HISTOIRE

TOUT VA MAL ! FINALEMENT, TANT MIEUX ! (Peut-être)

Economie  bourse

L'économie ralentit.

L’économie ralentit fortement en Europe. En Chine aussi, avec  le confinement  qui perdure. Mais le coup de frein est aussi significatif aux États-Unis, même si c’est dans une moindre mesure. On a cru qu'on pouvait prolonger les cycles de croissance à l'infini avec des plans financés par de l'argent magique, qu'on pouvait même empêcher la croissance de chuter. On l'a vu avec la crise des subprimes, puis la crise de l'euro, surtout avec la crise du Covid. Avec ce jeu malsain, les banques centrales et les États, avaient fini par oublier le jeu des cycles économiques. Mais voilà, on a atteint les limites du système comme l'a reconnu la semaine dernière la patronne du FMI. La mauvaise nouvelle  c'est que les banques centrales n'ont plus de marge de manoeuvre car elles ont fait exploser l'inflation avec leur torrent d'argent magique. La guerre en Ukraine et ses conséquences a amplifié le phénomène au mauvais moment. Pour un Etat surendetté comme la France, c’est une complication supplémentaire.

La situation actuelle s’explique facilement et était largement prévisible : l'explosion de l'inflation,  couplée aux conséquences du Covid avec ses pénuries et ses ruptures d'approvisionnement, avait  commencé à provoquer partout un ralentissement de la croissance, avec une amplitude variable selon les zones. En conséquence les banques centrales sont obligées de réagir en remontant les  taux d’intérêt. De ce fait, elles vont accentuer la décélération de l'économie, surtout aux États-Unis, en arrêtant de faire tourner la planche à billets. Pour l’instant la  BCE reste prudente mais elles sera obligée d’y venir, à moins de laisser  l’euro continuer de se déprécier  par rapport au dollar.

En fait c’est (peut-être) une bonne nouvelle !

Pour que l’économie retrouve une situation normale, avec des circuits qui soient rétablis et une inflation qui rechute, il faut absolument que l'économie ralentisse. C'est le seul moyen de réduire la pression qui crée des tensions et des fissures partout. Il va falloir réapprendre à laisser les cycles économiques reprendre leur cours normal. La baisse de l'inflation provoquée par la hausse des taux et la baisse du pouvoir d'achat va permettre, à terme, de redonner du pouvoir d'achat aux ménages et de revenir à des niveaux de croissance moins volatils et plus sains. L'économie ne peut pas fonctionner uniquement avec des substances artificielles et hallucinogènes. Il va donc y avoir une période de « transition »,  compliquée tant au plan de l'économie qu'au plan des marchés, mais c'est une étape nécessaire. D’ailleurs le grand nettoyage sur les marchés a largement commencé. La combinaison de l'inflation, de la hausse des taux d'intérêt, de la guerre en Ukraine et du confinement en Chine pèse sur les indices boursiers : les actifs les plus touchés sont ceux dont les valorisations étaient les plus aberrantes, mais l'onde de choc se propage au-delà.

Les taux d’intérêt s’envolent  et atteignent des niveaux qui sont encore loin de la normale, mais qui s'éloignent de l'anormal : finis les taux d'intérêt négatifs, finie la dette française financée à 0%. On assiste à une véritable tension sur les taux d'emprunt des États à 10 ans. Aux États-Unis, on est à 3,15%, et la hausse devrait continuer. Avec le plein-emploi affiché vendredi dernier et des taux d'inflation supérieurs à 8%, des taux autour de 3% restent encore étonnamment faibles. L’Europe aussi connait des tensions. La France emprunte à 1,65%. On était à -0,17% il y a moins de 9 mois. Les « spread », c'est-à-dire la différence de taux d'emprunt, entre l'Allemagne et les autres pays de la zone euro divergent. Alors que l'Allemagne emprunte à 10 ans à 1,15% (-0,52% il y a encore quelques mois), l'Italie emprunte déjà à 3,15%, un « spread » de 2% par rapport à l'Allemagne, l'Espagne à 2,25%. Là encore rien de plus normal, mais on n'était plus habitué à ce que les marchés réagissent normalement. Donc rien d’étonnant aux mouvements actuels sur les marchés. La hausse des indices boursiers a été alimentée par la baisse des taux d'intérêt et les injections (trop) massives de liquidités. La hausse des taux d'intérêt et l'arrêt des injections de liquidités alimentent la baisse des marchés. C'est aussi basique que cela constate Marc Fiorentino.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des rebonds puissants, sur d’éventuelles bonnes nouvelles…

Un retour à la normale qui complique le début du quinquennat.

En attendant, le deuxième mandat d’Emmanuel Macron démarre sous le signe d’un grand affaiblissement. Le déficit commercial de la France s’est creusé à 12,4 milliards d’euros en mars, pour atteindre, sur les douze derniers mois, 100 milliards d’euros, viennent d’annoncer les Douanes. Un double record, sur un mois et sur une année glissante. La moitié de la dégradation récente est due à la  facture énergétique : le prix des biens importés comme le pétrole, le gaz et l’électricité augmente de 19% sur trois mois. Il y a aussi des effets indirects : la France importe des biens qui se fabriquent avec beaucoup d’énergie, dans la chimie, la métallurgie, le bois et le papier… Les prix de ces importations augmentent davantage que celui de nos exportations.

Autre facteur conjoncturel aggravant : la dépréciation de l’euro par rapport au dollar, monnaie dans laquelle se règle le pétrole. Le remède, ce serait la remontée des taux par la BCE, ce qui ne nous arrange pas non plus à cause de la dette. « Si le ralentissement de la croissance et le retour en boomerang de l'inflation dans la zone euro, en raison de la guerre en Ukraine, font redouter une stagnation de la croissance couplée à une forte inflation » constate Christine Lagarde, elle en profite pour rappeler «l'ordre des événements». « Il convient d'abord de mettre fin au programme de rachat de dettes qui devrait intervenir au début du troisième trimestre avant de procéder aux ajustements des taux directeurs quelque temps après et de façon graduelle. » Voilà qui donne un peu de visibilité, mais ne simplifie pas la tâche pour autant. Encore faut-il qu’aucun événement contrariant ne vienne perturber ce schéma.

 


IL Y A EXTRÊMES ET EXTRÊMES !

Bagarre_village_gaulois

Un repoussoir bien commode !

Concernant Marine Le Pen, la plupart des médias n’ont aucun doute : elle incarne « l’extrême droite ». Soit. Il  y aurait beaucoup à dire sur la définition et le contenu qu’elle recouvre aujourd’hui, mais si on se réfère à la ventilation habituelle des partis sur l’échiquier politique, force  est de constater que le RN se situe le plus à droite, d’ailleurs c’est la place qui  est attribuée à ses élus à l’Assemblée nationale qui fait référence. Et les mêmes médias n’hésitent pas à crier au scandale dès que la moindre velléité de ce qui pourrait ressembler à une tolérance, un rapprochement ou à un  soutien même quand l’intéressé n’a rien demandé, pourrait se faire jour.

Islamo-gauchisme : non, merci !

En ce qui concerne Jean-Luc Mélenchon, vous aurez remarqué que la plupart des mêmes médias  manifestent des pudeurs de gazelle pour le situer dans le paysage politique. Surtout n’allez pas  dire qu’il représente « l’extrême gauche », alors qu’il  suffit de lire son  programme ou d’observer son comportement pour s’en convaincre. Vous ferez partie de ces vilains esprits  qui n’ont rien compris :  l’extrême-gauche est fréquentable, pas l’extrême-droite ! Quand on est admirateur des dictatures totalitaires d’Amérique du Sud dont on s’est fait le modèle de gouvernance, on a une très bonne idée de ce que serait sa VIème République. Plus concrètement, c’est le recours systématique au referendum  qui remplace la démocratie représentative qui en est le signe politique le plus tangible. D’ailleurs c’est un point qui rapproche l’extrême-gauche de l’extrême-droite. Quand le PC et le PS acceptent de se fondre dans une union avec  la France insoumise, ces mêmes  médias ne trouvent rien à reprocher quand ils n’applaudissent pas. Que le PC trouve des points de convergences avec Mélenchon, on n’en sera pas trop étonné, mais que le PS se soumette,  c’est  dramatique. Toute une  partie des valeurs qui ont fait la gauche sociale-démocrate sont jetées aux orties, pour un plat de lentilles, en l’occurrence 70 circonscriptions. C’est le  socle qu’elle a en commun avec  la droite républicaine qui est atteint. Avec  la « Nupes », la laïcité est  en danger et la  burqua de beaux jours devant  elle. En s’alliant avec  Mélenchon, écologistes et socialistes tournent le dos à l’Europe et à l’Ukraine. D’ailleurs la  plupart de ceux qui incarnaient cette gauche l’ont fait savoir et heureusement, de nombreux élus protestent et ne se reconnaissent pas dans cette alliance. Daniel Cohn-Bendit, José Bové et Jean-Paul Besset signent une tribune véhémente dans le Monde et n’ont pas de mots assez durs, « tête-à-queue tragique », « infamie »,… pour condamner l’accord. Ceux-là honorent la politique, dont la principale  vertu est d’avoir des convictions et d’y rester fidèle.

Macron, patron de l'illusion de l'exrême-centre.

Et puis, il y a aussi l’extrême-centre. Si j’ai bien compris, c’est la conception macronienne de la majorité présidentielle. C’est un melting-pot où se retrouvent toutes sortes de transfuges de gauche et de droite, pour qui  les convictions sont élastiques ou interchangeables, et qui réalise le miracle de faire cohabiter  M. Woerth avec Mme Touraine, dont on sait, par leur passé aux affaires, que tout les oppose.  Cet extrême-centre, piloté de l’Elysée, sans aucune marge de manœuvre, a conduit  pendant les cinq  dernières années, à la paralysie politique sur les grandes réformes, et a été largement à l’origine du mouvement de contestation des « gilets jaunes », d’autant plus que profitant de l’aubaine des contradictions internes des politiques, la technocratie a occupé l’espace laissé vacant pour s’en donner à cœur joie. Heureusement, pour les cinq prochaines années, on a évité le pire : le parti unique. La majorité « Ensemble » c’est donc désormais plusieurs piliers : la République en marche devenue  « Renaissance », le Modem de Bayrou et « Horizons »,  le nouveau-né d’Edouard Philippe, sont les principaux. A voir les têtes d’enterrement sur la photo de la conférence de presse qui a lancé la campagne des législatives, on se dit que ça va être joyeux. Si on se réfère au premier mandat, Macron ne voulait voir « qu’une tête » ; tous ceux qui ont manifesté des désaccords ou exprimé des divergences, ont été impitoyablement virés. C’est pourquoi, les heureux  nouveaux impétrants  de cette improbable coalition des genres se réfugient dans l’exégèse de cette phrase du monarque pour se donner espoir : « Je vais changer de méthode ». A quoi j’ajouterai : « Chassez le naturel, il revient au galop ». Nicolas Sarkozy se targuait d’avoir ouvert en accord  avec le Président un chemin pour d’éventuels  LR qui voudraient rejoindre  la Majorité : son initiative a lamentablement échoué, d’abord parce que bien peu de sortants LR ont répondu, sept dit-on, ensuite parce qu’ils ont été rejetés par celui qui devait les adouber.  Excusez-moi,  mais  le doute est permis.

