HARCELEMENT SCOLAIRE : OU EST L’EDUCATION NATIONALE ?

Harcèlement école

Bien triste émission, hier soir sur le harcèlement scolaire. D’abord le documentaire qui met en avant des familles et des enfants concernés, avec pour certains, le suicide en épilogue, où chaque cas est décortiqué pour comprendre ce qui s’est passé. Et puis une constante, quels que soient les établissements scolaires : le mur d’indifférence que doivent affronter les parents criant à l’aide. Un véritable déni. Au point qu’on est surpris que le corps enseignant soit totalement absent du documentaire. Pas un prof principal, pas un chef d’établissement venu expliquer l’inexplicable.

Rien de nouveau sous le soleil.

J’ai eu l’impression de revivre le calvaire qu’un de mes petits-enfants avait subi dans un collège de Saint-Nazaire, persécuté par un groupe d’élèves parce qu’il arrivait d’Allemagne. C’était il y a presque dix ans. Il avait fallu pratiquement un trimestre pour que ses parents s’aperçoivent du problème, grâce à sa sœur qui était dans le même établissement. Le Principal alerté, le professeur principal rencontré, devaient remédier au problème. Puis plus rien, jusqu’au moment où les maux de ventre, les refus d’aller à l’école, les prétextes pour rester à la maison devinrent fréquents. Au point d’amener notre petit-fils chez un psy qui le déclare "sans aucun problème". La persécution avait continué. Aux vacances de février il avait fallu taper du poing sur la table. Mais rien à tirer de l’encadrement de l’établissement, étonné de la situation ???, et il bien fallu se résoudre au changement d’établissement après avoir limité au maximum l’exposition de l’enfant à ses harceleurs.

Cette inertie m’avait outré. Cette carence du personnel d’un collège public, pour moi qui faisait partie de la maison, m’était apparue comme une trahison. Quand on pense que les parents de ces enfants bourreaux n’avaient jamais été convoqués par le Conseiller d’Education et que c’est ma fille, rencontrant l'un d'eux par hasard, qui le mit au courant de ce qui s’était passé, à sa grande stupeur !!! Pour avoir eu quelques cas de ce genre à gérer au cours de ma carrière, racket ou persécution, je sais qu’un prof principal et un chef d’établissement ont suffisamment de moyens pour intervenir efficacement et faire cesser ce genre de comportement. Il suffit de vouloir au lieu de faire semblant de ne pas voir. Je trouve curieux qu’on n’ait pas pris au sérieux, dans chacun des cas du documentaire, les appels récurrents de parents, l'administration ramenant le harcèlement à des « gamineries » ou des « choses normales à cet âge » !!! Je ne voudrais pas être à la place de ces enseignants dont l’un des élèves a fini par se suicider. J’espère même pour eux qu’ils ne dorment pas bien la nuit.

Quant au débat qui a suivi, on comprend tout de suite pourquoi les parents des enfants harcelés se sont regroupés pour signer un manifeste qui interpelle les pouvoirs publics. Il a brillé par la vacuité de la Ministre de l’Education, incapable d’avoir un mot minimal de condamnation du comportement des personnels concernés et se réfugiant dans ses mesures technocratiques. On aura encore noté la quasi absence du corps enseignant à l’exception d’un professeur de philo venu parler de l’expérience mise en place dans son lycée. Mais c’est en collège, que les harcèlements ont surtout lieu.

Une bien triste soirée. On a pu y mesurer pleinement la dégradation de l’implication des enseignants dans la vie de leurs établissements. Manifestement le « service après-vente » n’est plus assuré. On aimerait bien qu’il ne s’agisse là que d’exceptions, la généralisation du problème nous incline malheureusement à penser à l’inverse.  

 


PETIT COURS D'ORTHOGRAPHE (Corrigé)

 

Et voici les phrases avec les majuscules :

Robespierre habitait la ville d’Arras.

De nombreux parisiens moururent pendant la Commune.

Ce membre de l’Institut habite au 22 de la rue du Château.

A chaque nouvelle législature l’Assemblée nationale élit un nouveau président.

Qui sera candidat au siège vacant de l’Académie française ?

On tient Pablo Picasso pour un des plus grands maîtres de la peinture.

Le Sénat s’est réuni le 1er jeudi du mois de novembre.

 


PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE

Orthographe chat

Ceux qui me suivent sur Facebook ne seront pas surpris de découvrir cette page. Devant le constat de délitement de l’orthographe à peu près généralisé qui affecte non seulement la communication écrite par textos (dramatique) que celle plus traditionnelle des journaux et hebdomadaires, et bien pire, les écrits des enseignants eux-mêmes, je me devais de réagir. J’ai été prof de français, ce qui pourrait être déjà en soi, une bonne justification de ce souci de participer au sauvetage de notre langue. Ce que beaucoup ignorent, c’est le goût que j’ai développé très tôt pour l’orthographe dont j’ai été « champion » au CM1 et pour la grammaire-conjugaison. Pour moi, les beaux textes ne le sont que par la qualité de l’articulation de la langue et des idées, exprimées grâce aux « clés » que sont les accords, les prépositions et autres conjonctions. Sans ces clés, rien ne s’énonce clairement.

Notre système d’écriture est complexe par le nombre de sons ou associations possibles (36) traduits par un encore plus grand nombre de lettres ou associations possibles (97). Pire un même son peut se traduire par des lettres ou groupes de lettres différents (sac, ciel, science,nation,soixante). Pire encore, une même lettre peut se prononcer de plusieurs façons, comme le « c » (car, ciel, second). Et je n’oublie pas les lettres muettes… Bref, comment s’y retrouver ! Reconnaissons qu’à première vue, c’est rebutant. On peut regretter que l’orthographe de notre langue ne soit pas phonétique, mais c’est comme ça. Il se trouve que l’orthographe de la langue française a été façonnée par l’histoire et qu’elle est devenue morphologique, c’est-à-dire qu’elle tient compte de l’origine des mots et de leur histoire. Compliqué, peut-être, mais c’est ce qui en fait la richesse : rien que par son écriture, le mot nous raconte beaucoup d’autres choses que ce qu’il désigne, qu’il vient par exemple du grec ou du latin, de la langue populaire ou aristocratique ce qui nous a donné tous les doublets tel frêle et fragile… avec les nuances de sens que l’emploi a ensuite fixé. Bref, l’orthographe c’est la stabilité écrite du mot quelles que soient ses conditions d’utilisation. Ainsi « petit » peut se prononcer « ptit », il n’empêche qu’il s’écrit toujours « p-e-t-i-t ». Et c’est du sens : « ses » mains et « ces » mains, cela ne veut pas dire la même chose.

Notre orthographe est complexe, mais son système est cohérent.

Ainsi il y a une logique simple qui régit l’utilisation ou non des accents dans les mots, et une autre, toute aussi simple qui régit le « chaos des consonnes » dont on ne sait jamais s’il faut les redoubler ou non. Ce sont ces secrets auxquels  j’aimerais vous initier, sans entrer dans la complication, tout en abordant aussi les cas les plus fréquents générateurs de fautes, dans les accords notamment.  Pour conclure, j’aimerais vous convaincre du rôle primordial de l’orthographe. S’astreindre à des règles d’écriture communes à tous, c’est s’assurer qu’à la lecture, l’interlocuteur auquel je m’adresse et qui n’est pas à côté de moi, ne fera pas d’erreur d’interprétation sur mon message. Important, non ?

Allez, un exemple pour monter que l’écriture est souvent plus claire que la parole : « c’est lui qu’il a rencontré » ne veut pas dire la même chose que « c’est lui qui l’a rencontré ». Eh oui, les règles orthographiques sont surtout faites pour le lecteur. C’est pourquoi ne pas faire de fautes, c’est d’abord une question de respect pour le destinataire de l’écrit, et voilà pourquoi un « cv » sans fautes c’est si important, encore aujourd’hui.

Un premier cas pour aujourd’hui : Majuscule ou minuscule ?

-          La règle. On utilise les majuscules dans deux cas : au début d’une phrase et à l’initiale d’un nom propre. Simple !

-          Explicitons : sont considérés comme noms propres, outre les noms et prénoms de famille, les noms de rue, les noms géographiques (les Alpes) ou historiques (le 14 Juillet), les noms de corps constitués (l’Académie française mais l’institut Pasteur). On n’a pas classé les décorations dans les noms propres (la croix de guerre) sauf si elle comporte une hiérarchie : la Légion d’honneur.

-          Les adjectifs ne prennent jamais de majuscules : le président français, l’Académie française.

-          Les noms de langue ou d’idiome ne prennent pas de majuscule : le français est parlé au Québec.

-          Les noms de jours, de mois, de saisons sont des noms communs.

Voici quelques phrases pour vous entraîner : majuscules ou pas ? Rétablissez-les où c’est nécessaire.

robespierre habitait la ville d’Arras.

de nombreux parisiens moururent pendant la commune.

ce membre de l’institut habite au 22 de la rue du château.

à chaque nouvelle législature l’assemblée nationale élit un nouveau président.

qui sera candidat au siège vacant de l’académie française ?

on tient pablo picasso pour un des plus grands maîtres de la peinture.

Le sénat s’est réuni le 1er jeudi du mois de novembre.

 

Après-demain, le corrigé.

 

 


EDUCATION : DERRIERE LES MOTS, L’IMPUISSANCE !

 

Bonnet_d_ane


Ce ne sont pas les quelques mesurettes proposées qui changeront quelque chose au grand malaise éducatif. Derrière les mots se cache l’impuissance. Et, comme en pédagogie, le péremptoire ne sert plus à rien : il ne suffit pas d’affirmer pour que cela soit compris, entendu, mémorisé. C’est pourtant à cet exercice que s’est prêté le Président de la République.

Que peut-on attendre de ces mesurettes ?

On noter d’abord la faiblesse des moyens alloués : 250 millions d’euros sur trois ans. Une goutte d’eau dans la mer. Si on se gargarise de grands mots comme « mobilisation de l’école pour la République », on peine sur le service après-vente avec 1000 formateurs à la laïcité et à l’enseignement moral et civique  d’ici juillet (pour former qui ? les élèves, les enseignants ?), le renforcement des sanctions pour les manquements à l’autorité des enseignants avec des travaux d’intérêt général qui existaient déjà mais mis en sommeil après 2012, la « valorisation des rites républicains » et enfin un nouveau parcours citoyen de l’école élémentaire à la terminale avec évaluation en fin de parcours (on ne dit pas sous quelle forme). La maitrise du Français devient un chantier prioritaire sans qu’on dise comment. La mise en place d’une journée de la Laïcité est typique de ces mesures dont la gauche raffole. Il n’y a pas grand-chose à attendre de cet arsenal à la fois parce qu’il n’est pas à la hauteur et parce qu’il reste trop dans l’affirmation. La « contrainte » reste faible, tant pour les enseignants que pour les élèves.

Retour aux sources.

Il est grand temps que la gauche renoue avec les valeurs républicaines qui étaient les siennes il y a un siècle, dont Manolito se réclame encore, et abandonne le multiculturalisme et le communautarisme  imposés par les gaucho-bobos dans les années 90 au nom du « respect de l’autre ». Du coup on a inversé les valeurs, et l’intégration s’est mise à marcher à reculons. Disons-le clairement, ceux-là ont renoncé de fait au caractère universel de nos valeurs, celles des lumières, celles de la révolution française, qui avaient mis plus d’un siècle à s’imposer. Ils ont fait le lit de cet apartheid des quartiers que le Premier Ministre dénonce aujourd’hui. Les conséquences en furent catastrophiques : ce fut la guerre du « foulard » puis du voile, puis de la burka. Le système éducatif a été assailli de demandes inacceptables au nom du respect de coutumes ou d’interdits religieux qui n’ont rien à voir avec l’école. Les profs eux-mêmes, sous l’influence des syndicats de gauche, ont adhéré à cette évolution et ont opposé une résistance passive pour la plupart, actives et violente parfois, aux décisions venues d’en-haut, notamment chaque fois qu’il a été question d’enseigner les valeurs de la République et la citoyenneté. Il est tellement plus facile de donner le droit de vote aux étrangers de ces communautés pour sacraliser le séparatisme. Il faut tout reprendre à la base. Les profs, les parents, les élèves.

Aux grands maux, les grands remèdes.

Il faut faire des établissements scolaires des « forteresses de la République ».  Si j’étais Ministre de l’Education, je proposerais :

-          Le recyclage de tous les enseignants en formation professionnelle obligatoire pour s’assurer de leur capacité à enseigner les valeurs de la République (contenu philosophique, Histoire…) et des méthodes en vérifiant qu’ils se sont appropriés les programmes.

-          La mise en place d’un cadre républicain au quotidien : drapeau au fronton de l’établissement, Déclaration des Droits de l’Homme affichée dans toutes les classes avec le buste de Marianne.

-          Exigences uniformes pour tous les établissements d’un code d’autorité : mise en rangs en silence, autorisation de s’asseoir en classe, élèves qui se lèvent à l’entrée d’un adulte, demande de parole en levant le doigt… Toutes choses qui ont été largement abandonnées.

-          Mise en place d’un corps d’inspecteurs spécialisés pour procéder en continu à l’évaluation des enseignants et vérifier que les programmes d’éducation civique sont bien réalisés.

-          Rétablissement d’une note (ou évaluation) de conduite et comportement avec un passeport citoyen pour chaque élève dès le CE2 et jusqu’en terminale, avec notation entrant dans le système d’évaluation.

-          Implication systématique des parents en cas de manquements aux principes civiques et laïcs, avec responsabilisation (suspension des allocations familiales par exemple).

-          Mise en place d’un dispositif « un jeune, une solution », pour mettre fin à l’errance des jeunes sortis du système sans aucun diplôme et désoeuvrés. Ce dispositif regroupera sous une seule autorité tous les moyens (multiples et nombreux) qui existent déjà mais éparpillés et qui seront regroupés et redéployés pour l’occasion : stages de formation professionnelle, apprentissages, emplois-formation, service civique, école de la 2ème chance, centres éducatifs, enrôlement à durée déterminée dans l’armée… La détection se fera comme au temps du conseil de révision. A 16 ans, tous les jeune seront recensés et devront passer devant un « conseil d’intégration sociale » devant lequel chacun(e) devra décliner le cursus qu’il poursuit ou à défaut être orienté vers un dispositif  adapté à son profil.

-          Pour les cas les plus difficiles, des « brigades civiques » seront créées avec affectation à caractère judiciaire, avec pour but d’éloigner ces jeunes de leur milieu ou de leur environnement, en les envoyant en mission humanitaire « très encadrée » à l’étranger pendant un certain temps, le temps d’acquérir une formation et une nouvelle mentalité.

