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DE-SEM-PA-RES !

Chomage-mai-2014


Hausse du chômage et silence radio...

En mai, le nombre de chômeurs de catégorie A (n'ayant pas du tout travaillé le mois dernier) a bondi de 25 000. Ce septième mois consécutif de hausse marque un cap : la barre des 5 millions de chômeurs, toutes catégories confondues, vient d'être franchie en France métropolitaine. Le nombre des demandeurs d’emplois n’en finit pas de grossir. Pôle Emploi a du mal à faire face à cette explosion des demandeurs d'emploi. En regard de cette situation, les réactions des Ministres de l’Economie et du Travail sont affligeantes : entre constat banal de la situation et silence sidéral, on a le choix de la médiocrité.

En effet, François Rebsamen, le ministre du Travail et de l'Emploi, n'a pas voulu commenter ce chiffre. Pire, notre Sapin, d’habitude expert en langue de bois (avec nœuds), s’est réfugié cette fois-ci dans la blagounette que même Hollande n’aurait pas osé faire : interrogé sur l’opacité et l’obésité du code du travail qui ne faciliterait pas l’embauche, le « grand argentier » (je rigole) a préféré s’esclaffer , affirmant que pour qu’il soit moins épais, il suffisait d’écrire plus petit ! Indigne !

... de ministres dépassés et désarmés...

Si on manquait de preuves qu’on a affaire à des incapables, en voilà une belle. La vérité, c’est que le Ministre des Finances tout comme le Ministre du (manque de) Travail sont désarmés face à la situation que l’arrivée au pouvoir des socialistes a créée, bien qu’ils tentent d’en faire porter le chapeau à leurs prédécesseurs.

Et que va-t-on donc faire pour y remédier ? La même chose : du traitement social ! Le Premier Ministre se propose de dépenser un peu plus d’argent en pure perte en grossissant le nombre des contrats d’emplois dits « d’avenir » (on admirera l’acuité de la formule !) pour les « d’jeunes » et doubler la prime d’embauche pour les séniors.

On se demande bien comment et par quel miracle la prolongation et la réitération de la même politique pourrait aboutir à d’autres résultats que ceux enregistrés. Ils ne peuvent que s’aggraver. Comme le dit un Vert, « Hollande attend la croissance comme on attend le bus ». Apparemment les bus sont en grève.  La dégradation des chiffres du chômage et des indicateurs de croissance devrait inciter le gouvernement à plus de professionnalisme, ne serait-ce que par respect des chômeurs et des partenaires sociaux.

pendant que les irresponsables jouent leur comédie...

La comédie permanente jouée par les « intermittents du spectacle » ces « profiteurs abusifs » de la générosité sociale, nous donne un exemple emblématique de la décomposition de notre modèle social. Mais c’est une comédie amère, elle ne nous distrait même pas, elle nous accable. Le gouvernement trouve encore le moyen de temporiser avec ces irresponsables qui ne respectent même pas les accords signés par leurs pairs. Ce faisant, il déresponsabilise un peu plus les partenaires sociaux dont il fait pourtant la pierre angulaire de son pseudo dialogue social. Ah qu’il est beau le défilé sur les estrades de tous ces beaux esprits bien gominés aux cheveux en bataille, artistes reconnus aux silhouettes replètes, metteurs en scène aux millions bien cachés, anciens ministres en mal de pompe, pour défendre « la cause », celle d’un régime sous perfusion des cotisations du régime général érigé « en pompe à finances » au profit d’un petit nombre de personnes et d’entreprises vivant au crochet du salarié de base qui n’a pas voix au chapitre, le gueux !

la France est en chute libre.

Pendant ce temps-là, on discutaille à l’Assemblée nationale sur le collectif budgétaire qui doit mettre sur les rails le si mal nommé « pacte de responsabilité ». Et la France continue de sombrer. Tous les moteurs de l’économie sont à l’arrêt : consommation et investissements sous l’effet des prélèvements et de la hausse des impôts, exportations à cause de l’effondrement de la compétitivité de nos entreprises qui attendent toujours les allégements promis comme l’Arlésienne de Bizet. Désormais le chômage touche 3,6 millions de personnes, 5 millions toutes catégories confondues et le déficit  public de 4% va propulser la dette au-delà des 100% du PIB à l’aube de 2016, sinon avant. Une chute libre qui contraste avec le redressement de nos voisins de la zone euro.

Dehors les incapables !

 

 


LA BCE, OUTIL DE LA CROISSANCE !... SAUF POUR LA FRANCE ?

  Euro

Chose promise, chose due. Je vous avais promis de revenir sur les principales mesures prises par Mario Draghi pour booster la zone euro, menacée par la déflation.

La politique menée par la banque centrale européenne s’est longtemps contentée d’une maîtrise de l’inflation comme objectif et ses dirigeants n’avaient qu’à monter les taux d’intérêt quand ils s’inquiétaient de la hausse des prix. Avec la crise de 2007-2008, le contexte s’est profondément modifié. Ce n’est pas à une menace inflationniste que la zone euro est confrontée, mais plutôt à une baisse des prix qui en perdurant pourrait déboucher sur la déflation et son corollaire, la « décroissance ». Un mal que le Japon connait bien et contre lequel il a tenté depuis plusieurs mois le remède des « Abenomics ».

La Banque centrale avait plutôt bien réussi dans sa principale mission : maintenir la hausse des prix dans un couloir étroit autour de 2 % l'an, en montant et baissant ses taux. Mais la crise a inversé la tendance. Avec des dettes devenues trop lourdes, les prix ont désormais tendance à ralentir - voir à baisser avec les politiques drastiques de rééquilibrage budgétaire adoptées dans plusieurs pays. Sur la dernière année écoulée, les prix n'ont augmenté que de 0,5 % et le proche avenir ne s'annonce guère mieux. La déflation se pointe. Au lieu de freiner les prix, la BCE cherche donc à les accélérer. 

