LE PLAN DE SOUTIEN A L’ECONOMIE DE LA REGION PAYS DE LA LOIRE

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Interview de Paul JEANNETEAU

Vice-Président du Conseil Régional des Pays de la Loire

Président de la Commission Développement Economique

 

J’ai interviewé notre ami Paul Jeanneteau pour la page Facebook des Républicains du Maine-et-Loire  et j’ai eu envie d’en faire  profiter mes  fidèles lecteurs du bloc-notes qui ne vont pas tous sur les réseaux sociaux. Je pense qu’il est important aujourd’hui de  montrer combien l’expérience des mandats électoraux est importante  dans l’exercice des responsabilités et pour l’efficacité des choix  et des décisions, expérience qui manque tant à la majorité actuelle et au plus haut niveau et qui nous vaut une gestion de crise à la godille.  Ancien député, ancien maire et conseiller départemental, Paul Jeanneteau, aujourd’hui Vice-Président du Conseil Régional des  Pays de la Loire en charge de la    plus importante commission, fait partie de ces élus qui « savent transformer  leur parole en actes »  et n’agissent  pas au hasard.

« sur-mesure et proximité maximale »

L’Etat a mis en place un fonds national de solidarité pour venir en soutien aux entreprises sinistrées par la crise du Coronavirus. Les Régions ont décidé d’apporter un soutien supplémentaire en mobilisant 500 M€ au sein de ce fonds (soit pour les Pays de la Loire, 25 M€). Pour sa part, la Région des Pays de la Loire a mis en place plusieurs dispositifs, visant à compléter le plan national décidé par le gouvernement : un plan d’urgence de 56 M€ et un « Fonds Territorial Résilience » de 32 M€ ainsi qu’un dispositif d’aides pour le tissu associatif, culturel et sportif de 4,3 millions. Si on prend en compte les 25 M€ qui avaient été voté au BP 2020, c’est en réalité 76 M€ qui ont été mobilisés, 51 M€ de mesures nouvelles ayant été votées en urgence depuis le début de la crise.

 

Rencontre avec Paul JEANNETEAU, Vice-Président chargé du dossier économique à la Région  des Pays de la Loire, qui en a été la cheville ouvrière active.

 

«  Le Conseil Régional a voté  le  17 mars dernier un  plan d’urgence de 56 M€ pour venir en aide aux entreprises mises en difficultés par la crise sanitaire.  Quelles en sont les  grandes lignes ?


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: Nous faisons face à une crise sans précédent. Pour aider nos entreprises  à traverser cette terrible épreuve, après avoir mené une concertation avec tous les partenaires concernés, nous avons décidé de mobiliser des moyens régionaux exceptionnels, plus de 56 M€.  L’objectif de ce plan d’urgence est de proposer en lien avec l’Etat et la BPI, des dispositifs qui correspondent aux besoins de toutes nos entreprises : commerçants, artisans, agriculteurs, PME, ETI, mais aussi en soutien à tous nos acteurs  associatifs, sportifs et culturels. Je tiens à souligner que ces 56 M€ peuvent permettre grâce à l’effet de levier et aux dispositifs de garantie, d’apporter plus de 320 M€ de prêts aux entreprises. Nous avons fait en sorte que tous les dispositifs soient rapidement opérationnels afin d’éviter que les entreprises ne fassent faillite.

Vous ne craignez pas de faire doublon avec les aides de l’Etat ?

PJ : Nous nous sommes fixés trois principes : « simplicité » d’abord, pour l’accès et l’instruction des dossiers, « efficacité » ensuite : il s’agit de proposer des  mesures adaptées à chaque situation et chaque taille d’entreprise, en maximisant les effets de levier financiers, et enfin « unité » de façon que ce que nous mettons en œuvre le soit en étroite coordination avec la BPI et en complémentarité avec l’Etat, l’idée étant de « jouer collectif », pour assurer la cohérence de l’action économique et d’agir dans le cadre de l’unité nationale face à l’ampleur de la crise.

En quoi consiste concrètement le plan d’urgence ?

P1050502 PJ : Il s’articule en six grandes mesures. Et nous avons voulu, pour chacune d’entre elles, qu’il soit simple, efficace et pragmatique. Nous avons voulu aussi  qu’il s’adresse au plus grand nombre d’entreprises, d’activités et de filières.

Sans entrer  dans le détail, le 1er train de mesures, c’est notre participation au Fonds National de Solidarité pour lequel nous avons apporté 25M€ (Cette somme a été fixée en tenant compte du PIB régional rapporté au BIP national). Il est destiné aux artisans, commerçants, traiteurs, restaurateurs, TPE et entreprises de l’économie sociale et solidaire.  Il s’adresse aux entreprises connaissant des difficultés de trésorerie et leur permettra de bénéficier d’une subvention.

La 2ème mesure consiste en un « prêt rebond » à taux zéro  doté de 12 M€, Région-BPI.  Il vise les PME qui pourront bénéficier d’un prêt de 10 000 à 300 000 €. C’est 60 M€ de prêt au total qui seront déployés grâce aux effets de levier des contreparties bancaires.

La 3ème mesure consiste, à hauteur de 5 M€, en un report de six mois des avances remboursables de la Région dues par les entreprises qui en sont redevables.

La  4ème mesure  est un dispositif de garantie de prêts dans le cadre de « Pays de la Loire garantie », destiné aux TPE, PME-PMI et ETI. Il porte à 80% le montant garanti et est cofinancé par la Région et BPI. Ces 10 M€ de fonds garantis visent à rendre  possible 205 M€ de prêts bancaires.

La 5ème  mesure,  avec le dispositif « Pays de la Loire-redéploiement », abondé de 15 M€, permettra de souscrire un prêt en trésorerie de 50 000 à 500 000 € à un taux de 2,03%, sans garanties ni coûts additionnels et vise à un volume de 60 M€ de prêts, toujours grâce à l’effet levier.

Enfin, la 6ème  mesure, est un nouveau dispositif « fonds d’urgence événements » destiné à toutes les associations organisatrices d’événements sportifs ou culturels pour   leur venir en aide au moment où nombre de leurs projets sont annulés, avec un plafond de 30 000 €.  Ce fonds est complété par un effort régional de 2,3 M€  que représente le maintien de toutes les subventions versées pour les  manifestations programmées et finalement annulées et en renforcement des dispositions actuelles.  Ce qui fait un effort total de 4,3 M€ de soutien financier régional.

Comment fait-on pour accéder à ces aides et sur quels critères ?

P1050504 PJ : Le plus simplement possible. Nous avons mis en place deux n° verts, un pour les entreprises (0 800  100 200) et un pour les associations culturelles et sportives (0 800 200 402). Un conseiller leur indiquera la marche à suivre et  l’interlocuteur  dont elles ont besoin.  Tous  les agents du réseau des développeurs et de notre Agence de développement « Solutions&Co» sont mobilisés pour faire face à la demande. Les  critères sont précis et adaptés à la taille des entreprises concernées. Il s’agit de faire du sur-mesure, pour compléter ce que fait  l’Etat qui ne peut être que du « prêt-à-porter ».  Notre objectif est de sauvegarder le maximum d’emplois et de faire en sorte que la crise n’ait pas de conséquences irréversibles sur le plus grand nombre des entreprises qu’elle atteint, quelle que soit leur taille, de la plus petite à la plus grosse. Ces dernières ayant plus de capacité de résistance. Notre effort est relayé par d’autres partenaires comme, notamment, les Chambres de Métiers et de Commerces.

Pourquoi alors un fonds « territorial de « résilience » ?

PJ : nous nous sommes aperçus que malgré tous nos efforts, beaucoup de très petites entreprises passaient à côté de nos dispositifs. Nous avons donc décidé d’agir au plus près des territoires.  Nous avons lancé une levée de fonds auprès de toutes les autres collectivités.  Les  cinq départements, les grandes collectivités et l’ensemble des EPCI ont répondu à l’appel. En partenariat avec la Banque des Territoires, nous avons  pu créer ce fonds « Résilience » doté de 32M€. Il a  pour objectif, en complément de ce que nous avons déjà mis en place, de répondre au besoin de trésorerie des entreprises de moins de 10 salariés dont l’activité est impactée par la crise sanitaire. Il s’agit souvent de micro-entreprises, de TPE et de structures de l’Economie Sociale et Solidaire.  Elles pourront obtenir un soutien sous la forme d’une avance remboursable.  Un site dédié est d’ores et déjà opérationnel : www.resilience-paysdelaloire.fr. Les entreprises concernées peuvent y déposer directement leur dossier en attestant sur l’honneur de leur inéligibilité au Fonds national de solidarité et de leurs difficultés liées à la crise du Covid 19.

P1050502 En conclusion, je pense que l’engagement pris par la majorité du Conseil Régional de ne laisser aucune entreprise au bord du chemin, est tenu. La  Région des Pays de la Loire est pleinement mobilisée pour faire face à cette crise sans précédent, et de multiples autres actions en rapport avec ses missions de service public ont été engagées parallèlement. »

 

Les dispositifs de soutien proposés par la Région se révèlent pleinement efficaces si l’on en croit le nombre d’entreprises qui ont fait connaître leur souhait d’en bénéficier. On le doit évidemment en grande partie à l’expérience d’élu local de Paul Jeanneteau et à sa   connaissance fine du tissu économique régional grâce à l’expertise qu’il  a acquise à la tête du Comité d’Expansion du Maine-et-Loire. Cette double compétence lui a permis de peaufiner un soutien sur-mesure aux différents types d’entreprises. La Région des Pays de la Loire reste pleinement mobilisée auprès des associations sportives, culturelles ou sociales, dans cette période particulièrement difficile et le dispositif de soutien  vient d’être prolongé au-delà de la période de confinement jusqu’au 30 septembre.

 


GOUVERNEMENT D’UNION NATIONALE : UN LEURRE !

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Profitant de la crise sanitaire causée par  le Covid 19 et se rêvant rassembleur et au-dessus de la mêlée, comme une sorte de Raymond Poincaré, le chef de l’État voudrait se  propulser comme chef de file d’une union sacrée. Mais le ton  martial ne suffit pas.

La « verticalité » de Macron est nuisible.

Le 11 avril dernier, dans son allocution aux Français, le chef de l’État a assuré vouloir bâtir « un autre projet de concorde » qui rassemblera « toutes les composantes de la nation ». Le flou artistique habituel de sa communication conduit à l’hypothèse d’un nouveau gouvernement qui rallierait des personnalités venues de la gauche et de la droite. Mais c’est déjà le cas.  Mais pour quoi faire   ? Encore faudrait-il qu’Emmanuel Macron change de comportement, car le pire obstacle à un gouvernement de concorde ou d’union nationale, ou encore de salut public, c’est son incapacité  à abandonner sa pratique de « verticalité du pouvoir » qui tend à envenimer tous les problèmes  qu’il appréhende toujours de la même façon, par le haut, sans considération du terrain. Là encore  les mots et les intentions ne sont jamais suivis d’effets. Ce comportement aggrave les pratiques technocratiques centralisées. Le pouvoir est incapable de cerner avec finesse les difficultés. Un exemple : nous avons plus de 10 millions de chômeurs à temps partiel aujourd’hui en France, trois ou quatre fois plus que partout ailleurs en Europe,  ce qui prouve que nos  amortisseurs de crise sont mal calibrés. La crise est une occasion de plus de subir la bureaucratie et la paperasserie, atteignant des sommets d’absurdité. Le meilleur exemple en est la courtelinesque « attestation de déplacement dérogatoire » qui rappelle  pour les  anciens encore en vie  « l’ausweis » de l’occupation allemande… Et que dire de la pratique du mensonge pour cacher l’incurie et  l’impréparation comme l’a été la triste comédie des « masques ».

Un appauvrissement démocratique.

A son habitude, le Président brasse large pour anticiper l’après-crise du coronavirus. Il rêve d’un  phagocytage de l’opposition, non pour la rallier  à lui, mais parce qu’en existant elle le gêne.  Il voudrait être seul face à Marine Le Pen, mais après presque trois ans de mandat, le vieux monde n’a pas disparu, il revit même. Peut-être enrage-t-il de voir Les Républicains se refaire une santé avec les municipales. Car c’est bien eux qu’il vise, les socialistes n’étant toujours pas relevé de leur déroute. La crise est grave, mais pas au point de renoncer à notre vie démocratique.  L’état d’urgence sanitaire donne déjà suffisamment de pouvoirs exceptionnels  à l’exécutif. Demain, quand le danger de l’épidémie sera éloigné, la France aura besoin au contraire de toute sa diversité démocratique pour envisager l’avenir. Il n’y aura pas un seul chemin possible, mais plusieurs pour nous reconstruire. Les Français pourront choisir leur voie librement entre les propositions qui leur seront faites. Un gouvernement d’union national créerait la confusion en asséchant le débat démocratique et en réduisant la vie politique à la confrontation entre un pouvoir en fin de mandat et des forces de contestation aux deux extrêmes.

La confusion vient aussi des médias en continu.

Depuis bientôt trois mois nous vivons avec un sujet unique qui tourne en boucle en continu sur toutes les chaines d’information, interrogeant tout ce qui peut l’être dès qu’un avis est donné ou qu’une décision est prise. Le coronavirus nous soule et de ces multiples interventions nait la confusion.  Les bons citoyens surinformés sur tout et son contraire ne savent plus quoi  penser. Au point que la confiance dans les gouvernants est ébranlée. Ni Les Républicains, ni le PS n’étant intéressés par la proposition du chef de l’Etat, il se pourrait qu’il persiste dans son intention, pour tenter de se donner  le beau rôle. Récupérer ici et là de nouvelles personnalités politiques lui assurerait de « rester spectateur de sa propre action politique », comme s’agace Julien Aubert, député LR du Vaucluse. S’ouvrir mais pas trop quand même. S’extraire de la logique partisane mais rester proche de son camp. La pratique du débauchage n’est pas la meilleure façon de rassembler. C’est confondre débauchage national et union nationale,  car ce type d’alliance est l’exact contraire d’une union véritable attendu qu’elle n’engage que des personnalités tentées par un maroquin et en aucun cas des forces politiques. Ce serait une confusion supplémentaire.

La présidentielle en ligne de mire.

La vérité, c’est que Macron ne sait plus comment sauver son quinquennat.  Ses réformes sont  tombées à l’eau, son calendrier est complètement vérolé par  les conséquences de la crise sanitaire. Que deviendra la réforme des retraites, celle de la constitution ?  En stratège politique, le président voudrait jouer les rassembleurs pour assurer sa crédibilité de sortie de crise et si possible sa réélection. Mais que vaut une démarche d’union nationale sans le Rassemblement National  dont le  poids électoral  en fait un parti incontournable.  On ne voit pas comment Marine Le Pen pourrait siéger aux côtés d’un président qu’elle critique avec virulence chaque jour plus violemment. Et c’est  la même chose pour la France insoumise de Mélenchon. Non, la proposition du chef de l’Etat est un leurre.  Elle est faite pour endormir l’électorat. Il ne peut y avoir « d’union sacrée » sur des bases aussi floues : car quoi, on cherchera vainement une quelconque volonté d’alliance sur un programme commun pour un temps donné.

 


QUAND LA MONNAIE TOMBE DU CIEL.

Des-liasses-de-billets

En bref : l’argent va couler à flots, on va emprunter à tour de bras, on ne remboursera pas, mais  en France on a deux problèmes.

Le sujet de la dette.

C'est la question qui va se poser régulièrement et qui reviendra comme un refrain. Avec sa question induite : « Qui paiera » ?  Oui, qui va payer pour toutes ces centaines de milliards d'euros que les États distribuent et vont continuer à distribuer ? Car, c’est une évidence, les Etats n’ont pas l’argent qu'ils distribuent. Ils l'empruntent quasiment tous aux banques centrales. Forcément, on se  demande  bien comment on pourra rembourser. « Helicopter money » est devenu le terme qui illustre cette masse d'argent qui tombe directement sur les comptes des particuliers. Ce serait plutôt des Canadairs que des hélicoptères.

L’Europe mobilise au total plus de 2 000 milliards.

Et d’abord, d’où viennent ces 2000 milliards d’euros que les Etats mobilisent pour faire face à la crise ? Ils sortent de trois poches. D’abord celle des Etats membres qui ont cassé leur budget et se sont assis sur les normes de bonne conduite de Maastricht. Ils sortiront 500 milliards et principalement des grands pays de l‘Union européenne. La deuxième poche sera celle de l’Union européenne,  via trois canaux : la Banque européenne d’investissement qui va prêter 200 milliards à des entreprises, la Commission qui se réserve de lever 100 milliards et le MES mécanisme européen de stabilité va sortir 200 milliards. Mais le gros de l’effort viendra de la troisième poche, la plus  profonde, la BCE : la Banque centrale européenne s’est engagée à racheter pour 1000 milliards de dettes aux banques. Pour simplifier : les banques centrales distribuent de l'argent aux banques, elles distribuent de l'argent aux États, indirectement, en rachetant leurs dettes, et elles distribuent de l'argent aux entreprises, toujours indirectement en rachetant leurs dettes. Comme en plus il va falloir relancer la consommation et compenser la perte de pouvoir d'achat liée à la crise, on va donc plus loin. Les États, et la France, une fois de plus en pointe pour ce type d'initiatives, distribuent de plus en plus d'argent. Les déficits n’en finissent plus de se creuser : sécu, budget, assurance chômage,  solidarité …

La crainte des contribuables.

Quand on entend « qui paiera ? », c’est surtout la crainte des contribuables de voir les impôts exploser qui s’exprime. Et ressort ce fantasme qui revient à chaque crise, d'un « prélèvement exceptionnel » très élevé sur les actifs financiers au-delà d'un certain seuil. Il y a eu des précédents.  Tout  le monde se souvient de « l’impôt sécheresse » de 1976… Et l’imagination de nos politiques est débordante en la matière : ça va du rétablissement de l’ISF à la création d’un impôt spécial corona, en passant par des taxes exceptionnelles comme  celle que Laurent Berger a déjà proposé. La  France est la reine du concours Lépine quand il  s’agit d’inventer des impôts nouveaux. Il  y a deux écoles : il y a ceux qui cherchent des idées pour faire payer des taxes et des impôts à tous les autres qu'eux ; et il y a ceux qui veulent que cette dette soit un jour annulée, ou qu'elle devienne « perpétuelle », ce qui revient, peu ou prou, au même. Ces derniers n’ont pas tort.

La solution est toute simple.

En fait, arrêtez de vous préoccuper de la dette, elle ne sera jamais payée. Nous ne rembourserons jamais la dette liée à la relance post-Covid. D’abord, elle ne va rien coûter. Certains pays, dont la France ou l’Italie, sont déjà très endettés, mais beaucoup en Europe le sont moins  et  comme par ailleurs, l’Union européenne est une meilleure garantie que la somme des garanties nationales les taux bas sont garantis pour longtemps.. Car le fait nouveau est que la solidarité  joue cette fois-ci, et que l’Allemagne est d’accord. La BCE, qui rachète les dettes des banques commerciales pour qu’elles puissent accorder de nouveaux prêts va donc être un instrument clef d’une mutualisation très forte. La BEI Banque Européenne d’Investissements) et le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) également. Donc les moyens de financement prévus sont beaucoup plus puissants et moins chers que si on laissait les membres du club se débrouiller chacun de leur côté.  Tout cela rend une inflation ou une hyperinflation, qui devrait découler de la surabondance monétaire, quasiment impossible.

Mais la réalité probable est encore plus simple. Ces 2000 milliards ne seront jamais remboursés, ni aux Etats, ni à l’Union Européenne ni à la BCE ... Ces 2000 milliards seront inscrits et stockés dans un compte spécial, corona, crise exceptionnelle, sous forme d’emprunts très long terme, plus de 30 ans, qui pourront être renouvelés. Une sorte de dette perpétuelle qui sera garantie par les contribuables européens mais auprès desquels on ne fera jamais jouer cette garantie, jusqu’au jour où on annulera la dette. Mieux, ça ne gênera personne, pas même les héritiers lointains des épargnants qui auront tout oublié ou disparus et si cet effort exceptionnel permet de redresser les machines économiques et d’écarter les risques.  Keynes, le champion de la recette, disait : « A très long terme, les épargnants ne demandent jamais le remboursement de leur épargne, pour une raison simple, c’est qu’à très long terme, ils sont morts ». On va donc être tous endettés à perpétuité, car le grand argentier de Trump dit la même chose. Et un jour, coup de baguette magique, on annulera dans le monde entier tout ou partie de la dette.

