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"WE ARE FIRED" ! (nous sommes virés)

Drapeau US

 

La fin pathétique de Trump.

On est débarrassé du "fou furieux".  Les derniers soubresauts de la politique intérieure de Trump frisent la  mascarade et l’on serait tenté d’en rire franchement si elle ne ridiculisait pas la démocratie de la première puissance du monde et si elle n’avait pas des côtés sinistres. Élu jusqu’au 20 janvier 2021, et contrairement au fair-play et aux traditions de la transition, il continue à détricoter l’héritage laissé par Barack Obama, de manière à compliquer la tâche de Joe Biden. Heureusement ce dernier fait preuve d’un grand sang-froid et  n’est pas affolé par les difficultés qui l’attendent. Il faut dire qu’il a une longue expérience politique. En fait, la première leçon du 3 novembre, c’est l’extraordinaire robustesse des institutions américaines qui ont rendu impossibles les coûteux recours de la campagne de Trump contre les résultats confirmant sa défaite dans certains États très disputés, lesquels ont accordé, grâce au vote par correspondance, 6 à 7 millions de voix populaires en plus à Joe Biden. Donald Trump n’a pas pu s’opposer à cette déferlante et le show mis en place par ses avocats n’a pas ébranlé les juges, de quelque bord qu’ils fussent, parce qu’aucune fraude n’a été trouvée. Toute la presse, américaine et internationale, a mis l’accent sur les obstacles dont Trump a  l’intention de jalonner le mandat de Biden. Enfin, pour illustrer le caractère vicieux du battu, il faut s’indigner de son intervention personnelle pour que soient exécutés les condamnés à mort fédéraux qui attendent leur sort dans le couloir de la mort. Trump fait souvent rire, mais il est aussi sinistre, cruel et inhumain, surtout quand il  se livre à des abus de pouvoir. La tradition veut que son successeur décide ou non de gracier les condamnés. Dans certains cas, les avocats n’ont même pas obtenu le délai de 91 jours prescrits par la loi pour leur permettre de présenter un dossier. Tragique égocentrisme !

Pas plus mal que si c’était pire.

Cependant, quelque chose qui ressemble à la raison commence à émerger du camp républicain, partagé, jusqu’à présent, entre le désir de ne pas s’aliéner le président sortant et celui de rester dans la course. C’est ainsi que le plan de relance de l’économie américaine va être annoncé et que Joe Biden démontrera que lui aussi est un créateur d’emplois. Dans ces conditions, le pire n’est pas sûr. Il n’est pas certain qu’en 2024, Trump puisse réapparaître comme un monstre du Loch Ness sorti des eaux le couteau entre les dents. Il n’est pas sûr non plus que ses électeurs vont continuer à semer la zizanie et tenter de semer le trouble dans les consciences et dans les votes, même s’il y a aux États-Unis une élection législative dans deux ans qui peut renouveler la Chambre des représentants au profit du Grand Old Party. Les Américains forment un peuple qui aime le changement, qui ne s’accroche pas au passé, qui veut aller de l’avant, avec cette foi et cette solidité mentale que lui confère la stabilité institutionnelle.

Bienvenue à Biden.

Avec 306 grands électeurs contre 232 à son adversaire et 7 millions de voix d’avance, Joe Biden a remporté un triomphe plus qu’une victoire, ce qui lui permettra de gouverner avec autorité à partir du 20 janvier 2021. Après quatre ans de Donald,  le  vilain canard, le candidat démocrate veut « reconstruire, en mieux » les Etats-Unis. Il devra certes compter avec sa « gauche » et Bernie Sanders, mais il est avant tout un modéré et un « centriste » et il a l’expérience de sa vice-présidence Obama où il avait en charge les affaires internationales. De plus il bénéficie d’excellentes relations au Sénat avec des sénateurs républicains, qui lui seront bien utiles s’ils y restent majoritaires. On peut compter sur Joe Biden pour apaiser les relations avec les  alliés naturels de l’Amérique, que Trump a  mises à mal par ses incartades et ses roromontades, même s’il ne faut pas se méprendre : « America first » restera d’actualité. Le nouveau président veut mettre en place un choix plus large pour l’assurance-santé et une fiscalité plus juste pour financer un grand plan d’infrastructures et une économie plus verte. A cet égard, le retour des Etats-Unis dans les Accords de  Paris est une bonne nouvelle. Il veut un plan massif pour promouvoir le « made in America » ;  il a promis de financer davantage les écoles situées dans les zones les  moins riches, davantage de bourses et des études gratuites dans les universités publiques pour les étudiants pauvres ;  il s’attaquera évidemment aux inégalités raciales dans une société qui a besoin d’apaisement sur ce point. Les marchés sont plutôt satisfaits de cette victoire avec un Sénat en position de contrôle, car l’absence de  majorité dans la haute assemblée limite l’action des démocrates. Le nouveau président a commis un sans faute pour l’instant.  Il a  misé sur l’establishment démocrate pour réhabiliter les institutions : il s’entoure de professionnels expérimentés qui ont exercé des fonctions sous la présidence Obama. Compétence et expérience sont les  maitres mots qui président à ses choix. La future administration aura pour mission de « rendre sa stature mondiale à l’Amérique, son éminence politique et morale ». C’est ainsi que nous voyons réapparaitre Antony Blinken, Jake Sullivan, John Kerry, à des postes quasi similaires à ceux qu’ils avaient occupés. Le coup de maître est la nomination de Janet Yellen au Trésor, elle qui a été présidente de la Réserve fédérale et des conseillers économiques de la Maison blanche. Restera la gestion de la crise économique et là encore, pas  de surprise, le programme creusera les déficits, comme celui qu’avait prévu Trump. Il faut s’attendre à une hausse de la dette fédérale de 18 points de PIB d’ici 2030…  avec une hausse des dépenses publiques. Rien de nouveau sous le soleil !!