Mais le remède n’est pas simple. C’est qu’en même temps, il faut continuer de contraindre les pays dont les finances publiques restent en déficit, à tenir leurs objectifs d’assainissement budgétaire. Elle a donc recours à des outils de plus en plus complexes censés mettre fin à la crise… Elle baisse ses taux et offre 400 milliards de liquidités en plus aux banques qui prêteront au secteur privé et accès illimité à taux fixe aux liquidités jusqu’à fin 2016. La relance de la croissance passera par donc une relance des prêts bancaires des banques privées … aux entreprises privées. Car c’est là que le bât blesse. Les marchés ne s’y sont pas trompés qui ont plutôt bien réagi. Une position dynamique de la BCE dont le FMI s’est félicité.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a fini par admettre que l’Italie, la France, l’Espagne et le Portugal ne pouvaient pas se contenter d’une cure d’austérité qui entame à peine les déficits tout en empêchant la croissance. Elle a évidemment refusé que les règles du jeu soient changées, c’est-à-dire qu’elle a rejeté toute idée de modification des principes régissant le fonctionnement de l’Union, mais elle a consenti à ce que soient davantage utilisés les mécanismes de relance prévus par les traités, ce qui avalise les dispositions extrêmement importantes que vient de prendre la Banque centrale européenne. Ces mesures devraient soulager quelques pays encore en proie aux déficits et au chômage, et donner un peu d’oxygène au président français qui est noyé dans le chômage de masse.

Ce qui a le plus favorablement surpris les investisseurs et les responsables politiques européens, ce sont les injonctions de liquidités en faveur des banques pour les encourager à prêter en priorité aux PME qui n’ont pas accès aux marchés financiers et aux ménages, à l’exception des crédits immobiliers. Il ne s’agit pas non plus  d’encourager la création de « bulles » aux effets toujours néfastes. Reste à savoir si cet « arsenal » de mesures sera suffisant pour réveiller l’économie du vieux continent.

Souhaitons à la banque centrale qui s’aventure sur le terrain de la croissance et de l’emploi, le même succès dans cette nouvelle politique que dans celle de la maîtrise de l’inflation. On pourra alors dire merci à « Super Mario ». Car sa politique audacieuse s’inspire directement de celle de la fed, la banque centrale américaine. Il profite de l’indépendance de son institution prévue par les traités pour briser tous les tabous : taux directeur abaissé à presque zéro, taux de dépôts négatif, rachats illimités de dettes d’Etat, … Sa politique économique combine la baisse des dépenses publiques, la baisse des impôts, les réformes structurelles et une relance de l’investissement. Avec en prime une baisse du taux de change. On ne pouvait rêver mieux !

Une politique qui, avec l’union bancaire européenne et le renforcement de l’union budgétaire, donne enfin à l’Union européenne les moyens de rivaliser avec ses concurrents planétaires. En tout cas, c’est le pari de Mario Draghi.

Dans le même sillage, Madrid baisse les impôts pour les ménages et les entreprises, après avoir exécuté sans sourciller l’austérité imposée par Bruxelles et les marchés financiers. L’Espagne espère désormais atteindre ses objectifs de diminution de son déficit par une augmentation de la croissance. La France aimerait bien en faire autant, mais en mettant la charrue de la croissance avant les bœufs de l’austérité et des réformes…

 


UNE SEMAINE DE PÊCHE… AUX NOUVELLES !

 

Valls 2  Hollande 14



Petite sélection de ce que j’ai retrouvé  dans mes « sources » à mon retour.

Le PIB ne devrait progresser que de 0,7 % cette année.

C’est la prévision de croissance de l’Insee pour l’année 2014. Une prévision très inférieure aux 1% attendus par le gouvernement. Les statisticiens publics prédisent 0,3% de croissance chacun des trois prochains trimestres ce qui porterait l’acquis de croissance début 2015 à 0,4%. Si cela s’avère exact, ça va être dur-dur de faire 1,7% de croissance en 2015 (prévisions officielles du gouvernement). Le taux de chômage devrait encore augmenter légèrement sur l’année. Après une croissance de 0,4 % l’an passé, l’Hexagone connaîtrait une reprise bien faible.

L’Assemblée entame son marathon budgétaire.

Malgré ces mauvaises prévisions, la machine à dépenser continue sa course folle. Les députés ont voté une réduction d’impôt pour les foyers les plus modestes lundi 23 juin, lors de l’examen du projet de loi de finances rectificative. C’était le premier acte d’une discussion qui doit se prolonger jusqu’à la mi-juillet avec l’adoption du budget de la Sécu. D’ici la mi-juillet, le Parlement va être amené à adopter d’une part le projet de loi de finances rectificatif, ou PLFR (fiscalité, économies, etc.) et d’autre part le budget rectificatif de la Sécurité sociale, ou PLFRSS (exonération de cotisations sociales, gel de prestations…), examiné à partir de la semaine prochaine. Ces deux textes sont les premiers à mettre en œuvre le Pacte de responsabilité et de solidarité annoncé par François Hollande, financé par 50 milliards d’euros d’économies d’ici la fin du quinquennat. Au total, ce sont près de deux milliards d’euros de « cadeaux » non financés. Et l’argent on le prend où ?

Un parcours semé d’embûches.

La politique du gouvernement favorable aux entreprises et les économies prévues passent toujours mal dans une partie de la gauche, notamment les 41 abstentionnistes sur le vote du programme de stabilité budgétaire. le PLFR prévoit 4 milliards d’euros d’économies, dont 1,6 milliard du budget de l’État, afin de réduire le déficit public à 3,8 % du PIB. En plus de l’exonération d’impôt, le gouvernement va ajouter un amendement pour y introduire le successeur de l’écotaxe, le “péage de transit” prévu pour les poids lourds. Le gouvernement s’est montré ouvert à la suppression du gel des aides personnelles au logement prévue dans le projet de loi, à condition que le coût, 130 millions d’euros en année pleine, soit compensé par de nouvelles économies. Mais la rapporteure générale au budget, Valérie Rabault, juge « fragiles » les hypothèses du gouvernement sur la consommation des ménages.

La Cour des Comptes en rajoute une couche !

Avec des rentrées fiscales en baisse et une croissance au ralenti, le déficit des finances publiques va continuer de se creuser ! Le diagnostic des magistrats de la rue Cambon est sans concession et les remèdes préconisés difficiles à avaler. Dans la potion amère, la diminution du nombre des fonctionnaires ! Et le gel du point d’indice ne suffira pas : il faudra aussi augmenter leur temps de travail ! De quoi plaire aux frondeurs du PS …

Depuis qu’il l’a découverte, la marche arrière est la vitesse de prédilection du gouvernement

Exemple, l’immobilier : on reprend tout et on recommence. Retour du prêt à taux zéro pour le logement ancien, simplification des normes de construction, amélioration des incitations à l’investissement locatif, garantie universelle des loyers revue… Bref Duflot avait tout faux. Il faut absolument enrayer le marasme que sa loi a produit. Donc, retour à la case départ à vive « allure » ! Sans le dire, évidemment.

