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SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Supermarche-caisse-

AH,AH,AH LA QUEUE LEU LEU …

Tout le monde connait la chanson qui fait les bonnes animations délirantes des fêtes familiales après boire. C’est moins drôle quand il s’agit de la queue à la caisse du super marché, un jour d’affluence. Non seulement les caddies sont chargés comme des ânes qui reviennent du souk, et les caissières malgré leur virtuosité diligente, débordées, en plus il faut que je tombe fatalement sur « l’incident de ligne », motif qui explique que toutes les autre files avancent sauf la mienne. Une fatalité. A croire que j’attire les dysfonctionnements ! Et il y en a de nombreux possibles. Je les ai tous eus. En voici quelques-uns d’emblématiques.

Le classique : le rouleau de papier de la caisse est épuisé. Il suffit de le changer. Mais, comme par hasard, le préposé à cette besogne n’a pas fait son boulot, et la recharge n’est pas disponible sous les genoux de la caissière. Téléphone, attente. Les clients s’impatientent. Pas de rouleau, pas de caisse fonctionnelle. Le voilà qui arrive enfin sur roller, à toute vitesse. La mise en place est laborieuse : elle se fait sous l’œil inquisiteur d’au moins quatre clients en attente de redémarrage ce qui exerce une pression indicible sur les gestes devenus fébriles de la pauvre caissière aussi à l’aise qu’une autruche devant un tournevis et qui se confond en excuses. En réponse elle obtient des grognements. Mais, bon, c’est reparti.

Le banal : le code barre qui ne passe pas. Et voilà la queue en rade ; la caissière a beau tenter de multiples angles devant le faisceau rouge, taper le code chiffre, rien à faire. Deux possibilités : ou le client renonce à son achat en délaissant le produit récalcitrant, ou il faut en passer par la caisse centrale, c’est-à-dire téléphoner, expliquer le cas et attendre une solution. Là encore, deux possibilités : soit la procédure obtenue est fonctionnelle, soit il faut attendre qu’une personne se déplace. Les minutes défilent. En général, j’ai droit à la seconde solution. Il faut encore que l’intervention débouche sur l’enregistrement par la caisse. Ouf !

Le frustrant : la caissière termine son service trois clients devant vous. Elle vient de poser son panneau : « caisse fermée » et prend un dernier chariot. La remplaçante n’arrive pas. Il faut changer de caisse et recommencer une queue. Vous me direz, « ça n’arrive qu’à toi ! » et vous aurez raison. Dans le genre frustrant il y a aussi l’agent d’encaissement en apprentissage. Avec une personne expérimentée derrière lui (ou elle), il passe un à un les articles et découvre les différentes situations qu’il aura à gérer. Le rythme ralenti ne permet pas à la queue d’avancer rapidement. Encore peut-on se réfugier dans une autre file si on s’aperçoit à temps de la situation.

L’horripilant : la cliente qui veut une facture pour chaque article, un à un. Une procédure qui permet de faire de réels gains avec des articles en promotion dont la réduction est obtenue par envoi d’un formulaire accompagné du ticket de caisse. Mais qu’elle est fastidieuse. Elle est le fait de maniaques qui pourraient au moins venir faire leurs courses aux heures creuses. Mais non ! Je n’ai rien contre les p’tits vieux retraités, néanmoins je les trouve parfois malicieux pour ne pas dire vicieux. En attendant que la caissière, le visage fermé comme une boite Tupperware, fasse le tour de tous les produits dont pas un n’échappe à la démarche, il faut patienter et subir le regard pour le moins narquois voire agressif de la cliente. On sent qu’elle attend avec délectation la réflexion de l’un de ceux qui suivent. Celle-ci ne viendra pas. Ce jour-là, les grincheux étaient de sortie. De toute façon ça n’aurait pas fait avancer le schmilblik.

Conclusion : si vous me voyez faire la queue, prenez une autre file, vous gagnerez du temps.

Vous avez encore la possibilité de pratiquer les caisses self-service, mais rien ne vous assure que tout ira bien !


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Bricoleur

 

L’OBJET QUI PEUT SERVIR …

Les vacances, c’est le moment propice pour bricoler un peu. Et c’est là que l’affaire se corse. Il y a toujours un objet « qui-peut-servir », soigneusement mis de côté en son temps, et qui devrait s’avérer utile justement pour ce qu’on vient d’entreprendre. Mais voilà : impossible de le retrouver. « Où ai-je bien pu le fourrer ? ».

Commence alors une fouille incertaine dans le bric-à-brac de ces rogatons soi-disant indispensables puisqu’on ne les a pas jetés, et qui va épuiser une bonne partie de la journée. Morceau de bois, goupille, ressort, bout de tuyau, charnière, fil électrique ou prise, tube de colle, sans parler des vis et écrous dépareillés… c’est fou ce qu’on peut entasser dans les tiroirs-à-fouillis ou les recoins d’un garage.

Evidemment, impossible de mettre la main sur l’objet tant convoité. On passe en revue tous les endroits possibles où il aurait pu être rangé. Une chasse au trésor méthodique commence à travers toute la maison qui est passée au peigne fin. Chou blanc, forcément ! Et pourtant la certitude de le posséder continue de vous obséder malgré l’évidence et surtout le temps perdu à le chercher.

On repasse donc une deuxième fois. Souvent, on a l’idée de l’endroit où il a pu être entreposé : celui-ci sera vérifié plusieurs fois, sans succès. « C’est pourtant bien là que je l’avais mis ! ». Alors il faut que ce soit quelqu’un d’autre qui l’ait déplacé. Et la question fuse : « tu n’aurais pas vu… ? ». La réponse va de soi : non, bien sûr. Ce qui n’arrange rien. Pourtant, un doute accusatoire persiste dans votre esprit, bien commode pour panser la frustration ressentie. C’est tellement plus simple que ce soit quelqu’un d’autre qui puisse être responsable de cet échec cuisant.

