Previous month:
août 2011
Next month:
octobre 2011

QUELQUES ELEMENTS DE REFLEXION …

 

Les six magiciens de la primaire socialiste ne nous apportent toujours pas de réponses concrètes et crédibles pour la France et les Français, mais beaucoup de critiques, beaucoup de vieux poncifs, beaucoup de vœux pieux, beaucoup de promesses de lendemain qui chantent, et jamais de mode d’emploi, jamais de financement.

Dans la course aux promesses les plus démagogiques et les plus irréalisables, un cap nouveau a été franchi avec les propositions tous azimuts de nationaliser les banques, d’interdire les licenciements et de bloquer les prix ! Dans un éclair de lucidité, Manuel Valls et Jean-claude Baylet ont quand même dénoncé ce retour aux vieilles recettes communistes qui ont échoué !

En marge de ces gens qui nous parlent d’un monde irréel, celui de leurs fantasmes, je vous propose une rencontre plus intéressante avec Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), un think tank libéral et pro-européen. Il analyse la défaite historique de la droite au Sénat et s’inquiète d’une droite française sans cap idéologique ni tactique. Il vient de donner une interview au journal Le Monde.

Ainsi il explique le basculement historique de droite à gauche du Sénat comme le prix à payer pour l’exercice des responsabilités nationales. « Entre 1993 et 2010, plus de 1000 points importants du maillage territorial (villes, départements, régions) ont basculé à gauche, pendant une période où la droite, elle, a globalement tenu le pouvoir au niveau national. En outre, les élus locaux réagissent à une nouvelle phase de déconstruction de l’Etat providence. Comme ce mouvement ne me semble pas réversible, compte tenu de l’état des finances publiques, cela peut durer ! Par ailleurs une nouvelle sociologie s’est installée dans les campagnes. Les élus locaux comptent de plus en plus en plus de néoruraux, et notamment des fonctionnaires à la retraite, attachés culturellement à l’Etat et plus à gauche. ». La défaite de la majorité présidentielle était inéluctable étant « la consécration d’un parti d’élus. C’est une mécanique plus qu’une dynamique. »

Selon lui, le PS a remplacé l’UMP au premier rang des partis de notables. « Le Sénat en est un symbole. Le PS est devenu un parti modéré, central, voire centriste. C’est comme ça qu’il peut gagner en 2012. Le communisme est mort en 1989. La social-démocratie agonise depuis 2008. Pourtant, la droite n’a pas su en profiter, à la différence du PS. Avant la crise, toute révision doctrinale lui était difficile ; la crise lui offre l’opportunité d’opérer un changement majeur en quelques mois. Plus un seul candidat sérieux à la primaire ne conteste la nécessité de lutter contre la dette et les déficits. C’est une révolution dont la droite n’a pas mesuré l’importance ni les conséquences pour elle. »

Un PS qui mord sur les terres de la majorité, et c’est très visible dans l’ouest où l’électorat centriste a fondu à son profit. « L’UMP ne peut pas prendre le risque de subir une saignée sur ses deux flans : à gauche victime du PS, à droite victime du FN. Le modèle de l’après-guerre, où l’on finançait les dépenses publiques par la croissance, a disparu dans les années 1970. Il a été remplacé par un modèle où l’emprunt a pris la place de la croissance. Tout cela est fini. Que faire maintenant ? Or, pas plus la droite que la gauche ne semblent répondre à cette question. » Et la droite semble en panne d’idées alors qu’en fait elles triomphent. « Pourtant, depuis 2007, elle est allée d’errance doctrinale en erreur stratégique. Le bouclier fiscal avait le mérite de la cohérence, autour de la valeur travail. Maintenant, on se livre à un concours de taxes ! Seule la gauche peut porter un projet de hausse des impôts. La droite s’y perd, déplait aux siens sans plaire aux autres. »

L’autre problème est le rapport au populisme. Sur ce sujet, Dominique Reynié est un expert. « Il faut combattre le populisme. Le débat sur la laïcité, la loi sur la burqa, le discours de Grenoble ont été contre-productifs : ils ont créé un malaise au sein de l’électorat modéré. Les discours de la Droite populaire, ses formules à l’emporte-pièce, sont une insulte à l’intelligence. Quel électeur ne se sent pas, devant ces excès, humilié d’en être le destinataire ? » Dans ce contexte la question est de savoir si Jean-Louis Borloo, qui a quitté l’UMP, peut incarner cette demande : « Sa démarche se justifie par l’absence d’une représentation du centre. L’UMP gagnerait à laisser vivre une telle candidature, pour satisfaire les attentes d’électeurs désormais sans représentants. A défaut, ils n’iront pas voter. »

Mais la crainte d’une droite fractionnée risque de favoriser l’accession de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. A cette préoccupation légitime, il oppose un argument très recevable : « Il y a, en la matière, deux variables à prendre en compte. Le nombre de candidats et le niveau de la participation. Une abstention élevée favorisera le FN. En 2002, il y avait certes 16 candidats, mais aussi 28 % d’abstentionnistes, un record. A droite, la réduction du choix favorisera l’abstention, donc le FN. »

Dire que L’UMP n’a pas réussi son pari, c’est aller un peu vite en besogne, mais avec la crise, le projet de départ s’est un peu effiloché. Le PS ne va pas mieux, les candidats à la primaire qui ne sont d’accord sur pas grand-chose en font la démonstration. « En 2002, l’UMP était une bonne idée. Il s’agissait de construire une maison commune capable de fédérer des sensibilités héritées de l’histoire. La machine est là. Elle aura un programme, mais pour servir quel projet de civilisation ? C’est la question présente. »

Voilà qui devrait donner des idées à Jean-François Copé ou à tout le moins une piste à suivre. Au moment où nous traversons une grave crise qui englobe toute l’économie mondiale, c’est bien d’une vision de civilisation dont nous avons besoin. Cela n’exclut pas de se pencher en même temps sur les mesures quotidiennes de gestion dont nous avons besoin.

 


ATTENTION DANGER

 

Notre démocratie est menacée par un double danger.

Une France toute rose.

D’abord, avec le passage à gauche du Sénat, si celle-ci remporte la Présidentielle et les législatives dans la foulée, la France se trouvera pratiquement en face d’un pouvoir omnipotent qui contrôlera totalement la machine parlementaire, Assemblée nationale et Sénat, le pouvoir exécutif avec la Présidence et le Gouvernement, des grandes institutions de contrôle comme la cour des comptes dont le Président est socialiste, pratiquement toutes les Régions et plus de 60% des départements. Face à une telle situation, que pourra faire l’opposition ? Elle risque d’être particulièrement démunie pour se faire entendre. A ce tableau, il faut ajouter la collusion avec les syndicats et un certain type de relation avec les juges dont il n’est pas outrecuidant d’affirmer qu’ils penchent souvent à gauche.

La gauche veut tout le pouvoir, c’est légitime, mais c’est dangereux : pour le fonctionnement de nos institutions comme pour notre démocratie, même avec toutes les avancées mises en place sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ainsi, la gauche nommerait-elle une personnalité de droite à la cour des comptes ?  ou un député de droite à la tête de la commission des finances de l’Assemblée nationale ?

Face à cette menace, il serait bon que les Français en prenne conscience et par leur vote ne mettent pas, comme ils l’ont toujours fait, tous leurs œufs dans le même panier.

La république du "dénigrement"

D’autant plus que d’étranges coïncidences voient ressortir le tam-tam médiatique autour des mêmes affaires, des amalgames pernicieux cherchant à associer le Président à des faits qui ne concernent en rien son mandat,  via la complicité réelle ou involontaire de juges qui ne cachent pas où vont leurs sympathies. Voilà le deuxième danger.

Le but n’est-il pas de rendre inaudible l’action diplomatique du chef de l’Etat, où son autorité et ses propositions montrent que la France est écoutée et compte dans le débat planétaire.

Les propos tenus par Laurent Fabius, jamais avare de formules assassines, sont particulièrement révoltants et choquants. Puisque l’on fait un procès à Nicolas Sarkozy sur la république irréprochable, commençons par lui appliquer la modération des propos. Ce que le PS nous propose trop souvent c’est le débat de caniveau, l’accusation sans respect de la présomption d’innocence, la manipulation, la désinformation en faisant circuler de faux documents comme l’a rappelé François Fillon. Et Laurent Fabius devrait bien s’appliquer ces principes à lui-même s’il ne veut pas que certains malintentionnés lui rappellent qu’il a du sang contaminé sur les mains (pour faire dans le même registre que lui)…

En pratiquant un pilonnage verbal nourri de mots excessifs et souvent insidieux, la gauche entretient un climat délétère. Qu’elle critique, on le conçoit, c’est son rôle. Mais  s’il n’y a pas de respect de l’adversaire, on crée les conditions de la dégradation de l’exercice démocratique, de discrédit des élus, et on alimente du même coup le populisme et le parti des abstentionnistes. La démocratie abîmée, c’est elle qui en est la première responsable.

Le débat serein ne doit pas être réservé aux discussions de salon auxquelles se livrent les six candidats, il doit aussi être tenu avec la majorité.

 


RAGEANT

 

Senat-palais-du-luxembourg_96 
 
 

Le Sénat a une majorité de gauche depuis dimanche dernier. Elle est courte : deux sièges. C’était prévisible, ce n’était pas garanti. Il a suffi  que la majorité se disperse en listes rivales ou concurrentes pour qu’à la poussée mécanique issue des dernières élections locales s’ajoute l’effet de la dispersion des voix sanctionnée par le mode de scrutin.

Evidemment, avec un Sénat à gauche, le gouvernement va connaître une période de relatif inconfort. On peut compter sur la nouvelle majorité pour se saisir de toutes les formes d’obstacles qui vont se trouver à leur disposition, sans parler de la tribune qui leur est ainsi offerte.

Cela met en relief la responsabilité  de ceux qui ont fait perdre la majorité présidentielle. Ainsi, en Maine-et-Loire, le chef de file de la liste centriste accuse l’UMP de l’avoir fait battre. Comme si la liste dissidente diligentée par Gilles Bourdouleix, l’incorrigible maire de Cholet, et Hervé de Charette, plus soucieux de nuire que de servir, n’était pour rien dans les scores obtenus par les uns et les autres. Le Centre, devenu parfaitement illisible, ici comme ailleurs, avec ses officines obsolètes, devrait commencer par balayer devant sa porte et ne pas oublier qu’une partie de l’UMP, particulièrement en Anjou, est de sensibilité centriste . Voilà ce qui arrive quand on oublie la prime à l'union offerte par le mode de scrutin : s’il n'y avait eu qu'une seule liste d’union de la droite et du centre, elle aurait raflé les trois sièges qui lui revenaient.

Une autre leçon de ce scrutin, c’est la sanction apportée par les grands électeurs à ceux qui, voulant probablement se mettre à l’abri pour ne pas affronter les législatives de 2012, souhaitaient troquer leur mandat de député contre celui de sénateur : échec total. Ainsi le Morbihan en fait les frais avec la défaite du Villepiniste François Goulard et de l’emblématique José Kerguéris. Résultat : le Morbihan tout à gauche ! Rétrospectivement on se dit que Christophe Béchu a rendu un fier service à Marc Laffineur. Qu’on se le dise : le Sénat n’est pas une maison de retraite pour recycler des députés vieillissants.

Avis aussi pour la Présidentielle : la stratégie d’élargissement de l’offre avec la multiplication de candidatures concurrentes n’est pas la bonne, surtout face à une gauche qui joue la carte de l’union. Façade peut-être, mais pour l’instant ça marche. Il est impératif que le centre se réorganise. En retrouvant les liens naturels qui doivent le relier à l’UMP dont une partie de l’assise est restée centriste et modérée, quoi qu’on dise. Si chacun s’y met, un pacte est possible pour une réponse unitaire dans laquelle chacun se retrouverait. Là, et là seulement, est le chemin qui mènera à la victoire.

