SOURIEZ, C'EST L'ETE !

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LE MARCHE GOURMAND

L’été, même chahuté comme celui que nous connaissons cette année, est la période propice au dénudement. Il suffit de faire les bords de mer pour le constater : les anatomies variées, même les plus improbables, sont livrées à nos yeux qui n’en peuvent mais… La simple observation permet de constater que la proportion des « dodus » l’emporte largement sur les maigrichons. Le Français aime la table, et quand il ne fait pas beau, il compense en bouffant. Déjà que la table tient une place primordiale dans notre « art de vivre », l’été est la saison de toutes les aggravations. Avec les glaces et les chichis, évidemment, les moules frites, bien sûr et les nombreuses occasions de se faire un « p’tit apéro ».

Cependant j’ai trouvé une explication supplémentaire à la progression de l’embonpoint chez nos contemporains de tous âges : c’est le « marché gourmand ». Pas une station n’y échappe. En nocturne, en matinée, ou à l’occasion des foires et brocantes, difficile d’y échapper. Il est devenu une institution qui colle aux vacances comme le maillot à la peau du marathonien à la fin de sa course. D’un village à l’autre, de l’est à l’ouest et du nord au sud, vous rencontrerez forcément le « marché gourmand », ou ses cousins le « marché fermier » et le « marché traditionnel ». Comme son nom l’indique, on y vend essentiellement des « comestibles ». Il y a bien l’intrus qui vend sa bimbeloterie rutilante à quatre sous dans un coin, mais la composition des étals est quasi immuable.

D’abord, on n’y vend que des produits « artisanaux », fabriqués maison ou en « direct » du producteur. C’est le principe de base. Le « régional » marque son territoire, mais côtoie les « valeurs sures » dont l’appellation de terroir est garante de la qualité. Inévitablement, le « bio » y trouve une place de choix. Les produits ne sont pas donnés, c’est le moins qu’on puisse dire, mais heureusement pour le vendeur, l’insouciance du vacancier favorise les échanges.

Vient en premier l’incontournable étal de miel. Il sera de Vendée si vous êtes en … Vendée, du Gâtinais ou des Alpes selon que vous serez en villégiature dans ces régions. En France il y a des abeilles partout, alors forcément du miel avec. Toute la gamme est là, plus la gelée royale et les bocaux de pelotes de pollen. Beaucoup font donc leur provision de tonus pour l’hiver.

Suivent de près les « saucissons d’Auvergne ». C’est incroyable comme ils sont sur tous les marchés. Aux noisettes, au poivre, sec, en saucisse sèche ou en gros diamètre, seul ou en lot de cinq ou dix, toutes les variétés et toutes les formules sont proposées. De quoi varier à l’infini l’apéro du soir au camping dont il est un des éléments préférés.

Et la tome de Savoie : impossible de faire un marché fermier sans la rencontrer. A croire que ce sont des gros bataillons qui sont descendus des Alpes pour envahir toute la basse plaine. On vous en proposera généreusement une lichette histoire de goûter à l’indicible saveur des prairies d’altitude. Et comme elle est super bonne, vous voilà en train de vous en faire couper une tranche. Même fine, c’est encore un gros morceau, mais tant pis, vous le prenez. « Onze euros ! » Ah quand même !

Et puis, comme le miel et le fromage que l’on produit partout, il y a le stand du viticulteur local. Rouge, rosé, blanc : toute la palette est exposée et à un bout de l’étalage, une sorte de petit comptoir invite à la dégustation. Du vin bio, évidemment, annonce fièrement le « magicien des ceps », avec force détails sur ses méthodes « révolutionnaires ». C’est certainement ce qui lui donne ce petit goût oxydé lié à la pratique ancestrale et la quasi absence de sulfites. Ouais, On pense en soi-même qu’il aurait mieux fait d’en avoir des sulfites, le breuvage « naturel ».

Un marché gourmand c’est aussi des fruits et des légumes vendus « en direct », des brioches si vous êtes en Vendée ou des fouaces faites devant vous, ailleurs, des confitures en veux-tu en voilà, des plats cuisinés qui remplissent des bocaux alléchants, le spécialiste des magrets de canards garantis tout frais, et, pour l’animation et les goules sucrées, le stand du roi de la crêpe bretonne et de la galette au sarrasin.

Ne manquez pas ce rendez-vous où la gastronomie le dispute au chauvinisme local ou hexagonal. Il arrive qu’on y fasse de jolies rencontres gustatives. Beaucoup des produits proposés sont des concentrés de passion et d’amour du goût, fruit de la recherche de la perfection et de talents méconnus. Et puis, tant pis pour le régime. Il sera temps d’y penser à la rentrée.

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

 

Les glaçons

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Midi sur la plage de Scaffa rossa. Les auvents agrafés aux caravanes face à la mer frémissent comme leurs occupants sous les rafales d’un vent frisquet qui fait qu’on a sorti les « doudounes » habituellement réservées aux sorties en montagne. Très inhabituel ce temps, selon les autochtones ! mais il faut faire avec. Depuis le début de l’été, le temps est détraqué, les vagues orageuses se succèdent et le grand soleil estival n’arrive pas à s’établir pour de bon au grand dam des vacanciers qui maugréent sur l’époque, les variations climatiques et ce gouvernement de mouise qui vraiment n’apporte rien de bon …

Bien, mais midi, c’est l’heure de l’apéro. Un rituel sur la plage. Comme tout le monde se connait, la tablée s’allonge au gré des circonstances selon le programme des uns et des autres. Le « jaune » est à l’honneur, avec ou sans menthe, c’est comme on veut, suivi de près par le rosé. Mais le roi de la fête c’est le glaçon !

En Corse, le glaçon fait l’objet d’une attention précautionneuse hors du commun, pas seulement chez les vacanciers. Il s’agit de boire frais, et en manquer ce serait une catastrophe. Pourtant la température du jour n’impose pas vraiment sa présence dans les gobelets, mais l’été, c’est l’été, et en été on boit AVEC glaçons ! Et pas qu’un ! Une poignée en général qu’on verse d’autorité dans le verre avant tout liquide.

Le culte du glaçon est très exigeant. Il suppose une organisation sans faille. Il faut non seulement le produire, mais aussi faire des stocks, le garder en forme jusqu’au moment où il sera servi. Les campements sont donc équipés en conséquence et il n’est pas rare que l’auvent abrite plusieurs frigos qui tournent à plein régime. Des glacières sont appelées en renfort pour le stockage et assurer dans de bonnes conditions la consommation quotidienne. C’est donc toute une industrie savamment organisée de façon à ne pas déborder sur les nombreuses activités : entre baignade, sortie en mer, excursion en montagne avec bivouac, sans parler des nombreuses occupations avec les coups de main à donner aux copains locaux.

Le glaçon suit partout. Les 4x4 sont tous équipés de glacières électriques dont une partie est consacrée à la conservation du précieux cube. Et même au fin fond du maquis, votre hôte vous servira un « 51 » bien frais avec un sourire malicieux : au moins trois glaçons occupent le volume du liquide jaune procurant la fraîcheur nécessaire à la durée de votre dégustation.

Pour l’heure, on est sur la plage, on a installé les « joues » coupe-vent sur l’auvent et nous dégustons tranquillement notre apéro accompagné de délicieuses tranches de charcuterie locale. Frais dehors, frais dedans. Mais c’est exceptionnel. La chaleur ne va pas tarder à arriver ! Les glaçons s’avéreront alors indispensables et n’en auront que plus de prix.

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Supermarche-caisse-

AH,AH,AH LA QUEUE LEU LEU …

Tout le monde connait la chanson qui fait les bonnes animations délirantes des fêtes familiales après boire. C’est moins drôle quand il s’agit de la queue à la caisse du super marché, un jour d’affluence. Non seulement les caddies sont chargés comme des ânes qui reviennent du souk, et les caissières malgré leur virtuosité diligente, débordées, en plus il faut que je tombe fatalement sur « l’incident de ligne », motif qui explique que toutes les autre files avancent sauf la mienne. Une fatalité. A croire que j’attire les dysfonctionnements ! Et il y en a de nombreux possibles. Je les ai tous eus. En voici quelques-uns d’emblématiques.

Le classique : le rouleau de papier de la caisse est épuisé. Il suffit de le changer. Mais, comme par hasard, le préposé à cette besogne n’a pas fait son boulot, et la recharge n’est pas disponible sous les genoux de la caissière. Téléphone, attente. Les clients s’impatientent. Pas de rouleau, pas de caisse fonctionnelle. Le voilà qui arrive enfin sur roller, à toute vitesse. La mise en place est laborieuse : elle se fait sous l’œil inquisiteur d’au moins quatre clients en attente de redémarrage ce qui exerce une pression indicible sur les gestes devenus fébriles de la pauvre caissière aussi à l’aise qu’une autruche devant un tournevis et qui se confond en excuses. En réponse elle obtient des grognements. Mais, bon, c’est reparti.

Le banal : le code barre qui ne passe pas. Et voilà la queue en rade ; la caissière a beau tenter de multiples angles devant le faisceau rouge, taper le code chiffre, rien à faire. Deux possibilités : ou le client renonce à son achat en délaissant le produit récalcitrant, ou il faut en passer par la caisse centrale, c’est-à-dire téléphoner, expliquer le cas et attendre une solution. Là encore, deux possibilités : soit la procédure obtenue est fonctionnelle, soit il faut attendre qu’une personne se déplace. Les minutes défilent. En général, j’ai droit à la seconde solution. Il faut encore que l’intervention débouche sur l’enregistrement par la caisse. Ouf !

Le frustrant : la caissière termine son service trois clients devant vous. Elle vient de poser son panneau : « caisse fermée » et prend un dernier chariot. La remplaçante n’arrive pas. Il faut changer de caisse et recommencer une queue. Vous me direz, « ça n’arrive qu’à toi ! » et vous aurez raison. Dans le genre frustrant il y a aussi l’agent d’encaissement en apprentissage. Avec une personne expérimentée derrière lui (ou elle), il passe un à un les articles et découvre les différentes situations qu’il aura à gérer. Le rythme ralenti ne permet pas à la queue d’avancer rapidement. Encore peut-on se réfugier dans une autre file si on s’aperçoit à temps de la situation.

L’horripilant : la cliente qui veut une facture pour chaque article, un à un. Une procédure qui permet de faire de réels gains avec des articles en promotion dont la réduction est obtenue par envoi d’un formulaire accompagné du ticket de caisse. Mais qu’elle est fastidieuse. Elle est le fait de maniaques qui pourraient au moins venir faire leurs courses aux heures creuses. Mais non ! Je n’ai rien contre les p’tits vieux retraités, néanmoins je les trouve parfois malicieux pour ne pas dire vicieux. En attendant que la caissière, le visage fermé comme une boite Tupperware, fasse le tour de tous les produits dont pas un n’échappe à la démarche, il faut patienter et subir le regard pour le moins narquois voire agressif de la cliente. On sent qu’elle attend avec délectation la réflexion de l’un de ceux qui suivent. Celle-ci ne viendra pas. Ce jour-là, les grincheux étaient de sortie. De toute façon ça n’aurait pas fait avancer le schmilblik.

