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L’UDI N’A PAS LE MONOPOLE DU CENTRE

 

UMP UDI
 

L’union fait la force. Elle est aussi un combat. Depuis toujours en politique. Aussi dès qu’une échéance électorale arrive, chacun veut montrer ses muscles et assène ses exigences. Tous les arguments sont bons pour se faire valoir.  Le problème, c’est le décompte des voix et l’appréciation de l’influence électorale des uns et des autres pour avoir les meilleurs arguments de négociation.

A gauche c’est pas mal compliqué.

Mais au moins les catégories sont nettement définies entre l’ultra gauche, les verts, les socialistes et les radicaux. Cela n’empêche pas les surenchères, mais chacun finit par s’y retrouver, vu qu’au premier tour, on a pris l’habitude de se compter pour faire jouer la discipline de gauche au second en faveur du mieux placé. C’est clair. Enfin presque. Le jeu s’est compliqué singulièrement depuis qu’une partie de l’électorat s’est mis à voter Front National et que Marine Le Pen puise ses cadres au NPA.

A droite, ce n’est pas compliqué, c’est complexe.

Enfin, si on veut bien considérer que le centre fait partie de la droite, comme l’y incline ses valeurs et la plupart de ses propositions économiques. La complexité provient de l’interpénétration des courants de pensée qui transgressent les frontières des partis. Ainsi je n’hésite pas à affirmer qu’on trouve plus de centristes à l’UMP, depuis que le parti a décidé de rassembler la droite et le centre en 2002, que dans toutes les officines qui prétendent regrouper le Centre, avec un C majuscule : UDI, Modem, alliance centriste, radicaux valoisiens… Avec l’UDI, au moins, les choses ont été clarifiées depuis que ses dirigeants ont pris position en faveur de l’alliance avec l’UMP. Ce dont on peut se féliciter.

Pour être allié, il faut être deux à le vouloir.

Cependant, c’est là aussi que la difficulté commence. Pour être allié il faut être deux. Ce qui rend le jeu délicat, ce sont les exigences toujours disproportionnées en provenance du « petit » à l’égard du « gros » toujours considéré comme l’ogre de service qui veut tout. Mais la stratégie du « ce qui est à moi, est à moi - ce qui est à toi est négociable » qu’il pratique peut se révéler rapidement insupportable. Je le sais pour avoir exercé ce type de chantage quand, à la tête d’une petite formation, je réclamais le double des places que mon poids électoral autorisait. C’est de bonne guerre à condition de ne pas se victimiser à outrance. C’est le talon d’Achille des petits de se sentir constamment persécutés. C’est à ce jeu que viennent de se livrer les responsables de l’UDI de Maine-et-Loire.

3 000 adhérents, faudra faire avec !

On n’y peut rien si l’UMP compte dans le Maine-et-Loire près de 3 000 adhérents, ce qui peut paraître écrasant pour des formations où on se compte seulement par dizaines (je ne veux pas être désagréable), et encore en comptabilisant les « sympathisants ». Je n’y peux rien si pour constituer les listes, le poids électoral doit être pris en considération. S’il est vrai que les élections au Conseil Départemental ont jusqu’à maintenant été particulières par l’exigence de notoriété locale nécessaire pour être candidat, ce qui conduisait souvent à afficher des étiquettes plus ou moins « apolitiques », les nouvelles conditions de l’élection, cette fois-ci, avec redécoupage des cantons et un nombre impressionnant de sortants qui jettent l’éponge, changent la donne. Il me semble en effet que les électeurs risquent d’être paumés et sans repères, tant les frontières des nouveaux cantons sont différentes. L’appellation politique  me semble indispensable pour guider leur vote. Croire que rien n’a changé par rapport aux élections précédentes serait faire une grossière erreur.

Alors oui, l’UMP a souhaité la plus large union.

Et bien sûr, son Conseil Départemental s’est prononcé sur le soutien à une liste de candidats couvrant l’ensemble du département, qu’ils soient adhérents (il y en a) ou non. Ce sont les statuts du parti, et c’est bien le moindre des respects que l’on doit à nos adhérents et militants qui ne regarderont pas si les candidats ont la carte quand on viendra sonner à leur porte pour aider à la campagne. Mais je ne vois pas comment, dans les binômes qu’impose la nouvelle loi, on aurait pu disséquer le soutien en fonction de l’appartenance ou pas. Si nos militants exigeaient patte blanche avant de se mettre en campagne, ça remettrait quelques pendules à l’heure. On ne m’empêchera pas de trouver qu’il est gonflé de voir dans cette présentation des choses une volonté d’hégémonie alors qu’on a été bien servi, comme pour le canton Angers-Centre, et qu’on ne se gêne pas pour présenter des candidats concurrents dans les cantons où ça arrange. Faut bien contenter les recalés. Tant pis pour les dégâts, s’il y en a. Il n’empêche, la campagne se fera sous les couleurs du « Rassemblement de la Droite et du Centre », qui correspond à la vocation de l’UMP et permet aux centristes de s’y retrouver, que chacun déclinera à sa façon, plutôt que sous le label « majorité départementale » qui ne veut rien dire.

Et vous m’excuserez d’être trivial en conclusion, mais tout le reste me parait de l’enc…age de mouches !

 

 


CHOMAGE, L’ANNEE NOIRE

Jamais la France n’a compté autant de chômeurs.

  Pole emploi directionFlanby découragé

Merci la gauche !

Merci HOLLANDE !

 Près de 6 millions de demandeurs d’emplois avec une explosion très nette en 2014, un chômage des jeunes en augmentation (+ 9 000),  une aggravation de la situation des chômeurs de longue durée, une politique de l’emploi toujours plus coûteuse : voilà le tableau.

Le mois de décembre n’a pas clos la chute mensuelle qui a jalonnée l’année 2014 : 8 000 chômeurs de plus en catégorie A. La France compte 189 100 chômeurs de plus, soit presque trois millions et demi de personnes sans travail. C’est 190 000 chômeurs de plus qu’il y a un an (5,7%) et 602 000 depuis mai 2012. Le mois dernier, la hausse du chômage a surtout touché les seniors (+0,6%) quand le chômage des jeunes a légèrement diminué (-0,2%). 43% des demandeurs d'emploi, soit plus de 2,2 millions de personnes, sont inscrites à Pôle emploi depuis plus d'un an. Il n’y a rien de surprenant à ce constat : tant qu’il n’y a pas de croissance, il n’y aura pas de créations d’emplois. Les mesures prises pour lutter contre se sont révélées coûteuses, insuffisantes et inopérantes. Il ne suffit pas d’accuser les patrons de ne pas embaucher quand on n’offre pas à ceux-ci les perspectives dont ils ont besoin pour envisager sereinement l’avenir. Pire, le gouvernement a utilisé des méthodes de lutte contre le chômage dont il pouvait se douter qu’elles seraient inopérantes. Il faut en finir avec cette pantomime tragique qui consiste à déclarer d’abord la «bataille de l’emploi», à bricoler ensuite des mesures usées à coups de contrats aidés, d’exonérations de charges et de grands plans, pour finalement se taire face à l’échec, attendant un retour de la croissance comme on « attend Godot ».

On ne peut pas se satisfaire de cette situation.

Ceux qui ont élu l’actuel président qui avait fait de la résorption du chômage une de ses principales promesses peuvent être déçus.  Deux ans après, le bilan est désastreux avec au pouvoir des responsables qui ne comprennent rien à l’entreprise et à ses logiques. En attendant, le cancer ronge l’économie et la société françaises. Le mal sévit depuis trop longtemps pour qu’on n’ait pas envie de ruer dans les brancards. Il réduit la croissance potentielle, contribuant au déclassement de la France, provoque la baisse du niveau de vie et l’appauvrissement des Français,  dont la richesse est 6% en –dessous de la moyenne des pays développés, et fournit évidemment le terreau de l’islamisme radical à une jeunesse privée d’avenir.

Logo_Pôle_Emploi

Aujourd’hui, la situation atteinte est critique. Tous les voyants sont au rouge avec près de 6 millions d’inscrits à Pôle Emploi. Non seulement la courbe ne s’inverse pas, mais elle s’accélère, avec un taux d’emploi qui reste faible (64%) et des destructions d’emplois qui s’emballent. Il ne suffit plus de se demander pourquoi notre pays est le seul parmi les pays développés à n’avoir jamais rétabli le plein emploi depuis les années 1970. Et pourquoi, encore aujourd’hui, il est le seul avec l’Italie, à voir le chômage continuer de progresser alors que le taux a chuté  en zone euro de 12,1% à 11,5%. Si rien ne change, La France n’a pas fini de pleurer sur sa misère sociale de s’émouvoir de la ghettoïsation et de l’apartheid imposé par ceux venus d’ailleurs, de s’insurger contre les inégalités, de s’effrayer d’une génération perdue… Le chômage de masse est un poison dont plus personne ou presque ne s’offusque.

Le chômage n’est donc pas une fatalité.

S’il ne se résorbe pas et continue à croître, c’est qu’on ne prend pas les mesures qui conviennent. Il faut en finir en France avec la préférence pour le chômage qui était un luxe qu’on pouvait se payer autrefois et qui condamne aujourd’hui notre pays au sous-développement. Le dialogue social, comme on vient de le constater ne débouche sur rien. Et pourtant les solutions existent, expérimentées ailleurs avec des résultats, qu’on refuse toujours de mettre en œuvre. La France préfère détruire des emplois plutôt que de réformer un modèle caduc. C’est insupportable ! Le retour au plein emploi est possible en France, il suffit d’en avoir la volonté politique pour lever tous les freins qui pèsent sur l’embauche et que durant des décennies on n’a cessé d’accumuler.

