LA REPUBLIQUE EN RUINE

Marianne pleure

 

On l’invoque à tous propos, mais tous les piliers sur lesquels notre République est fondée sont attaqués ou rongés.

L’école effondrée.

L’ignoble attentat dont a été victime ce professeur de Conflans-Ste-Honorine s’attaque à la République parce qu’il vise l’un de ses prérequis les plus essentiels : la liberté de pensée, fille de l’esprit  critique, qui ne va pas sans la connaissance qui est la source de la raison. C’est  donc l’institution scolaire qui est atteinte en premier. Notre République est fondée sur « Les Lumières » et l’école en est le vecteur principal. Pour les obscurantistes, qui prospèrent sur l’ignorance, le savoir est un adversaire qu’il faut exterminer. La multiplication de ces crimes barbares ne doit pas seulement nous inquiéter. Les condamnations verbales, aussi définitives soient-elles,  ne sont plus suffisantes. C’est  une guerre civile larvée que nous mène le terrorisme islamiste, il nous faut  le combattre vigoureusement par des actes et pas seulement par les mots. Mais l’école elle-même est malade depuis de nombreuses années. L’effondrement du savoir en est le symptôme le plus visible. C’est un lieu commun que d’affirmer que le système éducatif est au bout du rouleau. La France ne cesse de reculer dans les classements internationaux, mais ce n’est que la  partie visible de l’iceberg. Des enseignants parmi les plus mal payés d’Europe, le refus d’apprendre de certains élèves, des programmes édulcorés, l’autorité contestée… et pour finir des diplômes dévalués pour ceux qui en obtiennent un. L’école de la République n’est  plus ce qu’elle était.

La laïcité contestée.

Principe établi de la République française, la laïcité  en est une spécificité. La séparation de l’Etat laïc et de la religion fait  partie de notre identité nationale. Elle est régie par la  loi de 1905 qui relègue la pratique religieuse dans la sphère privée et qui recommande  la discrétion dans l’espace public. C’est en son nom que des millions d’étrangers ont pu être assimilés et acquérir la pleine citoyenneté française. Certains en font une lecture erronée : la « laïcité ouverte » ou élargie qui voudrait laisser s’exprimer les spécificités culturelles. On en voit le résultat : cette conception conduit au multiculturalisme et au communautarisme. C’est ce qui empêche de « faire nation ». En s’attaquant à un enseignant laïc de l’école publique, l’assassin s’attaque donc aussi à ce principe fondamental.

L’Etat régalien impuissant.

Notre République est aussi dotée d’un  Etat aux pouvoirs régaliens, notamment  ceux qui garantissent la liberté et la sécurité des citoyens. Il n’y a pas de liberté sans sécurité.  Or celle-ci est battue en brèche quotidiennement. C’est  même devenu un feuilleton quotidien. Quel sera  l’atteinte du jour aux forces de l’ordre ? Car chaque jour nous apporte une agression ou un refus d’obtempérer aux conséquences dramatiques, son lot « d’incivilités » pour ne pas dire de violences : une fusillade à Marseille, une attaque de commissariat aux mortiers d’artifice par une quarantaine d’individu, une agression au couteau, sont la chronique de la France ordinaire. Et on va occuper les forces de l’ordre  à surveiller les réfractaires au couvre-feu, comme si elles n’avaient rien d’autre à faire. Pour leur remonter le moral, heureusement elles peuvent compter sur  les coups de menton et les tweets de  Darmanimbus.  En attendant elles doivent faire avec le  manque d’effectifs, du matériel à bout de souffle et des locaux souvent pitoyables.

La démocratie en crise.

Le système démocratique instauré par la Vème République est aujourd’hui bien mal en point. La maladie dont il souffre s’appelle « abstention ». A chaque échéance le nombre de citoyens qui participent au scrutin diminue jusqu’à moins d’un électeur sur deux. La légitimité d’un président élu est assurée par le quart du corps électoral, ce qui lui donne une base électorale étroite pour gouverner. Le scrutin qui mobilise le moins c’est celui de l’élection des députés au parlement européen. Les dernières élections municipales ont atteint des records, mais la crise sanitaire ne permet pas d’en tirer un jugement définitif. Les échéances de 2021, départementales et régionales, si elles ne sont pas gênées par la covid, permettront d’y voir plus clair en matière de participation. Il faudrait une réforme des modes de scrutin : comme l’affirme Xavier Bertrand, élu d’une région où la gauche a préféré se retirer du second tour pour empêcher le Front National de gagner, il n’est pas sain que dans un hémicycle il n’y ait que deux courants politiques de représentés. Il n’est pas certain pour autant qu’une meilleure représentation incite davantage de citoyens à aller voter. Le fond du problème tient dans la défiance à l’égard de la politique et du monde politique qui règne en France. Avant toute réforme qui pourrait aggraver le mal en rendant le pays ingouvernable, la question à laquelle il faut répondre est : « Comment rétablir la confiance ? ».

La Nation effacée.

La France n’est pas le pays d’un peuple, d’une race ou d’une ethnie, c’est une Nation. Elle est le creuset dans lequel se sont fondus des peuples venus de partout en Europe depuis la nuit des temps. La République en a reçu l’héritage. Elle l’a élevée, grâce aux « Lumières », jusqu’à l’universel, par le principe de raison. Elle est fondée sur l’idée de patrie et le peuple souverain décide de son destin par l’éducation, le savoir et l’esprit critique qui rendent possible le débat démocratique. C’est comme cela qu’elle a permis à tous ceux qui voulaient s’installer d’où qu’ils viennent, de devenir français, citoyens à part entière, pour peu qu’ils adhèrent  à ces principes. Mais aujourd’hui, parmi ceux qu’elle accueille, il y en a qui refusent de partager l’esprit des lumières, préférant conserver leur culture obscurantiste et leur théocratisme. Ce refus d’assimilation conduit au communautarisme, au refus de « faire nation » ce qui est incompatible avec les valeurs de notre République. Mais la nation est aussi fragilisée par la construction européenne, dont certain ont peur qu’elle dilue notre identité nationale dans un concept plus large de « nation européenne » qui suppose des souverainetés partagées.

La République, dans sa conception jacobine, est un bloc. Or, celui-ci est de plus en plus fissuré : l’égalité par le mérite laisse place à la discrimination positive, la démocratie plie sous les coups des passions irraisonnées, la patrie tend a s’effacer au profit d’une souveraineté partagée dont on discerne mal les contours, la laïcité est sapée par le multiculturalisme et le savoir, la science sont combattus par les obscurantismes de tous poils. C’est un tel contexte qui conduit au drame que nous avons vécu vendredi : un crime odieux qui nous jette à la face ce qu’est l’application d’une autre loi, celle de la « charia », au nom de laquelle il a été commis. Souhaitons que son horreur provoque en réaction le réveil de tous les citoyens de bonne volonté qui croient encore dans la France éternelle, la « seule France » aurait dit le Général De Gaulle.


TU L’AS DIT BOUFFI !

Archibald en colère

 

Quoi qu’il en coûte.

Il en coûte toujours quelque chose. Les générations futures paieront la note héritée de Macron. La Caisse d’amortissement  de la dette sociale (Cades)  a été prolongée cet été jusqu’en 2033 et pourrait être étendue jusqu’en 2045,  portant sa durée de vie totale à un demi-siècle…

La dette publique s’envole.

Après de 2 640 milliards d’euros au deuxième trimestre, l’endettement de la France représente désormais un peu plus de 114% de la richesse nationale. La dette  a  grimpé de 200 milliards sur le seul  12ème trimestre 2020.  Explosion des dépenses publiques et effondrement des recettes liées aux reports et aux exonérations de cotisations et d’impôts.

Le déficit de la sécu explose.

Un record  à 53 milliards contre 5,1 attendu initialement, avant la crise. Retour dans le rouge de l’ensemble  des branches : 21 milliards pour l’assurance-maladie, 17 milliards pour les retraites, 3 milliards pour la famille…

Economie et emplois « zombies ».

Les taux d’intérêt quasi nuls prodigués  par les  banques centrales et les aides d’Etat ont mis sous perfusion des dizaines de milliers de sociétés petites  ou grandes dont on ne sait pas si elles retrouveront un jour une activité normale. Le danger est d’entretenir une population de canards  boîteux qui serait préjudiciable pour le pays tout entier. Mais le problème se pose de  la  même façon pour les  emplois préservés temporairement grâce au chômage partiel financé par l’Etat qui prend en charge de 60 à 100% des salaires. Il y aurait en France  près de 2 millions de jobs « zombies ». Et faute d’une reconversion professionnelle de leurs titulaires, ces « emplois zombies » ne seront qu’un cache-misère statistique permettant de dégonfler artificiellement les chiffres su chômage. Il s’agit du problème social le plus douloureux que nous aurons à affronter !

Purge.

La purge des  emplois provoquée par la crise du Covid  est déjà à l’œuvre mais largement invisible. Elle touche les intérimaires, les salariés en CDD, les indépendants sans mission… auxquels il faut ajouter le gel des   plans d’embauche, notamment des jeunes diplômés. Par exemple, l’intérim affiche toujours un déficit de 150 000 emplois sur un an, soit une purge de 20% par rapport à la rentrée 2019. Et encore, on n’a rien vu. Le gros des plans sociaux est attendu pour début  20121.  La recrudescence de l’épidémie n’arrange rien.

Education en crise.

Selon la commission européenne, la France est le  pays d’Europe occidentale qui rémunère le plus mal ses enseignants, à l’exception de l’Italie.  Et pourtant le rôle  de  l’école dans l’éducation est parait-il  primordial.  Un professeur qui enseignait pour la première  fois en 2018-19 a perçu un salaire brut de 26 329  €.  La  même année un instituteur allemand touchait quasiment 50 209 €, et un Suisse  71917 € (ça fait rêver !).  Après on s’étonne qu’on ne trouve plus dans le recrutement de nos enseignants, le « haut du panier » (pour rester correct).

Darmaninbus  gros menteur.

Darmanin a déclaré dans le Figaro : «  Il vaut  mieux que les élèves apprennent l’arabe avec des enseignants français que dans les mosquées ».  C’est un gros  mensonge. La France n’a pas d’enseignants français capables d'enseigner l'arabe et au  mois d’avril dernier elle a passé un accord  avec la Tunisie  pour qu’elle fournisse les professeurs nécessaires. Je trouve  que c’est un peu gros !

Covid et Neandertal.

Les  facteurs génétiques entreraient en ligne de cause pour expliquer les formes graves du coronavirus. Une équipe internationale a identifié sur le chromosome n°3 un groupe de gènes jouant un rôle clé. L’un des variants de cette séquence d’ADN serait à l’origine d’un risque trois fois plus élevé de développer une forme  grave  nécessitant  une ventilation artificielle. Or on a retrouvé cette séquence à risque dans l’ADN fossilisé d’un homme de Néandertal qui vivait il y a 50 000 ans et l’aurait donc transmis à certains d’entre nous. Peut-être que Tump en fait partie. Pas certain que  les créationnistes  américains acceptent cette explication.

 


DANS LES BROUILLARDS DE L’AUTOMNE

Brouillard

 

Absence de visibilité.

Comment ne pas se laisser envahir par l'ambiance actuelle d'incertitude qui ne favorise que la procrastination ou la déprime. Quel que soit le sujet qui vient à l’esprit, c’est la confusion ou l’absence de visibilité. A commencer  par cet épisode pandémique qui nous ligote d’un fil invisible et nous paralyse et  qui n’en finit pas. Il y a de quoi atteindre le  moral. Sans parler  de cette actualité qui se répète et qu’on pourrait intituler : « le coup de couteau du jour » ou quelque chose comme ça. Partout s’insinue le  poison de l’incertitude. Incertitude de l’élection américaine qui flirte avec le vaudeville trumpien, incertitude politique en France  à droite, à la Rem, à gauche, chez les Verts, incertitude  économique avec une reprise insaisissable, aussi bien en Europe que dans le monde…  Et on est désarçonné par la puérilité de certains comportements législatifs telle cette proposition d’amendement pour créer un « gibier électronique » pour remplacer le vrai dans la chasse à courre ! Si c’est pas de la masturbation ça ?

Quand tout cela va-t-il s’arrêter ? 