Alors, il faut se rendre à l’évidence : puisque l’objet convoité qui aurait enfin pu servir reste introuvable, il faut se résoudre à aller, à contre-cœur, à la grande surface de bricolage se procurer le nécessaire.

L’objet en question, c’est écrit, on le retrouvera un jour qu’on ne le cherche pas et qu’on en n’aura plus besoin. Mais on le gardera à nouveau, au cas où…

 


COMME UNE ROUTINE…

Paris plage

Week-end sur les Côtes d’Armor enchaîné d’une semaine sur la côte vendéenne avec les trois juniors de nos huit petits-enfants : de quoi  perdre un peu de vue l’actualité, à peine désengourdie par quelques frasques cyclistes sur la « grande boucle ».

Une courte escale dans nos pénates permet de rétablir le contact. Un constat : rien de ce qui se produit ne sort de l’ordinaire auquel les médias nous ont habitués. L’actualité nous déroule son tapis de faits et de méfaits avec une routine implacable.

La violence au Proche-Orient.

Rien de nouveau. Le Hamas envoie des rockets sur Israël qui réplique par des bombardements et des destructions ciblées. Des morts. Toujours des morts. De part et d’autre, mais surtout dans la bande de Gaza où la population concentrée sert de « bouclier » humain aux combattants du Hamas. Déjà vu, trop souvent, malheureusement. A qui la faute ? Aux extrémistes des deux côtés, sans crainte de se tromper.

La violence gagne la France ?

Rien d’étonnant. Le basculement en faveur des Palestiniens de populations que des « imams islamistes» travaillent souterrainement ne peut surprendre personne. Il est déjà ancien. Et qu’il serve de prétexte à des manifestations violentes à caractère antijuif voire anti-français, exploitées comme d’habitude par l’extrême gauche, n’est pas nouveau non plus.  Ce qui en fait l’originalité, c’est le terrain laxiste proposé par le gouvernement socialiste sur lequel ces manifestations se développent, et le déni qu’il ne peut plus afficher. Le pouvoir « se veut » ferme mais uniquement en verbe. « Inacceptable » est le mot qui revient dans la bouche de notre Premier Ministre, comme une rengaine et comme toutes les « scies », les mots perdent rapidement de leur force et de leur sens quand ils ne sont pas suivis d’effet. Inacceptable, en effet, qu’on puisse crier, sans retenue, « mort aux juifs ». Inacceptable ce déferlement de haine barbare.

La violence dans les airs.

Un avion de ligne « descendu » comme un vulgaire transport de troupes ennemies… Erreur ou bavure volontaire des uns pour tenter de discréditer les autres. Un jeu effrayant aux épisodes déjà connus. L’histoire recèle de nombreux événements similaires qui confinent à l’acte terroriste. Sauf qu’avec les moyens électroniques modernes, celui qui s’y risque joue avec le feu, et en l’occurrence la Russie de Poutine pourrait bien y perdre ce qui lui reste de « face ». Mais la France est occupée ailleurs !

Deux meurtres de plus à Marseille.

On finit par en faire une chronique des assassinats annoncés. Cette routine est la partie visible de l’iceberg de la violence qui infuse dans toute la France avec un demi-million d’actes violents constatés. Que va nous dire le Casanova de l'Intérieur ? Et à la Justice, victime de Taubirite aiguë, on va encore nier toute relation de cause à effets entre la politique suivie et les malfrats qui en prennent à leur aise, certain de leur impunité ? Les actes délictueux, enfants de la crise et d’une société sans repères, ne risquent pas de régresser avec nos actuels gouvernants. Leur responsabilité ne saurait être exonérée : la crise, ils l’ont aggravée, et la société, ils en sapent tous les fondements, loi après loi.

L’oracle de l’Elysée annonce la croissance.

Sérieux ? « Il » a osé refaire le même pari qu’un an plus tôt. « La croissance est là ! » Au château on confond toujours le péremptoire et la réalité. Combien de fois faudra-t-il expliqué à son locataire, qu’il ne suffit pas de « dire » pour que cela « soit ». Car il est bien le seul à annoncer la croissance dans un pays éteint comme jamais, où l’on fait les poches de tout ce qui a encore un peu de monnaie : les chambres de commerce, les chambres d’Agriculture, les rentiers bientôt, où l’on annonce toujours des économies qui ne se réalisent jamais que sous la forme de coups de rabots imposés par les contraintes. Comment en serait-il autrement dans un pays où le Ministre du Redressement  croit que la croissance se « décrète » et qu’il suffit de faire une loi, ne voit que l’argent qu’il peut reprendre à l’activité privée sans jamais voir celle qu’il pourrait économiser dans la fonction publique. « Frère Yvon, ne vois-tu rien venir ? » Non, avec sa franchise coutumière, le patron des patrons ne voit rien venir et ne craint pas de contredire le Président, en le criant haut et fort. La routine, quoi !

A l’Elysée on plane pendant que la France brûle. Là, on sort de la routine. Un tel désastre, c’est du jamais vu !

 


LA FRANCE EN RADE ! (et pas qu’à Marseille !)

Sncm

 

Le titre m’est venu en lisant la « glorieuse » histoire des grévistes CGT de la SNCM. Si cette compagnie maritime n’est pas le symbole du fiasco dirigiste, je veux bien renoncer au pastis pour toujours. Et ce n’est pas faute pour l’Etat d’y avoir englouti des dizaines de millions d’euros des contribuables. Cette « épopée » du partenariat social est assez emblématique de l’état de notre pays : en rade ou à la dérive, comme on veut.

Le dialogue social est à plat.