Réforme territoriale : c’est pas la joie !

Pris dans le tourbillon de la réforme territoriale, les élus des conseils généraux n'ont pas dit leur dernier mot. Réunie en assemblée générale le 25 juin, l'Assemblée des Départements de France (ADF) s'est accordée sur la bataille à engager dans les mois qui viennent sur les deux textes présentés par le gouvernement. Sur la nouvelle carte régionale proposée par l'exécutif et examinée en juillet au Sénat, le président socialiste de l'ADF, Claudy Lebreton, a demandé qu'un « avis officiel des départements soit sollicité », tout en appuyant l'idée de permettre aux départements de changer de région. Mais c'est surtout le deuxième projet, clarifiant les compétences des collectivités et débattu à partir d'octobre, qui cristallise l'opposition des élus départementaux. Le Sénat n’est pas en reste. Le groupe socialiste y a déposé deux amendements au projet de loi sur la réforme territoriale. L'un propose la fusion des régions Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin. Le second veut donner la possibilité aux départements de changer de région au cours de la période 2016-2020. Pour cela, un triple accord serait nécessaire : celui du conseil départemental et ceux des deux conseils régionaux de la région de départ et d'accueil, indique le groupe dans un communiqué. Le projet du gouvernement prévoit uniquement des fusions de régions entières. Y’a du rififi dans l’air ! Et si  en faisant « marche arrière » on revenait au « Conseiller territorial » ? 

UMP : les premières décisions tombent.

Le prochain président du parti sera élu le 29 novembre par vote électronique. En cas d'égalité, un second tour se tiendra une semaine plus tard. Des dates arrêtées par le bureau politique de l'UMP, qui a également lancé la procédure de radiation de Jérôme Lavrilleux. Seule Michèle Tabarot, ex-secrétaire générale, à voter contre, critiquant le fait que «certains aient envie de régler des comptes de façon précipitée». En Sarkozyste convaincue, elle peut toujours se consoler avec le fait que la date choisie pour le congrès tombe le jour de la Saint-Nicolas !

Bonne nouvelle : La cour de cassation donne raison à Baby Loup !

La Cour de Cassation a rejeté le pourvoi de la salariée de la crèche Baby Loup qui avait été licenciée pour refus de retirer son voile. Six ans de procédure. Espérons que la décision fera jurisprudence. Et Benoit Hamon ferait bien de s’en inspirer pour régler le problème de l’encadrement des sorties scolaires ! Un peu de courage !

Parlement européen.

Enfin, une bonne nouvelle ! Marine Le Pen n’a pas réussi à former un groupe. Elle n’y est pas arrivée. Moins d’un mois après s’être imposée en tête des élections européennes en France, elle n’est pas parvenue à rassembler suffisamment de partis eurosceptiques. Elle doit faire face à un constat d’échec qu’elle tente de minimiser en annonçant que c’est partie remise.

 

 


OTAGES EN TOUT GENRE …

Archibald en colère
 

A la veille de ce week-end, j’avais plutôt envie d’aborder avec vous un sujet plus riant : vous expliquer pourquoi, par exemple, la Banque Centrale Européenne a décidé la semaine dernière de prendre les mesures fortes qui devraient réveiller la croissance et l’emploi dans l’Union, avec la bénédiction d’Angela… Ce sera partie remise et pour plus tard. Le bloc-notes va en effet faire une pause jusqu’au moins au 25 juin. Nous aurons encore quelques sujets sérieux puis ce sera le régime estival avec des thèmes plus ensoleillés et souriants.

En attendant, c’est un coup de gueule que j’ai envie de vous faire partager.

Entre les intermittents et les cheminots, j’ai l’impression qu’il y a des coups de pieds au cul qui se perdent.

Ras-le-bol de ces prise d’otages qui sont toujours les mêmes : que ce soit le spectateur usager du spectacle, ou le voyageur usager des trains, c’est toujours le même cochon de payant que l’on emmerde. Car ces gens-là ne se rendent même pas compte que ce sont nos impôts qui font vivre leurs statuts largement déficitaires. Les uns contestent l’aménagement de leur régime  d’indemnisation pourtant décidé par l’Unedic et les partenaires sociaux, les autres s’élèvent contre une réforme de la SNCF, voulue par un gouvernement de gauche, en bâtissant un argumentaire qui relève pour la plus grande part du procès d’intention.

Arrêtons-nous un instant sur cette dernière réforme, car la situation est complexe.

Le projet, qui sera discuté dès ce mois-ci à l’Assemblée, même s'il n'y a pas d'accord avec les syndicats, consiste à remplacer les deux entités actuelles, le SNCF et RFF (Réseau Ferré de France), nées sous Jospin, par trois établissements publics à caractère industriel, ou Epic, avec un Epic « mère », la SNCF, et deux Epic « filles », "SNCF mobilités" et "SNCF réseau". L’idée est de rationaliser le système ferroviaire pour faire des économies pourtant modestes (1,5 milliard d’euros par an), et de stabiliser la dette ferroviaire, qui atteint 44 milliards d'euros.

La CGT réclame évidemment un cadre social unique pour que les salariés de la SNCF continuent à bénéficier de leur statut particulier dont on sait qu’il est très avantageux, ce qui semble acquis. UNSA et Sud Rail demandent eux que la dette soit « reconnue comme dette publique », ce que le gouvernement, déjà accablé par un fardeau de près de 2 000 milliards ne veut pas. Cependant, celui-ci s’est employé à rassurer les syndicats sur le sort des cheminots. Le financement de la dette est un problème qui relève de la responsabilité nationale, et dans le contexte d’endettement que nous connaissons tous, il est impossible de laisser filer des dépenses qui ne sont pas compensées par des recettes.

La SNCF, à elle seule, illustre parfaitement notre mal français. 