En fait, c'est la question qu'on entend ou qu'on se pose soi-même sans cesse depuis plusieurs semaines. Pour l’élection américaine, nous serons bientôt fixés : plus que trois semaines à attendre, en espérant que le résultat sera suffisamment net pour éviter la  période de désordre qui s’installerait s’il prêtait à contestation. Qu’on le veuille ou non, le sort du monde en dépend quelque peu (euphémisme). Pour le reste,  la question n’a qu’une importance relative.  Chaque sujet aura nécessairement une réponse. L’incapacité à anticiper nous chagrine, mais c’est parce que nous sommes impatients. Prenons l’épidémie de la Covid 19 (ah oui, on dit « la » maintenant, je ne sais pas pourquoi) qui préside au découragement : personne ne sait quand ça va s'arrêter : va-t-elle encore durer  3 mois, 6 mois, 9 mois ? Peu importe. On a quand même  une certitude : elle va s'arrêter un jour, toute seule, ou grâce à un vaccin ou à un traitement efficace. Or, si on prend un peu de recul, on s'aperçoit qu'on n'est plus à 3 ou 6 mois près ! D’ailleurs, si l’on en croit ce qu’on lit dans la dernière note du FMI ;  « les gouvernements doivent augmenter l’investissement public et les taux d’intérêt bas rendent l’endettement désirable". Vous n’avez pas la berlue : la plus grosse institution économique mondiale, apôtre traditionnel de la rigueur budgétaire et du désendettement à tout prix se range officiellement du côté de la relance keynésienne. Le Covid fait tout voler en éclat et, dans ce cas, c’est tant mieux, parce que selon le FMI, augmenter l’investissement public de 1% du PIB conduit directement à la création de 7M de jobs et plus de 20M indirectement. Evidemment, certains secteurs économiques y laisseront des plumes, mais imaginons plutôt ce qui va se passer quand ça va s’arrêter.

Se projeter dès maintenant.

Imaginons le boom de consommation et le boom d'investissements avec le retard accumulé par les ménages et les entreprises dans leurs dépenses. Un carburant phénoménal a été accumulé qui inévitablement va alimenter la reprise, avec l'épargne des ménages au plus haut et la trésorerie des entreprises, au plus haut elle aussi, sans parler des plans de relance gouvernementaux et des torrents de liquidités déversés par les banques centrales. Nous allons enfin pouvoir respirer sans masques ! Libérés de tout ce qui nous entrave ! Alors, plutôt que de se laisser envahir par la déprime qui pousse à la procrastination, il vaut  mieux dès maintenant se projeter. C’est le moment de se  poser les bonnes questions : comment allons-nous tirer profit du monde d’après et quelles réponses  allons-nous apporter, quels changements allons nous opérer pour nous y adapter. Voilà un bon sujet de  réflexion. Quelques pistes : la  dette  va-t-elle ruiner les rentiers ? La déflation causée par la déprime économique conjoncturelle et les données démographiques  associées aux évolutions techniques va-t-elle céder la place à une inflation salvatrice avec le rebond ?  La question est de savoir comment l'équilibre s'opérera entre déflation structurelle et inflation conjoncturelle, sujet fondamental  pour tous ceux qui ont des « assurances vie ». 

Même les brouillards les plus épais se dissipent dès que l’atmosphère se réchauffe un peu.

 


SYLVAIN TESSON ET LE SECRET DE L’AIGUILLE D’ETRETAT.

L'aiguille creuse Tesson 1003

 


L'aiguille creuse Tesson 1005 « … Une fois seul, Beautrelet retourna vers le fort. Il l’avait déjà presque dépassé, quand tout à coup il s’abattit à terre et resta blotti contre un pan de mur. Et il songeait en se tordant les mains :

— Suis-je fou ! Et s’ « il » me voit ? Si ses complices me voient ? Depuis une heure, je vais… je viens…

Il ne bougea plus.

Le soleil s’était couché. La nuit peu à peu se mêlait au jour, estompant la silhouette des choses.

Alors, par menus gestes insensibles, à plat ventre, se glissant, rampant, il s’avança sur une des pointes du promontoire, jusqu’au bout extrême de la falaise.

Il y parvint. Du bout de ses mains étendues, il écarta des touffes d’herbe, et sa tête émergea au-dessus de l’abîme.

En face de lui, presque au niveau de la falaise, en pleine mer, se dressait un roc énorme, haut de plus de quatre-vingts mètres, obélisque colossal, d’aplomb sur sa large base de granit que l’on apercevait au ras de l’eau et s’effilait ensuite jusqu’au sommet, ainsi que la dent gigantesque d’un monstre marin. Blanc comme la falaise, d’un blanc-gris et sale, l’effroyable monolithe était strié de lignes horizontales marquées par du silex, et où l’on voyait le lent travail des siècles accumulant les unes sur les autres les couches calcaires et les couches de galets.

De place en place une fissure, une anfractuosité, et tout de suite, là, un peu de terre, de l’herbe, des feuilles.

Et tout cela puissant, solide, formidable, avec un air de chose indestructible contre quoi l’assaut furieux des vagues et des tempêtes ne pouvait prévaloir. Tout cela, définitif, immanent, grandiose malgré la grandeur du rempart de falaises qui le dominait, immense malgré l’immensité de l’espace où cela s’érigeait.

Les ongles de Beautrelet s’enfonçaient dans le sol comme les griffes d’une bête prête à bondir sur sa proie. Ses yeux pénétraient dans l’écorce rugueuse du roc, dans sa peau, lui semblait-il, dans sa chair. Il le touchait, il le palpait, il en prenait connaissance et possession. Il se l’assimilait…

L’horizon s’empourprait de tous les feux du soleil disparu, et de longs nuages embrasés, immobiles dans le ciel, formaient des paysages magnifiques, des lagunes irréelles, des plaines en flammes, des forêts d’or, des lacs de sang, toute une fantasmagorie ardente et paisible.

L’azur du ciel s’assombrit. Vénus rayonnait d’un éclat merveilleux, puis des étoiles s’allumèrent, timides encore.

Et Beautrelet, soudain, ferma les yeux et serra convulsivement contre son front ses bras repliés. Là-bas, — oh ! il pensa en mourir de joie, tellement l’émotion fut cruelle qui étreignit son cœur, — là-bas presque en haut de l’Aiguille d’Étretat, en dessous de la pointe extrême autour de laquelle voltigeaient des mouettes, un peu de fumée qui suintait d’une crevasse, ainsi que d’une cheminée invisible, un peu de fumée montait en lentes spirales dans l’air calme du crépuscule. »

                                                   Extrait de « L’aiguille  creuse » de Maurice Leblanc.

Dans le roman de Maurice Leblanc, Arsène Lupin tente d’échapper à la police et à Isidore Beautrelet, un lycéen rusé et habile en déductions.  Après une longue enquête et malgré les nombreuses embûches et obstructions menées par le gentleman cambrioleur, le lycéen découvre enfin le repaire de son adversaire. L’extrait ci-dessus nous fait revivre ce moment décisif du roman. Arsène Lupin se cacherait à l’intérieur du célèbre rocher près d’Etretat où se trouverait également le fabuleux trésor des rois de France.

L'aiguille creuse Tesson 1001L’aiguille est-elle vraiment creuse ? Le trésor y est-il  encore ? Voilà une vérification qui aurait intéressé Tintin. Eh bien le  héros d’Hergé est réincarné en la personne de Sylvain Tesson. Il aime relever les défis de la littérature. Après avoir sillonné la Mer Méditerranée dans les pas d’Ulysse, notre Tintin du XXIème siècle, a voulu vérifier le « secret de l’aiguille creuse », en escaladant le célèbre rocher. En redingote et chapeau haut-de-forme, s’il vous  plait ! pour rappeler que c’était le repaire d’Arsène Lupin.  Pour le détail, il en fait le récit dans le Figaro magazine de cette semaine avec  son complice Philibert Humm. Et, pour faire un pied  de nez à « l’esprit de sérieux qui nous gouverne et aux masques qui nous étouffent », depuis son sommet, il nous lance un appel  pour que nous retrouvions ce qui fait l’esprit français : la gaieté, la désinvolture, la joie de vivre, l’esprit d’aventure, l’amitié …

L'aiguille creuse Tesson 1004

L’APPEL DE L’AIGUILLE

POUR LE PRIMESAUT DE FRANCE !

Quelle force s’est acharnée à nous rendre si tristes, nous, Français ?

Le monde a parfois considéré la France comme la patrie de la légèreté universelle.

Un proverbe disait : « Heureux comme Dieu en France. »

Pourquoi sommes-nous devenus si méchants et à ce point moroses ?

Les temps sont durs, nous le savons. Ils l’ont toujours été.

C’est précisément dans la peine que la gaieté est cruciale.

Cet appel n’est pas une lubie d’enfant gâté, mais une supplique.

Résumons le début du siècle XXI.

Chacun, devant l’écran ou derrière son masque (c’est la même chose)

surveille son voisin.

On connaît ses droits, on se pense offensé. On signale, on assigne,

on exige réparation. On  se censure puisqu’on s’épie. Le langage est régenté.

Un bon mot s’appelle une discrimination.

Quelques-uns s’emploient à tout réinventer. La forme des villes, le visage des paysages,

la substance de  la langue, les vieux modes de vie, les livres d’histoire.

Terra Nova et novlangue, disent-ils !  Résultat : un infralangage de manageurs,

un ordre techno-moral et  plus personne pour chanter à table

après les repas  de  famille. Quel chantier, quel pensum !

Chacun se sent malheureux. On pense la France l’antichambre de l’enfer.

On connaît mal le Soudan.

Voilà pour le tableau. Il est moins vivifiant qu’un Monet maritime.

Nous sommes quelques-uns à ne pas aimer ces maussaderies.

Nous leur préférons l’électricité d’Arsène Lupin et l’esprit de l’aiguille creuse.

Le héros de Maurice Leblanc ne voulait pas changer le monde, ni trouver des

coupables. Au sommet de l’aiguille blanche, il se gaussait des idées creuses.

Il moquait les vieilles barbes, échappait à l’enfermement. Il défiait les ordres

Poussiéreux mais n’imposait rien par la  violence, ni par l’esprit de sérieux, poison

suprême. Rebelle et poli. Il chantait le « primesaut », autre nom de la gaieté,

et célébrait les rois qui savaient s’amuser.

Il y avait en lui l’anarchiste et le seigneur féodal.

Par le primesaut il faut entendre la fantaisie du style, l’amour de la liberté, l’absence

du ressentiment, le goût des belles choses. Le contraire du primesaut, c’est la  vie sans

la joie telle que la concocte l’administration psycho-sanitaire « pour votre confort et

votre sécurité ».

Le primesaut est notre trésor perdu : la désinvolture et la longue mémoire.

L’essence de la France se tient peut-être là :

dans la rencontre des gravités publiques et des gaietés privées.

Nous autres, qui aimons les aiguilles, nous ne manifestons pas, nous ne revendiquons

rien. Nous faisons attention à ne pas faire tomber les pierres. Nous vénérons

ce qui est plus ancien que nous, ce qui demeure et ce qui domine. Nous préférons la

liberté à la sûreté, les nostalgies personnelles aux promesses

globales. Nous voudrions aimer, boire et chanter sans que la puissance publique nous

indique comment vivre, sous quel masque nous cacher, de quoi nous repentir et

comment nous exprimer.

Nous aimons les aiguilles parce qu’elles sont des refuges, comme  les Patagonies,

La colonne des stylites, certains jardins, quelques musées et les tablées d’amis.

Les strates des parois d’Etretat trahissent la profondeur des temps :

accumulation de la mémoire. Les silex sont coupants : esprit d’insolence.

Le soleil frappe l’ombre : gaieté de plein vent. La mer les barate, jamais fatiguée :

énergie vagabonde. Elles se tiennent debout, postées devant le  large, le dos tourné :

distance polie. En leur sommet, on y respire bien, on y dit ce que l’on veut, et la  vue

porte loin : liberté vitale. Iode, azur, photon : devise de notre royaume.

Les  aiguilles sont belles car intouchées par l’Administration et  conservées

par le temps. On y est libre de  déclarer son amour à la France, à la gaieté,

aux amis, à l’art, aux bêtes, à l’aventure. Elles s’écroulent un peu,

mais elles tiennent bon contre la gravité !

Il faut connaître ses aiguilles, les rejoindre,

Se tenir debout sur leur fine pointe, quand l’air devient épais.

Que les vieilles aiguilles crèvent les nouvelles baudruches ! 

 

L'aiguille creuse Tesson 1002Et Philibert Humm de conclure : au prétexte qu’il fait l’usage d’un sous-marin, téléphone au monde entier et roule à plus de quatre-vingts kilomètres par heure, il s’en trouve pour prétendre que Lupin n’a jamais existé. Qu’il serait le pur produit d’une imagination fantaisiste, celle de l’écrivain Maurice Leblanc. Croyez-moi ou ne me croyez pas, cela m’est égal. Je puis dire pourtant que je l’ai vu comme je vous vois, gravissant la paroi de l’aiguille creuse, il y a quelques jours de cela. Et en chapeau de cuir bouilli ! Et guêtres, et redingote ! Je puis dire aussi que j’étais son complice…

… Ces monte-en-l’air sans butin, ces conquérants de l’inutile, l’époque nous commandait de les dédaigner. Leur canular ne rapportait rien, sans compter que tous ces efforts étaient «chronophages», comme disent les esthéticiennes de Romorantin. Lupin a peut-être enfin trouvé un ennemi à sa mesure: l’esprit de sérieux. Il paraît que la fantaisie est passée de mode, ainsi que le primesaut, le poireau vinaigrette et les faux cols en Celluloïd. Nous ne marchons pas. Ils grimpent. Et nous montons les aiguilles en épingle.

