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QUOI DE NEUF SUR LA BANQUISE ?

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Le pingouin a encore fait des siennes. A grands renforts de moulinets, il a réussi à nous faire croire qu’il s’était mis d’accord avec Merkel pour lancer un plan ambitieux de développement de l’apprentissage à dimension européenne… engagé en fait depuis le mois de février ! Si c’est ça son offensive ! Que ne ferait-on pas pour remonter dans les sondages. C’est certain, à force de mentir comme ça, il va faire fondre la banquise.

On découvre, grâce à des indiscrétions publiées dans la presse que Marion Maréchal-Le Pen aurait été élue grâce à un accord secret entre le FN et le PS local. Ce qui a valu une enquête interne dont il m’étonnerait qu’on connaisse l’aboutissement. Bah, depuis qu’on a observé que les électeurs socialistes avaient voté massivement pour le candidat FN  à la partielle de l’Oise, il n’y a plus rien d’étonnant. Simplement M. Désir devra faire plus attention quand il accusera l’UMP de collusion avec l’extrême droite. C’est le bal des hypocrites !

Le Pingouin s’est encore beaucoup agité pour affirmer haut et fort son autorité face aux recommandations un peu « violentes » de la commission de Bruxelles sur les réformes qu’il doit mener à bien et les mesures qu’elles doivent contenir. C’est que le destin de la France n’est pas anodin pour nos partenaires, ce que notre volatile empoté ne semble pas comprendre. Il est victime de son double langage. Il sait très bien qu’il ne fera pas ce qui lui est demandé parce qu’il n’a pas la majorité pour le faire.  A moins de lui faire manger un chapeau large comme… un sombrero.

La semaine a bruit  de toutes les affaires qui accaparent les médias. Toutes ? Non. Cherchez donc où en est le procès « rose mafia » de financement illégal  et occulte de la fédération PS du Pas-de-Calais, alors que le pingouin était Premier Secrétaire…  Que va-t-on faire de Sylvie Andrieux condamnée à de la prison ferme et priée d’aller siéger à l’écart. Par contre on nous gave avec l’affaire Tapie, en oubliant totalement que le Nanar il a été violemment escroqué par le Crédit Lyonnais (nationalisé) d’environ 2 milliards de Francs à l’époque (affaire Adidas) et que le ministre des finances de l’époque était un certain Sapin. Cela ne s’invente pas. Quand on nous parle d’escroquerie en bande organisée et d’état spolié, on a envie de rigoler. Pour mémoire la facture du Crédit Lyonnais a dû s’élever à près de 20 milliards de Francs, si mes souvenirs sont bons.

Dans le Maine-et-Loire, l’UDI rêve de retrouver ses anciennes positions du temps où l’UDF rayonnait. Elle a donc rassemblé toutes ses composantes pour partir à la reconquête. Pensez donc : Piron, Charette, Gilet, Richard, Bourdouleix et Gérault dans la même barque. Quand on sait comment tous ceux-là s’entendent, et les inimitiés (le mot est faible) qu’ils se portent, ce n’est plus l’UDI, mais l’UDC : Union Des Crabes. C’est à se demander si la barque traversera la Loire sans encombres.

Je le dis et le répète, les primaires, c’est pas pour nous. On a beau me dire que c’est moderne, la forme la plus aboutie de la démocratie, je n’en démords pas, ce n’est pas notre culture. On le voit encore avec ce qui se passe à Paris. On va encore trouver le moyen de gâcher une candidature promise au succès. Et peu importe les griefs d’un Bournazel.  Si en plus on n’a pas les moyens financiers de faire les choses correctement, il vaut mieux en revenir à des procédures plus simples, en interne, qui ont au moins le mérite de récompenser ceux qui cotisent en leur donnant l’exclusivité de la parole. Si NKM est battue, c’est qu’on continue à avoir la droite la plus bête du monde.

Cette semaine, il est impossible de passer sous silence « « l’événement du siècle » suivi par les télés du monde entier : le mariage de deux homosexuels, sous l’œil attendri de la vipérine Belkisem. Un mariage en « grande pompe » (si je puis dire) cela s’impose pour des gays ! Ils ont même crié : « Et maintenant, vivement qu’on ait des enfants !». Comme ça la provoc’ était complète. Le sombre Ayrault appelle ça « l’apaisement ».

La réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature est mal partie. L’UDI ne la votera pas, ce qui veut dire que la majorité requise ne sera pas atteinte au congrès. Tant mieux. Après l’histoire du « mur des cons », on ne regarde plus les magistrats de la même façon. Il n’était pas forcément utile de leur redonner tous les pouvoirs au sein du CSM.

Emploi, emploi, emploi…héhéhéhé… répète-t-il à l’envi à tous les coins de l’hexagone. Réponse : 40 000 chômeurs de plus en avril, (1330 par jour). Il est bien le seul à croire à son objectif d’inverser la courbe pour la fin de l’année. Qui lui expliquera qu’il faudrait un miracle que sa petite boite à outils (qui n’en contient que deux) ne peut accomplir et que le temps des prophéties, c’est fini.

Et voilà maintenant qu’on veut supprimer les allocations familiales aux riches. Comme on voit, on tape toujours sur les mêmes. La chasse aux riches continue. Ils vont donc continuer à fuir l’enfer fiscal. Bientôt, il n’y en aura plus pour taper dessus. Heureusement,  il reste les classes moyennes supérieures…

Dans le livre qu’elle a commis sur les hommes et femmes de courage, la dinde Royal n’a pas fait le portrait du Général de Gaulle. Pourtant l’homme du 18 juin aurait pu y figurer. Même pas a-t-elle répondu. Ce personnage ne la touche pas. Rien d’étonnant : elle est hémiplégique intellectuellement.

Et le meilleur pour la fin, je me suis réservé DSK. En voilà un qui n’a pas froid aux c…., pardon, aux yeux ! Il s’est payé le luxe d’arriver avec une voiture officielle badgée, de monter les marches avec sa nouvelle montu… pardon, conquête, pour assister à la projection de « Only lovers left alive » : tout un programme. Le vieux beau a encore trouvé le moyen de soulever une nana superbe. Comme quoi, son sexe a beau sentir le soufre, il attire toujours. Et la foule d’applaudir à son passage !!! Là, on comprend ce qu’est la nature humaine (sans commentaire). Tiens, j’en viens à me demander si je ne préfère pas le pingouin ! (non, je plaisante !)

 


SI CROISSANCE M’ETAIT CONTEE …

Compétitivité

Les chiffres du chômage viennent de tomber pour avril : 40 000 demandeurs d’emplois en plus. Plus de 1000 chômeurs supplémentaires par jour. Au même moment ce qui nous sert de président pérorait  aux côtés de la chancelière allemande pour nous assurer que la courbe s’inversera à la fin de l’année. Il croit dur comme fer à son action : « il faut de la compétitivité et de la confiance » pour que la croissance revienne. Pour l’instant, on n’a ni l’une ni l’autre. Il s’offusque que la Commission Européenne le rappelle à l’ordre et lui catalogue les « travaux d’Hercule » auxquels il doit se livrer pour tenir les objectifs auxquels il s’est engagé en échange des deux années supplémentaires pour rejoindre le seuil du traité de Maastricht, un déficit inférieur à 3% du PIB. Elle est pourtant dans son rôle, consciente du double langage qu’il tient aux uns et aux autres, à l’intérieur et à l’extérieur. Et il est malvenu de se plaindre : on ne peut pas à la fois réclamer une gouvernance plus intégrée et dénier à l’organisme qui en est l’embryon le droit de donner un avis. C’est comme ça que l’on fabrique des eurosceptiques, par un nationalisme cocardier de réaction alors qu’il faudrait privilégier le discours de la « souveraineté partagée ».

Pour avoir de la croissance, il faut baisser les impôts.

La fiscalité aggrave le chômage. L’impôt tue l’emploi. Les 12,2 milliards d’euros de prélèvement supplémentaires sur les entreprises prévus par la loi de finance de 2013 vont, directement ou indirectement détruire 70 000 emplois de plus cette année. Ciblés sur les grandes entreprises, ils auront un impact négatif mesurable sur leurs investissements directs mais aussi sur leurs sous-traitants et leurs fournisseurs qui sont généralement des PME. On considère qu’une hausse de 1% des impôts entraîne une baisse de 0,3% des investissements. L’OFCE avait calculé que les mesures du budget 2013 réduiraient la croissance de 0,5%. Ainsi, les 720 grandes entreprises et les ETI (plus de 250 millions de CA) touchées par la hausse de la fiscalité supprimeront 15 000 emplois, auxquels il faut ajouter ceux des PME et des petites entreprises. Après on s’étonne que  les chiffres du chômage explosent. Et encore ne parle-t-on que de la fiscalité nationale. A cela s’ajoutent les dizaines de petites taxes inventées par les collectivités telle cette taxe annuelle sur les bureaux ou la redevance pour création de bureaux (ne pas confondre) en Ile-de-France.

Cette fiscalité mise en place depuis un an a des effets funestes sur le développement des activités, donc sur l’emploi. Elle affaiblit nos entreprises et les ménages et aboutit, on le voit, au chômage de masse. Elle grippe la mécanique des investissements et décourage la prise de risque nécessaire à la préparation des emplois futurs. Plus grave elle fait fuir les cerveaux et pousse à l’émigration les plus compétents et les plus riches. Un investisseur actif qui raisonne normalement ne peut plus résider en France : si l’on tient compte de l’inflation et du risque, le cumul impôt sur le revenu, ISF et CSG peut entraîner un prélèvement supérieur aux revenus économiques de l’investisseur. Ce constat, plus de 8000 contribuables viennent de le faire. On sait que sur les 2 millions de Français installés à l’étranger, 3% ont créé ou dirigent une entreprise de plus de 10 salariés, un ratio 10 fois plus élevé que les Français résidant dans l’hexagone. On imagine le coût (virtuel) de ces 2 millions de compatriotes pour le pays ! Un institut évalue à 1 million (au minimum) le nombre des emplois directs créés à l’étranger par les expatriés.

Et le résultat c’est une baisse du pouvoir d’achat, une consommation en régression, des investissements en berne, des exportations au plus bas et un taux de marge des entreprises à son plus bas niveau depuis 1986.

Et pour baisser les impôts, il faut diminuer les dépenses de l’Etat.

Si seulement on avait, en contrepartie, rétabli l’équilibre de nos finances publiques. Même pas, souligne la Cour des Comptes dans son rapport annuel. Si le déficit de l’Etat a baissé en 2012, à 87,2 milliards d’euros, les magistrats de la rue Cambon soulignent que la diminution est moins marquée qu’en 2011. Parce que la hausse des recettes a été moins forte à cause de la conjoncture : la TVA a peu progressé alors que Bercy escomptait 6 milliards de plus, et l’impôt sur les sociétés a été de 3,6 milliards inférieur à la prévision. Plus loin ils précisent que les dépenses de l’Etat ont baissé de 2,3 milliards d’euros entre 2011 et 2012, ce qu’ils jugent insuffisant, d’autant plus que si on réintègre toutes les charges, elles ont en fait progressé de 1,2%.

La Cour des Comptes appelle le gouvernement à ne plus se contenter de la politique du rabot et de la compression des dépenses qui ont atteint leurs limites et qui ne résolvent rien dans la durée. Il faut vraiment tailler dans les dépenses et lancer des réformes structurelles, en réformant les politiques publiques pour faire des économies. Elle préconise, par exemple, de continuer à revoir les niches fiscales. Pour les réformes structurelles, elle ne donne pas de pistes. C’est là que le catalogue de la Commission Européenne est intéressant. Car les dépenses publiques sont de deux ordres : ce sont les dépenses de l’Etat et de ses administrations et  ce sont aussi  tous les transferts, aides sociales, pensions, subventions décidées par les autorités publiques.

Pour dépenser moins, l’Etat n’a pas 50 solutions : il doit réduire le nombre des fonctionnaires et faire des économies en améliorant les rendements et les procédures, par la modernisation ou par une meilleure organisation.

En ce qui concerne les transferts, les choix sont infiniment plus compliqués, car, c’est globalement un jeu à somme nulle. Les cotisations des actifs financent les pensions et les indemnités chômage… Dégonfler les transferts, revient  à réduire les bénéfices des uns pour alléger les impôts des autres. Enfin, normalement. Il faut pour cela, une adhésion collective. Donc faire de la pédagogie et en avoir la volonté politique, pour ne pas dire le courage. Car avec 1833 milliards de dette et 3090 milliards de dette virtuelle, on n’a pas vraiment le choix.

La commission a raison de mettre la pression.

Il s’agit de réduire le déficit à 3% du PIB d’ici 2015. Au rythme où va le gouvernement, on n’y sera pas. Il faut baisser le coût du travail en réduisant le poids des contributions sociales patronales : le crédit d’impôt ne suffira pas. Il faudrait  rétablir une puissante TVA sociale. Il faut améliorer la compétitivité des entreprises et notamment des PME, mais le « choc de simplification » n’est pas à la hauteur. Il faudrait réformer la fiscalité pour rendre plus attractifs les placements dans la vie économique et surtout réduire l’impôt sur le revenu en lui donnant une assiette plus large. Il faut aussi introduire plus de compétition en ouvrant certains secteurs protégés.  Enfin approfondir la sécurisation de l’emploi et réformer l’assurance-chômage en privilégiant le retour à l’emploi. En face de ce programme, on mesure la pauvreté de la « boite à outils » de Hollande. Mais surtout, la méthode de négociation avec les partenaires sociaux dont on connait les positions et les habitudes, fait douter de l’aboutissement correct de ces réformes. A commencer par celle des retraites pour laquelle la commission stipule qu’il ne faut surtout pas augmenter les cotisations…

On pourrait effectivement étaler dans le temps le retour à l’équilibre des finances publiques si en contrepartie on s’engageait fermement dans ces réformes structurelles. Avec un peu de soutien à la croissance, on pourrait arriver à un niveau d’acceptabilité sociale que le recul de certains acquis rend pour l’heure très improbable voire explosif.