Il faut prendre le taureau par les cornes.

Six chantiers pour retrouver le plein emploi :

1 – Les seuils sociaux. D’abord, commençons par relever les seuils sociaux qui paralysent les patrons des petites et moyennes entreprises et qui les empêchent de passer de 9 à dix, de 49 à 50, etc… Il suffit pour s’en convaincre de constater le nombre d’entreprises par catégories et de constater qu’il y a très peu d’ETI (entreprises de taille intermédiaire), celles qui font la richesse de l’Allemagne à l’export.

Code du travail2- Le marché du travail. Réformons drastiquement le marché du travail qui est le seul en Europe à n’avoir pas été réformé. Il est structurellement malade, segmenté et grevé de surcoûts. Et commençons par réécrire le code du Travail pour en faire un document simple qui garantit l’essentiel. Il est évident que si les entreprises n’embauchent pas, c’est parce que le licenciement d’un salarié est devenu très coûteux pour elles. Il s’agit donc de les rassurer sur ce point.

Salaire-fiche-de-paie3 – Les charges et les impôts. Engageons résolument la baisse des charges et des impôts sur le travail en les finançant par la baisse des dépenses publiques et le transfert sur la TVA. Il est vital d’interrompre d’urgence l’hémorragie des faillites (63 000) qui résulte de l’effondrement des marges. Le CICE est une usine à gaz insuffisante qui ne transfère que 11 milliards quand l’Etat en a prélevé 35 depuis 2010.

35 heures 2

4 – La durée du travail. Décidons-nous, une bonne fois pour toutes à supprimer les 35 heures qui ont augmenté le coût du travail de 17% et durci le chômage structurel, pour relever la durée du travail à 39 heures, en assouplissant les conditions d’embauche et de licenciement des CDI tout en confortant les droits à la formation des CDD et des intérimaires.

Chômeur pro5 – L’assurance-chômage. Enfin, agissons aussi sur le ressort d’aubaine qui fait préférer l’inactivité. L’assurance-chômage doit être réformée et les allocations devenir dégressives, avec deux objectifs : celui d’inciter au retour à l’emploi et celui de réduire le déficit qui atteint 19 milliards d’euros.

Apprentissage6 – L’alternance. Complétons le dispositif, en matière de politique de formation et d’éducation, en privilégiant les filières qui débouchent sur l’emploi, en valorisant et facilitant l’apprentissage et les contrats emploi-formation.

 

Il sera temps ensuite, ou conjointement de s’intéresser aux progrès de l’économie de la connaissance et de lutter contre l’exil massif des talents et des cerveaux provoqué par une fiscalité confiscatoire, par une réglementation désuète et la condamnation du risque et de la réussite.

Celui (ou celle) qui aura l’audace de mettre en œuvre cette politique sera le sauveur de l’économie française. Car ailleurs en Europe, dans des pays moins saturés d’idéologie que le nôtre, le quasi plein emploi existe. Rien ne l’interdit en France. Encore faut-il ne pas préférer à la remise en cause de doctrines obsolètes la facilité de l’échec… payé à crédit !


CE « QE » C’EST QUOI ?

Un peu d'économie pour les nuls, comme moi.

 

Draghi

La Banque centrale européenne a lancé une opération monétaire inédite pour relancer la croissance en zone euro. De quoi s'agit-il ? Pourquoi l'Allemagne est-elle réticente? Qui va en profiter? Explications pour les non-initiés.

 

Qu'est-ce que le « Quantitative Easing » (QE) ?

Planche à billetsLe « Quantitative Easing » (QE) ou assouplissement quantitatif, c'est la version moderne de « la planche à billet ». Il s'agit d'un instrument de politique monétaire « non conventionnel ». Habituellement, la Banque centrale européenne (BCE) utilise comme principal outil, le taux d'intérêt auquel elle accorde des prêts aux banques. Taux directeur qui détermine celui des crédits auxquels souscrivent les ménages et les entreprises. En raison de l'ampleur de la crise, les banques centrales ont été amenées à prendre des mesures dès 2008, consistant notamment à acheter des obligations ou des billets de trésorerie émis par les entreprises, à reprendre les actifs de banque ou des prêts au secteur privé transformés en obligations (ABS). C’est pour cela qu’on qualifie ce type de politique comme « non conventionnelle ». Mais le «QE» dont on parle aujourd'hui est différent, il s'inspire de ce que fait la « Fed » aux États-Unis, la Banque d'Angleterre ou la Banque du Japon depuis les années 2000.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Le « QE » consiste à racheter des dettes souveraines, des obligations d'États à long terme, à 7 ans ou 10 ans, sur les marchés. En échange de ces achats, la BCE crée de la monnaie, des liquidités nouvelles, qu'elle injecte dans les circuits financiers. Les pays de la zone euro étant très endettés, les dettes d'État abondent. Il en existe 7 000 milliards d'euros en circulation. Evidemment, La BCE ne peut racheter que des titres biens cotés par les agences de notations, ce qui exclut les titres grecs ou chypriotes. La BCE peut acheter elle-même les titres et les garder sur son bilan, ce qui fait partager les risques financiers à l'ensemble des États membres de la zone euro.

 

Quantitative-easing-01

 

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En quoi cette opération est-elle inédite?

La zone euro ne s'est jamais lancée dans l'aventure d'un « QE » à l'américaine, car le traité de Maastricht -repris dans le traité de Lisbonne aujourd'hui en vigueur- interdit expressément le « financement monétaire » des États. Si elle sert à financer les déficits des États membres, la « planche à billets » est proscrite. C'était l'une des conditions fixées par l'Allemagne, pour renoncer au Deustch Mark, au profit de l'euro. L'assouplissement quantitatif n'est acceptable, aux yeux de la justice européenne, que s'il s'agit d'un instrument exceptionnel permettant à la BCE d'atteindre son objectif d'inflation de 2 % à moyen terme ou de sauver l'euro.

Pourquoi la BCE s’est résolue à lancer cette opération?


Baisse des prixDepuis un an et demi, l'inflation est à un niveau jugé « extrêmement bas » par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi. En décembre, les prix dans la zone euro ont reculé de 0,2%. Or, selon son mandat, l'institution financière doit maintenir le taux de l'inflation sous les 2 % « mais pas à un niveau trop éloigné de ce seuil maximal », rappelle Jean-Claude Trichet, ancien président de la BCE. Cette tendance fait craindre à la plupart des pays de la zone euro, à l'exception de l'Allemagne, que l'Europe s'installe dans la déflation, c'est-à-dire la « diminution générale et durable des prix », selon la définition de l'Insee. Le risque c'est que la baisse des prix se transmette aux salaires, et affaiblisse encore la croissance. Le « QE » est donc une arme anti-déflation.

La déflation, c'est grave?

Déflation 2

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La déflation est au moins aussi grave que l'inflation, mais plus difficile à combattre. C'est le cauchemar des banques centrales, car il est très difficile d'en sortir, si ce n'est en recourant massivement à la planche à billets… Ce fléau économique sévit depuis deux décennies au Japon et Shinzo Abe vient de se casser les dents dessus malgré ses « Abenomics ». La déflation a accompagné le krach boursier de 1929 aux États-Unis et en Europe, avec les millions de chômeurs qu’elle a créés. Cependant, la zone euro n’est pas encore en déflation. Les prix reculent surtout en raison de la chute des prix du pétrole considérée comme une bonne nouvelle, mais le danger est là, notamment dans les pays du sud où les prix baissent depuis plusieurs mois. Et c'est pour éviter de tomber dans le piège que la BCE veut agir avant qu'il ne soit trop tard.

L'Allemagne n’était pas favorable à cette opération.

L'Allemagne n'aime pas la « planche à billets », synonyme de laxisme. Elle craint, à juste titre, que cela n'alimente des bulles financières et qu'en dépréciant l'euro et en facilitant l'endettement, cela décourage les réformes structurelles dans les États du sud de l'Europe. L'inflation est également une crainte historique des Allemands, traumatisés par la folle envolée des prix des années 1920, qui a ruiné les petits épargnants et les classes moyennes, et dans la conscience collective fait le lit du régime nazi. Néanmoins, toutes les études ont démontré que le recours au « QE » » n'augmenterait pas l'inflation. Mais surtout l'Allemagne ne croit pas au risque de déflation brandi par la BCE. Il n'y avait donc pour elle aucune urgence à décider d'un assouplissement monétaire pour lequel la peur de la déflation n’est qu’un prétexte pour répondre à la demande des pays comme la France et l’Italie qui espèrent ainsi retrouver une croissance à bon compte.

Quels seront les gagnants et les perdants ?

Baisse de l'euroLes pays périphériques de la zone euro (Italie, Espagne, Portugal, Irlande), seront probablement les plus grands gagnants d'un « QE » à l'américaine. L'Italie et l'Espagne vont  bénéficier d'une offre de crédit plus abondante et moins onéreuse, alors qu'aujourd'hui, ils font face à une pénurie de crédit. Ils bénéficieront aussi de la dépréciation de l'euro entraîné par ce surcroît d'offre de monnaie pour exporter plus. Et de ce point de vue, la manœuvre a réussi au-delà des espérances. Cela dit, l'Allemagne gagnera aussi beaucoup d'une baisse de l'euro, car sa croissance dépend de plus en plus des exportations vers les pays émergents.

