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LE REVEIL DE LA JEUNESSE ESPAGNOLE

 

On connaissait surtout de la jeunesse espagnole sa capacité à descendre dans la rue, seulement les fins de semaine, pour des beuveries en groupe à l'origine du phénomène des «botellons»  (« grandes bouteilles ») ou pour célébrer en masse les succès de la « Roja », l'équipe nationale de football, lors des dernières Coupes d'Europe (2008) et du monde (2010). Elle affichait jusque- là  pour le reste de son environnement une apparente indifférence.

Avec le mouvement des « Indignados », né le 15 mai dernier sur la Puerta del Sol, en plein coeur de Madrid, avant de s'étendre aux grandes places d'une soixantaine de villes du pays, 1'Espagne découvre subitement une nouvelle facette de sa jeunesse ! Sera-t-elle le premier pays d’Europe où explose la révolte de sa jeunesse, annonçant le début d’un printemps des jeunes dans nos pays de vieux ?

Ce n’est pas un hasard. L’Espagne est l’un des pays les plus meurtris par la crise et le tableau n’est pas reluisant : 45% des moins de 30 ans sont au chômage, exclus de l’économie et de la vie autonome, l'un des taux les plus importants d'Europe. Sans parler de la marginalisation d'un certain nombre d'entre eux, surnommés les « ni-ni » (« ni travailleurs, ni étudiants »), condamnés à des CDD ou au travail au noir, qui ont souvent été contraints de retourner vivre chez leurs parents. Ce serait le cas d'une petite moitié des hommes âgés de moins de trente ans.

Victime de la gestion erratique de José Luis Rodriguez Zapatero, le président du gouvernement socialiste qui a longtemps affirmé que la crise allait épargner son pays, l'Espagne ne voit toujours pas le bout du tunnel. La situation n'est pas près de s'améliorer, son économie ne devrait afficher qu'une croissance de 0,9 % cette année et de 1,6  % en 2012, selon l'OCD.  

Un populisme désespéré ?

On comprend alors que les jeunes se lancent dans un populisme désespéré. En Espagne, peut-être plus encore qu’en France, les plus âgés pénalisent les plus jeunes de trois façons : par la ségrégation à l’emploi, par une école inadéquate et par les dettes accumulées sur leur dos. Elle illustre jusqu’à la caricature la dualité du marché du travail : emplois temporaires et interim pour les jeunes, emplois sécurisés pour les moins jeunes.

Il y a aussi un gouffre entre l’école et l’emploi. Les besoins du marché du travail n’entrent en aucune façon dans les préoccupations des enseignants et le système d’orientation fait défaut. Le patronat rivalise de conservatisme avec les syndicats qui, étroitement liés au PSOE au pouvoir, se sont contentés ces dernières années de défendre les droits acquis de ceux qui avaient du travail alors que le chômage ne cessait de grimper pour toucher aujourd'hui près de 5 millions de personnes.

De fait, les « élites » espagnoles n'ont pas vu venir le mouvement. Elles sont toutes surprises que la jeunesse espagnole se sente laissée-pour-compte et que ses revendications aillent au-delà de la simple amélioration matérielle de sa situation... En réclamant un changement de système politique, social et économique avec à la clef une réforme électorale, une véritable lutte contre la corruption, une séparation effective des pouvoirs et la création d'un contrôle citoyen, les « Indignados » veulent avoir désormais pleinement voix au chapitre.

Un mouvement qui pourrait faire tache d’huile en Europe ! Il serait grand temps que nos élus se mobilisent pour trouver des solutions autres que le bricolage et le replâtrage de nos systèmes sclérosés.

"Un jeune, une solution, pas de laissés pour compte !" . URGENT !

 

 

 


C’EST ARCHIBALD QUI LE DIT !

 

DSK (suite). « Suite », c’est le mot. L’épisode de la semaine concerne sa nouvelle résidence à 50 000 $ mensuels. De quoi émouvoir la « gent » socialiste toujours suspicieuse avec la monnaie. Manuel Valls comprend que cela puisse choquer. Bien vrai mon frère ! Notre « parvenu » de Président ne serait-il qu’un « petit bourgeois » avec sa Rolex et ses Ray Ban, à côté de l’étalage de fric du « cher » prisonnier new-yorkais ?

TRON. Cette semaine, l’affaire du gars Georges a failli éclipser celle du new-yorkais. Il faut dire que deux plaignantes ça fait beaucoup. On apprend aussi que l’intéressé est fétichiste du pied. Ce qui a fait dire à mon voisin : « Normal, quand on s’appelle Tron, qu’on s’occupe des membres ! ». Fermez le ban. On n’ira pas plus loin, présomption d’innocence oblige.

RADARS. Voilà encore une affaire qui nous aura occupés toute la semaine. C’est mon ami Dominique Bussereau qui résume le mieux la situation : « Franchement, si je rencontre aujourd’hui dans la rue quelqu’un qui veut savoir ce qu’a décidé le gouvernement cette semaine, je suis incapable de le lui expliquer » et d’ajouter : « Qu’on le veuille ou non, des mesures fermes sont indispensables pour faire baisser l’insécurité routière. En 2010, nous étions pour la première fois passés sous la barre des 4.000 tués par an. Le gouvernement a eu raison de taper du poing sur la table. Depuis, les gens sont décontenancés par des déclarations contradictoires. C’est très mauvais". On est bien d’accord.

LA PAIRE. « Y’en a pas deux ! » dit la pub. Avec Ségolène et Martine on est bien servis. Elles se sont retrouvées à Poitiers pour un meeting commun et montrer aux yeux du peuple esbaubi la « belle et bonne union des socialistes ». Sauf qu’on a bien le sentiment qu’en l’occurrence il fallait faire la nique au père François, le candidat « normal ». On attend avec impatience le temps des « primaires » (je parle des élections, pas des candidats. Quoique…)

MOSCO. L’orphelin du new-yorkais dit qu’il est prêt à prendre ses responsabilités pour représenter son clan. Chiche !

ALLO MAMAN BOBO. Royal veut faire de l’éducation sa priorité des priorités. Encore une. Depuis le temps que le sujet est prioritaire sous tous les gouvernements, on se demande bien ce qui coince. Eh bien, elle, elle a trouvé : mettre deux adultes par classe pour éradiquer la violence (des aides-éducateurs…. ???) et occuper les intermittents du spectacle en leur proposant d’intervenir dans les classes pour donner des cours de théâtre ou de poésie... Avec ça, on n’est pas encore surs que nos chers bambins sauront conjuguer, lire, écrire et compter. Plus bobo tu meurs !

13 MILLIONS. On ne peut pas dire que les médias bruissent sur le sujet. Voilà une affaire qui ne semble guère les intéresser. Et pourtant ? La justice tiendrait les preuves de la culpabilité d'Alexandre Guérini, frère du président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux. Une somme de 13,7 millions d'euros a été saisie au Luxembourg et en Suisse sur plusieurs comptes où apparait son nom. Selon le journal, d'autres pistes conduiraient vers des comptes en Espagne, en Angleterre, au Panama, en Israël et en Asie du Sud-Est. Des fonds qui auraient pu être détournés des marchés publics de deux décharges du département des Bouches-du-Rhône. Ce nouvel épisode judiciaire est une mauvaise nouvelle pour le sénateur Jean-Noël Guérini qui s'est toujours déclaré étranger aux affaires de son frère Alexandre incarcéré depuis décembre.

MAINE-ET-LOIRE : LA DANSE DU CENTRE

Il y a du rififi entre Hervé de Charette, qui a rejoint avec son groupuscule la « Convention démocrate » la "confédération des centres" et qui a reçu du "Nouveau Centre" l’investiture pour mener une liste aux sénatoriales de septembre. Vous suivez ? Mais le Président local du dit parti ne l’entend pas ainsi. Christian Gillet n’en démord pas, il fera aussi sa liste. Et il a le soutien du Sénateur Jean Arthuis et de Laurent Gérault, de" l’Alliance centriste". Vous suivez toujours ? Entre investiture parisienne de circonstance et autoproclamation  locale de conviction, on va droit vers une campagne mouvementée. A l’UMP, on ne sait pas si on doit en rire ou s’inquiéter de la dispersion des voix et de l’écoeurement des électeurs visés. D’autant plus que la sénatrice sortante, Catherine Deroche est issue de l’UDF,  c’est-à-dire du centre aussi, non ? Question : faut-il avoir fait Science-Po pour être électeur du centre ?

                                                                       Mille sabords !

 


FMI : UN ENJEU POUR L’EUROPE

 

Logo FMI 

Les Européens ne lâcheront pas la direction générale du Fonds Monétaire International. Pas en ce moment. Depuis la dernière guerre, la règle était que la Banque Mondiale revenait aux Américains et la direction du FMI aux Européens. Le monde a beaucoup changé depuis. C’est d’ailleurs pour tenir compte des évolutions que les Européens ont abandonné deux des neuf sièges qu’ils détenaient au conseil d’administration au profit des pays « émergents », dans un souci de rééquilibre. Il se disait d’ailleurs qu’après Strauss-Kahn il faudrait peut-être leur céder le siège de la direction. Personne n’avait prévu que son mandat finirait en… queue de poisson, si l’on peut dire.

