LA TENTATION DE SAUVER LE « SOLDAT MACRON »

Macron planté

 

Les  juppéistes en ébullition.

On s’agite beaucoup chez les « juppéistes ». Qu’ils aient franchi le Rubicon  ou qu’ils soient en passe de le faire au nom du rêve européen,  ils perdent leur temps. Ils  ont toujours le  même  leitmotiv :  « Il  faut aider  Macron à réussir sinon on aura les extrêmes !  ».  Or  Macron ne peut pas réussir. C’est un psychopathe narcissique qui se détruit  lui-même et son action manque de clarté, de profondeur et de pédagogie. Le  mot « transformation » utilisé à toutes les occasions n’a pas de sens et  est  là  pour cacher justement l’absence de réformes structurelles. Quinze mois après son élection,  la France va plus  mal : plus  de dette, plus d’impôts,  plus de déficits, plus  de déficit commercial,  plus  de violence et d’insécurité, plus de communautarisme…  Et  le groupe  La REM se caractérise par son arrogance, sa vacuité et son amateurisme.  Il  est  piloté de l’Elysée  à   coups « d’éléments de  langages » : du prêt-à-porter  pour cerveaux lobotomisés.

Le progressisme est une escroquerie.

Le combat que veut mener Macron en Europe au nom du « progressisme », ne correspond  pas  aux valeurs de la droite, et n’est pas en phase avec les réalités de l’Europe actuelle. Le  « progressisme »  appartient au vocabulaire de la gauche radicale  dans le cadre de la  lutte des classes  pour transformer la société. Même dialectique donc ! Le  détournement de ce  mot par Macron couvre sa politique sociétale et voudrait donner un semblant de  concept à ses réformettes. Il veut maintenant l’utiliser  pour caricaturer le débat sur l’Europe. Il n’y a pas en Europe deux camps  comme il voudrait présenter la  situation,  celle-ci est beaucoup plus complexe. Mais surtout, la  thématique du discours de la Sorbonne correspond au rêve d’il y a vingt  ans. Il n’est plus en phase avec ce que vit l’Europe aujourd’hui. Vouloir plus d’intégration, continuer  à  élargir, ne pas prendre en compte  l’exigence  d’identité que même Hubert Védrine pense indispensable,   ce sont les thèmes qui nous ont  fait perdre il y a  cinq ans.  L’Europe devait nous protéger !  On voit  le résultat. Que nos amis aillent avec Macron dans ce combat  perdu d’avance, ils  aideront  les  extrêmes, à  commencer par  l’extrême droite à ramasser  la mise. Comme le souligne Jean Léonetti, le  projet que « Les  Républicains » vont porter est celui du bon sens, car  il n’est ni souverainiste, ni populiste,  et nos amis juppéistes pourraient, en toute bonne foi,  y souscrire, s’ils n’étaient pas aveuglés par leurs relations avec le Premier Ministre et son entourage.

 

Un gouvernement faible.

Quand on n’est ni de droite, ni de gauche, on  n’est  nulle   part.  Surtout on est paralysé  par les courants contraires qui parcourent la macronie. De ce fait, le gouvernement accouche de réformettes : celle du code du travail,  celle  sur la sécurité, celle de la SNCF, et même la  loi  Pacte, aucune ne va assez loin. Celle qui s’annonce pour les retraites navigue entre le  déni, -rejet de l’âge de 65 ans- et   l’hypocrisie  avec   les  points et  l’âge pivot qui reviendra  au même, mais sous forme d’usine à gaz. La réforme de  la taxe d’Habitation est une imbécillité notoire que nos trissotins 2.0 essaient de transformer en gain de pouvoir d’achat alors qu’elle n’est même pas financée et creuse un  peu plus la dette. Pour avoir engagé ce fatras de réformettes, le gouvernement est qualifié de « droite ». Rien n’est  plus faux. On n’est pas de droite quand on s’en prend à la famille, quand on fait payer les classes moyennes à répétition,  quand on s’attaque aux retraités.  On n’est pas de droite quand on augmente sans cesse les  impôts et crée de nouvelles  taxes  au lieu de chercher   à diminuer  les dépenses de  l’Etat. Et on n’est  pas libéral quand on mène une politique qui réglemente à tout va, qui  méprise les territoires et contrecarre la décentralisation, qui assomme  les entreprises avec de nouvelles  astreintes  sociales ou environnementales  alors qu’elles  sont déjà les  plus taxées,  et qui atteint plus de 45% du PIB de prélèvements. Vous voulez  un exemple  d’incurie :  la  gestion de «  l’après »  ND des landes  où zadistes et agriculteurs se  font face-à-face et  où  l’Etat spolie en toute conscience les  anciens propriétaires qui voudraient, comme c’est logique, retrouver leurs propriétés. Voilà le produit de la macronie. Une politique condamnée à échouer d’autant plus que les vents contraires de l’environnement international vont abolir le peu de marge de manœuvre si tant est qu’il y en ait une. Une politique insoutenable pour quelqu’un qui a des convictions de droite.

Ils nuisent à la droite et ils ne rendent pas service à la France.

Les élections partielles le montrent : l’alternative, ce sont Les Républicains. C’est cette démarche-là qu’il faut soutenir sinon on favorisera les extrêmes. L’Europe est bon sujet de rassemblement.  Mais il  est clair que si on veut éviter une mauvaise surprise aux prochaines échéances électorales, ce sont « Les  Républicains » qui offrent la seule alternative crédible en face de l’ectoplasme  macronien.   Il faut unir nos courants et nos sensibilités pour construire et renouveler un projet susceptible de convaincre à nouveau d’abord les électeurs que nous avons perdus et ensuite élargir à tous ceux qui peuvent rejoindre la  droite et le centre. Ce que vit le parti socialiste est une catastrophe. Ne suivons pas le même  chemin. Ceux qui ne veulent pas entendre parler de Laurent Wauquiez ont tort.  L’allergie n’est pas une raison suffisante en politique. Ceux qui se complaisent dans « la  prise de distance » le font au nom de raisons diverses, la plupart du temps au nom d’intérêts particuliers ou d’ambitions pas vraiment avouées, et ne participent pas d’une mouvance vraiment cohérente. La volonté de ressusciter une sorte  d’UDF avec AGIR est une erreur, et voir Juppé y souscrire fait franchement rire, mais il y a toujours eu cette tentation centriste  d’avoir le cul entre deux chaises. Enfin, une chose est claire : ceux qui accepteraient de se faire débaucher pour entrer dans un gouvernement « Philippe 2 » seront ni plus, ni moins, des « traîtres » qui iront lui donner une caution dite « de droite », et participera à la volonté de Macron de  « dézinguer la droite » ! Ils seront alors dénoncés et combattus comme  il se  doit. Sans concession !

 


CETTE CRISE QUI VIENT ET QUI SE PRECISE…

Endettement mondial oct 2018endettement mondial

 

D’abord la chute des marchés.

Cela faisait des mois qu’on attendait une chute des marchés. Hier, la dernière digue a cédé. Les investisseurs s’étaient réfugiés sur les valeurs technologiques américaines, sur les valeurs du luxe ou encore sur les valeurs pétrolières. Ils avaient commencé à fuir les marchés émergents. Mais ces valeurs « refuges » ont fini par chuter aussi. Hier, tout s’est accéléré. Les marchés américains défiaient toutes les lois de la gravité boursière et ont connu un cycle de hausse phénoménale depuis mars 2009. De nombreuses sociétés atteignaient des valorisations aberrantes. Une correction n’est donc pas étonnante. Tout va dépendre maintenant de l’évolution des taux aux États-Unis et des négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis, mais la purge pourrait encore continuer.

Les ingrédients d’une nouvelle crise.

Dix ans après l'effondrement de  Lehman Brothers la question la plus pertinente consiste à déterminer ce qui provoquera la récession et la crise mondiale de demain. Six facteurs vont concourir  à son déclenchement : les valorisations excessives sur les marchés boursiers, le retournement de cycle inévitable de la récession, l’inexorable hausse des taux d’intérêt, l’escalade de la concurrence commerciale exacerbée  par l’affrontement entre Trump et la Chine, les marges de relance très réduites du fait de la fuite en avant de la dette  mondiale, une croissance plus lente en Europe, en raison d'un resserrement monétaire et de frictions commerciales, et enfin la désastreuse résolution de la crise de 2008, notamment aux Etats-Unis, où on assista à une situation ubuesque qui vit les épargnants spoliés, sauver par le biais de l’endettement public, les banques qui les avaient floués.  

Comme en 1929, la crise commence à la  bourse.

Le  premier de ces facteurs est en train de se mettre  en place, il fait l’objet du constat en introduction. Les marchés boursiers américains et mondiaux sont en effervescence. Les ratios cours/bénéfice aux Etats-Unis sont supérieurs de 50 % à leur moyenne historique, les valorisations de capitaux privés sont devenues excessives et les obligations d'Etat trop coûteuses compte tenu de leur faible rendement et de leurs primes de terme négatives. Le crédit à haut rendement devient également de plus en plus coûteux, à l'heure où le taux d'endettement des entreprises américaines atteint des sommets historiques. Par ailleurs, l'endettement sur de nombreux marchés émergents et dans certaines économies développées se révèle clairement excessif. L'immobilier commercial et résidentiel est beaucoup trop coûteux dans de nombreuses régions du monde. Le FMI relève qu’avec la hausse des taux d'intérêt américains et le raffermissement du dollar, ainsi que l'intensification des tensions commerciales, un certain nombre d'économies de marché émergentes ont connu une inversion des flux d'investissement de portefeuille. Les fonds d'actions et d'obligations des marchés émergents ont enregistré des sorties d'environ 35 milliards de dollars. Pour l'heure, avec l'appétit de risque des investisseurs internationaux, les pressions sont restées contenues et se sont concentrées dans quelques pays (Argentine, Turquie, Brésil, Afrique du sud). Mais une déstabilisation de plus grande ampleur n'est pas à écarter. Au risque, cette fois-ci de faire sombrer le bateau, c’est-à-dire l’économie mondiale.

