HISTOIRE

FACE A UNE GUERRE SAINTE

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La philosophe Sylviane Agacinski est une voix singulière dans le paysage intellectuel français. Elle sait aller à la racine des sujets qu’elle traite avec le souci permanent de l’honnêteté intellectuelle. Dans son dernier livre « Face à une guerre sainte »,  la philosophe aborde un sujet, sur lequel elle avait toujours eu des positions discrètes: la question de l’islam.

Deux attachements vitaux.

Dans ce livre aux accents personnels, elle confesse deux attachements vitaux. D’abord son « attachement à la France et son angoisse de la voir déchirée». Fils d’un père polonais arrivé en France pour être boiseur dans les mines, celui-ci est tombé amoureux de la langue française grâce à l’école communale : « Il a échangé les rois de Pologne pour les rois de France», confesse-t-elle joliment, exprimant son admiration pour ce modèle d’intégration dont elle est l’héritière. « Je n’ai pas souvenir qu’on nous ait fait réciter nos ancêtres les Gaulois, mais cette formule n’est pas si sotte si on veut bien considérer que la référence à des ancêtres communs prend un sens ici éminemment symbolique. ». Son deuxième attachement est son souci de la liberté des femmes et de leur égalité avec les hommes, souci féministe qu’elle voit menacé par l’islamisme et l’assujettissement de la femme qu’il porte comme un projet politico-religieux, un véritable patriarcat que beaucoup ne veulent pas voir. Sylviane Agacinki avoue sa propre évolution sur le sujet. En 1989, lors de l’affaire du voile de Creil, première grande polémique nationale sur le sujet, elle ne faisait pas partie de ces intellectuels qui, comme Élisabeth Badinter, Régis Debray ou Alain Finkielkraut, dénonçaient un « Munich de l’école républicaine ». Elle a d’abord pensé que « l’impératif majeur était l’instruction de quelques filles rebelles ». Mais elle a fini par se rendre à l’évidence, et reconnaît que la prescription du foulard était l’effet direct de la pression des mouvements islamistes et n’hésite pas à affirmer aujourd’hui : « Le voile devrait être considéré en tout premier lieu comme un emblème politique ».

L’Islamophobie.

Elle analyse ensuite l’instrumentalisation de l’islamophobie par les islamistes. Elle relève comment ces derniers utilisent la CEDH, Cour européenne des droits de l’homme, pour justifier le voilement au nom de la liberté individuelle, prônant une forme de « liberté de se soumettre », ce qu’elle appelle le paradoxe de Martine, du nom de l’héroïne de Molière qui dans Le Médecin malgré lui s’exclame : « Et s’il me plaît d’être battue ? ». Mais on est loin du comique de Molière. Elle dénonce les féministes occidentales, qui, telle Christine Delphy, se font complices de cette exploitation stratégique des droits de l’homme par le prosélytisme islamiste, par un retournement rhétorique par lequel l’abolition d’une pratique essentiellement sexiste qui sépare et discerne les femmes se trouve transformée en acte de discrimination et d’exclusion.

L’école républicaine.

Elle se veut aussi inflexible sur la défense de l’école républicaine. Défenseuse de la laïcité, Sylviane Agacinski ne s’enferre pas pour autant dans le laïcardisme, n’ayant pas de mépris pour le fait religieux. Mais elle se refuse à céder à la mode, inspirée de penseurs anglo-saxons, appuyant l’exclusion d’une culture commune au profit d’une « constellation post-nationale ». Examinant l’alternative entre assimilation et intégration, sa conviction est qu’il lui paraît impossible de déchirer ce qui lie la communauté politique à la communauté culturelle, c’est-à-dire la nation historique. 

Quel universalisme ?

Et elle en vient à examiner le principe d’universalisme, autre totem porté par la France. Contrairement au think tank Terra Nova, fervent défenseur des « minorités » plus que des salariés et partisan de la discrimination positive, Sylviane Agacinski défend l’« universalisme ». Mais de la même manière qu’on ne peut pas séparer l’âme du corps, on ne peut pas promouvoir un universalisme abstrait, désincarné, aussi froid que les murailles du Panthéon, constatant que « Les communautés humaines ne sont ni purement spirituelles, ni purement rationnelles». De même, elle est sévère avec l’« universalisme utopique et désincarné » de Jürgen Habermas, qui participe selon elle de « l’évidement de la nation comme entité historique ».

Par ce livre, Sylviane Agacinski s’inscrit dans le sillage d’un mouvement profond de l’intelligentsia française, qui a vu progressivement une partie de la gauche se réveiller face aux mirages du multiculturalisme. Avant elle, Alain Finkielkraut, Jacques Julliard, Pascal Bruckner furent traités de réactionnaires pour avoir ouvert les yeux. Sa réflexion nous propose de redécouvrir la définition d'un certain nombre de principes et de valeurs qui fondent notre République, dans leur confrontation à une réalité parfois hostile. 

Le retour du religieux sous la forme de la guerre sainte islamiste était inattendu pour des intellectuels européens. Elle nous oblige à définir qui nous sommes. Sylviane Agacinski s’attelle à la tâche avec brio.

FACE A UNE GUERRE SAINTE, Sylviane Agacinski, Editions du Seuil


LE POISON DU BREXIT

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Depuis le  Brexit, rien ne va plus pour le Royaume-Uni.

La  Grande Bretagne s’enfonce  dans la récession et la pauvreté à  l’ombre « glorieuse » de son drapeau. Depuis le Brexit, rien ne va  plus. Les rivalités internes des Conservateurs ont d’abord sapé la tâche de Theresa May jusqu’à la faire démissionner pour laisser la place à Boris Johnson afin de négocier fermement avec l’Union européenne le  Brexit. Il ne savait pas qu’il quitterait le  10 Downing Street piteusement, remplacé par une Lizz Truss plus éphémère que jamais  et finalement mettre en place Rishi Sunak pour sauver ce qui pouvait l’être. De quoi donner le tournis. Sans pour autant que le Royaume-Uni soit sorti d’affaire. En cause, la crise sanitaire et la  conjoncture internationale que tous les pays ont dû ou doivent affronter, et en plus le Brexit dont la classe dirigeante au pouvoir ne veut toujours pas admettre les effets venimeux.

Tout ce qu’il ne faut pas faire.

Et, en la matière, nos voisins d’outre Manche sont devenus un laboratoire expérimental de tout ce qu’il ne faut pas faire. Leur principale qualité étant le pragmatisme, ils reculent avec méthode, en se vantant d’avancer. La  recette est  simple :  un discours interne complètement décalé  digne de  la méthode Coué,  affirmant que le Royaume n’aurait plus jamais à accepter une relation avec l’Europe et des paiements inutiles à lui faire au profit des avantages que procurent les accords commerciaux dans le monde entier… Un pays financiarisé dont l’économie a  été dépouillée consciencieusement de son appareil productif sur lequel on applique une politique sociale d’un système très libéral. De quoi provoquer un sourd  mécontentement dont Lizz Truss fera d’ailleurs les frais avec sa provocante baisse des impôts. Bref, tout va aller mieux : il suffit de plaquer sur ce  paysage un discours populiste : « si des pauvres gens atteints de cancers  devaient attendre six mois pour avoir un rendez-vous, c’était à cause de l’Europe qui pompait terriblement la pauvre Albion au point qu’elle  n’avait plus les moyens de se payer des hôpitaux. » 

Une autre histoire que celle des  Brexiters.

Les  milieux d’affaires, eux, sont  plus que dubitatifs, s’appuyant sur la réalité des chiffres qui racontent  une autre histoire. D’abord l’investissement des entreprises qui a incontestablement encaissé le choc de la sortie de l’Union européenne, à 9,2% en dessous de ce qu’il était fin 2019.  Une faiblesse  attribuable au Brexit. A cet égard, la courbe de l’investissement des dix dernières années est éloquente : elle grimpe jusqu’au referendum de juin 2016, stagne sur plusieurs années avant de connaître un trou d’air avant la pandémie, avec un manque à gagner de 58 milliards de livres. L’accord commercial signé fin décembre avec l’UE aurait dû clarifier l’horizon  pour les industriels mais la crise du Covid,  particulièrement mal gérée par Bojo, est venu s’ajouter aux difficultés. Les perturbations logistiques liées à la fois au Brexit et au Covid ont conduit nombre d’entreprises à reporter  leurs investissements, malgré l’amortissement exceptionnel sur deux ans mis en place  par le gouvernement.

Les dégâts du populisme.

Le  décor était planté pour la montée en première ligne d’un populiste. Le  cas  Johnson est exemplaire ! Malgré son bagou et ses coups d’éclat, l’interminable litanie des scandales et des  mensonges qui lui sont propres, la  cause profonde de son échec tient dans le fait qu’il laisse son pays durablement affaibli et divisé. Et s’il a été l’homme du Brexit, il est aussi celui qui n’a jamais cessé de chercher à en occulter les conséquences désastreuses. Avec une gestion à son image : erratique et imprévisible, alternant lourdes erreurs et improvisations brillantes, prisant les coups médiatiques sans souci de cohérence ou de responsabilité. Michel Barnier avait parlé de méthodes de « flibustier ». Le même militant sans complexe pour l’adhésion rapide  de l’Ukraine à l’Union européenne alors qu’il n’a eu de cesse de voir le Royaume-Uni la quitter.  Loin des mirages du projet Global Britain qui devait concurrencer victorieusement l’Union, Johnson laisse en héritage une économie dans la tourmente. Et le comble : la place financière de Paris arrive désormais devant celle de Londres !

Une récession de  deux  ans menace le Royaume-Uni. 

La montée des risques qui pèsent sur les britanniques est indissociable de son incapacité à surmonter  le choc du Brexit. Faute de volonté et de préparation, ils  ne tiennent aucun de leurs engagements vis-à-vis de l’Union, ce qui empoissonne les relations avec son  premier partenaire. Les contentieux se multiplient sans fin, des vaccins au statut douanier de l’Irlande du Nord, les  droits de pêches, les flux de migrants, la régulation financière avec à la clé le risque d’une guerre commerciale destructrice. L’augmentation des prix et la spirale inflationniste des salaires ont débuté avec la chute des importations et la pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs de l’agriculture, de la construction, de la santé et des services, résultat du départ de plus d’un million de travailleurs européens. Donc, il ne faut pas  s’étonner  si le  royaume est entré en récession et n’en sortira pas avant la mi-2024, ce qui pourrait amputer le  PIB de près de 3%  selon la Banque d’Angleterre. Avec  un inflation à 10% et un moindre soutien du pouvoir d’achat que ses voisins, le  Royaume-Uni se trouve dans une situation économique difficile, et doit faire face à des taux d’intérêts qui grimpent, augmentant les craintes de récession. D’ailleurs la  Cour des comptes a  estimé que la  dette publique britannique suivait « une trajectoire  insoutenable ». Qu’il s’agisse de la hausse des prix et de la pénurie  de main d’œuvre, nombre d’économistes conviennent désormais que le Brexit est en cause.