Voilà quelques moyens concrets qui pourraient remédier à la tentation communautaire et faciliter l’assimilation. Ils supposent une volonté politique et une application dans la durée, sans quoi rien de profond ne sera réalisé. De nombreux dispositifs existant déjà et financés, cela ne devrait pas mobiliser des dépenses nouvelles onéreuses.

 


L’EDUCATION AU CŒUR DU PROBLEME

Laicite

Un triste constat.

Je ne vais pas jeter la pierre aux enseignants : bien souvent, ils ne font que ce qu’ils peuvent et il arrive trop souvent que leurs efforts ne soient pas récompensés. D’autant plus qu’ils sont au service d’un système qui a perdu ses repères et son efficacité, brinquebalé entre une hiérarchie dont le pilote change trop souvent, des directives multiples et fluctuantes, des parents inquisiteurs-consommateurs et des élèves mal élevés pour la plupart. Leur savoir a perdu son crédit concurrencé par internet et le peu d’autorité qui leur reste tient plus à la personnalité individuelle qu’à la place que leur concède la machine éducative. On ne peut donc pas s’étonner que l’éducation nationale laisse sur le pavé des milliers d’enfants sans formation et que ceux qui sortent de leur cursus d’études ont trop souvent des connaissances fragiles et mal assimilées. Triste constat que les événements de la semaine dernière viennent d’aggraver : on découvre avec amertume qu’en plus les valeurs sacro-saintes de notre République que l’enseignement de l’éducation civique aurait dû inculquer, non seulement ne sont pas assimilées mais contestées. Ces cerveaux qu’on a laissé en jachère, d’autres savent les remplir.

La religion en question.

On ne sera pas surpris de découvrir que les élèves qui ont refusé de participer aux minutes de silence dans les établissements, et sans vouloir stigmatiser, étaient pour la plupart musulmans. A ce sujet j’ai entendu dans les débats tous les arguments sur le respect, la tolérance, l’esprit voltairien (qui a lu Voltaire ?), la liberté d’expression et j’en passe. Pas un de nos intellectuels n’a expliqué qu’en fait le malaise profond vient d’un constat tout simple : pour ces élèves-là, ce n’est pas la loi de la République qui importe, mais la loi religieuse, la « charia » qu’ils placent en premier, et c’est au nom de cette loi que les assassins ont agi. C’est le fondement du communautarisme. Tant qu’on ne réussira pas à leur faire comprendre que la laïcité de l’Etat, dans notre pays, sépare les règles religieuses et la loi républicaine, et que celle-ci est primordiale, nous aurons tous les comportements inappropriés que l’on rencontre et qui ont commencé avec le port du foulard.

La dérive communautariste.

Depuis plus de vingt ans, nous sommes confrontés à ce problème sans le nommer clairement, entre volonté de ne pas stigmatiser et déni. C’est Lionel Jospin, alors Ministre de l’Education (1989) qui a commis l’erreur magistrale : en dévoluant aux chefs d’établissement la décision d’autoriser ou non le port du foulard il abandonnait le principe de laïcité qu’impose l’Etat pour entrer dans une démarche communautariste. Une brèche était ouverte qui a permis ensuite à d’autres revendications de fleurir : refus de certains enseignements scientifiques, contestation du menu des cantines, exigences pour les piscines, sans parler de l’accoutrement vestimentaire des filles… L’école de la République n’est plus universelle. Comment alors enseigner la « Laïcité » ?

L'école impuissante et dépassée.

Par ailleurs, le civisme et la laïcité reposent sur des vertus qui nécessitent pour les pratiquer une conscience fondée sur un esprit correctement formé et cultivé, qui inclut l’apprentissage de l’esprit critique et l’accès à la relativité du jugement. Or nos enseignants ont déjà tant de mal à faire apprendre le « b-a ba » de notre langue que c’est rêver d’imaginer qu’ils puissent aller aussi loin dans l’éducation de cerveaux rétifs à l’effort et à la réflexion. En plus, ils ne sont pas aidés par le milieu familial, soit parce qu’il est inexistant ou démuni, ou encore d’une autre culture. Et la concurrence des réseaux sociaux où, paraît-il, les élèves d’aujourd’hui puisent 90% de leurs connaissances (effrayant !) rend leur tâche presqu’impossible.

On sait ce qu'il faudrait faire...

Et pourtant, on est au cœur du problème. Les solutions passent probablement par une meilleure formation des enseignants. Encore faudrait-il arrêter de parler de société multiculturelle et « arc-en-ciel », comme hier matin Jack Lang, qui n’a toujours pas compris ! Encore faudrait-il imposer des contraintes aux parents et faire en sorte qu’ils ne soient pas co-gestionnaires des classes. Encore faudrait-il remettre le professeur au centre du système, et non l’élève. Encore faudrait-il rétablir le principe d’autorité et qu’il soit partagé par toute la communauté éducative, ce qui n’est pas certain. Il y aurait beaucoup à dire sur les contenus enseignés : temps d’apprentissage du Français insuffisant, histoire réduite à de la bouillie sans chronologie, littérature réduite aux œuvres faciles, … et les pratiques pédagogiques qui hésitent entre l’obsolescence et l’inadaptation, quand elles ne sont pas autodidactes. Encore faudrait-il, enfin, que la formation débouche sur autre chose que l’inactivité qui est le lot promis à une fraction trop importante des jeunes, surtout de ceux des « quartiers ». Car c’est au final ce qui donne du sens aux études. Pour l'heure, la gauche redécouvre la nécessité de l'autorité ce qui est réjouissant au moment où on s'apprêtait à supprimer les notes. Et la Ministre envisage encore de renforcer l'enseignement civique, cette tarte à la crème dont on parlait déjà en ... 1995 ! Qu'a-t-on fait depuis ?

Une lueur d'espoir.

On voit que le chantier est énorme. Il faudrait une action continue sur de longues années au lieu de faire et défaire constamment au gré des changements de majorité politique quand ce n’est pas de ministre. On a toutes les raisons de rester pessimiste. Il y a pourtant une lueur dans ce constat bien sombre : l’ampleur du sursaut populaire des manifestations qui, on l’a trop peu exprimé, est aussi une marque d’exaspération de la France profonde à l’égard des agissements de type communautariste. Les Français ont voulu dire, avec une grande dignité, en défendant la liberté d’expression, « on est chez nous, et chez nous, c’est la loi de la République qui s’impose, et aucune autre ». Cette lueur peut être le support des révisions profondes dont notre Education nationale a besoin. Au pouvoir politique d’en saisir l’opportunité s’il en a le courage.

 


ECOLE : LA GAUCHE « M’A TUER » !

 

Panneau école

Dernier avatar d’une longue suite d’erreurs et d’aveuglements : le Conseil supérieur des programmes préconise l’abandon des moyennes, ces « calculs artificiels », donc des notes. Non pas que je sois nostalgique de la notation sur 20, encore qu’ayant à peu près tout expérimenté au cours de ma carrière  j’y sois revenu parce que c’était la plus efficace, mais je vois dans cette étape une volonté d’abandon de toute évaluation. Et c’est là que le bât blesse.  On nous dit qu’il faut abandonner « l’évaluation-sanction » au profit d’une « évaluation bienveillante ». Le discours est dans les tuyaux depuis le début du quinquennat et les trois ministres qui se sont succédé ont suivi la même trajectoire. C’est évidemment une démarche démagogique : dans notre société, il ne faut surtout pas « stigmatiser ». Les mauvaises notes sont traumatisantes, donc pas de notes !

Mais quelle école veut-on ?

Les résultats obtenus par la « fabrique du crétin » pour reprendre l’expression chère à Brighelli ne sont pourtant pas encourageants. On a beau simplifier les programmes au point de les rendre simplistes, on a beau abaisser les exigences, franchir à la baisse les seuils qui permettent d’obtenir les parchemins,  le sentiment est que les élèves, aspirés vers le fond par une spirale sans fin ou le laxisme le dispute à la paresse intellectuelle, les performances du système éducatif ne cessent de se dégrader. Tout étant lu à l’aune des critères sociaux, au nom de la solidarité, on a supprimé en septembre les « bourses au mérite ». Comment comprendre qu’on  justifie la solidarité par la non-reconnaissance des mérites d’étudiants remarquables aux origines modestes Il faut s’appeler Vallaud-Belkacem pour proférer de tels sophismes. A croire que ces derniers avaient eu le grand tort d’obtenir une mention TB au baccalauréat ! L’école d’aujourd’hui est malade d’un aveuglement idéologique où tout est mesuré à l’aune du social et du psychologique. On tourne le dos à l’école du mérite. Trop ringarde !

La construction démocratique des élites.

Il faut revenir aux fondamentaux de la République. Et d’abord commencer par considérer que l’école est un lieu de travail pour les enseignants et les élèves. Contrairement à ce qui est affirmé, les notes ne sont pas des sanctions, les cours sont des passages obligés et ils ne sont pas forcément « magistraux », le redoublement n’est pas une brimade et il existe des arguments objectifs qui conduisent à le proposer à un élève en difficulté. Un professeur n’est pas un animateur, il est là pour transmettre un savoir qu’il a acquis (du moins on l’espère) et qu’il entretient.  Sa tâche est de conduire l’étudiant à l’apprentissage du raisonnement avec des connaissances,  et à partir de là au développement d’une pensée. Il est là pour vérifier l’acquisition de ces capacités qui demandent du temps et des efforts. J’expliquais souvent à mes élèves que ce qui laissait les meilleurs souvenirs dans une vie, c’était de fournir des efforts pour surmonter une difficulté et d’y parvenir. Bien meilleurs que ceux laissés par ce qui est obtenu facilement. C’est la multiplication des mécanismes de raisonnement mis en œuvre dans les différentes disciplines qui forge l’intelligence. Et personne ne prétendra que les talents sont égaux. Le métier d’enseignant, et c’est ce qui en fait la richesse, consiste à s’adapter en permanence aux performances variables d’un individu à l’autre. Cela s’appelle la pédagogie. Notre école est gratuite et ouverte à tous. Chacun peut y réussir. Encore faut-il que ce soit la mission confiée au personnel éducatif.

L’ascenseur social.

Jamais l’école n’a autant échoué dans sa mission de promotion du savoir et des compétences. On confond égalitarisme  et égalité. C’est au nom d’un égalitarisme aveugle et malsain qu’on tire tout le monde vers le bas. L’école n’est pas le substitut d’une politique sociale en se construisant sur les inégalités qui s’y reflètent forcément. C’est le meilleur moyen de la tuer. Si on avait un corps enseignant qui croyait vraiment à sa mission, et si on n’empêchait pas les profs de faire correctement leur métier à coups de circulaires absconses, on n’aurait pas autant de « décrocheurs », d’élèves lâchés dans la vie active sans aucun diplôme, et de mômes sans repères au point de partir faire le djihad. Quelle formidable signature d’échec de la République !  C’est au nom de l’égalité, que l’école républicaine doit donner plus à celui qui a moins : cela s’appelle l’égalité des chances ! Mais en échange, elle a droit d’exiger effort  et assiduité, respect des maîtres et des lieux. Ce n’est que lorsque l’école est l’école, c’est-à-dire qu’elle transmet des connaissances et permet de construire des raisonnements, qu’elle est efficace pour corriger les inégalités sociales. Le temps reviendra des « hussards de la République ». Le plus tôt sera le mieux !

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

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VIVE LA RENTREE !

C’est toujours comme ça diront les grincheux : temps pourri pendant les vacances, et le soleil s’invite la semaine de la rentrée, de quoi chanter du Claude François ! Si, vous savez : « le lundi au soleil… ». La rentrée des classes réveillent chez le prof retraité les souvenirs de ces jours uniques renouvelés chaque année de la découverte de nouvelles têtes blondes… ou brunes, avec tout le cortège des activités connexes.

Et d’abord l’ambiance de la fin des vacances. Les grandes surfaces se sont déjà mises depuis le début de l’été à l’heure des « fournitures ». Des palanquées de pochettes de feutres multicolores, des tonnes de copies entassées, des kilomètres de classeurs de tous formats et sur tous les tons, des alignements de cahiers à grand ou petits carreaux, épais ou minces, couverture glacée ou non, des forêts de crayons, stylos, compas, gommes, règles, équerres, donnent le tournis à de pauvres parents malmenés par les exigences de gamins à l’affût des dernières nouveautés et bataillant tant bien que mal avec la fameuse « liste » des non moins exigences professorales.

Et puis il y a les odeurs bien spécifiques qui accompagnent tout ce déploiement de matériel : parfums de papier et d’encre, odeurs des plastiques,  arômes des cartables en vrai cuir et émanations plus âcres des similis, alignés en foultitude par colonnes et rangées entières, comme à la parade. Il n’y a que le prof qui a le privilège de humer la classe vide dans laquelle il va officier pendant plusieurs mois : ce mélange particulier qui émane des meubles en stratifiés et des sols récemment désinfectés auquel se joint le picotement alcalin des vitres fraîchement nettoyées. Les craies sont là, toutes lisses et encore entières, dans leur boite, en avant du tableau. L’armoire que l’on ouvre semble avoir accumulé pendant ces mois d’inactivité un stock d’effluves concentrés comme à l’ouverture d’une bouteille de bon vin : un bouquet savamment dosé de vieux carton, de papier jauni et de sapin légèrement ranci.

La rentrée est une fête. Le collège se réveille après sa léthargie forcée de juillet et août et semble sortir d’un rêve. Quelques travaux ont réparé une porte dégradée ou un mur écaillé. Les couloirs récemment nettoyés sentent encore la lessive. Retrouvailles entre élèves, avec les collègues, découverte des nouveaux visages, installation du matériel et parfois, la bonne surprise de la classe refaite à neuf. On se raconte les vacances, on prend son temps et ses nouvelles marques, on se réjouit de retrouver telle classe ou tels élèves. Et déjà on se projette dans la tâche à accomplir, se délectant d’avance du programme qu’on va dérouler au fil des mois et des rendez-vous inattendus fixés aux élèves.

J’aimais ces jours de retour dans la forteresse du savoir. Je prenais en sifflotant le chemin du local qui m’était attribué. Je lisais le même plaisir dans le sourire des collègues que je croisais, et venus comme moi, quelques jours avant l’heure pour se remettre dans le bain, à l’affût de quelques infos sur le sacro-saint emploi du temps. J’aimerais être tellement sûr qu’il en est toujours ainsi.

 


GENRE : IL N'Y A PAS DE FUMEE SANS FEU !

