LE PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

 

  Orthographe chat

QUE FAUT-IL ECRIRE ?

Le Français fourmille de ces mots pour lesquels plusieurs orthographes sont disponibles et nous sommes amenés à nous poser la question : en un ou deux mots, un t ou un d à la fin, etc…

Nous allons en examiner une série, à petites dose, en plusieurs fiches.

 

QUAND, QUANT, QU’EN

On évitera évidemment de penser au nom « camp », dont l’emploi est complètement différent.

QUAND = LORSQUE

Quand est une conjonction de subordination, c’est-à-dire que c’est un mot qui introduit une proposition de temps. On peut TOUJOURS le remplacer par lorsque :

>>  Il était sept heures quand (lorsque) Julien partit.

Quand est un pronom interrogatif qui introduit une question qui porte sur le moment de l’action. On peut le remplacer par « à quel moment » :

>> Quand (à quel moment) viens-tu ?

Quant, avec un « t »  est toujours suivi de « à » ou « aux ». Il signifie « en ce qui concerne », « pour ce qui est de » :

>> Quant à moi, je préfère prendre des frites. / Quant aux tricheurs, ils seront punis.

QU’EN = QUE + EN

Il faut faire attention au sens. « Qu’en » ne contient pas de rapport de temps. Et on peut décomposer l’expression en ses deux morceaux :

>> Que appartient le plus souvent à l’expression « ne… que » : je ne voyage quen train >> je voyage seulement en train.

>> Que peut être aussi un pronom interrogatif suivi de « en » : Qu’en pensez-vous ? >> Que pensez-vous de cela

 

A vos plumes :

Ecrivez correctement quand, quant ou qu’en :

Je me demande … ils vont rentrer. – Ces oiseaux ne reviendront … avril. – Nous irons ensemble, ce sera … même plus intéressant. - … à mon frère, il vit à Montréal. – Il ne parlera … présence de son avocat. - … ces photos seront-elles développées ? – Avez-vous lu ce … écrivent les journalistes ? - … on parle du loup, on n’en voit la queue. - … aux demandes faites par certains d’entre vous, elles sont toujours sans réponses. - … dit l’ambassadeur ? – Nous allions souvent au bord du lac … nous habitions à Lausanne. – Il ne m’a rien confié … à ses espoirs. – Je ne peux … réparer deux aujourd’hui. – Je ne sais pas … passer te voir. – Ce … aurait donné la vente n’aurait pas couvert les frais. – Je doute … te voyant elle te reçoive les bras ouverts. – Pour … voulez-vous ce travail. - … restera-t-il avec nous ? - … restera-t-il de ce projet ? - … à lui, il viendra avec nous !

 

 

Et voici le corrigé :

 

Je me demande quand ils vont rentrer. – Ces oiseaux ne reviendront qu’en avril. – Nous irons ensemble, ce sera quand même plus intéressant. - Quant à mon frère, il vit à Montréal. – Il ne parlera qu’en présence de son avocat. - Quand ces photos seront-elles développées ? – Avez-vous lu ce qu’en écrivent les journalistes ? – Quand on parle du loup, on n’en voit la queue. - Quant aux demandes faites par certains d’entre vous, elles sont toujours sans réponses. – Qu’en dit l’ambassadeur ? – Nous allions souvent au bord du lac quand nous habitions à Lausanne. – Il ne m’a rien confié quant à ses espoirs. – Je ne peux qu’en réparer deux aujourd’hui. – Je ne sais pas quand passer te voir. – Ce qu’en aurait donné la vente n’aurait pas couvert les frais. – Je doute qu’en te voyant elle te reçoive les bras ouverts. – Pour quand voulez-vous ce travail. - Quand restera-t-il avec nous ? – Qu’en restera-t-il de ce projet ? - Quant à lui, il viendra avec nous !

 

 


LE PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

Orthographe chat 

 

L’ACCORD SUJET-VERBE

C’est un des accords les plus simples… à condition d’être vigilant. Chacun sait que le verbe s’accorde en personne avec le sujet. Rappelons qu’il y a six personnes : je, tu, il ou elle, nous, vous, ils ou elles, et que pour chacune d’elle correspond une terminaison spécifique, variable suivant le mode, le temps de conjugaison et le groupe auquel appartient le verbe. Mais ce n’est pas le sujet du jour.

Comment éviter de se laisser (mal) influencer par un mauvais sujet ?

Nous avons l’habitude que le sujet précède le verbe, très souvent immédiatement. C’est là qu’est le piège ! On peut avoir un groupe nominal, ou encore un sujet inversé, quand ce n’est pas un pronom … complément.

Conclusion : toujours poser la question « qui est-ce qui ? » comme un réflexe pavlovien.

Quelques exemples :

-          L’oncle de mes amis aime la tarte au citron.

-          Les statuettes que sculpte son oncle, Julien me les donne.

Méfiez-vous des pronoms comme « nous » et « vous » qui peuvent aussi bien être sujet que complément :

-          Des questions nous viennent à l’esprit.

 

Exerçons-nous :

Mettez la bonne terminaison aux verbes :

Elle les protégeai… soigneusement du soleil. – Jules cueillai… tout ce qu’offrai… les buissons. – les chasseurs à l’affût la guettai… depuis une heure. – Chaque élément de ces trois ensembles représent… un entier positif. – Il tombai… des trombes d’eau. – C’est moi qui traversai… l’atelier d’un pas pressé.-  On ne les oubli… pas. – La maquette que construisai… Patrick et ses amis étai… celle de l’Hermione.- Tous, assis autour de la grande table, l’écoutai… avec respect. – Qui m’appell… ? – Est-ce toi qui jouai… avec eux ? – Philippe, qui les attendai…, les avai… conduits jusqu’au monument. – Les hommes chantai… des mélopées qu’accompagnai… à la guitare un jeune garçon. – On n’a jamais retrouvé le gisement d’où pouvai… provenir de si grosses pierres.- Elles aussi la rejetai… .

 

Pour aller plus loin.

Sujet singulier ou sujet pluriel ?

Quand un sujet est composé d’un nom au singulier complété par un nom pluriel, on peut hésiter sur l’accord du verbe :

-          Lorsque le sujet est composé d’un nom « collectif » tel que foule, multitude, tas, … (noms au singulier qui évoquent une pluralité), ou d’un nom de nombre accompagné de son complément au pluriel, c’est le sens qui décide !

Exemples :     Le tas de caillou sera livré ici. >>> C’est le tas qui est livré.

                       Un tas d’idées lui venaient à l’esprit. >>> ce sont les idées qui viennent .

                       Combien coûte la douzaine d’huîtres ? >>> prix de la douzaine

                       Une douzaine de candidatures nous sont parvenues.

-          Il arrive qu’on ait le choix, selon le sens que l’on veut renforcer :

Exemples :    Une foule d’admirateurs se pressaient ou se pressait.

                       La moitié des récoltes est perdue ou sont perdues.

-          Avec millier et million, le verbe est toujours au pluriel :

Exemple :      Un million de visiteurs sont attendus à l’expo universelle.

-          Lorsque le sujet est composé d’un nom précédé de locutions comme la plupart, beaucoup de, tant de, nombre de, le verbe est du même nombre que ce nom :

Exemples :    Beaucoup de courage sera nécessaire pour cette épreuve.

                       Beaucoup de vacanciers apprécient la nature.

-          Attention, Le verbe est au singulier avec plus d’un, au pluriel avec moins de deux !

 

A vos plumes !

Mettez les bonnes terminaisons :

Beaucoup de personnes croi… que l’alcool n’est pas dangereux pour la santé. – Peu de personnes os… accomplir un tel exploit. – Un des hommes le repouss… brusquement. - Pour la seconde partie, aucun d’entre vous ne changer… de camp.- La foule des spectateurs s’écoulai… lentement. – La plupart des avalanches enseveli…  des skieurs. – Une multitude de flamants roses avai… envahi l’étang. – Une foule de voyageurs atten… l’autobus ; la plupart de ceux-ci s’impatient… .-

 

 

Et voici les corrigés :

Mettez la bonne terminaison aux verbes :

Elle les protégeait soigneusement du soleil. – Jules cueillait tout ce qu’offraient les buissons. – les chasseurs à l’affût la guettaient depuis une heure. – Chaque élément de ces trois ensembles représente un entier positif. – Il tombait des trombes d’eau. – C’est moi qui traversais l’atelier d’un pas pressé.-  On ne les oublie pas. – La maquette que construisaient Patrick et ses amis était celle de l’Hermione.- Tous, assis autour de la grande table, l’écoutaient avec respect. – Qui m’appelle ? – Est-ce toi qui jouais avec eux ? – Philippe, qui les attendait, les avait conduits jusqu’au monument. – Les hommes chantaient des mélopées qu’accompagnait à la guitare un jeune garçon. – On n’a jamais retrouvé le gisement d’où pouvaient provenir de si grosses pierres.- Elles aussi la rejetaient.

Mettez les bonnes terminaisons :

Beaucoup de personnes croient que l’alcool n’est pas dangereux pour la santé. – Peu de personnes osent accomplir un tel exploit. – Un des hommes le repousse brusquement. - Pour la seconde partie, aucun d’entre vous ne changera de camp.- La foule des spectateurs s’écoulait ou s’écoulaient lentement. – La plupart des avalanches ensevelissent des skieurs. – Une multitude de flamants roses avait ou avaient envahi l’étang. – Une foule de voyageurs attend ou attendent l’autobus ; la plupart de ceux-ci s’impatientent.- 

 

 


POUR UNE "RESTAURATION" DU SYSTEME EDUCATIF

Réforme du collège


La réforme des collèges que le gouvernement vient de proposer est l’énième avatar d’un système à bout de souffle qui ne remplit plus aucun des objectifs (ou presque)  qui lui sont assignés par la société. Il saute aux yeux qu’il n’est pas en phase avec le monde contemporain, à moins d’être aveugle, et ce n’est pas en imposant des pédagogies nouvelles, qui montrent chaque jour leur inefficacité, avec le vocabulaire des « nouveaux précieux ridicules », et en réduisant les savoirs, qu’on lui permettra de remplir correctement ses missions.

C’est à la représentation nationale de définir les responsabilités

Comme toutes les institutions publiques, l’école (dans son acception générale) doit offrir une lisibilité claire à ceux qui sont appelés à l’utiliser : les parents, les enseignants, les élèves. Pour eux il est important de savoir qui décide, qui finance, qui contrôle. Les Français attendent une parole politique forte sur l’École, une parole politique qui soit à la hauteur de son passé et qui soit tournée vers l’avenir, car c’est l’avenir de la jeunesse et celui du pays qui est en jeu, face aux mutations imposées par la révolution des NBIC. Il est facile d’énoncer quelques objectifs généraux : élever le niveau général de tous, proposer à chacun des parcours diversifiés de réussite, rétablir l’école de tous pour tous, celle qui permet à l’individu de s’élever. Toutes choses dont on a perdu la boussole actuellement. Mettre en œuvre ces objectifs que tout le monde peut partager nécessite une transformation radicale du système de formation. Quand on sera capable de répondre clairement aux questions posées ci-dessous, alors il sera possible d’envisager l’indispensable régionalisation régulée de l’Éducation nationale et son ouverture sur d’autres acteurs sociaux. La redéfinition du métier d’enseignant pourra être abordée sereinement sans être vécue comme la volonté de l’État de se décharger sur d’autres d’une dépense qu’il n’a plus les moyens d’assumer.

Il faut tout remettre à plat : à quoi sert l’école ?

Commençons par répondre à la question qui vient tout de suite à l’esprit et qui décide de tout : « A quoi sert l’école » ?  La perte de sens est en effet flagrante. On a mis l’enfant au centre du dispositif, mais pour quoi faire ? Certes, on a multiplié les dispositifs mis à sa disposition : réforme des rythmes scolaires dans les écoles primaires pour permettre le développement d’activités péri éducatives, soutien et itinéraires de découverte au collège, travaux pratiques encadrés et accompagnement personnalisé au lycée... à quoi s’ajoutent, les projets en tous genres, l’éducation à la santé, à l’orientation, à l’écologie, les voyages et sorties culturelles… Le résultat, c’est l’éclatement des enseignements et la dispersion des élèves à qui on a négligé de faire acquérir les connaissances fondamentales et qui ne savent plus distinguer l’essentiel de l’accessoire. Des élèves qui ne savent plus non plus à quel adulte se référer devant la multiplicité des intervenants au lycée comme au collège et parfois même à l’école élémentaire. Revenons donc à l’essentiel : commençons par respecter les étapes que constituent les âges de la vie, enfance, préadolescence, adolescence, pour adapter l’institution aux capacités correspondantes des élèves. Je ne vois qu’une réponse possible : l’école est d’abord faite pour transmettre du savoir, le « savoir être » et les « savoir-faire » en découlant naturellement. Si on décide de remettre le savoir au centre du projet et qu’on en fait le défi à relever, alors nous retrouverons le sens qui manque tant aujourd’hui.

Ensuite, posons-nous les bonnes questions.

Si l’école doit enseigner, que faut-il enseigner ? Les réponses viennent facilement. On n’est pas obligé de revenir au savoir encyclopédique qui était la marque de l’école de la 3ème République. Toutefois, assurons-nous du minimum requis qui permette l’accès à l’encyclopédie et sa compréhension. Gardons la démarche épistémologique en toute chose si l’on veut bien accepter que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Je veux bien qu’on utilise Wikipédia, mais avec les prérequis intellectuels qui le permettent : avant d’avoir accès à la « mémoire artificielle », cultivons d’abord les capacités de notre cerveau en musclant sa capacité de mémoire, ce qui suppose des exercices de mémorisation. Connaitre la langue française et la manier correctement, savoir lire et écrire, conjuguer, restent les priorités qui doivent être acquises avant d’entamer les études secondaires. De même, je reconnais que la calculette est utile, mais il importe d’abord d’apprendre à compter, de connaitre les tables de multiplication, de comprendre le sens d’une règle de trois et d’être capable de réaliser ces opérations mentalement. L’outil informatique n’en aura que plus d’efficacité ensuite. Et puis, ne laissons pas de côté les savoirs fondamentaux que sont les sciences physiques et naturelles, l’histoire et la géographie en ne laissant pas de côté chronologie, localisation, quand c’est nécessaire. L’apprentissage des langues étrangères doit être abordé de façon pragmatique au collège, et je reste partisan du maintien du latin et du grec parmi les options. Ce serait oublier l’apport non négligeable de ces dernières dans la pratique des professions juridiques notamment, dont la France reste un pays d’excellence.

Comment enseigner ? Et avec qui ?

Une des tares du système c’est d’avoir voulu faire un statut unique du prof de la maternelle à l’université. Qui peut le plus, peut le moins, me direz-vous. En pédagogie, ce n’est pas vrai ! Il n’est nul besoin d’avoir fait bac plus cinq pour enseigner à la maternelle et à l’école élémentaire, voire même au collège. Je préfèrerais des personnels correctement formés à leur métier, en m’assurant qu’ils aient le minimum de culture requis par l’obtention d’un premier grade universitaire. De bons professionnels plutôt que des « surdiplômés ». L’enseignant polyvalent et unique, éventuellement assisté d’une personne complémentaire à certains moments spécifiques, suffit pour enseigner du cours préparatoire au CM2. Au collège, le recours à des enseignants maîtrisant deux disciplines complémentaires permettrait une transition avec le lycée et apporterait beaucoup plus de souplesse dans la gestion des enseignements. Enfin au lycée, les enseignements requièrent une plus grande spécialisation du savoir et justifient le recours à des personnels ayant une connaissance approfondie de leur discipline. Mais à tous les niveaux, la formation professionnelle et pédagogique reste indispensable. Et si l’on veut innover, nul n’est besoin de grandes théories : laissons la liberté créative aux enseignants après leur avoir appris à manier les NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) correctement, en exploitant toute la diversification d’un enseignement qu’elles permettent. Le tableau électronique doit remplacer le tableau noir, la tablette le cahier… et que de stratégies d’apprentissages alors ! C’est dans ce cadre-là qu’on peut envisager une relation différente de l’élève au savoir : il aura en face de lui une organisation plutôt qu’un individu pour lui enseigner, et des « ressources » auxquelles il peut accéder pour compléter son savoir et qu’il doit apprendre à utiliser. Mais au gré des opportunités locales de l’établissement qu’il fréquente.

Les pistes de réorganisation sont nombreuses.