On n’a que faire des querelles d’égo, des surenchères plus hystériques que recevables, des petits calculs politiciens liés au nombre de voix à engranger pour faire vivre une arrière-boutique. Et ceux qui feraient le calcul de l’impasse sur 2012 pour mieux se préparer pour 2017 font tout simplement l’impasse sur le destin de la France au moment où elle traverse la pire crise que le monde occidental ait connu. Si tel est le cas, ils ne sont pas des hommes (ou des femmes) d’état. Ils méritent alors notre mépris.

Oui, le résultat de dimanche dernier est rageant.

 


LA SEMAINE SELON SAVINIEN

 

 Recharge-pour-carnet-de-notes-pic-brechargepourcarnetdenotesb_1_400x300

Lundi : La nomination de Cécile Fontaine, ex collaboratrice de Nicolas Sarkozy à la cour des comptes malgré l’avis défavorable de son président met les magistrats de la rue Cambon en fureur. Le Migaud serait-il sectaire ? – DSK a-t-il convaincu les Français ? Banon ! Il n’y en a encore tout de même …4% qui lui accordent un avenir politique

Mardi : Selon BVA, c’est Hollande qui a tiré les marrons du feu du débat sur F2… - Question à Jean-Claude Antonini : « Va-t-il passer la main ? » Le maire d’Angers a répondu avec la clarté éblouissante qui le caractérise : « Vous le verrez bien ! ». – dette grecque : on fait du surplace.

Mercredi : Charette nous joue du pipeau en annonçant son intention de voter pour la liste d’Isabelle Leroy, comme s’il n’était pour rien dans la constitution de sa liste. – Et Chirac ? : relaxe ! – Villepin quitte la présidence de son parti : il ne va rester plus personne alors ? – Bayrou aurait été « approché » par des porteurs de valises. Sûrement des gens qui avaient de l’argent à perdre. Mais pourquoi ne les a-t-il pas dénoncés au lieu de se contenter de les éconduire ?

Jeudi : Karachi refait surface : on nous présente comme certitude l’attentat relié au financement de la campagne de Balla, ce qui n’est pas du tout établi. Et les médias étalent complaisamment la « proximité » des deux mis en examen avec Nicolas Sarkozy, comme s’ils étaient encore à son service. Des fois que ça pourrait nuire ... - La bourse perd encore 5 points : c’est l’inquiétude des marchés face aux prévisions de croissance mondiale. Vivement que la gauche prenne le pouvoir qu’on rigole.

Vendredi : Et Brice qui fait des siennes au rayon « gaffe ». De quoi donner le bâton pour se faire battre. C’est Karachi partout (ouais, facile). - La Palestine veut aller à l’ONU, et c’est bien vu par les arabes ?  Une manière de sortir de l’impasse où végètent les négociations avec Israël. Pour l’instant on les prie d’aller se rhabiller.

Samedi : Les bleus n’ont pas broyé du noir, mais nous, on a de quoi ! Maintenant va falloir « enfiler » les tongas, en espérant qu’ils ne soient pas d’une trop grosse pointure. - Auxiette et Antonini font campagne sur le marché pour Martine Aubry : ils sont pris en photo avec un marchand de salades, tout un programme !

Dimanche : Sénatoriales remportées de justesse par la gauche : à 80% résultat de la poussée mécanique due aux derniers scrutins municipaux et régionaux, plus un poil de dissidences, plus un soupçon de crise, plus une larme de « dossiers » surgissant opportunément… - En Maine-et-Loire la liste dissidente de "Bourdou" a fait perdre un siège à la majorité. Merci Charette ! - L'UMP garde ses deux sièges, Na ! Merci Christophe. - Si les centristes étaient un peu plus "lisibles" ils auraient pu garder leur siège. Mais on s'y perd dans leurs groupuscules.

 

 


LES CARNETS DE CAMPAGNE DE SERAPHIN

 

Carnet1 

Avec la campagne pour la primaire socialiste et compte tenu de l’audience obtenue par les deux événements qu’ont été le grand oral de la 2 (5 millions) et la confession de DSK sur la 1 (13 millions), il serait difficile d’affirmer que les Français ne s’intéressent pas à la politique et plus particulièrement à la présidentielle.

Pour le débat « intrasoc » l’oracle BVA a parlé : c’est Hollande qui ramasse la mise et Royal qui est à la ramasse. Valls a tiré son épingle du jeu et Montebourg, dans son registre, aussi. Son discours était servi par l’actualité. L’amère de Lille est désormais plombée par le baiser qui tue de son ami Dominique qui la fait passer pour une menteuse et une candidate par procuration avec l’affaire du « pacte » de Marrakech. Mais enfin d’après mon entourage, pas un n’a encore revêtu le costume présidentiel. Question de pointure.  Et ce n’est pas la version Cassoulet de Baylet qui rehausse le panel.

Depuis, évidemment, ça s’est un peu animé et Ségolène qui ne comprend toujours pas que son temps est passé, commence à défourailler tous azimut, avec comme cible l’amère de Lille. Peut-être que les dérapages vont finir par arriver. On sent bien que malgré l’aspect lissé de la façade qu’ils ont présentée jeudi dernier, les haines recuites et rentrées pour l’instant ne demandent qu’à ressurgir.  Ceux qui y voyaient l’esquisse d’un possible gouvernement à les regarder échanger benoîtement peuvent rêver : jamais un Hollande ne prendrait comme 1ere Ministre Martine Aubry, sa pire ennemie intime.

Laissons de côté Montebourg qui a fait un joli numéro, mais trop loin de la réalité. Il ne suffit pas de rêver le monde. Manuel Valls, lui, est vraiment un cas particulier : son parler franc et ses positions réalistes commencent à plaire aux Français. Mais il n’est peut-être pas assez démagogue pour séduire l’électorat socialiste. En tous les cas, son discours est cohérent et sonne juste, ce qui le différencie de ses concurrents englués dans leur course aux promesses intenables. « Une dimension d’homme d’état » disent même certains. N’ayant rien à perdre, il n’était pas dans la posture, il pouvait être lui-même, ce qui est rafraîchissant.

Tout a été dit sur la prestation de DSK digne de la « comedia dell arte ». On s’interroge encore : comment un grand pays évolué comme la France, et une chaine comme TF1 peuvent-ils consacrer plus de 20mn d’antenne à une obscure histoire  de cul, comme si l’actualité n’avait pas de sujet plus grave à développer. Sidérant !

A droite, les deux événements marquants c’est le retour du fantomatique Bayrou qui, sans réussir son OPA sur le centre, marque quelques points, encouragé discrètement par le camp sarkozyste. L’éternel candidat du centre corrige son tir et son ton churchillien colle à l’air du temps et donc entre en résonnance. Ce n’est pas suffisant pour gagner, mais ça permet de capitaliser quelques points importants face à Borloo.

Curieusement Dominique de Villepin a quitté la présidence de son micro parti pour, dit-il, avoir les mains libres et « bousculer le jeu politique » déterminé qu’il est à proposer une alternative aux Français. Il veut se positionner au-dessus des partis. En cela il risque de retrouver sur son chemin, l’autre Dominique, qui en a pris l’engagement dimanche dernier devant des millions de Français.

Pendant ce temps-là Nicolas court le vaste monde pour tenter de contribuer à des décisions qui résoudraient les graves problèmes qui nous menacent.

 


DANS LES CARTONS DE TRYPHON

 

Microalgues_biocarburant_3 
 

LE CARBURANT DU FUTUR

C’est un carburant qui pourrait bien apporter un véritable bouleversement dans les plans de développement de tous ceux qui planchent sur les énergies du futur. Le carburant du futur va venir des micro-algues. On connaissait déjà cette possibilité mais on en était resté au stade expérimental, notamment en Espagne, dans la région d’Alicante.

Un laboratoire nazairien vient de breveter un procédé qui permet de les multiplier à moindre coût. Le Gepea (Génie des procédés environnement agroalimentaire énergie et mer) produit des algues pour en extraire le carburant de demain. Il s’agit pour l’instant d’un grand bac transparent muni d’une roue à aube brassant en permanence. L’installation est reliée par des tuyaux à des bouteilles de gaz carbonique car pour fabriquer des algues, il faut du CO2, entre 1,4 et 1,6 kg pour obtenir 1 kg de biomasse.

On croit rêver : voilà une utilisation toute trouvée du gaz carbonique que nous rejetons en excès dans notre atmosphère pour obtenir des algues qui feront rouler des voitures ou voler des avions. Et le rêve est déjà à notre porte. Aidé par l’Ifremer et le CEA, le Gepea a réussi à franchir les étapes qui permettent la multiplication des cellules pour en extraire le précieux carburant.

Le procédé breveté nécessite 100 fois moins d’eau que l’expérience de laboratoire, ce qui constitue une importante économie d’énergie pour une production intensive. L’objectif est de produire des algues dans des conditions naturelles avec le seul concours du soleil. Le laboratoire s’est donc inscrit sur la liste des investissements d’avenir du grand emprunt pour passer du laboratoire à la préindustrialisation : 8 millions sont nécessaires mais le projet n’a pas été retenu. Un nouveau dossier va être redéposé.

Au moment où la concurrence s’accélère, alors que les Français étaient relativement seul, on ne comprendrait pas que ce laboratoire ne reçoive pas les moyens pour rester dans la course. Car, Américains, Australiens, Canadiens, Chinois (inévitable), et Coréens se sont mis sur les rangs avec de gros moyens. Mais les chercheurs français estiment avoir encore des atouts : ils vont pouvoir faire tourner un moteur diesel avec un ou deux litres d’huile. C’est évidemment une démonstration à moindre coût. Des avions ont déjà volé avec des carburants issus de micro-algues, mais à un coût de production « supersonique ».

Voilà un créneau créateur d’emplois pour l’avenir, et pour une fois qu’on a de l’avance, ce serait dommage de ne pas concrétiser. Alors, un geste, Mr Baroin, ou plutôt, faites le bon choix. Car on ne peut pas imaginer scénario plus génial que d’utiliser la mer et le soleil tout en captant notre excédent de gaz carbonique pour assurer la relève du pétrole, via des micro-algues.

 Le Gepea fait partie du réseau "Atlanpôle Blue Cluster" qui regroupe 33 labos, 1500 chercheurs, une cinquantaine de PME et des organismes de formation, et qui travaillent sur toutes les utilisations possibles des micro-algues.

 


LE REGARD DE CALLIOPE

  

Calliope 
Sur le débat des candidats du PS et sur la prestation de DSK : rien de tel qu’un avis extérieur. En quelques mots Calliope a tout dit, non ?

