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LA CGT A JETER !

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De retour.

Un passage par le nid pour écrire ce billet. La suite mercredi ou jeudi.

Quand on est loin de l’hexagone, au moins on respire. Dès que l’on pose le pied sur le sol national, on étouffe. Ce n’est pas en raison du temps, bien maussade. C’est l’atmosphère générale. Devinez de quoi parlent les Français en voyage ? De la loi El Khomry ? Non. Ce qui les hante c’est de pouvoir remplir le réservoir de leur voiture pour circuler. Et ils râlent ! Pourtant 75% des Français sont opposés à la loi Travail et plus de 60% soutiennent le mouvement social actuel. Déprimant ! Je ne sais pas où les sondageurs vont sondager, parce que moi je n’ai entendu que des gens qui s’en battent l’œil. 

En fait, personne n’a rien compris. Le problème ce n'était pas la loi Travail ! Mais non. Elle est vide. Si la CGT bloque la France c'est uniquement à cause de l'article 2 de la loi dont tout le monde parle depuis la fin de la semaine dernière ! Cet article donne la primauté aux accords d'entreprise : c’est le seul encore intéressant de la loi Travail. Inconnu du grand public, il a débarqué et emplit tous les médias, provoquant une cacophonie hilarante au gouvernement. Pendant que Sapin-les bas-roses affirmait qu’on pouvait le retoucher, le matamore Manolito disait le contraire. Mais on sent bien que le gouvernement s'apprête à reculer. Cet article aurait permis de contourner un peu la mainmise de syndicats destructeurs d'emplois mais parions qu’il va être remanié et vidé de sa substance. Dès lors, on pourra dire qu'il ne restera plus rien de la loi Travail. Le « bordel » n’est pas fini. Quand un syndicat s'arroge le droit de choisir quel journal peut paraître et pas les autres, la dictature n'est pas loin !

Il y aura lieu de revenir sur l’attitude de l’opposition.  Parce qu’ entre « on touche » et « on touche pas » à l’article 2, on a touché le fond de l’incapacité gouvernementale. Mais il ne faudrait pas que l’opposition, effrayée par le soutien des Français –qui mériterait d’être vérifié- aux mouvements sociaux, soit tentée de rengainer les armes et de se replier sur l’inaction. Ce serait la pire des choses.

Pendant ce temps-là, pépère continue ses villégiatures et promène sa bedaine et ses lapsus de par la planète. Le ridicule ne tue pas, il ne risque donc rien. Mais puisqu’on vous dit que tout va bien : la preuve, le chômage recule. On voudrait bien, mais ce n’est qu’un effet statistique des mesures du plan emploi qui commence à s’appliquer. En fait il n’y a aucune vraie amélioration. J’aurais l’occasion d’y revenir. L’opposition devrait être plus véhémente pour dénoncer ces manipulations grossières.

Il n’y a que le ciel qui est vraiment en colère. Les Romains y auraient vu des signes prémonitoires.

 


ET SI ON ESSAYAIT LA LIBERTE ?

  Liberté

 

Les socialistes et la gauche en général ont vraiment un problème avec la politique de l’offre. La seule qui permettrait le redressement économique de la France. Et ce ne sont pas les timides velléités du pouvoir actuel dans sa direction qui pouvaient produire beaucoup d’effets. D’ailleurs on voit bien que même une loi vidée de son sens comme la loi Travail provoque une levée de boucliers hors de proportion avec son contenu. C’est le poison idéologique qui freine toute réforme depuis des décennies qui est à l’œuvre. Cela teint à l’histoire de la gauche française et aux composantes qui la constituent encore aujourd’hui.

Elle est en effet constituée d'une branche marxiste, anticapitaliste, qui rêve encore d'une appropriation publique des moyens de production. Elle est incarnée par Jean-Luc Mélenchon et ce qui reste du Parti communiste. Il faut y ajouter un ensemble hétéroclite, fortement keynésien, qui reste persuadé de la nécessité et de la supériorité de l'action publique et qui n'attend rien de bon du libre fonctionnement de l'économie privée. Il va de Martine Aubry aux tenants d’une social-démocratie méfiante à l'égard du patronat tels que les frondeurs du Parti socialiste, auxquels s’ajoute le mouvement dit des « Economistes atterrés ». Ils sont de formation altermondialiste et pour eux la finance est l’ennemie, ils sont résolument opposées à la mondialisation et à la liberté des échanges. Attac et la Fondation Copernic en font partie. Enfin, il faut y adjoindre la partie antiproductiviste du mouvement écologiste de Cécile Duflot, qui, au nom de l'indispensable protection de la planète, entend réduire la dimension et la portée des activités marchandes, donc celles des entreprises et surtout des plus grandes. Les faits leur donne tort, mais ils ne veulent rien voir ni entendre. Pourtant si leurs théories marchaient nous n’aurions pas 6 millions de chômeurs et de travailleurs précaires.