Le problème majeur, c’est que le gouvernement n’a pas la majorité accordée au contenu des réformes qu’il faut engager sur toutes lesquelles elle doit se renier.


CETTE SUPER CRISE QUI NOUS PEND AU NEZ

 

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La bourse de Paris retrouve de la volatilité après une période d’euphorie qui lui avait permis de renouer avec les 4000 points. Cette inflation des valeurs financières, toute petite à côté de celle que connait Wall Street, repose en fait sur un énorme excès de liquidités alimenté par toutes les grandes banques centrales. Six des sept banques centrales des pays du G7 ont adopté une politique non conventionnelle, basée sur l’injection massive de liquidités, avec pour but de favoriser la reprise économique et de lutter contre la déflation.

Une stratégie très risquée.

Le contraste est en effet saisissant entre le monde réel et celui des boursiers. Pendant que la récession sévit, avec le chômage, les marges des entreprises au plus bas, le moral des ménages en berne, donc une économie au ralenti dont on ne voit pas d’évolution positive, on observe un rebond boursier de 15% depuis septembre. Un optimisme du CAC 40 qui tranche avec le contexte national. La raison en est bien simple : nos grandes entreprises font leurs affaires sur le marché mondial et en touchent les dividendes, et ne sont donc que peu affectées par la conjoncture nationale et européenne. Notre indice phare doit sa remontée à la montagne de cash jetée par les banques centrales américaine, japonaise, britannique, sur le système financier pour maintenir les taux d’intérêts au plus bas et relancer l’activité. Une manne dont les entreprises récupèrent une infime partie mais qui suffit à provoquer le rebond.

Le pari des banquiers centraux repose sur la reprise économique que l’afflux des capitaux est censé générer. Ils espèrent qu’elle sera suffisamment vigoureuse au Japon et aux Etats-Unis pour absorber le surplus de liquidités en toute sécurité. C’est un pari a plusieurs milliers de milliards de dollars sur l’économie mondiale ! Sinon ils n’auront fait qu’alimenter une énorme bulle dont l’explosion rangera celle des « subprimes » au rang d’aimable plaisanterie.

Une gigantesque « trappe à liquidités »

Or, la baisse des taux n’a pas permis aux banques de prêter plus à leurs clients. Ainsi, la demande de prêts des entreprises en zone euro a reculé de 25% au quatrième trimestre 2012 et le mouvement s’est prolongé au premier trimestre 2013.Pourtant, jamais les taux d’intérêts n’ont été aussi bas. On a l’impression que tels des médecins contraints d’augmenter la dose de morphine à un mourant, les banques centrales sont prisonnières de leur propre piège : selon le FMI, la Fed et la Banque du Japon détiennent 10% de la dette de leur gouvernement, la banque d’Angleterre 25%.  Ce qui est grave, c’est que les taux bas, s’ils ont permis d’éviter une catastrophe économique mondiale, en revanche n’ont pas du tout permis aux pays développés de sortir de la récession. Ils ont surtout alimenté une gigantesque « trappe à liquidités » dont les injections n’ont plus aucun effet sur l’économie réelle. L’autre inconvénient c’est que cet excès de liquidités pousse à la dépense publique et ne résout en rien le problème de l’endettement des états. Un cercle vicieux. Avec un déséquilibre des marchés de change qui déstabilise les marchés des pays émergents.

Il a suffi que deux mauvaises nouvelles tombent pour que la panique s’empare des marchés. La première c’est le discours du patron de la Fed, qui cherche à sortir de la politique dans laquelle il s’est lancé avec la possible remontée du taux de la Fed. L’autre, plus inquiétant, c’est le mauvais indicateur manufacturier de la Chine qui semble annoncer une baisse de croissance prolongée. La fin d’une politique accommodante de la Fed associée à un ralentissement brutal de l’économie chinoise, rappellent les investisseurs à la réalité. La banque centrale la plus puissante au monde pourrait commencer à réduire « la voilure » à l’automne, en annonçant un ralentissement de ses achats d’actifs qui s’élèvent actuellement à 85 milliards de dollars chaque mois. Un coup dur pour les emprunts d’état américains bénéficiaires directs du programme d’achats. Quant à l’économie chinoise, nul n’ignore qu’elle est le moteur de l’économie mondiale. Le coup froid sur les marchés a fait dévisser la bourse de Tokyo de 7,32% et le CAC 40 est repassé sous les 4000 points.

Les effets escomptés sont loin d’être au rendez-vous.

La crise nous pend au nez d’autant plus que le Japon a fait un pari très risqué avec sa forte dévaluation du yen. Elle n’a pas permis de relancer solidement l’économie malgré le financement par la dette de chantiers publics. Malgré un recul de 22% du Yen par rapport au dollar, les entreprises nipponnes ne connaissent pas de poussée significative de leur activité et les exportations ont reculé en terme réel ainsi qu’en volume. L’absence de commandes des clients européens se fait douloureusement sentir.

Cet excès de liquidités gonfle une bulle sur les obligations publiques, puisque les taux d’intérêts à long terme sont au plus bas et une bulle sur les actions avec les indices boursiers qui battent des records à commencer par le Dow Jones. Comme on le voit, tous les ingrédients sont réunis pour une nouvelle crise financière mondiale. La question n’est pas de savoir si elle se produira. Elle est plutôt de savoir quand. Le capitaine du pédalo ferait bien de se préparer pour la tempête.

 


LA MANIF’, SUITE … ET PAS FIN !

 

Manif 26 mai

C’était la dernière manif’… avant la prochaine. A voir le nombre des participants, on constate que malgré tous les pronostics qui l’envisageait comme inéluctable, il n’y a pas d’essoufflement du mouvement. Et pourtant, tout avait été fait, à travers les médias, tant par le gouvernement que par quelques voix éparses à droite, pour décourager les opposants à la loi Taubira.  Nous n’en avons donc pas fini avec ce mouvement.

Personne n'a vu venir la vague de protestation.

Les commentateurs et de nombreux politiques commettent plusieurs erreurs d’appréciation. Que le gouvernement prenne ses désirs pour des réalités et souhaite la fin d’un mouvement hostile qui le gène aux entournures, on peut le comprendre. Plus sérieusement, il existe plusieurs facteurs qui annoncent une suite à ce mouvement et indiquent qu’on n’en restera pas là. La page ne va pas se tourner facilement, et chaque jour qui passe va apporter à l’exécutif que sa victoire, qu’il exacerbe en mettant en scène le mariage à grand spectacle d’homosexuels, va apparaître comme une « victoire à la Pyrrhus »., qu’il va traîner jusqu’à la fin du quinquennat comme un boulet.

Le mouvement de la « manif’ pour tous » est diversifié. Il n’est pas un rassemblement de réactionnaires de droite et d’extrême-droite, comme on voudrait le caricaturer. Il n’est pas non plus réduit aux seuls catholiques pratiquants, voire intégristes. On y trouve des gens d’horizons différents : des catholiques de gauche, ceux qui tiennent les bénitiers des églises dans tout l’ouest, choqués par le contenu de la loi ; des gens de condition sociale assez variée ; des familles mais aussi beaucoup de jeunes. Le bourgeois du 16ème, certes présent, y côtoie le cadre modeste venu de province. C’est la France des classes moyennes qui est largement représentée. Ce qui est certain, c’est que ceux qui manifestent dans la rue ne sont que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus profond. En ce sens, personne n’a pris la vraie mesure de l’ampleur de la contestation.


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Des motivations profondes.

La motivation ne se résume pas à l’opposition au mariage. C’est bien plus profond. Il suffit de s’immerger au milieu du cortège pour s’apercevoir que s’il ne s’agissait que de l’union des homosexuels, il n’y aurait pas eu de grandes manifestations d’opposition, tout simplement parce que le sujet fait consensus. Il y a par contre la perception que la loi Taubira bouleverse la société dans ses fondements. Ce qui fait problème, c’est la filiation et la théorie du genre. Ce ne sont pas des sujets anodins. De même on sent une forte résistance au projet du gouvernement de renforcer l’emprise éducative en déniant  aux parents le droit d’éduquer leurs enfants. La volonté de les soustraire à « tous les déterminismes » affichée par M. Peillon, trouve ici un écho mobilisateur. Liberté individuelle contre embrigadement collectif. Et puis, il y a aussi la manifestation d’un ras-le-bol général contre un gouvernement jugé incompétent qui maltraite les classes moyennes en les brimant sur les quelques avantages dont elles bénéficient, comme les allocations familiales ou les aides à la garde des enfants, et en les écrasant d’impôts. Sans parler du mépris qu’on leur oppose et la répression disproportionnée qu’on leur inflige.

Alors, forcément, une telle détermination aura des suites. Les actions prendront certainement des formes différentes. La gauche qui croyait avoir le monopole de l’imagination semble comme tétanisée par l’inventivité des « manif’ pour tous ». Que des olibrius marginaux du bloc identitaire aient été en mesure d’aller déployer une banderole sur le fronton du siège du PS est anecdotique, et sans l’approuver, on peut au moins se marrer d’y lire : « Hollande démission ! ». Sans cautionner ces extrémistes, on constate partout une multiplication des actions de guérilla. Elles vont continuer, à n’en pas douter. Le réseau internet  joue un grand rôle et les « flashes-mob » sont faciles à organiser.

Une volonté de continuer à peser.

Au-delà, il faut s’attendre à une traduction politique. Qu’on le souhaite ou non, la pression aura lieu, qu’elle prenne la forme de participation à des listes municipales de ceux qui se sont engagés, ou même qu’elle consiste à monter des listes entières. Quand on possède un fichier de 700 000 noms et adresses électroniques, ce que bien des partis politiques aimeraient posséder, beaucoup de choses sont possibles. Ceux qui dénigrent Jean-François Copé pour ses tentatives de récupération du mouvement feront peut-être une drôle de tête quand ils auront dans les pattes une liste estampillée « mairie pour tous » ! Cette capacité existe, que la diversité des personnes engagées permet. Du lobbying à la labellisation, de nombreuses possibilités existent pour continuer de se faire entendre.

Quant à la récupération, le devoir de l’UMP est à minima d’ouvrir ses portes et de tendre la main à ceux qui souhaiteraient donner une suite plus politiquement cadrée à leur engagement. Tout simplement parce que ce sont ses parlementaires qui ont mené le combat législatif et c’est le parti qui présente le corpus idéologique le plus proche de la majorité des manifestants, qui n’est pas aussi droitière que la caricature qu’on voudrait en faire, et donc est le plus apte à les accueillir. L’UMP est le parti le mieux placé pour canaliser ce mouvement, ce qui n’empêchera pas la volonté d’autonomie des organisateurs pour s’assurer que la pression continuera bien de s’exercer sur les institutions et faire réécrire un jour cette loi.

la question est de savoir si la loi pourra être défaite.

Le devenir de la loi Taubira : voilà encore une tarte à la crème que les exégètes tentent d’exploiter pour souligner les soi-disant divisions de l’opposition. De même que la gauche avait annoncé qu’elle reviendrait sur la réforme des retraites et qu’elle n’a pas tenu sa promesse (sauf sur un point marginal), alors même qu’elle est obligée maintenant de faire le contraire… de même il serait illusoire de faire croire qu’on peut abroger totalement une loi qui aura commencé de s’appliquer. Il est cependant normal que le débat ait lieu sur la teneur des modifications qu’il faudra apporter le moment venu. Chacun a le donc le droit d’exprimer son point de vue. D’ici 2017, l’UMP a le temps d’en débattre et d’arrêter son projet en la matière.

Le slogan « on ne lâche rien » marque une détermination. Ces manifestants et ceux qu’ils représentent ne s’en laisseront pas compter. Personne ne les avait vus venir. Notre responsabilité est de construire une offre politique qui, sur le terrain des valeurs, réponde à leurs attentes. Sinon, ce « peuple d’en bas » cher à Raffarin, s’organisera lui-même. Car ces dizaines de milliers de gens ne sont pas prêts à remiser leurs convictions dans un placard. Ils n’acceptent pas la débauche sociétale que le pouvoir actuel leur propose, au nom d’un égalitarisme outrancier et à certains égards pernicieux. Ne pas voir que derrière les slogans, il y a un idéal, des valeurs, la défense d’une civilisation, serait une faute d’appréciation monumentale. D’autant plus que ce mouvement est totalement gratuit, chacun n’exigeant rien comme avantage matériel pour lui-même, à la grande différence des défilés syndicaux.

De ce point de vue, on peut dire merci à M. Hollande : il a réveillé la France silencieuse, et contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, elle est majoritaire !

 


ARCHIBALD EN RIT ENCORE

 

Haddock se marre bis

Ces affaires dont on parle peu : Le PS se fait discret tout comme les médias habituellement friands de ce genre d’infos. Les « affaires » fleurissent avec le printemps : Sylvie Andrieux condamnée à un an de prison ferme ce qui n’est pas rien (et 2 de plus avec sursis) et 100 000 € d’amende pour corruption. Jean-Pierre Kuchéida s’est pris 30 000 € pour abus de biens sociaux. Sans parler des affaires  Guérini,  Cahuzac et maintenant Dallongeville qui continuent leur chemin judiciaire.