La liberté n'est pas morte !

Heureusement, il y a encore une possibilité d’échapper à ces extrêmes, quelle qu’en soit la couleur, dont le point commun est la conception d’une démocratie réduite à la volonté du chef, c’est encore de faire vivre la démocratie en dehors du système qu’ils veulent imposer et qui  conduit  aux pires désordres.  C’est de voter aux élections législatives pour Les Républicains, l’union de la droite et du centre. On voudrait  nous faire croire qu’ils sont morts. Il n’en est rien. L’échec à la présidentielle est grave, on ne va pas se le cacher. Mais le parti a d’autres ressources et  notamment son ancrage territorial et les milliers d’élus  à tous les niveaux qui en font la chair. La colonne vertébrale a été touchée, mais la masse musculaire peut compenser la blessure. La nation gagnerait beaucoup à avoir, à nouveau, à l’Assemblée nationale, un groupe de députés fort, capable d’apporter  à la fois son expérience  et sa compétence, son opposition quand cela sera nécessaire, son appui  quand cela ira dans le sens de nos convictions, fidèle  à  son réalisme, « jamais contre par principe, jamais pour par obligation ». Voter pour les candidats de la  majorité présidentielle c’est  prendre le risque d’élire des « moines-soldats » aux  ordres, quel qu’en soit le parti, sinon expliquez-moi pourquoi le Modem n’a pas réussi à faire voter la « proportionnelle » pendant cinq ans alors que c’était son cheval de bataille. Les députés qui seront véritablement libres de leurs choix au sein de l’Assemblée nationale, ce seront bien ceux de la droite républicaine et du centre, libres parce qu’autonomes, libres aussi parce que cela fait partie de leur ADN. Ils apportent une dimension supplémentaire : leur ancrage territorial qui les rend proches de leurs concitoyens et à leur écoute.

Les 12 et 19 juin prochain, il faut voter pour le bon sens, voter  LR, l’union de la droite et du centre. Ce sont ces élus-là qui vous défendrons !

 


VAINES PROMESSES ET CHEQUES EN BOIS !

Récession

Voilà où mène le déni.

La  campagne électorale avait complètement occulté le sujet : retour de l’inflation et croissance menacée. On n’a pratiquement pas parlé du gouffre des dépenses publiques et de la folle dette, alors pensez donc, aborder  l’intendance …  Mais les faits sont têtus. Et les chiffres  sont tombés, et avec eux un coup de froid glacial sur l’optimisme affiché  par nos élites. Les économistes et les commentateurs dans la presse financière sont surpris par le ralentissement économique et par la correction sur les marchés qui est même devenue un krach pour les valeurs techs. Le financement des promesses qui comptait sur la croissance pour remplir les chèques est largement compromis.

Pourtant, la  crise qui nous tombe dessus était prévisible…

Donc, pour le premier trimestre de l'année 2022 on est à croissance 0 % en France et -1,4% aux US. Il n’y a pas besoin d’être spécialiste pour comprendre que les causes de récession s’additionnent. Voici les cinq principales : une guerre en Europe qui a pour conséquence la flambée des prix de l'alimentaire et de l'énergie et le débranchement d'un partenaire commercial majeur pour l'Europe, la Russie ;  l'inflation qui explose partout et donc qui pèse sur la consommation des ménages ;  les importations des pays non producteurs d'énergie qui explosent du fait de la hausse du pétrole et du gaz, sachant que le déficit commercial est un paramètre clé de la mesure de la croissance ; les goulets d'étranglement du rattrapage post-Covid ne sont pas résorbés totalement et en plus la Chine confinée ralentit fortement. Le vieux prof que je suis et qui connaît son histoire ajoute : l’inflation, on sait quand elle commence, on ne sait jamais quand elle finit, parce qu’une fois enclenché, c’est un système qui s’auto-entretient.

… et elle va durer !

Cette crise va durer une bonne partie de l'année 2022, voire au-delà. Pour certains pays, l’entrée en récession va se concrétiser a minima par deux trimestres de suite de « croissance négative ». Au moins, on peut espérer que ce ralentissement économique va permettre un retour à la normale sur les goulets d'étranglement et faire diminuer un peu l'inflation. Mais tant que celle-ci restera élevée, la croissance et les indices boursiers resteront sous pression, tout simplement parce que le carburant de la hausse des marchés a été la baisse spectaculaire des taux d'intérêt et les injections exagérées de liquidités. Si les taux d'intérêt remontent et que l'on injecte moins de liquidités, les marchés n'auront pas le carburant nécessaire pour remonter. Et, en plus, il faut faire avec la guerre : le conflit en Ukraine, qui est devenu une quasi guerre mondiale, pèse sur la croissance et les marchés par l'inflation.  Une résolution du conflit ou même un cessez-le-feu sera salué par les marchés, mais on n’en est pas encore là.

Vaches maigres en début de mandat.

Dans ce contexte, les propositions de Mélenchon, leader de la nouvelle union populaire, qui se voit déjà premier ministre, apparaissent pour le moins farfelues : en plein crise énergétique, il propose la sortie du nucléaire, et en pleine explosion de la dette, la retraite à 60 ans. Il marche sur la tête, mais ce n’est pas nouveau ! Le Président de la République ne fait guère mieux. Les chèques « pouvoir d’achat » promis pour le début de l’été ont du plomb dans l’aile. Cette chute de croissance est « une mauvaise nouvelle », reconnaît un ministre, qui s’inquiète du moral des ménages, alors qu’en parallèle, l’inflation continue de flamber. Après deux ans de quoiqu’il en coûte et un an de rattrapage de la crise, la fête est finie. Entamer un mandat présidentiel dans une économie en ralentissement brutal est périlleux. D’autant plus que les menaces s'accumulent : consommation plombée par l'inflation, risques de grèves, durcissement monétaire. Le retour de la hausse des prix, que la guerre en Ukraine rend à la fois plus forte et plus durable, change la donne, d'abord en ponctionnant massivement les revenus, ensuite en inversant le levier monétaire, ce qui va bloquer le levier budgétaire. C’est là qu’est l’os. En France, les gouvernants éteignent les embrasements sociaux avec de l'argent public. Or celui-ci va se raréfier d'un coup, car la Banque centrale européenne change de cap. Avec une inflation qui s'emballe au-delà de 7 % en zone euro, elle va cesser d’acheter des obligations publiques dès l’été et remonter ensuite ses taux. Inexorable ! Le gouvernement français risque donc de devoir fermer le robinet. Patrick Artus, l'économiste de la banque Natixis, estime même que les hausses d’impôts sont inévitables.

Investissements en berne, consommation comprimée, exportations amputées, dépenses publiques affaiblies : le scénario d'une récession profonde pourrait alors s'amorcer, avec des conséquences politiques et sociales imprévisibles.

 


POUR EN SORTIR, CHANGER LA DONNE !

Bricoleur

 

Nous arrivons au bout d’un système.

La réalité de l’état de la France va forcément éclater au cours des prochains mois : les bombes à retardement occultées pendant la campagne présidentielle (budgétaires, économiques, sociales, identitaires, sécuritaires et civiques) vont exploser. Face à cette réalité les réponses ont toujours été celles d’un État surendetté. Or, la prochaine étape de l’inflation sera la hausse des taux d’intérêt. Et cette menace n’est pas virtuelle. La France est malade de sa bureaucratie et de son centralisme étatique ou jacobin. Il  est urgent d’essayer autre chose.  il faudrait une alternative claire et raisonnable, pour reconstruire une démocratie apaisée et mature. La droite peut porter cette alternative et montrer qu’elle a encore une utilité pour le pays et notre démocratie, et proposer autre chose, qui ne peut pas se cantonner à un choix entre le conformisme social-démocrate plus ou moins habile d’Emmanuel Macron et les offres illibérales  des  extrêmes de droite ou de gauche. 

L’emprise de l’État sur l’économie, la société civile et nos vies mêmes n’a cessé de s’accroître. C’est là une cause majeure du malheur français, et avec Macron II, cela ne va pas s’arranger. Ce ne sont pas des promesses, des chiffres, des listes de nouvelles réglementations, des dépenses non financées  à tour de bras qui peuvent sortir notre pays de l’ornière toujours plus profonde où il s’enfonce. Ce qu’il faudrait lui appliquer, c’est une bonne cure de  libéralisme économique.

Confier à un président et ses ministres la politique de notre pays pour cinq ans est un vrai choix de société. Mais ce choix ne peut  pas se limiter seulement entre cette forme de despotisme qui voudrait que le chef de l’État seul ferait le mieux possible et le populisme qui veut renverser la table, tout changer en ignorant le contexte mondial.  Il manque un choix plus profond, en rupture avec ce que nous propose la classe politique depuis des décennies, droite comprise.

Il faut une rupture avec le tout État.

L’État a tout envahi, et régit - entre autres - notre travail, notre revenu, notre santé, nos retraites, nos écoles, nos logements, nos transports, notre nourriture et jusqu’à notre culture et nos religions. Un Etat ventripotent et par conséquent inefficace dans toutes les prérogatives dont il s’est emparé. Regardez  la  santé  et l’hôpital !  Cet État que l’on nomme  volontiers « providence », au prétexte de justice sociale ne tient plus compte du mérite personnel, de l’effort, du savoir, de l’initiative. A la place, il finance l’assistanat, les privilèges, les fraudes et les corruptions. C’est un État jacobin qui dirige tout depuis les ministères de la capitale et ignore les réalités locales, préférant déconcentrer et déléguer à ses préfets plutôt que s’appuyer sur  les  collectivités pourtant plus responsables et  plus agiles que lui.

En revanche, cet État est incapable d’assumer les missions qu’on attend de lui et qui justifient son pouvoir de contrainte : protéger la vie, la liberté et la propriété des personnes.

C’est pourquoi la première réforme qu’il faudrait mener, et le plus tôt possible, serait de réduire la sphère de l’État : l’idéal serait qu’il se contente d’assurer ses missions régaliennes de police, justice, et défense. L’État ne devrait intervenir ailleurs qu’à titre subsidiaire, quand les membres de la société civile ne peuvent régler leurs problèmes par le jeu des libres contrats, des libres décisions.

Redécouvrir la subsidiarité.