Vers une récession mondiale.

L'actuelle expansion mondiale devrait se poursuivre encore l'année prochaine, dans la mesure où  les Etats-Unis enregistrent d'importants déficits budgétaires, où la Chine applique des politiques de crédit assouplies et où l'Europe reste sur une trajectoire de reprise. Mais d'ici à 2020, les conditions tendront vers une crise financière, suivie d'une récession mondiale. D’abord, les politiques de relance budgétaire qui poussent actuellement la  croissance annuelle américaine au-dessus de son potentiel de 2 % ne sont pas tenables. D'ici à 2020, ladite relance se sera épuisée.  Ensuite, le timing de cette relance ayant été inadapté, l'économie américaine connaît actuellement une surchauffe, et l'inflation s'élève au-dessus de la cible.

Inexorable hausse des taux d'intérêt.

La Réserve fédérale des Etats-Unis devrait ainsi continuer d'augmenter le taux cible des fonds fédéraux, l'amenant de son niveau actuel de 2 % à 3,5 % au moins d'ici à 2020, ce qui élèvera probablement les taux d'intérêt à court et long terme, ainsi que le dollar américain. Enfin, dans le même temps, l'inflation augmente également au sein d'autres économies majeures, tandis que le prix du pétrole contribue à des pressions inflationnistes supplémentaires. Cela signifie que les autres grandes banques centrales suivront la Fed sur la voie d'une normalisation de la politique monétaire, ce qui réduira la liquidité mondiale, tout en exerçant une pression à la hausse sur les taux d'intérêt. La surchauffe américaine va précipiter le retournement du cycle de  croissance.

Escalade commerciale.

Facteurs aggravant, les tensions commerciales opposant l'administration Trump à la Chine, à l'Europe, au Mexique, au Canada et à d'autres sont vouées à l'escalade, engendrant une croissance plus lente et une inflation plus élevée. La croissance dans le reste du monde devrait donc ralentir, sous l'effet de pays jugeant bon de riposter contre le protectionnisme américain. Les marchés émergents, d'ores et déjà fragilisés, continueront de subir les effets du protectionnisme et des conditions monétaires resserrées aux Etats-Unis. Pour les pays émergents, l'endettement extérieur a augmenté beaucoup plus rapidement que leurs exportations. Résultat : les pays où la dette extérieure est trop élevée par rapport aux exportations représentent maintenant environ 40 % du PIB global des pays émergents (hors Chine). Les  sorties de capitaux les mettent clairement en grande difficultés : l’Argentine et la Turquie en savent quelque chose.

Marges de relance réduites.

La marge de relance budgétaire dans le monde est d'ores et déjà réduite par une dette publique massive. La possibilité de nouvelles politiques monétaires non conventionnelles sera limitée par  des bilans hypertrophiés et par un manque de capacité à réduire les taux directeurs. Par ailleurs, les sauvetages dans le secteur financier seront intolérables pour des pays marqués par la résurgence de mouvements populistes, et dirigés par des gouvernements quasi insolvables comme par exemple l’Italie. Les  banques centrales seront cette fois-ci impuissantes. Aux Etats-Unis, en particulier, le législateur a limité la capacité de la Fed à fournir de la liquidité aux institutions financières non bancaires et étrangères présentant des passifs libellés en dollars. En Europe, la montée des partis populistes complique l'adoption de réformes au niveau de l'UE, ainsi que la création des institutions nécessaires pour combattre la prochaine crise financière et la récession qui s'ensuivra.

Des mesures de renforcement insuffisantes.

Le Fonds monétaire international (FMI) dresse pourtant un bilan plutôt positif des réformes entreprises pour consolider  le système financier au cours des dix dernières années. Les banques sont maintenant plus solides ; la quantité et la qualité de leur capital se sont fortement accrues ; les tests de résistance des banques à une déstabilisation des marchés ont été largement adoptés ; bon nombre d'activités financières réalisées hors du cadre bancaire classique ( « shadow banking »), en partie responsables de la crise de 2008, ont été réduites ou transformée en outils de marché plus sûrs. Mais il s'inquiète d'une certaine fuite en avant concernant l'endettement dont le niveau global a progressé. Tout indique que la croissance a été soutenue par plus de dettes : les politiques monétaires non conventionnelles mises en oeuvre depuis la crise de 2008, en abaissant le coût de l'endettement, ont soutenu la reprise économique. Là où le bât blesse, c'est que la dette totale du secteur non financier a augmenté à un rythme beaucoup plus rapide que le taux de croissance de l'économieDans les pays dont le secteur bancaire est le plus développé, l'endettement des entreprises non financières a fortement progressé. Il s'élève maintenant à 167.000 milliards de dollars, soit plus de 250 % du PIB de ces pays, contre 113.000 milliards de dollars (210 % du PIB) en 2008. Les vulnérabilités continuent de s'accumuler et le nouveau système financier n'a jamais été mis à l'épreuve.

A la différence de 2008, époque à laquelle les gouvernements disposaient des outils politiques permettant d'empêcher une chute libre, les dirigeants qui affronteront la prochaine récession auront les mains liées, sachant par ailleurs que les niveaux globaux de dette sont supérieurs à ceux d'avant-crise. Lorsqu'elles surviendront, la crise et la récession de demain pourraient se révéler encore plus sévères et prolongées que celles d'hier. S’il y a crise en 2020, le gouvernement américain ne pourra recourir à des déficits budgétaires abyssaux. La dette américaine a atteint un niveau record qui menace la crédibilité du dollar. De son côté, la Réserve fédérale ne pourra abaisser un taux directeur qui reste très bas en dépit de sa remontée récente. Quant aux épargnants et aux salariés qui perdirent leur emploi suite à la récession de 2008, ils n’accepteront pas d’être ignorés une fois encore. Et l’Europe connaîtra le même sort !

Et pendant ce temps-là, Jupiter qui a perdu son bâton de foudre, n’arrive pas  à former un gouvernement…

 


LA VALSE FOLLE DE JUPITER (extrait n°2)

Macron la valse folle de Jupiter 2

 Voici un autre passage du livre de Jean-Marc Daniel, celui consacré au chantier de la retraite.

« …Pour résoudre une fois pour toutes ce délicat  problème, Emmanuel Macron a nommé un « Monsieur Retraite » en la personne de Jean-Paul Delevoye, ancien président du Conseil économique, social et  environnemental.  Les  consultations ont recommencé avec le défilé des partenaires sociaux dans les  couloirs des ministères en charge du dossier. Qu’il faille encore débattre paraît d’autant plus surprenant que depuis le livre blanc remis à Michel Rocard, nous n’avons guère  manqué d’analyses et de recommandations ;  que le constat est simple, à savoir que la France qui consacre 14% de son PIB à payer des retraites, est le pays de l’OCDE, après l’Italie, où  le poids est le plus élevé ; et que la solution elle-même est en fait assez simple. …La retraite repose, comme tout système  de transfert, sur une mécanique dans laquelle on prend pour donner. Si le système  accumule les déficits, c’est que l’on donne trop ou que  l’on ne prend pas assez. Et Alfred Sauvy de préciser qu’en reculant l’âge de départ à la retraite, on aurait moins à prendre et à donner. Cette évidence a d’ailleurs été rappelée en avril 1999 dans un des multiples rapports rédigés depuis le livre blanc de 1991, à savoir celui qui fut remis par le groupe présidé par Jean-Michel Charpin, alors commissaire général au Plan. Ce rapport, qui faisait un point à ce jour guère égalé sur la situation des retraites, contenait cette observation : « Le recul progressif de l’âge de la retraite pourrait favoriser le rééquilibrage des régimes par répartition sans peser ni sur les revenus des retraités ni sur ceux des actifs. Il est justifié à la fois par l’allongement de la vie, le recul de l’âge d’entrée dans la vie active, et l’amélioration de l’état de santé des plus de 60 ans. »

A quel problème peut donc se heurter Jean-Paul Delevoye ? Juste à une assertion assez péremptoire :  « Pour la première fois depuis des décennies, les perspectives financières permettent d’envisager l’avenir avec une sérénité raisonnable, selon le Comité de suivi des retraites. L’enjeu aujourd’hui n’est donc pas de repousser l’âge ou d’augmenter la durée de cotisation. »

Et comme cette assertion émane du programme d’Emmanuel Macron, circulons puisqu’il n’y a rien à voir… ou à revoir.

On peut compter néanmoins sur Trissotin 2.0 (les technocrates ndlr) pour nous délivrer un texte incompréhensible, nourri de références au notionnel, au système à points, à la sauvegarde de la répartition qui aura comme résultat de noyer une nouvelle fois le poisson.

