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BUISSON EPINEUX ET COUPS FOURRES

Sarko-cible-

 

N’en jetez plus, la  cour est pleine ! Décidément, cette semaine aura été celle de l’accumulation des attaques contre Nicolas Sarkozy. « Acharnement » ont aussitôt crié ses plus fidèles supporters.  Le  mot est faible.  Tout le monde s’y est mis. Evidemment, il y a l’affaire « Bygmalion » et le numéro « d’édition spéciale » d’Elise Lucet, il y a aussi la publication du livre de Patrick Buisson, mais sont venues s’ajouter la charge brutale de Jean-François Copé, la découverte fort à propos d’un carnet qui remet à jour l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007… Dans cette marée « noire », le ralliement d’Hervé Mariton à Alain Juppé est presque passé inaperçu. Nicolas Sarkozy n’avait pas besoin de ça. Mais abondance d’attaques ne nuit pas forcément.

Le rejet.

Le principal obstacle que doit surmonter l’ancien président, c’est le rejet dont il fait l’objet de la part de la majorité des Français et qui ne fléchit pas. En disant cela, certains me taxeront d’antisarkozysme, comme si nier les faits suffisait à les faire disparaître. Ce comportement, je le laisse aux socialistes. Je ne fais qu’un constat. J’observe même qu’au fur et à mesure qu’il refait son retard sur Alain Juppé, celui-ci reprend l’avantage sans trop l’avoir provoqué, comme si la mobilisation en faveur de Sarkozy entraînait une mobilisation plus forte pour le maire de Bordeaux, de ceux qui n’en veulent pas. Ce pourrait donc être une course sans fin jusqu’à l’élection du 20 novembre. Sauf si les « affaires » …

L’acharnement.

Curieusement, une large majorité de Français pensent aussi que l’ancien chef de l’Etat fait l’objet d’un acharnement contre lui, judiciaire ou autre. Certes, ce jugement ne vaut pas adhésion. La question se pose tout de même : à savoir si la victimisation que ne manquera pas d’exploiter l’intéressé ne lui rendra finalement pas service. On a déjà vu que c’était le cas à d’autres moments. Il faut distinguer en effet deux types d’attaques. Il y a celles qui sont liées aux affaires judiciaires dont la justice détermine le tempo. On a vu qu’elles entamaient peu son socle de soutiens. Et il y a les règlements de comptes aux contenus les plus sordides qui ne sont pas à l’honneur de ceux qui s’y livrent. Perturberont-ils le cœur militant de la Sarkozie ?

Le buisson épineux.

Je n’ai pas lu le livre de Patrick Buisson (La Cause du peuple), ce genre de prose ne m’intéresse pas. Elle est tellement éloignée des préoccupations réelles des Français.  Mais à l’écouter à la télévision, j’ai découvert un individu qui s’arroge le droit de juger les autres malgré ses propres travers, un caractère incapable de reconnaître ses fautes, et surtout un vaniteux qui se croit investi d’une mission et ressent comme une blessure l’humiliation de sa condamnation pour avoir enregistré Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à leur insu. Quand on pense qu’il s’est « goinfré » au service du président (on parle de 600 000€ reversé en commission par un imprimeur), voilà quelqu’un qui perd une occasion de se taire. C’est un corrompu qui se croit investi de la mission du Chevalier Ajax pour dénoncer toutes les formes de corruption de la classe politique, sans même se rendre compte qu’il chevauche contre lui-même. J’ai surtout vu un « intriguant » (au sens propre), un personnage inquiétant aux contours sulfureux. Comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu être aussi dupe d’un tel collaborateur !  Cet étalage de défauts, de colère, de rancoeur, de hargne, de méchanceté pure suffit à montrer qu’on ne peut pas le prendre au sérieux, ni lui, ni ce qu’il raconte dans son livre. Le problème, c’est qu’il entre en résonnance avec un trait de caractère de Nicolas Sarkozy dont on sait qu’il n’est jamais avare de critique et de « mots » sévères sur ses propres amis, en privé et parfois en public. C’est sa truculence naturelle. Néanmoins, si « La Cause du peuple » n’ébrèche pas le vigoureux soutien que l’ancien président trouve chez les militants de son parti, ce réquisitoire s’ajoute à un nombre infini de soupçons qui, sans remettre en cause son talent et son leadership, peuvent diriger, par lassitude ou crainte, une part de l’électorat vers un homme moins controversé.

Les coups fourrés.

François Fillon avait osé indirectement mettre en cause le statut judiciaire de Nicolas Sarkozy, sans le nommer. On était à la limite de l’exercice. Voici maintenant que Jean-François Copé en rajoute et tire à vue sur tout ce qui bouge. Il me revient la petite phrase de Xavier Bertrand à Nicolas Sarkozy quand le Maire de Meaux avait pris les rênes de l’UMP : « Tu lui donnes les clés de la maison, j’espère que tu as gardé un double… » Un avertissement passé un peu inaperçu et pris pour de l’humour mais qui en disait long sur le personnage.  On comprend aujourd’hui ce qu’il voulait dire. Jean-François Copé, en estimant que la justice devrait passer, c’est règlement de comptes à OK Corral. Il dénonce le fait que Nicolas Sarkozy brigue à nouveau la présidence, un peu comme si l’ancien complice devenait le pire ennemi.  Jean-François Copé n’ayant pratiquement aucune chance d’être sélectionné, peut se permettre de démolir l’ancien président sans en payer les conséquences, une manière de calmer son aigreur d’une (grande) ambition contrariée. Le fait qu’il ajoute que, dans le cas d’une victoire, il le soutiendrait quand même (comme la corde soutient le pendu ?), conformément à l’engagement pris par tous les candidats de la droite à la primaire, ne trompera personne. Deux mots aussi sur le fameux carnet d’un haut responsable libyen du temps de Kadhafi, mort, noyé dans le Danube. Comme par hasard, le document aurait été retrouvé (par qui ?) et serait parvenu à Mediapart (comment) qui l’a transmis à la justice. Drôle de parcours,  vous en conviendrez. Et comme par hasard, les  sommes consignées correspondent à celles que la rumeur avait colportées. Cette histoire me fait penser à celle de la chauve-souris de Bigard. Curieusement futé ce carnet, non ?

La retenue à la source.

Jamais peut-être une période pré-électorale n’aura été aussi confuse, enchevêtrée, grevée d’autant d’inconnues. La gauche n’attend qu’une chose : que la droite se déchire et que celui qui sera désigné sorte de l’épreuve en lambeaux. Les candidats seraient bien inspirés de retenir leurs coups s’ils ne veulent pas désespérer l’électorat de la droite et du centre qui a horreur des querelles. Toutes ces affaires créent un climat peu ragoûtant qui peut avoir un effet démobilisateur sur l’électorat modéré non encarté, auquel cas cela réduirait le nombre des votants laissant le scrutin aux plus militants et aux plus motivés. C’est alors que Nicolas Sarkozy dont la base est la plus nombreuse et la plus active pourrait l’emporter. A moins que, au contraire, l’enjeu de l’élection soit le plus fort, et qu’un grand nombre d’électeurs de la droite et du centre se déplacent mais au profit d’un candidat plus serein. Cette hypothèse mettrait Sarkozy en grande difficulté.  Mais je n’ai pas de boule de cristal !

 

 


ET LA CITROUILLE DEVINT CARROSSE !

Hollande bouffon

On se demande bien quelle bonne fée ou plutôt quel mauvais génie pourrait œuvrer pour transformer le bilan catastrophique du quinquennat de Hollande en oeuvre immémoriale salvatrice du destin de la France. C’est ce à quoi va servir la « cellule riposte » mise en place par l’Elysée avec comme principaux magiciens une brochette de fidèles inconditionnels menés par la « Pimperonnelle » (Najat) dite « l’aveuglée du sérail » et le grand « Eh Oh » dit aussi Le Foll (à lier). Ils n’ont pas leur pareil pour vous transformer une réalité bien tristounette en monde merveilleux. Mais ils ne sont pas seuls. Marisol, celle qui a bouché (virtuellement) le trou de la sécu, présente son mentor de président comme un « homme exceptionnel ». Bref l’ensemble du chœur nous chante, comme dans une tragédie grecque, que le quinquennat fut formidable et qu’il faut en être fier. Le summum de la mystification est atteint par Sapin-les-bas-roses avec la présentation du budget 2017 qui va être discuté au Parlement : un chef d’œuvre de trucage, manipulation, bidouillage et camouflage.

La magie de Garcimore.

La loi de finances pour 2017 est tout sauf sincère. C’est un chef d’œuvre d’inconséquence tant les ficelles sont voyantes. Il est bâti sur une hypothèse de croissance de 1,5% complètement bidon, puisque le consensus l’estime à 1,2 ou 1,3. L’économie française reste bridée par les séquelles du choc fiscal qui a coûté 0,8 point d’activité par an depuis 2012. Le contexte lui-même, contient suffisamment d’éléments négatifs comme une conjoncture moins favorable (remontée du prix du pétrole et des taux d’intérêt), le contrecoup des attentats (tourisme -10%),  les conséquences du Brexit qui sera déclenché en janvier 2017… Tout cela aurait dû être pris en compte dans les prévisions. Il n’en est rien.

Alors on fait semblant d’alléger la facture pour les ménages et de continuer à baisser les impôts. Ce qui n’est pas vrai puisque les prélèvements obligatoires restent bloqués à 44,5% du PIB et les recettes publiques ont augmenté de 4 points depuis 2012 et les impôts locaux de 10%. Il s’en suit des manipulations comptables. Ainsi les dépenses supplémentaires pour les fonctionnaires, les enseignants et les jeunes sont comptées pour 4 milliards d’euros alors que leur coût est de 10 à 13 milliards en année pleine. L’objectif de progression des dépenses de santé est porté à 2,1% en parfaite contradiction avec l’élimination du déficit de l’Assurance-maladie (les 4 milliards d’économie de « l’efficience des hôpitaux » sont virtuels). Parmi les nombreux trucages on relève les 5 milliards de baisses des charges du CICE reportés sur 2018 et l’encaissement prématuré avant la fin de l’année 2017 de taxes sur les entreprises pour environ 400 millions d’euros.  Le déficit de 70 milliards d’euros se trouve artificiellement minoré et permet de le présenter à 2,7% pour Bruxelles (sous les 3%) alors que son niveau réel est de 3,7% ! Et notre Garcimore a le culot en plus d’affirmer que l’effort de redressement en France a été plus important qu’en Allemagne, une évidence quand on regarde les chiffres : Allemagne en excédent de 1,2% et dette publique réduite à 71% du PIB, France, déficit de 3,7% et dette publique à 97,5% du PIB ! Cherchez l’erreur !

