Previous month:
janvier 2017
Next month:
mars 2017

LES ELECTEURS DE LA DROITE ET DU CENTRE SONT-ILS LES PLUS BÊTES ?

Fillon  primaire

 

Pour la droite républicaine, les nouvelles sont maussades : selon les sondages, François Fillon n’arrive qu’à la troisième place au premier tour, avec 20 % des voix, contre 25 %  à Emmanuel Macron et 27 % à Marine Le Pen.

C’est une situation bizarre.

Avec  un titre comme ça, je ne vais pas me faire que des  amis. Mais enfin, François Fillon semble le seul candidat  à  être sanctionné par son électorat pour des faits qui ne sont pas avérés, loin de là.  Les bévues d’Emmanuel Macron sont autrement plus graves : ses propos sur la  colonisation, sur l’art ou la culture française qui n’existerait pas à ses yeux, l’éclectisme des ralliements qu’il suscite de Bayrou à Cohn-Bendit en passant par la bobospère progressiste (mot qui remplace socialiste) et ses continuelles contradictions devraient pourtant dissuader  plus d’un quidam. On peut se dire à la fois de droite et de gauche, mais on ne peut pas effacer ce qui les différencie. Quant à Marine Le Pen, elle est bien embourbée dans ses affaires d’emplois fictifs avec des  mises en examen de proches qui devraient alerter sur sa manière de détourner les textes pour financer son parti. Mais ses partisans n’en ont cure.

La gauche fait le lit du Front National.

François Fillon ne veut pas que la campagne soit faussée par des procédures judiciaires et il accuse à juste titre le pouvoir d’entretenir à dessein ce climat délétère ce qui visiblement mine son électorat. A cela s’ajoute cette communauté d’intérêts de fait avec l’extrême droite qui tend à placer la droite républicaine dans le même camp que le Front national, ce qui permet aux autres candidats de la gauche de leur appliquer le même jugement. Voilà un joli piège, car justement, ce qui fait la force de Macron aujourd’hui, c’est l’impasse dans laquelle se trouve la gauche. Certes, Benoît Hamon a conclu un accord avec Yannick Jadot mais il n’a pas réussi à convaincre Jean-Luc Mélenchon qui, comme on devait s’y attendre, refuse de se retirer de la course. Ce dernier envoie la gauche à la défaite, mais ce n’est pas son problème. Evidemment, le bilan que laisse la gauche ne plaide pas  pour elle, mais on retiendra qu’elle se déchire au moment où pointe un danger mortel pour le pays : la conquête du pouvoir par une extrême droite décidée à ruiner les Français en abandonnant l’euro et l’Europe.

Fillon, c’est mieux que Le Pen et sans le risque.

Le pire qui peut nous arriver c’est que Macron apparaisse comme le seul rempart sérieux contre l’avènement du FN. Or rien n’est plus faux.  Certes les sondages le donneraient largement gagnant en cas de duel au second tour avec Marine Le Pen, cependant les lignes sont très mouvantes, la base  du bellâtre très friable et il faudra compter avec la colère –toujours mauvaise conseillère- des électeurs de la droite républicaine en cas d’élimination de son candidat. Le risque Le Pen n’a jamais été aussi élevé. Le meilleur rempart contre le FN, c’est François Fillon,  parce qu’il apporte des réponses à tous les Français qui souhaitent la restauration de l’autorité de l’Etat,  une politique ferme de contrôle de l’immigration,  une vision claire de rénovation de l’Europe et la fin du chômage de  masse.  Fillon,   c’est  mieux que Le Pen et sans le risque de la catastrophe. La  France a besoin de l’alternance et ce n’est  pas  Macron qui peut la réaliser au vu de son programme marqué du sceau de la  gauche hollandaise. Il reste huit semaines d’ici au premier tour de la présidentielle et les sondages nous ont cent fois prouvé qu’ils se trompaient. Le candidat des Républicains peut améliorer sa cote de popularité, comme il l’a prouvé à la veille du premier tour de la primaire de la droite et du centre, en surgissant dans les sondages quelques jours à peine avant la consultation, puis en prenant la tête de la course. Surtout, qu’il ne lâche rien !

 


REMEDE PATRIOTIQUE vs MIROIR AUX ALOUETTES

Comédie grecque

 

Le « politique » en ruine.

Que penser de l’annonce de l’ouverture d’une «  information judiciaire » dans l’affaire Fillon, un vendredi soir à 20H, sinon de la malveillance de la part de ceux qui l’ont ainsi programmée, pour qu’elle se répercute pendant tout le week-end,  avec des interprétations on ne peut plus tendancieuses. Vous avez dit « instrumentalisation » ? Le  mot est faible. Depuis le début, cette affaire est une suite de manipulations de l’opinion publique pour abattre le seul candidat crédible de cette campagne et empêcher l’alternance. Comme c’était compliqué de le combattre sur ses idées, on a cherché à l’atteindre sur ce qui faisait son socle aux yeux des électeurs de la droite et du centre, sa probité, par une mise en scène bien orchestrée. Ce faisant, le pouvoir en place aggrave son bilan. Même le paysage politique présente un champ de ruines et les déboires de la gauche emportent tout sur leur passage. La trahison de Bayrou, car c’en est une, ne contribue pas à embellir un tableau bien sombre, lui qui mendia et obtint au moment des régionales des places pour le Modem sur les listes LR : un beau salaud ! Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que le peuple, toujours prêt à Marat comme prêt à Tibère, se réfugie chez Le Pen ou chez Mélenchon. Cela ne fait que confirmer le diagnostic : la France va mal,  les  Français sont dans un grand désarroi. Au point de voir dans  Macron le sauveur : il ne sera que le prolongateur du naufrage, tel le joueur de flûte d’Hamelin.

En effet, les électeurs qu’il suffit d’écouter, abrutis  par le tam-tam médiatique, sont presque unanimes dans le rejet de la politique ; ils ne mâchent pas leurs mots, mais ne sont guère préparés à faire leur choix. L’élection au suffrage universel est censée donner le pouvoir au peuple. De quoi se plaint-il donc ? La France est l’un des pays d’Europe, et même du Monde qui offre le plus large choix démocratique. Qu’il commence par aller voter, au lieu de se répandre dans les réseaux sociaux au point qu’il en oublie d’aller aux urnes.

La manipulation et la croyance.

La France comptait fin janvier 5 486 000 demandeurs d’emplois inscrits en catégorie A, B et C. Un chiffre en hausse de 0,4% sur un mois et de 0,5% sur un an. Comment le pays ne serait pas au bord de la crise de nerf avec un tel fardeau ou plutôt un tel échec. C’est que ça dure depuis trop longtemps. Alors qui croire ? La multiplication des sources d’informations n’aide pas à y voir clair et les experts qui encombrent les plateaux médiatiques tiennent des arguments contradictoires selon qu’ils sont des économistes atterrés ou pas. Y a-t-il des responsables ? Non ! Jamais ! « Pas de bol » a dit le sous-président-de-mes-deux. Au moins Sarkozy et Fillon avaient l’excuse de la crise qui n’était pas de leur fait.  Mais essayez de le faire entendre … Alors à qui s’en remettre ?  C’est là que le choix est ouvert entre la  manipulation et la  croyance. Car la véritable conscience politique n’habite aujourd’hui qu’une frange étroite de l’électorat, quel que soit le bord politique.

La tentation du « neuf » ou de ce qui y ressemble.

Le cas Macron sera étudié un jour comme un cas d’école : comment devenir une icône médiatique en  moins de six mois après avoir été un ministre éminent d’un gouvernement discrédité au point que les  deux têtes de l’exécutif ont été évacuées de la compétition présidentielle ? Il  s’est construit avec l’aide d’un environnement médiatique qu’il a lui-même favorisé  lorsqu’il était en place. Il utilise habilement  le « dépassement des clivages »,  posture s’appuyant sur des études d’opinions,  suscitant les ralliements de tout ce que la France compte d’habituels opportunistes toujours prêts  à aller à la soupe. Tout ce qui brille n’est pas or.  Il en est de  même en politique. Voir Bayrou côtoyer Cohn Bendit sur la même barque, on ne sait plus si on doit rire ou pleurer. Mais qu’on ne s’y trompe pas, derrière la posture et l’emballage, le « hollandisme » est bien présent, à peine modernisé.  Va-t-on en reprendre  pour cinq ans ? Mêmes causes, mêmes effets, il ne faut donc pas s’attendre à des miracles. Certains ont trouvé leur « sauveur ». Ils ne sont pas exigeants. Mais le brouillage  médiatique est là pour empêcher que le message passe.

La tentation du : « on n’a pas encore essayé ».

Il y a ceux qui dénoncent le « tous pourris » et le système depuis bientôt quatre décennies.  A force de marteler le message, et surfant sur la misère, ils réussissent à capter maintenant un bon quart des électeurs. Puisque les faits semblent leur donner raison : regarder la violence, la progression du  communautarisme, le  chômage de masse attribué aux forces maléfiques de l’Europe et de  la mondialisation… c’est facile à comprendre. La gauche en est  largement responsable, y compris quand  la droite  était au pouvoir par la violence des combats qu’elle menait contre sa politique de bon sens. Le temps emporte tout, et il est facile aujourd’hui de mettre tout le monde dans le même sac. Puisque tous les autres ont  échoué… pourquoi ne pas essayer Marine. Tant pis si ça doit conduire au gouffre : on ne vous écoutera pas, pas plus si vous essayez de dire qu’en matière de « pourris », ils n’ont rien à envier aux autres. Et maintenant, comme un clou, plus vous taperez dessus plus il s’enfoncera !

Le rationnel n’a pas sa place.

C’est pourtant ce qu’on pourrait attendre de l’électorat d’un grand et vieux pays démocratique : une aussi longue expérience devrait avoir entraîné les citoyens à faire des choix rationnels.   C’est faire l’impasse sur la passion d’une part et sur l’inculture d’autre  part. Je pèse mes mots.  La passion est  acceptable, bien qu’elle rende aveugle. L’inculture est inexcusable  mais elle s’explique  par le recul de l’esprit critique et les progrès de  l’obscurantisme, et surtout une ignorance crasse des ressorts de la vie économique. La  sphère internet n’est pas étrangère à la  progression des deux.  On  peut alors se demander pourquoi les faits ne suffisent pas à convaincre les gens qu’ils ont tort en faisant tel ou tel choix : d’abord, il est plus facile de nier les preuves factuelles que de renoncer à ses croyances. Des milliers d'expériences ont démontré comment les gens déforment et sélectionnent les faits pour les adapter à leurs croyances préexistantes. Il a été identifié un second facteur, connexe, nommé « effet rebond » (en anglais, backfire) : corriger les erreurs factuelles liées aux croyances d’une personne n’est pas seulement inefficace, mais cela renforce ses croyances erronées. Voilà pourquoi, par exemple, toutes les poursuites entamées contre Marine Le Pen n’ont aucun retentissement sur son électorat.

Le discours de vérité peut-il être entendu ?

Une chose est pourtant limpide : seul Fillon en cas de victoire disposerait un mois plus tard d’une majorité claire à l’Assemblée nationale pour mettre en œuvre sa politique, dont les deux pivots sont le rétablissement de l’ordre républicain et le redressement des comptes publics pour créer les conditions du retour au plein emploi. Tout le reste est aventure.  Mais voilà, la vérité de son diagnostic est peu complaisante et ne cherche pas à faire miroiter  des  promesses intenables. Ce que font tous les autres, y compris Marine Le Pen.

 


MACRON LE TIMORE !

Macron le messie

 

Pas à la hauteur !

Il n’y aura pas de révolution Macron. Le programme économique qu’il a présenté à la fin de  la  semaine dernière est ni plus ni moins que du Macron : de droite et de gauche et beaucoup d’illusion. Mais attention, c’est un cheval de gauche et une alouette de droite, comme le fameux pâté.  Ce qui fera dire à beaucoup de commentateurs, comme ce  pauvre François Lenglet qui n’a pas été foutu d’en décoincer une face  à MLP, qu’il est « social-libéral », ce qui est une autre présentation abusive. La philosophie qui sous-tend toutes les  propositions ne sort pas l’économie du carcan étatique, et même avec l’étatisation de l’assurance maladie et chômage,  le renforce. Il reste dans le droit fil de la politique économique du gouvernement sortant : un poil d’offre et beaucoup de contraintes.

Vous avez aimé Hollande, vous adorerez  Macron. 

Le  programme de Macron n’est pas à la hauteur des défis à relever. S’il fallait  prendre  une mesure emblématique de son programme, c’est la suppression très « démago » de  la taxe d’habitation pour 80% des Français : 10 milliards non financés, évidemment.  Mais surtout, c’est la même logique que celle de la suppression des premières tranches de l’impôt sur le revenu : on accroît le fossé entre ceux qui « touchent » et ceux qui « paient ». Et comme le manque à gagner, il faudra bien que les communes le trouve, parce  que la  compensation de  l’Etat il y a longtemps qu’on sait ce qu’il faut en penser, beaucoup d’entre elles n’auront d’autre choix que d’augmenter la taxe  … foncière. Il  ne va pas faire  bon être propriétaire dans la France de M. Macron, car il faut ajouter au tableau, la réforme de l’ISF qu’il veut recentrer sur la propriété immobilière !  C’est certainement pour ça qu’il a vendu son appartement. Il ne veut pas baisser les dotations des collectivités mais annonce un contrat de baisse de leurs dépenses ! Il veut réduire le nombre de postes de fonctionnaires  mais  se limite à 120 000, qui n’est même pas un objectif, et encore il répartit 50 000 pour l’Etat et 70 000 dans les  territoires, qui ne dépendront pas de son bon vouloir. Et s’il indique qu’il veut baisser les impôts pour les classes  moyennes, il  commence par augmenter la CSG, qui les touche en premier, de près de 2 points. Il n’est plus question de toucher aux 35 heures,  c’est pourtant un levier majeur pour libérer le travail et les emplois, et plus de 20 milliards par an à récupérer sur les dépenses de l’Etat… Enfin, il remet à plus tard ses annonces sur la retraite qui pourtant est la clé de toute modération de la dépense sociale et tue l’assurance-vie au détour d’une petite phrase, c’est-à-dire une bonne part de l’épargne des Français.