 

 

Depuis quelques jours l'impayable Peillon se prend dans les dents le retour du boomerang qu'il a lui-même lancé en proclamant, à son arrivée au ministère de l'Education, qu'il se donnait pour mission "d'arracher l'enfant à tous les déterminismes" et notamment à celui qu'il considérait comme le  premier à éliminer, celui de la famille.

Et depuis, le gouvernement s'est attaché méthodiquement à une déconstruction de la famille à travers les nombreuses mesures qui viennent s'ajouter les unes aux autres : déconstruction sociale avec la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe, expliquant qu'il n'y a plus un modèle de famille, mais "des familles" ; déconstruction financière dès la fin 2012 avec l'abaissement du quotient familial pour l'impôt sur le revenu avec 880 000 foyers concernés et bientôt dans le cadre du "pacte de responsabilité" un financement non assuré de la politique familiale...

Le troisième axe de cette politique de déconstruction concerne l'éducation. C'est une vieille chimère socialiste que de vouloir transformer la société en se servant de l'école comme levier. Qu'il le veuille ou non, à travers l'égalité garçon-fille, c'est bien la théorie du genre  qui reste le vecteur de la pensée interministérielle puisqu'on trouve au coeur de ce sujet, l'incomparable ministre des Droits des femmes, la vipérine Vallaud-Belkacem. Pour s'en convaincre, il suffit de lire la "convention interministérielle pour l'égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif 2013-2018", tout y est et je vous passe les détails, juste un passage :" donner aux élèves, étudiants et étudiantes, les outils nécessaires pour mieux appréhender le traitement du genre dans les médias...". D'ailleurs, la ministre s'en prévalait elle-même en 2011, expliquant "l'identité sexuelle des individus autant par le contexte socioculturel que par la biologie". Aussi, le "genre" a été introduit dans les manuels scolaires de SVT (sciences naturelles), le film "Tomboy" (garçon manqué), sorte d'initiation à l'homosexualité, a été projeté à 47 000 élèves en un an, à partir du CE2, l'introduction de livres orientés tel "Papa porte une robe", etc... Et quand la même ministre vient proclamer aujourd'hui, la main sur le coeur que le "genre" n'existe pas, c'est pour mieux nous tromper. Qui peut la croire ?  elle a simplement remplacé le mot qui dérange par une expression plus neutre : "lutte contre les stéréotypes" !!!

Il est normal que cette action insidieuse, qui confond éducation et endoctrinement, inquiète des parents d'élèves. L'école n'est pas là pour promouvoir de façon volontariste une nouvelle idéologie. Il faudrait que le ministre de l'éducation se soucie davantage de ce qu'ils attendent pour leur enfant : savoir lire, écrire et compter, comprendre la langue et pas leur fourrer dans la tête des théories fumeuses, contestables, effets d'une névrose obsessionnelle. Ils ne veulent pas de cette conception quasi religieuse de l'école laïque. Ils rejettent ce lavage de cerveau qui remplace l'apprentissage du calcul, de l'orthographe et des rudiments de notre histoire bien plus utiles à la formation de leur esprit et de leur devenir. D'autant plus que dans les propos et les écrits du ministre de l'éducation on peut découvrir des certitudes qui oscillent entre un "maoïsme doux à la façon khmer rose" et une "religion type inquisition", comme le dit si bien Jean d'Ormesson.

La liberté civilisée et la démocratie ne sont pas nées comme des champignons. Il ne suffit pas de se gargariser avec les grands mots de "république", de "démocratie, "d'égalité" pour justifier une dérive autoritariste, en trahissant la culture de liberté, en reniant les "lumières philosophiques". Dès lors que le principe de l'égalité est incontesté, que les progrès sont constants, il est inquiétant  de vouloir formater les mentalités dès le plus jeune âge. Toute différence n'est pas forcément porteuse d'inégalité. La chasse aux "stéréotypes" pour justifiée qu'elle soit, ne doit pas balayer d'un revers de main notre héritage culturel. Il faut en finir avec cette accusation systématique du passé : notre civilisation occidentale n'est pas réductible à une histoire faite de domination et de misogynie. Nous ne venons pas de rien et préoccupons-nous de donner à nos enfants la capacité à entrer dans le monde tel qu'il est et non pas tel que certains le rêvent. Il est faux de dire que dans la famille dite traditionnelle, on "formate" un enfant, on ne fait que l'introduire dans un monde qui est plus vieux que lui. Monsieur Peillon ne pourra pas changer cette réalité.

Nous ne voulons pas de ces nouveaux gourous de la pensée toute faite, cette nouvelle cléricature laïcarde qui confond égalité et égalitarisme. Leurs incantations transforment leurs mots fétiches "république, démocratie, citoyen" en formules creusent comme autrefois on processionnait sans y croire.

Dans ce qui est dénoncé aujourd'hui, il y a bien une réalité. Les "ABCD de l'égalité" servent effectivement à diffuser les postulats de l'idéologie du genre. Ces actions doivent être combattues jusqu'à ce qu'elle soient retirées !

 


AUTORITE, DISCIPLINE, EFFORT

Classement pisa

La France a encore perdu des places dans le classement Pisa. Une fois évacuée l’apostrophe exutoire : « C’est la faute à Sarko », abordons les vrais sujets. Notre système éducatif va mal, et ce n’est pas d’aujourd’hui. Il crève de son corporatisme exacerbé, de ses réformettes à répétition, et surtout de son formidable manque de responsables. La dernière armée rouge du monde n’a pas de chaine de commandement à proprement parler et personne n’est responsable de personne. Un peu caricatural. Un peu seulement !

Mais par-dessus tout, et là je donne raison à Jean-Paul Brighelli qui a dénoncé le mal dans son pamphlet : «  La fabrique du crétin », la décadence vient  d’une politique axée sur le « pédagogisme » mise en place entre 1998 et 2005 par les socialistes : l’enfant au centre du système et des inepties programmatiques comme « l’observation réfléchie de la langue » à la place de la grammaire. Le « par cœur » a été supprimé pour faire dans la découverte, comme si chaque élève, à 7 ou 8 ans, était capable de découvrir tout seul la poussée d’Archimède… Avec au bout du compte des enfants qui peinent à lire quand ils savent lire, qui ne savent pas compter, quant à écrire, mon pauvre môssieu …

Il serait bon que nos élèves se consacrent aux disciplines fondamentales dont le temps d’apprentissage a fondu comme neige au soleil, plutôt que de se consacrer aux vertus insurpassables du macramé. Comme le reste de la France, nos élèves ne travaillent pas assez, à l’école primaire comme au collège. Point n’est besoin d’aller voir en Finlande des rythmes scolaires qui ne marchent même plus chez eux, ni d’aller à Séoul s’inspirer d’une tyrannie scolaire. Notre système français fonctionnait bien, restituons-le !

Commençons par arrêter de nous cacher derrière l’origine sociale des élèves pour expliquer cette dégradation. Dans les ZEP, les élèves sont aussi capables qu’ailleurs. Mais on ne cesse de vouloir s’adapter à leur milieu social au lieu d’être exigeants avec eux. On est allé beaucoup trop loin dans la non-acquisition des savoirs.

Cela passe par une restauration de l’autorité. A tous les niveaux. Nous ne pourrons rien faire si nous continuons d’avoir des professeurs qui passent leur temps à faire autre chose que transmettre le savoir : beaucoup de cours sont réduits à une vingtaine de minutes utiles, avec l’impasse sur 40% des programmes à la fin de l’année. La réalité, c’est que les élèves français sont devenus parmi les plus indisciplinés et un sur deux se dit gêné dans ses apprentissages par le bruit.

Autorité du chef d’établissement qui doit être responsable du recrutement de son personnel. Les responsables d’établissement du  public n’ont aucune responsabilité sur des équipes pédagogiques constituées sans leur avis. Aucun objectif ne leur est d’ailleurs fixé par leur hiérarchie, sinon remplir à longueur de journée des statistiques pour alimenter le mammouth. Comment alors évaluer la performance ?

Autorité du professeur dans sa classe. Les enseignants s’autoévaluent en se fixant des objectifs par défaut comme « le bouclage du programme ». Ils ont peu de contact avec leur hiérarchie et sont « contrôlés » (un bien grand mot) par un inspecteur tous les 8 à 10 ans. Et malgré ce vide d’une administration qui les laisse livrés à eux-mêmes, la plupart font un travail remarquable parce qu’ils ont une conscience professionnelle admirable. Encore faut-il que les élèves qu’on leur confie le permettent. Faire preuve d’autorité (au sens se faire respecter et imposer sa loi) est souvent périlleux. Ce devrait être la règle.

Restauration de la discipline. Il n’y a pas de travail sérieux qui puisse se faire dans le bruit, en l’absence d’écoute. Pour cela, l’école doit imposer sa règle à tous, aux parents comme aux enfants. Encore faut-il que les adultes de l’établissement soient sur la même longueur d’onde. Après tant d’années de laxisme généralisé, des mauvaises habitudes ont été prises. C’est donc d’en haut qu’elle doit s’imposer et se transmettre par une chaine de commandement identifiée et présente.

Remise au goût du jour de l’effort. Il faut en finir avec ce mythe pédagogique comme quoi apprendre peut se faire sans effort. Cela n’empêche pas les stratégies ludiques de certains apprentissages. Si à 13 ans un élève chinois a le niveau en mathématique d’un étudiant français d’université, c’est qu’il a appris bien plus de notions que chez nous. C’est l’effort qui procure le plaisir de la réussite et qui donne envie d’aller plus loin. Cela suppose de revoir bien des directives stupides.

Si déjà on s’appliquait à rétablir ces trois principes : autorité, discipline, effort, on avancerait. Il faudrait encore s’intéresser au gouffre financier qui demande toujours plus avec moins de résultats qu’est le ministère de l’éducation : diminuer le nombre de rectorats, supprimer les doublons, simplifier la gestion des personnels, alléger la part de l’administration, doter la machine d’une comptabilité analytique ( ben non, y a pas !)…  et puis revoir complètement le « collège unique » qui est devenu « inique ». 

A population d’élèves équivalente, nous consacrons 30 milliards de plus que les Allemands à notre système éducatif, pour des enseignants payés 20% de moins ! Cherchez l’erreur ?

 


PEUT-ON ENCORE REUSSIR A L’ECOLE « REPUBLICAINE » ?

 

Panneau école

Aujourd’hui environ 10% des professeurs d’école de la ville de Paris était en grève « contre la réforme des rythmes scolaires ». Motif : il ne s’agit pas de lâcher le mercredi matin sans compensation, vu que la journée raccourcie d’une demi-heure, ça compte pas ! Incurables, ils sont incurables ! Même quand c’est la gauche qui propose, ça ne va pas.  C’est à ne plus rien comprendre. Ou plutôt si : notre corps enseignant est malade. Et si la maladie n’a pas de nom, elle présente de multiples symptômes.

Et d’abord, une pédagogite aigue qui conduit à des méthodes ineptes dont on voit bien les conséquences : le nombre élevé d’élèves qui n’apprennent pas et qui arrivent en 6ème sans savoir ni lire, ni compter, encore moins écrire. Sans parler des lacunes des enseignants eux-mêmes quand on voit le nombre de fautes qu’ils font.  Ce n’est pas en recrutant 40 000 prof de plus par Pôle emploi qu’on va améliorer le rendement.

Mais surtout, ce grand corps est malade d’une « parentite » foudroyante. Les pressions religieuses venues des parents et souvent relayées par les élèves les empêchent de plus en plus d’enseigner correctement. On ne peut plus aborder les Croisades, la Shoah, la colonisation en histoire, la sexualité, la théorie de l’évolution, en sciences…  alors ne parlons pas de la guerre d’Algérie, de l’histoire des religions, voire de l’histoire du Proche-Orient.  Ces sujets provoquent même des bagarres entre élèves dans certains établissements.  Telle élève annonce qu’elle n’a pas le droit d’écrire « Yahvé » et demande une solution pour répondre à la question de son contrôle.  Un prof d’un établissement de Montargis explique  qu’une élève noire a utilisé spontanément « nous » pour désigner les « esclaves » et « vous » pour les « esclavagistes » lors d’un cours sur l’esclavage. Certains parents refusent que leur enfant apprenne  sa leçon sur l’Islam. C’est tout juste si on ne doit pas remplacer l’appellation « Mahomet » que nous utilisons historiquement depuis le Moyen-Age par Mohammed, nom arabe du prophète.  Tout est prétexte pour créer des tensions. En svt, les questions de sexualité, de procréation, d’avortement,  de contraception sont souvent difficiles à aborder, d’autant plus que certains garçons ont une vision de la femme qui n’est pas celle de la République.

La théorie de Darwin fait l’objet des contestations des fondamentalistes et des créationnistes. Au point que certains élèves rendent des copies blanches… C’est la science dans son ensemble qui est contestée. Pour certains mêmes, la théorie de l’évolution n’est ni plus ni moins que de la propagande antireligieuse. Il devient alors difficile d’enseigner que la Terre à 4,6 milliards d’années, d’expliquer qu’une roche a plus de 100 millions d’années. Alors que dire quand Hubble vient de découvrir des galaxies très proches du « big-bang ». De quoi faire faire trois tours dans ses godasses à Yves Coppens.

Comment  enseigner dans ces conditions ? Car ces questions embarrassent  les prof au quotidien et surtout perturbent le bon déroulement des cours et des programmes.  De quelle autorité peut disposer un enseignant si son savoir n’est pas reconnu, qui plus est contesté ? Drapé de sa foi laïque, notre Ministre a dit qu’il ne tolérerait aucune entorse à la laïcité. Il parle, mais que fait-il concrètement ? les programmes des cours de morale laïque ne seront pas définis avant la rentrée 2015…. En attendant, faut-il pratiquer, comme le font certains une « autocensure » ou ne plus aborder certaines questions, baissant les bras devant l’obscurantisme, ce qui est un comble. Il existe des « héroïques » qui refusent de tomber dans la complaisance ou de céder à des opinions liberticides, d’autant plus qu’aucune discipline n’est à l’abri.  Voltaire et madame Bovary sont en première ligne.

Aujourd’hui, l’école, quel que soit le degré d’enseignement, n’est plus ce temple du savoir unanimement respecté. L’institution perd en légitimité, est moins protégée, est soumise à l’intrusion des parents. Quand il n’est plus possible de transmettre le savoir, la simple connaissance, d’organiser un voyage pour cause de Shabbat, ou autre motif lié à la condition des filles musulmanes, alors l’école est gravement entravée dans ses missions. Si on ajoute à toutes ces difficultés, les incivilités auxquels les jeunes s’adonnent facilement, le manque de repères et d’éducation basique, il ne faut pas s’étonner que le métier n’attire plus les foules. Travailler dans ces conditions pour un salaire pas vraiment à la hauteur demande plus que de l’abnégation. Mais ne nous étonnons pas de voir notre pays reculer dans les classements internationaux. Et ce n’est pas demain la veille qu’on va redresser la situation.

