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GRANDES AMBITIONS ET (TOUT) PETIT BRAQUET !

  Retraites

Il faut toujours remettre au lendemain ce qu’on n’a pas envie de faire le jour-même. C’est la belle démonstration que le sombre Ayrault nous a faite, entouré de ses petites mains Touraine, Lebranchu et Sapin. On mesure en effet le décalage entre les déclarations ronflantes débitées sur ce ton ennuyeux qui lui colle au discours comme le sparadrap sur le capitaine Haddock, et la réalité de dispositions qui ne touchent à rien d’essentiel.

 C’est un « Munich » des retraites tant le gouvernement s’est appliqué à baisser son pantalon devant les exigences des syndicats.

 Les dispositions adoptées par le gouvernement présentent deux caractéristiques : le simulacre de concertation qui camoufle la vitesse à laquelle l’affaire a été menée et l’absence de réforme profonde.

 Voilà un nouveau rafistolage qui s’appuie essentiellement sur les acquis des réformes Sarkozy de 2010 et Fillon de 2003 confortées par la même occasion, alors que la gauche avait promis de revenir dessus. Le reniement, c’est permanent.

 C’est surtout une occasion manquée de faire enfin le ménage dans un dispositif  usé jusqu’à la corde, illisible et au bout du rouleau. A son habitude, le gouvernement procrastine à merveille : les efforts sont reportés à 2020, autrement dit à perpète. Bien malin qui peut dire ce qui se passera d’ici là. En fait rien n’est réglé.

 Tout a été fait pour désarmer les syndicats qui, pourtant, en dehors de la CFDT (et pour cause, c’est elle qui a tenu la main du premier ministre), expriment leur mécontentement et confirment leurs manifestations du 10 septembre prochain. Surtout, rien n’a été fait pour l’équilibre des comptes à long terme. Mais cette stratégie politicosociale, qui ne fâche vraiment personne sauf le patronat, se fait au détriment d’une vraie et profonde réforme des retraites. Avec des risques pour les actuels et futurs retraités et pour la crédibilité de la France dans sa capacité à conduire des réformes structurelles.

Il n’y a pas de réforme.

Il ne s’agit pas d’une réforme, mais d’une sorte de rapiéçage comptable, destiné surtout à calmer le jeu social, et qui entérine toutes les injustices contenues dans le système : les régimes spéciaux ne seront pas alignés sur le régime général, les fonctionnaires continueront de bénéficier de leurs privilèges (financés par le secteur privé), la retraite des cadres, elle aussi menacée par un déficit qui, si les choses restent en l’état, porterait à 21 milliards le total des sommes à trouver, n’est même pas évoquée. Si c’est la justice !!!

On ne peut que s’interroger sur la portée réelle du plan annoncé mardi. D’abord, les régimes complémentaires de retraite qui relèvent des partenaires sociaux ont des déficits prévisibles encore à combler, de 4 à 6 milliards d’euros. Les 8,7 milliards d’euros de déficit des régimes de fonctionnaires équilibrés par subventions sont et continueront d’être financés par le budget de l’Etat. Comment ? Sans doute par de futurs nouveaux prélèvements ou des coupes à venir dans d’autres dépenses publiques. Les cotisations vieillesse augmenteront de 0,15 % en 2014, puis de 0,05 % pendant les trois années suivantes, soit un total de 0,30 % en 2017 ; la hausse des cotisations vieillesse rapportera 4,4 milliards d’euros sur les 7,3 qui manqueront à l’appel dans quatre ans. On ne sait pas d’où viendront les trois milliards de recettes en moins qui décrédibilisent les comptes établis par le gouvernement. Quoi qu’il en soit, ces recettes prévues par le plan correspondent simplement au déficit du régime privé de base et régimes assimilés. La somme paraît importante, mais elle n’est que le quart du produit de la réforme de 2010. Ensuite, d’ici à 2020, tout sera financé par des hausses d’impôts ou de cotisations. Aucune mesure complémentaire portant sur les fondamentaux des régimes de retraite, âge de départ et/ou durée de cotisation, n’est prévue. Bien au contraire, de nouvelles dépenses sont décidées, pour preuve triomphante du souci social de l’État, comme le compte pénibilité qui va être mis en place en 2015, dont l’effet immédiat sera d’alourdir le besoin de financement, mesures qui servent de paravent pour vanter une réforme « juste ».