Le principe de subsidiarité devrait devenir la règle générale : les élus nationaux ne devraient avoir à intervenir que lorsque les élus locaux, à divers étages, n’ont pas pu régler les problèmes qui concernent leurs collectivités, de sorte que ce soit les gens les mieux informés, les plus concernés, qui prennent les décisions et en soient les premiers responsables. Evidemment cela n’a rien à voir avec la planification centralisée et collectiviste qui prive les élus locaux de toute autonomie financière et réglementaire  et s’avère beaucoup plus efficace comme on l’a vu avec les masques pendant la pandémie. Mais pour exercer la subsidiarité, une deuxième réforme s’impose : l’ouverture à la concurrence. Bien calés dans leur monopole, les « services publics » deviennent vite irresponsables, déficitaires, donc subventionnés. On le  vit  quotidiennement. Rien ne justifie ce monopole, sinon une conception très dirigiste du « bien public », celui qui ne pourrait être fourni par des personnes privées, dans le cadre d’entreprises marchandes ou d’associations volontaires. Dans bien des cas, privatiser permet de stimuler la découverte et le progrès, et de mieux répondre aux besoins de la communauté. Les administrations elles-mêmes s’améliorent dans un climat de concurrence, pour peu qu’on admette l’autonomie de leur gestion, et la liberté des administrés de choisir leur établissement, leur caisse, leur compagnie. Quand un maire s’occupe  de gérer une cantine scolaire avec sa municipalité, c’est  à lui qu’on vient faire les remontrances et il ne peut faire de reproches qu’à des subordonnés qui bien souvent sont inamovibles ;  s’il délègue le service à un prestataire privé, sur appel d’offre concurrentiel, il a les moyens de faire pression pour obtenir des améliorations ou changer d’entreprise. Et la subsidiarité peut aller de paire avec un État fort.

Il est temps d’amorcer un recul de nos  administrations publiques, les plus dépensières (57% du PIB), les plus spoliatrices (45% du PIB) et parmi les plus endettées (113% du PIB) de tous les pays dits libres. Ce sera difficile, car beaucoup de gens vivent de l’État, par l’État, par ses commandes, par ses aides. Et  il est facile de distribuer des chèques (actuels ou futurs) aux différentes clientèles électorales. Mais Il est temps pour les Français assujettis de reprendre espoir en retrouvant leur liberté, leur responsabilité et leur dignité !

Seule la droite peut porter cette nouvelle vision.

La droite doit être capable de proposer une nouvelle vision, celle de la liberté et d’un capitalisme populaire. Bien évidemment,  cette cure  de  libéralisme ne pourrait se mettre en place que progressivement.  Plus tôt on pourra la commencer, mieux ce sera. Face au wokisme et au racialisme, nous devons affirmer une fierté culturelle et une ambition éducative. Face au laxisme sécuritaire et à la déconstruction régalienne, la droite doit opposer la défense d’un ordre juste. Elle doit non seulement se démarquer face à l’offre du second tour de la présidentielle en incarnant l’universalisme républicain, mais aussi combattre ces dynamiques dangereuses qui ont émergé à l’occasion du scrutin présidentiel.  La droite doit être la force politique de la performance publique au service de l’humain. Elle seule peut redonner sa grandeur à la liberté et à l’initiative individuelle, être le parti de tous ceux qui veulent maîtriser leur destin.

 


VICTOIRE A LA PYRRHUS !

Macron réélu

 

D’abord, pourquoi cette référence à Pyrrhus ?

Cousin d'Alexandre le Grand et lui-même ambitieux conquérant, Pyrrhus est le fils d’Achille et le vainqueur de Troie. Les lettrés le connaissent grâce à la pièce de Racine « Andromaque » dans laquelle il est amoureux de sa  prisonnière. C’est aussi l'un des plus redoutables adversaires des premiers temps de la Rome antique. Souverain de l’Épire, un ancien royaume des Balkans, Pyrrhus était parvenu à battre deux fois les Romains dans le sud de l’Italie : à Héraclée, en 280 av. J.-C., et à Ausculum, un an plus tard. Mais à ceux qui le félicitaient, il répondait : « Encore une victoire comme celle-là et nous sommes perdus ! » En effet, même si les troupes romaines comptaient plus de victimes, elles pouvaient recruter de nouveaux soldats alors que la population de l’Épire, elle, était limitée. Une victoire à la Pyrrhus est donc une victoire obtenue au prix de pertes si lourdes pour le vainqueur qu'elle équivaut quasiment à une défaite. Une telle victoire est contraire à tout sentiment d'accomplissement ou de gloire, et compromet le progrès à long terme du vainqueur.

Quand l’Histoire se transpose.

La victoire d’Emmanuel Macron face à tous ses opposants crée une situation comparable à celle dans laquelle le roi d’Epire s’est retrouvé : victorieux mais considérablement affaibli. De fait, le président réélu ne totalise au premier tour qu’un peu moins de 10 millions de voix sur 49 millions d’inscrits. Emmanuel Macron l’a emporté au 2ème tour avec 58,2%  contre 41,8% pour Marine Le Pen. Une avance qui limite les dégâts mais qui permet tout de même au Rassemblement national de battre un record. Depuis 2017 on a assisté à une augmentation phénoménale de l’extrémisme. Force est de constater que depuis cinq ans, le centre au pouvoir a fait mécaniquement monter les extrêmes à qui a été dévolu le rôle d’incarner le désir d’un « vrai changement ». Au point que si l’on additionne les voix de  Marine Le Pen, Eric Zemmour, Nicolas Dupont-Aignan, la droite nationaliste ou extrême a augmenté de dix points.  Elle pesait 21% en 2017 contre 32,5% en 2022. Si on y ajoute Mélenchon à 22% et les partis gauchistes, les extrêmes frôlent les 60% ! Pendant cinq ans, il a tout fait pour affaiblir les  oppositions du « cercle de la raison » : Les Républicains et le PS.  Le résultat est évidemment catastrophique, car ce cercle de la raison s’est  bel et bien effondré : les socio-démocrates, les Républicains et les centristes qui pesaient 58% de l’électorat en 2017 ne représentent plus que 39% !

Les électeurs de  la droite républicaine  qui ont pensé bien faire en laissant tomber leur candidat afin de voter Macron ont donc fait un mauvais calcul. L’affaiblissement des anciens partis de gouvernement n’a pas été compensé par l’émergence du « nouveau monde » promis par un jeune homme plein d’allant qui allait réformer le  pays en profondeur pour en finir avec  la vieille politique. Faut d’une politique courageuse et à cause de son inexpérience, il entame son deuxième mandat  avec une France déchirée comme jamais, dans un état lamentable en raison de la montée de l’islamisme combattu mollement, de l’insécurité récurrente, de la folle  course de la dette, de la dépense  publique et des déficits, et du désastre de la balance commerciale. Le pays s’annonce ingouvernable. A chaque tentative de réforme un  peu audacieuse, le chef de l’Etat risque de voir se dresser 80% des  Français contre lui, parce qu’ils n’auront pas voté pour lui ou qui ne l’auront fait que par défaut. Et la pire des solutions serait de lui donner une majorité inconditionnelle aux élections législatives.

Union nationale ?

Le dilemme des Républicains est cornélien : faut-il rallier la majorité pour la renforcer ou faut-il continuer dans l’opposition. Aucune de ces deux solutions n’est satisfaisante.  La première parce qu’elle continuera d’affaiblir le « cercle de la raison » par la même mécanique. La  seconde, parce qu’elle  a  conduit Les Républicains a une défaite catastrophique, l’électorat de la droite modérée  n’ayant pas compris l’opposition résolue à une politique qui ressemblait à celle qu’ils proposaient eux-mêmes. Une attitude que les circonstances internationales ont aggravée. La bonne stratégie serait  d’apporter le soutien à l’exécutif, non par le débauchage et les ralliements, mais par un accord politique en bonne et due forme, un contrat de gouvernement, conclu après validation électorale, c’est-à-dire, les élections législatives. D’ailleurs le parti unique, personne n’en veut, ni Lrem, ni Bayrou, ni Philippe. Pour éviter le pire, il faudrait imposer à Macron une sorte de cohabitation soft, en l’obligeant à prendre en compte quelques idées fortes de la  plate-forme programmatique de la droite républicaine et libérale : sur la santé, sur l’ordre et la sécurité, la décentralisation et la lutte contre la bureaucratie, l’égalité des chances … Le pouvoir exécutif y trouverait alors le moyen d’élargir sa majorité avec l’assentiment de l’ électorat et non dans son  dos, et un peu plus de chances de faire aboutir des projets comme celui de l’âge de la retraite porté à 65 ans.

Au passage, on sauvera peut-être  le parti Les Républicains et on verra peut-être se reconstruire sur les ruines du PS, un parti social-démocrate capable de damer le pion à la France insoumise et ses délires marxistes du XIXème siècle. Car  c’est  en rétablissant le clivage structurant de la vie politique entre la droite modérée et les socialistes démocrates que l’on réduira à nouveau les extrêmes, et qu’on revigorera une vie démocratique qui s’étiole, à peine capable de fournir des assesseurs dans les bureaux de vote, faute d’ancrage politique sur le terrain.

Cap sur les législatives.

Voilà une occasion pour les électrices et électeurs qui en ont  marre de voter par défaut de se faire plaisir en votant selon leur penchant naturel. Pour reconstruire  un consensus national et élargir la base de gouvernement, il n’est pas indispensable de donner une majorité absolue au président. Ce sera même le meilleur moyen  de créer les conditions d’une contestation virulente dans la rue contre ses  projets. D’autant plus qu’une majorité mélenchoniste serait une catastrophe, bien que ce scénario soit peu probable avec le scrutin majoritaire à deux tours. Le mieux serait de construire une coalition avec plusieurs groupes parlementaires proches sur la base d’un programme de législature partagé, seul moyen de mettre un terme  à la confusion des discours successifs du « en même temps » qui consiste le plus souvent à se comporter, face aux Français, comme une prostituée qui changerait de costume en fonction du client qu’elle a en face d’elle. Encore faut-il que la participation électorale ne s’effondre pas.  Les vieux partis ont peut-être encore leur mot à dire. C’est peut-être  la dernière occasion de mettre un coup d’arrêt à la décomposition politique mortifère.

Je continuerai de plaider pour le renouveau d’une représentation politique où droite et gauche sont reconnaissables, permettant, le cas  échéant, d’aller, comme en Allemagne,  vers l’Union nationale, un schéma bien plus satisfaisant que le débat entre un centre aux contours flous et des extrêmes durs qui met la  démocratie représentative  en danger.  Et ça tombe bien dans ma  circonscription, il y aura un candidat LR : je vais le soutenir et voter  pour lui !

 


CE QUI ATTEND LA PROCHAINE PRESIDENCE

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Mis à part le climat social  dans une France qui aura voté à 60% pour les extrêmes populistes au 1er tour, et qui n’offrira pas une grande sérénité à ceux qui tiendront les rênes  du pouvoir,  ce sont les données du contexte économique international agrégées à des données françaises  dégradées ou fragiles qui vont  compliquer la tâche.   Deux  facteurs sont en cause : l’inflation  et la chute de la croissance. Le constat du FMI est inquiétant :  inflation, pénuries, perte de croissance, divergence des économies, risques de soulèvements sociaux : les cicatrices de la pandémie sont aggravées par la guerre en Ukraine.

Prévisions de croissance en baisse.

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance, en particulier en zone euro, où l’inflation atteindrait 5,3 % en moyenne cette année. La croissance française est attendue à 2,9% en 2022 et 1,4% en 2023. On peut s'attendre à une période de stagflation, avec pas ou peu de croissance et une forte inflation, semblable à ce qui se passait dans les années 1970. C’est la fin d’un cycle et, avec lui, se consument les illusions de l’argent magique, de la dette facile, de l’assainissement inutile, de la distribution sans fin, du plein emploi, de la stabilité financière ad æternam... Sur la retraite, le pouvoir d’achat, le logement, les inégalités, la santé, la sobriété énergétique ou la fiscalité, ces facilités perdues devraient se traduire par des ajustements douloureux.

