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LA FRANCE RECOMPOSEE (2)

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LA CONTRE SOCIETE DE LA « FRANCE PERIPHERIQUE »

(Une synthèse approfondie, mais forcément un peu longue pour analyser tous les aspects ou comment comprendre le glissement à droite de l'électorat)

Les catégories populaires, qui comprennent aussi les petits agriculteurs, sont moins visibles, puisqu’elles vivent loin des grands centres urbains où se concentrent les décideurs publics et privés. C’est pourquoi on a pu parler de « France invisible » ou de « France oubliée ». Pourtant la part des catégories populaires est restée stable depuis un demi-siècle, mais elles ne vivent plus là où se crée la richesse. Cela constitue forcément un problème social et politique majeur de notre pays. Car cela peut vouloir dire que le projet économique tourné vers la mondialisation fait l’impasse sur elles. C’est la prise de conscience de cette situation qui amplifie le malaise ressenti par un grand nombre de Français et qui en fait le peuple le plus pessimiste du monde.

Un peuple hétérogène en apparence mais homogène sociétalement.

Actuellement 50% des salariés gagnent moins de 1 650€ net par mois. Les frontières entre classes populaires et classes moyennes, artisans et commerçants, patrons de TPE, tendent à disparaître  au profit de l’émergence d’un « vécu » commun, alimentant frustrations et envies de révolte. Le maillage provincial ainsi constitué pérennise la personnalité, la mémoire, l’art de vivre, la sociabilité, en bref, l’identité française. Sur ce terreau de résistance riche de bon sens, d’énergie et de probité, l’espoir peut germer et l’élan populaire trouver un ressort. La fronde des « bonnets rouges » illustre ce phénomène, où l’on a vu des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des chauffeurs routiers et des chefs de petites entreprises défiler ensemble. En effet, la contestation n’était pas seulement sociale mais aussi identitaire. Identité face au discours qui répudie nos racines spirituelles du judeo-christianisme, nie les ancrages culturels qui fondent la civilisation occidentale (Athènes, Rome), méprise l’inquiétude liée aux flux migratoires, arase les distinguos de base entre l’homme et la femme (stéréotypes de genre).

Cette France survit à la fois de la redistribution des métropoles, du maintien d’une part importante d’emplois publics et parapublics et aussi grâce au développement des services à la personne. Mais c’est le sentiment de ne plus avoir de perspective d’ascension sociale dans cette France-là qui conduit à toutes les crispations. La crise économique les accentue, mettant en évidence la fragilité de territoires  qui ne comptent plus guère dans la production de la richesse nationale, celle qui crée de l’emploi. Chaque fermeture d’entreprise devient alors un drame pour des gens qui sont certains de ne pas retrouver sur place un autre emploi, leur mobilité sociale et géographique étant très faible. Chaque restructuration publique est vécue comme une trahison intolérable et une source de dévitalisation, car elle touche au capital social local auquel cette population s’accroche : la maison, le quartier, le territoire, l’identité culturelle en quelque sorte de gens assignés à résidence par la pesanteur de leur condition.

Une France qui veut protéger ses valeurs traditionnelles.

Dans cette France périphérique où le champ des possibles est beaucoup plus restreint, la population se raccroche aux valeurs. C’est la France attachée à l’ordre républicain, réservée ou hostile sur les réformes sociétales, critique sur l’assistanat. Elle ne croit plus guère dans le pouvoir de la politique, pas beaucoup plus dans les « politiques » trop accrochés à des postures et pas assez dans la résolution de ses problèmes concrets. En bref, elle a le sentiment que les élites ne lui parlent plus. Mais cette France-là a encore du ressort. Elle sait pratiquer les solidarités locales, les initiatives privées, l’économie de proximité. Et on y observe des mobilisations populaires qui sont autant de réponses aux abandons de l’Etat ou aux provocations d’un pouvoir politique gentrifié (énarchie) et boboïsé, plus obsédé de ses préoccupations existentielles et nombrilistes que des réformes qui moderniseraient réellement le pays.

Aussi l’accusation de « populisme » ne l’émeut guère. Elle sait aussi envoyer des signaux : elle refuse de voter, et quand elle le fait, elle n’hésite pas à porter ses suffrages sur les candidats « protestataires » sans se cacher. Mais elle est surtout un électorat en jachère. Elle porte en son sein une catégorie de citoyens dont le niveau de vie les apparente davantage aux minorités les plus mal loties alors qu’ils semblent appartenir à une communauté considérée comme privilégiée : ce sont les « blancs pauvres ». Du coup, personne ne s’intéresse à eux. Ils occupent ce que l’on pourrait appeler un angle mort de la sociologie politique. Ils sont trop blancs pour intéresser la gauche  qui s’est pourtant fait une spécialité de la défense des minorités mais poussée par Terra Nova dans la conquête des électorats « colorés », et trop pauvres pour intéresser la droite  qui focalise ses préoccupations sur les catégories dites bourgeoises et sur les classes moyennes.

Une nation paupérisée et éclatée.

Les élections municipales ont révélé le vrai visage de la France : l’abstention massive, révélatrice du décrochage du peuple par rapport aux discours officiels ; la pauvreté des campagnes aussi profonde que celle des quartiers difficiles ; des villes scindées par la répartition ethnique, comme Marseille, Lille ou Paris ; la répartition inégale  et désorganisée à l’échelle nationale des « populations nouvelles »… Aucun de ces sujets n’est abordé franchement. On traite même par le mépris des inquiétudes légitimes : l’identité, l’affirmation visible de modes de vie  et de comportements qui ne sont pas les nôtres, les effets de la mondialisation dont on ne voit pas toujours les bienfaits mais dont on refuse de voir les tensions qu’elle génère. Parler des origines, des identités, des angoisses suscitées par notre époque est aussitôt considéré comme faisant le jeu du Front National, alors qu’en se comportant ainsi on lui abandonne des franges parfaitement identifiées de l’électorat.

Un vaste champ de conquête pour la droite.

Dans cette contre société, le peuple se réveille à droite. Il a compris que le « sociétal » est l’enjeu crucial des élections à venir, un terrain qui embarrasse encore souvent trop de dirigeants de droite au comportement fataliste, préférant invoquer l’état des mœurs pour masquer leurs dérobades. Il ne se laissera pas abuser avec de la « com’ » pas plus que par le seul discours libéral, fût-il opportun.

Ce peuple attend autre chose que les rengaines politiciennes sur les « valeurs républicaines », les discours sur la « citoyenneté » alors qu’on l’ignore, la « laïcité » bafouée au vu et au su de tous, la « solidarité » qui le gave, ou sur « l’intégration » dont il voit bien qu’elle est en échec grave. Ce sont des mots usés qui n’ont plus de substance pour lui. L’Europe pour retrouver grâce à ses yeux devra concrètement mieux le protéger contre l’immigration massive mais aussi contre le chômage dont elle est obscurément rendue responsable. La ritournelle « eurolâtre » ne suffit plus. Giscard montre bien le chemin qu’il faudrait suivre pour réconcilier le peuple avec l’Europe.

Il est disponible pour combattre tous les fantasmes « libertaires » et le « multiculturalisme » que l’on veut imposer à notre vie sociale, sous couvert d’un « vivre ensemble » désincarné. Le mot « identité » ne lui fait pas peur. La contestation des « stéréotypes de genre » si chère à Mme Vallaud Belkacem le mobilise comme une atteinte au bon sens tout comme cet universalisme de pacotille où tout se vaut, Mozart et le rap, Rodin et le plug anal de Mac Carthy, le message du pape François et les ricanements de Laurent Ruquier…

Mais la droite semble regarder ailleurs.

Ce réveil se manifeste encore en marge politique d’une droite qui n’en croit pas ses yeux et qui hésite. Le succès des « marches pour tous », l’élection d’académiciens aux marges du « politiquement correct », l’audience de certains chroniqueurs, la floraison de libelles frondeurs, la prolifération d’une dissidence multiforme sur internet sont pourtant des symptômes visibles et bien identifiables.  Personne ne fédère encore cette droite qui s’éveille  sans savoir qu’elle est à droite mais qui affirme peu à peu sa singularité  en s’affranchissant des conformismes. Son positionnement se fonde surtout sur une allergie aux idéologues de la gauche.

Peu lui chaut qu’ils lui appliquent tout l’attirail de la démonologie de la pensée unique : réac, ringard, populiste, facho… ses bataillons se nourrissent de recrues puisées dans la France profonde. Cet amalgamme de ruraux largués, de cathos choqués, de prolos précarisés, de commerçants et d’artisans harcelés par les banques et le fisc, de professions libérales stigmatisées, d’enseignants déboussolés, voire de fonctionnaires écoeurés par l’incurie gouvernementale et la haute technocratie, ça finit par faire beaucoup de monde.

La droite ne doit pas avoir peur de renouer avec ce peuple-là.

L’équation n’est pas simple, mais les Français ne sont pas idiots, ils savent bien ce qui pourra les sortir de ce désastre annoncé. Ils savent que le pays redeviendra prospère s’il accepte de travailler davantage, si les entrepreneurs retrouvent leur liberté aujourd’hui verrouillée par le poids exagéré des contraintes légales, si on promeut une révolution profonde de simplification administrative. La nation se ressoudera quand ces Français-là auront le sentiment qu’ils passent enfin avant les immigrés illégaux et que la République se fait respecter face au totalitarisme des excités du Coran.

Les idées sont là. Il suffit de les mettre en œuvre pour en faire le socle d’une politique alternative en n’ayant pas peur de bousculer les totems érigés depuis mai 68. Une nouvelle donne se présente pour la droite, qui peut lui donner les clefs de son renouveau. Mais attention, l’Histoire ne repasse pas deux fois les plats. Et d’autres sont à l’affût pour saisir l’occasion en faisant feu de tout bois.

 


LA FRANCE RECOMPOSEE (1)

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Notre pays connait une crise profonde à la fois économique et politique. Elle est caractérisée par une inadaptation croissante du pays au nouveau contexte international, qualifié couramment de globalisation ou mondialisation, et sur le plan intérieur par un écart toujours plus grand entre l’élite politique et les attentes du peuple.  Les travaux récents de sociologues tels Christophe Guilluy, nous montrent les profondes modifications du paysage social français, ses métamorphoses et ses mutations, souvent mal identifiées par nos gouvernants et les élus d’une manière générale. Les deux articles qui suivent sont une contribution ou une tentative d’y voir plus clair.

LA GEOGRAPHIE SOCIALE NEE DE LA METROPOLISATION

La mondialisation a entrainé un double mouvement de recomposition des catégories sociales et de bouleversement de l’organisation de l’espace dans notre pays. Simple observation statistique : 61% de la population française vit regroupée dans 93% des communes hors des grandes agglomérations. C’est ce qu’on appelle la « France périphérique ». Elle se distingue de la France métropolitaine faite de 7% des communes pour 39% des habitants.

La France métropolitaine.

Cette dernière juxtapose des quartiers bobos « mondialisés » qui profitent de la dynamique de la mondialisation, public de cadres et moindre besoin en employés et ouvriers, et des Zones Urbaines Sensibles où s’entassent les populations immigrées, faisant cohabiter des quartiers disqualifiés érigés en ghettos et les ensembles HLM qui concentrent jusqu’à 64 % de population immigrée en Ile de France (54% en moyenne). On peut y identifier l’émergence d’une petite bourgeoisie de même origine associée à une mobilité géographique et sociale. Beaucoup de ces quartiers ont su profiter des milliards déversés par la politique de la ville, tout en maintenant de fortes inégalités, c’est l’évidence.

La France périphérique.

C’est dans la « France périphérique » que l’on rencontre le plus fort malaise. Contrairement aux idées reçues, c’est là qu’on rencontre la plus grande partie des populations défavorisées et non dans les « banlieues » : les classes dites « populaires » occupent désormais les villes petites et moyennes, quelques espaces périurbains et la France rurale. On y trouve 85% des ménages pauvres (- de 993€/mois). Cette réalité s’est constituée peu à peu au cours des 25 dernières années avec la désindustrialisation des centres urbains, et s’est accélérée avec la flambée des prix de l’immobilier et le désir de fuir les quartiers à forte concentration de population d’origine étrangère. Ce phénomène bien réel a été aggravé par la volonté politique de la gauche et des écologistes de densifier le tissu urbain pour éviter l’étalement, et masqué par un discours officiel alimenté par une vision « angélique » de la mixité sociale.  C’est le résultat contraire qui a été obtenu. Les  catégories populaires d’origine européennes ont cherché des logements en dehors des grandes agglomérations pour accéder à la propriété (son idéal) et acquérir un pavillon tout en fuyant une promiscuité non souhaitée.