Evitons de reproduire l’Ecole de la 3ème République : trop centralisée, trop hiérarchisée, elle serait en trop grand décalage avec les mentalités de notre époque. Mais l’ossature générale n’en est pas caduque pour autant. L’organisation en quatre étages : maternelle-primaire, collège, lycée, université doit être sauvegardée car elle correspond assez bien aux âges d’apprentissage. Et elle permet de ne pas perdre de vue ce qui devrait être toujours à l’ordre du jour : la construction démocratique des élites ! Pour cela, il ne faut pas hésiter à proposer une diversification des parcours, en permettant les formations en alternance dès la quatrième par exemple, et en mettant les écoles en concurrence, car, de nos jours, l’Etat ne peut plus être seul à assumer le service public d’éducation nationale. On voit bien que l’ampleur des moyens dispensés aujourd’hui ne garantit en rien l’efficacité. Il faut permettre davantage d’autonomie, notamment pour les enseignants, de concurrence des établissements, et ouvrir beaucoup plus sur l’expérimentation si on veut faire progresser le système. Ne vaut-il pas mieux faire confiance aux hommes et aux femmes qui connaissent les besoins de leurs élèves que d’imposer des solutions toutes faites conçues pour tout le monde par un collège d’experts autoproclamés dont personne ne comprend le langage abscons. Personne ne se plaindra si on débarrasse le « mammouth » d’une bureaucratie superflue.

On pourra alors envisager le nouveau modèle de l’école du 21ème siècle, qu’il faudrait mettre en place progressivement et qui se fonde sur la relation « Elève / Organisation apprenante (programmes, personnels et environnement) / Ressources (livres, outils électroniques, autres élèves, tuteurs, tests..) ». un nouveau modèle qui modifierait en profondeur le rôle joué par l’Etat, la Région, le département, la commune dans les domaines de la formation initiale, de la formation professionnelle et de la formation continue tout au long de la vie !

 


LE PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

 

Orthographe chat

L’orthographe française fourmille de curiosités, c’est ce qui en fait le charme, mais aussi sa difficulté. Puisqu’on a entamé l’étude des variations en nombre, voici un cas très particulier : celui des adjectifs de couleur. On sait que l’adjectif qualificatif varie en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte. C’est une règle simple qui s’applique très généralement sans problème, il suffit d’avoir le « réflexe ». L’adjectif de couleur est rebelle.

L’ACCORD DES ADJECTIFS DE COULEUR 

Bon, accrochez-vous !

Quand il est employé seul, pas de problème, il suit la règle générale :

-       Des robes vertes

-       Des vestes bleues

Sauf que, certains sont invariables, parce que ce sont des noms utilisés comme des adjectifs : des robes abricot (couleur de l’abricot) >> subtil, mais logique !

Voici la liste des récalcitrants en plus de l’exemple ci-dessus : marron, orange, kaki, crème, paille, olive, bronze, tilleul, et beaucoup d’autres dès lors qu’il s’agit de la couleur d’une chose dont on prend le nom pour définir la couleur : acier, anthracite, ardoise, argent, bistre, bouteille, brique, canari, carmin, cerise, citron, émeraude, garance, grenat, groseille, indigo, jonquille, noisette, parme, pastel, pervenche, platine, rouille, sable, sépia, turquoise, vermillon ... Mais « rose » est passé dans les formes courantes et s’accorde.

Quand il est composé de deux mots, il est toujours invariable :

-       Des robes vert clair

-       Des vestes bleu foncé

 

A vos plumes :

Accordez correctement les adjectifs :

A la sortie, vous devrez présenter les billets vert.. – Les rebelles portaient des tuniques rouge.. sang.. – J’ai posé les crayons rouge.. sur la feuille bleu.. – Les plumes des ailes étaient jaune.. et vert.. – Les soldats portaient des vêtements kaki.. – Elle utilisait des enveloppes tilleul.. – On ne voyait plus sur l’écran que des taches noir.. et blanc.. qui dansaient – Ils avaient des visages brique.. à force de vivre au soleil – Elle portait une robe de soie gris.. perle – La mode était aux cravates olive.., qu’on appela vite des cravates bronze.. sans que la couleur en fût changée pour autant – Cette femme a les yeux marron.. – Ces pulls sont rose.., et pour être plus précis, rose.. orangé.. – Ses cheveux étaient bien brun.. – Des rubans orangé.. ornaient leurs jeunes têtes blondes. – D’un côté, les rideaux étaient mauve.. et de l’autre, turquoise..

 

Et voici le corrigé :

Accordez correctement les adjectifs :

A la sortie, vous devrez présenter les billets verts – Les rebelles portaient des tuniques rouge sang (inv) – J’ai posé les crayons rouges sur la feuille bleue – Les plumes des ailes étaient jaunes et vertes – Les soldats portaient des vêtements kaki (inv) – Elle utilisait des enveloppes tilleul (inv) – On ne voyait plus sur l’écran que des taches noires et blanches qui dansaient – Ils avaient des visages brique (inv) à force de vivre au soleil – Elle portait une robe de soie gris perle (inv) – La mode était aux cravates olive (inv), qu’on appela vite des cravates bronze (inv) sans que la couleur en fût changée pour autant – Cette femme a les yeux marron (inv) – Ces pulls sont roses, et pour être plus précis, rose orangé (inv) – Ses cheveux étaient bien bruns – Des rubans orangés ornaient leurs jeunes têtes blondes. – D’un côté, les rideaux étaient mauve ou mauves et de l’autre, turquoise (inv)

 


PARENTS, REVOLTEZ-VOUS… OU FUYEZ !

 

Réforme du collège

Sous couvert d’égalité, c’est le savoir qu’on assassine !

Le bulldozer du nivellement continue ses ravages. Le collège qui est déjà le maillon faible du système éducatif va encore dégringoler : sous couvert d’égalité, c’est le savoir qu’on assassine. Les « pédagogistes », cette meute des docteurs bobos des rues d’Ulm et de Grenelle, n’en finissent pas d’inventer des dispositifs soi-disant innovants au détriment des apprentissages fondamentaux. Tenez-vous bien : on va encore alléger les programmes qui étaient pourtant déjà bien minces. On supprime tout ce qui ressemble à de l’élitisme. Au moins on est certain que les bons, les « intellos » ne deviendront pas excellents, et que les moins agiles resteront intacts dans leur gangue. La gauche en vertu des grands principes va nous fabriquer des générations de décérébrés. Déjà qu’on laissait plus de 100 000 jeunes par an sur le bord du chemin … On renforce la « fabrique du crétin » au lieu de s’intéresser aux moyen de construire démocratiquement nos élites. On est à rebours de ce que la République doit offrir. C’est le nivellement par le bas qui continue.

On avait pourtant une évaluation des précédentes réformes de gauche, initiées par Jack Lang dans les années 80, avec ses « parcours de découvertes » et contre lesquelles Xavier Darcos avait tenté de corrigé le tir : aujourd’hui c’est 20% des élèves en échec scolaire selon les études PISA, et le recul de la France dans le classement. On savait que les apprentis sorciers vomissaient les « programmes Darcos », écrits entre 2007 et 2008, et toujours en place. On n'imaginait pas cependant qu’ils oseraient aller aussi loin dans la déconstruction des savoirs. Vous avez aimé le « foutoir organisé » des activités périscolaires (TAP) avec lesquelles on préfère initier nos enfants  à la construction de polichinelles en pots de yaourt au lieu de leur apprendre à lire, écrire, compter correctement, vous adorerez le collège « rénové » grâce à la novlangue belkacemienne, où l’on transforme les connaissances en « bouillie » pour handicapés mentaux. Il faut d’urgence supprimer le « Conseil Supérieur des Programmes », ce « soviet » pseudo-démocratique qui impose ses lubies idéologiques.

La déconstruction des savoirs passe par celle du collège.

Concrètement, la réforme commence par casser le collège : la sixième prolongera l’école élémentaire, ce vieux rêve du SNI (syndicat des instituteurs des années 60-70). Ce n’est qu’à partir de la cinquième que commencera le « cycle 4 » : « Lors des trois ans de collège du cycle 4, l’élève qui est aussi un adolescent en pleine évolution physique et psychique, vit un nouveau rapport à lui‐mêmeen particulier à son corps, et de nouvelles relations avec les autres. Les activités physiques et sportives, l’engagement dans la création d’événements culturels favorisent un développement harmonieux de ce jeune, dans le plaisir de la pratique, et permettent la construction de nouveaux pouvoirs d’agir sur soi, sur les autres, sur le monde ».Nulle part il n’est question d’apprentissage, de culture, ni de connaissance, moins encore de travail dans cette phrase qui en dit long sur la philosophie du programme de ce nouveau collège.  On y recherche la construction de « pouvoirs dans le plaisir et l’harmonie ». L’élève, l’enfant-roi des bobos, reste au centre du dispositif, en lieu et place du « savoir ». On a envie de crier : « Aux fous » !

La réforme prévoit la mise en place « d’enseignements pratiques interdisciplinaires » (EPI), dans le cadre desquels les enseignants sont appelés à travailler ensemble autour de projets dont on impose huit thématiques fortement teintées d’idéologie dans l’air du temps : du « développement durable » au « monde économique » en passant par la « citoyenneté » ou « les langues et cultures de l’antiquité ». Elles devront représenter 20% du temps des enseignants. Voilà des « EPI » qui ne promettent pas de belles moissons de la connaissance ! On y décloisonne  à tour de bras et les disciplines sont noyées dans un fatras que le galimatias qui l’accompagne n’arrive pas à clarifier. Et cela au moment où les enfants ont plus que jamais besoin de repères stables et de découvrir que rien ne s’obtient sans effort. Qu’on en juge : que doivent savoir les élèves ? Mauvaise question ! Les élèves ne doivent pas savoir, mais savoir-faire, mieux, questionner ! Par exemple :

« Produire des messages à l'oral et à l'écrit :

- en respectant les conventions des deux modes ;

- en montrant un raisonnement construit ;

- en utilisant un vocabulaire spécifique, voire des mots et/ou des concepts dans leur langue d'origine, en changeant éventuellement de langage (du texte au croquis, etc…).

Questionner des documents, les présenter et les exploiter. »

Sans oublier, évidemment, la panacée informatique : « Identifier les ressources numériques utilisées et vérifier leur pertinence et leur crédibilité. Trouver et sélectionner des informations dans des ressources numériques. » En clair, savoir faire des copiés-collés sur Wikipédia ou autre outil de conserve des savoirs préformatés, pratique du moindre effort. Et si vous n’avez pas de moteur de recherche sous la main ? Eh bien, c’est tout simple, vous ne saurez rien.

L’idéologie est partout présente.

C’est ainsi, entre autres, que l’on va livrer aux gamins encore malléables, en guise d’Histoire de France, une mixture mondialiste teintée des obsessions actuelles de nos dirigeants de gauche : le corpus idéologique des « valeurs de la république », de l’égalité sexuelle et de l’omniprésente laïcité. Et surtout, une histoire qui instille sournoisement une image du monde qui sert des intérêts partisans, dans laquelle on oublie Charles Martel et le haut Moyen Age (facultatif) au profit de l’Islam (obligatoire). Tant pis pour le symbole de la bataille de Poitiers. Alors qu’on devrait requérir les deux études. L’élève ne doit plus apprendre, ni comprendre, il doit questionner : questionner un texte, questionner son rapport au monde, au corps, questionner une langue, questionner une civilisation ou des savoirs interdisciplinaires. Mais qui donnera les réponses ? C’est dans la logique du relativisme qui sous-tend tout l’échafaudage des nouveaux programmes. Les réponses proposées ne sont plus du domaine de la connaissance mais de l’idéologie.

Dans ce nouveau collège on oublie l’essentiel : l’apprentissage des connaissances.

Qu’est-ce qu’enseigner ? Certains pensent que l’enseignement doit être constamment repensé : le public n’est plus le même, la société n’est plus la même, les finances ne suivent plus. Les modalités changent donc, il faut s’adapter. Et les réformes suivent... Mais au lieu de se servir des moyens modernes mis au service de la noble cause, l’apprentissage des connaissances, on préfère s’attaquer au contenu. Pourtant, enseigner, c’est d’abord et toujours avoir des exigences envers des jeunes qui seront les adultes de demain, c’est le cœur du métier éducatif, ce qui fait sa valeur et sa difficulté ! C’est avoir des exigences, comme un entraîneur sportif qui pousse son athlète à se dépasser, comme un parent qui fixe des objectifs, met des limites, contraint et encourage à la fois. Rien à voir avec ces animateurs-jeunesse au service de stratégies ludiques qui voudraient faire croire qu’on peut apprendre sans effort.

Oubliées la richesse de nos beaux textes, la spécificité de chaque discipline mise en concordance avec les autres à travers des programmes coordonnés,  la compréhension approfondie  d’une langue à travers son vocabulaire, sa grammaire, sa structure. Comment formera-t-on à l’esprit critique dans d’aimables clubs dont l’objet sera de produire la chorégraphie d’un combat de gladiateurs ou une maquette (si, si, je n’invente rien) ? Et au passage on supprime tout ce qui peut avoir un caractère un tant soit peu élitiste : exit les classes européennes, exit les classes bilingues, exit les cours de latin et de grec… comme hier, exit les internats d’excellence. Et si les bourses au mérite n’ont pas été supprimées, c’est à cause de la levée de boucliers qu’elles ont suscitée. Mais elles sont en sursis. Toutes choses parfaitement logique quand on ne veut voir qu’une tête, farcie d’un magma informe, identique de préférence. La justice scolaire passe, circulez, il n’y a rien à voir !

Mettre le feu ou… s’enfuir ?

Après les grèves d’usage, car la réforme ne passe pas même dans les rangs du très à gauche SNES, avec des promesses de création de postes et quelques hochets pour calmer la grogne, elle entrera en vigueur pour le plus grand malheur de nos enfants qui n’échapperont pas à ce matraquage mortifère. Toute objection est nulle et non avenue. Car, en vrai stratège, la Ministre a bâti sa communication sur les idées qui plaisent : l’autonomie des collèges sur une partie des programmes, l’accompagnement personnalisé, un soi-disant renforcement des langues vivantes, autant de cache-sexes pour masquer l’invention délirante de l’interdisciplinarité pour mieux éliminer les matières qui gênent. Mais heureusement, il y a une échappatoire : comme après chaque nouvelle réforme de l’éducation, tous ceux qui le peuvent se dirigeront vers les écoles privées qui affichent encore la volonté de transmettre de la connaissance. A moins que, la coupe étant pleine, les parents décident de renverser la table !

Il y a un autre chemin de réformes. Il passe par la démolition du Ministère de l’Education nationale, cette citadelle autiste qui veut faire marcher d’un même pas le million de fantassins de son armée du savoir, et dont il n’y a plus rien à espérer que des déconvenues… Ce chemin passe aussi par la « Régionalisation ».  

A suivre, donc …




LE PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

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LE PLURIEL DES NOMS (SUITE)

 

Il n’y a pas de règle sans exception. C’est ce qui fait le charme des pluriels !

-          Les noms terminés par « al » forment leur pluriel en « aux » : un cheval, des chevaux… MAIS il y a des récalcitrants qui vont vous rappeler de bons souvenirs : aval, bal, cal, carnaval, cérémonial, chacal, choral (masculin), étal, festival, pal, récital, régal qui prennent « s » ! Et comme on est dimanche, n’oublions pas les « negro-spirituals » de la messe. Les vocabulaires spécialisés comprennent plein de noms en « al » qui font leur pluriel en « s », mais je vous en dispense.

 

-          Les noms terminés par « ail » suivent la règle générale et prennent un « s » au pluriel : un rail, des rails … SAUF sept récalcitrants qui font « aux » : bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail. Attention, « l’ail » du gigot fait son impertinent : « des aulx » mais on accepte aujourd’hui « des ails ».

 

Le pluriel des noms composés :

-          Il y a ceux qui s’écrivent en un seul mot : ils font leur pluriel comme un nom simple >> Un portemanteau, des portemanteaux,  SAUF : monsieur, messieurs ; madame, mesdames ; mademoiselle, mesdemoiselles ; bonhomme, bonshommes ; gentilhomme, gentilshommes.

-          Il y a ceux qui s’écrivent en plusieurs mots. La règle de principe est simple : seuls le nom et l’adjectif peuvent prendre la marque du pluriel, et si le sens le demande. Donc, réfléchir avant d’agir ! Mais  les « cas » fourmillent…

Un chou-fleur : nom + nom >> des choux-fleurs.

Une pomme de terre : nom + complément du nom >> des pommes de terre (sens)

Un coffre-fort : nom + adjectif >> des coffres-forts.

Un couvre-lit : verbe + nom >> des couvre-lits (le verbe ne varie pas)

Un gratte-ciel : verbe + nom >> des gratte-ciel (verbe invariable + sens = il n’y a qu’un ciel)

Une contre-offensive : préposition + nom >> des contre-offensives (préposition invariable)

Remarque : il peut y avoir confusion entre nom et verbe >> un garde-chasse, des gardes-chasses (garde est le nom, au sens « gardien ») ; un garde-fou, des garde-fous (garde est le verbe, au sens empêcher).

