HISTOIRE

BECHU A-T-IL PERDU LE SENS ?

Bechu dep

 

En plus de 40 ans de vie politique, j’en ai vu des tartufferies, mais rarement de cette dimension.

Le Maire perd son sang-froid.

La campagne électorale sur le canton Angers 1 (Angers Centre) a pris une drôle de tournure avec le tract distribué par le binôme Bienvenu –Capus et signé de Christophe Béchu. Celui-ci y dénonce rien moins qu’un « dommage à la démocratie » parce que le président sortant, Christian Gillet, a décidé de se représenter. Il y avait déjà eu l’attaque indigne sur son âge, comme si à notre époque un septuagénaire était trop vieux pour assumer un mandat électoral. Voilà maintenant la longévité électorale mise en cause ! Franchement on peut se demander si l’enjeu de cette élection ne fait pas perdre la tête au premier magistrat d’Angers, au point d’avancer des arguments aussi vains et bas.

La soif de pouvoir.

A moins que le motif de sa colère ne tienne dans la résistance aux pressions que Christian Gillet lui oppose. Monsieur Béchu a en effet l’habitude qu’on fasse ses quatre volontés, lui qui a transformé ses adjoints en ilotes obéissant au doigt et à l’œil. La griserie du pouvoir le pousserait-elle à vouloir tout contrôler ? Ce ne serait pas nouveau, de nombreux édiles y ont succombé avant lui. Et l’on voit bien l’enjeu politique que présente l’élection du canton Angers 1 : de la réélection ou non du président sortant, peut dépendre une main-mise sur l’assemblée départementale, qui, dans cette affaire n’a rien à y gagner. Et justement, le Maire s’affiche avec les sept binômes issus de la majorité municipale devant le Conseil départemental : le message est à peine voilé, il s’agit de prendre le contrôle de la politique du département en allant jusqu’à désigner le candidat à la présidence qui lui conviendrait.  Mélange des genres garanti !

Dommage à la démocratie.

Le « dommage à la démocratie », c’est le maire d’Angers qui le commet en assignant à son factotum habituel, en l’occurrence Emmanuel Capus, dont il a fait un sénateur et qui en ectoplasme de service est assigné à se présenter à l’élection au Conseil départemental : on peut douter qu’il en ait vraiment envie, mais les ordres sont les ordres.  Cumul des mandats ou abandon du Sénat ? Sa binôme, Roselyne Bienvenu, que Christian Gillet avait sollicitée dans un geste de conciliation, avait été obligée de refuser la proposition n’ayant pas l’accord de son maire. Elle se trouve bien heureuse finalement de recycler son mandat régional non renouvelé dans une candidature au Conseil départemental. Quelle équipe et que de motivations ! Avec eux l’Anjou sera bien servi. Désolé, mais personnellement, je préfère l’expérience et l’enthousiasme qu’affiche le binôme Ridane-Gillet au tourisme électoral des adjoints du maire.

Politicien manœuvrier.

J’ajouterai, pour que le tableau soit complet, que Béchu est coutumier de ce genre de manipulation des personnes. On se souvient qu’au moment des sénatoriales, il avait exigé que Capus soit le n°2 de la liste Deroche et avait obtenu satisfaction bien que la proposition ne fasse pas l’unanimité. Quelques temps plus tard, il informa, sans précaution, la tête de liste sénatoriale que finalement son « homme de main » la quittait pour prendre la tête de la liste Lrem. Catherine Deroche dut trouver un second en catastrophe : ce fut Stéphane Piednoir qui s’avère être un remarquable sénateur reconnu par ses pairs. On aura retenu, au passage, l’élégance de la manœuvre !

C’est bien Christophe Béchu qui abime la démocratie par sa soif de pouvoir et ses manoeuvres politiciennes. « Si vous êtes contents de ma gestion à la ville, alors votez pour mes candidats » annonce-t-il sans vergogne aux électeurs d’Angers 1, et tant pis si ces derniers ne font pas la preuve jusqu’à maintenant des qualités qu’on attendrait d’eux pour le mandat qu’ils briguent. Quant à être content de sa gestion, on attendra de voir dans quel état il laissera les finances de la  ville et de l’agglo qu’il préside. Si c’est comme le département…

Après on s’étonne que les électrices et les  électeurs boudent les urnes.

 


CES CANDIDATS QUI VEULENT TUER LA DEMOCRATIE

Liberté

 

Les élections approchent et dès dimanche prochain, les électrices et les électeurs vont devoir choisir parmi de multiples candidats et de nombreuses listes. Parmi ces trop nombreuses candidatures, certaines doivent attirer notre attention. La vie politique est ainsi faite que, même quand on croit que le pire ne peut plus arriver, comme les drames que l’on a pu connaitre au XXème siècle avec le nazisme et le communisme qui ont fait des millions de morts, on doit savoir que les idéologies totalitaires ont la vie dure et savent renaître sous d’autres formes, parfois tellement déguisées qu’on pourrait à nouveau s’y laisser prendre.

Peut-on parier sur le bon sens ?

Le bon sens voudrait que l’on choisisse, en ces temps d’argent public si facile, les sortants qui ont géré avec efficacité et économie. Ainsi, Christelle Morançais, pour la Région des Pays de la Loire, que l’IFRAP a classé deuxième région pour la qualité de la gestion, avec un bilan extrêmement riche dans tous ses domaines de compétence, qu’il s’agisse de la formation professionnelle, des transports, des lycées, ou du développement économique. Il faut souligner sa réactivité pour accompagner les ligériens dans la traversée de la crise sanitaire. En toute logique, la liste  d’union de la droite et du centre qu’elle conduit, avec un projet réaliste et concret, sans démagogie, devrait attirer les suffrages d’un grand nombre de nos concitoyens. Pourtant les sondages restent frileux à son égard. Il est difficile, en sortie de crise sanitaire de faire une vraie campagne électorale. D’autres, plus habitués des réseaux et des médias, ont une notoriété plus affirmée. Sont-ils pour autant les meilleurs ?

Les totalitaires en tenue de camouflage.

Prenons le  cas de M. Orphelin. Voilà une tête de liste dont le parcours est pour le moins intéressant : militant écologiste, élu député dans le Maine-et-Loire, sous l’étiquette LRem, il a quitté la majorité présidentielle, se targuant de sa proximité avec Nicolas Hulot. Il a repris son combat pour l’écologie. La « meilleure », celle qui punit. Celui-ci le mène aujourd’hui à constituer une liste avec La France insoumise de M. Mélenchon, dont les derniers dérapages islamogauchistes n’ont pas eu l’air de l’émouvoir. C’est que Matthieu Orphelin  est depuis longtemps un « vert » très rouge à l’intérieur, adepte de la décroissance et du verdissage généralisé : on créera 50 000 emplois verts, à coups d’argent public, évidemment. Sa conception de l’écologie, on a eu l’occasion de la connaître, elle recoupe les thématiques de cette gauche radicale habitée par le fantasme éradicateur de la « purge ». Il s’agit de « rééduquer » pour sauver la planète. Tel est le sens de la « cancel culture » sous-jacente dans son discours. Demain la censure deviendra l’instrument nécessaire pour empêcher les défenseurs du « vieux monde » de faire valoir leur point de vue. Les recoupements sont faciles à faire avec ceux qui défendent la société « inclusive », la destruction des stéréotypes et la théorie du genre, voire la complaisance avec les « indigènes » et l’islamo-gauchisme. L’alliance avec les gens de Mélenchon ne peut que l’entraîner vers le gauchisme culturel qui veut profiter des perspectives électorales ouvertes par des listes d’union qui rassemblent un conglomérat hétéroclite qui n’a en commun que « battre » la droite.  Une fois élus à la Région, on peut leur faire confiance pour « dépenser ». Il suffit de lire la liste des mesures qu’ils préconisent : assistanat des jeunes, subventions, gratuité … Et demain, ce sera l’enfer que vivent les Lyonnais, les Grenoblois ou les Bordelais que nous vivrons en Pays-de-la-Loire avec ces ayatollahs d’un nouveau genre.

Face à cette gauche-là, c’est bien d’un choix de société dont il s’agit, comme l’affirme Valérie Pécresse et comme en prévient Christelle Morançais en proposant par exemple une écologie positive et non punitive.

Eparpiller les voix, c’est faire le jeu des extrêmes.

En votant pour le RN ou pour la liste LRem de François de Rugy, dans notre région aussi  on prend le risque de faire gagner la gauche car elle n’hésitera pas à fusionner au second tour. Le vrai rempart contre le RN, c’est une droite qui assume ses valeurs d’ordre et d’autorité, ses responsabilités en matière de sécurité. Et au moment où l’inflation pointe le bout de son nez avec la menace de peser sur les taux de la dette, il importe d’élire des équipes responsables qui ont fait la preuve de leur savoir-faire en matière de gestion. Car ne nous y trompons pas : Comme l’analyse très bien Cécile Cornudet dans les Echos, nous avons aujourd’hui deux France : celle dont la rage est enfouie qui peut servir de carburant aux candidats de Marine Le Pen, et celle qui rêve du retour des jours heureux, image que cherche à vendre Emmanuel Macron et sur laquelle tentent de surfer les candidats qui se réclament de lui. Mais ce n’est qu’une illusion. La fin du quoi qu’il en coûte va déboucher sur des jours difficiles avec un chômage qui explose déjà, bien qu’il soit passé sous silence. Il n’y a pas plus vain que le vote LRem, parce qu’il n’apporte rien d’autre qu’un marchepied au RN ou à la gauche radicale si elle parvient à s’unir. De quoi ruiner tous les efforts de redressement de notre belle région entrepris depuis six ans !

Il ne peut pas y avoir de pensée de droite : tel est le constat sans appel du sociologue de gauche radicale Geoffroy de Lagasnerie. Nous sommes prévenus : être de droite, ce n’est pas seulement être bête et incompétent, c’est aussi être égoïste et méchant. Aujourd’hui, il est infiniment plus difficile, sur une radio du service public payée par nos impôts, d’assumer d’être de droite, que de se dire féministe ou écolo. Voilà ce qui nous attend. Mais rassurons-nous, la droite existe, elle sait être au service de tous par ses qualités gestionnaires, et elle pense aussi. Ce serait oublier Raymond Aron, Tocqueville, Carl Schmitt ou Soljenitsyne, pour ne citer qu’eux.

La démocratie libérale en est l’héritière. Pensons à la défendre en mettant notre bulletin dans l’urne dimanche prochain.

 


PMA : UNE REGRESSION HUMAINE

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Monsieur Véran, à la tribune de l’Assemblée nationale, a présenté la  loi autorisant la PMA pour les femmes seules et les couples lesbien à procréer comme une « loi progressiste pro-active. » On connait les arguments, au nom de l’égalité avec les couples hétérosexuels il fallait réparer cette injustice.

Je ne vais pas ici redévelopper un contre argumentaire détaillé.

Des personnes plus qualifiée que moi, comme Sylviane Agasinski, ont démonté les constructions idéologiques des  progressistes. D’abord il n’y a pas d’inégalité : un couple homosexuel et un couple hétérosexuel ne sont pas égaux parce qu’ils sont différents par nature. Ensuite, dans la procréation il y a un principe majeur que la PMA étendue à toutes les femmes ne respecte pas, c’est le principe fondamental du genre humain qui est fondé sur l’altérité. Enfin, en passant d’une logique de soin à une logique de désir, on change le paradigme de l’utilisation de la technique scientifique de la procréation « médicalement » assistée. La médecine qui est faite pour soigner doit-elle être au service d’une envie ?

