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TOHU BOHU POLITIQUE

A suivre vendredi,  l'interview exclusive d'une personnalité du Maine-et-Loire pour le bloc-notes. 

 

Un pompier-pyromane nommé Manolito.

Valls en colère

 

Manolito a publié un article dans « Le Journal du dimanche » où il laissait entendre qu’il était prêt à se lancer dans la primaire socialiste. Il a ainsi déclenché une tempête que François Hollande semble provisoirement avoir apaisée lors d’un déjeuner lundi avec son Premier ministre. Mais on n’est pas plus avancé, sinon que le pyromane a dit devant les  députés, avec une langue de  bois super ligneuse des plus convenues, qu’il n’y avait pas de crise de régime au sommet de l’Etat ! Le  Catalan  serait-il  un taureau sans c….es,  un bœuf quoi ! Car on ne sait toujours pas si « patapouf » sera candidat à un second mandat, si Manolito se présentera ou non, contre son patron ou non, ni si l’une ou l’autre des deux têtes de l’exécutif passeront ou non par la primaire socialiste. Confusion totale.

La malaise politique créé est profond mais, paradoxalement, le remède trouvé par le locataire (provisoire) de l’Elysée a été simpliste (en théorie) : une bonne conversation devant un non moins bon repas. Etrange tour de passe-passe qui ne trompera personne. Désinvolture d’un président de plus en plus en sursis ; cyclothymie du Premier Ministre qui nourrit sans cesse alternant propos de révolte et discours d’allégeance ! Un accord serait donc intervenu : qui peut croire ce boniment ? Reste une certitude : le président a bel et bien l’intention de se présenter, et il passera par la primaire parce qu’il a naguère donné son accord pour qu’elle soit organisée. Il lui est difficile de revenir en arrière. Auquel cas, Valls aurait la main pour contrôler le PS, ce qui est son but. On aurait quand  même pu éviter le vaudeville qui ridiculise un peu plus l’exécutif. Ce n’est pas à droite qu’on s’en plaindra.

 

Le FN-CGT.

Marine Le  Pen perplexe

 

La victoire de François Fillon ne fait pas les affaires du parti à la rose bleue. D’ailleurs il pourrait changer de symbole et adopter une faucille et un marteau sur fond bleu. Car le discours tenu par les hiérarques du parti d’extrême droite dimanche dernier ressemblait terriblement à celui de Georges Marchais ou d’Henri Krasuki : « ultra libéralisme, droite réactionnaire, classes  populaires, européiste, patin-couffin…. ». De quoi faire écumer le « vieux » tenu à l’extérieur, dont l’anticommunisme était viscéral. L’influence des  gauchistes infiltrés dans la machine frontiste, à commencer par le sémillant Florian, décidément prend le dessus sur la teinture nationaliste. On passe ainsi du national-socialisme au national-communisme. Un glissement que le corps électoral dit « patriotique », qui sait avoir de la  mémoire, ne cautionnera pas. Le discours sur les valeurs du candidat de la droite et du centre a commencé d’être entendu dans la France rurale, et on a pu le vérifier aux scores qu’il a obtenus dans les nombreux petits villages où le FN avait fait une percée. Cela n’a pas échappé à Marion  qui a commenté : « c’est le plus dangereux » dès avant le second tour et lui donne du grain à moudre contre Tata. Déjà les premiers sondages montrent cette érosion. Ce ne sont que des « instantanés », mais ils sont pris très au sérieux à la direction du parti d’extrême-droite qui cherche la parade contre un vainqueur qu’elle n’avait pas prévu. D’où ce discours outrancier. Mais remplacer une diabolisation par une autre n’est pas un remède ni une stratégie, c’est la manifestation d’un désarroi et d’un doute sur la ligne à suivre et surtout sur le programme. Désormais, la « France apaisée », c’est François Fillon qui la porte, pas Marine Le Pen ! Il n’a  plus qu’à suivre sa route sans en dévier d’un millimètre, comme il l’a fait depuis deux ans. Manifestement, c’est ce que l’électorat de la droite et du centre attend de lui. Il aurait tort d’en changer pour écouter les sirènes des démagogues de l’intra-périphérique.

 


LIBERALISME : MAIS DE QUOI PARLE-T-ON ?

Fillon campagne élysée

 

Le jour d’après.

François Fillon s’est réveillé lundi matin dans la peau du candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle. Déjà on en sentait le poids dans la gravité de son propos de dimanche soir. Avec 66,5 % des voix, sa victoire sur Alain Juppé au second tour est sans bavure. Place désormais à la campagne, la vraie : l’ancien Premier ministre a affirmé sa volonté de « vaincre l’immobilisme et la démagogie » de la gauche et du Front national. La participation  au vote a montré un réel intérêt pour les programmes et c’est au moins aussi important que le nombre des votants. Les débats télévisés ont peut-être déçu les amateurs de pugilat, cela n’a pas empêché qu’ils aient été très largement suivis. Ils ont permis de passer en revue les propositions des uns et des autres, si bien qu’aujourd’hui nul n'ignore les intentions du vainqueur.

La France a donc besoin de libéralisme.

Tout le monde à droite et au centre en est bien d’accord : la France a besoin d'une dose de libéralisme pour améliorer sa compétitivité, et la volonté du candidat choisi d’adhérer à cette nécessité est une bonne nouvelle. Les résultats de notre économie sont en effet si médiocres qu'ils suffisent à condamner l'idée des demi-mesures qui ont été trop longtemps le lot commun des gouvernements, souvent de droite d’ailleurs. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le revenu national par habitant n'a pas progressé depuis 2008, le chômage reste massif, l'industrie est à la peine, et tout cela en dépit d'une relance monétaire sans précédent et d'un déficit budgétaire constant. La baisse de l'euro et du prix du pétrole auraient dû nous sauver... hélas, chacun constate qu'il n'en a rien été.

Mais quel est le libéralisme de François Fillon ? Contrairement à ce qui est affirmé par les commentateurs bien intentionnés, il n’a rien « d’ultra ». Il est même plutôt  tempéré puisque l’objectif final est de ramener le taux de prélèvement de 57% à 50 ou 51% en fin de mandat, c’est-à-dire proche de la moyenne européenne. Il propose une dose de libéralisme qui permettra de déverrouiller l'économie. C’est pourquoi, après la séquence de la primaire, il doit maintenant convaincre. D’abord  son camp en affirmant qu’il ne reculera pas. Ensuite au-delà, tous les Français de bonne volonté. Il ne s’agit pas, comme les adversaires vont s’employer à le faire croire, d’une purge et de charger la barque au point d’aller dans le mur aussi bien sur le plan politique que social. François Fillon doit en effet convaincre que son projet sera efficace économiquement.

Libérer l’économie est une nécessité.

Nous vivons dans un pays « d’économie administrée » par l’Etat. Celui-ci enserre les entreprises dans un carcan de réglementations qui les étouffe : droit du travail touffu, durée hebdomadaire du travail, compte de pénibilité, marché du travail encadré, qui transforment le moindre patron en agent administratif noyé sous la paperasse. Il empêche la croissance de l’entreprise par les  multiples charges, taxes et impôts qu’il prélève à tous les moments de sa vie. Il préfère  mettre en place des dispositifs coûteux d’incitation tels que les suppressions de certaines charges sur les bas salaires ou des crédits d’impôts différés qu’il contrôle, comme l’usine à gaz du CICE. Résultat : les entreprises embauchent en profitant des « effets d’aubaine », ou recourent au CDD, mais rarement pour accompagner le développement de l’outil de travail au fur et à mesure du carnet de commandes. Précarité et chômage sont les  fruits amers de ce carcan. Et pourtant du travail, il y en a. Il est urgent de desserrer cet étau, et de le faire vraiment, en évitant les méthodes de « contournement » trop  souvent utilisées  par la droite dans le passé : les heures supplémentaires non fiscalisées pour éviter de supprimer les 35 H en sont un bon exemple. Il faut « libérer » l’économie.

Quelques mesures libérales du projet.

Rendre l’économie plus compétitive, c’est alléger le fardeau financier qui les assomme. Moins de rentrées,  c’est donc forcément moins de dépenses.  Voilà pourquoi on en arrive au nombre des fonctionnaires qui représentent le principal gisement d’économies pour l’Etat. Il ne suffit pas d'affirmer la nécessité d'une gestion plus économe des deniers et des emplois publics, dont  tout le monde convient, en annonçant la suppression de 500.000 emplois publics pour l’assurer. Il faut expliquer et justifier cette diminution ambitieuse afin que chaque fonctionnaire ne se sente pris pour un bouc émissaire. Cette diminution, pour être convaincante, doit évidemment s’accompagner d'une redéfinition du périmètre de l'Etat, d’une simplification de notre millefeuille administratif  et d’une modernisation des moyens de gestion, lesquelles ne se feront pas en trois mois !

De même, il ne suffit pas non plus de se contenter d'évoquer le report de la retraite à 65 ans, autre fardeau : il convient de dire pourquoi cette mesure sera nécessaire alors que le passage à 62 ans ne date que de 2010.

Enfin, et ce n’est encore qu’un autre exemple, la suppression promise de l'ISF et la hausse de la TVA méritent évidemment d'être explicitées au moment où la demande d'équité suscite des débats violents dans toutes les démocraties. Il faudrait faire lire à chaque Français « l’entreprise pour les nuls », pour qu’ils comprennent que sans investisseurs, il n’y a pas d’emplois.

Au sujet de la  TVA, il existe une confusion savamment entretenue par la gauche : le lien automatique à la hausse des prix qu’elle engendrerait si on l’augmente. Or ce sont deux mécanismes distincts et la corrélation n’est en rien systématique. Les 2 points de hausse pouvant très bien être absorbés par les effets de la concurrence des prix des produits sur le marché. De plus, il faut souligner que la hausse de la TVA n’est pas un prélèvement supplémentaire, mais un transfert d’imposition puisqu’elle vise à baisser les charges des entreprises, patronales et salariales. Enfin, soulignons que la hausse du taux général de 20 à 22% fait participer, par la même occasion, les produits importés au financement de notre protection sociale. On est loin de « l’injustice » qui est l’argument le plus souvent mis en avant.

Le fil  rouge : la « Liberté »

Le but poursuivi par François Fillon, en instillant une dose de libéralisme, autrement dit de « liberté », dans l’économie ou le temps de travail, n'est pas seulement le rétablissement des comptes mais celui de la compétitivité globale de la France au moment où celle-ci affronte la transformation digitale. Ce faisant, il redessine les contours de la société, propose une vision de la France, ancrée dans sa tradition et ouverte sur la modernité, et de la France dans le monde, où elle doit retrouver son leadership en Europe et son influence internationale au-delà. Face à la désorganisation inédite de la gauche, au désordre institutionnel, François Fillon a rassemblé le coeur de l'électorat de la droite. Fort du succès qu’il a rencontré et de la légitimité que son camp vient de lui donner, il lui appartient maintenant de l’obtenir du peuple français, en continuant de faire preuve de réalisme et d’humilité, ces deux qualités qui le caractérisent si bien. Il  a cinq mois pour faire la  pédagogie de son projet.

Car il a le double devoir de gagner et de réussir ensuite son mandat.

 


UNE VICTOIRE FONDATRICE

Francois-fillon-candidat-droite-centre

 

Il s’est passé quelque chose d’inédit au cours de cette primaire de la droite et du centre : en donnant la parole au peuple, contre toute attente, il s’est clairement exprimé. Il importe de se  demander pourquoi un tel résultat : François Fillon arrivé largement en tête dès le 1er tour et Alain Juppé balayé au second. La bizarrerie, c’est que personne n’a vu arrivé le vainqueur, pourtant en campagne depuis bien longtemps, creusant son sillon dans la France profonde et peaufinant un programme que d’aucun finit par présenter comme  le plus abouti. Au moment de la « cristallisation » du choix, il est  apparu comme une évidence : « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ». Après, on s’étonne que les Français l’ait choisi. Ils ne sont donc pas si bêtes et si manipulables que les bobos et les médias le pensaient.

Enfin, un candidat qui se réclame de droite, avec des valeurs et des convictions, et qui ne se cache pas derrière des faux semblants. La référence au gaullisme est rassurante. Son libéralisme n’est  pas  si échevelé que les caricaturistes le disent. Ses propositions ne sont pas si irréalistes que voudraient  le faire croire ses détracteurs. Simplement il rompt avec les schémas convenus du « modèle social » et « l’Etat providence » dont on mesure chaque jour l’inefficacité et la carence, accentuées par la vacuité socialiste.  François Fillon propose d’autres chemins. Ce ne sont pas des pistes pour aventuriers en mal d’émotions fortes. Ce sont les chemins empruntés par tous nos voisins avec succès.

C’est un homme expérimenté qui prend les rênes de la droite et du centre. Aucun doute sur sa volonté de rassembler. Son programme, ce n’est pas du sang et des larmes, c’est le passage obligé  pour le renouveau de notre pays, la restauration de sa puissance économique et de  son autorité  internationale.

Il tirera sa force du soutien populaire. Près de cinq millions de citoyennes et de citoyens se sont déplacés sur les deux tours, et les deux tiers lui ont apporté leurs suffrages. Ils sont les porte-parole des millions de Français qui pensent comme eux. Ils sont la partie visible de l’iceberg. Ils sont le socle sur quoi le candidat, soutenu par tous ses concurrents d’hier, va  pouvoir s’appuyer pour entamer la vraie campagne, celle qui conduit à l’Elysée.