Une nouvelle répartition des catégories sociales.

La fin de la mixité sociale dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux qui font souvent beaucoup d’efforts. Elle est le résultat simple de personnes qui ne souhaitent pas vivre ensemble, un phénomène contre lequel l’idéologie ne peut rien, et qui favorise l’étalement urbain. Il peut être mis en relation avec la fin du processus d’assimilation qui suscite par ailleurs beaucoup d’inquiétudes et s’expliquer par une forme de rejet d’une société multiculturelle qui émerge sous la pression de pulsions communautaires insuffisamment combattues à propos desquelles les concepts de solidarité, de laïcité et de refus de stigmatisation sont des cautères sur une jambe de bois. Le refus de vivre ensemble se manifeste par un séparatisme identitaire clairement affiché et, malheureusement, par une envolée des actes antisémites qui ont augmenté de 91%.

Ainsi les difficultés  françaises contemporaines proviennent en grande partie des inégalités nées des évolutions provoquées par la mondialisation mais aussi et plus certainement d’une intervention publique trop dense et mal formatée assortie d’une vision idéologique de la mixité sociale en rupture avec les réalités, ce que l’on appelle la culture du déni (ou gauchisme culturel), propre aux élus de gauche, mais pas seulement. Début 2014, la politique de la ville a été réorientée pour prendre aussi en compte la France des sous-préfectures. Il était grand temps.

Cette nouvelle répartition géographique a aussi ses conséquences culturelles et politiques et se traduit par la constitution d’une « contre-société » qui s’affirme à travers  des comportements et des valeurs et donc un comportement électoral. C’est ce que nous examinerons dans l’article suivant.

 


NOTRE SOUVERAINETE HUMILIEE

 

L’Elysée a beau tenter de minimiser l’affaire, pratiquer à son habitude l’art de l’enfumage, présenter le dos rond, faire comme si… le budget 2015 pose bel et bien problème et la Commission, chargée de faire appliquer les règles, s’en est émue suffisamment pour écrire au Président de la République ses griefs et demander à notre pays de faire les ajustements nécessaires.

Il n’y a pas lieu de crier à la violation de souveraineté. C’est la France qui en l’occurrence ne respecte pas sa signature, en tentant de s’affranchir de règles qu’elle a elle-même souhaitées, oubliant qu’elle doit assumer sa part de la « souveraineté partagée » avec nos partenaires européens dans la maison commune, la zone euro. Le pouvoir actuel doit assumer la continuité de l’Etat, en assumant les clauses du « Pacte de Stabilité » voulu par l’Allemagne et la France en 1998 pour encadrer le « laxisme » économique de certains petits partenaires qui pouvait affaiblir la monnaie commune. Par son comportement irresponsable la France la met en danger au moment où elle sort d’une crise qui a failli provoquer sa disparition. D’autant plus que les partenaires visés lors sont ceux qui ont fait les plus gros efforts ces deux dernières années pour entrer « dans les clous ».

Oui, un comportement irresponsable.

Pourquoi vouloir cacher la réalité puisqu’elle est rendue publique par l’incontournable Mediapart. La Commission fait trois reproches au gouvernement français : non seulement il ne respecte pas son engagement de revenir aux 3% de déficit mais les 4,3% de prévision révèlent des efforts insuffisants de réduction des dépenses, le manque de documentation pour les 21 milliards d’euros d’économies annoncés dont seulement 8 milliards sont identifiés, la faiblesse des réformes structurelles qui annonceraient à terme une consolidation de la diminution des dépenses.

De même la réponse que Bercy a fait parvenir à Bruxelles et que le Ministre aurait voulue « discrète » n’est pas restée longtemps confidentielle. Les arguments avancés restent fumeux et légers : si les objectifs ne sont pas atteints c’est à cause de la conjoncture européenne atone et de la faible inflation. Première explication en clair : on espérait vous mener en bateau avec de la monnaie de singe. Ensuite, on s’amuse à jouer sur les statistiques en arguant le changement de méthode comptable de Bruxelles pour expliquer le dérapage sur le déficit structurel en oubliant que même avec ce raisonnement, il manque au moins 4 milliards avec ce que la Commission peut tolérer et encore en acceptant une prévision de croissance surestimée… Enfin vient l’argument politique : on ne peut pas faire plus parce qu’on n’a pas la majorité pour voter les décisions, avec un chantage sous-entendu de la menace du FN esquissé sous la forme : « le risque de rejet de l’Europe ». Et les 3,6 milliards d'euros trouvés inopinément par Sapin-les-socquettes-roses font tellement bricolage de dernière minute que la manoeuvre sensée satisfaire la Commission achève de ridiculiser la France.

C’est lâche et démagogique.

Car, l’exécutif ment aux Français sur les causes réelles de la situation dans laquelle nous nous trouvons, ce dont le gouvernement ne peut s’exonérer, il minimise l’importance de nos engagements auprès de nos partenaires, ce qui disqualifie la France, il cherche à faire constamment porter le chapeau à l’Allemagne, ce qui rend un mauvais service à la fois à notre pays et à l’Europe.

La vérité, c’est que le Président n’a plus aucune marge de manœuvre, alors que son Premier Ministre a déjà consommé tout son crédit et s’est ridiculisé à courir les capitales pour aller clamer haut et fort une volonté politique démentie aussitôt par les chiffres et les faits, que n’ayant plus le soutien ni de sa majorité-peau-de-chagrin, ni du peuple, il tente la stratégie du hérisson. Sauf qu’il n’a pas de piquants. L’un peut appeler au « rassemblement », l’autre tendre la main au « Centre » : ils prêchent dans le désert. Plus personne ne les croit ni n’a confiance en eux.

Le comble c’est que non contents de créer en France les conditions d’une crise politique majeure, par  immobilisme et incompétence, ils sont en train de semer les germes d’une nouvelle crise européenne.

Le Président, qui est le garant de nos Institutions, ne remplit pas son rôle quand il ne fait pas en sorte que la souveraineté (surtout si elle est partagée) de notre pays n’est plus assumée. Jamais la France ne s’est trouvée dans une situation aussi humiliante.

 


LA GAUCHE FRACTUREE

 Rose brisée

Non seulement ils sont incorrigibles, mais en plus ils se déchirent au grand jour, s’invectivent et s’accusent de tous les maux. L’état dans lequel ils mettent la France mériterait un peu plus de pudeur et de discrétion sur leurs dissensions.

Le débat entre les dirigeants du parti socialiste devient insupportable. Alors que plus de trente députés refusent de voter la « modulation » des allocations familiales, le  premier secrétaire du PS, l’inexistant Cambadélis, dans le rôle du grand méchant mou, envisage l’exclusion de Benoît Hamon, qui mériterait plus qu’une menace pour les propos qu’il a tenus.

La voix de son maître, Stéphane Le Foll, estime que l’insoumise Delphine Batho, Benoît Hamon et Aurélie Filipetti (qui se sont abstenus lors du vote d’une partie des recettes du budget) ont « manqué à leur devoir ».

C’est que l’opposition interne du PS, qui s’exprime en termes particulièrement durs, est passée à l’offensive, stimulée par « l’amère de Lille » en qui ils reconnaissent une cheftaine sans le dire. Pré-positionnement en vue du congrès, probablement… Ainsi, le Hamon-la-gâchette-facile, justifie la distance qu’il prend avec l’action du gouvernement par une « politique de l’exécutif qui conduit vers un immense désastre démocratique ». Aurélie Filipetti, ex-ministre de la Culture, fait savoir qu’elle n’a « aucune leçon à recevoir de qui que ce soit ».  Ces anciens ministres traduisent leur mal-être et leur malaise, incapables qu’ils sont de dépasser leur endoctrinement, et sont convaincus que Valls fait à peu près tout ce qu’il faut faire pour que la gauche perde les élections de 2017 et favorise l’avènement de Marine Le Pen. Un raisonnement totalement réversible.

Ces noms d’oiseaux, diatribes, batailles de mots, menaces à peine voilées, traduisent aussi un durcissement de l’attitude de l’exécutif à l’égard de ses frondeurs. Après avoir tancés, que feront le Premier Ministre et le Premier Secrétaire ? D’autant plus que la partie se joue sur fond de scandale, avec la révélation du « Canard enchaîné », selon lequel une soixantaine de parlementaires n’auraient pas déclaré la totalité de leur patrimoine, par négligence ou par volonté d’échapper au fisc. La déclaration du Président de l’Assemblée, ce vieux roublard de Bartolone avec son air faussement ingénu, « qui se félicite du travail de la Haute Autorité pour la transparence », ne manque pas d’humour. Qu’on le veuille ou non, ces comportements inacceptables d’une partie de la classe politique, rejaillissent sur l’ensemble des élus et alimentent le vote extrême.

Querelles, scandales, divisions accréditent l’idée que le pays n’est pas dirigé et empêchent une alternative crédible de se faire jour. Heureusement à droite, on essaie de ne pas tomber dans le même piège. En effet, la lassitude du peuple est telle qu’on peut affirmer sans se tromper : « Malheur à celui qui jettera la première pierre… »

 

C’est dans ce contexte, que Manolito a décidé d’affirmer son autorité et montrer que les déchirements de sa majorité ne lui font pas peur et ne le feront pas reculer. C’est un acte courageux que son interview à « l’Obs » « ex-nouvel Observateur » dont on ne sait plus du coup s’il est l’abréviation « d’Obs…ervateur » ou « d’Obs…cène », tant son propos est violent pour les frondeurs. Propos qu’il a relayé sur BFMTV pour assurer le service après-vente. « Il faut de la constance et non remettre en cause en permanence une politique économique » a-t-il expliqué, ce qui est bien une vérité de la Palice. Mais il a raison de dénoncer tous ceux, surtout à gauche, qui préconisent, des bouleversements institutionnels ou des choix aventureux, et ne font que proposer des remèdes pires que le mal. Voilà pourquoi il est donc hostile à la création de cette 6ème République qu’Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon appellent de leurs voeux. Il en fera bondir plus d’une, du côté du Nord, quand il dit souhaiter changer le nom du parti auquel il appartient et affirme sa vision politique qui est très claire : c’est avec le centre qu’il souhaite gouverner, à la fois parce que le centre est, comme lui, réformiste et parce que, face à l’opposition d’une partie du PS, il songe à de nouvelles alliances. A ce compte-là, il peut se redire « socialiste », ça ne mange pas de pain.

Préparation d’une sortie ou positionnement à (court) terme en pariant sur une recomposition-après-défaite : le Premier Ministre ne court pas le risque d’être désavoué par l’hôte de l’Elysée. Au-dessus de lui, le roi est nu. On sent bien que celui-ci ronge son frein à certains propos qu’il a tenu à l’encontre de son Premier ministre, du genre « On peut réussir aussi son parcours sans devenir président » avec l’ironie dont il est capable, en rappelant Clémenceau.

Mais l’opposition interne est prévenue : chaque fois qu’elle se manifestera, elle aura en réaction  l’annonce par le gouvernement de nouveaux projets inspirés des idées social-libérales. Aux abstentions de certains élus,  répondent des dispositions réformistes. Et si Manolito s’en donne à cœur joie, c’est parce qu’il sait qu’il est le dernier espoir de Hollande, et que le celui-ci ne s’offrira pas le luxe, dans une conjoncture aussi défavorable, de le limoger.

Il est difficile de dire si le chef du gouvernement tirera un avantage politique de son action et de ses choix. En tout cas, il a pris date. Mais reconnaissons qu’il ne manque pas de courage, lui qui doit compter avec une gauche divisée, une droite déchaînée, et surtout avec l’adversité et une conjoncture plus que morose. 

Ce qui est certain, c’est que la fracture entre les deux gauches est assumée. Combien de temps un assemblage aussi discordant peut-il tenir ? Là est la question.

 

 

 


INCORRIGIBLES !

Valls 2       Martine Aubry 14


Voici quelques clés de compréhension pour éclairer dans quel contexte la bataille entre les deux gauches se livre. Et pourquoi la France pourrait en faire les frais… Et nous avec !