Hollande laisse un champ de ruines.

Ce budget clôt un quinquennat marqué par le déni, l’incapacité à mener les réformes et l’irresponsabilité. Le budget 2017 acte l’échec radical de la politique menée depuis 2012. La dépense publique est à 57% du PIB, et s’accompagne d’une dette de 2100 milliards d’euros, d’impôts insupportables et du chômage de masse.  La balance du commerce extérieur reste lourdement négative (autour de 45 milliards), la balance des paiements aussi, les collectivités territoriales sont exsangues et la réforme contribue à augmenter leurs dépenses au lieu de les baisser, l’éducation nationale, malgré l’embauche de 60 000 enseignants supplémentaires continue de reculer et la réforme des rythmes scolaires continue de coûter sans qu’on en voie le bénéfice. La France reste le plus mauvais élève de l’Union européenne et tous ses indicateurs sont au-dessus de la moyenne de l’Union. Elle continue de détruire son tissu industriel, elle perd des parts de marché par manque de compétitivité de ses entreprises… mais tout va très bien ! Malgré des conditions extrêmement favorables (euro, taux, énergie), et l’absence de crise majeure, elle a continué de reculer.

Jamais notre pays n’a été autant en position de faiblesse et jamais, les risques liés à la dérive de ses dépenses publiques n’ont été aussi élevés. Risque de stagnation économique car, on le voit bien, la dépense publique anesthésie la production, l’investissement et l’emploi. Risque financier, car la remontée des taux pointe le bout de son nez et est inéluctable. Risque politique, car la déstabilisation des classes moyennes par la fiscalité confiscatoire favorise le populisme. Et même risque européen puisqu’une nouvelle crise de l’euro n’est pas à écarter, dont la France, par le boulet qu’elle représente pourrait être, avec le Brexit, l’un des principaux facteurs de déclenchement.

Voilà un horizon bien sombre pour ceux qui s’apprêtent à prendre le relais en 2017. Car c’est bien d’une citrouille dont ils vont hériter et pas d’un carrosse ! La restauration de la compétitivité et le retour à l’équilibre des finances publiques sont absolument indispensables. Espérons que l’environnement international n’ajoutera pas à la difficulté de l’exercice !


INFO ZAPPING

Haddock se marre bis

On hallucine !

« Pas d’bol » ! Le chômage atteint 6 613 000, toutes catégories confondues. « Atypique » s’est contentée de dire El Khomry ! 50 000 chômeurs de catégorie A de plus en août, on voudrait nous faire croire que c’est une banalité. C’est certain, le « normal casqué »  préfère baver sur Sarkozy que chercher des solutions au drame du chômage dont il est responsable.

Les emplois-formations : et pourtant, le gouvernement a mis le paquet sur les contrats emploi-formations   à grand renfort d’argent public pour les financer. Il compte atteindre les 500 000 avant la fin 2016. Les chômeurs en formation disparaissent de la catégorie A. Ah oui, il faut aussi ajouter que le dispositif n’est pas reconduit après 2017.

Le patron de la BCE, Mario Draghi a  redit au Parlement européen que les banques centrales arrivent à la limite de leur capacité d'intervention, que l'efficacité de leurs interventions est de plus en plus marginale, et qu’il faut que les gouvernements relancent la croissance et fassent des réformes structurelles. Apparemment personne n'a traduit son discours en français ?

On adore !

Hillary Clinton a été largement donnée vainqueur du premier débat face à Trump. Ouf !

L’Inde a  finalement acheté 36 Rafales, non pas à la France, mais à Dassault. Le dossier trainait depuis 15 ans !

Hollande n’a pas calé à Calais : il va démanteler complètement la jungle d’ici la fin de l’année en planquant les clandestins dans 80 départements. Si c’est comme l’inversion de la courbe…

Un avion en difficulté largue 200 tonnes de kérosène sur la forêt de Fontainebleau : comme engrais on fait mieux. Mais, fallait-il qu’il s’écrase avec ses passagers à l’atterrissage ?

La « toupie » de la mairie de Paris, jamais avare de  provoc’, en a trouvé une nouvelle : créer un espace nudiste dans la capitale. D’abord on espère qu’elle va donner l’exemple ! Le nudisme urbain pour être en communion avec la nature, il fallait  oser ! Voilà qui va faire plaisir aux barbus. D’aucuns espèrent que ce sera au Bois de Boulogne.

On s’en tape !

Les “unes” des tabloïds : « Ils » sont en campagne, et pour mieux se vendre, on nous les propose en couverture avec leur nana : Macron et sa vieille, Hollande et sa starlette…

Brad et Angelina divorcent. Pas de quoi empêcher la Terre de tourner.

Bayrou réunit ses quelques ouailles qui lui restent au fond du Morbihan : c’est l’automne aussi pour le Modem en université d’été.

Chirac est peut-être mourant mais un hebdo nous sort une  liaison cachée : indécent ! Bernie ne dit pas merci.

Le Prix de « l’homme d’état (le pire) de l’année » a été remis à François Hollande. Erreur de casting ?

Pépère va parler tous les jours cette semaine pour occuper le terrain.  Mais personne ne l’écoute plus. Alors à quoi ça sert ?

Macron, l’escroc au sourire, pendant ce temps-là, fait son tour de France, poursuivi par la meute des micros : les médias ont toujours adoré ceux qui crachent dans la soupe.

C’est gonflé !

Marisol annonce avoir rebouché le trou de la sécu : on hésite entre gros mensonge et pari douteux.

Moscovici a choisi la journée mondiale d’Alzheimer pour signer une tribune : « Ne laissons pas filer les déficits » ! Trop drôle !

Equilibrisme soviétiforme : tiens, justement, après nous avoir expliqué que les comptes de la Sécu étaient équilibrés, le gouvernement nous annonce aussi que nous atteignons l'équilibre budgétaire. En 2016, le déficit budgétaire sera aussi élevé qu'en 2015. Et on sait déjà qu'en 2017 il sera toujours au même niveau. Proche des 70 milliards d'euros. C'est de la désinformation digne des grandes heures des annonces des résultats des plans soviétiques.

Des policiers belges ont relâché des réfugiés de l’autre côté de la frontière, c’est-à-dire chez nous. Mais ils ont été vus. Forcément, ils sont Belges !

 


ALERTE ! LA FINANCE EST DEVENUE FOLLE !

Planche à billets

 

Les taux bas éreintent le modèle  du livret A, refuge privilégié de l’épargne des Français ; les taux négatifs laminent les banques européennes malmenées en bourse et dont certaines ont perdu jusqu’à 25% de leur valeur…

L’arnaque avec un « A ».

Ce que font aujourd'hui les banques centrales et les États dépassent toutes les arnaques financières les plus célèbres et les plus sophistiquées, par leurs montants et par le silence assourdissant des gouvernements qui en profitent. Ce sont des centaines de milliards qui sont en jeu. En Europe, la BCE et les banques centrales ont mis en place un mécanisme d'une subtilité et d'une perversion rarement atteintes.

Accrochez-vous !

Prenons l’exemple de la BCE (Banque centrale européenne) et de la France. La BCE rachète massivement des emprunts d'État. La première conséquence est simple à comprendre : les taux des emprunts d'État baissent, et du coup le service de la dette et son coût pour l’État chutent. Le but était d'aider les États européens pour que les gouvernements utilisent ce bonus pour réformer,  mais on a observé qu’en France c'est l'inverse qui s'est produit : la baisse des taux a été une prime à la paresse et tout le monde parle déjà de relance alors qu'on n'est même pas passé par la case « austérité » comme l'Allemagne. La France aurait dû profiter de cette aubaine pour apurer ses comptes mais elle ne l’a pas fait.

Attention ça se corse !

En fait, aujourd'hui, quand la France emprunte, c'est donc la Banque centrale européenne qui lui prête. C’est ce qui ressort  de ce qu’on vient d’expliquer, c’est simple à comprendre. Mais la BCE n'est pas sortie de nulle part : elle est bien la « banque centrale » des « banques centrales nationales » (dont la Banque de France) qui dépendent totalement elles-mêmes des budgets des États européens. Vous suivez ? Autrement dit et pour faire simple, lorsque le gouvernement français emprunte de l'argent, c'est en quelque sorte le gouvernement français qui lui prête. En fait, c’est un cercle totalement fermé. Vous trouvez ça normal ?

Bon,  prenons un exemple !

Supposons que  la France emprunte de l'argent à 0.50% par an. La BCE qui a acheté l'emprunt français touche donc 0.50% par an qui reviennent directement à la Banque de France en charge de la dette française. Et évidemment la dite Banque de France reverse ces 0.50% au budget de l'État. C’est ainsi que de 2005 à 2015 la Banque de France a encaissé 50 milliards d'euros qu'elle a reversés au budget de l'État. Et le plus drôle c'est que, soumise à l'impôt sur les sociétés, elle a payé un impôt à l'État français sur l'intérêt payé par l'État français. Kafkaïen ! 

Attendez, ça n’est pas fini !

Comme la BCE a épuisé le marché des emprunts d’Etats, elle rachète aujourd’hui des emprunts de grandes entreprises, pour continuer à déployer son Q.E (Quantitative Easing = planche à billets).  Les intérêts de ces emprunts vont aussi dans les caisses de l'État. Donc, c'est l'État français qui se prête lui-même de l'argent totalement artificiel et qui devient le premier prêteur aux plus grosses entreprises.  C’est la négation totale des lois du marché.  A côté, Madoff était un enfant de chœur.

Résultat des courses.

On ne sait pas combien de temps la plaisanterie va durer ni comment sortir de ce cercle vicieux. D’autant plus que le dispositif du Q.E. n’a toujours pas atteint son objectif principal qui est de relancer  la croissance européenne toujours mollassonne, pas plus qu’aux Etats-Unis où la Fed hésite toujours à remonter ses taux tant les signes de consolidation de l’économie sont peu convaincants. Le Japon connait pire et malgré l’enfoncement dans les taux négatifs, la banque du Japon n’arrive toujours pas à casser la spirale de la déflation. Entre le dollar, l’Euro et le Yen c’est une guerre des monnaies qui ne dit pas son nom. Toutes ces émissions de monnaie, au lieu d’alimenter l’économie réelle, vont grossir les milliards spéculatifs de la planète financière qui tourne de plus en plus follement (je vous expliquerai une autre fois comment), alternant périodes de calme relatif et d’affolement, au gré du prix du pétrole ou de la Chine, jusqu’au moment où le système bancaire exsangue et à bout de souffle s’écroulera, et  là … !

