ET LA CITROUILLE DEVINT CARROSSE !
CONTES ET MECOMPTES D’APOTHICAIRE

BUISSON EPINEUX ET COUPS FOURRES

Sarko-cible-

 

N’en jetez plus, la  cour est pleine ! Décidément, cette semaine aura été celle de l’accumulation des attaques contre Nicolas Sarkozy. « Acharnement » ont aussitôt crié ses plus fidèles supporters.  Le  mot est faible.  Tout le monde s’y est mis. Evidemment, il y a l’affaire « Bygmalion » et le numéro « d’édition spéciale » d’Elise Lucet, il y a aussi la publication du livre de Patrick Buisson, mais sont venues s’ajouter la charge brutale de Jean-François Copé, la découverte fort à propos d’un carnet qui remet à jour l’affaire du financement libyen de la campagne de 2007… Dans cette marée « noire », le ralliement d’Hervé Mariton à Alain Juppé est presque passé inaperçu. Nicolas Sarkozy n’avait pas besoin de ça. Mais abondance d’attaques ne nuit pas forcément.

Le rejet.

Le principal obstacle que doit surmonter l’ancien président, c’est le rejet dont il fait l’objet de la part de la majorité des Français et qui ne fléchit pas. En disant cela, certains me taxeront d’antisarkozysme, comme si nier les faits suffisait à les faire disparaître. Ce comportement, je le laisse aux socialistes. Je ne fais qu’un constat. J’observe même qu’au fur et à mesure qu’il refait son retard sur Alain Juppé, celui-ci reprend l’avantage sans trop l’avoir provoqué, comme si la mobilisation en faveur de Sarkozy entraînait une mobilisation plus forte pour le maire de Bordeaux, de ceux qui n’en veulent pas. Ce pourrait donc être une course sans fin jusqu’à l’élection du 20 novembre. Sauf si les « affaires » …

L’acharnement.

Curieusement, une large majorité de Français pensent aussi que l’ancien chef de l’Etat fait l’objet d’un acharnement contre lui, judiciaire ou autre. Certes, ce jugement ne vaut pas adhésion. La question se pose tout de même : à savoir si la victimisation que ne manquera pas d’exploiter l’intéressé ne lui rendra finalement pas service. On a déjà vu que c’était le cas à d’autres moments. Il faut distinguer en effet deux types d’attaques. Il y a celles qui sont liées aux affaires judiciaires dont la justice détermine le tempo. On a vu qu’elles entamaient peu son socle de soutiens. Et il y a les règlements de comptes aux contenus les plus sordides qui ne sont pas à l’honneur de ceux qui s’y livrent. Perturberont-ils le cœur militant de la Sarkozie ?

Le buisson épineux.

Je n’ai pas lu le livre de Patrick Buisson (La Cause du peuple), ce genre de prose ne m’intéresse pas. Elle est tellement éloignée des préoccupations réelles des Français.  Mais à l’écouter à la télévision, j’ai découvert un individu qui s’arroge le droit de juger les autres malgré ses propres travers, un caractère incapable de reconnaître ses fautes, et surtout un vaniteux qui se croit investi d’une mission et ressent comme une blessure l’humiliation de sa condamnation pour avoir enregistré Nicolas Sarkozy et Carla Bruni à leur insu. Quand on pense qu’il s’est « goinfré » au service du président (on parle de 600 000€ reversé en commission par un imprimeur), voilà quelqu’un qui perd une occasion de se taire. C’est un corrompu qui se croit investi de la mission du Chevalier Ajax pour dénoncer toutes les formes de corruption de la classe politique, sans même se rendre compte qu’il chevauche contre lui-même. J’ai surtout vu un « intriguant » (au sens propre), un personnage inquiétant aux contours sulfureux. Comment Nicolas Sarkozy a-t-il pu être aussi dupe d’un tel collaborateur !  Cet étalage de défauts, de colère, de rancoeur, de hargne, de méchanceté pure suffit à montrer qu’on ne peut pas le prendre au sérieux, ni lui, ni ce qu’il raconte dans son livre. Le problème, c’est qu’il entre en résonnance avec un trait de caractère de Nicolas Sarkozy dont on sait qu’il n’est jamais avare de critique et de « mots » sévères sur ses propres amis, en privé et parfois en public. C’est sa truculence naturelle. Néanmoins, si « La Cause du peuple » n’ébrèche pas le vigoureux soutien que l’ancien président trouve chez les militants de son parti, ce réquisitoire s’ajoute à un nombre infini de soupçons qui, sans remettre en cause son talent et son leadership, peuvent diriger, par lassitude ou crainte, une part de l’électorat vers un homme moins controversé.

Les coups fourrés.

François Fillon avait osé indirectement mettre en cause le statut judiciaire de Nicolas Sarkozy, sans le nommer. On était à la limite de l’exercice. Voici maintenant que Jean-François Copé en rajoute et tire à vue sur tout ce qui bouge. Il me revient la petite phrase de Xavier Bertrand à Nicolas Sarkozy quand le Maire de Meaux avait pris les rênes de l’UMP : « Tu lui donnes les clés de la maison, j’espère que tu as gardé un double… » Un avertissement passé un peu inaperçu et pris pour de l’humour mais qui en disait long sur le personnage.  On comprend aujourd’hui ce qu’il voulait dire. Jean-François Copé, en estimant que la justice devrait passer, c’est règlement de comptes à OK Corral. Il dénonce le fait que Nicolas Sarkozy brigue à nouveau la présidence, un peu comme si l’ancien complice devenait le pire ennemi.  Jean-François Copé n’ayant pratiquement aucune chance d’être sélectionné, peut se permettre de démolir l’ancien président sans en payer les conséquences, une manière de calmer son aigreur d’une (grande) ambition contrariée. Le fait qu’il ajoute que, dans le cas d’une victoire, il le soutiendrait quand même (comme la corde soutient le pendu ?), conformément à l’engagement pris par tous les candidats de la droite à la primaire, ne trompera personne. Deux mots aussi sur le fameux carnet d’un haut responsable libyen du temps de Kadhafi, mort, noyé dans le Danube. Comme par hasard, le document aurait été retrouvé (par qui ?) et serait parvenu à Mediapart (comment) qui l’a transmis à la justice. Drôle de parcours,  vous en conviendrez. Et comme par hasard, les  sommes consignées correspondent à celles que la rumeur avait colportées. Cette histoire me fait penser à celle de la chauve-souris de Bigard. Curieusement futé ce carnet, non ?

La retenue à la source.

Jamais peut-être une période pré-électorale n’aura été aussi confuse, enchevêtrée, grevée d’autant d’inconnues. La gauche n’attend qu’une chose : que la droite se déchire et que celui qui sera désigné sorte de l’épreuve en lambeaux. Les candidats seraient bien inspirés de retenir leurs coups s’ils ne veulent pas désespérer l’électorat de la droite et du centre qui a horreur des querelles. Toutes ces affaires créent un climat peu ragoûtant qui peut avoir un effet démobilisateur sur l’électorat modéré non encarté, auquel cas cela réduirait le nombre des votants laissant le scrutin aux plus militants et aux plus motivés. C’est alors que Nicolas Sarkozy dont la base est la plus nombreuse et la plus active pourrait l’emporter. A moins que, au contraire, l’enjeu de l’élection soit le plus fort, et qu’un grand nombre d’électeurs de la droite et du centre se déplacent mais au profit d’un candidat plus serein. Cette hypothèse mettrait Sarkozy en grande difficulté.  Mais je n’ai pas de boule de cristal !

 

 

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