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LES CONTRES VERITES DE MARINE

 

L’enquête publiée par les «  Echos » le 26 avril vient battre en brèche le discours du FN avec au moins 3 contrevérités que Marine assène avec une belle constance. Ce qui est dramatique c’est que non seulement les médias, mais aussi la classe politique les relaient.

Première contrevérité : le nombre des immigrés qui entrent.

Il entre moins d’immigrés en France qu’au début du XXème siècle. Avec un flux net de 100 000 personnes par an, notre pays est celui d’Europe qui accueille le moins d’étrangers. Dans les années 20, la moyenne annuelle était de 300 000 contre 200 000 aujourd’hui.

Deuxième contrevérité : les immigrés nous coûtent cher.

Ils ne pèsent pas sur les comptes sociaux. Il est vrai qu’ils sont plus nombreux à être bénéficiaires de RMI et des allocations chômages, mais la structure de leur population qui est plus jeune que celle des « Français » fait qu’ils coûtent moins cher en santé  et en retraite qui sont devenus les postes les plus lourds de la protection sociale. Et l’arrivée de nouveaux actifs génèrent plus de cotisations : cela fait que la contribution globale des immigrés au budget de l’Etat est positive.

Troisième contrevérité : le travailleur étranger prend le travail.

Il ne vole pas l’emploi des Français et d’autant plus que sans l’immigration, la pénurie de main d’œuvre qu’affrontent  de nombreux secteurs de notre économie serait encore plus forte, car ils abondent les emplois que nos chômeurs rechignent à accepter, ce qui est attesté par les enquêtes.

On comprend pourquoi le patronat a été stupéfié par le projet de Claude Guéant de limiter l’immigration légale de travail.

Reste à savoir pourquoi ces évidences ne sont pas audibles. Pour une partie de la population qui habite les quartiers à forte concentration d’immigrés, le « bruit de fond » des problèmes visibles  qu’ils posent(sous-emploi, délinquance, mœurs…) empêchent toute pédagogie des réalités au nom du « ressenti ». On peut le comprendre. Au moins les leaders politiques ne devraient-ils pas tomber dans le piège et emboiter le pas, par électoralisme, à un discours vicieux, même si c’est compliqué.

De gauche comme de droite !

 


SEGO CENUL

 

En visite dans une école élémentaire du XIIIe arrondissement de Paris, Ségolène Royal a lancé « un appel à la résistance, un appel à se battre pour l'essentiel, pour les valeurs éducatives, pour la réussite scolaire des enfants, pour la lutte contre les violences scolaires ». et bien évidemment elle a fait part de son indignation à propos des « 60 000 postes » supprimés, « du jamais vu ! ». Pure démagogie, bien sûr. Car elle n’est pas sans savoir que les ratios énoncés par Luc Chatel, le Ministre de l’Education, restent conformes aux exigences d’un encadrement décent, même si des disparités peuvent se cacher derrière des moyennes. Tout le monde sait bien que l’exigence d’accueil des enfants de 2 ans en maternelle est arrivée au moment où il n’y avait plus assez d’élèves pour occuper toutes les « maîtresses » et éviter la suppression des postes correspondants en maintenant une pression artificielle.

L’ancienne et future candidate battue devrait savoir que le nombre des postes n’a pas grand-chose à voir avec la réussite scolaire, sinon comment expliquer le recul de notre pays alors que « Jack » avait ouvert largement les vannes du recrutement que l’on doit aujourd’hui réajuster en profitant des départs en retraite, seul moment où l’on peut ajuster à la baisse les effectifs de la fonction publique.

A ce sujet, elle ferait bien de lire le « Pacte Immoral »  de Sophie Coignard sur lequel j’aurais bientôt l’occasion de revenir. Elle y apprendrait tout le mal que le « clergé pédagogiste » de la rue de Grenelle fait à notre enseignement et qui explique pourquoi il sort 160 000 élèves du système sans aucun diplôme et aussi pourquoi mêmes les diplômés ne savent plus lire, écrire et compter correctement.

Je lance à mon tour un appel : que la gauche qui veut faire de l’éducation sa "priorité des priorités" (refrain connu) prenne l’engagement de nettoyer le Ministère de ces illuminés, et comme disait Jean-Pierre Chevènement, " en fusiller la moitié et pendre l’autre moitié" !

 


LE DEBAT PUBLIC SUR LA DEPENDANCE

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Paul JEANNETEAU, Député de Maine-et-Loire

Daniel HOULLE, Président de "débats et convergences"

vous proposent :

LE DEBAT PUBLIC

« LA DEPENDANCE »

Quel accompagnement ? Quelle solidarité ? 

 

Mme Roselyne BACHELOT, Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale

M. Christophe BECHU, Président du Conseil Général de Maine-et-Loire

Mme Nathalie FAULQUE, Présidente de l’USSIAD 49

Mme Fabienne RANGER, Présidente de la Fédération ADMR 49

Mme Mireille MOURIOU, Directrice de la Résidence Jeanson à Angers

 

VENDREDI 6 MAI 2011 à 18h30

Salons Curnonsky

Place Maurice Saillant - Angers  

Merci de confirmer votre présence par mel à : debatsetconvergences@orange.fr

 


CECITE DE POSTURE

Hollande doigt pointé

Est-ce la campagne dans laquelle François Hollande s’est lancé qui lui fait perdre sa lucidité ? Il est vrai que pour gagner les voix de gauche de la « primaire », tout va être bon. Il n’empêche, il y a toujours des limites sinon on dépasse les bornes.

C’est la cas du réquisitoire contre les 4 premières années du quinquennat de Nicolas Sarkozy auquel il vient de se livrer dans une interview aux « Echos ». Tout est mauvais, tout est à jeter, rien à reprendre. Lui qu’on croyait capable de nuancer son jugement se livre à un exercice trivial bien décevant. Il y dénonce pêle-même des incohérences, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat qualifié de symbole de son échec, du paquet fiscal et du bouclier, de l’immigration choisie ou de la République irréprochable pour dénoncer des nominations de proches (est-ce Cahuzac à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée, ou Didier Migaud à la Cour des Comptes ?), ou des manquements à la morale publique (s’agit-il des pouvoirs accrus donnés au Parlement ?)…

En ce qui concerne l’action diplomatique, la critique ne vaut pas mieux : le président aurait réduit l’influence de la France ! C’est sûrement en faisant redémarrer l’Europe, en intervenant pour la paix en Géorgie ou en obtenant la résolution 1973 de l’ONU….

