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REMETTRE L’ETAT A SA PLACE

Des-liasses-de-billets

 

Avec la crise l’Etat s’est arrogé tous les pouvoirs, sur la vie des gens, sur celle des entreprises, sur notre santé … mais  il est absent des quartiers où règne la loi des sauvageons.  Face à la crise sanitaire, l’exécutif s’est voulu réactif pour endiguer la pandémie, avec  beaucoup d’incohérences, et pour soutenir l’économie. Mais dans les deux cas, trop vite et trop fort.

Pouvoir sur les gens.

C’est ainsi que l’Etat a décidé pendant deux mois si on a le droit de sortir, si on a le droit de faire 100 kms, si on a le droit de se promener dans un parc. Il a encore décidé pour nous du droit de voir ses parents ou ses grands-parents, de travailler au bureau ou de rester chez soi. C’est lui qui nous dit si on peut partir en vacances en France ou à l'étranger, aller au restaurant, prendre de la chloroquine avant de l’interdire. Il nous a expliqué que cela ne servait à rien de mettre des masques puis qu’il fallait en mettre. Avec  un inventaire  à  la Prévert quand il a fallu trier les commerces qui pouvaient ouvrir pendant le confinement. Bienvenue dans  le monde de Courteline. Est-ce en infantilisant les Français qu'on les rendra responsables ?

Pouvoir sur l’économie.

Il s’est arrogé un droit de vie ou de mort sur les entreprises privées et donc sur nos emplois. Avec la  pluie d’argent emprunté à la BCE, c'est lui qui paie les salaires, c'est lui qui décide quelle entreprise a le droit de survivre ou doit mourir, à travers le PGE, c'est lui qui décide de prendre le contrôle de tel ou tel secteur, comme avec la main-mise de fait sur Renault. Pour demain, c'est lui qui décide si vous devrez rouler en électrique ou en hybride, et quelle usine doit ouvrir et quelle usine doit fermer. J’exagère à peine. Il a pris complètement le pouvoir économique. Il  en a les moyens puisque la Banque centrale européenne lui a fait un chèque en blanc. Du coup il dépense sans compter et il se rend incontournable.  Voilà donc l’Etat, déjà incapable de gérer le budget de la France, lui qui  n'a jamais réussi à équilibrer les dépenses avec les recettes, aux manettes de l'économie ! Oubliez le capitalisme en France. Nous sommes dans le pire pays pour le dirigisme technocratique. Chaque jour il annonce des « dons » de plusieurs dizaines de milliards d'€, et cela ne coûte rien puisque c'est « l'État qui paie ». L’épargnant remboursera.

On  peut faire autrement.

Prenons l’exemple du secteur automobile : l'automobile française mérite d'être sauvée. La France peut s'enorgueillir d'avoir avec PSA et Renault deux constructeurs de premier plan ainsi qu'une multitude de grands équipementiers tels que Faurecia, Michelin, Valeo… Elle est une grande puissance de l'automobile et si le gouvernement ne vient pas en aide à ce secteur gravement fragilisé par la crise, c'est évidemment toute l'économie française qui en payera durablement le prix. Bien sûr, à l'heure ou des centaines de milliers de véhicules encombrent les parkings des concessions et représentent l'équivalent de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires immobilisé, une prime à la casse qui contribuera en même temps à accélérer la mutation vers un parc automobile plus électrique, peut paraître la bienvenue. Mais l'effet d'aubaine qu'elle suscite fait que les voitures vendues avec des rabais aujourd'hui sont beaucoup de voitures qui ne seront pas vendues demain à leur véritable valeur. Et comme il est impossible de concevoir une prime qui ne soutienne que les véhicules assemblés en France, les primes à l'achat sont aussi des machines à creuser notre déficit commercial et à soutenir les usines mais des autres… C’est  l’inconvénient majeur du dirigisme technocratique.

Une bien meilleure solution aurait été d’aider structurellement nos industries, surtout si on veut « relocaliser ». Plutôt que de demander au contribuable de financer l'achat de voitures en accordant plus de primes, c'est de moins d'impôts que nos constructeurs ont surtout besoin : plus qu'une aide purement conjoncturelle, c'est une baisse immédiate et massive et durable des impôts de production qui s'imposait.  D’autant  plus que les Français ont beaucoup épargné et ont donc la possibilité de reconsommer. Le surplus d'épargne devrait dépasser les 60 milliards d'euros à la fin du mois, et peut-être les 100 milliards d'euros en fin d'année ! Curieusement, personne n'a encore songé à mobiliser cette poche d'argent liquide, qui dort pour l'essentiel sur des livrets A et des comptes courants, pour financer la reprise. On pourrait aussi flécher les bas de laine des Français vers le capital des entreprises qui n'a rien d'une idée nouvelle. Elle n'en reste pas moins d'actualité. Portée par le vieillissement de la population, l'épargne va continuer à croître, et chercher à s'investir, au moins en partie, autrement qu'à taux négatif. Or, la réflexion engagée par quelques parlementaires sur la réorientation de l'épargne vers l'investissement productif a été mise en sommeil avec la crise sanitaire. Mais remettre à plat la structure de l'épargne en France suppose aussi de questionner le fait que la dette publique est principalement achetée par… les épargnants eux-mêmes, via leur assurance-vie. Un système qui pérennise l’Etat dans son rôle de contrôleur de la machine. L'exécutif a fait preuve d'une réactivité remarquable pour soutenir la trésorerie des entreprises, en garantissant leurs financements auprès des banques. Il semble moins inspiré quand il s'agit de trouver des solutions pour renforcer leurs fonds propres.

Il faut décentraliser.

Auréolés par leur rôle dans la crise, les présidents de région n’ont pas hésité à agir hors de leurs domaines de compétences pour venir en aide à leurs administrés. L’occasion d’observer une remise en question profonde du système centralisé et d’envisager une grande vague de décentralisation. Pécresse, Morançais, Morin, Wauquiez, Bertrand : ces présidents de région ont été amenés à remplacer un État qui s’est arrogé tous les pouvoirs pour combler une incompétence manifeste à gérer la crise sanitaire et à gérer notre budget. Pour arrêter ce délire, ce n’est  pas de déconcentration qui consiste à déplacer localement les fonctionnaires incompétents, dont on a besoin, mais d’une décentralisation qui consiste à utiliser les  services des collectivités locales qui ont fait la preuve de leur efficience et efficacité. Mais Jupiter n’en veut pas. La preuve, Xavier Bertrand a été ostracisé lors de sa visite chez Renault. Pourtant les Régions ont fait la preuve de leur capacité non seulement à gérer leur budget en faisant des économies, mais aussi de leur réactivité.

Il est grand temps de remettre l’Etat à sa place. La crise sanitaire aura permis de prendre la mesure de son obésité et des insuffisances sur lesquelles elles débouchent. Plus d’Etat là où il faut et pas d’Etat là où ce n’est pas son rôle. Vaste sujet, mais brûlant, quand on voit les dérives du budget et de la dette. Décentraliser, c’est « détechnocratiser » !

 


« L’APRES » : IL FAUT CRAINDRE LE PIRE !

Aide et taxe

 

La fable des réformes.

On commence à y voir plus clair avec les annonces d’Edouard Philippe : pas de remise en question et plus d’état. « Nous ferons des choix forts et des choix rapides ». En lançant la concertation sur le système de soins, il commence aussi à répondre à la question : qu’est-ce que « se réinventer » ? Ce n’est pas casser l’acquis mais l’accélérer, répond-il à propos de la santé. On se demande bien de « quel acquis » il parle pour les hôpitaux ! Bruno Le Maire et Gérald Darmanin tiennent un discours semblables sur les sujets économiques. Et comme Macron, ils essaient de nous faire croire à la fable « le cap suivi depuis trois ans n’est pas à remettre en question, mais c’est lui qui permet d’espérer le rebond. Sans les réformes menées depuis trois ans, la France n’aurait pu obtenir d’Angela Merkel qu’elle bouge sur les dettes »… Alors que les motivations de cette dernière sont tout autres. A la demande de décentralisation, ils répondent : « Casser les lourdeurs et déconcentrer la décision sur le terrain ». C’est-à-dire plus d’état dans les territoires.  Quand on connait les machines à gaz que constituent les services « déconcentrés », non seulement on risque de ne pas avancer, mais on va reculer. Comme le  constate Hervé Morin, « depuis trois ans, il y a eu les  paroles, mais elles n’ont été suivies d’aucun acte ».  La doctrine reste la même : l’essentiel des efforts doit se porter sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Dirigisme et keynésianisme sont donc toujours d’actualité.  Peut-être nécessaire dans l’immédiat, mais La garantie d’aller dans le mur sur le  moyen et long terme.

Les vraies priorités.