Soyons clair : toutes les astuces de langage plus ou moins alambiquées n’empêcheront pas que sortir de cet inconcevable déni sur l’âge de départ à la retraite est inévitable. Cependant, cela ne prendra tout son sens que si l’on agit selon une démarche économique plus large. Il se trouve que certain personnage envisage de supprimer un jour férié pour financer la dépendance des personnes âgées. Celui qui fait cette proposition  est celui qui  proposait  en 2014 d’assouplir les 35 heures, car il constate que la quantité de travail mobilisée en France est insuffisante. Il s’agit bien évidemment d’Emmanuel Macron. Cela signifie qu’il est indispensable de résorber  le chômage structurel dont le niveau élevé tend à devenir une spécificité française parmi les économies développées, mais qu’il faut également allonger la durée du temps de travail de ceux qui en ont un, en différant leur départ en retraite, en leur permettant de travailler autant qu’ils veulent par la suppression des 35 heures, et en revoyant le nombre de jours fériés :  Emmanuel Macron  le sait et l’a dit... »

Vous avez donc bien compris : d’un côté on ne touche pas à l’âge de départ, dixit Murielle Pénicaud, et de l’autre on veut mettre en place un système qui y pousse avec un concept fumeux « d’âge pivot » …  

Il  y a un  principe qui échappe à Jupiter : ce qui se conçoit bien s’énonce clairement !


POUVOIR D’ACHAT : MANDRAKE AUX FINANCES

Mandrake

Mandrake, c’est le magicien qui a enchanté mon enfance grâce à ses  pouvoirs d’hypnotiseur. Il  mettait ses dons au service de la lutte contre le mal. On ne peut pas en dire autant de nos apothicaires de Bercy qui essaient par des tours de passe-passe de nous faire croire qu’ils baissent les  impôts quand ils les augmentent et que le  pouvoir d’achat augmente quand il baisse.  Ce serait  de  la  magie si ça n’était  pas  un habile bonneteau fiscal. Attachez  vos ceintures, il va falloir suivre. Car depuis le début de l’année nous sommes pris dans un tourbillon de mesures qui fait que pour nos revenus, même  un comptable  expérimenté se mélangerait les pédales.

Commençons par les hausses.

Au 1er janvier  les taxes sur le tabac et les carburants ont été augmentées, suivies de près fin janvier par la CSG de 1,7 point (25% de hausse en produit). Le renchérissement du pétrole a accentué la hausse du prix de l’essence et du gazole. Du coup, les prix des produits alimentaires ont accéléré. Et  l’inflation est réapparue. Moralité : le pouvoir d’achat a diminué de 0,5% au 1er trimestre. Et le même scénario recommence en 2019. Rebelote pour les  carburants et le tabac à quoi il faudra ajouter les surprises du prélèvement à la  source de l’impôt sur le revenu. Pour les dix millions de Français déjà mensualisés,  le  prélèvement viendra dix jours plus tard et sera, en théorie et à condition que vous n’ayez pas de crédit d’impôts,  un peu inférieur pendant les dix premiers mois de l’année mais il faudra continuer à payer en novembre et en décembre. Ceux qui profitent de niches fiscales recevront un acompte de 30%, et puis non, de 60% (!) du montant des abattements de l’année précédente. L’Etat a retrouvé 5 milliards d’euros pour faire l’avance. En 2019, il faudra compter aussi avec une revalorisation inférieure à la hausse des prix des pensions de retraite : un rabotage déguisé.

Voyons les baisses.

Les cotisations sociales dues  sur les salaires par les employés ont été allégées de 2,2 points et l’impôt sur la fortune dû en juin a fondu des deux tiers. Bon, ce ne sont pas  les mêmes qui sont concernés, mais ça compte quand même. Les  salariés vont connaître une autre baisse de leurs cotisations de 0,95 point fin octobre. A la même date la  taxe d’habitation va diminuer d’un tiers pour quatre foyers sur cinq. Avec un peu de chance vous serez dedans, mais ça n’est pas certain. En 2019, nouvelle baisse de la  taxe d’habitation de 30%  et revalorisation du minimum vieillesse (de combien ?). Cette dernière n’est pas  une baisse mais au moins ça vient compenser un peu les hausses.

Vous avez suivi ?

Selon nos magiciens le sacro-saint  pouvoir d’achat devrait connaître une (forte) hausse de 1,5% au dernier trimestre 2018 ce qui laisse perplexe les statisticiens de l’Insee qui ont du mal à s’y retrouver. Pour eux ce serait plutôt 1 à 1,3%, soit une hausse du même ordre que l’an dernier sur l’ensemble de l’année. La vérité c’est que le gouvernement patauge et  panique à l’approche de la fin de l’année avec la  crainte de ne pas rester dans les clous  des 3% de Bruxelles si la croissance n’est pas au rendez-vous. Il promet des milliards d’euros en mêlant étrangement les  genres dans un jeu de bonneteau effréné, distribuant et reprenant tour à tour. Notons au passage que la hausse de la CSG a été effective dès janvier et que sa compensation pour les salariés a été fractionnée : une partie en début d’année, l’autre ce mois-ci. L’écart de 9 mois dans l’application a généré 4,5 milliards d’euros de trésorerie pour Bercy. Et dans le même temps, les impôts ont augmenté pour les ménages de 4,5 milliards d’euros. Donc une marge de 9 milliards …Voilà un jeu de bonneteau savamment orchestré par une administration fiscale qui sait que les dépenses ne vont pas baisser et qu’il faut prévoir en face de chaque baisse d’impôt une hausse ! Ainsi les  petites taxes créées cette année vont-elles rapporter 7 milliards… Donc, au total, les ménages vont bénéficier de 24 milliards d’euros de baisses d’impôts directs quand le dispositif annoncé sera complètement en place, tout en devant s’acquitter de 29 milliards de prélèvements  supplémentaires … L’Etat crée en moyenne près de 7 taxes nouvelles chaque année, ça n’est donc pas fini. Etonnez-vous alors que la France batte le record de l’OCDE des prélèvements obligatoires : plus de 1 000 milliards.  Jamais on n’a payé autant d’impôts en France. Les entreprises paient plus de 16,1% du PIB, 50 milliards  de plus par rapport à la moyenne européenne, ce qui relativise les baisses programmées pour elles par ce « brave » monsieur Le Maire.

La hausse du pouvoir d’achat.

On comprend que les  Français n’en croient pas un mot. Ce ne sont pas les quelques euros supplémentaires sur la feuille de paie  (30 €) qui vont compenser  la hausse des prix et les  quelques heureux qui vont engranger une taxe d’habitation moindre, il y a de fortes chances  pour qu’ils l’épargnent en prévision du mois de janvier. Le gouvernement lui-même, « Darmamoins » en premier, crée de l’incertitude  par sa  communication brouillonne. Son action est illisible. Et  encore, on n’est pas au bout de nos surprises : un choc pétrolier n’est pas impossible en novembre si Trump applique ses sanctions contre l’Iran qui promet en représailles de bloquer le détroit d’Ormuz. En  plus, il  pourrait bien y avoir, en début d’année prochaine, un effet récessif du prélèvement à la source agrémenté de quelques bugs, ce qui n’est pas exclu. Bonjour les dégâts !

Ce n’est plus Mandrake, c’est Garcimore !

Autrement dit, ce n’est pas la consommation qui est à l’ordre du jour,  mais plutôt l’épargne de  précaution.

 


DEUX COUPS DE GUEULE ET UN CONSEIL

Archibald en colère

 

Macron n’est pas de Gaulle.

Maintenant il va nous jouer la pièce de l’imposture. Il est allé à Colombey les Deux Eglises pour tenter de retrouver un second souffle. Il multiplie les références au gaullisme, la dernière en date étant l'ajout de la Croix de Lorraine dans le logo de l'Elysée. De quel droit ? Assez  d’usurpation !  Il n’a aucune référence qui lui permette d’embobiner ainsi  les Français. On va lui faire payer des droits d’auteur par les urnes ! Heureusement,  il n'a pas pu s'empêcher de sortir une de ses petites phrases habituelles pour expliquer que la France se porterait mieux si on arrêtait de se plaindre. Et  voilà ! Maintenant, c'est de notre faute...

Halte au favoritisme.

Après les avantages accordés à Benalla, la nomination d’un ami écrivain –Philippe Besson- au poste  de Consul à Los Angeles, l’intervention à trois reprises dans la nomination du nouveau procureur de Paris, Macron change les règles pour nommer un « copain » énarque recteur d’académie. Je trouve que ça commence à faire beaucoup et qu’il y a bien de l’indulgence dans la discrétion des médias sur ces sujets. Etre Président ne donne pas tous les droits.  On peut tout craindre de la  réforme de la constitution qu’il nous concocte. 

Le conseil.

Le gouvernement compte sur l’augmentation du pouvoir d’achat pour sauver la croissance de l’année pour  l’instant plantée à 0,4% sur le premier semestre. Or, l’augmentation de la consommation est  un  mauvais  moteur puisqu’il creuse chaque fois un peu  plus notre déficit extérieur, aggravé déjà par la hausse du prix du pétrole. Compte tenu de la  conjoncture internationale et des perspectives qu’elle offre, je conseillerai plutôt aux Français d’épargner. D’ailleurs je ne vois pas comment on pourrait atteindre 1,6 ou 1,7% de croissance d’ici la fin de  l’année. Là encore « Darmamoins-le-petit-racketteur » nous ment !


