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DE LA ROCHELLE A CHALON EN CHAMPAGNE…

"Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler, sont les deux principes majeurs et rigoureux de tous ceux qui feraient mieux de la boucler avant de l'ouvrir"

                                                                                                            Pierre Dac.

 

Le retour d’Iznogoud : « L’amère de Lille » fait toujours dans le même goût. On sent l’aigreur d’être tenue, quoi qu’elle dise, à l’écart. Elle en est toujours à l’incantation antisarkozyste, ce qui commence à dater : en retard d’une guerre, elle croit toujours que c’est grâce à elle que les socialistes ont gagné les élections. Elle oublie une donnée fondamentale : la gravité de la situation économique depuis quatre ans. C’est elle qui a fait battre Sarkozy, bien plus que les socialistes qui ont gagné par défaut. En témoigne l’écart à l’arrivée.

Pas de bol, Ayrault : son interview au JDD fait pitié. Condamné à enfiler les mensonges les uns sur les autres pour justifier son (in)action. Ainsi, la droite a laissé filer les dépenses et creusé la dette : c’est faux, les dépenses ont été tenues, mais ce sont les recettes qui se sont effondrées, ce qui n’est pas la même chose. Fallait-il en pleine crise, réduire les prestations sociales ? Ce serait avoir une mémoire oublieuse. Autre contre-vérité : il a rendu 12 milliards aux Français en supprimant l’augmentation de la TVA ; il confond le prélèvement et l’augmentation des prix qui n’était pas du tout avérée. Mais il prive les entreprises d’un regain de compétitivité, et donc de création d’emplois. A noter, il ne parle pas de crise, mais de mauvaise gestion de la droite. Toujours le déni !

Couacs, disputes et noms d’oiseaux : c’est l’image d’un gouvernement « cage aux folles » qui tire à hue et à dia. Pour faire simple, il y a de l’eau dans le gaz de schisme. Pendant que Valls a trouvé le moyen de mieux faire passer le courant entre la police et les jeunes avec le tazer, qu’il chasse les Roms en toute discrétion médiatique et sans « karcher » mais avec une efficacité que Guéant lui aurait enviée, Duflot est en prise de bec (normale pour la pie jacasse) avec Montarebourg qui dans un éclair de lucidité a décidé que l’industrie nucléaire était « d’avenir » ; l’incendie couve sur le traité européen que l’exécutif s’active à éteindre à coups de menaces voilées et de tours de passe-passe pour faire croire à sa dimension « hollandaise », alors que pas une virgule n’y a été changée. Que n’aurait-on pas dit du temps de Fillon…

Le plaisir d’essence : ou comment dépenser 300 millions d’euros qu’on n’a pas dans une mesure inutile, stupide et inefficace : faire baisser de quelques centimes pour quelques temps le prix à la pompe. Démagogie ou expédient pour tenter de rétablir une popularité déjà bien écornée ? Personne ne dénonce le reniement sur la promesse de blocage du prix des carburants. On ne rigole plus, la campagne est terminée. Voilà que le Verts cautionnent une politique qui consiste à subventionner une énergie polluante !

Le bide de Chalon : tentative désespérée de notre Nimbus 1er pour reprendre la main. La CGT lui a concocté un accueil chaleureux sur l’air de « on veut le changement » et il nous a gratifié d’un discours dans lequel il a expliqué la gravité de la situation que la France traverse depuis quatre ans, sur un ton tout aussi grave. Ah, la belle découverte. La crise qu’on a ignorée jusqu’à maintenant fait son apparition quand il faut expliquer qu’on ne peut pas tenir les promesses maintenant : elle a un peu le dos large, ou alors c’est que les promesses étaient inconsidérées… évidemment. Mais la ficelle est un peu grosse. En attendant, les décisions prises au début de l’été sont inadaptées à la situation actuelle et contribuent à l’aggraver.

Le chemin de croix hollandais ne fait que commencer.



TROIS MILLIONS DE CHOMEURS, ET MOI, ET MOI, ET MOI…

 

Les chiffres du chômage ne sont pas bons. Depuis maintenant 15 mois, ils ne cessent de monter. L’économie va mal et la récession est à notre porte, si elle n’est pas déjà là. La conjoncture explique en partie cette situation. En partie seulement. Le mal de notre pays est plus profond : c’est un divorce entre lui et l’entreprise ; et le peu qui avait été fait pour le rendre un peu plus accueillant vient d’être détricoté par le gouvernement actuel plus pressé de dépenser quelques milliards pour financer des emplois factices et une baisse illusoire et inutile du prix des carburants.

Le Président peut recevoir les patrons et tenter de leur faire croire qu’on les aime et qu’on se préoccupe de leur situation. Les mots ne suffisent pas, il faut des actes et les faits disent le contraire.

La « Hollandie » est un pays ou règne un climat anti-entreprises, anti-créateurs de richesses et anti-création d’emplois réels.

Cette situation est loin d’être nouvelle. Elle s’est inscrite peu à peu dans notre inconscient collectif, avec la réduction de la durée du travail et les « rtt », les discours anti-patronaux d’enseignants engagés, le traitement social du chômage très généreux, les nombreuses prestations sociales qui permettent à certains, trop nombreux, de vivre sans vraiment travailler… L’arrivée du gouvernement de gauche n’est pas faite pour améliorer le tableau.

On sait bien que les politiques n’ont pas le pouvoir de créer l’emploi qui crée les richesses, celles qui constituent notre PIB. Mais ils ont le devoir de créer les conditions les plus favorables pour l’épanouissement des entreprises et la création de ces richesses.

