BRUNO LE MAIRE CROIT AU PERE NOËL

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Notre économie va mal.

La croissance de 2,2% de l’année dernière était due à l’embellie de la  conjoncture internationale,  mais était restée inférieure à la moyenne de nos partenaires de  la zone euro. Pour 2018,  avec  les 0,4% du premier semestre,  il sera  miraculeux d’atteindre  le 1,7%  prévu.  Le taux de chômage stagne à 9,2%.  Enfin le poids de nos échanges dans le  commerce  mondial et dans celui de la  zone euro ne cesse de décliner, signe d’un déclassement inquiétant. L’aspect  le plus grave  de cette dérive tient dans nos comptes  extérieurs, lourdement déficitaires : 62,3 milliards d’euros l’an passé et va  continuer à se creuser avec déjà plus de 33,  5 milliards d’euros pour le 1er semestre,  du fait du renchérissement du coût de  l’énergie. Globalement, notre pays consomme plus qu’il ne produit et cette situation correspond à un transfert de croissance vers le reste du monde. Autrement dit, quand nous relançons artificiellement la  consommation à coups de prélèvements d’impôts  et de déficits  publics pour stimuler notre croissance, c’est celle des pays qui alimentent notre marché qui en profite. Et l’horizon continue de s’assombrir avec le doublement du prix du baril de pétrole (80$) générant une inflation de l’ordre de 2%, ce qui fragilise encore un peu plus les marges de nos entreprises et donc leur capacité d’investissement, d’innovation et d’exportation. Enfin, il faut s’attendre, cette fois pour de bon, à une remontée des taux d’intérêt à long terme du fait du découplage entre les US et la zone euro,  ce  qui mettra à mal la solvabilité de notre dette qui vient de franchir les 100% du PIB (grâce à la SNCF). Voilà une équation budgétaire bien compliquée pour le  gouvernement en cette fin d’année.

Trop de temps a  été perdu.

Hollande peut faire le fanfaron,  les  cinq années de son mandat compteront terriblement par leur immobilisme et la  fuite en avant des déficits et de la dette. Depuis son élection, Macron n’a fait guère mieux. Le CICE qui a légèrement amélioré les marges et les réformes successives du marché du travail pour introduire un peu de flexibilité, si elles étaient nécessaires, n’en ont pas moins été très insuffisantes. En tout cas loin de pouvoir attaquer le chômage structurel de notre économie qui pèse 7 à 8% et qui limite la croissance potentielle autour de 1,7%. Le  gouvernement a bien compris qu’il fallait s’attaquer au problème de la formation,  mais les choix qu’il a faits, avec  la  loi qui vient d’être votée pour l’apprentissage et la formation professionnelle, ne sont pas  les  meilleurs. Au  lieu de s’appuyer sur les Régions dont c’est la compétence et qui pouvaient en plus abonder les efforts de l’Etat en faisant levier, celui-ci les a écartées. Et tant qu’on ne se posera pas la question de la pertinence de nos dépenses  publiques (56,4% du PIB) en prenant le chemin des économies, tant que la  France ne choisira pas d’abandonner la modèle social ruineux qui la dévitalise pour le  modèle de compétitivité, elle ne pourra pas régénérer son tissu industriel  qui ne pèse plus que 11% du PIB, un des plus faibles de l’Union européenne, moitié moins que l’Allemagne.

Le mirage de la loi PACTE.

Le Ministre de l’Economie compte beaucoup sur la loi PACTE, dont il a obtenu qu’elle soit discutée en urgence, pour doper nos entreprises et la croissance.  D’abord il ne faudrait pas  en attendre des effets immédiats, car  il faut tenir compte du parcours  législatif et du délai de publication des décrets d’application puis le temps d’appropriation par les chefs d’entreprises. Mais son contenu, comme toutes les lois macroniennes, est ambigu. Certes, le projet contient quelques avancées,  comme le « gel des seuils » : une entreprise devra avoir dépassé les 10, 50 ou 250 salariés pendant cinq ans consécutifs avant de se voir appliquer les taxes et obligations liées à ces passages de seuils. Et le seuil des 20 salariés est supprimé. De quoi faciliter l’embauche dans nombre de TPE et PME.  Bon point aussi pour la simplification des démarches pour créer une entreprise. Mais, « en même temps »,  la loi complexifie le rôle de l’entreprise en lui accolant un objectif social et environnemental, et de nouvelles contraintes sociales pour en rendre la gestion plus « démocratique »… De nouvelles usines à gaz en perspective. Le fait de vouloir une « entreprise inclusive » dont l’intérêt et l’apport positif soit bien compris par nos concitoyens ne remplacera  jamais la première nécessité qui est de reconstituer leurs marges laminées par leur insuffisante compétitivité et surtout par la pression insupportable des charges de la fiscalité qu’elles supportent. Un débat qui renvoie à  la pertinence de nos dépenses publiques. Et comme cela ne suffit pas, le gouvernement leur colle sur le dos,  dès le 1er janvier prochain,  la mission « régalienne » de la collecte de l’impôt sur le revenu avec le « prélèvement à  la source ». Une charge dont elles se passeraient très bien.

Je cherche vainement dans tout cela le chemin salutaire de l’effort et de la vertu, le seul qui pourrait enrayer la glissade de plus en plus accélérée de notre déclin. Les mêmes causes  provoquant les mêmes effets, le rafistolage du budget 2019 à coups de rabots  par-ci, de désindexation des pensions par-là, il serait étonnant que la France se redresse. Entre les beaux discours et la réalité… On peut toujours croire au Père Noël !

 


LA VICTOIRE DES TECHNOCRATES DE BERCY

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L’école avait ses « pédagogistes », Bercy a ses « inspecteurs des Finances », des technocrates fiscalistes les meilleurs du monde.  On n’en doutera pas  à voir leur capacité d’invention de taxes en tous genres et à constater tout ce qu’on paie. Enfin,  ceux qui paient. En effet,  en ce qui concerne l’impôt sur le revenu, seuls 43%  des  Français  y sont assujettis. Mais leur  capacité essentielle tient probablement dans leur  faculté à obscurcir  le  discernement de nos politiques. Ainsi, les commentateurs avisés  n’hésitent pas à affirmer que la  décision prise  par  le  Président de la  République est d’abord une victoire de Bercy. Il est  pourtant évident que c’est une mauvaise décision et qu’il en paiera à coup sûr le prix, le  moment venu. Pour l’heure, il importait à Macron d’affirmer son autorité ébréchée par un été qui l’a sérieusement mise à mal. Sévèrement ! Il n’y a plus que 23% des Français qui lui soient favorables.

Pour la fiscaliste Virginie Pradel, présidente de l'Institut Vauban, le prélèvement à la source n'est concevable que si le système fiscal est simple - or celui de la France  se caractérise par une extrême complexité. Mais rien ne fait peur  à nos experts de Bercy. Ce sont parait-il des « dentelliers » de  la fiscalité et ils sont capables de s’adapter aux situations les  plus compliquées. Ainsi,  pour un célibataire qui dispose seulement d'un salaire, sans recourir aux niches fiscales, le prélèvement à la source va lui simplifier la vie,  mais pour un couple dont les montants sont très différents, la situation sera beaucoup plus complexe. Si madame perçoit un salaire nettement inférieur à celui de son mari, et qu'elle ne veut pas que son employeur ait connaissance du montant des revenus du foyer fiscal, elle pourra opter pour un taux non individualisé, c'est-à-dire ne prenant en compte que son salaire, à l'exclusion des revenus de son mari. Une telle option l'obligera à verser chaque mois un complément d'impôt sur le site internet de la DGFiP. Et cela tourne au casse-tête, notamment lorsque les modalités de recouvrement de l'impôt sont distinctes, selon le type de revenu : ainsi, l'impôt sur les honoraires ou les revenus locatifs continuera d'être versé directement par le contribuable, selon de nouvelles modalités, et non prélevé. Une usine à gaz !

On oppose aux détracteurs du prélèvement à la source que la quasi-totalité des pays européens ont opté pour ce mode de récupération de  l’impôt. Mais en France, l'impôt est calculé au niveau de la famille, contrairement aux autres pays où l'impôt est individualisé et il existe généralement beaucoup moins de crédits et réductions d'impôt chez nos voisins européens. Avec un impôt aussi complexe que le nôtre, un tel prélèvement relève de la gageure.  Il  ne faudra pas s’étonner s’il y a des dysfonctionnements, malgré les assurances de M. Darmanin. Mais c’est lui qui en paiera la facture et pas les technocrates planqués dans leur bureau. Il ne faudra  pas qu’il vienne se plaindre.

Et,  de plus,  ce  n’est pas  aux entreprises de prélever l'impôt pour l'Etat. Ce n'est pas leur rôle. D'autant qu'elles ont déjà à prélever plusieurs milliards de cotisations sociales et même d'impôts, comme la TVA et la CSG. La réforme risque de changer le climat des  relations patron-salariés. Et  elles n’ont pas besoin de cette surcharge de travail  alors qu’elles luttent  pour préserver un  peu de compétitivité. Les Républicains par la  voix d’Eric Woerth et de Christian Jacob ont proposé  un système de mensualisation modernisé bien plus simple à mettre en œuvre et sans passer par les entreprises. Mais voilà,  c'est « le vieux monde », on ne peut donc pas le prendre  en considération.

D’ailleurs le  gouvernement craint par-dessus tout le double effet psychologique et récessif de  la  mise en place du prélèvement fin janvier. D’autant plus que la  croissance annoncée pour 2019 est plutôt  morose. Aussi multiplie-t-il  dans l’urgence les gestes notamment en faveur des contribuables qui pratiquent la « défiscalisation » pour qu’ils n’aient pas à avancer la totalité de leur dégrèvement d’impôt. C’est là qu’on s’aperçoit qu’avec nos technocrates, ce qui n’était pas  possible hier, le devient aujourd’hui. Mais entre 200 et 300 euros de moins sur la fiche de paie, cela se ressent, et la consommation pourrait en pâtir. La communication de Bercy se veut résolument optimiste,  mais elle fait volontairement l'impasse sur certains aspects négatifs pour le contribuable. L'opinion n’a pas conscience que pour obtenir le remboursement d'un surplus d'impôt prélevé, elle devra attendre plusieurs mois. Qu’il y ait des « bugs »,  c’est inévitable, mais ils ne concerneront plus les avis d'imposition, mais directement les prélèvements sur salaires... Ce qui change tout.

Le  débat sur le  prélèvement à la source ne doit  pas occulter les dernières mauvaises nouvelles en provenance de l’INSEE : Le déficit et la dette publics de la France ont été révisés en raison du reclassement de SNCF Réseau comme administration publique et de la prise en compte du coût de la recapitalisation l’an dernier du groupe nucléaire Orano par l’Etat. Le déficit public à fin 2017 s’inscrit dorénavant à 2,7 % du produit intérieur brut, après 3,5 % fin 2016, soit 0,1 point de plus qu’annoncé précédemment pour ces deux années. La dette publique monte de son côté à 98,5 % du PIB fin 2017 après 98,2 % fin 2016, contre respectivement 96,8 % et 96,6 % auparavant.Ces révisions tombent à un mauvais moment pour le gouvernement, déjà contraint de revoir ses prévisions pour 2018 pour tenir compte du ralentissement de la croissance.

C’est pourquoi aussi Bruno Le Maire pousse les  feux sur la  nouvelle loi « Pacte » dont il  attend qu’elle soutienne la croissance. Nous analyserons son contenu,  mais encore faut-il qu’elle fasse le  parcours  législatif et ensuite que les décrets d’application sortent… Au mieux pour  l’été 2019.   En attendant, la France continuera d’aller dans le mur.

 


LE « POUVOIR D’ACHAT », CURIEUSE OBSESSION

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Le sacro-saint « pouvoir d’achat ».

Darmanin prétend baisser les impôts pour donner du « pouvoir d’achat » aux Français, Wauquiez  veut « qu’on rende l’argent aux Français »  avec  le même but. Si on regarde à gauche et du côté  des extrêmes, on trouvera des discours ayant la même préoccupation avec des modalités  différentes…
Bref,  le « pouvoir d’achat » c’est l’alpha et  l’oméga de la politique française. S’il  y a des revendications pour l’augmenter, je n’ai trouvé personne pour expliquer vraiment d’où il vient,  et c’est pourtant essentiel.  Le « pouvoir d’achat » des ménages n’est que la résultante de la richesse produite qui permet aux entreprises et à l’Etat de verser des salaires. Excusez-moi d’enfoncer le clou !

On peut comprendre la nécessité de l’augmenter en période d’inflation pour compenser la hausse des prix ou pour partager de la meilleure façon une prospérité effective. Pourtant la France n’est pas dans une période d’excédent de richesse, ce serait plutôt  l’inverse,  quant à  l’inflation, elle vient tout juste de redémarrer à 2,3% après une longue période de stabilité des prix. Alors cette idée fixe d’augmenter le « pouvoir d’achat »  doit bien avoir une justification. Et cette justification, on la connait, elle est une aberration économique : il faut augmenter le « pouvoir d’achat » pour relancer la croissance par  la consommation.

Le jeu malsain de l’Etat-providence.

Comme les entreprises ne sont pas en situation de pouvoir augmenter les salaires, à quelques exceptions près, c’est la puissance publique par  le  jeu de la fiscalité qui va se charger d’en distribuer.  On va donc ponctionner  les  uns pour redonner aux autres,  avec  une justification imparable –la justice sociale-, de façon à relancer la production par la consommation. Créer une demande pour augmenter l’offre… Au passage, précisons que comme  le niveau de ponction fiscale a atteint un niveau quasi-confiscatoire, nos technocrates augmentent la marge de manœuvre en recourant à l’emprunt,  qui gonfle la dette.  Tout irait pour le mieux si c’était les entreprises hexagonales qui profitaient de la  manne providentielle. Mais nous sommes en économie ouverte  et il y a belle lurette que les chemises, chaussures, articles ménagers et autres smartphones ne sont plus fabriqués chez nous. Ce sont donc les  entreprises chinoises, indiennes ou coréennes qui vont être mises à contribution et donc des produits importés que nos concitoyens vont acheter.  Pour 100€ de « pouvoir d’achat » supplémentaire, 70€ vont aux importations. De ce  fait, notre balance du commerce extérieur est lourdement déficitaire.

Nos politiques marchent sur la tête.

La  quête du « pouvoir d’achat » est profondément démagogique. Le poids des prélèvements obligatoires, des charges et de la fiscalité la plus lourde d’Europe font déjà que notre croissance potentielle endogène est poussive, entre 1% et 2% du PIB. En la stimulant artificiellement, comme nous faisons depuis plus de trente ans (rappelez-vous la « cagnotte » de Jospin, sous Chirac), et en exceptant celle de 2010, vraiment utile, justifiée par la crise de 2008, nous creusons un peu plus à chaque relance, déficits, dette et chômage… Pour une raison toute simple : le petit plus de recettes du PIB produit par 1,5% de croissance, soit environ 35 milliards d’euros, avec son cortège négatif d’augmentations d’impôts et de déficits publics, est largement repris par les 65 milliards de déficit commercial, même si les produits importés génèrent de la TVA. En réalité, à chaque fois,  la France s’appauvrit un peu plus. Et comme notre contexte socio-économique est déprimé, la croissance induite s’essouffle tout de suite si elle n’est pas confortée par l’environnement extérieur. Ce qui vient de se produire : 2,2% en 2017, 1,7% (peut-être) en 2018, 1,5% prévu en 2019.

Il y aurait mieux à faire.

Il faudrait arrêter de prendre  le problème à l’envers et commencer par se  préoccuper de restaurer notre capacité  à créer de  la richesse  en redonnant à toutes nos entreprises, pas seulement les grandes, les marges de manœuvre nécessaires. La tâche est énorme, tant le retard accumulé est important. Il faut que nos entreprises  se  modernisent, rattrapent leur retard en robots  et en informatique, se spécialisent davantage, ce  qui nécessitent des investissements sur plusieurs années.  Il faut susciter les vocations exportatrices : nous n’avons que 124 000 entreprises tournées  vers l’export quand les Allemands en ont 300 000. Il faut permettre aux start-up  de devenir PME,  et aux PME de devenir ETI. Cela suppose des politiques fiscales adaptées avec un allègement drastique des charges, il faut   moderniser les rouages de support à l’action internationale,  comme le fait la Région des Pays de la Loire. Nos gouvernants devront avoir  la  force  d’âme de résister à l’appétit des investisseurs internationaux pour notre dette, ce qui maintient des taux encore très  bas et entretient la facilité de l’emprunt. Il faudrait certainement travailler  plus et revenir enfin sur les 35 heures qui coûtent 20 milliards par an à l’Etat. Et viser le plein emploi qui sera la récompense  des  efforts déployés. Personne ne parle du plein emploi ! Pourtant l’atteindre éviterait  bien des réformes compliquées dès lors que les cotisations seraient au rendez-vous ! Ensuite, le temps viendrait d’augmenter le  « pouvoir d’achat »… comme la résultante logique, une fois notre balance commerciale rétablie. Après, et seulement après !

Quand j’entends que nos technocrates au pouvoir se préoccupent de faire un plan contre la pauvreté, je crains le  pire. Quelle meilleure lutte contre la pauvreté que de procurer des emplois à ceux qui n’en ont pas et de la stabilité à tous les précaires. C’est le meilleur plan qu’on puisse mettre en place.

 


LE FAUX LIBERALISME D’EMMANUEL MACRON

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Le Président peut  pérorer tant qu’il veut et continuer à faire croire qu’il fait du « en même temps », si la  politique qu’il mène est vue comme « ultra-libérale » par le gars  Jean-Luc, elle n’en est pas  moins  une politique de  gauche classique sociale-démocrate, faisant quelques concessions au « capitalisme » faute de pouvoir s’en passer, mais profondément dirigiste et étatiste. Tant que je ne le verrai pas « détricoter »  toutes les lois et tous les règlements qui corsètent étroitement l’économie, mettant la liberté d’entreprendre et l’initiative privée  sous  contrôle  de «  l’Etat-stratège » et autres fadaises, je combattrai ce que j’appelle une escroquerie intellectuelle. Il est, comme ses  prédécesseurs  et pour les mêmes raisons, condamné  à l’échec.  Celui-ci commence à se voir malgré les efforts des médias pour le masquer. Et de voir tous ces gens de droite qui  se laissent avoir, parmi  les plus instruits, cela me laisse pantois.  Mais  j’ai une explication : ils ne savent pas ce qu’est le vrai  libéralisme.

Et  d’abord, le  constat.

Et  si on commençait par faire un simple  constat : le socialisme est en échec, même dans sa version   modérée sociale-démocrate. Partout la sociale-démocratie est en panne de logiciel et n’arrive pas à renouveler sa  pensée.  La France où  elle est minoritaire à gauche, n’échappe pas  à la  règle et la  première année de  pouvoir de  Macron en est une belle  illustration. Malgré quelques  timides réformes et  une  relance  keynésienne  avec  un énième prélèvement d’impôts   pour relancer  la  machine ( 24 milliards  d’euros avec  la hausse de la CSG), l’embellie de  croissance qui venait  de  l’extérieur  retombe sans  que  nous  ayons pu commencer  à redresser nos comptes, à rembourser  la  dette, à relancer durablement l’activité de nos entreprises. 24 milliards prélevés  en pure   perte  partis alimenter, comme les  précédents, le tonneau des Danaïdes, n’améliorant ni  le sort des  pauvres toujours plus nombreux, ni le chômage structurel et laissant en actualité  permanente le thème de « la pauvreté » qu’il  faudrait  éradiquer.  Tant qu’on fera la même politique,  il n’y a  aucun espoir d’y parvenir,  puisqu’on se paie le luxe, si je puis  dire,  de  creuser  encore un  peu plus  la  dette ! Si le  social-étatisme ça marchait, ça se saurait  depuis  le  temps qu’on l’applique !

En France,  l’offre  libérale n’a jamais  été présentée.

Exceptés François Fillon, chose exceptionnelle, qui a  présenté un volet  économique franchement libéral dans son  projet présidentiel, et  dans une moindre  mesure Alain  Juppé, les projets de gouvernement depuis des  lustres tournaient autour d’une même démarche étatiste. Au point que l’échec de la droite comme de la gauche  à force de  se complaire dans l’étatisme, la  réglementation,  la centralisation, a rendu tout changement de  majorité illusoire et  toute alternance vide de sens. On s’étonne  ensuite que les Français se tournent vers  les  extrêmes ou se  réfugient dans l’abstention. C’est l’échec de l’économie dirigée qui fait que les Français vouent une défiance  massive à la classe politique. C’est bien qu’ils attendent autre chose ! Mais encore aujourd’hui, une grande partie de  la droite et du  centre ne croit toujours pas  à l’alternative libérale, il suffit  d’entendre François Bayrou ou même Valérie Pécresse avec  sa  hausse du SMIC. Et demandez  à  Laurent Wauquiez s’il faut  privatiser  Air France,  il  vous répondra que non.

Il ne suffit  pourtant  pas de montrer l’échec économique et humain du socialisme. Les  déboires et les injustices que notre peuple subit n’ont  rien à voir avec le vrai capitalisme. La  crise de l’emploi et de son corollaire, la pauvreté, est  le  sous-produit  d’un capitalisme frelaté, amputé justement  de sa  dimension libérale. La  grande nouveauté de   notre temps,  c’est  de construire méthodiquement une alternative libérale. Elle n’a jamais été vraiment  présentée aux Français,  par aucun parti,  et la plupart de nos concitoyens ignorent que de nombreux  pays ont  pu éviter  la crise ou  en sortir sans dégâts  majeurs en acceptant les réformes libérales : le Canada, l’Australie, la  Suède, l’Allemagne.

Réconcilier le capitalisme avec le libéralisme.

Nous vivons les derniers soubresauts du capitalisme frelaté, où  le succès économique n’est plus la récompense des services rendus au bien commun, passés au filtre des  marchés  libres et ouverts, mais le résultat du « carnet d’adresses » et des pots-de-vin, de  la  collusion entre monde des  affaires et  hommes  d’Etat,  de  la corruption sous des  formes  subtiles et  souvent légales par l’octroi de  privilèges, de  monopoles, de  souscription à des  marchés publics, de subventions  ou tout bonnement de discriminations fiscales… avatars visibles et connus du dirigisme. On présentera ces tares en les mettant sur  le  dos du capitalisme, en s’appuyant sur les apparences  marchandes  des contrats, des sociétés, des directeurs, des crédits, des profits, fruits des montages  savants des oligarques, tous sortis de  l’ENA. Nous vivons mal l’adaptation à  l’économie mondialisée car elle a ouvert des brèches en mettant les Etats en compétition, alors que certains  ont misé  sur la  vraie liberté économique pour se développer et croître. Elle  met en lumière tous nos  modèles inefficaces : corporatisme, fonctions publiques, droits acquis.