De même il lui est facile de critiquer la politique de sécurité ou en matière d’immigration. J’arrête là . Tout est du même tonneau. Œil gauche et courte vue.

Mais comme c’est curieux : pas un mot sur la crise et ses conséquences. Pas un seul ! Pas un mot sur la politique économique qui a permis à la France de limiter la récession à 2% et seulement sur 2 trimestres. Pas un mot  sur le choix de creuser les déficits pour laisser les amortisseurs sociaux jouer à plein malgré le manque de recettes. Pas un mot sur les réformes comme celle de l’autonomie des universités qui vont permettre à nos meilleurs établissements de revenir dans la cour des grands. Pire que tout : pas un mot sur les contraintes imposées par la dette et les déficits publics. Comment peut-on afficher autant de mauvaise foi ?

Voilà qui augure mal de la campagne électorale si même les intelligents deviennent cons ! Il ferait mieux de reprendre du poids, peut-être que ça lui remettrait les idées en place.

 


ARCHIBALD EST DE RETOUR

Longue vue 2

 

400 MILLIARDS ET MOI, ET MOI, ET MOI… C’est l’évaluation du gisement énergétique estimé de gaz de schistes sur lequel on va s’asseoir, le dossier ayant été refermé à peine entr’ouvert. J’aime bien le point de vue de Claude Allègre dans le Point : les écologistes sont contre le progrès et la campagne qu’ils font contre l’extraction du gaz de schistes s’appuie sur un film qui est au mieux un accident et au pire un montage. Dans les deux cas, ils nous prennent pour des gogos. Mais les politiques suivent… courageusement. Cela dit, il a aussi raison d’énoncer toutes les précautions qu’il faudrait prendre en relativisant les dangers à la lumière de ce que l’on maîtrise bien.

FESSEN …HAINE. Tous les antinucléaires franco-allemands (surtout allemands) réclament à cor et à cris la fermeture de la centrale alsacienne. On nous demande notre avis : comment voulez-vous que je sois d’accord, je n’y connais rien. C’est aux spécialistes qu’il faut demander, mais de ceux-là, on ne veut entendre parler. A force de demander à Mme Michu ce qu’il faut faire, on va rapidement se retrouver à l’âge des calèches et des bougies. Attention, ça brûle quand même ! Si on arrêtait la centrale, les Alsaciens accepteront-ils qu’on leur coupe le courant tous les soirs à 19H ?

GUAINO : NON ! Revoilà le conseiller à tout faire en première ligne. Sur la prime, sur les accords de Schengen… Agaçant. A croire que nous n’avons pas de ministres ni d’élus pour porter la bonne parole. Les conseillers c’est fait pour … conseiller dans l’ombre.  En l’occurrence, si c’est lui qui a soufflé l’idée à Nicolas de légiférer sur la prime de 1000€, il aurait mieux fait de se tenir tranquille. Le retour de l’Etat dirigiste, on a donné pendant 30 ans après la seconde guerre mondiale ! On tourne le dos à la mondialisation et ça se paiera forcément.

HULOT HUE. Les bords du Rhin n’ont pas été tout chouettes pour le Nicolas Vert. Il a été plutôt hué par les antinucléaires qui lui reprochent sa conversion tardive. Fukushima lui aurait ouvert les yeux… C’est que chez ces gens-là, monsieur, on n’aime pas les fraîchement convertis avec des gros sabots. Est-ce que ce vert est garanti grand teint ? L’ULM ne suffira pas, il faudra aussi des rames au candide candidat de l’audiovisuel.

PAS D’PANIQUE !  Des voix s’élèvent dans la majorité pour réclamer une primaire afin de désigner le meilleur candidat pour 2012. Une idée qui ne peut venir que de gens … intéressés. Pas difficile à trouver. Mais ceux qui voudraient profiter de la mauvaise cote de popularité du Président pour semer le doute devraient se poser la question de savoir ce que pèserait celui auquel ils pensent. Tant que Nicolas Sarkozy ne s’est pas officiellement déclaré, la décence est de faire preuve de discrétion et surtout de rester unis derrière lui. Sauf à se déclarer contre lui, ce qui est une autre affaire.

 

 


LE SCOT N’A PAS LA COTE

 

A St-Barth, le Conseil Municipal réuni lundi dernier a demandé par un vote unanime de l’ensemble des conseillers, le retrait du projet d’extension de 40ha de la ZI avec « embranchement fer », inscrit dans le Scot. Il relaie ainsi une opposition de la population dont le fer de lance est l’ADZI (Association de Défense des habitants de la zone Industrielle) qui multiplie les démarches et les actions et dont la pétition a déjà réuni des centaines de signatures.

Il faut dire que les arguments ne manquent pas. En matière de Zone Industrielle, la commune détient déjà la plus grande du département avec plus de 400 ha. Elle accueille sur son territoire le Biopole, l’usine Véolia de traitement des déchets électriques et électroniques dont on connaît les nuisances, la déchetterie et la plate-forme de compostage, et deux centres d’enfouissement. Elle est traversée de part en part par la ligne de chemin de fer Angers-Saumur et par l’autoroute A 87… S’il n’y avait le parc de Pignerolles, les Bartholoméens pourraient penser qu’on ne leur réserve que les « cadeaux » empoisonnés !

