentale, la réforme de la formation professionnelle aussi.  Cette recentralisation qu’il aurait combattue en un autre temps, il semble aujourd’hui s’en accommoder. La  vérité, c’est que le pouvoir actuel  mène une politique « radicale-socialiste » shootée à la dépense publique et ne réforme qu’à la marge.  Et  si le pays est en crise et en triste état, ça  n’est  pas le  fait de  l’opposition, mais bien celui d’une gouvernance inadaptée et inefficace. Les Républicains n’ont cessé de tirer le signal d’alarme sur le mécontentement qui couvait dans la France profonde depuis le début de l’année 2018,  sans jamais être ni entendus ni compris par une majorité arrogante et sûre d’elle-même. Soutenir Macron dans ces conditions, c’est faire le lit du Rassemblement national.

Etre de droite exige  de  la  cohérence.

« On peut ne pas avoir voté LR et rester pour autant de droite, non ? Continuer de penser que le travail, le mérite et la liberté sont des valeurs essentielles, que l'assistanat n'est pas une solution, que notre pays a besoin de réformes, que diminuer les dépenses publiques est un impératif et qu'il faut se garder de tout angélisme et naïveté sur l'immigration... ? » dit-il,  mais alors comment peut-il être solidaire d’un gouvernement qui pratique tout  le contraire : jamais l’assistanat n’a autant fleuri, jamais le communautarisme ne s’est aussi bien porté jusque dans les quartiers d’Angers, jamais les déficits n’ont été aussi importants puisque nous sommes la lanterne rouge en Europe et les champions du monde des prélèvements, quant à la naïveté  sur l’immigration j’aimerais savoir ce qu’il pense des 255 000 titres de séjours accordés en 2018…

En politique,  il n’y a pas de défaite, il n’y a que des échecs.

Les Républicains viennent de connaître un grave échec malgré une campagne enthousiasmante. Les causes en sont multiples, comme toujours et les  conséquences  douloureuses,  bien que les résultats de ce genre de scrutin soient rarement « fondateurs » de quelque chose de durable. Pourtant ce qui est sidérant c’est le déluge d’indignité généré par une partie de la classe  politique, assorti d’une sorte de jubilation hystérique de la part de certains. Ceux qui rêvent  de se  partager les dépouilles  du parti, lepénistes d’un côté, marcheurs de l’autre, unis dans un songe commun, pourraient bien en être pour leurs frais. Le  pire est venu du comportement des transfuges de LR qui après avoir trahi par opportunisme –personne ne croit à la fable « des valeurs »- se comportent aujourd’hui en charognards cyniques, faisant penser à ces  pillards qui font les poches des victimes d’une catastrophe :  ceux d’Agir, en première ligne, qui se ruent pour chercher à affaiblir un peu plus les Républicains, n’hésitant pas comme  Frédéric Lefebvre ou Thierry Solère à pratiquer l’outrance, comme s’ils voulaient exorciser leurs démons – quand je m’entends traité d’hyperdroitisé, c’est du même  ordre que Clémentine Autain qui juge Macron ultralibéral- . La dignité  leur a définitivement échappé. Mais voilà, il se trouve  encore chez les Républicains  des gens qui ont des convictions.  Celles-ci sont nobles  et respectables.  Des discours emprunts d’humanisme de Bellamy, je ne retranche pas une seule virgule. Le  parti se relèvera.  « Tenons bon, soyons fermes, soyons fidèles… » et il nous restera l’honneur.   Ce qui manque tant à ceux qui nous dénigrent.