QUAND MACRON VA AU FOSSE !

Voiture au fossé

L’épisode Collomb et ses incohérences, après les nombreuses embardées qui ont commencé avec l’affaire Benalla, envoie cette fois-ci le Président au fossé. J’en profite pour redire que l’affaire  Macron-Benalla est  bien une affaire d’Etat et non la seule dérive d’un homme.  Pour une raison toute simple : s’il n’y avait pas eu les révélations dans la presse trois  mois après les faits, Benalla n’aurait  jamais été poursuivi ni mis en examen pour les faits qu’il avait commis le 1er  mai. Et  cela n’a été possible que parce qu’il avait été « protégé » au plus haut niveau.  J’en reviens à la démission du Ministre de l’Intérieur. Le lien est évident avec l’affaire Benalla, justement. C’est depuis le mois de juillet que le ressort est cassé entre Gérard Collomb et le Président.

Méli-mélo autour d’une démission.

Encore une fois, la procédure utilisée par l’intéressé n’est pas vraiment conforme aux usages. Gérard Collomb n’a respecté aucune règle. En principe, un ministre n’annonce pas sa démission, il attend que l’Elysée ou Matignon la rende publique. En principe, un ministre, surtout un ministre d’Etat occupant un poste régalien, ne part pas à sa convenance. Curieusement, il a d’abord pensé qu’il pouvait se maintenir place Beauvau pendant quelques mois, puis, devant la multiplication des critiques, toujours plus nombreuses et virulentes de la classe politique, il a exprimé le désir d’en finir très vite. Sûr de lui, comme à son habitude, Emmanuel Macron pensait l’avoir convaincu lundi de rester au gouvernement. Malentendu ou désaccord, le démissionnaire n’avait pas plus tôt terminé sa conversation avec le chef de l’Etat qu’il annonçait au « Figaro » qu’il maintenait sa démission.

Jupiter mis à mal.

Dans cette affaire, on va dire une de plus, les coups de théâtre ont été multiples. Ils donnent de la cohésion gouvernementale et du fonctionnement de l’exécutif l’image d’une vraie foire d’empoigne. Si de bout en bout de cette surprenante histoire, l’ancien ministre de l’Intérieur s’est conduit avec un mépris absolu de la hiérarchie, le Premier Ministre a montré sa  faiblesse au point qu’il a appris pendant les questions de l’Assemblée le départ de son Ministre de l’Intérieur qui a même séché le Conseil des Ministres alors qu’il y était « requis ». Ce faisant, il a agi avec une grande désinvolture et le résultat est que le  couple exécutif, Président et Premier Ministre, a été tourné en ridicule. Il  ne pouvait pas ne pas savoir que ce serait le cas. De la part de celui qui était le chef de la police et de la sécurité nationale, c’est un comble !

Le mépris et l’arrogance.

Pour que Gérard Collomb en soit arrivé là, il y a forcément une explication qui transparaît dans les petites phrases qu’il a lâchées ici et là depuis quelques semaines. Il a probablement cru qu’il pouvait encore dire le fond de sa pensée au chef de l’Etat, lui, le soutien de la première heure. Il n’a pu que constater que ce n’était pas le cas, qu’il était méprisé, en tout cas,  pas entendu. Sa défense devant la commission d’enquête parlementaire a montré son embarras dans une affaire qui a montré qu’il avait plus ou moins été tenu à l’écart. Les petites phrases très maladroites lâchées par Macron au gré de ses déplacements ont fait le reste. Incurable ! Comme les autres, Le Ministre d’Etat s’est heurté à la « verticalité » présidentielle : lui qui a le plus fait pour que le jeune ancien ministre de l’Economie fût élu président de la République, qui a pleuré en public le jour de l’investiture, en a conçu une grande déception personnelle. Car au mépris, a suivi l’arrogance, le Président traitant son départ comme un fait insignifiant. Ajoutons à cela que la situation lyonnaise se  complique terriblement pour les prochaines municipales  au point de contrarier les ambitions et les  projets collombiens. D’où son retour en urgence. Tant pis pour la raison d’Etat.

Divergences entre l’Elysée et Matignon.

Une fois n’est pas coutume. Philippe qui s’était toujours aligné sur les décisions du « château », avec ses modalités invraisemblables, cette démission cache, pour la première fois, une querelle au sein de l’exécutif. Le Premier Ministre qui occupe aujourd’hui les fonctions de Ministre de l’Intérieur par intérim, (on aura eu au passage l’épisode croquignolesque de  la longue attente sur le perron), estimait que les déclarations à « l’Express » de Gérard Collomb devaient se traduire par un départ immédiat. Il a été ridiculisé. En effet, Emmanuel Macron n’a pas voulu que, après Nicolas Hulot et Laura Flessel, un troisième ministre, et non des moindres, claque la porte. Il a cru que son autorité suffirait et il s’est trompé, preuve qu’il ne connaissait pas Gérard Collomb aussi bien qu’il le croyait ou qu’il avait  mal évalué le fossé qui s’était creusé avec son Ministre. Alors, bien sûr, après Benalla, après Hulot, ça fait désordre. En fait, le désordre revient si souvent depuis la rentrée que l’opposition n’a pas besoin d’un porte-voix pour exprimer son indignation. Il est vrai que M. Collomb a agi comme s’il se moquait de son travail, donc de la sécurité des Français. Mais il est vrai aussi que la perte d’autorité au plus haut niveau est patente puisque les  Ministres peuvent partir en mettant devant le fait accompli. L’affaiblissement du pouvoir régalien risque de se payer cher. Surtout après le  discours catastrophiste du Ministre de l’Intérieur en guise de bilan !

Macron peut faire comme si rien ne pouvait l’arrêter. On voit surtout qu’il est de  plus en plus seul. Les Français ne sont pas dupes.

 


LA VALSE FOLLE DE JUPITER (extrait n°1)

Macron la valse folle de Jupiter

Je poursuis aujourd'hui la suite de l'analyse du livre de Jean-Marc DANIEL.

Voici un premier extrait (p. 79,80 et 81) :

 

« C’est à la résolution des problèmes structurels du pays que le président Macron doit se consacrer en priorité. Cette priorité est d’autant plus manifeste que ces problèmes sont assez clairement identifiés.

La première manifestation en est la persistance d’un chômage élevé. Ce chômage est d’autant plus paradoxal que, fin 2016, 27% des entreprises industrielles déclaraient avoir des difficultés à recruter. Cela  signifie en particulier que… l’inadéquation entre les besoins des entreprises et les compétences effectives de la main d’œuvre est plus forte que jamais.

La deuxième est l’absence de maîtrise des finances publiques. Malgré une hausse spectaculaire des prélèvements obligatoires qui sont passés de 41,3% en 2010 à 44,5% en 2016, les budgets publics connaissent un déficit et la Cour des Comptes… avance que la situation exige un effort d’économie « d’ampleur inédite ».

Un appareil  productif à la peine et une dépense publique excessive se conjuguent pour nourrir le troisième problème qu’Emmanuel Macron reçoit en héritage, à savoir un important déficit extérieur. La  balance des paiements courants de la France en 2017 est négative,  s’établissant à 0,8% du PIB…  Et la situation a tendance à s’aggraver, puisque l’OCDE anticipe un déficit de 1,6% du PIB pour 2018.

Porter un jugement sur les débuts d’Emmanuel Macron revient à s’interroger sur l’adéquation de la politique qu’il mène à la situation qu’il a reçue, c’est-à-dire à un héritage où  le  cycle masque les limites du rebonds de l’économie française,  d’une économie en sous-emploi et marquée par un phénomène de déficits jumeaux (déficit extérieur et déficit budgétaire).

Dès lors que la croissance est le cumul de trois composantes, l’analyse de la réponse à apporter à cette interrogation… doit porter sur chacune des trois composantes. Nommé président du Conseil Italien en 2011, Mario Monti a formalisé ce principe en affirmant que toute politique économique efficace devait comporter des réformes tendant à accroître la concurrence de façon à élever le niveau de croissance potentielle,  des réductions de dépenses propres à  équilibrer les finances publiques à long terme… et une politique d’ensemble fondée sur le retour à la dignité nationale pour que les aléas n’altèrent pas trop  la confiance du pays en lui-même.

Emmanuel Macron a-t-il rempli ce contrat ? A ce stade, nous affirmons qu’il y a de sérieuses raisons d’en douter. »

 


LE RIDICULE DANS L’ACTU

Guignol-1

 

Le Maire fait la leçon…

… aux Italiens sur leur budget et leur déficit prévisionnel à 2.4%, en leur expliquant qu'il y a des règles en Europe et que les règles sont faites pour être respectées. Au passage, il a sûrement oublié que la France a, elle, un déficit de 2.8% du PIB. La paille et la poutre !

Ni vu, ni connu, j’t’embrouille.