 

Mettez les noms en italique au pluriel :

Dans quelle salle sera donné ce récital ? Je ne comprends pas ce signal – Où as-tu mis mon chandail ? – La cave est aérée par un soupirail – Ce n’est qu’un détail – Ce choral de Bach est majestueux – les ménagères se pressaient devant l’étal – Son cal le faisait horriblement souffrir – il achetait le journal tous les matins – Cette cathédrale recèle un vitrail qui est un pur chef d’œuvre – L’animal portait une large cicatrice sur son poitrail – Le fanal de poupe était éteint – 

Mettez les noms composés au pluriel :

Un wagon-restaurant – un lave-vaisselle – un garde-barrière – un casse-tête – un essuie-glace – un sourd-muet – un ramasse-miettes – un sous-chef – un tourne-disque – un chou-fleur – une belle-mère – un réveille-matin – une arrière-boutique – un procès-verbal – un grand-père – un perce-oreille – un pare-chocs – un presse-papiers – un couvre-pied – un arc-en-ciel – un remonte-pente – un porte-bagages – un sous-vêtement – un tire-bouchon – un chasse-neige- un attrape-nigaud .

 

Et voici les réponses :

Mettez les noms en italique au pluriel :

Dans quelle salle seront donnés ces récitals ? Je ne comprends pas ces signaux – Où as-tu mis mes chandails ? – La cave est aérée par des soupiraux– Ce ne sont que des détails – Ces chorals de Bach sont majestueux – les ménagères se pressaient devant les étals – Ses calsle faisaient horriblement souffrir – il achetait les journauxtous les matins – Cette cathédrale recèle des vitrauxqui sont de purs chefs d’œuvre – Les animaux portaient une large cicatrice sur les poitrails – Les fanals de poupe étaient éteints –

Mettez les noms composés au pluriel :

Des wagons-restaurants – des lave-vaisselle (inv)– des gardes-barrière(s) – des casse-tête (inv) – des essuie-glaces – des sourds-muets – des ramasse-miettes – des sous-chefs – des tourne-disques – des choux-fleurs – des belles-mères – des réveille-matin (inv) – des arrière-boutiques – des procès-verbaux – des grands-pères – des perce-oreilles – des pare-chocs (inv) – des presse-papiers – des couvre-pieds (inv) – des arcs-en-ciel – des remonte-pentes – des porte-bagages (inv) – des sous-vêtements – des tire-bouchons – des chasse-neige (inv) - des attrape-nigauds.

 


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Abandonnons les homophones –on aura tant d’occasions d’y revenir- pour nous pencher sur quelques difficultés courantes et bien connues.

D’abord, voici une liste de petits mots invariable sur l’orthographe desquels on hésite souvent et qu’il faut mé-mo-ri-ser ! Pas d’autre moyen, malheureusement que de les connaître par cœur. Lisez la liste dix fois s’il le faut. Essayez de la reproduire ensuite de mémoire. Faites-vous la dicter par quelqu’un …

10 mots invariables dont connaître l’orthographe est indispensable :

Chez, dès, durant, envers, hormis, hors, malgré, parmi, près (de), selon.

Voilà, ça c’est fait !

Et maintenant le cours du jour :

 

LE PLURIEL DES NOMS

La règle est toute simple : on forme le pluriel des noms en ajoutant un « s » à la forme du singulier : un artichaut, des artichauts, une citrouille, des citrouilles

Le problème, c’est que beaucoup de noms échappent à cette règle. Ah, oui ! c’était trop simple !

1-    Il y a ceux qui ne changent pas en passant au pluriel, ils sont terminés par « s », « x » ou « z » : un poids, des poids, un nez, des nez, un os, des os (mais pour lui on change la prononciation : « osse » devient « ô »), une noix, des noix.

2-    Le singulier en  -au et –eau : ces noms font leur pluriel en ajoutant « x » : château, châteaux, tuyau, tuyaux … mais deux restent au cas général (à savoir bien qu’ils soient aujourd’hui peu usités) : un landau >> des landaus ; un sarrau (tablier) >> des sarraus

3-    Le singulier en –eu et –oeu : ces noms prennent un « x » au pluriel : cheveu, cheveux, vœu, vœux … mais deux restent au cas général : un bleu >> des bleus ; un pneu >> des pneus.

4-    Et puis il y a les fameux noms en –ou : ils prennent un « s » au pluriel ! un sou >> des sous, un clou >> des clous. Bah, alors quoi ? IL Y EN A SEPT (comme dans les contes) QUI FONT EXCEPTION et prennent un « x » : bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou. Pas d’autre moyen que de mémoriser.

Allez on fait une pause. On abordera la suite la semaine prochaine pour ne pas tout mélanger.

 

En attendant, voici de quoi vous entraîner :

Mettez les mots en italique au pluriel :

Tu achèteras un chou à la crème – Voici mon cadeau d’anniversaire – Je vais devoir changer un pneu – Il avait acheté un faux nez pour se déguiser – Vous trouverez son bureau au numéro 15 – Cet essieu parait bien fragile – L’écrou ne correspond pas au boulon – C’est la mère du hibou – J’ai reçu un colis ce matin – La maman poussait un landau ancien – Les enfants jouaient sous le préau – Rien ne pouvait apaiser son courroux – Le bleu de son tableau est inimitable – Sur le lieu du crime, il releva de nombreux indices – Un joli rideau ornait sa fenêtre – Il mit un genou à terre – La porte était fermée avec un énorme verrou – C’était le joyau de sa collection – Le noyau du pruneau est différent de celui de la pèche -

 

 

Et voici le corrigé :

Tu achèteras des choux à la crème – Voici tes cadeaux d’anniversaire – Je vais devoir changer les pneus – Il avait acheté des faux nez pour se déguiser – Vous trouverez ses bureaux au numéro 15 – Ces essieux paraissent bien fragilesLes écrous ne correspondent pas aux boulons – C’est la mère des hiboux – J’ai reçu des colis ce matin – Les mamanspoussaient des landaus anciens – Les enfants jouaient sous les préaux – Rien ne pouvait apaiser ses courrouxLes bleus de ses tableaux sont inimitables – Sur les lieux du crime, il releva de nombreux indices – De jolis rideaux ornaient sa fenêtre – Il mit les genoux à terre – La porte était fermée avec d’énormes verrous– C’étaient les joyaux de sa collection – Les noyaux des pruneaux sont différents de celui de la pèche -

 

 


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Parmi les homophones grammaticaux, il y a le cas de « leur » dont on hésite souvent sur la nécessité ou pas de lui mettre un « s ».

« LEUR » et « LEURS »

Ce sont deux mots différents en réalité :

-          Il y a « leur », pronom personnel, placé devant un verbe, qui appartient à la série me, te, se, lui, nous, vous, leur. Dans ce cas, « leur » est invariable et il n’y a pas lieu de lui accoler la marque du pluriel, puisqu’il est déjà le pluriel de « lui » : « Je lui parle » (je m’adresse à une personne) >>> « je leur parle » (je m’adresse à plusieurs personnes ).

-          Il y a « leur », déterminant possessif, positionné devant un nom avec lequel il s’accorde. Il appartient à la série : ma, ta, sa / mon, ton, son / notre, votre, leur/ nos, vos, leurs. Nous avons donc deux cas :

. leur sans « s » devant un nom singulier (une seul chose possédée)

. leurs avec un « s » devant un nom pluriel (plusieurs choses possédées)

« Les enfants mettent leur bonnet » (chacun ne peut mettre qu’un bonnet)

« Les enfants enfilent leurs bottes »   (chacun à deux bottes).

Il faut donc veiller au sens !

-          Deux trucs pour s’y retrouver :

. Je peux mettre au singulier et remplacer leur par lui = pas d’ « s » !

. Je mets au singulier et j’obtiens « son «  ou « sa » = leur sans « s » >> « l’enfant met son bonnet » / j’obtiens « ses » = leurs avec « s » >> « l’enfant mets ses bottes »

Vous êtes prêts ?

Complétez les phrases avec leur ou leurs :

… enfants sont toujours heureux. – Une grande masse de nuages blancs … barrait la route. – Ils ont perdu … chien. – Tu … parles sur un drôle de ton ! – Ils vont … jeter des pierres. – Il … prit la main. – Ce sont … cousins qui sont arrivés. – les romanciers parlent souvent de … chats et de … chien. – Raconte-… la légende. – Crois-tu qu’on les … a volés ? – C’était … troisième jour de voyage. – Tu … donneras à boire. – Ils n’avaient pas … carte d’identité parmi tous … papiers. – Il faut que je … offre des fleurs. - … parents ne les laisseront sans doute pas partir. – Vous … remettrez les plans au début de la réunion. – Les élèves prennent … stylo et … crayons de couleur.

 

Et voici le corrigé :

Complétez les phrases avec leur ou leurs :

Leurs enfants sont toujours heureux. – Une grande masse de nuages blancs leur (lui) barrait la route. – Ils ont perdu leur chien. – Tu leur parles sur un drôle de ton ! – Ils vont leur jeter des pierres. – Il leur prit la main. – Ce sont leurs cousins qui sont arrivés. – les romanciers parlent souvent de leurs chats et de leur chien. – Raconte-leur la légende. – Crois-tu qu’on les leur a volés ? – C’était leur troisième jour de voyage. – Tu leur donneras à boire. – Ils n’avaient pas leur carte d’identité parmi tous leurs papiers. – Il faut que je leur offre des fleurs. - Leurs parents ne les laisseront sans doute pas partir. – Vous leur remettrez les plans au début de la réunion. – Les élèves prennent leur stylo et leurs crayons de couleur.

 


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Nous continuons sur les « homophones grammaticaux ».

3ème cas : « et » / « est »

En principe, grammaticalement, il ne peut pas y avoir de confusion :

-          « et » appartient à la série des conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car. Il a le sens d’une addition et se place entre deux éléments de même valeur : deux noms, deux adjectifs, deux verbes, deux phrases… : « J’ai un chat, un chien et un canari »

-          « est », c’est le verbe être au présent de l’indicatif, 3ème personne du singulier ou l’auxiliaire d’un verbe conjugué au passé composé  : « son chien est gentil » ; « Quelqu’un est venu apporter ce paquet ».

Pour faire une vérification rapide en cas d’hésitation « est » peut se mettre à l’imparfait, on peut dire « était » : « j’ai un chat, un chien et ( était) un canari » ; « son chien est (était) gentil »

 

4ème cas : « on » / « ont »

Voilà encore deux mots très différents :

-          « On » est le pronom indéfini passe-partout : « Ici, on mange à sa faim »

-          « ont » est le verbe avoir conjugué à la 3ème personne du pluriel, ou l’auxiliaire d’un verbe au passé composé : «  Ils ont un beau ballon » ; « Ils ont joué au foot ».

Pour faire une vérification rapide, on peut se dire « on » = « il » , ou mieux, « ont » peut faire « avaient » : « Ici, il (avaient) mange à sa faim » ; « Ils ont (avaient) un beau ballon » ; « Ils ont (avaient) joué au foot ».

 

A vos plumes :

Complétez par « et » ou « est » :

Ma sœur joue du piano … et du violon.  –  La porte … ouverte. -  Ce livre n’… pas à lui.-  Il a vingt … un ans.  -  Il … bien celui qu’on attendait. -  Pourquoi …-il parti ? – Tu peux … tu dois répondre. -  Il … l’heure de rentrer. -  Où … allé votre mari ? -  S’il n’… pas venu… s’il n’a pas téléphoné, c’… qu’il … malade. -  Thomas … ses amis sont sortis. -  … voilà tout-à-coup un lapin sorti du chapeau ! – Il rampe … s’approche de la sentinelle. -  Ce bleu … trop pâle. – Elle n’… jamais allée en Angleterre … elle ne le regrette pas. -  Tout … prêt.

 

Complétez par « on » ou « ont » :

Je crois qu’… sonne ? – Elles … déjeuné.  -  Ils … menacé de nous jeter des pierres. -  … a pris de quoi manger en route. -  … m’a demandé de te prévenir. -  Elles m’… demandé de te prévenir. -  Je crois que les voisins … eu peur.  -  … te demande au téléphone.  -  Ils … besoin d’argent et … peut leur en prêter. -  Elles n’… pas tort de refuser ce qu’… leur demande de faire. -  Et si … allait faire un tour ? -  … - ils envie de manger de la glace ? … n’en sait rien !

 

 

Et voici les réponses :

 

Complétez par « et » ou « est » :

 

Ma sœur joue du piano et et du violon.  –  La porte est ouverte. -  Ce livre n’est pas à lui.-  Il a vingt et un ans.  -  Il est bien celui qu’on attendait. -  Pourquoi est-il parti ? – Tu peux et tu dois répondre. -  Il est l’heure de rentrer. -  Où est allé votre mari ? -  S’il n’est pas venu et s’il n’a pas téléphoné, c’est qu’il est malade. -  Thomas et ses amis sont sortis. -  Et voilà tout-à-coup un lapin sorti du chapeau ! – Il rampe et s’approche de la sentinelle. -  Ce bleu est trop pâle. – Elle n’est jamais allée en Angleterre et elle ne le regrette pas. -  Tout est prêt.

 

Complétez par « on » ou « ont » :

 

Je crois qu’on sonne ? – Elles ont déjeuné.  -  Ils ont menacé de nous jeter des pierres. -  On a pris de quoi manger en route. -  On m’a demandé de te prévenir. -  Elles m’ont demandé de te prévenir. -  Je crois que les voisins ont eu peur.  -  On te demande au téléphone.  -  Ils ont besoin d’argent et on peut leur en prêter. -  Elles n’ont pas tort de refuser ce qu’on leur demande de faire. -  Et si on allait faire un tour ? - Ont-ils envie de manger de la glace ? On n’en sait rien ! 

 

 


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Bonnet_d_ane

LES HOMOPHONES GRAMMATICAUX

A partir  d’aujourd’hui et pour quelques exemplaires, le « petit cours » va s’intéresser aux « homophones grammaticaux », vous savez tous ces petits mots qui se prononcent pareils mais qui s’écrivent différemment tels que « ce » et « se », « s’est » et « c’est », « on » et « ont », « et » et « est », « son » et « sont »… Ils sont la cause de bien des fautes d’inattention ou de méconnaissance mais ce n’est jamais sans dommages pour le sens de ce qui est écrit.

Il existe d’autres homophones qui sont liés au vocabulaire et que l’on appelle pour cette raison « homophones lexicaux » comme par exemple « chaos/cahot », « chair/chère »… Enfin, nous avons aussi quelques « expressions homonymes » sources de confusion orthographique telles que « bien tôt / bientôt », « avoir à faire/ avoir affaire », « davantage/d’avantage »…  Nous aurons l’occasion de les croiser dans notre programme le moment venu.

Pour bien comprendre, nous allons prendre deux précautions :

-          Nous rappeler de petites séries grammaticales usuelles :

+ les possessifs toujours devant un nom : mon,  ton, son / ma, ta, sa / mes, tes, ses / notre, votre, leur / nos, vos, leurs.

+ les démonstratifs (adjectifs) devant un nom: ce, cet, cette, ces.

+ les démonstratifs (pronoms) qui fonctionnent avec un verbe : ce, c’, ceci, cela, celui-ci, celui-là, ceux-ci, ceux-là, celles-ci, celles-là.

+ les pronoms personnels compléments : me, te, se, nous, vous, se

-          Nous souvenir d’un « truc » intangible pour vérifier ou choisir :

+ un verbe se conjugue et je peux donc changer soit sa personne, soit son temps : il s’est levé >> je me suis levé/ il s’était levé. Donc, « s’est » peut devenir « s’était » ou « se sera » et j’élimine « ses ou ces ». Souvent cette vérification permet de choisir l’orthographe adéquate.

 

1er cas : ces / ses

« Ces » placé devant un nom, sert à montrer : « Ces outils sont pratiques » (dans votre tête vous vous représentez l’image de l’index et du pouce tendus pour montrer, formant un « c »). Le nom qui suit est au pluriel, évidemment.

« Ses » placé devant un nom indique la possession : je peux penser >> « les siens » = « Il a pris ses outils ». Autre vérification : si c’était moi, je dirais « j’ai pris mes outils ». Donc c’est la série : « mes, tes, ses ».

 

Complétez les phrases suivantes par « ces » ou « ses » :

Connais-tu … gens qui arrivent ?  -  Cette mère sort toujours avec … filles. - … chaussures, qui sont en vitrine, me plaisent beaucoup. -  Pierre a mis … chaussettes trouées. – Comment voulez-vous le retrouver dans … fourrés ? - … routes sont très sinueuses. – Comme … appels restaient sans réponse, elle se tut et s’assit. – Il fixa les éperons à … bottes et sella ce cheval. – Il enfila … bottes et sella son cheval. - … paquets contiennent du thé produits par … cousins. -  La limite des champs est marquée par … bornes. – Nous lui avons parlé, mais il n’a pas dit quels sont … projets. – Il a présenté tous … projets qu’il venait de trouver dans l’armoire. – A qui sont … deux voitures en stationnement interdit ?