Il  passe à côté des deux cibles essentielles.

Le  plein emploi : impossible d’y parvenir avec les mesures annoncées.  C’est au mieux le maintien du chômage actuel. Il n’y a que 10 milliards de baisse des prélèvements obligatoires pour les entreprises, ce qui est insuffisant. Une seule bonne nouvelle : un prélèvement forfaitaire unique de 30% pour les revenus du capital. Il promet de transformer les 24 milliards du CICE en allègements de cotisations jusqu’à 2,5 smics, mais là encore, on reste dans l’économie administrée et les  vieilles recettes avec leurs effets d’aubaine passagers. Comment alors créer les 2 millions d’emplois qui permettraient de renouer avec le « plein emploi » ?

La dette : 60  milliards d’économies appuyées sur aucune réforme précise, dont 15 milliards sur la maladie avec des idées générales très floues et une réforme de l’assurance chômage qui laisse perplexe et conduira à la mise en place d’un système à l’anglaise c’est-à-dire à une baisse drastique de l’indemnisation pour chaque chômeur. Par  contre un plan d’investissements publics de 50 milliards, assez documenté, mais ça ne fait que 10 milliards d’économies réelles et comme Macron  ne prend pas en compte une augmentation probable des taux, autant dire que la dette va continuer de dériver d’autant plus que quantités de ses annonces ne sont pas financées. Pour donner un ordre de grandeur, une hausse de 1 point cette année sur les emprunts  à dix ans impacterait la dette de 10 milliards en plus en 2022, soit un total de près de 30 milliards sur l’ensemble du quinquennat. Il  ne prévoit d’ailleurs que 25 milliards de baisse des dépenses sur le budget de l’Etat en quatre ans,  ce qui est  largement insuffisant. De la même façon on ne voit pas comment il va résorber les déficits. Il  part d’ailleurs sur des  bases fausses en considérant qu’en 2017 le déficit sera sous la barre des 3%, ce qui est juste impossible en l’état actuel des choses.

Peut-on le croire ?

On cherche en vain le nouveau modèle de croissance. Sans  redressement des comptes  et réduction de la dette, il n’y a pas de croissance possible ! Le leader d’En Marche perpétue surtout la  politique qu’il a inspirée puis mise en pratique sous Hollande. Les mesures qu’il propose sont soit inutiles soit des demi-mesures qui ne feront rien bouger tant la situation du pays est dégradée. On sait surtout qu’il ne fera pas grand-chose. Une politique qui vise d’abord à ne déplaire à personne et mécontentera donc tout le monde par son manque de résultat. Et  peut-on le croire ? Il  est capable  de revenir sur tout et son contraire. Encore faudrait-il une majorité pour la mettre en œuvre et avec  la proportionnelle que Bayrou a apporté dans ses cartons, c’est  loin d’être gagné !

 

 


LE GRAND CIRQUE

Bayrou cabine

 

Ce n'est plus une campagne présidentielle, c'est un cauchemar. Entre le nouveau binôme « anti-système » Bayrou-Macron, le binôme révolutionnaire « Mélenchon-Le Pen», Hamon le rêveur, et Fillon qui est la cible de tous, il y a de quoi mal dormir la nuit. Nous venons de perdre cinq ans, cinq ans où toutes les planètes s'étaient alignées pour un vrai sursaut de croissance. Va-t-on perdre les cinq prochaines ?

B comme Boulet.

Bayrou aura tout fait. De Hollande à Macron en passant par Juppé, il a passé son temps à combattre la droite, ce faisant il a aussi dynamité son propre parti. Le voilà qui fait son grand retour en adoubant Macron qu'il qualifiait encore hier « d'hologramme » derrière lequel se cachaient les grands intérêts financiers. Son ralliement à Macron est pour Bayrou une façon de confirmer qu’il est plus à gauche qu’à droite, qu’il combat donc aussi bien Fillon que ses ex-amis de l’UDI, conformément à une évolution qui depuis 2004 l’avait conduit à faire battre la droite dans les régions et  il y a cinq ans, à appeler à voter Hollande. D’ailleurs, soutenant Alain Juppé, il a sûrement contribué à sa défaite, ce qui devrait faire réfléchir l’Emmanuel, qui pourrait y voir un mauvais présage. Sa première condition à une alliance avec le chef d’En Marche, c’est l’adoption d’une loi de « moralisation publique ». Une de plus,  me direz-vous. Le catholique en mal de rapport à l’argent veut donner une ultime leçon que le « goupillon » lui commande. La vérité, c’est qu’il  en manque furieusement  –d’argent-  pour faire une énième campagne, tout seul qu’il est dans son coin, abandonné même par son plus fidèle grognard, Jean Lassalle qui s’est mis à son propre compte. En guise de « sabre », il ne lui restait plus qu’un coup tordu. Un suicide en réalité. Il n’aura jamais le destin présidentiel pour lequel il se croyait fait. Un boulet.

M comme Mirage.

Le virevoltant Macron, pour grossir son électorat, est prêt à faire de très importantes concessions quitte à modifier son programme,  ce qui n’est pas très difficile. On sait qu’il est prêt à tout, y compris à changer d’avis ensuite. Sauf que Bayrou n’apporte pas  grand-chose de plus à Macron, à part lui-même, tout comme le pseudo écolo De Rugy. Ils sont en quelques sortes les habituelles scories que la vie politique génère quand on ne sait plus à quel saint se vouer, celles de l’errance d’une mangeoire à l’autre. Avec Bayrou, Macron est tombé dans un piège : celui de l’alliance. Bayrou « n’intègre » jamais, pour mieux trahir ensuite. Tous ceux qui ont fait ce genre de contrat avec  le leader du Modem se sont rapidement aperçus qu’il était ingérable, autoritaire et personnel. Comme le dit Jean-Louis Borloo : « ils ne vont pas tarder à se haïr ! ». Une alliance qui va plomber le marchand de vent plus que lui rapporter. Donc le Béarnais préfère s’allier avec  un candidat qui est somme toute comptable du désastreux bilan hollandais, plutôt qu’avec François Fillon, en utilisant des arguments dérisoires. Pourtant ce dernier, qu’il encensait au printemps 2016, porte le projet le plus proche des exigences qu’il énonçait naguère. Au demeurant, Macron-Bayrou, c’est l’alliance de deux faiblesses : l’un prisonnier de ses continuelles ambiguïtés, l’autre sans soutiens ni électeurs, courant après son influence évaporée. La vérité  est certainement moins « morale ». Il s’est fait doubler par le  leader d’En Marche qui lui a phagocyté son espace politique et il n’avait pas d’autre choix que lui emboîter le  pas. Ceux qui le connaissent bien savent qu’il a négocié une contrepartie pour lui-même.

R comme Retour.

Il y a au moins une exigence de Bayrou qui pose un sérieux problème : celle qui concerne l’introduction de la proportionnelle dans le scrutin des législatives et qui n’est pas autre chose qu’un retour à la IVème République. Le chef du MoDem a toujours réclamé la proportionnelle parce qu’il souhaitait pour son parti un nombre de sièges plus élevé. Malheureusement, pour lui donner le bonheur de voir siéger ses « centristes », nous devons courir le risque d’assister à une invasion de députés du Front national. Ce n’est pas le seul inconvénient : le scrutin proportionnel présente l’immense faiblesse de renvoyer le pays au système des partis que de Gaulle avait liquidé en fondant la Vème République et à l’instabilité politique permanente. Macron sera peut-être d’accord, mais l’électeur peut avoir une opinion différente. La proportionnelle, que même Hollande avait promise, reste un vieux débat. Certes, elle est infiniment plus juste que le scrutin majoritaire à deux tours, mais entre l’injustice et une France gouvernable, on est fondé à choisir la seconde.

Il est difficile de  voir dans ce mariage  politicien les fondements d’une offre politique nouvelle : additionner l’inexpérience à l’échec ne constitue pas un socle crédible, une somme qui ressemble plutôt à un « sauve-qui-peut ». On attend avec impatience la prochaine surprise de cette campagne déprimante à bien des égards. Heureusement qu'il reste Nathalie Arthaud ou Poutou … Je plaisante !

Bon, nous on a François Fillon,  c’est là qu’est la solution !

 


AGIR FORT ET VITE !

Ena

 

Le prochain président devra réformer profondément le modèle économique et social de notre pays dans un environnement  beaucoup plus difficile que celui que nous avons connu ces cinq dernières années.  A la poussée populiste s’ajoutent les incertitudes économiques et financières. La France et  l’Europe sont à une heure de vérité. Voilà pourquoi il ne faut se tromper ni sur le diagnostic, ni sur les remèdes, ni sur le contexte. La dégradation de l’environnement économique et la volatilité de la situation géopolitique imposent d’agir vite et fort.

Le cœur du déclin de  la France reste l’effondrement de notre compétitivité dont la reconstitution est la clé du retour au plein emploi et à l’équilibre financier. La difficulté supplémentaire, c’est qu’il n’y a guère de place pour une relance budgétaire et peu d’alternative à une diminution effective des dépenses publiques alors qu’elles culminent 10 points au-dessus de celles de nos partenaires. Pour les citoyens comme pour les entrepreneurs ou les investisseurs, la capacité à réduire l’incertitude et à assurer la sécurité sur un cap clair s’impose comme un impératif.

En même temps il faut apporter des  réponses concrètes à  la  France des villes moyennes de province, aux campagnes enclavées, véritables  perdantes de  la  mondialisation, laissées  pour compte des politiques publiques depuis des décennies et qui décrochent sur tous les plans : commerces abandonnés, services publics en déshérence, fracture numérique, accès aux soins compliqué, éducation sinistrée…  C’est une politique globale de revitalisation qui doit être menée. Elle a déjà commencé dans les Régions conquises  par la droite et le centre en 2015. Mais ces dernières ne peuvent aller au-delà de leurs compétences.  Il faut   aller plus loin. L’Etat doit s’impliquer par une volonté  systématique de rééquilibrage des territoires dans tous les domaines. Les ressources entrepreneuriales ne manquent pas, il suffit de  les renforcer avec une politique adaptée. Toute revitalisation commence par la réinstallation de l’emploi.

Enfin, pour réussir,  le nouveau président et son exécutif devront rétablir un lien de confiance avec les professionnels en répondant à leurs attentes. Elles sont multiples, mais accessibles : former les élus à l’entreprise pour améliorer le dialogue avec les  politiques, construire un « cloud » souverain pour éviter de céder  les données à Google ou Microsoft, favoriser une économie du capital-risque car les « jeunes pousses » peuvent révolutionner le modèle de croissance français. Notre pays a aussi besoin de stabilité fiscale et la  priorité du nouveau gouvernement sera de la garantir. Les professionnels demandent aussi  de faire respecter les règles prévues par la loi en matière de retards de paiement, si importants pour nos PME, de favoriser l’investissement de long terme, de mettre fin à l’insécurité juridique qui n’est toujours pas réglée…

Force  est de reconnaître que seul le projet de François Fillon porte toutes les réponses à l’ensemble de ces  préoccupations. Notre pays a de nombreux atouts. Contre  le chômage on a  tout essayé, sauf ce qui marche. Le  plein emploi n’est pas un rêve, il peut devenir réalité. La France peut revenir au 1er rang des puissances européennes d’ici dix ans. François Fillon a la volonté, la  carrure nécessaire et l’expérience. Que faut-il de plus ?

 


AU DIABLE L’AVARICE

Mélenchon Bastille 2013    Hamon primaire   Marine-Le-Pen présidentielle

 

Le chiffrage des programmes des candidats  à la présidentielle commencent à fleurir, émanant des organismes aussi qualifiés que la  Fondation Concorde, l’IFRAP ou  le cercle Montaigne, quand ce n’est  pas  le candidat lui-même qui donne les  indications, généralement sous-évaluées pour les dépenses. Et le résultat n’est pas triste. Dire  que c’est  « la valse des  milliards »  est un euphémisme. On en oublierait presque que notre pays est en faillite.

Toujours plus !

La gauche, l’extrême gauche et l’extrême droite rivalisent de générosité avec l’argent public … qu’on n’a pas. a croire qu’ils  jouent à « qui dit plus ! »

Jean-Luc Mélenchon a chiffré  son programme, approuvé par l’économiste d’extrême-gauche Jean-Marc Généreux (ça ne s’invente pas !) : 273 milliards d’euros avec un emprunt de 100 milliards. L’apprenti Chavez développe méticuleusement son programme sur sa chaine  Youtube pendant cinq heures, si vous avez du temps à perdre.  Pour vous en faire gagner, le voilà en dix secondes :  retraite  à 60 ans, revenu mensuel de 800 € pour tous les 18-25 ans, massacre fiscal  pour les classes moyennes et supérieures jusqu’à 90% de prélèvement pour les revenus dépassant 400 000 €. En échange l’Etat s’occupe de tout :  sécurité sociale généralisée à 100% pour tous les soins, avec à la clé des hôpitaux dignes des anciens pays de l’est en moins de cinq ans. Les écarts de salaires seront strictement contôlés, évidemment. Mort aux riches, bienvenue chez  les pauvres !  Et avec ça, il  espère 2% de croissance (magie) et il compte ramener la dette à 87% du PIB (magie encore).  Chavez qui a ruiné un pays riche comme  le Venezuela est un gamin à côté ! Comme  il a refusé de s’entendre avec Benoit Hamon, il a  peu de chances d’appliquer un  jour son programme.  Ouf !