Lagarde ne se rend pas : Par contre cette affaire-là, on en a entendu parler. Pensez donc, une ancienne ministre de drôâte devant répondre aux juges… On a entendu Bayrou qui s’était pourtant fait tailler en pièce par Tapie lors de l’audience  de l’intéressé à l’Assemblée Nationale ; On a entendu les habituels procureurs de la gauche, toujours prêts à pourfendre, alors que dans l’affaire du Crédit Lyonnais, à l’origine de l’arbitrage contesté, ils n’ont pas les fesses propres. Qu’on l’aime ou non, Tapie avait bien été spolié !

Lagarde (suite) : c’est presque sur le ton de l’incrédulité et quasiment tristes qu’elle ait « échappé » à la mise en examen que les médias ont commenté son statut de « témoin assisté ». Ah, ils voudraient bien que ça remonte jusqu’à Sarkozy, cette épine dans le pied de la gauche dont elle n’arrive pas à se débarrasser. Mais l’avocate internationale n’a rien fait à la légère, et a une ligne de défense en béton !

Zéro pointé : Didier Migaud n’est pas tendre avec notre système éducatif. Hollande a tout faux avec ses 60 000 postes. Unr apport détaillé qui mérite une synthèse approfondie. Il n’y a que la perfide Belkicem pour y voir un procès du quinquennat précédent. Même le nez dans le caca…

Petite musique… : Nicolas Sarkozy, reçu en grande pompe en Israël, de quoi faire baver le pingouin. C’est évidemment autre chose quand il se déploie. Il montre qu’il a gardé son aura internationale et que son avis compte encore. Une manière d’occuper le terrain et d’entretenir l’attente. La petite musique du retour quoi …

Sévère, et … pas tendre : face aux rodomontades pathétiques du sombre Ayrault et du faux dur de l’intérieur, Valls-le-guignolo, venus nous entretenir de leurs conseils puérils pour dissuader les familles d’aller à la manif’ dimanche, c’est Ségolène qui a remis les pendules à l’heure : avec son projet à elle, on n’en serait pas là, elle préconisait l’union civile sans pma ni gpa… C’est la loi Taubira qui crée les tensions !  Elle ne rate pas une occasion, l’ex !

Excessif : Guillaume Peltier devrait apprendre la culture du dialogue et la tolérance. La droite forte n’est pas le seul courant de l’UMP. L’anathème jeté contre NKM n’est pas acceptable. Le rappel à l’ordre par le bureau politique est justifié. D’ailleurs, il y a bien trop de gens qui s’expriment. Ceux qui trouvent que l’UMP n’est pas crédible, en général concourent à son discrédit par leurs déclarations. Cela s’appelle se tirer une balle dans le pied. Que de talents gâchés bêtement.

Démocratie : voilà un pouvoir qui ne s’encombre pas de fioritures. Les candidats sont choisis par les gardiens de la révolution, comme ça, pas de dérapage possible. Cela se passe en Iran, inutile de le préciser.

Redressement : Borloo a beau multiplier les rendez-vous et battre le pavé, son idée d’une « équipe de redressement national », composée de techniciens et d’hommes de terrain, ne rencotnre pas beaucoup d’adeptes. Il faut dire qu’il propose une dissolution de l’Assemblée nationale. Et ça, ça refroidit les enthousiasmes ! Avec le consensus républicain incluant la gauche, il devrait savoir que ce sont toujours les mêmes qui sont les cocus. Un peu naïf, le nordiste !

Courbe : pour le chômage, notre Mosco-guignol qui affirme ne pas voir de problème de gouvernance à Bercy, la courbe du chômage va s’inverser avant la fin de l’année ; ce que ne prévoient les prévisions de l’Unedic qui tablent sur une augmentation du nombre des demandeurs d’emplois jusqu’à fin 2014… a moins de tripatouiller les chiffres comme le fait Sapin dans ses démonstrations.

Incorrigibles : il faut que la gauche défasse, même ce qui marche. Ainsi la loi Fioraso va transformer à nouveau les universités en pétaudières en mettant à mal l’autonomie qui avait été mise en place par Valérie Pécresse à la grande satisfaction des Présidents. Cette fois-ci, leur pouvoir va être à nouveau paralysé par les nouvelles instances « démocratiques »… En attendant, on cache le cactus avec un débat puéril sur l’enseignement en anglais !

Interdit de manifester : Valls fait preuve d’une grande autorité. Il a fait embarquer une soixantaine de manifestants devant le lycée Buffon, la plupart des mères de famille, avant l’arrivée du Pingouin. Il est vrai qu’elles offrent moins de résistance que les petits voyous du Trocadéro ! Attitude scandaleuse et sectaire de gens qui donnent des leçons, de démocratie mais qui ne supportent pas la contradiction.

Le Pen : La Marine a tendance à tourner en dérision la « manif’ pour tous ». En fait elle a la trouille que le mouvement empiète sur ses plates-bandes.  Elle se trompe quand elle affirme qu’il n’aura pas de suite politique. Comme toujours, elle prend ses désirs pour des réalités.

Manif’ : Il se trouve que posté sur un banc à la recherche de nos amis angevins, nous avons vu défiler devant nous tout le cortège parti de la place Dauphine : pratiquement trois heures d’une foule dense. Manque de pot, la banderole d’Angers était la dernière du cortège. Pour nous occuper, nous avons fait un petit comptage : des rangs de 20 en moyenne, souvent plus, un rang à la seconde : 20 x 3600 x 3 = 216 000 personnes ! Voilà pour un cortège. Il y en avait trois ! Alors au moins 600 000 au total. Pas 150 000 comme l’affirme ce farceur de Valls !

Salaire des patrons : le gouvernement renonce à faire une loi pour encadrer leurs salaires. Explications obscures à la clé. En fait, la plupart de ceux qui avaient un salaire « à encadrer » sont partis sous d’autres cieux. Donc : plus rien à encadrer… Ceci explique cela.

Social-démocrate  et social gaucho : En Allemagne, le pingouin s’est déclaré social-démocrate sans le dire en faisant l’éloge des réformes Schröder. Mais pendant ce temps-là, le sombre Ayrault se réclamait du socialisme de Jaurès pour rassurer sa gauche… Répartition des rôles évidemment. Comme toujours, on entretient le « flou ». Et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup (dixit Martine Aubry)… Social-démocrate comme moi je suis évêque !

courbe : à défaut d'inverser celle du chômage, le pingouin a réussi à retrouner celle de sa chute au tréfond de l'opinion publique. Il regagne 4 points en mai. Il faut dire que depuis sa conférence de presse, pas un jour ne se passe sans qu'on le voie à la télé. Information ou propagande ? Le choix est vite fait.  On comprend que quelques esprits de gauche se laissent avoir par cette tentative de lavage des cerveaux. Que n'aurait-on dit si Sarkozy ... Mais non, ça ne pouvait pas arriver, ils étaient tous contre lui !

                              Tonnerre de Brest !

 


ESSOUFLEMENT DE LA CROISSANCE CHINOISE

économie chinoise 2013001

Cela avait commencé par l’abaissement de la note de la dette chinoise par Fitch puis Moody’s de « stable » à « négative ». c’est que depuis quelques temps, la croissance chinoise inspirait une inquiétude grandissante à cause de sa dépendance au crédit bancaire. Pour comprendre, il faut remonter à la crise des subprimes : le gouvernement chinois avait adopté un plan de relance massif largement assis sur la hausse des investissements, financée par les banques chinoises. Depuis, malgré tout, le PIB est en déclin : le taux de croissance est passé de 10,4% en 2010 à 9,3% en 2011 et 7,8% en 2012. Et cette décélération devrait se poursuivre.

Pour plusieurs raisons. D’abord la moindre demande en provenance d’Europe et des Etats-Unis. Mais surtout, la Chine tient un rôle d’assembleur pour le compte de ses voisins asiatiques, si bien que les produits qu’elle exporte incluent une part grandissante de composants venant de ses voisins. Et comme la valeur ajoutée des travailleurs chinois a tendance à diminuer, ceux-ci pourraient revoir leur politique. Inversement, si le pouvoir d’achat des chinois n’augmente pas, toute relance par la consommation est vouée à l’échec. Cette stratégie de développement lancée en 2011 tarde à donner ses fruits : la consommation ne décolle pas car l’épargne continue d’être privilégiée en raison de la faible couverture sociale.

De plus, le pays se trouve confronté à des surcapacités de production. Selon le FMI, le taux des capacités de production est passé de 80% en 2005 à 60ù actuellement, et la productivité des investissements diminue année après année. Il faut donc de plus en plus d’investissements pour assurer des taux de croissance de plus en plus faibles. Les conditions de financement de la croissance font peser un double risque sur l’économie chinoise : un risque de liquidité lié au mode de financement des collectivités locales avec une explosion des crédits bancaires, et un risque  né de l’apparition d’un « shadow banking system » qui propose des investissements alternatifs assez opaques. Le montant des actifs accumulés entre 2008 et 2011 équivaut au montant total des actifs détenus par les banques commerciales américaines, avec une accélération vertigineuse de plus 1 000 milliards de dollars d’encours en 2013… Le total de l’encours crédit aurait atteint 198% du PIB fin 2012 !

La dette abyssale des collectivités locales est très lourde de dangers, avec des conditions qui s’apparentent à celles des « subprimes ». Elle pourrait déclencher une crise financière plus importante encore que celle qui s’était déclenchée aux Etats-Unis en 2007-2008. D’autant plus que de nombreux produits sont adossés à des projets immobiliers et ont eux aussi alimentés une « bulle » !

D’autres éléments viennent s’ajouter et ne contribuent pas à éclaircir cette situation périlleuse. Depuis le mois d’avril, le salaire minimum à Shangai a augmenté d’environ 12%. En quatre ans, il a progressé de 70% ! Les autorités locales ont de plus en plus de mal à résister aux demandes pressantes des salariés chinois qui veulent voir améliorer leurs conditions de vie. La compétitvité de la Chine diminue d’autant, mouvement aggravé par le renchérissement du yuan de 11% depuis 2008, ce qui renforce l’effet négatif des augmentations de salaires lorsqu’elles sont converties dans la devise américaine.

La chine ne sera bientôt plus l’usine du monde. Cela se traduit par une contraction de l’activité industrielle et une baisse des exportations. En conséquence, trouver du travail devient problématique pour les jeunes diplômés chinois qui prennent tout ce qui se présente, contribuant à déséquilibré le marché du travail.

Un malheur n’arrivant jamais seul, l’Europe s’est réveillée et a décidé enfin de lutter contre le dumping des produits chinois. C’est ce qui vient d’arriver, un peu tardivement, pour les panneaux solaires. Mais cela complique évidemment la tâche du nouveau gouvernement de la Chine.

Ce coup de froid sur l’économie chinoise a fait tousser les marchés qui ont plongé lourdement hier, le Japon en tête. Il faut dire aussi que les annonces du gouverneur de la Fed y ont participé. La politique monétaire des Etats-Unis pose un autre problème que j’évoquerai prochainement.

L’avenir n’est pas triste ! Enfin, façon de parler !

 


LE RETOUR DES PERSECUTIONS ET DE L’INQUISITION ?

Dragons

Le pouvoir socialiste glisse insidieusement dans la persécution des manifestants hostiles au mariage homo. De nombreux faits l’attestent. Un autre penchant inquiétant réside dans le durcissement de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, qui confine, dans les méthodes, à l’inquisition. Non pas qu’il ne faille pas mener les actions de maintien de l’ordre ou de recherche des fraudeurs, mais c’est l’excès avec lequel les procédures sont entamées qui interpelle.

Le Moyen Age n’est pas loin. Le socialisme serait-il devenu une religion ?

On savait le PS archaïque, mais pas à ce point-là. Il est vrai qu’avec les commentaires de la porte-parole du gouvernement et sa manière de tordre le coup à la réalité pour qu’elle s’adapte à sa manière de voir, on pourrait y voir une sorte de grande prêtresse d’un ordre nouveau.

Malheur à qui ne pense pas droit.

 Un père de famille qui se promenait dans le jardin du Luxembourg emmené au poste pour le simple port d’un maillot arborant le sigle de la « manif’ pour tous », mêmes mésaventures pour des personnes qui se promenaient sur un boulevard parisien, pour les jeunes veilleurs assis pacifiquement, malmenés par les forces de sécurité alors qu’ils ne menaçaient personne, … « Ce sont les consignes », se sont parfois excusés les policiers chargés de les mettre en garde à vue.  On a même envie de sourire quand on voit la disproportion des forces de police mobilisées pour rien d’un côté, et celles, trop peu nombreuses, mises en œuvre Place du Trocadéro avec la suite que l’on connaît.

Médiatiquement, le pouvoir s’emploie à disqualifier l’objet de la manif’ de dimanche prochain, jouant sur deux registres. Tantôt la menace des dérapages violents qu’elle fait courir, alors que jusqu’à maintenant, ils ont été plutôt le fait des « hétérophobes » pro-mariage-pour-tous, tantôt, l’argumentaire que la loi a été votée après un long débat : autrement dit circulez, y’a rien à voir !

Le débat parlons-en ! S’il a eu lieu, c’est avec un mur. Pas un amendement qui aurait pu déboucher sur une conciliation n’a été pris en compte. La loi Taubira est un tout, et il n’y a rien à en retrancher. C’est par ce comportement outrancier et autoritaire que la contestation a grossi. Les opposants ont été maltraités, aussi bien dans l’hémicycle que dans les auditions. Alors, ceux qui manifestent encore sont forcément de mauvaise foi et il faut les traiter comme tel. Raison de plus pour manifester.

Même votée, une loi peut être contestée. Ce qu’a fait une majorité peut être défait par une autre majorité : ce qui arrivera forcément puisque le point de consensus qui aurait pu en assurer la pérennité n’a pas été atteint. Il faudra donc réécrire une partie du texte pour arriver à un meilleur équilibre.