… Ainsi donc, Lupin existe, c’est un fait indiscutable. Il existe parce qu’il le faut. Parce que je l’ai vu. Parce que sans lui le monde aurait bien mauvaise mine. «Et l’on ose dire que la vie est monotone! s’exclame-t-il à la fin du roman. Mais la vie est une chose adorable, mon petit, seulement, il faut savoir… et moi je sais…»

Et moi j'ajoute : "Ah que tout cela fait du bien !"

 


UN BUDGET 2021 LARGEMENT VIRTUEL

France-faillite

Avant la crise du Covid, le gouvernement n'avait pas réduit les dépenses publiques.
Mais celle-ci lui donne un prétexte pour aller encore plus loin et exploser tous les records budgétaires.

Un délire de dépenses.

Bruno Le Maire a présenté le projet de loi de finances pour 2021 et force est de constater que c'est le délire le plus total : Le déficit sera de 200 milliards d'euros. Rappelons qu'il était déjà à 92,7 milliards avant la crise du Covid. Et pour 2021, pour l'instant, il est prévu à 152,8 milliards. Mais le chiffre sera évidemment revu à la hausse, car 2021 est une année préélectorale et la distribution de cadeaux sera inévitablement encore conséquente. De son côté, avec 200 milliards de dettes supplémentaires sur le seul deuxième trimestre de 2020, la dette était passée à 114,1% du PIB à la fin du mois de juin. Le gouvernement l’envisage à 117,5% du PIB fin 2020 et 116,2% fin 2021.
Mais ne vous inquiétez pas, au train où va la dépense publique, on fera pire que ça !

Deux chiffres illustrent l'absurdité de la situation actuelle : 117,5% du PIB, comme on vient de le voir, c'est le niveau record d'endettement de la France prévu dans le budget du gouvernement à la fin de l'année 2020 ; -0,25% c'est le taux auquel la France emprunte sur les marchés à 10 ans. C’est du jamais vu. Plus les déficits budgétaires sont élevés, plus la dette est élevée, plus la France... gagne de l'argent puisqu'elle emprunte à taux négatif. Voilà une « anomalie » des marchés que le gouvernement, addict à la dépense, a vite exploitée. Il s'est engouffré dans la brèche dès que l'Allemagne a fait sauter le verrou de la limite du déficit à 3% ! Elle emprunte donc à un taux largement négatif, grâce aux achats massifs de la Banque Centrale Européenne qui finance ainsi ces dépenses publiques elles-mêmes massives. Le monde marche sur la tête.

La gageure du budget 2021.

Dans le contexte actuel de crise sanitaire qui se prolonge, l’élaboration d’un budget pour l’année prochaine relève d’une forme de gageure. Ce que semble souligner l’avis rendu le 21 septembre par le Haut-Conseil des Finances Publiques (HCFP). Il ressort de son examen que l’édifice intellectuel du PLF (Projet de Loi de finances) souffre « d’apesanteur ». On ne sait si le compliment vise Jean Castex ou Bruno Le Maire et les services de Bercy.

D’abord, c’est le socle qui est sapé par le Haut Conseil : la prévision de croissance est surestimée. Il ne valide pas l’hypothèse de 8,1% retenue par Bercy. « la prévision d'activité́ pour 2020 est prudente et, à l'inverse, l'ampleur du rebond prévu pour 2021 est volontariste. » Pour qui connaît les nuances sémantiques des usages scripturaux administratifs, nommer un chiffre de « volontariste » revient à ne pas lui accorder de rigueur. D'aucuns diraient même de rectitude. Dès lors que la croissance visée se situe, compte tenu des derniers rebondissements de la crise de la Covid-19, à près du double de ce qui aboutira, on  peut en déduire que le budget n’est guère réalisable. D’autant plus que, deuxièmement, le même Haut conseil est réservé quant à la vigueur de l'investissement dont il estime la prévision trop élevée en raison des facteurs nombreux qui pourraient gêner la reprise de l’investissement productif, qu’il s’agisse de la structure de bilan des entreprises fragilisée par l’endettement, et des perspectives de débouché peu porteuses dans certains secteurs. On ne peut dire les choses plus clairement.

Finances publiques à la dérive.

Avec 152,8 milliards d'euros de déficit public, soit l'exacte moitié des ressources nettes fiscales de 2019, l'Etat - donc nous - est dans une passe délicate qui imposera de lever plus de 260 milliards de dette additionnelle en 2021. Et encore, à condition que les recettes fiscales ne s’érodent pas alors que le Ministère des  Finances projette une contraction du PIB de 200 milliards en 2020. Quant au plan européen, le montant exact des financements européens, supposés améliorer le déficit public de 17,3 milliards en 2021 dans la prévision du gouvernement, reste incertain. Et la conclusion est sans appel : « En conséquence, le Haut Conseil estime nécessaire l'adoption dès le printemps 2021 d'une nouvelle loi de programmation des finances publiques fixant une nouvelle trajectoire d'évolution du PIB et du PIB potentiel ainsi que de finances publiques. »  C'est donc l'acte de décès de la loi de programmation votée le 22 janvier 2018 pour la période 2018 – 2022 !

Bercy lit dans une boule de cristal.

Le Gouvernement, comme les principaux organismes de prévisions, élaborent leurs scénarios macroéconomiques sous l'hypothèse forte d'une amélioration de la situation sanitaire, en France comme dans le reste de la zone euro. Au-delà des incertitudes qui portent sur l'activité elle-même, Le Haut Conseil souligne que les outils mobilisés habituellement par les économistes pour prévoir l'emploi sont rendus inadaptés par plusieurs facteurs : l'ampleur inégalée de la chute de l'activité au premier semestre comme du rebond qui lui succède ; l'impact des mesures sanitaires sur la productivité des entreprises ; la très forte hétérogénéité des évolutions sectorielles qui interdit d'ignorer la composition de l'activité, alors que celle-ci joue un rôle beaucoup plus faible dans des périodes normales ; la mise en oeuvre de mesures d'accompagnement des entreprises et de soutien à l'activité financées par le secteur public. Un avis qui révoque les outils utilisés par les économistes et appelle à la quête de créativité (« think out of the box ») et au progrès de l'économie politique. Bref : il faut faire sortir de la routine une administration sclérosée  et obèse, remplie de certitudes. Les  150  fonctionnaires en moins font sourire. Il ne reste plus au Parlement qu’à agir vigoureusement pour rétablir le niveau de flottaison d'un budget qui appelle déjà une future loi de finances rectificative. Le  gouvernement et la majorité en auront-ils la volonté ?

Retour sur Terre.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, s'est exprimée, devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Et elle n’a pas mâché ses mots : « Les entreprises sont confrontées à des difficultés, les gens perdent leur emploi… La reprise reste incomplète, incertaine et inégale... Le PIB réel de la zone euro ne devrait retrouver les niveaux d'avant la crise que vers la fin de 2022 ». Voilà qui plombe un peu plus le discours optimiste de notre argentier. L’économie française qui peinait déjà à rebondir, ralentit déjà. La consommation des ménages marque à nouveau le pas. L'épargne continue de déborder et les entreprises n'investissent toujours pas. Enfin, pour compléter  le tableau d’une reprise en K, les secteurs de l'économie déjà au tapis voient tout espoir de redémarrage s'envoler. Une réalité qui contredit l’optimisme d’un budget surréaliste.




MEDIAS ABSENTS.

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Hier avait lieu le renouvellement de la moitié des sénateurs. Pas rien, quand on sait le rôle éminent que joue la « chambre haute » dans l’élaboration des lois et la représentation des territoires que le mode de scrutin dit « des grands électeurs » lui confère. Une élection évidemment intéressante  puisqu’il  s’agissait de vérifier si la majorité sortante serait confirmée, consolidée ou affaiblie. Le fait que le Sénat soit  dominé par  Les Républicains n’est pas non plus sans importance, puisque c’est la première force parlementaire d’opposition politique.  On pouvait donc imaginer que les médias s’intéresseraient à l’événement dont le résultat aura forcément des conséquences sur la suite du quinquennat. Eh bien niquedouille ! 

Quand ceux qui gagnent n’ont pas l’heur de plaire.

Il n’y avait guère que la Chaine Parlementaire pour organiser une soirée « électorale ». J’ai cherché ailleurs et n’ai trouvé que des bandes passantes laconiques en bas d’écran. Et encore grossièrement caricaturales :  majorité confortée sans autres  précisions, percée écologiste sans dire que c’est au détriment du PS, Lrem fait élire ses poids  lourds en omettant  la réduction de ses effectifs … Tout a été fait pour occulter une réalité dont on voudrait bien se passer :  une nouvelle belle  victoire des  Républicains, ce parti soi-disant moribond qui gagne 10 sièges, soit l’équivalent du groupe écolo,  auxquels il faut ajouter 5 sièges  de son alliée l’Union Centriste. Elle était logique, cette victoire puisqu’elle est la conséquence directe du dernier scrutin municipal où le parti Les Républicains  avait remporté avec ses alliés 57% des villes de plus de 9 000 habitants. Résultat passé sous silence, lui aussi. Mais le  bon peuple n’est  pas dupe.

La voix de la France profonde.

A travers les grands électeurs, c’est la France périphérique qui s’est exprimée. Celle que les bobos des grandes villes ne veulent surtout pas voir, sauf quand il s’agit d’aller se mettre à l’abri du Coronavirus.  Ces Français têtus n’appartiennent pas au nouveau monde, ils ont l’audace de désigner des sénateurs LR, PS, communistes, tous représentatifs de l’ancien monde, attachés aux convictions et au clivage droite-gauche, qui n’empêche pas pour autant la réflexion collective, chère à la haute assemblée.  Si la France renoue un jour avec la vie politique assise sur les partis qui retrouveront forcément leur rôle naturel, ce sera grâce au Sénat. Et le Président de la République et sa clique de technocrates auraient tort de négliger le signal qui vient de leur être envoyé.  Car la deuxième  assemblée, dont le Président est aussi le deuxième personnage de l’Etat, aura son mot  à dire sur tous les projets et réformes de l’exécutif. Un sacré caillou dans la chaussure !

Et maintenant, les départementales et les régionales …

Il faudra être courageux pour endosser un maillot LREM au printemps prochain.  Avis aux transfuges et amateurs de soupe qui ont changé de casaque en cours de route, ces élus qui ont changé de camp en croyant à la fable macroniste, reniant les électeurs qui avaient fait confiance à leur ancrage. D’abord qu’ils ne comptent pas sur les militants républicains, car il en reste, pour faire leur campagne, même  déguisés en candidats « centre-droit ». Ils vont tout tenter, y compris en brouillant les cartes, cherchant à constituer des binômes avec des candidats LR. La ficelle est un peu grosse. Hier le parti  présidentiel, s’il a existé un jour, a montré toute sa vacuité. Certains, sentant le vent tourner, vont se raccrocher à une mouvance aussi inconsistante que pernicieuse, autour d’Edouard Philippe. Une imposture de plus. Ce pays qui sombre dans la déprime,  l’anxiété et la défiance généralisée a besoin de choix clairs, d’élus à la colonne vertébrale solide, d’honnêteté des convictions. Les Républicains montrent le chemin pour retrouver la confiance.  Celui qui redonne à la  politique ses lettres de noblesse, en tenant à distance le cynisme, la manipulation et la tambouille politicienne si chers au Maire d’Angers.

 


LE CULTE DE LA NATURE SUPREME

Terre

Il  y a des relents de Robespierrisme dans la nouvelle doxa des écolo-bobos qui ont pris les rênes de quelques grandes villes. Leurs premières décisions politiques laissent pantois : écriture inclusive  imposée, cour de récréation « genrée », suppression du sapin de Noël,  attaques caricaturales contre le Tour de  France … Mais ce ne sont que broutilles qui cachent l’essentiel, et il fait peur.

EELV a choisi de jouer sur les  peurs. 

A tel  point que tout le  monde  voudrait être plus vert que les Verts. Mais pas au point de se figer comme les Amish, nous assène quand même  Macronibus. Les  insoumis se ravisent et abandonnent leur doctrine productiviste pour rejoindre  les écolos dans leurs désirs d’interdire pour nous forcer à sortir de la société de consommation : Manon Aubry rejoint David Cormand. Donc, enfonçons une porte ouverte : les écolos sont bien de  gauche. Verts dehors, rouges dedans, comme les pastèques. Le courant dominant chez les Verts affirme que l’Homme est un avatar de la vie qui ne dispose,  au mieux,  que d’un droit d’usage limité de  son environnement. Cette nouvelle gauche réduit l’homme à un être biologique parmi les autres espèces vivantes. Encore qu’il faille relativiser quand on s’aperçoit que nombre de ses adeptes adhèrent à la théorie du genre qui nie l’anthropologie et le caractère biologique du sexe à la naissance. Elle porte l’idéologie de la nature jusqu’à l’acmé au point d’en faire  un « être suprême ». Et voilà qui nous rappelle les  belles heures de la Terreur et Robespierre avec son culte de l’être suprême qui devait remplacer la religion chrétienne jusqu’à son calendrier.  Et  les écolos sont sur la même pente à n’en pas douter.