La conférence sociale, qui se veut être le temps fort annuel de la concertation avec les partenaires sociaux a tourné cette année au véritable fiasco. Les deux CGT ont claqué la porte. Celle de Lepaon parce qu’il n’a plus rien à négocier, étant dépassé partout par sa base, celle de Mailly pour tenter de continuer à exister. Alors en fait de grand-messe, la montagne a accouché d’une souris sous forme de quelques annonces de négociations à la rentrée et de mesurettes (200 millions) en faveur de l’apprentissage pour réparer l’erreur de la suppression des aides dont le résultat a été une baisse de 8% du nombre des apprentis en 2013 et une chute de 14% des contrats au début de cette année. En guise de nouveauté, on prévoit de recruter 10 000 apprentis dans la fonction publique !!! Pour remplacer les fonctionnaires qu’on supprime ? En matière de dialogue social, on aura été servi ce printemps avec les mouvements à la SNCF, ceux des intermittents du spectacle et cerise sur le gâteau, la paralysie de la SNCM. A quoi ça sert d’avoir un gouvernement de gauche si en plus on doit avoir les grèves ? Le paritarisme à l’allemande est encore bien loin.

Les politiques sont en folie.

C’est la querelle et la discorde partout. A l’UMP, on est passé de « stupeur et tremblements » à « règlement de comptes à OK Koral ». Malgré la mise en place du triumvirat pour tenter d’apurer la situation, les francs-tireurs s’emploient à pourrir la situation. Il y a pourtant mieux à faire que ces chamailleries dont le citoyen lambda n’à que faire. Ils feraient bien mieux de s’interresser à l’Eta de la France. La gauche leur fait un boulevard politique et ils ne s’intéressent qu’à leur nombril ! Au PS, c’est pas mieux. Les frondeurs continuent de créer des problèmes à l’Assemblée. Il a fallu que Valls menace de démissionner pour que le vote contre se transforme en abstention. Les quelques mesures du pacte de « responsabilité » vont enfin pouvoir être mises en application. Trop tard , mais c’est mieux que rien. Chez les Verts, c’est guère mieux. Dans le parti écologiste, on se regarde en chiens de faïence et les clans ne se font pas de cadeaux. La tutelle de la miss Duflot ne fait pas l’unanimité et pour elle, c’est « Noël » plus qu’à son heure. Et puis il y a le centre où les chapelles n’en finissent pas de se chercher : un seul Borloo vous manque et tout est dépeuplé ! Au moins pour la présidence de l’UDI, il n’y a pas la crise des vocations.

L’économie est en déroute.

La production industrielle a reculé en mai de 1,7% alors qu’on l’attendait en hausse. Le pingouin de la rue St-Honoré ne va pas nous refaire le coup du 14 juillet 2013 : « la croissance, elle est là » ! Sœur Anne ne vois-tu rien venir ? Si Hamon la sent, elle n’est pas perceptible, mais il la sent. Et puis tout va bien puisque notre Sapin-la-vie-en-rose est devenu l’ami de la finance (c’est lui qui le dit), de la « bôôônne finance ». Nuance ! En attendant le déficit du commerce extérieur continue de se creuser et la consommation des ménages ne se réveille guère. Tous les moteurs restent en panne. Je vous passe le couplet sur la dette qui frôle les 2000 milliards d’euros et les déficits qu’on creuse. C’est pourquoi, notre formidable ministre de l’économie-bis, Arnaud Montebourg, a décidé de faire une loi pour la croissance. La croissance par décret, il faut être socialiste pour croire à ça ! Mais voyons, il fallait y penser ! La croissance est absente : convoquez-là !

En Europe la France est en marge.

Au Parlement européen, notre pays est marginalisé. Il n’a réussi à décrocher que 2 présidences de commission sur 20. Au moment où Renzi préside, c’est l’Italie qui fait figure de pays dynamique. On risque d’avoir un bien piètre lot de consolation : en effet, il est possible que Mosco deviennent commissaire à l’Economie. Une nomination, si elle intervient, qui doit certainement trouver sa justification dans les « excellents résultats » qu’il a obtenus au même poste en France : en matière de croissance en berne et de hausse du chômage, c’est un expert !

Si avec ça vous passez de bonnes vacances, c’est que vous avez la foi du charbonnier chevillée au corps. Heureusement, il est possible qu’avec l’été, l’activité se ralentisse aussi pour les mauvaises nouvelles ! 


NOTRE LAICITE EN GRAND DANGER

  Laicite

 

La validation de la loi contre le port du voile islamique par la cour européenne et la victoire de Baby-Loup contre le recours de la personne licenciée parce qu’elle prétendait porter le foulard dans la crèche sont des victoires intéressantes pour notre conception de la laïcité. Elles risquent pourtant d’être illusoires face à la poussée islamiste, alimentée par les événements du proche orient et sensible en France, notamment avec les départs de jeunes pour le djihad.

Il conviendrait de réagir vigoureusement. Car, entre l’irruption du Front National sur ce terrain, alimentée par l’islamophobie et le discours pro-communautariste déguisé d’une grande partie de la gauche socialiste-bobo incarnée par Julien Dray, la laïcité est bel et bien menacée.

Le communautarisme gagne du terrain.

La poussée islamiste au Moyen-Orient n’est pas seulement inquiétante pour la paix dans cette partie du monde. La constitution d’un califat avec une volonté déterminée de répandre le djihad est un puissant vecteur de radicalisation des populations musulmanes installée en Europe, et particulièrement en France. Le rejet de plus en plus affirmé de la France et de ses valeurs républicaines est de plus en plus voyant. La fracture identitaire se manifeste à travers un nationalisme de substitution comme on l’a vu récemment avec les manifestations de jeunes supporters à l’équipe d’Algérie. Ce n’est que la partie émergée d’un iceberg communautaire dont la réalité pour « les femmes des quartiers » est violence et oppression au quotidien : polygamie, excision, tenue vestimentaire imposée sont le lot de jeunes épousées et de leurs semblables et le port du voile est le signe de cet asservissement sexiste. La présence visible des « barbus » les rappelle constamment à l’ordre et marque des territoires. C’est sur ce terrain que l’oppression est la plus forte parce qu’il s’agit d’imposer le rejet des valeurs portées par notre société qui s’incarnent dans la liberté des femmes, en particulier.