Un père caché.

Il y a pourtant une chose principale que l’on oublie joyeusement dans tous les débats, c’est l’enfant qui va naître. Conçu par une femme seule ou une femme d’un couple lesbien, on va donc lui laisser croire qu’il est né d’une seule personne ou qu’il a deux mères. Jusqu’au jour où il découvrira à l’école ou ailleurs, que pour concevoir un bébé, les êtres humains  doivent s’accoupler : un mâle avec une femelle, même si la conception passe par une fécondation in vitro ou une insémination, sinon c’est impossible. Bref, il y a toujours un père que l’on cache. Ce père caché que bon nombre de ces enfants vont se mettre à rechercher.  L’être humain n’est pas une plante en pot que l’on peut bouturer. Il a toujours des racines et celles-ci sont doubles. Le besoin de savoir d’où l’on vient n’a rien à voir avec le fait d’être élevé par une femme seule ou dans un couple univoque où l’on peut recevoir tout l’amour du monde. Ce père caché est un manque, une amputation qui peut rendre très malheureux. On trouvera de multiples témoignages de personnes qui vont jusqu’à se regrouper en associations, pour s’en rendre compte.

Voilà pourquoi la « PMA sans père », comme les opposants la dénoncent, loin d’être un progrès, est une véritable « régression humaine. »  Et je parie, que bientôt, la ligne rouge « infranchissable » si l’on en croit Maître Dupont-Moretti, sera effacée au nom du même principe d’égalité, et les couples gays obtiendront la GPA. Là, il faudra se mettre à trois pour enfanter. Une autre « régression » et combien de misères humaines !

Tout ce qui est techniquement possible n’est pas forcément souhaitable, comme toujours.

 


MELENCHON CHOISIT LE CHAOS !

Mélenchon Bastille 2013

Complotiste islamogauchiste.

Les propos que Jean-Luc Mélenchon a tenus dimanche dernier ne sont pas « une interprétation tendancieuse » ou un « dérapage ». Il savait très bien ce qu’il disait, en affirmant que nous allons assister à des attentats meurtriers à la veille de l’échéance électorale, comme  de nombreux faits précédents l’ont démontré, notamment le crime ignoble de Mohamed Merah, et en accréditant l’idée que des puissances occultent faisaient sortir des candidats « d’un chapeau ». Son discours complotiste et islamogauchiste, confondant volontairement « musulmans » et « terroristes islamistes » relève d’une stratégie délibérée. Il est suffisamment fin et expérimenté pour sentir que dans le contexte actuel, il n’a aucune chance d’être élu à l’élection présidentielle. La seule possibilité pour lui consiste à provoquer une situation chaotique suivant le vieux rêve révolutionnaire.  En cela il renoue avec sa jeunesse trotskyste.

Ses propos sont indignes à plus d’un titre.

Ils laissent penser que le terrorisme est au service d’un parti politique, sans préciser lequel, ou d’une entité internationale, car ces événements auraient été orchestrés en sous-main pour « inventer une guerre civile ». Mélenchon relativise l’intention des djihadistes, qui ne serait pas de déstabiliser la société française mais d’empêcher la gauche de gagner -la sienne évidemment- et du coup il se moque des victimes. C’est donner de la consistance aux élucubrations complotistes les plus scabreuses. A force de flirter avec des électorats communautaires et de flatter les minorités en les victimisant, il a fait le pas de trop en direction de la honte.

Après le scandale, la victimisation.

Le tollé qui a suivi son discours a incité une de ses lieutenantes, Clémentine Autain, à le défendre : il ne visait que l’extrême droite, dit-elle, ce qui serait déjà très excessif car on ne décèle aucune relation entre celle-ci et les terroristes islamistes. Et il a dû en falloir, de l’abnégation, à tous ses zélés lieutenants qui s’échinent depuis dimanche à justifier l’injustifiable. Une stratégie bien huilée pour attirer les feux de la rampe et le faire passer pour la victime des médias bien pensants. Le pire, dans ce genre d’accusation annoncée à la cantonade, c’est qu’elle est impossible à prouver. Le « leader maximo » a sciemment décidé de « révéler » des faits totalement improbables pour jeter le trouble dans l’esprit des électeurs. Il essaie donc de renverser la donne qui ne lui est pas favorable en plaquant sur tous les « non-insoumis », et pas seulement sur l’extrême droite, un label diffamatoire. En clair, il serait d’autant moins pro-islamiste qu’il considère les terroristes islamiques comme des ennemis au service d’autres partis que le sien. C’est sa manière de riposter aux accusations d’islamo-gauchisme dont son parti et une certaine gauche font l’objet, qui les font rejeter par une majorité de Français. Tout cela est d’une gravité insigne et mériterait, plus que l’indignation, une action en justice. Ce faisant, La France insoumise rend un bien mauvais service à la démocratie.

Une stratégie délibérée.

Mélenchon est un homme politique averti, cultivé, connaissant très bien ses dossiers. S’il s’aventure dans des discours non étayés par les faits, c’est qu’il l’a décidé et on peut être certain que chaque mot a été pesé. L’amalgame entre terrorisme et extrême droite n’est rien d’autre qu’un flambeau pour rameuter ses troupes. Plus largement, il essaie de réveiller les « gilets jaunes » et  tout ce que les  réseaux sociaux peuvent drainer d’une France éruptive, tout ce qu’elle compte de « révoltés »  dans la société, que la crise sanitaire n’a pas épargnés, pour créer une situation de confusion pré « révolutionnaire ». Il a peut-être eu connaissance de la dernière étude de la « Fondapol » selon laquelle on observe la disponibilité à la protestation électorale des classes moyennes et des classes populaires, une contestation de la représentation médiatique (61% des personnes interrogées estiment que les médias parlent de sujets qui ne les concernent pas) qui vient compléter la crise de la représentation politique déjà connue et, en avril 2021, la plupart des personnes interrogées (78%) continuent d’envisager lors du premier tour de l’élection présidentielle de voter pour le RN, LFI, DLF ou LO/ NPA, s’abstenir ou voter blanc. Du coup, il tombe dans le piège : celui de la confusion entre extrémistes de tout bord. Il a bougonné qu’il ne voulait pas attirer sur son nom « un vote hypocrite » du reste de l’opposition. Les autres partis de gauche sont donc tous prévenus : ils  peuvent arrêter de courir après lui.

Comme disait Alphonse Allais, « quand on dépasse  les bornes, il n’y a plus de  limites ». On ne saura pas tout de suite si cette affaire marquera le début de la fin de la vie politique de Jean-Luc Mélenchon, mais on sait déjà avec certitude que c’en est fini, pour un moment, des rêves unitaires encore nourris à gauche. Je serais curieux de savoir comment un Mathieu Orphelin, allié à la France insoumise pour les élections régionales, reçoit cette thèse, lui qui a participé à l’avènement de  la  Macronie…

Mais on a compris le message : « le chaos, c’est pour moi ! »

 


INFLATION, TAUX, CA VA TANGUER !

étau des taux

6 juin 2021 : les Américains nous refont le coup du débarquement. Mais cette fois-ci, est-ce vraiment pour nous sauver ? Car c’est  leur inflation qu’ils nous envoient et avec notre dette énorme, on aimerait bien s’en passer. Ce trait qui se veut humoristique ne doit pas nous faire oublier, évidemment, le sacrifice des « boys » tombés sur nos plages de Normandie en 1944. Nous n’oublions pas !

La croissance et l’inflation sont en train de changer le paysage financier.

Les signaux envoyés par l’économie américaine corrobore les craintes que j’évoquais dans mon article du 13 mai : « la peur du retour de l’inflation ». En avril, l'inflation aux États-Unis a atteint 0,8% sur un mois et 4,2% sur un an, là où le consensus attendait respectivement 0,2% et 3,6%. ... Le signe que le regain d'inflation dépasse le simple effet de base lié à la faiblesse des prix il y a un an, en plein confinement. L’Europe commence à suivre, elle ressort à 2,4% sur un an, en Allemagne, soit +0,3% en mai par rapport à avril, et pourrait franchir le seuil symbolique des 2% en 2021. La menace est donc bien réelle. Une menace, parce qu’on pense aussitôt aux taux d’intérêts qui pourraient suivre  le même mouvement, pour la contrôler. Du coup, les banques centrales sont confrontées à une situation complexe, surtout la Banque centrale américaine, la FED. Jusqu'à présent, tout était simple pour elles : pour compenser la baisse de la croissance et les pressions déflationnistes, il suffisait de faire « whatever it takes », c'est-à-dire baisser les taux d'intérêt, en dessous de zéro si nécessaire, et inonder le monde de liquidités. C’est la situation que nous connaissons en France avec l’argent facile émis par la BCE qui nous vaut un déficit public cette année de 220 milliards d’euros, soit près de 50% du budget de l’Etat (oui, oui, 50% !).  Mais les choses sont en train de changer.

Les effets de la croissance et de l’inflation.

Ce sont deux éléments fondamentaux. La croissance, comme c’était prévisible s’affole pour 2021  et 2022. Tout le monde révise à la  hausse, mois après mois, les prévisions pour les  deux prochaines années. On ne peut pas être surpris qu’après un arrêt presque complet de l’économie et les stocks d’épargne des ménages  et de trésorerie des entreprises, constitués grâce au « quantitative easy », on assiste à un « effet rattrapage ». Les  banques centrales n’ont donc plus besoin de soutenir la reprise. Logiquement. Comme le fait  que l’inflation rebondisse, et même très fortement aux Etats-Unis sous l’effet cumulé de l’empilement des plans de relance, et en Europe aussi, la hausse des prix étant  alimentée par le renchérissement du coût des matières premières et par la hausse des salaires. Un phénomène qui devrait durer au moins quelques mois. En conséquence,  les banques centrales n'ont donc plus besoin de combattre la déflation et elles devraient même revenir à leur mission originelle : maintenir l'inflation sous contrôle. Donc d’un côté, elles devraient fermer le robinet de l’argent facile pour commencer à absorber une partie des liquidités qu’elles ont distribuées, et de l’autre, monter les taux pour réguler l’inflation si elle dérape. Pas si simple !

L’accoutumance  dévastatrice.

L’argent gratuit  ou magique qu’elles ont distribué a créé une accoutumance, une véritable addiction, dont la France  est un exemple emblématique. Que va-t-il se passer si elles commencent à réduire les « doses »  de  « coke monétaire ». Le pire serait de provoquer une panique financière.  Car elles ont fabriqué un monde qui vit dans un espace parallèle déconnecté de la réalité, un monde qui ne peut plus fonctionner dans des conditions normales. « Cette fable  de l’argent magique, nous explique Jean-Marc Daniel dans son dernier ouvrage « Il était une fois…l’Argent magique », produit désormais sans jamais se tarir les liquidités  dont nos économies ont besoin… avec même la perspective de ne jamais avoir à le rembourser ». Par quel  cheminement ce mirage a-t-il  imprimé  nos esprits au point d’en débattre. Et l’économiste de fustiger ces « mages qui confondent richesse et endettement » et sa tristesse de voir « la pensée économique envahie par le retour en force de la pensée alchimiste » ! On en est là effectivement et les mages ne savent plus comment sortir de la spirale infernale qu’ils ont enclenché. Car, en ce qui concerne les marchés boursiers, au moindre signe de réduction des injections de liquidités, les actions vont baisser et certaines s’effondrer, pour les marchés immobiliers, dans tous les pays, les prix flambent alimentés par les taux historiquement bas et la recherche d’alternatives aux placements à taux négatifs, et enfin pour les Etats, surtout les cigales comme la France, où plus on distribue, plus on dépense et  moins on paie d’intérêts, la hausse  même minime des taux d’intérêt serait dévastatrice et le service de la dette plongerait les déficits à des niveaux encore plus aberrants que ceux d’aujourd’hui. Bref, les banques centrales sont dans l’expectative.