« Hollande a tenté d'endosser un costume trop grand absolument pas naturel, Aubry nous a servi du sectarisme et les recettes des années 80, Montebourg jouait une pièce de théâtre avec des répliques grandiloquentes, Royal nous a fait un remake tiédasse et ridicule de 2007 avec son pacte et son bouquin dans la main. Seul Valls a sorti des choses sensées...à se demander ce qu'il fait là. S'il n'avait pas rappelé sa fidélité à DSK en fin d'émission, on le croirait de droite.
Je passe sur le candidat du parti Radical qui a mis un peu d'ambiance avec son idée de légalisation du cannabis. La plus dangereuse est sûrement Aubry avec sa chasse aux riches. Elle est aussi parvenue à expliquer que les allemands sont à 6% de taux de chômage et qu'ils gagnent plus que les français... Elle a juste oublié de dire que les femmes ne travaillent pas là-bas d'où les niveaux de salaire qui ont toujours été plus hauts.
J’ai aussi regardé DSK hier. Un grand numéro d'acteur... Quelle idée de venir la ramener au JT de TF1 sur une affaire aussi sordide. La discrétion et le mutisme pour quelques années auraient été de bon ton... Manifestement, ce n'est pas l'option retenue, Monsieur va nous donner des cours d'éco maintenant... »


(Calliope est un pseudonyme. Muse de l’éloquence)

 


LA SEMAINE SELON SAVINIEN

 

 

Recharge-pour-carnet-de-notes-pic-brechargepourcarnetdenotesb_1_400x300 
Lundi :
Je retiens cette phrase au vol de Roland Cayrol à « Mots Croisés » : « On ne fait pas campagne sur un bilan, mais encore faut-il qu’il soit connu. Il s’est fait beaucoup de choses, il y a de la matière, peut-être que ça apparaîtra au cours de la campagne… ». Comme lui, je trouve que la majorité ne communique pas assez sur le bilan. Un thème : la France s’est plus modernisée en 4 ans que dans les trente années auparavant. La « France abîmée » de Martine Aubry, c’est parce qu’on ose toucher aux « fromages » du PS. C’est la « France transformée » qu’il faut comprendre. – A 8 et 11 ans, ils saccagent une école en Charente !!! Mais qu’ont-ils donc dans leur tête ? – Claude Guéant veut faire le ménage sur les Champs Elysées en renvoyant les jeunes délinquants roumains chez eux. Le PS proteste ! Pas moi !

Mardi : Martine Aubry veut transformer le fonds de soutien européen en banque publique européenne et créer les euro-obligations. – Au Medef, Laurence Parisot affirme que le programme de Marine Le Pen aboutirait à la ruine pour notre économie et notre pays.

Mercredi : « Les politiques n’acceptent le changement que devant la nécessité et ne trouve la nécessité que dans la crise ». Cette citation de Jean Monnet connaît aujourd’hui une résonnance particulière. - Villepin, relaxé dans l’affaire Clearstream, loue l’indépendance de la justice. Que n’aurait-il pas dit dans le cas d’une condamnation ? Il marche de plus en plus seul, Le député Jacques Le Guen le quitte aussi. – Un Normand gagne 162 millions d’euros au loto européen mais il ne s’est pas fait connaître ; pas fou, les socialistes lui prendrait tout.

Jeudi : Ce soir, un nouveau jeu sur France 2 avec six candidats : « Qui veut dépenser plus ? » a fait l’audience. Coup de chance, j’étais invité au concert du 40ème anniversaire de l’ONPL avec au programme « La symphonie fantastique » de Berlioz. Qui verra le parallélisme entre les deux programmes ? – Euro obligations,   « une erreur absolue » selon Angela Merkel répondant ainsi à Martine Aubry. – Nicolas Sarkozy accueilli en héros par les Libyens avec Cameron. On espère qu’ils n’ont pas prêché dans le désert… En suisse un trader perd 2 milliards : ubs !!

Vendredi : Les prières de rues à Paris, c’est fini. Les musulmans ont une mosquée assez grande pour les accueillir. Marine ne dit pas merci à Claude. – Suite du débat où on découvre qu’il y a six manières d’être socialistes : abondance de biens ne nuit pas ? A voir …

Samedi : Défilé de candidats socialistes à la fête de l’Huma. Les « nombrilistes » comme dit Mélenchon, ne négligent rien pour glaner des voix. Mais à l’accueil on mesure la popularité à l’intensité des huées. Royal en tête ! Ce sont les « ébats de la gauche ».- Nicolas et Carla enceinte jusqu’aux yeux ont accueilli les visiteurs de la journée du patrimoine, ce qui a été très apprécié par les heureux veinards qui ont pu les croiser.

Dimanche : Les bleus ont retrouvé des couleurs face au Canada plus trempé que Dry. Encore un petit effort. La semaine prochaine c’est le « gros client » tout noir. – Ce soir DSK était à la une sur la Une. Que dire ? Joli numéro de comédien mais personnage qui reste abject sur le fond. Pour un peu, on aurait pleuré ! On aurait pu croire que c’était Anne Sinclair qui posait les questions. Et puis, plus scandaleux, c’est cette photo que l’on montre à plusieurs reprises en fond d'écran, avec sa femme triomphante à ses côtés et sous-titrée : «L’avenir ». Osé tout de même !

 


EXTRA DU DIMANCHE ... EN ATTENDANT TF1

 

L’AFFAIRE DSK EN VERS

Puisque l’intéressé doit s’exprimer, voilà ce qu’il pourrait (peut-être) nous dire :

Comme Ruy Blas, (acte 1, scène 1) par exemple :

« Ah! Tout perdre en un jour.
Pour une amourette avec une suivante,
Une fille de rien. On m'exile !
Et vingt ans d'un labeur difficile,
Vingt an d'ambition, de travaux nuit et jour.
Mon crédit, mon pouvoir, tout ce que je rêvais...
Charge, emploi, honneurs, tout en un instant s'écroule.
Au milieu des éclats de rire de la foule
! »


Et pour rafraîchir la mémoire de ceux qui auraient oublié de quoi il s’agit, voici l’affaire résumée en vers. Merci à celui qui a pris la peine d’écrire ce morceau de bravoure qui m’est parvenu par courriel :

 

Ballade pour un coup manqué.

Plus que le Tsunami sur les côtes Nippones,
L’affaire qui parut de nature friponne,
Plus loin que l’Effémi provoqua des remous :
Pour la première fois Déeska banda mou !
Mais l’amour qu’il portait aux petites culottes, 
Avait-il mérité qu’on lui mît les menottes ?

Qu’avait-il fait, sinon que tenter d’honorer,
En bravant le Sida qu’on y pouvait trouver, 
L’entre-deux rebondi d’une Cananéenne,
Race bibliquement vouée à la géhenne... ?

De l’acte rédempteur, eût-il dû s’abstenir ?
Qu’en pense Anne Sinclair qui n’a rien vu venir ?

David n’usa-t-il pas ainsi de Bethsabée,
Qui ne fut pas cruelle et céda bouche bée ?
Déeska pouvait-il, étant fils de Sion,
Donc de la race élue ! - oublier l’élection ?
Peut-on lui reprocher de s’être trompé d’urne,
Et d’en avoir cherché la fente avec ses burnes ?
Allons donc ! Quand on est serviteur de Démos,
Et qu’on se sent pourvu du braquemart d’Eros,
On se doit de pousser l’argument sans réplique,
Afin que tout sillon devienne raie publique !

Mais toi, de tels assauts, si riche en souvenirs,
Comment Anne Sinclair n’as-tu rien vu venir ?

Un poète a bien dit, et ça vaut pour Hercule,

Que le désir s’accroît quand l’effet se recule !
C’est un fait que l’objet désiré recula,
La tentatrice noire ayant dit : «  Halte-là ! ».
Ainsi donc l’instrument dont s’honorait Priape,

Se trouva bêtement privé de sa soupape,
Et Déeska gagné par la fièvre du rut,
Déversa sa fureur sans atteindre son but !
Ce Niagara, (ce n’était pas la mer à boire !)
Devint pour la police une piste notoire !
Et désormais, le Procureur va requérir !
Comment Anne Sinclair n’as-tu rien vu venir ?

Princesse dont la grande ambition s’est brisée,
Par une foufounette insensible au plaisir, 
La roche Tarpéienne est près de l’Elysée !
Mais comment tes yeux pers n’ont-ils  rien vu venir !


MARINE, AU NOM DU PERE, AU NOM DU PIRE …(2)

Marine le Pen001 Le front antinational001 

 
Marine Le Pen sait qu’elle ne peut pas gagner en 2012 à l’élection présidentielle. Tout au plus pourrait-elle améliorer le score de son père en 2002, en augmentant par une image adoucie, la porosité avec l’électorat de droite le plus conservateur, longtemps retenu par les provocations du père. Son calcul vise à éliminer Nicolas Sarkozy au premier tour pour profiter ensuite d’une recomposition politique qui, espère-t-elle, ferait voler l’UMP en éclat. Très hypothétique, évidemment. Ce qui explique la trajectoire verbale depuis le congrès de Tour au début de l’année, en profitant de l’engouement des médias. Qu'elle fasse gagner la gauche lui importe peu.

L’islamisme comme fonds de commerce

La mue ne va pas jusqu’à s’éloigner des fondamentaux xénophobes du parti. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer l’islamisme (l’intégrisme) comme le fait toute personne attachée aux libertés individuelles, mais de faire de l’immigration musulmane un risque d’intégrisme. Pourtant l’Islam ne mène pas forcément à l’islamisme. Marine Le Pen étale une ignorance manifeste sur ce qu’est réellement la religion musulmane, les courants qui la traversent, et ignore totalement le bras de fer difficile que mènent les musulmans laïques face aux salafistes. Ramener l’Islam aux seuls intégristes, c’est faire leur jeu et de ce point de vue, elle est bien plus radicale que son père. Le Front National porte d’ailleurs une responsabilité :  en flattant le racisme antiarabe, il a contribué à la crise identitaire des deuxièmes et troisièmes générations, poussant certains dans les bras des islamistes…Ce qui apporte de l’eau à son moulin !  Et le tour de force aura été la dénonciation des prières de rue –qui vient de trouver son épilogue, mais pas grâce au FN- en les comparant à une occupation, lui permettant du même coup de relativiser les propos de son père sur l’occupation nazie. Elle joue comme toujours sur tous les tableaux : on dénonce d’un côté les prières en pleine rue, et de l’autre on utilise tous les recours contre les maires qui autorisent la construction de mosquées, même quand aucuns fonds publics ne sont engagés et que la loi de 1905 est respectée. Tellement facile !

La laïcité prise en otage

De tous les partis politiques, aucun ne compte autant de monarchistes et d’intégristes raillant la république et la laïcité, de partisans d’un régime « autoritaire » pour remettre la France « en ordre » ; et d’ailleurs le FN  a toujours manifesté » une étrange sympathie pour les dictateurs comme Sadam Hussein et encore récemment pour Ahmadinejad. « Les véritables défenseurs de la République, c’est nous ! » clame-t-elle au moment de son élection à la présidence. L’OPA sur la République et la laïcité est osée. D’ailleurs, son discours a été moins applaudi que celui de son concurrent Gollnisch. Il ne s’adressait pas aux militants présents, mais à l’extérieur, par médias interposés. Le revirement est purement tactique car ces thèmes sont très porteurs. La laïcité est une valeur revendiquée par tous les grands partis. Cela étant, Marine le Pen défend surtout « les valeurs traditionnelles de la République française » et donc il s’agit de se servir du concept de laïcité pour réaffirmer l’identité chrétienne de la France, les « traditions françaises ». Sont visés uniquement l’immigration et l’islam. Il faudra pourtant qu’elle explique pourquoi elle était contre le vote de la loi sur le port du niqab. Toujours la même contradiction : plus de voile intégral permet plus de dénonciation !

