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L’ART DU POSSIBLE FACE A L’ART DE LA MAGIE

 
  Manif 2

Léon Gambetta définissait la politique comme l’art du possible.   Entre deux manif’ je reviens sur la réforme des retraites. Forcément. Il faut bien en parler, dire et redire que de toute façon on n’a pas le choix. Où c’est le projet du gouvernement, avec ses imperfections, réaliste et plus équitable que juste, où c’est la douce illusion que la gauche résoudrait le problème sans faire souffrir personne, sans allonger la durée des carrières et se contenterait de taxer les « riches » en prélevant 45 milliards par an sur la production intérieure, sans conséquences graves sur notre économie et nos impôts…  

Entre un projet qui présente le seul moyen d’aller vers l’équilibre des régimes en reportant l’âge de la retraite et la solution miracle de la gauche qui serait sanctionnée à court terme par un million de chômeurs de plus et une augmentation des cotisations, le « possible » est bien dans le camp du gouvernement. Certes, il serait souhaitable de prendre en compte quelques cas particuliers comme celui des femmes qui n’ont pas assez cotisé, celui de quelques métiers où l’on trime dur, celui des bosselés de la vie qui n’ont pas réussi à grimper dans l’échelle sociale. A condition de pouvoir les financer sans dégâts collatéraux pour l’économie et d’éviter de recréer des « régimes spéciaux » appelés par nature à perdurer plus longtemps que le cas qu’ils traitent.

La gauche a raison quand elle dit que la réforme des retraites serait plus efficace si elle suivait une réforme fiscale et si des dispositions étaient prise pour l’emploi des jeunes (encore et toujours) et des séniors (afin qu’ils gardent l’emploi qu’ils ont). Chacun saisira que les deux derniers objectifs ne sont réalisables que si l’on crée suffisamment d’emplois, donc cela nécessite de la croissance. Mais si tout cela est vrai sur le papier, en attendant le paradis des équilibres sociaux, la France aura dix fois le temps de se retrouver à poil. Là encore, le possible est dans les choix tempérés du gouvernement qui doit par ailleurs gérer avec rigueur pour aller vers la réduction des déficits.  

Mais si la réforme proposée est celle qui entre le plus dans « l’art du possible », son espace, entre l’exaltation du combat social paré de toutes les vertus humanistes et l’obstacle posé par l’endettement, est très réduit. Le rejet de la réforme inscrit dans les sondages et les manifestants dont le nombre n’est qu’épiphénomène, quelles que soient les décisions des syndicats, quelles que soient les conséquences d’une grève générale si elle avait lieu, nous ferait perdre des années précieuses au bout desquelles la solution serait encore plus douloureuse.

Un retrait indiquerait au reste du monde que décidément nous sommes incorrigibles et l’Europe et les marchés, dont nous sommes dépendants - n’en déplaisent aux démagogues extra-terrestres - nous feraient payer illico notre lâcheté devant l’adversité. Il n’y a que les martiens verts, roses ou rouges pour croire que nous saurions nous soustraire à l’environnement commercial et qu’en chargeant la barque des dépenses publiques déjà accablantes nous ne détruirions pas notre capacité à investir. Fatalement un accroissement de la dette détruirait des emplois.  

On en frémit à l’idée que l’opposition pourrait s’emparer du pouvoir ! 

 



LA CONFUSION EST PARTOUT

Chaque jour, tel sondage montre que les Français jugent indispensable la réforme des retraites, tel autre qu'ils y sont opposés. Ils jugent injuste le projet du gouvernement mais ils ne croient pas réalisable celui de l'opposition. Et chaque fois, une majorité se prononce. Rarement confusion n’aura été aussi complète et cacophonie si intense. Il y a évidemment une façon très simple d'esquiver le problème : soutenir que chaque camp tire les sondages dans le sens qui lui convient et oriente tout - chiffres, questions, interprétations -conformément à son choix. Trop facile et surtout naïf !

 

Les syndicats manifestent, tentent de peser sans trop y croire mais se gardent bien de franchir le Rubicon d’un affrontement trop dur. Car ils savent bien que le pays n’a pas les moyens de se le payer et que les Français en sont conscients. Le peu de croissance serait balayé. Ils font donc tout ce qu’ils peuvent pour canaliser une grogne bien compréhensible. D’accord pour manifester, pas pour faire grève !

 

Au PS, les sondages favorables à DSK rendent tout débat serein impossible et crispent les positions des « prétendants » à l’affût de la moindre parole. Alors l’unité de façade explose car tout le monde sait, ou croit savoir, le dessein caché de la 1ère secrétaire. On l’a encore vu à la fin de la semaine dernière avec les propos calculés de Claude Bartolone. Le rappel à l’ordre de la patronne a paru plus convenu qu’efficace alors même que la « folle du Poitou » est revenue faire des siennes sur le devant de la scène.