La  France a des atouts. Elle  s’en sortira si elle mise sur le capitalisme réconcilié avec sa dimension libérale. Car la liberté économique n’est qu’un aspect du capitalisme, mais il est essentiel. Et c’est la dimension humaniste qui nous donne la clé : la liberté des actes est ordonnée à la dignité des  personnes. C’est cette dernière qui inspire et légitime le système d’économie de liberté. Autrement dit,  le système capitaliste ainsi défini est celui qui permet de restaurer la  créativité de l’être humain, sa propriété, sa responsabilité, et de développer le sens du service de  la  communauté, car nul ne peut y réussir sans satisfaire le besoin des autres, de choisir la confiance et la foi en la  parole donnée plutôt  que la méfiance et la  contrainte. Cette corde « libérale »  doit être adjointe aux autres qui constituent le socle de la droite.

Faire référence « aux valeurs »  n’est pas suffisant d’autant plus qu’elles reposent sur des notions floues aux interprétations diverses. La  liberté économique,  le capitalisme libéral,  reconnaissent les  fonctions régaliennes de l’Etat, ne sont pas  contradictoire avec  l’esprit civique  et peuvent être  les vrais moteurs de  l’économie de marché sans renier le sentiment national, bien au contraire. L’échec sans appel de Nicolas Sarkozy  à la primaire a mis fin à la culture bonapartiste de la droite et Laurent Wauquiez ferait bien d’en prendre conscience,  s’il veut que ça « imprime ».  Néanmoins, les accommodements entre libéralisme économique, politique et conservatisme social ne sont pas des vues de l’esprit, la  « synthèse » élaborée par François Fillon en témoigne. Un projet qui n’aliénait aucune composante de la droite. Voilà un héritage qu’on ferait bien de faire fructifier et qui était un chemin possible vers une société de liberté.

N.B. Il faut enseigner « l’économie libérale » en économie dès le lycée, ce qui n’est pas vraiment fait aujourd’hui.

 


LE TONNEAU DES DANAÏDES.

Tonneau des danaïdes

Ah, les inégalités !

Je  lisais l’autre jour Manuel Valls qui s’exclamait : « il faut réduire les  inégalités ! ».  Mais qu’ont-ils donc fait pendant cinq ans que les socialistes étaient au pouvoir avec cet objectif constant au point de rendre la  fiscalité confiscatoire pour redistribuer aux « pauvres » ? Ils n’ont cessé d’élargir les mises sous condition de ressources au détriment des  mêmes et  au profit des mêmes et d’affranchir une frange toujours plus large de nos  compatriotes  de  l’impôt sur le revenu si bien que  1% paie 25% de l’Impôt sur le revenu et les 10% les plus aisés paient 50% de l'addition IR + CSG + TH, une proportion qui pourrait s’accroître encore en 2018 si 80% des assujettis à la TH sortent de l’assiette de l’impôt. Et  voilà qu’on vient encore nous dire que les inégalités se creusent !  Statistiques de l’Insee à l’appui ! Quand comprendront-ils que leur raisonnement est une machine à fabriquer de la pauvreté parce qu’ils prennent le problème par le mauvais bout. Il  suffit de regarder  les  économies de notre vaste monde : celles qui s’appuient sur  le libéralisme et la liberté d’entreprendre produisent plus de richesse que celles qui promeuvent le  dirigisme étatique et les pauvres  y sont moins pauvres. La France est un cas quasi extrême, excepté les rares économies totalitaires communistes qui perdurent, de pays dit « libéral » alors qu’il est complètement « socialisé ». Au point qu’on n’a même plus besoin des socialistes !

La redistribution : une machine à généraliser la pauvreté.

L’idéologie économique française valorise depuis Colbert et Louis XIV l’Etat entrepreneur et stratège, que les  Jacobins ont ensuite repris  à leur compte,  irriguant tous les  courants politiques. On y a rajouté le modèle social d’Etat-providence en 1945, avec  le programme du Conseil National de la Résistance entériné par De Gaulle. De fait, en France,  l’Etat est toujours prêt à se substituer au marché  et le bien-être ne peut provenir que de son action. A crédit s’il le faut, quand  l’économie dont on a faussé les règles ne produit pas  la  richesse attendue.  C’est un cycle  infernal qui s’est progressivement mis en place et singulièrement aggravé depuis Mitterrand. La retraite  à 60 ans non financée  ou les 35 heures généralisées font partie du florilège des décisions anti-économiques pourvoyeuses de déficits, d’assistance et de pauvreté. Comme la redistribution ne peut se faire  par  l’emploi et les  salaires d’entreprises croulant sous les charges,  c’est l’Etat qui y pourvoie en se procurant  la ressource nécessaire par l’impôt et aussi, malheureusement, par l’emprunt.  De  la croissance à crédit qui génère du déficit commercial qui en annihile le bénéfice. Moyennant quoi on augmente  le  chômage et le poids de l’assistance. Cercle vicieux ! Expliquez-moi comment avec 729 milliards d’euros de transferts sociaux sur 1257 milliards, on a 3 millions de chômeurs et  6 millions de  précaires… Les dépenses publiques  atteignent 56,4%  du PIB quand les recettes culminent avec un taux de prélèvements obligatoires record de 45,4% !  L’écart  entre dépenses et recettes en dit long ! Si le  système marchait, ça  se saurait !

La dette et les déficits : toujours plus d’impôts.

Macron, que l’on présente comme le  sauveur de l’Europe a poussé ce cri du cœur à l’adresse de notre voisin : «  En Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme  perpétuel pour les  excédents budgétaires et commerciaux, car ils  se font aux dépens des autres ! » C’est sûr, ce n’est pas  à notre  pays que ça arrivera ! Qu’est-ce qui empêchait les Français de  se mettre en situation de concurrence avec nos partenaires européens en utilisant l’euro qui facilitait les échanges, comme  l’on fait les  Allemands. Mais la  France a fait le choix de se mettre sous la protection de la  monnaie commune pour pratiquer une politique  budgétaire  laxiste. On en paie aujourd’hui la facture. On comprend  alors  que  proposer un « budget spécifique » européen éveille la  crainte chez nos voisins d’y voir une tradition dirigiste  accro à la dépense publique.

Ce cri du cœur d’Emmanuel  Macron est révélateur de  son état d’esprit. Adepte  de l’Etat providence qu’il ne remet pas en cause, sa politique prolonge  celle de son prédécesseur avec quelques  adaptations taxées de « libérales » imposées plus par la réalité  que par  des convictions. Il n’envisage pas de baisser la dépense publique qui obligerait à remettre en cause le  périmètre de l’Etat. Il est donc condamné à  continuer dans la voie de l’augmentation de la pression fiscale et de l’emprunt.  C’est d’ailleurs ce que lui rappellent ses trois économistes de  service : les trois hommes préconisent des mesures précises comme la « taxation plus lourde des grosses successions ». Dans le même ordre d'idée, MM. Aghion, Martin et Pisani-Ferry conseillent au président de différer la suppression de la taxe d'habitation des 20 % les plus aisés. Ils recommandent par ailleurs de revoir « les aides aux entreprises » et « l'extinction des aides à la pierre ». Bonjour les dégâts si on asphyxie un peu plus les entreprises et le bâtiment.  Comme il faut préserver ceux, toujours  plus nombreux, qui sont dans la précarité, la base de ceux qui sont sollicités se rétrécit et ils paient toujours plus. Ainsi les retraités considérés aujourd’hui comme riches. Le ras-le-bol fiscal va en plus être exacerbé  par le prélèvement à la source qui, supprimant le  consentement à l’impôt, cache  l’individualisation, la fin de la prise en compte de la famille, et prépare à terme la fusion avec la  CSG. Les classes moyennes ne sont pas au bout de leurs peines.

On va donc continuer à remplir le tonneau des danaïdes.

C’est le système qui génère les inégalités. Il oublie principalement l’essentiel : il faut produire  la  richesse  avant de la  partager, et ce sont les  entreprises, pas l’Etat, qui en sont capables. Tant qu’on ne les  mettra pas en situation de  participer à la compétition internationale avec les  mêmes  chances que leurs concurrentes,  la  France continuera de s’appauvrir. On va donc continuer à augmenter les prélèvements, faire semblant de réaliser des économies, tirer des  plans tous azimuts… Il  y aura évidemment de  moins en moins de riches et toujours plus de pauvres,  car imaginer que ce que l’on prend aux uns permet aux autres de s’élever est  une fiction, d’autant plus qu’en réalisant l’opération on diminue la richesse produite. Depuis le temps qu’on a  mis ce dispositif en marche, il  ne devrait plus y avoir d’inégalités dans notre pays. Or on n’a jamais eu autant de précarité et de pauvreté. Parce que c’est comme remplir un puits sans fond : la redistribution une fois partagée, ce sont des miettes que reçoivent les destinataires. Cela  débouche sur l’assistance généralisée et pourquoi pas, en phase ultime, le  revenu universel pour suppléer au manque d’emplois que l’économie se révèle incapable de créer. Alors, faute de capitalistes locaux, on peut  toujours faire venir des investisseurs étrangers pour créer quelques emplois,  mais il faut savoir qu’ils rapatrient chez eux leurs bénéfices. Il   suffit de regarder notre balance des  paiements. 

Notre pays si talentueux mérite une autre politique !

 


MACRON : L’IMPASSE ?

Macron planté

 

L’illusion serait-elle en train de se dissiper ? En tout cas, on a l’impression que rien ne fonctionne comme le Président jupitérien le  voudrait. Les  piliers qui servent de fondement à sa  politique semblent se fissurer. Car  c’est bien à l’écroulement de sa stratégie auquel on assiste :  les réformes devaient être portées par une croissance forte au plan intérieur et par la refondation de l’Europe sous son autorité au plan extérieur.

La croissance à la peine.

Les dernières statistiques le montrent clairement : la reprise est en train d’avorter. Le rythme annuel de  la croissance est redescendu autour de 1,7% avec une perspective encore  plus limitée pour 2019 : 1,5%. En cause, tous les  moteurs de l’activité : le ralentissement touche tous les secteurs, sous  l’effet des hausses d’impôts (4,5 milliards d’euros pour les ménages), les investissements stagnent,  la  balance commerciale se dégrade avec la montée de l’euro et la rémanence du déficit de compétitivité de nos entreprises. La construction souffre du déluge de taxes et d’impôts sur l’immobilier… C’était  prévisible et je l’avais dit il y a quelques semaines.  Je n’ai aucun mérite, la politique keynésienne conduit toujours aux mêmes résultats : prélèvements, distribution et rechute avec son cortège  habituel : déficits publics, dette, chômage. Cette reprise éphémère souligne tout simplement la vulnérabilité de la France qui a plus que jamais une économie  dominée.  Car les  causes du ralentissement comme celles de la reprise sont  pour l’essentiel extérieures à notre pays. Nous subissons le retournement fin 2017 du cycle d’expansion qui a démarré fin 2009  aux Etats-Unis et évidemment  l’envolée du prix du pétrole de 40% en un an. Et malheureusement pour nous les trois inspirateurs de cette politique, Aghion, Martin et Pisani-Ferry, viennent de  proposer au Président d’en remettre une couche :  continuer à alimenter le tonneau des Danaïdes : ce sera l’objet de mon prochain article !

L’Europe sourde.

Le « prix Charlemagne »  fait certes de belles dissertations sur l’Europe avec des envolées lyriques qu’Homère n’aurait pas désavouées. Mais le Président prêche dans le désert. Pour l’instant ses propositions sont restées lettre morte. Angela Merkel s’est même payé le luxe de lui faire une réponse  détaillée dans un grand quotidien allemand et c’est plutôt « nein » que « ya vol » ! En gros,  si on compte sur l’Allemagne pour cautionner la politique de croissance à la française fondée sur une dette publique exponentielle et des déficits  jamais combattus, en « mutualisant les dettes », c’est pas demain  la veille. D’ailleurs, la France,  par son attitude, n’aide pas à conjurer les périls qui menacent l’Union. La hausse des taux d’intérêts, la volatilité sur les marchés, l’instabilité de l’euro, vont rendre encore plus compliquée la tâche du gouvernement français qui court après les recettes comme un mort-de-faim après un quignon de pain. Notre pays participe aux trois chocs mal gérés qui menacent l’union d’éclatement et la fin de la monnaie unique : la crise italienne, la crise migratoire et la crise financière ; sans parler des autres défis : l’imprévisibilité de Trump, la  guerre commerciale, la  fracture numérique… Or, sans moteur le franco-allemand, l’Europe n’avancera  pas.

Le ruissellement ne ruisselle pas.

Macron avait justifié la suppression de l’ISF par son faible rapport et le  fait que notre  pays était le seul  à  l’avoir institué et  maintenu. Un « impôt imbécile ». Là-dessus nous sommes d’accord. Il  avait aussi ajouté un argument supplémentaire : la « théorie du ruissellement » selon laquelle quand on laisse l’argent aux riches, par capillarité  économique, il  profite aux pauvres. Sauf qu’en France, ça ne marche pas. La raison est toute simple : si on reprend l’image de l’eau qui s’écoule du sommet  vers la vallée, on s’aperçoit que dans notre pays,  les pentes sont hérissées de barrages de détournement mis  en place par l’Etat et bien peu d’eau arrive en bas. En effet, la France  est la championne mondiale  des prélèvements obligatoires et cela se traduit pas la taxation du capital partout  où il pourrait se constituer ou s’accumuler. Le ruissellement est tari avant d’avoir commencé et est remplacé par la mise « sous conditions de ressources » de tranches  toujours plus nombreuses de la  population.  Après on dénonce le « Président des riches » ce qui est une illusion d’optique.  Enfin, au passage, il a quand même fait plaisir à ses copains banquiers.

Les contradictions du « en même temps ».

J’ai toujours pensé que l’expression cachait une imposture. La reprise que l’on doit au contexte international plus qu’à Hollande a fonctionné comme un paravent donnant corps à l’utopie du « en même temps ». La réalité n’a pas de  mal à mettre  par terre la  fiction et ce qui est inconciliable le reste : moins d’impôts (ce qu’on dit) et plus de dépenses publiques (ce qu’on fait) ; plus de compétitivité sans baisser les charges qui  pèsent sur les entreprises ; on veut faire des économies mais on garde le même nombre de fonctionnaires ; on augmente le pouvoir d’achat en taxant davantage les carburants (entre autres) et bientôt les restaurants… Même pour l’Europe, le « en même temps » ne tient pas la route.

Emmanuel Macron est de plus en plus perçu comme un président menant une politique de droite, et c’est confirmé par différentes études d’opinion. C’est facile à comprendre : l’actualité des dossiers traités, comme la réforme de  la SNCF, trouvera plus de sympathisants à droite qu’à gauche. Mais c’est encore une imposture. Il maintiendra le cap tant qu’il n’aura pas réussi à anéantir ou diviser durablement la droite. Ce qui est d’ailleurs confirmé : le chef de l'Etat voit sa cote reculer chez les sympathisants de toutes les familles politiques à gauche y compris son propre parti, La République En marche. La chute de Nicolas Hulot, très identifié à gauche dans l'opinion des Français, contribue à déséquilibrer à droite la perception du gouvernement. Le pourcentage de ceux qui déclarent « ne pas faire confiance du tout » à Emmanuel Macron progresse de 3 points pour atteindre 27 %, ce qui marque un durcissement de ceux qui veulent s’opposer à sa politique en corrélation avec les mouvements sociaux du printemps. La politique menée par l'exécutif n'est pas perçue comme équilibrée par les Français. Les ministres, qui peinent toujours à émerger malgré des réformes enchaînées les unes après les autres, ont beau défendre l'équilibre général des mesures prises, leur discours ne passe pas dans l'opinion. Justement à cause de la  confusion entretenue par le « en même temps » ;  la « transformation » vers le monde nouveau se heurte aux dures réalités. L’illusion ne tardera pas à se dissiper : discours de droite, politique de gauche, disais-je. Car les faits sont là : ni les simagrées amoureuses à l’égard de Trump, ni les « francs » dialogues avec Poutine, ni la tentative de convaincre Merkel n’ont eu la moindre réussite, le moindre résultat. Quant aux succès économiques, ils demeurent à la traîne de ceux de l’Europe et du monde. Ce n’est pas Jupiter qui nous gouverne, mais Narcisse, ce qui n’empêche pas qu’il faille craindre ses projets, car avec sa  majorité de godillots, sa capacité de nuire à notre pays reste  puissante. Son insistance obsessionnelle à vouloir une loi sur les « fake news » en apporte la preuve décisive et ses projets constitutionnels, une autre.

 

 


LIBERAUX ? VOUS VOULEZ RIRE !

   
Faux liberaux Liberalisme

 

Petite leçon sur le « libéralisme ».

Selon un sondage publié par Les  Echos, Macron et Philippe arriveraient en tête devant Juppé, comme  personnalités  libérales.  Juppé, passe encore, bien que sa conversion girondine soit récente. Voilà une preuve de plus de l’inculture majeure de nos concitoyens en économie. Savent-ils seulement ce qu’est le  libéralisme au pays où le marxisme reste encore un  support  de l’action politique puisque c’est à cause de cette idéologie mortifère que la gauche a explosé. Mélenchon et quelques autres ayant repris le  cher flambeau de  la lutte des classes. Pour simplifier, en France,  tout ce qui n’est pas « marxiste »  est libéral,  voire « ultra-libéral ». C’est donc  à nos  joyeux compères  des « Insoumis »  et  avant  eux,  bien d’autres, que l’on doit ce classement pour le moins fantaisiste. Parce que si Macron et  Philippe sont des libéraux, moi, je suis évêque (je n’ai rien contre les évêques). Ce sont des technocrates étatistes. Autrement dit, la politique qu’ils mènent est typiquement sociale-démocrate dans ses aspects keynésiens :  je prends  de l’impôt  et je distribue. Ce qui fait prendre des vessies pour des lanternes, ce sont les réformes menées depuis un an que la gauche  qualifie de « libérales » : la réforme du droit du travail, celle de la SNCF,  en sont les exemples emblématiques. Mais celles-ci ne sont qu’une remise  en ordre des  affaires de l’Etat qui, n’ayant plus d’argent, doit tailler et réorganiser. Sachant qu’en plus, pour la  SNCF, l’Europe impose l’ouverture à la concurrence. D’ailleurs on voit bien que la réforme du code du travail n’a rien changé en profondeur : il faut se lever de  bonne heure pour y voir  une réforme libérale. Une  politique libérale  serait  toute autre.

Rappelons quelques principes qui  fondent le libéralisme :

Les libéraux préfèrent l’initiative individuelle au dirigisme étatique.

L’Etat soit se concentrer sur ses fonctions régaliennes.

Les libéraux sont partisans de la décentralisation et croient dans la capacité d’initiative des territoires.

Les libéraux veulent que l’on puisse jouir des revenus de son travail sans subir une fiscalité confiscatoire.

Les libéraux pensent que le budget de la nation doit être en équilibre et qu’il n’est pas sain de laisser la charge de la dette à nos enfants.

Les libéraux sont conscients des enjeux environnementaux et sont persuadés qu’ils seront la clé de la croissance future.  Ce sont des écologistes réalistes.

Les libéraux se classent à droite, une droite moderne,  pro-européenne, ouverte sur les évolutions de la société, et ne se reconnaissent pas dans le dirigisme hyper-centralisateur du gouvernement actuel,  pas plus que dans le nationalisme étriqué du Front National.  

Qu’est-ce que vraiment le libéralisme   ? 

Il s’agit avant tout d’une vision de l’Homme qui consacre pour chaque individu la libre-disposition de soi, la liberté d’entreprendre et de réaliser ses ambitions mais aussi l’égalité devant la loi comme le rappelle notre Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. C’est bel et bien une philosophie de confiance dans l’être humain. Les libéraux font plus confiance aux individus libres et responsables qu’à  l’Etat omniprésent, fût-il « providence ».

L’engagement  politique,  pour un libéral, c’est d’abord faire reculer l’Etat pour qu’il se recentre sur la protection des libertés individuelles, la protection de la propriété, le droit à la sécurité. Un Etat fort en matière de police et de justice est primordial pour garantir la préservation de nos libertés et de notre propriété. Cela ne veut pas dire que le libéralisme c’est « les riches » et « les puissants » contre « les pauvres » et « les petits ». Le  libéralisme combat les rentes et le capitalisme de connivence, l’évasion fiscale, tout ce qui fausse le marché et nuit à une juste concurrence.

La crise du socialisme et de l’étatisme.

Ceux qui croient que l’Etat n’a jamais autant reculé que ces dernières années et que le libéralisme a triomphé en France, se trompent lourdement. Les dépenses publiques représentent 56% du PIB, la dette atteint 2.200 milliards d’euros et le déficit de l’Etat 70 milliards d’euros, tandis que la pression fiscale ne cesse de battre tous les records. Nous ne sommes pas aujourd’hui confrontés à la crise du libéralisme mais bien à celle du socialisme et de l’étatisme. Et Macron la prolonge.

Pour  les  libéraux, la priorité est donc de remettre de l’ordre dans nos finances publiques. Loin d’être la clé de tous les maux, la baisse de la dépense publique est un moyen pour redonner de l’air à un système asphyxié par l’impôt.

Sur le plan social, le pillage institutionnel que représente l’impôt ne résout pas la pauvreté dans un pays qui compte près de 9 millions de pauvres. Au contraire, il enraye le seul moteur fiable permettant d’augmenter la production de biens et de services et donc de réduire la pauvreté. Une politique libérale proposerait une baisse massive de la fiscalité, aussi bien pour les entreprises en réduisant l’impôt sur les sociétés à 23% que pour les particuliers….

Bref, une politique libérale aurait comme  première préoccupation de rétablir les conditions favorables  à la création de la  richesse, objectif que l’on a perdu de  vue, et  seul chemin pour le retour à un pays prospère.

Le porte-drapeau des Libéraux est aujourd'hui Virginie Calmels,  1ère Vice-présidente des  Républicains.