Une méthode : dédiaboliser

Priorité : être sympathique, apparaître ouverte, jouer la « transparence »… elle se fait appeler « Marine » pour faire oublier Le Pen. Elle accepte les interviewes, tente de se présenter comme la victime d’un ostracisme trop longtemps pratiqué injustement contre son père. Elle prend des positions modernes sur le PACS, se veut moins catégorique sur l’avortement, bref plutôt que le chêne, c’est le roseau qui plie et qui s’adapte pour mieux atteindre son objectif. Mais son discours use toujours de la connotation insidieuse plutôt que de s’adresser à la raison. Un discours expiatoire, à géométrie variable, selon les boucs émissaires. Le FN a été capable d’incarner les courants les plus contradictoires, flattant un jour les catholiques intégristes, s’adressant le lendemain aux païens, antijuif ou antiarabe ou les deux, c’est selon, défenseur des ouvriers… et des grands patrons. Hier ultra libéral, aujourd’hui pour les nationalisations et le retour de l’Etat qui retrouverait toutes ses vertus entre ses mains. La crise fournit son lot d’arguments : contre l’Euro, contre le « système », contre l’UMPS. Tant pis si le programme promet la retraite à 60 ans sans financement, la sortie de l’Euro avec ce magnifique tour de passe-passe d’un Euro égale un Franc. Autrement dit celui qui a mille euros aujourd’hui (soit 6500 francs) se retrouverait avec mille francs : belle opération en vérité ! Et comment renationaliser EDF sans budget ? Un programme qui aboutirait à un effondrement massif du niveau de vie, notamment pour les plus pauvres, mais l’essentiel est de faire croire. Son  programme n’a aucune importance, il s’agit de faire du chiffre électoral. Faire d’abord prospérer l’entreprise familiale et garder les clés du coffre.

Le retour aux fondamentaux à Nice.

« Une gourgandine sans foi ni loi, sans doctrine, sans idéal, sans colonne vertébrale, pur produit des médias, qui a multiplié les purges depuis des années et dont l’entourage n’est composé que d’arrivistes sans scrupules… »  Ce portrait que fait Jérôme bourbon, catholique intégriste de la présidente du Front National,  qualifié par l’intéressée de « taliban hystérique », et les résistances d’une partie de son électorat traditionnel et des militants, la candidature concurrente du scissionniste Carl Lang, ont obligé Marine à corriger le tir. D'autant plus que la digue mise en place par l'UMP avec la "droite populaire" lui complique la tâche. A Nice elle a réussi à faire la paix avec le « Bloc identitaire » à sa droite et attiré quelques personnalités comme le Villieriste Paul Marie Couteaux ou l’ancien UMP ex-FN de nouveau en cours Jacques Peyrat, tout en tentant de donner le change avec la présidence de son comité de soutien confiée à Gilbert Collard. Marine Le Pen doit trouver un nouveau souffle et sortir son parti de son image contestataire tout en ménageant son électorat de base. L'affaire des valises va lui donner sans nul doute du grain à moudre, même si le président d'honneur du parti fait partie du déballage.

Que conclure ?

Peut-on raisonnablement voter pour une candidate dont le discours évolue au gré des événements, dont le programme économique est une vraie ratatouille aux effets catastrophiques s’il était appliqué. Il faut être naïf pour croire que l’on peut tout avoir, la sécurité d’un état fort et payer moins d’impôts, l’immigration zéro et la retraite à 60 ans. Tout cela est mensonge. Peut-on avoir confiance dans un parti dont la démocratie aboutit à un compagnon, vice-président, une sœur en charge de l’événementiel, le beau-frère conseiller omniprésent… et le père toujours présent, vrai patron que la « benjamine » se garde bien de désavouer. Au vu de son fonctionnement, d'un rapport lourd à l'argent et de ses démêlés avec ses créanciers, le « tous pourris » prend une singulière résonance.

Le pire, au nom du père !

"Marine le Pen", de Caroline Fourest et Fiammetta Venner ches Grasset

"Le Font antinational", de Nathalie Kosciusko Morizet, Editions du Moment

Lire aussi :

"Un piège bleu marine" , de Laurence Parisot et Rose Lapresle, Calmann-Lévy

 


MARINE, C’EST LE PEN... EN PIRE (1)

 Marine le Pen001   Le front antinational001

J’en ai enfin fini avec le pavé de Caroline Fourest sur Marine LE PEN. Un document fouillé où le Front National est passé au scanner. Avec le témoignage de NKM « le Front Antinational », on a deux ouvrages qui se complètent comme les deux éléments d’un puzzle.

L’extrême droite n’est pas la droite.

D’abord, le parti de Marine Le Pen que l’on dit « d’extrême-droite » porte une appellation trompeuse. Il n’est en rien un prolongement de la droite républicaine dont il partagerait les idées sur un mode plus affirmé. Le Front National, par ses idées, par ses réseaux, par son projet n’a rien de commun avec l’UMP. Il est aujourd'hui anti libéral, anti globalisation, anti euro, anti Europe... Les personnes qui l’animent viennent du poujadisme comme Jean-Marie Le Pen ; on y trouve des anciens collabo, des catholiques intégristes, des adeptes de la « troisième voie », une autre manière de désigner le « national socialisme » de sinistre mémoire.

C’est la gauche qui par commodité a contribué à faire accroire qu’à travers le discours « patrimonial » sur les "valeurs" et "l’identité nationale", sur la sécurité, de Nicolas Sarkozy, on pouvait établir une parenté. Une facilité qui repose sur les apparences. En effet, le Front National a un discours à géométrie variable qui a pour but de surfer sur toutes les dénonciations possibles de ce qui ne va pas dans la vie quotidienne pour se bâtir un électorat à bon compte. Le fait de prendre en compte ces difficultés pour tenter d’y apporter des remèdes ne signifie pas qu’on adhère à l’idéologie plus ou moins raciste et xénophobe du parti lepéniste.

Un Front Familial.

Le parti de Jean-Marie Le Pen est d’abord une affaire de famille, et ce n’est pas d’aujourd’hui. Une entreprise familiale appelée à se transmettre. C’est ainsi que Jany,  la deuxième épouse du chef sera propulsée à la tête d’une liste européenne pour remplacer le mari rendu inéligible. Au grand dam, à l’époque de Bruno Mégret. C’est ainsi que Marine Le Pen, devenue directrice juridique du parti touchait 30 000F par mois pour un deux tiers de temps… Et c’est fort logiquement que la benjamine deviendra « l’héritière » et tout sera fait pour qu’elle soit l’élue du congrès de Tours de 2011. Un proche ne disait-il pas d’elle : « C’est papa réincarné, en plus séduisant, à mes yeux tout au moins. Même art de prendre la parole à huit heures du soir pour l’abandonner à regrets, à quatre heures du matin, même brio et même manie de s’esclaffer au milieu d’une phrase en rejetant la tête en arrière… ». Sauf qu’elle n’a pas la culture de son père. Si elle paraît plus de son temps, notamment par son mode de vie de « gourgandine » disent certains, elle est vite dépassée. Cela n’empêche pas qu’elle n’a pas peur de cumuler les mandats : conseillère municipale, conseillère régionale et députée européenne. Il faut ajouter son poste de présidente. Elle abandonnera son mandat de conseillère municipale en février 2011. Aujourd’hui le vice-président, Louis Aliot, n’est autre que son mari. La « préférence nationale » à l’extérieur, la « préférence familiale » à l’intérieur.

Venger le père

Marine le Pen, probablement parce qu’elle a dû vivre toute son enfance et son adolescence avec un nom difficile à porter, s’est constitué une cuirasse et a commencé à militer de bonne heure. Elle veut aujourd’hui en même temps réhabiliter le nom de son père pour qu’il soit plus facile à porter et venger l’humiliation de 2007 qui les a mis sur la paille avec une dette énorme et une traversée du désert que la providence de la crise a servi à écourter. Toute la stratégie qu’elle développe à la tête de son parti vise à lui donner un autre visage, à faire croire qu’on l’a persécuté mais que la réalité était toute autre, et surtout de mordre sur l’électorat de droite le plus possible en venant sur son terrain. Un but : faire battre Sarkozy, la bête noire. La vitrine change mais le fonds de commerce est le même. L’apparence se veut plus conciliante pour complaire aux médias, mais « le principal talent de Marine, c’est sa capacité à dissimuler la violence qui est en elle. Sa véritable nature est d’ordonner, d’exiger. Si elle n’obtient pas ce qu’elle veut, elle entre dans des fureurs noires, destructrices. »

A suivre…

L’islamisme comme fonds de commerce

La laïcité prise en otage

Une méthode : dédiaboliser

 


LA POLITIQUE A BESOIN DE LENTEUR

 

Euro 

 
On ne peut pas traiter n’importe comment et n’importe quand des questions aussi vitales que la gouvernance de l’euro ou l’avancée vers une Europe fédérale, même si pour moi, la réalisation des deux projets fournirait le meilleur moyen de sortir de la crise que l’on connaît par le haut.

Un véritable exécutif permettrait d’éviter la cacophonie des déclarations et certainement de peser les mots. Il permettrait aussi d’agir vite en cas de crise aigüe et surtout il assurerait la coordination des politiques économiques qui fait défaut encore trop souvent.

Mais vouloir aller trop vite sur ces sujets délicats, sans prendre le temps de faire la pédagogie nécessaire pour faire admettre leur nécessité aux peuples européens, c’est prendre le risque d’aller à l’échec et faire le jeu des partis populistes qui  n’hésiteront pas à brandir les nationalismes de tout poil comme étendard de la contestation. La difficulté d’imprégner la société de questions complexes et de suggérer des réponses fines se heurte à des évolutions de fond. Et de ce point de vue, l’instauration du quinquennat  en France, en raccourcissant le temps politique, a encouragé les débats à marche forcée, le recours au marketing et la réponse mécanique et simpliste à toute question qui surgit. Le politique sait qu’il lui faut du temps, mais il est obligé de meubler l’instant médiatique par des effets d’annonce.

De même, si l’Europe avait la capacité à agir vite et de concert, la crise de la dette serait déjà surmontée, puisque pour l’essentiel celle-ci campe sur les incertitudes créées par des déclarations intempestives, une cacophonie anxiogène et la lenteur de la mise en application des accords du 21 juillet. Pour compliquer le jeu, l’Allemagne traverse une période d’élections dont les résultats fragilisent la chancelière, fragilité que la fronde de ses alliés libéraux accentue.

Alors pour calmer le jeu, et gagner du temps, puisque c’est de cela que nous avons besoin, il faut s’employer à donner le change et réaffirmer constamment les mêmes décisions pour qu’elles finissent par imprégner la sphère économique, à savoir : que l’euro sera défendu, que la Grèce restera dans l’Euroland et que les grands pays comme l’Allemagne et la France pèseront de tout leur poids pour faire avaliser ces choix. De quoi calmer les marchés…. provisoirement. C’est tout le sens qu’il faut donner à la téléconférence « Merkozy-Papandréou ».

Mais comment dans un tel contexte, conduire en France une réflexion sereine et approfondie sur le devenir de l’Europe et l’évolution nécessaire de ses institutions, quand dans le même temps, le parti socialiste est en pleine campagne de surenchères en tout genre, ce qui rend impossible d’avoir une grille de lecture claire de ce qu’il faut faire. Sans parler des nouveaux médias comme internet qui imposent de faire vite et court, qui exige des messages simples voire simplistes ce qui favorise le facile, le bon mot au détriment de la pédagogie politique, où le y’a ka de l’inculte de service a la même valeur que l’avis du compétent.

Mais puisque la majorité, du même coup bénéficie de temps de paroles, pourquoi ne pas l’utiliser à deux  sujets : marteler le bilan du quinquennat  (ce qui n’est pas fait) qui est plus que copieux et faire de la pédagogie sur la nécessité de notre ancrage européen et la sauvegarde de la monnaie commune.

L’adhésion du peuple est nécessaire mais encore à conquérir. Voilà de quoi occuper utilement le terrain !

 

 

 


METTRE FIN AU PIRE D’URGENCE

 

Ce sont les incertitudes politiques qui alimentent la spirale d’effondrement des bourses. En Europe comme aux Etats-Unis, la crise financière s'invite dans la politique intérieure, dont elle modifie les règles du jeu. En effet, la vulnérabilité des Etats lourdement endettés offre un nouveau levier d'action aux oppositions d’autant plus radicales quand elles sont à l’approche d’échéances électorales : la « politique du pire ».