 

2ème cas : ce / se

« Ce » a deux utilisations :

-          Devant un nom : c’est le démonstratif qui sert à montrer. « Ce travail ne me plait pas » : je peux le remplacer par un autre démonstratif en variant le genre ou le nombre = « cette tâche ne me plait pas », « ces travaux ne me plaisent pas ».

-          Devant un verbe (être le plus souvent) : il veut dire « cela » = « c’est beau » >>> « cela est beau ».

« Se » est toujours devant un verbe, comme pronom personnel complément : « il se lave », « ils se servent » >>> pour vérifier, je fais varier la personne : « je me lave », « nous nous servons ». Il appartient donc à la liste : me, te, se, …

Retenons une expression : « ce qui, ce que »

 

Complétez les phrases suivantes par ce, se, c’, s’ :

… soir nous irons au cinéma. - … petit camion est très maniable. - Il faut … mettre au travail. – Elle … laissa tomber dans un fauteuil. – Racontez-moi … long voyage. – Il … mêle souvent de … qui ne le regarde pas. – On … met à table. - … sentiment t’honore. – Quand cessera-t-il de … plaindre ? – Il ne … doute pas de … qui l’attend. – Dis-moi … que tu veux.- Elle … sentait capable de réussir. - … vieux cerisier n’a pas donné de fruits cette année. - …est difficile ! – Avez-vous signé … contrat ? – Il … coucha presque aussitôt. – Il … est souvenu que … était l’heure du match ! – Que … disent-ils ? – Tout … sait. - … souvient-il de … qu’il a fait ? – Les deux femmes … sont arrêtées.

 

 

Et voici le corrigé :

 

Complétez les phrases suivantes par « ces » ou « ses » :

 

Connais-tu ces gens qui arrivent ?  -  Cette mère sort toujours avec ses filles. - Ces chaussures, qui sont en vitrine, me plaisent beaucoup. -  Pierre a mis ses (ou ces)* chaussettes trouées. – Comment voulez-vous le retrouver dans ces fourrés ? - Ces routes sont très sinueuses. – Comme ses appels restaient sans réponse, elle se tut et s’assit. – Il fixa les éperons à ces bottes et sella ce cheval. – Il enfila ses bottes et sella son cheval. - Ces paquets contiennent du thé produits par ses cousins. -  La limite des champs est marquée par ces bornes. – Nous lui avons parlé, mais il n’a pas dit quels sont ses projets. – Il a présenté tous ces projets qu’il venait de trouver dans l’armoire. – A qui sont ces deux voitures en stationnement interdit ?

 

*les siennes ou celles-ci ?

 

 

 

Complétez les phrases suivantes par ce, se, c’, s’ :

 

Ce soir nous irons au cinéma. - Ce petit camion est très maniable. - Il faut se mettre au travail. – Elle se laissa tomber dans un fauteuil. – Racontez-moi ce long voyage. – Il se mêle souvent de ce qui ne le regarde pas. – On se met à table. - Ce sentiment t’honore. – Quand cessera-t-il de se plaindre ? – Il ne se doute pas de ce qui l’attend. – Dis-moi ce que tu veux.- Elle se sentait capable de réussir. - Ce vieux cerisier n’a pas donné de fruits cette année. – C’est difficile ! – Avez-vous signé ce contrat ? – Il se coucha presque aussitôt. – Il s’est souvenu que c’était l’heure du match ! – Que se disent-ils ? – Tout se sait. - Se souvient-il de ce qu’il a fait ? – Les deux femmes se sont arrêtées.

 

 


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ACCENT OU PAS ACCENT ?

Le cas de « a » et de « ou »

Voilà une faute fréquente. Avec ces mots différents qui se différencient par l’accent grave, on hésite souvent ;

Le cas de « a » :

« a » sans accent, c’est le verbe avoir conjugué au présent à la 3ème personne du singulier. On peut le trouver comme verbe principal : « Pierre a une belle maison », on comme auxiliaire du passé composé conjugué avec un autre verbe : « Pierre a mangé sa soupe ».

« à » avec l’accent grave, c’est une préposition, ce petit mot-outil qui sert à relier les autres mots entre eux, comme de, dans, par, pour, sur, … Il est invariable. La difficulté c’est qu’on peut le trouver aussi bien devant un nom que devant un verbe. Dans ce dernier cas, celui-ci est toujours à l’infinitif : « il ne pense qu’à travailler ».

Alors comment les distinguer ? Si le sens ne suffit pas, il suffit de transposer la phrase au passé : seul le verbe avoir peut se conjuguer à un autre temps.

Le « truc » qui marche : quand on peut dire « avait », il n’y a pas d’accent.

« Il a encore emprunté de l’argent à son oncle »

« Il avait encore emprunté de l’argent avait à son oncle »

 

Le cas de « ou » :

« ou » sans accent est une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car). Elle sert à relier deux mots ou expression de même nature (deux adjectifs, deux noms, deux verbes…) ou de même fonction (deux sujets, deux compléments…). « ou » indique un choix, une alternative.

« Pour Noël, je voudrais un stylo ou une cravate »

« où » avec l’accent grave indique un lieu, soit comme adverbe : « il arrivait d’on ne sait  », soit comme pronom : « C’est le village je suis né » (où mis pour village).

Comment choisir ? 

Le « truc » qui marche c’est de dire « ou bien ». Si c’est possible c’est « ou » sans accent.

"bien veux-tu aller ? A droite ou bien à gauche ?"

 

A vos plumes.

Complétez les phrases avec ou/où :

Ma feuille n’est plus dans le livre … je l’avais mise. …. menez-vous ces enfants ? Qui de lui …  de toi achètera le journal ? Le jour…  j’ai compris, je ne suis pas retourné le voir. Veux-tu rester avec moi … aller à la pêche avec ton oncle ? Je cherche un coin … passer des vacances agréables. … nous allons au cinéma, … nous restons à la maison. Là … tu es, tu peux surveiller la route. Montrez-moi l’endroit … vous l’avez trouvé. Il se trouvait sous un arbre au moment … l’orage éclata. On l’appellera demain … après-demain. Il monta jusqu’à l’abri … il se sentit en sécurité.

 

Complétez avec a/à :

Jean habite … Lyon. Ma mère … mal … la tête. Il … promis qu’il serait là … six heures. C’est une personne qui … du cœur. Elle n’… pas voulu venir. On n’… pas pu fermer l’œil de la nuit. Il … encore emprunté de l’argent … son oncle. Il … du mal … y arriver. C’est visible … l’œil nu. Il … été pris … partie par la foule. Qu’…-t-on fait de ces papiers ? Je pense qu’… cette heure, il est arrivé … destination. On m’… assuré qu’il y aurait encore de la place … l’hôtel. Elle n’… qu’… écouter !

 

Et voici le corrigé :

Complétez les phrases avec ou/où :

Ma feuille n’est plus dans le livre je l’avais mise. menez-vous ces enfants ? Qui de lui ou de toi achètera le journal ? Le jour   j’ai compris, je ne suis pas retourné le voir. Veux-tu rester avec moi ou aller à la pêche avec ton oncle ? Je cherche un coin passer des vacances agréables. Ou nous allons au cinéma, ou nous restons à la maison. Là tu es, tu peux surveiller la route. Montrez-moi l’endroit vous l’avez trouvé. Il se trouvait sous un arbre au moment l’orage éclata. On l’appellera demain ou après-demain. Il monta jusqu’à l’abri il se sentit en sécurité.

Complétez avec a/à :

Jean habite à Lyon. Ma mère a (avait) mal à la tête. Il a (avait) promis qu’il serait là à six heures. C’est une personne qui a du cœur. Elle n’a pas voulu venir. On n’a pas pu fermer l’œil de la nuit. Il a encore emprunté de l’argent à son oncle. Il a du mal à y arriver. C’est visible à l’œil nu. Il a été pris à partie par la foule. Qu’a-t-on fait de ces papiers ? Je pense qu’à cette heure, il est arrivé à destination. On m’a assuré qu’il y aurait encore de la place à l’hôtel. Elle n’a qu’à écouter !

 


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Aujourd’hui, retour à un peu d’orthographe d’usage. Et il va falloir faire travailler (un peu) votre mémoire. Il n’y a pas d’autre solution, car nous allons nous confronter à quelques règles dont il faut connaître les exceptions … par cœur.

LES MOTS QUI COMMENCENT PAR …

Voilà le sujet du jour : consonne simple ou redoublée après « a » au début du mot ?

Notons que le problème ne peut se poser que si la consonne après « a » est suivie d’un son voyelle. Il n’y a aucune hésitation à avoir si c’est une autre consonne : action, aptitude, arbuste, atmosphère…

Les mots en rouge qui sont soulignés sont ceux qui sont les plus fréquemment mal orthographiés.

1er cas : Les mots qui commencent par « ab » ne prennent qu’un seul « b »,  sauf : abbé, abbaye et les mots de leur famille.

2ème cas : Les mots qui commencent par « ac » prennent deux « c », sauf  acabit, acacia, académie, acajou, acariâtre, acariens (+ quelques mots rares ou tombés dans l’oubli)

3ème cas : Les mots qui commencent par « af » prennent  « 2 f », sauf : afin, Afrique et africain.

4ème cas : les mots qui commencent par « ag » prennent en général un « g », sauf : aggiornamento, agglomérer, agglutiner, aggraver et leurs dérivés.

5ème cas : Les mots qui commencent par « al » prennent deux « l », sauf : alanguir, alarmer, aléser, aligner, alimenter, aliter, alourdir, alunir.

6ème cas : les mots qui commencent par « ap » prennent un ou deux « p ». Même chose pour les mots qui commencent par « at ».

-          Soit parce que c’est à cause de la racine : la plupart des racines latines par « ap » prennent « 2 p ». Une « apparence » du latin « apparens ». Mais un « apiculteur » du latin « apis » (abeille). Un « atome » du grec « atomos », « attenter » du latin « attentare »…

-          Soit par composition : préfixe « a » + radical. Exemple : apprendre, c’est  « a-prendre »  >> apprendre (doublement du p). Attirer, c’est « a-tirer » (tirer à soi ) >> attirer.

Là, pas d’autre choix que de vérifier avec le dictionnaire si on hésite.

Toutefois, pour les verbes, il existe des petites listes qui règlent les cas les plus courants :

-          Les verbes commençant par « ap » prennent  « 2 p », sauf : apaiser, apercevoir, apeurer, apitoyer, aplanir, aplatir, apostropher,  apurer, (+ quelques-uns d’emploi rare). 

-          Les verbes qui commencent par « at » prennent « 2 t », sauf : atermoyer, atomiser et atrophier.

-          Rappelez-vous et mémorisez : « attraper-2t-1p » et « agripper-1g-2p » !

Et maintenant, action !

Ecrivez les phrases en complétant les mots si nécessaire :

-          Elle s’at..endait au succès. Le public ap…laudit longuement et on ap..ercevait même des personnes debout qui s’ag..lutinaient dans les travées.

-          Il fallait at..rap..er le train de 7 H. Mon père, qui nous ac…ompagnait, nous ag…rip…ait les mains pour nous obliger à ac…élérer. C’était ag…açant. Enfin, les wagons al…ignés le long du quai ap…arurent.

-          Le chien n’arrêtait pas d’ab…oyer. Il al..armait tout le voisinage. Personne ne savait comment l’ap…aiser. Un passant tenta de l’ar…oser af..in de le faire taire.

-          Le chemin alternait trous et bosses. On aurait aimé qu’il soit ap…lani  ce qui aurait été plus agréable pour nos véhicules al…ourdis par nos nombreux bagages. Notre al…ure était donc très lente. Le moment de s’ar…êter fut le bienvenu.

 

 

 

Et voici le texte complet :

 

-          Elle s’attendait au succès. Le public applaudit longuement et on apercevait même des personnes débout qui s’agglutinaient dans les travées.

 

-          Il fallait attraper le train de 7 H. Mon père, qui nous accompagnait, nous agrippait les mains pour nous obliger à accélérer. C’était agaçant. Enfin, les wagons alignés le long du quai apparurent.

 

-          Le chien n’arrêtait pas d’aboyer. Il alarmait tout le voisinage. Personne ne savait comment l’apaiser. Un passant tenta de l’arroser afin de le faire taire.

 

-          Le chemin alternait trous et bosses. On aurait aimé qu’il soit aplani  ce qui aurait été plus agréable pour nos véhicules alourdis par nos nombreux bagages. Notre allure était donc très lente. Le moment de s’arrêter fut le bienvenu.

 

 


LE PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

Bonnet_d_ane

Pour que ce soit plus attrayant, je vais alterner les cas d’orthographe liés à l’usage avec les difficultés que pose l’orthographe grammaticale. Ainsi, petit à petit nous ferons le tour de la trentaine de fautes les plus courantes.

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur le cas emblématique de l’accord du participe passé. Aïe, aïe, aïe ! Mais non, vous allez voir, ce n’est pas très compliqué.

L’ACCORD DU PARTICIPE PASSE

Procédons par ordre. On a trois cas d’emploi :

-          Sans auxiliaire. Dans ce cas il se comporte comme un adjectif qualificatif.

. Les pièces justificatives. Les documents joints.

-          Avec l’auxiliaire être (et les verbes d’état : demeurer, devenir, sembler, paraître, rester) : l’accord se fait avec le sujet du verbe, en genre et en nombre. Simple !

. La petite fille est tombée. Les enfants sont punis. Les portes et les volets sont (semblent, restent…)ouverts. Il est satisfait de vous voir.

-          Avec l’auxiliaire avoir : en règle générale, le participe passé est invariable.

. Molière a écrit et mis en scène cette pièce.

MAIS (ah ben oui !, c’était trop simple) : il s’accorde avec le complément d’objet direct si celui-ci est placé avant le verbe. Encore faut-il qu’il y en ait un. Il n’y a que les verbes transitifs directs qui sont concernés, ceux qui font porter l’action sur un objet rattaché au verbe sans le secours d’une préposition. On le trouve en posant la question qui ou quoi.

. J’achète une baguette (COD) : l’action d’acheter porte sur la baguette. Entre « j’achète » et « une baguette », il n’y a pas de mot qui fait le lien (préposition). On dit que le verbe acheter est « transitif direct ».

. L’enfant obéit à son père (COI) : l’action d’obéir porte sur « son père » qui est accroché au verbe par la préposition à (obligatoire). On dit que le verbe obéir est « transitif indirect ». Les prépositions les plus courantes employées avec les verbes intransitifs sont à et de (pour faire court).  Quelques exemples : se souvenir de, parler à, participer à, plaire à, rire de, … Mais il faut rester vigilant sur le sens et sur la présence ou non de la préposition car de nombreux verbes sont multiservices.

Donc, nous avons un verbe avec un COD, conjugué avec avoir.

Quand le participe passé va-t-il s’accorder ? Il faut que le COD soit placé avant, ce qui n’est pas sa place habituelle, qui est d’être après le verbe.

Les cas les plus fréquents sont provoqués par le remplacement du COD par un pronom personnel : le, la, les, l’, ou relatif : que.

Donc quand ces pronoms sont avant le verbe, attention danger !

. Molière a écrit cette pièce et l’a mise en scène.

. Ces cadeaux, il les ont offerts à leurs amis.

. Les maisons que j’ai visitées sont vétustes.

Un truc facile pour s’en sortir : le petit mur. Vous imaginez un mur (//) placé tout de suite après le verbe. Si pour trouver le COD, il faut le sauter : pas d’accord. Si on trouve le COD avant : accord possible.

. Ils ont pesé // la valise .

. la valise qu’on a pesée // n’est pas si lourde.

 

A vous de jouer :

Etablissez les accords si nécessaire :

. Ces hommes ont été arrêt… dès qu’il les eut rejoin…

. Ses affaires étaient bourr…. Dans une valise que j’avais jadis utilis…

. Cette place, il l’avait souvent convoit… !

. Les cerises ont été endommag… par l’orage.

. Les candidats ne sont pas encore sort…

. Il évoquait les poésies qu’il avait appri…. à l’école.

. Ceux avec qui il avait sympathis…. hier étaient aujourd’hui dispar….

. Quand ce premier travail l’aura aguerr…., elle pourra passer à la suite.

. Ses lèvres étaient rehauss… d’une fine moustache.

. Les machines qu’ils ont réparé.., ils les ont vendu….

 

Et voici le corrigé :

 

. Ces hommes ont été arrêtés dès qu’il les eut rejoints

. Ses affaires étaient bourrées dans une valise que j’avais jadis utilisée. 

. Cette place, il l’avait souvent convoitée !

. Les cerises ont été endommagées par l’orage.

. Les candidats ne sont pas encore sortis. 

. Il évoquait les poésies qu’il avait apprises à l’école. 

. Ceux avec qui il avait sympathisé hier étaient aujourd’hui disparus.

. Quand ce premier travail l’aura aguerrie, elle pourra passer à la suite. 

. Ses lèvres étaient rehaussées d’une fine moustache. 

. Les machines qu’ils ont réparées, ils les ont vendues.