La théorie keynésienne de relance par la finance publique et la consommation ne fonctionne plus. C’est là où le bâts blesse. Elle se heurte à deux obstacles majeurs : les importations des produits que nous ne fabriquons plus et qui détériorent notre balance des paiements dès que l’Etat injecte du pouvoir d’achat, ce qui nous appauvrit, le vieillissement de la population qui donne un modèle de société où les gens pourvus qui ont tout ce qu’il faut et sont à la retraite, donc ne produisent pas vraiment de richesse, sont très nombreux. A ces deux obstacles il faut ajouter notre endettement qui est le fruit de l’entêtement keynésien incapable de produire de la croissance. De même qu'il faut démontrer à nos concitoyens que le programme économique de Marine Le Pen plongerait la France dans la pire des catastrophes. C’est une tentation de rétablir le contexte keynésien par la fermeture des frontières et le concept de « l’Etat stratège », inspiré de la gauche par Florian Philipot. On sait ce que cela a donné dans toutes les économies dirigées, à l’Est ! La nocivité de ces modèles est redoutable et est une entrave la modernisation du pays.

Si on regarde comment s’en sont sortis nos voisins, on observe qu’ils ont choisi un autre chemin que l’économie administrée. Le libéralisme, fort de ses trois piliers – la liberté, la propriété et la responsabilité – porte en son sein des idées fortes susceptibles de faire sortir la France du marasme. Un récent sondage montre que ces concepts sont de plus en plus partagés par les Français. A l’étatisme collectiviste, au socialisme néokeynésien, à la déresponsabilisation individuelle croissante au profit d’un pouvoir normatif sans cesse plus invasif, une très large majorité de sondés (93 % !) préfère désormais les mots « autonomie », « mérite » et « initiative ». La « responsabilité » recueille pas moins de 91 % des suffrages, suivie de très près par « l’effort », « la modernité » ou « le travail ». Ces aspirations révèlent un désir puissant d’oxygène au service d’un retour rapide à une éthique de la liberté personnelle, à cette estime de soi nécessaire au bonheur de chacun que les politiques interventionnistes ont fini par mettre sous cloche ou sous tutelle. Et la liberté demeure le mot préféré des Français. Ces modèles de pensée sont évidemment bien plus en cohérence avec les évolutions du monde et les transformations des modes de travail et de production issues de la révolution numérique. Voilà pourquoi il est importande rompre enfin avec l’une des erreurs tragiques alimentant les politiques publiques des trente dernières années en niant, nivelant et empêchant les aspirations personnelles.

Cela suppose un vaste effort, une véritable révolution copernicienne : il conviendra de réinventer l’école pour la mettre, dès le plus jeune âge, à l’heure du nouveau monde et offrir à tous les mêmes armes, ce qu’elle ne fait plus au nom d’un égalitarisme niveleur et étouffant. Il faudra rendre véritablement plastiques nos règles de création d’entreprise et notre droit du travail pour faciliter la mise en œuvre de chaque projet, quels que soient les individualités et les désirs. Et repenser, bien entendu, la fiscalité afin qu’elle récompense l’innovation, l’investissement, le mérite et la réussite. Autant de mots bannis par le pouvoir actuel. La taxation du capital devra être considérablement allégée, mais également celle du travail, trop souvent oubliée par peur de chutes des rentrées fiscales en temps de dette publique massive alors qu’elle porte en elle un « effet signal » à la puissance insoupçonnée. Ces idées on les retrouve dans tous les projets portés par les candidats Les Républicains, en doses variables, mais surtout dans le projet de François Fillon, le plus cohérent. Ce sondage révèle aussi qu’une majorité croissante de Français attend, surtout, une offre nouvelle, assumant le primat de la liberté. Sous la Ve République, seul le président a véritablement le pouvoir de bousculer profondément les choses. Il n’y a donc pas d’alternative.

