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INCONGRUITE !

Manif

Les fonctionnaires sont dans la rue. Motif : ils ont cru aux promesses intenables du Flanby, et, évidemment, ils sont déçus. Que revendiquent-ils ? Des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. L’appel est lancé par ce qu’il faut bien désormais appeler l’opposition de gauche, car tout le monde sait bien qui se cache derrière la CGT, la FSU et Solidaires.

On serait tenté de sourire et de les renvoyer à leurs chimères. Pourtant, cette mobilisation est l’une des moins défendables. Elle suscite même le malaise, tant les agents de la fonction publique qui sont en grève ou descendent dans la rue donnent la désagréable impression de vouloir le beurre et l’argent du beurre, par ces temps austères où chacun est appelé à se serrer la ceinture.

Car ils n’ont quand même pas à se plaindre. Avec l’élection de François Hollande ils ont obtenu qu’un coup d’arrêt soit donné à la politique de diminution des effectifs de la fonction publique, laquelle avait enfin fini par maigrir de 30.000 unités chaque année. S’ils étaient lucides, ils apprécieraient le luxe que constitue pour un Etat déclaré par l’un de ses grands serviteurs en « totale faillite », que de conserver les effectifs, voire de les augmenter. Une incongruité quand on observe les difficultés que rencontrent les entreprises privées pour sauvegarder les emplois et combien elles aimeraient pouvoir, comme l’Etat, s’abstraire des réalités de la conjoncture économique ?

Et non contents, les fonctionnaires veulent en plus aujourd’hui des gains de pouvoir d’achat. Si on en est là, c’est sans doute la « faute à Sarkozy », comme on disait « la faute à Rousseau », qui a eu l’audace de geler le coût du point d’indice qui permet de calculer les salaires… gel reconduit par le gouvernement actuel. En ironisant, j’ajouterais que, sans doute ils sont, dans l’absolu, insuffisamment récompensés des « éminents » services qu’ils rendent à la nation. Mesurent-ils seulement qu’au moment même où ils revendiquent, mille chômeurs s’inscrivent à Pôle emploi comme chaque jour qui passe !

Cette revendication en apparait d’autant plus insolente.

Et d’autant plus que la réalité est toute autre : bien que le salaire de base soit bloqué,  par le jeu des primes et des avancements, la rémunération des fonctionnaires en place augmente régulièrement. La preuve en est que la masse salariale de l’Etat, forte de plus de 80 milliards d’euros hors pensions, continue de progresser malgré la baisse et a fortiori la stabilisation des effectifs.

Cette revendication est même déplacée.

Des milliers de salariés ont de vraies raisons de protester non pas contre une perte de salaire mais contre la perte de leur emploi. Les fonctionnaires ne mesurent pas à sa juste valeur le privilège de la garantie de l’emploi bien que nous n’ignorions pas que la collectivité publique abuse, tout autant sinon plus que le privé, des contrats précaires. Mais ces derniers ne sont que le faire-valoir d’une revendication générale qui profite en premier lieu aux titulaires.

Les syndicats de la fonction publique n’ont aucune raison de s’estimer trahis par le gouvernement. A défaut d’avoir été très précis, pendant sa campagne, sur sa politique de rémunération des fonctionnaires ou sur l’ampleur des coupes claires à opérer ailleurs qu’à l’Education nationale, le locataire de l’Elysée n’a jamais promis de les augmenter, ni d’épargner les ministères non prioritaires. Ne peuvent être déçus que ceux qui, à l’image de la CGT, s’étaient bercés d’illusions.

Encore devrait-on souligner que le pouvoir s’abstient soigneusement de s’intéresser à leur statut, à leurs retraites et à leur productivité. Il détricote même les quelques mesures qui visaient à introduire un peu plus de productivité dans les services.

Les cinq millions d’agents de l’Etat devraient donc, au contraire, s’estimer heureux.

 


IL Y A LE FEU ?

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L’accumulation des chiffres qui tombent fait peur. Les Français ne sont pas rassurés quant à leur avenir, c’est peu dire. Y a-t-il le feu, comme le proclame un ancien premier ministre socialiste, expert pour faire des diagnostics, mais toujours en retard d’une guerre pour les solutions ? La dette du pays dépassera bientôt 1900 milliards d’euros ce qui générera 46 milliards d’euros d’intérêts ; pour assurer  le financement des retraites, il va falloir trouver 21 milliards, et le déficit cumulé de l’Unedic court vers les 20 milliards… Il faut aussi compter avec le déficit de la sécu et la dette sociale. Comme chaque année, dès l’automne les caisses de l’Etat seront vides et il faudra payer les fonctionnaires à crédit !

Voilà pourquoi toutes les institutions, françaises comme européennes et internationales, pressent le gouvernement de remettre de toute urgence de l’ordre dans nos finances publiques.

Non, la France n’est pas en faillite, heureusement.

C’est même un pays riche avec les 11 000 milliards d’euros détenus et thésaurisés par les ménages. C’est l’Etat qui est en faillite, puisque cette année le taux de la dette va atteindre plus de 91% de la richesse produite. Après avoir utilisé l’arme fiscale au-delà de la raison, il ne reste plus que la diète sévère de la dépense publique.

Alors, il faudrait peut-être arrêter de tergiverser. Si l’on veut que l’épargne détenue se remette à financer dépenses de consommation et investissements, toutes choses nécessaires qui peuvent relancer la croissance et l’emploi, il convient de rétablir la confiance aujourd’hui disparue. Cette confiance, elle ne reviendra pas avec des discours comme celui que vient de nous tenir Mme Belkacem, au sujet du financement des retraites : « Il n’y aura ni augmentation des cotisations, ni allongement de la durée du travail, ni diminution des pensions. » Peut-on souscrire à pareils mensonges ? Ce serait croire que le gouvernement possède une baguette magique. Inévitablement, il faudra bien agir sur l’un de ces paramètres, voire les trois ! Tant que nous entendrons ce genre de fadaises, le climat de confiance ne pourra que se détériorer.

L’explosion n’est pas loin.

Et ce n’est pas en détournant l’attention sur des sujets sociétaux, eux aussi contestables et qui divisent les Français au lieu de les rassembler, que la situation va s’améliorer. Car, à force de désespérer tout le monde, en mentant aux ouvriers à leur faire croire que les riches paieront, aux classes moyennes à leur faire croire, au mépris de la réalité, qu’elles ne sont pas visées, aux partenaires sociaux à leur faire croire que la dépense publique sera maintenue, en activant les clivages sur le vote des étrangers ou sur le mariage homosexuel, le moment arrive où, forcément, la révolte gronde.

C’est le moment que choisit Mme Taubira pour diffuser une circulaire qui doit faciliter la « naturalisation » des enfants conçus illégalement à l’étranger de mères porteuses, pour les couples homosexuels, après avoir recommandé moins de prison pour les délinquants, après avoir supprimé les peines planchers, la rétention de sûreté pour les criminels dangereux et  les tribunaux correctionnels pour mineurs. Et l’on voudrait que les Français soient rassurés !

Les Français sont très lucides sur l’état du pays.

Une enquête d’Ipsos vient confirmer cette colère encore souterraine. Et les Français y font preuve d’une outrecuidance que nos classes dirigeantes feraient bien d’écouter. L’enquête nous révèle leurs constats : la France va mal, elle est en déclin, la souveraineté nationale doit être renforcée. On est en manque d’autorité et d’ordre public, les gouvernants sont jugés corrompus et soucieux d’eux-mêmes et de leurs intérêts personnels avant tout, les journalistes sont étrillés, nous manquons d’un vrai chef, il y a trop d’étrangers en France et ceux-ci sont associés à une religion intolérante et incompatible avec nos valeurs.

Inutiles de vous pincer le nez. Ce crédo n’est pas celui des partisans lepénistes. Les fourchettes varient de 50 à 85 % et concernent des Français de droite et de gauche, des jeunes et des vieux. Il sera difficile de nier le phénomène en le réduisant à la « France qui pue » comme on aime dire dans les milieux bobos ! Si nos élites continuent de la nier, pour certaines de l’ostraciser, il faudra craindre le pire, soit dans les urnes, ce qui serait un moindre mal, soit dans la rue. Et quand on annonce 300 000 personnes quand il y en a un million, on ne prend pas le bon chemin : ces Français ont le sentiment qu’on les prend pour des imbéciles.

Voilà aussi qui apporte de l’eau au moulin de la réflexion sur le positionnement de l’UMP. Copé aurait donc raison contre Fillon ? Pas si simple. Mais de grâce, ne soyons pas aussi autistes que la gauche.

Il n’y aura pas de retour de la confiance si on n’écoute pas le peuple. Les Français reprendront espoir avec ceux qui leur manifesteront de l’intérêt et qui auront pris en considération ce qu’ils disent.

Oui, il y a le feu ! Copé, Fillon, ouvrez vos yeux et vos oreilles !

 

Extrait des commentaires du sondage : L’enquête fait apparaître  une adhésion parfois massive à certains propos xénophobes et une forte crispation autour de l’Islam.  

-       70% des Français se sentent proches de l’idée selon laquelle « il y a trop d’étrangers en France » (contre 30% qui se positionnent sur l’item opposé : « il n’y a pas trop d’étrangers en France »).

-       Pour 67% des personnes interrogées, « on ne se sent plus chez soi comme avant » (contre 38% qui estiment qu’on se sent « autant chez soi aujourd’hui qu’avant »).

-       Enfin, près de trois Français sur quatre (74%) pensent que la religion musulmane n’est pas tolérante et pas compatible avec les valeurs de la société française (contre respectivement 28% et 11% pour la religion catholique et 34% et 25% pour la religion juive).

On savait l’opinion publique française pessimiste et inquiète depuis longtemps. On la découvrait à chaque enquête annuelle de plus en plus défiante.  On la mesure maintenant dans le repli, la crispation identitaire et un rejet profond de l’Islam.  

 


GOOD MORNING M. THOMSON !

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Nouvelle arrivée ce matin aux Sables d'Olonne. Alex Thomson sur Hugo BOSS, la flèche argentée, prend la 3ème place du Vendée Globe ! une réussite pour le skipper anglais, après avoir échoué deux fois dans l'épreuve. Cette fois-ci il monte sur le podium. Et avec talent. En effet, avec un bateau comme celui de Desjoyeaux il y a quatre ans, il fait un meilleur temps que lui. Ce qui n'est pas mince.

Arrivée matinale, mais la foule quand même, bien qu'un peu plus clairsemée que dimanche dernier, ce qui peut se comprendre.  Cela ne retire rien à la chaleur de l'accueil. 

On attend maintenant avec impatience l'arrivée de Jean-Pierre Dick, en souhaitant ardemment qu'il puisse rallier le terminus malgré sa quille défaillante. On croise les doigts !

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

 

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Hussards : le PS veut former des prof « Hussards de la République ». Cela rappelle les années d’intolérance anticléricale du début du 20ème siècle. Le délire passéiste continue. Ecole de la république = école de l’endoctrinement ?

El Yakoum : le nouveau président de l’IMA (institut du Monde » Arable) se nomme… Jack Lang, nomination non partisane du président normal de la république. Quel renouvellement ! L’heureux titulaire n’a que 73 ans…

Capitaines : Le capitaine de pédalo doit affronter un adversaire redoutable, le capitaine des métallos en fer blanc, en la personne de Mélenchon, prêt à faire feu du moindre haut fourneau pour se monter du col. Deux capitaines de pacotille qui en décousent, c’est guignol !

Austérité : politique de la relance en bandoulière, le front de gauche veut lutter contre une austérité qui n’existe pas encore avec des propositions « choc » comme le smic à 1700 € ! Promettre la lune est un métier.

Stabilisation : le chômage n’a pas augmenté en décembre, ce qui nous vaut de grands sourires de satisfaction côté gouvernement qui y croit déjà. Une fausse bonne nouvelle. On oublie de nous dire que Pôle emploi a radié 10 000 chômeurs de plus que le mois précédent, sous des motifs divers.

Manif pro : difficile de tourner le bouton du poste sans tomber sur un reportage d’homos qui élèvent des enfants. Quant à la manif de dimanche, malgré le tam-tam elle n’a pas eu le succès escompté et les médias ont tout fait pour nous montrer des images suffisamment partielles pour donner le change. A voir les pancartes insultantes et provocantes, on était bien loin de la sérénité des cortèges du 13 janvier.

Egalité : thème récurrent pour nous convaincre de la banalité de la loi sur le mariage des homos. C’est une escroquerie. On confond égalité et indifférenciation. On nous cache le bouleversement sociétal. On veut instituer le droit à l’enfant (éventuellement sans père ni mère) au détriment des droits de l’enfant. On passe d’une société dans laquelle on légiférait pour donner des normes communes à une société dans laquelle on donne priorité aux désirs individuels. Cela s’appelle « décadence ».

Mali : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. La victoire est trop facile. Les scélérats ont fui. Mais le pire est peut-être à venir. Tels des scorpions, ils se terrent dans le sable attendant le moment propice…

Rocard : se fend d’une interview au JDD pour nous vendre sa vieille idée du partage du travail pour résoudre le chômage. Avec les 35 heures on a déjà donné ! Il aggrave son cas en affirmant qu’il faut travailler plus longtemps, mais là, c’est un éclair de lucidité.

Faillite : Notre ministre du travail manie d’habitude une langue de bois en Sapin super ligneux. Voilà qu’il s’est fait piéger en affirmant que la France est en faillite. Il a beau essayer de se rattraper en faisant passer sa bévue pour de l’humour « fillonnien », le mal est fait. Vérité à ne pas dire.

Crise : d’aucuns commencent à murmurer que la prochaine crise financière est déjà devant nous. Elle serait alimentée par le gonflement énorme des titres de créances détenus par la FED américaine qui serait en très grande difficulté si les taux d’intérêts se mettaient à monter. Ce qui arrivera immanquablement avec la reprise économique.

Beau parleur : le passage du héraut des nationalisations temporaires était l’invité de DPEDA (des paroles et des actes) l’autre soir. On a pu constater qu’il était rentré dans le rang. S’il parle bien, son discours est complètement déconnecté du reste des réalités gouvernementales, et notamment fiscales. Il nous prend pour qui ? De toute façon il ne s’est adressé qu’à son auditoire : il a fait moins que Valls en audimat (2,3 millions de téléspectateurs)

Digne : Désir souhaite que le débat sur le mariage homosexuel à l’assemblée soit « digne ». Il parle pour lui ? N’est-ce pas une manière de discréditer à l’avance les arguments de l’opposition ? Au mieux c’est un procès d’intention. On a l’habitude.