Le déni n’arrange rien.

Si Rishi Sunak reste dans le déni en affirmant : « le Brexit peut apporter et apporte déjà d’importants bénéfices et opportunités  pour le pays »,  l’organisme officiel  des prévisions économiques (OBR)  a estimé que « le Brexit  a eu un impact négatif important » sur les échanges commerciaux du pays.  L’OCDE a enfoncé le clou, avançant que l’économie britannique devrait être la moins performante des pays du G20  au cours des deux  prochaines années, estimant que l’ajustement économique en cours (le Brexit) avait aggravé les  problèmes vus ailleurs en Europe., et les  préoccupations de longue date concernant la faible croissance de la productivité du pays. D’ailleurs  dans les sphères politiques et économiques, on ne masque plus le désappointement et l’inquiétude. Selon un sondage Yougov 56% des britanniques estiment maintenant que le Brexit était une erreur contre 32% pensant que c’était le  bon choix. Pas étonnant alors que le ministre des Finances, Jeremy Hunt présente un budget avec un tour de vis de 54 milliards de Livres, dont 24 milliards de hausses d’impôts, un coup de massue justifié par la dégradation des perspectives budgétaires.

La situation n’est donc pas près de s’arranger dans une Grande-Bretagne qui  pourrait devenir petite en perdant à terme l’Ecosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, sans pouvoir se raccrocher à un  Commonwealth de moins en moins « Common » et de moins en moins « wealth » ! Et on ne nous fera pas croire qu'il est facile de prospérer en tournant le dos à un marché de 400 millions d'individus, qui plus est, situé à sa porte   !

Global but "Small" Britain !

En corollaire, doit-on s’attendre à une vague migratoire d’Anglais encore un  peu fortunés vers les campagnes françaises qui restent toujours deux fois moins chères que la Cornouaille… C’est aussi une sacrée leçon pour nos populistes locaux. Il va falloir qu’ils remisent au placard leurs vieux thèmes antieuropéens. A moins qu’ils ne fassent comme Méloni, qu’ils oublient leur programme une fois élus  …

 


CROISSANCE ET INFLATION POUR LES NULS

Croissance économique

 

On le voit, l'inflation est et demeure le facteur essentiel pour l'économie et pour les marchés.

L’inflation, qu’il faut faire reculer !

L'inflation en zone euro a reculé au mois de novembre. C'est une première depuis 17 mois. Certes, le chiffre reste élevé, très élevé même puisqu'il s'affiche à 10%. Mais nous venons de 10,6%, un record, en octobre, et les prévisionnistes n'attendaient qu'une baisse à 10,4%. Depuis quelques mois nous attendons de savoir si le pic d'inflation est derrière nous. Nous avons eu une première confirmation il y a quelques jours avec un chiffre d'inflation en baisse aux États-Unis. En Europe, la décrue semble avoir commencé aussi et cela met du baume aux cœurs des investisseurs. Cette décrue est alimentée par la baisse du prix de l'énergie, pétrole et gaz en tête, et une baisse des matières premières alimentaires. La route jusqu'aux 2% d'inflation sera longue mais la détérioration rapide de la croissance européenne va accélérer cette décrue.

L’œil sur les Etats-Unis.

Et en particulier sur l’inflation qui sévit aux États-Unis. Deux événements ont redonné espoir aux investisseurs : le discours du patron de la FED et la publication de l'inflation en zone euro. Ils ont provoqué une envolée significative des indices boursiers, ainsi, après la clôture, le CAC frôle les 6800 points. Pour la Fed, Jérôme Powell a indiqué qu'il y aurait encore des hausses de taux d'intérêt car l'inflation était encore très loin de l'objectif de 2%, mais il a aussi clairement indiqué que les prochaines seraient moins importantes que les 4 précédentes qui étaient de 0,75%,  car les chiffres montrent qu’on est proche d’un reflux de l’inflation. La Banque centrale américaine l’a bien vu. Elle voit aussi que la consommation commence à sérieusement tanguer, du fait de l’inflation, mais aussi des hausses de taux. On est donc au point « pivot », le moment où la banque centrale américaine va modifier sa politique de hausse des taux : il fallait que ce soit ni trop tôt, pour que l’inflation baisse, ni trop tard, pour ne  pas gripper la consommation pendant de trop longs mois.

2023 sera l'année de la décrue marquée de l'inflation.

Une baisse d'environ 50% par rapport à 2022. En effet, inflation + hausse des taux = baisse de la consommation, c’est une règle basique de l’économie. Le décrochage en cours de l'inflation vient du fait de l'impact de l'inflation et de la hausse des taux sur la consommation des ménages et les investissements des entreprises, et  c’est un processus économique « normal ». La seule barrière à cette règle est l’épargne des ménages qui peut agir comme tampon à la baisse de la consommation, ce qui fut le cas ces derniers mois, avec  le  « quoi qu’il  en coûte ». Comme on l’a vu, ce décrochage de l’inflation est accentué par la baisse des prix de l'énergie, du gaz et des matières premières alimentaires.  Et s’il y a moins de consommation, il y a moins de demandes et donc l’inflation baisse. Le  cercle de désinflation est amorcé. Et la croissance va connaître un ralentissement sérieux.

Il faut compter avec la Chine. 

Au-delà du drame humain, la politique anti-Covid de la Chine a eu et aura un impact majeur sur la croissance mondiale et sur l'inflation. La politique zéro Covid de  Xi Jimping a eu deux effets négatifs, et un effet positif. Les  deux effets négatifs : elle a provoqué des pénuries, des ruptures d'approvisionnement et un ralentissement marqué de la croissance chinoise et donc des échanges commerciaux. Un effet positif : si la croissance chinoise avait tourné à plein en 2022, cela aurait amplifié la hausse du prix de l'énergie et des matières premières. Un nouveau contexte s’est mis en place : du fait du ralentissement de la croissance, mais aussi de la fin de la politique du zéro Covid chinoise, les circuits d'approvisionnement mondiaux avaient repris un fonctionnement normal.
Aujourd'hui, la croissance mondiale a donc besoin du redémarrage de la machine économique chinoise. La politique de lutte drastique contre le Covid que le gouvernement chinois maintient peut provoquer à nouveau un chaos sur les circuits d'approvisionnement et pèserait sur la croissance mondiale. Ce ne serait pas une bonne nouvelle. Voilà pourquoi il faut espérer que XI Jimping assouplisse les  confinements, ce que les révoltes semblent  obtenir. 

Il faut aussi compter avec Biden.

Le Président américain a lui aussi rappelé à ceux qui l'ont enterré trop vite qu'il a toujours la main.
Les États-Unis ont encore une fois montré les muscles et fait rentrer un « partenaire » dans le rang.
Vous vous rappelez de la dernière réunion de l'OPEP ? L'Arabie Saoudite décide de n'en faire qu'à sa tête, et, juste avant les élections américaines, croyant peut-être à un raz-de-marée républicain, annonce que l'OPEP va réduire sa production alors que Biden avait demandé de l'augmenter. Depuis les États-Unis ont expliqué à l'Arabie Saoudite toutes les misères qu'ils étaient prêts à lui faire, Biden avait même comparé cette décision à une quasi-déclaration de guerre... Et voilà que l'Arabie Saoudite serait en train de convaincre l'OPEP ...d'accroître sa production. Pour faire plaisir à Biden.
Le prix du pétrole a d'ailleurs glissé suite à cette rumeur publiée par le Wall Street Journal. Ceux qui rêvent du déclin de l'empire américain vont devoir encore patienter un peu. Macron y compris.

En résumé :

2023, année blanche donc ou presque.
2024, retour à un « new normal », avec des taux de croissance qui rebondissent et des taux d'inflation en forte baisse par rapport aux niveaux actuels, mais qui resteront durablement un peu plus élevés que les taux que nous avons connus avant la crise du Covid. Le  passage par la case année blanche, voire légère récession, est une bonne nouvelle car il va permettre d'alléger les tensions inflationnistes et de permettre de faire disparaître les pénuries et les déséquilibres provoqués par l'après-Covid. Un scénario plutôt favorable aux taux d'intérêt et donc aux marchés financiers.

Deux éléments pourraient contrarier ce scénario :
- une inflation qui recule moins que prévu et qui se maintient plus longtemps à des niveaux plus élevés,
- un ralentissement de la croissance plus élevé qu’envisagé, lié, par exemple, à une détérioration plus marquée de la situation des entreprises ou une nouvelle fermeture de la Chine du fait du rebond du Covid.

La reprise de la croissance chinoise, à l'heure où les croissances américaine et européenne marquent le pas, est essentielle au maintien de la croissance mondiale. Elle sera même déterminante !









 

 


QUAND LE CLIMAT FAIT DES HISTOIRES…

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Le livre d’Olivier  Postel Vinay « SAPIENS ET LE CLIMAT » intéressera les  passionnés d’Histoire avec  un grand « H », mais pas que, car il est très accessible. C’est  un ouvrage  qui repose sur une  somme  de  connaissances  incroyable dont l’auteur fait la synthèse, parfois avec beaucoup d’humour, mettant en relation les  aléas climatiques de la Terre avec ceux des  civilisations.  On serait presque   tenté  de conclure qu’à chaque  effondrement, naissance, révolution, le climat s’en est mêlé. Il permet  aussi de s’apercevoir  que la période que nous vivons, que certains font sombrer dans le catastrophisme, n’a rien d’exceptionnelle par rapport au passé, et même, curieusement, au passé récent, ce qu’on oublie de nous rappeler.

Quelques extraits pour éclairer l’ouvrage.