 

 


LA DETTE ? TOUT LE MONDE S’EN FOUT ! Sauf que…

Dette  mondiale

 

Un ouvrage sérieux du Cercle Turgot montre à quel point l'endettement public gangrène l'économie mondiale sans que ni l'opinion ni les dirigeants des pays ne s'en émeuvent vraiment. La dette mondiale, soit l'ensemble des dettes de tous les pays  de  la planète, dépasse largement le PIB mondial, soit la somme de tous les PIB, selon une étude McKinsey Global Institute (MGI). Et par « largement », il faut comprendre qu'elle est trois fois plus élevée : la montagne atteindrait 237.000 milliards de dollars à la fin 2017, et en un an, elle aurait crû de 11.000 milliards, c'est-à-dire l'équivalent du PIB annuel de la Chine, deuxième économie de la planète. Elle représente selon le FMI et sur la base des chiffres de 2016  (164.000 milliards de dollars), 225% du PIB mondial, un record !  C'est le genre de donnée qui laisse rêveur.  Tout esprit rationnel penserait que le système économique actuel est largement biaisé et va probablement s'écrouler comme un château de cartes.

L’empreinte de 2008.

La crise de 2008 a laissé des traces : à elle seule, elle aurait augmenté le poids de la dette publique de 40 %. Pour les seuls pays développés, cette dernière pesait, fin 2017, en moyenne plus de 105,4 % de leur PIB. Un plus haut depuis la seconde guerre mondiale, rappelle le FMI. Les pays les plus endettés sont le Japon (236,4 % du PIB), l’Italie (131,5 %), la France (97%). Aux États-Unis (107,8 %) la réforme fiscale lancée par Donald Trump, évaluée à 1 000 Milliard de $, devrait encore augmenter le poids de cette dette publique et le niveau d’endettement pourrait atteindre 116,9 % en 2023 ! Malgré des taux de croissance très élevés, les pays émergents ont de plus en plus recours à l’endettement, eux aussi. La dette publique des pays émergents est passée de 37,4 % du total des PIB des pays concernés en 2012 à 49 % en 2017 et devrait atteindre 57,6 % en 2023. La Chine fait fort, elle aussi : deuxième puissance économique mondiale, elle a vu son taux d’endettement passer, en 5 ans, de 34,3 % à 47,8 % de son PIB. Selon les prévisionnistes du FMI  il devrait atteindre 65,5 % à l’horizon 2023. A elle seule, la Chine représente 43% de l'augmentation de la dette mondiale depuis 2007.

Une progression inquiétante.

Cette progression générale de la dette publique inquiète le FMI dans la mesure où elle amoindrit les capacités des gouvernements à déployer des politiques budgétaires de soutien en cas de récession. Des capacités déjà très largement entamées par la crise de 2008, notamment dans les pays occidentaux. L’institution prévient : l’endettement mondial représente désormais un risque pour l'économie. « Le monde est désormais 12% plus endetté que lors du précédent record en 2009 », attribuant cette hausse à la Chine, et  ça va continuer, car les Etats-Unis ne sont pas en reste comme on l’a vu.

Les  apparences sont trompeuses.

« L'économie mondiale va très mal. La croissance se confirme, tout le monde en profite, mais ces bonnes nouvelles cachent une terrible réalité d'arrière-scène : tout cela ne marche que par endettement. Etats, entreprises, ménages se ruent sur les emprunts. Les taux sont à zéro, endettez-vous ! Endettez-vous ! Les chiffres qui viennent d'être publiés cette semaine sont déments. » dénonce Eric Le Boucher dans les Echos. Et  il précise : « Selon l'Institute of International Finance la France est le pays qui a le taux d'endettement des ménages le plus élevé d'Europe »,  ce qui n'est pas rassurant. Si les taux d'intérêt remontent, prévient Christine Lagarde, ce qui est en cours avec la normalisation des politiques monétaires des banques centrales, toute la montagne va trembler. Et si le cycle économique se retourne, comme c’est prévisible, les autorités seront privées de moyens pour faire face. En 2008, elles ont pu laisser filer les déficits et abaisser les taux, mais comme rien n'a été remis à sa place depuis, ces armes sont aujourd'hui sans munitions. Quant aux pays pauvres, beaucoup foncent vers le défaut de paiements. Une nouvelle crise pourrait donc provoquer dix fois plus de dégâts qu'il y a dix ans. D’autant plus que les conditions politiques qui avaient permis au G20 de « relancer ensemble » ne sont plus  d’actualité, et elles pourraient bien laisser place à la désunion. Mais la croissance continue de faire illusion et la fragilité du système ne cesse de croître. La crise financière a eu pour cause immédiate un excès général d'endettement. La manière dont les banques centrales ont dû affronter la crise systémique de 2008 d'une magnitude extrême a eu pour résultat de poursuivre la course à l'endettement.

Un système économique et monétaire déréglé.

La finance internationale est une galaxie noire qui échappe tellement au contrôle qu'on ne se sait même pas la mesurer vraiment. Une seule certitude : l'expansion de ladite galaxie.  Aujourd’hui, tout est financiarisé à commencer par la « raison d'être » des entreprises. Le système mis en place depuis 1970 est intrinsèquement instable : la spéculation va de bulle en bulle et l'économie de crise en crise. Pour éviter leur éclatement, Alan Greenspan a  acheté massivement des actifs. C'était reculer pour mieux sauter. Le ratio dette/PIB s'est élevé partout mais sans traduction dans l'investissement qui, au contraire, se rétracte et manque pour reconstruire des fondements solides pour la croissance. Le dollar domine de façon extravagante cette finance globalisée  avec 87 % des marchés de change, 61 % des réserves, 57 % des prêts bancaires ; ses acteurs qui  gèrent 55 % des actifs font la loi, et il reste le refuge ultime de sécurité, alors que l'économie américaine ne représente plus que 23 % du PIB mondial et 12 % du commerce international. Cherchez l’erreur ! La bonne solution serait de redéfinir le cadre institutionnel d'une coopération monétaire internationale, explique Eric Le Boucher : «  Cela nous ramène au FMI, à qui il faut redonner un rôle majeur et pas seulement de surveillance. On le devine, Donald Trump s'y opposera. »

Les Etats invités à prendre des mesures.

Fort logiquement, il faut serrer les boulons tant que la croissance est là, exhorte Christine Lagarde qui détaille les actions à mener : de la rigueur pour les Etats, les firmes et les banques ; des mesures pour éviter la flambée des prix de l'immobilier qui est générale dans les métropoles ; des amortisseurs pour tenter d'amoindrir les mouvements violents de capitaux qui affecteront les pays les plus vulnérables… Mais rien ne se passe vraiment dans ce sens, la bombe à retardement pourrait bientôt exploser et l'orchestre du Titanic continue de jouer.

Comme dit  l’autre, « on n’est pas  sorti de l’auberge ».  Mais pour l’épargnant moyen, que faire  pour se mettre à l’abri ? En attendant, la France devait mettre la croissance à profit pour s’attaquer à la réduire au lieu de laisser filer.

 


LE MAIRE, MAITRE « ES POUDRE DE PERLINPINPIN » !

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Ah la  belle affaire !

Pour la première fois depuis dix ans, le déficit budgétaire, ce marqueur incontournable  de la dérive des comptes publics, est descendu en-dessous des 3% par rapport au PIB. Bruno Le  Maire affiche sa  satisfaction : les finances de la France vont bien. Sauf que la  situation est loin d’être bonne. Car si le déficit public s’améliore, tous les autres indicateurs de notre tableau de bord sont mauvais. La dette a continué à s’alourdir et c’était inévitable puisque nous sommes toujours en déficit. Certes l’année 2017 s’est terminée sur une amélioration du déficit d’un petit milliard et des poussières par rapport à 2016,  grâce à la croissance plus forte que prévue, mais pour stabiliser la dette, il aurait fallu qu’elle fût de 25 milliards (dixit la Cour des comptes).

La course folle des dépenses.

Plus grave, En un an, 10 milliards de dépenses supplémentaires : l’Etat a dépensé 10,6 milliards d’euros de plus en 2017 (326,8 milliards) qu’en 2016 (316,2 milliards). Il a aussi dépensé 4,3 milliards d’euros de plus que ce qui était prévu dans la loi de finances. La faute à un budget insincère précise Didier  Migaud. « Les dépenses totales sont en très forte hausse », constate-t-il encore. Les dépenses publiques sont donc en net rebond : elles auront augmenté 2 fois plus vite en 2017 que l’année précédente ! Et ce n’est pas que sous Hollande. Macron a pris le relais. Les dépenses de fonctionnement, pour l’essentiel les salaires de la fonction publique, auront progressé 3 fois plus vite qu’en 2016. Et si le déficit s’est effectivement quelque peu réduit, c’est parce que la croissance a fait rentrer davantage d’impôts, notamment la TVA et l’Impôt sur les sociétés, portant le niveau des prélèvements obligatoires à un niveau incandescent comme on sait : 45,4% de toute la richesse créée par les Français sont prélevés par la puissance publique. Record historique, on se tue à le répéter !

Un piège redoutable.

C’est le piège dans lequel Emmanuel Macron risque de sombrer : sans baisse des dépenses, pas de baisse des impôts. Et il sera impossible alors pour l’économie française de se libérer.  D’autant plus que Mario Draghi le confirme, la   croissance européenne ralentit et le retournement de conjoncture sur les taux se confirme. Autrement dit,  c’est l’échec des réformes assuré. Car la croissance qui a été plus dynamique que prévu l’an dernier agit comme  un trompe l’œil.  Elle a permis d’améliorer la situation des finances publiques,  mais cela  ne tient qu’à des éléments ponctuels.  En réalité la  maîtrise des dépenses n’est qu’une illusion,  il n’y a aucun effort structurel.  De fait,  réduire  la  dette à moyen terme est improbable. Ce n’est pas parce que la France sort de « la procédure de déficit excessif » que nous devons nous affranchir des règles européennes : elle devrait réduire de 0,5 point en moyenne chaque année son déficit structurel (celui qui ne tient pas compte des effets de la conjoncture), or  ce n’est pas  ce que prévoit le  programme pluriannuel  transmis à Bruxelles.

Et le  chômage s’en mêle.

Preuve que notre économie ne va pas si bien que ça, le taux de chômage tel qu’il est calculé selon les normes du Bureau international du travail (BIT), a rebondi de 0,3 point au premier trimestre en France métropolitaine, une hausse qui touche principalement les femmes, pour s’établir à 8,9% de la population active, selon les données provisoires publiées mercredi 23 mai par l’Insee. En incluant les départements d’outre-mer (hors Mayotte), il s’inscrit à 9,2%, en hausse de 0,2 point par rapport à sa marque de fin décembre. Mais l’Insee l’anticipait de moindre ampleur, tablant, dans ses dernières prévisions publiées en mars, sur un taux de chômage national revenant à 9,0% au premier trimestre. Le rebond du premier trimestre intervient alors que l’Insee a annoncé la semaine passée que l’emploi salarié avait progressé de 0,3% au premier trimestre dans le secteur privé en France, avec la création nette de 57 900 postes sur la période. Ces chiffres peuvent paraître contradictoires, ils marquent surtout une certaine stagnation. Et comme la remontée des taux est maintenant entamée, les  marges de manœuvre du gouvernement vont s’étioler. Il  pourrait bien avoir mangé son pain blanc. Mais il n’y a rien d’étonnant à tout cela : j’ai toujours dit que l’économie administrée ne savait pas produire d’autres résultats que ceux-là depuis près de 40 ans maintenant ! Tant qu’on n’en sortira pas  …

Il faudra beaucoup d’imagination à Le Maire et Darmanin pour nous faire croire « aux lendemains qui chantent » !

 


NULS EN ECONOMIE !

économie pour les nuls

 

Je me demandais comment les thèses marxistes sur lesquelles repose le discours de Mélenchon pouvaient séduire autant de Français. Car si le personnage a un carisme certain, ce qu’il raconte a fait, partout où ça a été appliqué, plus que la preuve de l’inefficacité. Il suffit de regarder comment le Vénézuela a été précipité dans l’extrême pauvreté en quelques années. Dans notre pays, tout ce qui n’est pas marxisant est libéral ou ultra-libéral. M. Martinez vilipendait encore aujourd’hui la  politique « libérale » de M.  Macron, faite pour les riches. Des raccourcis simplistes qui peuvent recueillir un écho dans la population. La réponse est simple : les Français sont nuls en économie, ce qui les rend vulnérable aux pires thèses populistes d’extrême-gauche comme d’extrême-droite. Facteur aggravant : nos élites, et en particulier les énarques, sont touchées par le phénomène.

Ce constat ressort dans une étude édifiante publiée dans l’hebdomadaire Le Point.

Qu’on en juge : 63% des Français n’auraient aucune idée de l’ordre de grandeur du PIB de notre pays, 73% ignorent combien coûte au total à son employeur un salarié payé au SMIC, 38% estiment que la situation de notre commerce extérieur est bonne ou très bonne… Et si la culture économique des Français est aussi limitée, cela tient en grande partie à la façon dont cette matière est enseignée dans le secondaire ainsi que dans les grandes écoles qui forment les hauts fonctionnaires, comme l’ENA ; mais aussi à l’inculture générale de ceux qui commentent l’économie, excepté quelques journalistes spécialisés, et qui transmettent des idées erronées ou des interprétations orientées des faits. Car non seulement les rouages et les mécanismes basiques de l’économie sont mal enseignés au profit des sciences sociales, ainsi la notion de compétitivité échappe complètement à nos étudiants, mais  en plus on les fait raisonner à partir de Keynes, Marx ou Durkheim en ignorant presque totalement la pensée libérale. Quand on sait que Nathalie Arthaud, leader de Lutte ouvrière, est prof d’économie, on peut avoir une petite idée du discours qui est tenu sur les entreprises et les patrons : la légende noire de la révolution industrielle qui réduit le patron à un exploiteur ou un esclavagiste a la vie dure. C’est pourquoi s’est développée en France une méfiance fondamentale envers l’économie de marché, réduite à un système d’exploitation de l’homme par l’homme et cette méfiance nourrit le désintérêt pour son fonctionnement. Or, on admet généralement qu’il faut que la moyenne des gens ait un minimum de culture économique pour qu’une économie soit tournée vers l’innovation.

Il est donc urgent de revoir l’enseignement de l’économie.

Une réflexion sur les programmes est justement en cours. Un groupe d’expert dirigé par l’économiste Philippe Aghion, proche d’Emmanuel Macron, a été chargé de faire des propositions. On ne sera pas rassuré pour autant sur la désintoxication à entreprendre des thèses keynésiennes qui sont à l’origine de l’économie administrée par l’Etat, qui paralyse tant la production de richesse dans notre pays. Il faudrait imposer l’étude des fondamentaux : ce qu’est une économie de marché, un prix, un monopole, la concurrence, une courbe d’offre et une courbe de demande… et revoir le contenu des manuels qui devraient d’abord contenir les bases du raisonnement en économie et non noyer les élèves dans les documents et les données qu’ils ne retiennent pas.

Et faire une place à l’étude du libéralisme en économie !

Car, en France, dès qu’on veut alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises, on brandit volontiers le spectre de « l’ultra-libéralisme », sans même savoir ce qu’est le libéralisme de base. Sans compter qu’il existe toutes sortes de libéralismes, le pur et dur n’existant qu’en théorie et n’étant appliqué nulle part, même aux Etats-Unis, et qui nous offrent toutes les nuances plus ou moins sociales au gré du curseur des interventions de l’Etat. Cela mériterait un détour, non ? Car ce qui est certain, c’est que l’économie administrée à laquelle on est arrivé en France musèle considérablement la capacité de production de richesse. Sans compter que le poids de la sphère publique a fini par anéantir toutes les marges de manœuvre. Sans apurement de la dépense publique et désendettement, notre pays ne pourra que continuer à s’enfoncer. Trop de gens pensent, par exemple, que notre dette de 2 200 milliards d’euros est une plaisanterie et qu’il n’y a pas besoin de la rembourser ! J’espère simplement pour eux qu’ils n’ont pas d’assurance-vie. Ce dont ils n’ont pas conscience, par contre, c’est que du même coup, ils mettent notre démocratie « libérale » en danger. Il suffit de regarder où en est arrivée la démocratie italienne. Le même sort pourrait bien nous être réservé.

 


PALS (prélèvement à la source) : LES PME ET LES CLASSES MOYENNES VONT EN PRENDRE PLEIN LA POIRE !

Prélèvement  à la source

 

Des petits apprentis sorciers comme Darmanin, c’est pain béni pour les aristocrates de la technocratie qui gouvernent Bercy (et la France).  Ils lui font avaler toutes  les procédures jusqu’aux plus absurdes. La  mise  en place du prélèvement à la source s’annonce comme une escroquerie de grande ampleur pour les  contribuables « cochons de payants » ! Sans parler  d’une conséquence que l’administration,  dans son aveuglement n’anticipe même pas : le choc récessif que provoqueront sur la consommation les salaires amputés de 20 ou 30% dès la fin janvier 2019. Les  députés LR soulignent dans une tribune publiée dans l’Opinion, bien d’autres  problèmes.  Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire  profiter : lisez, elle mérite le détour. Les intertitres  sont de votre serviteur.

 

« Le report initial d’un an pouvait laisser espérer l’enterrement de cette mesure héritée du quinquennat Hollande. Mais le ministre des Comptes publics a confirmé l’entrée en vigueur du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu au 1er janvier 2019. Le mouvement est lancé.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !

Cette réforme, exigée par l’Union européenne, part d’une bonne intention : prélever à la source permettrait de s’épargner des démarches déclaratives et un paiement tardif de son impôt. De plus, d’autres pays aux systèmes d’imposition beaucoup plus simples le pratiquent. Pourtant nous risquons d’aboutir au contraire de l’effet escompté. A l’occasion de la déclaration en ligne 2018 des revenus 2017, le taux individuel de prélèvement à la source transmis aux employeurs sera également communiqué à chaque contribuable, il s’appliquera sur les fiches de paie à compter du mois de janvier 2019 et l’impôt dû sera directement déduit du salaire net. Simple ? C’est oublier les effets indésirables de ce «Cosmopompe» et ses conséquences redistributives imprévues. A compter de janvier 2019, les salaires nets seront amputés par les prélèvements de l’impôt sur le revenu. Le taux de prélèvement sera déterminé en fonction des revenus de l’année 2017. Pendant 10 mois, nous serons prélevés sur la base de nos revenus d’il y a deux ans (n-2) avant prise en compte de la déclaration des revenus de l’an dernier (n-1) qui déclenchera à l’automne la régularisation des montants prélevés.

Vous suivez ?

Donc, si en 2018 le salaire a augmenté, nous tirerons profit de l’année blanche ; si au contraire il a baissé, nous serons prélevés sur nos revenus 2017 et devrons attendre l’automne 2019 pour voir les montants régularisés. Nous pourrons moduler nos prélèvements mais attention si nous nous trompons de plus de 20% par rapport au montant dû !

Une Usine à gaz. Il  faut  être énarque pour  pondre un dispositif aussi absurde !

Ce système va enfoncer les contribuables à problèmes : les cas particuliers des couples, ceux qui refusent de communiquer leur taux de prélèvement à leur employeur, les intérimaires, ceux qui enchaînent les contrats courts, les gérants d’entreprise, les indépendants, les libéraux, ceux qui perçoivent des revenus fonciers, ceux qui bénéficient d’un revenu exceptionnel... La complexité se déduit dès l’exposé des principes : derrière la simplicité se dissimule une usine à gaz digne des Shadocks ! L’employeur devient le receveur de l’impôt et le responsable de sa bonne perception devant l’administration fiscale. L’Etat se défausse sur les entreprises en leur demandant de prendre en charge, à leur frais, une activité éminemment régalienne.

Des  coûts  supplémentaires pour les entreprises !

La querelle philosophique a des incidences très pratiques : pour collecter cet impôt, les éditeurs de logiciels de gestion sociale vont augmenter leurs coûts; les gestionnaires de paie vont voir leur charge de travail augmenter dans ce rôle de guichet d’entrée pour Bercy, les pénalités infligées pour erreur ou retard vont augmenter avec les flux; les professionnels du chiffre vont multiplier les diligences et les temps passés pour assurer, contrôler ou ajuster ces nouvelles opérations sensibles. N’en déplaise à M. Darmanin, les temps humains et les coûts vont être augmentés tout au long de la chaîne des fonctions supports des employeurs dans des proportions que nul ne peut anticiper - souvenez-vous du RSI. D’ailleurs les logiciels de Bercy ont déjà dysfonctionné et faussé un demi-million de feuillets préremplis. Cette réforme va contribuer à faire baisser le taux de marge des sociétés non financières (EBE/VA), qui s’établit selon les derniers chiffres à 31,9 % (selon l’Insee), soit un taux durablement inférieur de 4 à 10 points à ceux de nos voisins européens (selon AFEP/EUROSTAT).

Avance de trésorerie permanente à l’Etat, et ce n’est peut-être pas fini …

Les entreprises ne seront pas seules à subir ces coûts et cette complexité. Bercy aussi verra ses agents submergés par les cas particuliers. Le contribuable, lui, devra toujours déclarer annuellement ses revenus, sauf si nous assistons à la première étape d’une fusion entre l’impôt sur le revenu et la CSG, afin de rendre cette dernière progressive et d’augmenter discrètement les prélèvements sur les classes moyennes et aisées. Officiellement, il n’en est pas question. Pour l’instant. Bercy souligne un avantage majeur : la contemporanéité, c’est-à-dire payer immédiatement l’impôt dû sur les revenus qui viennent d’être perçus ou s’adapter sans délai à un changement de situation personnelle. Les finances publiques étant tenues selon une comptabilité de trésorerie et non d’engagement, l’impact de ces rentrées fiscales sera considérable. Demain, l’Etat bénéficiera d’une avance de trésorerie permanente aux frais du contribuable et, le cas échéant, il rendra ce qu’il aura jugé bon de restituer au bout de dix mois de prélèvements, c’est-à-dire au moment de payer les impôts locaux — la nature est bien faite. Personne n’a réfléchi au mauvais côté macro-économique de cette contemporanéité : l’impact en matière de prévisions de recettes fiscales l’année où se produit un décrochage économique et où toutes les recettes de l’Etat - TVA, IS et IR - plongeront en même temps. Ce mécano fiscal sans cesse revu, enrichi et normé étouffe la fameuse source qu’on entend prélever. Derrière la simplicité, il y aura une taxe administrative que les entreprises françaises acquitteront avec comme assiette leur compétitivité.