Or, que constate-t-on ?  Dans notre pays, les décisions de justice concernant les plans sociaux ne respectent pas ce que dit le code du travail. Autrement dit, le patron est considéré presque toujours comme un délinquant. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le PDG d’Unilever à mettre les pieds dans le plat, considérant que si nous ne respectons pas nos propres lois, il irait investir ailleurs…

Et puis ceux qui investissent sont confrontés à un arsenal fiscal de plus en plus « florissant » : la contribution exceptionnelle ISF déplafonnée, le retour de l’ancien barème de l’ISF, la diminution de l’abattement concernant les donations-partages, bientôt la tranche à 75% pour les revenus de 1millions d’euros, sauf pour les artistes et les sportifs, ce qui est un comble. Il vaut mieux s’appeler Ibrahinovitch que Bettencourt…

Nos entreprises n’échappent pas au même accablement : taxe de 3% sur les dividendes distribués, ce qui est un non-sens économique au moment où elles ont besoin de se tourner vers leurs actionnaires plutôt que vers les banques ; augmentation de 8 à 20% du forfait social sur l’intérêt et la participation, les deux moteurs de l’amélioration salariale ; suppression des avantages fiscaux pour les investissements dans les PME ; et, probablement, réintégration d’une partie des biens professionnels dans l’ISF. Alors que les œuvres d’art resteront exonérées. Il vaut mieux posséder une commode Louis XVI que des actions. Mme Strauss-Khan peut dormir tranquille sur ses toiles de maîtres.

Pour faire court : la France est le pays où le droit est le plus défavorable pour les entreprises et où l’imposition est la plus féroce.

Résultat : il n’y guère de grosses PME, faute de pouvoir se constituer suffisamment de fonds propres. Les patrons rechignent à embaucher. Les investisseurs préfèrent aller voir ailleurs.

Après, on se plaint d’avoir trois millions de chômeurs, et un gouffre dans notre balance commerciale !

Et que peut-on attendre de quelqu’un qui « n’aime pas les riches », qui a dénoncé « l’empire de l’argent » comme au bon vieux temps du front populaire. Voilà une politique clairement dirigée contre les créateurs de richesses, contre ceux qui travaillent le plus, contre ceux qui refusent l’assistanat, contre les entreprises, et pas seulement celles du CAC 40.

 


UMP : AVANTAGE COPE

Copé chateaurenard

La bataille pour la présidence de l’UMP est lancée. Après François FILLON qui s’est prononcé officiellement au début de l’été, c’est le tour aujourd’hui de Jean-François COPE. Il y aura peut-être d’autres candidats qui pourront satisfaire aux exigences statutaires, mais chacun sait que c’est entre ces deux-là que ça va se jouer.

D’abord, réjouissons-nous de cette confrontation démocratique qui montre que le parti de la droite et du centre regorge de gens talentueux. Que des personnes s’affrontent pour solliciter les suffrages des adhérents du parti est plutôt sain et signe de bonne vitalité. Bien sûr, il y aura des petites phrases que les médias s’empresseront de répéter, amplifiées et déformées à souhait. C’est la règle du genre, elles ne doivent pas nous émouvoir. Bien plus importants seront les débats et la confrontation des idées pour la gouvernance du parti et ce que l’on veut en faire pour les cinq années à venir.

Ne nous laissons pas manipuler par les sondages : ils reflètent une opinion mesurée chez les sympathisants, mais ce sont les adhérents à jour de cotisation qui votent. Et ce n’est pas forcément la même chose.

Ce que nous souhaitons vivement, c’est que tout se fasse dans la clarté, candidats à armes égales et que le scrutin soit exemplaire. Une manière pour l’UMP de se distinguer du PS dont les élections internes ont toujours été pipées, et le résultat, le fruit d’arrangements et de marchandages entre « copains ». N’est-ce pas M. Mélenchon ?

Nous avons donc deux candidats qui s’affrontent, pour l’instant. Ils sollicitent notre parrainage. Pour ma part, j’attends de savoir ce qu’ils souhaitent faire de l’UMP. Entre Fillon et Copé, il y a des différences qui ne se limitent pas au tempérament. Ils sont tous les deux légitimes dans leur désir de diriger le parti. L’un a fait la preuve de ses capacités à la tête du gouvernement pendant cinq ans ce qui lui confère une stature d’homme d’état que personne ne peut contester. L’autre  a fait la preuve de sa capacité à mobiliser le parti pendant la campagne électorale pour en faire une redoutable machine de combat, avec des rendez-vous très réussis à Villepinte, à la Concorde et en point d’orgue au Trocadéro.

Trois questions se posent aujourd’hui : qui est le mieux placé pour dynamiser l’opposition face au pouvoir socialiste omnipotent ? Qui aura la capacité de rassembler toutes les familles de la droite et du centre qui doivent normalement se reconnaître dans l’UMP dont c’est la vocation originelle ? Lequel nous mettra le mieux en situation de reconquérir les territoires perdus dès les élections de 2014 ?

Pour ma part je voterai pour celui des candidats, homme ou femme, qui proposera une gouvernance ouverte aux trois courants fondamentaux du parti : gaulliste, libéral et centriste ; une organisation décentralisée qui permette de désigner les candidats localement, et non dans le secret des alcoves parisiennes ; une participation et un échange permanent avec les militants  pour les faire entrer pleinement dans la vie du mouvement.

Les deux candidats ont déjà donné des débuts de réponses à ces questions et à ces attentes.  Je les ai écoutés tous les deux aujourd’hui. Pour l’instant, je donne l’avantage à Jean-François Copé qui a réalisé à Chateaurenard une prestation sans faute avec un discours plein et enthousiasmant. François Fillon n’a pas dit son dernier mot.

Mais quel que soit mon choix, le moment venu, le vote sera un crève-cœur. Elire l’un ne peut pas vouloir dire que l’autre ne compte pas. Tant notre affection va à l’un comme à l’autre. Et tant chacun a de talents à mettre au service de nos idées.