Il y a quand même deux problèmes.

Avec de la croissance, sans crise de coronavirus, nous avons en France, année après année, fait exploser notre dette. Avant même le coronavirus, nous avions rejoint le club très fermé des pays dont la dette est supérieure à 100%, avec le Japon, la Grèce, le Zimbabwe, entre autres.

Le problème c'est que des pays comme la France qui ont ouvert les vannes encore plus grand, en faisant sauter la digue des 3% de Maastricht, ne vont plus pouvoir les refermer. C'est qu'une fois qu'on commence à distribuer de l'argent, il est difficile d'expliquer à ceux qui vont en réclamer qu'on ne peut plus le faire. Chez nous, il y a de grandes chances que cette distribution d'argent devienne un « acquis », et sachant qu'en France on ne revient jamais sur les « acquis », la situation risque d’être compliquée à gérer. On voit déjà venir un plan « santé » exceptionnel, puis un plan « éducation » exceptionnel, puis pour la justice, et ainsi de suite... Chez  nous, l’exceptionnel pourrait devenir la règle. Seulement l'Allemagne et les pays d'Europe du Nord qui vont reprendre tranquillement le chemin de la bonne gestion des finances publiques ne vont pas accepter que nous créions chaque année de « l'exceptionnel » à tour de bras. Il faudra  bien que nous nous décidions à mieux gérer nos finances publiques. La  crise n’a-t-elle  pas révélé la suradministration et ses lourdeurs coûteuses et surtout son inefficacité ? Et ce jour-là, ça va coincer...  car le coronavirus ne va pas toujours être là pour servir de prétexte à une gabegie budgétaire annoncée.

L’autre problème, c’est que les Français qui le peuvent, chacun en fonction de ses revenus, ont décidé, pour l'instant, de ne pas dépenser leur argent, mais de le planquer sur leur livret A. Bien sûr, ils ne consomment pas et épargnent parce que nous sommes confinés, mais ils épargnent aussi parce qu'on leur a dit « nous sommes en guerre !» et Bruno Le Maire s’inquiète de la ruée vers l'épargne, et craint que cette épargne forcée ne se transforme en partie en épargne de précaution. D’autant plus que la crainte inévitable du chômage va l’alimenter. C’est pourquoi l’idée d’Eric Woerth de créer un livret « Coronavirus » a du sens pour orienter cette épargne vers le financement des TPE et PME.

AH, si nous étions au pouvoir … !




LA CARENCE DE L’ETAT TENTACULAIRE

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Nous ne sommes pas seuls : 195 millions d’emplois supprimés dans le monde, 3,3 milliards soit 81% de la population active mondiale, sont affectés par la fermeture totale ou partielle des lieux de travail, 60% des travailleurs dans le monde sont dans l’économie informelle souvent sans protection sociale …

Le  péché mignon.

Concernant le dernier chiffre ci-dessus, ce n’est pas le cas des travailleurs français. L’économie administrée est notre péché mignon et notre modèle social est un excellent amortisseur de crise qui permet  d’encaisser (à crédit) les chocs de conjoncture les plus violents. Ainsi le gouvernement a renforcé considérablement le  dispositif de chômage  partiel qu’il présente comme le plus généreux d’Europe. Mais nous sommes aussi au pays de Courteline : encadrement, réquisition, dérogation, sont notre lot. L’attestation de déplacement « dérogatoire » (au confinement) qu’il faut remplir pour chaque sortie en est un exemple parfait : elle prévoit six cas utilitaires allant des déplacements professionnels aux convocations judiciaires (sic) plus une septième de pur loisir, elle-même très encadrée (déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne, dans un rayon maximal d’un km de son domicile, liés à l’activité physique ou aux besoins des animaux de compagnie…).  Ajoutons à la liste un autre penchant : autorisation et aussi sa punition, l’amende ! Si l’Allemagne peut se flatter de pouvoir effectuer 500 000 tests par semaine de dépistage du Covid, chez nous Castagnette peut brandir près de 300 000 amendes que ses 100 000 policiers ont infligées  avec  4 millions de contrôle. 

L’Etat est partout de retour.

Il  n’est pas question d’en contester ici le  bien fondé.  En période de crise, même les Etats-Unis y ont recours : financement massif du chômage, soutien aux entreprises, éventuelles nationalisations temporaires, injonctions à l’industrie. Injecter des milliards d’euros dans la machine (110 milliards pour le plan de soutien en France) oblige à avoir recours à l’économie administrée et en France, le dirigisme s’appuie sur une forte tradition. Ainsi Bruno Le Maire, notre grand argentier du coffre vide, n’a pas hésité à menacer de retirer les garanties de l’état et d’interdire les reports d’impôt à toutes les entreprises qui rémunéreraient leurs actionnaires. Pousse-toi de là que je m’y mette ! Chez nous, l’art de gouverner c’est se mêler de tout et la crise est une aubaine.  Les  Régions, les départements, plus disponibles et à l’écoute, ont-ils commandé des masques ? Ils sont réquisitionnés par l’état à leur arrivée ! Plus que jamais nos technocrates de Bercy sont à la manœuvre et on imagine que c’est avec jubilation qu’ils ont dressé l’inventaire à la Prévert des activités qui seraient ouvertes ou fermées : les opticiens ? fermés ! Les parapharmacies des galeries commerciales ? ouvertes ! Les animaleries ? fermées, puis non, ouvertes ! (importants  les chiens-chiens). Les marchés de plein air ? on ouvre, bien sûr ! Comme dans Ubu, les  contre-ordres s’enchainent : on ferme finalement les marchés, puis on les ouvre sur proposition du maire au préfet… Et déjà on se prépare avec délectation à établir la liste des ouvertures programmées et  progressives de l’après onze mai. Que voulez-vous, il y a entre Bercy, Matignon et l’Elysée, une poignée de personnes confinées qui se sentent enfin utiles ! On leur a confié l’intelligence de tout un pays. Le  problème c’est qu’ils sont coupés du monde et privés de tout « feed-back ». Heureusement, les Français sont débrouillards.

Qui trop embrasse, mal étreint.

L’euphorie jacobine semble prophétiser la  renaissance, sinon la justification, du centralisme républicain. Les  partisans de l’étatisme se gargarisent mais ils feraient mieux d’évaluer l’étendue des dégâts de l’impuissance publique à laquelle le centralisme technocratique a conduit. La  débâcle de notre système sanitaire national en est l’étendard et la litanie glaciale quotidienne du médecin bureaucrate en chef, chaque soir, l’ordre du jour calamiteux. La France des normes, des règlements, des circulaires s’avère être un vrai boulet. L’affaire des masques et des tests, qu’on songe enfin à généraliser dès qu’on en aura, illustre plus une incurie qu’une efficacité.  La  comparaison avec l’Allemagne décentralisée est accablante. L’appareil étatique est à alléger, non à renforcer. Les lourdeurs administratives s’ajoutent  à l’impréparation du gouvernement, à ses volte-face (le premier tour des municipales est édifiant), à ses lenteurs. Ainsi les laboratoires non hospitaliers n’étaient pas autorisés jusqu’à récemment à pratiquer des tests de dépistage, le réseau des médecins de ville a été d’abord négligé, et que dire de la querelle sur le traitement de ce grand professeur qu’est Didier Raoult !

Il faut sortir du centralisme techno.

Notre modèle social est un amortisseur de crise, certes, mais prenons garde qu’il n’étouffe la reprise comme en 2010. La  crise sanitaire a mis à nu la crise de l’étatisme. La légitimité de la loi « d’urgence sanitaire » du 23 mars donne à l’Etat un pouvoir écrasant qui permet de limiter les libertés d’aller et venir, d’entreprendre, de se réunir, et bientôt, peut-être de « tracer » numériquement les individus en utilisant les données personnelles de leur téléphone. Si nous ne sommes pas vigilants, c’est une société de surveillance et un Etat liberticide qui s’instaurerait. Il  ne faut pas non plus que l’Etat-pompier,  qui joue son rôle, soit pris comme argument pour la généralisation du tout-Etat et les nationalisations, en prenant prétexte de l’argent déversé sans compter pour freiner la crise. La responsabilisation publique et l’initiative privée seront toujours plus efficaces, dans la durée, que l’Etat obèse et inconséquent, car c’est bien lui qui a mis l’hôpital public dans la situation de détresse qu’on a pu observer. Contentons-nous du vieux principe : quand la liberté opprime, c’est la loi qui protège. Mais la liberté d’abord ! Les enseignements de l’Histoire du 20ème siècle sont pourtant édifiants !

Quel après ?

Les  prises de  paroles  de certains  de nos responsables chez Les Républicains semblent prouver le contraire. Aurélien Pradié et Guillaume Peltier feraient bien de réviser leurs cours d’histoire. Ce n’est pas le libéralisme qui est en cause, mais son avatar néo-libéral, et ce n’est pas l’Etat-stratège, autre tarte à la crème, et la planification qui nous sortiront d’affaire. Si c’est ça la ligne du parti, ce sera sans moi. Et puis, il y en a marre de toutes ces petites officines que chacun s’ingénie à faire vivre en parallèle pour avoir sa prise de position en dehors. Ce n’est pas ainsi qu’on reprendra le pouvoir. J’aimerais qu’on écoute le message de sagesse de Jean-Louis Thiériot et la mise en garde de Nicolas Forissier. Bref, c’est la délibération collective et le rassemblement qui devraient prévaloir. Car quoi, les maux dont nous souffrons ne sont pas liés à un excès de libéralisme ni à un excès de rigueur budgétaire, mais à l’inverse. C’est leur insuffisance qui nous ruine. C’est parce que les caisses de l’Etat sont archi-vides -et la crise ne va pas les remplir- que la  politique s’étiole et se dissout en mots creux de communication médiatique : « les  masques sont commandés, ils vont arriver, ils ne vont pas tarder à arriver, ils vont bientôt être distribués, la distribution est en cours. .. ». Si on doit continuer indéfiniment les politiques de relance et d’accroissement de la dette, alors oui, on courra à la catastrophe. Si l’Allemagne s’en tire mieux que nous ce n’est pas seulement parce qu’elle est moins centralisée, c’est aussi  parce qu’elle est moins endettée et qu’elle a donc retrouvé des marges de manœuvre budgétaires. Après la crise il faudra conjurer la demande exponentielle d’Etat-providence, de protection, d’indépendance nationale tous azimuts, en résolvant l’incapacité structurelle de nos entreprises à  être compétitives dans un monde qui restera ouvert parce qu’on ne le fermera pas d’un coup de baguette magique. Il faudra aussi remettre à leur place les demandes exacerbées des écologistes qui font feu de tout bois pour tenter de tirer la couverture à eux. Comme si la crise de nos hôpitaux était liée à un déficit de politique environnementale…  D’ailleurs si on veut répondre à la  promesse d’une mobilisation grandiose en leur faveur, il faudra bien commencer par emplir les caisses, non ? Alors, la décroissance … Et puis, faisons en sorte que le pouvoir ne soit pas trop tâtonnant, car le plus grand péril qui nous guette, c’est que le populisme s’en empare.

 


TEASING HALETANT !

Macron le messie

Ce sera ce soir à 20h.

Des « sources bien informées » nous tiennent en haleine depuis  plusieurs jours... BFMTV  nous allèche avec des « indiscrets » … IL va nous parler du « monde d’après ». IL consulte beaucoup. Cramponnez-vous,  nous entrons dans l’ère de la communication « science-fiction ». IL aime la métaphore filée, donc, après la « guerre », la  « libération ».  Nous allons connaître une « nouvelle ère », que dis-je une « refondation ». Et pour que rien ne manque : « sur le modèle du Conseil National de la Résistance en 1945 ». Rien que ça ! Il se prend pour de Gaulle. On peut donc craindre le pire ! Nous on pensait bêtement qu’on était en guerre contre un virus. En fait non, c’est vraiment la guerre ! C’est l’Histoire avec un grand H qui se joue sous nos yeux mais est-ce que « l’appel du 13 avril » restera dans l’histoire, c’est une autre histoire.

Nous on voudrait juste savoir tout bêtement quand on va pouvoir sortir dans la rue normalement, où trouver un masque et éventuellement un test de dépistage. Le reste, c’est pas LUI qui en décidera.  C’est nous. Et en contrepoint des mots, toujours des mots, encore des  mots, je LUI propose de méditer ces douze réflexions  de Maxime Tandonnet  :

  1. La prodigieuse fragilité du monde interconnecté, du village global : la transparence, la fluidité parfaite des échanges d’images et des informations produisent une émotion globale qui emporte tout sur son passage. Des épidémies encore plus graves, provoquant, non pas des centaines de milliers de morts, mais des dizaines de millions (grippe espagnole de 1919), il s’en est produit dans le passé, dans un monde plus solide sur ses bases, mais sans provoquer une telle secousse. Demain, la foule planétaire fébrile nous expose à d’autres mouvements de panique qui seront encore plus tragiques.
  2. L’illusion de l’Etat de droit : nous pensions nos droits protégés par de formidables empilements de protections juridiques, conventions (cedh), Constitutions, profusion des jurisprudences (Cour de Justice, Conseil d’Etat, Conseil constitutionnel, etc.) . Il suffit d’une grande peur pour que tout ceci vole en éclat y compris le plus précieux des droits de l’homme, celui d’aller et venir. Et plus rien ne tient désormais, pas même la propriété privée. Demain, dans la même logique de circonstances exceptionnelles, on pourra réquisitionner les appartements et les maisons.
  3. L’effondrement de la valeur liberté :  la société française (comme d’autres) s’accommode de l’abolition d’une liberté fondamentale, celle d’aller et venir, avec une facilité déconcertante. Confiner un peuple est une mesure qui revient à l’assigner à résidence, une notion de droit pénal d’enfermement à domicile plutôt qu’en prison. En vertu de la préférence pour la sécurité, la société accepte de renoncer à sa liberté la plus élémentaire celle d’aller et venir, et par là-même à sa dignité.
  4. La faillite du Service public : la tragédie actuelle est le fruit de plusieurs décennies de mépris envers le service public, en l’occurrence le service public hospitalier, marquée par les coupes sombres dans les effectifs et les moyens, une gestion à courte vue qui interdit de disposer du volant nécessaire, en situation d’épidémie, de lits en réanimation. L’essentiel du drame se situe dans cette faillite qui explique aussi pourquoi l’Allemagne ayant conservé des capacités médicales suffisantes s’en sort infiniment mieux que la France.
  5. La médiocrité avérée de la classe dirigeante : la crise jette une lumière crue sur l’affligeante médiocrité des dirigeants politiques qui ont fait naufrage dans l’indécision, l’impuissance, les volte face et les mensonges – sur l’affaire des masques et des tests de dépistage, toujours indisponibles en France après trois mois de crise, qui permettent à d’autres pays de surmonter dignement cette épreuve – fuyant en permanence leur responsabilité dans une vertigineuse débauche de bavardage narcissique et de communication. C’est un vrai sujet de l’avenir: comment la France a-t-elle pu produire, en quelques décennies, une classe dirigeante aussi médiocre – sans que n’apparaisse de solution alternative.
  6. La défaillance de nombreux « intellectuels » (ou « la trahison des clercs ») : nombre d’entre eux bien connus et jadis admirés, ont failli à leur devoir de penser en hommes libres avec le recul et la distance nécessaires, pour se confondre avec le troupeau des zélateurs obséquieux au titre de la supposée « union nationale ».
  7. L’abêtissement général : il s’exprime dans l’incapacité d’une société à prendre de la hauteur par rapport à l’événement, surtout face au mensonge suprême source de toutes les manipulations : « c’est la guerre« . Il suffit de feuilleter un manuel d’histoire pour constater de toute évidence que la situation actuelle n’a rien de commun ni avec la Grande Guerre, ses 20 millions de morts, dans des conditions d’une horreur indescriptible, ni avec la deuxième Guerre mondiale, ses 50 millions de tués, ses batailles de chars, ses pratiques d’anéantissement, ses camps de la mort. L’acceptation passive du « c’est la guerre » est le signe patent de notre crétinisation.
  8. Les côtés obscurs de la nature humaine : on les voit ressortir en temps de crise et de panique : la rage collective envers qui donne des signes de refus de marcher au pas  (le jogger), le goût du nivellement, de la jalousie à travers l’interdiction de marcher sur la plage ou dans la forêt, voire même de s’asseoir sur un banc, attitudes qui n’ont rien à voir avec le risque de contamination, comme si l’image de la liberté individuelle la plus élémentaire et la plus quotidienne devenait insupportable à la société malade en quête de bouc émissaire.
  9. Le triomphe de l’absurdité bureaucratique : quand la bureaucratie opaque, invasive, totalitaire, prétend régenter les moindre aspect de la vie quotidienne: l’interdiction de courir à certaines heures de la journée est d’une bêtise bureaucratique confondante, à laquelle les pires excès du Gosplan soviétique n’ont rien à envier : vous avez donc le droit de marcher, mais si vous commencer à courir, à certaines heures, vous êtes en infraction. Et sur le terrain, les petits bureaucrates qui en rajoutent avec un zèle méticuleux ne manquent pas.
  10. La fuite dans l’idéologie et l’utopieil est désormais question partout du « jour d’après » ou du « monde d’après« . Rien ne sera plus comme avant nous dit le discours politico-médiatique qui nous convie à rêver du lendemain radieux. C’est une manière de fuir la réalité : des millions de Français privés d’emplois, la détresse des petits commerces, de la restauration, de l’artisanat privés de leur outil de travail, l’explosion des dettes publiques que devront financer nos enfants.
  11. L’indifférence et l’égoïsm: envers la tragédie des EHPAD, et la tentation de ne pas prendre en compte sur le plan statistique les décès qui y surviennent, dans l’abandon et la solitude. Mais aussi, sur les conditions du confinement : il n’a évidemment pas la même signification pour une famille de quatre personnes disposant d’une maison de 200 m2 et de son jardin et pour un couple avec trois enfants vivant dans 70 m2 d’une barre d’immeubles où il est synonyme d’enfer avec des risques de séquelles psychologiques effroyables pour les enfants. Mais cet enfer quotidien que subissent en ce moment de nombreuses familles confinées avec des enfants, emprisonnées à domicile, – inadmissible – n’est pas une préoccupation première.
  12. Hypocrisie autour des héros du quotidien : la revanche de la « France d’en bas » nous dit-on : le personnel hospitalier, les livreurs, les caissiers, les fonctionnaires directement exposés, les transporteurs, les éboueurs de nos quartiers, les travailleurs manuels. Matraqués et traînés dans la boue pendant la crise des gilets  jaunes, adulés aujourd’hui comme les sauveurs de la France confinée. Oui, mais demain, personne ne lèvera le petit doigt pour eux et le retour à leur condition initiale se fera tout naturellement. Qui veut parier?

                                                                                                                                                            Maxime TANDONNET





MAIS SI L’EUROPE EST LA ! HEUREUSEMENT !

BCE 2

 

L’Europe a beaucoup de défauts, et nous aurons à tirer des leçons de cette crise sanitaire.  Notamment, puisqu’elle ne compte plus pour les Etats-Unis accaparés par leur affrontement avec la Chine, elle devra absolument construire sa souveraineté sanitaire pour ne pas dépendre de puissances extérieures en matière d’approvisionnement de médicaments et matériels de soin, ce qui implique clairement pour les  pays européens de l’Union d’investir de manière collective et coordonnée dans leur capacité industrielle. D’autant plus qu’elle a les entreprises pour le faire. Pour répondre à la crise, il faut « plus d'Europe, une Europe plus forte et une Europe qui fonctionne bien ». La  bonne nouvelle, c’est que l’Allemagne a compris que c’était aussi son intérêt.

Le rôle de la Banque centrale européenne.

