Radioscopie d’une expérience - (3) Le "bobineau"

Le « bobineau »

 

« Tous les enfants peuvent réussir ! ». Cette phrase d’Antoine de la Garanderie fut le fil rouge d’une grande partie de ma carrière, et bien avant que je ne lise ses ouvrages. J’étais là pour « ça » ! J’étais convaincu que ma mission consistait autant à transmettre un savoir qu’à donner à chacune et chacun les moyens de réussir. Pour moi, c’était trouver le bout du fil qui permet de dérouler le « bobineau », provoquer le déclic qui change tout et qui fait que l’esprit fermé sur lui-même s’ouvre enfin. Cela se traduisait dès le premier jour de classe, au moment de l’accueil des élèves. J’aimais dire : « Ici, il n’y a que des gens intelligents et vous êtes tous pourvus de neurones. Il  suffit donc que vous les utilisiez correctement. On va s’y employer ! ». Trouver le bout du fil pour les activer : une obsession !  ...

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LA FRANCE, L’ISLAM ET LA CULTURE DU DENI

Laicite

 

Depuis quelques temps, notre pays est particulièrement exposé à la violence. Le terrorisme islamique vient en tête du palmarès, si je puis dire, avec plus de 250 morts et près de 1 000 blessés, depuis janvier 2015. Celle des groupes gauchistes ultra vient ensuite et se manifeste surtout par des dégradations et des exactions. Si la sécurité est la première des libertés, la propagation et la répétition des phénomènes violents constituent le principal moteur de l’affaiblissement des démocraties, y compris de la nôtre. La solution tellement facile serait de faire appel à des pouvoirs autoritaires qui ne manqueraient pas de s’appuyer sur la promesse du rétablissement de l’ordre pour mettre à bas ou amputer l’Etat de droit. La violence est une des causes majeures du populisme, particulièrement en France. Et avec l’Islam, la sécurité apparaît comme l’angle mort du quinquennat, ouvrant un boulevard politique au Rassemblement National. Or l’Etat préfère être dur et impitoyable envers nos concitoyens, soumis à une surveillance numérique généralisée au mépris des libertés pour vérifier leur situation fiscale, et faire preuve de mollesse quand ce n’est pas d’impuissance face aux islamistes. Evidemment, la religion en tant que telle, doit être respectée et défendue au nom de la liberté de pensée ; l’islamisme, en tant que projet politique, parce qu’il est liberticide, doit être combattu avec tous les moyens de l’Etat de droit. La manifestation d’hier, au nom de la lutte contre « l’islamophobie », en inversant les paradigmes, apporte plus de confusion que de clarté. La collusion avec la gauche communautariste, naguère aux avant-postes de la défense de la laïcité, permet tous les excès. Que penser d’un orateur qui fait crier « Allah Wakbar » à la foule en guise de conclusion, en écho à ce cri qui retentit sinistrement après les assassinats à Charlie Hebdo, sinon qu’il cherche à souffler sur les braises de la haine et de la violence.

L’incapacité de l’Etat à traiter l’islam.

Dans un livre très documenté, « Déni français, notre histoire secrète des relations franco-arabes »,  Pierre Vermeren, l’historien spécialiste de l’histoire du Maghreb et des relations de la France avec le monde arabe, expose cette incapacité de l’Etat à traiter comme il faudrait les questions que soulève l’Islam en France. Il le fait en s’appuyant sur l’étude de l’immigration sur la longue durée,  l’examen des inhibitions et des a-priori idéologiques qui ont nui à la lutte contre le terrorisme, l’observation de la politique catastrophique de Paris sur le dossier syrien … tant d’éléments qui éclairent les tours et détours d’une politique souvent illisible. Pour l’historien, il est grand temps de sortir des non-dits.

Quelques clés de compréhension.

Bataille d’influences.

Les musulmans de France et leurs divers islams sont pris en étau entre plusieurs hégémonies dont deux dominent. Ce sont les Etats étrangers qui veulent les soumettre aux normes de leur Islam pour mieux les surveiller et qui les considèrent de jure comme leurs ressortissants. L’Algérie tient une comptabilité très précise de ceux-ci, ils sont cinq millions selon ses chiffres internes. Cette allégeance est encore plus nette dans le cas du Maroc, puisque cette « filiation » repose sur la fidélité personnelle au commandeur des croyants et calife qu’est le Roi, dont nul ne peut s’abstraire en droit religieux.  A l‘ingérence de ces deux Etats, s’ajoute un ensemble d’organisations fondamentalistes, salafistes ou fréristes, paraétatiques ou privées qui exercent une influence internationale notable. La France qui s’était d’abord appuyé sur l’Algérie a accordé ensuite plus de responsabilités au Maroc. C’est qu’il faut tenter de contrôler le flux des imams et des fonds de l’Islam en France.

Course à la construction des mosquées.

Devant la confusion de la situation, Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, a voulu y remédier en dotant les pouvoirs publics français d’un interlocuteur collectif pour le culte islamique. Le CFCM n’empêchera en rien les ingérences des Etats ou des organisations islamiques, qui au contraire vont instrumentaliser la nouvelle structure pour influencer l’Islam de France.  Le ministère a aggravé la situation en établissant que les élus du CFCM correspondraient au nombre de m2 de mosquées  contrôlés par tel ou tel groupe. On a alors assisté à une course internationale à la construction de mosquées, et à une lutte de clans pour les sièges au CFCM.

Tâtonnements.

Quelles que soient les solutions ou les arrangements, dès lors que l’Etat français s’en mêle, les musulmans qui paraissent « collaborer » sont aussitôt démonétisés. Les dirigeants français pensent toujours qu’une religion, c’est un clergé et qu’un clergé ça se gouverne. Or l’Islam sunnite n’a ni clergé, ni pape et toute figure qui s’en réclame est aussitôt déligitimée si elle apparaît en relation avec une main étatique chrétienne ou laïque. L’Etat étant lui-même empêtré entre le Bureau des cultes, le médiateur de la République, l’Elysée, Matignon et sa « Dilcra », les commissions parlementaires…

Le projet des Frères musulmans.

Les Frères musulmans voient dans leur présence en terre occidentale une revanche sur la domination européenne du XIXème siècle, qui s’était emparée de terres islamiques. Ils considèrent que Dieu leur a ouvert le temps de l’offensive et de la reconquête des territoires par les berceaux et la prédication qu’elle soit salafiste ou wahhabite. Les noms donnés aux mosquées en disent long. Et ce n’est pas une vue de l’esprit : cette doctrine s’exprime ouvertement.

Lobbying et ingérence.

Il se trouve que depuis Jacques Chirac, le personnel politique et les fonctionnaires qui sont arrivés au pouvoir n’ont ni les relations ni les amitiés anciennes avec des responsables étrangers, surtout en Afrique. L’Elysée est donc en position de faiblesse face à des Etats, à des gouvernements, à des groupes de pression qui l’attendent de pied ferme. C’est ainsi que le nouveau tour des relations avec le monde arabe a versé dans une diplomatie parallèle et une périlleuse confusion des genres. Une politique d’ingérence et d’influence sur la présidentielle française est désormais menée ouvertement et sans scrupule au gré des intérêts patrimoniaux ou nationaux. L’auteur affirme même : la politique d’influence s’est transformée en ingérence directe.

Le chaudron du Maghreb.

Le bouillonnement actuel du Maghreb ne facilite pas les choses. Sentiments et frustrations hantent la relation franco-maghrébine. La France ne pourra pas l’occulter indéfiniment, pas plus qu’elle ne pourra construire dans une bulle l’Islam sur le sol national.

Quelles solutions ?

« L’Islam de France , le temps des solutions. 35 propositions pour agir maintenant », c’est le titre du dernier rapport de l’Institut Thomas More. De quoi relever le défi à travers les questions comme la laïcité, le voile, le burqini, les prêches radicaux, le financement des mosquées, les sorties scolaires, les cantines, les revendications communautaristes... ». Il est temps d’agir. Mais qui le fera ?

 

 


Radioscopie d’une expérience - (2) Profil d'emploi

Profil d’emploi.

 Que faut-il comme capacités et qualités pour être un bon prof ? Les exigences de niveau d’étude actuelles devraient largement faire l’affaire sur le plan des connaissances à transmettre : avec  bac + 5, les professeurs débutants devraient normalement être armés pour assumer leur mission de la maternelle à la fin du secondaire. Encore que ce que je perçois de la scolarité de mes petits-enfants me laissât dubitatif. c'est donc que les connaissances, si elles sont nécessaires, ne suffisent pas. Je n’aurai pas la prétention ici de faire l’inventaire de toutes les qualités qui définiraient l’enseignant parfait. Voici néanmoins, par une approche empirique, quelques certitudes tirées de mon expérience....

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QU’AVONS-NOUS FAIT DE LA VICTOIRE SUR LE COMMUNISME ?

Mur de berlin 9 nov 89

 

9 novembre 1989.

Le « Mur de Berlin » tombe. Les Berlinois de l’Est se précipitent à l’Ouest, les larmes aux yeux dans la liesse générale. Nous regardions ces images à la télé et n’en croyions pas nos yeux. Quelques années plus tôt, je m’étais rendu avec une classe du collège Jean Vilar, au cours d’un voyage d’échange scolaire, sur la frontière Oder-Neisse qui séparait la RFA de la RDA. A l’époque on l’appelait le « rideau de fer ». La frontière était fortifiée et infranchissable dans un sens comme dans l’autre : pont détruit, barbelés sur la rive en face, miradors où des ombres militaires étaient occupées à surveiller, panneaux « halt minen ! » agrémentés de têtes de mort très dissuasifs… Les élèves étaient silencieux. L’un rompit le silence : « Les habitants ne peuvent donc pas sortir de leur pays ? »  Ils touchaient  concrètement la réalité de la dictature communiste. Les habitants de l’Allemagne de l’Est étaient coupés du reste du monde, comme tous ceux qui vivaient dans les « démocraties populaires » sous la tutelle soviétique.