 


DETENDEZ-VOUS, ON EST DIMANCHE !

Gaulois2

NOS ANCÊTRES …LES GAULOIS !

Ah, je ne peux pas m’empêcher de mettre mon grain de sel sur cette polémique stupide qui n’en vaut vraiment pas la peine. Mais que les gens ont la mémoire courte et bon sang, où est passée notre culture  populaire ? 

Un vieux poncif !

Depuis toujours, pour les Français, leurs ancêtres sont les … Gaulois. C’est d’ailleurs ce qui a fait le  succès d’Astérix. Cette expression est directement sortie du folklore de notre enseignement  primaire avec Clovis et le vase de Soissons,  et … ce sacré Charlemagne ! C’est le récit de  notre Histoire de France en images d’Epinal, souvent repris en humour et en chansons. Qui donc chantait « Notre ancêtres, les Gaulois, habitaient des huttes en bois … » ? Henri Salvador, un noir qui plus est ! Tout est dit.

Alors vraiment ceux qui cherchent des poux à Nicolas Sarkozy n’ont vraiment rien compris, au contraire de tout le monde, je veux dire tous ceux qui n’appartiennent pas à l’élite intellectuelle bobo des médias parisiens et consorts. Que des socialistes se soient jetés dessus comme  la pauvreté tombe sur le monde (ils sont spécialistes), ça n’est pas étonnant : cela nous  a valu de découvrir les  approximations historiques de notre Ministre de l’Education et un cours d’histoire de Le Foll après évocation du sujet en Conseil des Ministres. Avec en filigrane une justification du multiculturalisme, eh oui, incorrigibles ! Jusqu’où va l’aveuglement. Mais que Alain Juppé ait cru bon de s’en mêler, je suis déçu.

Il  n’y a pas pire bêtise que de prendre l’expression au pied de la lettre.

L’art oratoire du tribun c’est de trouver les images qui parlent au peuple. Ah, c’est certain, Nicolas Sarkozy n’a pas fait l’ENA et ne possède pas vraiment le jargon technocratique. Il a la verve populaire. Bien sûr, c’est réducteur, bien sûr on a le droit de ne pas  aimer, mais au moins il sait se faire comprendre. En réutilisant  l’expression : « Nos ancêtres les Gaulois », il n’a fait que dire à sa manière qu’en devenant Français, on épouse l’Histoire de France et que ça ne se réduit pas à une formalité administrative. Rien d’autre ! J’ai interrogé autour de moi, je n’ai rencontré que des gens qui ont bien compris ce sens-là… et qui sont d’accord. Mais madame Vallaud Belkacem ne sait peut-être pas ce qu’est une métaphore.

Alors après, on peut faire un débat sur les mérites de l’assimilation par rapport à l’intégration,  mais c’est une autre histoire.

Cette polémique est risible et justement, « Faut rigoler… avant que le ciel nous tombe sur la tête » !

 


LE DENI PERMANENT

Hollande campagne 2016

 

Le déni, avec la procrastination (remettre à demain) c’est la marque du quinquennat de Hollande. Avant 2012, on avait le déni de la crise. Tout était dû à la vilaine politique de Sarkozy.  Depuis son élection, les dénis de réalité ont fleuri comme  jonquilles au printemps. Sur la courbe du chômage, sur la croissance (« elle est là »), sur les prélèvements, sur les déficits… Il a  passé son temps à mentir aux Français. Mais voilà, on arrive au bout du terme, et le champ de ruines qu’il laisse n’est en rien sa faute. C’est ce qui ressort de l’entretien publié dans la revue « Débats » au cours duquel il écrit à sa manière l’Histoire (faut-il un H majuscule ?) de son quinquennat.

Le roi de la défausse.

Tenez-vous bien, tout ce qui arrive ou est arrivé, il n’en est pas responsable. Ses malheurs, son impopularité ne sont pas le résultat de son action personnelle, mais proviennent « des lois incontournables de la politique ». Ainsi, « c’est le destin de la gauche de gouvernement de toujours être accusée de trahison ! » et c’est inexorable, « dès son accession aux responsabilités ». Qu’il n’ait tenu aucune des promesses de sa mélopée (vous savez l’anaphore) du débat avec Sarkozy n’y est absolument pour rien. Le procès aurait eu lieu quoi qu’il arrive. Donc, si on comprend bien, son rejet a été automatique et n’a rien à voir avec son bilan ; il pousse même l’outrecuidance jusqu’à se dédouaner de toute responsabilité personnelle ! Il voudrait dire qu’il n’a servi à rien qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Message reçu !

Populaire, mais après …

Ce qui ressort aussi de cette interview, c’est l’observation de la popularité a posteriori dont bénéficient les gouvernants une fois qu’ils ont quitté le pouvoir. Autrement dit, le peuple ingrat juge toujours sévèrement le pouvoir en place, ce qui n’est pas faux. Il  faut attendre l’impopularité du pouvoir suivant pour voir son cas personnel réévalué. L’exemple de Chirac vient évidemment à l’esprit. C’est ce que Hollande appelle le « réenchantement a posteriori ». La formule  sonne comme un regret pour celui qui voulait « réenchanter le rêve français ». Mais surtout ce type de raisonnement lui permet de s’exonérer de toute autocritique. Il ne voit pas que le niveau d’impopularité qu’il subit, aucun autre ne l’a connu avant lui. Mais à quoi bon, puisque l’impopularité et les échecs sont le fruit de la fatalité qui atteint tous les présidents : « La  contestation globale du pouvoir l’emporte sur le jugement sur les idées que je représente et mon action » affirme-t-il sans barguigner ! Comme il va se représenter en 2017 (on parie ?) et sera battu,  ce ne sera donc pas lui, mais « le pouvoir » qui sera mis en échec. Fatalité ultra commode, ce qui lui permet de prévenir : « Les électeurs qui auront voté pour le prochain président ne l’auront fait que pour empêcher le pire (Marine Le Pen). Donc par défaut et pas par adhésion. La contestation de son action est inscrite par avance dans les données du scrutin » anticipe-t-il. Sidérant, non ? Il part d’un constat qui est aujourd’hui une évidence à savoir la présence de Marine Le Pen au second tour, mais c’est pour s’exonérer une fois de plus de toute responsabilité, alors que ce scénario est le fruit de sa faiblesse personnelle qui conduit à l’élimination de la gauche. Et en plus, il légitime par avance la contestation dont le nouveau pouvoir fera l’objet.

La cavalerie budgétaire à la rescousse.  

En attendant, le pouvoir charge la barque pour 2018 dans des proportions qui relèvent du jamais vu. Deux raisons peuvent l’expliquer : primo, faire feu de tout bois  pour essayer quand même de se faire réélire en multipliant les cadeaux électoraux, et secundo, pourquoi se gêner si on doit être battu. De fait, l’ardoise commence à être salée, entre les dérapages budgétaires de l’assurance maladie, de l’assurance-chômage, les prélèvements qui ne diminuent  pas, les baisses d’impôts pour trois ou quatre millions de petits contribuables et les artifices pour entrer dans les clous des exigences bruxelloises auxquels il faut ajouter les 12 à 15 milliards d’euros de déports programmés pour après 2017. Le nouvel exécutif ne va pas trouver un lit de roses pour commencer son mandat. Le tout dans un contexte de faible croissance.

Le chœur de louanges et les grandes orgues.

SapinComme le peuple imbécile ne voit pas les bienfaits de sa politique, tout est mis en œuvre  pour tenter de les lui rappeler. La « garde rapprochée» est donc astreinte à vanter les charmes d’un mandat raté. Sapin-les-bas-roses fait l’éloge du quinquennat en multipliant les contre-vérités et en habillant les chiffres pour les rendre présentables, sans se rendre compte qu’il fait rire tout le monde chaque fois qu’il se targue de son habituel : « Nous sommes sérieux ! ». Marisol  Touraine  crie sur tous les toits qu’elle a « sauvé la sécu », avis que ne semble pas partager la Cour des Comptes qui constate le relâchement des dépenses de santé, et pépère lui-même y va de son refrain en étant « fier de son bilan sur la compétitivité » ! Peur de rien.  Il entame même des manœuvres politiciennes pour tenter de recoller les morceaux à gauche, sans quoi sa candidature n’ira même pas jusqu’au bout : sourires à « l’amer de Lille », Pimperonelle chargée de récupérer le monde enseignant avec des propositions ineptes comme la scolarité jusqu’à 18 ans (on ne change pas une politique qui échoue), Taubira chargée de remonter au front bien qu’elle n’ait pas les « compétences pour guérir les gens du Figaro » (grave), comme elle dit. Et n’oublions pas Camba dans le rôle du ravi de la crèche dont le rôle  assigné est de vanter le génie du Maître et de taper sans retenue sur l’ancien président, considéré comme le meilleur fédérateur de la gauche. Bref, L’air préféré, on le connait : « Tout va très bien Madame la Marquise … »

Tout fout le camp.

Oui, rien ne va, mais il refuse de le voir. La démission de Macron lui porte pourtant un coup fatal. Il  a été obligé d’accepter le principe d’une primaire : une humiliation. Depuis des mois il tente d’organiser les conditions favorables à sa réélection, mais  rien n’y fait, il reste collé au fond de la casserole, comme le caramel quand il  a brûlé. Il a beau multiplier les signaux sur le terrain gouvernemental et de prendre de la hauteur par un activisme diplomatique effréné au cours de l’été, tous ses efforts n’ont servi à rien. La multiplication des candidatures à gauche, au sein du parti ou pas, avec les frondeurs Hamon, Lienemann, Benahmias, Filoche, de Rugy, sans oublier Montebourg et surtout Mélenchon, tout contribue à banaliser la candidature du sortant. La cerise sur le gâteau, c’est le cas du « traitre » Macron dont les sondages prédisent qu’il serait le mieux placé  pour le remplacer. Seuls 17% des Français lui feraient confiance, 12% parmi les ouvriers, 10% parmi les employés. La base politique et sociale se dérobe sous ses pieds. Les Français ont simplement fait une croix sur lui. Mais près de 70% sont persuadés qu’il sera candidat alors que 12% souhaitent sa candidature : tout est dit !  Ses électeurs ont déjà tourné la page « Hollande ». Il veut quand même imposer sa candidature à la gauche. Toujours dans le déni, au mépris des règles et de la constitution, il mène, sans le dire, campagne tambour battant aux frais des contribuables (où est donc Anticor ?), et va faire un discours surréaliste devant ses amis de Terra Nova, pour étriller la droite et commencer à décliner son programme : le « discours de Wagram »… Bah, n’oublions pas qu’après, il y a eu la Bérézina !