Il aura été primordial. Ceux qui reprochent à l’Union de laisser tomber l’Italie ou la Grèce, parce  que certains refusent les « coronabonds » oublient l’essentiel. Certes l’Europe ne peut pas fournir ce qui manque à tous et qu’aucun pays ne produit plus guère : des masques ou des respirateurs qu’il faut commander à la Chine. Celle-ci, à l’affut, et faisant mine d’oublier que la pandémie vient de chez elle se permet des « gestes » humanitaires en « offrant » des livraisons… la  propagande avance masquée,  c’est le cas de le dire. Supériorité des régimes « autoritaires » ? Si c’est pour truquer la vérité chinoise et imposer l’omerta russe, non, merci ! Revenons à nos moutons : sans la  BCE, et donc sans l'Europe, la plupart des pays de la zone euro seraient en faillite, à commencer par la France. Sans la BCE, des pays comme l'Italie, l'Espagne et la France devraient se financer, compte tenu du niveau de leurs déficits et de leurs dettes, à des taux très élevés. Sans la BCE, aucun plan de relance budgétaire ne serait possible. La Banque Centrale Européenne, c’est la plus grande initiative européenne,  puisque son intervention massive n’est possible qu’avec l’accord unanime des  partenaires de la zone Euro. Comme le dit  Marc Fiorentino, en paraphrasant Sardou : « Si la BCE n'était pas là, nous serions tous en faillite ! ».

L’importance de la monnaie unique.

Nous avons la chance extraordinaire  d'avoir une monnaie commune qui évite une guerre des monnaies et les dévaluations sauvages, d'avoir une banque centrale qui finance les dettes des pays en difficulté, et l'Allemagne qui accepte de « garantir » de fait l'endettement d'une partie des États de la zone euro. Les  Européens ont accepté de mettre entre parenthèses le « pacte de stabilité » ce qui nous arrange bien  car nous étions incapables de rentrer dans les clous. Mais point n’est nécessaire de créer de nouveaux fonds spéciaux d’aides (les coronabonds)  comme  l’explique Wolfgang  Schaüble, l’actuel  président du Bundestag, ancien ministre de l’économie : utilisons d’abord les outils existants. Et ils sont suffisamment nombreux à commencer par le MES, Mécanisme Européen de Stabilité, doté de 500 milliards d’euros, ou la  Banque Européenne  d’investissement, dont on peut élargir le cadre de garantie… et dont les actions peuvent s’ajouter à celle de la BCE. Nous avons donc toutes les raisons d’affirmer que l’Europe est solidaire. Cependant, chacun doit désormais apporter aussi sa contribution. La solidarité n’est jamais un processus à sens unique.

Les  médias  sont  niais sur l’Europe.

Il  est, en effet, étonnant, énervant même, d'entendre des commentateurs expliquer que l'Europe ne fait rien, qu'elle laisse les pays membres se débrouiller seuls, qu'il n'y a pas d'initiatives européennes. Ils passent quasiment sous silence la solidarité de l’Allemagne qui a pris en charge des malades italiens et français.  Il existe de multiples exemples d’entraide, qui passent au second plan à cause du sujet central dont on nous abreuve à jet continu d’émissions spéciales « coronavirus ». Ces médias oublient tout simplement la Banque Centrale Européenne et les centaines de milliards qu’elle a décidé de débloquer  pour les  mettre à la disposition des Etats. Et de fait, Les banques sont devenues des distributeurs d'argent gratuit distribué par la BCE et garanti par la BPI, des agences nationales de la BCE : c’est comme si elles étaient nationalisées, ou plutôt  « européanisées », de fait. C’est évidemment une situation transitoire, mais cela leur évitera de provoquer la prochaine crise. En France, les « Prêts garantis par l'État » (PGE) bénéficient d'une garantie de l’État à hauteur de 70 à 90%, selon la taille de l'entreprise. Berlin s'apprête à relever à 100 % la garantie d'État assortie aux prêts pour les PME fragilisées par la crise du coronavirus. Et Merkel, sortant de son confinement volontaire pour montrer l’exemple, affirme sans ambages : c'est « dans l'intérêt de l'Allemagne que l'Europe sorte forte de cette mise à l'épreuve ». quant à l’Union européenne, il suffit de voir avec quelle énergie la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, malgré des prérogatives limitées, cherche à renforcer la solidarité, soyons convaincus que tout ce qui est nécessaire sera fait pour rester ensemble. Même si c’est vrai que cette crise implique que nous progressions chaque jour à tâtons, car bien malin est celui qui nous dira précisément où tout cela mènera.

L’union financière, pour l’instant, fait ses preuves. Voilà un vrai sujet pour les « nationalistes » anti-européens, qu’on entend peu. Il sera intéressant, par exemple, de voir dans quel état va se trouver le Royaume-Uni livré à son sort, et inévitablement abandonné par les Etats-Unis qui ont d’autres chats à fouetter. Le  monde est cruel !


DEBAUCHE DE COM’

Guignol-1

L’épidémie que nous subissons constitue un test concret de la capacité des gouvernants à la combattre. Il suffit de voir les stratégies divergentes d’un pays à l’autre pour s’en convaincre. C’est même un test impitoyable dans la mesure où on peut apprécier presque en temps réel  la performance de ceux qui tiennent les manettes. Chez nous, elle se mesure au bilan que dresse chaque soir le professeur Jérôme Salomon, le Directeur Général de la Santé, égrenant sa liste morbide mesurant l’évolution de l’infection de la population par le virus, en nombre de malades, en cas graves et en décès.  Mais pour morbides qu’elles puissent paraître, les statistiques dont on nous abreuve ont un objectif : même si comparaison n’est pas  raison, elles sont utiles au gouvernement pour lui permettre de nourrir l’opinion publique. Ainsi, le « politique » peut s’en servir pour assurer sa dialectique et orienter sa communication, en donnant l’impression d’être pro-actif, en suivant la réalité.

Symptôme révélateur d’un pouvoir dépassé.

Ce besoin de recourir au « paravent » scientifique qu’ont le Gouvernement et le Président de la République, en s’entourant de « comités » largement mis en avant pour cautionner les décisions prises, peut être reçu comme un besoin de se retrancher derrière l’argument indiscutable fourni par la  science. On peut y voir  le signe d’un pouvoir qui aurait peur d’assumer ses  choix. En fait de "politiques", nous sommes bien en présence de technocrates désincarnés qui nous administrent plus qu’ils ne nous gouvernent. Ce qui expliquerait qu’on ait un exécutif plus suiviste qu’anticipant qui fait déplacer des malades à grands renforts de trains, hélicoptères, bateaux, pour montrer qu’il agit, alors que des cliniques privées à proximité restent vides et l’arme au pied !!!! (TF1 13H, du 1/04) Tout ça pour tenter de donner le change. 

Une épidémie d’abord prise à la légère.

Rappelons-nous les propos de la Ministre de la Santé fin janvier. Ils témoignaient de l’appréciation qu’on avait alors à l’Elysée et à Matignon sur l’improbabilité que la crise chinoise  qui n’en était qu’à ses débuts parvienne jusqu’à nous. Nulle précaution, nulle anticipation alors. Nous campions sur la certitude d’avoir le meilleur système de  santé du monde, de toute façon capable de faire  face si  par nature le virus osait pointer  le bout de son nez chez nous. Nous sommes pourtant le pays qui a inscrit le principe de précaution dans notre Constitution. Cela me rappelle le Maréchal Le Boeuf disant à Napoléon III qu’il ne manquait  pas un bouton de guêtre à ses soldats pour déclarer la guerre à l’Allemagne, en 1870. Ce qui me confirme dans ce jugement c’est l’accident Buzyn.  Déjà, voir la Ministre de la Santé abandonner son poste alors que la crise sanitaire en était aux prémices, pour aller remplacer au pied levé le candidat Griveaux dans les conditions que l’on sait, c’était à la limite surréaliste. Probablement amère du score  pitoyable qu’elle a obtenue, elle en a rajouté  dans une interview dont les propos laissent rêveurs, pour affirmer qu’elle avait alerté l’exécutif  du péril qui s’annonçait.  On avait donc bien pris du retard dans la mise en place du dispositif de lutte contre une pandémie déjà en route.

Déluge verbal présidentiel : la verbigouvernance.

Cette grille de lecture nous permet de comprendre l’enchaînement des actions gouvernementales à partir de la fin de la première semaine de mars : prise de parole solennelle de Macron  le 12 mars, annonçant la fermeture  des écoles à partir du 16 mars, irruption de Philippe au 20H le 14 mars, veille des élections pour annoncer la tenue des élections mais la fermeture de tous les commerces sauf de ravitaillement, dès le soir même, puis à nouveau Macron le 16 mars pour annoncer  les  deux premières semaines de confinement. Cette  avalanche de décisions témoigne d’une précipitation et  tombe sur une France insouciante qui n’y comprend rien, continue de se promener et de profiter du soleil printanier. Il faudra  le confinement strict pour que la prise de conscience ait enfin lieu. Il faudra du temps  pour s’apercevoir qu’il est justifié avant tout par une pénurie …  de tout : de  masques, de tests, de gel hydro-alcoolique, de respirateurs, de personnels  soignants. On découvre alors que nous sommes  « verbigouvernés ». On parle  beaucoup pour occulter une réalité sur laquelle on ne peut plus que faire semblant d’agir. Alors, Macron nous soule !  Il est partout, se déploie sur le terrain, à la Salpétrière, à Necker, dans un Ehpad, se métamorphose en chef de guerre en pérorant devant un hôpital militaire pour le symbole.  Mais enfin,  est-ce son rôle ? Tout ce qu’il annonce il l’a déjà dit à d’autres et multiples occasions.  Le Premier Ministre n’est pas  en reste qui doit prendre  une heure et demie à la télé  vendredi dernier pour faire  le tour par le menu de tout ce qui a été entrepris, aréopage de scientifiques à l’appui, pour la fiabilité. Peur que la sienne ne suffise pas ?

Sondage cruel.

L’exécutif donne l’impression de courir après le temps perdu. On découvrira un jour qu’on aurait pu peut-être faire autrement. Au moins au passage, Roselyne Bachelot et ses millions de vaccins contre  la grippe  H1N1 se sera vue réhabilitée par ceux-là mêmes qui l’avaient pendue haut et court à l’époque. Nos gouvernants  courent surtout après leur crédibilité.  Car si certains sondages  (Harris par exemple) semblent montrer une certaine cote de l’exécutif, le sondage approfondi publié par le Figaro mardi dernier est impitoyable et exprime une confiance en chute libre :  69% des Français pensent que l’action du gouvernement n’est pas claire, 70% qu’il ne dit pas la vérité, 75%  qu’il n’a pas pris les bonnes décisions, 75% qu’il n’a pas fait ce qu’il faut pour équiper  les hôpitaux, 79% qu’il ne sait pas où il va, 88% qu’il aurait dû décider le confinement plus tôt… D’où la tentation d’occuper  les médias pour noyer la communication et empêcher l’opposition de s’exprimer, avec un Premier Ministre  venant lui aussi régulièrement à la télé, un Ministre de la Santé donnant le compte-rendu précis et quotidien de la situation et une porte-parole zélée qui accumule les  bourdes ! Sauf que l’efficacité du verbe présidentiel est indexée sur sa solennité. A se prononcer sur tout et à se répéter sans cesse, Macron le banalise : imagine-t-on le Général  De Gaulle s’adresser à la nation pour annoncer qu’il a commandé un milliard de masques ! Il a encore parlé pour ne rien dire (de plus), entends-je autour de moi. Et le fait d’appeler sans cesse à l’union nationale est la preuve la plus certaine qu’elle n’est pas réalisée, car réitérer une consigne trahit toujours l’insuffisance, sinon l’échec de son application.  

Vous l’avez compris, la débauche de com’ c’est le signe le plus tangible que le pouvoir est désemparé. Pas certain qu’il sauve les meubles de cette façon.

 


SUR LES RESEAUX DECHAINES…

Internet

 

Quelques nouvelles lues ici ou là …. Bien évidemment, le  virus se taille la  part du lion.

Coronavirus 1 : une enquête a permis d’établir que le pangolin n’y était pour rien (Le  club des Echos). Nous voilà rassurés.

Coronavirus 2 : le Prince  Charles  est contaminé. Quelle époque !  Même les virus ne respectent plus rien !

Coronavirus 3 : Après sa démission du conseil scientifique de Macron, « le Professeur Raoult est-il le De Gaulle du Covid 19 ? » se demande l’Obs. Nouvelle version de « j’ai raison seul contre tous ! ».  Espérons qu’il supporte la comparaison avec le Général.

Conoravirus 4 : le côté obscur de  la force. Alors que les Français applaudissent les soignants tous les soirs à 20H, des « bas de plafond» se permettent d’ostraciser des infirmiers ou des soignants qui habitent leur immeuble en leur demandant avec insistance d’aller vivre ailleurs, pour ne pas être contaminés. Honteux !

Coronavirus 5 : la  crise sanitaire aura des conséquences sur la croissance. Récession : 3 Points de moins de PIB pour Bruno Le Maire, si le confinement dure un mois ;  6 points de  moins pour l’Insee si le confinement dure  deux mois. Cohérent. Qui peut me dire combien de  points en moins si le confinement dure trois  mois… ?

Coronavirus 6 : Un constat impressionnant. Depuis le confinement, l’air est  plus  respirable dans les  grandes villes  et  particulièrement à Paris. CQFD. Pourvu que ça ne donne pas  des idées à Hidalgo. Je parie qu’on ne va pas tarder à nous annoncer aussi un record triomphal de moindre  mortalité sur les routes.

Coronavirus 7 : Je lisais naguère que  nos savants qui explorent la galaxie comprenaient mieux les « trous noirs ». Ils n’ont pas vu que nos maisons de retraite seraient le trou noir de l’épidémie (L’opinion). Trop proches, certainement. 

Coronavirus 8 : Des masques moisis auraient été livrés à des soignants à la Réunion. Très regrettable ! On ne peut pas croire que ce soit la durée du voyage, même par bateau, qui en soit la cause. Or plaisanterie, la question reste posée : « Où sont passés  les masques ? » Nos  policiers ont dû donner les leurs aux hôpitaux, alors qu’ils sont en première ligne pour faire respecter  le  confinement….

Boulet : « On ne va pas  demander aux enseignants qui ne travaillent pas de traverser toute la France pour aller ramasser des fraises ! » Je traduis : «  On en va quand même pas demander aux fainéants de bosser un peu ! ».  Les enseignants qui s’échinent pour trouver des solutions avec internet pour faire cours auront apprécié. De qui est la boulette ? Eh oui, gagné, c’est Sibeth. A croire qu’elle a été élevée au jus d’Hanouna.

Carnet mondain : Meghan et Harry vont parait-il quitter leur manoir de  Vancouver au Canada. Ils hésitent entre la Californie et l’Angleterre pour se poser après le « Megxit » du 31 mars.

Air du temps : « l’Internaute » propose 40 lieux pour se sentir seul au monde ! Le site ne précise pas si c’est loin des virus.

Edition : finalement c’est Stock qui publiera l’autobiographie de Woody Allen.

Pas sortis de l’auberge : on connait le « conseil scientifique » chargé de conseiller Macron. Le président de la République a installé cette semaine un nouveau "comité de chercheurs" pour accompagner le gouvernement dans le choix de sa stratégie de sortie du confinement imposé à la population depuis le 17 mars. Notamment en explorant le potentiel des outils numériques et des données de localisation. Le confinement risque de durer longtemps : le temps qu’ils étudient toutes les hypothèses et testent les solutions !

Aïe : Cyril Hanouna prépare une émission TPMP de 48h en direct de son domicile ! 

 


LA LIBERTE COMME REMEDE A NOS MAUX

Baverez Le-monde-selon-Tocqueville

 

Une drôle d’expérience.

Je sais que le titre de cet article fait un  peu provocation par rapport à la situation de confinement que nous vivons et qui est, je l’espère, temporaire. Je profite du temps  dont nous disposons tous pour approfondir la réflexion sur notre devenir, celui de la France et de l’Europe. Car la crise sanitaire, en  mettant notre économie quasiment à l’arrêt et en ouvrant toutes grandes les  vannes des « liquidités » pour financer, ne va pas vraiment arranger les choses. Déjà, Macron a annoncé que plus rien ne serait comme avant : « Il nous faudra demain, tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties ». C'est que cette crise va provoquer une accélération de la mutation structurelle de l'économie, vers une croissance plus faible, voire vers la décroissance, avec ses effets dévastateurs, comme le chômage.… Les « « millenials » remettent en question depuis longtemps notre modèle, ils remettent en cause la surconsommation, responsable selon eux de la destruction programmée de la planète. Et Macron semble vouloir aller dans leur sens et se refaire une santé avec la  « croissance durable » !  Un débat sur lequel nous aurons l’occasion de revenir. Déjà on se demande bien comment, sans croissance, on pourrait rembourser la dette abyssale à laquelle on va parvenir. « Hélas, c’est là qu’est l’os ! », et je parie qu’on va nous ressortir les balivernes marxistes habillées en vert. Le sujet, c’est donc bien « la liberté ».

Actualité de Tocqueville.

Le seul remède efficace à nos maux, c’est la liberté, selon Tocqueville. Nicolas Baverez, dans un livre lumineux qu’il faudrait lire, « Le Monde selon Tocqueville », refait le chemin pour nous. La  pensée de l’auteur de « De la démocratie en Amérique », disparu il y a cent soixante ans, n’a jamais été aussi  pertinente. Et les temps que nous vivons mettent vigoureusement à l’ordre du jour la pensée « tocquevillienne ». Elle nous permet de comprendre la crise que traversent nos démocratie minées par le désengagement de citoyens individualistes et la  tentation de dérives autoritaires. A travers le recueil de l’œuvre de ce démocrate de raison, de larges extraits sélectionnés et classés par thème par Nicolas Baverez, on découvre « la plus formidable –et toujours actuelle- analyse du système démocratique, de ses bienfaits et de ses limites » nous explique Daniel Fortin dans Les  Echos. L’analyse des faiblesses françaises telles que centralisation excessive, religion de l’impôt, préférence  pour la radicalité politique, est d’une étonnante actualité.  Il montre aussi à quel  point  la passion des hommes pour l’égalité, si française, peut se retourner contre la démocratie et dégénérer en despotisme. On y retrouve les traits de notre histoire : besoin de sécurité, culte de l’homme providentiel, haine sociale (envers la noblesse hier, les riches aujourd’hui), et qui constituent les failles dans lesquelles n’importe quel régime peut sombrer. En ce début  de 21ème siècle, au moment où le monde connaît une crise de la démocratie d’une ampleur inédite,  jusqu’au sein même des Etats-Unis, l’acuité de la vision de Tocqueville parait inouïe.

Petit détour en philosophie.

Nicolas Baverez décrit avec précision ce qu’il appelle « le krach démocratique », thème qu’il reprend en plus approfondi dans son ouvrage récent « l’Alerte démocratique » (dont j’ai fait le résumé dernièrement), et démontre à quel point la lecture de Tocqueville, qui avait tout prévu, peut  permettre d’y faire face. Mais qui est donc cet Alexis de Tocqueville, auteur si peu connu en France alors qu’il  est respecté aux Etats-Unis, et dont les écrits sont subitement devenus à la mode ? Aristocrate de cœur, Tocqueville dérange par son caractère inclassable. Il  est trop  libéral pour les monarchistes et les conservateurs, et trop  aristocrate pour les Républicains. IL  n’appartient à aucun parti ni aucune école de pensée. S’il est considéré aux Etats-Unis c’est grâce à la  puissance de son analyse sociologique et politique. Il n’est ni un prophète ni un doctrinaire, mais un historien et un sociologue et la démocratie n’est pas à ses yeux une cause à défendre mais un état de la société qui peut conduire soit à la liberté, soit au despotisme. Il perçoit avec lucidité à la fois la force du mouvement vers la démocratie que suscite la passion de l’égalité et en même temps les risques de dérives tyranniques ou de désengagement des citoyens qui  peuvent  l’accompagner. Il se reconnait dans les droits de l’homme et les défend en dénonçant le destin tragique fait aux Indiens, en s’engageant pour l’abolition de l’esclavage ou en critiquant le racisme de Gobineau. C’est la liberté qui le conduit à la démocratie et au libéralisme sans renoncer au lien fondamental entre la liberté et la justice et  à l’attachement aux contre-pouvoirs, eux-mêmes antidotes de  la  tyrannie. Pour comprendre que le lien n’est pas évident, le paradoxe historique entre l’Angleterre et la France au XIXème siècle peut nous éclairer : l’Angleterre conservatrice a acclimaté la liberté politique en restant une société de classes alors que  la France révolutionnaire a liquidé la société aristocratique sans parvenir à fonder une démocratie stable, oscillant sans cesse entre le chaos et le césarisme. En résumé : le mouvement vers l’égalité des conditions, s’il est irrésistible n’en dicte pas  pour autant ni les institutions ni le destin des hommes. Chez Tocqueville, la  liberté est la valeur suprême, un mode d’organisation du pouvoir et un principe d’action.  C’est avec cette conception que nous devons impérativement renouer !