Nous avons un réseau ferroviaire performant, moderne, accessible à tous, mais nous ne nous sommes jamais vraiment posé la question de son coût. Pour le rail, comme ailleurs, nous avons vécu et vivons encore au-dessus de nos moyens : s’il fallait rembourser la dette de la SNCF en augmentant le prix des billets, les Français n'auraient plus les moyens de prendre le train. Au temps des 30 glorieuses la croissance autorisait toutes les revendications, celles-là d'ailleurs qui ont rendu prohibitive l’exploitation du réseau. Et comme les cheminots actifs ont diminué des deux tiers en 50 ans, leur nombre ne permet plus depuis longtemps de financer des retraites qui commencent à 55 ans. Ces syndicats qui prolongent une grève au sujet d’un endettement dont ils sont peu ou prou responsables ne se rendent pas compte de ce qu’il y a de choquant dans leur comportement. 

Si l’on examine l’affaire de plus près, on s’aperçoit que cette réforme pourtant timide, sur laquelle le ministre a déjà lâché beaucoup de lest, a peu de chances d’assurer l’avenir de la SNCF. Elle donne pourtant lieu à un conflit social dans lequel deux syndicats jusqu’auboutistes défient le gouvernement et même le Président de la République dont l’appel à la raison a eu pour réponse mépris et surenchère ! La grève pure et dure reste la seule concption du dialogue social pour certains syndicats indifférents aux changements du monde. 

Alors qu'est-ce que ce serait si on alignait les retraites des cheminots sur le régime général !

Pourtant, ce ne serait que justice.

En attendant, les perturbations vont durer et ce sera tant pis pour les lycéens qui rateront leur bac parce que des irresponsables ne leur auront pas permis d’arriver à l’heure pour passer leurs épreuves. Et je n’évoque pas la galère de tous ceux qui bossent…

 


ON NE TIRE PAS SUR LE PIANISTE !

Nicolas-sarkozy-pianiste
 

Le "Directoire" peut déboucher sur un "Consulat".

L’UMP a réussi son opération « OVERLORD » avec le débarquement des 3 anciens Premiers ministres pour la diriger. Ils seront secondés dans leur tâche par Luc Chatel qui a accepté d’être Secrétaire Général, en faisant l’unanimité du Bureau Politique sur son nom. Le plus dur reste à faire : organiser le congrès et l’élection d’un nouveau président dans la transparence et l’égalité des chances. Ce sera une étape décisive pour la reconstruction du parti sur des bases assainies. Mais il importe que le "Directoire" ne dérive pas en "Consulat", si l'autorité d'un prenait le pas sur les deux autres. Ce serait désastreux. On espère donc que les trois autorités se sont mises d'accord sur leur manière de procéder.

Nul doute qu’il n’y ait pléthore de candidats.

Tant mieux. Encore faudrait-il que chacun s’attache à ne pas transformer l’épreuve en « Règlements de comptes à OK Corral ». Les militants attendent une compétition digne et surtout pas une bataille de chiffonniers. Car le travail à mener est considérable. Il s’agit d’abord de remettre de l’ordre dans une gestion financière catastrophique qui se traduit par un passif de quelques dizaines de millions d’euros, ensuite de faire face aux poursuites judiciaires que l’affaire Bygmalion ne va pas manquer d’entraîner, enfin de rassurer les militants indignés par des pertes qu’ils ont en partie compensées en puisant dans leur poche. Le nouvel encadrement du parti est rassurant dans la mesure où il réunit des hommes insoupçonnables, mais il ne met pas un terme aux divisions ou aux conflits personnels.

Et surtout, chacun serait bienvenu d’éviter de tirer sur le pianiste.

En l’occurrence sur Nicolas Sarkozy.  Surtout si, comme le bon sens le commanderait, il n’est pas candidat. Pour le moment, il semble affaibli : avec la démission de Jean-François Copé et les incertitudes sur le financement de sa campagne de 2012 liées à l’affaire Bygmalion, notre ex-président est beaucoup moins bien placé qu’il y a encore quelques semaines. Sa cote de popularité a commencé à baisser tandis que s’élève celle d’Alain Juppé. Son autorité sur le parti parait beaucoup moins ferme aujourd’hui. Comme le pouvoir  s’ingéniera à remuer les diverses affaires auxquelles son nom est associé, celles-ci jalonneront son parcours politique d’ici à 2017 avec des effets négatifs qu’il n’est pas difficile d’imaginer.  

Aussi serait-il heureux que sa famille le protège ou le ménage.

D’abord parce que l’ancien président n’a jamais démérité, même dans sa défaite. N’oublions jamais que son quinquennat n’a été qu’une suite d’épreuves imposées de l’extérieur, auxquelles se sont ajoutés des campagnes médiatiques ignobles et un acharnement de la gauche que même ce que subit Hollande aujourd’hui  est de l’eau de rose en comparaison.

Ensuite parce que Nicolas Sarkozy, par sa stature et son expérience n’est pas le plus mal placé pour envisager de reconquérir l’Elysée. Sa parole reste forte. Les affaires qu’on lui colle sur le dos pour tenter de l’affaiblir se dissolvent au fur et à mesure que les instructions avancent, faute de faits établis. Ce sera à lui d’exprimer le moment venu ce qu’il souhaite faire. Et il sera incontournable, chacun le sait bien.

L’urgent, c’est de restaurer l’image de l’UMP.

C’est pourquoi, si l’on veut que l’UMP reste forte et attirante pour tous nos amis de la droite et du centre, il vaut mieux éviter les paroles désobligeantes à son égard. Additionnons les arguments pour gagner ensemble plutôt que les soustractions qui font fuir les adhérents et les électeurs, et nous font perdre au bout du compte. Mettons plutôt l’accent sur la nécessaire reprise en main du parti et sur le travail à faire en direction de militants perplexes, déboussolés ou exaspérés. Il est évident que la réunion du bureau politique ne constitue qu’une toute petite première étape dans un périple ardu et semé d’obstacles. Il sera temps, après, d’envisager l’étape suivante qui est celle de l’élection présidentielle. Inutile de mettre la charrue avant les bœufs.