Mais trop c’est trop ! Les 40 ha seront ceux de la colère, d’autant plus qu’ils ont l’impression qu’on leur cache la vérité : à savoir l’aménagement d’une zone bien plus vaste, de près de 200 ha pour un pôle logistique régional, que des zones blanches sur les plans laissent entrevoir. Les Bartholoméens ont bien l’intention de se battre jusqu’au bout pour que le Scot soit modifié. D’autant plus que sur la zone convoitée des entreprises agricoles prospèrent dont les pépinières Briant et plusieurs fermes dont les enfants ont des projets d’installation, et qui plus est elles sont desservies depuis peu de temps par un réseau d’irrigation d’eau industrielle qui a coûté la bagatelle de 500 000 € avec, pour les exploitations desservies, un endettement sur 25 ans, ce que les technocrates ont semblé ignorer. Le royaume d’Ubu, comme toujours !

Pendant que le Maire d’Avrillé fait une « ceinture verte à sa commune, c’est ceinture pour la verdure à Saint-Barthélemy. Il ne reste plus que 25% de terres agricoles sur la commune. Cela fait partie de son équilibre. C’est aussi un objectif inscrit dans le document contesté. Allez comprendre ! Il faut dire qu’on y trouve tout et son contraire, au fil des pages, mais combien sommes-nous à l’avoir vraiment lu ?

Les Bartholoméens ne sont pas tout seuls. Le Président de l’agglo ferait bien de les entendre s’il ne veut pas voir son projet annulé en tribunal administratif… comme le précédent PLU ?

 


PILONNAGE IDEOLOGIQUE

  Canon

 

La matière ne manque pas et tout ce que la France compte d’opposants est à la manœuvre. En matière de pilonnage idéologique, les gens de gauche savent faire. Ainsi, on multiplie les actions pour dénoncer les suppressions de postes dans l’éducation nationale, chaque école y va de son « coup » médiatique répercutant chaque jour le même message tronqué, sans que l’on ait en face l’argumentation contraire. Qui n’entend qu’une cloche, n’entend qu’un son. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ceux qui démantèlent le service public, et probablement pas ceux que l’on croit ! Lisez donc le "Pacte immoral" de Sophie Coignard, et vous serez édifiés.

Aujourd’hui, on nous a rebattu les oreilles avec le gel des salaires de la fonction publique, annoncé par le journal « Les Echos ». mais il suffit de lire ce journal pour s’apercevoir que telle n’est pas l’information : c’est le gel de la valeur du point dont il est question ce qui n’est pas la même chose. Les salaires ne seront pas gelés pour la simple raison qu’ils augmentent en fonction de beaucoup d’autres paramètres. Ainsi, l’an passé, malgré le gel, ils ont augmenté de 3% en moyenne. Voilà comment on propage de fausses nouvelles.

En face, on offre un front dispersé avec une communication, comme d’habitude, qui confine à la cacophonie, chacun y allant de son opinion ou de sa petite phrase. Evidemment ce n’est pas ainsi que l’on convaincra l’opinion publique du bien fondé d’une idée, fût-elle bonne. Ainsi de la prime de 1000€ qui finalement ne ferait pas 1000€, ferait l’objet d’une loi, mais ce n’est pas sûr et qui ne concernerait qu’une faible part des salariés au train où vont les choses. Au moins on aura compris que le gouvernement se préoccupe du pouvoir d’achat. Ce serait tellement plus simple qu’il reste sur son terrain, celui des taxes, par exemple, qu’il pourrait plafonner pour limiter la hausse du coût des carburants, au lieu de s’aventurer sur celui des entreprises où il n’a pas lieu d’être.

 


ARCHIBALD A LA HUNE

 

PAS MUR, le candidat vert, c’est ce qui ressort de sa conférence de presse de lancement. Hulot n’a pas vraiment convaincu, pas plus dans son camp qu’ailleurs. Difficile d’endosser le costume de « présidentiable »… ce qu’il avait oublié de faire, d’ailleurs, en se présentant en bras de chemise et sans cravate. Détail, peut-être, mais révélateur.

SURPRENANT : pas encore candidat, mais ça ne saurait tarder. Le Galouzo s’est fendu d’un programme décoiffant (malgré sa blanche et abondante toison) et utopique, dont la mesure phare, le revenu citoyen à 850 € coûterait 30 milliards, a entraîné aussitôt la démission de son porte-parole.  Il veut réduire la France à 10 régions : bon courage !  Il invente un nouveau centrisme, calé entre Mélenchon et le PS pour les impôts et entre Le Pen et Dupont Aignan pour le reste ; Du « National Bonapartisme » !!!

TOUT FAUX. Charette a plaidé cette semaine dans la presse locale pour les « Confédérés », en récrivant un peu l’histoire. Il ex)plique avoir quitté l’UMP parce que le parti se droitisait trop à son goût. Que n’a-t-il utilisé son influence pour infléchir la ligne politique ? La vérité, c’est qu’en Maine-et-Loire, la porte s’était refermée pour assurer son avenir politique en obtenant une investiture pour les sénatoriales, car à 73 ans il aimerait bien aller pantoufler au palais du Luxembourg. Il fallait donc trouver une autre crémerie pour partir labellisé. Tout le monde sait bien qu’une telle démarche affaiblit la majorité en la divisant.

EN FINLANDE AUSSI, les « Vrais Finlandais » version locale de notre Front National sont arrivés en 3ème position, 1,4 point derrière les conservateurs et à quasi égalité avec le SPD. Ils font 19% des suffrages sur les mêmes thèmes (immigration, anti-Europe…). Comme quoi il n’y a pas qu’en France.

EN 3 D. Il y avait la « queue » devant les cinémas de Hong Kong pour la sortie du 1er film érotique en 3D, inspiré d’une œuvre érotique chinoise du 17ème siècle « Sex and Zen ». Les femmes étaient particulièrement nombreuses, nous dit-on, pour voir ce que donne le porno en 3D sur grand écran.

 


NOME : A QUOI JOUE-T-ON ?

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On parle d’un nouveau report au 1er janvier 2012 de l’application de la loi NOME, initialement prévue au 1er juillet 2011, c’est-à-dire à trois mois des Présidentielles. Autant dire qu’on veut l’enterrer !!