 Vous allez dire que je noircis le tableau. Malheureusement, non. Tous ces exemples ressortent d'un rapport de l'Inspection générale de l'éducation nationale de ... 2004. Depuis, ça s'est aggravé.


 


CHERE EDUCATION

 

Notre éducation nationale coûte cher. C’est toujours le premier budget de la nation. Cette position flatteuse cache une réalité beaucoup moins séduisante. Si l’école a réussi la massification de ses effectifs, elle a largement raté sa démocratisation. Et ce n’est pas faute de moyens !

Nous vivons ainsi depuis des années sur un mensonge en croyant que la valeur du système se jugeait à sa capacité de maintenir dans la cadre scolaire le plus d’élèves possible le plus longtemps possible ; en cachant aux élèves et aux parents que 20% de ses élèves le quittent sans aucun diplôme et en acceptant que ceux délivrés aux autres n’attestent pas d’une formation intellectuelle solide. C’est le résultat d’un maquillage programmé  par l’abaissement du niveau d’exigence et d’une sélection masquée qui éjecte les plus faibles en bout de course. C’est le pire des systèmes !

François Hollande propose la continuité de la tromperie. Il y aurait beaucoup à dire sur les 60 000 postes qu’il veut créer en cinq ans. Il omet d’abord de préciser que cette « faveur » concerne tous les personnels de l’éducation nationale et il se garde de détailler le financement de ce qui apparaît comme une généreuse complaisance à l’égard d’une profession qu’il sait majoritairement acquise à sa cause. Les syndicats tout-puissants de la maison peuvent dormir tranquille : ils pourront continuer à dicter leur volonté aux élèves et aux parents en continuant l’abaissement égalitariste des niveaux de connaissance. Le « marché de dupes » c’est le sien, et les dupés sont en premier lieu les élèves.

Il est urgent d’assurer à tous les élèves la maîtrise des apprentissages fondamentaux, de construire un collège où l’orientation sera un vrai choix, de rétablir le prestige du baccalauréat pour une entrée correcte à l’université. Il faut donc qu’à chaque étage du cursus on soit capable d’identifier les difficultés spécifiques de chacun et qu’on mette en place un dispositif lui permettant de les surmonter. C’est le seul système qui puisse allier exigence et générosité.

C’est cet esprit qu’on retrouve dans les propositions de Nicolas Sarkozy. Adepte de la réforme continue, il ne renonce pas. Des avancées vers le soutien individualisé à l’école primaire sont déjà en place. Dans certains lycées, les chefs d’établissement peuvent choisir leurs prof… malgré la mauvaise volonté des personnels et les consignes de boycott des syndicats. Il faut aller plus loin. 

La revalorisation du travail des enseignants est une nécessité si on veut pouvoir recruter les « meilleurs ». Elle ne va pas sans une refonte des services devenus aujourd’hui illisibles avec, en plus des tâches d’enseignement, de nombreuses réunions imposées par des circulaires ou dans le cadre des « projets d’établissement ». Imposer 26 heures de présence qui permettent en plus des 18 heures  de cours d’assurer ces tâches et de généraliser des « études surveillées » pour aider les plus démunis socialement à faire leurs devoirs, c’est du bon sens d’autant plus que l’effort s’accompagne d’un salaire augmenté de 25% : une proposition honnête et indispensable si on veut rétablir l’autorité et la respectabilité de l’enseignant. Et qu’on ne me parle pas de la tarte à la crème des heures de préparation et de correction, à l’heure du numérique, ces tâches sont considérablement simplifiées et ne justifient pas autant d’heures qu’on veut bien le dire.

Il faut aussi donner plus d’autonomie aux établissements pour leur permettre de s’adapter à leur environnement tant sur le plan pédagogique que matériel, ce qui permettrait de passer notamment du « collège unique » en total échec à un « collège » pour tous, aux procédures plus diversifiées.  

Avec l’école des parents, véritable structure de dialogue et d’échange, et une place élargie à l’alternance pour ouvrir davantage sur les métiers et la vie professionnelle, le système éducatif pourrait retrouver des couleurs et renouer avec la réussite des élèves. A condition d’aborder les évolutions sans… dogmatisme. 

Alors, on pourra à nouveau parler "d' école républicaine".



LES ENSEIGNANTS MARCHENT, PAS L’ECOLE !

 

Pour la première fois dans l'histoire récente, cinq syndicats de l'enseignement privé ont décidé de se joindre à la grève décrétée par leurs collègues du public dans le primaire et le secondaire. Mêmes revendications : un copié-collé de la liturgie protestataire enseignante dont la répétition, à chaque rentrée, fait que l'on n'y prête plus qu'une oreille distraite : classes surchargées -qui n’existent que ponctuellement, profs débordés –par leurs 18H hebdomadaires ?, suppressions de postes débridées – 80 000 sur 800 000 !. Sauf que, pour les enseignants du secteur privé, s'ajoute une inquiétude très spécifique, liée à leur statut de non-fonctionnaire : la crainte du chômage alors qu'ils ont perdu 1.433 postes cette année et que, en 2012, 1.350 sont encore appelés à disparaître. Un risque bien réel, c’est vrai, et difficile à comprendre d’autant plus que les écoles privées doivent faire face à un afflux d’élèves qui fuient le public et qu’ils doivent refuser faute de place. C'est sans doute là qu'il faut chercher les causes de cette alliance d'un jour entre deux mondes plutôt habitués à se regarder en chiens de faïence. On y assiste à une incontestable dégradation des conditions générales d'enseignement, d'autant plus sensibles dans des établissements où la démographie scolaire est en forte hausse depuis plusieurs années et où l'expérimentation pédagogique, souvent plus avancée que dans le public, nécessite des moyens humains supplémentaires.

Luc Chatel, le ministre de l'Education est tenté de minimiser l’événement d’un revers de main, pensant qu’il est sans doute amplifié par la proximité des élections professionnelles d'octobre. On peut aussi se moquer des difficultés rencontrées par ces « écoles de riches », quand bien même leur composition sociale révèle bien plus de mixité qu'on ne l'imagine. Ces deux attitudes, chacune à leur manière bien dans la tradition française, ne sont plus d’actualité. Mais comment résoudre l’application de la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux de manière équitable, sans soumettre le privé à la même férule que le public ? Le hic, c’est que le privé ne peut plus accompagner correctement la demande des parents. Les effectifs de l’un continuent de croître tandis que ceux de l’autre stagnent ou diminuent. On voit le procès d’intention qui serait vite fait si le gouvernement décidait de prendre en compte cette différence en faisant un sort plus favorable à l’enseignement privé.

Pourtant, le récent rapport de l'OCDE sur l'éducation dans le monde a porté un regard suffisamment sévère sur notre système national pour que l'on cesse les querelles de chapelle et qu'on prenne le problème à bras-le-corps. Sans doute fallait-il administrer une potion sévère à une machine éducative prompte à produire de la dépense aussi excessive qu'inutile. Et compte –tenu du coût d’un enseignant public qui émarge au budget de l’Etat pendant 70 ans en moyenne, l’ajustement des effectifs à la baisse ne peut se faire qu’au moment du départ en retraite. C ‘est le sens des 80.000 suppressions d'emplois décidée pendant l'actuel quinquennat. Cependant, à l'heure où le nombre d'élèves se stabilise, voire augmente à nouveau, peut-être est-il temps de dépasser ce débat sur les effectifs pour explorer toutes les voies d’amélioration d’un enseignement décidément bien malade. Mais les enseignants sont-ils conscients que la multiplication du nombre des postes s’est accompagnée d’une régression du système ?

 


C’EST LA RENTREE POUR LE MINISTRE AUSSI ….

 

L’état des lieux : ce sont 859.294 enseignants qui ont retrouvé aujourd’hui le chemin des 53.798 écoles, 7.018 collèges et 4.277 lycées, dont 1.637 lycées professionnels ;  d’autre part, ce sont près de 16.000 enseignants stagiaires qui ont déjà effectué leur rentrée cette semaine. En janvier 2011, la France comptait 330.900 instituteurs et professeurs des écoles du premier degré public (y compris les 7.400 fonctionnaires stagiaires) et un peu plus de 349.000 enseignants du second degré (collège et lycée) public en face à face avec les élèves. On comptait aussi 138.600 enseignants exerçant dans les classes sous contrat des établissements privés.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale est revenu sur les réformes et les expérimentations menées depuis 2007 qui, sur fond de révision générale des politiques publiques, ont commencé à transformer l'école. Mais l'ont aussi déstabilisée. Il s’est efforcé de mettre en avant la « cohérence » du bilan éducatif du quinquennat.

Lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait de l'éducation une priorité. Le chef de l'Etat en appelait à une « école du respect et de l'autorité », une « réhabilitation des savoirs », une réforme du collège unique, une remise à plat des rythmes scolaires et des programmes, des évaluations pour piloter « la revalorisation du métier » comme « l'une des priorités », sans oublier l'épineuse question des moyens. Avec « une école où la priorité sera accordée à la qualité sur la quantité, où il y aura moins d'heures de cours », des moyens « mieux employés » grâce à « l'autonomie » des établissements, et des « enseignants moins nombreux ».

Une feuille de route que Xavier Darcos, le prédécesseur de Luc Chatel s'est employé à dérouler tambour battant. Avec la mise en oeuvre de l'assouplissement - mais non de la suppression - de la carte scolaire. En lançant - changement fondamental - la réforme de la formation des enseignants, désormais recrutés au niveau master, mais dont le volet pratique a été réduit. Cette réforme a bien été accompagnée d'une revalorisation du salaire des jeunes enseignants de 150€/ mois, laissant toutefois de côté ceux qui ont plus de dix ans de carrière. Mais les marges de manœuvre budgétaires restent contraintes, on le sait et c’est sur les salaires du début de carrière qu’il fallait agir en priorité. Elle a aussi permis de supprimer 16.000 postes sur plus de 60.000 suppressions réalisées entre le budget 2008 et celui de 2012. Des suppressions inévitables qui ont entrainé des tensions.

Malgré les résistances et parfois l’insubordination, la réforme de l'école primaire a introduit de nouveaux programmes « centrés autour des fondamentaux », de nouvelles évaluations nationales, elles aussi contestées, un horaire allégé pour dégager le temps nécessaire au soutien des élèves en difficulté. Une nouvelle donne qui, de fait, a abouti à la semaine de quatre jours, aujourd'hui sur la sellette. Et si, à l'Elysée, on a souligné « un frémissement » dans les résultats cette année des évaluations de CE1, on est encore loin de l'objectif de diviser par trois le taux d'échec scolaire à la fin du CM2. Il faut donner du temps au temps et permettre aux personnels de s’adapter à des pratiques qui changent en profondeur leurs habitudes et heurtent leurs convictions.

Dans le même esprit, la réforme du lycée, menée par Luc Chatel après le recul de Xavier Darcos, vise une orientation plus progressive des élèves et accroît l'autonomie des établissements dans la répartition de leurs horaires. Dans la droite ligne de la personnalisation des parcours, qui a vu se développer différents dispositifs comme l'accompagnement éducatif après la classe pour les « orphelins de 16 heures », les internats d'excellence pour les bons élèves défavorisés ou les établissements de réinsertion scolaire (ERS) pour les « perturbateurs », elle introduit deux heures d'accompagnement personnalisé. Sans oublier les pistes - autonomie, personnalisation - que Luc Chatel étend à petites touches, avec un certain succès, via des expérimentations comme le programme CLAIR qui permet aux chefs d'établissements difficiles de recruter leurs enseignants, ou les 4 emes et 3 emes préprofessionnelles, préludes, peut-être, à la fin du collège unique.

Nicolas Sarkozy l'a clairement évoquée pour l'après-2012, tout comme la refonte des rythmes scolaires, qu'il lie aussi à l'évolution du statut et de la mission des enseignants, sur lesquels il avait commandé au début du quinquennat un rapport au conseiller d'Etat Marcel Pochard. Finalement restée lettre morte, l’évolution du statut va sans aucun doute, à la faveur de la campagne présidentielle, à droite comme à gauche, de nouveau se retrouver au coeur du débat. Il suffit pour s’en convaincre de se reporter aux discours des uns et des autres.

Tout n’a pas été fait, loin s’en faut. La crise est passée par là et il ne faut pas sous-estimer la force d’opposition, voire d’inertie que peut opposer le corps enseignant. Mais le système éducatif a commencé à évoluer dans le bon sens. Un quinquennat supplémentaire ne sera pas de trop, si ce n’est plus !

 


C’EST LA RENTREE… POUR LES ENSEIGNANTS !

 

 

C'est, ce vendredi matin, la rentrée pour 860.000 enseignants. « Le plus beau métier du monde... », a assuré comme il se doit, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel. Interrogé évidemment sur les suppressions de postes (16.000 cette année) il a rappelé qu'il y avait cette rentrée « 35.000 enseignants de plus et 500.000 élèves de moins » qu'au début des années 1990, « Notre taux d'encadrement est donc meilleur aujourd'hui qu’il y a vingt ans». Il a poursuivi : « Je pense que c'est responsable d'assumer cette politique, ceux qui disent qu'ils vont recréer des postes en 2012, ils vous mentent ! », visant à l'aube de cette année éminemment politique les propositions de l'opposition. Il est bon aussi de rappeler qu’il y a eu 80 000 non remplacements de départ en retraite depuis 2007 sur plus d’un million d’enseignants en postes, ce qui relativise le sacrifice consenti.

Il est vrai que les postulants socialistes à l'Elysée profitent de la rentrée pour courir les écoles et … les caméras afin de dévoiler leurs propositions pour l'Education nationale. Cœurs fragiles s’abstenir devant le catalogue des promesses alors qu’on n’a pas le sou.

L'élu corrézien qui fait la course en tête a visité une école à Colombes pour y prononcer « un discours d'intérêt général », plutôt que d'égrener des « mesures catégorielles ». Pour un « nouveau contrat entre l'école et la nation », François Hollande défend deux blocs de réformes. Celle du temps scolaire  « une exception française, avec des journées surchargées, beaucoup de vacances». Le deuxième volet, tout aussi complexe et explosif, est celui de la « question du métier de l'enseignant », avec une « revalorisation nécessaire», mais aussi une réflexion sur le temps de service, le déroulement de carrière, la formation, la pédagogie. On lui souhaite bien du plaisir. Et l’arrêt préalable de la politique de suppression de postes avec l'ouverture de négociations risquent de ne pas peser lourd, car sur la question budgétaire le candidat garde la plus grande prudence.

