HISTOIRE
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UN VENT DE FRAICHEUR SUR LES PLATEAUX

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Un sans-faute.

Il semble que ça commence à frémir. L’électorat  bouge enfin à travers les sondages en faveur du trio Bellamy, Evren, Danjean. Et  ce ne serait que justice tant la tête de liste a montré pour ses premières apparitions sur les  plateaux télévisés, son talent, son intelligence brillante et ses réparties … imparables. Beaucoup croyaient découvrir un novice, et c’est un candidat aguerri connaissant parfaitement ses dossiers, à l’argumentation structurée servie avec un calme et une candeur indépassables. Les Martichoux, Krief et consorts s’y sont cassé les dents. Depuis son entrée en lice, c’est un parcours sans faute.

La cabale démontée.

Pourtant le gouvernement est prêt à tout pour descendre Bellamy, la preuve qu’il inquiète. Des ministres n’hésitent même pas à grossir le trait jusqu’à l’inacceptable. Et les médias, habituellement si sourcilleux sur le sujet, aboient avec eux. Personne ne s’étonne plus de rien. A les entendre, nous avions sorti de la naphtaline le pire des réactionnaires, contre l’avortement et  le mariage  pour tous, quelle horreur ! La réalité est bien moins tranchée et le candidat Bellamy n’a rien à voir avec la caricature outrancière qu’on voulait faire de lui. Avec calme et méthode, il a démonté la  campagne au vitriol dont il faisait l’objet. On peut penser que les Français, n’ont pas été dupes de la manœuvre. Et pour tout dire, ce qui est excessif est insignifiant. Au fond d’eux-mêmes ils sont toujours en rébellion, ce qui rend les sondages très suspects en voulant nous imposer un scénario écrit à l’avance où la liste LR n’aurait pas sa place. Que doit-on penser, en effet, de l’inégalité flagrante de traitement entre les longues heures de reportage des réunions interminables de Macron, au moment même où Laurent Wauquiez faisait un tour de France au contact des Français, de vrais contacts avec des citoyens non triés.  Il faudra bien, comme Guillaume Larrivé  l’a demandé au Premier Ministre, qu’on sache combien tout cela a coûté, parce qu’il s’agit bien d’une campagne électorale aux frais du contribuable.

Un discours rafraîchissant.

En attendant, FX est en campagne et on se prend à guetter ses passages à la télé pour ne pas les rater tant il comble de plaisir ceux qui se retrouvent dans son raisonnement. Oui, le philosophe est rafraîchissant.  Il y a longtemps qu’un politique ne nous avait pas autant convaincu par la justesse du positionnement, la validité du raisonnement, la  vérité des situations exposées. Il y a longtemps qu’on attendait un candidat avec des convictions assises non pas sur l’intérêt électoral, ce qu’on appelle démagogie, mais pour défendre une vision et des convictions. Les autres en ont de différentes ? Eh bien confrontons-les ! Débattons-en sereinement et allons au fond des choses. Que ça fait du bien !

Une vision réaliste de l’Europe.

La caractéristique du projet des Républicains, j’aurai l’occasion d’y revenir, est d’être réaliste.  La vision de la construction européenne qu’il  propose correspond à un besoin de  concret, elle est celle que souhaitent probablement une majorité de Français : ni dilution dans un empire où la nation disparaîtrait, ni repliement sur soi qui serait   mortifère.  A mi-chemin entre le fédéralisme de Macron, une Europe technocratique qu’il va nous vendre comme une protection –on a déjà vu-, et le repli national proposé  par Marine Le Pen qui n’a d’autre idée que de faire imploser l’Union si jamais les populistes en ont la possibilité, il existe un chemin qui préserve l’Europe dont on a besoin face aux empires planétaires et qui, en même temps, laisse à la nation le choix de décider de ce qui n’a pas à être partagé avec les autres.

Il coche toutes les cases.

François-Xavier Bellamy est donc une belle surprise  et il faut remercier Laurent Wauquiez de l’avoir convaincu de prendre  la tête de liste. Intellectuel brillant, modéré, attaché aux valeurs qui fondent la droite, comme la  famille ou la  liberté, et en plus décidé à mettre en avant, dans la campagne, l’écologie, avec une vision différente de celle des  ayatollahs verts, il peut aussi plaire à un électorat centriste attaché à la démocratie chrétienne, comme à celui plus conservateur de la droite traditionnelle. Avec Agnès Evren, proche de  Valérie Pécresse à la Région Ile-de-France et Arnaud Danjean, solide député sortant, connaisseur des dossiers du terrorisme et ancien soutien d’Alain Juppé, ils forment un trio rassembleur qui coche toutes les cases de la droite et du centre, ce que la suite de la liste ne tardera pas à confirmer. Bellamy va créer la surprise !

On a le droit d’y croire !

 

 


LA TARTE A LA CREME DU GRAND DEBAT

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Je ne vais pas tomber dans la théorie complotiste, mais enfin, à écouter tous ces commentaires  ébaubis sur le  « succès phénoménal » du grand débat qui dégoulinent sur toutes les chaînes à  jets continus, je me  dis que toute la planète gaucho-bobo-participative s’est donné rendez-vous dans la gent journalistique. Avec émerveillement puéril devant les prouesses chronométriques macronniennes ! Malheureusement, un débat qui s’éternise trop longtemps n’est pas un signe de qualité des échanges. Le mouvement des gilets jaunes aura eu au moins une vertu : il nous interroge sur les  fondations de notre vie commune.  En effet, quelles sont donc les vraies causes, au-delà des commentaires convenus, qui ont conduit à l’émergence d’une telle contestation il y a maintenant quinze semaines. Laissons de côté les grilles de lectures traditionnelles, d’ailleurs commandées  par les  attitudes idéologiques des uns ou des autres. On peut affirmer sans trop se tromper que le mouvement trouve sa source dans deux malaises, l’un alimentant l’autre : le premier est  fiscal, le  second est démocratique.

Ras-le-bol fiscal.

Au moment où les manifestations s’essoufflent et changent de visage, et avec  le  grand débat qui pourrait faire écran,  il me paraît important de redire que le  point de départ à bien été une jacquerie fiscale provoquée  par le ras-le-bol  d’une  imposition confiscatoire.  Ce n’est pas par hasard si l’idée  que tout le monde doit payer l’impôt sur le revenu remonte à la surface. Mais là encore, on s’aperçoit que ceux qui nous gouvernent ne veulent pas comprendre.  Ils ne cessent de lancer des ballons d’essais pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve notre  pays. Vous remarquerez que tous proposent d’une manière ou d’une autre, une augmentation des impôts plus  ou  moins déguisée. Or, rien ne sortira de bien de cette crise si on ne prend pas comme premier principe impératif : faire baisser la dépense publique !  Là est la leçon à tirer.

Hanounacratie de Mme Michu, oligarchie des énarques  ou démocratie représentative ?