De quoi s’agit-il ? La loi NOME permet de se mettre en conformité avec Bruxelles en permettant la concurrence sur le marché de l’électricité notamment par l’obligation qui est faite à EDF de vendre à ses concurrents à un prix raisonnable un volume limité d’électricité produite par ses centrales nucléaires. Les opposants à la concurrence, CGT en tête, ont tout fait pour faire croire aux Français qu’il faut y voir la cause de l’augmentation des prix de l’électricité, ce qui relève du mensonge. Mais Henri Proglio n’est pas innocent dans cette affaire, et en la matière il est en train de jouer le rôle du mauvais génie auprès du Président. On comprend qu’il défende les intérêts de son entreprise, mais il est inacceptable qu’il se dresse contre la loi votée par le Parlement, contre la réglementation européenne qui pourrait infliger à la France de lourdes pénalités et contre l’intérêt du consommateur.

Reculer la date de mise en application de cette loi c’est courir plusieurs risques : en premier de déclencher les poursuites de Bruxelles qui a accepté un compromis qui ne serait plus respecté, ensuite c’est enterrer la concurrence car les fournisseurs concurrents d’EDF ne pourront survivre et mettront la clé sous la porte, enfin c’est désavouer la volonté qui s’est exprimée par le vote des députés et des sénateurs.

Les prix de l’énergie vont augmenter et sans que la concurrence n’y soit pour quelque chose. C’est là une vérité inéluctable et il faudra bien qu’elle éclate un jour. il convient d’arrêter de mentir aux consommateurs en le prenant, qui plus est, pour des irresponsables : empêcher la concurrence de jouer c’est se priver du meilleur moyen pour freiner cette augmentation. 

Les prix de l’énergie augmenteront dans tous les cas de figure (prise en compte des coûts de sécurisation du nucléaire depuis Fukushima mais surtout en raison de l’augmentation des prix du pétrole). On sait qu’Henri Proglio voudrait faire payer par les clients les investissements qu’EDF va devoir affronter du fait du vieillissement de son parc de production nucléaire, alors que cet effort doit revenir en priorité à ses actionnaires, par autofinancement, endettement ou cession d’actifs. En cas de renoncement à la loi NOME, les citoyens-consommateurs seront dans tous les cas les pigeons : ils paieront avec leurs impôts les millions (les milliards) d’euros d’amendes infligés par Bruxelles, ils paieront encore pour des investissements qui sont des charges indues pour eux pendant que les actionnaires toucheront des dividendes, ils paieront pour le défaut de concurrence qui laissera le champ libre à un seul fournisseur. Les tarifs régulés ne pourront faire longtemps illusion, alors bonjour la facture !

Le seul moyen de limiter les effets de cette hausse est d’offrir aux consommateurs des offres alternatives en permettant à une véritable concurrence, par les prix mais également en termes d’innovations technologiques et de services, d’exister. Si jamais la mise en œuvre de la loi NOME, initialement prévue au 1er juillet 2011, devait être décalée, la concurrence en France notamment sur les marchés de masse ne se développera pas et ses bienfaits pour les consommateurs ne se produiront jamais.

Et s’il y a report, c’est peut-être pour permettre à EDF de sortir son audit sur la sécurisation des centrales nucléaires qui « démontrera forcément » que la loi NOME n’est plus d’actualité, permettant alors au gouvernement de reporter sine die son application. Une supercherie !

Si, comme on le pense, le Président prenait cette décision, cédant aux sirènes de son « ami » Proglio au mépris du vote du Parlement, il commettrait une grave et double erreur : stratégique sur le plan du développement du marché de l’énergie et tactique car il enverra alors un signal de renoncement que beaucoup interpréteront comme une lâcheté. Ce serait une réelle déception.

 

 


LE SALTIMBANQUE SE DECLARE

 

Il ne manquait plus que lui dans le paysage. La nouvelle était éventée depuis longtemps et mise en scène pour en assurer savamment la médiatisation. Comme Coluche en son temps, Nicolas Hulot entend utiliser son aura médiatique pour tenter de la transformer en adhésion à un projet présidentiel. A une époque où le paraître est plus important que l’être, et le « connu » plus populaire que « l’efficient », il a toutes ses chances. Quoique…

Il s’aventure sur un terrain miné que le survol en ULM ne suffira pas à rendre moins dangereux. Le parcours d’une campagne électorale est semé d’embûches à côté desquelles les aléas des profondeurs abyssales ou la fréquentation des zoulous passeront pour simples broutilles. Il arrive en terrain hostile, autant qu’il le sache. La caste politique n’aime pas les troublions, encore moins les saltimbanques. La France n’est pas les Etats-Unis qui élisent un ancien acteur à la présidence (Reagan) ou à la tête du plus riche de ses états (Schwarzy en Californie).

Autant dire que le saut que Nicolas Hulot entreprend aujourd'hui est périlleux. Les écologistes, sa « famille » politique Europe Ecologie-Les Verts, attendent l'ancien animateur de télévision avec un rare niveau de défiance.  Il n’était pas déclaré qu’il faisait déjà l'objet d'une attaque en règle de sa rivale écologiste dans la course à l'Elysée. Pour Eva Joly, Hulot n'est « pas complètement dans la vie réelle. Contrairement à moi, Nicolas Hulot est une machine médiatique. Je ne sais pas si je comblerai ce déficit, mais je pense qu'il y a une différence entre la notoriété et le bulletin qu'on choisit dans l'isoloir… entrer en politique, c'est aller au-delà de l'alerte : il faut aussi proposer des solutions  ».

