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ANTISARKOZYSME, DELIRE FISCAL ET COMPAGNIE…

 

Contribuable détroussé

D’un délire à l’autre, la gauche gouverne.

Les médias bien complaisants parlent de « présidence normale », d’ « habileté politique » là où je ne vois que cynisme et irresponsabilité. Vous allez trouver que je suis sévère et de mauvaise foi. Pour la seconde attitude, c’est possible, mais pour la première, je ne pense pas. Il suffit de voir le contenu de la session extraordinaire du parlement qui se termine ce soir. C'est une session parlementaire qui a été quasi exclusivement consacrée à défaire ce qui a été fait, annuler, abroger, casser sans rien construire. On a démoli des dispositifs qui permettaient d'améliorer la compétitivité des entreprises, avec la TVA antidélocalisation, ou qui permettaient d'améliorer le pouvoir d'achat des salariés avec la défiscalisation des heures supplémentaires, mais on n'a rien mis à la place car systématiquement, la réponse a été remise à plus tard.

C’est d’abord le délire idéologique du président et des ministres contre le capitalisme et les grands capitaines d’industrie. « Nous devons apporter notre confiance et notre soutien aux entreprises et saluer tous ceux qui contribuent au travail en France et pour la France » a déclaré le" playmobile aux manches trop courtes", comme s’il découvrait subitement les vertus des entreprises, alors qu’il tient de longue date les chefs d’entreprises en faible estime et forte suspicion. On sait depuis longtemps qu’il n’aime pas les riches et la « finance ». Sa sortie contre le plan social du Peugeot, le 14 juillet en témoigne encore. Cynisme et mauvaise foi se heurtent aujourd’hui au « principe de réalité » : devant l’aggravation de la situation économique, il fallait bien changer de ton. Il ne suffit pas de découvrir la nécessité de la compétitivité en paroles, il faut des actes, et pour l’instant, on vote des charges supplémentaires qui alourdissent un peu plus le boulet que traînent nos entreprises.

C’est le délire fiscal qui se traduit dans le collectif budgétaire qui vient d’être voté. Faire payer les riches, voilà bien une promesse tenue. Les socialistes viennent de porter l’ISF à un niveau jamais atteint. 250 000 foyers fiscaux vont acquitter 2,3 milliards d’euros supplémentaires. Pour les 10% les plus fortunés (30 000 foyers) l’impôt va bondir de 143% par rapport à ce qu’ils pouvaient prévoir en début d’année. A ce niveau de taxation, ce n’est plus de l’effort, c’est de la confiscation. Le pouvoir confond redressement du pays et spoliation. Dommage que tous les classements montrent que ces riches sont aussi ceux qui entreprennent ! Mais le délire fiscal touche aussi les revenus du capital qui sont davantage taxés, de même que les stock-options et les revenus des actions. Les familles sont mises à contribution à travers la réduction de l’abattement sur les droits de succession et l’allongement de la période pendant laquelle des parents peuvent transmettre une partie de leur patrimoine. Au nom de l’égalité des chances et du nivellement par la base, la nouvelle majorité préfère une France sclérosée où l’argent ne circule plus d’une génération à l’autre et où les biens familiaux ne peuvent plus être partagés. De quoi craindre pour les impôts de l’année 2013. D’autant plus que le rendement de ces mesures se révélera largement surestimé quand il s’agira d’entrer dans les faits.

Délire réactionnaire dont la principale manifestation est de démolir toutes les réformes votées sous le précédent quinquennat. A commencer par la défiscalisation des heures supplémentaires que le parlement vient de supprimer et qui porte atteinte au pouvoir d’achat de près de 10 millions de Français qui ne sont certainement pas les plus fortunés. Les socialistes n’ont toujours pas compris que le travail çà ne se partage pas, que c’est le travail qui crée la richesse qui permet de créer du travail supplémentaire. Le travail de démolition touche tous les domaines. D’abord, la réforme des retraites pour laquelle le nouveau pouvoir a voulu symboliquement ramener à 60 ans l’âge de départ pour 110 000 personnes, à contre-courant de ce qui se passe partout ailleurs, qui entraine un relèvement des cotisations sociales, et donc du coût du travail. On ouvre les vannes de la création de milliers de postes de fonctionnaires avec pour résultats des conditions bien plus dures que le 1 sur 2 de Sarkozy dans les secteurs non prioritaires et le gel des salaires. A la justice on revient sur les peines planchers, on gèle la construction des places de prisons, on abroge les mesures sur les mineurs multirécidivistes. La réforme des collectivités territoriales sera abrogée et les élections cantonales et régionales reculées…

Délire concertatoire qui multiplie les « commissions ». On veut nous faire croire que sous le précédent quinquennat, il n’y avait pas de dialogue social alors qu’il n’a jamais été aussi riche. Il s’est exercé dans tous les lieux mis en place tels que les "conseils d’orientation " et a concerné le droit du travail, les retraites, l’emploi, la santé. La pseudo-négociation proposée par le nouveau pouvoir, sans objectif défini, n’aboutira à pas grand-chose, et c’est une méthode dépassée. Pour une bonne raison : connait-on une seule réforme courageuse qui soit advenue par la palabre sociale ? Dans un pays où les syndicats cultivent la gréviculture comme un vigneron soigne son grand cru, ce n’est pas demain que les « partenaires sociaux » vont approuver le gel des salaires dans l’administration, l’alignement des retraites du public sur celles du privé ou réduire la durée d’indemnisation du chômage, ou encore alléger les contraintes qui pèsent sur le droit de licenciement… Le gouvernement multiplie les grand-messes et les tables rondes, confie des missions, mais à la fin des fins, il faudra bien qu’il assume sa responsabilité politique qui est de trancher.