Si les dirigeants européens préfèrent Joe Biden, ils ont aussi raison de ne pas se faire trop d’illusions, car l’élection américaine ne change pas grand-chose à nos intérêts commerciaux. Et c’est pas plus mal  pour la cohésion du vieux continent.

 


EN POLITIQUE, LA FORMULE MAGIQUE NE MARCHE PAS !

Arnaque

 

« En même temps »

Expression courante de la langue française qui signifie que deux actions ont lieu au même moment, ou que deux états, deux situations sont constatées dans la  même  temporalité. Elle a pour synonyme « simultanément » ou encore « au même moment ».  En politique, elle  a été utilisée abondamment par Emmanuel Macron pendant la  campagne présidentielle de 2017 au point d’être devenue un symbole  de  sa pensée politique pour indiquer sa volonté d’appartenir à plusieurs camps , non pas  en faisant une synthèse, mais par  simple  juxtaposition des idées. Le «en même temps » est alors  apparu  comme une formule magique qui lui a permis, en ne tranchant pas certains sujets délicats, de ne pas s’aliéner une majorité de la population.

Décriptage  politique.

La formule  magique était censée faire disparaître le « vieux monde » au profit d’un nouveau. Concrètement cela voulait signifier que les anciens repères politiques étaient dépassés.  Le « vieux monde » est structuré par deux pensées antagonistes, en gros la gauche et la droite, sans entrer dans le détail. Et  entre les deux, ce que l’on appelle  « le centre » qui  détaille les nuances de chacune des deux. Or, on a très rapidement constaté que ces repères étaient quasiment consubstantiels à la  politique et que chaque fois que le « nouveau monde » prenait une décision, elle était aussitôt classée comme étant ou de droite ou de gauche. Le « en même temps » aurait pu séduire au centre, et la magie semble avoir opérée quelque peu, surtout sur le centre droit. Mais l’équilibre en politique reste  la plus difficile des postures.

L’épreuve de la réalité.

Appliquée à  la réalité, la formule a trouvé rapidement ses limites. Après trois années d’exercice du pouvoir, c’est un fait : le slogan ne fonctionne plus. Et le nombre des dossiers qui coincent s’accumulent sur lesquels la confrontation au monde réel conduit à l’impasse. En effet, on ne peut s’engager à fond derrière la Convention citoyenne pour le climat et « en même temps » promettre de sauvegarder le mode de vie et le pouvoir d’achat de ceux qui ne veulent pas payer pour une transition écologique extrême ou n'en ont  pas les moyens. On ne peut, un jour, dénoncer l’islamisme radical avec des formules véhémentes et définitives et « en même temps » diluer cet objectif dans une loi aseptisée de peur de stigmatiser une religion et ses croyants. On ne peut donner des gages « en même temps » aux forces de l’ordre et à ceux qui dénoncent les « violences policières » sans  se déjuger.

La pression des groupes minoritaires.

Ce dernier point est préoccupant. On a le sentiment que la formule préférée du Président de la République, avec  laquelle  il voudrait pacifier le pays en donnant raison  à tout le monde  le conduit à céder aux minorités plutôt que de tenir compte de l’avis  du plus grand nombre, au prétexte que les premières recourent à la  violence ou crient le plus fort. Alors que les thèmes du maintien de l’ordre, de la préservation de l’environnement et de la lutte contre le terrorisme islamiste réunissent une écrasante majorité de Français, leur traduction en décisions se heurte systématiquement à des groupes minoritaires, bruyants et agissants qui font que le pouvoir exécutif recule, comme on l’a vu à Notre-Dame des Landes, reniant au passage une promesse de campagne. A chaque fois, l’intention est en ligne avec la promesse, mais le politique manque sa cible. Or ce  politique, élu avec des voix de gauche voudrait capter durablement des voix de droite pour 2022. Le « en même temps » voudrait donc mettre en équivalence ces intérêts opposés et en plus la majorité des Français contre des minorités militantes. La mollesse embarrassée des textes qui en résultent n’arrive plus à convaincre ne serait-ce qu’un Français sur trois.

Pensée complexe.

Cette stratégie se voudrait donc un équilibre entre des idées contraires, en une pensée complexe. L’équilibre est une vertu mais le balancement perpétuel conduit à la confusion. Trop à droite, dit la majorité en observant Darmanin  à la manoeuvre. Trop à gauche, se sont offusqués des syndicats de policiers en écoutant Emmanuel Macron dénoncer les contrôles au faciès et reprendre le terme de « violences policières ».  L’effet boomerang le conduit alors à un nouveau coup de barre pour éviter la rupture avec les forces de l’ordre. Pensée complexe nous explique-t-on : le pragmatisme présidentiel est un système. Trop complexe pour le képi de base et le Français de la rue. La droite, pas mécontente de prendre l’exécutif en défaut sur la sincérité de son tournant « régalien », n’a pas de mal à dénoncer un Macron « caméléon », image qui se diffuserait même chez des macronistes.