Il était pourtant si facile de généraliser le prélèvement mensuel.

Il est encore temps d’y renoncer et d’aller vers un système bien plus simple et déjà pratiqué par de nombreux Français : la mensualisation. Il suffirait de la rendre obligatoire pour assurer une régularité de la recette pour l’Etat sans générer une telle usine à gaz au frais des entreprises. »

Qu’est-ce qu’on fait ? On se révolte ?

Les signataires :

Julien Aubert est député LR de Vaucluse, président d’Oser la France, Thibault Bazin est député LR de Meurthe-et-Moselle, vice-président d’Oser la France; Valérie Beauvais est députée LR de la Marne, vice-présidente d’Oser la France ; Bernard Brochand est député LR des Alpes-Maritimes ; Bérengère Poletti est députée LR des Ardennes, vice-présidente d’Oser la France ; Jean-François Parigi est député LR de Seine-et-Marne et vice-président d’Oser la France ; Alain Dufaut est sénateur LR du Vaucluse ; Bernard Fournier est sénateur LR de la Loire ; René-Paul Savary est sénateur LR de la Marne ; Bernard Carayon est maire LR de Lavaur et conseiller régional d’Occitanie, vice-président d’Oser la France ; Stéphane de Sallier Dupin est conseiller régional de Bretagne ; Stéphane Sauvageon est conseiller régional de Provence-Alpes-Côte D’Azur ; Gurval Guiguen est conseiller municipal et métropolitain de Rennes ; Pierre Laget est adjoint au maire des 11 et 12e arrondissements de Marseille chargé des Finances ; Olivier Arsac est adjoint au maire de Toulouse et conseiller métropolitain de Toulouse Métropole et Jérôme Besnard est conseiller municipal de Mont-Saint-Aignan.

 


SOUTENIR LA DEMANDE : UNE ERREUR ECONOMIQUE

Economie  bourse

 

Le gouvernement actuel a repris tous les « standards » de la politique suivie depuis 2012 : prélèvement  massif par les impôts (hausse de la CSG, multiplication des prélèvements par les taxes) pour financer par redistribution et transferts divers de cotisations la demande, ce qu’on appelle une « relance par la consommation ». Ce n’est pas cette politique qu’il aurait fallu mettre en œuvre. L’idée de la nécessité du soutien de la demande de biens et services et du risque qu'il y aurait à réduire les déficits publics hante nos technocrates. Notre politique économique reste imprégnée par le keynésianisme comme l’a souligné Patrick Artus dans une récente tribune dans les Echos. Et dans son livre « Osons l’Europe » Christian Saint-Etienne fait un constat qui va dans le même sens. Cette option a besoin d’une politique monétaire avec des taux d'intérêt très bas pour la poursuite d'une politique budgétaire expansionniste (augmentation des dépenses) que l'on préfère à la réduction du déficit public.

Plusieurs facteurs font douter de la pertinence du soutien de la demande aujourd'hui en France. 

Tous les signes montrent d'abord que le taux de chômage est proche de son niveau structurel, celui que la seule reprise conjoncturelle ne peut faire disparaître, et on observe que les difficultés d'embauche des entreprises sont très importantes. Ces dernières se plaignent par conséquent davantage  de problèmes d'offre que de problèmes de demande. Par ailleurs le commerce extérieur de la France se dégrade rapidement, conséquence logique d’une demande qui amplifie les importations, signe que l'appareil productif n'est pas en état de répondre à la progression de celle-ci. Dans cette situation, il est donc inutile de stimuler la demande de biens et services sauf à aggraver la dégradation du commerce extérieur et l'inflation salariale. Précisons que contrairement aux idées reçues de nos technocrates, les travaux de recherche montrent que la réduction du déficit public par la baisse des dépenses publiques a peu d'effets négatifs sur l'activité, à la différence de la pression fiscale qui est le vrai frein.

Vers une hausse des taux.

On ne peut enfin pas supposer que la BCE va maintenir perpétuellement des taux d'intérêt bas. C’est pourtant le pari que font Les « keynésiens ». Pourtant les taux d'intérêt à long terme commencent à remonter dans la zone euro (pour la France de 0,6 % en décembre 2017 à 0,9 % en mars 2018 pour le taux d'intérêt à 10 ans). Il serait donc nécessaire de commencer à réduire le taux d'endettement public, mais ce n'est pas le cas : le déficit public de la France est toujours 1 point de PIB supérieur à celui qui stabiliserait le taux d'endettement public. C’est donc un pari dangereux. Comme le souligne Patrick Artus : « Même si les prévisions faites par les organisations internationales, par les gouvernements, par la Banque centrale européenne, montrent toutes la poursuite d'une croissance forte dans la zone euro pendant plusieurs années, il faut se rendre à l'évidence : le pic de croissance qu'elle a atteint à la fin de 2017 est désormais derrière nous. La zone euro a en effet dépassé son point de retournement cyclique et la croissance va y diminuer progressivement. »  

S’adapter rapidement.

L'urgence en termes de politique économique devient la réduction du chômage structurel, par des politiques de formation, de requalification et par la baisse des impôts qui accroissent le coût du travail. Par ailleurs, le ralentissement de la croissance va rendre plus difficile la réduction promise des déficits publics dans les pays où ils sont encore excessifs, comme la France. De son côté Christian Saint-Etienne énumère les quatre problèmes clés que notre pays  doit corriger. D’abord arrêter la dérive de la dette publique en reprenant le contrôle de la dépense publique pour revenir rapidement à 1% du PIB ; réformer le marché du travail en introduisant plus de flexibilité en contrepartie d’un effort accru de formation ; redonner au pays une fiscalité compétitive en Europe ; enfin, augmenter son effort de recherche et d’innovation et rénover/robotiser son appareil de production pour qu’il réussisse dans « l’iconomie entrepreneuriale ». Le moins qu’on puisse dire, c’est que la politique de Macron ne répond que très partiellement à ces urgences.

 


LES MAUVAIS CONTES A DORMIR DEBOUT DE LE MAIRE ET DARMANIN !

Croissance 2014 panne

 

Cocorico  pour un mensonge !

L'annonce d'un déficit public ramené à 2,6 % du PIB en 2017 permet enfin une sortie de la procédure de déficit excessif par Bruxelles. Il fait dire à Bruno Le Maire que ce résultat a été obtenu « grâce aux efforts de réduction des dépenses et à la politique de redressement entamée par le gouvernement ». Un énorme mensonge ! Car les autres indicateurs clefs que sont la dette, les dépenses ou la pression fiscale, constatés à l’heure qu’il est, vont à rebours des objectifs gouvernementaux.

La croissance, cet écran de fumée.

Le regain de croissance ne permet pas à lui seul un rétablissement pérenne des comptes publics. Ainsi, le taux de prélèvements obligatoires a atteint les 45,4% du PIB : 45,4% de toute la richesse créée par les Français sont prélevés par la puissance publique ! Historique !  Une pression fiscale record, du jamais vu, de quoi relancer le « ras-le-bol fiscal ». La France reste toujours la terre de la pression fiscale. Et le gouvernement aurait tort de crier victoire trop vite parce que notre pays reste en queue du peloton européen en matière de déficit : le déficit moyen de la zone euro est à 0,9 %. Alors à 2,6%, il n’y a pas de quoi pavoiser. Et si le déficit s’est effectivement réduit, c’est parce que la croissance a fait rentrer davantage d’impôts.

Le  seul avantage de ce rayon de soleil, c’est que  la voie est désormais grande ouverte pour que la Commission européenne mette fin le 23 mai prochain à la procédure de déficit excessif lancée contre la France en 2009. Il faut pour cela rester deux années de suite avec un déficit sous les 3 %, et tout indique que le pari sera tenu également cette année. Sauf retournement imprévu de conjoncture toujours possible. Ces perspectives devraient aussi faciliter le passage du cap de 2019, où le déficit devait à nouveau tutoyer les 3% en raison de la transformation du CICE en baisse directe de charges (ce qui occasionnera un surcoût temporaire). 

« En même temps » une réalité plus sévère.

Ces bonnes nouvelles ne laissent pas pour autant un ciel bleu horizon. Car dans « en même temps », les chiffres dévoilés lundi par l'Insee vont à rebours des objectifs budgétaires que s'était fixés Emmanuel Macron pour son quinquennat. Non seulement  le taux de prélèvement obligatoire augmente, mais les dépenses publiques aussi :  celles-ci s'établissent à 56,5 % du PIB preuve que la réduction du déficit en pourcentage s'explique avant tout par des raisons conjoncturelles. La croissance des dépenses s'est établie l'an dernier à +2,5 %, alors que la loi de finances initiale tablait sur +1,6 %. La  hausse de la rémunération de la fonction publique (+2,2 % contre +0,6 % en 2016) y a pris une grande part, du fait de mesures  prises telles que le dégel du point d'indice et les diverses améliorations catégorielles, décidées sous François Hollande.  Enfin, le dernier indicateur clef n'est pas non plus là où il était attendu. Malgré une croissance plus forte que prévu et un déficit plus bas, la dette publique repart logiquement à la hausse, à 97 % du PIB contre 96,6 % un an auparavant. Le gouvernement ne prévoit pas de baisse avant 2020, même  s'il a promis récemment de redoubler d'efforts dès cette année.

Une pente dangereuse.

On est loin, en effet, des objectifs affichés pour le quinquennat, soit la baisse promise pour la dette de 5 points de PIB en moins, pour les dépenses publiques de 3 points et pour le taux de prélèvements obligatoires de 1 point. Et comme le penchant du gouvernement est toujours le même : il n’y a pas de cagnotte, mais  je ne peux m’empêcher de dépenser plus, c’est plutôt  mal parti ! Car comme le souligne Eric Woerth : « il n’y a pas  l’ombre d’un début d’action sur la dépense publique ».  On cherche toujours les décisions courageuses dont parle Bruno Le Maire et son compère Darmanin. Sauf que sans baisse des dépenses, pas de baisse des impôts. Impossible alors pour l’économie française de se libérer, c’est l’échec des réformes assuré. 

 


POURQUOI LA FRANCE IMPORTE-T-ELLE SA CROISSANCE ?

Compétitivité

La croissance extérieure.

Nous venons de le constater : notre pays a été le dernier à voir sa  croissance redémarrer, bien après les  Etats-Unis et après tous nos partenaires européens. Et pour cause, elle nous vient de l’extérieur.  C’est  bien pour ça que Hollande la guettait, juché sur le toit de l’Elysée,  comme « soeur Anne » en haut de sa tour. « Pas de bol », elle n’est pas venue à temps. Macron le sait bien qui organise à Versailles un grand raoût pour attirer ce que la  planète compte de grands investisseurs. La raison est toute simple : La  France se  révèle  incapable  de générer sa croissance propre. En cause, un système d’imposition et de prélèvements qui épuise l’épargne privée au profit d’un Etat omnipotent qui prétend tout diriger. Ce qui manque le plus en France, c’est le capital privé qui devrait irriguer la bourse, les entreprises, l’immobilier… En macro-économie, l'accumulation du capital est le processus qui permet de transformer l'épargne en moyens de production ou en actifs financiers. Avec le travail et le progrès technique, elle est l'un des facteurs de production qui est nécessaire au développement économique. Le niveau des  prélèvements obligatoires et les dispositifs fiscaux rendent impossible  le  bon déroulement de ce processus.  Et notre  pays est bien le seul en Europe à avoir un système aussi complet de captation de l’épargne à  sa source  pour alimenter un monstre obèse qui malgré cela  dépense plus qu’il ne perçoit. Il est même  le champion mondial des dépenses collectives de tous les pays développés : près de 57% du Pib de dépenses pour 46% du Pib de prélèvements obligatoires. Non seulement on empêche l’épargne privée d’alimenter la croissance, mais l’Etat est obligé de l’acheter à crédit, puisqu’il n’arrive  pas à joindre les deux bouts malgré la lourdeur des prélèvements. C’est pourquoi il compte sur les capitaux étrangers pour venir investir en France, un jeu dangereux qui nous appauvrit à long terme.

Toujours plus d’impôts.

La « transformation » annoncée par  Macron n’a pas lieu. Sa logique d’Inspecteur des Finances l’a emporté. Il a certes supprimé l’ISF et mis en place la « flat taxe » à 30% sur les revenus mobiliers. Ce sont deux arbres  pour cacher la forêt des taxes et impôts nouveaux et les augmentations des existants. Malgré son souhait de réduire les prélèvements obligatoires et la suppression annoncée de la taxe d'habitation, la France a déjà créé huit impôts nouveaux.  Pourtant, le programme fiscal du candidat Macron contenait plusieurs propositions dont les plus emblématiques étaient, d'une part, l'opération « hausse de la CSG/baisse des cotisations sociales » et, d'autre part, la suppression de la taxe d'habitation pour 80 % des assujettis. L'objectif final était une baisse de l'ensemble des prélèvements obligatoires de 32 milliards d'euros. Déjà, elle est ramenée à 20 milliards par la mise en place à hauteur de 12 milliards d'une nouvelle fiscalité écologique : une paille ! Parmi les huit nouveautés, un exemple ubuesque : l’IFI. Cet impôt se révèle être à la fois une usine à gaz comme  on n’en a jamais vue et une aberration fiscale. Ainsi l’immobilier français supporte  3,3 points d’impôts et taxes quand celui de l’Allemagne est à … 0,8 point !  Un écart qui se chiffre à 50 milliards d’euros. Les mécanismes sont tellement complexes qu’un assujetti « pourrait ne pas être en capacité de posséder les informations nécessaires à l’estimation de  la  valeur des parts ou actions représentatives des biens qu’il détient » !  Voilà un inextricable  monument directement sorti  de la  technostructure de Bercy !  Mais ça n’est pas tout. D'autres impôts sont arrivés un peu par surprise comme la très étrange « taxe pour le développement des industries de fabrication du papier, du carton et de la pâte de cellulose ». Il faut y ajouter l'entrée en vigueur de la Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) accompagnant une réalité dont on se serait bien passée, et l'augmentation de 3 % de la taxe « cabanon » ( un impôt sur la construction des abris de jardin et des piscines). A cet inventaire à la Prévert, il faut ajouter la nouvelle taxe sur le tabac, deux sur « l'exploration d'hydrocarbures et de gîtes géothermiques », une autre sur les plus-values de ventes de logements HLM et les deux contributions exceptionnelles sur l'impôt sur les sociétés des très grandes entreprises qui ont pour but de financer l'annulation de la taxe à 3 % sur les dividendes. En outre, L’exécutif envisage une réforme de l’impôt  sur les sociétés qui se solderait par un gain pour l’Etat d’1 milliard d’euros supplémentaire. A Bercy, on ne réforme pas pour rien. C’est pourtant l’inverse qu’il faudrait faire !

Le capital, clé de la croissance inclusive.

Au sein des entreprises, l’accumulation du capital est liée à l'investissement qui est financé par l'excédent brut d'exploitation ou par l'emprunt. Comme le capital subit une dépréciation permanente du fait de son utilisation pour la production, il y a accroissement du capital et donc accumulation si l'investissement brut est supérieur à cette dépréciation. Ce mécanisme est largement obéré par le manque de marges sous le poids des  charges. C’est  pourquoi le CICE n’a pas fait  reculer le chômage, les entreprises profitant de ce ballon d’oxygène pour les reconstituer avant d’embaucher. C’est pourtant d’une baisse des charges qui favoriserait durablement  l’investissement que pourrait repartir la  croissance « inclusive »,  celle qui permettrait d’augmenter le Pib de l’intérieur. Une reprise est saine quand elle est portée  par les investissements. Les  décisions prises par le gouvernement Philippe vont dans le bon sens mais ne sont pas suffisantes. Rien dans le budget 2018 n’améliore la compétitivité de nos entreprises et l’année 2019 devrait même diminuer leur  marge de  manœuvre avec la fin du CICE et le basculement en une baisse des charges qui devrait être moins avantageuse.

La formation et le capital humain.

Le déploiement de la croissance soutenable et durable passe par la mobilisation des trois formes de « capital » : humaine, financière et  environnementale. Mais,  dans une économie de la connaissance et de services à haute valeur ajoutée, le capital humain joue aussi un rôle essentiel. La  croissance « inclusive » ne peut ignorer la question de l’accès  à l’emploi qualifié. L’éducation constitue une des  principales réponses à la révolution numérique, au risque de déclassement du fait de la transformation des emplois et même des entreprises, des bouleversements des cadres sociaux et des modes de vie. Education et formation doivent être repensées pour accompagner les individus au long de leur vie avec pour objectif de leur permettre d’accéder à l’emploi productif. C’est l’intention poursuivie avec les réformes de  l’apprentissage et de la formation professionnelle. En choisissant de favoriser le corporatisme, la voie risque d’être non seulement décevante mais catastrophique comme le soulignent Nicolas Bouzou et Bertrand Martinot dans un article paru récemment. Rien de bon ne peut  sortir d’une emprise accrue des appareils syndicaux et patronaux sur la formation. Les  institutions potentiellement concernées par l’emploi et le développement économique sont soigneusement tenues à l’écart, en premier lieu les Régions dont on attend cependant la contribution financière : un comble !

Comme on le voit, la bataille de la croissance est  loin d’être gagnée.

La vision centralisatrice et technocratique de nos gouvernants, formatés par l’ENA, continue de corseter l’économie de notre pays. Qu’arrivera-t-il  quand le retournement de conjoncture –inévitable- se produira ? Les risques systémiques liés à la finance, au cybermonde, sont amplifiés par le démantèlement des institutions multilatérales voulu par Trump, le retrait de l’accord de Paris en étant l’exemple emblématique. Malgré l’activisme réformateur superficiel qui agite l’exécutif, la France fait du surplace et, telle la cigale, va se trouver fort démunie quand la bise se mettra à souffler.

 


PETITE CHRONIQUE DE TRAHISONS PROGRAMMEES…

Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé

 

Ils n’en finissent pas de prendre leurs distances, en attendant… on ne sait quoi. La  cible  c’est Laurent Wauquiez et ses positions soi-disant droitières et surtout son supposé souverainisme sur l’Europe. Pourtant, émissions télé et articles de presse ont mis les choses au clair. Ce ne sont que des procès d’intention. Des prétextes quoi ! Pour rejoindre Macron le moment venu, et si possible à une date cruciale qui  fasse bien le buzz  pour nuire aux Républicains. C’est comme  ça  que je vois  les choses : chacun ses procès. C’est une attente cousue de fil blanc ! Ils ne me feront pas croire que leur décision n’est  pas prise.

Le cas Juppé.

Sa "réserve" semble suivre un plan de com’ bien huilé. Etape par étape il se rapproche de Macron. Cela a commencé  par une  déclaration aussitôt suivie d’une rétractation sur les « convergences européennes » avec la vision du Président. Puis il a annoncé qu’il n’avait pas renouvelé sa cotisation à son parti en 2017, dont il est pourtant le fondateur. Enfin il a déclaré récemment se mettre en retrait de sa  propre fédération dont il était le président naturel. Seraient en cause un méli-mélo de raisons parmi lesquelles l’influence excessive supposée de Sens commun (risible), les positions droitières de Wauquiez et ses propositions trop souverainistes sur l’Europe. Bref, Alain Juppé  prépare sa mue macronienne. Il est chaperonné en cela par tout son ancien état-major passé chez Edouard Philippe, qu’il avait, parait-il, dissuadé de prendre le poste de PM, et dont il chante les louanges aujourd’hui. Je ne vois pas en quoi la politique social-démocrate qu’il mène peut convaincre le Maire de Bordeaux. Alors, comment expliquer ce virage ? Probablement par un mélange d’aigreur : il n’aurait pas digéré sa défaite à la primaire de la droite et encore moins le refus de Fillon de lui laisser la place quand il s’avérait que la droite allait « droit dans le mur ». A l’aigreur peut s’ajouter le souci de  garder la mairie en 2020 en imaginant que LREM pourrait encore tout balayer. Un pari risqué. L’histoire nous a appris que les élections intermédiaires sont rarement en faveur du pouvoir central. Il reste que ce comportement me déçoit fortement, moi qui ai toujours eu de l’affection, et même de l’admiration, pour lui. Allez, Alain, n’écoute pas les sirènes de Matignon, elles vont te perdre !

Adresse à mon ami Jean-Pierre.

Jean-Pierre Raffarin a mis le parti sous observation jusqu’à la fin 2018. Pour quelqu’un qui a dit se retirer de la vie politique, il reste très présent dans le paysage. On ne se refait pas : couper le cordon lui est impossible. La longue interview qu’il a donnée au journal « Les Echos » m’a néanmoins laissé pantois. Il y montre une fascination pour Macron qui m’étonne et me surprend, lui, d’habitude si réaliste. Je ne veux pas croire qu’il revit un « effet Giscard », dans « l’effet Macron » qu’il décrit, car ce serait un signe de sénilité. Macron est certes jeunes et semble remplir correctement la fonction présidentielle –après Hollande, c’est plutôt facile- mais je ne lui reconnais en rien le génie et la vision prospective de Giscard. Il accorde au Président un désir de réformer qui se résume pour l’instant à ouvrir toutes les portes, sans emprunter aucun couloir, sauf peut-être celui de la finance et des banques. Ces dernières sont bien les seules à profiter pleinement des réformes. C’est tout au plus un « président courants d’air », plus dans le discours que dans l’action.

Cher Jean-Pierre, tu voudrais qu’Emmanuel Macron réussisse, mais c’est un vœu pieux car à l’inverse de ce que tu souhaites, la France continue de perdre du temps sur l’essentiel, les déficits et la dette. Comme le dit Agnès Verdier-Molinié, « la France continue d’aller dans le mur,  mais plus doucement ». Tu ne mesures pas non plus l’effet dévastateur de la hausse de la CSG et en janvier 2019 celui du prélèvement à la source, sur le pouvoir d’achat des classes moyennes. Non, Macron ne mène pas une politique de centre droit. Ce sont les médias qui répercutent cet « élément de langage » dont tu te fais le relais. La politique économique menée par l’actuel exécutif est classiquement keynésienne : une relance financée par l’impôt et l’emprunt.  C’est au mieux, une politique de centre-gauche, social-démocrate, camouflée  par un discours volontairement droitier. Je ne retrouve pas, comme tu dis « le libéralisme économique et la volonté de modernisation de la société » qui animait Giscard, dans cette conduite des affaires qui fait la part toujours plus belle à l’économie administrée et aux lobbies bobos. Et quand tu cites l’action du Premier Ministre au sujet de N.D. des Landes, plus le temps passe et plus on s’aperçoit que c’est une reculade qui bat en brèche la vision d’aménagement du territoire qui animait Dominique Bussereau quand il avait signé la DUP en 2008. Sur l’Europe, je suis effrayé de voir que le procès fait à Wauquiez, qui reprend pourtant une grande part des idées exposées par Giscard dans « Europa », repose sur une vision fédéraliste qui ne change pas et c’est celle qui nous a fait perdre aux précédents scrutins et dont les Français ne veulent plus. Cette vision ne mérite pas la trahison que tu prépares. Pour le reste, c’est toujours beaucoup d’indulgence, même quand tu reconnais que Macron ne fait pas ce qu’il faut. Au lieu d’essayer de convaincre Macron d’infléchir son action, tu ferais mieux d’apporter ton expérience aux Républicains dans leur reconstruction. Alors j’ai envie de te crier : « Jean-Pierre, réveille-toi, Macron va échouer, et on a besoin de tout le monde dans le parti pour reprendre le flambeau le moment venu ! ». Il n’y a plus deux droites. La France a changé. Par contre, comme toujours, l’union fera la force !