Une inflation plus forte et plus durable.

Donc, nettement moins de croissance et un surcroît d'inflation plus durable. C'est la conjoncture internationale qui se profile dans les prochains mois selon le Fonds monétaire international (FMI). Les banques centrales sont confrontées à un arbitrage difficile entre la lutte contre une inflation record et la sauvegarde de la reprise qui s'est dessinée après la crise du Covid-19. En s'éloignant des objectifs des banques centrales, l'inflation va probablement inciter à un resserrement monétaire plus agressif. La Réserve fédérale américaine a déjà commencé. Mais la hausse des taux d'intérêt pourrait conduire à une correction désordonnée des marchés financiers, y compris au niveau de l'immobilier. Le FMI projette un taux d'inflation moyen de 8,7 % dans les pays en développement, après 5,9 % en 2021. Le problème est que cette flambée des prix des produits de base et la tension des taux d'intérêt mondiaux vont réduire encore plus la marge de manoeuvre budgétaire des marchés émergents et des économies en développement importateurs de pétrole et de produits alimentaires.

Conséquences pour la France.

Les soubresauts de l'économie mondiale - provoqués aussi bien par l'invasion russe de l'Ukraine que par les confinements stricts opérés en Chine face au Covid - redessinent le paysage économique du quinquennat à venir. Avec le fort ralentissement de la croissance et le surcroît d'inflation, le futur chef de l'Etat débutera son mandat avec des comptes publics plus dégradés que prévu. La remontée des taux d'intérêt pourrait même compliquer un peu plus l'équation budgétaire. « Au vu du contexte budgétaire bien plus compliqué que prévu, nous avons devant nous un quinquennat qui sera celui des hausses d'impôts ou des promesses trahies », avance Patrick Artus, conseiller économique de Natixis. En effet, il va falloir laisser jouer les stabilisateurs économiques, ce qui creuse les déficits et pose beaucoup de questions en termes de redistribution et de transferts. Alors que Bercy tablait en début d'année sur une croissance de 4 % et un déficit à 5 % du PIB fin 2022, l’objectif de ramener le déficit à 3% à l’horizon 2027 est  probablement déjà compromis. Et le gouvernement devra faire avec une remontée des taux d'intérêt,  inévitable. Les facilités budgétaires que nous avons connues depuis dix ans grâce à cette ère de taux bas vont disparaître, raison pour laquelle il faut s'attendre à ce que le futur gouvernement revienne sur certains engagements ou augmente les impôts. Même si la visibilité n'est pas grande, ce nouveau contexte risque de percuter des programmes économiques biberonnés au « quoi qu'il en coûte ».Il faudra voir aussi si le nouvel accent mis sur la transition écologique - par nature très coûteuse - par l'actuel chef de l'Etat ne compliquera pas un peu trop l'équation budgétaire. Pour autant, les objectifs écologiques coïncident avec nos intérêts stratégiques - vis-à-vis de la Russie - et économiques. 

Comme  on le voit, une équation compliquée,  propre à générer de l’insatisfaction dans un pays déjà au bord de la crise de nerf.

 


PAS LE PEN

Marine Le Pen 2022

Au second tour, on élimine.

C’est la règle. Je n’ai aucune intention de donner à qui que ce soit une consigne de vote. Chacun est grand et libre. Mais  je m’arroge  le droit d’expliquer un choix : comme il y a cinq ans, je ne voterai pas pur Marine Le Pen.

D’abord parce que je ne crois pas à la « dédiabolisation ». 

Elle n’a jamais été diabolique, mais l’histoire  m’a enseigné que lorsqu’on confie le pouvoir aux gens de la tradition à laquelle elle appartient, on ne sait jamais quand ils le rendent. Depuis dix ans, elle s’est appliquée à brouiller les pistes, à faire patte de velours, à se donner un visage compatible avec la doxa républicaine. Mais prenons l’exemple du recours systématique au referendum qu’elle promet : « il ne faut pas avoir peur du peuple ! » dit-elle.  Eh bien, si, justement. Cette volonté de vouloir contourner le travail parlementaire réfléchi au profit de la démocratie de « l’émotion » que devient rapidement la technique référendaire, est la porte ouverte à toutes les manipulations de l’opinion publique.  C’est instaurer un pouvoir populiste et la  porte ouverte à des pratiques autoritaires.

L'économie, son point faible.

Cependant, c’est  la partie économique de son programme qui constitue pour moi le principal obstacle. Sous son apparente modération, il est orienté très à gauche et reste dominé par la rupture avec l’économie de marché,  l’Europe et les démocraties libérales.  Le fait qu’il prévoit près de 120 milliards de dépenses supplémentaires, dont  plus de 60% sont tournées vers la redistribution, pour seulement 7 milliards de recettes, nous promet une explosion du déficit à près de  7% du PIB  et une aggravation de la dette publique qui n’a vraiment pas besoin d’une nouvelle  envolée. Et évidemment sans  le parachute de la BCE, si on ajoute le protectionnisme, la préférence nationale et l’affirmation de la supériorité du droit national sur le droit européen, car cela implique une sortie de l’Union et évidemment de l’euro qui reste cachée. Il  ne faut pas être grand clerc pour imaginer que nous aurions à subir une crise  financière majeure accompagnée d’une chute du pouvoir d’achat d’au  moins 20% pour tous les  Français. Amis, pensez à vous « assurances-vie » !

Une France isolée.

Les vues de  Marine Le Pen pour la  politique étrangère, si elles ne sont pas surprenantes en raison de ses attaches financières avec la Russie et la Hongrie d’Orban, marquées par la volonté de diverger avec l’Allemagne et de rapprocher l’Otan de la Russie sur les décombres de l’Ukraine, affaibliraient dramatiquement le camp des démocraties et compromettraient leur résistance face aux régimes  autoritaires. Autant d’orientations  auxquelles il ne m’est pas possible d’adhérer.

C’est vrai, la France aborde cette échéance avec un passif d’au moins une décennie de décrochage. Mais nous ne pouvons nous en remettre à la peur ou à la colère, toujours mauvaises conseillères.  Nous ne pouvons que regretter les résultats du 1er  tour qui aboutit à un nouveau face-à-face que  la  majorité d’entre nous refusait d’avance, après une non-campagne décevante et dans un contexte empoisonné  par l’actualité internationale et le jeu malfaisant des réseaux sociaux.  Alors, évitons au moins le  pire.

De là à en déduire que je me prononcerai pour Emmanuel Macron,  c’est  aller un peu vite en besogne. Il m’est difficile de gommer le bilan désastreux à bien des égards de son quinquennat :  sécurité, immigration, centralisme technocratique excessif, réformettes et réformes avortées, parlement méprisé et assemblée nationale ravalée en chambre d’enregistrement,  déficits chroniques et endettement excessif…  Il doit s’engager à modifier sa pratique des institutions et du pouvoir et il lui faudra présider avec les Français et non pas contre eux ou sans eux. Le problème,  c’est qu’avec lui, on ne peut jamais être sûr de rien.

 


POUR LR, C’EST UN AVC

Elysée

 

L’infarctus que je redoutais a bien eu lieu : avec plus de 26% d’abstentions, les  partis populistes de droite et de gauche totalisent 55% des voix. Le paysage traditionnel qui structurait notre vie politique depuis plus de 50 ans est balayé.

Pour Les Républicains, la  réalité est là : avec moins de 5% c’est une déroute électorale, un véritable AVC. Valérie Pécresse n’a pas réussi à rendre crédible un programme pourtant complet et financé. Il faut donc croire qu’il était inadapté à la situation. Le suffrage universel a rendu son verdict. Mais ce n’est qu’un aspect de la défaite.

Les causes d’une telle catastrophe sont forcément multiples.

Depuis la primaire, qui s’était bien déroulée, le famille politique LR est à la peine, dans un pays où quatre électeurs sur dix se situent pourtant à droite et au centre, ce qui est un paradoxe. La campagne s’est transformée en un chemin de croix, dont les trahisons d’Eric Woerth et de  Guillaume Peltier, l’un parti chez Macron, l’autre chez Zemmour, ont été les épines emblématiques, le non soutien de Nicolas Sarkozy vécu comme un abandon, les disruptions macroniennes sur le projet,  semeuses de confusion… La candidate LR s’est retrouvée sous le feu croisé et nourri des camps de  Macron et de Zemmour sur les plateaux et  les réseaux sociaux, et accablée par le travail de sape de certaines  revues  comme Gala, ou par des commentateurs patentés, comme Yves Tréhard, reprenant au mot près les éléments de langage fournis par l’Elysée. Difficile d’exister quand on perd l’audimat et que le moindre propos est disséqué, interprété, déformé par les pseudos experts plus ou  moins partisans qui hantent à  longueur de journées les chaines en continu. On ne fait pas  mieux pour dévaloriser ceux qui acceptent encore de faire de la politique.

La  guerre en Ukraine a fait le reste, amenuisant la campagne  électorale et captant l’essentiel de l’attention. La preuve en est, même les écologistes emmenés par Yanick Jadot, n’ont jamais réussi à décoller, alors qu’ils avaient réalisé 13% aux régionales et que les rapports du GIEC tombaient à point nommé pour  apporter de l’eau à leur moulin. Malgré tout, Valérie Pécresse a fait une campagne tenace jusqu’au bout, forçant l’admiration et ses concurrents de la primaire lui ont apporté  un soutien exemplaire jusqu’au bout, là où d’autres n’auraient pas attendu pour cracher dans la soupe. Rendons-en leur grâce, car c’est quand même un bel exemple de serment tenu ! Ils ont fait honneur à leur parti.

La droite n’est pas encore morte.

Il est trop tôt pour signer une autorisation d’inhumer. Les Républicains  peuvent encore s’appuyer sur un important réseau d’élus locaux et régionaux et de parlementaires. Le  choix de maintenir une ligne indépendante pour les législatives n’est pas plus risqué que de se fondre dans un parti unique  ou une  majorité macroniste. Il restera à trouver de bonnes raisons pour convaincre les électeurs de la droite de revenir  au bercail : ce sont 450 batailles qui vont être livrées dans les territoires avec une centaine de sortants qui ont travaillé leurs circonscriptions. Ne pas mettre ses œufs dans le même panier peut  intéresser les électeurs,  mais ce ne sera pas  une promenade de santé au milieu des  candidats qui vont se disputer les mandats :  les France insoumise portés par  la 3ème place de Mélenchon, les candidats Lrem qui voudront donner une majorité au Président s’il  est  réélu, les « Reconquête » de Zemmour qui tenteront de donner  à leur mouvement une chance de survivre,  les Philippards d’Horizons qui chercheront à faire exister leur parti… La  concurrence va être rude et bien malin qui peut dire ce  qui sortira de ce chaudron en ébullition.  Le 24 avril sera une étape décisive qui donnera la coloration des consultations du mois de Juin. Car le RN cherchera lui aussi à tirer son épingle du jeu.