 


IL TAPE A COTE DU CLOU ET LAISSE SON POUCE…

 

Et ça fait mal : 5 points de moins dans les sondages et déjà sous les 50% de satisfaits. Voilà ce qui arrive quand on fait des promesses intenables et qu’on est rattrapé par la réalité.

La réalité c’est d’abord la situation économique atone, la hausse continue du coût du pétrole donc des carburants, la violence urbaine entraînée par le désoeuvrement et les trafics, l’arrivée continue des Roms, la dette grecque et la crise de l’euro, la baisse du pouvoir d’achat et la montée du chômage, les engagements budgétaires de la France et le traité de stabilité… Sur tous les fronts, il faudrait des réponses énergiques. On nous a d’abord répondu par …des commissions et en cette rentrée par des mesurettes inadaptées. Pour l’instant. Le pire est à venir, quand le gouvernement sera acculé.

La situation économique atone : la stagnation du PIB pour le troisième trimestre consécutif est inquiétante. Elle devrait conduire le ministre de l’économie à réexaminer le taux de croissance pour la construction du budget 2013 pour lequel il faudra, avec l’hypothèse optimiste qu’il dit « réaliste » de 1,2, trouver 33 milliards de recettes nouvelles ou d’économie pour tenir les objectifs sur lesquelles l’Etat s’est engagé. Après le coup d’assommoir fiscal sur les ménages et les entreprises du début de l’été,  le gouvernement s’apprête à un nouveau prélèvement : la répartition se ferait sur la base de 20 milliards d’impôts et 10 milliards d’économies. De quoi alimenter la spirale récessionniste. Incapables de renoncer à la dépense publique, les socialistes continuent d’augmenter la pression fiscale. Les quelques millions insufflés dans la relance de la consommation pour la rentrée n’auront aucun effet sur la croissance et leurs effets vont fondre comme neige au soleil. Aucune mesure pour rendre plus compétitives nos entreprises. Ce sont les investissements qu’il faut privilégier pour faire repartir l’économie. On fait tout pour les décourager. Ce qui donne l’occasion à Moscovici de proférer deux mensonges dans son interview au JDD : celui de faire croire que Minus 1er a réussi à renégocier le traité de stabilité en obtenant des mesures de croissance (déjà décidées), celui de tabler sur une croissance à laquelle personne ne croit, même pas lui-même. Il reprochait son « optimisme » à Christine Lagarde en l’accusant de mentir aux Français, mais il fait pire. Pire, le gouvernement s’apprête à alourdir encore l’ISF dans le projet de budget 2013. Et on voudrait que les investisseurs aient confiance !

Les promesses à la trappe : une situation économique qui amène le Président à revenir sur ses promesses. Concernant le prix des carburants, il n’est plus question de bloquer les prix, mesure trop coûteuse pour un budget exangue. Il faudra se contenter d’une baisse minime et illusoire des taxes. De même, il est obligé de renoncer à la suppression programmée de certains allégements de charges, notamment de ramener de 1,6 à 1,5 SMIC le point de sortie des allégements de charges patronales, une mesure qui pourrait détruire 40 000 emplois. Le reniement, c’est maintenant et ce n’est pas fini.

La règle d’or budgétaire divise la gauche. Le texte de ratification du traité de discipline budgétaire devra passer au parlement fin septembre. Si le conseil constitutionnel évite au gouvernement l’écueil du congrès, les débats n’en seront pas moins délicats pour l’exécutif, sa majorité étant divisée jusqu’au sein du PS. Le test sera évidemment que l’apport des voix de la droite soit nécessaire pour la ratification, ce qui serait un affaiblissement pour la majorité actuelle.

Sur le front de l’emploi, la courbe du chômage ne cesse de monter. Faute de pouvoir inverser la tendance, le pouvoir se concentre sur le chômage des jeunes pour tenter de le contenir avec des contrats aidés et les emplois d’avenir (un bien grand mot pour des emplois au rabais). Avec en cible, principalement les banlieues. Mais 900€/mois seront-ils suffisants pour attirer des jeunes à qui le « chouf » rapporte 100 à 150€/jour. Pendant ce temps les plans sociaux s’accumulent. Après le coup de poing sur la table avec PSA, suivi d’aucun effet, c’est le dossier Fralib qui pourrait bien être le « Gandrange » de Hollande, car le PDG d’Unilever n’entend pas céder la marque de thé Eléphant et oppose une fin de non recevoir à François Hollande.

Enfin le feuilleton de l’été aura été alimenté, à la surprise générale, par le démantèlement des camps de Roms, notamment près de Lille, à l’initiative de Manuel Valls. Inutile d’épiloguer sur le comique de la situation, ni sur le cynisme de « l’amère » de Lille. Mais pour l’instant, le gouvernement n’a pas trouvé d’autres réponses que celles de Sarkozy. Les deux décisions prises cette semaine ne sont pas à la hauteur de la situation, mais c’était les deux seules possibles : elles consistent à rendre l’emploi plus accessible aux Roms. Encore faut-il qu’ils aient l’intention de travailler… Il fallait aussi donner un peu de mou pour satisfaire la « bécasse verte » qui trouvait la couleuvre un peu grosse à avaler.

La sécurité reste un dossier difficile pour la majorité tiraillée entre les angéliques à la sauce Taubira et les pragmatiques version Valls. Faire preuve de fermeté, c’est bien, mais quand elle débouche sur aucune arrestation, elle sert à quoi ?

Sur tous les fronts, l’exécutif est à la peine et se voit obligé d’en rabattre par rapport à ses promesses. Il ne suffit pas de prendre le train comme monsieur tout le monde (vraiment ?) pour convaincre les Français de son efficacité. Il n’y a que le résultat qui compte et beaucoup de Français ne sont pas dupes. L’hypo activité du Président ne convainc pas, c’est le moins qu’on puisse dire.