Il ne reste plus qu’à prier pour que la hausse de l’inflation ne soit pas durable… Et  c’est possible que les fondamentaux déflationnistes reprennent le  dessus. Mais répétons-le, une fois de plus, avec Jean-Marc Daniel, seule une stricte discipline budgétaire contraignant les Etats à dégager chaque année un excédent « primaire » permettra de reprendre le contrôle… sinon, point de salut. En attendant, il va y avoir des secousses, et inévitablement des hausses d’impôts,  qui n’ont pas cessé en France d’ailleurs, contrairement à ce qu’affirme nos gouvernants : 25 milliards d’euros de hausse des impôts directs des  ménages en deux ans, dont 15 milliards pour les 20% les  plus aisés ! Et forcément ça va continuer !






FISCALITE DEPARTEMENTALE ET REGIONALE : COMMENT S’Y RETROUVER ?

Territoiresnews

Le  paysage fiscal des collectivités  a beaucoup évolué ces dernières  années,  notamment depuis  la décision imbécile de supprimer la taxe d’habitation. C’est un sujet important, car  les départements et les  Régions, comme les communes, tiennent leurs budgets propres  dont les ressources proviennent d’impôts locaux  et de dotations financières de l’Etat,  de fiscalité transférée et de revenus des services publics  locaux. A la suppression de la taxe  d’habitation qui s(étire jusqu’en 2023, il faut ajouter la baisse des impôts de production annoncée début septembre dans le cadre du plan de relance.

Le bonneteau fiscal.

Il a donc bien fallu compenser ces pertes de recettes.  Pour la taxe  d’habitation, les  communes se sont vues attribuer la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) ; sauf Paris qui a été doté d’une fraction de TVA. Du coup, il a fallu compenser pour  les départements le manque à gagner et l’Etat leur a attribué  une fraction de l’impôt à tout faire, c’est-à-dire la TVA. Les  Régions, elles, sont principalement touchées par la baisse de 10 milliards d’euros des impôts de  production (loi de finances 2021)  et  vont recevoir là encore une part de TVA. 

Une régression d’autonomie de gestion.

Les Régions sont particulièrement touchées par le rétrécissement de leurs ressources. En termes d’impôts locaux, elles sont privées depuis cette année de la CVAE, cotisation sur la valeur ajoutée, et ne reçoivent plus que des ressources pour la formation professionnelle.  Quant aux départements, hors la part de TVA, ils n’ont plus que la contribution économique territoriale (contribution foncière des entreprises et CVAE) et la redevance des  mines.

Des compétences précises.

En face de ces financements, qui réduisent l’autonomie de gestion à peau de chagrin, chaque collectivité a des compétences particulières. Les départements pilotent les politiques d’action sociale (enfance, personnes handicapées, personnes âgées, revenu de solidarité active), d’infrastructures tels les ports, aérodromes, roues départementales, et la gestion des collèges. Les marges financières sont d’autant  plus étroites qu’ils doivent souvent financer des politiques dont l’Etat décide pour eux de la dépense en augmentant les tarifs des prestations, sans toujours compenser. Les Régions, sont depuis la  loi Notre de 2015 en charge des sujets économiques : elles sont responsables du développement économique, de la  formation professionnelle, des chômeurs, de l’aménagement du territoire,  des transports non urbains et de la construction et de la gestion des lycées. Elles sont plus que jamais dépendante de la croissance puisque leur principale recette est une fraction de TVA. Le recours à la  TVA  rend acrobatique la gestion de ces collectivités  dont les charges augmentent mécaniquement alors que la recette dont elles disposent est par nature fluctuante, puisqu’elle dépend du taux de croissance.

Les majorités sortantes n’en ont que plus de mérite à se désendetter ou de  recourir le moins  possible à l’emprunt. Après on s’étonne que les taxes foncières augmentent  …


AU NOM DE LA FIDELITE

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Les 20 et 27  juin prochains se tiendront les élections départementales. Comme toutes les échéances électorales elles revêtent une importance que beaucoup d’entre nous ne soupçonnent pas. L’assemblée départementale, autrefois Conseil Général, par les compétences qui lui sont dévolues joue en effet un rôle majeur dans notre vie quotidienne, d’autant plus que  les deux tiers de ses dépenses concernent l’action sociale, dont, par  exemple, les résidences pour personnes âgées.

Le choix des candidats n’est pas non plus anodin.

En Maine-et-Loire, nous avons la chance d’avoir une majorité sortante de centre-droit, dont le bilan largement positif est salué partout : humanisme, bonne gestion des finances publiques, choix efficaces. Cette action a été menée sous la conduite de Christian GILLET qui en assurait la présidence et qui se représente dans le Canton Angers 1 (Angers centre).

Si j’habitais sur le canton, c’est à lui que je donnerais mon suffrage. Pour au moins trois raisons.

La première, c’est la fidélité à ses convictions. Une denrée qui devient rare. Je connais Christian GILLET depuis de nombreuses  années. Depuis toujours je l’ai connu « centriste », naguère UDF, aujourd’hui UDI, cette sensibilité humaniste et sociale de centre-droit modéré, à laquelle il n’a jamais dérogé.

La seconde raison, c’est la loyauté. Là encore, c’est une denrée qui se fait rare en politique. Nous avons appartenu au début au même mouvement, l’UDF, puis nos chemins se sont quelque peu séparés quand je suis devenu secrétaire départemental de l’UMP. Mais autant que je me souvienne, cela n’a jamais empêché que nous menions les  batailles électorales ensemble, côte-à-côte, car nous sommes dans un pays où l’on gagne rarement tout seul mais en coalition. Avec  Christian nous nous sommes toujours retrouvés dans le même camp, les mêmes majorités. Il a toujours été un allié fidèle et loyal. Une qualité qui compte !

La troisième raison, c’est son sens du service à nos concitoyens qui se traduit chez lui, en premier, par  un devoir de bonne gestion des deniers publics. La preuve tient dans le bilan de son mandat : quand il a pris la direction de l’assemblée départementale, le Département que lui laissait M. Béchu était très endetté et n’avait plus aucune marge de manœuvre. Sous son mandat, la dette  qui est passée de 400 à 300 million d’euros, alors que dans le même temps les participations de l’Etat baissaient de 40 millions, permet de mesurer l’effort consenti. Cela a permis à la collectivité de retrouver une marge d’investissement de 80  à 100 millions par an, qu’elle n’avait plus, pour les collèges, les routes …

J’ajouterai une raison supplémentaire : Christian GILLET se représente avec une équipe renouvelée dont le dynamisme profitera à tous pour ce nouveau mandat. A la rigueur de gestion il faut ajouter les orientations qui ont fait le succès de la majorité départementale : accompagnement plutôt qu’assistanat, dimension humaine de l’accueil plutôt que les solutions collectives anonymes, dialogue et concertation… Avec sa majorité il propose un projet qui répond aux aspirations des habitants de l'Anjou : ruraux, urbains et périurbains. L'écologie du quotidien, la citoyenneté et les usages du numérique sont les piliers du projet harmonieux qu’ils ont imaginé pour les habitants du département.

Christian GILLET est une valeur sure qui conjugue compétence et envie d’agir.

Face aux girouettes qui briguent leur place, lui et son équipe, avec Rim RIDANE, double championne du monde de boxe française, comme binôme, Anne-Sophie le DUC-BANASZUK et Benoit TRIOT, comme remplaçants, méritent toute votre confiance.

 


UNE JOURNEE DANS LA FRANCE « PROGRESSISTE »

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Le jour se lève.

Les premières nouvelles tombent. Des voitures ont encore brûlé quelque part dans une banlieue. Lot quotidien devenu presque banal. Tant pis pour ces banlieusards privés de leur moyen de locomotion, souvent une vieille guimbarde qu’ils auront du mal à remplacer. Hier, c’était une ado poignardée à la sortie de son lycée, ou une bataille rangée entre deux bandes rivales, avec armes blanches quand ce ne sont pas des coups de feu qui sont tirés. L’autre nuit, c’est un commissariat d’une ville de la banlieue parisienne qui a subi une attaque en règle aux mortiers d’artifice par une bande de voyous. En province, c’est un élu qui est molesté pour avoir rappelé à quelques individus quelques règles de civilités. Une femme a été violée sur la voie publique près de la colline du crack, quartier de Stalingrad, à Paris, par un « zombie » drogué et alcoolisé, puis deux autres ont subi le même sort. Les riverains n’en peuvent plus. Rien n’est vraiment fait pour mettre fin à une situation qui dérape tous les jours. On n’entend pas les « féministes » protester : les viols ne sont pas le fait de mâles blancs suprémacistes ! La litanie ne serait pas complète si on n’ajoutait pas l’inévitable agression au couteau d’un fonctionnaire de police, municipal ou d’Etat. Mr Darmanin s’épuise à « se rendre sur place » et Mr le Garde des Sceaux est « en goguette » dans le Nord où il fait campagne.  Pas un jour qui n’apporte son lot de violences.

Le tocsin.

Pourtant, partout sonne le tocsin. Voici un appel des présidents de cour d’appel qui  « appellent (justement) à refonder le pacte républicain pour la justice », dans un autre quotidien, 50 préfets honoraires adjurent le Président de la République de ne pas détruire la « préfectorale ». Ils font suite  à l’alarme sur le « délitement » de la nation lancée par les généraux en retraite, rejoints bientôt par des militaires d’active. Enfin, ce sont les policiers, qui paient cher, chaque jour, leur tribu à l’insécurité et à la guerre civile larvée, qui manifestent nombreux et républicainement devant l’Assemblée nationale, pour attirer l’attention du pouvoir sur la gravité de la situation. Ils relaient en cela, les nombreuses déclarations des élus de tous bords qui s’inquiètent du délitement de plus en plus profond de nos institutions. Certes on pense à Eric Ciotti, mais c’est aussi Julien Dray, qui ne reconnaît plus sa « gauche », ou encore François Pupponi (qui connaît Mr Pupponi, vous vous souvenez), qui constate que « la France est au bord du chaos. Elle est en miettes, fracassée, éparpillée, … » Des propos qui feraient penser qu’ils auraient adhéré aux Républicains, ou « pire » au RN. Et pourtant, il ne se passe rien. Si, des discours, j’exagère.

Les « dénis-oui-ouistes ».

Mains non, tout va bien. A l’instar de Marc Dugain qui ose écrire, cette fin de semaine, dans Les Echos : « le sentiment d’insécurité est largement entretenu par un phénomène de loupe sur des événements qui ne sont pas forcément représentatifs mais qui affolent une population vieillissante… » . On se croirait revenu sous Jospin, vingt ans en arrière. Discours convenu de bobo parisien. C’est l’extrême-droite qui exagère et cherche à faire peur. Avec le même discours, Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour de l’élection présidentielle. Avec le même discours, demain Marine sera élue. Ils refusent de voir l’effondrement du système, accéléré par le progressisme. Progressisme d’une gauche américanisée, empêtrée dans le racialisme,  qui hait la police et l’ordre par tradition, comme Mme Pulvar ou Mme Hidalgo. Elites progressistes qui pourrissent l’université, méprisent la France profonde et alimentent la nouvelle détestation antifrançaise, assumée par la contre-société que tente d’instaurer l’islamisme politique. Pourtant de quoi nous plaignons-nous, nous avons la chance d’avoir à la tête du pays le Président le plus intelligent du monde !