La gauche n’est pas claire.

Une grande partie de la gauche refuse de voir cette fracture identitaire et semble s’en accommoder, y cherchant même, en application des réflexions de Terra Nova, un électorat de substitution pour remplacer celui des ouvriers, employés et précaires  qui se détachent d’elle parce qu’elle refuse de prendre en compte leur malaise. Les classes populaires rejoignent le camp des « réactionnaires », se sentant devenir étrangères sur leur propre sol. Julien Dray, en appelant à « construire notre avenir avec la jeunesse des pays du Maghreb » assume son renoncement à l’assimilation et son consentement au communautarisme. La Ministre de la Culture est sur la même ligne quand elle clame « On a tous un peu d’Algérie au cœur ce soir ». Benoit Hamon, Ministre de l’Education, quand il revient sur la circulaire Chatel qui interdit le port du voile pour les femmes accompagnant les sorties scolaires valide le même parcours. Ces comportements contredisent le discours laïciste de Vincent Peillon et la doctrine officielle du gouvernement. Cette cécité volontaire est désastreuse car, au nom du respect du multiculturalisme et des différences, elle permet à la contre-société des communautés de s’étendre. Elle pousse ses tentacules de plus en plus loin, et notamment au sein du système éducatif. Les établissements scolaires devraient être des sanctuaires, mais le corps enseignant est gangréné ou impuissant. Les enseignements sont de plus en plus contestés ou « aseptisés », notamment en Histoire, et témoignent du refus de partager une « histoire » commune. Mais pas seulement. Rousseau est banni, des œuvres comme Tartuffe ou Mme Bovary donnent lieu à des confrontations virulentes, car contraires à la religion… Et l’on en passe sur les autres matières, sciences naturelles ou éducation physique. N’abordons même pas le sujet des menus à la cantine. De plus en plus, c’est la religion du « halal » (permis)  et du « haram » (interdit) qui impose sa loi.

Le cas de Baby Loup est édifiant. Il ne faut rien céder.

Dans ce combat, la laïcité est notre rempart en même temps que notre spécificité culturelle. La bonne position est celle qui s’est cristallisée dans le conflit avec la crèche Baby Loup : la neutralité qui implique l’abandon de signe religieux est la garantie de pouvoir faire cohabiter la diversité. Il faut une politique exigeante d’intégration et d’assimilation et une grande vigilance quant au respect des lois républicaines. C’est notre héritage qui est ainsi menacé, alors qu’il mérite d’être préservé et entretenu. La France est une nation à laquelle on peut s’attacher par le cœur aussi fortement que par les racines. Avec son génie propre, sa langue, son histoire, ses œuvres, ses échanges, elle dessine un monde qui est une facette de la civilisation européenne. Ce monde, nous prétendons qu’il s’impose aussi bien aux autochtones, Français de souche ou non, qu’aux nouveaux arrivants. « Il est tout de même paradoxal que l’accueilli refuse à l’accueillant, quel qu’il soit, la faculté d’incarner le pays d’accueil », comme le souligne Alain Finkielkraut. Pour relever le défi contemporain du vivre ensemble, on voudrait effacer la proposition identitaire. Elle doit au contraire être maintenue fermement et transmise sans honte, nous enseigne Claude Levi-Strauss, qui ne peut pas être qualifié de « réactionnaire ».

Le pacte national court un grand danger.

Le Premier Ministre dénonce à juste titre l’islamisme radical  comme « ennemi de l’intérieur », mais ce n’est pas suffisant si dans le même temps on diabolise ceux qui dénoncent les atteintes à nos lois, s’offusquent de manifestations d’allégeance à des patriotismes étrangers ou tout simplement expriment leur malaise face à des coutumes et des comportements qui les agressent. Il est grand temps que lui qui a voté la loi contre la burka et ses amis de la sociale démocratie se réveillent et  sortent de leur mirage hérité de 1968 comme quoi tout se vaut. La désinformation appliquée par leurs idéologues, en maquillant la réalité au nom du refus de stigmatiser la diversité, conduit tout un peuple dans les bras de l’extrême-droite. Les partis de gouvernements portent aujourd’hui une grande responsabilité. Il incombe aussi bien au parti socialiste qu’à l’UMP et au Centre de former un front commun pour défendre notre héritage : celui des « Lumières », dans lequel nous nous reconnaissons, fondateur de notre démocratie et de notre conception du rapport entre l’Etat et l’individu. Si ce modèle que la révolution voulait « universel » n’est plus considéré comme tel, il reste néanmoins le nôtre et il importe d’affirmer haut et fort qu’il n’est pas à vendre, encore moins qu’il soit soldé en tolérant ici ou là qu’il soit écorné ! 

Sinon, tôt ou tard, la France sombrera dans une guerre civile qui opposera les « patriotes » pris en main par le Front National qui a bien vu l’opportunité de capter à bon compte un électorat dérouté et abandonné, avec tout ce que cela comporte de risques pour les libertés, au fascisme vert des « Ayatollah » des quartiers qui voudront imposer partout la charia, avec tout le cortège des préceptes qui ne sont pas compatibles avec les lois de notre république. La laïcité est notre bien commun, elle est le dernier rempart qui protège la République, mais les brèches y sont de plus en plus nombreuses. Il est encore temps d’en faire le cheval de bataille commun de la lutte contre toutes les formes de communautarisme. Sans elle, point de salut.

 


L’OMBRE D’UN DOUTE ?

Allez, une dernière analyse pour la route. Le point de vue du militant !

Sarko exam

Au contraire, il n’y a pas l’ombre d’un doute.

En mettant en garde à vue Nicolas Sarkozy, pour l’humilier  (car pour l’impressionner, il en faudra plus), les magistrats désignés par Mme Taubira pour poursuivre l’ancien président, ont voulu marquer leur détermination à lui nuire et empêcher son retour en politique. Dans cette procédure, les arrière-pensées sont claires.