 


PETIT JOURNAL DE L’ECONOMIE

Economie  bourse

 

Le « nouveau monde » selon Le Maire…

Les méthodes employées par notre « grand financier » relèvent des recettes économiques de notre arrière-grand-mère. Il fait partie d’un gouvernement dont le Premier Ministre, en bon social-démocrate, croit fermement aux vertus de l'intervention de « la main bien visible de l'Etat » dans l'économie. Voilà un environnement de rêve pour ce technocrate dont la besace regorge de propositions toutes plus étatistes les unes que les autres. On le retrouve donc sur le front de toutes les entreprises en difficultés avec  le succès que l’on sait : De General Electric  (merci Macron) à Ascoval et Blanquefort, on peut  mesurer l’étendue de l’efficacité de « l’Etat-stratège ». Mais le top de l’efficacité a été atteint par le  « fonds pour l'innovation » constitué au sein de l'établissement public Bpifrance, structure contrôlée par l'Etat. Un dispositif tellement performant que la Cour des comptes est venue mettre son nez dans son fonctionnement et, dans un rapport publié le 15 mai, s'est prononcée « pour sa suppression et la réintégration des 250 millions d'euros annuels dans le budget général via les dispositifs classiques de financement de l'innovation ». En cause, la multiplicité et la complexité des opérations nécessaires à la constitution de ce fonds n'ont pas permis de le rendre opérationnel en 2018, pour reprendre les mots de la Cour. Bref : du gaspillage d’argent public ! ? Il est clair que la création de ce fonds, annoncée en grandes pompes car répondant à des enjeux d'affichage politique, est une usine à gaz conçue dans la plus pure tradition française. L'efficacité de « l'Etat stratège » n'est qu'une légende, laquelle sévit en France au moins depuis le XVIIe siècle, et  prospère  plutôt dans les beaux cerveaux des technocrates jacobins. Un dernier exemple  ce matin : Fiat Chrysler ne veut plus de deal avec Renault qui avait demandé une journée de plus pour réfléchir. Il semble que Nissan soit parvenu à saborder le deal avec ses réticences. Xavier Bertrand va  être  content, pas  Bruno Le Maire !

Youpi, les investissements étrangers …

Voilà de quoi pousser un joli cocorico : une enquête sur le nombre de projets d'investissements étrangers montre que... la France a dépassé l'Allemagne ! Leur nombre en France en 2018 s’est monté à 1027 contre 973 en Allemagne.  Serait-on devenus champions d’Europe ? Eh non : la Grande-Bretagne est devant avec 1054. Sorry !  Ce serait quand même mieux si les investissements étaient français, mais voilà, au pays de l’enfer fiscal le capitaliste se fait rare. On est donc premiers sur les centres de Recherche & Développement financés par des capitaux étrangers. Et c’est bien normal puisque nous avons un système de crédit d'impôt recherche, financé par nos impôts, extrêmement généreux. Non seulement les étrangers investissent chez nous mais ils en profitent pour défiscaliser. Et  c'est nous qui payons...

Eclaircie sur la pompe ?

Le prix du pétrole s'est effondré, en dessous des 53 dollars sur le brut américain. Il était à 77 dollars il y a peu. Pourtant le pétrole iranien n'arrive plus sur le marché. Mais l'Arabie Saoudite alimente pour que les États-Unis continuent à mettre la pression sur l'Iran.  Et aussi la production du pétrole de schiste aux États-Unis continue à progresser, favorisée par les prix élevés. Il  y a une autre raison moins réjouissante :  les investisseurs anticipent un fort ralentissement de l'économie mondiale, notamment à cause des gesticulations tweetesques de Trump. Si ça se confirme, ça n'est pas réjouissant du tout.

Les  taux bas ne font pas les bons totaux.

Et c'est reparti, partout dans le monde. L'Australie en tête avec sa première baisse des taux depuis 3 ans pour contrer les effets négatifs du ralentissement de l'économie chinoise. De  son côté, Trump va pouvoir continuer son offensive commerciale contre la Chine, le Mexique et bientôt l'Europe, sans peser sur l'économie et les marchés, grâce à l'aide, une fois de plus, de la Banque centrale américaine.Il a suffi d'un mois de baisse relative sur les indices boursiers en mai, pour que le patron de la FED, Jay Powell, annonce que la Banque Centrale se tenait prête à baisser les taux. Il va donc continuer ses guerres commerciales au risque de faire dérailler l'économie et les marchés.