Conclusion : si vous me voyez faire la queue, prenez une autre file, vous gagnerez du temps.

Vous avez encore la possibilité de pratiquer les caisses self-service, mais rien ne vous assure que tout ira bien !


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Bricoleur

 

L’OBJET QUI PEUT SERVIR …

Les vacances, c’est le moment propice pour bricoler un peu. Et c’est là que l’affaire se corse. Il y a toujours un objet « qui-peut-servir », soigneusement mis de côté en son temps, et qui devrait s’avérer utile justement pour ce qu’on vient d’entreprendre. Mais voilà : impossible de le retrouver. « Où ai-je bien pu le fourrer ? ».

Commence alors une fouille incertaine dans le bric-à-brac de ces rogatons soi-disant indispensables puisqu’on ne les a pas jetés, et qui va épuiser une bonne partie de la journée. Morceau de bois, goupille, ressort, bout de tuyau, charnière, fil électrique ou prise, tube de colle, sans parler des vis et écrous dépareillés… c’est fou ce qu’on peut entasser dans les tiroirs-à-fouillis ou les recoins d’un garage.

Evidemment, impossible de mettre la main sur l’objet tant convoité. On passe en revue tous les endroits possibles où il aurait pu être rangé. Une chasse au trésor méthodique commence à travers toute la maison qui est passée au peigne fin. Chou blanc, forcément ! Et pourtant la certitude de le posséder continue de vous obséder malgré l’évidence et surtout le temps perdu à le chercher.

On repasse donc une deuxième fois. Souvent, on a l’idée de l’endroit où il a pu être entreposé : celui-ci sera vérifié plusieurs fois, sans succès. « C’est pourtant bien là que je l’avais mis ! ». Alors il faut que ce soit quelqu’un d’autre qui l’ait déplacé. Et la question fuse : « tu n’aurais pas vu… ? ». La réponse va de soi : non, bien sûr. Ce qui n’arrange rien. Pourtant, un doute accusatoire persiste dans votre esprit, bien commode pour panser la frustration ressentie. C’est tellement plus simple que ce soit quelqu’un d’autre qui puisse être responsable de cet échec cuisant.

Alors, il faut se rendre à l’évidence : puisque l’objet convoité qui aurait enfin pu servir reste introuvable, il faut se résoudre à aller, à contre-cœur, à la grande surface de bricolage se procurer le nécessaire.

L’objet en question, c’est écrit, on le retrouvera un jour qu’on ne le cherche pas et qu’on en n’aura plus besoin. Mais on le gardera à nouveau, au cas où…

 


PUISQU’ON VOUS DIT QU’IL N’Y A PAS D’ACHARNEMENT !

Justice

 

L’ancien président de la république mis en examen pour corruption active et trafic d’influence. Une réalité qui dépasse la fiction. Avec ses démêlés judiciaires, il y a de quoi écrire un roman. Car avec la mise bout à bout des affaires dans lesquelles la justice veut l’impliquer, on a l’impression de sombrer dans une histoire directement issue du cerveau d’un écrivain. On y trouverait à souhait des juges partisans en connivence avec un pouvoir politique avide de vengeance, des procédés inavouables, des procédures au tempo soigneusement calculé, et, évidemment des supputations sans preuves. Un but : empêcher le retour en politique d’un citoyen redevenu « ordinaire » après avoir exercé les plus hautes fonctions.

Je vais donc me faire conteur pour vous relater cette sombre histoire. Il s’agit évidemment d’une fiction. Toute ressemblance avec une situation existante serait pure coïncidence.

« En garde à vue ! Vous allez répondre de vos actes ».

15 heures d’interrogatoire. De quel criminel s’agit-il ? D’un ancien président à qui jusqu’à présent on n’a rien trouvé à reprocher. Garde à vue quand même ! Il doit être traité comme n’importe quel justiciable. Logique, non ? Comme dans un roman il faut forcer le trait, on va lui infliger un régime judiciaire bien corsé pour mettre l’eau à la bouche du lecteur. Les médias en profitent pour ressortir des placards toutes les affaires dans lesquelles son nom est cité, ne serait-ce qu’à la marge, même celles où il a été disculpé.

« Si les juges agissent ainsi, c’est qu’ils ont entre leurs mains du lourd ! »

Alors tant pis pour la présomption d’innocence, le secret de l’instruction. Dans la vraie vie on n’en fait pas cas, alors, pensez, dans une fiction. Que lui reproche-t-on ? Bien des choses apprises par des écoutes téléphoniques. Ah, les enregistrements de conversations et les écoutes : voilà des filons inépuisables de possibles procédures. Déjà l’affaire de la richissime milliardaire, aujourd’hui éteinte, avait commencé par des révélations tirées d’enregistrements clandestins effectués par son majordome. Et on avait réussi à extrapoler une possible implication de notre homme jusqu’à le mettre en examen pour finalement aboutir à un non-lieu. Palpitant, non ?

Où en est-on ? Figurez-vous que son avocat, homme compétent et avisé avait cherché à connaître l’évolution des enquêtes concernant son client et autres renseignements utiles pour la défense. C’est l’usage dans la profession, mais  là, non. Interdit d’être ami avec un juge qui pourrait donner des indications. C’est là que les écoutes téléphoniques interviennent : au mépris des règles ordinaires de l’instruction, pendant de longs mois (on est dans un roman) l’avocat et son client sont espionnés par des policiers qui se relaient 24H sur 24. Les droits de la défense sont bafoués : vous êtes certain ? On ne trouve rien de ce qu’on cherche. Il s’agit d’un financement occulte lointain qu’un site de journalistes a dévoilé et pour lequel on cherche des preuves. On ira jusqu’à perquisitionner chez l’avocat, fouiller son lave-linge, démonter sa bibliothèque… vous allez me dire que j’exagère, que ça fait pas réel ! Dans un roman les faits doivent rester plausibles.

Alors, on met sur écoutes…

Intéressantes les écoutes, parce qu’elles vont permettre de trouver un prétexte pour une nouvelle implication de ce personnage qui échappe sans cesse à ses poursuiteurs. Peu importe que les faits ne soient pas constitués. Avec un peu de mauvaise foi, on va mettre en relation ce qui peut constituer un grave délit de trafic d’influence. L’essentiel n’est pas de condamner, mais de poursuivre. Car dans son cas, le soupçon est aussi destructeur que l’acte délictueux établi. Et peu importe que la procédure débouche à nouveau sur une impasse ou un non-lieu.  Alors on organise un tourbillon judiciaire : rumeur, accumulation, mensonges. Et de l’accumulation nait la présomption d’une culpabilité puisqu’un honnête citoyen ne serait pas ainsi incriminé dans autant d’affaires. Il est forcément coupable de quelque chose : « il n’y a pas de fumée sans feu ! »

De l’instruction à l’instrumentalisation.

Le roman ne serait pas complet s’il n’y avait pas une dimension politique. Et bien sûr, le pouvoir politique est impliqué : il est tenu informé. Il n’a pas besoin de donner des consignes. La connivence idéologique et l’envie de faire sa fête à l’intéressé en tiennent lieu et place. Ce n’est pas par hasard si ce sont  ces juges-là qui instruisent, ils ont été nommés pour ça. On peut alors mettre en avant le principe de la séparation des pouvoirs et de la présomption d’innocence, en sachant fort bien que ni l’un ni l’autre ne sont respectés. Pour faire bonne mesure, on met dans le scénario un ministre pris en flagrant délit de mensonge en plein JT de 20H et une haute personnalité qui se livre à des confidences dans ses réceptions : il sait tout ce que fait l’énergumène en question. Voilà du romanesque !

Et le roman se termine comment ? Attendez, on n’est pas au bout : la victime va se débattre et va chercher à en découdre avec ses adversaires. Et on peut s’attendre à des rebondissements, car son tempérament  ne l’encline pas à l’abattement, et ses atouts sont nombreux.

Une petite idée de la suite : cherchez à qui profite le crime…

Mais enfin, laissez la justice faire sereinement son travail, puisqu’on vous dit qu’il n’y a pas d’acharnement !

 


DES VERTS ET DES PAS MÛRS !

 

  Clown

Voilà un petit chef d’œuvre d’humour paru ce matin dans « les Echos » que je me fais un devoir de partager avec vous. Il donne une bonne idée de la farce permanente à laquelle se livrent ceux qui nous gouvernent :

 

 « LE BILLET  DE FAVILLA

Mises en scène et dégradés de vert

Les Verts et le gouvernement nous servent un indescriptible vaudeville – avec fausses sorties et portes qui claquent. Les commentateurs politiques sont ainsi conduits à analyser ces péripéties en employant, sans le savoir, les méthodes des critiques de scène. Quand par exemple M Duflot, ministre, déclare bravement que, si elle ne l’était pas, elle aurait défilé « plutôt deux fois qu’une » contre le projet d’aéroport cher à son Premier ministre, fait-elle du Feydeau, du Courteline ou du Labiche, ou bien dans des genres plus contemporains, du Ionesco, du Topor ou du Dubillard ? La question mérite d’être posée. Si l’on allait jusqu’à détailler l’éventail de ces registres (le ridicule, le médiocre, l’incongru, l’absurde, le surréaliste, l’inquiétant…). On se ferait dire que c’est là une manière bien légère de commenter la politique. Que dira-t-on, alors, de cette manière de gouverner ?

Pour en finir avec le théâtre, et un Jean-Marc Ayrault dont on ne sait s’il fait du Molière ou du Crommelynck, il vaudrait mieux, disent certains, s’intéresser aux nuances qui se dégagent de ces échanges hauts en couleur. La métaphore est un peu usée, mais ce sont les protagonistes eux-mêmes qui y ont poussé. Les écologistes en s’attribuant le vert faute de pouvoir se définir davantage, les socialistes le rose (et la rose) pour sourire au peuple. Aujourd’hui, le rose vif des années 1980 tourne au vieux rose de la social- démocratie élyséenne. Quant aux Verts, ils se constellent volontiers de rouge dans leurs congrès et se maculent de noir dans leurs manifs, ce qui fait un barbouillis dégradé de vert qui évoque un cahier d’écolier mal tenu.