On peut certes rêver d’un nouveau monde introuvable, mais il vaudrait mieux commencer par évaluer lucidement la situation, définir précisément ce qui doit changer et réfléchir à la stratégie pour le faire. La vérité c’est que la pandémie a frappé une France dans un état d’extrême faiblesse : attentats islamistes, gilets jaunes, grèves contre la réforme des retraites se sont enchaînés, si bien que la crise sanitaire ne peut qu’aggraver la situation avec une récession évaluée à 10 ou 12% du PIB en 2020, la croissance potentielle amputée par les faillites d’entreprises et le chômage qui va retrouver ses hauts niveaux, un déficit autour de 10% du PIB et une dette publique à plus de 120% … sans compter avec de très fortes tensions sociales et politiques. La France va devoir lever 700 à 800  milliards d’euros sur les marchés financiers. Le  pire sera de laisser croire que les revenus peuvent continuer d’être garantis par l’Etat en étant déconnectés du travail et que l’argent public est illimité et gratuit. La première priorité est de  remettre en marche l’économie.  Car des entreprises dépendent la croissance et les emplois ainsi que les recettes fiscales et sociales : cela suppose de proscrire toute augmentation des prélèvements et d’affecter les fonds publics en priorité à l’offre et non à la demande. Il faudrait aussi faire accepter une flexibilité du travail qui permette de rattraper d’ici la fin de l’année les heures perdues du fait du confinement.

Les chantiers pour l’avenir.

Méfions-nous de la récupération dont font preuve aujourd’hui les idéologues de toutes obédiences pour « empaqueter » de rose ou de vert un « monde d’après » aussi improbable que chimérique. La prochaine décennie, pour notre pays, sera surplombée par les contraintes de la dette et de son financement. Evidemment, la  clé du redressement passe par un investissement accru  dans la révolution numérique et la transition écologique,  mais aussi  par un nouveau modèle de développement plus qualitatif et plus résilient. La relocalisation des activités stratégiques que la crise a mise à nu, et la réindustrialisation sont impératives, et passent par des efforts de productivité et par la libéralisation du carcan réglementaire et fiscal qui étouffe l’activité et l’innovation. L’Etat  qui a fait étalage  de ses dysfonctionnements opérationnels et de l’incapacité de nombreuses administrations à pratiquer le télétravail ne nous sortira  pas du déclin en restaurant une planification rigide et technocratique et en pratiquant des nationalisations, sous le camouflage de « l’agilité » et de la « déconcentration ». Ce serait le chemin de la « grande pauvreté » pour de très nombreux Français.

Un modèle performant assurant l’équilibre entre le développement et  la solidarité, le marché et l’Etat, la sécurité et la liberté, la souveraineté nationale et l’intégration européenne, est possible. Je ne suis pas sûr du tout que ce chemin de crête soit dans la tête de nos actuels gouvernants, aveuglés qu’ils sont par la toute puissance de la technocratie.

 


LE RETOUR DES BARBARES ?

Croix du pic  st loup

 

Nous terminons ce soir le « pont de l’Ascension ». Mais je suis persuadé que pour beaucoup de Français, cette fête religieuse  qui a justifié un jour férié n’a pas  beaucoup de signification, voir aucune. Et pourtant, pour les  chrétiens, après la « nativité » et « Pâques » avec la résurrection,  c’est le troisième  épisode le plus important de la vie de Jésus, celui où il a « cessé d’être visible pour les hommes »,  c’est-à-dire a rejoint Dieu le Père  … L’Ascension, 40 jours après sa résurrection. Cela n’empêche pas notre pays de sombrer dans un paganisme de plus en plus généralisé.

Un vandalisme antireligieux préoccupant.

Si les  médias écrits et télévisuels sont prompts à relayer les dégradations inadmissibles dont sont victimes les  mosquées et les atteintes à la religion musulmane, ou encore les agressions insupportables dont sont victimes les juifs, ils sont beaucoup plus silencieux  et réticents à évoquer les atteintes aux monuments chrétiens qui se répandent dans le pays. Saccages, vols, profanations… Les lieux de culte catholiques sont pris pour cible sur tout le territoire, avec près de trois actes commis par jour. Un dernier bilan, daté du 14 mars et que révèle Le Figaro, est édifiant. Dressé par le Service central de renseignement criminel (SCRC) de la gendarmerie, qui couvre 95 % du territoire, il recense 129 vols et pas moins de 877 dégradations ciblant des édifices catholiques sur l'ensemble du pays en 2018.   Même s'il traduit un léger tassement au regard des années précédentes, en particulier de 2017 où un pic de 1045 faits a été atteint, le phénomène se maintient à un seuil plus que préoccupant. Un constat confirmé par le ministère de l'Intérieur qui a relevé, pour sa part, 1063 actes antichrétiens en 2018, en comptant les cimetières.

La « christianophobie ».

La croix du pic Saint-Loup brisée par des vandales est le fait marquant le  plus récent. D’une dizaine de mètres de haut, pesant près d’une tonne, l’imposante croix de fer en treillis qui dominait le pic Saint-Loup, dominant Montpellier, a fait l’objet d’un acte de vandalisme. Un ou plusieurs individus se sont rendus sur le site, pour faire tomber ce symbole juché à quelque 658 mètres d’altitude. Les motivations du ou des auteurs demeurent obscures. Sur le socle de la croix attaquée à un mètre de la base, on peut cependant lire à la peinture rouge l’inscription suivante: «Le pic laïque» ou encore une inscription en anglais évoquant le pouvoir des sorcières... Les gendarmes ont également découvert, fiché à l’emplacement initial de la croix, un balai en bois dont la conception évoque, justement, celui appartenant, dans l’imaginaire collectif, aux sorcières. La diffusion des premières images de la croix abattue a suscité beaucoup d’émoi et d’incompréhension dans le bassin montpelliérain, chez les chrétiens, comme chez d’autres croyants ou agnostiques. «Cette croix avait acquis un caractère historique et patrimonial. Elle n’est donc pas contraire à la laïcité, à l’inverse de ce que prétendent, à lire leurs inscriptions, ceux qui l’ont vandalisée et sciée...», commente pour sa part le rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité, Nicolas Cadène, par ailleurs originaire de la région. Fixée il y a plus d’un siècle, une première croix de bois avait été érigée au sommet du pic Saint-Loup. Elle avait ensuite été remplacée par une croix en fer qui avait déjà été vandalisée une première fois en 1989. La Vierge de la Salette décapitée, la  cathédrale de Lavaur victime de deux  lycéens enragés,  des dégradations dans les lieux de culte catholiques à Maisons-Laffitte et Houilles, dans les Yvelines, à Dijon et à Nîmes… Vitraux brisés, bénitiers renversés et tabernacles forcés dans le sanctuaire vendéen de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, mais aussi statues détériorées, troncs cassés et autres cierges brisés à Morteau… Les dégradations, l'enchevêtrement des faits donne le vertige. Leur nature suscite l'indignation. Aucune parcelle du territoire n'est épargnée par ces actes.

« L’églantine et le muguet »

Des faits commis visiblement par des énergumènes « aculturés » qui ne voient pas la dimension patrimoniale et historique qui font partie de notre histoire.  Car s’il s’agit de combattre le catholicisme, ces  pauvres d’esprit tirent sur une ambulance. Les églises sont vides, quant à l’emprise des prêtres sur la population, il y a belle lurette qu’elle a disparue. Encore faut-il qu’il y ait des prêtres. Cependant,  il faut dire  que l’on trouve de beaux esprits pour entretenir la flamme  antireligieuse digne de l’époque radicale du « petite père Combe ». Ainsi, j’ai été stupéfait, pour ne pas dire effaré, de découvrir cette haine rentrée  du catholicisme dans le livre de Danielle Sallenave, l’académicienne,  dans son livre « L’églantine et le muguet ». Elle sue à chaque page et à la vue de chaque « calvaire » et Dieu sait que notre  Région en est bien pourvue.  Son livre elle l’a écrit pour répondre à la résurgence d’un catholicisme soi-disant « virulent », bien connu dans le passé de son Anjou natal. « Toute cette noblesse rurale du XIXe siècle, dont pas un n’accueillera de bon cœur la République, s’est mise au service de la France dans l’armée d’Afrique…  Désigner l’architecture qui parle du catholicisme de combat ; quelques kilomètres sur une route belle, un peu triste, ou bien c’est moi ? Il flotte dans toute cette campagne une morbidité, un dolorisme qui m’accable. Trop de chapelles, de monuments votifs. Je suis en plein territoire du « souvenir vendéen » ; territoire peu républicain.» Elle  voit dans Bruno Retailleau le nouveau le chantre du développement d’un catholicisme de combat et d’une pensée républicaine néoconservatrice, tous deux réactions exacerbées à « la question musulmane », sur laquelle elle adopte un positionnement proche de celui de Mélenchon. Elle oublie une chose : c’est que si une grande partie de l’Ouest est passé à gauche dans le dernier quart du 20ème siècle, c’est en grande partie par l’influence des prêtres …

Le mépris de l’Histoire.

Rien ne justifie que l’on s’en prenne aux symboles de la chrétienté sauf à vouloir effacer le  passé de la France, « fille aînée » de l’église. Ce sont  les témoins de notre Histoire et leur valeur patrimoniale est  là  pour nous la rappeler.  Nous ne venons pas de nulle  part. J’avais un ami, aujourd’hui décédé, qui était athée, mais cela ne l’empêchait pas d’entrer dans une cathédrale et de s’émerveiller des splendeurs de l’architecture ou de la finesse des sculptures d’un tympan. Et il était capable en même temps de jeter une plaisanterie blasphématoire en bon disciple de Brassens ou de Ferrat. Mais il respectait   les lieux. La loi sur la laïcité est aujourd’hui admise par tous et le catholicisme s’en est largement accommodé. S'en servir comme  motif comme au pic Saint-Loup est un contresens et une sorte de  prise d'otage alors qu'elle est  devenue le socle pour faire respecter la liberté de conscience. Bruno Retailleau, que Danielle Sallenave dépeint comme un réactionnaire résurgent, peut être à la fois croyant et bon républicain.  Visiblement, il y en a que cela dérange !