Absence de convictions.

Le « en même temps » apparaît trop souvent comme le produit des hésitations d’un président qui se nourrit volontiers du dernier qui a parlé, ou en donne l’impression. Dès lors que le slogan s’enraye, il débouche sur une politique illisible,  il ne séduit plus au centre et déçoit à droite comme à gauche. En fait, c’est tout simplement parce qu’il traduit une absence d’idées et de convictions. Macron est certes un technocrate  brillant, Inspecteur des Finances, rompu aux rouages administratifs et aux tableaux Excel, beau parleur, mais sans aucune expérience politique de terrain qui aurait pu nourrir son imaginaire politique. Le macronisme n’a aucun contenu politique. Il ne peut pas faire rêver. Pas de convictions, pas d'expérience. Celui qui en parlait le mieux, c’est Bruno Le Maire qui disait très justement que Macron était une « coquille vide » (mais ça c’était avant qu’il rallie son camp).

Petite  métaphore pour conclure. Comment expliquer que Jean Le Cam caracole en tête du Vendée Globe avec son vieux bateau face aux petits bijoux bourrés de technologie des dernières générations d’Imoca, sinon par des choix météorologiques judicieux fondés par une expérience solide, une connaissance approfondie des possibilités de son embarcation et une capacité d’anticipation  hors paire. Expérience, choix, anticipation… et évidemment une vision claire de la course et de l’objectif. Voilà pourquoi il nous fait rêver. LUI !

 


UN BEAUVAU DE LA PALABRE

Casseurs 2

 

Réorganiser la police ?

Est-ce vraiment le sujet ? Après deux samedis de retour des manifestations de l’ultra-gauche contre  les « violences  policières » et contre la loi de « sécurité  globale », où l’on a vu à nouveau les groupes black blocs renforcés des casseurs professionnels, à l’action avec  leur cortège de violences, c’est de « violences civiles » dont on devrait parler. Quant aux forces de police, on leur a  fait jouer encore une fois le  mauvais rôle : celui de l’impuissance et du bouc émissaire.  Ce qui est en cause, ce  n’est ni le professionnalisme ni le manque de courage,  ni le savoir-faire des agents chargés du maintien de l’ordre, c’est l’absence de volonté politique de leur en donner  les moyens. Nous sommes   en face d’un pouvoir tremblant, qui refuse de prendre le risque d’une réponse  à la hauteur des violences,  alors que la volonté populaire le souhaite massivement. Encore faudrait-il, le cas échéant, que la chaine judiciaire suive, et  là  …

Darmanin désavoué.

Notre ministricule de l’ordre  public a récolté ce qu’il avait semé.  A force de  rouler des mécaniques, de faire des moulinets et de se livrer à des rodomontades, le résultat s’est retourné contre lui.  Il  a suffi d’une vidéo manipulée de  « violences policières »  sur un personnage pourtant déjà connu des services de police, à laquelle s’est ajouté le piège tendu par des « humanitaires bien pensants » de l’évacuation de migrants sur  la place de la République sous des caméras complaisantes,  pour que Mélenchon et  ses sbires reprennent la main. Avec la  loi en discussion au parlement, ils ont trouvé les prétextes tout prêts pour mobiliser leurs troupes. L’autorité de Darmanin, si tant est qu’il en ait jamais eu, a volé en éclat. Et Macron de lui reprendre la main. Dupont-Moretti : 1/ Darmanin : 0. Après un tel désaveu, s’il avait un peu d’honneur, il démissionnerait. Au lieu de cela, il va participer à une nouvelle mascarade : un « Beauvau de la Sécurité », qui souligne en creux son échec.

La procédure de l’inaction.

Quand on n’a pas envie d’agir, on crée une commission. Le procédé est aussi vieux que la démocratie athénienne. En l’occurrence, on va mettre autour de la table  touts ceux qui sont concernés par la sécurité et l’ordre public. Et, tenez-vous bien, Macron a l’intention d’y participer en personne. On peut donc craindre le pire : il n’en sortira que du « en même temps », c’est-à-dire, au mieux tout et son contraire,  au pire, rien ! D'ailleurs le principal syndicat de police a déclaré qu'il n'y participerait pas. Cela  veut dire qu’en attendant, si Mélenchon et ses amis gauchistes le désirent, nous aurons encore des samedis animés, avec  magasins saccagés et cocktails Molotov.  Quelle  joie en cette  période de fêtes pour les Français qui n’en demandent pas tant. Quant aux commerçants, ils pourront toujours se tourner vers l’Etat pour qu’il les indemnise des  stocks pillés et des vitrines éclatées.

Il y a pourtant moyen d’agir.