 


UN FN PASSE-MURAILLE ?

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Ravalement de façade.

Finie la flamme tricolore surmontant les initiales « FN ». Finis les slogans nationalistes racoleurs du type « La France aux Français ».  L’extrême-droite la joue désormais « soft ». C’est tout juste si à Fréjus on fait de la  politique : des « Estivales » au début de l’automne, des affiches vantant la « France apaisée » avec la  photo d’une Marine tout miel… qui la mettrait « à feu et à sang » si elle était élue. Je sais que la mode est à la « disruption », mais là, l’état-major lepéniste pousse le bouchon un peu loin. D’ailleurs on va même jusqu’à reprendre l’argumentaire gaulliste de l’élection présidentielle qui est la rencontre d’un(e) candidat(e) avec le peuple, jusqu’au slogan emprunté au Général : « Au nom du peuple ». Les  anciens penseront inévitablement au « Rassemblement du Peuple Français ».  Gonflé !  Car c’est faire avaler à nombre de militants viscéralement antigaullistes une couleuvre grosse comme le bras de Teddy Riner. Mais ne chausse pas les godillots du Père De Gaulle qui veut. Ambitieuse la minette (enfin, plus tout-à-fait), mais à ce jeu-là elle risque de faire perdre leurs repères à un bon nombre de ses militants.

Le pipeau pour charmer.

Entre une gauche suicidaire et une droite en primaire, la période est bénie pour Marine Le Pen qui, elle au moins, n’a pas à faire le ménage pour exister, tout ce qui s’oppose ayant été viré. Facile! Elle peut donc jouer de son pipeau pour continuer à dédiaboliser le parti que son père s’était acharné à positionner comme le pourfendeur du jeu institutionnel. Mais voilà, fifille  prétend entrer dans le jeu. Alors comme le loup qui veut entrer dans la bergerie, elle se déguise en mouton. Elle nous habille le FN en costume « passe-muraille ». La stratégie de Marine Le Pen est à la fois claire et efficace : elle veut ajouter à sa part de marché électoral, que les sondages situent légèrement au-dessous de 30%, la respectabilité que lui contestent encore des partis plus ancrés dans la population, même si le FN se taille, à la faveur des rendez-vous électoraux, des positions qui se renforcent, encore qu’il faille relativiser des scores obtenus avec des taux d’abstention records qui amplifient mécaniquement ses résultats.

Tentative d’OPA sur la droite.

L’affaiblissement sensible de la gauche n’a pas donné à la droite républicaine l’essor qu’elle pouvait en attendre, parce que les transferts ont surtout profité au FN. La  porosité avec l’extrême droite se fait davantage avec l’électorat de Mélenchon qu’avec celui de la droite classique. Nicolas Sarkozy a  peut-être raison de tenir fermement un discours identitaire, mais son pari de faire revenir des  électeurs dans son giron est largement limité par le fait que le gonflement du FN est d’abord dû à un déport de l’extrême gauche. Il n’empêche, cela fait des années que le Front national perturbe le jeu droite-gauche. Il a commencé à le faire en 2002 quand Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour de l’élection présidentielle, plongeant le pays dans la stupeur. Aujourd’hui, la crainte s’est transformée en certitude : Marine Le Pen a toutes les chances de se qualifier pour le second tour, et, pis encore, pourrait arriver en tête de tous les candidats du premier tour. Après avoir siphonné ses voix dans le petit peuple de gauche, elle tente le même coup sur la droite, en comptant profiter du contexte. Elle oblige la droite comme la gauche à limiter la dispersion de leurs voix en organisant des primaires qui visent surtout à limiter le nombre des candidats.

Elargir en gardant le même fonds de commerce.

La stratégie du FN est  donc simple : capitaliser un maximum de voix dès le 1er tour, car son problème c’est le second.  Sans allié, la  barre des 50% est quasi inaccessible, même avec plus de 30% des suffrages. C’est pourquoi elle s’est imposé une cure de silence pour faciliter le nouveau positionnement qui se voudrait plus recentré. Elle a bien compris que dans le contexte actuel, elle n’a plus besoin de faire campagne. La place est trop occupée par la primaire de la droite et les soubresauts de l’agonie du quinquennat, et elle serait inaudible. Au cours du week-end écoulé, elle a donc réuni ses troupes à Fréjus, façon d’entretenir la flamme, et elle leur a tenu les propos cinglants qu’elles attendaient d’elle, sur l’Europe, l’immigration et les autres partis. Un républicain authentique ne sera jamais convaincu par son argumentation. Pourtant, elle sait que sa seule chance, c’est de sortir du cadre un peu étroit où la confine l’extrémisme et Dieu sait qu’elle a multiplié les efforts, jusqu’à entrer en conflit avec son père, pour normaliser son parti en quelque sorte et tenter de lui donner une réputation comparable à celle des autres formations politiques. Ses propos de tribune  ont été peu repris, ils permettent néanmoins de constater que derrière la façade ripolinée en rose (en bleu Marine, devrais-je dire), la réalité du programme frontiste est toujours la même. Dans ses interviewes elle essaie cependant de vendre une image plus modérée notamment par rapport à l’Islam.

Mais à l’intérieur, c’est le même magasin.

C’est là que l’exercice trouve ses limites. Il lui faut en effet garder à ses côtés ceux qui s’estiment assez trahis par la politique pour avoir choisi l’extrême droite, et elle doit en même temps conserver la forte identité nationaliste et populiste qui a fait le succès du Front. C’est d’ailleurs pour des raisons de ce genre qu’elle a conservé dans son programme la sortie de la France de la zone euro. À peu près tout le monde lui dit que c’est de la folie, mais par égard pour Florian Philippot, elle n’a pas renoncé à cette désastreuse disposition prévue dans son programme. Elle continue de naviguer sur ce qui lui convient le mieux, l’aversion pour les autres partis, l’intolérance, la xénophobie qu’elle laisse maintenant à ses amis le soin de colporter allègrement, un programme économique mi-poujadiste, mi-étatiste irréaliste. Mais elle reste convaincue que le seul moyen de faire de sa formation un parti de gouvernement, c’est de le sortir d’une idéologie trop marginale et de le rendre acceptable pour une plus grande partie de la population. Avec des apports venus directement de l’extrême-gauche, le pari est risqué. La proposition de fournir des parrainages à Mélenchon, est plus à l’attention de son électorat qu’à lui-même, et peut-être aussi pour le plaisir de le voir fulminer. Avec elle, Machiavel n’est jamais loin.

Néanmoins, il y a loin de la coupe aux lèvres et l’habit ne fait pas le moine. Si sa stratégie peut paraître intelligente et lui apporter des dividendes intéressants, il y a une limite à la contradiction qui consiste à faire du FN un parti à la fois comme les autres et différent de tous les autres. Elle ne peut pas prétendre à plus de vertu que ses concurrents de droite ou de gauche. Le programme du Front National passe forcément par l’intolérance et une certaine violence, ce qui met de sérieuses limites à son caractère « républicain ».

 


LE DEFI OBSCURANTISTE

Burqua

 

Les musulmans français sont partagés entre majorité silencieuse et fondamentalisme.

C'est ce que révèle l'enquête exclusive menée par l’IFOP pour l'Institut Montaigne. Elle a au moins le mérite de nous mettre devant la réalité. Il existe en effet deux groupes très différents au sein des musulmans de France. D'un côté, une majorité silencieuse : 46% des personnes interrogées sont parfaitement intégrées dans la République et à l'aise avec ses valeurs. À l'opposé, un groupe de près de 29% conteste la laïcité et considère qu'elle ne permet pas d'exprimer librement sa religion. Il est qualifié d'autoritaire par le rapport : ces musulmans sont pour le port du voile intégral, considèrent que la Charia est au-dessus des lois de la République et utilisent l'Islam comme instrument de révolte. Elle met donc en évidence ce qu’on savait déjà intuitivement : l’intégrisme religieux progresse au sein des musulmans de France. Il vaut mieux le savoir. L’Institut Montaigne ose un chiffre sur la présence – souvent fantasmée – de musulmans dans notre pays. Ils seraient entre 3 et 4 millions. On est loin des 8% à 10% de la population brandis par les théoriciens catastrophistes du « grand remplacement ». Ils représentent aujourd'hui 5,6 % de la population française et 10% des moins de 25 ans. Il s’agit donc d’un groupe social particulièrement jeune : 84% ont moins de 50 ans. L’âge moyen s’établit à 35,8 ans (il est de 53 ans chez ceux qui se déclarent chrétiens et de 43 ans pour les « sans religion »).

Les résultats de cette enquête sont évidemment contrastés.

Ils ont le mérite de nous fournir une radiographie détaillée de ce que pensent nos 3 ou 4 millions de compatriotes qui se revendiquent de l’Islam. S’il est rassurant de constater que leur grande majorité adhère à la laïcité et aux lois de la République,  on notera toutefois que 2/3 d’entre eux sont favorables au port du voile par les femmes, ce qui paraît paradoxal mais peut s’expliquer par le fait culturel, comme le fait très majoritaire de consommer « halal ». Par contre elle nous apporte aussi des informations inquiétantes : les musulmans qualifiés d’ « ultras en rupture » par les chercheurs sont très représentés chez les inactifs, les précaires et surtout les jeunes dans une proportion effarante puisque  50% des moins de 25 ans se rangent dans cette catégorie. Ils vivent en rupture avec les valeurs républicaines, plébiscitent le port du niqab ou de la burka et la polygamie. C’est ainsi que 32% des musulmans placent la charia au-dessus des lois de la République.