Le retour des « barbares ».

Cette volonté de gommer toute référence au passé est bien dans l’air du temps. Il est théorisé et professé par les « progressistes » pour qui seul le présent compte. Ce sont les mêmes méthodes que celles utilisées par Daech. La  passé qui nous a faits est un encombrement inutile.  Et pourtant, notre humanité s'inscrit dans un cheminement et vouloir le nier c’est tout simplement ouvrir la porte au retour de la barbarie. On en voit les effets  tous les jours. Car si la société est constamment en mouvement, elle a aussi besoin de repères qui « demeurent » comme l’explique si bien François-Xavier Bellamy. Mais je viens de prendre en exemple un croyant ! Comme si croire était rétrograde… Comme disait Jean d’Ormesson, si Dieu n’existe pas, au moins « j’ai l’espérance » ! Eh bien je plains tous ces matérialistes qui n’ont aucune dimension spirituelle ni transcendantale. Cela ne les empêche pas de consommer le jour de repos de l’Ascension, sans se poser la question de sa signification.   

 


« INITIATIVE » FRANCO-ALLEMANDE

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Macron a-t-il  convaincu Merkel. C’est ce qu’il voudrait nous faire croire. A bien y regarder, chacun est resté dans sa logique, sauf que le président français a  quand même cédé sur la solidarité qu’il souhaitait et qui n’apparaît qu’en filigrane dans le projet présenté aux médias.

Merkel a-t-elle changé ? Non,  mais elle  s’adapte,  en bonne germaine pragmatique ! Son discours actuel sur  la nécessité de préserver l’Union européenne  en est un exemple.  Et  pour cause.  L’Allemagne y a tout intérêt ! L’initiative franco-allemande ou plutôt  germano-française est dans le droit fil.

De quoi s’agit-il ?

De la  création d’un fonds européen de  « solidarité ». Un fonds de plus et d’un nouveau type : c’est un fonds qui emprunterait sur les marchés financiers, au nom de l'Europe, 500 milliards d'€ pour la « relance ». Mais attention, il n'aura pas vocation à prêter de l'argent, mais à investir de l'argent en capital pour financer la relance. Et la  nouveauté  c’est qu’il empruntera de l'argent à travers la Commission Européenne. C'est le souhait qu'ont exprimé ensemble Macron et Merkel. Reste à convaincre maintenant tous les partenaires de l'Union Européenne et ce ne sera pas simple.

Des  « coronabonds » ?

Cela y ressemble et c’est un évènement politique ! L’Allemagne qui était opposée à la mutualisation des dettes semble changer de doctrine et met fin à la longue panne de propositions provenant de l’axe Paris-Berlin. Si l’Allemagne revient aux fondamentaux d’une Europe de la cohésion et de la solidarité,  cette initiative n’en doit pas moins être adoptée à l’unanimité par les 27 pays de l’UE, ce qui n’engage en rien. Pour la Chancelière il s’agit de contrer le récent jugement de la Cour suprême allemande critiquant les plans d’aide de la Banque centrale européenne. Mais ce ne sont pas vraiment  des « coronabonds » !

Virage historique vers une dette mutualisée? Que nenni !

Les Etats devront emprunter pour rembourser la dette dite « européenne » ainsi contractée, qui ne représente aucunement une mutualisation de la dette, mais seulement un lissage des taux d’intérêt, car  il s’agit, en fait, de ne mutualiser que les taux d’intérêt. Les divergences des taux d’intérêt au sein de la zone euro ne seront plus traitées de la même façon, c’est l’avantage. Pourtant cette « dette européenne » devra être remboursée par les États dans 6 ou 7 ans, et on peut imaginer que ça se fera, le  moment venu, avec un taux allemand qui sera bas et un taux italien haut. Et  ne nous y trompons pas : même s’il s’agit d’un lissage des taux, le sens de la cohésion européenne n’est valide que si tout le monde fait des efforts. Il ne faudrait pas qu’au nom de la solidarité et du transfert il faille systématiquement éponger les errances et dérapages financiers des pays de l’Europe du Sud.

Il ya quand même un grand changement.

Les banques centrales et les gouvernements semblent prêts à compenser, à l'euro près, l'évaporation de richesse et de croissance provoquée par la crise du Covid 19. Et c'est une grande première.
Jamais jusqu'à cette crise, les banques centrales et les gouvernements n'avaient assumé, intégralement, l'impact d'une crise. Ce qui est frappant  c’est la rapidité et la puissance de la réaction qu’ils ont eue. Et ce fonds de relance en est une illustration supplémentaire. Car ce plan de relance s’ajoute aux 540 milliards d’euros des plans existants portés pour partie par le mécanisme européen de stabilité et pour partie par la banque européenne d’investissement, puis par la Commission européenne.

Et la France, où en est-elle ?

Même si la dette est inévitable pour faire face au désastre du Covid-19 qui a plongé, par le biais du confinement, l’économie dans la récession, il faudra malgré tout la rembourser. Au moins en partie.  Et même si c’est dans très longtemps, ça ne dispense pas de faire des efforts de discipline budgétaire pour revenir à une orthodoxie financière publique saine et compatible  avec  nos engagements européens. La  France a échappé de justesse à une procédure européenne concernant justement la  dérive de ses dépenses publiques. Et si jamais  cela passe par l’augmentation des impôts et non via une fiscalité réduite sur les entreprises comme sur les foyers alors on retardera la  reprise vers une croissance indispensable. Rappelons que la France détient aujourd’hui la triste palme d’or des prélèvements obligatoires en Europe avec un taux de 48,4 % du PIB (données Eurostat pour 2018 alors que la zone euro est à 41,7 % et 40,3 % du PIB dans l’UE) avec un différentiel qui pèse près de 100 milliards d’euros d’impôts en plus sur les entreprises françaises comparé à l’Allemagne.

L’initiative Merkel-Macron, Pour intéressante qu’elle soit si elle voit le jour, ne doit pas nous détourner de cette réalité.  Car il est urgent de rendre la France enfin crédible face à l’Allemagne, à l’Europe et, mieux en encore, face aux Français.

 


JE N’AI RIEN COMPRIS !

Macron je n'ai rien compris

 

Macron en mal de symbole.

Comme il l’avait fait avec Jeanne d’Arc, Macron tente de rétablir son image écornée en utilisant la disruption. Il était allé à Orléans faire un discours prémonitoire sur son possible rôle de sauveur de la patrie un an avant la présidentielle de 2017, à l’exemple de Jeanne d’Arc, et avant de trahir Hollande.  On l’avait vu ensuite flatter Philippe De Villiers au Puy du Fou… Cette fois, profitant de  « l’année De Gaulle », -on fête les anniversaires : les 130 ans de sa naissance, les 80 ans de l’appelle du 18 juin, les 50 ans de sa mort -, Macron a décidé d’exploiter le filon en commençant par  la fameuse et peu connue demi-victoire de Montcornet, obtenue le 17 mai 1940 par le Colonel De  Gaulle à la tête de son unité de chars. Dans le détail, il s’agit plutôt  d’une tentative avortée de démonstration de sa théorie sur la mécanisation de l’armée et de l’intérêt de concentrer les chars en véritables unités offensives. La tentative de contre-offensive de Montcornet ne pouvait qu’échouer, faute de logistique adaptée car les chars doivent refaire le plein de carburant, faute d’appui aérien indispensable, faute d’accompagnement terrestre d’unités de fantassins spécialisés. Voilà pourquoi, on évoque peu souvent cet épisode  de la campagne de 1940. Un acte courageux, mais vain ! Alors, pourquoi le sortir de l’oubli, sinon pour flatter la sensibilité gaulliste des quelques grognards encore vivants – ce qui est dérisoire- ou plutôt pour en faire le drapeau de la France qui ne s’avoue pas vaincue, naguère par le nazisme, aujourd’hui par le Covid19 ! Il veut surtout empêcher les gaullistes  d’être les seuls  à brandir, en cette année d’hommages répétés, l’image du grand homme, sauveur de la France, restaurateur de son indépendance et de sa grandeur. La ficelle est grosse et  personne ne sera dupe. Le factice l’emporte sur l’émotion. Mais, en voulant s’appuyer sur cet épisode, Macron commet une erreur de jugement et étale une fois de plus une méconnaissance de notre histoire : « Le vainqueur de Montcornet »  c’était la périphrase méprisante que les détracteurs du Général utilisaient pour se moquer de lui et le rabaisser.

Comme en 1940, la France est à terre.