Marx est obsolète.

Raymond Aron a éclairé  dans « Essai sur les libertés » les rapports entre la liberté et le développement de  la société industrielle à la lumière des conceptions de la démocratie de Tocqueville et de Marx, ainsi que de l’opposition entre libertés formelles et  réelles. Il montre la supériorité de Tocqueville pour qui la liberté politique, loin d’être formelle, est la question centrale, sur Marx qui voit dans l’exploitation la loi du capitalisme et dans la révolution la condition de l’établissement d’une démocratie authentique. L’histoire du XXème siècle a confirmé ce jugement : pendant que le capitalisme a su se réformer et les sociétés occidentales conjuguer la protection des libertés individuelles avec un haut degré de prospérité et de solidarité, le « soviétisme » a cumulé la  suppression de toute forme  de liberté avec la paupérisation des masses et des inégalités maximales. Ce qui amène Jacques Julliard (certes de gauche mais sans jamais avoir été marxiste) à se poser la question sur son carnet : « Pourquoi Tocqueville  nous est-il si utile, alors que Marx  nous tombe un peu des mains ? ». Pour lui, l’anthropologie marxiste est aujourd’hui une misère. Marx avait donné à la question sociale la dignité d’un problème philosophique majeur. Mais on sait ce que la pratique bolchévique en a fait.  Pire, le  bobo « éclairé » et truqueur d’aujourd’hui a pris la place du prolétaire, le sociétal s’est substitué au social, la lutte contre les discriminations remplace la lutte des classes et « l’intersectionnalité » tient lieu « d’Internationale ». « Les belles âmes occidentales ont leurs pauvres : les musulmans…. » précise Jacques Julliard. Pour lui, Marx, qu’il faut ranger parmi les grands penseurs humanistes de l’Occident, est devenu « inutile et incertain » parce que sa vision de l’homme, son anthropologie sociale est d’un simplisme redhibitoire, tandis que la vision de Tocqueville est d’une vérité  criante. L’opposition repose sur un clivage déterminant : le premier,  influencé  par les libéraux, pense que les hommes sont dominés par leurs intérêts, alors que le  second fait  une place essentielle aux passions. Vaste débat, mais tellement actuel. Le  duopole libéralo-marxiste est mort. Nous n’avons envie ni de la dictature du prolétariat ni de l’intérêt individuel bouffi d’envie et de consommation érigé en principe pour défendre l’autoritarisme et le despotisme politique. C’est en cela que Tocqueville nous éclaire : face à  l’économisme réducteur, il affirme l’autonomie du politique et chante la gloire de la démocratie tout en dénonçant les déviations que constituent la tyrannie de la majorité (suivez mon regard), l’individualisme exacerbé qui laisse chaque citoyen isolé et dépendant à la merci d’un Etat tyrannique et protecteur. Nous nous voyons assignés à résidence par lui selon le sexe, l’origine ethnique, la couleur de peau, en une véritable régression déterministe et racisante (Merci Marlène et Sibeth). Cette mise en tension permanente de la société promeut le populisme. Et voilà le message : la  démocratie ne saurait fonctionner sans le concours de libres associations de citoyens : partis, syndicats, associations, amicales, etc., fondées sur le volontarisme et le consentement, et aussi sans des  pouvoirs déconcentrés dans les différents niveaux de collectivités.

La démocratie n’a  pas encore perdu ! Militez les amis ! C’est plus que jamais nécessaire !

 

 


L’ALERTE DEMOCRATIQUE

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Puisque confinement il y a, il faut bien s’occuper. La  lecture est un bon passe-temps et c’est le  moment de mettre à exécution les intentions souvent repoussées parce qu’on a mieux à faire.

Le dernier ouvrage de Nicolas Baverez est dense. L’auteur s’inquiète de l’explosion populiste, mais pas seulement. Nos démocraties libérales peuvent-elles mourir ? La réponse est « oui ! ». Dans un style parfois aride mais jamais abscons, l’auteur procède par constats implacables, qu’il s’agisse d’énoncer ce qui est grave ou déplaisant ou au contraire ce qui permet d’espérer. C’est un fin analyste des  phénomènes économiques et sociaux et de leurs conséquences politiques. La  formation de l’énarque le conduit à catégoriser et à énumérer les faits avec une logique imparable.  Mais l’humanisme du normalien qui a lu Tocqueville (et en a fait un livre paru récemment) n’est jamais loin. Voilà un prochain sujet de réflexion tout trouvé pour le bloc-notes, puisque  Nicolas  Baverez rejoint Jacques Julliard qui titre l’un de ses articles sur ses « carnets » :  « Obsolescence de Marx, actualité de Tocqueville ».

Une grave crise de la démocratie.

« La démocratie reste très  minoritaire dans le monde. Elle  est prise sous le feu croisé de trois menaces : l’Islam politique qui a partout échoué sauf en Iran où le régime des  mollahs est très contesté, les démocratures qui ont le vent en poupe avec l’exportation du total-capitalisme chinois, et le populisme qui corrompt la démocratie de l’intérieur et constitue le plus grand danger. » Il faut insister sur le ou les « populismes » qui portent, selon Nicolas Baverez, un projet destructeur pour la liberté politique et on en voit l’émergence avec la  « démocratie illibérale »  comme en Hongrie.  On en sous-estime le caractère pernicieux. Celle-ci cantonne l’intervention des citoyens aux élections qu’elle manipule et récuse les contre-pouvoirs, l’Etat de droit, le pluralisme, le respect de la minorité. Deux exemples doivent nous inquiéter : Donald Trump et Boris Johnson. Et l’Europe est au coeur du sujet car elle est la cible privilégiée.

Le produit d’une double rupture économique et sociale.

La crise  de 2008 a été un accélérateur : le krach du capitalisme mondialisé s’est transformé en krach de la démocratie dans la décennie qui a suivi, bien que les ruptures soient plus anciennes. En cause la révolution numérique et la mondialisation qui ont provoqué une polarisation excessive des richesses, la stagnation des revenus pour la majorité de la population et la marginalisation de pans entiers de la société et du territoire, par l’explosion des inégalités. A cela il faut ajouter les  données  proprement politiques liées à l’indigence des gouvernants tels que le désarroi identitaire face au renouveau migratoire, au défi islamiste, à la montée de la violence. Sans parler de la volonté de la Chine de dominer  le monde à l’horizon 2049. Mais le krach de 2008 a été aussi celui du capitalisme de « bulles » et des vices économiques qu’il avait générés comme les  « subprimes ». Il cumule aujourd’hui croissance faible, gains de productivité nuls, dette dont le stock atteint 300 000 milliards de dollars et inégalités record. Un modèle insoutenable. Il faut sortir du capitalisme de rente pour retourner à un capitalisme d’innovation qui remette en ligne le capital humain, financier, culturel et environnemental.

La France a la démocratie la  plus corrompue (malade).

Il ne s’agit pas de la corruption des personnes. Pour Nicolas  Baverez cela veut dire qu’on assiste à une décomposition intérieure par la démagogie. La  France est avec l’Italie, le pays d’Europe le plus exposé à cette dénaturation de la démocratie. Notre pays cumule 40 années de décrochage avec en plus l’onde populiste qui parcourt l’Europe depuis 2016. Et il est particulièrement exposé à cause de son modèle  de développement insoutenable qui associe 1% de la  population mondiale, 3% de la production et 15% de transferts sociaux de la  planète sur fond d’une dette publique qui a dépassé 100% du PIB. La  société est vulnérable avec  la  montée du communautarisme et de la violence alors que les institutions de la Vème République cumulent l’impuissance à réformer et l’étatisme. Quand l’Etat est bien dirigé et le citoyen prospère, tout va bien. Aujourd’hui rien ne va plus parce que l’Etat est paralysé et surendetté et le citoyen atomisé et paupérisé,  livré à des peurs souvent irrationnelles. Les  espoirs suscités  par l’élection de Macron sont rapidement retombés.  Le quinquennat est sorti de route : réformes qui sanctuarisent le secteur publique sans y toucher vraiment, incohérences, impréparation, illisibilité… Résultat d’un pouvoir hypertechnocratique et hypercentralisé, créant un vrai vide politique propice à toutes les  agitations. L’Etat de droit est menacé, or, c’est le pilier de la démocratie avec le suffrage universel. Ses pouvoirs régaliens sont contournés de plus en plus par les réseaux sociaux ou dénaturés par les magistrats eux-mêmes quand ils cèdent à la tentation de substituer leur morale au droit avec la complicité des  médias.

La démocratie libérale n’est pas morte.

On le voit avec les peuples qui se battent pour leur liberté comme à Hong-Kong, à Taïwan, à Istanbul, à Caracas ou à Alger … La  crise du coronavirus va rebattre toutes les cartes,  mais elle nous confirme, après le « big brother » numérique, que le rêve chinois est un cauchemar totalitaire. Ce n’est pas parce que les populismes échouent toujours que leur essor est compromis  pour autant. Cela impose de réinventer notre démocratie !  L’enjeu central du XXIème siècle est à nouveau la liberté  politique !

Mais tout ceci n’est qu’un résumé.  Il faut lire « L’alerte démocratique ».  D’autant plus passionnant que la  crise que nous vivons en direct va rebattre les cartes d’un jeu dont  Nicolas Baverez nous décrit avec précision toutes les cartes.

« L’alerte démocratique »  aux Editions de l’Observatoire.

 


EN ATTENDANT LE 2nd TOUR …

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Le 1er tour est validé.

Et c’est bien comme ça. Oui, il y a eu une abstention trop importante. Mais comment aurait-il pu en être autrement après les annonces terribles du 1er ministre la veille même du scrutin. Ceux qui sont allés voter ont fait preuve d’un civisme qui méritait d’être respecté. Quant aux autres, les absents  ont toujours torts. Et je ne suis pas loin de penser que ce sont les mêmes qui défiaient les injonctions à rester chez soi en allant se pavaner sur les bords de la Seine à Paris ou dans les parcs, au mépris de la pandémie, et au lieu de se rendre aux urnes. Si les résultats ne leur plaisent pas, ils n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes.

Le  2nd tour est reporté.

Peu importe la date. C’est du simple bon sens compte-tenu de l’évolution de la situation sanitaire. Il faudra faire avec les résultats acquis dimanche dernier. Rien n’empêche d’en tenir compte pour se trouver une motivation d’aller voter. Toujours est-il que 30 000 maires et conseils municipaux  ont  été désignés, ce qui n’est pas le moindre des  paradoxes.

La prime au sortant.

S’il y a bien une élection où le maire sortant est avantagé quand il se représente, c’est  bien l’élection municipale. Et malgré la faible participation, la tradition a été respectée. Sauf quand c’est l’élection de trop après cinq ou six mandats, si la commune a été correctement gérée, et quelle que soit  l’étiquette, les sortants sont reconduits ou en situation de l’être. Ainsi du RN au PS en passant par LR, de multiples exemples le montrent avec des élections parfois très confortables  dès le 1er tour. Cette prime au sortant conforte  en général les partis traditionnels qui bénéficient d’un ancrage ancien. Les  écologistes dont on disait qu’ils feraient un tabac sont plutôt à la peine sauf exception comme  à Lyon. En fait, ils sont prisonniers de l’union de la gauche pour exister ce qui fragilise grandement la stratégie d’émancipation de Yannick Jadot. C’est particulièrement flagrant à Paris où Anne Hidalgo capte  largement le vote écolo. De son côté, le PS est devenu dépendant des Verts, mais gardera les villes qu’il détenait comme Nantes, Dijon ou Le Mans. Le  RN conserve les villes qu’il avait conquises, où il fait de très bons  scores et décoche des réélections dès le  1er tour. Mais il échoue à en conquérir de nouvelles. Il est défait nettement à Denain et à Lens. Le cas de Perpignan sera à regarder de près. Enfin les « Marcheurs » sont les plus pénalisés : partout leurs listes patentées font flop ;  il n’y a que  lorsqu’ils jouent les coucous sur des listes d’union qu’ils ont des élus,  comme à Angers…

Les Républicains s’en sortent bien.

Ils  avaient été les  grands vainqueurs des  élections de 2014. Du coup la prime  au sortant les avantage. L’électorat de droite est plutôt fidèle et n’aime pas changer de capitaine dans la tempête. Dès lors, il n’est pas surprenant que ses conquêtes soient confirmées, quelle que soit la sociologie de la ville. A Reims, à Caen, à Arras, ils décrochent l’élection, à Troyes où François Baroin (67%) fait un tabac comme Gilles Averous (70%)  à Châteauroux, et dans les anciens fiefs de gauche communiste comme à Aulnay-sous-Bois avec Bruno Beschizza (59%) et à Blanc-Mesnil avec Thierry Meignen (52%), ils arrivent à conserver les mairies. Et à Juvisy-sur-Orge comme à Limoges, le 2nd  tour ne sera qu’une formalité pour LR. Bref, Les Républicains, à l’issue du scrutin, devraient être la première force municipale de l’hexagone ! On n’en regrette que davantage le score de Rachida Dati, en-dessous des prévisions, alors qu’ailleurs les résultats sont globalement conformes aux sondages. Il faut dire que certains se sont ingéniés à brouiller les  cartes et je me réjouis qu’Agnès Evren dans le 15ème ait fait un meilleur score que  Goujon, qui va forcément être moins frétillant. On attend de lui qu’il respecte la famille à laquelle il appartient en jouant pleinement le jeu de l’union. En PACA, le RN s’est cassé les dents sur LR qui a fait de la résistance, avec Estrosi ou Léonetti, tout comme LREM sur les maires LR sortants des Hauts-de-Seine. A Paris, LR écrase LREM dans les 8ème et 16ème arrondissements. A Angers, Christophe Béchu est largement réélu dès le 1er tour. C’est mérité eu égard au travail de remise à niveau de l’Athènes de l’Ouest qu’il a réalisé. Je l’aurais félicité s’il n’avait pas l’esprit aussi tordu. Il aurait fait le même résultat en restant fidèle à sa famille politique au lieu de se livrer aux contorsions qu’il nous a offertes. Gageons qu’on lui pardonnera un jour… Il suffirait que le vent tourne un peu (selon la théorie de feu Edgar Faure).

Mes voeux de prompt rétablissement à Christian Jacob, Christian Estrosi et Valérie Boyer atteints par cette saloperie de Covid19.

 


ET MAINTENANT … KRACH, BOUM, HUE !

Planche à billets

 

La plongée des bourses.

Le CAC 40 a terminé la séance de jeudi en perte de 12.45 % à 4 036 points. L’indice phare du palais Breugnard a acté la plus forte baisse en une journée de son histoire. La BCE n'a pas réussi à rassurer, et les investisseurs retiendront surtout cette phrase : « personne ne doit s'attendre à ce que la banque centrale soit la 1ère ligne de défense en temps de crise ». Le CAC 40 a donc connu une chute de 34 % en 16 séances, les plus violentes de l'histoire. En 2008, le décrochage n’avait été que de 25% après la faillite de Lehman Brothers. Hier a aussi pris fin officiellement le cycle de hausse de la bourse américaine le plus long de l'histoire, qui aura duré 11 ans, de mars 2009 à mars 2020. Le Dow Jones a donc clôturé à 23 553 points, en baisse de plus de 20% par rapport à son niveau record du 12 février. Mais cette vague de baisse vient de la situation aux États-Unis : l'administration Trump a  cafouillé et est enfin sortie du déni ; elle commence à reconnaître la gravité de l'épidémie, et peu de temps après que l'Organisation Mondiale de la Santé ait décidé de parler de pandémie, les États-Unis ont décidé de fermer leurs frontières aux Européens (moins les  Anglais, admirez l’hypocrisie), ce qui a été l’élément déclencheur. Les investisseurs sont paniqués et anticipent une année économique « blanche » avec un monde à l'arrêt en 2020, ce dont personne n’est certain. La panique l’emporte pour l’instant.

Les Etats vont intervenir.

Ils ont commencé à agir : baisse des taux, notamment en Grande-Bretagne et le 18 mars à nouveau aux États-Unis ; rachat d'emprunts d'états, mais aussi de dettes d'entreprises par les banques centrales ; report d'échéances de paiements d'impôts et de charges pour les entreprises (annoncés par Macron)… Combien de temps faudra-t-il pour que ces mesures, qui seront de plus en plus massives, s'infusent dans les marchés et calment les investisseurs ? Les 500 personnes les plus riches au monde ont perdu 331 milliards de $ jeudi. Cependant la situation n’est pas comparable à celle de 2008. L’important est de conserver le tissu économique prêt à redémarrer une fois l’épidémie passée. Il n’y a pas de créances pourries comme l’étaient les « subprimes ». Et ça pourrait repartir beaucoup plus vite qu’en 2010. Les finances publiques de certains états vont plonger un peu plus (Nous, on a l’habitude).  Il faudra être sérieux le moment venu. De  même la crise pétrolière est  liée à d’autres facteurs et le virus n’a été qu’un prétexte. L’Arabie Saoudite continue sa manœuvre pour forcer la Russie à signer l’accord sur la réduction de la production, et elle a décidé d’inonder le marché de barils. Il est difficile de croire à un affrontement durable entre l’Arabie Saoudite et la Russie. Les deux pays ont trop à perdre dans ce bras de fer.

Quels scénarios ?

Enfin, que ce soit la Fed ou la BCE, les messages envoyés par les banques centrales, de  manière différente, sont les mêmes : les pouvoirs publics doivent jouer leur rôle pour protéger les entreprises les plus vulnérables et elles seront accommodantes pour ne pas empêcher les conditions d’une reprise. Car il faut s’attendre à des  plans de relance très agressifs, y compris chez les plus endettés. Sur ce plan-là, en France on a des orfèvres de la relance keynésienne. Pour une fois, ils ne seront pas à contre-temps et ils sont toujours les premiers à dépenser l’argent qu’on n’a pas. Pour une fois, on ne s’en plaindra pas. Aujourd’hui on devrait assister à une tentative de rebond dans les bourses. Le CAC 40 est attendu en hausse, tentant de se stabiliser, dans un contexte de crainte de récession mondiale. Si on considère qu’on a atteint le fond, ce qui n’est pas avéré, voici les bases : le Brent se négocie à 34.39 $ le baril contre 33.88 $ hier à la même heure. L'once d'Or est à 1 585.80 $ contre 1 635.70 $ précédemment et la parité euro/dollar est à 1.1172 contre 1.1315 hier dans la matinée (source Fiorentino). La BCE, mine de rien, a quand même ouvert les vannes. Christine Lagarde a été très critiquée mais elle a fait ce qui était raisonnable : baisser les taux d'intérêt maintenant, quand ils sont déjà à zéro depuis près de 4 ans, ne sert à rien. Par contre, soutenir directement les entreprises, et en particulier les PME, en finançant directement leurs dettes est une bonne mesure. La BCE en a donc gardé sous le  pied, au cas où. De son côté, la FED a annoncé qu'elle inondait le marché de liquidités, sans limites. L'argent, quasiment gratuit, coulera à flots pour empêcher les circuits financiers de se gripper. Pour l'instant, les banques centrales font ce qu'il faut. En France, Macron a appelé les Français à s'unir, en respectant les distances, et à résister, tout en ne cachant pas que la situation allait empirer. Il met le pays quasiment à l’arrêt dès la semaine prochaine en fermant écoles, collèges, lycées et universités, et en appelant au télétravail. Voilà une expérience historique : que va-t-il se passer lorsqu'un pays s'arrête ? Nous entrons dans une période d’incertitude qui n’est pas propice au rétablissement de la confiance… Espérons qu’elle ne soit pas trop  longue.

On croise les doigts, aujourd’hui c’est un vendredi 13 !

 


J’AURAIS PU L’ECRIRE …

MAXIME TANDONNET

En ce moment je n’ai pas le cœur à écrire. Mais ça reviendra. En attendant, je vous invite  à  lire le texte ci-dessous de Maxime Tandonnet, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. Ce qu’il dit, j’aurais pu l’écrire,  mais  comme il le fait mieux que moi, autant en profiter.

« Cet article 49-3 marque un tournant : le crash du « nouveau monde ». 

L’étrange mixture du culte de la personnalité, du mépris des gens, de l’affaiblissement des institutions démocratiques (parlement, collectivités), de l’idéologie de la table rase (retraites), de déconnexion radicale, de provocation permanente et de fuite dans le communication, trouve son aboutissement dans ce 49-3, signe de négation de la démocratie parlementaire, jamais mis en oeuvre pour une réforme des retraites. Dans ce geste s’exprime un phénomène jamais démenti : celui de l’autoritarisme comme signal  de faiblesse, le coup de menton pour couvrir la débâcle. 