 

A l’UMP, ce sont les ambitions des uns et des autres à l’approche du changement de gouvernement qui font monter la fièvre et la république des « égos » supplante la fraternité pourtant indispensable face à la pugnacité d’une opposition négationniste comme jamais. Et cela bien que François Fillon soi-même ait sifflé la fin de récréation. Les Villepinistes n’ont jamais été aussi vils, au point que Gérard Longuet se permet d’affirmer dans une interview que l’ancien Premier Ministre est « excessif et exalté ». Ce qui est vrai ! Si chacun sait que le vrai « patron » est au « château », cela n’empêche pas de jouer des coudes pour se placer pour après… jeu puéril qui échappe à la majorité des Français qui ont d’autres soucis que de se préoccuper de savoir qui dirigera le parti du Président ou qui sera au perchoir.

 

Sur le plan économique, on nous annonce en même temps que le chômage est reparti à la hausse en août et cependant que les entreprises embauchent et que malgré une faible croissance, l’emploi repart…

 

Nous traversons une période bien singulière à faible visibilité sociale, politique et économique. Les seules certitudes sont les déficits qu’il faut combler, les tours de vis dans les budgets et que cela va durer un moment !

 

Et vous voudriez que les Français aient le moral ? La confusion est partout alors qu’on aurait besoin de repères auxquels s’accrocher.

 


L'AUTOMNE EST LA !

Le bloc-notes salue l'arrivée de l'automne avec une nouvelle livrée. Pendant mon absence, l'audience a quelque peu faibli, ce qui est bien normal, mais je découvre que le débat est resté vif entre Arsouille, Lucien et Chris... A la bonne heure !

Je reviens d'un pays d'Europe qui ne connaît pas la crise, qui a la chance de voir croître sa richesse à un taux annuel qui nous ferait rêver, où l'impôt unique plafonne à 19% des revenus (taux unique) avec une TVA à 20%. Il n'y a pas de chômage et le mode de vie dans sa capitale n'a rien à nous envier avec ses galeries commerciales aux enseignes identiques aux nôtres, ses buildings de verre et ses autoroutes. L'Europe est bien présente avec l'Euro ce qui est bien pratique. Seule la langue est un peu déroutante, mais avec l'Anglais ou l'Allemand, on s'en sort... On dit que les gens y sont courageux et travailleurs. Les commerces sont ouverts tous les jours, y compris le dimanche et pourtant, c'est un pays très catholique, bien qu'il ait connu la dictature communiste. 

Bon, il faut revenir sur terre. je constate à parcourir les titres de la presse qui s'est accumulée dans ma boîte aux lettres, que le débat dans l'hexagone vole toujours aussi bas et que la gauche s'illustre toujours par ses postures politiciennes de bas étages. J'étais si loin des miasmes de ses flots nauséabonds...

Dur, dur de se remettre dans le coup !

Je rassure Lucien. C'était effectivement des vacances, mais pas si coûteuses qu'il le sous-entend puisque c'était en même temps une visite à la famille de l'un de mes enfants...

Dès demain, promis, je reprends mes chroniques.


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

                                                    Longue vue

 

Une dernière chronique pour la route avant deux semaines de pause pour le bloc-notes. Retour le 28 septembre !

KAFKA. Comment s’y retrouver dans les différents sondages sur ce que pensent les Français de la réforme des retraites. Près de 7 sur 10 soutenaient le mouvement de grève et les manifestations du 7 septembre. Ils continuent de trouver que le projet est injuste dans la même proportion tout en considérant à 62% que le gouvernement est courageux et même 53% à le trouver attentif à la pénibilité. Et ils ne sont que 43% à approuver le recul de l’âge légal à 62 ans. Traduction : la potion amère est inéluctable, mais encore une minute SVP avant de l’avaler.

FESTIVAL. Royal telle qu’en elle-même sur le plateau de « à vous de juger » : effrontée, au culot sans limite, avec un aplomb à nul autre pareil elle débite ses certitudes (ses fadaises) faites pour être entendues, la mettre en lumière. D’être crue ou crédible, là n’est pas son souci. Il lui fallait une occasion de briller et Martine Aubry est tombée dans le piège : l’art de se sauver en paraissant se sacrifier n’est-il pas le jeu où la poitevine excelle ?

MARCHE DE DUPES. C’est ce que propose Martine Aubry aux Français en promettant de rétablir la possibilité de partir à 60 ans… mais avec une décote importante. On voudrait paupériser les retraités qu’on ne s’y prendrait pas mieux. A moins que ce ne soit une façon de favoriser ceux qui le pourraient…. Les riches ! Elle se garde bien de dire qu’elle toucherait à la durée de cotisations qui est de … 42 ans !

DURA LEX… sed lex ! La loi démographique est comme celle de la pesanteur, on n’y échappe pas. La prolongation de l’espérance de vie impose de devoir travailler plus longtemps. Et on ne peut pas faire comme si depuis les années 60, rien n’avait changé quand on passe de 4 travailleurs qui cotisent pour 1 retraité à 1,8 pour 1 retraité, avec à l’horizon plus lointain 1 pour 1 !  C’est de la mathématique élémentaire que d’aucuns masquent d’artifices démagogiques.