 

                                 Tonnerre de Brest !

 


UNE ARRIVEE EN OR "MACIF"

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78 jours 2 heures 16 minutes 40 secondes !

Le pari de Jules Verne pulvérisé ! François Gabart sur Macif a réussi l’exploit impensable il y a encore quelques années. 50 000 km parcours en traversant tous les océans de la planète, à plus de 15 nœuds de moyenne, la course vendéenne mérite son nom d’Himalaya des mers.

Ce 27 janvier, nous étions prêts dès 10 Heures pour suivre l’arrivée du benjamin de la course. Mais voilà, après avoir passé une nuit d’enfer dans le golfe de Gascogne, le vent a molli et la direction de course annonçait une arrivée plutôt vers 12H30. Voilà pourquoi nous étions dès midi sur place, au village du Vendée Globe, mais c’était pour apprendre que finalement ce serait plutôt vers 13H30, puis 14H, puis 14H30. Enfin sur le grand écran les images du bateau apparaissaient, mais il était encore assez loin.

Dans le port, ça commence à bouger. Les bateaux officiels et ceux affrétés par le sponsor appareillent, pleins comme des rames de métro à 6h du soir, pour aller à la rencontre du héros. Puis c’est l’hélicoptère qui commence à tourner au-dessus de nos têtes, nous envoyant sur le grand écran des images superbes de la ville, du port et  de la côte : au moins ça permet de patienter.

Enfin, il arrive.

15H30 : nous avons des images du bateau prises de l’escorte partie à sa rencontre. Nous pouvons voir le skipper à la manœuvre, empanner puis repartir. De longues minutes  le séparent encore de la ligne d’arrivée. Ce matin c’était galère avec vent fort et temps bouché. Maintenant, le vent est tombé et le soleil tente de percer. Mais dans la foule, pas d’impatience. Une joie bonhomme de gens venus surtout du coin, mais aussi d’un peu partout. Les quais sont noirs de monde, au loin. Les vues aériennes nous montrent des jetées, tout à l’heure claisemées et désormais prises d’assaut par des spectateurs enthousiastes. Les banderoles ont fleuri : les « Bravo François», les « François on t’aime ». L’une, écrite en rose proclame «  François épouse-moi ! » et joint  un « 06 79… » dont on ne connaîtra jamais la suite. Autour de nous, c’est devenu plus compact. Près du grand écran, nous avons vue sur le ponton d’honneur : l’avantage d’être arrivé assez tôt. Bon plan aussi. Sur le chenal nous aurions poireauté sans avoir les informations et l’animation qui tient en haleine et permet de passer le temps, bien que la position debout commence à nous donner quelques douleurs lombaires.

Ce sera finalement à 16H20 locales, sous les acclamations de la foule que nous verrons sur l’écran le bateau franchir la ligne virtuelle de la bouée du Nouch. Aussitôt les équipes montent à bord. Un tour en mer pour affaler les voiles, faire les vérifications d’usage et déplomber le moteur afin de pouvoir remonter le chenal.  Première caméra et premières impressions du vainqueur. Il paraît frais comme un gardon. Sa compagne vient bientôt le rejoindre, après un saut acrobatique où l’on a bien cru qu’elle allait faire un plongeon, s’il n’y avait eu les bras puissants de son robinson des mers pour la retenir. Et suit une étreinte qui cherche à compenser les presque trois mois de séparation. Ces deux-là s’aiment, c’est certain. Qu’a-t-il appris de ce Vendée Globe ? Une réponse d’une lucidité et d’une humanité surprenantes jaillit, spontanée : « on apprend surtout sur soi-même ! Jamais je n’aurais pensé que j’avais autant de ressources en moi pour aller jusqu’au bout ! On ignore trop souvent ce que l’être humain est capable de faire ! »… Voilà un esprit sain dans un corps sain. Cela en dit long aussi sur la difficulté de la partie dont on sent qu’elle n’a pas été que de plaisir. On découvre aussi le surdoué.

La fête peut commencer !

Et puis c’est la remontée du chenal, commentée par un expert : Alain Gauthier. On l’entend encore s'exclamer sur l’image d’un Gabart ému aux larmes planté à l’avant de son bateau : « prends-toi ça, mon grand, c’est à toi et à personne d’autre » sous les acclamations de la foule à son passage. Ah, la magie de l’arrivée et l’accueil chaleureux des Sables d’Olonne… Enfin, nous voyons arriver le bateau au ponton. Champagne, premières réponses à la forêt des micros tendus au bout des perches : les étapes protocolaires et médiatiques de toutes les arrivées. Puis remontée vers le podium pour la présentation à la foule très compacte sur la plate-forme du village, grossie des nombreux spectateurs accourus du chenal une fois le bateau passé.

Le parcours se termine dans la salle de presse devant des journalistes venus du monde entier. Petites souris, nous avons pu nous y faufiler. On dira que c’est grâce à « l’accréditation » du renommé « calepindh ». Des questions en Anglais et en Américain (CNN) auxquelles le skipper répond dans la langue attestent la notoriété mondiale de l’épreuve. On y apprend au fil des réponses les mille tracas auquel le marin a dû faire face au quotidien, toutes choses qui rendent la dimension de l’exploit plus palpable, et qui lui fera répondre à la question : « referez-vous le Vendée Globe ? » un « je ne sais pas ! »  qui en dit encore plus long sur les efforts consentis. Tout le monde sent bien que ce n’est pas un non définitif, mais que la question posée vient trop tôt. Pour l’instant, il s’agit de savourer la victoire.  Merveilleux François Gabart qui nous assène encore : « Est-ce qu’on est fou ? Ce serait le cas s’il n’y avait personne pour nous accueillir ! Mais à voir la foule qui vient pour voir notre retour, on se dit que ça vaut le coup, que ce n’est pas une folie inutile ! »

Deux arrivées pour le prix d’une.

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Mais il faut songer à quitter les lieux, car Armel Le Cléach’ a cravaché pour arriver dans les temps afin d’entrer dans le port pendant que la marée le permet encore. Et il faut se porter à sa rencontre. Un magnifique couchant embrase le ciel de tons roses en une savante gradation jusqu'au saumon, comme pour compenser le feu d'artifice réservé au premier. Cette fois-ci, nous optons pour le spectacle du chenal. Et nous filons au pas de course vers la pointe au bout du port de commerce où nous nous installons et sommes aux premières loges. Nous patienterons finalement peu de temps que déjà l’armada s’annonce, cornes de brume tonitruantes et fusées de détresses en action auxquelles répondent les feux de bengale rouges sur les berges et les grondements joyeux de la foule d’où émergent quelques voix claires scandant « Armel » sur l‘air des lampions !

Le bateau passe devant nous avec un Le Cléach’ debout sur le pont brandissant ses deux fusées au bout de ses bras tendus, ce qui donne au tableau une atmosphère fantasmagorique, projetant sur les spectateurs des éclairs de feu rougeâtres, au fil de l’avancée de son Imoca. La suite, on la connait : ponton, embrassades, champagne, micros…

La fête continue. Nous quittons à regrets la plate-forme du village, heureux, mais rompus de fatigue. Pour les autres concurrents, la course continue...

Voilà une belle réussite pour la Vendée, pour le Conseil Général et pour les nombreux sponsors de la course. Une organisation irréprochable qui doit donner bien de la satisfaction au Président Bruno Retailleau dont la journée n'aura pas été de tout repos. Mais quel impact, quelle belle image pour le département !

Allez, on attend la prochaine arrivée. le feuilleton ne fait que commencer.


 


VENDEE GLOBE

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 Arrivée ce week-end de l'Everest des mers.

François Gabart (MACIF) est attendu samedi soir aux Sables d'Olonne et devrait boucler son Vendée Globe en moins de 80 jours ! ... suivi de près par Armel Le Cléach (BANQUE POPULAIRE).

A moins que ce soit l'inverse.

Le Calepin suit au plus près l'événement.

A lundi donc !



ARCHIBALD SE MARRE

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Accros : y’a pas à dire, les enseignants sont toujours pour tout ce qui est contre et contre tout ce qui est pour. L’impayable Peillon vient de le vérifier à son grand désappointement. Grève dure à Paris. Motif : la semaine de 4 jours et demi. Elle est aujourd’hui aussi moche que la semaine de 4 jours imposée sous Chatel… On ne change pas le naturel comme ça. Quand on dérange le petit confort des enseignants du public, ils font grève. Ils étaient en manque, probablement.

Refondation : toujours au même chapitre, le même impayable Peillon a présenté son projet de « refondation du système éducatif ». Rien que ça ! Et Môssieu refonde sans toucher au bac, au lycée, au collège unique, au métier d’enseignant. Difficile de faire plus consensuel pour ne pas braquer la caste. Mais l’agrégé est tellement plein de mépris de la valetaille des profs qu’il est bien capable de gâcher son projet. Vous me direz, excepté le vocabulaire ronflant, on n’y perdra pas grand-chose. Sa refondation, c’est du flan.

Notes : restons dans le même domaine. On apprend que les étudiants pourraient noter leurs profs, alors qu’on envisage de les supprimer dans le primaire et le secondaire. C’est le monde à l’envers ? Non, c’est socialiste et… juste ! juste un peu con, oui !

One million : … de manifestants, et moi, et moi, et moi… Eh bien, enfin, « il » va enfin recevoir une délégation des organisateurs de la Manif’ pour tous. Il y aura mis le temps. Pourtant, il avait reçu promptement les représentants ultraminoritaires du lobby LGBT ! Comme il n’a pas daigné répondre à la lettre des 200 parlementaires de l’opposition qui ont dû se rendre à l’Elysée pour le lui rappeler et ont été reçus dans la loge d’entrée !!! On nous fait savoir à l’avance qu’il restera ferme sur le projet de mariage. Flanby, c’est vraiment un nul !

Anniversaire : grande pompe pour les noces d’or Paris Berlin. Mais en dehors de l’apparat, rien de consistant. Il n’y a que Fabius pour dire que désormais la France traite d’égal à égal avec l’Allemagne. Sous-entendu, cela n’a pas toujours été le cas, suivez mon regard (dans le rétro). Chez lui, les vessies sont toujours des lanternes.

Pauvreté : le ternero nous a annoncé les principales mesures de son plan anti pauvreté. Inutile d’entrer dans le détail des aides et des Français bénéficiaires. C’est 2 milliards d’euros de dépenses supplémentaires qui ne sont pas financées. On a l’habitude. Effet d’annonces, et après, on fait comment ?

Sectarisme : Les archives du quinquennat de Nicolas Sarkozy ne sont plus accessibles sur le site de l’Elysée. Du coup, c’est l’association des « Amis » qui va les prendre en charge et en faire la promotion. Du coup, j’ai adhéré. Na !

Honni … soit qui Mali pense. Le Flanby n’a fait que son devoir, un peu tardivement. Mais bon. C’est trop tôt pour critiquer. Simplement sachons qu’il y aura à dire le moment venu. Pour le moment, la solidarité s’impose : devoir de respect de ceux qui sont en premières lignes, nos soldats.

Comptes : le compte n’y est pas pour la Cour du même nom. Elle rend rapports sur rapports qui demandent à nos gouvernants de s’engager rapidement sur la voie des réductions de dépenses et des réformes. L’assurance chômage est épinglée, et il faut d’urgence trouver 30 milliards d’économies … Qu’est-ce que ce Migaud est désagréable !  Quel rabat-joie ... (à prononcer avec la voix trainante de Chantal Ladesou)

Hommage : Tout le monde se félicite de la libération de Florence Cassez. Mais quel plus bel hommage pouvait-elle rendre à notre ancien président que celui-là : « Il m’a sauvé la vie au moment où j’allais le plus mal ! Je lui dois d’être encore envie ». Et que n’a-t-on pas dit à l’époque sur son implication « excessive » dans ce dossier … 

In or out ? Cameron va proposer un referendum aux godons pour savoir s’ils doivent rester dans l’Union européenne. Ils ne font pas partie de l’euro, ni de Schengen, ni du traité de stabilité. Ils touchent un chèque qui réduit à presque rien leur participation financière. Alors, s’ils partent, ça changera quoi ? Que la moitié de leurs exportations paiera des taxes pour venir sur le continent. Nous, on s’en tape !

 


MOLIERE AU GRAND AIR.

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Un tour de force ! Mettre face-à-face Lambert Wilson et Fabrice Luchini dans un huis-clos improbable au décor tantôt lumineux de l’ile de Ré, tantôt  misérable d’une demeure à l’état d’abandon, avec pour fonds de commerce des dialogues écrits par … Molière ! Et nous voilà pris au piège…

Ce Misanthrope version Le Guay est un vrai délice. Le cinéaste nous entraîne dans une aventure qui pourrait être une pièce de Molière, avec tous ses ressorts, du comique au pathétique, avec truculence et humilité imbriquées finement. Avec la violence et la retenue. Avec l’inévitable intrigue amoureuse en demi-teinte.

Un jeu aussi : « pile » tu fais Alceste, l’autre fait Philinte. Et la répétition commence, entrecoupée de virées à bicyclette dans l’île. C’est l’occasion pour le réalisateur de jouer avec une lumière rétaise inégalable. Un vrai misanthrope confronté à son envie de jouer le rôle et un héros de feuilleton people en mal de reconnaissance de son  vrai talent de comédien.

C’est à qui manipule l’autre. Alternativement chat et souris, les deux protagonistes nous livrent un cours magistral de théâtre, livrant toutes les facettes d’une diction qui nous charme, ressuscitant la rouerie des héros de Molière, jusqu’à introduire dans l’histoire la « naïve », sous la forme d’une « pseudo-actrice » dévolue aux films X.

Mais qu’est-ce qui fait la force de ce qui pourrait n’être qu’une farce et qui devient sous nos yeux l’éternel théâtre de la vie ? Deux personnages impossibles : un vieux bougon replié dans sa tanière, dégoûté du monde du théâtre, pour ne pas dire du monde tout court, devenu acariâtre, l’âme à vif et pour lui donner la répartie un bobo bouffi d’orgueil, capable de pédaler en grand manteau blanc, jouissant de sa gloire factice à coups d’autographes, mais capable d’exploser pour une remarque. Et quand les égos se frottent, ça produit des étincelles.