Hypocrisie, cynisme, irresponsabilité. On perd du temps alors que le temps presse. A la rentrée, les masques finiront bien par tomber. Sinon, les marchés s’en chargeront.

 


A FEU ET A SANG

A feu et à sang001

La franchise en politique dérange. Tant pis pour les pisse-froid. Et c’est suffisamment rare pour qu’on salue l’artiste. Roselyne BACHELOT nous livre ses notes de campagne, brutes de décoffrage, les événements tels qu’elle les a vécus au fil des jours, avec les commentaires qu’ils lui inspiraient. Il y a ceux qu’elle aime et ceux qu’elle n’aime pas. C’est dit parfois carrément, mais jamais sans méchanceté. Je n’y ai jamais vu de « bashing » comme quelques médias l’ont prétendu. D’ailleurs, elle ne s’abaisserait pas à ce genre d’exercice qu’elle dénonce avec vigueur, surtout quand il s’agit de la constance des  « commentateurs » à l’égard de Nicolas Sarkozy.

A vrai dire, je n’y ai rien appris que je ne sache déjà. Beaucoup des travers de la dernière campagne présidentielle nous étaient connus, que nous les ayons soit ressentis, soit pressentis. Un éclairage utile donc, quand il nous apporte des certitudes là où nous en étions aux hypothèses, quand il décrit les relations entre le président et ses ministres et l’envers du décor de ses déplacements.

Je ne partage pas toutes ses appréciations.

Je pense que Roselyne Bachelot sous-estime l’exaspération d’une grande partie de notre électorat sur les questions de l’identité et de l’immigration. Dans mon entourage où l’on votait beaucoup « droite modérée », la tentation « Le Pen » était très perceptible. L’un de mes proches, qui habite en région parisienne,  me disait : «  il avait promis de passer le karcher, et il ne l’a pas fait. Il nous a mentis ! ». La campagne devait donc se faire sur ces attentes-là. Je n’y ai pas trouvé de concessions à l’extrême droite, mais il était fatal que les médias entretiendraient la confusion et là, on n’a pas été bons. De même, la stratégie du "ni-ni" : il n'y en avait guère d'autre possible au risque de déstabiliser un peu plus nos électeurs. Tous ceux que je connais, qui auraient voté facilement " Jospin" en 2002, disaient leur dégoût d'avoir à voter pour un socialiste en 2012, après cinq ans d'insultes et de dénigrement contre le chef de l'Etat. 

Elle sous-estime aussi les ravages de « l’assistanat » dans notre électorat des classes moyennes. Et Laurent Wauquiez a tapé juste quand il en a dénoncé les méfaits. Il aurait fallu en contrepoint montrer l’intérêt du RSA que les crises successives ont contrebattu dans ses objectifs, mais cela n’a pas été fait.

Oui, il fallait mener la bataille du bilan. Il aurait fallu le faire de façon multiple (beaucoup de porte-voix) et concentrée (marteler la liste des réformes et justifier les plus incomprises), cela pendant toute l’année 2011, sur tous les plateaux, sans s’occuper des questions inopportunes (vous avez vos questions, j’ai « mes » réponses). Et aussi en lieu et place de tous ces inutiles déplacements en province, sous haute protection, dont les thèmes n’ont jamais été correctement relayés par les médias qui se sont complus à souligner le « tri » de l’assistance.

Quant à l’électorat centriste, je pense qu’il ne structure plus rien du tout, même en Maine-et-Loire. Les églises se sont vidées et l’électorat démocrate-chrétien avec. Il s’y est substitué un vote de gauche modérée sous l’influence d’un clergé qui ne fait pas mystère de ce choix, et chez les plus jeunes, un vote écologiste. La querelle entre les centristes et la « balkanisation » politique de cet espace a fini de dissuader les derniers « mohicans ». Ainsi avons-nous perdu toutes les élections intermédiaires et l’UMP stagne à 35% : mortel dans un scrutin majoritaire à deux tours. Dommage qu’on n’ait pas saisi les avancées du Grenelle de l’environnement pour attirer une partie de l’électorat écologiste. La question de la reconquête des 15% manquants est toujours posée. Ce sera l’un des enjeux de la « nouvelle UMP ».

J’ai aimé les confidences  et les analyses toujours très pointues et argumentées, quand il s’agit de décrypter les tourments de la « porte-parole » du candidat, NKM en l’occurrence, ou de prendre parti dans le combat pour un meilleur traitement de l’autisme en France. Elle évoque avec sensibilité ses souvenirs, que j’ai partagés pour certains, et surtout on sent en permanence une grande affection pour Nicolas Sarkozy, y compris dans la frustration d’être à ses côtés sans pouvoir parler.

Et puis il y a les « perles » qui claquent comme des coups de fusil qui atteignent le cœur de la cible. Je me suis régalé au moins trois ou quatre fois.

A quoi aura servi François Bayrou ? « Rares sont les politiques dont on peut dire que, en vingt ans de carrière au premier plan, ils n’auront servi à rien. C’est le cas du Béarnais. » La suite p.233. Précis et définitif.

Mais que vient-il faire là ? Il s’agit d’Henri Guaino montant à la tribune pour faire un discours lors du meeting de Villepinte. Comme elle, j’ai trouvé le procédé ridicule. « se déroule alors une séquence ubuesque qui nous met si mal à l’aise, que malgré sa relative brièveté, elle nous paraît durer une éternité…Il ne doit pas figurer sur la photo et encore moins produire deux discours et en interpréter un. »  La suite p.152. Précis et définitif.