En France, le «QE» aura un impact moindre. Le Trésor français emprunte déjà à des taux historiquement bas et le crédit est disponible et bon marché. C'est la demande de crédit qui ne suit pas, par manque de confiance. Pourquoi, en effet, demander un crédit lorsque l'on est assommé d'impôts et de réglementations tatillonnes ? L’exécutif ne l’a toujours pas compris qui accuse les patrons de ne pas embaucher. La France qui s'est tant plainte de « l'euro fort » sera surtout aidée par la dépréciation du change. Ses exportations en zone dollar seront plus compétitives. Mais ce sont les entreprises du CAC 40 qui seront les grandes gagnantes. Du côté des ménages, les emprunteurs seront avantagés -ils peuvent emprunter moins cher ou renégocier leur crédit-, alors que les épargnants verront leur épargne leur rapporter moins. Le « QE » incite, en principe, à demander un crédit, à dépenser, à prendre des risques en Bourse, et non à épargner sur un livret A, ou en obligations d'État par le biais d'assurances vie en fonds euros…

Voilà, vous savez tout… ou presque.

 


PLUS DE BEURRE QUE DE PAIN

 

Tsipras

Ventre affamé n’a pas point d’oreilles. Les Grecs qui ont dû faire face à la pire crise économique de tous les pays européens, n’ont donc entendu aucun des arguments des sortants, qui pourtant ont réussi à faire avancer le pays vers le retour à la croissance tout en le désendettant. Etait-ce suffisant ? Certes non, mais il aurait peut-être mieux valu continuer sur le même chemin plutôt que d’écouter les sirènes tentantes de l’ultra gauche de Syriza. Car, dans un contexte de ce type, il est facile de gagner en promettant « plus de beurre que de pain ». Les Grecs auraient pourtant pu se souvenir de la mésaventure survenue à Papandréou élu sur des promesses intenables et balayé par le vent de déception qu’il souleva. La même mésaventure pourrait bien arriver à Alexis Tsipras, malgré son charisme médiatique.

La victoire d’un marchand d’illusions.

Syriza, le parti de la gauche radicale qu’il dirige a remporté les élections grecques en s’adjugeant 149 sièges (la majorité absolue est de 151), ce qui crée un nouveau rapport entre la Grèce et l’Europe. Celle-ci lui a imposé un programme économique d’austérité en échange de prêts dont le montant s’élève à quelque 300 milliards d’euros. Syriza réclame un effacement d’une partie de la dette. Il entend bien adopter un salaire minimum et une revalorisation des petites retraites et des bas salaires. Sans en avoir les financements. M. Tsipras a remporté une victoire sans bavures qui relègue le Pasok, le parti socialiste, dans le camp des partis ultra-minoritaires. Les Grecs et beaucoup de Français, croient que, grâce à leur vote, ils ont subitement guéri le mal qui les accable. Ils voient en M. Tsipras le foudre de guerre, le révolutionnaire qu’il n’est pas. Celui-ci ne souhaite pas l’abandon de l’euro par la Grèce ; il veut seulement négocier des modalités de remboursement plus confortables, assorties d’un effacement supplémentaire de la dette. Il lui faudra négocier ferme car il n’est pas en position de force. Il a besoin en effet d’argent frais rapidement, sinon, il ne pourra pas payer les fonctionnaires grecs à partir du mois de mars. L’enthousiasme populaire n’y change rien et il ne suffit pas de chanter l’Internationale à Paris avec le Front de Gauche : les Grecs restent dépendants de l’Europe. Ils auraient tort de croire leurs tourments terminés.

Qui se ressemble s’assemble.

L’aversion pour l’euro et l’Europe est devenue telle chez certains que les frontières idéologiques ont disparu : Marine Le Pen s’exclame : « une gifle monstrueuse pour l’Europe », Nicolas Dupont-Aignan applaudit et ils se retrouvent, curieusement, dans le camp de l’extrême gauche, avec tous Les Verts, les communistes, les écologistes, les frondeurs, qui rêvent de constituer une gauche alternative qui supplanterait le parti socialiste et s’emparerait du pouvoir, tandis que Jean-Luc Mélenchon se réjouit de ce que « la toute-puissance arrogante des libéraux » se soit « fracassée en Grèce ». Ils ont le droit de rêver. Car les Grecs ne pourront survivre que si, dans les négociations avec Bruxelles,  Alexis Tsipras fait des concessions. S’il renonce à les faire, la Grèce sortira de la zone euro.Mme Le Pen, qui propose la même démarche pour la France, pourra alors en mesurer les effets dévastateurs sur l’économie grecque. On ne peut pas souhaiter aux Grecs une telle expérience. Elle aurait néanmoins un énorme effet de dissuasion sur le reste de l’Europe et sur la France en particulier. 

Du bon usage de Syriza pour la Grèce.

Le triomphe de Syriza n’inquiète  pas les Européens : la victoire est annoncée depuis longtemps et ils ont eu le temps de s’y préparer. Il sera difficile au nouveau gouvernement grec de renoncer aux acquis obtenus grâce aux réformes : le budget grec serait excédentaire si le poids de la dette n’existait pas. Le pays a redressé son commerce extérieur et le chômage commence à baisser. S’il n’y avait pas d’accord avec Bruxelles, si la Grèce finissait par quitter l’euro donc l’Europe, ce que personne ne souhaite, la dévaluation de la monnaie nationale produirait des effets bien plus graves que ceux des réformes. Par ailleurs, la situation de l’Union européenne n’est plus celle de 2008. Aujourd’hui, grâce aux dispositions prises depuis six ans, les banques privées et publiques sont beaucoup mieux armées contre un défaut grec. La gauche française qui se réjouit tant du succès de Syriza oublie que la France est exposée à la dette grecque à hauteur de 55 milliards d’euros. Une somme que nous risquerions de ne plus jamais revoir si le nouveau gouvernement grec manquait de réalisme. Mais sa marge de manœuvre est mince. Il devra réussir là où les autres avant lui ont échoué  en réalisant enfin les réformes essentielles : celles du cadastre, de l’Église orthodoxe et de la marine marchande. Si ces réformes avaient été mises en oeuvre, il aurait été possible d’alléger le fardeau fiscal qui écrase les classes pauvre et moyenne. Au lieu de chercher à ne pas rembourser, les Grecs seraient plus avisés d’exiger que leurs riches commencent à faire des sacrifices. Après tout, M. Tsipras est bien placé pour le réaliser. Ce n’est pas nous qui nous en plaindront qui devraient payer à leur place en cas de défaut !

 


EDUCATION : DERRIERE LES MOTS, L’IMPUISSANCE !

 

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Ce ne sont pas les quelques mesurettes proposées qui changeront quelque chose au grand malaise éducatif. Derrière les mots se cache l’impuissance. Et, comme en pédagogie, le péremptoire ne sert plus à rien : il ne suffit pas d’affirmer pour que cela soit compris, entendu, mémorisé. C’est pourtant à cet exercice que s’est prêté le Président de la République.

Que peut-on attendre de ces mesurettes ?

On noter d’abord la faiblesse des moyens alloués : 250 millions d’euros sur trois ans. Une goutte d’eau dans la mer. Si on se gargarise de grands mots comme « mobilisation de l’école pour la République », on peine sur le service après-vente avec 1000 formateurs à la laïcité et à l’enseignement moral et civique  d’ici juillet (pour former qui ? les élèves, les enseignants ?), le renforcement des sanctions pour les manquements à l’autorité des enseignants avec des travaux d’intérêt général qui existaient déjà mais mis en sommeil après 2012, la « valorisation des rites républicains » et enfin un nouveau parcours citoyen de l’école élémentaire à la terminale avec évaluation en fin de parcours (on ne dit pas sous quelle forme). La maitrise du Français devient un chantier prioritaire sans qu’on dise comment. La mise en place d’une journée de la Laïcité est typique de ces mesures dont la gauche raffole. Il n’y a pas grand-chose à attendre de cet arsenal à la fois parce qu’il n’est pas à la hauteur et parce qu’il reste trop dans l’affirmation. La « contrainte » reste faible, tant pour les enseignants que pour les élèves.

Retour aux sources.

Il est grand temps que la gauche renoue avec les valeurs républicaines qui étaient les siennes il y a un siècle, dont Manolito se réclame encore, et abandonne le multiculturalisme et le communautarisme  imposés par les gaucho-bobos dans les années 90 au nom du « respect de l’autre ». Du coup on a inversé les valeurs, et l’intégration s’est mise à marcher à reculons. Disons-le clairement, ceux-là ont renoncé de fait au caractère universel de nos valeurs, celles des lumières, celles de la révolution française, qui avaient mis plus d’un siècle à s’imposer. Ils ont fait le lit de cet apartheid des quartiers que le Premier Ministre dénonce aujourd’hui. Les conséquences en furent catastrophiques : ce fut la guerre du « foulard » puis du voile, puis de la burka. Le système éducatif a été assailli de demandes inacceptables au nom du respect de coutumes ou d’interdits religieux qui n’ont rien à voir avec l’école. Les profs eux-mêmes, sous l’influence des syndicats de gauche, ont adhéré à cette évolution et ont opposé une résistance passive pour la plupart, actives et violente parfois, aux décisions venues d’en-haut, notamment chaque fois qu’il a été question d’enseigner les valeurs de la République et la citoyenneté. Il est tellement plus facile de donner le droit de vote aux étrangers de ces communautés pour sacraliser le séparatisme. Il faut tout reprendre à la base. Les profs, les parents, les élèves.

Aux grands maux, les grands remèdes.

Il faut faire des établissements scolaires des « forteresses de la République ».  Si j’étais Ministre de l’Education, je proposerais :

-          Le recyclage de tous les enseignants en formation professionnelle obligatoire pour s’assurer de leur capacité à enseigner les valeurs de la République (contenu philosophique, Histoire…) et des méthodes en vérifiant qu’ils se sont appropriés les programmes.

-          La mise en place d’un cadre républicain au quotidien : drapeau au fronton de l’établissement, Déclaration des Droits de l’Homme affichée dans toutes les classes avec le buste de Marianne.