Le vote des recettes du budget 2015 et l’interview de Martine Aubry au « JDD » constituent des événements majeurs de notre vie politique. Les arguments des « frondeurs » qui se sont abstenus rejoignent ceux de « l’amère de Lille ». Ils sont couronnés par la dernière sortie de Benoit Hamon selon laquelle la politique suivie « met en danger la République ». Un comble ! Il y a donc bien deux gauches dans notre pays : une qui découvre tardivement les réalités et qui essaie de trouver sa survie en s’y adaptant, et celle qui reste dans le déni, qui n’apprend rien, qui ne veut rien savoir et qui reste sur ses vieilles lunes, autrement dit : in-cor-ri-gi-ble ! En fait, c’est elle, par son comportement, qui met en danger la République en favorisant la montée du Front National qui profite plus qu’elle de son discours nihiliste.

Si encore, ce discours était fondé sur des réalités.

Les frondeurs dont la Martine prend la tête sans le dire, dénoncent une rigueur qui n’existe pas et des économies qui ne sont pas encore faites. Des gens qui crient avant d’avoir mal ou qui mentent aux Français. Que veulent-ils : un déficit à 6% ou 8% au lieu de 4,5% ? C’est-à-dire une aggravation de la dette ; continuer une politique de la demande qui nous a menés au point où nous en sommes, détruisant au passage notre industrie ?

On comprend que la « Pythie » du PS ne se résolve pas au déclin de notre pays, à la montée du FN -surtout dans sa région-, à la victoire annoncée de l’opposition en 2017. Mais quel chemin propose-t-elle à la place de celui que tente de suivre bien malaisément le gouvernement actuel ? Elle continue de croire que la situation actuelle est due à la réduction des déficits voulue par l’Union européenne et que celle-ci s’est faite au détriment de la croissance. Mais dans notre pays, cette réduction n’a pas encore eu lieu comme en témoigne la stagnation autour de 4% du déficit du budget de l’Etat. Les efforts fiscaux n’ont pas généré une moindre croissance comme elle le croit, mais à cause de leur ciblage massif sur le capital et sur les « riches », ils ont planté l’économie. La mise en place du CICE n’est qu’un faible palliatif au regard de ce qui a été prélevé sur les entreprises. Ou bien elle n’a rien compris, ou elle ment sciemment pour adopter la posture susceptible de plaire à la gauche de la gauche. Ce n’est pas comme cela qu’elle regagnera les voix parties chercher « protection » à l’extrême-droite.

Réorienter l’économie, c’est du suicide !

La réorientation de l’économie qu’elle préconise, n’est rien de plus qu’une usine à gaz supplémentaire dans l’économie administrée qu’elle ne peut concevoir libre et créative. Comment faire la différence entre une entreprise « exposée » à la concurrence internationale, qui recevrait des aides, et une qui ne l’est pas, alors que nous vivons dans un marché ouvert, celui de l’Union, où tout s’entremêle. Je plains celui qui serait chargé d’établir des critères de distinction. Son discours sur les « contreparties » refusées par le MEDEF en échange de l’amélioration des charges décrit une économie étroitement contrôlée par l’Etat. Toujours ce vieux rêve socialiste qui ne conçoit pas que la liberté laissée aux entrepreneurs puisse créer de la richesse et de l’emploi. C’est ce qui réussit pourtant partout ailleurs. Autrement dit, le « bon chemin » qu’elle préconise serait un sentier de galère pour notre pays qui finirait par achever complètement ses derniers ressorts.

Car il faut bien savoir sur quoi repose notre économie aujourd’hui.

Il faut avoir à l'esprit que notre PIB est à 57 % issu de la dépense publique. Autrement dit, c'est parce que l'État paie des fonctionnaires, des fournisseurs, verse des subventions ou encore des prestations sociales qu'il y a de l'activité économique en France et cette activité est à 57 % liée aux dépenses publiques. On comprend bien que la seule création de richesse privée ne représente que 43 % de notre PIB, et il est évident que ces 43 % de création de richesse ne peuvent pas financer les 57 % de dépenses publiques quand bien même celle-ci (les 43 %) serait taxée à 100 % !! Le déficit est donc incontournable. La dette est une donnée du système dans lequel nous nous trouvons et il n'y a aucun espoir qu'il en aille différemment dans les années qui viennent.

Il n'y a pas plus de croissance économique.

Le mécanisme d’une dette, qu'elle soit privée ou publique, repose sur la promesse des gains futurs qui permettront de rembourser le crédit. Au niveau d'un État, ces revenus futurs c'est la croissance économique exprimée en pourcentage du PIB. S’il n’y a pas de croissance, il ne peut y avoir de remboursement de la dette. Or depuis 40 ans la croissance de la décennie en cours est inférieure à la croissance moyenne de la décennie passée. C’est facilement vérifiable. Et nous sommes arrivés à la croissance moyenne de 0 % sur 10 ans. La faute en revient aux politiques menées depuis les années 80 qui ont privilégié la demande sur l’offre, au moment où cette demande était de plus en plus satisfaite par des produits fabriqués dans les pays extérieurs, soit en Europe, soit en Asie.

La France est engagée dans une spirale infernale.

Si vous mettez ensemble tous ces éléments : à savoir un stock de dette d'au moins trois fois le PIB (lorsque l'on additionne tous les types de dettes), un PIB formé à 57 % par de la dépense publique et une croissance moyenne proche de 0, on obtient un cocktail explosif conduisant inéluctablement à la faillite de l'État. Martine Aubry et les frondeurs nous proposent d’aller plus vite vers l’explosion et la faillite.

Par leur absence de lucidité, ils compliquent l’action du gouvernement et contribuent à rendre le cap qu’il tente de suivre, illisible de l’extérieur. Nous nous dirigeons tout droit vers une nouvelle phase de tension extrême en Europe et notre pays en paiera le prix fort au sens propre du terme puisque si notre dette est attaquée, nos taux d'emprunt s'envoleront, nous précipitant encore plus vite vers la banqueroute. Manolito qui a tout compris n’a pas l’intention de se laisser faire et on comprend qu’il veuille en finir avec « la gauche passéiste » ! Autrement dit, ça va saigner…

Alors qu’il faut de toute urgence baisser le taux de prélèvement et favoriser la création de richesse privée pour tenter de retrouver au moins l’équilibre, sinon, se situer dans la moyenne européenne de prélèvements. Cela passe par un effort drastique d’économies dans tous les budgets publics, préalable indispensable à tout redéploiement. Le temps presse, car la machine infernale est déclenchée.

 


POURQUOI LA FRANCE NE REDEMARRE PAS

La croissance en panne


Le tableau de bord de l’économie française reste désespérément sombre.

Ce n’est pas le tableau de la création des sites industriels(119) depuis janvier qui présente un léger mieux par rapport au pire de l’an dernier qui peut faire office de nouvelle réjouissante, car le solde entre les ouvertures et les fermetures reste très négatif. Le déficit commercial se creuse, l’investissement continue de reculer (- 0,7% au 2ème trimestre) ainsi que le taux de marge des sociétés (- 0,5%). 63 000 entreprises ont mis la clé sous la porte depuis un an. La baisse de l’euro par rapport au dollar qui devrait être une bouffée d’oxygène pour nos entrepreneurs n’y fait rien. Le Cice ne parvient pas à tenir ses objectifs en retrait de plus d’un tiers par rapport aux prévisions. La mécanique tant espérée continue d’avoir du mal à s’enclencher, par méfiance et aussi à cause de la complexité du dispositif.

En même temps, on voit bien que la France, malgré les déclarations de ses dirigeants, ne parvient pas à améliorer ses finances publiques. Les prévisions budgétaires du gouvernement ne sont pas crédibles. La réduction progressive du déficit public : 4,4% du PIB en 2014 (si ça n’est pas plus), 4,3% en 2015, 3,8% en 2016, 2,8% en 2017 est conditionnée à une réduction des dépenses publiques de 21 milliards d’euros en 2015, 50 milliards en 2017 et à l’accélération de la croissance avec 0,9% en 2014 (qui n’est pas assuré), 1,9% en 2015, 3,1% en 2016 et 3,7% en 2017… Des chiffres qui ne tiennent pas la route. On sait en effet que la croissance potentielle de long terme de notre pays, en volume, compte tenu des gains faibles de productivité et du vieillissement démographique est de 0,8%. Et ce potentiel est entamé dès lors que l’on réduit les dépenses publiques.

La dépense publique n’est pas reprise en main.

Les 50 milliards d’économies annoncées sont en partie un mirage, parce qu’ils sont gagés sur une désindexation partielle de la dépense sociale alors que l’inflation a quasiment disparu. C’est donc une grave erreur de maintenir le déficit à 4% en 2014, 2015 et probablement en 2016, nous mettant à la merci de la moindre remontée des taux d’intérêts : une vulnérabilité qui nous retire toute crédibilité.

L’autre facteur défavorable est la faible inflation (0,5% en 2014) qui a peu de chance d’augmenter avec un chômage élevé et les difficultés des entreprises qui conduisent au ralentissement des salaires, à la faiblesse de la demande  qui entraine une faible augmentation des prix, de même que la faible croissance mondiale conduit à la baisse des prix des matières premières.

On ne voit donc pas comment la croissance pourrait ne serait-ce qu’atteindre 2%.

La situation des entreprises ne permet pas non plus d’entrevoir le moindre coin de ciel bleu. Leur compétitivité continue de se dégrader. Les coûts unitaires de production sont 20% à 30% supérieurs à ceux de pays ayant le même niveau de gamme de production, telle l’Espagne. La profitabilité se dégrade : le rendement du capital des entreprises françaises est de 5,5% contre 10% à 13% pour les entreprises des autres pays européens ou de l’OCDE. Cela vient de la hausse des salaires plus rapide que celle de la productivité : il s’est creusé un écart de 7% depuis 2000, 10% dans l’industrie manufacturière. Et les calculs d’évolution montrent que le pacte de compétitivité verra ses effets annulés au bout de six ans, à peine le temps de sa mise en place…

Pour sortir du marasme, il faudrait que le gouvernement fasse des choix douloureux tels que la réduction drastique des dépenses publiques avec une stratégie de diminution du rôle de l’Etat dans l’économie et une modification radicale des règles du marché du travail pour permettre une plus forte flexibilité des salaires. Toutes choses qu’il est bien incapable de réaliser, en eût-il la volonté. Et quand on entend le discours de Martine Aubry, on a encore moins envie d’y croire !

Car depuis son arrivée au pouvoir, les décisions qui ont été prises n’ont fait qu’aggraver la situation économique de notre pays, notamment en augmentant massivement la fiscalité sur le capital et les entrepreneurs alors que la révolution industrielle que nous sommes en train de vivre est hyper-capitalistique et hyper-entrepreneuriale. On ne peut pas faire pire contre-temps !

La situation de la France va donc continuer à se dégrader.

Les efforts de nos partenaires européens ne pourront pas y faire grand-chose. On se demande bien où le gouvernement, qui n’a pas encore conduit la moindre politique d’austérité, prendra l’argent une fois qu’il aura fini d’essorer les classes moyennes.

 

 


AU PREMIER TEMPS DE LA VALSE…

Sarkozy lambersart

Nicolas Sarkozy sait bien ce qu’il fait.

Ceux qui s’alarment de son décrochage dans l’opinion publique où il perd entre 7 et 9 points selon les sondages ne font pas une bonne lecture de la situation, de même que ceux qui se réjouiraient trop vite de la percée d’Alain Juppé, comme s’il s’agissait de vases communiquant.

Les raisons de ce décrochage tiennent dans le positionnement de la campagne qu’il mène actuellement. Les reproches que l’on entend et les arguments utilisés par ceux qui pratiquent le Sarko-bashing depuis longtemps, sont les mêmes : il renoue avec la campagne de 2012 que d’aucuns jugeaient trop à droite. Et ça, c’est bien vrai. Alors on peut comprendre que des Français soient déçus, eux qui attendaient un Sarko plus consensuel, « recentré », « assagi ». La tentation est grande pour eux de conclure : « il n’a pas changé ». Je n’insiste même pas sur la part des « affaires » qui subitement font un grand retour sous les feux de l’actualité, alors qu’on découvre tous les jours un peu plus des « connivences » pour le moins suspectes…

Mais voilà, on n’est qu’au premier temps de la valse.