Toute comparaison n’est pas raison.  Mais on est frappé du parallélisme entre la crise morale et sociale dans laquelle était plongée la France en 1939-40, touchée tardivement par la crise de 29  et en plein déclin démographique, au point de s’effondrer en 40 jours face à l’Allemagne, et la fragmentation sociale et l’avachissement moral de celle d’aujourd’hui, ruinée par les politiques  laxistes de Hollande et de Macron en matière de déficits et de dette, après le contre-coup de la crise de 2008. Et de fait, la pluie de crédits tombée de la BCE qui masque la déroute du pays, ne tardera pas à s’évaporer laissant la place à la réalité de la désolation. Ce n’est pas par hasard si le pays est  celui dont le PIB a le plus reculé et si le chômage va y exploser bien plus qu’ailleurs, dès les cautères retirés. Qu’on en juge : entre janvier et mars le PIB a reculé de 5,8% (5,2%  en Espagne, 4,7% en Italie, 2% en Allemagne) ; l’activité a chuté d’environ 30% (baisse de la consommation électrique : 16% en France, 6% en Allemagne) ; le taux de chômage prévu pour 2020 sera autour  de  4% en Allemagne, 7% en Belgique, 11,8% en Italie  et remontera à 10,1% en France. Mais les tensions sociales qui resurgissent peuvent déboucher sur une année plus noire qu’ailleurs alors que la crise s’annonce historique et on peut compter sur la  CGT pour y contribuer. La centrale syndicale vient de saboter  la reprise chez Renault Sandouville en obtenant du tribunal du  Havre la fermeture de l’usine. Dans ces conditions le recul de 8% du PIB prévu par le gouvernement parait très optimiste, pour Goldman Sachs il serait plutôt de 13-14%. Quant à la Sécu, elle affichera un trou de plus de 40 milliards d’euros… qu’il faudra bien combler d’une manière ou d’une autre.

Une guéguerre Elysée-Matignon ?

Se servir du gaullisme pour justifier le « en même temps ». De Gaulle n’a-t-il pas fait l’unité nationale en 1945 en associant les communistes au destin de la France ? C’est oublier que les forces politiques l’ont obligé à partir dès 1946 et que le RPF et les communistes se sont affrontés durement sous la IVème République et même sous la Vème. Macron voudrait qu’on l’aime alors qu’il ne suscite que de la méfiance de la part de ses concitoyens. Il est le chef d’Etat en Europe le plus mal apprécié  comme  en témoigne les études d’opinions et  cela en dépit de ses longues (trop longues) allocutions infantilisantes. La faute de Philippe est de l’avoir dépassé largement en popularité : insupportable  pour le Président qui n’arrive pas à admettre qu’il agace les Français à chaque prise de parole alors que son Premier Ministre sait faire preuve de pédagogie concrète et montre de sang-froid. Malgré les dénégations de part et d’autre qui font partie du jeu habituel, il semble bien que le scénario de son remplacement soit écrit. Après  les municipales et quel qu’en soit le résultat, il devra laisser la place. Il se murmure que ce serait Bruno Le Maire qui prendrait la charge. Avant le 14 juillet de préférence, pour être en poste au moment de l’annonce de « l’offre de concorde nationale ». Et il faut évidemment un « gaulliste » pour rendre crédible la manipulation. Autant dire qu’on va tout droit à l’élection de Marine Le Pen en 2022.

La crise sociale en arbitre.

On peut compter sur la CGT pour compliquer la donne sociale,  mais pas que… Le redémarrage de notre économie sera chaotique et va faire de 2021 une année décisive.  La reprise s’annonce plus tardive qu’ailleurs.  Plusieurs raisons. D’abord une économie dont le principal  moteur est la consommation : elle va buter sur deux freins, celui de l’épargne et celui de la perte de revenus. Ensuite, le système généreux finançant le chômage partiel n’incite pas les patrons à y mettre fin, attendant le meilleur moment « profitable » pour relancer leur activité (6  salariés sur 10 du privé, plus de 12 millions de Français en bénéficient). Enfin, le corps social est à vif : les soignants sont prêts à en découdre malgré la prime promise et les promesses de revalorisation de leurs métiers.  La médaille en chocolat et  le défilé du 14 juillet ne les font pas rêver. D’une manière générale, la priorité des patrons sera de retrouver un bon niveau d’activité  avant de songer à combler les  pertes de  pouvoir d’achat alors que la priorité des syndicats est exactement l’inverse. L’aide du plan de relance européen sera la bienvenue, mais là encore, le terrain  d’entente va être difficile à trouver. Le  mot clé est « confiance ». Plus personne ne veut faire confiance à nos gouvernants. L’année 2020 va être « chaude ». Et ce n’est pas une manipulation « grotesque » utilisant le Général De Gaulle qui permettra de relever les défis. L’initiative franco-allemande annoncée ce soir me paraît bien plus utile  et Macron est certainement bien content de pouvoir emboîter le pas à Merkel à cette occasion. J’y reviendrai.

Cela dit, la vague de la crise sanitaire passée, les déficits s’accumulent, la dette gonfle. On voit déjà monter les idées destructrices : rétablir l'ISF, taxer l'épargne des Français...  Il va falloir  empêcher les solutions de ceux qui veulent la destruction du capital, la disparition de nos entreprises et des emplois qui vont avec. Pour reconstruire, il faudra travailler plus, baisser les impôts et les charges des entreprises et freiner l’endettement de la France. Il n’y aura pas d’autres solutions et tout autre discours serait fait pour endormir  les Français ou leur mentir et ne fera qu’amplifier la ruine. Refusons d’être entrainés collectivement vers la faillite. 

 


LA QUÊTE DU GRAAL

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La gestion de la crise sanitaire et ses conséquences n’empêchent pas les responsables des différentes familles politiques d’envisager leur stratégie pour la présidentielle de 2022.

La macronie en crise.

C’est le fait majeur que l’on observe à l’occasion de la  crise sanitaire et qui ne va faire que s’aggraver avec la relance de  l’économie, génératrice de divisions au sein d’En Marche.  Macron constate sa perte de confiance de la part des français, confirmée par tous les sondages. Il va perdre sa majorité absolue La République en Marche (LREM) à l’Assemblée nationale puisque la création d’un groupe parlementaire constitué par d’anciens marcheurs est maintenant établie : 22 députés LREM ou apparentés vont bien faire sécession et créer un nouveau groupe à l’Assemblée dès la semaine prochaine, avec pour nom « Ecologie Démocratie et Solidarité ». On y retrouve  tous les déçus de la majorité, d’abord ceux qui ont déjà été virés du groupe, dont Cédric Villani, la tendance écolo avec Matthieu Orphelin proche d’Hulot ou Delphine Batho, ex-Ministre de l’Ecologie sous Hollande, et les jeunes députés issus du PS réclamant un rééquilibrage à gauche. Alors que LREM a débuté le quinquennat avec 310 députés (sur 577), le parti présidentiel devrait se retrouver demain à 285. De leur côté, la plupart des députés ex-socialistes se sont organisés au sein de LREM dans deux cercles sociaux-démocrates et attendent leur heure.

Macron à la recherche d’un nouveau « en même temps ».

Donc, Macron craint la défection de certains soutiens et de certains réseaux déçus. Il vit une réelle tension avec Philippe à la suite de plusieurs prises de décision de ce dernier. Enfin, il apprécie peu la remontée de son Premier Ministre dans les sondages, basée sur un effet comparatif avec lui-même. Il songe à relancer son quinquennat. Avec la même  équation qu’en 2017 : rallier à gauche et à droite. Il proposerait un programme nouveau centré autour d’un « pari écologique », avec pour objectif de rallier une part des électeurs de gauche, qui lui ont tourné le dos. Au passage il abandonnerait une partie de sa politique antérieure mise à mal  par la crise : réforme de l’assurance chômage, projet de réforme des retraites, arrêt des baisses d’impôts pour les entreprises. Cette manœuvre a été en partie préparée par la tenue d’une « convention citoyenne pour le climat » réunissant 150 citoyens au Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE). Les conclusions de cette convention devraient donner lieu à un référendum, basé sur un écologisme punitif, afin de donner une nouvelle légitimité à Macron pour la fin du quinquennat et pour préparer sa réélection.  De  l’autre, il enfourche le cheval de  la « résistance » et, en cette année éminemment « gaullienne », il n’hésite  pas à se référer à chaque commémoration,  à l’esprit  du Grand Homme. Et il fait feu de tout bois : le chef de l’État se rendra dimanche à Montcornet, dans l’Aisne, pour commémorer une bataille méconnue de l’histoire de France mais lourde de sens symbolique. Il s’agit de la contre-offensive du 17 mai 1940, menée par un certain Charles de Gaulle, qui envoya 85 blindés à l’assaut des positions allemandes. C’est ce jour-là, racontera plus tard le futur Général dans ses Mémoires, qu’il se serait juré de mener la guerre jusqu’au bout. De miser sur la grandeur de la France et l'esprit de résistance pour l’emporter. Pour sûr, Emmanuel Macron ne manquera pas de donner à cet hommage un écho contemporain. La  récupération est énorme,  comme avec Jeanne d’Arc. Le nouveau « en même temps » sera celui de la « reconquête nationale ». Un chemin de crête. Il a d’ailleurs réuni ses conseillers cette semaine pour leur soumettre son projet: renouer avec « l’esprit de conquête » afin de mieux contrer ce qu’il appelle « l’esprit de défaite ». Macron tente de reconstituer une force électorale centrale. Ce plan ne vise aucune nouvelle alliance, mais juste la survie d’un bloc majoritaire LREM-MoDem. Les supplétifs centristes d’Agir seraient largués sans conséquence. Mais en voulant absolument garder son totem  politique, Macron se trompe.