-          Exigences uniformes pour tous les établissements d’un code d’autorité : mise en rangs en silence, autorisation de s’asseoir en classe, élèves qui se lèvent à l’entrée d’un adulte, demande de parole en levant le doigt… Toutes choses qui ont été largement abandonnées.

-          Mise en place d’un corps d’inspecteurs spécialisés pour procéder en continu à l’évaluation des enseignants et vérifier que les programmes d’éducation civique sont bien réalisés.

-          Rétablissement d’une note (ou évaluation) de conduite et comportement avec un passeport citoyen pour chaque élève dès le CE2 et jusqu’en terminale, avec notation entrant dans le système d’évaluation.

-          Implication systématique des parents en cas de manquements aux principes civiques et laïcs, avec responsabilisation (suspension des allocations familiales par exemple).

-          Mise en place d’un dispositif « un jeune, une solution », pour mettre fin à l’errance des jeunes sortis du système sans aucun diplôme et désoeuvrés. Ce dispositif regroupera sous une seule autorité tous les moyens (multiples et nombreux) qui existent déjà mais éparpillés et qui seront regroupés et redéployés pour l’occasion : stages de formation professionnelle, apprentissages, emplois-formation, service civique, école de la 2ème chance, centres éducatifs, enrôlement à durée déterminée dans l’armée… La détection se fera comme au temps du conseil de révision. A 16 ans, tous les jeune seront recensés et devront passer devant un « conseil d’intégration sociale » devant lequel chacun(e) devra décliner le cursus qu’il poursuit ou à défaut être orienté vers un dispositif  adapté à son profil.

-          Pour les cas les plus difficiles, des « brigades civiques » seront créées avec affectation à caractère judiciaire, avec pour but d’éloigner ces jeunes de leur milieu ou de leur environnement, en les envoyant en mission humanitaire « très encadrée » à l’étranger pendant un certain temps, le temps d’acquérir une formation et une nouvelle mentalité.

Voilà quelques moyens concrets qui pourraient remédier à la tentation communautaire et faciliter l’assimilation. Ils supposent une volonté politique et une application dans la durée, sans quoi rien de profond ne sera réalisé. De nombreux dispositifs existant déjà et financés, cela ne devrait pas mobiliser des dépenses nouvelles onéreuses.

 


ILS N’ONT VRAIMENT PAS HONTE !

 

Valls 2


Manuel, tu pousses le bouchon un peu loin ! (pour la gauche)

Avec les décisions prises pour lutter contre le terrorisme et l’islam radical, les socialistes réinventent le fil à couper le beurre. Ils découvrent avec délice le principe d’autorité à l’école, ils préconisent pour la détection et le suivi des individus suspects un arsenal de mesures de contrôle, d’écoutes qu’hier encore ils refusaient. Manuel Valls vient de faire avec beaucoup de lucidité un amer constat sur la situation dans les quartiers pour lesquels il parle d’un « apartheid territorial, social et ethnique » qui aurait valu les foudres de la gauche s’il avait été fait par Nicolas Sarkozy. Plus à droite que moi tu meurs ! Je parie que ça ne va pas durer longtemps et la ficelle est un peu grosse. Il pourrait au moins se demander comment on en est arrivé là et si la gauche n'avait pas sa (large) part de responsabilité.

Quelle majorité pour la reconquête ?

Car l’autre gauche, qui se tait pour l’instant, assommée par les manifestations du 11 janvier et l’horreur des crimes perpétrés, murmure déjà ses désaccords. L’énergie déployée par le Premier Ministre, soutenue et encouragée mezzo voce par la droite au nom de l’intérêt supérieur du pays, doit suppléer à l’inertie silencieuse de la Ministre de la Justice et des frondeurs de l’Assemblée nationale. Les chantiers sont bien identifiés  concernant la citoyenneté qu’il faut renforcer ou faire apprendre et la mixité urbaine qu’il faut rétablir. Mais au-delà des mots, qui s’y attellera ? Ce sont des quartiers entiers qu’il faudrait déménager, ce sont des milliers d’habitants qu’il faudrait déplacer et éparpiller, ce sont des dizaines d’établissements scolaires qu’il faudrait peupler différemment… Il serait étonnant que les « altermondialistes angéliques » laissent faire. Ce ne sont pas 2 680 emplois supplémentaires à saupoudrer entre la justice, la police et l’armée qui vont suffire.

L’Etat doit se faire respecter partout.

Le gouvernement a-t-il la ferme volonté de reconquérir les « territoires perdus de la République » ?  On voudrait le croire. Mais alors qu’il commence par faire respecter la loi partout, y compris dans les ZAD occupées par une faune de libertariens que n’auraient pas désavoués les « Charlie Hebdo ». C’est la condition sine qua none pour qu’il soit pris au sérieux. Ce n’est pas le moindre paradoxe auquel la politique de gauche va être confrontée. L’ordre juste comme disait Mme « Royal » ce n’est pas « juste de l’ordre où ça arrange ». Avec les tentatives d’abonnements collectifs à « Charlie Hebdo », comme à la Région des Pays de la Loire, une autre tentative de récupération se fait jour. Cette volonté de s’approprier le mouvement « je suis Charlie » comme si cela allait de soi est une mystification. On voudrait détourner le message envoyé par les millions de Français qui ont voulu crier « leur identité » à cette occasion qu’on ne s’y prendrait pas mieux.

La force des mots ne doit pas cacher la faiblesse de la réponse.

Les réponses à apporter le plus rapidement possible ce n’est pas une hypothétique loi votée dans deux mois. Deux priorités s’imposent au gouvernement. En premier, c’est qu’effectivement la République doit réoccuper tous les territoires de la nation, quitte à mettre « le paquet ». Les zones de non-droit où règnent la drogue, la violence et le racket doivent être réduites. Les zones de « droit parallèle communautaire» doivent disparaitre. Les zones d’homogénéité ethnique doivent régresser grâce à une politique active de mixité. Cela suppose que tous les services publics réinvestissent massivement les quartiers concernés par un redéploiement sans faille : école, administration, police… et les mettre en situation de relever tous les défis et toutes les provocations. L’action devra être prolongée sur le plan carcéral par une politique appropriée de détection des détenus radicaux pour les isoler. En second, l’Etat doit pouvoir s’appuyer sur une représentation réelle de la population musulmane avec une communauté des imams reconnue par elle. Il est urgent de l’organiser et d’exiger d’eux un minimum comme parler notre langue ou être français, ou encore interdire qu’ils soient nommés ou dépendants d’un état extérieur. La démarche peut très bien être menée dans le cadre de la loi de 1905.

Après les illusions que font naitre les discours velléitaires peuvent rapidement venir les désillusions.

 


ON N’EMPRISONNE PAS VOLTAIRE !

Voltaire


En France, le respect des œuvres de l’esprit, quel qu’en soit le niveau, est une tradition. On le doit en partie à Voltaire. C’est le Général de Gaulle à qui on conseillait de poursuivre Sartre pour son « Manifeste des 121» en faveur de l’insoumission, pendant la guerre d’Algérie, qui eut la formule : « on n’emprisonne pas Voltaire », pour signifier son refus d’intenter des poursuites. Voltaire c’est un symbole de la liberté d’opinion. Ce titre de gloire, il le doit à l’action qu’il mena contre le fonctionnement de la justice dans l’affaire Calas et à l’immense correspondance qui témoigne de son combat contre l’obscurantisme. C’est déjà à cette époque, le pouvoir de l’écrivain qui, par sa plume, se lève contre ceux qui tentent de faire triompher les préjugés. Et il n’a épargné aucun pouvoir établi. De là à faire entrer les dessinateurs de Charlie hebdo au Panthéon comme lui, il y a un immense pas qu’on ne saurait franchir.

Notre « éclairé » du XVIIIème siècle doit bien se marrer là-haut. Avec le massacre du 7 janvier et le mouvement « Je suis Charlie », il est devenu « tendance ». Pas un bobo de gauche, quand ce n’est pas le présentateur lui-même, qui ne fasse référence sur les plateaux télé ou ailleurs à la fameuse sentence : « Je ne suis pas d'accord avec votre opinion, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez l'exprimer », pensant briller en citant Voltaire. Sauf que personne n’est capable d’en préciser la source exacte dans son œuvre. Peu importe, l’esprit voltairien n’est pas trahi pour autant.

Mais avec le nouveau numéro de Charlie Hebdo et la caricature de Mahomet, si peu choquante soit-elle, j’ai l’impression qu’on abuse du label voltairien sur la liberté d’expression. La formule plait parce qu’elle permet le plus large soutien à la cause du journal satirique, alors que c’est du principe seul du droit à l’expression qu’il s’agit. Un paravent commode pour camoufler une récupération politique par une ultra-gauche avec laquelle je ne me sens rien de commun. Tolérance ne veut pas dire approbation. Je n’ai jamais acheté ce canard satirique que j’ai toujours trouvé excessif dans son mépris de tout ce qui est corps constitués de la République et de l’Etat. Ni dieu ni maître, dont acte, mais pour eux, pas pour moi. C’est une première tentative de se servir de « Je suis Charlie ».  Une manière d’emprisonner Voltaire au service d’une cause exclusive.