On comprend bien que la situation économique et sociale constitue une clef de radicalisation. Mais l’explication n’est pas suffisante. Il s’agit de la révolte d’une génération de personnes contre le pays qui les a accueillis. Elle consacre l’échec du système éducatif qui s’est révélé incapable de leur transmettre le minimum de culture pour qu’il puisse construire leur identité au sein de la communauté nationale. L’affirmation religieuse prend la forme d’une sorte de vengeance contre une société qui n’aurait pas voulu d’eux. Signe d'autant plus inquiétant que les auteurs de l'étude postulent qu'il s'agit d'un effet de génération, qui ne s'atténuerait donc pas avec la maturité.

L'utilité de cette enquête est évidente.

Certains y verront une tentative de constituer des statistiques ethniques là où il ne s'agit que de sonder pour savoir, au même titre que ce que pensent les catholiques est souvent sondé. Et il vaut mieux savoir,  dans la période que nous traversons.

En effet, nous savons maintenant que ceux qui nous font la guerre peuvent s’appuyer à l’intérieur du territoire sur un important vivier qui lui est prédisposé. Il est donc urgent de combattre ces comportements minoritaires, comme il est primordial d’éviter les amalgames et les discriminations. Il est tout aussi urgent d’attaquer le mal à la racine par le renforcement de la lutte contre tous les comportements « communautaristes » aux urgences des hôpitaux comme dans les écoles où les enseignements sont là pour lutter contre l’obscurantisme. Nous combattons un fondamentalisme qui tient pour incontestablement vrai tout ce qui a été écrit dans le Coran au 6ème siècle après JC.  Va-t-on renoncer à enseigner que la Terre est sphérique et tourne autour du soleil, que l’homme a une préhistoire, que la science lui a permis d’aller sur la Lune … Et en matière d’ éducation civique, être intraitable sur les valeurs qui fondent notre société, le droit de croire ou de ne pas croire, l’égalité de la femme et de l’homme, la citoyenneté qui fait de chacun de nous une personne libre et autonome dans la République. Cela passe forcément par des mesures radicales telles que l’’interdiction de certaines institutions ouvertement fondamentalistes et  prosélytes. Il ne s’agit pas de limiter la liberté de penser et de conscience, mais de lutter contre l’endoctrinement.

Empêcher l’obscurantisme.

La tâche va être d’autant plus difficile que nous aurons de plus en plus des comportements de refus qui existent déjà : refus d’apprendre, refus de tout savoir autre que celui de source religieuse. C’est de là que vient la mode aujourd’hui répandue dans les collèges et les lycées de traiter « d’intello » celui qui réussit pour le stigmatiser et faire pression sur lui. Comme le raconte Magyd Cherfi dans « Ma part de Gaulois », petit beur des quartiers Nord de Toulouse, tabassé parce qu'il travaille bien à l'école, et qui réussit malgré tout à obtenir son bac, grâce au soutien de sa mère, tout en cultivant son goût pour l'écriture de poèmes et de pièces de théâtre, puis à devenir célèbre en intégrant un groupe de musique connu (Zebda). On ne s’étonnera donc pas du faible taux de réussite de certains établissements scolaires. Les islamistes ont bien compris que le meilleur moyen de manipuler la population et de  l’empêcher de s’intégrer, c’est de la maintenir dans l’ignorance. Lutter contre l’obscurantisme, c’’est la priorité. Dans cette bataille, la lutte contre le « vestimentaire » n’est pas accessoire comme le voudrait de bonnes âmes faussement libérales.  Si les musulmans sont divisés sur la question du voile, celui-ci reste cependant un point de convergence identitaire : 60% des sondés estiment que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile à l’école et au collège contre 37% des non-musulmans… De même, autre pierre d’achoppement qui fait débat, 80 % des pratiquants et 67 % des non-religieux considèrent que les enfants devraient pouvoir manger halal dans les cantines scolaires – avis partagé quels que soient le niveau d’études, la situation professionnelle et l’âge. 

Le problème est sociétal.

Le réflexe des gouvernants et des politiques est de se tourner vers les « autorités » musulmanes et les mosquées.  Mais la pratique religieuse est elle aussi contrastée : un tiers des musulmans ne se rendent jamais à la mosquée, un tiers pour les fêtes religieuses, 29% s’y rendent chaque semaine dont le vendredi et 5 % quotidiennement. On se demande alors s’il est  bien utile d’organiser l’islam de France autour des lieux de culte. D’autant plus que la plupart des musulmans (68%) ne connaissent même pas le Conseil français du culte musulman (CFCM). Enfin, il sera bien plus difficile d’empêcher l'influence des chaînes de télévision de la péninsule arabique ou la consultation de sites sur internet, même si des moyens de surveillance existent pour ces derniers. Faire respecter la République et lutter  contre  l’obscurantisme implique deux types d’actions : la répression ferme chaque fois que les lois sont transgressées et le renforcement de l’éducation dans un effort qui ne doit pas se limiter aux institutions scolaires. Deux autres axes d’action sont nécessaires : la lutte contre les  discriminations à l’embauche et en matière de logement, la « déconstruction » des ghettos communautaires et le rétablissement d’une mixité de population en profitant des opérations de renouvellement urbain. Tâches  peut-être de long terme mais qui doivent être menées en permanence. En regard de ces problématiques, les  propositions de l’Institut Montaigne sont discutables pour certaines comme le financement des mosquées par une taxe « halal », les autres peuvent être utiles notamment pour faciliter la surveillance et tenter de « franciser » la pratique religieuse, mais restent anecdotiques par rapport à l’enjeu.

 


JUPPE SOUS VENT PORTEUR, SARKOZY SOUS SPI, FILLON A LA MANOEUVRE…

Primaire à droite

 

Le match devient passionnant.

La métaphore de la régate convient bien d’ailleurs.

ALAIN-JUPPE-STRASBOURGAlain Juppé, si l’on en croit les sondages, mènent toujours la course. Cette semaine, il a hissé une voile au portant  avec le thème de « l’identité heureuse » dont il veut faire l’un des fers de lance de sa campagne « joyeuse ». A Strasbourg, excellent choix pour la portée européenne, devant près de 2 000 personnes, il a décliné son « idéal », donnant à son discours une dimension de civilisation tout en déclinant la culture française et les valeurs auxquelles il croit et qu’il souhaite voir partagées par les Français. Ennuyeux ont critiqué certains.  Profond, j’ai trouvé ! En voilà un qui suit son cap sans se démonter. Alain Juppé est un homme de caractère bien trempé qui ne se laisse pas facilement démonter. Calme et solide à la barre, il faudrait pourtant qu’il pousse un peu sa goélette avant que des vents contraires n’arrivent.

La saturation « Sarkozy ».

Sarkozy emission politiqueEn effet, qu’on aime ou que l’on déteste Nicolas Sarkozy, on ne peut pas ignorer la dynamique de sa campagne. Il a durci le ton déjà depuis quelques temps, en critiquant sévèrement la politique d’immigration du gouvernement et en proposant de renforcer les mesures de sécurité et d’adapter l’État de droit aux situations d’urgence. Il était jeudi dernier sur le plateau de France 2, le lendemain à Calais, le jour suivant à Nice…  il mène son train à un rythme effréné. Fidèle à lui-même, il n’est ni dans la modération ni dans la mesure. Il continue à solliciter, par ses annonces sévères pour les immigrés et les chômeurs, l’électorat du Front national, et l’assume d’ailleurs sans vergogne. Sa prestation télévisée a montré qu’il a une phénoménale capacité à répondre à tout sans s’en laisser compter, même quand son interlocuteur devient un adversaire plus qu’un interviewer. Si la gauche dénonce ces dernières semaines ses « propos excessifs», Nicolas Sarkozy qui prétend  être le candidat qui protège les Français,  s'est montré pendant plus de deux heures particulièrement pugnace et serein, malgré les nombreuses interruptions de ses interlocuteurs. «Je me suis battu», constate-t-il en fin d'émission. Soulignant qu'il n'avait «aucune amertume», ni «aucune revanche à prendre», il a insisté sur le fait qu'il «n'était pas François Hollande» : «Je parle à tous les Français. Je ne parle pas à un camp.» Les Français, «j'irai les chercher un à un», a-t-il conclu. Et ça paie : il attire sur sa personne les feux des projecteurs, ce qui semble laisser dans l’ombre ses concurrents, à commencer par Alain Juppé, au rythme de campagne beaucoup plus soft et aux propos plus … modérés. Les sondages semblent montrer (restons prudents), que, même en tenant compte de la marge d’erreur, la primaire de la droite opposerait au second tour Nicolas Sarkozy à Alain Juppé. Et si celui-ci a encore l’avantage au second tour (52-48), on est désormais dans un rapport de forces qui peut s’inverser.

Un face à face déroutant.

Cette course présidentielle où l’on compte bien trop de candidats est tout de même surprenante. Les quatre-cinquièmes de l’électorat, si l’on en croit les enquêtes d’opinion, ne veulent ni de François Hollande, ni de Nicolas Sarkozy, et tout se passe pourtant comme s’ils devaient être les deux derniers finalistes. Construction médiatique ou résultat inexorable d’un trop plein de prétendants de part et d’autre. Ou les deux ! Face aux manœuvres politiciennes de l’actuel président, son prédécesseur l’a bien compris et c’est pourquoi il n’hésite pas à être dans la surenchère dans à peu près tous les domaines : immigration, sécurité (mise en détention de tous les fichés « S » dangereux), climatique, sociale. Il surfe sur le bilan désastreux du quinquennat actuel et l’indécision permanente de Hollande, il sait que le calme et la sagesse d’Alain Juppé, le train de sénateur d’un François Fillon, n’exercent pas sur l’électorat la fascination d’une campagne rythmée, scandée, échevelée, et parie que les paroles courtoises et sincères de l’un, la démonstration sérieuse de l’autre, ne résisteront pas à son torrent verbal, à son ubiquité, à son énergie. Il ne suffit pas d’avoir raison. Il faut être partout. Il faut le dire avec force. Il faut galvaniser. Reconnaissons que c’est redoutable !

Les autres candidats peuvent-ils créer la surprise ?