Finalement, l’ermite sortira-t-il de sa retraite pour jouer le Misanthrope ? Ah, ces deux larrons à vélo récitant les tirades en alexandrins ! Ah, cet Alceste en costume du 17ème siècle, chapeau à plume et pourpoint au vent, fonçant à bicyclette sur la jetée, avec en toile de fond le ciel inimitable de l’Atlantique, jouant du soleil et des nuages…

La vie domestique est présente. Agent immobilier, restauratrice, chauffeur de taxi, femme de ménage : tous les ingrédients sont réunis pour introduire la fantaisie comme Molière aimait à le faire.

Il faut absolument aller voir ce spectacle. Si vous aimez la langue française, si vous aimez les pièces de Molière, si vous aimez Luchini ou Wilson, … autant de prétextes pris un par un ou tous ensemble, peu importe, allez-y, vous ne regretterez pas. Un conseil : relisez le Misanthrope avant, et le film sera alors plus que du plaisir : jubilatoire !

« …Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,

Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices,

Et chercher sur terre un endroit écarté

Où d’être homme d’honneur ont ait toute la liberté. »

Je ne vous en dis pas plus !

« Alceste à bicyclette » !

 

 

 

 


NOCES D’OR

Amitié f a  Amitié f a 3


« Ce cher vieux couple » aurait pu dire le Général, à propos de la réconciliation qu’il avait voulue et concrétisée par le traité de l’Elysée. Il a en effet tenu, malgré les vicissitudes des temps, résistant aux changements de partenaires, connaissant même des moments d’extase avec la relation Schmidt-Giscard. Avec des temps forts aussi : personne n’a oublié ces deux hommes se tenant la main devant les « morts de Verdun », Khöl-Mitterrand, rappelant la complicité De Gaulle-Adenauer. Heureusement qu’il n’en a pas été comme de ces ménages modernes qui, au premier coup de tabac, explosent et se disloquent.

Une belle histoire.

Célébrer les « noces d’or » de relations de paix et de coopération, c’est déjà une belle victoire pour deux peuples qui se sont tant haïs entre la fin du XIXème siècle et le milieu du XXème. Mais aujourd’hui, il s’agit moins de célébrer le traité de l’Elysée que de relancer l’Europe. L’intérêt du partenariat franco-allemand, c’est d’embrayer sur l’Union européenne afin d’entraîner le reste de l’Europe. Giscard et Mitterrand l’avaient compris. Leurs successeurs paraissent l’avoir un peu oublié.

La relation franco-allemande est aujourd’hui à mi-chemin entre un rituel un peu ridé  et la célébration de succès réels mais la plupart du temps arrachés de haute lutte. Les images des cérémonies prévues à Berlin nous donneront le change. Retournant l’invitation faite par le président Jacques Chirac il y a dix ans à Versailles, Angela Merkel, son gouvernement, le Bundestag et le Bundesrat vont recevoir en grande pompe le président François Hollande, l’ensemble des ministres français, plus de 500 députés et les sénateurs : faire une session commune entre deux parlements étrangers, c’est unique au monde.

Des relations compliquées mais nécessaires.

Seulement l’apparat ne suffit pas, il y faut aussi la « chaleur » et la confiance. Le télescopage avec les hésitations d’Angela Merkel sur l’attitude à adopter au Mali renforcera leur idée que le fossé reste grand entre les deux rives du Rhin sur les sujets essentiels comme la sécurité. Pourtant, le pessimisme qui flotte sur l’amitié franco-allemande est excessif. Depuis un demi-siècle, les relations ont été compliquées et les compromis difficiles à accoucher. Ni la réunification, ni la monnaie unique, ne se sont faites dans la félicité. Mais elles sont là. La période actuelle ne déroge pas à la règle, ce qui n’a rien d’extraordinaire compte tenu des deux chocs majeurs et concomitants que sont la crise et la perte par l’Occident du monopole de la puissance économique. Des accords ont été trouvés, trop laborieusement peut-être, pour aider la Grèce puis conforter la BCE. A l'inverse le parfait amour filé entre Gerhardt Schröder et Jacques Chirac pour s’affranchir du Pacte de Stabilité a ouvert la voie aux exigences des petits pays et à l’endettement public accru de la France. Ainsi va la relation franco-allemande, tendue, concurrentielle, parfois cruelle, le plus souvent conflictuelle, et pourtant ­condamnée au compromis au service de l’Europe.

Il n’empêche, cette relation particulière a pris ces dernières années un tour différent, plus réaliste, moins lyrique. D’un côté, l’Allemagne a mûri. Elle a tourné, une fois pour toutes, la page de l’après-guerre et abandonné cette mauvaise conscience qui la poussait souvent à faire passer la volonté des Européens ou de la France avant la sienne. Cette époque est révolue : Angela Merkel défend d’abord les intérêts de l’Allemagne. Le pays est fier de son modèle économique qui lui a permis de traverser la crise sans grand tourment. Pendant le même temps, chez nous, l’économie a décroché. Dix ans d’immobilisme et d’insouciance valent à la France d’importantes pertes de parts de marché, la fermeture de sites industriels et la poussée du chômage. A 10,5 %, le taux français est deux fois plus élevé qu’en Allemagne. Un décrochage qui inquiète Berlin, persuadé que si la France chavire, après l’Italie et l’Espagne, c’est l’Union européenne entière qui sombrera.

Il faut un nouveau souffle. 

Vraiment, ce qui manque à la relation franco-allemande, c’est l’ardeur et la prospective.

L’ardeur : on ne peut que constater que les élites des deux pays sont moins attachées que les générations précédentes à cette relation particulière. L’habitude crée la routine.

La prospective : depuis l’euro, l’objectif poursuivi, n’est pas clairement défini. Il existe, mais on n’est pas certain que les deux peuples y adhèrent. Le rapprochement économique et fiscal voulu par Sarkozy a été perdu de vue. Alors, du coup, « Le but, c’est le chemin », pour dire que chaque pas trace une route. La France et l’Allemagne ont néanmoins besoin de dire à leurs opinions quel est le « but » poursuivi, pour leur couple, mais aussi pour l’Europe entière. Si c’est si difficile, c’est que les deux pays fonctionnent toujours très différemment. En Allemagne, le consensus porte sur la compétitivité et des finances publiques stables. En France, sur la politique sociale.

Poursuivre un but commun, c’est mieux quand on marche du même pas ! Cette célébration aura été utile si nos dirigeants respectifs en prennent conscience. Car quoi, sans le couple franco-allemand, l’Europe n’a pas de moteur digne de ce nom. On le voit bien avec l’attitude actuelle de la Grande Bretagne. Les seules questions qui vaillent : veut-on compter dans le monde ? Peut-on le faire sans l’Europe ?

Tout est dit.

Vive l’amitié franco-allemande !

 


LA GALETTE DES ROIS

 

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Voilà une tradition qui remonte à la nuit des temps. « Tirer les rois » pour fêter l’épiphanie est comme souvent, une christianisation d’une coutume romaine. Au Moyen-Age, sous la Révolution, et jusqu’à notre époque, la galette a traversé le temps, avec sa fève à l’intérieur et son « roi de pacotille ».

Dans mon enfance, c’était la galette parisienne : cette magnifique pâte feuilletée, dorée à souhait, fourrée de frangipane. On la mangeait au moment de la fête des rois mages. Ce jour-là, notre mère revenait de chez le boulanger avec un sac en papier blanc rectangulaire dans lequel était glissée la fameuse galette et ses deux couronnes en carton léger : une dorée pour mettre sur la tête du roi, une argentée pour la reine qu’il désignera.

Ah, la galette ! On attendait impatiemment le moment de la déguster. On avait bien regardé en-dessous s’il n’y avait pas une petite cicatrice qui aurait indiqué l’endroit où avait été glissée la fève, mais rien n’était jamais perceptible. Le moment venu, le plus jeune (c’était moi) se glissait sous la table ou allait tourner le dos derrière la porte, et donnait un nom pour attribuer chaque part. Souvent ma mère s’arrangeait pour que la fève échoue alternativement entre mon frère et moi. Comment faisait-elle ? Mystère. Ce qui est sûr, c’est que l’on riait bien.

En Anjou, la galette la plus consommée est une brioche ronde avec des fruits confits sur le dessus. Elle est évidemment dégustée en famille mais est aussi l’occasion de multiples réunions d’associations ou autres groupes plus informels de se réunir pour « boire un coup et manger la galette ». Des vœux du maire à la réunion du club des beloteurs, de la fin décembre jusqu’à fin février, le temps de la galette  est une affaire qui marche. Les rayons des supermarchés s’en sont emparé mais rien ne vaut une bonne brioche « trempée» de chez le boulanger. Avec son moelleux et son arrière-goût de rhum elle fait l’unanimité des convives.

Pas de galette sans son accompagnement. La plupart du temps on vous servira avec un Coteau du Layon, on n’est pas en Anjou pour rien. Mais un Crémant de Loire blanc ou rosé fait aussi l’affaire et aura ma préférence. Il faut bien ça pour faire glisser la brioche et délier les langues.

La couronne est devenue facultative et les fèves ont perdu leur nature initiale qui était d’être … une fève. Une figurine en porcelaine est apparue vers le milieu du 19ème siècle, d’abord sous la forme d’un Jésus, puis de rois et avec le temps de personnages ou d’objets les plus variés. Il arrive encore qu’on trouve deux fèves dans la galette : une belle en porcelaine désigne le roi, une autre, généralement en plastique blanc, permet de coiffer la reine. Evidemment, la multiplicité de ces figurines a déclenché l’irrépressible besoin de certains de les collectionner. Ce sont les « fabophiles » ! Chez nous, on les garde et elles servent parfois à décorer les alvéoles du dessous de plat en verre, mais le plus souvent elles vont grossir le nombre des objets inutiles qui moisissent au fond des tiroirs. Il arrive aussi qu’elles fassent la joie éphémère d’un des petits enfants.

Coïncidence fortuite, aujourd’hui, c’est aussi l’anniversaire de la mort de Louis XVI, guillotiné le 21 janvier 1793. Parler des rois ce jour-là, cela ne paraîtra incongru qu’aux monarchistes inconditionnels, s’il en reste. J’espère que personne ne m’en voudra de cet humour involontaire.

 


FLEXIRIGIDITE

 

Pour passer de la rigidité à la flexibilité du marché du travail, les Français viennent d’inventer la « flexirigidité ». L’accord pour « un-nouveau-modèle-économique-et-social-au-service-de-la-compétitivité-et-de-l’emploi » (désolé, c’est de la phraséologie socialiste), signé en fin de semaine dernière par le Medef et les syndicats, grâce à des concessions de dernière minute du patronat, est considéré comme « historique » par tous les laudateurs officiels et habituels.

Cet accord comporte des avancées non négligeables pour les entreprises, au moment où elles vont affronter une année très difficile. A commencer par les accords compétitivité-emploi dont l’idée revient à Xavier Bertrand et vivement souhaitée par Nicolas Sarkozy il y a un an. C’est une avancée considérable dans le droit social français, alors qu’en Allemagne on les pratique depuis longtemps. Avec la nouvelle réglementation des licenciements économiques les employeurs gagnent aussi en visibilité et en sécurité juridique et la gestion des ressources humaines est facilitée tout en accroissant la mobilité des salariés. L’exonération des cotisations d’assurance-chômage pendant trois mois (et quatre pour les petites entreprises de moins de 50 salariés) devrait faciliter l’embauche de jeunes en CDI.

De leur côté les salariés obtiennent la généralisation de la complémentaire santé, ce qui n’est pas rien, des droits « rechargeables » à l’assurance-chômage, la mobilité externe avec droit de retour, l’encadrement du temps partiel et la présence des salariés dans les conseils d’administration.

De belles avancées du dialogue social que la loi devra valider, et cela devrait être malgré la réticence de quelques dinosaures du PS restés figés à l’époque de Germinal. Espérons que cette expérience timide de flexisécurité  présente suffisamment de vertus pour qu’on ait envie d’aller plus loin.  Car ce qui est important, c’est la flexibilité interne des entreprises. Reste que surtaxer les contrats courts, qui peut paraître une bonne intention, reste un lourd contresens dans le contexte actuel parce que cela peut déboucher sur plus de chômage de ceux qui sont concernés, c’est-à-dire les jeunes. Quand 180 000 personnes sont allés s’inscrire à Pôle emploi depuis le printemps, il est clair que l’économie a en priorité besoin de libérer la création d’emplois souples et bon marché.

Reste qu’avec un code du travail de 3000 p ages et la culture de l’acquis social dont FO et la CGT font leur fonds de commerce, les entreprises françaises courent le marathon de la concurrence mondiale avec des semelles de plomb. La France reste pour longtemps le pays qui cultive le paradoxe d’être celui qui offre le plus grand nombre de droits aux salariés et celui dont ces derniers ont le plus grand sentiment d’insécurité !

On aurait pu permettre les contrats de mission sur des durées de deux ou trois ans, réclamés par quelques branches professionnelles ; on aurait pu abroger toute référence à une durée légale du travail, ou au moins revenir aux 39 heures par semaine ; on aurait pu faire quelque chose pour atténuer les effets négatifs pour l’emploi de ces « 34 seuils » auxquels les entreprises sont soumises et qui sont autant de freins à l’embauche.

Un accord historique. Admettons-en l’augure. Mais n’oublions pas que cet accord intervient après la mise en place d’un crédit d’impôt pour la compétitivité dont les entreprises pourront bénéficier dans la mesure où elles auront présenté au préalable  aux représentants des salariés leurs perspectives d’investissement, où elles auront fait entrer dans leur conseil d’administration des représentants des salariés ( pour les plus importantes d’entre elles), où l’utilisation du crédit d’impôt aura été validée par le personnel…. Avec une telle usine à gaz, on peut encore espérer que ça marche.  On est loin de la vraie flexibilité ! Il faudra, pour l’instant, se contenter d’un assouplissement de la rigidité. C’est mieux que rien. Cela ne sera pas suffisant.