Non qu’il faille traiter Nicolas Sarkozy différemment d’un justiciable ordinaire, même si, ancien chef de l’Etat et membre de droit du Conseil constitutionnel, il n’est pas tout à fait comme tout un chacun.

La mise en scène de sa garde à vue est un événement tellement spectaculaire qu’elle nourrit forcément plus que des soupçons.

D’abord sur les juges. Pas tous, seulement ceux qui instruisent son cas. Pourquoi s’acharner sur un homme alors que toutes les affaires qu’on tente artificiellement de lui coller sur le dos font « flop » : Bettencourt, Karachi, Kadhafi, et bientôt Tapie où l’on n’arrive pas à démontrer qu’il a influencé l’arbitrage. Vengeance de leur part parce qu’il les a malmenés pendant son mandat ou plutôt combat idéologique de personnes aveuglées par leurs certitudes ? On peut aussi constater que curieusement leur agenda d’action est directement corrélé au calendrier politique.

Ensuite soupçon sur le pouvoir. Bien que M. Le Foll s’en défende et ose prétendre à l’indépendance de la justice, on ne peut pas imaginer qu’il ne soit pas à la manœuvre, dans l’ombre, pour orchestrer chaque épisode. Comment croire des gens qui ont fait preuve de tant de mauvaise foi et qui ont la haine chevillée au corps contre l’ancien président tout en se donnant le visage d’anges pacificateurs.

Soupçon enfin sur les procédures. Il est tout de même curieux que chaque affaire serve de marchepied à la suivante, alternant non-lieu et saisine connexe, comme s’il fallait absolument trouver quelque chose. Ainsi du filet dérivant d’écoutes téléphoniques mise en place pour une affaire et qui servent, faute d’avoir pêché ce qui était recherché, à intenter une nouvelle action dont le moins qu’on puisse dire, pour ce qu’on en sait, c’est qu’elle est tirée par les cheveux.

Ce curieux cocktail a, en fait, pour objet de nourrir le doute sur l’honnêteté de Nicolas Sarkozy, et ainsi ébranler la foi de ses partisans encore trop nombreux au goût du pouvoir, écorner la réputation d’un homme dont la compétence et le talent rendent par contraste encore plus évidente la nullité et l’inconsistance de celui qui occupe la place. Quant à savoir si cette accumulation est susceptible de le dégoûter de la politique, c’est mal le connaître : ce serait plutôt l’effet contraire.

Si la justice doit s’exercer sereinement, alors il faudra qu’elle trouve d’autres chemins. En commençant par dessaisir des juges dont la partialité apparaît au grand jour, dans les faits.

On est libre de ne pas croire Nicolas Sarkozy quand il raconte ce qu’on lui fait. Mais on a encore le droit de le croire. Rien n’est démontrable, bien sûr. C’est vérité contre vérité. A chacun de choisir son camp. Et tant qu’on n’aura pas fait la preuve de sa culpabilité, il est innocent.  Alors pour ceux qui ont les yeux ouverts, point de malaise.  

Dans un pays malade qui accumule les contre-performances économiques et sociales, Il n’y a pas de place pour cette suspicion qui s’insinue partout dans la vie publique, achevant de convaincre les plus indécis que, décidément, la politique sent mauvais.

Mauvais signal pour la démocratie, surtout. Merci les doctrinaires de gauche !

 


SARKOZY : LE REGARD DU PRO

Sarko exam

Affaire N. SARKOZY. Retour vers le futur fiasco judiciaire…

par Jean-Paul Garraud, magistrat (source : Union Républicaine)

 

De quoi s’agit-il ? Résumons-nous :

Tout démarre à partir d’une enquête (qui ne donne rien) menée par deux juges d’instruction dans le cadre du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Plusieurs personnalités sont placées sur écoute téléphonique en 2013 (!) dont l’ancien Président, du jamais vu…

Certaines écoutes laissant supposer l’existence d’un trafic d’influence, des procès-verbaux sont extraits de cette procédure pour servir de fondement à une nouvelle affaire, n’ayant rien à voir avec la première.

Cette nouvelle enquête est lancée par le tout nouveau parquet national financier créé par le gouvernement actuel.

Il s’agit donc d’un des tous premiers dossiers de ce Procureur national dont l’institution est justifiée par la volonté de lutter efficacement contre les grandes affaires financières, notamment internationales.

On en est loin…

En effet, on reprocherait à Nicolas Sarkozy et son avocat d’avoir tenté d’obtenir des informations protégées par le secret de l’instruction concernant l’affaire Bettencourt. Nicolas Sarkozy aurait, par l’intermédiaire de son avocat, approché un avocat général de la Cour de Cassation pour obtenir des informations sur l’éventuelle restitution des agendas personnels saisis par la Justice dans le cadre de cette affaire Bettencourt et dont il estime la saisie illégale.

Il y aurait eu promesse en échange pour le magistrat d’un poste honorifique à Monaco alors qu’il occupe déjà un des postes les plus prestigieux en … France !

En fait, on s’aperçoit très vite que Nicolas Sarkozy voulant récupérer ses agendas saisis dans le cadre d’un dossier pour lequel il a fait l’objet d’un non-lieu, en parle à son ami et avocat Thierry HERZOG qui s’en entretient avec son ami et avocat général à la Cour de cassation, Gilbert AZIBERT.

Un pourvoi en cassation a d’ailleurs été formé par Maître HERZOG contre l’ordonnance de non-lieu qui, pourtant, innocente Nicolas SARKOZY car ce dernier souhaite avoir la restitution de ses carnets.

La Cour de Cassation rejettera cette demande estimant que Nicolas Sarkozy n’est plus une partie à la procédure puisqu’il a fait l’objet d’un non-lieu…
Et donc il ne peut demander de restitution…

Logique juridique imparable mais comment fait-on pour obtenir ces agendas ?  C’est la seule et unique question de ce colossal dossier !