La greffe peut-elle prendre entre Nicolas Hulot le solitaire et ce parti, broyeur d'ambitions ? C'est le premier défi qu'il devra relever car la primaire s'annonce sans quartiers. S’il est respecté pour son expertise sur les questions écologiques, et donc peut-être à même de sortir le mouvement de son impasse présidentielle (1,57 % des voix en 2007 ; 5,25 % en 2002), c'est pour ces mêmes raisons que le parti n'entend rien faire qui lui facilite la tâche : l'animateur est jugé incontrôlable, suffisant, et trop loin du PS, avec lequel il va falloir négocier pour les législatives

Du côté de l’UMP, on aura beau jeu de lui reprocher d’être un ingrat, après le Grenelle de l’environnement qu’on a réuni pour satisfaire la plupart de ses demandes et qui confère au parti majoritaire, un bilan politique en la matière supérieur à celui de tous les autres partis. Et c’est un journaliste du nouvel Observateur qui le faisait remarquer. Il est aussi attendu à gauche pour laquelle sa candidature n’est pas la bienvenue, faisant courir au PS un risque de répétition de 2002 en cas de succès du transfert médiatique en score électoral, d'autant plus qu'il s'annonce franchement de gauche !

Mais convaincre les Français de l'urgence à sauver la planète, même si c’est important et constitue le moteur de Nicolas Hulot, est-ce bien le sujet de la présidentielle ? S’il se présente uniquement pour faire avancer sa cause et interpeller les Français après l’échec de son film, alors il prend un grand risque. Car les préoccupations des Français ont pour nom « pouvoir d’achat », « chômage », « impôts »… Il ne suffit pas d’être « hors normes » pour réussir la conquête du vote des Français. Il y a gros à parier que l’authenticité qu’on lui accorde volontiers aujourd’hui risque de perdre quelques plumes dans la bagarre. Et d’abord dans le cadre contraignant de la primaire qu’il doit affronter,... s'il en a le courage.

 


POUVOIR D’ACHAT, INFLATION, CROISSANCE

 

C’est le paysage contrasté de notre économie en ce début de printemps 2011. L'OCDE vient de relever sa prévision de croissance de cette année pour la France de 1,6 % à 2 %, « voire un peu plus ». Ce n’est pas surprenant et pour ma part je l’avais anticipé si on se réfère à mes précédentes notes. L’annonce de l’OCDE avait été précédée par des prévisions de l’INSEE  qui avait révisé nettement à la hausse la croissance du 1er trimestre avec une progression de 0,6% au lieu de 0,3 % précédemment et continue de tabler sur 0,4% pour le 2ème trimestre. Mais on le sait, l’organisme statistique national est toujours pessimiste.

Ce début d’année profite d’une effet de rattrapage dans les travaux publics et les matériaux de construction pénalisés par le froid en décembre. Ce qui est plus réconfortant tient dans le « climat des affaires » qui manifeste un regain d’activités dans les industries manufacturières et les services. Il faudra y ajouter bientôt les 4 milliards du grand emprunt investis dans l’économie verte. On se réjouira que les carnets de commande se regarnissent en espérant que l’impact sur l’emploi soit rapidement visible.

Hausse des investissements, rebond des exportations dans un environnement international plus porteur continueront de soutenir la croissance, même si l’envolée des prix du pétrole et des matières premières aggravent en trompe l’œil notre déficit commercial.

Cela permettra-t-il des hausses de salaire, parce que le pouvoir d’achat redevient la 1ère préoccupation des Français . Et on les comprend. Les grandes entreprises font des bénéfices, distribuent des dividendes et l’effet d’optique qui en résulte crée une frustration. D’autant plus que, si le pouvoir d'achat ne recule pas, il avance moins vite (+ 1,2%), effet aggravé par le sentiment d’avoir moins d’argent disponible à cause du « plus » bien réel des dépenses contraintes (loyers, portables…) auquel s’ajute les hausses, elles, très substantielles du carburant, du gaz, de l’électricité… L’inflation importée s’invite au moment où elle est la plus malvenue. Mais c’est toujours comme ça. Le gouvernement a peu de marge de manœuvre et voudrait bien contribuer à un endiguement des hausses et à une amélioration du pouvoir d’achat sans mettre la main à la poche.

La croissance devrait se maintenir en 2012. On mesurera alors si l’amélioration sur l’emploi et les salaires est au rendez-vous. Le gouvernement commence à récolter les fruits de la politique menée par papa Nicolas et tonton François. Mais tant que les « saints de glace » ne sont pas passés…. Autrement dit, une rechute est toujours possible dans un monde, dont le moins qu’on puisse dire en ce début d’année, c’est qu’il est imprévisible !

 

 


LES EXTRA TERRESTRES SONT DE RETOUR

 

300 000 emplois « d’avenir » pour les jeunes, formule ripolinée des « emplois-jeunes » des années 90, 100 000 fonctionnaires embauchés alors qu’on vient péniblement d’alléger le fardeau du même nombre en 4 ans de patients efforts : le ton est donné. Le Projet socialiste hésite entre le rétropédalage et l’apesanteur tant il est loin des réalités. Comment peut-on établir un projet pour la France des années 2012-2016 sans évoquer la dette et parler de l’Euro !

Comme le disait un commentateur récemment, c’est un projet qui durera 48 heures. Il faudra tout de suite passer à la réalité des choses, car les faits son têtus : devant la baisse de la notation et le doublement des taux d’intérêts de la dette que le programme dépensier aura aussitôt généré, quand les socialistes découvriront que l’argent qu’ils voulaient imposer s’est déplacé ailleurs sans attendre, les choses sérieuses commenceront et portent un double nom : rigueur pour les porte-monnaie et désillusions pour les Français qui auront voté pour eux.

On y trouve bien entendu quelques mesures qui présentent un intérêt, mais ce sont celles auxquelles tout le monde pense, comme le regroupement de l’impôt sur le revenu et de la CSG, ou la modulation de l’impôt sur les sociétés selon que les profits sont réinvestis ou distribués. 

La position sur le nucléaire est imposée par les circonstances et relève davantage de l’affichage que d’une volonté politique bien affirmée, tant il est facile de dire qu’on va sortir du nucléaire en 20 ou 30 ans, ce qui correspond grosso-modo à la fin de vie de nos centrales. Mais pour faire quoi ? Quand on connaît le coût réel des énergies de remplacement, solaire ou éolien, il y a de quoi s’interroger. Quant au plafonnement des salaires des patrons des seules entreprises publiques (1 à 20), il ne fera plaisir qu’à Mélenchon et se traduira dans les faits et très rapidement par « la prime au con ».