VALLS ENTRE DANS LE « DUR »

 

Valls 2

Le Premier Ministre va  entamer son difficile parcours devant le parlement pour faire adopter son budget modificatif qui devrait enfin avaliser le « pacte de responsabilité » près de six mois après les annonces de l’Elysée. Et à la clé, les 50 milliards d’euros d’économie sur trois ans ! Sur ce sujet comme sur le « pacte de compétitivité » qui doit faire baisser les charges des entreprises de 20 à 30 milliards sans qu’on sache vraiment quel est le bon chiffre, il va rencontrer au sein du groupe socialiste une opposition résolue qui fait déjà ses contre-propositions.

Ces 50 milliards d’euros d’économie sont-ils encore réalisables ?

C’est la question qu’on peut se poser dès lors que l’on connait mieux le contexte des trois prochaines années : absence de croissance, dérive des dépenses qui sont contenues par des coups de rabots et un gel qui ne peut pas s’éterniser, absence des réformes nécessaires… alors que le contexte social se tend comme on le voit avec le conflit des intermittents (encore eux !), de la SNCF (toujours contre tout !), ou encore avec les taxis (corporatisme absolu).

Pourtant ces 50 milliards représentent un engagement pris par la France devant la Commission européenne pour revenir au seuil des 3% de déficit imposé par le « pacte de stabilité » de l’euro. C’est bien l’excès de dépenses publiques depuis de nombreuses années qui causent ces dépassements récurrents de la discipline budgétaire communautaire et sur lequel il convient d’agir, au moment où celles-ci consomment plus de la moitié des 2115 milliards de la richesse nationale (57,2% du PIB) et viennent grossir une dette à peu près du même montant (92% du PIB). Mais cet objectif de réduction de dépenses attendu pour 2017 est devenu irréel depuis que le gouvernement l’a déconnecté du déficit à 3% toujours prévu pour 2015. Il fait diversion avec son discours sur « le déficit structurel » qui se calcule hors des effets de conjoncture oubliant qu’en face des dépenses « structurelles » il fallait aussi des recettes « structurelles » !

Un objectif déconnecté de l'économie réelle.

La réalité, c’est que cet objectif de 50 milliards d’euros d’économies est totalement déconnecté de la situation économique et sous-estime gravement l’effort à fournir. Les économistes qui se sont penchés sur le problème ont évalué à 120 milliards la réduction pour seulement stabiliser les dépenses, voire 145 milliards si l’on tient compte des nouvelles exonérations d’impôts accordées récemment. Il est à craindre qu’avec le « dégel » la progression des dépenses ne reprenne son rythme naturel de 1,6%/an. Et comme 2013 s’est terminée sur un déficit de 4,2% et un trou de 14,5 milliards d’euros de moins-values fiscales…  on voit bien que la pente n’est pas la bonne.

Même si Manuel Valls réussit l’exploit  de faire voter ces fameux 50 milliards sans les écorner, on sera encore loin du compte, car ils ont de fortes chances de se perdre dans le tonneau des Danaïdes. Ce sont de nouvelles hausses d’impôts inévitables pour les classes moyennes qui s’annoncent  et une opinion publique dont la frustration ira croissante avec le sentiment persistant de sacrifices sans issues.

Les 7 recommandations de Bruxelles.

D’ailleurs Bruxelles ne s’est pas gêné pour rappeler la France à ses obligations de ne pas relâcher ses efforts, la commission doutant de l’aboutissement des réformes entreprises et surtout de l’importance de leur impact. Si le plan d’économies n’est pas pris complètement à la légère, la prévision de croissance à 1,7% en 2015 est jugée « optimiste », le chômage hexagonal ne devrait pas diminuer d’ici 2017 et avec 45,9% de pression fiscale, la France a le ratio des impôts par rapport au PIB qui est l’un des plus élevés de l’Union européenne. La commission recommande donc de renforcer la stratégie budgétaire, de veiller à la poursuite de la réduction du coût du travail, de simplifier les règles administratives, fiscales et comptables des entreprises, de s’attaquer aux professions réglementées et ouvrir les services à la concurrence, de rendre le système fiscal plus efficace, de lutter davantage contre les rigidités du marché du travail et enfin de moderniser l’enseignement et la formation professionnelle. Un vrai programme pour … une campagne présidentielle.

Pendant le même temps, les députés de gauche du groupe socialiste, emmenés par Jean-Marc Germain, un proche de Martine Aubry, font des contrepropositions qui sont diamétralement opposées : dépenser de l’argent pour financer des emplois, et une relance de la demande, c’est à dire de la consommation, pour favoriser les exportations chinoises qui n’en demandent pas tant !

Comme quoi, à gauche, ils n’ont toujours pas compris.

 * Dernière minute, Info "l'Opinion" : "Le Conseil des ministres a examiné ce matin le projet de loi de finances rectificatives qui doit permettre de réaliser 4 milliards d’économies, pour compenser le dérapage du déficit en 2013. Sont attendus, le détail de l’annulation de 1,6 milliard d’euros de crédits ministériels, les moyens pour baisser de 2,2 milliards d’euros les dépenses de sécurité sociale et le report de 500 millions d’euros d’investissements d’avenir."

 On rabote, on rabote.... 

 


L’OUTSIDER

Bruno Lemaire 2

Bruno LEMAIRE était dimanche sur BFMTV pendant deux heures dans l’émission de Appoline de Malherbe. S’il y en a un qui incarne le renouveau possible à l’UMP, c’est bien lui. J’avais déjà été séduit par son livre « Jours de pouvoir » et l’approche du rapport humain entre l’élu et la vie publique qu’il y développait. Sa principale qualité étant de mettre en pratique pour lui-même ce qu’il exigerait pour les autres.

Son positionnement dans la crise actuelle que traverse l’UMP est marqué par deux traits qui lui sont bien personnels : l’élégance intellectuelle et le respect du principe de rassemblement. Rien dans ses propos ne peut être retenu comme une volonté de s’affirmer au détriment de concurrents qu’il « habillerait », pratique pourtant courante dans le sport politique. Cela ne l’empêche pas d’exprimer son ambition de jouer le moment venu un rôle de premier plan. Il démontre qu’il en a les capacités par sa dialectique brillante. Il s’en réserve les moyens en n’insultant jamais l’avenir, qu’il s’agisse des décisions qui seront prises mardi soir par les instances dirigeantes de l’UMP ou de l’éventuel retour de Nicolas Sarkozy.