Le mirage de la « pensée inclusive ».

Le « en même temps » de notre président ne peut pas se comprendre si on n’a pas la grille de lecture pour l’appréhender. Il relève de la philosophie postmoderne, inspirée par des écrivains comme Lyotard ou Derrida. C’est une philosophie de l’inclusion, nous explique Chantal Delsol. Tout est vrai à la fois (dans la pensée postmoderne, le vrai est un moment du faux, la notion de vérité n’a pas de sens) tout est bien, tout doit être voulu à la fois. La pensée inclusive représente un courant de pensée très actif au sein de l’Occident contemporain. Les hiérarchies morales étant bannies parce que discriminantes, tous les comportements ou façons de voir sont également bons. Cette indistinction éthique engendre ce qu’on appelle ici l’inclusion : rien n’est exclu, tout est inclus. La pensée du « en même temps » ne rejette ni ne repousse rien. Dans cette vision des choses, rien n’est incompatible : tout doit être inclus. Il n’existe plus de divergences, seulement des différences qui sont toutes bienvenues, puisque toutes ont la même valeur. Comment expliquer alors l’hostilité contre les gouvernements illibéraux, le populisme identifié à une lèpre? C’est simple : tout est inclus, sauf ceux qui croient encore à l’exclusion, par exemple ceux qui pensent que tous les immigrés ne sont pas bienvenus sur notre sol, ou bien ceux qui pensent que toutes les formes de famille ne sont pas dignes du nom de « famille ». Ces derniers constituent le camp du mal, contre lequel lutte vaillamment le camp de l’inclusion, camp du bien. De sorte que le seul adversaire sérieux reste le Rassemblement national, considéré comme parti de l’exclusion. La philosophie de l’inclusion qui se trouve derrière le fameux « en même temps » traduit à la fois une forme de relativisme moral et une neutralisation volontaire des convictions, bien caractéristique de l’époque. C’est en fait un état d’esprit flottant et dilatoire, qui relève du papillonnage immature et du refus des convictions profondes. La politique inclusive est une manifestation postmoderne de l’esprit utopique. On reconnait là toute la gouvernance présidentielle depuis trois ans. Une crise comme celle que nous traversons impose les alternatives. Nous n’avons pas besoin d’infantilisme politique. 

La droite modérée véritable alternative.

Très critiques à l’égard des trois premières années du quinquennat, Les Républicains estiment être de plus en plus en capacité d’incarner une alternance, surtout après un quinquennat aussi  « épouvantable » que celui d’Emmanuel Macron. Il faut dénoncer les éléments de langage des macroniens qui parlent sans cesse de l'oeuvre colossale de réforme depuis trois ans et qui ont mis la France en situation de force. Le résultat est assez simple, résume le président des Républicains : on a fait exploser les dépenses publiques, la dette a considérablement augmenté et aucune réforme de structure n’a été possible. C’est d’ailleurs cela qui met la France aujourd’hui dans une situation beaucoup plus compliquée que nos voisins. La crise actuelle met en lumière un État « technocratique », une « déconnexion » du pouvoir face aux réalités et une « crise morale ». C’est aussi l’échec de la méthode jupitérienne consistant à gouverner tout seul, d’en haut, avec un gouvernement fragilisé et des députés incapables d’assurer un équilibre des pouvoirs. Le bilan des réformes est maigre : hors la SNCF et la « barémisation » des indemnités prud’homales dans la loi Travail, Macron n’est pas allé très loin, et il est obligé aujourd’hui de « tourner le dos » à la première partie de son quinquennat. Le recul du PIB au 1er trimestre n'est en rien lié à la crise, puisque le confinement a commencé le 17 mars. L'échec est cuisant. La droite aurait-elle fait mieux ? Oui, assurément si on se réfère au quinquennat de Sarkozy et les multiples réformes qui avaient été menées à bien. Aussi, le  parti se prépare-t-il en vue de 2022. Entre avril et juin, il aura organisé près de 66 forums thématiques, pour la plupart en visioconférence.  La crise  aura eu au moins un intérêt :  celui de révéler aux Français qu’il existe au Palais Bourbon et au Sénat deux groupes parlementaires sérieux, actifs et soudés,  capables de faire  un travail de fond sur tous les dossiers. Ce sont les élus, députés et sénateurs Les Républicains. Et dans le pays, des élus mobilisés au service de leurs concitoyens, efficaces, imaginatifs, porteurs de  solutions concrètes : nos élus régionaux, départementaux et nos maires ont fait parler d’eux. Les fondamentaux de la droite restent un socle solide : ordre, autorité, liberté d’entreprise… Les municipales ont par ailleurs montré que l'électorat est toujours disponible.

La gauche aussi !

Les autres partis de gauche rêvent tous d’une « Union de la gauche » version 2022, chacun à leur manière. Ils savent que pour battre Macron, ils doivent présenter un seul candidat et se partager les circonscriptions pour les législatives. EELV, Génération.s, LFI, NPA, PS, PCF, etc. n’ont pas la même vision de cette union, mais la perspective d’un accord des socialistes, des communistes et des écologistes ne peut être écartée, tant elle constitue une condition de survie ! Tribune, université de rentrée commune… Plusieurs initiatives en cours illustrent un certain renouveau malgré les dissensions. La longue tribune intitulée «Au cœur de la crise, construisons l’avenir», a rassemblé beaucoup de socialistes parmi les signataires, dont le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ou l’ex-ministre Najat Vallaud-Belkacem, mais aussi des écologistes, dont le député européen Yannick Jadot, ou le maire de Grenoble, Éric Piolle. Des communistes aussi, dont l’ex-secrétaire national Pierre Laurent, et beaucoup d’associatifs dont ceux Attac. Pas d’Insoumis en revanche.

On le voit les grandes manœuvres sont engagées partout.

La quête du « Graal » est relancée. Et le  « vieux monde » veut y participer.

 

 


BIENVENUE DANS LE MONDE D’APRES !

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Constats.

11 mai 2020 : il paraît que le « monde d’après » commence aujourd’hui. Nous ne savons pas encore ce qu’il adviendra mais nous avons une certitude : le « nouveau monde » de Macron est  mort.  Au cours de  la  pandémie, le vieux monde a refait  surface et jeté au rancart les piètres réformes en cours. Le « progressisme » en a pris un vieux coup derrière la cravate. On en avait déjà connu les prémisses avec le 1er tour des  municipales qui avait vu LREM se bananer de première et fait des Républicains la première formation politique par son ancrage territorial et le nombre de ses élus  dès le 15 mars. Au point que la rumeur court que Macron voudrait virer Philippe qui lui ferait trop d’ombre et qu’il se préparerait à un « green deal de grande ampleur ». Quand on n’a aucune conviction, on  peut les avoir toutes ! Verra-t-on le charismatique Jadot premier Ministre ?  Mister Président est prêt à tout pour tenter de se faire réélire. Son obsession.

Le nouveau monde des donneurs de leçons.

« Mes chers compatriotes, il nous faudra demain, tirer les leçons du moment que nous traversons, interroger le modèle de développement dans lequel s'est engagé notre monde depuis des décennies et qui dévoile ses failles au grand jour, interroger les faiblesses de nos démocraties ». Et un peu après  : « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner, notre cadre de vie, au fond à d'autres, est une folie ». Ces quelques mots de Macron prononcés le 12 mars sont passés inaperçus à beaucoup d’entre nous, mais ils ont alimenté tous les fantasmes  de nos spécialistes des utopies fumeuses et nostalgiques des révolutions radicales. Beaucoup de «  millenials » remettent en question depuis longtemps notre modèle de développement, dénonçant la surconsommation responsable selon eux de la destruction programmée de la planète, cette tendance à la déconsommation étant une des explications de la faiblesse de la croissance mondiale avant la crise, avec la démographie et la technologie. Donc la solution ce serait la « croissance durable », concept très à la mode que le Président aimerait bien reprendre à son compte pour se refaire une santé. D’ailleurs, le déconfinement n’était pas encore commencé que Nicolas Hulot y allait de son « appel » : « Le  temps est venu ! » annonce-t-il   prophétique. Il a tellement d'idées qu'il devrait être ministre de l'Écologie... Ah c'est vrai, j’oubliais, il l'a été et a préféré partir. On n’est pas puriste pour rien, surtout quand on se  repose sur un patrimoine enviable.  A défaut son texte serait une mine d'or pour les futures candidates Miss France, juge  Marc Fiorentino.  Et  puis on a eu droit aux fadaises de ceux qu’Eugénie Bastié (du Figaro) appelle « la gauche  morale » :  deux cents artistes et scientifiques ont signé un «manifeste» dans Le Monde appelant à «une transformation radicale» de nos sociétés après le Covid. «Il nous semble inenvisageable de “revenir à la normale”», proclament-ils !  Et ce  sont ceux qui ont les plus gros cachets qui appellent à en finir avec le consumérisme. J’en ai la mâchoire qui se coince tellement ça me fait rire. Et puis, il y a le coup de gueule de l’acteur Vincent Lindon sur Médiapart ; l’acteur propose de créer une nouvelle «contribution exceptionnelle, baptisée “Jean Valjean”, et payée par qui ? Je vous le donne en mille : par les riches ! Qu’est-ce que c’est nouveau !