L’écologie politique, ou écologisme.

C’est une idéologie anti-humaniste qui, au prétexte de « restaurer l’équilibre » entre l’homme et son environnement, offre un projet de société authentiquement « humanicide » et nihiliste par défaut de considération pour les valeurs humaines. Si le CO2 est le problème, sachant qu’il n’existe aucun geste de l’homme qui n’en émette, alors c’est l’intégralité des actions humaines qui doivent être soustraites à l’empire de la liberté pour tomber dans la contrainte administrative, sur le mode du rationnement, de l’interdiction et de la sanction : c’est l’écologie punitive. Elle conduit au totalitarisme. D’un strict point de vue idéologique, théorique et analytique, l’écologisme forme le projet le plus parfaitement totalitaire depuis Marx, dont elle recycle la vision en se servant de la protection de la nature. Car le cœur de l’idéologie écologiste est anticapitaliste. Ce  n’est pas un hasard si elle est née après la chute du Mur et l’effondrement des  régimes marxistes. Et comme le marxisme, l’écologisme se fait prophétique : faute de pouvoir annoncer la fin du système capitaliste, la doctrine verte brandit désormais la fin de la Planète. L’écologisme est apocalyptique. Il se comporte comme une religion qui prétend se fonder sur la science.

L’Homme occidental en pénitence.

La doctrine verte désigne le coupable : l’homme occidental. Si la décolonisation s’accompagne de remords envers le reste du monde, l’écologisme traduit une culpabilité envers la nature. Ce qui permet en même temps d’afficher une supériorité morale : soyons plus propres, plus verts, plus doux, plus naturels, plus passifs… On communie dans une bienveillance universelle, visant la planète et les générations futures. On lutte contre les petits plaisirs (alimentation, voyages…) et contre un système productif dit insoutenable. L’homme doit donc se racheter en observant le catéchisme écologique et  en dénonçant les Mauvais, quitte à la convertir de force. Toute discussion des présupposés de l’écologisme entraîne en effet une excommunication immédiate, il suffit de suivre quelques débats pour s’en convaincre.  Pour tout dire, l’écologisme est une supercherie scientifique, un délire collectif et un totalitarisme.

L’autre écologie.

Je ne suis pas climato-sceptique, mais la  part anthropique dans le réchauffement climatique est  probablement bien  moindre que ce que les écolos veulent nous faire croire avec leur fausse science. Oui, la Terre se réchauffe, comme tous les 30 à 40 000 ans de l’ère quaternaire.  Et elle se réchaufferait probablement de la même façon sans l’Homme. Le risque d’un monde périssable existe réellement, mais c’est une farce que de penser qu’il peut être évité par le retour à une économie vivrière. Et c’est vrai les enjeux sont terrifiants. Avec  le réchauffement, les glaces de l’Antarctique fondent six fois plus vite qu’il y a une quarantaine d’années, et en moins de quarante ans, le niveau des mers a augmenté de 1,4 cm. La fonte totale des glaces du pôle sud entraînerait une élévation du niveau des océans de 57 m ! Celle des glaces du Groenland de 7m ! Le déversement de  la fonte des glaces  a des  conséquences sur les courants océaniques,  déséquilibrant la balance climatique, provoquant des événements extrêmes que nous constatons déjà. Il faut espérer dans le progrès.  Néanmoins, nous savons par expérience que la nature n’est  pas obéissante et peut même être très cruelle. D’autre part, un assez large consensus existe dans notre pays sur l’urgence de changer de modèle  productif et les entreprises n’attendent pas après les injonctions politiques pour chercher dans l’innovation des  formes  plus adaptées à notre environnement. Les  banques les premières  soutiennent de nombreux projets dits « écologiques »  et l’idée d’un développement soutenable progresse. Les  sources d’énergie les  plus propres sont maintenant parfois les  moins chères et l’AIE estime que les technologies déjà rentables permettront d’éliminer 60% environ de nos émissions de gaz à effet de serre. Il faut pratiquer une écologie des solutions, sans idéologie mais avec persévérance et pragmatisme,  car il est tout-à-fait possible de concilier écologie et croissance durable.

Le culte de la nature suprême, comme celui de l’être suprême, conduit  à une impasse, à une écologie irréalisable parce que fantasmée, sans solutions réalistes. Elle  conduirait si elle était appliquée, les sociétés humaines au cumul de  la détresse sociale et du recul du progrès. Bref, nos écolos sont les plus mal placés pour défendre une écologie durable.

 


La REM A LA RAMASSE !

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Les législatives partielles, même en l’absence (ou à cause) de 80% des électeurs ont consacré le désamour des Français pour le vote macroniste. Aucun des candidats n’a été en mesure de  pouvoir se maintenir au second tour. Après  les résultats catastrophiques des  municipales, il y a du mouron à se faire pour ceux qui envisageraient, aux prochaines élections, de s’allier avec le parti majoritaire ou de le rallier en prenant l’étiquette LREM dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle n’est pas « vendeuse ». A cela il faut ajouter le départ du groupe majoritaire à l’Assemblée de plus d’une trentaine de députés, si bien qu’il n’a plus la majorité absolue  à lui tout seul. Quand Marlène Schiappa parle « d’une crise de croissance », on est étonné que cela se traduise par un amaigrissement. Le départ de Pierre Person (N°2) de la direction du parti, a sonné comme un coup de tonnerre.

Délitement de La REM.

Mais pour autant, le président Macron ne semble pas inquiet du délitement profond de sa majorité présidentielle. Les défections de députés passés dans d’autres partis, les alarmes diverses lancées par l’aile gauche de la République en marche, mais jamais entendues, un chef débordé par sa base, ne semblent pas l’atteindre. Il se borne à constater que la démission de Pierre Person, numéro deux du parti, a conduit Stanislas Guérini à le remplacer par d’autres élus, comme si la crise de la REM ne devait pas avoir d’impact sur les élections générales de 2022. La crise était devenue inéluctable dès lors que le chef de l’État n’a changé de Premier Ministre que pour placer à Matignon Jean Castex dont les idées ne diffèrent guère de celles d’Édouard Philippe, avec la différence qu’il est là uniquement pour appliquer les politiques décidées par le président. Le verrouillage idéologique du gouvernement a aggravé le malaise croissant des élus de La REM qui venaient de la gauche. Ils voient clairement qu’ils ne comptent plus et se posent donc la question de ce qu’ils font dans la majorité. Le parti, si tant est qu’il existe vraiment, n’est plus que l’ombre de lui-même. 

Un président sans majorité.

En fait nous assistons à une décantation. Emmanuel Macron sait que s’il a gagné les élections de 2017, c’est sur un malentendu et une confusion que sa formule du « en même temps » ne pouvait que renforcer. En France, l’électorat qu’il peut mobiliser se situe désormais à droite dans une opinion publique qui, depuis pas mal d’années, est majoritairement de droite. Comme  disait le regretté Jean d’Ormesson à  l’époque, il y aura forcément la moitié de son électorat qui sera cocu. On sait  maintenant que c’est celui de la gauche modérée qui l’a fait élire. Sauf que ceux du centre et du centre-droit qui le soutiennent aujourd’hui, si l’on en croit les sondages, le sont aussi. Il suffit de regarder les fondamentaux de la  politique menée depuis trois  ans, et continuée par Castex, pour s’en convaincre. Macron impose une politique sociale-démocrate et répugne à prendre les décisions qui le classeraient vraiment à droite comme le  montre sa répugnance à aller sur le terrain régalien de  l’insécurité ou de la lutte contre le communautarisme. Sa loi contre le séparatisme est une tarte à la crème qui ne verra le jour au mieux qu’en fin 2021 et qui ne traitera  pas du vrai sujet : réduire l’islamisme politique.  En 2022 il est condamné à se présenter en s’adressant directement à l’électorat, les forces censées le soutenir seront placées devant le fait accompli, et il le fera sans doute en maintenant le flou de son projet. Et à bien y regarder, il ne peut déjà plus passer la moindre loi sans le soutien du MoDem dont l’influence ne fait qu’augmenter, en même temps que ses exigences, comme le recours au scrutin proportionnel pour les législatives, incompatible avec l’essence de la Constitution.

Un calcul risqué.

Pourquoi Emmanuel Macron est-il si serein face à une crise de la majorité qu’il n’a pas tenté d’enrayer ? Certes, on ne gouverne pas avec des scrupules. Peut-être se dit-il que le cas de La REM n’est pas différent de celui des autres partis, que la gauche reste très divisée,  que les Républicains ne sont pas en meilleure santé, et que grâce à un nombre de candidats pléthorique, il  pourra tirer son épingle du jeu. Une telle analyse ne sera jamais que la construction théorique d’un optimisme triomphant. S’il espère que les partis auront moins d’importance et que les caractères des candidats feront la différence, ceux qui ont une forte expérience ayant de meilleures chances que les autres, il pourrait bien avoir une belle déconvenue. Car malgré les conditions imposées par la crise  sanitaire, ce qui ressort des élections intermédiaires, c’est la résistance du « vieux monde » et l’usure du « progressisme » qu’il prône.  D’ailleurs, les récentes manifestations l’ont démontré : les Républicains sont bien vivants et bénéficient d’un vivier de jeunes élus talentueux qui font chaque jour la démonstration de leur efficacité. Nul doute qu’ils auront un candidat crédible  le moment venu. Quant à la gauche et aux écologistes, il faudra  d’abord qu’ils se mettent d’accord pour avoir une chance de réunir une majorité des électeurs et ce n’est pas gagné ! L’échéance est encore lointaine. On a tant dit que les Français refusaient désormais le duel RN-Macron du second tour que cette fois, il est fort possible qu’il n’ait pas lieu.

Décidément, le remplacement d’Edouard Philippe par Castex n’était pas une bonne stratégie. La crise de La REM le confirme. A droite, on ne s’en plaindra pas.

 


QUEL ETE ! BONJOUR L’AMBIANCE !

Fin du monde tintin

 

Est-ce la crise du Covid qui se prolonge et qui me fait broyer du noir ou est-ce  l’accumulation d’une actualité décourageante ? Toujours est-il que cet été 2020 n’incline pas à l’optimisme quel  que soit le côté  où l’on se tourne. Tout va  mal  aurait dit Cassandre. Je crains que malheureusement ce ne soit pas qu’un état d’esprit  ou un « sentiment ».

Chez nous, déni et improvisation.

Notre Etat est imbattable dans la multiplication des règlements, normes, arrêtés… Le  Covid19 mobilise toujours nos technocrates en dépit de sa  moindre dangerosité. La crise sanitaire a pourtant démontré l’inefficacité du centralisme étatique et de sa bureaucratie. Il tente, sans renoncer à son jacobinisme de donner le change en laissant un peu de liberté aux préfets, mais la verticalité et  l’embrouillamini des structures restent les  mêmes : préfet, Ars, ministère de la santé. Il n’y a pas d’horizontalité, de souplesse,  de place laissée à l’initiative. La preuve en est que les mesures prises à Bordeaux et à Marseille se ressemblent comme  sœurs  jumelles. Comment s’étonner alors que l’Etat soit de moins en moins respecté par une population en proie aux doutes multiples. Comment faire  admettre qu’il faille renoncer à un mariage et à la fête qui va avec quand on laisse par ailleurs plusieurs milliers de jeunes braver  l’interdit et organiser une rave-partie sans que l’autorité ne puisse faire autre chose que de s’en émouvoir.

L’effondrement du pouvoir vertical est un fait et ce ne sont pas les moulinets et les rodomontades du Ministre de l’Intérieur qui y changent quoi que ce soit. L’autorité du pouvoir est défiée quotidiennement par une contre-société qui se renforce  de l’immigration incontrôlée et du commerce de la drogue. Pas un jour sans des meurtres, des règlements de comptes. Cet été a été celui de la multiplication des agressions gratuites commises presque toujours par des  voyous des cités. L’Etat demeure aveugle devant l’augmentation des crimes et violences.  Il  perd  tout crédit  quand  Gérald Darmanin qui dénonce à juste titre un « ensauvagement » est contredit par Dupond-Moretti qui estime  que ce mot développe le « sentiment d’insécurité » qui relèverait de « l’ordre du fantasme » (on se croirait revenu au temps de  Jospinou).  Qu’il aille  donc expliquer ça aux habitants du quartier de la Goutte d’or à Paris ! Ne lui en déplaise, l’augmentation de  la violence est un fait  et elle s’accompagne d’incivilités récurrentes contre lesquelles le citoyen lambda n’ose même  plus protester. Ainsi des rodéos urbains, des refus de porter le  masque dans les transports publics, des bagarres de rues, des non-respects du code de la route.