Le  grand débat a aussi eu des moments forts  singuliers comme celui de voir une ministre rendre visite au plateau de M. Hanouna. Comme on dit, là, on ne risque pas d’élever le débat. Mais, l’essentiel n’est-il  pas de comuniquer ! Il  faut dire que la ministre en question n’est pas non plus ce que le gouvernement compte de mieux en puissance intellectuelle. Je ne crois pas que notre pays est prêt pour la démocratie de Mme Michu, version Hanouna ou autre. Dans les revendications d’ordre démocratique qui ont émergé,  le  RIC, référendum d’initiative citoyenne, est le marqueur principal. C’est peut-être la conséquence d’un pouvoir perçu comme illégitime. En effet, nous avons aujourd’hui le président le plus mal élu de la Vème République et une majorité parlementaire obtenue avec moins de 50% de participation avec  une abstention record. Ce déficit de représentativité n’est pas nouveau mais a atteint son apogée sous la Macronie. Il a été aggravé par le choix du nouveau pouvoir de gouverner verticalement façon « Jupiter » en s’appuyant sur l’énarchie de la haute fonction publique et en méprisant tous les corps intermédiaires, habituels tampons amortisseurs de nos rouages institutionnels. De  fait la  Macronie a débouché sur le pouvoir d’une oligarchie à peine dissimulée, continuant, avec la même  doctrine, les politiques engagées sous le mandat précédent, et avec  les  mêmes résultats : déficits  publics, dettes, chômage. Il n’y a qu’un retour à une démocratie représentative retrouvée, et la confiance qui va avec, que nous pourrons nous en sortir. De fait, la  France est à la croisée des chemins.

La présidence abandonnée.

Mais au lieu de chercher à résoudre la crise, nous avons un exécutif sans boussole. Matignon se bat avec les problèmes du quotidien au fil de l’eau,  ayant à gérer, semaine après semaine, des manifestations violentes qui épuisent nos forces de l’ordre.  Le Président,  lui, passe son temps à parler, en bavard impénitent qu’il est, tant sa soif de reconnaissance est inextinguible. Il bat des records de présence dans les débats,  il  a atteint le  suprême du ridicule en restant 14H30 au salon de l’Agriculture.  Il va falloir inscrire l’exploit  dans le Guiness ! Avec quel  objectif concret atteint,  je vous le demande ?  J’ai le sentiment d’assister au triste spectacle de la détresse d’un homme seul, contraint de tout faire lui-même,  jusqu’à pousser le ridicule d’aller à la rencontre de la France rurale dans le cadre étroit d’un salon parisien. Dire  à chacun ce qu’il a envie d’entendre, avoir recours au fan club pour jouer l’illusion de la popularité,… Décidément, le vieux monde n’est pas mort. Comme Stoléru en son temps, il paiera bientôt des figurants pour faire peuple. Après la démagogie de Mme Michu, on a le président bla-bla. Qui gouverne pendant ce temps-là ? Ah oui, les technocrates veillent.

Ce simulacre de débat est un dévoiement de nos institutions. Il permettra, à n’en pas douter de nous imposer des décisions savamment choisies, dans une transparence relative. Or, je ne crois pas à la démocratie « paper-board » même si l’exercice dans un cadre défini, celui d’un parti par exemple, peut avoir un intérêt. L’échange sur un projet de société, qui doit avoir lieu avec les Français, a un nom : il s’appelle élection. Ce sont les élections qui permettent d’encadrer et de trancher le débat. Les élections européennes pourraient être un bon test. Encore faut-il que les règles de temps de parole soient suffisamment respectées. Sinon, la confiance ne sera pas au rendez-vous.

 


ACCABLANT … ET AFFLIGEANT !

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Surréalisme.

Le Premier Ministre qui vient sur le perron de Matignon affirmer que « la séparation des pouvoirs n’ a pas été respectée » à propos du rapport de la commission parlementaire du Sénat, sombre dans le ridicule et confirme qu’il n’est pas à la hauteur de sa fonction. Les contre-feux organisés pour détourner l’attention de ce que ce rapport contient, sont à la fois pénibles et affligeants.  Que ce soit Mme Belloubet, M. Griveaux ou les députés LRem avec les mêmes éléments de langage pour minorer des dysfontionnements graves et des parjures, tous interviennent  pour dénoncer la forme et se gardent bien d’aborder le fond. Il est clair que ça n’est pas comme ça qu’on va réconcilier les Français avec le monde politique. La fébrilité qui règne dans la majorité et à l’Elysée est symptomatique d’un exécutif qui perd les pédales, jusqu’au plus haut niveau. Des réactions à mettre en relation avec le « Qu’ils viennent me chercher ! ». L’affaire Benalla est tout sauf la dérive d’un homme seul, ce qu’on voudrait nous faire croire. Oui, le déni est surréaliste !

Un rapport accablant.

Le Sénat a poursuivi jusqu’au bout son enquête sur l’ancien conseiller de l’Elysée qui a  commis des voies de faits  en usurpant une fonction policière qu’il n’avait pas, était muni d’un port d’arme bizarrement obtenu, avait voyagé avec des passeports diplomatiques qu’il n’aurait jamais dû garder, pris des contacts avec des gouvernements africains alors qu’il n’était chargé d’aucune mission officielle et évolué dans des milieux russes qui ne sont pas tout à fait bienveillants pour la France. Les abus de pouvoir, manipulations et mensonges dont est truffé ce feuilleton ne sont pas du côté de la Haute Assemblée, mais bien le fait de ce curieux garde du corps qui n’en était parait-il pas un, mais qui ne semble guère s'embarrasser de scrupules et des manquements du cabinet présidentiel. Et on ne peut que se féliciter de la persévérance des sénateurs, dont le travail a révélé les pratiques pour le moins curieuses de l’Elysée. Sauf que cette comédie où on semble avoir menti jusqu’au plus haut niveau pouvait aussi mettre en danger la sécurité nationale, à travers les dysfonctionnements du sommet de l'État.

Le déni n’est pas une solution.

Le camp macronien voudrait nous faire croire que le comportement de Benalla et l’influence qu’il avait acquise au cœur du pouvoir, est facile à comprendre et donc faire un procès est inutile. Emmanuel Macron et son entourage se seraient laissé conquérir par le « bagout » d’Alexandre Benalla. Tout ce qui est établi : que cet homme avait des passeports diplomatiques officiels et un téléphone crypté, qu’il a effectué des missions à l’étranger, qu’il avait des relations avec un oligarque russe, tout cela ne serait que dérive personnelle et débrouillardise. C’est tout juste si on reconnait que son cas a été traité avec laxisme (le mot est faible) par ses supérieurs.  Cet étalage de faiblesses ne suffirait pas à constituer un dossier à charge contre les collaborateurs du président de la République, si ce n’est lui-même ! Ce sont les mensonges que Benalla a pu faire pendant ses auditions, ceux concertés de ses supérieurs hiérarchiques et les invraisemblances de certaines dépositions qui rendent ce rapport inquiétant. Car l'entourage du chef de l'État n'a jamais réussi à justifier l'injustifiable.

Le Sénat est dans son rôle.