« Je  vais donc me concentrer sur les acquis de la  littérature scientifique… Ils sont issus de toute une série de moyens de mesure et d’évaluation indépendants. Concernant l’Empire romain, les  spécialistes recensent pas moins de onze ensembles d’indices matériels  indépendants les uns des autres, qu’il est donc possible de comparer. Ces indices s’ajoutent aux données  de base que sont les variations de l’activité du Soleil, celles   de l’inclinaison de la Terre par rapport au Soleil et du chemin qu’elle parcourt en tournant autour ainsi que les variations des grands systèmes océano-atmosphériques que sont, entre autres, l’Oscillation de l’Atlantique nord et la Zone intertropicale de convergence qui détermine les  moussons. Les principaux proxies (témoins) sont les carottes glaciaires, l’avance et le recul des glaciers, les  éruptions volcaniques, les spéléothèmes (stalagmites), les  pollens  fossiles, les  sédiments marins  et lacustres, le  niveau des lacs, les crues des rivières, les squelettes et les dents … et les fameux cernes des arbres dont la double croissance annuelle reflète les variations de la chaleur et de  l’humidité…. ».

Comme on le voit les éléments avérés pour mettre en corrélation les évolutions climatiques documentées avec l’Histoire des Hommes depuis son apparition ne manquent pas.  Voilà une approche qui apporte des éclairages parfois surprenant sur des causes d’événements historiques rarement prises en compte. Ainsi notre Histoire contemporaine qu’on aurait tendance à raconter en ne prenant en compte que l’angle des humains, toutes choses étant égales par ailleurs, s’avère  finalement très  partielle. Car il se trouve, qu’en matière de  climat, les « choses ne sont jamais  égales par ailleurs » à deux moments  donnés !

Concernant l’Empire romain, par exemple, l’auteur peut affirmer :

« De -100 à 200, le climat méditerranéen a été d’une exceptionnelle stabilité. Chaud et bien arrosé. La  période 21-50 a représenté les trente années les plus  chaudes de notre  ère jusqu’aux années 2000. Au IIème siècle,  les  glaciers alpins étaient  aussi courts qu’aujourd’hui.  En Angleterre, la remontée de la punaise de l’ortie vers le nord  témoignait de températures de juillet d’au moins 2° supérieures à celle du milieu du XXème siècle. Il pleuvait plus en Egypte que de nos  jours, les crues du Nil étaient abondantes et le blé égyptien permettait aux empereurs de constituer d’énormes réserves.  La température des eaux de la Méditerranée, au large de la Sicile était de 2° supérieure à la température actuelle. »

Le "présentisme".

En conclusion, Olivier Postel Vinay souhaite attirer notre attention sur un trait de  notre époque : ce que l’historien François Hartog appelle  le « présentisme » : « Nous vivons tellement au présent (nourri de prédictions) que la  plupart d’entre nous oblitérons le  passé,  l’ignorons ou le réduisons à quelques  jalons mal informés,  propagés par des clichés. En matière de clichés, l’un des plus irritants est la formule « sans précédent »,  qui accompagne tant « d’informations » diffusées  par les médias. Les journalistes (et  parfois les climatologues qui les instruisent) feraient bien de regarder à deux fois avant de l’asséner. »

Pour clore son  ouvrage, il nous livre  une réflexion que je partage  largement. « Au regard  des crises climatiques auxquelles Sapiens puis l’homme moderne ont été confrontés, nous vivons aujourd’hui un optimum. Je dis cela de façon tout-à-fait objective,  sans recherche de paradoxe. Nous bénéficions d’une époque particulièrement privilégiées au sein même  des millénaires de stabilité  relative qui ont suivi le chaos du dernier âge glaciaire, du temps des grottes ornées. Dans le cadre de cet optimum bien compris, trois éléments sont cependant nouveaux. Le premier est que les pays riches ont aquis les moyens de lisser les microcrises climatiques qui les affectent ; ils ne sont plus sujets aux terribles  souffrances qui pouvaient encore les perturber au milieu du XIXème siècle et qui peuvent encore perturber les pays pauvres. Le second est qu’en raison de la conjonction entre les progrès de l’industrie et la croissance vertigineuse de la population mondiale, la  concentration dans l’atmosphère des gaz à effet de serre que nous injectons a atteint un niveau supérieur à tout ce que Sapiens a pu connaître depuis son arrivée sur Terre. Ce qui conduit au troisième élément nouveau : nous vivons une crise climatique réellement sans précédent, en ce qu’elle se fonde non  pas sur des bouleversements concrets entraînés par un changement climatique catastrophique, mais sur l’inquiétude générée par des scénarios élaborés par des spécialistes sur une crise à venir. Pour la première fois de sa longue carrière, Sapiens vit une crise climatique par anticipation. A tort ou à raison ? … »

Bonne question !

Après la lecture de ce livre,  et en recoupant avec « l’obscurantisme vert » d’Yves Vercautre et « Climat, la part d’incertitude » de Steven E. Koonin (N°1 des ventes aux USA tout en étant méprisé par les grands médias), dont je vous parlerai bientôt, les  prédictions du Giec largement répercutée  par les médias, et interprétées en les dramatisant comme avec l’émission « Ouvrons les yeux » sur BFMTV, devraient être assorties  des  précautions les plus élémentaires et non présentées  comme certaines, car  s’il y a une chose qui est bien certaine c’est que le contexte du futur à l’horizon 2050  ou 2100 n’est pas connu et ne sera pas « toutes choses égales par ailleurs ». Une éruption volcanique majeure qui a une chance sur six d’avoir lieu, le déclenchement d’un petit âge glaciaire lié à l’activité du Soleil, le dérèglement d’El  Niño, etc … peuvent avoir des conséquences majeures et venir démentir les  scénarios catastrophistes qu’on nous martèle à des fins  peut-être plus idéologiques que climatiques.

SAPIENS ET LE CLIMAT, une histoire bien chahutée, d’Olivier POSTEL VINAY – La  Cité.  

 


RETRAITES : ON N’A PAS LE CHOIX !

 

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D’abord  mettre fin à  la dérive dépensière.

Le gouvernement peine toujours à mettre un terme au « quoi qu'il en coûte ». Difficile de sortir de cette accoutumance dans un contexte inflationniste et avec une majorité relative à l'Assemblée. Le projet de loi de finances toujours en débat au Parlement entérine le maintien de dépenses élevées : malgré la hausse des tarifs de 15 %, le bouclier sur l'électricité et le gaz va coûter encore plus cher à l'Etat l'an prochain. Il prévoit aussi des crédits en nette augmentation pour les missions régaliennes, l'éducation ou la santé. En conséquence, la France commence à être dans le viseur des instances internationales : le FMI a lancé  un premier  avertissement en demandant la  fin  du « quoi qu’il en coûte » en 2023, hier la Commission européenne a épinglé les déséquilibres français qui restent préoccupants.

La France se retrouve  prise en étau entre Le FMI qui recommande de resserrer les aides anti-inflation et de freiner la hausse des dépenses, consigne que Paris applique sur la ristourne à la pompe, mais, à l'instar de Berlin, entend rester généreux sur les soutiens au gaz et à l'électricité, que ce soit pour les ménages ou pour les entreprises. Mais d’un autre côté, la concurrence allemande et surtout américaine oblige de fait à maintenir une forme de « quoi qu'il en coûte » énergétique pour l'industrie, faute de réponse européenne efficace sur les prix de marché. En plus, Emmanuel Macron n'entend pas non plus serrer la vis sur les services publics, qu'il a promis de réarmer. Dans ce contexte, la réforme des retraites apparaît,  au même titre que la réforme de l’assurance chômage, comme le moyen de faire des économies  conséquentes tout en  poursuivant l’objectif  d’accroissement du taux d’activité.

La  réforme des retraites, urgente et nécessaire.

Urgente parce qu'il est temps de faire preuve de transparence sur les déficits cachés de notre système de retraite : il s'agit principalement des déficits des régimes de retraite de la fonction publique qui représentent 30 milliards d’euros de déficit annuel, soit près de 10 % des retraites totales. Urgente aussi pour le régime général qui se trouve temporairement à l'équilibre, mais au prix d’une baisse marquée du taux de remplacement pour les futures générations : 52 % en 2020, 43 % en 2040, 36 % en 2060. Cette  baisse relative du niveau de vie des retraités par rapport aux actifs est une réforme silencieuse qui ne dit pas son nom.

Et nécessaire pour améliorer le potentiel économique du pays en augmentant sa population active. La France ne peut se satisfaire d'un taux d'emploi des 60-64 ans de 35 %, en retard de 7 points par rapport à la moyenne européenne. La période est particulièrement propice car les difficultés de recrutement poussent à faire travailler les actifs plus longtemps, et dans la fonction publique, la montée des recrutements de contractuels remet sur la table la question de l’alignement des régimes public-privé.

Le report de l’âge de départ.

À terme, c’est 20 milliards d’euros d’économies pour un report de l'âge légal de 62 à 65 ans en 2031, contre 10 milliards en accélérant l'allongement de la durée de cotisation (43 ans prévus en 2035 au rythme d'un trimestre tous les 3 ans). C’est insuffisant alors que les derniers chiffres du Cor (Conseil d’Orientation des Retraites) prévoient un déficit de 10 milliards en 2027 et qui pourrait atteindre jusqu'à 20 milliards d’euros dans 10 ans. Il faut y ajouter la convergence des régimes public-privé qui permettra de rendre le système plus transparent et plus équitable. Et pour bien faire, la réforme des retraites doit remettre à plat les régimes de la fonction publique : architecture, taux de cotisation et subvention d'équilibre, harmonisation des modes de calcul avec le privé, suppression des catégories actives, alignement des dispositifs de solidarité. Enfin, il serait bienvenu de généraliser la retraite additionnelle obligatoire par capitalisation pour tous.

Les perspectives économiques assombries redonnent tout son sens à une réforme indispensable au redressement de nos comptes publics. La remontée des taux d’intérêts sur une dette de 3 000 milliards d’euros fait déjà sentir ses effets sur le  budget de l’Etat. Attendre ne fera qu’aggraver la situation. Le gouvernement ne pourra pas pour autant continuer de faire l'impasse sur le chantier du meilleur usage de l'argent public, s'il veut sortir du piège du quoi qu'il en coûte. D'autant qu'à compter de 2024, l'évolution des dépenses devrait devenir le critère clé des règles budgétaires européennes.

 


LES FRANÇAIS RECOLTENT CE QU’ILS SEMENT !

Retraites

Trop peu de travail.