On ne sera pas surpris de trouver un volet économique qui recentralise et renationalise peu ou prou l’économie par le biais d’une banque publique d’investissement. Et bien sûr le recours à l’emprunt, « européen » pour faire passer le message. Avec la réforme fiscale faite pour augmenter le prélèvement sur la richesse produite, on a tous les ingrédients nécessaires à une aggravation de notre dette et de notre niveau de vie. C’est un programme qui tourne le dos aux réalités et qui flatte les assistés. La gauche dans tous ses états !

 


ARCHIBALD A LA HUNE

Longue vue 2

2012. La liste des candidats putatifs à l’élection présidentielle ne cesse de s’allonger. On présume que le président sortant sera candidat. Il aura contre lui, outre Le Pen, pour l’extrême droite, Hulot, Villepin, Borloo, Bayrou, Mélenchon, plus au moins un socialiste au choix parmi DSK, Hollande, Royal et autre Valls, auquel s’ajoutera l’extrême gauche avec un ou deux représentants. Cela commence à faire du monde. Avec une telle dispersion des voix, ce sera une vraie loterie pour savoir qui sera au second tour. Encore faut-il que les électeurs aient envie de voter. Une chose est sure : tous contre un. Et après ?

BORLOO. C’était à nous de juger l’autre soir. Bof ! Langue de bois et noyage de poisson pendant deux heures. Difficile se faire une idée de ce que veut vraiment le Radical de droite qui n’a rien de bien clair dans sa tête sinon l’envie de faire parler de lui. Pas assez pour me convaincre de l’utilité de sa démarche.

INTOLERANCE. On peut facilement en mesurer les ravages. Il a suffi qu’un pasteur débile brûle un Coran pour que 10 000 km plus loin des hordes hystérisées s’attaquent au siège de l’Onu en Afghanistan et fassent plusieurs morts. Et vous dites qu’on est au XXIème siècle ?  Parfois, j’hallucine (pour reprendre un mot à la mode).

Verbatim : « Je ne me suis jamais laissé guidé par des intérêts partisans » affirme Villepin. Ce que l’on croit volontiers. Et par la haine ?

 P.S. Dans 2012, j'ai oublié Boutin... Et ce n'est pas une boutade !

 

La lorgnette sur Angers :

Longue vue 2

IMPOT AGGLO. « Agglo, Agglo, Agglo, il est des nôtres, il a voté comme les autres » auraient pu chanter les conseillers au dernier conseil d’agglo. 4,7%  à payer en plus dès cette année pour renflouer les caisses de l’agglo… ou pour payer un complexe nautique sur le plateau des Capucins (qui pourrait être différé). Il n’y a qu’un courageux qui a refusé la punition : le Maire de Saint-Sylvain !  Tous les autre se sont allongés … Et il y aura récidive l’année prochaine croit-on savoir. On a envie de dire à Marc Laffineur que la « mauvaise humeur » ce n’est pas suffisant !

FAUX CUL. Au dernier Conseil d’Angers, le maire s’en est pris au Maire d’Avrillé pour faire de l’ironie malsaine sur les finances des collectivités et la diminution des dotations de l’Etat. Attaquer un adversaire quand il n’est pas là pour répondre, cela porte un nom : « enfoiré » ! Les socialistes n’ont toujours pas compris qu’il faut diminuer les dépenses publiques en s’ajustant sur les recettes.

DEPASSE. La gestion socialiste d’Angers a dû se résoudre à augmenter ses taux, ce qu’elle n’avait pas fait depuis 28 ans. Quand on sait que c’est le même adjoint depuis 34 ans, on peut se dire que mener la même politique intangible indépendamment des évolutions de l’environnement financier, c’est peut-être un exploit, mais cela ne se révèle pas forcément efficace, surtout que nous avons traversé une longue période de taux d’emprunt très bas. Une gestion sclérosée et dépassée. En signalant au passage que les taux d’imposition sont parmi les plus élevés des villes de France et qu’ils ne vont pas s’arranger.

 

 


LAICITE : QUE DU BON SENS !

 

Ce n’est pas parce que le PS a abandonné depuis longtemps le terrain de la laïcité au profit du multiculturalisme qu’il doit s’ériger en censeur permanent. L’UMP est aussi légitime, comme parti politique, que bien d’autres pour défendre ce qui est un bien commun identitaire de la nation.

Et d’ailleurs de la convention de mardi, il est sorti 26 propositions qui sont toutes marquées au coin du bon sens. Ceux qui voudront y voir une incitation à la haine ou à la stigmatisation inversent le débat et ne se posent pas les bonnes questions. Ou plutôt refusent de voir la réalité parce qu’elle signe l’échec de leur théorie.

Parmi ces propositions, Certaines peuvent être appliquées dès maintenant. D’autres constituent la contribution de l’UMP dans la préparation du projet 2012.  Elles sont le fruit de très nombreuses rencontres entre le secrétaire général et les représentants des grandes religions, d’associations diverses et variées et du travail mené en profondeur à l’intérieur du parti.

Grâce à ce travail, on discerne mieux ce que doit être une laïcité de « rassemblement » qui reconnaît à tous les citoyens le droit de vivre correctement leur liberté de conscience et prescrit les devoirs qui en découlent comme le respect d’autrui et de l’ordre public. C’est pourquoi, afin de s’assurer que toutes les valeurs de la république sont pleinement respectées et afin d’empêcher que telle religion soit instrumentalisée à des fins politiques, il est bon de réaffirmer le code de la laïcité et de la liberté religieuses par trois actes symboliques forts : Adopter une résolution parlementaire (art. 34-1 de la Constitution) réaffirmant l’attachement de la représentation nationale aux principes républicains, et spécialement à ceux de laïcité et de liberté de conscience ; élaborer un recueil exhaustif des textes (lois, règlements et circulaires) et jurisprudences relatifs au principe de laïcité (d’ici la fin du premier semestre 2011) ; rédiger un code au sens strict du terme  (après 2012).