Le Sénat ne se juxtapose pas à celui des juges, dans sa mission de contrôle du fonctionnement de l’exécutif, et "la commission d'enquête ne constitue pas un précédent dangereux", comme l'affirme Aurore Berger, qui n'en est pas à une sottise près. Ce qui est dangereux c'est bien qu'il y ait une affaire Benalla ! Bien entendu, rien de ce qui se passe à l’Elysée ne peut être exclu du champ politique. Donc on va assister à des affrontements entre la majorité et les Républicains (LR) sur l’importance et le rôle des commissions parlementaires, c’est de bonne guerre. Quand on se souvient de la mascarade de la commission d’enquête de l’Assemblée, on se dit qu’heureusement il y a les gens sérieux du Sénat. Mais quoi qu’elle fasse, la République en Marche, en tout cas, ne peut échapper à l’affaire Benalla en la repoussant d’une chiquenaude. Les sénateurs ont raison: cette affaire ne révèle pas que la dérive d'un homme. Ils montrent que l’ancien garde du corps  a menti sous serment, et que des « dysfonctionnements graves » se sont produits à l’Elysée. Il est grand temps de mettre fin aux graves tribulations élyséennes et de remettre à plat le fonctionnement du Palais.

Et les mots, s’ils viennent, ne suffiront pas. C’est que pour gouverner, il ne suffit pas de bavarder.

 


LES RAVAGES DES PEDAGOGISTES

Orthographe chat

Ce que j’ai lu hier dans le journal   me glace d’effroi, mais je n’en suis pas étonné.  Ainsi, « la  maîtrise du français est devenue un défi majeur pour nos entreprises » !  Ainsi 78%  des  Français admettent faire des fautes d’orthographe, de conjugaison,  de grammaire  et, plus grave, de syntaxe,  c’est-à-dire de construction des phrases. Beaucoup de nos concitoyens ne mesurent pas les  conséquences de ces carences et pourtant, 52% des  DRH avouent avoir écarté une candidature à cause d’une mauvaise expression écrite et 92% pensent qu’une mauvaise expression écrite de certains salariés  peut nuire à l’image de l’entreprise,  mais seulement 12% des actifs pensent que leur carrière a été freinée par leur niveau en expression écrite. Et combien d’inconscients ? Triste bilan. Il a une explication.

L’enseignement avant les années 90.

J’ai passé la  plus grande partie de ma carrière à enseigner notre langue selon un schéma presque immuable, excepté le rétrécissement  progressif du nombre d’heures hebdomadaires qu’on devait lui consacrer : de 7H (avec une heure dédoublée)  dans les années 60 dans une classe de 6ème à 4H en 2003. Un déficit de  près de 50%. Pourtant dans le même temps, on nous serinait déjà le sempiternel  refrain de mettre l’accent sur les  « savoirs fondamentaux » ! Alors qu’on faisait le contraire. L’enseignement du français c’était par semaine: une heure de « lecture expliquée », une de « lecture dirigée » d’une œuvre au programme, une « d’orthographe »,  une de  « grammaire-conjugaison » et deux de « rédaction ». Cela permettait d’avoir un enseignement didactique bien identifié ce qui permettait d’être structurant et méthodique. Je pense encore aujourd’hui que cela était un « confort » pour les élèves qui avaient toujours besoin de repères, surtout au collège.  Il m’arrive encore de rencontrer, près de 25 ans après, des élèves qui me remercient pour les  efforts que je leur demandais à l’époque dans l’apprentissage de notre conjugaison, pour laquelle j’étais intraitable. Ce  n’est qu’un exemple parmi bien d’autres témoignages. J’ai eu la chance d’enseigner avec  les beaux textes de nos grands auteurs,  de faire apprendre des récitations telles que les fables de La  fontaine, des poèmes de Jacques Prévert, des passages de  Corneille, Racine, Molière, la tirade du nez de Cyrano,  sans oublier Victor Hugo, évidemment.

La déconstruction de l’apprentissage du français.

Au milieu des années 90,  les « pédagogistes » ont pris le pouvoir dans le Ministère de la rue de Grenelle. Les « docteurs » ont alors imposé un enseignement non plus par discipline mais par  « séquences » que je qualifiais à l’époque de « fourre-tout » où ,  à partir d’un thème et de quelques textes, on faisait au gré des rencontres un peu de grammaire ou un peu d’orthographe, un peu de syntaxe. L’explication de texte devenait « analyse actancielle » : inutile d’entrer dans le détail. Il y avait  le versant du « sachant » et celui de « l’apprenant ». Le  langage « éducnat » connut ses heures de gloire. Il devenait ringard de faire apprendre par cœur : plus de conjugaison, plus de récitation… Sur l’emploi du temps hebdomadaire, il n’y avait plus que la mention « français ». J’ai très vite observé que ça ne marchait pas, et, n’ayant plus rien à attendre de ma carrière à quelques années de la retraite, j’ai continué à appliquer mon découpage et mes méthodes, en les « habillant » de pseudo-séquences. J'ai continué  à faire de la conjugaison systématique et à faire apprendre des récitations et pire, des dictées hebdomadaires ! D’ailleurs un enseignant célèbre raconte dans un de ses livres, « Le Portique »,  qu’il avait fait le même constat et réagi de la même façon : il s’agit de Philippe Delherm. Plus de vingt ans après,  on récolte le résultat. Si on rajoute à ces errements pédagogiques les ravages des écrans et des smartphones et l’utilisation du langage texto de plus en plus tôt  par les jeunes, on ne peut pas s’étonner de l’effondrement de  la connaissance de la langue française. Malheureusement le mal ne concerne pas que le français, il est général et concerne toutes les disciplines et a commis des ravages dans les connaissances notamment en histoire et en géographie.

Le retour partiel au bon sens.

Le summum de la tentative de déconstruction a été atteint sous le ministère de Najat Belkacem, qui a rajouté à l’hérésie pédagogique les errements de la déconstruction du genre. Sans parler des Trissotins qui ont voulu imposer l’écriture « inclusive »,  ce nouvel obscurantisme culturel  diligenté  par l’idéologie féministe exacerbée. L’arrivée de Jean-Michel Blanquer a remis un peu d’ordre dans la « grande maison ». D’abord en virant de la direction du ministère les pédagogistes et en mettant en place Stanislas Dehaene, neurobiologiste dont les travaux sur le fonctionnement du cerveau pour apprendre font autorité. Mais le chemin du redressement sera long. De nombreux  partisans du « pédagogisme » sont restés en poste, de nombreux enseignants endoctrinés continuent d’en appliquer  les théories inefficaces et combattent leur Ministre.  Il suffit de voir comment la  méthode globale d’apprentissage de la lecture perdure malgré la démonstration de ses méfaits. Et c’est là où le bât blesse : Stanislas Dehaene le démontre dans son ouvrage « Apprendre », les pédagogies  constructivistes type Freinet, dites « de la découverte » ou « pédagogies actives »,  sont inefficaces car laissés à eux-mêmes les enfants éprouvent les plus grandes difficultés à découvrir les règles qui gouvernent un domaine et ils apprennent beaucoup moins bien, voire pas du tout. Le  recul du classement de la France dans les évaluations internationales n’est pas une vue de l’esprit. Il sanctionne des années d’errements pédagogiques qui ne sont pas terminées. Et le  Ministre actuel doit composer avec les députés du « nouveau monde » pas si nouveau que ça -on vient de  le  voir avec l’épisode « parent 1 et parent 2 »-, ce qui ralentit  la  prise des décisions nécessaires qui permettraient  un redressement significatif des résultats. Au rythme où il réforme, il faudrait qu’il reste vingt ans en poste…

Car  contrairement aux apparences, le tout-numérique n’a pas affaibli le rôle de  l’expression écrite.  La  maîtrise de l’orthographe,  et de la grammaire est même  devenue un enjeu crucial pour les entreprises  et pas seulement. Il y va donc de l’employabilité de bon nombre de  personnes sur le marché du travail : envoi de centaines de mails par jour, commentaires sur les réseaux sociaux, … l’expression écrite continue de faire partie du quotidien de nombreux salariés avec le développement des nombreux outils technologiques.  Comme on pouvait s’y attendre,  l’enquête montre que ce sont les jeunes actifs  de moins de trente ans qui sont en première ligne.  Ce chiffre est, malheureusement, appelé à grossir, car la machine de la rue de Grenelle ne se réforme pas rapidement. C’est pourquoi les entreprises prennent de plus en plus l’initiative pour tenter de remédier à la situation, notamment pour combler les lacunes en orthographe, en finançant des formations que 80% des salariés se déclarent prêts à suivre.