Theresa May serait prête à faire des concessions sur le sujet de l'Irlande qui est le principal obstacle aux négociations. En théorie, si la Grande-Bretagne sort de l'Union Européenne, l'Irlande du Nord,  partie intégrante du royaume, sortira de fait. Et l'Irlande se retrouvera coupée en deux. Il faudrait donc rétablir une frontière avec le contrôle des biens et des personnes entre les deux Irlande. Ce que ni les Anglais, ni les Européens ne veulent, compte tenu de l'histoire douloureuse de l'Irlande du Nord. Les Anglais souhaitent donc laisser la frontière ouverte, ce qui évidemment ferait de l'Irlande du Nord une zone de libre-échange avec l'Europe et permettrait à la Grande Bretagne de bénéficier des avantages du marché européen sans en avoir les inconvénients. Donc l’Union européenne exige un contrôle, non pas à la frontière entre les deux Irlande, ce qui est compliqué compte-tenu du contexte, mais entre l'Irlande du Nord et l'Angleterre, ce qui est évidemment absurde puisque cela crée une fracture au sein même de la Grande-Bretagne. Mais c'est surtout ridicule parce que les contrôles de biens entre l'Irlande du Nord et l'Angleterre ont peu de chances d'être respectés. C'est pour cela que la Grande-Bretagne est prête à les accepter... Cela fait plaisir aux Européens et cela n'a aucun impact parce que c'est inapplicable... Mais tout le monde aura sauvé la face. On pourra au moins contrôler les personnes, mais ça, c’est que les Anglais veulent depuis le début. Le beurre et l’argent du beurre.

Macron et le peuple.

Le peuple, c’est son problème à défaut d’être la solution. Il fait des efforts pour être moins Jupitérien. C’est pourquoi il disparaît pendant trois heures sans prévenir les services de sécurité, et sans Benalla, pour aller discuter avec le « peuple », comme on l'a vu aux Antilles. Il prend même des photos ridicules qui circulent sur les réseaux sociaux pour immortaliser le moment. Ces photos n’ont pas fini de lui revenir en « boomerang ». Ce type est-il équilibré ?

Le mur du çon pour Mélenchon.

Mélenchon a  le sens de la formule.  Admirateur de tout ce qui est un peu bolcho, il s'est ridiculisé à l'Assemblée en affirmant : « Si vous cherchez un vaccin contre le cancer du poumon, allez à Cuba, il existe». C'était une fake news qu'il a relayée... Certainement, il va bientôt nous parler aussi d'un remède contre la crise économique qui existe au Venezuela ? Sur le sujet il est devenu amnésique.

Psychodrame place Beauvau.

Quelque chose est bel et bien brisé entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb. Le Ministre de l'Intérieur a présenté lundi sa démission à effet immédiat à Emmanuel Macron, mais celui-ci l'a refusée « pour mieux lui renouveler sa confiance » pour les mois à venir. Admirez la formule : on voudrait nous prendre  pour des cruches qu’on ne s’y prendrait pas mieux. Le  premier flic de France n’a peut-être pas digéré que le  « boss » fausse compagnie aux services de sécurité pour aller embrasser « le peuple ». Une manière de les ridiculiser. Ah, si Benalla avait été là ! En attendant, pas sûr que le soutien présidentiel calme ceux qui réclament sa démission.

La  chasse est ouverte.

La chasse aux « improductifs ». L'OFCE l'a confirmé : les retraités se prennent vraiment une claque avec le gouvernement Macron, 80% vont voir leur pouvoir d'achat baisser du fait des mesures budgétaires. Si, si, le pouvoir d’achat va augmenter ment Darmanin ! Les retraités ne lui disent pas merci !

99% pure dette.

On arrive dans la zone rouge de l’année, celle où les caisses de l’Etat sont vides et où il doit emprunter pour faire  face à ses dépenses : pensions… On frémit  à l’idée qu’un Mélenchon l’enverrait valser, avec la fermeture du financement des marchés qui s’en suivrait. L'INSEE vient d'annoncer le montant de notre dette publique au 30 juin 2018 : elle a presque atteint les 100% du PIB et on est dans le peloton de tête des cancres mondiaux. Avec la Grèce... Pendant ce temps en Allemagne la dette va passer sous la barre des 60% du PIB. Cela n’empêche pas qu’on se permette de donner des leçons de finances aux autres pays. Ben tiens, n’a-t-on pas un banquier comme Président ?

 


LA VALSE FOLLE DE JUPITER

Macron la valse folle de Jupiter

Jean-Marc DANIEL est un économiste libéral reconnu, professeur à ESCP Europe. Son diagnostic sur les 15 premiers mois du septennat est pessimiste. Après avoir cru à la promesse Macron, il explique pourquoi il court à l’échec, sauf si…

La politique qu’il a menée jusqu’à présent ne répond pas aux problèmes de long terme de l’économie française, parce qu’elle est trop superficielle. Le Président nouvellement élu devait impérativement légitimer son pouvoir par l’adhésion de l’opinion et des réformes concrètes et effectives. Or, pour l’instant on n’a ni l’une, ni l’autre. On a découvert un entourage où se côtoient des technocrates imbus de leurs certitudes et des « spadassins » incontrôlables dont l’affaire Benalla est l’exemple emblématique ; la multiplication des décisions et des plans se succèdent sans qu’on puisse en mesurer la cohérence, malgré la « novlangue » de « transformation » qui est censée l’expliquer ; l’action diplomatique menée notamment en Europe n’est pas plus lisible. Les Français ne sont pas impatients des résultats, ils pressentent que la politique menée ne va pas dans la bonne direction et qu’elle court à l’échec.

La promesse sociale-libérale n’est pas tenue.

L’auteur explique longuement le positionnement initial d’Emmanuel Macron à l’intérieur des différentes familles de pensée, notamment à gauche. Il le classait, par ses nombreuses déclarations et interviewes, dans la gauche dite « feuillante » à laquelle appartenaient Delors et Rocard. Mais dans l’action, s’il commence plutôt bien ce qu’il entreprend, il ne va jamais jusqu’au bout. Jean-Marc Daniel multiplie les exemples. « Porter un jugement sur les débuts de Macron revient à s’interroger sur l’adéquation de la politique qu’il mène à la situation qu’il a reçue, c’est-à-dire à un héritage où le cycle masque les limites du rebond de l’économie française, d’une économie en sous-emploi et marquée par un phénomène de déficits jumeaux » (Il existe un lien automatique entre déficit extérieur et déficit budgétaire). Il fallait donc s’attaquer en priorité à la partie structurelle de nos déficits et du chômage de façon à élever la croissance potentielle, en rétablissant la concurrence, en réduisant les dépenses publiques de façon à les équilibrer sur le long terme afin de pouvoir laisser filer le déficit budgétaire dans les périodes défavorables du cycle. Il fallait aussi  une politique d’ensemble fondée sur le retour de la dignité nationale pour que le pays ait confiance en lui-même. Pour l’instant on est loin du compte.

La REM n’est ni de droite, ni de gauche, elle « n’est pas ».

L’impression qui se dégage du groupe parlementaire est qu’il est constitué d’une collection d’hommes et de femmes dont on ne sait pas d’où ils viennent et qui ne savent pas où ils vont. C’est ce qui ressort des réflexions d’un député En Marche, Bruno Bonnell : « Ce qui lie le groupe, c’est Macron. Comme on n’a aucune base idéologique, on n’a pas de repères. » La République en Marche n’est pas un parti mais un club de supporters. La verticalité macronienne supplée au projet et au programme. Le point commun des marcheurs est qu’ils croient en Emmanuel Macron, soit comme leader capable de transformer la société, soit  comme homme politique suffisamment puissant pour leur assurer une place au soleil électoral. Une faiblesse militante qu’on retrouve aussi bien à l’assemblée qu’au gouvernement dont la plupart des ministres sont inconnus du grand public. Le macronisme manque donc de relais politiques auprès de l’opinion et de militants  aguerris prêts à défendre le Président sans barguigner en cas de coup dur. L’affaire Benalla a été un révélateur de cette faiblesse : la tétanie qui a saisi le groupe parlementaire et les aficionados jusqu’au plus haut niveau, jusqu’à Castaner, est très révélatrice. Par son inexistence le parti macroniste n’a pas réussi le pari du « nouveau monde » qui devait dépasser le clivage gauche-droite. Celui-ci est plus que jamais bien réel et reste la référence et le marqueur de toute action politique. Pire, par les courants qui le traversent en raison de l’origine de certains élus, il est la cause d’une certaine paralysie de l’exécutif qui ne peut pousser les réformes jusqu’au fond.  Il n’y a guère que les derniers convertis qui soient plus macroniens que Macron telle Aurore Berger.

Le rêve européen prend l’eau.

Le Président s’est proclamé « européen » et défend une vision de l’Europe ouverte sur le plan commercial, et plus intégrée sur le plan politique. Il l’a mise au centre de son action et a même prononcé quatre discours de fond rappelant références historiques et  principes. Il en ressort une intention certaine plus qu’une politique. Son rêve de leadership s’est heurté aux réalités. L’idée d’un ministre des Finances européen et de l’augmentation des pouvoirs budgétaires de l’Union a fait florès. Pour les autres la réforme doit se limiter  à l’achèvement de l’union bancaire et à la réactivation de la mise en place d’un « fonds monétaire européen ». Et de rappeler que la priorité pour tout membre de l’Union est le respect des règles budgétaires. Macron est recalé parce qu’il n’a pas pris de front la résorption de la dette et des déficits publics suffisamment. Il est prié de balayer devant sa porte. L’Europe et l’euro n’ont pas vocation à redistribuer la prospérité existante au profit des Etats qui accumulent dette et déficits, mais à apporter un surcroît de prospérité qu’une monnaie commune devrait normalement générer si tout le monde s’astreignait aux mêmes efforts. Son repositionnement en vue de la campagne des élections de 2019 pour prendre la tête des « progressistes » contre les « nationalistes » est un épiphénomène pour masquer cet échec et recherche un clivage dangereux parce que ne correspondant pas à la réalité qui est beaucoup plus complexe. Il pourrait conduire l’Europe à la catastrophe. Par ailleurs son rêve de plus d’Europe fédérale n’est pas partagé par le peuple français, qui le rejette un peu plus fortement à chaque élection du parlement européen.