Benoit Hamon n’est pas non plus avare de mesures démagogiques :  s’il ne  souhaite plus qu’amender la  loi El Khomry et non l’abroger, il compte réduire le temps de travail, taxer les robots, recruter 40 000 enseignants de plus, légaliser  le  cannabis, et plutôt que de construire des places de prison, sortir de la culture de la détention.  Il veut offrir des droits aux demandeurs d’asile,  élargir la PMA, et mettre en place une « police des discriminations ». Logiquement, il veut mettre fin à la monarchie républicaine en revenant à un régime parlementaire. Il va jusqu’à mettre un 49.3 citoyen. On ne sait plus vraiment où il en est sur le revenu universel. Selon l’Institut Montaigne, en tenant compte des différentes versions envisagées successivement par le candidat, on arrive à un chiffre de 349 milliards d’euros ! C'est le montant que le Think Tank a calculé en additionnant la majoration du RSA, socle à 600 euros par mois, son versement à tous les jeunes de 18 à 25 ans, puis dans un deuxième temps l'instauration de ce revenu de 600 euros à l'ensemble de la population gagnant moins de 2000 euros, et enfin le relèvement du revenu universel à 750 euros. Mais l'Institut Montaigne a également pris en compte dans son calcul les recettes du projet Hamon. Bon C'est nous qui paierons... Car pour financer son projet, Hamon prévoit des coupes dans la protection sociale (suppression du RSA, de l'allocation spécifique de solidarité, de la prime d'activité, des allocations logement, et des prestations familiales) et une réforme de la fiscalité (individualisation de l'impôt sur le revenu, suppression du quotient familial, suppression des niches fiscales). Mais tout ça ne rapporterait qu'entre 41 et 159 milliards d'euros. Il resterait entre 305 et 424 milliards d'euros à trouver. Rien que ça !

Les gars de la Marine n’y vont pas de main morte non plus ! Principalement tourné vers les dépenses sociales, le programme de la  candidate du FN est l'hologramme du programme économique de Jean-Luc Mélenchon. En effet, la  Fondation Concorde estime à  145 milliards d'euros les dépenses supplémentaires par an, à l'horizon 2022 : 48 milliards  pour les  dépenses régaliennes, 42,5 milliards pour les ménages, 35 milliards pour les  retraites (retour à 60 ans), 9 milliards  pour les agriculteurs, 6,5 milliards pour les entreprises, 4 milliards pour compenser les aides de l’UE, auxquels il faut ajouter 30 milliards pour la sortie de l’Euro et 38 milliards pour la réduction du déficit. Le coût du programme s’élève  donc  à 213 milliards d’€  pour seulement 54 milliards de nouvelles recettes. Il reste donc 159 milliards  à trouver en économies d’ici 2022. L’Institut Montaigne juge que la sortie de l’euro amputerait le PIB de 180 milliards et détruirait plus de 500.000 emplois dans l’Hexagone. L’économie française entrerait dans une ère inconnue. Sans parler de la perte de pouvoir d’achat d’environ 250€ par an induite par l’inflation générée par le retour à une monnaie nationale. Il est où le bonheur ?

La gauche désunie ne devrait pas franchir le cap du premier tour. 

C’est plutôt une bonne nouvelle que Jean-Luc Mélenchon n’est pas voulu « s’accrocher au corbillard du PS ». Reste le cas Le Pen dont il va falloir s’occuper en dénonçant les magouilles de ses emplois fictifs et son programme  de faillite. Elle se heurtera en principe au vote de rejet au second tour.

 


UN CHOIX DE RAISON

Juppé

 

Je vous livre le texte publié le 21/02/2017 par Alain Juppé sur son blog.

 

"Au cours des derniers mois, je ne me suis que très rarement exprimé en public. Après le temps de l’engagement était venu pour moi celui de la prise de distance.

Aujourd’hui mes amis sont nombreux à me demander ce que je pense. Je leur dois une réponse . Et puis j’ai envie aussi de m’adresser à toutes les Françaises, à tous les Français.

J’ai voulu être candidat à la présidence de la République. J’ai voulu que soient organisées pour la première fois des « primaires de la droite et du centre » pour permettre à nos électeurs de désigner eux-mêmes leur « champion ». Ces primaires ont eu lieu dans des conditions incontestables et incontestées. F. Fillon les a très largement gagnées et, comme je m’y étais engagé, dès le soir du deuxième tour, je lui ai apporté mon soutien. J’ai tenu parole.

Depuis fin novembre, le contexte a changé. « Les affaires » ont suscité un profond désarroi au sein même de notre électorat, au point de mettre en péril la victoire de notre candidat.

La question s’est alors posée d’un plan B, c’est-à-dire de la recherche d’un autre candidat. J’ai d’emblée déclaré que je ne me prêterai pas à une telle opération contre la volonté de l’intéressé. F. Fillon a confirmé à plusieurs reprises qu’il était déterminé à aller jusqu’au bout. Je pense qu’il ne changera pas d’avis. Les sondages ? Il est bien placé pour savoir – et moi aussi – qu’à deux mois d’un scrutin, ils n’ont aucune valeur prédictive. Les investigations de la justice ? Il  a droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence.

Dès lors que faire ?

Ma réponse est simple : gagner. Tout faire pour gagner afin d’éviter à la France la menace que constituent le Front National et  son programme qui conjugue fanatisme anti-européen , démagogie populiste et alignement sur la diplomatie de Poutine. Menace d’une gravité extrême au moment même où la France doit retrouver sa crédibilité et reprendre l’initiative en Europe si nous ne voulons pas que nos pays  soient réduits à la condition d’Etats vassaux des grandes puissances saisies par le démon du nationalisme. Une victoire de Marine Le Pen est improbable; mais elle n’est plus impossible. Voilà le défi face auquel nous devons prendre nos responsabilités.

J’ai dit que ce serait dur. C’est une évidence tant la confusion politique est aujourd’hui grande.

Mais Fillon peut et doit gagner. Le socle de l’électorat de droite lui  reste fidèle. L’emballement pour E. Macron commence à refluer , au fur et à mesure que l’immaturité politique du candidat apparaît aux yeux de tous. La gauche socialiste est minée par l’échec du quinquennat de F.Hollande , et par des divergences idéologiques extrêmement profondes.

Pour gagner,  F.Fillon doit prendre davantage en compte les attentes de tous les électeurs de la droite et du centre , y compris de ceux  qui m’ont fait confiance à la primaire.

L’avenir appartient, j’en ai l’intime conviction, à une droite humaniste , décidée à réarmer l’Etat pour qu’il assure la défense et la sécurité des Français. Décidée à libérer l’économie des contraintes qui l’empêchent de créer  des emplois . Décidée à rénover notre système d’éducation et de formation pour qu’il donne à chacun de nos enfants les mêmes chances de réussir sa vie. Décidée  à consolider notre protection sociale en corrigeant ses dérives. Décidée à investir massivement dans la recherche et l’innovation, dans la transition énergétique et la transformation numérique du monde. Une droite franchement européenne enfin, décidée à reconstruire entre les peuples européens une Union capable de défendre ses intérêts et de faire respecter ses frontières tout en assumant sa mission de messagère de paix dans le concert des Nations.

Voilà l’enjeu de la prochaine élection présidentielle. Il est temps que les vrais débats commencent."

 

 


FILLON : UNE SEMAINE DECISIVE

Fillon candidat

 

La  semaine qui vient de s’écouler a été décisive. Le point de non-retour a été atteint. C’est une évidence : François Fillon ira jusqu’au bout, il n’y a pas de plan B, ni C, ni D… et  il va gagner. 

Evacuons l’affaire.

Il va gagner. Au plus fort de  « l’affaire » il reste à égalité avec Macron. Mais il faut d’abord dépasser le procès qui lui est fait. Ce débat est surréaliste. Ce qui s’est passé la semaine dernière avec la communication du parquet financier en violation du secret de l’instruction pour dire : « On n’a rien trouvé, mais on continue à chercher », après les fuites des  procès-verbaux d’audition,fait table rase de la présomption d'innocence de François Fillon. Quand  on sait que le parquet agit sur instruction du Ministère de la Justice (donc de l’Elysée), qui peut nier qu’on assiste manifestement à une machination politique, et le mot est faible. Le second  aspect surréaliste de ce débat c’est la soi-disant « indécence des sommes », qui scandalise tout-un-chacun. C'est évidemment une mise en scène : est-ce que totaliser un salaire brut sur 25 ans a du sens ? Faites l’exercice pour vous-mêmes sur les 25 dernières années et voyez à quel total vous arrivez. Après vous pourrez jeter la pierre. Je ne suis pas spécialement un fillonniste intégriste, mais ayant été élu des Pays de la Loire, je connais suffisamment François Fillon pour témoigner de sa probité. Alors pour moi, le vote Fillon, c'est sans aucune contrariété ni état d'âme. Cinq ans de gauche, ça suffit. Le seul sujet : il faut relever la France !

Une démonstration de force.

On a voulu nous faire croire à la solitude de François Fillon. Ce qui s’est passé jeudi et vendredi dernier, après la  foule  du meeting de Compiègne  mercredi soir et de Poitiers la semaine précédente -j’y étais-, témoigne  au contraire d’une véritable  mobilisation de la droite et du centre pour son candidat. Ce sont 16 réunions qui se sont tenues, animées par les orateurs nationaux de la campagne, dans toute la France, et partout ils ont fait salle comble. Quelle équipe de campagne est capable de réussir une telle  mobilisation avec autant de personnes talentueuses :  Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Alain Juppé, NKM, Bruno Retailleau, Luc Chatel, … Certainement pas Macron, ni Mélenchon, ni Hamon. Non seulement la  structure  militante est pleinement  mobilisée,  mais c’est tout un peuple dont l’exaspération gronde contre les manoeuvres d’un pouvoir agonisant. D’ailleurs, François Fillon non seulement n’a pas décroché dans les sondages, mais il a amorcé sa remontée. Alors, les médias n’en finissent pas de gloser sur son revirement : « il ne renoncera pas,  même s’il est  mis en examen ».  Mais il a raison : à partir du moment où l’action judiciaire n’est pas  irréprochable, il n’y a que le peuple qui peut trancher. 

Revenons à l’essentiel.

Comme le souligne Nicolas Baverez dans une tribune du Figaro de samedi, l’enjeu de l’élection présidentielle c’est la lutte entre le réformisme et le populisme. Pour lui, comme pour nous, François Fillon est  le seul candidat à présenter aux Français un projet de redressement crédible de notre pays. Pour le réaliser, il lui faut un mandat clair, car l’objectif n’est pas seulement d’être élu, il doit être de réunir les conditions politiques  pour réussir la modernisation à marche forcée de la France. Avec François Fillon, il nous faut en faire la pédagogie afin qu’il soit partagé par le plus grand nombre possible  d’électeurs. C’est ce à quoi il faut consacrer les soixante jours qui nous séparent de l’échéance. Ce sera difficile, car il nous faudra en permanence démonter les  « éléments de langages » serinés  à dessein à longueurs d’antennes : Fillon c’est la droite dure, son projet est brutal, il est « englué » dans les affaires, sa campagne piétine,  les uns et les autres viennent à son secours …  De la pure désinformation. Après on s’étonne que 65% des Français souhaitent son retrait. Ne nous laissons pas avoir : Fillon est un gaulliste social tendance Seguin ; il n’est pas libéral et encore moins ultra-libéral, il est pragmatique ; son projet n’est pas brutal sauf si considérer que vouloir le plein emploi ça l’est ; son socle électoral s’élargit à nouveau (70% des sympathisants de droite) et il tient sa  légitimité de 3 millions de voix qui se sont portées sur son nom. La droite et le centre sont « en route » et nous savons pour quelle destination, à la différence des marcheurs de Macron qui ne savent toujours pas où ils vont, ni avec qui, encore moins pour quoi faire. Nous avons payé très cher l’élection de l’illusionniste qui prétendait « réenchanter » le rêve français. Ne recommençons pas. Nous avons le droit d’exiger de ceux qui prétendent présider la République une cohérence entre la pensée, la parole et l’action. En évitant si possible les crises d’hystérie ou le ridicule !

Le  bloc-notes va participer à cet effort pédagogique en déclinant par thème, plusieurs fois par semaine, le programme de François Fillon. Vous aurez ainsi des arguments à votre disposition.

 


François FILLON : Nouveau message.

François FILLON est très présent sur les réseaux sociaux. Il multiplie les vidéos, c'est le meilleur moyen de contourner les médias massivement pro-Macron !

Le  bloc-notes se doit de les mettre à votre disposition.

Je publiera ce soir un article pour faire le bilan d'une semaine stratégique réussie.

Pour voir la vidéo, cliquez sur le lien ci-dessous  :

https://www.facebook.com/FrancoisFillon/videos/10155066501032533/

 

 


L’EMPREINTE DE « TERRA NOVA »

Sigle terra nova    Macron enjoleur

 

Après « France Stratégie », c’est chez « Terra Nova » que Macron puise son inspiration.

Le « think tank » de la gauche bobo.

Terra Nova est une association française qui se définit comme laboratoire d'idées fondé en février 2008. Il se veut « progressiste » et est considéré comme proche du Parti socialiste. Il entend produire des réflexions et diffuser des propositions politiques. Il a pour objectif de refonder la social-démocratie, et d’élaborer une « matrice idéologique » de gauche progressiste pour promouvoir ses idéaux traditionnels. C’est Terra Nova qui a été à  l’origine du recentrage de la stratégie électorale en 2012 vers les jeunes, les femmes et les populations immigrées, pour ces dernières, selon la théorie du « grand remplacement ». Celles-ci devant apporter le supplément de voix pour compenser  celles perdues auprès de la classe ouvrière passées chez Le Pen. 