 


POUR RENOUER AVEC L’ACTUALITE

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Il fallait bien une semaine d’air pur  à la montagne pour réoxygéner les neurones. Et ça fait du bien. Le  problème,  c’est que pendant ce temps-là, l’actualité court. Je ne vais pas essayer de la rattraper, vous vous contenterez d’une petite sélection… aux petits oignons.

Dictature de minorité.

Le  militantisme peut rendre franchement con. On en a vu un échantillon avec l’épisode de la loi pour imposer « parent 1 » et « parent 2 » au lieu de « père » et « mère ». Y aurait-il une majorité de couples homos dans notre pays pour qu’on impose un tel chambardement ? Evidemment non.  Cette  dénomination est le fait de minoritaires sans cortex cérébral dont le savoir-faire principal est   la  provocation. Comment  peut-on oser à ce  point nier l’anthropologie et  renommer l’origine de la vie ? On ne sait si l’inculture le cède à l’intolérance ou l’inverse.  L’immense  majorité des enfants, de parents unis ou divorcés, peu importe, ont un père et une mère qui les élèvent et la  plupart du temps les protègent,  les  aiment. Où est la République dans cette affaire ? Bien sûr l’intérêt général veut qu’on respecte les situations d’homoparentalité,  même si elles sont largement minoritaires. Cela ne justifie pas que le cas majoritaire soit obligé de disparaître au point de ne plus se nommer. Au nom de quoi on m’interdirait d’être nommé «père » de mes enfants !  Si cette loi  devait perdurer, ce qui semble  ne pas être le cas, elle serait une loi d’exclusion de la majorité sur un sujet fondamental. Un déni de démocratie doublé d'un déni de réalité : nier la réalité  au nom d’une abstraction agressive, pur produit de l’idéologie et du militantisme. La bêtise militante dans sa plénitude ! En disant cela, je serais, parait-il,  un demeuré ou un arriéré : l’arriéré vous salue bien !

Une satisfaction et trois réserves.

La nomination d’Alain Juppé au Conseil Constitutionnel est une jolie surprise. J’en ai d’abord ressenti une satisfaction : ponctuer son parcours par une telle porte de sortie était inespéré, lui qui a tant donné, a accepté de payer pour un autre, avait réussi à rassembler la droite et la plus grande partie du centre, et perdu une primaire pour une présidence qui lui était pourtant promise. Il y aurait beaucoup à dire sur les responsabilités de ses proches dans cette défaite, mais ils sont justement au pouvoir. Juste retour des choses donc. Cela va l’obliger au devoir de réserve en ce qui concerne les élections européennes et de mon point de vue, c’est  une chance supplémentaire : au moins il n’aura pas à trahir son camp. J’ai cependant trois réserves à émettre au sujet de cette nomination. Trois réserves qui la ternissent quelque peu. D’abord le fait qu’elle soit advenue par la décision de Richard Ferrand. Inutile de préciser pourquoi. Ensuite, le moment qui fait qu'on ne peut s'empêcher d’y voir une manœuvre politique de l’Elysée avec l’espoir de fractionner un peu plus l’électorat du centre en lui envoyant un signal de complicité. Enfin, le  manque de courage du Maire de Bordeaux qui n’a pas su imposer celle qu’il était allé chercher à fin de lui succéder, Virginie Calmels, cédant aux luttes intestines du Palais Rohan. On ne sera pas surpris si le clan juppéiste s’entre-déchire pour le siège convoité. Une partie d'entre eux ayant franchi le Rubicon macronien sans aucune retenue. Celtte dernière préfère  partir en même temps que son mentor et retourner à ses premières amours, l’entreprise privée, et  elle a bien raison.

Touche pas à mon « Fink » !

Dans Le Figaro de samedi dernier, mon Académicien préféré, maintenant que Jean d’O est parti, Alain Finkielkraut, nous livre une magnifique analyse du mouvement des « Gilet Jaunes », dénonçant avec sa verve habituelle et des arguments imparables à l’appui, ce « produit du nouveau monde » où «  les inhibitions sont levées,  chacun se  lâche et vient pêcher, en guise de vérité, le  mensonge qui comble  son attente. A l’ère de l’écran interactif, tous les grands partages du vrai et du faux, du beau et du laid, du haut et du bas, de  la barbarie et de la civilisation  sont abolis ». Il  ne croyait pas si bien dire.  Ce même jour, rentrant paisiblement chez lui,  il s’est fait copieusement insulter par des excités à la bêtise épaisse, que le port du « gilet jaune » n’exonérait pas de leurs propos bassement racistes et injurieux. S’attaquer ainsi au philosophe qui a dû à la présence policière de ne pas se faire écharper, est une insulte non seulement à sa personne admirable, mais à la France tout entière, tant il est porteur et défenseur des valeurs universelles qui fondent notre nation.  Il est le rempart de ce que ces crétins veulent justement déconstruire. Il est le symbole d’une intégration  et d’une assimilation complètement réussie. On comprend alors les commentaires gênés de certains biens pensants de la gauche communautariste ou de l’extrême gauche internationaliste. Pour dénoncer ce racisme  immonde, il  ne suffira pas de manifester mardi, en solidarité, encore que ce soit un moment d’ardente obligation.

 


LES RICHES, CETTE OBSESSION FRANCAISE

Contribuable détroussé

 

Moins je pédale plus vite, plus j’avance moins vite !

Ou comment augmenter les impôts  en annonçant une baisse.  C’est du Darmanin ! Après avoir subi des attaques, en particulier de la droite, sur des propositions aboutissant à une augmentation de la pression fiscale, le ministre affirme vouloir à l'inverse diminuer celle-ci avec l'argent récupéré sur les niches. Gérald Darmanin souhaite plus exactement « placer ces aides fiscales sous condition de ressources ». Des niches dans les niches ! L'idée étant d'abaisser le taux des premières tranches d'imposition, pour cibler les classes moyennes.  En conditionnant les niches fiscales à des conditions de revenus on « peut baisser les tranches d'impôt sur le revenu des gens qui gagnent 1700€ par mois de 180 € en moyenne ». L'idée est simple : accélérer le transfert entre la classe moyenne supérieure et la classe moyenne inférieure, en laissant les hyper riches tranquilles (Il y en a encore 5 000 de plus qui sont partis sous  des cieux fiscaux  plus cléments). Taper sur la seule classe qui ne se plaint pas.
La classe moyenne « supérieure », les « aisés », parce qu'ils ne manifestent pas. On trouve pêle-mêle dedans les retraités qui perçoivent plus de 2 000 € de pensions, les salariés du privé qui gagnent plus de 3 500 ou 4 000€, les entrepreneurs, les professions libérales. « Salauds de pseudos-riches » !