On l'a vu chez les Américains, quand les républicains, sous la pression du Tea Party, ont repoussé jusqu'à l'extrême limite du défaut de paiement le vote autorisant la hausse du plafond d'endettement de l'Etat, minant du même coup la confiance des créanciers. C'est ce qui a permis aux dirigeants de l'agence Standard & Poors d’invoquer les « risques politiques » pour justifier, début août, la dégradation de la note de la dette américaine.

Politique du pire aussi en Belgique, sans gouvernement depuis plus de quatorze mois et dont la dette publique avoisine 100 % du PIB : l'Alliance néoflamande (NVA) instrumentalise la crise et « joue la montre », attisant la méfiance des marchés, pour soutenir ses revendications sur le séparatisme fiscal et le statut de la région bruxelloise. Ce parti vient de bloquer totalement les négociations.

Politique du pire, enfin, dans le cadre européen, quand la Finlande menace de ruiner le plan de sauvetage de la Grèce : en négociant directement avec Athènes des garanties financières qui vident de son contenu un accord obtenu de haute lutte, le gouvernement d'Helsinki incite d'autres Etats membres - Pays-Bas, Autriche, Slovaquie -à suivre son exemple. Ce qui est choquant, c’est qu’un pays qui n'intervient qu'à hauteur de 2 % du plan d'aide, pressé par un parti nationaliste anti-européen (les Vrais Finlandais) qui occupe 20 % des sièges à son Parlement, peut remettre en question la stabilité de la zone euro.

La France n’échappe pas à la règle. L’opposition refuse toujours de donner des signes sérieux de discipline budgétaire et ses candidats rivalisent de promesses de dépenses, à l’exception de Manuel Valls, et donnent même des leçons au gouvernement, reprochant à Nicolas Sarkozy de ne pas être assez actif face à la crise financière. Ce qui est un comble. Au pire, notre opposition ajoute l‘irresponsable.

Heureusement, il existe des contre-exemples, comme celui de l'Espagne, où la « règle d'or » de l'équilibre budgétaire, avec les sacrifices qu'elle implique, est approuvée par l'opposition comme par la majorité. On voit que la crise financière, finalement, sert de test politique : la résistance à la « tentation du pire » mesure le degré de cohésion au sein de la nation, comme au sein de l'Europe.

Le problème c’est que la chute des marchés ne repose pour le moment sur rien de concret. Si l'on s'en tient aux fondamentaux, ils relèvent même du pur fantasme. Les trois grandes banques cotées du pays présentent un profil rassurant. Elles ont les reins suffisamment solides pour encaisser sans en être ébranlées un nouveau choc en provenance d'Athènes. Elles disposent d'une base de fonds propres élevée, bien supérieure à ce qu'elle était en 2008. La rentabilité de leurs activités leur permet en outre de tabler sur un renforcement accru de ces réserves. Au deuxième trimestre, les profits de BNP Paribas ont atteint un niveau record, quand les semestriels de la Société Générale dépassaient 1,5 milliard d'euros. Et côté liquidités, la situation est sous contrôle. L'accès au dollar s'est certes dégradé depuis début août, mais il n'est pas fermé. Et la BCE l'a répété ces derniers jours, elle fournira la liquidité nécessaire.

La maison bancaire française ne brûle pas mais elle est victime, comme l'ensemble du secteur européen d'ailleurs, de l'indécision des gouvernements de la zone euro face au péril grec. Elle n'a pas besoin d'argent frais, ni d'un mécanisme de liquidité publique. En fait, les banques, comme tous les Européens, ont surtout besoin que la crise de la dette souveraine trouve rapidement une solution politique pour couper court à tout risque de contagion. Et la vitesse à laquelle évolue leur cours de Bourse donne une idée du caractère d'urgence de la situation.

 


DANS LES CARTONS DE TRYPHON.

 

UNE NOUVELLE SOURCE D’ENERGIE POUR LE FUTUR

 Hydrolienne

Utiliser l’énergie du courant des marées pour fabriquer de l’électricité, ce n’est pas nouveau. C’est la vocation de l’usine marémotrice de la Rance, et elle ne date pas d’hier. Mais la nouvelle machine, assemblée à Brest, qui vient d’être mise à l’eau, donne une nouvelle dimension à la conquête de l’énergie que recèlent les océans dans leurs profondeurs.

La plus grande hydrolienne (puisqu’ainsi il faut la nommer) du monde est en cours d’installation et sera immergée au large de Paimpol-Bréhat. C’est un énorme « moulin » à marée haut comme un immeuble de sept étages, pesant 850 tonnes, commandé par Edf à l’entreprise irlandaise OpenHydro. Il restera sur site pendant deux mois d’essais et s’ils sont concluants, il sera raccordé au réseau au cours de l’été prochain en même temps que la pose de trois autres machines. La puissance du parc sera alors de 2 mégawatts (équivalent à la consommation annuelle de 2 000 foyers)

C’est le début d’une nouvelle aventure industrielle très prometteuse. Le gros avantage présenté par les hydroliennes c’est que l’intensité des courants est prévisible ce qui assure une production facilement identifiable. Certes, les sites sont rares car ces machines requièrent un courant moyen minimum de 7 km/h. Il en a été répertorié 60 000 sur la surface de la planète. S’ils étaient tous équipés d’une machine, ce serait une production qui représenterait 0,5% de la consommation électrique mondiale. Le meilleur site français sera au large de Cherbourg, le Raz Blanchard.

Le prototype a coûté à EDF une quarantaine de millions d’euros dont è millions d’aides publiques. C’est douze fois plus cher que l’éolien terrestre, mais on est dans l’innovation. Les coûts devraient être divisés par trois en 20 ans. Il faut tenir compte aussi du rendement qui sera plus performant.

Parmi les concurrents d’OpenHydro, Alstom Océan, basé à Nantes testera sa « Beluga 9 » de 13 m de diamètres, en 2012. Il faut compter aussi avec l’anglais Marine Current Turbine dont Edf est actionnaire.

C’est une filière industrielle qui est en train de naître. Le projet associe DCNS Lorient (pales en résine et barges de pose), CMB à Dunkerque (construction du support), DCNS Brest (assemblage), Converteam (conversion électrique), Silec (cable)…Une opportunité pour DCNS longtemps spécialisé dans le naval militaire qui amorce là une nouvelle diversification, après le nucléaire civil, sur laquelle misent Brest et la Bretagne. Mais on n’est pas au bout du chemin.

 


L'impromptu de Berlin

 

Avec cette nouvelle journée maussade aussi bien par la météo que par le nouveau plongeon des bourses, voici un petit texte, dont j'ignore le nom de l'auteur, qui permet d'aborder le sujet sur un mode plus détendu. je l'ai reçu il y a déjà quelques temps et ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous. Une manière d'oublier la descente vertigineuse des titres de nos banques. Si ça continue, on va bientôt trouver du pétrole sous le siège de la société Générale ! ...

La scène se passe dans les jardins du Château Bellevue, à Berlin. Angela Von Mecklemburg et Nicolas de Neuilly se sont discrètement éclipsés de la réception offerte par le roi de Prusse. On entend, au loin, les accents du quatuor de Joseph Haydn.

Nicolas :
> > Madame, l'heure est grave : alors que Berlin danse
> > Athènes est en émoi et Lisbonne est en transes.
> > Voyez la verte Erin, voyez l'Estrémadoure
> > Entendez les Romains : ils appellent au secours !
> > Ils scrutent l'horizon, et implorent les Dieux.
> > Tous les coffres sont vides, et les peuples anxieux
> > Attendent de vous, madame, le geste généreux !
> > De leur accablement ils m'ont fait l'interprète :
> > Leur destin est scellé, à moins qu'on ne leur prête
> > Cet argent des Allemands sur lesquels vous régnez.
> > Cette cause est bien rude, mais laissez-moi plaider...

Angela :
> > Taisez-vous Nicolas ! Je crois qu'il y a méprise
> > Folle étais-je de croire à une douce surprise
> > En vous suivant ici seule et sans équipage
> > Je m'attendais, c'est sûr, à bien d'autres hommages !
> > Mais je dois déchanter, et comme c'est humiliant
> > De n'être courtisée que pour son seul argent !

Nicolas :
> > Madame, les temps sont durs, et votre cœur est grand
> > Vos attraits sont troublants, mais il n'est point décent
> > D'entrer en badinage quand notre maison brûle !
> > Le monde nous regarde, craignons le ridicule !
> > Notre Europe est malade, et vous seule pouvez
> > La soigner, la guérir et, qui sait ? La sauver !
> > Nous sommes aujourd'hui tout au bord de l'abîme
> > Vous n'y êtes pour rien, mais soyez magnanime !
> > Les Grecs ont trop triché ? Alors la belle affaire !
> > Qu'on les châtie un peu, mais votre main de fer
> > Est cruelle aux Hellènes, et nous frappe d'effroi !

Angela :
> > J'entends partout gronder, en Saxe, Bade ou Bavière
> > L'ouvrier mécontent, le patron en colère.
> > Ma richesse est la leur, ils ont bien travaillé.
> > L'or du Rhin, c'est leur sueur et leur habileté.
> > Et vous me demandez, avec fougue et passion
> > De jeter cette fortune au pied du Parthénon ?
> > Ce serait trop facile et ma réponse est non !

Nicolas :
> > On ne se grandit pas en affamant la Grèce
> > En oubliant Platon, Sophocle et Périclès !
> > Nos anciens nous regardent, et nous font le grief
> > D'être des épiciers et non pas de vrais chefs !
> > Helmut Kohl est furieux et Giscard désespère.
> > Un seul geste suffit, et demain à Bruxelles
> > Desserrez, je vous prie, le nœud de l'escarcelle !

Angela :
> > Brisons là, je vous prie, la nuit est encore belle
> > Votre éloquence est grande et mon âme chancelle...
> > Mais si je disais oui à toutes vos demandes
> > Je comblerais la femme, et trahirais l'Allemande !

(Ils s'éloignent, chacun de leur côté)

 ...

 


LA SEMAINE SELON SAVINIEN

 

 

Recharge-pour-carnet-de-notes-pic-brechargepourcarnetdenotesb_1_400x300

11 septembre 2001 : attentat contre les tours jumelles du World Trade Center à Manhattan.

Lundi : C’était la rentrée. J’ai entendu au journal de midi une « mère en colère » se plaindre de la suppression des postes : rendez-vous compte, dans la classe de son enfant, les effectifs vont passer de 14 à 21 ! En effet, c’est monstrueux ! Ils devraient passer à … 25, au moins. Qui va expliquer à cette brave dame que les prof’ sont payés à crédit toute l’année, puisque les intérêts de la dette équivalent aux salaires des fonctionnaires ? Le retour de DSK chez lui, place des Vosges, c’est DSKtologis ? C’est ce que m’inspire ce jeu médiatique à la complicité partagée. Lundi noir à la bourse de Paris, et les valeurs bancaires dégustent. Irrationnel ?

Mardi : c’est la rentrée aussi pour les députés. L’assemblée nationale examine le plan d’ajustement du gouvernement : on se chamaille pour des queues de cerises à l’UMP, mais on finit par trouver les sous. Il y en a quand même qui trouvent le moyen de râler pour la taxe sur l’hôtellerie de luxe. Les marchés continuent de plonger, malgré une tentative de rebond, mais ce n’est pas pour ça. Borloo a du mal à respirer, c’est pour ça qu’il a fait sa rentrée dans les locaux « d’Oxygène », en maintenant le suspense sur sa candidature. Il est vrai que sans les maigres troupes du Nouveau Centre et l’argent de l’UMP (aucun député n’a quitté le groupe), le radical est plutôt démuni. Sans percée dans les sondages, il est contraint à faire un peu de démagogie pour exister. Mon pronostic : il va déclarer sa candidature mais ne pourra pas aller jusqu’au bout. Pas assez au centre pour l’incarner.