Et puis, l’Etat serait bien venu de montrer l’exemple. Avec ses 880 000 contractuels, il abuse lui aussi des CDD. La première machine à fabriquer des précaires c’est la fonction publique, souvent au prix de « petits arrangements » avec les textes. Le fait que les socialistes soient aux commandes n’y a pas changé grand-chose pour l’instant. Il faut dire que les syndicats de fonctionnaires sont loin de faire de la lutte contre la précarité des agents une priorité de leur cahier de revendications. Curieusement, aucune donnée publique sur la durée moyenne de ces contrats n’est disponible : « Cachez ce sein que je ne saurais voir ». Et la taxation des contrats courts, prévue pour les entreprises, épargnera le public ! Ben voyons.

 


RETOUR SUR L’ECONOMIE

Compétitivité

Les événements extérieurs et les problèmes sociétaux ne doivent pas nous distraire de l’essentiel. La Cour des Comptes s’est rappelée cette semaine au bon souvenir du gouvernement en lui signifiant qu’il fallait diminuer les dépenses –ce qu’il n’a pas commencé à faire-, et Bruxelles aussi en réaffirmant que l’objectif de 3% n’était pas négociable.

En 2012, la zone euro n’a pas explosé, le système financier mondial semble sorti du chaos, l’économie américaine semble redémarrer tandis que les exportations de la Chine repartent à la hausse. Donc tout va bien ? Pas vraiment. L’économie française s’enlise dans les sables mouvants de 2013 et les économistes craignent les effets sur les économies européennes des plans d’austérité qui se prolongent. C’est la France qui donne les signes de faiblesse les plus inquiétants.

Le déclin de la France s’accentue.

On a vu que dans un contexte particulièrement difficile, notre salut ne viendra ni de l’Etat –qui est nu- ni de l’extérieur. La révision à la baisse de la croissance allemande en est le signal le plus éloquent. Pour nous l’essentiel se jouera sur deux moteurs : la consommation et l’investissement. Les prélèvements massifs sont un puissant frein du premier, les difficultés de financement et les trésoreries ne sont pas au mieux pour le second.

Pour Christian Saint-Etienne, nous vivons un mai 40 économique. Qualifiant Hollande de « Gorbatchev français, inconscient des terribles leviers de l’histoire qu’il actionne », il constate que la France est au bord du dépôt de bilan économique et moral car elle a renoncé à se battre puisqu’elle n’est responsable de rien. Tout est la faute des autres : la globalisation, l’Allemagne, l’euro, l’immigration… Il décrit un paysage peu réjouissant et pourtant réel, chiffres à l’appui : industrie en déclin, université en perte de prestige, commerce extérieur en chute libre, dépense publique sacralisée. Du coup la France perd son statut de grande puissance mondiale et rate la troisième révolution économique et industrielle.

Il faut inventer un nouveau pacte productif et social.

Pour se relever, Il faut réduire de 60 milliards d’euros les dépenses publiques en France. Cela ne peut évidemment pas se faire avec un saupoudrage. On ne peut espérer résoudre le problème de la dette par l’inflation dans le contexte actuel, indique Nicolas Baverez. Ses déséquilibres structurels la rangent parmi les pays du sud, renchérit Daniel Cohen et de ce fait, elle est le plus gros risque pour la zone euro : « Elle s’est refusée à toute réforme de son modèle économique et social, que chacun sait insoutenable. Mais elle emprunte sur les marchés comme les pays du nord de l’Europe. Ce paradoxe ne durera pas éternellement ».

La France décroche face à ses concurrents depuis le début du siècle : ses coût de production ont augmenté, ses entreprises ont gagné moins d’argent, le marché des produits haut de gamme s’est rétrécit, les dépenses de recherche ont stagné depuis 15 ans. Du coup, la balance commerciale a plongé, les exportateurs ont perdu des parts de marché et leurs effectifs ont diminué. A cela s’ajoutent des dépenses publiques élevées, une fiscalité lourde et improductive, une flexibilité du travail jusque là à double face, privilégiant la rigidité du marché du travail.

On ne s’en sortira pas sans un nouveau pacte productif et social, et un nouveau système institutionnel en phase avec la 3ème révolution industrielle nous dit Christian Saint-Etienne. Il faut notamment « changer de vision sociétale et remettre l’homme libre et responsable de ses actes au cœur de notre société politique, de notre économie et de notre protection sociale ». Il faut aussi « désoviétiser la sphère politico-médiatico-éducative au sein de laquelle la fiscalité et la haine attisée contre les riches ont remplacé la police politique comme instrument d’oppression ». Car le pays a tous les atouts pour rebondir et s’imposer comme l’un des moteurs de l’Europe.

La croissance comme seule porte de sortie.

Il faut réaliser un choc en faveur de la compétitivité en sortant des 35 heures pour revenir à 38 ou 39 heures de travail par semaine, y compris dans la fonction publique, recommande pour sa part Nicolas Baverez. De son côté, Daniel Cohen constate que la sortie ne peut se faire ni par la politique budgétaire à cause de l’endettement, ni par la politique monétaire puisque les taux d’intérêt sont proches de zéro. La seule porte de sortie, c’est la croissance, qui passe par la productivité, l’innovation et la gestion coopératives des risques systémiques. Les mesures fiscales prises (65 milliards) depuis 2011 vont provoquer avec une forte probabilité un choc financier sur la dette française à la fin de 2013 au début de 2014. Il y a donc urgence à réduire les dépenses en remettant tout à plat sans attendre.

Le pacte de compétitivité et les accords sur la flexibilité apportent un peu d’oxygène, mais ce n’est pas à la hauteur du défi. Les récentes déclarations de notre ministre des Finances pour qui « tailler à la hache dans les dépenses publiques crée des blocages et des résistances » en disent long sur le chemin qui reste à parcourir à nos responsables politiques pour se mettre à jour avec leur époque.

 


ET POURTANT LA TERRE SE RECHAUFFE !

 

Réchauffement climatique


Quand vous lirez ces lignes demain matin, beaucoup d’entre nous serons dans la neige, et pas mal d’autres toujours dans le froid. Vous allez dire que j’ai l’humour tordu d’un potache tel un fluide glacial glissé sur le siège du prof’. « Il fait un froid polaire et c’est ce moment qu’il choisit pour nous parler du réchauffement climatique ! ». C’est vrai qu’il y aurait des sujets d’actualités beaucoup plus brûlants, mais je ne vais pas faire comme les chaines d’info en continu qui parlent sans avoir rien à dire faute d’éléments avérés à présenter. Non, c’est tout simplement que vient de s’ouvrir en Norvège, à Tromsø exactement, la 7ème conférence internationale sur les frontières de l’Arctique. Et il y a de la matière et de nombreuses questions à soulever pour alimenter les débats.

Les glaces polaires fondent de plus en plus.

C’est que depuis plusieurs mois, les mauvaises nouvelles s’accumulent en effet sur le front polaire : La rétraction estivale record de la banquise a signé en août dernier le premier épisode de nouvelles heures sombres pour la calotte polaire. « La fonte s’est accélérée comme rarement et le phénomène a dépassé toutes les prévisions », résument les experts du Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l’environnement. Début septembre, la débâcle avait rongé plus de la moitié de la glace océanique (3,41 millions de km2), découvrant un visage inconnu de l’Arctique. Au Groenland, les satellites ont même constaté des températures positives sur l’immense glacier, une première.

Une étude parue dans le magazine « Nature » après la première rétractation record en 2007, battue cette année de 70.000 km2, affirme que l’humanité n’a sans doute encore jamais observé un tel phénomène et qu’il est d’autant plus inquiétant que notre planète est aujourd’hui plus loin du soleil (pendant l’été de l’hémisphère nord) qu’elle ne l’était il y a huit mille ans.  Ce serait une dépression d’une durée de treize jours, événement rarissime, qui serait responsable de cette dislocation historique. Attisés par une dépression de 966 hectoPascal, les vents auraient facilité l’action du soleil et de la houle en fractionnant la glace, alimentant une « boucle de rétroaction » qui a amplifié la fonte de la glace déjà affaiblie.

Et elles fondent de plus en plus rapidement.

L’hypothèse d’une accélération irréversible du mécanisme de fonte se renforce. Elle s’appuie sur une théorie selon laquelle l’augmentation de la lumière traversant la glace pouvait être responsable de l’amplification du phénomène. Selon ses auteurs, chercheurs à l’Institut Alfred Wegener, pour la recherche polaire et marine, en Allemagne, la fonte crée une dynamique inédite : « Après la débâcle, une couche de glace nouvelle se forme, qui laisse passer 50 % de plus d’énergie solaire que la glace ancienne ». Autrement dit, plus la glace fond, plus l’océan arctique se réchauffe, plus il accélère la fonte, et ainsi de suite.

En 2007, lors de la dernière grande débâcle, les données recueillies par les satellites démontraient déjà que la vitesse de fonte avait été sous-estimée et qu’après s’être réduite de 40 % en trente ans, l’étendue de glace arctique pourrait disparaître au moins trente ans plus tôt que prévu. Récemment, le professeur Peter Wadhams de l’université de Cambridge a affirmé que l’effondrement en chaîne des glaces polaires pourrait se produire dès 2015. Autrement dit demain.

Les conséquences pourraient être dramatiques.

Elles seront d’abord géophysiques. Lorsque la banquise se retire en été, l’océan se réchauffe et fait fondre à son tour les parties continentales entourant l’Arctique. Le permafrost, qui contient des milliards de tonnes de gaz carbonique et de méthane, pourrait libérer 436 milliards de tonnes de carbone d’ici à 2100. Cette évaporation est une bombe climatique à retardement équivalant à environ deux fois les émissions annuelles mondiales de dioxyde de carbone.

L’impact ne sera pas seulement climatique : selon les experts du Giec, il est probable que les eaux de surface de l’océan arctique deviennent corrosives pour les formes de carbonates de calcium les moins stables avant 2100 . De plus, la formation d’une couche superficielle d’eau claire plus légère que l’eau de mer salée pourrait également contrarier le fonctionnement du Gulf Stream et modifier en conséquence la circulation des courants atmosphériques. Même en migrant, la faune marine n’échappera pas à ces bouleversements. L’action conjuguée du réchauffement et de l’acidification des eaux va notamment provoquer la disparition d’espèces clefs du zooplancton, qui jouent un rôle stratégique dans la chaîne alimentaire comme proie abondante de poissons d’intérêt commercial. Sans parler des espèces menacées que sont les phoques et les ours polaires.

Mais il y a ceux qui se frottent les mains.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les compagnies pétrolières lorgnent sur les immenses réserves enfouies dans les sédiments marins (13 % des réserves mondiales de pétrole, 30 % de celles de gaz), et les compagnies maritimes ont tracé avec succès l’été dernier les premières routes de navigation commerciales à travers les glaces disloquées et à terme, le passage pourrait concentrer 20 % du trafic maritime international. Voilà des perspectives dont on ne peut pas vraiment se réjouir.

On ne peut certes pas ralentir un phénomène naturel dont les mécanismes échappent à la dimension humaine. Au moins pourrions-nous avoir la sagesse de ne pas contribuer à l’amplifier. La dernière conférence à Doha n’aura pas été, à cet égard, la plus convaincante de la volonté des hommes de faire ce qu’il faudrait.

La fonte de l’Arctique est une bombe à retardement. elle peut exploser avant la fin de la décennie !

 


BOULEVARD VOLTAIRE

  Manif pour tous

Je vous propose un article paru sur "Boulevard Voltaire". Il est un témoignage que j'ai vraiment envie de vous faire partager tellement il recoupe ce que nous avons vécu :

"Tout le monde s’accorde à le dire, et même, du bout des lèvres, certains membres du gouvernement : la manif de ce 13 janvier est un immense, un inespéré succès.

Un succès d’autant plus grand qu’elle a fait descendre dans la rue la France des taiseux, la France qui ne fait pas de bruit, la France bien élevée qui ne veut pas déranger, celle qui bosse et paie sans moufeter ses impôts, celle qui n’a jamais commis plus gros délit que de dépasser le temps imparti par un horodateur, celle qui cède sa place dans les transports en commun et aide les vieilles dames à monter leurs bagages dans le train.

La France dont on ne parle pas au 20 heures, parce que ses enfants ne dealent pas, ne squattent pas, ne brûlent pas les voitures et ne cassent pas la gueule aux profs, la France qu’aucun gouvernement ne cherche à ménager tant on la sait docile, respectueuse des lois et de l’ordre établi. La gentille France familiale, catholique ou pas, qu’on prend quelquefois, il faut bien le dire, pour toutes ces raisons-là, au choix, pour une bonne poire ou pour une vache à lait.

Et c’est cette France-là qui est venue manifester en masse, avec ses poussettes surchargées, ses innombrables jeunes perchés sur les chars, ses enfants ravis pour une fois d’échapper aux devoirs du dimanche, cette France-là qui est venue protester, crier, tempêter : « François, ta loi on n’en veut pas ! »« Taubira, t’es foutue, les familles sont dans la rue !»

Fallait-il, pour que ces gens-là sortent de leurs gonds, que la cause les ait scandalisés, touchés, indignés.

Parmi eux, pas de professionnels de la manif, de vieux routards syndicalistes que l’on voit fondre sur Paris comme les oiseaux migrateurs dès que la saison des conflits sociaux arrive et qui, entre grèves et cortèges, vous bloquent et vous prennent en otage un pays. Si innocents, ces manifestants du dimanche, qu’il a fallu leur expliquer quelques vieilles ficelles : que, pour le comptage de la police, par exemple, il fallait se déployer sur tout le boulevard, et ne pas rester scotchés les uns aux autres, ou que malgré le nombre, il ne fallait pas céder à la tentation d’envahir le trottoir qui, lui, ne serait pas considéré comme « manifestant ».

Les CRS eux-mêmes, d’ailleurs, n’avaient pas leur tête tendue habituelle, conscients sans doute que gaz lacrymogènes et vitrines brisées étaient hautement improbables avec ces manifestants placides dont les longues heures d’attente à faire le pied de grue, non plus les affiches provocatrices sur les balcons ici et là n’arrivaient à entamer la bonne humeur. On vit même l’un d’eux sourire lorsqu’un appel au micro signala à quelques minutes d’intervalle la perte d’un iPhone, puis sa restitution. Dans une foule si compacte, un objet si prisé sagement rapporté aux objets trouvés, cela ne s’était jamais vu.