Comment expliquer l’atonie du militantisme classique au profit de la réaction aux dépens de l’action. La réponse se trouve entre autre dans le livret de Stéphane Hessel « Indignez-vous ! », exemple parfait de la pulsion stérile.  Une exécution que je partage et qui me conforte dans mon jugement sur ce « petit ouvrage frugal, où je ne trouve que du vent et des propositions avariées… ». La suite p. 51. Précis et définitif.

Et si vous voulez vous faire un jugement étayé et argumenté sur le programme de Hollande, le livre fourmille de passages croustillants à souhait. « En face, chez les socialistes, c’est un trou noir, une progression par le vide, qui n’est pas moins brutale… ».

Je vous laisse le soin  de découvrir la conclusion.

Et pourtant, il s’en est fallu de peu. L’énergie du bonhomme  a failli faire mentir tous les pronostics. Au Trocadéro, il a soulevé  nos cœurs. Nous n’oublions pas. (Cela, c’est moi qui le dit).

 

 


LA FRANCE DANS L’ŒIL DU CYCLONE

 

Les nuages noirs s’accumulent à l’horizon de la France et ce n’est pas le collectif budgétaire qui vient d’être voté qui va arranger les choses. Au contraire, il est un facteur d’aggravation. Si notre pays connaît un relatif répit sur le front de la dette, la dégradation de sa situation intérieure et les difficultés de l’euro annoncent une violente tempête.

La crise de l’Euro n’est pas terminée. D’abord parce que les marchés s’impatientent dans une situation internationale où les milliards de fonds qui doivent se placer quotidiennement ne savent plus vraiment où aller. Ensuite la lenteur de la mise en application des décisions des sommets européens transforment le continent en terrain de jeu pour la spéculation, notamment sur les dettes souveraines. Les anglo-saxons ne sont pas les derniers, eux qui rêvent de faire exploser la monnaie unique. C’est ainsi que malgré des progrès certains, notamment la reprise des exportations du Portugal et de l’Espagne, cette dernière est victime de l’hystérie des marchés. Mais l’Europe n’et pas démunie, il faudrait seulement que les gouvernements s’activent un peu plus à faire avancer les choses. A commencer par la France qui aurait dû mettre la ratification du traité de stabilité dans ses priorités, au lieu de chipoter sur la règle d’or et d’attendre la rentrée. L’incendie est à notre porte et le « playmobile » vaticine.

Dans une conjoncture mondiale plus que morose, avec une croissance en berne partout, notre pays entre petit-à-petit en récession. Le délire fiscal qui vient de se concrétiser avec un prélèvement de 7 milliards d’euros, dont 4,2 produits par l’ISF, aura pour effet d’accentuer l’atonie qui a gagné notre économie. A ce niveau de prélèvement sur le patrimoine et le moteur du profit (2,3milliards supplémentaires sur la fortune, fin des heures supplémentaires, prélèvements sociaux sur l’épargne, majoration d’impôts sur les sociétés, surtaxe des banques, prélèvement sur l’épargne salariale), ce n’est plus de l’effort, mais de la confiscation, voire de la spoliation. En conséquence, l’exil fiscal s’accentue, et ne touche pas que les grandes fortunes. Il concerne aussi tout ce que notre pays compte de jeunes talents. Impossible que ces mesures qui s’appliquent dès maintenant n’aient aucune conséquences sur le pouvoir d’achat et la consommation. Le deuxième effet négatif qu’elles induisent, c’est une accélération de la perte de compétitivité de nos entreprises : au lieu d’alléger les charges qui pèsent sur le travail, elles les alourdissent. Elles accentuent l’effet de cercle vicieux de la perte de compétitivité dans lequel notre pays s’enfonce. Alors que le coût de l’heure de travail était inférieur de 15% au coût allemand il y a 12 ans, il le dépasse aujourd’hui. Si on n’y remédie pas rapidement, le cercle mortifère pour notre appareil productif continuera de produire ses effets néfastes sur l’emploi. Mais les socialistes n’ont pas encore compris que le partage du travail était une mauvaise solution et qu’un salarié en « heure sup’ » n’a jamais pris la place d’un chômeur.

Et dans le même temps, le gouvernement socialiste envoie des signaux négatifs aux marchés. Les déclarations contradictoires du Président sur la règle d’or, le choix d’engager 4 milliards de dépenses nouvelles (20 milliards sur le mandat) sans aucune réduction de dépenses pour l’instant, vaguement annoncées mais remises à plus tard, la multiplication des « commissions » « Michu » sur les sujets les plus variés, mais qui retardent d’autant des décisions pourtant urgentes, sont autant d’éléments que les marchés engrangent jusqu’au dérapage qui déclenchera leur furie. Car il faudra bien choisir entre  la compétitivité et le social : l’hésitation sera rapidement intenable. Mieux vaudrait faire les choix dans ce qui ressemble encore à un peu de sérénité que sous la pression d’une attaque sur notre dette. Pour cela, il faudra que le gouvernement mange son chapeau, premier ministre en tête, en se souvenant « qu’en politique, il est souvent plus rentable de se contredire que de se répéter ! »

La tempête s’annonce, raison de plus pour ne rien faire du nécessaire !