« L’urgence est économique et sanitaire » affirme notre grand argentier. Elle est aussi et surtout « sécuritaire et identitaire ». Car le gouvernement s’interdit toute brutalité contre les rebelles de la « diversité » par crainte de  l’émeute.  Il préfère la lâcheté croyant acheter la paix civile. Mais ce laxisme accélère le séparatisme territorial et culturel voulu par l’Islam politique. Il  multiplie les  interdits sanitaires mais garde les yeux fermés sur les  défis civilisationnels posés par  une contre-société islamique qui étend son territoire. « Aujourd’hui, où que le regard se pose dans l’espace  public, on voit des manifestations de l’islamisation de la société. Pourtant le déni est encore très répandu » constate Zineb El Rhazaoui, cette Française, ex-collaboratrice de Charlie Hebdo qui vit sous protection policière renforcée depuis l’attentat de 2015. Dans cette France qui se fragmente, il  est souvent insupportable pour le citoyen d’avoir le sentiment de se sentir étranger chez lui. Il ne suffit  pas de lâcher des mots pour s’indigner verbalement des désordres les plus visibles. On nous propose une loi contre le « séparatisme », la belle affaire. Sera-t-elle seulement appliquée alors qu’il existe déjà dans la panoplie largement de quoi agir légalement contre ceux qui le prônent. Dans ces conditions, il faut craindre l’accentuation de la défiance du peuple vis-à-vis d’un pouvoir matamore et  de ses médias enrégimentés. Un récent sondage n’a-t-il pas montré que 70%  des Français n’ont plus  confiance dans l’Institution présidentielle et trois sondés sur quatre annoncent un vote « antisystème » en 2022. La  France est en passe de devenir un moteur à explosions multiples.

Un monde de plus en plus dangereux.

Si l’été a été dominé  par l’épidémie qui ravage l’Amérique latine, reste hors de contrôle aux Etats-Unis et connait un regain en France, en Espagne et en Allemagne, l’ampleur de la récession mondiale est confirmée et acte la segmentation de la mondialisation. Elle s’opère sous l’effet de la  guerre larvée entre les Etats-Unis et la Chine dont la confrontation globale  prend des accents  guerriers avec  le  déploiement de navires de guerre de part et d’autre. Durcissement d’un côté d’un pouvoir  totalitaire  accompagné d’une politique agressive à l’égard de Hong-Kong et de Taïwan, guerre technologique menée de l’autre côté avec en parallèle une montée en puissance des géants numériques. Au moins, face à ces deux empires, l’Europe tient-elle le coup pour l’instant, en   montrant un front uni que même le jeu absurde de Boris Johnson, dont on ne sait plus très bien ce qu’il cherche, ne parvient pas  à fissurer.

Les  démocratures ne sont pas en reste. L’empoisonnement d’Alexeï Navalny venant après ceux d’Anna Polikovskaïa et d’Alexandre Litvinenko, nous rappelle que la Russie de  Poutine reste fondée sur la peur et le mensonge. Le cas de la Biélorussie et la fraude massive lors  de la dernière élection, suivie de la répression des manifestations, éclaire s’il en était besoin la vraie nature de ces régimes autoritaires. En Turquie, Erdogan cherche à masquer la dégradation rapide de la situation économique et financière de son pays par une sorte de reconstitution de l’Empire Ottoman, avec la revendication  au mépris du droit international de la souveraineté turque sur une large partie de la Méditerranée orientale, déploiement de bâtiments scientifiques et militaires à l’appui. La  France s’est portée à juste raison aux côtés des Grecs en apportant un soutien militaire visible. Enfin, le Sahel devient de plus en plus un nouvel Afghanistan  et le combat contre le terrorisme y devient chaque jour plus hypothétique avec une victoire militaire qui paraît impossible à obtenir. C’est une menace de plus d’exportation du chaos et de la violence non seulement dans l’espace africain mais aussi vers l’Europe.

A court terme les politiques monétaires continuent d’entretenir la  bulle financière, avec les banques centrales qui monopolisent les titres de dette publique et privée. Personne ne sait comment on en sortira. Une chose pourtant est certaine : il y aura une addition qu’il faudra payer d’une manière ou d’une autre. La  lutte contre l’épidémie de Covid 19 et la récession qui s’en suit ne doivent pas occulter la montée des risques stratégiques qui pèsent sur les démocraties. Et la reconfiguration du monde qui se dessine, qui conforte la numérisation, la  course à la maison individuelle et la fuite des hypercentres au profit des  campagnes alentours, et le développement du télétravail, constituent vrai défi  pour la transition écologique notamment en raison de la défiance envers l’habitat et les transports collectifs. Cela obligera peut-être les écolos à réfléchir et aller plus loin que leurs idées à la con. Un sujet dont on aura l’occasion de débattre, mais qui ne va pas simplifier le retour « à la normale ».

 

 


LA RELANCE SI…

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Le gouvernement a présenté enfin son plan de relance de l’économie, la semaine dernière. J’ai pris le temps d’un peu de  recul avant d’émettre un quelconque jugement. Car la seule question qui vaille,  c’est bien : « Est-ce que ces 100 milliards vont atteindre l’objectif fixé par le Premier Ministre, à savoir, entre autre, la création de 160 000 emplois l’année prochaine ? ».

Pour y parvenir beaucoup d’hypothèques devront être levées.

Réussir un  plan de relance, c’est rarement arrivé. Il faut bien comprendre qu’en la matière, il ne suffit pas de proposer, ce sont les entreprises et les consommateurs qui disposent. D’abord, il y a le temps de la mise en place : l’enveloppe, les cibles potentielles et les étapes d’approbation par  les rouages démocratiques. Ensuite, il y a le temps de l’application, c’est-à-dire l’engagement des crédits au fur et à mesure des besoins déclarés, enfin le délai de « digestion » par  les organismes concernés. Pour faire court : le  plan de relance ne commencera à s’appliquer au mieux qu’au début 2021, les crédits seront débloqués au cours des six  premiers mois si tout va bien, et les résultats tangibles ne commenceront à apparaitre que vers le début 2022, notamment pour l’emploi dont les délais de réponse sont toujours décalés, le temps  que la machine économique se remette en route.

Le contexte sanitaire, l’environnement économique international, la monnaie.

Le contexte de la crise sanitaire va-t-il continuer de peser ? C’est une autre question. La  peur du covid19 et les confinements ont provoqué un vrai traumatisme en même temps qu’une chute brutale de l’activité. L’économie éprouve aujourd’hui les séquelles liées aux incertitudes sur l’évolution de la pandémie, si bien que les ménages temporisent et les entreprises aussi. En conséquence, la croissance potentielle en pâtit.

A cela  s’ajoute l’environnement dans lequel la relance a lieu. L’ampleur de la récession mondiale est confirmée, elle devrait atteindre plus de 6%, touchant en priorité les pays développés dont l’activité chutera de près de 10% sur l’année, tandis que  les échanges dévisseront de 14%.  En toute logique, il est raisonnable de penser qu’il faudra plusieurs années pour que le  monde puisse retrouver une croissance égale à celle des années 2010 (3 à 4%). Le contexte géopolitique joue aussi un rôle et le délitement de la gouvernance mondiale associé à un renforcement du repli national ajoutent une couche supplémentaire d’incertitude. L’affrontement entre la Chine et les Etats-Unis en est un parfait exemple. Le risque est  amorti tant que les banques centrales sont à la manœuvre, qu'elles maintiennent les taux à zéro, qu'elles injectent des centaines de milliards et qu'elles financent gratuitement le déficit des gouvernements qui distribuent de l'argent à tous ceux qui sont touchés et même à ceux qui ne le sont pas. 

La hausse de l'euro est un autre problème.  Elle s’explique d’abord par la baisse du dollar, mais c’est aussi une hausse de l'euro. Les investisseurs ont été impressionnés par la réaction rapide à la crise de la BCE et par la mise en place toute aussi rapide d'un fonds européen de relance et surtout par l'implication européenne d'Angela Merkel. En effet, la zone euro est devenue une priorité pour l'Allemagne et les investisseurs font confiance à cette dernière. C'est un inconvénient pour l’inflation qui est déjà inexistante, car plus l'euro est fort, plus les pressions à la baisse sur l'inflation sont importantes. C’est un nouveau casse-tête pour la Banque Centrale Européenne. Cette hausse de l'euro tombe à un très mauvais moment, car en plus la zone monétaire est entrée en déflation : pour la première fois depuis 4 ans, l'inflation au mois d'août est tombée à -0,2%, elle était de +0,4% en juillet. Elle a touché 12 des 19 pays de la zone euro.

L’Europe et la France.

Dans l’Union européenne, dont la santé économique nous concerne directement, après le très fort rebond économique de juin et juillet, qui était mécanique, l’économie demeure en sous-régime. En Allemagne la production industrielle n'a progressé « que » de 1,2% en juillet. Et les économistes s’inquiètent d'un essoufflement de la reprise en Europe. Selon Eurostat, dans la zone euro, le PIB a diminué de presque 12 % au cours du deuxième trimestre 2020 et de plus de 11 % dans l'UE par rapport au trimestre précédent.

L'activité a fortement rebondi en France pendant l'été. Mais elle va avoir du mal à revenir à son niveau d'avant-crise, avec à la clé le risque d'un drame social. Si l’on en croit les estimations de l'Insee, le PIB a reculé de 6 % au premier trimestre, puis de 14 % au deuxième (avec même une chute de l'ordre de 30 % au plus fort du confinement). Il pourrait progresser de 17 % au troisième trimestre, puis de seulement 1 % au quatrième. La production nationale serait alors inférieure de 4 % à celle du dernier trimestre 2019. Le choc sanitaire de 2020, lui, a commencé par frapper toute l'économie. L'industrie et le bâtiment ont ensuite repris. Certains services ont eux aussi vite récupéré. Mais ceux qui touchent au voyage et ceux où les prestataires sont en contact direct avec les clients, restent loin en arrière. La reprise est très inégale - et les plus touchés sont ceux qui avaient été plutôt épargnés lors des chocs précédents. Le problème c’est que dans une récession des services, les outils employés depuis des décennies pour soutenir l'activité sont inopérants. Il va falloir en fabriquer d'autres, ce qui demandera du temps.

Voyons de quoi est fait le plan de relance.

A première vue, il évite le  premier écueil : une relance de la consommation ( en techno, on dit de « la demande »). Elle n’est pas à l’ordre du jour.  Le gouvernement compte sur les  85 milliards d’euros du  bas de laine accumulé pendant le confinement  par les ménages pour la réaliser. D’ailleurs, on sait que la relance par la consommation crée peu d’emplois en France. Ce n’est donc pas une priorité.

Le plan s'appelle « France Relance ». Il se donne comme objectif énoncé par Jean Castex  de permettre à l'activité en 2022 de revenir à son niveau de 2019. Il s’appuie sur trois axes : 30 milliards pour la transition écologique, 36 milliards pour le social et les territoires, 34 milliards dans l'industrie avec une volonté de relocalisation. A priori, c’est plutôt un bon plan. Il est programmé sur deux ans. Il contient au moins une bonne nouvelle : enfin arrive une baisse des taxes sur la production qui plombent nos entreprises, sauf que ce ne sera pas 20 milliards d'euros mais seulement 10 (mais comme l’Etat les compense aux collectivités locales pendant deux ans... ça ferait vingt). Sur 70 milliards,  c’est trop  peu. Il aurait fallu au moins 30 milliards. Dommage, parce que c’est le levier le plus efficace pour créer des emplois dans les entreprises. Selon une estimation de l’Ifrap, une baisse de 27 milliards aurait permis de créer plus de 420 000 emplois dont 100 000 dans l’industrie. La  principale faiblesse de ce plan c’est de tomber dans le saupoudrage. Avec 100 milliards celui-ci peut apparaître massif,  mais Il comporte un risque majeur de saupoudrage des crédits en voulant impliquer l’ensemble des grands ministères et des acteurs économiques et institutionnels, la longue liste des crédits affectés en est le signe visible. Et si  le Plan veut relancer l’économie par le soutien aux entreprises, il passe encore trop massivement par de la commande publique. 

Il se veut un pari audacieux puisqu’il sera presque exclusivement focalisé sur « l’offre » qui doit permettre de développer la croissance potentielle de l’économie française avec pour objectif +1 point à l’horizon 2030. Un  bon point pour les investissements qui sont privilégiés, un mauvais  point pour le soutien aux fonds propres, très insuffisant. Il fait un pari sur la dette, aussi, puisque le gouvernement ne veut être jugé que par sa capacité à effacer une partie de la crise en retrouvant les fondamentaux de l’économie française de 2019 dès 2022 et en effaçant la dette Covid à compter de 2025. C’est vraiment très ambitieux, d’autant plus que ce beau programme de relance pourrait être effacé par la politique monétaire de la BCE si l’euro se renforce trop face au dollar au risque de détruire la compétitivité que l’on espère retrouver.