Et si on essayait la liberté !

 


LES DELIRES D’UN PRESIDENT AUTISTE

Hollande télé

Un empilage de mensonges honteux.

La campagne hollandaise est tout sauf plate : elle est hérissée de « sorties » qui sont autant de mensonges lancés à la tête des Français éberlués. Voilà le président-candidat, plus candidat que président, qui affirme sans sourciller : « Nous avons bien redressé le pays depuis quatre ans. » On croit d’abord à une boutade et on aurait envie de se tordre de rire s’il n’y avait pas plus de 600 000 chômeurs supplémentaires depuis mai 2012. C’était le 8 mai dernier, aux pieds du soldat inconnu. Et il continua : «Je fais en sorte qu’il puisse y avoir un certain nombre de redistributions qui se fassent dans la maîtrise de nos finances publiques. » De quoi faire plaisir aux magistrats de la Cour des Comptes qui devraient , à entendre pareille plaisanterie, se tenir les côtes mais faire froncer les sourcils de Didier Migaud. De 2013 à 2015, les déficits publics cumulés sont supérieurs à 230 milliards d’euros. Ils dépasseront les 300 milliards d’euros fin 2016. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter puisque le candidat alimente sa campagne en ajoutant du déficit au déficit à des finances publiques non maîtrisées. Depuis le début de l’année, les vannes sont lâchées à coups de millions d’euros en emplois fictifs, en augmentation des fonctionnaires, en fonds pour alimenter la gabegie de la formation professionnelle. Mais surtout n’y voyez pas malice : « Il ne s’agit pas de cadeaux qui devraient être faits. Je n’ai pas cette conception-là » nous explique « sérieusement » l’intéressé ! Et d’ajouter : « Lorsque l’effort a été mené, lorsque les comptes publics sont redressés, il faut qu’il y ait un soutien à des catégories qui ont participé à l’effort. » Je traduis : je soigne mon électorat. Il est bien le seul à croire que les comptes publics sont redressés : c’est un énorme mensonge, indigne d’un chef d’état.

La vérité, c’est que la France recule.

Il y a bien sûr une légère amélioration de la conjoncture. On sait bien que le pays surfe sur une vague venue de l’extérieur, à l’origine de laquelle il n’est pour rien. Mais quand les mots prononcés au sommet de l’Etat n’ont plus aucun sens, il faut recourir aux chiffres pour mieux appréhender le réel. Depuis 2012, à la différence de ses grands partenaires et concurrents, la France n’a poursuivi aucun effort autre que celui de surtaxer des contribuables subissant déjà l’une des pressions fiscales les plus élevées au monde. La France a touché le fond, et le retard accumulé face aux pays de l’OCDE depuis cinq ans est important qu’il s’agisse de la Croissance, de l’emploi, des investissements… Les quatre premières années du quinquennat n’ont pas permis de redresser la barre. Au contraire elles ont aggravé les choses. C’est simple, depuis quatre ans, la France a connu une croissance deux fois moins rapide que les autres pays de l’OCDE (2,1% contre 5,4%), avec deux fois plus de sans emploi (10% en France contre 5,5%), et des investissements en berne qui ont fait du surplace (0,2% contre 12%). Dans le même temps la consommation des ménages est restée atone avec une progression de 2,4% sur quatre ans quand les autres pays ont fait 5,5% : deux fois moins bien que les autres pays riches. Dans ce contexte, faire croire aux Français que « ça va mieux » relève de l’humour noir et du cynisme. D’ailleurs ce message reste inaudible pour près de neuf Français sur dix (86 %).

Menteur et manipulateur !