PORTE ETROITE. Les grandes centrales syndicales durcissent le ton, mais on a le sentiment de plus en plus qu’elles sont dans un jeu de rôle. Elles canalisent à travers de grandes journées de mobilisation un mouvement ample sans être vraiment profond. En un mot : le socle n’est pas très solide surtout du côté des salariés du privé. Tout le monde a compris que le gouvernement ne reculera pas et globalement le sentiment de résignation l’emporte. Dans ce contexte, il leur reste le pouvoir de la voix et dans le jeu avec le gouvernement, à trouver une porte se sortie honorable pour qu’elles ne perdent pas la face, ce qui donnerait des arguments aux radicaux.

FILLON. Star de la rentrée ? Le Premier Ministre reste très populaire. Pourtant il monte au feu, assume la politique menée par le gouvernement et même ne mâche pas ses mots. 55% des Français souhaitent pourtant -autre contradiction- qu’il reste à sa place. Son calme impressionne, sa sérénité plait. Et cela au plus fort de la contestation sur les retraites… Alors Restera, restera pas ? C’est le Président qui décide. Saluons tout de même la performance !


LES MANIPULATEURS

 

Que les syndicats avancent en rangs serrés contre la réforme des retraites, on peut le concevoir. La concurrence à laquelle ils se livrent pour gagner des voix pour leur représentativité les condamnent à ce jeu de rôle. Dommage pour la négociation. La modernisation de notre démocratie sociale est encore à faire. Et encore, s’ils vivent bien c’est grâce au financement public, parce que côté adhérents, la France est à la traine des autres pays européens.

 Mais franchement, quand j’entends le pantin Hamon, commenter les propositions du Chef de l’Etat ou Ségolène Royal sur le plateau de télévision, aplomb et misérabilisme en guise d’argumentaire, j’ai envie de hurler à l’imposture. Le PS est-il obligé de se cantonner dans ce rôle pitoyable de faire croire que demain on rasera gratis ? Ses têtes d’affiche peuvent affirmer qu’on peut financer les retraites en taxant les riches, les stocks options, les profits des banques, en supprimant le bouclier fiscal et autres mesures très économiques pour l’investissement et la compétitivité de nos entreprises, ils savent bien que le produit à en tirer est à haut risque en raison de la liberté dont nous disposons aujourd’hui à l’intérieur de l’Europe de fuir vers des cieux fiscaux plus cléments.

Interrogés sur la manière de redresser les comptes de la France, les mêmes, après avoir avec culot reproché au Gouvernement d’avoir creusé les déficits pour maintenir le financement du bouclier social, nous proposeront comme recette les mêmes sources. Et si vous leur demandez comment ils résorberont le trou de la sécurité sociale (27 milliards cette année), ils vous ressortiront le même discours. Un fusil à un coup qui tire trois fois, il faut être socialiste pour croire que ça peut exister !

Mais il faut se souvenir qu’un salarié qui touche 2 000 € par mois en coûte 3 000 à l’entreprise qui l’emploie. La CSG a révolutionné le système et s’applique à tous les revenus ; elle pèse sur la petite épargne comme sur la grosse. L’ensemble des cotisations sociales réduit la capacité des entreprises à investir. Il faut arrêter de considérer l’argent comme une horreur, c’est une matière première pour le développement des entreprises et donc pour … créer des emplois. Et c’est bien là le problème. Plus la richesse nationale ira vers les cotisations ou les taxes, moins il y aura d’argent pour moderniser l’économie et rendre nos entreprises plus compétitives.

Ce que nous proposent les socialistes pour financer les retraites, c’est  ni plus ni moins que le retour à une économie administrée avec à la clé le sous-emploi et le chômage, et ils le disent eux-mêmes, l’augmentation des cotisations pour les salariés comme pour les entreprises (qui financent, ne l’oublions pas 70% des retraites).  

Des Manipulateurs !

 

 


INJUSTE ? VRAIMENT ?

Le Gouvernement tient bon sur l’inéluctable : le report de l’âge de départ à la retraite. La gauche s’accroche au dogme des 60 ans avec une détermination qui laisse un doute sur sa capacité à gouverner. Les syndicats à force de matraquer leurs vérités réussissent à entraîner derrière eux des foules bien conditionnées par une précampagne de harcèlement sur le thème « le pouvoir et l’argent ». Pour une fois que la droite a un peu de courage, la gauche en manque totalement.

Pourtant le constat démographique est incontestable et incontournable. Autour de la prolongation de la vie active, il devrait y avoir dans ce pays un consensus de l’ordre de 90%. Sauf à adopter un système d’économie administrée, il est impossible de ne pas harmoniser la durée des carrières professionnelles avec l’espérance de vie et les conséquences de la bosse démographique du « papy-boom »..