Mercredi : le président reçoit les parlementaires UMP. Recadrage ? Pas besoin. Annonce sur ses intentions ? Trop tôt. Mais il ne renonce à rien ! Il est resté concentré sur la crise, une manière de montrer qu’il veut rester au-dessus de la mêlée. En face, la guéguerre des roses parait bien dérisoire face aux défis actuels. Justement, Ségolène Royal s’en est pris aujourd’hui aux sondages ce qui est dans la droite ligne de ce que j’exposais dans la note « Une belle arnaque » de mardi. Elle a saisi la fameuse « haute autorité des primaires citoyennes » pour contester les conditions de réalisation des enquêtes d’opinion. Chez les alliés de Martine Aubry, le doute s’installe aussi. Coincée entre ses petites phrases sur DSK et son aile gauche, sa campagne patine. A l’Assemblée nationale, les députés ont voté pour l’application de l’accord européen du 21 juillet. La France est le premier pays dont le parlement a voté les nouvelles mesures de sauvetage de la Grèce : difficile de faire mieux ! Les marchés rebondissent.  Hollande viendrait chez Goua le 26 septembre, mais à condition de serrer des paluches du bon peuple d’en bas. En Allemagne, la production industrielle a bondi de 4% en juillet : faux rebond ou redémarrage ? Trompe l’œil plutôt.

Jeudi : Nicolas Sarkozy inaugure la LGV Dijon-Belfort et met l’accent sur l’effort d’investissement dans le ferroviaire. Ce déplacement du Président a mis en émoi (et moi, et moi, et moi) Villepin, on ne sait trop pourquoi. « Il y a d’autres choses à faire en ce moment » affirme-t-il. On sait ce qu’on a envie de lui répondre au cow-boy solitaire. Jean-Noël Guérini a été mis en examen. Au PS on fait profil bas. Mais les noms d’oiseaux commencent à voler dans la primaire. En même temps on apprend que le trou de la sécu en 2010 est béant : 30 milliards. Les Français consomment trop d’anxiolytiques, mais c’est peut-être pour ça qu’on n’a pas « d’indignés ».

Vendredi : Depuis trois jours les images tournent en boucle. Celui qui n’a pas vu l’effondrement des tours jumelles doit être aveugle. Un peu oppressant quand même tout ce battage. Commémorons, mais avec gravité et simplicité. Inutile d’en rajouter quand tout et même plus a déjà été dit. Pendant que les ministres des finances du G8 s’écharpent à Marseille, Obama tente d’injecter 447 milliards de dollars dans l’économie américaine. Un nouveau bras de fer destructeur s’annonce avec les Républicains. Il n’y a pas que nous qui avons une opposition à la c…

Samedi : C’est dans le journal ce matin : c’est sûr, Bodard y va ! Cela fait donc six listes avec celle du FN, pour les sénatoriales dans le Maine-et-Loire : Raoul n’est plus cool, ça lui apprendra de se moquer de la droite.  Les « accroche-cœurs » c’est parti aussi. La grande fête « panem et circem » à la mode angevine déroule ses numéros aux quatre coins de la ville. Gratos ? Sûr, y’a bien quelqu’un qui paie, toujours le même… Le même qui paiera le centre « aqualudique » à 34 millions d’euros ! Nouvelle tempête boursière pour la fin de la semaine sur fond de démission à la BCE : on va finir par atteindre « ground zero ». Rugby : le ballon n’est pas rond, mais ce n’est pas une excuse pour un match aussi décousu. Les bleus ont frôlé le scénario 3D (3 défaites et on rentre). Pour un peu on se serait cru au foot… Le prochain obstacle c’est le Canada : espérons qu’il ne soit pas trop « dry » !

Dimanche : les cérémonies new-yorkaises monopolisent le petit écran. Dix ans après, l’émotion est toujours là et la sidération provoquée par les images, intacte aussi. Mais Oussama est mort ! Maigre consolation, mais consolation quand même. Au chapitre des universités politiques c’est le tour du FN et des centristes. C’est fou ce que la Marine a le visage dur. Est-ce un tropisme de ma part, mais j’ai l’impression de voir de la haine et de la méchanceté même dans son sourire, encore plus dans son arrogance naturelle. A la Grande Motte (tout un programme !) Borloo et Morin se sont retrouvés, mais sans Charette (excédé parait-il), et encore moins Bayrou. De belles faenas (olé), mais comment s’y retrouver entre les centristes des champs (hier au gouvernement) et ceux des villes (aujourd’hui au gouvernement). Tout ça pour affirmer que l’avenir du centre est à droite : ça on le savait déjà. Encore faut-il ne pas la faire perdre, la droite !

 


QUI AURA L’AUDACE DE FAIRE UNE CAMPAGNE DE VERITES ?

 

Nous sommes à huit mois de l’élection présidentielle. Les nuages s’accumulent à nouveau sur l’horizon avec la menace d’une nouvelle récession. Après la crise financière, voici celle des dettes souveraines. L’économie réelle commence déjà à être asphyxiée par la paralysie qui gagne une nouvelle fois les banques qui hésitent à se prêter…

Pendant ce temps-là, le bal des prétendants nous joue l’air de l’été en pente douce. Rien ne paraît encore bien grave ; nous campons sur notre richesse acquise, bien réelle mais déjà sérieusement écornée : le déficit de nos exportations nous le rappelle chaque mois. A qui remettre les clés du destin de la France pendant les cinq prochaines années ? A Martine la dépensière qui croit encore à ses chimères de relance par la consommation comme elle croyait que les 35H allaient partager le travail ? A François Hollande, Monsieur « on verra », qui élude les réponses à toutes les questions décisives ? A Marine la ruine, avec ses projets fous  national-totalitaires et hexagonocentriques ? Au Président sortant qui porte déjà la croix de ses réformes pour avoir voulu mettre les Français devant la réalité, et encore a-t-il reculé sur plusieurs projets et tenté maintenant de temporiser pour ne pas oberrer toute possibilité d’être réélu ?

Qui ne voit que la situation actuelle exige une politique de redressement forte et volontaire. Les Français des couches populaires sont tentés de la voir dans les propositions radicales du Front National. Sa présidente rêve de la France au fond du trou ce qui lui permettrait, pense-t-elle, de prendre le pouvoir. La pente fatale. Il n’y a rien de pire que les politiques du pire. Il serait temps que les partis de gouvernement acceptent de voir et surtout de dire la vérité. Mais ce n’est pas demain la veille pour le PS qui refuse toujours de voter la "règle d’or" par aveuglement politicien.

Quelle est-elle cette vérité ? Que nous sommes en déclin économique depuis presque trente ans et nous arrivons à nos dernières cartouches. Le mal provient de la dette, de la perte de compétitivité et de l’Europe. Chacune de ces causes a besoin d’un traitement.

La dette a pris une telle ampleur qu’elle parasite l’Etat au point de réduire ses marges de manœuvres à peu de choses. C’est l’Etat providence qu’il faut radicalement remettre à sa place. Il faut réduire les dépenses et réinventer la protection sociale en ciblant les maux d’aujourd’hui, la précarité des emplois et les aides aux plus démunis tels que mères seules avec des enfants, ou encore les jeunes.

Pour réarmer notre industrie, il faut que l’état retrouve des moyens d’action, ne serait-ce que pour renforcer les investissements en recherche développement. Rendre nos entreprises à nouveau compétitives sera notre principale planche de salut. Contrairement  à ce que l’on pense généralement, ce ne sont pas les  délocalisations qui sont responsables des 500 000 emplois perdus dans l’industrie. Ils ont purement et simplement disparus par la mort de secteurs entiers  sous les coups de la concurrence internationale et nous avons été incapables d’en reconstruire suffisamment dans les filières nouvelles. Elargir notre recherche-développement trop concentrée et insuffisante, baisser le coût du travail (merci les 35h), baisser les impôts et charges (17% du PIB en France, soit 6 points de plus que ma moyenne européenne)  tout cela pour redonner des marges qui permettent les investissements et donnent les moyens d’aller sur les marchés d’exportation.

A condition aussi de tordre le cou aux idées reçues : à savoir que les entreprises ne gagnent pas trop d’argent, bien au contraire ; que le capital ne capte pas trop de valeur ajoutée aux dépends du travail ; que le coût du travail est pour beaucoup dans la compétitivité.

Entre la réduction de la dette et le besoin de relancer l’industrie, il faut déplacer 10 points de PIB en cinq ans vers l’Etat (dette) et vers l’entreprise par une TVA sociale. Beaucoup l’ont compris. Pourquoi a-t-on peur de fâcher les Français.

De toute façon, le prochain président de la République ne pourra pas faire autrement que d’assumer la baisse du pouvoir d’achat et les hausses d’impôts. Autant le dire franchement et passer un pacte avec les Français avec des objectifs ciblés pour les cinq prochaines années. Le risque d’être battu est énorme au vu de l’état de l’opinion à l’heure actuelle. Mais justement, j’y vois une opportunité pour le président sortant : il n’y a guère que Nicolas Sarkozy qui pourrait le proposer : il a les c…. pour le faire mais aura-t-il le courage de relever ce défi à haut risque pour sa réélection ?

Rappelons-nous : « de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace… et la France est sauvée ! »

 


CES BONNES NOUVELLES QU’ON OUBLIE DE NOUS DONNER…

 

Par les temps qui courent, elles sont très rares, et pourtant en voilà une qui aurait mérité la « une » de nos JT : c'est la hausse des rémunérations dans les entreprises. Selon le cabinet Hewitt, les enveloppes salariales grossiraient de 2,8 % cette année et de 3 % en 2012. Des chiffres un peu plus élevés que les années précédentes et proches de ce que l'on constatait avant la crise.

Les pessimistes penseront que ces prévisions ont été arrêtées avant la crise dans laquelle nous entrons peut-être. Ils nous expliqueront aussi que ce résultat est le fruit de l'arbitrage qu'a choisi la France depuis une trentaine d'années : donner l'avantage aux salariés en place sur ceux qui sont aux portes du marché du travail. C’est une réalité, dont les combats syndicaux portent leur part de responsabilité. Ce qui se traduit par la hausse de salaire plutôt que la préservation de l'emploi ou les embauches.

Mais une autre lecture peut aussi être faite de l'évolution positive des salaires promise par Aon Hewitt. Les entreprises ont « tenu » pendant la crise et elles ne vont pas si mal que cela. L'économie réelle tourne, avant d'être (peut-être) rattrapée par le scepticisme ambiant. D’où les signaux contradictoires envoyés par marchés. Le fond du problème reste la lenteur du temps politique en Europe et la faiblesse de la gouvernance de la banque centrale. Et les marchés, faute de pouvoir spéculer sur l’euro, le font sur les dettes.  

On a oublié aussi de faire écho à cette étude de l’Insee qui révélait que les niveaux de vie des Français dans leur ensemble (salaires, revenus du capital, prestations sociales, etc.) avaient progressé en 2009.  Eh oui, c’est une confirmation, n’en déplaise à ceux qui nous gavent de discours sur la rigueur et l’austérité. Evidemment, cette évolution s'était accompagnée d'une poussée logique du taux de pauvreté liée à l'envol du chômage, mais l'élément le plus remarquable était ailleurs et a été peu remarqué : le pouvoir d'achat au sens large a fait mieux que se maintenir pendant la récession la plus profonde qu'aient connue les pays développés depuis soixante ans. Et si  le salaire de base des fonctionnaires a été gelé, leur rémunération globale continue de croître. Cela n'a pas été le cas chez une grande partie de nos voisins, et pas seulement en Grèce ou en Espagne.