Mais voilà, les Européens sont confrontés aux dettes souveraines de plusieurs membres de l’Union et ils n’ont pas envie de lâcher maintenant un levier qui peut aider à la stabilisation par les prêts qu’il peut octroyer aux pays en difficulté. Ce n’est pas par hasard si DSK et JC Trichet étaient allés ensemble plaider devant le Bundestag pour convaincre les Allemands de la nécessité d’un second plan d’aide à la Grèce, il y a à peine trois semaines. Une manière de soutenir Angela Merkel dans cet effort.

Il faut que le FMI reste fort et qu’il garde sa sensibilité à l’Euro, gage de cohésion monétaire pour le Européens. D’ailleurs ils ne s’y sont pas trompés et c’est pourquoi ce soir la nomination de Christine Lagarde qui a fait rapidement l’unanimité sur le vieux continent, semble acquise après le G8. Au moment où l’Euro connaît quelques déboires,  l’Europe veut garder son influence sur le cours des événements à moyen et long terme, mais surtout à court terme. Elle a besoin du FMI pour conforter le « fonds européen de stabilité financière ».

L’Europe qui est le premier actionnaire du Fonds en est désormais aussi son premier emprunteur. Ce n’est pas le moment de lâcher le manche !

 


FMI : LAGARDE SE LANCE

 

ChristineLagarde 

Notre Ministre de l’Economie et des Finances est en train de sortir du lot comme la candidate unique de l’Europe, appuyée fortement par Angela Merkel, sans qui rien ne peut se faire. Elle a donc toutes ses chances pour prendre la tête de l’institution internationale dont elle connaît les sujets par cœur et tous les rouages. 

La querelle intentée par les députés PS, Jean-Marc Ayrault en tête, au sujet du règlement de l’affaire Tapie, a débouché sur une demande d’enquête du procureur Nadal à la cour de Justice de la République, pour connaître le rôle exact de Christine Lagarde dans l’arbitrage qui a conduit à accorder 240 millions d’euros de réparation à l’ancien patron d’Adidas. Ils auront mis quand même deux ans à s’émouvoir de la somme versée. En fait, l’épisode FMI n’était pas prévu.

Même si le fond du dossier est très technique, il faut tout de même savoir que la Ministre n’est en rien dans la décision qui a été rendue par la fameuse commission d’arbitrage, constituée de trois éminents juristes suffisamment différents pour que le jugement rendu ait un sens.

Fallait-il y avoir recours et en avait-elle le droit ? C’est finalement sur ce point que porte l’attaque. Le gouvernement a déjà fait savoir que le CDR (chargé de liquider le Crédit Lyonnais) bien que détenu par un établissement public est une société commerciale qui pouvait donc avoir recours à une procédure d’arbitrage pour mettre fin à un débat judiciaire qui dure depuis plus de 20 ans. Qui plus est, un tribunal administratif a rendu en 2009 et en appel en 2010 un jugement favorable, ce qui est une manière de montrer que la décision de la Ministre a été approuvée par d’autres organes. On cherche le pénal dans cette affaire, qui pourrait relever de la Cour de Justice. Autrement dit, il s’agit de chercher des poux uniquement pour nuire à la réputation d’une Ministre qui gêne par sa compétence.

On peut observer que les députés PS ne se seraient certainement pas émus de cette procédure si l’arbitrage n’avait pas été en faveur de Tapie. On a envie de leur dire que s’ils sont choqués de l’énormité de la somme versée, ils ont oublié que Bernard Tapie a été bel et bien « escroqué » par la Banque alors nationalisée dans l’affaire Adidas.

On s’étonnera aussi qu’ils ne soient pas choqués par les millions de Dollars qu’un certain DSK dépense sans compter outre atlantique pour se défendre. Là-dessus, on ne les entend pas. Dans ce cas, la présomption d’innocence rend sourd et aveugle.

DSK = Dollars Sans Kompter.

 


UNE CROISSANCE ROBUSTE DANS UNE CONJONCTURE INCERTAINE

 

Après la forte croissance du premier trimestre (+ 1 %), l'économie semble en avoir encore « sous le pied ». Les enquêtes auprès des chefs d'entreprise accréditent l’idée d'un ralentissement de l'activité, mais elles n'envoient pas de signaux de retournement. Après cinq mois consécutifs de progression, l'indicateur du climat des affaires publié hier par l'Insee a légèrement diminué en mai (- 1 point) pour revenir à son niveau de mars. Le moral dans le bâtiment et le commerce de gros reste stable, baisse un peu dans les services.

Quels que soient les secteurs d'activité, le moral des chefs d'entreprise reste supérieur à sa moyenne de long terme et demeure très élevé dans l'industrie et les services. « Le ralentissement actuel reste tout à fait compatible avec le maintien d'une croissance relativement robuste dans les mois à venir », précise Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas. Pour Pierre-Olivier Beffy, chef économiste chez Exane BNP Paribas, « le deuxième trimestre restera bon même si les effets temporaires du début d'année (rattrapage d'activité dans le bâtiment notamment) ne joueront plus et si la fin de la prime à la casse devrait peser sur la consommation ». Selon lui, les choses devraient se compliquer au second semestre « avec la hausse des taux et le resserrement budgétaire en France comme chez [ses] partenaires ».

La Banque de France table sur une hausse du PIB de 0,5 % et l'Insee de 0,4 %.

Du coup, les embauches repartent à la hausse. La dynamique de l’emploi ne s’est pas démentie en avril et l’Acoss, qui chapeaute les Urssaf signale une nette augmentation des déclarations d’embauche « dépassant les niveaux d’avant la crise ». Les créations nettes d’emplois sont en hausse de 0,4% pour les effectifs des entreprises de plus de 9 salariés sur le 1er trimestre. Ce dynamisme est allé de pair avec celui des heures supplémentaires. Au 1er trimestre 2011, le montant des exonérations déclarées aux Urssaf s’est élevé à 730 millions d’euros pour 175 millions d’heures supplémentaires (données brutes). C’est dans l’industrie que la hausse a été la plus spectaculaire avec +8,1% sur un an.

Le gouvernement va pouvoir tenir son engagement de faire diminuer le chômage en 2011. Les inscrits à Pôle emploi en catégorie A ont déjà baissé de 42 000 depuis le 1er janvier. La hausse du PIB est encourageante, d’autant plus que les entreprises ont commencé de reconstituer leurs marges.

Le nombre d’emplois salariés a atteint 16 059 600 dans les secteurs principalement marchands au 1er trimestre. Cela correspond à 58 800 postes supplémentaires. Topus les secteurs sont concernés, même si le secteur tertiaire a créé la plupart des emplois supplémentaires. La construction s’est tenue en légère hausse et l’industrie n’a plus détruit d’emplois, avec même un léger supplément de 600 emplois. Compte tenu du niveau des heures supplémentaires constatées dans ce dernier secteur, on peut s’attendre là aussi à une reprise de l’emploi au 2ème trimestre.

Reste que cette embellie va se trouver confrontée à la nouvelle donne de la croissance mondiale qui devrait se rétracter en 2011 sous le double effet de la diminution de la compétitivité des pays émergents, dont la chine au 1er rang, et d’une consommation freinée par l’inflation sur le vieux continent, elle-même aggravée par les politiques d’assainissement économique. L’espoir de limiter les dégâts pour la France repose sur la croissance allemande qui reste forte et qui sera probablement supérieur à 3% en 2011. Notre 1er partenaire pourrait ainsi contribuer à tirer notre économie en dépit d’un contexte mondial moins porteur.

Dernière minute : La croissance du PIB de la France devrait s'établir à 2,2 % en 2011 et à 2,1 % en 2012, selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié le 25 mai. 

 


DU BILAN AU PROJET

Palme 
 

En 2012, la France sera à la croisée des chemins. Plus encore qu’en 2007, l’élection présidentielle pèsera sur son destin. La crise est passée par là. Les choix qui seront faits en matière de politique économique et sociale dessineront le pays pour les trente ans à venir.

Il faut avant tout, renverser l’état d’esprit des Français en leur faisant prendre conscience qu’ils sont encore responsables de leur propre destin. Le pays a beaucoup d’atouts, ses habitants ont encore du génie, pour peu qu’on veuille bien s’attarder sur ceux qui en ont. Nous avons les ressources pour relever le défi et connaître une nouvelle période de prospérité dans et avec la mondialisation. Arrêtons la sinistrose !

Il y a des conditions, bien sûr. D’abord ne pas jeter aux orties les efforts qui ont été faits depuis 2007. On peut avoir le sentiment, comme l’exprimait un auditeur d’une radio périphérique, de prendre des claques tous les jours depuis trois ans et céder à la tentation des sirènes qui promettent les beaux jours sans connaître la météo. C’est pourtant peu de choses à côté des coups de pied au cul que se prennent nos voisins du sud, à cause de leur laxisme. La continuité est une des conditions du redressement et du succès.

Notre société souffre de quelques maux sur lesquels on ne se penche pas suffisamment. Une des priorités devrait être de rétablir l’ascenseur social. La stagnation intergénérationnelle s’est peu à peu installée. Les parents n’ont plus l’espoir de voir leurs enfants gravir une marche dans la hiérarchie sociale. La précarité touche trop de monde et les revenus intermédiaires sont défavorisés entraînant la crainte bien réelle du déclassement. Les classes moyennes sont probablement celles qui ont le plus souffert de la crise et de la sclérose qui a gagné la société depuis vingt ans. Ce sont 17 millions de nos concitoyens qui stagnent entre 1 et 2 SMIC, alors que les dirigeants ont capté quatre fois plus les gains du progrès que leurs salariés. Le lien entre le salaire et le diplôme est rompu, ce qui dévalorise les études et annule le gain espéré du coût de la formation.

