HISTOIRE
C'EST L'ETE ! (enfin, presque...)
ECRAN TOTAL

UMP : RECONQUERIR LA CONFIANCE

 

Après la courte défaite de Nicolas Sarkozy, l’UMP a été battue aux législatives. C’est la logique du scrutin qui suit celui de la présidentielle. Dans des délais aussi courts, malheur au camp vaincu. Mais conserver plus de 200 députés après dix années de pouvoir et quatre ans de crises successives ravageuses est loin d’être déshonorant.

Elle dispose normalement de cinq ans pour se refaire une santé. Cependant, il vaudrait mieux que le parti soit en ordre de marche avant les élections municipales de 2014. Il faut donc tirer rapidement les leçons apprises pendant le précédent quinquennat : les élections locales ont toutes été perdues parce que l’effet majoritaire de la présidentielle estompé, le parti plafonne à 35% des voix sans réserves de second tour et, absorbé par son soutien au Président et au gouvernement, il n’a pas suffisamment exprimé un projet politique. Le trouble a pu s’installer dans l’électorat, alimenté à la fois par le discours de Nicolas Sarkozy sur l’identité nationale et la résurgence des frontières et par la stratégie du « ni FN-ni Front républicain », compréhensible mais source de discordances. De même, l’UMP a pu s’engager dans des réformes moins parce qu’elles correspondaient à sa vision de la société ou à sa conception de la personne humaine, que pour satisfaire à « l’esprit du temps ». Enfin, le glissement à droite de l’électorat et la disparition du centre démocrate-chrétien au profit du PS, très explicite dans toute la partie ouest du pays, doivent être pris en compte pour les échéances futures.

Ce sont donc les fondations du parti qu’il faut revoir, avant qu’il se trouve un « leader », et pas l’inverse. Car une formation politique de premier plan ne peut pas espérer reconquérir le pouvoir sans être au clair sur son patrimoine intellectuel et sa stratégie politique. Il faut se reconstruire d’abord par les idées. C’est ce travail en profondeur sur ses valeurs et sur ses idées, en les mettant en accord avec notre  temps et les difficultés de notre pays, qui permettront à l’UMP d’assumer la droitisation de l’électorat tout en restant fidèle au socle républicain et de résister ainsi à la pression de ceux qui réclament l’alliance avec le FN. C’est cette mise à jour programmatique qui permettra de redonner confiance aux électeurs modérés laissés en jachère, et soumis aux convoitises des centristes qui se « balkanisent » un peu plus chaque jour.

Si l’UMP se revendique de la droite et du centre, elle doit dire plus clairement qui elle est, quelles sont ses valeurs, quelle est sa morale, quelle vision elle a de la France, de son identité, de son avenir. C’est le seul moyen de montrer où sont les vrais clivages avec l’extrême droite mais aussi avec la gauche. Etre « le parti des droits et des devoirs » est un message trop réducteur. Cette tâche de refondation est urgente. Cette clarification sérieuse des fondements culturels et intellectuels d’un projet susceptible de rassembler des frontières de l’extrême-droite jusqu’au centre gauche, vocation initiale quelque peu perdue de vue, passe par un travail de fond qui doit faire appel à toutes les compétences intellectuelles et pas seulement aux militants.

Les chantiers sont connus. En voici quelques-uns : reconnaissance de la dignité de la personne humaine qui touche, entre autre, à l’éthique du début et de la fin de la vie ; revalorisation des valeurs de liberté et de responsabilité pour permettre à la société de s’épanouir et non l’état à travers l’assistanat généralisé ; redéfinition complète de la politique sociale et de ses principes pour mettre fin aux effets pervers d’un « modèle social » à bout de souffle, coûteux et créateur de chômage ; restauration de la culture de l’excellence, sans laquelle il n’y a pas d’ambition ni de dynamique pour la société, les entreprises et surtout l’épanouissement de chacun.  Il faudra enfin proposer aux Français une vision de la France demain. L’appartenance, l’identité, les racines n’interdisent pas l’ouverture à l’autre ni l’accès à l’universel. Mais il faudra bousculer la tradition jacobine : proposer un rééquilibrage des institutions entre un président omniprésent et un premier ministre aux attributions mal définies, réorganiser les collectivités territoriales en en diminuant le nombre et en clarifiant leur compétences, définir quelle place pour les Régions, en jouant la subsidiarité contre le centralisme, quelle place dans l’Europe en primant les transferts de souveraineté sur le repli nationaliste.

C’est une fois cette mise à jour faite que l’UMP pourra se choisir un leader en correspondance avec son projet. Il pourra alors en faire partager à nos concitoyens les valeurs, les convictions et les repères. On a un an, jusqu’à l’automne 2013, pour faire cet « aggiornamento ». C’est largement suffisant.

La pire des choses serait de succomber au « tic » gaulliste du culte du chef, considérant que les valeurs vont de soi. On réduirait alors la reconquête à celle du seul parti, avec bataille d’égo assurée et électorat dégoûté. On sait ce que ça donne : au mieux 35% des voix ! Et la gauche au pouvoir pour dix ans.

 

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