Mardi matin sur les ondes d’Europe 1, on a découvert (euphémisme) une autre facette du personnage : l’art de la manipulation. Incompétence, habileté tactique : sur les chiffres du chômage il prend toujours les chiffres qui l’arrangent, noircissant le tableau qu’il a trouvé –merci Sarkozy- et enjolivant celle qu’il va laisser en minorant son échec. C’est facile en faisant références à des statistiques … fausses. Ainsi il ne prend en compte que les chômeurs de catégorie A pour parler de son bilan, mais il ajoute pour celui de son prédécesseur et sur cinq ans les catégories B et C pour majorer l’addition. La vérité sur ce point et en comparant ce qui est comparable est 740 800 chômeurs de plus entre 2007 et 2012, et 638 500 entre 2012 et aujourd’hui. On ne peut pas dire que Hollande se soit mieux défendu, d’autant plus que si on prend en compte toutes les catégories A, B et C, on arrive à 1 132 000 demandeurs d’emploi en 47 mois de Hollande contre 1 067 800 en 60 mois de mandature Sarkozy ! Et l’actuel président n’a pas l’excuse de la crise économique mondiale. Comme les scrupules ne l’étranglent pas, il compte bien s’affranchir de la vérité statistique et continuer à nous vendre ses illusions pour des réalités.

C’est dans ce contexte de manipulation et de mensonges que les candidats de la droite vont devoir faire campagne. Déjà l’Obs annonce la couleur en « une » avec les visages de Juppé, Sarkozy et Fillon : l’ultra-libéralisme. Le gros mot est lâché. Et Hollande  a commencé à taper sur les principales mesures de leur programme. Une manière de faire oublier l’incurie dans laquelle le pays se vautre actuellement avec les casseurs dans la rue et une police qui manifeste pour sa dignité.

 


A GAUCHE, RIEN NE VA PLUS !

Guerre des gauches Melenchon  Valls 2

Décidément, il ne faut pas tourner le dos. Voici une analyse qui fait la synthèse des événements de la semaine dernière. Forcément, il y a beaucoup à dire !

Depuis 2012, nous serons passés de l’improvisation à l’impuissance politique. Un calvaire dont la France n’avait pas besoin. La dernière semaine écoulée, à cet égard, est édifiante : jamais pouvoir élu n’aura sombré autant et aussi profondément dans la déliquescence. La France n’a plus vraiment de gouvernement puisque l’exécutif ne dispose plus d’une majorité réelle au parlement. Mais « ça va mieux ! » : quelle pantomime minable traduit cette formule censée permettre au candidat Hollande de se relancer dans une course impossible, alors qu’il a fait la preuve de son incompétence ! La tension provoquée par la décision du gouvernement de recourir à l’article 49/3 de la Constitution pour faire adopter la loi « Travail » laissera des traces profondes. La crise qui divise la gauche s’est envenimée au point de rendre quasi impossible la possibilité pour le président de la République de briguer un second mandat.

On croit rêver, mais c’est un cauchemar.

Désormais, aucune conciliation n’est possible entre les « deux gauches ». L’Assemblée, la semaine dernière, ressemblait à un champ de bataille : les « frondeurs » tentant de déposer leur propre motion de censure, la droite s’activant pour rédiger la sienne (normal), en passant par le concert de cris indignés contre un pouvoir qui soulève la haine dans les rangs de ses propres troupes. On a tout eu, la violence verbale des « frondeurs », l’extrême-gauche en surenchère, les « Nuits debout » qui s’endormaient relancés avec leur cortège de violences, les syndicats en furie avec une CGT hystérique, les casseurs dans les villes face à une police épuisée qui fait ce qu’elle peut, avec courage et professionnalisme…  Voilà l’image que la France offre au monde, celle d’un pays balloté, gouverné d’une main molle voire absente, un pays sur le point de sombrer. Et on aura tout vu : la recherche d’un nombre de députés suffisant pour présenter une motion de censure de gauche contre un gouvernement de gauche qui échoue à deux signature près (volontairement ?) ; les communistes, condamnés par leur faible  poids à l’Assemblée se résoudre à voter avec la droite la motion de censure ; des élus socialistes choisissant de voter eux aussi avec la droite. C’est sans précédent ! Les Français n’en peuvent plus de ce cauchemar.

Et ça va continuer !