La gauche est en miettes. Elle donne le triste spectacle d’un président qui persiste et dont les appels au rassemblement  sonnent comme les bêlements d’une brebis esseulée ; d’un premier  ministre qui se révolte ; d’une pléthore de frondeurs qui briguent la place en se bousculant. Les  radicaux de gauche ont décidé de faire sécession et le PC rejoint Mélenchon en faisant chambre à part. Elle ne donne en écho que le discours de « l’amère de Lille », haineux et méprisant, symbole emblématique d’une politique en perdition. Ils vont tous crier au « réac » et à « l’ultra-libéralisme » comme si c’était une maladie honteuse, comme naguère ils criaient au « KO social » et à la « régression ».  Mais ça ne marchera pas, parce qu’entre temps, ils ont eu le pouvoir et les Français ont vu. Leur discours sent la décadence et le vide de la pensée. Il est rance. Et Macron avec son préchi-précha ni droite-ni gauche se trouve ridiculisé par ce simple  constat : ben oui, la droite ça existe bien.

De l’autre côté, l’extrême-droite peut trembler. Les réactions à la victoire de François Fillon l’ont bien montré : formules habituelles à l’emporte-pièce, jugements préétablis, outrances caricaturales. Le discours tourne en boucle et est déjà usé. Le Front National, avec sa doctrine nationale-communisante, constitue désormais la seule force d’opposition à la droite républicaine. Marine Le Pen et son âme damnée de Florian Philipot sont subitement ringardisés. Ils arrivent avec des arguments périmés face au logiciel renouvelé d’une droite républicaine retrouvée. Car, quand cette dernière s’affirme avec ses valeurs, Le FN retourne dans son petit pré carré, celui des extrêmes.

La primaire de la droite et du centre a redonné ses lettres de noblesse à la politique, par la dignité des candidats, la densité des propositions et la noblesse des comportements finaux, qu’il s’agisse de Nicolas Sarkozy ou d’Alain Juppé. Les millions de voix qui se sont portées sur François Fillon sont l’avant-garde d’une armée qui s’est levée dans toute la France. C’est un vote puissant, ni de rejet, ni de substitution, mais d’adhésion à un homme et à un projet.

C’est une victoire fondatrice parce qu’elle est porteuse d’une espérance forte.

 


LE CHOMAGE A BAISSE !

Haddock se marre

 

Les chiffres du chômage ont montré, à l'aide d'un microscope surpuissant, une baisse de 11 700 chômeurs... de catégorie A uniquement : baisse ridicule comparée à l'explosion du chômage depuis 2012 et comparée à la baisse du chômage de nos partenaires ! Mais elle servira de prétexte à Hollande pour justifier sa candidature.  « Minus » ce contente du minuscule, forcément !

 


DEUX VISAGES, MAIS UNE DROITE !

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On pouvait craindre un débat sous tension. Il l’a été à quelques rares moments, mais on a plutôt eu un échange tranquille. Alain Juppé dans la fébrilité de tout développer, François Fillon dans sa  précision chirurgicale habituelle, avec une élocution paisible et sobre. Ce débat a surtout souligné que, en dépit de quelques différences sur l’assurance-maladie ou la politique étrangère du pays, les deux programmes procèdent de la même inspiration et du même désir de changement. 

Juppé à l’offensive

Alain Juppé s’est attaché à démontrer que les calomnies lancées contre lui sur les réseaux sociaux n’avaient aucun fondement. Il persiste à décrire le programme de son adversaire comme inapplicable, à se démarquer de la politique étrangère qu’il pourrait conduire en tant que président de la République  et à dénoncer de manière plus feutrée qu’en début de semaine son conservatisme sociétal. Ce qui l’amène à douter de sa capacité à battre la gauche et l’extrême-droite lors du second tour de la présidentielle et à se présenter lui-même comme  le meilleur rempart.

Le sillon Fillon

Fort de la prise de position des 215 élus, François Fillon n’a jamais perdu de vue le peuple qui s’est rendu aux urnes dimanche dernier et qui l’a placé largement en tête. Il s’est employé à rassurer l’électorat qui craint des bouleversements dont il pâtirait excessivement. Il a exposé sans s’exciter les diverses nécessités d’un changement  radical : le redressement de la France dépend d’une restructuration complète de nos moyens de production, de notre rapport avec la protection sociale, de l’équilibre entre nos revenus et nos dépenses, de la sécurité intérieure et extérieure qu’il faut assurer, compte tenu de de la multiplicité des dangers. Il n’a  pas caché les sacrifices indispensables que nous devons faire si nous voulons offrir à nos enfants et petits-enfants un avenir meilleur.

Un échange équilibré

Ce que la primaire de la droite a réussi à montrer, et c’est d’une importance cardinale, c’est que le chemin du redressement est semé de paradoxes, à commencer par un traitement du chômage fondé sur la réduction du nombre de fonctionnaires. Leur grand nombre constitue la raison principale de nos déficits, mais il ne s’agit ni de contester la qualité de leur travail ni d’imaginer une société qui pourrait se passer d’eux. Le seul problème, c’est qu’on a fait du recrutement dans la fonction publique ou territoriale l’unique moyen de lutter contre le chômage, alors qu’il faut créer des emplois marchands, ce que la France ne sait plus faire. Le débat d’hier soir n’est pas de nature à inverser le rapport de forces entre François Fillon et Alain Juppé, même si aucun des deux n’a démérité. Si un vainqueur est désigné par les téléspectateurs, cela tient vraisemblablement plus à leurs attentes qu’à la teneur du débat. Alain Juppé a davantage visé l’électorat du centre et des déçus du hollandisme, François Fillon est resté sur le chemin qu’il a emprunté depuis le début, celui de la France provinciale et taiseuse, attachée à ses racines et à ses valeurs et en attente d’une revanche sur le parisianisme et ses modes bobos. Gardons-nous donc de faire un pronostic, à moins de deux jours du scrutin, même s’il semble bien improbable que l’écart entre les deux candidats, même s’il se réduit, disparaisse complètement. Huit millions et demi de téléspectateurs ont assisté au débat, ce qui est énorme et laisse présager une participation au moins aussi élevée que celle de dimanche dernier. Pour qu’Alain Juppé gagne, il faudrait que 1,4 million d’électeurs de gauche supplémentaires se déplacent en plus des 600 000 du 1er  tour.  On ne voit pas quel  intérêt ils auraient à le faire,  François Fillon étant un candidat plus « confortable » pour l’opposer au culbutot qui paraît-il en fait déjà ses « délices ».

L’unité ne sera pas de trop

C’est l’heure de la droite, mais elle se termine dimanche. La bonne tenue du débat  et la courtoisie retrouvée ne laisse aucun doute sur le climat dans lequel l’union se fera dès dimanche prochain autour du vainqueur. Et on en aura bien besoin. Il n’y a qu’un « hold-up » de la gauche qui pourrait créer le désordre.  Mais le choix du candidat à la présidence aura été à peine annoncé que se mettront en branle les cohortes véhémentes de ces gauches innombrables qui ne sauront jamais s’unir. Elles se saisiront de l’épouvantail de la « réaction » avec d’autant plus de violence verbale qu’elles seront désunies. Au moins auront-elles un os à ronger. On peut compter sur l’entêtement et la virulence de ces gauches qui, loin de dresser le bilan de leurs erreurs, continuent à se ressourcer dans les bréviaires moisis de leurs convictions obsolètes. Le locataire de l’Elysée piaffe dans ses brancards et en fera son miel, comme un mauvais élève qui n’a appris qu’un sujet mais le connaît par coeur. Il dit déjà à ses  proches combien la bagarre qui s’annonce lui semble facile, combien elle lui paraît confortable, presque agréable et, forcément, qu’il n’y a pas mieux placé que lui pour venir à bout « du candidat le plus réactionnaire que la droite ait produit ». Ouais, s’il avait démontré l’efficacité de sa méthode, il serait plus crédible. Il en oublie aussi sa cote de popularité … et Macron le paricide.  

 


LE GRAND DEBAT … A CHAUD

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Nous avions sur le plateau Dupond et Dupont.

Même veste bleu marine, même cravate …

Dupond le chevelu et Dupont  le dégarni,

Dupond le précis et Dupont le bavard,

Dupond le serein et Dupond le fébrile.

Dupont faisant assaut de courtoisie à Dupond.

Bref, un débat intéressant, serré, digne et courtois.

L’unité post primaire est  garantie.

Voilà quelques réflexions immédiates qu’il conviendra de compléter après une nuit de réflexion.

 


NOUVELLES D’ICI ET D’AILLEURS…

En attendant le débat  ...

Globe-terrestre-

Nouvelles de France

La majorité au Sénat refuse d’examiner un budget 2017, « maquillé comme une voiture volée » : après un examen minutieux, elle évalue la sous-estimation des dépenses à 12 milliards d’€, celle du déficit à 20 milliards et à 25 milliards les dépenses non financées (cadeaux électoraux) reportée sur les budgets ultérieurs. Cela fait beaucoup pour celui qui succèdera.

A gauche, c’est la guerrilla : Malek Boutih dégaine violemment contre une candidature de pépère qui dit-on est imminente, et tenez-vous bien, Arnaud Montebourg appelle les électeurs de droite à participer à la primaire de la gauche pour virer Hollande en votant pour lui !! On est en plein western spaghettis !

Taubira s’en mêle : L'ex-ministre  a qualifié de « cocktail ultralibéralisme-régression sociale » le programme de François Fillon, appelant donc indirectement à voter Alain Juppé. Comme cette caste est aveugle : elle refuse de voir les dégâts de la politique de « gôôôche » dont  elle se réclame. Ces gens-là ne savent que sortir les mêmes « scies » convenues. Bah, laissons le peuple parler, ils ne vont pas  être déçus !

Exode fiscal : voilà une réponse à Taubira qui illustre les méfaits de  l’aveuglement idéologique. L'exode fiscal, loin d’avoir ralenti s'est accéléré. Les départs des foyers gagnant plus de 100 000 euros continuent d'augmenter. Et les chiffres viennent directement du Ministère des Finances : 4100 départs, 10% de plus que l'année précédente. Pour où ? Direction la Grande-Bretagne, les États-Unis et la Suisse.  Comme quoi il est urgent que la droite reprenne le manche si on ne veut pas devenir un pays que de pauvres, dont la gauche s’occupe  activement d’augmenter le  nombre.

La Gauche Travelo : Macron publie son livre « Révolution » à 200 000 exemplaires. Sa vie, son œuvre, ses espérances présidentielles… On s’en fout ! Il va faire un tour de France des dédicaces.  Tiens, comme qui déjà ?

Nouvelles d’Europe

Brexit : en attendant de savoir s’il sera « hard » ou « soft », il est « slow » comme un poison lent. La croissance du Royaume-Uni est revue à la baisse, le retour à l’équilibre budgétaire reporté. Aucun effort supplémentaire n’est annoncé, pour ne pas pénaliser l’économie. Le gouvernement de Theresa May est bien obligé d’admettre que la perspective du Brexit accentuera le ralentissement économique et que les finances publiques accuseront le coup en conséquence. Au cours des cinq prochaines années, le déficit cumulé sera gonflé de 122 milliards de livres. La richesse britannique aurait fondu de 1.400 milliards d'€ après le Brexit. On mesure l’ampleur du « trou noir du Brexit ». Et on n’est qu’au début ! On n’entend plus Marine Le Pen.

L'Italie, maillon faible de l’Europe : à l'approche du referendum de Matteo Renzi, l'Italie est sous pression. La bourse italienne a un peu profité de l'emballement des marchés des derniers jours, et Milan affiche la pire performance boursière de l'année avec une baisse de plus de 20%. Et les taux d'emprunt italiens continuent à remonter,  au-dessus de 2%, un écart de plus de 50 points de base avec l'Espagne. Les sondages donnent le non gagnant, avec 7 points d'avance  (11 points d'avance dans le Sud particulièrement touché par la récession). Il faut s’attendre à une crise politique. Et pourtant la réforme qu’il propose est courageuse. Elle vise à ramener le rôle du Sénat à un rôle consultatif et surtout réduire drastiquement le nombre de sénateurs. Elle s'attaque aussi au millefeuille régional avec un retour à une centralisation plus rationnelle.

Angela IV : Angela Merkel s'est adressée au Bundestag pour évoquer sa candidature à un quatrième mandat. Elle s'est attachée à transmettre le message que, pour les Allemands, jamais la vie n'avait été meilleure. L'ouverture du pays au monde a permis d'apporter des conditions de vie que les Allemands n'ont jamais connues. Démarche intéressante et courageuse que d'expliquer enfin à son peuple que ce n'était pas mieux avant !

L’Euro 2ème monnaie du monde : la monnaie chinoise est rétrogradée à la troisième place au rang des monnaies les plus utilisées dans le commerce international.

Nouvelles du Monde

L’étau des taux : le revoilà. Nous assistons à un véritable krach des emprunts et à une envolée des taux d'intérêt. Les États-Unis mènent la danse. Pour la première fois depuis l'été 2015, le taux de référence, le taux d'emprunt à 10 ans a atteint les 2.40% après une hausse spectaculaire hier. Et tous les taux d'intérêt dans le monde suivent. Ce qui ne manquera de poser des problèmes de service de la dette pour la plupart des pays développés, y compris la France, qui sont surendettés.

Les monnaies s’affolent : avec un nouveau record tous les jours pour le dollar au plus haut depuis 13 ans. Cette hausse va devenir rapidement un sujet politique sensible. Car face au dollar, ce sont des monnaies comme le yen et le yuan qui chutent. Et comme Trump a promis de s'attaquer au dumping asiatique et en particulier au dumping des chinois, ceux-ci profitent largement de la fenêtre de tir de la transition avant janvier pour dévaluer leur monnaie. Mais en janvier, le combat va être rude ! Personne ne pouvait anticiper une flambée simultanée du dollar, des taux d'intérêt et des indices boursiers. La hausse simultanée de ces trois marchés est une anomalie et forcément une correction va intervenir. Soit les taux vont rebaisser, soit ce sont les marchés qui vont devoir le faire. Nos  gouvernants doivent prendre rapidement conscience que avons brutalement changé de paradigme et qu'il va falloir adapter nos logiciels de pensée sur les marchés et sur les taux. Un tournant brutal qu’il va falloir négocier si on ne veut pas la sortie de route.