La gauche insiste sur la fiscalisation des banques, des bonus, des profits financiers, du rendement de l’épargne comme si toutes les sources de financement réunies suffisaient à combler le déficit projeté des régimes de retraites. Mais comment croient-ils que la France puisse un jour redresser ses comptes, diminuer la dépense publique et donner ses chances à la croissance, si l’épargne et les investissements restent plombés par les impôts qui, aussi élevés qu’ils soient ne suffiront pas à équilibrer les régimes.

Les partis de gauche et les syndicats sont libres de défendre des « acquis sociaux » inamovibles à leurs yeux, mais le signal qu’ils envoient aux autres Européens, à l’Allemagne notamment, et aux marchés est désastreux dès lors que la gauche paraît en mesure de reconquérir le pouvoir en 2012 : l’idée que la France continuera à vivre à crédit, au-dessus de ses moyens, risque de faire des ravages.

Les syndicats peuvent crier qu’il n’y a pas eu de négociations. Ils crient que le projet était écrit avant qu’elles commencent. C’est probablement vrai, mais alors la faute n’en revient pas seulement au Gouvernement. Car nos représentants syndicaux n’ont pas voulu envisager ce qui se produirait si la France passait à une retraite à 61, 62 ou 63 ans. On peut faire des manifestations, on peut incriminer les spéculateurs, les banquiers, les traders, on ne fait qu’encourager un rêve dont le réveil sera tôt ou tard, terrible.

Injuste ce qui est proposé ? Avec les concessions sur la pénibilité, sur les personnes qui ont commencé très tôt, sur les polypensionnés, les carrières des femmes, la convergence des cotisations du public et du privé ? Je serais tenté de dire au contraire : raisonnable et équitable dans la recherche des équilibres possibles.

N’oublions pas que la retraite c’est d’abord un système contributif qui doit d’abord et avant tout trouver son financement dans la répartition entre ceux qui travaillent et qui cotisent, et ceux qui partent en retraite et qui « touchent ».  Avec l’assurance maladie, ce sont des systèmes liés en priorités au travail et aux salaires. Félicitons-nous que la droite ait choisi de préserver ce système, et dans sa sagesse, cherché à maintenir le niveau des pensions sans augmenter les cotisations !

 

 


LA MANIF’ ET LE DEBAT

 

Pendant que les manifestants défilaient avec leur folklore habituel, le débat sur la réforme des retraites s’est ouvert à l’Assemblée Nationale, dans un climat tendu, mais pas insupportable. D’ailleurs la gauche aurait eu beaucoup à perdre à mélanger les genres.

Si les protestataires étaient un peu plus nombreux dans la rue, inévitablement près de 3 millions selon les syndicats (j’aurais pu l’écrire hier soir), mais évidemment beaucoup moins dans la réalité, leur rejet de la réforme n’en est pas moins inacceptable. La situation est trop grave pour reculer cette fois-ci encore et céder aux ukases de la rue.

Les débats promettent d’être riches. La première journée le montre assez bien avec les sujets qui ont été abordés, souvent à l’initiative d’élus UMP. Les élus de gauche se cantonnant à essayer de vendre les arguments de leur projet à travers les questions qu’ils ont posées. Bien entendu cela n’a pas empêché certains de faire entendre leur petite musique en arrivant les premiers aux « Quatre Colonnes ». Quoi de mieux, que la salle de l'Assemblée où patientent les journalistes pour glisser quelques commentaires acides ou acerbes tels les députés villepinistes Marie-Anne Montchamp et François Goulard qui prônent une réforme « équitable » qui n'adosse pas la pénibilité sur l'invalidité et conserve la possibilité de prendre à 65 ans une retraite à taux plein : ce qui revient à ruiner l’équilibre du projet ! Et menacent l'un comme l'autre de s'abstenir sur le texte. Eric Woerth l'a rappelé, les modifications qui seront apportées ne vont pas « remettre en cause l'équilibre global de la réforme ». Le rapporteur UMP du texte de loi y veillera : « La majorité soutient le gouvernement qui a fait des choix courageux, parfois difficiles », a déclaré Denis Jacquat. Certains députés entendent néanmoins donner de la voix. La question des femmes, en particulier, préoccupe une partie des élus UMP.

L'autre sujet sensible qui dominera les débats est celui de la prise en compte de la pénibilité par les régimes de retraite. La gauche en fait un de ses principaux angles d'attaque. Dans sa forme actuelle, le projet de loi prévoit une retraite anticipée pour les salariés qui souffrent d'un taux d'incapacité d'au moins 20 % à la suite d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail. « La pénibilité, ce n'est pas la maladie ou l'incapacité », a critiqué Marisol Touraine (PS), qui demande qu'on prenne en compte « la dureté de certains parcours ». Le Parti socialiste propose que les salariés qui ont été exposés à des facteurs de pénibilité au cours de leur carrière -travail de nuit, port de charges lourdes, produits toxiques -bénéficient de majorations de durée d'assurance, c'est-à-dire de trimestres supplémentaires pour leur retraite. La nostalgie des régimes spéciaux n’est pas loin comme on peut le voir. D’ailleurs aucun autre pays européen ne s’est aventuré dans une telle démarche par nature périlleuse, faute de critères objectifs identifiables et évolutifs dans le temps. Eric Woerth a donc logiquement fermé la porte à cette conception soulignant que ce serait une source d' « injustice » de tenter d'en tenir compte pour la retraite.