D’abord parce que la loi votée est partie au Sénat qui va se faire un plaisir de rétablir le texte initial en « l’améliorant » dans le sens libéral. La guérilla va donc continuer jusqu’à la seconde lecture à l’Assemblée. La crise que le tandem Hollande-Valls a déclenchée par ses maladresses, notamment en lançant le projet El Khomry sans en avoir discuté avec les syndicats et les élus de son camp, est donc loin d’être terminée. Bien que la loi ait été vidée de son contenu, il va continuer d’en payer le prix fort car elle est rejetée avec autant de vigueur que la version initiale. Là encore, on a assisté à un festival d’atermoiements, d’hésitations, de flou des intentions, de calculs politiques qui n’ont cessé d’alimenter les querelles, les divisions, bref, la chienlit. L’enjeu principal, la lutte contre le chômage, a vite été perdu de vue. Au final on découvre une situation irréelle : la gauche ne sait ni ce qu’elle veut ni où elle va, le Front National attend que le fruit tombe tout seul pour le ramasser, la gauche de la gauche reste habitée par ses vieilles croyances et sombre dans l’obsolescence, et le réformisme syndical se trouve dépassé par le syndicalisme de combat activé par M. Martinez, quant à la droite occupée par sa primaire elle réagit en ordre dispersé.  Mais comment comprendre ce peuple (bien peu suivi) qui est sorti dans la rue et y reste parce que le pouvoir tente de créer des emplois ! Cela se passe au moment où Alain Juppé, le champion de la droite dans les sondages, annonce un programme très libéral. Certains sont amenés à se poser légitimement la question de savoir si les mesures qu’il préconise sont compatibles avec l’esprit actuel des Français dont on voit à travers les études d’opinion qu’ils sont majoritairement opposés à une loi pourtant bien timide.

L’escalade vers le pire !

Ces députés « frondeurs » soi-disant courageux qui s’opposent au gouvernement s’arrangent pour ne pas provoquer la crise ultime qui conduirait à une dissolution. Cela exigerait un courage qu’ils n’ont pas. Leur seul objectif est de rendre impossible la candidature du sortant pour imposer un candidat plus en adéquation avec leur idéologie intangible. Alors ils se contentent de l’agitation et des mots. Pour attaquer la loi El Khomri, ils n’en désirent pas pour autant un retour prématuré de la droite qui ferait « pire » selon eux. Leur langage pour stigmatiser le texte, comme celui des communistes et des syndicats, est apocalyptique. On perçoit, dans leurs comportements, une sorte de vertige suicidaire : ils en appellent à une révolution bien archaïque que le différend sur la loi « travail » ne justifie pas et que l’état actuel du pays ne peut pas supporter. Et cette gauche en folie, qu’annonce-t-elle ? Les cheminots feront grève deux fois par semaine, « Nuit debout » se poursuit… Et toute cette agitation, ces violences, alimentées par une prophétie plus ou moins auto-réalisatrice, vont déboucher sur des désordres de plus en plus dévastateurs autant pour l’économie que pour la stabilité politique. Ce mélange d’aveuglement idéologique, d’idées caduques, de nostalgie d’un monde qui n’existe plus et dont ils refusent d’accompagner les transformations, est le plus terrible pour notre pays. Car s’il est impossible de réformer l’emploi, comment pourrions-nous passer aux autres réformes aussi urgentes qui attendent ?

Leur ligne Maginot : la droite « ultra-libérale ».

L’illusion, c’est bien sûr que le chef de l’Etat aurait, lui, contre vents et marées, sauvegardé ce modèle social que d’autres aspireraient à démolir. Rien de plus faux, évidemment. Le système court à la faillite parce que le gouvernement actuel n’a pas su rompre avec un chômage de masse subventionné à haute dose, avec une fiscalité asphyxiante dédiée au paiement à crédit de nouveaux droits et, par ricochet, avec une croissance trop atone pour assurer le train de vie fou de l’Etat impécunieux. Ainsi la « protection » tant vantée par la gauche est-elle une tromperie : la réalité est que les échecs de l’exécutif nourrissent la précarité et l’exclusion. Mais le Président pense éclipser ces piètres performances en exploitant la faille d’une opposition dont il va caricaturer les propositions. C’est vrai que les candidats à la primaire présentent un catalogue de mesures parfois au détriment d’une vision pour le pays. Mais celles-ci n’ont rien d’ultra-libérales comme le clame l’ectoplasme Cambadélis. Crier « Au secours, la droite revient ! » c’est un peu court. Mais cette description outrancière de la politique de l’offre à travers une loi soi-disant libérale, relayée en boucle par des Martinets ignares en économie, a pour but de décrédibiliser les propositions de la droite et du centre, voire de les rendre impossibles.