Cure d’assainissement indienne : pour combattre la corruption et l'évasion fiscale, le gouvernement a annoncé, du jour au lendemain, que les billets de 500 et de 1000 roupies (soit 6,50 euros et 13 euros) seront inutilisables à partir de 2017. Des millions d'Indiens se sont donc rués dans les banques pour les changer. Ces billets de 500 et 1000 roupies représentent 220 milliards de dollars, soit 86% du cash en circulation. 80 milliards ont déjà été rapportés. On a même eu quelques suicides d'Indiens qui pensaient que ces billets n'avaient, du jour au lendemain, plus aucune valeur. Cette mesure brutale et sans précédent devrait coûter 1% de croissance à l'Inde.

 


PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE : 2ème ROUND

VIVEMENT DIMANCHE QU’ON EN FINISSE !

Fillon home_photo1  Juppé

François Fillon, parce qu’il a largement gagné le premier tour de la primaire, est devenu l’homme à abattre, à la fois pour son challenger Alain Juppé mais surtout pour la gauche, qui le présente comme un insupportable réactionnaire.  Et  cela préfigure déjà le type de campagne que cette dernière, pourtant disqualifiée  par ses résultats  et ses mensonges, va mener pendant six mois, avec en arrière fond, le chœur des « vierges » pleurant sur le sort injuste réservé au culbutot de l’Elysée. C’est un gros nul mais vous êtes priés de ne pas le dire !

Programme  inapplicable : pour qui ?

Alain Juppé soutient que le programme de François Fillon est « inapplicable », il n’en demeure pas  moins que c’est celui que veut l’électorat de droite, largement majoritaire aujourd’hui dans le pays, et qui représente presque la  moitié des 4,3  millions de Français qui se sont déplacés dimanche dernier. Reconnaissons que cela a donné une forte légitimité au vainqueur du 1er tour qui rend pratiquement impossible la tâche d’une gauche disqualifiée par le mandat de François Hollande, divisée en multiples tendances qui semblent irréconciliables.  Il est logique que les rapports se tendent entre vainqueurs et vaincus du premier tour, à la veille d’un débat décisif et quatre jours avant un second tour qui désignera probablement le futur président de la République. Le camp Juppé a envoyé une salve plutôt mal ciblée, peut-être  à cause d’une trop grande fébrilité.

C’est que le maire de Bordeaux a bien compris la leçon : vaincu par sa tiédeur, il sort ses griffes, et probablement à son corps défendant. Il ne peut espérer un redressement qu’en se livrant à ce combat de coqs que la plèbe réclame, quitte à oublier la grande parenté qui existe entre les deux programmes, sur la TVA, la durée du travail, la baisse des charges des entreprises … et que les différences ne sont qu’une question de curseur poussé plus ou moins loin. Et s’il y a de l’excès dans la méthode Juppé post-premier tour, son lieutenant Benoît Apparu s’est empressé de rappeler les ressemblances entre les programmes des deux finalistes. Alain Juppé et ses amis ont donc tort de reprocher à leur concurrent  un projet trop libéral pour être réalisable, ils devraient laisser ce type d’argument à la gauche en évitant de reprendre son vocabulaire. Et  au lieu de l’attaquer sur ses engagements en faveur du retour de l’ordre moral, d’une Europe moins intégrée, ou d’un rapprochement entre la France et la Russie, en les caricaturant, il serait  plus judicieux de montrer ce qui peut différencier  les approches, par exemple la tenabilité des promesses face au retournement de la tendance internationale qui pourrait créer un contexte beaucoup plus contraint,  avec la remontée des taux d’intérêts.

Une semaine de tohu-bohu.

Le bruit et la fureur sont-ils inhérents à la vie politique ? Cette semaine est donc la phase la plus moche de la primaire, avec des attaques contre François Fillon qui sont loin d’être toutes justifiées comme Alain Juppé en fut la victime pendant les précédentes. Le Maire de Bordeaux fait feu de tout bois quand, par exemple, il demande à son épouse, habituellement si discrète, de monter sur le ring, quand il dénonce la proximité de François Fillon avec Poutine, ce que le député de Paris ne nie pas ; quand il répète que le programme économique et social de son adversaire risque de provoquer un chaos. Alain Juppé utilise successivement des arguments plus ou moins bons, comme n’importe quel candidat qui est resté en tête de tous les sondages pendant près de deux ans et s’est effondré à la dernière minute, cherchant fiévreusement le moyen de récupérer un peu de sa popularité passée.

En effet, François Fillon n’est ni réactionnaire, ni ultra-libéral, ni inconséquent en politique étrangère. Alain Juppé n’est pas obligé de prendre à son compte les procès que la gauche intentent à François Fillon et qu’elle intenterait tout aussi bien à son égard. Nous attendons qu’Alain Juppé montre de la détermination, garde son cap qui est crédible, prouve le bien fondé  de ses objectifs sans se départir de son calme qui fait sa force. Il a tout  à perdre à tomber dans le piège de l’agressivité, et il y a gros à parier que cela se retournerait contre lui s’il persistait pendant le débat de jeudi soir.

Cette courte semaine va-t-elle fracturer la droite ?

Pas le moins du monde. Les pessimistes professionnels ne voient pas le bon côté des choses. Voilà une droite qui a passé avec succès le test des primaires, qui va, quoi qu’on en dise, se regrouper autour d’un homme, dont le comportement réhabilite la politique et les partis, qui a créé dans l’électorat de l’envie sinon de la passion, et le formidable espoir de faire table rase du passé et de changer en profondeur la société française. Comment y voir un mauvais résultat ?

Il est stupide d’imaginer que l’extrême droite va se diviser : elle aura toujours ses têtes de turc et elle continuera d’agresser François Fillon comme Marion Maréchal Le Pen vient de le faire, comme elle a voulu la perte de Nicolas Sarkozy, comme elle s’en prendrait à Alain Juppé s’il avait gagné le premier tour, et comme elle s’en prendra à lui s’il gagne le second. La percée de François Fillon entraine la  mobilisation de la gauche, comme il se doit.

Mais de quoi parle-t-on ? La gauche est en miettes et profondément divisée.  Macron fait son  chemin en parallèle, mais ses réactions face à François Fillon montrent bien qu’il est de gauche, comme il essaie de ne pas le montrer. Tout est suspendu à la décision que le président de la République doit prendre en décembre. S’il renonce, il ouvrira la boîte de Pandore de toutes les ambitions et la multiplicité des candidatures, y compris celle de Manuel Valls en plus de celle d’Emmanuel Macron. Enfin, si l’on tient compte de la volonté populaire telle qu’elle s’est exprimée lors du premier tour de la droite, les candidatures très à gauche ne risquent pas de faire le plein.

Les électeurs ont leur destin entre les mains.

Les électeurs de la droite et du centre, grâce à la primaire, ont pris leur destin en main. Le plus étrange, c’est que rien de profond ne différencie les deux hommes en lice. Ils ont été, tous les deux, chacun à son heure, des réformateurs. L’un, en 1995, a redressé l’assurance-maladie, l’autre, sous Raffarin, a accompli une réforme des retraites. Celui-ci était attaché à Philippe Seguin et appartenait à la branche sociale du Gaullisme, celui-là était un proche de Jacques Chirac, à qui il a été dévoué au-delà du sacrifice. L’un et l’autre savent que les gouvernements français qui se sont succédé depuis une vingtaine d’années n’ont pas su accompagner les grands changements qui auraient rajeuni l’industrie française, favorisé la production, ouvert de nouveaux marchés, accru la compétitivité des entreprises et créé suffisamment d’emplois.

Aujourd’hui, il va nous falloir un président conscient des enjeux, qui sache que la réforme en profondeur est notre dernière chance si on veut qu’à terme, la France retrouve son rang. François Fillon et Alain Juppé sont également capables de conduire ce programme. Si François Fillon l’emporte dimanche, c’est que, pour remplacer Nicolas Sarkozy, les électeurs de droite auront voulu un homme plus à droite qu’Alain Juppé. Au fond, le flot historique qui nous entraîne aujourd’hui, n’est-il pas celui d’une revanche de la droite pure et dure sur la gauche, laquelle, par ses erreurs de gouvernance, a préparé elle-même ce retour. Ces électeurs, qui sont plus des deux tiers à rejeter la gauche, et n’entendent faire aucune concession !

 


FILLON… LOIN DEVANT !

Fillon  primaire

 

Juste deux mots à chaud. On aura l’occasion de revenir sur ce premier tour de la primaire dans la semaine, après analyse complète des résultats.

La soirée que nous venons de vivre est historique :

D’abord la surprise du résultat qui place François Fillon en position quasi irrattrapable, l’élimination de Nicolas Sarkozy qui se retire avec l’élégance qu’on lui connaissait déjà (décidément un grand monsieur), et la volonté d’Alain Juppé de relever le défi en allant jusqu’au bout du scrutin. Décidément  la droite donne ce soir aux Français une bien belle image de la démocratie. Gageons que les électeurs seront encore plus nombreux dimanche prochain à venir aux urnes avec l’enthousiasme qu’on a découvert tout au long de  la journée.

La victoire de  François  Fillon est celle du travail, de la constance, du courage et de la ténacité. Lui qui a si longtemps végété à 10% dans les sondages n’a jamais baissé les bras. Il a continué  méthodiquement à tracer son sillon. Les  trois débats ont mis les projecteurs sur lui et il est enfin apparu dans la lumière. C’est probablement à ce moment-là que les électeurs de la droite et du centre ont pris la mesure de ce candidat calme, serein, sérieux et digne. Ils ont vu que parmi les sept, il pouvait être celui qui, comme le disait souvent Bruno Retailleau, alliait la sérénité d’un Juppé et la force de conviction d’un Sarkozy.  Ainsi, celui qui a si longtemps été présenté comme un « marginal » dans l’ombre de Philippe Seguin, est en passe de prendre la place du « chef ». 

Il reste à parachever cette étape démocratique par un feu d’artifice dimanche prochain : celui du rassemblement quel que soit le vainqueur, même si le suspense est quelque peu entamé. Les discours entendus ce soir en préfigure l’apothéose. Nous l’espérons, nous la voulons. La  dynamique de la campagne présidentielle, la vraie, est en jeu.

 


LA BOUSSOLE D’ORMESSON : GUIDE DES EGARES

Un peu de lecture en attendant la  fumée blanche...

Guide des égarés 001

« D’Ormesson pour tous », ou presque. Son « Guide des égarés » se lit facilement et sa taille ne devrait pas repousser les récalcitrants. La lecture est agréable, aisée et nous procure même du plaisir. Il tente de répondre à une question universelle, que nous nous posons tous, sauf peut-être les fondamentalistes : « Qu’est-ce que je fais là ? ».  Ce manuel de poche, nous  dit-il, « n’a pas d’autre ambition que de décrire avec audace, avec naïveté, avec gaieté ce monde peu vraisemblable où nous avons été jetés malgré nous et de fournir vaille que vaille quelques brèves indications sur les moyens d’en tirer à la fois un peu de plaisir et, s’il se peut, de hauteur. »  

Un monde invraisemblable.

L’auteur nous propose d’essayer de comprendre quelque chose à cette planète « invraisemblable » sur laquelle nous vivons depuis quelques dizaines de milliers d’années. Trente chapitres fractionnent sa pensée pour mieux la déployer et, par-là même, nous transmettre sa vision du monde. Trente chapitres en 110 pages – soit 3 pages et demie par chapitre.  Avec le fil rouge : « Qu’est-ce que je fais là ? ». Alors forcément le premier de ces chapitres fort logiquement se nomme « l’étonnement » ! Evidemment, il est utile de lire la notice préalablement. Tout guide se conçoit  avec un mode d’emploi.

À L’étonnement d’être là, vivant, sur cette planète minuscule, perdue dans l’univers, mais non moins la plus importante à nos yeux, succède une série de chapitres dont l’enchainement est tout simplement  génial. Ainsi, après « La disparition » – où la mort de toutes matières est une règle immuable, même l’univers n’y échappera pas – « L’angoisse » impose La question : « Qu’y a-t-il après la mort ? »

Et Jean d’Ormesson nous délivre ses trois réponses : « La première : il n’y a rien. La deuxième : il y a autre chose – par exemple une infinité d’histoires, d’univers et d’esprits. La troisième : il y a Dieu. » Il n’en envisage pas une autre de plus qui aurait pu être : « le chaos ou le néant ». La déliquescence, nos particules organiques qui se désagrègent en pourriture, alimentant  de nouvelles bactéries… Force est de constater que nous ne savons pas si l’esprit survit à la mort du corps. Une énigme ? Un mystère ? Pour l’écrivain ce serait plutôt une quête intellectuelle. Les nombres « jettent un peu de lumière sur le mystère » assurément.

Dans les chapitres qui suivent, la plume nous entraîne avec une subtile maitrise dans une réflexion alimentée par la science dont les résultats de notre époque dépassent souvent l’imagination et l’auteur forge ainsi une sorte de cosmogonie contemporaine : l’espace, la matière, l’air, l’eau, la lumière, le temps… Les enchaînements sont d’une logique imparable et quasi… biblique.  Ils débouchent logiquement sur l’autre dimension de notre humaine condition : « la pensée »,  depuis qu’avec Descartes « cogito ergo sum ». Et avec elle, ce sont toutes nos misères qui défilent en une série de réflexions qui confinent à la philosophie sans jamais y prétendre. D’Ormesson reste modeste. Le résultat n’en est pas  moins éloquent : le mal, la liberté, la vie, la mort, … sans oublier le plaisir et le  bonheur !