L’ancien président rencontre-t-il des écueils dans sa campagne interne pour convaincre les militants de l’UMP de voter pour lui ? La réponse tient dans la foule qui se presse dans ses réunions et la ferveur qu’on y découvre. « Je ne me trompe pas d’élection » se plait à répéter l’intéressé. Les électeurs à convaincre pour l’heure, ce sont les quelque 250 000 adhérents de l’UMP, pas les 40 millions d’électeurs français. Du coup, les reproches formulés dans les commentaires faits sur sa campagne, non seulement n’ont donc aucune prise sur le cœur de cible des militants, mais les renforcent dans leur conviction. Car ce qu’on lui reproche c’est justement ce Sarkozy-là que les adhérents voulaient retrouver.

Un positionnement corroboré par les études d’opinion.

Les derniers sondages confirment que Nicolas Sarkozy domine largement Alain Juppé et François Fillon dans son propre camp. C’est le cas de l’enquête Ifop pour Le Nouvel Observateur, où les sympathisants de droite préfèrent que Nicolas Sarkozy soit candidat à la présidentielle à 54 % contre 33 % à Alain Juppé. Mieux, un sondage paru le 21 septembre dernier dans le Figaro indiquait clairement que 64% des électeurs de droite réclamaient un retour de l’ancien président sur la même ligne que celle de 2012, et même plus de 30% souhaitaient qu’il soit plus à droite. Les items ne trompent pas : 82% pour la simplication du code du travail, 64% pour la suppression des 35H, 86% pour le durcissement des conditions d’acquisition de la nationalité, 89% pour le rétablissement des peines planchers, 76% pour la suppression de l’aide médicale aux étrangers, 78% pour la suppression des régimes spéciaux… message largement reçu par l’intéressé qui profite de ses réunions de campagne pour apporter les bonnes réponses aux questions, les mêmes, qui lui sont posées. Une précision importante aussi, qui différencie ces électeurs de ceux de Marine Le Pen : l’électorat de la droite républicaine (61%) est très demandeur d’un nouveau traité européen allant vers plus de fédéralisme, preuve s’il en était besoin que l’UMP avait fait une campagne européenne à côté de la plaque. Alors on ne s’étonnera pas que Nicolas Sarkozy reprenne à son compte des propositions que son cœur de cible souhaite ardemment.

Les médias entretiennent sciemment la confusion entre deux campagnes.

L’objectif de l’ancien président (à double titre, si j’ose dire) est d’obtenir le plus gros score possible le 29 novembre. Et, quoi qu’on pense de la campagne intéressant de ses deux concurrents, ils ne pourront guère l’empêcher de faire entre 70% et 80 % des suffrages. Ce qui explique sa sérénité : Alain Juppé et lui ne sont pas en concurrence frontale puisqu’ils ne sont pas candidats à la même élection. Aussi s’emploie-t-il à tempérer les inquiétudes de ses soutiens : « Ne vous énervez pas. Laissez dire. De toute façon, on entendra dire ça tous les jours jusqu’au 29 novembre. Alors, ne faites pas attention. On continue la campagne. Et au lendemain de l’élection, on commence une autre étape. » Le maire de Bordeaux peut donc devancer pour l’instant l’ancien hôte de l’Élysée dans les sondages, il ne peut pas l’empêcher d’être élu président de l’UMP. C’est une évidence. Pour le moment, ce qui compte aux yeux du favori de l’élection à la tête de l’UMP, c’est la ferveur militante. « Les salles sont bourrées, on reçoit des demandes de tous côtés, et ce genre de signaux ne trompe pas », souligne un membre de l’équipe Sarkozy.

Après, viendra le deuxième temps.

Celui de la reconstruction de la « famille », comme il dit. Les médias, très diserts sur les sujets considérés comme clivants, ne soulignent pas suffisamment les idées qui sont avancées pour le futur grand parti. Pas vendeur. C’est vrai, il suffit de dire que ce sera une machine de guerre pour reconquérir le pouvoir. Qui peut croire que les cartes ne seront pas alors rebattues à ce moment-là, celui du troisième temps. En attendant la concurrence avec Alain Juppé a ceci de sympathique qu’elle rassure les électeurs de droite : au moins en cas de pépin, on a une solution quoi qu’il arrive. Et ça, c’est bon pour le moral !

 


BREVES DE NET

Internet

Ecotaxe : l’abandon par Ségolène Royal fait dire : « tant que l’écologie aura des amis comme ça, elle n’a pas besoin d’ennemis »

Ecotaxe bis : la lâcheté de la Ministre de l’Ecologie devant la menace des routiers est « une erreur désastreuse » pour Cécile Duflot (on s’en serait douté). Le patron des députés s’est dit « surpris par la décision » et n’a pas l’intention de lâcher l’idée.  Quelle coordination !

Ecotaxe ter : la facture c’est 500 millions d’euros de recettes en moins et 1,2 à 1,5 milliards à payer à Ecomouv. Qui paiera ? Royal a la réponse : un hold-up sur les profits des sociétés d’autoroute. Sauf que les contrats avec ces derniers ne permettent pas si facilement de les plumer. Irresponsable et incompétente, comme d’hab ! D’ailleurs le président du « Comité pour la fiscalité verte » a décidé de démissionner. Lucide le gars.

Réforme de l’indemnisation du chômage : « il ne doit pas y avoir de tabous ni de posture sur ce sujet », clame notre Macron économique.

Couac !  « Pas lieu de renégocier » dit Rebsamen, Ministre de l’emploi et … du chômage.

Recouac ! « On n’a pas de tabous, mais des totems » contre-argumente Camba, patron du PS. Notons que les tabous, c’est grave mais ça se transgresse. Par contre les totems, on se prosterne devant. Donc on touche au religieux, vous m’avez compris !

L’oracle a parlé : « le moment venu » qu’il a dit. Traduction : pas maintenant, c’est-à-dire jamais. Le fait que l’assurance chômage soit en déficit de 4 milliards d’euros et endettée de 25 ne nécessite pas d’urgence… Et non !

Prix Nobel d’économie : c’est un Français qui est distingué. Un vrai miracle ! Justement il préconise une réforme du marché de l’emploi qu’il juge assez catastrophique en France. Si on l’appelait au gouvernement ? Et non, peu de chance qu’il soit entendu. Pourtant l’Elysée y voit une « fierté pour la France » et lui adresse ses « chaleureuses félicitations ». Au moins ça ne mange pas de pain. Il aurait mieux fait de lui dire : « sans rancune ».

Planche à billets : MLP (Marine Le Pen) voudrait créer 100 milliards par an de « francs » pour rembourser la dette. Elle ne dit pas quelle serait la valeur d’une telle monnaie par rapport à l’euro (qui est la monnaie de notre dette). Retraités virez vos économies où vous pouvez si ça arrive, parce qu’elles vont fondre comme neige au soleil. De la pure folie !!!

Cible : C’est le juge Trévidic qui le dit : « Les juges accélèrent l’instruction des affaires concernant Sarkozy parce qu’ils ont peur qu’après 2017, il soit protégé par l’immunité présidentielle ». En clair ils veulent tout faire pour lui nuire avant. Même en facilitant la publication de documents qui violent le secret de l’instruction par le journal Le Monde ? Après, on nous expliquera qu’il est un justiciable comme les autres !!!

Cible bis : une nouvelle affaire par jour. C’est comme une machine qui en invente au fur et à mesure qu’elles se dégonflent. C’est comme les écoutes, on cherche, on cherche… Avec l’espoir de trouver enfin quelque chose. On se croirait dans une ripoublique bananière.

 


MERCI POUR VOTRE FIDELITE

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Le bloc-notes a toujours autant de fidèles. Il vient de franchir les 190 000 pages lues !!!

C'est le meilleur encouragement que je puisse recevoir pour me convaincre de continuer à commenter la vie politique et à livrer mes réflexions. Il faut dire que l'actualité ne manque pas et que souvent, le nombre de cibles est trop important pour les viser toutes. 

Merci à toutes et à tous  pour vos visites régulières !

Et donc, je vous dis à très prochainement sur le "calepindh" !

                                                          Daniel

 


ETRE DE GAUCHE A-T-IL ENCORE UN SENS ?

 

Flanby découragé

Voilà une question que doivent se poser bien des citoyens de notre pays. Analyse à la lumière de « l’expérience de gouvernement socialiste » depuis 2012.

A voir les débats contradictoires qui agitent les différentes tendances du Parti socialiste, la cacophonie qui règne au gouvernement dès qu’un ministre ouvre la bouche, les diatribes virulentes lancées contre la politique hollandaise quand il ne s’agit pas des personnes accoutrées du doux vocable « d’ignobles » (dixit Mélenchon), on peut se demander s’il existe encore une pensée de gauche qui soit adaptée au monde qui nous entoure et en prise réelle avec lui.

Que signifie être de gauche face à la Bérézina de la gestion socialiste depuis bientôt 30 mois ?

Où est donc passé le progrès social ? Alors que le pouvoir d’achat avait continué d’augmenter sous Sarkozy, il a chuté dès 2012 ; le nombre des chômeurs a enflé de 500 000 privés d’emplois supplémentaires ; l’idée de justice a servi de prétexte à un matraquage fiscal qui ne devait pas toucher 90% des Français et qui assommé les citoyens jusqu’en bas des classes moyennes sans résorber les déficits et la dette qui ont continué d’augmenter.

Qu’ont-ils fait de nos libertés, au moment où sévit dans le pays une dictature larvée avec une justice qui n’a en rien rompu ses liens avec le pouvoir et qui s’affranchit des droits élémentaires de la défense pour diligenter des écoutes téléphoniques,  où la doxa de la pensée s’impose à l’Assemblée nationale pour sanctionner un député qui prétend jouir de sa liberté d’expression en refusant d’appliquer la novlangue des obsédés de l’égalité de genre, où la chasse aux sorcières n’a jamais été autant pratiquée pour s’assurer de la docilité de l’administration , où notre système éducatif non seulement n’apprend plus, n’éduque plus, mais se voit confié la mission de rééduquer …

Qu’ont-ils compris du monde réel ? A entendre les débats internes à la gauche, à observer les choix économiques et budgétaires du gouvernement, on se demande s’ils ne vivent pas sur une autre planète. Le ralliement à la politique de l’offre, trop claironné pour être honnête, n’est qu’une posture  tant ils sont peu convaincus par ce qu’ils font. La preuve en est que cette politique est obligée de s’accommoder d’une économie administrée avec le CICE, qui de ce fait n’avance guère. Une autre preuve s’il en était besoin : s’il y a bien une loi qui a obéi aux préceptes de gauche, c’est bien celle sur le logement, dit ALUR, promue par l’ineffable Duflot. On en connait le résultat pitoyable ! On voit bien aussi que Montebourg s’est trompé sur tout, mais que le vieux fonds de commerce est toujours là : il faudrait une rupture avec le capitalisme dont viendrait tout le mal. D’où le malaise, évidemment, dans un monde où celui-ci est triomphant.

Mais c’est bien pire.

La plus grande partie de notre gauche est mentalement attardée. Elle ne veut pas voir que le progrès technique est un fait anthropologique dont le décollage spectaculaire est structurellement lié au déploiement du capitalisme, la plupart du temps pour le meilleur et c’est vrai, parfois, pour le pire. Ce que les gens de gauche ont compris ailleurs en Europe, c’est que l’alliance du peuple et du progrès a été rendu possible depuis près de deux siècles par l’économie de marché. Cette gauche-là reconnait les bienfaits de la mondialisation et rejette le protectionnisme qui n’a jamais rien apporté de bon. Chez nous, elle se méfie du progrès scientifique et technique, au nom du principe de précaution ou de l’écologie, mais le trouve légitime, sous la pression des libertaires, pour généraliser la PMA ou faciliter la GPA.

Du coup, le peuple voit bien qu’on l’envoie dans le mur, lui qui découvre que le pacte social issu de la 2ème guerre mondiale a vécu, et que les systèmes mis en places auxquels se raccrochent syndicalistes et politiques de gauche au point d’en faire des sujets tabous, sont à bout de souffle. Désemparés, une grande partie des gens qui votaient à gauche préfère se réfugier dans le giron de Marine Le Pen. Le pouvoir en place est incapable d’expliquer à ses électeurs que les bases du compromis sur lesquelles ce pacte était construit ne sont plus tenables, que cela nous conduit depuis trop longtemps à vivre à crédit pour le maintenir et que nous sommes arrivés au bout du rouleau. Triste réalité : comment expliquer aux travailleurs et salariés, quand on est de gauche, qu’il faudra travailler plus pour gagner autant, voire moins ! Ou qu’il faudra rogner sur les indemnités du chômage…

La boussole socialiste française n’a plus de nord !