La tentative d’OPA sur la droite est un fiasco. Merci aux LR qui n’ont jamais trahi : les voilà récompensés de leur fidélité et de leur lucidité. Quant à la gauche, tous les ponts sont rompus et les vaisseaux brûlés. Il ne fait aucun doute que les jours du « nouveau monde » sont comptés. L’impopularité historique cristallise trop de colère, de souffrance, d’humiliation pour être réversible. La réélection de 2022 n’aura pas lieu. 

Le vrai sujet est désormais de trouver une alternative à la menace lepéniste. En se réalisant, elle ne ferait que prolonger sous d’autres formes les déchirements et le chaos d’En Marche. La priorité absolue est de restaurer la confiance, réconcilier la France avec la démocratie, avec la République au sens de la chose publique : par la réhabilitation de la souveraineté parlementaire et l’appel au peuple à travers la démocratie directe. »

Maxime TANDONNET

 


REPERES

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Ce qui ne vous a peut-être pas échappé !

6 millions d’euros : mieux que Carlos ! C’est la  somme totale que pourrait atteindre le salaire du nouveau PDG de Renault fixé à 1,3 million annuel.

EELV-PC : c’est le rapprochement « pastèque ». Les deux formations vont présenter des listes communes dans plusieurs villes.

Interventionnisme : Pour les investissements dans le numérique Le Maire met en place une planification des secteurs qu’il faut privilégier d’après lui. L’Etat ne se trompe jamais…

Retraites : les avocats ne lâchent pas. La justice est paralysée. Jamais on n’a vu une telle révolte.  Et le gouvernement reste sourd.

Plus d’emplois : Malgré une croissance atone, les offres d’emplois se  portent bien. C’est dû aux effets cumulés de la transformation du CICE en baisse des charges, du rebond de croissance de 2018 mais aussi d’une productivité qui stagne. Point noir : seulement 8000 emplois industriels.

La droite qu’on n’a pas vu (re)venir : Il n’y a pas qu’à Paris où la droite se réveille (Dati à 20% derrière Hidalgo à 25%), à Lyon aussi où Etienne Blanc (20%) talonne Le Vert Grégory Doucet (21%).

Ah non, pas lui : La folle rumeur de la candidature en 2022 de Cyrille Hanouna a circulé.

Erotisme et démocratie… ne font pas bon ménage. Auteur d’un blog érotique, le candidat PS Mathieu Cahn a  dû se retirer de la liste, dénoncé par Médiapart !

LRem à l’Elysée : les députés  reçus par  le  Président. La séance de calinothérapie présidentielle a tourné à l’adulation collective et au déni de réalité.

Projet de loi : il arrive intact devant l’Assemblée. La commission spéciale devant étudier la réforme des retraites a dû cesser ses travaux sans avoir terminé l’examen du texte, submergée par les amendements.

Cartes en trop : il y aurait 2,6 millions de cartes vitales en trop. Mais ça n’entraînerait pas de consommation supplémentaire !

 

 


MUNICIPALES : L’ARNAQUE VERTE

Ecologie

 

Plus vert que moi tu meurs.

La lecture des programmes des candidats aux municipales, surtout dans les grandes villes, laisse franchement rêveur, mais on a  plutôt envie de rire : elle se traduit le plus souvent par « la  course aux arbres ». Ainsi Hidalgo propose de planter 170 000 arbres à Paris, aussitôt battue par Griveaux qui veut mettre « Central Park » à la  place de la  gare de l’Est. Aucune ville n’échappe à cette nouvelle mode et toutes les couleurs politiques participent au concours : à Angers, le maire sortant (LR-centre droit)  envisage d’en planter 100 000, et à Saint-Barthélemy qui compte pourtant le vaste parc de Pignerolle largement boisé, on s’est fixé un objectif de 10 000 ! C’est Brassens qui aurait été content : « Auprès de mon arbre, je vivais heureux  … ». L’autre thème récurrent, ce sont les « nouvelles mobilités », expression valise qui cache la volonté d’exclure l’automobile du paysage urbain. On se fait plaisir,  mais est-ce  de nature à régler le  problème du réchauffement climatique ?

La mode et la réalité.

Depuis les  Européennes, l’écologie est  à la mode, au point que les listes EELV se sentent le vent en poupe et se verraient bien comme nouveau rempart au Rassemblement National. Au point que Yannick Jadot annonce qu’elles se désisteront en faveur du mieux placé, quel qu’il  soit, pour faire barrage à l’extrême droite. Greta Thunberg et ses leçons à bon compte est passée par là. Mais nos efforts écologiques, dont certains s’avèrent très coûteux qu’il s’agisse de  l’arrêt de Fessenheim ( un contresens à 10 milliards d’euros) ou des énergies renouvelables  largement subventionnées parce que non concurrentielles, dans  un  pays exemplaire en matière de bilan carbone (1%), sont-ils  justifiés, quand on sait que les Chinois construisent encore  des centrales au charbon, qu’ils  vont  même en construire une en Allemagne et que la  Pologne tire l’essentiel de son énergie du lignite. Nous reboisons, mais qu’en est-il  ailleurs sur la planète ? Ce que nous faisons est peut-être vertueux mais relève largement  du coup d’épée dans l’eau. Comme toutes les modes, celle du vert est très coûteuse !

Vert en surface, mais dedans ?

Naguère on disait des radicaux, qu’ils étaient comme les radis : rouges dehors, blancs dedans, souvent creux et toujours placés près de l’assiette au beurre. On peut faire  le  parallèle avec les  écolos : ils sont comme les pastèques, verts dehors, souvent rouges dedans, et pleins de pépins. Leurs méthodes, comme leur idéologie s’apparentent au totalitarisme communiste dont ils reprennent les thèmes économiques anti-capitalistes et sociétaux égalitaristes. Autrement dit, ces nouveaux sauveurs ne rêvent rien moins que de nous remettre aux mains d’un Etat déjà omnipotent, seul   capable selon eux de lutter contre le réchauffement climatique par une mobilisation générale qui suppose la confiscation d’une  large  partie des ressources  des individus : fiscalité vertigineuse, réglementations toujours plus contraignantes et emprise toujours plus grande de la puissance publique. Il n’est pas compliqué d’y voir une résurgence de la pensée collectiviste avec l’avantage imparable que les résultats improbables ne seront connus que par les générations à venir, ce qui dispense de rendre des comptes ! Les  militants verts estiment que l’écologie doit être imposée « politiquement » à l’économie, comme un objectif supérieur, celui de la préservation de la planète, car  ils  croient l’économie intrinsèquement nocive… éventuellement  en s’engageant dans la  décroissance. Certains vont même plus loin : c’est en détruisant d’urgence la civilisation occidentale qu’on sauvera le monde. On ne plaisante pas ! Du rouge au vert, il n’y avait qu’un pas, aussitôt franchi par  ceux qui étaient nostalgiques des  mesures coercitives pour continuer la lutte finale contre la liberté. Alors, ils se  font plaisir comme cet  après-midi, en envahissant Black-Rock, ce fonds de pension américain symbole de la retraite complémentaire des « riches ».  Cette opération entre dans le cadre des manifestations de protestation contre la réforme des  retraites : où l’écologie  va-t-elle se nicher ?

Pour ne pas se faire arnaquer.

Il faut cesser d’instrumentaliser l’écologie pour en faire une arme contre la démocratie, contre le libéralisme dont nous avons grand besoin pour créer les richesses dont personne n’a envie de se  passer et qu’on ne saurait partager sans les avoir d’abord  produites. Les  solutions passeront par l’innovation scientifique et l’intégration de l’écologie dans une économie circulaire. Les fleuves de  plastique ne viennent pas de chez nous mais d’endroits sur terre où les systèmes de collecte et de traitement des déchets sont inexistants ou très insuffisants. Ne nous laissons pas abuser par une communication où les bilans carbones des soi-disant solutions telles que les éoliennes sont soigneusement cachés. Tous ceux qui prolongent des courbes à partir de données passées se trompent, parce qu’ils ne prennent pas en compte la créativité de l’homme, sa réactivité  pour corriger, amender, transformer le monde. Je crois plus dans l’écologie d’un programme porté par des  listes de droite,  pluralistes, pragmatiques que dans celui de listes  uniformément vertes portées  par l’idéologie.

 


LA PRESIDENTIELLE EN SOLITAIRE …

Macron-ne-convainc-pas

Ces temps-ci les médias dissertent sur les 1000 jours de Macron à l’Elysée. C’est à qui glosera sur  les   mérites comparés du président et de ses concurrents  potentiels ou de ses prédécesseurs. Les plateaux  n’en finissent plus des bavardages de pseudos-experts avec des animateurs dûment abreuvés aux éléments de  langage en provenance du château.  Je ne me risquerai donc pas à énoncer un quelconque avis qui serait aussitôt taxé de parti-pris par  les uns et applaudi plus que de  raison par les autres. Par contre je vais exercer  mon libre-arbitre en vous faisant la synthèse de quelques sentences livrées par Nicolas Baverez ou Jean-Pierre Robin (du Figaro).

L’exercice solitaire du pouvoir.

La  formule est de Valéry Giscard d’Estaing en 1967 quand il stigmatisa la formule tonitruante du Général en voyage au Canada : « Vive le Québec libre ! », prononcée sans crier gare. On sait que De Gaulle avait son « domaine réservé », notamment la  politique étrangère et la défense. Pour le reste, il était entouré de ministres qui n’étaient pas des inconnus… Ses successeurs ont conservé peu ou prou la même manière de gouverner. Mais Macron a poussé la  « verticalité » à son paroxysme. Il aime les  formules qui choquent, comme : « l’Otan est en état de mort cérébrale », qui a valu une réaction de Merkel : « jugement intempestif ! ».   Difficile de faire plus : il a la main sur tout, parle sur tout, décide de tout. Il s’est entouré comme ses  prédécesseurs de conseillers on ne peut plus capés : son conseiller économique est un polytechnicien passé par Harvard. Mais l’énarque ne l’écoute guère. Et pourquoi recourir à des experts quand on est soi-même capable d’avoir des idées sur tout : on l’a vu pendant le grand débat. Ce centralisme exacerbé se retrouve dans l’organisation verticale du pouvoir. L’Elysée contrôle le moindre détail. Ainsi c’est lui qui décide du recrutement du nouveau directeur de l’Opéra de Paris après un entretien de 45 mn avec l’intéressé ; le conservatoire national supérieur de musique et de danse a dû attendre 6 mois la nomination de son directeur ; la Villa Médicis à Rome attend depuis 16 mois une décision de Jupiter  et est dirigée en attendant  par un intérimaire.  On se demande à quoi sert le Ministère de la  Culture. Ainsi les ministres ne peuvent publier leurs agendas tant que le président n’a pas publié le sien. Et ils sont réduits à répéter du  matin au soir sur les radios et chaines de télé les « éléments de langage » émanant du sommet. On en voit les effets comiques avec Murielle Pénicaud. On dit les équipes gouvernementales tétanisées et elles sombrent souvent dans le ridicule, comme le rétropédalage imposé au sujet de l’allongement du congé parental en cas de décès d’une enfant. Il en résulte une instabilité  ministérielle record avec 16 départs pour des raisons diverses depuis mai 2017, et une absence totale d’esprit critique au sein de l’exécutif qui se paie au prix fort. C’est ainsi que de maladresses en  aveuglements, personne n’a vu venir la révolte des « gilets jaunes » contre la  taxe carbone. Quant au parcours de la réforme des retraites c’est un modèle du genre en matière d’atermoiements, d’allers-retours, d’hésitations et d’amateurisme… Les  ministres sont muselés, il n’y a aucun conseiller de poids à l’Elysée : Emmanuel Macron est le président le plus solitaire de toute la Vème République.

La verticalité  conduit au populisme.

On pourrait voir dans la verticalité du Président, une volonté de pouvoir personnel, autoritaire. De fait la Vème République confère au Président une sorte « d’irresponsabilité » dans la mesure où il n’a de comptes à rendre à aucune assemblée. D’un autre côté, avec l’euro, il peut faire fi de la sanction des marchés en laissant filer les déficits. Troisième volet de l’illusion : Macron est seul face à Le Pen, feignant de croire (et faisant tout pour), qu’il n’y a rien entre eux. Ce contexte l’a conduit évidemment à privilégier les mœurs populistes : s’adresser directement au peuple (il aime pérorer), stigmatisation des uns contre les autres (les retraités contre les jeunes, les régimes spéciaux érigés en privilégiés…) pour diviser les Français afin de (mieux) régner. Le président de la République pourrait enrager contre l’amateurisme des siens s’il ne contribuait pas lui-même à cette confusion : il s’immisce dans la bataille de Paris avec un bras d’honneur en réponse,  il se laisse prendre en photo avec un T-shirt provocateur pour la  police qu’il prétend défendre, il mélange la mémoire de la Shoa et la guerre d’Algérie dans une confusion mémorielle … Tous ces « couacs », maladresses et situations humiliantes contribuent à l’affaissement de son autorité. Macron copie  les mots et les attitudes de Mélenchon et Le Pen, mais les  emprunts aux extrêmes ne sont pas que dans le vocabulaire, ils sont aussi dans la méthode. Il s’est présenté comme un « antisystème » et n’hésite pas à surjouer l’empathie avec le  peuple, surtout depuis l’épisode des gilets jaunes, décrétant par exemple, tout seul, 12 milliards de cadeaux, accordés dans une déclaration télévisée. « Nous sommes de vrais populistes, nous sommes avec le peuple tous les jours » avait-il dit (nov. 2018). Macron a inventé le « bobopopulisme », d’ailleurs  l’expression est de Darmanin, un spécialiste du genre. La verticalité se traduit par le mépris des corps intermédiaires qu’il n’hésite pas à manipuler en cas de besoin, par la  caporalisation du groupe parlementaire  à l’Assemblée nationale au point de dégoûter une douzaine de députés qui en sont partis, et par l’excitation des ressentiments au sein de la population pour manipuler l’opinion… Mais l’exercice a ses limites : il se mesure à l’impopularité du Président.

Décidément, la solitude est mauvaise conseillère.

 


UN AXE CONSERVATEURS – VERTS ?

Ecologie

L’Autriche innove.

L’alliance inédite entre les écologistes et les conservateurs en Autriche ouvre de nouvelles perspectives politiques en Europe. C’est après avoir fait une alliance avec le chef du parti écologiste que le jeune chef du parti conservateur, Sebastian Kurz (33 ans) est revenu au pouvoir à Vienne. Il a été élu, avec son équipe  de trentenaires et de quadras, pour appliquer un programme à la double ambition : du côté conservateur, préserver les frontières, l’identité, le mode de vie et le modèle d’économie de marché, et pour le côté écologie, contribuer à sauver la planète en mettant en œuvre une véritable transition écologique. Si on entre dans le détail, le programme prévoit la baisse significative des taux d’impôts sur les revenus et les bénéfices des sociétés, avec un respect strict de l’orthodoxie financière (l’Autriche à un déficit de 0,15% du PIB), et concernant la politique identitaire, la détention préventive des demandeurs d’asile violents, l’interdiction aux parents musulmans de contraindre leurs filles à porter le voile à l’école avant 14 ans (La laïcité n’existe pas) et le refus du système des quotas de migrants imposés par l’Union. En faveur de la transition énergétique, il est prévu la création d’un million de panneaux solaires, une taxe carbone d’ici 2024 avec un objectif de neutralité carbone en 2040, une taxe sur les billets d’avion, des investissements massifs dans les transports publics. Les Verts sont à la tête d’un super ministère de l’énergie, des transports et de l’environnement. Voilà un attelage gagnant qui remplace sans regrets celui avec l’extrême droite, et met fin à la dérive populiste.

L’Allemagne pourrait suivre.

La droite modérée allemande (CDU) qui pèse désormais moins de 30%, défiée sur sa droite par le parti populiste Afd (14%), cherche une coalition de rechange, celle avec les socialistes démocrates étant usée jusqu’à la corde. Le SPD n’attire plus grand monde (11%) et connait le même effondrement que le PS français et d’une manière générale la gauche traditionnelle un peu partout en Europe. La CDU pourrait trouver dans un attelage avec les Verts une nouvelle eau de jouvence. C’est en Allemagne la force montante avec 21% des voix. Ceux-ci sont aussi tentés de faire l’expérience. Cette combinaison pourrait être promise à un bel avenir car elle répond à la double demande de protection et de projection des populations. Ecologie, identité et sécurité : voilà des thématiques susceptibles de porter des projets collectifs porteurs de sens d’autant plus qu’ils correspondent aux attentes des nouvelles générations. Protéger la planète et réinventer un modèle économique plus durable en mettant fin à celui qui agonit sous nos yeux dans une spirale infernale de surabondance financière déconnectée des réalités. Et aussi vivre chez soi comme on l’entend sans avoir à subir une loi venue de l’extérieur, qu’elle soit directive européenne, charte onusienne, ou loi religieuse… Cette alliance est possible, parce que les Verts allemands sont avant tout des écologistes pragmatiques.

Et en France ?

Cette évolution logique et séduisante d’une union des « conservateurs », ceux qui veulent garder notre genre de vie et ceux qui veulent protéger la nature, n’est pas prête de voir le jour chez nous. C’est que nos écolos sont de la famille des « pastèques » : verts dehors mais bien rouges dedans, les deux étant indissociables. Nos écolo-gauchos font de la protection de la planète un combat contre le capitalisme, les riches, et voudraient nous vendre les fadaises marxistes sous un nouvel emballage, mais avec les mêmes délires totalitaires. La promotion récente de la jeune Greta Thunberg n’est pas de nature à arranger les choses. On voit bien l’usage que l’idéologie totalitaire peut faire des enfants pour influencer, voire terroriser les adultes. Le périple de cette adolescente accusatrice que l’on fait passer sur les tribunes nationales et internationales est malsain. Soyons conscients, sans se laisser détourner, que ce phénomène n’entache en rien les travaux du GIEC. C’est le propre des idéologies de passer la réalité à leur crible pour n’en laisser passer que ce qu’elles veulent imposer. Les conservateurs, disons la droite, doivent être spécialement attentifs à la stabilité du climat sans laquelle bien des choses ne seront pas conservées et ils ne doivent pas laisser le « progressisme » se présenter en remède à des maux qu’il contribue lui-même à aggraver, ne serait-ce que sur le plan sociétal. Il y a quelque chose de comique, pour ne pas dire contradictoire de constater que le jour même où l’Assemblée nationale déployait le tapis rouge pour Greta Thunberg, elle votait le Ceta, traité de libre-échange entre l’UE et le Canada, traité auquel Les Républicains sont opposés  parce qu’il consiste à faire traverser les océans à des denrées alimentaires qui pourraient parfaitement être produites sur chaque rive, défendant ainsi nos agriculteurs contre une concurrence par ailleurs déloyale à bien des égards.

Il faut plaider, à défaut d’avoir des écolos compatibles, pour que la droite s’empare avec détermination du dossier écologique. La crise écologique dont le réchauffement climatique n’est qu’un facteur parmi d’autres, est une donnée essentielle de notre temps, dont l’importance n’a pas fini de croître. Et la droite peut le faire, parce qu’il y a une cohérence plus forte à ce que les conservateurs traitent de ce sujet plutôt que les progressistes, qui passent leur temps à tenter d’imposer le récit qu’ils veulent substituer au réel, comme par exemple avec la théorie de « l’effondrisme ».  Bref, le « conservatisme » pourrait bien être « la planche de salut pour ceux qui veulent faire renaître une civilisation maltraitée par des sagouins » (Yvan Rioufol).  Et cela d’autant plus que la droite a une antériorité en la matière : c’est elle la première qui a pensé à créer un "ministère de l’environnement" dès les années 70, c’est encore  elle à qui l’on doit le « Grenelle de l’environnement » sous Sarkozy. Il suffit donc de reprendre le chemin …

 

 

 


LA POLITIQUE DU "DEUX POIDS - DEUX MESURES"

Agnès Thill

Le bloc-notes donne la parole à Agnès THILL, députée, qui s’insurge contre le 2 poids – 2 mesures qui se généralise dans notre société. Une analyse que je souhaite partager avec vous. (Texte publié dans Valeurs Actuelles)

Députée excommuniée de la République en Marche pour ses positions contre l’ouverture de la PMA, Agnès Thill dénonce le traitement infligé à l’association Alliance VITA pour ses affiches appelant à respecter la paternité et la maternité, alors que la campagne de promotion de la série « Sex Education » bénéficie elle de la clémence des pouvoirs publics.