Le retournement de cycle va rendre compliquée la tenue du cap.

L’économie française s’inscrit dans un schéma bien connu des économistes : elle enchaîne des cycles d’une durée de sept à neuf ans, dont les années de ralentissement ou de récession furent 1975, 1983, 1993, 2001 et 2009. Mais, problème lié à des causes spécifiques, simultanément elle a vu son taux de croissance potentielle reculer : il était de 5% dans les années 60, de 4% dans les années 70, de 3% dans les années 80, de 2% dans les années 90,  pour finir à 1 à 1,5% depuis 2000. Ce schéma qui  se traduit par un enchaînement de déstockage et de désinvestissement suivi par une reprise liée au restockage puis au retour de l’investissement reste d’actualité. En claironnant en 2015 « ça va mieux » Hollande n’avait aucune raison de douter que six ans après le trou de 2009, la croissance ne revienne. Simplement le choc fiscal de 2012 l’a retardée en France. Mais quand Macron s’installe, l’économie française est dans sa phase d’expansion du cycle. La conjoncture qu’on a connue en 2017 s’apparente à une « embellie qui nous euphorise ». Embellie qu’il aurait fallu utiliser pour corriger les défauts structurels de la dette, du déficit et de leur corollaire le chômage, au lieu du déni qui  a poussé une fois de plus à augmenter dépenses et déficits, quoi qu’on en dise. Le problème c’est que le retournement du cycle va inévitablement intervenir en 2019-2020, avec son cortège de difficultés, le retour de la hausse du nombre des demandeurs d’emplois et l’absence de marges de manœuvres pour réduire les déficits, donc des hausses d’impôts inévitables … Macron peut crier qu’il va continuer les réformes, encore faut-il en avoir les moyens. Il pourra toujours faire de la com’  

Macron est seul.

Inexpérimenté, il accumule les erreurs d’analyse et les bourdes. Il se présentait comme un social-libéral de gauche et vire de plus en plus à l’opportuniste autoritaire dont les choix pourraient coûter cher.

Je vous distillerai au fur et à mesure des prochaines notes quelques « citations » très éclairantes.

Macron, La valse folle de Jupiter – Editions « l’Archipel ».

 


WAUQUIEZ : 1, PHILIPPE : 0

Laurent Wauquiez Édouard Philippe

Je reviens brièvement sur « l’Emission Politique » d’hier soir pour commenter le face-à-face de Laurent Wauquiez et d’Edouard Philippe. « Y’a pas photo », comme dit l’autre. Il n’a pas été très difficile pour le patron des Républicains de montrer que son interlocuteur avait bien trahi ses idées en franchissant le Rubicon macronien. D’ailleurs la plupart des commentateurs lui ont donné l’avantage. Nous avons eu la confirmation de l’absence de volonté politique de mettre en œuvre les moyens de limiter l’immigration, de même que sur l’Europe, le Premier Ministre, empruntant les pas de son patron, campe sur le projet de rassembler les Français sur un schéma européen dont ils ne veulent plus. Cela dit, Léa Salamé leur a imposé les deux thèmes, ce qui a cantonné une fois de plus Laurent Wauquiez dans un registre qu’il connait certes par cœur, mais on aurait aimé qu’il aborde d’autres sujets, comme celui de l’emploi, priorité n°1 des Français. Cela aurait évité le tweet ridicule de Bussereau qui, manifestement, ne savait pas que le thème était imposé. J’ai bien ri aussi à celui, carrément grotesque d’Alain Juppé se prosternant en flagorneur aux pieds d’Edouard Philippe transformé en sauteur de haies. Il ne manquerait plus que ce soit Gilles Boyer qui le lui ait suggéré ! Alain, tu vieillis, je t’ai connu plus inspiré.

Je suis sur le livre de Jean-Marc Daniel : "Macron, la valse folle de Jupiter". Un peu ardu, car très carré en économie, mais très éclairant sur les réformes de Macron. Je peux vous dire déjà, que j’y ai trouvé la confirmation que la droite et la gauche ne sont pas mortes, et qu’on ne peut pas les réduire. C’est comme l’eau et l’huile, on peut les mettre ensemble dans un flacon et agiter, le mélange ne se fait pas. C’est ce qui arrive à LREM tiraillée entre ses élus issus d’un côté et de l’autre, pas étonnant que la majorité tire à hue et à dia. Conséquence : les réformes ne sont que des demi-réformes. Une limite redoutable pour le « en même temps » ! J’y reviendrai plus longuement quand j’aurais terminé la lecture. J’aurai quelques pépites à vous livrer.

A la suite de l’émission d’hier soir, il y avait un débat auquel participait Gilles Legendre, le nouveau patron des députés LREM. Une illustration parfaite de ce qu’explique Jean-Marc Daniel et du pourquoi de la situation que nous connaissons : dette, déficits qui progressent toujours. Agnès Verdié-Molinier a très bien contredit le député sur le fait que contrairement à ce qu’il affirmait, les réformes structurelles essentielles n’étaient pas entamées. Avec les Macronistes, c’est toujours la même chose, on nous noie sous un déluge d’affirmations bougistes et péremptoires qui nient les réalités. C'est aussi crédible que lorsque Edouard Philippe va à Marseille devant les élus des territoires pour affirmer sans aucune hésitation ni retenue qu’il n’y a aucune recentralisation ni confiscation du pouvoir par la technocratie. Mais comme c’est un énarque qui le dit …

A suivre, donc …

 


CE GROS MENSONGE DES 6 MILLIARDS !

Des-liasses-de-billets

C’est de la com’.

La ficelle est un peu grosse. L'exécutif n'a retenu que les baisses d'impôts pour son calcul, « oubliant » d'inclure des mesures moins avantageuses comme le quasi-gel de certaines prestations sociales (retraites, APL, allocations familiales). Avec un calcul plus complet,  l'OFCE prévoit une hausse du pouvoir d'achat en 2019, mais moindre que celle annoncée par le gouvernement (3,5 milliards). Mais le décompte  est encore partiel : « Le chiffre de 6 milliards est un faux », a dénoncé Eric Woerth, qui parle de 300 millions d’euros en moins pour le pouvoir d'achat l'an prochain. Et  c’est effectivement la réalité de ce qui va se passer si  on prend en considération toutes les augmentations de taxes qui plombent la vie quotidienne des Français. Le président de la commission des Finances de l’Assemblée comptabilise 10,6 milliards de gains pour le  pouvoir d’achat en 2019 ( baisse des cotisations salariales, taxe d’habitation, suppression des charges sociales sur les heures sup, revalorisations diverses…),  mais à quoi il faut retrancher 10,9  milliards de mesures à impact négatif (prélèvement à la source, hausses de la fiscalité énergétique, désindexation des retraites, gel des allocations familiales et des  apl…) soit 300 millions d’euros en moins qui pèseront sur les  ménages.

Le front du déficit.

Le déficit budgétaire devrait rester stable en 2018 à 2,6 % du PIB, avant de passer à 2,8 % du PIB en 2019, sur fond de croissance s'établissant à +1,7 % les deux années.  Ce qui peut paraître optimiste. En fait, la dépense continue d’augmenter et malgré les économies demandées aux ministères, - on notera au passage que l'effort global n'est pas chiffré par le gouvernement -, le déficit de l'Etat atteindra 98,7 milliards d'euros en 2019. Ce montant considérable, que Bercy a tout fait pour ne pas ébruiter jusqu'à la présentation du budget, s'explique par la double année de décaissements de l'Etat au titre du CICE, mais aussi par la perte de 6 milliards d'euros de recettes d'impôt sur le revenu en raison du prélèvement à la source qui va occasionner un décalage d'un mois de trésorerie pour l'Etat.  Cela n’empêche pas la Commission européenne de juger que l'effort de redressement structurel (hors effets de la conjoncture) n'est pas suffisant : il serait de seulement 0,1 % cette année, et 0,3 % l'année prochaine. Nos voisins font beaucoup mieux. Surtout, cela place la France dans une position de faiblesse en cas de retournement de la conjoncture, ce qui est prévisible si une crise alimentée par le  prix du baril de pétrole survient.

Des mesures positives pour les entreprises.

Le gouvernement tient à peu près sa promesse : il va transformer le crédit d’impôt (CICE) en baisse des charges pérennes, c’est une bonne chose même si les entreprises seront d’abord  perdantes. A cela il faut ajouter la baisse du taux d’IS de 33 à 25%  et l’exonération du forfait social pour les  PME de moins de 50 salariés, soit près de 25 milliards qu’elles n’auront pas à payer. Tout cela va dans le bon sens. C’est  toujours ça et l’on comprend que les organisations patronales soient satisfaites. Evidemment, il faut tenir compte de la hausse de la fiscalité énergétique et diverses mesures qui viennent à charge. Globalement le bénéfice serait de 19 milliards quand  même. Dommage qu'on leur colle sur le dos la charge du prélèvement à la source.