La fin d’un monde.

19 ans après la mort du Général De Gaulle, jour pour jour, le monde décidé à Yalta en 1945, cette conférence dont il avait été exclu et qui avait conduit au partage de l’Europe entre la partie sous influence occidentale et celle sous influence russe, voyait  s’effondrer l’un des symboles de cette coupure. Tout le monde fut surpris de la rapidité avec laquelle cet événement se produisit. On sait que les régimes communistes allaient de plus en plus mal, depuis quelques temps, de l’autre côté du « rideau de fer », en proie à une crise sociale, économique et à une soif de liberté de plus en plus affirmée exprimée par des peuples « enchaînés ». Car les dictatures mises en place après 1945, sous la férule de l’URSS, régnaient par la terreur. En témoignent le « goulag » de Soljénitsine, les milliers de morts et de torturés chimiques des asiles psychiatriques soviétiques. Dès les années 50, des peuples commencèrent à se révolter : 1956, Budapest, 1968, Prague … et chaque fois les chars du « Pacte de Varsovie » rétablissent le joug communiste, sans que les occidentaux ne bougent d’un iota. On est en pleine guerre froide et l’on craint la 3ème guerre mondiale atomique. Violence et mensonge d’Etat, espionnage de tous par tous, égalité mais dans la misère : il suffit de voir à Prague le « musée de la terreur » pour se faire une idée des méthodes employées par ces gouvernements de « démocraties dites populaires ». Tous ces jeunes qui s’apprêtent à voter Mélenchon, devraient relire l’Histoire !

Effondrement par l’intérieur.

Bien sûr, tous les peuples n’ont pas opposé la même résistance aux régimes mis en place par le Kremlin, souvent par des coups de force. La Pologne, rurale et catholique fut un foyer de résistance pour de nombreuses raisons sur lesquelles je ne vais pas revenir. Avec le temps les adhérents sincères au système communiste s’amenuisent au fur et à mesure que les informations percent sur les réalités de son fonctionnement. C’est l’époque où en France Georges Marchais commence à parler de « bilan globalement positif » pour contrer les témoignages des dissidents soviétiques. L’action du pape Jean-Paul II, évêque de Cracovie a pu conforter l’action de Solidarnosc, mettant à mal l’idéologie communiste. Mais l’effondrement est surtout venu de l’intérieur : pour faire simple, c’est à partir de la succession de Brejnev et de l’avènement de Gorbatchev et de sa « perestroïka » que les fragilités que Hélène Carrère d’Encausse avaient identifiées en présentant l’URSS comme un colosse aux pieds d’argile, se sont amplifiées jusqu’à l’effondrement final en 1991. Le « Mur de Berlin » n’étant qu’un épisode hautement symbolique ayant accéléré la déliquescence d’un système à bout de souffle.

La victoire du « monde libre ».

La chute du mur de Berlin consacre la victoire du monde libre sur le totalitarisme rouge.  Du jour au lendemain la réalité que l’on pressentait apparaît au grand jour : d’un côté l’opulence, de l’autre, la pauvreté, d’un côté des entreprises prospères et florissantes, de l’autre des établissements obsolètes. La victoire intervient par KO.  Plus qu’une victoire d’un système économique sur l’autre, le capitalisme contre le communisme, c’est celle de la liberté sur l’oppression. On a cru alors à la « fin de l’histoire ».  On a cru que le modèle libéral qui venait de l’emporter sur les économies étatisées, allait s’imposer dès lors partout et de lui-même. Bref, on a cru à l’avènement d’une nouvelle ère : celle de la mondialisation heureuse. La seule bonne chose qui en est résulté, c’est la « réunification de l’Allemagne ». Non la RFA n’a pas annexé la RDA. Il faut être révisionniste endoctriné comme Mélenchon pour faire croire à une pareille fable. Mais les difficultés que cette unité retrouvée après trente ans de séparation étaient énormes à surmonter : elles ont coûté des milliards d’euros aux allemands de l’ouest. Et l’on voit bien aujourd’hui, et c’est vrai pour tous les pays de l’Europe de l’Est, que le traumatisme du joug communiste est encore présent et a profondément modifié les mentalités. Nous ne pouvions pas faire autrement que de leur ouvrir généreusement les portes de l’UE, après les avoir si souvent abandonnés à leur triste sort. Il nous appartient de leur faire comprendre que Bruxelles n’est pas Moscou et que nous sommes prêts à poursuivre le processus d’intégration, de réconciliation entre ces deux Europe artificiellement séparées pendant trois décennies. Qui va à Prague voit bien qu'on est en présence d'un berceau de l'Europe.  Profitons-en aussi pour mettre en garde contre les tentatives pour mettre à bas nos démocraties libérales. Elles ne sont pas parfaites mais  face aux autres modèles, elles restent les « moins pires » comme dirait l’autre. Les tentations totalitaires perdurent : comme on sait les régimes communistes n’ont pas disparu et s’y ajoutent les idéologies vertes ou noires.

Ecoutons Angela Merkel, cette allemande de l'Est devenue chancelière : "Les valeurs qui fondent l'Europe, la liberté, la démocratie, l'égalité, l'Etat de droit et la préservation des droits de l'homme ne vont pas de soi" et "doivent toujours être défendues", a-t-elle assuré dans la chapelle de la Réconciliation, un des lieux de mémoire de la division de Berlin qui dura de 1961 au 9 novembre 1989. Paroles de bon sens ! Restons mobilisés !


Radioscopie d’une expérience (1)

« Mais si, Monsieur je la savais encore hier soir,  je l’ai récitée à mon frère, seulement c’était de la poésie hier soir, mais vous ce matin, c’est une récitation que vous attendez et moi ça me constipe cette embuscade »

                                Chagrin d’école - Daniel Pennac

 

De la pédagogie.

Je me dois de revenir sur le choix du métier d’enseignant : alors que l’actualité nous porte, comme je le remarquai dans le chapitre précédent à entendre plutôt « je ne suis pas fait pour ça ! », en ce qui me concerne, « j’ai aimé ça ! ». Comme Daniel Pennac l’explique très bien dans son livre « Chagrin d’école », il convient de mettre un contenu à ce « ça ». Est-ce que j’étais fait  pour « ça » ? Enseigner c’est se retrouver devant une classe, se confronter à des élèves tous différents, avec un but ou une mission, comme on voudra : faire en sorte qu’ils apprennent un savoir. Mais le « ça » va de pair avec d’autres paramètres qui viennent compliquer la tâche : l’éducation bonne ou mauvaise des uns, les handicaps culturels des autres, la concurrence des autres sources de savoir qui n’a fait que prospérer au cours de ma carrière. Heureusement, il y a les méthodes pour faire face. Certains s’y réfugient constamment pour être mieux armés mais on découvre rapidement qu’elles ont leurs limites puisque tous les enfants ne réussissent pas de la  même façon.

Y-a-t-il encore des profs heureux ?

Je me demandais encore récemment s’il était possible de trouver son bonheur de prof dans les classes actuelles. En lisant « Petite Poucette » de Michel Serres, je me suis surpris encore à imaginer les stratégies d’apprentissage que je mettrais en œuvre si j’étais encore en activité,  pour utiliser cette source de savoir immense qu’offre internet, mobilisant l’intérêt des élèves pour les écrans, à discerner le vrai du faux, l’utile et l’accessoire … Quelle chance pour les profs d’aujourd’hui ! Quelle opportunité pour mettre enfin en place des exercices adaptés à chaque personnalité ! La gestion mentale plus internet est peut-être le chemin efficace vers la réussite pour tous. Et ce que je lis actuellement sur la « neuro-éducation » me fait sourire. Je n’avais pas attendu les progrès de l’imagerie fonctionnelle pour m’apercevoir que le stress et l’anxiété étaient des freins pour les processus de mémorisation et qu’au contraire, les émotions positives, l’humour et le  jeu facilitaient les apprentissages. A condition de ne pas oublier que l’effort reste  indispensable.

Le naufrage de l’Education nationale est suffisamment évoqué et mesuré,  les témoignages de ce que vivent les enseignants dans les établissements des « zones sensibles » suffisamment nombreux et évocateurs des difficultés qu’ils rencontrent, que je pensais ce métier voué désormais au supplice. Les livres  qui paraissent me rassurent. Certes, le passage d’une ministre idéologue a pu contribuer à accentuer les ravages du pédagogisme et de la théorie égalitariste. Certes, la machine de la rue de Grenelle est une machine à broyer les élèves,  certains élèves, et même les enseignants...

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IMMIGRATION, TRIANGULATION, MANIPULATION

Macron planté

Triangulation.

Le procédé est connu. Aller chercher chez l’adversaire des thématiques qui lui sont propres dans le but de le déstabiliser et de tenter d’attirer une partie de son électorat. C’est ce qu’on appelle faire de la triangulation. Quand Emmanuel Macron a décidé d’intervenir sur la question de l’immigration, c’est bien évidemment sur les terres de la droite et du Rassemblement national qu’il est venu s’installer. Avec ce thème, il n’a pas résisté à la tentation d’aller chercher à droite des soutiens électoraux qui s’amenuisent sur sa gauche. Selon les théoriciens de cette stratégie, la triangulation, ce serait prendre le meilleur de la droite et de la gauche et se placer au-dessus. D’où le mot utilisé pour la définir. Encore faut-il pouvoir trianguler : en France, le clivage droite-gauche est tel, même depuis le « en même temps », que dès qu’on bascule d’un côté, on perd l’autre. C’est ce qui arrive à Macron, qui à force de vouloir dézinguer les Républicains, a perdu son électorat de gauche ce qu’atteste tous les sondages. Il faut bien comprendre que si chaque candidat, chaque parti cherche chez l’adversaire des thèmes spécifiques à lui reprendre, les effets peuvent s’avérer contre-productifs, surtout si les discours ne sont pas suivis d’effets.