C’est un constat, globalement, les Français travaillent trop peu. Les chiffres sont accablants : la  France est le pays où l’on travaille le moins. Ceux donnés par  l’OCDE ne sont pas  susceptibles  d’être discutés : le nombre d’heures travaillées était de 41 milliards en 2019, soit 610 heures  par habitant, ce qui  était déjà beaucoup plus faible que chez tous nos voisins (entre 700 et 900 heures). Et depuis   la crise sanitaire, la tendance est chez nous à la baisse alors  que c’est l’inverse autour de  nous.  Les heures travaillées par habitant donnent d’autres  éléments d’analyse : elles ont une répercussion sur le PIB qui est le résultat du nombre d’heurs travaillées et de la  productivité. Comment produire  plus de  richesse quand  les deux déclinent en même temps : moins d’heures elles-mêmes moins productives. La productivité diminue du fait, notamment de la baisse des compétences elle-même résultat de la crise de notre système  éducatif. On oublie tout bêtement que les heures  travaillées, au-delà du PIB, sont surtout à  l’origine des  milles biens et  services que tous  consomment  et  apprécient. Bref,  si nous  continuons  à faire le choix collectif de continuer à moins travailler, il ne faut pas espérer conserver tous les avantages  que l’on retire du travail des autres. Vu sous cet angle, on comprend bien pourquoi ils sont  maintenus grâce à un endettement massif.

Les salaires insuffisants.

Les  salaires sont figés en France depuis  trop longtemps et ont fini  par paraître insuffisants au point d’en être  démotivants.  C’est la résultante de plusieurs causes qui fonctionnent en cercle vicieux :  depuis les 35  heures, le pays s’est mis à moins travailler et donc à créer moins de richesse, la  croissance du PIB sur le temps long  est tombée  à 1% en moyenne par  an, entraînant une baisse  de la richesse par habitant qui classe notre pays dans les derniers de l’Europe ; la  dégradation de notre  système  éducatif malgré les  moyens qui lui sont consacrés a fini par  entraîner une baisse des  compétences et une inadéquation grandissante au marché du travail bousculé par  la digitalisation et la crise sanitaire ; l’Etat a dû compenser par un assistanat toujours plus présent et  pesant  à la fois sur son budget et  sur la compétitivité des entreprises en rognant leurs  marges de  manœuvres… Le  résultat est catastrophique : un Français sur deux n’arrive pas à sortir d’un bas salaire, soit en-dessous de 1 310€  nets  mensuels. Le redémarrage de l’inflation contribue à tendre la situation et  à nuire à l’activité, de quoi rebuter certains à reprendre un emploi.

La flemme plutôt  que l’effort.

Comment demander aux Français d’être optimistes  quand les épreuves pour le pays s’enchaînent. La France est traumatisée par le terrorisme, le choc du covid qui l’a mise à l’arrêt ; elle a été marquée par la révolte des « gilets jaunes », le tout sur fond de dérèglement climatique et d’innovations mondialisées dont elle tire peu de bénéfices ; le pays du « meilleur système  de santé au monde » voit son hôpital s’effondrer, le pays du nucléaire risque les coupures  d’électricité,  le pays de l’éducation gratuite et obligatoire découvre qu’elle ne tient plus sa promesse d’émancipation républicaine  et de transmission du savoir… On peut trouver logique que le  peuple français soit moralement épuisé et fatigué. Les  années covid, dont nous ne sommes pas  complètement sortis, laissent une trace bien plus profonde  qu’on ne  pouvait l’imaginer. Elles ne font qu’accélérer des  mutations à l’œuvre dans la société française. Ainsi 45% des Français disent être touchés par des épisodes  de « flemme » les  dissuadant de sortir de chez eux, et on peut  faire un  parallèle avec une relation plus distendue avec le travail. En 1990, 60% estimaient que  leur travail était « très important » dans leur vie, la  proportion est passée à 24% ! Aucune autre valeur n’a chuté autant.
En même temps, le rôle des  loisirs a  grimpé en flèche. On voit le mal que les RTT et le « ministère du temps libre », relayés aujourd’hui par le « droit  à la paresse » de Sandrine Rousseau, ont fait à la « valeur travail ». Désormais,  le travail doit trouver, pour beaucoup, sa place dans les interstices de la vie personnelle. Plus grave, il ne fait plus consensus : c’est une valeur de droite puisque 4 sympathisants LFI et verts sur 10 se définissent comme  « peu ou pas travailleurs ». On a  envie de crier « Travailleuses, travailleurs, Arlette, reviens ! ».  Le « Droit  au travail » de Fabien Roussel se  heurte  au « droit à la paresse »,  encouragé, il est vrai par des prestation sociales généreuses. Et, ce qui n’a pas arrangé les choses,  l’inactivité  forcée des confinements a donné le goût du canapé à ceux qui ne l’avaient pas découvert.

Le progrès est pourtant là.

Condorcet imaginait le progrès comme une  mécanique où le progrès scientifique entraînait le progrès économique qui entraînait le progrès social puis le progrès moral. Et ça a marché pendant près de deux siècles et demi. Aujourd’hui,  la technologie permet d’imaginer  bien des solutions à nos problèmes  comme un  avion sans carbone ou un  médicament contre le cancer. Mais pour  s’en apercevoir, il faut que nous commencions par défaire le bandeau qui nous rend aveugles : celui de l’égalitarisme qui conduit au nivellement  par le bas. Le bon chemin c’est  celui de la justice. Cela nous évitera de penser de travers en croyant, par exemple, qu’il faut taxer les superprofits au lieu de réfléchir sur la nécessité pour nos entreprises d’entreprendre des investissements coûteux dans le numérique ou sur le moyen de renforcer l’actionnariat salarié pour que les  Français perçoivent davantage de dividendes. Ce qui serait un bon  moyen de répondre à la demande « de sens ou de vision »,  réclamée par toute une classe  d’âge pour s’investir dans  le travail.  Mais la réflexion économique est plus difficile à conduire que la morale égalitariste  à proclamer. Et il faut aussi faire face aux discours dangereux des écologistes politiques : la nature nous  sauverait contre  la technologie. C’est terriblement contre-productif. C’est l’inverse qui est vrai. Ainsi, la solution, ce n’est pas abandonner l’usage de l’avion, c’est décarboner son usage. Ce qui est  déjà en train de se faire !

Nous avons les  moyens de faire face aux défis de notre temps.  Pour  cela il faut renouer avec la foi dans le  progrès, comme nous devons continuer de manifester notre attachement au principe « d’universalité » qui reste indépassable  pour  assurer le  « vivre  ensemble » !

Il est temps de retrouver les bonnes semences !

 


LA DEMOCRATIE N’A PAS DIT SON DERNIER MOT !

Gaulois2

 

Dans ce siècle initialement salué comme celui porteur d’une ferveur pour la démocratisation impossible à endiguer, le désenchantement à l’égard de la démocratie et la dévalorisation de la politique semblent prévaloir. Le constat est sans appel, le moins mauvais de tous les systèmes montre des signes de faiblesses puisque seulement la moitié de la population mondiale a vécu en démocratie en 2021. Les coups d’État ou encore les prises de pouvoir anticonstitutionnel se sont accrus significativement tandis que certains bastions de ce modèle, à l’instar des Etats-Unis et de la France, sont devenus des démocraties défaillantes ou affaiblies. Dans le même temps, le modèle illibéral et les régimes autoritaires semblent avoir le vent en poupe. Pourtant, la victoire de Lula au Brésil, les élections de mi-mandat aux États-Unis, l’évolution de la guerre en Ukraine, défavorable pour les Russes, apportent une bouffée d’oxygène aux démocraties, mises à mal par le populisme.

Le populisme battu en brèche.

Au Brésil, la page  est tournée, après quatre années de chaos et de fureur, Jair bolsonaro quittera  la scène dans deux mois avec devant lui un avenir incertain, qui se jouera peut-être dans les tribunaux avec des juges en embuscade. Certain de sa victoire, il  s’est d’abord muré dans le silence, ne voulant ni reconnaître clairement sa défaite, ni désavouer ses partisans, prêts à un  putsch. La  victoire de son adversaire est à vrai dire étriquée avec 50,9%,  mais bien réelle. Lula n’est pas la meilleure référence démocratique, mais de toute évidence la moins  mauvaise face à une extrême-droite conspirationniste et antidémocratique. Le  leader populiste de la droite radicale va  mettre  une semaine pour, du bout des lèvres, reconnaître sa défaite. Le  Brésil sort de l’expérience épuisé, mais il a montré la résilience de  son système démocratique qui sort renforcé  de cette  épreuve électorale.

Biden bel et bien conforté.

Joe Biden n’a pas eu tort de célébrer les avancées de son parti, les démocrates. Lesquels ont sans doute perdu la majorité à la Chambre des représentants mais se sont défendus âprement sur d’autres fronts, de manière à garder la majorité au Sénat. Biden au moins, ne met-il pas en danger la démocratie américaine, même s’il doit composer avec son aile  gauche wokiste et sa composante extrémiste. De leur côté, les Républicains avaient juré de ne pas reconnaître les résultats des élections législatives si elles ne leur apportaient pas la victoire. Ils ont mis une sourdine à leurs proclamations, insistant sur leurs gains mais taisant leurs pertes. Comme Bolsonaro, celui qui était certain de déclencher une vague insurmontable, doit  se rendre à  l’évidence : sa prophétie autoréalisatrice n’a  pas fonctionné. Si les Républicains auront une petite majorité à la Chambre des Représentants,  ce sera sans les poulains de Trump presque tous battus. Tout un électorat modéré, dans lequel  on compte des électrices et électeurs Républicains, a fait le choix de  la démocratie  contre le pouvoir personnel et  les   formes maladives de communication. Les  modérés semblent avoir imposé leur loi.

Deux perdants : Trump et Poutine.

Biden trouvera sans effort une majorité mixte au Congrès pour continuer à apporter à l’Ukraine l’aide militaire et humanitaire sans laquelle elle serait déjà conquise par les Russes. Il y a deux perdants dans cette élection : Donald Trump dont l’espoir d’être réélu pour un second mandat est en cours de disparition et Vladimir Poutine, qui a déjà perdu la bataille de Kherson, et ne sait comment expliquer aux mères russes pourquoi tant de leurs enfants ont été sacrifiés dans un conflit artificiel que le maître du Kremlin a monté de toutes pièces. Même les dictateurs doivent rendre compte au peuple.

On ne peut pas régner par la peur, indéfiniment.