Et on en arrive au chapitre de la « Justice » qui débouche sur le sprint final jusqu’à … Dieu. Sur « la justice », le constat est évident : le monde est injuste.  Le diagnostic se poursuit : « Cette évidence établie, tout le reste – le pouvoir, l’argent, le talent, le caractère, la chance, le hasard, le destin… – coule de source dans une parfaite injustice. ». C’est pourquoi la justice est nécessaire – du reste, bien des efforts ont été déployés pour qu’elle puisse s’exercer. Mais voilà, pour Jean d’Ormesson, aucun de ses efforts n’a suffi à l’assurer, allant jusqu’à les comparer à Sisyphe poussant éternellement son rocher. Faute de pouvoir satisfaire vraiment à cette exigence, il nous entraîne sur les chemins qui compensent son absence : La beautéLa véritéL’amour… Dieu.  Un cheminement  imparable qui n’est  pas pour autant un hymne à la religion catholique, apostolique et romaine. Le mur de Planck n’empêche pas d’arriver à Jésus, l’incarnation de dieu sur la terre. C’’est une manière de compenser le sort injuste par ce qui ne reste qu’une spéculation : « Dieu existe-t-il ? Le débat ne sera jamais tranché, et il ne sera jamais clos. ( …) Tout choix, dans un sens ou dans l’autre, comporte une part d’arbitraire. »

Mais il reste celle qui peut donner malgré tout du sens : l’espérance !

 


PRIMAIRE DE LA DROITE … LE TROISIEME DEBAT

Primaire à droite

 

OUF !

Certains observateurs ont  trouvé le  3ème débat  long et ennuyeux. Ils attendaient quoi ? Du spectacle : il s’agit de choisir un président de la République. Du pugilat ? Les candidats  ont eu à cœur de se respecter  ce que l’on attendait d’’eux. Du discours bien populaire ? Les  sujets abordés étaient sérieux et exigeaient une connaissance technique. Alors évidemment, on s’est retrouvé  loin du passe-temps et de la variété. En ce qui me concerne,  j’ai trouvé le débat intéressant, un peu plus vivant que les  précédents, mais rendu confus par une animation  parfois brouillonne. Mais l’essentiel  c’est qu’il n’y ait eu aucun dérapage  irréparable entre les candidats.  Dimanche soir il y aura deux sélectionnés pour un second tour, selon toute vraisemblance et le suspense reste entier sur ce qui sortira des urnes.

Car, reconnaissons-le, tous les candidats, à des degrés divers ont montré des facettes attachantes et se sont maintenus à un excellent niveau de compétences. Difficile de faire un choix.  Bien sûr, ce que mesurent les sondages n’est pas anodin : il y en a bien trois qui survolent la compétition, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et  François Fillon (dans l’ordre des intentions de vote).

Que dire de plus ?

Copé : le voltigeur de la soirée.  C’est Bonaparte au pont d’Arcole qui sauve la République.  Il n’a pas que des mauvaises idées.

Sarkozy : c’est un patron.  Sa connaissance technique des dossiers et son expérience lui permettent de recadrer les sujets dans la réalité. Pourtant, il n’a pas cherché à briller. Son recadrage de Pujadas était sans appel, peut-être n’aurait-il pas dû utiliser l’expression « service public ». Sa conclusion m’a paru trop « autocentrée ».

Juppé : plus détendu que les deux premières fois. Toujours à l’aise dans les réponses. Son expérience transparait à plusieurs reprises sur les dossiers internationaux et sur les réformes sociales. Un peu court sur l’éducation. Clairement, il montre une dimension de chef d’Etat, comme son voisin. Une bonne conclusion : le seul qui parle de perspectives à donner aux Français.

NKM : Enfin elle-même. Moins préoccupée de régler ses  comptes, elle développe  habilement ses thèmes de prédilection. Elle est un peu trop dans la prospective. Sa conclusion originale pleine de lucidité est courageuse en affirmant qu’elle sait qu’elle ne sera pas dans la finale.

Poisson : toujours aussi décalé. Il est un peu sorti de son bocal et ses idées originales et pleines de bon sens peuvent séduire. Mais, bon, on ne le voit pas président. Ses boulettes de vocabulaire en témoignent.

Fillon : avec ce 3ème débat, c’est un parcours sans faute depuis le début. Il est celui qui aura le plus profité des trois confrontations grâce à sa connaissance parfaite d’un programme très cohérent.  Rigoureux, précis, calme : il respire une sérénité qui n’a pas échappé aux téléspectateurs. Lui aussi a la carrure pour endosser le costume présidentiel. Sa conclusion pleine de subtilité lui correspond bien : il ne demande pas de voter pour lui, mais à chacun de le faire pour ses convictions… Très fort.

Le Maire : il a tout donné. Trop. Son débit « mitraillette »  le dessert.  Il s'énerve inutilement contre El Kabbach. Il veut trop dire et trop prouver tout en restant sur la même posture de renouvellement de génération et se prend les pieds dans le tapis sur l’expérience nécessaire  pour occuper la fonction. Il est brillant quand même.

Conclusion.

On peut être fier de ces trois débats quand on est de droite ou du centre. Chacun a  maintenant le choix.  Pour certains, il est déjà fait depuis  longtemps. Pour ceux-là les débats n’auront pas changé grand-chose. Mais nombreux sont ceux qui vont hésiter jusqu’à la dernière seconde, puisque près d’un tiers des électeurs potentiels disent pouvoir encore changer d’avis. Toutes les surprises  sont donc possibles à la sortie des urnes dimanche prochain. Une chose est certaine : rien ne sera venu entraver l’envie d’aller voter. Au contraire ! Et ça, c’est la meilleure chose qui soit.

 


MACRONESQUE ! (pour ne pas dire : grotesque)

Macron le messie

 

Le « bellâtre », donc, est candidat.

Je veux dire « l’Emmanuel », dont le  prénom prédestiné  veut dire  « porteur de  la bonne nouvelle ».  THE Macron ! Hallelujah!! Nous sommes sauvés ! Le Messie est candidat aux élections.  L’inénarrable Cambadélis a trouvé cela fâcheux… Pour une fois, il a raison. Déjà qu’Hollande n’avait pas grande chance, voilà que le Macron y va ! Comme ça ! Alors qu’il n’a rien de plus à dire ou à proposer que l’hôte actuel de l’Élysée. Il faut reconnaître qu’il est plus un problème pour la  gauche que pour la droite. Il suffit de voir les réactions.

Grotesque !

Donc, mercredi matin, l'ancien ministre s’était rendu dans un centre de formation à Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour annoncer « la bonne nouvelle ». Le lieu avait été soigneusement choisi : un centre d’apprentissage, et au cœur de la banlieue populaire, pour bien marquer les esprits. Un lieu qu’il voulait en concordance avec la « valeur travail » dont le candidat souhaite faire un élément essentiel de son programme.  Pourtant, la salle choisie pour le discours de candidature est apparue bien étrange : un garage avec des voitures en réparation, et au milieu… des journalistes. Mais dans ce garage qui servait de cadre à son intervention, il n'y avait pas de jeunes, pas de traces d'apprentis ni même de jeunes étudiants de banlieue, non, que des journalistes... Il y avait bien une poignée de jeunes, mais il s'agissait des militants du mouvement  « En Marche ! » Du côté de l'équipe d'Emmanuel Macron, on tente de corriger la bévue en expliquant que l'ancien ministre était déjà venu deux fois sur place pour les rencontrer.  C’est donc  encore pire : on veut bien discuter mais surtout pas  se  mélanger. L’immersion populaire a ses limites ! « Il y avait un besoin de solennité pour cette annonce de candidature » : bah tiens, on vient faire la fête chez vous,  mais vous n’êtes pas invités !!! « Nous ne voulions pas instrumentaliser les étudiants, ni faire venir des groupies. Nous souhaitions éviter le mélange des genres. C’était une conférence de presse, pas un meeting », a expliqué un jeune du mouvement macronien. Personne n’est dupe. Tout le monde retiendra que les apprentis pouvaient assister à distance derrière une vitre : grotesque !

L’apprenti, c’est  lui !

On voit bien qu’il n’a jamais affronté le suffrage universel. Lui, qui n’a jamais eu aucun mandat voudrait sauter toutes les marches d’un seul coup. Il faudrait être bien léger pour lui faire confiance. Valls a raison quand il dit que l’expérience, ça compte.  C’est  même  indispensable  pour accéder au pouvoir suprême. L’expérience « Hollande » se suffit en elle-même, on ne va pas recommencer. Que Macron soit plein de talents et très brillant comme nous l’explique Jacques Attali, un gentil mondialiste qui a oublié l’idée même du socialisme depuis bien longtemps, pourquoi pas. Mais L’ancien ministre de l’Économie, qui n’a jamais inversé une seule courbe, n’a pas grand-chose à sortir de son escarcelle en guise de pédigrée. Ah si, quand même, Macron, c’est un grand moderne. Il a fait les bus. C’est bien les Macron-bus ! Et puis il a aussi fait de la pub pour relancer la vente de costard –cravate en expliquant aux jeunes qu’ils n’avaient qu’à aller bosser s’ils voulaient s’en payer un… « Ni droite, ni gauche » : alors là, je rigole. Ça n’existe  pas.  Pour tenir ce discours-là il faut avoir été De Gaulle. Et en plus, pas de couilles, parce que tuer un mort-vivant c’est quand même pas bien difficile ; pas de colonne vertébrale non plus : un mollusque, donc ! Son seul mérite est , comme  un rat, d’avoir quitté le Titanic avant qu’il ne coule.

Il ne connait manifestement pas le passé de la France. Depuis 1790, la droite et la gauche, ça existe. La  droite n’a  pas les mêmes valeurs et les mêmes repères que la gauche de laquelle il est issu. Comme les girondins et les jacobins, ces clivages qui irriguent encore nos débats politiques entre régionalistes et centralisateurs. Bobo à souhait aux souliers biens vernis et bien pointus, bien-pensant comme il convient, efféminé juste ce qu’il faut, pas trop viril, bien-pensant comme il se doit. Il correspond à l’air du temps. Il  s’adresse au ventre  mou des Français qui ne croient à rien, par ignorance, produits d’un système éducatif massificateur et égalitariste qui fabrique des crétins. Cela ne mène nulle part. Tôt ou tard, c’est-à-dire une fois élu, il penchera inévitablement du côté originel, la gauche.

Une éthique en toc.

Son positionnement repose sur une escroquerie intellectuelle et une éthique en toc qui lui permet de tuer le père sans avoir le moindre remords. Tout dans sa démarche le confirme. Le fond est vaseux. Son programme ? Il a anonné un salmigondis de poncifs,  « notre démocratie est en souffrance et il faut redonner de l’espoir, parce que l’espérance c’est important, l’espérance ! Mais aussi parce qu’il faut avoir confiance en l’avenir. C’est important l’avenir … et puis la confiance c’est très important aussi et vous ne me direz pas le contraire… » Il a constaté de l’intérieur la « vacuité du monde politique » dit-il. Il parle de ce qu’il connait : la gauche. Et bien on n’avait pas  besoin de lui pour le constater, il y a longtemps qu’on s’en était aperçu. Quant à la droite, qu’en sait-il ? N’a-t-elle pas fait un important travail programmatique pour la primaire,  reconnu par de nombreux observateurs …  Il ne peut pas en dire du bien puisque ce n’est pas son camp et ça ne l’arrange pas.  On ne tardera pas à s’apercevoir,  à travers ses  propositions que cet homme-là est imprégné de l’idéologie de gauche comme l’a souligné déjà Alain Madelin.  Libéral, comme un communiste chinois, à condition de passer par l’Etat. Macron c’est une bulle de la décomposition de la gauche. Une bulle qui remonte de la vase du socialisme et vient crever à la surface de l’étang avec l’odeur de gaz sulfureux qui va avec. La forme de son intervention colle à la réalité du personnage : discours ampoulé, éloquence factice, lieu « aseptisé ». On cherche l’élan. J’avais déjà remarqué que sa  voix ne portait pas quand il voulait jouer les tribuns. C’est « En marche »…  mais au petit pas.

Macron n’en a pas conscience, mais il est déjà démodé. Il ne suffit pas  d’être « connecté » et d’utiliser des gadgets modernes comme des prompteurs transparents  pour faire croire à l’aisance improvisée, il incarne, qu’il  le veuille ou non, un monde  finissant, celui de la  sociale-démocratie européenne qui n’a su se renouveler nulle part. Son passage chez Hollande l’a marqué au fer rouge. Alors il fait de la stratégie, celle « d’un candidat populaire hors establishment ». Drôle de Trump ! Très politicien, surtout. Pipeau !

 


PROMESSES ET … REALITES.

Primaire à droite

 

L’économie internationale n’a pas l’air de faire partie des préoccupations des candidats à la primaire de la droite et du centre, encore  moins de ceux de la gauche toujours abrités derrière leur idéologie.  C’est pourtant capital.  Quand on élabore un programme, on chiffre  les propositions dans un contexte donné. Mais ce  contexte sera-t-il le même dans quelques mois, au moment de les mettre en applications ?  Il ne suffit pas de faire des promesses, encore faut-il qu’elles soient réalisables au moment de les tenir.  C’est que nous sommes dans un monde ouvert et nous ne sommes pas tout seuls. Notre économie dépend  de nombreux partenaires européens et mondiaux, est soumise à une concurrence internationale où les concurrents, notamment des pays émergents, produisent des niveaux de gamme voisins de ceux de notre pays avec des coûts de production plus bas.

Or le contexte est en train de changer.

On a beaucoup parlé de l’alignement des astres, permettant des conditions exceptionnellement favorables à la croissance.  Les « astres » en question sont trois : le coût du pétrole, les taux d’intérêts, la valeur de l’euro. Nous avons vécu une période de pétrole peu cher, de taux d’intérêts très bas, et de chute de la valeur de l’euro très favorable pour nos exportations. Jamais  les conditions n’auront été aussi favorables à l’Europe,  mais la France n’en a guère profité et a échoué à enclencher un cycle d’expansion solide.  Elle se traine avec une croissance de 1,3% en 2016 et ne fera guère mieux l’an prochain si l’on en croit les prévisionnistes. Or les stimulants sont en train de s’effacer ou se renversent : la  croissance ne pourra alors que ralentir ! Evidemment rien n’est certain, comme toujours. Mais les causes d’incertitudes s’accumulent et l’économie a horreur de l’incertitude.

Les taux d’intérêt remontent fortement.