 


OBSERVE DE MON BALCON

Bidochons   Avrell   Asterix  Fantasio

L’été pointe enfin le bout de son nez et en ce week-end de 14 juillet, la côte a pris son air estival : les juilletistes sont de sortie, les terrasses sont pleines, la digue du port s’est animées de ses nombreux promeneurs.  De mon balcon j'ai une vue imprenable sur la foule bigarrée qui passe en-dessous.

J’ai compris où les auteurs de bande dessinée puisaient leur inspiration pour inventer des personnages, aussi grotesques soient-ils : l’observation de nos contemporains est une mine (si j’ose dire) sans fond pour l’alimenter.

Ce jour-là, Binet s’en serait donné à cœur joie. Les « Bidochons » sont de loin les plus nombreux. Tout y est : accoutrement vestimentaire, physique ingrat, visages de masques de carnaval, coiffures improbables. Morris aussi est de la partie avec un Averell plus vrai que dans la BD, sans son costume de bagnard évidemment, mais avec son grand menton carré, sa coiffure hirsute et son air niais. Vous allez dire que j’exagère. Pas du tout, ce type de visage peut exister, il n’y a qu’à voir les frères Bogdanoff. Ces deux-là, à chaque fois que je les vois à la télé, j’ai l’impression que ce sont eux qui sont sortis d’une BD.

Je découvre le couple Obélix et Astérix dans la queue qui s’étire devant le marchand de glaces, un lieu qui est le réceptacle de toutes les conformations, avec, je ne sais pas pourquoi, une prédisposition à concentrer les personnes en surcharge pondérale.

Est-ce cette jolie anglaise (hypothèse) blonde qui a inspiré Falbala ? Et ce grand dadais blond, lui aussi, avec ses poils en bataille sur la tête, ne serait-ce pas Fantasio ? Voilà un curieux mélange de bd : voilà que la rue rend possible les rencontres les plus improbables  que les inventeurs de ces personnages n’auraient pas même imaginées.

J’ai beau chercher, je ne trouve pas de personnages correspondant à mon univers favori, celui de Tintin. Personnages probablement trop sages dans les proportions, trop datés dans les costumes, trop épurés dans leur profil. Bien qu’il me semble tout de même avoir entr’aperçu un vague Rastapopoulos,  ici, un Séraphin Lampion, là. Les tenues estivales, bermudas et tongs avec tee-shirts déroutants, sont propices à tous les camouflages. Surtout quand les lunettes noires sont de sortie.

Mais qui voilà ? Ce petit garçon roux en salopette bleue avec son cocker en laisse qui trotte fièrement à ses côtés, l’œil à l’affût, mais oui, mais c’est bien sûr, c’est Boule et Bill ! Quelle surprise ! Et le petit blond qui entre dans l’immeuble, juste en dessous, c’est Cédric, n’est-ce pas ? Eh non, ça, c’est Arthur, c’est mon petit-fils…

« A table ! » l’appel impérieux me sort de ma contemplation.

C’est certain, demain j’arrête les BD …

 


MONTEBOURG, DEMISSION !

 

Le comportement du Ministre face aux difficultés rencontrées par le groupe PSA est un aveu d’impuissance. Ses propos extravagants digne d’un commissaire politique de régime totalitaire contre la famille Peugeot sont indignes. On comprend que le gouvernement peine à accepter le plan de restructuration qui est proposée et les 8 000 emplois qu’il supprime. On comprend qu’il cherche à plaire aux syndicats, confondant virulence et efficience.

La fragilité de l’usine d’Aulnay était connue de tous. Evidemment, il y a des choses qui ne seront jamais vraiment dites pour ménager, si faire se peut, les partenaires sociaux, comme par exemple, le manque de fiabilité des voitures qui y sont construites, avec des taux de refus en fin de chaîne bien plus élevés que dans d’autres unités du groupe, où elles sont très faibles comme à Trnava en Slovaquie.

Les difficultés traversées par notre constructeur automobile ont été aggravées par l’effondrement du marché européen. Il est certain qu’il y ait eu des erreurs de stratégie, un manque d’anticipation, une frilosité pour tisser des unions majeures. Cela tient aussi à des traditions industrielles familiales et un contexte français d’instabilité fiscale qui peut avoir paralysé ces capitaines d’industrie qui n’ont pourtant pas hésité à investir l’an passé 133 millions d’euros dans leurs usine.

Cela n’autorise pas un ministre de la République à jeter en pâture à la vindicte publique en la suspectant de malhonnêteté une famille honorable, irréprochable sur le plan fiscal, et un patron non moins estimable qui paie probablement aujourd’hui d’avoir privilégié le maintien d’une trop grande partie de sa production sur le sol national.

Par ses propos, M. Montebourg fragilise cette entreprise qui aurait besoin au contraire de s’appuyer sur un cours boursier consolidé, et il risque de compromettre son redressement. C’est le Ministre de « l’affaissement productif ». Il n’est manifestement pas à sa place. Il n’a aucune crédibilité et il vaudrait mieux qu’il démissionne !

 


LA REGRESSION, C’EST MAINTENANT ET POUR LONGTEMPS

 

Pour ma génération de l’après-guerre, le progrès était une certitude palpable et il n’était pas concevable que le mouvement qui touchait le monde entier, avec des degrés divers selon les Etats et les sociétés, connaisse une inversion. Il touchait dans notre pays l’accès à un savoir en perpétuelle extension, la science médicale, l’évolution des techniques, les conditions du travail, la répartition des richesses, la modification progressive des mœurs. Force est de constater que le monde dans lequel nous vivons connaît aujourd’hui des régressions inquiétantes, dont la crise mondiale se révèle un accélérateur. Les forces de l’obscurantisme qui ont toujours existé reprennent du poil de la bête et la lutte contre le progrès prend de multiples formes. Internet leur donne un accès à tous inespéré et les thèses les plus farfelues ont une audience anxiogène. Elles concernent tous les domaines : agriculture, santé, industrie, vie en société, … Et les exemples abondent avec la mode des produits bio (souvent plus faux que vrais), le débat sur la vaccination à qui on doit la sauvegarde de millions de vies, la mise en cause du progrès industriel  (des emplois plutôt que des robots), et même la condition des personnes dans notre société (respect des coutumes les plus barbares).