Ainsi s’explique les récentes déclarations de Macron, le "progressiste" : il n’y a pas de « culture  française », mais « des cultures  en France », et plus récemment « la colonisation est un crime contre l’humanité ». Cette vision d’une France multiculturelle qui aurait perdu son âme et qui renierait son histoire  par la repentance est bien dans la ligne des idées développées par le « think tank » de la gauche. Plus prosaïquement, en faisant cette déclaration en Algérie, c’est un appel très clair au vote communautaire en sa faveur. En même temps il valide  le « combat de la Manif pour tous » contre  la loi Taubira, parce qu’il sait que cet électorat est conservateur sur le plan des mœurs. Vous avez dit « cynisme » ? Cette conception de la France, il faut la rejeter.

La stratégie électorale du « remplacement ».

Pour Jérôme Fourquet, spécialiste des sondages de l'Ifop, la stratégie électorale prônée par Terra Nova explique l'échec de Claude Bartolone en 2015 et d'Alain Juppé en 2016. Le premier présentant son adversaire Valérie Pécresse comme celle qui défend « la race blanche », lui-même se faisant le défenseur des « minorités » a contribué à placer « au cœur de la campagne ce type de représentations, en faisant de la question de l'identité le clivage majeur » ce qui aura pour conséquence de provoquer le basculement des votes des électeurs du Front national vers la droite. Le second dans sa volonté « d'extrémiser » son adversaire François Fillon en l'attaquant sur l'IVG et sa conception « traditionnaliste » a eu pour principal effet « d'accroître la détermination et la mobilisation de l'électorat de droite et des sympathisants frontistes » contre lui. Alain Juppé a, tout comme Claude Bartolone, voulu s'adresser à la « France de demain », définie par Terra Nova comme étant une France « plus jeune, plus féminine, plus diverse, plus diplômée mais aussi plus urbaine et moins catholique ». En procédant ainsi, « il amplifia la mobilisation d'une autre France en faveur de son rival ».

C’est cette autre France, rurale et périphérique, qui tient à son identité et qui se sent abandonnée qu’il faut mobiliser contre ce projet destructeur de ce qu’on appelle la « France éternelle ».

Rothschild n’est pas loin.

Terra Nova a été critiqué pour une supposée influence du « lobby bancaire ». Pour Laurent Léger, journaliste à Charlie Hebdo, en 2013, le poids des financiers est devenu considérable au sein de Terra Nova : BNP Paribas y siège, ainsi qu'Ernst et Young, un des principaux cabinets d'audit financier au monde. Mais le journaliste pointe tout particulièrement la banque Rothschild, également présente par le biais de l’un de ses associés au sein du conseil d'administration, Guillaume Hannezo, lequel « est omniprésent depuis juin 2012 et se montre particulièrement interventionniste, sans commune mesure avec les autres administrateurs ». Eh oui ! Tout s’explique. A commencer par l’arrivée de Macron à l’Elysée puis au gouvernement et ensuite comme candidat à la présidentielle. Alors il ne faut pas s’étonner si ce  même lobby soutient sa campagne, l’aide à lever des fonds. Demain il pilotera la politique de la France et particulièrement son action en Europe.  Une note de 2014 stipule en effet que  « l’Union bancaire est une solution à la fragmentation de l’espace financier européen et au cercle vicieux entre crise souveraine et fragilité bancaire ».  Macron est donc le  candidat de l’Europe des banquiers. Son discours en grandes phrases creuses cache cette réalité.

Le trucage droite-gauche : une illusion.

Macron est le résultat d’une illusion. Les causes en sont psychiques et proviennent des fantasmes d’un électorat disponible qui ne se retrouve pas dans les clivages actuels à cause des résultats économiques. Cet électorat est tenté de se peindre un monde tel qu’il voudrait qu’il fût et non tel qu’il  est. Il s’y raccroche comme on on s’attache à « une fable  qu’on ne veut pas abandonner, parce qu’elle console, donne sens à l’existence » (Freud). L’important n’est pas qu’elle soit vraie, mais qu’elle rassure en déployant un horizon compatible avec ses propres aspirations. D’où le ton prophétique employé par Macron dès le 8 mai 2016 à Orléans, pour l’anniversaire de Jeanne d’Arc… Chez ses partisans, le  désir de croire en lui prime  sur tout le reste : un homme nouveau, un dépassement des découpages anciens, un ajustement de la France au monde… Pour maintenir l’illusion, Macron est devenu le roi de l’oxymore, cet art de faire des phrases qui disent tout et son contraire comme : « Ma République n’est pas multiculturelle… La République française est diverse, elle est indivisible mais plurielle. »  Sauf  que l’Histoire nous apprend qu’on est toujours rattrapé par la réalité et celle-ci se nomme dette, terrorisme, tensions internationales, guerre. Le  rêve ne résout rien !

L’élection présidentielle est d’abord un exercice de lucidité.

Amis centristes, vous n’avez rien à faire dans cette galère. Ouvrez les yeux.  Vous n’êtes pas communautaristes ni pour la finance internationale, si j’en crois les propos de Bayrou. Amis venus de chez Juppé, vous vous égarez. Je suis certain que vous ne partagez pas cette vision de l’avenir de la France. Cet homme vous trompe. Il vous manipule comme il  essaie de manipuler l’opinion avec ses meetings à l’enthousiasme fabriqué.

Sa posture « de droite et de gauche », qui dépasse les clivages est un trucage : elle repose sur l’observation qu’une large majorité de Français le souhaite, mais ce n’est qu’une posture marketing.  Macron est bien de gauche, avec tout ce que cela comporte de réflexes idéologiques. Maintenant, il va exploiter le  trouble créé par l’affaire Fillon pour puiser quelques mesures dans son programme en les adaptant et les faire siennes : recruter 10 000 policiers, créer 15 000 places de prison, réaliser 60 milliards d’économies sur la masse salariale de l’Etat (300 000 fonctionnaires en moins ?)…  Il y a quelques mois, je criais déjà à l’escroquerie intellectuelle à son sujet. Je ne m‘étais pas trompé.

Macron c’est la confusion doublée de l’illusion.

Dans tous les domaines. Est-ce de cela que la France a  besoin à un moment crucial pour son avenir ?

 


IL VAUT MIEUX LE SAVOIR AVANT DE VOTER …

Euro

 

Une partie des électeurs de droite déboussolés sont tentés de se réfugier dans le vote Le Pen. Est-ce bien raisonnable ?  Si c’est pour des raisons d’hygiène, on peut douter qu’elle soit plus propre que François Fillon. Si c’est par colère, comme chacun sait, elle est mauvaise conseillère. Si c’est par déception, alors  il faut faire, contre mauvaise fortune bon cœur. Entre la politique et la morale, il faut savoir choisir, surtout si cette dernière doit nous emmener dans le mur.

Car le remède « Le Pen » présente un risque immense pour notre pays, qu’il faut savoir entendre : au-delà de son programme délirant, c’est son projet de sortie de l’Euro. Son scénario lénifiant ne tient pas une minute au regard de ce que l’histoire nous a enseignés, ancienne ou récente. L’analyse qu’en fait Philippe Dessertine est beaucoup plus réaliste. Elle est malheureusement cataclysmique pour la France.

Si le 7 mai au soir, Marine Le Pen est élue à la présidence, la réaction en chaîne se déclenchera avant même que l’Assemblée nationale soit élue ni même qu’un referendum soit réalisé.  Le mal sera fait et les  acteurs européens et étrangers prendront tous leurs mesures de sauvegarde. C’est ce qu’on a observé en Italie il y a cinq ans, avec la poussée populiste aux municipales : les taux se sont envolés au-delà de 6%... et elle n’en est pas encore remise aujourd’hui. Pour la France, la situation serait bien plus difficile tant sa situation est fragilisée par sa faible croissance, son taux de chômage, le déficit de ses finances publiques et la dette. Avec ses dépenses à 56% du PIB et ses prélèvements obligatoires à 46%,  il n’existe aucune marge de manœuvre pour parer à ce qui se déclenchera.

D’abord, ce n’est pas nous qui quitterons l’euro, mais l’inverse.

C’est l’euro qui nous quittera : cela sera inévitable parce que nos créanciers et nos partenaires européens nous lâcheront.  L’Allemagne et le Benelux n’auront d’autre choix que de se désolidariser de la France  et les  marchés financiers de se débarrasser de la dette française en la vendant à découvert, misant sur un effondrement certain. Jusqu’à présent c’est la solidarité allemande qui a permis à la France de bénéficier de taux d’intérêts avantageux, en décalage avec la situation réelle.

Concrètement, il faut s’attendre :

A un effondrement de notre monnaie redevenue autonome qui obligera au blocage des comptes bancaires et d’épargne pour empêcher la fuite des capitaux (qui aura commencé entre les deux tours) ;

A un renchérissement des importations et à un étranglement financier du fait des handicaps de notre pays : dépendance du pétrole, déficit commercial, marché national étroit ;

Les taux français atteindront rapidement des niveaux insoutenables  ce qui conduira à bloquer indéfiniment la dette détenue par les Français,  l’assurance-vie, l’épargne et  les comptes-courants importants.

L’inflation galopante entraînera une perte énorme de pouvoir d ‘achat tandis que les pénuries de nombreux bien apparaîtront du fait de la limitation des importations et de la fermeture des frontières.

Ne parlons pas de la croissance dont toute perspective sera brisée net.

Quant aux autres projets généreux de Marine Le Pen,  n’en parlons même pas : ils seront infinançables.

Tout le monde y perdra : les épargnants, les gros revenus qui ne se seront pas délocalisés, les petits revenus, les entreprises … Dans des proportions qu’il ne vaut mieux pas imaginer.

Ce n’est pas un scénario catastrophe.

C’est  celui de la Grèce, mais sans l’Europe pour nous secourir. Tout cela s’enchaînera  inévitablement.

Avant de mettre le bulletin dans l’urne, il faudra se poser la question  : qui préférez-vous voir à l’Elysée  dans trois mois ? Quelqu’un qui a utilisé maladroitement ses prérogatives, qui s’en excuse tant bien que mal, mais qui peut redresser le pays, faire en sorte qu’on prenne le chemin du plein emploi, que l’on diminue les dettes, que la France retrouve son rang en Europe, ou alors un brave type  bardé d’idées fausses et de projets ubuesques, ou encore un jeune pédant mi-gourou mi-starlette, creux comme un radis trop arrosé mais bien rose à souhait, à moins que ce ne soit la favorite des sondages que tous les observateurs voient en finale.

Avant de voter, Il faudra bien réfléchir : il ne s’agit pas de décerner un prix de vertu mais d’une élection présidentielle  où le  problème posé est désormais de savoir qui nous permettra d’éviter le cataclysme dont la France aurait bien du mal à se remettre !

 


Communiqué des avocats de Monsieur et Madame Fillon

Comme pour les  écoutes de Nicolas Sarkozy, on n'a rien trouvé,  mais on continue de chercher ! 

Et si on arrêtait la  mascarade  ?

 

16 février 2017

1) En méconnaissance des dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale qui lui imposent de ne communiquer que “des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges”, le Parquet national financier a choisi d’annoncer publiquement et sans justification une poursuite des investigations.

2) Ce communiqué s’abstient de relever qu’après trois semaines d’enquête et de très nombreuses auditions, il n’y a pas d’éléments suffisants pour requérir des poursuites.

3) Nous maintenons que l’enquête se déroule en violation des règles de compétence du Parquet national financier et, plus grave encore, du principe de la séparation des pouvoirs.

4) Nous rappelons que cette enquête se déroule de manière non-contradictoire, sans que la défense de Monsieur et Madame FILLON ait accès au dossier.

5) Il est capital, à quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, que l’enquête se déroule enfin dans la légalité et la sérénité. Toute nouvelle violation du secret de l’enquête serait inadmissible.

Maître Levy et Maître Cornut-Gentille, avocats de Monsieur et Madame Fillon

 


POURQUOI JE NE CHANGERAI PAS D’AVIS

Fillon homme_2

 

Je continue de soutenir François FILLON et voterai pour lui.

J’ai bien conscience de l’abîme qui sépare le  microcosme politico-médiatique de la majorité silencieuse des Français, ballottée par la sarabande qui tourne en boucle des affirmations mille  fois répétées. Mais il n’y a que 24% des Français pour croire ce qui est raconté par les donneurs de leçons, dont beaucoup  jouissent de revenus et de prébendes bien au-delà de ce qui est reproché au candidat de la droite et du centre qu’ils veulent abattre. Sait-on, par  exemple, que Mme Ernotte, patronne de France Télévisons émarge à 400 000€ par an  et un patron de chaine  à 200 000 € ? Le salaire moyen annuel dans l’audiovisuel  public est de 62 900€ brut ! (rapport de la Cour des Comptes).  L’image qu’ils donnent de la politique fait aujourd’hui que les deux tiers des Français n’ont confiance dans aucun parti  ni aucune figure de  la présidentielle… Cette crise de la démocratie est grave. Justement, cela renforce mon envie de renverser la table.

Renverser la table, c’est ce que propose François Fillon.

Attachons-nous à son projet, qu’il a construit minutieusement en se mettant à l’écoute des Français pendant trois ans, ce qu’ils attendaient majoritairement.  C’est un projet tourné vers l’action et le seul intérêt général. Il  est le fruit d’un long travail avec des économistes, des chefs d’entreprise de terrain et des experts. Pour la première  fois en France, la société civile a été intégrée dès le début de la réflexion. C’est un projet qui remet l’activité au cœur de la politique économique, loin d’une vision uniquement budgétaire et d’une économie administrée ficelée de tous côtés.