Ce qui se passe sur les taux d'intérêt américains en particulier et sur les taux en général est même spectaculaire. C'est sur les taux d'intérêt que le plus grand tournant sur les marchés est en train de se jouer. Or ils s'envolent. Le mouvement vient des États-Unis où les taux des emprunts nationaux à 10 ans se traitent en ce moment au-dessus de 2,20% : plus 50 points de base en quelques jours. Et l'onde de choc se propage partout. En Allemagne où le taux d'emprunt à 10 ans était négatif il y a peu, il cote déjà à 0,30%. Ce mouvement avait été amorcé quelques jours avant la victoire de Trump mais c'est effectivement elle qui a provoqué cette remontée. Car les marchés l’interprètent comme  la fin des politiques d'austérité et le début des politiques de relance, comme la fin de la rigueur fiscale et le retour d'éventuels déficits et surtout comme la fin de la déflation et le retour possible de l'inflation. De fait, le programme de Trump est de type keynesien avec relance par les grands travaux,  la baisse des impôts, le retour de la politique d’endettement et le protectionnisme. On aura l’occasion de développer tout cela.

La guerre du pétrole peut recommencer.

Et ça aura des répercussions sur le prix du baril. Inévitablement.  Pourtant on avait découvert que l'Iran inondait le marché en augmentant sans arrêt sa production si bien que les instituts spécialisés ne voyaient aucun ralentissement de l'offre de pétrole dans les 5 à 10 années à venir. Il a fallu une fois de plus que l'Arabie Saoudite intervienne pour limiter la casse. Pour cette dernière, le pétrole ne doit pas baisser en dessous de 50 dollars et elle fera tout pour qu'il se maintienne au-dessus de ce niveau. Elle veut, en fait, le maintenir dans une fourchette de cours de 50 à 60 dollars, le temps qu'elle organise la mutation d'une économie 100% tournée vers pétrole en une économie plus diversifiée. Cela fait d’ailleurs plusieurs mois maintenant qu'elle a sifflé la fin de l'effondrement des cours,  effondrement qu'elle avait voulu pour fragiliser l'industrie du pétrole de schiste américain. Trump a expliqué pendant sa campagne qu'il bloquerait toutes les importations de pétrole pour favoriser l'industrie nationale et pour que les États-Unis soient définitivement indépendants en matière d'énergie. Et du coup, l'Arabie Saoudite a menacé Trump : le ministre de l'Énergie saoudien n’a pas pris de gants : à savoir que les États-Unis auraient plus à perdre qu'à gagner à bloquer les importations car l'Arabie Saoudite et ses alliés de l'OPEP prendront des mesures de rétorsion qui auront de graves conséquences pour la croissance américaine. Bonjour l’ambiance,  d’autant plus que Trump a été élu depuis ! Mais on peut compter sur l'Arabie Saoudite pour reprendre la main à tout prix, c'est pour elle un enjeu majeur pour son avenir.

Le commerce mondial s’essouffle.

Le signe : les  exportations chinoises en baisse.  Le grand pays d’Asie commence à rééquilibrer son économie vers la consommation intérieure. Le FMI a élaboré un scénario de « hausse généralisée du protectionnisme sous forme d’un relèvement des barrières tarifaires et non tarifaires ». Cela conduirait forcément à amputer la croissance mondiale. Or, nous avons déjà en Europe le Brexit qui pourrait alimenter cette projection, et maintenant les Etats-Unis avec les promesses « trumpettes »  de taxer à 45% les importations chinoises et 35% certains produits  mexicains, et  aussi de geler le TAFTA. De quoi rendre asthmatique une croissance mondiale déjà poussive et sans souffle. Ces évolutions politiques rappellent furieusement celles menées  dans les  années trente, mais heureusement, il parait que l’Histoire ne se répète jamais.

Les  quatre vulnérabilités de la France, plus une…

Et la France dans tout ça ? Elle aborde cette nouvelle ère qui s’ouvre avec quatre facteurs de  vulnérabilité : une croissance insuffisante malgré les rodomontades pitoyables de Sapin-les-bas-roses, un déficit public excessif qui n’a pas fait l’objet d’une volonté politique suffisante pour le diminuer, un chômage  de masse que les coûteuses  mesures en trompe l’œil tendent à faire baisser tangentiellement mais partiellement sans rien résoudre, et un handicap de compétitivité qui n’a pas été réduit. Ce sont les faiblesses que tentent de corriger les projets des candidats de la primaire. Ils supposeraient que toutes choses restent égales par ailleurs et que les efforts considérables que cela demandera puissent  être menés dans un contexte favorable. Et de ce point de vue, malheureusement, il faut craindre que cela ne soit pas le cas. Encore faudrait-il ajouter un handicap supplémentaire : la facture laissée par la gauche de 25 à 30 milliards supplémentaires qu’il faudra bien financer. Aussi, les candidats devraient-ils prendre en compte ces données dans leur chiffrage. Sinon, c’est le  risque de faire des  promesses qui ne seront pas tenues une fois de plus. Même si la faute ne leur en incombe  pas  -on ne sait pas de quoi demain sera fait- le  peuple en jugera autrement. Un boulevard pour Marine Le Pen et le populisme !

Le débat à droite.

Deux sondages Ifop et Kantar-Sofres confirment l’ascension de François Fillon. Cette tendance permet même d’envisager une victoire de l’ancien Premier ministre si, d’ici le premier tour, il gagne encore plusieurs points. Pour le moment, la percée de François Fillon se fait au détriment de Bruno Le Maire, d’Alain Juppé mais aussi de Nicolas Sarkozy qui ne progresse pas ou perd quelques points. Mais le plus surprenant, c’est l’attaque virulente de Jean-François Copé contre lui. Bien qu’il n’ait aucun espoir de figurer au second tour, ce dernier reprend quelques arguments éculés, comme la participation de l’ancien Premier ministre à toutes les actions de son président. Nul ! Mais avec cette nouvelle donne, le  débat de  jeudi soir risque d’être tendu. Tout dérapage sera catastrophique.  Ce n’est pas le moment, alors que Mister Macron annonce sa candidature en souhaitant jouer les trouble-fête à gauche comme à droite, de perdre de vue l’objectif : désigner le meilleur candidat et se retrouver tous derrière ensuite. Ils feraient bien de profiter  de ce dernier moment de confrontation pour aborder les sujets fondamentaux que sont l’avenir de la France dans l’Europe et la nouvelle donne créée par l’élection américaine. Et surtout ne pas faire comme si ça ne changeait rien ! Bref, comment comptent-ils adapter leurs propositions en cas de modifications importantes du contexte international dont nous dépendons avec évidence. Sinon, il sera plus prudent de voter pour le plus... prudent, si on veut éviter encore une fois la déception post électorale.

La réalité a un gros défaut :  elle est têtue !

 

 


LA PLAISANTERIE A ASSEZ DURE !

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Les sujets ne manquent pas en ce moment. 

Il faudrait dire deux mots sur les taux qui remontent rapidement et qui menacent terriblement notre dette, il faudrait évoquer les suites de l’élection de Trump et ses premières reculades, celles du Brexit avec les établissements financiers qui pensent à quitter Londres, il faudrait faire le point sur la primaire de la droite pour laquelle les risques de dérapage en vue du dernier débat augmentent, il faudrait se pencher sur la menace qu’on nous cache d’un « trou noir » électrique au cours de l’hiver si jamais il est rigoureux… Bref, il y a  pléthore de sujets pour alimenter le bloc-notes, sur lesquels je reviendrai, naturellement. 

Notre-Dame des Landes : on sort enfin du brouillard.

La cour administrative d’appel de Nantes n’a pas suivi les réquisitions du commissaire public. On savait que celui-ci était partisan, mais les attendus du tribunal sont suffisamment fouillés et documentés pour justifier la sentence. Les travaux vont donc pouvoir commencer. Bien sûr, il y aura un recours devant le Conseil d’Etat : c’est ce que les opposants savent faire de mieux avec leurs manif’, mais ils ne sont pas suspensifs. Il  faut donc évacuer les récalcitrants dans les plus brefs  délais. 

Que faut-il de plus ?

Voilà un projet qui est en développement depuis près d’un demi-siècle. Il n’en est pas moins nécessaire et adapté aux besoins de la Région, contrairement à ce qu’affirment ses détracteurs. On sait depuis très longtemps que Château-Bougon n’était pas adapté, ni par son emplacement au sud-ouest de l’agglomération nantaise, ni par son environnement qui l’enclave entre la ville et  le lac de Grand lieu, zone naturelle protégée. Voilà un département qui s’y est pris très tôt pour constituer une réserve foncière petit à petit en rachetant les terrains. Toutes les  procédures de concertations ont été utilisées. Tous les acteurs locaux sont d’accord, toutes tendances politiques confondues, excepté une poignée d’écologistes qui ne pèsent pas grand-chose électoralement. Tous les recours ont été épuisés, sauf à en trouver encore et toujours.  Le gouvernement a voulu un referendum : il a eu lieu et le peuple a tranché. Il serait temps que la loi et l’ordre public s’imposent ici comme ailleurs. C’’est une question de principe républicain et aussi de respect de la démocratie.

Ecologistes de comédie.

L’écologie a le dos large. Ceux qui s’opposent au projet sont avant tout des malthusiens, anticapitalistes et libertaires, dont la construction de l’aéroport est avant tout un prétexte pour semer le désordre et affronter l’Etat. Leur combat n’a rien à voir avec l’écologie. On ne va pas nous refaire le coup du « scarabée pique-prunes » qui a bloqué la construction de l’autoroute La Mans Tours pendant de nombreuses années. A Notre-Dame des Landes on nous parle de je ne sais quel triton et de « zones humides » à sauvegarder.  Tu parles ! Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours entendu parler de cette zone comme de terres ingrates, pauvres : des landes comme on dit souvent en Bretagne. C’est d’ailleurs pour cette raison que le département de Loire-Atlantique avait préempté ce coin-là plutôt que des parties du territoire plus prospères. Et sur le plan écologique, ils oublient de prendre en compte les populations de l’agglomération nantaise,  survolées en permanence par les avions qui atterrissent et décollent, toujours plus nombreux, avec les pollutions  inévitables de l’air et en bruit, sans parler de la dangerosité liée à un accident toujours possible…  Quand on arrive par le sud, c’est le lac qui est survolé et ça n’est  pas mieux.

Le projet est sérieux.

Je ne vais pas ici développer tous les arguments économiques, tant ils sont évidents. L’aéroport actuel  est saturé chaque année un peu plus longtemps. Le développement aérien est une donnée essentielle de la croissance économique de la Région. La croissance du trafic en fait l’un des aéroports les plus dynamiques de l’hexagone et l’accueil des passagers y devient  problématique tant les locaux sont inadaptés et indignes d’une métropole telle que Nantes. Les tenants de la « décroissance » vous expliqueront que la  pollution aérienne est de plus en plus nocive. Ils n’ont pas tout-à-fait tort. Mais c’est compter sans le progrès : les moteurs des avions modernes sont déjà beaucoup plus optimisés et qui peut dire ce qu’ils seront dans trente ou quarante ans ? Le projet « Solar Impulse » montre une voie d’avion sans pollution … Et on ne construit pas une telle infrastructure pour quelques années.  Alors bien sûr, on peut très bien ne pas faire de nouvel aéroport, retourner à la calèche et à la lampe à huile et vivre comme des Amish. Et combien de chômeurs ? L’aéroport et les infrastructures qui permettront d’y accéder c’est d’abord du travail et surtout c’est l’avenir !

Maintenant, il faut évacuer la zone  indûment occupée. Manu militari s’il le faut. Le plus tôt sera le mieux. Il faut s’attendre à des affrontements musclés puisque nous avons sur place des gens qui n’attendent que ça. L’Etat ne va quand même reculer devant une poignée d’irréductibles, fusent-ils déterminés à en découdre. Voilà un bon test pour Manolito, s’il veut manifester son autorité, au moment où il s’apprête à être candidat.  Il remonterait dans mon estime !

 


MACRON : UN « FAUX NEZ » POUR DEMOCRATE CREDULE.

Macron enjoleur

La candidature à la présidentielle d’Emmanuel Macron est un secret de polichinelle depuis le début.   Mais c’est un nouveau lièvre qui est en train d’être levé. Celui que l’on croyait inscrit dans un scénario « au cas où », voulu par le démiurge de l’Elysée pour prendre sa place en cas d’empêchement de candidature, seulement la créature a échappé à son maître qui n’a pas su lire l’ambition démesurée dans les yeux de son poulain.L’enjeu maintenant est de prendre de vitesse le candidat Hollande dont on voit bien jour après jour que rien ne pourra le faire renoncer à briguer un second mandat. Celui qui ne devait être qu’un auxiliaire  devrait  donc  pousser les feux et sortir du bois plus tôt que prévu, avec l’espoir ténu de lui barrer la route quitte à être candidat contre lui. 

L’insoutenable suspens.

Cette officialisation imminente de son entrée en campagne met donc  fin à un insoutenable suspens. La langue de bois du « cheminement », de la démission au porte-à-porte puis au projet avant de passer à l’acte, a ses limites. La dernière inconnue reste la date exacte. La machine Hollande s’est effondrée si vite et si fort qu’il a bien fallu revoir les plans. Pour Macron, il  n’y a plus de marche arrière possible. Il va donc se présenter : à 38 ans, ce sera le plus jeune des prétendants à la magistrature suprême de l’histoire de la Vème république. Aura-t-il réussi à inverser l’ordre naturel des choses à l’égard de son ancien mentor, on le  saura  bientôt. Il  n’est pas évident que sa candidature soit bien perçue par un électorat qui, bien que troublé  par le mauvais  jeu présidentiel,  reste néanmoins suspicieux à l’égard des changements de pieds du troublion. Jeune, donc candidat du renouveau. A voir !

Un pur produit du « système ».