Montrer le chemin.

L’arrivée au Sénat de la loi El Khomry va au contraire donner l’occasion à la droite de réécrire le projet de loi : en s’appuyant sur le projet initial et en l’enrichissant de mesures pour améliorer la compétitivité des entreprises. Dans l’enceinte de la « haute assemblée », le texte va être discuté, ce qui n’a pas pu être fait avec le 49-3 à l’Assemblée. Bruno Retailleau souligne ce qui sera la ligne suivie par le groupe Les Républicains : « élaborer une doctrine de réforme du code du travail portée par Les Républicains et les centristes. » Les efforts d’enrichissements porteront sur le contrat de travail, la durée du travail, les seuils sociaux, tout en s’attaquant à l’usine à gaz du compte pénibilité… Il s’agit d’apporter de la flexibilité aux entreprises tout en favorisant la participation des salariés. Le but : gagner de la croissance, donc créer des emplois. Une véritable réforme sortira de ces travaux, avant d’être démolie à nouveau par la deuxième lecture. Mais le texte sera prêt pour l’alternance ! Profitons-en au passage pour faire comprendre aux Français le bien-fondé de la démarche.

 


UNE ELECTION N’A PAS DE PRIX… MAIS ELLE A UN COÛT !

Arnaque

 

« Tous les sortants l’ont fait ».

Cet argument facile est entendu pour justifier l’accumulation des dépenses soudainement décidées par le chef de l’Etat. Est-ce bien vrai ? Evidemment, non ! Tous les sortants ne l'ont pas fait. Imaginons la bronca qui se serait déchainée si le gouvernement de Nicolas Sarkozy s’était livré à pareille manœuvre en 2011. Il avait alors bien d’autres chats à fouetter à se battre avec la crise de l’euro. Tout au plus François Fillon prenait-il des mesures d’ajustement budgétaire pour assurer la sincérité des comptes et le redressement de la France : des taxes en plus et même une tva sociale. Comme mesures pour acheter un électorat on fait mieux !

Pareille prévention ne semble gêner l’hôte de l’Elysée.

C’est sans vergogne que les dépenses sont engagées en faveur de blocs entiers de son électorat pour tenter de le regagner, depuis qu’il sait qu’un « bonus » inattendu de 6 milliards d’euros a pu être dégagé grâce aux circonstances extérieures et notamment à la faiblesse des taux d’intérêt sur une dette qui ne cesse d’enfler. C’est quand même du jamais vu ! Nous sommes bien en présence d’un individu que rien n’arrête pour tenter de garder le pouvoir, quitte à « acheter » les voix. Pour quelqu’un qui a l’habitude de donner des cours de morale républicaine on attendait mieux. « Moi, Président je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour me faire réélire, y compris en utilisant les moyens les plus douteux ! » : voilà une phrase qui manquait à sa célèbre anaphore. À en juger par le dispositif qu’il met en place, il n’a aucun doute sur son droit à briguer un second mandat, même si son bilan est catastrophique. Qu’il n’ait aucune chance d’être réélu lui importe peu. En fait, il compte sur l’amélioration de la conjoncture au cours des mois qui viennent et il sait très bien que, de l’Élysée, il peut orienter l’ensemble de sa politique vers des mesures populaires pour tenter d’infléchir le sort. D’où la série de cadeaux qu’il a commencée à faire, dont il espère la reconnaissance des bénéficiaires. Après le plan pour l’emploi et la formation d’1,6 milliards d’€ qui servira à redresser les statistiques de l’emploi, 150 millions pour l’entretien du réseau routier, 825 millions pour les agriculteurs, 600 millions pour les fonctionnaires (2,4 milliards en année pleine), 400 millions pour alléger le suramortissement des investissements, 200 millions pour les jeunes (500 millions en année pleine), 265 millions pour la prime de 800 € des prof d’écoles, voici venir de nouveaux allègements d’impôts pour les ménages à revenus modestes (de l’ordre de 2 milliards s’il s’agit d’allègements visant la taxe d’habitation)… et cela alors que seulement 46% des ménages paient l’impôt sur le revenu.

Une politique irresponsable.