C’est un projet qui est porté par une vision ambitieuse pour notre pays.

Le sérieux budgétaire est nécessaire,  ce qui amène à être très prudent sur les baisses d’impôts et la trajectoire financière des comptes de la France. C’est le préalable pour mener les réformes majeures qui ont trop attendu : passage à 65 ans de l’âge de la retraite, réduction du nombre des emplois publics, plafonnement et dégressivité des allocations chômages, fin des emplois aidés, instauration de l’aide sociale  unique, convergence des régimes publics et privé de retraite, fin des 35 heures… Chacune de ces réformes se fera en respectant le dialogue social et proposera des contreparties en face de l’effort demandé.  Elles sont nécessaires si on veut enclencher une dynamique qui encourage le développement de l’activité  et la création de richesse.

La  libération de l’économie est un axe essentiel du projet.

Ce redémarrage de la dynamique de nos entreprises et de leur compétitivité passe par plus de liberté d’entreprendre, par une réduction du poids des dépenses publiques dans l’économie, par une baisse du coût du travail et du capital, pour  doper les investissements. L’objectif  c’est l’emploi, le  plein emploi. Quand on voit la résilience de notre économie qui arrive encore à créer des emplois dans un contexte peu favorable, on peut se dire que c’est possible et que les choses peuvent aller très vite. C’est cette démarche qui permettra à l’Etat d’augmenter ses rentrées fiscales  et de réduire de manière vertueuse les déficits et la dette. Cette démarche a réussi dans les pays qui l’ont entreprise. Elle permettra à la France de revenir au premier rang des puissances européennes. Au quotidien ce sera pour chaque Français du travail, des augmentations de salaire et surtout de la confiance en l’avenir.

J’attends personnellement que François Fillon :

Rétablisse le plafond du quotient familial à 3 000€ et l’universalité des allocations familiales ;

Mette fin au projet de prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu ;

Maintienne la pénalisation de la consommation du cannabis ;

Interdise la GPA et limite le recours à la PMA ;

Mette le paquet sur le numérique ;

Je suis d’accord avec lui pour :

Interdire les organisations intégristes salafistes et Frères musulmans ;

Limiter l’immigration avec des quotas ;

Interdire le retour des Français partis combattre dans les rangs terroristes ;

Renforcer les moyens de la sécurité, la défense et la justice ;

Lutter contre le communautarisme en faisant respecter nos lois laïques ;

Un vrai chef d’Etat !

Le programme de François Fillon est non seulement applicable mais réaliste.  Il est le seul qui ne promette pas une avalanche de dépenses supplémentaires chiffrée en dizaines de milliards.

François Fillon se propose d’être un chef d’Etat au-dessus de la mêlée qui préside et fixe le cap. Il promet un gouvernement ouvert sur les compétences de la société civile. J’approuve son idée de recourir au referendum pour les décisions essentielles, ce qui est validé par 73% des Français. Il  a la carrure et l’expérience pour être un chef d’Etat à la hauteur des autres grands de ce monde et saura faire valoir la voix de la France en Europe. C’est un homme lucide. Dans l’affaire qui lui est reprochée, sa probité n’est pas en cause et il a su faire « amende honorable » en reconnaissant que les pratiques parlementaires dont il a bénéficié étaient devenues inadaptées. En proposant de les réformer, il nous montre qu’il sait écouter.

Voilà beaucoup de raisons pour que je lui garde ma confiance !

 


FILLON QUAND MÊME !

Fillon tribune

 

C’est du destin de la France qu’il s’agit !

Et compte tenu de la situation, l’élection présidentielle de 2017 engage notre destin encore plus que lors des précédentes. C’est la dernière opportunité de confier les rênes à quelqu’un qui redressera le pays. Le pays se porte mal, quel que soit le côté où l’on se tourne : économique, financier, social, diplomatique  … Redressement ou déclin inéluctable : cela dépend  du choix que nous ferons le 23 avril !

J’étais au meeting de Poitiers : je n’ai jamais vu autant de gens aussi en colère contre les médias et déterminés à soutenir leur candidat.  Les questions posées en leit-motiv par les équipes de journalistes sur place témoignent de la mauvaise foi à charge qu’ils véhiculent. Ils ont été bien reçus !  C’est un peuple de droite qui se révolte, pas seulement des militants ! Ces inquisiteurs qui enquêtent à charge feraient bien d’en prendre la mesure !

Nous avons droit à un vrai débat sur le fond !

A quoi assiste-t-on depuis la fin de la primaire de la droite du centre ? A un tir nourri de barrage de tout ce que notre pays compte de « castes qui touchent » contre le candidat qui défend le seul  projet susceptible de remettre la France debout. Cela a d’abord été le procès de ses intentions en matière de réforme de la sécurité sociale. Quels  excès et quelles outrances !  Pourtant le  CAE, laboratoire d’idées rassemblant d’éminents économistes dans un structure sous la tutelle du Premier Ministre vient de diffuser une note qui préconise notamment, en matière de protection sociale, un « panier de soins solidaire », de couvrir les soins à 100% à  partir d’un certain seuil, de clarifier les rôles respectifs des assurances de base et complémentaires, d’harmoniser les règles des 35 régimes actuels de retraite.  Cela ne vous rappelle rien ? Si, évidemment,  les  propositions de François Fillon.  Sauf que cette diffusion n’a ému personne, même pas Léa Salamé pour le remboursement de son rhume ! Bizarre !

Comme la bronca contre les réformes sociales n’était pas suffisante, on en est venu aux attaques personnelles, au déballage d’affaires  pourtant anciennes : des raclures de caniveau pour occuper le devant de  la scène et  occulter l’essentiel. Cela n’est pas nouveau. Le  moyen est vieux comme les élections depuis la démocratie grecque. La boue fait toujours partie du jeu.  Mais  là, ça va trop loin. Il s’agit ni  plus ni moins que d’éliminer  par une campagne et un tribunal médiatiques, un candidat qui représente le seul courant d’alternance démocratique crédible. Nous revendiquons le droit à une campagne qui mette en avant l’emploi, la  sécurité, la dette, les finances publiques, la fiscalité,  l’Europe,  la défense nationale,  la mondialisation,  alors que le  monde  bruisse de tensions  multiples et que s’opèrent de vastes redistribution des cartes, de nouvelles alliances stratégiques  …

Quand le bouffon le dispute au minable !

La campagne présidentielle prend un tour tragique. Le danger est que l’émotion l’emporte sur le rationnel et c’est là-dessus que comptent les initiateurs de ce qui ressemble à un coup d’état institutionnel. Le dossier qui occupe toute l’attention porte sur le candidat et sa famille, bientôt sur ses mœurs. Une présentation habile est faite pour nourrir la vindicte dans un pays drogué  à l’égalitarisme. On accuse Pénélope Fillon  d’avoir reçu un salaire brut comme attachée  parlementaire de près de 900 000 euros entre 1988 et 2013, donc sur une période de 25 ans, soit en moyenne 36 000 euros bruts  par an ou plutôt 27 700 euros net, soit 2 308 euros par mois. Après impôts, comme le montre ce qui a été retrouvé par l’administration fiscale, on arrive à 1 539 euros par mois, en moyenne évidemment. Présenté comme ça, l’affaire perd beaucoup de son intérêt. Alors, on peut évidemment désapprouver l’emploi d’un membre de sa famille par un parlementaire,  encore que François Fillon soit loin d’être le seul à y avoir recouru. Le problème c’est que l’on n’enquête pas sur le sort de Mme Bartolone, assistante de son mari ci-devant Président de l’Assemblée nationale, pour savoir si l’emploi est fictif ou non. Sans doute  les révélations financières sont-elles intéressantes, encore qu’elles ne soient pas répréhensibles jusqu’à preuve du contraire ; sans doute des révélations sur la vie sexuelle de Mr Macron sont-elles croustillantes ; il n’y a là que de quoi alimenter les bavardages de comptoir. 

Il n’est pas indifférent de savoir quelle personne sera à la tête de l’Etat, mais il est infiniment plus important de savoir quelle politique les Français veulent choisir.

Attachons-nous aux propositions politiques.

Ce qui importe ce sont les programmes, les objectifs et les calendriers. Ce sont sur ces dossiers qu’il faut se prononcer,  le reste est accessoire. Car le danger, quand le subalterne  occulte le fondamental, c’est que les décisions se prennent à partir d’émotions ou d’impressions, de rejets ou de dégoûts, d’engouements passagers ou d’illusions, et non sur des débats portant sur l’essentiel. Ce qui  doit guider notre choix en ce qui concerne la droite et le centre : d’abord, et avant tout,  c’est que François Fillon reste envers et contre tout un homme d’Etat avec l’épaisseur présidentielle. Il est le  seul  à défendre ce que nous souhaitons pour notre pays : libérer l’emploi par la baisse des charges qui pèsent sur les entreprises et la suppression des 35 heures, libérer l’initiative et la création par une réforme fiscale qui favorise la reconstitution du capital et l’investissement, rétablir la politique familiale pour relancer la natalité avec  l’universalité des allocations familiales, améliorer le pouvoir d’achat, remettre de l’ordre dans la sécurité sociale, ramener l’Etat à un périmètre compatible avec nos moyens et le moderniser pour redonner aux fonctionnaires des carrières dignes de ce nom, lutter contre l’intégrisme islamique en interdisant les associations salafistes et les Frères musulmans, accroitre l’effort de défense nationale, redéfinir les contours de l’Europe pour la rendre plus forte et plus efficace… Plein emploi, moins de dette, plus de croissance : les choses  peuvent aller vite si nous le souhaitons. 

François Fillon est le seul à avoir une vision claire de l’avenir pour faire revenir la France à son niveau : être la première puissance en Europe dans dix ans !

Ce programme, que j’ai seulement esquissé, mérite bien que l’on passe sur quelques états d’âmes,  pour ceux qui en auraient. Pour autant, la perte de confiance d’une partie de l’électorat est là. La ligne de défense que François Fillon a adoptée  -il n’a rien fait d’illégal- n’est pas suffisante pour la rétablir. La question du cadre légal pour essentielle qu’elle soit doit être complétée par une volonté de rétablir  l’esprit qu’il veut incarner : celui d’une droiture sans faille, mis à  mal par l’enfer médiatique. En utilisant le système, il a suscité un doute sur sa probité. A  lui de faire les gestes nécessaires pour montrer sa capacité à incarner pleinement les valeurs qu’il défend, aujourd’hui et pour demain. Il faut qu’il montre que ces valeurs ne sont jamais acquises et qu’elles s’inscrivent dans une quête qui l’habite au quotidien, qu’il s’y réfère, qu’il en tire des leçons. Il montre qu’il a du courage face à l’adversité. Il faut aussi qu’il montre de l’humilité et de la lucidité. Que la probité est essentielle pour lui. L’esprit compte plus que la lettre, comme toujours.

 


LE PROGRAMME CACHE DE MACRON-LE-PROPHETE !

Macron prophète

 

Point n’est besoin d’avoir un programme puisqu’il a un projet ! C’est pas donné à tout le monde d’en avoir un ! Qu’est-ce que c’est un projet ? C’est avoir des idées. La belle affaire. C’est vrai que jusqu’à maintenant, il nous a abreuvés de belles paroles lourdes de sens du genre : « Nous sommes Français ! ». Je me moque,  mais j’exagère à peine, tant il additionne les « lieux communs ». Je ne suis pas étonné qu’il agrège tant de gens avec un tel discours, dans cette époque vide de sens pour tant de gens sans repères. La « fabrique du crétin » comme dit Brighelli a bien fonctionné. Ceux qui le suivent ont besoin d’un gourou qui leur évite de penser, et si en plus, il se met à « léviter » pour montrer l’avenir, c’est encore mieux ! Macron, c’est « foudre bénie* » candidat à la présidentielle.

Demandez le programme !

N’attendez pas le 2 mars. Les « macronomics » (dénomination américaine pour faire  moderne), on en connait à peu près tout. Il n’y a pas  besoin de chercher bien loin : suivez sa dernière recrue (le 11 janvier, il était grand temps) bombardée « directeur du pôle programmes et idées », Jean Pisani-Ferry, ancien commissaire général de France-Stratégie, ex-commissariat au plan placé sous l’autorité du Premier Ministre, et vous trouverez le catalogue. Car celui-ci n’est pas arrivé les mains vides, il a apporté avec lui tous les dossiers de l’organisme gouvernemental, des centaines de notes, de rapports, produits depuis trois ans. Après, on nous fait croire au diagnostic des marcheurs, une manière de nous faire marcher !  Et ce catalogue donne des lignes très claires et offre quelques propositions bien fortes, voire iconoclastes.  Ceux qui connaissent ces dossiers pour les avoir suivis, depuis l’automne dernier à travers la publication de notes spéciales « sur les grands enjeux de la décennie 2017-2027 »  ont constaté que Macron s’en est largement inspiré dans l’interview qu’il a donné  à France-inter le 1er février où il a dit ce qu’il pensait : la conversion du CICE en baisses de charges pérennes pour les entreprises, l’exonération de cotisations sociales pour les salariés payés entre 0,5 et 1,3 fois le SMIC,  la transformation de l’ISF en un impôt sur la rente immobilière.  Quand on sait que les notes spéciales couvrent tout le spectre de l’action gouvernementale, économie, social, éduction, culture, écologie, logement, Europe, ruptures technologiques…, la suite est grandement prévisible.

Rentiers et propriétaires, à vos goussets !