Coïncidence ou pied de nez de l’Histoire, au même moment, le régime dictatorial des  mollahs iraniens doit faire face à une révolte violente de sa jeunesse qui ne supporte plus la chape de plomb islamiste  qui lui est imposée. Et les manifestations  perdurent malgré le black-out instauré par l’Etat et une répression féroce et sanguinaire. Deux mois après, son déclenchement, le feu perdure. De la même façon, les  déboires de l’armée russe en Ukraine pourraient bien sonner la dernière heure du régime de Poutine. Les Russes se moquent de lui tant qu’il leur fiche la paix, mais quand il envoie de la chair à canon en Ukraine, sa présence au Kremlin commence à être discutée même si toute contestation est gravement punie. En même temps, l’ours des glaces ne fait plus peur. On croyait que, en cas de conflit, les chars russes débouleraient rapidement dans les plaines d’Europe centrale. Il n’en est rien.  Pas de logistique, pas d’approvisionnement, pas vraiment de stratégie, seulement des stratagèmes et du chantage.

Un autre ordre mondial.

Poutine voulait montrer à la face du monde  que le  modèle  démocratique dont nous nous réclamons était une cause de faiblesse et de déclin, que les temps   nouveaux étaient aux pouvoirs forts, et il travaillait à la constitution d’un nouvel ordre  mondial, avec la Chine  et l’empire ottoman, entre autres, capable  de  s’opposer au monde occidental. La débâcle de son armée, les erreurs stratégiques imputables à lui-même, la  corruption généralisée de son régime de cleptocrates, les  exactions et les  crimes de guerre que l’ONU instruit, ruinent son entreprise. La presque totalité de l’activité russe a été consacrée à une communication mensongère. Mais la vérité finit toujours par montrer le bout de son nez. Alors, le système russe est toujours meilleur que celui des démocraties ?

Décidément, même quand elle est menacée, la démocratie libérale n’est pas si facile à abattre.  A cet égard, l’expérience italienne nous offre un joli sujet d’observation.

 


VOUS NE SAVEZ PAS POURQUOI IL A FAIT CHAUD EN 2022 ?

EH BIEN JE VAIS VOUS LE DIRE !

Mais d’abord, plantons le décor.

Commençons par les faits scientifiques établis : parmi les émissions de gaz à effet de serre, le CO2 n’est pas la principale. Le fluor, le méthane jouent un rôle mais c’est surtout la vapeur d’eau  qui est la plus importante.  D’autres  événements  peuvent jouer un rôle,  comme  les  éruptions solaires, particulièrement intenses en ce moment,  qui envoient en direction de la Terre des projections de plasma exceptionnelles.

C’est sur les éruptions  volcaniques que nous allons nous focaliser.

Il  a déjà été constaté à plusieurs reprises que les éruptions majeures influaient sur le climat de la planète et parfois plusieurs années de suite. Ainsi, celle du Pinatubo en 1991 a projeté dans la haute atmosphère énormément d’oxyde de soufre (SO2) qui s’était transformé en fines gouttelettes d’acide sulfurique. Or celles-ci ont la propriété de bloquer le rayonnement solaire.  Comme le volcan est  proche de l’équateur, il avait envoyé des aérosols dans les deux hémisphères avec un  impact global : la température moyenne avait baissé de 0,5° ( ce qui est  loin d’être négligeable) pendant deux ans. A noter, qu’il avait aussi envoyé 400  kilotonnes de chlore, responsables de l’agrandissement du trou dans la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique, l’hiver suivant.

Volcan hunga tunga

Venons au fait.

Le  15 janvier 2022,  le volcan Hunga Tunga, au cœur de l’archipel  des Tonga, dans le Pacifique, est entré en éruption explosive, projetant d’énormes quantités de cendres dans l’atmosphère. Un événement qui n’a pas fait parler beaucoup de lui. Pourtant, on sait aujourd’hui que l’éruption a été très puissante : son bruit a été entendu jusqu’à Anchorage, à 9 700 km de là, les rejets sont montés  à 57 km, un niveau jamais observé à ce jour pour une éruption volcanique. Le  panache a donc atteint la mésosphère, au-dessus de la stratosphère, et l’altitude maximale a été atteinte trente minutes après le début de l’éruption. Le panache recouvrait alors 157 000 km2. Sa taille gigantesque et la  violence de l’émission avec l’injection de matière dans la très haute atmosphère a forcément eu un impact climatique. Mais si le Pinatubo a refroidi l’atmosphère, le Hunga  Tunga, qui est un volcan sous-marin à 1 800m de profondeur et 20 km de diamètre, a envoyé peu de SO2 dans l’atmosphère, celui-ci s’étant dissous en passant dans la colonne d’eau. Par contre, de ce fait, il a envoyé des quantités énormes de vapeur d’eau dans la stratosphère et même au-delà, élément qui  doit retenir toute notre attention : la  vapeur d’eau est, en effet, un puissant gaz à effet de serre et le Hunga Tunga pourrait bien  être responsable d’un réchauffement global pendant une ou plusieurs années. Ainsi s’expliqueraient les températures observées depuis le printemps, largement au-dessus des normales saisonnières.  Ne comptez pas sur les savants du GIEC pour l’intégrer dans leurs données, ils considèrent les éruptions volcaniques comme ayant un effet négligeable sur le réchauffement de la planète.

C’est pourtant une hypothèse retenue par les scientifiques qui ont collecté les données de cette éruption. ET elle est tout-à-fait plausible. Ainsi s’expliquerait l’anomalie climatique de cette année 2022, exceptionnellement chaude  jusqu’au seuil de l’hiver. Si elle se vérifie, les  activistes écolos et les  politiciens réunis au  Caire s’agitent pour rien, la Terre n’en fait qu’à sa tête. Il serait temps que nos obscurantistes écoactifs s’informent et arrêtent d’accabler les activités humaines et d’emmerder la société.

En attendant, on a de quoi faire des provisions de chaleur en attendant l’arrivée du « petit âge glaciaire  dans les  années 2030 », dont la Royal Astronomical Society renouvelle le pronostic.

 


ALLER AU CIMETIERE…

Cimetiere

 

C’est la Toussaint.

Les cimetières ont revêtu leur parure de fête, les tombes disparaissent sous les chrysanthèmes aux couleurs flamboyantes d’où émergent des croix aux formes diverses. Cette année encore la  moitié des Français se sont rendus au cimetière pour une visite à leurs proches disparus. Ils en ont profité pour donner un  petit coup de propre aux pierres avant de déposer leur pot de fleur que les enfants arroseront avec  l’arrosoir emprunté sur place. Pour certaines, ce sera l’unique visite, pour d’autres ce sera le début d’un défilé plus ou  moins espacé dans le temps d’enfants, de proches ou d’amis.

Le culte du souvenir.

Comme chaque année, j’ai fait le tour des sépultures familiales, un coup en Bretagne, un coup dans la région parisienne. Autrefois, on vivait près de ses racines et les visites pouvaient se répartir au long de l’année. Aujourd’hui, la vie fait que l’on peut se retrouver loin de ses bases, la Toussaint revêt alors une valeur symbolique, un concentré de souvenirs pour qu’en une fois, nos défunts aient leur dose de signaux : ils ne sont plus là, nous ne sommes pas dupes, mais par cette excursion insigne, ce rituel, nous venons nous montrer à nous-mêmes la place qu’ils occupent encore sur terre dans le coeur des vivants, dans nos cœurs. Le culte du souvenir nous vient du fond des âges. L’homme, depuis des dizaines de milliers d’années, enterre les siens. Par ce deuil perpétué, c’est  la continuité de la vie qui s’affirme. Au cimetière, on n’est pas de nulle part, mais des siens, de ceux qui nous ont aimés, désirés, portés. Là, il y a de la chair, des os sous la terre, qui nous rappellent que le sang des ancêtres coule dans nos veines. Comme le dit Alain Finkielkraut : « je  vis sous  le regard des morts… de certains morts, et j’essaye de m’en montrer digne ! ».   

La mort aseptisée.

Autrefois, tout le monde ou presque se rendait au cimetière au moins une fois par an. Il est encore heureux que le pèlerinage ait encore conduit  un français sur deux cette année. Car, par les temps qui courent, s’y rendre suppose une bonne dose de résistance à l’air du temps. C’est faire un  pas  de côté pour s’écarter des autoroutes matérialistes et s’échapper du grand tourbillon du monde où la  mort n’a pas sa place, alors qu’elle est partout présente. Dans notre monde moderne, on ne vieillit plus, on « lifte », on ne meurt plus, on « part » ou on « s’en va ». La mort s’est aseptisée, exfiltrée vers les hôpitaux et les morgues, ou en virtuel sur les écrans, congédiée de telle façon qu’elle sorte de notre imaginaire, alors qu’elle existe bel et bien. Les tranhumanistes ont encore du chemin à parcourir pour l’éradiquer. La société « fluide » s’emploie à effacer les rites de passage, et il  est devenu rare de voir porter  le deuil, ou à supprimer les lieux de souvenir pour les  rendre impalpables en dispersant les cendres ; en proie au bougisme, ces citoyens du monde seraient des « everywhere » (de partout donc de nulle part), oubliant au passage la part de mystère qui souffle dans nos vies avec laquelle le cimetière nous reconnecte.

Un marqueur de civilisation.

Ils ne connaissent pas cette morsure du temps que la visite au sépulcre met en surplomb et qui élargit la conscience. Une manière de redonner du sens à la vie qui continue. Un moment de grâce, chargé d’âme pour ceux qui croient, et qui est aussi un geste d’amour pour tous. Ce moment, je l’ai particulièrement ressenti quand je me suis rendu en 2017, cent ans après, sur la tombe de mon oncle Gabriel, mort sur le front en 1917,  pour y lire un texte, retrouvé dans les  archives familiales, écrit de sa main en 1914.  Et comme l’écrit si bien Victor Hugo : « Ceux qui pieusement sont morts   pour  la patrie ont droit qu’à leur cercueil, la foule vienne et prie. Entre les  plus beaux noms, leur nom est le plus beau. Toute  gloire près d’eux passe  et tombe éphémère ;  et comme ferait une mère, la  voix d’un peuple entier les berce en leur  tombeau. » N’en déplaise, honorer les morts reste un marqueur  de civilisation, un marqueur de destins qui se perpétuent et participent au tissage de l’humanité. Ce jour-là, j’ai voulu lui dire … : « Mon père m’a parlé de toi, m’a transmis ta mémoire,  je te dois tant ! »

 


LE CLIMAT : SI ON EN PARLAIT SERIEUSEMENT ?