Les entreprises sont particulièrement touchées, sans que les engagements pour une réforme du financement de la protection sociale soient précisés, au-delà de 2014. Dans ces conditions, où est passée la priorité reconnue à la compétitivité des entreprises ?

Une occasion manquée.

Au-delà de 2020, le gouvernement a décidé de prolonger la loi Fillon sur l’allongement de la durée de cotisation qui passerait de 41 années ¾ en 2020 à 43 ans en 2035. En 15 ans ! La vérité est que la seule mesure vraiment efficace, déjà prise en 2010 et qu’il faut poursuivre pour réduire les déficits des régimes de retraite, est le report de l’âge de départ, dont on se demande pourquoi il est à priori écarté par le gouvernement jusqu’à 2040, alors qu’il est mis en œuvre par la plupart des autres gouvernements européens. Rappelons que dans la réforme de 2010, la mesure de report de l’âge à 62 ans, outre qu’elle a brisé le tabou des 60 ans, rapporte 22 milliards d’euros par année en 2020, soit presque trois fois le montant des prélèvements décidés mardi. Pourquoi ne pas avoir porté l’âge de départ en retraite à 63 ans en 2020 et à 65 ans en 2025 ?

Qui peut croire que les régimes de retraite seront sauvés grâce aux placebos prescrits par le gouvernement. Il s’agissait seulement de gagner du temps et de reporter les échéances financières à 2020. Après moi, le déluge !

Où est passée la réflexion sur une réforme systémique, par la mise en œuvre d’un régime unifié de retraite par points ? La loi de 2010 avait expressément prévu que le débat serait mené en 2013. Il est tombé dans les oubliettes. Plus modestement, il n’y a pas de nouvel effort de rapprochement entre les régimes privés et publics.

Au-delà des mesures « sociales » prévues, la vraie justice consisterait à consolider réellement les régimes de retraites et à harmoniser les situations du public et du privé. Non seulement le gouvernement présente un projet totalement dépourvu de vision et d’avenir, mais il perd une occasion sans doute unique d’attacher une réforme historique au mandat du pingouin. Seule la gauche pouvait conduire une telle réforme, elle seule pouvait l’imposer aux syndicats. Évidemment, si le but de l’action politique est que le gouvernement ne doit pas avoir d’ennuis, l’absence de courage de nos dirigeants ne surprendra personne.

 


IMPOTS… PAS FAIRE AUTREMENT !

Contribuable détroussé

Voilà que les socialistes se mettent à dénigrer les hausses d’impôts. C’est d’abord le pingouin, le 14 juillet, qui souhaite que les impôts n’augmentent pas trop, comme si une force obscure l’obligeait à le faire, c’est Mosco-Garcimore qui s’inquiète du « ras-le-bol » fiscal de la population, bien placé pour le savoir puisqu’il est aux manettes à l’Economie, et qui plus est reçoit le renfort  de poids de Fabius pour un gel de la fiscalité, c’est le ci-devant Thierry Mandon, porte-parole du groupe PS à l’Assemblée qui regrette la suppression de la taxation des heures sup’… avec en contrepoint notre Casanova du budget qui dénonce une intoxication de la droite sur le sujet avec à la clé de son argumentation toute une série de baisses. Tous les ingrédients d’un bon vaudeville que les socialistes nous jouent pour nous enfumer une fois de plus.

A quoi sert donc ce soudain « mea-culpa » ? Car dans tout ce charivari de déclarations, aucune n’annonce de baisses d’impôts. Serait-ce que si les impôts deviennent trop lourds c’est parce qu’on ne peut pas faire autrement ? C’est vrai que si 2013 aura été horrible, et l’on s’en aperçoit avec la chute des feuilles d’automne qui commencent à tomber dans les boites aux lettres, 2014 sera pas mal non plus avec la hausse probable de la CSG pour financer les retraites, la hausse de 1,4% de la TVA au 1er janvier, la poursuite du gel du barème qui est une augmentation mécanique, la continuation de la désindexation des retraites, … Et autres taxes à venir, n’en doutons pas !