Pour être honnêtes, ces manifestants-là ne sont cependant pas complètement abrutis. Et quand ils entendent parler du chiffre officiel de 340 000 manifestants quand certains d’entre eux, pour avoir organisé les JMJ par exemple, savent pertinemment que le Champ de Mars, très vite saturé ce dimanche et dans lequel nombre de manifestants n’ont pu entrer, peut contenir plus de 800 000 personnes, ils sentent bien « comme une embrouille ».

Il faut se méfier de la France bien élevée et de son côté « diesel » : un peu longue à chauffer, mais lorsqu’elle est lancée, son moteur est increvable.

Et là, c’est le gouvernement qui risque bien d’en baver un peu."

Gabrielle Cluzel, le 14 janvier 2013

 


ARCHIBALD SE MARRE

Haddock se marre bis

Ternero : sur la carte d’un restaurant espagnol, mot qui désigne le veau. En Français, et en deux mots, il s’agit d’un premier ministre passé à la trappe de la présidence normale.

Concours d’arrogances : le face-à-face Mélenchon – Cahuzac a tenu ses promesses. Les envolées démago-populistes d’avant Jaurès du premier se sont heurtées au discours hautain mais plein de certitudes chiffrées du second. Pour une fois, le soupçonné-détenteur-d’un compte-en-Suisse nous serait apparu presque sympathique.

Patriotisme : avant cela consistait à « faire-de-son-corps-un-rempart-pour-protéger-le-sol-sacré-de-la-patrie ». Avec les socialos, c’est devenu « accepter-de-se-faire-racketter-pour-financer-les-dépenses-ineptes-de-l’Etat ». On peut dire à la place : « mort aux riches ». J’ai envie de répondre : « mort aux cons ».

Allégro vivace : on connait la musique. Le Claude Allègre, il n’y va pas de main morte : « Hollande n’est pas à la hauteur ! ». On le suit.

Liberté ? : Gonflée la donneuse de leçons d’égalité. Le cabinet de Vallaud-Belkacem a tenté de faire retirer de BFMTV le reportage gênant sur le mariage homo. Cela s’appelle de la censure, en bon français. Quelle belle conception de la liberté d’expression !!! Et menteuse en plus !

Pas plus de 2H de Paris : avait dit le président pour les vacances de Noël de ses ministres. Message reçu par aurélie Filippetti photographiée à l’ile Maurice et Fabius à Zanzibar. Quelle belle discipline ! A moins qu’ils n’aient eu à leur disposition des fusées pour les transporter…

Trop fort pour lui : Flanby n’ira pas à Davos. Les mauvaises langues disent que de toute façon il n’aurait rien compris. C’est que de l’économie !

CSA : le remplacement de Michel Boyon à la tête de la haute autorité donne lieu à la nomination d’un bon copain : Mr Schrameck a été effet un proche de Lionel Jospin. « Moi, président, … » On connait le refrain. La république irréprochable ressemble de plus en plus à celle des « copains ». Bientôt celle des coquins ?

« Remarquable » : qualificatif utilisé pour faire « valser » le million de manifestant qui a disparu des 1,3 million qui ont défilé. Il a fallu en effet un travail « remarquable » des « services » pour falsifier le résultat. C’est ridicule et risible. On attend le 27 (manif des pro-homos) avec impatience. On saura alors si on a vraiment affaire à des coquins.

Manif’ de droite : tragique erreur. Dans mon car parti d’Angers, il y avait des gens connus pour avoir voté Hollande. Et pas qu’un ! Le cortège était donc beaucoup plus mélangé qu’on ne souhaite le dire en haut lieu.

Dialogue : à Nantes quelques milliers de manifestants accompagnés de brutes de l’agit’-prop’ ont obtenu une commission du dialogue pour ND des Landes. On la refuse aux millions de Français qui dénoncent une loi irresponsable.

Foi (mauvaise) : le record est atteint par le PS dans l’effort pour minimiser le rassemblement de dimanche dernier avec la palme à M. Désir dont les propos auraient pu être relatés dans la « Pravda » de Staline : désinformation et caricature. Bof ! Il joue son rôle de laquais.

Discutable : la position de Taubira-la-sectaire sur le referendum n’est pas tenable. De nombreux juristes affirment qu’il est possible de poser la question sur le mariage. Une loi sociétale d’une telle importance devrait obéir à deux exigences : vote secret en conscience pour tous les parlementaires et réunion du congrès (les 2 assemblées) avec majorité des 3/5èmes. Ou alors ratification par referendum. Vous verrez que les députés de gauche seront sommés de voter « comme-il-faut ».

UMcoP : fin de crise avec l’accord Copé-Fillon pour la gouvernance partagée du parti. L’organigramme est crédible. On va pouvoir passer aux choses sérieuses. La crise sera vite oubliée. Prochain rendez-vous : une convention sur la famille !

Censure ? : mais où sont donc passées les images du 20H de F 2 ? impossible de revoir le journal du soir du 13 janvier. La vidéo n'est pas disponible. Dès fois qu'on compterait les participants ....

                                                                                                                    Mille sabords !


LA MAREE HUMAINE

 

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(cliquez sur les photos pour les agrandir)

Nous étions combien ?  Nombreux, très nombreux. Du jamais vu de mémoire de manifestant. Et des manifestations, j’en ai connues. Le rassemblement d’hier faisait inévitablement penser à ces foules compactes de 1984 contre la loi Savary. 300 000 nous dit la préfecture : ridicule. Rien que le cortège de la porte Maillot rassemblait plus de monde : nous avons attendu 14h pour pouvoir avancer. A 15H nous avions fait 400m. L’avenue Foch était pleine jusqu’à l’arc de triomphe. Les derniers n’ont pas pu défiler, il était 18H. Il y avait certainement plus d’un million de Français dans les rues de Paris. 1 350 000 lâche « off » un haut gradé de la gendarmerie peut-être contrarié par la mauvaise foi du gouvernement. Le rassemblement a été une réussite par le nombre.

Et l’ambiance ? Festive, conviviale, apaisée mais déterminée. Pas de dérapages, pas d’animosité même contre le président. De la dérision, parfois, mais n’est-elle pas inévitable ? Aucune homophobie. Une organisation impeccable. Aucune impatience dans cette marée débonnaire : nous n'arriverons au Champ de Mars qu'à 18H ! L’important était de participer et de montrer qu’on était là. Nous étions nombreux à accepter le mariage des homosexuels, mais le point de blocage unanime c’est la légalisation de la filiation artificielle.

Nous savons aujourd’hui que le gouvernement fera voter sa loi. Le dos au mur de sa gauche, il n’a pas les moyens de « reculer ». Il n’écoutera pas la rue. Il n’aura probablement pas, sauf coup de théâtre, la sagesse d’un Mitterrand. Mais la rue hier, c’était le peuple de France, dans sa diversité, gens ayant voté Sarko comme Hollande, de tous âges, de toutes confessions, de toutes conditions. Pas un lobby ! Pas une faction ! Un peuple dont la partie visible rassemblée venait dire non à la modification de son code civil.

A la tranquille assurance de Mme Belkacem, enferrée dans ses certitudes et son discours tout fait sur les valeurs, à l’assommoir quotidien des médias qui nous bassine depuis plusieurs semaines de documentaires et de débats sur le sujet aussi objectif que la Pravda sous Staline, le peuple répond par la sienne de certitude, et la diversité qui a répondu hier vaut plus que celle de son petit clan bobo et de ces médias du même tonneau.

Le président a juridiquement raison, puisqu’il a une majorité qui peut voter son texte. Mais nous savons depuis hier qu’il a politiquement tort. Et sa surdité ne contribuera qu’à faire monter un peu plus l’exaspération qui était perceptible hier au milieu de la foule.

Ce n’est qu’un début. Nous reviendrons encore plus nombreux. 

 

 


LE « VIEUX » CONTINENT.

 

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L’Europe n’a jamais aussi bien portée son nom. Mais on devrait dire le continent des « vieux ».

L’évolution démographique est un enjeu majeur de transformation des sociétés européennes.

A première vue, les différences entre la France et l’Allemagne sont frappantes à cet égard. La population française croît, celle de l’Allemagne décline. Mais le vieillissement de la société ne peut pas être enrayé, ni en Allemagne ni  en France. Nous vivons tous plus longtemps et en meilleure santé. C’est la plus grande réussite de la civilisation de l’histoire contemporaine. Ce qui nous oblige à faire face aux répercussions sociales et économiques de cette évolution démographique et trouver des solutions pour l’atténuer à l’aide de mesures économiques. La réduction drastique de la dette qui nécessite le démantèlement d’un Etat providence exorbitant fait partie des nécessités et est inéluctable.

La tâche est cependant rendue difficile parce que l’économie européenne est plus que jamais divisée en deux mondes qui ne partagent ni les mêmes résultats ni les mêmes perspectives, comme le montrent les derniers chiffres du chômage et l’indice de confiance économique publiés au début de la semaine. Si le chômage a atteint un record historique, à 11,8 % en novembre c’est à cause de l’explosion des destructions d’emplois dans la partie sud de l’Union européenne : en Espagne, qui subit, après la Grèce, la plus forte dégradation sur un an et où le taux de chômage atteint 26,6 %, mais aussi au Portugal (16,3 %) et à Chypre (14 %). La violente cure d’austérité à laquelle ces pays ont été soumis se paie aujourd’hui très cher sur le plan social.

Néanmoins, il s’agit avant tout d’engager une dynamique de croissance à l’échelle européenne.

D’ailleurs l’OCDE indique sa préférence pour moins de coupes dans les dépenses publiques à court terme et plus de réformes structurelles, visant à libéraliser l’économie et notamment le marché du travail. Nous avons besoin de croissance pour que les générations futures aient autant de marge de manœuvre que possible et pour atténuer les luttes à venir quant à la répartition des richesses. La pénurie de main-d’œuvre pourrait poser de grandes difficultés à cet égard : en Allemagne, à cause du recul de la population active ; en France, à cause de l’exploitation déficiente des réservoirs de main-d’œuvre existants. Les mots-clefs de cette problématique sont « préretraite » et « intégration insuffisante des immigrants dans la vie active ». L’espoir que les problèmes liés au marché de l’emploi seront résolus grâce à une immigration supplémentaire ne peut que partiellement apaiser la situation.

Grâce à un système de garde d’enfants, les Françaises parviennent visiblement à mieux concilier travail et vie familiale que les femmes vivant dans d’autres pays, comme en Allemagne. Ainsi, la population française devrait dépasser celle de l’Allemagne d’ici la moitié du siècle. Cependant, même si l’on considère que les familles et les enfants jouent un rôle déterminant dans la société, même si des aides financières supplémentaires sont débloquées et même si le nombre d’infrastructures de prise en charge des enfants s’accroît, la croissance démographique allemande peinera à augmenter de façon significative. Les obstacles démographiques y sont trop importants, tout simplement parce que de nombreuses mères, qui auraient pu mettre au monde de nombreux enfants, ne sont pas nées.

Les plus optimistes veulent voir dans le redressement progressif de l’économie américaine et la légère reprise de l’activité chinoise une planche de salut pour la zone euro. Le moral des chefs d’entreprise et des consommateurs s’améliore d’ailleurs, tranchant avec les résultats du chômage. D’autres prévisionnistes se montrent plus prudents en rappelant que les commandes industrielles allemandes ont chuté en novembre à cause de la faiblesse de la demande dans la zone euro. Les ventes au détail, en hausse de 0,1 % en novembre, laissent les ventes en deçà de leur niveau de l’année dernière.

Le vieillissement des sociétés n’a rien de menaçant si nous changeons de cap à temps.

De nombreuses ressources pour la croissance et l’emploi sont encore inexploitées. Nous devons seulement comprendre qu’une époque touche à sa fin.

L’Europe peut assumer ce choc démographique.

Mais la France et l’Allemagne doivent, pour des raisons différentes, aider davantage les individus qui se retrouvent toujours jusqu’à maintenant plutôt en marge du marché du travail : les femmes, les jeunes, les jeunes seniors et les immigrés.  

Les femmes : en plus de la question de la conciliation de la vie de famille et du travail, l’une des premières priorités est la question d’une égalité accrue des chances. Aujourd’hui encore, trop de femmes tournent le dos à leur carrière professionnelle en dépit d’excellentes qualifications. Nous ne pouvons plus nous permettre ce gaspillage de potentiel.

Les jeunes : Dans le chômage qui traverse l’Europe et touche maintenant près de 26 millions de personnes (18,7 pour la zone euro), la jeunesse est en première ligne, et particulièrement en France où plus de 500 000 jeunes sont sans emplois. La libéralisation du marché du travail est une clé importante pour leur intégration, mais il faut aussi faire un gros effort de rééquilibrage des formations vers celles qui valorisent l’apprentissage professionnel. Autrement dit une révolution intellectuelle que les allemands n’ont pas à faire, ayant opté pour cette solution il y a très longtemps. L’accord à minima qui vient d’être signé entre les partenaires sociaux va dans le bon sens. Il n’est pas suffisant.

Les jeunes seniors : l’espérance de vie augmente, entraînant un accroissement rapide de la durée de la troisième période de vie. Plus de personnes âgées perçoivent leur retraite sur une période de temps plus longue. Dans le contexte de la crise persistante sur les marchés financiers et de la difficile consolidation des budgets nationaux, il est de plus en plus difficile de protéger financièrement les générations plus âgées. La solution est évidente : les salariés plus âgés doivent travailler plus longtemps. L’âge de la retraite à 67 ans devra encore être probablement repoussé. Cela n’a rien de menaçant si l’on sait qu’il est important d’avoir un esprit vif et un corps alerte pour vivre longtemps. La France ne tirerait pas profit de son avantage démographique si un retour à la retraite à 60 ans était décidé. Et l’Allemagne doit maintenir sa décision de fixer l’âge de départ à la retraite à 67 ans.

Les immigrés : la part de personnes issues de l’immigration dans nos sociétés est importante ; en France, elle est même de 20 %. Les difficultés, pour l’évolution économique à venir, seraient moindres si dans les deux pays les offres d’intégration étaient plus courageuses et si le niveau de qualification des enfants issus de l’immigration était sensiblement amélioré. Le potentiel pour la croissance est immense à ce niveau également.

