PETIT COURS D’ORTHOGRAPHE (enfin !)
CANCER GREC (SUITE)

BELKACEM S’ENTÊTE

Najat-Vallaud-Belkacem-

 

Concertation, mon cul, aurait dit Zazie !

Circulez, y’a rien à voir ! Les décrets d’application de la réforme sont parus ce matin au journal officiel. Pourtant la ministre affirmait hier encore que la négociation était toujours possible et que la porte de son bureau était grande ouverte. En guise de concertation, c’est plutôt « cause à mon c…l ma tête est malade ». Rien de surprenant de la part d’une personne connue pour son entêtement et son aveuglement idéologique. On a déjà tout dit sur la ministre de l’Education, sur son arrogance souriante, sur ses certitudes, sur sa capacité à réciter son bréviaire idéologique sans une fausse note. Dans son cursus de formation, elle a dû sauter le paragraphe sur Descartes et le « doute », comme chemin vers la vérité. La mobilisation des enseignants qui désapprouvent son projet était rien moins que négligeable : près de la moitié des personnels. Se sont retrouvés côte à côte le Snes-FSU, majoritaire dans l'enseignement secondaire, le Snep-FSU, le Snalc (classé à droite), FO, la CGT et Sud. Ils représentent ensemble 80% des votes des enseignants du collège lors des élections professionnelles de décembre dernier, auxquelles avaient pris part quelque 40% des professeurs. De plus selon un sondage  60% des Français ont soutenu la journée d'action et la grève des enseignants contre la réforme du collège. Le gouvernement a donc tort de minimiser une journée d’action plutôt suivie.

Dans la logique de la théorie du genre...

Elle avait dit à plusieurs reprises que la réforme du collège, qui a été approuvée à 51 voix pour (et 23 contre) par le Conseil Supérieur de l'Education début avril, entrera en vigueur à la rentrée 2016. Elle minimise donc la mobilisation syndicale pour pouvoir affirmer qu’elle n’a aucune raison de reculer. Elle prétend écouter les contestataires, mais on voit bien qu’elle n’entend rien. Son plaidoyer pour une réforme qui conduira tous les élèves du collège à « l’excellence » ne risque pas de convaincre des enseignants et des parents qui voient à chaque réforme le système éducatif se dégrader et produire  toujours plus d’ignards. La question est : à quel niveau met-elle l’excellence ? Ses petites manœuvres auprès du Conseil Supérieur des programmes visent à apaiser les profs de lettres classiques, mais cela ne trompe personne tant on connait la duplicité du personnage. On l’a vu avec l’épisode de la théorie du genre. Justement, ce qui est inquiétant dans la réforme qu’elle propose, ce ne sont pas les modalités pratiques, toujours ajustables, mais la logique qui la sous-tend, qui est celle de l’uniformité : c’est la même qu’on retrouvait derrière la loi sur le mariage pour tous. Nous sommes tous pareils, tous égaux, il n’y a aucune différence de sexe, par conséquent, il ne doit pas y avoir de différence de culture. Tout le monde doit avoir accès à un savoir uniformisé, le même pour tous. Il n’est pas permis de se singulariser, d’être attiré plus par une matière que par une autre… Et surtout pourquoi serait-on plus brillant ?  Ce n’est pas pour rien que le mari de la Ministre, Boris Vallaud est conseiller auprès du Président, et quand on sait qu’il est un proche de Terra Nova, le « think tank » qui inspire les réformes, on a tout compris. Que nos enfants glissent dans la médiocrité générale leur importe peu : les élèves des classes bilingues auraient pu bien parler l’allemand, et bien ils en commenceront  l’apprentissage un an plus tôt et sauront mal le parler comme tout le monde !

Dramatisation théâtrale pour dévier du sujet.

En dramatisant la polémique, la gauche comme d’habitude à instillé son poison dans une discussion qui se suffisait à elle-même et n’avait pas besoin d’être portée à son paroxysme idéologique avec la condescendance dont elle a le monopole : « les bons, c’est nous, les méchants, c’est eux ». Avec les socialistes c’est toujours le même scénario : les ministres sont présentés comme des martyrs pour faire déraper le débat dans un marécage nauséabond qu’ils déplorent après l’avoir alimenté.  Le meilleur dans le genre se trouve être l’incommensurable Premier Secrétaire. Avec Mme Belkacem, et après son mot malheureux sur les « pseudos intellectuels », ils aboutissent  à l’inverse de l’effet recherché. D’une façon générale, les critiques de Nicolas Sarkozy et de Bruno Le Maire portaient sur le fond. Le premier a accusé, il est vrai, Mme Vallaud-Belkacem de « médiocrité », jugement que l’on peut  porter sur à peu près tout le monde, y compris l’ancien président. La seule réponse qu’on leur a opposée a été de déceler dans son propos un soupçon de dénigrement raciste : risible pour ne pas dire ridicule !

Et si on commençait par le commencement...

Sur le fond, tout le monde s’accorde sur le constat qu’il faille réformer du sol au plafond l’Education nationale, dont l’efficacité ne cesse de reculer. Comme pour le mariage pour tous, la méthode choisie alliant confrontation et mépris va à l’encontre de l’objectif. Une vraie réforme pérenne du système éducatif devrait s’appuyer sur un consensus entre droite et gauche. Il ne devrait pas être compliqué de trouver les principes sur lesquels s’accorder, au moins en théorie. Mais il faudrait pour cela des propositions où l’idéologie ne soit pas cachée dans les détails, un chef de l’Etat qui rassemble au lieu de diviser, une ministre de l’Education nationale qui fasse preuve d’humilité, un parti au pouvoir qui sorte de son sectarisme. Après on s’étonne que l’opposition soit obligée de forcer le trait pour se faire entendre.

Enfin, il faudrait commencer par le commencement. A quoi bon réformer le collège, si les élèves qu’il reçoit ne peuvent pas en suivre les enseignements. Tant qu’on n’aura pas réglé ce problème, tous les efforts seront vains. On en revient toujours au même point : la priorité des priorités c’est d’apprendre le Français, savoir lire et écrire correctement, et aussi d’apprendre à compter sans calculette. 

 

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