Réchauffement climatique 3

Avec les  « écolofachos » nous venons de franchir une étape dans la violence pour  imposer  leurs idées sur la planète : le terrorisme  plus ou  moins soft de commandos d’agit’prop qui s’en prennent à toutes sortes de symboles : œuvres d’art, véhicules de luxe, pneus de SUV, … Et maintenant la  lutte  contre  les bassines agricoles confine aux  méthodes terroristes. Mais leurs thèses sont-elles si indiscutables ? Je suis tenté de leur dire : « Allez donc faire votre cirque en Chine qui est en train d’ouvrir 56 centrales à Charbon, avant d’emmerder les Français ! » et dont l'empreinte  carbone est infiniment plus importante que celle de la France.

La Terre se réchauffe, indiscutablement.

Le réchauffement climatique n’est pas contestable. Et de plus en plus. Le phénomène n'est pas nouveau, il date de la fin de la dernière glaciation. Par contre les thèses pour l'expliquer que mettent en avant les écolos peuvent être mises en débat, sans être qualifié de « climatosceptique », qualificatif commode  pour rejeter toute discussion. Après  Claude  Allègre et son « imposture climatique », Yves  Vercautre et son ouvrage sur « l’obscurantisme vert »,  c’est Olivier Postel-Vinay qui publie un ouvrage documenté sur l’histoire de l’humanité et le rôle central que  le climat joue dans son histoire : « Sapiens et le climat, une histoire bien chahutée ». Les recoupements entre ces œuvres sont nombreux : mise en cause de l’objectivité des climatologues du GIEC, critiques des  méthodes de collectes des données, mise  à l’écart de la géophysique  et de l’histoire de notre  planète, refus de considérer l’astrophysique, avec souvent des conclusions peu scientifiques, notamment les projections sujettes à caution concernant l’évolution du climat jusqu’à la fin de ce siècle, énoncées sans aucune précaution comme certaines.

D’abord, l’histoire de la Terre.

On sait que l’humanité a connu des périodes  aussi chaudes que celle que nous vivons sous l’Empire Romain, au Moyen-Age, plus près de nous entre 1920 et 1940, sans remonter au début de l’holocène où les températures étaient encore plus élevées. Difficile alors de mettre en cause l’activité humaine et les émissions de gaz carbonique. D’autre part, on  sait aussi que ces périodes chaudes sont coupées par des périodes de refroidissement liées à des cataclysmes volcaniques sans parler des petits âges glaciaires comme ceux du 17ème siècle et de la  fin du 19ème liés à l’activité du soleil.  D’ailleurs il en est annoncé un dans les années 2030-2040 comme  possible, d’après des scientifiques britanniques et la Nasa, à cause d’un phénomène appelé « minimum de Maunder ». Dans ces conditions, ne doit-on pas s’interroger sur les affirmations des écologistes imputant le réchauffement climatique aux activités humaines et aux rejets  de  gaz à effet de serre qu’elles produisent ?

Le rôle du gaz carbonique.

Exit le CO2. Il ne serait pas le principal facteur du réchauffement de notre atmosphère, ce serait la vapeur d’eau. Et si en luttant contre les rejets de gaz à effet de serre et en les limitant, on ne changeait rien ? Cela veut dire qu’on va mettre à bas une industrie automobile florissante et technologiquement très avancée, avec une reconversion pour des coûts faramineux, sous la pression de décisions politiques qui seraient  alors erronées. L’émotion l’emporte sur la raison. "Urgence climatique ? Mon cul !" aurait dit  Zazie. 

Les données du GIEC.

Olivier Postel-Vinay n’hésite pas à les remettre en cause en contestant la méthode de collecte des données que des climatologues moins exposés critiquent, et affirme qu’ils greffent sur les observations qu’ils ont tendance à exagérer, un discours idéologique au service « d’intérêts matériels bien concrets ». Il va même jusqu’à sous-entendre que certains membres influents trafiquaient les résultats. D’autres que lui ont constaté que tous les chiffres qui n’allaient pas dans le bon sens n’étaient pas retenus. On comprend alors  que les écologistes gauchistes s’emparent de ces données  pour alimenter leur discours anti-libéral et de décroissance… Jusqu’à la radicalité ! Et le gouvernement se retrouve  piégé en étant obligé d’y faire référence.

Plein d’autres paramètres.

Dans la discussion, et pour bien comprendre à quoi l’humanité est confrontée, il faudrait prendre en compte plein d’autres données qui échappent aux climatologues. Le fait, par exemple, qu’on ait une chance sur six de connaître une éruption volcanique majeure, du type Krakatoa  en 1883, dans les cent ans qui viennent, capable de modifier le climat, incite à exploiter le savoir accumulé sur la vie de notre propre planète. Les rejets des volcans ne sont jamais pris en compte ; ainsi, le Pinatubo, lors  de  son éruption de 1991 a émis un volume de matériaux équivalent à 10km3, dont 400 mégatonnes de chlore qui ont contribué à élargir le trou de la couche d’ozone l’hiver suivant, éruption qui a provoqué un refroidissement général d'environ un demi-degré de moyenne pendant un à deux ans. Sans parler des milliers de victimes et des dégâts matériels. Loin d’être bonne avec le genre humain  et la vie en générale, notre planète est au contraire souvent cruelle. Il faudrait aussi introduire les données fournies par l’astrophysique : activité du soleil, positionnement de la Terre plus ou moins éloignée, variation de son angle sur son écliptique, qui jouent un rôle à coup sûr. .

S’adapter avant tout.

L’humanité a dû faire face, au cours de l’holocène, période interglaciaire dans laquelle nous vivons, au réchauffement à plusieurs reprises, et chaque fois, elle a su s’adapter. Si parfois, un changement brutal a pu causer l’effondrement de sociétés humaines, souvent, il a été le  moteur d’innovations importantes. Lutter contre le réchauffement c’est certainement peine perdue. Mais il n’y a pas de raison pour que l’homme ne soit pas  capable de s’adapter cette fois-ci à  une nouvelle donne climatique en ayant à sa disposition tant de moyens techniques et scientifiques. Devant l’incertitude  profonde dans laquelle on se trouve aujourd’hui, car en bons cartésiens on doit mettre en doute  la doxa écologiste, appeler la décroissance de ses vœux ne réglera rien. La décroissance est  une idéologie millénariste et obscurantiste. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut rien faire. Au contraire, chercher les  moyens de s’adapter, de composer avec, paraît la solution la plus raisonnable.

Encore faut-il réagir en s’emparant vigoureusement de la question. Qu’attendent Les Républicains ?

 


LES REPUBLICAINS EN RESERVE DE LA REPUBLIQUE

Députés LR

Marine Le Pen aurait fait un  « coup » extraordinaire en votant la motion de censure de la Nupes, afin de constater que les députés LR sont complices du gouvernement et apparaître ainsi comme la  seule  opposition de droite. D’abord  elle se comporte comme une girouette qui affirmait un peu  plus tôt qu’elle ne voterait jamais avec la Nupes, ensuite elle agit en pure politicienne sachant très bien qu’elle ne risquait rien, enfin  c’est un comportement de pure démagogie populiste  auquel les gens sensés ne peuvent souscrire. Que cherche-t-elle ? Bloquer  le pays  en empêchant le vote du budget ? Provoquer une dissolution en espérant revenir avec davantage de députés ?  Dans l’immédiat, il y a d’autres urgences. La démocratie, c’est  aussi constater que La Rem ou Renaissance et ses alliés est le groupe  majoritaire à l’assemblée, même si cette majorité est relative. La  Constitution lui donne les moyens de gouverner. Dont acte. Dans ces circonstances, les députés LR ne pouvaient que s’abstenir. Spéculer sur l’effondrement du pays est le calcul de ceux qui préfèrent le désordre, on l’a vu jusque dans l’hémicycle, ce n’est pas le leur. Donner encore plus à notre pays l’image d’un bateau à la dérive n’est pas l’intention du groupe Les Républicains.  

Sarkozy est bien gentil…

C’est  facile de donner des leçons pour quelqu’un qui affirme régulièrement qu’il n’est plus dans la politique. En réalité il ne peut  pas  s’empêcher de vouloir exister et il ne supporte pas que  les  choses lui échappent. Il a donné une longue interview au JDD dans laquelle il enfonce  des  portes  ouvertes et ressasse son rêve inaccompli de rassemblement de toute  la  droite.  Il crucifie Valérie Pécresse pour son score famélique auquel il a contribué peu ou prou et ça ressemble au coup de pied  de l’âne, ce qui est indigne de sa part. Après tout, c’est bien lui qui a  perdu face à ce boulet de Hollande en 2012, ce qui a été le  point de départ de la descente aux enfers de l’UMP puis des Républicains. Et  c’est  encore  lui qui a raté son retour et s’est fait sèchement éliminer dans la primaire des Républicains élargie aux centristes qu’il pensait plier en deux temps trois mouvements. Il continue de rêver quand il préconise une alliance  pour LR avec la coalition macroniste, pour le bien de la France.  Pourtant il identifie bien le problème : il faudrait que Macron saute le  pas et s’affirme  nettement à droite, ce qu’il ne fera pas. Et puis comment s’allier avec quelqu’un dont le  parcours est comparable au vol des bécassines ? En un  mot, il n’est pas fiable. Enfin, même  si la manœuvre aboutissait, il n’est pas certain que la majorité absolue  serait atteinte : combien de députés Renaissance qui se  positionnent à gauche quitteraient le navire à cette occasion, comme par exemple Stella Dupont dans le Maine-et-Loire…

Seul parti de gouvernement dans l’opposition.

Loin de ces politiciens qui alimentent le chaos, Les républicains sont au travail, et ce sont les seuls Députés de l’opposition à croire encore à la force du Parlement pour améliorer le quotidien des Français. Ils doivent continuer dans leur rôle d’arbitres à l’Assemblée nationale, action largement  étayée par  le  groupe sénatorial. Combattre la Nupes est une nécessité, se différencier du RN et de Zemmour  est indispensable. Pour l’instant, la  priorité est de mettre le parti en ordre de marche avec un nouveau président et une équipe opérationnelle renouvelée. Construire le projet alternatif de 2027, nourrir le parlement de propositions, soutenir les projets qui vont dans le bon sens en votant avec la majorité, ce sont les tâches auxquelles les élus, soutenus par les adhérents, doivent se consacrer. Ainsi, il serait logique que les députés LR votent un projet de loi qui réforme le régime des  retraites en repoussant l’âge de départ à 64 ou 65 ans,  sauf à se déjuger sur une  mesure qu’ils  portent depuis longtemps. Il faut s’attaquer au désendettement du pays, mobiliser les Français autour d’un projet de reconquête de leur souveraineté industrielle et agricole, promouvoir la France du travail plutôt que des allocations, rebâtir notre souveraineté énergétique, et enfin restaurer l’autorité de l’État. Sur tous ces sujets, la Droite est en première ligne. Il n’y a qu’elle qui propose et agit. Nous assumons fièrement d’avoir pour seul horizon l’intérêt national et pas de grotesques jeux partisans. Le moment venu, il sera temps de choisir celui qui portera les couleurs  de la droite  modérée. La France mérite  mieux que Le Pen ou Mélenchon !