Le poisson pourrit par la tête.

Justement parlons-en. Sa flatterie récente de la « déconnade » avec ses youtubeurs, dit le mépris dans lequel il tient le pays. Sa désinvolture affichée est une indécence. La rigolade, qui se veut un clin d’œil aux jeunes électeurs se fait sur fond d’infantilisation de la population. Le thème majeur de ce quinquennat aura été la « déconstruction ». Le « en même temps » est un double langage de caméléon qui change avec chaque interlocuteur mais qui ne camoufle même pas l’action de « transformation » engagée. On célèbre Napoléon, mais on avoue que notre histoire doit être déconstruite, on considère que la droite et la gauche c’est dépassé, mais c’est pour mieux déconstruire la vie politique en tuant les partis, on estime que le covid doit être combattu « quoi qu’il en coûte » mais c’est pour mieux déconstruire le budget de l’Etat qui va déraper à 220 milliards d’euros, 47 de plus que prévus qui ne sont autres que des cadeaux électoraux, parce que tout peut s‘acheter. Et maintenant on s’attaque à l’Etat en annonçant la réforme de l’institution préfectorale qui en est un pilier majeur. Ce ne sont pas les préfets, le problème, c’est l’utilisation centralisée qui en a été faite ; les remplacer par des commissaires politiques c’est la faillite de la République assurée. Tels sont les stigmates de notre décadence que le progressisme précipite. Et cerise sur le gâteau, le discours de Macron est si faible qu’il en assume le vide dans son adresse aux 18-25 ans ; et le même, dans « Zadig » évoquant la Seine-Saint-Denis ose : « il ne manque que la mer pour faire la Californie ».

Que va-t-il rester de la France dans un an ? Giscard avait eu à cœur de rendre les institutions intactes. On ne pourra pas en dire autant de l’actuel locataire de l’Elysée. On comprend la rage de Philippe de Villiers, le premier à s’être fait berner. Heureusement, il reste des Gaulois qui résistent. Malgré toutes les tentatives de débauchage, rue De Vaugirard, ils résistent encore et toujours. Et si c’était eux la solution ? (J’y reviendrai) D’ailleurs LR est en tête des intentions de vote avec 27%, comme quoi …

 


UN PRESIDENT, VRAIMENT ?

Macron enjoleur

 

« Pitre de la République », le propos de Philippe de Villiers est acerbe, mais sonne juste.

En se prêtant  à une bouffonnerie grotesque avec deux « youtubeurs » humoristiques, Mcfly et Carlito, et en tentant ainsi de se présenter comme un copain, Emmanuel Macron s’illusionne et, surtout, ment à nos jeunes concitoyens qui n’en croient pas un mot. Il me fait penser  à ces enseignants des années 70 qui pensaient s’accommoder leurs élèves en pratiquant la familiarité, se laissant tutoyer, et dont les yeux se mouillaient  d’un « il  est sympa, le prof ! » lancé à la fin d’une partie de foot avec sa classe. Ecume qui n’apportait ni respect, ni autorité, ni meilleur apprentissage. Au contraire. Ces enseignants voulaient ainsi se faire « aimer » et ne faisaient qu’abaisser leur fonction, constat qu’ils faisaient ensuite souvent à leurs dépens. Un prof n’a jamais été un « copain » !

De la même façon, le Président de la République abaisse sa fonction en la ramenant à un jeu d’amuseur public. N’a-t-il pas autre chose à faire que de se transformer en saltimbanque, croyant ainsi capter le vote des jeunes Français, après l’octroi d’un pass-culture à 300 € pour tenter de les « acheter » ! C’est une faute sans appel qui tente de faire croire que le Président est leur copain. La seule note positive, si j’ose dire, que j’ai entendue autour de moi c’est « il faut avoir tout de même du courage pour accepter de passer pour un con ! ». Tout est dit.

Malheureusement  ce n’est pas la première fois qu’Emmanuel Macron ridiculise sa fonction : on se souvient de la fête de la musique à l'Elysée en 2018, de sa pose  enlacée avec deux jeunes ultra-marins à l'ile Saint-Martin qui faisaient un « doigt d’honneur ». Spectacles peu en accord avec sa fonction et suintant la basse démagogie. Sans parler de la pantalonnade de l’affaire Benalla.

La démocratie qui est la nôtre a besoin que s’exerce l’autorité qui en est l’un des piliers.  Dans la constitution de la Vème République, le Président, par les hautes fonctions qui lui sont conférées,  a besoin de prestige pour les exercer,  notamment à la face du monde. C’est  pourquoi, il est en quelque sorte placé sur un piédestal qui le  sacralise aux yeux du peuple souverain qui l’a élu. En se livrant à de telles activités, aux yeux de la très grande majorité des Français, il abaisse la fonction présidentielle à un niveau qui, par nature, n’est pas la sienne, il déchoit son autorité, et de fait il entame sa crédibilité ! D’autant plus que ses propos à l’endroit du peuple sont souvent méprisants et maladroits : après les « gaulois réfractaires », voici les « moyen-âgeux » ! 

Et je me demande quel crédit il peut bien avoir ensuite quand il élève le ton pour réclamer des sanctions contre le dictateur biélorusse. Celui-ci doit bien rire.

« L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement » (Charles de Gaulle).

 


CE QUE LE MILITANTISME FAIT A LA RECHERCHE !

Je vous propose cet article de Nathalie Heinrich, paru dans Le Figaro, qui vient démentir de manière cinglante les récents propos de Jean-Luc Mélenchon sur le « gauchisme à l’université ». La sociologue, directrice au CNRS fait une démonstration scientifique dans la plus pure tradition de notre université. Imparable !

Nathalie Heinrich

Nathalie Heinich: «Certains chercheurs font croire qu’une bouillie militante serait de la science»

ENTRETIEN - La sociologue et directrice de recherche au CNRS publie Ce que le militantisme fait à la recherche, un texte incisif et profond. Avec une particulière netteté, elle analyse la crise que traversent l’enseignement supérieur et la recherche, minés par de puissants courants idéologiques, décoloniaux, féministes ou intersectionnels.

Par Eugénie Bastié

Publié le 24/05/2021 à 20:21, mis à jour le 24/05/2021 à 21:29

 

Nathalie Heinich pointe le rôle déterminant de Pierre Bourdieu dans cet enrôlement de la sociologie à des fins politiques et critique la prolifération des «studies» sur les campus. Elle s’afflige du manque de rigueur scientifique de ces travaux. Pour la chercheuse, ces «académo-militants» sont dangereux, car ils dénaturent la mission même de l’université: l’élaboration et la transmission des connaissances.

 

LE FIGARO. - En dénonçant l’entrisme de l’«islamo-gauchisme» à l’université, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a lancé une intense controverse. Quel regard jetez-vous sur cette polémique et la façon dont elle s’est déroulée?

Nathalie HEINICH. - Cette controverse a commencé dès le mois d’octobre 2020, lorsque Jean-Michel Blanquer a, le premier, dénoncé cet islamo-gauchisme universitaire, à la suite de l’assassinat de Samuel Paty par un islamiste. Ce n’était en rien irresponsable, comme l’ont prétendu certains: il existe des courants des sciences humaines et sociales issus d’une tradition militante d’extrême gauche, aveugles à la réalité de l’islamo-fascisme, qui ne voient dans l’islamisme radical qu’une réaction aux discriminations et à l’héritage colonial. Ces courants alimentent l’idée qu’il existerait un «racisme d’État» ou une «islamophobie» structurelle ; la laïcité serait une arme contre les musulmans et l’interdiction du voile à l’école, de la burqa et du burqini, une discrimination raciste contre les musulmanes: autant de contre-vérités dont s’emparent les islamistes pour justifier leurs velléités séparatistes voire excuser les auteurs d’attentats commis au nom de l’islam, ou plutôt de la version politique totalitaire qu’en promeuvent les plus radicaux d’entre eux. Ces chercheurs contribuent ainsi à légitimer le terreau dans lequel s’épanouissent les assassins de l’école Ozar Hatorah, de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher ou des terrasses de l’Est parisien.

En réitérant quatre mois plus tard les accusations portées par Blanquer - soutenu dans une tribune signée par une centaine d’universitaires -, Frédérique Vidal n’a eu que le tort de se réveiller un peu tard et, surtout, de se tromper d’outil en demandant une inspection au CNRS dont ce n’est pas le rôle (et qui est tout aussi traversé que l’université par ces courants). Ses nombreux et bruyants détracteurs ont fait mine de s’inquiéter d’une mainmise du pouvoir sur la recherche, usant et abusant de l’épouvantail d’un prétendu «maccarthysme», alors que rien n’est plus normal que le contrôle de la scientificité des productions académiques par les pairs. Or c’est là que le bât blesse, et les «académo-militants», comme je les nomme dans mon texte, le savent bien: leur production est si faible, si peu conforme aux règles de rigueur et à l’esprit de découverte attendu de tout chercheur qu’ils ont tout à perdre à une expertise sérieuse de leurs travaux et de leurs enseignements. D’où - par-delà les convictions idéologiques - la levée de boucliers au nom d’une «liberté académique» qu’ils sont les premiers à bafouer en acceptant que des impératifs militants dictent le contenu des enseignements et des publications, comme c’est le cas avec la «cancel culture».

Vous attribuez la tendance de la sociologie française, depuis le début des années 1990, à importer le «combat politique» dans l’espace scientifique à un certain courant bourdieusien devenu hégémonique. Quel rôle a joué Bourdieu dans la politisation de la sociologie?

Ce que je nomme le «militantisme académique» remonte, hélas, bien au-delà de la dernière génération, et ne concerne pas que la sociologie: il suffit de se souvenir de la période stalinienne et de sa «science prolétarienne», après-guerre, ainsi que des délires maoïstes dans les universités des années 1970. Mais la sociologie de Bourdieu, dans la version «engagée» qu’il a lui-même encouragée à partir de son livre La Misère du monde (la sociologie comme «sport de combat»), a beaucoup fait pour accréditer l’idée qu’il serait légitime de mettre le travail universitaire au service d’objectifs politiques, rejoignant ainsi les mouvements militants de la gauche radicale du type Attac (ce que mon collègue Didier Lapeyronnie, dans un article remarqué, qualifia d’«académisme radical»). Pour beaucoup de jeunes sociologues, la sociologie ne peut être que cette «sociologie critique», vouée à mettre en évidence les inégalités et à expliquer opinions, idées et actions par la «position dans le champ» et les «effets de domination». Or, lorsque Max Weber étudiait les formes de domination, c’était dans une perspective analytique de compréhension du monde et non pas, comme chez le Bourdieu «militant», dans une perspective de dénonciation. Celle-ci est parfaitement légitime dans l’arène politique, mais n’a rien à faire dans l’arène universitaire, dédiée à la production et à la transmission des connaissances.