Fraudeurs potentiels, attendez-vous au pire !

Le gouvernement, accusé de laxisme au sujet du compte en banque à l’étranger de Jérôme Cahuzac, s’apprête à intensifier la lutte contre l’évasion fiscale, qui pourrait valoir jusqu’à plusieurs années de prison ferme aux contrevenants. Malmenés par l’affaire Cahuzac et les imprécisions de Garcimosco qui pourrait bien avoir tenté d’étouffer le scandale, les pouvoirs publics réagissent en annonçant qu’ils vont renforcer la répression contre l’évasion fiscale, ce qui sera approuvé par la majorité des Français, mais risque aussi de tourner à l’inquisition. L’obligation pour tous les ministres, les élus et les personnalités du monde économique, de publier leur patrimoine, relève de cette démarche, alors qu’elle ne garantit en rien contre la fraude. Pour cela elle a donné lieu pourtant à de vives critiques.

La hausse des impôts de 2012, la suppression du bouclier fiscal, le fait, révélé il y a deux jours, que 8000 ménages ont payé au fisc l’an dernier plus de 100 % de leurs revenus, une injustice scandaleuse, constituent autant d’encouragements à l’exil ou au transfert de certaines fortunes à l’étranger. Aussi, le discrédit moral, l’accusation d’incivisme, la menace de sanctions judiciaires plus lourdes n’ont pas réussi, jusqu’à présent, à faire reculer le phénomène. Un système d’imposition réformé et plus juste est peut-être difficile à mettre en œuvre qu’une répression aveugle. Le pourvoir qui en est conscient, a préféré pratiquer le matraquage fiscal, plus facile à appliquer. Bien entendu, le gouvernement, l’année dernière, n’a pas résisté à la tentation. On entre alors dans un cercle vicieux.

Les services de répression du fisc ont été renforcés et ont des consignes de sévérité. Tous les chefs d’entreprises contrôlés sont susceptibles de redressement. D’ailleurs les statistiques annuelles font état d’une progression importante des rentrées fiscales dans ce chapitre.

La transparence remise à plus tard.

La nouvelle unité affichée par le couple franco-allemand sur l’emploi des jeunesn'a pas vraiment réussi à débloquer le dossier de l'évasion fiscale. Malgré les belles déclarations d'intention des uns et des autres, les Européens ont échoué à faire plier le Luxembourg et l'Autriche. Ces deux irréductibles du secret bancaire ont seulement tendu la main, en admettant qu'il pourrait accepter de signer la révision de la directive sur la fiscalité de l'épargne, si Bruxelles obtient les mêmes concessions de la Suisse, du Liechtenstein, de Monaco, d'Andorre et de Saint-Marin. Cette directive élargit le champ de l'échange automatique d'informations des comptes d'épargne individuel aux fonds d’investissements anonymes. Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois se contente de botter en touche en affirmant : « à la lumière de ces négociations, on verra en décembre dans quelle mesure les champs d'application pourront être élargis ». sur ce sujet, pendant que François Hollande se montre plus affirmatif, assurant que « la directive sera adoptée à la fin de l'année », quel que soit le résultat des négociations avec les pays tiers, la chancelière tempère, en parlant d'une « possible percée » et d'un consensus commun pour échanger des informations sur « toutes les sortes de revenus » à la lumière des résultats obtenus avec la Suisse.

Globalement, chacun joue la montre, puisque le sujet est renvoyé à décembre. Et du côté de la fiscalité des entreprises, la discussion a été maigre. Le Premier ministre britannique David Cameron, a répété hier sa volonté de trouver une voie au niveau du G8 pour lutter contre les comportements fiscaux « agressifs » et en a appelé à l'éthique des entreprises… Toujours terre à terre, Angela Merkel a déclaré que ce serait évidemment mieux si les entreprises payaient des taxes là où elles sont implantées… Tout en admettant que le sujet de l'harmonisation fiscale de l'impôt sur les sociétés n'a pas été du tout abordé par les leaders européens ! 

De quoi inquiéter un peu plus les Français qui doivent craindre l'arbitraire d'une répression de plus en plus aveugle !  De quoi descendre dans la rue !!!


ET SI ON FAISAIT DE LA FRANCE UN PARADIS FISCAL ?

Contribuable détroussé

La mode est à la répression de la fraude fiscale. Sans jamais se poser la question du « pourquoi elle est nécessaire ». J’entendais récemment notre Garcimosco se gausser des pas de géants faits par l’Europe pour lutter contre l’évasion fiscale qui, semble-t-il, ne toucherait pas que la France. Mais la France surtout aurait-il dû préciser. L’actualité apporte un éclairage saisissant de la situation dans laquelle se trouve notre pays : l’an passé, plus de 8 000 contribuables ont payé plus de 100% de leurs revenus en impôts. Il faudrait ajouter qu’ils étaient 11.960 foyers à être imposés à plus de 75% de leurs revenus, et 9.910 à l'être à plus de 85%". Cela s’appelle du racket ! Et notre Casanova du Budget peut préciser qu’ils sont broutilles sur les 37 millions de foyers fiscaux que compte notre pays, ils n’en sont pas moins le symbole d’une politique de stigmatisation stupide qui ne rapporte pas grand-chose en regard des dégâts qu’elle fait. En plus, le dit ministre du budget pourrait avoir au moins l’honnêteté intellectuelle de préciser au passage que seuls 50% des contribuables paient l’impôt sur le revenu. C’est beaucoup demander à ces obscurantistes pétris de leur idéologie qui ont de la réalité économique et des rouages qui la gouverne la vision d’une grenouille décérébrée. La France est un enfer fiscal avec tous les inconvénients qui en résultent.

La guerre contre les paradis fiscaux ne changera rien à nos problèmes.

Le but est avant tout psychologique : faire croire au bon peuple que l’évasion fiscale est la source de tous nos maux et il faut donc la rendre insupportable. Qu’elle soit inadmissible et qu’on exige de certains de nos voisins de mettre fin à des systèmes ou des organisations qui favorisent ce genre de sport de saute-frontière est évidemment hautement souhaitable. Personne ne reprochera aux états de l’union d’arriver à s’entendre pour éradiquer ces pratiques, on ne peut que s’en réjouir. Encore que le fait qu’elles aient duré si longtemps au vu et au su de tous, ne rend pas très confiant dans le résultat. Je ferais même remarquer que, quand bien même nous débusquerions la plupart de nos fraudeurs, nous continuerions de porter le fardeau de la dette. Et que, quand bien même ils paieraient leurs impôts, cela ne changerait en rien notre déficit de compétitivité. Arrêtons donc d’amuser la galerie !

La France est confrontée à une surfiscalité paralysante.

Là est le vrai problème. La fiscalité de notre pays est un empilement grotesque d’impôts et de taxes qui pèsent autant sur les entreprises que sur les ménages. Elle rend impossible la constitution d’un capital par l’investissement et l’initiative privée. Elle décourage l’argent d’aller se placer dans l’économie réelle, tant le rendement est devenu dérisoire. L’ISF est une absurdité qui encourage tous les gros contribuables à fuir vers des prairies plus accommodantes. Et l’on s’étonne de voir partir les riches, les cerveaux, les entrepreneurs. Ils ne vont pas toujours bien loin. Ils fuient un enfer qui, non content de sa rançon annuelle, oblige à des démarches humiliantes et à une paperasse tatillonne. Encore si cette surfiscalité servait à faire mieux vivre les Français, il y aurait au moins une justification. On en est loin : c’est l’image d’un état glouton et gaspilleur que 50% des redevables ont à l’esprit en observant l’utilisation qui est faite de leur sacrifice pour assurer la distribution aux autres, ceux « qui touchent », toujours les mêmes, toujours plus nombreux, où l’argent disparait comme dans un tonneau des Danaïdes.

Devenir un paradis fiscal.

Ce serait pour notre pays, retrouver un taux de prélèvement obligatoire normal, dans la moyenne de nos partenaires. Ce serait graver dans le marbre le régime fiscal afin qu’il ne soit pas modifié à l’infini par tous les gouvernements de passage, créant cette instabilité si peu propice aux investissements et aux affaires. Ce serait aussi faire le ménage dans le fouillis des prestations sociales qui s’empilent à n’en plus finir et qui ruinent la France un peu plus chaque jour. Ce serait mener à bien les réformes nécessaires pour économiser le denier public : administration simplifiée, réduction du nombre des fonctionnaires pour en faire passer le nombre de 6 millions à 4 millions. Ce serait enfin bâtir un dispositif fiscal qui favorise la production en privilégiant tout ce qui participe au développement économique et à la création d’emplois. Nous verrions alors affluer les capitaux, revenir les fortunes, et par la diminution du chômage avec le retour de la croissance, nous pourrions tenir nos engagements de réduction des déficits et prendre le chemin du désendettement.

Un rêve penserez-vous. Certes, mais pas irréalisable. Encore faudrait-il en avoir la volonté politique.


MAUVAISE FOI, MENSONGE ET CAMOUFLAGE

 

Hollande an II

Le Pingouin de l’an II nous a fait hier une belle démonstration de son talent d’enfumage de la réalité. Le mode d’emploi est simple : nous sommes tous des gogos, et nous allons tous prendre ses vessies pour des lanternes. Mais c’est raté. Aussi brillant soit-il dans l’exercice, le baratin ne peut pas marcher. Plus personne ne croit ce qu’il dit parce que les contre-vérités sont trop évidentes. C’est du vent. Rien de concret. Que des mots et des intentions, et cela ne suffit pas pour en faire une politique qui traite de la réalité. Des réalités. Un propos en trois temps : le bilan de l’année écoulée, l’offensive de l’an II, le projet pour l’Europe. De quoi étaler mauvaise foi, mensonge et illusions par le camouflage.

Mauvaise foi sur la situation qu’il a trouvée en arrivant. Elle était certes dégradée, mais il n’était pas obligé par des mesures inadaptées de la transformer en catastrophe. Forcément, c’est la faute à Sarkozy qui a fait une mauvaise politique. On ne rappellera pas qu’après la récession de 3% en 2009, la France a fait plus +1,7% en 2010 et +2% en 2011 de croissance, grâce à la gestion avisée du gouvernement d’alors. Si la croissance est retombée à zéro en 2012, c’est bien au Pingouin qu’on le doit !

Mauvaise foi encore sur les réformes engagées en 2012 : un travail énorme essaie-t-il de nous faire croire. Deux réformes, en fait. Un accord sur l’assouplissement du marché du travail, obtenu par la négociation des partenaires sociaux et transposé dans la loi, dont la démarche avait été initiée par Nicolas Sarkozy. Le résultat n’est pas une révolution et les avancées restent timides. La mise en place du Cice, ce dispositif étatisé de soutien à la compétitivité qui peine à démarrer, et qui vient corriger partiellement le choc fiscal de plus de 30 milliards qui n’a pas touché que les riches et qui a plombé les entreprises et les investissements. Malgré cela, les finances ont continué de déraper et le déficit 2012 s’est accru. Résultat, le chômage qu’on peinait à endiguer, puisqu’il faut au minimum 1,2% de croissance pour y parvenir, a explosé. Et la baisse du pouvoir d’achat ? Il n’en dit mot, évidemment. C’est bien au Pingouin qu’on doit le chômage et la baisse de notre niveau de vie !

Mensonge quand il affirme le « sérieux budgétaire », alors que les mesures dépensières inutiles se sont accumulées. Embauches de fonctionnaires, retrait de la journée de carence des fonctionnaires, suppression de l’AME, sans parler des cadeaux électoraux comme l’augmentation de la prime de rentrée scolaire…. Ce sont des millions d’euros qu’il faut trouver à chaque décision. Et comme les caisses sont vides, c’est l’emprunt qui flambe. Le résultat c’est que les dépenses de l’Etat diminueront de 1,5 milliards en 2014, pour un déficit de 60 milliards… Vous croyez que c’est sérieux ?

Mensonge quand il affirme que tout sera fait pour améliorer la compétitivité et faciliter les investissements des entreprises, alors que les mesures de baisses des charges, des taxes et des impôts qui les pénalisent, ne sont pas à l’ordre du jour. Que peut-on attendre de la réorientation d’une petite partie de l’assurance vie vers le financement de l’entreprise ? Il ne suffit pas d’utiliser les mots de la droite pour être cru. En dehors de ses outils de soutien public à l’emploi, dont la portée est faible, et mobilise de toute façon des fonds publics qu’on n’a pas, il ne propose pas grand’ chose d’autre, sinon de recourir à un plan d’investissement sur dix ans. Financé comment ? L’offensive de l’an II du quinquennat pourrait bien être du même type que celle du Général Nivelle en 1916 : entêtement sur des certitudes et des centaines de milliers de morts en quelques semaines. Nous, ce sont les chômeurs !

Après la faute à Sarko, c’est maintenant la faute à l’Europe. Pour le Pingouin, la récession ne peut pas être de son fait. Elle est importée d’Europe. Cela évite de regarder les causes qui proviennent de chez nous. Il ne se pose jamais la question de savoir si les effets désastreux de sa politique n’ont pas contribué à accélérer la récession chez nos partenaires ! Par la magie du verbe, il transforme même un échec cuisant : l’incapacité à atteindre l’objectif de 3% de déficit budgétaire dès cette année, en victoire. Grâce à lui, on a obtenu un sursis de 2 ans. Une manière savante d’occulter la pression exercée par nos partenaires pour qu’il s’engage dans de vraies réformes !