A l’Elysée, on sait très bien que prise une par une, ces dépenses peuvent trouver une justification : la justice, la police, les routes… même la revalorisation du salaire des enseignants, ne sont pas des dépenses choquantes en soi. Ce qui ne va pas c’est qu’elles ne font pas l’objet d’un programme bien établi comme la situation l’exigerait, avec les économies correspondantes en face pour ne pas alourdir le fardeau de la dette et les déficits. Il faut donc s’attendre à ce que l’objectif de passer sous les 3% de déficit budgétaire ne soit pas atteint, et Bruxelles n’a pas manqué de souligner ses doutes à ce sujet. Voilà le vrai scandale : non seulement ces cadeaux sont ouvertement ciblés sur une clientèle bien définie, mais en plus ils sont faits à crédit ! C’est, évidemment, ne pas mesurer l’exacte étendue du désastre. D’autant plus que tout cela a de grandes chances d’être réalisé en pure perte. Car on ne peut pas ignorer les divisions profondes au sein de son camp ni ne pas tenir compte des oppositions dressées contre lui, à droite comme à gauche et à l’extrême gauche. Rien que l’hostilité des frondeurs contre lui suffit à priver la gauche de toute chance de l’emporter en 2017. De toute évidence, le candidat Hollande s’arrangera pour que la primaire n’ait pas lieu à gauche, n’ayant aucun intérêt à se confronter à des concurrents qui pourraient faire mieux que lui sur sa gauche et l’extrême gauche. C’est pour réduire cette forte opposition au premier tour qu’il augmente inconsidérément la dépense publique. Oui, vraiment, c’est irresponsable !

Les donneurs de leçons aux abonnés absents.

Cette manière d’agir mériterait une cabale médiatique qui n’aurait pas manqué de se produire pour tout autre personnage, surtout s’il était de droite. Où sont les donneurs de leçon de Marianne, de Mediapart, du Monde, du Nouvel Obs… Ils regardent ailleurs, tout absorbés qu’ils sont par le tumulte artificiel des Nuits debout et casseurs patentés. C’est au contraire un déluge médiatique du candidat en campagne chaque jour, à nos frais, qui s’abat sur les pauvres électeurs. Un sondage annonce une hausse de trois points de sa cote de popularité. Une hirondelle ne fait pas le printemps et le chef de l’État a le temps de dégringoler de nouveau. Mais le frémissement d’aujourd’hui montre combien l’opinion est sensible à une amélioration, fût-elle faible et quelque peu frelatée, de la situation économique et sociale avec 60 000 chômeurs de moins en mars. Comme quoi, l’opposition ne doit pas mollir sur le pilonnage qu’elle devrait opérer pour dénoncer de tels agissements.

 


CACHER CET ARGENT QUE JE NE SAURAIS VOIR …

Des-liasses-de-billets

 

C’est en parodiant Tartuffe et son célèbre « couvrez ce sein que je ne saurais voir » que je réagis à la tempête qu’a déclenché le salaire de Carlos Ghosn, sanctionné par 54% des actionnaires de Renault mais maintenu par son conseil d’administration : vous pensez, 7 millions d’euros par an, il y a de quoi insulter les milliers de « smicards » qui travaillent dans l’entreprise nationale. Déjà Carlos Tavares, il y a peu, avait provoqué l’ire des gauchots bien-pensants et égalitaristes, pour un revenu pourtant plus modeste de quelques 5 millions d’euros.

Indécrottables français pétris d’égalitarisme qui voient dans l’argent le péché indépassable. Les saints d’aujourd’hui sont nos bons ayatolas écolos prêcheurs de la décroissance et de la pauvreté généralisée. La haine de l’argent fait partie du vieux fonds français qui va de pair avec la haine du libéralisme et du capitalisme. Elle justifie une fiscalité confiscatoire. Elle se traduit pas des spasmes réguliers depuis le « j’aime pas les riches ! »  et « mon ennemi, c’est la finance !» de François Hollande jusqu’à cette sortie du pape François à propos de l’argent : « le fumier du diable ». Pour ce dernier je n’aurai pas l’outrecuidance d’évoquer le cadre doré dans lequel il vit, ce serait tomber dans le piège, comme le fait si facilement « Marianne » avec ses « unes » phobiques sur fond catholico-républicain racoleur. C’est « Martinez-le-stalinien » qui va défiler avec ses (maigres) troupes sous les fenêtres du Medef pour dénoncer les détenteurs du capital, ennemis de la France.  Evidemment les « Nuit debout » ne sont pas en reste : ce ramassis d’anarchos ne peut que rejeter l’argent et rêver d’une société qui en serait dépourvue, une pure utopie. Rétrospectivement, on comprend mieux la disgrâce de Nicolas Sarkozy et sa tentative pour décomplexer les Français sur le sujet, avec pour résultat l’effet contraire. Quelqu’un qui aime l’argent, ça n’est pas très respectable, non ?