L’abandon du découpage en disciplines au profit des « studies » fabrique des universitaires incultes, qui ne connaissent que ce qui touche immédiatement à leur objet et ignorent l’essentiel des concepts, des problématiques, des méthodes des sciences sociales

D’où vient la prolifération des «studies» dans le champ des sciences sociales et en quoi ces nouvelles recherches rompent-elles avec la démarche scientifique?

Le modèle américain des «studies» s’est développé aux États-Unis à partir des années 1980 et, en France, des années 2000. Il s’agit d’une reconfiguration des domaines de recherche autour des objets d’étude, définis par leur appartenance à des «communautés»: les femmes («gender studies»), les gens de couleur («race studies», «postcolonial studies»), les homosexuels («gay studies»), voire aujourd’hui les obèses («fat studies») ou les handicapés («disabled studies»). Le problème, du point de vue de la rigueur scientifique, est double: d’une part, ce type de découpage importe directement des problématiques militantes, où les objets sont d’emblée définis comme discriminés, donc comme victimes, donc comme devant être défendus et non pas seulement étudiés ; d’autre part, l’abandon du découpage en disciplines (histoire, sociologie, anthropologie, etc.) fabrique des universitaires incultes, qui ne connaissent que ce qui touche immédiatement à leur objet et ignorent l’essentiel des concepts, des problématiques, des méthodes des sciences sociales. Ils fabriquent ainsi des micro-compétences valables dans des micro-groupes, et qui n’ont guère d’autres débouchés que celui des luttes politiques, faute de compétences intellectuelles permettant de généraliser, de comparer, de se déplacer dans les multiples possibilités exploratoires offertes par les sciences sociales.

Les «académo-militants», comme vous les appelez, citent souvent Durkheim, pour qui «la sociologie ne vaut pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif». La recherche doit-elle vraiment échapper à tout agenda de transformation du monde? N’a-t-elle pas pour but d’améliorer la société? La frontière entre science pure et politique n’est-elle pas poreuse?

Les chercheurs et les universitaires ont le privilège d’être payés par la collectivité pour produire et transmettre des connaissances. Tout autre objectif relève d’une autre arène, notamment l’arène civique ou politique - où il est bien sûr parfaitement légitime de vouloir transformer le monde. Mais utiliser les moyens qui nous sont offerts au profit d’objectifs n’ayant rien à voir avec la science relève, à mes yeux, d’un détournement de fonds publics. Quant à la porosité entre «science pure» et «politique», elle est volontairement entretenue par ceux qui professent leur mépris de la science en ne la jugeant pas suffisamment valable en elle-même pour justifier «une heure de peine». Tous les chercheurs sérieux savent très bien repérer les énoncés qui ne relèvent plus du constat ou de l’analyse, produits selon les règles de ce que Max Weber nommait la «neutralité axiologique» (l’abstention d’opinion morale, politique ou religieuse dans le cadre académique), mais qui s’égarent dans le jugement de valeur, la promotion d’une idéologie ou la dénonciation d’une injustice.

Le lieu commun du militantisme académique cumule la naïveté et un naturalisme sous-jacent, qui postule implicitement que seul ce qui est naturel serait nécessaire, de sorte que, par exemple, la différence des sexes deviendrait contingente dès lors qu’elle serait déclarée « socialement construite », et donc transformable ou annulable à volonté

Les thèmes du «pouvoir» (Foucault) et de la «domination» (Bourdieu) sont omniprésents dans la vulgate sociologique contemporaine. Ils pèchent selon vous par une forme d’hyper-constructivisme qui suggère que tout est socialement construit et donc modifiable à l’envi. Qu’entendez-vous par là?

La mode «post-moderne» développée dans le monde anglo-saxon dès les années 1980 à partir de penseurs français (la «French theory») a beaucoup fait pour asseoir la pensée critique sur l’idée que tout serait «socialement construit», donc modifiable et malléable à merci. Le lieu commun du militantisme académique cumule la naïveté (car qu’est-ce qui, dans l’expérience humaine, pourrait échapper au «social», c’est-à-dire au langage, aux institutions, aux interactions, aux systèmes de valeurs?) et un naturalisme sous-jacent, qui postule implicitement que seul ce qui est naturel serait nécessaire, de sorte que, par exemple, la différence des sexes deviendrait contingente dès lors qu’elle serait déclarée «socialement construite», et donc transformable ou annulable à volonté. On confond ainsi les évolutions collectives et transgénérationnelles avec les désirs individuels de changement immédiat.

Le néo-féminisme abreuvé aux «gender studies» use et abuse de ce sophisme, agrémenté depuis peu de la notion, américaine elle aussi, d’«intersectionnalité», qui croise discriminations liées au sexe et discriminations liées à la race, concluant ainsi qu’une femme de couleur tend à être moins favorisée qu’un homme blanc: c’est ce que j’appelle découvrir la lune - une activité que pratiquent avec ferveur et constance les académo-militants.

On a tendance à relativiser la portée de ces théories, en les disant marginales et sans influence. En quoi sont-elles selon vous dangereuses?

Des collègues de l’Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires ont montré, grâce à une recherche par mots-clés dans les titres de thèses et de colloques, les appels à contribution, etc., que les termes relevant de ces nouveaux courants (décolonialisme, genre, intersectionnalité, islamophobie, racialisation, etc.) sont présents aujourd’hui dans plus de la moitié du corpus. Peut-on prétendre dans ces conditions que ces tendances seraient marginales ou minoritaires? Elles siphonnent par ailleurs une bonne partie des budgets octroyés aux projets de recherche, que ce soit en France ou au niveau européen. Et que les tribunes contre l’islamo-gauchisme publiées en novembre et en février aient pu susciter en réponse des pétitions comptant des centaines de signatures dit assez la force de ces courants. Il n’est donc nullement superflu de les combattre, comme j’ai essayé de le faire dans ce «tract», car ils sont objectivement dangereux.

Le principal danger à mes yeux consiste à faire croire aux jeunes générations que cette bouillie militante serait de la science, et qu’en cela consisterait la recherche: autant dire qu’ils sont formés dans l’idée que le savoir n’est pas une valeur en soi, puisqu’il ne se justifierait que d’un objectif de transformation du monde. On leur vend donc le contraire de ce pour quoi ils sont censés entrer à l’université, et on gaspille les énergies pour des productions dont le niveau intellectuel est souvent misérable.

Il existe par ailleurs un autre danger, plus directement politique: celui d’accréditer une définition communautariste et essentialisée de la citoyenneté, au rebours des valeurs de l’universalisme républicain dont notre pays est le fer de lance depuis la Révolution française. Mais il s’agit là d’une problématique politique, qui nous éloigne de la cause proprement épistémique - relative au savoir - que j’ai voulu défendre en dénonçant «ce que le militantisme fait à la recherche»…

"Ce que le militantisme fait à la recherche" chez Gallimard.

 


SORTIR DE L’ILLUSION DE L’ENDETTEMENT PERPETUEL.

Dette publique

Mon article sur la peur du retour de l’inflation avait un peu d’avance sur la presse spécialisée. Aujourd’hui, je vous propose de démonter le mécanisme  du pseudo remboursement de la dette.

La France, à cause de son endettement, est dans une situation fragile.

Il est donc important de rassurer ses prêteurs, français ou étrangers : donc elle honorera ses échéances sans essayer d'y échapper par des biais politiques, ce qui provoquerait à notre encontre un véritable cataclysme. C’est pourquoi notre « grand argentier » assure haut et fort que la « dette » sera remboursée. Les articles qui paraissent ces jours-ci  annoncent la durée qu’il faudra pour le faire : entre 60 ans et 100 ans … ce qui ne semble pas effrayer outre mesure nos gouvernants. Et  pour cause,  le remboursement dont il s’agit est un mensonge. Il repose sur une mécanique relativement simple : effectivement aux échéances prévues  nous remboursons  mais au prix d’un nouvel emprunt, et c’est rendu possible grâce aux  taux d’intérêts très bas qui permettent à la dette globale, qui ne diminue pas et augmente même, de rester « soutenable ».  On dit qu'elle « roule » et cela peut certes durer jusqu'à perpétuité. A condition que les prêteurs soient convaincus que le processus est maîtrisé. Il ne peut l’être que si deux conditions sont remplies.

Il faut que  les taux d’intérêt restent bas. Ce qui paraît être une évidence.

Il faut aussi que les soldes primaires de nos finances  publiques compensent le différentiel entre taux de croissance et taux d’intérêt. Et ça, c’est plus compliqué.

Dans une situation économique normale, le taux de croissance à long terme est inférieur ou égal au taux d'intérêt. Dans ce cas, la dette publique, rapportée au PIB, s'accroît spontanément chaque année de la différence entre le taux d'intérêt et le taux de croissance. Pour qu'elle soit stabilisée en pourcentage du PIB (donc renouvelable), il est nécessaire que l'excédent budgétaire primaire (hors intérêts sur la dette) compense cette différence et soit donc positif. Or, depuis un demi-siècle, nous connaissons la plupart du temps des déficits budgétaires ou soldes primaires déficitaires. Ce qui fait que notre dette ne cesse d'augmenter, sans aucune stabilisation, par un effet boule de neige. Si l'on continue ainsi, le scénario tournera nécessairement à la catastrophe car on ne peut pas vivre éternellement avec une dette de plus en plus déconnectée des capacités productives du pays.

Au début des années 2000, notre dette publique était contrainte par la limite théorique de 60 % du PIB, maximum autorisé par le pacte de stabilité européen. A l'époque, les intérêts à payer chaque année se montaient à environ 3 % du PIB. Aujourd'hui la dette a plus que doublé et, grâce à la politique monétaire menée par la BCE, sa charge annuelle n'est plus que de 1,4 % du PIB  en 2019 avec une prévision à 0,7 % à fin 2022. Pourquoi alors s’inquiéter ? A minima, après la crise sanitaire qui aura détruit une partie des facteurs de production, la différence positive entre des taux de croissance en réduction et les taux d'intérêt risque de diminuer encore.

Taux de croissance et taux d’intérêt.

« L'effet-levier » macroéconomique deviendra alors moins efficace. Mais surtout, on ne peut exclure qu'il s'inverse durablement, l'endettement croissant des acteurs économiques et l’inflation finissant par faire monter les taux. Peu de Français savent que la situation change du tout au tout suivant la relation existante entre taux de croissance et taux d'intérêt et que l'effet-levier, bien connu des investisseurs privés, s'applique mutatis mutandis à l'endettement public. Et on ne peut pas juger aujourd’hui à quelles conditions les prêteurs seront convaincus que la dette future ne continuera pas de grossir excessivement, qu'elle finira par se stabiliser en pourcentage du PIB et qu'elle sera donc indéfiniment renouvelable. Cet espoir est trop loin de la réalité historique pour être crédible. Depuis le début des années 2000, le taux de croissance de l'économie française a presque toujours été inférieur au taux d'intérêt payé sur la dette publique. Ce n'est que sur les années 2016-2019 que la différence inversée a été plus favorable. Mais pas beaucoup plus, car le taux de croissance a diminué parallèlement au taux des charges financières : la différence a été en moyenne de l'ordre de 1,5 % du PIB, trop fragile pour en faire une donnée de longue durée. 

Revenir à des budgets sans déficits.

Le laxisme auquel nos gouvernants se sont habitués en matière de dépenses publiques et de déficit budgétaire peut faire qu'on soit brutalement contraints, comme l'Italie ou la Grèce, de revenir à un excédent budgétaire primaire est une hypothèse plausible. Comment, sur courte période, pourra-t-on réduire de 50 à 60 milliards d'euros nos dépenses publiques ? La  fuite en avant à laquelle on assiste, et favorisée par le climat préélectoral – il faut bien financer quelques largesses comme le chèque offert aux jeunes-, repose bien sur une illusion. Ou plutôt un mirage.