 


LE NAIN DE JARDIN

 

Nain de jardin

Il était là, au milieu du parterre, avec son joli sourire. Qui pouvait-il bien être ? Certainement pas Grincheux ni Simplet, facilement reconnaissables. Mais peu importe, avec ses deux plateaux destinés à être fleuris, on croit l’entendre chanter : « eh, oh, eh, oh, on revient du boulot… », mais c’est un voyage immobile.

D’ailleurs cela fait une éternité qu’il est posté à cet endroit. A voir sa barbe, on voyait bien qu’il avait passé l’âge du premier biberon. Il a dû en voir passer des saisons : son bonnet en est tout délavé et la couleur de son visage toute défraîchie. C’est que pour le nain de jardin, il n’y a pas de refuge pour les mauvais jours comme il y a le « pool house » pour les affaires de la piscine ou le cabanon pour celles du jardin. Il est condamné à vivre dehors du 1er janvier à la Saint-Sylvestre.

Un bon nain de jardin doit pouvoir tout supporter : le jet du tuyau d’arrosage, il est vrai bienvenu quand il fait une température caniculaire, les grélons du printemps ou la neige de l’hiver, les violentes pluies d’automne. Il n’y a guère que le printemps et l’été qui lui soient souriants, avec de jolies fleurs qui viennent lui tenir compagnie. Encore faut-il compter avec les orages, mais il n’a jamais été foudroyé. Il faut dire qu’on l’a installé dans un coin bien abrité, à l’ombre.

Habitué à la solitude, il regarde passer les gens de l’autre côté de la clôture, comme une vache les trains, placidement. Bien peu s’arrêtent. Tout petit, il n’attire guère l’attention, d’autant plus que ses couleurs se sont bien atténuées. Et ceux qui le regardent, l’espace d’un instant, que pensent-ils de son statut d’objet décoratif. Voilà certainement un détournement que Walt Disney n’avait pas prévu quand il a imaginé l’histoire de Blanche Neige. Le nain de jardin c’est typiquement Français, aussi Français que du Brie de Meaux.

Son meilleur moment est probablement quand les propriétaires viennent entretenir ce coin du jardin. Au moins il a l’impression qu’on s’occupe de lui. Parfois on le déplace un peu, à la façon d’un bibelot sur un meuble. On le nettoie aussi, de temps en temps, avec une éponge, délicatement. Ce qu’il n’aime pas, ce sont les animaux. Notamment les chiens. Quand des invités arrivent et qu’ils lâchent leur bête, elle vient aussitôt lever la patte dessus. Et puis il arrive que les pigeons s’y mettent aussi, avec leurs fientes qu’il ne peut pas éviter ! C’est bien de roucouler dans l’arbre, mais faut penser à ceux qui sont en dessous !

Il y a aussi des moments de grandes solitudes quand les propriétaires partent en voyage. Il a l’impression qu’on lui confie une mission de surveillance muette, qu’il mène à bien très scrupuleusement, sans jamais quitter son poste : placé là où il est, rien ne peut lui échapper. C’est avec soulagement qu’il les voit revenir, tout heureux que la maison n’ait pas subi de dommages en leur absence.

Espère-t-il être « enlevé » par le « front de libération des nains de jardins » ? En fait, il a un désir secret. Il aimerait bien qu’on lui adjoigne un compagnon. Au moins il ne serait plus tout seul. Mais le temps passe et celui-ci se fait désirer.

Je ne sais pas pourquoi, chaque fois que je vois un nain de jardin, je repense immanquablement à l’histoire de Chevallier et Laspalès !!!! La cause du sourire niais que ce brave nain de jardin n’a pas dû comprendre….

 


C’EST UNE CHOSE ETRANGE A LA FIN QUE CE LIVRE

 

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J’ai enfin trouvé le temps de lire cet ouvrage de Jean d’Ormesson : « C’est une chose étrange à la fin que le monde ». Et je n’ai pas regretté le moment passé avec notre Académicien. On le connaît comme journaliste. On le connait, aussi comme un animateur délicieux des émissions auxquelles il participe parfois. J’avais d’ailleurs suivi une interview qui portait sur l’ouvrage en question et je m’étais promis de le lire. C’est chose faite et je ne saurais trop vous le recommander.

Jean d’Ormesson n’a pas son pareil pour se mettre à votre disposition et transformer l’infiniment compliqué en évidence simple. Son esprit subtil a concocté un plan curieux qui rend la lecture encore plus amusante. De quoi est-il question ?

Tout l’ouvrage tourne autour de questions extrêmement simples que chacun de nous se pose ou s’est posées à un moment ou un autre de son existence : « D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Que fait-on sur cette Terre ? »

La réponse, s’il y en a une, exige d’abord que l’on suive « le fil du labyrinthe ». Un moment inoubliable qui permet de refaire le parcours de l’homme vers la civilisation, les découvertes, les vérités successives… en un échange décalé et savoureux avec « le vieux ». C’est « un monument à la gloire de la culture » si l’on en croit Frantz-Olivier Giesbert. En effet, on ne perd pas son temps, et Jean d’Ormesson trouve le moyen, par sa verve et sa modestie de nous rendre l’exposé si accessible que l’on a l’impression de participer activement à son cheminement. Et de fait nous partageons jusqu’à ses conclusions les plus personnelles. La question de fond est : y a-t-il un « dieu » derrière tout cela ?  Il permet aussi à chacun de garder ses convictions et de répondre oui ou non.