Dans la bataille de la communication qui s’est engagée, la majorité serait bien inspirée de se concentrer sur le seuil de 62 ans afin de ne pas laisser les syndicats mettre l'accent sur les 67 ans, nettement plus anxiogènes, et un repère moins significatif.

Il y aura 50 heures de débat d’ici le 15 septembre, jour où la loi sera votée et de belles passes d’armes en perspective ! Espérons que la dignité continuera de prévaloir et que les syndicats sauront résister aux sirènes de l’activisme en paralysant le pays. Ce serait un mauvais service à rendre aux salariés au moment où la croissance repart un peu.

 


LE CLIMAT DE LA RENTREE : TEMPS MAUSSADE…

Nuages noirs

Après le tour d’horizon des partis politiques, et à la veille du bras-de-fer engagé par les syndicats avec le gouvernement sur la réforme des retraites, voici une réflexion sur le climat de cette rentrée.

Le contexte en est particulier. Rarement, le débat politique aura perduré avec autant d’acuité pendant les vacances au point de ne connaître la moindre pause. Nicolas Sarkozy s’est employé à l’alimenter fin juillet par son discours de Grenoble sur la sécurité, après les événements que l’on sait. Il n’en fallait pas plus pour que la « gôchedédroadelom » déclenche les grandes orgues de la contestation, bientôt relayée, c’est plus inattendu, par les curés. Au point que la majorité, qui avait dû supporter le feuilleton Bettencourt, s’est retrouvée divisée dans ses appréciations et pour certains de ses membres mal à l’aise.

Voilà donc un rapport de force qui semble s’établir en défaveur du pouvoir en place, au moment où le PS affiche un semblant d’unité. L’avantage psychologique, jusque là entre les mains du Président, avec ses ministres d’ouverture a changé de camp. La seul perspective  d’une victoire de la gauche dans vingt mois est en effet susceptible de doper les ardeurs de rassemblement dont le ciment réside essentiellement dans l’antisarkozysme basique.

Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

D’abord, cette victoire restera très théorique tant qu’elle reposera sur le rejet de la politique du Chef de l’Etat. A aucun moment les sondages ne mentionnent un désir de socialisme. Et les Français déplorent toujours majoritairement l’absence d’une alternance crédible. Personne n’a trouvé dans le discours de Martine Aubry à la Rochelle de quoi transformer cette opinion.

Ensuite, il y a gros à parier que cette possibilité de gagner va attiser la compétition entre les prétendants et je ne serai pas surpris de voir le PS sombrer à nouveau dans ses luttes fratricides. Sans compter que les écologistes vont vouloir mettre leur grain de sel et imposer quelques unes de leurs « lunes » programmatiques.

Et donc, voilà un écueil de taille : que sera un projet-écolo socialiste  dans une France plombée par la dette et la crise ? Les tendances redistributrices de la gauche pourront-elles s’accommoder de la rigueur inévitable, sauf à aller à la faillite grecque. Tant qu’elle ne répondra pas clairement à ce défi, et elle n’en prend pas le chemin, ses promesses seront verbales et fallacieuses.

C’est bien là la chance de la majorité actuelle, qui, sous la conduite de François Fillon, mène une politique périlleuse d’équilibre entre baisse des dépenses et soutien à l’activité pour ne pas anesthésier le redémarrage de l’économie. Mais l’usure du pouvoir suppose de jouer encore plus collectif pour envisager une suite victorieuse. Nicolas Sarkozy cherche à conforter son socle sur lequel il doit compter pour un premier tour. Mais en même temps, il aurait tort de ne pas envoyer les signaux nécessaires qui lui permettront de rassembler ensuite pour franchir les 50% nécessaires du second tour. Si sa victoire de 2007 s’est faite largement sur sa personnalité et sur les espoirs qu’il a suscités, en 2012, elle ne pourrait survenir qu’au terme d’une campagne beaucoup plus collective.

En attendant, il faut passer le cap de la réforme des retraites puis enclencher celle sur la dépendance, tout en prenant la tête du G20. De quoi progresser en image dans l’opinion s’il retrouve la main…

 

 


LA SEMAINE D'ARCHIBALD

Longue vue

 

 

ROM A GOGOS. A défaut de trouver des solutions pour les Roms, la gauche nous fait le spectacle. En matière de stigmatisation, on ne peut faire plus. Cette semaine on aura eu droit à tout :

-          L’hypocrisie de « l’arnaqueuse » de Lille qui après avoir demandé au Préfet l’évacuation de terrains indûment occupés par des Roms, se ravise quand la chose est rendue publique par le Premier Ministre. Du coup elle va mettre en place un « village d’insertion ». C’est les Lillois qui vont payer qui seront contents ! La ficelle est un peu grosse mais qu’est-ce qui gêne Martine allez vous me dire ?