Ce 2 poids - 2 mesures est un scandale devenu insupportable dans notre pays.

2 poids - 2 mesures la demande de retrait des affiches d’Alliance Vita par Anne Hidalgo, Maire de Paris, et le silence assourdissant autour des affiches de la série Sex Education de Netflix.

Qui est Anne Hidalgo ? Cette gauche qui censure, qui ne s’offusque pas que la décision de justice de réaffichage ne soit pas appliquée, voire même s’en satisfait ; comment croire une seconde que ces gens-là défendent la démocratie, le débat d’idées et le respect de chacun ?

Quant au parti majoritaire présidentiel : qui ne dit mot consent, lequel d’entre eux s’est offusqué de cette censure ? Lequel d’entre eux s’est offusqué du non-respect de la décision de justice ? Force est de constater que la censure ne va que dans un seul sens.

Un adulte ne doit pas faire ce qu’il veut des enfants, et on doit avoir le droit de le dire en démocratie.

2 poids - 2 mesures les propos d’Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat, ce dimanche 19 janvier 2020 via Twitter. Comment peut-on être ministre et traiter de « réac » publiquement 41 000 manifestants pacifiques et se prétendre pour le rassemblement, la concorde et l’union ? Comment peut-on haïr et humilier à ce point toute une frange de la population et se targuer en même temps, je cite le dit tweet, « d’aimer les familles » ?

2 poids - 2 mesures les familles attaquées : toutes les familles ont droit au respect, y compris les familles hétérosexuelles, qui croient en la fidélité, et aux fruits de leur amour.

N’est-il pas ministre pour tous les français ?

Qui a le monopole de l’amour ? Olivier Dussopt ? Marlène Schiappa ? Anne Hidalgo ? Les censeurs, ces non respectueux des décisions de justice ? Être traitée de « réac » par un ministre est scandaleux. Comme être traité d’homophobe par d’autres.

Un adulte ne doit pas faire ce qu’il veut des enfants, et on doit avoir le droit de le dire en démocratie.

Au nom de tous ceux que j’ai portés ce dimanche en représentant 1/577ème des français, nous aimons toutes les familles, être accusé du contraire par les plus hauts personnages de l’Etat, par ceux qui nous gouvernent, est scandaleux. Quelle confiance apporter à ceux-là !

Grâce au droit de blasphème, on peut insulter, moquer, caricaturer les religions mais pas l’homosexualité… À croire que l’un est plus sacré que l’autre, en pays laïc.

2 poids - 2 mesures le monopole de la souffrance ! La souffrance n’appartiendrait qu’aux homosexuels alors que la loi en leur faveur prétend que l’absence de père laisse indifférent ! Qui est blessé ?

2 poids - 2 mesures les médias : les violences sont surmédiatisées quand un silence complice a couvert la manifestation pacifique « Marchons Enfants » de ce dimanche.

2 poids - 2 mesures les excuses du chansonnier sur France Inter, radio publique payée par nos impôts : grâce au droit de blasphème, on peut insulter, moquer, caricaturer les religions mais pas l’homosexualité, ce qui est normal mais on pourrait penser qu’au nom de l’égalité… À croire que l’un est plus sacré que l’autre, en pays laïc.

2 poids - 2 mesures quand ils s’offusquent de ce qui est interdit par la loi, la pédophilie- criminelle, acceptée sur les plateaux télé il y a vingt ans alors qu’ils laissent sans mot dire les émissions télé et les livres prônant ce qui est interdit par la loi en France, telle la GPA.

2 poids - 2 mesures les maladresses ! Faut-il citer celles de collègues députés, de Benjamin Griveaux lorsqu’il a présenté ses excuses concernant la photo de collabo lors du Vel D’Hiv ? Les maladresses des autres ministres et députés aussitôt oubliées après leurs excuses, quand les miennes paraissent inutiles et qu’à vie on me ressort mes deux maladresses ?

2 poids – 2 mesures pour les lieux de culte : on peut vandaliser les églises mais on ne peut pas toucher aux mosquées et synagogues. Tant mieux. Heureusement. Mais on aimerait la même indignation pour tous.

2 poids – 2 mesures pour les retraites : on cèdera à certains et pas aux autres.

Ce « en même temps », on aime les uns mais pas les autres, n’est plus supportable.

On supporte les règles, fussent-elles sévères, mais on ne supporte ni l’injustice ni l’incohérence.

Nous sommes tous citoyens du même pays. Nous exigeons le même respect pour tous, dû à chacun de nous. Nous refusons d’être continuellement traités, par les gens de gauche, ceux du parti présidentiel, et des ministres eux-mêmes, de « réac », « extrême-droite », « cathos », « homophobes ». Comme si cette violence injuste laissait sans conséquence. L’unité du pays est menacée par ceux-là même qui prétendent la construire.

Ce « 2 poids - 2 mesures » est en train de nous anéantir !

Notre pays se meurt sous ses douleurs, ses cris, ses désespoirs, ses révoltes. Ce « en même temps », on aime les uns mais pas les autres, ce « en même temps » n’est plus supportable.

Notre pays se meurt d’incohérences. On ne peut pas être ministre et mal traiter, mal nommer, mal considérer, un seul de ses concitoyens, et bien sûr, prétendre être là pour tous, au service de tous ?

Quel scandale !

 

 


2022 : LE RETOUR DES BOULETS

Haddock se marre bis

Il y en a avec qui on n’en a jamais fini. Normalement, les défaites majeures et l’accumulation des petits résultats devaient pourtant les décourager. Eh bien non, têtus comme des ânes, ils refont chaque fois surface. Ils se croient investis du lourd devoir de sauver la France. A croire que telle Jeanne d’Arc, ils entendent des voix.

Le culbuto.

Le plus précoce a été Hollande dit « le culbuto », surnom dont il fut affublé du temps où il dirigeait le PS, pour sa faculté à toujours retomber sur ses pieds. Pour ne pas se faire oublier, ou plutôt pour faire oublier un quinquennat calamiteux qui se termina pour lui avec une telle réussite qu’il fut dans l’incapacité de se représenter, il a écrit deux livres. Edité moins d’un an après son départ de l’Elysée, le premier eut un écho suffisant pour lui donner la possibilité de faire un tour de France des librairies. Il a cru que quelques dizaines de milliers de lecteurs-laudateur  cela signifiait un retour en grâce. C’était plutôt de la curiosité de la part de ses anciens électeurs : l’ancien président y racontait notamment sa version de ses relations avec Macron. Le second, contenant ses propositions pour améliorer la vie démocratique a fait « flop ! »  et l’auteur a même dû renoncer à le présenter après la mise à sac d’une réunion à Lille par des étudiants.  Depuis, il a changé de stratégie. Profitant de l’impopularité de son successeur, il procède par des attaques frontales, à intervalles réguliers, plantant ses banderilles en espérant affaiblir la bête. Mais pour l’instant, les Français ne semblent pas avoir oubliés le scooter et ses escapades nocturnes et le bilan funeste qu’il a laissé.

L’obsédée de la présidence.

Depuis qu’elle a affirmé qu’elle était « habitée », la perdante de 2007 ne rêve que de prendre sa revanche comme si elle continuait d’entendre des voix. Comme elle n’a pas pu le faire en 2012, et dieu sait qu’elle a enragé de voir ce traitre de François lui prendre la place, avec sa maîtresse à ses côtés, cette fois elle entend bien ne pas se laisser doubler. Aussi, a-t-elle ramé dans la macronie pour décrocher un poste de ministre afin de montrer que ses talents étaient toujours irremplaçables. Elle dut se contenter du fabuleux sucre d’orge « d’ambassadrice des pôles ». Mieux que rien. C’est toujours de quoi vivre et des collaborateurs pour faire le boulot. Mais voilà, elle ne peut s’empêcher de l’ouvrir. Se démarquer d’un pouvoir impopulaire, certes, mais l’exercice a ses limites : c’est que Jupiter n’aime pas qu’on lui « fasse » dans les bottes. Donc la voilà proprement remerciée. En haut lieu, on pense que sans trop de moyens, la tâche lui sera infiniment plus difficile pour tailler des croupières… Néanmoins, elle profite de sa liberté retrouvée pour aussitôt créer une officine et annoncer sa prétention pour 2022. Histoire de prendre de vitesse porcinet. Du côté du pouvoir, on compte sur le parquet financier pour faire prospérer une enquête… du déjà vu, afin de lui nuire si besoin était.

Le nain de la droite.

« Encore un qui a vu la vierge »… dirait l’une de mes filles. Bien qu’il collectionne les échecs et les petits scores, avec son micro parti « Debout la France », ce gaulliste fossile version Néanderthal, continue de se croire investi  de la mission sacrée que lui seul pourrait mener à bien, celle de redresser la France. Le maire de Montgeron n’est pas mauvais dans son rôle d’élu local, mais pourquoi ne s’en contente-t-il pas ? Probablement parce qu’il est branché en ligne directe avec le « Général » qui lui confirmerait qu’il est le seul dépositaire de la pensée gaullienne. Voyant un espace, non occupé croit-il, entre Macron et Le Pen, il s’est dit que le moment était peut-être venu pour lui. Mais comme le créneau qu’il occupe est encombré de concurrents aussi microscopiques que lui, il lance l’idée d’une primaire des « républicains et patriotes ». C’est le dispositif génial qu’il a trouvé pour la prochaine présidentielle. Il rêve donc d’une « grande primaire pour la France » entre toutes les personnes de « l’opposition républicaine et patriote » pour garantir l’union dès le premier tour contre le sortant. Sont concernés par la manœuvre : Florian Philippot, François Asselineau, mais aussi Guillaume Larrivé, Bruno Retailleau, Julien Aubert chez les Républicains. Il élargit même le cercle à Eric Zemmour et Natacha Polony (?) dont on se demande ce que cette dernière pourrait venir faire dans cette galère. Et cerise sur le gâteau, Marine Le Pen. Il serait étonnant que cette dernière se laisse tenter par une telle manœuvre alors qu’elle peut espérer prospérer toute seule. Le député de l’Essonne active ses feux, parce qu’il sent bien qu’une accélération du calendrier politique est en cours. Il faut bien exister, quand on n’a rien à proposer pour les municipales, ni candidats, ni troupes, et après avoir fait 3,5% aux européennes. Se voir en grand rassembleur de l’opposition pour 2022, relève pour le moins d’une « hypertrophie du bulbe ». Quant à l’argument « refuser une telle démarche reviendrait à se rendre complice de la réélection d’Emmanuel Macron », il est pitoyable. On ne sait même pas si l’actuel locataire de la rue Saint-Honoré a l’intention de remettre ça. On retiendra surtout que les stratégies qu’il a menées jusqu’à maintenant n’ont servi qu’à affaiblir le camp dont il se réclame, des points qui ont manqué cruellement à François Fillon, par exemple.

 


Réforme des retraites : retour à la case départ ?

Christelle Morançais

Une fois, n'est pas coutume. Le bloc-notes donne la parole à une élue : la Présidente de la Région Pays de la Loire. Elle vous dit mieux que je n'aurais pu le faire, ce qu'il faut penser de la réforme des retraites. Alors, pourquoi se priver !

 
"Certains mots qui reviennent dans l’actualité semblent annoncer de prochaines défaites. «Conférences de financement» et «régimes spécifiques» sont de ceux-là. Comment imaginer qu’avec une dette de 2400 milliards d’euros (l’équivalent du PIB annuel), la France puisse s’offrir le luxe de renvoyer la question du financement des retraites aux calendes grecques (le déficit du régime à l’horizon 2025 est évalué entre 8 et 17 milliards par an) ? Et comment tolérer la survivance – y compris sous une autre appellation ! – de régimes spéciaux dont l’immense majorité des Français ne veut plus ?
 
La réforme des retraites devait marcher sur ses deux jambes : la fin des régimes spéciaux pour la justice sociale et une mesure d’âge pour le financement. Du moins était-ce la promesse initiale d’Edouard Philippe – et il faut reconnaître au Premier ministre une certaine constance sur la question de l’équilibre financier, malgré l’opposition qui se manifeste jusque dans sa propre majorité. Mais au 37ème jour de grève, le gouvernement ne semble pas en mesure de soutenir plus longtemps le bras-de-fer avec les syndicats. Et déjà se profile un compromis perdant/perdant : l’abandon du volet financier de la réforme et la création d’une universalité mitée de dizaines de régimes spéciaux. Retour à la case départ, en somme. Et 5 semaines de galère dans les transports pour rien !
 
Dès l’origine, le gouvernement a commis une faute : ne pas avoir dit la vérité aux Français. Pour sauver notre régime par répartition des déficits structurels (la part d’actifs rapportée au nombre de retraités ne cesse de diminuer) et pour préserver le niveau des pensions, une mesure et une seule s’impose de toute urgence : travailler plus longtemps (rappelons qu’avant 1982 les Français travaillaient jusqu’à 65 ans). Faire de cette vérité absolue la variable d’ajustement des négociations syndicales, c’est risquer d’enterrer la réforme avant même de l’avoir vue naître.
 
Plus fondamentalement, et au-delà des erreurs que le gouvernement a pu commettre, une question majeure se pose : la France est-elle irréformable ? Alors qu’une majorité de Français est consciente qu’il faut transformer notre modèle social pour préserver l’essentiel : la solidarité entre les générations et la compétitivité de notre économie, pourquoi aucun consensus politique n’arrive à émerger ? Pourquoi l’intérêt général est-il systématiquement écrasé par des intérêts particuliers ? Ces questions restent entières, et pour tout dire préoccupantes."
 
Christelle Morançais
 

QUE NOUS RESERVE 2020 ET APRES ?

Fin du monde tintin

 

Je ne vais pas tenter de vous faire croire que je possède une boule de cristal ou que je lis dans le marc de café. J’ai beau avoir quelques réminiscences de culture gréco-romaine, je ne sais pas pour autant jouer les augures ni interpréter les auspices, pas plus que je n’ai sous la main la Pythie de Delphes pour consulter ses oracles… Bref, tout ça pour vous dire que je m’en suis tenu benoitement à une compilation des avis parus ici et là en ce début d’année. Avec une constante quand même : alors que le pessimisme prévalait début 2019, la fête boursière avec un indice qui a bondi de 25% sur l’année, conduit aujourd’hui à l’euphorie sur les marchés.

Politique et banques centrales.

Rien ne semble avoir prise sur l’impact des politiques d’aisance monétaire menée par les banques centrales. Marc Fiorentino le constate : « Aucun événement politique majeur n’a eu d’impact durable depuis que les banques centrales ont inondé les marchés de liquidités gratuites ou à taux négatifs,  ni l’élection de Donald Trump, ni le Brexit, ni, plus récemment, les attaques sur les infrastructures pétrolières saoudiennes ou encore la procédure de destitution de Trump. Rien ne peut gâcher la fête sur les indices boursiers. » Les jours qui viennent vont constituer un test important pour les marchés en 2020. Nous allons savoir s’il faut définitivement ignorer les événements politiques et géopolitiques majeurs et si la puissance des banques centrales est telle que les « cygnes noirs », sont pulvérisés dès leur apparition. Et il ne va pas en manquer : Trump qui a endossé l’uniforme de chef de guerre a frappé au cœur du régime iranien. Il y aura des représailles qui passeront par l'intermédiaire des multiples milices financées par l’Iran dans la région. Et il faut s’attendre au pire puisque en représailles des représailles Trump a menacé de frapper 52 cibles iraniennes. « 52, comme le nombre des otages à l’ambassade des États-Unis à Téhéran en 1979 », a-t-il dit. On aura aussi du nouveau du côté du Brexit…

Les songes d’Attali.

Il ne s’agit pas de l’héroïne de Racine, mais de Jacques. Dans sa chronique hebdomadaire des Echos, il nous livre une liste de 12 événements improbables auxquels il faut néanmoins se préparer. Il appuie son raisonnement sur les événements surprises survenus depuis 2010, dont l’un des plus significatifs fut l’élection « d’un total inconnu à la présidence de la République française »… Je vous livre cet inventaire sans développer : en 1. Le plus « sympathique », l’effondrement du système financier mondial sous les coups d’une très grande crise financière (il n’est pas le seul à y penser) 2. Un tir de missile balistique nucléaire de la Corée du Nord vers Tokyo, ou Washington 3. La dislocation de l’Eglise catholique (ça c’est plus original) 4. L’invasion d’un des pays baltes par la Russie, suivie d’aucune réaction des Etats-Unis 5. La constitution d’un nouveau califat islamique de la Lybie au Nigeria 6. L’élection en France d’une présidente de la république d’extrême-droite (on n’y est pas encore) 7. La victoire à l’élection présidentielle américaine d’une femme sociale-démocrate et écologiste 8. Des découvertes majeures permettant la guérison des cancers les plus résistants 9. Une prise de conscience écologique planétaire avec un prix mondial du carbone à 100 dollars la tonne 10. Une charte contraignante édictée par les 50 plus grands fonds d’investissement du monde pour ne plus investir que dans les entreprises durables 11. Des révolutions démocratiques victorieuses en Russie, en Turquie ou en Chine 12. Des œuvres d’art et de nouveaux courants artistiques changeant notre regard sur le monde. C’est une liste à la Prévert, j’en conviens. Je vous laisse le soin d’imaginer les développements, c’est plus romanesque.

Le regard de Nicolas Baverez.

Voilà un économiste sérieux. Certes, il verse facilement dans le pessimisme, mais les temps y prédisposent. Il analyse le cycle de démondialisation auquel nous assistons sous la poussée des populismes, qui explique le contexte économique beaucoup plus dur, marqué par une diminution de la croissance et des emplois ainsi qu’une hausse des risques politiques et financiers. Pour lui, l’abandon de toute discipline monétaire et budgétaire (les deux vont ensemble), dans les grands pays développés renforce la probabilité d’un nouveau krach. Il prédit que les années 2020 seront placées sous le signe de la crise de la démocratie représentative et du regain (déjà en cours) des nationalismes. Car l’échec économique des populistes n’arrive pas à remettre en cause leur capacité à arriver au pouvoir et même à s’y maintenir, profitant de la déstabilisation des classes moyennes ou de la polarisation des territoires, des désarrois identitaires et de la montée de la violence… Triste tableau. L’antidote au national-populisme, c’est le patriotisme et la liberté. Encore faut-il le mettre en œuvre.

A vous de faire votre opinion.

Allez, une bonne nouvelle pour terminer, comme quoi rien n’est impossible : la Grèce où la bourse d'Athènes triomphe des indices boursiers mondiaux avec 52% de hausse. Et elle emprunte à des taux plus bas que l'Italie. Hé, Hé ! Et Carlos Ghosn qui s’évade du Japon, c’est pas un joli pied de nez ? Pendant ce temps-là, nous, on concocte une réforme des retraites qui se voudrait universelle et juste et qui ne sera ni universelle, ni juste…

Bah, le principal n’est-il pas d’être en bonne santé !

 

 


LA CONVERGENCES DES COLERES

Macron voeux 2020

 

Teasing…

Le teasing orchestré par les médias autour des traditionnels vœux du Président Macron a plutôt bien fonctionné : plus de 10 millions de nos compatriotes ont fait l’effort d’écouter ce qui devait être un discours d’apaisement. « Un discours très attendu » nous a-t-on rabâché. Alors, le moins qu’on puisse dire, c’est que le résultat n’est pas à la hauteur des attentes. Toujours aussi glacial, aussi lointain, l’hôte de l’Elysée nous a livré un petit chef d’œuvre de méthode Coué : des vœux sans surprise, des annonces déjà connues, et ce qu’on savait déjà, à savoir que Philippe est en première ligne sur le dossier des retraites. Avec une erreur de taille : 2020 n’est pas la première année d’une nouvelle décennie, mais la dernière de la période 2011-2020. Ainsi va le calendrier grégorien. Un détail, me direz-vous, mais révélateur d’un certain amateurisme.  Les réactions n’ont pas tardé : il aurait voulu jeter de l’huile sur le feu qu’il ne s’y serait pas pris autrement. Les Franciliens ont donc encore de beaux jours de galère devant eux.

Climat délétère.