Il poursuit l’art du camouflage jusque dans ses propositions de relance de l’Europe politique en reprenant à son compte ce que Nicolas Sarkozy avait obtenu, mais que le Pingouin avait laissé de côté depuis son arrivée et combattu avant. Des orientations habiles dont la réalisation reste soumise à bien des aléas. Autre tour de passe-passe : les beaux projets d’investissements, comment allons-nous les financer ? Puisque nous n’avons pas d’argent, nous allons nous tourner vers l’Europe pour qu’elle apporte les fonds. C’est-y pas beau ? Mais si c’est pour s’exonérer de faire les « efforts » nécessaires d’assainissement de la situation de la France, c’est un très mauvais calcul qui se retournera rapidement contre lui, et contre nous.

Sondages au plus bas, chômage au plus haut, recul officiellement constaté de l’activité économique : un an après son élection, beaucoup de Français font rimer les mots déception et récession quand ils dressent un premier bilan de l’action du gouvernement socialiste. Dos au mur, le Pingouin n’a pas d’autre solution que de nous raconter des histoires pour tenir jusqu’à… ce que la croissance veuille bien revenir, comme si elle allait tomber du ciel par la grâce du Saint-Esprit ou plutôt de St Jean (Jaurès) ou autre St François … En attendant, il garde la même équipe. On ne change pas une équipe qui perd. Il est prisonnier des savants dosages picrocholins imposés par les courants du PS au risque de voir s’effondrer le peu d’appui qui lui reste à gauche.

Il pourrait être le Schröder français. Il en a l’opportunité. Mais le Pingouin n’en a ni l’envergure, ni le courage, ni la volonté. Et on voudrait qu’il nous rassure ?

 


ARCHIBALD SE MARRE

Haddock se marre

PSG : Le nouveau champion de France voulait faire une fête à  « tout casser ». Ben, on a été servis ! Le plus « frappant », ç’aura été le commentaire du Maire de Paris qui a trouvé aue la fête n'avait pas été gâchée. Comme aveuglement pour ne pas voir la réalité, difficile de faire mieux. Un expert en mauvaise foi, rien de surprenant. Quant au ministre de l’Intérieur, il a eu du mal à retrouver ses esprits.

Roms : voilà le gouvernement face à un casse-tête. Pris même à son propre piège, puisque sa première préoccupation a été de pondre une circulaire en août dernier qui le paralyse aujourd’hui : il ne peut pas démanteler un squat ou un campement sans proposer une solution de remplacement. Argument aussitôt exploité par les intéressés et tous les couillons qui les soutiennent. Moralité : toujours plus de Roms en France ! Sauf que, bizarrement, les incendies se multiplient dans les campements illégaux, sur lesquels le pouvoir reste discret.

Harcèlement : il est plus facile de pourchassé les anti-mariage homo qui font l’objet de mises en garde à vue systématiques quand ils sont assis pacifiquement en rond tout en chantant des slogans, que les voyous de la place  du Trocadéro. Une sévérité étonnante qu’on ferait bien d’appliquer d’abord à ces « sauvageons » qui polluent de leurs incivilités les entrées des immeubles, par exemple …

Garcimosco : le magicien a encore frappé. Il assure doctement que la croissance peut revenir d’ici la fin de l’année. Il faut vraiment qu’il arrête de fumer la moquette. Il fait rire tout le monde. Même son patron n’y croit pas, c’est tout dire.

Candidat : la candidature de l’ancien député de Villeneuve sur Lot semble se préciser. Une démarche que les socialistes n’apprécient guère, puisqu’il s’agit de Jérôme Cahuzac. Un vrai boulet pour le PS ! Il oblige tout le monde, au plus haut niveau, à se dédouaner, ce qui semble l’amuser beaucoup. Mais qu’a-t-il donc derrière la tête ? Surtout que du côté des électeurs ce n’est pas forcément le rejet…

Chères retraites : Ben oui, la réforme de 2010 ne tient pas ses promesses. Calculée sur les recommandations du COR avec une croissance moyenne de 1,5%, à l’époque, alors qu’en 2011 la France a progressé de  2%, avec la performance de 2012 à 0% et celle de 2013 qui annonce une année de récession, le trou se creuse à 15 milliards. Il faut donc d’urgence le boucher. Voilà pourquoi, le pingouin nous promet une réforme qui, forcément, sera « juste ». Cela veut dire que la durée de cotisation va s’allonger, que le taux va augmenter et que les retraités actuels vont être mis à contribution ; Il n’y a qu’une chose de certaine : on ne touchera pas à l’âge légal qu’il faudrait pourtant reculer au moins de deux ans. L’idéologie s’y oppose. Et les syndicats aussi !

Statuts : les commentateurs semblent déçus que Fillon et Copé se soient mis d’accord sur la rénovation des statuts de l’UMP. Mieux, il semble bien que les deux soient aussi d’accord pour qu’on ne revote pas en septembre. Pourtant ce qui arrive était largement prévisible pour qui connait le fonctionnement de la famille gaullo-centriste. Voilà donc le parti quasiment en ordre de marche pour les prochaines échéances dans l’unité retrouvée. On comprend que ça ne fasse pas plaisir à tout le monde.

Excessif : tout ce que dit JF Copé est considéré comme « excessif », ou comme « dépassant les limites », dès qu’il critique le bilan du Président et du gouvernement. Il ne fait pourtant que rétablir la vérité face à la désinformation systématique organisée par le pouvoir et ses relais, qu’il s’agisse du vrai bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy ou des effets catastrophiques de la politique suivie depuis un an. Le pingouin, son gouvernement de bras cassés et ses parlementaires nous ont mis dans la merde mais ils sont les seuls à trouver que ça sent bon ! Il faut bien que quelqu’un dise la vérité. Comme chantait Guy Béart : « Où étions-nous ? – dans la merde ! Où sommes-nous ? – dans la merde ! Où allons-nous ? - vers la merde ! »  … C’était en 1982 ou 83. Une autre période rose !

                                                Mille sabords !

 


NON, C’EST PAS DROLE ! ENCORE QUE…

Valls-Montebourg-Champs-Elysee bis

 

A la mairie de Paris, les ordinateurs mettent entre 10 et 25 mn pour s’allumer. A croire que des « petits nègres » (politiquement incorrect) pédalent dans les caves pour produire l’énergie. Une note interne préconise même  d’aller faire un tour à la machine à café en attendant. Quand on multiplie par les 30 000 postes, on se dit : qu’il doit falloir des hectolitres de café produits par une pléthore de machines et que ça fait près d’un million d’heures perdues par an minimum, soit l’équivalent de … 700 emplois à taux plein ! Mais peut-être que le maire fait partie de ceux qui pédalent (sic) et qu’il y tient. 

Pendant ce temps-là, Arnaud Montebourg prend de la hauteur. A défaut de redresser la production, il arpentera les pentes raides de la roche de Solutré pour inaugurer le classement de la roche « mitterrandienne » comme « grand site de France » et enchainera avec l’escalade du Mt Beuvray où Vercingétorix unifia les Gaulois… Tout un programme pour notre gaucho-poujadiste-à-marinière qui voudrait dominer la situation mais qui prend des coups de pied au cul en rafale dès qu’il se pointe sur un dossier.

Pendant ce temps-là, aussi, Jérôme Cahuzac se promène sur le marché de Villeneuve-sur-Lot pour « prendre la température ». La rumeur  se répand que le fraudeur « number one » aurait loué un local « de campagne » … au cas où. Le suffrage universel est suffisamment stupide pour le réélire, ça on n’en doute pas. De nombreux exemples existent. Je vous laisse en faire la liste. Rien n’est interdit dans notre époque sans morale (même laïque).

Et puis, il y a ceux qui parlent pour ne rien dire. Comme ce Monsieur Cambadélis qui se permet d’affirmer que la première année du quinquennat a été mise à profit pour « passer la serpillère sur le mandat Sarkozy ». Le « deuxième souffle du quinquennat commence » affirme-t-il très sérieusement.  Sauf qu’on cherche le premier. Et puis l’héritage a le dos large. 500 000 chômeurs de plus en cinq ans contre 500 000 en dix mois : cherchez l’erreur !

Et me revoilou ! Coucou, c’est Ségolène ! Accrochée à la manche de Hollande comme le sparadrap du capitaine Haddock, elle revient sur la scène avec un bouquin. Avec elle, on n’en a jamais fini. Bon gars, il lui avait concocté un plan pour en faire la présidente de l’Assemblée nationale : foiré avec le tweet ! Alors il l’a propulsée à la vice-présidence de la BPI où elle a aussitôt mis des bâtons dans les roues du patron. La voilà maintenant qui court les plateaux pour promouvoir sa prose. Alors, bientôt un maroquin ? On n’a pas fini avec le vaudeville !

Vous savez ce qu’est le CRAN ? Depuis peu, on en entend parler. C’est le Conseil Représentatif des Associations Noires. A l’occasion de la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage, son président annonce qu’il veut poursuivre la Caisse des Dépôts en justice pour demander réparation des sommes encaissées à l’occasion de la « traite négrière ». J’espère qu’il n’y a plus de Romains pour nous demander réparation  de la guérilla d’Astérix et Obélix ! On croit rêver.

J’ai cru comprendre à la succession des émissions télé relatives à l’anniversaire de l’accession à la présidence du pingouin, que ses déboires étaient surtout dus à un manque de pédagogie et de communication. Si ce n’était que ça ! Vous ne trouvez pas qu’ils sont un peu gonflés les politiquo-médiateux ? A force d’argumentaires tronqués et vérolés, ils essaient de nous faire croire qu’avec le temps… tout s’arrangera, comme dans la chanson de Léo. Il a besoin de temps ! Ce temps que les socialistes ont toujours refusé à son prédécesseur, évidemment. Comme dit Bouvard, c’est un gros nul. Il suffit de regarder sa cravate pour comprendre que tout va de travers !

La nouvelle marotte du gouvernement en mal de réformes, c’est celle des retraites. Non pas qu’il faille faire quelque chose, mais ce n’est certainement pas la plus urgente. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il écarte des hypothèses, d’emblée, celle qui apporterait à coup sûr la bonne réponse : reculer l’âge légal de la retraite. Trop gros à faire avaler aux petits copains de gauche et syndicalistes. Alors on finasse  entre augmentation des cotisations (merci le pouvoir d’achat), l’allongement de la durée de cotisation (hypocrite), et la baisse des pensions (pour punir un électorat qui n’a pas vraiment voté pour Hollande).  Si avec ça, on n’a pas du monde dans la rue le 26 mai …

Ainsi va la France du pingouin.


D’UN 6 MAI A L’AUTRE …

 

Hollande trempé

Il y a un an.

Au soir du 6 mai, il s’en était fallu  d’à peine un million de voix pour que Nicolas Sarkozy l’emporte. Si peu, au regard du nombre total des voix. Sa fin de campagne fut époustouflante. Une semaine de plus et … qui sait ! Les voix de Le Pen et Bayrou ont préféré le pire. On le constate aujourd’hui.

Nicolas Sarkozy était battu de peu par un candidat dont l’unique programme était de l’empêcher de continuer. Il nous fallait un homme fort, un irrésolu lui succède. Nous avions besoin de gens expérimentés, ce sont des amateurs qui ont pris la place. Ce 6 mai, le président quittait la scène sur un discours d’une grande dignité, sain, fort, républicain, une déclaration que seul les hommes d’état sont capables de produire. Il quittait le pouvoir après un quinquennat chahuté comme jamais par une avalanche de crises. Les Français n’ont pas eu la conscience de se rendre compte à quel point sa politique les avait protégés. Maintenant, on sait.

Nous pouvons être tristes, en ce 6 mai 2013. Que de rendez-vous manqués en un an ! Tristes de voir toutes les réformes si difficiles à faire avaliser, mises à mal par le pouvoir actuel, non parce qu’elles sont inefficaces, mais par idéologie ou pour répondre à des lobbies. Oui, un an après, nous ne pouvons avoir que des regrets.

L’état actuel de la France est inquiétant.

Les conditions d’un retour à la croissance, sans quoi le chômage ne reculera pas, sont loin d’être réunies. La ponction fiscale pratiquée sur les créateurs de richesse a atteint le niveau d’asphyxie : les prélèvements sur les entreprises sont une fois et demie plus élevés que la moyenne européenne, l’imposition sur les plus-values l’est deux à deux fois et demie. Le taux de marge des entreprises est au plus bas (28%) tandis que les faillites explosent. Quand on est dans une économie ouverte, cette approche ne peut produire que des catastrophes. L’investissement productif est cassé, comme on peut l’observer trimestre après trimestre. Or, la faiblesse des profits d’aujourd’hui fait la pénurie d’investissements de demain qui fera le chômage d’après-demain…

Le choix de réduire les déficits publics essentiellement par l’impôt, dans un pays déjà champion des prélèvements obligatoires, est la source principale de notre perte de compétitivité par son caractère excessif. Le sérieux budgétaire du gouvernement n’est qu’une illusion : il suffit d’observer que le dérapage du budget 2012 vient principalement des dépenses. Nous sommes passés du déclin relatif au déclin absolu, à cause du déni de la crise. Le choc fiscal de 2% du PIB  nous a fait passer d’une croissance de 1,7 à 2% à la récession. Tous les moteurs de l’activité sont inversés avec le recul simultané  de la consommation  sous l’effet de la baisse historique du pouvoir d’achat (- 0,4%), de l’investissement (- 3%) et des exportations. La courbe du chômage atteint des sommets record. Illusion qui transparait aussi  dans l’augmentation du déficit public qui atteindra 4% en 2013 et la dette qui s’envolera jusqu’à 95% du PIB au lieu des 90% où elle devait être contenue. Bref, « Moi, Président, j’ai plongé durablement l’économie française dans la déflation… »

La France n’a pas de cap.