Face à la nouvelle donne du libre-échange, les réponses qu’elle est tentée de donner c’est une sorte de national-poujadisme quand elle est dans les mains d’un Arnaud Montebourg et une fuite en avant dans les « non-solutions » quand elle est utilisée par la gauche des « social-traitres », chacun sachant bien que l’augmentation des salaires et la diminution du temps de travail, grâce à la hausse de la productivité, leurs totems, sont des leurres quand les pays émergents et l’Asie nous inondent de leurs productions. Le marché du travail est planétaire ! Que peuvent penser les électeurs de gauche d’un Premier Ministre, nommé par un Président qui a fait de la « Finance » son « ennemie », qui va clamer à Londres son amour du « business »,  sinon que c’est grotesque !

La gauche qui devait ré-enchanter le rêve des Français leur fait vivre un cauchemar. L’état dans lequel elle va laisser le pays, aussi bien sur le plan économique que social, sera bien pire que celui dans lequel elle l’a trouvé. Condamnée à rogner sur les acquis sociaux, elle n’a plus de discours cohérent. Elle ne peut susciter que du désespoir chez ceux qui croient encore en elle.

 


PETITE CHRONIQUE D’UNE DISSOLUTION INEVITABLE

 

Fin du monde tintin

Vous voulez savoir pourquoi on va droit à une dissolution ? C’est par l’Union européenne que le drame va arriver ! Explications.

Après l’humiliation infligée à Moscovici par le Parlement européen qui l’a mis en sursis avec épreuve écrite après son audition pour le poste de commissaire, la France pourrait bien en connaître une nouvelle d’ici la fin du mois d’octobre : la Commission encore présidée par Barroso pourrait refuser le projet de budget présenté par notre pays. Un camouflet dont on se passerait bien mais qui était prévisible s’il se produit.

Car ce n’est pas seulement Bruxelles qui manifeste son mécontentement, mais de nombreuses capitales européennes. Ce ne sont pas les voyages de Manolito et ses belles paroles qui vont y changer grand-chose. Chacun sait bien que c’est de l’habillage et que la réalité est beaucoup plus prosaïque : les documents envoyés par notre Sapin-les-socquettes-roses sont complètement pipés. Il y a trop de trous pour que le montage soit crédible. Trous que notre Haut Conseil aux finances publiques avait soulignés. Le budget 2015 est insincère, les prévisions de croissance, donc de recettes, sont trop optimistes, les dépenses pas assez contraintes et les réformes structurelles insuffisantes.

Il faut dire que la claque qu’on risque de se prendre, le Président Barroso ne sera pas mécontent de la donner, lui que notre Pingouin de Président n’a guère ménagé. La commission partante ne sera pas mécontente non plus de faire preuve d’autorité avant de plier bagages. Mais c’est une humiliation qui ferait l’effet d’une bombe. Il n’y a qu’un seul autre exemple dans l’histoire de la zone euro où un pays s’est vu refuser son budget, c’est l’Autriche. L’année dernière, ce pays avait dû revoir en catastrophe tous ses chiffres après le vote par son Parlement. En politique, on fait difficilement plus violent.

Mais les faits sont là, et incontournables. Dans la présentation du projet de budget 2015 de la France, le compte n’y est pas. La commission va vérifier si les efforts, promis de façon à amorcer un processus de redressement, sont vérifiés dans les chiffres. Or, le projet de budget est encore loin de ce compromis : La France devait organiser une baisse de 0,8% de son déficit structurel, c’est-à-dire corriger les effets de la conjoncture. Quand les documents sont arrivés à Bruxelles, la baisse prévue n’était pas de 0,8% mais de 0,2%, c’est-à-dire inférieure à la marge d’erreur, ça fait désordre. La Commission européenne, soutenue par toutes les capitales de la zone euro, parait décidée à renvoyer la copie à Paris. On va donc assister à des tractations à n’en plus finir pour échapper à des sanctions. C’est le crédit de notre pays qui est bien entamé !

Chacun sait maintenant que nous ne méritons pas les taux d’intérêt aussi bas auxquels nous empruntons et que si nous les avons, c’est grâce à la solidarité européenne que nous mettons gravement en danger. Et en plus c’est en racontant des histoires auxquelles personne ne croit plus !

Les conséquences seront dramatiques aussi sur le plan intérieur. Que se passera-t-il en effet si le budget est recalé avec obligation de l’ajuster. Le gouvernement n’a aucune marge de manœuvre : côté impôts la révolte gronde partout et côté dépenses, les promesses sont accumulées sans être déjà financées. Sur la protection sociale, 2 à 3 milliards d’euros d’économies manquent à l’appel. Il n’y a que du côté des économies que l’on pourrait tailler, mais c’est la majorité qui manque pour les réaliser. Une véritable impasse qui pourrait bien déboucher sur une crise politique avant la fin de l’année.

La dissolution de l’Assemblée nationale n’est plus une hypothèse. Il ne s’agit plus de savoir si elle aura lieu, mais quand !

 


DES VERTS QUI MANQUENT D’AIR !

 

Clown


Il ne fait pas bon dire leur fait à ces dames Duflot et Cosse. Elles ne manquent pas de culot ; surtout la première, si j’ose dire. Mais qu’est-ce qui a pris Nicolas Sarkozy d’affirmer que l’ancienne ministre verte « avait fait adopter une loi qui est une catastrophe » et d’avoir été « la plus mauvaise ministre du Logement de l’histoire de la République française ». Ce en quoi il n’a fait qu’exprimer tout haut ce que tous les observateurs attentifs, à commencer par les professionnels du bâtiment et de l’immobilier, pensent depuis qu’elle a œuvré au gouvernement.

Il se trouve que la caqueteuse verte l’a très mal pris. Elle a traité l’ancien président de « grossier personnage » et comme il avait aussi déclaré « dommage qu’elle ne s’exporte pas », elle a cru faire un trait d’esprit en se demandant si « dans le programme de M. Sarkozy il y a le fait d’exporter ses opposants politiques ». Dommage qu’elle ait oublié, pour sa part, les critiques acerbes qu’elle avait adressées à la droite en général et à Nicolas Sarkozy en particulier, sans qu’elle ne songe à aucun moment à se demander si elle n’avait pas été « grossière ».

Il est vrai que lorsque quelqu’un de droite s’en prend un peu crûment à une personnalité de « gôche », la démocratie est aussitôt en danger et quasiment prise en otage. Nul doute qu’il faille voir dans les propos de l’ancien président un pré-programme d’épuration politique digne, au moins, de la Corée du Nord. Heureusement, le ridicule ne tue pas, et la pimbèche verte n’en mourra pas d’avoir ajouté cet attribut à sa réputation d’incompétence. Néanmoins, on aimerait savoir comment elle explique l’empressement, à tout Alur (sic), de l’actuel Premier Ministre à tenter d’enterrer son œuvre si génialement impraticable.

Les temps sont durs pour les Verts, comme pour toute la gauche. Alors, on ne va pas leur demander en plus d’avoir un peu d’humour. Et de mémoire, je ne me souviens pas que Mme Duflot en ait usé d’une once une seule fois.

La Cosse (avec 2n) de service, elle, préfère s’en prendre à Manolito dont elle semble avoir fait sa tête de turc. Vous direz, avec un Catalan, ça ne fait pas une grosse différence. Elle l’a récemment « vertement » critiqué à propos de son revirement sur el Gestation Pour Autrui (GPA). Nouvelle détermination qui a choqué la Secrétaire Générale des Verts, et qui l’a renvoyé illico à une décision de la Cour de Cassation entérinant l’adoption de l’enfant né d’une GPA. Et comme la Cour européenne de Justice a condamné la France pour refus de filiation dans une affaire de GPA, sans que le gouvernement ne fasse appel, elle met le doigt sur la contradiction. Elle dénonce donc chez Manuel Valls, en plus de son reniement, « un manque d’empathie et de délicatesse », dont il devrait  faire preuve pour aborder « ces sujets extrêmement sensibles ».

Ainsi vont les Verts : toujours prêts à donner des leçons de morale tous azimuts. Leurs convictions sont intangibles. Plus la France va mal, moins ceux qui l’ont envoyée dans le mur ne doutent du bien-fondé de leurs idées et de leurs décisions.

En cela, les Verts n’ont pas le privilège. C’est un aveuglement partagé par toute la gauche. Et si vous avez le malheur de dire que vous voulez réformer l’Etat, vous devenez aussitôt un redoutable prédateur qui veut tout détruire. Les panneaux « touche pas à mon fonctionnaire » vont fleurir.

De quoi faire sortir « l’amère de Lille » de sa retraite. On va alors s’apercevoir rapidement que Duflot et Cosse, finalement, c’était un moindre mal !

 


CARTON PLEIN POUR ALAIN

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Candidat à la primaire de l'UMP pour la présidentielle de 2017, Alain Juppé était l'invité jeudi soir de l'émission « Des paroles et des actes » sur France 2. L'ancien Premier ministre y a détaillé ses propositions. Les 3 millions de téléspectateurs qui ont suivi sa prestation ont pu découvrir un homme clair dans sa tête et bien dans sa peau, que le trac n’aura pas assailli bien longtemps, et finalement très à l’aise, voire détendu, avec un humour et un sens de la répartie qui en aura surpris plus d’un. L’article ci-dessous en retrace quelques moments.

 

Selon un sondage « Harris Interactive » réalisé pour cette émission, Alain Juppé serait un « bon Président » pour 49% des Français... et un « mauvais » pour 49% des autres personnes interrogées. Nouveauté de « Des paroles et des actes », l'institut va réaliser pendant l'émission un autre sondage pour voir si ces chiffres évoluent.

Apaiser, rassembler, réformer.

Alain Juppé a rappelé sa méthode : « apaiser, rassembler, réformer.» Et il va s’appliquer toute la soirée à la mettre en œuvre, tour à tour pédagogue, combatif, déterminé, ouvert au dialogue… « Je fais appel à la réflexion plutôt qu'à la fébrilité » se plait-il à rappeler, ce qui est aussitôt interprété comme une pique à l'endroit de Nicolas Sarkozy. Cette provocation calculée lui permet aussitôt de clarifier sa position : « Dès que je dis quelque chose ça sera considéré comme une pierre dans le jardin de Sarkozy. Sarkozy n'est pas mon adversaire. Je ne me bats pas contre SarkozyJe vais exprimer des idées, et puis les Français jugeront ». Attaqué sur son âge dans un reportage, il a défendu ses 69 ans, il en fait même un atout : « L'âge présente des inconvénients, il a aussi quelques avantages, l'expérience, la sagesse, moins de fébrilité, ce qui n'exclut pas l'audace ». Une argumentation qui trouve une illustration concrète dans ses réalisations bordelaises.

Dès le début, Alain Juppé est interrogé sur sa candidature à la présidentielle de 2017. C’est évidemment au cœur du débat puisque c’est sa candidature à la « primaire » qui l’amène à être présent sur le plateau. « Oui, j'en ai rêvé », a-t-il reconnu avec une sincérité qui sera l’un des principaux marqueurs de la soirée. « Je crois que je peux être utile à mon pays », rajoute-t-il, en assurant en avoir « envie sans en faire une obsession ». On sait que le maire de Bordeaux s'y était préparé depuis longtemps, alors que les événements ne lui ont pas permis de concourir en 2007, en référence à sa condamnation judiciaire assortie d'inéligibilité en 2004 dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris.

Un contradicteur borné.

« Vous soutenez une politique qui mène l’Europe entière dans le mur », lui a lancé Jean-Marie Le Guen, son premier contradicteur. « Je trouve votre argumentation particulièrement faible », a rétorqué Alain Juppé qui a défendu, à plusieurs reprises, les grandes réformes de la présidence Sarkozy. Un échange particulièrement vif, où le socialiste est apparu pour ce qu’il est : un politicien ringard avec des arguments éculés, toujours les mêmes. Et notre Alain de conclure face à ces propos qu’il juge pas très responsables : « Les bras m'en tombent quand j'entends dire que la droite allemande et la droite française sont à l'origine de la politique d'austérité »,.