En fait de renouveau et de candidat qui se dit hors du « système », Macron en est un pur produit. Il appartient clairement à la gauche « caviar » boboïsante. Il en a tous les tics et même les tocs. Sans parler de son éthique en toc, qui lui permet de fouler gaillardement  ce qu’il a adoré hier, de cracher dans la soupe après s’en être gavé. Son CV parle pour lui et est éloquent. Macron, un « marginal » ? De qui se moque-t-on. D’original il n’a pour lui que le fait d’avoir épousé une jeunette de vingt de  plus que lui. Mais passons. Pour le reste, il a le profil « académique » bien dans le droit fil de tout politicien contemporain en France. Sorti du prestigieux lycée Henri IV à Paris, il poursuit par une classe préparatoire hypokhâgne-khâgne dans le même établissement, puis un DEA de philosophie à Paris-X. Après deux ans passés à Sciences Po, il obtient le concours de l'ENA en 2002, dont il sortira inspecteur des finances. Tiens, comme qui déjà ? Un certain François … Hollande ! Son parcours ensuite, on le connait : Inspection des Finances, banquier associé chez Rothschild, Secrétaire  Général adjoint de l’Elysée puis Ministre des Finances. Il n’y a que  les gogos qui mordront à l’hameçon du candidat « anti-système » alors qu’il en est un produit les plus réussis, celui de la formation et du recrutement des élites !

Le « Lecanuet » du pauvre.

Avec son sourire permanent, il fait penser à Jean Lecanuet quand il avait été candidat contre le Général De Gaulle : on l’avait surnommé « Dents blanches » à l’époque. Même stature aussi.  Sauf que Lecanuet était l’héritier d’une famille politique solide et bien ancrée, le MRP, et pouvait s’appuyer sur un fonds de commerce électoral autrement plus structuré que le petit monde macronmaniaque. Aussi on attendait avec impatience, et même curiosité, le fameux projet, fruit de  la  collecte  en porte-à-porte d’En Marche. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce qui est  dévoilé  pour l’instant n’est pas de nature à chambouler la planète électorale. Il s’attaque aux  tabous  de la gauche avec les 35 Heures qu’il veut assouplir en fonction de  l’âge du capitaine, et une modulation de  l’âge de départ en retraite selon les  individus et les situations. Sous Giscard, on appelait ça la « retraite à la carte ». Il plaide pour un assouplissement du Code du Travail et l’adaptation des allocations chômage à la situation économique… C’est réinventer l’eau chaude et le fil à couper le beurre ! Un vrai libéral (de gôche) après avoir été le complice de l’assommoir fiscal.

La démocratie des crédules.

Il est important que Macron se déclare le premier. Enfin avant Hollande et  aussi précéder la désignation du candidat de la droite et du centre. Jeu politicien pour tenter de dissuader des électeurs du centre-gauche, déçus du hollandisme, de participer à la  primaire. Encore que je ne pense pas  qu’il soit en mesure de faire de l’ombre à un Juppé. On constatera surtout que sa pratique  politique n’a rien d’innovante et utilise toutes les vieilles ficelles politiciennes. S’il s’agit de se différencier par les  gadgets, on a ça aussi dans le magasin à droite avec NKM. Mais on n’empêchera pas les constructions médiatiques qui ont été pour beaucoup dans la « Macronite » :  c’est un milieu qui adore tout ce qui crache dans la soupe.Par sa démarche dite « participative », on pourrait dire que Macron pratique un populisme mondain. Mondain, parce qu’il faut savoir d’où vient l’argent et parce qu'il peut plaire à une certaine bourgeoisie "jamais contente". Alors il y aura toujours des crédules pour y voir de la nouveauté, notamment avec les réseaux sociaux et tout ce qui y circule en informations, surtout fausses. Une force coordonnée ou non qui se nourrit de tout et principalement des frustrations comme la démocratie sait en créer, de raisonnements captieux auxquels la dérégulation du marché de l’information et une armée d’idiots utiles assurent la diffusion. Je préfère penser qu’il existe encore des femmes et des hommes qui choisissent la raison contre cette forme d’obscurantisme qui désormais fait plus que nous menacer. A chacun son rôle : aux élites de phosphorer, au peuple de choisir. Pas l’inverse.

 


TRUMPERIE : LE JOUR D’APRES …

Drapeau américain

Vus d’Europe, les Etats-Unis ne sont pas un pays toujours très compréhensible, tant nos cultures sont différentes. Je suis notamment toujours très perplexe devant l’obscurantisme de millions de citoyens qui nient les travaux de la paléontologie et se réfugient dans un créationnisme rétrograde et fondamentaliste, sans parler des multiples sectes qui pratiquent un communautarisme proche de la  ségrégation, qui vouent aux armes un véritable culte, et dont la culture se limite  trop souvent à l’horizon de leur petit état. Mais je reconnais que mon jugement est probablement superficiel. Je suis effrayé à l’idée que ce qui s’y passe pourrait préfigurer notre avenir à plus ou moins long terme.

Arrêtez de prendre le citoyen lambda pour un ignare boiteux !

Depuis hier, dans les journaux  on « décrypte », comme si les  bulletins « Trump » avaient été écrits en hiéroglyphes. Les rois de l’analyse décrypte ce qui, finalement, était évidemment... évident et auraient dû sauter aux yeux : le rejet des élites, la déconnexion de la classe politique et du monde médiatique avec la réalité de l'Amérique, la faillite des sondeurs (récurrente aux US), la révolte des « petits blancs », la précarité galopante…Chacun y va de son argumentaire. Bref, tout était prévisible ! Et, tenez-vous le pour dit, cela vaut pour la France : Juppé devrait baliser et Dupont Aignan se voit déjà en Président !!! Etonnant cette facilité avec laquelle on nous explique maintenant que l'élection de Trump était finalement évidente.  Mieux, on nous explique même que la présidence de Trump est en fait une super nouvelle pour l'économie des États-Unis et l'économie mondiale, et donc pour les marchés. "L'effet récessif des barrières douanières ? - A la trappe !" Mouais, encore faudrait-il accepter de se fier à une bourse sous la morphine de l’argent pléthorique dont le robinet n’est pas encore fermé et qui la maintient en état second !

Trump est un président mal élu.

La participation électorale américaine a été d’environ 55%. C’est le taux le plus bas depuis le duel entre George W. Bush et John Kerry en 2004. Ce record signifie que seulement un quart des Américains (26,4%) inscrits sur les listes électorales a voté pour Donald Trump. Son adversaire a  même fait près de 200 000 voix de plus que lui. Cela ne lui permet pas de contester l’élection,  mais doit être pris en compte quand on sait que celui qui gouvernera bénéficiera des pleins pouvoirs avec les majorités acquises dans les deux chambres et même les nominations  à la cour suprême. Ce type de configuration est extrêmement rare, la constitution américaine étant faite justement  pour la rendre quasi impossible. Donc Trump est mal élu mais dispose d’un large pouvoir. Il n’aura pas d’excuses s’il n’applique pas son programme. C’est une leçon pour tous les abstentionnistes, notamment les jeunes et peut-être beaucoup de noirs déçus d’Obama,  qui sont peut-être parmi les manifestants qui protestent alors qu’ils ont perdu leur droit de contester. L’abstention est toujours une lâcheté qui se paie au prix  fort.

Le programme de Trump.

Parmi les premières décisions que Donald Trump a promis d’adopter dès sa prise de fonctions, figure la suppression « d’Obamacare », la réforme-phare de l’administration Obama. Une priorité à l’ordre du jour confirmée hier par le chef de l’opposition républicaine au Sénat Mitch Mc Connell.

Voici en résumé les grandes lignes du programme. Réalisable, pas réalisable ?

  1. Il est contre le traité Trans-Pacifique et veut modifier le NAFTA avec le Mexique et le Canada.
  2. Il veut rompre l'accord avec l'Iran, se rapprocher de la Russie et remettre en cause le traité de l'OTAN.
  3. Il veut supprimer l'Obamacare (cf. ci-dessus).
  4. Il veut réduire drastiquement les impôts, notamment pour les entreprises (15%).
  5. Il veut une Cour Suprême beaucoup plus conservatrice.
  6. Il veut annuler l'accord sur le climat de la COP 21.
  7. IL veut construire un mur avec le Mexique, bannir l'immigration des Musulmans et expulser les 11 millions d'immigrants sans-papiers.

Dans son discours d’acceptation, il a annoncé qu’il allait doubler la croissance aux Etats-Unis. Comme il vient de gagner, il y aura bien sûr des gens assez naïfs pour le croire. Cela veut dire que le candidat qui a raconté un peu tout et n’importe quoi pendant la campagne continue à mentir et à annoncer des lendemains qui chantent. Il  met en avant comme arguments ses qualités de gestionnaire de l’économie. Le fait qu’il soit milliardaire n’est pourtant pas une garantie suffisante quand on sait qu’il ne connait absolument rien aux rouages de l’Etat américain. La preuve en est que c’est son Vice- Président, Mike Pence, qui va prendre en main la lourde charge des « dépouilles ». Trump est d’autant moins préparé à la tâche qui l’attend qu’il n’avait pas même songé à former son équipe de gouvernement.

Promesses, promesses … et réalité.

C’est un peu un inventaire à la Prévert : en vrac, la baisse des impôts pour les riches et les entreprises, dont on ne sait pas comment elle sera financée, les grands travaux (l’Amérique en a bien besoin tant ses infrastructures ont vieilli) dont on ne sait pas non plus comment ils seront financés, une plus grande liberté laissée aux entreprises, dont on ne sait pas comment elle se traduira en matière d'emplois… Tout ce qu’on ne réalisait pas jusqu'à hier devient possible comme par magie et constitue désormais d'excellentes nouvelles.  Du coup, après sa chute brutale de la nuit électorale, le dollar a retrouvé de belles couleurs avec un euro à 1.0940 $ et il s'est envolé contre le yen à 105.40 yens. L'or a régressé mais reste tout de même très proche des 1300 dollars, preuve que tout le monde ne croit pas au scénario qu'on veut nous vendre. Quant au pétrole, il reste au-dessus des 45 dollars. On peut même se mettre à nouveau à attendre les réunions de la FED, car il n’est  pas certain que les taux remontent à la fin de l’année… Pour l’instant le nouvel élu a d’autres chats à fouetter : il travaille à constituer son cabinet, et ça n’est pas rien. Ah, j’allais oublier : il a eu une conversation de huit minutes avec le Président français ! Enfin, pour terminer sur une note concrète, le Canada contrôle un peu plus ses frontières. En effet, de nombreux Américains affolés par la victoire de Donald Trump cherchent à rejoindre le pays de Justin Trudeau, au point d’avoir fait sauter le site de l’immigration d’Ottawa mercredi matin. La confiance règne !

 

 


DETRUMPEZ-VOUS !

Donald Trump

 

Seul contre tous !

Vous savez  ce qu’a fait Donald ( pas  le copain de Mickey,  l’autre) quand il a vu qu’il gagnait ? Il a ri ! (ouaf , ouaf, !).  Celle-là, depuis le temps qu’elle attendait, il fallait que je la fasse (de rat, dit le Chinois). Bon, reconnaissons que l’hypothèse de Fiorentino du Trump qui ne voulait pas gagner a  fait « splash ! ». On a beau détester le personnage et ses idées nauséabondes, il faut reconnaître le talent de l'artiste  et son énergie à 70 ans (ça, ça peut rassurer Juppé). Le  grand  blond a gagné seul, sans aucun appui, même pas celui de son parti. Le  fait est qu’il  s’est retrouvé seul contre tous : contre les Démocrates, contre les leaders de son parti, contre Obama, contre les élites, contre Wall Street, contre Hollywood, contre la Silicon Valley, contre l'Europe et même contre Jay Z et Beyoncé… C’est tout dire ! Il est tellement seul qu'on se demande même avec qui il va gouverner. Enfin seul n’est peut-être pas le bon mot. La vodka doit probablement couler à flots au Kremlin et wikileaks sabrer le champagne.

Pourquoi Trump ?

Les  docteurs en sciences politiques vont nous expliquer doctement (forcément) qu’il faut y voir là la grande colère des peuples, contre  la  globalisation, la mondialisation, patin-couffin… avec Marine Le Pen en première ligne suivie de la Méluche et pourquoi pas de notre Nicolas. Chacun veut y voir ce  qui l’arrange. C’est un peu faire fi de la réalité. La colère rend aveugle : en voilà un bon exemple.  Oui,  il y a une partie des américains qui est en colère : ce sont les « petits blanc » de la classe  moyenne qui n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de vie d’avant la crise de 2008 et qui en ont payé largement le prix en déclassement social. Ceux-là ont été sensibles au discours populiste du candidat milliardaire, sans se rendre compte qu’ils seront les premiers à payer le prix de ses promesses. Mais, numériquement ils ne sont pas assez nombreux pour avoir fait gagner leur candidat. L’élection de Trump est donc un ultime avatar de 2008 et des subprimes. Est  venue s’y ajouter la déception des deux mandats Obama. Celui-ci n’a  pas  pu aller au bout de ses projets, empêché par un Congrès républicain qui n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues. Les noirs et les latinos se sont probablement davantage abstenus et c’est autant de voix en moins pour Hillary. Enfin, dernière raison, les Démocrates ont présenté en face de Trump, une candidate usée par quarante ans de vie politique.  Et en plus, elle a eu le grand tort d’être une femme. Dans un pays encore très macho, c’était évidemment un handicap.

A quoi faut-il s’attendre ?