Comme il n’est pas question que le gouvernement renonce à accroître la pression fiscale en 2014, alors qu’elle atteint déjà 46% de la richesse brute du pays, parce que cela l’obligerait à baisser  la dépense publique et à tailler dans les dépenses sociales, il veut se donner le beau rôle en expliquant que cette hausse est la faute à tout ce qu’on veut, Sarkozy de préférence dont le PS explique sans cesse l’impopularité de ses mesures par les contraintes imposées par le mandat précédent. Le gouvernement et le PS ne sont évidemment pas responsables de toutes les décisions prises depuis un an et demi !!!

Les impôts n’ont donc pas fini de s’additionner. Cela me rappelle la caricature de JPP (Jean-Pierre Papin) qui disait sans cesse : « c’est affreux ! ». Les impôts, c’est affreux, mais en voilà un de plus, et un autre et encore un… La réalité, c’est que derrière cette contrition apparente et le recours systématique à l’impôt, se cache un manque de courage politique évident, celui de réduire les prestations sociales pour rééquilibrer les systèmes de retraites et de santé. Grâce à l’impôt, le sombre Ayrault peut affirmer sans vergogne qu’il ne mène pas une politique d’austérité puisqu’il fait payer les riches qui sont en réalité tout le monde. Quelle hypocrisie.

On ne peut pas faire autrement : mon œil ! La part faite aux impôts dans le redressement financier n’est pas une fatalité : c’est un choix politique et stratégique. Peut-être parce que c’est plus facile à faire avaler que les mesures drastiques de baisses des dépenses publiques auxquelles les socialistes sont intellectuellement et idéologiquement opposés. Au lieu de nous amuser avec un discours spécieux, ils feraient mieux de dire clairement les choses.  Car les louvoiements hypocrites auxquels ils se livrent font le lit des extrêmes (droite, notamment) plus sûrement que les discours décomplexés de Copé. Mais Désir-l'ectoplasme ne peut pas comprendre ça, c'est au-dessus de ses moyens.

La réforme des retraites qui se profile n’est-elle pas une belle illustration supplémentaire de ce manque de courage !

 


L’ETE EN PENTE FORTE

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Il suffit de s’extraire de l’hexagone pendant une semaine pour s’apercevoir que le pays n’est pas gouverné. Le gouvernement s’agite mais il ne se passe rien. Le débat tourne en rond.  Pour commencer, je n’ai pas pu résister à épingler Taubira et Désir sur mon mur des enfoirés. Pour le reste, bien que coupé de la presse et de la télé, j’ai l’impression qu’il ne s’est rien passé. Il est vrai qu’on est encore au mois d’août. J’ai donc de bonnes raisons de ne pas regretter ces huit jours en famille à me bronzer le cuir au soleil de Sicile.

Tiens prenons la réforme sur le financement des retraites. On ne va pas toucher à l’âge légal, on ne va pas augmenter (ou très peu) la durée de cotisations, on hésite à augmenter les cotisations, on veut éviter de baisser les pensions, on envisageait l’augmentation de la CSG, mais finalement on va sûrement y renoncer… Enfumage ? On a par contre trouvé des dépenses supplémentaires avec la pénibilité …  Quel courage ! Une certitude : la réforme sera juste !!!!!??

Autre débat : l’inventaire du mandat de Sarko. Voilà un exercice bien démagogique agité par la gauche (surtout) et repris par quelques bêtas de l’UMP. Comment peut-on affirmer que telle politique a été ou non pertinente dès lors qu’on est sorti du contexte. Si « inventaire » il doit y avoir, rappelons d’abord : crise des subprimes, crise financière bancaire, crise des dettes souveraines, crise de Géorgie, ralentissement économique mondial et européen… Et pendant ce temps-là, le pouvoir d’achat des Français a non seulement été préservé, mais a constamment augmenté jusqu’en 12012… Voilà déjà pour commencer ! D’ailleurs un sondage montre que les Français ne sont ni dupes ni demandeurs.