L’immobilier et le logement sont deux des chevaux de bataille de France-stratégie repris par le candidat en marche. L’organisme condamne la fiscalité actuelle qui favorise le statut de propriétaire, freine la mobilité géographique et désavantage les jeunes générations pour lesquelles l’accès à ce statut est difficile. Aussi, l’une des priorités sera de rendre moins attractifs les  placements immobiliers. C’est sur cette analyse que  Macron s’est appuyé pour sa proposition de réforme de l’ISF et s’il n’a pas encore retenu le principe du « loyer fictif »  des résidences principales, celui-ci est dans les tuyaux. Ainsi les propriétaires occupants paieraient un impôt sur le loyer qu’ils verseraient s’ils étaient locataire. On a aujourd’hui avantage à être propriétaire de son appartement au lieu d’être locataire et de placer l'argent en produits financiers imposés. C’est au nom de cette logique implacable de banquier d’affaires et de financiarisation, qu’il veut nous imposer cette rationalité économique tout aussi implacable. Et s’il n’en parle pas, c’est parce que 57% des Français sont propriétaires. Qui construira et logera ? Les bailleurs sociaux, l’Etat et les grands groupes financiers dans une France métropolisée privilégiant le collectif sur l’individuel.  On voit venir aussi « une dotation en capital pour les jeunes adultes »  pour gommer les disparités en matière d’héritage, financée par une taxation supplémentaire sur les successions. Ben tiens !  L’Europe, l’investissement productif, la mort de la rente immobilière, la modernité numérique, les start-up, la ponction des retraités aisés au profit des jeunes générations sans capital : on voit bien qu’il y a une grande proximité entre les priorités sélectionnées par France-stratégie et celles de Macron. L’augmentation de 2 points de la CSG qui taxe tous les revenus va dans le même sens. Avis aux bobos proprios du baby-boom, c’est eux qui vont raquer. Ces gauchos soixante-huitards seront peut-être consentants,  mais les autres, c’est moins certain. Français, ouvrez les yeux !

En attendant, rien sur la défense et la diplomatie.

Voilà deux domaines sur lesquels  le leader d’En Marche ne s’aventure pas.  Ce sont pourtant deux domaines de prérogatives  importantes du chef de l’Etat. Et pour cause, France Stratégie est  muette sur ces sujets. Grave  lacune.  Et l’on confierait le pouvoir à un personnage sans expérience sérieuse en la  matière dans le monde que nous connaissons avec le retour des impérialismes russes et  américains. Le quadra manque d’épaisseur. Enfin ce qu’il nous a servi sur l’écologie, dans la droite ligne de Ségolène Royal et de la loi de transition énergétique,  est dans la parfaite continuation de la politique hollandaise.  Or, nous avons besoin d’’un projet clair sur ce qui fait l’avance technologique de la France : le nucléaire.

Contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre !

Je ne résiste  pas, pour finir,  au plaisir de revenir sur les déclarations macroniennes au sujet de Notre Dame des Landes. Même s’il avait émis des réserves sur le projet « mal emmanché », il  avait indiqué vouloir respecter le résultat de  la consultation  populaire. Ces propos, il les avait tenus au début du mois sur France Inter. Dans son interview à l’ONG WWF, à la fin de la semaine dernière,  il a souhaité : « une dernière fois regarder les choses en termes économiques, environnementaux, d’empreinte carbone, de capacité à développer… Aujourd’hui on ne lancerait pas un projet du type Notre-Dame des Landes »… Donc, il nommerait un  médiateur indépendant (ce qui a été déjà fait)  « pour qu’on regarde en parallèle le projet Nantes-Atlantique », l’aéroport actuel qui pourrait être modernisé, ce qui revient à donner raison à ceux qui ont été battus lors du referendum. Mais il affirme en même temps ne pas vouloir « écarter » le résultat de ce referendum. Vous suivez ? Bon, au final, pour la Zad, il affirme : « Je ne veux pas d’évacuation… Il n’y aura pas de brutalité ». Il est où le candidat d’avenir, le décideur, le visionnaire ?  Elle est où l’autorité de l’Etat ? Nantes-Atlantique est saturé : son trafic a augmenté de 47% depuis 2011, 19 nouvelles lignes ont été ouvertes en 2016, 13 de plus sont annoncées. Que faut-il de plus ? Continuer à polluer Nantes par un survol dangereux et incessant ? Peut-on accepter cette position « ni pour ni contre, bien au contraire ! ». Comme Hollande, Macron ménage la chèvre et le chou, ne tranche pas, ne prend pas de risques. C’est la stature même d’homme d’Etat qui manque cruellement.  Quelle est donc sa définition du mot « République » et de celui de « Démocratie ».  Il préfère contenter la Royal et ménager les écologistes plutôt que protéger les habitants des exactions des zadistes.

Ainsi va Macron ! Un ectoplasme, mis sur orbite par « pépère », qui ne commet aucune faute de marketing, pour électeurs décérébrés ou perdus.

*Foudre bénie : moine bouddhiste de Tintin au Tibet.

 


LE PEN POUR LE PIRE !

Marine-Le-Pen présidentielle

 

Marine Le Pen domine la campagne électorale. Tous les sondages lui accordent la première place au premier tour, avec une avance de trois à quatre points sur le second. A « l’émission politique », elle a été regardée par trois millions et demi de téléspectateurs, ce qui n’est pas un score extraordinaire. Cela n’empêche pas certains de craindre qu’elle ne finisse par l’emporter. Les mêmes sondages ne lui donnent pourtant pas la moindre chance face à François Fillon ou Emmanuel Macron et le sentiment, dans l’opinion anti-Le Pen, est qu’elle ne sera jamais élue présidente de la République. Mais la campagne est secouée par des événements si surprenants et à peine croyables que l’on finit par se demander si, avec la succession des coups de théâtre qui jalonnent cette course à la présidence, le candidat arrivé deuxième au premier tour sera assez fort pour éliminer la candidate du Front National au second tour.

La catastrophe puissance 144.

144 promesses et 40 milliards de mesures économiques constituent le socle du programme de Marine Le Pen, dans lequel on fait oublier les thèmes habituels du FN sur l’immigration et la sécurité, au profit de mesures plus consensuelles pour amadouer et « apaiser ». Les concessions et les cadeaux électoraux notamment en direction des PME, ne suffisent pas à faire oublier le cœur du sujet : la sortie de l’euro et le protectionnisme avec une vision de la réindustrialisation de la France qui évoque plus les cheminées en briques que l’envolée numérique. Elle n'explique pas comment, prenant l'exemple de l'industrie automobile, elle arrivera à les faire fabriquer en France sans faire venir de l'extérieur, notamment d'Asie, les nombreux composants que nous ne sommes plus capables de fabriquer sur place. Marine Le Pen se bat donc principalement sur le terrain économique et social et c’est la raison pour laquelle, après avoir inculpé l’euro de tous nos maux, elle l’a gardé comme cheval de bataille. Comme tous les démagogues, elle est prête à poursuivre cette bataille absurde, et suicidaire pour la France, contre la monnaie unique parce qu’elle est convaincue que c’est le moyen le plus sûr pour elle d’arriver au pouvoir, bien que 68% des Français y soient hostiles. Concernant l'Euro elle fait  preuve d'une incompétence notoire  : "personne ne s'est aperçu qu'il a baissé de 30%",  affirme-t-elle.  Sauf que ça  s'est vu à  la  pompe, puisque le pétrole a augmenté et que le prix du carburant est resté  pratiquement stable,  parce que  nous payons le pétrole en dollars !  Par contre le prix de l'immobilier se remet à flamber, logique quand la valeur de la monnaie baisse. Voilà un autre indice. La baisse de  l'Euro n'a pas d'impact sur nos échanges avec nos partenaires européens et est un avantage sur les marché internationaux pour nos exportations. Remplacer l'euro par le Franc, à valeur égale, est une naïveté de  plus. Est-elle certaine que la Banque de France possède suffisamment d'or en stock pour garantir cette parité ?  A-t-elle évalué le coût du remplacement des billets  ? Et comment peut-elle garantir que la nouvelle  monnaie ne s'effondrera pas dès lors qu'elle ne sera plus sous la  protection du bouclier que constitue la  monnaie commune, avec un pays surendetté, des déficits abyssaux et des objectifs de croissance fantaisistes  ? L'euro est une monnaie stable qui assure la valeur du patrimoine et de l''épargne des Français. Que péserait un petit franc face au gros dollar de Trump  ? Cela revient à dire que Marine Le Pen ne voit pas d’inconvénient à ruiner le pays et ses habitants pour gagner contre tous les autres. En guise de France prospère, juste, puissante, c’est la ruine des épargnants, la chute massive du pouvoir d’achat sans parler de la fuite en avant des déficits et de la dette. Avec elle, tout est simple et limpide, mais c’est l’économie pour les nuls, et on est atterré de voir François Langlet désarmé face à son interlocutrice. 

La faute aux autres.

Je passe sur la litanie patriotique habituelle du discours lepéniste, avec l’islamisation toujours en point de mire. Il faut bien entretenir le fonds de commerce. Rien de nouveau. Suit un autre classique populiste : nos malheurs viennent des autres : la mondialisation affreuse, l’Europe en échec. Elle pourfend les élites, vantant le peuple qui seul « peut conduire le pays à la lumière ». « J'ai frappé ma candidature du sceau du peuple… Vous avez compris, l'actualité récente en a apporté une démonstration éclatante, contre la droite du fric, la gauche du fric, je suis la candidate de la France du peuple ».  Elle oublie elle-même qu’elle est condamnée par le parlement européen à rembourser un million d’euros pour les emplois fictifs qui ont servi à rémunérer ses proches, entre autres, et que le trésorier et plusieurs cadres de son parti sont mis en examen dans le cadre d’un financement illicite de sa dernière campagne présidentielle. Le mérite des Le Pen, c’est qu’il ne manquent jamais d’aplomb. La question européenne est au coeur de son projet. La candidate estime que « L'Union européenne nous a mis sous tutelle » et la députée européenne veut soumettre un référendum aux Français « pour se démettre de ses cauchemars et redevenir libre ». Se replier sur le réduit français au moment où les empires américains, russes et chinois montrent les muscles, ne faudrait-il pas plutôt songer à renforcer l’Europe… ? La députée européenne dresse un parallèle entre la mondialisation et le fondamentalisme islamiste. Elle fait le procès du mondialisme économique qui refuse toutes les régulations et dépossède la nation de ses éléments constitutifs, et qui permettrait selon elle à un autre mondialisme de naître et de croître, celui du fondamentalisme islamiste. Un raccourci simpliste comme toujours. Mais elle ne voit pas la contradiction avec l’éloge qu’elle fait de Trump, qui  met à bat tous les efforts de régulation menés sous Obama. Bah, on n’est pas à ça près au FN !

Le piège de l’incantation patriotique.

La crise et le chômage ont créé un désespoir qui facilite la manipulation et le mensonge. La mise au pas de Jean-Marie Le Pen et l’avènement d’une extrême droite plus souriante ont levé les interdits qui maintenaient le FN à 10 ou 12 %. Celle-ci s’est efforcée de donner à l’opinion des gages sur ses intentions en matière de respect de la démocratie, qui restent, malgré quelques coquetteries de façade, dangereuses pour les libertés. À force de démolir les candidats traditionnels, l’électorat risque de se retrouver au second tour devant un choix bancal susceptible d’assurer par défaut la victoire de Marine Le Pen. De ce point de vue, les malheurs de François Fillon pourraient être aussi ceux du pays. Un Fillon affaibli, un Macron naïf ou un Hamon mélenchonisé ne parviendraient peut-être pas à venir à bout d’une Le Pen dopée au « populisme ». Cette éventualité relève du séisme, d’un chambardement politique d’une telle ampleur que non seulement il plongerait la France dans la désespérance mais il détruirait l’Europe.

 

 


UN CHOC DE COMPETITIVITE D’URGENCE !

Compétitivité

 

Le gouvernement qui sortira des urnes en mai prochain devra faire avec une réalité calamiteuse, qu’un chiffre alarmant vient de compléter : notre déficit extérieur s’accroit à près  de 50 milliards d’euros. Si on rajoute les 50 milliards d’intérêts de la dette, ça fait déjà 100 milliards  à trouver avant de faire quoi que ce soit.  S’il n’y avait que ça ! 

On a beau retourner le bilan de Hollande dans tous les sens, on ne trouve que du mauvais : déficits,  dette record, chômage  explosé, précarité, croissance atone… Nous sommes le seul pays développé dont le chômage a progressé depuis 5 ans. Nous avons connu en 2016 une croissance dramatique de 1.1%, dramatique parce que la croissance de la zone euro est, elle, repartie à 1.8%. Notre déficit public ne parvient toujours pas à descendre en dessous de 3%. Notre dette est à 2200 milliards d'euros et continue à progresser chaque jour. Et le rapport de  la Cour des Comptes tombe à  point nommé  pour  illustrer ce triste bilan de recommandations qui feront plaisir à François Fillon plus qu’aux autres candidats.

Le déficit commercial est le thermomètre de la compétitivité de notre pays. La France continue de perdre des  parts de marché et notamment en Europe,  avec nos partenaires. La France aura retrouvé le chemin de la prospérité  quand elle sera capable, comme l’Allemagne d’avoir une balance commerciale positive. On voit qu’il reste du chemin. Ce déficit est en progression, après 4 années de baisse. Et on ne peut pas prendre les circonstances extérieures comme excuse : nous avons bénéficié cette année de la baisse du pétrole qui a allégé significativement notre facture, ce n'est pas non plus de la faute d'une monnaie forte, tout le monde s'accorde pour dire  que l'euro est sous-évalué. Si nous perdons, c'est parce que nous ne sommes pas compétitifs. Cela veut  dire que la politique économique de la France depuis trop  longtemps ne  favorise pas les entreprises, et celles qui exportent en particulier. Il y a heureusement des secteurs qui s'en sortent bien comme ceux du luxe et les armes. Mais cela ne suffit pas. La comparaison avec l'Allemagne est encore une fois cruelle. L'Allemagne engrange, tous les mois, plus de 20 milliards de surplus commercial et a ravi la première place en matière d'excédent en 2016 à la Chine. Et cela n'a rien de conjoncturel. Nos déficits de croissance, de finances publiques, de commerce extérieur, d'emplois sont l'illustration affligeante d'un modèle qui ne fonctionne pas.