Les nouvelles frontières du projet européen : un moyen de relever le défi du vieillissement.

Maintenant que le péril de l’explosion est conjuré, avec les avancées d’intégration significatives que sont le traité de stabilité et le fonds monétaire commun (MES), l’Europe peut chercher à atteindre une nouvelle frontière, effort indispensable pour surmonter la faiblesse du vieillissement de sa population : Europe sociale, Europe des citoyens, Europe de la connaissance, Europe de la défense et de la diplomatie, Europe de la recherche et de la technologie, … sont encore embryonnaires et à concrétiser. Pour développer son économie et influer sur les affaires du monde, il est évident qu’une souveraineté partagée, comme nous avons su le faire pour la monnaie, est une souveraineté retrouvée.

Face au monde globalisé d’où émergent les nouvelles puissances économiques et politiques, nos souverainetés nationales isolées ne peuvent rien. C’est ainsi que nos valeurs auront une chance de se maintenir et nos pays de retrouver la prospérité.

 


CHOMAGE / RETRAITES : LA MACHINE INFERNALE

 

Retraites 2

Les bonnes campagnes mettent à l’abri des retraites vous dira n’importe quel général de division. Ce n’est pas le cas des campagnes politiques, ou plutôt politiciennes. Une « bonne campagne » – celle qu’il faut faire pour être élu – peut bien ignorer le problème des retraites, mais n’en protège pas au moment de gouverner. C’est la dure leçon que doit affronter maintenant François Hollande.

On se souvient encore des critiques exacerbées dont la gauche et les syndicats ont accablé les réformes Fillon-Woerth. Marquées selon eux par « l’injustice sociale », elles remettaient en question les droits acquis, menaçaient le pouvoir d’achat et ne constituaient en tout cas qu’une solution provisoire, ne soulageant les régimes sociaux que jusqu’en… 2017. Sur ce dernier point, ils avaient raison, ce que reconnaissaient d’ailleurs leurs auteurs eux-mêmes, en regrettant que l’opposition leur ait interdit d’aller plus loin dans l’allongement de la durée du travail. On voit bien ce que nous crée comme complication le fait d’avoir décidé un jour de la retraite à 60 ans.

L’élection est passée mais les faits sont têtus, rappelés récemment par le Conseil d’orientation des retraites. On sait que face à l’allongement de la vie, il n’y a que trois manières de gérer le problème posé : allonger la durée des cotisations, augmenter celles-ci, diminuer les pensions. Le gouvernement a décidé d’appuyer sur la dernière mesure, par le biais fiscal. Il impose un peu plus les retraités « aisés », et se prépare à relever leur taux de CSG, actuellement inférieur de 0,9 point à celui des actifs. Ce faisant, il ne résout encore qu’une partie du problème, mais satisfait au moins un calcul électoral. En ne touchant pas aux actifs, il ménage les troupes syndicales ; et, en frappant les retraités, il rend la monnaie de leur pièce à des gens qui, en majorité, ne votent pas pour lui. Des stratèges ont sûrement calculé comment compenser, les voix perdues de cette clientèle, qu’il se sera un peu plus aliénée.

Le champ politicien ayant ainsi été ainsi traité tant bien que mal, le problème demeure du déséquilibre fondamental du régime.

Mais un paramètre est venu compliquer les choses. C’est le chômage. Plus le nombre des chômeurs augmente, plus le montant des retraites est voué à baisser. C’est cette mécanique infernale que viennent mettre en lumière les perspectives financières à moyen et long terme publiées par le Conseil d’orientation des retraites.

Illustrée par un déficit global désormais estimé à 20 milliards d’euros par an à la fin de ce quinquennat, la forte dégradation des comptes du système de retraite ne porte pas seulement la marque de réformes incomplètes quoique très ambitieuses au regard des freins déployés par la gauche et les corps intermédiaires. Elle traduit surtout la détérioration rapide, profonde, durable, de la situation de l’emploi dans une économie à l’arrêt.

C’est aussi une question prospective qui nous interpelle : dans une société où l’on travaille de moins en moins, dans la semaine et dans la vie, la population productive, alors même qu’elle se rétrécit, ne parvient plus à faire vivre trois, voire quatre générations à la fois. Et le recul de l'âge de départ en cours depuis 2010 ne parvient qu’à atténuer cet épineux problème que la gauche, cette fois, ne pourra plus glisser sous le tapis. Augmenter les prélèvements pour la retraite, lesquels transfèrent presque 15 points de richesse nationale annuelle, ne ferait qu’accélérer le cercle vicieux à l’œuvre depuis des décennies : plus de charges, moins de compétitivité, moins d’emplois, moins de recettes.

Par ailleurs, retarder encore l’âge du départ apporterait bien un début de solution, mais pour dans huit ans – encore huit ans de déficits qu’il faudra bien payer. Il est à craindre qu’il n’y ait d’autre choix rationnel mais douloureux que celui de bloquer toute évolution des pensions de retraite, comme les régimes complémentaires du privé commencent à le faire. Du moins aussi longtemps que l’exécutif paraîtra démuni face à l’arrivée de 40.000 nouveaux chômeurs chaque mois. Plus de chômage, c’est moins de retraite. Ce ne sont pas les faux-emplois d’avenir et les contrats de génération qui relèvent du traitement social du chômage qui pourront améliorer la donne. C’est le retour à une économie de production apte à faire front à la concurrence mondiale qui apportera la solution. La diminution du nombre des chômeurs est un paramètre incontournable si l’on veut éviter la faillite de notre système de retraites par répartition.

Comme quoi, le problème du changement de modèle de croissance nous concerne tous. Mais peut-être faudrait-il commencer par mettre ce gouvernement à la retraite !

Demain, la suite : le choc démographique européen.

 


POURQUOI NOUS IRONS A LA MANIF A PARIS

 

Bandeau manif

On pourrait croire que l’histoire du mariage accordé aux couples homosexuels est un bon prétexte que l’on peut instrumentaliser pour créer des difficultés supplémentaires à un gouvernement de gauche dont la popularité est en chute libre. Ce sera la motivation de certains, à n’en pas douter.

On peut penser, et à juste titre, que le sujet a été mis sur la table par le président, son gouvernement et le PS pour rassembler une majorité plus en bisbilles qu’unanime sur la politique suivie. C’est aussi contre ce rideau de fumée qu’on peut avoir envie de protester. Et les maladresses anticléricales de certains ministres ont pu apporter des raisons supplémentaires.

Si ce n’était que pour des raisons aussi superficielles, j’ai peine à penser qu’une telle manifestation puisse rassembler des centaines de milliers de personnes comme cela semble vouloir être le cas.

Je suis persuadé qu’il n’en est rien. La plupart des participants seront animés de motifs beaucoup plus profonds sur un projet dont les répercussions sont envisagées comme un véritable changement de société. Que ce soit un réflexe conservateur d’une partie de la population, c’est certain. Il n’en est pas pour autant méprisable. C’est donc pour affirmer quelques convictions profondes que nous irons manifester dimanche prochain.

L’absence d’un vrai grand débat sur la famille, sur ce qu’est le mariage, sur les problèmes de filiation, de l’adoption, de la procréation médicalement assistée fait que beaucoup de personnes mélangent tout. Il est d’ailleurs curieux que notre société se focalise sur le mariage dans une société ou le divorce pose bien plus de problèmes économiques et sociaux et pèse d’un coût énorme sur la collectivité. D’autant plus curieux que cette année, le nombre de naissances hors mariage ont été pour la première fois les plus nombreuses. De ce point de vue, l’extension du mariage civil aux couples homos est une complication supplémentaire et on s’apercevra bientôt que cette revendication au nom de l’égalité est un faux nez pour des lobbies qui n’ont pas d’autres soucis que de démolir un peu plus la société dans ses fondements les plus profonds.

Loin de moi l’idée de vouloir ramener le sujet à sa dimension religieuse. Ce n’est pas le mariage chrétien qui est en cause. C’est sa dimension anthropologique. Au-delà de l’image de la crèche mise à l’honneur ces dernières semaines avec la fête de la nativité, c’est celle de la famille qui est symboliquement rassemblée et proposée à l’adoration pour les uns, à l’attendrissement pour les autres. Tableau ordinaire qui concerne toutes les familles quelles que soient les vicissitudes par lesquelles elles peuvent être passées : amputées de l’un de ses membres, recomposées de bien des façons, mariées ou pas… C’est bien le modèle d’un homme, d’une femme et d’un enfant qui a été transmis à travers les âges pour le bonheur et la perpétuation du genre humain. Noël, c’est la fête de la famille réunie pour tout le monde, y compris les non-croyants.

C’est la négation de cette dimension anthropologique qui me choque le plus. Quoi qu’on fasse, un enfant est toujours le résultat de l’accouplement d’un père et d’une mère, qu’il soit ou non détourné par la science. Le mariage pour les homosexuels, soit. Mais ce n’est pas une histoire d’amour, c’est d’abord la volonté de signer devant la société un engagement qui implique des droits et des devoirs. Force est de constater que l’on consacrera ainsi une union par nature stérile. Il faut savoir l’assumer devant la société en ne réclamant pas des droits supplémentaires à commencer par le « droit à l’enfant » qui est aujourd’hui refusé aux autres couples. C’est pourquoi, la filiation artificielle, je ne suis pas d’accord pour qu’elle soit un droit. L’accorder est d’autant plus inutile que la plupart des problèmes de parentalité qui se posent aujourd’hui aux couples homosexuels peuvent être réglés soit chez le notaire, soit par le juge. Ce n’est pas être homophobe que de faire ces constats.

C’est contre cette modification profonde de notre droit matrimonial que j’irai manifester. Parce que demain, au nom du même principe d’égalité, on voudra nous imposer la procréation médicalement assistée, et après-demain la gestation pour autrui. Sans qu’on sache vraiment quelles dérives mercantiles ni quelles souffrances pour des enfants « sans racines » elles peuvent induire. Sans compter que la majorité des Français (55%) sont attachés à la famille classique.

 


2013 : POURQUOI LE PIRE EST A CRAINDRE

Nuages noirs

Le label « 13 » portera-t-il chance à la France ?

Il le faudrait bien parce que tous les éléments sont réunis pour en faire une année noire. Le déclin redouté est devenu réalité. Les chiffres sont là et suffisamment explicites : 5% de croissance dans les années 60, 4% dans les années 70, 3% dans les années 80, 2% dans les années 90, 1% dans les années 2000 et maintenant 0% pour la décennie 2010 dans laquelle nous sommes entrés. Le keynésianisme étatico-libéral hérité des années d’après-guerre est devenu le venin de notre système économique. Nous nous retrouvons avec un passif énorme : 1800 milliards de dette et des dépenses sociales (600 milliards) qui représentent plus de la moitié des dépenses publiques pour l’alimenter sans cesse. Et la consommation de masse que nous avons voulue, moteur fictif de la croissance puisque plus de la moitié des biens est importée, aggrave les déficits, détruit les emplois et pousse à la déqualification. Face à cette situation, nous avons un gouvernement incapable idéologiquement de changer de modèle, le dos au mur, prisonnier des syndicats et des dogmes de gauche et dont les décisions ne peuvent qu’aggraver la situation.

Résultat : la production ­ne s’effondre pas mais elle est fragile. L’Etat serre la vis avec l’assommoir fiscal, les exportateurs patinent sur place, les consommateurs manquent d’argent et les entreprises de fonds pour investir. Et le pacte social se fissure.

Les salariés ne savent pas trop à quelle sauce ils vont être mangés. Beaucoup d’entre eux devront payer plus d’impôts avec des salaires qui ne vont guère bouger alors que les prix du gaz, de l’électricité, du gazole et d’autres produits encore vont augmenter.

Les entrepreneurs ont les yeux rivés sur des carnets de commandes qui se garnissent inégalement et de plus en plus tard et une trésorerie qui menace de plonger dans le rouge avec des banquiers qui ont visiblement du mal à répondre au téléphone.

Les gouvernants s’accrochent à leur idée d’une « prévision volontariste », anticipant une croissance de 0,8 % en 2013, tout en admettant aussitôt que ce sera très difficile. C’est le grand retour de la méthode Coué. Si en 2009 la production industrielle était en chute libre (pente annuelle de – 25 % d’octobre 2008 à avril 2009), cette fois-ci, ça résiste en pente douce (– 5% en rythme annuel sur les six derniers mois), mais avec l’impression tenace que l’effondrement menace à chaque pas.

L’Etat impuissant pour redresser a le pouvoir d’aggraver.

A la différence de 2009, l’Etat ne pourra rien faire pour éviter la descente aux enfers : les caisses sont plus vides que jamais. Le gouvernement a surtout donné au contraire le plus gros coup de frein budgétaire jamais vu en France : près de 2 % de PIB, dont les deux tiers sous forme de hausses d’impôts, alors qu’il aurait fallu faire porter l’effort sur les économies. Enserré dans des engagements européens, il n’avait guère de marge de manœuvre et son action pèsera fatalement sur la croissance. Inutile aussi d’espérer le salut de l’extérieur. La croissance mondiale ne devrait pas accélérer cette année. Enfin, les traditionnels points forts du commerce extérieur français sont les points faibles de la conjoncture mondiale. Au milieu des années 2000, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie achetaient près du quart de nos produits vendus à l’étranger. Cette année, ces quatre pays seront encore en franche récession ; ils achèteront moins du sixième de nos exportations.

L’essentiel de la croissance en 2013 repose donc sur les deux autres moteurs que sont la consommation et l’investissement.

Avec les hausses d’impôts, le pouvoir d’achat sera nécessairement érodé. Pour maintenir leur consommation, les Français devront souvent puiser dans leur épargne. Les plus favorisés, qui seront aussi les plus touchés par le tour de vis fiscal, en ont heureusement encore les moyens. Mais globalement « les ménages » s’inquiètent. Les chiffres de l’emploi sont alarmants. Le chômage monte encore plus vite depuis le printemps. Il touche un actif sur dix, un jeune sur quatre. Peut-être pire encore, Pôle emploi compte près de 1,8 million d’inscrits depuis plus d’un an. Aucun indicateur ne permet d’espérer un renversement de tendance dans un proche avenir car beaucoup d’entreprises n’ont pas encore adapté leurs effectifs à une production amputée, d’autant plus qu’elles n’ont pas encore retrouvé leur compétitivité. Dans ces ­conditions, les augmentations de salaires seront très limitées.