Ce sera ensuite l’échange avec Marion Maréchal, que le FN a envoyé pour jouer sur la différence d’âge. Mais la courtoisie de son interlocuteur et son expérience ont vite fait de venir à bout des fiches apprises par cœur de la jeune députée.

Les différentes séquences permettent  au candidat  de montrer sa maîtrise des dossiers, sa connaissance des chiffres, sa mémoire des faits, sans quitter à aucun moment une stature très en phase avec le poste auquel il prétend. Alain Juppé est un Homme d’Etat et cela se voit.

Finalement, le plus mauvais de la soirée aura été FOG, le grand témoin qui, à son habitude, joue la faconde gouailleuse et la provocation scabreuse. Un jeu dépassé d’un journaliste vieilli et politicard. Il ferait mieux de prendre sa retraite.

Le candidat a crevé l’écran.

Selon le sondage Harris Interactive réalisé au cours de l'émission, Alain Juppé a réussi sa prestation télévisée. Le candidat à la primaire de la droite et du centre a été jugé convaincant par 56% des personnes qui ont regardé l'émission et répondu à l'enquête de l'institut. Le maire de Bordeaux a engrangé plusieurs autres résultats positifs, par rapport à un autre sondage effectué avant cette émission. Ainsi, il ferait un « bon Président » pour 61% des téléspectateurs, quand ces derniers n'étaient que 49% à l'affirmer avant son interview. Il a également été jugé « sympathique » par 72% des sondés, contre 54% quelques heures plus tôt. Un carton plein qui provoquera chez l’intéressé une émotion très visible.

Evidemment, on n’est pas rendu en 2016, encore moins en 2017. Néanmoins, on sait maintenant qu’il faudra compter avec lui. Ce sera un candidat redoutable pour Nicolas Sarkozy, les interviewes réalisées en marge de l’émission montre un large impact du maire de Bordeaux, qui va au-delà des électeurs traditionnels de l’UMP. Si le match pour la présidence de l’UMP est plié, celui de la primaire, à cette heure, est loin de l’être pour l’ancien président.

 


SARKOZY AU FIGARO MAGAZINE

Sarko fig mag

L'interview intégrale

 

Nicolas Sarkozy, en exclusivité pour Le Figaro Magazine, dévoile le fruit de deux ans de réflexion. 35 heures, réduction de la dépense publique, âge de départ à la retraite, fonction publique, mariage pour tous... l'ancien président donne ses « idées pour la France ».

Ses détracteurs s'étaient empressés de critiquer l'absence de propositions depuis son retour en politique, il y a à peine trois semaines! Dans l'entretien exclusif qu'il a accordé au Figaro Magazine lundi dernier, Nicolas Sarkozy leur démontre que non seulement il revient avec des idées nouvelles, mais qu'il entend organiser le débat autour de celles-ci.

Le Figaro Magazine - Vous êtes candidat à la présidence de l'UMP et pourtant, depuis votre retour, vous faites des propositions qui dépassent de loin le cadre de votre parti. Ne seriez-vous pas en train de vous tromper de campagne?

Nicolas Sarkozy - Quelle curieuse idée du rôle des militants, de leur importance, et de la considération qu'on leur doit! Parce que ce sont des militants, il ne faudrait pas leur parler de la France? A ma connaissance, ce sont des citoyens engagés qui ont le droit d'être respectés et considérés. Des Français tellement passionnés par leur pays qu'ils adhèrent à une formation politique sans rien attendre en retour, mais qui veulent participer à l'élaboration d'un projet, à la construction d'une alternative. S'il y a des gens à qui l'on doit parler de la France, ce sont bien eux, et à travers eux à tous les Français. Il est temps que l'opposition reprenne l'initiative sur le terrain des idées.

Vous êtes considéré comme un homme de droite, vous avez été élu par la droite, mais vous expliquez maintenant vouloir dépasser le clivage droite-gauche. N'y a-t-il pas là aussi une contradiction?

Je ne partage pas cette conception d'une France divisée en cases et en camps! Je ne crois pas, je n'ai jamais cru, aux frontières infranchissables ni aux fossés idéologiques. Il m'est arrivé d'être élu, il m'est arrivé d'être battu, mais j'ai toujours cherché à parler à tous les Français, sans me soucier du discours convenu du parti auquel j'appartenais. Pour tout homme politique qui aspire à rassembler la France, cette capacité à surmonter les barrières idéologiques naturelles est indispensable. C'est toute la noblesse de la politique d'être capable de parler à ceux qui naturellement sont d'accord avec vous et, en même temps, à ceux qui ne sont prêts à faire qu'un bout de chemin avec vous. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas un tempérament de droite et un tempérament de gauche. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des différences culturelles, mais l'on ne construira que sur l'unité de la nation. Aujourd'hui, je reviens enrichi par l'expérience, mûri par mes échecs… et aussi quelques succès. Je reviens, avec mes idées, pour parler à la France dans son ensemble. Pour lui rendre un espoir. Pour dire aux Français que leur pays n'est pas condamné au déclin. Pour dire à ce pays plus divisé qu'il ne l'a jamais été qu'un avenir commun est possible. Alors, vous savez… la droite, le centre, la gauche, l'extrême droite, l'extrême gauche, tout cela me semble assez déconnecté des réalités du monde d'aujourd'hui.

«Je reviens pour parler à la France dans son ensemble». Envisagez-vous de poursuivre l'ouverture telle que vous l'avez pratiquée en 2007?

Si vous parlez d'aller chercher telle ou telle personne qui repartira aussi vite qu'elle est venue, la réponse est non. En revanche, connaissez-vous beaucoup d'hommes politiques qui font campagne sur la fermeture? Pour ma part, j'en connais assez peu! C'est la règle de la vie que de vouloir élargir son horizon. Je souhaite évidemment que la nouvelle formation dont je proposerai la constitution soit la plus large et la plus ouverte possible. Au sectarisme de ceux qui nous gouvernent, nous devons répondre par le plus large esprit de rassemblement.

Nous parlions d'ouverture politique…

J'avais compris. Est-ce que je referais l'expérience avec les mêmes? Ce n'est pas sûr. Non pas parce qu'ils venaient de la gauche mais parce que nombre d'entre eux se sont révélés des personnalités aux convictions bien fluctuantes.

Vous proposez des référendums pour redonner la parole au peuple. Considérez-vous que le modèle de démocratie représentative soit épuisé?

Le référendum, c'est le meilleur moyen pour répondre à la méfiance abyssale que nos concitoyens entretiennent à l'égard de la parole publique. Les Français sont tentés de ne plus croire en rien ni en personne. La question aujourd'hui n'est donc pas tant de promettre mais de tenir. Avec les référendums, les Français auront la garantie que les engagements pris seront scrupuleusement tenus, puisque ce sont eux-mêmes qui décideront et qui auront le dernier mot.

C'est une découverte récente. Vous n'avez pas abusé des référendums ; notamment quand il s'est agi de ratifier le traité de Lisbonne…

D'abord, j'ai organisé trois consultations durant ma présidence: sur les collectivités uniques en Guyane, en Guadeloupe et Martinique. Je sais bien que c'est loin de la métropole, mais c'est la France! Ensuite, chacun comprend que tous les sujets ne se prêtent pas à référendum. Il faut que la question soit simple, que les citoyens puissent y répondre par oui ou par non. La Constitution européenne et ses 448 articles ne se prêtaient nullement à une réponse binaire.

On va vous accuser de dérive plébiscitaire…

Oui, et sans doute aussi de «populisme», je sais, c'est tellement prévisible! Mais réfléchissons, il y a moins de risque de populisme quand le peuple peut s'exprimer dans les urnes. A l'inverse, le risque populiste est beaucoup plus fort si le peuple a le sentiment qu'on lui refuse la parole. C'est le non-usage du référendum qui lui donne une dimension plébiscitaire. Il faut «banaliser» la procédure référendaire - même s'il ne s'agit pas d'organiser une consultation chaque mois - pour la rendre à sa vocation première: permettre au peuple de France de trancher des questions importantes qui concernent son destin. Par exemple, je pense qu'on aurait dû consulter les Français sur la suppression du service militaire. Et je propose de les consulter demain sur la fusion des conseils généraux et régionaux, ou sur la réduction du nombre des parlementaires.

Une réduction de quel ordre?

Il faut en discuter même si une réduction d'un tiers me semblerait raisonnable! Il faut moins de parlementaires, avec plus de moyens. Je sais bien que l'idée de l'interdiction de tout cumul est populaire mais a-t-on pris le temps d'expliquer aux Français que si on interdit le cumul entre maires et députés, la conséquence immédiate sera de doubler le nombre d'élus! Mais je ne veux pas fermer le débat aujourd'hui, sur ce point comme sur d'autres. Je suis revenu dans la vie politique depuis à peine dix jours et on s'étonne que je n'ai pas déjà présenté, sur tous les sujets, des propositions définitives! L'élaboration d'un projet adapté au siècle qui est le nôtre est une affaire longue et difficile. J'ai été président de la République, j'ai beaucoup appris de mes voyages à l'étranger. J'en ai tiré une certaine expérience. Je veux apporter des idées nouvelles, enrichir les débats. En attendant, il n'est pas question de vouloir trancher sur tout.

Ces référendums, quand devront-ils se tenir?

Si cette proposition devenait un élément du programme de ma formation politique, je souhaiterais que ces consultations soient organisées en même temps que le premier tour des élections législatives qui suivront l'élection présidentielle. Cela permettrait de montrer aux électeurs que la nouvelle majorité est absolument déterminée à mettre en œuvre son projet politique.

L'exaspération fiscale monte dans le pays. Pensez-vous que l'opposition puisse sérieusement s'engager à baisser les impôts?

Ce n'est plus de l'exaspération, c'est devenu une quasi-révolte! En accablant les Français de 30 milliards d'impôts supplémentaires en deux ans, la gauche au pouvoir est arrivé à ce beau résultat que nombre de Français se révoltent contre le principe même de l'impôt. C'est très grave, car le consentement à l'impôt est un élément central du pacte républicain. Vous me dites: faudra-t-il les diminuer? La réponse est oui. Non pas pour des raisons idéologiques mais parce que nous n'avons pas le choix. D'abord parce qu'il y a cette colère qui monte chez ceux qui ont le sentiment justifié qu'on leur a confisqué une trop grande part du fruit de leur travail. Ensuite parce que notre bassin de concurrence naturel, c'est l'Europe. Et de tous les pays européens nous sommes celui qui a les impôts les plus lourds. Donc, ne serait-ce que pour rester au niveau de la compétition avec nos partenaires et voisins, il faut baisser les impôts.

«L'ISF crée un déséquilibre qui nuit à la croissance». Faut-il supprimer l'ISF?

Poser la question ainsi, de manière théorique, c'est la meilleure façon de bloquer le débat. L'ISF est incontestablement un problème. Alors comment faire? Je propose de désidéologiser le débat fiscal français et de réfléchir à l'avenir de notre fiscalité par comparaison avec ce que font nos voisins. A partir du moment où l'on croit à l'Europe, et je crois à l'Europe, on doit en tirer les conséquences: la fiscalité du patrimoine - ISF, plus-value, succession - doit être analysée en fonction de ce qui se passe ailleurs pour éviter la délocalisation des personnes et des capitaux, et faire que la France redevienne accueillante pour les inventeurs, les entrepreneurs, tous ceux qui investissent. La France est l'un des très rares pays européens à avoir un impôt sur la fortune. Cela crée-t-il chez nous les conditions d'un déséquilibre qui nuit à la croissance et à l'emploi? Tout observateur de bon sens ne peut répondre que par l'affirmative. Donc, il est urgent de réfléchir à la perspective d'une zone économique à fiscalité harmonisée au moins entre nos voisins Allemands et nous, afin qu'à l'avenir nous ne soyons pas systématiquement en situation de déséquilibre de concurrence.