Le gouvernement n’est pas en reste qui entend surfer sur la vague d’unité nationale en mélangeant les tenants et les aboutissants. Mais à force de pérorer sur la règle de la liberté d’expression tout en voulant rassurer les musulmans, ce qu’on peut comprendre, les deux chefs de l’exécutif font aussi de la récupération et tombent à nouveau dans le piège communautaire. C’est l’ensemble des Français qui ont besoin d’être rassurés et notamment face à la pratique de l’Islam en France dont le communautarisme de plus en plus ostentatoire qu’il affiche les inquiète. N’est pas Voltaire qui veut. Mais là encore on a bien l’impression qu’il sert de caution à une démarche de récupération du mouvement « Je suis Charlie », ce qui est une autre manière de tenter de l’emprisonner. Ce n’est pas ce que le peuple français attend. Comme beaucoup d’autres, je n’ai pas marché pour Hollande, je n’ai pas marché pour sauver Charlie Hebdo. J’ai marché par compassion pour des gens qui ont été lâchement assassinés et pour protester contre ces tueurs qui ont voulu faire justice au nom d’une loi qui n’est pas la nôtre. Une manière « d’écraser l’infâme » comme aurait dit Voltaire.

On sent revenir à grands pas la tentation du déni. Au nom de la lutte contre l’islamophobie, l’autocensure se réinstalle doucement pour ne pas « froisser », et malgré les crayons brandis, malgré les professions de foi martiales, il se pourrait bien qu’il y ait de moins en moins de « Charlie ». Comme Alain Finkielkraut, je pense qu’il est absurde d’affirmer que les assassins des journalistes de Charlie Hebdo étaient « sans foi ni loi » ou comme l’affirme le président de la République qu’ils n’ont aucun rapport avec la religion musulmane. Qu’on m’explique alors pourquoi la publication du dernier exemplaire du journal satirique déclenche la fureur dans les pays musulmans, y compris jusqu’en Turquie ! L’islamisme n’est pas l’Islam mais il en est tout de même une « maladie » dont les populations modérées, par peur ou par paresse, n’osent se désolidariser. On l’a bien vu lors des manifestations du 11 janvier avec la faible participation des « quartiers ». Et comme l’écrit Gilles Kepel, si on veut résoudre la crise du « vivre ensemble », il faut cesser de fournir l’excuse de la discrimination et de l’exclusion aux salafistes qui veulent subvertir moralement et juridiquement les valeurs de la société française, ce que font journellement les Plenel, Birnbaum, Joffrin et consorts. Ils n’emprisonneront pas Voltaire parce qu’on ne les laissera pas faire. Les imams chantant la Marseillaise, hier, lors de leur rassemblement annuel, nous y encouragent !

 


L’EDUCATION AU CŒUR DU PROBLEME

Laicite

Un triste constat.

Je ne vais pas jeter la pierre aux enseignants : bien souvent, ils ne font que ce qu’ils peuvent et il arrive trop souvent que leurs efforts ne soient pas récompensés. D’autant plus qu’ils sont au service d’un système qui a perdu ses repères et son efficacité, brinquebalé entre une hiérarchie dont le pilote change trop souvent, des directives multiples et fluctuantes, des parents inquisiteurs-consommateurs et des élèves mal élevés pour la plupart. Leur savoir a perdu son crédit concurrencé par internet et le peu d’autorité qui leur reste tient plus à la personnalité individuelle qu’à la place que leur concède la machine éducative. On ne peut donc pas s’étonner que l’éducation nationale laisse sur le pavé des milliers d’enfants sans formation et que ceux qui sortent de leur cursus d’études ont trop souvent des connaissances fragiles et mal assimilées. Triste constat que les événements de la semaine dernière viennent d’aggraver : on découvre avec amertume qu’en plus les valeurs sacro-saintes de notre République que l’enseignement de l’éducation civique aurait dû inculquer, non seulement ne sont pas assimilées mais contestées. Ces cerveaux qu’on a laissé en jachère, d’autres savent les remplir.

La religion en question.

On ne sera pas surpris de découvrir que les élèves qui ont refusé de participer aux minutes de silence dans les établissements, et sans vouloir stigmatiser, étaient pour la plupart musulmans. A ce sujet j’ai entendu dans les débats tous les arguments sur le respect, la tolérance, l’esprit voltairien (qui a lu Voltaire ?), la liberté d’expression et j’en passe. Pas un de nos intellectuels n’a expliqué qu’en fait le malaise profond vient d’un constat tout simple : pour ces élèves-là, ce n’est pas la loi de la République qui importe, mais la loi religieuse, la « charia » qu’ils placent en premier, et c’est au nom de cette loi que les assassins ont agi. C’est le fondement du communautarisme. Tant qu’on ne réussira pas à leur faire comprendre que la laïcité de l’Etat, dans notre pays, sépare les règles religieuses et la loi républicaine, et que celle-ci est primordiale, nous aurons tous les comportements inappropriés que l’on rencontre et qui ont commencé avec le port du foulard.

La dérive communautariste.

Depuis plus de vingt ans, nous sommes confrontés à ce problème sans le nommer clairement, entre volonté de ne pas stigmatiser et déni. C’est Lionel Jospin, alors Ministre de l’Education (1989) qui a commis l’erreur magistrale : en dévoluant aux chefs d’établissement la décision d’autoriser ou non le port du foulard il abandonnait le principe de laïcité qu’impose l’Etat pour entrer dans une démarche communautariste. Une brèche était ouverte qui a permis ensuite à d’autres revendications de fleurir : refus de certains enseignements scientifiques, contestation du menu des cantines, exigences pour les piscines, sans parler de l’accoutrement vestimentaire des filles… L’école de la République n’est plus universelle. Comment alors enseigner la « Laïcité » ?

L'école impuissante et dépassée.

Par ailleurs, le civisme et la laïcité reposent sur des vertus qui nécessitent pour les pratiquer une conscience fondée sur un esprit correctement formé et cultivé, qui inclut l’apprentissage de l’esprit critique et l’accès à la relativité du jugement. Or nos enseignants ont déjà tant de mal à faire apprendre le « b-a ba » de notre langue que c’est rêver d’imaginer qu’ils puissent aller aussi loin dans l’éducation de cerveaux rétifs à l’effort et à la réflexion. En plus, ils ne sont pas aidés par le milieu familial, soit parce qu’il est inexistant ou démuni, ou encore d’une autre culture. Et la concurrence des réseaux sociaux où, paraît-il, les élèves d’aujourd’hui puisent 90% de leurs connaissances (effrayant !) rend leur tâche presqu’impossible.

On sait ce qu'il faudrait faire...

Et pourtant, on est au cœur du problème. Les solutions passent probablement par une meilleure formation des enseignants. Encore faudrait-il arrêter de parler de société multiculturelle et « arc-en-ciel », comme hier matin Jack Lang, qui n’a toujours pas compris ! Encore faudrait-il imposer des contraintes aux parents et faire en sorte qu’ils ne soient pas co-gestionnaires des classes. Encore faudrait-il remettre le professeur au centre du système, et non l’élève. Encore faudrait-il rétablir le principe d’autorité et qu’il soit partagé par toute la communauté éducative, ce qui n’est pas certain. Il y aurait beaucoup à dire sur les contenus enseignés : temps d’apprentissage du Français insuffisant, histoire réduite à de la bouillie sans chronologie, littérature réduite aux œuvres faciles, … et les pratiques pédagogiques qui hésitent entre l’obsolescence et l’inadaptation, quand elles ne sont pas autodidactes. Encore faudrait-il, enfin, que la formation débouche sur autre chose que l’inactivité qui est le lot promis à une fraction trop importante des jeunes, surtout de ceux des « quartiers ». Car c’est au final ce qui donne du sens aux études. Pour l'heure, la gauche redécouvre la nécessité de l'autorité ce qui est réjouissant au moment où on s'apprêtait à supprimer les notes. Et la Ministre envisage encore de renforcer l'enseignement civique, cette tarte à la crème dont on parlait déjà en ... 1995 ! Qu'a-t-on fait depuis ?

Une lueur d'espoir.

On voit que le chantier est énorme. Il faudrait une action continue sur de longues années au lieu de faire et défaire constamment au gré des changements de majorité politique quand ce n’est pas de ministre. On a toutes les raisons de rester pessimiste. Il y a pourtant une lueur dans ce constat bien sombre : l’ampleur du sursaut populaire des manifestations qui, on l’a trop peu exprimé, est aussi une marque d’exaspération de la France profonde à l’égard des agissements de type communautariste. Les Français ont voulu dire, avec une grande dignité, en défendant la liberté d’expression, « on est chez nous, et chez nous, c’est la loi de la République qui s’impose, et aucune autre ». Cette lueur peut être le support des révisions profondes dont notre Education nationale a besoin. Au pouvoir politique d’en saisir l’opportunité s’il en a le courage.

 


RETOUR SUR TERRE

 

Parachute

Les événements de la semaine dernière ne doivent pas nous faire oublier la triste réalité  de la crise économique et sociale que traverse notre pays. Il faut rester lucide. Nous aurons de la chance s’ils ne contribuent pas à l’aggraver. Le renforcement de la lutte contre le terrorisme ne sera, en effet, pas gratuit. Un chantier de plus pour le gouvernement qui n’en manque pas.

La France vient de perdre sa place de 5ème puissance mondiale.

Elle est désormais dépassée par le Royaume-Uni. Cela signifie que notre PIB a progressé moins vite que celui de notre voisin. Et pour cause, puisque la croissance est restée atone en 2014. Ce recul est une bien triste nouvelle. Elle confirme le déclassement que connait la France non seulement en matière de PIB global mais aussi en richesse par habitant. Comment retrouver la confiance avec un exécutif qui au soir de la Saint-Sylvestre semblait encore ignorer cet état de fait. Et le recul est constaté sur un écart significatif de près de 100 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien (4,5%). Il est le produit de trois éléments : une croissance économique beaucoup plus rapide pour le Royaume-Uni, un rythme d’inflation plus soutenu outre-manche et la réappréciation substantielle de la Livre Sterling. Rappelons qu’en 2013, la situation était exactement inverse, avec un écart de 97 milliards d’euros inférieur au PIB français. Avec 3% de croissance, l’économie britannique n’a pas crevé les plafonds, cela souligne au contraire le marasme que traverse l’économie de notre pays. Malheureusement, les prévisions de croissance pour 2015 montrent que la tendance ne va pas s’inverser.