Factice.

Avec le thème de l’immigration, le  Président, par son discours, fait plus que des clins d’œil à la droite, voire même à l’extrême-droite, persuadé qu’il est que l’élection de 2022 se jouera sur ces thèmes, ce en quoi il n’a pas tort. Encore fallait-il que l’opportunité d’exploiter le filon se présente. L’attentat dramatique de la Préfecture de Paris lui en a fourni l’occasion sur un plateau. Macron est un as de la communication, c’est bien la seule qualité que je lui connaisse. C’est donc une séquence politique entière qu’il nous a assénée, avec une mise en scène soignée et comme c’est un bon comédien il nous a joué les scènes successives avec brio. Scène 1 : profitant de l’émotion suscitée par le drame, le discours solennel s’est fait martial et grandiloquent pour mener le combat contre « l’hydre islamiste », appelant le peuple tout entier à la vigilance. Scène 2, changement de décor : on le retrouve à Mayotte, haut lieu de l’immigration, pour se mettre en scène sur le terrain le plus approprié et prouver ainsi son intérêt et sa volonté de prendre le problème à bras-le-corps. Scène 3 : le coup de l’interview disruptive dans Valeurs Actuelles, pour s’adresser directement à l’électorat de droite dont c’est l’hebdo favori, et y tenir des propos que n’auraient pas désavouer Eric Ciotti, voire Marine Le Pen. La boucle étant bouclée, il ne restait plus qu’à demander au « grand dadais » de Matignon de présenter le plan décidé par le gouvernement afin de légiférer : 20 mesurettes présentées comme l’alpha et l’oméga pour reprendre en main l’immigration et la maîtriser. L’extrême gauche hurle plus qu’elle n’a mal, à gauche quelques voix protestent mollement, preuve que l’on n’est pas entré dans le dur. On va voir si l’électorat de droite s’y laissera prendre. De ce côté, toutes les voix concordent pour dire que le « compte n’y est pas » ! Cette séquence nous aura permis de mesurer une fois de plus la dimension factice de l’hôte de l’Elysée.

Toxique.

Une nouvelle fois Macron a donné l’impression de vouloir écarter du jeu les Républicains, pour se concentrer sur le match face à Marine Le Pen. Une manœuvre qui revient à faire une nouvelle fois du RN la seule alternative au macronisme. C’est dire s’il joue gros. Le sondage de mi-mandat, met Marine Le Pen dans un rapport 45/55 face au Président. Un second tour qui se joue à 5 points d’écart ! Quand on sait que 64% des électeurs de Mélenchon seraient prêts à voter pour la présidente du RN (JDD du 3/11), la stratégie présidentielle frise le suicide. Car rien ne dit que la triangulation va réussir : que peuvent produire les 20 mesures présentées sinon peu de choses et plutôt une aggravation de l’immigration contrôlable, d’autant que le dispositif n’aborde pratiquement pas la lutte contre l’immigration clandestine en dehors de quelques gesticulations comme le démantèlement des camps de l’est parisien dont on sait que les interpellés seront répartis dans la nature… avant de revenir. Qu’on est loin des constats proclamés devant les députés de sa majorité. Sur l’immigration et contre l’Islam politique, les Français attendent plus que des incantations. En campant sur des postures comme le "ni de droite, ni de gauche", (alors qu'un budget typiquement de gauche est en train d'être voté), et parce que dans notre pays, le Président est doté de presque tous les pouvoirs, auxquels s’ajoutent des médias plus que complaisants, Macron joue un rôle toxique pour la respiration de notre démocratie. Il est rejeté par 2/3 des Français. Son socle est modeste. Il empêche le vrai débat qui devrait opposer la sociale-démocratie aux conservateurs libéraux. L’affrontement « progressistes-populistes » est un succédané qui ne fonctionne pas, comme on l’a vu au Parlement européen. le masque finira forcément par tomber. Macron va laisser la France plus pauvre qu’il ne l’a trouvée et, sur le plan électoral, une démocratie bien mal en point.

 


Bref regard sur une carrière...

 

Je continue la  publication de : "l'Ecole s'invente tous  les  jours" .

Voici un bref  extrait   du premier chapitre : "Bref regard sur une carrière", à lire dans "Mes cahiers  pédagogiques", colonne de gauche du bloc-notes, ci-contre. 

A Stanislas Dehaene

Je viens de finir la lecture du livre de Stanislas Dehaene, neuroscientifique qui préside le Conseil scientifique de l’Education nationale : « Apprendre, les talents du cerveau, le défi des machines ». J’y ai découvert les quatre piliers qui permettent au cerveau d’apprendre : l’attention, l’engagement  actif, l’erreur et la surprise, la consolidation. Il se trouve que,  sans le savoir, ma  pratique a peu ou prou fini par respecter ces étapes, et j’y étais parvenu par l’accumulation que procurent les expériences successives avec les élèves, les apports pédagogiques engrangés au gré de mes  lectures, la confrontation avec  ce qui marche et ce qui ne marche pas. Par exemple, Stanislas Dehaene dénonce l’échec des pédagogies de la découverte : celles du constructivisme (ou dites de la découverte), cette nébuleuse d’idées qui a débouché sur la mise en œuvre des « écoles » Decroly, Freinet ou Montessori. Pour m’être frotté aux techniques Freinet par curiosité, en tentant de laisser l’enfant découvrir par lui-même et construire son savoir, au-delà de la difficulté à installer les stratégies appropriées dans le contexte d’un établissement « standard », non seulement on perdait beaucoup de temps mais l’élève avait la  plus grande difficulté à retenir quoi que ce soit. J’en conclus que l’apprentissage de l’autonomie passait par des chemins balisés, et que le rôle de l’enseignant était de choisir avec soin les exemples qui facilitent la découverte. Par contre, j’ai su très tôt que le meilleur moyen de susciter « l’engagement actif », c’était de  piquer la  curiosité de mes élèves (le fameux « étonne-moi ») : l’attention ainsi mobilisée, leur esprit était disponible pour l’explication, ou la suite du cours. J’avais, c’est vrai, l’obsession de la stimulation de  la curiosité, que Stanislas Dehaene décrit comme l’un des moteurs essentiels de la faculté d’apprendre. Je me garderai bien d’affirmer que j’obtenais ainsi en permanence un « engagement actif » de tous les élèves, mais je le recherchais constamment par des questions, des remarques, des exemples  stimulant leur imagination, auxquels j’ajoutais une empathie réelle  à leur égard. Leur donner envie d’aller plus loin,  par des cours structurés tout en encourageant leur créativité, fut plus tard, ma préoccupation quasi permanente. J’avais aussi mis en place des dispositifs qui permettaient ce qu’on appelle « le retour sur erreur », autre étape de l’apprentissage : je ne me contentais pas de signaler la faute, j’indiquais précisément ce qu’il aurait fallu faire pour l’éviter ou pour réussir. Cette démarche s’avéra très efficace pour améliorer l’expression écrite (la rédaction) quand la correction réalisée s’accompagna de points regagnés : le retour sur erreur récompensé ! Car la note  en elle-même, si elle traduit  bien une récompense ou une sanction, n’apporte qu’un signal bien faible  dans les deux cas, car elle est totalement dénuée de précision. D’instinct,  je me suis attelé à cet écueil.  Mes « grilles d’évaluation »  en expression écrite  en furent le  résultat.

Ainsi, sans vraiment savoir que je m’appuyais sur ce que la science permet aujourd’hui de décrire en matière de fonctionnement du cerveau, mon enseignement respectait dans les grandes lignes les principales phases de l’acte d’apprendre. Les enseignants d’aujourd’hui n’auront plus d’excuses. Avec les acquis des neurosciences et des sciences cognitives, l’école peut dès maintenant ressusciter chez tous les enfants la curiosité et le bonheur d’apprendre. Encore faut-il qu’ils renoncent à leurs certitudes idéologiques et pédagogistes…

J’ai bu du petit lait en parcourant les quelques pages au long desquelles  Stanislas Dehaene résume par des idées simples les résultats de ses travaux scientifiques. Je les prends toutes et vous propose,  pour faire court, les plus éclairantes : « ne sous-estimons pas les enfants », « ne croyons pas qu’ils sont tous différents », « faisons attention à l’attention », « rendons l’enfant actif, engagé, autonome », « faisons de chaque jour d’école un  plaisir »,  « encourageons les efforts », « fixons des objectifs clairs d’apprentissage », « acceptons et corrigeons les erreurs », « révisons encore et toujours », « laissons les enfants dormir »… Même sur ce dernier conseil, j’avais aussi ma petite idée : ainsi je demandais à mes élèves d’apprendre leur « récitation » plutôt avant d’aller dormir ;  je préconisais aussi de faire le  point du travail de la journée, chaque soir, à ce moment-là, qui devait être aussi celui de la préparation du cartable du lendemain. Je m’enquerais souvent de leur temps de sommeil, de l’heure du coucher… simple pragmatisme que je suis heureux de voir confirmé par la science...

La suite ci-contre.


ASTERIX ET L’AIR DU TEMPS

Astérix  fille de Vercingétorix001

Peut-être  comme  moi, avez-vous  lu le  dernier album d’Astérix : « La fille de Vercingétorix » ? Le 38ème album de  la série a  été présenté par les médias comme  très réussi. Je crois savoir pourquoi.  Tiré  à 5 millions d’exemplaires, dont 2 rien que pour la France, l’éditeur est confiant dans le destin de cet opus qui paraît pour la soixantième année d’existence de la série. Un joli destin pour notre cher petit gaulois et son village d’irréductibles. Les deux repreneurs depuis 2013, Ferri et Conrad, continuent de s’inscrire dans la veine  Goscinny-Uderzo, sans tout-à-fait parvenir à leur hauteur, au moins pour le scénario et  les textes.  Pour  les dessins, la main de Conrad excelle à reproduire l’univers de la série.