Le tube de l’été c’est « Valls  à 13 meurtres », particulièrement dansée à Marseille, avec gros calibres et kalach en stéréo. Cela n’a pas empêché notre ministre de l’Intérieur de participer au bal (sans jeu de mot) en vantant partout son action déterminée aux effets nuls.

La France en 2025 : tu parles que je m’en tape. J’aurai 82 balais, si tout va bien. Ce thème surréaliste a agité le séminaire gouvernemental de rentrée. Et si on s’occupait de la France en 2013 ?  on y a surtout vu la discorde sur la sécurité, les Roms, l’immigration… Avec une différence nous a dit un pékin gaucho : pas de comparaison avec ce que faisait Sarkozy, parce que notre politique est fraternelle. Ouaf ! On va expliquer ça aux manifestants de la « manif pour tous » : ils se sont pris des coups de matraques « fraternels » !!! Evidemment, ça change tout !

Bon, voilà pour la rentrée. J’en garde un peu pour demain.

 


SUR LE MUR DES ENFOIRES

 

Le syndicat de la magistrature avait son « mur des cons », le calepin a son « mur des enfoirés ». Chaque fois que nécessaire, il y sera épinglé la ou les personnalités, de gauche de préférence, qui se seront signalées par leurs déclarations calamiteuses.

Désir-l'ectoplasme : son attaque contre Copé qui ferait honte à la France est risible. Et lui, il ne fait pas honte à la France ? Il a la mémoire courte !

Taubira-dégoût : elle mérite une mention spéciale pour sa décision de ne pas prendre de sanctions contre les magistrats qui sont à l'origine du "mur des cons". Et elle ose les appeler à leur devoir de réserve. mais pour qui elle nous prend ?

Ségo-la-haine, toujours aussi fiéleuse a déclaré, à propos des 20 jours passés en prison du jeune opposant au mariage pour tous, Nicolas, "cela lui fera une expérience !". Voilà un jugement opportun qui conforte l'instauration du délit d'opinion dans notre pays. Le socialisme est décidément une pensée totalitaire ! 

Arnaud Montebourricot, notre âne du sous-développement productif pour son affirmation : « Barroso, c’est le carburant du FN », oubliant sa responsabilitépersonnelle dans le blocage de l’économie et la montée du chômage avec sastigmatisation permanente des patrons.

Michel Sapin-le-bouffi, notre ministre du développement du traitement social duchômage, préférant les emplois payants à ceux qui créent de la richesse et quidéclare, sans hésitation : «  c’est le discours de Jean-François Copé qui banalise le FN », oubliant les résultats désastreux de la politique économique du gouvernement et ses conséquences qui font monter la désespérance des Français.


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

  Vacancier

C’EST PAS POUR DIRE !

Qui n’a pas prononcé un jour cette formule de prétérition toute faite ? Elle a ses concurrentes : « je vais te dire », « je ne te dis pas », « c’est pour dire » ou encore  plus insistante : « c’est dire » ! Sans oublier "j'ai envie de dire", comme Yves Calvi ! Tout cela pour annoncer quoi ? Cela dépend.

« C’est pas pour dire… », ben si, justement !

Comme formule d’insistance, elle sert parfois à faire un constat plutôt admiratif, sur lequel on veut marquer son approbation ou une satisfaction. Elle arrive au milieu du récit pour émailler le langage et tenir en haleine l’interlocuteur. « L’autre jour, je regardais les championnats du monde de natation, c’est pas pour dire, mais Agnel a fait une course extraordinaire, il était vraiment au-dessus du lot ! »…. La particularité de l’expression c’est qu’elle est presque toujours suivie de mais.

Tout est dans le mais !