Ces déficits nous ont forcés à demander un délai de grâce pour les réduire. Et voilà, cerise sur le gâteau, qu’on assiste au débat surréaliste très franco-français sur l’austérité qui nécessiterait d’urgence une pause. Au moment où l’on célèbre cet anniversaire lugubre de l’an 1 du Hollandisme, marqué paraît-il par des choix économiques d’une hardiesse sans pareil, nous offrons au monde qui nous regarde médusé, le spectacle d’un pays qui refuse obstinément de voir la réalité telle qu’elle est. Il est vrai qu’au sein du gouvernement les factions s’affrontent ouvertement au mépris des intérêts de la nation. Quant au groupe parlementaire socialiste il est entré dans une rébellion anarchique alimenté par les soubresauts éruptifs de ses différentes composantes. Le pouvoir donne une image assez proche de celle d’un gouvernement de la quatrième république. On s’étonne ensuite que sa politique soit illisible.

Ecrasée par un secteur public démesuré et prisonnière d’un modèle social qui la ruine, la France n’a engagé aucune réforme en profondeur que lui réclament à cor et à cri les Européens. Le nombre des fonctionnaires reste extravaguant, le mille-feuilles des collectivités n’est pas amendé, les prestations sociales restent d’une générosité largement au-dessus de nos moyens et continuent d’étouffer les entreprises sous les charges. Et ne parlons pas du maquis réglementaire et de l’ineptie des 35H qui continuent de coûter 20 milliards par an. Et bien pis, on se paie le luxe de faire un procès à l’Allemagne qui serait à l’origine de tous nos maux pour avoir eu le courage de s’adapter à la mondialisation il y a dix ans. Alors que c’est elle qui a raison. Voulue et réalisée par De Gaulle et Adenauer, la réconciliation franco-allemande est le cœur et le ciment de l’Europe. Quoi qu’on en dise, François Hollande est le premier Président à porter un coup à l’entente historique entre la France et l’Allemagne.

« Moi, Président de la République… »

Tout le monde se souvient de la belle anaphore du débat avec Nicolas Sarkozy. Elle revient dans la poire du Président comme un boomerang. En voilà la nouvelle version, un an après : « Moi, président de la République, j’ai transformé la France en bateau à la dérive, par mon indécision et mon double langage , Moi, président de la République, je n’ai pas fait de mon Premier Ministre un collaborateur, j’ai dissous ses fonctions en les confiant à un ectoplasme, Moi, président de la République, j’ai nommé un fraudeur patenté comme ministre du Budget, Moi, président de la République, j’ai recouru au spoil système systématique et nommé mes camarades de la promotion Voltaire à tous les postes clés , Moi, président de la République, j’ai accepté de ratifier un traité budgétaire européen que je n’avais cessé de dénoncer, Moi, président de la République, je n’ai cessé de cultiver la haine contre les riches et ai profondément divisé la nation en déstabilisant la famille. J’ai divisé l’Europe et marginalisé la France dans le monde du fait de son déclin économique dont je suis grandement responsable »…

Nous sommes très loin du compte. La France prend la tête de l’Europe du sud, celle du chômage et de la pauvreté.

Tout reste à faire !

 


ARCHIBALD FAIT LE PONT

 

Haddock cons BIS

La déclaration de Tokyo : rompant avec la tradition, de moins en moins respectée, qui consiste à ne pas parler de politique intérieure quand on voyage à l’étranger, François Fillon a éprouvé le besoin d’exister à partir de l’extrême orient. Mais bien qu’il ait été décoré de l’ordre du « Soleil Levant » par l’Empereur, sa candidature à la primaire UMP n’est pas une nouveauté. Le résultat de cette déclaration bizarre et excentrée est plutôt négatif car il manifeste un besoin d’exister à tout prix, comme s’il avait peur qu’on l’oublie d’ici 2017. Ce qui ne risque pas d’arriver.

Outrances ? la porte-parole du gouvernement qualifie « d’outrances » les déclarations musclées de JF Copé à Nîmes Il est vrai qu’en la matière, nous avons avec elle une fine connaisseuse.

Désert : … ou bien désaffection. Si vous avez regardé les cérémonies du 8 mai à la télé, vous aurez remarqué que les abords de l’Arc de Triomphe et les Champs Elysées étaient particulièrement vides. Les parisiens auraient-ils boudé le Pingouin ? Vous me direz, il a l’habitude d’être seul !

Insultes : selon Désir, JF Copé a insulté les Français, en parlant du « printemps des cons ». Dommage qu’on ne l’ait pas entendu sur le même registre pour le « mur des cons » du Syndicat de la Magistrature.

Irritations : l’UMP et sa « révolution civique » donne des boutons à la gauche. Accuser le parti d’opposition de vouloir « endoctriner les jeunes » en proposant des cours de soutien donnés par des adhérents volontaires, et venant de gens qui font du prosélytisme jusque dans les classes, cela ne manque pas de sel. Les experts en propagande  n’aiment pas qu’on aille sur leurs plates-bandes.

Garcimore : Notre mauvais magicien de Ministre de l’économie a encore sévi auprès des instances européennes qui l’adjurent de presser le tempo des réformes en France. Malgré le dérapage financier avéré, il continue de dire que tout va bien et que les efforts sont en cours…. Personne n’est dupe : la preuve, la France a deux ans de plus pour parvenir au résultat initialement attendu à la fin de l’année !!!!

An II : la révolution avait ses soldats, aujourd’hui nous avons les « pingouins ». Ils ont trouvé une solution géniale pour résoudre la crise : un plan sur dix ans ! Après les commissions, les plans. Cela me rappelle l’époque où le PC proposait comme solution au chômage… de venir à la prochaine manif’ !

Solitaire : Bayrou multiplie les offres de service. Quand ce n’est pas l’union nationale pour réunir les « réformateurs des deux rives » (sic), il fait appel aux verts pour ouvrir des listes communes aux municipales… Mais qui veut de Bayrou ?

Et un de plus : un nouvel assassinat à Marseille. Le Ministre de l’intérieur ne sait plus quoi dire. Ce n’est plus du savon de Marseille qu’il faut pour nettoyer les quartiers, mais du savon noir !

 


ARMISTICE ?

Francois-Fillon profilCopé pouce


Il n’y a plus de guerre entre Jean-François Copé et François Fillon. La signature d’un communiqué commun à propos de l’attitude du PS envers l’Allemagne marque même une volonté d’apaisement. Cela ne veut pas dire que tout est réglé, mais on en est probablement à la paix armée, ce qui est toujours un progrès. Il faudra rapidement passer à la paix tout court s’ils veulent tous les deux que l’UMP retrouve une crédibilité complète. L’avancée des travaux sur les statuts la laisse augurer, un accord pour renoncer à un nouveau vote en septembre la scellerait.

Cela n’empêche pas chacun de jouer sa participation. Cacophonie ? Non, mais répartition naturelle des rôles. L’ancien premier ministre utilise son expérience et son autorité  pour occuper la posture de critique acerbe du bilan socialiste sur un ton retenu, alors que Jean-François Copé  enfourche sa monture caracolante  chargeant sabre au clair sur les erreurs de l’exécutif et ses résultats désastreux. La sagesse d’un côté, la fougue de l’autre.

Face à un exécutif qui a atteint en un temps record un sommet d’impopularité, l’UMP passe à l’offensive pour le premier anniversaire de l’élection de François Hollande Des affiches et des tracts avec un chef de l’Etat ruisselant de pluie le jour de sa prise de fonctions barrés de « l’échec. » sont placardées dans tout le pays. Jean-François Copé a adressé un message vidéo aux adhérents de l’UMP, dans lequel le président du parti dénonce un « immense gâchis ». Il organise des meetings en pagaille et notamment, celui qu’il a animé à Nîmes, où il a développé tous les sujets de « l’échec cuisant » de cette première année et proposé de bâtir « une autre politique ». Une convention du parti se réunira le 15 mai pour traiter du bilan de cette première année. Ce constat, est partagé en interne. François Fillon a stigmatisé, lui aussi, en en déclinant toutes les facettes, un « échec économique, politique, moral et européen ».

Nous avons besoin des deux.

Une partie de nos électeurs aiment le discours ferme et sans concession de François Fillon qui ne passe rien au pouvoir en place, tout en cherchant, par la forme utilisée, interviewes écrites au monde, au 20H de TF1 ou à la radio, sa stature d’homme d’état. Il ne fait pas mystère de son ambition : il vise 2017. La partie la plus active des adhérents de l’UMP se reconnait dans l’activisme du président du parti. La campagne d’affichage, les meetings, les initiatives pour préparer les municipales, accompagnées de déclarations violentes et de formules choc comme « le printemps des cons » ont pour objectif de mobiliser le plus grand nombre, de retenir ceux qui seraient tentés par le FN, et même de marcher sans le dire sur les plates-bandes du parti d’extrême-droite.  L’un veut séduire largement et peut être entendu des modérés du centre. L’autre est davantage susceptible de plaire aux jeunes et à ceux qui attendent un discours identitaire plus tranché et explicite. Mais à bien y regarder, si on fait abstraction du style, ils disent tous les deux, peu ou prou, la même chose. Ce sont les deux faces d’une même médaille.

Le lien avec Nicolas Sarkozy reste fort.

Reste que même sans sa querelle des chefs, l’UMP et l’électorat de droite restent majoritairement attachée à Nicolas Sarkozy qui trouble quelque peu le jeu par les signaux qu’il envoie. Dans les derniers sondages d’intention de vote, Nicolas Sarkozy a même retrouvé son niveau du premier tour de 2007.

Du coup, le travail du parti et les propositions qu’il élabore passe au second plan et il ne semble pas engranger les dividendes des difficultés de l’exécutif. Même s’il a gagné toutes les législatives partielles depuis un an. C’était dans des circonscriptions « historiquement de droite », souligne Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique de l’Ifop. En détail, les personnalités de droite caracolent à un très haut niveau de popularité, Nicolas Sarkozy en tête, mais aussi Alain Juppé ou François Fillon. Sans que l’UMP en bénéficie. Le fait que l’ancien président, à l’écart de l’UMP, soit celui qui incarne le leadership, est une faiblesse pour un grand parti de la Vème République dont l’objectif est d’être porteur d’un projet présidentiel. En tant que formation politique, il n’a pas donné, avec la crise de l’automne 2012, une image valorisante et peine aujourd’hui à incarner une alternative crédible. « Sarkozy aurait fait mieux », les Français sont catégoriques, mais si on demande si « l’opposition aurait fait mieux », ils ne sont plus que 38% à l’affirmer. Jean-François Copé l’a bien compris qui manifeste, à chaque occasion sa fidélité à l’ancien président, au contraire de François Fillon qui cultive sa différence.

Une stratégie de reconquête.

C’est donc uns stratégie sage de reconquête avec répartition des rôles qui a été mise en place rue de Vaugirard. Reste à espérer que le rouleau compresseur fera son office, car l’UMP est malgré tout une grosse machine bien implantée dans tous les départements. Il faut éviter d’être pris en tenailles entre un pouvoir socialiste qui va se recentrer et faire des réformes et un Front national en ascension, pour gagner le pari de la « vague bleue » aux municipales. Le temps passe vite, il ne faut plus en perdre.

 


FACE A LA SURENCHERE POPULISTE…

Mélenchon Bastille  Le-pen-01-05-2013


Jean-Luc Mélenchon, devant plusieurs dizaines de milliers de manifestants, a durci le ton hier contre François Hollande et sa politique d’austérité. Jamais il n’a été aussi hargneux contre les socialistes au pouvoir, jamais il n’a autant bénéficié de la tribune offerte par les médias, jamais l’alternative politique qu’il offre depuis la campagne électorale et qui n’a pas changé depuis, n’a semblé aussi peu crédible. « La période d’essai est terminée ! » a-t-il proclamé à la Bastille précisant qu’il n’avait pas changé d’avis, ne voulait pas de la finance au pouvoir, n’acceptait pas les politiques d’austérité ». Beaucoup de décibels pour un discours protectionniste d’inspiration marxiste, beaucoup de formules, beaucoup d’images symboliques comme la chemise blanche et le foulard rouge, mais un poids politique à relativiser qui ne décolle pas : les sondages ne lui sont pas favorables et son « parler dru et cru » passe mal dans l’opinion. Le leader du Front de Gauche ne se nourrit en réalité que des déboires de la majorité, confrontée à une crise sans précédent. A croire que les Français ont la tête ailleurs.

Marine Le Pen, de son côté, poursuit son entreprise de dédiabolisation du FN, sans renoncer aux thèmes traditionnels. A moins d’un an des municipales, la présidente du Front national, Marine Le Pen, poursuit l’entreprise de dédiabolisation de son parti. La présidente du FN a promis le 1er mai : « Nous serons les garants de la libre expression, du libre débat, de la libre pensée, de la diversité des opinions dans les médias et dans la presse ! ». Un discours qui visait à présenter le FN comme la seule formation cherchant à revenir aux fondamentaux de la République, avec le triptyque « liberté, égalité, fraternité ». Près d’un an après l’élection de François Hollande, elle a fustigé le bilan négatif de la gauche et attaqué avec virulence Nicolas Sarkozy, se targuant d’être la seule à avoir une « vision du monde ». Elle a promis « la lumière de l’espoir » pour le peuple français frappé par la crise. Il faut « remettre des frontières, stopper l’immigration, renvoyer les clandestins », affirmant que lorsque sévit le chômage de masse croissant, la priorité nationale s’impose. L’emploi, la protection sociale, le logement doivent d’abord servir les Français. » Une antienne qu’on reconnait bien.