Les policiers le disent, les  magistrats  le confirment : point n’est besoin de lois spéciales. Il est possible d’empêcher ce gâchis avec  les  lois actuelles. Il suffit de les appliquer. Il est tout-à-fait possible de créer des brigades  spécialisées anti-black blocs, comme le réclame Bruno Retailleau : la surveillance des réseaux sociaux, l’infiltration, les arrestations préventives, la présence de policiers en civil parmi les manifestants, permettraient d’empêcher une grande partie de  la violence. Et puis il faudrait que la police apporte à la violence des manifestants une réponse proportionnée ou égale : ça calmerait ! Il faudrait aussi que les médias qui montrent les images de saccage en floutant les visages des délinquants soient poursuivis pour complicité.

Qu’on y prenne garde.

Mélenchon rêve d’un « grand soir ». Si les forces de police, gagnées par l’écoeurement mettent le genou à terre, Macron pourrait bien lui en offrir l’opportunité  à force de   prendre les Français pour des courges, avec  ses grandes déclamations martiales suivies de reculades minables, dénonçant le séparatisme pour replonger dans le communautarisme dont il n’arrive pas à se défaire, comme en témoignent ses propos sur Brut. On connaissait ceux qui se situaient ni à droite, ni à gauche, mais devant. Aujourd’hui nous avons celui qui se situe « et à droite » « et à gauche », c’est-à-dire nulle-part. Et c’est bien ça le problème ! Il crée un vide  dangereux.

 


LA LEGENDE DU VENDEE GLOBE…

Vendée globe PRB

Notre époque épique.

Il est encore possible de vibrer pour de bon devant un exploit.  Le  Vendée  Globe vient de nous en fournir une nouvelle occasion avec le sauvetage de Kevin Escoffier  par ce vieux loup de mer –le mot est un hommage- de Jean Le Cam. Il fallait bien ça pour éclairer d’un trait de lumière éclatant la grisaille actuelle  et une année bien tristounette avec ce virus qui n’en finit pas de nous ennuyer. L’événement est  d’autant plus saisissant que la  course au large ne nous cache plus rien.  Nous avons pu vivre le sauvetage en direct grâce aux « webcams » embarquées. Et clac-clac-clac, le  père Jean est à la  manœuvre et nous nous avons les larmes aux yeux, de soulagement et d’admiration mêlés.  Quelle belle leçon de courage et de fraternité !  Au moins ça nous change des discours froids et étriqués de notre cocasse Castex. Ici, point n’est besoin de mots.  On s’étreint, on se prend dans les  bras, et tout est dit !

Sauvetage en direct.

En direct, nous avons pu suivre l’épisode  de bout en bout, mieux qu’une production hollywoodienne, parce que vraie, à travers les podcasts successifs  du sos de Kevin aux angoisses de Jean  qui a un  premier contact visuel avec le naufragé puis le perd  pour enfin le retrouver grâce à une intuition que seule l’expérience peut fournir.  Quelle joie alors de réussir à repêcher le marin dans son radeau de survie où il est resté une douzaine d’heures. On serait étonné de la sobriété de Jean Le Cam, de son calme, de sa  simplicité, si on ne le connaissait pas. Dans sa bouche, le mot « bonheur » n’est pas exagéré, il a les justes proportions  pour un acte de bravoure qui n’a d’autre nom que le mot « sauvetage » : il vient de sauver une vie humaine ! Nous avons  face à sa webcam avec laquelle il  nous amuse de son ton bourru,  un grand marin que la « bouteille » n’a pas amoindri, sans gros budget  mais qui tient la dragée haute aux autres avec sa « 4L » judicieusement carénée. Un type authentique, animée par la passion d’être sur  l’eau.

Ici, point de gesticulation. 

Les  quarantièmes ne pardonnent pas. Ici, l’aventure c’est d’abord de l’humain, des valeurs qu’on ne fait pas semblant d’exhiber, de l’action précise qui évite  la gesticulation à laquelle on est tant habitué. Ici, point n’est besoin d’écologie  sophistiquée, la nature   vous rappelle  à  l’ordre constamment et ne pardonne pas la moindre erreur ;  ça rend humble. Ici, la solitude  n’est surtout pas confinement, c’est s’abstraire des rumeurs d’un monde où le verbe remplace le geste. Ici,  c’est de dépassement de soi  qu’il s’agit, car le risque est accepté même si la lucidité commande de ne pas oublier qu’il peut mettre la vie en jeu. Le corollaire, c’est  la solidarité.  Tout le sauvetage de Kevin Escoffier est  là !  Ici, il y a un règlement, mais le bureaucrate obèse n’est  pas dans la partie. La mer est d’abord  un espace de liberté où il faut jouer avec les éléments.

Les derniers conquérants.

Hommage soit donc rendu à tous ces conquérants de l’Inutile. Le Vendée  Globe, c’est l’Everest des mers. Quels que soient leur caractère, leurs qualités ou leurs défauts, ils nous font rêver. Ils sont les acteurs modernes d’une geste épique comme il n’en existe plus gère, tant notre époque voit la technique ronger toujours plus la part de l’Homme. Le  marin du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance est seul face à  lui-même, et ce, quel que soit  le bateau. Dans l’enfer des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes  hurlants, on ne fait pas longtemps illusion, on ne peut pas bluffer. Les conditions dans lesquelles Kevin Escoffier a fait naufrage font de lui un miraculé.  Personne n’aurait pu penser qu’une vague puisse  plier un Imoca en deux ! S’il n’avait pas été  un marin aguerri,  il serait parti au fond de l’eau, avec son PRB.  Il n’a eu que quelques minutes  pour mettre sa combinaison, s’emparer de  son canot de survie et déclencher sa balise de détresse.  Et un copain s’est trouvé là  pour lui tendre la main de  la vie.