Faut-il faire sauter le verrou des 35 heures comme le préconise François Fillon? Nombre de vos électeurs regrettent que vous ne l'ayez pas fait…

C'est faux! Car avec les heures supplémentaires déchargées et défiscalisées, les 35 heures n'étaient plus un obstacle pour «travailler plus». Elles ont profité aux entreprises par la souplesse qu'elles ont apportée et à 9 millions de salariés qui ont vu leur pouvoir d'achat augmenter. La première priorité sera de les rétablir immédiatement ensuite il est incontestable qu'il y a un grave problème quant à la durée du travail dans notre pays. Il faudra travailler davantage et cela ne concerne pas que les 35 heures. Je pense au travail le dimanche qu'il faudra autoriser sous réserve que les salariés soient volontaires et davantage rémunérés. Je pense à la multiplication des RTT, qui a gravement désorganisé les entreprises et les services publics, qu'il faudra diminuer. Quant aux 35 heures elles-mêmes, nous avons eu un gouvernement socialiste qui a décidé un beau jour qu'on allait travailler 35 heures: position idéologique, brutale, inadaptée à la situation. Grave erreur. Mais faut-il qu'à l'idéologie des uns réponde l'idéologie des autres? Il y a toute une série d'entreprises, notamment les grandes, qui ne veulent pas que l'on touche aux 35 heures. Essayons donc d'être pragmatique et efficace, je propose que les entreprises qui voudraient sortir des 35 heures par une négociation interne à l'entreprise puissent le faire, que liberté leur soit rendue de pouvoir travailler davantage. Et que celles, notamment les grandes, qui voudraient les garder puissent le faire. Je crois à la liberté, à la souplesse, à l'adaptabilité. Par ailleurs, il faudra conduire une politique ambitieuse de réduction des charges pesant sur le travail.

«Un contrat de cinq ans dans la fonction publique». Et dans la fonction publique?

C'est sans doute là, dans la fonction publique territoriale, hospitalière et nationale, que le problème est le plus aigu. Les 35 heures ont durablement plongé l'hôpital dans un imbroglio dont personne ne sait comment sortir. Il faudra, à l'hôpital comme dans d'autres administrations, augmenter le nombre d'heures travaillées. Mais il faudra payer davantage les agents qui travailleront plus: moins de fonctionnaires, travaillant davantage et mieux rémunérés. Voici notre politique pour la fonction publique.

Moins de fonctionnaires, dites-vous. De quel ordre doit être la diminution des effectifs?

Il faut revenir au non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite. Aller plus loin serait prendre le risque de stériliser la pyramide des âges. Avec ce système nous avons supprimé 150 000 postes de fonctionnaires d'Etat en cinq ans ; personne n'avait jamais fait cela, mais il est vrai que, dans le même temps, les collectivités territoriales en ont créé autant! Il faut à l'avenir que cette mesure d'économie s'applique obligatoirement aux collectivités territoriales, et pour partie à l'hôpital. Sans doute, faudra-t-il modifier la Constitution, pour y parvenir. Je crois, en outre, utile la création d'un nouveau contrat de cinq ans dans la fonction publique parce que la France ne peut plus recruter systématiquement sous le statut des fonctionnaires à vie. Ce nouveau contrat ne s'appliquerait pas à tous les postes: les policiers ou les enseignants, par exemple, ne seraient pas concernés. Mais il existe de nombreux métiers dans les trois fonctions publiques qui pourraient utilement relever de ce nouveau régime. J'ajoute qu'il faudra rétablir le jour de carence dans la fonction publique afin de lutter contre l'absentéisme dans nos administrations. De toutes les mesures prises par ce gouvernement, ce fut l'une des plus démagogiques.

Tous les gouvernements se sont engagés à faire des économies, et à l'arrivée celles-ci sont rarement au rendez-vous. Résultat: la dépense publique représente 57 % de la richesse nationale…

Vous avez raison, le cœur du mal français est là. La dépense crée le déficit, qui crée la dette. Si on bloque la dépense, on bloque tout le reste. C'est pour cela que je souhaite que nous nous dotions d'un garde-fou pour nous obliger collectivement à tenir nos dépenses. Je propose que d'ici à cinq ans, il ne soit plus possible de consacrer plus de 50 % du PIB à la dépense publique. Tout gouvernement qui atteindrait ce seuil se heurterait à l'interdiction d'augmenter la dette ou les impôts. il n'aurait plus qu'une solution: faire des économies!

Ce serait une règle constitutionnelle?

Oui. Et qui peut parfaitement faire l'objet d'un référendum. La France serait ainsi à l'abri des dérives de la gauche comme de la droite. Avec le recul, je me dis que j'aurais été mieux inspiré de créer ce bouclier de la dépense publique plutôt qu'un bouclier fiscal…

Vous avez aussi exprimé des regrets à propos du RSA…

Ce fut malheureusement un échec. J'avais voulu réformer le RMI pour en faire un véritable outil d'insertion. Mais Martin Hirsch a voulu en faire un instrument de lutte contre la pauvreté. L'objectif était louable mais du coup, nous sommes passés à côté de l'insertion. Or, dans mon esprit, ce devait être la priorité. Deux raisons me conduisent aujourd'hui à vouloir réformer le RSA. D'une part, je suis persuadé qu'une activité est plus utile que les seules allocations pour sortir les gens de l'exclusion. Ensuite, je vois bien que les Français qui travaillent et paient tant de charges ne comprennent pas pourquoi d'autres arrivent à vivre, parfois mieux qu'eux, uniquement grâce à l'assistanat.

Cette obligation d'activité pour un titulaire du RSA était une proposition de Laurent Wauquiez que vous n'aviez pas retenu dans la campagne de 2012. Pourquoi la reprendre aujourd'hui?

Laurent Wauquiez avait la bonne intuition et j'essaie simplement de tenir compte de ce qui n'a pas marché! Quand je propose la même chose qu'avant on me reproche de ne pas avoir changé, et si je propose des choses nouvelles on me reproche d'aller trop vite! Les commentateurs essaient de savoir si mon retour c'est 2007 ou 2012! Si c'est à droite toute ou la barre au centre. Je ne me reconnais dans aucun de ces simplismes. J'essaie de parler à tous les Français du monde d'aujourd'hui pour préparer la France de demain.

«Toute allocation doit avoir comme contrepartie une activité». Cette question pourrait être tranchée par un référendum?

Bien sûr. La question pourrait être posée ainsi: est-ce que toute allocation, doit avoir comme contrepartie une activité? Pour moi la réponse est oui.

Faudra-t-il repousser l'âge de départ à la retraite?

Oui, c'est une évidence. Mais, je crois à la réforme progressive. Quand nous avons fait la réforme du régime général des retraites, j'ai arbitré pour un départ à 62 ans en 2018, plutôt que 63 ans en 2022 car cela rapportait davantage à la Sécurité sociale. Notre réforme rapportera en 2018 vingt-deux milliards d'euros par an. Ce n'est pas ce qu'on appelle une réformette! Si l'espérance de vie continue à augmenter, il faudra sans doute aller plus loin et passer à 63 ans rapidement.

François Fillon propose d'aller jusqu'à 65 ans!

Il y a des arguments en faveur d'une telle mesure mais cela signifierait d'avoir 70 ans pour un départ à taux plein! Attention à ne pas crisper le pays, à le pousser dans ses retranchements. Ma fierté, pendant mon quinquennat, c'est d'avoir pu réformer sans violence et sans jamais reculer.

Faut-il réformer le code du travail?

Evidemment! Il compte quelque 12 000 articles. Plus personne n'y comprend rien. Pourquoi ne pas imaginer que dans les six mois de la prochaine législature, le Parlement définisse un nouveau code du travail concentré sur les seuls droits fondamentaux des salariés: droit syndical, protection contre le licenciement, droit à la santé… Tout le reste serait renvoyé à la négociation.

Comment procéderez-vous? Par ordonnances? «J'aurais dû avoir l'idée d'un Schengen II plus tôt»

Les ordonnances, à mon sens, c'est la pire des formules. Car, de toute façon, vous devez revenir devant le Parlement. Pourquoi faire voter en décembre ce qu'on peut faire voter en juillet, qui plus est, quand on est au début d'un quinquennat?

Vous voulez revenir sur le traité de Schengen. Mais cela ne dépend pas de nous! Concrètement que peut-on faire?

J'ai une certitude: c'est que l'on ne peut plus continuer comme cela! Le problème de l'immigration est un problème central, extraordinairement difficile. Nous sommes à 12 kilomètres de l'Afrique par le détroit de Gibraltar. L'Afrique compte un milliard d'habitants et dans trente ans elle en aura deux milliards. La France ne peut pas lutter seule contre ces flux. Il faut une démarche commune avec nos partenaires européens. Le principal défaut du traité de Schengen, c'est de supprimer les frontières entre les pays membres sans exiger au préalable une harmonisation des prestations sociales accordées aux immigrés. Du coup, les étrangers viennent en France parce que les prestations sociales y sont plus élevées. J'aurais dû avoir l'idée d'un Schengen II plus tôt. Nous devons dire à nos partenaires que nous n'appliquerons plus les dispositions du traité tant qu'un nouveau traité n'aura pas été négocié. Avant d'y adhérer, nous devrons exiger que chaque pays membre se dote au préalable des mêmes critères de politiques d'immigration. Cela veut dire les mêmes délais de rétention administrative, les mêmes montants de prestations minimum, la même liste des pays sûrs… Il faudra trouver un point moyen. Sinon, nous quitterons Schengen. C'est ce que le général de Gaulle avait appelé la politique de la chaise vide. Mais je suis sûr que nous n'aurons pas besoin d'en arriver là. Nos partenaires seront d'autant plus faciles à convaincre qu'ils sont tous soumis aux mêmes immenses difficultés que nous. Je suis convaincu qu'une majorité de Français partagent ce point de vue bien au-delà de la seule droite.

Sur le mariage pour tous, on a l'impression que vous êtes embarrassé…

Je n'utiliserais pas ce mot-là. Pourtant, je vais être sincère avec vous: c'est un sujet beaucoup plus complexe qu'on ne le dit et sur lequel notre électorat est très partagé. Pour moi, la famille n'est pas un choix, c'est une nécessité vitale. Nombre de familles se sont senties humiliées par l'attitude du pouvoir. Du coup, elles se sont radicalisées. Nous devons défendre la famille et les familles. Mais qu'on n'attende pas de moi que je fasse avec les familles ce que M. Hollande a voulu faire avec le mariage homosexuel. Il a voulu l'instrumentaliser à des fins politiciennes. Je ne le ferai pas. Mon devoir sera de rassembler les Français sur une position conforme à nos valeurs, sans rouvrir les plaies. Pour le moins, je considère qu'il faudra inscrire dans la Constitution des verrous juridiques pour réserver la PMA (procréation médicale assistée) aux couples hétérosexuels infertiles et interdire complètement la GPA (gestation pour autrui). C'est le seul moyen d'enrayer la jurisprudence dont la Cour de cassation, ainsi que c'était prévisible, pose les premiers jalons. Jamais je n'accepterai la marchandisation de l'enfant.

Vous ne reviendrez donc pas sur la loi?

Les positions dans ma propre famille sont partagées sur ce sujet. Ne nous bloquons pas sur des postures. J'ajoute qu'en attendant nous avons fort à faire pour défendre les familles contre les attaques multiples de ce gouvernement.

Dans votre discours à Lambersart, vous avez fait l'éloge des «différences». Est-ce que cela ne pose pas la question du collège unique?

C'est vrai. Je suis très réservé sur l'expression «collège unique». L'enfant dans son unicité n'existe pas. Les enfants doivent avoir les mêmes chances mais ils sont différents. Ils n'ont pas les mêmes besoins, les mêmes aspirations ni les mêmes capacités. C'est pourquoi il est absurde de prétendre les enfermer dans un moule unique qui, sous prétexte d'égalité, produit surtout de l'échec. A l'école, il faut introduire de la souplesse et du pragmatisme. La question de la formation et de la rémunération des enseignants est centrale. Parce que toute réforme, fût-elle excellente, ne marchera pas si les enseignants ne sont pas bien rémunérés ni bien formés. Il faut augmenter le nombre d'heures de présence des enseignants dans les établissements, afin qu'ils soient davantage disponibles pour les enfants qui en ont besoin. Il faut aussi augmenter leur rémunération et en parallèle diminuer leur nombre. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'y avait pas besoin des 60 000 enseignants supplémentaires décidés par la gauche depuis 2012.

Vous êtes aujourd'hui favorable au gaz de schiste et pourtant, en 2011, vous aviez interdit la fracturation hydraulique. Que s'est-il passé?