En fait, c’est cela, tous ces gens se tiennent mal. Ils confondent le théâtre avec les intrigues, et affichent leurs couleurs sans nettoyer les pinceaux. Ne disons rien du texte : l’écologie est d’abord une discipline, ils en manquent ; une politique énergétique est une action à mener, ils croient que c’est une loi à voter ; un ministre sert l’intérêt général, ils servent leur boutique… Se rendent-ils compte, au moins, qu’ils vont droit à la volée de bois vert ? »

 


MA RECOLTE DE LA SEMAINE

Longue vue de pirate

 

Le début de la semaine a été dominé par deux faits majeurs :

Les chiffres du chômage de janvier : « A deux doigts de l’inversion » nous avait expliqué M.Sapin. Et malgré ses nouvelles explications toujours aussi alambiquées, comme quoi la hausse était en fait baissière, force est de constater que le chômage augmente et a même repris, malheureusement, de la vigueur. Plus je pédale moins vite, moins j’avance plus vite !

Les commentaires sur la vraie fausse visite de Hollande au salon de l’Agriculture : Vous avez vu, le climat « apaisé » de la visite du pingouin au milieu des bovins. Pas de manif’, pas de propos déplacés, pas de sifflets… Forcément c’était avant l’ouverture au public, et le parcours avait été savamment choisi et organisé, accompagné de médias bien complaisants et jalonné d’interlocuteurs triés… sur le volet.

Le milieu de la semaine nous a apporté son lot d’événements :

L’affaire Copé : la « une » du Point ne fait pas dans la délicatesse. Le tabloïd français a pris des habitudes anglo-saxonnes. En voilà des révélations qui tombent à pic à trois semaines des municipales. Un bon gros scandale pour disqualifier le patron de l’UMP toujours dans le collimateur de l’hebdo. Mais Pschittt ! Excepté un parlementaire éconduit,  l’ensemble des dirigeants a fait corps avec le Président, y compris François Fillon qui a fort bien vu le piège. Un inconvénient, en attendant que l’affaire soit instruite : le doute est instillé dans une opinion publique qui n’avait pas besoin de ce petit supplément de soupçon. Qui sait qui dit merci : Marine bien sûr !

La rencontre des partenaires sociaux sur le « pacte » : comme de bien entendu, la réunion n’a rien donné et ils se sont séparés sur un constat de désaccord en attendant la prochaine réunion. On attendait un élan magistral de tous les acteurs pour mettre en route le projet hollandais, comme la recherche de la croissance l’exigerait, et on assiste à une bataille de marchand de tapis ! Et comme par ailleurs, il n’y a toujours aucune annonce de baisse des dépenses, on ne sait toujours pas comment l’opération sera financée… Le pacte est au point mort !

Ce week-end dernier nous a valu quelques échos tout aussi passionnants :

Grave question : faut-il un gouvernement resserré ? devant l’usure  du gouvernement et ses couacs à répétition, la rumeur enfle d’un remaniement imminent. Réduction du nombre des Ministres (pour faire des économies ?) et renouvellement des têtes pour ripoliner la façade du hollandisme. On dit Mosco, Peillon, Duflot, les « boulets » sur le départ. On pourrait y ajouter la Khmère rose, la BelKacem. On y retrouverait l’incommensurable Royal à un ministère régalien. Avec le retour de la buse du Poitou, « l’ancienne » du patron, c’est nous qui allons bien nous régaler !

Les russes jouent avec le feu en Ukraine : Poutine, le colosse un temps paralysé par les J.O., peut enfin montrer ses muscles et reprendre l’initiative en Ukraine via ses « amis » à qui il a demandé de s’agiter pour lui donner de bons prétextes. En commençant par la Crimée russophile, il ne prenait pas grand risque. Mais la suite pourrait être plus compliquée. On se demande où est passée la France, alors qu’elle devrait être aux avant-postes à la manœuvre. On peut douter que notre capitaine de pédalo soit à la hauteur.

Deux réparties bien smatchée de NKM à "C Politique" : Répondant à son intervieweuse sur ce qu’elle pensait des « cartes postales » de Sarkozy, elle décoche : « J’aime bien les cartes postales. C’est plus sympa à recevoir que les feuilles d’impôts et les commandements d’huissier de Hollande ! » et sur le pacte de responsabilité et le patronat qui se fait attendre dans les « contreparties », elle dégaine à nouveau : «  C’est de François Hollande qu’on attend des réponses,  (les baisses des dépenses) et rien ne vient ! »

Et puis, pour finir, quelques idées qui sont dans l’air du temps :

L’accusation définitive de Baylet : « Les Verts sont des obscurantistes ». Celle-là, elle me plait beaucoup. Le président des Radicaux de Gauche dit tout le bien qu’il pense des positions des écolos qui nuisent à la majorité et au redressement de la France. Il trouve leur attitude irresponsable quand ils participent à une manifestation contre le gouvernement. Il les accuse d’obscurantisme sur le nucléaire, sur le gaz de schiste, … Pour lui, le moment est venu de les mettre devant leurs obligations !

On veut faire des Airbus de tout (concept à la mode) : « Airbus de l’énergie »,  pour parler d’un projet commun franco-allemand sur la transition énergétique, « Airbus des télécoms » pour Arnaud Montebourg en réunissant Nokia, Siemens et Alcatel-Lucent et jusqu’au président de Région Pays de la Loire qui parle d’un « Airbus ferroviaire »! … Magie des mots : l’antonomase connait un succès proportionnel au succès effectif de l’avionneur européen, véritable succès industriel que l’on voudrait copier dans les différents domaines évoqués. Une communication qui n’est pas sans créer des malentendus. Attention à la traduction qui peut en être faite dans les langues de nos voisins qui n’ont pas ce génie de l’image dans leur figures de style.

 


LE FUSIL A TIRER DANS LES COINS

Haddock cons BIS

Il y a des jours comme ça où on a une furieuse envie de tirer sur tout ce qui bouge (verbalement s’entend), tellement l’actualité fournit de prétextes à se faire plaisir.

Le débat qui ne sert à rien.

Quelle drôle d’idée que de vouloir confronter Arnaud Montebourg et Marine Le Pen. Dans quel cerveau fumeux un tel projet a pu germer ?  S’il y a des confrontations inutiles, c’est bien celle-là. D’ailleurs il n’en est rien sorti, mis à part quelques invectives. A moins que ce soit pour faire croire qu’entre la gauche du PS et l’extrême-droite Le Peniste, il n’y a rien. La ficelle serait un peu grosse !

Le psychodrame de ND des Landes. 

Quelques centaines de personnes à défiler dans les rues de Nantes avec la fine fleur de l’écologie française. L’inénarrable Duflot était absente mais avait fait savoir qu’elle soutenait moralement. Découvrir aujourd’hui que les squatters du site du futur aéroport sont des violents venus de toute l’Europe, c’est faire preuve d’une grande naïveté et le pouvoir sait depuis longtemps de quoi ils sont capables. Il suffit de voir ce qu’ils ont fait du centre-ville cher au Premier Ministre. Colère justifiée et sommations ! Mais c’est aussitôt pour baisser culotte. Les Verts ne seront pas foutus à la porte du gouvernement. Quelle comédie !

Géométrie variable.  

A Pau, l’UMP soutient Bayrou, mais à Marseille Bennahmias rejoint le PS. Quel rapport ? Le Modem. Allez comprendre !

Remaniement ou pas ?

La grande question qui agite le microcosme c’est le départ du Premier Ministre. Si cela se confirme, par qui va-t-il le remplacer ? En tout cas ce ne devrait pas être Bertrand Delanoë. Bien que disponible, le futur ex-maire de Paris est rejeté par deux Français sur trois !

La droite revancharde.

C’est la dernière formule à la mode agitée par le laquais de la rue de Solférino. Comme il n’y a plus de « Désir » de gauche dans le pays, le Harlem est en train de se noyer. Et personne (à droite) pour lui lancer une bouée de sauvetage. Les sans-cœurs ! Notez au passage que la gauche n’a pas du tout été revancharde, elle, pendant cinq ans entre 2007 et 2012 !

Le pacte.

Après l’usine à gaz du CICE, dispositif qui ne connait pas un grand succès auprès des entreprises qui en auraient le plus besoin, tellement il est complexe, nos « experts » en place sont en train de concocter un assemblage de même type pour tenir l’engagement de baisser les charges des entreprises de l’équivalent des cotisations « famille ». Ceux qui n’ont pas fait HEC vont avoir du mal ! On saura bientôt ce qu’il en est vraiment.

Le boa fiscal a toujours faim.

L’année 2014-2015 devrait voir éclore de nouvelles taxes sous couvert de « remise à plat de la fiscalité ». Aplat, ce ne sera pas pour tout le monde. Tout ce qui est envisagé pour le moment concerne toujours les mêmes contributeurs : fusion de l’IR et de la CSG, révision des bases cadastrales, prise en compte des revenus dans le calcul de la taxe d’habitation, progressivité de la CSG aujourd’hui à taux fixe, pour financer les dépenses soicales... Classes moyennes, à votre portefeuille !

 


CA VA DEVENIR COMPLIQUE D’EXISTER !

Un homme et une femme

 

Je ne résiste pas au plaisir de vous proposer ce petit bijou d’humour de Bertrand de Saint-André, publié dans le Figaro.

« VARIATIONS AUTOUR DE LA LOI DU GENRE

Un homme et une femme. Ils sont sur une plage à Deauville. Lui, c’est Jean-louis Trintignant, pilote automobile ; elle, Anouk aimée, script girl. Tous deux sont veufs, inconsolables. Claude Lelouch tient la caméra. Entre eux quelque chose va naître. Cha-ba-da-ba-da. Le film va obtenir la palme d’or à Cannes. Connaître un succès… Coupez ! Que signifie cette histoire, cette romance à l’eau de rose ? Vous vous croyez où ? Au cinéma ? D’abord qui a eu l’idée saugrenue d’intituler un film Un homme et une femme ! Sexisme ! Pourquoi pas Une femme et un homme ? Ou mieux, Un homme et un homme, voire Une femme et une femme. Ou deux.