Seul le retour à une orthodoxie financière le plus tôt possible, qui n’empêchera pas la dette dans un premier temps, pourra nous sauver de la catastrophe.

 


« CLAIRE, LE PRENOM DE LA HONTE. »

Claire koç001

 

L’assimilation refait surface.

Face à l’arrivée massive des immigrants, les faiseurs d’opinion abordent le sujet en parlant « de difficultés d’intégration » et de « rétablissement de la mixité sociale ». Mais parler d’assimilation est impossible, l’idée heurte  la « bien-pensance » et fait hurler les racialistes et autres racisés qui y voient une amputation et une obligation de renoncer à son identité d’origine. Et pourtant l’assimilation, qui a permis  à tant d’étrangers anonymes ou de renom de s’épanouir en France, c’est  bien le seul moyen de trouver sa place dans la société française.  Et une génération de femmes, n’hésite plus à braver la  vindicte  pour clamer haut et fort leur refus de l’idéologie victimaire et les assignations à résidence identitaires. Sonia Mabrouk, Rachel Khan, Lydia Guirous, Fatiha Agag-Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Claire Koç, font entendre leur attachement à la culture française. Le  fait que ce soit les femme n’est peut-être pas un hasard. Elles sont rejointes par quelques hommes tels Abnousse Shalmani et Amine El Khatmi. Longtemps silencieux, tous se rebiffent pour clamer que la  France n’est pas le pays raciste systémique et islamophobe que nous décrivent les militants décoloniaux et autres entrepreneurs de la cause identitaire.

« Claire, le prénom de la honte. »

L’exemple d’un parcours d’assimilation nous est donné par Claire Koç dans son ouvrage « Claire, le prénom de la honte ». Fille d’immigrés turcs, Cigdem Koç est devenue Claire Koç en 2008. La jeune journaliste raconte le cheminement qui l’a conduite à faire ce choix et les réactions de rejet de sa famille et de ses proches.  Un témoignage poignant de la volonté de fer dont il lui a fallu faire preuve et en même temps c’est une plongée  dans une France en voie de désintégration. Mais c’est l’éloge de l’assimilation qui l’emporte. Cette assimilation qui, on le découvre, n’est vraiment plus à l’ordre du jour de nos gouvernants et de ceux dont ce devrait être la préoccupation quotidienne. Claire, c’est le prénom qu’elle s’est choisi pour son adoption par la grande famille qu’est la  France.  C’est un choix personnel qui relève  de son identité intérieure, explique-t-elle, « un choix de cœur et d’esprit ». Pour autant elle affirme qu’elle ne renie pas son origine turque dont l’identité reste présente et qu’elle jugerait insensé de rejeter.

De l’intégration à l’assimilation.

Au début tout allait bien. La  famille, arrivée en 1984,  vit dans une cité HLM au milieu de Français dits « de souche ». Les années de primaires se passent sans tabous et ses voisins  lui serviront de modèle. Et puis l’engrenage de l’homogénéité de peuplement s’est installé, bientôt aggravé par  l’antenne parabolique, moment fatidique selon l’auteure. Chaque communauté  était raccordée en permanence à son pays d’origine. La France était devenue inexistante. Des associations conseillaient même de poursuivre sa façon de vivre sans faire le moindre effort d’intégration. Heureusement pour elle, avant de se refermer, ses parents l’avaient ouverte à la France. Mais le cycle infernal de l’endogamie était enclenché : commerces turcs, boulanger turc, vêtements turcs… C’est  le communautarisme. Chacun dans son coin.  Les  Turcs détestent les arabes et réciproquement.  Chacun vit sur son  secteur. Pourtant l’assimilation reste encore  possible selon elle, les candidats €s sont nombreux mais silencieux. Encore faudrait-il que l’école soit plus convaincue : elle devrait apprendre à être fier d’être citoyen français. Ailleurs dans le monde, à commencer par la Turquie, l’adhésion aux valeurs du pays d’accueil ne se discute pas. Une autre difficulté vient du réseau tentaculaire des associations communautaristes. Ainsi les partisans d’Erdogan exercent un lobbying en infiltrant des associations, des partis politiques, en cherchant à imposer des exigences séparatistes. Même quand on est déterminé, les  obstacles  s’accumulent : ainsi, jeune journaliste elle s’aperçoit que dans le  média où elle travaille pour avoir des « piges » il faut entrer dans le jeu des racisés au vu et au su de la direction qui laisse faire. Elle s’en affranchira, mais au prix d’une lutte forcenée.

Interdiction d’aimer la France.

Il ne fait pas bon défendre l’assimilation à la française. A cause de son livre, Claire Koç reçoit des insultes sur les réseaux sociaux, sur Twitter, et même des  menaces. Elle a été obligée de porter plainte pour incitation à la haine et  menaces de mort de la part de militants pro-Erdogan.  Elle fait l’objet d’une discrète protection policière.  Une campagne insidieuse, faite de fausses informations  la présentant comme une kurde membre du PKK, … Bref, « on » lui a collé une cible dans le dos. « Tout en toi pue la France » : une vindicte à  laquelle elle est habituée. Chez les racisés victimaires, il ne fait pas bon être du côté des « colonialistes ».  Mais par la même, c’est le rejet du modèle  républicain qui s’exprime. 

Devenir français.

Le  problème auquel notre  pays est confronté est dû à la présence sur notre sol de certains individus qui ne se reconnaissent pas dans la culture française. Ils ignorent les codes nécessaires pour devenir français. Il faut en priorité s’occuper d’eux et leur faire apprendre la langue française : s’il n’y a pas d’obligation d’apprendre la langue d’accueil, comment construire une nation ? Il faut rendre plus contraignantes les conditions pour obtenir la nationalité et faire que la  culture générale soit un critère déterminant. Si la France a beaucoup à apprendre ou à s’enrichir de l’étranger, on ne dit jamais  assez que l’étranger a beaucoup à apprendre ou à s’enrichir de la France. Autant d’affirmations qui parsèment les pages, frappées au coin du bon sens.

Extraits.

« Je me demande souvent pourquoi on ne m’a pas inculqué les belles valeurs de notre République au cours des longues heures que j’ai passées dans les salles de classe ? J’ai acquis ce sentiment d’appartenance à notre beau pays en autodidacte et en m’émancipant du carcan familial. Aucun enseignant ne m’y a incitée ! ».

« Ce n’est pas en brandissant une culotte tâchée du sang de mes règles au visage de mes parents ni en brodant une vulve au dos d’un sweat à capuche que j’ai combattu le patriarcat turco-musulman. Si  j’ai réussi à me tailler une place au sein de la  société française, je ne le dois pas non plus au soutien des néo-féministes de salon trop occupées à culpabiliser le mâle blanc plutôt qu’à s’attaquer au fondamentalisme qui étreint jusqu’à l’étouffer la vie des femmes de certains quartiers. » 

Malgré tout, Claire Koç prouve que l’assimilation individuelle reste possible, mais le contexte n’a jamais été aussi défavorable. L’assimilation ne peut fonctionner qu’à plusieurs conditions, en effet : il faut que la personne ait vraiment la volonté de s’assimiler à la culture et aux mœurs de son pays d’accueil ; que les flux d’immigration restent raisonnables et étalés dans le temps ; que l’immigrant puisse facilement rompre ses liens avec son pays d’origine et qu’il n’y ait pas déjà une forte communauté non intégrée de personnes issues de l’immigration dans son entourage immédiat.  Encore faut-il que le pays d’accueil ait suffisamment confiance dans son identité et ses valeurs pour offrir quelque chose à quoi s’assimiler et surtout qu’il en ait la volonté…

L’assimilation est un chemin qu’il faut reprendre.  La tâche est rude avec un corps enseignant largement communautariste et un pouvoir qui tient un double langage.

Je n’ai fait qu’effleurer le sujet. Un livre qui se lit d’une traite. Rafraîchissant à certains égards.

« Claire, le prénom de la Honte. »  De Claire Koç, chez Albin Michel.

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte tombeau

L'HERITAGE ET LA LEGENDE

L’Empereur mort laissait à la postérité et au monde l’image d’un soldat luttant pour la cause des peuples asservis,  l’inspirateur du principe des nationalités succombant sous les coups de la Contre-Révolution, le dernier tenant des rêves philosophiques et révolutionnaires du XVIIIème siècle. Le Mémorial de Sainte-Hélène fait éclater le génie publicitaire, une fois de plus, de Napoléon. « Il eût voulu le même principe, le même système partout : un code européen, une Cour de cassation européenne, … une même monnaie sous des coins différents, les mêmes poids, les  mêmes mesures, les mêmes lois,... L’Europe, disait-il, n’eût bientôt  fait de la sorte, véritablement, qu’un même  peuple, et chacun, en voyageant, partout se fût trouvé toujours dans une patrie commune. »

L’empreinte européenne.

Les  armées de la Révolution et de Napoléon n’ont pas seulement gagné des batailles et modifié les frontières politiques de l’Europe. Elles ont amené d’importants changements dans l’évolution des Etats conquis et vassaux. Après la défaite de 1809, l’Autriche de Metternich poursuivit les réformes héritées du « despotisme éclairé », mais c’est surtout l’Allemagne qui connut les transformations les plus spectaculaires : sa carte fut simplifiée, le Saint-Empire romain germanique disparut. Dans les pays annexés, les lois françaises ont été directement appliquées et dans les Etats vassaux ou alliés, la législation s’inspirait également du Code civil. En Prusse, des hommes comme Stein, Hardenberg, Scharnhorst, imposèrent une série de réformes sociales et militaires, tandis que l’Université de Berlin forma  les cadres de l’avenir, inspirés par l’idéal nationaliste qu’exprimaient les célèbres « discours à la nation allemande » de Fichte. La péninsule italienne, de son côté, a été profondément marquée par la domination française : simplification des frontières, unification des lois et de l’administration, démantèlement du vieil ordre féodal. Malgré ses aspects oppressifs, l’occupation napoléonienne  a hâté la prise de conscience nationale. Seul point noir, en Espagne, une guerre inexpiable a rendu les réformes inopérantes. Après le retour du roi, une répression brutale s’est abattue sur le pays et l’Espagne restera nettement à l’écart du grand courant modernisateur.

L’histoire de Napoléon est celle d’une fuite en avant.

On s’aperçoit rapidement qu’il n’y a pas d’alternative entre la chute de la France et la soumission de l’Europe tout entière. L’Empereur dut désarmer les coalitions qui ne cessaient de renaître grâce à l’or anglais. Le meilleur moyen aurait été certainement de nouer des alliances solides qui, favorisant l’établissement d’une paix continentale durable, auraient permis de consacrer tous les efforts financiers et militaires, à la lutte contre Albion. Mais jamais les diplomates n'ont pris le relais des  militaires et les régimes politiques s’avéraient par trop différents. A plusieurs moments, on a pu croire que les  Britanniques étaient prêts à traiter avec  la  France comme a pu le laisser penser la « paix d’Amiens » en 1802. En fait ce n’était qu’une pause. Car les Anglais n’avaient pas le choix, il leur fallait vaincre ou périr. Ils ne pouvaient accepter une Europe dominée par la France. Depuis un siècle ils luttaient pour que le continent demeurât divisé  afin qu’aucun de ses Etats ne pût leur dicter sa loi. Ils avaient combattu Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. A cette guerre séculaire, la Révolution avait ajouté une épine supplémentaire qui ne pouvait trouver de solution négociée : l’annexion de la Belgique et l’occupation du port d’Anvers par lequel le commerce anglais accédait au marché européen. Et Napoléon de son côté était prisonnier de l’engagement qu’il avait pris auprès des Thermidoriens que la Belgique resterait Française. Le conflit devenait donc une guerre à mort.  Comme quoi le Brexit s’inscrit dans une longue tradition.