Notre pays doit s’ouvrir davantage sur le vaste monde. Les quelques entreprises, grandes ou petites, qui tentent l’expérience n’ont qu’à s’en féliciter la plupart du temps. Les soutiens et aides de toutes sortes existent pour en accompagner le cheminement en atténuant convenablement la prise de risque, c’est la volonté ou l’envie qui manque le plus souvent. Notre classe politique par paresse intellectuelle passe trop de temps à imputer nos difficultés à la concurrence que nous font les pays tiers et aux délocalisations. C’est regarder le problème par le mauvais bout de la lorgnette et c’est aussi la facilité.

Ainsi, l’Europe dont beaucoup de nos concitoyens se méfient aujourd’hui, est trop souvent vécue comme la victime expiatoire de décisions soi-disant prises hors de chez nous. Rien n’est plus faux. Mais c’est vrai qu’un déficit de politiques communes s’est peu à peu imposé et les sommets sont vécus comme des lieux d’affrontements où l’on se met finalement d’accord a minima. Pourtant, l’Europe a fait des progrès dans son organisation et joue pleinement son rôle d’amortisseur des difficultés. Que serions-nous aujourd’hui avec le Franc ballotté entre les grandes monnaies… Il faut donner à l’Europe un rôle à sa mesure, en commençant par une politique très forte de coopération franco-allemande qui en est le moteur principal. Notre perception de l’Union changerait si elle était à l’initiative d’un vaste plan d’équipement commun portant par exemple sur le ferroviaire et si elle mettait en place une politique fiscale de rapprochement de ses membres au sein d’un « serpent fiscal » du même type que le « serpent monétaire » qui a été le prélude à la monnaie commune. Le sentiment d’appartenance s’en trouverait grandement conforté

Voilà quelques pistes. Il y en a plein d’autres à explorer : relancer l’intégration des immigrés par une nouvelle politique du logement, mettre à la disposition de la jeunesse une politique d’entrée dans la vie active digne de ce nom en fédérant tous les outils qui existent aujourd’hui, du CIO aux missions locales en passant par l’apprentissage, le service civique ou les écoles de la deuxième chance, privilégier quelques secteurs d’avenir comme les énergies renouvelables ou l’automobile sobre, pour en faire des pôles d’excellence mondiale à côté de notre aéronautique.

Si l’avenir a un visage, nous le dessinerons tous ensemble.

 


BILAN : LES PIERRES D’ACHOPPEMENT

 

Sarko tf1 5 

Les réformes au cours de ces quatre années de mandat de Nicolas Sarkozy ont été nombreuses et ont touché à tous les domaines : l’Etat, la sphère sociale, l’économie, le système fiscal, l’organisation administrative des collectivités. Certaines sont pleines et accomplies comme le RSA dont on commence à entrevoir l’intérêt avec la publication du premier bilan, beaucoup d’autres sont en cours d’application comme la Santé ou le Grenelle de l’Environnement, certaines enfin sont encore en devenir comme celle des Collectivités Territoriales qui est votée mais entrera en application en 2014.

Il en ressort forcément un sentiment d’inabouti, puisque pour la plupart de ces réformes on a touché à des structures qui ont besoin de temps pour se transformer et prendre leur régime de croisière : c’est le cas, par exemple, des Agences Régionales de Santé. Et il y a les domaines où malgré les efforts, la tâche est toujours à recommencer, comme en matière de sécurité, véritable travail de Sisyphe.

Mais sur un certain nombre de points, soit le message n’est pas passé, soit le travail reste à faire.

D’abord il y a les politiques menées qui suscite de l’incompréhension dans l’opinion publique par le caractère contradictoire apparent entre les objectifs visés et les décisions prises. Ce sont deux politiques sur lesquelles on manque d’explications. C’est le cas de la sécurité : l’insécurité recule inégalement mais en même temps on supprime des postes de gardiens de la paix et de gendarmes. C’est le cas aussi de l’Education dont le Président a proclamé qu’elle était la première des priorités mais dont on supprime assez massivement les postes par le jeu du non remplacement d’un départ à la retraite sur deux. Dans les deux cas, c’est difficile à comprendre, faute d’éclairage sur le but à atteindre, les moyens mobilisés et les résultats obtenus. Les personnels concernés ont beau jeu de mettre en avant le manque de « moyens humains » et l’opposition de s’emparer de cette contradiction. Le Gouvernement doit communiquer davantage s’il veut être suivi dans sa démarche.

Il y a les promesses que le déclenchement de la crise est venu contrecarrer de plein fouet. C’est le cas du « Pouvoir d’Achat ». Faute de pouvoir augmenter les salaires, celui-ci a crû très faiblement, grâce surtout aux efforts de redistribution. Certes, la loi TEPA a permis de faire profiter des heures supplémentaires à plus de 5 millions de salariés, mais cela a été largement occulté face à une opposition qui a fait du bouclier fiscal un combat emblématique des « cadeaux faits aux riches » et surtout les écarts salariaux avec certains patrons –le cas Proglio, par exemple- et ceux des traders. L’engagement aussi de réduire la dette. Le choix courageux de maintenir les aides sociales malgré la chute vertigineuse des recettes a provoqué l’effet contraire : la dette s’est creusée, ce que l’opposition reproche aujourd’hui au Gouvernement. Elle aurait fait quoi, elle ? Augmenter les impôts sur les riches et les classes moyennes ce qui était le plus sûr moyen de faire s’effondrer la consommation qui a permis à l’économie de limiter les dégâts. Enfin  la croissance et l’emploi qui étaient bien partis (on était arrivé autour de 7% de chômeurs avant que la crise se déclenche) ont été mis à mal par les effets de la crise financière et ses répercussions économiques : paralysie bancaire, effondrement du commerce mondial, récession et licenciements. Les efforts consentis pour ne pas alléger le poids de la charge sur les entreprises et la réforme de la taxe professionnelle semblent enfin porter leurs fruits par un redémarrage plus vigoureux que prévu.

Enfin, deux gros problèmes pèsent sur la société française et ne sont pas résolus : le premier, c’est celui de l’entrée des jeunes sur le marché de l’emploi qu’il faut absolument régler en agissant sur l’adéquation formation-emploi et le déverrouillage de l’embauche au faciès. Il n’est pas normal qu’un jeune mette entre 8 et 11 ans avant de voir sa situation stabilisée par l’accès à un CDI. De multiples moyens sont pourtant mobilisés, mais leur dispersion et la multiplicité des structures les rendent illisibles et probablement sous-opérationnels. Le second, c’est celui de la ghettoïsation des banlieues et tous les problèmes qui en découlent : insécurité, chômage accru, xénophobie, … Là encore, les politiques menées ont besoin de long terme. Des milliards ont été déversés sur les quartiers sensibles mais on n’en voit pas suffisamment les retombées. L’idée qui prévaut est que le plan « espoir banlieues » n’a pas fonctionné.

Pour terminer, un mot sur le « déficit d’Europe » qui marque ces dernières années, malgré le succès de la « présidence française » déjà oubliée. La crise en a montré les limites et les faiblesses, bien que les institutions aient plutôt bien fonctionné et que des progrès aient été faits dans la « gouvernance ». Là encore, une lisibilité meilleure permettrait de faire prendre conscience à nos concitoyens dont la défiance augmente à l’égard de Bruxelles, l’intérêt incontournable de l’Union face à la globalisation.

 

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

 

DSK. Difficile d’y échapper : la semaine a été rythmée par ses démêlés avec la justice new-yorkaise. Chronique d’une descente vertigineuse en enfer avec des images terribles revenant en boucle. Un feuilleton dont la France et les Français se seraient bien passé, car  quel que soit le verdict final, le mal est fait et donne une image assez déplorable de notre vie politique. Surtout qu’on n’est peut-être pas au bout de nos surprises. Si les faits sont avérés, des langues pourraient se délier et d’autre affaires du même acabit être mises à jour. Le jury spécial a tout de même entériné les 7 chefs d’inculpation du procureur !

PS KO. Toute la semaine, les ténors du PS nous ont tenu le langage de la décence, de la souffrance pour leur « camarade », en oubliant un peu trop qu’il y a aussi une victime présumée. La présomption d’innocence a servi de paravent à un état de sidération dont ils peinent à sortir. Un a retrouvé le sourire rapidement : François Hollande, le candidat « normal ». On va bien l’observer pour savoir ce qu’il veut dire par là.

LE CAS BANON. Il y a le « cabanon » qui a hébergé DSK quelques jours, le temps que ses avocats lui trouvent une panoplie susceptible de garantir les conditions d’une remise en liberté sous caution. Et il y a le cas Banon, en France, celui-là. Il s’agit de cette jeune femme, fille d’une élue socialiste, qui aurait été agressée sexuellement par le même DSK et qui envisageait de porter plainte et se rétracte maintenant, en avançant par la voix de son avocat, d’obscures raisons. Pressions ? Et de qui ?