-          Le clergé remis dans son église, après les propos pour le moins choquants d’un prêtre et les commentaires de l’archevêque, venu après coup expliquer au Ministre de l’intérieur qu’il ne s’agissait pas d’entrer dans la polémique politique, mais de charité. Bon, nous on veut bien. D’ailleurs, le gouvernement n’a enfreint aucune loi tant française qu’européenne, il est bon de le rappeler.

-          La manif’. La voilà la solution miracle ! Comme si de crier dans la rue des slogans aussi stupides que provocateurs et insultants ça allait apporter des solutions : les enfants vont aller à l’école du jour au lendemain, les parents vont subitement parler Français et renoncer à l’industrie de la mendicité. La gauche laxiste, démissionnaire et irresponsable dans toute sa splendeur !

-          Tous à Lille ! Le mot va bientôt passer, et on va bien rigoler. J’aimerais voir la tête de la patronne quand elle aura des centaines de Roms candidats à son village….

LES CHIENS ENRAGES. La campagne contre Eric Woerth a continué toute la semaine avec des révélations stupéfiantes : on a retrouvé une lettre qu’il aurait envoyée, alors qu’il était député, à Nicolas Sarkozy, Ministre de l’Intérieur, pour appuyer la demande de décoration  de Mr. Maistre. La belle affaire : tous les députés en écrivent chaque année des centaines. Est-ce répréhensible ? Voilà qu’on en est rendu à transformer un fait insignifiant en montagne qui vaut l’accusation de « mensonge » à son auteur.  On notera au passage la hargne de la Duflot ! Mieux, Maistre aurait répondu pour remercier ! Et personne ne se demande comment tous ces documents saisis lors d’une perquisition peuvent se retrouver ainsi dans la nature au mépris de la loi et du secret de l’enquête…

LA RENTREE. Voilà une rentrée de plus avec des prof en moins. Apparemment sans gros problème ! Le tam-tam s’est donc porté sur ces jeunes prof qu’on lâche dans l’arène, le mot n’est pas trop fort, « sans formation ». Quel drame ! On devrait tout de même préciser « pédagogique », parce qu’ils ont tout de même un master (bac + 5). J’ai déjà dit ici que j’aurais préféré qu’ils aient un minimum de bagage expérimental de la pratique. Mais par rapport à ce qu’ils apprenaient dans les « IUFM », je doute qu’on trouve une différence. En vérité, ce qu’il faudrait, c’est un véritable accueil « pédagogique » des anciens dans les établissements où la « fraternité » ne fait pas partie des mœurs. Dans la salle des prof, les anciens ont leur coin et leurs habitudes et se préoccupent rarement des nouveaux arrivants. Chacun pour soi… et le meilleur emploi du temps possible (celui qui permet de passer le moins de temps possible dans l’établissement).

"PETITS MARQUIS". Coup de gueule de Rebsamen, cette semaine, contre la jeune garde qui occupe les locaux de la rue Solférino autour de la 1ère Secrétaire et qui s’y voient déjà en se partageant les postes de Secrétaires d’Etat, quand ce n’est pas de Ministres. C’est que les sondages ça donne des idées ! Sauf que la messe n’est pas dite. Et d’ici vingt mois, il peut s’en passer des choses. A commencer par les coups de Jarnac entre les prétendants.

« J’IGNORE POURQUOI.. ». C’est la réflexion que fait l’Inspectrice d’Académie d’Angers en constatant que les effectifs du public diminuent de 169 élèves et ceux du privé augmentent de 168. Nous on sait : les parents ont ras-le-bol d’un corps enseignant qui passe son temps à faire grève et qui consacre plus d’énergie à concocter des slogans contre « la casse du public » qu’à enseigner… Et pour bien commencer l’année, ce sera deux jours de grève la semaine prochaine avec probablement peu de solutions d’accueil comme d’habitude. Parents, démerdez-vous ! Eh bien il y en a qui choisissent l’autre école, celle où on travaille !

 

                                                          

                                                           Tonnerre de Brest !

 

 


PAYSAGES DE RENTREE : LES FORCES D’APPOINT

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L’EXTREME GAUCHE.