Ce qu’on aime en lui, c’est la franchise. Est-il pris au piège d’une déclaration antérieure, il en donne une explication convaincante ou reconnait tout bonnement qu’elle était inadaptée. Voilà un trait de caractère supplémentaire qui le différencie de tous ceux qui se réfugient dans la langue de bois. Mais vous ne lui ferez pas dire ce qu’il n’a pas envie de dire, ou plutôt ce que l’intervieweuse aimerait lui faire dire.

Sa compétence ne fait aucun doute : il en a donné quelques preuves au gouvernement dans l’exercice d’un ministère plutôt difficile, celui de l’agriculture, qui exige de l’écoute, du discernement, de la finesse, avec les différents interlocuteurs, qu’il s’agisse du monde agricole ou des instances internationales, sur des dossiers toujours ardus. Son argumentation actuelle s’ancre dans les réalités du quotidien, et l’on sent dans ses réponses le terrain parcouru. En même temps, il ne perd jamais une occasion de rappeler les valeurs auxquelles il croit et dans quelle partie du paysage politique il a jeté l’ancre. Attention, derrière l’image de tiédeur apparente qui tient à sa politesse naturelle se cache un homme de conviction dont on pressent le caractère bien trempé.  

Il a des propositions de réforme qui sont bien dans l’air du temps et qui sonnent comme des réponses au problème qu’il cherche à résoudre : cette équation qui a tant éloigné le « politique » de son public. Il veut remettre en place les bons paramètres : pas plus de trois mandats successifs, pas de cumul, réduction raisonnable du nombre des députés et des sénateurs, fin du pantouflage qui permet de passer alternativement de la fonction publique à  fonction élective, … De quoi régénérer un parlement accaparé par une caste de professionnels élus ad vitam aeternam ou presque.

Bruno Lemaire a incontestablement appris. Il a gommé en partie sa froideur qui était chez lui de la pudeur naturelle. Comme un bon vin qui mûrit, il se bonifie avec le temps. Et il est encore en phase ascendante. Il faudra compter avec lui.

 


POUR UNE RECOMPOSITION DE LA DROITE ET DU CENTRE

 

Les élections européennes ont cristallisé tous les ingrédients de la crise économique, sociale et politique de l’hexagone. L’abstention a joué un rôle majeur dans tous les secteurs de l’électorat : à droite comme à gauche, la boussole était folle. Résultat : une photographie déformée du paysage politique avec une hypertrophie populiste. Même si cette situation est à relativiser, il n’y a pas de vague bleu-marine mais un reflux des électorats conventionnels, les conséquences ne sont pas à prendre à la légère car l’abstention massive comme la crise aigüe du vote protestataire sont significatives d’une profonde exaspération des Français.

L’éclatement du paysage politique

Avec 43% de votants, la participation se maintient à un bas niveau. L’enjeu européen n’est pas perçu comme important. L’électorat de droite et celui du Front National se sont davantage mobilisés que celui des gauches. Seulement 42% des électeurs de François Hollande se sont déplacés contre 52% de ceux de Nicolas Sarkozy et 50% de ceux de Marine Le Pen. L’abstention est donc une forme de sanction et de désappointement, pour tous les camps. La gauche en miette, le centre en panne de chef, l’UMP en crise et un FN triomphant, voilà le triste spectacle que la France offre aujourd’hui à l’Europe et au monde.

L’effondrement des gauches

Les listes du PS, avec seulement 14% des suffrages ont subi un camouflet qui les marginalise avec un record de faiblesse dans ce type de scrutin. Le PS est en voie de disparition chez les ouvriers (8%) et dans la France des « petits revenus » (11%). Mais c’est l’ensemble de la gauche qui enregistre un affaiblissement historique en rassemblant à peine 30% de l’électorat. Un discrédit qui érode profondément sa légitimité à gouverner. Après la défaite des municipales, les lendemains s’annoncent difficiles pour le PS qui n’est plus audible.

Les failles de la droite

Avec cette élection, l’UMP connait une récession d’environ 7% par rapport à 2009, grignotée par des centristes unis qui retrouvent quelques succès sur leurs terres de prédilection. Cela l’a non seulement privée de la première place, mais l’arrivée en tête du FN dans la plupart des Régions a pour effet de lui contester la place de principal parti d’opposition. Il faut dire que le parti qui prétend être le « rassemblement de la droite et du centre » n’a pas tout fait pour mobiliser ses électeurs, bien au contraire. Le retour de la querelle interne, les révélations sur Bygmalion, une ligne politique brouillée par les francs-tireurs adeptes des plateaux télévisuels, ont contribué à démobiliser un électorat déjà hésitant. Et constitué autant de failles dans lesquelles s’est engouffrée Marine Le Pen. Néanmoins, on sait maintenant que ce ne sont pas les électeurs de la droite et du centre qui ont été le plus sensibles à son discours qui aura été le plus tranché et le plus radical de la campagne.

Le FN, exutoire privilégié de la sanction et du rejet

L’arrivée en tête du FN a été portée par une convergence de causes qui vont des effets délétères de la crise économique et sociale à l’accentuation du malaise français par rapport à la mondialisation et à l’Europe, en passant par le climat de défiance porté à son paroxysme par l’impopularité du Président et de la majorité actuelle, et par la division entre la droite et le centre, à laquelle s’est ajoutée la confusion des discours à l’UMP.  Du coup, ce que révèle ce scrutin est très intéressant autant qu’inquiétant : le Front National est devenu dans les milieux populaires l’exutoire privilégié de la sanction et du rejet du pouvoir de gauche. Il y est parvenu en s’appropriant le « nationalisme républicain » et en gauchisant ses propositions économiques et sociales, ce qui lui a permis de récupérer toute une série de protestations et d’inquiétudes aussi diverses qu’hétéroclites. Il a aussi prospéré sur la « diabolisation » à laquelle s’accroche la stratégie du PS, et qui provoque l’effet contraire de celui recherché, et sur l’absence d’unité entre la vision d’un Alain Lamassoure et celle d’un Henri Guaino. L’absence de clarté, la brièveté de la campagne qui n’a pas permis une réflexion constructive et nuancée sur l’Europe, le doute sur la nécessité de l’Union qui a gagné une grande partie de l’opinion… tout a concouru à faire le miel du parti populiste.