Les choses sérieuses.

On peut se bercer encore d'illusions en essayant de ménager une chose, la croissance, et son contraire, l'environnement. Mais cette illusion ne durera pas. La conversion écologique, la nécessité de ralentir et de retrouver le sens des limites, mérite pourtant mieux que des injonctions infantiles. Faut-il craindre, comme Luc Ferry, que le « jour d’après » dont on nous rebat les oreilles soit le même que le  jour d’avant,  mais  en plus  pauvre ? Car, en vérité, il faudra bien restaurer les richesses et le travail perdus et faire des efforts  intenses si l’on veut retrouver un peu de prospérité. Dans cette perspective, l’invraisemblable que les idéologues de  tout poil vont  essayer de nous vendre n’a  pas sa place. Mieux vaudrait se fier au 10 réformes que nous propose L’Ifrap, avec  Agnès Verdier-Molinié. Contentons-nous d’en énoncer les titres :  d’abord, sauver le plus d’entreprises possibles, puis desserrer l’étau fiscal qui les enserre, travailler  plus, en finir avec  la  dette en en faisant une règle d’or constitutionnelle, rembourser le plus tard possible, baisser les  impôts sur la transmission pour débloquer l’épargne, faire revenir les exilés fiscaux, décentraliser et décloisonner la santé, l’éducation, faire maigrir l’administration. Vaste  chantier : de quoi occuper deux ou trois quinquennats. Mais ce sont les réformes qui peuvent sortir la France de l’impasse où elle se  trouve depuis de trop nombreuses années. Inutile de compter sur les populistes  de droite comme de gauche. La crise aura été une épreuve de vérité pour Le Pen et Mélenchon : à part s’opposer frontalement, ils n’ont  rien à proposer. Si l’Allemagne fait mieux que la France  en matière de chômage, de pouvoir d’achat  et de dette, c’est parce que les industriels allemands ont mis en œuvre depuis très longtemps une politique de l’offre et de l’innovation. Rien ne nous empêche de commencer à en faire autant. Ce  sont justement les  chantiers sur lesquels travaillent Les Républicains.

 

 


MERCI L’EUROPE !

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L’Europe bouc émissaire.

Alors que l'on s'apprête à fêter samedi prochain les soixante-dix ans de la déclaration de Robert Schuman, considérée comme l'acte fondateur de la construction européenne, l'Union européenne ressort un peu plus affaiblie, aux yeux de l'opinion, du choc provoqué par la pandémie, si l'on en croit le sondage réalisé par Elabe pour « Les Echos », Radio Classique et l'Institut Montaigne. Seuls 20 % des Français jugent que l'UE a été à la hauteur de la crise, et ils sont plus de la moitié à réclamer un contrôle durable des frontières. Plus grave, le sentiment est partagé par tous les électorats. Le thème de « l'Europe qui protège » semble avoir été battu en brèche par la crise. Cela accentue les lignes de fracture autour de la question européenne : 34 % des Français voudraient privilégier une coopération avec certains voisins européens, hors du cadre de l'UE et notamment parmi l'électorat de François Fillon ce qui est très décevant ; 33 % estiment que la France ne doit compter que sur elle-même, sentiment fort dans l'électorat populiste ce qui est logique et seulement 32 % estiment que la France doit renforcer l'Union mais cet  avis se rencontre généralement parmi les plus diplômés. Faut-il en déduire que pour comprendre l’Europe il faut être instruit ? Conséquence politique logique de cette défiance grandissante, l'ouverture des frontières - un des symboles de la construction européenne - n'a pas la cote, puisque 55 % des sondés veulent le maintien de leur fermeture après la crise. On note aussi une aspiration très forte à la relocalisation de la production en France : les Français y sont favorables pour la santé (85 %), l'alimentation (80 %) mais aussi la technologie (62 %), ce  qui est plus facile à dire qu’à faire. Ce sentiment de  scepticisme aurait pourtant dû être balayé avec la crise que nous vivons. Mais la désinformation a la vie dure.

Réalité et commentateurs de mauvaise foi.

Les  commentateurs mettent surtout l’accent sur les discussions qui sont toujours difficiles entre les  partenaires. Comment en serait-il autrement à 27, et d’autant plus  que certains comme la France ne respectent pas leurs engagements, ce comportent en escrocs qui ne tiennent pas parole mais donnent des leçons en permanence. Il est pourtant étonnant, voire très énervant, d'entendre ces commentateurs expliquer que l'Europe ne fait rien, qu'elle laisse les pays membres se débrouiller seuls, qu'il n'y a pas d'initiatives européennes. Ceux-là oublient volontairement la plus grande initiative européenne : celle de la Banque Centrale Européenne. Sans elle, des pays comme l'Italie, l'Espagne et même la France devraient se financer, compte tenu du niveau de leurs déficits et de leurs dettes, à des taux très élevés. Ceux qui se plaignent en permanence de la lenteur de l'Europe devraient être étonnés de la vitesse à laquelle les décisions sont prises. Ces moments  extraordinaires nécessitent une action extraordinaire a dit Christine Lagarde, et les actions menées sont vraiment extraordinaires ! La réponse globale a  été d'une puissance, et d'une rapidité surtout, qu'on n'avait jamais connue. En quelques jours, on a fait presqu'autant qu'en 4 ou 5 ans pour la crise de 2008 et la crise de l'euro qui a suivi. Ceux qui nous expliquaient que l’Europe ne fonctionne pas et est incapable de s’accorder, s’arrêtant au psychodrame rituel de la nuit blanche à négocier, en ont été pour leur mauvaise  foi : l’accord sur le plan de sauvetage à 500 milliards a été voté par les ministres des Finances de l'Union européenne en trois jours : trois jours pour s’entendre, alors qu’il avait fallu des mois après la crise des subprimes. Alors, vous savez celle qui est nulle, qui n'arrive jamais à se mettre d'accord à cause des Allemands ou des Hollandais, oui, cette Europe-là, a débloqué la coquette somme de 540 milliards d'euros et ce n'était qu'un début. Car la BCE a annoncé dès le 19 mars un plan d'urgence de 750 milliards. Rappelez-vous combien de temps il avait fallu aux banques centrales et aux gouvernements pour réagir en 2008. Rappelez-vous les tergiversations européennes sur le sauvetage de la Grèce, l'aide aux pays en faillite, le rachat des dettes. Il a fallu trois à quatre ans pour qu'on entre dans un cycle d'injection massive de liquidités et de relance budgétaire. Avec cette crise aussi soudaine que brutale et rapide, la réaction a  été fulgurante. Et pour une fois, l’Europe est au rendez-vous. Tous ceux qui sont au chômage partiel, ne serait-ce que ceux-là, devraient lui en savoir gré, sinon où le gouvernement français aurait-il trouvé les 40 milliards d’euros pour financer leurs indemnités les plus généreuses d’Europe ?

Le bouclier européen face à la tourmente.

L’Union a ouvert les vannes. Appuyés par les banques centrales qui rachèteront sans aucune limite les dettes d'état dont les déficits vont exploser, les gouvernements vont injecter plus d'argent dans l'économie qu'on n'en a jamais vu. La Banque d’Angleterre va encore plus loin : elle a décidé de se substituer  purement et  simplement à l’Etat. FED, BCE mais aussi banques centrales du Japon, Canada, Royaume Uni et Suisse ont assoupli les conditions auxquelles elles s'échangent des devises entre elles afin de pouvoir mettre à disposition suffisamment de liquidités, en dollars, chez nous en euros, aux banques commerciales, et ainsi aux entreprises en difficultés qui ont besoin d’argent frais. Très rapidement, une très large partie de la dette des États européens sera détenue par la BCE. Et ce sera pareil dans tous les pays. Nous, nous avons dans cette crise une chance extraordinaire, celle d'avoir une monnaie commune qui évite les dévaluations sauvages, d'avoir une banque centrale qui finance les dettes des pays en difficulté, et l'Allemagne qui accepte de « garantir » de fait l'endettement d'une partie des États de la zone euro. Un pays seul ne peut pas se livrer à cette création monétaire sans limite. Il serait tout de suite sanctionné par un effondrement de la monnaie et l'explosion à la hausse des taux d'intérêt, et cela provoquerait une explosion dévastatrice de l'inflation dans le pays. Mais allez expliquer ça à Marine Le Pen et à Nicolas Dupont Aignan !

Et ce n’est pas fini : voici le temps de la relance.