 


HARCELEMENT SCOLAIRE : OU EST L’EDUCATION NATIONALE ?

Harcèlement école

Bien triste émission, hier soir sur le harcèlement scolaire. D’abord le documentaire qui met en avant des familles et des enfants concernés, avec pour certains, le suicide en épilogue, où chaque cas est décortiqué pour comprendre ce qui s’est passé. Et puis une constante, quels que soient les établissements scolaires : le mur d’indifférence que doivent affronter les parents criant à l’aide. Un véritable déni. Au point qu’on est surpris que le corps enseignant soit totalement absent du documentaire. Pas un prof principal, pas un chef d’établissement venu expliquer l’inexplicable.

Rien de nouveau sous le soleil.

J’ai eu l’impression de revivre le calvaire qu’un de mes petits-enfants avait subi dans un collège de Saint-Nazaire, persécuté par un groupe d’élèves parce qu’il arrivait d’Allemagne. C’était il y a presque dix ans. Il avait fallu pratiquement un trimestre pour que ses parents s’aperçoivent du problème, grâce à sa sœur qui était dans le même établissement. Le Principal alerté, le professeur principal rencontré, devaient remédier au problème. Puis plus rien, jusqu’au moment où les maux de ventre, les refus d’aller à l’école, les prétextes pour rester à la maison devinrent fréquents. Au point d’amener notre petit-fils chez un psy qui le déclare "sans aucun problème". La persécution avait continué. Aux vacances de février il avait fallu taper du poing sur la table. Mais rien à tirer de l’encadrement de l’établissement, étonné de la situation ???, et il bien fallu se résoudre au changement d’établissement après avoir limité au maximum l’exposition de l’enfant à ses harceleurs.

Cette inertie m’avait outré. Cette carence du personnel d’un collège public, pour moi qui faisait partie de la maison, m’était apparue comme une trahison. Quand on pense que les parents de ces enfants bourreaux n’avaient jamais été convoqués par le Conseiller d’Education et que c’est ma fille, rencontrant l'un d'eux par hasard, qui le mit au courant de ce qui s’était passé, à sa grande stupeur !!! Pour avoir eu quelques cas de ce genre à gérer au cours de ma carrière, racket ou persécution, je sais qu’un prof principal et un chef d’établissement ont suffisamment de moyens pour intervenir efficacement et faire cesser ce genre de comportement. Il suffit de vouloir au lieu de faire semblant de ne pas voir. Je trouve curieux qu’on n’ait pas pris au sérieux, dans chacun des cas du documentaire, les appels récurrents de parents, l'administration ramenant le harcèlement à des « gamineries » ou des « choses normales à cet âge » !!! Je ne voudrais pas être à la place de ces enseignants dont l’un des élèves a fini par se suicider. J’espère même pour eux qu’ils ne dorment pas bien la nuit.

Quant au débat qui a suivi, on comprend tout de suite pourquoi les parents des enfants harcelés se sont regroupés pour signer un manifeste qui interpelle les pouvoirs publics. Il a brillé par la vacuité de la Ministre de l’Education, incapable d’avoir un mot minimal de condamnation du comportement des personnels concernés et se réfugiant dans ses mesures technocratiques. On aura encore noté la quasi absence du corps enseignant à l’exception d’un professeur de philo venu parler de l’expérience mise en place dans son lycée. Mais c’est en collège, que les harcèlements ont surtout lieu.

Une bien triste soirée. On a pu y mesurer pleinement la dégradation de l’implication des enseignants dans la vie de leurs établissements. Manifestement le « service après-vente » n’est plus assuré. On aimerait bien qu’il ne s’agisse là que d’exceptions, la généralisation du problème nous incline malheureusement à penser à l’inverse.  

 


PETIT COURS D'ORTHOGRAPHE (Corrigé)

 

Et voici les phrases avec les majuscules :

Robespierre habitait la ville d’Arras.

De nombreux parisiens moururent pendant la Commune.

Ce membre de l’Institut habite au 22 de la rue du Château.

A chaque nouvelle législature l’Assemblée nationale élit un nouveau président.

Qui sera candidat au siège vacant de l’Académie française ?

On tient Pablo Picasso pour un des plus grands maîtres de la peinture.

Le Sénat s’est réuni le 1er jeudi du mois de novembre.

 


PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

Orthographe chat

Ceux qui me suivent sur Facebook ne seront pas surpris de découvrir cette page. Devant le constat de délitement de l’orthographe à peu près généralisé qui affecte non seulement la communication écrite par textos (dramatique) que celle plus traditionnelle des journaux et hebdomadaires, et bien pire, les écrits des enseignants eux-mêmes, je me devais de réagir. J’ai été prof de français, ce qui pourrait être déjà en soi, une bonne justification de ce souci de participer au sauvetage de notre langue. Ce que beaucoup ignorent, c’est le goût que j’ai développé très tôt pour l’orthographe dont j’ai été « champion » au CM1 et pour la grammaire-conjugaison. Pour moi, les beaux textes ne le sont que par la qualité de l’articulation de la langue et des idées, exprimées grâce aux « clés » que sont les accords, les prépositions et autres conjonctions. Sans ces clés, rien ne s’énonce clairement.

Notre système d’écriture est complexe par le nombre de sons ou associations possibles (36) traduits par un encore plus grand nombre de lettres ou associations possibles (97). Pire un même son peut se traduire par des lettres ou groupes de lettres différents (sac, ciel, science,nation,soixante). Pire encore, une même lettre peut se prononcer de plusieurs façons, comme le « c » (car, ciel, second). Et je n’oublie pas les lettres muettes… Bref, comment s’y retrouver ! Reconnaissons qu’à première vue, c’est rebutant. On peut regretter que l’orthographe de notre langue ne soit pas phonétique, mais c’est comme ça. Il se trouve que l’orthographe de la langue française a été façonnée par l’histoire et qu’elle est devenue morphologique, c’est-à-dire qu’elle tient compte de l’origine des mots et de leur histoire. Compliqué, peut-être, mais c’est ce qui en fait la richesse : rien que par son écriture, le mot nous raconte beaucoup d’autres choses que ce qu’il désigne, qu’il vient par exemple du grec ou du latin, de la langue populaire ou aristocratique ce qui nous a donné tous les doublets tel frêle et fragile… avec les nuances de sens que l’emploi a ensuite fixé. Bref, l’orthographe c’est la stabilité écrite du mot quelles que soient ses conditions d’utilisation. Ainsi « petit » peut se prononcer « ptit », il n’empêche qu’il s’écrit toujours « p-e-t-i-t ». Et c’est du sens : « ses » mains et « ces » mains, cela ne veut pas dire la même chose.

Notre orthographe est complexe, mais son système est cohérent.

Ainsi il y a une logique simple qui régit l’utilisation ou non des accents dans les mots, et une autre, toute aussi simple qui régit le « chaos des consonnes » dont on ne sait jamais s’il faut les redoubler ou non. Ce sont ces secrets auxquels  j’aimerais vous initier, sans entrer dans la complication, tout en abordant aussi les cas les plus fréquents générateurs de fautes, dans les accords notamment.  Pour conclure, j’aimerais vous convaincre du rôle primordial de l’orthographe. S’astreindre à des règles d’écriture communes à tous, c’est s’assurer qu’à la lecture, l’interlocuteur auquel je m’adresse et qui n’est pas à côté de moi, ne fera pas d’erreur d’interprétation sur mon message. Important, non ?

Allez, un exemple pour monter que l’écriture est souvent plus claire que la parole : « c’est lui qu’il a rencontré » ne veut pas dire la même chose que « c’est lui qui l’a rencontré ». Eh oui, les règles orthographiques sont surtout faites pour le lecteur. C’est pourquoi ne pas faire de fautes, c’est d’abord une question de respect pour le destinataire de l’écrit, et voilà pourquoi un « cv » sans fautes c’est si important, encore aujourd’hui.

Un premier cas pour aujourd’hui : Majuscule ou minuscule ?

-          La règle. On utilise les majuscules dans deux cas : au début d’une phrase et à l’initiale d’un nom propre. Simple !

-          Explicitons : sont considérés comme noms propres, outre les noms et prénoms de famille, les noms de rue, les noms géographiques (les Alpes) ou historiques (le 14 Juillet), les noms de corps constitués (l’Académie française mais l’institut Pasteur). On n’a pas classé les décorations dans les noms propres (la croix de guerre) sauf si elle comporte une hiérarchie : la Légion d’honneur.

-          Les adjectifs ne prennent jamais de majuscules : le président français, l’Académie française.

-          Les noms de langue ou d’idiome ne prennent pas de majuscule : le français est parlé au Québec.

-          Les noms de jours, de mois, de saisons sont des noms communs.

Voici quelques phrases pour vous entraîner : majuscules ou pas ? Rétablissez-les où c’est nécessaire.

robespierre habitait la ville d’Arras.

de nombreux parisiens moururent pendant la commune.

ce membre de l’institut habite au 22 de la rue du château.

à chaque nouvelle législature l’assemblée nationale élit un nouveau président.

qui sera candidat au siège vacant de l’académie française ?

on tient pablo picasso pour un des plus grands maîtres de la peinture.

Le sénat s’est réuni le 1er jeudi du mois de novembre.

 

Après-demain, le corrigé.

 

 


EDUCATION : DERRIERE LES MOTS, L’IMPUISSANCE !

 

Bonnet_d_ane


Ce ne sont pas les quelques mesurettes proposées qui changeront quelque chose au grand malaise éducatif. Derrière les mots se cache l’impuissance. Et, comme en pédagogie, le péremptoire ne sert plus à rien : il ne suffit pas d’affirmer pour que cela soit compris, entendu, mémorisé. C’est pourtant à cet exercice que s’est prêté le Président de la République.

Que peut-on attendre de ces mesurettes ?

On noter d’abord la faiblesse des moyens alloués : 250 millions d’euros sur trois ans. Une goutte d’eau dans la mer. Si on se gargarise de grands mots comme « mobilisation de l’école pour la République », on peine sur le service après-vente avec 1000 formateurs à la laïcité et à l’enseignement moral et civique  d’ici juillet (pour former qui ? les élèves, les enseignants ?), le renforcement des sanctions pour les manquements à l’autorité des enseignants avec des travaux d’intérêt général qui existaient déjà mais mis en sommeil après 2012, la « valorisation des rites républicains » et enfin un nouveau parcours citoyen de l’école élémentaire à la terminale avec évaluation en fin de parcours (on ne dit pas sous quelle forme). La maitrise du Français devient un chantier prioritaire sans qu’on dise comment. La mise en place d’une journée de la Laïcité est typique de ces mesures dont la gauche raffole. Il n’y a pas grand-chose à attendre de cet arsenal à la fois parce qu’il n’est pas à la hauteur et parce qu’il reste trop dans l’affirmation. La « contrainte » reste faible, tant pour les enseignants que pour les élèves.

Retour aux sources.

Il est grand temps que la gauche renoue avec les valeurs républicaines qui étaient les siennes il y a un siècle, dont Manolito se réclame encore, et abandonne le multiculturalisme et le communautarisme  imposés par les gaucho-bobos dans les années 90 au nom du « respect de l’autre ». Du coup on a inversé les valeurs, et l’intégration s’est mise à marcher à reculons. Disons-le clairement, ceux-là ont renoncé de fait au caractère universel de nos valeurs, celles des lumières, celles de la révolution française, qui avaient mis plus d’un siècle à s’imposer. Ils ont fait le lit de cet apartheid des quartiers que le Premier Ministre dénonce aujourd’hui. Les conséquences en furent catastrophiques : ce fut la guerre du « foulard » puis du voile, puis de la burka. Le système éducatif a été assailli de demandes inacceptables au nom du respect de coutumes ou d’interdits religieux qui n’ont rien à voir avec l’école. Les profs eux-mêmes, sous l’influence des syndicats de gauche, ont adhéré à cette évolution et ont opposé une résistance passive pour la plupart, actives et violente parfois, aux décisions venues d’en-haut, notamment chaque fois qu’il a été question d’enseigner les valeurs de la République et la citoyenneté. Il est tellement plus facile de donner le droit de vote aux étrangers de ces communautés pour sacraliser le séparatisme. Il faut tout reprendre à la base. Les profs, les parents, les élèves.

Aux grands maux, les grands remèdes.

Il faut faire des établissements scolaires des « forteresses de la République ».  Si j’étais Ministre de l’Education, je proposerais :

-          Le recyclage de tous les enseignants en formation professionnelle obligatoire pour s’assurer de leur capacité à enseigner les valeurs de la République (contenu philosophique, Histoire…) et des méthodes en vérifiant qu’ils se sont appropriés les programmes.

-          La mise en place d’un cadre républicain au quotidien : drapeau au fronton de l’établissement, Déclaration des Droits de l’Homme affichée dans toutes les classes avec le buste de Marianne.

-          Exigences uniformes pour tous les établissements d’un code d’autorité : mise en rangs en silence, autorisation de s’asseoir en classe, élèves qui se lèvent à l’entrée d’un adulte, demande de parole en levant le doigt… Toutes choses qui ont été largement abandonnées.

-          Mise en place d’un corps d’inspecteurs spécialisés pour procéder en continu à l’évaluation des enseignants et vérifier que les programmes d’éducation civique sont bien réalisés.

-          Rétablissement d’une note (ou évaluation) de conduite et comportement avec un passeport citoyen pour chaque élève dès le CE2 et jusqu’en terminale, avec notation entrant dans le système d’évaluation.

-          Implication systématique des parents en cas de manquements aux principes civiques et laïcs, avec responsabilisation (suspension des allocations familiales par exemple).

-          Mise en place d’un dispositif « un jeune, une solution », pour mettre fin à l’errance des jeunes sortis du système sans aucun diplôme et désoeuvrés. Ce dispositif regroupera sous une seule autorité tous les moyens (multiples et nombreux) qui existent déjà mais éparpillés et qui seront regroupés et redéployés pour l’occasion : stages de formation professionnelle, apprentissages, emplois-formation, service civique, école de la 2ème chance, centres éducatifs, enrôlement à durée déterminée dans l’armée… La détection se fera comme au temps du conseil de révision. A 16 ans, tous les jeune seront recensés et devront passer devant un « conseil d’intégration sociale » devant lequel chacun(e) devra décliner le cursus qu’il poursuit ou à défaut être orienté vers un dispositif  adapté à son profil.

-          Pour les cas les plus difficiles, des « brigades civiques » seront créées avec affectation à caractère judiciaire, avec pour but d’éloigner ces jeunes de leur milieu ou de leur environnement, en les envoyant en mission humanitaire « très encadrée » à l’étranger pendant un certain temps, le temps d’acquérir une formation et une nouvelle mentalité.

Voilà quelques moyens concrets qui pourraient remédier à la tentation communautaire et faciliter l’assimilation. Ils supposent une volonté politique et une application dans la durée, sans quoi rien de profond ne sera réalisé. De nombreux dispositifs existant déjà et financés, cela ne devrait pas mobiliser des dépenses nouvelles onéreuses.

 


L’EDUCATION AU CŒUR DU PROBLEME

Laicite

Un triste constat.

Je ne vais pas jeter la pierre aux enseignants : bien souvent, ils ne font que ce qu’ils peuvent et il arrive trop souvent que leurs efforts ne soient pas récompensés. D’autant plus qu’ils sont au service d’un système qui a perdu ses repères et son efficacité, brinquebalé entre une hiérarchie dont le pilote change trop souvent, des directives multiples et fluctuantes, des parents inquisiteurs-consommateurs et des élèves mal élevés pour la plupart. Leur savoir a perdu son crédit concurrencé par internet et le peu d’autorité qui leur reste tient plus à la personnalité individuelle qu’à la place que leur concède la machine éducative. On ne peut donc pas s’étonner que l’éducation nationale laisse sur le pavé des milliers d’enfants sans formation et que ceux qui sortent de leur cursus d’études ont trop souvent des connaissances fragiles et mal assimilées. Triste constat que les événements de la semaine dernière viennent d’aggraver : on découvre avec amertume qu’en plus les valeurs sacro-saintes de notre République que l’enseignement de l’éducation civique aurait dû inculquer, non seulement ne sont pas assimilées mais contestées. Ces cerveaux qu’on a laissé en jachère, d’autres savent les remplir.

La religion en question.

On ne sera pas surpris de découvrir que les élèves qui ont refusé de participer aux minutes de silence dans les établissements, et sans vouloir stigmatiser, étaient pour la plupart musulmans. A ce sujet j’ai entendu dans les débats tous les arguments sur le respect, la tolérance, l’esprit voltairien (qui a lu Voltaire ?), la liberté d’expression et j’en passe. Pas un de nos intellectuels n’a expliqué qu’en fait le malaise profond vient d’un constat tout simple : pour ces élèves-là, ce n’est pas la loi de la République qui importe, mais la loi religieuse, la « charia » qu’ils placent en premier, et c’est au nom de cette loi que les assassins ont agi. C’est le fondement du communautarisme. Tant qu’on ne réussira pas à leur faire comprendre que la laïcité de l’Etat, dans notre pays, sépare les règles religieuses et la loi républicaine, et que celle-ci est primordiale, nous aurons tous les comportements inappropriés que l’on rencontre et qui ont commencé avec le port du foulard.