Pour préserver son unité, Christian Jacob  a réussi à faire  adopter une ligne commune  privilégiant l’abstention, avec cette mise en garde : aucune voix ne doit se porter sur Marine Le Pen, sans que  le parti appelle explicitement à voter pour Emmanuel Macron. C’est donc à chacun de se déterminer dans son for intérieur. Mais cette volonté d’indépendance est-elle le meilleur moyen de survivre ? Ne convient-il pas de s’interroger sur la cause profonde de cet  échec, qui ne tient pas qu’à la  candidate.  Certes elle a raté un rendez-vous primordial au Zénith, qu’une retransmission son défectueuse a transformé en calvaire pour les milliers de téléspectateurs qui étaient au rendez-vous et qui en ont conclu définitivement qu’elle n’était pas à la hauteur. Certains avaient déjà noté qu’après l’emballement du lendemain de sa désignation, comme  pour François Fillon, la découverte du projet a commencé à faire chuter les sondages.

Le projet est en cause. 

Les français ne veulent plus entendre la vérité sur l’état du pays ou ne la comprennent plus.  Qui tomberait amoureux d’une telle potion amère : reculer la retraite à 65 ans quand d’autres proposent le retour à 60 ans, supprimer 200 000 fonctionnaires, promettre une hausse des salaires de 10% sur le quinquennat, une aumône  quand les démagogues dénoncent  les super profits des actionnaires, proposer aux jeunes une banque spécifique pour les aider à démarrer  dans la vie quand d’autres  font miroiter un revenu sans travailler, abolir les droits de  succession qui ne s’adresse qu’à une frange de nantis, nombreuse mais certainement pas  majoritaire. Et que dire de l’autonomie des écoles ou d’une nouvelle étape de décentralisation, notions qui ne correspondent à rien dans la tête du plus grand nombre, abreuvé  de prestations par l’Etat  providence… Les Républicains  ont bien travaillé, mais avec un logiciel hors de notre époque.

Comme l’explique fort bien Erwan Le Noan dans l’Opinion, depuis la fin du siècle passé, trois grands chocs ont renouvelé les dynamiques économiques. Les deux premiers sont au cœur de la dynamique capitaliste de circulation de l’information et ont accéléré les échanges : la mondialisation, permise par la chute de la dictature communiste, et la numérisation, portée par le développement extraordinaire d’Internet. Le troisième est un défi d’autant plus grand qu’il implique des frictions avec l’essence des sociétés démocratiques, donc de marché, que sont la croissance et le mouvement : l’émergence de la priorité environnementale. Ces trois chocs portent en eux des transformations des modèles économiques qui ont bouleversé les organisations sociales. Le projet des Républicains ne les  a pas suffisamment pris en compte. Au long de l’histoire industrielle moderne, des structures d’accompagnement ont émergé pour fluidifier ces changements, transcrivant les mutations économiques dans le champ politique : l’Etat Providence a ainsi déployé ses « filets de sécurité ». Depuis les années quatre-vingt-dix, toutefois, il est à la peine et laisse seuls ceux qui sont les plus affectés par les révolutions économiques. Cet effondrement a pour double effet néfaste de fragiliser le lien social, l’angoisse du déclassement se diffusant, et d’alimenter la guerre de tous contre tous, chacun luttant pour récupérer des miettes de redistribution faute de se voir proposer de nouvelles opportunités. Ainsi se déploient le populisme et l’individualisme. Le « quoi qu’il en coûte » a pansé partiellement les  maux de notre société, mais il n’a pas apporté de vrai remède aux classes moyennes hantées par la peur de l’aspiration vers  le bas et la précarité. Le chemin pour retrouver une société  apaisée risque d’être long.

Les  défis demeurent.

Comment faire pour que notre identité soit préservée, la notion de famille a-t-elle encore un sens, le travail peut-il encore permettre l’accomplissement d’une vie, l’école peut-elle redevenir le vecteur privilégié de l’ascenseur social, la priorité écologique est-elle compatible avec la société libérale de croissance  … ?  Du pain sur la planche pour les législatives.   

En attendant, il faut faire face au second tour de la présidentielle. Si Emmanuel Macron veut que les LR encore disponibles  votent pour lui, il faudrait au moins qu'il fasse quelques gestes en leur direction.  Ils ne viendront pas tout seuls. 

 

 


DIMANCHE VOUS AUREZ L’EMBARRAS DU CHOIX, SAUF SI…

La liberté guidant le  peuple bis

 

Dimanche prochain, ce sera le 1er tour de l’élection présidentielle.

12 candidats couvrant le spectre politique de la France se présentent à vos suffrages. Il y en a pour tous les goûts, pourtant si l’on en croit  les sondeurs seulement 70% du corps électoral se dit certain d’aller voter. Que faut-il de plus  pour attirer  les 30% qui boudent ? Préfèreraient-ils une dictature, un choix restreint comme dans certains pays à parti unique…. ? 

Voilà ce qui arrive quand on veut à tout prix provoquer une recomposition politique.

Emmanuel Macron a tout fait pour faire mourir le clivage droite-gauche et les partis traditionnels, il a réussi avec le PS, il tente toujours de tuer la droite représentée  par Les Républicains, à coup de disruptions en copiant le projet ou en débauchant ceux qui sont  toujours tentés par le  pouvoir. Il a récolté  un autre clivage, celui entre un peuple dégouté et les élites. Résultat, on a eu Zemmour qui a renforcé la droite extrême et Marine le Pen aux portes du pouvoir, avec Jean-Luc Mélenchon qui la talonne. La candidate du RN qui ne cesse de grignoter des voix pour le 1er tour dispose en outre de réserves  importantes pour le second. Une victoire de Marine Le Pen le 24 avril, si elle advenait, serait le stade ultime de la décomposition du système politique. Voilà à quoi peut désormais aboutir le fameux « dépassement » en proposant de substituer au clivage droite/gauche le clivage réformateurs/conservateurs.

Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, les partis extrémistes et protestataires sont majoritaires. Pour la première fois, l’addition des intentions de vote en faveur de l’extrême droite et de l’extrême gauche dépasse les 50%. Europe, économie sociale de marché, frontières, ce qui rassemble les forces politiques qui ont exercé le pouvoir depuis plus de soixante ans n’est plus partagé par la majorité des électeurs. Anti-mondialisation, anticapitalistes, anti-croissance, anti-Bruxelles, anti-immigration, anti-vax,… les « anti » ont gagné du terrain. Sur le papier, ils pourraient l’emporter, mais cette majorité serait purement virtuelle, car ils n’ont rien en commun, si ce n’est la contestation du « système ». Rien, en tout cas, pour gouverner ensemble.

On peut encore éviter au pays de vivre une crise politique sans précédent.

Ceux qui s’apprêtent à aller glisser un bulletin dans l’urne ont encore l’embarras du choix. Mais tout dépend de ce qu’ils attendent  de celui qu’ils aimeraient voir élu.

Si, comme moi, ...

vous voudriez que l’ordre  règne dans la rue, que la justice fasse correctement  son travail, que l’accès au soin soit possible partout en milieu urbain comme en milieu rural, que l’école retrouve son efficacité d’antan quand elle permettait l’ascenseur social grâce au savoir et à l’éducation, que le  travail permette de vivre dignement et que nos anciens puissent jouir d’une pension de retraite digne et suffisante, que les entreprises retrouvent une vraie compétitivité qui leur  permette de servir des salaires justes, que l’on mette fin à l’Etat obèse qui rend nos services publics inefficaces pour un coût exorbitant par  une vraie décentralisation des  pouvoirs, que la course folle de la dette soit arrêtée, que la transition énergétique se fasse  par une écologie de résultats compatible avec la croissance …. Vous pouvez tout changer en votant pour Valérie Pécresse et la droite républicaine raisonnable.

Avec votre bulletin de vote, vous pouvez renverser la table sans provoquer l’aventure pour notre pays. Dimanche prochain, nous pouvons commencer à écrire une nouvelle page en portant Valérie Pécresse au 2ème tour.

 


L’INFARCTUS DEMOCRATIQUE

Fin du monde tintin

 

Le 3 mars dernier, jour de l’officialisation de la candidature d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal avait  affirmé à la face de  la nation que «  la campagne présidentielle aurait bien lieu ». A quelques  jours du scrutin, après la curieuse émission de télévision du 14 mars, dont les conditions avaient été dictées par l’Elysée, et celle de mercredi soir à laquelle le président sortant ne participera pas, il n’est pas  exagéré de dire que le compte n’y est pas. 

Le  débat n’a pas été possible dans des conditions normales.

Dans sa brutalité  sauvage, la guerre possède un  pouvoir hypnotique. Elle vient s’ajouter à deux années de covid qui ont épuisés et sonnés les Français, confrontés  à la hausse des prix, notamment des carburants,  et désormais saisis d’effrois par la peur nucléaire pour les trois quarts d’entre eux selon un sondage du 3 mars. Et de fait les images tournant en boucle des  destructions, des milliers de femmes et d’enfants jetés sur les routes d’Europe, ont rendu inaudible une campagne qui n’avait  même pas  vraiment commencé  un mois avant le 1er tour. Les médias mettent le focus  sur un  président qui se  démène, occupé à  présider la France, à présider l’Europe, discuter et négocier  avec  Poutine, coordonner avec l’Otan notre riposte  à la guerre russe et aider l’Ukraine. Il lui est  resté  bien peu de temps à consacrer à la campagne. D’ailleurs il est encouragé  à cette stratégie par le réflexe légitimiste d’un peuple âgé et frileux dont l’âge médian des votants frôle la soixantaine du fait de l’absentéisme des jeunes et des actifs pauvres. Apeurés  par une guerre omniprésente, déstabilisés par de  sombres perspectives économiques, les Français semblent tentés par  l’union sacrée derrière un président-candidat qui aspire des ralliements divers et variés de gauche et de droite, ce qui contribue un peu plus à brouiller le paysage politique et à étouffer les autres  candidats.

La  nécessaire respiration démocratique du pays est une fois de plus paralysée.

La France, au spectacle de la guerre n’aura débattu ni du bilan du quinquennat, ni de son avenir, ni vraiment des propositions des candidats. Une campagne à nouveau occultée alors que les Français se débattent dans des problèmes très lourds qui  pourraient entraver sa survie en tant que nation libre.  Rappelons-nous  que la crise covid a étouffé au passage la question sociale, avec un gouvernement l’enterrant par la distribution de dizaines de milliards d’euros pour tenir la population à domicile, mais une crise si violente qu’elle a fait trembler la République et terrifié l’Elysée et Matignon au point qu’ils ont  mis fin à leurs velléités réformatrices. Les fureurs protestataires ont disparu pour un temps, mais il n’est  pas besoin  d’être grand  clerc pour voir que le feu couve toujours.

L’espoir de 2017 s’est fracturé sur le mur du réel.