Gilbert AZIBERT se serait renseigné auprès d’un collègue, avocat général à la chambre criminelle, Patrick SASSOUST, qui, après plus de 24H de garde à vue a été relâché sans aucune charge contre lui.
Comment peut-on violer un secret de l’instruction si celui qui serait chargé de violer ce secret n’a absolument rien à se reprocher ?!!

Gilbert AZIBERT aurait souhaité obtenir un poste honorifique à MONACO, une fois retraité de la magistrature en France ?

Oui, il s’est porté candidat mais le poste était déjà pourvu…et il n’y a eu aucune intervention de Nicolas SARKOZY, c’est enregistré sur une écoute !!

Pourtant, au cours de la nouvelle information confiée à deux autres juges d’instruction, les placements sur écoutes se poursuivent, dont ceux concernant l’ancien Président et son avocat… Et qui durent plus de 6 mois au total…

Du jamais vu s’agissant de conversations entre un avocat et son client, entre son avocat et son propre Bâtonnier (!) …

Un premier scandale éclate lorsque la Ministre de la Justice affirme ignorer l’existence d’écoutes concernant l’ancien Président en se justifiant d’autant plus maladroitement que le document qu’elle tient en main affirme le contraire…

La directrice de Cabinet en fera les frais, elle sera limogée.

Des perquisitions et des premières gardes à vue sensationnelles sont menées : à la Cour de Cassation dans le bureau d’un haut magistrat (une première dans les annales de la Justice), au domicile d’un avocat de renom dans des conditions dignes d’un film à grand spectacle.

Du jamais vu encore…

On « cueille » ensuite au petit matin à leurs domiciles bordelais deux hauts magistrats de la Cour de Cassation et on les amène dare-dare à Paris pour interrogatoires. De même pour l’avocat, déjà placé en garde à vue, quelques semaines auparavant. Pourquoi ne pas les avoir convoqués ? Redoutait-on une fuite digne de grands criminels, de terroristes ?

Du jamais vu encore…

On convoque l’ancien Président et on le place en garde à vue avec interrogatoires serrés à la clef.

Après plus de 24H de garde à vue, on libère l’un des hauts magistrats contre lequel absolument aucun indice n’est relevé et on lui dit de vaquer tranquillement à ses occupations… Il s’agit d’un avocat général à la Cour de Cassation remarquable qui a passé sa vie professionnelle au service de la Justice, qui dispose d’une excellente réputation et de l’estime de tous ses collègues.

C’est le même que l’on est allé « cueillir » et conduire toute affaire cessante dans des locaux de garde à vue pour une garde à vue qui a été prolongée.

Du jamais vu toujours et encore…

Les juges d’instruction décident de faire déférer les trois autres gardés à vue : un ancien Président de la République, un Premier Avocat Général à la Cour de Cassation, un avocat renommé.

Pourquoi les déférer encadrés par des policiers ? Redoutait-on une fuite ?
Voulait-on les placer en détention provisoire ?

Il suffisait évidemment de les convoquer ! Encore et encore du jamais vu pour ces mêmes infractions supposées…

Sans aborder le fond du dossier, une chose est certaine : les moyens et les méthodes employées sont totalement disproportionnés par rapport à la gravité des faits reprochés et à la situation personnelle des suspects.

Les mêmes résultats auraient pu être obtenu sans déployer autant de moyens, à grands frais pour les contribuables d’ailleurs…

Mais, ce n’est pas tout.

Rappelons la 1ére mise en examen de Nicolas SARKOZY qui avait aussi fait grand bruit. Dans l’affaire Bettencourt, celui-ci était subitement passé en fin d’information et sans aucune raison juridique du statut de témoin assisté à celui de mis en examen pour aboutir quelques jours plus tard à une ordonnance de… non-lieu !

Pourquoi mettre en examen si le juge n’a pas l’intention de renvoyer devant le tribunal correctionnel ?

Encore du jamais vu…

En l’occurrence, il s’agissait d’un autre juge d’instruction qui n’avait pas hésité à nommer comme expert dans le dossier l’un des témoins de son mariage…

S’agissant de la dernière mise en examen, elle a été prononcée par deux juges d’instruction dont l’un est membre du virulent syndicat de la magistrature qui avait publiquement appelé à voter F. HOLLANDE et qui avait publié un texte au vitriol sur le bilan en matière de Justice de Nicolas SARKOZY…

La présidente de ce syndicat a été mise en examen dans la sinistre affaire du « mur des cons » où figurait en bonne place Nicolas SARKOZY et des anciens ministres de la Justice et de l’Intérieur…
Pour le moins la question de l’impartialité du juge se pose.

Renversons les rôles : si, demain, en tant que juge d’instruction, je déploie autant de moyens, j’utilise des méthodes réservées au grand banditisme pour garder à vue et mettre en examen, après déferrement et pour des supposées infractions mineures, Mme TAUBIRA, dont j’ai combattu la politique pénale, ne croyez-vous pas qu’il serait possible de me taxer, à juste titre, de partialité ?

« L’affaire » ne tient pas la route, tant au niveau légal que procédural. 

Les méthodes employées sont disproportionnées car généralement réservées à la grande délinquance et à des criminels dangereux.

Les règles d’impartialité et de préservation du secret professionnel des avocats sont foulées aux pieds.

S’il est naturel que la loi soit la même pour tous, y compris pour un ancien Président de la République redevenu citoyen « comme les autres », il est certain que « les autres » n’auraient pas connu un tel traitement.

En définitive, pour de tels faits, qui ne sont d’ailleurs en aucune façon établis, si Nicolas SARKOZY, Gilbert AZIBERT, Thierry HERZOG avaient été des citoyens « comme les autres », ils n’auraient vraisemblablement pas été mis en examen, déférés, gardés à vue, et peut être même poursuivis !

Alors pourquoi ?

