GISCARD ETAIT UNIQUE !
UN BEAUVAU DE LA PALABRE

LA LEGENDE DU VENDEE GLOBE…

Vendée globe PRB

Notre époque épique.

Il est encore possible de vibrer pour de bon devant un exploit.  Le  Vendée  Globe vient de nous en fournir une nouvelle occasion avec le sauvetage de Kevin Escoffier  par ce vieux loup de mer –le mot est un hommage- de Jean Le Cam. Il fallait bien ça pour éclairer d’un trait de lumière éclatant la grisaille actuelle  et une année bien tristounette avec ce virus qui n’en finit pas de nous ennuyer. L’événement est  d’autant plus saisissant que la  course au large ne nous cache plus rien.  Nous avons pu vivre le sauvetage en direct grâce aux « webcams » embarquées. Et clac-clac-clac, le  père Jean est à la  manœuvre et nous nous avons les larmes aux yeux, de soulagement et d’admiration mêlés.  Quelle belle leçon de courage et de fraternité !  Au moins ça nous change des discours froids et étriqués de notre cocasse Castex. Ici, point n’est besoin de mots.  On s’étreint, on se prend dans les  bras, et tout est dit !

Sauvetage en direct.

En direct, nous avons pu suivre l’épisode  de bout en bout, mieux qu’une production hollywoodienne, parce que vraie, à travers les podcasts successifs  du sos de Kevin aux angoisses de Jean  qui a un  premier contact visuel avec le naufragé puis le perd  pour enfin le retrouver grâce à une intuition que seule l’expérience peut fournir.  Quelle joie alors de réussir à repêcher le marin dans son radeau de survie où il est resté une douzaine d’heures. On serait étonné de la sobriété de Jean Le Cam, de son calme, de sa  simplicité, si on ne le connaissait pas. Dans sa bouche, le mot « bonheur » n’est pas exagéré, il a les justes proportions  pour un acte de bravoure qui n’a d’autre nom que le mot « sauvetage » : il vient de sauver une vie humaine ! Nous avons  face à sa webcam avec laquelle il  nous amuse de son ton bourru,  un grand marin que la « bouteille » n’a pas amoindri, sans gros budget  mais qui tient la dragée haute aux autres avec sa « 4L » judicieusement carénée. Un type authentique, animée par la passion d’être sur  l’eau.

Ici, point de gesticulation. 

Les  quarantièmes ne pardonnent pas. Ici, l’aventure c’est d’abord de l’humain, des valeurs qu’on ne fait pas semblant d’exhiber, de l’action précise qui évite  la gesticulation à laquelle on est tant habitué. Ici, point n’est besoin d’écologie  sophistiquée, la nature   vous rappelle  à  l’ordre constamment et ne pardonne pas la moindre erreur ;  ça rend humble. Ici, la solitude  n’est surtout pas confinement, c’est s’abstraire des rumeurs d’un monde où le verbe remplace le geste. Ici,  c’est de dépassement de soi  qu’il s’agit, car le risque est accepté même si la lucidité commande de ne pas oublier qu’il peut mettre la vie en jeu. Le corollaire, c’est  la solidarité.  Tout le sauvetage de Kevin Escoffier est  là !  Ici, il y a un règlement, mais le bureaucrate obèse n’est  pas dans la partie. La mer est d’abord  un espace de liberté où il faut jouer avec les éléments.

Les derniers conquérants.

Hommage soit donc rendu à tous ces conquérants de l’Inutile. Le Vendée  Globe, c’est l’Everest des mers. Quels que soient leur caractère, leurs qualités ou leurs défauts, ils nous font rêver. Ils sont les acteurs modernes d’une geste épique comme il n’en existe plus gère, tant notre époque voit la technique ronger toujours plus la part de l’Homme. Le  marin du tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance est seul face à  lui-même, et ce, quel que soit  le bateau. Dans l’enfer des quarantièmes rugissants et des cinquantièmes  hurlants, on ne fait pas longtemps illusion, on ne peut pas bluffer. Les conditions dans lesquelles Kevin Escoffier a fait naufrage font de lui un miraculé.  Personne n’aurait pu penser qu’une vague puisse  plier un Imoca en deux ! S’il n’avait pas été  un marin aguerri,  il serait parti au fond de l’eau, avec son PRB.  Il n’a eu que quelques minutes  pour mettre sa combinaison, s’emparer de  son canot de survie et déclencher sa balise de détresse.  Et un copain s’est trouvé là  pour lui tendre la main de  la vie.

La course continue. 

Aujourd’hui, nous avons été témoins de  l’émouvante séparation. La frégate Nivôse a récupéré le naufragé et va le transporter jusqu’à La Réunion. Jean continue son chemin, à la poursuite de  la tête de course. La flotte  de la trentaine de concurrents s’étale sur des miles nautiques des Kerguelen  pour les premiers, au sud de l’Atlantique pour les derniers. On pense à Troussel qui a démâté au large du Cap Vert, à Beyou obligé de retourner aux Sables à cause d’un ofni, pour repartir.  Il n’a pas encore rattrapé la queue du peloton.  On pense aussi à Thomson, Simon et Davies, obligés d’abandonner. Les fortunes de mer sont diverses et ne font pas le  tri entre  les meilleurs et les autres. La route est encore longue, et combien de marins, combien de capitaines… vont finalement arriver au port ? L’océan Indien, le Pacifique, le Cap Horn à la sinistre réputation : les épreuves ne vont pas manquer d’autant plus que cette année, les conditions physiques paraissent hors normes.

Allez, le rêve n’est pas terminé.  Nous attendons avec impatience  de pouvoir leur faire  un triomphe  sur  les jetées de la Chaume. Au dernier tout autant qu’au premier comme  le veut la tradition du port vendéen.

 

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