En France, en mai le taux de crédit immobilier moyen a atteint un nouveau record de baisse : 1,29%.
Du jamais vu depuis les 1.33% de décembre 2016. Et cela devrait continuer en juin. Les banques baissent les taux et repartent à l'attaque. Jamais les niveaux d’emprunts ont été aussi élevés…  L’argent pas cher rend fou !  Mais combien de temps les banques centrales vont-elles tenir l'économie mondiale et les marchés à bout de bras avec la baisse des taux d'intérêt ? Une fuite en avant !

Forcément ça finira mal… un jour  ou l’autre.

 


BOUILLONNEMENTS POST-ELECTORAUX

Européennes répartition des voix

Resultats-e-europeenes-2019 (1)

Des résultats sans lendemains.

Que d’excitation sur les  plateaux médiatiques,  que de commentaires définitifs et  péremptoires,  que d’assassinats  en règles  …  Pourtant, ils devraient bien savoir qu’aucune élection européenne n’a donné des résultats fondateurs. Performances ou revers, tous se sont révélés  sans lendemain.  Pour une raison simple : la  moitié du corps électoral  n’est pas allée voter.  On raisonne donc sur des bases erronées, les  électorats  captifs se mobilisant davantage,  ils avantagent leur camp. Le  graphique ci-dessus de comparaison avec la  présidentielle de 2017 est explicite. Alors ceux qui parient sur la « mort » de la droite feraient bien de se méfier. Le seul résultat qu’ils auront obtenu c’est la démission de Laurent Wauquiez.  Ils ne savent pas les malheureux qu’ils lui ont peut-être rendu service.

Sur les conditions du déroulement de ces élections,  il y a bien des choses à relever.

J’observe que Macron a perdu son pari,  mais  sur consignes de l’Elysée, des  médias complaisants l’ont transformé en victoire. La vérité, c’est que sur la moitié du corps électoral qui est venue voter,  puisque le  Président en avait fait un referendum sur sa personne (« Vous n’avez pas le  choix »), plus de 75% des suffrages exprimés ont choisi une forme de sanction.  D’ailleurs deux Français sur trois considèrent qu’il a perdu. Il a parait-il réduit la droite en miettes  et  cela suffirait à lui déblayer le chemin. On s’apercevra rapidement que ça n’est pas du tout la réalité et que la fin de son quinquennat va  être chahutée.

J’observe aussi que le Président s’est arrogé un temps de parole dont le « grand débat » a été le prétexte.  Celui-ci, sans contradiction, a été de nature à influencer pendant des semaines toute une partie de l’électorat qui passe ses après-midis devant la télé.  Après on s’étonne qu’il a attiré à lui une part importante des retraités. La  prolongation du « grand débat » a été une manière d’occulter la campagne des Européennes et d’empêcher le débat sur l’Europe pour lequel Macron se savait bien isolé. Malgré son engagement  en dehors de toute règle de bienséance, il a eu bien du mal à faire face, notamment à cause de la médiocrité de sa tête de liste.

J’observe encore que Macron s’est comporté en Président d’un clan et qu’il a, de fait,  entamé sa capacité à être  le Président de tous les Français. Il a abîmé un peu  plus notre démocratie. Les études d’opinion indiquent d’ailleurs que sa politique est rejetée par près de 80% de nos concitoyens. Le pays profond continue d’aller mal et les remèdes proposés jusqu’à maintenant ne favorisent pas le retour à une cohésion nationale.

J’observe enfin que la majorité présidentielle fait toujours preuve d’autant d’arrogance, et je sens même, à l’égard des Républicains, une sorte de haine diffuse de la  part de ceux qui l’ont ralliée en provenance de la droite, comme s’ils cherchaient à masquer la honte de leur trahison. Leur empressement à susciter d’autres ralliements par le chantage frise l’indécence quand ce n’est pas de l’inconséquence.