Lourdement endettée, la France est en stagnation économique depuis des années.  Le rebond de 2021  ne doit pas faire illusion, le pouvoir d’achat reste  figé, artificiellement  maintenu par des subsides distribués  à crédit pour les plus pauvres. La situation à venir n’est  pas réjouissante et ne peut que compliquer la situation avec des pénuries, de l’inflation et à la clé une remontée du chômage.  Macron, de maladresses en paroles blessantes, d’erreurs de jugement en gouvernance amateur, de déni en effet d’annonce s’est montré incapable de réformer la France. Il n’a fait qu’accroître son mal. Jusqu’au scandale final de ses relations plus que suspectes avec McKinsey, qui fait l’objet d’une enquête  préliminaire du PNF. Mais à ce jour, si Macron repassait ce ne serait pas sur son bilan calamiteux. Il aura été sauvé par la guerre aux portes de l’Europe et il se trouvera peut-être assez d’électeurs ayant bénéficié de la générosité présidentielle pour le remercier.

L’infarctus démocratique.

Quelle sera la part, cette fois-ci des abstentionnistes ? Il semble que ceux-ci s’annoncent nombreux. Et voilà que s’annonce le duel dont les Français, massivement, ne veulent pas,  entre Macron et Le Pen. Un remake qui pourrait profiter, cette fois-ci, à la patronne du RN. Abstentions massives plus Le Pen en position de l’emporter : l’infarctus démocratique n’est donc pas exclu.

Sauf si un sursaut moral et national se manifeste le 10 Avril, désavouant tous les sondages. Ceux qui s’apprêtent à voter Macron et à prolonger l’avachissement de la France finiront-ils par voter Pécresse et engager son redressement ?

 


UNE LECON DE TENACITE !

Pécresse paris

 

Elle a dit qu’elle ferait campagne jusqu’au bout et elle tient parole.

Contre vents et  marées, il faut bien le  dire.  Rien ne lui a  été épargné, pas même le virus.  Et pourtant, inlassablement elle parcourt plateaux télés et France profonde, inlassablement,  déroulant son projet qui est le  seul à être complet et rigoureusement financé sur  les  bases connues  et actuelles du paysage politico-économique.  Peut-elle encore  créer la surprise quand les  sondages la  placent maintenant entre 9 et 11%.  Michel Barnier le pense,  Xavier Bertrand y croit, Eric Ciotti  n’en démord  pas, Philippe Juvin confirme… L’adage nous dit que les batailles perdues sont celles qui n’ont pas été livrées !

Mais comment se fait-il que Valérie Pécresse n’ait  pas réussi à s’affirmer, quand une Marine  Le Pen, qui s’autoproclame femme d’Etat avec un  programme pour le moins fantaisiste dès qu’il sort de  l’orthodoxie de  l’extrême-droite, semble camper  sur un score possible 20% et alors  que le Monsieur Z aurait dû mordre largement  sur son espace politique ?  Le candidat Zemmour  est planté autour de 10%, malgré son rassemblement du Trocadéro, et il peut  dire merci aux  « Sens communs » qui  ont déserté  la droite classique : pour lui aussi les sondages semblent l’éloigner de l’objectif de figurer au second tour. Pendant ce temps Jean-Luc Mélenchon qui sait  à merveille  exploiter son talent de tribun continue de  progresser sur les décombres  d’une gauche qui n’en finit pas de  mourir et des écologistes qui  ne se remettent pas de leur concours d’élégances radicales qui a constitué leur « primaire ». 

Quel tableau !

Mais tout cela a-t-il beaucoup de valeur quand on sait que toutes ces études d’opinions présentent un taux effarant de Français qui ne se prononcent pas, ce  qui peut, comme aux élections précédentes, régionales et municipales,  déboucher sur des résultats  totalement différents. Cette inondation quotidienne  de pourcentages largement médiatisée n’est-elle pas néfaste au bon fonctionnement démocratique ? Quel crédit leur accorder quand  on sait les attaches  financières et la ligne éditoriale qui en découle de tel ou tel média avec tel ou tel… 

Ce qui est réel, par contre, c’est la place prise par l’invasion  de l’Ukraine dans la tête de nos concitoyens. La politique avait déjà  mauvaise presse. Elle est  encore moins audible. Excepté le prix de l’essence  à la pompe, donc le pouvoir d’achat, vouloir parler de la nécessité de réduire le nombre des fonctionnaires, refonder notre  système éducatif ou encore décentraliser l’Etat, n’intéresse personne et paraît bien abstrait quand la  perspective d’une guerre frappe à la porte.  Un seul peut  en tirer parti, le  Président sortant qui se trouve exposé et en qui les plus inquiets placent  leur  espoir de le voir protéger la France du pire, pouvoir qu’il n’a malheureusement pas, en plus, avec une gauche en ruine, il peut faire campagne à droite, sans complexes ni vergogne,  empiétant sur l’espace  de Pécresse, continuant ce jeu dangereux qui consiste à vider l’espace entre lui et les extrêmes.  Et sa cote varie en jouant aux montagnes russes.  C’est que  la France, au spectacle de la guerre en Ukraine n’aura débattu ni du bilan, ni de son avenir, ni vraiment des propositions  des candidats. 

Une chose est certaine : nos concitoyens, interrogés dans la rue  sont sous-informés sur les propositions des candidats. Qui a entendu Nicolas Doze  sur BFMTV faire l’analyse du projet de Valérie Pécresse ? On ne peut le soupçonner de favoritisme quand il affirme que c’est le plus complet, le  plus sérieux et le mieux financé :  son point de vue est documenté.  Une personne interrogée  sur  une chaine de grande écoute affirme qu’aucun candidat ne s’intéresse au monde rural et à la désertification médicale… Et tout  est à l’avenant. Et pour être allé sur le terrain, on peut  mesurer l’agressivité  des gens rencontrés dès qu’on aborde  le sujet  politique, preuve que  l’élection est mal partie, signe d’une angoisse profonde. La guerre, par la peur qu’elle engendre, gèle le débat politique, qui a besoin de sérénité pour  s’installer. Car au regard des maux effroyables dont nos yeux sont témoins, causés par une invasion,  les maux  dont souffre notre pays semblent soudain relatifs. Ils n’en demeurent pas moins très graves et les mettre sous le boisseau ne rendra le réveil des Français que  plus douloureux.

Voilà pourquoi Valérie Pécresse va se battre jusqu’au bout, admirable  de courage, de pugnacité et de détermination.  En meeting à la porte de Versailles, se présentant comme la seule légataire de la droite face aux « faussaires », elle a répété que le président-candidat « ne porte pas une politique de droite ». Elle en a profité pour à nouveau mettre l'accent sur les grands axes de sa campagne : le régalien avec une grande fermeté, sur la sécurité et le pouvoir d'achat avec 10% de hausse des salaires sur le quinquennat. Elle se battra  jusqu’à la dernière minute parce qu’à force de volonté on peut renverser des montagnes ! Parce que notre modèle démocratique le vaut bien !

Oui, On peut encore  éviter le sinistre affrontement Macron-Le Pen : avec vos bulletins de vote !

 

 


ON SAIT OU PASSE LE POGNON !

Beurre

 

Macron est un saint ! Circulez, il  n’y a rien à  voir et si vous osez lui demander quelques comptes sur ses agissements ou sur ses décisions, c’est que vous avez un très mauvais esprit et que vous sombrez dans les plus sordides arguties politiciennes. Et pourtant, après Alstom, Benalla, voici McKinsey.  Désolé de décevoir les macronistes outragés, mais cette affaire contient tous les ingrédients d’un scandale d’Etat : collusion d’intérêts, dilapidation de l’argent public,  communication de données stratégiques à un cabinet privé étranger, et cerise sur le gâteau optimisation fiscale complaisante.

Le Sénat a encore fait des siennes.

Selon la macronie, le voilà transformé en officine chargée de discréditer le président de la  République par la fabrication d’allégations mensongères.  Et voici Gérard Larcher devenu le diable   animé par la panique … Tragique inversion des rôles à la manière poutinienne. La Haute Assemblée ne fait que son travail de contrôle parlementaire et heureusement qu’elle est là, puisque l’Assemblée Nationale est transformée en paillasson par la grâce de son groupe majoritaire. Ceux qui connaissent le président du Sénat savent  quelle haute idée il se fait de sa fonction et de la séparation des pouvoirs. Le premier souci qui ressort de ce rapport sénatorial, rendu public le 17 mars, concerne la place qu'ont pris les cabinets de conseil dans la fabrique des politiques publiques. Ainsi, les sénateurs expliquent que « le recours aux consultants constitue aujourd'hui un réflexe », ces cabinets étant pour les sages « au cœur des politiques publiques ». À tel point que les parlementaires évoquent une situation de « dépendance » de l'Etat envers ces cabinets. Dans leur rapport, les sénateurs mettent également en avant l'explosion des dépenses liées au conseil dans les différents ministères. En 2021, le gouvernement Castex a ainsi dépensé la somme de 893,9 millions d'euros contre 379,1 millions en 2018, plus du double. Ce qui pose question : mais à quoi sert donc notre  haute fonction publique si elle n’a pas en son sein les compétences pour mener  à bien toutes ces études ?  A quoi sert-il d’avoir un million de fonctionnaires en trop par rapport à nos voisins européens, en proportion de leur population ?

Mckinsey dans le collimateur.

Parmi ces cabinets figure McKinsey, une entreprise américaine qui possède plusieurs filiales en France, dont les deux principales « McKinsey & Company Inc. France et McKinsey & Company SAS ». Ces dernières ont été sollicitées par l’Etat pour différentes missions de conseil, notamment sur la réforme des APL, la réforme des retraites ou plus récemment sur la gestion du coronavirus. Pendant la crise sanitaire, le gouvernement aurait dépensé plus de 12 millions d’euros pour s’offrir les conseils de McKinsey sur la campagne de vaccination, affirment les sénateurs.

On peut déjà voir dans ce choix une collusion d’intérêts.

En effet, ce même cabinet aurait participé « gracieusement » à  l’élaboration du programme d’Emmanuel Macron  en 2017, en collaboration avec l’institut Montaigne. De là à voir dans les nombreux dossiers qui lui ont été confiés, un  possible « renvoi d’ascenseur »… Ce qui expliquerait aussi la myopie du fisc, habituellement plus sourcilleux sur le paiement des impôts. Le cabinet McKinsey est bien assujetti à l'impôt sur les sociétés en France mais ses versements s'établissent à zéro euro depuis au moins dix ans, alors que son chiffre d'affaires sur le territoire national atteint 329 millions d'euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public, et qu'il y emploie environ 600 salariés. D'autant que la maison mère se trouve au Delawere, considéré par l'OCDE et l'article 238-A de notre Code des impôts comme disposant d'un « régime fiscal privilégié »propre à focaliser l'attention française. « Toute société transférant de l'argent » dans ces lieux doit « prouver que sa transaction n'est ni anormale ni exagérée » et qu'à défaut, « elle est passible d'une retenue à la source en France de 33% ». Les « redevances très élevées que McKinsey France verse à la maison mère » auraient dû alerter la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Ces redevances, également appelées « prix de transfert » sont en principe, strictement contrôlées par la DGFiP. Or ici, ni « accord préalable de la DGFiP », ni « document de synthèse de quatre pages » expliquant comment la société effectue ses calculs, comme c'est pourtant exigé. Rien de tout ça n'a été fait. 

Certaines études ont utilisé des données stratégiques.