Napoléon qui était tenté de croire, parce qu’il était toujours vainqueur, que de la guerre pouvait naître une paix durable, savait aussi qu’une paix solide ne pouvait être conclue qu’entre gens qui parlent le même langage. Or depuis 1789, les Européens ne se comprenaient plus. La Révolution avait creusé un gouffre entre cette toute jeune république et les vieilles monarchies du continent. Les  monarchies se méfieront toujours du souverain français, même devenu lui-même monarchique. Si les rois étaient obligés de plier devant lui, ils ne l’accepteront jamais comme un des leurs et c’est lui qui sera la dupe du tsar.

Un legs inestimable.

L’héritage de Bonaparte est multiple. Il a mis fin à la guerre civile et a œuvré pour la réconciliation nationale et la stabilité après dix ans de déchirures. Une grande œuvre a été accomplie en quatre ans sous le Consulat (voir le chapitre correspondant). Il a légué à la France la constitution administrative, la monnaie stable avec  le « Franc germinal » qui ne sera jamais dévalué jusqu’en 1914, les bases d’une paix religieuse avec le concordat, et évidemment le Code civil. Tout en étant de fait le « fossoyeur de la Révolution », il a permis d’en inscrire les  principales conquêtes dans la durée, en empêchant notamment une restauration monarchique en 1800. Napoléon, même au fait de sa puissance, n’est pas tout-puissant.  Les anciens régicides, casés au Sénat, accompagnent le régime en échange de prébendes mais sont les gardiens de deux principes intangibles : pas de retour des Bourbons et conservation des « frontières naturelles », c’est-à-dire la rive gauche du Rhin. Carnot défendra encore cet héritage de la Révolution pendant les Cent Jours.

On ne peut contester que le régime napoléonien était un régime d’autorité qui tendit à partir de 1809-1810 vers le pouvoir personnel, complété par la mise sous tutelle et sous surveillance de la liberté politique. Ce ne fut pas, pour autant, une dictature : les contre-pouvoirs, la force de certains principes limitèrent l’action de l’exécutif et les circonstances réduisirent  souvent ses marges de manœuvre. D’ailleurs tant le nombre des exécutions (deux, dont le Duc d'Enghien) que le nombre réduit de prisonniers politiques en attestent. L’armée est toujours restée à l’écart du pouvoir et l’acceptation du régime par le peuple et les élites fut large, exprimée par les plébiscites, les élections intermédiaires, le consentement à la conscription et à l’impôt, etc…  

On lui doit l’installation d’un Etat fort et efficace, bien administré avec tous ses rouages, un développement de l’agriculture et des manufactures, la  construction de routes, de ponts, notamment à Paris, la construction des quais de la Seine. Il ne supportait pas les dépenses inutiles, reprenant tous les comptes. L’oeuvre de codification des lois se prolongea jusqu’en 1810 avec les codes de commerce,  d’instruction criminelle et le Code pénal. C’est en caracolant à la tête de la Grande Armée qu’il décida d’aligner des platanes le long des routes pour que les chevaux soient épargnés par le soleil. On n’en finirait pas ! Alors, c’est vrai, il laissa la France plus petite qu’il ne l’avait  trouvée.

Un homme de son temps.

Marqué par les convulsions de la Révolution, Napoléon Bonaparte, élevé sous la monarchie absolue, est bien inscrit dans son temps. Dès la campagne d’Italie, il a conscience de son génie. Il a, de fait, une évidente supériorité de tempérament, de volonté,  d’intelligence. Il a séduit presque tous ceux qui l’ont servi, même Talleyrand.  Cambacérès était fasciné par son charisme,  son esprit de décision et sa ténacité. C’est aussi un homme  qui vivait dans l’action et qui était capable de s’occuper de  tout.  Un homme des Lumières qui avait à coeur d’acquérir la gloire par une œuvre utile.

C’est  aussi un caractère bienveillant qui savait obtenir de chacun tout ce qu’il pouvait donner et qui était capable de pardonner même les trahisons, car il n’attendait rien des autres. Enfin, il aimait l’ordre et sa vie était réglée  comme du papier à musique. Les repas officiels étaient expédiés en vingt minutes et son souci du temps rempli allait jusqu’à dupliquer à l’identique les lieux qu’il habitait, au livre qu’il appréciait près, placé au bon endroit. Quant au procès qu’on lui a fait sur sa misogynie, il mériterait tout au  moins d’être nuancé. Il était, ni plus ni moins, représentatif de la mentalité de son époque. Il suffit de rappeler que les figures féministes de l’époque, les Manon Roland, Théroigne de Méricourt ou Olympe de Gouges finirent pour la plupart sur l’échafaud et les clubs féministes impitoyablement fermés. Au moment du Code civil la cause féminine avait quasiment disparu. Le Code auquel il participa ne fit que reprendre ce qui  était dans l’air du temps de la bourgeoisie de l’époque : la famille placée sous l’autorité du père et du mari ; la femme ne jouissait de l’intégralité de ses droits au si elle était célibataire et capable de subvenir à ses besoins. L’inégalité juridique perdura  jusqu’en 1946 et ne disparut totalement qu’en 1965. En échange, le père ou le mari lui devait protection personnelle et patrimoniale.

La légende.

La Monarchie de Juillet, avec Louis-Philippe va servir de caisse de résonance au « mythe » napoléonien. Les livres qui paraissent alors réveillent le souvenir de l’Empereur. Las Cases donna corps à la légende du Napoléon du peuple, le "petit caporal à la capote grise". En quête de légitimité, Le roi Louis-Philippe voulait se rattacher aux grands souvenirs, faute de pouvoir se  placer dans une tradition monarchique. Et Napoléon c’est "la gloire de la France". Il pensait couper l’herbe sous le pied aux opposants à la monarchie qui s’en servaient pour enflammer les esprits.  Le peuple s’émouvait au souvenir des bulletins de la Grande Armée et de sa fin misérable sur le « rocher » de Sainte-Hélène. Grognards revenus dans leurs foyers, historiens, poètes, écrivains, se plaisaient à faire revivre l’épopée du grand homme. Il négocia donc le retour des cendres de l’Empereur aux Invalides qui rassembla un million de Français en 1840. Il fit ériger la  colonne Vendôme et ainsi se nourrit la légende napoléonienne qui allait se retourner contre lui,  préparant sans le savoir le terrain au prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de l’Empereur qui sera élu président de la République avec 74% des voix dix ans plus tard.

Alors oui, il faut rendre honneur à l’Empereur.

En même temps, c’est rendre honneur au peuple français. Ne commettons pas d’anachronisme. Les guerres de la Révolution et de l’Empire sont le dernier épisode d’une longue guerre de cent ans avec l’Angleterre qui n’a jamais dit son nom. Napoléon continue de nous éblouir parce qu’il incarne la France qui croit en la  force  de son destin. Sa volonté de puissance et son absence de lucidité après 1806 sur sa responsabilité dans l’effondrement de l’Empire n’enlèvent rien au caractère évidemment prodigieux du personnage et de sa vie. Il reste pour l’éternité dans nos mémoires, et si besoin était, l’Arc de triomphe de L’Etoile, les  boulevards des Maréchaux qui ceinturent Paris, les ponts d’Iéna et d’Austerlitz, l’avenue de la Grande Armée… nous la rafraîchiraient. Il a innové dans bien des domaines, laissant son sceau, sa griffe, sur tout ce qui fait notre état moderne. Ce n’est pas pour rien qu’il est l’une des figures les plus populaires au monde, hors de nos frontières.

Deux siècles après la mort de Napoléon, la France continue de rêver qu’elle est une grande puissance mondiale.

 


MACHIAVEL-MACRON

Machiavel

Obsession 2022.

Affaiblir les Républicains à tout prix pour préserver son face à face avec Le Pen qui seul, pense-t-il, lui permettrait de se faire réélire. Or, seuls les Républicains sont en capacité de troubler le jeu.  La gauche, n’en parlons pas.  Alors Macron agit selon deux  axes : d’abord empêcher Xavier Bertrand d’être élu, parce qu’il est le  plus menaçant pour l’instant.  Pas  moins de trois ministres sont à la manœuvre avec l’envoi en kamikaze de Dupont Moretti, qui aurait pourtant d’autres chats à fouetter. Le  prétexte de « chasser le RN » est un leurre. Mais faute  de pouvoir faire un score honorable,  la liste  LRem  sera au pied du mur. Car le Président  sortant des  Hauts de France a été très clair : aucune alliance, ni au premier tour, ni au second. Se maintenir, si c’est possible pour LRem, aura comme conséquence inéluctable : la Région passera au RN. Deuxième axe : pratiquer le baiser mortel comme en PACA  quand le ver est déjà dans le fruit. Montrer que LRem qui n’existe  pas  sur le terrain et Les Républicains, c’est l’alliance qui fait gagner. Un gros mensonge, malgré le martèlement médiatique. Parce que c’est perdant à tous les coups.  On l’a vu aux municipales, notamment à Bordeaux. On le voit dans les sondages en PACA. Ce  type d’alliance ne prend pas en compte  la toxicité de LRem pour une grande partie des électeurs de droite qui ne reconnaissent pas dans le parti du président une politique de droite. En PACA , les  sondages montrent qu’un accord  mobiliserait  des abstentionnistes de gauche pour le RN et ferait fuir  une partie des électeurs de droite sur le même RN ou dans l'abstention. Résultat Mariani l’emporte facilement. Macron joue avec le feu, car c’est le scénario qui s’appliquerait  en cas de face-à-face avec Marine Le Pen. Cela veut dire que LR a un rôle clé à jouer, à condition de ne pas entrer dans le jeu d'Emmanuel Macron.

Tout le monde s’y met.

Sondages, pilonnage en règle, hystérie des macronistes, tel Castaner, qui accusent Les Républicains d’une « extrême violence », on se croirait revenu au déchaînement de la gauche du temps de Sarkozy,  quand Martine Aubry accusait le  Président d’abîmer la  France  et l’UMP d’être la "droite dure". Faut-il que ce parti soit encombrant. On veut nous faire croire, comme M. Attal, que LR court après le RN, alors que c’est l’inverse : c’est Marine Le Pen qui, tel un caméléon, vient se couler sur le terrain de la droite. On croit rêver, mais tout est bon pour discréditer le parti de Christian Jacob. C’est vrai qu’avec 105 députés, premier groupe d’opposition à l’Assemblée nationale, premier  groupe parlementaire et majoritaire du Sénat , 56%  des communes de plus de 9 000 habitants, on ne le mettra pas facilement sur la touche. Aussi, il faut qu’il perde absolument des Régions pour tenter au moins de montrer qu’il est sur le déclin. Et  tant pis si c’est au profit du RN.

Un enjeu de clarté.