Toujours rien sur la dette et le déficit.

Il faudrait faire beaucoup plus pour que  notre économie redevienne vraiment compétitive, mais faute d’avoir pris le problème  par le bon bout, le gouvernement a des marges de manoeuvre réduites par la dette et le déficit. Peut-être récessive à court terme, une réduction drastique du périmètre de l’action de l’Etat, avec un recentrage sur le régalien, permettrait une réelle réduction des prélèvements obligatoires, prémices indispensables au retour à moyen terme de la compétitivité, de la croissance et du plein-emploi. Or le cafouillage fiscal et la fragilité de la baisse du déficit de cette année – bien peu structurel – brouillent le message gouvernemental. Le cadre contraignant de  Bruxelles  est plutôt une bonne chose car il oblige quand même à un minimum de rigueur. Cependant, la France accuse un retard de plus en plus important par rapport à ses voisins européens. Pour donner un ordre d’idée de l’effort à fournir dans les prochaines années, il faudrait une baisse de 1 000 milliards d’euros de la dette française pour que la France rejoigne le niveau d’endettement de l’Allemagne.

Le piège du retournement.

Les planètes favorables sont moins alignées qu'il y a un an (pétrole, guerre commerciale). Le refus assumé d'une plus grande rigueur sur les dépenses publiques peut se comprendre : ce n'est pas le moment d'appuyer sur le frein au moment où l'économie ralentit. Mais la quête éperdue du pouvoir d’achat reste une erreur. C’est un mauvais moteur de la croissance si on prend en compte le déficit commercial qu’elle génère : encore 65 milliards d’euros prévus pour 2019, comme en 2018, à condition que le pétrole ne flambe  pas. Dans le même temps, le  PIB passerait de 2 350 milliards à 2 420 milliards, soit un gain de 70 milliards avec un taux de croissance prévu de 1,7%. On mesure la fragilité du bénéfice pour le pays. L’autre difficulté est que l’exécutif va se heurter à un problème qu’il feint d’ignorer : un compte à rebours redoutable, celui de la dette et du déficit. La première tangente les 100 % du PIB, le second les 100 milliards d'euros. Or, il est désormais acquis que les taux d'intérêt vont remonter. Ce  n’est plus une menace, c'est maintenant une quasi-certitude. Il ne peut donc pas espérer que la croissance,  qui plonge déjà, desserrera l'étau. Emmanuel Macron pourrait bien être le premier président qui tombe dans le piège de la dette. Imaginer récupérer  la  mise en 2020 est plus que jamais un pari hasardeux.

 


TEL DIEU, ILS VEULENT REFAIRE LE MONDE …

Veganisme

 

Mais ils ne sont pas Dieu ! 

Et ce ne sont  au mieux, que des apprentis-sorciers  sinon de furieux dingues. Ces  théoriciens américains et autraliens, Judith Butler, Donna Araway et Peter Singer, sont à l’origine, sans qu’on s’en rende compte, des réformes  sociétales qui sont mises en œuvre dans de nombreux pays occidentaux. Ainsi le « mariage pour tous »,  « l’écriture inclusive », et bientôt la possibilité de naître en dehors de toute relation humaine, ou de changer de sexe selon son bon  plaisir au cours de sa vie, qu’on  nous présente comme des réformes au nom du progrès ou de l’égalité universelle, ne sont que la traduction de ces théories fumeuses. Elles ne sont pas  l’expression de la conscience politique d’une Najat Vallaud Belkacem ou d’une Marlène Schiappa. Car c’est de révolution anthropologique qu’il convient de parler. Celle-ci plonge ses racines dans les écrits de ces théoriciens que l’universitaire Jean-François Braunstein qualifie de « philosophie folle ».

L’Homme  rabaissé.

Il s’agit en réalité d’imposer une nouvelle idée de l’Homme qui n’aurait aucune différence avec les bêtes. Ils livrent leur  combat sur trois fronts : le genre, qu’il  s’agit de  substituer au sexe, l’animal qu’on entend rendre égal à l’Homme, et la mort qui n’est qu’un événement technique (sous-entendu, dont on peut disposer = euthanasie).  Toutes les frontières sont appelées  à disparaitre, qu’elles soient érigées par la morale ou la connaissance scientifique. Il s’agit purement et simplement d’évacuer de la culture, « l’humanisme » qui suppose une différence ontologique entre les sexes, entre l’Homme et les animaux, entre  la vie et la mort.  Ainsi, au nom de la négation de la différence entreles hommes et les bêtes, Donna Haraway se fait grande prêtresse de la zoophilie. La pédophilie est justifiée au nom du même principe. Encore  plus abject : l’Australien Singer, « philosophe utilitariste »,  affirme que la vie d’un chien en bonne santé vaut mieux que celle d’un enfant handicapé : on voit tout de suite où cela  mène. Et nous avons des intellectuels assez poreux pour relayer ces fadaises.

La folie végane !

Le véganisme est une branche directement dérivée de ces mouvements de pensée. Le Père de « l’antispécisme » étant le même Singer. Etre végan, c’est bannir toute utilisation de produits qui seraient issus de la domination de l’homme sur les animaux. C’est bien plus qu’un style de vie, c’est un engagement en faveur de l’abolition de toute forme d’exploitation des animaux . Là est le principal problème car, d’un choix de vie qui ne devrait ne regarder que les personnes concernées, ces guignols à l’estomac certifié 100 % non carné, ont fait du véganisme un véritable objet de militantisme, entraînant des agissements excessifs et des comportements carrément hystériques. Ainsi, des militants antispécistes ont organisé samedi des happenings « pacifiques » devant des boucheries en France pour dénoncer le « zoocide » que représentent, selon eux, l'élevage, le commerce et la consommation de viande, alors que les dégradations de vitrines de boucheries se sont multipliées ces derniers mois. Depuis le début de l'année, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) a recensé en France douze cas de commerces alimentaires caillassés avec tags de revendications antispécistes et plusieurs dizaines de cas de détériorations, avec du faux sang versé ou la pose d'autocollants revendicatifs. Le  « véganisme » est une une véritable idéologie qui vise à imposer sa loi à tous.  Les  moyens qu’elle utilise en font un mouvement totalitaire.

Des doctrines obscurantistes.

Ces forcenés, qui ont fait des producteurs et des mangeurs de viande des ennemis à éliminer, et qui arborent comme porte-voix le fougueux Aymeric Caron, n’ont de cesse d’occuper l’espace médiatique en mettant en avant des arguments le plus souvent aussi absurdes que fallacieux. Le  langage quotidien lui-même  reprend une partie du vocabulaire venu de ces courants de pensée. Il ne s’agit pas d’empêcher ces gens de prendre leur pied en picorant des graines de lin et de tournesol tout en buvant un verre de lait de soja, mais d’en finir avec leurs démonstrations pseudo-scientifiques complètement grotesques. Je n’entrerai pas ici dans le détail. Il suffit d’affirmer que ces gens font l’impasse sur  l’essentiel  intangible : la chaîne alimentaire qui est à la base du cycle de la vie sur Terre.  N’en déplaise à ces bons apôtres, l’Homme fait partie, au même titre que le loup ou le tigre, de ces consommateurs secondaires, et il est donc parfaitement sain pour lui de chasser, d’élever et de manger des animaux. Et même il a un intérêt à la faire dans la mesure où la vitamine B12 et le fer qui se trouvent principalement dans la viande sont indispensables à son évolution et au fonctionnement de son cerveau. C’est en mangeant de la viande que notre cerveau est devenu plus gros que celui des primates et que nous en sommes arrivés à ce degré d’évolution. Pour un être humain, consommer de la viande est donc parfaitement naturel. La  guerre  contre les essences et les frontières conceptuelles est donc une subversion destinée  à mettre à bas l’humanité de l’Homme. Les réseaux sociaux , quelques universitaires, de nombreux journalistes, plusieurs mouvements « d’illimitation » des droits dont les néoféministes, sont déjà infectés. Il faudrait les poursuivre pour atteinte aux Droits de l'Homme !

Je ne saurai trop conseiller la lecture de l’ouvrage de Jean-François Braunstein : « La philosophie devenue folle ». Il y dévoile la vision du monde qui se cache derrière un lexique d’apparence sympathique. Indispensable !  Ce sont de vrais périls qui menacent l’humanité.

Et en attendant, que les « végans » s’occupent de leur assiette, et qu’ils nous fichent la paix avec leur « fascisme alimentaire » qui n’a absolument aucun sens, et qui ne remplacera jamais le plaisir que l’on peut éprouver à manger un bon bœuf bourguignon ou une belle entrecôte grillée. Sans blague !

 


Matin d’Octobre

 Une nouvelle tenue et un poème pour saluer l'arrivée de l'automne .


Automne 2

 

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

François Coppée, Promenades et Intérieurs

  


GROS PLANS

Longue vue 2

 

Cette semaine, je braque ma lorgnette sur quelques évènements plus ou moins surprenants.

Ben et Nuts.