Je ne vais pas vous raconter l’histoire, pour préserver votre découverte si vous ne l’avez pas lu. Je me contenterai de quelques commentaires. Le scénario est relativement simpliste et contingente Astérix et Obélix dans un rôle finalement assez secondaire. Ils  ne sont pas  les moteurs de l’histoire  et semblent plutôt  la subir. La  fille de Vercingétorix en est évidemment  l’héroïne,  mais campée dans une posture d’anti-héros, en adolescente récalcitrante. Quelques gags  sont bien dans la veine, notamment les références en filigrane à la seconde guerre mondiale et à la résistance, avec un « Monolitix » dont le physique fait penser irrésistiblement à De Gaulle, et la volonté de se réfugier à Londres, mais le filon s’épuise vite et se perd rapidement en chemin. On retrouve forcément des soldats romains toujours aussi peureux et aussi peu motivés,  l’espion repoussant à souhait, le bateau des pirates et son équipage toujours aussi malchanceux… Il est bien question de résistance, mais on sait depuis  le début de la saga que le village gaulois résiste mais n’a aucune intention de reconquête de la Gaule. Alors la fille de Vercingétorix en Jeanne d’Arc  de la  reconquête : c’est raté !  D’ailleurs, l’adolescente est pacifiste. De ce point de vue l’histoire tourne court, là encore.

En fait,  et c’est pour ça que ce 38éme album plait à la gent éditoriale, le véritable sujet tourne autour de la jeune fille.  C’est une caricature de féministe, fugueuse, rebelle dont les idéaux sont très contemporains  et elle coagule autour d’elle les jeunots boutonneux du village que l’on découvre au passage.  Les  Végans ne sont pas loin non plus : ainsi l’appétit d’Obélix  menace d'extinction l’espèce des sangliers, et elle rêve de vivre sur l’île de Thulée, l’île légendaire évoquée par Hérodote  - le rêve hippie ?-.  C’est plutôt  Greta Thunberg pour les leçons aux adultes. Pour rester dans les thèmes d’aujourd’hui,  n’a-t-elle pas été élevée par deux papas ? Elle ne veut pas s’habiller en fille (allusion à la guerre du genre ?) et à la fin, en guise d’épilogue, après être partie sur toutes les  mers, elle revient avec une progéniture très contemporaine… et évocatrice. Je ne vous en dis pas plus.

On hésite pourtant entre la volonté prosélyte d’inscrire cette  histoire dans l’air du temps et la caricature. D’aucuns crieront à  l’influence gauchiste. Et c’est vrai que les  auteurs y cèdent  par plusieurs traits.  Mais on peut y voir aussi une satire  des  progressistes. Quoi, De Gaulle-Monolitix  en couple homosexuel avec un Ipocalorix larmoyant, pour élever la fillette, ça ne marche pas vraiment ! On a abandonné le cliché du village concentré de l’esprit gaulois qui correspondait à la  France du milieu du 20ème siècle. Les archétypes qui le peuplent sont toujours là, Abraracourcix, Agecanonix, Bonnemine, Ordralfabétix et  Cétotomatix, mais ils deviennent subitement démodés : par les critiques de leurs enfants, par leurs réflexes qui paraissent désuets. Bref,  comme si l’alchimie identificatrice Gaule-France ne fonctionnait plus. Difficile de se référer à la France périphérique contemporaine, avec  ses ronds-points et ses zones commerciales. Pas plus qu’à sa fragmentation communautaire. Restent la pratique du décalage, l’humour et le détournement (parcimonieux) des références historiques.

On regrette néanmoins le côté potache qui animait les personnages de  l’époque Goscinny. On perd de  vue ce  qui était la substance de la série : une réelle volonté de résistance franchouillarde. La Gauloise  venant entonner l’air du féminisme ne colle pas vraiment avec le duo Astérix-Obélix et de fait il se trouve marginalisé. « Représentants d’un monde d’arriérés ! » dit même le traître Adictosérix,  partisan du ralliement aux Romains. Une manière d’illustrer le débat conservateurs-progressistes ?  Quant à la vignette du retour d’Adrénaline, dans la dernière page, je vous laisse deviner à quoi elle fait allusion. Et aussi, une bizarrerie :  si les enfants évoquent le barde, il n’apparaît pas du tout dans l’histoire et même pour le banquet final, sa silhouette n’est pas suspendue dans l’arbre. Un oubli ?

Pour moi, cet album n’est pas franchement génial bien qu’il puisse figurer honorablement dans la saga du Gaulois récalcitrant.

 


L'ECOLE S'INVENTE TOUS LES JOURS !

Je lance aujourd'hui une nouvelle  page que vous pourrez consulter à partir de la colonne gauche du bloc-notes.  Elle s'intitule : " l'Ecole s'invente tous les jours ".  Je compte y publier régulièrement mes souvenirs, mes réflexions,  faire-part de mon expérience, proposer méthodes et travaux... en référence à ma carrière dans l'Education nationale. 

 

Des « bonheurs de prof » du passé qui éclairent l’avenir.

Depuis quelques temps, on me dit de plus en plus souvent, autour de moi, que je devrais raconter ma carrière d’enseignant ou écrire mes mémoires. J’ai beaucoup hésité avant d’envisager cette aventure. D’abord parce que l’expérience que j’ai vécue risque de n’intéresser que moi et quelques proches et puis écrire des mémoires, pour quoi faire ? J’avais dit à mes collègues, le jour de mon départ : « Je partirai sans me retourner ».

Ce qui m’a décidé, c’est le spectacle de désolation auquel j’assiste, que ce soit à travers les témoignages récurrents  dont la presse se fait l’écho ou tout simplement à travers l’expérience de la vie scolaire de mes petits-enfants.  Il est désolant, en effet, de consacrer autant de moyens financiers au système éducatif  pour d’aussi piètres résultats. Des milliers de jeunes livrés  à la  vie active sans aucun diplôme en sont la  partie émergée de l’iceberg d’un échec monumental. Il y aurait beaucoup à dire sur les conservatismes multiples qui sclérosent  l’institution, hantée par une idéologie égalitaire  inappropriée, ceux des syndicats comme ceux d’une hiérarchie désuète, ou encore les dégâts causés par la caste des docteurs en pédagogie et  leur langage et préconisations absconses.

J’ai passé quarante ans à enseigner au sein de l’Education nationale, de 1964 à 2003. Dieu sait  qu’on nous pondait déjà des  « circulaires  inapplicables »  comme celle des « itinéraires pédagogiques » d’un ex-ministre de la  Culture recyclé à l’Education. On s’est  toujours arrangé pour « faire avec », ou plutôt sans, avec un  peu d’habillage des emplois  du temps. Et pourtant, j’imagine encore tout ce que je pourrais inventer de moyens pour faire apprendre avec les technologies nouvelles de l’informatique. Pas  besoin de la rue d’Ulm ! J’ai peut-être été passionné par la pédagogie, toujours à l’affût d’un procédé nouveau pour étonner mes élèves et leur donner envie d’aller de l’avant. Ce n’était que l’amour du métier.  Cela n’a pas  toujours été évident, la « grande maison » étant toujours en retard d’une guerre quant aux outils modernes : il aurait fallu se contenter du tableau noir et de la craie, certes en couleur pour la géographie, mais tout de  même ! Quelle bataille pour obtenir un projecteur diapo, et les diapos en question, il valait mieux les faire soi-même, ce qui fait que très tôt j’ai passé  mes vacances à prendre des clichés « utiles ». De même, il valait mieux  avoir ses propres documents et je fus longtemps  abonné à la « Documentation photographique » du Secrétariat au gouvernement, tant les fonds  documentaires des établissements étaient pauvres.

Malgré tout, j’ai été un professeur heureux, et la  plupart du temps, mes élèves me l’ont bien rendu, par  les résultats obtenus, par les projets menés à bien, par les voyages ou sorties réussis… Que de souvenirs ! Et plus de quinze ans après, il m’arrive encore de croiser tel ou tel, toujours si heureux de me revoir (et moi aussi) et de me redire combien il me devait… Eux, ne savent pas ce que je leur dois. Mais tout de  même, de quoi rosir de plaisir !

Je n’ai donc pas été, probablement, un si mauvais prof que ça. Je sais les points forts mais aussi les faiblesses de mon parcours et de mon enseignement. Mais ce bonheur d’enseigner, irremplaçable, a-t-il un secret ? Je le cherche encore. Et si je vous disais qu’il m’arrive encore, après une quinzaine d'années de retraite, de rêver la nuit que je suis en classe …

Je ne sais pas si j’aimerais encore enseigner dans le contexte actuel du service public. Mais je sais qu’il y a encore des profs heureux quelque part. En tout cas, moi je l’ai été tout au long de ma longue carrière.

Je vais vous livrer dans cette page du blog, jour après jour, quelques analyses et recettes qui ont souvent contribué à mes bonheurs de prof et  que je vais  évoquer à travers quelques thèmes  qui les mettent en scène, tels qu’ils me reviennent, découvrant au passage quelques-unes de mes  pratiques de la classe, certaines orthodoxes, d’autres moins. Et je n’ai pas pu m’empêcher de les assortir de réflexions sur le système éducatif, nourries de mon expérience.

Puissent-ils redonner envie d’enseigner, puisqu’on me dit qu’aujourd’hui l’Education nationale peine à recruter. Je suis persuadé qu’avec les outils numériques et les  apports des neurosciences, il y a une formidable source d’espoir pour un enseignement plus efficace et plus individualisé, pour peu qu’on laisse l’imagination de chacun s’exprimer et aussi qu’on mette à  l’épreuve le savoir-faire des élèves en la matière. « Petite Poucette » de Michel Serres pourrait donner des idées à ceux qui en manqueraient. Enseigner a encore un sens, d’autant plus que l’accès au savoir s’est  diversifié au point de mêler trop souvent le faux au vrai, et que l’obscurantisme tente d’imposer sa loi dans certains établissements. Dans ce contexte le professeur a un rôle majeur à  jouer de médiateur et de consolidateur. Il faut faire en sorte que le « plus beau métier du monde » attire à nouveau les meilleurs.