Bercy est devenu une machine folle.

On est prévenu, le  calvaire des contribuables va s’aggraver. Pas tous. Toujours les mêmes. Macron a balayé d’un revers de main  les propositions sur les niches, mais le feu couve toujours.  La surenchère d’idées au gouvernement et de ceux qui le conseillent ne concerne pas la baisse des dépenses publiques, mais la hausse des impôts directs.  Il faut absolument compenser  l’échec cuisant de l’augmentation des taxes sur les carburants. Alors on rêve  de transformer le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile en aide sociale, avec forcément « conditions de ressources » au nom de la sacro-sainte justice fiscale. L’universalité des prestations  des aides à la famille déjà bien écornée va en prendre un nouveau coup de plus. Ou bien une nouvelle tranche de l’impôt  sur le revenu à 45% : voilà qui va plaire au bon peuple (57% des Français) qui n’en paie pas.  C’est oublier qu’avec la CSG ,  la  France est déjà au maximum,  sans compter  que notre pays se paie le luxe d’une contribution exceptionnelle sur les hauts revenus à 250 000 euros par an  (500 000 pour un couple) !  A moins que l’on revienne sur le principe d’exonération des plus-values de cessions des résidences principales… à partir d’un certain montant : ce serait en fonction du prix de vente, et évidemment sans tenir compte de l’inflation. Il faut que ce soit juteux un max. Une injustice de plus. Sans compter que les droits de succession sont dans le collimateur, eux aussi. Vous vous rendez compte, il y a  encore des  héritiers en France, des entreprises et des patrimoines à transmettre !  Allez expliquer à ces névrosés  que la Suède, paradis social-démocrate, a supprimé purement et simplement les droits de succession.

Macron n’a pas les félicitations de  Migaud.

L’exécutif, que ce soit à l’Elysée ou à Matignon, ne s'attache pas à l'essentiel. La réforme à faire en priorité c'est la baisse des dépenses publiques. La France continue de sombrer sous le poids de sa charge publique : 100% du PIB pour la dette, 100 milliards de déficit pour les dépenses, 60 milliards de déficit en 2018 pour le commerce extérieur. Sans baisse des dépenses publiques, l’Etat passera son temps à prendre dans la poche de l'un pour donner à l'autre, tout en augmentant régulièrement tous les impôts et les taxes. Par manque de courage ou par idéologie fiscale,  ou les deux à la fois.  Avertissement de la Cour des Comptes bien inutile puisqu’elle parle  à des sourds. Ce quinquennat est parti pour être celui de l’explosion de la pression fiscale. Les  Gilets Jaunes n’ont pas été compris. Le  Président pérore pour démontrer qu’il ne changera rien. Comme la plupart des  vrais riches sont partis, maintenant ce sera le tour de nos cadres supérieurs : qui voudrait faire une carrière en France pour servir de vache à lait à un Etat inconséquent ? Pendant ce temps-là, les Chinois et les fonds de  pensions rachètent la France. Dans les beaux quartiers et dans les villes touristiques à forte valeur immobilière, les Français y résidant n’ont plus les moyens financiers de faire face aux montants exorbitants de l’IFI et des droits de succession qui leur sont réclamés : le patrimoine change de mains au profit de SCI et de sociétés détenues par des étrangers. La fiscalité   va tuer la classe moyenne supérieure (le vocable vient d’apparaître, comme par  hasard), tuant toute espérance  d’ascension sociale. Bienvenue en Corée du Nord !

 


CETTE INDISPENSABLE EUROPE

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Un monde bipolaire.

Le monde redevient bipolaire. La Russie n’a toujours pas les moyens de s’imposer malgré ses tentatives pour exister au Moyen Orient ou en soutenant le régime de Maduro. Son PIB reste celui d’une puissance moyenne. C’est la  Chine qui occupe désormais la place occupée autrefois par l’URSS face aux Etats-Unis. Ce sont les deux pays qui constituent la menace la plus importante pour l’Europe, tant sur le plan commercial que technologique, deux domaines essentiels. Les Américains,  avec Trump, ne souhaitent plus protéger  l’Europe et se montrent même très agressifs à son égard, notamment avec l’arme juridique ; quant à la Chine, elle entend peser de tout son poids dans les échanges commerciaux le plus souvent univoques.

Etre, ou mourir.

Or l’Europe telle qu’elle est ne fait pas le  poids face à ces deux grands. On le voit avec la décision de Bruxelles de refuser la fusion Alstom-Siemens au nom de  la règle de la concurrence interne. Pourtant elle a des atouts pour exister sur la scène internationale. Ce défi existentiel est d’abord géopolitique : quand elle est unie, elle existe ! Elle l’a démontré avec les sanctions contre Poutine après l’annexion de la Crimée, ou face au Brexit avec les manœuvres de la Grande Bretagne pour la diviser. Au moment où Trump et Xi Jinping s’affrontent pour le leadership mondial, face aux défis climatique et migratoire, face au terrorisme, l’Europe a le devoir d’union pour faire valoir son droit à exister. A nous d’en faire prendre conscience aux Européens et aux Français qui doutent  de  cette  nécessité. Mais cette évidence géopolitique est combattue par un autre défi existentiel : celui de la démocratie. Il existe aujourd’hui deux camps  en Europe : celui de la démocratie libérale affaiblie de l’intérieur par le divorce entre les élites et le peuple et l’autre camp, de  l’extrême droite à l’extrême gauche, qui est animé par ce qu’on appelle le « populisme » dont l’Union européenne est le bouc émissaire de tous les maux,  et par une volonté  plus ou moins cachée de détruire l’Union. La  concomitance de ces deux défis, externe et interne rend la situation préoccupante. Les prochaines élections seront décisives : redémarrage ou éclatement du projet européen ? Rien n’est encore joué. 

La percée des europhobes.

A mesure que les partis populistes progressent dans le paysage européen, leur discours ouvertement hostile à l’Union donne à cette dernière, paradoxalement, une reconnaissance politique inégalée. Les partis traditionnels vont souffrir : la gauche sociale-démocrate connait une érosion inquiétante tandis que la droite avec le PPE (Parti Populaire Européen)  voit son socle électoral se réduire. Si les analystes pronostiquent une déroute pour eux en mai prochain, la  messe n’est pourtant pas dite. Car les enjeux européens n’auront jamais été aussi évidents dans l’esprit des électeurs. A cet égard, les conditions réelles de la sortie de la Grande Bretagne pourraient être l’occasion d’une utile expérience et faire pencher la balance. Les alliances potentielles des droites dites « dures » de la Pologne à la Hongrie et à l’Italie en passant, en France par le RN, ne reposent guère que sur un point d’accord : l’immigration. Le rapprochement n’aurait pas eu lieu si la question migratoire ne s’était pas  imposée comme un sujet central et fondamentalement européen. L’Histoire est parfois ironique : l’élection de mai, pour une fois, pourrait bien se faire sur les enjeux européens et non les débats de politique intérieure. Une manière de consacrer le caractère incontournable de l’Union au moment où ses opposants croire enfin tenir entre leurs mains son agonie. Encore faut-il qu’un referendum ne vienne pas polluer le sujet.