La croissance de 2016, limitée à 1 %, la rechute du commerce extérieur, le dérapage des dépenses non financées, la persistance du chômage à un haut niveau, toutes les failles de notre économie méritent un traitement de choc.  Les candidats de la gauche, de l’extrême gauche et de l’extrême droite annoncent des recettes suicidaires. Hamon court après des milliards qui n’existent pas pour financer son revenu universel, Mélenchon veut diminuer le  temps de travail pour le partager, vieille lune dont on sait ce qu’elle a  produit avec le passage aux trente-cinq heures. Le Pen veut  nous faire sortir de l’euro et fermer les frontières alors que nous sommes la 7ème une puissance mondiale exportatrice. Macron propose de taxer davantage les revenus avec la CSG et des bricolages de baisses des charges sur les bas salaires, cent fois utilisés et cent fois sans résultats autres que quelques effets d’aubaine passagers. Seul François Fillon propose un programme crédible qui peut soigner les plaies qui nous accablent : baisse des charges sur les entreprises, taxation du capital  à la moyenne européenne pour redonner du tonus aux investissements, suppression de l’ISF ce boulet qui  empêche nos PME de prospérer.

L’enjeu de la campagne ne saurait se limiter à un combat entre « le Canard » et François Fillon. Le risque n’est pas la fin de sa carrière, c’est la disparition de la droite au moment précis où elle avait toutes les chances d’emporter la présidentielle et où son projet  de redressement est  adapté  à la situation. Car évidemment, il faudra en même temps cesser d’alimenter l’ogre, c’est-à-dire l’Etat !

La Cour des Comptes annonce qu’il faudra réduire sérieusement les dépenses au cours du prochain quinquennat. Si c’est elle qui le dit !

On en revient toujours au même point : hors Fillon, point de salut !

 


NE NOUS LAISSONS PAS VOLER L’ALTERNANCE

Fillon home_photo1

 

Ne perdons pas de vue cette nécessité : la France a besoin de l’alternance, d’une vraie alternance, et toutes les  manœuvres auxquelles on assiste, notamment contre François Fillon,  visent à l’empêcher. Comme beaucoup d’entre nous, j’ai d’abord été troublé par les « révélations » avant d’être en colère quand j’ai mesuré la  monstruosité de la manipulation. Mais, même si François Fillon ne vous a pas convaincu totalement hier, l’arbre ne doit pas cacher la forêt.  Nous ne pouvons pas accepter de nous faire voler la présence de la droite au second tour de l’élection présidentielle.  Et seul François Fillon a la capacité d’y parvenir. Au moment où la gauche, l’extrême gauche et le Front national nous promettent chacun un naufrage assuré, à coups de propositions révolutionnaires ou plus ou moins fascistes, « le projet de redressement et d’espoir » de François Fillon reste le plus convaincant aux yeux de tous ceux qui refusent un affaiblissement durable de la France.

François Fillon a donné hier des explications convaincantes sur le travail de son épouse et de ses enfants. Il a surtout décidé de continuer à faire campagne en soulignant l’énorme vide politique que créerait son retrait. Mais il n’a pas déguisé sa stratégie sous l’habit d’une fausse contrition : s’il a décidé de rester candidat, de reprendre la campagne, de refaire l’unité de son camp, c’est parce qu’il ne peut pas imaginer la bataille du second tour sans la droite. Ce qui arriverait s’il avait décidé de se retirer : aucun autre candidat ne ferait le poids ni l’unanimité, parce que la légitimité que François Fillon tire de la primaire et de ses quatre millions de votants interdit à toute autre personnalité politique de se présenter à sa place.

Ce qu’il a dit hier, il aurait pu le dire plus tôt, me dit-on.  Cela  aurait-il changé quelque chose à la cabale, au lynchage, dont il a été l’objet et qui continuera sous d’autres formes, n’en doutons pas ? L’important c’est qu’il ait été transparent : il a été tellement surpris des attaques dont il a soudainement fait l’objet, sur des faits qui datent et qu’on aurait pu lui reprocher depuis longtemps, qu’il a avoué que « le ciel lui était tombé sur la tête ». Il a dû se faire violence pour ne pas cacher ce qu’il y a d’humain en lui, pour présenter ses excuses, pour annoncer une réforme du travail des assistants parlementaires, pour publier sur internet les revenus de sa famille depuis des années. Il a eu le courage de reconnaître des pratiques qui ont pu être acceptables, sinon acceptées, mais qui aujourd’hui sont rejetées par les Français. C’est un aveu fort et une capacité à se remettre en cause à mettre à son crédit et qui lui donne encore un peu plus d’épaisseur présidentielle.

Alors évidemment, il ne peut pas y avoir de plan « B », « B » comme Berezina ! C’est pourquoi   le  moment de « déstabilisation » passé,  il a choisi de se présenter face aux journalistes, histoire de montrer qu’il n’a pas peur, occasion de les affronter droit dans les yeux, sans les ménager. Il  a tenu une conférence de presse pour bien leur montrer qu’il est le patron incontesté de la droite, et que s’attaquer à lui, c’est s’attaquer à toute la droite et à son électorat. Il est l’homme qui, parce qu’il vient de vivre un moment terrible, en sort plus fort, plus solide, plus dynamique.

Voilà, c’est François Fillon qui doit refaire l’unité de notre camp dès aujourd’hui, c’est François Fillon qui repart en campagne, c’est François Fillon dont les avocats viennent de signifier au parquet financier qu’il n’est peut-être pas compétent pour traiter cette affaire, c’est François Fillon qui a le seul programme « de rupture », et c’est lui, le favori de l’élection présidentielle, qui revient avec force dans la course.

Il ne fera pas de quartier, parce qu’il  lui faut retrouver tous les suffrages qui devront se porter sur son nom. Tout le monde doit comprendre qu’il n’a aucune intention de céder à la vague médiatico-politique orchestrée par le pouvoir contre lui. Au cours de sa conférence de presse, il n’est pas allé plus loin dans l’accusation portée contre l’exécutif, mais il en a assez dit pour qu’on comprenne certaines connivences. Après cette clarification qui, forcément, laissera quelques gens sur leur faim, mais n’en est pas moins le maximum qu’il pût faire, la droite a de nouveau un candidat. Il est préférable de ne pas aller chercher ailleurs : la force constituée par la droite et le centre doit se regrouper si elle veut l’emporter. 

Ce qui se présente en face ne nous laisse aucune marge. Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Marine Le Pen persistent et signent. Le candidat chaviste et bolivarien, le champion des « insoumis », nous gratifie d’un costume stalinien pour nous asséner son programme bolchévique qui  ferait de la France un nouveau Venezuela. Hamon-le-magicien du PS, tient bon sur le revenu universel dont il ne sait pas trop comment il va le financer, et à une augmentation du Smic de 10 %, ce qui mettrait à genoux les PME. Quant à Marine Le Pen, dont les médias sont étrangement indulgents au sujet de ses casseroles judiciaires, elle continue à nous faire croire que nous sommes menacés par l’immigration alors que la France est le pays européen qui accueille le moins d’étrangers, et elle est toujours décidée à sortir de la zone euro, ce qui réduirait de quelque 30 % les avoirs de tous les épargnants. Trump, après Tsipras, est son nouveau modèle… pourvu que ça mousse ! Enfin, Macron, le spécialiste du lieu commun, qui réunit de belles salles enthousiastes, n’a toujours pas exposé ses intentions dans le détail, parce qu’il sait qu’elles feront peur.

Comme on le voit les candidats de « l’Apocalypse Now » sont en grande forme, ils sont applaudis à tout rompre par des foules prêtes à Marat comme prêtes à Tibère, et ainsi va un peuple qui, inquiet pour son avenir, croit que le meilleur des remèdes est la catastrophe.

Nous n’avons pas le choix. Le  candidat qui porte un espoir pour les Français, c’est François Fillon.

 


MACRON L’HYPNOTISEUR

Macron le messie

 

Le  joueur de flute

Il  remplit les salles. Il est à la mode. Il  s’exprime bien. Mais pour dire quoi ? Emmanuel Macron profite évidemment des difficultés de François Fillon. Il bénéficiait d'un accueil favorable auprès de certains juppéistes et quelques centristes l’on rejoint. Son livre « Révolution » est une vision du monde et de la société, ce n’est pas un programme présidentiel.  On peut en partager certains constats, forcément quand on égrène les généralités. Mais  c’est surtout un joueur de flute. Comme  on ne peut pas  plaire à tout le monde, il va rester le plus longtemps possible sur le créneau « marketing » et artificiel du « ni de droite, ni de gauche » qu’il a choisi. Un exemple sur la laïcité : « Il faut sortir de ce discours de haine réciproque. J'entends les uns qui voudraient que défendre la liberté de conscience ce soit stigmatiser certaines et certains à cause de leur religion. En aucun cas. Tout simplement car c'est ainsi, insidieusement, rediviser le pays ». On ne peut  faire plus ambigü. Si par refus de stigmatiser, il  entend communautarisme, comme je le crains, je refuse d’adhérer à ce discours. Mais il ne l’explicitera pas.

Le gourou.

L’absence de  programme est délibérée. Il a choisi de rassembler sur du vent. Son équipe de communicants s’y emploie avec succès, profitant de tous les relais dont elle bénéficie dans les médias. Derrière ses discours généraux se cache néanmoins une stratégie : continuer de gouverner la France à gauche. Son passage au "20 heures de TF1" m’a déplu.  Cette manière de prendre les autres  pour des imbéciles devrait ouvrir les yeux : sa prétention n’a d’égal que sa suffisance.  Il y avait dans ses réponses l’arrogance de celui qui n'aime pas être contredit et qui détient la vérité. C’est aussi une façon de ne pas répondre vraiment. A Lyon, devant quelques 8 à 10 000 personnes, chez  son soutien inconditionnel Gérard Colomb, il a prononcé un discours  qui se voulait « d'incarnation de la Nation », tout à la fois intime et grandiloquent, porteur d'espoir. Nicolas Sarkozy y était parvenu en janvier 2007 à la porte de Versailles ; Emmanuel Macron pas tout-à-fait samedi au Palais des sports de Lyon. Il s'était fixé pour objectif de définir son identité politique. Il est donc revenu sur son positionnement « pas de droite, pas de gauche», en expliquant que le combat ne se jouait pas entre plusieurs forces politiques mais seulement entre deux : les progressistes et les conservateurs. Un discours de bisounours pour bisounours, qui peut entraîner une génération sans repères, mais c’est une manière de noyer le poisson. Il évite de dire socialiste,  trop marqueur. Le parti est donc officiellement présenté comme «progressiste» et non comme «socialiste». Le terme de «progressiste» est couramment utilisé par les socialistes. Il n’y a donc là aucune contradiction idéologique.  A  Lyon, il est au centre de la salle des sports, comme au coeur d'une arène, surélevé sur une estrade qui fait penser à une scène comme on en voit dans les films de science-fiction, soulignée de tricolore. Physiquement, il reste accroché à son pupitre comme aux commandes d’un vaisseau spatial, pour asséner ses vérités creuses : « Nous ne pouvons plus glorifier le capitalisme sans nous évertuer à en limiter les excès», voilà qui plaira à gauche ;  « Le revenu universel, ça s'appelle le RSA. Et si on savait le multiplier par deux, j'ose espérer qu'on l'aurait fait depuis longtemps », voilà pour Benoit Hamon et rassurer à droite … Tout au long de son discours, Emmanuel Macron s'efforce de maintenir cet entre-deux, référence à Mitterrand ici, à Chirac, là. Au-dessus des partis, sur fond de mondialisme inspiré par la  finance internationale qui lui fournit des fonds à coups de dîners à 4 500€ /7500€ le couvert à Londres ou à New York... Mais on fait comment ? Ce n’est pas important, sous-entendu : faites-moi confiance.  Suivez-moi les yeux fermés !

Le socialiste.

Son ni droite ni gauche n’est qu’une posture de spectacle. C’est un artifice. Macron a participé successivement aux activités de multiples clubs de réflexion de la gauche socialiste (Jean Jaurès, Terra nova, etc.)  dont il s’inspire en permanence. Sa carrière a été promue par Jacques Attali, ancien conseiller spécial de François Mitterrand et d’autres personnalités socialistes. A l’Elysée, il a servi François Hollande pendant plus de 4 ans, d’abord comme conseiller, puis comme secrétaire général adjoint en charge de l’économie. Enfin, il est devenu ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique dans le gouvernement Valls, jusqu’à l’été 2016. Pourtant son action au pouvoir devrait le disqualifier. Mais il a « trahi » et s’est donc détaché de son  mentor. Un autre artifice. La preuve, Richard Ferrand, député PS du Finistère, est le secrétaire général de « En Marche ». Une équipe de technocrates de gauche a rejoint le parti pour assurer son fonctionnement. Rien d’antisystème, mais, au contraire, une caricature de la classe politico administrative française mondialiste à l’image de leur leader, énarque, inspecteur des finances puis banquier. Le  journal Les Echos publiait hier la liste des quinze personnes de sa « garde rapprochée » : tous de gauche, pas  un de droite ni du centre. On y trouve des anciens chefs de cabinets de Jean-Paul Huchon à Marisol Touraine, en passant par Thierry Mandon… tous technocrates bien-pensants.  Derrière la posture « au-dessus des partis », se cache un dessous très « in » à gauche. En réalité, Macron a déjà reçu le soutien d’une trentaine de parlementaires membres du Parti socialiste (PS) et du Parti Radical de Gauche (PRG) suite à la victoire de Benoit Hamon à la primaire socialiste.Il est même soutenu en sous main par Hollande soi-même, qui non content d'avoir plombé pendant cinq ans la vie du pays et d'avoir provoqué le chaos politique que nous vivons actuellement, fait tout ce qu’il faut pour que Macron gagne. Ce n’est pas désintéressé. C’est le seul moyen d’avoir le soutien de la France pour obtenir en juin le poste de Président du Conseil de l'Union Européenne, à la fin du mandat de Donald Tusk. Macron, c’est bien une entourloupe pour ceux de la droite et du centre qui s’y fieraient. Surtout depuis qu’on sait qu’il est rejoint par Ségolène Royal pour le « conseiller ». Définitivement rédhibitoire pour moi !