Par ailleurs qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que cet homme en est bien un ? Et comment osez-vous réduire cette femme à sa stricte apparence ? Pourquoi est-elle si belle ? Et lui si beau ? Les laids n’ont-ils pas le droit d’apparaître ? La beauté est un affront, un crime de lèse-égalité. Doit-on accepter de n’être que ce que l’on est, prisonnier d’une identité qu’on n’a pas choisie ? Morale d’ancien régime ! Vision idéologique ! Œillères réactionnaires ! Ouvrez les camps de (ré)éducation nationale. Et le réalisateur ? n’est-il pas de confession juive ? Où est donc le musulman ? Y a-t-il un chrétien quelque part ? Pourquoi n’a-t-on pas fait appel à un caméraman bouddhiste ? Les athées sont-ils dignement représentés ? L’acteur principal est de gauche ; l’héroïne également. Il n’y a donc personne de droite dans le cinéma français ? Qui a choisi le casting ? Que fait la police politique ? Trouvez un centriste.  Et pourquoi n’y a-t-il aucune personne de couleur sur le plateau ? Racisme ordinaire ! Pas un seul membre des minorités ethniques. S’il y en a, comment va-t-on les représenter ? Non à la caricature ! Pourquoi faut-il que l’on donne toujours la parole aux hommes blancs ? A-t-on pensé aux personnes verticalement diminuées ? Aux non-voyants ? Aux malentendants ? Y a-t-il un accès handicapé ?  Pourquoi aucun individu n’est en surpoids ? Et ce choix de Deauville ! Quelle image de la France ! Une cité balnéaire bourgeoise aux relents impériaux !  Des jeunes gens qui n’ont rien d’autre à faire que de se promener sur la plage. Où sont les citoyens ? La classe ouvrière ? La banlieue ? Assez de nantis ! Et cette profession : pilote automobile ! Quelle honte ! Un pollueur qui ne respecte même pas les limitations de vitesse ! Eteignez vos cigarettes. Pas d’alcool au volant.

Les héros ont un enfant. Quel est ce modèle que l’on nous impose ? L’individu est-il condamné à procréer ? Ces enfants, que lisent-ils ? Ouvrez leur cartable. Papa porte une robe ? Ok. Laissez passer.

Depuis que la gauche s’est mis en tête de recréer le monde à son image, il devient difficile d’exister. »

 


LE COMMENTAIRE DU JOUR

Florent-Pagny
 

De Florent Pagny, interrogé sur "l'affaire" :

"Le pauvre François, une fois de plus, il s’est fait gauler, même avec un casque! (Rires) Après, chacun fait ce qu’il veut de son cul. A un tel niveau de responsabilités, soit tu es capable de t’organiser pour que personne ne soit au courant. Soit tu as le pouvoir de tout bloquer comme Mitterrand. Et quand j’entends parler d’atteinte à la vie privée… Attends, mon pote, tu es président, c’est 24 heures sur 24 pendant cinq ans. La vie privée, tu oublies. Ou démerde-toi pour qu’elle ne soit pas dans les journaux."

Excellent , non ?

 


BREVES DE BLOG

 

Quelques brèves, histoire d'aborder la période des fêtes de bonne humeur :

Le dénommé Feltesse, ci-devant député PS de la Gironde, et opposant à Alain Juppé, veut "faire éclater le miroir aux alouettes" du maire UMP en montrant sa politique de "droite". Si c'est avec les résultats de la gauche qu'il espère convaincre, on lui souhaite bon courage ! 

Valls et Sapin, en visite au terminal gazier de Dunkerque. Cela n'a surpris personne, les membres du gouvernement étant des experts en usines à gaz.

La courbe du chômage va s'inverser avant la fin de l'année, réitère le Pingouin. L'Insee dit le contraire. Mais notre Président compte sur Le Père Noël !

 

 

 


MON PÔVRE MONSIEUR …

 

Dialogue imaginaire avec un « intellectuel » de "gôche".

 

« Alors vous n’étiez pas à la grande manif contre le racisme ? »

-          Ben non ! Vous savez, la protestation au pas cadencé, ça n’est pas mon fort !

« Et vous n’étiez pas non plus à la soirée de la Mutualité ? »

-          Ben non ! Le prêt-à-penser ne me va pas bien, c’est comme les vêtements, avec le prêt-à-porter : les manches et les jambes de pantalons sont toujours trop longues. La « dénonciation de commande », je trouve l’exercice un peu trop convenu à mon goût. Et puis cette revendication grotesque de « France fraternelle : c’est nous », cette dictature intellectuelle inavouée quand on se retrouve entre soi et qu’on est réduit à sa petite chapelle, alors que la vraie France est dehors et indifférente, cela m’insupporte vraiment !

«  Ah ! Et vous n’étiez pas non plus au Rond-Point, alors ? Vous avez raté LE rendez-vous des intellectuels attachés aux « vraies valeurs de notre République », contre le racisme et pour la fraternité entre les peuples….  Ajoute mon interlocuteur avec ce rictus de commisération au coin de la bouche qui est la marque habituelle de la condescendance intellectuelle chez lui.»

-          Ben non plus !  Et je dois dire que les ronds de jambes de M. Ribes en Monsieur Loyal accueillant tout ce « beau monde » très « rive-gauche » au confort intellectuel garanti « rose grand teint », c’est un univers un peu factice, une sorte de jeu virtuel où chacun joue à se montrer en se gaussant des bons mots de M. Bedos. Une indignation factice, des relations factices, du « passe-moi-la-main-dans-le-dos » de connivence, des discours trop tonitruants pour être honnêtes. A cette lumière de spectacle un peu rance tellement on nous surjoue le « halte au racisme !» et le « touche pas à mon pote !», je préfère encore l’ombre qui permet de rester lucide sur l’état de notre pauvre pays et du monde.

« Mon pauvre Monsieur ! Mais alors, vous êtes raciste ! »

-          Ben non ! Pas du tout, même ! Mais voyez-vous, j’ai l’impression que nous ne parlons pas de la même « République » ni des mêmes « valeurs ». La devise « Liberté-Egalité-Fraternité », je n’en fais pas la même lecture que vous. La France, ça n’est pas une auberge espagnole, c’est une communauté de destin dans laquelle on se fond, en épousant son histoire, sa culture, ses lois. Et en échange elle vous apporte la liberté de conscience et de penser, la reconnaissance d’une égalité entre individus quels que soient la couleur, le sexe, la religion, le bénéfice de sa fraternité transposée dans toutes ses généreuses dispositions sociales.

Quand je vois, réuni sur la scène et cherchant désespérément la lumière, tout ce petit monde s’agiter à des fins politiciennes avec l’arrogance de ceux qui n’ont que des certitudes, tous ces batteleurs de la « bien-pensance ripolinée » qui vous récitent leurs discours stéréotypés aux formules ronflantes, « qui gueulent et qui soulèvent avec des han ! de porteur d’eau » leurs vérités sectaires,  j’ai vraiment envie d’être le Cyrano de Bergerac qui s’en prend à la fatuité de Montfleury tentant de jouer « La Clorise » et à qui il menace de « fesser les joues ». De réserver à ce Monsieur Ribes le sort qu’il mérite, « qu’en voyant si gros et bête comme une urne », de lui flanquer quelque part « mon cothurne » !

Et pour en finir avec ce procès permanent en « racisme larvé » sous prétexte qu’on ne souscrit pas à la « comédie-de-la-gauche-seule-détentrice-de-la-vérité », je dirais comme Cyrano : 

« Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances, …

Je ne sortirais pas avec, par négligence,

Un affront pas très bien lavé, la conscience

Jaune encore de sommeil dans le coin de son œil,

Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil… »

Et encore, je ne lui ai pas dit le pire, j’aurais eu droit à un regard accablé et assuré ma totale déchéance, je ne lui ai pas dit que j’étais …sarkozyste !

 


LES PERLES DE LA SEMAINE

 

Haddock se marre bis

La TVA va baisser : voilà une nouvelle qu’elle est bonne !  … De 7% à 5,5% sur les préservatifs. Très important ! Vous savez pourquoi ? Non ? Eh bien j’vais vous le dire : ce sera la mesure qui marquera le quinquennat socialiste, parce que le préservatif supporte l’inflation, et donne aux gens qu’on baise un sentiment de sécurité !

La France déclassée : dans le prochain rapport Pisa, la France recule encore de deux places. « Il faut réapprendre à réfléchir dur » nous dit le directeur de l’Institut Henri Poincaré. Faudra expliquer ça à notre Peillon, parce que c’est pas son fort de réfléchir.

Plus c'est gros... « A force d’efforts, ce n’est pas qu’une courbe qui commence à plier, c’est une réalité qui commence à s’inverser » Qui fait ce commentaire inénarrable sur le chômage du mois d’octobre ? Vous ne savez pas ? Eh bien j’vais vous le dire : Najat Vallaud Belkacem… Vous avez droit à 5 mn de fou-rire.

Pierre Laurent sent « grandir le réveil de la mobilisation » de la base à gauche. Il a l’odorat drôlement fin, vu les maigres troupes qui ont défilé pour marcher sur Bercy. A moins que le réveil ne soit très lent.

Apportez le masque à oxygène ! Une des meilleures entendues cette semaine nous vient de Jean-Paul Delevoye, le peu glorieux président du Conseil Economique et Social (qui soutient le candidat de gauche pour lui succéder dans sa ville), qui affirme sans ciller que les politiques n’écoutent pas assez les Français. De la part de celui qui a superbement ignoré les 700 000 signataires de la pétition contre le mariage homosexuel, ça ne manque pas de sel !

Les Romains viennent d’élire un nouveau maire, Ignazio Marino, succédant à un maire de droite. Cela n’a pas échappé à Mister Delanoë. De passage dans la ville éternelle pour relancer le jumelage avec Paris, il a affirmé qu’il n’avait pu y avoir d’échanges avec une équipe ne partageant pas « les mêmes valeurs universelles » que lui. Un discours d’illuminé autrement dit. Ce serait pas une forme de racisme anti-droite par hasard ?

Vert galant ! Et celle-là, d’un cadre du parti, à propos de la nouvelle dirigeante du parti vert, élue de justesse, Emmanuelle Cosse : « elle est passée de l’esthétisme gauchiste au pragmatisme opportuniste… On a une gardienne du temple Placé-Duflot. » Une manière soft de décrire l’emprise stalinienne de la Ministre sur son parti.

La Cosse était mal branchée, elle a commencé son premier discours de patronne des Verts par un lapsus. Elle évoque le moment « essensuel » des municipales de mars. Normal pour l’ancienne présidente d’Act Up ! Une manière de dire qu’elle va prendre son pied à diriger les Verts…

Le top du trucage : Après celle du plan « serré » pour l’interview, devant une poignée de figurants qui donnent l’impression de la présence de milliers de personnes, on compte jusqu’à 23 feux rouges qui apparaissent sur la photo de la manif’ de Méluche. Merci Photoshop ! C’est sûr, comme ça, y a foule ! Plus fort que les  trucages de Valls pour la Manif’ pour tous.