Le bloc-notes rattrapé par l’actu.

Je ne pensais pas si bien dire dans ma note du 5 février : « La dette, cette bombe à retardement ». C’est venu plus vite que je ne le pensais. Les Bourses sont en train de connaître une correction logique, mais plusieurs variables indiquent que l'économie est en train de connaître le retournement de situation plus rapide qu'attendu. Les diverses notes de conjoncture montrent que les opérateurs redoutent l'apparition d'un cycle économique caractérisé par la hausse des taux et par la réapparition d'une inflation significative. Concernant l'Europe, le choc risque d'être rude car des liquidités américaines vont nécessairement quitter notre continent (rapatriement de 3 000 milliards de dollars voulu par Trump) d'autant plus nettement que les taux américains seront plus élevés – comparativement - que ceux de la zone euro. Du pain noir pour Macron au moment où son gouvernement souhaitait orienter l’épargne vers les marchés d’action. A bon entendeur !

 


LA DETTE, CETTE BOMBE A RETARDEMENT …

étau des taux

 

Depuis 2008, en raison de la crise, les  politiques économiques budgétaires et  monétaires, menées dans les pays de l’OCDE ont ouvert largement les vannes de la facilité, notamment en inondant les marchés généreusement : emprunts et émissions de monnaie.  Les gouvernements et les  banques centrales ont privilégié le court terme sans mesurer sur le long terme les conséquences de leurs décisions. La récession est pourtant terminée depuis longtemps : la reprise économique  est  effective depuis 2010 aux Etats-Unis et depuis 2014 en Europe, et malgré tout, ces  politiques se sont poursuivies. L’accumulation de dette publique se poursuit encore aujourd’hui aux Etats-Unis et en zone euro, hors Allemagne qui n’a plus de déficit depuis 2012, au Royaume-Uni, au Japon.  La dette atteint 135% du PIB en Italie, 230% au Japon, 100%  en France et en Espagne, 90% au Royaume-Uni,  110% aux Etats-Unis… Soit un doublement des taux d’endettement public en 15 ans ! Entre 2008 et aujourd’hui, la quantité de monnaie offerte par la banque centrale américaine est passée de 900 milliards à 4 400 milliards de dollars, et de 900 à 3 100 milliards d’euros dans la zone euro.

On aurait pu imaginer que l’amélioration de la conjoncture conduirait à l’amélioration de la situation des finances publiques : il n’en est rien. Si les déficits se redressent quelque peu, c’est parce que la croissance est plus forte, pas du tout parce que les politiques budgétaires sont devenues plus restrictives. Mais lorsqu’il y aura normalisation des taux d’intérêt à long terme, processus qui est entamé aux Etats-Unis et atteint maintenant l’Europe,  les Etats, pour assurer  leur solvabilité devront augmenter la pression fiscale et réduire les dépenses publiques qui peuvent être utiles à la croissance et n’auront pas le choix. C’est pourquoi les banques centrales craignent les effets de la contraction monétaire et de la hausse des taux d’intérêt sur la situation des emprunteurs et des investisseurs en obligations, et aussi sur les marchés d’action.  Ils avancent donc la main tremblante, en sachant que prolonger cet excès de liquidité est très dangereux : il peut générer des bulles sur les prix des actifs, sur les actions des entreprises de l’internet , sur les cryptomonnaies, et déjà actuellement à nouveau sur les prix  de l’immobilier, et déstabiliser les taux de change (ex : l’euro trop fort).

La France est particulièrement exposée en cas de nouvelle déflagration. Celle-ci parait encore improbable à court terme,  mais le temps presse. Ce qui nous distingue de nos voisins c’est le  poids de nos charges sociales. Si la protection sociale n’a pas de prix, elle a un coût, et ce coût reste supporté essentiellement par les employeurs. Il  est donc coupable  de ne pas engager, alors que la croissance est de retour, les efforts structurels pour réduire significativement la dépense publique et la dette qui asphyxient les capacités d’action du pays dont la capacité d’investissement est totalement saturée par la place démesurée des dépenses de fonctionnement et l’expansion des transferts sociaux incontrôlés.

Pendant 5 ans sous Hollande, on a  laissé filer les dépenses malgré « l’alignement des planètes » (euro faible, faibles taux, énergie peu coûteuse), et le gouvernement actuel prolonge  la même passivité alors que la croissance libère des marges. La France s'est habituée à l'ère de l'argent gratuit. Les marchés ont été d'une incroyable mansuétude et nous ont bercés d'illusions. Nous avons continué de vivre au-dessus de nos moyens et à nous droguer à la dette, sans que les investisseurs ne s'en émeuvent. Nous avons repoussé les vrais efforts de redressement des comptes publics, tant qu'ils continuaient à nous apporter les doses de morphine...

Or depuis le début de cette année, les taux se tendent partout. Celui de la dette française s’est hissé à 1% alors qu’il se situait autour de 0,60% au printemps 2017. C’est un mouvement a priori durable qui marque la fin d’un âge d’or pour les marchés obligataires et la banque centrale européenne commence à s’engager dans la même voie. Cette hausse peut être vécue dans un premier  temps, comme  un signe de bonne santé de l’économie,  mais elle alimente la remontée du rendement des obligations souveraines, et en parallèle un mouvement de prises de bénéfices sur les marchés boursiers. Le spectre de l’éclatement de la bulle resurgit et pourrait concerner les actions et les obligations …

Si elle ne réagit pas rapidement, la France va se télescoper au mur de la dette. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le pays doit encore lever 180 milliards d'euros cette année - il reste l'un des plus gros emprunteurs mondiaux. La dette française est une bombe à retardement, surtout dans un environnement où les taux commencent à remonter. Il suffirait ainsi qu’ils augmentent de 1% (déjà + 0,40% en ce début d’année) pour que la dette nous coûte 2 milliards de plus chaque année. En 2023, dans à peine cinq ans, ce point supplémentaire représenterait une surcharge de 12,9 milliards d'euros dans le budget de l'Etat, l'équivalent de tout l'argent que nous consacrons aujourd'hui à la police et la gendarmerie nationale ! Et rien ne dit que la hausse ne serait que d’1 point. Voilà pourquoi reporter l’effort  à la fin du quinquennat est irresponsable, d’autant plus que la conjoncture favorable offerte par une croissance inespérée risque de s’amoindrir.  Nous sommes dans une reprise cyclique. En France nous l’avons découverte très tardivement.  Elle  ne fait que commencer chez nous alors que la zone euro en est à son 18ème trimestre consécutif de croissance. Le retournement est  donc pour bientôt et il ne faut pas croire qu’il serait retardé chez nous.

Il  manquait une pièce au puzzle : l’augmentation des salaires qui relancerait  l’inflation. Le mouvement est enclenché aux Etats-Unis et a fait chuter Wall-Street, il ne tardera pas en Europe. Ce sera l’accélérateur de la remontée des taux.

La course de vitesse est engagée. Si nous ne prenons pas nous-même des mesures vigoureuses pour réduire notre endettement, si nous ne faisons pas nous-même des choix difficiles, ce sont les marchés qui nous les imposeront. L’euphorie économique actuelle est forcément grisante mais ne doit pas nous leurrer : nous  avançons sur une corde raide et elle est peut-être le signe avant-coureur de la tempête qui se prépare. Rappelons-le une dernière fois : l’ampleur des deux déficits budgétaire et commercial, le niveau du chômage, l’endettement de l’Etat, des entreprises et des ménages nous rendent très vulnérables.

C’est là qu’on  verra si Macron est à la hauteur, car les mots ne suffiront pas.



LA CROISSANCE EST LA, PAS L’EMPLOI !

Croissance 2014 panne

 

La  croissance tellement attendue.

Non sans triomphalisme, le gouvernement a annoncé que la croissance du produit intérieur brut français (PIB) avait progressé de 1,9 % en 2017. Ce succès est revendiqué par tous, y compris les amis de François Hollande. Le gouvernement, bien sûr, qui travaille depuis sept mois, mais aussi les hollandais qui affirment qu’elle résulte des mesures adoptées par l’ancien président, CICE et pacte de compétitivité. C’est de bonne guerre, pourtant ils n’y sont pas pour grand-chose, car elle vient surtout par l’extérieur.

On ne peut s’empêcher de se poser d’autres questions.

La croissance à 1,9 % est-elle suffisante, car elle n’a eu qu’un impact très modéré sur l’évolution de l’emploi : la France a créé 250 000 emplois en 2017, mais huit cent mille personnes se sont présentées sur le marché du travail alors que seulement 660 000 seniors prenaient leur retraite, et il en résulte un « surplus » de chômeurs de l’ordre de 140 000. Le taux de chômage n’a donc diminué que de manière insatisfaisante et se situe aujourd’hui à 9,6 %.

Autre question : dans l’Union européenne, le PIB a bondi de 2,5 %. Ce qui signifie que, si notre croissance est honorable, elle est tout de même inférieure à la moyenne européenne et que cette différence de 0,6 % nous empêche de retrouver des indices comparables à ceux de l’Union, qu’il s’agisse du commerce extérieur, de l’emploi et du taux d’industrialisation de notre pays, figé à 12% de la production brute alors que, ailleurs , il est de 15 ou 17 %.

Un modèle  économique inefficace.

Si la croissance traîne les pieds en France,  c’est à cause d’un modèle économique suranné : celui de l’économie administrée qui perdure derrière les quelques réformettes libérales engagées par le gouvernement actuel, qui ne redonnent pas suffisamment de liberté d’action et de marges de  manœuvre à notre appareil productif. Par ailleurs on continue de relancer la consommation par le  prélèvement d’impôts (la CSG et les taxes) et les déficits, qui font davantage travailler le travailleur asiatique que l’hexagonal, creusent notre dette et le déficit de notre commerce extérieur, si bien qu’au terme de la boucle, notre  pays n’a pas créé de richesse supplémentaire et s’est même appauvri. L’Etat continue d’acheter une croissance faiblarde à crédit en assommant  d’impôts au passage les classes moyennes. Si vous avez regardé votre bulletin de salaire, vous savez maintenant à quoi vous en tenir.

Le  chômage résiste.

Si la situation française semble s’être franchement améliorée en quelques mois, avec un rebond porté essentiellement par l’investissement, il n’en est pas de même de la création d’emplois. Le volet confiance du côté  des ménages comme des entreprises est indiscutable. Mais d’une part, la réforme du marché du travail ne produira  des effets –si elle en produit- pas avant 2019, et d’autre part, les entreprises  ne trouvent pas sur le marché les qualifications dont elles ont besoin. On pointe ici l’urgence de mettre la formation des jeunes et  moins jeunes en adéquation avec le contenu des offres d’emplois,  l’autre urgence d’accélérer la réforme de l’apprentissage qui  facilite l’embauche (c’est prouvé), et aussi  la nécessité  de rendre le travail beaucoup plus attractif que  les prestations qui permettent de s’y soustraire. Les exemples abondent de ces « jeunes » qui font le  choix de travailler en pointillé, se complaisant dans une alternance entre CDD et « inactivité sous alloc’ ».

Un rythme d’avant crise.

La zone euro a connu une croissance de 2,5% en 2017, pour les 19 pays qui la composent. Elle n’avait pas connu une telle progression depuis  dix ans. On voit qu’avec 1,9%, la France reste largement sous la moyenne du club de l’euro. Mieux, l’union à 28 affiche la même performance. Au palmarès, citons l’Allemagne (inévitable) avec 2,2%, la Pologne avec 4,6% (!), l’Espagne avec 3,1%  malgré la Catalogne (même pas peur). L’économie de la zone euro qui a profité du redémarrage mondial tourne à bon régime et s’accompagne d’une hausse  des valeurs européennes. La baisse du chômage va de pair, sauf en France. En zone euro il est passé de 9,6%  à 8,7%.

Mais cet élan a un revers : il contribue à une autre hausse, celle de l’euro. En 2018, il faudra surveiller l’impact de l’euro dont la vigueur pourrait annuler les effets de l’amélioration de la demande extérieure (en clair : les exportations). Et puis, les risques politiques ne sont pas nuls : en Allemagne la grande coalition peine à se mettre en place laissant un espace que l’AFD a mis à profit  pour s’emparer de la présidence de la commission des finances et de la commission des lois du Bundestag, et en Italie où les élections législatives sont à haut risque avec la nouvelle percée prévisible des populistes. 

Enfin, à noter le consensus  des  analystes : ralentissement prévisible en 2019. Même s’il n’est pas avéré, il serait prudent de l’envisager.

A suivre : la dette, bombe à retardement...


LANTERNES ROUGES

Lanterne-rouge Lanterne-rouge Lanterne-rouge



 

Notre Président est un as de la diversion. Pendant qu’il fête  son anniversaire ou Noël, on ne sait pas très bien, à Chambord, ce qui ne manque pas de faire jaser, et qu’il reçoit  Delahousse avec sa brosse à reluire, à  l’Elysée,  pour parler de la pluie et du beau temps –le climat-, les Français ne s’intéressent pas à ce qui fait l’essentiel de leur vie quotidienne.

Toujours plus de chômeurs que les autres.

Ainsi, Nous avons appris cette semaine que, pour la première fois depuis dix ans, les principaux pays développés ont retrouvé un niveau de chômage inférieur à ce qu’il était avant la grande crise de 2007. Evidemment, il s’agit d’une moyenne mais on constate que parmi la poignée de « mauvais élèves de l’emploi », se trouve la France.  Et loin derrière : celle-ci compte, en proportion, près d’un quart de chômeurs en plus. Et pour 2018, on espère une « stabilisation »… pas mieux. Pourtant ça n’émeut personne ! Ce désastre s’explique pourtant logiquement. Les réponses se trouvent dans les « performances » économique et budgétaire pour lesquelles nous battons des records et cumulons les cuillers en bois. 

Championne d’Europe des prélèvements obligatoires

La France est championne d’Europe des prélèvements obligatoires, tous impôts et taxes confondus. Les prélèvements fiscaux et sociaux représentent 47.6% du PIB en 2016, contre 47.3% au Danemark et 46.8% en Belgique. La première place française  s’explique surtout par  le haut niveau de cotisations sociales nettes, reflet de son vieux modèle social : elles représentent près de 19% du PIB contre une moyenne de 13,3% dans toute l’U.E. Le modèle nordique est différent : les cotisations sociales en Suède ne représentent que 3,3% du PIB, ce sont les impôts qui sont très élevés.  En décidant d’une hausse de la CSG  pour compenser la baisse  des cotisations sociales, Macron fait un pas en direction du modèle nordique. Ce  qu’on risque avec nos pouvoirs publics  et leur addiction à  la dépense publique, c’est d’avoir un cumul des deux. Alors que le pourcentage des prélèvements baisse un peu partout, en 2016 il n'a fait que stagner en France. Voilà une première place dont on se passerait bien.

Championne de la zone euro du déficit

La France est championne pour la zone euro de l’impasse budgétaire et laisse en outre dériver ce déficit qui dépassera l’an prochain les 85 milliards d’euros. Nos dépenses publiques représentent 56% du PIB, 10 point au-dessus la moyenne de la zone euro à 46%. La rupture  sur les dépenses publiques n’a pas eu lieu.  L’Etat  se contente toujours de coups de rabots qui  ne corrigent pas les dépenses structurelles. Elles  vont progresser encore de 1%  l’an prochain. En 2019, ça ne sera guère mieux, car, sous l’effet de la transformation du CICE  en baisse de  charges sociales (coût : 20 milliards), le déficit de l’Etat augmentera encore fortement. Malvenu, car  en même temps le volume de remboursement de la dette restera très élevé.

Championne des emprunts

Pour financer ces trous dans les comptes du pays, il faut emprunter. Toujours plus. Quelque 195 milliards d’euros en 2018, soit 10 milliards de plus que cette année. Jamais notre pays n’avait été à ce point dans la main de ses créanciers. C’est qu’en plus du déficit budgétaire, il faut financer116, 6 milliards d’euros de dettes à moyen et long terme arrivant à échéance. En face, il n’est prévu qu’un petit milliard de cessions de participations dans des entreprises affecté  au désendettement… Les  montants à rembourser sont colossaux : il  s’agit des titres émis à dix  ans pendant la  crise financière. Il  faudra le  même effort  en 2019. Ils restent supportables tant que les taux d’intérêt restent faibles. Mais une progression est entamée et l’agence France Trésor sera obligée de faire une actualisation en mars prochain, en fonction des évolutions constatées.

Etrangement, l’opinion publique n’a toujours pas fait le lien entre l’assommoir fiscal et la dégradation de l’emploi, entre le poids des dépenses publiques et la difficulté du pays à lutter contre le chômage. Il est vrai que les Français sont nuls en économie et la France a été tellement habituée à aligner les contre-performances économiques, budgétaires ou sociales, que plus personne ne semble s’en émouvoir. Même nos représentants n’en ont cure : pour les  budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale plus de 1 700 amendements ont été déposés, dont une grande partie pour empêcher des suppressions d’impôts, les réduire ou créer de nouvelles taxes !!! On a les élus qu’on mérite.

 

 


LE BITCOIN : NOUVELLE FOLIE !

Bitcoin

Savez-vous ce qu’est le « Bitcoin » ?

C’est une monnaie virtuelle ce qui veut dire qu’elle n’existe  pas comme monnaie « sonnante et trébuchante ». Souscrite et échangée sur un réseau crypté, on peut  l’acheter maintenant dans des boutiques et on peut s’en servir  pour faire des achats sur quelques plates-formes numériques. Elle n’est émise  par aucune banque centrale et n’existe que par rapport  à une communauté du web ce qui lui confère une valeur hautement volatile. C’est avant tout une monnaie spéculative :  on achète du bitcoin dans l’espoir de faire une grosse plus-value et comme les transactions se font sur  le  « shadow marché », elles échappent à  toute imposition. Le bitcoin vaut désormais  plus de 10.000 dollars. Dix fois plus qu'au début de l'année ! Comment expliquer une telle progression ? Deux experts donnent leur avis.

Jean Tirole.

Dans une tribune au « Financial Times », l'économiste français, prix Nobel en 2014, s'inquiète de la montée en puissance de la cryptomonnaie, et a décidé de prendre la plume et d'exposer ses craintes sur un phénomène qu'il qualifie de « pure bulle » financière. Il s'inquiète de la frénésie qui s'est emparée des particuliers et des acteurs financiers et pose une série de questions sur la soutenabilité et l'intérêt économique du bitcoin et des cryptomonnaies. Pour le chercheur, qui rappelle que le bitcoin a vu sa valeur être multipliée par 30.000 depuis 2011, la monnaie virtuelle est une bulle financière. C'est un « actif sans valeur intrinsèque », rappelle-t-il, soulignant l'absence de réalité économique derrière le  Bitcoin lancé en 2009. Et surtout, il  prévient que rien ne protège les particuliers et les acteurs financiers d'un éventuel effondrement : « Son prix pourrait tomber à zéro si la confiance dans le système venait à disparaître. » Et si Jean Tirole reconnaît toutefois que « certaines bulles », comme celle de l'or notamment, n'ont jamais explosé, c'est pour rappeler qu'il n'en ferait pas le pari, avec ses « économies ». Pour lui, la démesure du phénomène se retrouve notamment dans l'explosion des levées de fonds en cryptomonnaies. Celles-ci ont dépassé les  3 milliards de dollars en 2017.  « Annoncées comme un instrument de désintermédiation financière, les « ICO » négligent les fondamentaux de la finance : l'utilisation d'intermédiaires fiables et bien capitalisés pour suivre les projets ». Mais outre la question de la réalité financière du phénomène Bitcoin, l'économiste, s'interroge aussi sur le rôle « social », selon lui, « insaisissable » de la monnaie 2.0. Pour le Nobel 2014, la création de monnaie devrait bénéficier à « la communauté » à travers un gouvernement, qui dirige un budget. « La création monétaire fournit traditionnellement au gouvernement des ressources supplémentaires. » Au lieu de ce système, on assiste, selon le chercheur, à une privatisation de la monnaie. « Les bitcoins sont concentrés dans des mains privées ». Ce qui pose aussi la question des politiques publiques « pour quiconque voit la monnaie comme un complément nécessaire aux économies de marché ». Une monnaie pour jouer avec le feu en quelque sorte et qui n’alimente en rien l’économie réelle.

Jean-Marc Vittori.

Pour l’économiste et chroniqueur régulier des Echos la flambée de la cryptomonnaie peut s'expliquer par la découverte d'un gisement de richesses incroyablement prometteur, ou par la formation d'une bulle. D’après lui, le premier motif est a priori exclu. Le Bitcoin, cette monnaie électronique décentralisée qui circule sur les réseaux informatiques, existe depuis près d'une décennie. Aucune percée majeure cette année ne saurait justifier une telle poussée des cours : le bitcoin est une formidable bulle, qui va éclater un jour ou l'autre comme toutes les bulles. Jean-Marc Vittori avance cinq raisons pour expliquer cette flambée : La première est l'attrait de la nouveauté qui se développe après plusieurs années de diffusion, dans ce qui ressemble à une première maturité. La deuxième raison est l'appât du gain : sur des marchés financiers où les obligations ne rapportent pratiquement rien et où les actions semblent déjà chères, beaucoup d'investisseurs et d'épargnants ont logiquement envie de placer une petite partie de leur argent sur des placements qui les font rêver, même s’ils sont à haut risque. La troisième raison, qui est apparue cette année, est le succès des « ICO », ces levées de capitaux où des actions d'un nouveau genre, les « jetons numériques », sont vendues en cryptomonnaies comme le Bitcoin. D'où la quatrième raison : une demande très forte sur une offre à base étroite, de moins de 200 milliards de dollars - moins du quart de la valeur d'Apple, ou la masse monétaire d'un petit pays. Il existe aussi une cinquième raison qui est d'une autre nature et ne peut pas se mesurer : c'est le recours intensif au Bitcoin pour faire des opérations de fraude ou de blanchiment.