Fillon grand rendez vous 2François Fillon fait des efforts pour exister. Son axe de campagne est en accord avec ses discours : le sérieux, et il part du principe que les Français sont prêts pour adhérer à son programme sans concession. Il égrène ses vérités comme le petit Poucet ses cailloux blancs : un jour une exigence morale, un autre un constat financier imparable. Il a beau être qualifié comme le plus solide par une multitude de gens crédibles, les Français en question ne semblent pas s’en rendre compte. On a le sentiment qu’il prêche dans le désert.  Et si les Français n’étaient pas prêts ? C’est une question qui mérite d’être posée quand on voit les réactions à la loi travail. Mais ce n’est peut-être qu’une impression comme en témoigne sa cote de popularité. Néanmoins, la sérénité et la précision de ses  réponses à chacune de ses apparitions, comme lors du « Grand Rendez-vous » d’i-télé, plaident largement en sa faveur. S’il réussit les débats qui s’annoncent, il peut apparaître comme le bon choix entre un Sarkozy trop pugnace et un Juppé trop retenu. Le fait est qu’il marque des points. Affaire à suivre, donc !

Bruno-maire-sete-17-septembre-2016Bruno Le Maire qui grappillait des points, lui aussi, et qui se voit relégué à la 4ème place.  Pourtant son discours sur le système éducatif, par exemple, mérite d’être entendu. Son offensive de rentrée entamée ce dimanche peut lui permettre de revenir dans la course. Mais 1000 pages, c’est beaucoup pour un projet, quand on sait que le Français moyen décroche au bout de vingt lignes. Et son discours qui caricature Sarkozy et Juppé pour justifier le « renouveau » relève plus de la posture que de la démonstration. Attention à ne pas céder à la facilité. Car, bizarrement, alors qu’il incarne une forme de renouveau, avec un projet et du contenu, il se fait voler la vedette par un voltigeur transgressif, Macron pour ne pas le nommer, qui surfe sur du vide. Inquiétant non ? Dans un contexte où les sondages  leur sont très défavorables, ils sont bien obligés de faire l’impasse dessus pour continuer d’y croire. « Il  n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ... » On connait la suite. Après tout, une surprise est toujours possible et il faut la souhaiter.

Il est trop tôt, heureusement, pour en conclure que l’hypothèse d’une élection présidentielle qui remettrait en présence la même bande des trois (Hollande, Sarkozy, Le Pen) proviendrait du constat que les autres candidats de la droite et de la gauche ne sont pas plus enthousiasmants que ceux dont ils souhaitent prendre la succession. Attendons le résultat de la primaire pour en juger.

 


LE BREXIT, Y’A PAS DE MAIS QUI TIENNE, MAY… !

Brexit

 

Un gros coup de froid, mais pas de récession. La croissance du PIB britannique devrait atteindre 1,8% au lieu de 2,2% cette année, et 1% au lieu de 2,3% en 2017. L'activité continuera à souffrir en 2018 avec un taux de croissance attendu de 1,8% au lieu de 2,4%. Mais elle ne devrait pas entrer en territoire négatif. Il n'empêche : si ces prévisions s'avèrent exactes, le Royaume-Uni connaîtra l'année prochaine son taux de croissance le plus faible depuis 2009, quand il était frappé de plein fouet par la crise financière de 2008. Et même si le Brexit n'a eu, contrairement aux anticipations de tous, aucun impact important pour l'instant ni sur l'économie ni sur les marchés britanniques, le patron de la Banque centrale anglaise veut continuer à baisser les taux d'intérêt. Il n'est pas rassuré sur l'avenir et pense que le Brexit peut encore avoir des conséquences graves, avec un petit décalage dans le temps.

Perfide Albion.

Et pour cause, la mère Theresa Britannique a beau affirmer que le Brexit aura bien lieu, elle n’est surtout pas pressée de déclencher l’article 50 qui en signifierait concrètement la réalité.  Parce que pour l’instant rien n’a bougé, ou si peu. Pas question d’un second referendum ni de réintégrer l’Europe,  mais elle ne se hâte guère d’en sortir. Cette fermeté affichée cache mal le grand flou dans lequel se trouve le Royaume-Uni deux mois et demi après le vote. Si Theresa May affiche une telle détermination en apparence, c’est parce qu’elle doit encore donner des gages au camp des vainqueurs, dont elle ne fait pas vraiment partie. Mais surtout, Cette position prudente lui permet pour l’instant de ne pas dévoiler son jeu. Elle se garde bien de donner quelles que précisions que ce soit.

Sur le calendrier, d’abord. On sait seulement que la Première ministre a confirmé à plusieurs reprises qu’elle ne déclencherait pas la procédure de sortie de l’Union avant la fin de l’année. On ne sait pas si elle invoquera l’article 50 dès le début de2017, Ou si elle jugera plus prudent de laisser passer les élections françaises de mai, voire les élections allemandes de septembre.  De  quoi exaspérer ses (encore) partenaires européens.

Sur le fond, Theresa May entretient le flou le plus artistique. Depuis juillet, pratiquement aucune indication n’a été donnée sur le type de relation que la Grande-Bretagne souhaite nouer avec l’Union européenne une fois que le Brexit sera effectif. Seules deux grands lignes directrices transparaissent : Il faudra instaurer « un certain contrôle » sur l’immigration en provenance du continent, sans  donner plus de précisions,  et sauvegarder les relations commerciales de la Grande-Bretagne avec le reste de l’Europe, tant pour les biens que pour les services, en particulier les services financiers de la City. On croit rêver !

Brexit sans « brexit » si possible !

Conclusion : on voit bien qu’elle veut gagner du temps pour trouver le moyen de sortir si possible sans rien changer. Et pendant qu’elle fait  lanterner l’Europe, elle négocie des  accords  bilatéraux à  part. Le beurre et l’argent du beurre. La perfide Albion ne joue jamais franc jeu.

Combien de temps peut-elle tenir ? c’est que les pro-Brexit risque tout de même de se réveiller. La Grande-Bretagne doit aussi tenir compte de ses partenaires commerciaux qui commencent à s’impatienter, inquiets de l’impact de cette période d’incertitude sur leur propre économie. Et pas seulement les Européens. En marge du G20 la semaine dernière, le Japon a appelé Londres à clarifier la situation. C’est que les entreprises japonaises – Toyota, Nissan, Nomura… – emploient 140.000 personnes outre-Manche et vendent leur production sur le continent. La sauce douanière à laquelle ils vont être mangés les intéressent au plus haut point. May, mets ce qu’il te plait !  Eh bien non, elle ne pourra pas complètement ignorer ce genre de pression. Ni celle de la  Commission européenne qui est loin d’être dupe du jeu souterrain de la Première britannique.

Il n’y a pas  de « mais » qui tienne !

 


REVERIE SOUS LES ETOILES

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Qui n’a pas pris un 4x4 pour monter dans la montagne corse en faisant un bout de piste, ne connait pas la Corse.

Il est des endroits de l’île de beauté qui se méritent.

P1160236Donc, nous voilà en route, avec nos amis, pour Tova.  Au programme : une nuit dans une bergerie en altitude. Nous avons entassé dans le coffre tout le matériel pour le bivouac : victuailles, matelats gonflables et tout le nécessaire. Les voitures grimpent lentement sur une piste cahoteuse au milieu des pins laricio. Déjà le spectacle de la forêt et de ses fûts allongés en traits parallèles serrés  dans lesquels joue la lumière du soleil nous ravit.  La progression est lente et il faut une bonne heure et demie de montée en lacets successifs pour parcourir les 20 km qui nous séparent du but. A chaque trouée,  c’est une vue vertigineuse sur la montagne et au loin la mer.

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Et soudain, nous sortons des bois pour déboucher sur un petit plateau à l’herbe rase,  en pente douce vers l’est, dans un écrin de roches abruptes. Instant magique : une petite chapelle est posée en contrebas, au pied d’un amas rocheux, dominée par une grande croix, et un peu plus haut, tapies dans un repli du terrain qui les abrite, deux bâtisses nous promettent le couvert pour la nuit. Entre deux versants, on aperçoit au loin, en contrebas, le bleu de la mer Tyrrhénienne et on discerne nettement les contours blancs du port de Solenzara. 

Tout autour, les cimes de la montagne corse rivalisent de pics et d’aiguilles pour le plus grand plaisir de nos yeux, pas assez grands pour absorber toute la beauté du site, que la silhouette majestueuse d’un pin pimente ici et là. La chapelle est bien entretenue car le lieu fait l’objet d’une sorte de pèlerinage tous les ans au début du mois d’août, avec une messe en plein air.

La soirée est festive, comme il se doit. Point de feu, évidemment. Sécurité oblige. Mais le jour perdure suffisamment longtemps pour nous permettre de passer la soirée, jusqu’à l’extinction des feux.

4 heures du matin.

Ciel-etoile

Nous sortons avec nos amis pour un besoin impérieux. La température est douce. Et là, c’est l’extase : au-dessus de nous la voute céleste d’un noir d’encre nous offre le spectacle grandiose de milliards d’étoiles brillantes comme rarement. Nous sommes à 1300 m, l’air est pur et transparent, et aucune pollution lumineuse ne vient parasiter leur luminescence, sauf une vague lueur au sud, Porto-Vecchio, peut-être. Quel magicien a planté tous ces leds poussés à leur puissance maximale ? Nous restons un moment, béats, assis côte-à-côte, sur le banc de pierre devant la cabane, à admirer le ciel. Au-dessus de nous, la voie lactée nous offre la densité de ses amas d’étoiles, en une traînée étincelante presque irréelle. On a l’impression qu’on pourrait les toucher. Nous cherchons évidemment la grande ourse qu’on ne tarde pas à reconnaître. Mais quels noms mettre sur toutes ces figures géométriques qui quadrillent l’espace… C’est alors qu’on se sent tout petit. L’univers a vite fait de remettre l’être humain à sa place. Rarement, son immensité devient autant perceptible. Cuisant constat pour celui qui prétend dominer le monde. : « Même pas mal ! » semble lui dire le ciel étoilé. Et comme Jean d’Ormesson, on en arrive à se poser la question : « Mais qu’est-ce qu’on fait là ? ». Oui, vraiment, « C’est une chose étrange à la fin que le monde ! » (encore d'Ormesson). C’est toujours la même chose dès qu’on est dépassé et que le rationnel nous échappe. On a besoin de réponses : cet univers sort bien de quelque chose. Il y a Dieu peut-être ou sûrement. On comprend alors le pourquoi de la chapelle, là, à cet endroit. On imagine la petite tentative humaine de se rapprocher de la réponse. Elle n’assouvit pas le grand questionnement, ne résout pas le grand mystère de la création. Mais d’où vient alors ce sentiment d’apaisement, de plénitude. On se sent comblé, rassasié. Effet « kisscool » de la splendeur de l’espace qui nous entoure et qui rend si dérisoire les querelles que nous vivons ?  On devrait obliger les hommes politiques à faire des stages « bergeries »… 

En attendant, que le ciel est beau ! 