Je reprends ici les constats énoncés par Jean-Pierre Robin dans le Figaro. Macron a échoué à redynamiser la France. Son action après deux ans et demi de mandat débouche sur « un climat social délétère et une économie à plat ». La promesse de renouveau entraperçue au début de son mandat, à laquelle je n’ai jamais cru mais que beaucoup espéraient, a fait place à la « convergence des colères » : les étudiants, les hôpitaux, les retraités et plus particulièrement ceux des régimes spéciaux, les policiers qu’il a fallu calmer, les pompiers, sans parler des Gilets jaunes, on se demande s’il existe une catégorie de Français satisfaits de leur sort.  Pourtant, Emmanuel Macron avait au départ tous les atouts pour réussir : une croissance revenue (2,3% du Pib en 2017), un peu grâce aux mesures Hollande et beaucoup grâce à la conjoncture mondiale, et l’aura d’un homme neuf et jeune. De fait, il a engagé le quinquennat au pas de charge : ordonnances de la loi travail (qui peinent aujourd’hui à s’appliquer), changement de statut de la SNCF (imposé par l’Europe) pour être désormais soumise à la concurrence, puis suppression progressive de la taxe d’habitation (une ânerie mais aussi une promesse), abolition partielle de l’ISF, réforme de l’apprentissage (qui entre en application ce jour), modification des règles d’indemnisation du chômage et le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu qui devient pour la masse des contribuables invisible et indolore, perversité suprême du fisc dans un pays qui bat tous les records d’imposition. Mais voilà, s’il y a quelques bonnes décisions, toutes ont été imposées d’en haut, dans la pure tradition technocratique. Jupiter se voulait le « maître des horloges ». Il a tout simplement oublié l’adage qui dit « qu’on ne change pas la société par décrets ». Il a suffi d’une banale taxe sur les carburants pour que l’illusion se perde dans la « révolte des Gilets Jaunes » à l’automne 2018.  Une erreur qui en dit long sur la coupure qui existe entre nos hauts fonctionnaires des finances et la France profonde : personne n’imaginait qu’il était absurde d’instaurer une taxe carbone au moment où les cours du pétrole s’envolaient. Mais une erreur coûteuse  qui a mis fin au projet de grande transformation du pays…

100% endetté.

Il a fallu en effet, renoncer aux réformes visant à renforcer la compétitivité des entreprises et améliorer les compétences des Français, pour finalement financer une vulgaire politique de redistribution du pouvoir d’achat par de l’argent public (près de 20 milliards), en impôts prélevés sur les « aisés » et de la dette . Cela n’a pas empêché la baisse de régime de la croissance, deux fois moindre aujourd’hui qu’en 2017 et celle de 2020 s’annonce calamiteuse. La France reste le pays à la pression fiscale record avec 46% de prélèvements obligatoires et les baisses d’impôts annoncées n’y changeront rien puisqu’il s’agit de l’habituel bonneteau : on prend aux uns pour donner aux autres. Les recettes fiscales restent par contre dynamiques, ce qui veut dire qu’elles continuent de croître, mais pas suffisamment pour rattraper les dépenses. L’année 2019 se termine avec un déficit de près de 100 milliards d’euros. Et la dette publique a dépassé les 100% du Pib à 2 415 milliards d’euros. Ce record est lié à une ligne politique fondée sur des impôts et des dépenses élevées, notamment pour financer les prestations sociales. Et telle qu’elle est partie, la réforme des retraites, qui ne devait rien coûter, va se solder par un gouffre financier supplémentaire. Elle ne sera ni universelle, ni juste, j’aurai l’occasion d’y revenir. La dette publique n’a donc pas fini d’enfler telle la grenouille… qui finit par éclater ! C’est la solution de facilité pendant les taux bas, mais c’est 100% dangereux : un seul petit point de plus en taux et c’est 19 milliards de plus d’intérêts supplémentaires, davantage que le déficit de nos régimes de retraites attendu en 2025. La sagesse voudrait qu’on s’intéresse davantage à notre endettement et qu’on s’attaque enfin à cette préférence pour la dépense publique. La France a levé 200 milliards d’euros sur les marchés en 2019. Mais cette folie dépensière n’a débouché sur aucune accumulation de richesse : l’Etat est focalisé sur ses dépenses courantes mais ne crée pas de valeur pour les générations futures. Cette dérive affaiblit la France, paupérise les Français et annonce des lendemains difficiles !

Evidemment, ce tableau réel de la situation du pays n’apparaît pas dans le propos présidentiel.  Et quand il annonce de nouvelles réformes,  il sait forcément qu’il ne pourra pas les financer, ayant épuisé toutes ses marges de manœuvre. Car le court-termisme a un gros inconvénient : il se paiera cher dans dix ans.

 


DATI L’AUTHENTIQUE !

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Le petit livre de Rachida Dati mérite le détour. Ce n’est pas du Maupassant, mais ça n’empêche pas qu’il soit très bien écrit. Il est surtout criant de vérité. A chaque page on reconnaît l’auteure. C’est un témoignage sincère, sans retenue. A son habitude, elle dit ce qu’elle pense et moi j’ai aimé. Voilà une attitude qu’on aimerait voir plus souvent adoptée par le personnel politique.

Rester soi-même.

Elle a fait irruption sur la scène politique lors de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. Son talent avait éclaté au grand jour. Elle avait fait campagne avec la fougue qui lui semble une seconde nature. Depuis, elle a continué son chemin sans jamais oublier d’où elle vient, elle est fière de sa famille, elle a gardé ses relations de jeunesse et a su en même temps se faire des amis prestigieux dont elle a bénéficié de la bienveillance, ce qui valide ses qualités humaines  et ses compétences. Elle a travaillé dur pour accéder à l’élite. Elle a dû faire face à l’adversité, à ceux que son profil dérangeait, avec pugnacité sans jamais douter d’elle-même. Face aux préjugés, elle a répondu par l’action sans jamais chercher à contourner l’obstacle, persuadée que seul le travail et le mérite paient. De la Chancellerie au Parlement européen et à la « prestigieuse » mairie du 7ème arrondissement de Paris, personne n’a décidé pour elle de son parcours. Elle est toujours à la hauteur des fonctions qu’elle exerce. Et pourquoi pas la mairie de Paris ? Le bilan d’Hidalgo est tellement piteux qu’il faut bien une Dati pour redresser la ville.

Etre fidèle.

Rachida Dati s’est forgé ses convictions. Partie du bord opposé, son chemin l’a amenée chez les Républicains. Elle correspondait bien à l’esprit de l’UMP. Le « mouvement populaire », elle en est une incarnation. Par son origine, elle est du peuple et elle sait parler son langage. Elle en comprend les difficultés et les problèmes quotidiens pour les avoir vécus. Comme « politique », elle dit ce qu’elle pense et c’est une autre de ses qualités, que ça plaise ou non. Cela ne l’empêche pas de rester fidèle à sa famille. Quand elle n’est pas d’accord, elle le dit, sans jamais tourner le dos. C’est pourquoi elle est fort respectable. On n’est donc pas surpris qu’elle soit restée proche de Nicolas Sarkozy. Evidemment, cela ne fait pas que des heureux et son franc parler peut déranger les habituels bretteurs de l’entre-soi.

Etre sans complexes.

Mais le peuple ne s’y trompe pas. Les candidats de salons feraient bien de se méfier. Rachida qui a réussi à se faire élire dans le 7ème arrondissement est tout-terrain. Elle rencontre le peuple des quartiers, écoute les problèmes, propose des solutions possibles. Et elle n’a pas peur d’aller partout, parce que partout elle est à l’aise. Elle est tout sauf déconnectée, à l’opposé de bien des technocrates devenus élus. Elle fait peu de cas des idéologies et préfère privilégier le pragmatisme qui s’appuie sur une bonne connaissance technique du sujet à traiter. Et quand elle parle de ses origines c’est pour louer le syncrétisme de la société française qui permet la fusion des cultures : « ce qui m’ancre, c’est l’universalisme de la France des Lumières qui prône l’égalité et le bonheur de tous, et le rassemblement autour de ces valeurs. »

Avoir de l’audace.

Ce dont son parcours témoigne c’est que Rachida n’a peur de rien, dès lors qu’elle est certaine d’avoir les compétences pour assumer les responsabilités qu’elle convoite. C’est pourquoi, ceux que sa candidature à la mairie de Paris faisait sourire commencent à rire jaune. En peu de temps, elle a réussi à se hisser au niveau de Benjamin Griveaux qui se targue « d’avoir tissé un lien charnel avec les parisiens ». Ce dernier bénéficie pourtant de la bénédiction présidentielle…. Elle a enterré ses concurrents de la pseudo-droite et laboure le terrain sans se préoccuper du qu'en-dira-t-on. Vous voulez que je vous dise ? Elle peut gagner !

Je n’ai fait qu’effleurer le sujet pour vous laisser le plaisir de la découverte. A lire absolument si vous voulez vous réconcilier avec « le » politique ….

Rachida Dati, La confiscation du pouvoir - Plon

 


LA COMEDIE CONTINUE

Comédie grecque

 

Inutile de se prendre la tête. Pour Laurent Berger la ligne rouge a été franchie, mais tout reste négociable bien que le Premier Ministre prétende être ferme.  Inutile de se prendre la tête, parce que, en l’état, je ne risque pas de voir la fin des régimes spéciaux… Si ça continue comme ça, je serai dans l’autre monde avant.

Un peu plus de clarté.

La réforme a été présentée. On y voit un peu plus clair. Mais elle reste lointaine : elle sera appliquée pour la génération 75, avec une mention spéciale pour les régimes « spéciaux » qui bénéficieront d’un large report  (générations 80, 85, voire plus…). Ce sera un régime universel par points, avec une augmentation des cotisations pour les salariés du privé touchant plus de 120 000 € par an. 64 ans, c'est le nouvel âge d' « équilibre » (on ne dit plus âge pivot). C'est le sujet qui a fâché la CFDT plutôt favorable au régime universel. On pourra toujours partir à la retraite à 62 ans mais avec un malus et il faudra attendre les 64 ans pour toucher le taux plein, ce qui revient à une diminution déguisée des pensions. Quelle hypocrisie pour ne pas avoir le courage d’expliquer qu’il faudra travailler plus longtemps.

Peut faire mieux !

On serait tenté de dire « tout ça pour ça »… Doit-on enfoncer les portes ouvertes , ce qu'on se tue à répéter depuis des mois : on va devoir travailler plus longtemps , on va devoir cotiser plus, on va toucher une retraite plus faible, et elle sera davantage taxée. Avec ce système universel, c’est inévitable compte tenu de la démographie et du vieillissement de la population. Pour les bas revenus, la retraite sera préservée. Pour les classes moyennes « supérieures », la retraite par répartition ne sera qu'une retraite « complémentaire », leur retraite « principale » viendra de leur capitalisation. Quand je dis « on », c’est pas nous, les actuels retraités, pour qui rien ne change.

Quant à la méthode, difficile de faire pire.

Voilà le pays complètement bloqué ! Bref, vous allez dire que je suis incorrigible : le projet des Républicains est autrement plus franc, plus réaliste et plus opérationnel pour garantir les pensions et mettre fin à la fuite en avant de la dette. La droite c’est différent !

En attendant, je pense à ceux qui galèrent pour aller au boulot. Et aussi : prenez vos précautions, si vous devez bouger pour les fêtes, remplissez vos réservoirs …


UNE FOIS DE PLUS, FAIRE SEMBLANT ?

Retraites 3

 

Quelle réforme ?

L’idée était séduisante : un régime universel unique pour tous, bien égalitaire à souhait, qui mettrait fin aux injustices. Un système par point bien technocratique comme nos énarques savent en pondre. Et surtout bien flou et comme dit notre Martine lilloise, « quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup ! ». On ne sait plus s’il s’agit de remettre de l’ordre dans les comptes, ou comme la promesse de la campagne présidentielle l’avait annoncée, de construire un régime idéal mettant fin aux 42 régimes disparates actuels. Une réforme mérite d’être menée, mais faut-il voir si simpliste dans un pays aussi compliqué que la France, où les « acquis sociaux » se sont construits dans la durée et ne seront pas faciles à détricoter. C’est bien pour cela que le pouvoir avance masqué et prolonge à n’en plus finir le moment où il faudra annoncer la vérité : le système par points est une machine à ne faire que des perdants et une étatisation déguisée, mettant à la marge les partenaires sociaux, qui ont pourtant montré leur capacité à gérer de façon paritaire les retraites complémentaires, avec le grand danger de laisser l’Etat fauché et impécunieux fixer le prix du point, moyen le plus commode de faire les ajustements… à la baisse.

Mobilisation massive.

Le jeudi 5 décembre a annoncé la couleur : le gouvernement voulait savoir, il n’est pas déçu. La mobilisation a été massive et cela ne présage rien de bon. Trop de colères, de rancoeurs accumulées, se sont exprimées face à un Macron trop présomptueux, trop orgueilleux, incapable de reconnaître ce qui a été fait avant lui, par la droite notamment, aveuglé par une promesse de campagne inconsidérée. Il a cultivé les ambiguïtés, multiplié les petites phrases sources de confusion, méprisantes à l’égard du peuple. Avec le Premier Ministre, ils ont réussi à alimenter les craintes au lieu  de rassurer et d’établir la confiance. Et puis ce Jean-Paul Delevoye qui met les pieds dans le plat en élargissant maladroitement le sujet à l’immigration… comme si le climat n’était pas assez anxiogène ! Le constat : ils ont réussi à faire l’unanimité contre eux et ce projet qui se voulait simple et se révèle fumeux. Le pouvoir est donc condamné à reculer, d’une manière ou d’une autre, s’il veut éteindre l’incendie qu’il a lui-même allumé. On voit déjà comment : en reculant sur les régimes spéciaux et en prenant le chemin de la fuite en avant sur la dette.

Une autre réforme est possible.

Les comptes sont tenus même si leur équilibre est fragile, comme le souligne le dernier rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites). Et cela grâce aux réformes en profondeur de 2003 et 2010 menées par les Républicains, Hollande s’étant surtout contenté de rajuster le niveau des cotisations. Les dernières réformes de 2010 et de 2014 ont commencé à rapprocher les règles dans les régimes spéciaux de celles des fonctionnaires et du secteur privé. Mais, c’est vrai, rapprochement ne veut pas dire égalité de traitement. Ce sont ces différences qui perdurent auxquelles voudrait mettre fin le régime universel en intégrant les régimes spéciaux, ce qu’il faudra faire de toute façon, en évitant de reculer aux calendes grecques. Mais, la priorité devrait être d’ajuster d’abord le financement avant d’envisager les autres modifications, et il n’y a qu’une mesure qui puisse assurer l’équilibre financier au-delà de 2025 : reculer l’âge de départ progressivement à 64 puis 65 ans. Les Français le savent et ils y sont prêts, pour peu qu’on y mette les formes. Ensuite, il faut mettre fin aux injustices criantes pour les salariés en faisant converger les régimes public et privé. Evidemment, il faut en profiter pour mettre fin aux autres injustices du système actuel concernant les femmes et les carrières hachées, préserver les droits familiaux et conjugaux, et les caisses autonomes bien gérées qui ne demande rien à personne. C’est la réforme qui permettra de maintenir assurément le niveau des pensions sans faire peser leur financement sur les générations futures, sans augmenter les cotisations qui pèseraient sur le pouvoir d’achat des actifs. C’est le projet proposé par les Républicains. Il est réaliste et il est tenable.

La clarification à reculons ?

Edouard Philippe va devoir clarifier le projet. Mais les rumeurs qui circulent ne sont pas de nature à rétablir la confiance ni rassurer les Français inquiets pour leur avenir. Quelle justice à reculer la réforme des régimes spéciaux en appliquant la clause du dite du « grand-père », qui consiste à la repousser de 40 ou 50 ans ? Il n’y aurait pas non plus de « mesure paramétrique », expression technocratique pour dire qu’on ne repoussera pas l’âge de départ, ce qui veut dire que le financement serait assuré par l’emprunt et la dette pour combler les 17 milliards d’euros qui manqueront à court et moyen terme. Peut-on être surpris que le pouvoir lâche du lest  sur la dette et les économies, lui qui fonctionne à chéquier ouvert depuis le début du quinquennat ? C’est une faiblesse et un manque de courage qui est la marque de toutes les réformes entreprises depuis 2017.

C’est tout simplement de l’irresponsabilité.

 

 


NOUS SOMMES LA NATION FRANCAISE…

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« C’est ça la France … Qu’a-t-on fait pour mériter ça ? » Un livre que tout citoyen qui s’intéresse à la chose publique devrait lire.  Barbara LEFEBVRE y passe en revue toutes les dérives de notre temps qui cherchent à détruire La France, sa culture, son histoire, sa laïcité, son unité…. Un livre d’une grande lucidité qui part de l’observation des faits et qui en analyse les origines et les conséquences néfastes. Et pourtant, nous restons la « nation française », c’est le cadre qu’il faut continuer à défendre. Elle nous dit comment. Un merveilleux outil de réflexion pour une droite qui se reconstruit.

Les deux postmodernités.

Faisant référence au sociologue Yves Bonny, Barbara Lefèbvre évoque « l’idéologie de la déconstruction » à l’œuvre et met en lumière les deux axes de la critique postmoderne du « en même temps » macronien. La première postmodernité met en valeur toutes les catégories sociales dite marginalisées ou opprimées (femmes, immigrés, homosexuels, minorités religieuses…). Racialisation et ethnicisation en sont la démarche naturelle. Le processus débouche sur la nation multiculturaliste. L’identité nationale y est présentée comme hégémonique, car imposée par les groupes sociaux dominants. La seconde postmodernité est celle de l’individu nomade, cosmopolite, sans racines… Il est chez lui partout et ne connait pas les frontières. Sans passé ni avenir, il vit uniquement dans le présent. Il est le digne représentant des élites intellectuelles, artistiques, économiques des grandes métropoles. La nation est l’ennemi de ces deux postmodernités : elle oppresse les minorités, elle est un geôlier pour le nomade. Voilà pourquoi tous ceux qui s’en réclament sont aussitôt stigmatisés et suspectés de vouloir restaurer des valeurs nauséabondes.

La nation.

La culture qui fonde notre identité nationale est le résultat d’un melting-pot, de mélanges, de métissages, elle s’est forgée au cours des siècles. En valorisant l’unité de la nation (une et indivisible) nous mettons en avant ce constat. Accepter de se fondre dedans va à l’encontre de l’accusation d’exclusion, de xénophobie ou de racisme. Encore faut-il adopter le principe d’universalité sur laquelle cette identité s’est construite. Cela ne convient pas aux obsédés de la race ou du genre qui préfère la psychologie victimaire.

La patrie.

Ce n’est pas un hasard si le drapeau tricolore a été remis à la mode au milieu des années 2000. Déjà, l’insécurité culturelle pointe et une partie de l’élite politique, intellectuelle et médiatique s’empare des couleurs nationales pour  montrer au peuple inquiet un attachement patriotique à la France. Mais il ne suffit pas de pavoiser. D’abord le bleu-blanc-rouge ne plait pas à tout le monde et est réduit par certains à « la revendication d’une nation mythifiée de tradition judéo-chrétienne, de blancs aux yeux bleus, excluante et raciste ». L’extrême gauche apporte ainsi son soutien aux islamistes. Peu importe qu’on soit pris en contradiction entre l’hyper souverainisme des Conventionnels de 1792 et le courant internationaliste prolétarien repeint aux couleurs du multiculturalisme, dont ils se réclament. La patrie c’est aussi La Marseillaise. Autre symbole fort de l’attachement à la France, elle est forcément une cible. Se réapproprier les symboles de la République, c’est aussitôt être suspecté de faire le jeu de l’extrême droite. Le débat autour du « sang impur » qui au début du XVIIIème siècle n’a aucune connotation raciste ni protofasciste, n’est qu’un artifice pour se démarquer à bon compte. En quoi une ligne de la Marseillaise réduit-elle l’identité des Français à une couleur de peau ou à une ethnie quelconque ?  La patrie enfin, c’est un territoire. La géographie rejoint l’histoire. Le pays abrite la nation comme le paysan fait le paysage. C’est pour avoir nié cette réalité que le pouvoir centralisé et technocratique s’est pris de plein fouet le mouvement des « gilets jaunes » ! Attaquée sur ses symboles et niée dans sa réalité par la mise à mort du monde rurale, notre « patrie » est en grand danger.

Christianisme et laïcité.