La méthode d’exécution.

Pour l’exécution, le Premier Ministre propose une méthode de budgétisation inédite en réservant l’ensemble du Plan de relance à une mission particulière du budget 2021 afin de conserver une certaine fongibilité des crédits. Pour cela le Premier Ministre présidera un « Conseil de la relance » qui communiquera sur l’avancement et les résultats de la consommation des crédits, sur base mensuelle, tandis que chaque semaine « un comité de pilotage » présidé par le Ministre de l’Economie devrait piloter le déploiement du plan avec les ministères dépensiers et les acteurs des secteurs cibles. J’avais  commencé à oublier que la France est un pays de culture « dirigiste ». Tout sera sous le contrôle de Bercy. Amélie de Montchalin va nommer des « Sous-Préfets à la relance » et  il faudra aussi probablement compter avec François Bayrou, Haut-Commissaire au Plan. On rajoute des couches d’administration à un pays déjà suradministré. On ne peut faire plus rigide ni plus vertical. Vous avez dit « handicap » ?

Mais le plan est « Un cadeau à la France pour relancer l'économie et lutter contre le chômage » selon Jean Castex. Il faudrait lui rappeler que ce « cadeau » n'est pas un cadeau du ciel, mais un « cadeau » fait et payé à terme par les Français pour les Français. En parlant de cadeau, il alimente cette croyance qu'on peut distribuer de l'argent magique qui ne coûte rien à personne... Rappelez-vous : « C’est gratuit, puisque c’est l’Etat qui paie ! ». Ce plan, et surtout la façon de le présenter, va alimenter dans l'esprit de beaucoup de Français l'idée qu'on peut dépenser sans compter et détruire définitivement toute tentative de revenir un jour à une gestion budgétaire saine, à l'Allemande. Un autre inconvénient, c'est que tout cet argent va également alimenter ce que les Anglo-saxons appellent la « zombie economy », ces entreprises qui doivent tomber car elles ne sont ni compétitives, ni adaptées au présent et à l'avenir et qu'on va maintenir artificiellement en vie. Ceux qui s'inquiétaient de savoir comment les entreprises allaient rembourser leur PGE à partir d'avril prochain ou comment elles allaient pouvoir supporter la flambée des taux de leurs crédits si elles les prolongeaient, peuvent se rassurer. L’État a imposé aux banques de laisser le taux de renouvellement du PGE dans une fourchette de 1% à 2,5%. On va donc continuer à maintenir artificiellement en vie des entreprises zombies. Au moins jusqu'aux élections...

Alors ?

Outre le fait que l’enveloppe de 100 milliards d’euros est artificiellement gonflée pour la présentation, puisque le plan reprend des dispositifs déjà en place, le moins qu’on puisse dire c’est que l’environnement global n’est  guère porteur. La pandémie ne se calme pas ce qui entretient une atmosphère d’angoisse peu propice à l’optimisme et à la consommation. Du coup, l'économie rebondit mais moins rapidement qu'anticipé, de même pour le chômage, dans un monde qui tourne au ralenti. Après un arrêt de la croissance comme on l'a connu avec le confinement, la reprise se fait par étapes. Sur le front monétaire, l’euro a progressé de 12% depuis l'apparition du virus. C'est un inconvénient supplémentaire pour les exportations qui sont une priorité de la relance. Enfin, c’est à l’épreuve des faits qu’on vérifiera si notre dirigisme n’est pas un handicap supplémentaire. Le moteur de la confiance, essentiel, tourne lui aussi au ralenti. Et les  secousses sociales qu’il faut craindre  avec  l’explosion du chômage  prévue d’ici la  fin de l’année, dans le contexte actuel de  violences, pourraient peser bien plus que l’argent pour la relance… mais pas dans le bon sens. Vouloir créer 160 000 emplois dès l’an prochain paraît vraiment très ambitieux, car l’Etat propose mais les entreprises disposent. Mais restons positifs, il fallait un grand plan de relance et c'est un grand plan de relance.

 


PARI REUSSI !

Rep port Marly

La droite de Port-Marly.

Le rassemblement de Port-Marly était un pari audacieux :  réunir plus de 1000  jeunes pour participer à des tables rondes pouvait tenir de la gageure.  Eh bien, non seulement ils ont été au rendez-vous, démontrant la capacité du parti, mais ce fut passionnant grâce  aux invités et aux élus présents. J’ai pu suivre quelques-uns des rendez-vous grâce à la retransmission sur facebook. Mais ce qu’en ont retenu les médias est affligeant : au lieu de voir le travail sur le fond qui est réalisé, objectif poursuivi avec opiniâtreté par Christian Jacob, ils ne veulent retenir que le sujet de la candidature à la présidentielle de 2022 qui n’est pas à l’ordre du jour. Mais passons. Il y aura nécessairement un candidat issu de notre famille politique et il sera  en capacité de l’emporter. Je reviendrai sur ce sujet qui mérite un développement.

Déstabilisation.

Non seulement les médias ont  minoré sa victoire aux municipales pour focaliser sur une « vague verte » qui n’a  pas eu lieu, mais, au même moment, Les Républicains font l’objet d’attaques pour les déstabiliser, par un travail de sape venu de personnalités qui ont rejoint le camp macroniste. Un jour c’est Estrosi qui conseille de passer un accord avec Macron, le lendemain  c’est Roselyne Bachelot qui déclare que nos électeurs ont « toutes les raisons de voter Macron ».  Que Roselyne n’ait pas  pu résister à  l’attrait du maroquin de la culture, c’est son affaire,  mais qu’elle garde ses  conseils pour elle. Ce  sont des comportements comme le sien qui provoquent le dégoût des électeurs et les conduisent à l’abstention ou au vote contestataire. Elle est  plus convaincante quand elle refuse l’écriture inclusive qui défigure notre langue. Car pour ce qui est de soutenir Macron, encore faudrait-il pouvoir se reconnaître dans la  politique qu’il mène. Suivre Estrosi ou Bachelot relève du syllogisme: il vaudrait mieux pour la droite LR se ranger derrière Emmanuel Macron qui « fait-ce-que-la-droite-avait-promis-de-faire-mais-n’a-jamais-fait », sans jamais préciser quoi ; on connaît la rengaine de tous ceux qui ont pris le train macroniste en marche, aussi bien chez les cadres LR que chez leurs électeurs. Mais c’est un énorme mensonge !

D’abord à cause des réformes que la droite n’aurait jamais faites.

Qu’on en juge ! Nous n’aurions jamais supprimé la Taxe d’habitation sous l’odieux prétexte qu’elle était injuste. Voilà une décision imbécile qui montre une méconnaissance de la réalité. Nous n’aurions pas non plus continué la politique des exemptions d’impôts qui fait que 57% des foyers fiscaux ne paient plus l’IRPP,  nous n’aurions pas non plus  augmenté la  CSG des retraités, ni mis   en place le prélèvement à la source qui supprime de fait le  consentement à l’impôt et  renforce le pouvoir hyper-technocratique de Bercy.  Nous n’aurions pas abandonné  le projet d’aéroport de ND des Landes, bafouant les décisions de justice, les élus des collectivités et le résultat du referendum, en cédant à la violence de quelques dizaines d’opposants. Nous n’aurions pas fermé la centrale nucléaire de Fessenheim, un véritable non-sens écologique et économique. Nous n’aurions pas transformé l’ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière, mais supprimé totalement. Nous n’aurions pas fait la réforme de  la formation professionnelle en confiant l’apprentissage aux branches professionnelles qui deviennent de fait juges et parties dans l’utilisation des fonds de la taxe d’apprentissage. Quant aux lois à caractère sociétal, le pompon a été atteint avec  la réforme de la loi bioéthique qui élargit  la PMA à toutes les femmes et en plus remboursée par la Sécurité sociale, ni permis les extravagances sur  les manipulations de l’embryon humain. Nous n’aurions pas supprimé les courtes peines et encore moins libéré des  milliers de détenus sous prétexte de la crise sanitaire. Macron n’a engagé aucune action pour réduire les déficits publics ni faire  baisser la dette qui a atteint les 100% de notre PIB avant la crise du covid19.  Et je ne parle  pas de la réforme des retraites sur laquelle il y aurait beaucoup à dire et du projet de réforme de la constitution. Voilà qui fait déjà beaucoup de sujets de désaccord.

Et puis il y a ce que la droite aurait fait et que Macron ne fait  pas.

Au pouvoir, la priorité d’un gouvernement de droite aurait été de rétablir les comptes publics afin de tenir nos engagements avec nos partenaires européens, et afin de baisser notre dette  et redonner des  marges de manoeuvre à l’économie. Il aurait rétabli la TVA sociale, que Hollande avait supprimée, pour baisser les  charges qui  pèsent sur les entreprises. Il aurait mené une politique déterminée  pour faire baisser  le nombre des fonctionnaires et baisser les  impôts qui font que notre  pays est toujours le plus taxé  de l’OCDE encore aujourd’hui. Evidemment, il aurait mené une politique ferme pour lutter contre l’immigration clandestine et maîtriser le flux migratoire légal, pour endiguer  la délinquance et la violence, afin de réduire l’insécurité qui sévit en France. Il aurait lutté fermement contre le communautarisme que le pouvoir actuel refuse  de nommer et qu’il ménage autant par idéologie que par intérêt électoral. Il aurait rétabli les peines planchers et construit les places de prison nécessaires…

Cela fait déjà beaucoup de désaccords et justifie amplement que nos cent députés LR siègent dans l’opposition à  l’Assemblée nationale.

Les Républicains ont le devoir d’exister.

D’ailleurs, dans les élections intermédiaires, comme les dernières municipales l’ont montré, Les Républicains n’ont pas eu à rougir de leurs résultats, comparés à ceux du parti majoritaire qui n’a engrangé aucune grande victoire. Dès lors on ne voit pas pourquoi ils iraient se placer derrière Emmanuel Macron et du même coup se suicider. Mais, surtout, soutenir Macron dès le premier tour serait la meilleure manière d’offrir au Rassemblement National de Marine Le Pen le rôle de principale alternative de droite à Macron et c’est le moyen le plus sûr de rejouer le duel Macron-Le Pen au second tour, dont les Français ne veulent  pas. Sans compter que se ranger derrière Macron inciterait nombre d’adhérents et d’électeurs à choisir Marine Le Pen, dès le premier tour,  augmentant ses  chances. Et puis, nier l’apport des Républicains reviendrait à faire une croix sur un pan de l’histoire politique française incarnée par le général de Gaulle et  le  centre droit plus globalement. Tout le jeu de l’actuel chef de l’État est de faire semblant : il a récupéré une partie du logiciel de la droite et une partie de son personnel politique, mais comme démontré plus haut, le macronisme n’est pas un programme de droite qui se voudrait pragmatique. C’est une évidence sur les sujets régaliens, tels que la sécurité, mais également sur la laïcité, sur l’identité et même sur l’économie. La polémique qui oppose actuellement Gérald Darmanin et Éric Dupond-Moretti sur l’usage même du mot «ensauvagement» suffit à démontrer que les concepts identifiés comme « de droite » ne font pas l’unanimité au sein même du gouvernement.

L’avenir nous appartient.

De la même façon que faire référence à la droite d’il y a dix  ans, c’est comme retournr un siècle en arrière, 2022 est encore loin et en deux ans, il peut s’en passer des événements. Qui avait prévu la crise sanitaire ?  Aussi, continuons notre chemin méthodiquement et ayons confiance en nous-mêmes. Quand la droite veut, elle peut ! Le moment venu, elle se  présentera devant les électeurs avec  le bon candidat, un projet renouvelé et un personnel  politique rajeuni. Ce sera la droite  bien dans son temps et dans ses baskets. Elle a commencé à se montrer à Port-Marly.

A bon entendeur !

 


NICOLAS, AU SECOURS, ILS SONT DEVENUS FOUS !

Archibald en colère

En cette rentrée, la droite gêne, après sa victoire aux élections municipales. Tout est fait pour la déstabiliser : les sondages, les manœuvres, les positionnements d’impétrants… Encore faudrait-il qu’elle ne se déstabilise pas elle-même.

J’étais à La Baule. 

Une manifestation réussie par le nombre des présents, l’organisation impeccable, les tables rondes passionnantes avec Agnès Evren, Eric Woerth, Gilles Platret et Philippe Juvin. C’est du côté des « vedettes » qu’est venue la déception pour ne pas dire la confusion. Chacun y est allé de sa petite musique sur la méthode pour choisir le candidat à la présidentielle : chacun a évidemment plaidé pour le « rassemblement », mais des procédures différentes. De quoi alimenter les commentaires ironiques pour ne pas dire destructeurs des médias présents. Retailleau, Larcher, Dati… vous auriez au moins pu accorder vos violons. On avait déjà bien assez avec Bertrand et Pécresse qui agissent en francs-tireurs. Par contre, personne n’a vraiment évoqué le travail de fond  sur le projet entamé par Christian Jacob, comme si ça n’était pas essentiel et alors que les fédérations en sont saisies pour discussion et approfondissement. Serait-on en train de renouer avec « la droite la plus bête du monde » !