L’émergence d’un nouvel ordre monétaire ?

Les deux analystes financiers semblent se rejoindre pour constater l'émergence d'un nouvel ordre monétaire, radicalement différent de celui qui s'est instauré depuis des millénaires. La frappe de la monnaie a toujours été une marque de pouvoir. Ces trois derniers siècles, ce pouvoir a été centralisé par les Etats, qui l'ont délégué récemment aux banques centrales. Mais la société numérique qui s'amorce est organisée très différemment. Même si leur rôle est indispensable, les Etats auront du mal à y résister comme on le voit déjà avec la levée de l'impôt, auquel les géants du numérique échappent trop facilement. Des monnaies numériques, en concurrence, avec des usages très différenciés, constituent sans doute un horizon logique de ce nouveau monde. Les banques centrales pourront bien sûr émettre leurs propres monnaies électroniques, mais elles ont perdu de leur crédit ces dernières années, avec les politiques « non conventionnelles », en créant des immenses masses d'argent pour lutter contre les dégâts de la crise financière. La « blockchain », cette gigantesque base de données décentralisées où toutes les transactions sont enregistrées et accessibles au public, est une véritable révolution, nous prévient Marc Fiorentino : «  Aujourd'hui, tous les acteurs sérieux de la finance travaillent sur le sujet. Les monnaies virtuelles en général se sont également inscrites dans le paysage financier. Et elles vont y rester. Elles ne vont plus disparaître. Elles ont leur utilité, certains pays comme le Japon les adoptent, toutes les banques centrales travaillent sur le sujet et on se demande si à terme chaque monnaie réelle n'aura pas sa e-monnaie, sa monnaie virtuelle. On ne peut plus aujourd'hui balayer ces sujets en disant que c'est une escroquerie et que tout va disparaître du jour au lendemain ». Mais aujourd'hui c'est le far-west le plus total. Par essence on est dans un marché sans aucune réglementation, sans aucun encadrement, d'une opacité totale et dont on sait pertinemment qu'une partie de l'utilisation est frauduleuse. Et nul ne sait quelles monnaies survivront demain, le Bitcoin, l'Ethereum ou des autres centaines de monnaies virtuelles existantes. Dès lors, on aura à court terme des accidents, des explosions de bulles. C'est normal, c'est la règle dans toute innovation.

Le succès du Bitcoin traduit peut-être une fuite en avant de la monnaie version XXIe siècle. Ainsi, la capitalisation totale du Bitcoin s'élève à environ 180 milliards de dollars. Une hausse qui ne semble pas prête de s'essouffler quand on lit certaines projections sur le cours de la cryptomonnaie. Un analyste prédit un Bitcoin entre 50 000 à 100 000 dollars dans les six à 18 mois, sans qu’on puisse en être certain. On comprend que les Français qui ont des liquidités se jettent dessus pour fuir leur enfer fiscal. Ce qui est certain c’est qu’il est impossible de se faire une opinion sur sa valeur tant le trading est ultra spéculatif. Au point que certaines plateformes (de trading) ont arrêté de proposer des produits dérivés sur le Bitcoin, un peu effrayées par les volumes et par la volatilité. Il vaut peut-être 50 ou 100 000 dollars…  ou zéro !

Sauf que l’explosion de la bulle, comme celle des assignats en son temps, pourrait refroidir les ardeurs pour un bon moment. Les répercussions économiques ne sont guère à craindre étant donné la déconnection de la monnaie virtuelle avec le réel. Quelques spéculateurs ruinés, bah, ça leur fera les pieds !

 


DRÔLE D’EPOQUE !

Haddock cons BIS

La République selon Macron

Drôle de  République, oui ! Voilà comment on arrive en donneur de leçons qui va tout révolutionner  pour faire … pire qu’avant. Nos  institutions en prennent un sérieux coup.  Voilà le parti  majoritaire  à l’ Assemblée nationale  qui élit son dirigeant, déjà désigné d’office, par un vote  à mains levées comme au bon vieux temps de « Tintin chez les soviets » et le guignol ainsi adoubé  va rester au gouvernement et aura en charge  les relations avec le parlement. Ainsi le chef du groupe majoritaire est aussi celui  qui est en charge de dialoguer avec les autres, du jamais vu.  Voilà un curieux remaniement qui installe au gouvernement un député socialiste proche de Hamon,  qui n’a pas voté le  budget,  qui a  traité récemment Macron de « connard », et qui se retrouve à Bercy, au budget,  justement. C’est Darmanin qui doit  être content, il va découvrir encore mieux ce que c’est que d’être de droite « et » de gauche. Episode que j’intitulerais volontiers : « Les délices de Machiavel ». Voilà les « exclus » de LR qui font enfin « leur coming out ». Je ne veux pas parler de leurs préférences sexuelles mais de l’adhésion à « En Marche » de Solère,  Lecornu et Darmanin. Une clarification  qui pose un problème : du coup tous les questeurs de l’Assemblée nationale appartiennent au même parti,  ce qui est contraire  à  toutes les traditions républicaines. Solère devrait avoir l’honnêteté de démissionner, sauf à être un vrai « pourri ». La  France devient une république bananière.

La taxe d’habitation.

Si la réforme n’est pas invalidée par  le Conseil constitutionnel,  et que vous faites partie comme moi des  malheureux qui n’y échapperont pas,  vous allez être punis quatre fois.  D’abord en continuant de la payer, puis, comme l’Etat va  attribuer une dotation compensatoire à votre commune, avec vos impôts, vous paierez pour vos voisins exonérés. Ensuite, il est fort probable  que la commune ajuste  à  la hausse le taux de la taxe d’habitation restante pour faire  la soudure, et enfin, il y a gros à parier que la taxe foncière en prendra aussi un coup. On ne peut pas faire  plus inéquitable. Et quand j’entends comme vendredi, sur un plateau  télé, un partisan macronien expliquer que c’est un impôt injuste  parce que celui qui a 10 000€ et celui qui en a 1 000, paient la  même  taxe,  je me dis qu’ils ont le cerveau rétréci  pour tenir un raisonnement aussi imbécile. En effet, la taxe d’habitation est fonction de l’habitat qu’on occupe et finance l’accès à des services ouverts  à tous. Chacun doit être libre de choisir son mode de vie : un  pauvre préférer faire des sacrifices  pour sa maison, un riche vivre dans une cabane de jardin …  Il y a suffisamment de prestations mises sous condition de ressources.  Vous allez voir que ces gens-là vont nous mettre demain le prix du m3 d’eau en fonction des revenus. Mais inquiétez-vous davantage puisque le Garcimore qui nous gouverne veut créer un nouvel impôt  plus « juste » pour financer les  collectivités. On peut craindre le pire ! En effet, en France, la  justice fiscale ce n’est pas faire participer tout un chacun à raison de ses facultés contributives, comme le prévoie la Constitution, c’est quand seuls les « riches » paient. Sauf que les riches en question sont de moins en moins nombreux et de moins en moins riches.

Dette publique

L’Europe rappelle la  France à son devoir   : elle doit impérativement diminuer sa dette et émet des réserves évidemment justifiées sur le budget 2018. La croissance permettra peut-être de rester à la limite des 3% de déficit prévus par le traité.  Mais le pays est loin du compte sur le front de sa dette qui s’élève aujourd’hui à 96,9% du PIB  alors que le plafond du traité est à 60% ! (Moyenne de la zone euro 87,2%) Ce que Bruxelles voit bien, c’est  que l’effort « structurel » (en clair, le vrai effort) pour la construction du budget est en recul important par rapport aux années précédentes, malgré les divers « habillages » sapinesques. Et au rythme où sont dépensées les rentrées supplémentaires de TVA pour financer divers ajustements qui seront votés en seconde lecture par l’AN, l’objectif risque de ne pas être atteint.  Une faiblesse malvenue au moment où Macron voudrait pousser ses ambitions  de réforme : l’Allemagne et les Pays d’Europe du Nord pourraient bien lui opposer  le manque de volonté budgétaire. Autrement dit « commence par te réformer toi-même » ! Le fait que l’Italie  soit endettée à 131% du PIB n’est  pas une excuse. Néanmoins, c'est une source d’inquiétude supplémentaire pour l’Union européenne. Une bonne nouvelle, (enfin presque), pour terminer : les Etats de la zone euro vont lever un peu moins d’argent sur le marché obligataire  en 2018 : 860 milliards tout de même. La BCE (Banque Centrale européenne) prévoit donc d’alléger ses interventions, ce qui provoquera inévitablement le retour à la hausse des taux d’intérêt.

RAF (Rien à F…)

Stéfanini,  le directeur de campagne de Fillon qui a abandonné la campagne en … rase campagne publie un bouquin sur les dessous de la Bérézina. Trop tard et hors sujet. Et même immoral : il compte se faire du fric sur le dos de la bête abattue. Je ne risque pas d’acheter.

Le « black friday » se termine enfin. Ras-le-bol de  toutes ces pubs qui ont envahi mes écrans depuis quinze jours ! Rien que l’expression me hérisse : anglicisme plus couleur synonyme de mauvais souvenirs boursiers.

Un enseignant est poursuivi pour avoir eu des « relations » avec une mineure de 14 ans. C’est bien sûr, hautement condamnable quand on occupe cette fonction. Mais que voulez-vous, quand l’exemple vient d’en haut … ?

Les  « con-structifs » d’Agir n’ont pas de mots assez durs pour stigmatiser Laurent Wauquiez,  prétendant que  les  idées libérales, sociales, européennes, humanistes et réformistes sont menacées. Frédéric Lefèbvre est l'un des plus vindicatifs : il  a  pourtant oublié qu’il a été, en son temps, un porte-flingue sans nuances de la Sarkozie.  Ce qui manque à ces gens-là, c’est  l’honnêteté. Sont même pas foutus de s’entendre entre eux, en plus ! Je rassure nos amis : ce sont des affirmations gratuites sans fondement. J’ai fait toute ma carrière à l’UDF avant l’UMP et je reste aux Républicains, et ils me donnent encore plus envie de voter Wauquiez.

L’épidémie de gastro se propage : lavez-vous les mains plus souvent !

 


ECONOMIE : TOUR D’HORIZON

Planche à billets

 

Subprime : le retour !

Vous avez aimé la crise des « subprime » immobiliers ? Vous allez adorer celle des « subprime » autos. C’est la Réserve fédérale de New York qui tire le signal d’alarme. Elle constate que les ménages américains ne cessent de s’endetter, comme aux plus beaux jours de 2003-2008. Leur dette totale (immobilier, prêts étudiants, cartes de crédit, prêts auto) tutoie désormais les 13.000 milliards de dollars, un record. Plus inquiétant, la proportion de prêts « subprime », accordés aux ménages les moins solvables, grandit à vue d'oeil. Notamment dans les crédits auto, où ils représentent un quart des emprunts. Des crédits accordés en majorité par des fabricants ou des concessionnaires. Autrement dit des acteurs qui ne sont pas soumis aux mêmes réglementations que les banques. Cela ne vous rappelle rien ?

La faillite du Vénézuela se précise.

Taux à 10 ans dépassant les 50 %, Bourse en hausse de 2.500 %, CDS, inflation… La situation financière du Venezuela est sans précédent. Après plusieurs mois de crise, le Venezuela, pays longtemps le plus riche d'Amérique latine, a été  déclaré en défaut partiel sur sa dette. La dette obligataire du Venezuela s'élève à 63 milliards de dollars : 36 milliards ont été émis par l'Etat et 27 milliards par sa compagnie pétrolière PDVSA. La dégradation des finances publiques, les émeutes, la menace d'une faillite ont propulsé l'inflation à des niveaux stratosphériques. Alors que la hausse des prix dépasse à peine la barre de 1 % en Europe, elle sera de 950 % pour 2017. Face à ce phénomène, certains commerçants ont arrêté de compter les billets, et  les ont pesés à la place. En raison d'une telle hausse des prix, et de  l'effondrement du Bolivar, la Bourse de Caracas a fait office de placement refuge : elle a pris 2 481 % en un an !

Le Japon va mieux.

Seize ans que le Japon ne nous avait pas habitué à cela. Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie mondiale a progressé de 0,3 % au troisième trimestre, signant son septième trimestre d'expansion d'affilée, selon des chiffres préliminaires publiésdernièrement. Jamais depuis le début du millénaire, le Japon n'avait connu une aussi longue période de croissance ininterrompue.

L’Europe n’est pas en reste.

La Commission Européenne a revu très largement à la hausse ses prévisions de croissance pour 2017. Ce sera 2.2% et non les 1.7% initialement prévus pour la zone euro et 2.3% au lieu de 1.9% pour l'Union Européenne. C'est une excellente nouvelle. Du jamais vu depuis dix ans.

Des billets transformés en bitcoins.

Aux Pays-Bas, des distributeurs de billets acceptent de grosses sommes d'argent liquide pour créditer le portefeuille virtuel des clients en bitcoins. Ceux qui en vendent peuvent percevoir des euros sonnants et trébuchants. Mais la prolifération de ces automates inquiète sérieusement les autorités du royaume. Le bitcoin reste un placement à haut risque aux variations extrêmement dangereuses.

L’endettement mondial.

Il  en est des crises comme des glaciations : plus on s’éloigne de la dernière,  plus on se rapproche de la prochaine. La prochaine crise viendra de l’excès de dette, et elle sera mondiale. Il y a un indicateur qui ne s'est guère amélioré depuis la crise de 2008 : celui de l'endettement mondial. Il s'est même largement aggravé. Les Etats ont massivement emprunté pour relancer l'activité, les entreprises ont profité à plein de l'argent gratuit, les ménages ont continué d'acheter à crédit. Résultat : l'endettement n'a cessé de se creuser. La montagne de dette avoisine désormais les 135 000 milliards de dollars - un nombre à 15 chiffres - selon le Fonds monétaire international, qui  tire le signal d'alarme et qui craint ouvertement que le paquebot de la croissance mondiale finisse par se fracasser sur cet iceberg. L'équilibre tient aujourd'hui grâce à l'abondance d'argent dans le système financier. Du pain béni pour les Etats, qui sont nombreux à vivre au-dessus de leurs moyens à peu de frais. Mais le monde est en train de changer. Les grandes banques centrales mettent fin à l'ère des taux zéro et des gigantesques plans de rachats d'obligations. Elles sont bien placées pour savoir que les crises viennent toujours d'un excès de dette.

La surtaxe sur la sellette.

Ce  serait marrant, si on ne parlait pas de milliards et si on ne parlait pas d'argent public, de notre argent. Le Conseil Constitutionnel va être saisi au sujet de la surtaxe d'impôt sur les grandes sociétés. Celle qui vise à financer partiellement le remboursement de la taxe sur les dividendes de 10 milliards d'euros qui avait déjà été invalidée. Si cette nouvelle taxe, instaurée dans la précipitation, est à nouveau invalidée, on aura définitivement basculé dans le ridicule. Et il y aurait encore 12,5 milliards d'€ en contentieux laissés par Hollande que l'Etat pourrait bien perdre. Mais pépère préfère se marrer depuis que c'est le jeunot qui lui a pris la place.

Coup de bol.

Le gouvernement confirme que le déficit de la France sera en dessous des 3% : À 2,9% exactement. Encore un énorme coup de bol de Macron puisque cette baisse du déficit vient des rentrées fiscales liées à la reprise en France qui n'est que la conséquence de la reprise généralisée et principalement de la reprise en Europe. Il faut juste rappeler à ce gouvernement, comme aux précédents, que 3% n'est pas un objectif. L'objectif c'est de ne plus avoir de déficit, être à 0 ! Équilibrer les dépenses avec les recettes. Comme en Allemagne, quoi !

L’Allemagne, justement.

Elle n’a toujours pas de gouvernement, mais la croissance allemande a dépassé largement les prévisions au troisième trimestre 2017 : +0,8%. Ce n'est plus de la croissance, c'est un "boom". 2,3% de croissance par rapport à la même période de 2016. Et une prévision de croissance encore à 2% pour l'année. L'Allemagne va bien, très bien, trop bien même? Certains économistes commencent même à s'inquiéter des risques de surchauffe... 

 


L’ENVERS DU DECOR

Macron de dos

 

La Macronie a six mois. 

On n’attend même plus une année pour fêter les anniversaires. Et impossible de  passer  à côté de l’événement tant les médias nous ont rebattus les oreilles des mérites du Jupiter qui préside  à nos destinées. A les écouter, jamais  tant de réformes n’auraient été menées dans des délais aussi courts.  Ce qui rime avec mémoire courte. Sarkozy avait fait aussi bien et en mieux en 2007. A l’automne de cette année-là,  l’économie française avait repris des couleurs et le chômage tombait en-dessous de 8% … Cela dit, les six derniers mois n’ont pas été complètement inutiles en raison des quelques réformes qui vont dans le bon sens, au premier rang desquelles la timide libéralisation du marché du travail, et la suppression partielle de l’ISF. Mais le reste de la  politique va à contre-sens à commencer par l’utilisation de l’impôt (la CSG) pour redistribuer du pouvoir d’achat, le manque de  volonté de faire maigrir l’Etat, et la  multiplication des taxes qui reprennent d’une main ce que l’autre a donné.

Les gros points noirs subsistent.

En fait la France continue de plonger. Le budget 2018 en est le signe le plus tangible qui ne corrige pas la trajectoire sur les trois points noirs que sont le déficit, la dette et le commerce extérieur.  Ce sont les vrais baromètres de la santé du pays. Ils nous disent tous les trois que le mal empire.  La France continue de s’appauvrir inexorablement. 

Commençons par le commerce extérieur, puisqu’il fait l’actualité : les chiffres qui sont tombés indiquent que le déficit du commerce extérieur a atteint sur le dernier trimestre 14,5 milliards d'euros, ce qui amène celui sur une année à 61,7 milliards d'euros. Un chiffre en forte hausse par rapport aux 48,3 milliards des 12 mois précédents. Une situation inquiétante qui se soldera en décembre par un trou de près de 80 milliards d’euros pour 2017. La dégradation des derniers chiffres est due à la hausse des importations de produits manufacturés provoquée par la croissance de la consommation et la hausse des importations de biens d'équipement liée à la hausse des investissements des entreprises. Ce qui veut dire que quand la France redémarre, qu'elle consomme plus et qu'elle investit plus, elle importe plus. Rien de plus logique. Mais cette situation reflète surtout un problème majeur de compétitivité. Les produits français restent soit trop chers, du fait du manque de compétitivité du coût du travail, soit inadaptés à la demande du fait du positionnement de l'industrie française, soit encore de l’absence de produits à vendre du fait de notre désindustrialisation. À l'heure où l'Allemagne engrange, mois après mois, des milliards d'excédent commercial, notre déficit commercial se creuse. En 2018, les choix politiques qui sont faits vont aggraver ces handicaps : augmentation des  importations avec la relance de la consommation par le pouvoir d’achat dont se targue Mr Darmanin, aggravation du manque de compétitivité par  la diminution de l’enveloppe du CICE qui pèsera sur le coût du travail, pari sur le retour des investisseurs contrarié par la surtaxe sur le chiffre d’affaire des grandes entreprises et autres taxes sur les signes de richesse.

Le déficit de l’Etat, que la tuile de la  taxe de 3% sur les dividendes invalidée –un scandale à 10 milliards qui n’a pas ému grand monde- ne va pas arranger, va continuer de tourner autour des 80 milliards d’euros, obligeant Bercy à des  acrobaties pour rester dans les objectifs annoncés à Bruxelles de 2,7 ou 2,8%.  On sait ce qu’il en est des tours de passe-passe budgétaires dont nos technocrates sont capables. La réalité, c’est que nous continuons à dépenser  plus que nous ne pouvons. Depuis quelques jours et jusqu’à la fin de  l’année, la France va vivre à crédit pour assurer ses fins de mois. Il en sera de même l’année prochaine. Pourtant des opportunités existent. La croissance venue de l'extérieur est porteuse et permet d'adoucir les efforts à consentir.  Jamais autant de fonctionnaires ne vont partir à la  retraite,  jamais l’informatisation n’aura  permis de diminuer aussi facilement les postes de travail et l’on va se contenter de supprimer 4 500 postes au niveau de l’Etat,  dérisoire et ridicule ! L’absence de volonté politique est manifeste. Ne pouvait-on pas compenser  les 10 milliards à rembourser aux entreprises par des économies, sur un budget de 1 200  milliards (dépenses sociales comprises) ?

La dette, en conséquence, va continuer de croître et embellir.  L’Etat a  prévu d’emprunter 85 milliards d’euros l’année prochaine pour financer le trou du budget et les intérêts de la dette. Tant que les taux d’intérêts restent bas, ça n’est pas catastrophique.  Mais nous sommes à la merci du moindre aléa planétaire et ce n’est pas une situation saine,  surtout qu’elle  perdure depuis trop longtemps. La dette participe de  notre appauvrissement  et  pèse par son poids sur toutes nos politiques.

Le redressement est compromis.

Seul  un changement de politique qui mettrait la priorité sur la résorption du déficit et de la dette,  et sur  la restauration durable de la compétitivité des entreprises, pourrait inverser le cours des choses. Ce n’est pas le chemin qui est pris. Car il faut bien comprendre que ces chiffres s’additionnent. Quand on se réjouit que le taux de croissance va frôler les  2% du PIB, on ne crée qu’une quarantaine de   milliards d’euros de richesse supplémentaire. C’est de la fausse richesse,  puisqu’il faut en retrancher 80 milliards d’emprunts pour combler le déficit auxquels s’ajoutent les intérêts (40 à 50 milliards par an) et  60 à 80 autres  milliards, facture de notre déficit commercial. Et je n’ai pas parlé du trou de la sécu. Chaque année,  les  Français perdent globalement 140 milliards d’euros…  grosso modo,  financés aussi par les impôts  payés par  les riches et les classes moyennes, évidemment et par  l’emprunt. Mais pendant ce temps-là, les copains banquiers de Macron s’en mettent plein les poches, diraient en cœur et à juste titre, Marine et Jean-Luc. Apparemment il est plus urgent d’introduire des règles absurdes dans l’écriture de notre belle langue ou de voir dans la moindre gauloiserie une perversité sexuelle (Kersauzon, au secours !) que de mettre le paquet sur la  compétitivité de notre économie, ce qui permettrait de relancer le pouvoir d’achat par la hausse des salaires. On en est loin !