On constatera que FG plus FN pèsent aujourd’hui près du tiers de l’électorat, ce qui justifie qu’on s’interroge sur les solutions qu’ils proposent. On retiendra principalement le déni de la mondialisation et comme principale recette, le protectionnisme à la mode étatique soviétiforme côté Mélenchon, ou en version national-étatique côté Le Pen. On a le choix entre Moscou années 20 et Rome années 30. On connaît la suite… Les deux ont aussi un problème avec l’euro.

… ENCORE FAUT-IL SE POSER LES BONNES QUESTIONS !

Peut-on faire comme si la mondialisation n’existait pas ?

Ce serait méconnaître les traités auxquels nous participons au sein de l’OMC. Ce serait surtout nier une réalité incontournable, les moyens modernes d’échange et de communication sautant allégrement les frontières. Enfin ce serait oublier que nous sommes nous-mêmes un puissant exportateur de biens et de services et que nous sommes dépendants de nombreux dans le monde, par nos échanges. Il faut donc faire avec !

L’Europe est-elle une chance ou un boulet ?

Nous avons souvent contribué à présenter nos maux comme trouvant leur source dans la bureaucratie bruxelloise. C’était tellement commode. Pourtant nous devons à l’Europe unie 60 ans de paix. Si aujourd’hui, elle ne nous protège pas suffisamment, c’est parce que nous n’avons pas eu l’audace d’aller plus loin dans la « souveraineté partagée ». Si notre pays connait des difficultés c’est aussi parce que nous n’avons pas respecté nous-mêmes les règles que nous nous étions données pour faire vivre l’euro (les critères de Maastricht). Mais elle reste notre seule chance si nous voulons continuer d’exister dans le monde d’aujourd’hui face aux grands ensembles émergents.

Et évidemment la sortie de l’euro.

Elle est souvent présentée comme la bonne solution pour s’affranchir des contraintes de l’austérité. Cette proposition des partis protestataires gagne du terrain dans l’opinion, en France notamment. L’idée d’une sortie de l’euro est facile à instiller dans l’opinion car elle s’appuie sur la défiance ressentie par beaucoup vis-à-vis de l’Europe.

Aucune loi économique, aucun précédent historique comparable ne la justifie pourtant. Il faut tout d’abord observer que les opinions contraires sont peu audibles. La défense de l’euro est en effet difficile, le sujet est technique et donc quasiment interdit de médiatisation. Il faut pourtant combattre cette utopie. C’est un faux remède dont les effets secondaires indésirables ne sont pas connus de l’opinion. La sortie de l’euro, ce serait la liberté retrouvée, et surtout la liberté de dévaluer pour nous dégager des inconvénients de l’euro fort et de la discipline budgétaire assurent ses partisans. La preuve de l’efficacité du remède serait que la France en a fait autrefois ample usage. C’était une époque où les exportations et les échanges financiers n’imprégnaient pas comme aujourd’hui l’activité nationale.

Des conséquences incalculables.

Nous ne vivons plus, dans le même monde, en effet. Deux chiffres illustrent la transformation radicale du contexte économique et financier depuis 1980. Selon de directeur de l’OMC, la composante importée des produits exportés, de 20 % à l’époque, est aujourd’hui de 40 % et devrait atteindre 60 % en 2030. Et surtout le volume de ce que l’on appelle les capitaux volants a été multiplié par 130, passant de 500 milliards de dollars à 67.000 milliards de dollars aujourd’hui. Dans un tel contexte, les effets indésirables d’une dévaluation seraient dévastateurs.

Une dévaluation de 20% du franc par rapport à l’euro augmenterait notre endettement et donc la charge d’intérêt dans les mêmes proportions. Elle renchérirait d’autant le prix des produits importés incorporés dans nos exportations. Le résultat serait au plan commercial, un effet prix amoindri et surtout, au plan financier, la menace de ne plus trouver de prêteur sauf à payer des taux d’intérêt extravagants. L’étranglement financier serait immédiat et la nécessité s’imposerait d’un effort sans pareil des contribuables français pour rembourser la dette. On imagine le chaos politique et social créé par la hausse du prix des carburants, des impôts, par l’inflation importée.

La forte imbrication de la France dans le commerce et la finance mondiale a permis un incontestable enrichissement. Par notre appartenance à l’Europe et à l’euro, le déclin économique et industriel de notre pays peut encore être enrayé. Un cavalier seul le rendrait inéluctable.

Nous n’avons pas le choix : il faut s’adapter à la mondialisation et ne pas en avoir peur, nous devons faire avancer l’Europe pour garantir notre avenir. A cet égard, l’axe franco-allemand est un passage obligé.

 


FIASCO : LE LOGICIEL DE HOLLANDE EST PERIME !

 

Hollande trempé

Une année de présidence « normale » s’achève...

Sur un fiasco monumental comme politique menée en a rarement connu. La faute à Sarko, la faute à Merkel, la faute à pas de chance, la faute à la crise, la faute à tout le monde, sauf celle du principal intéressé. Les Français ont compris. Jamais un chef de l’exécutif n’a connu par le passé un tel désaveu de l’opinion, aussi profond et aussi rapide : jusqu’à 21% seulement d’opinion positive !

Encore, s’il avait tenu ses promesses. Même pas. L’institut Thomas More qui avait noté Sarkozy lui accorde 7,5/20 sur la première année du quinquennat. Jugez vous-même. Il avait dit : « je ne m’occuperai pas de tout », mais la fonction et un premier ministre évanescent l’ont obligé à descendre dans l’arène ; il avait dit : « j’aurai un comportement exemplaire » mais sa concubine s’est chargée de transgresser le mot d’ordre ; il avait dit : « je rassemblerai les Français dans une France apaisée » mais la France est dans la rue, à droite comme à gauche, dans un pays divisé comme jamais … Le choc de confiance qu’il appelait de ses vœux s’est transformé en choc de mécontentement et de colère. Et la « République exemplaire » a sombré dans le mensonge éhonté et la fraude de Cahuzac et les mises en examende Guérini et Kucheida... sans parler du Sofitel de Lille.

Un an après, les Français n’en peuvent déjà plus.

Le chômage explose que la pauvrette « boite à outils » ne pourra enrayer, tel un cautère sur une jambe de bois, et servira davantage à aggraver le mal plutôt qu’à le soigner. Les échecs sont patents et sonnent comme autant de désaveux des moyens déployés : Florange, PSA Aulnay, Pétroplus, … pour ne prendre que les plus emblématiques. Montebourg se targue d’avoir sauvé 85 000 emplois : on se demande bien comment ! Il reprend à son compte l’action efficace des comités locaux d’expansions qui n’avaient pas besoin des « doublons » de ses « commissaires au redressement productifs ». Dans le même temps le pays a engrangé 500 000 demandeurs d’emplois supplémentaires : plus de 1 000 par jour !!

L’exil fiscal, s’il a donné lieu à quelques esclandres médiatiques, n’en est pas moins une réalité. Jamais autant de jeunes qui se voient désormais sans avenir n’ont quitté la France pour des cieux plus propice à l’expression de leurs talents. Si cela avait au moins redressé les comptes publics. C’est le contraire. Malgré les dénégations des membres du gouvernement et la communication de l’Elysée, c’est bien à un dérapage du déficit et de la dette auquel on assiste, comme viennent de le rappeler les chiffres des prévisions de la Commission européenne pour 2013 et 2014. A tel point qu’il faut donner deux ans de plus pour tenter d’atteindre ses objectifs. Rien ne sert de dénoncer l’austérité quand elle n’a pas encore commencé et qu'on continue de gaspiller l'argent public !

Le pouvoir d’achat est en berne, sous l’effet du choc fiscal à répétition, rebondissant de promesse avortée en promesse non tenue. On n’avait pas connu telle régression depuis trente ans. Même au plus fort de la crise de 2008-2009, Sarkozy-Fillon avaient réussi à le maintenir. Et encore n’en a-t-on pas encore fini avec la dégringolade puisque de nombreuses décisions ne vont prendre effet qu’à partir du 1er juillet, à l’automne et en janvier 2014. Notamment le relèvement de la TVA à 7% qui va passer à 10% ! Erreur magistrale qui consiste à taxer la consommation du marché intérieur au lieu d’augmenter celle à 19,6% qui prote pour une grande partie sur les produits importés. Nous n’avons donc pas fini de souffrir dans une spirale infernale qui nous tire vers le bas : consommation en baisse, investissements à l’arrêt, exportations en déficit… tous les moteurs d’une éventuelle croissance sont en panne. Chômage garanti !

Le crédit de la France en Europe et dans le monde est aussi touché. Le Chef de l’Etat a commencé par un mensonge : celui de faire croire qu’il avait renégocié le traité de stabilité, en y faisant ajouter un volet « croissance » qui y était déjà. Il a continué en soufflante le chaud et le froid avec l’Allemagne, ruinant totalement l’axe que  constituaient les deux pays, alliance nécessaire sans laquelle l’Europe fait du surplace. Il a tourné le dos à nos alliés en avançant le retour de nos troupes d’Afghanistan et ceux-ci lui ont rendu la monnaie de sa pièce au moment de l’intervention au Mali où nous nous sommes retrouvés bien seuls. De ses déplacements en Inde et en Chine, on cherche encore les avancées qu’il en a obtenues. Une politique à la godille qui balance d’un côté puis de l’autre et dont on cherche le cap.

Le gouvernement a passé son temps à défaire.

Un an passé aussi à défaire pour des raisons idéologiques ce qui marchait.  Insécurité, immigration, école, université, tout y est passé au mépris de la continuité de l’Etat. La France a reculé. C’est vrai de l’autonomie des universités qui donnait satisfaction à tous les présidents aujourd’hui à nouveau entamée. C’est vrai de l’école pour laquelle on recrute inutilement 60 000 postes et dont on défait le soutien personnalisé qui donnait de bons résultats. La réforme des rythmes scolaires mal préparée et coûteuse rencontre une résistance inattendue pour le Ministre. Du côté de la justice, c’est encore pire. Sous la houlette d’une Ministre gauchiste militante, c’est le culte du pauvre délinquant qui est célébré en oubliant les victimes. Tout ce qui pouvait accroître la répression a été démantelé pour raison de « crime sécuritaire » : rétention de sûreté, peines planchers, … Pour les étrangers, on supprime l’accès payant (modeste) aux soins médicaux (AME) alors que nos retraités se voient infliger une franchise de 50 €. Et concernant l’immigration, notamment le problème posé par les Roms, le ministre de l’Intérieur en est au double langage. Il aurait fallu privilégier les économies : c’est le contraire qui est fait avec l’augmentation (il est vrai modeste) du SMIC et de l’allocation de rentrée scolaire. Même démarche incompréhensible avec la suppression de la réforme des collectivités territoriales qui était pourtant votée. De même, il a mis fin à la convergence publique-privé en matière d’hospitalisation, qui était un bon moyen de rationaliser l’accès aux soins… Le gouvernement a passé plus de temps à défaire qu’à faire. Sans oublier les cadeaux électoraux insupportables comme la suppression du jour de carence pour les fonctionnaires au nom de je ne sais quelle idée de la « justice » !

Un an après, la France, ne va pas dans le mur. Elle est dans le mur ! Et il reste quatre ans pour aggraver la facture. Plus que jamais, la question n’est pas de savoir dans quel état la majorité de gauche a trouvé la France, mais celui dans lequel elle la laissera ! Le logiciel de la gauche est totalement inadapté au monde du 21ème siècle !

Une autre politique est indispensable.

D’urgence.

Mais elle est impossible avec le personnel actuel.

 


L’ECONOMIE : DE LA REGRESSION AU GÂCHIS

 

  Hollande fiasco

« J’ai fait des choix majeurs pour la France » s’en va répétant le président « Nimbus » à tous les échos, comme pour se persuader d’avoir fait les bons. Qu’on en juge ! Depuis un an, l’économie française a reculé. Elle décroche même par rapport à la moyenne de nos partenaires européens, ce qui est une nouveauté. A la fin de cette année, le PIB sera inférieur à ce qu’il était à la fin de 2008, cinq ans auparavant. Notre économie est entrée en récession sous les coups inconsidérés assénés à nos entreprises et à la consommation. Des décisions immédiatement contre-productives comme en attestent la montée immédiate du chômage et le blocage de la consommation des ménages, par la diminution du pouvoir d’achat. Il fallait des socialistes au pouvoir pour arriver à un tel résultat.

Des choix à contre-courant.

La situation  laissée par Nicolas Sarkozy était dégradée par la crise des dettes souveraines succédant à la crise financière, elle-même conséquence de celle des « subprimes ». Les choix de François Hollande à contre-courant de l’Europe et du Monde, ont transformé une situation difficile en situation dramatique. Les faits parlent d’eux-mêmes, le constat de cette première année de présidence « normale » est accablant. Quelques chiffres résument le chemin parcouru : chaque jour depuis le 6 mai 2012, la France compte 1.000 chômeurs de plus, et chaque jour sa dette s’alourdit de 165 millions d’euros. Face à cela, l’exécutif n’a à proposer qu’une « boîte à outils » bien légère, faite de contrats aidés et d’économies toujours différées. Les perspectives continuent d’être inquiétantes quand on sait que le vrai impact du choc fiscal de l’automne 2012 reste à venir : un taux de marge des entreprises (le plus bas de la zone euro) et un pouvoir d’achat des ménages au plus bas depuis trente ans.

Croissance envolée, réduction des déficits repoussée, emplois sinistrés : cette première année de présidence ressemble à un gâchis, lequel était inscrit dans la campagne d’un candidat qui avait sous-estimé la gravité de la crise, l’importance de la compétitivité-coût et l’impérieuse nécessité de baisser la dépense publique. L’arrêt du moteur franco-allemand était aussi écrit, remplacé par une hypothétique alliance « pour la croissance » des Etats du « Club Med » (i.e Espagne, Italie, Grèce).