Une fois débrouillé le chemin vers la connaissance pour arriver à celle que nous avons aujourd’hui sur l’univers, l’auteur nous entraîne dans sa réflexion pour trouver une réponse à une question qui est devenue sa hantise : « qu’est-ce que je fais là ? » et à laquelle il tente de trouver la réponse. Il se servira de l’art et de la science pour alimenter sa quête. Il passe en revue les trois éléments qui nous amènent à l’hypothèse du « big-bang » : l’intelligence humaine, la lumière et le temps. Pour arriver à deux questions que nous nous posons tous au moins une fois dans notre vie : « Dieu existe-t-il ? » et     « Qu’y a-t-il après la mort ? ».

Point n’est besoin d’être philosophe pour aborder cette œuvre. C’est simple à lire. Et Jean d’Ormesson nous fait partager son intelligence avec un bonheur jamais démenti. L’art d’aborder avec l’apparence de la légèreté de graves questions. Il sait nous amuser de ses anecdotes, il nous fait partager son immense savoir avec délicatesse, nous ne peinons jamais à le suivre dans son cheminement.

Et quand on est sur la plage, la lecture en est encore plus délicieuse. Je ne vous dis pas sa conclusion. Mais je crois que chacun peut y trouver son bonheur. Quand on referme le livre, on se sent d’un seul coup plus intelligent ! Fabuleux.

 


QUE SERAIS-JE SANS TOI ?...

 

Que serais-je sans toi, Nicolas ?

Voilà 100 jours que l’élection présidentielle est passée et la référence constante de la politique française reste le précédent président. Avec sa « normalité », notre nimbus national prend grand soin de marquer sa différence par comparaison avec le mode de fonctionnement de son prédécesseur, les premières décisions prises, à grand renfort de tam-tam médiatique, sont le détricotage de marqueurs du quinquennat d’avant, comme la suppression des heures supplémentaires défiscalisées ou la surtaxation des riches, et même quand les événements obligent à faire la même chose, comme le démantèlement de camps de Roms ou la répression de la délinquance urbaine, on prend grand soin de préciser qu’avec la gauche c’est différent. Ce qui est différent, en effet, c’est le mutisme des belles âmes qui criaient naguère au scandale. On nage en permanence entre hypocrisie et cynisme. Et il a suffi d’un communiqué de l’ancien président sur la situation syrienne, pour que l’antisarkozysme, qui reste l’unique préoccupation visible de la politique hollandaise et du PS, se déchaîne avec la même véhémence qu’avant l’élection présidentielle. Le cadavre remue encore … Il est même bien vivant !

C’est que l’antisarkozysme est encore le moyen le plus commode pour camoufler une réalité à laquelle le pouvoir actuel ne pourra pas échapper, mais dont il retarde le plus possible l’échéance. Le PS et la gauche en général, n’en ont pas fini avec ces vieux démons que sont le chèque en bois et le refus de diminuer les dépenses.

Qui ne voit que l’absence de croissance dans laquelle la France est plongée, et qui annonce la récession de notre économie, est le résultat d’une politique qui a commencé à s’appliquer. Les investisseurs qui étaient dans l’attente du résultat de l’élection ont compris. Avec le premier train de mesures prises en juillet, la France tourne le dos à l’Europe et à la politique attendue. Mettre un terme à trente ans de déficits, apurer la dette et restaurer la croissance sans réduire une dépense publique écrasante, sans réformer un système social dont l’obsolescence n’a d’égal que le coût vertigineux, relève du voeu pieux et pas d’une politique économique sérieuse.

L’absence de croissance, la récession : voilà dans quel contexte le gouvernement va devoir poser son équation budgétaire sur fond de contraintes fortes puisque la France a pris des engagement auprès de ses partenaires européens. Les premières réponses à ce défi énorme n’incitent guère à l’optimisme. Oui, les socialistes n’ont rien appris des erreurs du passé. On ressort la relance par la consommation avec l’augmentation du smic (courte, il est vrai) et de l’allocation de rentrée scolaire qui ne fera qu’aggraver le déficit de notre balance commerciale en faisant travailler les Chinois. Au bout, c’est la ruine et le chômage de masse. Les recettes de l’Etat fondent avec la baisse de l’activité économique : on fait payer les riches et les entreprises pour compenser. Peu importe que ce matraquage fiscal, qui touche au passage les classes moyennes, entame irrémédiablement la compétitivité de la France !

Le potentiel de croissance de notre pays ne dépasse pas le seuil d’un pour-cent au mieux. Les hausses d’impôts annoncées n’y changeront rien : toute prétention à la rigueur sans forte réduction des dépenses n’est simplement pas crédible.

Et encore, le président actuel devrait-il rendre hommage à Nicolas Sarkozy pour sa gestion exemplaire de la crise : la création du Fonds européen de stabilité financière, c’est lui, les investissements d’avenir, c’est lui, l’organisation de la relance lors des sommets du G20 et le sauvetage du système bancaire, c’est encore lui, et ce sont autant de décisions qui permettraient aujourd’hui d’asseoir une vraie politique rigoureuse de gestion de la dette et des déficits, comme l’a souligné, à juste titre la Cour des Comptes. Inutile d’invoquer l’héritage, s’il y a dégradation, elle est post-électorale. François Hollande ne peut que s’appuyer sur la politique de son prédécesseur pour remporter son pari européen. Encore faudrait-il qu’il sorte de l’ambigüité. Il ne suffit pas de promettre la rigueur, il faut les réformes. Il ne suffit pas de décréter la croissance, il faut en créer les conditions favorables.

Cela passe par une réduction drastique des dépenses publiques, l’amélioration de la compétitivité des entreprises, la fortune considérée comme bienvenue, la suppression du fardeau des 35 heures qui coûte toujours 20 milliards d’euros par an au contribuable, la diminution du prélèvement de l’Etat et des collectivités qui dévorent chaque année plus de la moitié des richesses produites par les Français.