La régression la plus voyante est celle de la condition féminine dans certains pays musulmans. En particulier dans ceux qui ont connu le printemps arabe. Le retour de la charia ne peut pas être considéré comme une chance en ce qui les concerne. Le déclin de l’occident et avec lui, celui des valeurs universelles des Droits de l’Homme n’ouvre pas sur un monde meilleur.

La régression nationale.

En France aussi, nous sommes entrés dans une ère de régression qui n’a pas commencé hier. Le symptôme le plus évident dans notre pays en est l’énormité de la dette publique. Le quinquennat qui vient de s’achever a tenté d’enrayer ce mouvement en remédiant à nombre de travers de l’Etat et de la société : simplification de notre administration dans tous les fonctions régaliennes, effort de réduction des dépenses, lutte contre les communautarismes, revalorisation de la valeur travail, laïcité exigeante, … La présidentielle a stoppé net cette ligne politique au milieu du gué.

En élisant François Hollande, le pays a fait le choix de la « régression nationale » au terme d’une campagne de coalition généralisée et hystérisée contre celui qui, avec courage, nous proposait de continuer les efforts. Il s’avère, en effet, que le nouveau président est un homme normal. Sauf que la fonction n’est pas faite pour un homme normal.  Il faut donc s’attendre au pire : avoir un « sous-président » qui s’en remet aux autres à travers les multiples commissions qu’il met en place. Sa prestation du 14 juillet n’est pas rassurante : n’ayant rien à dire, il a pratiqué l’esquive à son habitude. Dans le commentaire plutôt que dans la décision, il a montré qu’il n’était pas encore entré dans la fonction : il faisait penser à un cycliste qui serait descendu de son vélo pour se regarder pédaler.

La régression est patente et déjà en action : vis-à-vis de PSA et des difficultés que le groupe industriel rencontre, Hollande veut lui mettre la tête sous l’eau et Montarebourg la lui maintenir. Heureusement, nous ne sommes pas dans une économie administrée et si l’Etat a quelques moyens, il ferait bien de les mettre là où le bât blesse : diminuer les charges qui pèsent sur le travail pour redonner de la compétitivité à notre économie et à nos entreprises. C’est le chemin inverse qui est pris : nous sommes entrés dans une économie de régression dans laquelle la liberté d’entreprendre va être entravée par le désir de contrôle de l’Etat socialiste.

La nouvelle équipe nous annonce d’autres régressions :

- sur le plan international, une diplomatie de régression et de moindre influence pour la France. Les attendus des derniers sommets auquel le « playmobile » a participé en font foi.

- sur le plan intérieur, une administration de régression puisqu’on remet en cause la réforme territoriale et la RGPP, étapes laborieuses d’une simplification de notre fonctionnement et de notre mille-feuilles de collectivités. La régression se fait ici au nom d’une « proximité » des services publics que l’on refuse d’adapter au XXIème siècle et dont on n’a plus les moyens du financement. Le progrès consisterait à diminuer les dépenses publiques. Or, on augmente les prélèvements pour faire le contraire.

-sur le plan social, l’obsession de la « justice ». Derrière le mot "juste" dont la gauche a plein la bouche, se cache la régression de « l’égalitarisme ». Elle se traduit par une politique fiscale confiscatoire : il est interdit en France de réussir  et de faire fortune. Le capital est surtaxé à toute les étapes de sa constitution. Moralité : nous avons peu de PME de grosse taille ou de taille intermédiaire qui sont les plus performantes pour enrichir un pays, et les plus fortunés fuient la France. Je n'évoque pas les groupes à taille internationale qui pratique "l'optimisation" fiscale depuis longtemps. Mais pour tous, c’est la régression du pouvoir d’achat et du niveau de vie.

- sur le plan sociétal, la première régression s’appelle « communautarisme ». C’est le cheval de bataille de SOS racisme et des « ligues » diverses. Le respect identitaire des communautés qui viennent s’installer en France est en contradiction avec notre conception qui ne reconnaît que des individus libres et égaux. Cette régression est un obstacle à toute politique d’intégration. La seconde s’appelle « assistanat ». C’est une régression dans la mesure où la richesse produite ne suffit pas à financer l’assistance. Cette forme de redistribution excessive qui se fait à crédit contribue à l’appauvrissement général. On pourrait aborder aussi la "régression éducative" qui ne se limite pas à l'Education nationale et la "régression judiciaire" avec le retour au laxisme et à l'angélisme du "bon sauvage"...

- sur le plan intellectuel, le « progressisme » incarné par les intellectuels de gauche et les écologistes, est une véritable régression. C’est même le cœur du sujet. Entre ceux qui n’en ont pas fini avec Marx et ceux qui prônent le retour à la calèche, c’est à qui rivalisera pour mettre des bâtons dans les roues au progrès : du nucléaire aux nouvelles lignes TGV, en passant par les OGM ou les gaz de schistes, ils sont sur tous les fronts. Imposant même des tabous : interdiction d’expérimenter ou de regarder…

Demain ne sera pas rose. Les talibans de tout poil ont de beaux jours devant eux.