La dérive communautariste.

Depuis plus de vingt ans, nous sommes confrontés à ce problème sans le nommer clairement, entre volonté de ne pas stigmatiser et déni. C’est Lionel Jospin, alors Ministre de l’Education (1989) qui a commis l’erreur magistrale : en dévoluant aux chefs d’établissement la décision d’autoriser ou non le port du foulard il abandonnait le principe de laïcité qu’impose l’Etat pour entrer dans une démarche communautariste. Une brèche était ouverte qui a permis ensuite à d’autres revendications de fleurir : refus de certains enseignements scientifiques, contestation du menu des cantines, exigences pour les piscines, sans parler de l’accoutrement vestimentaire des filles… L’école de la République n’est plus universelle. Comment alors enseigner la « Laïcité » ?

L'école impuissante et dépassée.

Par ailleurs, le civisme et la laïcité reposent sur des vertus qui nécessitent pour les pratiquer une conscience fondée sur un esprit correctement formé et cultivé, qui inclut l’apprentissage de l’esprit critique et l’accès à la relativité du jugement. Or nos enseignants ont déjà tant de mal à faire apprendre le « b-a ba » de notre langue que c’est rêver d’imaginer qu’ils puissent aller aussi loin dans l’éducation de cerveaux rétifs à l’effort et à la réflexion. En plus, ils ne sont pas aidés par le milieu familial, soit parce qu’il est inexistant ou démuni, ou encore d’une autre culture. Et la concurrence des réseaux sociaux où, paraît-il, les élèves d’aujourd’hui puisent 90% de leurs connaissances (effrayant !) rend leur tâche presqu’impossible.

On sait ce qu'il faudrait faire...

Et pourtant, on est au cœur du problème. Les solutions passent probablement par une meilleure formation des enseignants. Encore faudrait-il arrêter de parler de société multiculturelle et « arc-en-ciel », comme hier matin Jack Lang, qui n’a toujours pas compris ! Encore faudrait-il imposer des contraintes aux parents et faire en sorte qu’ils ne soient pas co-gestionnaires des classes. Encore faudrait-il remettre le professeur au centre du système, et non l’élève. Encore faudrait-il rétablir le principe d’autorité et qu’il soit partagé par toute la communauté éducative, ce qui n’est pas certain. Il y aurait beaucoup à dire sur les contenus enseignés : temps d’apprentissage du Français insuffisant, histoire réduite à de la bouillie sans chronologie, littérature réduite aux œuvres faciles, … et les pratiques pédagogiques qui hésitent entre l’obsolescence et l’inadaptation, quand elles ne sont pas autodidactes. Encore faudrait-il, enfin, que la formation débouche sur autre chose que l’inactivité qui est le lot promis à une fraction trop importante des jeunes, surtout de ceux des « quartiers ». Car c’est au final ce qui donne du sens aux études. Pour l'heure, la gauche redécouvre la nécessité de l'autorité ce qui est réjouissant au moment où on s'apprêtait à supprimer les notes. Et la Ministre envisage encore de renforcer l'enseignement civique, cette tarte à la crème dont on parlait déjà en ... 1995 ! Qu'a-t-on fait depuis ?

Une lueur d'espoir.

On voit que le chantier est énorme. Il faudrait une action continue sur de longues années au lieu de faire et défaire constamment au gré des changements de majorité politique quand ce n’est pas de ministre. On a toutes les raisons de rester pessimiste. Il y a pourtant une lueur dans ce constat bien sombre : l’ampleur du sursaut populaire des manifestations qui, on l’a trop peu exprimé, est aussi une marque d’exaspération de la France profonde à l’égard des agissements de type communautariste. Les Français ont voulu dire, avec une grande dignité, en défendant la liberté d’expression, « on est chez nous, et chez nous, c’est la loi de la République qui s’impose, et aucune autre ». Cette lueur peut être le support des révisions profondes dont notre Education nationale a besoin. Au pouvoir politique d’en saisir l’opportunité s’il en a le courage.

 


ECOLE : LA GAUCHE « M’A TUER » !

 

Panneau école

Dernier avatar d’une longue suite d’erreurs et d’aveuglements : le Conseil supérieur des programmes préconise l’abandon des moyennes, ces « calculs artificiels », donc des notes. Non pas que je sois nostalgique de la notation sur 20, encore qu’ayant à peu près tout expérimenté au cours de ma carrière  j’y sois revenu parce que c’était la plus efficace, mais je vois dans cette étape une volonté d’abandon de toute évaluation. Et c’est là que le bât blesse.  On nous dit qu’il faut abandonner « l’évaluation-sanction » au profit d’une « évaluation bienveillante ». Le discours est dans les tuyaux depuis le début du quinquennat et les trois ministres qui se sont succédé ont suivi la même trajectoire. C’est évidemment une démarche démagogique : dans notre société, il ne faut surtout pas « stigmatiser ». Les mauvaises notes sont traumatisantes, donc pas de notes !

Mais quelle école veut-on ?

Les résultats obtenus par la « fabrique du crétin » pour reprendre l’expression chère à Brighelli ne sont pourtant pas encourageants. On a beau simplifier les programmes au point de les rendre simplistes, on a beau abaisser les exigences, franchir à la baisse les seuils qui permettent d’obtenir les parchemins,  le sentiment est que les élèves, aspirés vers le fond par une spirale sans fin ou le laxisme le dispute à la paresse intellectuelle, les performances du système éducatif ne cessent de se dégrader. Tout étant lu à l’aune des critères sociaux, au nom de la solidarité, on a supprimé en septembre les « bourses au mérite ». Comment comprendre qu’on  justifie la solidarité par la non-reconnaissance des mérites d’étudiants remarquables aux origines modestes Il faut s’appeler Vallaud-Belkacem pour proférer de tels sophismes. A croire que ces derniers avaient eu le grand tort d’obtenir une mention TB au baccalauréat ! L’école d’aujourd’hui est malade d’un aveuglement idéologique où tout est mesuré à l’aune du social et du psychologique. On tourne le dos à l’école du mérite. Trop ringarde !

La construction démocratique des élites.

Il faut revenir aux fondamentaux de la République. Et d’abord commencer par considérer que l’école est un lieu de travail pour les enseignants et les élèves. Contrairement à ce qui est affirmé, les notes ne sont pas des sanctions, les cours sont des passages obligés et ils ne sont pas forcément « magistraux », le redoublement n’est pas une brimade et il existe des arguments objectifs qui conduisent à le proposer à un élève en difficulté. Un professeur n’est pas un animateur, il est là pour transmettre un savoir qu’il a acquis (du moins on l’espère) et qu’il entretient.  Sa tâche est de conduire l’étudiant à l’apprentissage du raisonnement avec des connaissances,  et à partir de là au développement d’une pensée. Il est là pour vérifier l’acquisition de ces capacités qui demandent du temps et des efforts. J’expliquais souvent à mes élèves que ce qui laissait les meilleurs souvenirs dans une vie, c’était de fournir des efforts pour surmonter une difficulté et d’y parvenir. Bien meilleurs que ceux laissés par ce qui est obtenu facilement. C’est la multiplication des mécanismes de raisonnement mis en œuvre dans les différentes disciplines qui forge l’intelligence. Et personne ne prétendra que les talents sont égaux. Le métier d’enseignant, et c’est ce qui en fait la richesse, consiste à s’adapter en permanence aux performances variables d’un individu à l’autre. Cela s’appelle la pédagogie. Notre école est gratuite et ouverte à tous. Chacun peut y réussir. Encore faut-il que ce soit la mission confiée au personnel éducatif.

L’ascenseur social.

Jamais l’école n’a autant échoué dans sa mission de promotion du savoir et des compétences. On confond égalitarisme  et égalité. C’est au nom d’un égalitarisme aveugle et malsain qu’on tire tout le monde vers le bas. L’école n’est pas le substitut d’une politique sociale en se construisant sur les inégalités qui s’y reflètent forcément. C’est le meilleur moyen de la tuer. Si on avait un corps enseignant qui croyait vraiment à sa mission, et si on n’empêchait pas les profs de faire correctement leur métier à coups de circulaires absconses, on n’aurait pas autant de « décrocheurs », d’élèves lâchés dans la vie active sans aucun diplôme, et de mômes sans repères au point de partir faire le djihad. Quelle formidable signature d’échec de la République !  C’est au nom de l’égalité, que l’école républicaine doit donner plus à celui qui a moins : cela s’appelle l’égalité des chances ! Mais en échange, elle a droit d’exiger effort  et assiduité, respect des maîtres et des lieux. Ce n’est que lorsque l’école est l’école, c’est-à-dire qu’elle transmet des connaissances et permet de construire des raisonnements, qu’elle est efficace pour corriger les inégalités sociales. Le temps reviendra des « hussards de la République ». Le plus tôt sera le mieux !

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

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VIVE LA RENTREE !

C’est toujours comme ça diront les grincheux : temps pourri pendant les vacances, et le soleil s’invite la semaine de la rentrée, de quoi chanter du Claude François ! Si, vous savez : « le lundi au soleil… ». La rentrée des classes réveillent chez le prof retraité les souvenirs de ces jours uniques renouvelés chaque année de la découverte de nouvelles têtes blondes… ou brunes, avec tout le cortège des activités connexes.

Et d’abord l’ambiance de la fin des vacances. Les grandes surfaces se sont déjà mises depuis le début de l’été à l’heure des « fournitures ». Des palanquées de pochettes de feutres multicolores, des tonnes de copies entassées, des kilomètres de classeurs de tous formats et sur tous les tons, des alignements de cahiers à grand ou petits carreaux, épais ou minces, couverture glacée ou non, des forêts de crayons, stylos, compas, gommes, règles, équerres, donnent le tournis à de pauvres parents malmenés par les exigences de gamins à l’affût des dernières nouveautés et bataillant tant bien que mal avec la fameuse « liste » des non moins exigences professorales.

Et puis il y a les odeurs bien spécifiques qui accompagnent tout ce déploiement de matériel : parfums de papier et d’encre, odeurs des plastiques,  arômes des cartables en vrai cuir et émanations plus âcres des similis, alignés en foultitude par colonnes et rangées entières, comme à la parade. Il n’y a que le prof qui a le privilège de humer la classe vide dans laquelle il va officier pendant plusieurs mois : ce mélange particulier qui émane des meubles en stratifiés et des sols récemment désinfectés auquel se joint le picotement alcalin des vitres fraîchement nettoyées. Les craies sont là, toutes lisses et encore entières, dans leur boite, en avant du tableau. L’armoire que l’on ouvre semble avoir accumulé pendant ces mois d’inactivité un stock d’effluves concentrés comme à l’ouverture d’une bouteille de bon vin : un bouquet savamment dosé de vieux carton, de papier jauni et de sapin légèrement ranci.

La rentrée est une fête. Le collège se réveille après sa léthargie forcée de juillet et août et semble sortir d’un rêve. Quelques travaux ont réparé une porte dégradée ou un mur écaillé. Les couloirs récemment nettoyés sentent encore la lessive. Retrouvailles entre élèves, avec les collègues, découverte des nouveaux visages, installation du matériel et parfois, la bonne surprise de la classe refaite à neuf. On se raconte les vacances, on prend son temps et ses nouvelles marques, on se réjouit de retrouver telle classe ou tels élèves. Et déjà on se projette dans la tâche à accomplir, se délectant d’avance du programme qu’on va dérouler au fil des mois et des rendez-vous inattendus fixés aux élèves.

J’aimais ces jours de retour dans la forteresse du savoir. Je prenais en sifflotant le chemin du local qui m’était attribué. Je lisais le même plaisir dans le sourire des collègues que je croisais, et venus comme moi, quelques jours avant l’heure pour se remettre dans le bain, à l’affût de quelques infos sur le sacro-saint emploi du temps. J’aimerais être tellement sûr qu’il en est toujours ainsi.

 


GENRE : IL N'Y A PAS DE FUMEE SANS FEU !

 

 

Depuis quelques jours l'impayable Peillon se prend dans les dents le retour du boomerang qu'il a lui-même lancé en proclamant, à son arrivée au ministère de l'Education, qu'il se donnait pour mission "d'arracher l'enfant à tous les déterminismes" et notamment à celui qu'il considérait comme le  premier à éliminer, celui de la famille.

Et depuis, le gouvernement s'est attaché méthodiquement à une déconstruction de la famille à travers les nombreuses mesures qui viennent s'ajouter les unes aux autres : déconstruction sociale avec la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, expliquant qu'il n'y a plus un modèle de famille, mais "des familles" ; déconstruction financière dès la fin 2012 avec l'abaissement du quotient familial pour l'impôt sur le revenu avec 880 000 foyers concernés et bientôt dans le cadre du "pacte de responsabilité" un financement non assuré de la politique familiale...

Le troisième axe de cette politique de déconstruction concerne l'éducation. C'est une vieille chimère socialiste que de vouloir transformer la société en se servant de l'école comme levier. Qu'il le veuille ou non, à travers l'égalité garçon-fille, c'est bien la théorie du genre  qui reste le vecteur de la pensée interministérielle puisqu'on trouve au coeur de ce sujet, l'incomparable ministre des Droits des femmes, la vipérine Vallaud-Belkacem. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la "convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif 2013-2018", tout y est et je vous passe les détails, juste un passage :" donner aux élèves, étudiants et étudiantes, les outils nécessaires pour mieux appréhender le traitement du genre dans les médias...". D'ailleurs, la ministre s'en prévalait elle-même en 2011, expliquant "l'identité sexuelle des individus autant par le contexte socioculturel que par la biologie". Aussi, le "genre" a été introduit dans les manuels scolaires de SVT (sciences naturelles), le film "Tomboy" (garçon manqué), sorte d'initiation à l'homosexualité, a été projeté à 47 000 élèves en un an, à partir du CE2, l'introduction de livres orientés tel "Papa porte une robe", etc... Et quand la même ministre vient proclamer aujourd'hui, la main sur le coeur que le "genre" n'existe pas, c'est pour mieux nous tromper. Qui peut la croire ?  elle a simplement remplacé le mot qui dérange par une expression plus neutre : "lutte contre les stéréotypes" !!!

Il est normal que cette action insidieuse, qui confond éducation et endoctrinement, inquiète des parents d'élèves. L'école n'est pas là pour promouvoir de façon volontariste une nouvelle idéologie. Il faudrait que le ministre de l'éducation se soucie davantage de ce qu'ils attendent pour leur enfant : savoir lire, écrire et compter, comprendre la langue et pas leur fourrer dans la tête des théories fumeuses, contestables, effets d'une névrose obsessionnelle. Ils ne veulent pas de cette conception quasi religieuse de l'école laïque. Ils rejettent ce lavage de cerveau qui remplace l'apprentissage du calcul, de l'orthographe et des rudiments de notre histoire bien plus utiles à la formation de leur esprit et de leur devenir. D'autant plus que dans les propos et les écrits du ministre de l'éducation on peut découvrir des certitudes qui oscillent entre un "maoïsme doux à la façon khmer rose" et une "religion type inquisition", comme le dit si bien Jean d'Ormesson.

La liberté civilisée et la démocratie ne sont pas nées comme des champignons. Il ne suffit pas de se gargariser avec les grands mots de "république", de "démocratie, "d'égalité" pour justifier une dérive autoritariste, en trahissant la culture de liberté, en reniant les "lumières philosophiques". Dès lors que le principe de l'égalité est incontesté, que les progrès sont constants, il est inquiétant  de vouloir formater les mentalités dès le plus jeune âge. Toute différence n'est pas forcément porteuse d'inégalité. La chasse aux "stéréotypes" pour justifiée qu'elle soit, ne doit pas balayer d'un revers de main notre héritage culturel. Il faut en finir avec cette accusation systématique du passé : notre civilisation occidentale n'est pas réductible à une histoire faite de domination et de misogynie. Nous ne venons pas de rien et préoccupons-nous de donner à nos enfants la capacité à entrer dans le monde tel qu'il est et non pas tel que certains le rêvent. Il est faux de dire que dans la famille dite traditionnelle, on "formate" un enfant, on ne fait que l'introduire dans un monde qui est plus vieux que lui. Monsieur Peillon ne pourra pas changer cette réalité.

Nous ne voulons pas de ces nouveaux gourous de la pensée toute faite, cette nouvelle cléricature laïcarde qui confond égalité et égalitarisme. Leurs incantations transforment leurs mots fétiches "république, démocratie, citoyen" en formules creusent comme autrefois on processionnait sans y croire.

Dans ce qui est dénoncé aujourd'hui, il y a bien une réalité. Les "ABCD de l'égalité" servent effectivement à diffuser les postulats de l'idéologie du genre. Ces actions doivent être combattues jusqu'à ce qu'elle soient retirées !