Encore faut-il que l’alternative reste possible !

 


VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE XI …

Chine xi-jinping

Et  voilà, le dictateur a toute la  vie devant lui ! 

Le dernier congrès du PCC  qui vient de se terminer a redésigné XI Jinping Président du parti, pour un 3ème mandat, grâce à la modification de la constitution dont il a fait retirer la clause de limitation à deux mandats de cinq ans.  Après la reprise en main du parti dont il a éliminé tous ceux qui le gênaient et dont il a accentué l’emprise sur  l’économie, le nouveau « Mao » à qui il aime se comparer, a les coudées franches  pour partir à la conquête  du  monde, à commencer par Taïwan, finir le génocide des Ouïghours, et hisser la  Chine au premier rang des  puissances mondiales.

Les  investisseurs inquiets.

Les investisseurs n'ont pas aimé ce Congrès du Parti communiste chinois qui a consacré la dictature à vie de Xi Jinping et dès lundi matin, le yuan a chuté contre le dollar à son plus bas niveau depuis janvier 2008. Les indices boursiers de Hong Kong et de Chine continentale ont chuté lourdement de plus de 2 ou 3%. Pourtant, il n’y a aucune surprise, excepté peut-être la scène de la sortie forcée de l'ancien dirigeant chinois, Hu Jintao, disciple de Teng Tiao Ping, le libéralisateur. Xi Jinping a fait les déclarations qu'on attendait sur Taïwan, sur le modèle de démocratie imposé par l'Occident et inadapté à la Chine (ça on  l’avait compris), sur le modèle de croissance « équilibrée ». Ce que craignent les investisseurs c’est le maintien de la politique du zéro Covid renforcée par la présence de partisans de cette stratégie au Politburo et la défiance vis-à-vis du secteur privé déjà malmené depuis quelques années : les actions d'Alibaba ou de JD.com ont baissé de plus de 10%.

La Chine encore au ralenti.

La croissance chinoise va donc continuer à être sous pression, et... c'est plutôt une bonne nouvelle !...  pour nous. Il y a des économistes qui se se plaignent de la faible croissance chinoise du fait de la politique zéro Covid, mais ils ne se rendent pas compte, que sans le zéro Covid, la Chine tournerait à plein, et consommerait massivement pétrole, gaz et matières premières alimentaires. Il est aisé alors d’imaginer les conséquences sur l'inflation si on rajoutait aux facteurs actuels une consommation chinoise non affaiblie ? Or, il se trouve que le prix du gaz a baissé de 40% .

Mais l’avenir de la Chine n’est écrit nulle part. Même si Xi s'est entouré de ses fidèles, nous ne connaîtrons vraiment ses orientations en matière de lutte contre le Covid et de modèle économique que dans les mois qui viennent, et nous aurons peut-être quelques orientations au prochain G20 à la mi-novembre  à Bali. Rien n’est moins certain. Car Xi Jinping ne peut pas se permettre de laisser la situation économique se dégrader encore. Rappelons que les anticipations de croissance en Chine pour 2022 sont seulement de 3,3%. Les actions chinoises chutent alors que les actions américaines ont récemment rebondi. Et la Chine a grand besoin de  la consommation des  européens comme le montre son offensive au Salon de l’auto avec ses voitures  électriques. Il est possible que dans un premier temps, maintenant qu’il est réélu et qu’il a l’éternité devant lui, il temporise sur les sujets qui fâchent,  cherche à calmer l’ours russe, afin de mettre la priorité sur la relance économique  de son pays qui traverse une grave crise immobilière qui menace sérieusement le système bancaire.

Pour autant, le pire n’est pas exclu.

Le nouveau Mao a entre les mains tous les pouvoirs.  La Chine redevient un pays totalitaire comme jamais avec le contrôle d’une main de fer du parti communiste dont les dirigeants peuvent disparaître  à tout moment et le contrôle de la population avec la reconnaissance faciale. Xi Jinping a mis la sécurité du pays au premier rang  avec le renforcement  à tout va de  l’armée populaire. Nul doute que Taïwan ne devienne un sujet …  brûlant !

Oui, de quoi être inquiet.

 


LES NOUVEAUX BOLCHOS

Mélenchon Bastille 2013 Sandrine Rousseau

Ils  vivent avec un discours figé depuis le 19ème siècle, que la sauce wokiste n'arrive pas à renouveler. Ils ne se rendent même pas compte que presque plus personne ne les écoute. Il n’y a guère que les jeunes que l’on a rendus incultes et qui ne connaissent pas  l’histoire pour constituer un réservoir de naïfs prêts à se laisser convaincre. Ce qui devient inquiétant c’est leur haine du « riche » qui réussit à irradier dans certaines couches sociales, paradoxe ahurissant dans le pays le plus égalitariste et le plus assisté du monde, où les prélèvements obligatoires ont encore battu des records en 2022. Et tout y est : la rhétorique surannée, la logomachie usée, la désinformation, l’amnésie sélective, le culte de la personnalité, le refus de la réalité économique, et même la prise d’otage quand quelques-uns empêchent tous les autres de travailler…

Mélenchon, star du pauvre.

Les  appels au  peuple de Mélenchon ont finalement peu d’écho. Pour sa grande « marche contre la  vie chère », pour  laquelle une débauche de  moyens a été déployée en affiches et en actions de terrain, la mise en place  de cars dans toute la France pour rallier Paris, ce  sont finalement moins de 30 000 personnes qui ont été réunies,  ce qui est bien peu pour une manifestation qui se voulait nationale. Il a eu beau annoncer 140 000 participants, ça ne trompe plus personne.  De  même son appel à la grève générale a été un flop : hormis  les secteurs traditionnels qui répondent à la mobilisation syndicale, chez les fonctionnaires en général, la journée de mardi n’a pas exprimé une grande adhésion. Il  a beau invoquer les mannes trotskistes qui ont  bercé sa jeunesse, appeler  au « Front populaire », sentir la « Grande conjonction », l’emphase masque mal  la réalité politique et sociologique qui reste sourde à l’appel au grand soir. Mélenchon fait « pschittt » titre Le Point, et la grève  fait « flop ».

Une gauche peau de chagrin.

La  gauche est minoritaire. C’est un fait. Elle a réuni, toutes  tendances confondues  un petit quart de l’électorat. Rarement elle a  été aussi basse. La Nupes est loin de rassembler le  peuple qui ne s’est pas senti plus concerné par la présence d’Annie Ernaux. L’agriculteur, l’artisan, le  banlieusard à diesel, le retraité à petit revenu, le Français périphérique, a beaucoup de  mal à se reconnaître dans les discours scabreux des insoumis, dans les slogans d’un PS vampirisé, dans les frasques hystériques d’une Sandrine Rousseau ou l’écologisme d’un Julien Bayou, et c’est encore Fabien Roussel, le communiste, qui paraît le plus modéré, c’est dire. Quant au PS Faure est  aux abonnés   absents tant il  est inaudible. La fabrication de la « Nupes » a sauvé a minima  les  apparences de partis qui, en ordre dispersé, couraient à la catastrophe. C’est un autre électorat qu’elle a capté, fait de diplômés précaires, de socialistes égarés, d’immigrés des banlieues islamisées, mais qui ne constitue pas pour autant un peuple identifié. Ce que la manifestation de dimanche dernier a montré aussi c’est que malgré l’étendard « d’Union » populaire  et écologique, c’est la division qu’on remarque d’abord. L’absence des leaders socialistes et EELV en est le signe tangible. La gauche est en débandade.

Les réflexes totalitaires.

Cela ne l’empêche pas d’être revendicatrice. La  variante  verte a même ses commandos pour imposer leur loi : dégradation de bassines l’été dernier, de terrains de golf cet automne, dégonflage des pneus des SUV en ville, quand ce n’est pas le sabotage d’antennes relais… On se dit que si des  Sandrine Rousseau prenaient le  pouvoir, on ne tarderait  pas à voir naître des centres de rétention ou de rééducation. Le leader des « insoumis » rappelle à ceux de ma génération les  incantations  contre le capital, cause de  tous  les maux, que prononçaient les  bolchéviques de l’époque. Il  a lui aussi ses casseurs patentés. Soixante ans après, c’est la même antienne des soi-disants pauvres à 4 000 € par mois contre ceux qui « se gavent ».  Eh bien, chiche, éradiquons les riches et  qu’est-ce qu’il  restera : que des  pauvres ! D’ailleurs, si on a un problème de salaires trop faibles en France, c’est  bien parce que la plupart des riches qui faisaient tourner l’économie sont partis. Résultat : avec  1% de croissance réelle en  moyenne, on ne produit plus assez de richesse pour les augmenter.  C’est bien ce qu’a produit le communisme appliqué à la Russie où  au sein de l’Union soviétique, seuls les  membres de la  nomenklatura profitaient de vacances dans les datchas de Crimée et disposait de tout le  luxe et le confort dont  tout le reste de la  population était privé. Robespierre-Mélenchon veut couper  toutes les  têtes qui dépassent. Les Verts avec leur écologie punitive paraissent  plus préoccupés de combattre l’économie libérale que de sauver  la planète, qui d’ailleurs ne leur demande rien. Autrement dit, qui se ressemble s’assemble ! 

Une large majorité souffre de l’inflation, mais elle n’est pas prête à brader sa liberté et à se compromettre avec  des  révolutionnaires  d’opérettes. Il se dit que la France est majoritairement à droite, et c’est tant mieux  tant cette opposition de gauche est  peu crédible et hantée par ses vieux démons totalitaires.

 

 


DE SAMUEL PATY A MASHA AMINI…

Samuel Paty

 

Faisons en sorte que leur mort n’ait pas été inutile.

C’était le 16 octobre 2020.