B COMME AUBRY.  Selon le pacte passé avec DSK, dit « pacte de Marrakech », c’est le mieux placé des deux qui devait aller à la candidature. Vu les sondages , il était évident que la 1ère Secrétaire s’était résignée à laisser la place, tout en se préparant « okazou ». Une sorte de plan B, quoi.  Il va bien falloir qu’elle se décide, ne serait-ce que pour barrer la route à son prédécesseur dont elle a dit tant de bien sur l’état dans lequel elle a trouvé le parti. Nous on lui rappellera comment elle s’est faite élire à son poste.

HESSEL.  J’attends que Stéphane Hessel, le spécialiste, « s’indigne » des propos de Jack Lang : « il n’y a pas mort d’homme » pour minimiser ce qui s’est passé au Sofitel et de ceux de Jean-François Khan qui ramène l’événement à un « troussage de bonne », tout aussi scandaleux. Colère justifiée des féministes.

ANNE. Elle n’est pas rancunière apparemment, mais il est vrai « qu’il l’aime par-dessus tout ». En attendant elle aligne les dollars et ce n’est pas rien : 200 000 $ par mois rien que pour la surveillance du lascar, sans parler de la caution, les avocats à 500 $ de l’heure, la location de l’appartement… Les Français vont savoir ce que c’est qu’un socialiste « riche ».

ORPHELIN. Le FMI se retrouve décapité et il va falloir pourvoir au remplacement du directeur général démissionnaire. Restera-t-elle entre les mains des Européens, comme le veut la tradition, où passera-t-elle entre celles des pays émergents comme ils le réclament. L’Europe semble s’accorder sur le nom de Christine Lagarde, notre  actuelle Ministre des Finances, qui connaît évidemment tous les sujets du FMI par cœur. Réponse fin juin.

 


CHOQUANT !

 Panneau radar 2

Les dernières mesures prises par le gouvernement en matière de sécurité routière produisent un tollé parmi tous ceux qui passent leur temps à jouer à cache-cache avec les radars pour pouvoir enfreindre les limitations de vitesse en toute impunité. On pouvait s’y attendre. Ce que je trouve choquant, je n’hésite pas à le dire, c’est que des députés UMP se joignent au concert des protestations avec l’argument pitoyable selon lequel les mesures décidées vont nous faire perdre les élections.

En fait tous les arguments avancés par les manifestants sont connus, ce sont les mêmes que ceux qui étaient déjà avancés quand il avait été question d’installer les radars fixes et d’en multiplier le nombre. Ils voudraient nous faire croire qu’ils utilisent des antiradars pour mieux contrôler leur vitesse, ou qu’ils n’accélèrent pas après avoir dépassé le radar signalé par un panneau. C’est risible ! Tous ceux que je connais qui sont possesseurs de « coyotes » ou autre système, c’est pour rouler plus vite, parfois même très vite, au mépris de la loi.

Force est de constater que la multiplication des radars a sauvé des vies humaines, beaucoup de vies humaines. Nous sommes passés en dessous des 4000 morts annuels. Malheureusement, il semble que nous soyons repartis à la hausse, et le relâchement porte évidemment, mais pas uniquement, sur la vitesse. Il faut bien prendre des mesures pour contrer les progrès de la technologie qui permettent de contourner les règles du code de la route. Peut-être que l’assouplissement sur les retraits de points sur le permis y est pour quelque chose, mais cette explication n'est pas suffisante.

Ces nouvelles mesures, notamment le retrait des panneaux annonciateurs de radars fixes, ne me réjouissent pas personnellement, mais j’ai vraiment le sentiment que cela ne changera rien à ma façon de conduire, dans la mesure où je possède une voiture munie d’un limiteur et d’un régulateur de vitesse, dispositifs qui mettent à l’abri des coups d’accélération liés à l’inattention. Il suffit tout simplement de se soumettre aux limitations indiquées et de conduire en les respectant, avec la marge de tolérance laissée par la technologie des radars. Personne ne nous oblige à enrichir l’Etat en déclenchant le flash.

Ces députés feraient mieux de passer leur temps à expliquer l’intérêt des dispositions qui ont été décidées. D’ici les élections, je gage que tout le monde se sera habitué et surtout j’espère que nous pourrons en mesurer l’efficience par de nouvelles baisses de la mortalité routière. Il s’agit de vies humaines : le jeu en vaut la chandelle. Et le Président a bien raison de ne pas céder à cette « bronca » démagogique qui ne les grandit pas !


LE MIRAGE DES ANNEES MITTERRAND

 

Le PS vient d’entrer dans une période de turbulences avec l’affaire Strauss-Khan dont il ne soupçonne peut-être pas encore la nuisance des répliques qui vont suivre le séisme. Surtout si un long procès se met en place et dès lors que la thèse du complot s’évapore comme rosée aux premiers rayons du soleil d’été.

Pourtant ses grands prêtres avaient invoqué « l’esprit de 1981 », pour essayer de mettre les augures de leur côté, en commémorant les 30 ans de l’élection de François Mitterrand. C’était déjà oublier que le premier septennat avait dû faire une croix sur le programme commun et ses 101 propositions, au bout d’à peine trois ans de mandat, et trois dévaluations du Franc. Et l’on n’en finit pas de payer la décision phare de cette première phase : la retraite à 60 ans, non financée, qui a commencé à creuser une dette qui n’en finira plus de grossir. C’était aussi le temps des nationalisations, autre erreur qu’il faudra ensuite réparer. Le retour sur terre consacrera surtout le libéralisme économique et la valorisation boursière. De cette époque date des dérives, notamment dans le financement des partis politiques, qu’il faudra beaucoup de temps à corriger.

Le projet du PS pour 2012 qu’il s’apprête à entériner, sans être aussi archaïque que pouvait l’être le programme commun, en a pourtant quelques inspirations et présente comme principale tare d’en garder l’idéologie. Et de ce point de vue, rien de nouveau, rien de crédible, rien de chiffré. C’est le programme Jospin de 1997 à peine revisité : emplois-jeunes, réduction du temps de travail pour partager l’emploi, rétablissement de la police de proximité avec 10 000 policiers et gendarmes de plus sur 5 ans, allocation d’autonomie pour les jeunes, embauche de100 000 fonctionnaires… Des dépenses, beaucoup de dépenses. Mais à la différence de 1981, les caisses sont plus que vides et le trésor public un puits noir profond.

Et comme d’habitude (on connaît l’exemple de la campagne des cantonales du Maine-et-Loire) le PS n’hésite pas à présenter des propositions sans vérifier (ou en sachant) que c’est déjà fait : exemple pour la présidence de la commission des finances à l’opposition ou développer l’alternance sous contrat d’apprentissage. On se demandera aussi quelle différence il peut y avoir entre le « pôle public d’investissement industriel » qu’il propose et le « fonds stratégique  d’investissements» créé en 2009 par Nicolas Sarkozy.  

Encore faudra-t-il qu’il s’accorde avec les Verts qui chantent la « décroissance » et le Front de Gauche. La gauche plurielle peut-elle faire rêver les « masses populaires » ? Pour l’instant c’est le discours de Marine Le Pen qui semble davantage les captiver. Un phénomène dont il faudrait bien que la gauche toute entière se préoccupe. Pas seulement la droite.

 


LA MESSE N’EST PAS DITE

 

Tous les sondages de la terre n’y feront rien,  la réalité est la plus forte. L’avatar qui vient arriver au PS avec la descente aux enfers de son « meilleur candidat » en est une preuve. Bien des choses peuvent se passer en un an, y compris l’improbable et l’impossible. Alors mesurer toutes les semaines qui est le mieux placé dans la course est un exercice amusant mais stérile. Tout cela pour dire que Nicolas Sarkozy garde toutes ses chances d’être réélu. Je dirais même qu’elles ont repris des couleurs dimanche dernier.

L’incroyable aventure qui arrive à DSK, nous laisse tous pantois. Ses effets produisent une onde de choc que nous ressentons déjà. Si tout cela est vrai, les écarts de langage et de posture de notre Président passent pour des bluettes. Il sera bien difficile à l’ « amère de Lille » de continuer à l’accuser d’ « abîmer la république » sinon, que pourrait-on dire pour le FMI ? Cela permet aux Français de relativiser. Il y a maintenant un peu plus de place pour sa carrure politique fondée  sur son expérience, sa connaissance remarquable des dossiers et sa volonté farouche, cette énergie que n’entame aucunement son impopularité actuelle. Il apparaîtra rapidement qu’à droite, aucun homme politique ne lui arrive à la cheville. Pas même Jean-Louis Borloo, lequel ne peut engager comme stratégie que le soutien au second tour pour l’emporter contre la gauche et les écologistes. "L'espoir changea de camp, le combat changea d'âme !"

Et puis, il sera facile au Président sortant d’expliquer aux Français que la gauche, surtout si elle n’est pas représentée par DSK, avec ses projets sociaux et son programme dépensier, mettra la France en porte-à-faux par rapport à la mondialisation et à la cruelle réalité de la compétition économique entre les nations, qui plus est avec l’épée de Damoclès d’un renchérissement des taux d’intérêts de notre dette.