L’UMP fait aussi dix propositions pour réaffirmer le principe de laïcité : j’en retiens particulièrement  "l’interdiction de récuser un agent du service public à raison de son sexe ou de sa religion supposée et celle de se soustraire au programme scolaire obligatoire". Elles sont suivies de 13 propositions qui garantissent la liberté religieuse et l’exercice du culte dans des conditions dignes et respectueuses de l’ordre public, telles que « prévoir que, en vertu d’une exigence de transparence financière, les fonds étrangers visant à la construction et à l’entretien de lieux de culte transitent obligatoirement par une fondation nationale ou affirmer clairement par voie législative que, sauf manifestations à caractère traditionnel, l’exercice du culte hors des lieux de culte est subordonné à déclaration préalable. »

Pas de quoi hurler au loup, comme on le voit. Je trouve que le contexte actuel nécessite ce genre de mise au point. Je suis certain que de nombreux Français l’attendent.

 


LA DOUBLE PEN

Marine-le-pen-le-17-janvier-2011

Le cas de la fille Le Pen mérite d’être regardé de près. Certes elle tente de gommer tout ce qui pourrait repousser l’électorat de la droite conservatrice et traditionnelle mais républicaine. Ainsi elle fait référence à la république, ce qui est nouveau dans le lexique du FN et à la laïcité, mot que son diable de père n’aurait jamais employé. Ce sont là des artifices qui ne doivent faire illusion.

Ce qu’il faut craindre le plus, me semble-t-il, c’est d’abord son impact médiatique. Elle est allée à bonne école et évite toutes les maladresses qui marginalisaient son père. Avec elle, il n’y aura pas de digressions ou de calembours provocateurs. Elle manie l’humour avec a propos et sait utiliser son sourire, donc user de son charme. Encore que parfois le rictus de la haine, vite rentré, transparaît sur son visage dès que le ton de l’adversaire se fait plus incisif. Mais nous pouvons compter sur les médias pour organiser la bulle nécessaire à son ascension, tant les journalistes de gauche sont prêts à jouer avec le feu du moment que ça nuit à la réélection de Nicolas Sarkozy. Et c’est déjà commencé : on ne voit plus qu’elle sur tous les plateaux. Ils pourraient bien le regretter, parce que la gauche n’est pas à l’abri non plus du discours attrape-tout de la cheftaine frontiste.

Ce discours est bien là, en effet, et il est dangereux. Passe encore son antienne sur l’immigration et la délinquance : ce registre on le connaît et il s’appuie sur une réalité difficile à combattre et à faire évoluer. C’est son nerf de la guerre qui cache le reste qui n’est pas triste : des solutions qui recroquevilleraient la France sur son petit territoire avec le cortège de misère inévitable qui s’en suivrait. Comment instaurer des droits de douane sans subir de rétorsions alors que nous sommes aujourd’hui le 5ème pays exportateur mondial ? Cet unique exemple montre l’impéritie d’un programme inspiré du national-socialisme du siècle dernier. J’étais frappé l’autre soir de voir les proximités qu’il pouvait y avoir entre elle et Mélenchon. Des solutions simplistes qui peuvent plaire à un électorat en déshérence, que la promiscuité dans les cités rend perméable à tous les « y a qu’à ». Les effets de la crise, dont on sort à peine, remettent d’actualité des thèmes usés jusqu’à la corde, tant il est facile de surfer sur la misère du monde.

Que ferait-elle de plus ? Rien sinon aggraver l’état de la France. Ni dans le domaine de la sécurité, ni dans celui de l’immigration, elle ne pourra faire plus que ce qui est fait actuellement, compte tenu de l’environnement réglementaire, législatif et ce qui est imposé par les traités internationaux.

Duplicité du personnage qui adopte la posture propre à siphonner les voix de l’UMP de préférence, pour se venger de l’humiliation de 2007. Le naturel reviendra ensuite au galop.

Et double peine pour les électeurs de droite. Elle n’a aucune chance d’être élue au second tour. Mais en faisant perdre la droite républicaine, elle fera gagner la gauche. Et avec elle le retour des « régularisations », l’accroissement de l’immigration, l’aggravation de la dette. Bref, on aura la gauche et l’immigration !

LE PEN, DOUBLE PEINE !

                      Prochaine note, le 7 avril....


LE CRIBLE D’ARCHIBALD

Lorgnette

CANDIDAT ! « Quel suspense ! Je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai dû prendre des somnifères ! » C’est par cette tirade qui en dit long sur son état d’esprit que « l’amère de Lille »  a accueilli la déclaration de candidature de François Hollande. Moi, je trouve que c’est une bonne nouvelle. En voilà un qui a une revanche à prendre sur 2007 et il ne va pas s’en priver. Et lui, il n’est pas pacsé avec DSK… Sa popularité au sein du parti est intacte et son aura en hausse. Du rififi en perspective.

TRIADE. On aura beau dire, mais après un automne syndical plutôt contestataire avec la réforme des retraites, on ne s’attendait pas à retrouver les syndicats en aussi bonne forme pour signer les accords. Si la démocratie politique est toujours polluée par les postures, la vindicte et les querelles, sa version sociale donne dans le réalisme et le compromis. Voilà trois accords signés, deux entre les partenaires sociaux et un avec l’Etat. Un accord a été  trouvé sur les retraites complémentaires, une autre prolonge le dispositif d’indemnisation du chômage, enfin le troisième concerne 870 000 agents non titulaires de la fonction publique qui prévoit des transformations de CDD en CDI. Même la CGT signera ce dernier.

LA BAISSE. Autre bonne nouvelle : le déficit budgétaire de 2010 a été revu à la baisse de presque 1% du PIB à 7% au lieu des 7,7% prévus. C’est encore 136,5 milliards d’euros. Les dépenses ont tout de même progressé de 2% en 2010, mais moins vite que les recettes en hausse de 3,2%. C’est la stratégie économique du gouvernement que ces chiffres confortent . Il faut poursuivre l’effort pour revenir dans la limite des 3% prévus par les traités. Un bon espoir d’être en-dessous des 6% prévus pour la fin 2011.