Il faut maintenant mettre autant de moyens, de rigueur et de détermination afin de le savoir.

L’emballement contrôlé ou non de cette affaire annonce un nouveau fiasco judiciaire, un de plus, un de trop.

 


PUISQU’ON VOUS DIT QU’IL N’Y A PAS D’ACHARNEMENT !

Justice

 

L’ancien président de la république mis en examen pour corruption active et trafic d’influence. Une réalité qui dépasse la fiction. Avec ses démêlés judiciaires, il y a de quoi écrire un roman. Car avec la mise bout à bout des affaires dans lesquelles la justice veut l’impliquer, on a l’impression de sombrer dans une histoire directement issue du cerveau d’un écrivain. On y trouverait à souhait des juges partisans en connivence avec un pouvoir politique avide de vengeance, des procédés inavouables, des procédures au tempo soigneusement calculé, et, évidemment des supputations sans preuves. Un but : empêcher le retour en politique d’un citoyen redevenu « ordinaire » après avoir exercé les plus hautes fonctions.

Je vais donc me faire conteur pour vous relater cette sombre histoire. Il s’agit évidemment d’une fiction. Toute ressemblance avec une situation existante serait pure coïncidence.

« En garde à vue ! Vous allez répondre de vos actes ».

15 heures d’interrogatoire. De quel criminel s’agit-il ? D’un ancien président à qui jusqu’à présent on n’a rien trouvé à reprocher. Garde à vue quand même ! Il doit être traité comme n’importe quel justiciable. Logique, non ? Comme dans un roman il faut forcer le trait, on va lui infliger un régime judiciaire bien corsé pour mettre l’eau à la bouche du lecteur. Les médias en profitent pour ressortir des placards toutes les affaires dans lesquelles son nom est cité, ne serait-ce qu’à la marge, même celles où il a été disculpé.

« Si les juges agissent ainsi, c’est qu’ils ont entre leurs mains du lourd ! »

Alors tant pis pour la présomption d’innocence, le secret de l’instruction. Dans la vraie vie on n’en fait pas cas, alors, pensez, dans une fiction. Que lui reproche-t-on ? Bien des choses apprises par des écoutes téléphoniques. Ah, les enregistrements de conversations et les écoutes : voilà des filons inépuisables de possibles procédures. Déjà l’affaire de la richissime milliardaire, aujourd’hui éteinte, avait commencé par des révélations tirées d’enregistrements clandestins effectués par son majordome. Et on avait réussi à extrapoler une possible implication de notre homme jusqu’à le mettre en examen pour finalement aboutir à un non-lieu. Palpitant, non ?

Où en est-on ? Figurez-vous que son avocat, homme compétent et avisé avait cherché à connaître l’évolution des enquêtes concernant son client et autres renseignements utiles pour la défense. C’est l’usage dans la profession, mais  là, non. Interdit d’être ami avec un juge qui pourrait donner des indications. C’est là que les écoutes téléphoniques interviennent : au mépris des règles ordinaires de l’instruction, pendant de longs mois (on est dans un roman) l’avocat et son client sont espionnés par des policiers qui se relaient 24H sur 24. Les droits de la défense sont bafoués : vous êtes certain ? On ne trouve rien de ce qu’on cherche. Il s’agit d’un financement occulte lointain qu’un site de journalistes a dévoilé et pour lequel on cherche des preuves. On ira jusqu’à perquisitionner chez l’avocat, fouiller son lave-linge, démonter sa bibliothèque… vous allez me dire que j’exagère, que ça fait pas réel ! Dans un roman les faits doivent rester plausibles.

Alors, on met sur écoutes…

Intéressantes les écoutes, parce qu’elles vont permettre de trouver un prétexte pour une nouvelle implication de ce personnage qui échappe sans cesse à ses poursuiteurs. Peu importe que les faits ne soient pas constitués. Avec un peu de mauvaise foi, on va mettre en relation ce qui peut constituer un grave délit de trafic d’influence. L’essentiel n’est pas de condamner, mais de poursuivre. Car dans son cas, le soupçon est aussi destructeur que l’acte délictueux établi. Et peu importe que la procédure débouche à nouveau sur une impasse ou un non-lieu.  Alors on organise un tourbillon judiciaire : rumeur, accumulation, mensonges. Et de l’accumulation nait la présomption d’une culpabilité puisqu’un honnête citoyen ne serait pas ainsi incriminé dans autant d’affaires. Il est forcément coupable de quelque chose : « il n’y a pas de fumée sans feu ! »

De l’instruction à l’instrumentalisation.

Le roman ne serait pas complet s’il n’y avait pas une dimension politique. Et bien sûr, le pouvoir politique est impliqué : il est tenu informé. Il n’a pas besoin de donner des consignes. La connivence idéologique et l’envie de faire sa fête à l’intéressé en tiennent lieu et place. Ce n’est pas par hasard si ce sont  ces juges-là qui instruisent, ils ont été nommés pour ça. On peut alors mettre en avant le principe de la séparation des pouvoirs et de la présomption d’innocence, en sachant fort bien que ni l’un ni l’autre ne sont respectés. Pour faire bonne mesure, on met dans le scénario un ministre pris en flagrant délit de mensonge en plein JT de 20H et une haute personnalité qui se livre à des confidences dans ses réceptions : il sait tout ce que fait l’énergumène en question. Voilà du romanesque !

Et le roman se termine comment ? Attendez, on n’est pas au bout : la victime va se débattre et va chercher à en découdre avec ses adversaires. Et on peut s’attendre à des rebondissements, car son tempérament  ne l’encline pas à l’abattement, et ses atouts sont nombreux.

Une petite idée de la suite : cherchez à qui profite le crime…

Mais enfin, laissez la justice faire sereinement son travail, puisqu’on vous dit qu’il n’y a pas d’acharnement !

 


LA GUERRE DES GAUCHES

   Mélenchon Bastille 2013   Marine le Pen 2013   Hollande 14

Une guerre meurtrière.