Il y a deux ans. Samuel Paty était assassiné par un fanatique islamiste pour avoir enseigné la Laïcité. Ce crime atroce fut un choc pour nous tous. Et il fut aussi un avertissement pour notre République, défiée au cœur de ses valeurs et de son École. C’était le résultat d’un passé fait de trop de complaisance, trop d’accommodements. Samuel Paty en fut la victime. Victime du « pas de vagues »,  mais surtout victime de ceux qui instrumentalisent la foi pour délégitimer nos lois et de ceux qui les tolèrent au nom d’une conception dévoyée de la liberté individuelle.

Aujourd’hui, on aimerait pouvoir dire que Samuel Paty a gagné la bataille des valeurs !

Malheureusement, le terrorisme est loin de s’avouer vaincu et les intégristes continuent leur pression sur l’école  et la société. Après le burkini, voici qu’on constate une augmentation des vêtements islamiques dans nos collèges et lycées. C’est une atteinte à leur neutralité religieuse, et donc une atteinte à la laïcité. Mais surtout, à travers ces  atteintes dont le vêtement devient plus que jamais un champ de bataille identitaire, il faut voir un rejet des mœurs françaises et une prise de  possession territoriale et culturelle, avec  un antisémitisme sous-jacent quand il n’est  pas clairement exprimé.  Ainsi, un enseignant du Lycée Georges Brassens, dans l’Essonne, a été menacé de mort, parce qu’il était juif.

Contre tous ceux-là, la République doit être implacable.

Avec fermeté et fierté, elle doit défendre ses valeurs. Celle de la Liberté de penser, la  vraie, et de s’exprimer. Celle de l’égalité, notamment entre les femmes et les hommes. Celle de la Fraternité, dont la Laïcité est l’un des socles. Notre nation rassemble et respecte chacune et chacun dans ses différences physiques, philosophiques ou religieuses. C’est son projet  et ce projet doit être défendu, sans complexe et sans faiblesse. Il est temps que les fanatiques, les antisémites, sentent  sur eux   la poigne de la République. Exhortons le gouvernement à la plus grande fermeté ! Mais en a-t-il les moyens alors que le Président a nommé un ministre pour le moins discutable à l’Education, tant ses propos et ses convictions sur la laïcité sont ambiguës. Depuis deux ans, peu de choses ont changé. Quant à nos jeunes, ils doivent savoir que la laïcité n’est pas l’adversaire des religions mais une liberté pour tous les citoyens et pour tous les cultes qui respectent la loi. Ils doivent aussi être conscients qu’il existe des prêcheurs de haine qui cherchent à les utiliser pour, un jour, les museler et museler notre société.

Ni muselière, ni obscurantisme. Liberté ! C’était le message de Samuel Paty, et on aimerait que ce soit celui de tous nos enseignants.

La  révolte  des Iraniennes.

Et c’est aussi le cri de toutes ces Iraniennes qui se révoltent pour ne plus être traitées comme des fantômes. Les manifestations qui secouent  l’Iran encore ce week-end ont trouvé leur origine dans la   mort de  Masha Amini, une jeune femme arrêtée  dans la rue  par la  police des mœurs de la République des  Mollahs pour une  mèche de cheveu un  peu trop décollée de  son tchador. Elle avait reçu vingt et un coups sur le crâne. Depuis, le pays tout entier s’est enflammé et  le  régime qui répond  par une répression sanglante, on en est  à  près de 200 morts,  doit faire  face  à une révolte qui se mène avec de nombreux  hommes  à leurs  côtés. Depuis Khomeyni, le port  du voile  est  obligatoire et inscrit dans  la constitution iranienne. Il voulait en faire un étendard de l’islam politique et de la lutte  contre l’influence  occidentale. Chez nous, les islamistes ont su en tirer parti  en profitant de notre éthique de la tolérance  pour en faire une vitrine. Mais l’exemple  de ces  jeunes  femmes à qui il  est égal de se faire arrêter, voire  pire, pourrait bien changer la donne.  Ce n’est pas  contre un objet cultuel qu’elles se battent, c’est  contre  le voile politique, instrument de l’oppression du régime  en place, signifiant, au-delà des interprétations du Coran, le caractère passéiste et profondément rétrograde de ce symbole qui a été plus ou moins figé dans les sociétés musulmanes. Elles se dressent d’abord contre le régime théocratique des mollahs. Elles  prennent acte de leur émancipation au péril de leur vie. Ce sont des jeunes filles anodines, issues de tous les  milieux, qui deviennent modèles pour toutes les autres. 40 ans après, quel terrible échec pour  les Mollahs !

Il y a de  quoi être  en colère contre la gauche en France, qui s’enferme dans le déni  sans se rendre compte qu’elle livre les Français musulmans aux plus radicaux. On aimerait entendre un  peu  plus Clémentine Autain et Sandrine  Rousseau si virulente contre le patriarcat blanc occidental, à propos de la répression sanglante que subissent  les femmes  en Iran. L’islamophobie, même fantasmée, a des  limites, non ?

De Samuel Paty à Masha Amini, ces deux visages nous obligent à ne rien oublier et à ne rien céder.

 


L’ETAT « NOUNOU » CONDUIT LA FRANCE A LA CATASTROPHE.

Dette publique

 

La politique économique actuellement menée cherche une nouvelle fois à protéger l’activité des entreprises et la société d’un choc majeur en croyant les mettre à l’abri par la dépense et la dette publiques sans y mettre de limites. Cette politique n’empêche pas la stagflation et camoufle le choc énergétique. La  France paraît préservée,  mais ce ne sont que des apparences, la résistance de notre économie est trompeuse et la perte de contrôle des finances publiques et du commerce extérieur font de nous une exception qui plombe la zone euro. Elle empêche de  voir lucidement la nouvelle  donne qui émerge  de l’épidémie et de la guerre d’Ukraine et accroît la  vulnérabilité de notre pays.

Des chiffres flatteurs.

La croissance va s’établir à 2,7% en 2022 et si l’inflation a bondi à 5,7% elle reste néanmoins inférieure à celle de la  zone euro, tandis que les  créations d’emplois se poursuivent dans un contexte de démobilisation et de pénurie de  main d’œuvre. Au même  moment, les Etats-Unis et le Royaume-Uni connaissent la récession, l’Allemagne stagne et glisse elle-même vers la contraction de son économie  par l’effondrement de  son modèle fondé sur le gaz russe bon marché, l’Italie   est fragilisée par sa crise démographique , sa dette publique à 152% du PIB, sa dépendance au gaz russe et l’arrivée de l’alliance des droites pourrait encore y compliquer la donne. On le voit, les  comparaisons sont en faveur de la France.

Une apparence trompeuse.

La résistance de  l’économie s’explique par les plans de relance qui ont abondé l’épargne des ménages et la trésorerie des entreprises, la  stratégie du « quoi qu’il en coûte » a été étendue  de la santé à l’énergie et à la protection des ménages contre l’inflation, les chocs étant absorbés en grande partie par la dépense publique sous forme de  « subventions et de chèques » et la  dette. La réalité est plus âpre : le retournement est déjà effectif comme en témoigne la diminution  de notre production industrielle sous le coût de l’augmentation de l’énergie  et le frein  à la concurrence de l’inflation. Le   choc énergétique est en effet très violent et les entreprises sont soumises à des  pénuries d’énergie,  à l’envolée des prix de l’électricité.  Elles sont confrontées aux revendications de hausses salariales au moment où leurs débouchés se réduisent. De son côté, la consommation diminue avec la baisse du pouvoir d’achat et l’épuisement de l’épargne accumulée pendant le covid, notamment pour les ménages les  moins aisés. C’est pourquoi l’année 2023 sera beaucoup plus tendue, marquée par la récession inévitable, le  maintien de l’inflation et la remontée du chômage.

Le prix du déni.

En voulant préserver les Français des rigueurs de la réalité, le gouvernement a  perdu  le contrôle des finances publiques et en corollaire accru le déficit  du commerce extérieur : l’an prochain, le déficit de   l’Etat est prévu à près de 160 milliards sur 500 milliards de dépenses, ce qui, avec la récession, le portera à 6% du PIB, élevant la dette à plus de 112% du PIB. C’est un montant de 270 milliards d’euros que le Trésor devra emprunter,  avec un quasi doublement de la charge de la dette (les  intérêts) qui passera de 23 milliards en 2020  à 52 milliards. En espérant que  les taux ne remontent  pas trop vite. Le creusement du déficit budgétaire alimente l’inflation et dégrade la balance commerciale car la consommation maintenue artificiellement se tourne majoritairement vers  les importations, d’autant plus que nous  produisons moins.  Tout se tient. De  ce  fait la BCE est contrainte d’augmenter ses taux pour tenter de casser  les anticipations sur les prix,  ce  qui contribue à amplifier la récession… Le cercle  infernal se referme.

La nouvelle donne mondiale.

Engoncé dans le confort relatif procuré par le déni, nos gouvernants ne voient pas, ou feignent de ne pas voir,  les  changements majeurs qui affectent notre environnement mondial et européen. D’abord, le ralentissement synchronisé de l’activité dans les grands pôles qui structurent les échanges mondiaux : faible croissance chinoise, récession aux Etats-Unis, notamment. Ensuite, l’inflation qui perdurera autour de 5% l’an à cause du vieillissement démographique, de la désorganisation de la mondialisation et aussi des efforts imposés par la transition écologique. Il faudra compter avec le durcissement des politiques  monétaires et la remontée des taux, annoncée depuis si longtemps qu’on n’y croyait plus, mais qui s’accompagne évidemment d’un risque de krach financier, notamment des pays les plus exposés  comme la France. Enfin, la guerre  en Ukraine voulue par la Russie nous indique clairement que nous entrons dans une période de montée en flèche de la conflictualité. Face à cette nouvelle donne, la  France cumule les faiblesses qui la  rendent très vulnérable : décrochage économique, risque social avec poussée des colères et des violences, dégradation financière avec la perte de contrôle de l’endettement public et privé qui représente 361% du PIB, à quoi il faut ajouter un contexte politique de faible gouvernabilité puisque la majorité n’est que relative avec la poussée des populismes.

Les Français ne sont pas si anesthésiés. Ils sont probablement plus nombreux qu’on ne le croit à  comprendre que la protection de l’Etat Nounou est très fragile et en grande partie fictive. Selon un sondage IPSOS, ils seraient une majorité à  considérer que Les Républicains ont les  meilleures  solutions. Ce  serait bien que cela se traduise  électoralement, car, faute d’une transformation radicale de son modèle de  décroissance à crédit, notre pays n’échappera pas au violent choc financier qu’il construit méthodiquement depuis  au moins deux décennies.