HISTOIRE
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POURQUOI STRAUSS-KHAN N’IRA PAS

CES MAUX DONT SOUFFRE L’EDUCATION NATIONALE

 

Le recul des performances éducatives de la France dans les classements internationaux n’est que l’effet visible d’une dégradation profonde du système éducatif qui vient de loin. La difficulté des ajustements démographiques, une fois le baby-boom passé, a conduit à recruter toujours plus de professeurs pour de moins en moins d’élèves. On pensait ainsi faire face à la « massification » de l’enseignement, notamment dans le secondaire, avec un objectif irréalisable de 80% d’une classe d’âge au bac. En 1997, Claude Allègre avait compris le drame qu’il avait synthétisé dans une formule restée célèbre : « il faut dégraisser le mammouth ». On sait ce qu’il en a suivi.

Le premier mal est budgétaire : bien qu’il soit le premier de tous les budgets de l’état, celui de l’éducation est étouffé par le poids des salaires et des pensions qu’il verse. Il en résulte principalement une paupérisation de la profession. La bouffée d’oxygène procurée par la décentralisation qui a confié la construction et l’entretien des établissements aux collectivités territoriales a rapidement été annihilée par la montée en puissance des recrutements entre 1999 et 2002, relayée par la progression des départs en retraite des enseignants de la génération papy-boom. Une équation insoluble à laquelle tente de répondre le gouvernement actuel en ne remplaçant qu’un départ sur deux.

Le deuxième mal est pédagogique. Le recul des savoirs de nos enfants tient pour beaucoup dans la pédagogie « constructiviste », dénoncée récemment dans une émission de télévision par un autre ancien ministre de gauche, Jean-Pierre Chevènement. Au début des années 80 on a voulu mettre l’enfant au milieu du système, à la place du savoir. Cette pédagogie, issue des écoles Freinet et de ses « classes coopératives » s’est révélée rapidement inefficace dans un enseignement de masse, de l’école à l’université. On a abandonné des filières de diversification en imposant le collège pour tous jusqu’à 16 ans, mettant en échec permanent des cohortes d’élèves que la pédagogie différenciée n’arrivait pas à prendre en compte, malgré la chute du nombre d’élèves par classe. Celle-ci a surtout bénéficié aux enseignants qui ont eu moins de travail. A ce drame se sont ajoutés les délires des « docteurs » de l’Institut Pédagogique National qui ont rendu l’enseignement des math et du français complètement abscons, coupant l’enseignement du savoir des parents par un jargon incompréhensible moqué dans la formule « parler éduc’nat ». Le fleuron de cette pédagogie centrée sur l’élève en a été l’institution sous Jack Lang des « parcours de découvertes », temps obligatoire pris sur les heures d’enseignement de chaque matière sous forme de sujets pluridisciplinaires que les élèves de plusieurs classes regroupées choisiraient en fonction de leurs centres d’intérêts. Bien vu pour un élève de l’Ecole Alsacienne, mais pure vue de l’esprit quand on connaît les références culturelles moyennes d’un collégien de banlieue ! On a oublié l’essentiel : fonder un savoir sur des bases solides.

Le troisième mal est idéologique. Les enseignants ne se rendent même pas compte qu’ils mènent contre le gouvernement un combat d’arrière garde et qu’ils détruisent la « grande maison », un peu comme les dockers du port de Marseille. Enfin pas tous, si l’on en juge des taux de mobilisation aux appels à la grève. Mais tous sont le dos au mur. Par idéologie, ils refusent toute sélection, ils malmènent les tentatives d’individualiser le soutien, au profit de stratégies collectives qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité. De fait, les circulaires qui tentent de remettre le système dans le chemin sont peu ou pas appliquées. Ils enfreignent les consignes de neutralité auprès des élèves et parfois se servent d’eux comme vecteurs de leurs revendications à travers des notes dans les cahiers de classe. On s’étonne ensuite que des parents choisissent les établissements privés.

Remettre la machine sur le chemin des performances sera une tâche de longue haleine. Cela passera par une formation professionnelle solide des enseignants qui ne s’arrête pas aux diplômes universitaires, un recours massif aux technologies de l’information et de la communication, une remise en cause profonde des pratiques de transmission du savoir et du tronc commun obligatoire, un retour à la construction démocratique des élites par le mérite.  Ce n’est pas d’un retour en arrière qu’il s’agit, mais d’une entrée dans le 21ème siècle, pour faire face à des élèves bardés d’outils informatiques qu’ils maitrisent mieux que leurs maîtres. Mais en a-t-on les moyens ?

 

 

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