L’importance du couple franco-allemand.

Le seul point qui incite à l’optimisme, c’est la résistance du couple franco-allemand à tous les aléas. Elle donne une  bonne raison de croire dans l’Europe. Par son poids démographique et économique au sein de l’Union, le  couple est, à  lui seul, une réponse stratégique à ces deux défis. Malgré la tiédeur des relations entre Merkel et Macron, la signature du traité d’Aix-la-Chapelle, reste un événement suffisamment significatif de la volonté des deux pays d’avancer ensemble, notamment en matière de sécurité et de défense. Pour les partenaires de l’Union c’est un repère incontournable. Pour les peuples concernés, c’est un message propre à rassurer les « pro-européens » qui n’ont pas dit leur dernier mot. Encore faut-il que  ceux-ci proposent des évolutions concrètes et rassurantes sur le fonctionnement de l’Union. Il ne suffira pas de crier « Europe, Europe.. » avec un discours de la Sorbonne devenu obsolète comme projet et  une coalition hétéroclite parce que la marque EM ne correspond à rien. Mais rappeler que, au-delà des intérêts communs, l’Union est d’abord  et avant tout une « Union de Valeurs », un « projet de civilisation », peut redonner du sens à une construction trop souvent diluée dans les directives technocratiques.

 


LA FRANCE EST SEULE RESPONSABLE DE SES MAUX

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La Cour des Comptes vient de rappeler  au gouvernement et au Président de la République l’extrême fragilité de nos finances et s’inquiète de la dégradation qui s’annonce pour 2019. Une mise en garde utile au moment où l’exécutif cherche des  moyens pour sortir de la crise des Gilets Jaunes, avec des chèques en bois. Mais si notre pays cumule tant de problèmes, il ne le doit qu’aux politiques qui ont été menées  et ne peut pas rejeter la responsabilité sur le dos de la libéralisation mondiale ou du « néolibéralisme » imposé par l’Europe.

La croissance financée par l’Etat : erreur.

Ce sont bien les politiques menées depuis plus de vingt ans qui nous ont menés au gouffre et personne ne nous a obligés à faire les choix qui ont été faits. Voici des faits pour éclairer ces affirmations. Ce sont des constats indiscutables*. Depuis l’an 2 000, la progression du pouvoir d’achat a été plus rapide que la croissance (en moyenne 1,3%) et les gains de productivité (en moyenne 0,7%). Ces gains de pouvoir d’achat ont été financés par l’endettement. Rappelons que celui-ci était de 20% du PIB en 1980 et atteint 100% en 2018.

La redistribution massive : erreur.

Parallèlement, la France a financé à crédit une politique sociale très généreuse. La population en-dessous du seuil de pauvreté (13,8%) est l’une des plus faibles du monde développé. Cela s’accompagne d’inégalités de revenus elles aussi les plus faibles du monde.  Cela se mesure avec l’indicateur « gini » qui est à 0,259. Il était à 0,337 en 1970. Le rapport entre les revenus les plus élevés et les plus faibles est de 1 à 22  avant « redistribution » et de 1 à 5,6 après. L’effet redistributif est obtenu particulièrement avec l’impôt sur le revenu que seulement 43% des Français paient, avec une progressivité confiscatoire puisque  2% des ménages paient 40% des 78 milliards prélevés. Le rouleau compresseur  fiscal est efficace, mais il est un frein énorme à l’investissement. L’Europe ne nous impose pas d’infliger à nos entreprises des charges supérieures de 8 points à la moyenne de ce que pratiquent nos partenaires de l’Union. Notre pays accumule ainsi de nombreux retards en innovation, en robotisation, donc en emplois non créés.

Fuite en avant par l’impôt et l’emprunt : erreur.

Du coup le chômage de masse s’est installé : autour de 9% depuis trop longtemps. Il explique que dans les dix dernières années l’écart de richesse par habitant avec l’Allemagne s’est creusé de 13,6%. Pour financer sa politique dispendieuse et décourageante pour le travail, les dépenses publiques atteignent 57% du PIB, et les prélèvements ne suffisent pas : il manque près de 10 points de PIB, ce qui explique le déficit et l’accroissement de la dette. Cela se fait au détriment des classes moyennes.  Ainsi depuis 2011, 60 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires se sont réalisés à 90% sur les ménages. Parallèlement, les  charges pesant sur les entreprises, ont peu évolué, conduisant au quasi gel des salaires. La conséquence, c’est qu’aujourd’hui, le revenu des retraités est en moyenne de 5% supérieur à celui des actifs. C’est anormal,  mais ce qui est en cause c’est la faiblesse des salaires, pas les retraites acquises. Ce phénomène est aggravé par le déclin de la mobilité sociale à mettre en relation avec le déclin de la qualité des services publics, notamment dans la France des territoires.

L’emploi public pour compenser l’emploi privé : erreur.

Cerise sur le gâteau, nous avons une fonction publique pléthorique : la hausse du nombre des fonctionnaires dont le nombre avoisine les 6 millions, a augmenté de 47%  depuis 1980  quand la  population a augmenté de 24% dans  le même temps.  Deux fois plus vite : nous sommes donc sur-administrés.  La « décentralisation » qui devait nous faire économiser a été souvent prétexte à embauches supplémentaires, mais pas que. L’Etat a souvent pratiqué la politique de l’emploi public pour freiner la hausse du chômage.

Pour bien mesurer le caractère insoutenable de notre modèle économique et social, ce palmarès finira de vous édifier : nous représentons 1% de la population mondiale, notre production participe pour 3%  du PIB mondial et nos aides sociales pèsent à elles-seules 15% des aides sociales mondiales. Cherchez l’erreur !  Après on s’étonne que notre dette soit à 100% du PIB.

L’Europe bouc émissaire : erreur.

Dans cette affaire, l’Europe n’est en rien responsable de nos choix et de nos dérives. Elle aurait même plutôt servi de garde-fous par les contraintes que les traités nous imposent et que nous ne respectons pas toujours en matière de finances publiques. Affirmer que nous serions victimes du néolibéralisme européen est une escroquerie intellectuelle, alors qu’à bien des égards, notre pays présente tous les traits d’un pays fortement socialisé pour ne pas dire socialiste,  car il faudrait rajouter tous les avantages mis "sous conditions de ressources". Ce qui est en cause c’est la politique keynésienne complètement inadaptée au contexte du monde contemporain que nos gouvernants mènent, sous l’influence d’une technocratie incapable de changer de modèle. La preuve, ils cherchent encore à augmenter les impôts. 

Ce n’est pas le modèle néolibéral qui est en cause, comme l’affirme Michel Onfray, c’est le modèle keynésien qui est  périmé. Dites-le à Bruno Le Maire si vous le rencontrez dans un débat.

 

*La plupart des chiffres sont fournis par Nicolas Baverez.

