L’EUROPE COMPTE ENCORE !
26 février 2025
L'Europe est une puissance mondiale.
Au plan économique, elle est forte et a un potentiel réel de rebond économique.
L'Union européenne compte 27 membres, dont 20 font partie de la zone euro. Elle compte 450 millions d'habitants qui sont 450 millions de consommateurs « solvables », du fait d'un niveau d'épargne élevé et d'un niveau d'endettement relativement faible.
L'UE c'est 18 000 milliards d'€ de PIB, une des trois premières puissances économiques mondiales et sa balance commerciale dégage 150 milliards de surplus commercial, à comparer avec le déficit commercial abyssal des États-Unis (-100 milliards de $). (Pour mémoire : PIB US de 28 000 milliards, Chine de 21 640 milliards.)
On n'a pas encore les chiffres définitifs de 2024, mais la balance des paiements courants devrait approcher les 600 milliards d'€ (-310 milliards de $ pour les US) et une balance des paiements courants excédentaire est le signe d'une économie puissante et saine.
L'Europe affiche aussi des taux d'intérêt en baisse, largement inférieurs aux taux américains avec des taux à 10 ans pour le leader de la zone, l'Allemagne, à 2.45% contre 4.40% pour les États-Unis, et un euro relativement stable, à un niveau qui n'est pas handicapant pour le commerce extérieur et la croissance.
C’est vrai, sa principale faiblesse, c'est sa croissance, en dessous de 1%, mais avec un réel potentiel de rebond si l'Allemagne « pivote », comme on peut l’espérer avec l’élection de Merz.
Le chômage moyen y reste élevé à 5.9% mais il s'améliore, et l'inflation baisse même si elle est encore à 2.4% (seulement) pour la zone euro.
Prise en étau entre la Chine et les États-Unis, l'Europe a tout de même tout pour réussir. Elle augmenterait ses chances à plusieurs conditions : l'Europe doit être plus unie, elle doit sortir de sa naïveté vis-à-vis de la Chine, elle doit résister face à la pression américaine, et elle doit avoir conscience de sa puissance car elle est puissante et peut se faire respecter.
Mais Le modèle européen n'est pas le modèle américain. Il est peut-être moins dynamique mais il est plus « social ».
La rencontre Trump-Macron.
Sur la forme, Emmanuel Macron s’est bien débrouillé. Tout en affichant une certaine complicité avec Donald Trump, il s’est permis de le reprendre avec précision sur les financements de la guerre en Ukraine en public, et a exprimé poliment son point de vue divergent. Naïveté et mauvaise foi de Trump qui communique des sommes fantaisistes (350 milliards) et ne connait pas les conditions de leur utilisation.
Le message du Président français a été substantiellement le suivant : il ne sert à rien de signer une paix rapide si elle est bâclée et ne comporte pas de garanties de sécurité solides : la guerre reviendrait alors inévitablement, « faute de quoi ce cessez-le-feu risque de ressembler aux accords de Minsk » a-t-il explicité. En face on voit à nouveau la naïveté de Trump qui pense que Poutine retournera à ses affaires dès la paix établie, oubliant que la récupération des marges d’influences de l’ex-URSS était son obsession.
Sur le fond, le résultat est mitigé : une trêve possible « dans les semaines à venir », éventuellement avec la présence de troupes européennes pour « garantir la paix » sans opposition de la Russie, et une rencontre Zelinsky-Trump dans les prochains jours pour parachever l’accord sur les minerais. Emmanuel Macron a fait état « d’avancées substantielles » des pourparlers mais le président américain est resté vague.
Pendant ce temps, à l’ONU les États-Unis se sont alliés à la Russie lors de votes à l’assemblée générale et au Conseil de sécurité. Au moins Trump est prévenu, la paix ne pourra pas être une capitulation de l’Ukraine. Concernant l’Otan, les américains feront pression pour que les européens augmentent leurs contributions, mais n’abandonneront pas ce qui est pour eux la poule aux œufs d’or : un marché d’armement énorme et solvable. Demain, c’est le premier ministre britannique, Keir Starmer, qui ira essayer de parlementer et les Allemands, eux, prennent conscience que leur dépendance militaire aux États-Unis grève leur souveraineté. Aujourd’hui les chefs d’Etat européens se concertent en visio.
La messe est loin d’être dite.
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