La maire de Lille a choisi de se rendre dans un établissement scolaire à Amiens, près de chez elle. Martine Aubry veut une « rupture » et « refonder » l'école « autour de priorités claires ». Elle veut faire porter l'effort sur le début de la scolarité, revenir sur la formation professionnelle des enseignants, rétablir une politique d'éducation prioritaire en « donnant nettement plus aux établissements en zone prioritaire, ruraux », réformer les rythmes scolaires avec la fin de la semaine de quatre jours et l'allongement de l'année de deux semaines, en jouant sur les vacances d'été. Elle précise qu'il « ne faudra pas uniquement des aménagements à la marge » pour résoudre la « crise profonde » de l'école, qui n'est pas « seulement due à la politique de la droite » (ouf !) mais à des raisons structurelles ». Prudente, si elle préconise un moratoire sur les suppressions de postes dès 2012, voire la recréation de postes (à crédit ?), elle veut « cibler » ces moyens supplémentaires nouveaux. « Tout ne pourra pas se faire tout de suite » (Ah tiens ?). L’amère de Lille propose que des négociations s'engagent avec les enseignants « dès le lendemain de la primaire » pour « définir avec eux le contenu de leur mission, l'adaptation de leur service pour améliorer le travail collectif, augmenter l'autonomie pédagogique, le temps de présence ». Sur ce dernier point, on va bien rigoler. Des discussions qui devront « intégrer la revalorisation » pour un « nouveau contrat entre la nation » et - nuance par rapport à François Hollande  -« les enseignants ».

« Essayez l'ignorance et vous verrez ce que cela coûte ! » lâche la chèvre de Poitou-Charentes, qui veut « revenir » sur les suppressions de postes et n'est pas à un truisme près. « Elles ne sont même pas une source d'économies réelles », explique l'une de ses proches, pointant les « heures supplémentaires pour compenser ». Contre les « raisonnements strictement comptables », la candidate du PS en 2007 plaide pour un « deuxième adulte dans la classe chaque fois que cela est nécessaire » et lie ce renforcement à un retour de la formation professionnelle pour les enseignants stagiaires. Rendre obligatoire la scolarité à trois ans, améliorer la transition entre le CM2 et la 6 e, favoriser les expérimentations, généraliser le soutien scolaire gratuit, lutter contre les violences scolaires, renforcer le dialogue avec les familles dans une sorte de « contrat donnant-donnant », développer des « internats de proximité » et « redéfinir la mission des enseignants » sont les autres maîtres mots de Ségolène Royal qui se refuse à chiffrer son programme : là, on comprend mieux ! Mais c’est pour ajouter : « Je ne veux pas m'engager aujourd'hui à rétablir durant la prochaine mandature la totalité des postes supprimés par la droite ». Elle a néanmoins promis un moratoire sur les suppressions de postes pour la rentrée 2012. Pas trop difficile puisqu’il est déjà annoncé par le gouvernement. Comme quoi on peut dire tout et son contraire. Michel Rocard a raison. Ou elle sait qu’elle n’a aucune chance et laisse libre cours à sa démagogie ou elle est complètement irresponsable. C’est peut-être les deux !

Le député-maire d'Evry ne fait pas dans la dentelle, à son habitude : Manuel Valls propose de réaffecter le produit fiscal des heures supplémentaires à l'éducation. Un « choix » qui « préparera mieux à l'avenir » que les « 300.000 emplois précaires de cinq ans » raille-t-il, en référence aux 300.000  « emplois d'avenir » du projet PS. Les moyens supplémentaires dégagés doivent aller, selon lui, à l'éducation prioritaire. Manuel Valls conditionne clairement une revalorisation du salaire des enseignants à « l'obligation de suivre une formation continue » et à « une présence accrue en dehors des heures de cours ». Au moins ce sont des propositions réalistes  qui ne risquent pas d’augmenter la dette. Dire que les enseignants le suivraient, c’est s’avancer un peu vite…

Arnaud Montebourg n’est pas en reste. Il a présenté hier ses propositions sur l'école. Il suggère d'instaurer une « école commune » de 6 à 15 ans, « assumant l'hétérogénéité des publics » et veut supprimer le redoublement. Il souhaite que les rythmes biologiques soient mieux respectés et veut allonger la durée de l'année scolaire de quinze jours afin de réduire les horaires quotidiens. Autre mesure phare de son projet : « la pédagogie différenciée » (dédoublement, cours en petits groupes...), qui doit être instituée sur le quart du temps scolaire. « Combien ça coûte ? - Moins cher que l'abaissement du taux de TVA sur la restauration ! ». C’est lui qui le dit.  Il compte également « recréer les 80.000 postes supprimés par la droite, mais pas en les utilisant de la même manière ».Tout le monde a le droit de rêver !

Les candidats de gauche sont généralement bien accueillis dans les établissements où ils se rendent. Mais il n’est pas certain que leurs auditoires soient aussi satisfaits après les avoir écoutés. Car s’il existe une caste conservatrice attachée à sa routine et à ses acquis, c’est bien celle du corps enseignant. Sans argent, avec la volonté de bousculer la maison et d’allonger le temps de présence dans les collèges… voilà qui va faire du spectacle dans les rues !

 


QU’ON LES VIRE !

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Je reprends à dessein le ton de Jean-Luc Mélenchon avec son « qu’ils s’en aillent ! ».  de quoi s’agit-il ? Du clergé pédagogiste qui règne en maître sur le système éducatif français et dénoncé par Sophie Coignard dans son ouvrage : « LE PACTE IMMORAL -  comment ils sacrifient  l’éducation de nos enfants ».

Au début, on trouve le procès excessif, puis au fil des pages, les preuves s’accumulent et l’enquête prend toute sa densité. Le mal est profond, car c’est tout le corps qui est contaminé. Ceux qui résistent encore et qui osent « faire apprendre » à leurs élèves, sont obligés de se cacher. L’auteur cite l’anecdote lorsque François Fillon était ministre, de son désir d’envoyer une circulaire pour recommander « la dictée ». le temps passe et rien ne se passe. Alors il s’en étonne : « Où en est ma circulaire ? » et on lui répond : « Nulle part, M. Le Ministre, personne ne veut la rédiger, ça ne plait pas… » Et d’être obligé de réquisitionner un fonctionnaire pour obtenir satisfaction !

Le système éducatif y est présenté comme un grand corps fou incontrôlable, quel que soit le gouvernement. Les Ministres qui y viennent n’y restent jamais longtemps et vivent leur nomination comme une punition. On comprend alors pourquoi on a eu toujours moins de résultats avec toujours plus de moyens, comment l’école égalitariste tourne le dos à l’école de la République en organisant le boycott des décisions ou la « désobéissance » au nom d’une idéologie irresponsable et aveugle.

« … En lisant tous les livres de témoignages d’instituteurs et de professeurs que j’ai pu trouver, en recueillant systématiquement tous les témoignages oraux ou écrits d’enseignants avec qui je peux être en contact, en interrogeant moi-même des jeunes pour jauger ce qu’ils savent ou ne savent pas, je suis arrivé à la conclusion que notre système éducatif est en voie de destruction totale… » : C’est Laurent Lafforgue, l’un des plus brillants mathématiciens européens, passionné par les questions d’éducation qui porte ce jugement dont la partie la plus abrupte se trouve p.186.  

A lire absolument pour élargir la prise de conscience et la faire émerger dans l’opinion publique, afin de mettre un terme à la mascarade que nous jouent enseignants « bien pensants » et parents « engagés » sur la défense de l’école publique !

 


SEGO CENUL

 

En visite dans une école élémentaire du XIIIe arrondissement de Paris, Ségolène Royal a lancé « un appel à la résistance, un appel à se battre pour l'essentiel, pour les valeurs éducatives, pour la réussite scolaire des enfants, pour la lutte contre les violences scolaires ». et bien évidemment elle a fait part de son indignation à propos des « 60 000 postes » supprimés, « du jamais vu ! ». Pure démagogie, bien sûr. Car elle n’est pas sans savoir que les ratios énoncés par Luc Chatel, le Ministre de l’Education, restent conformes aux exigences d’un encadrement décent, même si des disparités peuvent se cacher derrière des moyennes. Tout le monde sait bien que l’exigence d’accueil des enfants de 2 ans en maternelle est arrivée au moment où il n’y avait plus assez d’élèves pour occuper toutes les « maîtresses » et éviter la suppression des postes correspondants en maintenant une pression artificielle.

L’ancienne et future candidate battue devrait savoir que le nombre des postes n’a pas grand-chose à voir avec la réussite scolaire, sinon comment expliquer le recul de notre pays alors que « Jack » avait ouvert largement les vannes du recrutement que l’on doit aujourd’hui réajuster en profitant des départs en retraite, seul moment où l’on peut ajuster à la baisse les effectifs de la fonction publique.

A ce sujet, elle ferait bien de lire le « Pacte Immoral »  de Sophie Coignard sur lequel j’aurais bientôt l’occasion de revenir. Elle y apprendrait tout le mal que le « clergé pédagogiste » de la rue de Grenelle fait à notre enseignement et qui explique pourquoi il sort 160 000 élèves du système sans aucun diplôme et aussi pourquoi mêmes les diplômés ne savent plus lire, écrire et compter correctement.

Je lance à mon tour un appel : que la gauche qui veut faire de l’éducation sa "priorité des priorités" (refrain connu) prenne l’engagement de nettoyer le Ministère de ces illuminés, et comme disait Jean-Pierre Chevènement, " en fusiller la moitié et pendre l’autre moitié" !

 


EDUCATION : L’IMPOSSIBLE UN SUR DEUX

 

Compte tenu du mode de recrutement des enseignants et de leur statut qui les rend quasiment inamovibles jusqu’à leur retraite, dès lors qu’ils sont titulaires, la seule variable d’ajustement de leur nombre par rapport aux effectifs d’élèves, c’est le moment du départ en retraite. C’est ce que le gouvernement a choisi de faire en profitant de l’opportunité que les effectifs du « baby boom » offraient, par le non remplacement d’un départ sur deux.

Cet ajustement se justifie à plus d’un titre. D’abord la démographie des élèves : des effectifs qui ont largement chuté si on prend en considération ne serait-ce que les vingt dernières années. Dans le même temps, et particulièrement sous le gouvernement Jospin, une politique de renforcement de l’encadrement a été pratiquée dont le résultat a été bénéfique surtout pour les enseignants dont la charge de travail a diminué –je peux en témoigner- et modestement pour les élèves qui ont pu avoir un petit supplément de suivi personnalisé. La performance du système n’en a pas été améliorée pour autant,  puisque le nombre d’élèves sortant sans aucune formation reste à peu près constant. Quant au rendement global, on a vu récemment qu’on était plutôt en régression. Enfin, les considérations budgétaires pèsent de tout leur poids. Tout simplement parce qu’un départ en retraite n’est pas un allègement de la charge financière pour le Ministère qui doit continuer à verser une pension égale souvent à 80% voire 90% du dernier salaire. C’est pour que cette charge reste supportable qu’il faut procéder à un allégement de l’effectif des enseignants.

Mais l’exercice a ses limites, particulièrement dans le secondaire. Pour une bonne raison : un professeur n’est pas égal à un autre professeur. Je m’explique : il est facile de raisonner en postes et en nombres d’heures de face-à-face avec les élèves pour obtenir un ratio ; sauf que lorsqu’on regarde dans le détail on se retrouve avec des casse-têtes de répartition entre les différentes disciplines et un bout de prof de math ne peut pas compléter un bout de prof de langues… Ensuite, il s’avère que les calculs sont faits sur des hypothèses de départs en retraite qui déterminent ensuite le nombre de places aux concours de recrutement. De fait, les hypothèses se sont révélées surestimées d’environ 4500 postes sur chaque exercice et donc on n’a pas pu procéder au nombre des suppressions prévues. Dans ces conditions, le casse-tête ne peut que s’aggraver avec le temps. Et encore a-t-on fait passer le nombre d’heures assurées par les débutants de six à dix-huit, ce qui a créé un formidable amortisseur en 2010, mais qui ne peut marcher qu’une fois.  

Ainsi, selon les chiffres communiqués au Sénat, 9 989 emplois ont été supprimés en 2009 sur 13 500 annoncés (soit 32% des départs en retraite), 13 000 en 2010 contre 16 000 prévus (soit 40% des départs).Globalement sur 2009 et 2010, on a supprimé 22% de postes de moins que ce qui était prévu.

A la direction des ressources humaines on s’entête en arguant qu’il y avait 650 000 élèves de plus dans les années 90 et 40 000 prof de moins, ce qui devrait laisser des marges de manœuvres. En théorie, car les programmes et l’organisation scolaire ont changé entre temps. On ne pourra pas augmenter la taille des classes indéfiniment, ni optimiser à l’extrême les remplacements. Le ministère s’est déchargé sur les recteurs pour réduire les emplois au plus près des besoins dans chaque établissement. Un travail de Sisyphe dont ils se seraient bien passés.

Autrement dit, maintenir le rythme d’un sur deux jusqu’en 2013 est tout bonnement impossible. Un assouplissement s’imposera d’une manière ou d’une autre.



CES MAUX DONT SOUFFRE L’EDUCATION NATIONALE

 

Le recul des performances éducatives de la France dans les classements internationaux n’est que l’effet visible d’une dégradation profonde du système éducatif qui vient de loin. La difficulté des ajustements démographiques, une fois le baby-boom passé, a conduit à recruter toujours plus de professeurs pour de moins en moins d’élèves. On pensait ainsi faire face à la « massification » de l’enseignement, notamment dans le secondaire, avec un objectif irréalisable de 80% d’une classe d’âge au bac. En 1997, Claude Allègre avait compris le drame qu’il avait synthétisé dans une formule restée célèbre : « il faut dégraisser le mammouth ». On sait ce qu’il en a suivi.

Le premier mal est budgétaire : bien qu’il soit le premier de tous les budgets de l’état, celui de l’éducation est étouffé par le poids des salaires et des pensions qu’il verse. Il en résulte principalement une paupérisation de la profession. La bouffée d’oxygène procurée par la décentralisation qui a confié la construction et l’entretien des établissements aux collectivités territoriales a rapidement été annihilée par la montée en puissance des recrutements entre 1999 et 2002, relayée par la progression des départs en retraite des enseignants de la génération papy-boom. Une équation insoluble à laquelle tente de répondre le gouvernement actuel en ne remplaçant qu’un départ sur deux.