 


ECRAN TOTAL

 Internet-mobile

De protection solaire, il n’est point question, à moins de parler de la toile du parapluie qui nous protège de la pluie. Je veux plutôt évoquer le comportement bizarre de nos contemporains. En effet, une étrange épidémie gagne peu à peu toute la population et à tous les âges de la vie. Elle commence à sévir dès 6-7 ans, parfois avant, frappe les adolescents avec sévérité, touche tous les adultes sans distinction et n’épargne même pas les seniors qui sombrent parfois dans une addiction surprenante.

Cette maladie étrange a commencé à se manifester il y a déjà quelques années. On voyait alors circuler dans les rues, attablés aux terrasses des café ou plantés au supermarché devant le rayon crémerie,  des personnages à qui il avait poussé subitement une excroissance sur l’oreille munie d’une courte antenne parfois télescopique. Elle s’accompagnait toujours d’un délire verbal  passionnant du genre : « allo, t’es où ?» ou encore « le beurre, doux ou salé ? »…

Depuis le mal a empiré. Il s’est aggravé avec la multiplication des ordinateurs et l’arrivée de Facebook. La race humaine connaît un épisode ultime de son évolution. L’homo sapiens sapiens devient « internotus ». Pourquoi communiquer face à face alors qu’on peut le faire par écran interposé et à tout moment.

Le temps où ma dernière fille quittait sa copine devant le portail de la maison après avoir bavardé pendant une heure et, aussitôt rentrée, s’emparait du téléphone fixe pour l’appeler et continuer la conversation pendant toute l’heure suivante, me parait remonter à l’antiquité.

Les gens passent leur temps à se flairer entre eux . Après l'inévitable "t'es où ?" qui vient toujours en premier, suivi de :«  t’es en train de faire quoi ? », ils aiment étaler leurs sentiments ou tailler un costard  à leur tête de turc préférée ou  encore nous faire des confidences essentielles comme : « bon, je vais me coucher ! ». C'est tout juste s'ils ne nous préviennent pas qu'ils vont faire leurs besoins.

C’est ainsi qu’en toutes circonstances vous les voyez courbés sur leur instrument planté dans leur main, soit à pianoter d’un pouce agile de la même main (pour les plus agiles), soit à effleurer l’écran d’un geste léger, absorbé dans une contemplation dont rien ne peut les soustraire. La maladie sévit en tous lieux : à table, même avec des invités, au restaurant en attendant les plats, au lit en guise de roman. Comme on ne peut pas encore copuler avec l’engin (ça viendra), on se demande encore comment on arrive à maintenir le taux de natalité. A moins que le téléchargement de films pornos ne soit une explication.

L'iphone est apparu. Il permet de rester connecté en permanence et évite de sauter d'un écran à l'autre. Utile ou futile ? Comme toujours, c’est à chacun de décider. Car il est bien difficile d’apprendre à tous ces consommateurs, et surtout aux plus jeunes à l’éducation déjà très rudimentaire, comment contrôler une activité quasiment souterraine, tentaculaire, et qui se développe à l’insu de notre plein gré (comme disait l’autre).

Il serait bon de rappeler à tout ce beau monde que, pour éviter la surchauffe oculaire aussi bien que cérébrale, la vie existe aussi bien en dehors de l’écran. Peut-être faudra-t-il bientôt initier des stages de sevrage médiatique, histoire de faire redécouvrir la vraie vie et ses vraies valeurs. La panne d’Orange nous rappelle utilement qu’on peut aussi se passer  de ces appendices allumés en permanence sans que le monde ne s’écroule. Enfin presque…

« L’écran total », y a qu’en protection solaire estivale que c’est bien.

 


UMP : RECONQUERIR LA CONFIANCE

 

Après la courte défaite de Nicolas Sarkozy, l’UMP a été battue aux législatives. C’est la logique du scrutin qui suit celui de la présidentielle. Dans des délais aussi courts, malheur au camp vaincu. Mais conserver plus de 200 députés après dix années de pouvoir et quatre ans de crises successives ravageuses est loin d’être déshonorant.

Elle dispose normalement de cinq ans pour se refaire une santé. Cependant, il vaudrait mieux que le parti soit en ordre de marche avant les élections municipales de 2014. Il faut donc tirer rapidement les leçons apprises pendant le précédent quinquennat : les élections locales ont toutes été perdues parce que l’effet majoritaire de la présidentielle estompé, le parti plafonne à 35% des voix sans réserves de second tour et, absorbé par son soutien au Président et au gouvernement, il n’a pas suffisamment exprimé un projet politique. Le trouble a pu s’installer dans l’électorat, alimenté à la fois par le discours de Nicolas Sarkozy sur l’identité nationale et la résurgence des frontières et par la stratégie du « ni FN-ni Front républicain », compréhensible mais source de discordances. De même, l’UMP a pu s’engager dans des réformes moins parce qu’elles correspondaient à sa vision de la société ou à sa conception de la personne humaine, que pour satisfaire à « l’esprit du temps ». Enfin, le glissement à droite de l’électorat et la disparition du centre démocrate-chrétien au profit du PS, très explicite dans toute la partie ouest du pays, doivent être pris en compte pour les échéances futures.