C’est sans doute l’investissement qui fera face aux périls les plus dangereux pour la conjoncture en 2013, entre financement difficile, trésorerie tendue, demande incertaine. Avec en plus un gouvernement qui, face aux entreprises, danse d’un pied sur l’autre, tendant la main un jour, décochant un violent coup de pied le lendemain. Pour les entreprises, dont le taux de marge est le plus bas d’Europe, les hausses d’impôts en 2012 et 2013 n’arrangent rien, même si le crédit d’impôt compétitivité décidé en novembre changera un petit peu la donne. En attendant, la trésorerie devient tendue. Nombre d’entreprises moyennes, qui ont résisté jusqu’à présent, pourraient craquer dans les mois qui viennent. Les Urssaf, qui collectent les cotisations sociales, enregistrent une poussée des demandes de délais presque aussi forte qu’en 2009. Ce n’est pas mieux du côté des très petites entreprises (TPE) dont un tiers à peine ont une trésorerie excédentaire. Certes, les banquiers continuent de prêter à faible taux d’intérêt. Leur encours de crédit augmente encore un peu, alors qu’il diminue dans la zone euro. Mais ils vont avoir une année éprouvante, pour cause de nouvelles règles de prudence à respecter.

Les épargnants aussi sont dans la tourmente.

Enfin, l’année ne sera pas rose pour les épargnants non plus. Traditionnellement, la fiscalité française de l’épargne privilégie les placements les plus liquides et exempts de prise de risques, à l’image des livrets. Elle s’oppose à un financement sain de notre développement économique en pesant particulièrement sur les fonds propres des entreprises (avec la suppression de l’avoir fiscal, l’imposition des plusvalues de cession d’actions…). A cet égard, les dernières lois de Finances traduisent une nouvelle escalade. La suppression du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sur les revenus du capital, et surtout sur les plus-values, aboutit à une imposition supérieure au rendement réel du capital. Son assujettissement à l’ISF est, dès lors, constitutif d’une expropriation rampante, en l’absence de toute « juste et préalable indemnité ».

Les fissures d’un pacte social fondé sur la croissance vont encore s’élargir. Les Français ont historiquement le goût de la guerre civile. Et on voit bien que certains, à gauche, poussent en ce sens. La fragmentation religieuse, ethnique et culturelle de la société actuelle offre un terreau fertile à l’expression des fureurs populaires. Les diversions tentées par le pouvoir sur le terrain des réformes sociétales ne font qu’aggraver les clivages.

2013 : la pente fatale du scénario noir ?

 


ARCHIBALD SE DECHAINE !

Archibald en colère

Le Roux pète… les plombs : fureur du président du groupe PS à l’assemblée après la censure des 75% par le conseil constitutionnel. Il veut que les riches rendent « les chèques qu’ils ont eus avec le bouclier fiscal ». Il oublie que c’était le trop perçu  et que ces 1,6% de riches contribuaient déjà à eux seuls à 44% de tout l’impôt sur le revenu ! En 2009, les 10% des foyers disposant des plus hauts revenus ont supporté 74% de l’impôt net !  Il faut arrêter de faire croire n’importe quoi au brave peuple. Sans les riches, ce sont les pauvres qui paient. C’est la mort sure !

Mise en scène : le gouvernement fait feu de tout bois pour montrer sa mobilisation contre le chômage. Si la mise en scène est plutôt lourdingue, le scénario reste indigent, les dialogues pauvres et répétitifs et les acteurs médiocres. Un film tout droit sorti de « boboland ». Sérieux ? Non, Sérillon (ouaf) !

Itératif : notre Flanby n’arrête pas de scander « emploi, emploi, emploi » en sautant comme un « cabri » (je suis sûr que vous connaissez la référence). Mais ça ne suffit pas pour en créer, malheureusement.

Professoral : le sombre Ayrault est bien l’ancien prof qui en est resté à la pédagogie du « péremptoire » : il croit qu’il suffit d’affirmer les choses pour qu’elles soient résolues ou crues. Or, on sait bien depuis les travaux de la Garanderie, qu’il faut des stratégies un peu plus élaborées. Mais qu’est-ce qu’il passe comme temps à bavarder avec ses collègues !

Impayable Peillon : voilà notre ministre de l’Education transformé en grand inquisiteur et en redresseur de conscience. Il veut dicter à l’enseignement catholique sa conception de la loi laïque. Une vision univoque : on ne l’a jamais entendu protester contre les prof’ du public qui envoyaient les lycéens dans les manif’ contre la réforme des retraites, avec dans la tête des slogans directement sortis de la FSU. Il voudrait renforcer la mobilisation pour le rassemblement du 13 janvier qu’il ne s’y prendrait pas mieux !

Pain-au-chocolat : depuis l’affaire Copé, c’est devenu ma viennoiserie préférée au p’tit dej’. Eh bien,  on va en reparler. A la suite d’une plainte pour racisme, une enquête a été ouverte. Je sens qu’on va rigoler ! On ne pouvait espérer mieux comme publicité. On peut même espérer des tartines sur le sujet (à lire au p'tit dej', of course).

Accueil russe : Depardieu est donc devenu « francorusse ». On ne va pas en faire tout un flan ! Au moins là-bas, il pourra faire le moujik sans défrayer la chronique.

Pétromoins : l’hypoprésident s’est rendu devant les salariés de Petroplus pour leur dire qu’il fera tout ce qu’il peut pour trouver un repreneur, mais que l’Etat ne peut rien pour eux. Ils ont donc tout à craindre. Qui peut le plus, peut le moins. Ne lui demandez rien, vous êtes sûrs d’être servis !

Expert : le PS accuse Jean-François Copé de faire jouer à l’UMP le rôle d’une « opposition caricaturale et stérile » en appelant à manifester dans la rue. Et c’est un parti expert en la matière qui nous le dit !

Flagrant délit : si la manipulation des consciences doit être interdite dans l’enseignement privé, elle est autorisée dans les collèges publiques où Mme Vallaud Belkacem est allée défendre la loi sur le mariage homo en ces termes : « ça veut dire que finalement pourront se marier des gens qui s'aiment, même s'ils sont de même sexe, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent…Ca va permettre plus d'épanouissement, plus de liberté, plus d'égalité dans la société. Il faut comprendre ça comme une avancée ». Comme on voit, le propos n’est pas orienté du tout ! Tant va Najat à l’eau qu’elle se noie. Et de mauvaise foi en plus. Mais ça, ce n’est pas nouveau.

Citoyen : adj. qual. Utilisé généralement pour qualifié un acte illégal afin d’en faire une action respectable. Exemple : occupation illégitime d’un logement par le DAL, occupation de terres pour empêcher un projet comme à ND des Landes, etc… Mais les manifestations légales qui ne sont pas de gauche, ne peuvent pas être citoyennes parce qu’elles divisent les citoyens. Forcément.

Mordovie : comme quoi on apprend à tout âge. Je ne connaissais pas cet état. Grâce à Gégé, me voilà plus instruit. Mort de rire ! (surtout le costume).

 

 


CREDIT OU CAVALERIE ?

 

Contribuable détroussé
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Vous me direz, c’est typiquement français. La prise de conscience du gouvernement de la nécessité de redonner de la compétitivité à nos entreprises s’est traduite par la mise en place d’un « crédit d’impôt », à défaut d’avoir fait le choix d’un allégement franc et massif des cotisations patronales, comme le préconisait le rapport Gallois. Il reconnait aussi la responsabilité de l’excès de dépense publique puisqu’il compte financer les 20 milliards d’euros à hauteur de 10 milliards par des économies de l’Etat.

Ainsi, pour les entreprises, ce début de quinquennat se solde par environ 10 milliards de prélèvements supplémentaires « en régime de croisière » (près du double en 2012 et 2013, compte tenu des taxes exceptionnelles et mesures de trésorerie) et un crédit d’impôt compétitivité (Cice) évalué à 20 milliards d’euros. Concrètement, le ballon d’oxygène qui leur est promis, se traduira par un crédit équivalent à 4% de la masse salariale de l’entreprise jusqu’à 2,5 SMIC, au titre de l’année 2013, puis de 6% à partir de 2014. Sur le modèle du crédit impôt recherche, le remboursement sera différé jusqu’à trois ans.

Mais est-ce bien 20 milliards ? N’est-ce pas plutôt trente ? ou dix ? ou zéro ? Autant de chiffres exacts selon les moments et points de vue.

Première interrogation : vingt ou trente, au regard de l’effet bénéfique du Cice comparé à une baisse de charges sociales.

En effet, une diminution de charges augmente le bénéfice imposable et donc l’impôt sur les sociétés. Or, le Cice intervient après impôt. Vingt milliards de Cice correspondent, abstraction faite des entreprises déficitaires, à 30 milliards de baisses de charges.

Autre question : vingt, ou dix, ou zéro ; elle se pose si l’on considère l’avantage que procure le Cice aux entreprises et le coût qu’il engendre pour l’Etat.

En effet, les entreprises comptabilisent leurs créances, même non payées. Elles vont donc faire de même avec le Cice dans les bilans clos à partir du 31 décembre 2013. L’Etat, pour sa part, garde une comptabilité de caisse. Or, le Cice d’une année est payable en espèces dès l’année suivante pour les PME, mais, pour les grandes entreprises, il ne peut que s’imputer sur l’impôt sur les bénéfices et n’est remboursable qu’au bout de trois ans. Les entreprises qui ne clôturent pas au 31 décembre n’auront pas une année pleine de Cice en 2013. Les crédits constatés devraient, selon le rapporteur du Sénat, s’élever à 13 milliards en 2013 et vingt en 2014.

L’Etat, lui, ne décaissera rien en 2013 et devrait débourser 10 milliards en 2014, le coût se stabilisant à un peu plus de 20 milliards à partir de 2017. Comme la hausse de TVA s’appliquera dès 2014, l’essentiel du financement par baisse des dépenses est repoussé en fin de période.

Notons au passage qu’une majorité des dirigeants de PME n’envisagent pas d’utiliser le crédit d’impôt en raison des nombreuses incertitudes qui planent sur le dispositif, notamment les contreparties qui ne seront pas connues avant le courant de l’année 2013. De plus, les entreprises industrielles confrontées à la concurrence internationale et qui auraient le plus besoin de cet effort de compétitivité en jouiront peu, puisque le salaire moyen brut à temps complet de l’industrie est de deux fois le SMIC, donc souvent au-dessus du plafond des 2,5. Le dispositif bénéficiera pour l’essentiel aux secteurs protégés de l’économie, distribution, restauration, bâtiments, qui sont les secteurs qui bénéficient déjà des allégements de charges sur les bas salaires… Allez comprendre ?

Un paiement différé pour l’Etat qui fait de la cavalerie.

C’est ce qui a permis à Michel Sapin de déclarer, ce qui a surpris voire inquiété, qu’il finançait ses contrats de génération sur les 20 milliards du pacte de compétitivité. Effectivement, c’est possible… au moins jusqu’en 2017 ! Autrement dit, c’est du jonglage. Il utilise les recettes de TVA avant qu’elles ne servent au Cice. Mais il faudra bien rembourser les banques qui auront avancé l’argent en 2013 et 2014. Autrement dit, on lance les billets en l’air et on fait tourner la machine. En comptabilité, on appelle ça de la cavalerie !

Le coût exact estimé de ce dispositif sera de 22 milliards d’euros d’exonérations annuelles, un coût exorbitant pour les finances de l’Etat, pour un résultat limité. Sans parler de la complexité du mécanisme sur les plans administratif et juridique. Le choc de compétitivité se fera en grande partie sans les PME et perpétue le non-sens économique du transfert financier des secteurs en concurrence vers les secteurs protégés.

Un allégement biaisé trop insuffisant pour être significatif.

La technique du crédit d’impôt se révèle  triplement habile : politiquement, elle évite de parler de financement de la protection sociale ; techniquement, elle évite d’inventer des cotisations sociales négatives (pour les bas salaires, il n’y a pas assez de cotisations employeur pour absorber 30 milliards) ; et au plan budgétaire, elle donne une bouffée d’oxygène dans l’attente de la reprise économique, qui rendrait plus facile une diminution des dépenses. Une habileté qui voulait éviter la colère de la gauche de la gauche et celle des syndicats qui détestent les « cadeaux aux patrons » et qui auraient vu rouge avec une baisse des charges patronales. Une habileté qui ne dispense pas non plus du caractère inéluctable de la baisse des dépenses publiques dont on ne sait toujours rien et pour lesquelles on lance des « audits » pour faire sérieux.

Enfin il est naïf de croire que cet allégement soit de nature à ressusciter miraculeusement la « croissance » car le gain en terme de coût du travail sera très faible : 20 milliards sur les 1200 milliards de la masse salariale française ! C’est donc une opération poudre aux yeux.

Il est à craindre que le dispositif ne soigne pas non plus le vrai problème de notre pays qui est la destruction à l’intérieur par la fiscalité des incitations productives.

 


SI J’ETAIS PRESIDENT (2)

 

Elysée

La puissance publique doit être au service de ceux qui créent, de ceux qui investissent, et par conséquent produisent de la richesse et des emplois. L’économie n’est ni de droite, ni de gauche. Elle ne relève pas de l’idéologie mais de la réalité des sociétés humaines dont chacune tente de tirer le meilleur parti de ses activités productrices. Les entreprises sont la clé du redressement de la France. Ce sont elles qui permettront de retrouver la croissance, de faire baisser le chômage et bien évidemment de financer la solidarité nationale. Défendre les entreprises, c’est défendre l’intérêt général.