En attendant, je dédie ces lignes à tous les élèves qui ont eu affaire à mes enseignements. Sans eux, je n’aurais pas pu être cet enseignant heureux qui poussait chaque matin la porte du collège  avec plaisir et qui en parcourait les couloirs jusqu’à sa classe,  en chantonnant.

à suivre  ...


LA FIN DE L’INDIVIDU !

Gaspard Koenig001

 

J’ai enfin terminé le livre de Gaspard Koenig. Passionnant, fouillé, foisonnant ! Voilà une enquête complète et planétaire auprès des acteurs  de la révolution numérique. Difficile de faire plus exhaustif : le philosophe s’est entretenu avec tous ceux qui comptent sur la planète en matière d’Intelligence Artificielle, de la Californie à la Chine en passant par Israël et ailleurs, pour confronter leurs analyses et projets à son expérience personnelle, de Spinoza (entre autres) auquel il se réfère à René Descartes avec qui il nous propose un entretien surréaliste et délicieux, dans un grenier d’Amsterdam.  

Un ouvrage remarquable qui a conduit Luc Ferry à se fendre de deux tribunes dans Le Figaro, une sur la théorie du « nudge », pour démonter l’argumentation de l’auteur, l’autre sur « la fin de l’individu », dans lesquelles il exprime son scepticisme pour ne pas dire sa dérision à l’égard des thèses développées par le philosophe libéral. Je ne voudrais pas être prétentieux, mais il m’a semblé à leur lecture que notre chroniqueur régulier du Figaro n’avait pas complètement lu le livre, ou alors très rapidement et d’un œil distrait. Pour tout dire, le second article de Luc Ferry semble faire totalement l’impasse sur le dernier chapitre du livre de Gaspard Koenig dont les conclusions réduisent à néant les critiques qui lui sont faites. Ce qui a conduit ce dernier à répondre dans les mêmes colonnes : « Face à l’intelligence artificielle, l’optimisme de principe ne suffit pas ». Point de vue que je partage, d’une part, parce que tout le monde n’a pas la culture et la capacité de libre arbitre d’un Luc Ferry, et d’autre part, parce que les constats faits par Gaspard Koenig sont d’une brûlante actualité pour un grand nombre. Explications.

Les algorithmes : des crétins performants.

Du « Turc mécanique », ce joueur d’échec hongrois automatique du Baron Von Kempelen inventé en  1769, aux supercalculateurs de Google,  l’IA, qui se résume en fait à la somme de nos connaissances compilées en informatique, est une illusion seulement capable de reproduire un résultat et non un processus.  Mais c’est une illusion convaincante. Pour faire simple, la dernière génération d’algorithmes est capable de fouiller dans une masse de données, de manière plus ou moins autonome, pour en extraire des régularités et des prédictions. Mais sans données, pas d’IA, qu’elle soit « machine learning », « reinforcement learning » ou « deep learning ». Les technologies d’IA sont maintenant capables d’anticiper et d’orienter les comportements individuels grâce à la puissance de personnalisation et d’optimisation fournie par le traitement des « data ». La collecte de ces « data » est donc essentielle. Ce sont des milliers de personnes qui s’y emploient mais aussi chacun d’entre nous grâce à tous les « cookies » et « conditions d’utilisation »  que nous téléchargeons quotidiennement. Pourtant, la « super intelligence » est un mythe, car le bon sens est la chose du monde la moins partagée par les robots. Aucun algorithme ne peut concevoir une interprétation globale du monde et des hommes qui le peuplent : comme  l’affirmait Spinoza, « le  cerveau et le corps sont dans le  même bain  et  produisent l’esprit de  manière conjointe », ce  que Antonio Damasio, neuroscientifique de renommée mondiale, explique par  « l’homéostasie » : on pense autant avec ses doigts de pieds qu’avec son cerveau ! Et aucune IA n’est capable  d’imiter nos doigts de pied.  Avec en plus nos « sentiments », au coeur du processus homéostatique, qui sont seuls à produire du sens. Sans corps,  pas  de sens commun, mais  pas d’humour non plus. Cela n’empêche pas  l’IA de menacer l’humain.

Le « nudge » : une nounou souterraine.

Commençons par le mot lui-même, qui, en anglais, signifie «coup de pouce». C’est en 2008 que la théorie du Nudge a été popularisée par deux américains : Richard Thaler, un économiste et théoricien de la finance comportementale et Cass Sunstein, professeur à l’Université de droit d’Harvard. Son principe est simple: influencer nos comportements dans notre propre intérêt. Elle part du principe que les individus ne sont pas des êtres rationnels et que leurs prises de décisions sont sous l’influence de l’environnement, des émotions et des instincts, les biais cognitifs. Ainsi, ce « coup de pouce » serait ce qu’il y a de plus efficace pour aider les individus à faire des choix : par exemple, une grande surface avait augmenté de 30% en 3 mois ses ventes de poissons frais en diffusant des bruits de mouettes et des odeurs de marée. Issu de la  psychologie comportementale, le  principe du "nudge" a été intégré dans  les algorithmes. Pour aller à l’essentiel, l’idée qu’avancent l'auteur, c’est que nous vivons dans un monde où nos libertés seraient de toute part menacées notamment par les Gafa, mais aussi par des entreprises, par des gourous et des partis politiques qui tentent de nous faire aller dans telle ou telle direction, non par une méthode autoritaire, mais en nous incitant doucement, par micro-messages publicitaires ou autres, à choisir telle option d’achat, de vote, de spectacle, etc… Influencer sans contraindre, et pour le bien. Autant de formes de soumission aux algorithmes. Avec  le danger évident, celui d’agir pas seulement pour notre bien mais surtout pour la communauté,  variable selon le développeur de l’appli. Derrière le « nudge », il y a toujours une forme d’allégeance à un communautarisme qui se profile,  soit par utilitarisme (cas américain) soit par idéologie collectiviste (cas chinois). L’individu perd  alors sa liberté de jugement.

Le libre arbitre en danger.

Les stratégies  développées par  les créateurs d’applications mettent en effet nos facultés de choix personnel « libre et par soi-même » à rude épreuve par le confort qu’elles nous apportent. Et les  exemples dans notre vie quotidienne ne manquent pas : « Waze » qui nous guide en nous promettant  le meilleur temps de parcours, c’est tellement plus facile  que de déplier une carte routière ; nos messageries nous proposent des réponses toutes faites sans que nous ayons à  faire  l’effort de rédiger ou de chercher un mot  plus précis… Des petits riens qui font de nous, petit à petit des zombies décérébrés : interrogez un chauffeur parisien d’Uber sur la ville qu’il traverse chaque jour, et vous serez surpris du vide ;  et ne cherchez pas pourquoi vos enfants, sinon vous-mêmes, avez  perdu votre vocabulaire  et votre syntaxe !  A force d’économiser nos fonctions cérébrales,  Gaspard Koenig explique que l’humain perd pour de bon l’habitude de prendre ses propres décisions et sa liberté de choisir.  Les algorithmes agissent comme une drogue. Grâce aux délibérations « tellement logiques » servies sur un plateau, chacun acceptera d’être accompagné par une IA dans les choix les plus importants de son existence. C’est déjà ce qui se passe avec les sites de « rencontres ». C’est la fin de l’individu autonome et responsable par le triomphe du « bien-être » !

L’individu n’a pas dit son dernier mot.

On observe déjà  les nombreuses transformations  dans la société, générées  par la fin du libre arbitre. Ce sont les ordinateurs qui échappent au monde financier, c’est  l’art sans artiste, la science sans causalité, la théorie, fruit de la réflexion humaine rendue obsolète par les data, et sans libre arbitre,  fini le marché : la prédiction de nos comportements suffit déjà à ajuster l’offre à la demande dans bien des  cas.  Pour échapper à tous ces dérèglements, c’est à  l’individu de reprendre la main  en commençant par ne plus fournir gratuitement  ses données,  en définissant ses  propres normes  pour les imposer aux algorithmes et tant pis  si elles ne sont pas « optimales » pour  le  groupe.  Chacun doit  imposer  son propre nudge, de manière consciente et volontaire.  C’est le  principe de  la  « Prime Directive », que Gaspard Koenig sort  de la  série Star Trek, pour en faire  une règle supérieure d’ordre moral.  Cela remettrait de l’humain dans l’IA et surtout lui redonnerait du sens.

L’Etat français à la manœuvre.

Notre  pays présente des prédispositions pour exploiter  le  filon du « nudge » et utiliser les algorithmes à son profit. Il est centralisé et hypertechnocratisé, deux caractères facilitateurs. Le système fiscal  mis en place  avec  le  prélèvement à la source en est un bon exemple : le  « nudge » ici consiste à soulager le contribuable  de toutes les démarches déclaratives, il n’a plu qu’à  payer, et encore, le prélèvement  a lieu sans même son consentement. Une autre application est en train de se mettre en place : Bercy a glissé dans le  projet de loi de finances une disposition qui lui donnerait  le droit de collecter et d’exploiter, au moyen de traitements informatisés,  les contenus librement accessibles publiés sur internet.  Un « ciblage de  la fraude et valorisations des requêtes », pour définir un traitement automatisé des données collectées consistant à appliquer des  « méthodes statistiques innovantes ». En clair  il  s’agit de conjecturer qui va frauder dans le futur en fonction de  données personnelles (vraies ou fausses)  publiées par soi-même  ou  par des tiers…  Le  « data mining »  est  en plein dans le sujet puisqu’il est  censé permettre de prédire les  comportements et de prévenir le délit. Et on envisage maintenant d’utiliser la « reconnaissance faciale » pour la sécurité. Espérons qu’on ne suivra pas le modèle chinois. Big Brother est  déjà  là !