Les mauvais réflexes continuent.

Ce début d’année est marqué par un véritable feu d’artifices de hausses d’impôts, de relèvements de taxes et d’augmentations de tarifs publics. A cela il faut ajouter le nouveau hold-up des prélèvements sociaux avec le taux de la CSG des retraités qui va dépendre de leurs ressources individuelles avec une progressivité comparable à celle de l’impôt sur le revenu. Les classes moyennes sont encore et toujours en première ligne pour compenser l’impéritie des pouvoirs publics dans la gestion de leurs budgets. Voilà à quoi aura servi la baisse du prix du pétrole, des taux d’intérêts et de l’euro : une triple aubaine pour relancer la croissance et l’activité gaspillée dans la hausse des prélèvements ! Et on s’étonne ensuite que la croissance ne repart pas. Encore une fois, l’exécutif manifeste sa préférence invétérée pour la fiscalité et son alourdissement. Qu’on en juge : 15% de hausse pour les timbres, 4,3% pour le métro des Parisiens, 2,6% pour les chemins de fer… Le SMIC augmente de 0,8% pour une inflation à 0,3%, effort  louable mais inférieur pour le smicard aux hausses qu’il aura à subir sur ses dépenses.

Les points chauds de 2015 : entre guerres de tranchées et réformettes.

La loi Macron. Les grands chantiers ouverts en ce début d’année sont nombreux, au premier rang desquels on trouve la « fameuse » loi « Macron ». Son contenu est typique de toutes ces réformes qui ont fait monter le FN sans résoudre les problèmes des Français.  Si elle contient quelques menues avancées utiles sur l’épargne salariale, la simplification (à la marge) du droit du travail ou du permis de conduire, son essentiel consiste surtout à déstructurer ce qui constitue la trame de l’organisation de notre société avec en conséquence une aggravation de la perte des repères qui fait monter partout le vote protestataire. La loi sera examinée le 26 janvier par les députés et malgré le climat actuel, ça risque d’être tendu. Son contenu cristallise toutes les récriminations. Elle est décriée par les syndicats en désaccord avec une partie de la gauche sur le travail du dimanche, combattue par les professions réglementées hostiles à la libéralisation, pour des effets incertains sur la croissance et l’emploi. Rien dans cette loi, telle qu’elle se présente, ne changera aux fondamentaux macroéconomiques désastreux de la France : elle ne corrigera en rien les déficits, la récession et le chômage et n’apportera ni croissance ni activité. On se demande d’ailleurs d’où sortent les 6 milliards de hausse promise du pouvoir d’achat alors qu’elle introduit en douce des dépenses publiques supplémentaires telles que l’indemnisation des professionnels ayant payé leur charge ou le recrutement de magistrats professionnels pour les tribunaux de commerce induit par la réforme de la justice prud’homale et des tribunaux de commerce.

La réforme territoriale. C’est un bel exemple de réforme qui consiste à résoudre des problèmes qui ne se posent pas. La réforme régionale qui déstabilise une structure analogue à celle de nos voisins n’est ni faite ni à faire avec son découpage imposé sans aucune concertation. C’est une naïveté de croire qu’en réduisant d’un tiers le nombre des régions on en réduirait d’autant le coût alors que c’est probablement l’inverse qui va se produire. Les sénateurs vont donc attaquer dès maintenant le troisième volet de cette réforme : il s’agit de redistribuer les rôles des trois échelons de collectivités. L’objectif poursuivi, à savoir la simplification des administrations locales et des économies, est loin d’être assuré. La réforme des compétences promet une belle guerre de tranchées tant les enjeux territoriaux sont tout sauf négligeables. Les divergences d’approches entre les tenants des départements qui ont sauvé leur peau, ceux des métropoles qui voudraient limiter l’hégémonie des Régions et celles-ci qui en rêvent, on n’a pas fini de compter les points.

Les retraites. Un an après la fausse réforme du régime général, le chantier revient sur le devant de la scène via les complémentaires dont la faillite s’annonce. Les partenaires sociaux auront un round de négociation à partir du 17 février afin de trouver une solution. C’est le quart du revenu des retraités non cadres et la moitié de celui des cadres qui est en balance. On ne voit pas comment on pourrait échapper à une modification de l’âge auquel on peut toucher sa retraite complémentaire. Un vrai défi pour la gauche.

La loi Santé. De janvier à mars, le projet de loi « Touraine » va être réécrit en concertation avec l’ordre des médecins et les partenaires sociaux avant le passage au Parlement. L’étatisation rampante en marche depuis  quinze ans va atteindre son nirvana avec la généralisation du tiers payant qui provoque un blocage fort  en ce qu’il fait des médecins libéraux des apparentés fonctionnaires. La délégation de tâches aux infirmiers, pharmaciens et sages-femmes tirent le système vers le bas. Pour résumer, l’économie générale du système qui est proposé par la loi avec le renforcement de l’étatisation au détriment du contrôle des partenaires sociaux,  c’est la faculté de l’usager de choisir librement et de mettre en concurrence l’offre de soins qui va disparaître.

Le marché du travail. Dernier round de négociation entre les partenaires sociaux sur la modernisation du dialogue social et les seuils sociaux. Les patrons sont très divisés sur la représentation des salariés dans les TPE et les syndicats sont vent debout contre l’assouplissement des seuils sociaux qui libéreraient pourtant des milliers d’emplois. Alléger et simplifier ne va pas être commode et comme, en cas d’échec, l’exécutif s’est engagé à légiférer, c’est au pied du mur qu’on verra le maçon, avec sa majorité hétéroclite. Le sujet tabou des 35 heures pourrait revenir aussi sur la table par le biais du réexamen de l’accord interprofessionnel signé en janvier 2013. Autre dossier explosif !

La France doit se réformer.

Le gouvernement actuel tente des efforts mais doit trainer sa majorité comme un boulet. C’est pourquoi, il ne faut pas en attendre grand-chose pour la redynamisation de notre économie, d’autant plus que la démarche est toujours sous-tendue par une approche keynésienne aujourd’hui inadaptée dans le contexte de mondialisation que nous connaissons. Après avoir cassé tout ce qui faisait la force de notre pays : la famille, l’Etat, l’armée, les classes moyennes… au nom de la modernité, le gouvernement socialiste nous prépare un grand désastre dont les attentats que nous venons de vivre ne sont qu’un épisode.

Avec ce train de nouvelles réformes, je crains que nous ne soyons en face d’un nouvel épisode de la « grande illusion ».

 


LA TRAGEDIE A OUVERT LES YEUX DES FRANCAIS

     Manif charlie Manif Charlie Angers
  

Des millions de Français dans la rue, 45 000 à Angers, du jamais vu depuis une éternité. La mobilisation a été à la hauteur de l’horreur des massacres de ces jours derniers. Voilà une belle démonstration de l’attachement du peuple aux valeurs de notre République et du refus du fanatisme.

Le temps de l’émotion et du recueillement passé, il est temps d’entamer la réflexion et le débat que des événements aussi tragiques rendent nécessaires. La première leçon à tirer est qu’il existe bien une identité propre à la nation française qui s’est exprimée dans l’ampleur inhabituelle et historique de la participation populaire aux manifestations de samedi et dimanche. Cette identité ne peut évidemment se résumer à notre attachement à la liberté d’expression qui n’est qu’une facette de la liberté de penser, principe fondateur de la République et de notre démocratie occidentale. Mais elle en est un symbole emblématique. Nous venons de prendre conscience qu’une guerre nous est imposée sur notre sol, elle menace notre manière de vivre et notre conception une et indivisible de la République. Il nous faut donc combattre. Ces tueries nous imposent de nous demander comment on en est arrivé là, ce qui oblige à faire l’examen des faits et à établir des responsabilités, puis de se demander quelles sont les réponses à apporter.

Mais d’abord, comment en est-on arrivé là ?

Il ne doit pas nous échapper que l’ignoble crime a été commis par des enfants français. Ce n’est pas comme si cette « exécution » avait été commise par des gens venus de l’extérieur. A ce constat, il faut ajouter les dizaines de djihadistes français partis au Moyen Orient. Il faudrait encore y ajouter les difficultés rencontrées par de nombreux enseignants pour faire respecter par leurs élèves musulmans la minute de silence jeudi dernier ou encore ces jeunes qui font le « V » de la victoire dans le dos des journalistes des chaines d’info en continu… Autant de comportements qui nous montrent l’ampleur du mal qui ronge notre société. Aujourd’hui on veut nous montrer le spectacle d’une unité républicaine sans faille,  toutes autorités confondues, responsables politiques et religieux en tête. Mais peut-on être certain que derrière cette unité de façade, il y a bien une acceptation voltairienne de la liberté par tous qui place le droit de dire et de caricaturer au-dessus de l’accord ou du désaccord avec ce qui est dit ou dessiné.

La droite porte une responsabilité pour ne pas avoir réussi à mener à bien le débat sur l’identité nationale et ne pas avoir conçu la politique d’assimilation telle qu’elle aurait dû être menée, s’arrêtant trop souvent en chemin avec des demi-mesures. Les lois de renforcement de la laïcité contre la burka ou le port du voile sont bafouées quotidiennement  et n’ont pas apporté de réponse au défaut d’intégration dans les cités tout en renforçant le réflexe communautariste, malgré les efforts consentis en faveur du renouvellement urbain et les milliards déversés dans le cadre de la politique des quartiers.