Ce sont donc les fondations du parti qu’il faut revoir, avant qu’il se trouve un « leader », et pas l’inverse. Car une formation politique de premier plan ne peut pas espérer reconquérir le pouvoir sans être au clair sur son patrimoine intellectuel et sa stratégie politique. Il faut se reconstruire d’abord par les idées. C’est ce travail en profondeur sur ses valeurs et sur ses idées, en les mettant en accord avec notre  temps et les difficultés de notre pays, qui permettront à l’UMP d’assumer la droitisation de l’électorat tout en restant fidèle au socle républicain et de résister ainsi à la pression de ceux qui réclament l’alliance avec le FN. C’est cette mise à jour programmatique qui permettra de redonner confiance aux électeurs modérés laissés en jachère, et soumis aux convoitises des centristes qui se « balkanisent » un peu plus chaque jour.

Si l’UMP se revendique de la droite et du centre, elle doit dire plus clairement qui elle est, quelles sont ses valeurs, quelle est sa morale, quelle vision elle a de la France, de son identité, de son avenir. C’est le seul moyen de montrer où sont les vrais clivages avec l’extrême droite mais aussi avec la gauche. Etre « le parti des droits et des devoirs » est un message trop réducteur. Cette tâche de refondation est urgente. Cette clarification sérieuse des fondements culturels et intellectuels d’un projet susceptible de rassembler des frontières de l’extrême-droite jusqu’au centre gauche, vocation initiale quelque peu perdue de vue, passe par un travail de fond qui doit faire appel à toutes les compétences intellectuelles et pas seulement aux militants.

Les chantiers sont connus. En voici quelques-uns : reconnaissance de la dignité de la personne humaine qui touche, entre autre, à l’éthique du début et de la fin de la vie ; revalorisation des valeurs de liberté et de responsabilité pour permettre à la société de s’épanouir et non l’état à travers l’assistanat généralisé ; redéfinition complète de la politique sociale et de ses principes pour mettre fin aux effets pervers d’un « modèle social » à bout de souffle, coûteux et créateur de chômage ; restauration de la culture de l’excellence, sans laquelle il n’y a pas d’ambition ni de dynamique pour la société, les entreprises et surtout l’épanouissement de chacun.  Il faudra enfin proposer aux Français une vision de la France demain. L’appartenance, l’identité, les racines n’interdisent pas l’ouverture à l’autre ni l’accès à l’universel. Mais il faudra bousculer la tradition jacobine : proposer un rééquilibrage des institutions entre un président omniprésent et un premier ministre aux attributions mal définies, réorganiser les collectivités territoriales en en diminuant le nombre et en clarifiant leur compétences, définir quelle place pour les Régions, en jouant la subsidiarité contre le centralisme, quelle place dans l’Europe en primant les transferts de souveraineté sur le repli nationaliste.

C’est une fois cette mise à jour faite que l’UMP pourra se choisir un leader en correspondance avec son projet. Il pourra alors en faire partager à nos concitoyens les valeurs, les convictions et les repères. On a un an, jusqu’à l’automne 2013, pour faire cet « aggiornamento ». C’est largement suffisant.

La pire des choses serait de succomber au « tic » gaulliste du culte du chef, considérant que les valeurs vont de soi. On réduirait alors la reconquête à celle du seul parti, avec bataille d’égo assurée et électorat dégoûté. On sait ce que ça donne : au mieux 35% des voix ! Et la gauche au pouvoir pour dix ans.

 


L’ENFUMAGE, C’EST PERMANENT

Playmobile 1 mod

La « conférence sociale » vient de se terminer. Sur un bide. Faute de pouvoir trouver un accord avec les syndicats, notamment FO et CGT, qui, comme d’habitude, campent sur leurs positions et n’ont pas du tout l’intention de valider une politique de rigueur, le « héros » du jour essaie de nous vendre la « concertation permanente » et un agenda des réformes pour… le quinquennat. Avec les louanges des médias pour faire bonne mesure. La réalité est bien plus rude : il y a le feu à la maison, mais on parlotte.

S’il fallait un exemple de l’embobinage permanent auquel on est soumis depuis l’élection du « playmobile », en voilà un.

On a eu droit à la « séquence internationale réussie » avec le G8, où il s’est contenté de faire connaissance avec ses interlocuteurs, le G20 où il n’ a rien obtenu de concret, sinon que tout le monde a parlé croissance sans définir ce qu’il entendait par là et que la mention si difficilement obtenue par Sarkozy d’une taxe sur les transactions financières a disparu des conclusions. On en est réduit à porter à 0,2% (au lieu de 0,1%) la taxe prévue par notre pays, une manière de se tirer une balle dans le pied. De même, la « victoire » remportée par notre champion au Conseil européen, sur la renégociation du traité de stabilité, s’avère être une entourloupe à tout le moins. Les mesures obtenues sur la croissance étaient déjà dans les tuyaux de la commission européenne depuis longtemps et Merkel n’a rien lâché. Finalement il faudra bien adopter la règle d’or d’une manière ou d’une autre, et le traité sera bien soumis à ratification. De l’habillage pour dissimuler qu’on fait du « Sarkozy », qu’on a tant vilipendé. Quand il revenait d’un entretien avec la chancelière, il était traité de « toutou ». Que dire alors des simagrées hypocrites de Reims ?