Dans cette exigence de clarté, il y a un enjeu de survie pour la droite. Notre famille politique meurt  des ambiguïtés créées par ceux qui quittent le parti après avoir oeuvré souterrainement depuis quatre ans, comme Estrosi. Chacun est, bien sûr, libre de ses idées, mais ils auraient dû se mettre en conformité avec leurs actes et rejoindre LREM. Le plus grave est que ces reniements minent notre vie démocratique jusqu'au sein même des fidèles. Il ne peut y avoir aucune confiance en nos institutions, si la classe politique semble n'avoir ni cohérence ni clarté. La droite, elle, doit préparer l'alternance dans la clarté et la constance. Sinon, elle n'a plus de raison d'être. Or je suis convaincu que cette alternance est plus que jamais nécessaire pour la France. Heureusement, LR a une réserve de candidats tous aussi talentueux et en capacité d’assurer la charge suprême. Oui, le débat politique a  besoin de clarté, ce que le  « en même temps »  n’apporte pas, on le voit encore avec la candidate voilée de LRem qui renforce le doute sur Macron et le communautarisme. Sur le régalien, l’insécurité et les violences quotidiennes, l’immigration incontrôlée, la dette, les dépenses publiques, le redressement économique, l’écologie responsable, seuls Les Républicains ont un positionnement cohérent et clair. Leur travail parlementaire est sous-médiatisé et celui sur le projet avec les « conventions thématiques » méconnu du grand public. Les républicains sont plus que jamais utiles.

La victoire écrasante de la droite à Madrid peut servir d’exemple et entretenir l’espoir.

 


DANS LES PAS DE NAPOLEON

Bonaparte Waterloo

LES CENT JOURS ET WATERLOO

La première restauration.

Le 24 avril 1814 seulement, l’ancien Comte de Provence qui, depuis 1795 avait pris le titre de Louis XVIII, débarqua à Calais, décidé à rétablir dans son intégralité le gouvernement « qui fut pendant quatorze siècles la gloire de la France ». Néanmoins, avant d’entrer dans la capitale qu’il n’avait  pas revue depuis 1791, il promit dans la « Déclaration de Saint-Ouen » de gouverner en monarque constitutionnel. Le 3 mai, il entra à Paris. Le Te Deum à Notre-Dame s’imposait : la première Restauration était accomplie. Louis XVIII arrivait au pouvoir âgé, presque impotent, et assagi par son long exil. D’une intelligence fine, il se rendit compte qu’un retour à l’Ancien Régime était  impossible.  La Révolution et l’Empire avaient changé à tout jamais les conditions de la vie politique. La  « Charte » promulguée en juin au Palais-Bourbon, installa une monarchie constitutionnelle. Elle était plus libérale que toutes les constitutions de l’Empire, mais elle était mal  présentée.  Elle était « octroyée », un mot  malheureux. Deux chambres, la Chambres des pairs et la Chambre des Députés, avaient un pouvoir législatif limité. Elles  votaient notamment les impôts. Mais le régime n’était en rien un régime parlementaire et démocratique, car seul le roi avait le droit d’initiative et il avait en plus un droit d’ordonnance qui lui permettait de rédiger des règlements ayant force de lois, en cas de circonstances graves. L’élection des députés se faisait au suffrage censitaire et le cens était élevé.

Mais la Charte garantissait l’essentiel des conquêtes de la Révolution : égalité devant la loi, abolition des privilèges, liberté individuelle, liberté des cultes et de la presse. Une partie de l’opinion était indisposée par le « préambule » qui présentait Louis XVIII comme le « Roi de France et de Navarre par la grâce de Dieu » et le replaçait dans la suite de la monarchie en datant son règne de la « dix-neuvième année ». De plus, de nombreux émigrés revenus s’opposaient au roi constitutionnel, le « jacobin couronné »,  et refusaient de reconnaître la Charte. Ils  se  firent très vite menaçants  en se regroupant autour du Comte d’Artois qui se présentait comme n’ayant pas changé depuis 1789, et encourageait la « réaction ». Le roi, dépassé par son entourage, commit alors faute sur faute : menace sur les biens nationaux, réduction des effectifs de l’armée avec le licenciement de 12 000 officiers de Napoléon avec  mise en demi-solde tout en réintégrant à des grades importants d’anciens émigrés.  Il laissait humilier les maréchaux de France à la cour, et ultime erreur, il remplaça le drapeau tricolore par le drapeau blanc de la monarchie. Le  peuple craignit pour ses droits si chèrement acquis. Dès lors, un seul homme pouvait encore tout sauver : Napoléon !

Le « vol de l’aigle ».

Napoléon hantait tous les esprits.  Curieusement, il devint le  symbole des idées libérales  et s’installa une ambiance nostalgique de son épopée. La rumeur de son retour se répand et déjà de hauts personnages comme Fouché, qui avaient contribué à sa chute conspirent en sa faveur. Dans les salons bonapartistes un complot s’organisait et préparait des appuis au sein de l’armée. Carnot publia « un mémoire au roi » où il dénonçait les fautes de  la  Restauration qui se vendit à des centaines de milliers d’exemplaires.

Dans son île, Napoléon prêtait l’oreille au revirement de l’opinion publique en sa faveur et n’ignorait pas que Louis XVIII songeait à le faire transférer « à cinq cents lieues d’aucune terre».  Il décida de passer sur le continent après sa fameuse proclamation : « Soldats, arrachez ces couleurs que la nation a proscrites et qui pendant vingt cinq ans servirent de ralliement à tous les ennemis de la France ! Reprenez les aigles que vous aviez à Ulm, à Austerlitz, à Iéna, à Eylau … L’aigle avec les couleurs nationales volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame   ! » Entre le 28 février et le 20 mars 1815, Napoléon marcha sur Paris. Débarqué le 1er mars à golfe Juan, il prit la route des Alpes. Une anecdote parmi tant d’autres : au village de Laffrey, confronté  pour la  première fois aux troupes envoyées pour l’arrêter,  il s’avança seul : « s’il en est un parmi vous qui veuille tuer son Empereur, me voilà ! ». Ses  anciens soldats répondirent par des vivats. A Auxerre,  le maréchal Ney, décidé à « ramener Bonaparte dans une cage de fer » se précipita dans ses bras. Louis XVIII s’enfuit à Lille puis gagna Gand. Le 20 mars Napoléon entrait aux Tuileries, porté en triomphe par la foule.

Les « Cent Jours ».

Napoléon recommençait sa vie, celle d’un général révolutionnaire dont le peuple attendait qu’il le sauvât d’un retour à l’Ancien Régime. Il choisit la voie libérale pour se concilier la bourgeoisie. Mais le chemin était étroit.  Le peuple  l’avait rappelé pour l’opposer à Louis XVIII, pas pour lui voir  tenir le rôle d’un monarque. Il confia à Benjamin Constant la tâche de rédiger un projet de constitution.  Le 22 avril fut publié « l’acte additionnel aux Constitutions de l’Empire » qui recopiait la Charte  sans beaucoup l’améliorer. Au passage, il abolissait l’esclavage, mais cela passa inaperçu.  Un texte qui déçut les démocrates et n’apaisa pas la défiance des bourgeois libéraux. Un plébiscite  marqua bien l’état des esprits : sur 5 à 6 millions d’électeurs, seulement 1 300 000 « oui » et 4 000 « non ». L’abstention était massive. La  France avait besoin de paix pour refaire ses forces, mais les alliés avaient aussitôt renouvelé le pacte de  Chaumont. Le Congrès de Vienne déclara le « perturbateur du repos du monde » hors la loi. Napoléon fit savoir au tsar et à l’Empereur d’Autriche, qu’il avait l’intention de respecter le traité de Paris. Malgré cela, et sans attendre que Napoléon ne reconstituât une armée, Blücher concentrait ses forces près de Namur, Wellington débarquait à Anvers et rassemblait une armée hétéroclite d’Anglais, de Belges et d’Allemands, en tout 213 000 hommes. Dès lors, Napoléon fut obligé de reprendre le combat.

Waterloo.

L’Empereur quitta Paris le 14 juin à la tête d’une armée de 130 000 hommes. A son habitude, il  choisit l’offensive.  Ney fit battre en retraite Wellington près de Bruxelles, et le duc de Brunswick fut tué, pendant que Napoléon attaquait les Prussiens qu’il désarçonna, Blücher manqua d’être pris et ne dut son salut qu’à la nuit tombante. Ces victoires n’avaient rien résolu. De  son côté Grouchy commit de graves erreurs et ne sut pas s’interposer entre les deux armées ennemies. Napoléon décida alors de renforcer Ney face aux Anglais qui s’étaient installés sur le plateau du Mont Saint-Jean pour couvrir la route de Bruxelles. C’est le 18 juin 1815 qu’allait se dérouler la bataille de Waterloo. Les  conditions étaient médiocres, il avait beaucoup plu, et les Anglais étaient bien retranchés. L’artillerie ne put être mise en place qu’en fin de matinée. Les  assauts se  multiplièrent, la bataille était  acharnée sans que les Français puissent prendre l’avantage. Entre temps, les Prussiens étaient arrivés sur le champ de bataille, moment évoqué par Victor Hugo par le  célèbre vers : «Napoléon s’écria : Grouchy !, C’était Blücher ! ». Attaqués  de deux côtés,  la garde et les grenadiers finirent par plier sous le choc de la cavalerie prussienne.  La panique s’installa et le gros de l’armée s’enfuit. Napoléon, Ney et Cambronne s’enfermèrent au milieu des soldats qui tenaient aux cris de « Vive l’Empereur ! ».  A la nuit, Napoléon se retira, perdu, au milieu de son armée en déroute. Il s’en était fallu de peu que le sort ne basculât en sa faveur, mais ce n’était pas le bon jour. L’Empereur, rentré à Paris songeait encore à la lutte. Mais la situation intérieure était grave.  Fouché, trahissant une fois de plus obtint de la chambre qu’elle mette Napoléon  en demeure d’abdiquer, ce qui fut fait le 22 juin. Une foule énorme entourait le Palais. Elle criait : « Résistez ! Ne partez pas ! » Mais Napoléon ne voulait pas armer le peuple. Pensant gagner l’Amérique, il se rendit à Rochefort où il se livra finalement aux Anglais.

Sainte Hélène et la fin.

Napoléon écrivit au Prince-Régent, fils de George III : « Je viens comme Thémistocle, m’asseoir au foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de ses lois que je réclame de votre Altesse royale, comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis. ». Il fut embarqué sur le Bellérophon, à destination de Plymouth où on lui refusa de débarquer et où il apprit son destin : prisonnier de guerre, il irait terminer  ses jours à Sainte-Hélène, au large de l’Afrique australe. Ce fut une lente agonie entre solitude,  désoeuvrement et mesquineries de ses gardiens. Le 5 mai 1821 il s’éteignit. L’autopsie révéla un ulcère mortel à la sortie de l’estomac. Il laissait à la postérité le « Mémorial de Sainte-Hélène », dicté à Las Cases, les  Mémoires et œuvres historiques dont le général Gourgaud et Montholon étaient officiellement les rédacteurs et firent éclater le génie publicitaire de Napoléon. Deux ans après sa mort, Las Cases publia le Mémorial.  La « légende napoléonienne » commençait. Napoléon  ne savait pas que bientôt un certain  Louis-Napoléon, fils de Louis, s’en servirait pour reprendre le flambeau des Bonaparte.

A suivre : L’oeuvre de Napoléon. Dernier chapitre en guise de bilan.