La course continue. 

Aujourd’hui, nous avons été témoins de  l’émouvante séparation. La frégate Nivôse a récupéré le naufragé et va le transporter jusqu’à La Réunion. Jean continue son chemin, à la poursuite de  la tête de course. La flotte  de la trentaine de concurrents s’étale sur des miles nautiques des Kerguelen  pour les premiers, au sud de l’Atlantique pour les derniers. On pense à Troussel qui a démâté au large du Cap Vert, à Beyou obligé de retourner aux Sables à cause d’un ofni, pour repartir.  Il n’a pas encore rattrapé la queue du peloton.  On pense aussi à Thomson, Simon et Davies, obligés d’abandonner. Les fortunes de mer sont diverses et ne font pas le  tri entre  les meilleurs et les autres. La route est encore longue, et combien de marins, combien de capitaines… vont finalement arriver au port ? L’océan Indien, le Pacifique, le Cap Horn à la sinistre réputation : les épreuves ne vont pas manquer d’autant plus que cette année, les conditions physiques paraissent hors normes.

Allez, le rêve n’est pas terminé.  Nous attendons avec impatience  de pouvoir leur faire  un triomphe  sur  les jetées de la Chaume. Au dernier tout autant qu’au premier comme  le veut la tradition du port vendéen.

 


GISCARD ETAIT UNIQUE !

Avec giscard001

Giscard nous a quittés.

Comme chaque fois qu’un ancien président disparaît, le chœur politique lui tresse des louanges, tous spécimens confondus réunis, les hypocrites au premier rang. Valéry Giscard d’Estaing n’échappe pas à la règle. Donc voilà notre  grand homme paré de toutes les vertus ou presque, et aussi victime d’analyses  souvent fausses car sorties de leur contexte de l’époque. Je ne vous imposerai pas ici la longue liste des réformes qu’il a engagées et qui ont profondément modernisé notre pays. Aucun président élu depuis ne peut s’enorgueillir d’un tel bilan national et international. Vous trouverez aisément  le détail dans les bons journaux. Il semble enfin que justice lui soit enfin rendue.

J’ai eu la chance de vivre son septennat en partie de l’intérieur puisque dès 1976 j’avais intégré le bureau politique national de GSL -Génération Sociale et Libérale-, le mouvement des Jeunes Giscardiens. Je me contenterai ici d’évoquer trois souvenirs et de tenter  de redresser deux idées fausses qu’on essaie de nous faire avaler aujourd’hui, notamment sur les causes de sa défaite de 1981.

Trois souvenirs d'un engagement politique.

Je suis issu d’une famille gaulliste que la guerre d’Algérie a déchirée. Dernier rejeton et donc le plus jeune, très tôt j’ai trouvé refuge dans le vote pour les Républicains Indépendants. Jeune prof de collège, je trouvais les interviewes de Giscard, alors Ministre des Finances, passionnantes et surtout limpides. C’est donc en toute  logique, qu’au retour de mon engagement dans la  coopération comme  enseignant au Maroc, en 1974, j’ai adhéré au Mouvement des Jeunes Giscardiens. Je peux dire que je fus happé par la passion politique.

Le premier souvenir que je voudrais évoquer c’est celui de l’université politique de 1975  à Montpellier. Innovation du mouvement  beaucoup imitée ensuite, il organisait à la fin de l’été un campus  qui durait 5 jours où alternaient ateliers animés par les sommités de la famille politique  et soirées joyeuses.  Je fus littéralement subjugué par la séquence qu’animait Henri Giscard  d’Estaing sur la « société libérale avancée ». Je bus  littéralement ses paroles, tellement je me sentais en pleine concordance  intellectuelle. J’y retrouvais toutes mes attentes et beaucoup de mes réflexions personnelles. Il faut dire que j’étais aguerri par les débats familiaux toujours très vifs et j’avais le sentiment de trouver là une mine d’arguments pour défendre ma différence. Mon adhésion aux thèses du Président fut acquise définitivement et conforta mon engagement actif pendant le septennat et bien au-delà.