Le clan des masos.

Ce qui me surprend le plus, et me laisse pantois, c’est que 26% des électeurs dits de « droite » (encore savoir comment ils ont été triés), placeraient Edouard Philippe en tête pour leur choix d’un candidat en 2022.  En voilà qui ne sont pas rancuniers ou qui ont la mémoire courte. Ils ont oublié la « trahison » de l’intéressé et comment du jour au lendemain, il a abandonné, en même temps  que ses convictions, en juin 2017,  les candidats qu’il avait fait investir au profit des « En Marche ».  Ils ont oublié le matraquage fiscal des retraités avec la CSG, la suppression stupide de la Taxe d’habitation, l’hyper technocratie qui nous a menée à la crise des « gilets jaunes ».  Edouard Philippe laisse une France exsangue : déficits à 100 milliards en 2019, dette à 100% du PIB, situation que la crise du covid19 va aggraver avec un déficit à 220 milliards en 2020 et une dette à plus de 120% du PIB. Il faut ajouter l’explosion de l’immigration, de la  délinquance et de la violence dont la ruineuse et inqualifiable décision d’abandonner le projet de ND des Landes a été le facteur déclenchant. La France, et particulièrement nos villes, est devenue « insécure ». L’Islamisme n’a pas été combattu suffisamment et gagne dans les quartiers au point que 74% des -25 ans font passer la loi religieuse avant celle de  la République. Des milliers de délinquants ont été remis en liberté à la faveur de la crise sanitaire et la construction des places de prisons est devenue un serpent de  mer. La réforme des retraites, qu’il n’a pas su mener à bien, reste en suspens. Et il  ne peut pas se défausser non plus de la loi « bioéthique » dont l’essentiel du parcours s’est fait sous son autorité : non seulement elle élargit l’usage de la PMA, mais elle autorise en biais la GPA et introduit des manipulations sur l’embryon, la  ligne rouge a été franchie. Sa gestion erratique de la crise du Covid19 a été occultée  par une hyper communication pour donner le change et sur ce sujet, les enquêtes parlementaires permettront d’y voir plus clair. Et le fait que 35 députés  aient quitté le groupe "En Marche" montre bien que le "en même temps" ne fonctionne pas et paralyse la France. Avec Edouard Philippe la France a subi un déclassement. Il l’a laissée dans un triste état.

Le grenouilleur du sud...

... et quelques autres. Comme si ça ne suffisait pas, voilà Estrosi qui s’y met. Il décrète 600 jours à l’avance que la droite n’a pas de candidat qui émerge et, prône un rapprochement avec Macron. En voilà un magouilleur de première ! Il s’était éloigné des Républicains après l’élection de Macron et avait rejoint les « maires macroncompatibles ». Puis menacé sur son socle par Eric Ciotti, il a trouvé le moyen de se rapprocher de sa « famille » pour échapper au duel et se faire réélire. Maintenant que c’est fait, il scie à nouveau le vélo des copains. Ses arguments on les connait. Macron ferait une politique proche de celle que conduiraient les Républicains.  Il suffit d’observer comment sont gérées les Régions tenues par Les Républicains pour s’apercevoir que l’affirmation est fallacieuse. Il y a une réelle différence de vision de l’action publique avec  le macronisme. L’amalgame n’est pas  possible pour ceux qui continuent de croire dans des convictions et qui constatent tous les jours que la droite et la  gauche sont incompatibles : sur le régalien, sur la fiscalité, sur les dépenses publiques, sur l’immigration, sur l’économie… Le comportement des gens comme Estrosi désespère notre électorat et risque d’en conduire une bonne partie au dépit en s’abstenant ou au désespoir en votant Le Pen. Ils voudraient faire élire cette dernière qu’ils ne s’y prendraient pas mieux. Quant à Raffarin, on se passera de son avis, tellement il est intéressé.

Chaque candidat dans son coin.

Ras-le-bol des chapelles. Il va bien falloir en sortir.  Aucune méthode n’est idéale. A droite, la primaire ouverte  est une machine à perdre par les amertumes qu’elle génère. Une primaire interne ne vaut guère mieux : un entre-soi dans un parti qui a perdu une grande partie de ses militants n’aurait guère d’impact sur une opinion publique manipulée en permanence par les puissants médias aux mains du pouvoir. Nous savons une seule chose : nous ne pourrons présenter qu’un seul candidat au premier tour de la présidentielle si l’on veut qu’il ait une chance de participer au second tour. Nous avons des personnes talentueuses susceptibles de concourir, mais aucune ne gagnera sans les autres autour d’elle.  Alors, pourquoi ne pas faire les choses dans l’ordre : finaliser le projet d’abord, puis le  moment venu, se retrouver autour de la table pour trouver un accord afin de désigner celui qui paraîtra le mieux placé pour l’emporter. Que ceux qui ont envie d'y aller se parlent, bon sang !

Ne soyons pas des girouettes.

Je suis persuadé que les Français  en ont assez des « politiciens à géométrie variable ». une grande partie de nos électeurs attendent que nous  soyons nous-même. D’ailleurs ne dit-on pas que la France est  aujourd’hui majoritairement à droite ? Pourquoi  mettre notre drapeau dans la poche ? Nous incarnons la droite parlementaire modérée : celle qui défend la liberté, la sécurité, la cohésion nationale, le sérieux budgétaire et l’équité fiscale, le soutien à l’activité économique et l’idée d’une France forte en Europe. Nous n’avons aucune honte à avoir : la France a besoin de nos valeurs et de nos convictions. Si nous ne les défendons pas, elles seront reprises et trahies par d’autres. Si chacun reste dans son coin, nous serons « mangés » par les deux bouts, entre le RN et LREM dont on sait que ni l’un, ni l’autre ne représentent un choix complet et solide pour la France.

Nicolas, ils ont besoin d’une leçon de « rassemblement » ! Dis-leur que pour prétendre « rassembler les Français », et avoir une petite chance d’être élu, il faut commencer par rassembler sa famille !

 


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Dossiers de l'été

7 / AU BAL MASQUE…

Au bal masqué, si les faux-culs faisaient banquette, on ne pourrait plus s’asseoir. Le port du masque a ses décideurs et ses contradicteurs. Quel débat, pour ne pas dire déballage.  Ce petit carré de tissu en fait couler de la salive.  Mais comment s’y retrouver dans toutes ces injonctions mouvantes et parfois contradictoires…. C’est une préconisation du Conseil scientifique : voilà qui clôt le débat ! Alors, circulez, on ne discute pas la  science !  Voilà un débat marginal mais qui occulte  bien la réalité.  Et quand les masques tomberont, nous pourrons constater l’étendue des dégâts.

Le  masque intégral.

A partir de ce mardi, nous voilà donc masqués, presque partout. Après les Toulousains, puis les Marseillais, les Caennais, les Parisiens passeront désormais leurs journées avec le masque collé à leur visage. Donc, sauf à domicile ou en voiture, ce qui est devenu l'arme principale anti-Covid qui permet de pallier les limites de la distanciation physique, sera de rigueur dans les commerces, mais aussi au sein des entreprises et dans la rue. Port du masque obligatoire dans les lieux publics clos, port du masque obligatoire en extérieur dans les métropoles, port du masque obligatoire dans les communes de plus de 10.000 habitants, comme cela vient d’être décidé dans le Bas-Rhin, port du masque obligatoire dans toutes les entreprises et établissements scolaires :  face à la recrudescence de l'épidémie de coronavirus, et alors que plus d' un cluster sur cinq se trouve en entreprise, le gouvernement a décidé de rendre obligatoire, dès le 1er septembre, le port du masque sur les lieux de travail, y compris les open space. Seule exception, les bureaux individuels. Pour les écoles, certains  plaident même le  port obligatoire du masque dès 6 ans. On se demande bien comment un maître peut enseigner avec un masque, mais là n’est pas la question. Et tout cela, sans que l’on n’ait aucune étude scientifique qui en démontre l’utilité en extérieur.

Science sans fondement.

Le mouvement de généralisation du masque est d'autant plus frappant que le gouvernement, pendant des mois, a répété que son port était inutile, voire contre-productif. En la matière, le retournement, quoique progressif, est à 180°. Nous n’oublions pas comment, du ministre de la Santé Olivier Véran au directeur général de la Santé Jérôme Salomon, les mêmes qui décident aujourd’hui l’obligation du masque avaient décrété son inutilité pour le grand public, avec des mots définitifs et un ton agacé envers ceux qui ne comprenaient pas cette position. Le peuple français est  quand même bonne pâte. Et  si ça renâcle ici ou là,  comme du côté des   motocyclistes qui portent des casques à visière,  la confiance en ceux qui obligent au port du masque serait plus forte, et donc les consignes plus nettement respectées, s’ils reconnaissaient s’être trompés. Ou avaient dit tout simplement la vérité : pénurie !  Or aucun mea culpa n’a été prononcé. À cet impératif d’humilité qui aurait été salutaire s’ajoute l’exigence de cohérence des mesures imposées. Or, une fois encore, les allers-retours sont nombreux : sur l’obligation du port permanent du masque par les enseignants, sur la même obligation pour les cyclistes ou ceux qui mangent un sandwich en marchant, sans parler du premier ministre annonçant cette obligation sans porter de masque. Et comme chacun sait, la défiance s’engouffre toujours dans les approximations ou les contradictions. Et de nous demander : est-ce bien le rôle de nos gouvernants de s’immiscer aussi précisément dans notre vie quotidienne ?

Les éternels contestataires.

La  directive aurait été trop belle si elle n’avait pas suscité de rébellion. Les anti-masques se sont réunis dans plusieurs villes de France samedi dernier lors d’un « acte 1 » pour marquer leur opposition au port du masque. Le plus important rassemblement a  eu lieu à Paris. Comme lors des manifestations des gilets jaunes, il y aura donc d’autres « actes » à suivre.  Ils  veulent crier leur ras-le-bol des mesures contraignantes et des injonctions contradictoires, infantilisantes et culpabilisantes. Les anti-masques viennent s’ajouter à la liste déjà bien longue de  ceux qui osent remettre en cause l’autorité et la vérité officielle. Donc des complotistes, il en existe toujours, des pestiférés classés réacs ou des populistes tendance poujadiste…  La médiasphère aux ordres aura vite fait de faire le tri et d’attribuer les étiquettes. Le port du masque, qui n’est pas préconisé par l’OMS, relève-t-il du bon sens ou du non-sens ? La  question mérite d’être posée.

Et même un enjeu capital.

François Hollande a répété qu’il  pouvait « être utile ». Il vient d’en donner un exemple en estimant que le masque devait être «gratuit pour tous» dans l'enseignement privé comme public. Il prend ainsi une position décisive face à Emmanuel Macron qui préconise l’inverse. On a compris qu’il s’agit d’un débat  stratégique vital pour l’avenir de la France. Il ne nous manque plus que l’avis de Ségolène …. Macron n’a-t-il pas reporté la présentation du plan de relance, pour donner la priorité à la crise sanitaire ! Il semble pourtant urgent de  se préoccuper des conséquences  du confinement et la mise en léthargie de notre activité pendant deux mois (le PIB a chuté de 14% au 2ème trimestre !).

Pendant le même temps, en Suède, on vit normalement : pas de masque, pas de distanciation. Plus de virus non plus.  Mais  comment ont-ils donc fait ? Les « politiques » seraient-ils plus efficaces au Nord ?  A observer leurs résultats en matière de finances publiques, on serait tenté de le croire. A moins que le coronavirus ne soit une aubaine pour nos technocrates qui peuvent ainsi se faire plaisir à bon compte en prescrivant, interdisant, précisant, réprimant,  exercices dans lesquels ils excellent, pour « diriger » le bon peuple. Moins il y a de morts, plus il y a de précautions ! Ainsi,  on serait dirigé par des personnes dont la principale occupation est d’inventer de nouvelles interdictions. Après avoir instrumentalisé la pénurie, les voilà à la manœuvre pour résorber les stocks de masques. A  croire !  Ainsi va la technocratie…


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6 / DELINQUANCE, CRIMINALITE, INSOUMISSION : LES SIGNES VISIBLES DE NOTRE DECADENCE.

 

Nous vivons une drôle d’époque.