Le deuxième mal est pédagogique. Le recul des savoirs de nos enfants tient pour beaucoup dans la pédagogie « constructiviste », dénoncée récemment dans une émission de télévision par un autre ancien ministre de gauche, Jean-Pierre Chevènement. Au début des années 80 on a voulu mettre l’enfant au milieu du système, à la place du savoir. Cette pédagogie, issue des écoles Freinet et de ses « classes coopératives » s’est révélée rapidement inefficace dans un enseignement de masse, de l’école à l’université. On a abandonné des filières de diversification en imposant le collège pour tous jusqu’à 16 ans, mettant en échec permanent des cohortes d’élèves que la pédagogie différenciée n’arrivait pas à prendre en compte, malgré la chute du nombre d’élèves par classe. Celle-ci a surtout bénéficié aux enseignants qui ont eu moins de travail. A ce drame se sont ajoutés les délires des « docteurs » de l’Institut Pédagogique National qui ont rendu l’enseignement des math et du français complètement abscons, coupant l’enseignement du savoir des parents par un jargon incompréhensible moqué dans la formule « parler éduc’nat ». Le fleuron de cette pédagogie centrée sur l’élève en a été l’institution sous Jack Lang des « parcours de découvertes », temps obligatoire pris sur les heures d’enseignement de chaque matière sous forme de sujets pluridisciplinaires que les élèves de plusieurs classes regroupées choisiraient en fonction de leurs centres d’intérêts. Bien vu pour un élève de l’Ecole Alsacienne, mais pure vue de l’esprit quand on connaît les références culturelles moyennes d’un collégien de banlieue ! On a oublié l’essentiel : fonder un savoir sur des bases solides.

Le troisième mal est idéologique. Les enseignants ne se rendent même pas compte qu’ils mènent contre le gouvernement un combat d’arrière garde et qu’ils détruisent la « grande maison », un peu comme les dockers du port de Marseille. Enfin pas tous, si l’on en juge des taux de mobilisation aux appels à la grève. Mais tous sont le dos au mur. Par idéologie, ils refusent toute sélection, ils malmènent les tentatives d’individualiser le soutien, au profit de stratégies collectives qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité. De fait, les circulaires qui tentent de remettre le système dans le chemin sont peu ou pas appliquées. Ils enfreignent les consignes de neutralité auprès des élèves et parfois se servent d’eux comme vecteurs de leurs revendications à travers des notes dans les cahiers de classe. On s’étonne ensuite que des parents choisissent les établissements privés.

Remettre la machine sur le chemin des performances sera une tâche de longue haleine. Cela passera par une formation professionnelle solide des enseignants qui ne s’arrête pas aux diplômes universitaires, un recours massif aux technologies de l’information et de la communication, une remise en cause profonde des pratiques de transmission du savoir et du tronc commun obligatoire, un retour à la construction démocratique des élites par le mérite.  Ce n’est pas d’un retour en arrière qu’il s’agit, mais d’une entrée dans le 21ème siècle, pour faire face à des élèves bardés d’outils informatiques qu’ils maitrisent mieux que leurs maîtres. Mais en a-t-on les moyens ?

 

 


LE SABOTAGE DU SYSTEME EDUCATIF

 

Les principales fédérations syndicales de l'éducation, la FSU, l'Unsa et le SGEN-CFDT, ont boycotté les voeux du chef de l'Etat « au monde de la connaissance et de la culture ». La raison : «« Les mesures prises sous la responsabilité du chef de l'Etat sont, par leur ampleur et leurs conséquences, d'une telle gravité pour la très grande majorité des citoyens et pour l'avenir de notre pays que la présence de la FSU à ces voeux apparaît impossible » a expliqué la très gauchisante fédération. C’est évidemment anecdotique mais révélateur d’un état d’esprit inacceptable. On a le droit d’exprimer des désaccords avec les institutions dirigeantes, et les enseignants ne s’en privent pas, mais le geste, qui n’est pas le premier, de refuser une invitation du chef de l’Etat, est un forme de contestation de sa désignation démocratique, alors que par nature, il est le « patron » de tous les fonctionnaires. Rien que cela est déjà choquant.

On avait compris que la même posture adoptée par Bernard Thibault relevait plus de l’usage interne que d’une prise de distance avec le gouvernement, la CGT ne pouvant pas se priver de participer au dialogue social.

Le cas des syndicats de l’éducation et particulièrement de certains, c’est qu’ils en viennent à contester le fonctionnement même du système en contestant tout et en allant jusqu’à refuser d’appliquer les directives qui viennent du Ministère. Ce qui revient à contester la légitimité du gouvernement. C’est grave ! Les syndicats enseignants ne sont pas propriétaires du système éducatif et ils n’ont pas à y imposer leur loi. D’autant plus que leurs menées sont essentiellement fondées sur de l’idéologie et en ont donc le caractère à la fois discutable et insupportable. 

C’est ainsi qu’ils sont contre la décision du ministre de l'Education, Luc Chatel, d’étendre à la rentrée 2011 à quelque 200 lycées et collèges ainsi que 1.700 écoles le dispositif Clair, expérimentation engagée en septembre dernier dans 105 établissements difficiles, dans lesquels le proviseur peut recruter ses enseignants sur profil, pour cinq ans. Ce qui relève du bon sens. Les syndicats préfèrent probablement qu’on y recrute de jeunes enseignants non aguerris, contraints d’arriver là parce que tous les autres postes moins exposés sont pris, à cause des vices d’un système « paritaire » où ils ont la haute main sur les affectations.

Ils sont aussi contre les évaluations en français et en mathématiques, des 730 000 élèves de CM2, soutenus (comme il se doit par la FCPE) et appellent à bloquer la transmission des résultats. Ces derniers dénoncent le caractère trop binaire de la notation ainsi que le calendrier, certaines notions n'ayant pu encore être étudiées en janvier. Des prétextes évidemment. Car le fond du problème, c’est qu’ils sont contre des évaluations qui pourraient mesurer quelque part leur incapacité à transmettre correctement les savoirs fondamentaux. L’argumentation avancée d’une utilisation des tests pour un classement des « bons établissements » et des « mauvais » est fausse en même temps que révélatrice. Pire, Le contenu des tests pour les évaluations que les écoliers de CM2 passent cette semaine a été divulgué sur Internet. Un acte jugé « inadmissible » par le ministre de l'Education qui, je l’espère, va porter plainte. Ce qui est bizarre, c’est que ces tests existaient sous Jospin et personne ne trouvait rien à redire…

Après on s’étonnera que notre système éducatif régresse. Comme si le nombre des enseignants était le seul paramètre pour sa réussite. Ceci n’est pas corroboré par les faits, loin de là. Ce qui est sûr, c’est qu’avec leur comportement et leurs certitudes dédaigneuses, le système va droit dans le mur, les petits français avec lui, et eux, ils klaxonnent en plus, quand ce ne sont pas les parents FCPE qui appuient sur l’accélérateur. Par leur comportement, ces syndicats découragent bien des profs dévoués corps et âmes à leurs élèves en leur imposant un magistère intellectuel auquel ils doivent se soumettre sous peine d'austracisme.




PISA : C’EST BIEN TRISTE !

  Collège

La France est devenue la championne de l’échec scolaire. Après le constat accablant de la Cour des Comptes, et le constat catastrophique du HCE (haut Conseil de l’Education) sur le collège, c’est le dernier test « Pisa » qui évalue le niveau des élèves de 15 ans qui vient attacher sa pierre au cou du noyé. La France, tout en restant dans la moyenne, chute de la 12ème à la 18ème place en compréhension de l'écrit et du 13ème au 16ème rang en mathématiques. En cause, un système profondément inégalitaire qui engendre toujours plus d'échec scolaire. En 10 ans, il ya eu un creusement des inégalités scolaires d’origine sociale.

Ce dernier test Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) réalisé en 2009 dans 65 pays (les 34 membres de l'OCDE ainsi que 31 pays ou économies partenaires) auprès de 470.000 élèves, dresse le tableau d'un système éducatif français très inégalitaire et produisant toujours plus d'échec scolaire. Avec son corollaire, une baisse de la France dans le classement, dont la tête est toujours tenue, pour les pays de l'OCDE, par la Corée du Sud, la Finlande et le Canada. Hors OCDE, Shanghai arrive à la première place devant Hong Kong et Singapour.

Pour les mathématiques, la situation devient alarmante : dans cette matière souvent mise en avant pour l'excellence de sa recherche et le nombre de ses médaillés Fields, l'Hexagone tombe, en six ans, du groupe des pays les plus performants à ceux situés dans la moyenne, avec une chute de 14 points des résultats des élèves.

Certes tout n’est pas noir mais la France combine un nombre de bons élèves supérieur à la moyenne de l'OCDE (32 % contre 28 %), mais qui a peu progressé entre 2000 et 2009, avec une proportion d'élèves en très grande difficulté, passée, elle, de 15 % à 20 % en neuf ans et elle aussi supérieure à la moyenne. L'origine sociale et ethnique des élèves est plus déterminante dans leur réussite scolaire en France que pour la moyenne des pays de l'OCDE. Le milieu socioéconomique explique dans l'Hexagone 28 % de la variation dans les performances (22 % pour l'OCDE). Quant aux élèves issus de la première génération de l'immigration, ils ont au moins deux fois plus de risques de faire partie des élèves les plus en difficultés. Ce sont les points noirs du système qui stigmatisent notre difficulté à intégrer et faire réussir convenablement les enfants à handicap, qu’il s’agisse de ceux issus de milieux défavorisés ou de l’immigration.

La discipline est aussi en cause. Comme dans tous les pays de l’OCDE, elle s’est dégradée et touche d’abord les garçons. . « Il n'est pas besoin de faire un arbitrage entre qualité et équité. Les pays les plus performants allient à la fois la plus haute qualité de l'enseignement et la plus grande équité, c'est la principale leçon », indique Bernard Hugonnier, directeur adjoint de l'éducation à l'OCDE.  Le système français est de plus en plus dichotomique avec une augmentation des élèves en échec scolaire, qui ont peu de chance d'obtenir le bac. Il est « sauvé » grâce à son élite, mais pour combien de temps.

Le réflexe facile sera de faire porter le chapeau à la politique du gouvernement. Comme si le mal n’était pas ailleurs, au plus profond du système et de l’idéologie qui sert de filtre pédagogique à la majorité des enseignants. A force d’égalitarisme on arrive à ce résultat surprenant d’un nivellement par le bas auquel échappe une élite sauvée par des stratégies individuelles et parmi laquelle on compte curieusement pour 50% de ses effectifs les enfants …des enseignants.

Voici les clefs de la réussite démontrées selon l'OCDE par Pisa : un solide système de soutien scolaire individualisé, un collège unique, sans redoublement, une forte autonomie des établissements encadrée au plan national et régulièrement évaluée, la scolarisation plusieurs années en maternelle, sans oublier la formation initiale et continue des enseignants comme des chefs d'établissement, la nécessité d'évaluations externes régulières, ainsi qu'une meilleure allocation des ressources, en privilégiant par exemple une rémunération supérieure pour les enseignants, plus efficace qu'un nombre restreint d'élèves en classe. En tête du classement, Shanghai place dans ses écoles les plus difficiles les chefs d'établissement et les enseignants les plus expérimentés, contrairement à ce qui se fait en France. A l'inverse, la Suède, qui a assoupli sa carte scolaire et introduit une sélection plus précoce au collège, a reculé dans le classement... Voilà de quoi méditer.

Mais nos syndicats ont trop de certitudes pour se lancer dans une remise en cause.

C’est bien là le drame !

 


TIENS, TIENS !

  Collège

 

En plein mouvement social, le nouveau projet du PS sur l'éducation pourrait passer inaperçu. Il traduit pourtant une vraie révolution sur un sujet traditionnellement au coeur de la gauche. Rédigé par Bruno Julliard, l'ancien meneur de la contestation contre le CPE, et dévoilé dans « Le Monde », ce texte sera adopté en décembre par les militants socialistes.

Si les principales dispositions en sont retenues, le tournant sera phénoménal, du même ordre que le discours sur la sécurité.

« L'ancienne carte scolaire ne garantissait pas la mixité scolaire », reconnaît ainsi le PS. Evidemment, sa suppression mise en œuvre par Xavier Darcos est dénoncée pour avoir « aggravé les ségrégations existantes ». Alors qu’en 2007, l'idée même d'une refonte de la carte scolaire était dénoncée comme une entorse grave à l'égalité, « Il faut dépasser la logique territoriale » admet le PS trois ans plus tard, en voulant créer un « indice de mixité sociale » dans tous les établissements. Que de chemin parcouru !

Même les retours en arrière par rapport aux réformes engagées par le gouvernemen traduisent une évolution des esprits : ainsi Bruno Julliard veut reconstruire les IUFM mais en introduisant dans la formation des maîtres une « option qui pourrait être l'enseignement d'une deuxième discipline ou la direction d'établissement ». Une évolution envisagée par Xavier Darcos qui avait provoqué un tollé auprès des syndicats d'enseignants. La capacité du PS à aller jusqu'au bout de cette idée qui vise à favoriser le décloisonnement dans une carrière sera un test.

Les idées d'autonomie des établissements, de parcours individualisés des élèves, de définition même du métier d'enseignant, « pour développer d'autres façons d'enseigner » ne sont plus taboues. Sans s'en prendre explicitement au collège unique, le PS admet encore que « tous les élèves n'ont pas besoin du même nombre d'heures de cours ». C’est Claude Allègre qui doit s’amuser.

Tout ne va pas, malheureusement, dans le même sens, c’eût été trop beau ! Le PS nous ressort une vieille lune en proposant d'intégrer les établissements privés dans la future « sectorisation ». En clair, pour mettre fin au libre choix d’établissement des parents. Cet archaïsme idéologique sera-t-il suffisant pour faire digérer tout le reste ?

En matière d’éducation, le PS vient d’amorcer un virage, mais encore faut-il que ce ne soit pas le début d’un slalom !

 


EDUCATION : LE COMPTE N’Y EST PAS

 

La Cour des comptes a scruté au microscope jusque dans ses moindres recoins notre système scolaire, évalué ce qu'il coûte et examiné les résultats qu'il obtient. Et ses conclusions ne sont pas réjouissantes. Au moins les enseignants ne pourront-ils pas mettre en avant une quelconque volonté politicienne de leur nuire de la part d’un organisme aussi incontestable et de surcroît présidé par un Didier Migaud dont on sait de quel côté penchent les convictions.