Elle était inévitable. Toute une partie de la gauche n’a pas fait sa révolution intellectuelle et en est restée à l’idéologie marxiste et ses vieilles lunes. Aussi le clash avec les réformistes était-il inévitable. Il est même classique. Il était inscrit dans la campagne de Mélenchon. Il est devenu une réalité.

Il touche aussi bien le monde syndical que la classe politique : les clivages éclatent au grand jour entre les anarchos de Sud et de FO, les néo-staliniens de la CGT et les « traitres » de la CFDT et autres syndicats autonomes ; on retrouve le même schéma entre le Front de Gauche, PC et Mélenchonistes, gauche du PS et les tenants de la sociale démocratie qui soutiennent le gouvernement de Valls.

Cela nous vaut de beaux débats. Et à l’assemblée, les récalcitrants de la gauche dure font dérailler la majorité sur le PLFSS (loi de financement de la sécu pour les béotiens). Le collectif budgétaire sur lequel a plané la menace des frondeurs a été adopté dans les grimaces et la douleur, sous la menace probable du 49-3 ou d’une dissolution.  D’autant plus que la gauche « verte », les écolo-gauchos soixante-huitards, soutient le gouvernement comme la corde (pure chanvre indien) soutient le pendu. Ambiance !

Cela nous vaut surtout une belle pagaïe dans le pays, comme on le voit avec les excités du rail, de la SNCM ou du spectacle, partout où la CGT peut user de son pouvoir de nuisance.

Mais cette guerre meurtrière n’est pas perdue pour tout le monde.

Il faut dire que les atermoiements et le manque d’autorité du Président de la République n’aident pas un Premier Ministre plus velléitaire que volontaire. Avancées et reculades se succèdent auxquelles s’ajoutent un amateurisme déconcertant qui accélère la décomposition à la tête de l’Etat. Pour les contestataires, c’est du pain béni. Que les communistes et autres marxisants s’en prennent au « social-traitre » n’est pas nouveau. Ce qui rend la faiblesse du PS encore plus dramatique.

Car il y a un os supplémentaire dans la mécanique. Il s’appelle Front National. Il n’était pas prévu, en effet, que ce soit lui qui tire les marrons du feu de cette guerre fratricide. Après avoir vidé le Front de Gauche de ses électeurs, le discours de Marine Le Pen se fait sans ambiguïté : « à gauche toute ! ». On n’abandonne pas une stratégie qui marche et qui peut la conduire au deuxième tour de la présidentielle par élimination de la gauche comme en 2002, dont il semble que seul le parti populiste ait tiré une expérience utile.

De l’extrême droite à l’ultra gauche !

Il est difficile de classer aujourd’hui le parti lepéniste à droite, aussi bien sur son antienne laïcarde que sur son programme économique. Un programme très à gauche. Car en matière de surenchère, la Marine n’est pas à ça près. Qu’on en juge : tout ce qui touche à la libéralisation des services publics est condamné sans nuances, EDF, gaz, service public ferroviaire, avec une vision étatique que n’aurait pas reniée Georges Marchais. Antilibérale, elle se fait l’alliée objective des syndicats en attisant les colères catégorielles dont elle engrange les voix aux élections. Elle cible aussi bien les patrons du CAC 40 que les dirigeants de l’OMC, sans parler des instances européennes, sources de tous nos maux. Thierry Lepaon est un tiède à côté d’elle.

Avec ses promesses intenables d’augmentation de 200€ des salaires inférieurs à 1500€, la revalorisation des pensions de retraite et de réversion, le relèvement du point d’indice de la fonction publique, la baisse immédiate des tarifs du gaz, de l’électricité (infaisables), de la taxe sur les carburants, l’âge de la retraite ramené à 60 ans et la tranche supérieur de l’impôts sur le revenu portée à 46% (eh oui, elle aussi cible les riches), on se demande bien ce que la gauche pourrait proposer de plus et de mieux en mesures démagogiques ! Avec le rejet de la mondialisation « libérale » et le refus de l’austérité budgétaire « imposée par Bruxelles », le tableau est complet.

La guerre des gauches sert le populisme.

Et ça marche ! Le FN a fait une percée exceptionnelle dans l’électorat ouvrier, au grand dam des Mélenchon et Besancenot dont le discours rouge paraît désormais bien palôt et délavé. C’est que dans la bouche de Marine Le Pen, ces arguments éculés prennent un coup de neuf ! Les résultats sont éloquents : le parti frontiste progresse dans tous les bastions de gauche aux dernières élections et partout où la désindustrialisation sévit, dans les banlieues en proie à l’insécurité ou à l’emprise islamiste. Le FN a capté le vote ouvrier à près de 60% dans l’est et plus de 50% dans le nord et est désormais le premier parti de la « classe ouvrière ». Sauf que son programme est à usage exclusivement électoral. On peut être persuadé que sa patronne, qui n’a pas de leçon à recevoir en matière de cynisme, ne croit en rien à ce qu’elle propose et qu’elle sait très bien que c’est inapplicable. C’est un axe stratégique pour prendre le pouvoir. Faute de pouvoir prendre des électeurs à la droite, ce que son père s’est épuisé à faire, elle a trouvé le filon dans la faillite des idées marxistes.

La guerre des gauches alimente le populisme, comme les eaux chaudes de l’océan un cyclone. En précipitant la France dans le chaos économique, la gauche porte une lourde responsabilité. Elle alimente le désespoir des Français les plus fragiles, fait fuir à l’étranger les plus industrieux, et risque de plonger l’Europe dans une nouvelle crise. Un film d’épouvante qu’on a le sentiment d’avoir déjà vu.

Si l’histoire ne se répète jamais, il arrive qu’elle bégaie !

Il y a urgence pour la droite et le centre à proposer une alternative crédible. Mais là encore, ce n’est pas parce qu’on craint le pire qu’il ne se réalisera pas.