Le second souvenir a trait à l’atmosphère politique de l’époque. Etre Giscardien, c’était se battre sur deux fronts. D’un côté la gauche qui, comme à son habitude, se complaisait dans une intolérance sectaire effroyable et une démagogie à toute épreuve,  ce qui valait sur le terrain des affrontements pouvant dégénérer en violence. De  l’autre côté, l’allié UDR devenu RPR, n’acceptait pas de concéder un pouce de terrain et ne rechignait pas à le faire savoir manu militari. Les campagnes électorales, dont une grande partie, à l’époque, était consacrée au collage d’affiches partout où la surface le permettait, pouvaient  tourner rapidement au parcours d’obstacles à côté duquel Koh Lanta est une rigolade. Entre l’arrachage des concurrents et le collage de son camp, les itinéraires conduisaient parfois à des rencontres « problématiques ». C’est ainsi, que lors d’une campagne cantonale, avec une de nos équipes, je collais des affiches pour le candidat UDF que nous soutenions.  Nous avions constaté que l’adversaire du PCF était passé avant nous. Qu’à cela ne tienne, nous avions décidé de le « recouvrir ». Du côté de Trélazé, fief du maire communiste Bertholet, nous étions affairés  à « habiller » un pont,  lorsque nous vîmes surgir de l’autre côté de la rue, quatre ou cinq malabars munis de barres de fer, qui étaient embusqués et qui probablement avaient décidé de mettre fin à notre entreprise « sur leurs terres ». Nous n’eûmes que le temps de nous engouffrer dans nos deux voitures et démarrer en trombe car il n’était pas question de livrer bataille. Nous n’avions pour nous défendre que nos brosses et les troupes présumées cégétistes n’avaient pas la réputation d’être tendres. Lors des législatives de 1978,  alors que j’étais candidat moi-même, je mettais un point d’honneur à accompagner nos militants sur le terrain, comme le faisait d’ailleurs mon concurrent RPR, en l’occurrence député sortant. J’eus l’honneur de rencontrer son gendre devant les panneaux officiels dont il avait recouvert  le  mien de l’affiche de son candidat  et que j’avais entrepris de remettre en état. Il menaçait de me casser la figure  et je pense qu’il aurait tenté de le faire mais j’eus la  présence d’esprit de lui dire : « Vas-y, ne te gêne pas, et en  plus je vais m’ouvrir le crâne en tombant sur le bord du trottoir et tout le monde saura demain à qui je le dois ! Quelle publicité pour ton candidat ! ». Il se ravisa et plia bagage avec son équipe et nous poussâmes un ouf de soulagement. L’accalmie ne dura pas longtemps, car dans un autre secteur, une de nos voitures fut attaquée par des socialistes  qui s’emparèrent du stock d’affiches que mes amis détenaient. Sous la menace de porter plainte et parce que le candidat socialiste était un homme de bon aloi qui désapprouvait  ces méthodes, il eut le courage de me les rapporter chez moi, avec ses excuses. Nous eûmes l’occasion de bavarder un moment et de cet épisode était née entre nous deux une estime réciproque. Et ça tombait bien,   parce que l’un des crédos giscardiens était la  « décrispation ». La vie politique sur le terrain en avait bien besoin !

Encore un dernier souvenir, pour la route. C’était à l’occasion de la venue en France  de la reine Béatrix de Danemark. A l’époque, nous avions fondé, Dominique Ambiel et moi,  le MEL, Mouvement des Enseignants Libéraux, dont j’étais le président national. Evidemment, ouvertement giscardien, nous regroupions essentiellement les enseignants adhérents du Parti Républicain et quelques autres. Sans doute pour récompenser notre action  et nos efforts, notre état-major national fut invité à la  réception officielle donnée en l’honneur de la reine au château de Versailles. Il fallut acheter une robe de soirée à Madame, magnifique, mais qu’elle n’eut jamais l’occasion de remettre, et je louai un superbe smocking pour la circonstance. Sur le carton d’invitation il était écrit : « cravate noire ».  Dont acte.  Nous arrivâmes au château : une foule d’invités se pressait à l’entrée, nous étions loin d’être les seuls, forcément. Le cadre du château illuminé offrait un spectacle déjà extraordinaire. Les nombreux participants étaient répartis dans les différents salons et la galerie des glaces était remplie par une table qui en occupait pratiquement toute la longueur, richement décorée par la vaisselle et les compostions florales.  Bref : c’était grandiose. Ne parlons pas des buffets, la République sait recevoir ! Il était prévu qu’à la  fin du repas, le Président avec son invitée et en cortège avec les sommités présentes, fassent le tour des salons pour saluer les invités. Pour  moi, une occasion de voir l’hôte de l’Elysée. Mais voilà, je n’avais pas  bien interprété le code vestimentaire. Je m’étais vite aperçu que, excepté quelques ploucs comme moi, je faisais partie des rares à porter une cravate au lieu d’un nœud papillon noir. En plus c’était la cravate que je réservais aux enterrements !  Que voulez-vous, quand on n’a pas l’habitude….

La défaite.

Giscard a perdu en 1981. De peu. Si l’on en croit les commentateurs, sa défaite serait due au détachement des Français survenu à la fin de son septennat à cause de son caractère hautain  et à l’isolement dans lequel  il se serait réfugié. C’est faire fi, d’une part de la guerre de tranchée redoutable que lui menait la gauche, surfant sur une montée du chômage provoquée par les deux chocs pétroliers encaissés par l’économie du pays, bien qu’il fût bien indemnisé, d’autre part de la campagne de sape menée par le RPR, Chirac ayant décidé d’être candidat, et qui s’est traduite par exemple par "l’affaire des diamants" montée de toutes pièces et habilement exploitée pendant la campagne en collant des images de diamants sur les yeux de Giscard sur ses affiches 4mx3m, et par l’incitation à voter pour Mitterrand faite en sous-main pour le second tour. Et enfin sa campagne de  1981 fut en partie ratée et ne connut pas le dynamisme de celle de 1974 : un Président accaparé par ses tâches, parti trop tard, et une direction de campagne inadaptée qu’il fallut reprendre en cours de route. Il fit cependant  la course en tête et rencontrait encore une adhésion populaire comme en témoigne le meeting d’Angers dont j’avais eu en charge l’organisation et qui accueillit 10 000 personnes sous un chapiteau place Leclerc. Son bilan économique et social satisferait bien nos dirigeants actuels : malgré les deux chocs pétroliers et la fin des « Trente glorieuses », un déficit budgétaire limité à 0,3 % du PIB à la fin du mandat, un taux d'endettement stabilisé autour de 20 % du PIB (Nous venons de passer de 100 à 120 %), un taux de chômage dans la moyenne de l'Europe alors que nous sommes maintenant au-dessus…

Macron-Giscard : rien à voir !