La crise de l’UMP

Pour le moment, le parti plonge dans un inconnu aux conséquences imprévisibles : la déception électorale, la menace judiciaire et la division interne ont de quoi inquiéter militants et sympathisants. L’opacité financière vient s’ajouter à tous les désordres. Jean-François Copé en est la première victime par sa démission rendue inévitable. Tout montre qu’il n’a pas dit son dernier mot. La justice à l’œuvre fait peser sur les responsables une épée de Damoclès pénale, et le déroulement de la procédure n’a pas fini de jeter le discrédit par la divulgation d’informations « choisies ». La solution qui consiste à convoquer un congrès extraordinaire est bien la moindre des choses, et en en confiant l’organisation au trio Juppé, Raffarin, Fillon, le bon sens semble vouloir s’imposer. Encore faut-il que la transparence soit totale et la collégialité effective. L’annonce de l’intention de Nicolas Sarkozy de revenir dans la bataille n’est pas faite pour simplifier les choses. Il n’y a pas trente-six solutions si l’on veut éviter le drame fatal : respect entre les uns et les autres, respect des règles communes et vote des adhérents qui trancheront aussi bien pour la présidence que pour la candidature en 2017 ! Quant à la ligne politique, elle va désormais de soi : l’UMP doit continuer de s’affirmer sur ses valeurs de droite et doit se rapprocher du centre, car c’est un impératif stratégique face à la montée de l’extrême droite qui se construit sur la colère des électeurs de gauche.

 


MR BRICOLAGE EST REVENU !

  Redécoupage des régions

 

En politique tout est possible, même l’improbable.

Le redécoupage des régions est le dernier avatar élyséen que le chef de l’Etat a inventé pour distraire les Français de la dure réalité à laquelle il les livre par son incurie et ses atermoiements.

Comme il est incapable de proposer une réforme des collectivités locales digne de ce nom, faute de majorité pour modifier la constitution qui serait un passage obligé, après avoir juré le maintien des départements puis leur suppression d’ici 2021, puis leur maintien, il propose maintenant de les vider de leurs compétences tout en les maintenant.

Le maillon faible : les Régions

Alors, on s’attaque au maillon faible, le plus facile : les Régions. Plus facile puisque la gauche en gère 20 sur 22. On va donc en diviser le nombre par deux. Pourquoi pas. Encore faudrait-il savoir dans quel but : refaire les provinces de l’ancien régime comme le réclame les Bretons ou constituer des entités ayant du sens du triple point de vue économique, démographique et d’aménagement du territoire ?  Rappelons aussi qu’il s’agit de faire des économies. Et je n’aurais pas l’outrecuidance d’insister sur la nécessité de simplifier le millefeuille territorial.

Voilà qu’on nous livre un découpage pour le moins fantaisiste, résultat de tripatouillages politiciens ou de convenances, fruit de fastidieuses négociations entre barons, où l’on apprend que la Picardie ne rejoint pas le Nord parce que la puissante fédération du PS n’en voulait pas… Est-ce sérieux ? Et au doigt mouillé, on nous assure que ce puzzle incohérent permettrait de faire entre 10 et 15 milliards d’euros d’économies, sans qu’on nous dise qui a fait ce calcul pour le moins fantaisiste.

Une décision marchandée en petit comité

Le « fait du prince » s’assoit gaillardement sur les réalités du terrain. Si des rapprochements paraissent logiques, comme les deux Normandies, l’Alsace-Lorraine, la bourgogne et la Franche-Comté, si on conçoit que la Corse reste seule –encore que-, comme PACA, la manière dont est traitée la façade atlantique, le rapprochement de l’Auvergne avec Rhône-Alpes ou du Languedoc-Roussillon avec Midi-Pyrénées, le rattachement de la Picardie avec Champagne-Ardennes... ne relèvent pas de l’évidence biblique. Ce qui est sûr, c'est que la Baronne du Poitou se voit dotée d'un immense territoire : favoritisme d'ancien régime ?

Et si on demandait au bon peuple de chaque région ce qu’il en pense ? Une consultation des habitants serait bien le minimum pour un sujet aussi important que l’organisation de la France administrative du 21ème siècle.  Nous sommes loin d’une vraie démarche de décentralisation. Pour aller vite, on propose un projet bâclé !

Une réforme qui marche sur la tête

Le problème est même pris à l’envers. On sait que le vrai gisement d’économies est dans une réforme de l’échelon communal. Que les Départements et les Régions ont des complémentarités qui peuvent être mises en synergie. La seule diminution du nombre des Régions est loin d’être suffisante et il n’est pas prouvé que leur nouvelle taille sera gage d’efficacité accrue.

Et si on revenait au « Conseiller territorial » ?

En fait, ce qui serait vraiment le plus raisonnable et le plus efficace serait de revenir à la précédente réforme que les socialistes ont abrogée en arrivant au pouvoir : celle du « conseiller territorial » qui permettait dans un premier temps de diminuer le nombre des élus, de supprimer les doublons d’administration entre les départements et la Région, et de permettre une diminution progressive du nombre de fonctionnaires territoriaux d’ici 2020, profitant du nombre important de départs en retraite sur la période. Attendre 2020, c’est déjà se priver d’une opportunité qui ne sera plus d’actualité. Il devenait aisé ensuite de savoir ce qu’on voulait faire du département. Mais voilà, c’était une réforme Sarkozy !

Alors que ces super-régions qu’on nous propose vont contribuer à éloigner les élus et les centres de décision de la gestion locale et des habitants des territoires notamment ruraux et péri-urbains, surtout s’ils sont élus au scrutin proportionnel.

Et quid de l’Etat dans les territoires ? Va-t-on garder les préfets dans chaque département ?  Et quel sens aura un échelon de l’administration centrale s’il n’a pas comme partenaire une assemblée élue ? Cela s’appelle la recentralisation !

Pas sérieux ! Une diversion de plus !

 

 


RIEN NE VA PLUS !