AGIR, le micro parti politique qui prétend remplacer l’UDF, est né. Il  se  veut « une jeune start-up politique collaborative », prête à sauver l’Europe à elle toute seule. Sur les fonds baptismaux  deux parrains de poids, enfin surtout pour un (pour le poids) : Ben Raffarin et Nuts Juppé, les  messieurs « plus » : « plus européen que LR, plus attaché aux classes moyennes que la majorité, plus démocrate que les extrêmes ». Il n’exclut pas  les partenaires pour y parvenir car il faut des moyens d’agir (ouaf !).  Attention, Riester n’est pas Giscard ! Au fait, les  constructifs ont servi  à quoi depuis dix-huit mois, sinon à affaiblir la droite et le centre ?

Hulotade.

La procédure Hulot fait des émules. C’est Bruno Julliard qui claque  la porte de la mairie de Paris  avec un sévère réquisitoire contre la « hidalga », en désaccord sur la méthode et sur le fond.  Quoi qu’elle en dise, la maire de Paris traverse une sale passe  et sa popularité n’est pas au zénith parmi les habitants de la capitale qui n’en peuvent plus de ses foucades de bobo dictatoriale. A tel  point que le nombre des prétendants à sa succession grossit chaque jour.

Des plans sur la comète.

Qu’est-ce qu’on fait quand on n’a  pas les moyens financiers de réformer ?  Le technocrate répond : « faisons un plan ». Depuis la semaine dernière donc, les plans fleurissent, car il faut bien que Macron ait l’air d’agir : plan contre  la pauvreté, plan vélo, plan santé… viennent s’ajouter à la longue liste des plans décidés depuis quinze mois. D’ailleurs il suffit d’interroger les gens concernés, ils répondent tous : « c’est  bien,  mais  où sont les moyens ? »

Macron défenseur des retraités !

Celle-là,  elle est forte ! « Arrêtez d’emmerder les  retraités » aurait clamé  le  Président à l’adresse de « castagnette »  qui se répandait partout en affirmant qu’il fallait « aborder la réforme des droits de succession sans tabous ! » Jolie coup  monté en fait. Un peu trop téléphoné quand même. L’homme à tout faire de la  macronie a  été envoyé sur le terrain  avec ce  message qui arrive dans la rentrée comme un cheveu sur la soupe, uniquement pour permettre à son boss  d’avoir l’air de s’offusquer, en espérant  reprendre la main avec les retraités qui lui tournent majoritairement le dos.  Il s'est rendu compte que taper sur les retraités n'était pas bon pour sa cote de popularité. Et  pour améliorer la potion, le gouvernement, comme par hasard, va introduire dans son projet de budget 2019 un dispositif pour exonérer 100 000 retraités modestes qui allaient subir la hausse de la CSG de 1,7 point. Encore un revirement complet pour l'ex-président des riches actifs. A moins que d’afficher ainsi sa détestation des seniors ce n'était pas très honnête vis-à-vis de qui vous savez... (Oui, bon, c’est de mauvais goût, mais j’assume).

L’Intérieur n’a pas assez le goût du bouchon.

Collomb va prendre la tangente, lui aussi.  Le N°2 du gouvernement se languit de ses bouchons lyonnais et rêve de reprendre sa mairie.  Il faut dire que son bilan n’est  pas reluisant en matière de sécurité et de délinquance. Et puis, le « vieux » s’est permis de dire  au « jeuneot » qu’il manquait « d’humilité ». Qu’il est désagréâââble ! Narcisse a un sens limité de la critique. De là à ce qu’on ait fait comprendre au découvreur de la macronie qu’il ferait mieux de reprendre le chemin de la capitale des Gaules, il n’y a pas loin. Pourra-t-il tenir jusqu’aux européennes ?

Benalla.

Il a été auditionné par le Sénat. Il s’est aplati comme une limande, après avoir fait  le bravache. Mais on n’est pas plus avancé. Il n’était pas garde du corps du Président, "mais il était proche de lui physiquement" (comprenez ce que vous voulez) ! Il co-or-don-nait à tout va ! Que voulez-vous, cette comédie qui cache certainement quelque chose (de quoi ont-ils peur pour s’acharner à discréditer la commission d’enquête du Sénat ?) me fait vraiment sourire.

Biloute.

On en apprend de belles sur Trump. « C'est peut-être la relation sexuelle la moins impressionnante que j'aie jamais eue » affirme Stormy Daniels, l’actrice porno  avec laquelle il  aurait eu une liaison et qu’il  aurait payée 130 000 $ pour qu’elle se taise. Dans son livre  à paraître  prochainement, « Full  disclosure », elle livre même des détails assez précis sur l’anatomie de l’intéressé. De quoi le surnommer « biloute » ? En fait ça expliquerait son caractère :  grande gueule, mais petite  b…. (rôôô).

 


TAXES, SURTAXES ET TAXES DE TAXES

Contribuable détroussé

 

La créativité fiscale en France est sans limites.

Elle dépasse même les  bornes aurait complété Alphonse Allais. Créer  des taxes c’est bien plus simple que de baisser les  dépenses. Ainsi, l’impôt est capable de prendre toutes les  formes y compris les plus sournoises, il est devenu  une ressource illimitée puisque notre pays est celui où la pression fiscale s’aligne automatiquement sur les besoins des  administrations et jamais sur la prise en compte réelle de la capacité contributive des  contribuables. Le parcours est  simple : des technocrates cherchent un  « objet » taxable, proposent une taxation au ministre, lui-même issu de la technocratie, de la faire  adopter par  une majorité bien docile.

Taxer tout ce qui bouge.

Ce TOC de notre ministère des Finances, comme le nomme Nicolas Beytout, est  particulièrement productif en cette rentrée où l’argent va  manquer faute de croissance. Rarement on  aura vu une  telle pléthore de projets de taxes et d’impôts nouveaux. Toutes n’aboutiront pas, mais toutes sont menaçantes. Ainsi refait surface une réforme de  l’impôt sur les successions, qui est  pourtant déjà  le plus élevé d’Europe, aussitôt démentie par l’Elysée ; mais on est  prévenu, elle est dans les têtes.  La  fiscalité verte va nous faire voir rouge  tant elle va sanctionner tout écart au catéchisme environnemental. On nous inflige maintenant des taxes pour corriger  nos  mauvais comportements : sur les sodas à cause du sucre,  bientôt sur  la charcuterie et  les plats  cuisinés, à cause du sel, et même sur notre  conduite parce qu’on   peut assimiler le 80 km/h à une forme de racket ; il suffit de voir l’augmentation des  PV. Et puis le fisc  s’intéresse maintenant à toutes ces transactions qui  lui échappaient jusqu’à  maintenant : après le filon Airbnb, il  s’intéresse à des sites  comme « Le bon coin »… Quant aux baisses d’impôts,  elles sont reportées. Ben voyons ! Voilà de  l’aisance budgétaire à bon compte qui  permet  d’augmenter  en lousdé le budget de 25 milliards d’euros.

Mieux, il y a la taxe sur la  taxe.

Examinez  vos  factures d’eau, de gaz et d’électricité. Ces  produits de première nécessité sont un vrai filon pour l’Etat.  Ainsi, sur votre facture d’électricité, en plus de l’abonnement et de votre consommation, vous payez une Contribution au Service Public de l’Electricité (0,0225 € le kw/h), une Taxe Communale sur la Consommation Finale (communal + départemental), une Contribution Tarifaire d’Acheminement, calculées en fonction de la consommation. Pour les deux premières, l’Etat leur applique la TVA à 20% et pour la dernière la TVA à 5,5%. Même chose pour la Taxe Intérieure sur la consommation de gaz naturel. Oui, vous avez bien compris, on paye de la TVA sur un bien ou un service déjà soumis à une autre taxe. Ce qui fait que plus ils augmentent les taxes et les contributions, plus le produit de la TVA est élevé pour le consommateur, et plus l’Etat se remplit les poches. C’est d’ailleurs le même processus qui est en vigueur pour les carburants. On va finir par payer plus de taxes et d’abonnement que de consommation. Cet  empilage représente en général, déjà un bon tiers de la facture. C’est pourquoi, le député des Alpes-Maritimes, Eric Pauget et 41 de ses collègues se sont émus de cette situation.  Ils ont déposé à l’Assemblée un projet de  loi « visant à exclure de  la base  d’imposition de la taxe sur la valeur ajoutée, les impôts, taxes et prélèvements obligatoires applicables à la fourniture d’électricité, de gaz et d’eau ». Ce projet sera discuté lors du vote du budget pour 2019. Encore faudrait-il que les  députés soient majoritairement convaincus de son bien fondé. Car cette façon de taxer sournoisement n’est pas anecdotique. Par exemple  la Contribution au Service Public de l’Electricité n’a cessé d’augmenter depuis  le début des années 2000 :  + 650% en 15 ans du fait du développement des énergies renouvelables.  ET, évidemment,  la  TVA payée sur cette contribution a mécaniquement augmenté. Une « double peine »  inacceptable !  Alors, ne cherchons pas pourquoi le pouvoir d’achat des familles est en berne : il suffit qu’on additionne les taxes sur l’eau, l’électricité, le gaz, l’essence, que l’on consomme tous les jours ! Le plus extraordinaire est la tranquillité avec laquelle le gouvernement assume tout cela.

Grâce à cette inépuisable énergie créatrice, la France, pays développé le plus taxé au monde, a même réussi à faire progresser son niveau de pression fiscale. Un bien triste record qui explique pourquoi la pauvreté progresse. Ce n’est pas aux riches qu’il faut s’en  prendre, il en reste si peu,  mais à l’Etat confiscateur !