« Les religions sont des structurants identitaires fondamentaux » affirme Barbara Lefèbvre avec justesse, ne serait-ce que parce que la « morale judéo-chrétienne » subsiste et se retrouve dans nombre de nos valeurs, de nos principe juridiques sous une forme sécularisée, rationalisée. Evidemment l’islam provoque un électrochoc identitaire, dans un monde où le religieux s’est réduit à la « sphère privée ». Mais qui ne voit la contradiction d’une doxa qui se plait à décrire le modèle judéo-chrétien comme désuet voir réactionnaire et pousse des cris d’orfraie quand on s’offusque du port d’un voile pourtant largement discriminant à l’endroit des femmes. Passons sur le fait que les participants à la « manif’ pour tous » soient décrits par les médias « éclairés » comme un ramassis de cul-bénis et de fachos homophobes, ce qui n’est en rien la réalité, il suffit de quelques images bien choisies et le combat est perdu d’avance. Le paravent de la laïcité pour lutter contre une religion qui a la prétention de régir la vie des sociétés humaines dans toutes ses dimensions, depuis la sphère privée jusqu’à l’organisation de l’espace public, risque d’être bien maigre d’autant plus que le Conseil d’Etat rend des arrêts d’une grande tolérance à l’égard de l’islam, en vidant de sons sens la loi de 1905.

L’idéologie de la déconstruction.

C’est le pire poison pour notre société. « La nation est un monstre, l’identité nationale est luciférienne, l’Etat a des penchants génocidaires ». Le culte du repentir concerne tout l’Occident, et l’Europe en particulier, accusés de tous les crimes esclavage, impérialisme, colonialisme, génocide…  Inutile d’entrer dans le détail. Et pour que ce soit bien clair, on réécrit l’histoire. L’objectif est simple :  déconstruire les idéaux universels occidentaux. Le progressisme s’est attaqué à l’art, la littérature, la philosophie. La mise en procès de l’Occident esclavagiste, raciste, islamophobe, sexiste est généralisée. Elle débouche sur le relativisme intégral qui excuse d’avance le terrorisme. Ainsi depuis vingt ans, la repentance est devenue une routine. Mais ne nous y trompons pas, la mouvance décoloniale est par sa nature identitaire, fondée sur des bases ethniques et/ou religieuses. Elle entend se confronter à l’identité nationale pour la disloquer, la remplacer : « La France est à nous ! » disent-ils. Ils refusent ainsi de se fondre dans l’identité nationale comme d’autres l’ont fait avant eux.

La place de l’armée.

Avec le sacrifice d’Arnaud Beltramme, image indépassable du « héros » au service de la patrie, à laquelle on pourrait ajouter le sacrifice des 13 soldats morts au Mali, le lien armée-nation a plus que jamais sa raison d’être. L’engagement militaire reprend enfin tout son sens. Le déni de la guerre est-il pour autant conjuré ? Va-t-on enfin utiliser vraiment l’armée dans le rôle qui lui est dévolu, et non la confiner dans des tâches subalternes, de sécurité-parade ou éducatives. Mais que penser quand le chef des armées humilie son chef d’état-major ?

Je n’ai fait que survoler superficiellement un ouvrage à la réflexion dense et implacable. Le livre mérite qu’on entre dans son intensité.

Vous n’avez pas le temps de le lire ? Alors venez samedi prochain à la rencontre de l’auteure. Et en plus vous pourrez lui poser toutes vos questions au cours d’un échange qui s’annonce ouvert et riche.

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LA FILIERE NUCLEAIRE DANS L’IMPASSE ?

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Mais que se passe-t-il avec la construction de l’EPR de Flamanville ?

Aujourd’hui, plus personne ne semble maîtriser ni l’agenda, ni les coûts du chantier, et l’on peut compter sur les écolos pour contribuer à saborder définitivement le projet. Heureusement on n’en est pas encore là. EDF ira certainement au bout, mais 12 milliards d’euros ont déjà été engloutis pour un devis initial de 3,5 milliards !  Ce qui est en jeu est bien plus grave : c’est l’avenir du réacteur de nouvelle génération que les retards de Flamanville compromettent. Or c’est un outil dont la France a grand besoin pour remplacer d’ici les 15 prochaines années le parc des réacteurs actuels que le « grand carénage » va prolonger à une soixantaine d’années d’exploitation. Car les écolos ne nous feront pas croire à l’alternative généralisée des énergies renouvelables qui se ferait au prix d’une augmentation colossale du coût de l’énergie.

Une catastrophe industrielle.

L’histoire de la construction de l’EPR est édifiante de la gouvernance politique des dix dernières années : la guerre entre EDF et AREVA, le mensonge de Flamanville, les pertes de compétences… et la pression constante des écologistes. En 2006, AREVA vend un EPR à la Finlande. Pour ne pas laisser  le marché  libre à son concurrent, EDF s’engage à construire un EPR à Flamanville pour 3,3 milliards d’euros et programme un chantier sur 54 mois. Un énorme mensonge que l’Etat avale. Irréaliste, surtout que les pertes de compétences ont rendu le pari totalement impossible : depuis  le début des années 90, l’électricien n’avait plus construit de centrale nucléaire (dernière en date Civeaux, 1991). Entre temps, il a perdu les capacités de maîtrise d’ouvrage et surtout les soudeurs hautement spécialisés pour lesquels il a fallu recourir à des entreprises étrangères. La crédibilité du nucléaire français en est profondément affectée. En 2018, 8 soudures de haute technologie défaillantes sont découvertes reportant le retard à 2022 après une liste de contretemps déjà impressionnante. Pour arranger les choses, depuis 2007, l’énergie est une compétence partagée entre le ministère de la Transition énergétique et le ministère de l’Economie. L’Etat actionnaire ne parle plus d’une seule voix et l’arrivée de Hollande à l’Elysée n’a fait qu’aggraver les choses avec des promesses de campagne, comme la fermeture de Fessenheim et la réduction de moitié de l’apport de l’énergie nucléaire, se sont révélées insoutenables. La catastrophe de Fukushima a fait le reste, en rendant l’ASN (Agence de Sureté Nucléaire) quasi paranoïaque.

Le temps est compté.

L’Elysée reste le décideur ultime. Fidèle à son habitude, le Président se garde bien de donner une direction claire et assumée. Certes, le retard d’entrée en production de Flamanville ne permet pas d’avoir un retour d’expérience sur le prototype. La décision de construire une flotte d’EPR devait être prise en 2021. La question sur la compétitivité risque donc de rester entière et rend aléatoire la relance d’un programme nucléaire de grande ampleur. De son côté EDF veut emmener l’ensemble du parc actuel jusqu’à 50 ans, et même pour certains réacteurs jusqu’à 60 ans, moment où une flotte d’EPR devrait prendre le relais. A condition que la décision soit prise en temps utile. EDF est certaine que les travaux de mise à niveau permettront aux centrales actuelles de se rapprocher des standards de sécurité les plus élevés tout en permettant de produire de l’électricité dans de bonnes conditions économiques. Fessenheim qui doit fermer l’année prochaine est considérée comme la plus sûre du parc et devrait voir sa vie encore prolongée du fait du retard de mise en service de Flamanville qui devait prendre le relais. Par ailleurs, notre électricien national continue de vouloir exporter sa technologie, notamment en Inde, sans parler du contrat avec les Anglais. Le géant français jouit encore d’un statut qui n’est pas contesté en matière de référence dans le domaine de l’atome.

L’espoir vient de Chine.

Le comble, c’est que les Chinois, eux, ont réussi avec leur EPR. La centrale de Taishan fonctionne à plein régime depuis sept mois ; elle a été construite avec une cinquantaine d’ingénieurs d’EDF présents en permanence sur place. Une coordination exemplaire saluée par les Chinois : la centrale a été portée par une coentreprise entre le chinois CGN (51%), EDF (30%) et un provincial Yuedian (19%). Le second EPR est presque terminé. A Paris, le chœur des voix discordantes continue a capella : tandis que Bruno Le Maire souhaite s’affranchir de la mise en service de Flamanville pour prendre la décision d’un nouveau programme nucléaire, Elisabeth Borne, de son côté, campe sur cet enchaînement : d’abord Flamanville puis décision…. Ce qui reporterait le projet de la construction de 6 EPR au mieux à 2023 ou 2024. Aucun arbitrage présidentiel n’a été rendu sur le sujet. Il est vrai que le Président a d’autres chats à fouetter en ce moment. Et pourtant, s’il y a bien un enjeu crucial, c’est bien celui-là. La France sera-t-elle demain toujours un pays nucléaire, quand la Chine construit 11 autres réacteurs ? La réponse est éminemment politique. Le fait que le gouvernement ait discrètement mis fin au programme ASTRID de recherche sur le surgénérateur ne rend pas optimiste. L’arbitrage à rendre entre le nucléaire et les autres sources de production d’électricité, c’est maintenant ! C’est la sécurité énergétique des générations futures qui l’exige. Il est encore temps de remobiliser une filière industrielle qui connait des déboires mais qui a les moyens de redevenir le fleuron qu’elle a été. En choisissant de l’abandonner, la France s’engagerait définitivement sur le chemin du déclin. Il faudrait d’autant plus de courage politique que les « vents écologiques » sont très défavorables, avec leur capacité de désinformation phénoménale.

Mais du courage, en a-t-on seulement encore une parcelle en haut lieu ?

 

 


" C'EST CA LA FRANCE..." Conférence-débat

On ne présente plus Barbara LEFEBVRE, enseignante, auteur de livres qui ont fait l'actu. 

C'est son dernier ouvrage qui sert de support à son exposé. : "C'est ça la France ... Qu'a-t-on fait pour mériter ça ?"

Elle y passe en revue tous les enjeux et les modeleurs de la "pensée conforme" à la manoeuvre, tout ce qui déconstruit et détisse les liens entre les générations, la France coupée en deux entre gentils "progressistes" et  méchants "nationalistes"...

Nation, identité nationale, culte victimaire, manipulations idéologiques : un état des lieux sans concession par quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux !

Nous avons la chance qu'elle vienne à notre rencontre !

Un rendez-vous incontournable !

Merci de vous inscrire, en utilisant le lien ci-dessous. Vous aiderez à la bonne organisation de la réunion.

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LES CIGALES ET LES FOURMIS

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Publication hier d'un rapport de la Commission Européenne.

Plutôt sévère : il dénonce les pays qui ne jouent pas le jeu, qui augmentent leurs dépenses publiques, qui augmentent leurs déficits. Evidemment, qui est aux premières loges ? Vous avez deviné : La France… et l’Italie, suivies de près par l'Espagne. Un rappel à l’ordre à juste titre au moment où le gouvernement français est tenté d’ouvrir les vannes des « cadeaux de Noël », autant de sparadraps sur des jambes de bois, pour tenter d’éteindre le feu social qui menace d’exploser, et cela en continuant de creuser les déficits et la dette à tours de bras.

La cigale Macron.

L’exécutif n’en finit pas d’ouvrir son carnet de chèques, depuis la fin 2018, et la liste est longue des gestes coûteux : revalorisation de 40 € par mois pour les policiers suivie du paiement d’une partie des heures supplémentaires, désocialisation des heures supplémentaires, smic revalorisé de 100 €, baisse de la CSG des retraités modestes, prime exceptionnelle de fin d’année défiscalisée, baisse d’impôts de 5 milliards d’€ pour 17 millions de contribuables … 17 milliards de dépenses publiques supplémentaires. Et ça continue avec l’hôpital public et les infirmières. Non pas que ces ajustements ne soient pas nécessaires, ils témoignent surtout de l’incohérence et de l’incurie de l’Etat qui se révèle par ailleurs, incapable de la moindre économie, alors que les Régions gérée par la droite montre que c’est possible si on veut s’en donner la peine. Et comme toujours, ces efforts seront jugés comme « trop peu, trop tard » par ceux qui vont en bénéficier, ce qui n’est pas faux non plus.

L’écart avec les fourmis grandit.

A force de faire des mauvais choix économiques, la France continue de s’enfoncer au lieu de se redresser. Loi de finances après loi de finances, ses objectifs de réduction du déficit sont revus à la baisse. Des renoncements redoutables quand on mesure l’ampleur du drame : 100 milliards de trou pour des recettes évaluées à 400 milliards : 25% ! Voilà une autre manière moins aseptisée d’évaluer la douloureuse que les 3% du PIB. Le quinquennat de Macron a commencé comme celui de Hollande : un choc fiscal  de 20 milliards d’euros avec l’augmentation de la CSG qui a enrayé la croissance et qui fait que malgré la relance budgétaire, elle se traîne. Celui de Hollande avait été de 32 milliards rien que pour les ménages et avait plombé l’économie pendant trois ans. Ces choix conduisent à faire tourner l’économie artificiellement et à l’envers en encourageant le cercle vicieux : hausse de la dépense publique-hausse des prélèvements- moins de compétitivité-moins de croissance- détérioration de la balance du commerce extérieur- augmentation de la dette- plus de pauvres … Rappelons que la relance, (justifiée, elle) de Nicolas Sarkozy en 2009, avait rapporté 1€ de croissance pour 3€ dépensés, selon la Cour des Comptes. Il ne peut pas y avoir de retour à une croissance durable et solide sans assainissement préalable des comptes en dépensant moins. Chaque cycle de prélèvements pour relancer le pouvoir d’achat nous appauvrit un peu plus. La France a perdu toutes ses marges de manœuvre, et Macron en est à vilipender la règle des 3% qu’il considère comme d’un autre siècle. Mais comment ont donc fait les Pays-Bas, l’Allemagne et d’une manière générale nos partenaires d’Europe du Nord ?

Le salut économique ne viendra pas des autres.

Depuis plusieurs mois, Bruno Le Maire fait une fixation sur nos voisins allemands. C’est que la France « locomotive de l’Europe », ça pourrait faire rire outre-Rhin, même si la Germanie frôle la récession. C’est que l’Europe, dotée d’une politique monétaire commune, sans véritable budget partagé, est bâtie sur un déséquilibre. Bruxelles aurait aimé que les pays dotés de budgets en équilibre mènent une politique davantage expansionniste, pendant que les autres redressent leurs comptes.  Sauf que l’appel de Bruno Le Maire, qui irait dans ce sens, tombe à plat : la légitimité de Paris à demander à un voisin de s’endetter pour aider les mauvais élèves ne tombe pas sous le sens. Car pendant que nous passons notre temps à jeter l’argent par les fenêtres –les Gilets jaunes ne réclamaient pas 17 milliards d’€- les divergences se sont accentuées avec l’Allemagne et son énorme excédent des comptes courants. Si ce fait a pour effet de plomber la compétitivité des autres états, cela leur permet néanmoins de vivre à l’abri d’une monnaie solide qui permet... d'emprunter à bon compte. Compte-tenu du climat interne allemand, les discussions sur le sujet de l’investissement devrait davantage répondre à l’équation nationale croissance-emploi qu’à celle d’une relance européenne en répondant aux appels du pied des Français.

« Que faisiez-vous aux temps chauds … ? »

 

 


PLUS QUE JAMAIS NOUS AVONS BESOIN DE L’HISTOIRE !

La liberté guidant le  peuple bis

 

Peut-être avez-vous écouté comme moi l’interview de François-Xavier Bellamy sur France Inter ? J’ai eu l’impression qu’il était interrogé par des incultes tant l’interrogatoire a tourné constamment au cours d’Histoire et de Philosophie tellement ils ne comprenaient rien à ce que leur invité tentait de leur expliquer. Voilà un bon reflet de notre époque : elle nage dans l’inculture comme la Place Saint-Marc de Venise baigne dans l’aqua alta. Comment en est-on arrivé là ?

Les méfaits de la « nouvelle histoire. »

Patrice Gueniffey, historien de renom, directeur d’études à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), le dénonçait récemment : la nouvelle histoire est une fabrique à oubli. La méthode globale qu’elle utilise brouille notre lien avec le passé. Elle privilégie les ressemblances plutôt que les particularités, or l’histoire est vouée à l’étude du particulier de ce que chaque expérience humaine a d’irréductiblement singulier. Voilà pour la définition. Dans cette histoire, telle que celle mise à la mode par Boucheron, on fait croire à l’existence d’un lien logique entre des événements disparates, choisis selon le principe du hasard ou du caprice. L’indifférence à toute idée de vérité est totale. Le propos est en fait très idéologique et correspond aux aspirations du progressisme : créer une société d’individus délivrés de toutes les déterminations qu’ils peuvent tenir du passé ou de la nature.

L’histoire n’a pas sa place dans cette vision du monde. Cette histoire nouvelle, faite surtout de « déconstruction » se veut vide de sens. C’est à cette condition que le citoyen peut être réduit au consommateur : assujettir à la tyrannie du présent des individus sans  racines, sans passé et sans mémoire. Un exemple : pour 1917, dans « l’Histoire mondiale de la France », Boucheron retient les « Kanaks » et fait l’impasse sur les milliers de Français qui se font massacrer au Chemin des Dames ou ailleurs -tant pis pour eux, ils n’avaient qu’à pas partir la fleur au fusil- et sur la révolution russe qui va pourtant changer la face du 20ème siècle. De l’histoire en miettes !  « L’Histoire de l’Exploration du monde » de Romain Bertrand est du même tonneau. C’est une entreprise de déconstruction du récit des Grandes Découvertes, puisque c’est bien connu, l’Europe a moins découvert le monde qu’elle ne l’a conquis, spolié et dominé. Il ne s’agit surtout pas que Cartier ou Cook redeviennent des emblèmes, des fois que ça redonnerait aux Européens des idées impérieuses… Or c’est par l’histoire que s’est bâtie l’unité de la nation, c’est dans la connaissance du passé français que l’on trouve les racines d’une cohésion, et qui fait qu’aujourd’hui, on peut revendiquer à la fois les Rois qui ont fait la France et l’oeuvre de la Révolution. Impossible de savoir qui nous sommes et pourquoi nous sommes comme ça, sans connaissance de notre Histoire nationale.

La revanche de l’histoire.

Le besoin de racines est humain. Jamais il n’a été aussi pressant, quoi qu’en pense les progressistes qui voudraient en affranchir l’être humain. Il est renforcé par les mutations de notre société et rendu d’autant plus nécessaire que plus de 20% de la population ne partage pas notre passé. Seul l’enseignement du récit national et sa connaissance peuvent conduire à son appropriation nécessaire. J’espère que Blanquer l’a compris. Un récit historique fédérateur est toujours possible, à défaut, son absence favorisera les ferments de division. L’histoire reste pertinente pour apporter les fondements de la communauté nationale et reste le meilleur moyen de lutter contre le communautarisme.

Ce qui s’est passé depuis la chute du mur de Berlin est édifiant. L’angélisme de l’Europe emportée par son rêve de « sortie de l’histoire » a empêché nos démocraties de comprendre le 21ème siècle et de s’y adapter. Ainsi, elles n’ont pas vu la permanence des totalitarismes, notamment chinois, et la montée du fanatisme religieux. La fin des idéologies n’était qu’un leurre : on voit même l’antienne anticapitaliste reprise par les mouvements de « libération » écologiques, en plus des traditionnels anars. De la même façon, la politique et l’histoire se vengent. Voilà que nous reviennent en pleine figure les tourments qui ont leur racines dans l’histoire du passé sans laquelle il est impossible de comprendre : la guerre que se livrent chiites et sunnites, les séquelles de la colonisation qui expliquent la volonté expansionniste de la Chine, la nouvelle affirmation des empires que ce soit la Russie de Poutine ou la Turquie d’Erdogan, le retour de la guerre froide entre l’occident libéral incarné par les Américains et la Chine communiste… Et c’est en tirant les leçons de l’histoire que les démocraties européennes pourront reprendre pied dans le 21ème siècle à travers l’éternel affrontement de la démocratie face aux tentations autoritaires et au terrorisme. L’histoire encore, est là pour rappeler que dans le passé, elles ont su affronter les crises, les guerres et les révolutions. François-Xavier Bellamy ne cesse de le rappeler, les fondements de notre civilisation, dans leurs origines gréco-latines et judéo-chrétiennes, sont encore les meilleurs remparts pour nous défendre. Les citoyens déculturés et planétaires auront du mal à trouver leur place dans les temps qui viennent.

A moi, Vercingétorix, Charlemagne, Clovis, Saint-Louis, Louis XIV, Napoléon, Clémenceau, De Gaulle !… C’est en étant fiers de leur histoire que les Français reprendront confiance en l’avenir, car contrairement à ce que leur enseigne la « nouvelle histoire », ils en ont un !