 


Tenue "automne-hiver"

 

Le calepin se pare aujourd'hui de sa tenue automne-hiver. Les jours racourcissent, les frimas sont apparus, les arbres se dénudent après avoir revêtus leur parure dorée. Le temps de Noël approche et le calendrier de l'avent a fait son apparition. Dans les rues, les passants vont et viennent, enfouis dans leurs vêtements chauds, leurs écharpes et leurs bonnets. le marché de Noêl a ouvert ses cabanons, ça sent bon le vin chaud, les crêpes et les marrons qui cuisent... A la tombée de la nuit, le grand sapin s'est mis à briller de tous ses feux. Les illuminations n'est-ce pas fait pour rallonger ces jours trop courts qui nous sapent le moral ?  Le réconfort, c'est justement tous ces sacs que les passants transportent et qui contiennent un précieux chargement grappillé ici ou là pour remplir la hotte. Décembre, le mois des cadeaux  ! Ceux que l'on espère, ceux que l'on projette d'offrir, ceux que l'on trouve par hasard. Trois plaisirs : l'achat, l'attente, la réception... Histoire d'oublier un moment la crise, les impôts et les turlupins qui nous gouvernent.

 

 


MINUTE PAPILLON !

Papillon

Malin comme un singe : voilà une comparaison qui fait partie des clichés de la langue française, pour ne pas dire des poncifs. Qui y voit une allusion raciste depuis le temps qu’elle est employée a l’esprit vraiment mal tourné.

Avoir la banane : c’est bien le synonyme d’avoir la pêche, non ? Donc une expression tout-à-fait banale.

En rapprochant les deux à côté du portrait de la Taubira, Minute réalise ce qui s’appelle une provocation. De mauvais goût. Condamnable. C’est du mauvais esprit comme cet hebdomadaire nous a tant de fois livrés des saillies.

Mais y-a-t-il vraiment là de quoi en faire des tonnes et déclencher les grandes orgues de la réprobation avec chœur des vierges moralisatrices et trompettes guerrières ? Procès en racisme en bonne et due forme, syndicat de la magistrature en tête. Avec meeting des intellectuels de Boboland et marche de la gauche en miettes prévue le 30 novembre. Madame Taubira  est contente. Il aura fallu du temps, mais elle a réussi à faire se mobiliser tout ce beau monde autour de sa modeste et fort haïssable personne (haïssable, non parce qu’elle est noire, mais à cause de ses idées néfastes.)

En même temps voilà une excellente diversion qui tombe à point pour détourner les médias des problèmes réels que rencontrent nos concitoyens. Un écran de fumée bien commode qui aura l’avantage de donner de la gauche un visage qu’elle n’a plus : celui de l’union. Mais c’est un rafistolage de circonstance qui ne trompe personne.

La « bienpensance » officielle est à l’œuvre. Cette nouvelle police de la pensée  qu’on n’a jamais vue à l’œuvre quand Nicolas Sarkozy était insulté, mais qui fait qu’on arrête sans motif le responsable du site « Hollande-démission ».

Ras-le-bol de cet embrigadement qui veut formater les cerveaux et empêcher l’esprit gouailleur des Français de s’exprimer. Nous sommes le pays de Le Luron et de Coluche, de Bigard et de Gerra…

Je veux pouvoir raconter librement des blagues :

-          Sur les juifs,

-          Sur les arabes,

-          Sur les noirs,

-          Sur les blancs,

-          Sur les homos,

-          Sur les Belges,

-          Sur les Ecossais,

-          Sur les Corses,

-          Sur le pape,

-          Sur les cocus,

-          Sur les blondes,

-          Sur les cons (y a du boulot) …

… sans être taxé de racisme. Je revendique le droit de rire et de faire rire, y compris de moi-même, et s’il me plait de le faire, de crier : « Hollande démission ! »

Merde alors !

 


SOURIEZ, C’EST ENCORE L’ETE !

Vacancier

« UNE VRAIE TUERIE ! »

Voilà une expression surprenante par l’emploi qui en est fait. Pour les gens de ma génération, son caractère sanglant évoque quelque carnage ayant défrayé l’actualité, soit de meurtres aux multiples victimes, soit de faits divers guerriers dont nos écrans de télé sont le reflet et malheureusement trop encombrés. En d’autres temps elle aurait fait penser à quelques épisodes de la guerre de 14.

En fait, nous étions bien loin de tout ça. Nous savourions les agapes d’un repas savamment mitonné par l’hôtesse de maison, et nous avions abordé le plat principal, une blanquette de veau, me semble-t-il, dont nous nous délections en savourant un Hermitage blanc fort épanoui. C’est alors qu’un des convives s’écria : « ce vin, c’est une vraie tuerie ! ». Hors du contexte, ce propos aurait jeté l’effroi. Tout le monde comprit qu’il s’agissait d’exprimer une extase provoquée par le contact de ce blanc généreux avec les papilles de l’intéressé.

Voilà bien une expression hyperbolique en accord avec notre époque qui n’hésite pas à se vautrer dans les exagérations les plus « décalées ». A l’hyperbole se mêle aussi une sorte d’antinomie ou d’antiphrase. La tuerie évoque l’hécatombe mythologique, le goût du sang et par tant de la terreur, alors qu’il s’agit ici de manifester un enthousiasme affirmé, une allégresse des sens à cent lieues du sens premier. L’effet n’en est que plus … saisissant.

Serait-ce une manière spécieuse de contourner le péché capital qui se cache derrière ce néologisme : la gourmandise. En évoquant une condamnation affreuse, on voudrait la conjurer par ce moyen. On le concède : on n’a pas su résister. Mais en même temps, n’est-ce pas une invite à l’hôte de remplir à nouveau le verre de ce convive qui apprécie si bien le breuvage qu’on lui a réservé ?

Un verdict pareil se passe de commentaires. Ce vin est excellent. Il accompagne à merveille ce plat délicieux. « C’est une tuerie ! » : tout est dit ; l’adjectif « vrai » n’est là que pour couper court, bref, ça ne se discute pas. Et de fait, tout le monde d’acquiescer ! 

 

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

  Vacancier

C’EST PAS POUR DIRE !

Qui n’a pas prononcé un jour cette formule de prétérition toute faite ? Elle a ses concurrentes : « je vais te dire », « je ne te dis pas », « c’est pour dire » ou encore  plus insistante : « c’est dire » ! Sans oublier "j'ai envie de dire", comme Yves Calvi ! Tout cela pour annoncer quoi ? Cela dépend.

« C’est pas pour dire… », ben si, justement !

Comme formule d’insistance, elle sert parfois à faire un constat plutôt admiratif, sur lequel on veut marquer son approbation ou une satisfaction. Elle arrive au milieu du récit pour émailler le langage et tenir en haleine l’interlocuteur. « L’autre jour, je regardais les championnats du monde de natation, c’est pas pour dire, mais Agnel a fait une course extraordinaire, il était vraiment au-dessus du lot ! »…. La particularité de l’expression c’est qu’elle est presque toujours suivie de mais.

Tout est dans le mais !

Le plus souvent quand la phrase commence par « c’est pas pour dire », la médisance n’est pas loin. Voilà une des causes de son emploi fréquent, cet exercice étant chez nous un sport national très prisé. Elle sert à gommer l’effet de mauvaise conscience. Une fois la précaution de langage prise, nous voilà libéré pour tailler le costume qui va habiller pour l’hiver. C’était la formule consacrée de la concierge qui entamait tous ses bavardages par ce rituel. Mais ne sommes-nous pas, aujourd’hui, tous des concierges. La multiplication des médias y est pour quelque chose : radio, télé, internet, journaux, magazines nous fournissent en continu de la matière première à commenter, « à dire » !

« C’est pas pour dire, mais… »

La formule peut être mise à toutes les sauces. Elle s’adresse forcément à une oreille compatissante. Elle permet de dénoncer les méfaits de ce voisin qui fait pisser son chien contre votre haie, ou qui gare mal sa voiture « exprès ! », elle annonce un jugement définitif sur la météo et ces saisons qui décidément ne sont plus ce qu’elles étaient, elle accompagne les jugements à propos de l’article lu dans le journal local à la rubrique « chiens écrasés » et permet de pester contre ces incivilités qui nous concernent tous en général et pas vraiment en particulier, elle distille la mauvaise humeur déclenchée par l’annonce d’une nouvelle hausse d’impôts décidée par le gouvernement… Et que sais-je encore. L’actualité nous fournit en abondance des prétextes à « c’est pas pour dire… »

Bref, on a envie de dire du mal, et comme « c’est pas bien », on prend cette précaution oratoire en guise d’excuse. C’est la formule bien pratique des faux-culs que nous sommes à nos heures. Mais c’est tellement délicieux d’épancher sa bile ou son mauvais esprit. Cela vaut bien un « c’est pas pour dire » ! 

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Tuer le temps

 TUER LE TEMPS

Voici venir le mois d’août pendant lequel de nombreux Français vont se livrer à leur sport favori : « tuer le temps ». Depuis quelques jours déjà, ils ont soigneusement répertorié leurs armes pour être sûr de ne pas rater la cible. La paire de tongs, le drap de bain ou serviette de plage, les lunettes de soleil pour mieux viser, le flacon d’ambre solaire dont il faut s’enduire pour approcher le gibier. Certains se munissent d’armes lourdes : chaise longue, tente parasol voire cabine d’affût en dur.

La chasse au temps qui passe se pratique de multiples façons. On peut le tuer à l’heure du pastis avec les amis, à la plage en lisant un bon polar, sur la place du village avec une bonne partie de pétanque, en profitant d’une mer d’huile pour faire la planche ou simplement allongé sur le sable à se faire dorer le cuir. Le principal c’est de tromper l’ennui, principal allié du temps qu’on veut tuer.

C’est qu’en cours d’année, on a rarement l’occasion de « tuer le temps ». On court plutôt après et on n’arrive pas à le rattraper. Pourquoi ? Voyons, tout le monde sait bien que « le temps c’est de l’argent » ! (Alors pourquoi vouloir le tuer ?) Il importe donc de l’utiliser au maximum de façon à ne pas s’apercevoir qu’il passe. Il n’y a que lorsqu’on n’a rien à faire qu’il se met à s’écouler lentement et à nous narguer, de telle sorte qu’on a rapidement envie de le tuer… en se trouvant une occupation.

« Tuer le temps », n’est-ce pas tirer le fil sur le bobineau de la vie, pour arriver plus vite au moment d’après, sans penser qu’une fois tout débobiné… Là, on touche à l’angoisse profonde de l’être humain dans son rapport avec le temps. Pourtant, nous ne pouvons pas tuer le temps : cela voudrait dire qu’il s’arrêterait. C’est impossible ! Nous ne tuons que des parcelles de temps, des moments. D’où cette course sans fin pour s’enivrer, l’oublier, car nous avons tous conscience que chaque minute qui passe nous rattache à notre destin de mortel. Tous les moyens sont bons pour occuper ces tranches de vie avec de multiples activités : on est capable de courir pour courir, de suer pour suer, lire, rêver, « ipader » à longueur de temps, le tout étant d’échapper à la vacuité de l’inoccupation, autrement dit l’ennui. C’est lui l’ennemi en fait. C’est avec lui que nous sommes pris de langueur, d’angoisse existentielle, ce que d’aucuns nommaient le « spleen ».