PROMESSE TENUE. Année après année, le minimum vieillesse est réévalué. Ce sera encore le cas cette année puisque depuis vendredi dernier il a été augmenté de 4,7%.

CONFEDERES. « On ne peut pas confier au RPR le soin de représenter le RPR et l’UDF ! » On croirait entendre Giscard. Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’est pas de l’histoire ancienne qui nous replongerait dans les années 70-80, non, c’est Hervé de Charette qui nous a déterré cette belle tirade lors de la naissance de la « confédération centriste » mardi dernier. Mais faire du neuf avec du vieux, est-ce que c’est bien crédible ? N’en déplaise à l’ancien ministre, il y a encore des centristes et des libéraux à l’UMP, qui n’est pas le RPR. Il oublie de dire que son départ était motivé par … son éviction de la liste régionale. Béchu voulait rajeunir. Nous aurons donc un « confédéré » candidat à la sénatoriale en Maine-et-Loire !

DANSE DU TAPIE. C’est tout ce que les députés socialistes ont trouvé pour faire oublier la polka Guérini : ressortir l’affaire Tapie. Ce pourrait bien être un boomerang, parce qu’ils ont la mémoire courte avec le Crédit Lyonnais. Ils le font en s’attaquant à Christine Lagarde, probablement pour tenter de faire passer au second plan les succès économiques qu’elle engrange en ce moment. Les termes sont toujours dans le registre de la calomnie, pour changer un peu.

                                                                                         Mille sabords !


L’UMP : PSYCHODRAME OU FRACTURE ?


L’affaire du débat sur la laïcité n’en finit pas d’alimenter les médias qui n’en demandaient pas tant pour se vautrer dans les « délices des déchirements du parti présidentiel ». Les avis des uns et des autres écrivent chaque jour un feuilleton dont ceux qui soutiennent Nicolas Sarkozy (il y en a encore) se passeraient bien.

Si ce n’est qu’un psychodrame alimenté par les résultats des cantonales, il n’y a vraiment pas de quoi, la majorité présidentielle ayant autant de raisons de se lamenter que de se réjouir. Evidemment, ce qui peut alimenter une crise de nerf, c’est la percée en pourcentage des exprimés du Front National qui peut tirer gloire de ses scores ainsi mis en valeur, profitant du vide béant offert par les abstentionnistes.

Ce n’est pas seulement une illusion d’optique. Marine Le Pen a bien siphonné des voix de droite mais la gauche n’a pas été à l’abri non plus. Le parti d’extrême-droite a gagné en moyenne 10 points entre les deux tours avec un discours attrape-tout. Et même acquis une capacité spectaculaire à mobiliser des « réserves importantes et diversifiées » de voix, affirme une étude de l'Ifop sur ses résultats au second tour des cantonales. Voilà qui mérite effectivement qu’on s’y intéresse, et l’UMP doit s’interroger d’urgence sur le pourquoi de ce transfert de voix, souvent à son détriment. Ne pas entendre ce message d’électeurs qui ont voté Nicolas Sarkozy en 2007 est une erreur stratégique que certains s’apprêtent à commettre.

Je me suis donc livré à une petite enquête parmi mes connaissances qui font partie de cet électorat qui avait fait ce choix en 2007 et qui cette fois-ci ont voté FN ; Il y a deux sortes de vote dont la motivation devrait normalement être différente : celui de l’électeur de Carpentras et celui de Talmont St-Hilaire en Vendée. Les motivations du premier relèvent en priorité de l’insécurité et de la délinquance générée trop souvent par des individus issus de l’immigration et par une promiscuité trop forte avec des gens qui imposent leur mode de vie. C’est vécu comme ça, souvent en en payant physiquement le prix. Ne pas le dire, c’est se voiler la face. Celles du second sont forcément différentes : en Vendée, ce n’est ni l’insécurité, ni la promiscuité, c’est le sentiment perçu par une population plutôt âgée à travers les multiples émissions qui passent en boucle sur certaines chaines de traques policières, de trafics de drogue, etc… où ils se rendent bien compte et font le même constat qu’Eric Zemmour.

Le résultat est le même : ce qui leur pose problème c’est la peur engendrée par l’immigration dont ils pensent qu’on n’arrive pas à l’endiguer, et la religion musulmane qu’ils connaissent mal et qu’ils perçoivent comme une menace pour notre mode de vie et nos libertés. A cette double peur il faut apporter des réponses qui rassurent. Le débat sur la laïcité peut en être l’un des moyens. Ce n’est pas parce que la gauche le dénonce qu’il faut lui emboîter le pas. Evidemment ce ne sera pas suffisant. La politique du gouvernement de lutte contre la délinquance, pourtant active, n’est pas assez lisible et ne communique que sur des statistiques aussitôt contestées. De même les empiètements de l’islam (vrais ou supposés) sur notre sphère laïque doivent faire l’objet de clarifications, car le « net » est encombré d’exemples que personne ne peut vérifier et qui imprègnent peu à peu la population.

Je trouve donc regrettable que l’UMP se divise sur un sujet aussi sensible. Au point qu’on finit par se demander où est le patron et à quoi servent les petits déjeuners du lundi matin autour du chef de l’Etat. De deux choses l’une, où le projet a été validé, et alors tout le monde tire dans le même sens, où il ne l’a pas été, et il faut en tirer les conclusions sur la direction du parti. Ma crainte c’est qu’on assiste à une vraie fracture entre ceux qui veulent, comme Nicolas Sarkozy, continuer à camper sur les terres frontistes, et ceux qui veulent capter le centre ; Le problème, c’est que comme en 2007, on a besoin des deux pour gagner en 2012. a moins qu’il ne s’agisse de se préparer une image différente au cas où…

Ce qui est sûr, c’est que le militant que je suis n’accepte pas le déballage sur la place publique des états d’âmes. Au risque qu’il remballe sa tenue de combat … et son bulletin de vote !