Le plus souvent quand la phrase commence par « c’est pas pour dire », la médisance n’est pas loin. Voilà une des causes de son emploi fréquent, cet exercice étant chez nous un sport national très prisé. Elle sert à gommer l’effet de mauvaise conscience. Une fois la précaution de langage prise, nous voilà libéré pour tailler le costume qui va habiller pour l’hiver. C’était la formule consacrée de la concierge qui entamait tous ses bavardages par ce rituel. Mais ne sommes-nous pas, aujourd’hui, tous des concierges. La multiplication des médias y est pour quelque chose : radio, télé, internet, journaux, magazines nous fournissent en continu de la matière première à commenter, « à dire » !

« C’est pas pour dire, mais… »

La formule peut être mise à toutes les sauces. Elle s’adresse forcément à une oreille compatissante. Elle permet de dénoncer les méfaits de ce voisin qui fait pisser son chien contre votre haie, ou qui gare mal sa voiture « exprès ! », elle annonce un jugement définitif sur la météo et ces saisons qui décidément ne sont plus ce qu’elles étaient, elle accompagne les jugements à propos de l’article lu dans le journal local à la rubrique « chiens écrasés » et permet de pester contre ces incivilités qui nous concernent tous en général et pas vraiment en particulier, elle distille la mauvaise humeur déclenchée par l’annonce d’une nouvelle hausse d’impôts décidée par le gouvernement… Et que sais-je encore. L’actualité nous fournit en abondance des prétextes à « c’est pas pour dire… »

Bref, on a envie de dire du mal, et comme « c’est pas bien », on prend cette précaution oratoire en guise d’excuse. C’est la formule bien pratique des faux-culs que nous sommes à nos heures. Mais c’est tellement délicieux d’épancher sa bile ou son mauvais esprit. Cela vaut bien un « c’est pas pour dire » ! 

 


LECTURES D'ETE

 

Moi, Président001

MOI, PRESIDENT …

André BERKOFF

 

Après « La chasse au Sarko », qui était plutôt un plaidoyer en faveur du précédent président qui ne méritait pas selon l’auteur, la campagne violente qui était menée contre lui sans relâche, André Bercoff nous livre une suite inattendue. Avec le style corrosif qui lui appartient, il nous présente un réquisitoire implacable de la politique menée par François Hollande depuis son arrivée à l’Elysée.

« Moi, Président… » reprend l’anaphore du célèbre face à face, presque point par point, pour mieux retourner chaque énoncé contre celui qui l’avait prononcé avec morgue devant son adversaire. Cet ami de Jacques Attali n’y va pas par quatre chemins : il souligne combien le locataire de l’Elysée n’a pas estimé à leur juste mesure les énormes défis qui l’attendaient.

Qu’est devenu le « président normal » obligé de faire aujourd’hui du « sous-Sarkozy » ? N’ayant pas pris le taureau du déficit  par les cornes dès le début, il est aujourd’hui désemparé. C’est que « tout simplement… l’accélération de l’histoire a annulé tout répit ». S’étant trompé de postulat de départ, il a cru, par opposition à son prédécesseur, que la priorité était l’exemplarité de son comportement, alors que les Français attendaient bien davantage de lui : qu’il s’occupe du pays. Faute de l’avoir compris, l’homme n’est pas parvenu à imposer une quelconque normalité, car la fonction ne le permet guère, et passe plus pour un gribouille mou que pour un réformateur zélé. Comme le souligne Bercoff : « bien malin serait celui qui pourrait arriver à formuler, non ses objectifs -communs à tout le monde- mais sa manière de les atteindre. »

Cet ouvrage découpe au scalpel les douze premiers mois de présidence, dans un examen sans concession. Le résultat ne se fait pas attendre : pour retrouver la santé, le président a quatre ans pour affronter « la vérité mano a mano, en public. Hors étiquette et hors catégorie ». Il est encore temps puisque la gauche de la gauche agonise et que l’UMP…

Voilà une lecture qui vous procurera du plaisir si vous aimez le style incisif, les constats posés clairement, les renoncements étalés sous les projecteurs, l’ironie et l’humour … vache. Jamais méchant, mais parfois virulent. Du Bercoff, brut de décoffrage, coulé en béton vibré !