D’abord, que Trump sera rattrapé par la réalité. Il a déjà changé de discours. Le roi de la « télé réalité » n’a pas son pareil  pour changer de pied.  Dans son discours de nouveau président, il a changé diamétralement de ton à l’égard de sa concurrente qu’il traînait naguère dans la boue. Comme Reagan dont l’élection avait été l’objet de quolibets sur son incompétence, et qui s'était révélé ensuite un bon président, peut-être y aura-t-il une surprise Trump ? Cependant son programme, s’il est appliqué peut provoquer bien des dégâts. Si on se demande encore s'il y aura un « hard Brexit » ou un « soft Brexit », il ne peut y avoir qu'un « hard Trump ». Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il n'a jamais été soft pendant sa campagne et on voit mal comment il pourrait le devenir alors qu'il devient le maître du monde. D’autant plus qu’il a remporté non seulement l’élection présidentielle  mais obtient en sus la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Il pourra gouverner avec les deux chambres et disposera donc de tous les pouvoirs. L'Europe a déjà du mal à se faire  à l'idée de quatre ans de présidence Trump. Sa victoire doit être vue côté européen comme une très grande urgence maintenant pour nous de prendre en main notre propre destin, notre propre défense et donc notre propre politique étrangère. Nous n’avons que trop tardé, il faut rattraper ce retard. Le contraire de ce qui réjouit MLP. Les Mexicains verront peut-être s’ériger le mur de six mètres de haut le long de leur frontière. Quant au Canada, il va devoir réfléchir à la nécessité de construire son mur, lui aussi, tant le flot de « migrants » américains risque de le submerger.

Conclusion (provisoire).

Ce qui s’est passé aux Etats-Unis dans la nuit de mardi à mercredi est sans précédent. Il ne s’agit pas seulement d’un changement de majorité, il s’agit aussi du basculement d’un peuple de 330 millions d’habitants dans une orientation politique inédite et aventureuse. Les solides institutions américaines sont maintenant au service d’une vision originale, mais qui reste aussi inquiétante aujourd’hui que lorsqu’elle était énoncée pendant la campagne électorale. Donald Trump a prouvé des centaines de fois qu’il était imprévisible et bien que l’exercice du pouvoir soit de nature à le normaliser, on peut craindre qu’il mette en oeuvre les idées, souvent inapplicables, qu’il n’a cessé d’exposer.

Sa victoire est une surprise pour le monde entier. Des politologues très sérieux, d’excellents experts de la politique intérieure américaine, l’ensemble des gouvernements européens, ceux du Proche-Orient et de l’Asie, notamment du Japon, n’ont pas cru qu’elle fût possible. Elle reste aussi une humiliation pour le parti démocrate, pour son électorat, pour la presse et les sondeurs. Tous souhaitaient le succès de Hillary Clinton, peut-être parce qu’elle appartenait au monde connu. Alors, si une erreur d’analyse a été commise, elle est partagée par des centaines de millions de personnes. A un détail près quand même, toute l’Amérique n’est pas derrière le vainqueur, loin s’en faut, malgré sa défaite Hillary Clinton a fait 180 000 voix de plus que lui, ce qui peut générer une hostilité dans la rue,  compte tenu de la violence de la campagne. Il n’empêche, tout le  monde est saisi d’inquiétude, et même d’angoisse, comme en témoigne les titres de la presse en France. Donald Trump a tout à fait le droit de savourer son triomphe, celui-ci n’en est pas moins perçu comme un désastre.

L’argument de la colère n’est guère convaincant, parce que s’il existe un pays plein d’opportunités, où tout le monde peut se faire encore une place au soleil, c’est bien l’Amérique que laisse Obama. Non, ce n’est pas la colère du peuple qui a triomphé de la sagesse conventionnelle. C’est le populisme qui profite de la fragilité des démocraties. C’est la liberté, qui permet à chacun de jeter son bonnet par-dessus les moulins, la liberté d’un Trump qui a pu dire tout et n’importe quoi pour l’emporter, cette liberté des électeurs qui votent non en fonction d’une analyse, mais de leurs émotions. La démocratie de Madame Michu, en quelque sorte, celle du peuple contre les élites, celle qui proclame la supériorité de l’électeur sur l’élu… Le peuple le veut, courbons l’échine ! C’est toujours comme  cela que se terminent les expériences populistes. 

Voilà une leçon que les Français feraient bien de méditer pour 2017 avant de voter Macron ou Le Pen ...

 

 


UNE DICTATURE FASCISTE A LA PORTE DE L’EUROPE !

Erdogan

 

C’est un véritable régime fasciste  qui s’est mis en place en Turquie. 

Plus rien ne retient Erdogan depuis le pitoyable  coup d’état de l’été dernier. Celui-ci sert de prétexte  à  la  plus épouvantable répression qu’un pays puisse connaître.  Les purges sont menées au mépris des règles démocratiques les plus élémentaires et des conventions internationales.  Ce sont 160 médias qui ont été fermés, 35 000 personnes arrêtées,  des milliers de fonctionnaires révoqués, les  journalistes et les universitaires particulièrement ciblés et maintenant les dirigeants du principal  parti d’opposition pro kurdes placés en garde-à-vue. Le tout sur fond de manifestations « spontanées » de  soutien au président, qui promet  le rétablissement de la peine de mort et tient un discours inquiétant quant à l’histoire et aux frontières du pays. Tout cela rappelle aux anciens de sinistres souvenirs  de  « bruits de  bottes » en Europe, qu’il s’agisse  de  l’Espagne, de  l’Italie ou de l’Allemagne.  Vous voyez ce que je veux dire.

L’Europe regarde ailleurs.  

C’est pourtant un pays qui négocie son adhésion pour entrer dans l’Union. Du moins  parait-il  …  Angela Merkel est « alarmée » : on le serait à moins.  L’union européenne se dit « extrêmement inquiète » : avouez qu’il y a de quoi !  Mais que fait-on ? Federica  Mogherini (notre chef de la diplomatie de l’Union pour ceux qui ne le savent pas) n’a  prévu qu’une réunion des  ambassadeurs auprès d’Ankara. Bien faible protestation, Erdogan aurait tort de se gêner.  Même le gendarme américain  « profondément  préoccupé » n’envisage aucune sanction.  Bref, tout le monde fait profil bas. L’esprit de  Munich prévaut face au nouveau grand Mamamouchi qui nous nargue, sachant très bien qu’il a en main bien plus de  possibilités de représailles que les occidentaux n’ont de sanctions. 

Le chantage aux migrants.

C’est que Bruxelles ne tient pas  à ce qu’Ankara dénonce l’accord signé en mars qui permet de juguler l’arrivée des migrants du côté turc. La Turquie tient en main l’un des robinets migratoire et se sert de la crise des réfugiés pour faire du chantage.  L’Union européenne a aussi besoin de la  Turquie pour combattre Daech. Même si celle-ci ne joue pas un jeu très clair et en profite, au passage, pour régler quelques comptes  avec les Kurdes. Elle reste néanmoins une base arrière occidentale, à proximité de la Syrie, en mettant à disposition la base aérienne d’Incirlik.  Qu’on le veuille ou non,  elle reste un partenaire politique et il serait dramatique qu’elle se tourne vers  la Russie. D’où la prudence des Occidentaux.  Mais enfin, la faiblesse n’est jamais une bonne solution.

Une Europe impuissante.

Nous mesurons avec le jeu d’Erdogan toute l’absence d’autorité et de leadership d’une Europe livrée à elle-même et incapable de se projeter. Entre les sanctions russes et l’absence de réaction face aux Turcs, elle montre un vide existentiel.  L’Europe  n’a pas de politique extérieure. Et la France est bizarrement  très silencieuse,  elle si prompte habituellement à défendre les Droits de l’Homme. C’est que Pépère est plus préoccupé par sa candidature et trop occupé à inaugurer les chrysantèmes. Membre de l’Otan, membre du Conseil  de l’Europe, en négociation d’adhésion avec l’Union, la  Turquie est censée respecter les valeurs et les libertés fondamentales, qu’il s’agisse de la liberté  de la presse ou de l’interdiction de la peine de mort. Si Erdogan n’en a cure, alors il faut en tirer  les conclusions et les assumer. Seule l’Autriche est prête à siffler la fin de la partie en suspendant les négociations. Pour l’instant, les autres capitales ferment les yeux. Comme pour « Munich » : la lâcheté ne sera pas sans conséquences et nous aurons de toute façon le déshonneur. Nous n’avons en effet rien de bon à attendre d’un régime islamo-fasciste installé à notre porte.

 


LA DROITE RASSURANTE ET LA GAUCHE INQUIETANTE

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L’héritage d’un quinquennat pour rien.

Plus le temps passe, plus les raisons d’être inquiets s’accumulent. Et  encore, sans tenir compte de l’évolution de la conjoncture internationale très volatile et qui peut devenir beaucoup moins favorable d’ici six mois. Ce qui inquiète, c’est la dégradation continue de nos comptes publics, sciemment organisée par un pouvoir qui fait fi de toutes les alertes, qu’elles viennent de la Cour des Comptes ou du Haut Comité des Finances Publiques. Pas une semaine ne se passe sans un nouveau chèque sans provision. Tout le monde y est passé : fonctionnaires, petits retraités, étudiants, intermittents, … 1 milliard par-ci, 300 millions par-là ! Si on y ajoute les acrobaties financières du budget 2017 avec ses économies imaginaires, ses rentrées surévaluées et ses dépenses minorées, l’addition devient vertigineuse. Encore faut-il évoquer tous les « fonds » que le gouvernement assèche systématiquement et qu’il faudra reprovisionner : il y en a déjà pour près de200 millions d’euros. Quelques exemples : 25 millions sur l’établissement public de sécurité ferroviaire, 70 millions sur le fonds de prévention des risques naturels majeurs, 50 millions sur la caisse de garantie du logement locatif … Bref, on racle tous les fonds de tiroirs pour alimenter une dépense insasiable.

Comme il va manquer autour de 0,5 point de croissance, c’est encore 4 milliards d’euros qui manqueront à l’appel. Au bilan, toutes les décisions prises ces derniers mois représentent plus de 11 milliards d’euros de dépenses supplémentaires plus ou moins financées au budget 2017, 13 milliards d’euros pour le 2018 et pèseront encore pour 9,5 milliards d’euros en 2019. De quoi lester sévèrement le début du prochain quinquennat. Dans ces conditions, jamais la France ne parviendra à réduire son déficit en-dessous des 3% du PIB, ni en 2017, ni en 2018. Notre sous-président peut bien faire le fanfaron et proclamer qu’il a redressé le pays, les Français l’ont déjà destitué dans les faits, avec 3 ou 4% de bonnes opinions. Difficile de faire pire ! En attendant, on se demande bien ce que fera le vainqueur de la présidentielle une fois élu avec untel boulet financier aux pieds, déficit public colossal et dette faramineuse.

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Une droite rassurante.

Le principal enseignement du débat de jeudi dernier est que personne, en définitive, n’a perdu le contrôle de ses nerfs et que même les assauts désagréables n’ont pas nui à la bonne tenue de l’échange. Ce qui n’est pas un fait sans importance si on veut tenir compte des sept caractères très différents. Nicolas Sarkozy, en particulier, a réussi à rester digne pendant toute la soirée, ce qui montre que non seulement il a mûri, mais est capable de descendre dans l’arène démocratique et d’en jouer le jeu, ce qui n’est pas évident quand on a été président de la République. Alain Juppé, égal à lui-même, a continué à tenir un discours toujours aussi transparent et honnête. Nathalie Kosciusko-Morizet a éclairé le débat de quelques réflexions assez drôles. Jean-François Copé, qui n’a plus rien à perdre, a choisi l’humour, et même le lapsus comique. Quant à François Fillon, on doit toujours garder à l’esprit que son programme est le plus complet et le plus abouti. Il n’est pas du genre à fendre l’armure, mais il donne une bonne impression de solidité. Dans les sondages, il est passé devant Bruno Le Maire, qui était censé changer la donne par sa jeunesse et sa personnalité, mais il n’arrive pas à décoller.

Evidemment, on ne peut pas prédire avec certitude que le troisième débat ne provoquera pas une mêlée générale, quand ceux qui savent qu’ils n’ont pas une chance d’être désignés joueront leur va-tout. Cela a peu de chance d’arriver. On sait déjà que la primaire rassemblera entre 2,5 et 3 millions d’électeurs. C’est pourquoi il était indispensable qu’Alain Juppé s’explique sur la nature du soutien de François Bayrou. En effet, le point chaud se situe bien là : il ne fallait pas donner à Nicolas Sarkozy un prétexte valable pour qu’il conteste le résultat du scrutin. Sa promesse de soutenir Alain Juppé s’il est désigné montre qu’il est dans un état d’esprit responsable, qui n’est pas surprenant de sa part. On se souvient de la dignité et de l’élégance de son départ de l’Elysée en 2012. Non seulement l’alternance est au bout du chemin, mais elle peut désormais se produire dans un climat apaisé. Et ça n’est pas rien !

L’heureux élu de 2017 aura-t-il la tentation de considérer qu’un peu de déficit supplémentaire ne serait pas bien grave que ce serait une grave erreur. Les baisses d’impôts et de charges sont nécessaires et il faudra inévitablement engager des dépenses nouvelles : pour les financer sans provoquer la catastrophe financière, il faudra d’autant plus de réformes et d’économies.  Et si l’on veut qu’il n’y ait pas une nouvelle fois de déception des Français, il vaudra mieux annoncer la couleur, faire peu de promesses et ne garder que celles susceptibles d’être tenues.

Le « moins disant » dans la primaire n’est pas forcément le plus mauvais candidat !

 


RETOUR SUR LE 2ème GRAND DEBAT

Débat primaire 2

 

C’était plus animé, mais au détriment du fond.

Ainsi le temps imparti à l’éducation a été sérieusement escamoté.  Dommage, c’était un sujet central.  On a passé beaucoup trop de  temps sur le cas « Bayrou ». A ce sujet, on peut dire que Nicolas Sarkozy a réussi son coup, mais sans déstabiliser Alain Juppé. Les esprits chagrins ne retiendront que les chamailleries, les optimistes les nombreux points d’accord entre les candidats. 

Mon avis (qui n’engage que moi) :

L’émission a été globalement réussie, assez  bien animée, sauf peut-être le passage avec Michael Darmon, plus confus. On a passé  trop de temps à revenir sur le quinquennat de Sarkozy, mais c’est la faute de trois candidats. Le  bilan : deux candidats ont survolé la soirée et sont au-dessus du lot, Alain Juppé et François Fillon. L’ancien président, Nicolas Sarkozy, ne démérite pas par sa connaissance parfaite des dossiers et tire son épingle du jeu sous le tir croisé dont il a fait l’objet.