 


AUTORITE, DISCIPLINE, EFFORT

Classement pisa

La France a encore perdu des places dans le classement Pisa. Une fois évacuée l’apostrophe exutoire : « C’est la faute à Sarko », abordons les vrais sujets. Notre système éducatif va mal, et ce n’est pas d’aujourd’hui. Il crève de son corporatisme exacerbé, de ses réformettes à répétition, et surtout de son formidable manque de responsables. La dernière armée rouge du monde n’a pas de chaine de commandement à proprement parler et personne n’est responsable de personne. Un peu caricatural. Un peu seulement !

Mais par-dessus tout, et là je donne raison à Jean-Paul Brighelli qui a dénoncé le mal dans son pamphlet : «  La fabrique du crétin », la décadence vient  d’une politique axée sur le « pédagogisme » mise en place entre 1998 et 2005 par les socialistes : l’enfant au centre du système et des inepties programmatiques comme « l’observation réfléchie de la langue » à la place de la grammaire. Le « par cœur » a été supprimé pour faire dans la découverte, comme si chaque élève, à 7 ou 8 ans, était capable de découvrir tout seul la poussée d’Archimède… Avec au bout du compte des enfants qui peinent à lire quand ils savent lire, qui ne savent pas compter, quant à écrire, mon pauvre môssieu …

Il serait bon que nos élèves se consacrent aux disciplines fondamentales dont le temps d’apprentissage a fondu comme neige au soleil, plutôt que de se consacrer aux vertus insurpassables du macramé. Comme le reste de la France, nos élèves ne travaillent pas assez, à l’école primaire comme au collège. Point n’est besoin d’aller voir en Finlande des rythmes scolaires qui ne marchent même plus chez eux, ni d’aller à Séoul s’inspirer d’une tyrannie scolaire. Notre système français fonctionnait bien, restituons-le !

Commençons par arrêter de nous cacher derrière l’origine sociale des élèves pour expliquer cette dégradation. Dans les ZEP, les élèves sont aussi capables qu’ailleurs. Mais on ne cesse de vouloir s’adapter à leur milieu social au lieu d’être exigeants avec eux. On est allé beaucoup trop loin dans la non-acquisition des savoirs.

Cela passe par une restauration de l’autorité. A tous les niveaux. Nous ne pourrons rien faire si nous continuons d’avoir des professeurs qui passent leur temps à faire autre chose que transmettre le savoir : beaucoup de cours sont réduits à une vingtaine de minutes utiles, avec l’impasse sur 40% des programmes à la fin de l’année. La réalité, c’est que les élèves français sont devenus parmi les plus indisciplinés et un sur deux se dit gêné dans ses apprentissages par le bruit.

Autorité du chef d’établissement qui doit être responsable du recrutement de son personnel. Les responsables d’établissement du  public n’ont aucune responsabilité sur des équipes pédagogiques constituées sans leur avis. Aucun objectif ne leur est d’ailleurs fixé par leur hiérarchie, sinon remplir à longueur de journée des statistiques pour alimenter le mammouth. Comment alors évaluer la performance ?

Autorité du professeur dans sa classe. Les enseignants s’autoévaluent en se fixant des objectifs par défaut comme « le bouclage du programme ». Ils ont peu de contact avec leur hiérarchie et sont « contrôlés » (un bien grand mot) par un inspecteur tous les 8 à 10 ans. Et malgré ce vide d’une administration qui les laisse livrés à eux-mêmes, la plupart font un travail remarquable parce qu’ils ont une conscience professionnelle admirable. Encore faut-il que les élèves qu’on leur confie le permettent. Faire preuve d’autorité (au sens se faire respecter et imposer sa loi) est souvent périlleux. Ce devrait être la règle.

Restauration de la discipline. Il n’y a pas de travail sérieux qui puisse se faire dans le bruit, en l’absence d’écoute. Pour cela, l’école doit imposer sa règle à tous, aux parents comme aux enfants. Encore faut-il que les adultes de l’établissement soient sur la même longueur d’onde. Après tant d’années de laxisme généralisé, des mauvaises habitudes ont été prises. C’est donc d’en haut qu’elle doit s’imposer et se transmettre par une chaine de commandement identifiée et présente.

Remise au goût du jour de l’effort. Il faut en finir avec ce mythe pédagogique comme quoi apprendre peut se faire sans effort. Cela n’empêche pas les stratégies ludiques de certains apprentissages. Si à 13 ans un élève chinois a le niveau en mathématique d’un étudiant français d’université, c’est qu’il a appris bien plus de notions que chez nous. C’est l’effort qui procure le plaisir de la réussite et qui donne envie d’aller plus loin. Cela suppose de revoir bien des directives stupides.

Si déjà on s’appliquait à rétablir ces trois principes : autorité, discipline, effort, on avancerait. Il faudrait encore s’intéresser au gouffre financier qui demande toujours plus avec moins de résultats qu’est le ministère de l’éducation : diminuer le nombre de rectorats, supprimer les doublons, simplifier la gestion des personnels, alléger la part de l’administration, doter la machine d’une comptabilité analytique ( ben non, y a pas !)…  et puis revoir complètement le « collège unique » qui est devenu « inique ». 

A population d’élèves équivalente, nous consacrons 30 milliards de plus que les Allemands à notre système éducatif, pour des enseignants payés 20% de moins ! Cherchez l’erreur ?

 


PEUT-ON ENCORE REUSSIR A L’ECOLE « REPUBLICAINE » ?

 

Panneau école

Aujourd’hui environ 10% des professeurs d’école de la ville de Paris était en grève « contre la réforme des rythmes scolaires ». Motif : il ne s’agit pas de lâcher le mercredi matin sans compensation, vu que la journée raccourcie d’une demi-heure, ça compte pas ! Incurables, ils sont incurables ! Même quand c’est la gauche qui propose, ça ne va pas.  C’est à ne plus rien comprendre. Ou plutôt si : notre corps enseignant est malade. Et si la maladie n’a pas de nom, elle présente de multiples symptômes.

Et d’abord, une pédagogite aigue qui conduit à des méthodes ineptes dont on voit bien les conséquences : le nombre élevé d’élèves qui n’apprennent pas et qui arrivent en 6ème sans savoir ni lire, ni compter, encore moins écrire. Sans parler des lacunes des enseignants eux-mêmes quand on voit le nombre de fautes qu’ils font.  Ce n’est pas en recrutant 40 000 prof de plus par Pôle emploi qu’on va améliorer le rendement.

Mais surtout, ce grand corps est malade d’une « parentite » foudroyante. Les pressions religieuses venues des parents et souvent relayées par les élèves les empêchent de plus en plus d’enseigner correctement. On ne peut plus aborder les Croisades, la Shoah, la colonisation en histoire, la sexualité, la théorie de l’évolution, en sciences…  alors ne parlons pas de la guerre d’Algérie, de l’histoire des religions, voire de l’histoire du Proche-Orient.  Ces sujets provoquent même des bagarres entre élèves dans certains établissements.  Telle élève annonce qu’elle n’a pas le droit d’écrire « Yahvé » et demande une solution pour répondre à la question de son contrôle.  Un prof d’un établissement de Montargis explique  qu’une élève noire a utilisé spontanément « nous » pour désigner les « esclaves » et « vous » pour les « esclavagistes » lors d’un cours sur l’esclavage. Certains parents refusent que leur enfant apprenne  sa leçon sur l’Islam. C’est tout juste si on ne doit pas remplacer l’appellation « Mahomet » que nous utilisons historiquement depuis le Moyen-Age par Mohammed, nom arabe du prophète.  Tout est prétexte pour créer des tensions. En svt, les questions de sexualité, de procréation, d’avortement,  de contraception sont souvent difficiles à aborder, d’autant plus que certains garçons ont une vision de la femme qui n’est pas celle de la République.

La théorie de Darwin fait l’objet des contestations des fondamentalistes et des créationnistes. Au point que certains élèves rendent des copies blanches… C’est la science dans son ensemble qui est contestée. Pour certains mêmes, la théorie de l’évolution n’est ni plus ni moins que de la propagande antireligieuse. Il devient alors difficile d’enseigner que la Terre à 4,6 milliards d’années, d’expliquer qu’une roche a plus de 100 millions d’années. Alors que dire quand Hubble vient de découvrir des galaxies très proches du « big-bang ». De quoi faire faire trois tours dans ses godasses à Yves Coppens.

Comment  enseigner dans ces conditions ? Car ces questions embarrassent  les prof au quotidien et surtout perturbent le bon déroulement des cours et des programmes.  De quelle autorité peut disposer un enseignant si son savoir n’est pas reconnu, qui plus est contesté ? Drapé de sa foi laïque, notre Ministre a dit qu’il ne tolérerait aucune entorse à la laïcité. Il parle, mais que fait-il concrètement ? les programmes des cours de morale laïque ne seront pas définis avant la rentrée 2015…. En attendant, faut-il pratiquer, comme le font certains une « autocensure » ou ne plus aborder certaines questions, baissant les bras devant l’obscurantisme, ce qui est un comble. Il existe des « héroïques » qui refusent de tomber dans la complaisance ou de céder à des opinions liberticides, d’autant plus qu’aucune discipline n’est à l’abri.  Voltaire et madame Bovary sont en première ligne.

Aujourd’hui, l’école, quel que soit le degré d’enseignement, n’est plus ce temple du savoir unanimement respecté. L’institution perd en légitimité, est moins protégée, est soumise à l’intrusion des parents. Quand il n’est plus possible de transmettre le savoir, la simple connaissance, d’organiser un voyage pour cause de Shabbat, ou autre motif lié à la condition des filles musulmanes, alors l’école est gravement entravée dans ses missions. Si on ajoute à toutes ces difficultés, les incivilités auxquels les jeunes s’adonnent facilement, le manque de repères et d’éducation basique, il ne faut pas s’étonner que le métier n’attire plus les foules. Travailler dans ces conditions pour un salaire pas vraiment à la hauteur demande plus que de l’abnégation. Mais ne nous étonnons pas de voir notre pays reculer dans les classements internationaux. Et ce n’est pas demain la veille qu’on va redresser la situation.

 Vous allez dire que je noircis le tableau. Malheureusement, non. Tous ces exemples ressortent d'un rapport de l'Inspection générale de l'éducation nationale de ... 2004. Depuis, ça s'est aggravé.


 


CHERE EDUCATION

 

Notre éducation nationale coûte cher. C’est toujours le premier budget de la nation. Cette position flatteuse cache une réalité beaucoup moins séduisante. Si l’école a réussi la massification de ses effectifs, elle a largement raté sa démocratisation. Et ce n’est pas faute de moyens !

Nous vivons ainsi depuis des années sur un mensonge en croyant que la valeur du système se jugeait à sa capacité de maintenir dans la cadre scolaire le plus d’élèves possible le plus longtemps possible ; en cachant aux élèves et aux parents que 20% de ses élèves le quittent sans aucun diplôme et en acceptant que ceux délivrés aux autres n’attestent pas d’une formation intellectuelle solide. C’est le résultat d’un maquillage programmé  par l’abaissement du niveau d’exigence et d’une sélection masquée qui éjecte les plus faibles en bout de course. C’est le pire des systèmes !

François Hollande propose la continuité de la tromperie. Il y aurait beaucoup à dire sur les 60 000 postes qu’il veut créer en cinq ans. Il omet d’abord de préciser que cette « faveur » concerne tous les personnels de l’éducation nationale et il se garde de détailler le financement de ce qui apparaît comme une généreuse complaisance à l’égard d’une profession qu’il sait majoritairement acquise à sa cause. Les syndicats tout-puissants de la maison peuvent dormir tranquille : ils pourront continuer à dicter leur volonté aux élèves et aux parents en continuant l’abaissement égalitariste des niveaux de connaissance. Le « marché de dupes » c’est le sien, et les dupés sont en premier lieu les élèves.

Il est urgent d’assurer à tous les élèves la maîtrise des apprentissages fondamentaux, de construire un collège où l’orientation sera un vrai choix, de rétablir le prestige du baccalauréat pour une entrée correcte à l’université. Il faut donc qu’à chaque étage du cursus on soit capable d’identifier les difficultés spécifiques de chacun et qu’on mette en place un dispositif lui permettant de les surmonter. C’est le seul système qui puisse allier exigence et générosité.

C’est cet esprit qu’on retrouve dans les propositions de Nicolas Sarkozy. Adepte de la réforme continue, il ne renonce pas. Des avancées vers le soutien individualisé à l’école primaire sont déjà en place. Dans certains lycées, les chefs d’établissement peuvent choisir leurs prof… malgré la mauvaise volonté des personnels et les consignes de boycott des syndicats. Il faut aller plus loin. 

La revalorisation du travail des enseignants est une nécessité si on veut pouvoir recruter les « meilleurs ». Elle ne va pas sans une refonte des services devenus aujourd’hui illisibles avec, en plus des tâches d’enseignement, de nombreuses réunions imposées par des circulaires ou dans le cadre des « projets d’établissement ». Imposer 26 heures de présence qui permettent en plus des 18 heures  de cours d’assurer ces tâches et de généraliser des « études surveillées » pour aider les plus démunis socialement à faire leurs devoirs, c’est du bon sens d’autant plus que l’effort s’accompagne d’un salaire augmenté de 25% : une proposition honnête et indispensable si on veut rétablir l’autorité et la respectabilité de l’enseignant. Et qu’on ne me parle pas de la tarte à la crème des heures de préparation et de correction, à l’heure du numérique, ces tâches sont considérablement simplifiées et ne justifient pas autant d’heures qu’on veut bien le dire.

Il faut aussi donner plus d’autonomie aux établissements pour leur permettre de s’adapter à leur environnement tant sur le plan pédagogique que matériel, ce qui permettrait de passer notamment du « collège unique » en total échec à un « collège » pour tous, aux procédures plus diversifiées.  

Avec l’école des parents, véritable structure de dialogue et d’échange, et une place élargie à l’alternance pour ouvrir davantage sur les métiers et la vie professionnelle, le système éducatif pourrait retrouver des couleurs et renouer avec la réussite des élèves. A condition d’aborder les évolutions sans… dogmatisme. 

Alors, on pourra à nouveau parler "d' école républicaine".



LES ENSEIGNANTS MARCHENT, PAS L’ECOLE !

 

Pour la première fois dans l'histoire récente, cinq syndicats de l'enseignement privé ont décidé de se joindre à la grève décrétée par leurs collègues du public dans le primaire et le secondaire. Mêmes revendications : un copié-collé de la liturgie protestataire enseignante dont la répétition, à chaque rentrée, fait que l'on n'y prête plus qu'une oreille distraite : classes surchargées -qui n’existent que ponctuellement, profs débordés –par leurs 18H hebdomadaires ?, suppressions de postes débridées – 80 000 sur 800 000 !. Sauf que, pour les enseignants du secteur privé, s'ajoute une inquiétude très spécifique, liée à leur statut de non-fonctionnaire : la crainte du chômage alors qu'ils ont perdu 1.433 postes cette année et que, en 2012, 1.350 sont encore appelés à disparaître. Un risque bien réel, c’est vrai, et difficile à comprendre d’autant plus que les écoles privées doivent faire face à un afflux d’élèves qui fuient le public et qu’ils doivent refuser faute de place. C'est sans doute là qu'il faut chercher les causes de cette alliance d'un jour entre deux mondes plutôt habitués à se regarder en chiens de faïence. On y assiste à une incontestable dégradation des conditions générales d'enseignement, d'autant plus sensibles dans des établissements où la démographie scolaire est en forte hausse depuis plusieurs années et où l'expérimentation pédagogique, souvent plus avancée que dans le public, nécessite des moyens humains supplémentaires.

Luc Chatel, le ministre de l'Education est tenté de minimiser l’événement d’un revers de main, pensant qu’il est sans doute amplifié par la proximité des élections professionnelles d'octobre. On peut aussi se moquer des difficultés rencontrées par ces « écoles de riches », quand bien même leur composition sociale révèle bien plus de mixité qu'on ne l'imagine. Ces deux attitudes, chacune à leur manière bien dans la tradition française, ne sont plus d’actualité. Mais comment résoudre l’application de la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux de manière équitable, sans soumettre le privé à la même férule que le public ? Le hic, c’est que le privé ne peut plus accompagner correctement la demande des parents. Les effectifs de l’un continuent de croître tandis que ceux de l’autre stagnent ou diminuent. On voit le procès d’intention qui serait vite fait si le gouvernement décidait de prendre en compte cette différence en faisant un sort plus favorable à l’enseignement privé.