La gauche de la gauche, qu’elle soit de Besancenot ou du Parti Communiste ou son succédané, le « parti de gauche », se maintient globalement à un niveau stable à peine soutenu par la crise. Le dernier congrès du PC pourrait bien lui avoir donné le coup de grâce puisque presque tous les maires de la couronne parisienne ont quitté le parti. La nouvelle direction ne fait pas l’unanimité, c’est le moins qu’on puisse dire. Quand elle affirme que le pouvoir est affaibli, c’est l’hôpital qui se fiche de la charité. Marginalisé, il ne reste au PC que la solution de s’allier avec le Parti de Mélanchon, dont les thèmes et le discours sont très proches. Mais c’est un « front de gauche » réduit fait d’additions à somme nulle. Tout juste auront-ils les moyens de participer à la présidentielle… comme force d’appoint pour le deuxième tour.

Quant à l’extrême gauche « révolutionnaire » on a bien vu que les résultats électoraux n’ayant pas été au rendez-vous, elle est en crise et le « petit facteur de Neuilly » subit lui aussi l’usure du pouvoir. Reste L.O. pour qui le soleil ne brille guère non plus. La remplaçante d’Arlette n’ayant pas la dimension médiatique de sa devancière. Bref, plus de capacités à nuire électoralement qu’à soutenir la gauche « bourgeoise ».


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L’EXTREME DROITE

 

C’est bien connu, les extrêmes se touchent. Le climat de contrecoup de la crise et de soupçon sur la moralité leur est toujours propice. Le Front National retrouve quelque couleur (pastel) mais comme il est à poil financièrement, il n’a guère de moyens d’exister. Il en a été réduit à organiser un campus d’été dans une grange du nord pour une trentaine de poilus (enfin de rasés devrais-je dire) : c’est tout dire ! Et puis pèse sur le parti la transmission du pouvoir à « fifille » poussé par pépère. Il en faudra de 4mois de campagne interne avant que le problème ne soit définitivement tranché. Car le concurrent de Marine, Bruno Goldnisch, n’a pas l’intention de se rendre sans combat. Comme le discours reste figé, même si la fille tente de le rendre plus présentable, les marges de manoeuvre électorales restent celles que l’on connaît. Ici aussi la capacité de nuire l’emporte sur le reste.

 



PAYSAGES DE RENTREE : MAIS OU EST DONC LE CENTRE ?

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LE CENTRE INTROUVABLE

 

En cette rentrée, bien malin qui pourra dire où sont passés les centristes. Il y a bien eu quelques moulinets de quelques-uns au sein de l’UMP, il y a bien eu une université « confidentielle » du Nouveau Centre autour d’Hervé Morin et une tentative peu convaincante de regroupement dans l’Alliance Centriste autour de Jean Arthuis. Le Modem a pratiquement disparu du paysage hormis quelques déclarations disparates de François Bayrou.

Il n’y a plus « un » centre, mais « des» centres, si l’on compte les partis qui s’en réclament. Par contre, les électeurs centristes se sont évaporés dans la nature : le Modem a fait un score minable aux élections régionales après un résultat calamiteux à l’élection européenne. Hervé Morin, s’il se présentait à la présidentielle, se voit crédité de 1,2% des voix… Les voix du centre sont en grande partie en jachère ou émigrées chez les écologistes.

Les observateurs jugent avec raison que la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy n’est pas faite pour les inciter à revenir dans le giron de la droite. Mais je serais curieux de savoir à quel électorat correspondent les voix dites « centristes ». Celui du CDS, chrétien et traditionnel est très vieillissant ; il ne s’est probablement pas renouvelé si l’on se réfère à la fréquentation de la messe et a probablement une propension à voter à gauche si l’on écoute les sermons des curés.

Ce centre explosé et devenu introuvable est pourtant une pièce essentielle de l’échiquier politique. François Bayrou, par son intransigeance et son discours trop axé sur l’antisarkozysme porte une responsabilité écrasante dans cette disparition. Mais ce serait injuste de lui faire porter le chapeau à lui tout seul. L’UMP n’a pas su non plus mettre suffisamment en valeur sa composante modérée de centre droit, centriste et libérale. L’organisation de « courants » initialement prévue a été malencontreusement abandonnée : on en paie aujourd’hui les conséquences.

Il faut bien convenir que les Français sont incorrigibles : l’UMP a été construite pour mettre fin aux guéguerres perpétuelles que se livraient RPR et UDF, sur les mêmes terres et les mêmes idées. Maintenant on reproche le monolithisme et dès qu’une nuance s’exprime on crie à la division. C’est pourtant cette difficile équation qu’il va falloir résoudre d’ici 2012. La priorité c’est de reconstruire un centre crédible et suffisamment fort pour capter les voix modérées et mordre sur le centre gauche… Les talents ne manquent pas, alors ?

 

 


PAYSAGES DE RENTREE : ET A DROITE ?

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 L’UMP.