Mais voilà, la gauche française n’en a toujours pas fini avec ses vieux démons… Heureusement, elle peut encore taper sur Nicolas pour faire illusion. Comme si la matraque d’un CRS commandé par un ministre de gauche frappait différemment, comme si un charter vers Bucarest était devenu plus juste, comme si…L’ombre de Nicolas Sarkozy n’a pas fini de planer sur la politique française.

Et tant mieux si ça gêne ! En attendant, je me marre !

 


LA TROUSSEPINETTE

 

Si vous séjournez en Vendée, vous n’y échapperez pas, c’est impossible. Derrière ce vocable polisson se cache la boisson emblématique locale. La Bretagne a l’hydromel, Nantes son « Nantillais » et la Vendée sa « Troussepinette » !

L’été est la période la plus favorable à la promotion de ce breuvage et les vacanciers des proies faciles : la bouteille de troussepinette agrémentera les apéros du camping, ou viendra compléter la panoplie des souvenirs de vacances. Ah ! bienheureux en seront les destinataires.

C’est quoi, au fait, la troussepinette ? Un vermouth de fabrication locale, parfois même « très » locale, fabriqué par macération de bourgeons d’épines noires (le prunelier) dans un « bon » vin rouge, et à cette occasion surtout n’ironisez pas sur les crus du coin. Evidemment, il faut rajouter de l’alcool, du sucre, de la vanille et des oranges. On obtient au mieux une composition dont le goût s’approche du Byrrh ou du Cinzano. Mais n’exagérons rien. Cependant quand on boit un coup de troussepinette, en général, on s’en souvient longtemps.

Aujourdhui, devant la cave de la rue de l’Océan, c’est dégustation gratuite. On profite du jour de marché et de la foule des chalands pour promouvoir ce divin breuvage. De toutes façons vous ne pourrez pas l’éviter. Ses bouteilles sont en vente partout, y compris dans les supermarchés où elles remplissent un rayon complet avec de nombreuses variantes aux fruits les plus variés, à la pêche, aux fruits rouges…

Et si vous avez des amis vendéens qui vous invitent à prendre l’apéro, vous aurez droit à la troussepinette « maison ». Alors là ! Attention les yeux. Car tout bon Vendéen qui se respecte se doit de fabriquer « sa » troussepinette. Et comme il faut  de l’alcool à 90° dans la préparation, il est souvent remplacé par des gnoles improbables qui donnent au liquide ainsi conçu, souvent un goût très particulier, pour ne pas dire bizarre. « Elle est bonne, hein, ma troussepinette ? » quémandera l’hôte  en attente d’une approbation qui le confortera dans son opiniâtre industrie. On n’a pas le choix : la politesse recommande de répondre favorablement. Voilà pourquoi elle vous laissera un souvenir inoubliable.

Troussepinette : Tout un programme. Mon expérience ne me permet pas de conclure aux effets aphrodisiaques que son nom laisse entrevoir. Quant au nom, on ne sait pas très bien si on le doit  un curé ou à un charpentier, mais peu importe. Ah, oui, encore ! il y a deux « trousse-pinette » qui rivalisent : la « troussepinète » et la « troussepinette ». Deux fabricants, deux orthographes. Mais un même produit…

 


ARCHIBALD EN VACANCES

 

Si le temps de cet été est plus ou moins chaotique, alternant la grisaille pluvieuse et les coups de chaud, l’actualité politique nous apporte au moins un peu de détente. Les 100 jours du président Nimbus nous auront procuré un sujet d’amusement permanent. D’ailleurs le canard enchaîné ne se prive pas de puiser dans sa vie quotidienne pour alimenter ses colonnes satiriques. Depuis sa photo officielle où il apparait en benêt les bras ballants, jusqu’à ses voyages en train pour faire « popu », en passant par le tweet de sa mégère du moment, il nous a gâtés. Sarko était descendu du piédestal de la fonction, zérHollande a les jambes trop courtes pour y remonter.

Et en cet été, le grand malentendu se manifeste dans tous les actes du gouvernement, hormis pour les impôts que l’obsession anti-riches alimente en permanence.

Ainsi on apprend que le ministre de l’Intérieur, le « toujours jeune marié » Manuel a profité de la torpeur des vacances pour procéder au démantèlement de camps roms et à l’expulsion par deux charters (déjà) vers Bucarest. Il n’a fait que son boulot. Curieusement les caméras étaient absentes : le fonctionnaire avisé qui prévenaient les médias du temps d’Hortefeux est aux abonnés absents, et le chœur habituel des vierges éplorées reste coit, dans l’indifférence des médias tout affairés à filmer le président sur le quai de la gare. On inaugure le nouveau stade de Lille (le 17 août prochain), situé tout près de l'un des camps démantelés, mais il n'y a pas de rapport. Martine n'aime pas le rom, elle préfère le rouge !

Ainsi, le dictateur syrien continue son massacre pendant que notre premier ministre coule des jours  heureux en Bretagne et que son patron se fait bronzer les cuirs au fort de Brégançon avec sa courtisane. On nous dit que c’est sa préoccupation permanente : il va prendre une initiative, c’est certain. En créant une commission ? Et pendant ce temps, notre Fafa, où est-il donc ? Celui dont Georges Frêche disait qu’il n’avait pas une tête très « catholique » parait bien étranger aux affaires. Mais comme la France est aux manettes depuis le début du mois au conseil de sécurité de l’ONU, le président « recherche obstinément une solution politique »… en se promenant avec madame. NKM résume en disant « qu’il fait semblant ».

Ainsi, le Conseil constitutionnel a tranché : pas besoin de modifier la constitution pour voter la « règle d’or ». C’est pourquoi, François Fillon joue les « casse-pieds » (il fallait la faire) en l’interpelant sur le sujet. Il faut dire que la majorité présidentielle n’est pas particulièrement pressée de ratifier le traité de stabilité, tellement elle est « unie » sur le sujet.