 * PIB 2017 : 2570 milliards d'euros

Dette fin 2017  : 2 200 milliards d'euros

    

 


L’ŒIL D’ARCHIBALD

Longue vue 2

 

De  tout… un peu.

Inclusif !

Une nouvelle  expression de la  lutte pour les  droits des femmes a pris corps sous la forme de  l’écriture dite « inclusive ».  C’est la dernière  trouvaille des  « Trissotins »,  ces « précieuses  ridicules » du 21ème  comme  les nomme Marc Fumaroli, académicien spécialiste du XVIIème siècle et professeur au Collège de France.  Ainsi on devra écrire  « bonjour les ami.e.s » si je m’adresse à des hommes  et  à des femmes.  C’est gravement méconnaître  la grammaire française qui inclut le  « neutre » sous la forme du masculin. Ainsi, dans l’expression les « Droits de  l’Homme », les deux genres sont-ils  considérés dans le mot  « Homme », qui désigne ici les deux genres. L’Académie  française a bien raison de fustiger  cette initiative  qui vise à dénaturer complètement notre langue et à rendre impraticable la lecture  d’un texte  écrit.  Assez de dogmatisme et d’idéologie  sectaire   ! Pour ma part, j’en resterai au « Chère amie, cher ami, » dans l’en-tête de mes lettres  si je m’adresse à des personnes des deux genres. Bien plus élégant, non ?

Rénovation à l’ancienne.

Le nouveau pouvoir nous avait promis de nouvelles  pratiques avec une nouvelle génération et une nouvelle  manière de faire de la politique. C’est probablement au nom de ces nouvelles  façons de procéder que Jupiter a désigné son affidé Christophe Castaner comme candidat unique à la direction du parti La République en Marche. Il  avait déjà agi de la sorte  pour la présidence du groupe parlementaire. La « démocratie réduite aux laquais », comme nouveauté il fallait y penser. Chirac l’avait inventée  avant lui.  Circulez, y  a rien à voir !

Taxe, taxe, taxe….

Non,  ce n’est pas le bruit d’une ancienne machine à écrire.  C’est la mécanique de  Bercy qui fait ce bruit-là.  La France est ce merveilleux pays qui est capable  de  créer une surtaxe qui rembourse la taxe sur la taxe… Comme la taxe  de 3% sur les dividendes a été invalidée et oblige  l’Etat à rembourser 10 milliards indûment perçus aux entreprises, Bercy n’a rien trouvé de mieux que d’imposer aux plus grosses entreprises  françaises une surtaxe sur le chiffre d’affaire qui va rapporter 5 milliards. La nouvelle contribution exceptionnelle a pour spécificité de présenter des taux exorbitants : 15 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros et 30 % pour celles dont le chiffre d’affaires dépasse 3 milliards d’euros en 2017. Cette surtaxe concernera «les 320 plus grandes entreprises françaises». On n’avait pas le droit de vous piquer 10 milliards, on va vous en piquer 5 quand même, non  mais !  Donc une nouvelle loi va être votée en urgence pour prendre aux entreprises de quoi leur reverser une partie de ce que l’Etat leur a ponctionné. Cette nouvelle surtaxe s'ajoutera à une autre contribution déjà existante : la contribution sociale sur l’impôt sur les sociétés au taux de 3,3 %, laquelle porte d’ores et déjà pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 7.630.000 euros le taux nominal d’imposition à 34,43 %. La France appliquera donc en 2017 cinq taux nominaux d’impôt sur les sociétés : 15 %, 33,33 %, 34,43 %, 38 % et 45 %. Si avec çà  on rassure  les investisseurs !

Tiers payant.

Cela n’a pas fait grand bruit.  L’assemblée a voté la fin du tiers payant obligatoire.  Il faut dire que cette décision prise par le précédent gouvernement était impraticable par les praticiens.

Hochet rationné. 

« C’est avec les hochets qu’on gouverne les hommes », avait dit Napoléon en créant la Légion d’Honneur.  Jupiter trouve qu’on en distribue trop. Il veut donc en diminuer   le  nombre et davantage d’exigence sur le « mérite ». Du populaire  à bon compte ! Question : est-ce   que ce sera réservé  à sa garde rapprochée ?

Formation aux langues.

La Corée du Nord enlevait des centaines de ressortissants des  pays voisins, japonais, Coréens du sud, …  afin de former ses espions aux langues et cultures étrangères. Pourquoi se gêner ? Avec  les  dictatures, tout est simple.  Il suffit de décider et de se servir. Le pot-aux-roses a été découvert,  mais ce sont les agissements « d’agents incontrôlés » qui ont été sévèrement punis.  Tout s’explique !

Catalogne, capitale Bruxelles.

Cherchez l’erreur.  Courageux le Catalan, mais pas téméraire.  Le nouveau président de  la soi-disant Catalogne indépendante a préféré se réfugier en Belgique pour éviter les geôles hispaniques. Il faut dire qu’avec son referendum pipé il ne fait pas l’unanimité des Catalans, ni même probablement la majorité. Le pouvoir central n’a fait qu’appliquer la constitution et est dans son rôle en fixant de nouvelles élections avant Noël. Espérons que la raison revienne à Barcelone. Mais Puigdemont devra bien rendre des comptes un jour !

 


LA GRANDE INJUSTICE DES CONDITIONS DE RESSOURCES (2)

Contribuable détroussé

 

LES CLASSES MOYENNES VICTIMES DE MACRON

Un système pervers.

On l’a vu dans ma note précédente, la France vit sous un système débile qui cumule une  progressivité fiscale hystérique et de nombreuses « mises sous conditions de ressources », dont les classes moyennes plus ou moins aisées sont les premières victimes. Loin de chercher à réduire cette situation scandaleusement inéquitable, le gouvernement Macron en accentue au contraire le côté  pervers avec la hausse de la CSG et la création de l’IFI,  sans parler des nombreuses taxes créées ou « améliorées » qui vont viser de manière privilégiée toujours les mêmes, tout en favorisant les « très riches »  puisque  les bénéficiaires de la suppression de l’ISF (1,26 milliards € ?) et de la « flat tax » (830 millions € aux 1% des revenus les plus élevés)  seront les mêmes selon une étude parue dans les Echos.

La classe moyenne.

De  qui parlons-nous ? Précisément des personnes dont le revenu disponible est compris entre 1 743€  et 4 099€ mensuels, soit un rapport de 1 à 2,35 entre les  bornes inférieure et supérieure. Elles représentent 50% de la population totale. Cette majorité, le plus souvent silencieuse (adjectif suspect) est le socle de notre démocratie. Elle est la grande perdante des réformes du quinquennat qui commence,  de manière directe ou relative par rapport aux classes riches et aux classes dites « démunies ».  On ne peut s’empêcher de  mettre en relation la montée des populismes dans les pays occidentaux avec la perte de soutien du socle des classes moyennes par les régimes politiques en place.

Flexisécurité et fiscalité.

Les politiques de flexisécurité se font au détriment des classes intermédiaires. En France s’y ajoute la fiscalité.

Les réformes dites de "flexisécurité", du marché du travail, de la formation et de l’assurance-chômage, ne répondent pas à la polarisation actuelle de l’emploi avec la montée en puissance concomitante d’une part des emplois de basse qualification et de haute qualification et d’autre part la disparition des emplois intermédiaires. C’est cette double polarisation qui a détruit l’ascenseur social pour la classe moyenne. Les deux pays, selon l’OCDE, qui ont connu un fort délitement de ces emplois sont justement le Danemark et la Suède qui sont les deux modèles de flexisécurité qui ont sciemment sacrifié leur classe moyenne. Or, en France, la classe moyenne est bien éduquée, plutôt bien formée et n’a pas besoin des plans de formation promis par le nouveau gouvernement.

La fiscalité est l’arme principale déployée pour détruire la classe moyenne. Le remplacement des cotisations salariales par une hausse de la CSG représente un gain de pouvoir d’achat net de 1,5% jusqu’à 13 076€ de salaire annuel brut, qui décroit pour devenir une perte annuelle nette au-delà de 33 000€. Le haut de la classe moyenne est directement perdant et le reste ne profitera que  moyennement de la mesure. Quant aux retraités on connait déjà leur triste sort avec l’augmentation de la CSG non compensée au-delà de 1 198€ mensuels.  De même,  la classe moyenne souffrira de son appétence pour le patrimoine immobilier (immobilier locatif, PEL et assurance-vie). Ces produits verront un alourdissement de leur fiscalité dès l’an prochain. La classe moyenne sera aussi la perdante de la politique sociale car elle ne bénéficiera pas des modestes ajustements de l’Etat providence. Les fonctionnaires en premier puisqu’ils subiront le poids des efforts budgétaires.

Les autres politiques vont dans le même sens.

La réorientation de la politique du logement et même de la politique familiale si elles préserveront les plus modestes, feront porter le poids de l’ajustement sur les autres, étant entendu que les plus aisés n’ont pas vraiment besoin de l’Etat providence. Il en va ainsi des réflexions menées sur les  allocations familiales et de la dégressivité des assurances chômage qui sont autant de menaces sur la classe moyenne.

Le  délitement de  la classe moyenne est le but visé.

La France qui gagne existe. Il y a des réussites entrepreneuriales, et heureusement, mais cela n’empêche pas que le nombre des pauvres augmente sans cesse, fruit des effets pervers des politiques suivies. Ils étaient 8,9 millions en 2016. Prise en étau entre ces gagnants de la métropolisation que Macron entend défendre et la France des pauvres, la classe moyenne semble inexorablement s’amenuiser, se paupériser, et d’autant plus si elle appartient à la France périphérique. Le délitement de  la classe moyenne entre paupérisation et constitution d’une classe créative des centres métropolitains créerait une géographie électorale très favorable au parti présidentiel, rejetant les classes les plus modestes aux extrêmes. Il est dans l’intérêt du pouvoir actuel de la voir disparaitre, d’où les efforts qu’il déploie contre elle. C’est bien le raisonnement que suit l’actuel président qui ne voudrait avoir comme opposants que Marine Le Pen et Mélenchon. Pour brouiller les pistes, il faut faire perdurer l’insensé  « ni droite, ni gauche »  à coups d’éléments de langage rabâchés, mais c’est un jeu très dangereux qui donne aux extrêmes le statut de forces d’alternance. Dans ce jeu trouble, Gilles Boyer continue d’être le « triste sire » de Juppé, que son amitié pour le transfuge philippien aveugle.

L’arme de l’épargne.

Les modifications de la fiscalité sur les revenus du capital auront beaucoup de mal à corriger la désaffection des épargnants pour les entreprises. Notre pays est devenu maladivement méfiant sur  tout ce qui touche à la bourse et aux actions, et le mot « libéral » fait toujours peur. Le placement en bourse apparait toujours comme risqué et le nombre des  « petits porteurs » a fortement diminué depuis les aléas du début des années 2000. Il y a peu de chance que  Macron parvienne à décider les  Français de déplacer les 4 815 milliards d’€ d’épargne financière  vers  les entreprises, sinon à la marge. De nombreux freins perdurent notamment pour le financement des PME faute de vrai marché boursier, et en ce qui concerne la réorientation des assurances-vie, c’est la réglementation du secteur qui limite considérablement les prises de risque. Et puis il y a le surendettement de l’Etat qui rend le gouvernement dépendant … de ces mêmes assurances-vie pour assurer son propre financement. Un serpent qui se mord la queue ! Les « premiers de cordée »  largement arrosés par la  mise en place du prélèvement forfaitaire ne seront donc guère suivis. Sans l’épargne populaire de la classe moyenne, qui détient la masse des capitaux, le pari de la réorientation du capital est loin d’être gagné. Comme je disais, il relève du fantasme.

La classe moyenne tient là sa revanche, si elle veut !

A  suivre : l’intérêt d’une stratégie « classes moyennes », à la fois identitaire, sociale et européenne.

 


LA GRANDE INJUSTICE DES CONDITIONS DE RESSOURCES.

Contribuable détroussé

 

« Président des riches ! »

Voilà un slogan facile qui mériterait une exégèse mais qui est surtout loin de la réalité de notre système fiscal et ne rend compte en rien de la situation financière dans laquelle se  trouve notre pays. La loi de finances qui a été votée par  l’Assemblée nationale présente  deux vraies faiblesses : d’abord, encore une fois les dépenses publiques vont augmenter l’an prochain, avec des économies toujours  aussi floues et la certitude que le déficit dépassera  les 80 milliards d’euros ; ensuite  les réformes de Bercy ne touchent pas à la progressivité du barême de l’impôt sur le revenu qui peut s’élever jusqu’à 45%, auxquels peuvent s’ajouter 4 points de contribution exceptionnelle sur les revenus immobiliers, mais en plus, chez nous, nous avons la  particularité d’ajouter d’autres  progressivités aussi nombreuses que désordonnées qui amplifient celle de l’impôt sur le revenu. Et c’est là que le bât blesse !

Les réformes structurelles ne sont pas engagées.

C’est un budget de continuité. Le vrai courage manque toujours : celui de réformer en profondeur pour diminuer le poids de l’Etat et de ses 6 millions de fonctionnaires. La technique des coups de rabot pour faire croire à des économies ne peut plus faire illusion. Pourtant le gouvernement a une large majorité pour s’y attaquer et s’il ne le fait pas c’est qu’il ne veut pas. C’est donc un choix politique. Pas seulement celui de la facilité, le mal est plus profond. Il tient dans la petite musique que les cercles économistes plus ou moins gauchisants et adeptes de la politique keynésienne de l’Etat providence omnipotent, jouent en permanence dans les cercles du pouvoir. Pour ces gens-là,  la dépense publique est saine, il ne sert à rien de la réduire. Les résultats montrent que rien n’est plus faux : 6 millions de chômeurs, 100%  d’endettement, 60 à 80 milliards de déficit du commerce  extérieur, plus de 80 milliards de déficit pour l’Etat.

Une logique mortifère. Comme l’Etat n’a plus d’argent, pour redistribuer il  doit augmenter les impôts et pour protéger les plus démunis, les exempter, ce qui fait que ceux qui paient sont de moins en moins nombreux et doivent payer toujours plus. Les conséquences sont multiples : pour échapper à  une pression fiscale confiscatoire  il n’y a pas trente-six moyens, c’est fuir, frauder ou gagner moins d’argent en limitant son activité.

Comme la suppression de l’ISF, la « flat tax »  est un cache sexe. Ce sont des réformes utiles mais pas déterminantes, parce que trop contrebattues par des décisions délirantes dont la plus emblématique est la surtaxe de 3% sur les grandes entreprises pour tenter de compenser les 10 milliards perdus dans la galère de la taxe sur les dividendes. La vision fantasmée du pouvoir, celle de classes moyennes qui ré-alloueraient leur épargne aux start-up, est une pure vue de l’esprit du fait des rendements quasi nuls du capital-risque en France. Une telle situation porte un nom : la  décadence !

Les Français sous conditions de ressources.

C’est un cancer bien établi. Les  progressivités mises en place par nombre de décideurs publics accroissent lourdement celle de l’impôt sur le revenu. Ainsi, même la  CSG sur les pensions de retraite comporte une exonération et un taux réduit, en fonction des ressources du ménage. Les contribuables de 75 ans et plus sont exonérés de taxe foncière, sous conditions de même nature évidemment. Il en va de même de l’octroi des bourses scolaires et étudiantes dont les bénéficiaires échappent en sus aux droits d’inscription. Pour les mêmes raisons, un étudiant qui s’inscrit à Sciences-Po Paris peut voir le montant annuel qui lui est réclamé varier de 540€ à 10 150€ !...

Allons plus loin. La plupart des prestations sociales sont sujettes à conditions de ressources, variables d’un régime à l’autre. Il en est ainsi du RSA, de la prime d’activité, de l’allocation d’invalidité, des allocations logement. Vous en voulez  encore : chaque auteur d’un règlement refait le quotient familial à sa guise !  Le summum a été  atteint en 2015 quand on a supprimé la moitié ou les trois quarts des allocations familiales des familles aisées, suivant leurs revenus. Dans la même logique, la taxe d’habitation vient d’être supprimée pour 80%  des contribuables, toujours en fonction de leurs revenus. Quant aux détenteurs de valeurs mobilières, leur régime n’est pas aussi favorable que l’administration veut le croire : les plus-values sur lesquelles ils sont imposés, sans réévaluation du prix d’achat, sont en grande partie fictives, autrement dit ce sont des profits imaginaires taxés à 30% ! Un système pervers qui frappe toujours les mêmes et aboutit à un égalitarisme forcené dans la plus totale inéquité.

C’est simple : avec les nouvelles réformes, la progressivité du système fiscal et social excède les 100% pour les familles proches des seuils, ce que monsieur Le Maire se garde bien de nous dire ! Cela aura comme conséquences prévisibles pour les  professionnels libéraux une incitation à réduire l’activité  si ce n’est à frauder car un tout petit supplément de revenu peut devenir une terrible machine à  perdre avec une lourde ardoise fiscale et une perte de prestations sociales à la clé. Mais les fonctionnaires et les cadres sont aussi concernés. 

D’un côté, on encourage l’assistanat, de l’autre, on démotive la création de richesse.

A suivre, demain, les classes moyennes sont les grandes perdantes de ce système inéquitable. Retenons bien que toute dégressivité des prestations en fonction des revenus équivaut à un supplément de progressivité fiscale déguisé. 

 


CROISSANCE : REPRISE OU REBOND ?

Croissance 2014 panne

 

Le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à la hausse.

Et l’INSEE a suivi : 1.8% en 2017. Un taux de croissance qu'on n'avait pas vu depuis 2011. C'est mieux évidemment, mais ce n'est pas exceptionnel. Relativisons : la France a accumulé un tel retard de croissance depuis 5 ans sur le reste de l'Europe et sur l'Allemagne en particulier qu'il est normal que nous assistions à un rattrapage. Avec deux moteurs qui tournent bien, la consommation des ménages et surtout les investissements des entreprises, et ça c'est une bonne nouvelle.  Pourtant c’est rattrapage partiel seulement. Une fois passé l'effet de rattrapage après plusieurs années de surplace, nous allons voir si nous avons enfin la capacité à générer de la croissance, de la vraie croissance,  de la croissance supérieure à 1 ou 1.2%, bien métropolitaine et non importée par  la bonne santé de l’environnement mondial et européen. Selon les Echos, les économistes de Bercy ont jugé que la croissance potentielle de la France était de 1,25% par an. Voilà qui est trop faible, beaucoup trop faible. Et la cause, c’est une économie française encore trop bridée. Voilà pourquoi, le rebond est une aubaine, mais on ne peut  être  certain qu’il s’agit bien d’une reprise aux effets  plus permanents. Des réformes structurelles majeures seraient la solution, mais pour les  mettre en œuvre, il faudrait une véritable révolution « libérale » et on en est encore loin. C’est un thème  sur lequel  j’aurai l’occasion de revenir.

Une ombre au tableau.

63 milliards d'euros : c'est le montant du déficit commercial prévu par le gouvernement pour 2017 et 2018. Soit quinze milliards de plus qu'en 2016. Et cette ombre persistera longtemps car c'est un problème structurel en France, le moteur des échanges commerciaux avec un déficit commercial toujours aussi dramatique. Tant  que notre balance des échanges sera déficitaire, nous ne pourrons pas dire que la France est sortie d’affaire, car ce montant ampute considérablement chaque année   les efforts qui sont consentis pour produire de  la richesse supplémentaire.

Le plafond de verre de notre économie.

En économie, les gouvernants ont tout tout intérêt à prendre en compte la « croissance potentielle », qui est un peu, nous disent les économistes, la limite de la zone rouge dans le compte-tours des voitures. Au-delà de cette limite invisible, l'activité est condamnée à se retourner - ou à dégénérer en crises douloureuses sur les prix ou la dette. Il est donc des plafonds qu'il vaut mieux connaître pour éviter de se cogner la tête ou plutôt de se prendre les pieds dans le tapis.  En France, ce rythme serait d'à peine un peu plus de 1 % l'an - 1,2 % l'an d'après les derniers calculs du Trésor. Le  gouvernement actuel  en fait une démonstration, puisqu’avec un chiffre qui excède la « croissance potentielle », on voit la dette augmenter et les dépenses  publiques avec ! Comme la  France s'est traînée depuis 2012, il a une petite marge de manœuvre supplémentaire qui sera rapidement épuisée avant d’entrer dans la zone vraiment dangereuse. Il serait évidemment stupide de piloter la politique économique avec ce seul indicateur mais il serait tout aussi stupide de  l’ignorer, car il donne malgré tout un ordre de grandeur du possible. Convenons que cet ordre de grandeur n'est pas très rassurant : depuis la fin de la dernière guerre mondiale, nous avons pris collectivement l'habitude d'une croissance beaucoup plus rapide, qui donnait des facilités à la fois pour les comptes du foyer et pour ceux de l'Etat ou de la protection sociale.

Cette « croissance potentielle » n'est pas gravée dans le marbre.

La France a un formidable potentiel de croissance, si elle sait mobiliser sa population, ses territoires, ce qu’il reste de son capital. Un indicateur suffirait à le montrer : à peine 64 % de ses 15-64 ans ont un emploi ! Quand les pays nordiques, le Royaume-Uni, l'Allemagne sont tous plus  de  dix  points au-dessus. Rattraper leur niveau suffirait produire un point de croissance supplémentaire par an pendant une décennie ! Mais voilà, pour exploiter ce gisement, il faudrait améliorer le fonctionnement du marché du travail – ce qu’on tente de faire  timidement avec la loi Travail-, changer les règles sur la retraite et les habitudes des entreprises sur l'emploi des seniors et, surtout, mieux former jeunes et moins jeunes. Et là, la tâche est gigantesque : elle touche à deux monstres d’inefficacité, l’Education nationale et  la  machine de la formation professionnelle qui gaspillent chaque année des dizaines de milliards d’euros. Ce que le Medef a  stigmatisé avec un slogan vite retiré :  « Si l’école  faisait son travail, j’’aurais un  travail ! » Avec le nouveau  Ministre de l’Education et l’annonce de la réforme de la formation professionnelle, on peut espérer quelques avancées. « Eduquer  mieux, former toujours » : on voudrait y croire, tellement le déficit de compétence est flagrant. Le champ des possibles se rouvre. Encore faudrait-il que les enseignants et les professionnels de l’entreprise  arrêtent de se regarder en chiens de faïence.  On est donc loin d’être entré dans le dur ! Il faut attendre pour voir. (Si j’entrais dans le détail, il faudrait doubler la longueur du texte).