2ème volet : "ce que je ferais"

Si j’étais président…

Je ferai du désendettement de la France la priorité des priorités. Rien ne sera possible sur le long terme, dans le monde tel qu’il est, si la France ne se désendette pas. Je mettrai tout sur la table et je proposerai un « pacte économie-social » sur dix ans. Cette volonté implique des sacrifices. Et je ne connais qu’un seul moyen de se désendetter : réduire les dépenses de telles façons qu’on n’ait plus besoin d’emprunter d’abord, qu’on soit capable d’anticiper le remboursement de la dette ensuite. Pour réduire la dette à 80% du PIB en 2020, il faudra qu’elle obtienne un surplus budgétaire de près de 3% chaque année à partir de 2016, ce qui n’est plus arrivé depuis plus de 30 ans. Voilà qui donne une idée du défi à relever. Cela suppose de tailler sans sourciller dans toutes les dépenses, à commencer par les « inutiles », et il y en a, de réduire les quelques 1300 prestations versées à celles qui sont « essentielles », de supprimer les niches fiscales et de revoir le système d’imposition sur le revenu en l’asseyant sur le socle le plus large dès le premier euro, avec une progressivité raisonnable. On a bien vu que faire payer aux riches le maximum produit à l’Etat des revenus dérisoires avec des dommages collatéraux bien plus coûteux au Trésor public et à notre santé économique.

Si j’étais président…

Je ferai en sorte de créer l’environnement le plus favorable à la créativité, à l’investissement et la prise de risque. Il faut revenir d’urgence à une croissance par la production. Créer cet environnement favorable à la prise de responsabilité est la première vertu économique. Il faut s’interroger sur le fait que la taille moyenne d’une société française est de 14 personnes quand elle est de 41en Allemagne et pourquoi les entrepreneurs français préfèrent rester petits alors que les Allemands continuent de grandir. Ce n’est pas un hasard non plus si le nombre d’entreprises de 50 personnes est beaucoup plus petit que celles qui en emploient 49 : le passage de 49 à 50 salariés entraîne l’application de 34 législations et réglementations supplémentaires ! Autre exemple : pour un même chiffre d’affaires net, une entreprise française dégage une marge de 7% contre 17% pour la société allemande… Et la principale explication tient à la fiscalité plus lourde en France et aux charges patronales ! Les investisseurs sont les bienvenus, les chefs d’entreprise sont notre chance et tant mieux s’ils font du profit !

Si j’étais président…

Je ferai exécuter un transfert massif des charges qui pèsent indûment sur le travail vers la TVA dont le taux passerait à 25%, de façon à rendre les emplois moins coûteux à créer ou à maintenir. Ce mouvement s’accompagnera au gré des progrès accomplis par une baisse progressive des autres impôts qui pèsent sur les entreprises et sur les particuliers. Evidemment, il sera mis fin à cette mesure stupide qui témoigne d’une méconnaissance totale du fonctionnement de l’économie et qui consistait à taxer jusqu’à 60% l’entrepreneur qui souhaitait vendre les actions de sa propre société. Augmentation des salaires et baisses des impôts directs seront les compensations accordées en échange de l’effort. En sachant bien que les premières années seront les plus dures et qu’elles s’accompagneront d’une baisse du niveau de vie. Il a fallu cinq ans à la Suède avant de sentir l’effet de son immense effort de redressement.

Si j’étais président…

Je conduirais les partenaires sociaux à adapter notre marché du travail aux exigences de la compétition mondiale par une réforme profonde du code du travail, pléthorique et paralysant, en introduisant flexibilité et parcours professionnel, en limitant les 35 heures aux grandes entreprises mais en les rendant facultatives pour les entreprises en-dessous de 5000 salariés, et en en supprimant l’application pour les PME de moins de 2500 salariés. Malgré un niveau de taxation très élevé, les Français ne travaillent pas assez et ne créent pas assez de richesse pour financer tous les avantages de leur protection sociale. La désindustrialisation de notre pays vient de la lourdeur de sa législation du travail et de sa suradministration, pas d’une fatalité liée au processus de la mondialisation et à la concurrence internationale. Sinon, comment expliquer qu’un petit patron dont l’activité n’est pas délocalisable préfère renoncer à un contrat plutôt que d’embaucher pour l’honorer.  Pour recruter vite il faut pouvoir aussi licencier facilement ! Bref, il faut travailler à un nouveau pacte social qui prend en compte les réalités budgétaires et le défi de compétitivité : ceux qui sont au travail devront accepter plus de souplesse, moins de protection et se contenter d’un filet de sécurité qui préserve le principe de solidarité nationale. La logique principale doit être de favoriser tout ce qui encourage le travail, le retour au travail et le maintien au travail. Car la première et la plus grave des injustices, c’est … le chômage.

Ces choix des pays comme la Suède ou le Canada les ont fait. Ils sont aujourd’hui en bonne santé et ont retrouvé la prospérité que la facilité de la dette et l’intoxication par la dépense publique leur avaient fait perdre. Voilà qui devrait inspirer nos prétendants pour les futures campagnes électorales. Un programme d'autant plus facile à faire comprendre à nos concitoyens que l'échec de la gauche nous envoie dans le mur.


 


SI J’ETAIS PRESIDENT … (1)

 

Palais_de_l'Élysée

Comme dans la chanson de Gérard Lenormand, je ferai plein de choses. Devant l’avalanche de mauvaises nouvelles qui viennent assombrir notre début d’année, je me suis demandé ce qu’on pourrait bien faire pour retrouver espoir de redresser la situation. Car nous sommes tous concernés.

Vous allez peut-être me trouver bien prétentieux. Mais après tout, je dois bien valoir le sombre Ayrault qui n’était rien d’autre qu’un prof de collège comme moi, et comme lui j’ai été amené à gérer une collectivité avec un gros budget, comme l’Orchestre National des Pays de la Loire.

Quant à mes compétences en économie, je ne doute pas que ma culture équivaut à la sienne avec un avantage certain, celui de ne pas avoir l’esprit embué par une idéologie qui démontre tous les jours sa nocivité. Car, justement, l’économie ne relève pas de l’idéologie !

Voici le 1er volet : ce qu’il ne fallait pas faire… et qui malheureusement l’a été.

Si j’étais Président…

Je commencerai par constater que les décisions prises depuis le mois de mai, au lieu de créer le fameux « choc de confiance » annoncé, ont conduit à aggraver l’atonie de notre économie, en stand bye depuis la période préélectorale. Pire même, les statistiques revues à la baisse de l’Insee nous indiquent même une année 2012 sans croissance, avec la hausse inéluctable du chômage qui correspond. Inutile d’invoquer l’héritage. Il suffit de constater que la situation s’est aggravée, au point qu’un scénario noir n’est pas exclu pour les mois qui viennent.

Si j’étais Président…

Je tournerai le dos résolument à la politique de croissance par la consommation, dont nous n’avons plus les moyens. Elle reposait essentiellement sur la croissance des dépenses publiques et la redistribution par le biais d’une fiscalité qui pesait déjà lourdement et que le gouvernement actuel aggrave. Avec le coup d’assommoir asséné depuis le mois de juillet dernier, l’overdose d’imposition a transformé notre pays en enfer fiscal. Au point de surtaxer des bénéfices non distribués ou des plus-values virtuelles. Du jamais vu que le Conseil constitutionnel a eu bien raison de censurer ! Cette politique de croissance par la consommation, pratiquée à des degrés divers par tous les gouvernements depuis trente ans, nous vaut d’avoir aujourd’hui  une dette pharamineuse et a produit une désindustrialisation catastrophique. La France est atteinte d’une maladie mortelle et le médicament qui lui est actuellement administré accélère l’agonie. On en arrive à une politique absurde dans laquelle coexistent des mesures d’austérité susceptibles de réduire les déficits et d’autres qui favorisent l’emploi. En même temps, des dépenses keynésiennes à crédit tentent de maintenir le pouvoir d’achat, tout en étant trop faibles faute de moyens, pour y parvenir. Mais elles contribuent à augmenter les dépenses, alors qu’on annonce qu’on va faire des économies dont on ne perçoit jamais l’effectivité. Ce qui conduit à des constructions très compliquées comme le crédit d’impôt pour la compétitivité, une manière d’occuper le présent sans qu’il en coûte immédiatement. Cette tentative pour créer un « choc de productivité » a été improvisée, on verra rapidement qu’elle ne produit en rien les effets escomptés. Je prends d’une main, je fais semblant de redonner de l’autre. Il en résulte une illisibilité de la politique menée et un cap indiscernable. D’ailleurs, le Président sait-il lui-même ce qu’il veut et où il va ?

Si j’étais président…

Je déciderai d’abandonner cette politique que notre Premier Ministre se dit fier de mener parce qu’elle est la plus à gauche d’Europe. Du coup, entretenue dans un climat détestable de chasse aux élites, de stigmatisation des riches que l’on n’hésite pas à insulter, la France n’est plus perçue comme une terre d’accueil des investissements étrangers. La réalité est que la gauche française vit dans une bulle, campée sur ses certitudes vieilles de 150 ans et dont le monde, ouvert aux quatre vents, où les capitaux circulent sans difficulté, se moque bien. « Cuba sous le soleil » : cette jolie formule est prêtée au secrétaire général de l’Elysée, Emmanuel Macron. Une référence qui n’offre aucune raison de s’enorgueillir. Cette politique n’a même pas atteint les objectifs qu’elle visait. Souder la gauche ? C’est raté, il suffit d’entendre le Front de gauche. Relancer la croissance ? C’est raté aussi, et c’est la récession qui se produit en toute logique. Bénéficier aux classes populaires ? Encore raté, elles ne profitent même pas de l’accroissement de l’impôt sur les riches et subit l’accablement de l’augmentation vertigineuse du chômage.

              (A suivre, demain, le 2ème volet : « ce que je ferai »)

 


ARCHIBALD EST DE RETOUR !

 

Haddock se marre bis

 

Saperlotte, il ne faut pas tourner le dos quelques jours. D’habitude, l’actualité lève le pied pour respecter la « trêve des confiseurs ». Mais notre présiflan en a décidé autrement. Le pouvoir aux abois en chute verticale de popularité a utilisé toutes les vieilles ficelles pour tenter d’accaparer l’attention des Français occupés à remplir leur chariot de foie gras, de champagne et de cadeaux et essayé ainsi de redorer son blason. Tout y est passé : politique extérieure avec le voyage en Algérie, Noël « normal », occupation tragi-comique du terrain, … Une abondance qui m’oblige à donner dans le commentaire laconique.

Mécomptes : la commission de contrôle des comptes de campagne a rejeté ceux de Sarkozy. Arguments bizarres qui consistent à réintégrer des dépenses de déplacement alors qu’in n’avait pas déclaré sa candidature. Faut-il que le sortant se mette à la diète un an avant ?  Par contre on n’embête pas l’élu avec la « primaire » qui a pourtant eu un coût…

Horreur : Ce n’est un secret pour personne, il avait soutenu Sarko. Il n’était donc pas possible que Tapie mette la main sur les journaux du groupe Hersant dans le sud ! On sent comme une volonté de tout museler, ou je rêve ?

Je vous ai compris : version hollandaise, c’est une contrition hémiplégique et une hypocrisie compatissante. Si avec ça on rétablit des « rapports normaux » avec l’Algérie on aura de la chance !

Oh dette ! il faut faire des économies sur les dépenses. C’est dit, redit ! Mais où ? On va y réfléchir : voilà ce qui est ressorti du séminaire gouvernemental sur le sujet. Difficile d’annoncer à son propre électorat qui vit de la dépense publique qu’on va lui serrer la ceinture en faisant du Sarko multiplié par cinq en économisant 15 milliards par an. On y croit ?

Noël normal : L’hypoprésident est venu en catimini passer le réveillon chez la mère de sa concubine, en compagnie de ses frères et sœurs, dans un petit pavillon d’un quartier populaire d’Angers. Minable ! (le mot est à la mode). Il aurait mieux fait d’inviter tout ce petit monde à l’Elysée et personne n’aurait rien trouvé à redire. Mais c’eût été trop « normal » !

Rungis : Rencontrer la France qui se lève tôt à Rungis à 6H du mat’, quand c’est l’heure de la fermeture, il faut le faire. Visite surprise, qu’ils nous ont dit, avec une blouse brodée à son nom qui l’attendait … Ne fait pas du Sarko qui veut. Je préfère l’original à la pâle copie.

Patatras : je vous l’avais bien dit, les décisions du début de l’été et le matraquage fiscal ont planté l’économie. L’Insee le constate en ramenant la croissance du 3ème trimestre de 0,2 à 0,1. Et ce n’est malheureusement pas fini !

LOLF : acronyme qui désigne la loi de finance, c’est-à-dire le vote du budget. La frénésie taxatrice qui s’y exprime a castré l’économie française. S’y est ajoutée la vindicte névrotique contre les riches.  Bonjour 2013 !

Trémulations : tout le monde sur le pont du pédalo a proclamé le capitaine ! et l’on a vu les ministres se déployer partout sur le terrain. Une agitation vaine relayée avec complaisance par nos médias. Le summum a été atteint dans la nuit de la St-Sylvestre, avec le capitaine à l’hôpital et le sombre Ayrault à la charité. Des mots, des mots, mais compassion ne vaut pas solution. Cinéma et publicité : c’est « Jean minable » mais le numéro n’est pas Balzac 00 01 !

Croissance : le scénario noir se renforce pour 2013, mais Moscovici reste confiant. Il est bien le seul ! N’ayant aucune solution de rechange à proposer, il lui reste la méthode Coué.

Ah, Ah ! : voilà que les Français se réveillent. Dans un sondage, ils jugent que Sarkozy était deux fois plus efficace qu’Hollande. Vox populi, …  « ça c’est ben vrai », aurait dit Germaine !

Pan, dans les dents : Le Conseil constitutionnel a invalidé de nombreuses mesures de la frénésie taxatrice de la lolf : l’imposition à 75%, les dividendes non distribués et autres folies ineptes. Coût : bof, un petit milliard ! Pas de quoi s’affoler. N’empêche qu’il va bien falloir le trouver. Qui c’est qui va trinquer sinon la classe moyenne et les retraités.

Il y a lard et l’art : l’ineffable ministre de la culture au doux prénom d’Aurélie a eu comme idée d’inviter les plus démunis au musée : « musée populaire, musée solidaire ». L’art ça nourrit, c’est bien connu. Enfin pour l’esprit. Pour l’estomac, il y a toujours les restos du cœur !

Vœux : 8 mn de méthode Coué. En résumé : « Je vais tout faire, mais je ne sais pas quoi ! ». J’ai vu, en creux, un président désemparé, sans projet, sans solution !  pas de quoi gâcher mon réveillon.


                                            Tonnerre de Brest !