La gauche, elle, porte une lourde responsabilité parce qu’elle n’a pas de politique convaincante face au communautarisme qu’elle a facilité par idéologie, accentuant la ghettoïsation sociale et religieuse. Elle n’est pas claire sur les réponses répressives ou éducatives à apporter à des réalités qu’elle ne veut pas voir et pourtant ressenties comme insupportables par une partie de la population. Le laxisme de la justice cher à Mme Taubira que Philippe Bilger dénonce fortement est en cause autant que les manquements à la laïcité que permet Mme Vallaud Belkacem. Et de fait, depuis deux ans et demi, notre pays a manifesté à l’égard de l’Islam radical une complaisance coupable. Le flirt du PS avec l’électorat des banlieues l’empêche de désigner cet Islam subversif qui s’y cache. Telle est la réalité. « Pas d’amalgame ! », « il ne faut pas stigmatiser »… Tout le monde en est bien d’accord, mais ce temps-là est désormais révolu, parce qu’il est dépassé. 

Alors, que peut-on faire ?

En premier lieu, il va falloir exiger des musulmans de France qu’ils se désolidarisent de l’Islam radical, sans pour autant crier à l’islamophobie. C’est le fond du problème. Car l’Islam de paix et de tolérance est bien trop silencieux. Il convient de poser la question du droit des femmes comme celle du droit tout court notamment par rapport à la charia. Il faut aider l’Islam à se réformer comme l’y invite Malek Chebel avec son manifeste « Pour un Islam des lumières » qui propose entre autre une séparation du politique et du religieux et l’acceptation des règles universelles. Or c’est le chemin inverse qui est emprunté. Voilà pourquoi la religion des musulmans est devenue le sujet d’inquiétude numéro un des Français à égalité avec la crise économique, le chômage et les impôts. Un Islam de France, compatible avec la République est possible. Aidons les Français musulmans de bonne volonté à l’imposer.

Les réponses à apporter sont de deux ordres : répressif d’abord, pédagogique ensuite.

Désormais, nous savons que le pire peut arriver. Le seul moyen de combattre l’acte d’un commando terroriste est d’étendre le pouvoir de la police. Dans ce type de guerre dite « asymétrique », les moyens « non conventionnels » ont leur place : sous De Gaulle on utilisait des « barbouzes » contre les poseurs de bombes. Comme la France, pour de multiples raisons est une cible privilégiée, les forces de l’ordre et les services de renseignements peuvent s’attendre à tout, tant la menace est protéiforme, entre les individus abreuvés de haine par la rhétorique des extrémistes djihadistes, capables d’agir seuls sur le coup d’une pulsion, et les tueurs entrainés qui agissent de façon préparée et sur « commande » sur des cibles privilégiées et soigneusement choisies pour leur caractère symbolique.  Notre législation devra donc encore s’adapter à ces nouvelles formes de violence pour renforcer la détection et le suivi des personnes potentiellement dangereuses. C’est accepter d’en payer le prix pour les moyens en homme et en matériel -la sécurité a un coût-,  et le sacrifice probable d’une partie de notre liberté pendant quelques temps -la démocratie ne peut l’éviter si on veut la préserver- . La tâche est immense car il s’agit aussi de travailler au repérage des réseaux terroristes, d’une surveillance accrue des réseaux sociaux, d’interdire la diffusion des ouvrages prônant l’Islam radical, d’efforts supplémentaires pour lutter contre le djihadisme à l’étranger, de neutraliser les trafics d’armes… Il convient aussi de s’interroger sur le financement des mouvements islamiques, sur le rôle du Qatar, de l’Iran et de l’Arabie, sans quoi il n’y aurait pas d’expansion de l’Islam politique.

Les terrains de cette lutte doivent aussi investir l’éducation dans les familles, à l’école, dans toutes les associations. La prévention de la radicalisation est le meilleur moyen de couper le recrutement, les extrémistes fondamentalistes ayant une prédilection pour les jeunes déstabilisés ayant sombré dans la délinquance. C’est aux parents, aux professeurs et aux éducateurs qu’il faut confier la mission de détection des adolescents à risque. C’est aussi dans les prisons qu’il faut intervenir pour mettre fin à un embrigadement connu de tous. Il faut certainement aussi un vaste programme de politiques urbaines, scolaires, sociales, axées sur l’unité nationale. La laïcité ne doit faire l’objet d’aucune exception car elle est la garante de la cohésion nationale. Encore faut-il non seulement l’enseigner mais l’appliquer au quotidien. Elle sera d’autant mieux comprise qu’elle pourra s’appuyer sur une culture humaniste correctement assimilée, qui passe par la connaissance des auteurs du XVIIIème siècle, jugés ringards aujourd’hui et mis à l’index, et de notre Histoire que l’on édulcore un peu plus à chaque réforme. Quand une jeune française musulmane pourra choisir librement son mari, y compris en dehors de sa religion, et s’habiller  autrement qu’avec une robe sur un pantalon, nous saurons que nous avons gagné la partie. D’ici là, le chemin risque d’être long.

L’exécution des journalistes de Charlie Hebdo avec toutes les victimes collatérales ont été un électrochoc et les manifestations d’aujourd’hui témoignent d’un sursaut. Il ne faudrait pas que demain, le déni l’emporte à nouveau.

 


DEBOUT POUR LA REPUBLIQUE

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Chers amis,
 
Demain nous participerons au rassemblement d’Angers, à 15H place Leclerc. Au cours des dernières années, nos sociétés pluralistes, démocratiques et libres ont progressivement lâché du terrain sur la liberté d'expression que nous avions durement conquise. 
Comme l’explique Bill Leak, qui publie une caricature du prophète dans un journal australien, nous devons réagir parce que les extrémistes qui ont commis un massacre à la rédaction de Charlie Hebdo avaient délibérément choisi "un symbole de la liberté de parole qui est au fondement même de la civilisation occidentale". Selon lui, "un beau sens de l'humour est l'une des caractéristiques distinctives des êtres humains hautement évolués et civilisés", et "son absence est l'une des caractéristiques distinctives de la barbarie".
Nous pouvons nous retrouver au kiosque du Mail à 14H45 pour marcher ensemble.
Amitiés,
 
Daniel et Paulette
 

LE BRETTEUR DE L’INUTILE

 

Voici le papier que j’avais prévu d’éditer ce jour. Mon premier réflexe a été de différer. Et puis je me suis dit que les journalistes visés par l'attentat n'auraient pas voulu que la vie s'arrête. C'est en pensant à eux que je mets cette prose en ligne.

En avant-propos, je veux vous dire toute l’horreur que m’inspire le massacre de ce matin à « Charlie Hebdo ». Ayons ensemble une pensée pour la famille des victimes, journalistes et policiers, trop nombreuses, et je veux aussi vous dire mon émotion profonde d’apprendre que les dessinateurs dont j’appréciais l’humour ravageur sont tombés sous les balles de leurs bourreaux fous : Cabus, Charb, Wolinski, Tignous… C’est une atteinte intolérable à ce que notre démocratie a de plus sacré : la liberté d’expression. Nous ne devons pas céder un pouce de terrain à ce fascisme noir. Il faut que la réponse du peuple français, de tous les Français quelle que soit leur confession, soit unanime de réprobation forte et de dénonciation de ce crime odieux. Dans les jours qui viennent, nous aurons à manifester l’unité de la nation autour du chef de l’Etat. Le deuil, le respect dû à la mémoire des victimes nous imposent de taire pour quelques temps toutes les polémiques. Le calepin s’en fera un devoir.

 

Hollande est à l’offensive.

Des médias complaisants lui déroulent le tapis rouge. Pourtant rien n’y fait. Il parle pour ne rien dire et il prêche dans le désert. Il fait penser au coureur cycliste qui descend de son vélo pour se regarder pédaler. Qu’ont retenu les Français de ses vœux ? En 2013 il y avait au moins la boite à outil et le CICE, en 2014 le Pacte de Responsabilité, cette année : rien, le vide, sinon un aveu d’impuissance pour le chômage. D’ailleurs, on retiendra que depuis son allocution, le nombre a encore grossi de 6 000 chômeurs supplémentaires (1 000 par jour).  Qu’auront retenu les auditeurs de France Inter après deux heures de palabres : pas grand-chose, un tissu de constats et de banalités, Hollande commentant le hollandisme, mais aucun grand dessein pour la France, aucun cap pour notre économie. Son volontarisme : du pipeau pour la façade. Certains ont résumé en une formule lapidaire : il fait de la com’ ! Pour lui, pour occuper les médias, pour faire croire qu’il est à la manœuvre alors qu’il ne se passe rien. Pire, tout se dégrade autour de lui. Le procès que fait Duflot à la loi Macron, qui ne mérite pas tant de hargne tant elle est creuse, en est l’épisode emblématique. Son tour de piste pourrait bien être le dernier, l’au-revoir du clown avant le désastre.

C’est une campagne de survie.