 

Qu’en est-il ? Les chiffres sont alarmants : 20% des élèves quittent aujourd'hui le système scolaire à 16 ans, quasi illettrés, oui, illettrés. Pour ceux de 15 ans, la France est aussi le pays de l'OCDE qui accuse le retard scolaire le plus important. On est donc très loin des objectifs fixés à l'Education nationale par la loi : 100% de réussite dans le secondaire, 80% d'une classe d'âge au bac et 50% de diplômés dans le supérieur. Des taux aussi réalistes qu’une chemise bûcheron sur le dos d’un touareg.


La Cour met le doigt là où ça fait mal. Tout d'abord, le système français serait profondément inégalitaire -dramatique- préférant les classes de niveau, plus simples à gérer et plus rassurantes pour les parents, à une vraie mixité, cela malgré la théorie du collège unique, contournée par « moult » pratiques utilisant ici les options, là les stratégies pédagogies.  Et seuls les meilleurs sont réellement favorisés. « En France, on reste intimement persuadé que la réussite scolaire se mérite et que, si un élève échoue, c'est sa faute et non celle de l'école ou des profs », dénonce la Cour. Pour ceux qui prônent l’égalitarisme pur et dur, c’est un constat cinglant.

 

D'ailleurs, elle observe non sans malice, que les besoins de l'élève passent trop systématiquement après ceux de l'institution et des profs -c'est un problème vieux comme Hérode, mais c'est audacieux de le dire publiquement- qu'il s'agisse d'emploi du temps ou de l'argent investi dans des options coûteuses, qui séduisent les parents, plutôt que dans l'aide aux élèves en difficulté. Seraient-ce les fumeux « itinéraires de découvertes » chers à Jack qui sont visés ? Faudrait-il donc que l’emploi du temps soit d’abord fait pour les classes et non en fonction des demi-journées de confort que réclament les enseignants ? Il y a de quoi faire une vraie révolution quand on connaît les pesanteurs et les traditions de la « grande maison ».

 

Le rapport dénonce également une administration centralisée qui, au nom du service public, propose des réformes qui s'appliquent à tous, sans prendre en compte les besoins particuliers des établissements. Ainsi le prestigieux lycée Henry IV bénéficie-t-il d'autant d'heures de soutien scolaire qu'un établissement plus difficile. C’est difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité.

 

Enfin la Cour des comptes pointe une mauvaise gestion financière. Les résultats des différentes politiques mises en place dans les dernières années n'ont pas été évalués. Il est vrai qu’il n’y a que les élèves qui sont évalués, dans le système, et rarement selon des techniques modernes. Ainsi le budget de près de 53 milliards d'euros en 2010, est, selon la Cour, mal réparti. Une part trop importante serait alloué au lycée et trop peu au primaire, où se forgent pourtant les difficultés. Enfin, les redoublements, finalement très peu utiles, coûteraient trop cher au système. Mais ces redoublements ne sont que les bégaiements d’un système à bout de souffle, où le conservatisme des enseignants n’est pas seul en cause, parce qu’il y a aussi des trésors de dévouement. Il faut faire avec des enfants de plus en plus nombreux que l’effort intellectuel rebute, des parents eux aussi de plus en plus nombreux à s’impliquer insuffisamment…

 

Ce que la Cour des comptes ne dit pas, c’est que le système éducatif n’est que le reflet de la décadence de notre société qu’il nous renvoie comme un miroir.




 


ETATS GENERAUX : PEU D’AVANCEES

 

Les Etats Généraux sur la violence à l’école n’ont pas accouché d’une souris, mais les mesures annoncées par le Ministre pour intéressantes qu’elles soient ne me paraissent pas à la hauteur du problème. Que les syndicats abonnés à l’angélisme rousseauiste du mythe du bon-sauvage-gâté-par-la-société qu’il faut éduquer se réfugient dans le « pédagogisme » comme solution idéale et dénoncent le « tout-sécuritaire », rien d’étonnant. Mais le discours de Luc Chatel en reste trop aux bonnes intentions.

La décision le plus intéressante concerne la formation des professeurs à la « gestion des conflits et à la prévention de la violence ». Il aurait fallu y inclure des données sur les « codes culturels » des populations scolaires auxquels ils seront confrontés. Le module consacré à « l’art de bien tenir une classe » me laisse sceptique par son caractère lénifiant. Il y aurait de quoi écrire une thèse …

Une bonne idée aussi que celle de donner la liberté au chef d’établissement d’une centaine de collèges et lycées de recruter les professeurs. Mais j’y vois deux écueils : d’abord quel accueil sera fait par le corps enseignant au moment de sa mise en œuvre (on connaît les réticences et les mauvaises habitudes), ensuite qui recrutera-t-on et comment assurera-t-on la stabilité dans la durée de l’équipe ainsi formée sans carotte financière ou d’avancement ?

Enfin les « équipes mobiles de sécurité » restent pour moi l’exemple de fausse bonne idée. J’ai déjà dit qu’elles étaient condamnées à jouer le rôle des « carabiniers d’Offenbach ». Doublées ou pas, elles arriveront toujours après « la messe », puisqu’on ne les appelle qu’une fois le drame accompli.

En fait, le Ministère ne tranche pas entre le mythe de l’ouverture des établissements sur leur environnement et le réalisme de la « bunkérisation » que les circonstances imposent. Tant qu’on n’assurera pas à l’intérieur des établissements une seule et même « discipline » appliquée à tous par tous, une pédagogie homogène et la triple règle du respect de soi, du respect des autres, et du respect des choses, je parie qu’on n’obtiendra pas d’avancées significatives en matière de résultats scolaires et de violence.

 


DEUX BILLETS D'HUMEUR

"L’INSUFFISANCE ENVIRONNEMENTALE"

Elle a beau vanter son « excellence environnementale », le bilan de la Madone du Poitou est plutôt vert pâlichon. Au classement, ce serait un « baudet » d’honneur. Qu’on en juge : pour le photovoltaïque elle est 9ème avec seulement 2,3 watt installés/hab. et pour l’éolien sa région se classe au 14ème rang en watts installés/hab. avec seulement 38,4 contre… 343,9 à la 1ère (La Picardie). Ce bilan plus « vert que vert » n’existe que dans sa tête et donc dans sa com’. De là être la région « championne d’Europe », comme elle l’affirme, il y a une marge. On oscille entre le mensonge et l’hypertrophie de l’égo. Mais il est vrai qu’elle se pavane dans une « Simply » électrique verte ; ou plutôt vert-pâle comme son bilan. Là aussi elle promet d’offrir une voiture électrique aux picto-charentais à 5 000 euros ! Du plus haut comique quand on sait qu’il est actuellement impossible de fabriquer des batteries pour moins de 8 000 €, on se demande comment elle fera, sauf à faire une voiture….à pédales.

Royal dans toute sa splendeur. Et il y a encore des gogos pour croire à sa « politique par la preuve ! ».

 

DOUBLE STUPIDITE !

Je trouve stupide qu’on impose une formation bac+5 pour enseigner dans les écoles. Sauf à satisfaire le vieux fantasme du SNI qui voulait des prof’ de la « maternelle à l’université », c’est à mes yeux une dépense inconsidérée eu égard au savoir utile pour enseigner à ce niveau. La licence permettait de donner amplement la compétence pour enseigner jusqu’au lycée.

Je trouve encore plus stupide d’envisager de mettre les jeunes diplômés directement dans l’arène sans un minimum de formation pédagogique. Je comprends qu’on supprime les IUFM, plus universitaires que pédagogiques qui n’apportaient pas grand-chose de concret aux futurs enseignants, excepté peut-être un endoctrinement qui est à la pédagogie ce que le dromadaire est au Pôle Nord. J’aurais préféré qu’on les remplace par des centres pédagogiques départementaux au sein desquels pendant un an, les futurs prof’ renforceraient leurs compétences directement utiles en orthographe, grammaire, arithmétique, feraient des stages dans les établissements voisins, écoles ou collèges, dans des classes d’application, pour se rôder à la pratique de la classe. Une année qui pourrait être consacrée à la découverte de savoirs spécifiques tels que la « gestion de la violence », la connaissance des codes culturels selon l’origine des élèves, ou l’utilisation des NTIC dans leur enseignement.

Après quoi, ils pourraient prendre un premier poste. Mais ce que le Ministère s’apprête à faire n’est pas acceptable. On ne tardera pas à s’en mordre les doigts. Et je comprends l’hostilité des organisations syndicales à ce projet.


« Des forteresses de la République » contre la loi des cités

                             Collège cotton1

Voici quelques idées que je tenterais d'appliquer si j'étais Ministre de l'Education. De quoi alimenter les Etats-Généraux qui auront lieu début avril.

Pour réussir l’intégration, faisons du collège l'un de ses moteurs. Au cœur des cités, il doit devenir la « Forteresse de la République ». Les collèges concernés ne sont pas les plus nombreux. Raison de plus pour mettre le paquet sur eux et concentrer les moyens appropriés. D’abord,  Il faut accepter de redéployer les enseignants de manière inégalitaire. Les collèges aux publics « faciles » peuvent bien mettre 30 élèves par classe, voire plus. Au contraire, pour les enfants handicapés pas leur culture ou sous-culture, leur environnement social et affectif, il est de notre devoir collectif de leur apporter ce qu’ils n’ont pas. En dehors des aspects de politique générale qui se définissent au plus haut niveau (programmes, objectifs…), quels moyens faut-il mettre en œuvre si l’on veut réussir ?

1°) Le personnel enseignant de ce type de collège :

-          recruté sur la base du volontariat et avec au moins 5 ans d’ancienneté des services

-          au moins 50% d’hommes, pour faire face à la population maghrébine

-          avancement accéléré

-          avantage de carrière sur la même base qu’un détachement à l’étranger

-          avantage financier : prime de risque (200€/mois)

-          formation pédagogique spéciale : droits de l’homme, connaissance des cultures étrangères, rudiments d’arabe, pratique des nouvelles technologies, gestion des situations violentes…

Tout cela en échange d’un engagement de rester au moins 5 ans dans le poste.

Il convient d’envisager d’y adjoindre infirmière, psychologue et conseiller d’orientation à plein temps. Sans parler de la nécessaire coordination avec les autres acteurs pour lutter contre l’absentéisme scolaire.

2°) Les élèves :

-          pas plus de 18-20/classe, voire moins si nécessaire.

-          présence d’une classe d’alphabétisation servant à la fois pour les élèves et les parents le soir.

-          obligation scolaire sans tolérance.

-          classes de « récupération » pour les cas les plus difficiles.

3°) les parents :

-          suivi du cursus de leurs enfants : obligation de suivre les rencontres avec les professeurs, de répondre aux convocations des chefs d’établissement…

-          cours d’alphabétisation obligatoires pour les deux parents, si nécessaire.

-          Présence de traducteurs pour les réunions, si nécessaire

4°) le matériel et la pédagogie :

-          utilisation systématique des nouvelles technologies qui permettent des stratégies pédagogiques différenciées, donc susceptibles de rétablir une véritable égalité des chances, face aux apprentissages ;

-          Un système d’apprentissage où tout se fait au collège, y compris les devoirs à raison d’une heure minimum chaque soir, encadré par l’un des prof’ de la classe à tour de rôle.

-          un encadrement renforcé en assistants d’éducation et surveillants …

5°) un contrat avec le Ministère :

-          Les moyens humains et matériels supplémentaires sont accordés sur un projet pédagogique élaboré par l’équipe pédagogique du collège. Ils sont maintenus en fonction d’une évaluation des résultats obtenus à partir d’une grille conçue en commun administration/équipe pédagogique, à la fin de chaque année scolaire ou tous les deux ans.

Ouvrir ces collèges sur les métiers de l’artisanat et les PME.

Plus que tous les autres publics, les élèves de ces collèges ont besoin de repères que la société ne leur offre plus (parents qui ne travaillent pas, etc..). Beaucoup d’entre eux trouveraient dans l’apprentissage un chemin d’épanouissement.

D’un côté, La démographie pousse les générations d’artisans vers la retraite sans qu’ils ne trouvent aujourd’hui de repreneurs pour leurs entreprises. Dans beaucoup de métiers, il leur est même difficile de trouver de la main d’œuvre formée parce que les jeunes n’y viennent pas, soit parce qu’ils ne sont pas attirés, soit parce qu’ils ne savent pas.

On manque de carreleurs, de charpentiers, de menuisiers, de couvreurs, de bouchers, de charcutiers, … et les sections des CFA ne sont pas pleines.

De l’autre, dans les collèges on est s’efforce de garder, souvent péniblement, des élèves jusqu’en fin de troisième, qui n’ont aucun appétit pour les études. Ils trouveraient sûrement plus d’intérêt si on pouvait leur proposer des activités plus concrètes.

Certains de ces collèges devraient pouvoir offrir cette découverte pratique des différents métiers de l’artisanat, en partenariat avec les Chambres de métiers et les CFA, par un enseignement adapté répartissant à mi-temps les activités scolaires et de découvertes. Les après-midi pourraient être consacrés à des ateliers d’initiation aux métiers soit sur place, soit en CFA, en abordant tous les aspects : gestes professionnels, salaires, conditions de travail… Les élèves pourraient choisir l’initiation à plusieurs métiers au cours de leur scolarité au collège en commençant dès la 5ème .Ainsi on pourrait relancer l’apprentissage dans ces métiers et l’emploi dans les entreprises artisanales, en assurant un débouché à des jeunes qui, sinon, sortiront du collège, de toute façon, sans aucune qualification ni diplôme.

 



 


PORTABLE A L’ECOLE

 

 

 

Le Sénat dans sa grande sagesse a voté une disposition visant à interdire le téléphone portable à l’école et au collège, au prétexte de précaution. On ne peut que se réjouir d’une telle disposition. D’abord les sénateurs ont bien raison d’appliquer le principe de précaution à nos enfants, parce que le risque de nocivité des ondes sur leurs jeunes cerveaux, s’il n’est pas clairement établi, est suffisamment identifié pour qu’on s’en préoccupe sans attendre. Mais surtout, c’est l’utilisation que les gamins font de cet appareil et que les enseignants ont bien du mal à contrôler, qui va enfin être circonscrite.

 

J’ai trouvé, sur ce sujet, les propos de notre Ministre de l’Education, Luc Chatel, d’une grande naïveté, en limitant à la classe l’interdiction de l’utilisation du téléphone. On sait bien que l’envoi des SMS ou des photos est totalement silencieux, et les derniers développements, si je puis dire, de l’actualité plaident pour des mesures plus restrictives. L’échange d’images pornographiques entre collégiens a de quoi inquiéter. Et le fait qu’un élève de 14 ans ait pu filmer un rapport sexuel avec sa petite amie et ensuite l’envoyer à ses copains nous montre à quel point on arrive à la perte des repères moraux les plus basiques. Mais on ne peut pas non plus ignorer toutes les utilisations de ces appareils qui permettent de filmer, enregistrer, communiquer à tous moments, y compris pendant les cours… toutes choses qui sont autant de dérivatifs à l’attention que l’on doit porter à son travail scolaire.