Oui, il faut une politique rigoureuse de nos finances publiques, mais ce n'est pas l'austérité tant décriée. pas encore ! 

 


C’EST GRAVE DOCTEUR ?

 Stethoscope

Depuis la fin juillet, les actions bancaires tirent les marchés vers le fond. A tel point que la situation est désormais critique en Europe. La cote d'alerte est atteinte pour quelques établissements, tout proches de leurs plus bas historiques. En attendant, l'envolée des liquidités déposées par les banques auprès de la BCE témoigne de l'inquiétude croissante qui règne au sein du secteur.

Une nouvelle fois, les difficultés des banques viennent plomber les grands indices et contaminer l'économie réelle et il est tentant de faire le parallèle avec la crise financière de l'automne 2008 : ce serait une erreur. Car la crise actuelle est différente : cette fois les déboires des banques sont alimentés par les craintes de récession et l'impact qu'un tel scénario aurait sur la solvabilité des Etats les plus endettés, notamment ceux d'Europe du Sud. Ce cocktail peut avoir des effets redoutables pour les bilans bancaires car les coffres de nombreuses banques européennes recèlent d'importants stocks de dettes souveraines -le plus souvent pour des raisons prudentielles. Ce qui explique l'exode massif et sans distinction d'investisseurs qui sont pas loin de considérer les obligations de la zone euro comme toxiques.

Ce contexte explique pourquoi Christine Lagarde a demandé aux banques européennes de se recapitaliser, ce qui serait une manière de les remettre en ordre, et qui sera inévitable pour certaines. Mais pour sortir de la spirale actuelle, il faudrait entériner de toute urgence l'accord européen du 21 juillet. Le temps politique s’avère décalé par rapport aux réactions brutales et irrationnelles des marchés, mais comment faire autrement ?

Il faudra surtout trouver les moyens de relancer la croissance pour rendre crédibles les scénarios de désendettement des Etats les plus fragiles de la zone euro. Et c’est là que la situation est très délicate et plus tendue qu'à l'automne 2008. Car, après trois années de crise, les marges de manoeuvre budgétaire et monétaire manquent cruellement. Il faudra pourtant bien trouver une solution. L’année 2011 n’a pas fini de nous apporter des surprises. Après les mauvaises, espérons qu’il y en aura de bonnes !

D’abord, les regards se tournent naturellement vers les Etats-Unis en espérant que le géant ne va pas entrer en récession. Ce qui ne semble pas le cas, mais il envoie tout de même des signes inquiétants qui électrisent les marchés.  Ils se tournent ensuite vers l’autre géant d’où pourrait venir le salut : la Chine. Mais à l'heure où plane la menace d'une rechute de l'économie mondiale, il n'est pas sûr qu’elle soit en mesure de rééditer l'exploit de 2008 : un plan massif de relance lui avait alors permis de résister à la crise. Elle en subit aujourd'hui les effets pervers, inondée de liquidités, elle peine à reprendre la main sur la circulation monétaire, et l'inflation dérape. Si le monde cale à nouveau, Pékin risque de se retrouver face à un délicat dilemme : subir un coup de frein douloureux ou impulser un stimulus dangereux.

C’est bien pourquoi nous devons chercher les solutions à nos problèmes d’endettement et de croissance d’abord chez nous, en étant plus vertueux, et la "règle d'or" voulue par Nicolas Sarkozy en représente un symbole que le PS s'obstine à refuser, nuisant gravement à sa crédibilité et par contre coup à celle de la France. Les chercher en même temps en Europe, entre états européens, en renforçant la coordination des politiques économiques, la gouvernance commune et la convergence fiscale.

Sans effort sur nous-mêmes et hors l’Europe, point de salut. 

 


UNE BELLE ARNAQUE SE PREPARE…

 

Deux ou trois idées qui me trottent dans la tête et qui me font penser que la primaire socialiste, c’est une belle arnaque politique qui se prépare. C’est Pierre Mignard, l’avocat naguère proche de Ségolène Royal et porte-parole de la « haute autorité des primaires citoyennes » (sic), qui m’a mis la puce à l’oreille. Dans un article récent paru dans la presse, il émettait des doutes sur les garanties pour les candidats de la sincérité du scrutin, faute de garants en nombre suffisant dans les 9 000 bureaux prévus. Il a décompté seulement 20 référents sur 100 départements, ce qui est très loin du compte. Mais enfin, s’ils se grugent entre eux (comme d’habitude), après tout, ce n’est pas notre affaire. Sauf que j’en connais une qui pourrait prendre prétexte d’une fraude pour s’affranchir de la procédure, dans le cas où le résultat ne lui conviendrait pas.

Je ne comprends pas pourquoi les socialistes veulent utiliser les listes électorales. Certains y voient un possible fichage. On peut l’imaginer, mais ce n’est pas cela qui me préoccupe le plus. Comment vont-ils faire pour s’y retrouver, s’il n’y a qu’un bureau par canton ? Cela veut dire que les listes électorales vont se balader dans la nature. Ensuite, qui nous dit qu’ils ne feront pas voter des gens réputés à droite et d’autres, pour « arrondir » le nombre de voix de leurs candidats. Dans nos villages, tout le monde se connaît. Les organisateurs pourront ainsi, sans crainte de démenti, annoncer le nombre de votants qui leur conviendra, multiplié par trois, cinq ou dix, puisque les listes électorales sont réputées être détruites après le scrutin. Sauf à mettre un surveillant à la porte du bureau qui compte le nombre de votants. Je parie qu’au soir du premier tour on nous annoncera des chiffres extraordinaires de participation : une belle arnaque qui ne serait pas sans retombées pour la suite, surtout pour le candidat qui sortira vainqueur !

D’autre part, compte tenu du nombre d’électeurs susceptibles de se déplacer sur le nombre total des inscrits, cela fait quand même beaucoup de papier inutile. Qu’en pensent les écologistes ? Il aurait été plus simple et plus honnête de se contenter de la carte d’électeur pour permettre le vote. Même si cela ne change rien au problème, au moins on aurait économisé le papier.

 Tout ça parce qu’au PS, ils ne sont pas capables d’assumer un chef. Le candidat naturel ne devrait-il pas être la 1ère Secrétaire ? Mais justement, quand on connait les conditions dans lesquelles sa victoire a été proclamée, c’est rouvrir la boite de Pandore. 

J’invite les partis de la majorité présidentielle à mettre en place un dispositif de surveillance pour parer à toute éventualité. Comme on connait ses saints, on les honore !

 


LA SEMAINE SELON SAVINIEN

  

Recharge-pour-carnet-de-notes-pic-brechargepourcarnetdenotesb_1_400x300 
4 septembre 1870 : naissance de la IIIème République

 

Lundi : Les six candidats socialistes ont pris le départ pour leur marathon primaire. Une certitude : un même programme et pourtant ils ont beaucoup de points de vue opposés. Que dire de ce qui les sépare avec les Verts ou Mélenchon…. De son côté Nicolas Sarkozy s’est présenté en Président consensuel à Nouméa en prônant le compromis entre les indépendantistes Kanaks et la majorité européenne. D’un côté, c’est la guerre des roses au ras des pâquerettes, de l’autre, on prend de la hauteur.

Mardi : Martine Aubry s’est rendue à Marseille pour défier (c’est elle qui le dit) Claude Guéant sur l’insécurité. Que des paroles verbales ! Ces rodomontades ne sont pas à destination des Marseillais, mais pour exister dans sa campagne intrasocialiste. En Anjou, Isabelle Leroy a dévoilé sa liste pour les sénatoriales. En dernière position on trouve Lionel Escaffre, un proche Charettiste… ce qui veut tout dire. Angevin de week-ends, ce parisien va être d’un grand secours pour convaincre les grands électeurs. Plus grave, le « droit d’avoir le choix » pourrait faire perdre un siège à la majorité au Sénat. Et si cela le faisait basculer à gauche ?

Mercredi : Nicolas Sarkozy est mis en cause par Isabelle Prévost-Desprez, magistrate de Nanterre, à propos d’enveloppes qu’il aurait reçues de Mme Bettencourt en 2007. Une accusation grave qui n’est étayée par aucun procès-verbal et cite un témoin qui nie les propos qu’on lui prête. Du « réchauffé » qui revient dans le paysage via un livre qui sort à point nommé et qui nécessitait un coup de pub médiatique. Il y a pourtant plus intéressant que ces pseudos débats : la plus grande hydrolienne du monde a été mise à l’eau. Construite à Brest, elle sera installée au large de Paimpol-Bréhat pour produire de l’électricité : une filière industrielle appelée à un grand avenir. De son côté le Medef tient lui aussi son université de rentrée : au menu, credo européen, optimisme économique et promotion des PME.

Jeudi : C’est au tour d’un journaliste du Monde de faire parler de lui, et de mettre en cause à nouveau le Président de la République, toujours à propos de l’affaire Bettencourt. Il aurait été espionné par les services secrets. Il est vrai qu’il s’était procuré un procès-verbal d’audition soumis au secret de l’instruction et qu’il avait publié. Cherchez l’erreur ? Où est l’éthique ? La gauche s’engouffre pour demander une enquête et dénoncer les « pressions »… Lamentable comme d’habitude ! Il y a pourtant plus intéressant : la conférence de Paris sur la Libye, à l’initiative de la France, rassemble 60 états qui débloquent 12 milliards pour aider le pays à redémarrer.

Vendredi : Début du Campus UMP à Marseille. Deux déclarations montées en épingle ne suffisent pas à faire désordre. Les Bleus ont gagné en Albanie, mais ils sont encore bien pâles et fébriles. Décidément le Maine-et-Loire se singularise : une quatrième liste est probable pour les sénatoriales à l’initiative du Maire socialiste de Murs-Erigné, Philippe Bodard, qui règle quelques comptes avec l’agglo et suggère le renouvellement : visé, Daniel Raoul qui affiche ses 70 ans.  Il n’a pas tort !

Samedi : Raffarin est bien présent au campus et a rempli son rôle d’animateur des débats. Une tempête dans un verre d’eau ? Il a obtenu du président le renoncement à augmenter la TVA des parcs d’attraction. Logique dès lors qu’Eurodisney était mis à part ! La braderie de Lille se prend un orage mémorable : mais qu’est-ce qu’elle fait Aubry ? On a appris aussi que le Président Chirac n’était plus en possession de toutes ses facultés, ce dont on s’était aperçu à le voir trottiner avec ses amis. Cela réduit considérablement l’intérêt de son appel à voter Hollande, si tant est qu’il y en eût un.

Dimanche : à mâtines, DSK et  « sœur » Anne ont fait leur retour en France. Un non-événement si ce n’était le voyeurisme des médias à l’affût d’une petite phrase. Mais pourtant l’instant, c’est le silence. Le contraire eût été indécent. A Marseille c’est l’heure des grands discours. Le campus a finalement été un succès pour l’UMP et le Premier Ministre a pu conclure sur un appel à la « lucidité » des Français en désignant les trois sujets incontournables de la campagne : la mondialisation, l’Europe  et la Dette. Et pour terminer ce rayon de soleil : le 4 fois 100  m français nous apporte une magnifique médaille d’argent de Corée, avec un Lemaître quasi impérial !

 


C’EST LA RENTREE POUR LE MINISTRE AUSSI ….