Il  ne s’agit  pas pour autant de devenir technophobe. Le particularisme de l’Europe, par rapport au reste du monde, c’est sa culture spécifique à l’origine de l’individu libre et responsable.  L’Europe  a  tout son rôle à  jouer pour proposer des régulations intelligentes conciliant prospérité et libertés. L’important est que, là  aussi, les  algorithmes n’enterrent pas nos "Lumières". Comme le dit Gasparov dans le livre, à  propos de « Deep blue » qui l'a battu aux échecs : «  il n’est  pas plus intelligent qu’un réveil-matin programmable ! »

Je pense n’avoir fait qu’effleurer le sujet, tant le livre  est dense. Plongez dans sa lecture si vous vous en sentez l’envie, vous serez étonné.

La fin de l’individu. Voyage d’un philosophe au pays de l’intelligence  artificielle.  Gaspard KOENIG. Editions : L’Observatoire /  Le Point.

 


LA CRETINISATION EN MARCHE.

Crétin

 

« Mort aux cons » s’était écrié un quidam au passage du Général De Gaulle. Celui-ci lui avait répondu : « Vaste programme » ! Cette anecdote m’est revenue à l’esprit en lisant il y a quelques jours l’éditorial de Vincent Trémollet de Villers dans Le Figaro. Celui-ci y dénonçait les actions agressives contre les éleveurs des animalistes, portés par la philosophie de l’antispécisme.  Il voulait y voir surtout le symptôme « d’une crétinisation qui depuis quelques temps prend des proportions insensées ». Il n’a pas tort. En fait l’éditorialiste a mis le doigt sur un sujet qui ne se limite pas, malheureusement aux seuls antispécistes. La crétinisation, c’est le thème qui est repris par d’autres journalistes, écrivains ou essayistes, constatant l’étendue de ses dégâts dans bien d’autres domaines. Et de fait, notre époque semble favoriser tout ce qui peut concourir à la crétinisation de la population.

L’Ecole, d’abord.

Je ne reviens pas sur l’ouvrage de Jean-Paul Brighelli, « la fabrique du crétin », écrit dans les années 80, où il dénonçait déjà tout ce qui conduisait à l’affaiblissement de la connaissance et de l’esprit critique. On en mesure aujourd’hui la pertinence. Nos hautes instances, affolées par les inégalités que l’abdication de la récompense de l’effort et du mérite a provoquée, en sont à distribuer les places en fonction de l’appartenance ethnique ou du genre, décisions nourries par un discours de victimisation. Ainsi, par exemple, on supprime à Sciences-Po l’épreuve de culture générale ce qui évite de mesurer l’inculture. Avec la disparition des notes, l’histoire en miettes, on fabrique, faute d’exigences, des générations d’incultes qui vont se trouver fort démunies face à l’Intelligence artificielle.

La fin de l’individu.

La crétinisation nous guette aussi avec tous les services que nous rendent déjà les nombreuses applications sur nos portables ou tablettes, qui, certes nous apportent du confort, mais surtout nous évitent de réfléchir et de penser. Le « nudge » nous prend déjà en charge, comme l’explique Gaspard Koening, au détriment de notre « libre arbitre ». En nous procurant un service toujours plus irrésistible, en nous promettant une information quasi exhaustive, les technologies nouvelles nous dissuadent de décider et de délibérer par nous-mêmes. Pourtant l’intelligence humaine est si complexe qu’il faudrait pour la copier, fabriquer un système auto-organisateur ayant la capacité d’apprendre par lui-même, par l’expérience, et rien ne permet pour l’instant d’envisager une intelligence artificielle dotée du « sens commun » polyvalent et généraliste dont disposent les humains. Encore faut-il que ces derniers continuent d’exploiter leur cerveau, ce à quoi l’Ecole semble renoncer. Car, face aux multiples faisceaux du « nudge », seuls les esprits munis d’un solide sens critique et d’une culture approfondie pourront se défendre, et préserver leur libre arbitre.

Les réseaux sociaux et  les chaines d’info en continu.

L’individu du 21ème siècle est en plus soumis à un pilonnage en règle qui le soumet à un torrent d’informations et d’avis en tous genres sans qu’il ait tous les repères pour forger son propre jugement. Les réseaux sociaux sont redoutables : il s’y côtoie le vrai et le faux en toute impunité, la vérité scientifique y exposée au feu roulant des théories obscurantistes, les injures remplacent les arguments, la bêtise s’y étale plus facilement que la culture et l’intelligence. Les chaines d’info contribuent  aussi à la crétinisation. 24H sur 24, elles débitent leur flux d’information sur tous les sujets d’actualités, experts plus ou moins avérés, commentateurs plus bavards que compétents, débats débouchant le plus souvent sur la confusion. Seul le citoyen éclairé et muni d’une solide culture ne s’en laissera pas compter. Je crains que ce soit devenu une denrée rare. Il s’en suit alors des effets de mode, les médias étant entre les mains d’une intelligentsia orientée et de lobbys fortement installés. La cabale contre Zemmour en témoigne.

La confusion politique.

Depuis la pratique du « en même temps » qui veut nous faire croire que toutes les idées se valent et qu’il suffit de faire confiance à la technique pour gouverner (entendez technocrate), les gens ont de moins en moins des convictions.  Et ceux qui en ont sont soumis au feu des censures les plus violentes dès lors que leurs convictions déplaisent : c’est un séminaire sur la radicalisation qui est suspendu à la Sorbonne, sous la pression de groupuscules islamogauchistes, c’est la philosophe Sylviane Agacinsky qui a vu déprogrammée sa conférence prévue de longue date sur « la procréation à l’heure de la technique », à l’université de Bordeaux sous la pression des LGBT, en raison de son opposition connue à la PMA. L’avachissement de nos instances gouvernantes à tous niveaux est patent et est de nature à créer la confusion. Le règne de l’intimidation prévaut, qu’il s’agisse de sujets graves comme la bioéthique qui mériteraient des débats approfondis, ou de la place de l’Islam dans la République qui devrait compter avec des positions claires au plus haut niveau. Mais que dire d’un Président qui ajoute à la confusion pour ne pas créer la confusion ! Un président plus acteur de théâtre que décideur politique.

 


« EN MÊME TEMPS », LA POLITIQUE DES COCUS ALTERNATIFS !

Haddock cons

 

Le regretté Jean d’Ormesson.

« Macron, c’est le grand flou ! Entre l’électeur de droite et l’électeur de gauche qui votent pour Macron, l’un des deux, forcément, sera cocu, mais toute l’intelligence de Macron est de faire croire à l’un que ce sera l’autre et inversement. » Il l’avait prédit : avec Macron les électeurs de droite et les électeurs de gauche sont cocus. Il n’avait pas prévu que ce serait alternativement.

Un coup  à droite, un coup à gauche…

En simple illustration,  prenons deux exemples récents. Sur la politique d’immigration, Manu a délivré subitement un discours que n’aurait pas désavoué Marine Le Pen. Il faut dire qu’il fallait exploiter l’émotion suscitée par le massacre de la préfecture de Paris.  Et de quoi satisfaire les électeurs de droite  sensibles aux arguments pourtant mille fois développés par Eric Ciotti. Enflure du vocabulaire (l’hydre islamique) et véhémence (vigilance de chacun). Cela n’a pas manqué d’inquiéter le  clan des « dénislamiques » au sein de LRem. Presque en même temps, le  même a fait voter à  l’Assemblée l’autorisation de PMA pour les couples femmes homosexuelles et  pour les femmes  seules.  De  quoi satisfaire la gauche libertaire  et  plus généralement tous les progressistes qui ont voté comme un seul « homme » si je puis dire, de  la  France  insoumise au PS en passant par les inévitables transfuges d’un certain centre. Nul doute qu’un certain  électorat centriste qui aura voté Macron ne s’y est pas retrouvé. On a encore revu le clivage se  manifester à propos de la polémique déclenchée sur le port du voile par  les  accompagnatrices de sorties scolaires. Au sein même de  LRem, la querelle entre Aurore Bergé et Aurélien Taché en est l’exemple  emblématique.  Un coup à droite, un coup à gauche et quand ça ne marche pas, le sphinx se tait.

La politique macronienne.

Cette situation ne durera pas éternellement. Le moment approche où l’électorat de la droite capté et abusé par Macron  va  inévitablement ouvrir les yeux. Comment peut-il cautionner plus longtemps une politique dont l’essentiel des idées est puisé à gauche, et mis en œuvre par une caste de technocrates qui n’a jamais été aussi puissante. En résumé, la  politique de Macron, c’est  « Terra Nova » pour l’inspiration et les technocrates de « France Stratégie » pour la mise en œuvre.  Cela nous vaut des attaques récurrentes contre la famille, contre les  successions et l’héritage, une fiscalité  qui ne faiblit pas, une Etat redistributeur qui pompe les uns pour donner des  miettes aux autres,  une atonie économique et les finances les plus mal tenues des pays développés. Le peuple est toujours aussi incandescent au point que le  pouvoir met le pied sur le frein pour toutes les réformes, à commencer par celle des retraites qui est pourtant de plus en plus urgente.

Les félons de la droite : Philippe, Le Maire, Darmanin…

Il faut faire tomber les masques : depuis qu’ils sont au gouvernement, Les Philippe, Le Maire, Darmanin & C° n’ont cessé de trahir leurs propres idéaux : où est la  politique de l’offre tant vantée par Bruno Le Maire contraint de faire de la  relance keynésienne sans le dire ;  où est la rigueur budgétaire qui fonde toutes les politiques de droite et l’équité fiscale quand Gérald Darmanin met en place le prélèvement à la source qui déresponsabilise totalement le  contribuable,  comme la généralisation du tiers  payant de Hollande pour les patients, et matraque systématiquement toujours les mêmes,  les aisés, par ses prélèvements abusifs ; où est  la décentralisation chère au centre droit de Raffarin et Bussereau,  quand l’Etat continue de supprimer des ressources aux collectivités pour  les remplacer par des dotations… Au point que Jacqueline Goureau a fait son discours devant une salle vidée de son assistance au congrès des départements de France. On n’en finit pas de lister tous leurs renoncements.   