Le cas par cas :

Alain Juppé : il brille déjà par son élégance, vestimentaire et intellectuelle. Il est clair et évite habilement les flèches qui lui sont adressées sans jamais se départir de sa sérénité. Le procès en mollesse fait chou blanc et il montre ses muscles quand il faut. Un exercice parfaitement maitrisé, donc. Il y a peu de chance que son statut de leader soit remis en cause par ce débat.

François Fillon : toujours aussi précis et documenté, en restant concis. Campe sur son gaullisme de « rassemblement » ce qui lui évite de tomber dans les questions pièges. Avec son anaphore finale, (est-ce de l’humour anglais ?), il a pris un risque : celui de faire résonner le  « moi, président » de sinistre mémoire. Néanmoins, il devrait marquer des points sur le cœur de cible à droite. Il améliore son statut de "présidentiable".

Bruno Le Maire : à l’aise, c’est  l’un des animateurs de la soirée avec son verbe soigné. Son ton incisif met finalement en valeur Nicolas Sarkozy qu’il met en cause trop souvent, directement ou indirectement. A l’écouter, on regrette qu’il n’ait pas été aux manettes au moment de la crise de 2008 ! Trop facile. Toujours pas convaincant sur les mérites de la baisse des impôts qu’il promet.

NKM : elle était en forme ! Visiblement elle a un compte à régler avec Nicolas Sarkozy : elle n’a pas digéré son éviction et le « Grenelle de l’environnement » reste son « grand œuvre ». Sauf qu’on n’est  pas là pour dézinguer le voisin mais présenter son projet, ce qu’elle fait superficiellement. Elle marque sa différence, c’est tout !

Nicolas Sarkozy : c’est quand on l’attaque qu’il est le meilleur ! Du coup il ne peut pas vraiment développer ses propositions. Un peu étouffé par les morsures dont il fait l’objet pendant le débat , elles renforceront son statut plus qu’elles ne l’affaibliront auprès de son électorat. Sa stature d’Homme d’Etat transparait à plusieurs reprises, sur les  migrants,sur les relations internationales. Il réussit à démontrer que Bayrou ne peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors. Calme, et plus détendu qu’au premier débat, il s’en sort bien. Aura certainement marqué des points.

Jean-Frédéric Poisson : il reste l’opni de la soirée. S’il fallait lui donner une palme, ce serait celle du plus « décalé ». On retient qu’être « chrétien démocrate »,  c’est être très à droite et anti-européen. Quelques réflexions frappées au coin du bon sens ne font pas un « président ».

Jean-François Copé : de loin le plus agressif de la soirée, notamment à l’égard de l’ancien président.  Donneur de leçon, il devient vite fatiguant.  Chaque fois qu’un mot commence par « a », on se demande s’il va le sortir. C’est moi, moi et moi… ça se soigne !

La primaire de la droite et du centre commence à tourner en rond.

On se demande à quoi pourra servir le troisième débat. On sait déjà tout ce qu’on doit savoir sur les candidats amenés à se répéter. Le nombre reste un handicap parce qu’il ne permet pas l’approfondissement des réponses.  Il faudra attendre celui de l’entre-deux tours ? Finalement, en dehors des règlements de compte qui font le bonheur de quelques-uns, la confrontation ne sert pas à grand-chose. Je n’y vois qu’un seul mérite : l’excellent niveau de tous par rapport à ce qu’on observe à gauche. La relève est manifestement de ce côté-là.  Pour 2017 avec certitude et on a même de la réserve pour 2022 …

 


PRIMAIRE DE LA DROITE … (suite)

Primaire à droite

 

Le bloc-notes continuera de ne pas prendre parti pour être pleinement disponible quand le candidat sera désigné. Cela n’empêche pas les analyses et de faire part de sentiments,  remarques et commentaires à propos des candidats. Avec un principe : éviter de dire du mal et essayer de faire ressortir le positif… quand c’est  possible.

Voici une photo intéressante à connaître pour le débat sur BFMTV  (origine : L’Opinion)

Selon la dernière enquête Elabe-l’Opinion-BFMTV, François Fillon gagne 4 points et serait à 15 % au premier tour. Bruno Le Maire reste stable, à 11%. Au second tour, le maire de Bordeaux battrait l’ex-chef de l’Etat avec 61 % des suffrages contre 39 %.

A dix-sept jours du premier tour de la primaire de la droite et centre, Alain Juppé continue à faire solidement la course en tête. Selon le dernier sondage de l’institut Elabe réalisé pour l’Opinion et BFMTV du 18 octobre au 2 novembre (soit après le premier débat télévisé le 13 octobre sur TF1), le maire de Bordeaux récolterait 39 % des voix. Stable par rapport à la précédente enquête (qui avait été effectuée du 20 septembre au 12 octobre), il creuserait même son avance sur Nicolas Sarkozy. Celui-ci obtiendrait 27 % des suffrages et serait en baisse de 5 %. Il resterait néanmoins en tête auprès des seuls sympathisants Les Républicains avec 37 % (contre 32 % à Alain Juppé).

Le principal gagnant de ce sondage est François Fillon. L’ex-Premier ministre progresserait de 4 points, avec 15 % des intentions de vote. C’est la première fois dans une enquête Elabe qu’il se retrouve à un tel niveau et occupe la troisième place devant Bruno Le Maire, qui serait, lui, stable à 11 %. « Les deux tiers de l’enquête ont été réalisés le week-end dernier et c’est là qu’un transfert de l’électorat de Nicolas Sarkozy vers François Fillon s’est fait », révèle Bernard Sananès. Il progresse ainsi de sept points au sein des sympathisants LR.

« Cette progression s’est faite après son passage à L’Emission politique de France 2, poursuit le président de Elabe. Mais elle soulève aussi une interrogation : la stratégie d’attaque du centre choisie par Nicolas Sarkozy fonctionne-t-elle ? Même si en masse le nombre d’électeurs LR se disant certains d’aller voter à la primaire et celui de l’UDI est différent, en pourcentage, il est le même : 18 %. Ce n’est pas énorme pour LR. Là où la stratégie de Nicolas Sarkozy bloque, c’est qu’il n’arrive pas à mobiliser ses principaux électeurs : il n’y a pas de surmobilisation des LR et du côté des électeurs du FN, la mobilisation n’est pas très élevée. 6 % de ses sympathisants se déclarent certains d’y participer. »

Voilà qui conforte le ressenti que je manifestais dans mon article d’hier. 

Ci-dessous, la grille d’évaluation pour ceux qui veulent s’y essayer (copier et imprimer, c'est possible avec un clic gauche pour sélectionner et un clic droit "copier  l'image").

Bon débat !

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CHRONIQUE DE LA PRIMAIRE…

Primaire à droite

 

A quoi va servir la primaire de la droite et du centre ?

Pour l’instant elle n’a été qu’un jeu de rôle  avec quelques variantes programmatiques dont on a dit qu’elles étaient plutôt rassurantes pour l’électorat appelé à se prononcer. On aimerait pourtant que le débat aille un peu plus loin et quitte à désigner un leader, puisque c’est le but, voire même  le  prochain Président, autant en profiter pour que chacun des candidats nous dévoile l’horizon positif et les perspectives collectives qu’il compte proposer au pays, en ne se limitant pas aux traditionnels sujets techniques de la baisse des dépenses publiques et autres préoccupations certes légitimes mais auxquelles il faut donner du sens. Car, au-delà de l’élection présidentielle, on sait qu’il faudra affronter la résistance au changement d’une grande partie de la société, qui puise son origine dans la hantise du déclin individuel. Peu nous importe les critiques que les uns ou les autres peuvent faire sur la stratégie suivie par tel ou tel pour capter les voix. Elles peuvent alimenter la querelle, elles ne nous apportent pas de réponses sur l’essentiel. Puisque cette primaire a été l’occasion d’un important effort programmatique, qu’ils (ou elle)  nous en fassent profiter plus largement.

Je ne comprends plus Sarkozy.

Sa campagne s’est focalisée cette semaine sur le soutien que Bayrou apporte à Juppé. Faut-il  y accorder autant d’importance ? C’est faire beaucoup d’honneur au patron du Modem et lui accorder un poids électoral qu’il n’a plus. Je ne comprends plus Nicolas Sarkozy qui manifeste à l’égard de Bayrou la même obsession que Hollande à son égard. Voilà un débat bien inutile. Il est aussi  inopportun.  Au lieu de faire une fixation sur celui qui a  appelé  à voter Hollande et lui donner l’occasion d’exister, Nicolas Sarkozy aurait mieux fait de se montrer magnanime et de passer l’éponge. Il aurait ainsi montré sa capacité à prendre de la hauteur, celle qui convient à l’ancien chef de l’Etat qu’il est, au lieu de se livrer à un règlement de compte qui fait revanchard et le dessert. La droite a toujours autant d’intérêt à être l’alliée du ou des centres, sans qui elle ne peut gagner. Cette croisade a aussi un autre inconvénient,  elle  pourrit la campagne et elle hystérise ses partisans qui pourraient manquer de lucidité si leur héros était battu, pour ensuite refuser de soutenir le vainqueur, ce qui est essentiel ! Il y a des candidats  marginaux qui spéculent sur ce type de comportement. Il y a une donnée de fond que l’ancien président a refusé de voir depuis qu’il est revenu aux affaires, et cela m’étonne de sa part. Tant qu’il y aura une large majorité  de  Français qui ne veut pas de lui à nouveau comme président, ses chances d’y parvenir seront limitées voir nulles. Force est de constater qu’il n’a rien fait qui soit susceptible d’atténuer ce rejet. Au contraire, en pratiquant sa stratégie préférée, celle du clivage à droite, il l’a légitimé aux yeux de ceux qui l’avaient en tête. Il fait donc une mauvaise campagne, comme l’affirme  Jean d’Ormesson, car elle met au second plan les immenses qualités qu’il a montrées à la tête du pays au moment de la crise de 2008 et dont on aurait certainement besoin au cours des cinq ans qui viennent. A moins d’une surprise, Sa défaite est donc envisageable. Mieux vaut s’y préparer !

Fillon à "l’émission politique".

Cette émission est toujours aussi décevante.  Et ce n’est pas la faute de l’invité qui a été  à la hauteur. Mais on l’a confronté  à des interlocuteurs qui ne servent  pas à éclairer le débat.  C’est du folklore, tout au plus. J’ai trouvé aussi la présentation économique de  François Langlet plutôt vicieuse avec des présupposés discutables. Quant  à François Fillon, il est apparu carré et ferme dans ses convictions. Espérons que la franchise paiera, ce qui n’est pas certain dans ce monde de faux derches.  Un parcours sans faute, au cours duquel on n’apprend rien de plus qu’on ne sache déjà, le candidat  étant amené à donner les mêmes réponses aux mêmes questions.  Un bon point  pour sa répartie finale sur l’inopportune Vanhoenacker. La Salamé en était pâle de rage !

Deux choses qui m’agacent chez Le Maire

Bravo  à Bruno Le Maire  pour le tonus de sa campagne.  Il y croit. Il  faut bien, parce qu’il y en a tant qui n‘y croient pas pour lui. Je voudrais lui dire qu’il n’aura pas ma  voix tant qu’il continuera à renvoyer la droite et la gauche du même revers de main.  Non, la droite n’a pas « rien fait » quand elle  était au pouvoir.  Sous Raffarin La  France s’est désendettée et on a fait la réforme des retraites, entre autres. Sous Sarkozy, avec  François Fillon, malgré la crise aigüe de 2008, l’oeuvre de réformes a été intense et immense. La place manque ici pour les rappeler. D’autre part, je suis convaincu, comme Christian Saint-Etienne, que baisser la CSG de 2 points, est une grave erreur qui montre pour le moins une méconnaissance des rouages économiques du pays. La priorité n’est pas de redonner du pouvoir d’achat immédiatement.

Juppé n’a pas l’air…

Mais il connait la musique. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il poursuit sa campagne habilement. Son statut de leader vient de là et non pas des sondages qui ne sont que la conséquence. Il s’est permis deux épisodes cette semaine qui ont fait jaser : une visite dans le 92, ancien fief sarkozyste s’il en fut, et en PACA avec un meeting  à Toulon, accueilli par la  figure emblématique locale, Hubert  Falco. Il fait l’objet d’un « joli » renfort en cette Toussaint , celui de Valérie Pécresse : ça n’est pas rien !

Du mauvais Poisson.

Les sorties du candidat Chrétien démocrate sont parfois surprenantes. Leur teneur est même décevante, quand il dit qu’il n’est pas certain de soutenir le candidat qui sortira de la primaire. Curieux, pour le moins. 

Copé et son pain au chocolat en boomerang.

L’occasion d’une belle partie de rigolade.  Quand on ne mange pas de pain au chocolat, on n’est pas obligé d’en connaître le prix. Il vaut mieux dire qu’on ne sait pas que de sortir des fadaises. Il aurait pu au moins s’y attendre et prendre ses précautions… C’est là qu’on voit que le débat  vole vraiment bas.

NKM  en demi-teinte.

Fait-elle campagne seulement ?

Les Français ont le sentiment que le choix du prochain président de la République se joue maintenant, lors de la primaire de la droite. En effet, la gauche n’a pas de candidat qui paraisse en mesure de figurer au second tour. Il n’est donc pas surprenant que la procédure censée ne concerner que les sympathisants de droite intéresse les électeurs au-delà. Car la tragédie du vide à gauche incite  à faire le tri dans le trop plein de la droite. Une situation que l’on n’a encore jamais connue jusqu’à présent sous la Vème République. Ce paramètre n’a pas été pris en compte probablement quand nos chères grosses têtes ont décidé de faire une primaire  « ouverte » !

Rendez-vous devant le prochain débat, jeudi.