… « Mais Hollande qui s’est posé habilement comme candidat « normal » a montré dans ses douze premiers mois d’exercice du pouvoir, qu’il a, en dépit de toutes ses déclarations apaisantes, endossé les habits de l’hyperprésident, parce que les Français ont élu un capitaine, un chef, et non une tribu. De plus quelle « normalité » peut-on évoquer quand notre héros peut se targuer d’être le premier président non marié de l’histoire de la Vème République ? »…

… « Il est minuit, docteur Hollande. Vous vouliez apaiser la France : elle n’a jamais été aussi divisée. Vous vouliez la changer : pour le moment, cela reste un mirage. »…

Moi, Président… André Bercoff. Editions First. 2013

 


LES PANTALONNADES DE L’ETE

Pantalonnade

Ils nous font bien rire ! Pour faire oublier les vacances catastrophiques de l’an passé, voilà que nos incapables nationaux ont décidé « d’occuper le terrain » tout l’été. Paraître pour faire oublier la réalité. Il faut bien avouer que le roi en matière d’enfumage, c’est encore notre premier pingouin.

Il a en effet décidé de mener le combat pour l’emploi. Tel Don Quichotte parti en guerre contre les moulins, le voilà qui parcourt la France, qui pour signer « un » contrat d’emploi franc, qui pour  avaliser quelques emplois d’avenir, qui encore pour vendre l’innovation, mère de toutes les créations d’emplois du futur… De la tchatche, de l’argent public, de l’illusion. Regardez comme je suis arcbouté pour lutter contre le chômage, s’enflamme-t-il, émoustillé par quelque frémissement de l’activité ! Son cinéma, personne n’y croit. Sans compter que l’accueil n’est pas toujours celui qu’il aimerait, même si les médias s’attachent à en minimiser les images.

Et on nous annonce pour la semaine prochaine qu’il va passer le relais à son sombre Ayrault. Il faut s’attendre au pire. La réalité est plus prosaïque : croissance molle au 3ème trimestre de 0,1%, autant dire rien, et de toute façon 300 000 chômeurs de plus en 2014.  La magie a ses limites.

Un autre n’est pas mal du tout dans son numéro de séduction : mâchoire serrée, torse bombé, cheveux alignés comme des gardes civils franquistes, il court sur tous les théâtres d’opération pour faire croire que l’ordre est assuré, la république défendue, la laïcité affirmée. Il n’en est rien évidemment. Dès qu’il a le dos tourné, les cadavres s’additionnent, les juges refusent d’incarcérer, les bijouteries sont dévalisées et les dealers de cannabis reprennent leur business. Qu’importe, les images sont là pour rassurer dans les chaumières. Avec sa cravate de premier communiant soigneusement nouée autour du cou, Le Ministre de l’intérieur nous présente un extérieur presque convaincant. Bon, mais la magie a encore ses limites. La criminalité explose, c’est l’observatoire de la délinquance qui le dit. Il est vrai qu’avec la Taubira au ministère du laxisme-en-bande-organisée, il n’est pas vraiment aidé.

Et puis il y a notre Garcimore de l’économie, qui annonce sans coup férir, et surtout sans rire, que l’objectif de 3,7% de dépassement du budget, pourtant négocié avec nos partenaires qui ont accordé à la France un délai supplémentaire, et bien tout simplement ne sera pas tenu. La cause : pas assez d’économies, ou pas assez de rentrées fiscales, ou… peu importe, il est incapable de tenir le budget. Et il a le culot d’affirmer « la grande convergence de vues » avec les préconisations du FMI. C’est le comble de la mauvaise foi, au mieux, de l’imposture, au pire. Le FMI réclame des réformes que la France est loin d’avoir entamée, faute de quoi, « les perspectives françaises de croissance potentielle restent très médiocre » !!! Il nous prendrait pour des cons qu’il ne s’y prendrait pas autrement. C’est Mosco pas « vici » !

Ainsi va le gouvernement de la France en ce mois d’août 2013… On attendait le marchand de bonheur. On a les marchands d’illusions !