Pourtant, le récent rapport de l'OCDE sur l'éducation dans le monde a porté un regard suffisamment sévère sur notre système national pour que l'on cesse les querelles de chapelle et qu'on prenne le problème à bras-le-corps. Sans doute fallait-il administrer une potion sévère à une machine éducative prompte à produire de la dépense aussi excessive qu'inutile. Et compte –tenu du coût d’un enseignant public qui émarge au budget de l’Etat pendant 70 ans en moyenne, l’ajustement des effectifs à la baisse ne peut se faire qu’au moment du départ en retraite. C ‘est le sens des 80.000 suppressions d'emplois décidée pendant l'actuel quinquennat. Cependant, à l'heure où le nombre d'élèves se stabilise, voire augmente à nouveau, peut-être est-il temps de dépasser ce débat sur les effectifs pour explorer toutes les voies d’amélioration d’un enseignement décidément bien malade. Mais les enseignants sont-ils conscients que la multiplication du nombre des postes s’est accompagnée d’une régression du système ?

 


C’EST LA RENTREE POUR LE MINISTRE AUSSI ….

 

L’état des lieux : ce sont 859.294 enseignants qui ont retrouvé aujourd’hui le chemin des 53.798 écoles, 7.018 collèges et 4.277 lycées, dont 1.637 lycées professionnels ;  d’autre part, ce sont près de 16.000 enseignants stagiaires qui ont déjà effectué leur rentrée cette semaine. En janvier 2011, la France comptait 330.900 instituteurs et professeurs des écoles du premier degré public (y compris les 7.400 fonctionnaires stagiaires) et un peu plus de 349.000 enseignants du second degré (collège et lycée) public en face à face avec les élèves. On comptait aussi 138.600 enseignants exerçant dans les classes sous contrat des établissements privés.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale est revenu sur les réformes et les expérimentations menées depuis 2007 qui, sur fond de révision générale des politiques publiques, ont commencé à transformer l'école. Mais l'ont aussi déstabilisée. Il s’est efforcé de mettre en avant la « cohérence » du bilan éducatif du quinquennat.

Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait de l'éducation une priorité. Le chef de l'Etat en appelait à une « école du respect et de l'autorité », une « réhabilitation des savoirs », une réforme du collège unique, une remise à plat des rythmes scolaires et des programmes, des évaluations pour piloter « la revalorisation du métier » comme « l'une des priorités », sans oublier l'épineuse question des moyens. Avec « une école où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours », des moyens « mieux employés » grâce à « l'autonomie » des établissements, et des « enseignants moins nombreux ».

Une feuille de route que Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel s'est employé à dérouler tambour battant. Avec la mise en oeuvre de l'assouplissement - mais non de la suppression - de la carte scolaire. En lançant - changement fondamental - la réforme de la formation des enseignants, désormais recrutés au niveau master, mais dont le volet pratique a été réduit. Cette réforme a bien été accompagnée d'une revalorisation du salaire des jeunes enseignants de 150€/ mois, laissant toutefois de côté ceux qui ont plus de dix ans de carrière. Mais les marges de manœuvre budgétaires restent contraintes, on le sait et c’est sur les salaires du début de carrière qu’il fallait agir en priorité. Elle a aussi permis de supprimer 16.000 postes sur plus de 60.000 suppressions réalisées entre le budget 2008 et celui de 2012. Des suppressions inévitables qui ont entrainé des tensions.

Malgré les résistances et parfois l’insubordination, la réforme de l'école primaire a introduit de nouveaux programmes « centrés autour des fondamentaux », de nouvelles évaluations nationales, elles aussi contestées, un horaire allégé pour dégager le temps nécessaire au soutien des élèves en difficulté. Une nouvelle donne qui, de fait, a abouti à la semaine de quatre jours, aujourd'hui sur la sellette. Et si, à l'Elysée, on a souligné « un frémissement » dans les résultats cette année des évaluations de CE1, on est encore loin de l'objectif de diviser par trois le taux d'échec scolaire à la fin du CM2. Il faut donner du temps au temps et permettre aux personnels de s’adapter à des pratiques qui changent en profondeur leurs habitudes et heurtent leurs convictions.

Dans le même esprit, la réforme du lycée, menée par Luc Chatel après le recul de Xavier Darcos, vise une orientation plus progressive des élèves et accroît l'autonomie des établissements dans la répartition de leurs horaires. Dans la droite ligne de la personnalisation des parcours, qui a vu se développer différents dispositifs comme l'accompagnement éducatif après la classe pour les « orphelins de 16 heures », les internats d'excellence pour les bons élèves défavorisés ou les établissements de réinsertion scolaire (ERS) pour les « perturbateurs », elle introduit deux heures d'accompagnement personnalisé. Sans oublier les pistes - autonomie, personnalisation - que Luc Chatel étend à petites touches, avec un certain succès, via des expérimentations comme le programme CLAIR qui permet aux chefs d'établissements difficiles de recruter leurs enseignants, ou les 4 emes et 3 emes préprofessionnelles, préludes, peut-être, à la fin du collège unique.

Nicolas Sarkozy l'a clairement évoquée pour l'après-2012, tout comme la refonte des rythmes scolaires, qu'il lie aussi à l'évolution du statut et de la mission des enseignants, sur lesquels il avait commandé au début du quinquennat un rapport au conseiller d'Etat Marcel Pochard. Finalement restée lettre morte, l’évolution du statut va sans aucun doute, à la faveur de la campagne présidentielle, à droite comme à gauche, de nouveau se retrouver au coeur du débat. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux discours des uns et des autres.

Tout n’a pas été fait, loin s’en faut. La crise est passée par là et il ne faut pas sous-estimer la force d’opposition, voire d’inertie que peut opposer le corps enseignant. Mais le système éducatif a commencé à évoluer dans le bon sens. Un quinquennat supplémentaire ne sera pas de trop, si ce n’est plus !

 


C’EST LA RENTREE… POUR LES ENSEIGNANTS !

 

 

C'est, ce vendredi matin, la rentrée pour 860.000 enseignants. « Le plus beau métier du monde... », a assuré comme il se doit, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Interrogé évidemment sur les suppressions de postes (16.000 cette année) il a rappelé qu'il y avait cette rentrée « 35.000 enseignants de plus et 500.000 élèves de moins » qu'au début des années 1990, « Notre taux d'encadrement est donc meilleur aujourd'hui qu’il y a vingt ans». Il a poursuivi : « Je pense que c'est responsable d'assumer cette politique, ceux qui disent qu'ils vont recréer des postes en 2012, ils vous mentent ! », visant à l'aube de cette année éminemment politique les propositions de l'opposition. Il est bon aussi de rappeler qu’il y a eu 80 000 non remplacements de départ en retraite depuis 2007 sur plus d’un million d’enseignants en postes, ce qui relativise le sacrifice consenti.

Il est vrai que les postulants socialistes à l'Elysée profitent de la rentrée pour courir les écoles et … les caméras afin de dévoiler leurs propositions pour l'Education nationale. Cœurs fragiles s’abstenir devant le catalogue des promesses alors qu’on n’a pas le sou.

L'élu corrézien qui fait la course en tête a visité une école à Colombes pour y prononcer « un discours d'intérêt général », plutôt que d'égrener des « mesures catégorielles ». Pour un « nouveau contrat entre l'école et la nation », François Hollande défend deux blocs de réformes. Celle du temps scolaire  « une exception française, avec des journées surchargées, beaucoup de vacances». Le deuxième volet, tout aussi complexe et explosif, est celui de la « question du métier de l'enseignant », avec une « revalorisation nécessaire», mais aussi une réflexion sur le temps de service, le déroulement de carrière, la formation, la pédagogie. On lui souhaite bien du plaisir. Et l’arrêt préalable de la politique de suppression de postes avec l'ouverture de négociations risquent de ne pas peser lourd, car sur la question budgétaire le candidat garde la plus grande prudence.

La maire de Lille a choisi de se rendre dans un établissement scolaire à Amiens, près de chez elle. Martine Aubry veut une « rupture » et « refonder » l'école « autour de priorités claires ». Elle veut faire porter l'effort sur le début de la scolarité, revenir sur la formation professionnelle des enseignants, rétablir une politique d'éducation prioritaire en « donnant nettement plus aux établissements en zone prioritaire, ruraux », réformer les rythmes scolaires avec la fin de la semaine de quatre jours et l'allongement de l'année de deux semaines, en jouant sur les vacances d'été. Elle précise qu'il « ne faudra pas uniquement des aménagements à la marge » pour résoudre la « crise profonde » de l'école, qui n'est pas « seulement due à la politique de la droite » (ouf !) mais à des raisons structurelles ». Prudente, si elle préconise un moratoire sur les suppressions de postes dès 2012, voire la recréation de postes (à crédit ?), elle veut « cibler » ces moyens supplémentaires nouveaux. « Tout ne pourra pas se faire tout de suite » (Ah tiens ?). L’amère de Lille propose que des négociations s'engagent avec les enseignants « dès le lendemain de la primaire » pour « définir avec eux le contenu de leur mission, l'adaptation de leur service pour améliorer le travail collectif, augmenter l'autonomie pédagogique, le temps de présence ». Sur ce dernier point, on va bien rigoler. Des discussions qui devront « intégrer la revalorisation » pour un « nouveau contrat entre la nation » et - nuance par rapport à François Hollande  -« les enseignants ».

« Essayez l'ignorance et vous verrez ce que cela coûte ! » lâche la chèvre de Poitou-Charentes, qui veut « revenir » sur les suppressions de postes et n'est pas à un truisme près. « Elles ne sont même pas une source d'économies réelles », explique l'une de ses proches, pointant les « heures supplémentaires pour compenser ». Contre les « raisonnements strictement comptables », la candidate du PS en 2007 plaide pour un « deuxième adulte dans la classe chaque fois que cela est nécessaire » et lie ce renforcement à un retour de la formation professionnelle pour les enseignants stagiaires. Rendre obligatoire la scolarité à trois ans, améliorer la transition entre le CM2 et la 6 e, favoriser les expérimentations, généraliser le soutien scolaire gratuit, lutter contre les violences scolaires, renforcer le dialogue avec les familles dans une sorte de « contrat donnant-donnant », développer des « internats de proximité » et « redéfinir la mission des enseignants » sont les autres maîtres mots de Ségolène Royal qui se refuse à chiffrer son programme : là, on comprend mieux ! Mais c’est pour ajouter : « Je ne veux pas m'engager aujourd'hui à rétablir durant la prochaine mandature la totalité des postes supprimés par la droite ». Elle a néanmoins promis un moratoire sur les suppressions de postes pour la rentrée 2012. Pas trop difficile puisqu’il est déjà annoncé par le gouvernement. Comme quoi on peut dire tout et son contraire. Michel Rocard a raison. Ou elle sait qu’elle n’a aucune chance et laisse libre cours à sa démagogie ou elle est complètement irresponsable. C’est peut-être les deux !

Le député-maire d'Evry ne fait pas dans la dentelle, à son habitude : Manuel Valls propose de réaffecter le produit fiscal des heures supplémentaires à l'éducation. Un « choix » qui « préparera mieux à l'avenir » que les « 300.000 emplois précaires de cinq ans » raille-t-il, en référence aux 300.000  « emplois d'avenir » du projet PS. Les moyens supplémentaires dégagés doivent aller, selon lui, à l'éducation prioritaire. Manuel Valls conditionne clairement une revalorisation du salaire des enseignants à « l'obligation de suivre une formation continue » et à « une présence accrue en dehors des heures de cours ». Au moins ce sont des propositions réalistes  qui ne risquent pas d’augmenter la dette. Dire que les enseignants le suivraient, c’est s’avancer un peu vite…

Arnaud Montebourg n’est pas en reste. Il a présenté hier ses propositions sur l'école. Il suggère d'instaurer une « école commune » de 6 à 15 ans, « assumant l'hétérogénéité des publics » et veut supprimer le redoublement. Il souhaite que les rythmes biologiques soient mieux respectés et veut allonger la durée de l'année scolaire de quinze jours afin de réduire les horaires quotidiens. Autre mesure phare de son projet : « la pédagogie différenciée » (dédoublement, cours en petits groupes...), qui doit être instituée sur le quart du temps scolaire. « Combien ça coûte ? - Moins cher que l'abaissement du taux de TVA sur la restauration ! ». C’est lui qui le dit.  Il compte également « recréer les 80.000 postes supprimés par la droite, mais pas en les utilisant de la même manière ».Tout le monde a le droit de rêver !

Les candidats de gauche sont généralement bien accueillis dans les établissements où ils se rendent. Mais il n’est pas certain que leurs auditoires soient aussi satisfaits après les avoir écoutés. Car s’il existe une caste conservatrice attachée à sa routine et à ses acquis, c’est bien celle du corps enseignant. Sans argent, avec la volonté de bousculer la maison et d’allonger le temps de présence dans les collèges… voilà qui va faire du spectacle dans les rues !

 


QU’ON LES VIRE !

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Je reprends à dessein le ton de Jean-Luc Mélenchon avec son « qu’ils s’en aillent ! ».  de quoi s’agit-il ? Du clergé pédagogiste qui règne en maître sur le système éducatif français et dénoncé par Sophie Coignard dans son ouvrage : « LE PACTE IMMORAL -  comment ils sacrifient  l’éducation de nos enfants ».

Au début, on trouve le procès excessif, puis au fil des pages, les preuves s’accumulent et l’enquête prend toute sa densité. Le mal est profond, car c’est tout le corps qui est contaminé. Ceux qui résistent encore et qui osent « faire apprendre » à leurs élèves, sont obligés de se cacher. L’auteur cite l’anecdote lorsque François Fillon était ministre, de son désir d’envoyer une circulaire pour recommander « la dictée ». le temps passe et rien ne se passe. Alors il s’en étonne : « Où en est ma circulaire ? » et on lui répond : « Nulle part, M. Le Ministre, personne ne veut la rédiger, ça ne plait pas… » Et d’être obligé de réquisitionner un fonctionnaire pour obtenir satisfaction !

Le système éducatif y est présenté comme un grand corps fou incontrôlable, quel que soit le gouvernement. Les Ministres qui y viennent n’y restent jamais longtemps et vivent leur nomination comme une punition. On comprend alors pourquoi on a eu toujours moins de résultats avec toujours plus de moyens, comment l’école égalitariste tourne le dos à l’école de la République en organisant le boycott des décisions ou la « désobéissance » au nom d’une idéologie irresponsable et aveugle.

« … En lisant tous les livres de témoignages d’instituteurs et de professeurs que j’ai pu trouver, en recueillant systématiquement tous les témoignages oraux ou écrits d’enseignants avec qui je peux être en contact, en interrogeant moi-même des jeunes pour jauger ce qu’ils savent ou ne savent pas, je suis arrivé à la conclusion que notre système éducatif est en voie de destruction totale… » : C’est Laurent Lafforgue, l’un des plus brillants mathématiciens européens, passionné par les questions d’éducation qui porte ce jugement dont la partie la plus abrupte se trouve p.186.  

A lire absolument pour élargir la prise de conscience et la faire émerger dans l’opinion publique, afin de mettre un terme à la mascarade que nous jouent enseignants « bien pensants » et parents « engagés » sur la défense de l’école publique !

 


SEGO CENUL

 

En visite dans une école élémentaire du XIIIe arrondissement de Paris, Ségolène Royal a lancé « un appel à la résistance, un appel à se battre pour l'essentiel, pour les valeurs éducatives, pour la réussite scolaire des enfants, pour la lutte contre les violences scolaires ». et bien évidemment elle a fait part de son indignation à propos des « 60 000 postes » supprimés, « du jamais vu ! ». Pure démagogie, bien sûr. Car elle n’est pas sans savoir que les ratios énoncés par Luc Chatel, le Ministre de l’Education, restent conformes aux exigences d’un encadrement décent, même si des disparités peuvent se cacher derrière des moyennes. Tout le monde sait bien que l’exigence d’accueil des enfants de 2 ans en maternelle est arrivée au moment où il n’y avait plus assez d’élèves pour occuper toutes les « maîtresses » et éviter la suppression des postes correspondants en maintenant une pression artificielle.

L’ancienne et future candidate battue devrait savoir que le nombre des postes n’a pas grand-chose à voir avec la réussite scolaire, sinon comment expliquer le recul de notre pays alors que « Jack » avait ouvert largement les vannes du recrutement que l’on doit aujourd’hui réajuster en profitant des départs en retraite, seul moment où l’on peut ajuster à la baisse les effectifs de la fonction publique.

A ce sujet, elle ferait bien de lire le « Pacte Immoral »  de Sophie Coignard sur lequel j’aurais bientôt l’occasion de revenir. Elle y apprendrait tout le mal que le « clergé pédagogiste » de la rue de Grenelle fait à notre enseignement et qui explique pourquoi il sort 160 000 élèves du système sans aucun diplôme et aussi pourquoi mêmes les diplômés ne savent plus lire, écrire et compter correctement.

Je lance à mon tour un appel : que la gauche qui veut faire de l’éducation sa "priorité des priorités" (refrain connu) prenne l’engagement de nettoyer le Ministère de ces illuminés, et comme disait Jean-Pierre Chevènement, " en fusiller la moitié et pendre l’autre moitié" !