En politique intérieure, on n’est pas mieux loti. Quand Moscovici évoque l’« ardoise cachée » du gouvernement précédent, la Cour des Comptes le « claquemufle » d’un satisfecit de l’effort de sérieux et de rigueur qui avait été entrepris et à poursuivre. Le rapport a d’ailleurs été aussitôt enterré. Tout cela pour éviter d’évoquer la « facture cachée » qui se prépare et qui ne laissera pas d’être douloureuse pour les classes moyennes. On ne nous dit pas tout des tergiversations de Bercy. L’équation est compliquée. La France est entrée en récession et il faut trouver 33 milliards d’euros d’urgence pour tenir le cap. La hausse du SMIC, cette mauvaise solution qui augmente les charges des entreprises, crée du chômage et coûte à l’Etat, ne sera que de 2%. On retire la décision d’augmenter le TVA, pourtant indolore pour le pouvoir d’achat, mais on prépare une hausse massive (2 à 4 points) de la CSG, bien que cela soit infiniment plus compliqué à mettre en œuvre. La taxation des revenus à 75% semble poser un sérieux problème d’assiette et pourrait finalement rapporter moins que des queues de cerise…  En même temps on va imposer à 25% l’épargne salariale pendant qu’on retire les 30€ de franchise pour l’accès aux soins des sans-papiers dont ils devaient s’acquitter : proprement scandaleux. Et on voudrait encourager le travail ! La caisse de retraite des salariés de la fonction publique territoriale cherche des fonds, les caisses Arco et Agirc seront taries en 2016 au lieu de 2025, mais on maintient le retour partiel à la retraite à 60 ans. Même les fonctionnaires devront faire des sacrifices. C’est que la « contrepartie cachée » de l’embauche  c’est le gel des salaires et le durcissement du non remplacement des départs à la retraite dans les fonctions non prioritaires. Aïe ! A quand la baisse des pensions ?

Une seule bonne nouvelle : la France vient d’emprunter à court terme à des taux d’intérêt négatifs. Une chance due à la conjoncture et un hommage posthume à la politique poursuivie par François Fillon. Cela ne durera pas. Au premier dérapage sur les objectifs, cette opportunité pourrait bien se retourner très vite.

Mais tout va très bien, madame la marquise. Il ne peut pas en être autrement puisque les socialistes sont au pouvoir. Le président et son gouvernement maintiennent l’ambiguité en permanence. Une seule certitude : les lendemains déchanteront. C’est juste une affaire de temps. Car Hollande a tous les pouvoirs sauf un : celui de changer la réalité. Quoi qu’il en soit, la rentrée sera « chaude » pour les contribuables.

 


VACANCES CORSES

 

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Après l’agitation des campagnes électorales et leurs activités multiples et épuisantes, nous ne nous étions pas trompés en choisissant la Corse pour goûter un repos bien mérité et faire le vide dans nos têtes.

A l’invitation de nos amis Monique et Hervé, installés dans une coquette maison près de Solenzara, nous avons atterri sur « l’île de beautés » pour une quinzaine de jours, avec le beau temps qui ne nous quittera pas, à notre plus grande satisfaction, nous qui avions embarqué à Nantes avec un petit vent frisquet et un ciel chargé de nuées.

Pour nous, c’était une première. Et c’est avec l’esprit aiguisé par toutes les revues qui vantent les charmes de l’ile que nous avons abordé notre séjour. Ce fut une découverte riche et éblouissante. Le soleil participe à la fête bien sûr. Mais la belle sauvageonne a déployé pour nous ses multiples attraits, grâce il est vrai, à nos hôtes, venant sur place depuis plus de trente ans, et à leurs amis corses qui avaient à cœur de nous faire succomber aux multiples séductions de leur pays.

P1090464Je ne décrirai pas la chaleur de l’accueil que nous avaient préparé nos amis d’enfance, ni les agapes auxquelles il a donné lieu tout au long du séjour. Notre groupe étant renforcé pour l’occasion du couple Josiane-Marcel, arrivés avec nous, et eux aussi de très vieux complices de nos jeunes années.

Un séjour inoubliable donc, avec au programme une croisière en mer à partir de Bonifacio, aux îles Lavezzi, une sortie en mer à la pêche, une soirée « côtelettes » à l’instigation de Charles, l’ami corse, une soirée « langoustes » pêchées pour nous près du Cap Corse, la visite de Porto-Vecchio, de Corté, la traversée en train jusqu’à Ajaccio… Ou encore le P1090321 détour par Saint-Florent, joli port qui prend des airs de Saint-Tropez, l’authenticité en plus, avec en prime le « Club-Med 2 » ancré dans la baie. Avec une "mention spéciale" à Joséphine, la mère de Charles, qui a agrémenté la plupart de nos repas de ses cakes et pâtisseries ou de spécialités locales comme les aubergines à la bonifacienne. Le tout ponctué d'un incontournable "limoncello" ou d'une lampée de liqueur de "myrte".

100_0664La Corse, ce sont des rivages préservés, des eaux cristallines et une montagne à « aventures ». Il faut avoir trempé ses orteils dans les eaux turquoises de la plage de Pinarello. Il faut avoir escaladé en quatre-quatre ou en quad les pistes poussiéreuses avant d’arriver à 1500m à un petit paradis planté de pins Lariccio, où nous passerons la nuit sous la tente, près d’une bergerie. Avec la rencontre improbable d’un berger corse, taillé à la serpe, bourru d’apparence comme il sied, avant de découvrir un intellectuel régionaliste pacifiste, communiste et franc-maçon, ayant eu des fonctions syndicales importantes sur le continent, et ayant tout abandonné pour se consacrer à ses chèvres, ses traditions et… la méditation. Il nous offrit un quart de cochon de lait à faire griller avant d’aller se coucher ! Toute la générosité d’un pays qui a soif d’exister et de défendre son identité.

Nous n’aurons pas tout vu. Evidemment. La Corse recèle encore de multiples trésors que nous devrons aller chercher. Nous ne manquerons pas d’y retourner.