Enfin je récuse l’idée que Macron serait son lointain successeur.  C’est une arnaque des médias qui essaient de nous le vendre comme un Président de droite. Il est à Giscard ce que le canada dry … A la différence de Giscard, qui était de droite et qui savait rallier à lui le centre-droit, Macron est  fondamentalement social démocrate, c’est-à-dire de gauche.  Giscard était un libéral plutôt  décentralisateur qui s’accommodait de l’Etat jacobin tandis que Macron est avant tout un jacobin qui s’accommode  du libéralisme. Giscard cherchait le consensus et  le débat apaisé en respectant les partis existants, alors que Macron voudrait l’obtenir  avec le « en même temps » mais en faisant table rase des partis et en  pratiquant le « dégagisme ». Cela fait une sacrée différence.  D’ailleurs Giscard a pris grand soin de ne pas modifier les Institutions voulues par le Général De Gaulle qui étaient intactes quand il a quitté le pouvoir. 

Au-delà de sa vision d’une « société libérale avancée », Valéry Giscard d’Estaing restera comme un républicain qui aura assuré la stabilité et la sécurité de la France dans une période internationale périlleuse. Sa défaite en 1981 a marqué pour la France un tournant vers le déclin. Il aura été un  modèle de constance politique par une action fidèle tout au long de sa vie à des grands principes  dont il ne dérogea pas. En 1972, Il s’était décrit comme « libéral, centriste et européen ». Il est resté fidèle à ces trois principes tout au long de sa vie publique. Une vertu à souligner, non ? surtout par les temps qui courent ...

 


AUDIOVISUEL PUBLIC : LA MISE AU PAS EN MARCHE !

Archibald en colère

 

Delphine Ernotte a annoncé la couleur en prenant la tête de France Télévisions : elle consacrera l’essentiel de son temps  à « promouvoir la diversité ». Et effectivement  on commence à voir  le « progressisme » à  l’œuvre : Drucker enfin débarqué, Patrick Sébastien viré, et quelques autres têtes de gondole. Il ne fait pas bon être un mâle blanc par les temps qui courent. Plus insidieusement on commence à voir disparaître des émissions, le Cabaret de Patrick Sébastien, par exemple.… Ce n’est pas  pour des raisons d’audience, elles sont plutôt bonnes.  Elles coûteraient trop chères est-il avancé …  mais personne ne croit vraiment à ce genre d’argument.

Une télé diversitaire.

Delphine Ernotte  prétend donc faire entrer la télévision française publique dans les canons des intellectuels progressistes à la  mode. Une télé qui prend en compte la théorie du genre dont l’auteur a pourtant avoué qu’elle était entièrement inventée, et offre une meilleure représentativité aux « racisés ».  Il s’agit d’effacer la télévision « réactionnaire » « d’hommes blancs  de  plus de 50 ans ». Donc la règle est désormais : on ne finance pas un projet quand la diversité n’est pas représentée. Autrement dit France Télévisions devient l’organe exécutif d’une idéologie, avec nos redevances.  Mais quand on est  persuadé qu’on agit pour répondre aux exigences du sens de l’Histoire, on ne se pose même pas la question.

Ainsi, puisque 25% de la société française serait non blanche (là, les statistiques ethniques sont autorisées), le régime diversitaire doit s’imposer. Il est tellement facile de présenter, comme le faisait Françoise Nyssen, l’ex-falote ministre de la Culture « le pays des lumières, sur le sujet de la diversité, comme hautement réactionnaire ». Donc, la théorie de la représentativité va s’appliquer avec sa sociologie bancale, qui compartimente toujours plus étroitement la société en identités claniques. Il va falloir faire en distinguant  les hommes des femmes et des « non-binaires » qui refusent d’entrer dans une de ces deux catégories. Inutile d’invoquer la biologie, c’est « réac ». Il y aura les bien portants, les handicapés, et en plus il faudra trier tout le monde en groupes raciaux, séparant évidemment les « méchants blancs »  des minorités  opprimées.

Il ne fera pas bon être un mâle blanc, hétérosexuel, de surcroît un peu âgé donc susceptible d’être « colonialiste ». J’exagère à peine. Et encore, il y a tant d’autres catégories. Une production selon Ernotte doit donc refléter fidèlement ce saucissonnage nous présentant un monde sous la forme d’une série d’échantillons représentatifs… en espérant que chaque téléspectateur ou téléspectatrice (téléspecta.teur.trice, en inclusif) se trouvera représenté par un membre du groupe auquel  la bureaucratie médiatique diversitaire l’aura assigné. Et si ça n’est pas le cas, cela sera interprété comme une discrimination ! Notre culture nationale  universaliste, est condamnée à disparaître pour laisser  la place au monde « racisé »  et « multiculturaliste »,  machine à concasser l’idée même de nation.