Et que fera-t-elle, la gauche des réformes déjà réalisées ? Voilà encore un sujet intéressant  sur lequel il faudra bien que les socialistes s’expriment, surtout quand on leur demande sérieusement sur quelles réformes ils reviendraient en cas de victoire en 2012. Une fois sortis des contorsions de langage, ils ont beaucoup de mal à avouer qu’ils ne toucheraient pas grand-chose. Reviendraient-ils sur la réforme des régimes spéciaux de retraite ? Sur le service minimum en cas de grève ? Sur la « prime de mille euros » ? Sur l’assainissement des comptes publics ? Sur la carte judiciaire ? Même sur la retraite à 62 ans, le PS a du mal à cacher un certain flottement sur le sujet. Il n’y a guère que la réforme territoriale qui pourrait faire les frais d’une gauche toute puissante au pouvoir, et ce serait bien dommage : pour une fois qu’on tente de simplifier l’embrouillamini des compétences… On les voit mal renoncer à l’autonomie des universités, au Grand Paris, aux dispositions du Grenelle de l’environnement. Ils auraient les moyens de supprimer la réforme constitutionnelle de 2008, mais il faudra qu’ils expliquent pourquoi il faut donner moins de pouvoir au Parlement.

La campagne va permettre d’éclaircir toutes ces ambigüités. Le bilan de Sarkozy est calamiteux. Ah bon ? Alors pourquoi faut-il n’en rien jeter ? Drôle de paradoxe en effet.

La nécessité de continuité apparaîtra alors comme une évidence. Une aubaine pour le Président sortant. D’autant plus si les Français commencent à profiter des fruits d’une croissance retrouvée, dont Michel Sapin nous expliquait encore il y a peu qu’on lui tournait le dos avec la politique suivie par le gouvernement.

Oui, c’est certain, la messe n’est pas dite !

 


LE PS A POIL

Rose brisée

La chute brutale et inattendue de DSK, dans un contexte pour le moins surréaliste, décapite le PS, quoi qu’en disent ses responsables. Le parti de gauche, aujourd’hui seul « parti de gouvernement » à gauche perd son meilleur candidat, si l’on en croit les sondages. Evidemment, beaucoup de ces mêmes responsables, prétendants eux-mêmes, se frottent les mains sans le montrer, à commencer par François Hollande, dont la campagne interne recevait de plus en plus d’écho. La reine du Chabichou, alias Ségolène Royal, aujourd’hui dans les choux des vagues sondagières va pouvoir reprendre espoir en retrouvant un peu d’oxygène au centre. Mais le contrecoup le plus probable de ce mauvais feuilleton new-yorkais sera l’inévitable candidature de la 1ère secrétaire. Son poste le lui impose autant que le « pacte » qui la liait à «l’infortuné » directeur général du FMI.

La gauche se retrouve un peu orpheline depuis hier. Elle est accablée par les images violentes d’un empereur déchu emmené menotté par deux policiers. Et la musique que j’entends depuis hier : appels à la décence, respect de la présomption d’innocence, conseils de prudence, me semblent bien inconvenants après le sort que les mêmes ont réservé à Eric Woerth. Il y a des moments où la morale triomphe et se retourne contre les donneurs permanents de leçons qu’ils n’apprennent pas eux-mêmes. La dureté de l’épreuve que la réalité leur fait subir sonne comme une punition bien méritée. Et je trouve que notre ami Eric Woerth est bien modéré en se contentant de faire de l’humour sur les « progrès » que Martine Aubry vient d’effectuer.

Si le PS est à poil, la France et l’Europe paient aussi, et pas seulement en image. Car l’affaire va empêcher le président du FMI de continuer à diriger cette importante instance internationale. Surtout, son savoir-faire va manquer dans les négociations difficiles qu’il devait mener sur la dette grecque. Cet épisode ne peut donc nous apporter que des déboires. En corollaire, on peut craindre aussi que tout cela n’alimente un peu plus le populisme et le vote en faveur de Marine Le Pen.

 


ARCHIBALD FAIT SON SHOW

 Longue vue 2

ANNIVERSAIRES. Pendant que Nicolas Sarkozy commémorait sa quatrième année à l’Elysée et lançait sa campagne dite du « bilan », dont le bloc-notes s’est fait l’écho toute la semaine, les socialistes, eux,  en étaient à invoquer les mânes de Miteux, 30 ans après.. Nostalgie, quand tu nous tiens ! Ils avaient mis les petits plats dans les grands dans la cour du siège de Solférino, avec le grand air (faux) de l’unité. « Dieu, si on doit gagner en 2012, envoie-nous un signe ! ». Si j’ai bien compris, le signe en question nous est parvenu aujourd’hui… de New-York. « Comme un coup de tonnerre » a précisé la grande  prêtresse Martine. C’est donc bien ça !

CROISSANCE. La France a connu un taux de croissance de 1% au 1er trimestre de cette année. Je suis bien content. Rappelez-vous, j’avais annoncé, il y a quelques temps que les prévisionnistes étaient dans le vent et prévu que la croissance française serait bien plus élevée que leurs estimations. Pas compliqué : l’addition des efforts et les investissements judicieux du grand emprunt, décidés par le gouvernement portent leurs fruits. On nous explique maintenant que ce sera éphémère. A voir ! La réalité pourrait bein encore faire mentir les projections statistiques…

RSA. Oui, Laurent Wauquier a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Mais on sait bien que toute vérité n’est pas bonne à dire. Le RSA est déjà un progrès par rapport au RMI. Et surtout, prenons garde de ne pas mettre tout le monde dans le même panier. Il y a de la souffrance humaine dans la précarité qui nous invite à modérer nos jugements.

BORLOO. Le Radical n’a pas changé. Il y a dans les positions de Jean-Louis Borloo des similitudes surprenantes avec l’art de la rhétorique du regretté Edgar Faure, qui se plaisait à dire que « ce ne sont pas les girouettes qui tournent, mais le vent qui les fait tourner ». une manière élégante d’expliquer ses retournements de veste. Alors, on quitte l’UMP, sans la quitter, tout en la quittant. Vous avez compris ?

BEN LADEN. On aurait trouvé un lot de cassettes porno dans la maison où il habitait. Il faut dire qu’avec trois femmes et vu son âge … Il promettait des dizaines de vierges à ceux qu’il envoyait au casse-pipe, mais lui, il fallait bien qu’il patiente.

LOCAL :

PETAGE DE PLOMBS. Une colère noire marquée de propos au vitriol de Marc Laffineur contre… Christophe Béchu. Qui aurait pu croire ça ?  Une querelle mise sur la place publique dont on se serait bien passé à l’UMP. Le plan échafaudé par le Président départemental pour aller couler une fin de carrière en pantoufles au Sénat, s’est écroulé avec l’intrusion dans le jeu de la sénatrice sortante Catherine Deroche, dont la cote et la notoriété auprès des élus locaux sont indéniables.

SCOT. Plus de 2000 personnes ont signé la pétition contre le projet d’extension de 40ha de la ZI. Elle a été remise aux commissaires enquêteurs avec un dossier très documenté. Le bon sens voudrait que cette protestation unanime soit entendue.

HUMOUR :  

BEN LADEN : l’affront aux américains est lavé !

732, POITIERS : Charles Martel – 2011, VINTIMILLE : Nicolas Sarkozy !

DSK = Déambule Sans Kaleçon

 

 


LA BATAILLE DU BILAN (5) : LES INSTITUTIONS MODERNISEES

 

Sarko elysée

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a renforcé les pouvoirs du parlement qui dispose de la moitié de l’ordre du jour et d’un droit de véto sur les 52 nominations les plus importantes du chef de l’Etat. Elle consacre l’ouverture de la saisine du Conseil supérieur de la Magistrature aux justiciables. Ceux-ci peuvent aussi invoquer en justice la conformité des lois avec la constitution, grâce à la Question Prioritaire de Constitutionnalité et saisir le Défenseur des droits.

Une république plus équilibrée : depuis 2007, l’opposition préside la puissante commission des finances de l’assemblée. Et la nomination de Didier Migaud à la Cour des Comptes montre un souci de partager le contrôle des rouages de l’exécutif dans un esprit non partisan.

La réforme des collectivités territoriales va mettre fin à l’enchevêtrement des compétences avec la création des Conseillers Territoriaux qui en 2014 remplaceront les conseillers régionaux et généraux, engendrant des économies de gestion.

Les pouvoirs du Président mieux encadrés et sa gestion rendue plus transparente, les pouvoirs du Parlement profondément revalorisés et les droits des citoyens renforcés, voilà qui rend obsolètes les accusations de l’opposition d’une « République dégradée ».

La modernisation passe aussi par un Etat plus « modeste ». entre 1990 et 2002, la gauche a embauché 1 million de fonctionnaires de plus, toutes fonctions confondues. La politique du non remplacement de 1 sur 2 est un minimum pour revenir à des effectifs plus compatibles avec la situation financière du pays. Là encore, on assiste à de profonds bouleversements générateurs d’économies à court , moyen et long terme. La RGPP, réévaluation des politiques publiques a conduit à fusionner les directions départementales aux compétences complémentaires, réorganiser et redéployer l’armée, les effectifs de police et de gendarmerie, les tribunaux, pour les adapter aux besoins et à notre temps.