Tout à l’heure, nous nous sommes promis d’assister au lever du soleil, en face de nous à l’est. Il est temps de s’arracher à ce spectacle captivant pour profiter de la douce tiédeur qui règne dans la bergerie, propice à quelques heures de sommeil complémentaires.

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PRIMAIRE DE LA DROITE ET DU CENTRE …

Primaire à droite

 

LES CHOSES SERIEUSES VONT COMMENCER.

On y voit plus clair.

On sait maintenant qu’il y aura au maximum 8 candidats dans la primaire. C’est déjà plus simple. Il n’est pas étonnant que les Morano, Myard ou Lefebvre aient été éliminés faut d’avoir pu réunir les conditions d’homologation.  Mais que venaient-ils faire dans cette compétition qui relevait de leur part d’une bien étrange prétention ? Déjà parmi  les 8 sélectionnés, une bonne moitié d’entre eux sont là plus pour témoigner d’un courant idéologique que pour concourir réellement à  la magistrature suprême. La campagne, déjà bien entamée pour les plus capés, va pouvoir vraiment entrer dans le vif du sujet, avec ses temps forts dans les  médias, puisque plusieurs débats sont déjà programmés sur chaines et radios. Elle sera décisive pour mobiliser le plus grand nombre d’électrices et d’électeurs, selon qu’elle sera passionnante ou pas. L’enjeu n’est pas mince. A chacun des candidats de jouer sa partition et de faire en sorte que le choix porte à la fois sur la personnalité et le projet. L’électorat de la droite et du centre a besoin de clarté et de vérité. A chacun aussi de mener campagne dans le respect des autres. Les invectives, l’agressivité et les coups au-dessous de la ceinture comme à la boxe, seront sanctionnés par la désertion des urnes. Leur responsabilité est donc collective. Ils connaissent tous les règles de la primaire et ils se sont engagés à les respecter. Y compris de soutenir celui qui sortira vainqueur, quel qu’il soit. Les conditions d’organisation du scrutin seront, elles aussi, décisives. Le pire qui pourrait arriver et qui ruinerait l’opération serait que l’un des candidats hurle au trucage.  Même si beaucoup de précautions ont été prises, mettre en place des milliers de bureaux de vote de façon quasi artisanale, avec des volontaires plus ou moins militants ou aguerris pour les tenir, c’est courir un risque de « malfaçons » non négligeable. Mais ne soyons pas mauvais prophète. Il faut toujours espérer en la bonne foi des gens.

Il va falloir choisir.

Je sais que pour certains, le choix est déjà fait. Dans les militants et sympathisants, il y a toujours cette part d’inconditionnels de l’un ou de l’autre. On voit bien que des clans se sont formés en comités de soutien locaux pour promouvoir celui qu’ils veulent voir gagner la compétition. Rien de bien nouveau, cela fait partie du jeu. Cela concerne surtout des adhérents du parti Les Républicains, mais pas tous et de loin, il suffit de voir le nombre des parrainages recueillis parmi les 280 000 adhérents revendiqués. Il y a donc tous les autres, adhérents ou non, puisque tout citoyen peut participer, qui vont aller voter et qui doivent faire leur choix. C’est là que ça se complique. Comment fait-on quand, comme moi, on est alléché par l’énergie d’un Sarkozy, séduit par la sagesse d’un Juppé, attiré par la rigueur d’un Fillon, tenté par la jeunesse enthousiaste d’un Le Maire ?  Surtout quand on les connait tous et qu’on les aime bien et qu’en plus, à chacune de leurs prestations, on conclut par : « il a été bon ! » Je suis certain que vous êtes nombreux à ressentir la même difficulté à faire un choix. Les sondages ne nous aident pas plus. D’abord ils sont tellement contradictoires qu’on se demande lequel il faut croire. Et puis on ne connait pas le corps électoral qui va se déplacer, les panels ont donc forcément une fiabilité aléatoire.

Procédure de sélection.

Alors je propose à tous ceux qui sont dans la peine une procédure simple sous la forme du tableau ci-dessous. J’ai réuni les principaux critères qui, à mon sens, permettent de cerner les qualités et compétences d’un Président. Il suffit d’attribuer à chaque candidat une note sur 5 dans chaque case, selon ce qu’ils diront et feront au cours de la campagne. Celui qui aura réuni le plus grand nombre de points sera logiquement le candidat pour lequel vous voterez. En plus vous pourrez ajouter au total un bonus jusqu’à 5 points à l’un d’entre eux (et seulement un) pour sa conduite et le respect des autres candidats. Naturellement, chacun peut se faire son tableau de sélection avec ses propres critères, mais la méthode me parait la meilleure pour déterminer un choix.

A vous de jouer et bonne campagne ! 

Conseil : imprimez le tableau

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POLITIQUE DE WEEK END …

Bagarre_village_gaulois

 

Un peu de tout pour rire… ou pleurer.

Le  petit plaisantin aux bas roses.

Celui-là, il n’en manque pas une pour nous bourrer le  mou et nous prendre pour des brêles. Il a annoncé comment sera  appliquée la baisse de 1 milliard d’impôts sur les classes moyennes : en bénéficieront les contribuables qui ont 1700 € net de revenu mensuel (3400 pour un couple), soit 5 000 000 de ménages. Une goutte d’eau dans la mer dont bénéficient toujours les mêmes… au nom de l’égalitarisme. Avec les baisses d'impôts sur le revenu accordées depuis 2014, ce nouveau geste fiscal devrait atteindre 6 milliards d'euros au total, se félicite l’apothicaire de Bercy. Dans le même temps, l’Allemagne débloque 12 milliards, elle ! Cherchez l’erreur. Comme Ben et Nuts, c’est « Monsieur Plus » : il se targue d’avoir réservé une petite surprise aux inactifs, particulièrement aux retraités, ceux qui ne paient pas d'impôts sur le revenu parce que leurs retraites sont trop faibles qui pourront désormais bénéficier d'un crédit d'impôt, soit un chèque du Trésor public, lorsqu'ils auront recours à un emploi à domicile (avec une petite retraite ?). Cette seconde mesure devrait bénéficier à 1,3 million de ménages modestes supplémentaires pour un coût budgétaire de 1 milliard d'euros. Donc 2 milliards de baisse d’impôts ! Oui, mais non ! Ce geste inattendu ne grèvera pas les comptes en 2017, car notre magicien a trouvé le moyen de repousser l'addition à 2018. En tant que crédit d'impôt, le chèque ne sera en effet perçu qu'en 2018 par les ménages concernés, en fonction du volume d'emplois à domicile utilisé en 2017. Voilà donc une nouvelle fois une mesure qui va peser sur les comptes après la fin du quinquennat. Comme Tartufferie, on ne fait pas mieux. Le comble est atteint quand il souligne les efforts réalisés pour baisser  les dépenses dont l’excédent est passé de 5% à 3,5% depuis 2012, ponctuant le propos d’un « nous sommes sérieux ! ».  Il oublie simplement de dire que sous Sarkozy, le déficit était passé de 10% au pire moment de  la  crise (2008) à 5% fin 2011, soit divisé par deux en moins de 3 ans. Et nous aurions depuis longtemps rétabli l’équilibre si les efforts engagés avaient été maintenus. De la part de notre Sapin-les-bas-roses, cela s’appelle de  la  malhonnêteté intellectuelle. Ce n’est pas nouveau, c’est le spécialiste.

L'arlésienne du déficit public.

Justement, mauvaise nouvelle pour le pingouin et son larbin aux bas roses. En juillet, le déficit budgétaire de l'Etat a augmenté par rapport à l'an dernier. Il atteint aujourd'hui près de 81 milliards d'euros contre 79,8 milliards fin juillet 2015. Et pourtant, arrivée au pouvoir en 2012, la majorité de gauche avait mis le paquet en décidant des hausses d'impôts massives soi-disant pour réduire drastiquement le déficit public au motif qu'il fragilisait la position financière et diplomatique de la France. Cela n’empêche pas les cadeaux fiscaux électoralistes. Il aurait pu toucher aux 180 milliards d'euros des niches fiscales. En fait, c’est un jeu de compensations dangereux qui fait de notre fiscalité le pire des systèmes.

Ce très cher Macron.

De gauche, mais faut bien vivre. Il n’est pas candidat à la présidentielle, mais il était à Londres la semaine dernière pour lever des fonds. Très démocratiquement, il fallait sortir 7 500€ (sept mille cinq cent) pour déjeuner avec lui. De gauche, mais tendance poil de chameau ! Après on nous dira qu’il n’est pas propulsé par la finance internationale. En tout cas, sa démission continue de faire jaser. Certains ont évoqué Brutus  à son sujet ce qui amène l’un de ses soutiens à  dire : « Pour qu’il y ait Brutus, il faudrait qu’il y ait un César dans l’avion ». Pas gentil pour Hollande.  Le mot de la fin revient à  la Secrétaire d’Etat au Numérique (si, si, ça existe, on l’a vue à Angers),  Axelle Lemaire (rien à voir avec notre Bruno) : « On ne juge pas une personne sur son image dans VSD, mais sur des résultats… ». Allez, on compte les points !

Il a osé le dire !

« Je veillerai à ne pas laisser abîmer la France dans les mois et dans les années qui viennent. » C’est de qui ? Du « Normal casqué à scooter » qui nous sert de Chef d’Etat. Il n’a vraiment pas peur du ridicule. Etre  inconscient à ce point de l’état dans  lequel il va laisser le  pays, ça dépasse l’entendement. Alors on lui répond : « abîmer la France, c’est déjà fait mon gars ! ».

Curieux tout de même.