 

L’état des lieux : ce sont 859.294 enseignants qui ont retrouvé aujourd’hui le chemin des 53.798 écoles, 7.018 collèges et 4.277 lycées, dont 1.637 lycées professionnels ;  d’autre part, ce sont près de 16.000 enseignants stagiaires qui ont déjà effectué leur rentrée cette semaine. En janvier 2011, la France comptait 330.900 instituteurs et professeurs des écoles du premier degré public (y compris les 7.400 fonctionnaires stagiaires) et un peu plus de 349.000 enseignants du second degré (collège et lycée) public en face à face avec les élèves. On comptait aussi 138.600 enseignants exerçant dans les classes sous contrat des établissements privés.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale est revenu sur les réformes et les expérimentations menées depuis 2007 qui, sur fond de révision générale des politiques publiques, ont commencé à transformer l'école. Mais l'ont aussi déstabilisée. Il s’est efforcé de mettre en avant la « cohérence » du bilan éducatif du quinquennat.

Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait de l'éducation une priorité. Le chef de l'Etat en appelait à une « école du respect et de l'autorité », une « réhabilitation des savoirs », une réforme du collège unique, une remise à plat des rythmes scolaires et des programmes, des évaluations pour piloter « la revalorisation du métier » comme « l'une des priorités », sans oublier l'épineuse question des moyens. Avec « une école où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours », des moyens « mieux employés » grâce à « l'autonomie » des établissements, et des « enseignants moins nombreux ».

Une feuille de route que Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel s'est employé à dérouler tambour battant. Avec la mise en oeuvre de l'assouplissement - mais non de la suppression - de la carte scolaire. En lançant - changement fondamental - la réforme de la formation des enseignants, désormais recrutés au niveau master, mais dont le volet pratique a été réduit. Cette réforme a bien été accompagnée d'une revalorisation du salaire des jeunes enseignants de 150€/ mois, laissant toutefois de côté ceux qui ont plus de dix ans de carrière. Mais les marges de manœuvre budgétaires restent contraintes, on le sait et c’est sur les salaires du début de carrière qu’il fallait agir en priorité. Elle a aussi permis de supprimer 16.000 postes sur plus de 60.000 suppressions réalisées entre le budget 2008 et celui de 2012. Des suppressions inévitables qui ont entrainé des tensions.

Malgré les résistances et parfois l’insubordination, la réforme de l'école primaire a introduit de nouveaux programmes « centrés autour des fondamentaux », de nouvelles évaluations nationales, elles aussi contestées, un horaire allégé pour dégager le temps nécessaire au soutien des élèves en difficulté. Une nouvelle donne qui, de fait, a abouti à la semaine de quatre jours, aujourd'hui sur la sellette. Et si, à l'Elysée, on a souligné « un frémissement » dans les résultats cette année des évaluations de CE1, on est encore loin de l'objectif de diviser par trois le taux d'échec scolaire à la fin du CM2. Il faut donner du temps au temps et permettre aux personnels de s’adapter à des pratiques qui changent en profondeur leurs habitudes et heurtent leurs convictions.

Dans le même esprit, la réforme du lycée, menée par Luc Chatel après le recul de Xavier Darcos, vise une orientation plus progressive des élèves et accroît l'autonomie des établissements dans la répartition de leurs horaires. Dans la droite ligne de la personnalisation des parcours, qui a vu se développer différents dispositifs comme l'accompagnement éducatif après la classe pour les « orphelins de 16 heures », les internats d'excellence pour les bons élèves défavorisés ou les établissements de réinsertion scolaire (ERS) pour les « perturbateurs », elle introduit deux heures d'accompagnement personnalisé. Sans oublier les pistes - autonomie, personnalisation - que Luc Chatel étend à petites touches, avec un certain succès, via des expérimentations comme le programme CLAIR qui permet aux chefs d'établissements difficiles de recruter leurs enseignants, ou les 4 emes et 3 emes préprofessionnelles, préludes, peut-être, à la fin du collège unique.

Nicolas Sarkozy l'a clairement évoquée pour l'après-2012, tout comme la refonte des rythmes scolaires, qu'il lie aussi à l'évolution du statut et de la mission des enseignants, sur lesquels il avait commandé au début du quinquennat un rapport au conseiller d'Etat Marcel Pochard. Finalement restée lettre morte, l’évolution du statut va sans aucun doute, à la faveur de la campagne présidentielle, à droite comme à gauche, de nouveau se retrouver au coeur du débat. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux discours des uns et des autres.

Tout n’a pas été fait, loin s’en faut. La crise est passée par là et il ne faut pas sous-estimer la force d’opposition, voire d’inertie que peut opposer le corps enseignant. Mais le système éducatif a commencé à évoluer dans le bon sens. Un quinquennat supplémentaire ne sera pas de trop, si ce n’est plus !

 


C’EST LA RENTREE… POUR LES ENSEIGNANTS !

 

 

C'est, ce vendredi matin, la rentrée pour 860.000 enseignants. « Le plus beau métier du monde... », a assuré comme il se doit, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Interrogé évidemment sur les suppressions de postes (16.000 cette année) il a rappelé qu'il y avait cette rentrée « 35.000 enseignants de plus et 500.000 élèves de moins » qu'au début des années 1990, « Notre taux d'encadrement est donc meilleur aujourd'hui qu’il y a vingt ans». Il a poursuivi : « Je pense que c'est responsable d'assumer cette politique, ceux qui disent qu'ils vont recréer des postes en 2012, ils vous mentent ! », visant à l'aube de cette année éminemment politique les propositions de l'opposition. Il est bon aussi de rappeler qu’il y a eu 80 000 non remplacements de départ en retraite depuis 2007 sur plus d’un million d’enseignants en postes, ce qui relativise le sacrifice consenti.

Il est vrai que les postulants socialistes à l'Elysée profitent de la rentrée pour courir les écoles et … les caméras afin de dévoiler leurs propositions pour l'Education nationale. Cœurs fragiles s’abstenir devant le catalogue des promesses alors qu’on n’a pas le sou.

L'élu corrézien qui fait la course en tête a visité une école à Colombes pour y prononcer « un discours d'intérêt général », plutôt que d'égrener des « mesures catégorielles ». Pour un « nouveau contrat entre l'école et la nation », François Hollande défend deux blocs de réformes. Celle du temps scolaire  « une exception française, avec des journées surchargées, beaucoup de vacances». Le deuxième volet, tout aussi complexe et explosif, est celui de la « question du métier de l'enseignant », avec une « revalorisation nécessaire», mais aussi une réflexion sur le temps de service, le déroulement de carrière, la formation, la pédagogie. On lui souhaite bien du plaisir. Et l’arrêt préalable de la politique de suppression de postes avec l'ouverture de négociations risquent de ne pas peser lourd, car sur la question budgétaire le candidat garde la plus grande prudence.

La maire de Lille a choisi de se rendre dans un établissement scolaire à Amiens, près de chez elle. Martine Aubry veut une « rupture » et « refonder » l'école « autour de priorités claires ». Elle veut faire porter l'effort sur le début de la scolarité, revenir sur la formation professionnelle des enseignants, rétablir une politique d'éducation prioritaire en « donnant nettement plus aux établissements en zone prioritaire, ruraux », réformer les rythmes scolaires avec la fin de la semaine de quatre jours et l'allongement de l'année de deux semaines, en jouant sur les vacances d'été. Elle précise qu'il « ne faudra pas uniquement des aménagements à la marge » pour résoudre la « crise profonde » de l'école, qui n'est pas « seulement due à la politique de la droite » (ouf !) mais à des raisons structurelles ». Prudente, si elle préconise un moratoire sur les suppressions de postes dès 2012, voire la recréation de postes (à crédit ?), elle veut « cibler » ces moyens supplémentaires nouveaux. « Tout ne pourra pas se faire tout de suite » (Ah tiens ?). L’amère de Lille propose que des négociations s'engagent avec les enseignants « dès le lendemain de la primaire » pour « définir avec eux le contenu de leur mission, l'adaptation de leur service pour améliorer le travail collectif, augmenter l'autonomie pédagogique, le temps de présence ». Sur ce dernier point, on va bien rigoler. Des discussions qui devront « intégrer la revalorisation » pour un « nouveau contrat entre la nation » et - nuance par rapport à François Hollande  -« les enseignants ».

« Essayez l'ignorance et vous verrez ce que cela coûte ! » lâche la chèvre de Poitou-Charentes, qui veut « revenir » sur les suppressions de postes et n'est pas à un truisme près. « Elles ne sont même pas une source d'économies réelles », explique l'une de ses proches, pointant les « heures supplémentaires pour compenser ». Contre les « raisonnements strictement comptables », la candidate du PS en 2007 plaide pour un « deuxième adulte dans la classe chaque fois que cela est nécessaire » et lie ce renforcement à un retour de la formation professionnelle pour les enseignants stagiaires. Rendre obligatoire la scolarité à trois ans, améliorer la transition entre le CM2 et la 6 e, favoriser les expérimentations, généraliser le soutien scolaire gratuit, lutter contre les violences scolaires, renforcer le dialogue avec les familles dans une sorte de « contrat donnant-donnant », développer des « internats de proximité » et « redéfinir la mission des enseignants » sont les autres maîtres mots de Ségolène Royal qui se refuse à chiffrer son programme : là, on comprend mieux ! Mais c’est pour ajouter : « Je ne veux pas m'engager aujourd'hui à rétablir durant la prochaine mandature la totalité des postes supprimés par la droite ». Elle a néanmoins promis un moratoire sur les suppressions de postes pour la rentrée 2012. Pas trop difficile puisqu’il est déjà annoncé par le gouvernement. Comme quoi on peut dire tout et son contraire. Michel Rocard a raison. Ou elle sait qu’elle n’a aucune chance et laisse libre cours à sa démagogie ou elle est complètement irresponsable. C’est peut-être les deux !

Le député-maire d'Evry ne fait pas dans la dentelle, à son habitude : Manuel Valls propose de réaffecter le produit fiscal des heures supplémentaires à l'éducation. Un « choix » qui « préparera mieux à l'avenir » que les « 300.000 emplois précaires de cinq ans » raille-t-il, en référence aux 300.000  « emplois d'avenir » du projet PS. Les moyens supplémentaires dégagés doivent aller, selon lui, à l'éducation prioritaire. Manuel Valls conditionne clairement une revalorisation du salaire des enseignants à « l'obligation de suivre une formation continue » et à « une présence accrue en dehors des heures de cours ». Au moins ce sont des propositions réalistes  qui ne risquent pas d’augmenter la dette. Dire que les enseignants le suivraient, c’est s’avancer un peu vite…

Arnaud Montebourg n’est pas en reste. Il a présenté hier ses propositions sur l'école. Il suggère d'instaurer une « école commune » de 6 à 15 ans, « assumant l'hétérogénéité des publics » et veut supprimer le redoublement. Il souhaite que les rythmes biologiques soient mieux respectés et veut allonger la durée de l'année scolaire de quinze jours afin de réduire les horaires quotidiens. Autre mesure phare de son projet : « la pédagogie différenciée » (dédoublement, cours en petits groupes...), qui doit être instituée sur le quart du temps scolaire. « Combien ça coûte ? - Moins cher que l'abaissement du taux de TVA sur la restauration ! ». C’est lui qui le dit.  Il compte également « recréer les 80.000 postes supprimés par la droite, mais pas en les utilisant de la même manière ».Tout le monde a le droit de rêver !

Les candidats de gauche sont généralement bien accueillis dans les établissements où ils se rendent. Mais il n’est pas certain que leurs auditoires soient aussi satisfaits après les avoir écoutés. Car s’il existe une caste conservatrice attachée à sa routine et à ses acquis, c’est bien celle du corps enseignant. Sans argent, avec la volonté de bousculer la maison et d’allonger le temps de présence dans les collèges… voilà qui va faire du spectacle dans les rues !