Enfin, la maîtrise des dépenses publiques n’aura pas été un simple effet d’annonces. Si la France conserve aujourd’hui une notation AAA pour le financement de sa dette, c’est en raison de la politique constante de réduction des déficits qui a été et est menée. La crise en a masqué la visibilité, avec l’effondrement des recettes et l’augmentation des dépenses sociales qui en est résulté. Mais, hors plan de relance et dépenses liées à la crise,, le budget de l’Etat a été tenu rigoureusement. Et le choix de privilégier les allègements de charges plutôt que l’impôt permet d’en tirer les dividendes par la création d’emplois vraiment productifs de richesse. La maîtrise des dépenses publiques est plus que jamais à l’ordre du jour. Il en va de la réputation et de la compétitivité de la France.

J’en termine là pour le bilan. Il faudrait encore parler de l’éducation et des universités, de la politique internationale, de la culture, de l’immigration et de la sécurité…. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

La France avance. Changer n’est pas facile et politiquement risqué. L’honneur de Nicolas Sarkozy aura été de ne pas céder à la facilité et de continuer malgré l’impopularité, là où « d’autres » auraient renoncé!

 



LA BATAILLE DU BILAN (4) : L’ECOLOGIE AU PREMIER PLAN

   Sarko copen 5



« C’est bien un plan Marshall pour la France comme pour la planète qu’il faut engager » affirmait en 2007 Nicolas Sarkozy. Il prenait des engagements sans précédents en matière d’environnement. Avec le Grenelle de l’Environnement, ils ont été tenus. De cette manifestation hors norme qui a réuni sous la houlette de Jean-Louis Borloo, autour d’une même table, des représentants des entreprises, des collectivités territoriales, de l’Etat, des ONG et des syndicats, il est sorti deux lois : Grenelle 1 en août 2009 et Grenelle 2 en juillet 2010.

Depuis, les lois entrent en application. Les intégristes verts diront toujours qu’elles ne vont pas assez loin, mais ont-ils réalisés seulement le dixième quand ils étaient au pouvoir pendant six ans sous Jospin ? En attendant, les décrets se succèdent : nouvelle réglementation thermique pour les bâtiments, développement du transport durable, renforcement de la fiscalité écologique avec le bonus-malus et bientôt la taxe poids lourds. Une énergique politique de développement des énergies renouvelables s et éoliennes notamment a permis de faire décoller ces secteurs naguère atrophiés.

Certaines promesses n’ont pas pu être tenues et attendent des jours meilleurs. C’est le cas de la taxe carbone, votée mais censurée, qui attend un destin européen, beaucoup plus logique et plus efficace.

La France est encore aujourd’hui le pays le plus engagé au plan international, comme on l'a vu à Copenhague où Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé ses efforts, pour imposer dans les négociations des résultats en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, la protection de la biodiversité ou l’émergence des énergies propres dans les pays en développement.

Une politique qui tient compte des réalités aussi. Ainsi, le Président a souhaité ménager notre agriculture et il a fallu ajuster les aides aux énergies nouvelles en fonction de nos facultés budgétaires. Mais l’effort est là. Il est historiquement le meilleur bilan environnemental d’un mandat, depuis que cette politique existe.

 



LA BATAILLE DU BILAN (3) : PRODUIRE POUR S’EN SORTIR

 Sarko elysée

Renforcer la compétitivité de nos entreprises, mener une politique industrielle volontariste, développer l’innovation et soutenir la recherche : voilà le sens qu’il faut donner à l’ensemble des décisions qui ont été prises au cours des quatre années écoulées.

Avec en arrière fond, la nécessité de soutenir l’activité pour limiter la récession et faciliter la reprise. Sur ces deux points, le Président a plutôt bien réussi : alors que l’économie plonge aux quatre coins du monde, la récession française ne sera que de 2,5% en 2009 et de courte durée. Depuis, la croissance est de retour et, à l’initiative du chef de l’Etat, la taxe professionnelle a été supprimée pour renforcer la compétitivité de nos entreprises et a été mis en place un vaste plan d’investissements de 35 milliards d’euros (le grand emprunt) pour préparer l’avenir, centré essentiellement sur l’enseignement supérieur et la recherche (16 milliards) et sur les industries innovantes (19 milliards).

Tout a été fait, et avec succès, pour soutenir l’économie, donc l’emploi. Le plan de relance de 28 milliards a permis de soutenir des pans entiers de notre économie. Dans l’automobile, la prime à la casse a permis de soutenir le marché et d’éviter des pertes industrielles, dans la restauration, la baisse de la TVA a permis de préserver des milliers d’établissements en difficulté et a contribué à créer 30 000 emplois… Le plan de relance a consacré 1,8 milliards d’euros au logement, ce qui a permis la construction de 334 000 logements en 2009 et 346 000 en 2010 dans un secteur qui emploie 1,5 million de salariés.

Aujourd’hui, notre pays demeure une grande puissance économique attractive. La création d’entreprise connaît un succès qui ne se dément pas (622 000 en 2010 dont 360 000 auto-entrepreneurs). Le fonds stratégique d’investissement public (FSI) est doté de 20 milliards d’euros : déjà plus de 3 milliards d’investissements ont été réalisés dans des entreprises ou des technologies « sensibles » pour notre développement industriel.  Enfin, l’agriculture n’a pas été en reste et a fait l’objet d’une loi de modernisation votée l’été dernier, pour une agriculture durable, compétitive et rémunératrice pour les producteurs.

Toutes ces mesures ont pour objectif de donner à la France les armes nécessaires pour maintenir son rang dans la mondialisation, tout en développant l’emploi sur son territoire. La volonté gouvernementale c’est de garantir à notre pays un avenir industriel. Les « relocalisations » et l’attractivité des capitaux étrangers, pour laquelle elle est au 3ème rang mondial, montrent que ces efforts commencent  à déboucher sur les résultats.

 


LA BATAILLE DU BILAN (2) : UNE POLITIQUE SOCIALE GENEREUSE

 Sarko elysée

Au moment où les socialistes s’esbaubissent sur les souvenirs de mai 1981, évoquer la politique sociale de Nicolas Sarkozy prend l’allure d’un pied de nez. C’est que les quatre années qui viennent de s’écouler ont été l’objet d’une politique sociale active sans aucun répit.

La gauche s’est arrêtée au « bouclier fiscal » pour en faire le symbole de l’injustice et stigmatiser une politique faite pour les « riches ». C’est oublier le « bouclier social » mis en place par le gouvernement dès l’été 2007 avec la loi TEPA, dont les heures supplémentaires sans charges ne sont que la partie émergée de l’iceberg.  Le chef de l’Etat a tout fait pour limiter l’impact de la crise qui s’est abattue à l’automne 2008. Il a augmenté les effectifs de Pôle Emploi dont il a maintenu la fusion, pour accueillir l’afflux inévitable de chômeurs supplémentaires, alors que le taux de chômage était tombé à 7%. Il a fait prendre des « mesures de solidarité » pour soutenir le pouvoir d’achat de près de 10 millions de  ménages modestes (avec la suppression en 2009 de deux tiers provisionnels de l’impôt sur le revenu, une prime exceptionnelle de 150 €…) Il a fait augmenter la participation de l’Etat au financement du chômage partiel pour éviter les licenciements. Il a fait voter le RSA dont la montée en régime va tomber au pire moment de la crise. Grâce à ces nombreuses mesures, le nombre des chômeurs a moins augmenté en France que dans la plupart des pays occidentaux (+ 33% contre + 51% en Angleterre et + 121% auxats-Unis). D’ailleurs, le discours socialiste qui entonnait volontiers le slogan de la « régression sociale » en 2007, l’a abandonné en rase campagne conscience du ridicule, sans doute- devant l’ampleur de l’effort consenti. Le prix en aura été, avec l’effondrement des recettes, le creusement de notre dette, un choix complètement assumé qui nous oblige à être d’autant plus rigoureux aujourd’hui.

Cependant, la crise n’a pas empêché de poursuivre les réformes pour moderniser notre pays et le rendre apte à affronter la mondialisation. Il fallait réhabiliter le travail, ce qui n’a pas été simple à partir de 2008, pour sortir de l’assistanat généralisé dans lequel nous étions en train de sombrer. En plus des heures supplémentaires qui profitent aujourd’hui à 5,3 millions de salariés, les possibilités de cumul d’un emploi avec une retraite ont été libérées et le taux d’emploi des seniors a augmenté de 4 points. Le point fort de la période aura été la mise en place d’une véritable sécurité sociale professionnelle avec le "fonds de sécurisation des parcours professionnels". Les droits ont été améliorés par la convention d’assurance chômage d’avril 2009 et le dialogue social a été rénové et a permis de faire entériner par les partenaires sociaux des avancées telles que la rupture de contrat par consentement mutuel.

La politique sociale, c’est aussi la refondation de la légitimité des syndicats sur des principes démocratiques, mais aussi les dispositions qui prévoient un service minimum dans les transports et l’Education. Elle s’est donné aussi pour but de préparer l’avenir, notamment en sauvant le système de retraites par répartition dont le financement est garanti jusqu’en 2018. Et pour rétablir l'équité, il a été mis fin aux" régimes spéciaux de retraites". Enfin la promesse de revalorisation de 25% sur 5 ans de l’allocation adulte handicapé aura été tenue malgré la conjoncture difficile. Il en sera de même du minimum vieillesse.

Il faudrait encore évoquer la politique de la famille, le soutien aux familles touchées par la maladie d’Alzheimer, et bien d’autres mesures de détail… Une politique dont le résultat le plus emblématique aura été la croissance continue du pouvoir d’achat, malgré les crises !