 

 


LES NOUVEAUX TEMPS MODERNES.

Contribuable détroussé

 

Tout l’art de Macron c’est de faire faire par des gens de droite, une politique de gauche. Comme enfumage machiavélique on ne fait pas mieux, et « en même temps »  Le Maire et Darmanin en redemande ! Un seul exemple : augmenter un impôt (la CSG) pour le redistribuer en pouvoir d’achat est typiquement une relance keynésienne de gauche.  En plus c’est une mauvaise relance de la croissance, puisque, « en même temps », elle contribue à creuser notre déficit commercial : on sait que sur 100€ de pourvoir d’achat supplémentaire, 70€  vont à des produits importés hors d’Europe. Ce n’est pas pour rien que les  finances ont été confiées à des gens issus de  la droite : un  piège à double détente, qui les conduit à promouvoir une politique qui n’est pas  la leur et qui, si elle ne donne pas les résultats, retombera sur la droite toute entière.

Un bonneteau à 50 milliards.

Dans le même genre on a un autre tour de magie macronienne : on emprunte pour faire des économies ! Ainsi Edouard Philippe a dévoilé le grand plan d'investissement promis par le  président de la République et élaboré par Jean Pisani-Ferry. Un plan quinquennal dans la plus pure tradition de « l’économie administrée ». 57 milliards d'euros seront déployés sur cinq ans, avec pour priorités la transition écologique, la formation, ou encore la transformation numérique de l'Etat. On investit dans du fonctionnement comme les 15 milliards d'euros pour la formation professionnelle ! Mais alors que le gouvernement a prévu 16 milliards d'euros d'économies dans le budget 2018, où l'Etat va-t-il trouver cet argent ? Là, le tour de passe-passe budgétaire est habile car ce plan d'investissement ne doit peser que modérément sur les finances publiques. 10 milliards proviendraient de la dernière tranche du programme d'investissement d'avenir, des crédits seraient redéployés à hauteur de 12 milliards d'euros et 24 milliards d'euros seraient des nouvelles dotations budgétaires et enfin, 10 milliards d'euros seraient empruntés auprès de la Caisse des dépôts et consignations.

Un budget « et en même temps » 

Donc un plan d'investissement de 57 milliards d'euros sur le quinquennat d'un côté, un déficit budgétaire en augmentation qui dépassera encore 80 milliards d'euros l'année prochaine, de l’autre. Est-il bien sérieux d'engager de telles dépenses publiques quand la France, déjà championne des pays riches en la matière, est à la merci d'une remontée des taux d'intérêt sur les marchés ? Les deux chiffres s'entrechoquent et interpellent non ?  La dette publique atteint encore 96,8% de la richesse nationale et « en même temps » l’an prochain, l’Etat devra encore emprunter 195 milliards d’euros sur les marchés, un record depuis plus de 10 ans. Ne comptez pas sur Macron pour nous désendetter, ses  copains banquiers n’ont pas financé sa campagne pour rien. Alors le  budget présenté  pour 2018 est dans le droit fil de ce balancement que le commun des mortels aura du mal à comprendre. Côté dépenses publiques, 15 milliards d’euros d’économies sont programmées et « en même temps », les budgets de la plupart des ministères vont augmenter à court terme, parfois fortement. La création d’une taxe unique de 30% sur les revenus du capital et la réforme de l’ISF d’un côté et « en même temps », de nombreux Français vont être exonérés de la taxe d’habitation, les salariés profiteront progressivement de baisses de cotisations, les minimas sociaux vont être revalorisés. On baisse les  impôts de 7 milliards et « en même temps » on augmente la CSG qui rapporte 22,4 milliards.  On favorise les investissements d’un côté avec la « flat tax à 30% » et « en même temps » toutes les mesures décidées sur l’immobilier sont propres à faire fuir les investisseurs, dans un pays où déjà on ne construit pas assez. Quand on sait de quel poids le secteur du bâtiment pèse sur l’emploi… Avec  ça, cerise sur le gâteau, le déficit public doit être ramené à 2,6%, grâce à une conjoncture favorable. Mais c’est  un trompe l’œil, il n’y a pas beaucoup d’effort : merci la croissance ! Eric Woerth a raison quand il dit que le gouvernement gâche cette opportunité.  Comme sous Jospin, on cède  à la tentation d’augmenter les dépenses, au lieu de rester sérieux, car les mesures de redressement restent conjoncturelles alors qu’il aurait fallu s’attaquer aux structurelles. Pour l’examen complet  du budget, je vous recommande l’excellente interview d’Eric Woerth aux Echos.

Les nouveaux pédagogistes.

On a  salué avec soulagement le départ de  Michel Lussaut, Directeur des  programmes de l’Education nationale, mis en place par l’inénarrable Vallaud-Belkacem. Il  était   le chef de file des pédagogistes à l’origine du jargon « educnat ». Ce que fait Blanquer n’est ni de droite, ni de gauche : c’est le retour à la raison. Il  est réactionnaire au plein sens du terme, ça c’est vrai, car il fallait bien « réagir » au désastre. Mais on en n’a pas fini avec la novlangue. Les Macroniens ont  remplacé  les  pédagos. Voilà  pourquoi si vous lisez le budget 2018 avec des critères objectifs dits de « droite » ou de « gauche » vous avez tout faux. A entendre Aurore Berger, nouvelle adepte, « la droite et la gauche c’est dépassé ». Alors quand on les pousse dans les retranchements pour souligner les contradictions, on obtient toujours les « mêmes éléments de langage » : « on applique le programme », « on assume »,  « ça c’est le monde ancien », « le président tient ses promesses »…  Chez ces  gens-là,  monsieur, on ne réforme pas, on "transforme" ! Nuance  ! Donc la lecture selon le monde ancien ne permet pas de comprendre. En fait c’est une nouvelle langue de bois réservée aux « sachants ». Le problème c’est que l’initiation va être longue et périlleuse si on veut faire de  chaque citoyen un « macronien converti ».

 

 

 


IMPÔTS : LE GRAND N’IMPORTE QUOI !

Contribuable détroussé

 

Dans toutes  les annonces qui sont faites sur les réformes, si vous vous y retrouvez, vous aurez bien de la chance. Comme si la multiplication des annonces était faite pour brouiller l’écoute. Une chose est certaine, c’est le haut du panier qui sera le plus impacté à coup sûr, et les classes moyennes de la moitié supérieure y laisseront des plumes aussi : au-dessus de 30 000 euros de revenus par an, n’espérez rien sinon casquer en plus.  Dans ce pays on n’aime pas les riches.  C’est pourtant eux qui font tourner la machine.  Essayons de nous frayer un chemin dans le maquis philippo-lemairien. 

Il faut être  « productif » !

C’est le message que voudraient porter toutes ces réformes traduisant l'état d'esprit du gouvernement par rapport à l'épargne. Le mot-clé c'est « productif ». Et pas seulement pour les placements. Il faut que tout soit productif. Il vaut mieux sous Macron être actif et donc productif que retraité, on l’a compris. C’est moins méchant que l’euthanasie que prônait Attali. Pour les placements, on aurait d'un côté les bons placements, les placements « productifs », les placements à risque. Et les mauvais, ceux qui ne sont pas assez risqués donc pas assez productifs. Comprenez : «  l'immobilier », ou encore les fonds en euros des contrats d'assurance-vie. Le gouvernement oublie simplement que ce sont ces derniers qui ont financé la dette du pays pendant longtemps. C'est vrai que les taux sont si bas que le financement de la dette n'est pas un problème actuellement. Pour l’instant. Si c'est bien de favoriser la prise de risque, l'entrepreneuriat, les actions, l'entreprise, pour autant tout le monde ne peut pas et ne doit pas prendre des risques. On ne peut pas tous investir notre argent uniquement en actions. Ce n'est pas raisonnable.

La « flat-tax ».

C’est le nouveau cheval de bataille de Bercy. Elle sera de 30% et s'appliquera aux dividendes, aux intérêts et aux plus-values de cessions mobilières. Les avantages des livrets défiscalisés et des PEA sont maintenus, mais pour les PEL elle s’appliquera dès la souscription pour les nouveaux et après 12 ans de détention pour les anciens.

L’assurance-vie.

Elle subira la « flat-tax » de 30% aussi. Ce sera une augmentation de la fiscalité mais seulement pour les nouveaux versements, seulement pour la part des montants supérieurs à 150 000 euros par personne et 300 000 euros par couple et seulement par rapport au taux préférentiel qui s'appliquait à partir de 8 ans de détention. En clair, aucun changement pour les revenus des versements antérieurs à la réforme. Au final, peu de personnes seront concernées même si elles représenteront une part non négligeable des versements à venir. Espérons que les avantages et la simplification qu'apporte un taux unique de taxation pour le capital viennent largement compenser cet alourdissement et ne remettront pas en cause l'attrait de l'assurance-vie sur la durée.

L’ISF disparait.

Cet impôt imbécile qui ne perdurait qu’en France est enfin supprimé. Il est remplacé par l’IFI, impôt sur la fortune immobilière qui touchera les patrimoines immobiliers nets supérieurs à 1,3 million. Pas de changement sur les taux et l'abattement de 30% sur la résidence principale, le plafond des 75% des revenus (IFI+ IR) est maintenu. Les égalitaristes  hurleront de plaisir, ce sont les plus riches qui sont frappés. Par contre on peut être inquiet des répercussions sur l’investissement immobilier et les répercussions sur l’activité  du bâtiment, car les investisseurs vont devenir méfiants.

Le système ISF-PME.

Il disparaît. Rappelons le fonctionnement : si on investissait dans une PME, on pouvait déduire 50% de son investissement de son ISF. L'ISF disparaissant, ce dispositif disparaît aussi. Logique. Ce qui est dommage c’est qu’il aurait pu s'appliquer au nouvel « Impôt sur la Fortune Immobilière ». Cette disparition aura probablement des conséquences sur le financement des PME et des TPE, et en particulier des start-ups qui ont largement bénéficié de ce dispositif depuis des années. C'est tout de même paradoxal de la part d’un gouvernement qui prône le « tous startuppers » et le « tous entrepreneurs » de faire disparaître du jour au lendemain plus de 500 millions d'euros de l'économie réelle, l'économie productive, celle que le gouvernement dit justement tant aimer. Vous arrivez  à suivre ?

La taxe d’habitation.

80% des Français n'auront plus de taxe d'habitation à payer d'ici trois ans. Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a précisé les conditions requises pour bénéficier de ce nouvel avantage fiscal. Les plafonds d'exonération de la taxe d'habitation seront de 27.000 euros pour une personne seule et 43.000 euros pour un couple sans enfant. Ces montants concernent le revenu fiscal de référence, obtenu après l'abattement de 10%. Pour une personne célibataire, cela correspond à un revenu réel de 30 000 euros annuels environ et pour un couple, 48 000 euros. Problème : certains devront néanmoins supporter la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) au 1er janvier 2018, avant de pouvoir profiter de l'allègement de la taxe d'habitation à la date du paiement de l'impôt, en novembre 2018. Tandis que d'autres, appartenant aux 20% non exonérés ou qui le sont déjà aujourd'hui, ne bénéficieront pas de l'avantage fiscal et subiront simplement la hausse de la CSG. Double peine ! Selon le ministre, ceux qui continueront à payer la taxe d'habitation paieront « pareil », autrement dit ne verront pas leur taxe augmenter. Une affirmation gratuite puisque ce sont les collectivités concernées qui en décide, sauf à leur ôter cette prérogative ! Quant à la compensation par l’Etat : rien n’est dit ! 

Les APL.

La baisse des aides personnalisées au logement (APL) envisagée par le gouvernement dans le logement social n'aura « aucun impact » pour les bénéficiaires, promet le Premier Ministre qui se veut rassurant. Pour compenser la baisse des aides, le Premier ministre promet une baisse identique des loyers,  mesure qui impactera  les organismes HLM, forcément. Une solution déjà évoquée par Emmanuel Macron qui appelait publiquement tous les propriétaires à baisser les loyers de 5 euros par mois. Quant à ceux qui ne sont pas dans le logement social et qui bénéficient des APL, il n'y aura aucune espèce d'impact puisqu'ils ne sont pas concernés. Curieusement cette baisse ne concernerait donc que les locataires de HLM alors que les bénéficiaires les plus nombreux sont ceux du parc privé.  Comprenne qui pourra,  là encore. On ne dit pas non plus comment les organismes gestionnaires   qui ont déjà bien du mal à équilibrer leurs comptes, compenseront leur manque à gagner.

Il parait que le mot « réforme » était inadapté et qu’il faut désormais parler de « transformation ». Espérons donc que le gouvernement arrive à « transformer » le plomb en or.  Parce que pour l’instant, si on voit bien les ponctions, on discerne mal leur intérêt…En termes de baisses des dépenses, par exemple. Des annonces tous azimuts qui dénotent l’amateurisme et la fébrilité. Et je n’ai pas abordé le problème de la CSG.

 


LA CRISE FINANCIERE EST TERMINEE. PAS SI SÛR !

Des-liasses-de-billets

 

Août 2007 : la  faillite de Lehman Brother déclenchait la plus violente crise que la planète financière ait connue, tant  les « subprimes » truffés de créances insolvables avaient inondé le  marché jusque dans les  moindres recoins de nos banques. Dix ans après où en est-on ? On a l’habitude de dire que  l’histoire ne se répète pas. Par  contre, les  mêmes causes entraînent toujours les mêmes effets. Dix  ans après, les  effets de cette violence secousse qui a touché le monde entier en bousculant toutes  les économies, ont en grande partie été digérés. La question qui hante les esprits  reste  pourtant : «  est-ce  qu’une  même crise peut se  reproduire ? »  Tentons d’y répondre sans entrer dans  le détail de ce que les spécialistes et les analystes observent.

Voyons les chiffres.

L’endettement mondial atteint un record de 217 000 milliards  de dollars, contre 142 000 milliards dix ans plus tôt. C’est 327% du PIB mondial ! La dette totale a  augmenté de 2 000 milliards de dollars aux Etats-Unis et dépasse 63 000  milliards à la fin du premier trimestre de cette  année.  Dans ce contexte, on sait que la France n’a pas fait mieux et ce qu’il en est de sa dette qui a continué de gonfler. Les marchés ont beau bien se porter, on ne  peut pas dire  que la  situation se soit totalement assainie.

D’abord  ce qui est rassurant.

Les banques se sont remises du choc de 2007,  sous la pression des autorités. Le risque systémique, grâce à un renforcement draconien des fonds propres, est devenu très faible.  Elles  ont mené de lourdes restructuration, notamment aux Etats-Unis et ont doublé leur capitalisation rapportée à leur risque financier. Les européennes n’ont pas  encore tout-à-fait  tourné la page, et certaines  traînent encore  des créances douteuses qui plombent leur bilan, en particulier en Italie. Mais le mécanisme de supervision unique est en  place et  prêt  à parer à toute éventualité. Les mécanismes de régulation initiés par le Comité de Bâle, ONU de la finance, avec  les  accords  Bâle 1 et Bâle 2, et les milliers de pages de réglementation, rendent presque impossible une faillite générale accompagnée d’un « bank run » (les gens se précipitent pour retirer leurs avoirs).

Ensuite, ce qui est inquiétant.

Les « subprimes ». Ils ont été à l’origine de la  crise de 2007 et n’ont pas disparu.  Au moins deux bulles  existent aux Etats-Unis sur les crédits automobiles, et sur les prêts étudiants. Les crédits aux ménages très peu solvables ont aussi explosé et pèsent 33% des crédits titrisés.

La titrisation.  Car autre  mauvaise nouvelle, la titrisation a continué aussi. Cette procédure qui consiste à noyer des actifs peu solvables dans des paquets de titres avait contribué à aggraver la crise des « subprimes » dont ils étaient les vecteurs. Tous les produits toxiques n’ont pas été éradiqués  et on en produit de nouveaux,  malgré 320 milliards de dollars d’amendes. En cause, les nouvelles contraintes en capital et la faiblesse des taux qui ont réduit les marges des banques et ont poussé celles-ci à délester leurs bilans en recourant à la titrisation. La chine suscite aussi des inquiétudes car les banques y recourent à des montages de titrisations complexes pour se débarrasser d’actifs toxiques. Une trentaine d’entre elles totaliserait 2 000 milliards de dollars de ce type de créance.

De nouvelles bulles sur les marchés. Elles gonflent avec le déversement d’une masse considérable de liquidités par la Fed,  la  banque du Japon, puis par la BCE, qui font flamber les prix des actifs.  Les indices boursiers ont bondi (265% pour le S&P).  La  plus grande menace est la sortie de la politique monétaire expansionniste, avec le risque d’un dégonflement brutal de la bulle  obligataire. La Fed a commencé. La BCE devrait y venir en 2018. Il faudrait ajouter au tableau la flambée de la  dette chinoise  consécutive à la forte hausse du prix de l’immobilier. Elle est aujourd’hui sous contrôle du gouvernement chinois, mais pour combien de temps ?

Le comité de Bâle est en panne. C’est le dernier signal négatif. La sortie définitive de la crise financière s’embourbe dans des jeux de défense d’intérêts nationaux et il ne parvient pas à boucler la négociation portant sur les montants des fonds propres que doit détenir une banque pour couvrir les risques (Bâle III).  La méfiance des Etats-Unis et la volonté de Trump de « déréguler » dans son pays ne sont  pas étrangères à cet enlisement,  alors que bien d’autres chantiers seraient à  mener (trucages sur les marchés des changes, non-respect des embargos  …)

Reste que rien n’a été fait pour tenter de réguler la finance de l’ombre. 

Les hedge funds, les  plates-formes de prêt  participatif,  les sociétés de gestion de patrimoine échappent à tout contrôle. Ce système parallèle représente le quart de la finance  mondiale. Un défi immense  pour  l’économie mondiale, car contrairement aux banques,  les prêts octroyés  par ces institutions ne sont pas garantis par le dépôt  des épargnants mais par l’argent que veulent bien leur consentir les investisseurs…  Cela les rend particulièrement vulnérable à la conjoncture.

Pour tout dire, dix ans après,  la finance mondiale vit et  danse de nouveau sur un volcan.  Nous ne sommes donc pas  à l’abri d’un nouvel  incendie, sauf que nos pompiers qui avaient été à l’oeuvre avec succès en 2007, la  Fed et la BCE, aujourd’hui  n’ont  plus d’eau car elles ont pratiquement épuisé leurs réserves !

Le  pire n’est pas toujours certain, heureusement ! Quoique ….

 


LES DOSSIERS DE TRYPHON

Tryphon étoile


LE BEL AVENIR DES AVIONS

Jamais il ne s’est vendu autant d’avions dans le monde. Boeing et Airbus n’ont pas de mouron à se  faire. En matière d’aéronautique c’est  plutôt un âge d’or qui s’annonce. Les carnets de commande sont bien remplis. Et  il y a des esprits chagrins qui nous annoncent  la fin du moteur thermique pour les automobiles et d’autres qui voudraient empêcher la construction de nouveaux aéroports.  La réalité est toujours plus forte que les chimères, surtout quand elles sont idéologiques.

La croissance du trafic aérien.

Elle est inéluctable. Pour la première fois cette année,  le trafic aérien mondial franchira la barre des 4 milliards de passagers : le double d’il y a douze ans, huit fois plus que dans les années 70 ! Malgré cette croissance rapide, le ralentissement n’est  pas pour demain,  car le trafic  va encore tripler d’ici 2036, selon les prévisionnistes sérieux. La  cause en est  toute  simple : le doublement de la classe moyenne dans le monde. Ainsi la proportion de la population des pays émergents en capacité de voyager en avion va passer  de 30%  actuellement à 83% en 2036. Et le Chine deviendra le premier marché aérien mondial, la part de l’Asie dans le trafic mondial passera de 30% à 38%, devant l’Europe à 21% et l’Amérique du Nord à 16%. Cela nécessitera la construction de 35 000 avions neufs, la flotte mondiale passera de 19 000 à 40 000 appareils, dont 70% de moyens courriers. Ce sont les compagnies low-cost qui continueront de tirer le marché en se développant sur le long courrier dont  elles pourraient conquérir 50% du marché. Ainsi, Airbus a un carnet de commandes de près de 7 000 appareils et pourrait se permettre d’augmenter la production sans en prendre de nouvelles pendant plusieurs années plaisante son patron.

Les nouvelles technologies s’en mêlent.

Le nouvel  âge d’or viendra du développement des drones et des voitures volantes. Un rêve ? Pas du tout ! Dans la Silicon Valley on s’emploie à accélérer la mutation technologique. Ainsi nous connaîtrons des taxis volants électriques et sans pilote dans les villes. Le groupe Airbus mène actuellement deux projets de véhicules volants électriques et sans pilote dont les  premiers vols sont prévus pour la fin de l’année et début 2018, mais oui ! Le lancement de ces « drones-taxis » devraient intervenir  dès 2021, c’est-à-dire… demain. Il faudra bien des aménagements urbains pour faire de la place à ces nouveaux véhicules. 

Les aéroports, poumons de la mobilité.

Cette croissance et ces nouvelles technologies nécessitent évidemment  une hiérarchisation des espaces. Elle justifie amplement la construction de la nouvelle plate-forme aéroportuaire pour le grand ouest à Notre-Dame des Landes. Ne serait-ce que parce que l’actuel  aéroport n’échappe  pas  au phénomène et voit son trafic  augmenter vertigineusement avec toujours plus de passagers, toujours plus de compagnies et toujours  plus de destinations.  Le  mois de juin dernier a vu une progression de près de 16% par  rapport à la même période de 2016 ! Son marché est très majoritairement européen  mais les opportunités d’élargissement aux autres pays du monde vont aller de pair avec le développement du trafic des pays émergents, forcément.  Sauf à vouloir laisser la métropole nantaise  et l’ouest français à l’écart du développement mondial ! Château-Bougon restera utile pour l’usine Airbus, le fret et pour le trafic local des avions-taxis, le nouvel aéroport se consacrera au développement du trafic passagers toutes destinations. Il est vital de ne plus attendre !