Les 27 pays de l'Union Européenne négocient actuellement un nouveau plan de relance. Thierry Breton le commissaire européen est en train de jeter les bases d’un méga plan de relance européen de 1 600 milliards d’euros soit environ 10% du PIB européen basé sur l’environnement, le numérique et la relocalisation des industries en Europe. De quoi tenir la dragée haute à Trump. Le commissaire européen précise : « Nous allons rebâtir un autre monde avec un fonds très large pour accompagner ces trois tendances. Cela va peut-être s’accompagner d’une augmentation des prix dans certains domaines, mais si l’on met bout à bout la souveraineté, l’empreinte carbone du transport des marchandises, l’augmentation des niveaux de vie des pays à bas coût, tout cela  fait que les cartes sont déjà en partie redistribuées. Nous n’allons qu’accompagner cet effort. Ce n’est pas la fin de la globalisation à court terme, mais c’est le début d’une nouvelle ère de cohabitation plus intelligente plus ordonnée. Le commerce sera mieux réparti à terme pour que les intérêts de chacun soient respectés. » Pour cela Thierry Breton va lancer un grand fonds européen pour « rebâtir » l’Europe autour de ces trois grandes tendances. Tous les pays européens n’ont pas l’argent pour sortir de cette crise, l’Allemagne vient d’emprunter 356 Milliards, et tous les pays européens vont faire de même. Le fonds que Thierry Breton appelle de ses voeux  va permettre aux états de reconstruire en empruntant sur le temps long, 20 ans, 30 ans … Cette démarche devrait être mise en place sans condition de réformes pour les états qui y souscrivent.  

L’ingratitude des peuples est monnaie courante et l’Histoire nous l’enseigne. Il est bon tout de même de rappeler les faits. Sans l'Europe, la plupart des pays de la zone euro ne fonctionnent pas, à commencer par la France. On a envie de paraphraser Sardou : « Si la BCE n'était pas là, nous serions tous en faillite ». D’autant plus que ce faisant, l’Union européenne a démontré sa spécificité, celle d’être un espace  où la valeur humaine compte autant sinon  plus que l’économie. C'est l'Europe "civilisation". Un vrai sujet pour les « nationalistes » anti-européens n’est-il pas ? 

Vive l’Europe !

 


PENDANT LA CRISE, LA CRISE CONTINUE…

Récession

 

« Le jour d’après »

Tout le monde nous parle du « jour d’après ».  C’est quand au fait ? Et chacun y va de son rêve selon son idéologie, ses convictions, son expérience ou son absence de repères.  Tout est permis. Déjà les  médias écrits ou télévisuels sont pleins de ces doux visionnaires.  On assiste,  comme  pour les impôts, à un véritable concours Lépine des utopies : un nouveau monde nous attend, en vert pour les écolos, en rose pour les socialos, en rouge pour les nostalgiques de la révolution,  et  ailleurs en plus ou moins bleu… A défaut de me faire rêver, ça me fait sourire ou ça me met en rogne, c’est selon, mais ça passe le temps.  En attendant, la France est frappée de plein fouet par la double crise  sanitaire et économique et elle n’en finit pas de plonger. Les déficits se creusent à une vitesse vertigineuse pour financer le plan de sauvetage. On en est au 2ème budget d’ajustement pour actualiser les enveloppes prévues. Ainsi il a fallu passer de 8,5 milliards d’euros à 24 milliards pour financer le chômage partiel. Le déficit de la sécu, en toute logique, grimpe à 41 milliards d’euros. Les amortisseurs sociaux jouent à plein et il ne faut  pas s’étonner des chiffres qui gonflent.

Coup d’œil sur le tableau de bord.

C’est la situation en ce début mai.  Elle va continuer d’évoluer. Le PIB va plonger de 10%, c’est-à-dire une perte de 200 milliards d’euros d’ici fin 2020.  La dette va monter à 115%  du PIB, voire plus, et le déficit de l’Etat augmente à -12%. En période de crise, les totaux se cumulent : aux aides que l’Etat décaisse en empruntant à tout va, il faut ajouter les moindres rentrées, moins de TVA, charges et cotisations reportées ou annulées, … avec un double effet négatif. Mais par rapport aux crises précédentes, notre activité a freiné beaucoup plus, alors qu’il n’y a pas de vraies raisons. La  diminution de l’activité n’est pas pire qu’en 2008 où  le choc des "subprimes" avait secoué la planète financière.  La  bourse a plutôt résisté et fait le yoyo autour des 4500 points, en 2009 elle avait plongé  à 2200  points. D’où vient alors que la croissance Française est à la traîne de la zone euro ? Notre PIB a reculé de 5,8% au 1er trimestre contre 3,8%  pour la zone euro. Le décrochage est même assez net par rapport à l’Allemagne où plusieurs indicateurs  permettent de voir que l’économie continue de tourner davantage qu’en France. On a vite fait de mettre la contre-performance de la France sur le dos de  la crise sanitaire. Vous voulez savoir pourquoi ? Eh bien je vais vous le dire  ! 

Détour par le PIB.

Car il y a aussi une explication structurelle qu’on ne vous dit pas. Elle nécessite un peu de technique mais tout le monde peut comprendre. Rappelons que le PIB se divise en deux grandes parties : d’un côté le « PIB marchand » regroupant l’ensemble des produits ou services vendus sur un marché (par des entreprises privées ou non) et qui sont valorisés à leur prix d’échange ;  de l’autre, le « PIB non marchand » rassemblant toutes les activités des administrations publiques. Leurs produits et services sont dans leur grande majorité gratuits. N’ayant pas de prix ils sont donc évalués à leur coût de production (principalement les traitements des fonctionnaires) selon une convention internationale des instituts de statistique. En France les services publics régaliens (police, défense, justice) ou pas (enseignement public, santé) occupent une place particulièrement importante. Le « PIB non marchand » représente 22% du PIB total, selon l’Insee, soit 4 à 5 points de plus que la moyenne de l’Union européenne (Ne pas confondre avec les «dépenses publiques» équivalentes à 56% du PIB et qui comprennent, outre la production de services, l’ensemble des revenus de redistribution sous la houlette de l’État). Cette répartition entre « pib marchand » et « pib non marchand » explique en grande partie que la France amortit davantage les effets en cas de crise mais redémarre toujours plus lentement. Ainsi en 2008-2009, la grande récession qui a suivi le krach financier s’est traduite en Allemagne par une chute de 5,1% du PIB 2009 alors que la France subissait un repli de 2,9%, presque deux fois moindre.

Le boulet du secteur public.

Or ce n’est pas le cas cette fois. Et pourtant les deux facteurs traditionnels de la résilience française sont toujours présents. C’est tout d’abord une moindre dépendance au commerce international, les exportations françaises étant deux fois et demie moins importantes que celles de l’Allemagne. Cette  fois encore, le commerce mondial est un amplificateur de crise : le FMI prévoit un effondrement des échanges de 12,8% qui devrait handicaper tout particulièrement le « made in Germany ». L’autre facteur de résilience c’est justement la « sphère publique », comme expliqué ci-dessus, qui forme normalement un pôle de stabilité appréciable malgré les déficits qui tendent alors à déraper puisque les dépenses, et notamment les prestations sociales, sans parler des traitements des 6 millions de fonctionnaires, continuent sur leur lancée « quoi qu’il en coûte ». Mais le fait tout simple que les services soient maintenus, indépendamment des crises qui affectent les marchés, constituent un soutien à la croissance ne serait-ce que par la consommation des salariés de la fonction publique et les services qu’ils continuent d’assurer. Le problème est qu’aujourd’hui les services publics ne sont plus assurés en totalité, et de très loin. D’après un décompte de la CPME, la Confédération des PME, 70% des agents de l’État ou des collectivités territoriales sont à l’arrêt. D’un point de vue comptable le « PIB non marchand » n’a pas diminué puisque ses coûts demeurent mais c’est une pure illusion. La chute effective du PIB total est donc supérieure à l’estimation de l’Insee (- 35% pendant le confinement). Cela  s’explique par la carence de services comme « La Poste » qui ont handicapé l’activité des entreprises qui continuaient de fonctionner et par ailleurs, avec le confinement, nombre de fonctionnaires n’ont pas utilisé leur « pouvoir d’achat » d’autant plus que la plupart des commerces étaient fermés. Non seulement, cette fois-ci, les services publics ne constituent pas un soutien, mais leur continuité très défaillante est un handicap pour l’économie privée. Sans parler de leur inefficacité, que les lacunes des services de santé ont remise cruellement en évidence dans l’éternelle comparaison France-Allemagne.

L’activité économique « marchande » s’est contractée plus que chez nos partenaires, notablement inférieure à ce qu’elle est en Allemagne, et le rôle de stabilisateur du secteur public n’a pas joué. La conjonction des deux phénomènes explique la brutale plongée, plus  forte qu’ailleurs, de notre taux de croissance.

 


LE PLAN DE SOUTIEN A L’ECONOMIE DE LA REGION PAYS DE LA LOIRE

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Interview de Paul JEANNETEAU

Vice-Président du Conseil Régional des Pays de la Loire

Président de la Commission Développement Economique

 

J’ai interviewé notre ami Paul Jeanneteau pour la page Facebook des Républicains du Maine-et-Loire  et j’ai eu envie d’en faire  profiter mes  fidèles lecteurs du bloc-notes qui ne vont pas tous sur les réseaux sociaux. Je pense qu’il est important aujourd’hui de  montrer combien l’expérience des mandats électoraux est importante  dans l’exercice des responsabilités et pour l’efficacité des choix  et des décisions, expérience qui manque tant à la majorité actuelle et au plus haut niveau et qui nous vaut une gestion de crise à la godille.  Ancien député, ancien maire et conseiller départemental, Paul Jeanneteau, aujourd’hui Vice-Président du Conseil Régional des  Pays de la Loire en charge de la    plus importante commission, fait partie de ces élus qui « savent transformer  leur parole en actes »  et n’agissent  pas au hasard.