Avez-vous remarqué comme une période occupée pleinement passe bien plus vite que la même si on n’a rien à faire ? Einsten en a conclu à la relativité du temps. Et pour accentuer la torture, rendre l’ennemi bien visible, l’Homme a inventé la pendule. Essayé de vous passer de votre marqueur de temps : vous y reviendrez toujours. L’heure est présente partout : au poignet, dans les bistrots, au fronton des gares, sur votre portable, sur le tableau de bord de votre voiture… C’est du masochisme.

Pour mieux tuer le temps, on l’a matérialisé concrètement. Mais c’est un mirage : tirer sur la pendule n’empêche pas le temps de continuer son cheminement. Vous perdez votre temps, et le temps perdu ne se rattrape pas. On peut tout juste partir à sa recherche avec Proust… si vous aimez les madeleines.

En écrivant ces lignes je n’ai pas vu le temps passer. Je n’ai donc pas perdu mon temps !

 

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

UNE BONNE DOUCHE, CA FAIT DU BIEN !

Vous avez bien trimé dans le jardin et la chaleur de juillet vous a bien fait suer. Ou alors vous avez décidé de ranger le grenier et depuis le matin, vous fourgonner au milieu des « amis de trente ans » et plus dont on hésite encore à se séparer,  et le lieu transformé en four a fait de vous un être mi-liquide, mi-solide, sans bien savoir où se trouve la frontière.  A moins que vous n’ayez décidé de perdre une partie de cette ceinture abdominale qui noie votre sobre musculature, par une série d’exercices appropriés et forcément, la première réaction du corps c’est de perdre son eau… Bref, les occasions de suer ne manquent pas. C’est alors que le passage sous la douche s’avère vraiment bienvenu.

C’est à la sortie que la phrase vient comme une manifestation de satisfaction physique qu’elle traduit pleinement : « Une bonne douche, ça fait du bien ! ». Il ne s’agit pas d’en signifier la rareté et d’en souligner la fonction de décrassage, ce qui de nos jours, serait une incongruité. Non, non, c’est plus épicurien. C’est le plaisir à l’état pur de sentir son corps propre, la peau adoucie par le savon liquide, les muscles soudains détendus, l’odeur de propre qui va avec et sans laquelle il n’y aurait pas cette sensation de bien-être. Peut-être cela tient-il à la fonction massante du jet projeté sur la peau. Alors que le bain amollit, la douche revigore.

C’est aussi une manière de dire qu’un événement  a remis les idées en place. « Une bonne douche, ça fait du bien ! », je l’ai entendu prononcer par une amie ministre répondant à son interlocuteur qui évoquait devant elle telle défaite électorale inhabituelle d’un élu du coin. En plus du constat, l’expression ajoute alors une note ironique à l’égard du personnage concerné. Peut-être était-il un peu trop sûr de lui, comprend-on.  A moins qu’il n’y ait ici une forme de rivalité, toujours présente en politique, qui se manifeste sous la forme d’une boutade. On traduit alors : « Mon petit père, ça t’apprendra, moi, j’y suis passé avant toi ! ». Transposable à toute situation acquise d’avance et sanctionnée par un échec avéré.

Quoi qu’il en soit, douche physique qui procure du plaisir, ou douche morale qui dissout les espoirs conçus, il y a un effet bénéfique. Dans le premier cas, elle a effacé des heures d’efforts, les courbatures qu’elles ont engendrées. Dans le second, elle permet de retrouver l’humilité et la modestie face à l’échec, qualités essentielles pour se remettre en cause et repartir du bon pied.

Oui, « une bonne douche, ça fait du bien ! »

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

 LES SALADES SONT BONNES !

Qui n’est pas allé au fast food, Mac Do ou Quick… Chez les adultes, il n’est pas toujours facile de faire avouer qu’on a cédé aux petits-enfants, qu’on a fait une entorse aux principes, et qu’on est allé se restaurer dans l’un de ces temples de la mal’bouffe, comme on dit. En en ne sachant probablement pas que c’est au pays de la gastronomie qu’on en trouve le plus. Si, si !

Il est aussi de bonnes raisons. Quand on est en route et qu’on ne veut pas perdre de temps, c’est encore là qu’on peut se nourrir dans des délais compatibles avec le timing prévu du voyage. Il faut reconnaître que c’est une réalité. Celui qui se laisse tenter par un p’tit resto bien traditionnel à la cuisine familiale bien léchée s’en prend pour une bonne heure et demie. La cafétéria de grande surface est une autre alternative, avec des aléas qu’on ne maîtrise pas toujours quant à la qualité des mets. Le rapport qualité-prix n’est pas le même non plus.

Aussi, la pause type « Mac do » n’est pas sans intérêt. Si elle s’effectue avec des enfants, l’excuse est toute trouvée. D’ailleurs, le succès est garanti et la cote des grands parents monte aussitôt de plusieurs crans s’il en était besoin. Sinon, on peut toujours préciser : « Les salades sont bonnes ». C’est ainsi faire la concession en en montrant les limites. Le péché inavouable est en effet de s’abaisser à ingérer ce chef d’œuvre de déséquilibre alimentaire que constitue un « big Mac ». Dans un pays ou « manger équilibré » est devenu une obsession, le « hamburger » est montré du doigt : c’est le mouton noir.

« Les salades sont bonnes ». C’est aussi la vérité. La composition en fait un repas quasi complet, et l’on n’est pas obligé de consommer les sauces sucrées qui sont servies avec dans leur petit cube conditionné. On peut ajouter quelques nuggets et l’inévitable pochon de frites… C’est céder à la gourmandise, car rien n’oblige à les ajouter, la portion de salade étant correctement dosée. Si on précise en plus un effort pour « hexagoniser » les composants, on se sent tout de suite moins coupable.

Cela n’empêche pas que vous trouviez de temps en temps devant un incorruptible qui vous assénera son : « moi, je n’y ai jamais mis les pieds ! ». C’est là que la parade est toute trouvée : « Les salades y sont bonnes » ne vous rend pas complètement condamnable puisque vous vous êtes contenté d’un plat bien de chez nous : la salade composée. Tant que vous n’avez pas cédé à l’empilage de ketchup, de viande hachée, de lamelles de fromages et de je ne sais quoi d’autre, vous pouvez espérer échapper au jugement définitif qui vous relèguerait dans la catégorie des personnes sans goût, des propres à rien prêts à abandonner les canons de notre gastronomie nationale.

Il n’empêche ; vingt-cinq minutes après, vous ressortez avec la panse satisfaite et le sentiment de ne pas avoir trop mal mangé. C’est déjà ça ! Ce n’est pas toujours le cas après le détour par une gargotte.



SOURIEZ, C'EST L'ETE !

Mode  bizarre

TU NE VAS PAS SORTIR COMME CA !

On le sait, l’image qu’on donne de soi, ce n’est pas quelque chose d’anodin. Elle participe de notre personnalité. Elle contribue à façonner l’idée que les autres se font à notre sujet. Le style vestimentaire évidemment compte beaucoup. On a beau dire que l’habit ne fait pas le moine, le jugement d’autrui se fait encore beaucoup sur les apparences.

C’est pourquoi je pense que les femmes sont très sensibles à cet aspect des choses et veillent plus que les hommes, peut-être, à leur tenue vestimentaire, en plus des efforts qu’elles font pour agir physiquement sur leur silhouette.

Sans faire de généralités abusives, il me semble que les hommes sont moins attentifs à cet aspect des choses. Laissons de côté la part du physique contre laquelle on ne peut rien. La nature n’est pas toujours indulgente avec le genre humain. Cela n’empêche pas de s’habiller correctement et avec goût. C’est sur ce point précis qu’intervient, généralement, le jugement féminin.

« Tu ne vas pas sortir comme ça ! » : la sentence vient de tomber. Pourtant je me trouvais correctement vêtu. Il y a des critères qui échappent à l’entendement masculin. Est-ce cette trop vieille chemise un peu défraîchie que je garde et que j’affectionne pour son tissu agréable à porter qui ne fait pas l’affaire ? C’est vrai, elle fait un peu misérable, mais enfin, nous ne rendons pas visite au roi d’Angleterre ! Une autre fois ce sont ces chaussures si souples mais un peu avachies qui ne font pas l’affaire. Ou encore la couleur du pantalon qui n’est pas suffisamment assortie avec la veste…

C’est curieux, mais à chaque fois, je sens pourtant que ça ne va pas le faire. Une sorte de pressentiment, à moins que ce ne soit l’habitude… et le goût de la provocation. Mais je suis tenu à l’œil ! Impossible de passer la porte d’entrée avec un peu de laisser-aller.

« Tu ne vas pas sortir comme ça ! ». C’est une condamnation morale en même temps qu’une exigence. On aurait pu dire : « Tu n’as pas honte de toi ? », ou « Tu ne te vois pas ! » ou « Qu’est-ce qu’on va penser de toi ? ». A bien y regarder, on pourrait être tenté de s’en « foutre ». On a bien le droit au relâchement, et quand je vois l’accoutrement des jeunes d’aujourd’hui, pantalons sur le bas des fesses et « raie à l’air » ou presque, je me dis que même avec une faute de goût, je suis encore bien loin de donner une image aussi déprimante de ma personne.

Mais, une fois que la sentence est tombée, il n’y a plus de choix. Sans chercher plus loin, il faut aller corriger le défaut : changer le pantalon qui jure, abandonner les chaussures si confortables mais qui font « plouc » pour de plus belles qui font mal aux pieds, enfiler une chemise plus adéquate…

Enfin, j’aurais tenté le coup. Pour autant, peut-on en vouloir au cerbère qui veille jalousement sur votre amour-propre pour le maintenir au bon niveau ?

 


SANS CONTESTATION, JE SUIS UN GARCON !

Symbole_masculin_de_genre_

Né XY, et cinquième et dernier de la fratrie, j’aurais pu être XX. Tout du moins c’est ce qu’espéraient ma grande sœur et ma mère, vu qu’il y avait déjà trois garçons. Je vous parle d’une époque où l’on ne connaissait le sexe qu’à la naissance. Je me vis attribuer Daniel comme prénom, choisi par ma sœur, probablement en hommage à la star d’alors, Danielle Darieux. Et je dois dire qu’elle a dû bien jouer à la poupée avec moi, à voir sur les photos de l’époque, les jolies bouclettes blondes et le rouleau sur le dessus de la tête, dont j’ai longtemps été affublé ; d’ailleurs les personnes non averties me prenaient pour une fille. J’étais aussi, parait-il, très mignon. En suivant les préceptes de Mme Belkacem et de la théorie du genre, j’aurais normalement dû virer homo.