Ainsi, la préoccupation principale de notre Ministre de la Santé, c’est le grave problème de la longueur des chemises d’hôpital qui laissent trop voir la particule de l’individu. La France doit bien être le seul pays où ce genre de problème doit être traité au niveau ministériel. Franchement !

Ainsi, le seul qui ait réussi à faire sortir le PS de son engourdissement, c’est Nicolas ; Il a suffi qu’il s’exprime sur la Syrie pour que tous les cabots se mettent à aboyer. Et encore, c’est la partie syrienne qui a rendu publique les propos. Eh oui, le cadavre bouge encore. Mais la haine est toujours là et l’agressivité  aussi. L’invective de Cambadélis est vide d’arguments, c’est bien le problème et il n’est pas nouveau.

La France entre en récession. Le ministre de l’affaissement productif n’y peut rien, hormis faire des moulinets verbaux. Notre sousprésident s’apprête à aller soutenir l’équipe paralympique. Ce qui est bien à  son image. La France a un handicap de plus : c’est son président.

Déjà 54% des Français se disent mécontents. Et ce n’est pas fini. Quand les décisions vont venir…

 

 


LE CHATEAU DE SABLE

 

Chateau bis

Enfin la chaleur ! L’anticyclone s’est installé et avec lui, le ciel bleu intense comme sur la côte d’azur. L’océan a emprunté sa couleur à la Méditerranée et le vent qui est tombé en fait une mer d’huile. Les bateaux sont de sortie et piquettent l’étendue marine de petites taches blanches. Un ou deux jets-skis tracent leur sillon d’écume accompagné de leur ronronnement caractéristique. Aujourd’hui ce sera plage et château de sable : voilà de quoi occuper nos deux lascars qui trépignent en rassemblant le matériel, pelles et seaux nécessaires pour mener à bien la construction.

C’est marée montante et l’heure s’y prête. Ce sera un château qu’il faudra défendre contre la montée des eaux. Avec Jules et Arthur, nous choisissons l’emplacement judicieux, après un savant calcul qui prend en compte les traces laissées sur la plage par les dernières marées et le temps qui reste à la mer pour atteindre son point haut. Il ne faut pas que le château soit attaqué trop tôt.

Il faut d’abord construire un socle bien tassé sur lequel on aligne des tours. C’est l’inspiration du jour. Le château peut prendre toutes les formes, pourvu qu’il ait des douves que la mer viendra remplir le moment venu. Important les douves : elles permettent de faire un pont, fragile arche de sable lancée d’un bord à l’autre, et de creuser un chenal qui apportera l’eau, vague après vague.

Souvent, en avant du château, on construit un rempart de sable et de galets pour retarder les effets de la montée de la marée.

Chacun s’est affairé. Comme d’habitude, j’ai fait le plus gros du travail : tassé le sable dans les seaux pour faire les pâtés-donjons qui concrétisent le bâtiment, creusé le plus gros des fossés autour. Les enfants se chargent des finitions, du transport des galets, autant de prétextes pour aller patauger dans l’eau qui se rapproche.

L’ouvrage est terminé : il ne reste plus qu’à attendre. Pour les enfants, le temps paraît long. Pourtant, inexorablement, vague après vague, en une suite irrégulière selon une mécanique dont seul l’océan a le secret, l’eau s’approche du château. Elle semble d’abord le flairer, comme pour le reconnaître, puis ce sont des vaguelettes en forme de caresses. Hurlements de joie : une vague plus téméraire a réussi à entrer dans les douves et à faire le tour du bâtiment.  Puis le mouvement s’affirme. Avec la pente, pourtant légère, ce sont de petits rouleaux qui viennent buter sur le socle, sans réussir à l’entamer pour l’instant. Le moment viendra pourtant où une ondulation plus forte que les autres, une vague scélérate, attaquera la bâtisse et fera chanceler une des tours, puis une autre suivra et comme prévu le château finira englouti, comme digéré par la mer. C’est tout juste si au moment du ressac on distingue une légère butte à son emplacement.

C’est promis, demain on revient et on en refait un autre. 

 


C’EST NUL !

 

Voilà ce qu’aurait dit l’un de mes petits enfants.

C’est quoi un président normal ? Si c’est le fait de voyager comme monsieur Toutlemonde pour partir en vacances, en prenant un TGV un jour de grands départs avec tout ce que cela implique de sécurité cachée au grand public, c’est de la démagogie minable. Et on ne peut même pas dire que ça fait faire des économies à l’Etat, ni que c’est plus efficace pour l’intéressé, condamné à passer 4 heures bloqué dans un train. N’a-t-il rien de mieux à faire, au moment où la crise de l’euro fait rage, les licenciements se multiplient ?

Nous avons un président normal, donc. La normalité en la matière rime avec nullité. Notre ravi de la crèche sévit partout où il passe : il commente, disserte, admoneste ou se réjouit, comme l’instit’ d’autrefois qui digressait avant de distribuer les bons et les mauvais points. Où sont les décisions ? Quand a-t-il pesé du poids de la France ? Excepté la machine à taxer, toutes les décisions qui importent pour l’avenir de notre pays et qui concernent au premier chef sa dette, sa compétitivité, le redémarrage de la croissance, ont été reportées à … plus tard. 

Alors donc, un président normal c’est quelqu’un qui vaticine, comme quand il s’agit des résultats du sommet européen, ou qui procrastine à tout va quand il s’agit des affaires de la France. Mais il soigne sa popularité en faisant prendre des vessies pour des lanternes au peuple ébaubi qui a voté pour lui, par une habile communication relayée par des médias on ne peut plus affairés au cirage de pompes.