Les thématiques sur lesquelles le gouvernement a fait appel à McKinsey sont extrêmement variées. Des contrats posent question sur leur pertinence et leur utilité peut être contestée. Celle sur la gestion de la campagne vaccinale contre le Covid pour 12,33 millions d'euros a forcément  entraîné la communication de nos données de santé qui ont un intérêt stratégique. C’est d’autant  plus choquant que  le cabinet est un organisme privé à but lucratif  et que ces données peuvent être revendues, si elles ne l’ont pas déjà été. On peut facilement  imaginer  l’usage qui  peut en être fait.   Quant à la gestion de  la  campagne vaccinale, les Français peuvent juger de l’efficacité des conseils qui ont  pu être donnés au gouvernement. Cela fait cher payé la pagaille  qu’on a vécu. C’est surtout une grave faute politique.

L’étude la plus immorale et la plus choquante.

La réforme du mode de calcul des APL a coût 3,88 millions d'euros pour aboutir à ce résultat que je qualifierai de débile : la  baisse de 5€ pour les étudiants. Pendant qu’on serre la vis à ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent, d’autres se gavent à 2 000 ou 3 000€ par jour ! Immoral et choquant.

On oubliera de parler de l'organisation d'un colloque international commandé par l'Education nationale (496 800 euros) qui a finalement été annulé à cause du Covid. Mais qui a été payé, évidemment. Et puis ce rapport en vue de préparer la réforme des retraites qui avait également été réalisé, pour 950 000 euros, alors que cette dernière a été reportée. On sait pourquoi,  maintenant, personne n’y comprenait rien !

Emmanuel Macron a répondu vivement aux accusations selon lesquelles son gouvernement a utilisé trop souvent des cabinets conseils à un prix élevé. Il a affirmé que la contribution de ces cabinets, tous triés sur appels d’offres, donc en concurrence, était moins fréquente que lors des mandats précédents. On comprend  qu’il soit agacé, mais les faits disent le contraire  et les documents  sont là  qui le prouvent. Oui, l’affaire McKinsey est un scandale qui intéresse les Français, car  c’est d’argent  public qu’il s’agit ! Et on voit bien de quel côté est  le mensonge.

 


APPEL A VOTER PECRESSE

Cinquième République

 

On y est, la campagne officielle est lancée. Douze prétendants se  pressent sur la ligne de départ, tous y croient,  mais  leurs chances sont très inégales. 

D’abord il y a les  inamovibles d’extrême gauche,  Arthaud et  Poutou  qui sont là surtout pour témoigner.  Il  y a  longtemps que  en dehors de  quelques endoctrinés, les Français n’écoutent plus leurs balivernes du 19ème siècle. Le nouveau venu  qui  réussit son entrée dans la  compétition, c’est  Fabien Roussel, le  communiste, personnage empathique, plein d’allant, bien que la tâche soit titanesque pour des idées qui n’ont plus cours. Il y a aussi l’inamovible  de  la droite de la droite, Dupont-Aignan qui ne comprend toujours pas qu’il ne fait qu’affaiblir son camp. Pour clore le club  des  « petits » que les sondages cantonnent à moins de 5%, on trouve la  candidate du PS, Anne Hidalgo  dont l’essentiel de l’électorat est parti chez Macron, et le rocailleux Jean Lasalle enfoui dans sa  France profonde, tellement  profonde qu’il  n’arrive pas à en émerger.

Vient ensuite Yannick Jadot pour les Verts. Il a exclu de sa campagne la féministe extrémiste Sandrine Rousseau qui plombait son élan, mais le mal est fait. On a connu les écolos en meilleure forme. Le peloton de tête doit vivre avec  un électorat agité de mouvements incertains et fluctuants. On note  la montée régulière de Jean-Luc Mélenchon qui voudrait bien nous refaire le coup de 2017 ; son talent de tribun réussit à accoler à ses insoumis des orphelins de la gauche et des jeunes attirés comme des  papillons par la lumière d’un réverbère.

A contrario, Eric Zemmour ne semble pas retrouver le souffle qui avait marqué son entrée en campagne. Il faut dire qu’il a accumulé bévues  et  énormités, et ses sympathies poutiniennes, mêmes reniées, lui coûtent cher. Il ne tardera pas à découvrir, comme d’autres naguère, que les grandes foules ne font pas les urnes pleines. En plus il a raté sa manœuvre : au lieu de déstabiliser Marine Le Pen, il lui sert de repoussoir si bien qu’elle passe pour modérée, filon qu’elle exploite habilement ce qui lui permet de garder une position pour le moins inespérée.  

Quant à Macron, il est fidèle à lui-même ; il s’est enfin décidé à faire campagne, enfonçant les portes ouvertes, piochant ici ou là dans le programme des autres au gré de la démagogie électorale, accumulant les promesses dont on sait, plus que jamais avec lui, qu’elles n’engagent que ceux qui les écoutent. La crise ukrainienne lui offre une opportunité inespérée d’apparaître comme le rempart qui protège les Français et reconnaissons lui son talent de communicant pour en tirer le meilleur parti. Mais son bilan ne plaide guère pour lui et ses postures droitières  ne doivent pas faire illusion.

Reste  le cas de Valérie Pécresse. Certes, elle a raté son zénith, mais depuis elle n’a enchaîné que des bonnes prestations. Elle fait une campagne énergique, elle a le meilleur programme de loin, complet et financé. Il lui manque un coup de pied au cul à son électorat qui se disperse  avec une prédisposition évidente à être cocufié. Alors je vais faire  appel à celui qui reste son principal inspirateur, puisque le Nicolas reste muet.

« Françaises, Français, c’est moi, le grand Charles qui vous parle de là-haut ! Je reviens vers toi, cher et vieux pays,  il faut bien que je me dévoue puisque celui qui devrait se remuer semble manquer de courage. Le 10 avril,  le destin de la France se jouera  et  votre vote sera décisif.  Il importe que la  candidate qui porte  nos idées de toujours soit  mise en position de l’emporter. C’est elle qui montre le chemin, celui du rassemblement du peuple français, c’est celui d’une France généreuse et ouverte mais ferme sur son identité et ses principes, c’est  celui du rétablissement d’un Etat régalien, respecté et  juste,  c’est celui de l’effort pour le redressement de notre économie et de nos finances, c’est le chemin de la France, de la seule France qui vaille, de la vraie France ! »

Vous m’avez compris !

 


TRISTE BILAN (4) La démocratie en panne

Elysée

 

Notre démocratie ne va pas bien, et le principal symptôme du mal qui la ronge, c’est la progression du taux d’abstention qui ne fait que traduire le désintérêt d’un grand nombre de nos concitoyens pour l’acte essentiel qui la fonde, le vote. Jusque-là, l’élection présidentielle était restée relativement préservée. La désignation du chef de l’Etat permettait de rassembler des suffrages en nombre suffisamment significatif. Mais cette fois-ci, toutes les conditions semblent réunies pour dégoûter ceux de nos concitoyens qui restaient encore attachés à la possibilité d’exprimer leur choix par un bulletin déposé dans une urne.

Jupiter et la verticalité.

Certains attendaient beaucoup du président sortant. Sa jeunesse, sa volonté de renouveler le fonctionnement de notre démocratie par un dépassement des clivages traditionnels avaient suscité de l’engouement dans quelques strates de notre société. Aussi le désenchantement n’a pas tardé à se faire sentir devant la verticalité d’un pouvoir qui s’est voulu d’emblée jupitérien, transformant une majorité élue à l’Assemblée nationale en rassemblement d’ilotes et renforçant les prérogatives d’une caste technocratique qui n’en demandait pas tant. Se sont ajoutées des maladresses liées à l’inexpérience de l’exercice du pouvoir et la méconnaissance des rouages de transmission souvent pris pour du mépris par les collectivités territoriales et les syndicats, des propos peu amènes à l’adresse du peuple qualifié « d’ignorants », de « gaulois réfractaires », de « gens qui ne sont rien »… Le tout accompagné par des affaires le touchant  des ministres et l’une lui-même de près sans qu’il en prenne tout de suite le caractère indécent, avec le cas de M. Benalla : « qu’ils viennent me chercher ! » avait-il proclamé devant ses députés réunis en hâte.

Le « en même temps ».

L’autre ingrédient qui a provoqué trouble et désamour aura été la doctrine dite du « en même temps » qui manifestement a conduit à la paralysie plus qu’elle n’a produit l’élan que le peuple attendait. On s’aperçut rapidement que le clivage droite-gauche n’avait pas disparu  et même qu’il s’exprimait au sein d’un groupe où le malaise s’installa, au point que des députés firent sécession en nombre suffisant pour fonder des groupes distincts, refusant de marcher au pas au sein de Lrem et revendiquant une autonomie de décision. Emmanuel Macron n’a pas compris l’équilibre de nos institutions, n’a pas saisi le rôle complémentaire au pouvoir central que jouent les collectivités,  n’a pas vu que le Sénat pouvait constituer un puissant contre-pouvoir qui l’a obligé à renoncer à la limitation du droit d’amendements. Celui qui voulait faire respirer la vie politique a renoncé à diminuer de 30% le nombre des parlementaires, un vrai faux problème quand on connait le coût basique de nos assemblées (5€ par an par habitant pour le Sénat), et la « participation citoyenne » qu’il voulait favoriser a débouché sur une « commission climat » à la légitimité douteuse dont les conclusions se sont avérées inapplicables pour la plupart. Le grand chantier institutionnel n’a jamais abouti, interrompu par l’affaire Benalla, puis par la crise des « gilets jaunes » et le « grand débat » dont les cahiers de doléances ont d’ailleurs été soigneusement enterrés, et enfin la pandémie du covid. De la même façon, l’instauration de la « proportionnelle » chère à François Bayrou n’a jamais pu voir le jour, et c’est tant mieux, même si une réflexion doit continuer à être menée sur ce sujet. La « société de l’abstention » ne pouvait pas trouver dans cette gouvernance matière à adhésion à la vie démocratique.

Le débauchage.

La volonté d’affaiblir les partis politiques traditionnels pour faire table rase de « l’ancien monde », alors que ceux-ci ont un tissu d’élus à travers tout le territoire propre à irriguer la vie démocratique, s’est traduite par la pratique du débauchage.  Ce pouvoir au visage de Janus, tantôt de droite, tantôt de gauche, dont on cherche vainement la ligne directrice autre que celle de l’opportunisme, s’est appliqué à séduire des personnalités aussi bien chez les gens de gauche que chez ceux de droite. Ainsi on a vu une partie du centre droit se constituer en appoint « constructif » à la majorité, on a vu Edouard Philippe constituer son propre parti en restant dans un soutien à l’Elysée suffisamment ambigu au cas où, on a vu récemment Marisol Touraine et Elisabeth Guigou venir faire allégeance « en même temps » qu’un Eric Woerth qui pourtant n’avait pas eu de mots assez durs pour condamner celui qui avait cramé la caisse ! Quoi de commun entre une ancienne ministre de la santé représentant une gauche sectaire inflexible avec un libéral attaché à l’orthodoxie financière des comptes publics ? La Majorité macroniste devient une « auberge espagnole ».  Par contre, je constate que ces comportements dégoûtent un peu plus les électeurs qui y voient davantage la recherche de la satisfaction d’intérêts personnels que le souci de défendre des convictions et le celui de l’intérêt général. La confusion qui en découle n’est pas bonne pour la démocratie qui a besoin de clarté pour permettre des choix « éclairés » !