La croissance en panne


Le pingouin est passé sous la banquise, niveau popularité, et le dégel ne semble pas pour demain. Le PS est au bord de l’explosion, et le charivari ne va pas se calmer avec le vote du collectif budgétaire. Le Front National fleurit en ce printemps au climat chahuté, depuis qu’on constate qu’il puise l’essentiel de ses voix à FO, à la CGT et même à la CFDT… comme quoi ceux qui continuent à nous faire croire que la droite est menacée nous bourrent le mou. Mais celle-ci ne va pas mieux. L’Alternative n’a pas fait un gros score aux européennes comme elle l’espérait, mais cela ne l’empêche pas de nourrir des ambitions hégémoniques de troisième force, vieille chimère centriste qui date du MRP. Et même l’UMP s’y met : c’est franchement le bordel et il y a des coups de pieds au cul qui se perdent ! On aimerait bien que les « egos » rentrent au vestiaire et que l’humilité gagne les « pachas » comme les « quadras ». Les bras en tombent !  Mais ce n’est pas le plus grave…

Car le plus grave, c’est la situation dans laquelle notre pauvre pays est plongé !

J’ouvre « Les Echos » et je découvre une mauvaise nouvelle par page !

Commençons par la situation du bâtiment. L’immobilier est à l’arrêt. Merci Duflot. Aucuns signes de reprise en vue et c’est ce qui est alarmant pour ce secteur prédominant de l’économie. Ne dit-on pas : « Quand le bâtiment va, tout va ! ». Mais quand il ne va pas, l’inverse est aussi vrai. La politique menée depuis 2012 s’est appliquée à congeler un secteur déjà amoindri par la crise par une loi de mobilisation du foncier mal calibrée, l’accumulation des normes, l’encadrement des loyers… de quoi écoeurer complètement professionnels et investisseurs. Criminel quand il manque un million de logements dans le pays et qu’on laisse s’accumuler un manque annuel de 200 000 nouveaux logements. Une vraie bombe sociale à laquelle il faut ajouter le nombre des emplois laissés ainsi en déshérence.

Sur le front du chômage, la nouvelle aggravation apportée par les chiffres du mois d’avril touche toutes les catégories et toutes les classes d’âge. Les jeunes, les seniors, les chômeurs de longue durée sont en nette progression, ce qui montre que le traitement social a atteint ses limites, et que l’Etat exsangue n’a plus les moyens de continuer le financement. Ce sont plus de 5 200 000 demandeurs d’emplois que compte la France !

Côté finances, ce n’est pas mieux. On nous promet toujours des économies, mais c’est surtout le trou qui se creuse. Ce sont 14,5 milliards d’euros d’impôts qui ne sont pas rentrés en 2013, près de la moitié de la recette fiscale supplémentaire escomptée (30 milliards). Cela n’a pas eu l’air d’émouvoir nos grands médias nationaux qui ont fait preuve d’un autisme déconcertant sur le sujet. Impôts sur le revenu, impôts sur les sociétés, TVA : les trois composantes sont concernées. La faute à l’atonie de la croissance, mais aussi à « des changements de comportements des agents économiques », commente pudiquement le ministère. Autrement dit, la fuite des contribuables et la délocalisation des sièges des entreprises par le biais des « fusions-absorptions » savamment organisées. « L’impôt tue l’impôt » a affirmé Manuel Valls devant l’Assemblée : il en a une belle illustration. Mais c’est 14,5 milliards de plus à trouver ! La Cour des Comptes n’est pas dupe des manipulations de Bercy. L’objectif de retour à l’équilibre structurel de nos finances n’est plus programmé pour 2016 mais 2017 ! Et l’on voudrait que nos partenaires nous prennent au sérieux !

En fait d’économies, c’est surtout la machine à dépenser que l’on voit en marche tous les jours : et je te baisse la cotisation retraite pour les 2 millions de fonctionnaires des basses catégories (450 millions d’euros), et je te rembourse l’impôt pour les bas revenus (environ 800 millions d’euros),  après avoir supprimé la journée de carence pour les fonctionnaires et autres babioles…

Après avoir réussi à revenir en arrière sur la hausse de la TVA qu’avait programmé Nicolas Sarkozy, mais en agissant sur les mauvais taux, voilà le gouvernement contraint  de recourir à des allégements de charges sur les emplois à domicile pour enrayer la chute pourtant largement prévisible. Mais c’est par le biais d’une baisse forfaitaire du prix de l’heure travaillée que le gouvernement compte agir. Un geste qui coûtera 200 millions d’euros, et qui est déjà jugé insuffisant par la profession. Et ce genre de dispositif n’est pas fait pour rassurer les particuliers qui ont renoncé à embaucher, ou qui sont passés au « gris » quand ce n’est pas au « noir ». Tant que le gouvernement ne comprendra pas …

Dans ce contexte, la volonté du Premier Ministre de mettre en œuvre les allégements de charges pour les entreprises qui devraient frôler les 20 milliards d’euros d’ici à 2017, paraissent à la fois comme un geste sans précédent et en même temps largement insuffisant : trop peu et trop tard. Entre l’annonce du chef de l’Etat et aujourd’hui, il s’est déjà passé cinq mois sans que rien ne bouge ! Les usines à gaz que les socialistes mettent en place pour financer les réductions de charges sont révélatrices de leur volonté de continuer à administrer l’économie en voulant tout contrôler. C’est pas comme ça que ça marche ! De la même façon, on s’apprête à alléger les seuils sociaux pour les PME, mais pour trois ans seulement à titre expérimental : avec une telle épée de Damoclès, quel patron envisagera de passer durablement de 10 à 11 ou 12 salariés et de 50 à 51 ou 52… ?

En toute logique, il n’y a donc pas d’embellie en vue pour la croissance en France.

Elle devrait rester faible au 2ème trimestre. L’objectif du 1% annuel ne sera vraisemblablement pas atteint non plus : commencer réaliser alors les économies que seule une économie dynamique pourrait financer. La pente est même inquiétante. La consommation fléchit, touchée par le contexte social, les investissements sont au point mort et les exportations vivotent péniblement. Les trois moteurs sont à l’arrêt. La confiance n’est pas là. Pire, c’est la défiance vis-à-vis du pouvoir qui s’est installée.

Non, rien ne va plus ! Et l’on s’étonne que Le Pen fasse la une. Mais là encore, c’est un mirage déformé par le « j’m’enfoutisme » ou le découragement qui a gagné les 2/3 du corps électoral. On a envie de dire, comme Jean Lefèvre : « Pauvre France ! ».

Merci la gauche ! Je souriais quand ma vieille mère (paix à son âme) disait : « Ces gens-là vident toujours les caisses et ne savent apporter que le malheur ! ». Comme elle avait raison !