Lundi dernier s’ouvrait  le  procès Cahuzac. Pas reluisant pour la gauche. Mais en même temps, une fuite permettait aux médias d’annoncer  le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy  dans l’affaire Bygmalion. Rideau de fumée ? Et bizarrement France 2 avec Elise Lucet programme un « Envoyé Spécial » sur la même affaire, pendant qu’une autre chaine évoque les relations Sarkozy/ Khadafi… Je ne crois pas au hasard. Le TSS bat son plein chez les juges et les gens de médias.  Ils en ont rien à battre que ça n’arrange pas Hollande, ils ont fait une croix dessus. A moins qu’il ne s’agisse de blesser la « bête » (Sarkozy) pour qu’elle soit suffisamment affaiblie au moment de l’élection. Rien de nouveau.  Simplement ne soyons pas dupes. On finirait par croire au « cabinet noir ».

L’économie en plein boom.

Ouais, mais c’est de l’Espagne (sans gouvernement) qu’il s’agit.  Est-ce que cette absence de gouvernement en serait la  cause ? La croissance espagnole est supérieure à la moyenne européenne, très largement supérieure même puisqu'on attend, tenez-vous bien, environ +3%. Mieux, le chômage a chuté et sera en dessous des 20% pour la première fois depuis 2010. Les exportations, avec le même euro que nous, battent un record historique absolu, et la consommation et les investissements sont en plein boom.  De quoi faire rêver, non ? Rappelons tout de même que c’est quand même un peu grâce aux mesures mises en place  par le  PP de Rajoy.  La droite quoi …

C’est triste.

7% des Français (peut-être 11%) sont encore illettrés. Pourtant, il parait qu’on a le système éducatif le meilleur du monde. Merci Najat !

Casting.

On connait les candidats à la Primaire de la Droite et du Centre : ils seront huit.  On a évidemment les quatre qui mènent le  bal : Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire, les trois seconds couteaux de justesse : Copé, NKM, Mariton et l’extérieur du Parti Chrétien Démocrate, Poisson. Les autres sont recalés faute de parrainages suffisants. Il parait que Guaino veut casser la baraque en se présentant quand même. Stupide !  Promis, on y revient plus longuement lundi. 

 


LA GRENOUILLE QUI VEUT SE FAIRE AUSSI GROSSE QUE LE BŒUF !

Hollande grimace

 

J’avais envie de dire « on s’en fout » !  De quoi ? … Du « menteur à teinture » qui a prononcé un « important » discours devant ses copains du club Jean Jaurès et de Terra Nova, ce ramassis d’intellectuels à côté de  leurs  pompes. Figurez-vous que le Hollandounet a voulu nous la  jouer « De Gaulle » et son « idée de la France ». Trop  c’est  trop.  N’est  pas de Gaulle  qui veut et avant de tenter de  plagier le Général, il faut avoir un  minimum de  consistance, ce qu’on cherche vainement dans l’intéressé. Il n’y a donc personne pour lui dire que le ton,  la  voix, les  mots, avec lui  « ça le fait  pas » ! Affligeant ! Pathétique !

Rejeté massivement, il parle encore !

Les études d’opinion se  suivent et se ressemblent : les Français ne veulent plus entendre parler de lui,  et le rejet est  massif.  Son bilan est catastrophique, il n’y a pas d’autre mot pour le qualifier parce que le pays a littéralement perdu quatre années précieuses. Il serait intéressant de le comparer à celui du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui, parait-il n’a rien fait. Il a commis des erreurs stratégiques énormes : il a augmenté les impôts quand il fallait les diminuer et il a fait des promesses électorales intenables (je fais court). Quatre années et demie pendant lesquelles il fallait en priorité redresser l’économie, relancer l’investissement, encourager la consommation et en finir avec les vieilles lunes qui font que ses gouvernements successifs ont encouragé l’exil des riches et taxé le contribuable en oubliant au passage que c’est aussi un consommateur. Rien que cela le disqualifie et devrait le conduire aujourd’hui à se taire ou à se faire tout petit.

Qu’a-t-il de si important à nous dire ?

Qu’il est candidat contre vents et marées. Et  pour cela il nous livre un prêche socialiste convenu, vide et ennuyeux. Sur tous les sujets il a confondu le chef d’Etat et le candidat. On attendait le chef de guerre, protecteur des français, on a entendu un chef de parti (réduit en miettes, il est vrai). Pire,  comme d’habitude, il a  cru que commenter sa propre impuissance en alignant les poncifs pouvait tenir lieu de cap pour le pays, qui en aurait bien besoin au moment où il traverse une période extraordinairement difficile. Ce   monsieur a la mémoire courte, qui critiquait le moindre fait et geste de son prédécesseur, l’accusant d’être en campagne au lieu de diriger la France. Et  quand il aborde le sujet du terrorisme, c’est pour cibler Nicolas Sarkozy sans le nommer : un peu léger si on veut contrer ceux qui nous font la  guerre. La  prestation d’aujourd’hui procède d’une sorte d’indignité en prenant en otage un sujet aussi grave que la lutte contre le terrorisme pour le transformer en une grossière opération politicienne, dans le seul but de relancer sa candidature sans annoncer aucune action concrète pour mieux protéger les Français. On touche le fond de la  médiocrité. Mais ce n’est pas nouveau.

Un discours pour rien. 

Cela n’aurait pas prêté à conséquence s’il n’avait pas contribué à abîmer un peu plus la fonction présidentielle. C’était une succession de clichés qu’il appelle pompeusement « son idée de la France ». Il est fier de lui, il est bien le seul… Comme disait Bruno Retailleau, ce week-end à La Baule, nous avons eu un quinquennat maritime : au départ le pédalo, à l'arrivée le Titanic et entre les deux le vaisseau fantôme... Non, il ne représente pas l’ultime rempart de la démocratie française, comme  il  semble le  prétendre. Sa manière de placer la droite et l’extrême-droite dans le même panier relève de la pure mauvaise foi. Ni Alain Juppé, ni François Bayrou, ni Nathalie Kosciusko-Morizet, ni François Fillon, ni Nicolas Sarkozy ne risquent de se transformer en dictateurs. Autrement dit, s’il s’agissait d’accorder au piètre qui nous gouverne un second mandat en dépit de son sombre bilan socio-économique et parce qu’il faudrait à tout prix sauver la République, la réponse populaire est  déjà connue : « Nous voulons essayer une autre politique économique, nous voulons quelqu’un qui saura lutter vraiment contre le terrorisme tout en protégeant la République ». Et on pourrait nommer plein d’hommes et de femmes qui, s’ils étaient élus, assureraient bien mieux que lui la pérennité de nos institutions.

Oui, c’était vraiment la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf.

Et on connait la fin de la  fable. Elle finit par éclater. Ce qui arrivera finalement à notre candidat-président, d’une manière ou d’une autre : macronisé ou montebourisé… !

 


LE TROUBLE FÊTE

Macron enjoleur

Macron, cet escroc au sourire si doux

Le parcours d'Emmanuel Macron est l'exemple même de tout ce que la politique française peut produire de médiocre car il est construit sur une escroquerie intellectuelle : voilà un homme de gauche, arrivé au pouvoir par le fait du prince, qui nous dit maintenant qu'il n'est pas socialiste après avoir avalisé le hold-up fiscal de 2012 et qui veut faire oublier son bilan pour se présenter avec une nouvelle virginité. Qu'a-t-il fait pour la France ? Que reste-t-il de sa loi ? Des lignes d'autocar et quelques ouvertures de magasins le dimanche. Il a cautionné depuis quatre ans la pire politique qui a cumulé prélèvements excessifs et chômage de masse. Le sourire n'efface pas tout. Il jouit aujourd'hui d'une popularité factice savamment entretenue par des médias bobos et quelques mécènes qui le produisent comme une marque de savonnettes.

Du neuf, la démocratie de Mme Michu ?

Avec "en Marche", on voudrait nous faire croire à une nouvelle démarche politique au plus près des Français. Vous avez vu des militants de son mouvement  frapper à votre porte ?  En fait c'est le retour de la démocratie participative qui vise à nous faire croire à un projet bâti sur une assise populaire grâce au porte-à-porte des militants de "En Marche". On connait la musique : quand on demande à ceux qui n'y connaissent rien ce qu'ils attendent, ils répondent : "la Lune". Il ne suffit pas de dire à chacun ce qu'il a envie d'entendre pour résoudre les problèmes de la France.  Il n'est pas douteux que Macron a des idées, essentiellement de droite d'ailleurs, et qu'il vise un créneau, celui d'une gauche sociale-libérale, sur lequel beaucoup se sont cassé les dents avant lui. Tout le reste est habillage.

Surprendre pour exister.

Notre ex-ministre n'a rien inventé là non plus : la vieille pratique de la disruption, qui consiste à aller sur des terres réputées éloignées de son positionnement pour étonner et empiéter sur les territoires concurrents : ainsi il participe aux fêtes de Jeanne d'Arc, à Orléans pour prononcer un discours entièrement subliminal de nombrilisme, rend visite à De Villiers, au Puy du Fou pour célébrer le succès du parc reconnu comme le meilleur du monde. C'était donc utile d'être Ministre de l'Economie. Mais c'était surtout pour donner du relief à une déclaration prononcée à côté de son hôte qui s'en léchait les babines : "Je ne suis pas socialiste". Ségolène Royal avait pratiqué la même tactique avant lui en tentant de réinvestir le terrain patriotique du drapeau et de l'hymne national. Mais Macron va plus loin dans les symboles : Jeanne d'Arc (sous-entendez que comme elle il a entendu des voix pour se mettre au service de la France) et beaucoup plus fort, une visite à de Villiers au Puy du Fou, chantre de l'anti-Europe et de l'anti-mondialisation. Histoire de bien brouiller les pistes. Et après ça, gauche/droite,  c'est pas le sujet... mais gauche quand même, vous suivez ?

Tuer le père.

Le cynique c'est celui qui attend le bon moment pour flinguer celui qui l'a mis en piste et qui croyait tenir dans sa main un atout. Avec sa démission du gouvernement, le Macron aux yeux bleus affaiblit considérablement son ex mentor Hollande et rend presque impossible sa candidature en 2017. Le plan de com' de rentrée du président qui devait provoquer le rebond sur le thème du "ça va mieux, beaucoup mieux !" est dynamité. "Il sait ce qu'il me doit", avait fielleusement précisé l'hôte de l'Elysée. On se doutait de la réponse, et elle est venue cette fin de semaine : rien ! Belle leçon de cynisme politique. Machiavel n'aurait pas fait mieux !

Et on voudrait nous en faire un président de la République. L'intelligence ne suffit pas. Décidément, François Fillon a raison, il est grand temps qu'on réintroduise la morale et la droiture dans le panel des exigences.