En fait j’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans un univers au matriarcat affirmé et assumé, avec une mère de caractère. En matière de stéréotypes sociaux, j’ai été servi. Certains penseurs d’aujourd’hui me considéreront donc comme « aliéné » par mon éducation. Je pense au contraire que c'est comme ça que je me suis "construit". La vie et l’évolution des mœurs ont fait ensuite que je me suis adapté à l’environnement social, et ne croit pas être totalement décalé par rapport à l’environnement actuel entre homme et femme dans un foyer. Enfin, n’exagérons rien : autant que possible.

Mais je refuse d’être un être débarrassé de mes oripeaux sociaux, ceux dont je me suis affublé petit à petit, même s’ils ont été, comme on dit « socialement induits ». Je refuse d’être un individu dégriffé, transparent, sans caractéristiques humaines et sociales, et particulièrement celles qui touchent à mon sexe : né avec « pompe et sacoches ». Il n’est pas question pour moi de nier ce que la biologie a fait de moi et que je n’ai pas choisi, parce que je n’y peux rien. Je suis né mâle. Et comme tel, j’ai toujours été attiré par les filles, pour jouer au papa et à la maman, ensuite pour jouer au docteur, puis pour flirter. Le parcours d’un garçon ordinaire né d’un embryon XY, avec un cerveau titillé par la testostérone, cette hormone du mâle qui a alimenté mes jeux guerriers, et plus tard concouru au développement de ma pilosité et de ma libido.

Je n’ai pas de regrets quant au fait de ne pas avoir vu pousser ma poitrine. Je préfère admirer celles du sexe opposé. Le point de vue extérieur me semble meilleur à tous égards. Et tant pis aussi, si faute d’oestrogènes et de progestérone, mon comportement manque de grâce et mes formes d’harmonie. Inutile de se poser la question de savoir pourquoi un cul féminin est généralement plus beau qu’un cul masculin : c’est comme ça, et vous me direz que c’est un point de vue d’homme. Tout est là ! Le monde dans lequel je suis né,  j’ai vécu et évolué, m’a déterminé et défini tel que je suis. Vouloir me séparer de ce monde, c’est vouloir m’empêcher d’exister comme un humain.

Le projet de réduire à tout prix l’homme à la femme et vice-versa, au-delà du constat biologique, n’a aucune justification à mes yeux. Les généticiens, les endocrinologues nous l’expliquent très bien : le cerveau vit sous influence hormonale liée au sexe. Cela n’empêche pas de plaider pour l’égalité et l’égalité ne doit pas faire disparaître l’altérité.

Que voulez-vous, la biologie est têtue, et n’en déplaise aux théoriciens du genre qui voudraient gommer toutes distinctions entre les deux sexes, les hommes et les femmes présentent des similitudes structurelles mais aussi des différences irréductibles. Les avancées en génétique, en imagerie et en hormonologie démontrent que les comportements masculins/féminins ont des caractéristiques spécifiques non façonnées uniquement par des stéréotypes d’ordre social.

La part de l’inné et de l’acquis : vieux débat. Mais avec la théorie du genre, vieille lune née dans les années trente en Californie et qui atterrit maintenant chez nous, on touche le fond de la cocasserie, pour rester poli. Foin de cette pseudo-révolution culturelle qui voudrait faire émerger un être nouveau, libre de tout choix, livré en kit à monter soi-même, ni garçon, ni fille –je choisirai plus tard-, en dehors de toute réalité dans une vision idéologique de l’humain. L’être humain, ce n’est pas une idée, c’est de la chair, des os et … de la chimie ! Et le fait que la nature produise parfois des variations qui expliquent par exemple l'homosexualité ne change rien au problème.

On va me traiter de « réac », c’est sûr. J’assume. Quand un pouvoir veut imposer à un peuple des âneries avérées, il ne faut pas se contenter de résister. Il faut se révolter !


LE NAIN DE JARDIN

 

Nain de jardin

Il était là, au milieu du parterre, avec son joli sourire. Qui pouvait-il bien être ? Certainement pas Grincheux ni Simplet, facilement reconnaissables. Mais peu importe, avec ses deux plateaux destinés à être fleuris, on croit l’entendre chanter : « eh, oh, eh, oh, on revient du boulot… », mais c’est un voyage immobile.

D’ailleurs cela fait une éternité qu’il est posté à cet endroit. A voir sa barbe, on voyait bien qu’il avait passé l’âge du premier biberon. Il a dû en voir passer des saisons : son bonnet en est tout délavé et la couleur de son visage toute défraîchie. C’est que pour le nain de jardin, il n’y a pas de refuge pour les mauvais jours comme il y a le « pool house » pour les affaires de la piscine ou le cabanon pour celles du jardin. Il est condamné à vivre dehors du 1er janvier à la Saint-Sylvestre.

Un bon nain de jardin doit pouvoir tout supporter : le jet du tuyau d’arrosage, il est vrai bienvenu quand il fait une température caniculaire, les grélons du printemps ou la neige de l’hiver, les violentes pluies d’automne. Il n’y a guère que le printemps et l’été qui lui soient souriants, avec de jolies fleurs qui viennent lui tenir compagnie. Encore faut-il compter avec les orages, mais il n’a jamais été foudroyé. Il faut dire qu’on l’a installé dans un coin bien abrité, à l’ombre.

Habitué à la solitude, il regarde passer les gens de l’autre côté de la clôture, comme une vache les trains, placidement. Bien peu s’arrêtent. Tout petit, il n’attire guère l’attention, d’autant plus que ses couleurs se sont bien atténuées. Et ceux qui le regardent, l’espace d’un instant, que pensent-ils de son statut d’objet décoratif. Voilà certainement un détournement que Walt Disney n’avait pas prévu quand il a imaginé l’histoire de Blanche Neige. Le nain de jardin c’est typiquement Français, aussi Français que du Brie de Meaux.

Son meilleur moment est probablement quand les propriétaires viennent entretenir ce coin du jardin. Au moins il a l’impression qu’on s’occupe de lui. Parfois on le déplace un peu, à la façon d’un bibelot sur un meuble. On le nettoie aussi, de temps en temps, avec une éponge, délicatement. Ce qu’il n’aime pas, ce sont les animaux. Notamment les chiens. Quand des invités arrivent et qu’ils lâchent leur bête, elle vient aussitôt lever la patte dessus. Et puis il arrive que les pigeons s’y mettent aussi, avec leurs fientes qu’il ne peut pas éviter ! C’est bien de roucouler dans l’arbre, mais faut penser à ceux qui sont en dessous !

Il y a aussi des moments de grandes solitudes quand les propriétaires partent en voyage. Il a l’impression qu’on lui confie une mission de surveillance muette, qu’il mène à bien très scrupuleusement, sans jamais quitter son poste : placé là où il est, rien ne peut lui échapper. C’est avec soulagement qu’il les voit revenir, tout heureux que la maison n’ait pas subi de dommages en leur absence.

Espère-t-il être « enlevé » par le « front de libération des nains de jardins » ? En fait, il a un désir secret. Il aimerait bien qu’on lui adjoigne un compagnon. Au moins il ne serait plus tout seul. Mais le temps passe et celui-ci se fait désirer.

Je ne sais pas pourquoi, chaque fois que je vois un nain de jardin, je repense immanquablement à l’histoire de Chevallier et Laspalès !!!! La cause du sourire niais que ce brave nain de jardin n’a pas dû comprendre….

 


OBSERVE DE MON BALCON

Bidochons   Avrell   Asterix  Fantasio

L’été pointe enfin le bout de son nez et en ce week-end de 14 juillet, la côte a pris son air estival : les juilletistes sont de sortie, les terrasses sont pleines, la digue du port s’est animées de ses nombreux promeneurs.  De mon balcon j'ai une vue imprenable sur la foule bigarrée qui passe en-dessous.

J’ai compris où les auteurs de bande dessinée puisaient leur inspiration pour inventer des personnages, aussi grotesques soient-ils : l’observation de nos contemporains est une mine (si j’ose dire) sans fond pour l’alimenter.

Ce jour-là, Binet s’en serait donné à cœur joie. Les « Bidochons » sont de loin les plus nombreux. Tout y est : accoutrement vestimentaire, physique ingrat, visages de masques de carnaval, coiffures improbables. Morris aussi est de la partie avec un Averell plus vrai que dans la BD, sans son costume de bagnard évidemment, mais avec son grand menton carré, sa coiffure hirsute et son air niais. Vous allez dire que j’exagère. Pas du tout, ce type de visage peut exister, il n’y a qu’à voir les frères Bogdanoff. Ces deux-là, à chaque fois que je les vois à la télé, j’ai l’impression que ce sont eux qui sont sortis d’une BD.

Je découvre le couple Obélix et Astérix dans la queue qui s’étire devant le marchand de glaces, un lieu qui est le réceptacle de toutes les conformations, avec, je ne sais pas pourquoi, une prédisposition à concentrer les personnes en surcharge pondérale.

Est-ce cette jolie anglaise (hypothèse) blonde qui a inspiré Falbala ? Et ce grand dadais blond, lui aussi, avec ses poils en bataille sur la tête, ne serait-ce pas Fantasio ? Voilà un curieux mélange de bd : voilà que la rue rend possible les rencontres les plus improbables  que les inventeurs de ces personnages n’auraient pas même imaginées.

J’ai beau chercher, je ne trouve pas de personnages correspondant à mon univers favori, celui de Tintin. Personnages probablement trop sages dans les proportions, trop datés dans les costumes, trop épurés dans leur profil. Bien qu’il me semble tout de même avoir entr’aperçu un vague Rastapopoulos,  ici, un Séraphin Lampion, là. Les tenues estivales, bermudas et tongs avec tee-shirts déroutants, sont propices à tous les camouflages. Surtout quand les lunettes noires sont de sortie.

Mais qui voilà ? Ce petit garçon roux en salopette bleue avec son cocker en laisse qui trotte fièrement à ses côtés, l’œil à l’affût, mais oui, mais c’est bien sûr, c’est Boule et Bill ! Quelle surprise ! Et le petit blond qui entre dans l’immeuble, juste en dessous, c’est Cédric, n’est-ce pas ? Eh non, ça, c’est Arthur, c’est mon petit-fils…

« A table ! » l’appel impérieux me sort de ma contemplation.

C’est certain, demain j’arrête les BD …

 


ECRAN TOTAL

 Internet-mobile

De protection solaire, il n’est point question, à moins de parler de la toile du parapluie qui nous protège de la pluie. Je veux plutôt évoquer le comportement bizarre de nos contemporains. En effet, une étrange épidémie gagne peu à peu toute la population et à tous les âges de la vie. Elle commence à sévir dès 6-7 ans, parfois avant, frappe les adolescents avec sévérité, touche tous les adultes sans distinction et n’épargne même pas les seniors qui sombrent parfois dans une addiction surprenante.