L’enjambement de l’élection.

La cerise sur le gâteau est fournie par la présidence française de l’Union européenne et la guerre en Ukraine. Reconnaissons à Emmanuel Macron le talent pour profiter des opportunités. Comme tous les sortants, il n’a pas envie de faire campagne sur son bilan, d’autant plus que celui-ci est mauvais à bien des égards. La situation internationale et les obligations qu’elle lui impose lui évitent donc de s’appesantir dessus. Mais pis, il essaie de se dispenser de faire campagne, limitant au maximum ses interventions, les événements lui offrant une stature qui lui permet de dominer la compétition. La confrontation est donc minimale et cela ne peut que lui profiter, d’autant plus que les bruits de bottes couvrent largement le brouhaha des onze autres candidats devenus complètement inaudibles. L’anxiété qui a gagné les Français font qu’ils ont la tête ailleurs. Emmanuel Macron compte se faire réélire à moindres frais. Mais ensuite ?  Qu&nd les urnes sont boudées, souvent c’est la rue qui parle !

La démocratie, pire régime…

… à l’exclusion de tous les autres ! Si le régime représentatif  semble escamoter le visage social et politique du pays, si nos concitoyens sont désabusés, c’est en partie à cause des pratiques dénoncées ci-dessus. C’est aussi  la fatigue, l’habitude, la croyance en son éternité, la colère aussi, qui nous portent à n’en voir que les limites. Aucun modèle démocratique représentatif n’est parfait. Pourtant si on veut bien y regarder d’un peu plus près, le sentiment de trahison par les élites qui sous couvert de souveraineté du peuple  gouverneraient pour le compte d’une aristocratie qui se « gaverait », est en réalité essentiellement alimenté par ceux qui veulent l’abattre et admirent par ailleurs des régimes autoritaires où les libertés fondamentales sont bafouées. Quoi qu’on en pense, notre démocratie tient bon, et si Macron est parfois ressenti comme un « dictateur », cette outrance tomberait d’elle-même par la seule vertu de nos bulletins de vote qu’il suffit de glisser dans une urne. Quoi qu’on en pense, notre démocratie tient bon. Ne nous comportons pas comme des enfants gâtés aveugles à la chance qui est la nôtre. Au lieu de nous contenter des comportements de consommateurs critiques du résultat d’élections qu’on a boudées, mais toujours prêts à demander un passe-droit ou à profiter d’une prestation, ne serait-il pas plus efficace de nous intéresser aux programmes des candidats, car ils en ont, car ils ont des convictions, car ils ont des projets, car ils réfléchissent et travaillent à trouver des solutions… La démocratie exige un effort de chaque citoyen. La guerre en Ukraine nous permet de voir mieux, si on veut bien, ce qu’apportent de précieuses garanties notre vieille démocratie bien ancrée dans ses fondamentaux : vraie élection, pluralisme effectif, procédures loyales que les citoyens peuvent surveiller. Bien des peuples, même en Europe, voudraient être à notre place !

Ce quinquennat a mis la démocratie un peu plus en panne. Il ne tient qu’à nous qu’elle redémarre ! En votant pour Pécresse, par exemple...

 

 


TRISTE BILAN (3) Le délitement de l’économie

Récession

Les  quelques corrections apportées au cours du quinquennat, notamment en matière d’imposition des entreprises, avec la mise en place de la flat taxe à 30% sur les revenus du capital, la pérennisation du CICE, la baisse de l’impôt sur les sociétés de 33% à 25%, diminution de 10 milliards sur les impôts de production, n’empêchent pas la France de rester la championne des taxes et des  prélèvements. Si pour notre économie, ces allègements ont été les bienvenus, ils  n’ont pas  permis d’inverser la  tendance au déclassement, face  à  la concurrence  mondiale et même de nos partenaires européens.

Le poids des deux dettes.

Tout le monde connait le montant de la dette qui frise désormais les 3 000 milliards d’euros, mais  à l’inverse, l’endettement extérieur de la France n’est jamais évoqué, même quand on annonce le déficit commercial historique à 85 milliards d’euros. Peut-être parce que le  pays est dans le rouge depuis près de vingt ans, à force d’importer  plus qu’il n’exporte et de vivre à crédit. Pour la banque de France, la « position extérieure » de la France affichait un solde négatif de près de 700 milliards d’euros à la fin de 2020. La totalité des créances de la maison France, de tous ses résidents, ne couvre pas ses engagements vis-à-vis de l’étranger. C’est un record historique absolu, 30,2% du PIB. Ce trou énorme s’explique par trois mouvements de fond : les déficits successifs annuels des paiements  courants, les déficits publics dont la bonne moitié est financée par des non-résidents,  et aussi par les effets de la mondialisation accélérée de notre économie ce qui se traduit par des investissements transfrontaliers massifs, réels et financiers, dans les deux sens.  Mais là encore, si nous engrangeons 476 milliards d’euros, nous sommes débiteurs nets de 976 milliards. Voilà des déficits jumeaux, finances publiques et échanges extérieurs, qui ont pour conséquence un endettement dans les deux registres interne et externe. A titre de comparaison, la position extérieure nette de l'Allemagne à la fin décembre 2020 est créditrice de 2 077 milliards d'euros !... 

La France toujours championne d’Europe.

Malgré les efforts accomplis sous le quinquennat, la France reste la championne d’Europe des impôts sur les entreprises. Les impôts de production pèsent encore 120 milliards contre 27 milliards en Allemagne, selon l’Institut Montaigne. Cela explique que la réindustrialisation est plus dans les discours que dans la réalité, alors que l’importance du sujet de la fiscalité semble encore sous-estimée par la plupart des candidats à l’élection. Pourtant, une baisse de ces impôts constitue  l’une des principales solutions pour restaurer les gains de compétitivité nécessaires au renforcement de l’industrie française.

La compétitivité en berne.

Dernièrement, j’expliquais que « la ­solide croissance économique ­française »  enregistrée l'année dernière était bâtie sur du ­sable. Le dernier rapport de Rexecode en apporte la confirmation : creusement du solde des échanges de biens et services au sein de la zone euro, dégradation des parts de marché à l'export, attrition du nombre des entreprises indus­trielles en France…  Voilà autant d’indicateurs qui viennent contredire les discours triomphants sur l’attractivité de notre pays. Par définition, la compétitivité d'un pays ne se mesure pas dans l'absolu. Elle est toujours relative à celle de ses partenaires. Et les gains de compétitivité sont un jeu à somme nulle. Autrement dit, de bons résultats obtenus sur le sol national se transforment en gains uniquement si les autres pays font moins bien. Or, durant ces deux dernières années marquées par la pandémie, la compétitivité française semble s'être effondrée vis-à-vis de ses pairs. Ainsi le dramatique creusement de notre déficit commercial ne s'explique pas ­uniquement par l'envolée des ­importations. La part des exportations françaises dans les ­exportations mondiales, qui se maintenait légèrement au-dessus de 3 % de 2012 à 2019, a en effet décroché à 2,7 % en 2021. Le mouvement est encore plus ­flagrant au sein de la zone euro au sein de laquelle les exportations françaises de biens représentent désormais moins de 13 % du total. La baisse des exportations ­concerne toutes les catégories de biens et services et la part de la valeur ajoutée de l'industrie ­manufacturière hexagonale dans celle de la zone euro n'a cessé de reculer au bénéfice ­notamment de l'Allemagne. Elle est passée de 17,9 % en 2000 à 14,7 % en 2019 puis 13,9 % en 2021. Il faut donc  absolument poursuivre les efforts sur le terrain de la compétitivité-coût, en baissant en priorité à nouveau les impôts de production. Malgré une ­première baisse en 2021 de 10 milliards d'euros, ces impôts demeurent plus élevés d'une trentaine de milliards que la moyenne de la zone euro. 

Le défi de la réindustrialisation et de la transition énergétique.

On ne peut pas réindustrialiser la France tout en baissant notre production de CO2. La France est déjà plus que bonne élève grâce au nucléaire, avec quatre tonnes de CO2 par habitant (quand l’Allemagne est à 6,6 tonnes). Rien que depuis le «Grenelle de l’environnement» de 2008, près d’une douzaine de lois ont été adoptées contribuant à réglementer bon nombre d’activités : agriculture, transports, construction, commerce, santé, aviation, recherche, etc. On ne peut pas préserver le pouvoir d’achat des Français en augmentant la fiscalité carbone, qui frappe les carburants, le chauffage au gaz ou au fioul, alors que les alternatives ne sont pas possibles partout sur le territoire (transports en commun) ou ne sont pas bon marché (véhicules électriques). Déjà, la fiscalité environnementale a bondi en dix ans de 39 milliards d’euros par an à 60 milliards d’euros. Et nous sommes le seul pays qui fait payer de la TVA sur les taxes, une aberration qui coûte aux Français environ 10 milliards d’euros de trop par an.

On ne peut  pas appeler de ses vœux le retour des usines dans notre pays tout en maintenant des normes environnementales surabondantes (sur l’hydrogène notamment) qui rendent très difficile leur ouverture : la lourdeur des procédures d’instruction des projets industriels prend neuf mois pour les seules procédures environnementales, outre les procédures en matière d’urbanisme ou d’archéologie. Alors que nous allons vers une électrification massive de notre économie qui va induire la nécessité de produire 60% d’électricité de plus qu’aujourd’hui, la politique énergétique de la France a été mise en danger. La montée en charge des énergies renouvelables a entraîné des surcoûts liés à l’intermittence et à l’équilibrage du réseau alors que la hausse des taxes (la fameuse taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité, TICFE) et la flambée des prix du gaz ont aggravé la situation. Et la déstabilisation s’est poursuivie avec la fermeture de Fessenheim.

La transformation de notre économie pour parvenir à un horizon décarboné en 2050 demandera des investissements massifs. Les investissements, publics et privés, nécessaires ont été estimés par l’Institut de l’économie pour le climat à 44,7 milliards d’euros, soit 1,8% du PIB. Il faut ajouter les investissements liés aux surcoûts imposés par les nouvelles réglementations (à terme, près de 100 milliards d’euros par an, soit 4% du PIB). Sans compter avec l’inflation que cette  transition écologique génèrera forcément. Dans un pays qui tutoie déjà les sommets en matière de dépense publique avec plus de 59 % de dépenses publiques par rapport au PIB en 2021, et de fiscalité, dont les entreprises sont endettées comme jamais, nous ne pourrons pas assumer plus de normes, plus de taxes, plus d’inflation des prix de l’énergie. Au contraire, il faudra simplifier, alléger, dans tous les domaines. Pendant les dix dernières années, beaucoup de temps a été perdu.

Comme on le voit, le  « dur » est devant nous.  Le  « en même temps » n’est plus de mise. Il n’y a guère que le projet de Valérie Pécresse qui propose un chemin courageux mais réaliste  pour y faire face.