Les vigiles de la gauche.

Au sein de la majorité gouvernementale, il existe bel et bien une gauche qui ne cède rien de ses certitudes au point que près d’une centaine de députés étaient prêts à exprimer  publiquement leur mécontentement après le discours présidentiel sur l’immigration. L’Elysée a dû lâcher du lest. La  conséquence en a été un débat à l’Assemblée débouchant sur… le vide ! Cette pression existe sur tous les sujets sensibles. Si bien qu’il n’est pas exagéré d’affirmer que globalement, la politique actuelle  est une politique classique de gauche : le symbole en est le budget en discussion actuellement au Parlement. Un budget que François Hollande aurait pu présenter et même valider.

En attendant, la France va chaque jour un peu plus mal. Elle n’a pas mis à profit la conjoncture qui permettait d’améliorer sa situation financière et budgétaire et n’aura donc aucune marge de manoeuvre quand la  crise surviendra, car elle surviendra. 

 


CE QUE J’ATTENDS DU NOUVEAU PRESIDENT DES REPUBLICAINS.

Christian-jacob

 

Les Français ne croient plus à rien. 

Les  Républicains ont rétréci comme peau de chagrin et vieilli sur place. Les jeunes n’ont aucunes convictions, ils se contentent de suivre des modes. Les  partis politiques sont discrédités et au fond du trou. Je suis pourtant persuadé qu’ils restent nécessaires pour organiser  la vie démocratique. Dans ces conditions,  comment se faire entendre ? Comment redevenir à la mode ? C’est une tâche difficile à laquelle s’attelle Christian Jacob  qui a  été désigné pour relever le défi de la reconstruction,  pour ne pas dire de la résurrection.

Personnellement, pour la refondation des Républicains, je ne crois pas à une résurgence de l’UMP.  Ce n’est pas d’un retour vers le passé dont nous avons besoin. Et je suis persuadé qu’il faut s’occuper moins de notre positionnement à droite, plus ou moins,  peu importe, que de proposer  des solutions aux problèmes des Français qui ne sont pas traités. D’ailleurs la majorité des Français ne croit plus au clivage gauche-droite.

Cela n’empêche pas de nous définir.

Nos valeurs.

Par nos valeurs d’abord : nous croyons au primat de la personne sur  le collectif, nous accordons de l’importance aux liens face  à  l’individualisme, et nous sommes attachés à la nécessité de mettre des limites à toutes choses, notamment pour les projets sociétaux et l’immigration. Cela suppose de mettre fin aux privilèges des corporations, d’affirmer nos valeurs culturelles face au multiculturalisme, et nos convictions anthropologiques.

Nos fondamentaux.

Rappeler nos fondamentaux n’est donc pas inutile : nous sommes pour la liberté économique,  la rigueur de la gestion budgétaire, l’ordre social assorti de l’égalité des chances et de l’ascenseur social, une République une et indivisible qui affirme son identité nationale et assure la sécurité de  nos concitoyens. Nous croyons nécessaire de franchir une nouvelle étape de la décentralisation, de défendre notre culture  et de combattre les outrances libertariennes comme  la  PMA et la GPA.

Deux champs primordiaux.

Enfin,  les Républicains doivent investir deux champs primordiaux pour l’avenir :  celui de l’écologie, en s’attachant à promouvoir des solutions  positives pour la transition énergétique, et celui de l’Intelligence Artificielle qui menace déjà le libre arbitre des individus.

Ce que nous devons faire.

Les sujets d’application ne manquent pas pour occuper le champ politique du quotidien : traiter  le chômage, s’attaquer aux déficits et à la dette tout en réformant une fiscalité confiscatoire et inéquitable, rétablir la compétitivité des entreprises, résorber les déséquilibres entre les territoires, promouvoir le retour d’une éducation qui « transmette », relever le défi migratoire, attaquer vigoureusement toutes les tentations communautaristes, assurer la sécurité des Français sur tout le  territoire. Et enfin, il faudrait peut-être s’interroger sur le lien entre l’abstention électorale et l’exemption fiscale : les  deux taux se superposant !

Une équipe large mais soudée.

Pour réussir tous ces chantiers, le nouveau président doit constituer l’équipe la plus solide et la plus  large possible.  Il aurait grand tort de répéter l’erreur de  Laurent Wauquiez qui avait écarté ses concurrents.  Beaucoup de nos adhérents, et notamment ceux qui ont voté attendent que l’esprit d’union prévale sur les  rancunes ou les divisions, et donc que Julien Aubert et Guillaume Larrivé aient des postes de responsabilité près du nouveau président. Si d’autres  personnalités, comme François Baroin acceptent de s’engager, tant mieux. Mais avant toute chose, c’est de cohérence dont nous avons besoin. S’il ne faut pas être contre une organisation « horizontale » qui consulte  le  plus grand nombre,  la verticalité  est nécessaire, notamment pour que le groupe ne parle  que d’une seule voix .

Il  ne me  reste  plus qu’à souhaiter bon courage à Christian Jacob.

 


LE VOILE ISLAMIQUE SUR LES LUMIERES

Laicite

Je viens de lire l’interview d’Aurélien Taché dans Le Point, réagissant à  l’incident intervenu au Conseil Régional de  Franche Comté : j’y ai retrouvé les arguments développés déjà il y a trente ans au moment de l’affaire de Creil. Ces « islamocollabos » inconscients,  dont font partie la  Présidente de ce conseil Régional et  les cadres de la FCPE avec leur affiche, n’ont toujours rien compris, à commencer par le fait que l’Islam est une "religion intégriste".  A savoir seulement s’ils savent ce que cela signifie.  Je leur livre  l’article ci-dessous, écrit à la  même époque et  paru dans la presse. Depuis trente ans, il n’a  pas pris une ride. Mais l’Islam a  continué son grignotage de nos valeurs, souvent en défiant la loi.

Avec  le  port du voile ou du foulard (comme on voudra) islamique,  ce n’est pas la question du simple port d’un vêtement qui est posée, mais bien celle des rapports entre notre civilisation occidentale et l’utilisation politique ou identitaire de l’Islam.

Le débat ne se situe pas sur le plan vestimentaire.

Il y a une trentaine d’années, les chefs d’établissement interdisaient la mini-jupe ou le pantalon pour les filles, au nom des usages en vigueur à l’époque. L’évolution des mentalités permet  aujourd’hui ce qui ne l’était pas hier.

L’usage impose encore aujourd’hui quelques règles de politesse comme se découvrir pour saluer (de moins en moins) ou entrer dans certains lieux, dont l’école fait partie. Sur le plan strictement vestimentaire, si l’on accepte une exception pour le « foulard », rien ne permettra plus alors de s’opposer à la casquette sur l’oreille ou d’autres accessoires moins anodins. Et de ce point de vue, l’école reste un des rares endroits où se fait l’apprentissage de la politesse et des usages. Le voile islamique, dans la rue, personne ne songe à l’interdire ; à l’école, et encore plus en classe, il est contraire aux usages.

Mais le voile n’est pas la mini-jupe ou le blue jean en raison de la symbolique forte dont il est porteur.

Le débat ne peut se situer que sur le terrain des valeurs.

Ce qu’on essaie de nous imposer par le voile islamique c’est une pratique religieuse associée à une morale et une pratique sociale toutes deux incompatibles avec nos valeurs.

Rappelons que le voile islamique est le symbole ostentatoire d’une condition féminine inacceptable pour nous, instituant l’inégalité avec l’homme par la soumission de la femme : la femme stérile répudiée, la femme adultère punie de mort, le témoignage de l’homme qui vaut celui de deux femmes, la soeur qui n’obtient que la moitié de la succession dévolue à son frère, le mariage mixte interdit, la polygamie autorisée… Nous ne pouvons pas l’ignorer. C’est la vraie signification du port du voile.

L’affirmation de leur « islamité » par les jeunes filles ne s’arrête pas à cet accessoire vestimentaire. Elle s’accompagne généralement de contraintes supplémentaires telles que l’interdiction de suivre les cours de sciences naturelles, d’éducation physique ou de musique, voire même de s’adresser au professeur si celui-ci est de sexe masculin. D’où le mutisme de certaines filles en classe  que les professeurs ne comprennent pas toujours.

Tolérer le voile, c’est renier le « siècle des lumières ».

Depuis le XVIIIème siècle, l’individu européen a conquis une à une toutes ses libertés. Cette remise en cause devenue permanente, à laquelle l’église catholique s’est elle-même adaptée, a permis la proclamation puis l’application progressive des « Droits de l’Homme ». C’est au nom des Droits conquis que nous avons le devoir de lutter contre toutes les atteintes aux droits élémentaires de la personne. Comme le dit Finkielkraut : « ou le hommes ont des droits, ou ils ont une livrée… ». De peur de paraître intolérants avec les musulmanes « on les confond avec la livrée que leur a taillée l’Histoire ». Voilà le piège : sous prétexte de droit à la différence, on voudrait imposer sur notre sol un apartheid. Ces jeunes musulmanes, et leurs parents avec, devraient savoir que les lois de la République s’imposent à tous et qu’elles ne sont pas toujours compatibles avec celles édictées par le Coran. Les respecter est un devoir pour chaque citoyen et impose des comportements : il n’est pas possible de remettre en cause ce qui touche aux fondements de notre Constitution, même au nom de dieu. La France est d’abord un état laïc.

Le cas particulier de l’Ecole Publique.