Les idées ne meurent pas.

La droite a été fort démunie face au tam-tam médiatique  de  la  "campagne officielle". Cela n'empêche pas qu'il  y ait un espace politique entre la fausse droite de Macron qui continue de faire du Hollande, mais qui se sert habilement de Philippe et de ses laquais Darmanin et Le Maire, et l’extrême-droite même ripolinée  en « Rassemblement national » de Marine Le Pen dont le  programme  économique rappelle celui de feu Georges Marchais. Cet espace politique c’est celui de tous les problèmes  non traités  par Macron :  le  chômage, les déficits,  la dette dont le FMI s’inquiète, les  prélèvements  confiscatoires, les territoires abandonnés, la montée du  communautarisme, la famille, l’éducation et la jeunesse,  l’écologie  responsable … Réinventer une « France pour tous », voilà un beau sujet avec   comme objectif le retour à la prospérité pour tous !

 


EN REPONSE A LECORNU ET A CEUX QUI DESERTENT…

Cyrano

 

Monsieur Lecornu a l’indécence d’appeler les élus LR à rejoindre la  fausse  droite de ceux qui ont trahi.  Il  y aura forcément quelques brebis apeurées  pour y répondre. Je  leur dédie ce  passage de Cyrano de Bergerac. Car, manifestement nous n’avons pas  les mêmes valeurs ni les mêmes convictions. 

« …Et que faudrait-il faire ?
Chercher un protecteur puissant, prendre un patron,
Et comme un lierre obscur qui circonvient un tronc
Et s’en fait un tuteur en lui léchant l’écorce,
Grimper par ruse au lieu de s’élever par force ?
Non, merci.

Dédier, comme tous ils le font,
Des vers aux financiers ? Se changer en bouffon
Dans l’espoir vil de voir, aux lèvres d’un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci.

Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?…
Non, merci.

D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci !

Se pousser de giron en giron,
Devenir un petit grand homme dans un rond,
Et naviguer, avec des madrigaux pour rames,
Et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?
Non, merci ! ... » 

A bon entendeur…

Et je complète avec cette  excellente notre de Maxime Tandonnet :

« Un maire qui sera élu sans l’appui du MODEM ou LREM sera l’ennemi du président " Cette phrase, prononcée par un député européen LREM, illustre une évolution préoccupante  de la vie politique française [même s’il s’en est excusé par la suite]. Un maire qui ne ferait pas allégeance au président serait traité en ennemi par ce dernier. Cette déclaration repose sur une vision des choses  foncièrement antirépublicaine. Elle viole la Constitution selon laquelle le président de la République « assure par son arbitrage » le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, dès lors président impartial de tous les Français – et de tous les maires. Tout un état d’esprit, une mentalité se profilent derrière cette phrase. De fait, elle n’est que le reflet d’une évolution du régime politique français qui l’éloigne des valeurs de la démocratie. Il ne saurait donc y avoir de maire qu’asservi au culte du chef de l’Etat. Telle est la conception de la libre administration des collectivités locales qui s’en dégage. La réélection de 2022 semble dès lors tout justifier, jusqu’à la mise en cause du socle même des principes de la République. Par ailleurs, les manœuvres destinées à achever de détruire l’opposition républicaine se précipitent, avec la bénédiction d’une partie de la presse et des médias, comme pour couvrir les déceptions, les échecs  et l’effondrement d’une popularité. Un climat profondément malsain et délétère s’est emparé du pays. Nul ne sait de quoi demain est fait. Que sera l’issue du troisième, ou du quatrième acte? Tout va dans le sens d’un désastre. Mais en attendant, j’ai envie de dire aux élus républicains, tentés de céder au chantage des municipales: « vous avez choisi le déshonneur pour éviter la défaite. Vous aurez le déshonneur et la défaite ».