 


1H-1/4 AVANT LA TRAHISON

Macron sorbonne

 

Tout le monde a en mémoire la parodie de Jean Yanne de péplum romain « 1H-1/4 avant J.C. ». C’est en pensant à cette comédie que je voudrais évoquer les manœuvres plus ou moins secrètes entamées entre Macron-César -dit ex-Jupiter- d’une part, et le duc de Bordeaux et son assistant l’ex-sénateur expert en chinoiserie, d’autre part, en vue de leur soutien à une liste du « nouveau monde » Rem-Modem-Agir : « tiiin, tin, tin , tin, tin-tin, tiin, tin, tinttintin… » (Dvorak)

En coulisses.

Tout cela, évidemment est censé se faire en secret. Mais c’est un secret de polichinelle : petits déjeuners à l’Elysée, consultations, petites phrases du type « Je ne resterai pas silencieux » ou encore : « Je me sens plus proche du projet de Macron »… Si on recoupe avec les infos qui filtrent du palais sur une liste large LRem/Modem/Agir, nous ne sommes plus loin du passage à l’acte. Le problème n’est plus de savoir s’il y aura trahison, c’est quand.  Car rien n’y fait : LR est accusé de droitisation, un peu comme ces accusations de l’inquisition ou à la soviétique.  Point besoin d’argumenter, l’accusation se suffit à elle-même. Comme le dit Jean Léonetti dont le parcours ne peut pas être suspecté de compromission avec une droite conservatrice : le programme des Républicains, il y a cinq ans, Juppé l’aurait signé des deux mains… Et pour la nomination de François-Xavier Bellamy, ces gens-là se contentent de reprendre ce que disent les médias aux ordres chargés de caricaturer la tête de liste. Caché ce catholique que je ne saurais voir ! Laissons-les à leurs idées  toutes faites. Puisqu’ils se contentent du programme de Macron, tant  mieux pour eux.  Ou plutôt tant pis, parce qu’ils vont droit dans le mur. Et je vous dis  pourquoi.

Le discours de la Sorbonne.

C’est la référence inébranlable de Juppé. Ce discours a été prononcé le 26 septembre 2017. Le Président de la République y faisait part de son rêve européen, en chef de file incontesté. Une prise de position marquante à l’époque tant par les propositions que par la vision ambitieuse de la construction européenne affichée. Un an et demi après, on peut dire que rien ne s’est passé comme  l’intéressé l’aurait souhaité. On peut même  affirmer que la réforme de l’Union qu’il préconisait s’est enlisée, à la fois par la fragilisation de Merkel et aussi parce que la France, plombée par  ses déficits et son endettement n’est pas un modèle fiable  pour ses partenaires. Aujourd’hui Macron se retrouve seul. Il est fâché avec l’Italie, la Hongrie et l’Autriche lui tournent le dos, et les relations avec l’Allemagne sont glaciales comme on a pu s’en rendre compte  avec le renouvellement du traité de l’Elysée signé à Aix-la-Chapelle. Autrement dit, le  beau discours en guise de projet  est caduc. Il est même dépassé. En plus son contenu, c’est évidemment tout ce qu’une majorité de Français rejettent aujourd’hui : plus d’intégration, plus d’élargissement, plus de commission…. J’ajouterais que la stratégie d’affrontement entre les « progressistes » (macroniens) et les populistes, en les diabolisant,  n’est pas la meilleure façon de rassembler. Du discours de la Sorbonne, avec ses  49 propositions, il ne reste que quelques timides avancées sur le budget européen et l’aboutissement de quelques projets qui étaient déjà dans les tuyaux avant même que le discours soit prononcé. Les partisans de plus d’Europe affrontent l’échéance dans les pires conditions.  Au point d’envisager de faire oublier l’échéance avec un referendum qui aurait lieu le même jour.

Il y a cinq ans, c’est avec ce même type de programme de la droite que les listes de Marine Le Pen sont arrivées en tête et que moins d’un électeur sur deux s’est présenté devant les urnes. Apparemment la leçon n’a pas été retenue par  les centristes qui ont rallié le camp Macron et son rêve hégémonique. Il est encore temps d’ouvrir les yeux.

Comme  dans le film de Jean Yanne, je suis tenté de reprendre ce morceau de dialogue que l’on pourrait attribuer à Juppé : « Citoyens, actuellement nous ne pouvons rien faire, mais dès que nous le pourrons je vous promets que nous ferons le double ! ». Est-ce que nos concitoyens naguère proches de l’UMP, de la droite et du centre, vont se laisser piéger ? Je ne le crois pas. Un autre chemin, plus sensé et raisonnable est possible, sans renoncer à l’Europe.  C’est celui  que veut tracer la liste des Républicains. On y reviendra.

 

 


L’HUMOUR – HUMEUR DU DIMANCHE

Macron prophète

 

Que Jean-Baptiste Doat me  pardonne d’utiliser ainsi son texte, mais je ne résiste pas au plaisir de le partager avec les amis et lecteurs du bloc-notes,  car le "grand débat" n’y changera rien.  Tout est dit ! Y compris « Aurore Berger » !

« Ça devait mal se terminer

Parce qu’il gueulait comme un goret dans ses meeting,

Parce qu’il a dit un jour « L’argent ne se mange pas, je confirme. Il ne se respire pas, il ne s’aime pas ou alors on devient très dangereux. » et que ça ne veut rien dire,

Parce qu’il était soutenu par le Béarnais,

Parce qu’il a été ministre du Correzien,

Parce qu’il a sorti Marlène Schiappa d’un anonymat pourtant mérité,

Parce qu’il a attiré les plus opportunistes de droite et les plus médiocres de gauche,

Parce qu’il s’est pris pour De Gaulle,

Parce que Cohn-Bendit en dit du bien,

Parce qu’il a humilié un chef d’Etat Major pour satisfaire une petite pulsion d’autoritarisme adolescent,

Parce qu’il se prend pour le chef du Monde Libre alors qu’il avait du mal à gérer son propre garde du corps,

Parce que Aurore Bergé,

Parce que sa femme pense que les Français l’ont choisie aussi,

Parce qu’il fait confiance à Castaner qui a autant la carrure d’un premier flic de France que Cyril Hanouna celle d’un gagnant du prix Femina,

Parce qu’il a recruté Benalla et l’a soutenu comme le fait un chef de gang,

Parce qu’il veut vendre le siège de la France au Conseil de Sécurité de l’Onu à la Commission Européenne,

Parce qu’il a cru que c’était grâce à lui que la France avait gagné la coupe du Monde,

Parce qu’il a pris les élus locaux pour des bouseux,

Parce qu’il nous impose une majorité faite de députés qui ont été livrés sur Amazon Premium,

Parce que le concept de « nouvelles mobilités » le fait plus vibrer que celui de « Nation »,

Parce qu’il gouverne depuis le début avec ses potes de promotion de l’ENA qui enferme la France dans des tableaux Excel,

Parce que Yassine Belattar le conseille,

Parce qu’il vend des mugs avec sa tronche et celle de Brigitte dans la boutique de l’Elysée,

Parce que Jean d’Ormesson avait prévenu : « Entre l’électeur de gauche et l’électeur de droite qui votent pour Macron, l’un des deux, forcément, sera cocu, mais toute l’intelligence de Macron est de faire croire à l’un que ce sera l’autre et inversement. »,

Parce qu’il a promis un renouvellement et a choisi Collomb,

Parce qu’il nous demandait de « penser Printemps » dans un pays qui compte. 9 millions de pauvres,