 

Le parti majoritaire subit l’usure du pouvoir et de la crise. La victoire de l’élection européenne à la proportionnelle était un trompe l’œil. Dans un système de scrutin majoritaire à deux tours, il manque l’appoint de voix nécessaire pour franchir la barre du 2ème tour et on en a vu le prix à payer lors des élections régionales et aussi à Rambouillet. La dispersion du centre qu’on évoquera ensuite et le glissement de voix du Modem vers le centre gauche et les écologistes, s’il perdure, constitue un réel problème dont il faut trouver la solution d’urgence. La stratégie de captation des voix qui se portaient sur le Front National connaît aussi un effritement avec le regain d’audience (partiel mais amplifié par des médias complaisants) de celui-ci.

Collé à Sarkozy, l’UMP paie aussi tous les aléas de la gestion présidentielle que l’on mesure à la cote du Président. On a connu pire sous Chirac. Néanmoins, les réformes ont créé une addition des mécontentements dans l’électorat qui lui est traditionnellement acquis : professions libérales du droit ou de la médecine pour ne citer qu’elles. Une partie de l’électorat âgé a été dérouté par le style de Nicolas Sarkozy et l’électorat populaire qui s’était porté sur lui en 2007 a été forcément déçu par l’échec du « travailler plus pour gagner plus » pris complètement à contrepied par la grave crise financière de 2008 et ses conséquences. Le fait d’avoir laissé joué les amortisseurs sociaux à plein a contribué à augmenter la dette mais n’a pas été suffisamment perçu comme une sollicitude à l’égard des plus démunis.

Il en résulte un désenchantement qui se traduit dans la baisse du nombre des adhérents et le pari des 500 000 atteints en 2012 relève aujourd’hui du mirage si rien ne change. La communication du parti est trop souvent inaudible, et quand elle l’est c’est pour être cacophonique, face au pilonnage massif et cohérent de la gauche sur le bouclier fiscal, les avantages donnés au riche, l’injustice permanente, le pouvoir autoritaire et j’en passe. La stratégie du soupçon, savamment orchestrée par tous les relais gauchos contribuent un peu plus à déstabiliser la part la plus fragile d’un électorat droitier toujours chatouilleux sur l’honneur et l’honnêteté. Tant qu’il n’y a pas de preuves, la calomnie joue à plein.

La bataille côté UMP se fait en ordre dispersé avec des déclarations éparpillées, parfois imprudentes, souvent sans objectif ciblé sinon se faire valoir individuellement et les médias savent amplifier la moindre divergence. Le spectre de la désunion est entretenu par un Villepin gourmand trop content de pouvoir exploiter la moindre occasion de nuire. Plus grave, les personnalités qui identifient les courants constitutifs, centristes ou libéraux étalent leurs désaccords au gré des petites phrases. On voudrait penser que la machine à perdre à droite ne s’est pas remise en marche, mais… Heureusement, François Fillon sait remettre les pendules à l’heure, ce qui limite les dégâts.

Il y aurait pourtant mieux à faire. D’abord le travail accompli par le gouvernement depuis 2007 est impressionnant. Même si toutes les réformes ne sont pas complètement abouties, celles qui ont été votées sont considérables en nombre et en importance pour les années à venir. J’aurais l’occasion d’y revenir. Mais cela mériterait qu’un commando d’élus communique en permanence dessus pour contrecarrer une opposition qui se sent pousser les ailes. Un exemple tout simple : pourquoi ne parle-t-on que confidentiellement du « bouclier social » et de son coût qui pèse largement en face des pseudos cadeaux faits aux riches ? Bouclier social largement amélioré par la mise en place du RSA jusqu’au RSA-jeunes. Les objectifs de réduction de la pauvreté n’ont pas été abandonnés pendant la crise et c’est une multitude de décisions dont personne ne se préoccupe de mesurer l’impact qui ont été prises à travers le programme d’expérimentations sociales qui permettra d’améliorer sur des bases concrètes dans les années à venir le système éducatif, l’insertion professionnelle, l’accompagnement des jeunes sortant de prison, le soutien aux ressources des moins de vingt-cinq ans… sans parler du service civique, des projets de « social business ». Comme toujours, la droite fait son boulot social sans le faire valoir. Au moment où s’engage la bataille pour la réforme des retraites, il vaudrait mieux resserrer les rangs et éviter la dispersion. Une communication coordonnée sur des thèmes redondants est absolument nécessaire.

L’enjeu pour l’UMP reste la conquête des classes moyennes. C’est la clé d’une victoire en 2012. Cela passe par une amélioration sensible des salaires à laquelle il faut s’atteler et qui passe par une réforme d’envergure pour mieux répartir les gains. Il y a aujourd’hui un écart insupportable dû à la captation par les hauts revenus au détriment justement des classes moyennes (cf. le rapport du Conseil d’Analyses Economiques auprès du Premier Ministre –juin 2009). Voilà une piste dont personne ne semble se préoccuper. Il y en a d’autres.

En cette rentrée 2010, on a l’impression que les choses se sont inversées : la gauche qui était divisée semble plus unie et la droite et le centre qui s’étaient rassemblés autour de l’UMP semblent retourner à leurs vieux démons. Ceux que Jean-François Copé dénonçaient justement !