Sur ce sujet comme sur les autres, j'essaie de réfléchir. Notre pays est ravagé par le chômage et l'absence de croissance. On sait qu'il n'y a pas d'économie sans énergie, et pas de croissance sans énergie. Or nous avons dans notre sous-sol une énergie pas chère, qui a rendu indépendants les Etats-Unis d'Amérique. Je ne propose pas d'installer des derricks partout, mais de profiter d'une énergie disponible chez nous qui n'avons ni pétrole ni gaz. Je crois au progrès. Pour autant, je ne veux pas de la dévastation écologique et paysagère. Personne ne veut cela. Mais je trouve absurde de refuser à jamais le principe même de l'exploitation: nous importons du gaz, il serait bien meilleur pour l'économie et l'emploi de pouvoir en produire nous-mêmes, si nous pouvons le faire proprement! Je souhaite que nous nous donnions deux objectifs à court terme: évaluer notre potentiel en matière de gaz de schiste, et rechercher et mettre au point des technologies propres d'exploitations. C'est du reste l'esprit de la loi votée en 2011, et qui n'est pas appliquée dans cette dernière dimension.

Faut-il remplacer dans la Constitution le principe de précaution par le principe de responsabilité?

Je crois à la croissance propre, à la protection de l'environnement, à la qualité de la vie. Mais j'ai voulu que nous réfléchissions. Avec le principe de précaution, le risque est de s'abstenir d'agir. Alors qu'il ne devrait être compris que comme une incitation à la recherche et à l'innovation. Si cela ne devait pas être le cas, je préfère le principe de responsabilité où vous agissez et vous en assumez les conséquences. Le monde, les autres, nos concurrents vont si vite. Peut-on être frileux? Je ne le crois pas.

Pourquoi refusez-vous de débattre face à Bruno Le Maire et Hervé Mariton candidats comme vous à la présidence de l'UMP?

Je ne refuse pas de débattre! Toute ma vie je n'ai connu que le débat et la concurrence. Mais je vous rappelle que c'est une élection interne qui concerne 260 000 militants à jour de cotisation. Je ne vois pas pourquoi nous irions à la télévision débattre avec deux amis devant des téléspectateurs dont 99,9 % n'auront pas le droit de vote. Il va de soi en revanche que, dans le cadre des primaires, il y aura des débats télévisés parce que des millions de Français pourront aller voter.

Ce seront bien des primaires ouvertes?

La logique des primaires veut évidemment qu'elles soient ouvertes. Sinon ce ne sont pas des primaires mais une élection interne.

Seront-elles inscrites dans les statuts du nouveau parti?

Bien sûr. Je proposerai même qu'on reprenne les règles qui sont déjà dans les statuts de l'UMP. Comme cela, il n'y aura pas de polémique.

Comment s'appellera le nouveau parti, si vous l'emportez?

Je ferai, bientôt, un discours qui précisera la matrice, les racines, les ambitions de cette nouvelle formation.

Vous voulez l'ouvrir au centre mais François Bayrou ou Hervé Morin, par exemple, ont déjà refusé de venir dans votre futur rassemblement!

Il n'est pas question d'une négociation d'état-major. Ce rassemblement sera ouvert le plus largement possible à tous ceux qui voudront le rejoindre. Qui peut contester qu'il y aura besoin le moment venu, face au risque du déclin français, du rassemblement de tous? C'est quand même curieux d'attendre que le FN soit au niveau où il est aujourd'hui pour se diviser en autant de petites chapelles! Qui peut encore bien s'intéresser aux rivalités dérisoires entre tel ou tel. La seule question est celle de se mettre en situation de préparer une alternative crédible entre l'humiliation d'aujourd'hui et l'isolement auquel conduirait le Front national.

Les affaires font-elles peser un risque sur vous?

Vous voulez parler de l'affaire Bettencourt qui est sortie, comme par hasard, en pleine réforme des retraites, puis pendant la campagne présidentielle? Après 22 heures d'interrogatoire, 4 perquisitions, 2 ans et demi d'investigations pendant lesquels mon intimité a été violée et mon honneur bafouée, je vous rappelle que j'ai obtenu un non-lieu! Tout ça pour ça!

Reste l'affaire Bygmalion, qui est peut-être la plus inquiétante…

Pour moi, c'est donc toujours l'affaire suivante qui devrait être la plus inquiétante! Quand je suis sorti de l'affaire Bettencourt, on a ressorti l'affaire Karachi. Quand, dans cette dernière, on finit par comprendre qu'à l'évidence, je n'y étais pour rien, on passe à l'affaire Kadhafi, qui me vaut d'être écouté depuis des mois sur la base d'un document qui est un faux grossier… Et maintenant c'est l'affaire Bygmalion, une société dont j'ai appris le nom plusieurs semaines après ma campagne présidentielle!

15 millions d'euros sont tout de même sortis indûment des caisses de l'UMP?

Je vous rappelle que j'ai quitté la direction de l'UMP en 2007. Je précise que ma campagne a coûté 22 millions d'euros. Le Conseil constitutionnel et la commission des comptes de campagne ont épluché tous mes comptes et estimé que nous avions dépensé 450 000 euros de plus. Ça veut dire qu'ils seraient passés à côté de 15 millions de dépenses sur 22 millions de budget? Qui peut croire une fable pareille!

Pensez-vous qu'il y a une volonté politique de vous nuire?

Y a-t-il une personne qui pense que ce n'est pas le cas? Après tous ses interrogatoires, perquisitions, écoutes, enquêtes, qu'on n'ait rien trouvé sur moi devrait vous rassurer sur ma probité!

Si François Hollande dissout l'Assemblée, que ferez-vous?

Cette décision appartient au président de la République. S'il le fait, il prendra un risque majeur. Les Français peuvent se retourner contre lui en disant: «Ce ne sont pas les députés que nous voulons faire partir, c'est vous.» Donc à sa place, je m'abstiendrais de le faire…

Mais il peut y être contraint s'il n'a plus la majorité à l'Assemblée…

S'il y a bien quelque chose dont la France n'a pas besoin en ce moment c'est d'une cohabitation, qui veut dire compromis. Or la situation est trop grave pour se permettre le luxe du compromis.

«La France n'a pas besoin d'une cohabitation». Donc, vous refuserez la cohabitation?

La réponse à cette question dépend de trop de paramètres, et notamment du climat qui régnera dans le pays pour que je réponde aujourd'hui par oui ou non.

Pensez-vous que Marine Le Pen sera au second tour de la prochaine présidentielle?

Le simple fait que vous posiez la question est préoccupant, il faudra donc convaincre les électeurs qui sont abusés par Marine Le Pen. Elle a fait la courte échelle à M. Hollande. Il faut qu'elle l'assume. Elle devra faire face à ses responsabilités. Ça ne lui plaît pas quand je dis cela, mais je continuerai à le dire parce que c'est la vérité. Donc, elle n'a aucune leçon à donner. Elle s'est rendue complice du désastre actuel par calcul politicien.

Serez-vous candidat à la primaire en vue de l'élection présidentielle?

Si je vous répondais, cela voudrait dire que je place ma situation personnelle au-dessus de notre destin collectif. Je suis candidat pour redresser ma famille politique et préparer une alternative. Si je réussis, je serai conduit à prendre des décisions. Si je ne réussis pas, je prendrai d'autres décisions. Mais tout cela est prématuré. Il y a déjà assez de candidats, de grande qualité, pour ne pas me rajouter à la liste. Je voudrais simplement le dire à tous: quelle est votre chance de succès personnel s'il y a faillite collective? Ne vaudrait-il pas mieux au préalable réfléchir à notre réussite commune? Il n'y a pas d'élection présidentielle en 2014, ni en 2015, ni en 2016. Donc, nous avons le temps.

 

 A suivre,  Alain JUPPE à "des paroles et des actes" : "CARTON PLEIN" !

 

 


UN BUDGET BIEN TIMORE

 

France-faillite


Ce n’est pas avec le projet de budget présenté en conseil des ministres que la France va s’en sortir. Il sent le Sapin laborieux. Passons sur les effets de manche grandiloquents pour vanter des efforts qui n’en sont pas. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne brille pas d’optimisme : le déficit reste élevé (il sera de 4,3 % du produit intérieur brut contre 4,2 % en 2013 et 4,4% en 2014), les tarifs de la Poste augmentent de 7 %, ce qui est sans précédent, et le litre de gazole est frappé d’une taxe de 2 centimes d’euro. Bien obligé de faire avec des recettes qui ne rentrent pas et une absence d’inflation sur laquelle on comptait pour financer virtuellement les économies.

Un budget qui manque d’audace.

Les contours ne nous surprendront pas. Après les coups de cymbales des jours derniers sur les sacrifices que devront consentir les familles et les retraités, beaucoup de bruit pour quelques centaines de millions alors qu’il faudrait des milliards, on ne sera pas surpris de découvrir que les dotations aux collectivités diminuent de 3,7 milliards, ce qui en obligera plus d’une à augmenter ses impôts pour compenser parce qu’elle n’aura pas d’autre choix. Les économies de 21 milliards sont maintenues, mais on ne sait toujours pas comment, sinon par quelques coups de rabots ici et là et quelques astuces comptables, ce qui ne résoudra rien. Quant aux prévisions de croissance de 1% en 2015, 1,7% en 2016, 1,9% en 2017, elles sont bien optimistes et probablement là pour la cohérence de la présentation. Pourtant un coup d’œil dans le rétroviseur sur la présentation du budget 2014 et ce qu’il en est résulté de son exécution apporte un éclairage singulier : comme il se doit, ces prévisions relèvent de la lettre au Père Noël.

Ah ! ce brave M. Sapin-les-socquettes-roses, il est bien content de lui puisqu’il estime que la France fait du bon travail budgétaire. Non pas qu’il n’y ait pas d’efforts de faits, mais ils sont si peu en adéquation avec ceux qu’il faudrait fournir, qu’on le trouve bien indulgent avec lui-même. D’ailleurs il est le seul à s’octroyer un satisfecit. On aimerait que ce soit de l’humour. Mais pour lui, rien ne sera vraiment possible si l’Union européenne ne prend enfin les mesures qui relanceraient la croissance. C’est toujours aux autres d’agir ! Sauf que le discours ne peut pas remplacer les actes et si la Banque centrale européenne a pris des dispositions draconiennes pour faciliter le crédit aux entreprises, l’Allemagne, mécontente des libertés qu’elle prend,  continue à s’opposer à toute relance économique. Ce que notre Argentier sait parfaitement !

Et si on se décidait enfin à imiter l’Allemagne.

Le bateleur d’estrades Jean-Luc Mélenchon, qui fait partie du vaste groupe des partisans de la dépense, où il se retrouve avec les frondeurs socialistes mais aussi avec Marine Le Pen, dénonçait récemment l’acharnement de l’Allemagne à équilibrer son budget, exercice auquel elle est parvenue, alors qu’elle emprunte à des taux négatifs (en clair, on la paie pour emprunter). Ces taux d’intérêts très bas sont un poison à court ou moyen terme et c’est Angela Merkel qui a raison. Elle affiche des résultats enviables : équilibre budgétaire, recul du montant de la dette publique, excédent conséquent de la balance commerciale. Certes, l’Allemagne n’est pas un paradis, les salaires y sont parfois très bas, les inégalités y augmentent. Il n’empêche que nous avons toutes les raisons d’envier notre voisine. Ce qui pourrait nous arriver de mieux, c’est que nous les enviions suffisamment pour les imiter enfin.

Il va bien falloir tailler dans les dépenses autrement qu’au scalpel. La hausse de la dette qui atteint plus de 2 000 milliards d’euros, qui porte les intérêts annuels à plus de 60 milliards, représente 95% de notre PIB. Il faut tenir aux Français un langage de vérité. Ce lourd fardeau qui grossit chaque jour d’1 milliard supplémentaire finira par ruiner totalement le pays et ses habitants. Déjà les marges de manœuvre sont devenues si étroites que le niveau de vie a commencé à baisser, que les services se dégradent, que les fonctions régaliennes ne sont plus totalement assurées. La contraction de la dépense publique courante sera douloureuse, elle est inévitable. Mais on ne peut pas réduire la dépense si on ne montre pas les déficits dans ce qu’ils ont d’horribles, surtout pour les Français les moins favorisés.

Fataliste, le gouvernement coupe où il peut, en préservant si possible ce qui lui reste d’électeurs. A ce régime, l’an prochain on aura encore reculé avec des déficits en augmentation ainsi, inévitablement, que la dette.

Et d'ailleurs, que restera-t-il de ce budget timoré après le passage devant le parlement, sous les fourches caudines des frondeurs… ?