La France n’aime pas ses héros. Elle a toujours chouchouté ses « poupous » avec un gros faible pour les besogneux qui échouent près du but à cause du mauvais sort qui les accable. Sarkozy lui mettait la pression. Hollande lui administre du Gardenal, et ça plait. Le problème c’est que ce type de gouvernance pouvait convenir à la rigueur par temps calme, dans un pays prospère. Mais on est encore en pleine tempête économique et nous avons hérité d’une bande de pieds nickelés à la tête de l’Etat : le bourgeois gentilhomme dominé par sa mégère au château, le Comte Arebourg jouant les Don quichotte à l’affaissement productif, la baronne Duflot de paroles qui réussit le double comble pour une gauchiste de distribuer des médailles à ses copains dans la promo du 14 juillet, …

Je suis injuste. Des décisions, le « normal », il en a prises : c’est la valse des hauts fonctionnaires de l’état qui sont virés pour mettre des bien pensants à leur place. Celui qui a critiqué Sarkozy pour ses nominations, pourtant aux profils variés, fait pis que lui, mais dans son cas, c’est pour remplacer des gens de droite par des gens de gauche, le vice contre la vertu, donc, circulez, y a rien à dire ! On appelle pourtant ça la chasse aux sorcières d’habitude ! Quel cynisme !

Revenons à nos moutons. Faire croire qu’on peut vivre comme un homme normal quand on est à la tête de l’Etat, c’est une authentique escroquerie. C’est un mensonge de plus. Nous n’attendons pas un homme ordinaire, mais quelqu’un qui règle les affaires de la France, qui soit à la hauteur, à la dimension de la grandeur de notre pays.  Et manifestement on a remplacé Prométhée par un nain endoctriné.

 

 

 

 

 

 


LA TENTATION NKM

 

  KOSCIUSKO MORIZET

L’UMP revient à son fonctionnement démocratique normal : il lui faut élire une équipe dirigeante avec à sa tête un président.  Sortons du débat tel que les médias veulent nous le présenter. A gauche la concurrence démocratique est normale, à droite, c’est forcément une guerre des chefs. Qu’il y ait plusieurs candidats, rien de plus normal.

Pourtant le parti de la droite et du centre doit se reconstruire après 10 ans de fonctionnement non conforme à l’inspiration du départ qui était contenue dans les statuts : l’expression de trois courants, gaulliste, libérale et centriste.  Cette expression n’a jamais pu être mise en place. Les 7 ans de « sarkozysme » pouvait justifier une mise  entre parenthèse, encore que… mais maintenant il est grand temps de revenir aux sources. Surtout si l’on veut reconquérir une place qui assure plus de 35% de suffrages.

C’est pourquoi la désignation de la future équipe par l’ensemble des militants à jour prend toute son importance. Les thèses de fonctionnement que chacun défendra auront toutes leur importance.

Le spectacle auquel nous assistons depuis le début de l’été m’attriste. Je comprends bien qu’il faille faire campagne, je comprends aussi qu’il y ait des ambitions qui se manifestent, mais il ne faudrait pas que l’on confonde prise de pouvoir au parti et primaire pour 2017, il ne faudrait pas non plus que la campagne laisse des traces insurmontables pour les uns ou les autres. Il faudra bien rassembler la famille au final, et cet objectif ne doit pas être perdu de vue par aucun des prétendants.

Le parti est aujourd’hui submergé de candidatures, avouées ou en devenir, toutes légitimes, mais d’inégal intérêt. Deux thèses s’affrontent : la jacobine, tendance chiraquienne, au nom de l’unité toujours revendiquée comme indispensable, incarnée par Xavier Bertrand, la semi-jacobine de François Fillon, et la girondine, favorable au pluralisme du mouvement et portée par Jean-François Copé. Et il y a les autres dont on ne sait trop ce qu’ils pensent de ce sujet fondamental pour l’avenir de notre parti.

Il est aussi traversé par une floraison de clubs et de courants qui naissent bientôt tous les jours. Les jeunes viennent de lancer « la France de demain ». On compte le courant humaniste, la droite sociale, la droite libre, la droite populaire, et maintenant la France droite de Nathalie Koscisko-Morizet. Et il y a ceux qui ont leur club : Fillon, Coppé, Raffarin … J’en oublie certainement. L’ouverture risque de tourner à la farce et la balkanisation à l’impuissance. Si chacun veut se compter dans sa chapelle, la déception risque d’être au rendez-vous : nos adhérents, et nos électeurs encore plus, n’aiment pas la division quand elle s’étale et devient illisible.

J’ai de l’affection pour François Fillon. Il a été un président de région remarquable, un premier ministre exceptionnel. Il a certainement encore un rôle politique au plus haut niveau à jouer. Mais je crains le mode de gouvernance dirigiste qu’il mettrait en place à l’intérieur du parti. J’ai apprécié Jean-François Copé comme animateur du parti qu’il a littéralement boosté pendant la campagne présidentielle. Mais j’attends de voir ce qu’il propose comme organisation interne pour canaliser tous les courants qui se manifestent. Je ne me sens pas en phase avec Xavier Bertrand dont le passage au poste de secrétaire général ne m’a pas convaincu. La candidature de NKM m’intéresse : sa fidélité à la ligne des réformes du quinquennat, son implication dans l’écologie, sa pertinence dans les postes ministériels qu’elle a occupée, lui donnent un profil moderne et laissent pressentir le goût de l’efficacité. Elle pourrait apporter au parti fraîcheur et renouvellement. J’attends  qu’elle précise comment elle envisage la gouvernance du parti et avec qui elle compte faire équipe.

Sinon, il nous reste Alain Juppé, notre sage, à qui je voue une affection particulière et dont j’apprécie les idées qu’il exprime toujours avec sagacité et finesse sur son blog. Lui au moins, on sait ce qu’il ferait, lui qui a porté l’UMP sur les fonds baptismaux. Retour aux sources garanti.