Incapable d’atteindre son objectif de réduction du déficit à 3% à la fin de l’année, Bercy vient d’obtenir de la Commission européenne, deux ans de plus pour y parvenir. Si les hommes du pouvoir s’en félicitent, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France. Ces deux années traduisent le déclin de notre pays, son incapacité en prendre les décisions courageuses, et jettent le discrédit sur ceux qui le gouvernent. Il y a en effet, gros à craindre que ce répit ne soit pas  réellement mis à profit pour mener à bien les réformes difficiles qui remettraient la France sur les rails. Au vu de l’année que nous venons de vivre, nous ne pouvons pas leur faire confiance.

De "choc" en "choc" ...

Le discours dominant à la mode nous abreuve des « chocs » nécessaires à notre redressement : choc de compétitivité mais le crédit d’impôt prévu à cet effet ressemble plutôt à un pet foireux ; choc de simplification, mais on ne s’attaque pas au dur, c’est-à-dire au droit du travail, ce monstre qui met des freins partout dans le fonctionnement de nos entreprises ; choc de réformes structurelles, mais on renonce à faire la réforme territoriale qui fusionnait élus départementaux et régionaux en un seul pour faire une espèce de décentralisation en trois volets, du type usine à gaz ; choc de relance, en habillant ce qui existait et qui était efficace en un seul organisme bancaire plus ou moins politisé : la BPI… Le Parti socialiste et le président de l’Assemblée nationale viennent d’y ajouter le choc de la désunion par les imprécations contre l’Al­lemagne.

On aurait aimé croire à une lueur de lucidité et voir la promesse d’une politique de l’offre dans la levée des sanctions fiscales à l’égard des créateurs d’entreprise et l’accord de flexibilité (timide) de l’emploi. Las, c’est aussitôt pour donner des gages dans le sens inverse avec la loi dite « Florange » et l’épisode malencontreux de l’intervention de notre ministre de la parole improductive sur l’affaire Daylimotion.

Voilà l’exemple typique de ce qu’il ne faut pas faire. Pour croître, nos start-up doivent trouver un ancrage américain ou une dimension internationale, surtout dans l’internet, où les frontières ont peu de signification. Dailymotion, talentueux numéro deux mondial de la vidéo sur Internet, a besoin, pour ne pas périr dans l’ombre du géant « Youtube », de changer de dimension et le groupe ne peut pas faire l’économie d’une présence massive aux Etats-Unis. Une prise de contrôle par « Yahoo! » lui aurait permis de franchir ce palier, en apportant les moyen financiers que Orange n’est pas disposé à lui donner, en lui permettant d’élargir son audience et en l’aidant dans l’achat de droits audiovisuels. Les pouvoirs publics français, au nom de la défense d’intérêts nationaux, ont bloqué la vente : une pure sottise. La France aurait pu devenir une pièce maîtresse dans le puzzle mondial de « Yahoo! ». Comme disait Pascal Lamy : « il est grand temps de changer de logiciel !»

Une parole surréaliste.

De ce sombre tableau émergent des confidences du président faites à quelques journalistes dans l’avion qui le ramenait de Chine : « Si on n’avait pas fait le redressement des comptes publics, la compétitivité, les mesures contre le chômage, on pourrait être inquiet. » : nous sommes inquiets ! Dans un entretien publié dimanche il se félicite d’avoir fait « en dix mois bien davantage qu’en dix ans » : il a défait plus que fait, il n'a vraiment peur de rien ! Il a célébré devant les patrons « trois réformes majeures » : le pacte de compétitivité, l’accord sur la sécurisation de l’emploi et la création de la BPI :on croit rêver ! Est-il seulement conscient du caractère surréaliste de ses propos.   

Ainsi va le « baladin » comme certains à l’étranger le surnomment. La question n’est même pas de savoir s’il a l’autorité suffisante pour reprendre les choses en main. Mais la volonté et la capacité de le faire. En attendant, notre économie reste sur la pente vertigineuse qui l’entraîne dans le gouffre.

 


HOLD-UP SUR LA LUTTE DES CLASSES

 

Marine-Le-Pen présidentielle

Dans sa course à la dédiabolisation du Front National et sa recherche de label républicain irréprochable, Marine Le Pen se présente aujourd’hui comme la défenseure du prolétariat, consciente de la désaffection des ouvriers pour le Front de Gauche et le PC dont le discours ne fait plus recette dans leurs rangs, pas plus que celui de Besancenot. Trop de déconvenues sans doute avec la désindustrialisation, les fermetures maintenant avérées des hauts fourneaux de Florange, de la raffinerie Pétroplus et de l’usine PSA d’Aulnay. Il y a des promesses de réenchantement qui ne trouvent pas là leur pleine réalisation, si vous voyez ce que je veux dire !

Derrière les mots, il y a les maux.

Cependant, derrière la magie des mots, il y a les maux que la fille-à-son-père continue d’avoir du mal à cacher. Il ne suffit pas de proclamer que le FN, social et souverainiste, est « le parti des travailleurs » pour en faire une réalité. Il semble galvanisé, même s’il a mobilisé nettement moins que l’année dernière. Mais il en va de même des syndicats qui alignent de maigres défilés en ordre dispersé. Le FN fête Jeanne d’Arc, évidemment, mais il fête surtout le travail. Dans la droite ligne de l’esprit pétainiste qui avait présidé à sa création. Marine Le Pen s’engouffre dans l’espace laissé par les brouilles confédérales. « Nous sommes le parti des travailleurs », clame-t-elle dans son discours offensif qui s’adresse aux salariés « de l’établi ou de la boutique », à ce « peuple d’abord », comme l’indique l’immense affiche qui barre l’Opéra de Paris. Et à tous, elle oppose « les magnats de la haute finance », dans un élan aussi sincère que l’était celui de François Hollande au Bourget en 2012. Ces magnats dopés par « la mondialisation sauvage » et « l’individualisme prédateur ». C’est bien la lutte des classes ressuscitée. Quand il n’y a plus un syndicat pour rêver du « grand soir », Marine Le Pen n’hésite pas à s’emparer du discours révolutionnaire et à appeler le peuple à « se lever », sur les pas des « résistants de 1940 et du «non » au référendum de 2005 ».  En matière de récup’ on ne peut pas faire mieux : voilà un amalgame osé. La tonalité dominante est désormais sociale et souverainiste. Elle s’adresse aux « petits » et veut rassurer par la nation. Elle reste néanmoins identitaire et centrée sur l’immigration.

Marine Le Pen veut apparaître comme la seule défenseure des « oubliés ». Et profitant de leur incapacité à s’unir, elle n’hésite pas à faire des syndicats des acteurs du « système », au même titre que le PS et l’UMP, en affirmant que « Le Medef et la CGT ont sacrifié les travailleurs sur l’autel de la flexibilité », ce qui est partiellement inexact, puisque la CGT a justement refusé de signer l’accord sur le marché du travail. Mais qu’importe pour Marine Le Pen, pourvu que cela serve son objectif.

Une porosité qui inquiète à droite comme à gauche.

Face à cette offensive, l’UMP hésite sur l’attitude à observer. D’un côté, des anciens chiraquiens tel François Baroin regrettent que « les digues érigées entre la droite et le FN soient devenus poreuses », et, pour eux, le mot d’ordre électoral voulu par Jean-François Copé, « ni PS ni FN », qui tend à mettre les deux partis sur le même plan, constitue « une fissure » de cette fameuse digue. A l’inverse, le Président de l’UMP estime, à juste titre, que la droite ne pourra jamais ramener à elle les électeurs du FN sans cultiver un discours « identitaire ». De toute façon, les uns et les autres rejettent l’alliance électorale avec le parti d’extrême droite, alors que l’électorat de droite est beaucoup plus sensible aux sirènes nationalistes.

A gauche aussi, la porosité avec l’extrême droite inquiète. Luc Carvounas, chargé au PS des relations avec les autres partis de gauche, observe que lors des élections partielles, « le Front de gauche s’effrite électoralement ». Mais cela ne l’empêche pas, souligne-t-il, de « nourrir le doute et un vote de rejet », favorisant le FN !

Jean-Luc Mélenchon a radicalisé son discours dans l’espoir d’apparaître comme une alternative au PS. Marine Le Pen souhaiterait, elle, apparaître comme une alternative à l’UMP, et pour cela, elle lisse son propos. L’un et l’autre ont cependant au moins un point commun : ils constituent une épine dans le pied du PS et de l’UMP, qui doivent trouver la parade.

Paradoxalement, la « droitisation », n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre.

 


AUSTERITE OU LAXISME ?

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Il n’y a que dans les pays laxistes que l’austérité est contestée et présentée comme l’ennemie de la croissance. Le débat entre partisans et adversaires de l’austérité fait rage au sein de la gauche et jusqu’au sein du PS. C’est en fait le sentiment de frustration de la gauche qui s’exprime parce qu’elle enrage de n’avoir rien à distribuer : l’état des finances publiques ne le permet pas, pas plus que le regard sourcilleux des marchés à qui on emprunte 8 milliards d’euro par mois.

Le chef de l’Etat a eu beau recadrer les belligérants en signifiant qu’il ne changerait pas de ligne, certains ministres comme Benoit Hamon et Arnaud Montebourg n’en démordent pas. Autant par souci des échéances électorales calamiteuses qui s’annoncent que par convictions personnelles.

Alors, le sérieux budgétaire peut-il tuer la croissance ? Tout dépend de quelle croissance on parle. S’il s’agit de favoriser l’activité à court terme ou de redonner à l’économie des forces pour une croissance plus durable dans un cadre budgétaire plus serein. L’austérité se traduit par une politique budgétaire restrictive dans laquelle les recettes fiscales augmentent et les dépenses publiques sont réduites. Généralement cela se traduit par un ralentissement de la demande de biens et de services ce qui permet de réduire structurellement les déficits et de redonner de la compétitivité au pays. C’est la politique qu’a choisie de suivre l’Allemagne il y a dix ans : rigueur sur les salaires, réformes pour fluidifier le marché du travail, et surtout un bon positionnement de ses produits qui ont permis une croissance assise sur une base industrielle solide. Le résultat, c’est un coût du travail inférieur de 12% à celui de la France et de fortes exportations. Les allemands ont gardé un haut niveau de vie et les finances publiques sont en équilibre depuis l’année dernière.

La situation de la France est fort différente. Dans la même période, elle a privilégié la consommation comme principal pilier de sa croissance économique. Au moment de la crise financière, en 2008, elle a laissé filer les déficits pour financer les « amortisseurs » sociaux. Aujourd’hui encore, le gouvernement se défend de faire de la rigueur et n’a pas encore fait de choix douloureux, comme baisser drastiquement le budget de l’état et les salaires des fonctionnaires ou les pensions… Il a préféré augmenter les impôts des ménages et des entreprises pour réduire le déficit public, mais ce faisant il a plombé un peu plus la compétitivité, plongeant le pays dans une molle récession ; il a par contre repoussé à 2014 sa volonté de réduire les dépenses.

La hausse des impôts tout comme la baisse des dépenses publiques ont pour effet de grignoter du pouvoir d’achat, ce que l’on vient de constater. Donc de ralentir la consommation, principal moteur de la croissance en France. Les entreprises investissent moins, produisent moins et préparent moins l’avenir. Par contre, le chômage progresse fortement.

La consommation comme principal moteur de l’économie est une erreur dangereuse dans une économie ouverte peu compétitive : elle débouche sur l’augmentation des importations et le déséquilibre de la balance commerciale. Elle conduit tout droit à l’endettement. D’un autre côté, un programme d’austérité, s’il se traduit par une baisse des dépenses publiques et un véritable effort structurel (par exemple supprimer un échelon administratif), peut avoir comme bienfaits à plus long terme d’adapter l’économie à un monde en perpétuelle évolution, de rendre les entreprises plus compétitives et le pays moins dépendant de ses créanciers extérieurs par l’amélioration des finances publiques. Maîtrise des dépenses de l’état va de paire avec croissance plus solide.

Il est certes possible de réduire les déficits publics sans affecter la croissance, mais cela exige des conditions qui ne peuvent être réunies en France. Car une politique d’austérité sérieuse pèse sur le PIB si aucune mesure de relance immédiate n’est décidée parallèlement, ce que la France n’a plus les moyens de proposer, et c’est bien là le problème. D’autre part, autre difficulté, une politique de l’offre, c’est-à-dire de relance par les investissements en favorisant la production, n’a de sens que si l’économie est compétitive. Il est possible aussi d’y parvenir en récupérant de la demande extérieure pour compenser ce qu’on perd en demande intérieure : pour cela il faut pouvoir dévaluer le taux de change ce qui n’est pas possible avec l’euro. Il est encore possible d’y parvenir en accompagnant la réduction du déficit par des politiques structurelles de croissance. C’est l’idée du choc de simplification lancé par le gouvernement. Mais il est trop timoré tout comme le pacte de compétitivité proposé aux entreprises. Trop timide, trop tard, trop contraint…

Si on ajoute le contexte défavorable de partenaires majeurs comme l’Espagne et l’Italie qui sont eux-mêmes en phase de « consolidation », on peut comprendre que la rigueur, ce n’est pas qu’une affaire de courage. Il n’est pas utile, pour autant, après avoir câliné les patrons de PME, de faire voter une loi aussi antiéconomique que celle qui porte sur l’obligation de cession d’une entreprise rentable. On ne change pas la gauche et ses lubies.

L’austérité, c’est compliqué, impopulaire et douloureux. Le laxisme, c’est pire que tout : il nous a conduits à la situation qu’on connait aujourd’hui. Le débat, pour la gauche, c’est sauver les apparences.