 


LA BATAILLE DU BILAN

Sarko elysée 
 

Les Français ont la mémoire courte, c’est bien connu. Aussi, alors que Nicolas Sarkozy aborde sa dernière année de mandat, n’est-il pas inutile de faire le point sur son action. Je me souviens que lors de la campagne de 2007, A la fin de l’émission avec Arlette Chabot, celle-ci lui avait posé la question : « A la fin de votre mandat, si vous êtes élu, qu’est-ce que vous aimeriez que les Français retiennent ? » il avait répondu : « Il a tenu toutes ses promesses ! »

Le Président a-t-il tenu toutes ses promesses ? C’est  à cette question que je vais tenter de répondre en faisant l’examen des réformes et des décisions prises pendant ces quatre années au travail législatif intense. Ce sera l’objet des prochains articles.

Au préalable, il me semble important de rappeler que le contexte de l’action qu’il a menée aura été marqué  par des soubresauts auxquels il a dû faire face sans pour autant y être pour quoi que ce soit : 2008, crise financière des « subprimes », 2009 crise économique conséquence de la précédente, 2010 crise de l’euro liée à l’endettement des états, 2011 révoltes arabes et déstabilisation de la Méditerranée… Il ne manquerait plus que la sécheresse comme celle de 1976 pour que le tableau soit complet.

Face à ces crises, nous avons un Président qui tient la route. La Présidence  française de l’Europe a montré, avec la guerre Russo-Géorgienne, sa capacité à agir, celle du G20 fait avancer le monde dans la voix d’une régulation plus équitable. Ces réussites internationales ne sont pas suffisantes pour rétablir un équilibre avec les effets négatifs que les crises citées plus haut ont eu sur l’emploi, le pouvoir d’achat et le moral des Français.

Diplomatie de crises, donc.

Sur le plan intérieur, il a fallu s’employer à limiter la chute de la croissance, juguler la hausse du chômage, relancer la croissance. Il y avait là de quoi occuper pleinement tout l’exécutif. Et pourtant, malgré toutes ces difficultés, l’action de réforme n’a jamais été aussi intense et a touché tous les domaines de la vie publique : Grenelle de l’environnement, carte judiciaire, redéploiement de l’armée, autonomie des universités, modernisation de la démocratie sociale, réorganisation profonde de notre dispositif de santé, simplification territoriale, financement  des retraites et maintenant de la dépendance… et  j’en oublie certainement !

En 4 ans la France a plus changé qu’en 50 auparavant. Cette action réformatrice en profondeur, il faudra plusieurs années pour en mesurer l’impact positif.

De ce point de vue Nicolas Sarkozy est le meilleur Président de la République depuis Giscard.

 

 


L’ETAT DANS L’ETAT

 

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Décidément les réquisitoires fleurissent au printemps comme les fleurs sur les cerisiers. Voici un ouvrage qui est une enquête approfondie sur le monde des fonctionnaires. Son titre : « Les fonctionnaires contre l’état – Le grand sabotage ». C’est un programme à lui tout seul. L’auteur, Agnès Verdier –Molinié, journaliste économique et directeur de la fondation de recherche IFRAP, s’y livre à un réquisitoire sans appel contre ce qu’elle n’hésite pas à appeler le « lobby le plus puissant de France ». Ces hommes, 5 millions de fonctionnaires bien organisés, censés servir l’intérêt général, sont  surtout coalisés pour leur seule rente de situation.  Vous ne le croyez pas ? Lisez …

Tout est passé en revue : comment l’intérêt général est détourné à leur profit, pourquoi la grève est si fréquente, de quels privilèges ils jouissent malgré la crise, par quel sortilège ils vivent au-dessus de nos moyens, pourquoi les syndicats n’ont pas besoin d ‘adhérents, ou encore comment ils prolongent leurs congés…

On y apprend que contrairement à l’idée répandue, les fonctionnaires ne sont pas sous-payés : « … on retrouve toujours un net avantage pour le public, avec une moyenne de 2085€ nets par mois contre 2069 € nets par moi dans le privé en 2008 » (Insee) p.72 . Mieux encore, le « détricotage » des 35 heures a été aussi adapté au secteur public : « la double exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires représente un effort financier considérable pour le Trésor. En effet, le projet de budget 2008 chiffrait pour la seule fonction publique d’Etat, à 250 millions d’euros le coût pour la collectivité… » et la majoration de 25% est acquise dès la 1ère heure !

Vous y apprendrez que pour l’ensemble de la fonction publique, il existe entre 13 250 et 26 500 équivalents temps plein dans les syndicats. Un coût représentant entre 500 millions et un milliard d’euros par an. C’est ainsi que les principales organisations affiliées à la CGT compte 350 000 membres issus du secteur public pour 137 000 seulement du privé…

Un ouvrage à lire absolument avant la prochaine élection présidentielle. Vous comprendrez pourquoi il est impératif de réduire les effectifs d’une fonction publique pléthorique et budgétivore sur le dos des citoyens.

 

 


UNE PRIME POUR BOUSCULER

 

Le pouvoir d’achat s’impose une nouvelle fois comme le chantier prioritaire du gouvernement, et constituera probablement l’un des enjeux majeurs de l’élection présidentielle. Le choc de l’inflation sur les produits de première nécessité et sur l’énergie ne pouvait que fournir l’occasion au Président de la République de prendre l’initiative sur ce front, les syndicats étant plus préoccupés d’embrayer des actions revendicatives sur les salaires dans les entreprises que de s’intéresser comme il leur avait été demandé à des négociations avec le patronat sur le partage de la valeur ajoutée.

De ce point de vue, la prime de 1000€ aux contours encore mal définis, a au moins le mérite de faire bouger les lignes. Bien sûr, syndicats comme patronat protestent, et ils n’ont pas tort sur le fond, contre l’ingérence de l’Etat dont ce n’est a priori pas le rôle d’intervenir dans la gestion des entreprises. D’autant plus quand celui-ci capte l’essentiel de la valeur ajoutée puisque les dépenses publiques représentent cette année plus de 56% de la richesse nationale, qui est produite pour l’essentiel par… les entreprises !

Les entreprises de plus de 50 salariés devront donc verser une prime dès lors qu’elles affichent des dividendes en hausse à leurs actionnaires. C’est une disposition qui n’est pas sans effets pervers qu’on aura sûrement mesurés à l’Elysée. Il y a gros à parier que les très grandes entreprises augmenteront un peu moins leurs salariés pour leur verser la prime défiscalisée, et les petites auront bien du mal à faire le minimum. Car il n’y a pas de trésor caché. Les géants du CAC 40 sont un miroir déformant et leurs profits, réalisés pour l’essentiel à l’étranger, sont une goutte d’eau dans le chiffre d’affaire mondial.

De fait, c’est le genre de décision qui vient percuter à revers et de plein fouet le discours sur la croissance des PME qui ont déjà bien du mal à trouver des actionnaires. Ce qui est à craindre, c’est que son application génère une multitude de cas particuliers tant on s’adresse ici à un univers complexe.

Nicolas Sarkozy a toujours au moins un mérite : il est persévérant et a de la suite dans les idées. Quand il a le sentiment qu’un chantier n’avance pas, il prend l’initiative, avec les risques qui s’ensuivent. Il est pourtant déjà le Président du pouvoir d’achat, ce que les Français n’ont pas encore perçu. En effet, et les chiffres en attestent, le pouvoir d’achat des salariés a été maintenu malgré la crise. Certes, ce n’est pas suffisant, mais c’est déjà beaucoup. Il suffit de regarder autour de nous en Europe. Il lui faut maintenant être le Président de «l’augmentation» du pouvoir d’achat. Dans un contexte rendu compliqué par le retour de l’inflation.

Si le pouvoir d’achat en France est bas, ce n’est pas parce qu’une part trop faible de la valeur ajoutée va à la rémunération du travail, mais qu’une part trop faible de cette rémunération va aux salaires directs. La part de charges sociales que paie les chefs d’entreprises constituent un salaire différé, ce dont aucun Français ne s’aperçoit vraiment. Mais force est de reconnaître que sur le partage de la valeur ajoutée, les partenaires sociaux n’ont rien fait et sont complices de la situation actuelle. Ils devaient se retrouver le 26 avril  pour en débattre … comme par hasard.

La vraie clé du pouvoir d’achat, nul ne doit en douter, c’est encore et toujours la croissance. Justement elle revient !

La prime est un non sens économique, mais politiquement elle n’en manque pas... de sens !

 


ENTRE OBSCURANTISME ET ARROGANCE

 

Le gouvernement a fait voter en urgence une loi proposée par Christian Jacob, président du groupe UMP, pour interdire l’exploitation des gaz de schiste. C’était le moyen d’éteindre une contestation grandissante organisée par la gauche et les écologistes contre les 3 permis d’exploration qui avaient été accordés aux industriels par Jean-Louis Borloo.

Cette précipitation, qui peut se justifier par la proximité d’une échéance électorale majeure, illustre bien le climat actuel que font peser sur notre société tous les agitateurs de peurs irraisonnées. C’est l’éternel combat du progrès contre l’obscurantisme. Ainsi on referme le dossier avant de l’avoir ouvert comme le dit si bien Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez.