Lavage de cerveau.

Est-ce  la mission du service public de se faire  propagandiste zélé d’une idéologie,  car  la « promotion de la diversité », vue sous ce prisme catégorisant est tout sauf un progrès. Et il ne s’agit plus d’éducation des consciences mais  de  lavage de cerveau, puisque la diversité des points de vue sur le sujet n’est même pas discutable. L’universalisme dont nous nous réclamons et qui met tous les êtres humains sur un pied d’égalité fait partie des opinions du vieux monde véhiculant des préjugés  à déconstruire pour faire place à la société inclusive. Avec à la clé des comportements comme ceux en action à France Inter qui tient la liste des intellectuels à bannir, comme Zemmour ou Onfray, meilleur moyen de liquider les « réactionnaires ». On comprend bien que les problèmes de santé de Michel Drucker sont tombés au bon moment, on apprend que « Mongeville » ne serait pas continué et que « La maison France 5 » ne sera pas renouvelée à partir de 2021. Le ménage est en cours. Ce sont pourtant des émissions qui ont leur public. Mais voilà : trop blanc, pas assez de couleur, pas  assez « genré »,  trop réactionnaire.

De l’audio-visuel aux universités.

Et le mal ne sévit pas que sur le service public audiovisuel. Il gangrène aussi nos universités et il ne fait pas bon,  par les temps qui courent, dénoncer  les islamo-fascistes, déconstructionnistes et diversitaires. Après le secondaire, où il est solidement installé, l’islamo-gauchisme s’est attaqué à l’enseignement supérieur où des courants très puissants sont à la manœuvre. On y voit la  montée des idéologies hostiles aux valeurs de la République qui menacent explicitement et directement les piliers de notre vie démocratique. Elles se manifestent, sous prétexte d’être les victimes d’une chasse aux sorcières et en hurlant au maccarthysme, par les pressions multiples et variées pour empêcher des conférences ou des interventions  d’avoir lieu, comme celles de Mohamed Sifaoui sur la prévention de la radicalisation ou de Sylviane Agacinski. Alain Finkielkraut y est interdit de séjour, ce qui est un comble pour un académicien. Je me demande ce qu’en pense sa chère collègue Danielle Sallenave. Bernard Rougier  et ses collaborateurs sont l’objet de menaces récurrentes pour avoir commis le livre « Les territoires conquis de l’islamisme ». Il s’agit d’une inversion des rôles incroyable, très pratiquée par le gauchisme. Menaces, actions militantes, pressions,  tout est bon pour transformer  l’enseignement supérieur en chasse gardée  sans que le monde académique ne se mobilise. L’objectivité du savoir est remise en cause  et on ne respecte plus la diversité des opinions.

Islamo-gauchisme et idéologie diversitaire, même combat.

Pour éclairer le débat, car c’est le même combat qu’il faut livrer dans l’audio-visuel et l’enseignement supérieur, il est utile de définir ce qu’on entend par islamo-gauchisme. Il se fonde sur trois idées. Il considère d’abord, l’islam comme « la religion des opprimés »,  ce qui permet à ces agitateurs athées d’oublier leur aversion du religieux. Il s’agit de substituer « la révolte islamiste » à celle du prolétariat européen devenu trop réactionnaire (surtout quand il vote RN). Il faut donc, deuxième principe, importer un prolétariat actif et révolutionnaire  en maintenant le plus possible les frontières ouvertes, donc surtout pas de frein à l’immigration. C’est avec ces nouveaux « damnés de la Terre » que les islamo-gauchistes espèrent détruire la  sociale-démocratie libérale et l’affreux système capitaliste. Enfin, troisième principe fondateur, «  l’islamisme » n’est qu’une simple réaction de défense (légitime) contre l’impérialisme néocolonial occidental  qui se servirait de l’idéologie « des droits de l’Homme » dans le  monde entier, à coup de canons !  Vous comprenez  maintenant l’embarras de M. Mélenchon quand il  lui faut dénoncer  le crime contre Samuel Paty. Et d’ailleurs, ce gauchisme sait utiliser toutes sortes de gradations pour imposer progressivement son idéologie, du déni à la « mauvaise conscience » (il ne faut pas stigmatiser, pas d’amalgame), en passant par le « pas-de-vaguisme » et si ce n’est pas suffisant, culpabiliser ou utiliser la peur. La somme de toutes ces petites trahisons conduit directement à une sorte de soumission à ses thèses.

Quel rapport entre l’idéologie diversitaire d’une Delphine Ernotte et l’islamo-gauchisme d’un Jean-Luc Mélenchon : une complémentarité qui conduit à mettre « hors d’état de nuire » notre culture de l’universel, fondée sur les Droits de l’Homme, l’esprit critique et le savoir.  Mais en se servant des thèses obscurantistes, venues des Etats-Unis ou véhiculées par une religion fondamentaliste, ils jouent un jeu dangereux. Ils mettent en danger notre civilisation et notre art de vivre.