« sur-mesure et proximité maximale »

L’Etat a mis en place un fonds national de solidarité pour venir en soutien aux entreprises sinistrées par la crise du Coronavirus. Les Régions ont décidé d’apporter un soutien supplémentaire en mobilisant 500 M€ au sein de ce fonds (soit pour les Pays de la Loire, 25 M€). Pour sa part, la Région des Pays de la Loire a mis en place plusieurs dispositifs, visant à compléter le plan national décidé par le gouvernement : un plan d’urgence de 56 M€ et un « Fonds Territorial Résilience » de 32 M€ ainsi qu’un dispositif d’aides pour le tissu associatif, culturel et sportif de 4,3 millions. Si on prend en compte les 25 M€ qui avaient été voté au BP 2020, c’est en réalité 76 M€ qui ont été mobilisés, 51 M€ de mesures nouvelles ayant été votées en urgence depuis le début de la crise.

 

Rencontre avec Paul JEANNETEAU, Vice-Président chargé du dossier économique à la Région  des Pays de la Loire, qui en a été la cheville ouvrière active.

 

«  Le Conseil Régional a voté  le  17 mars dernier un  plan d’urgence de 56 M€ pour venir en aide aux entreprises mises en difficultés par la crise sanitaire.  Quelles en sont les  grandes lignes ?


P1050503 PJ
: Nous faisons face à une crise sans précédent. Pour aider nos entreprises  à traverser cette terrible épreuve, après avoir mené une concertation avec tous les partenaires concernés, nous avons décidé de mobiliser des moyens régionaux exceptionnels, plus de 56 M€.  L’objectif de ce plan d’urgence est de proposer en lien avec l’Etat et la BPI, des dispositifs qui correspondent aux besoins de toutes nos entreprises : commerçants, artisans, agriculteurs, PME, ETI, mais aussi en soutien à tous nos acteurs  associatifs, sportifs et culturels. Je tiens à souligner que ces 56 M€ peuvent permettre grâce à l’effet de levier et aux dispositifs de garantie, d’apporter plus de 320 M€ de prêts aux entreprises. Nous avons fait en sorte que tous les dispositifs soient rapidement opérationnels afin d’éviter que les entreprises ne fassent faillite.

Vous ne craignez pas de faire doublon avec les aides de l’Etat ?

PJ : Nous nous sommes fixés trois principes : « simplicité » d’abord, pour l’accès et l’instruction des dossiers, « efficacité » ensuite : il s’agit de proposer des  mesures adaptées à chaque situation et chaque taille d’entreprise, en maximisant les effets de levier financiers, et enfin « unité » de façon que ce que nous mettons en œuvre le soit en étroite coordination avec la BPI et en complémentarité avec l’Etat, l’idée étant de « jouer collectif », pour assurer la cohérence de l’action économique et d’agir dans le cadre de l’unité nationale face à l’ampleur de la crise.

En quoi consiste concrètement le plan d’urgence ?

P1050502 PJ : Il s’articule en six grandes mesures. Et nous avons voulu, pour chacune d’entre elles, qu’il soit simple, efficace et pragmatique. Nous avons voulu aussi  qu’il s’adresse au plus grand nombre d’entreprises, d’activités et de filières.

Sans entrer  dans le détail, le 1er train de mesures, c’est notre participation au Fonds National de Solidarité pour lequel nous avons apporté 25M€ (Cette somme a été fixée en tenant compte du PIB régional rapporté au BIP national). Il est destiné aux artisans, commerçants, traiteurs, restaurateurs, TPE et entreprises de l’économie sociale et solidaire.  Il s’adresse aux entreprises connaissant des difficultés de trésorerie et leur permettra de bénéficier d’une subvention.

La 2ème mesure consiste en un « prêt rebond » à taux zéro  doté de 12 M€, Région-BPI.  Il vise les PME qui pourront bénéficier d’un prêt de 10 000 à 300 000 €. C’est 60 M€ de prêt au total qui seront déployés grâce aux effets de levier des contreparties bancaires.

La 3ème mesure consiste, à hauteur de 5 M€, en un report de six mois des avances remboursables de la Région dues par les entreprises qui en sont redevables.

La  4ème mesure  est un dispositif de garantie de prêts dans le cadre de « Pays de la Loire garantie », destiné aux TPE, PME-PMI et ETI. Il porte à 80% le montant garanti et est cofinancé par la Région et BPI. Ces 10 M€ de fonds garantis visent à rendre  possible 205 M€ de prêts bancaires.

La 5ème  mesure,  avec le dispositif « Pays de la Loire-redéploiement », abondé de 15 M€, permettra de souscrire un prêt en trésorerie de 50 000 à 500 000 € à un taux de 2,03%, sans garanties ni coûts additionnels et vise à un volume de 60 M€ de prêts, toujours grâce à l’effet levier.

Enfin, la 6ème  mesure, est un nouveau dispositif « fonds d’urgence événements » destiné à toutes les associations organisatrices d’événements sportifs ou culturels pour   leur venir en aide au moment où nombre de leurs projets sont annulés, avec un plafond de 30 000 €.  Ce fonds est complété par un effort régional de 2,3 M€  que représente le maintien de toutes les subventions versées pour les  manifestations programmées et finalement annulées et en renforcement des dispositions actuelles.  Ce qui fait un effort total de 4,3 M€ de soutien financier régional.

Comment fait-on pour accéder à ces aides et sur quels critères ?

P1050504 PJ : Le plus simplement possible. Nous avons mis en place deux n° verts, un pour les entreprises (0 800  100 200) et un pour les associations culturelles et sportives (0 800 200 402). Un conseiller leur indiquera la marche à suivre et  l’interlocuteur  dont elles ont besoin.  Tous  les agents du réseau des développeurs et de notre Agence de développement « Solutions&Co» sont mobilisés pour faire face à la demande. Les  critères sont précis et adaptés à la taille des entreprises concernées. Il s’agit de faire du sur-mesure, pour compléter ce que fait  l’Etat qui ne peut être que du « prêt-à-porter ».  Notre objectif est de sauvegarder le maximum d’emplois et de faire en sorte que la crise n’ait pas de conséquences irréversibles sur le plus grand nombre des entreprises qu’elle atteint, quelle que soit leur taille, de la plus petite à la plus grosse. Ces dernières ayant plus de capacité de résistance. Notre effort est relayé par d’autres partenaires comme, notamment, les Chambres de Métiers et de Commerces.

Pourquoi alors un fonds « territorial de « résilience » ?

PJ : nous nous sommes aperçus que malgré tous nos efforts, beaucoup de très petites entreprises passaient à côté de nos dispositifs. Nous avons donc décidé d’agir au plus près des territoires.  Nous avons lancé une levée de fonds auprès de toutes les autres collectivités.  Les  cinq départements, les grandes collectivités et l’ensemble des EPCI ont répondu à l’appel. En partenariat avec la Banque des Territoires, nous avons  pu créer ce fonds « Résilience » doté de 32M€. Il a  pour objectif, en complément de ce que nous avons déjà mis en place, de répondre au besoin de trésorerie des entreprises de moins de 10 salariés dont l’activité est impactée par la crise sanitaire. Il s’agit souvent de micro-entreprises, de TPE et de structures de l’Economie Sociale et Solidaire.  Elles pourront obtenir un soutien sous la forme d’une avance remboursable.  Un site dédié est d’ores et déjà opérationnel : www.resilience-paysdelaloire.fr. Les entreprises concernées peuvent y déposer directement leur dossier en attestant sur l’honneur de leur inéligibilité au Fonds national de solidarité et de leurs difficultés liées à la crise du Covid 19.

P1050502 En conclusion, je pense que l’engagement pris par la majorité du Conseil Régional de ne laisser aucune entreprise au bord du chemin, est tenu. La  Région des Pays de la Loire est pleinement mobilisée pour faire face à cette crise sans précédent, et de multiples autres actions en rapport avec ses missions de service public ont été engagées parallèlement. »

 

Les dispositifs de soutien proposés par la Région se révèlent pleinement efficaces si l’on en croit le nombre d’entreprises qui ont fait connaître leur souhait d’en bénéficier. On le doit évidemment en grande partie à l’expérience d’élu local de Paul Jeanneteau et à sa   connaissance fine du tissu économique régional grâce à l’expertise qu’il  a acquise à la tête du Comité d’Expansion du Maine-et-Loire. Cette double compétence lui a permis de peaufiner un soutien sur-mesure aux différents types d’entreprises. La Région des Pays de la Loire reste pleinement mobilisée auprès des associations sportives, culturelles ou sociales, dans cette période particulièrement difficile et le dispositif de soutien  vient d’être prolongé au-delà de la période de confinement jusqu’au 30 septembre.