Cette maladie étrange a commencé à se manifester il y a déjà quelques années. On voyait alors circuler dans les rues, attablés aux terrasses des café ou plantés au supermarché devant le rayon crémerie,  des personnages à qui il avait poussé subitement une excroissance sur l’oreille munie d’une courte antenne parfois télescopique. Elle s’accompagnait toujours d’un délire verbal  passionnant du genre : « allo, t’es où ?» ou encore « le beurre, doux ou salé ? »…

Depuis le mal a empiré. Il s’est aggravé avec la multiplication des ordinateurs et l’arrivée de Facebook. La race humaine connaît un épisode ultime de son évolution. L’homo sapiens sapiens devient « internotus ». Pourquoi communiquer face à face alors qu’on peut le faire par écran interposé et à tout moment.

Le temps où ma dernière fille quittait sa copine devant le portail de la maison après avoir bavardé pendant une heure et, aussitôt rentrée, s’emparait du téléphone fixe pour l’appeler et continuer la conversation pendant toute l’heure suivante, me parait remonter à l’antiquité.

Les gens passent leur temps à se flairer entre eux . Après l'inévitable "t'es où ?" qui vient toujours en premier, suivi de :«  t’es en train de faire quoi ? », ils aiment étaler leurs sentiments ou tailler un costard  à leur tête de turc préférée ou  encore nous faire des confidences essentielles comme : « bon, je vais me coucher ! ». C'est tout juste s'ils ne nous préviennent pas qu'ils vont faire leurs besoins.

C’est ainsi qu’en toutes circonstances vous les voyez courbés sur leur instrument planté dans leur main, soit à pianoter d’un pouce agile de la même main (pour les plus agiles), soit à effleurer l’écran d’un geste léger, absorbé dans une contemplation dont rien ne peut les soustraire. La maladie sévit en tous lieux : à table, même avec des invités, au restaurant en attendant les plats, au lit en guise de roman. Comme on ne peut pas encore copuler avec l’engin (ça viendra), on se demande encore comment on arrive à maintenir le taux de natalité. A moins que le téléchargement de films pornos ne soit une explication.

L'iphone est apparu. Il permet de rester connecté en permanence et évite de sauter d'un écran à l'autre. Utile ou futile ? Comme toujours, c’est à chacun de décider. Car il est bien difficile d’apprendre à tous ces consommateurs, et surtout aux plus jeunes à l’éducation déjà très rudimentaire, comment contrôler une activité quasiment souterraine, tentaculaire, et qui se développe à l’insu de notre plein gré (comme disait l’autre).

Il serait bon de rappeler à tout ce beau monde que, pour éviter la surchauffe oculaire aussi bien que cérébrale, la vie existe aussi bien en dehors de l’écran. Peut-être faudra-t-il bientôt initier des stages de sevrage médiatique, histoire de faire redécouvrir la vraie vie et ses vraies valeurs. La panne d’Orange nous rappelle utilement qu’on peut aussi se passer  de ces appendices allumés en permanence sans que le monde ne s’écroule. Enfin presque…

« L’écran total », y a qu’en protection solaire estivale que c’est bien.

 


LE GAUCHOIS ET LE FRANCOIS

 

Chacun son langage de 2ème tour.

Le candidat socialiste a choisi de parler le « gauchois ». C’est un langage particulier qui ne s’adresse qu’au « peuple de gauche ». Quand il plaide le plus large rassemblement, c’est bien sûr de « toute » la gauche qu’il parle. Au-delà sont les cons qui ne peuvent pas comprendre. D’ailleurs est-il possible de ne pas être de gauche ? Mais qu’est-ce qui fait donc la différence ? « Nous à gauche, comprends-tu, on réfléchit » : voilà la réponse ! Donc quand on prétend rassembler en dehors de la gauche, on divise. CQFD.

Ce langage est pratiqué abondamment sur les médias puisque 96% des journalistes se disent de gauche. L’élite qui le pratique en connait tous les codes. Certains mots reviennent en boucle : juste (la gauche est plus juste), solidarité (un fonds de commerce), inégalités (qui forcément se creusent), changement (surtout pour les classes moyennes mais faut pas leur dire), rassemblement (limité au peuple de gauche) et division (quand on s’en distingue). Il a aussi ses insultes. La plus grave c’est « riche » et sa variante « président des riches », mais il y a aussi « Fouquet’s », « bouclier fiscal » (perdu de vue), et évidemment « sarkozyste » (quasi synonyme de barbare). C’est un langage qui véhicule des expressions toutes faites comme « cadeau fait aux riches », « justice fiscale, justice sociale, ordre juste »…  Enfin, il a son ordre sacré avec « 1981 » comme date de naissance du monde (passage de l’ombre à la lumière) et le nom « Mitterrand » qui doit être prononcé en faisant une génuflexion. Un langage qui est devenu impénétrable pour les ouvriers et les gens simples.

Nicolas Sarkozy, lui, parle le « François », à la différence de son adversaire qui en porte le prénom mais ne le pratique pas. Tous ses discours s’adressent au « peuple de France ». C’est le « François » universel. Il a aussi ses mots fétiches : « travail », « valeurs », « effort », « mérite », « crise inouïe », « responsabilité », « réformes », « rassemblement » (réflexe gaulliste), « sécurité » et ses gros mots : « assistanat », « sectaire » (principal trait des socialistes), « impôts », « immigration » (surtout quand elle est clandestine). Le François aime aussi les expressions idiomatiques telles que « discipline budgétaire », « France forte », « ceux qui se lèvent tôt », « règle d’or », ou encore « bon sens ». Ici, point de dimension sacrée. Même la référence au Gourou suprême – De Gaulle – devient épisodique. Ce langage n’est pas à la portée de tous. Si les gens simples le comprennent, certaines élites le méprisent ou l’ont oublié. Pas assez intellectuel évidemment, et pourtant efficace.

Dans le registre gauchois, le mot démocratie désigne un système dont seule la gauche a le monopole, alors que pour le François elle s’accomplit dans la diversité des opinions. De même, l’Etat, selon la définition gauchoise, ne peut bien fonctionner que lorsque la gauche en détient tous les leviers, sinon il ne peut être « exemplaire ». Il n’y a qu’un mot qu’on ne trouve pas dans le dictionnaire gauchois, c’est « nombril », un oubli évidemment. 

 


LES INDISCRETS DE SAVINIEN

 

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Cette semaine, les sujets ne manquent pas, et j’ai dû procéder à un tri draconien pour vous livrer ce qui m’a paru le plus marquant des huit derniers jours.

Société : La fin des PV injustifiés. On est tenté de dire « ouf ! ». Il a fallu que le médiateur utilise la plénitude de ses pouvoirs pour que cessent les poursuites contre les malheureux persécutés par l’administration. Cerise sur le gâteau : le Conseil Constitutionnel vient de valider la loi qui devrait nous protéger de ce genre de mésaventure. / - Le plan « Campus » est à la peine : il n’a été dépensé que 56 millions d’euros sur les 5 milliards alloués, soit 10% des crédits. Selon le rapport parlementaire, cela proviendrait d’une gouvernance « insuffisante » des universités, notamment en matière d’immobilier… / -  après le CE d’EDF dont on se souvient des « dérives », c’est maintenant celui de la RATP dont la transparence des comptes ne semble pas convaincante. Les syndicats mènent la vie de château, c’est bien connu. Ainsi on apprend que le château de Fontenay-les-Briis appartient au CE de la RATP qui y a organisé sa fête de printemps pour … 447 000 euros. La CGT a son centre Benoit Frachon qui n’est autre que le château de Courcelles-sur-Yvette et FO forme ses stagiaires dans celui de Brévière, dans la forêt de Compiègne…

Sciences : Des apprentis sorciers néerlandais ont créé une souche mutante du H5N1 (grippe aviaire) très virulente qui serait transmissible entre les hommes. Le scénario de « contagion » n’est jamais à exclure.

International : La semaine s’avère très créative. Ainsi, le mouvement « Occupy Wall Street » faute de pouvoir bloquer le temple de la finance mondiale a décidé de se venger sur le Pôle Nord… via internet. Une occupation virtuelle faite de slogans. Bah, si ça les amuse. / -  Les Etats-Unis aussi ont recours au virtuel. Depuis qu’ils ont évacué leur ambassade en Iran, ils l’ont remplacée par une ambassade sur internet. Moins dangereux pour les diplomates. / - A Durban, le sommet du climat a enfin accouché d’un accord… a minima et sans contraintes. Pas mieux que Copenhague. Le réchauffement climatique va donc continuer, au grand dam des écolos.

Europe : Enfin, la Belgique retrouve un gouvernement.  L’événement mérite d’être signalé, depuis le temps que la crise durait. On suppose que les ministres vont devoir faire des heures supplémentaires pour rattraper le temps perdu. / -  Après le conseil européen de Bruxelles, Cameron est rentré en Angleterre en « triomphateur », tout au moins pour les europhobes. Mais sa position d’isolement à l’écart des 26 autres n’est pas apprécié par tous, à commencer par ses alliés libéraux, très europhiles. Il n’est pas certain non plus que, n’ayant pas obtenu les garanties qu’il souhaitait, la « City » ne souffre pas de ce clash.

Sports : Plus de ligue des champions pour TF1. La chaine qatari Al Jazira sports a acquis une partie des droits de la ligue 1 pour 2012-2013  et dépossédée Canal+ qui s’est refaite en remportant le marché. Il va bientôt falloir une parabole pour suivre Marseille-PSG ou Lyon-Saint-Etienne !. Est-ce que le turban sera obligatoire ?

Politique : Trop bavards, les socialistes. Le PS a encore débordé son temps de parole en octobre et novembre. Deux Radios sont à nouveau rappelées à l’ordre. Mais cela ne peut arriver qu’avec la complicité des médias. 95% des journalistes se disent de gauche… C’est l’explication. / -  La Corrèze avant le Zambèze… François Bayrou revendique l’idée du « Made in France ». Les bonnes idées appartiennent à tout le monde. Acheter français, on est d’accord, le plus dur, c’est de trouver quoi acheter, non ? / - Le site data.gouv.fr est en ligne. Il est à la disposition du grand public et permet de tout savoir sur les activités de l’Etat et du gouvernement…Après un an de préparation, la mission Etalab, rattachée à Matignon, vient de lancer la plate-forme gratuite de données publiques.

Pour rire (un peu) : « Viens, on va s’en payer une tranche » : un mari et une femme se sont disputés à coups d’ananas, version tropicale des violences conjugales. On ne dit pas qui a eu le dessus ni si ça s’est terminé par un jus d’ananas.