Cette frénésie médiatique est encouragée par la légère remontée de sa cote de popularité qui a gagné quelques points et il souhaite l’améliorer encore en occupant le terrain. Avec la séquence des vœux, on va beaucoup le voir et beaucoup l’entendre. Mais cela ne changera rien à la réalité : les faits économiques sont têtus et le locataire de l’Elysée n’est toujours pas en mesure de nous réjouir d’une embellie sur le front du chômage ni du pouvoir d’achat. C’est le point faible de cette vaste campagne de communication qui a commencé depuis un mois. S’il passe à l’offensive, plus pour lui-même que pour faire bouger les choses, c’est qu’il est tout à fait conscient des difficultés politiques qui l’attendent, car sa situation est plus qu’alarmante. Il s’attend à des déculottées électorales encore cette année, il continue d’être très vivement combattu par la gauche du PS et par les Verts, et le groupe parlementaire PS va perdre la majorité absolue à l’Assemblée. Rappelons que la gauche a perdu les 12 élections partielles depuis 2012. Enfin, même si elle progresse, sa cote de popularité reste très basse. Donc il ne lui reste plus que la carte du bretteur inutile, celui qui mouline dans le vent, un peu comme Don quichotte contre ses moulins, pour tenter d’inverser un courant qui risque de lui être fatal. Aussi, il veut apparaître comme le plus combattif, il est candidat, sans le dire mais tout le monde a compris, à un second mandat, il est inlassable, il ne laisse pas une minute son Premier Ministre lui faire de l’ombre. Il est Président à plein temps, verbalement : je parle donc j’existe ! C’est l’agitation du désespoir.

Il est le général d’une armée en déroute.

Le congrès du PS prévu pour le printemps va accentuer la scission idéologique entre partisans de la politique gouvernementale et frondeurs. D’autant plus s’il survient après une nouvelle déroute à l’occasion des élections cantonales. Sa majorité n’existe déjà plus vraiment. Aucun de ses amis devenus adversaires n’est prêt à rendre les armes : ni Cécile Duflot, qui a annoncé dimanche que non seulement elle partait en guerre contre la loi Macron mais qu’elle ne la voterait pas, ni Delphine Batho, ex-ministre socialiste, ni Martine Aubry, qui rejette tout projet de travail dominical. Il y aurait pourtant l’opportunité de prendre des initiatives avec un contexte économique redevenu favorable, baisse du coût du pétrole, baisse de la valeur de l’euro, plan de relance Juncker… mais il ne dispose pas d’une majorité franche pour soutenir les efforts qu’il faudrait entreprendre et reste soumis, comme il se doit dans notre pays, à d’incessants débats qui cachent  autant des ambitions personnelles que de profondes divergences. On peut se demander d’ailleurs ce qu’il restera de la loi Macron après son passage à l’Assemblée ? François Hollande n’est pas, en définitive, l’homme de la situation. Il veut rester celui qui incarne la Gauche sans en faire la politique qui nous mène dans le mur. Il voudrait croire que rien n’a changé, cultiver les Verts, qui constituent à ses yeux le parti d’appoint dont il a besoin pour garder la majorité, en feignant d’ignorer que sous la férule de Cécile Duflot il n’y a pas la moindre chance qu’ils passent un accord avec lui. Il rêve de réunir à nouveau toute la gauche alors même que, dans le contexte de la polémique qui coupe le PS en deux, celle-ci continue à se désagréger. Au sein même de ses propres troupes les élus socialistes se demandent aujourd’hui s’il est bon de le soutenir pour un second mandat et s’inquiètent surtout de savoir combien d’entre eux seront victimes des défaites électorales annoncées. La tentation de quitter le navire ou de se démarquer a déjà commencé. Elle ne peut que s’amplifier.

 


LE FANTÔME DE L’ELYSEE

 

Fantôme de l'Elysée

C’est le premier article de l’année. Faisons un petit tour d’horizon de ce qui nous attend dans le monde et en France.

Economie mondiale : facteurs favorables et situation volatile.

L’économie mondiale a beau connaître des changements qui soulignent la grande volatilité de son système par leur ampleur et leur rapidité, il n’en reste pas moins vrai qu’elle bénéfice depuis quelques mois de facteurs favorables : la baisse vertigineuse du prix du pétrole qui favorise les pays consommateurs, la solidité de la reprise aux Etats-Unis où l’activité progresse de 3% par an et enfin, la faible inflation qu’il faut associer à des taux d’intérêts historiquement bas. Voilà qui permet à l’année 2015 de s’ouvrir sur des perspectives qui devraient nous réjouir, même si les risques qui pèsent sur le monde continuent d’être présents, qu’ils soient économiques, financiers, monétaires, sociaux ou politiques quand ils ne sont pas stratégiques. A cet égard, la nouvelle année devrait nous apporter son lot de bonnes et mauvaises surprises dont la restructuration intense du capitalisme face aux révolutions numérique et énergétique n’est que la partie visible de l’iceberg des transformations qui s’opèrent. Avec nous parfois, sans nous le plus souvent. Ceux qui restent immobiles, comme la France ont gros à perdre.

La France en mauvaise posture.

La France aborde 2015 dans une situation sévèrement dégradée : déclin économique avéré marqué par l’entrée en récession de son industrie, des emplois marchands réduits à leur nombre de 2004, un chômage massif et une paupérisation galopante, le recul confirmé du pouvoir d’achat et une régression de la richesse par habitant inférieure de 6% à la moyenne des pays développés. Nos finances publiques ne vont guère mieux : elles sont hors de contrôle du fait de la dérive des dépenses sociales. En ordre de grandeur elles atteignent 15% des transferts mondiaux (670 milliards d’euros) alors que notre pays n’en assure que 3,7% de la production. Et il ne faut pas compter sur la généralisation du tiers payant pour enrayer le mouvement.  Voilà pourquoi la France, en raison du caractère insoutenable de son modèle économique et social et de son allergie à la réforme, bloque la reprise en Europe et non l’inverse. Il n’y a aucune raison pour qu’elle ne continue pas de s’enfoncer en 2015. C’est probablement pourquoi 71% des Français se déclarent pessimistes et ils ne furent qu’un peu plus de 6 millions à écouter les vœux élyséens (moitié moins qu’il y a deux ans).

Un environnement meilleur plombé par l’inertie.

Pourtant l’amélioration de l’environnement extérieur devrait permettre une amélioration  de notre croissance de 0,6 à 0,8%. Jamais les conditions n’ont été aussi favorables avec un horizon à la baisse : énergie pétrolière, valeur de l’euro, taux d’intérêts. Malgré ces facteurs favorables, il n’en sera rien. Et je ne suis pas un oiseau de mauvais augure. Des conditions objectives contredisent le discours optimiste que le pingouin qui nous gouverne et sa clique politico-médiatique essaie de nous faire accroire. L’année qui débute verra son lot de faillites d’entreprises avec l’effritement de leurs marges que l’apport du CICE ne compensera pas en raison des prélèvements supplémentaires (17 milliards contre 35). L’instabilité législative, réglementaire et fiscale au gré des humeurs d’une majorité délabrée mais fiévreuse continuera de sévir, avec ses conséquences désastreuses sur l’investissement et l’emploi. Face à ce climat délétère, l’exil des talents, des cerveaux, des investisseurs et des centres de décisions achèvera de dépecer ce qu’il reste de vivant dans notre économie. Le déficit public ne régressera pas comme annoncé par Sapin-l’insipide, du fait de la surestimation des recettes et du caractère virtuel des économies annoncées. La dette, atteindra ou dépassera les 100% du PIB. Autrement dit, la France creusera l’écart avec les pays européens qui se sont réformés. Voilà la vérité.

Irresponsable et inconséquent !

Mais tout cela, c’est du « French bashing » nous disent nos gouvernants, à commencer par le premier d’entre eux. D’abord, il ferait mieux de parler Français. Si la France est dénigrée, c’est bien sa faute, et pas celle de ses opposants qui ne sont pas là pour cirer les pompes. Est-ce notre faute si nous voyons ce que tous les pays qui nous entourent peuvent voir : une majorité gouvernementale en lambeaux incapable de s’accorder sur rien, des tentatives de réformettes que les déroutes électorales et l’approche du congrès du PS vont achever, avec la dérive gauchisante inéluctable qui l’accompagnera. Mais Pépère n’en a cure. Il est reparti au combat. Pour la France ? Non, pour lui ! Obsédé par sa seule réélection, le voilà décidé à parcourir le pays chéquier en main, comme dans le Nord, à dépenser de l’argent qu’on n’a pas, à faire croire à son volontarisme qui est à la communication ce que l’impuissance est à la politique, à enfourcher le cheval de l’égalité, ce fourre-tout de la gauche qui fabrique de la pauvreté à tour de bras. Irresponsable et inconséquent, il n’a pas changé. Démarrer la campagne électorale c’est dire qu’il ne préside plus, mais a-t-il seulement pris la mesure de sa fonction un seul jour ? Qu’importe, le peuple n’est pour lui qu’un harpon pour pêcher. Mais pourquoi le croirait-on cette fois-ci encore, lui qui nous a menti sur tout, y compris sur toutes ses promesses les plus emblématique affichées un fameux soir de débat télévisé et dont il n’a tenu aucune. Avec lui c’est la hausse partout où il faudrait de la baisse : le chômage, les dépenses, le nombre des fonctionnaires (40 000 de plus). Il nous impose une réforme territoriale dessinée sur le coin d’un bureau, sans aucune concertation, mélange de Kafka et du père Ubu quand on voit le résultat, avec un calendrier électoral où l’on met la charrue avant les bœufs puisque les électeurs seront appelés à élire des assemblées dont ils ne connaîtront pas les compétences, définies plus tard. Et on voudrait qu’on ait le moral ?

Bonne année quand même !

Sait-on jamais, de bonnes surprises sont toujours possibles. Mais pour ça, il faut s'en remettre à la providence.

 

 


BONNE ANNEE 2015 (SI POSSIBLE) !

 

UNE BONNE ET HEUREUSE ANNEE A TOUS LES LECTEURS DU "CALEPINDH" !

                                       Boule de gui

Que leurs plus beaux rêves trouvent un accomplissement, que la providence leur offre la santé et leur donne la force de réussir dans leurs projets !

              Tintin froid

 A bientôt, 

                      Daniel