 

Le téléphone portable est la meilleure des inventions, mais son utilisation sans discernement, et donc sans l’éducation nécessaire pour en assumer toutes les possibilités, conduit à des dérives dont les élèves peuvent payer très cher les conséquences : ainsi la captation et la transmission d’images à caractère sexuel par un mineur est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende. Que dire de la responsabilité des parents.

 

Inutile de dire aussi que devant le phénomène, les enseignants sont particulièrement démunis. Et cela, alors que la plupart des établissements ont déjà précédé le Sénat dans l’interdiction d’apporter un téléphone en leur sein. Mais, souvent avec l’accord de leurs parents, les élèves passent outre.

 

On le voit bien, cet instrument dont l’utilisation n’est pas dominée est dangereux à plus d’un titre, non seulement pour la santé des élèves, mais aussi pour leur sécurité (tentation de vol), pour leur rapports sociaux et pour la réussite de leurs études.

 

 


SI TOI TU RAMES, PAS LUI !

                                                      
 

On apprend par un article paru dans les « Dernières Nouvelles d’Alsace » (en fait, c’était début mai) que Lilian THURAM, sollicité par Adrien ZELLER pour venir témoigner devant des lycéens en clôture du « Mois de l’Autre », a répondu avec un tarif de … 20 000 € pour une intervention d’une heure et demie ! La Région a fait une nouvelle tentative en expliquant le sens de la démarche qu’elle mène auprès des jeunes, avec le Rectorat, pour développer l’esprit de tolérance… Bref, elle ne pouvait lui proposer que 1 500 € tous frais payés. Ce qui n’est déjà pas si mal ! Rien à faire, la tentative s’est heurtée à un nouveau refus.

Lilian THURAM, 142 sélections en équipe de France, membre du Haut-Conseil à l’intégration, connu pour ses déclarations contre le racisme, fait donc partie de ces gens qui donnent des leçons de moralité à la télé, mais n’hésitent pas à s’en mettre plein les poches. Adrien ZELLER a eu raison de ne pas céder aux exigences disproportionnées de ce digne représentant de la gent footbalistique.

« On ne vit hélas pas dans le même monde », lui a alors écrit le Président de la Région Alsace en faisant référence à celui du foot pourri par l’argent. Ce n’est pas l’actualité de ces jours derniers qui le démentira.

                                                                  


CES PARENTS QUI FUIENT LE MAMMOUTH


  Sorbonne                                                             

 

L’autre jour, je passais la soirée chez des amis. Parmi les invités un jeune couple, parents de trois enfants. La conversation, comme souvent, en est venue à aborder les problèmes d’éducation. Récemment, ils ont pris la décision de les inscrire dans une école privée. J’ai voulu connaître leurs raisons : ils en ont donné deux essentiellement. La première, c’est le ras le bol des jours de grève et des billets revendicatifs à signer, glissés dans les cahiers de leurs enfants. La seconde, c’est qu’ils avaient le sentiment que ceux-ci ne travaillaient pas beaucoup. Pourtant, ils n’étaient pas dans un lieu où un taux d’élèves d’origine étrangère aurait pu ralentir le rythme des apprentissages ou perturber la classe. Depuis qu’ils ont changé d’école, ils ont le trouvent que leurs enfants ont plus de travail, apprennent plus de choses, sont plus encadrés et plus suivis… Sans parler de la violence, inconnue dans leur nouvel établissement. Une école religieuse (ou privée) sous contrat d’association. 

Amer constat ! Pour moi, qui ai fait une carrière dans l’Education Nationale, c’est désolant. Car rien n’aurait dû pousser ces jeunes à quitter l’enseignement public dans lequel ils ont fait toutes leurs études. D’ailleurs, ils le disent eux-mêmes, ce sont des raisons pratiques qui les ont décidés. Pas la compétence des enseignants, même si leur comportement militant les avait agacés plus d’une fois. Désormais, plus de jours de grèves à galérer pour faire garder les gosses. Ils se sentent plus à l’aise avec les enseignants de l’école privée pour l’accueil et les contacts. Ce qui est grave, c’est qu’ils ne sont pas les seuls à faire la même démarche. La queue et le délai d’attente s’allongent pour entrer dans leur école. Et beaucoup d’écoles privées connaissent la même situation. 

C’est donc que l’école de la République n’est plus l’école de la République. Elle fait fuir une partie des parents. Probablement, ceux qui ne votent pas à gauche, et encore, ce n’est pas si sûr que ça. Les comportements excessifs y sont de plus en plus fréquents : on trouve prosélytisme, manque de retenue sur les opinions, refus d’appliquer les directives, là où on devrait avoir tolérance, prudence et implication. Dès lors qu’une partie de la population ne se reconnaît plus dans cette école, c’est qu’elle faillit à sa mission première qui est celle d’être accueillante pour tous, quelles que soient les opinions et les croyances.

Mais le spectacle que nous offrent les dernières convulsions des grèves dans les universités est encore bien pire. Comme nous le crie Françoise THOM, universitaire, maitre de conférence en histoire contemporaine à la Sorbonne, « il était du devoir des enseignants d’aider les étudiants à se construire intellectuellement et moralement, afin de les équiper pour les épreuves futures. Au lieu de cela, nous les voyons en grand nombre donner l’exemple de la dérive idéologique la plus extrême, nous les voyons persuader les étudiants de sacrifier un semestre d’études, de dissiper leur temps dans des AG volubiles et stériles…Des groupes de gardes rouges ne se gênent pas pour apostropher les professeurs, pour fouiller leurs cartables… La violence est sanctifiée par la mythologie de gauche ». Et après 8 semaines de blocage, la prestigieuse faculté se retrouve au bord de la faillite. Une université américaine a déjà réclamé le remboursement des frais consentis pour ce semestre. S’y ajoutera le remboursement des frais de scolarité d’une grande partie des 24 000 étudiants qui vont faire valoir leurs droits. Et on s’attend à une baisse de 25%  des demandes d’inscriptions pour la rentrée 2009. Un vrai désastre ! Beau résultat en vérité.

Mais pouvait-on attendre autre chose d’une trentaine d’irréductibles qui n’avaient rien d’autre à proposer que le « naufrage pour tous » ?

Les facs et les établissements d’enseignement supérieurs privés ont de beaux jours devant eux. Il sera toujours facile de dire que c’est ce que le gouvernement cherchait. Un peu trop facile ! Et que dire des diplômes qui seront délivrés cette année ? Quelle valeur auront-ils ?

La crise que traverse le système éducatif est, bien plus qu’une crise de système, une crise idéologique et catégorielle. Une crise du personnel enseignant, majoritairement aveuglé par une idéologie vaguement rousseauiste, alors que le monde a bien changé, et qui s’accroche à ses avantages acquis comme une tique au mollet d’un marcheur. Ils se sont coupés de la réalité et n’acceptent pas qu’on s’introduise dans leur territoire. Alors vous parlez, si un gouvernement,  de droite de surcroît, prétend changer les choses … Et pourtant, il faudra bien un jour, non seulement « dégraisser le mammouth », mais aussi le faire muer. Le gouvernement a raison de ne pas céder sur l’essentiel. Et puis, le mandat des électeurs est plus légitime que…- vous connaissez la suite.

 

 

                                                           


DIPLOMES EN BOIS


Sorbonne

                                                                    

 

Une année pour rien ! C’st le cri de désespoir de nombreux étudiants étrangers venus étudier chez nous dans le cadre d’Erasmus. « On ne nous y reprendra pas ! », « Nous ne conseillerons pas de venir en France ! »…. On les comprend. Certaines Facs sont bloquées par quelques irréductibles depuis plusieurs mois. Même en rattrapant le maximum de cours, il sera difficile de boucler les programmes, et organiser les examens relève du casse-tête chinois. Autant dire que le cru 2009 sera particulièrement dévalorisé et difficile à « vendre » sur le marché de l’emploi. D’ailleurs, pour arranger les choses, la « coordination » ne demande rien moins que des diplômes « à blanc », sans épreuves. 

La crise des universités débouche sur un affaiblissement dont elles auront du mal à se relever. Et au bout du compte, on peut se demander quelle réforme en sortira. Même si on peut avoir diverses opinions sur la qualité des mesures préconisées par le gouvernement, le résultat obtenu par les étudiants contestataires, largement minoritaires avec leurs revendications plus obsessionnelles que réalistes, aura été de ruiner leur outil d’apprentissage. 

Et pourtant, personne ne niera la nécessité de réformer la « vieille dame ». Ce sur quoi tout le monde s’accorde. Mais entre le renforcement étatique souhaité par les contestataires, étudiants comme professeurs, et la volonté de rendre autonome les établissements, comme cela se fait partout dans le monde avec succès, il y a un précipice infranchissable. Dès lors, toute réforme est impossible dans le consensus. C’est bien cela le fond du problème.  Le mal qui ronge notre université, c’est l’idéologisme dans laquelle elle baigne. 

Pourtant l’état n’a pas l’intention de faire financer l’enseignement par les entreprises du jour au lendemain. Il prévoit une concurrence entre les établissements qui en fait hurler beaucoup. Mais en accordant aux universités une autonomie progressive, on voit se développer la créativité et la qualité de l’enseignement parallèlement. Les conseils d’administration seront responsables à 100% de leur budget, ce qui signifie qu’elles devront afficher leurs résultats. C’est une méthode qui crée des risques et des incertitudes, d’autant plus que les financements privés sont proportionnels au penchant qu’ont les entreprises pour la formation. C’est tout dire. Comme les enseignants et certains étudiants haïssent ce système, on n’est pas rendu au bout du chemin. Qui plus est, la loi de 2007 transfère aux présidents d’universités la gestion des carrières des personnels, ce qui entraîne l’épineuse question de l’évaluation de chaque enseignant. Des compromis ont été trouvés et partiellement acceptés.

Mais, tant qu’on n’a pas éprouvé le système, on ne peut pas dire qu’il est bon ou pas bon. Ce qui gêne dans la contestation, c’est qu’elle exprime une opposition par principe, à tout changement, sauf celui qu’elle souhaite : augmenter les effectifs et ne rien changer au fonctionnement. Le gouvernement a fait de nombreuses concessions dont va pâtir en profondeur la réforme, sans pour autant faire taire les manifestants. La porte de sortie est étroite et la montagne risque d’accoucher d’une souris, uniquement parce qu’un carré d’irréductibles a décidé de faire « plier SARKOZY » à tout prix. Pari perdu d’avance. Perdu aussi pour l’Université française et perdu pour les étudiants.

Puisse la volonté affichée des pouvoirs publics, même si la réforme n’a pas toute la force souhaitée, servir de leçon aux entêtés de la contestation. Les derniers sondages concernant le score du président, si l’élection avait lieu maintenant devraient les faire réfléchir.


                                                                                                     




A MOA, CONTE, DEUX MAUX !


                                                                                      

 

Drôle de transcription d'un fameux vers du Cid, pensez-vous. Mais est-elle si loin de ce que nos chères têtes blondes (ou brunes) seraient capables d'écrire. “L'orthographe se meurt, l'orthographe est morte !” C'est vrai qu'avec les “texto”, elle en prend un sérieux coup ! On ne s'étonnera pas de constater qu'elle est devenue la bête noire de nos élèves.

De fait, depuis 1985, le niveau baisse. Plusieurs études l'affirment, avec un effondrement de 1985 à 2005. C'est grave, car une majorité d'élèves perd la maîtrise minimale de l'orthographe. Le Français va-t-il devenir une discipline réservée à une élite ? Ce serait catastrophique pour notre langue.

Comment en est-on arrivé là ? Comme toujours, il y a plusieurs causes. La plus évidente est tout simplement qu'on consacre moins de temps à son apprentissage. Qu'attendre d'ailleurs de prof' de lettres qui ne la maîtrisent pas totalement eux-mêmes ! Mais il faut compter aussi avec l'évolution de notre société dont les usages et les codes privilégient davantage l'oral que l'écrit, ce qui rend la compétence orthographique moins prégnante pour le sens. Enfin, l'irruption de la communication “fast-food” et simplifiée rendue obligatoire par le système des SMS semble lui donner le coup de grâce.

On ne peut pas s'en réjouir. Derrière la complexité orthographique de notre langue, il y a une histoire et beaucoup de finesse d'expression : qualité du vocabulaire, accords grammaticaux et syntaxe élaborée sont les ingrédients qui ont fait du Français, autrefois, la langue diplomatique de l'Europe par la précision d'expression de la pensée qu'elle permettait. Pour autant, notre langue, qui est déjà corsée en raison de la trentaine de sons qu'elle utilise sans avoir toutes les lettres pour les transcrire, sans parler des règles dont aucune ne s'applique sans avoir son ou ses exceptions, doit pouvoir évoluer sur ce plan là aussi.

Que faire ? L'orthographe n'est pas sacrée. On peut la simplifier. Plusieurs tentatives ont déjà été tentées, mais ont eu peu d'effets en raison de “l'orthographisme” des instituteurs très attachés à cette discipline (Qui a entendu parler des “tolérances” de 1901 ? et de la réforme de 1990 ?). Depuis une vingtaine d'années, l'effort s'est relâché et le moment est peut-être venu de faire une remise à plat intelligente, sans rencontrer les résistances de naguère. Et puis, tout simplement, qu'on y consacre un peu de temps d'apprentissage. C'est apparemment au collège que se situe le “maillon faible”. Qu'on y fasse un peu plus d'orthographe et de conjugaison systématiques et un peu moins de littérature, souvent enseignée trop précocément, et tout rentrera dans l'ordre.

Comme le dit Claude GRUAZ, directeur de l'observatoire francophone : “rationaliser l'orthographe française, c'est libérer l'écrit et le mettre à la portée de tout citoyen”. A condition qu'on ne labellise pas les texto comme langue officielle. Je suis pas contre ce mode d'expression qui doit rester au langage ce qu'est la petite annonce dans les journaux : un mode opératoire ciblé adapté à un support, dont on garde la clé de traduction en langage correct. Les niveaux de langages ont toujours existé. Il reste fondamental, de mon point de vue qu'on apprenne aux élèves à passer de l'un à l'autre en étant capable de les maîtriser tous ! Qui peut le plus, peut toujours le moins.... l'inverse n'est jamais vrai.