Parce qu’un Président ne doit pas dire « qu’ils viennent me chercher » pour se planquer derrière des milliers de CRS ensuite,

Parce qu’il a transformé l’assemblée nationale en Académie Française de l’incompétence et de la médiocrité,

Parce qu’il est le seul à croire à cette Europe bureaucratique et coupée des peuples,

Parce qu’il faisait scander «En même temps» dans ses meeting et que c’est le slogan le plus con de l’histoire,

Parce qu’il pense que tous les gens rêvent de bosser dans une start’up et de rouler en trottinette électrique,

Parce qu’il pense qu’avoir du fric est synonyme de réussite,

Parce qu’il a un discours ambigu sur l’islamisme,

Parce qu’il a donné à son parti un nom qui a les mêmes initiales que lui,

Parce qu’un soir, il a transformé l’Elysée en temple de la sous-culture,

Parce qu’il a fait comme si tous ses électeurs avaient voté pour lui en adhérant à son projet,

Parce qu’il fait le malin en insultant des chefs de gouvernements étrangers qui ont trois ou quatre fois sa cote de popularité,

et ça se terminera mal :

Parce qu’il est tout seul,

Parce qu’il ne comprend pas les Français,

Parce que Aurore Bergé. »

Vous savez de qui on parle.  Pour ce moment d’évasion, merci Jean-Baptiste !

 

 


LA FRANCE QUI TOURNE EN ROND

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Des ronds-points au grand débat, des gilets jaunes  qui font trois petits tours le samedi suivis des casseurs aux salles polyvalentes où les citoyens s’assoient en cercle, le rond est à la mode dans un pays qui ne tourne pas rond.

Acte 12 : ça rime à quoi ?

Les Gilets Jaunes vont encore défiler. Avec probablement le même spectacle de désolation après leur passage. Les  casseurs et provocateurs en font leur rendez-vous de prédilection tandis qu’une foule qui va se clairsemant  arpente  le bitume . Que veut-elle ? On ne sait plus. Les slogans les plus contradictoires cohabitent. Les éléments plus engagés pointent leur nez avec leurs banderoles intemporelles. Par tous ses aspects, sa durée, la répétition des samedis violents, la présence dans ses rangs de gens venus des extrêmes, par l’ignorance contenue dans certains discours, le mouvement des gilets jaunes est sans précédent. Ce n’est pas mai 68 et ce n’est pas non plus la prise de la Bastille, mais cela ressemble beaucoup à une sorte d’insurrection permanente qui s’alimente d’idées simplistes, sans but ni boussole.  Autant le premier mouvement de colère exprimant un ras-le-bol des taxes était compréhensible et pouvait être soutenu, autant son prolongement sans fin dans la durée avec des revendications devenues illisibles devient problématique et inquiétant. Quant à la violence qui accompagne chaque samedi elle est inacceptable et insupportable.

Le gouvernement a-t-il la volonté de rétablir l’ordre ?

Le mouvement est devenu un handicap économique pour la France, en prenant plus ou moins en otage la liberté de circuler des non-manifestants  qui constituent l’immense majorité, et en causant des dégâts importants aux biens ;  sans compter les onze morts, et les deux mille cinq cents blessés, dont mille policiers ! Pour remédier à la violence, il faut s’en donner les moyens. L’Assemblée nationale a adopté la loi anti-casseurs destinée à interdire ou à sanctionner ceux qui profitent des manifestations pour se livrer à des actes de violence et à des déprédations. Le projet présenté pour la première fois par le Sénat à majorité de droite a été sérieusement édulcoré à l’Assemblée sous la pression de la fraction gauchisante de la majorité parlementaire,  et pour ainsi dire vidé de son sens. Il fera l’objet de plusieurs navettes entre les deux Chambres, ce qui laissera aux élus le temps de bien réfléchir, mais malheureusement aux casseurs celui d’agir en toute impunité. Car les habituels défenseurs des libertés,  les angéliques « droitdel’hommistes » poussent leurs cris d’orfraie, sans même avoir lu le texte initial ni prendre en compte les garanties juridiques qu’il comporte. Curieusement, les dispositions sur le port de la cagoule et les fouilles préventives de manifestants font l’objet d’un débat intense. On croit rêver. Comme le gouvernement, les Républicains n’ont pas l’intention de limiter ou de supprimer le droit de manifester, inscrit dans la Constitution, mais ils veulent limiter la casse, sachant que le mouvement peut se prolonger pendant encore plusieurs semaines ou plusieurs mois. C’est pourquoi ils insistent pour qu’une nouvelle loi soit adoptée et appliquée qui vise uniquement les casseurs. C’est aussi une manière de tester un exécutif toujours mou du genou quand il s’agit d’ordre public.

L’ordre est nécessaire.

On ne peut pas traiter la violence des anarchistes par l’angélisme. La démocratie a besoin, pour vivre, de l’ordre. Les gilets jaunes représentent une minorité active, mais une minorité quand même. Sans le tam-tam des télévisions en continu, il y a longtemps que le mouvement serait retombé, peu de nos concitoyens s’intéresseraient à eux. Accepter qu’ils profitent de la « publicité » que leur apporte la violence, est une attitude très dangereuse pour l’équilibre de la société française dont on ne dira jamais assez qu’il est particulièrement fragile.

Un débat qui tourne en rond.

Les Français se retrouvent ici et là en petites assemblées à l’initiative d’un maire, d’un député, d’une association,  quand ce n’est pas d’un ministre… Le Président était censé être à l’écoute, mais avec les ministres de son gouvernement, il est à la manœuvre et parle beaucoup. Beaucoup trop. A croire qu’il ne sait faire que ça. J’entendais l’autre jour son argumentation sur la suppression de la taxe d’habitation : sidérant ! On voit tout de suite son inculture de la démocratie locale. Il ne raisonne toujours qu’à partir des fiches de ses technocrates et des tableaux statistiques qu’on lui prépare. En bon inspecteur des finances. Il n’a toujours pas compris  que si la taxe varie d’une commune à l’autre, ce n’est pas une injustice,  c’est juste un rapport entre le niveau de la taxe et celui des services offerts à la population, variable d’une collectivité à l’autre. Il ne sait pas, parce qu’il ne l’évoque jamais,  que 40% des contribuables en étaient déjà exonérés… C’était l’impôt qu’il ne fallait pas toucher. D’ailleurs il ne sait pas par quoi le remplacer  et ne sait toujours pas comment financer sa suppression, sinon à crédit et par la dette. Même chose pour l’augmentation de la CSG. Bref, il ne renonce à rien, ne reconnait  pas ses erreurs et promet  des « gestes forts » : on peut craindre le pire !  Tout le monde s’y met : les radios, les télés, les journaux lancent leurs appels à contribution. Que va-t-il en sortir ? Personne ne sait quoi ni comment. Mais on débat ! En fait l’exécutif en profite sournoisement pour se remettre en selle et faire une campagne indirecte pour les élections qui sont en vue : ça, on l’a bien compris. Il remonte tout doucement dans les sondages jusqu’à ce qu’une  petite phrase mesquine ou un épisode de l’affaire Benalla vienne tout remettre par terre.

Bon week-end quand même !