D’un côté, les agitateurs de peur : que savent-ils, les Hulot, Bové, Joly et autres sur les gaz de schiste ? On l’ignore,  et probablement pas grand-chose  sinon que ce type d’exploitation aux Etats-Unis a provoqué un grave dommage à l’environnement à la suite d’un accident, érigé en symbole de propagande par généralisation abusive. Derrière se cache en fait l’idéologie de la décroissance pour laquelle toute ressource d’énergie fossile nouvelle est inconvenante.

De l’autre, les industriels avec l’arrogance habituelle des grands groupes pétroliers et miniers. Circulez, il n’y a rien à voir, on sait faire ! Sauf qu’aujourd’hui, l’opinion a besoin de transparence et qu’en la matière il y a sûrement des précautions à prendre. Il appartient aux pouvoirs publics de fixer les règles du jeu. En l’occurrence, il est certain que le Ministère a octroyé les permis de prospection sans savoir vraiment de quoi il s’agissait.

Entre les affirmations des compagnies pétrolières et les peurs véhiculées par les écologistes, il y a un  espace qui s’appelle celui de la raison rationnelle. Il est important de régler un certain nombre de problèmes qui supposent une modification du code minier, par exemple, et d’élaborer une législation adaptée qui instaure une répartition équitable de la richesse produite et une réelle protection de l’environnement dans ce domaine. Si la technique de fracturation hydraulique est vieille de 40 ans et bien contrôlée, par contre, il faut s’assurer que l’eau utilisée ne sera pas en situation de polluer nappes et cours d’eau. Tout cela est accessible.

Au demeurant, la France et la Pologne seraient en Europe les sites les plus favorables pour détenir des réserves exploitables de ce gaz de schiste. Nous venons de prendre la décision de ne pas savoir. Espérons qu’un jour le bon sens reviendra, car nous ne sommes pas si riches au point de nous passer d’une énergie qui permet aujourd’hui aux Etats-Unis d’avoir un gaz peu coûteux.

Comme l’affirme Claude Allègre : « Il ne faut pas suivre l’obscurantisme des écologistes, mais il faut aussi rompre avec une certaine arrogance industrielle. Il faut informer, rendre compte, déclarer les accidents, accepter les interdictions motivées. Organiser un contrôle citoyen. Il faut, dans un monde ouvert, accepter le progrès sous toutes ses formes. Celles de la production mais aussi celles de la protection de l’environnement ! ».

C’est peut-être un raisonnement de gauche mais il me convient.

 

 


QU’ON LES VIRE !

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Je reprends à dessein le ton de Jean-Luc Mélenchon avec son « qu’ils s’en aillent ! ».  de quoi s’agit-il ? Du clergé pédagogiste qui règne en maître sur le système éducatif français et dénoncé par Sophie Coignard dans son ouvrage : « LE PACTE IMMORAL -  comment ils sacrifient  l’éducation de nos enfants ».

Au début, on trouve le procès excessif, puis au fil des pages, les preuves s’accumulent et l’enquête prend toute sa densité. Le mal est profond, car c’est tout le corps qui est contaminé. Ceux qui résistent encore et qui osent « faire apprendre » à leurs élèves, sont obligés de se cacher. L’auteur cite l’anecdote lorsque François Fillon était ministre, de son désir d’envoyer une circulaire pour recommander « la dictée ». le temps passe et rien ne se passe. Alors il s’en étonne : « Où en est ma circulaire ? » et on lui répond : « Nulle part, M. Le Ministre, personne ne veut la rédiger, ça ne plait pas… » Et d’être obligé de réquisitionner un fonctionnaire pour obtenir satisfaction !

Le système éducatif y est présenté comme un grand corps fou incontrôlable, quel que soit le gouvernement. Les Ministres qui y viennent n’y restent jamais longtemps et vivent leur nomination comme une punition. On comprend alors pourquoi on a eu toujours moins de résultats avec toujours plus de moyens, comment l’école égalitariste tourne le dos à l’école de la République en organisant le boycott des décisions ou la « désobéissance » au nom d’une idéologie irresponsable et aveugle.

« … En lisant tous les livres de témoignages d’instituteurs et de professeurs que j’ai pu trouver, en recueillant systématiquement tous les témoignages oraux ou écrits d’enseignants avec qui je peux être en contact, en interrogeant moi-même des jeunes pour jauger ce qu’ils savent ou ne savent pas, je suis arrivé à la conclusion que notre système éducatif est en voie de destruction totale… » : C’est Laurent Lafforgue, l’un des plus brillants mathématiciens européens, passionné par les questions d’éducation qui porte ce jugement dont la partie la plus abrupte se trouve p.186.  

A lire absolument pour élargir la prise de conscience et la faire émerger dans l’opinion publique, afin de mettre un terme à la mascarade que nous jouent enseignants « bien pensants » et parents « engagés » sur la défense de l’école publique !

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

 

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LES NOUVELLES D’ANGERS :

150 000 euros !  Et il est content de lui, notre édile. Il vient de « claquer » une petite fortune pour la quidam de la rue pour financer une nouvelle appellation pour notre agglo « Angers Loire Valley » et il a cru bon de faire rajouter « la vie en grand » !!! Pour une signature, on peut dire qu’effectivement c’est la grande vie. Plus bobo que ça tu meurs ! Si la ville souffre d’un déficit de notoriété, c’est dû à 35 ans de gestion socialiste frileuse, notamment depuis le départ de Jean Monnier. Ce n’est pas le logo qu’il faudrait changer…. C’est le logiciel de la gouvernance.

HOLD-UP ! Le nouveau hold-up sur les propriétaires fonciers de l’agglo a eu lieu. L’agglo a voté l’augmentation des impôts. Beaucoup d'élus ont toussé, paraît-il, y compris de gauche. Mais rien ne sert de tousser, il ne fallait point voter ! Presque 5% pour la taxe d’habitation, 7,29% pour le foncier bâti, presque 10% pour le non bâti. Angers se classait déjà parmi les plus cher ! Philippe Bodard a voté contre, c’est dire ! Il est contre l’augmentation de la fiscalité, chez lui comme ailleurs. Au moins il affiche la couleur, lui ! Et on n’est qu’au début !

REPRISE. Elle est enclenchée, c’est le Président du Tribunal de Commerce qui le dit. Beaucoup moins de dépôts de bilan, moins d’emplois perdus. Une inversion de tendance qui semble se confirmer depuis le mois de novembre dernier. D’après lui, les entreprises qui ont survécu à la crise en sont ressorties mieux armées : elles sont plus compétitives. Il reste du chemin à parcourir pour retrouver le niveau d’activité de 2007.

TROP DE LOGEMENTS. Ce sont les agents immobiliers qui tirent la sonnette d’alarme. Le stock de logements sans occupants et à louer augmente, il y en aurait au moins 3000, notamment les petits logements type studio qui peinent à trouver preneur. Angers est zone à risque pour les logements aidés et les investisseurs en Robien ou équivalent doivent faire preuve de prudence. Pendant ce temps-là les grues tournent sur les Hauts de Mayenne où l’on densifie à tour de bras : pour qui ? Bah, c’est de l’argent public alors, tant pis si ça reste vide… A Angers Habitat, les logements vides, on connaît !

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LA CHRONIQUE: POLITIQUE 

Dans un an, on y sera ! Les prétendants commencent à s’exciter comme des poux sur un tas de cendres chaudes. Ségolène qui s’était fait oublier depuis quelques temps refait parler d’elle à tout propos : blocage des prix, sortie du nucléaire, résistance à la suppression des postes dans les écoles… tout ce qui peut mousser !

Pendant ce temps, le père François, reprenant  la démarche « force tranquille » de son précepteur, continue à creuser son sillon en faisant entendre sa petite musique, à laquelle le bon  peuple de gauche n’est pas insensible. Il joue à la bébète qui monte, et ça marche.

Le panorama ne serait pas complet sans le balai auquel se livrent Martine et Dominique, sorte de danse nuptiale sur l’air du « vas-y je t’en prie » et « passe devant je n’en ferai rien ». DSK de passage à Paris et c’est tout le marigot qui murmure. Tous ceux qui ne savent rien parlent et tous ceux qui savent se taisent. Avec ça on est bien avancé.

Et au centre ? Ah, le centre ! Le lieu de toutes les velléités et de toutes les tentations. Morin ne renonce pas à « envisager », Borloo reprend le tube de Goldmann : « je marche seul » et Bayrou campe sur ses certitudes. Quant à l’autre Dominique, il a beau faire feu de tout bois, les sondages jouent les encéphalogrammes plats. C’est vrai, lui coller l’étiquette centriste, c’est un peu osé !

Laissons les extrêmes à leurs divagations mentales. Pour l’instant.

Et puis, il y a notre Nicolas. Lui, rien ne semble le démonter. Il mène tout de front : les affaires de l’Etat, l’International, et deux fois par semaine, le terrain. Il tisse petit à petit les conditions qui feront sa réélection. Si, si, vous verrez.

En attendant, cette semaine on va avoir du pain sur la planche : deux bouquins qu’il faut lire et dont je vous livrerai quelques éléments, un article de fond sur les gaz de schiste, un point de vue sur la « prime » dont je persiste à penser qu’elle n’est pas une bonne idée…. Et puis à partir du 7 mai, nous entamerons une série sur le bilan du quinquennat, histoire de montrer tout ce qui s’est fait en 4 ans !

 

                                                           Mille sabords !