L’école publique est faite pour transmettre les valeurs de la République qui constituent le Consensus National, c’est-à-dire notre patrimoine commun, que traduit la notion de citoyenneté. Y entrer, c’est nécessairement les respecter et notre esprit de tolérance doit s’arrêter à toute remise en cause de celles-ci, avec d’autant plus d’exigence que l’établissement accueillera des élèves mineurs. Elle offre en échange, le respect de l’enfant, de sa conscience et de sa personnalité.

Accepter des jeunes filles portant le voile, avec l’espoir qu’elles rejetteront ainsi leur foi, ce serait assigner à l’Ecole publique la mission de laminer les consciences, ce qui n’est pas plus concevable. Mais si les islamistes insistent et acceptent ce risque c’est justement parce qu’il n’est pas grand et que le plus important pour eux c’est l’affirmation de leur prosélytisme religieux.

Céder serait catastrophique : ce serait donner aux partisans d’une certaine pratique de l’Islam les moyens de renforcer leur oppression intellectuelle sur la communauté musulmane. Comme me disait une jeune « beur » récemment : « n’oubliez jamais qu’une jeune fille musulmane vit sous le regard permanent de sa communauté et que cela suffit à la persuader de faire autrement qu’elle le souhaiterait ». Et de fait, depuis quelques années, le port du voile islamique se fait de plus en plus fréquent et de plus en plus jeune.

La liberté de conscience est inscrite dans nos institutions et il n’appartient pas à l’école publique de se substituer aux choix éducatifs des parents. Si les parents des jeunes filles souhaitent leur donner une éducation coranique, c’est leur droit. Mais encore faut-il leur donner la possibilité de faire d’autres choix une fois devenues adultes. C’est donc aux parents que notre société doit chercher à faire adopter ses valeurs. En acceptant que les jeunes filles portent le voile, nous faisons le contraire.

C’est au nom des mêmes valeurs qu’il faudrait y regarder à deux fois avant d’accepter l’ouverture d’écoles coraniques dont l’enseignement reposerait sur des contenus incompatibles avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen et les lois de la République et les pratiques répétitives assimilables à celles de sectes.

Il ne s’agit pas d’intolérance, mais de respect de la personne et de protection des mineurs. Dans son livre « Bas les voiles » Chahdortt Djavann assimile à une maltraitance l’obligation du port du voile faite aux filles mineures, et elle n’a pas tort, dans la mesure où cette obligation enferme l’enfant dans une démarche mutilante de sa féminité.

l’Islam n’est sûrement pas incompatible avec la laïcité. Il reste à en rechercher les modalités et à aider ceux, parmi les musulmans français qui souhaitent se situer dans cette perspective-là.

LIBERTE, EGALITE…

Cependant, la pratique de S’il ne faut pas obliger toute personne d’origine étrangère à calquer sa conduite sur notre façon d’être, il est possible tout de même de dénoncer cet aspect de la tradition islamique, sans pour autant vouloir détruire sa culture. D’autant plus qu’il s’agit d’une interprétation la plus étroite de l’Islam, issue du Wahabisme, contre laquelle les femmes luttent dans beaucoup de pays musulmans.

Les minorités religieuses doivent pouvoir exister à condition que celles-ci soient constituées d’individus libres et égaux. Il nous appartient de faire en sorte que cette dernière condition soit toujours remplie.

De ce point de vue, il est important de signifier que la loi républicaine est au-dessus de toute autre, y compris la Charia des musulmans.

 


LE RECHAUFFEMENT A LE DOS LARGE !

Changement-climatique

 

De Greta aux ultras d’Extinction-Rebellion, ce sont les rouges repeints en vert pour nous faire marron !

Les idéologies ont la vie dure.

Des  communistes, il ne reste pas grand-chose.  Les gauchistes survivent à travers des gens comme Mélenchon, mais la France insoumise fait du surplace.  Il ne restait plus qu’aux éternels partisans de « la lutte finale » à enfourcher la cause du dérèglement climatique avec  pour cible l’éternel ennemi :  le « capitalisme » cause de tous nos maux et de s’attaquer à sa soeur la « démocratie libérale » qui en fait le lit. Voilà donc Marx repeint en vert, pour en faire un « Hulk » prêt à instaurer la dictature totalitaire  pour le  plus grand bien de la planète et de ses habitants.  Les anciens comme moi ont déjà connu : l’URSS et ses camps de rééducation en Sibérie. Mais nos jeunes, eux, sont des gogos disponibles prêts à avaler toutes les instrumentations de l’écologie contre la démocratie, pour en faire une arme contre le  libéralisme et imposer toujours plus de fiscalité, de réglementations contraignantes grâce  à une sphère publique à l’emprise toujours plus forte.

Un totalitarisme vert.

Ces cavaliers de l’apocalypse, on les appelle aussi les « colapsologues », prônent un écologisme mortifère à vocation totalitaire. Derrière ces pseudos défenseurs de la planète, on trouve en fait d’anciens maoïstes, heureux de pouvoir se refaire une santé avec  la destruction de la civilisation occidentale. Le rapport du GIEC sert de nouveau livre rouge, librement interprété en « catastrophisme », avec à la clé une hausse des températures de 5° qui entraînerait des milliards de morts.  Ce qui est une pure invention. Mais comme au bon vieux temps  de la  « lutte des classes », un bon slogan vaut mieux qu’un raisonnement.  Un bon  prétexte pour promouvoir la décroissance, la  misère,  le chômage et le déclin irréversible qui sont les  conditions de la prise du pouvoir. Ce combat titanesque exige une mobilisation générale qui passe par la confiscation des ressources des individus, donc un Etat qui peut tout et qui dirige sans partage. Un nouveau démiurge, résurgence de la pensée collectiviste avec un avantage inestimable : ses résultats ne seraient connus que par  les générations à venir ce qui évite de rendre des comptes.

Un raisonnement caricatural.

Ils ont trouvé en Greta Thunberg une égérie pour porter auprès de la  jeunesse ce message mortifère élevé en tâche messianique. En fait, celle-ci est le  jouet de la  manipulation d’une extrême gauche en mal de crédibilité qui y a vu le moyen de justifier son combat  contre la liberté et l’économie de marché. Mais derrière elle se cache aussi un  lobby d’industriels souhaitant vendre leurs solutions vertes. Ils ne reculent devant aucune manipulation pour nous faire  peur et assurer que la fin du monde est imminente. On va se servir des enfants, masse malléable  et facilement disponible, et fanatiser des jeunes influençables par une propagande incessante,  avec une idée  toute simple :  le  libre-échange, la consommation, le  confort  pour  le  plus grand nombre ne sont tout bonnement pas  compatibles  avec l’écologie. Le but de ces discours alarmistes est tout simplement de  justifier la dictature. Donc, il ne nous reste  plus qu’à réduire drastiquement notre consommation énergétique, vivre comme Robinson et revenir à une économie de subsistance fondée sur les circuits courts. Economie vivrière comme au Moyen-Age ! Avec un corollaire : la décroissance ne pourra que réprimer l’innovation et la  recherche scientifique qui pourraient proposer d’autres solutions. En France la tâche va être facilitée par la désignation de 250 000 « échos-délégués », soit autant de Greta Thunberg ! qui se feront vite un devoir de relayer les thèses « effondristes » et l’injonction de la jeune scandinave comme quoi il est inutile de  poursuivre ses études attendu l’imminence de la fin du monde.

L’obscurantisme comme  toujours.

Tous ces raisonnements sont bâtis sur l’ignorance, par commodité, aussi. De la  même façon qu’on tient à l’écart le  bilan carbone catastrophique des éoliennes, on produit des  scénarios sur des projections simplistes. Tous ces ignorants feraient bien d’abord de retourner à l’école. La fonte  de  la  glace des pôles  est effrayante. Et  alors ? Le  climat change. Il  a toujours changé. Les  Vikings se sont installés au Groenland (pays vert) entre  le VIIIème et le  XIIème siècle,  lors de « l’optimum médiéval » au cours duquel  tout  l’hémisphère nord a  connu une longue série d’étés chauds et secs. Dans l’Antiquité, c’est l’Afrique du Nord et la Sicile qui étaient les  greniers à blé des Romains… Et la Méditerranée était plus basse de dix ou vingt mètres comme  en témoignent les  ports antiques noyés. L’homme s’est toujours adapté.  C’est là l’erreur fatale de ces nouveaux chevaliers de  la fin  du monde : ils méconnaissent la capacité  de l’homme  à innover sans cesse pour tirer le meilleur parti des  moyens que la nature   met à sa disposition ou pour en trouver de nouveaux. Il ne s’agit pas de nier le réchauffement climatique, ni la part de  l’homme qui y contribue. Notre histoire est faite d’adaptations permanentes : chaque étape de la croissance des pays développés a été marquée par l’apparition de nouvelles  pollutions et en même temps par la mise en place de moyens pour les  combattre. L’erreur des climatocatastrophistes tient dans l’interprétation erronée des courbes issues  des données passées : il ne suffit pas de les prolonger,  ce qui n’a  aucune chance de se produire.  Car la réactivité  de  l’homme, sa capacité à réagir, amender, transformer sans cesse le monde dans lequel  nous vivons,  invalideront rapidement leurs  conclusions.  C’est ce qui s’est   produit déjà maintes fois dans le  passé, des  thèses  de  Malthus à celles  de Paul Ehrlich qui n’avait pas prévu que  le sort   de l’humanité se soit amélioré de manière continue au point que le revenu moyen des habitants du monde a augmenté de 7 à 8 fois.  Bien évidemment,  les solutions,  ce sont les démocraties libres et le libéralisme, grâce à  l’innovation et à la recherche scientifique, qui les  détiennent. C’est un autre sujet que j’aurai bientôt l’occasion de développer.  En attendant, nous n’avons pas besoin d’un nouveau culte de Gaïa.  Je ne suis pas  certain que Macron l’ait bien compris.