Le laid remplace le beau. Le désordre s’impose face à l’ordre. La facilité supplante la rigueur. L’obscurantisme gagne du terrain sur « les Lumières ». Le matérialisme dézingue la transcendance … Les signes de régression sont multiples et touchent à tous les domaines de notre vie en société. La  coiffure masculine se doit d’être hirsute, le jean se porte en guenille, le mâle se doit d’être mal rasé. « J’ai le droit » se  prononce plu souvent que « je dois ». Le  « genre » remplace le sexe en s’appuyant sur une théorie dont l’auteur canadien a avoué qu’il avait tout  inventé, mais elle fait des ravages sociétaux chez les « progressistes ». Certains veulent défigurer notre langue sous prétexte de dictature masculine par ignorance crasse de sa grammaire. Notre Histoire est soumise à la « question » (torture pour les incultes), et est dénaturée par les  « déconstructeurs ». L’école ne transmet plus qu’un savoir relatif, quand elle en transmet un. On dénonce les « violences policières » et les délinquants deviennent des héros. La fidélité est une valeur à mettre au rencart et respecter une règle est devenu le signe le plus sûr d’une névrose psychorigide. Mais le signe le plus avéré de notre décadence, c’est le glissement de notre société dans la violence gratuite qui explose au moindre prétexte et que certains nomment désormais « ensauvagement ».  

L’inversion des valeurs.

Le fonctionnement de nos médias nous propose trop  souvent  une vision décalée, aseptisée ou orientée de la réalité, cédant le  plus souvent à l’émotion qu’à une observation rationnelle. Les violences urbaines de Dijon, de Nice et d’ailleurs, les meurtres gratuits qui témoignent d’une totale indifférence à la vie des autres ont propulsé la notion d’ensauvagement au premier plan de l’actualité. On vient de comprendre que c’est le citoyen qui doit fermer les yeux et baisser la tête, car à vouloir rappeler la loi, il risque sa vie. C’est la France à l’envers. On touche là à une question plus essentielle que l’écologie ou l’économie, car elle est nationale et dépend uniquement de nous et de notre volonté politique. C’est ainsi que des groupes de pression idéologiques et déstabilisateurs, comme l’étonnante incursion en France, du « racialisme » prétendument antiraciste, ont facilité la scandaleuse exploitation de l’affaire Traoré. Les morts particulièrement cruelles commises par des « sauvages » font monter à la surface une réalité que peut-être on aurait préféré continuer à nous cacher : celle de quartiers et même de villes où la loi qui règne n’est pas celle de l’État mais ici, celle des bandes qui vivent des trafics, ou là celle de communautés qui pratiquent d’autres règles que les nôtres. Mais force est de constater que les gouvernements depuis huit ans l’ont jusqu’à maintenant ignorée. L’inversion des valeurs est victime d’une volonté de déni.

La violence de l’insubordination.

Pourtant, les chiffres sont éloquents : après une année 2018 marquée, au niveau national, par une hausse sensible du nombre de violences sexuelles enregistrées (+19 %), l’année 2019 continue d’afficher une augmentation très nette (+12 %). Les escroqueries sont en forte progression en 2019 (+11 %) de même que le nombre d’homicides (970 victimes). Comme en 2018, les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus enregistrent une forte hausse en 2019 (+8 %). Ces données traduisent le désintérêt d’un gouvernement plus prompt à utiliser les forces de l’ordre pour réprimer les manifestations que pour protéger concrètement les citoyens. Et même dans ce cas, on ne parle jamais d’émeute, mais on vilipende les « violences policières ». Certain(e) vante la pratique de la polygamie et insulte la police en prétendant qu’elle massacre des gens à cause de la couleur de leur peau. D’autres multiplient les refus d’obtempérer, se soustraient aux interpellations de la police avec des conséquences souvent dramatiques que la mauvaise foi et le soutien médiatique imputeront systématiquement aux forces de l’ordre. Les violences, les coups de couteau, les blessures, les handicaps à vie, les morts, pour un mauvais regard, pour une cigarette refusée, pour un rappel à l’ordre, sont monnaie courante mais demeurent dans la zone grise des faits divers où les revendications islamistes sont assimilées au déséquilibre mental et les noms des auteurs oubliés ou maquillés. Et il ne s’agit plus  « d’incivilités » comme l’évoque maladroitement Macron.  Il  s’agit d’une augmentation des délits et des crimes, de la montée de ce que l’on appelle « l’anomie », l’absence de loi et de norme qui est le signe de l’effondrement du corps social. Une sorte d’insubordination généralisée.

Les réponses technocratiques.

La perception de la gravité de ce phénomène se heurte à un obstacle majeur : on est gouverné depuis longtemps par des « techniciens » du pouvoir, plus technocrates que politiciens, pour beaucoup coulés dans le même moule et qui n’envisagent que des solutions techniques. Il ne suffit pas d’augmenter les effectifs de la police, encore faut-il qu’elle ait les moyens d’agir. Un policier, visible ou non, est souvent mis hors d’état d’agir par les risques du métier et leurs suites judiciaires ; menacé lui-même et insulté, sa présence dans certains secteurs est même présentée comme une provocation. Dans ces conditions, la réalité nous montre qu’il  ne sert pas à grand-chose. Un autre obstacle de taille c’est la défaillance de la Justice : non seulement elle manque de moyens, non seulement elle est lente et procédurière, encombrée de sujets de moindre importance que l’ordre public, mais elle applique avec une orientation politique de moins en moins cachée, des lois qui n’ont cessé de mettre des entraves au maintien de l’ordre. La voie du redressement, s’il est encore possible, n’est pas technique mais idéologique.

Un enjeu de civilisation.

Et pour une bonne part, la responsabilité de la situation incombe à l’idéologie « progressiste », c’est-à-dire décadente, qui anime la sphère du pouvoir évidemment incapable d’endiguer la montée des séparatismes puisqu’il refuse de prendre en compte l’identité, nationale ou civilisationnelle, comme des repères indépassables. Le refus d’intégration dans notre société est largement en cause.  On sait qui ensauvage la France. Ne fermons plus les yeux. Ce sont ceux qui dans les cités et les quartiers sensibles, se livrent au trafic de stupéfiants, terrorisent les résidents honnêtes, empêchent les interventions de la police ou n’hésitent pas à exercer des violences de toutes sortes contre elle.  Ce sont ceux qui pour tout et n’importe quoi, s’en prennent aux maires au point que l’un d’eux, frappé, doit se satisfaire d’un rappel à la loi pour son agresseur. Ceux qui s’en prennent à des citoyens rappelant l’obligation du masque dans une laverie ou ailleurs. Ceux qui sèment la panique dans les centres de loisirs, comme à Étampes, récemment. Ces bandes qui se comportent dans l’espace public comme en terrain conquis, sans souci d’autrui mais avec l’arrogante certitude de l’impunité… Les solutions pour combattre cette réalité, imposeront un courage politique de tous les instants, des expulsions et éloignements à un rythme soutenu, une action équitable dans sa rigueur, une police et une gendarmerie accordées avec une Justice sans faiblesse, une exécution des sanctions efficace et réactive et, surtout effectives, avec le retour des peines plancher que les juges se devront d’appliquer. Cependant, la fermeté ne suffira pas. La responsabilité de cet ensauvagement incombe à des fauteurs d’origine étrangère, maghrébine ou africaine, parés nominalement de la nationalité française grâce à un droit du sol qui n’a plus aucun sens puisqu’on l’offre mécaniquement à des générations qui dévoient cet honneur. Il convient donc de remettre en discussion le « droit du sol » : envisager aujourd’hui, dans une France éclatée, son effacement n’est ni inhumain ni contraire à une tradition dont les effets sont devenus dévastateurs. De même, on doit pouvoir prononcer la déchéance de nationalité pour les binationaux. Cette remise en cause doit intervenir en parallèle d’une politique migratoire  intransigeante. Ces exigences vont bien au-delà des gesticulations actuelles faites pour donner le  change.

Enrayer la décadence, c’est possible.  Constantin a bien réussi à sortir l’Empire Romain de son abaissement et lui redonner éclat et grandeur, et la tâche était autrement plus immense. Cela implique de changer non seulement ceux qui sont aux commandes, mais aussi les objectifs qu’ils se fixent. Comme le dit souvent François-Xavier Bellamy, l’enjeu est civilisationnel, et ne concerne pas que nous, mais toute l’Europe.

 


LES DOSSIERS DE L'ETE

Dossiers de l'été

5 / BIOETHIQUE : LA RAGE TRANGRESSIVE

En fausse urgence et au forceps, la loi de bioéthique a été adoptée en seconde lecture à l'Assemblée nationale le samedi 1er août à 03h45 du matin, par 1/10e de la représentation nationale, sans vote solennel et en l'absence remarquée toute la semaine des principaux ministres concernés. Tout a été fait pour détourner l’attention des Français et faire en sorte qu’elle passe inaperçu. Alors que la crise sanitaire a révélé les faiblesses de notre système de santé et que la priorité devrait être à la relance, l’examen en plein été du projet de loi bioéthique ne peut qu’être un choix idéologique. Pourtant, ce texte mériterait un débat plus approfondi, tant il ouvre des possibilités vertigineuses, préparant l’arrivée de certaines formes d’eugénisme et même de gestation pour autrui. Il va revenir devant le Sénat courant octobre, probablement avant adoption définitive ensuite en 3ème lecture si la commission paritaire ne parvient pas à un accord, ce qui est le plus probable. Pour l’heure, le débat n’est donc pas terminé.

Un désastre bioéthique.

Les mesures phares du projet de loi ont été retenues : PMA excluant le père et remboursée par la sécurité sociale, filiation fictive, transgressions transhumanistes, manipulation des embryons, autorisation des embryons chimériques animal-homme. Pire encore des mesures sans rapport mais tout aussi transgressives ont été adoptées, comme l'assouplissement de l'accès à l'interruption médicale de grossesse. Les contributeurs Français sont donc sommés de prendre en charge l’abolition officielle de la paternité comme pilier de la famille et de l’enfance.

Après une bataille homérique d’amendements par une poignée de députés « résistants », tentant de façon presque désespérée de faire passer 2 500 amendements en commission spéciale face à un petit groupe majoritaire, habité d’une rage transgressive, quelques rares limites ont été posées, au moins jusqu'à la prochaine révision, dans 5 ans : interdiction de la ROPA, de la PMA post-mortem, de la commercialisation des gamètes, de la PMA pour les hommes transgenres, du DPI-A ou encore limitation à deux personnes pour accéder à la PMA. Malgré la conviction, le courage et la hauteur de vue des députés opposants, le droit de la filiation est sorti ruiné de ces travaux, le respect de l'embryon, laminé et les repères anthropologiques les plus solides déstructurés, au cours de débats bâclés, difficiles, parfois houleux, où les arguments d'autorité ou affectifs ou encore la victimisation ont été régulièrement utilisés par les promoteurs.

GPA et humanité génétiquement modifiée.

La perspective de légalisation de la gestation pour autrui (GPA) se rapproche. Le nouveau texte prévoit une transcription quasi automatique du statut de l’enfant né de GPA à l’état civil, tandis qu’aujourd’hui, la procédure reste relativement dissuasive. Quant aux chimères et aux embryons transgéniques, le texte de loi autorise désormais leur fabrication et « utilisation ». Ces expérimentations rejetées par le Sénat en première lecture ont été réintroduites dans le texte début juillet. Dans l’article 17, la modification génétique des embryons humains devient possible, ouvrant la voie à d’éventuels essais visant à faire naître des enfants génétiquement modifiés. Il est aussi envisagé d’expérimenter la création d’embryons animaux dans lesquels seraient intégrées des cellules humaines, qu’elles soient embryonnaires ou adultes reprogrammées. Noir sur blanc, la frontière homme-animal est abolie. C’est une rupture anthropologique majeure !

Sylviane Agacinski se révolte : « Je suis très inquiète. Par ce texte, la France assure qu’elle n’est plus hostile à la GPA, qu’elle cautionne et encourage la marchandisation des corps et le système des mères porteuses. » Et la philosophe marquée à gauche rajoute : «  Le lien mère-enfant n’est pas un rapport de propriété. Le lien filial ne peut être vendu. Si la loi m’autorise à louer la vie de quelqu’un et à lui acheter son enfant, alors elle traite les personnes comme des biens, autrement dit des choses ».

Un débat de société.

Le débat de société ?  Quel débat de société ?  L’avez-vous vu passer ?  Pas moi. Un vote lâche, honteux, en catimini.  « Conservateur » l’opposant à cette réforme ?  Non : résistant, résistant à une dérive totalitaire de la même nature que toute forme d’expérimentation touchant à la nature humaine. Deux visions irréconciliables de la personne humaine, de la famille, de la société et de la politique se sont affrontées entre les opposants et les promoteurs, les premiers soutenant des convictions au service de l'intérêt supérieur de l'enfant, les seconds soutenant des intérêts particuliers sur fond de vision libérale libertaire de la famille et de la personne humaine. « Tout le monde a peur de s’opposer », confie le député Patrick Hetzel. Peur d’être traité d’homophobe, peur de passer pour ringard ou antiprogressiste. 

Les mots de traîtres et d’opportunistes ne sont pas excessifs pour qualifier ceux qui ont retourné leur veste pour un maroquin (comme Edouard Philippe) sur ce sujet essentiel. 

La bioéthique ne pourra désormais plus être dénommée que « bioéconomie » ou « biopolitique ».