Le beau parleur.

Il y a donc peu de chance qu’il change de stratégie : ce mélange de communication à outrance et de discours ambigus  pour éviter toute forme de contradiction, en restant dans les généralités et les abstractions, au motif de vouloir élever le débat et de parler à l’intelligence des électeurs. Emmanuel Macron évite surtout d’atterrir sur des propositions concrètes et précises, pour limiter les angles d’attaques de ses concurrents. Et quand il en égrène quelques-unes c’est pour satisfaire des cibles soigneusement choisie, les enseignants par exemple, dont on dit que beaucoup sont tentés de voter Le Pen. De la dette et des déficits, il n’en est pas question. Rien sur la famille : normal, puisqu’il n’en a pas. Géostratége de pacotille qui nous ridiculisera face à un Trump ou un Poutine, sur l’Europe, il est un peu mieux, mais là encore le credo n’a pas de sens s’il ne repose pas sur des options précises. Autre exemple de générosité qui dévoile sa vraie nature : le « pass culture de 500 € » pour les jeunes : voilà une belle idée bien démagogique ! C’est le type même de mesure qui germe dans le  cerveau d’un technocrate de gauche. On la finance avec une taxe sur les  géants du numérique. On reste dans l’économie administrée et cela n’a rien de  libéral. La vraie question est : "est-ce que les jeunes auraient besoin d’un « pass culture » s’ils n’étaient pas paupérisés" ? Il est  donc urgent de  libérer l’économie pour qu’ils aient de vrais emplois qui leur permettent de vivre sans ce genre d’aumône. Du pain et des jeux ! Libérer l’économie ? Macron a inventé l’usine à gaz du CICE. Ne lui demandons pas l’impossible ! C’est toute la noblesse de la politique que de partir d’une analyse générale pour en décliner des propositions particulières, mais lui préfère privilégier la forme et le « storytelling » au détriment du réel… qui fâche. Bref, il n’a pas l’épaisseur « présidentielle ».

Mais attention, seuls 40% de ses sympathisants sont certains de voter pour lui : la preuve que les Français ne sont pas faciles à duper.  Sa base est très friable, et s’il sort de ses ambiguïtés, ce sera forcément à son détriment.

Il est loin d’avoir partie gagnée !

Et puisqu'il parle l'anglais au point de l'utiliser devant des universitaires allemands, je conseille à ceux qui sont tentés : "wait and see !"

 

 


POUR EN FINIR AVEC LE REVENU UNIVERSEL

Robots-industriels-     Retraites 

 

Cela s’appelle faire du neuf avec du vieux.

Du très vieux même !  C’est que l’idée de « revenu universel » est loin d’être nouvelle, elle remonte aux tout débuts du capitalisme et de la démocratie,  l’époque de Thomas More et de Thomas Paine.  Elle fut développée par les socialistes utopiques (il y en avait déjà) comme Fourier au temps de la Révolution française et par les philosophes comme John Rawls et plus récemment par des économistes libéraux comme Milton Friedman.

Mais d’abord, il faut en donner une définition : le « revenu universel » est une allocation unique versé à tous les citoyens de manière identique sans aucune condition pour en bénéficier ou pour l’utiliser. Il a en théorie pour but de garantir une vie décente à tous les membres d’une communauté, par exemple les citoyens français, en leur assurant à la fois autonomie et liberté de choix de leur vie, sans contrôle social ni surveillance de l’Etat. Généreux dans son principe, mais comment le financer ? On n’imagine pas un Français vivre avec 780 euros par mois et cela coûterait déjà autour de 480 milliards d’euros !!! Pour un pays surendetté c’est impossible à envisager.

Comment l’idée a-t-elle pu germer dans la tête de Benoit Hamon.

Son raisonnement repose sur la fin du travail et la généralisation des robots qui produiraient la richesse et qu’il suffirait alors de taxer. Simpliste mais efficace. Cela peut tenir debout, sauf qu’on n’y est pas du tout. C’est là qu’on découvre chez nos intellectuels, si tant est qu’il en soit un, l’ignorance de l’état et du fonctionnement de l’économie.

La transformation digitale  des activités et des entreprises détruit déjà des emplois et certainement encore beaucoup à l’avenir. C’est avéré : on estime  que la moitié des emplois existants seraient remplacés  par des robots d’ici 2030, créant un chômage structurel de  masse et ce seraient les pays développés les  plus menacés. Cela justifierait la  création d’un revenu qui permettrait d’éviter la paupérisation des classes moyennes. Le  but : empêcher le déchaînement populiste. Sauf que le raisonnement repose sur des  projections discutables et un postulat erroné, celui de la fin de la croissance et du travail. La mécanique qui à commencer de se dérouler sous nos yeux avec la mondialisation et la révolution fait émerger des activités  et des postes de travail nouveaux.  Déjà,  beaucoup des métiers exercés aujourd’hui n’existaient pas il y a dix ans, et  il faut se préparer à accompagner cette évolution par des investissements dans l’éducation et  les infrastructures, dans une économie ouverte qu’il est quasiment impossible de refermer sur elle-même, les outils  modernes se jouant des frontières. Certaines études  montrent que plus de la moitié des postes de travail dans les vingt années à venir ne sont pas connus aujourd’hui. Il suffit de voir la vitesse d’évolution du travail ne serait-ce qu’en prenant l’exemple de « l’ubérisation »  qui le fait muter en s’affranchissant du salariat.

Non, les robots ne vont pas tuer l’emploi.

Ils vont tuer « des » emplois et en générer d’autres. Notre pays est déjà à la traine en ce domaine,  Nous en avons proportionnellement deux fois moins que les Allemands, et moins que les Italiens. Les taxer pour financer une rente serait dévastateur et un frein puissant à leur développement. C’est revenir aux effets pervers de  la « taxe professionnelle ».  C’est le plus sûr moyen d’atteindre la compétitivité de notre économie et d’assurer le décrochage définitif de notre pays.

Au lieu de planifier le chômage  pour  tous, il est plus urgent d’investir dans les activités digitales et  les emplois post-salariés de demain, en pariant sur le progrès.  Le  « revenu universel » n’est qu’une illusion. Sa fausse simplicité n’apportera pas de solution au phénomène d’exclusion par le  versement d’une allocation pour se dispenser de l’effort de réinsertion qui est la manifestation d’une solidarité et au-delà, l’expression d’un véritable respect de la personne. De plus, il a un caractère immoral, car, conçu comme un revenu de complément à un revenu de travail, il y aura toujours  des petits  malins pour s’en contenter quitte à vivre chichement et d’expédients.  Je ne vois pas au nom de quel principe, je serais obligé de payer des impôts pour entretenir ces gens qui ne feraient aucun effort pendant que d’autres s’évertueraient à participer à la création de la richesse.

Nous voyons bien que lorsqu’une innovation technologique détruit un pan d’activité, elle en recrée très rapidement un autre.  Le défi c’est d’assurer le passage de l’un à l’autre en limitant la casse sociale qui oblige à abandonner des métiers au profit de nouveaux. La question est davantage celle  de l’adaptation de la formation initiale et continue, que celle de la distribution d’un revenu. A l’avenir, nous aurons besoin de mathématiciens et de spécialistes du « data », de l’Intelligence artificielle, de l’internet des objets, des bio et nanotechnologies… La prise en compte de ces besoins par l’Education nationale, toujours en retard, est le véritable enjeu des prochaines années. Cela nécessitera là encore bien des reconversions et la mobilisation de moyens autres que le nombre des fonctionnaires.

Il n’est pas interdit de parier sur les espoirs bien réels du progrès !

 


LA MORT DU PS ?

Rose brisée

 

Les turpitudes que doit subir François Fillon seraient-elles une vengeance de l’intelligentsia de gauche aux prises avec l’échec retentissant du quinquennat Hollande et qui refuse de l’assumer ? Les déboires du PS seront une maigre consolation si le candidat de la droite et du centre est obligé de se retirer sous les effets conjugués du lynchage des médias et des réseaux sociaux.

Le quinquennat Hollande s'achève dans une ambiance délétère.

Où est  passé le « président normal » ? En voyage ! Au désert des bureaux de vote de  la primaire, il a préféré celui d’Atacama. Il a disparu et semble déjà ailleurs, dans sa vie d'après. Ce n’est pas qu’on s’en plaigne mais on a hâte que ça se termine. La litanie des chiffres  publiés tous les jours a en effet de quoi révolter. Ainsi, nouveau pari perdu par l’exécutif, après la hausse du chômage de décembre, la croissance en 2016 n’a pas été de 1,4 % comme le prévoyait il y a quelques jours encore le ministère des Finances mais de 1,1 %. Une statistique qui met à mal les déclarations de François Hollande, l’été dernier, conditionnant la baisse d’impôts pour les ménages modestes à une croissance supérieure à 1,5 % ! Pendant ce temps-là, la croissance dans la zone euro s'est accélérée à 1.7%. Non seulement on a perdu cinq ans, mais il laisse le pays dans un état épouvantable à tous  points de vue. Hollande n’a pas été que « nul », il a été nuisible, même à son camp.

Le suicide du PS.

Avec l'élection de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, le Parti socialiste se marginalise, et court le risque d'une défection de son aile droite et, à terme, d'une implosion. En préférant le frondeur à Manolito, la France vient d'assister au suicide politique du PS. Que reste-t-il de la « belle  alliance populaire » ? « Belle », elle ne l’a jamais été (affaire de goût). « Alliance » : on voit le résultat et « populaire », on peut en douter avec le nombre de votants, comparé à celui de la primaire de la droite.  Néanmoins, le  promoteur du « revenu universel à ne rien foutre » l’a remporté avec 58,72% des suffrages contre 41,28% pour son adversaire (concurrent est un mot trop faible). La victoire du frondeur complique les choses : il n’y aura pas d’explication avec  Macron et une discussion avec Jean-Luc Mélenchon, aux positions anti-européennes semble incompatible avec les valeurs du Parti socialiste. Enfin, quel enthousiasme susciter quand on est voué à terminer à la quatrième ou cinquième place du premier tour de la présidentielle. Sans alliance et avec un programme utopique, qui consiste à anticiper la fin du travail, il sera difficile pour Benoît Hamon de rassembler au sein même de son camp.

Des socialistes prêts à quitter le navire.

En effet, comme si cela ne suffisait pas, le succès du représentant de la gauche du PS ouvre un large espace au centre pour Emmanuel Macron et des membres de l'aile droite du PS ont déjà menacé de quitter le navire, permettant d'imaginer un rassemblement derrière le fondateur d'En Marche ! L’ancien premier Ministre qui enrage de voir son ex-collègue de lui avoir volé la place au centre gauche veut tout faire pour préserver l’unité de son parti. Son appel sera-t-il entendu ? Vaste programme ! Le paradoxe de la « primaire » est d’avoir tranché entre les deux gauches avec des voix extérieures au PS, et en faveur de la ligne la plus à gauche.  Le PS n'a jamais su choisir une ligne idéologique claire depuis 1981 et la crise de leadership créée par la vacuité de Hollande a fait apparaître cette faiblesse au grand jour. La collision idéologique avec la « France insoumise » est devenue inévitable, mais ce sera au prix de dégâts considérables à l’intérieur du parti. Le seul espoir tient dans le bon sens : ce n’est pas l’intérêt du candidat  à l’élection de casser la machine qui doit le porter mais lui imposer de défendre le « bilan » ne facilite pas les choses. Passer devant Mélenchon au lieu d’être derrière, en débauchant les  communistes, ne change pas grand-chose. D’autant plus que visiblement Valls ne renonce pas à mettre la main sur le parti pour  … après. Encore faut-il que   le parti existe encore. Quoi qu'il en soit, d'erreur politique en erreur politique, le Parti socialiste s'approche de plus en plus de sa date de péremption et le maigre espace politique qu'il lui restait vient encore de se réduire. Reste à savoir qui saura profiter de cet échec, le mieux placé étant a priori Emmanuel Macron pour le cœur de cet électorat, et Jean-Luc Mélenchon qui pourrait aussi en récupérer la partie la plus gauchisante. Il y aura donc une recompositions politique à gauche : retour à la situation avant "Epinay" garanti.

Une économie  atone, un chômage de  masse, des pauvres en pagaille, une dette exorbitante  et des déficits non résorbés, une gauche atomisée, c’est bien un chant de ruines que le président « normal » laisse derrière  lui !

Et maintenant une énigme : qui pour prendre la  main ? On aimerait quelqu’un d’aguerri et décidé à nettoyer les écuries d’Augias !

A 80 jours du 1er tour, on va faire une revue de détail des prétendants.