On touche à un point sensible. Il nous vient de loin : du clivage social de l’ancien régime dans lequel l’aristocratie (la noblesse) pouvait dépenser en laissant le travail servile aux manants ; de la religion catholique et particulièrement en France où il faut choisir en la religion et le veau d’or, ce qui a pour conséquence d’avoir institué le principe de culpabilité de « l’argent honteux » ; la République, enfin, et l’idéal égalitariste, devenu passion insatiable, que Stendhal commentait ainsi : 1789 a libéré la haine, la jalousie et l’envie impuissante. Le Général De Gaulle traduisait plus justement cette inclination par « chacun ressent ce qui lui manque plutôt que ce qu’il a déjà ». Ce triple héritage nous vaut bien des turpitudes. Ainsi, on préfère faire fuir les riches, on préfère décourager le travail qui équivaudrait à un « enrichissez-vous » méprisable. Chez nous l’économie de marché n’est supportée qu’à condition de punir sans cesse ceux qui en sont les acteurs.

Alors, évidemment, si une hiérarchie des revenus est inévitable, il faut qu’elle reste dans un ordre raisonnable, ce qui est le cas généralement. Qu’importe que les riches s’enrichissent car ils prennent des risques qui justifient une rémunération à proportion, si les autres vont mieux. Qu’importe que le salaire de Carlos Tavares double, si les ouvriers touchent une prime que permettent les bons résultats de l’entreprise. Mais c’est vrai, si les disparités sont trop grandes elles perdent leur caractère stimulant pour devenir décourageantes. Pourtant, voilà qui ne poserait aucunement question à un Américain, mais il est vrai que Dieu figure sur le dollar. Encore faut-il avoir les bons éléments de réflexion. Choquant le salaire de Carlos Ghosn : 7 millions d’euros plus 8 de chez Nissan. Le patron de Ford gagne 16 millions de dollars. Nous sommes sur un marché mondial. Nos grands capitaines d’industrie échappent à toute logique hexagonale. Veut-on revenir à des revenus compatibles avec nos principes, on le peut… mais on en aura pour notre argent. Il est toujours possible de confier Renault à un de nos brillants technocrates pour bien moins cher. Le problème est de savoir combien de temps il mettra pour couler la boîte. Et puis je voudrais qu’on m’explique pourquoi il y a problème quand il s’agit de chefs d’entreprises, et pourquoi les revenus d’un Zlatan Ibrahimovic, trois fois supérieurs, n’en pose pas ! On ne passe rien aux patrons, tout aux sportifs et aux artistes qui touchent des rémunérations astronomiques. Cela n’est pas rationnel.

Quand Emmanuel Macron invite les jeunes à avoir envie d’être milliardaires, il tente de briser le tabou qui enferme son camp dans des logiques mortifères pour l’économie, mais il n’invente rien. Il rejoint le « enrichissez-vous » de Guizot.  Un propos peut-être provocateur pour les bobos mais salutaire pour ceux qui voudront bien l’entendre comme un encouragement à travailler. Il n’y a pas de honte à être riche si c’est le fruit d’un travail ou d’un talent. Car c’est bien d’une revalorisation du travail et de l’effort dont notre pays a besoin. Et il y aurait une rééducation à faire … à l’école où celui qui est brillant est catégorisé comme « intello » et donc mis à l’écart et harcelé. Injustice vivante notoire et condamnable !  Comme on le voit, ce n’est pas gagné d’avance. En général, l’argent ne se vole pas, il est le fruit du labeur et de l’intelligence, et accompagne l’épanouissement personnel. On peut crier avec les loups : « ça pue le fric ! ». Moi, je trouve que « l’argent sent bon » bien qu’il n’ait pas d’odeur !